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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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Références

L'action nationale, 1948-05, Collections de BAnQ.

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[" L\u2019ACTION NATIONALE L\u2019ACTION NATIONALE La capitale du Canada bilingue.321 Dominique BEAUDIN Immigration, statistiques et histoire récente.323 - Rodolphe LAPLANTE .PROPOS D\u2019UN PLUS DE TRENTE ANS À UN PLUS DE QUARANTE ANS .334 Rodolpne FOURNIER,\tHonoré Mercier.344 Paul-Emile GINGRAS\tL\u2019âge des aiguillages.349 J.-E.ARSENAULT\tLes Acadiens de l\u2019île-du- Prince-Êdouard.362 Jean BLANCHET\tL\u2019électricité au service du cultivateur.373 Doreen BÉDARD\tLes découvertes de 1672-1743 et l\u2019empire français d\u2019Amérique.381 Pierre VIGEANT\tSession d\u2019attente.389 F.-A.ANGERS\tNotre question nationale.\t396 L\u2019Action Nationale\tPartie Documentaire.398 VOL.XXXI, No 5 MONTREAL\tMAM 948 L\u2019ACTION NATIONALE REVUE MENSUELLE # Directeur: Dominique BEAUDIN # L'Action nationale, publiée par la Ligue d'Action Nationale, est un organe de pensée et d'action au service des traditions et des institutions religieuses et nationales de l'élément français en Amérique.Elle paraît tous les mois, sauf en juillet et en août.Les directeurs de la Ligue sont: MM.Anatole Vanier, président; Dominique Beaudin, secrétaire; Jean Drapeau, trésorier; M.le chanoine Lionel Groulx; R.P.J.-P.Archambault, S.J.; Mgr Olivier Maurault, P.S.S.; Arthur Laurendeau, André Laurendeau, François-Albert Angers, Gérard Filion, Abbé Albert Tessier, Léopold Richer, Albert Rioux, L.-Athanase Fréchette, Guy Frégault, Jacques Perrault, Rodolphe Laplante, Clovis-Emile Couture, Paul-Emile Alin, Jean Deschamps.DIRECTION ET ADMINISTRATION 3878, rue Saint-Hubert, Montréal (24), P.Q, Téléphone : MArquette 2837 L'abonnement est de $3.00 par année Abonnement de soutien : $5.00 J^ei propagandiitei de LA ROSE DE DOLLARD expriment leur gratitude à tous ceux qui ont dignement célébré la fête des héros du Long-Sault et de la jeunesse canadienne et qui se sont fait une fierté de porter à leur revers le symbole traditionnel choisi et répandu par La Ligue d'Action Française.Ils rappellent qu'en écrivant à l'adresse indi quée au bas de cette page ils peuvent obtenir des fleurettes analogues, mais d'autres couleurs, appropriées à d'autres fêtes et à d'autres circonstances.LA ROSE DE DOLLARD Case postale 19, Station N, Montréal, Canada Toute demande d\u2019information sera reçue avec plaisir et obtiendra réponse rapidement.I IS D E L A REVUE LES AM AUBÊ, Philippe AVOCAT 152 est, Notre-Dame 0\tHA 5877\tMORIN, Louis-Philippe,C.A.Comptable Agréé 81, rue St-Pierre, Québec.&\tTél.2-6871 CHAUSSÉ, Fernand AVOCAT 152 est, Notre-Dame 0\tHA- 7235\tLUC BEAUREGARD Représ, de la Laurentienne 4052, rue Cartier 0 But.: PL 6700 Rés.: AM 7779 DORAIS, Jean-Louis AVOCAT 57 ouest, rue St-Jacques 0\tHA 1336\tFOURNIER, Albert Procureur de brevets d\u2019invention 934 est, Ste-Catherine 0\tHA 4548 MASSE, Paul AVOCAT 152 est, Notre-Dame 0\tBE 1971\tDUPUIS, Laurier 5600, boulevard Monk 0\tWE 0355 VANIER, Anatole AVOCAT 57 ouest, St-Jacques 0\tHA 2841\tBEAUSOLEIL, E.BOUCHER-ÉPICIER 1251, Champlain 0\tCH 3712 FRÉCHETTE, L.-A.NOTAIRE 159 ouest, Craig 0\tLA 9607\tSalaison MAISONNEUVE BACON marque \u201cMORIN*\u2019 1430, De Lasalle 0\tCL 4086-7 POULIN, J.-Aimé & Albert ARCHITECTES 71, Prospect, Sherbrooke, P.Q 0\tTÊL.1391\tSANSOUCY, Alb.ÉPICIER-BOUCHER 3963 est, Ste-Catherine, Montréal O\tFA 3607 LAPORTE, René MÉDECIN 947, rue Cherrier, 0\tMontréal, P.Q.\tSANSOUCY, Arfhur BOUCHER-ÉPICIER 399J.Hochala&a \u2022\tCL 2839 Le FOYER RURAL, Revue mensuelle agricole.515, avenue Vigor, ©\tMontréal.\tAUG.BRUNETTE, Ltée PLOMBERIE-CHAUFFAGE 4154, rue Hôtel de Ville 0\tPL 1946 Jean Drapeau\tClaude Melançon DRAPEAU ET MELANÇON AVOCATS ET PROCUREURS 4 est, rue Notre-Dame, Montréal.\tMA 5015 II LES AMIS DE LA REVUE DESCHÊNES & Fils I.tée Matériaux de plomberie et chauf.1203 est, Notre-Dame m\tFR 3176-7 LATENDRESSE & Fils Enr*.Machinerie Delta.FERRONNERIE 12057est, N.-Dame,Pte-aux-Tr.\u2022\tCL.6731, Local 404 CYR, Édouard MODELEUR 1427, Maisonneuve \u2022\tAM 8984 LATULIPE, N.Cravates, écharpes et robes de chambre \u2022\t4360.rue Iberville, Montréal \u201cLES VARIÉTÉS\u201d PAUL DEJORDY, prop.800 est, Mont-Royal \u2022\tCH 9815 \u201cÀ LA MARMITE\u201d SALLE A MANGER 350 eat.Craig \u2022\tMA 0730 Nous remercions les Amis de la revue qui manifestent leurs convictions et leurs sentiments par un geste pratique.Ils ont droit à notre gratitude comme A celle de nos abonnés.Sans eux, nous serions plus pauvres encore .mais, tout simplement, SERIONS-NOUS ?Votre alliée Au service du public depuis plus de soixante-dix ans, la Banque Canadienne Nationale se préoccupe d'assurer le succès de ses clients, auquel est lié son propre progrès.Désireuse de coopérer avec vous, elle vous réservera le meilleur accueil, quelle que soit l'importance de votre entreprise ou de votre compte.Banque Canadienne Nationale Actif, environ $380,000,000 531 bureaux au Canada 65 auccuraales à Montréal III TOUJOURS \u2022\tles plus nouveaux tissus \u2022\tles plus récents modèles CHEZ LES TAILLEURS J0LÏ 269 est, rue Sainte-Catherine, ^ Montréal.\tBEIair 3126\t4 IY .LANGAGE DE CHIFFRES .Primes 1939 49,726 1942 207,832 1945 539,893 1946 1947 898,938 LA LAURENTIENNE FONDÉE EN 1938 jk.Lorsqu\u2019il s'agit des produits de l\u2019érable \u2014 Exigea tou- jV, Jour» la meilleure qualité \u2014 La marque \u201cCitadelle\u201d VjK?est la meilleure.100 % PURE Sirop d'érable \"Citadelle'' £ Sucre d'érable granulé \"Citadelle\" 0 Sucre d'érable \"Citadelle\" £ Beurre d'érable \"Citadelle\".Oee produit® sont en vente chez tou» les bons épiciers.Les Producteurs de Sucre d\u2019Erable du Québec, BUREAU CHEF : 5, Avenue Bégin, Lévis, Québec.POUR VOS FOURRURES\t si vous cherchez Qualité, Elégance\t n'hésitez\tpas, voyez BLEAU &\tROUSSEAU J.-T.BLEAU\tANT.ROUSSEAU\tJ.-A.MASSON\t 3852, St-Denis\t5004, Sherbrooke O.HA.8433\tDE.4482 Vous trouverez chez nous, et à bon compte, tout ce qu'il laut pour meubler votre résidence.Maison établie depuis 40 ans.\u2022 Fltzroy 4681\t\u2022 LAMARRE FRERES 3723, Notre-Dame ouest,\tMontréal vi jÇeâ en^antô prêtèrent le à confctuïeà VILLA CONSERVERIE DORION LTÉE 1430, rue Everett, Montréal vu 9 Maison essentiellement canadienne-française depuis sa fondation en 1868 ®wptiU Montréal Magasin à rayons : 865 est, rue Ste-Catherine, Comptoir Postal : 780, rue Brewster, Succursale magasin pour hommes : Hôtel Windsor.VIII L\u2019A CTI O N NATIONALE VOL.XXXI, No.5 MONTRÉAL\tMAI 1948 La capitale du Canada bilingue Les publications fédérales aujourd\u2019hui ont parfois la grâce d\u2019admettre que « le Canada est officiellement bilingue ».Elles doivent être trop peu lues à l\u2019hôtel de ville d\u2019Ottawa, car la capitale ne semble pas se rendre compte du rang qu\u2019elle occupe et des obligations qui en découlent.La capitale du Canada bilingue doit être bilingue.Elle doit porter les traits du pays dont elle est, par choix arrêté, la première ville.Le Canadien français qui visite la capitale de son pays a l\u2019impression d\u2019être en terre étrangère.Au cœur même de sa patrie, il est bien moins accueilli que le touriste américain.Lui que ses ministres et députés ont poussé à aller défendre « sa civilisation » jusqu\u2019à Berlin et Tokyo, il ne réussit pas à la faire accepter là où elle devrait être le plus facilement reconnue.Puisque Confédération il y a, Ottawa doit se montrer autant la capitale du Canada français que du Canada anglais.Il a complu, assure-t-on, à la reine Victoria de donner Ottawa comme capitale à ses loyaux sujets canadiens.Ce choix a été ratifié par le Parlement des Canadas Unis en 1858.En 90 ans, la capitale ne s\u2019est pas encore aperçue qu\u2019elle occupait une place à part, vraiment unique, et qu\u2019elle devait, comme le gouvernement central, reconnaître pleinement le caractère bilingue du pays qui l\u2019a mise à l\u2019honneur.C\u2019est une humiliation pour les Canadiens f rançais de constater que leur langue est comme proscrite là où 322 l\u2019action nationale devrait être \u2022proclamée la coexistence de deux races distinctes, attachées toutes deux à l\u2019idiome ancestral.La gare Union, utilisée en commun par les deux grands réseaux ferroviaires, ne daigne pas accorder aux voyageurs un mot de français.Les souhaits de bienvenue du gouvernement fédéral comme de sa capitale ne s\u2019adressent qu\u2019à ceux-là qui sont diplômés du « speak white ».Les affiches et les inscriptions publiques de la ville d\u2019Ottawa supposent toujours que les Canadiens français sont assez bilingues pour admettre l\u2019unilinguisme des autres.La capitale fédérale du Canada français ne sait que l\u2019anglais.C\u2019est inadmissible et révoltant.La capitale du Canada bilingue doit être bilingue.Le principe vaut, y eût-il en cette ville cent pour cent d\u2019Anglo-Canadiens.On sait, cependant, que les Canadiens français forment environ le tiers de la population outaouaise.Cette minorité n\u2019a pas pu obtenir les privilèges qui sont si généreusement accordés à la minorité anglaise de Sherbrooke, par exemple.Par surcroît,\u2014 et ce n\u2019est pas un reproche, \u2014 la ville d\u2019Ottaxva vit un peu de la générosité de l\u2019Etat fédéral, donc, dans une certaine mesure, de taxes payées par tous les Canadiens, sans excepter les contribuables de langue française.C\u2019est ^\u2019Evening Citizen qui disait ces jours-ci des administrateurs de sa ville: « They don\u2019t seem to realize their privilege, for in their very bailiwick lives a sugar daddy,\u2014 a rich uncle called the Federal government ».Cet oncle milliardaire, aux libéralités mirifiques, c\u2019est le contribuable canadien de langue française comme de langue anglaise.Ottawa qui s\u2019embellit à nos dépens, qui prétend s\u2019agrandir, comme Washington, jusqu\u2019au district fédéral, ne peut ignorer le vieux principe: « No taxation without representation ».Nos deniers ne méritent-ils pas quelques inscriptions françaises?Il est possible à l\u2019administration fédérale de faire comprendre son cas de conscience à l\u2019administration municipale: la capitale du Canada bilingue doit être bilingue.L\u2019Action nationale Immigration, statistiques et histoire récente En sa forte majorité, le peuple canadien-français est opposé à l\u2019immigration massive pour une raison évidente: assurer sa propre survivance au Canada1.Cette attitude est constante en son histoire depuis la conquête.Sous Laurier ou sous Borden, nos institutions nationales et nos journaux ont à maintes reprises dénoncé une politique dont les fins secrètes semblaient être l\u2019immersion des Canadiens français.Aujourd\u2019hui encore, en dépit d\u2019une propagande effrénée, l\u2019opinion de nos compatriotes n\u2019a guère varié là-dessus.Elle se révèle dans la presse, dans les résolutions de sociétés et de cercles, dans les enquêtes.Si elle s\u2019exprime faiblement au Parlement fédéral, le Parlement provincial l\u2019a clairement et officiellement manifestée lors de sa dernière session.Il n\u2019y a donc pas d\u2019équivoque à ce sujet: notre peuple, par réaction de défense instinctive, n\u2019accepte rien de plus qu\u2019une immigration restreinte et choisie.Cette opposition persistante à l\u2019immigration n\u2019a rien que de naturel et de logique.Il était, il reste malheureusement incontestable que nombre d\u2019Anglo-Canadiens haut placés ont cherché, par l\u2019admission en foule d\u2019immigrants nordiques, à réduire les Cana- 1.Sur ce sujet, « L\u2019Action Nationale » de mars 1948. 324 l\u2019action nationale diens français au rang d\u2019une minorité insignifiante et qui serait éventuellement absorbée.Pour ce qui concerne les débuts de ce siècle, il y a le témoignage d\u2019Armand LaVergne: « Des agences avaient été établies en Europe, tant en Angleterre que sur le continent, mais à l\u2019exclusion des pays de langue française, et des primes étaient accordées aux compagnies de transport pour chaque tête d\u2019immigrant.J\u2019ai dit que les pays de langue française avaient été exclus.La raison donnée officiellement était que, en France surtout, la propagande pour l\u2019immigration était défendue.Mais la raison véritable était celle exprimée à Liverpool par Monsieur Evans, l\u2019assistant sous-ministre de l\u2019immigration, « qu\u2019il fallait noyer au Canada l\u2019élément de langue française et que l\u2019immigration seule pouvait y arriver ».Quand on sait que le gouvernement fédéral rendait moins coûteux à un Européen le voyage de l\u2019Europe aux Prairies qu\u2019à un colon canadien le voyage de l\u2019Est à l\u2019Ouest de son pays; que certains gouvernements provinciaux prenaient des mesures discrètes pour ne pas céder de terres aux Canadiens français et accordaient leur préférence aux nouveaux venus; qu\u2019il était plus facile à un sujet de Grande-Bretagne fraîchement arrivé qu\u2019à un Canadien français d\u2019accéder au fonctionnarisme d\u2019Ottawa, il ne faut pas s\u2019étonner que la politique d\u2019immigration massive ait paru à nos compatriotes servir d\u2019autres fins que la grandeur future du Canada.Pour plusieurs des nôtres, elle prenait l\u2019allure d\u2019un sinistre complot.Elle mettait à jour, disons chez les orangistes, une hostilité trop choquante.Le choix même des immigrants, \u2014 Britanniques si possible, protestants si possible, Nordi- IMMIGRATION, STATISTIQUES BT HISTOIRE ItÉCBNTB 325 ques si possible, \u2014 révélait des intentions qui n\u2019étaient pas toutes désintéressées.Qui reprochera aux Canadiens français d\u2019avoir regimbé contre une invasion qui mettait en péril leur vie nationale ?Leur participation au pouvoir et leurs revendications se fondant sur le nombre, qui peut leur faire grief de montrer très peu d\u2019enthousiasme devant une reprise désordonnée de l\u2019immigration?Car pour peu que dure la prospérité factice de guerre, on verra le renouvellement des belles années d\u2019avant et d\u2019après le conflit de 1914-18.Il ne doit pas manquer d\u2019anglici-sants pour célébrer l\u2019an 1913 alors que 400,870 immigrants sont entrés au Canada.Il n\u2019en doit pas manquer non plus pour souhaiter abaisser ce glorieux record.Les résultats obtenus dans le passé devraient pourtant conseiller la modération.Les chiffres établis par M.Herbert Marshall, statisticien du Canada, et soumis au Sénat du Canada en 1946, ont montré que, de 1851 à 1941, l\u2019excédent de l\u2019immigration en notre pays sur l\u2019émigration canadienne n\u2019a pas atteint 400,000.En cette période de 90 ans, il est entré en notre pays 6,699,226 immigrants.Durant le même temps, 6,301,320 personnes, \u2014 nées ici ou venues de l\u2019étranger par l\u2019immigration, \u2014 en sont sorties.Le gain de l\u2019immigration sur l\u2019émigration en près d\u2019un siècle est infime: 4,420 par année.En fait de politique de peuplement, l\u2019histoire a dû enregistrer peu de fiascos aussi flagrants.On soutiendra que, sans l\u2019immigration, notre population se serait affaiblie.C\u2019est pure hypothèse et toute autre supposition constitue un argument d\u2019égale force.Si les gouvernements de l\u2019Etat fédéral et des Etats provinciaux avaient eu pour les Canadiens authentiques les égards qu\u2019ils ont montrés 326 l\u2019action nationale aux citoyens de l\u2019univers, il est fort raisonnable de croire que cette politique aurait empêché chaque année 5,000 émigrants d\u2019aller tenter fortune aux États-Unis ou ailleurs.Un sain nationalisme nous aurait coûté infiniment moins cher qu\u2019un impérialisme exalté.Ottawa accumule les statistiques pour elles-mêmes et n\u2019en tire pas de leçons.Car on s\u2019apprête à recommencer un jeu que l\u2019histoire ne peut qualifier que de stupide.Les Bourbons ne sont pas les seuls à n\u2019avoir rien puisé en leur expérience du gouvernement et des révolutions.Il y a eu, de 1929 à 1939, une période infiniment lamentable et miséreuse qu\u2019on a appelée la crise.Ceux qui l\u2019ont vécue dans toute son amertume ne devraient pas l\u2019avoir complètement oubliée.Le Canada était déjà entré dans la splendeur prédite de son vingtième siècle.C\u2019était théoriquement un pays aussi riche qu\u2019aujourd\u2019hui.Il possédait ces immenses ressources qu\u2019on nous vante présentement comme inépuisables.Il avait beaucoup à vendre, mais il ne trouvait pas d\u2019acheteurs.Ses greniers à blé débordaient tandis que le pain manquait dans les taudis.C\u2019était la misère au milieu de l\u2019abondance.Heureux le journalier qui pouvait chaque jour gagner sa pitoyable piastre! Car les emplois étaient introuvables et les chômeurs étaient légion.Tous les Canadiens alors ne se nourrissaient pas selon les strictes prescriptions du ministère de la Santé.M.King, le premier, et M.Bennett, après lui, ne surent pas découvrir pour les familles qui crevaient de faim les milliards qui devaient, quelques années plus tard, alimenter l\u2019Angleterre.Où était donc, à cette époque, la sagesse de nos gouvernants ?Cette sagesse si courte voilà dix ans, et IMMIGRATION, STATISTIQUES ET HISTOIRE RÉCENTE 327 si éblouissante aujourd\u2019hui ?Combien, dans nos villes, ont été mis à la honte du secours direct et au rationnement de la misère ?En quel pays était-ce, sinon en ce Canada devenu si riche pour avoir participé à la folie sanglante de la deuxième guerre mondiale?Où étaient ces terres fécondes et ces ressources inépuisables qu\u2019on offre aujourd\u2019hui à tout venant et, avec courbettes, si le sang bleu de l\u2019Empire coule en ses veines?Ce fut une période lamentable dont l\u2019effet déprimant a inscrit des rides précoces au front des Canadiens angoissés.De cette page, l\u2019histoire se souvient aussi.Mais pas M.Drew, pas M.Howe, pas M.Gardiner, pas le sénateur McKenzie.Il faut croire qu\u2019aux mêmes heures, en d\u2019opulentes maisons, on leur servait les bons repas coutumiers! Pourtant, les impérialistes les plus acharnés versaient dans le désespoir, car, sous l\u2019égide de M.Bonnet, ce sont eux qui ont fermé nos ports à l\u2019immigration tandis que les États-Unis cadenassaient leurs portes et mettaient ainsi fin à la désolante émigration des nôtres.Les projets d\u2019immigration actuels devraient être envisagés à la lumière qui se dégage des plaintes ouvrières de 1935, des résolutions des maires, des déclarations des politiciens du temps.Cette confrontation permettrait au bon sens de prévaloir.Il vaut la peine de relire quelque peu les journaux d\u2019une période qui n\u2019est pas si éloignée de nous.Les textes, en regard de ce qu\u2019on écrit et dit aujourd\u2019hui sur les bienfaits de l\u2019immigration, sont franchement stupéfiants.Ils soulignent le ridicule des hommes publics qui croient commander à tout, même à l\u2019éternité.On a une idée de leur prévoyance.Voici: 328 l\u2019action national® En mars 1930, les maires des villes de l\u2019Ouest (des grands lacs aux Rocheuses), alarmés par le chômage, se réunissent à Winnipeg.Une déclaration publique contient, entre autres choses, ce qui suit: « La situation actuelle est la plus grave que nous avons à envisager.Le Fédéral devrait mettre un frein à sa politique d\u2019immigration ou aider les provinces et les municipalités qui ont des chômeurs.» En février 1931, déclaration de l\u2019hon.M.Gordon, alors ministre de l\u2019Immigration.La crise lui arrache des aveux: « Le gouvernement canadien consultera les province à l\u2019avenir avant de permettre l\u2019entrée d\u2019un grand nombre d\u2019immigrants au pays.Une immigration non contrôlée ne peut que menacer notre main-d\u2019œuvre et affecter le bien-être de toute notre population ouvrière.Nous possédons maintenant toute la main-d\u2019œuvre dont nous avons besoin ».Le ministre parlait devant les membres du Club Canadien de Toronto.Applaudissements! Encore février 1931.Il faut lire cet éditorial du « Journal » d\u2019Ottawa, traduit et cité par M.Orner Héroux au « Devoir »; « Le nombre des immigrants entrés au Canada pendant l\u2019année 1930 s\u2019est abaissé de 60,000 par comparaison avec 1929.La baisse a été particulièrement marquée dans les derniers six mois de l\u2019année.Il y a peu d\u2019années, on eût considéré cela comme DÉSASTREUX.Aujourd\u2019hui on y voit un BIENFAIT DU CIEL.Il est en vérité singulier de regarder en arrière et de songer à quel point tous nos Grands Esprits (Great Minds) se sont désespérément trompés dans cette question de l\u2019immigration.LA GUERRE FINIE, L\u2019IMMIGRATION DEVINT UN FÉTICHE NATIONAL: Tous nos Grands IMMIGRATION, STATISTIQUES ET HISTOIRE RÉCENTE 329 Esprits politiques, tous nos feld-maréchaux de la finance et de l\u2019industrie et de la banque et du transport nous dirent dans un langage posé, avec des allures de pontife, que le besoin de ce pays, c\u2019était une plus grande immigration; et nous tous, pleins de révérence pour les Grands Esprits, nous reprîmes en chœur la pieuse litanie.Tout orateur de lunch ou de banquet qui ne déroulait point une tonitruante péroraison sur le besoin d\u2019immigration était presque mis au rang des imbéciles.Il n\u2019était pas un Grand Esprit.Or, ainsi que l\u2019expérience l\u2019a démontré, CE PAYS N\u2019AVAIT PAS BESOIN D\u2019IMMIGRANTS.Le pays, en fait, recevait plus d\u2019immigrants qu\u2019il n\u2019en pouvait absorber, même en temps de prospérité; et qui que ce soit qui entretiendrait là-dessus des doutes n\u2019a pour les, dissiper qu\u2019à étudier les tableaux d\u2019exportation des effets de colons.Les immigrants venaient, mais les immigrants ne restaient point; bon nombre d\u2019entre eux devenaient des émigrants.La leçon de tout cela, c\u2019est naturellement que le gouvernement d\u2019un pays exige quelque chose de plus scientifique que l\u2019éloquence d\u2019après-dîner.Et aussi qu\u2019un lot de Grands Esprits, tout en étant indubitablement grands en certaines lignes, sont loin d\u2019être grands en tout.Souvent, comme guides et conseillers, ils égarent déplorablement le peuple ».Longue citation, mais fort au point.C\u2019est ce qu\u2019on a écrit en 1931.En 1951, ce sera probablement d\u2019une actualité plus criante encore.Les vieux articles sont comme les robes anciennes: ils redeviennent de mode.Les Grands Esprits, rapetissés par le « Journal » d\u2019Ottawa, n\u2019ont malheureusement pas tous émigré et pour notre malheur, ils ont fait souche.Le quotidien 330 l\u2019action nationals d\u2019Ottawa n\u2019a pas épuisé la gratitude qu\u2019on lui doit.Souhaitons qu\u2019aucun de ses rédacteurs actuels ne soit un Grand Esprit! En mars 1932, c\u2019est l\u2019évêque anglican de Montréal, le T.R.John Farthing, qui s\u2019élève contre le sort fait à des jeunes adolescents britanniques que des sociétés britanniques ont envoyés au Canada.Il proteste contre la venue d\u2019autres immigrants de même âge.Il dit notamment: « Il me semble criminel d\u2019amener ici ces adolescents.On me dit qu\u2019il est nécessaire de les amener afin d\u2019éviter que certaines organisations d\u2019immigration ne se dissolvent.Ainsi on sacrifierait ces adolescents pour tenir debout des organisations d\u2019immigration de différents genres.J\u2019en appelle aux Canadiens de toutes les classes et leur demande de s\u2019unir et de protester énergiquement contre ce qui me semble être une action sans sagesse aucune, très injuste, et qui, dans les circonstances actuelles, fera un grand mal à des adolescents sans défense ».Le 27 décembre 1934, un titre du « Canada », (Montréal), proclame: « L\u2019immigration chez nous, un scandale impérialiste ».Il coiffe de la sorte le résumé d\u2019une conférence de M.Georges Langlois, alors rédacteur à « L\u2019Ordre ».Parlant devant la Société historique de Montréal, celui-ci n\u2019y allait pas par quatre chemins: « Un aspect peu flatteur pour la digne Albion de l\u2019immigration britannique au Canada, c\u2019est celle des enfants ».Il y a exposé de faits et énoncé de statistiques.Après avoir estimé à 73,000 le nombre d\u2019enfants immigrés d\u2019Angleterre au Canada de 1868 à 1912, le conférencier note l\u2019existence en notre pays de 17 maisons « de réception et de distribution » situées pour la plupart en Ontario et qui, chose éton- IMMIGRATION, STATISTIQUES ET HISTOIRE RÉCENTE 331 nante, ne peuvent suffire aux demandes d\u2019une catégorie de « bienfaiteurs )) canadiens.Il s\u2019exprime ensuite dans les termes que voici: « Ce qui est presque révoltant, c\u2019est que les demandes pour retenir leurs services affluent auprès de ces institutions.D\u2019après cet annuaire de 1912, les demandes d\u2019enfants étaient alors 8 fois plus considérables que le nombre de ces petites victimes.N\u2019est-ce pas vraiment la traite des enfants, disons le mot, la traite des bâtards?L\u2019Angleterre s\u2019est bien enrichie avec la traite des noirs, pourquoi pas aujourd\u2019hui celle des chômeurs et des enfants?» Paroles agressives, mais justes, approuve le « Canada ».Dès ce moment, M.Georges Langlois faisait une mise en garde qui s\u2019impose davantage aujourd\u2019hui: « Plus l\u2019enfant immigre jeune, plus il est difficile de déceler les tares physiques et morales dont l\u2019hérédité l\u2019a chargé.Les statistiques canadiennes nous ouvrent les yeux sur l\u2019importance de cette immigration qui n\u2019a jamais cessé de se pratiquer et qui pourrait bien CONNAITRE UN RENOUVEAU si les récentes campagnes faites en faveur de l\u2019Immigration britannique au Canada rencontraient une oreille trop favorable auprès de nos corps publics ».Il n\u2019y a plus d\u2019oreille présentement que pour l\u2019immigration et cette mise en garde de 1934 est plus opportune qu\u2019elle ne l\u2019a jamais été.Ces textes qu\u2019on pourrait multiplier sont l\u2019écrasante condamnation de la politique d\u2019immigration d\u2019autrefois et n\u2019épargnent pas davantage les bêtises que des esprits déséquilibrés par les événements de guerre s\u2019apprêtent à commettre.Parce que plus franchement canadiens que qui ce soit en ce pays, les Canadiens français défen- 332 l\u2019action nationale dent spontanément le Canada.Ils ne font rien d\u2019autre en s\u2019opposant à une politique d\u2019immigration hors de toute proportion avec les besoins du pays et ses possibilités de peuplement.L\u2019histoire et les statistiques leur donnent raison contre les « Grands Esprits ».Au lieu de céder à une propagande exaltée, de se livrer à des projets nébuleux, d\u2019accepter les chimères pour des réalités, d\u2019envisager l\u2019avenir comme s\u2019il le tenait dans sa poche, le gouvernement canadien serait fort avisé de veiller d\u2019abord sur les citoyens dont il a la garde et dont il doit assurer le bien-être.Il n\u2019a à peu près plus de terres fécondes et habitables à offrir aux immigrants; il n\u2019est pas si sûr de pouvoir leur fournir des emplois, car 1948 n\u2019est qu\u2019une année sur un siècle.Les chômeurs n\u2019ont pas tous été mis ou au travail ou au musée.On en découvre déjà.Qu\u2019on s\u2019en tienne donc à une politique d\u2019immigration limitée et fondée, si on veut, sur la charité internationale! Mais alors s\u2019il s\u2019agit d\u2019amour du prochain, ce ne sont pas les Britanniques qu\u2019il faut aller chercher en avion, mais, en premier lieu, les sans-patrie des camps européens.Le Souverain Pontife et nos évêques ne demandent pas qu\u2019on transporte l\u2019Angleterre au Canada.Us prêchent une forme de charité plus haute et qui sent moins le racisme.Dans tous les cas, sans manquer aux principes humanitaires, le Canada a le droit et le devoir de s\u2019occuper de sa population présente et de sauvegarder ses intérêts avant d\u2019ouvrir ses frontières à tout venant.On ne devient tout de même pas profondément canadien rien qu\u2019à mettre pied à terre au port de Halifax ou de Québec.Ce pays a une histoire; ses habitants ont des coutumes, des traditions, des lois, une mentalité auxquelles ils tien- IMMIGRATION, STATISTIQUES ET HISTOIRE RÉCENTE 333 nent.Nous n\u2019assimilerons pas l\u2019univers entier.Il faut donc s\u2019en tenir au bon sens, à la modération, à la charité, en matière d\u2019immigration.Il faut s\u2019abstenir des erreurs qui ont été commises dans le passé.Telle est sûrement l\u2019opinion de la grande majorité du peuple canadien-français.Nous souhaitons qu\u2019elle puisse s\u2019exprimer à Ottawa où nous avons, paraît-il, un nombre grandissant de députés et de sénateurs.Qu\u2019ils veillent sur nous! Qu\u2019ils veillent sur eux-mêmes! S\u2019ils occupent 25 pour cent des sièges parlementaires, c\u2019est que les Canadiens français forment 30 pour cent de la population canadienne.Dominique Beaudin Notes d\u2019administration Selon la coutume établie, « L\u2019Action Nationale # ne sera pas publiée durant les mois de juillet et d\u2019août.Prière de bien noter !a chose afin de ne pas s\u2019inquiéter inutilement ou d\u2019écrire sans motif.Après le numéro de juin, la revue reparaîtra en septembre.?* * * En dépit d\u2019avis réitérés, il reste un pourcentage toujours trop ele-é d\u2019abonnés retardataires.Nous leur demandons de vérifier la da«> d\u2019échéance sur l\u2019enveloppe qui contient la revue et de se laisser toucher par nos fréquentes réclamations.Peut-être pousseront-ils la \u2022ondescendance jusqu\u2019à admettre qu\u2019il peut y avoir, dans le payei,.,,n^ d\u2019un abonnement dû depuis longtemps, une toute petite quesjon Jg justice et d\u2019honnêteté.Dans le cas contraire, nous continn\u201e.(mg cj(.demander la charité !.L\u2019Administrateur Propos d\u2019un plus de trente ans à un plus de quarante ans En avril 1946, nous brossions pour l\u2019Action Nationale un texte où nous énoncions l\u2019idée que les jeunes perdaient de l\u2019ambition, qu\u2019ils étaient fatigués en partant et qu\u2019ils ne gardaient pas leurs principes ou tout au moins leur goût de l\u2019action pendant longtemps.Sur ce, un plus de trente ans qui connaît bien ceux de notre génération parce qu\u2019il l\u2019a fréquentée, nous avait écrit une longue communication dont nous voudrions aujourd\u2019hui tirer quelques extraits pour nous permettre de préciser notre pensée.Nous passons outre à des réflexions d\u2019ordre personnel qui n\u2019ont rien à faire avec le fond de la question.Notre correspondant écrit donc: « Oui, nous manquons d\u2019énergie créatrice; nous entreprenons moins, nous réussissons moins, bref nous piétinons.Pourquoi ?C\u2019est ça qui m\u2019intéresse, car après la cause, peut venir le remède.Je vais te dire bien franchement que je crois que la responsabilité de la chute un peu brusque de fa valeur de notre élite nationaliste dans les masses jeunes, est le péché et le châtiment de* gens de ton âge, mes aînés à peine ».Les générations plus jeunes ont toujours été sévères aux générations précédentes.P^8» nouvelle affirmation doctrinale: PBOPOB D UN PLUS DE TRENTE ANS 335 « Les gens de quarante ans que je connais ont un trait commun: le développement de l\u2019esprit critique.Ils sont instruits, pas « cultivés » à mon sens, mais renseignés.Us connaissent bien les succès des autres, mais ils ne croient pas à nos chances.Ils sont tous justiciables du « Quand les Français ne s\u2019aimaient pas », de Maurras.Us ont usé et abusé de la rage des « enquêtes ».L\u2019esprit critique du protestantisme qui crée le doute, a réagi sur leur caractère.Us ont payé cher l\u2019avantage de comprendre l\u2019anglais.Seul alors, l\u2019instinct naturel de nier son infériorité m\u2019animait.J\u2019ai vu aujourd\u2019hui la conséquence de cette éducation du pessimisme.Elle (ou il) est radicalement incapable d\u2019engendrer aucune action.La critique, l\u2019art des vieux peuples si riches de traditions qu\u2019ils peuvent se payer le luxe de choisir, même entre leurs gloires, au risque de nier certains de leurs succès moins reluisants que leurs chefs-d\u2019œuvre, cet art de la critique est pour les peuples jeunes, dont toute l\u2019énergie doit se dépenser à produire une toxine rapidement mortelle.Je suis bien convaincu cependant que nous allons nous en tirer ».Puis notre intéressant correspondant, après avoir fait l\u2019apologie de l\u2019optimisme, continue en affirmant sa foi en la vie.U précise que pour avoir cru dans le peuple canadien-français, il a fini par passer pour original.L\u2019auteur allègue que nous l\u2019avons encouragé dans cette voie^d\u2019optimisme, que nous l\u2019avons incité à tenir contre tous les vents contraires et là-dessus, une phrase de gratitude et il continue: 336 l\u2019action nationale « La critique, règle générale, s\u2019exerce toujours à côté de la question.Elle signale le point où le succès a échoué; elle s\u2019interdit de voir l\u2019espace dans lequel l\u2019œuvre a réussi.Je commence à penser que la critique, comme le malthusiasnisme, procède d\u2019une corruption sexuelle du romantisme.Sans vouloir donner dans la doctrine de Freud, je trouve à la rage du dénigrement de nos prétendus chefs, une sorte de sadisme intellectuel.Pour caresser le peuple cana-dien-français, il faut le trouver gentil, c\u2019est évident.Il faut s\u2019aimer pour se dévouer.Qui travaillerait pour sa femme et ses enfants s\u2019il ne se trouvait le plus heureux des maris et des pères ?La critique, dansnotregénération aujourd\u2019hui « arrivée », a changé tout cela.Édouard Montpetit a eu pour ses compatriotes des leçons encourageantes.Tu as toujours préféré applaudir à un effort modeste, plutôt que réclamer aigrement la perfection d\u2019abord.De même que le protestantisme prêche « peu d\u2019enfants mais des enfants parfaits » (on sait en pratique ce que cela veut dire), de même une fausse élite s\u2019acharne à nous prouver que nous n\u2019existons pas ».Notre correspondant soutient qu\u2019il y a vingt-cinq ans que certains nationalistes affirment que « nous n\u2019existons pas ».Rechaussant son idée, notre ami écrit que certains ont donc eu la rage des enquêtes; tel autre, ajoute-t-il, a voulu démontrer que nous n\u2019avions guère de chances de survivre, guère de moyens de réussir, qu\u2019il fallait être des héros pour vouloir vivre.Accentuant son idée, notre ami affirme: PROPOS d\u2019on PLUS DR TRENTE ANS 337 * Des maîtres comme ça engendrent des élèves découragés car vouloir que nous soyons tous des héros, c\u2019est vouloir l\u2019impossible; en faire la condition de notre survie, c\u2019est donc prévoir notre mort.Préférer enquêter sur nos besoins que sur nos moyens, c\u2019est une façon prolétarienne de nous convaincre que nous sommes perdus.« Il faut apprendre au peuple qu\u2019il est malheureux », disait le communiste Lassalle.Ces enquêteurs ont voulu prouver que nous étions petits et misérables ».Et nous citons de nouveau : « Quel est l\u2019instrument de l\u2019action ?Les besoins ou les moyens?Qu\u2019est-ce qui soulage la faim?Le travail ou l\u2019appétit ?Qu\u2019est-ce qu\u2019on enseigne au petit enfant?A crier lorsqu\u2019il a faim, ou à manger avec ses mains, d\u2019abord, puis à s\u2019en gagner plus tard ?Quelle est la meilleure propagande ?Dire: « Je suis pauvre », ou bien « Ça va bien » ?Quel est le meilleur mot d\u2019ordre: « En avant ! » ou « Nous sommes perdus » ?Voilà la cause du mal qu\u2019avec raison tu dénonces.Il y a vingt-cinq ans qu\u2019on dit au jeune Canadien français: « Tu sais, t\u2019as pas beaucoup de chance ! » Cela peut en tonifier une infime minorité, qui auront le courage de l\u2019hara-kiri; mais la masse n\u2019y voit qu\u2019une raison de plus de déserter une cause qu\u2019on lui représente comme perdue.Dieu merci, on se trompe.Mais c\u2019est comme le blasphème.On le profère sans penser, bien sûr.Mais Dieu l\u2019entend quand même.Les calomnies idiotes dont on accable le peuple canadien-français, on les distribue avec la même 338 l\u2019action nationals bonne foi que les taloches à un enfant trop turbulent.Seulement cela l\u2019aigrit.Un jour, il se fâchera.Mon espoir est qu\u2019alors notre jeune peuple trouve des chefs qui ne l\u2019auront pas laissé dépérir à la ration des coups de gueule.Pour moi, plus je vais, plus je « nous » trouve de mon goût.Me blâme qui voudra, plus je vieillis, plus je suis fier de ma ville, de « nos affaires », de « notre butin », du « petit brin de quoi » que la Providence nous a départi.Ces critiques orgueilleux devraient bien se demander d\u2019abord s\u2019ils ont fait leur part pour que nous méritions mieux.Notre politique ?N\u2019empêche qu\u2019au vingtième siècle, nous représentons un des rares flots de sens commun, d\u2019intelligence et d\u2019objectivité qui survivent aux guerres iniques.Et c\u2019est encore une injustice que d\u2019exiger de nous la vertu du Moyen-Âge, à une époque où l\u2019univers gît dans le fumier de l\u2019irréligion ».Notre interlocuteur connaît l\u2019Europe, l\u2019Ouest canadien, a parcouru l\u2019Ontario français et est reconnu comme faisant partie de l\u2019école dite nationaliste.Il affirme que nous avons des talents, une certaine bonne volonté, quelque peu le sens de la coopération et l\u2019ambition naturelle de fonder une famille.Fatigué d\u2019entendre des gens blâmer le peuple de son incompréhension du problème national, notre informateur ajoute: « Un peuple est un corps; c\u2019est la tête qui le mène.Et trop de nos prétendus docteurs du !, nationalisme font la moue lorsqu\u2019ils découvrent , que le peuple canadien-français est plus fort en membres qu\u2019en tête.C\u2019est pourtant le phéno- PROPOS D UN PLUS DE TRBNTB ANS 339 mène constant de l\u2019histoire, observé chez tous les peuples jeunes.C\u2019est une règle absolue.Seulement il faut avoir étudié pour le savoir.Et trop de nos nationalistes à « enquêtes » ont cru qu\u2019il était plus utile de compter nos misères, que de s\u2019informer des moyens par lesquels tous les peuples, dans tous les temps, ont toujours surmonté les inévitables épreuves de Ja vie » Et voilà les citations que nous voulions servir aux lecteurs.Notre ami, contradicteur et commentateur tout à la fois, est fier du passé, veut qu\u2019il soit exalté; il veut cependant que nous appréciions davantage le présent, que nous montions en exergue nos gloires actuelles et que nous cessions les enquêtes.Voilà qui peut sembler radical au moment où de belles enquêtes se poursuivent dans les pages mêmes de notre revue.Il y a enquête et enquête.Il y a des enquêtes qui ne sont que préludes à une action positive, méthodique, mais il y a d\u2019autres enquêtes qui ne sont que prétextes à inventorier nos déficiences et nos bobos, nos malaises et nos faiblesses; celles-là se multiplient trop, dit-il.A-t-il tort?Il y a en effet de belles enquêtes menées avec art et méthode mais qui aboutissent dans des cartons d\u2019où elles ne sont jamais extraites.Nous avons tenu, après plus de deux ans, à nous reporter à cette lettre d\u2019un jeune homme qui a le culte de l\u2019action, qui est peut-être un peu absolu mais qui croit quand même à l\u2019action positive.Catholique convaincu, patriote indiscutable, il sait quelles sont les constantes de l\u2019histoire; il est convaincu que ces constantes constituent la trame de notre credo canadien-français et il voudrait pour les nôtres un minimum de confort matériel afin 340 l\u2019action nationals de pouvoir viser à un plus grand épanouissement au point de vue intellectuel et social.Au moment où la Fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste du Québec devient réalité vivante, au moment où nous voulons conjuguer les efforts isolés de tous ces groupements nationaux opérant dans le champ national, il est peut-être bon de sasser les idées de ce plus de trente ans et de les mettre en regard de celles qui nous meuvent.Pour notre part, nous croyons que trop de groupements ont fait de l\u2019agitation avant d\u2019avoir une doctrine, prélude à une action cohérente.Stimulé par quelques-unes des pertinentes remarques de notre bienveillant correspondant, nous avons cru, nonobstant une occupation professionnelle absorbante, que notre devoir consistait à faire tout en notre possible pour établir des cadres pour nos sociétés nationales dites Saint-Jean-Baptiste.Que l\u2019on ne nous demande pas immédiatement d\u2019élaborer un corps de doctrine.Nous nous sommes entendus récemment pour un credo national nous convenant et sur ces données préliminaires, nos amis de Hull, de Sherbrooke, de Rimouski, de Chicoutimi, de Québec comme de l\u2019Abitibi, veulent un cadre.Dans ce cadre, il faudra jeter une doctrine comme le réclame Minville dans son magnifique ouvrage sur « Le citoyen canadien-français.)) D\u2019aucuns qui ne rêvent que de doctrine pure, voudraient tout d\u2019abord que la doctrine fût élaborée et que les adhérents fussent ensuite conviés à s\u2019inspirer de cette doctrine et à la concrétiser.Question de méthode.Nous croyons devoir utiliser les cadres existants, les modifier au besoin, les adapter au milieu paroissial, régional ouprovincial.Notreattitude, PROPOS d\u2019un plus de trente ans 341 il nous semble, tient compte de tous les légitimes particularismes, mais n\u2019exclut pas une doctrine uniforme et une action unifiée advenant la nécessité d\u2019un mouvement d\u2019ensemble, par exemple, sur la question du drapeau.Nous partageons également l\u2019idée de notre ami lorsqu\u2019il affirme qu\u2019il faut prêcher à nos compatriotes la grande loi d\u2019amour, d\u2019estime les uns poulies autres et partant pour la collectivité ethnique que nous formons.Nous sommes plus sentimentaux qu\u2019amoureux de l\u2019idée pure.Nous avons tout ce qu\u2019il faut pour faire converger les efforts de tous les nôtres vers un but commun: épanouissement de notre groupe en toutes ses virtualités.Ceci posé, il devrait être possible, ayant un vaste cadre mais décentralisé, d\u2019utiliser toutes les énergies paroissiales et régionales pour qu\u2019elles magnifient leur action, par exemple, dans le coopératisme qui n\u2019est pas et qui ne doit pas être une doctrine centralisée mais qui doit être une quant à la doctrine.Nous affirmons nous aussi que l\u2019on ne gagnera rien à créer des fantômes à nos compatriotes, à leur montrer l\u2019ensemble de tous les obstacles qu\u2019il y a sur leur route.Qu\u2019ils soient avertis du danger constant qui les menace, soit, mais leur en parler toujours et ce sera assez pour les déprimer et leur faire abandonner l\u2019effort régénérateur.C\u2019est entendu, il nous faut des hommes et nous tenons à affirmer à notre correspondant qu\u2019ils existent, qu\u2019une jeunesse ardente, patriote, veut que nous nous écartions des sentiers battus.Elle veut que la coopération, par exemple, dont on lui a dit qu\u2019elle était une œuvre rédemptrice, serve à l\u2019émancipation des nôtres.Il faudra lui dire qu\u2019en coopération les 342 l\u2019action nationale responsabilités individuelles doivent tout d\u2019abord être assumées, que les risques ne doivent pas être reportés sur un secteur au détriment de tel autre.Si le risque doit être couru, il doit l\u2019être tout d\u2019abord par l\u2019individu, car en coopération comme ailleurs, la chaîne ne peut pas être plus forte que le plus faible de ses chaînons.Comme dans le domaine des fédérations nationales, Je groupement des faiblesses ne constituera pas une force.Il faudra insuffler de la vie dans les groupes locaux ou régionaux, sinon la fédération, de quelque nature que ce soit, ne sera qu\u2019une addition de zéros ou de faibles unités.Avouons que ces réflexions d\u2019un peu plus de trente ans nous ont fait réfléchir.Nous avons nous aussi été sévères pour nos aînés, mais il est bien possible que sans nous en rendre compte, nous soyons tombés dans le même travers que nous reprochions à nos devanciers.Notre peuple, c\u2019est entendu, vivra toujours en état de danger.Monseigneur Ferdinand Vandry, recteur de l\u2019Université Laval, disait il n\u2019y a pas longtemps en substance ceci : « La question de la survie de notre groupe dans le Québec ne se pose plus.Il s\u2019agit de monter vers les sommets de la culture et de l\u2019excellence.Pour que notre peuple atteigne à son plein épanouissement, il lui faudra utiliser toutes ses unités composantes.Que chacun devienne une compétence dans son domaine! Il faudra ensuite souder le tout, additionner les forces éparses, les magnifier et la Providence qui veille sur les peuples comme sur les individus fera le reste.Invitons ceux qui viennent après nous à s\u2019engager dans la route que nous avons essayé de déblayer et si chacun porte son fardeau, accomplit sa tâche, croit PROPOS D ÜN PLUS DE TRENTE ANS 343 avec une énergie farouche que le salut est dans l\u2019action individuelle et collective, il n\u2019y aura alors qu\u2019à aller à l\u2019action avec prudence en tenant compte de l\u2019expérience et de certaines contingences, mais à y aller avec ténacité, persévérence et foi.» Tel nous semble bien être à l\u2019heure actuelle, le cadre, le moule où il faudra jeter les idées fortes dont nos compatriotes ont besoin pour accomplir leur destinée dans le Québec d\u2019abord, en Canada ensuite.Rodolphe LAPLANTE « La rançon de la guerre » Graham Towers, gouverneur de la Banque du Canada, a déclaré devant, le comité parlementaire des prix que le ban que le gouvernement canadien a imposé sur les importations do produits des États-Unis « tend peut-être à créer » une hausse des prix au Canada.Towers a comparu devant le comité qui enquête sur la hausse du coût de la vie au cours d\u2019une séance spéciale de cet organisme.II a aussi déclaré que le programme de redressement européen, (plan Marshall), aura peut-être pour effet de maintenir les prix à la hausse au Canada, du moins à leur niveau actuel.M.Towers a ajouté que si le Canadien souffre du coût de la vie, il devrait songer que c\u2019est la rançon de la guerre et que d\u2019autres peuples se sont trouvés, après le conflit, dans une position encore plus critique que lui.{L\u2019Action Catholique, Québec, le 27 mai 197,8). Un héros national HONORÉ MERCIER Voilà plus d\u2019un demi-siècle qu\u2019Idonoré Mercier est mort, et cependant il ne se passe pas de mois sans qu\u2019un parlementaire, un journaliste, un sociologue ou un chef de file le mentionne comme ayant été un précurseur ou un réalisateur dans tel ou tel domaine de notre vie nationale.Mais notre peuple, que sait-il de la vie et des œuvres de ce grand homme d\u2019État?Une petite enquête autour de nous prouve que ses connaissances se limitent c\u2019est déjà loin à bien peu.Deux générations, et où la nôtre pourrait-elle se renseigner ?Les manuels scolaires n\u2019ont que quelques lignes sur ce premier ministre de notre province et « Mercier », de Robert Rumilly, la meilleure biographie publiée jusqu\u2019ici, est épuisée en librairie.Cependant, nos compatriotes se doivent de connaître la vie de ce héros authentiquement canadien-français.Ainsi, il leur importe de savoir qu\u2019Idonoré Mercier est né à St-Athanase, comté d\u2019Iberville, (aujourd\u2019hui Sabrevois), le 15 octobre 1810 d\u2019une famille de cultivateurs à convictions libérales; qu\u2019après quelques années à l\u2019école du rang, il fit son cours classique chez les Jésuites, à Montréal; qu\u2019il exerça la profession d\u2019avocat à St-Hyacinthe où il fut rédacteur à un journal conservateur; qu\u2019il s\u2019opposa à la Confédération.« Quand le Haut-Canada aura la majorité sur HONORÉ MERCIER 345 nous, écrivit-il, il sera libre de nous taxer comme il le voudra, de nous envoyer à la guerre quand il le voudra », qu\u2019il quitta le parti conservateur sur cette question et qu\u2019il devint l\u2019un des fondateurs du « parti national », se faisant élire sous cette étiquette dans le comté de Rouville, en 1872; que son premier discours à la Chambre des Communes fut pour protester contre les lois scolaires du Nouveau-Brunswick proscrivant le français; qu\u2019en 1879 il fut élu dans St-Hyacinthe comme député provincial et qu\u2019il fut choisi comme chef du parti libéral; qu\u2019en 1883 il devint chef de l\u2019opposition et qu\u2019à ce titre il fut un semeur d\u2019idées constructives; qu\u2019en 1886, il devint premier ministre de la province, à la suite de sa campagne en faveur de Riel, en s\u2019empressant de préciser: « Je ne veux pas former un ministère libéral, mais bien un ministère national ».Il tint parole; qu\u2019après cinq ans de pouvoir, il fut victime d\u2019ennemis politiques qui le traînèrent en cour et firent vendre ses biens; qu\u2019il fut honorablement acquitté et que la foule lui fit alors une ovation; qu\u2019il fut battu comme chef de parti, mais réélu comme simple député; qu\u2019il mourut le 30 octobre 1894, à Montréal, et que ses funérailles tournèrent à l\u2019apothéose, le peuple sachant qu\u2019il perdait en lui un chef ayant personnifié sa province et le Canada français tout entier.Les Canadiens français devraient aussi avoir toujours en mémoire au moins les principales œuvres qu\u2019a réalisées Honoré Mercier quelques années à peine : Défense victorieuse de l\u2019autonomie provinciale.Convocation à Québec de la première conférence interprovinciale.Le premier ministre de l\u2019Ontario, Mowat, 346 l\u2019action nationals déclara en cette circonstance: « M.Mercier nous dépasse tous de la tête et des épaules ».Création du premier ministère de l\u2019agriculture et de la colonisation, qu\u2019il dirigea lui-même.Fondation de l\u2019ordre du Mérite Agricole.Impulsion sans précédent à la colonisation dans les Laurentides, au Lac-St-Jean, etc.Choix du curé Labelle comme sous-ministre de la colonisation.Don de cent acres de terre aux familles de douze enfants.Construction du chemin de fer du Lac St-Jean, etc.Encouragement à l\u2019éducation.Ouverture d\u2019écoles du soir.Règlement de la question des biens des Jésuites, ainsi que du conflit entre l\u2019Université Laval et l\u2019École de Médecine Victoria.Construction de routes, de ponts en fer, etc.Prévision dans nombre de domaines: mines provinciales, annexion de l\u2019Ungava, exploitation du Labrador, etc.Digne représentation de ses compatriotes à l\u2019étranger: à Baltimore, au congrès catholique où il remarqua l\u2019absence d\u2019évêques franco-américains; en France, où il fut reçu par le président Carnot qui le décora de la Légion d\u2019honneur; en Belgique, où le roi le nomma commandeur de l\u2019ordre de Léopold ; à Rome même où le Pape l\u2019éleva comte palatin.Exaltation de la fierté et du patriotisme des Canadiens français.Foi en l\u2019avenir : «La Province de Québec est catholique et française, répéta-t-il souvent, et elle restera catholique et française ».Appui à ses compatriotes des autres provinces et même aux émigrés aux États-Unis, qu\u2019il exhorta à demeurer fidèles à la foi et à la langue de leurs ancêtres. HONORÉ MERCIER 347 Celà n\u2019est qu\u2019un résumé; c\u2019est suffisant pour se convaincre que Mercier fut un véritable homme d\u2019État et un grand patriote.Sait-on que la maison natale de cet ancien premier ministre de notre province existe encore?Elle est l\u2019un des souvenirs les plus précieux qui nous restent de lui.Située sur la route national No 7, à six milles d\u2019Iberville, elle est à peu près telle qu\u2019elle était en 1840: en bois avec un toit pointu comme la majorité des maisonnettes de colons de cette époque.Elle a trois pièces au rez-de-chaussée : cuisine, salon et cham-brette; deux chambres à l\u2019étage supérieur.Elle a besoin de beaucoup de réparations, mais la charpente est solide.Elle semblait avoir été oubliée de tous quand, en 1946, la Société St-Jean-Baptiste d\u2019Iberville (à qui nous devons déjà le magnifique monument à l\u2019emplacement de la maison natale du Frère André à St-Grégoire-d\u2019Iberville) décida d\u2019en faire l\u2019acquisition, de la réparer puis d\u2019y faire un musée, grâce aux souscriptions populaires.Cette société a formé parmi ses membres un comité spécial dont M.L.-P.Bissonnette, maire de Sabrevois, est le président.Les membres honoraires sont: les hon.Léon Mercier-Gouin, sénateur, et Gaspard Fau-teux, Orateur des Communes, Me Paul Gouin et Honoré Mercier, député de Châteauguay, tous petits-fils du grand homme d\u2019État, ainsi que les députés du comté à Québec et Ottawa.Les 12,000 lettres de sollicitation adressées aux quatre coins de la province ont rapporté près de $2,000 à date. 348 l\u2019action nationale Afin de faire connaître la vie et les œuvres de Mercier, le comité a publié en brochure ( 0 le texte d\u2019une conférence prononcée sous ses auspices par Robert Rumilly, qui lui a fait don de ses droits d\u2019auteur.Pour réaliser le magnifique projet ci-dessus, il faudrait au moins six mille dollars.Les amis de Mercier sont si nombreux qu\u2019il suffirait d\u2019une souscription d\u2019un dollar chacun pour que, dans quelques mois, l\u2019objectif soit dépassé.Souhaitons que la maison de Mercier, à l\u2019instar de celle de Laurier à St-Lin, devienne bientôt un lieu de pèlerinage patriotique.« Mercier, disait Rumilly dans sa conférence, avait l\u2019instinct canadien-français, la passion canadienne-française.» A votre tour, messieurs, c\u2019est un instinct sûr qui vous porte à glorifier ce héros de notre histoire moderne.Vous voulez acheter la maison natale d\u2019Ho-noré Mercier.C\u2019est ici que Mercier est né, qu\u2019il a suivi le catéchisme, et entendu les récits du drame de 1837.C\u2019est ici que son père, cultivateur et commissaire d\u2019école de la paroisse, et que sa mère, type de la vaillante mère canadienne-française, ont formé son caractère droit et fier.Mais Mercier appartient à toute la province de Québec, à tout le Canada français.Tous les Canadiens français doivent apporter leur obole à cette œuvre, leur tribut de reconnaissance à celui qui, de Québec ainsi qu\u2019il convenait, nous a lancé l\u2019appel que nous finirons bien par entendre: « Donnons-nous la main comme des frères; Cessons nos luttes fratricides; Unissons-nous ».Rodolphe FOURNIER, N.P.(1) En vente à $0.25 dans les librairies ou au « Comité de la Maison natale d\u2019Honoré Mercier», Iberville, P.Q., à qui on voudra bien adresser toute souscription. L\u2019âge des aiguillages Hier encore, le problème social ne se posait chez nous qu\u2019aux spécialistes.Ceci n\u2019est pas à prouver.Ainsi, il y a un an à peine, M.Minville fixait comme objectif à ses notes sur le civisme, de \u201cgrouper des idées dont personne, à sa connaissance, n\u2019avait encore tenté la synthèse.Or ces notes décrivent les besoins de notre temps et le champ d\u2019action du citoyen.A part un groupe restreint, nous sommes donc restés jusqu\u2019ici étrangers à notre question nationale, à notre milieu.Sans vouloir reprendre des explications déjà fournies par nos maîtres, nous voudrions réfléchir sur une des données principales du problème: l\u2019âge de notre peuple.Nous avons, comme peuple, vécu notre enfance-L\u2019âge de l\u2019enfance inconsciente, généreuse et spontanée, qui se taille une place dans le monde, qui prend possession de soi: nos grands-parents défrichaient la terre, et l\u2019Université vagissait, rue St-Denis.\u2014 L\u2019âge de l\u2019enfance-adulte aussi, qui est stabilité relative, travail méthodique et de simple habitude, vie toute dans le présent: c\u2019était la vie de nos habitants des vieilles paroisses et même celle de nos bons journaliers de ville, au début du siècle.Avec un bon catéchisme, des habitudes de vie honnête, un métier ou un coin de terre, nous façonnions hier un bon père de famille.Et la société, forte de 350 l\u2019action nationale telles cellules chrétiennes, recueillait, comme le fruit naturel de la justice et de la charité fraternelle, la collaboration, l\u2019assistance mutuelle, le juste salaire.Sans doute un esprit précoce ou quelque infirme se glissaient-ils au sein de la grande famille, mais cette tête forte et ce parasite étaient vite assimilés ou rejetés par l\u2019organisme en santé.Spontanément encore, l\u2019opinion religieuse et le clergé réglaient les consciences: c\u2019était l\u2019âge de la foi simple, ancêtre sans doute d\u2019un conformisme dégénéré, mais suffisante alors à régler les problèmes de la vie.Brusquement, comme l\u2019enfant, le peuple a connu l\u2019âge des aiguillages.Comme l\u2019adolescent, il est entré dans sa crise d\u2019instabilité et d\u2019émancipation.Moment unique dans une Histoire, temps d\u2019option et d\u2019orientation, tremplin de vie ou de souffrance.Tout autour de nous, le monde occidental ébranlait ses bases, faisait ses expériences d\u2019homme.En quête d\u2019aventures nouvelles, il s\u2019engageait sur les routes miroitantes du libéralisme et du socialisme.Il s\u2019amusait au progrès industriel et scientifique.Il s\u2019essayait à construire, autre Babel, un univers athée.Si, chez nous, les bonnes habitudes, l\u2019isolement, les cadres sociaux aidaient à tenir le coup, peu à peu pourtant s\u2019infiltraient dans notre vie les désirs d\u2019évasion ou de repliement égoïste sur nous-mêmes.La double conscience, le dilettantisme, l\u2019esprit bourgeois et laïc, le plaisir et l\u2019argent minaient notre âme et préparaient la crise.Cette crise, comme chez l\u2019adolescent, elle a éclaté.La révolution économique, créant soudain une vie collective, une interdépendance radicale, une socialisation progressive, suffît à la déclencher.D\u2019une part, l\u2019Age des aiquillages 351 notre croissance naturelle de peuple nous y menait; voilà qu\u2019une série de situations, de plus en plus angoissantes (1920, 1931, 1939 et aujourd\u2019hui) est venue presser, d\u2019une décade à l\u2019autre, ce désarroi.Il ne s\u2019agit pas de dresser, à cœur crevé, le bilan d\u2019une vieille civilisation décadente, mais de ne pas abandonner à lui-même notre jeune peuple dans cette ambiance, de prendre conscience de ses réactions d\u2019adolescent, d\u2019aider à sa maturation.Crise d\u2019adolescent, crise d\u2019émancipation! L\u2019autorité impatiente le jeune.C\u2019est d\u2019abord une résistance passive, l\u2019humeur bougonne, puis le besoin de parler fort, rudement, de protester.Il lui faut la liberté d\u2019action.Il cherche à s\u2019affirmer devant sa conscience personnelle: « Je ne suis plus un enfant », répond-il à son père.Ainsi le peuple est-il gêné par les traditions de la famille, de l\u2019école, de l\u2019Église ou de la loi.Le gouvernement déclare la citoyenneté ou arbore son drapeau ! L\u2019ouvrier fait front, joue la grève et juge péremptoirement.Le bourgeois se vante de rouler la loi et dresse à l\u2019humanisme le procès utilitariste classique.Le lettré, s\u2019il ne cède à la tentation de mépriser son temps, la plèbe et les curés, se retirera tout de même trop souvent dans le bien-être de son studio.Indépendant, le jeune n\u2019en est pas moins conformiste! Il s\u2019assujettit à l\u2019opinion, à l\u2019esprit de parti, à la mode.Par respect humain, il participe aux esclandres d\u2019un groupe, il se plie aux usages des salons, il ira jusqu\u2019à se vêtir à l\u2019image de l\u2019excentrique Hollywood.Cette crise de puberté psychologique s\u2019accompagne évidemment de la crise morale: déséquilibre senti- 352 l\u2019action nationale mental, problèmes sexuels.C\u2019est l\u2019heure, pour un peuple, du jeu violent, de la boisson, de la radio tapageuse et du cinéma troublant.L\u2019heure encore des pseudo-mystiques, d\u2019un certain illuminisme, du rêve, du flirt avec la vie! Chez tous, sourd le brûlant besoin d\u2019aimer, qui mène les meilleurs au cloître ou dans les missions, qui gagne les apôtres de l\u2019action sociale et catholique, mais qui dérobe le plus grand nombre au foyer, pour en peupler les salons mondains, les clubs et la plage! Péniblement, l\u2019adolescent découvre son incorporation sociale.Découverte dont il ne jouira guère, mais qui mûrira en lui, l\u2019homme.Il accepte peu à peu de renconter les hommes, d\u2019en partager les problèmes.I! découvre le travail, la nécessité d\u2019une spécialisation, la valeur sociale du rendement, la loi de la vie.Et par le travail, il comprendra son appartenance à la société.Il ne lui restera plus, par un retour naturel, qu\u2019à redécouvrir sa famille.Avec un peu d\u2019optimisme et quelques nuances, la transposition de cette brève analyse sur le plan du peuple correspondra, il me semble, à la réalité.Le problème n\u2019est pas tant d\u2019ailleurs de sonder l\u2019inquiétude de l\u2019âme nationale et de décrire les difficultés, que de nous aider à franchir cette étape de notre croissance.La tâche est urgente: une adolescence mal dirigée se prolonge, et l\u2019on meurt même parfois subitement.Où nous diriger?L\u2019adolescent est homme, lorsqu\u2019il a réussi « à s\u2019insérer, à prendre sa place dans le monde des hommes, sans détriment de sa personnalité, en réalisant l\u2019unité de l\u2019homme intérieur et de l\u2019homme social ».Or que nous propose-t-on pour mener notre l\u2019âge des aigdillaqes 353 peuple adolescent à sa maturité?Trois expériences vitales: communisme, individualisme libéral, spiritualisme chrétien.A nous d\u2019opter.On est actuellement assez instruit des mérites et chances de succès des deux premières expériences.Le communisme, parent du racisme d\u2019hier, invite le peuple à la participation intégrale à la vie collective jusqu\u2019au renoncement aux droits de la personne.Sacrifice que compensera le bonheur de la grande libération.Lutte, révolutionnaire s\u2019il le faut, pour obtenir place au soleil.Poussée biologique de haine contre toute vérité transcendante.Intégration naturaliste dans une collectivité fatale.Jusqu\u2019où mènera cette païenne équipée?Combien succomberont au mirage et à ce refus de vivre ?Il est au moins inquiétant de nous le demander: l\u2019Europe en témoigne.Moins violent, mais plus lâche et plus illusoire, le libéralisme feint de pouvoir garder, longtemps encore, l\u2019univers en tutelle.Avec l\u2019argent, l\u2019habitude du pouvoir et le sens pratique, il compte tenir ces masses standardisées.Il crée \u2014 palliatifs \u2014 le logement en série, la plage, la coéducation, le sport, la musique à bon marché et l\u2019enseignement par « unités ».Il engendre une vie artificielle et éphémère où, d\u2019une part, on accepte la lutte pour la vie, et, de l\u2019autre, on tente d\u2019oublier sa misère: « struggle for life » et « Radio-City ».Il joue sur les cordes de la philanthropie, de la tolérance, de l\u2019entraide, de l\u2019assurance sociale.Il enseigne le rugby et « l\u2019art de se faire des amis ».Il offre à l\u2019étudiant un cours de « social studies », où, sans trop le scandaliser, on l\u2019initie à la vie! Certains jours pourtant, les plus sérieux plissent le front: « c\u2019est une vilaine farce.On a perdu le sens 354 l\u2019action national» de l\u2019humanisme, on multiplie des expériences sans buts définis, et surtout, on oublie Dieu! » Combien de temps encore le jeu va-t-il durer?Notre peuple prendra-t-il cette direction ?Refusera-t-il de vivre dans une telle évasion?L\u2019expérience est déjà en voie: nous en avons un indice significatif dans l\u2019attitude de notre classe moyenne! Reste le spiritualisme chrétien.Oublions les deux premiers systèmes, déjà bien analysés par les penseurs sociaux, pour méditer plus longuement sur ce troisième moyen offert à notre peuple pour le sortir de son adolescence et le mener à sa vie d\u2019homme.Mais attention! Il ne s\u2019agit pas d\u2019une spiritualité sentimentale, d\u2019une religion édulcorée, faite de rites et de dévotions moulées aux goûts de chacun; mais d\u2019une religion qui est engagement total et concret, d\u2019une religion à chefs terrestres et à institutions humaines, d\u2019une religion qui sera d\u2019abord dogme et vie, dans la personne de son Chef présent et vivant en elle.Le leader marxiste ou païen s\u2019est appliqué à prendre contact avec l\u2019homme de son temps; il a vécu sa misère, sa révolte, son désir de libération.Le spiritualisme chrétien veut aussi n\u2019être pas coupé du réel, être apte à accorder l\u2019homme aux temps nouveaux, à lui « apprendre à exercer l\u2019autonomie personnelle indispensable à l\u2019accomplissement de sa destinée selon les modes qu\u2019imposent les formes présentes de la solidarité ».Sans doute cette spiritualité demeurera ouverte à la prédication de la morale, elle suscitera des cadres d\u2019action, des industries pieuses, des organisations et des mouvements.Mais elle exigera que ces initiatives l\u2019âge des aiguillages 355 ne soient pas improvisées.Pour enrayer le flot croissant des dilettantes et des bourgeois, elle demandera d\u2019intégrer les initiatives dans un effort collectif.Pour multiplier le nombre des chrétiens convaincus du rôle qu\u2019ils ont à tenir dans le Royaume terrestre et social du Christ, elle combattra les beaux esprits, honnêtes gens peut-être, mais trop indifférents à la forme providentielle que doit prendre leur christianisme.L\u2019acquisition d\u2019un tel esprit exigera du disciple chrétien un triple effort: (a) prise de conscience des richesses du dogme catholique;(b) observation rigoureuse des conditions actuelles de la vie; (c) mise au point d\u2019un plan d\u2019action propre à rendre cette vie intégralement chrétienne.Esquissons dans ses grandes lignes cette triple préparation.Richesse du dogme Le dogme catholique est éminemment apte à nous révéler le sens de la vie.La philosophie saura remplacer l\u2019homme au centre de l\u2019univers; la raison nous conduira aux frontières de ses problèmes essentiels: mal et destinée.Mais seule la foi dira toute la vérité sur la brisure actuelle de l\u2019unité humaine, sur l\u2019insoumission à l\u2019Être, sur les manques d\u2019amour, alors qu\u2019en son cœur et conscience l\u2019homme vit du désir d\u2019une fin bienheureuse.Quels thèmes essentiels méditerons-nous pour parvenir à la pleine lumière ?Je les énumère.La création de l\u2019homme à l\u2019image de Dieu, dans un état de justice et de grâce, dans un état d\u2019intégrité, où l\u2019âme est immortellement unie au corps, où l\u2019homme sait 356 L ACTION NATIONALE sa connaturalité avec l\u2019univers et l\u2019unité mystérieuse de l\u2019image divine dans l\u2019humanité totale.Le pêché, souillure en l\u2019homme de l\u2019image divine, perte de la grâce, rupture de l\u2019unité, source du mal et de la mort, mais aussi occasion de la miséricorde divine, restauratrice de la pureté primitive et de la vie surnaturelle.L\u2019histoire de cette réparation par la mort du Christ d\u2019un acte infiniment mortel, de cette récapitulation de la création dans l\u2019Homme-Dieu par l\u2019Incarnation, de la marche progressive de l\u2019humanité vers sa délivrance.Histoire du monde qui devient économie du salut par YÉglise, maturation nouvelle de l\u2019univers dans le Christ et la Révélation: sacrifice, mérite, rachat, satisfaction, efficience de la Rédemption; filiation nouvelle, union à la Trinité, rôle du Corps mystique, de l\u2019Église visible et invisible; unité nouvelle de l\u2019humanité, sainteté de la messe et des membres rachetés, appel apostolique fait aux membres de ce Corps; magistère et gouvernement du Christ par l\u2019Église visible; foi et participation à l\u2019économie sacramentelle de l\u2019Église sanctifiante; acceptation du mystère de la grâce sanctifiante; sens de la liturgie; amour de la Vierge médiatrice et mère.Tels sont les thèmes essentiels, bases d\u2019une spiritualité chrétienne capable de nourrir nos vies.Seule, leur méditation sérieuse nous amènera à comprendre l\u2019univers comme l\u2019immense cathédrale à édifier, la cathédrale de pierres vivantes, dont parle Pierre dans sa lettre aux premiers chrétiens.Le jour où les chrétiens vivront leur religion dans cet esprit de l\u2019édification du Corps mystique, de l\u2019achèvement de la Rédemption, leur vie prendra un sens, son seul sens.Malheureusement la légèreté paresseuse et l\u2019ambiance l\u2019âge des aiguillages 357 matérialiste nous ont sortis de ces réalités; le dogme reste pour nous plus mystérieux qu\u2019il ne l\u2019est, il ne nous nourrit pas; faute de la mieux connaître, nous n\u2019en vivons pas, nous ne savons l\u2019incarner dans nos actes personnels et sociaux.Connaissance du milieu La religion, disions-nous, doit pénétrer notre vie quotidienne.Puisque la Providence nous a fait naître en Canada et vivre en 1948, c\u2019est qu\u2019Elle nous y voulait vraiment, non pas séparés et retirés, mais dans le foyer, l\u2019école, le poste d\u2019ouvrier et le bureau, à la campagne ou à la ville, tel Jésus, le charpentier galiléen.Il m\u2019est donc un devoir de prendre conscience, par mes études et mes contacts, de ce milieu où je suis destiné à vivre.Ce milieu est en crise et en évolution.J\u2019étudierai, avec nos Évêques et les laïcs éminents, avec les équipes sociales et les groupes d\u2019action catholique, les problèmes.Je m\u2019intéresserai aux témoignages, publications, rapports et articles écrits sur le sujet.Je dois saisir comment s\u2019est vécue et se vit chez nous la vie chrétienne.Comment nos mœurs, nos traditions, notre langue, nos lois, nos institutions informent les valeurs chrétiennes.Sans doute on n\u2019a pas défini scientifiquement encore l\u2019âme canadienne-française, et notre Revue d\u2019Histoire en est à ses premiers volumes; mais actuellement, à l\u2019aide des travaux de M.le Chanoine Groulx, des positions du Père Arès, du « Citoyen » de M.Minville, des « Études sur notre milieu », 358 l\u2019action national* des manuels de civisme et d\u2019études sociales européens, il est possible d\u2019interpréter nos valeurs canadiennes.Avec un peu d\u2019initiative et de bonne volonté, nous pouvons recueillir les données essentielles sur notre situation familiale ou politique et suivre les problèmes de la législation économique et sociale.Ouvrir les yeux! Sentir le glissement des foules urbaines vers la perte de la foi, suivre ces foyers désunis dans la crise du logement ou l\u2019alcoolisation croissante! Notre peuple vit-il en état de grâce?Où en est cet humanisme tronqué, façonneur de beaux esprits ou de bourgeois aptes à faire leur chemin le jour et à s\u2019amuser le soir?Pourquoi ce groupe de 20 ouvriers de l\u2019Action Catholique dans cette paroisse de plus de 10,000 âmes?Enquête sur nos besoins, mais parallèlement aussi sur les techniques modernes d\u2019action: méthodes d\u2019éducation, rôle des associations, mission de l\u2019écrivain, responsabilités du professionnel, etc.Travail limité, ici par le champ particulier d\u2019action, où chacun est appelé, par vocation sociale, à rayonner.Le point est que la Providence nous a placés sur tel coin de terre, dans telle famille, dans tel groupe culturel et dans tel état; qu\u2019Elle-même a décidé de notre champ d\u2019action et prévu les cadres de notre vie chrétienne; que je dois me rendre compte alors de l\u2019héritage reçu et « sonder ces ressources de tous ordres dont j\u2019ai reçu le dépôt », pour faire consciemment les ponts entre mes principes chrétiens et la vie quotidienne.L\u2019Etude du milieu est la base d\u2019un civisme sérieux.Et le chrétien ne saurait s\u2019évader du civisme sans être coupable d\u2019une désertion incompatible avec un véritable christianisme! 1,'iciF.DBS AIGUILLAGB* 350 Plans d'action Déterminer le plan d\u2019action, dernière tâche de l\u2019apôtre chrétien décidé à vivre sa religion dans son milieu, demeurera le point le plus délicat.La tentation est si alléchante d\u2019accumuler au hasard, suivant des besoins immédiats, les initiatives et les organisations, de juxtaposer les efforts au lieu de les coordonner! Élaborer un ordre d\u2019action d\u2019ensemble, où les moyens sont parfaitement proportionnés à l\u2019objectif, où la division du champ est adéquate, n\u2019est pas aisé: c\u2019est le « comment » du problème! Des plans existent, qui sont à étudier: plans d'études sur la restauration sociale, plans de colonisation, plans des Semaines sociales.On a tenté de délimiter l\u2019action autour de thèmes premiers: famille, école et paroisse; travail, famille et patrie; loyauté, obéissance et pureté; social, politique, économique et culturel! Le cadre importe peu; l\u2019essentiel reste l\u2019union de toutes les forces disponibles et leur coordination, leur intégration dans un plan d\u2019ensemble.Ici, encore, la sociologue chrétien prendra garde d\u2019élaborer un plan trop idéaliste.S\u2019il est nécessaire de propager la doctrine du mariage-sacrement; il faut voir aussi à loger la famille.Très bien de parler de la christianisation de la matière par le travail manuel, mais il presse plus cependant d\u2019enrayer les progrès de la silicose dans telle mine.Le fidèle ignore trop le sens de la liturgie: qu\u2019on le lui apprenne de la chaire, mais aussi par l\u2019exemple.Comment arriver jamais à l\u2019unité d\u2019action! Amènera-t-on les initiatives privées à se grouper?Confiera-t-on la tâche à l\u2019État-Providence, comme en 360 l\u2019action nationale Portugal ?Un comité interdiocésain, une commission sociale (v.g.commission générale des Semaines sociales) réussiraient-ils à élaborer un plan, à donner des directives générales que les groupes privés (corporations, mouvements d\u2019Action catholique, ligues paroissiales, services sociaux, etc.\u2014 ) se chargeraient ensuite d\u2019adapter aux situations particulières, concrètes ?D\u2019autres préfèrent attendre le salut des éducateurs.Seule une nouvelle génération réussira à vivre si chrétiennement, à prendre un tel esprit.Certes les éducateurs ont en mains, et pour plusieurs années, une matière malléable, susceptible d\u2019être moulée dans cette forme neuve et de fournir demain des ouvriers compétents et convaincus! Mais l\u2019éducateur est-il prêt à donner cet esprit à ses élèves ?Grandi dans un monde routinier et bourgeois, n\u2019est-il pas lui-même marqué de cet esprit?Les cahiers français « Jeunesse de l\u2019Église » ont déjà traité le problème.« Seule, dit leur directeur, une « tactique de communautés » réussira.Que ces hommes actuellement trempés à l\u2019esprit intégralement chrétien se groupent; qu\u2019il vivent ce spiritualisme chrétien aux yeux de leurs frères; peu à peu le ferment fera lever la pâte, leurs rangs se grossiront, ils feront tache».Quelle que soit la solution proposée, la conclusion s\u2019impose: chacun doit prendre conscience de la situation actuelle et se renouveler.Que sera demain ?Communisme ou socialisme chrétien?L\u2019esprit chrétien que nous apporterons à la chose publique la feront l\u2019un ou l\u2019autre.Comme jadis la monarchie, l\u2019individualisme de la démocratie libérale achève son règne. l\u2019âge des aiguillages 361 Pour terminer sur une note plus sereine, rappelons enfin que l\u2019économie du salut du monde est le secret du Père.L\u2019écartèlement est la condition naturelle de l\u2019Église terrestre; le Royaume n\u2019est pas de ce monde; l\u2019union de l\u2019humain et du divin sur terre est marquée, comme au Calvaire, du signe de la croix.Seul le Christ sait les progrès du Corps mystique dans les âmes.Pour nous modeler sur le Christ, nous nous ferons apôtres d\u2019un coin de terre, aidés de quelques amis, avec la foi au cœur qui nous assurera que chacun de nos actes de chrétiens bouleverse l\u2019univers, et nous obéirons à l\u2019Église qui nous dit actuellement notre devoir d\u2019entrer dans la lutte universelle pour la régénération sociale du monde.Paul-Émile Gingrss * Avant les vacances.Si vous voulez passer des vacances exemptes de soucis et qui vous refassent physiquement et moralement, ne laissez rien à traîner derrière vous.Liquidez vos petites dettes.N\u2019ayez pas la sensation que vous les entendez CRIER tandis que vous cherchez la quiétude.Aussi est-ce vous souhaiter de bonnes vacances que de vous recommander de payer votre abonnement à L\u2019ACTION NATIONALE, \u2014 s\u2019il est dû, \u2014 avant de fuir le travail et la ville.Et pour ne rien cacher, nous aussi, nous aimerions passer de bonnes vacances ! V Administration Les Acadiens A de l\u2019ïle-dh-Prince-Edouard C\u2019est en 1720 que les Français vinrent s\u2019établir en permanence dans l\u2019île St-Jean.Ils fondèrent alors Port-Lajoie, nom illustre dans les annales de l\u2019Acadie.Pendant une quarantaine d\u2019années, la petite colonie se développa assez rapidement.Les fermes des colons prospérèrent de plus en plus.Vers 1758, on comptait cinq paroisses françaises de la Baie Fortune à l\u2019est jusqu\u2019à Malpèque à l\u2019ouest.La mer étant leur unique moyen de communication avec l\u2019extérieur, nos ancêtres s\u2019établirent près du rivage.Ils avaient, tout même, su choisir les régions les plus fertiles de la province.Ces régions devinrent, plus tard, aux mains des Anglais, des centres agricoles très prospères.En 1758, les quelques 5000 habitants de l\u2019île-St-Jean furent déportés vers l\u2019Angleterre et la France.Plusieurs n\u2019y atteignirent jamais, et périrent en mer: ils furent les martyrs de la cause française et de la foi catholique.Quelques familles seulement échappèrent à la déportation.Les 15,000 Acadiens, qui, selon le recensement de 1941, constituent la population française de l\u2019ÎIe-du-Prince-Édouard, sont les descendants de ces familles et de quelques autres qui ne tardèrent pas à revenir.Notre petit groupe d\u2019Acadiens a pu survivre malgré son isolement des autres groupements français de notre pays. UI8 ACADIENS DE l\u2019ÎLE-DÜ-I'RINCE-ÉDOUAHD 363 Nos aïeux, s\u2019ils ne nous ont légué aucune richesse pécuniaire, nous ont fait les héritiers des richesses beaucoup plus grandes de leurs souffrances et de leurs peines: leur foi, leurs traditions et leur attachement au sol ont contribué et contribuent encore très largement à l\u2019œuvre de la survivance française chez nous.Comme nous l\u2019avons mentionné plus haut, les pionniers français de l\u2019île St-Jean s\u2019étaient établis dans les régions les plus fertiles.N\u2019eût été « le grand Dérangement » qui changea nos destinées, les Acadiens ne seraient-ils pas aujourd\u2019hui les cultivateurs les plus fortunés de notre province ?Mais la Providence ne l\u2019a pas voulu ainsi.L\u2019épreuve et la souffrance ne sont-elles pas la base des œuvres voulues de Dieu ?La dispersion de 1758 a tout bouleversé.Les quelques familles qui échappèrent à la haine du bourreau vécurent de peine et de misère au fond des bois.Elles furent, pendant plusieurs années, en proie aux plus cruelles persécutions.Ce n\u2019est qu\u2019au début du 19ième siècle que les Acadiens réussirent à fonder de nouvelles paroisses.Mais ils durent se contenter de terres médiocres dans les régions les plus pauvres de la province.Le conquérant avait fait siennes les terres ravies à ses victimes.Aujourd\u2019hui, la plupart des Acadiens sont établis dans le comté de Prince, soit dans la partie ouest de la province.Ils sont presque tous cultivateurs ou pêcheurs.Les sols de ce comté ne sont pas aussi fertiles que ceux des autres régions de la Province.Les études faites sur ces sols ont démontré que, sur un total de 469,260 acres de terre que renferme ce comté, il y a 124,954 acres ou 26.5% de terrain mal drainé.Les comtés de Queens et de Kings, sur des l'action nationale 364 superficies de 488,390 et de 410,340 acres, ne possèdent respectivement que 3.6% et 17.3 en terrains mal drainés.Le sol a toujours une influence directe sur les conditions de l\u2019agriculture dans un pays, dans une province ou dans une région.Si nos cultivateurs acadiens vivent sur des sols mal drainés, et, par le fait même, peu productifs, leur situation financière sera nécessairement médiocre.Ajoutez à cela un manque de connaissances techniques de leur métier et vous réaliserez les conditions pénibles dans lesquelles se débattent nos cultivateurs acadiens.Tout en restant attachés au sol, ils n\u2019ont pas modernisé leurs procédés : ils ont conservé non seulement les traditions mais aussi les méthodes de culture de leurs aïeux.Ils cultivent un peu comme les ancêtres cultivaient.Ils ne se prêtent pas assez aux nouvelles méthodes; l\u2019innovation, c\u2019est un hasard.On ne s\u2019^ abandonne pas trop.Les difficultés nombreuses ont contribué pour beaucoup à l\u2019apathie des nôtres.Il faut pourtant susciter un réveil: former des sociétés agricoles, des cercles d\u2019étude et des sociétés coopératives.Les groupements sont chose facile à organiser chez nous.Et, lorsque nos gens s\u2019emparent d\u2019un mouvement quelconque, on ne peut pas facilement leur faire abandonner la partie.Malheureusement, il y a pénurie de chefs compétents pour diriger leurs activités.Nous n\u2019avons pas d\u2019agronome acadien à la charge de l\u2019organisation agricole dans nos paroisses françaises.Pour bien saisir notre situation, il faut remarquer que nos 15,000 Acadiens sont dispersés en une quinzaine de localités qui s\u2019étendent d\u2019un bout à l\u2019autre de LB8 ACADIENS DE l\u2019ÎLE-DU-PRINCB-ÉDOUARD 365 File.Notre population franco-agricole de 6,500 âmes est établie en une douzaine de paroisses, qui sont, dans la plupart des cas, séparées les unes des autres par des groupements de gens de langue anglaise.Si ce n\u2019était que de cela la situation serait moins difficile.Mais, exception faite des deux paroisses de Notre-Dame-du-Mont-Carmel et de St-Jacques d\u2019Egmont Bay, qui sont complètement homogènes, les dix autres paroisses sont compénétrées de gens de langue anglaise, protestants ou catholiques.Ces paroisses sont desservies par des curés irlandais qui ne connaissent que médiocrement le français et ne s\u2019en servent que peu ou point dans leur ministère.Ils ne s\u2019occupent guère, non plus, du bien-être temporel de leurs administrés.La subdivision des terres aggrave encore la situation.Les terres ne sont pas d\u2019assez grande étendue pour s\u2019exploiter économiquement.Voici quelques statistiques sur la population franco-agricole de l\u2019Ile, la valeur et l\u2019étendue de ses fermes : Population agricole totale:.51,667 Population franco-agricole:.5,656 Proportion:.11% Etendue des fermes: Nombre moyen d\u2019acres par ferme pour toute la province:.\t95 Nombre moyen d\u2019acres par ferme pour les régions françaises: 75 Valeur des fermes: Valeur moyenne par acre pour toute la province:.$29.00 Valeur moyenne par acre pour les régions françaises:.\t$25.00 Nombre de fermes: Nombre de fermes dans toute la province:.12,230 Nombre de fermes dans les régions françaises:.1,070 Proportion:.ÉTENDUE DES FERMES FRANÇAISES: 8.5% Étendue Nombre de fermes Proportion % 1.7 3.1 39 0 1-4 acres 5-10 acres 11-50 acres 17 33 418 l\u2019action NATIONAL» 306 51-100 acres 101- 200 acres 200-200 acres 300 479 acres 400\t37.1 172\tlfi.O 23\t2.1 7\t.7 Nous voyons ici que nous ne possédons que 8.5% des terres de la province.Nous sommes pourtant 15,000 Acadiens sur une population de 95,000.Toutes proportions gardées nous devrions posséder 16% des terres disponibles.Cela veut dire que nous devrions avoir environ 2,000 fermes.Nous constatons aussi que 30% de nos terres sont dans la classe de 11-50 acres et 37% dans la classe de 51-100 acres.Ceci ne donne pas de détails très précis, malgré la grande variation à l\u2019intérieur des classes, ces chiffres démontrent que nos Acadiens ne sont guère de gros cultivateurs.Leur exploitation, d\u2019après l\u2019étendue des fermes, est plutôt du caractère de l\u2019agriculture familiale.Les cultivateurs de notre province s'adonnent à la culture mixte à base d\u2019industrie laitière.Quoique nos pommes de terre soient très renommées, il n\u2019y a que 822 exploitants dont la principale source de revenu provient de la production de ces légumes.De ce nombre 38 seulement sont acadiens.La plupart de nos cultivateurs ne récoltent que de 3 à 5 acres de patates.La moyenne provinciale est de 3.7 acres par ferme.En général, une exploitation agricole mixte consiste dans l\u2019élevage des animaux et la culture de plantes diverses.I ne ferme typique de 60 acres posséderait un cheptel composé de trois chevaux, six vaches, 15 moutons, 6 porcs, 100 poules et les étendues suivantes destinées aux différentes cultures: 5 acres en pommes de terre, 4 acres en culture sarclée, 16 acres LES ACADIENS DE l\u2019ÎLE-DU-I\u2019IUNCE-ÉDOUARD 367 en avoine ou en grains mélangés, 20 acres en foin de mil et en trèfle et 15 acres en pâturage.Ces données ne sont qu\u2019approximatives, mais on peut en déduire que les revenus de nos fermes peuvent, en général, n\u2019être que très moyens.Les grandes fermes ne diffèrent guère de celle-ci en culture; elles ne varient qu\u2019en étendue.Le genre de culture ne varie guère chez les Acadiens ; ceux-ci cultivent les mêmes plantes que leurs compatriotes mais, en général, sur une plus petite échelle.Les bénéfices qu\u2019ils en retirent sont insuffisants pour leur permettre de faire les économies nécessaires à l\u2019entretien, à l\u2019éducation et à l\u2019établissement de leurs enfants.Ils ne peuvent non plus mener la vie aisée à laquelle ils ont droit comme leurs concitoyens.En règle générale, les familles acadiennes sont plus nombreuses que celles de nos compatriotes de langue anglaise.Le coût de l\u2019entretien familial est donc plus élevé chez les nôtres.Les revenus de la ferme peuvent à peine y suffire.L\u2019exode rural est le grand problème de l\u2019heure.Les causes sont multiples.La situation agricole n\u2019encourage guère nos jeunes à s\u2019établir sur des terres; les revenus peu élevés ne sont guère aussi alléchants que les salaires des ouvriers et les conditions de vie sont, à leur dire, moins bonnes qu\u2019à la ville.Sans doute, les modes de communication moderne ont joué un grand rôle dans la désertion de nos campagnes.Le transport plus facile a permis à notre jeunesse rurale de visiter les villes oû elle s\u2019est laissée prendre au piège de leur faste; la vie grouillante l\u2019a enivrée et elle a cru avoir découvert une utopie.Elle a senti le besoin de s\u2019amuser, de suivre la loi du 3(>8 l\u2019action nationale moindre effort, de sacrifier la tranquillité des campagnes pour la vie tapageuse de la ville.Peut-on lui imputer toute la responsabilité de la désertion ?Je n\u2019y consens pas et voici pourquoi! Les lacunes de notre éducation rurale ont contribué, dans une large mesure, à l\u2019exode vers les centres urbains.Notre programme scolaire est adapté aux besoins des villes.L\u2019étude de la nature et de l\u2019agriculture est trop banale pour y figurer.Nos jeunes Acadiens quittent l\u2019écôle vers l\u2019âge de 13 à 14 ans sans avoir acquis aucune connaissance en agriculture ; leurs connaissances générales, religieuses et civiques, sont aussi limitées.Comment peut-on prétendre que ces jeunes vont réaliser l\u2019importance qu\u2019il y a pour eux de rester attachés au sol ?Comment vont-ils aimer la digne profession de l\u2019agriculteur s\u2019ils n\u2019en connaissent pas les premiers éléments ?On ne leur a pas enseigné à lire au grand livre de la nature, à apprécier les beautés naturelles de nos campagnes et à observer les phénomènes naturels qui se déroulent chaque jour à leurs yeux.Leur a-t-on jamais suggéré que l\u2019homme de la terre coopère très étroitement avec le Créateur ?On leur a pourtant parlé des villes avec leurs industries, leurs beautés artificielles, leurs cinémas et leurs autres amusements modernes, leur vie soi-disant facile et leur confort.Comment nos jeunes peuvent-ils ne pas rêver de faire la conquête d\u2019un monde aussi attrayant ?Si l\u2019on mettait autant d\u2019énergie à enseigner les avantages de la vie rurale les résultats seraient, sans doute, un peu différents.Quel paradoxe! On forme la jeunesse à l\u2019urbanisme et l\u2019on pleure la désertion de nos campagnes. LES ACADIENS DE l\u2019ÎlE-DU-PRINCE-ÉDOUARD 369 A cause des familles nombreuses dont Dieu comble les foyers acadiens, chaque cultivateur a plusieurs fils à établir.Il ne peut subdiviser sa ferme; elle est déjà assez petite; il lui faut donc acheter de nouvelles terres ou laisser ses enfants s\u2019en aller à la ville pour s\u2019y trouver un emploi.Les possibilités d\u2019établissement sont assez limitées dans nos cantons français; il devient de plus en plus difficile pour nos cultivateurs de loger leurs fils.Ces derniers sont donc réduits à chercher fortune dans nos villes insulaires, aux États-Unis et dans les villes des provinces voisines.Ils sont perdus à tout jamais pour notre population franco-agricole.Rendus au milieu de gens de race étrangère, il arrive très souvent qu\u2019ils perdent leur langue maternelle, leurs traditions, leurs convictions nationales et même leur foi catholique.Nos campagnes sont délaissées et il n\u2019est pas rare de voir des cultivateurs d\u2019âge assez avancé demeurer seuls sur leurs terres.Us se voient obligés, par la force des circonstances, de vendre leurs fermes et il arrive parfois, dans nos paroisses mixtes, que certaines de nos meilleures terres passent, par ce moyen, aux mains des Anglais.Les jeunes ménages deviennent de plus en plus rares; garçons et filles, en vue de s\u2019amasser quelques réserves pour l\u2019avenir, prennent le chemin de la ville.Us ont la bonne intention d\u2019en revenir, mais hélas! ce retour ne devient jamais une réalité.Pour remédier au mal, il faudrait faire une étude très détaillée avant de prescrire un antidote qui, en l\u2019occurrence, serait de trouver des moyens pour garder notre jeunesse dans nos campagnes en lui fournissant les avantages d\u2019une formation agricole. 370 l\u2019action nationals Plusieurs des conditions qui existent chez nous sont en dehors de notre domaine national.Nous ne pouvons ni les corriger ni les améliorer nous-mêmes.Mais nous pourrions, sans doute, faire plus que nous faisons.Notre activité pourrait créer une certaine émulation chez nos compatriotes anglophones.Ils se rendraient peut-être compte des conditions qui existent dans notre province.Toutes nos facilités d\u2019éducation sont sous le contrôle du gouvernement provincial, qui, jusqu\u2019à présent, ne s\u2019est guère efforcé de les améliorer.Le personnel enseignant acadien a de beaucoup diminué, en quantité aussi bien qu\u2019en qualité, depuis une dizaine d\u2019années.Les salaires sont si peu élévés qu\u2019ils ne suffisent plus pour attirer et maintenir les compétences.Un très petit nombre de jeunes Acadiens et Acadiennes se dirigent vers l\u2019École normale; même ceux et celles qui y complètent leurs études ne s\u2019attardent guère dans l\u2019enseignement.Il en résulte que nos écoles sont à la charge de jeunes institutrices sans expérience, qui, malgré leur bonne volonté, n\u2019ont pas les connaissances nécessaires pour orienter notre jeunesse vers la vie rurale.L\u2019enseignement de l\u2019histoire naturelle et de l\u2019agriculture ne fait aucunement partie de leur entraînement normal.Elles ne sont donc pas en mesure d\u2019enseigner ces matières dans nos écoles.Notre jeunesse rurale, qui ne reçoit aucune autre formation que celle que peut lui fournir l\u2019école du village, n\u2019est donc aucunement préparée au métier de cultivateur.C\u2019est là un de nos plus grands maux.Pour améliorer ces conditions, il faudrait donner à nos institutrices, durant les vacances, des cours d\u2019agriculture en plus des cours de pédagogie et de français qui UBS ACADIENS DE Li\u2019ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD 371 sont en vogue depuis quelques années.Aussi longtemps que leur traitement sera si peu rémunérateur, il n\u2019y a pas lieu de s\u2019attendre à de grandes améliorations.Si l\u2019école ne peut former notre jeunesse à l\u2019agriculture, il faudra prendre d\u2019autres moyens pour atteindre notre but.Nous devrons organiser des cercles de jeunes éleveurs et des cercles de jeunes naturalistes afin d\u2019inculquer à nos enfants des connaissances plus approfondies en agriculture.Ce travail est déjà ébauché, il ne s\u2019agit que de le continuer tout en redoublant d\u2019effort.Il est assez difficile d\u2019envoyer un grand nombre d\u2019élèves suivre des cours abrégés d\u2019agriculture dans les autres provinces.Il nous faudrait établir une école moyenne d\u2019agriculture chez nous, mais, hélas! notre Ministère d\u2019agriculture n\u2019a pas encore pris l\u2019initiative d\u2019en établir une.Nous avons rêvé d\u2019une école d\u2019agriculture française, mais, jusqu\u2019à présent, nous n\u2019avons aucune source où nous pourrions puiser les argents nécessaires à l\u2019établissement et au fonctionnement d\u2019une telle entreprise.L\u2019avenir nous réserve peut-être des surprises.Nous avons encore confiance.Nos cultivateurs sont plus ou moins organisés.Ils font partie des caisses d\u2019épargne et de quelques autres sociétés coopératives, mais les vraies sociétés agricoles se font plutôt rares chez nous.On ne s\u2019intéresse pas suffisamment à la Fédération Canadienne d\u2019Agriculture et, même si quelques cultivateurs font partie de cette organisation, ils sont très rares, ceux des nôtres, qui prennent une part active aux réunions générales de cette association.Il y aurait beaucoup à faire au point de vue organisation agricole et il est absolument essentiel que ce travail soit entrepris dans 372 l\u2019action nationale un bref délai.Nous ne pouvons améliorer notre situation sans organiser nos cultivateurs; nous ne pouvons non plus agrandir nos paroisses et refaire nos sociétés agricoles.Sans organisation, de grandes paroisses ne vaudraient pas mieux que les petites.J.-E.Arsenault, Secrétaire delà Société Saint-Thomas d\u2019Aquin.Le danger des clubs neutres L\u2019archevêque de liimouski, S.Exc.Mgr Georges Courchesne, a exprimé son inquiétude à voir tant d\u2019adultes et surtout de professionnels se tourner vers les clubs sociaux neutres, qui sont des organismes neutres d\u2019éducation des adultes.Notant que ces clubs neutres sont arrivés, jusqu\u2019à pénétrer dans nos campagnes, Mgr Courchesne dit que ce mouvement peut amener notre peuple à accepter l\u2019école neutre pour l'éducation des enfants.Mgr Courchesne a fait cette déclaration à la réunion annuelle des anciens du séminaire de Nicolet auquel il a appartenu à la fois comme étudiant et professeur.Il avait d'abord posé la question au sujet de la durée de la résistance de notre peuple dans la foi catholique, si l\u2019enseignement devenait neutre comme dans plusieurs pays.Il avait basé sa conférence sur une opinion exprimée par le pape à un journaliste québécois dans une récente audience.PieXIl a alors dit qu\u2019il redoutait le formalisme dans la vie catholique du Canada français et signalait la nécessité d\u2019une vie intérieure plus intense.Mgr Courchesne a dit qu\u2019en effet, on peut se demander, devant la conservation de la foi chez nous sans combat, comme ailleurs, combien de temps la foi résisterait dans la province de Québec avec un régime d\u2019écoles neutres?Comme remèdes, il préconisa une vie intérieure plus robuste.La Presse Montréal, le 25 mai 1948). L\u2019électricité au service du cultivateur Dans le numéro d\u2019octobre de « l\u2019Action Nationale», après avoir analysé quelques causes de l\u2019exode rural au pays du Québec, nous avons proposé ou plutôt indiqué les remèdes qui nous paraissent les plus efficaces à enrayer la désertion des campagnes.Vers la fin de l\u2019article nous avons affirmé qu\u2019un vaste programme d\u2019électrification rurale ayant pour but d\u2019améliorer les conditions d\u2019existence de la famille paysanne en lui apportant un peu du confort et des commodités modernes serait de nature à assurer davantage la stabilité de notre peuple de la campagne, à l\u2019ancrer de plus en plus au sol et à maintenir chez nous entre l\u2019agriculture et l\u2019industrie cet équilibre nécessaire à la vie économique, sociale et nationale du Québec.A cause de son importance nous aimerions à revenir aujourd\u2019hui sur ce sujet pour souligner, avec chiffres à l\u2019appui, le progrès de l\u2019électrification rurale dans la province depuis quelques années et pour insister sur les heureuses répercussions que notre population est en droit d\u2019attendre de cette politique de distribution massive de la houille blanche dans nos paroisses agricoles.Le lien entre notre agriculture et nos autres activités humaines est tellement intime et sensible que celle-là ne peut pas recevoir une impulsion une poussée, un choc sans que celles-ci s\u2019en ressentent. 374 l\u2019action nationals C\u2019est pourquoi nous sommes convaincus de respecter le ton ou l\u2019esprit d\u2019une revue d\u2019action nationale en y insérant un bref article sur l\u2019électricité à la campagne.RÉALISATIONS DANS LE DOMAINE COOPÉRATIF Un office a été établi par le gouvernement provincial, en juillet 1945, dans le but de promouvoir l\u2019électrification rurale par l\u2019entremise de coopératives d\u2019électricité.S\u2019il y avait eu au préalable des tentatives isolées mais heureuses d\u2019électrification de quelques rangs dans la province par le mode coopératif, en 1945, cependant, c\u2019était la première fois dans l\u2019histoire économique et sociale du Québec que la formule coopérative était appliquée suivant une législation conforme et sur une vaste échelle, à la production, la distribution et la vente de l\u2019énergie électrique dans nos régions rurales.Ce n\u2019était pas une innovation hasardeuse.La coopération avait déjà fait ses preuves dans diverses sphères de nos activités québécoises.Il n\u2019y avait pas de raison plausible pour qu\u2019elle ne réussisse pas dans celle de l\u2019électrification des campagnes.Du reste l\u2019exemple de nombreux pays européens et de nos voisins du sud était là pour soutenir et orienter les promoteurs du projet.Il serait trop long d\u2019étudier ici tous les détails de la loi de l\u2019électrification rurale qui a été adaptée aux conditions et à la mentalité de notre milieu.Nous ne signalerons que les grandes lignes de cette législation : 1 \u2014 Le but de l\u2019office est d\u2019encourager par l\u2019entremise de coopératives d\u2019électricité l\u2019expansion de lignes électriques dans les régions rurales du Québec. l\u2019électricité au service du cultivateur 375 2\t\u2014 Pour atteindre cette fin il offre gratuitement aux coopératives d\u2019électricité le service de ses propagandistes pour fonder les coopératives et les maintenir dans la bonne voie, de ses ingénieurs et techniciens pour préparer les plans de la ligne électrique et en surveiller la construction, de ses comptables pour vérifier les livres de la coopérative et pour aider les gérants à bien tenir leur comptabilité, de ses agronomes pour expliquer aux cultivateurs l\u2019utilisation économique de l\u2019électricité sur la ferme, de ses notaires et avocats pour étudier et régler les questions légales au sein de ces organismes coopératifs.3\t\u2014 L\u2019office prête aux coopératives d\u2019électricité jusqu\u2019à 75% du coût de construction de la ligne.L\u2019autre quart est fourni sous forme de capital social par les membres.Au moment où j\u2019écris ces lignes il y a un projet de loi devant l\u2019assemblée législative à la présente session pour amender cet article et pour accorder désormais à la Commission de l\u2019électrification rurale le droit de prêter jusqu\u2019à concurrence de 85% du coût du projet chaque fois que dans un territoire à électrifier au moyen de coopératives la densité des clients sera inférieure à six au mille.La coopérative rembourse ces prêts de l\u2019office en lui payant par versements semi-annuels 3% d\u2019intérêt sur le capital emprunté pendant une période de trente ans.4\t¦\u2014 L\u2019office s\u2019occupe en plus de fournir aux coopératives, au prix coûtant, les divers appareils électriques utilisés sur la ferme et tout le matériel nécessaire à la construction des lignes. 370 l,\u2019ACTION NATIONALE 5 \u2014 Enfin si un membre obtient d\u2019une Caisse populaire ou d\u2019une banque un prêt ne dépassant pas la somme de 300 dollars pour la filerie de sa maison et de ses bâtisses de ferme, l\u2019office lui remboursera 3% de l\u2019intérêt sur cet emprunt.L\u2019office de l\u2019électrification rurale n\u2019est établi que depuis deux ans et il a tout de même à son crédit des réalisations imposantes qui méritent d\u2019être publiées.Nous ne mentionnerons que les principaux chiffres: 1\t\u2014 Au 31 décembre 1947 environ 112 coopératives d\u2019électricité étaient incorporées dans la province de Québec.2\t\u2014 Vingt coopératives sont actuellement en opération et apportent le service de l\u2019électricité à plus de 5,000 cultivateurs.3\t\u2014 En 1946, l\u2019office avait aidé les coopératives à construire 225 milles de lignes rurales.En 1947, les coopératives d\u2019électricité ont bâti par l\u2019entremise de l\u2019office 867 milles de lignes et en ont 320 autres en construction 4\t\u2014 Sur le parcours de ces 1100 milles de lignes rurales neuves on compte encore 2500 cultivateurs qui ne sont pas prêts à raccorder leurs bâtisses à la ligne principale, soit parce qu\u2019ils ne tiennent pas à obtenir le service électrique cette année, soit parce que la filerie n\u2019est pas terminée sur leur propriété.5\t\u2014 Ces vingt coopératives sont organisées dans les quatre coins de la province.Et si l\u2019on tient compte de l\u2019étendue du territoire desservi actuellement parmi les coopératives les plus importantes se trouvent celles de Gaspé Sud, de l\u2019électricité au service du cultivateur 377 St-Jean-Baptiste-de-Rouville, de Témiscamingue, et de Bonaventure.6 \u2014 Au delà de seize autres coopératives d\u2019électricité, situées dans des territoires électrifiés par des compagnies privées, s\u2019occupent exclusivement de la filerie des bâtisses de ferme et de la vente des appareils électriques à leurs membres.Ces quelques considérations d\u2019ordre général démontrent le progrès accompli dans le domaine de l\u2019électrification rurale par les coopératives d\u2019électricité.Il reste encore beaucoup à faire.En 1948, l\u2019office projette de construire au delà de 600 milles de lignes électriques dans divers centres agricoles de la province.RÉALISATIONS DANS LE DOMAINE DE L\u2019INITIATIVE PRIVÉE.Les statistiques nous apprennent que depuis trois ans, les Compagnies privées productrices et distributrices d\u2019énergie électrique ont considérablement augmenté leur programme d\u2019électrification rurale.En 1943 toutes les compagnies privées du Québec avaient demandé à la Régie provinciale de l'électricité des permis pour construire un total de 3 milles de lignes rurales desservant 33 cultivateurs.En 1945, l\u2019année où fut créé l\u2019office de l\u2019électrification rurale ces chiffres avaient fait un bond: les demandes de permis par les compagnies pour des extensions de lignes à la campagne furent de 1,483 milles pour apporter le service de l\u2019électricité à plus de 9,500 cultivateurs.De 1946 à 1948 ces compagnies ont construit plus de 2,400 milles de lignes dans les régions agricoles du Québec et y ont raccordé environ 18,000 fermes. 378 l\u2019action nationale Au dernier recensement décennal de 1941, 20% des fermes québécoises jouissaient du service de l\u2019électricité.Trente mille autres fermes ont été électrifiées depuis trois ans grâce à l\u2019initiative privée et à la coopération: cela double le pourcentage.Et si l\u2019on continue à ce rythme, à la fin de l\u2019année 1948, il y aura tout près de la moitié des cultivateurs de la province qui bénéficieront des nombreux avantages de l\u2019électricité à la campagne.Cet article n'est pas écrit pour faire l\u2019apologie de qui que ce soit.Je voudrais me borner à signaler des faits et à les présenter tels qu\u2019ils sont.Mais, à titre d\u2019agronome, en contact avec les cultivateurs des diverses régions de la province j\u2019estime qu\u2019en matière d\u2019électrification rurale, la formule coopérative tient pour le moment le juste milieu entre l\u2019étatisation d\u2019une part et l\u2019initiative privée de l\u2019autre.Les coopératives d\u2019électricité encouragées et soutenues par l\u2019État mais dirigées par leurs membres demeurent sans doute des institutions humaines.Et, comme telles, elles sont sujettes à des égarements et à des améliorations, elles ne peuvent atteindre la perfection absolue.Elles é-vitent cependant d\u2019un côté les dangers de la nationalisation à outrance et préviennent de l\u2019autre les abus qui pourraient naître de l\u2019entreprise privée.A mon avis, et c\u2019est toujours une opinion personnelle que j\u2019exprime dans ces pages, la coopération m\u2019apparaît de plus en plus comme la formule sociale du présent et de l\u2019avenir, formule de juste milieu, formule propre à corriger les excès d\u2019où qu\u2019ils viennent.Et je crois que dans la sphère de l\u2019électrification rurale on doit donner à la coopération la chance, l\u2019opportunité de faire ses preuves. l'électricité au service du cultivateur 379 N os cultivateurs demandent depuis de nombreuses années de jouir de leur part des ressources naturelles de la province et tout particulièrement des services de l\u2019énergie électrique.Ils y ont droit au même titre que le citadin.J\u2019irai plus loin en affirmant que l\u2019électricité à la campagne est un des meilleurs moyens de remédier au manque de confort et de commodités que l\u2019on remarque dans la plupart de nos paroisses agricoles.Le cultivateur est souvent loin de l\u2019église, de l\u2019école, de la gare, de l\u2019hôpital, du magasin; les maisons rurales sont éloignées les unes des autres; les communications sont parfois onéreuses; la besogne est rude et souvent difficile; l\u2019habitant ne suit pas la journée de huit heures.La pompe-à-bras fournit l\u2019eau pour les besoins de la maison et de l\u2019étable, la lumière vacillante de la lampe à pétrole éclaire les longues veillées d\u2019hiver; la lessive hebdomadaire se pratique souvent dans une cuvette avec la traditionnelle planche à laver.Le cultivateur a peut-être une automobile, un tracteur mais il n\u2019a pas de chambre de bain.La fermière qui se lève tôt le matin pour préparer le repas des laboureurs et qui se couche tard la nuit après la prière en famille et le ravaudage, besogne tout le jour dans des conditions assez onéreuses.Les jeunes ruraux s\u2019ennuient à la campagne et se désintéressent de la culture du sol quand ils ne peuvent pas occuper utilement et agréablement leurs loisirs.L\u2019électricité n\u2019est pas un remède à tous les maux mais elle offre au moins à notre peuple agricole un moyen économique d\u2019améliorer ses conditions d\u2019existence, de mieux utiliser la main-d\u2019œuvre sur la ferme, d\u2019augmenter la valeur de sa propriété et ses revenus 380 l\u2019action nationale agricoles, d\u2019embellir la vie rurale, d\u2019encourager l\u2019artisanat et l\u2019établissement de petites industries à la campagne.11 est assez difficile de prévoir toutes les répercussions qui peuvent découler d\u2019une politique intense d\u2019électrification rurale dans le Québec.Mais nous savons que si le service électrique est un facteur de progrès économique et social pour notre agriculture, son influence bienfaisante se fera ressentir dans les autres domaines de notre vie nationale.Quand la pierre d\u2019assise est solide on craint beaucoup moins l\u2019écroulement de la structure.Jean Blanchet État fédéral et États provinciaux « Nous avons une union fédérale et non une union légis'a-tivc; c\u2019est-à-dire que nous avons un gouvernement central pour toutes les provinces, administrant les affaires générales dans l\u2019intérêt, commun; et des gouvernements locaux pour chaque province administrant les affaires locales dans l\u2019intérêt provincial.« L\u2019existence des provinces a précédé celle de la puissance et c\u2019est d\u2019elles que celle-ci a .reçu ses pouvoirs, Les provinces possédaient le gouvernement responsable en 1867; elles avaient leur législature, leurs lois et toute l\u2019autonomie qui est inhérente à une colonie.Les provinces ont délégué dans l\u2019intérêt général, une partie de leurs pouvoirs; et ce qu\u2019elles n\u2019ont pas délégué, elles l\u2019ont gardé et le possèdent encore.Elles sont souveraines dans les limites de leurs attributions, et toute atteinte portée à cette souveraineté est une violation du pacte fédéral.\u2014 « Honoré Mercier Les découvertes de 1672 1743 et l\u2019empire français d\u2019Amérique1 « Ton histoire est une épopée ».Ce cri d\u2019admiration qui jaillit un jour du cœur du poète, des milliers de Canadiens le font encore retentir chaque jour au son de l\u2019« O! Canada ».Épopée! Ce mot qui recede des images de grandeur, de majesté, d\u2019héroïsme, est le seul qui puisse -caractériser avec justesse, l\u2019incomparable aventure que connut, naguère, la Nouvelle-France.Épopée d\u2019évangélisation, de colonisation, certes.Mais surtout, \u2014 et c\u2019est ce qui nous occupe aujourd\u2019hui \u2014 épopée d\u2019exploration.Car il semble bien que cette dernière demeure, au delà de toutes, la plus extraordinaire et la plus imposante.C\u2019est ce caractère fascinant de nos explorations qu\u2019ont voulu mettre en lumière les fêtes de l\u2019an passé, commémoratives de l\u2019un des plus brillants explorateurs: Louis Jolliet.Comme lui, d\u2019autres grandes 1.En juin dernier, le Comité de correction de la Composition française au baccalauréat de Rhétorique, à l\u2019Université de Montréal, a émis le vœu que la meilleure copie fût publiée.C\u2019est pour se rendre à ce désir que L\u2019Action Nationale publie cet essai historique.Il a été présenté par Mlle Doreen Bédard, du collège du Sacré-Cœur, à Sherbrooke, que dirigent les Filles de la Charité du Sacré-Cœur. 382 l\u2019action nationale figures viennent illustrer l\u2019histoire de l\u2019expansion coloniale, qui a connu son plus glorieux épisode sous Talon et Frontenac, c\u2019est-à-dire entre les années 1672 et 1743.En nous entretenant, ce soir, de ces illustres découvertes, des immenses perspectives qu\u2019elles offraient à la France politique, économique et religieuse, des principales causes qui ont entraîné la chute de cet empire éphémère, vestige du génie français, nous rendrons à l\u2019histoire de la Nouvelle-France, le tribut de gloire qu\u2019elle mérite et nous augmenterons en nous, espérons-le, le culte et l\u2019amour de notre passé.\u2014 l'Un historien de chez nous, saisi d\u2019admiration devant les explorations de la Nouvelle-France, les a appelées: « Le poème de l\u2019énergie française ».Ce sont, en effet, des efforts énergiques, voire surhumains, qu\u2019il a fallu déployer pour étendre ce petit coin de terre, exploré par Cartier et Champlain, jusqu\u2019aux limites les plus reculées tant au sud, et môme au nord, qu\u2019à l\u2019ouest.Les explorations, ainsi qu\u2019il a été dit plus haut, prirent un grand essor sous Talon et Frontenac.Ces deux hommes, s\u2019ils différaient de vues sur certains points, caressaient le rôve commun d\u2019un immense empire français d\u2019Amérique.C\u2019est pourquoi, loin de négliger l\u2019exploration, ils l\u2019encouragèrent de toutes leurs forces.Aussi, est-ce sous leur égide qu\u2019eurent lieu ces longues pérégrinations en pays inconnus et que s\u2019agrandit considérablement le territoire de la Nouvelle-France. LES DÉCOUVERTES DE 1672-1743 383 On poussa d\u2019abord les frontières du sud.Le père Marquette et Louis Jolliet sont chargés en 1672 de descendre le Saint-Laurent et de rechercher le Mis-sissipi.Courageux et confiants, ils s\u2019embarquent sur leurs canots d\u2019écorce.Quelle n\u2019est pas leur joie d\u2019apercevoir, un jour, les rives majestueuses de la « Grande-Rivière »! Ils descendent le cours d\u2019eau jusqu\u2019au pays des Arkansas.Ils sont contents de voir le succès couronner leurs efforts, et leur retour dans la colonie sera joyeux.Cette mission heureuse exige des continuateurs.Robert Cavelier de La Salle s\u2019offre.Il refait le trajet parcouru par ses prédécesseurs et va plus loin: il atteint le 9 avril 1682, l\u2019embouchure du Missis-sipi.Son premier voyage est réussi! Malheureusement, la chance ne le favorisera pas dans la suite.Ses projets de colonisation seront voués à un échec complet.Tout de même, il a pris possession du territoire découvert au nom du roi de France, et c\u2019est là une gloire peu banale.Là oû La Salle n\u2019a pas réussi, d\u2019Iberville et son frère connaîtront le succès.Par leur courageuse initiative et leurs efforts intelligents, ils parviendront à transformer la Louisiane en colonie française.Le domaine acquis à la France par ces explorateurs était déjà immense.Mais les Français ne se contentèrent pas de ces efforts; ils voulurent porter leurs découvertes dans toutes les directions.C\u2019est ainsi qu\u2019entre 1636 et 1693 ils visiteront le Labrador.Et qui voit-on dans ce pays de glace et de neige ?L\u2019infatigable Louis Jolliet.Et plus à l\u2019ouest, un autre intrépide explorateur, pendant ce temps, 384 l\u2019action nationale prend possession de la baie d\u2019Hudson au nom du roi: c\u2019est Jean Bourdon.Mais c\u2019est encore dans les merveilleuses découvertes de l\u2019Ouest canadien que l\u2019« énergie française » a écrit son plus beau poème.Les quatre expéditions de La Vérendrye et de ses fils, dont la quatrième aboutit à la découverte des Rocheuses en 1743, sont admirables.Quand on songe que, malgré les calomnies, les préjugés, les épreuves que lui présentait la nature elle-même, La Vérendrye ouvrit tout cet immense domaine à la France, l\u2019on ne peut que s\u2019incliner devant le courage et le patriotisme d\u2019un tel homme.Et voilà l\u2019empire que possédait la France en Amérique.Il ne se passait pas une année qui n'apportât la nouvelle de quelque découverte.Ce n\u2019est certes pas un spectacle banal de contempler ces fils de France, naviguant sur des « coques de noix », supportant un portage épuisant, s\u2019enfonçant dans de noires forêts, subissant des fatigues, des peines de toutes sortes.Ils se lançaient vaillamment à la conquête de terres nouvelles, confiants de contribuer au prestige et à l\u2019intérêt de leur patrie.- II \u2014 Les explorateurs ne se trompaient point en mettant à la base de leurs expéditions leur amour pour la patrie.Car l\u2019œuvre de ces découvreurs ouvrit d\u2019immenses perspectives à la France politique, économique et religieuse.Le grand principe politique des nations européennes de l\u2019époque était l\u2019équilibre, au point de vue de la puissance territoriale.Or l\u2019Espagne, en plus de LES DÉCOUVERTES DE 1672-1743 385 ses possessions d\u2019Europe, avait en Amérique un grand empire colonial.L\u2019Angleterre, pour sa part, avait un appréciable domaine en Amérique.C\u2019est pourquoi la France, à son tour, avait voulu avoir sa part dans le partage du monde.Le XVIIe siècle le lui assura.Et tandis que « les feux d\u2019or de la Castille )> s\u2019éteignaient peu à peu, la France devenait la première nation d\u2019Europe.Sa colonie d\u2019outre-Atlantique contribuait, pour une bonne part, â son prestige.Elle voulut l\u2019agrandir davantage pour assurer son hégémonie.Et en cela, elle eut raison.Car plus sa colonie était importante et considérable, plus l\u2019équilibre européen était rompu, et par conséquent, plus son prestige était haut.De plus, une étendue de territoire aussi immense offrait, au point de vue stratégique, des avantages incontestables que ne pouvaient ignorer les autres nations.Celles-ci seraient moins portées à faire la guerre à la France, par crainte de sa force militaire, et désireuses de s\u2019allier avec elle pour la même raison.Il est vrai que ce résultat fut obtenu assez imparfaitement; c\u2019est que la France ne se préoccupa pas assez de fortifier son empire colonial et s\u2019engagea dans des guerres qu\u2019elle aurait pu éviter.Enfin, comme la politique et l\u2019économie vont de pair, les avantages que devait obtenir la France dans ce dernier domaine favorisaient aussi sa politique.Les privilèges d\u2019ordre économique que lui procurera son empire colonial d\u2019Amérique seront nombreux.Les ressources de ses possessions sur ce continent, les produits exotiques qui se vendent si cher en Europe, et même le sol seront pour elle autant de richesses précieuses.La création de marchés 880 l\u2019action nationals d\u2019échange avec sa colonie diminuera considérablement les tarifs qu\u2019il lui fallait payer aux autres pays et lui assurera une certaine indépendance économique.Ces perspectives sont toutefois bien utilitaires.Mais cette expansion coloniale permettra à la France de mêler à ses vues mercantiles et politiques, des vies religieuses, et c\u2019est là son honneur.lie continent abrite des peuplades barbares, étrangères à la foi du Christ.La France aura la magnifique occasion d\u2019envoyer ses apôtres sur cette terre païenne pour prêcher l\u2019Évangile et répandre le catholicisme.Elle pourra répondre à l\u2019appel de Jésus: « Allez, enseignez les nations ».Et ce sera pour elle une source de bénédictions divines en même temps qu\u2019un moyen d\u2019étendre, dans la propagation de sa civilisation chrétienne, sa civilisation tout entière.Quels horizons se déployaient devant la France d\u2019alors, grâce au zèle de ses explorateurs! Jamais peut-être, pays n\u2019a connu un moment rempli de si belles espérances! \u2014 III \u2014 Hélas! Ce devaient être des illusions bien passagères.L\u2019immense empire se dilapida bientôt peu à peu jusqu\u2019au jour où il s\u2019écroula complètement.Où faut-il en chercher les causes ?Ce n\u2019est certes pas dans l\u2019infériorité des colonisateurs français ni dans les désavantages qu\u2019offrait ce domaine.Les Français étaient admirables d\u2019initiative et d\u2019endurance, et le pays présentait des ressources très précieuses.Non, c\u2019est plutôt dans les guerres incessantes que la France traversa.Les navires qui devaient ravitail- LBS DÉCOUVERTES DE 1672-1743 3S7 1er la colonie étaient saisis par ceux des nations ennemies; les dépenses de l\u2019armée appauvrissaient le trésor royal.Les événements militaires captaient toute l\u2019attention de la Métropole.Cette situation était désastreuse pour la colonie.Ensuite, l\u2019hostilité des indigènes et souvent celle des Anglais et des Hollandais établis sur le continent paralysaient le progrès de la colonisation et empêchaient les Français de venir s\u2019établir sur les terres coloniales.Enfin lorsqu\u2019après la perte de nombreux domaines d\u2019Amérique, la France ne possédait plus que le Canada proprement dit, diverses causes vinrent s\u2019échelonner pour précipiter la chute de cet empire colonial.A part les causes ci-haut mentionnées, il faut tenir compte des exactions de Bigot qui, après avoir contribué à la perte de Louisbourg, activèrent celle de la Nouvelle-France en appauvrissant les colons et en réduisant l\u2019armée à état pitoyable; le désaccord entre Vaudreuil et Montcalm qui divisa trop souvent les efforts, alors qu\u2019ils auraient dû être décuplés, les actes de piraterie de certains Anglais qui firent un tort considérable à la flotte française; et enfin, la famine et le dénuement dans lesquels se trouvaient les Canadiens, qui brisa bien des enthousiasmes et affaiblit parfois, les volontés les plus tenaces.Et c\u2019est ainsi que par le concours de toutes ces malheureuses circonstances, certain jour de 1760, « Le drapeau de la France, Trempé de pleurs amers, Ferma son aile blanche Et repassa les mers.» 388 l\u2019action nationale Mais la France, en s\u2019éloignant de nos rives, laissa sur le continent qu\u2019elle abandonnait un peuple solidement attaché à ses croyances, à sa langue, à son patrimoine tout entier.La France avait modelé son âme, et cette empreinte, jamais les âges n\u2019ont pu l\u2019effacer.Ce peuple se souvint, après l\u2019épreuve, il se souvient encore.Et cette merveilleuse survivance de notre nationalité démontre de quelle empreinte profonde le génie français a marqué ses œuvres! Quels sentiments ne nous envahissent-ils pas devant le spectacle de cet empire dont les explorateurs, jadis, ont doté la France, en face des perspectives grandioses que ce même empire lui offrait et de l\u2019effondrement lamentable d\u2019espérances aussi sublimes! Le rêve que la France caressa s\u2019est écroulé un instant; mais de ses ruines encore fumantes s\u2019éleva bientôt notre nationalité! notre volonté de conservation pour attester qu\u2019il n\u2019était pas complètement mort, qu\u2019il était trop beau pour ne pas vivre, moins grand peut-être, mais non moins réalisable.Il y a près de deux siècles de cela.Et aujourd\u2019hui l\u2019arbre de notre civilisation croît de toute la vigueur de sa sève; il a bravé bien des tempêtes, mais toujours il en est sorti renouvelé.Il est en notre pouvoir, à chacun de nous, d\u2019enraciner encore plus profondément ce rameau de France en Amérique, par notre attachement à notre langue, à notre foi, à notre passé.C\u2019est le meilleur service que nous puissions rendre à notre cher Canada.Doreen Bédard Politique fédérale Session d\u2019attente La session de 1948, la quatrième session du XXe Parlement, ne laissera pas beaucoup de traces dans l\u2019histoire politique du Canada.Ouverte au mois de décembre, reprise à la fin de janvier, elle sera vraisemblablement prorogée à la fin de juin.A moins de surprise sensationnelle dans les dernières semaines, elle p\u2019aura produit ni débat mémorable ni législation importante.La session actuelle aura été une session d\u2019attente pendant laquelle le Parlement comme le gouvernement lui-même aura marqué le pas.Nos parlementaires et plus particulièrement nos gouvernants marquent le pas en attendant que les situations se dessinent.La situation internationale est embrouillée et inquiétante et l\u2019on peut se demander si le monde n\u2019est pas entraîné sur la pente qui conduit à la guerre.La situation économique est obscure et l\u2019on peut se demander si le monde se remettra de l\u2019épuisement provoqué par les dévastations de la dernière- guerre sans traverser une crise générale.La situation politique canadienne est incertaine à la veille d\u2019une série d\u2019élections provinciales et surtout à la veille de la convention libérale qui doit donner un nouveau chef au parti au pouvoir. INACTION NATIONAL» 300 La session de 1948 a été convoquée un mois à l\u2019avance, en décembre 1947, pour ratifier des mesures d\u2019urgence.En fait, il ne s\u2019agissait que de simples formalités, car les restrictions des importations annoncées par le ministre des finances, M.Douglas Abbott, étaient déjà en vigueur depuis le mois de novembre et ne pouvaient être rescindées sans provoquer le renversement du gouvernement et le chambardement de toute notre politique.La législation adoptée ou inscrite au feuilleton se compose de projets laissés en plan à la session précédente comme la loi des élections et le code du travail ou de modifications secondaires à des lois existantes.La loi des pouvoirs extraordinaires d\u2019urgence et la loi de l\u2019exportation des produits agricoles ont été simplement prolongées.La loi de l\u2019assurance-chômage et celle des pensions aux anciens combattants ne seront amendées que pour augmenter les prestations en suivant la hausse du coût de la vie.La législation relative au logement n\u2019a également subi que des modifications secondaires inspirées par l\u2019expérience et la hausse du coût de la construction, la seule innovation était l\u2019assurance sur les loyers.L\u2019enquête parlementaire sur les prix n\u2019a pas révélé de gros scandales, mais tout au plus quelques abus inhérents à un mouvement d\u2019inflation.Le budget qui reste à venir n\u2019apportera probablement pas de changements importants à notre politique fiscale pas plus que d\u2019allègements sensibles au contribuable.La trésorerie a sans doute obtenu des surplus substantiels, mais le ministre des finances voudra se ménager des disponibilités en raison de l\u2019incertitude de la situation.Les experts du gouver- SESSION D\u2019ATTENTE 391 nement considèrent l\u2019impôt comme un frein à l\u2019inflation qui est à son sommet.Et les libéraux qui ne prévoient pas d\u2019élection générale pour cette année voudront réserver les réductions d\u2019impôt pour la dernière session avant l\u2019appel au peuple.Il y a eu une alerte avant le congé parlementaire de Pâques.La situation internationale semblait se gâter à la veille de l\u2019élection italienne.Le premier ministre Mackenzie King a tenu des propos fort alarmistes à ses députés au cours d\u2019un caucus du parti libéral.La Chambre a tenu d\u2019urgence un débat sur la politique étrangère et le péril communiste.Si l\u2019on en croit les rumeurs, les États-Unis auraient été décidés à intervenir en Europe si les communistes l\u2019avaient emporté en Italie.Le calme est revenu depuis dans les milieux parlementaires.On n\u2019écarte pas la possibilité d\u2019un conflit entre la Russie soviétique et les États-Unis, mais on ne parle plus d\u2019une guerre imminente.En politique étrangère comme en politique intérieure, c\u2019est une période d\u2019attente.Notre ministre des affaires extérieures, M.Louis Saint-Laurent, a déclaré que notre politique étrangère était fondée sur la reconnaissance du danger de l\u2019agression communiste et sur l\u2019adhésion aux pactes de sécurité collective ou régionale.En pratique, cela veut dire que le Canada suivra les directives de Londres et de Washington, surtout celles de Washington.Il attendra les résultats du plan Marshall et l\u2019évolution de la situation en Europe pour agir. 392 l\u2019action nationale Jusqu\u2019ici, le gouvernement n\u2019a pas pris de mesures militaires extraordinaires pour se mettre en état de combattre l\u2019agression soviétique et d\u2019honorer ses engagements internationaux.Le ministre de la défense nationale, M.Brooke Claxton, n\u2019a pas annoncé de programme de réarmement s\u2019il a déployé une activité plus grande depuis quelques jours devant les attaques des conservateurs qui se plaignent de la faiblesse de nos actifs.Le secrétaire de la défense des États-Unis, M.James Forrestal, a cependant visité Ottawa et deux de nos officiers supérieurs d\u2019état-major se sont rendus en Angleterre.C\u2019est peut-être la préparation d\u2019un programme militaire qui s\u2019amorce, mais d\u2019un programme qui ne serait pas annoncé au cours de la session actuelle.* * * Notre politique commerciale a quelque chose de plus provisoire encore que notre politique étrangère.A la fin de 1947, notre politique d'aide à l\u2019Angleterre avait abouti à un échec retentissant.Pour avoir vendu à crédit à l\u2019Angleterre en achetant comptant aux Etats-Unis, le Canada se voyait en proie à une crise du change.Le gouvernement se voyait forcé de restreindre les importations et d\u2019accentuer encore l\u2019inflation au pays.La Grande-Bretagne menaçait de ne plus acheter nos produits agricoles à moins d\u2019obtenir de nouveaux crédits et de désorganiser ainsi toute l\u2019économie canadienne fondée sur l\u2019exportation.La situation semblait imposer une réorientation de toute notre politique commerciale. SESSION D\u2019ATTENTE 393 Encore une fois, le gouvernement a opté pour une politique d\u2019expectative qui lui épargnait la nécessité d\u2019avoir à choisir entre le marché traditionnel de la Grande-Bretagne et les autres marchés du monde.Le plan Marshall est venu résoudre ses difficultés au moment où elles paraissaient inextricables.Le Canada continuera à écouler comme par le passé sa production agricole en Grande-Bretagne, mais les Anglais obtiendront des États-Unis en vertu du plan Marshall des dollars américains qui lui permettront de nous payer.Qu\u2019arrivera-t-il lorsque le plan Marshall cessera de fonctionner ?Quelle proportion de notre production agricole le marché anglais absorbera-t-il lorsque l\u2019assistance américaine aura pris fin ?Que ferons-nous de notre blé et de notre bacon lorsque l\u2019Angleterre décidera de s\u2019approvisionner ailleurs?La solution du problème est ajournée et ce sera probablement un autre gouvernement et un autre parlement qui auront à la trouver.L\u2019année 1948 sera une année d\u2019attente pour tous les partis politiques canadiens et plus particulièrement pour le parti libéral.Les élections provinciales permettront de sonder l\u2019opinion et de jauger jusqu\u2019à un certain point la force des divers partis dans presque toutes les régions du pays.On sait déjà que les électeurs du Québec et de l\u2019Ontario, les deux grandes provinces centrales qui élisent la majorité des députés fédéraux, seront appelés à choisir leurs gouvernants provinciaux au cours de l\u2019été.On prévoit également des élections au Nouveau-Brunswick, dans les Mari- 394 l\u2019action nationale times, ainsi qu\u2019en Saskatchewan, dans les Prairies.On peut être assuré que les résultats de ces élections provinciales seront scrutés et analysés avec soin par les chefs des divers partis fédéraux, oppositionnistes comme ministériels, et que les conclusions de ces analyses orienteront dans une large mesure la stratégie des divers partis au cours de la dernière session qui précédera l\u2019élection générale fédérale que l\u2019on peut prévoir pour 1949.La convention libérale du mois d\u2019août exercera une influence non moins considérable sur l\u2019évolution de la situation politique canadienne.Quand on se rappelle que le parti libéral a dominé la politique fédérale sous le long règne de M.Mackenzie King, qu\u2019il a occupé le pouvoir pendant plus des deux tiers de ce règne de près de trente ans, on se rend facilement compte de l\u2019importance de cette convention.Les partis d\u2019opposition se sont habitués à la manière de M.King et ils se sont efforcés de tirer le meilleur parti possible de la lutte qu\u2019ils avaient à soutenir contre un adversaire ondoyant et le plus souvent insaisissable.Les ministériels se sont habitués à s\u2019en remettre trop souvent à l\u2019astuce et à la bonne étoile de leur chef.Les uns et les autres devront modifier leurs méthodes selon le tempérament, les principes et la manière de procéder du nouveau chef du parti libéral.On admet généralement que M.Louis Saint-Laurent est celui qui a le plus de chance de succéder à M.King.Sa franchise et la clarté de son esprit trancheraient avec la prudence et l\u2019obscurité voulue de son prédécesseur.M.Saint-Laurent ne manquera cependant pas de concurrents parmi lesquels M.Gardiner est peut-être le plus actif.La fougue de SESSION D ATTENTE 395 M.Gardiner ferait également contraste avec la lenteur mesurée de M.King.* * * Voilà autant de facteurs qui invitent actuellement à la prudence et à la patience les parlementaires canadiens.Et c\u2019est pourquoi la session de 1948 est une session d\u2019attente.Pierre Vigeant Empiétements Anciens « Je demande aux provinces de se réunir dans un congrès national dans le but d\u2019étudier la situation que leur a faite l\u2019acte fédéral et de suggérer des mesures propres à améliorer cette situation.Nous dirons aux représentants du pouvoir central: Vous avez pris le plus c lair de notre revenu en 1867, en vous attribuant les douanes et l\u2019accise qui donnaient onze millions, tandis que vous n\u2019avez donné aux quatre provinces qui vous faisaient ce don, que deux millions environ.Vous avez donc gardé neuf millions pour votre part.Depuis cette époque, les revenus provenant de ces deux sources se sont élevés à vingt et un millions, et votre contribution au revenu des provinces n\u2019a pas dépassé trois millions.Tout en prenant ainsi dans le gousset des contribuables des provinces, vous nous avez laissé les charges publiques.Et ce qui a contribué à l\u2019augmentation de vos revenus a accru nos dépenses, vu ces faits, nous demandons simplement justice.Nous tiendrons ce langage.Serons-nous écoutés?Je ne le sais.« Nous ne sommes pas la seule province intéressée.Il est généralement admis que le temps est arrivé où les différentes provinces doivent se réunir pour se concerter et se protéger.» Honoré Mercier Notre question nationale Deuxième volume: POSITIONS DE PRINCIPES(l) D\u2019aucuns ont souvent affirmé que l\u2019absence d\u2019une doctrine explique les difficultés que les Canadiens français éprouvent à découvrir leur voie et à s\u2019y tenir.L\u2019accusation est injuste pour les générations qui nous ont précédés, et en particulier pour celle qui arrive au sommet de la carrière et qui comporte des noms aussi prestigieux que ceux des Bourassa, des Groulx et des Montpetit.Elle nous laisse, au contraire, un corps de doctrine imposant et c\u2019est plutôt l\u2019absence de sommes, de catéchismes ou autres formules de synthèses de cette doctrine qu\u2019il faudrait incriminer.Or sous la plume d\u2019un Min ville, par son Invitation à l\u2019étude et son Citoyen canadien-français, et sous celle d\u2019un Arès, avec la collection en marche de Notre question nationale, une telle somme s\u2019élabore tout en faisant faire de grands pas, comme il se doit chez un peuple progressif, à l\u2019œuvre des prédécesseurs.Réjouissons-nous en donc! Dans le premier volume sur notre question nationale, le Père Arès avait ramassé tous les éléments (*) (*) NOTRE QUESTION NATIONALE, II Poaitiens de Principes, par le R.P.Richard Arès, s.j., 239 pages, aux Éditions de l\u2019Action Nationale, Montréal, 1946.\u2014 Recension extraite de « L\u2019Actualité Économique #, livraison de janvier 1948. LES LIVRES ET LEURS AUTEURS 397 du problème national des Canadiens français en une synthèse qui constituait en elle-même sa propre originalité.L\u2019effort qu\u2019il a tenté ici est identique pour ce qui concerne les « positions théoriques sur la nation, l\u2019État, la patrie, le patriotisme et le nationalisme », mais l\u2019œuvre dépasse ici le stade de la pure vulgarisation et la seule originalité d\u2019une synthèse nouvelle.Pour arriver à mettre tant de clarté et de netteté dans des sujets aussi controversés, à départager les opinions adverses et à les ramener à l\u2019unité qui les concilie toutes en les dépassant, l\u2019auteur à été nécessairement amené à faire un effort intense de pensée qui lui a ensuite permis de reclasser toutes les idées en présence et d\u2019y ajouter une contribution personnelle.Une seule remarque: j\u2019ai trouvé le Père Arès encore trop généreux pour les impérialismes quand, après d\u2019ailleurs un procès bien conditionné, il leur reconnaît, non pas seulement des mérites pratiques éventuels (cela n\u2019est pas contestable), mais presque une valeur de principe (p.111).Je me suis toujours demandé si la mission civilisatrice des empires est véritablement fondée ailleurs que dans l\u2019ordre de l\u2019accidentel et si les mêmes fins ne seraient pas infiniment mieux atteintes si on laissait cette fonction aux missionnaires et au temps, sans y faire intervenir la politique.A tout événement, par l\u2019importance de son sujet, comme par la valeur de l\u2019exposé, ce volume du Père Arès en est un que tout homme cultivé devrait avoir lu.Quelles que soient ses opinions actuelles sur le sujet traité, il trouvera matière à réflexion dans cet ouvrage parfaitement objectif, et en même temps, si lumineux.François-Albert Angers Partie documentaire L\u2019un de nos directeurs La Ligue d\u2019Action Nationale a succédé en 1933 à La Ligue d\u2019Action Française ou Canadienne-française.Ainsi qu\u2019il avait fait partie du premier groupe, le Révérend Pire J.-P.Archambault, s.j., a continué d\u2019être du deuxième.Tout en étant parmi les doyens, il demeure l\u2019un de nos directeurs les plus attentifs.On a, le 1+ novembre 1947,\tmarqué par de simples cérémonies le cinquantenaire d\u2019entrée en religion du R.P.Archambault.De nouveau, au cours de l\u2019hiver 1948,\ton a rappelé ce jubilé.« L\u2019Action Nationale » réédite ici, en l\u2019empruntant à un feuillet publié par « quelques amis », la biographie du jubilaire.Le R.P.Archambault, tout en accordant la très large part de son temps aux œuvres religieuses et sociales, n\u2019a pas cru devoir exclure de son activité la vertu du patriotisme.Le peuple canadicn-français, comme tel, lui doit une profonde reconnaissance.Né à.Montréal, le 13 août 1880, du docteur Gaspard Archambault et de Marie-Louise Papin, fille de Joseph Papin, ancien député de l\u2019Assomption, le P.Archambault entra, au sortir do sa Rhétorique qu\u2019il fit au collège Sainte-Marie, le 23 octobre 1897, chez les Jésuites, au Sault-au-Réc.ollet.Il fut ordonné quinze ans plus tard, le 22 juillet 1912.Il avait enseigné dans l\u2019intervalle cinq ans il son Alma Mater et lancé en 1909 l\u2019œuvre des retraites fermées au Canada.De 1914 à 1922, au retour d\u2019une année d\u2019études en Europe, il fut supérieur de la Villa Saint-Martin, il l\u2019Abord-à-Plouffe, et de 1922 il 1929, supérieur de la Villa Manrèse, à Québec.En 1920, il établissait avec Mgr Perrier et quelques amis l\u2019œuvre des Semaines sociales du Canada.De retour à Montréal en 1929, il se consacre aux publications et œuvres sociales, en particulier à l\u2019École Sociale Populaire, qu\u2019il dirige encore aujourd\u2019hui et qui compte maintenant une forte PARTIE DOCUMENTAIRE 399 équipe de travailleurs sociaux: les PP.Adélard Dugré, Ledit, Émile Bouvier, d\u2019Auteuil Richard, Cousineau, Robert Bernier, Racine, etc.Il enseigne aussi les Directives pontificales et l\u2019Action catholique à l\u2019Université Laval, à l\u2019Université de Montréal et au scolasticat de l\u2019Immaculée-Conception.Le P.Archambault a écrit un grand nombre de livres et de brochures.Il fait partie de plusieurs sociétés: la Société des auteurs canadiens, l\u2019Académie Saint-Thomas-d\u2019Aquin, l\u2019Union internationale de Malines, l\u2019Union catholique d\u2019Etudes internationales de Paris, l\u2019American Catholic Sociological Society, etc.Il a reçu en 1945 un doctorat en sciences sociales honoris causa de l\u2019Université de Montréal et a été honoré de Lettres autographes du Souverain Pontife.Le Canada s\u2019érige en modèle En parlant à ses compatriotes de Nazareth, le Christ citait un proverbe déjà admis: « Médecin, guéris-toi toi-même ».Ce proverbe, la « Gazette », de Montréal, l\u2019appliquait tout récemment au gouvernement fédéral dans un bout d\u2019article qui vaut d\u2019être retenu et dont nous publions ici la traduction, {le 21 mai 19^8, en page de rédaction.) « La Gazette » défend l\u2019autonomie provinciale pour des raisons qui sont souvent à l\u2019opposé des nôtres, mais il est possible de s\u2019entendre avec elle lorsqu\u2019elle prie les autorités d\u2019Ottawa de cana-dianiser les grands et généreux principes que notre pays affiche à l\u2019étranger.Le bout d\u2019article de la « Gazette » a pour titre « Canada advises on federal system » et en voici la traduction: Lorsqu\u2019on étudie l\u2019union de l\u2019Europe occidentale, on est porté à prendre le Canada comme exemple.Si, en effet, on réussit à effectuer une telle union, elle se fera vraisemblablement d\u2019après le plan fédératif, qui comporte un gouvernement central, mais aussi des administrations locales fortes pour voir aux besoins locaux.Les divisions raciales, historiques et géographies en Europe, sont tellement vives et prononcées que tout espoir d\u2019union occidentale est vain si cette idée d\u2019unité ne va pas de pair avec l\u2019idée d\u2019autonomie locale.Le Ministère canadien des Affaires Extérieures semble croire que notre pays a des suggestions à offrir lorsque vient sur le tapis cette union de l'Europe de l\u2019Ouest.M.Lester-B.Pearson, sous-secrétaire canadien aux Affaires Extérieures, a en effet 400 l\u2019action national* soumis des mémoires aux différents comités qui s\u2019occupent du la question; ces mémoires non seulement rappellent que nous sommes intéressés au problème allemand, mais présentent des recommandations basées sur notre propre expérience.Vu les tendances centralisatrices du gouvernement fédéral en ces dernières années, on pourrait croire que ces recommandations du gouvernement canadien font ressortir l\u2019importance de l\u2019autorité centrale.Au contraire, M.Pearson souligne un principe qu\u2019il tient du premier ministre King, à savoir qu\u2019il faut # considérer surtout les pouvoirs des états-membres de la fédération ».C\u2019est là, bien entendu, le premier principe de toute union fédérative.C\u2019est le seul principe qui puisse rendre viables de semblables unions.Essayer de centraliser une union fédérale aboutirait non pas à la renforcer, mais à la démolir.Les pouvoirs des états-membres, dans une organisation comme celle-là, doivent être protégés comme une condition de force.C\u2019est un conseil utile que donne ainsi le Canada aux autres nations.Il n\u2019en serait pas moins constructif s\u2019il était appliqué en notre propre demeure.K\u2019Estrie Ce nom, d\u2019allure encore nouvelle, acquiert de la faveur.Il désigne les Cantons de l\u2019Est, expression lourde qui sent la traduction.On le trouve cette fois dans un document officiel.C\u2019est Son Excellence Monseigneur Philippe Desranleau, évêque de Sherbrooke, qui l\u2019emploie dans une circulaire au clergé de son diocèse.Il est question en cette lettre de l\u2019École d\u2019Agriculture Noé-Ponton, mais l\u2019extrait que nous citons veut surtout insister sur un mot: l\u2019ESTRIE.Les directeurs et professeurs, prêtres et laïques, s\u2019efforcent ¦le faire de l\u2019Ecole le centre, l\u2019université de la population rurale, terrienne et forestière de l\u2019ESTRIE.C\u2019est cette préoccupation que l\u2019on trouve partout et toujours dans tout ce qui est entrepris et organisé, présenté et donné aux élèves et aux visiteurs.L\u2019Action National* filll ^5>jj\tS 4184.ru« St-D«ni* Montréol\t5, me du Mont-Thobor, Porte AUTREFOIS\u2014 Les souvenirs de famille étaient précieusement conservés dans un coffre richement orné.AUJOURD\u2019HUI\u2014 La formule moderne consiste à faire dresser son arbre généalogique qu\u2019accompagne une histoire de la famille superbement reliée.¦j\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t 1\t!,\t\ta\t|\t2\t\t[\tJ\tS\t! Voilà un idéal d\u2019homme sage.Il est facilement réalisable.Quel âge avez-vous?La CAISSE-NATIONALE D\u2019ASSURANCE-VIE va vous préparer tout de suite un projet d\u2019assurance et de rente viagère conforme à votre désir.Son envoi ne vous engage à rien du tout.Vous l\u2019accepterez quand il répondra adéquatement à tous les besoins de votre famille.CAISSE NATIONALE D\u2019ASSURANCE-VIE 41 ouest, rue Saint-Jacques\u2014Montréal\u2014HArbour 3291 X Tel.HA 0200-0209 PERRAULT et PERRAULT AVOCATS 511 Place d'Armes.\t-\tMontréal, Canada.ANTONIO PERRAULT, C.R.Rés.: 64, ave Nelson, Outremont.Tel.DO 6342 JACQUES PERRAULT, L.L.D.Rés.: 4390, boul.Pie IX, Tel.CL 3580 Les cafés et confitures de J.'A.Désy LIMITÉE SONT LES MEILLEURS \u2014 EXIGEZ-LES COMPAGNIE DE BISCUITS STUART Ltée BISCUITS - GÂTEAUX \u2014 TARTES Alfred ALLARD, Marcel ALLARD, président et gérant gén.ohel & la production 235, Laurier ouest .Montréal Lisez \"LE DEVOIR\u201d LE JOURNAL DES GENS QUI PENSENT XI Les Editions de L\u2019Action Nationale \u2022 Notre question nationale Par Richard Arès, S.J.C\u2019est « le manuel de l\u2019homme d\u2019action », a écrit le chanoine Lionel Groulx.En effet, l\u2019homme d\u2019action veut des idées claires, des explications précises, des exemples concrets.Il n\u2019aime pas qu\u2019on se perde en vains discours.Or, le P.Arès va droit au but.Il ramasse en quelques volumes tout l\u2019essentiel de la doctrine nationale.Il n\u2019offre pas un « digest », mais une synthèse.Pour remplacer ces trois livres, il faudrait toute une bibliothèque.On les recommande au professeur, à l\u2019étudiant ou au collégien des classes avancées, nu coopérateur et au syndique, à l\u2019homme d\u2019œuvre,\u2014 bref à tout Canadien français qui veut être conscient.On lira: Premier volume: 1.\u2014 LES FAITS Arès ne s\u2019appuie pas sur les nuages.Il part de la réalité.Des faits, il en a résumé dans ce bouquin une quantité invraisemblable: faite d\u2019histoire et de sociologie, statistiques imposantes et données économiques, etc.C\u2019est une véritable mine de documents qu\u2019on s\u2019évite d\u2019aller chercher dans Groulx ou Chapais, dans Gérin, Montpetit, Minville ou Angers.L\u2019auteur a composé un petit livre allègre, de lecture facile, dont 6000 exemplaires ont déjà été enlevés.Un succès de librairie au Canada français.Deuxième volume: 2.\u2014 POSITIONS DE PRINCIPES Arès continue son enquête, cette fois dans le domaine des idées.Ce n\u2019est ni moins important ni moins stimulant pour l\u2019es- XII prit.11 utilise toujours la même méthode d\u2019exposition: c\u2019est clair, direct, facile à suivre.Les doctrines sont nombreuses, les polémiques obscurcissent les questions, que choisir?L\u2019auteur nous conduit calmement à travers ce dédale.Le nationalisme est-il un péché ?Qu\u2019est-ce qu\u2019une nation et qu\u2019est-ce que la patrie?L\u2019État se confond-il avec la nation?Autant de problèmes qui ne sont théoriques qu\u2019en apparence.On doit s\u2019en être fait une idée avant d\u2019agir, du moins si l\u2019on veut agir justement et efficacement.Troisième volume: 3.\u2014 POSITIONS PATRIOTIQUES ET NATIONALES Les principes dégagés dans le 2e tome, Arès les applique maintenant à notre situation.11 apporte des réponses lumineuses sur le devoir patriotique, le devoir national, les conflits entre exigences canadiennes et exigences canadiennes-françaises.L\u2019auteur n\u2019essaye pas de nous en conter: c\u2019est aussi éloigné du flon flon patriotard que de l\u2019absurde philosophie de certains intellectuels.Toutes les questions que les politiciens discutent en ce moment et qui sont l\u2019objet de références passionnées, \u2014 depuis l\u2019unité nationale jusqu\u2019à notre appartenance au Commonwealth \u2014 sont illuminées par cette étude sobre, bien informée et sans prétentions.On ne se ralliera pas unanimement aux points de vue de l\u2019auteur, certaines de ses positions seront même violemment attaquées.Mais tous reconnaîtront sa bonne foi, sa logique, sa force d\u2019argumentation et sa limpidité.(Chaque volume, $1.00; par la poste, $1.10; Les trois volumes, par la poste: $3.25) L'immoralité de la conscription par le R.P.John J.Hugo Impossible de trouver attitude plus radicale que celle du P.Hugo.Pour lui, la conscription n\u2019est pas la balançoire poli- XIII tique qu\u2019elle fut chez nous trente ans, ni une erreur à combattre pour des motifs nationaux.Il la condamne sans appel en vertu du christianisme.D\u2019où viennent la guerre totale et sa fille la conscription?Quelle est son histoire ?Mille années de christianisme l\u2019ont-elles ignorée?Comment prétend-on, la justifier?Quels droits humains viole-t-elle?Un catholique peut-il être objecteur de conscience t Aurait-il même, dans certaines circonstances, le devoir de l\u2019être ?L\u2019homme qui se pose ces questions n\u2019est pas un vague aventurier, mais un théologien réputé, bien au fait de la question, qui a le souci de l\u2019orthodoxie, et qui appuie constamment son témoignage sur l\u2019Écriture.Il cite ses devanciers, dont le plus important, Mgr George-Barry O\u2019Toole.Il s\u2019interroge à un moment où le monde frémit devant la menace d\u2019une nouvelle guerre, où les États-Unis songent à imposer à leur jeunesse la conscription du temps de paix, et où bien des Canadiens proposent d\u2019imiter éventuellement nos voisins.Et l\u2019arme atomique communique à tout le débat une sorte d\u2019horreur tragique.On n\u2019est pas forcé de se rallier à la thèse du P.Hugo.Mai» qui a le droit de l\u2019ignorer?(Le volume $0.40 sous franco; $4.00 la douzaine) Que seront nos enfants?Par Henri Bourassa Henri Bourassa est entré vivant dans la légende.Orateur hors pair, conférencier d\u2019un captivant intérêt, il a défendu la vérité avec une âpre puissance.« Que seront nos enfants?» c\u2019est le titre d\u2019une conférence prononcée voilà quelques années et dont le texte a été sténographié.La même question se pose toujours avec autant d\u2019inquiétude.Il faut relire ce que disait Bourassa de la formation religieuse et nationale de la jeunesse canàdienne-française.Nombre de questions sont incidemment traitées comme l\u2019impérialisme, la neutralité du Canada, la conscription, le communisme, la démocratie, etc.Une pensée profonde qui sait juger avec force et qui s\u2019exprime souvent par une mordante ironie.(L\u2019exemplaire, $0.20; $2.80 la douzaine; $15.00 le cent).xiv LA COMPAGNIE f.-X.DSR ©LET Ingénieurs \u2014 Mécaniciens \u2014 Fondeurs Spécialités : Ascenseurs modernes de tous genres, soudures électriques et autogènes, etc.206, rue du Port Québec COMPAGNIE MUTUELLE D\u2019IMMEUBLES Limitée La Caisse d'Epargne pour Prêts Mutuels \"Payé à ses membres $8,000,000.00\" Siège social : 1306 est, rue Ste-Catherine, Montréal.eue Téléphone BE.3984* lour et nuit fié J Pour CATALOGUES REVUES JOURNAUX ANNONCES LA PHOTOGRAVURE NATIONALE Limitée 282 Ouest, Rue ONTARIO - près Bleury - Montréal XV CHEMINEE DEFECTUEUSE \u2014 FUMEURS NEGLIGENTS \u2014 POELE, FOURNAISE, TUYAUX SURCHAUFFES.Autant de preuves que nous avons oublié ce proverbe: LA PRUDENCE EST LA MERE DE LA SURETE.Et si les taux allaient regrimper au niveau de 1922! Où serait l\u2019avantage?Où serait le progrès?«¦SOCIÉTÉ# NATIONALE D'ASSURANCES AFFILIÉE À LA C.U.A.41 OUEST, RUE ST-JACQUES MONTRÉAL - HArbour 3291 UN BREUVAGE DES PLUS DÉLICIEUX ! N'importe oû .N'importe quand .LE NECTAR Aiouiieux CHRISTIN est le breuvage idéal.C'est un produit de chez nous.PAR LES FABRIC Ai JS DE LA Bière d\u2019Epinette Christin ASSURANCE-VIE Fonctions Protection Épargne Avantages Souplesse Liquidité Caractéristiques Sécurité Stabilité Compagnie d\u2019assurance-vie Ha â\u2019amtrgariir Siège social: Montréal IMPRIMMII POPUUAI Pï, LIMITÉ*# MONTRÉAL MAI 1948 "]
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