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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1949-06, Collections de BAnQ.

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[" L\u2019ACTION NATIONALE L\u2019ACTION NATIONALE Élections 1949.431 André LECOUTEY\tL'accord, nécessaire entre l\u2019art sacré et la sensibilité moderne.432 JEAN DRAPEAU \u2014 CETTE COURONNE D\u2019ÉPINES\u201d 441 Pierre VIGEANT\tLe XXe Parlement et l\u2019élec- tion qui doit le remplacer 451 Rodolphe LAPLANTE Le logement dans le Québec 462 * * *\tLa paix est une conquête 470 Les livres.475 VOL.XXXIII, No 5\tMONTREAL JUIN 1949 L\u2019ACTION NATIONALE REVUE MENSUELLE © Directeur: André LAURENDEAU © L\u2019Action Nationale, publiée par la Ligue d\u2019Action Nationale, est un organe de pensée et d\u2019action au service des traditions et des institutions religieuses et nationales de l\u2019élément français en Amérique.Elle paraît tous les mois, sauf en juillet et en août.Les directeurs de la Ligue sont : MM.Anatole Vanier, président; Dominique Beaudin, secrétaire; Jean Drapeau, trésorier; M.le chanoine Lionel Groulx; R.P.J.-P.Archambault, S.J.; Mgr Olivier Maurault, P.S.S.; Arthur Laurendeau, René Chaloult, André Laurendeau, François-Albert Angers, Gérard Filion, Abbé Albert Tessier, Léopold Richer, Albert Rioux, L.-Athanase Fréchette, Guy Frégault, Jacques Perrault, Rodolphe Laplante, Clovis-Emile Couture, Jean Deschamps.DIRECTION ET ADMINISTRATION 422 est, rue Notre-Dame, Montréal (1), P.Q.Téléphone : MArquette 2837 © Administrateur: Dominique BEAUDIN © L'abonnement est de $3.00 par année L'abonnement de soutien : $5.00 DIXIÈME ANNIVERSAIRE 1939 - 1949 \u2022 LANGAGE DE CHIFFRES ASSURES\t28,199 PRIMES\t1,185,108 RESERVE .2,405,447 ACTIF\t3,048,659 ASSURANCES EN VIGUEUR 50,544,544 \u2022 FONDEE EN 1938 CAPITAL AUTORISE' : $2,000,000 LA LAURENTIENNE Compagnie d'Assurance sur la Vie SIEGE SOCIAL: QUEBEC I LES AMIS DE LA REVUE AUBÉ, Philippe AVOCAT 153 est.Notre-Dame HA 5877 CHAUSSÉ, Fernand AVOCAT 153 est, Notre-Dame HA- 7235 DENIS, Arcadius AVOCAT 44-B, Nord, rue Wellington, \u2022\tTél.1994 Sherbrooke, P.Q.DORAIS, Jean-Louis AVOCAT 57 otiesf, rus St-Jacques «\tHA 1336 MASSE, Paul AVOCAT 152 eat, Notre-Dame BB 1971 VANIER, Anatole AVOCAT 57 ouest, St-Jacques HA 2841 FRÉCHETTE, L.-A.NOTAIRE 159 ouest, Craig LA 9607 POULIN, J.-Aimé & Albert ARCHITECTES 71 Prospect, Sherbrooke, P Q n\tTfiL.1391 LAPORTE, René MEDECIN 947, rue Cherrier, Montréal, P.Q.Jean Drapeau MORIN,Louis-Philippe,C.A.| Comptable Agréé 81, rue St-Pierre, Québec.I \u2022\tTél.2-6871 BEAUREGARD LUC\ti Représ, de la Laurentienne 4053, rue Cartier \u2022\tBut.: PL 6700 Rés.: AM 7779 FOURNIER, Albert Procureur de brevets d\u2019invention 934 est, Ste-Catherine n\tHA 4548 DUPUIS, Laurier 5600, boulevard Monk ®\tWE 0355 BEAUSOLEIL, E.BOUCHER- ÉPICIER 1351, Champlain CH 3712 Salaison MAISONNEUVE BACON marque \u201cMORIN\u201d 1430, De Lasalle %\tCL 4086-7 SANSOUCY, Alb.Epicier-boucher 3963 est, Ste-Catherine, Montréal \u2022\tFA 3607 SANSOUCY, Arthur bouchkr-Epicier 3995, Hochelaga CL 2839 AUG.BRUNETTE, Ltée PLOMBERIE-CHAUFFAGE 4154, rue Hôtel de Ville ¦\tPL 1946 DRAPEAU ET MELANÇON AVOCATS ET PROCUREURS 366 ouest, rue Saint-Jacques, chambre^?04, Montréal Claude Melançon , HA 6204 II REVUE LIES AMIS DE LA DESCHÊNES & Fils Ltée Matériaux de plomberie et chauf.1203 eet, Notre-Dame \u2022\tFR 3176-7\tLATULIPE, N.Cravate», écharpe» et robe» de chambre %\t4360, rue Iberville, Montréal LA TENDRESSE A Fils Enrg.Machinerie Delta.FERRONNERIE 12057 est, N .-Dam*.Pte-mux-Tr.\u2022\tCL.6731, Local 404\tI \u201cLES VARIÉTÉS\u201d PAUL DBJORDY, prop.800 e»t, Mont-Royal \u2022\tCH 9815 CYR, Édouard MODELEUR 1427, Maisonneuve \u2022\tAM 8984\t\"À LA MARMITE\u201d SALLE A MANGER 350 eat, Craig \u2022\tMA 0730 SARRAZIN, Arthur, PHARMACIEN, Sarrazin-Choquette, \u2022\tMontréal.\tPRESSE-SERVICES, CANADA.A la disposition des journaux et revues modernes 422 est, rue Notre-Dame, \u2022\tMontréal.Les amis de nos amis sont nos amis.\t \t Votre alliée Au service du public depuis plus de soixante-dix ans, la Banque Canadienne Nationale se préoccupe d'assurer le succès de ses clients, auquel est lié son propre proqrès.Désireuse de coopérer avec vous, elle vous réservera le meilleur accueil, quelle que soit l'importance de votre entrepris® ou de votre compte.Banque Canadienne Nationale Actif, environ $408,580,149, 538 bureaux au Canada 65 succursales à Montréal III TOUJOURS \u2022\tles plus nouveaux tissus \u2022\tles plus récents modèles CHEZ LES TAILLEURS JOLY 251 esft, rue Sainte-Catherine, 4 Montréal.HArbour 1171\t4 IV Les Confitures VILLA jÇe Choix dei Çourmetà CONSERVERIE DORION LIMITÉE 1430, rue Everett\tMontréal LA.0138 Dom.: FR.4792 Georges Lafontaine B.A., L.S.C., C.A.Comptable agréé Domicile :\tw 486, rue St-Jean - Montréal - 3410, Delorimier I ( Lucien Viau ET ASSOCIES Comptables Agréés LUCIEN VIAU, C.A.CHAS.DESROCHES, C.A.FERNAND RHEAULT, C.A.159 Ouest, rue Craig, (EDIFICE DES TRAMWAYS) MA.1339 LA COMPAGNIE f.-\\.DEC LET Ingénieurs \u2014 Mécaniciens \u2014 Fondeurs Spécialités : Ascenseurs modernes de tous genres, soudures électriques et autogènes, etc.106, rue du Port Québec COMPAGNIE MUTUELLE O'IMMEUBLES Limitée / La Caisse d'Epargne pour Prêts Mutuels \"Payé A ses membres $8.000,000.00\" Siège social : 1306 est, rue Ste-Catherine, Montréal.VI W L'homme, c'est l'être qui a besoin: besoin de travail pour faire vivre la famille; besoin de protection pour sauver veuve et orphelins de la misère; besoin de revenus pour combler le long chômage de la vieillesse.Voilà pourquoi l'assurance-vie et la rente viagère sont aussi indispensables que le salaire.Nous avons l'une et l'autre\u2014adaptées à vos besoins.HA 3291 CAISSE D\u2019ASSURANCE-VIE MONTRÉAL VII 5966 DUPUIS Maison essentiellement canadienne-française depuis sa fondation en 1868 Montréal Magasin à rayons : 865 est, rue Ste-Catherlne, Comptoir Postal : 780, roe Brewster, Succursale magasin pour hommes : Hôtel Wlndao.VIII V A C T I O N NATIONALE VOL.XXXIII, No 5\tMONTREAL JUIN 1949 ÉLECTIONS 1949 Parmi les grandes questions qui se posent dans le domaine fédéral, il y a l\u2019indépendance du Canada, la politique étrangère et les relations fédérales-provincialcs.Là-dessus, aucun des principaux partis en présence n\u2019affirme avec quelque garantie de sérieux des attitudes qui soient seulement voisines des nôtres.Dans ce triple débat on voit plus facilement leurs points de convergence que leurs irréductibles oppositions.Le jour du scrutin, chaque citoyen devra voter, selon sa conception du moindre mal.Mais dans cette recherche laborieuse de Vinfiniment petit, nous ne voyons pas très bien ce qu\u2019une œuvre comme la nôtre pourrait apporter.Attitude négative, essayera-t-on de dire?L\u2019étrange objection ! Faudrait-il modifier nos idées parce qu\u2019aucun parti ne les exprime, et perdre la tête parce que telle est la loi non écrite des périodes électorales ?Plutôt que de nous exciter sur des quarts de vérité, ou pour des hommes qui sont estimables ou dynamiques mais mettront leur respectabilité ou leur élan au service d\u2019idées que nous combattons \u2014, mieux vaut continuer de cultiver notre jardin.L\u2019action Nationale L\u2019accord nécessaire entre l\u2019art sacré et la sensibilité moderne L\u2019art appartient à cet ensemble de valeurs qu\u2019une société ne peut négliger parce que ces valeurs contribuent à faire l\u2019homme civilisé, à l\u2019épanouir.L\u2019Église, en tant que société visible, eut longtemps un art plastique à elle; lequel fut pendant des siècles celui de la société occidentale.On ne constate pas sans tristesse, depuis plus de cent ans, sa démission dans ce domaine, abandonnant à l\u2019art profane toute l\u2019initiative, tous les enrichissements.Pour des raisons diverses, elle a été à l\u2019écart de tous les grands mouvements artistiques.Pourtant détentrice de la vérité, avec ses dogmes, source de vie, elle devrait, sinon être à la tête de ces mouvements de culture humaine, au moins les connaître, s\u2019efforcer d\u2019en assimiler les qualités et produire elle-même un art véritable, rayonnement de toutes ses valeurs spirituelles et humaines.Nous voudrions aborder ici une des conditions primordiales pour que fleurisse un art sacré authentique, et qui semble échapper au clergé et aux fidèles.Il s\u2019agit de la nécessité pour lui de n\u2019être pas séparé de la sensibilité et de la vie de son temps, comme il l\u2019est malheureusement aujourd\u2019hui. l\u2019accord nécessaire 433 Cette condition est d\u2019ailleurs postulée par le caractère chrétien.Ce n\u2019est pas que l\u2019art sacré soit une forme d\u2019art spéciale: il est l\u2019art tout court appliqué aux choses de l\u2019église.En dehors de quelques règles particulières imposées par sa destination, il a les mêmes lois que l\u2019art profane.Il ne tient son caractère religieux ni de son sujet, ni de formules, ni de principes propres, mais de la foi chrétienne de l\u2019artiste ou de la sensibilité d\u2019un artiste incroyant assez forte pour s\u2019imprégner des mystères du Christianisme, qui lui sont étrangers.Toutefois en tant que chrétien, notre art sacré a avec la sensibilité humaine des rapports plus étroits que n\u2019en peut avoir l\u2019art profane.11 est, en effet, éminemment humain puisqu\u2019il est éclairé par nos dogmes sur les vérités vitales de l\u2019humanité; et que, étant ainsi universel, il insère dans son domaine non seulement tous les hommes de tous les temps, mais tout l\u2019homme.Et, en fait, il a atteint des sommets auxquels n\u2019est parvenu l\u2019art d\u2019aucune autre religion, et encore moins l\u2019art profane.Ces deux courants, divin et humain, il les manifeste dans deux tendances.L\u2019une, due à son caractère chrétien influencé par le mystère de la Rédemption révélant l\u2019opposition entre Dieu et une nature corrompue, l\u2019incline vers une forme ascétique qui cherche par le dépouillement du trop sensible et du séduisant à intensifier la vie intérieure; tel fut l\u2019art fransciscain de Giotto.L\u2019autre, tenant à son caractère humain que séduit le mystère de l\u2019Incarnation divinisant l\u2019homme, le pousse à intégrer dans la vie surnaturelle la vie humaine tout entière; tel fut l\u2019art postérieur au Concile de Trente, du style dit \u201cjésuite\u201d ou baroque.Mais, de même qu\u2019en spiritualité 434 L ACTION NATIONALE où nous les retrouvons, ces deux tendances ne s\u2019opposent qu\u2019apparemment.L\u2019art sacré, qu\u2019il suive l\u2019une ou l\u2019autre, puise sa vitalité dans la plénitude des sentiments de l\u2019homme achevé qu\u2019est le chrétien: de la pénitence à la joie surabondante des enfants de Dieu.\u2022 On a été parfois trop tenté d\u2019admettre dans les œuvres d\u2019art plastique la prédominance de l\u2019intelligence; d\u2019où le goût pour celles qui racontent, d\u2019où le besoin de comprendre.Certes l\u2019intelligence à une part importante, surtout comme ordonnatrice s\u2019exerçant sur les données de la sensibilité.Mais dans le monde des formes et des couleurs, l\u2019idée n\u2019est rien tant qu\u2019elle n\u2019est pas réalisée dans la matière avec sensibilité, avec âme.Il ne faut pas, non plus, confondre le côté sentimental d\u2019une œuvre (expression d\u2019une physionomie, sujet attendrissant, poésie de la nature) avec la sensibilité artistique.Celle-ci est l\u2019émotion, le choc que l\u2019artiste ressent devant \u201cson motif\u201d (qu\u2019il soit paysage, figure ou même idée) et qu\u2019il est poussé à extérioriser plastiquement.Cette sensibilité tient au tempérament, à des dons de Dieu.Mais c\u2019est elle qui fait l\u2019artiste, qui lui permet de découvrir dans les êtres une réalité mystérieuse et subtile, de frémir plus intimement au contact de la vie et de la faire passer dans ses œuvres.C\u2019est elle qui dévoile aux plus sensibles la vision nouvelle des choses qu\u2019ils apportent au monde.C\u2019est elle, donc, qui imprime à une œuvre ce qu\u2019on y pressent de profondément humain.Sans elle toute œuvre est froide, morte.Ces considérations nous obligent à rejeter, en passant, comme n\u2019étant pas de l\u2019art, et encore moins l\u2019accord nécessaire 435 de l\u2019art sacré, toute une production, trop répandue dans nos églises, qui ne s\u2019attache qu\u2019au sujet raconté, avec plus de sentimentalité que de sensibilité.La vraie sensibilité met la vie dans les œuvres, la vie humaine que nous aimons sentir palpiter même à travers des sujets par eux-mêmes insignifiants: quoi de plus mort que les statues de plâtre de nos églises, mais quoi de plus vivant \u2014 sans paradoxe \u2014 que les natures mortes de Chardin.En disant \u201cvie\u201d nous signifions, autant que la réalité de tous les jours, le principe dynamique, créateur, qui est au fond de toute vie même la plus humble.Sans la sensibilité il n\u2019y a pas d\u2019art; sans la vie il végète et devient formule de convention.L\u2019académisme nous l\u2019a prouvé, lui dont les personnages pourtant si réalistes ont l\u2019air moins de vivre tout bonnement que de poser des attitudes.De la sorte, on peut dire que la vie de l\u2019art éclate lorsque éclate la vie dans l\u2019art.L\u2019art, sacré, lui, doit être encore plus pleinement vivant puisque, déjà vivifié par la vie divine, il doit regarder dans sa grandeur et sa misère, dans son intimité, toute notre vie humaine avec cet amour de charité que Dieu lui porte.Mais le propre de la vie est de posséder en elle le principe de ses renouvellements: elle se perpétue, se transforme, évolue.L\u2019art vivant lui aussi se renouvelle avec les générations dont il exprime la sensibilité neuve et la conception du beau.Les époques médiévale, Renaissance et classique ont eu chacune leur façon de sentir et leur esthétique propre auxquelles s\u2019est adapté un art sacré qui, de la sorte, si l\u2019on peut s exprimer ainsi, tirait sa vitalité de la vie des vivants. 436 l\u2019action nationals Ce n\u2019était pas un art sacré figé, séparé, en vase clos; mais bien l\u2019art, tout court, de ces époques appliqué aux choses de l\u2019église, suivant la définition de l\u2019art sacré donnée plus haut.Il n\u2019y avait pas pour les églises un style différent de celui des monuments laïques, et les œuvres profanes n\u2019étaient pas traitées autrement que les œuvres religieuses; seul l\u2019esprit qui les animait n\u2019était pas le même.Pourquoi cette source s\u2019est-elle tarie ?L\u2019art sacré s\u2019est anémié en se réfugiant dans la formule de l\u2019académisme et d\u2019un conformisme \u201ccomme il faut\u201d et \u201cbien pensant\u201d dont l\u2019émotion religieuse et artistique consiste uniquement en des attitudes et des accessoires conventionnels: ainsi, les yeux levés au ciel et l\u2019air \u201cbon jeune homme\u201d de saints trop jolis dont les gestes sont aussi étudiés que ceux d\u2019un acteur.Puis il s\u2019est éteint pour laisser place à une production commerciale qui n\u2019a aucun rapport avec l\u2019art proprement dit.Pour éviter la stagnation et le vieillissement, l\u2019art sacré ne devait donc pas s\u2019isoler de la sensibilité contemporaine et de son expression qu\u2019est l\u2019art pris en général.Cette reprise de contact est, comme nous l\u2019avons dit au début, la condition indispensable pour qu\u2019il refleurisse bien vivant, véritable rayonnement plastique de notre foi chrétienne.Notre époque a sa sensibilité propre, façonnée par des facteurs intellectuels, moraux, politiques, sociaux et matériels nouveaux.Elle se manifeste avec évidence dans toutes les branches de l\u2019art profane et dans les œuvres du génie civil; plus particu- l\u2019accord nécessaire 437 lièrement dans celles qui sont liées à des découvertes ou des besoins récents parce qu\u2019elles ne sont pas embarrassées de formes léguées par le passé: par exemple celles qui se rattachent à l\u2019aviation.Il n\u2019est pour les usagers de l\u2019art sacré qu\u2019à vouloir se dégager des vieilles habitudes et ouvrir les yeux pour se rendre compte à quel point l\u2019atmosphère de nos églises, le cadre extérieur du culte est suranné, étranger à ce que nous voyons autour de nous dans la vie courante; à quel point il donne à notre foi l\u2019aspect d\u2019une vieillerie héritée d\u2019un passé dépassé \u2014 ce qui n\u2019est pas sans dommage pour les âmes superficielles.D\u2019aucuns estimeront préférable que le cadre de l\u2019église, forteresse du spirituel et détentrice d\u2019une tradition bien équilibrée, soit différent de celui d\u2019une société aussi matérialiste et instable que la nôtre.Il n\u2019est pourtant pas dans l\u2019esprit du Christianisme que le levain soit séparé de la pâte.Un splendide isolement, en ce qui concerne le cadre extérieur, qui ne compromet en rien les vérités essentielles, ne saurait convenir.Sans doute, un discernement est à faire parmi les œuvres de la sensibilité moderne.Il ne s\u2019agit pas d\u2019admettre à l\u2019église l\u2019esprit matérialiste qu\u2019elles reflètent, mais la part d\u2019humanité, la valeur permanente des réalités quelles révèlent sous une forme nouvelle.\u201cLe monde est créé pour être recréé, écrivait justement Georges Duhamel, et toute figure veut transfiguration\u201d.Il semblerait bien que Dieu, qui a fait l\u2019homme à son image, lui ait laissé dans la création une part à compléter, comme le Christ a laissé dans sa passion une part à achever, afin de se l\u2019unir davantage dans une amoureuse collaboration.Ne serait-ce pas là la raison et l\u2019éminence de l\u2019art? 438 L\u2019ACTION NATIONAL» Notre société, même matérialiste et athée, participe à cette collaboration (puisque Dieu sait se servir du mal pour le bien) : elle en tire, selon sa sensibilité, un aspect inédit de la beauté que le chrétien peut utiliser, avec ce qu\u2019il y a en elle d\u2019humain, pour chanter à Dieu une louange nouvelle.Le chrétien est engagé dans la vie.N\u2019est-ce pas son rôle de spiritualiser, au lieu de se scandaliser ou de bouder?Un fait est certain, qu\u2019on ne peut refuser de voir: un fossé se creuse toujours plus profond entre l\u2019Église et l\u2019art vivant de notre société, c\u2019est-à-dire l\u2019activité la plus sensible de l\u2019esprit humain, à un moment où l\u2019Église a tant besoin de points de contact avec les âmes qui lui échappent.\u201cOn n\u2019élude pas impunément les grands problèmes de son époque\u201d, a-t-on dit justement.Même dans les choses secondaires ceux-ci se posent.Il n\u2019y a pas à fermer les yeux parce que des préférences personnelles, des habitudes anciennes ou des souvenirs, sans doute respectables, sont bousculés.Pas davantage on ne saurait invoquer la tradition.Elle ne consiste pas en effet dans la conservation et la transmission de certaines formes ou conception de l\u2019art, dans une manière fixée une fois pour toutes de penser et de juger le beau.La tradition en art sacré (quand il y en avait un!), ce qui a été transmis de façon permanente sous la variété des formes, c\u2019est l\u2019accord du sens chrétien avec la vie présente.Il n\u2019est qu\u2019à examiner l\u2019histoire depuis l\u2019art byzantin jusqu\u2019au classicisme.L\u2019évolution des formes, qui se sont montrées si variées, est la preuve manifeste de ce contact avec la vie et la sensibilité de chaque époque: s\u2019il avait fait défaut, les formes en seraient restées (comme dans l\u2019art russe) au stade byzantin. l\u2019accord nécessaire 439 L\u2019esprit traditionnel ne s\u2019oppose donc pas plus aujourd\u2019hui qu\u2019autrefois aux réalités de notre temps.On le trahit au contraire en méconnaissant les données actuelles de la sensibilité, de la pensée et de la vie, qui sont inévitables.C\u2019est selon elles qu\u2019il faut transposer le dépôt reçu du passé, afin de le conserver vivant.Mais au fond, peut-être que, plus que l\u2019esprit des œuvres nouvelles, est-ce la technique qui effarouche un public trop attaché au réalisme et au fini, qu\u2019il prend pour le critère des arts plastiques.Il ne peut en être autrement que les artistes cherchent et pratiquent une technique appropriée à leur sensibilité, plus apte à exprimer leur émotion devant \u201cla réalité plus subtile et précieuse\u201d, comme disait le peintre André Lhote, qu\u2019ils découvrent sous la réalité apparente des choses.La technique tient à une forme vivante de l\u2019art comme la façon d\u2019agir à la personne.Toutefois ces considérations n\u2019impliquent pas qu\u2019il faille admettre dans nos églises toutes les tendances, toutes les écoles de l\u2019art moderne.Celui-ci n\u2019est pas limité aux seules recherches des artistes les plus audacieux qui sont nécessaires à l\u2019évolution, au plein épanouissement de l\u2019art, mais ne conviennent pas forcément, à l\u2019heure actuelle, à tous les lieux du culte.L\u2019art contemporain est plus qu\u2019une technique.Il est le résultat d\u2019une conception nouvelle de l\u2019art: une œuvre est avant tout un rythme de volumes ou de surfaces colorées bien proportionnées auquel tout le reste est soumis.En peinture et en sculpture, ce rythme peut être obtenu non seulement par de pures abstractions, mais aussi par une évocation suffisante de la nature qui laisse à l\u2019artiste sa liberté et ne cho- 440 l\u2019action nationals que pas les fidèles les moins initiés.La marge est donc grande et permet de tenir compte d\u2019une formation artistique présentement trop traditionnaliste sans nuire à la nécessité de rester uni à la sensibilité de notre époque.Que, renonçant aux formes de l\u2019art que la vie n\u2019anime plus, les usagers de l\u2019art sacré favorisent sa renaissance en n\u2019introduisant dans nos églises que des œuvres vibrant de cette sensibilité contemporaine; qu\u2019ils encouragent les artistes et les artisans qui leur découvrent des choses une vision nouvelle, leur ouvrent les yeux à des valeurs plastiques qu\u2019ils ignorent! De même que \u201cla bouche parle de l\u2019abondance du cœur\u201d, une société se livre par son art.L\u2019absence d\u2019un art sacré vivant fera-t-il croire à ceux qui jugent par les signes extérieurs, que l\u2019Église n\u2019a plus rien à dire à la société moderne ?André Lecoutey En marge de la grève de l\u2019amiante Dans une prochaine livraison, des collaborateurs traiteront, en marge de l\u2019affaire de Saint-Remi d\u2019Amherst et, de la grève de l\u2019amiante, de l\u2019hygiène industrielle dans la province de Québec.On lira un bref historique sur la législation et les efforts syndicaux pour corriger les abus industriels.On verra que cette législation est surtout mal appliquée, et dans quel sens il importe d\u2019exiger des réformes.Enfin un documentaire résumera les points acquis après quinze mois de lutte.Sans doute, ces exposés seront nécessairement sommaires et assez peu techniques.Mais nous croyons qu\u2019après avoir lu les études de MM.Jacques Perrault, Réginald Boisvert, J.-T.La-rochelle, Marc Lapointe et André Laurendeau, le lecteur aura une idée plus claire des objectifs qui sont en jeu, et il comprendra davantage pourquoi des hommes se sont battus ici de toutes leurs forces pour obtenir un sort plus humain. 4,Cettr couronne d\u2019éj)ines\u201d Le jour où l\u2019on proclamera la RÉPUBLIQUE DU CANADA, on dévoilera sans doute un des monuments aux pères de cette République.Et l\u2019un des plus majestueux sera élevé à la mémoire de John S.Ewart.Il y aura un droit indiscutable.Car il sera impossible d\u2019écrire l\u2019Histoire de la République du Canada sans consacrer un long chapitre à ce grand juriste dont l\u2019honnêteté intellectuelle, la sincérité patriotique, et la fierté nationale se retrouvent dans tous ses écrits, avec une fidélité qui révèle l\u2019existence d\u2019une mission providentielle.Voilà plus de vingt ans que sa voix s\u2019est tue, mais sa pensée continue de nous influencer.Sa lutte contre l\u2019impérialisme n\u2019a jamais cessé \u2014 ne l\u2019a-t-il pas appelé un jour: \u201ccette couronne d\u2019épines qu\u2019on enfonce sur le front du peuple canadien\u201d ?Lire ses Independence Papers et ses Kingdom Papers, c\u2019est du même coup, recevoir une magnifique leçon d\u2019histoire, saisir la portée du grand jeu de la politique anglaise, comprendre certains errements de la politique canadienne.C\u2019est aussi et peut-être par-dessus tout, suivre la transformation d\u2019une pensée qui veut rester fidèle jusqu\u2019au bout aux sentiment les plus nobles, et qui ne refusera pas, sous la pression de la logique objective, d\u2019abolir le royaume pour proclamer la république, 442 l\u2019action nationale I Car John S.Ewart n\u2019est pas spontanément républicain.Il est venu à la République petit à petit.Ce qu\u2019il y a de naturel chez lui, ce qui l\u2019inspira avant la guerre 1914-18 comme après, c\u2019est évidemment son désir d\u2019indépendance, son sentiment canadien très fort.Il le dit lui-même en ces termes: Le sentiment canadien est partagé par tous ceux qu\u2019humilie la subordination politique du Canada.Ces gens croient que le Canada doit, en fait aussi bien qu\u2019en paroles, jouir d\u2019un statut politique égal à celui du Royaume-Uni, un statut politique qui lui donne un contrôle absolu de toutes ses affaires étrangères, y compris les plus importantes de celles-ci, la paix et la guerre.Ce sentiment, je ne l\u2019ignore nullement.J\u2019en suis débordant.(7 am full of it).Mais ce sentiment canadien, ce désir d\u2019indépendance, d\u2019autres avant Ewart les avaient ressentis et manifestés.Sir John A.Macdonald, au cours des discussions qui précédèrent le pacte de 1867, avait exprimé qu\u2019il désirait pour le Canada un régime politique semblable à celui de l\u2019Angleterre, soit, \u201cthe noble object of founding a great British monarchy, in connection with the British Empire and under the British Queen\u201d.Ewart fit sienne cette idée d\u2019un royaume du Canada, avec à sa tête un roi, qui serait le même que celui de l\u2019Angleterre.Tout comme Macdonald, il aurait souhaité la disparition du Colonial Office, et l\u2019établissement de relations directes entre le Parlement canadien et le Roi.Pendant plusieurs années ce statut politique aurait donné satisfaction à la pensée de Ewart.Il n\u2019y voyait aucune entrave à la procla- \u201cCETTE COURONNE d\u2019ÉPINES\u201d 443 mation de 1 indépendance du Canada: dans son esprit, le Royaume du Canada grandissait; il le voyait s\u2019affermir, se manifester par l\u2019envoi d\u2019ambassadeurs canadiens dans tous les pays, y compris en Angleterre.Le Royaume du Canada existerait indépendamment du Royaume-Uni.Tout comme au temps de Georges, quand le Royaume-Uni et le Hanovre avaient le même roi; les deux États demeuraient séparés et indépendants l\u2019un de l\u2019autre, au point que le Hanovre put à un moment donné être en guerre contre la Russie, alors que le Royaume-Uni ne l\u2019était pas.L\u2019établissement d\u2019une telle monarchie canadienne devait en fait amener des changements considérables dans l\u2019organisation de l\u2019Empire britannique, et dans les rouages administratifs du Canada.C\u2019est peut-être dans son article Monarchy or Republic que John S.Ewart traduit le mieux toute sa pensée relativement à un royaume canadien.Il analyse cette idée de manière à établir clairement qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un jeu de mots.Ce doit être un royaume canadien avec toutes les conséquences que de droit.Ainsi se pose la question du roi.II * Faudrait-il un roi établi définitivement à Ottawa ?Ewart croit que même les plus impérialistes ne le désirent pas.Les impérialistes veulent un roi, pourvu qu\u2019il demeure à 3,000 milles de nous.Un roi, oui, mais à condition qu\u2019il habite très loin.Pourquoi?C\u2019est simple.Même les impérialistes reconnaissent que nous sommes tout de même un peuple démocrate, et la présence d\u2019un roi à Ottawa serait une erreur. 444 L\u2019ACTION' nationale Tandis qu\u2019un roi à 3,000 milles ne serait pas aussi gênant {not specially injurious to us).Il faudrait donc un roi aux \u201croyautés\u201d aussi nombreuses et aussi distinctes qu\u2019il y aurait de royaumes.Et comme il ne jouirait pas de l\u2019omniprésence il serait, plus souvent qu\u2019autrement, un roi absent.Un roi nomade, constamment en tournée.Car même si l\u2019on rejette l\u2019idée d\u2019un roi à demeure au pays, il faut admettre que le roi doive passer quelque temps chaque année dans son royaume.Une royauté ainsi conçue est-elle possible en fait?Ewart le nie.Même dépouillé de plus en plus de toute autorité, le roi n\u2019en conserve pas moins toujours un droit indiscutable à être informé de toutes les questions importantes, d\u2019exprimer ses vues, de donner son opinion.Cette prérogative royale ne peut disparaître.Dans certaines circonstances, il lui est loisible de refuser son assentiment et provoquer la démission du ministère.De telles fonctions sont donc incompatibles avec le statut d\u2019un roi nomade.Il ne saurait être question de transporter à un vice-roi de telles prérogatives qui ne peuvent appartenir qu\u2019à un roi seul.\u201cSi nous devons avoir un roi en fonctions, écrit Ewart, il doit demeurer ici\u201d.\u201cBut, here is the only place we do not wish him to be\" ajoute-t-il.Un roi' à multiples \u201croyautés\u201d est inconcevable pour plusieurs autres raisons.Le monarque ayant un droit strict à être informé de toutes choses importantes, et ayant le devoir d\u2019aviser son peuple, pourrait prendre connaissances des affaires les plus secrètes d\u2019un pays, et cette connaissance serait ensuite mise \u2018cette couronne d\u2019épines\u201d 445 au service d\u2019un autre pays distinct qui aurait le même roi.Aon, dit Ewart, un roi, confident de deux pays, serait une chose dangereuse pour les deux, et principalement pour celui des deux pays où le roi ne demeure pas.Et il donne comme exemple Jacques VI d\u2019Ecosse, qui devint Jacques 1er d\u2019Angleterre: le monarque s\u2019installa en Angleterre, et devint anglais.Il reste à imaginer un roi qui ne viendrait jamais au Canada.Un Kingdom of Canada dont le roi serait le roi de l\u2019Angleterre.Une \u201csubordination nominale\u201d.Dans ses Kingdom Papers, à la page 386, Ewart écrit: Mécontent de la subordination politique du Canada, souhaitant son élévation à la respectabilité, j\u2019ai, pendant quelques années, au moyen des Kingdom Papers, réclamé pour mon pays le statut d\u2019État internationalement reconnu, avec une réserve quant au présent roi du Canada.Le roi du Royaume-Uni serait en même temps le roi du Canada.Pourquoi ce à quoi nous nous objectons, (la subordination au peuple anglais) no cesserait-il pas, et ce à quoi nous ne nous sommes jamais opposés, (la subordination nominale au même roi) ne continuerait-il pas?C\u2019était là, pendant plusieurs années, la pensée de Ewart.La formule d\u2019un royaume canadien, avec nominal subordination to the Pvitish Ping, semblait lui plaire, comme à bon nombre de Canadiens.L\u2019idée d\u2019un roi leur était agréable.Tout ce qu\u2019ils voulaient, c\u2019était de n\u2019en être pas embarrassé.Une \u201csubordination nominale\u201d n\u2019avait rien, d\u2019après eux de répugnant.III Mais vient la guerre de 1914-18.Comment la formule de \u201csubordination nominale\u201d résistera-t-elle 446 l\u2019action nationale à la nouvelle poussée de l\u2019impérialisme, \u2014 à la nouvelle pression exercée sur le front du peuple canadien par la \u201ccouronne d\u2019épines\u201d ?Les événements causent une vive déception à John S.Ewart qui écrit à ce sujet: Sans la guerre, sans le violent accès d\u2019impérialisme qu\u2019elle a déterminé et l\u2019action synchronisée d\u2019un gouvernement impérialiste canadien, je continue d\u2019estimer que le désir de Sir John A.Macdonald pour un \u201cRoyaume du Canada\u201d, pour \u201cune grande nationalité commandant le respect du monde\u201d, aurait pu être réalisé.Maintenant il ne le peut plus.Nous avons sombré dans le colonialisme.Nous sommes traités comme des enfants et nous nous soumettons à ce traitement.Quelle est la cause de ce terrible recul?Qui nous a fait sombrer de nouveau dans l\u2019état colonial?En cent pages, Ewart étudie l\u2019activité impérialiste, ses diverses formes, ses principaux instruments, ses vedettes: Cabinet impérial, fédération impériale, plan Curtis, plan Lash, Conseil impérial maritime, Commission royale des Dominions, Bureau des ressources minérales de l\u2019empire, etc.etc.Funèbre cortège qui ramène le Canada à l\u2019état colonial.La situation vient de notre allégeance au roi britannique, constate M.Ewart.Aussi longtemps qu\u2019une union par le roi existera, écrit-il, on nous comptera comme une partie de l\u2019empire britannique, et l\u2019on en déduira que l\u2019empire formant un tout, ainsi ses ressources appartiennent à l\u2019empire, et doivent servir, sous une direction impériale, aux besoins de l\u2019empire comme d\u2019un tout.Une telle conception et un tel langage portent un coup fatal au Canada.Je n\u2019avais pas cru possible un enchaînement de circonstantes qui, non seulement les fait accepter, mais les applique avec succès à la chute politique \u2018cette COURONNE d\u2019épine,s 447 du Canada.L\u2019inattendu s\u2019est produit, et nous sommes forcés d\u2019affirmer que si l\u2019allégeance au même roi est la hase qui seule soutient l\u2019échafaud sur lequel nous devons être sacrifiés, alors, si regrettable que ce soit, la base doit être détruite.Monsieur Ewart s\u2019est rendu compte que la soumission au même roi entraîne nécessairement une union de la Grande-Bretagne et du Canada, qui est néfaste à notre pays.En tant que colonie, nous avions atteint les plus hauts sommets.Mais juste au moment de parvenir au plus sublime de tous, les forces nous ont manqué.Et c\u2019est la soumission au même roi qui nous a forcés d\u2019accepter des conseils militaires britanniques et des aviseurs militaires britanniques.L\u2019auteur poursuit: Advice in various departments had advanced through recommendation and persuasion into joint inquiry, co-operation and guidance.Control will come, partly by the usual developments through expostulation, and threat.The road to engulfmenl is being rapidly traversed.It is all down-hill.And we have no brakes.IV Faut-il désespérer de la situation?Ce retour au colonialisme est-il définitif ?Non.Une solution reste possible, une seule.Elle est impérieuse.C\u2019est la RÉPUBLIQUE.L\u2019auteur écrit ces lignes: Si fructueuses qu\u2019aient été les combines (schemes) impérialistes, elles ont démontré clairement que notre status comme Sister Kingdom est une impossibilité; et que maintenant notre seule alternative c\u2019est une subordination plus complète, ou une séparation totale.Dans de telles circonstances, nous ne pouvons hésiter et nous choi- 448 l\u2019action nationale sissons une vie nationale qui se respecte elle-même: LA RÉPUBLIQUE DU CANADA.Nous ne pouvons accepter une indépendance hypothéquée ou une liberté chargée d\u2019entraves.Le plus souvent, les déclarations d\u2019autonomie, d\u2019indépendance et de liberté obtiennent, même chez les impérialistes, un certain succès.Il faut remarquer alors qu \u2019invariablement, ces paroles nationales s\u2019accompagnent dans la réalité de nouveaux liens qui limitent et restreignent notre liberté d\u2019action.Les impérialistes cherchent tout simplement à endormir le sentiment canadien.Il y a en effet au moins deux méthodes de pratiquer l\u2019impérialisme: l\u2019injection à sang froid, et l\u2019injection sous anesthésie locale.Cette dernière méthode, M.Ewart l\u2019appelle la \u201cméthode Milner\u201d et il la décrit ainsi: Elle consite à introduire sournoisement dans nos présentes institutions des pièces détachées d\u2019une structure impérialiste, à habituer le peuple le plus vite possible à leur présence, et finalement à présenter un système bien développé de contrôle impérial en pleine opération.Et M.Ewart ferme son livre The Kingdom Papers, (Vol.II), sur cette page, qui est à la fois un message et l\u2019expression d\u2019un espoir: La seule aide dont le Canada ait besoin, c\u2019est qu\u2019on le réveille et qu\u2019on lui fasse comprendre.Pour le moment nous avons perdu la voie du nationalisme.Probablement, nous n\u2019avons perdu que la mauvaise voie.Dans ce cas, réjouissons-nous d\u2019avoir à tâtonner et nous débattre {to grope and struggle) un peu, avant que la vraie direction devienne claire à notre peuple.A tout événement, \u2022\u2014 et c\u2019est la première leçon, que nous \u201ccette couronne d\u2019épines\u201d 449 devons en tirer, \u2014 une chose est certaine.L\u2019impérialisme est l\u2019ennemi, l\u2019ennemi en Europe, l\u2019ennemi au Canada.L\u2019impérialisme fut la cause la présente guerre, (1917) 1 impérialisme fut la cause de la révolution américaine, 1 impérialisme a été la cause des rébellions canadiennes, l\u2019impérialisme est la malédiction et le fléau du monde.Ce n\u2019est pas nous, qui avons vu aux prises quatre ou cinq impérialismes dans la guerre de 1939-45, nous qui assistons peut-être à la préparation d\u2019un troisième conflit mondial entre deux impérialismes continentaux\u2014 ce n\u2019est pas nous qui contredirons John S.Ewart.Sans doute, les circonstances ont beaucoup changé depuis sa mort.Mais quand on se souvient de l\u2019appauvrissement volontaire auquel nous venons de nous livrer \u201clibrement\u201d au bénéfice de la Grande-Bretagne, comment ne pas donner raison une fois de plus, à ce grand précurseur anglo-canadien, quand il s\u2019écrit avec une éloquence concentrée: And this I say to the imperialists who are pressing their crown of thorns upon the brow of the Canadian people.Crush it down.Restrict our political liberty.Restrain our legislative freedom.Take possession of our property and resources.Apply our assets to the payment of the British war debt.Add us to your fighting strengh.Reduce us to a source of supply \u2014 men, materials and money.Throw us into your international bargain scales.Count us as Egyptian fellaheen and Indian ryots.Crush it down, I say, until it enters the bone.Repeat for us the tragedy of your Transvaal imperialism.Lord Milner is once more a dominating figure.He is the same masterful aristocrat now that he was then.He drove the Boers into a war for freedom.He is reducing Canada to shameful subjugation.He has dissipated all hope of THE KINGDOM OB CANADA.He will find I tell him, that he has but, 450 l\u2019action nationale turned us to a better, for a more secure and enduring destiny.He, principally, is the founder of THE REPUBLIC OF CANADA.Oui, que les impérialistes de toutes couleurs enfoncent dans notre tête cette couronne d\u2019épines.Qu\u2019ils nous entraînent dans tous les conflits d\u2019intérêt des deux empires que nos chefs suivent docilement.Qu\u2019ils s\u2019emparent, avec la complicité des politiciens canadiens, des ressources naturelles de notre sol et de notre sous-sol.Qu\u2019ils nous lient par des traités quasi-automatiques à toutes les mésaventures de l\u2019impérialisme anglo-saxon.Qu\u2019ils vident le pays de sa substance par des cadeaux exorbitants, ou par des prêts qui ne valent pas mieux, ou par des contrats qui nous font perdre des profits et des marchés.Qu\u2019il nous réduisent à n\u2019être plus qu\u2019un arsenal d\u2019hommes, de ressources et d\u2019argent.Tout ce que nous devons craindre, ce n\u2019est pas leur rudesse, mais l\u2019habileté diabolique avec laquelle ils font passer leurs entreprises pour des croisades humanitaires.Mais depuis, l\u2019Irlande a malgré tout repris sa liberté.Les Indes seront bientôt république.Un jour, et grâce à la pensée de pionniers, d\u2019esprits indépendants comme John S.Ewart, \u2014¦ un jour viendra où ce sera le tour du Canada.Jean Drapeau.RAPPEL N\u2019oubliez pas que L'ACTION NATIONALE a maintenant ses bureaux à 422 est, rue Notre-Dame (première porte à l\u2019ouest du journal LE DEVOIR), Montréal.C\u2019est là qu\u2019on est prié d\u2019adresser désormais ses communications \u2014 et, s\u2019il y a lieu, son réabonnement. Le XXe Parlement et l\u2019élection qui doit le remplacer Le XXe Parlement aura été le Parlement de l\u2019après-guerre.La guerre en Europe s\u2019est terminée au cours de la campagne électorale qui lui a donné naissance et la guerre en Asie a pris fin quelques semaines avant sa convocation.La situation au pays a bien changé durant les quatre années qui se sont écoulées entre le 11 juin 1945, la date de l\u2019élection du XXe Parlement, et le 27 juin 1949, la date fixée pour l\u2019élection du XXle Parlement qui doit le remplacer.Lorsque la nouvelle Chambre des Communes élue à la fin de la guerre s\u2019est réunie en septembre 1945, il était beaucoup question de démobilisation et d\u2019amnistie aux déserteurs.Ces choses sont aujourd\u2019hui complètement oubliées et nous apparaissent déjà comme de l\u2019histoire ancienne.Il était encore plus fortement question de la réhabilitation des anciens combattants.L\u2019assistance aux anciens combattants n\u2019est pas une tâche accomplie et terminée' et ne le sera pas de sitôt, mais le comité parlementaire des anciens combattants n\u2019a pas été reconstitué au cours de la dernière session et le ministère des anciens combattants a commencé à réduire son personnel. 452 l\u2019action nationals Du vaste système des régies qui a été prolongé après la guerre pour éviter les perturbations économiques pendant la période de rajustement, il ne subsiste plus que des vestiges \u2014 la régie des loyers et un embryon de commission des prix.Les grands débats parlementaires sur les mérites respectifs de l\u2019économie dirigée et de l\u2019économie libre, sur les pouvoirs usurpés du gouvernement fédéral en matière de propriété et de droits civils, sont déjà largement oubliés.Il n\u2019est guère question des \u201ccontrôles\u201d tant discutés au cours de la prochaine campagne électorale, sauf du contrôle des loyers parce que la crise du logement est loin d\u2019être résolue.La période de l\u2019après-guerre immédiat est passée et ses problèmes spécifiques n\u2019intéressent déjà plus lesgens.L\u2019œuvre du XXe Parlement sera sans aucun doute discutée au cours de la campagne qui précédé l\u2019élection du XXIe Parlement qui doit le remplacer.Cette œuvre est avant tout l\u2019œuvre du gouvernement King qui commandait une majorité à la Chambre des Communes et qui a administré le pays pendant trois années et demie.Il convient cependant de noter que les partis d\u2019opposition se sont généralement associés à cette œuvre collective du XXe Parlement en approuvant dans leurs grandes lignes presque toutes les mesures du gouvernement.Sous M.Bracken, les conservateurs votaient les projets de loi du gouvernement après en avoir critiqué les détails.Les socialistes et les créditistes ne combattaient de leur côté les mesures du gouvernement que lorsqu\u2019elles venaient LE XXe PARLEMENT ET L\u2019ÉLECTION 453 en conflit avec leurs doctrines propres en matière économique ou financière.Le gouvernement Saint-Laurent a accepté la succession du gouvernement King dont il était issu.Si l\u2019on excepte une série de mesures électorales qu\u2019il a fait voter sans grande difficulté, il n\u2019a ajouté à cette succession que le rattachement de Terre-Neuve à la Confédération et l\u2019adhésion du Canada au Traité de l\u2019Atlantique et encore les négociations avaient-elles été engagées dans les deux cas avant le départ de M.King.Les distinctions que l\u2019on peut faire entre le gouvernement Saint-Laurent et le gouvernement King ne portent encore que sur des tendances.Pas plus que M.Saint-Laurent, le nouveau chef du parti conservateur, M.Georges Drew, n\u2019a eu le temps de marquer de son empreinte personnelle l\u2019œuvre du XXe Parlement.11 a simplement réussi à insuffler une nouvelle ardeur aux conservateurs et à rétablir l\u2019opposition officielle dans son rôle traditionnel de critique inflexible du gouvernement.Pour autant qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019actions et d\u2019omissions, de l\u2019œuvre même du XXe Parlement, MM.Saint-Laurent et Drew sont tous deux liés par la conduite de leurs prédécesseurs au moment d\u2019entreprendre cette campagne électorale.Ce n\u2019est que dans le domaine des promesses à faire racheter par le XXIe Parlement qu\u2019ils recouvrent leur entière liberté d'action.\u2022 En politique étrangère, le dernier Parlement a suivi la ligne de la \u201csécurité collective\u201d telle qu\u2019elle a été interprétée par Londres et Washington.Le Cana- 454 l\u2019action nationale da a donné son adhésion à la Charte des Nations Unies puis, lorsque la rupture s\u2019est avérée complète entre les puissances occidentales et la Russie soviétique, au Traité de l\u2019Atlantique.Il a pris une part active à toutes les initiatives internationales et n\u2019a pas reculé devant les engagements militaires ou autres.Cette politique a rallié tous les partis, sauf M.Maxime Raymond et quelques députés indépendants du Québec.11 faudrait peut-être noter que les conservateurs estiment que nous n\u2019avons pas tout à fait les effectifs et les armements qu\u2019il nous faut pour honorer nos engagements internationaux.En politique commerciale, nous avons poursuivi après la guerre l\u2019assistance directe et indirecte à l\u2019Angleterre.Cette politique de crédits et de contrats devait permettre à notre meilleur client de se remettre sur pied et assurer au Canada un marché stable pour sa production agricole.C\u2019est en invoquant ces arguments que MM.Ilsley et Gardiner firent voter au XXe Parlement le prêt-cadeau d\u2019un milliard et quart et les contrats qui assuraient à l\u2019Angleterre l\u2019exclusivité de la meilleure part de notre production.Cette politique a abouti à un échec éclatant.Notre générosité entama tellement nos réserves de dollars américains qu\u2019il fallut restreindre nos importations des États-Unis et nous imposer un régime d\u2019austérité jusqu\u2019à ce que l\u2019entrée en vigueur du plan Marshall vint nous tirer d\u2019embarras.Et le marché anglais est en train d\u2019échapper à nos agriculteurs en dépit des sacrifices consentis.La situation est alarmante même si l\u2019on a trouvé des expédients pour ajourner une crise de mévente.Cette politique commerciale du XXe Parlement a encore rallié l\u2019appui de tous les partis, LE XXe PARLEMENT ET L\u2019ÉLECTION 455 sauf M.Raymond et quelques indépendants du Québec.\u2022 En politique sociale, le XXe Parlement a mis une sourdine à l\u2019exécution du vaste programme de sécurité que le gouvernement King avait proposé à l\u2019électorat canadien en 1945 après l\u2019avoir proposé aux provinces en leur demandant l\u2019abandon de leurs principales sources de revenus.Les libéraux n\u2019ont plus guère parlé d\u2019assurance-santé et les socialistes ont été les seuls à leur rappeler leurs promesses.M.King a établi avant de partir un système de subventions aux provinces pour encourager la construction d\u2019hôpitaux et la recherche médicale qu\u2019il a présenté comme un premier pas vers l\u2019établissement de l\u2019assurance-santé.A la veille même de la dissolution, le gouvernement Saint-Laurent a fait voter en hâte deux projets de loi qui ont pour but d'augmenter le montant des pensions de vieillesse et d\u2019étendre la distribution des allocations familiales.Ces mesures n\u2019ont cependant qu\u2019une portée limitée.En matière de sécurité sociale, l\u2019attitude des socialistes tranche avec celle des autres partis en ce qu\u2019elle réclame une générosité beaucoup plus grande de l\u2019État envers ses citoyens.Pour ce qui a trait aux relations fédérales-pro-vinciales, le XXe Parlement n\u2019a rien déterminé et son attitude a fluctué de 1945 à 1949.Le gouvernement a débuté par une grande offensive de centralisation qui a abouti à l\u2019échec de la Conférence fédé-rale-provinciale, à la conclusion d\u2019accords fiscaux séparés avec les sept petites provinces et à l\u2019écrasement des libéraux québécois de M.Adélard Godbout l\u2019action nationale 4 5(1 à l\u2019élection provinciale de 1948.L\u2019attitude des libéraux a ensuite évolué dans le sens de la conciliation et d\u2019un respect relatif des droits provinciaux à la suite du remplacement de AI.Ilsley par M.Abbott aux finances et surtout du remplacement de M.King par Al.Saint-Laurent.Cette position est présentement indécise et ambiguë.L\u2019attitude des conservateurs, par contre, a aussi évolué, mais dans le sens contraire: après avoir mollement défendu l\u2019autonomie provinciale sous Al.Bracken, ils en sont devenus les champions déterminés depuis que M.Drew a pris la direction du parti.Les socialistes n\u2019ont jamais varié dans leur attitude centralisatrice tandis que les créditistes se sont montrés plutôt soucieux de protéger les droits provinciaux.Pour ce qui est des relations avec le Commonwealth, le Canada a quelque peu avancé dans la voie qui conduit à l\u2019indépendance au cours des quatre dernières années, mais cela est attribuable à la marche des événements dans le monde, à l\u2019influence croissante de Washington par rapport à Londres, plutôt qu\u2019à l\u2019action positive du XXc Parlement.Le gouvernement King a bien annoncé à grands coups de trompettes à la session de 1945 deux mesures émancipatrices qui se sont cependant avérées, à l\u2019analyse, timides et encore empreintes d\u2019un impérialisme attardé: il s\u2019agissait d\u2019un drapeau distinctif qui renfermait l\u2019Union Jack et d\u2019une loi de citoyenneté qui définissait le citoyen canadien comme un sujet britannique.Les libéraux et les socialistes qui les ont appuyés, s\u2019ils n\u2019ont pas fait preuve d\u2019un sentiment LB XXe PARLEMENT ET I,'ÉLECTION 457 canadien bien avancé, ont cependant provoqué une réaction encore plus rétrograde de la part des conservateurs et des créditâtes.La seule opposition à ces mesures empreintes de colonialisme est venue, de la députation québécoise, des indépendants et des ibéraux eux-mêmes qui ont réussi dans la coulisse à bloquer l\u2019adoption du Red Ensign.Les débats qui ont marqué les délibérations du XXe Parlement et les congrès politiques de l\u2019automne dernier ont cependant marqué sur la fin un certain progrès attribuable surtout à nos représentants québécois.Le mot \u201cdominion\u201d est en grande partie discrédité.Le drapeau national et l\u2019hymne national gagnent du terrain s\u2019ils se heurtent encore à bien des résistances.Le gouvernement avait inscrit au feuilleton l\u2019abolition des appels au Conseil privé qui est restée en plan par suite de la dissolution brusquée, mais M.Saint-Laurent annonce son intention de procéder à cette réforme ainsi qu\u2019à celle de la procédure d\u2019amendement à la constitution s\u2019il est maintenu au pouvoir.La campagne électorale qui précédé la consultation populaire du 27 juin ne porte guère sur la politique étrangère.Tous les partis se sont mis d\u2019accord sur le Traité de l\u2019Atlantique.Elle n\u2019appuie pas non plus sur la politique sociale en dépit des efforts des socialistes qui font de la sécurité un de leurs principaux chevaux de bataille.Par contre, les électeurs entendont souvent parler des relations fédérales-provinciales et des relations avec le Commonwealth \u2022\u2014 relations politiques et commerciales. 458 1,\u2019ACTION NATIONAL» Los libéraux paraissent avoir obtenu un avantage tactique sur leurs adversaires on brusquant la dissolution des Chambres et l\u2019élection générale.Le chef de l\u2019opposition, M.Drew, n\u2019était pas en chambre au moment où M.Saint-Laurent a annoncé la décision du gouvernement et son remplaçant, M.Gordon Graydon, ne s\u2019est pas montré à la hauteur de la situation.M.Drew a éprouvé quelque peine à se ressaisir k son retour et il n\u2019a pas tiré tout le parti électoral possible des dernières passes d\u2019armes à la Chambre.Cela ne l\u2019empêche pas de mener une vigoureuse campagne électorale.Les débuts de la campagne électorale de M.Saint-Laurent n\u2019ont rien eu de sensationnel.Il s\u2019est inspiré de l\u2019exemple du président Truman en visitant tous les coins du pays et en rencontrant le plus grand nombre possible de citoyens et électeurs canadiens.1 îenant sans doute pour acquis qu\u2019une campagne sans incidents et sans intérêt ne peut que favoriser le gouvernement au pouvoir, il a inauguré une technique bien à lui dont scs adversaires ne savent pas encore quoi penser.Exploitant la curiosité des gens qui veulent faire la connaissance du premier ministre et le prestige que confère la fonction de chef du gouvernement, il se contente de prononcer des allocutions de circonstance où il s\u2019efforce de plaire et ne fait qu\u2019effleurer les questions politiques comme s\u2019il était convaincu que la population est complètement satisfaite de son gouvernement et ne peut manquer de le réélire.Il affirme avec candeur qu\u2019il n\u2019y a pas de questions importantes en jeu et que les ministres qui I entourent continueront à assurer au Canada une excellente administration. LE XXe PARLEMENT ET L\u2019ÉLECTION 459 M.Drew se conduit en véritable chef de l\u2019opposition en multipliant les attaques contre le gouvernement et les promesses de réformes ou d\u2019initiatives nouvelles.Il a promis jusqu\u2019ici de rouvrir les négociations avec Terre-Neuve, de créer une Hydro fédérale, d\u2019accorder des subventions fédérales à l\u2019éducation, d\u2019obtenir la convertibilité de la livre sterling et du dollar afin de stimuler les échanges commerciaux.Il fait de son mieux pour mettre un peu de vie dans la campagne électorale.On ne sait pas trop encore quel sera le principal cheval de bataille des conservateurs.M.Drew a beaucoup insisté sur la nécessité de rétablir la démocratie contre la bureaucratie, mais c\u2019est une question bien abstraite pour la majorité de l\u2019électorat.Il a vigoureusement dénoncé le socialisme et le communisme.Il a beaucoup insisté, en songeant vraisemblablement au Québec où il voudrait que son parti reprenne pied, au respect de l\u2019autonomie provinciale.11 ne paraît pas avoir encore opté entre ces divers chevaux de bataille.Il n\u2019est pas impossible, cependant, qu\u2019il finisse par faire porter son attaque principale contre la politique commerciale du gouvernement en soulignant que nous sommes en train de perdre nos marchés en Angleterre par la faute du gouvernement.Il est incontestable que la politique de prêts et de contrats avec la Grande-Bretagne a abouti à une faillite lamentable.Il est cependant difficile de pousser à fond cette attaque contre les libéraux sans prendre en même temps l\u2019Angleterre à partie et c\u2019est ce qui fait que l\u2019élément impérialiste hésite chez les conservateurs.Ce serait pourtant le meilleur argument à faire valoir dans le Québec pour démolir la réputation 4
de

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