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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1982-03, Collections de BAnQ.

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[" //Action NATIONALE Volume LXXI, numéro 7, mars 1982 Le train du Nord est disparu.Quel pépin.Vdl M£H \u2018uiA0>i-3s sru \u2018oooç lba j uanog aoaaij V-68-T Krw»»: La Ligue cTAction Nationale Président: François-Albert Anger: Président du conseil: Rosaire Morin Vice-présidents: Patrick Allen Ruth Paradis Secrétaire: Gérard Turcotte Trésorier: Charles Poirier Directeurs: Richard Arès André Auclair Raymond Barbeau René Blanchard Jacques Boulay Guy Bouthillier Michel Brochu Louise Collin-Brochu Pierre Dupuis Jean Genest Yvon Groulx Léo Jacques Jean-Marc Kirouac Anna Lagacé-Normand Jean-Marc Léger Delmas Lévesque Denis Monière Nvcol Pageau-Govette Jean-Marcel Paquette André Provost Albert Rioux Jean-Paul Rioux Pierre Trépanier Claude Trottier Action Nationale revue d\u2019information nationale qui lutte pour l'indépendance du Québec Fondation Esdras Minville société recueillant des fonds destinés à des activités nationales Clubs de la République association de jeunes réunis pour préparer l'indépendance du Québec Editions françaises société de publication de dossiers destinés à un cercle de lecteurs abonnés Enquête nationale recherche par des spécialistes sur l\u2019avenir constitutionnel du Québec Assises nationales convocation des forces vives du Québec pour réaliser la cohésion nécessaire 82, rue Sherbrooke ouest Montreal H2X 1X3 (5141-337-7244 Z/ActlOn NATIONALE Volume LXXI, numéro 7, mars 1982 TABLE DES MATIÈRES\t\t Pierre VADBONCOEUR\tNégocier quoi?Des funérailles?\t704 Camille BRONSARD\tL\u2019industrie canadienne de l\u2019unifoi-misation culturelle\t707 Pierre YERGEAU\tLe ministre des Transports avance en arrière\t713 Roger DUHAMEL\tLa démission par le pacifisme\t719 Pierre-André JULIEN\tLe Parti Québécois sur la scène fédérale\t727 René BLANCHARD\tLa souveraineté québécoise, un nécessaire purgatoire?\t731 Viateur BEAUPRÉ\tUne culture peut-elle être autonome sans souveraineté culturelle\t735 Jean-Baptiste GIROUX\tA la collectivité travailleuse du Québec de faire prévaloir son projet de société\t745 Jean-D.ROBILLARD\tJe me souviens\t767 Jean GENEST\tRéflexions sur l\u2019an 1981\t779 Patrick ALLEN\tAu fil de l\u2019actualité\t783 \tLes Postes canadiennes desservent la Défense nationale\t794 ACTION NATIONALE revue d\u2019information nationale qui lutte pour l\u2019indépendance du Québec Directeur: Rosaire Morin Collaborateurs: Patrick Allen François-Albert Angers Richard Arès Viateur Beaupré René Blanchard Odina Boutet Guy Bouthillier Camille Bronsard André d\u2019Allemagne Roger Duhamel Jean Genest Jean-Baptiste Giroux André Joyal Pierre-André Julien Delmas Lévesque Jeannine McNeil Denis Monière Jean-Marcel Paquette Pierre Patenaude Jean-D.Robillard Jean-Pierre Wallot Pierre Yergeau Abonnement: Québec, Canada Autres pays Abonnement de soutien 1 an\t2 ans (10 numéros) (20 numéros) $25.00\t$45.00 30.00\t50.00 35.00 Les articles de la revue sont répertoriés et indexés dans l\u2019Index des périodiques canadiens, publication de l\u2019Association canadienne des bibliothèques, dans Périodex publié par la Centrale des Bibliothèques et dans Radar, répertoire analytique d\u2019articles de revues du Québec, publié par la Bibliothèque nationale du Québec.Prière de joindre à toute correspondance relative au service de la revue le numéro-code figurant sur la dernière adresse d\u2019envoi.82, rue Sherbrooke ouest Montréal H2X 1X3 337.7244 ISSN-0001-7469 ISBN-2-89070 Dépôt légal: Bibliothèque nationale, 2lème semestre 1981 Courrier de la deuxième classe Enregistrement numéro 1162 Hydro-Québec assure l'avenir énergétique des Québécois En guise d\u2019éditorial Négocier quoi?Des funérailles?par PIERRE VADBONCOEUR À tout moment, pendant des mois, le gouvernement fédéral n\u2019aurait eu qu\u2019un mot à dire pour refermer derrière le Québec et avec le consentement bien obligé de celui-ci les portes du fédéralisme canadien calssique, orthodoxe et pour nous toujours aussi dangereux.Nous en étions à notre dernière ligne de défense: ne pas échapper ce que nous avions déjà.Le Québec se serait alors retrouvé Gros-Jean comme devant, approximativement sans avoir perdu mais sans avoir gagné, et toujours en mauvaise situation historique par conséquent.Il n\u2019aurait gardé que l\u2019espoir de mouvements ultérieurs, mais pas pour demain.Telle eût été globalement la conséquence du 20 mai.Je l\u2019estimais pénible mais difficilement évitable pour le présent.Or, le fédéral, plus hostile qu\u2019on l\u2019aurait même imaginé, n\u2019a pas cessé de tenir les conditions minimales d\u2019un accord hors d\u2019atteinte pour un Québec qu\u2019il est évident qu\u2019il ne voulait pas seulement intégrer mais soumettre.Cependant, M.Jean-Louis Roy trouve que le gouvernement québécois devrait encore courir après la carotte.Mais enfin pour récupérer quoi?Des broutilles?Au mieux, quelques accommodements secondaires?Donc figurer en y participant positivement et avec plein consentement au traité de notre propre défaite?Qu\u2019est-ce que c\u2019est ça? NÉGOCIER QUOI?DES FUNÉRAILLES?705 Surtout, de quel poids seraient pour notre avenir quelques enjolivements apportés au produit de la coalition des Dix?Qu\u2019on se donne un peu la peine de peser de tels «gains» par rapport à l\u2019acte historique qui consiste, en ce moment précis, pour les causes que l\u2019on sait, à opposer le refus officiel du Québec à ce qui deviendra la loi constitutive d\u2019un certain Canada telle qu\u2019ils se sont acharnés à la vouloir.Y a-t-il une différence, pour l\u2019avenir, entre aller en ce moment grignoter quelque chose et au contraire rejeter tout accord ne contenant pas le strict minimum vital récemment énoncé par notre gouvernement?Vous savez bien que cette différence existe en effet et qu\u2019elle est d\u2019une signification potentiellement considérable.Politiquement, la chose est évidente.Mais juridiquement, elle se tient peut-être aussi.Le droit est subtil, il est complexe, il est variable, ce n\u2019est pas une science exacte, et de toute façon il ne résiste pas toujours aux situations politiques, lesquelles sont changeantes.Hé! il faudrait fixer hors de tout doute et par nous-mêmes un droit qui plus ou moins nous déshérite?Vous savez bien que cela n\u2019a pas de bon sens.Les Amérindiens, qui n\u2019ont même pas le nombre, négocient encore et avec poids, après des siècles, sur des titres qu\u2019ils n\u2019ont jamais d\u2019eux-mêmes abandonnés, bien qu\u2019ils aient été vaincus, refoulés, décimés, et soumis dans la pratique à l\u2019empire des vainqueurs.Ne voyez-vous pas que la page est tournée?Le gouvernement du Québec n\u2019a plus l\u2019ombre d\u2019un semblant de concession à faire.Que les libéraux, s\u2019ils ne se rendent pas à nos ultimes conditions, fassent donc cette soi-disant fédération telle qu\u2019on nous l\u2019a passée derrière le dos.Personne en tout cas ne pourra prétendre, comme pour 1867, qu\u2019elle aura eu notre aveu.On nous aura fait entrer de force, un point c\u2019est tout.Il n\u2019y aura pas de phrases.Mais il y aura peut-être des lendemains.(Le Devoir, 25 novembre 1981) 706 Il J EIJSE lilR LA VUE ASSURANCE-VIE y Avec ou sans participation / Sécurité familiale ¦/ Éducative y Commerciale y Hypothécaire RENTES y Viagères y Epargne-retraite y Écono-rente y À versements invariables ASSURANCE COLLECTIVE y Vie y Indemnité hebdomadaire y Assurance-maladie / Dentaire y Rente mensuelle d'invalidité PLANIFICATION SUCCESSORALE \u2014 CONVENTION ENTRE ASSOCIES L'ECONOMIE MUTUELLE-VIE SIEGE SOCIAL\tAGENCES ET UNITES 385 est.rue Sherbrooke\tDrummondvilie Granby.Johette Montreal Que H2X 3N9\tLaval Mont-Laurier Montreal Tel 842-8221\tOttawa Quebec Rive Sud Saguenay - Lac St Jean St-Hyacmthe Sherbrooke Thetford-Mmes L\u2019industrie canadienne de runiformisation culturelle par CAMILLE BRONSARD Professeur d\u2019économie à l\u2019Université de Montréal Jadis, au Canada, les programmes fédéraux dans le domaine des Arts et de la Culture étaient sous la responsabilité du Secrétariat d\u2019État.Cette responsabilité était d\u2019ailleurs indirecte en ce sens que le Secrétaire d\u2019État déléguait, par exemple au Conseil des Arts (lequel était constitué par une majorité de représentants du monde des Arts) l\u2019administration effective des bourses, subventions et autres «incitations» artistiques.De même, le Conseil national des Sciences était indépendant de l\u2019action directe du politicien, via le filtre de la cooptation scientifique.La raison d\u2019être de cette prudence, c\u2019était la dynamique même des recherches scientifiques et artistiques: celles-ci se fondent sur l\u2019inspiration et l\u2019intuition.Un administrateur (un politicien) pense d\u2019abord à perfectionner la chandelle.L\u2019homme de science découvre l\u2019électricité.Par le jeu de la délégation des pouvoirs, on se refusait à «planifier» la création et on tentait de confier le plus possible aux créateurs l\u2019administration du support (nécessaire) de la création.Cette sagesse n\u2019avait rien de canadienne \u2014 c\u2019était une sagesse occidentale que nous avions empruntée à l\u2019Angleterre. 708 L\u2019ACTION NATIONALE La mission de l\u2019unité canadienne Depuis le 31 juillet 1980, ce schéma n\u2019existe plus.Toutes les responsabilités scientifiques et artistiques du Secrétariat d\u2019Etat sont passées aux mains du Ministre des Communications (Francis Fox) avec mission explicite de promouvoir l\u2019unité canadienne.Autrement dit, le même homme contrôle la radiodiffusion, les télécommunications, toutes les agences fédérales de promotion culturelle et artistique.Directement ou indirectement, il contrôle «les artistes, les créateurs, les chercheurs, les cinéastes, les hommes de théâtre, les diffuseurs, les gestionnaires de ces domaines, ses comptables, ses promoteurs, ses hommes d\u2019affaires, ses analystes financiers, ses courtiers et banquiers, ses fonctionnaires, ses travailleurs volontaires, ses archivistes, ses bibliothécaires, ses conservateurs, ses éditeurs, ses producteurs, ses publicistes \u2014 et même ses avocats et ses politiciens».Il le sait (la phrase précédente est de lui1 et il a reçu pour mission explicite de son premier ministre d\u2019utiliser tout cela pour créer une culture canadienne telle que l\u2019unité du pays ne soit jamais plus remise en cause*.On admettra que, sur le plan historique, nous sommes capables d\u2019innovation : Goebbels n\u2019avait pas dit le tiers du quart de tout cela! En fait, nous venons d\u2019inventer l\u2019industrie de l\u2019uniformisation culturelle.Des modèles de gestion nationale Comment implanter cette industrie?D\u2019abord, il faut amuser le public pendant que l\u2019on procède à la centralisation effective de ce qui précède et qu\u2019on liquide les poches de résistance éventuelles.La création du comité Applebaum-Hébert est une bonne diversion.Elle est faite le 28 août 1980.Son rapport intérimaire vient de paraître et il va dans le sens souhaité.On ne lui en demandait pas tant: s\u2019il n\u2019avait pas su lécher dans le sens du poil, on lui aurait fait un enterrement à la Pépin-Robarts.Ce qu\u2019on lui demandait, c\u2019était du temps, le temps de mettre le CRSH en tutelle, de \u201cdémissionner\u201d le L\u2019INDUSTRIE CANADIENNE.709 président du Conseil national de la recherche et ainsi de suite.Le tout est un succès.Déjà les chercheurs vantent les mérites de leurs oeuvres quant à l\u2019unité canadienne! Le gouvernement central avait d\u2019abord décrété que l\u2019Égyptologie n\u2019avait plus raison d\u2019être au Canada.Il se ravise: les Egyptologues sont en train de prouver qu\u2019ils servent l\u2019unité canadienne en nous découvrant des modèles de gestion nationale! La promotion d\u2019une culture canadienne Implanter, implanter, c\u2019est bien, mais il faut aussi que l\u2019industrie croisse.Pour comprendre le principe de sa croissance, il faut comprendre le principe de la formation de notre industrie canadienne de l\u2019uniformisation culturelle.Elle est une conséquence du référendum.Tous les observateurs d\u2019alors, ont admis que la publicité fédérale y avait «fait merveille».Mais un lavage de cerveau temporaire est peut-être une tâche facile.Dès le lendemain, le gouvernement central s\u2019adressait à ses sociologues et ses anthropologues culturels pour «rendre le miracle permanent».Sociologues et anthropologues ont été unanimes: les tensions politiques canadiennes naissent de l\u2019absence de densité de la culture canadienne et réciproquement de la trop grande densité de certaines cultures régionales (!); il faut assurer la cohésion canadienne par la promotion d\u2019une culture canadienne, donc par le contrôle de tout ce qui est porteur d\u2019image: livre, disque, film, artisanat, design, éducation, etc.Trudeau a vite compris le message.Dans un premier temps, on centralise tout ce que l\u2019on peut déjà contrôler au 31 juillet 1980.Dans un second temps, on remet en cause les partages fiscaux actuels et reprend aux provinces les pouvoirs qu\u2019elles peuvent détenir en matière d\u2019éducation supérieure.Nous sommes en février 82.L\u2019industrie de l\u2019uniformisation culturelle a déjà fait du chemin.À ce stade, Francis Fox n\u2019est plus qu\u2019une pièce du puzzle.La croissance de l\u2019industrie est le fait de l\u2019ensemble du gouvernement central.C\u2019est la grande offensive. 710 L\u2019ACTION NATIONALE Une force de frappe fantastique On pourrait sourire d\u2019une combine à base de sociologues et d\u2019anthropologues.Ce serait une erreur.D\u2019un côté, derrière les rodomontades précédentes se trouvent des réalités palpables.Par exemple, l\u2019industrie des biens culturels, cela représente, à soi seul, une dizaine de milliards par année.Comparée aux quelques millions de la publicité référendaire, c\u2019est une force de frappe fantastique.De l\u2019autre côté, il faut s\u2019habituer à la puissance des Sciences sociales.Par exemple, Galbraith attribue la victoire de 1945 à la comptabilité nationale et non à la bombe atomique.Ceci dit, même si le Québec fait face à une offensive sans précédent, il faut se rappeler qu\u2019il est déjà sorti victorieux d\u2019autres offensives et que, d\u2019une manière assez paradoxale, la bêtise permet toujours beaucoup d\u2019espoir.L\u2019offensive actuelle (noyer le Québec sous le flot d\u2019une culture pancanadienne) est du même type que les autres offensives de Trudeau \u2014 elles s\u2019inspirent toutes du creuset américain.Dans les années 60, on voulait la mobilité de la main-d\u2019oeuvre et on a quadrillé le Canada de bureaux de main-d\u2019oeuvre pour organiser des métissages sans précédent de population.Jean Marchand était le Francis Fox de l\u2019époque.Le Québec est toujours le Québec.Puis il y a eu l\u2019offensive du bilinguisme-multiculturalisme, avec Trudeau en vedette américaine.Le Québec est toujours le Québec.Quant à l\u2019offensive présente, elle a quelque chose de bête: les politiciens perdent le pouvoir dès qu\u2019ils délèguent aux administrateurs.Or, ceux-ci seront prisonniers de la culture traditionnelle en appliquant les nouveaux schémas d\u2019uniformisation.Il y a là un espoir certain de diversité culturelle.Prenons pour exemple le choix de Francis Fox lui-même et comparons-le au choix de Marc Lalonde pour organiser la centralisation énergétique.Il était normal que Lalonde laisse s\u2019organiser Petro-Canada sans participation canadienne-française: d\u2019une part, parce qu\u2019à ce stade, il n\u2019avait plus le pouvoir et, d\u2019autre part, par esprit de colonisation.Voyons L'INDUSTRIE CANADIENNE.711 maintenant Fox à l\u2019oeuvre.Il ne pourra exclure tous les Québécois authentiques de son industrie pour les mêmes raisons.1.Discours du 28 août 1980, Centre national des Arts, Ottawa.«LA RÉPONSE DU QUÉBEC » Pour renseigner les citoyens sur les divers aspects du problème politique canadien, un volume de 428 pages a été publié.Les principaux sujets traités portent sur le mode d\u2019amendement à la constitution le caractère distinctif de la société québécoise, les pouvoirs économiques, les revendications économiques et fiscales, le rapatriement, la charte des droits, la libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, etc.37 personnalités ont collaboré à cet ouvrage collectif.Notons entre autres Richard Arès, Marcel Côté, Jean Cournoyer, Paul Couture, Robert Décary, Guy Descary, Léon Dion, Éric Forest, Rosaire Morin, Marcel Piché, Jean-Louis Roy, Léonard Roy, Lucien Saulnier, etc.Vous auriez intérêt à vous procurer ce livre qui présente une vue d\u2019ensemble des débats constitutionnels.Vous pouvez même en faire don à l\u2019un de vos amis.$10.95 le volume ADRESSEZ VOTRE CHÈQUE ET COMMANDE À CONSEIL D\u2019EXPANSION ÉCONOMIQUE 1450, RUE SAUVÉ OUEST\tMONTRÉAL H4N 1C5 (514) 337-7244 712 Nous souscrivons avec fierté à l\u2019Action Nationale SOCIÉTÉ SECOURS MUTUELS UNE INSTITUTION D'ASSURANCE-VIE AUX SERVICES EXCLUSIFS DES MEMBRES DES SOCIÉTÉS NATIONALES DES QUÉBÉCOIS de* réglons suivantes : La Société Nationale de l'Est du Québec , La S.N.Q.de la région des Hautes-Rivières La S.N.Q de ta région de l'Outaoual* La S.N.Q.de la région Saguenay Lac St-Jean La S.N.Q.de la région de l* Amiante La S.N.Q.de 1a région Richelieu St-Laurent La S.N.Q.de la région Richelieu-Yamastta Le ministre des Transports avance en arrière par PIERRE YERGEAU «Le ministre fédéral des Transports, Jean-Luc Pepin, n\u2019en est pas à une bourde près.Mais sa décision de couper des services ferroviaires de façon arbitraire, imprévue et unilatérale va probablement dépasser toutes les précédentes».«Il semble qu\u2019on n\u2019y peut rien.Mais il ne faudrait pas que le ministre entretienne une inconscience qui lui ferait croire qu\u2019il peut constamment abuser d\u2019un système, d\u2019une population et même du bon sens».L\u2019auteur de ces lignes n\u2019est ni un «révolutionnaire», ni un nationaliste québécois, ni un agitateur social, ni un adversaire du pouvoir fédéral.Non! Ces propos sont ceux de M.Jean-Guy Dubuc, éditorialiste au quotidien La Presse, reconnu dans le milieu journalistique pour ses tendances conservatrices.On pouvait lire aussi dans cet éditorial paru le 13 novembre dernier que «la place énorme que prend le ministre dans le débat ressemble à une opération de mise en tutelle de Via rail, empêchant le président, M.Frank Roberts, de prendre ses responsabilités et de préciser les données du problème».C\u2019est le 27 juillet 1981 que le ministre Pepin annonçait, à la stupéfaction du public, une réduction de 20 pour cent du service de Via Rail pour passagers à compter du 15 novembre suivant.Deux conséquences directes: le licenciement de 1,600 cheminots à travers le Canada et un abaissement de 1,2 million de passagers par année. 714 L\u2019ACTION NATIONALE L\u2019objectif de M.Pepin: réaliser une économie de $100 millions pour ainsi permettre à Via Rail, qui reçoit annuellement des subsides de $500 millions d\u2019Ottawa, de concentrer ses efforts sur les nouveaux trains LRC de Bombardier.Réaction du Québec Ces engins modernes (Léger-Rapide-Confortable, d\u2019où LRC) sont appelés à relier notamment Montréal à Toronto et à Québec, au détriment toutefois des régions périphériques du Québec qui ne comptent uniquement sur les chemins de fer, parfois, pour rester en communication avec les grands centres régionaux et avec la métropole.Le 30 octobre, le ministre québécois des Transports, M.Michel Clair, soumet à son homologue fédéral une liste de demandes précises, jugées très logiques par les analystes politiques, des demandes visant à éliminer en bonne partie les effets néfastes du «projet Pépin» au Québec.M.Clair propose un programme dont le coût est évalué à $9,7 millions et Ottawa, de son côté, avait envisagé de diminuer ses subventions en territoire québécois de $22,6 millions à $6,7 millions.Il subsistait ainsi un écart de $3 millions entre le plan désastreux de M.Pepin et le programme québécois destiné à «sauver les meubles».Du haut de la colline parlementaire à Ottawa, M.Pepin a opposé un refus non équivoque à toutes les demandes du ministre Clair qui, acculé au pied du mur, a été contraint de s\u2019adresser aux tribunaux pour tenter d\u2019avoir gain de cause.Il a simplement emboîté le pas à d\u2019autres provinces, à plusieurs villes canadiennes et à une foule d\u2019organismes, dont la quarantaine qui ont lutté ferme pour la survie du «P\u2019tit train du nord».en vain.Trois jours avant Noël, M.Alisson A.M.Walsh, juge de la Cour fédérale, rejetait dans son jugement toutes les allégations du gouvernement du Québec, s\u2019appuyant notamment sur un jugement précédent impliquant cette fois la Saskatchewan. LE MINISTRE DES TRANSPORTS AVANCE.715 Vieux contrat déchiré Cette décision signifiait bêtement la déchirure pure et simple d\u2019un vieux contrat intervenu en 1882 (il y a exactement 100 ans) entre le Canadien Pacifique et le Québec.Avant cette date, le Québec était propriétaire de l\u2019emprise de la ligne ferroviaire entre Montréal et Hull.Il l\u2019a cependant cédée au transporteur privé, à la condition sine qua non qu\u2019il y maintienne un service quotidien indéfiniment.Devant la Cour fédérale, les procureurs québécois ont aussi allégué que la santé et la sécurité de la population des régions éloignées, particulièrement à Parent, pouvaient être menacées par la réduction du service ferroviaire.À cet argument, le ministre Pepin a fait la moue en le rejetant du revers de la main.M.Yvon Robert, président du Conseil régional de développement des Laurentides, à la tête d\u2019une quarantaine d\u2019organismes s\u2019évertuant à sauver le «P\u2019tit train du nord», a indiqué dans plusieurs documents les «impacts incontestablement négatifs» de la politique Pepin, impacts sociaux, économiques et touristiques.On a également préparé un plan de redressement de la ligne Mont-Laurier/Montréal, de façon à rentabipiser le «P\u2019tit train»: publicité, amélioration des facilités.de concert avec l\u2019Association touristique des Laurentides.Tout ce qu\u2019on espérait, somme toute, c\u2019était d\u2019avoir un sursis de un an pour prouver au ministre Pepin qu\u2019il y avait moyen de rentabiliser le «P\u2019tit train».C\u2019était de prêcher dans le désert.Le «P\u2019tit train» n\u2019est plus.Seule une plaque commémorative à Mont-Laurier en évoque le souvenir.Pepin intraitable Le ministre Pepin, lui, a affronté la guerre des injonctions engagée contre sa personne, de l\u2019Atlantique au Pacifique, avec froideur et mépris.Il a déclaré à l\u2019automne: «Seulement une décision judiciaire pourrait contrer mon plan de réduction».Il l\u2019a dit aux Communes comme à l\u2019extérieur. 716 L\u2019ACTION NATIONALE L\u2019opposition officielle a présenté une motion aux Communes en octobre pour reporter le «projet Pépin» en novembre 1982.Un seul député québécois, le libéral d\u2019Argen-teuil, M.Robert Gourd, a trouvé ce «geste épouvantable» et il s\u2019est exprimé dans le même sens que l\u2019opposition.mais il a voté contre la motion du PC.Pour sa part, le président de Via Rail, M.Roberts, affirmait le 12 octobre (il a mis du temps avant de réagir) qu\u2019il était d\u2019accord avec le plan Pepin.Et un mois plus tard, le ministre Pepin a soulevé la possibilité d\u2019effectuer d\u2019autres coupures ferroviaires.Là M.Roberts a bondi devant le comité des Transports aux Communes.C\u2019était le 1er décembre dernier et il a mis sa tête sur le billot: «Nous avons maintenant un réseau de base à partir duquel nous repartons.Mais pour ce qui me concerne, si le gouvernement prend d\u2019autres décisions semblables, il pourra se trouver un autre serviteur, un nouveau président pour Via Rail».M.Roberts a néanmoins été fortement pris à partie par les Conservateurs.Le président de Via a dû crier, à l\u2019occasion, pour se faire entendre.parce qu\u2019il avait déjà accordé son appui au ministre Pepin.Appui qu\u2019on ne lui a pas pardonné.Et les pourvoyeurs?Pendant ce temps, au nord de La Tuque, une quinzaine de pourvoyeurs criaient à l\u2019injustice, parce que leur territoire n\u2019est accessible que par.chemins de fer, à moins d\u2019utiliser l\u2019hydravion qui n\u2019est pas à la portée de toutes les bourses.«Les faillites me semblant assez nombreuses au Québec, lorsque nous voulons nous dévouer corps et âme pour réussir, il est anormal que des décisions ministérielles nous mènent à la faillite», a entre autres maugréé Mme Monique Farrar, l'une des rares femmes à diriger une entreprise de pourvoierie.So what?doit penser intérieurement le ministre Pepin, confortablement installé dans sa suite à Ottawa.Il a fait un affront à la Chambre des Communes et au Sénat en rendant sa décision publique en plein coeur de l\u2019été, au moment où tout le monde était en vacances. LE MINISTRE DES TRANSPORTS AVANCE.717 Il a ridiculisé le président de Via Rail en lui passant carrément par-dessus la tête.Il s\u2019est moqué des autres gouvernements et de la population en général en faisant fi de leurs revendications.Il a isolé des groupements humains importants au Québec et ailleurs au Canada.Il a porté un préjudice grave au développement économique de certains coins du Québec.Il a réduit au chômage 1,600 cheminots, la plupart des «vieux de la vieille».Avec la bénédiction des tribunaux, il a tout de même triomphé.Quelle triste victoire! 718 F.-X.LANGE INC.Acier de structure second Tige à béton \u2014 Plaques 10550, boul.Henri-Bourassa Est Montréal H1C 1C6 648-7445\t\tÉDOÜARD ROY & FILS LTÉE Quincaillerie en gros exclusivement 4115, rue Ontario Est Montréal H1V 1J8 524-7541 BIJOUTERIE POMPONNETTE Inc.\t\tCLAUDE-PIERRE VIGEANT Jean Brassard, prés.\t\ttraducteur et publiciste 256, rue Ste-Catherine Est\t\t604, rue Waterloo Montréal H2X 1L4\t\tLondon \u2014 Ontario 288-3628\t\tN6B 2R3 CAISSE POPULAIRE DE\t\tLES INDUSTRIES ASTON INC.SAINT-JACQUES DE MONTREAL\t\tventilation \u2014 entrée d\u2019air heures d'accueil lundi, mardi\t10h00à 15h00 mercredi, ieudi\t10h00 â 18h00 vendredi\tI0h00à16h00\t\tsortie d\u2019air \u2014 chauffage 1255, rue Berri\t\tC P.220 Montréal H2L 4C6\t\tSt-Léonard d'Aston JOC 1M0 849-3581\t\t399-2175 LAINE PAUL GRENIER ENR.\t\tLa Boutique Le Patrimoine Inc.Spécialité:\t\tMercerie, tailleur laine du Québec\t\tGilles Maillé, prop Habits sur mesures Location d'habit de gala et de marié 2301 est, rue Fleury\t\t6990 rue St-Hubert Montréal H2B 1K8\t\tMontréal 388-9154\t\t273-2523 LES VOYAGES HONE INC.Albert Ricard, président et directeur général 1460, avenue Union «Heureux qui, comme Ulysse,\tMontréal H3A 2B8 a fait un long voyage»\t(514) 845-8221 SOCIÉTÉ NATIONALE D\u2019ASSURANCES 612, rue St-Jacques Montréal H3C 3Y8\t288-8276 À contre-courant La démission par le pacifisme par ROGER DUHAMEL La perversion du langage demeure une arme extrêmement efficace pour camoufler les buts véritables que l\u2019on souhaite atteindre indirectement.Les Soviétiques l\u2019utilisent avec un art souverain.Ils appellent «démocratie populaire» un régime dictatorial vomi par la population qui y est astreinte.Quand ils parlent de «normalisation», ils entendent l\u2019écrasement impitoyable d\u2019un peuple soumis à leur barbarie.La «détente» signifie l\u2019affaiblissement de l\u2019adversaire jusqu\u2019à sa reddition définitive.Ainsi tout le vocabulaire est-il dévié de sa signification originale.La paix, c\u2019est la guerre Il n\u2019est donc pas étonnant que pour le Kremlin les campagnes en faveur de la paix soient effectivement des engins de guerre.La centrale qui coordonne ces offensives pacifistes s\u2019intitule le World Peace Council (WPC), créé en 1948 et qui fonctionne à partir de Helsinki.Ses filiales changent souvent de désignation afin de mieux abuser un vain peuple, mais la ligne de pensée et d\u2019action demeure immuable, toujours fidèle à l\u2019orientation du camarade Souslov, de toute récente regrettée mémoire.En Grande-Bretagne, par exemple, 1 'All-Britain Peace Liaison Group était rebaptisé l\u2019an dernier British Peace Assembly.Aux États-Unis, le Presidential Committee Bureau a exercé auprès du faible président Carter un chantage qui l\u2019a entraîné à interrompre la fabrication de la bombe à 720 L\u2019ACTION NATIONALE neutrons et aujourd\u2019hui le People\u2019s Anti-War Mobilization assure le relais par l\u2019organisation de rassemblements pour vitupérer les armements excessifs et sans précédent des Etats-Unis C\u2019est dans le même esprit que les gouvernements de Belgique et des Pays-Bas ont jeté les hauts cris à la fin de 1979 et ont refusé l\u2019installation sur leur territoire de la plus récente génération des armes nucléaires.Quand la Pravda signale vertueusement aux pays de l\u2019Europe occidentale les menaces de l\u2019impérialisme militaire de Washington, aussitôt le président indien du WPC, Romesh Chandra, recommande «un mois d\u2019action contre la bombe à neutrons», le journal communiste de Londres Morning Star préconise une «nouvelle et seconde campagne contre la plus terrible des armes» et le secrétaire général du parti travailliste anglais assure que sa formation s\u2019unira à tous les socialistes du continent pour contribuer à la mise au ban.Quelle orchestration exemplaire! N\u2019ayons garde d\u2019oublier, parmi les organismes voués à la subversion, la Commission de Désarmement présidé par l\u2019enfant chéri des progressistes, Olof Palme, cet ancien premier ministre suédois qui n\u2019hésita pas à reconnaître en pleine guerre le Nord-Vietnam et à accueillir sur son sol les jeunes Américains ne voulant pas servir sous les drapeaux.Ajoutons pour bonne mesure l\u2019Internationale socialiste où se livre ces temps-ci une lutte sourde entre l\u2019ancien chancelier Willy Brandt, devenu un instrument docile de Moscou, et son successeur Helmut Schmidt.La mobilisation des masses Pour mieux impressionner les populations et entretenir chez elles un climat fécond de panique, rien de tel que des manifestations censées spontanées.Les gens se précipitent alors dans les rues en scandant des slogans primaires, s\u2019attaquent aux États-Unis, à l\u2019OTAN, aux euromissiles.L\u2019été dernier, par exemple, les mouvements pacifistes ont lancé une Marche de la paix pour une Europe dénucléarisée qui, partie de Copenhague le 20 juin, a atteint Paris le 6 août, après avoir traversé la République fédérale allemande, les Pays-Bas et la Belgique.Bien entendu, l\u2019Union soviétique n\u2019est jamais prise à LA DÉMISSION PAR LE PACIFISME 721 partie: n\u2019est-elle pas toujours prête, elle, à négocier avec sa bonne foi habituelle?Cette nouvelle fièvre d\u2019agitation remonte au 12 décembre 1979, quand l\u2019OTAN a décidé de son réarmement nucléaire en adoptant un programme qui prévoit pour l\u2019automne de 1983 la mise en place de fusées Pershing-2 et de missiles de croisière.Les Soviets ont réagi véhémentement contre ce qu\u2019ils ont appelé une escalade intolérable.Comment accepteraient-ils en effet que puisse être contestée leur supématie stratégique actuelle garantie par leurs missiles SS-20 pointés contre le coeur de l\u2019Europe?Ils se sont donc empressés de monter une «offensive de paix.» Dès le 20 décembre 1979, le parti communiste français mobilise ses troupes contre l\u2019OTAN et les États-Unis.Le malheureux Marchais n\u2019a pas de veine: tout juste une semaine plus tard, c\u2019est l\u2019invasion de l\u2019Afghanistan! Fâcheux synchronisme.Qu\u2019à cela ne tienne, les divers mouvements de gauche sont là pour assurer la relève; mouvements hétérogènes où se retrouvent pêle-mêle sociaux-démocrates, libéraux, chrétiens, pacifistes, écologistes, antimilitaristes, adversaires de l\u2019énergie nucléaire, tous roulés dans la même farine et victimes plus ou moins conscientes de l\u2019imposture soviétique.Le désarmement unilatéral Il n\u2019est pas question de dresser ici le calendrier de ces meetings de protestation qui se déroulent régulièrement dans les différentes capitales européennes et qui réunissent des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes.Il y a toutefois une distinction fondamentale à mettre en lumière.Beaucoup de ces pacifistes sont des gens sincères qui rejettent l\u2019utilisation de l\u2019atome, sans toutefois prêcher l\u2019abdication sans conditions.Ce qui est vraiment beaucoup plus grave et correspond à une absence effarante du sens de la dignité ou du simple vouloir-vivre, c\u2019est le désarmement nucléaire unilatéral, une idée qui fait son chemin et qui est inscrite depuis 1980 au programme du parti travailliste britannique.On ne peut pousser plus loin l\u2019inconscience.Il va de soi que ces campagnes pacifistes reçoivent la bénédiction de Moscou.Cependant, les communistes sont 722 L'ACTION NATIONALE toujours soucieux de ne pas prendre les devants.Retenons à cet égard la manifestation contre la course aux armements et contre le projet de déploiement en République fédérale des fusées Pershing-2 et des missiles de croisière de l\u2019OTAN; ce rassemblement effectué à Bonn le 10 octobre dernier a réuni 250 000 protestataires.Un quart de million de personnes, ce n\u2019est pas un chiffre négligeable.Oh! la présence communiste se faisait discrète.Des milieux pacifistes protestants tout à fait respectables occupaient l\u2019avant-scène et l\u2019on comptait comme têtes d\u2019affiche des personnalités de tendance sociale-démocrate: M.Albertz, ancien maire de Berlin-Ouest, M.Eppler, ci-devant ministre de M.Schmidt, M.Borm, dirigeant socialiste, l\u2019écrivain Heinrich Boll et le digne pasteur nonagénaire Niemoeller.La technique du cheval de Troie a fait ses preuves depuis longtemps.Pourquoi les gens sont-ils abusés?On peut s\u2019interroger sur les raisons qui motivent toutes ces attitudes à l\u2019ouest du rideau de fer.Il y a d\u2019abord chez bon nombre de gens l\u2019inconscience et la stupidité qui ont toujours constitué au cours de l\u2019histoire un levain très dynamique dans la pâte humaine.Il y a aussi cette crainte confuse mais réelle en face de l\u2019inconnu; disons plus brutalement l\u2019effroi devant la mort causée par des moyens sinistrement grandioses et dépassant l\u2019entendement commun.Ajoutons pour plusieurs de nos contemporains une détestation profonde de la technologie.Pour beaucoup de jeunes qui ignorent sereinement le passé, le moyen âge aurait été une période idyllique où coulaient intarissablement le lait et le miel; ils s\u2019imaginent que l\u2019existence s\u2019y déroulait comme dans les romans de Mme Jeanne Bourin, cette souriante Delly accommodée à la sauce médiévale! Bien entendu, la réalité était toute différente, mais au lieu de le reconnaître, on préfère dauber sur les méchants Américains coupables d\u2019avoir imposé leurs gadgets à un monde qui n\u2019en peut mais, d\u2019avoir substitué les ordinateurs aux tours gothiques et aux chandelles.Certains esprits en viennent à rejeter à la fois la technique, le capitalisme et le style de vie américain qu\u2019ils LA DÉMISSION PAR LE PACIFISME 723 enveloppent d\u2019une identique réprobation.L\u2019argent n\u2019est-il pas le grand responsable de notre plongée dans le matérialisme?Ne nous complaisons-nous pas dans un hédonisme jouisseur, n\u2019avons-nous pas aboli en nous les valeurs de patriotisme et d\u2019honneur?Il s\u2019ensuit donc que nous fermons les yeux sur les horreurs du goulag permanent.Après tout, n\u2019importe quelle catastrophe vaut encore mieux que la guerre et la mort.Ainsi se forgent les chaînes de l\u2019esclavage consécutif au lâche soulagement de l\u2019abdication.La croisade des prélats Il apparaît inévitable que d\u2019aussi nobles principes aient suscité des adhésions enthousiastes et naïves chez les représentants des diverses églises chrétiennes.Les catholiques ont donné à fond dans cette dénonciation de la bombe.Mgr Raymond Hunthausen, archevêque de Seattle, recommande de protester par la grève fiscale, tandis qu\u2019un évêque du Texas, Mgr L.T.Matthiesen, demande aux travailleurs de l\u2019usine Pantex, qui assemble les pièces des engins nucléaires, de quitter leur emploi.Il est inconcevable de penser que la filiale américaine de Pax Christi soutient que les États-Unis devraient agir unilatéralement, dans l\u2019espoir que l\u2019URSS finira bien un jour par les imiter! Or l\u2019année dernière les effectifs de Pax Christi ont passé de 17 à 54 évêques américains et leurs positions sur le désarmement unilatéral ont recueilli l\u2019approbation de plusieurs églises protestantes groupées dans le World Council of Churches.Les lemmings s\u2019abandonnent eux aussi périodiquement à de mystérieuses expéditions suicidaires.Certaines déclarations laissent perplexes.Mgr Joseph Bernardin, président de la Conférence nationale des évêques catholiques (NCCB), explique que «si nous dirigeons notre attention sur les États-Unis en particulier, c\u2019est simplement parce que nous sommes des citoyens américains.» Que Reagan, «César nucléaire», cesse donc son activité meurtrière, pendant que Brejnev installe calmement un SS-20 tous les cinq jours! L\u2019épiscopat canadien n\u2019a pas voulu se laisser damer le pion par les collègues américains.En fin d\u2019octobre 1981, il 724 L\u2019ACTION NATIONALE demandait aux chrétiens et à tous les citoyens du Canada «de lutter contre la prolifération des armes nucléaires», estimant qu\u2019il est du devoir du gouvernement canadien de «prendre ses responsabilités et faire l\u2019impossible pour contrer les initiatives des Etats-Unis.» On comprend qu\u2019il ne soit nullement question de «contrer» les initiatives des Soviets, puisqu\u2019il est en effet beaucoup plus facile de contribuer à affaiblir ses amis que ses ennemis.La position du Saint-Siège Nous n\u2019avons pas à exposer dans cette chronique les théories de saint Augustin et de saint Thomas sur la juste guerre et les conditions qu\u2019elle exige.Qu\u2019il suffise de rappeler que le Saint-Siège ne semble pas partager la frénésie unilatéraliste qui s\u2019est emparée de la hiérarchie catholique, notamment en Amérique du Nord.Avec autant de clairvoyance que de mesure, le pape Jean-Paul II a réclamé «la réduction immédiate et l\u2019élimination éventuelle de toutes les armes nucléaires, entreprises simultanément par toutes les parties, à la suite d\u2019accords spécifiques, y compris l\u2019acceptation de contrôles efficaces.» Enfin, nous abandonnons les sables mouvants de l\u2019émotivité pour poser le pied sur le roc solide de la sagesse.Revenons-en à quelques considérations fondamentales.Il n\u2019existe dans l\u2019univers aucun partisan de la bombe, personne ne souhaite l\u2019anéantissement collectif de l\u2019humanité.Le monde occidental souhaite conserver son indépendance, ses institutions et sa prospérité relative, cependant que l\u2019Union soviétique s\u2019emploie à étendre ses valeurs et son influence et à s\u2019approprier des biens matériels qu\u2019elle est incapable de produire elle-même en recourant à des moyens politiques et économiques et, s\u2019il est nécessaire, à des conquêtes militaires.En d\u2019autres termes, c\u2019est donc l\u2019intérêt de Moscou de parvenir à ses fins impérialistes sans utiliser l\u2019arme nucléaire, mais elle s\u2019y résoudra si elle juge impossible de satisfaire autrement ses convoitises planétaires. LA DÉMISSION PAR LE PACIFISME 725 Une fois admis que les Soviets ne renonceront jamais au nucléaire, les options s\u2019offrant à l\u2019Occident sont peu nombreuses.Bien sûr, rien ne nous empêche de choisir la reddition pure et simple.Dans les faits, cette solution consiste à accepter l\u2019occupation militaire de toute l\u2019Europe de l\u2019ouest, ce qui revient à conformer les institutions, les orientations politiques et les idéaux d\u2019une civilisation chrétienne au modèle russe.C\u2019est ce qu\u2019on appelle parfois la «finlandisation» du continent.Au fond, cela vaut encore mieux sans doute que de tenter follement, en se privant délibérément des armes nucléaires, d\u2019opposer de misérables équipements conventionnels aux hordes communistes abondamment pourvues de tous les perfectionnements de la technique contemporaine.La seule option valable Nous refusons ce massacre unilatéral.Il existe un moyen, un seul moyen, pour l\u2019éviter, avec l\u2019aide de la Providence.Si nous voulons prévenir cette destruction, il n\u2019est pour y parvenir que de conserver et de sans cesse mettre à jour nos défenses nucléaires.C\u2019est le seul langage qui n\u2019exige aucune traduction au Kremlin.Cette équipe d\u2019assassins n\u2019est pas composée d\u2019imbéciles, ils possèdent l\u2019instinct de conservation.Malgré la suprématie militaire que l\u2019aveuglement passager (?) de Washington leur a permis d\u2019acquérir depuis quelques années, ils savent pertinemment qu\u2019une fois ouvertes les portes de la guerre, personne ne peut prévoir quand ni comment il deviendra possible de les refermer.Pour maintenir ce délicat équilibre, il importe que nous ne soyons pas désarmés au départ.Nos Seigneurs les évêques de l\u2019Occident chrétien devraient comprendre que le péché originel a rendu toute paix précaire entre les hommes et qu\u2019il est peut-être temps que les fils de lumière soient aussi malins que les fils de ténèbres.Qu\u2019ils méditent cette définition de Serge Quadruppani, dans Les Infortunes de la vérité, selon qui le pacifisme «est l\u2019idéologie de la bonne conscience impuissante.» 726 L\u2019ACTION NATIONALE Nous ne leur reprochons pas cette impuissance \u2014 leur royaume n\u2019est pas de ce monde \u2014 mais nous leur tenons rigueur de jeter la confusion dans les esprits, de ne pas dénoncer le mal là où il existe et d\u2019affaiblir, par préjugé ou par inadvertance, le seul rempart qui reste à la liberté.Cinq siècles de malheurs et de régression ont suivi la chute de l\u2019Empire romain.Est-ce notre rôle à nous d\u2019être les fossoyeurs d\u2019une civilisation qui a connu ses grandeurs au sein de ses faiblesses? Le Parti Québécois sur la scène fédérale Par PIERRE-ANDRÉ JULIEN Directeur Laboratoire en économie et gestion des systèmes de petites dimensions Depuis quelque temps le Parti Québécois étudie de façon sérieuse la possibilité de créer une aile qui se lancerait sur la scène fédérale autant pour remplacer ces députés libéraux qui n\u2019ont jamais réussi à défendre véritablement les intérêts du Québec à la Chambre des communes que pour être présent afin d\u2019appuyer la démarche du Québec au moment où celui-ci réclamera sa souveraineté.Sans vouloir discuter des avantages et des inconvénients d\u2019une telle action, je voudrais apporter un peu d\u2019eau au moulin à la réflexion du Parti en rappelant que les victoires du Parti libéral fédéral au Québec furent dues en bonne partie à l\u2019absence d\u2019opposition réelle.Ou en d\u2019autres mots, depuis plus de cinquante ans le Parti libéral fédéral au Québec a gagné la majorité des comtés à cause d\u2019une opposition trop faible ou trop divisée.Les Québécois aux élections fédérales En effet, si on examine la partie gauche du tableau suivant représentant depuis 1896 la répartition des votes des Québécois aux élections fédérales, on constate qu\u2019à la fin de la première guerre mondiale, le vote conservateur s\u2019est effondré et ce parti a commencé à perdre le véritable contact avec la population québécoise et ses préoccupations profondes.Avec de moins en moins de députés (moins de 16 après 1896 alors 728 L\u2019ACTION NATIONALE qu\u2019il en avait eu par exemple 48 en 1882), ce parti a fini par oublier qu\u2019une élection au Québec ne devait pas se faire comme dans le reste du Canada; ou s\u2019il a essayé, en nommant par exemple quelque «lieutenant québécois», ce fut pour une trop courte durée, le temps d\u2019une élection.Et actuellement le fouillis qui se passe à l\u2019aile québécoise de ce parti ne fait que confirmer cette hypothèse.Au contraire les Libéraux victorieux au Québec ont conservé des ressources et un système de communication spécifiques pour continuer à particulariser l\u2019élection au Québec; même si en retour ils ont profité souvent de cet appui pour trahir le Québec lorsque l\u2019intérêt «national» prévalait sur le sien (tel, dans le passé, l\u2019abandon des métis francophones dans l\u2019Ouest ou l\u2019acceptation du règlement no 1 en Ontario qui fermait les écoles francophones, ou tel, plus récemment, le reniement des promesses de ne pas faire de conscriptions obligatoires durant les dernières guerres ou le présent projet de charte qui abolira de multiples droits au Québec).Les seules exceptions à cette marginalisation du Parti conservateur fut en 1930 alors que la «grande crise» avait désavoué le gouvernement libéral et avait fait porter les votes de protestations sur la seule opposition organisée, le Parti conservateur, et en 1958 où, avec le scandale de l\u2019oléoduc qui ébranla le ministère de Louis Saint-Laurent, ce fut Maurice Duplessis qui fit l\u2019élection de Dieffenbaker au Québec à la manière des Québécois et avec les préoccupations de ceux-ci.La faiblesse potentielle du Parti libéral fédéral s\u2019est d\u2019ailleurs manifestée à chaque fois qu\u2019il dut faire face à une opposition véritablement québécoise, soit aux élections de 1945 et ensuite de 1962 à 1972.En 1945, le Bloc Populaire, parti très nationaliste, alla chercher plus de 35% des voix, sans toutefois réussir à faire élire plus qu\u2019un député.Mais en 1962, Réal Caouette, chef d\u2019un parti presqu\u2019entièrement québécois, réussit à gagner 25 comtés au Québec; et il renouvela cet exploit avec 20 députés l\u2019année suivante.Le cas de Rock Lasalle confirme cette hypothèse.Cet ex-ministre du gouvernement Clark, malgré cet effondrement du vote conservateur, a conservé depuis plus de dix ans LE PARTI QUÉBÉCOIS SUR LA SCÈNE FÉDÉRALE 729 maintenant son emprise sur le comté de Joliette (en particulier en 1979 et 1980) parce qu\u2019il était avant tout un député québécois; il faut se rappeler que celui-ci s\u2019est même présenté comme indépendant lorsque l\u2019intérêt du Québec était bafoué ouvertement par ce parti; et la dernière élection complémentaire dans ce comté va directement dans ce sens.Bref si depuis plus de cinquante ans les Québécois ont vote libéral, ce fut en l\u2019absence de choix; et ce choix était si peu présent que près de 30% d\u2019entre eux se sont régulièrement abstenus de voter aux élections fédérales.Une alternance illusoire Ce tableau nous enseigne aussi sur autre chose en démolissant un mythe trop souvent repris en particulier par maints journalistes, soit la supposée alternance du vote rouge à Ottawa quand les Québécois votaient bleu à Québec.En examinant la partie droite du tableau, on peut voir que cette alternance ne s\u2019est manifestée le plus souvent que lorsque les Québécois décidaient de battre le Parti libéral provincial, puisqu\u2019ils votaient à peu près toujours rouge à Ottawa.En effet à plusieurs reprises (aux 11 élections entre 1897 et 1931, et à celles de 1939, de 1962 et de 1973) ils ont voté rouge à Québec et rouge à Ottawa, et à une reprise (en 1956), bleu à Québec alors que les conservateurs allaient prendre le pouvoir à Ottawa.Ce mythe d\u2019une prudence particulière des Québécois ne mettant pas tous leurs oeufs dans le même panier dans leurs votes à Québec ou à Ottawa ne repose que sur des hasards trop peu souvent répétés.Si le Parti Québécois décide de se lancer au fédéral, il ne devra pas craindre ce supposé mythe. 730 L'ACTION NATIONALE Répartition des votes en pourcentage lors des différentes élections au Québec depuis 1896 Année\tÉlections fédérales au Québec\t\t\tAnnée\tÉlections québécoises\t\t\t \tLibé- raux\tConser- vateurs\tAutres\t\tLibé- raux\tConser- vateurs Union Nationale\tParti Québécois\tAutres 1896\t53,5\t45,8\t0,7\t1897\t54,3\t45,7\t\t 1900\t56,3\t43,5\t0,2\t1900\t56,3\t43,8\t\t 1904\t56,4\t43,4\t0,2\t1904\t67,7\t25,4\t\t6,9 1908\t57,3\t40,8\t1,9\t1908\t55,3\t39,9\t\t4,7 1911\t50,7\t49,2\t0,1\t1912\t54,3\t45,1\t\t0,6 1917\t72,7\t25,1\t2,0\t1916\t64,6\t35,1\t\t0,3 1921\t71,6\t21,0\t7,4\t1919\t70,0\t23,7\t\t6,2 1925\t58,3\t34,0\t7,4\t1923\t55,3\t44,4\t\t0,3 1926\t62,7\t33,0\t4,0\t1927\t62,7\t36,6\t\t0,7 1930\t52,6\t44,3\t3,1\t1931\t55,6\t44,2\t\t0,2 1935\t53,6\t27,8\t19,2\t1935\t50,2\t48,7\t\t1,0 \t\t\t\t1936\t41,8\t57,5\t\t0,7 1940\t73,0\t19,5\t5,9\t1939\t54,2\t39,2\t\t6,6 1945\t50,4\t9,6\t39,0\t1944\t39,5\t35,8\t\t34,7 1949\t61,6\t24,7\t13,1\t1948\t38,3\t51,0\t\t11,6 1953\t64,0\t29,1\t5,7\t1952\t46,0\t51,5\t\t2,6 1957\t61,5\t31,0\t6,1\t1956\t44,5\t52,0\t\t3,5 1958\t49,2\t45,8\t4,2\t1960\t51,3\t46,6\t\t2,1 1962\t39,2\t29,3\t30,2\t1962\t56,4\t42,1\t\t1,5 1963\t45,1\t19,3\t34,4\t\t\t\t\t 1965\t44,8\t20,9\t32,6\t1966\t47,2\t40,9\t\t9,2 1968\t53,6\t21,4\t25,0\t1970\t45,4\t19,6\t23,1\t11,8 1972\t49,1\t17,4\t33,5\t1973\t54,5\t4,9\t30,2\t10,2 1974\t54,1\t21,2\t23,2\t1976\t33,8\t18,2\t41,4\t6,6 1979\t60,7\t13,3\t23,9\t\t\t\t\t 1980\t67,4\t12,5\t18,7\t1981\t46,9\t4,0\t49,2\t0,6 Sources: Annuaires du Québec 1966-1967, 1977-1978; Bureau du président des élections du Québec; Rapport du directeur général des élections fédérales, 1979 et 1980. La souveraineté québécoise, un nécessaire purgatoire?par RENE BLANCHARD Peut-on aborder le problème Québec-Canada, sans nécessairement adopter l\u2019une des deux positions irréductibles qui s\u2019affrontent, soit l\u2019éternel nationalisme Québécois de reconquête, ou le fédéralisme axé sur le concept d\u2019un gouvernement central fort, mis de l\u2019avant par un Pierre-Elliot Trudeau obsédé par l\u2019idée de laisser sa marque dans l\u2019histoire canadienne.\tf Comment sortir de cette impasse idéologique, sinon en faisant froidement l\u2019autopsie de ces deux thèses opposées et en démystifiant le blocage politique où elles conduisent.Le problème relève tout autant de l\u2019anthropologie que de la politique.Le Québec est marqué par son passé colonial.Ses tentatives répétées d\u2019émancipation politique et même sa dernière, la «révolution tranquille», ne lui ont pas apporté l\u2019autonomie espérée et nécessaire.Le rapport dominant-dominé est toujours présent: il est inconfortable pour nombre de Québécois qui, intensément, restent fidèles à l\u2019idéal de liberté qui a conduit leurs ancêtres sur les rives du Saint-Laurent. 732 L\u2019ACTION NATIONALE Le projet historique de la Nouvelle-France Déjà, en 1750, on voulait se libérer de l\u2019ostracisme de la mère-patrie française.La conquête anglaise de 1760 fut un remède pire que le mal.Le rapport dominant-dominé, s\u2019aggrava de la rivalité séculaire anglo-française, du racisme des coloniaux anglais, et des irréductibles oppositions entre protestants et catholiques.Les descendants des 60,000 colons français qui restèrent sur les bords du Saint-Laurent, en prirent pour leur rhume, mais sans jamais renoncer au projet Nouvelle-France.Rejeton mal et trop vite sevré, placé en un foyer où l\u2019accueil fut plutôt tolérance, ce groupe de «canadiens» réussit néanmoins, aidé par les circonstances et les stratégies imposées à l\u2019Angleterre par le contexte nord-américain, à conquérir quelques libertés parlementaires, protégé à leur insu par un clergé qui avait dû jurer loyauté à la Couronne en échange d\u2019un droit de gérance qui débordait largement le domaine religieux.La plus grande réussite de ces Canadiens d\u2019origine française fut d\u2019amener progressivement les Anglais à devenir eux-mêmes, presque malgré eux, des «Canadians».Grâce à leur pression, les liens coloniaux avec l\u2019Angleterre se relâchèrent: un traité, celui de Westminster en 1931, consacra l\u2019autonomie politique du Canada, puis un drapeau, un hymne national, un bilinguisme officiel, identifia l\u2019identité politique canadienne.Le rapatriement actuel est dans la même veine.Quand donc, on y regarde de près, toutes ces transformations politiques sont inspirées par le groupe francophone.C\u2019est peut-être ainsi que ce groupe en est venu à se considérer comme l\u2019un des peuples fondateurs.Mais il faut comprendre que tout ceci, même accepté par les Anglophones, reste en deçà des objectifs fondamentaux des premiers fondateurs de la Nouvelle-France. LA SOUVERAINETÉ QUÉBÉCOISE, UN.733 La reconquête de l\u2019égalité juridique personnelle ne satisfait pas le besoin collectif d\u2019égalité et d\u2019autonomie.Et pas davantage un statut particulier parmi des provinces cana-diennes-anglaises dans un rapport de 10 contre 1.Cet «arrangement» restera toujours boiteux, car la liberté ne se mesure pas à une telle échelle et la nouvelle facture du Canada qu\u2019il inspire ne mérite pas qu\u2019on s\u2019y arrête comme à une solution qui représenterait même un compromis acceptable.Canada \u2014 U.S.A.Tout ceci se complique évidemment d\u2019un problème culturel original, où le rapport dominant-dominé prend une autre dimension: Le problème culturel des Anglophones trouve en effet et sans effort ses réponses, au même niveau de rapport économique, dominant-dominé, que le Canada subit de ses puissants voisins du Sud.L\u2019assimilation est tellement forte qu\u2019elle n\u2019entraîne plus que des répliques économiques maladroites et dérisoires de la part du gouvernement d\u2019Ottawa.Pour leur part les provinces, impuissantes, s\u2019y sont faites depuis longtemps Du côté Québécois cependant, on solidifie la barrière linguistique qui est l\u2019atout premier dans toutes les luttes de survivance culturelle.C\u2019est donc ainsi que les Canadiens-Français, pour résister autant au Canada anglais assimilé que directement aux États-Unis, doivent consolider leurs institutions culturelles, accélérer, par voie de conséquence, la reconquête de leur économie, intensifier leurs rapports avec la francophonie mondiale.Tout ce volet semble échapper notamment aux représentants du Québec à Ottawa, qui sont piégés dans les choix trop simplistes qu\u2019offrent les deux thèses politiques en présence.Même les journalistes et commentateurs de la scène politique enferment leurs lecteurs dangereusement dans ce dilemme et amplifient la problématique au point qu\u2019elle paraît sans issue.La seule solution, pour résumer, qui a quelque chance de succès, est indiquée par la désignation même de l\u2019Acte Constitutionnel de 1867: Confédération canadienne. 734 L'ACTION NATIONALE À la condition que cette fois cette désignation coïncide avec une réalité politique voulue et acceptée par les deux peuples fondateurs, et non un camouflage sous lequel se cacheraient les velléités assimilatrices et centralisatrices des héritiers de Sir John A.McDonald, fussent-ils, pour les besoins de cette cause, des Canadiens d\u2019appellation française.La souveraineté du Québec Le préalable essentiel: la souveraineté du Québec qui débarrassera le Canada de la thèse d\u2019un fédéralisme inapplicable et le Québec, d\u2019un nationalisme paralysant et revanchard.Faut-il donc, prudemment, laisser M.Trudeau quitter la scène politique, lui laissant l\u2019illusion d\u2019avoir réussi?C\u2019est une hypothèse, sans doute l\u2019une des meilleures.Il y a tout avantage à laisser refroidir la marmite et à reprendre patiemment le débat sur des données qui ne soit pas essentiellement politiques, mais qui utilisent les bases plus fondamentales et scientifiques de la sociologie et de l\u2019anthropologie.La prospective doit tenir compte de l\u2019histoire, sans s\u2019enfermer dans le légalisme et le constitutionnel.On retrouvera alors des dossiers qui conservent toutes leur actualité: le rapport de la Commission Tremblay de 1954 sur les Problèmes constitutionnels, le rapport de la Commission Laurendeau-Dunton et quelques chapitres du rapport d\u2019enquête Pépin-Robarts.La reconnaissance du Québec par les provinces anglophones, comme l\u2019une des parties essentielles à une véritable Confédération canadienne, la reconnaissance de son droit à l\u2019autodétermination, découlant de son caractère culturel et ethnique, sa liberté de contracter librement avec le monde francophone, sont autant de préalables essentiels que le Québec ne contestera pas d\u2019ailleurs à ses partenaires anglophones.Et personne alors ne contestera le principe de la réciprocité qui doit équilibrer les rapports des minorités des deux groupes.Après nous être purgés de cette empoisonnante relation de dominant-dominé, le Québec et le Canada auront toutes les chances d\u2019établir des relations positives. Une culture peut-elle être autonome sans souveraineté culturelle?par VIATEUR BEAUPRÉ Poser cette question, c\u2019est comme se demander si une jambe peut être autonome quand elle est coupée de la tête.Oui, elle est autonome; mais essayez donc de prévoir où elle va s\u2019en aller.Devenue autonome de la tête, cette jambe pourra vouloir relever des défis de fous, entre autres celui de courir le marathon Halifax-Vancouver, et chanter avec feu Jimmy Doucet que c\u2019est là toute une épopée irréalisable, comparable aux plus brillants contes de fées.Un esclave a-t-il une culture autonome?Camille Samson était-il un souverain culturel?Le Québec peut-il être autonome dans un Canada souverain, comme autrefois nos manuels d\u2019histoire soutenaient effrontément que le Canada était «un grand pays libre au sein d\u2019un empire»?Des questions de ce genre, on se les pose quand on n\u2019est ni souverain, ni autonome, ni cultivé, ni même conscient.Ce sont des consolations d\u2019impuissants: on rêve de biftek pour endormir sa faim.Ni les Américains, ni les Russes ne font ces rêves creux ou ne se posent ce genre de questions creuses.Eux sont convaincus qu\u2019il n\u2019y a pas de culture autonome sans souveraineté politique.Les Romains, les Anglais, les Aztèques et nos Goyogouins, frères des Onnontagués et des Tsonnontouans, avaient la même souveraine conviction au temps béni où ils regardaient les autres face à face, avec un air souverain, au lieu de se regarder dans leurs réserves. 736 L\u2019ACTION NATIONALE La souveraineté, un élément essentiel de la culture Tous les peuples normaux, comme tous les individus normaux qui cultivent autre chose que leur folklore, croient que la souveraineté politique est un élément essentiel de leur culture, la clef de voûte qui assure à leur édifice culturel sa cohésion et son couronnement.En conséquence, ils croient, instinctivement ou très consciemment, qu\u2019on ne peut pas être cultivé si on laisse les autres décider à sa place.Si tu ne prends pas la première place dans tes propres affaires, comment peux-tu prétendre être cultivé et autonome?Si tu le penses, tu prendras plaisir à ceindre de fleurons glorieux ta jambe tronçonnée.Ça ne m\u2019étonnerait pas qu\u2019on mette au musée national du Canada anglais la jambe artificielle de Terry Fox; et il se trouvera pas mal de Québécois pour s\u2019y rendre en pèlerinage, par sympathie d\u2019unijambistes.«Avez-vous visité un musée aujourd\u2019hui?» demande aux Québécois la suave propagande fédérali-sante, marquée au tampon d\u2019une héréditaire et indélibile niaiserie.Mais pour cette jambe qu\u2019on a coupée au peuple québécois il y a plus de deux cents ans, Ottawa ne construira jamais de musée.Ce serait pourtant tout ce qu\u2019il y a de plus légal et constitutionnel à la fois.La jambe de bois que le peuple québécois brimbale depuis deux siècles de Halifax à Vancouver elle est aussi émouvante que la jambe en chrome de Terry Fox.Émouvante ou bouffonne, selon les goûts.L\u2019histoire nous apprend qu\u2019en de tels accidents.L\u2019histoire ne nous apprend pas tout, loin de là.Elle éclaire l\u2019avenir à peu près comme la météo prédit le temps qu\u2019il fera l\u2019an prochain.L\u2019homme n\u2019est pas un animal programmé comme une fourmi électronique.Mais l\u2019histoire nous apprend certaines vérités élémentaires, que nous aurions fort bien pu découvrir sans elle; par exemple, que l\u2019homme avance habituellement plus vite et va plus loin s\u2019il marche la tête en haut plutôt que la tête en bas, ou qu\u2019une carotte a meilleur goût dans notre assiette que dans le jardin du voisin. UNE CULTURE PEUT-ELLE ÊTRE AUTONOME.737 Cette même histoire, pourvoyeuse d\u2019évidences, nous montre que les Gaulois de Vercingétorix, les Amérindiens et nos Franco-Américains ont perdu leur culture autonome parce qu\u2019ils ont perdu leur souveraineté politique et économique.Les artistes grecs, tramés à Rome derrière les chariots du vainqueur, sont devenus des espèces de P\u2019tits Simard ou de Diane Tell au service du business show romain.Les nègres noirs d\u2019Amérique, décapités de tout pouvoir économique et politique, étaient certes plus humains que leurs maîtres, et ils ont cultivé une musique autonome de qualité; mais dans presque tous les champs de la culture autres que les champs de coton, ils sont restés muets: leur culture, c\u2019était surtout des sous-produits de la culture des maîtres, le hot dog et le pyjama rayé sur le modèle du drapeau américain, par exemple.Tout comme les Québécois consomment allègrement Cottonelle, Labatt, le fromage Kraft, les couches Baby Scott, K-Tell, Chrysler, Woolco, Westinghouse, et tout le bazar.«Un vrai Québécois, ça boit d\u2019là Molson», comme le disent Tex Lecor et Canadian Tire, «Une vraie bonne affaire pour chez nous».Voilà: la culture québécoise ressemble encore trop à un pneu Canadian Tire rempli de bière Molson.Un vrai Québécois applaudit les Expos yankee et les Alouettes anglo-saxonnes, en s\u2019imaginant que ces Expos et ces Alouettes sont des produits aussi québécois que les pommes et les fraises de File d\u2019Orléans.Ça, c\u2019est du solide, comme culture autonome! «On est seulement cinq millions: faut s\u2019parler dans face!\u201d Si, au lieu de parler à des Québécois à Trois-Rivières, je parlais chez eux à des Tchèques, des Afghans ou des Cambodgiens, et que je leur demandais: «Mesdames et messieurs, pensez-vous que les Tchèques, les Afghans et les Cambodgiens peuvent avoir une culture autonome en remettant aux Vietnamiens ou aux Russes leur souveraineté politique?», il me semble que les Cambodgiens, les Tchèques ou les Afghans non assimilés et pourris de soumission et d\u2019inconscience me répondraient en choeur à peu près ceci: «La seule culture authentique qui existe actuellement chez nous, c\u2019est celle qui refuse la domination politique et qui travaille énergiquement à récupérer notre souveraineté politique.Si nous laissons aller les choses, nos moutons bêleront en russe et 738 L\u2019ACTION NATIONALE nos coqs chanteront en vietnamien.Et alors nos moutons et nos coqs seraient aussi vides et incultes que vos moutons et coqs québécois bêlant et chantant au son des cornemuses sur la colline d\u2019Ottawa.» Pourquoi ces conclusions, qui s\u2019imposent avec une telle évidence quand nous réfléchissons à la situation des autres peuples, deviennent-elles si compliquées et tortueuses quand il s\u2019agit du peuple québécois?Parce que nous sommes un peuple, non pas de foi trempé, comme le prétend la rengaine fédéralisante, mais détrempé jusqu\u2019à la moelle épinière et cérébrale par la soumission, par les compromis vaseux déguisés en ouverture d\u2019esprit, quand ce n\u2019est pas en charité fraternelle à la Trudeau.Les choses ont commencé à changer quand l\u2019homme d\u2019ici.Est-il donc si difficile de voir que le peuple québécois, n\u2019ayant eu, pendant deux cents ans, que des embryons de souveraineté économique et politique, a produit une culture embryonnaire dans tous les domaines?Les choses ont commencé à changer quand l\u2019homme d\u2019ici a commencé à revendiquer son droit souverain à une existence pleine et entière, au lieu de cultiver le rêve démentiel de s\u2019éjarrer de Halifax à Vancouver, avec la tour légaliste du parlement d\u2019Ottawa entre les deux jambes.Notre culture a commencé à devenir signifiante, quand nous avons décidé de vivre au lieu de survivre.Culture et désir de souveraineté ont progressé et progressent du même pas.Certes, on peut encore mobiliser nos Nathalie Simard, nos Diane Juster ou Tell, nos Émile Genest pour brasser la compote confédérale du 1er juillet; mais, depuis déjà belle lurette, on ne peut plus mobiliser Gilles Vigneault ou Jacques Ferron; et si Félix Leclerc chante encore Alouette, ce n\u2019est plus l\u2019alouette complaisante du folklore dont Diefenbaker coupait et mâchait et le dos, et la queue, et le bec, alouette! avec ses mâchoires carrées d\u2019unilingue.Mais il faut un temps, un long temps, où les Québécois chantaient au garde-à-vous la reine des Anglais, chantaient à genoux les cantiques des Français, célébraient en choeur l\u2019unique philosophie du Moyen-Àge, importaient à la tonne UNE CULTURE PEUT-ELLE ETRE AUTONOME.739 leurs manuels latins, grecs et français de la Belgique et de la France.Ils violonnaient leurs danses carrées, pendant qu\u2019ail-leurs Beethoven, Brahms, Debussy, Schoenberg ou Stravinsky jouaient quelque chose d\u2019un peu plus moderne.Nous n\u2019étions pas sans culture (par la force de la nature, tous les peuples ont une culture), mais il est relativement facile de voir que la nôtre n\u2019avait pas la densité, la force et l\u2019éclat lui permettant de dépasser les frontières du village.Si nous avions eu la souveraineté politique et économique, notre culture aurait évolué au rythme des peuples en marche vers l\u2019avenir, au lieu de rester enlisée dans un horizon villageois, avec un ou deux siècles de retard.Québec et Montréal n\u2019auraient sans doute pas été Paris et Londres; mais elles auraient été tout autre chose que des foyers de survivance culturelle à petit feu.Avec des horizons plus vastes et des points de comparaison un peu plus hauts que notre nombril, nous aurions eu les illusions, la complaisance et l\u2019autosuffisance collective moins faciles.Par exemple, nous aurions ri d\u2019un rire plus spontané quand un exalté d\u2019ici proclamait sans rire que la ville de Québec était l\u2019Athènes de l\u2019Amérique du Nord.Car la science du doute et l\u2019équilibre mental sont des conditions de la culture.Des élites aux classes populaires Il n\u2019est donc pas irrespectueux ou masochiste de dire que nos élites étaient faites de demi-civilisés, de demi-cultivés, de demi-compétents.Dans tous les domaines: langue, musique, littérature, science, philosophie, arts plastiques, économie, religion, politique, bref, dans toutes les activités humaines au sommet de la pyramide culturelle.Notre culture populaire était-elle plus authentique et savoureuse?Sûrement, puisqu\u2019elle était moins colonisée que la culture contreplaquée de l\u2019élite.Mais si la culture d\u2019un peuple, de la base au sommet, était faite de crêpes bien dorées, de tourtières juteuses, de berceaux bien remplis, de souliers de boeuf bien étanches, de musique à bouche endiablée et d\u2019autres réussites de ce genre, cette culture passionnerait sans doute les touristes désoeuvrés, mais il ne faudrait pas espérer qu\u2019il sorte de ce 740 L'ACTION NATIONALE peuple des Beethoven, des Michel-Ange, des Pasteur, des Edison ou des Einstein.On me dira qu\u2019un peuple n\u2019est pas obligé de produire des génies pour être cultivé.Je ne le concède pas si facilement; et quand il s\u2019agit de mon peuple, je ne m\u2019en consolerai pas lourdement comme Léandre Bergeron, cyniquement comme Mauricie Duplessis et joyeusement comme le veau de lait Serge Joyal.La souveraineté politique nécessaire à une culture vivante Evidemment, beaucoup de peuples ont leur souveraineté politique, sans que, pour autant, leurs phares illuminent la marche de l\u2019humanité.La souveraineté politique ne donne pas automatiquement du génie, mais c\u2019est une naissance, ou du moins une renaissance; et ça compte dans la vie d\u2019un individu ou d\u2019un peuple: c\u2019est le signe que cet individu ou ce peuple ont envie de vivre; et le goût de vivre, c\u2019est important pour créer une culture vivante.Si vous libérez de ses chaînes un paresseux, il restera probablement paresseux et stérile.Mais il s\u2019agit de savoir si la liberté favorise davantage la créativité que l\u2019esclavage et la soumission.Somme toute, vaut-il mieux être riche et en santé que pauvre et malade?, comme dirait Yvon Deschamps.Si un individu ou un peuple ne ressentent pas impérieusement le désir de la souveraineté politique, auront-ils l\u2019intelligence, le courage et la passion nécessaires pour créer une culture qui ne soit pas totalement ou à-demi in-signifiante?«On est toujours l\u2019Iroquois de quelqu\u2019un», dit Sylvain Lelièvre; mais être l\u2019Iroquois docile de Mackenzie King ou d\u2019Elliott-King, c\u2019est un joli micmac culturel! Si l\u2019homme se caractérise surtout par l\u2019intelligence, la volonté, le goût de la liberté, comment pourrait-il être civilisé, humanisé, cultivé, s\u2019il laisse l\u2019intelligence des autres penser pour lui son destin, s\u2019il laisse la volonté des autres décider pour lui, et si, à propos de la liberté, il se pose la même question que papa Staline posait à ses chers concitoyens: «La liberté?Pour quoi faire?» Un individu, un peuple, moches et mous au point qu\u2019ils n\u2019aspirent pas à la pleine maîtrise de tous leurs moyens d\u2019action, comment pourrait-ils produire autre chose qu\u2019une UNE CULTURE PEUT-ELLE ÊTRE AUTONOME 741 culture moche et molle?Comme si la souveraineté politique ne faisait pas partie intégrante de la culture! Comme si un peuple sans tête pouvait être un phare pour l\u2019humanité pensante! Un Québécois docilement enfourché par Ottawa ou par un gars de la GRC est-il donc un jouai olympique?Et quand il serait un jouai olympique comme Debanné, est-ce une raison suffisante pour crier à l\u2019épopée culturelle?Et quand on ceindra de fleurons glorieux le front de ces jouaux olympiques, est-ce que ces jouaux glorieusement couronnés en seront plus admirables?Au cours de notre histoire, nous avons eu beaucoup de ces jouaux glorieusement couronnés aux sons constipés des cornemuses jouant le God Save the King: Sir Georges-Étienne Cartier, Sir Wilfrid Laurier, Sir Lomer Gouin, Sir Alexandre Taschereau; mais est-ce dépit, sadisme ou masochisme de ma part, si le grand jouai Sir Alexandre Taschereau m\u2019apparaît être une réussite culturelle hilarante, pour ne pas dire bouffonne?Ces Tarzans de nos épinettes noires ne ressemblent-ils pas aux phoques de l\u2019Ungava faisant des singeries dans les rues de Manhattan?Et la souveraineté culturelle de Bourassa, déracinée de la souveraineté politique, est-ce ma faute à moi si elle apparaît comme fleur artificielle aussi cocasse et burlesque que le sapin qu\u2019il fit transporter à Paris comme symbole gommeux de sa culture?Vivre ou chanter la liberté Après cela, on pourra toujours dire que la contrainte et la persécution peuvent être de précieux stimulants pour la créativité.On me citera Victor Hugo en exil, Pablo Neruda traqué comme un criminel dans son propre pays, Dostoievsky et Soljénitsyne dans les goulags, Tacite écrivant sous le règne d\u2019empereurs tyranniques et sanguinaires, Kafka vivant par anticipation les camps d\u2019extermination nazis.Allongez la liste: elle est interminable.Tous ces noms glorieux ne prouvent qu\u2019une chose: si un homme est privé de sa liberté, sa principale oeuvre culturelle sera de chanter la liberté, de chercher par tous les moyens à briser ses chaînes.«Tout ce qu\u2019ils faisaient en cognant sur moi, c\u2019était de briser mes chaînes, c\u2019était de me délivrer.Et c\u2019est à ça qu\u2019on voit qu\u2019ils sont condamnés, eux.» 742 L\u2019ACTION NATIONALE Cette réaction de Soljénitsyne donne un autre type culturel que Sir Lomer Gouin, André Ouellet, Nathalie Simard ou Michèle Tisseyre.Ceux-ci, ce n\u2019est pas demain qu\u2019on va les entendre parler de liberté.Au lieu de chanter la liberté, ils continueront à chanter les p\u2019tits poudings Laura Secord, les Rocheuses, les soutiens-gorge de Francis Fox ou «Mon NON est québécois».Les Juifs et les Tsiganes, vivant sans patrie, ont conservé et développé une forte culture.Oui, mais par un attachement farouche à des valeurs comme la langue, la liberté, la religion, l\u2019unité et la loi de la tribu.Le Juif est dans la résistance depuis deux mille ans, et il vient de se donner une patrie avec un pouvoir politique souverain pour encadrer sa culture.Cet exemple, donc, ne contredit en rien ma thèse.Quant aux Tsiganes, ils ont sûrement une culture, mais une culture de moins en moins authentique et autonome, à mesure qu\u2019ils se diluent dans l\u2019économie et le pouvoir politique de l\u2019étranger.Exactement comme les Montagnais de Sept-îles et les Québécois soumis du Québec.Le Tsigane a pu se retrancher dans sa tribu, comme le Québécois s\u2019est retranché dans son village.Le peuple qui perd sa souveraineté politique peut préserver une culture autonome pendant longtemps, si la politique et l\u2019économie étrangères n\u2019exercent pas sur lui des pressions trop grandes: il n\u2019a pas suffi que Jacques Cartier prenne possession du Québec pour que les Amérindiens d\u2019ici perdent leur culture.Les effets de la conquête de 1760 sont sans nul doute plus désastreux dans la conscience et l\u2019inconscience de notre Elliott-Trudeau qu\u2019ils ne le furent chez la plupart des Québécois de 1850.Voilà une convention, une coutume qui a force de loi! Certes, le retranchement, sous une forme ou sous une autre, préserve pour un temps; mais au XXe siècle, il existe peu de retranchements imperméables, et ce serait un beau rêve d\u2019autruches à poil de croire le Québec à l\u2019abri de l\u2019inondation american ou Canadian, et que les décisions politiques et économiques prises à Ottawa affectent la culture des Gaspésiens de la même façon que les décisions prises à Versailles affectaient la culture des Nascapis de l\u2019Ungava ou des Sioux de la Saskatchewan. UNE CULTURE PEUT-ELLE ÊTRE AUTONOME.743 Les hippies ont voulu eux aussi se donner une culture autonome, dans leurs communes ou à Woodstock; mais la plupart d\u2019entre eux possèdent aujourd\u2019hui leur compte en banque et plusieurs bonnes paires de pantoufle standard.Entre les solutions trouvées par les hippies, les Tsiganes et les Juifs, il me semble que celle des Juifs est la plus intéressante pour les Québécois; parce qu\u2019elle exige plus d\u2019intelligence et de courage.Et on peut souhaiter que la majorité des Québécois n\u2019attende pas encore deux mille ans pour le comprendre, le vouloir et le faire.Il existe des moyens plus rapides pour nous de trouver le Messie et la Terre promise.OUI ou NON?AVEZ-VOUS LU?François-Albert Angers, BÂTISSEUR DE PAYS Un universitaire de Toronto, John Grube, analyse la pensée de M.Angers et tente de définir l\u2019évolution du nationalisme canadien-français.Cette étude fait comprendre l\u2019évolution politique vécue au Québec et les orientations présentes de la nation franco-québécoise.Editions de l\u2019Action nationale.Mars 1981 \u2014 260 pages \u2014 $12.COMMANDEZ DÈS AUJOURD'HUI.ADRESSEZ VOTRE CHEQUE ET COMMANDE A ACTION NATIONALE 82, rue Sherbrooke ouest Montréal H2X 1X3 (514) 337-7244 744 \"N L\u2019ASSURANCE-VIE DESJARDINS GRANDIT AVEC CEUX QU ELLE PROTÈGE.Sa croissance reflète celle des caisses populaires et d'économie, celle des entreprises dont elle assure le personnel, celle des gens qui réalisent des projets et savent l'importance de la sécurité financière.L'Assurance-vie Desjardins a diversifié ses services pour mieux répondre aux besoins de tous ses assurés.Elle protège l'épargnant ou l'emprunteur de la caisse, les membres de centaines de groupes et des milliers d'autres personnes qui ont recours aux services de ses assureurs-vie.Elle met à la portée de toutes les bourses une protection financière qui répond aux besoins de chacun.L'Assurance-vie Desjardins grandit avec tous ses assurés pour mieux les servir à un meilleur coût.Assurance-vie Desjardins Le Canada de rêve se meurt À la collectivité travailleuse du Québec de faire prévaloir son projet de société par JEAN-BAPTISTE GIROUX La duperie du «commencement de la fin » À l\u2019heure où la collectivité travailleuse du Québec propose un Québec socialiste indépendant et démocratique dans l\u2019égalité des sexes1, un complot de politiciens somnambules défait le Canada de rêve qu\u2019une duperie séculaire avait fait perdurer.Oeuvre de cauchemar, cette suprême turpitude ébranlera le colosse aux pieds d\u2019argile.Le Canada de rêve se meurt, vive le peuple d\u2019un Québec libre! Mais aussi, salut populations malheureusement subjuguées au CANADIAN WAY, à ce Canada HLQ (HORMIS LE QUÉBEC) qui naîtra peut-être de droit impérial anachronique! Le drame vient de se produire en cette nuit fatidique du 4 au 5 novembre 1981.Sautée la table de négociation-tromperie! Sautée sous la violence de la fourberie! Retirée, en effet, la parole donnée et réalisées ces volte-face! D\u2019abord de la part de quelques «Premiers», puis du «Prime Minister», enfin de l\u2019entière conjuration nocturne contre nous.Rompu ainsi le pseudo-pacte entre les «deux nations fondatrices»! Mais aussi, terminé ce marché de dupes séculaires appelé abusivement 746 L\u2019ACTION NATIONALE «Confédération», dont le Québec et notre nation ont été les victimes.Il y a de quoi se réjouir pour le Québec qui se prend en main.Nous n\u2019avons plus rien à perdre mais tout à gagner à condition que s\u2019accroissent toujours les forces vives du peuple.Aussi, faut-il que nous demeurions à la hauteur.Notre défi national, la collectivité québécoise le relevait calmement, à son rythme.Mais des politiciens machiavéliques se sont employés depuis la campagne référendaire à multiplier les embûches provocatrices pour tenter de nous faire trébucher.Entre l\u2019énervement à vide et l\u2019étapisme endormeur, le Québec trouvera sa voie.Mais ne pourrions:nous pas précisément accélérer avec prudence?Nouvelle dimension de la lutte syndicale Nos mouvements syndicaux et populaires, autrefois quelque peu hésitants, bien à la québécoise, se sont ressaisis depuis quelques mois et ils n\u2019ont plus le choix que de renouveler leur loyauté au peuple du Québec.Voués à une transformation en profondeur de notre société, ces organismes dûment accrédités et légitimés par de vastes secteurs de la collectivité, ne laisseront pas se perpétrer une entreprise de génocide.Ainsi, une profession comme celle des éducateurs à tous les niveaux ne laissera que bousiller, à la cachette, ses efforts par une clinique subversive d\u2019apprentis-sorciers.Cette profession comme d\u2019autres, s\u2019est dotée d\u2019organes de revendication et de politisation qui se nomment centrales syndicales.Celles-ci réagiront malgré les somnambules ou les rêveurs éveillés qui marchent au bord d\u2019un gouffre.Premières réactions officielles Laberge, Rodrigue et Gaulin ont riposté vertement, se préparant à lancer leurs militants dans une action de conscientisation contre les politiques aberrantes des centralisateurs d\u2019Ottawa (manifestation du 21 novembre).Gaulin, par exemple, affichait ainsi ses couleurs: À LA COLLECTIVITÉ TRAVAILLEUSE DU QUÉBEC.747 «La CEQ appuie la position du Québec qui juge totalement inacceptable que la formule d'OPTING OUT ne soit pas assortie d\u2019une compensation fiscale3.Dans cette première réaction officielle, il n\u2019était pas possible de camper toutes les prises de position majeures des centrales syndicales que le coup de force pancanadien vise à contrecarrer.Ainsi, il était dommage que les organes d\u2019information n\u2019aient pu sortir de leurs filières documentaires la position ferme que la C.E.Q.avait prise relativement à l\u2019article 23 du PROJET UNILATÉRAL.«.double danger pour la Loi 101 elle-même (Charte du français), et pour les Droits fondamentaux du Québec»4.Néanmoins, ces volontés collectives, qui constituent progressivement le projet de société québécois, n\u2019en demeurent pas moins une réalité que la stupidité des dix conjurés dans leur «black out» sera impuissante à entamer.Bien au contraire, l\u2019adversité, que nous ménagent nuitamment quelques comparses incohérents, ne servira qu\u2019à mieux tremper la détermination de notre militantisme.Dans les foulées de leurs chefs, les affiliés des centrales reflètent leurs bases militantes par l\u2019intermédiaire de porte-parole officiels.Ainsi, LA PRESSE5, faisant état de la duplicité des sombres hypocrites d\u2019Ottawa sur la question linquistique, signalait: «De son côté Guy Bourdages, porte-parole officiel de la CEQ, a soutenu que l\u2019imposition des droits linguistiques des minorités au Québec par Ottawa s\u2019assimilerait à une déclaration de guerre.La CEQ (directement ou par ses syndicats affiliés) ne reculera devant aucun effort pour protéger la juridiction du Québec sur l\u2019éducation.Chrétien peut dire ce qu\u2019il veut mais il se heurtera à l\u2019opposition directe de cette organisation, a-t-il dit.» Pour mieux comprendre ces premières réactions officielles, il importe aux membres des classes ouvrières et populaires d\u2019examiner le monstre accouché dans la noirceur de cette nuit des longs couteaux, du 4 au 5 novembre 1981. 748 L'ACTION NATIONALE L\u2019accord des dix \u2014 ou \u2014 comment on file à l\u2019anglaise dans un pacte Les dix «Premiers»6, à l\u2019insu et à l\u2019exclusion du Premier ministre du Québec, avaient signé de nuit, à l\u2019improviste, dans les dernières heures d\u2019une négociation tronquée, une entente conclue entre eux où la nation québécoise, centre moteur de l\u2019Amérique française, était condamnée in absentia à la solution Durham.D\u2019ailleurs, la veille, deux «Premiers» faisaient plier bagages à leurs délégations dans l\u2019atmosphère de fin de foire où s\u2019orchestraient l\u2019improvisation et la confusion, préludes à une ultime machination animée par les hauts bureaucrates d\u2019Ottawa (Pitfield \u2014 Kirby \u2014 Axworthy).La session de clôture prévue pour le vendredi, 6 novembre 1981, après le petit-déjeûner, devait marquer la fin de la plus ridicule démarche constitutionnelle que la «Confédération» canadienne ait jamais menée, le plan P.K.A.Comment décrire adéquatement cette pièce unique de filouterie politique poignardant dans le dos nombre de tenants du NON référendaire à la négociation de la souveraineté-association.Après avoir berné en mai 1980 trop d\u2019électeurs référendaires québécois, les politiciens qui nous avaient promis une confédération modèle ont monté avec sadisme ce jeu de massacre politique contre la bonne foi du Québec.D\u2019une part, les centralisateurs d\u2019Ottawa avaient brandi la menace d\u2019une éventuelle sécession du Québec pour que l\u2019Ouest manifeste plus de souplesse à l\u2019égard de l\u2019hégémonie économique de l\u2019Ontario, base du pouvoir central.Puis les délégations de l\u2019Ouest et des Maritimes se sont abritées derrière le Québec pour obtenir de l\u2019Ontario par Ottawa toutes les concessions désirables.Quand fut atteint l\u2019équilibre politique des trois blocs (Ouest, Ontario, Maritimes), l\u2019Ontario évaluant son déclin n\u2019avait plus qu\u2019à exploiter le Québec en compensation, dans la complicité générale.C\u2019est ainsi qu\u2019en une première phase, consécutive au référendum québécois, les centralisateurs d\u2019Ottawa réalisé- À LA COLLECTIVITÉ TRAVAILLEUSE DU QUÉBEC.749 rent un premier cul-de-sac constitutionnel pour faciliter certains arrangements économiques au plan énergétique contre l\u2019intérêt du Québec.Puis, en une deuxième phase, les tenants d\u2019un Canada unitaire, à qui Lougheed avait donné la frousse, imaginent le plan Pitfield-Kirby-Axworthy (le PLAN PKA) dit de rapatriement unilatéral de ce qui tient lieu de constitution canadienne.Émoi de l\u2019Ouest et même des Maritimes.Ces provinces se montrent prête à lutter tant que le Québec pourra, c\u2019est-à-dire jusqu\u2019au coup de jarnac prémédité.En champion des exploités contre les exploiteurs, le Québec, qui vient de se doter en avril 1981 d'un gouvernement du Parti québécois, anime donc un front commun de ces régions apparemment soucieuses d\u2019autonomie économique.Laissant à lui-même un Nouveau Brunswick confut, la nouvelle coalition d\u2019intérêts s\u2019attaque à l\u2019hégémonie économique de l\u2019Ontario.L\u2019accord du 16 avril 1981 Le consensus inter-provincial et bi-national est la convention signée, appelée «ACCORD DU 16 AVRIL 1981».Ce qui est autonomie nationale pour le Québec est autonomie provinciale pour les partenaires en lutte contre les centralisateurs d\u2019Ottawa.Dans cet accord, le Québec ne met plus son nez dans les affaires du reste du Canada (prétendu droit de véto, pratiquement inexistant, qu\u2019il serait stupide et hypocrite de réinvoquer, pourvu que celui-ci en fasse autant à l\u2019endroit du Québec.Le jargon juridique contenant ce marché7 se trouve aux articles 1, 3 et 4, 8 et 9 de la formule d\u2019amendement dite de Vancouver.Article 1 \u2014 LORSQUE LE QUÉBEC (province en solo ou entre autres) EXPRIME SA DISSIDENCE À L\u2019ÉGARD D\u2019UNE MODIFICATION QUI CONFÈRE UNE COMPÉTENCE LÉGISLATIVE À OTTAWA («le Parlement»), LE GOUVERNEMENT DU CANADA DOIT ASSURER UNE COMPENSATION RAISONNABLE AU QUÉBEC («au gouvernement de cette province») 750 L\u2019ACTION NATIONALE Article 8 et 9 \u2014 RESPECTANT LE NÉO-COLONIALISME («sous réserve de l\u2019article 9», c\u2019est-à-dire de «la charge de Reine» et de to tout le fourbi du droit impérial victorien des B.N.A.Acts.) L\u2019ASSEMBLÉE NATIONALE («la législature de chaque province») À COMPÉTENCE EXCLUSIVE POUR MODIFIER SA CONSTITUTION («la constitution de la province»).Or, l\u2019accord des Dix de la nuit du 4 au 5 novembre dernier est la suprême provocation de ces pseudo-négociateurs.«Les Sept», subvertis par «les Trois autres», ont aussi poussé la félonie jusqu\u2019à bousiller en marché de dupe l\u2019accord que le Québec avait consenti en toute bonne foi à la défense de l\u2019autonomie provinciale! On nous y reprendra à nous laisser coincer entre des félons et des accapareurs dans une croisade pour un pseudo-confédération.Libre à ceux qui rêvent à de nouveaux attrape-nigauds de jouer aux Quisling mais les militants politiques, comme les syndiqués qui savent reconnaître une vraie négociation, comprendront vite que nous n\u2019avons plus rien à attendre des compromissions avec l\u2019adversaire.Fin donc de l\u2019étapisme! Désormais, puisqu\u2019on nous a montré la sortie de ce «paradis» pour le moins douteux, ne comptons plus que sur nos propres moyens selon l\u2019expression consacrée par la FTQ.Voilà la leçon que le Québec trouvait dans son assiette à Ottawa, au matin du 5 novembre 1981, à la fin d\u2019une orgie de politicailleurs de cabarets de nuit8.Quelle avanie pour le Québec! Dieu veuille que cela ait provoqué des haut-le-coeur chez tous nos gens car, avec leur Canada HLQ, nos fédéralistes inconditionnels et leurs alliés objectifs inconscients gaveront bientôt le Québec de ce que le Premier ministre canadien offrait si libéralement aux gars de Lapalme.Quand, à une table de négociation il y a apparence même de mauvaise foi d\u2019une partie, finie la négociation, annulés les essais d\u2019entente, retirés tous les compromis et à plus forte raison les compromissions.Finis pour nous les anachronismes de droit impérial qui nous tenaient lieu de constitution.Le Québec n\u2019a jamais été la patrie de pareils principes féodaux d\u2019exploitation de l\u2019homme par l\u2019homme.Pourquoi rapatrier le À LA COLLECTIVITÉ TRAVAILLEUSE DU QUÉBEC.751 B.N.A.Act et autres symboles archaïques, dont s\u2019accréditent aujourd\u2019hui les exploiteurs camouflés?Qu\u2019ils restent dans la patrie d\u2019Adam Smith ou dans celle des tenants de la main invisible qui étouffent les libertés démocratiques! Des conditions préalables à toute entente S\u2019il n\u2019est plus question du premier point de l\u2019accord des Dix (le rapatriement de la «constitution»), cela ne doit pas signifier que nous serions irrespectueux d\u2019une constitution démocratique dont pourraient éventuellement se doter les populations de ce nouveau Canada HLQ.C\u2019est précisément ce qu\u2019il nous faut attendre avant de considérer même une association dans le futur.Non avenu désormais l\u2019accord des Huit du 16 avril 1981! Le minimum auquel, dans la conjoncture, nos hommes d\u2019État doivent tenir pour faire disparaître les filous qui encombrent actuellement la scène politique canadienne, c\u2019est: 1° «Restituer» (rejeter) une «constitution» illégitime, ces résidus de droit impérial; 2° Créer démocratiquement au Québec une constituante constitutionnelle de libération nationale; 3° Le cas échéant, si elle s\u2019avère mutuellement bénéfique, passer une entente égalitaire entre le peuple du Québec et les populations de ce Canada nouveau, une entente à égalité de pays à pays dans le respect mutuel.Nous n\u2019en sommes donc pas à quelques points mineurs près du «rapatriement», comme des sophistes à gage ou autres tentent stupidement de nous en convaincre.Rien ne va plus parce que la bande des Dix a manqué gravement à la parole donnée.Rien ne va plus parce que, eux et leurs pareils d\u2019hier, n\u2019ont pas cessé de nous déposséder.Le présent et le passé, augurant mal de l\u2019avenir, nous, militants des classes ouvrières et populaires, devrions être doublement sur nos gardes en face d\u2019autres «double-dealers» ou autres intrigants pernicieux que le Canada HLQ pourrait encore 752 L'ACTION NATIONALE convoquer insidieusement autour d\u2019une table de négociation.Voilà le point de vue réaliste que nous devons rapidement faire partager par l\u2019ensemble de la population québécoise! Non à une négociation avec des partenaires qui filent à l\u2019anglaise.Et notre non, lui, voudra dire non.L\u2019accord des Dix \u2014 ou \u2014 comment tailler le PARTENAIRE québécois Le Québec n\u2019a pas besoin de longues explications pour comprendre que la bande des Dix visent à le déposséder à la pièce avec la formule d\u2019amendement décapitée.C\u2019est le forcer à une double fiscalité amplifiée.Pas nouveau! Ça existe présentement dans le cas de la gendarmerie au Québec9.Nous voulions régler cette situation financière inique à l\u2019égard du Québec.Mais voici que le Canada HLQ s\u2019arroge le pouvoir de multiplier pareilles iniquités financières.C\u2019est pour ça que l\u2019article 3 de la formule de Vancouver est supprimé.Le Canada HLQ n\u2019aurait qu\u2019à concevoir d\u2019autres programmes pancanadiens au détriment de nos intérêts et pour lesquels il nous serait impérieux de maintenir nos propres programmes en parallèle.Où irait se nicher la péréquation avec ça?Là encore, le présent et le passé sont garants des traîtrises économiques que l\u2019avenir nous réserverait si nous allions faillir à la tâche de présenter clairement cette évidence à l\u2019ensemble de la population, pour endiquer ce déluge de sophismes que le trio PKA déchaînera bientôt10.Si nous n\u2019étions pas encore convaincus de l\u2019infériorisation économique provoquée au Québec par le régime fédéral, une nouvelle preuve vient de nous en être fournie péremptoirement dans le troisième point de l\u2019accord de la Bande: «La charte complète des droits et libertés soumise au parlement sera inscrite dans la Constitution.» Mais le PROJET au complet du trio PKA ferait partie de la prétendue constitution modèle de demain, avec toutefois trois monstrueuses distorsions imaginées dans la pire noirceur idéologique et qu\u2019aucun esprit vraiment démocratique ne À LA COLLECTIVITÉ TRAVAILLEUSE DU QUÉBEC.753 saurait accepter.Qu\u2019il suffise pour l\u2019heure d\u2019en évoquer un seul11 après avoir jugé de l\u2019ensemble.Les centralisateurs d\u2019Ottawa, feignant d\u2019assurer la défense des droits et libertés, cherchent à garantir au fond le maintien d\u2019un néo-colonialisme stérile et stérélisant qui ferait perdurer l\u2019hégémonie économique périclitante de l\u2019Ontario, base politique indispensable du P.L.C.Avec une charte complète des droits fondamentaux, un frein est appliqué à la suprématie des assemblées législatives.Ce sont les juges d\u2019Ottawa qui, dans une large mesure, deviendraient les législateurs essentiels.Or le Québec, avec un système de droit différent, ne peut même pas compter sur un véritable dualisme à la Cour suprême.Puisque le Québec possède déjà sa propre charte des droits fondamentaux de la personne et des collectivités, ce serait l\u2019affaiblir que de la jumeler avec cette fourberie de mini-charte dotée de clauses dérogatoires, un vrai ballon de football entre les deux ordres de gouvernement pendant des quinquennats à venir! Un vrai nid à vaines chicanes quoi! Ce serait s\u2019illusionner grandement de s\u2019imaginer que les droits fondamentaux des personnes et collectivités seraient mieux protégés au Québec par un tribunal de la «Tour penchée» (Duplessis dixit) que par un tribunal de la magistrature québécoise.Accepterions-nous que le néo-colonialisme s\u2019exerce jusque dans notre système de droit?La Charte des droits ne peut être un travail à la pièce.Il faut au contraire l\u2019analyser dans les perspectives: \u2014\tde la réforme des institutions centrales (Sénat, Cour suprême) pour garantir l\u2019évolution démocratique de nos droits; \u2014\tdu partage des pouvoirs pour garantir notre libération économique; \u2014\td\u2019une formule d\u2019amendement propre à assurer la souveraineté du peuple québécois sur notre évolution constitutionnelle.Or, l\u2019analyse globale nous fait ressortir qu\u2019aucune garantie essentielle n\u2019existe pour le Québec.Pas moins que les 754 L'ACTION NATIONALE précédents, le récent sommet constitutionnel s\u2019avère non seulement un cul-de-sac mais un dangereux piège pour le Québec.Le droit de noyer le Québec L\u2019organisation d\u2019un génocide contre le Québec est plus apparente dans la proposition 6(2), citée ci-avant comme dans l\u2019alinéa c) du point 3 de l\u2019accord des dix.Pour tenter de dorer la pilule au Québec, le complot nocturne comprenait la disposition insidieuse suivante: Point 3 de l\u2019accord des dix: «La Charte des droits.avec la modification suivante: a) En ce qui concerne la liberté de circulation et d\u2019établissement, il y aura inclusion du droit d\u2019une province à mettre en oeuvre des programmes d\u2019action en faveur des personnes socialement et économiquement désavantagées tant que le taux d\u2019emploi de cette province demeurera inférieur à la moyenne nationale.» L\u2019Ontario visait à nous exporter son chômage et à secondariser davantage notre économie.Les congénères de monsieur Davis lui ont consenti ce pouvoir.Nous détenions des championnats historiques de chômage.On nous en promet davantage.Et alors qu\u2019Ottawa se désengage de plus en plus des responsabilités qu\u2019il assumait jusqu\u2019ici en matières de chômage, ce sera au Québec d\u2019assumer la lutte à la pauvreté.Cette responsabilité plus onéreuse pour le Québec, monsieur Lougheed et l\u2019Ouest, monsieur Davis et l\u2019Ontario, prospères, nous la présentent comme un droit.Quelle duplicité! Ils sont sans vergogne ces copains d\u2019une nuit d\u2019hôtel.Et nous leur laisserions disposer de l\u2019avenir du Québec?Nous coucherions encore avec ces détrousseurs?Jamais! ce serait un comble de masochisme ou de stupidité! Seul l\u2019aveuglement partisan pourrait ainsi duper des Québécois.Pareille provocation nous fait sans doute imaginer mieux qu\u2019une explosion de rage qui n\u2019effectuerait qu\u2019un désamorçage.Une colère contenue et efficace vaudra mieux.Mais les Quisling du P.L.C.et les carriéristes devront bien se garder de verser l\u2019huile sur le feu par leurs manèges ambigus, de plus en plus risqués.Serait-ce garantir la paix sociale que de nous pousser au désespoir?Que d\u2019agiter encore la prétendue À LA COLLECTIVITÉ TRAVAILLEUSE DU QUÉBEC.755 menace indépendantiste?Que de nous berner quand le séparatisme de fait nous est proposé d\u2019Ottawa en une nuit?Mais c\u2019est à l\u2019exclusion des avantages normaux que l\u2019on pourrait en tirer de part et d\u2019autre.Qu\u2019aurions-nous donc à perdre?Au contraire, nous des classes ouvrière et populaires avons tout à gagner à nous dissocier de partenaires qui filent à l\u2019anglaise et qui ne songent qu\u2019à s\u2019enrichir en ruinant le Québec.Signer dans de telles conditions, ce serait en définitive accepter notre infériorisation économique.Ce serait capituler.Les sondages n\u2019ont pas révélé que le Québec veuille capituler.S\u2019ils témoignent du désir de négociations franches, ces sondages n\u2019autorisent pas la duplicité.Quant à l\u2019article 23 de la résolution fédérale (projet du trio) que les neuf sont convenus d\u2019appliquer dans leurs provinces respectives, c\u2019est une feinte qui ne peut plus duper la Fédération des Francophones hors Québec.Ce n\u2019est qu\u2019une astuce pour démolir notre Charte du français au Québec (Loi 101) par un chantage éhonté.Ce qui importe c\u2019est d\u2019abolir au Québec les séquelles du bilinguisme officiel que nous impose l\u2019article 133 du B.N.A.Act.Ce serait stupide de mordre à un autre appât empoisonné, soit une offre creuse de l\u2019Ontario d\u2019accepter le bilinguisme officiel en échange de notre acceptation de la clause Canada.N\u2019allons jamais nous laisser avoir dans un maquignonnage aussi vicieux, nous prévient la CEQ12.Assez, c\u2019est assez! L\u2019accord des dix \u2014 ou \u2014 comment râfler les richesses québécoises «.les soussignés (dix) se sont entendus sur le(s) point(s) suivant(s): 4) Les dispositions du projet actuellement à l\u2019étude au parlement qui ont trait à la péréquation et aux inégalités régionales ainsi qu\u2019aux ressources non renouvelables, aux ressources forestières et à Vénergie électrique seraient incluses.» 756 L'ACTION NATIONALE Voilà comment en quelques lignes les champions de la manigance libéraliste ont disposé de nos richesses nationales: ressources forestières, énergie électrique.Ils ouvrent toute grande la porte à «L\u2019UNION ÉCONOMIQUE» d\u2019un pays unitaire13.Le thème majeur parmi les cinq thèmes retenus pour débat au sommet de la mi-septembre 1980, à partir des palabres sur les 12 thèmes de l\u2019été précédent, c\u2019était le suivant: «L\u2019union économique et la péréquation ou le pouvoir sur l\u2019économie ainsi que la propriété et la gestion des ressources».Tout ceci est si étroitement interrelié qu\u2019on ne peut chanter victoire en péréquation s\u2019il y a, ne disons pas le moindre recul mais même un maintien au statu quo ante des droits du Québec sur son économie.Le Canada HLQ peut aplanir assez facilement ses difficultés interprovinciales quand ses provinces peuvent se liguer pour piller le Québec.L\u2019union économique excluant le Québec, qui se profile derrière le paravent de la péréquation, est un élément qui peut rendre tout à fait inefficace une pratique de péréquation, même basée sur les principes les plus sacrés.Peut-on encore nous leurrer avec des gains potentiels en péréquation?Comme on l\u2019a fait en économie aéronautique avec le contrat du siècle (CF-18), privilégiant l\u2019Ontario.Craintes chimériques?Hélas non! Rappelons-nous que selon les libéraux fédéraux, en leur congrès de juillet 1980 à Winnipeg, on trouvait un intérêt, sinon de la cohérence, à taxer les exportations d\u2019électricité du Québec mais non les exportations de gaz naturel de l\u2019Alberta.S\u2019est-il alors trouvé un membre du P.L.Q.pour s\u2019en indigner?Que le projet d\u2019un marché économique centralisateur soit acceptable au Canada HLQ, c\u2019est l\u2019affaire de celui-ci.Nous ne connaissons pas les concessions mutuelles secrètes que les neuf se sont accordées dans notre dos et présumément contre nous, puisqu\u2019ils ont évincé le Québec de la table de partage du À LA COLLECTIVITÉ TRAVAILLEUSE DU QUÉBEC.757 gâteau économique pancanadien.Pour les classes ouvrière et populaires au Québec, un tel marché serait un désastre car, comme en témoignait Claude Morin dans sa déclaration liminaire aux pourparlers de 1980: «Le Québec veut: \u2014 acquérir, lorsqu\u2019ils lui manquent, les instruments économiques.lui permettant de s\u2019affirmer et de se développer selon ses aspirations et ses besoins propres.(.) Notre première préoccupation demeure le partage fédéral-provincial des pouvoirs.» Une analyse des tractations récentes nous laisse craindre que cette préoccupation se soit estompée.L\u2019actuel coup dur nous permet de mesurer nos reculs.Les étapistes doivent se demander si leurs retraites stratégiques ne se termineraient pas en débandades.Us ne pourront indéfiniment esquiver les réponses aux demandes d\u2019explications ou s\u2019étendre sur la malhonnêteté des partenaires économiques.Chercherions-nous une autre occasion de nous faire avoir?Alors, branchons-nous en février! Actuellement l\u2019Ontario mène la fédération mais l\u2019Ouest voit son tour venir.Le Québec se mettrait les doigts entre l\u2019écorce et l\u2019arbre?Quelle allure il aurait de monnayer alternativement son appui politique à l\u2019Ouest et à l'Ontario?Et que dire du scénario selon lequel l\u2019Ouest et l\u2019Ontario, entrant en compromis, s\u2019accorderaient alternativement un contrôle du gouvernement central dans le dessein de fraterniser dans l\u2019exploitation que nous venons de vivre en cette nuit fatidique du 4 au 5 novembre 1981! Aussi, dans cette pénible réalité, le Québec se doit d\u2019éviter d\u2019accepter les structures qui invitent à des situations fausses qui peuvent faire la courte fortune d\u2019un régime politique mais qui appauvriraient les deux nations.Mènerions-nous un nouveau combat pour des provinces continuant à s\u2019abriter derrière le Québec?Et pour le lâcher au tournant! Toutes les provinces viennent de se liguer contre le Québec avec la bénédiction d\u2019Ottawa.Les provinces tiennent à la propriété des ressources tandis qu\u2019Ottawa vise un resserrement de l\u2019intégration écono- 758 L\u2019ACTION NATIONALE mique.Or, pour atteindre ses fins, Ottawa veut réviser le BNA Act aux articles 91 et 121.Il le pourrait désormais si le projet du «one Canada» passe: \u2014 L\u2019article 91 lui donnerait un contrôle sur les échanges et commerces interprovincials; \u2014 L\u2019article 121 garantirait la libre circulation des services et des capitaux en plus de celle existante sur les marchandises.À première vue, l\u2019on peut craindre un superficiel marchandage dans lequel Ottawa acquiescerait à la propriété provinciale des ressources en échange du droit fédéral de réaliser l\u2019intégration économique canadienne en toute quiétude constitutionnelle.Dans un tel scénario, le Québec deviendrait vite solitaire dans une lutte contre une perte fondamentale de pouvoirs.Comme l\u2019expérience du 5 novembre 1981 nous l\u2019apprend.Mais, même si le Québec était acculé à cette position de négociation, on découvrirait bientôt que les plus puissantes provinces s\u2019abriteraient derrière le Québec dans leur lutte d\u2019hégémonie.Pareil règlement non susceptible de solutionner une crise profonde n\u2019aurait que peu de pertinence et s\u2019avérerait un dangereux cul-de-sac générateur de frustrations et amplificateur de la crise.Au plan économique, pour protéger nos richesses forestières autant qu\u2019hydro-électriques, nous nous devons de réaliser notre indépendance sans plus tarder.Autrement, le Canada HLQ se fait proclamer, par pouvoir impérial interposé, héritier du Québec comme colonie intérieure.Pour camoufler cet acte ignoble devant la collectivité internationale, le trio Pitfield \u2014 Kirby \u2014 Axworthy orchestrera un autre périple «NORD-SUD» de leur globe-trotter: «Y\u2019a toujours une maudite limite! faudra-t-il signifier activement à Ottawa dans les mois qui viennent» (Slogan de la manifestation du 21 novembre 1981 à Ottawa). À LA COLLECTIVITÉ TRAVAILLEUSE DU QUÉBEC.759 L\u2019accord des dix \u2014 ou \u2014 comment inhumer les victimes Le cinquième et dernier point des conjurés de nuit, c\u2019est de brimer une fois de plus les peuples autochtones du Canada, symboles de toutes les victimes de la cupidité économique.Les dix s\u2019étaient entendus pour remettre à plus tard, selon l\u2019article 36 du PROJET: «Les questions constitutionnelles qui intéressent directement les peuples autochtones du Canada.» On sait ce que cela aura signifié.On prévoit aussi le peu d\u2019espace et de droits qu\u2019on voudra bien leur désigner.Pour l\u2019instant ils ont à peine voix au chapitre et leurs droits historiques ne sont pas clairement définis.La clause «nonobstant» peut jouer à volonté contre des articles du PROJET qui traitent des libertés fondamentales, des garanties juridiques et des droits à l\u2019égalité, carence dont les femmes canadiennes seront les plus nombreuses victimes.Les «Dix» traiteront-ils mieux demain les populations autochtones qui n\u2019existent plus comme nations?Les Canadiens-Français et les Métis qui ont vécu le drame du Manitoba en savent quelque chose.Il faut se méfier de ceux qui n\u2019accordent des droits que posthumes, après génocide (Manitoba).C\u2019est le genre d\u2019hypocrisie que nous réserve le Canada HLQ si nous nous laissons folkloriser, exploiter ou minoriser.C\u2019est l\u2019anthropologue Rémi Savard qui nous éclaire dans cette question des victimes de l\u2019accord des Dix: «(.) Le projet Trudeau ne vise à rien d\u2019autre qu\u2019à conduire à son terme le vieux rêve des hommes d\u2019affaires du Bas et du Haut Canada: créer un vaste espace économique où circuleraient en anglais les personnes, les biens et les capitaux.» Et l\u2019anthropologue de faire état de la machination par Ottawa d\u2019une sorte de «Terminating Act» en vue de faire disparaître les peuples autochtones du Canada16. 760 L\u2019ACTION NATIONALE «La stratégie fédérale, d\u2019ajouter monsieur Savard, a toujours consisté à opposer autochtones et francophones pour mieux parvenir à les rejeter tous hors des lieux où se prennent les décisions politiques majeures.Entre les fronts communs de provinces, dont nous venons encore une fois de vérifier amèrement toute la fragibilité, et la solitude un peu maladive dans laquelle nous nous complaisons, concluait-il, le réalisme et la dignité nous convient à des pourparlers avec les seuls autres éléments du Canada qui nous ont toujours offert des relations de peuples à peuples et qui se trouvent eux aussi exclus du «Canadian club».Conclusion: agissons Les organes d\u2019action et de réflexion des classes ouvrière et populaires visent la transformation en profondeur de la société québécoise.Cette société, le manifeste récent du Mouvement socialiste québécois la décrit ainsi: «.une société nouvelle dans laquelle les rapports d\u2019exploitation, d\u2019oppression et de domination seront remplacés par des rapports d\u2019égalité, de liberté et de solidarité.«(.) Il faut transformer radicalement l\u2019Etat non seulement faire l\u2019indépendance mais inventer des moyens de contrôle nouveaux des classes ouvrière et populaires sur le système parlementaire, l\u2019administration et la justice.Il nous faut briser la division sexuelle du travail capitaliste et établir des rapports authentiquement égalitaires et solidaires entre les femmes et les hommes.Il nous faut procéder à une décentralisation majeure du pouvoir économique et politique, revaloriser les organisations autonomes du peuple, insuffler une véritable démocratie à la base.» Les outils pour opérer cette transformation de la société québécoise se forgeront dans la lutte.Alors tant mieux si l\u2019adversaire ouvre le combat! Précisément la conjoncture née du référendum du 20 mai 1980 qui a permis au Canada HLQ l\u2019initiative d\u2019une offensive constitutionnelle d\u2019envergure nécessite une action ferme, de toutes les forces vives du Québec pour l\u2019instauration de rapports humains d\u2019égalité, de liberté et de solidarité. À LA COLLECTIVITÉ TRAVAILLEUSE DU QUÉBEC.761 Dénoncer le complot des Dix, c\u2019est quelque chose.Prôner une transformation sociale à l\u2019inverse des rapports d\u2019exploitation, d\u2019oppression et de domination que les Dix cherchent à maintenir, c\u2019est mieux.Agir efficacement à l\u2019instauration de meilleurs rapports humains, c\u2019est ce que la société québécoise requiert des classes ouvrière et populaires qui la composent.Nos luttes constitutionnelles de survivance doivent enfin trouver leur aboutissement dans un effort suprême d\u2019épanouissement national qui dissipera le cauchemar du complot des Dix.Cet effort devra être tel que les cinq points par lesquels le Canada HLQ a pactisé contre le Québec deviendront désuets avant le printemps de 1982.Alors, que faire?1° Le peuple québécois souverain confère l\u2019autorité étatique aux institutions démocratiques québécoises Ainsi devient nul et non avenu un instrument de droit impérialiste.Toute législation du Royaume-Uni cesse de s\u2019appliquer au Québec à partir de la date de proclamation de son indépendance.L\u2019Assemblée nationale du Québec fixe les modalités initiales de l\u2019exercice du pouvoir souverain du peuple qui a par la suite le contrôle entier sur la constitution17.2° La formule d\u2019amendement de la constitution québécoise Elle sera celle déterminée par la constituante constitutionnelle avec légitimation ultérieure par l\u2019électorat québécois.Ainsi notre constitution ne pourra validement être l\u2019objet d\u2019une modification qui soit apporté «par une proclamation émise par le Gouverneur général portant le grand sceau du Canada lorsqu\u2019il est autorisé à le faire par.» En d\u2019autres termes, notre devenir national ne sera plus à la merci des législations passées par une majorité du Canada HLQ. 762 L\u2019ACTION NATIONALE 3° La Charte des droits et libertés La charte complète des droits et libertés que l\u2019Assemblée nationale aura votée sera inscrite dans la Constitution québécoise.Elle comprendra en particulier une charte des travailleuses et travailleurs et de l\u2019emploi.Cette charte aura été l\u2019objet d\u2019une proclamation gouvernementale légitimée ensuite par l\u2019électorat.Elle ne comprendra pas de clause «nonobstant» relativement aux articles qui traitent des libertés fondamentales, des garanties juridiques et des droits à l\u2019égalité.Mais l\u2019évolution nécessaire se fera démocratiquement sous l\u2019influence d\u2019une Ligue des droits de la personne pourvue de moyens suffisants.Elle comprendra la Charte du français dans son intégralité avec modification pour abolir le bilinguisme institutionnel du B.N.A.Act (art.133).En d\u2019autres termes toutes les minorités au Québec seront traitées avec équité quant à leurs droits linguistiques.4° Les pleins pouvoirs économiques Les accords fiscaux et économiques sous le signe de ce qu\u2019on appelle la péréquation, ce n\u2019est pas un processus de négociation c\u2019est du conditionnement néo-colonialiste.Ce qu\u2019on appelle la péréquation n\u2019est qu\u2019un leurre publicitaire pour occulter des disparités régionales grandissantes et camoufler des entreprises d\u2019accaparement des ressources naturelles.Ce que les brasseurs d\u2019affaires convoitent, ce sont nos réserves énergétiques et notre héritage forestier ou minéralier.Loin de céder au Québec quoi que ce soit d\u2019essentiel à son économie, l\u2019accord nocturne d\u2019unitarisme centralisateur débride le capitalisme le plus forcené en élargissant la notion de libre circulation économique.Désormais, les pratiques de libre circulation des biens entre monopoles s\u2019étendront davantage en d\u2019autres domaines soit aux services, à la main-d\u2019oeuvre, aux capitaux et aux entreprises. À LA COLLECTIVITÉ TRAVAILLEUSE DU QUÉBEC.763 Pour l\u2019immédiat, dans son impasse budgétaire actuelle, Ottawa va continuer à racler tous nos fonds de tiroir.Il vient à peine d\u2019effectuer un prélèvement sur les «pétro-dollars» qu\u2019il est pris d\u2019une fringale insatiable pour nos -hydro-dollars».On sait désormais ce qu\u2019est le «One Canada, one nation» que le fédéralisme usurpateur nous promettait dans une «lettre ouverte aux Québécois» préalablement aux pourparlers de juillet 1980.On y conviait le Québec à une «aventure de partage économique et culturel».Cette aventure, non merci! Le Québec «partenaire majeur» à dépecer, jamais! Souvenons-nous de son «fédéralisme» rassurant d\u2019avant référendum.«.reconnaître plus explicitement encore l\u2019existence des deux principales communautés linguistiques et culturelles du pays.» On sait ce que ça donne: des mirages culturels dans le désert économique! Désert qu\u2019on voudrait provoquer par le pillage d\u2019un Québec devenu florissant par ses propres moyens.Laisserions-nous freiner pour longtemps le dynamisme de notre évolution?Évolution comme peuple et comme «nation au sens où le Canada est une nation».Ce Canada unilatéral né dans l\u2019obscurité d\u2019une nuit de novembre 1981 est-il unique, double ou quadruple?Nous l\u2019ignorons mais ce que nous savons c\u2019est qu\u2019il est uni contre nous dans les moments où le sort du Québec est en jeu.5° Le coeur ouvert aux autochtones C\u2019est à la main tendue des peuples autochtones d\u2019Amérique que nos ancêtres européens ont dû d\u2019y bâtir des empires.Leur main se tend une fois de plus à la défense de nos droits et des leurs.Exclus eux aussi des pourparlers secrets et troubles de la nuit fatidique, sinon funeste, où pactisaient les comploteurs du néo-colonialisme capitaliste, les Autochtones comme les femmes canadiennes autant que les québécoises comptent parmi les grandes victimes de l\u2019intransigeance d\u2019une clique de fourbes.Pour combattre cette engeance sur son propre terrain, notre attitude à l\u2019endroit des autochtones doit devenir 764 L'ACTION NATIONALE plus compréhensive.Notre coeur doit s\u2019ouvrir à eux comme à des alliés naturels.Oublions les quelques conflits qui ont pu marquer notre histoire commune.D\u2019ailleurs, n\u2019avons-nous rien à nous reprocher?L\u2019accession de notre peuple à l\u2019indépendance doit se faire dans le respect des autres peuples et même des populations que des politiciens machiavéliques cherchent à ameuter contre nous.Voilà cinq points qui s\u2019opposent à autant de tentatives de nos oppresseurs.Mais en dernière analyse, notre faiblesse relative ne sera efficacement surmontée que le jour où nous aurons détruit la légitimité politique à Ottawa dont nous laissons par défaut le PLC s\u2019affubler à notre détriment.Ils ont compris cela les organisateurs de la subversion qui cherchent à nous gagner de vitesse avec leur PROJET.Ils voient venir la minute de vérité où le Parti libéral du Canada croulera au Québec sous le poids de sa propre turpitude.Pour y parvenir vraiment, il faudra non seulement la puissante machine électorale du Parti québécois mais encore et surtout l\u2019intervention ordonnée des forces vives des classes ouvrière et populaires du Québec.Cela vaudra beaucoup mieux qu\u2019un vain duel des deux vedettes politiques québécoises.Ce vedettariat, projetant une image grossie de notre division sur la question nationale, sème le doute sur la réalité de notre vouloir vivre collectif.L\u2019indépendance nationale et la souveraineté étatique se réaliseraient par les classes ouvrière et populaires sans plus attendre les hésitants, victimes d\u2019un siècle d\u2019asservissement.Cette démarche démocratique s\u2019opérera bien sûr en coordination avec le gouvernement de la nation soucieux de démontrer à la communauté internationale qu\u2019aucun effort décent et même indécent n\u2019a été négligé pour tenter d\u2019infléchir un néo-colonialisme buté qui vient de nous signifier qu\u2019il faut se soumettre ou se démettre.Quant à nous, nous avons à nous commettre et vigoureusement, quel que soit le nombre et la célébrité des hésitants.Ceux-ci suivront ou, à l\u2019inverse, pourront encore s\u2019assimiler, s\u2019ils peuvent encore prêter foi aux fourbes d\u2019Ottawa. À LA COLLECTIVITÉ TRAVAILLEUSE DU QUÉBEC.765 Nous avons tout à gagner à bâtir enfin pour de bon le pays du Québec.1.\tLe Comité des cent présentait il y a quinze jours son manifeste initial aux organes d\u2019information.Pour l\u2019heure, ce comité semble regrouper surtout des militants sociaux ou syndicaux soucieux d\u2019éducation et d\u2019action politique.2.\tCanada HLQ pour Canada HORMIS LE QUÉBEC.Dans le présent texte, ce sigle HLQ veut précisément évoquer ces actuels comploteurs nocturnes comme leurs pareils d\u2019il y a onze ans qui manipulaient alors leurs marionnettes du FLQ.3.\tCf.: LE DEVOIR du 6 novembre 1981.Dans LE DEVOIR du lendemain, la CSN priait le gouvernement du Québec de démocratiser le débat constitutionnel en rendant public ce qui s\u2019est déroulé derrière des portes closes.Intervenant à la télévision le 10 novembre, Louis Laberge s\u2019opposait avec virulence à la proposition constitutionnelle de mobilité pan-canadienne de la main-d\u2019oeuvre.4.\tA cet égard, il y aurait intérêt à relire l\u2019ACTION NATIONALE d\u2019octobre 1981 qui en traitait sous le titre: LA CEQ CONTRE «L\u2019ENCHASSEMENT» DES DROITS LINGUISTIQUES.5.\tÉdition du 7 novembre 1981 en page B1 sous la manchette «Droits linguistiques \u2014 Le Québec ne sera pas exempté».Citation de Jean Chrétien ultérieurement démentie par un porte-parole du bureau du chef du gouvernement central.6.\tPremiers ministres des «junior governments» et du gouvernement central dans le vocabulaire «Canadian».7.\tMarché bilatéral, «Québec avec les Sept».Quant à l\u2019éventuel marché trilatéral «Ottawa-Québec-les Neuf», on en retrouve le jargon juridique pour l\u2019essentiel aux articles 7 (compétence exclusive d\u2019Ottawa) et 10 (Sénat et Cour suprême).À noter qu\u2019Ottawa non seulement n\u2019a pas signé l\u2019accord du 16 avril 1981 mais qu\u2019il s\u2019y oppose toujours.8.\t«A no vote will enable Québec to take its place at the negociating table» disait dans son bilinguisme la propagande référendaire des fédéralistes.Notre place, c\u2019était celle où ils nous présenteraient leurs nocturnes potions maléfiques.9.\tNos taxes québécoises payent à 100% notre sûreté du Québec.Nos taxes fédérales de québécois payent en outre pour la GRC dans son rôle de police provinciale dans le Canada HLQ.10.\tC\u2019est d\u2019ailleurs déjà amorcé avec cette «ouverture» insidieuse et démagogique: -il y a une -alliance- (c\u2019était une mésalliance) en train de se développer autour de la possibilité que nous essaierions penda nt deux ans d'améliorer la charte.» Une alliance entre le gouvernement du Québec et le gouvernement canadien avant un éventuel référendum pan-canadien.Ce projet «démocratique» a fait rigoler son promoteur avec une indécence satanique et aurait éfarouché les Neuf à les en croire.Mauvaise comédie! 11.\tLe droit de génocide contre le peuple québécois (PROJET PKA: art.6.(2): «Tout citoyen canadien et toute personne ayant le statut de résident permanent au Canada ont le droit: a) de se déplacer dans tout le Québec (-tout le pays-) et d\u2019établir leur résidence dans le Québec (-toute province-); b) de gagner leur vie dans le Québec- (-toute province-). 766 L\u2019ACTION NATIONALE 12.\tVoir note (4) ci-avant.13.\tRéf.: texte inédit de l\u2019auteur «consolidation économique centralisatrice à la Trudeau», étude sur les 12 thèmes de la conférence constitutionnelle de septembre 1980.14.\tIl y a bien l\u2019article 33 du PROJET TRUDEAU dont le champ d\u2019application se limiterait aux territoires non érigés en provinces et situés au nord du 60ème parallèle.Cet article 33 est supprimé du projet.15.\tDans LE DEVOIR du 13 novembre 1981 sous le titre: l\u2019isolement du Québec: mythe ou réalité.16.\tSi nous nous préoccupons de restaurer les droits aborigènes des Amérindiens, déclarait monsieur Trudeau en 1969, et bien qu\u2019arrivera-t-il des Français vaincus sur les plaines d\u2019Abraham?Ne devrions-nous pas restaurer leurs droits également?17.\tQuant au processus entier de l\u2019accession à la souveraineté, d\u2019excellents juristes ont édudié une profusion de scénarios.ANDRÉ-J.BÉLANGER PHILIPPE GARCEAU HÉLAINE BISSONNETTE avocats 5835 bout Léger Montréal-Nord H1G 6E1 323-9000\t\tJACQUES POITRAS YVES POITRAS Poitras, Larue, Rondeau Inc.courtiers en assurances 7190, bout St-Michel Bureau 101 Montréal H2A 2A5 376-1280 GUY BERTRAND, avocat\t\tPAUL CARRIER/ASSOCIÉS BERTRAND, OTIS, GRENIER\t\tingénieurs-conseils 42 tue Ste-Anne\t\t Bureau 200\t\t1594, de Salaberry Québec G1R 3X3\t\tMontréal H3M 1K1 692-3951\t\t336-0911 BRISSON, GUÉRIN\t\tBERNARD FAUTEUX & ASSOCIÉS\t\tnotaire comptables agréés\t\t 5835 bout Léger\t\t5835 bout Léger Bureau 200\t\tBureau 304 Montréal-Nord H1G 6E1\t\tMontréal-Nord H1G 6E1 323-8602\t\t326-3263 DESFORGES, GERMAIN\t\tLES TRADUCTIONS JANUS & ASSOCIÉS\t\tJeannine Bélanger, m a., I.th , ph.d Comptables agréés\t\t 210 bout Crémazle Ouest\t\t Bureau 2\t\t3185, rue Fendall Montréal H2P 2S4\t\tMontréal H3T 1N3 388-5738\t\t738-3125 Je me souviens par JEAN-D.ROBILLARD La devise du Québec en prend pour son rhume avec le flot d\u2019informations qui déferlent tous les jours dans les journaux, à la radio, à la télévision.Les nouvelles se succèdent à un rythme fou; les plus récentes bousculent les précédentes; puis les bulletins spéciaux ou les manchettes détrônent à leur tour ce qui retenait notre attention il y a un instant.Mais il faut faire une halte; nous voici à la croisée des chemins.Gens de mon pays, voulez-vous continuer à vivre comme Canadiens ou aspirez-vous à la souveraineté?Avant de décider définitivement, je vous invite à m\u2019accompagner dans un petit voyage dans le temps.L\u2019introduction visionnera à vol d\u2019oiseau, certains événements de l\u2019histoire du Québec depuis la conquête.Puis, dans une série d\u2019articles, nous constaterons ensemble le comportement du Fédéral face au Québec depuis plus de vingt ans.La culture, thème traité dans la première partie, sera suivie de l\u2019économie; les deux grands volets de la vie québécoise.Peut-on oublier le passé?On nous invite à oublier le passé et à jeter un regard plein d\u2019espoir sur un avenir meilleur; mais «Je me souviens».Les faits enregistrés depuis une vingtaine d\u2019années démontrent le véritable esprit des gouvernants «Canadians».On les a vus agir à leur naturel; ils ne prévoyaient pas la tournure des événements.Ils ne peuvent plus rien changer de leurs textes, de leurs affirmations, de leurs gestes; tout cela appartient à 768 L\u2019ACTION NATIONALE l\u2019histoire.Il est trop tard pour nous promettre que l\u2019on va changer les choses.Pourquoi ne l\u2019a-t-on pas fait avant?Il y a bien la troisième voie cautionnée par Jean-Luc Pépin; mais cela a eu l\u2019heur d\u2019irriter P.-E.Trudeau; ce qui en dit long sur la mesure des réformes qu\u2019Ottawa serait disposé à envisager.Il y a eu le «Non» qui voulait dire un «Oui» lors du référendum et la promesse d\u2019un Canada renouvellé à l\u2019avantage du Québec.On se souvient du slogan publicitaire tiré par les avions dans le ciel bleu québécois: «On vous aime».Après ce qui s\u2019est passé, on se demande comment nous aurions été traités si on nous avait détestés! On a constaté lors de la tractation nocturne du 5 novembre 1981, la vile tromperie des provinces anglophones canadiennes.On a expérimenté une fois de plus, la mauvaise foi du gouvernement central supporté par le silence approbateur de la presque unanimité de nos députés fédéraux québécois.Pourquoi tient-on tellement à garder le Québec dans le Canada?Pour nos beaux yeux?Pourquoi continuer à faire partie d\u2019une équipe où l\u2019on vote à 10 contre 1?Comment se fait-il qu\u2019avec toute la logique d\u2019une véritable confédération, le Québec ne peut jouir de tous les attributs de la souveraineté indispensables à l\u2019affirmation culturelle de son peuple?Comment expliquer que des intérêts économiques exploitent les Québécois à un point tel que leur niveau de vie se situe au dix-huitième rang des pays du monde?Pourquoi a-t-on utilisé la peur auprès des Québécois; la peur de l\u2019inconnu, la peur de l\u2019armée, la peur de la violence, la peur qu\u2019on enlève «les gérants de Caisse Populaire», la peur d\u2019avoir peur et surtout la peur de perdre le confort, la richesse, le travail?Pendant ce temps, on oubliait les injustices, le chômage, la misère subtilement créés et entretenus par ceux qui désirent tellement nous garder à leur service; ce qui surprend c\u2019est qu\u2019après ces dizaines d\u2019années d\u2019exploitation, de mépris, quelques concitoyens craignent encore de s\u2019en sortir.Ce n\u2019est pas P.-E.Trudeau, ni Joe Clark, ni Ed.Broadbent ni personne qui peuvent nous affirmer ce que sera l\u2019avenir; mais ce dont nous sommes certains, c\u2019est du passé.Et le passé, dit-on, est garant de l\u2019avenir; ce n\u2019est guère rassurant JE ME SOUVIENS 769 pour le Québec s\u2019il ne change d\u2019aiguillage.Or quel est-il ce passé?Le voici.Quelques jalons de l\u2019histoire du Québec «Je me souviens» de la conquête, 1763; des Patriotes, 1837-1838; du 15 novembre 1976.«Je me souviens» des batailles qu\u2019il a fallu livrer pour éviter l\u2019assimilation.«Je me souviens» de la pauvreté, de la misère que notre peuple a dû subir à cause des violences économiques sélectives de la part du grand frère à Ottawa.«Je me souviens» des violences physiques, lors de la crise d\u2019octobre, des violences linguistiques occasionnées par les batailles des gens de l\u2019air et par celles des communications.«Je me souviens» des joyeuses aventures de la G.R.C.«Je me souviens» du coup de théâtre de la Brink\u2019s, de la maison d\u2019affaire Lafferty.«Je me souviens» lors des élections de 1970, des listes électorales tripotées, des votes illégaux, des calomnies à jet continu pour faire peur au monde, dans le Suburban.«Je me souviens» de la confusion volontairement diffusée dans les média entre l'action démocratique d\u2019une part et la subversion, le terrorisme, d\u2019autre part.«Je me souviens» de l\u2019insurrection appréhendée démesurément grossie par les autorités fédérales et provinciales qui étaient les seules à posséder tous les renseignements.«Je me souviens» des messages qui provenaient supposèrent du F.J.Q., messages incitateurs de violences, de haine, dans une période où il aurait fallu calmer l\u2019excitation plutôt que de la mener jusqu\u2019à l\u2019hystérie.«Je me souviens» de.Bon, commençons par le commencement.Nous nous limiterons en très grande partie au territoire québécois et nous débuterons aux environs de la Conquête. 770 L'ACTION NATIONALE 1758 La dispersion des Acadiens est terminée.Plusieurs de ces malheureux exilés commencent à atteindre le Québec après avoir parcouru, dans la misère la plus grande, des milles et des milles à travers les bois.Le 26 février, on écrit: «Le peuple périt de misère; les Acadiens réfugiés ne mangent depuis quatre mois que du cheval et de la morue sans pain.Il en est déjà mort plus de trois cents.» 1763 C\u2019est la Conquête.Après s\u2019être battus, Français et Anglais négocient.Les premiers acceptent l\u2019autorité britannique et exigent en retour des conditions qui protégeront la croissance de leur collectivité; les seconds approuvent cette entente avec le désir à peine voilé que tôt ou tard, les «Canadiens» s\u2019assimileront aux vainqueurs.Dans les faits, ce fut tout autre chose, comme nous le verrons par la suite.Gouvernement militaire, serment du test, tout cela contribue à pousser nos ancêtres hors des sphères du pouvoir et de l\u2019administration.1774 L\u2019Acte de Québec.Par cet Acte, l\u2019Angleterre reconnaît le droit français et l\u2019usage de la langue française; ce qui n\u2019empêchera pas cependant, dans les faits, le Gouverneur conquérant, d\u2019exiger qu\u2019on ne lui parle toujours qu\u2019en anglais.L\u2019exemple venant de haut, on peut deviner sans peine qu\u2019il est suivi par la très grande majorité; autrement dit, on ne comptait plus les transgressions à ce règlement tant elles étaient monnaie courante.1791 Pendant les trente premières années de domination, les «Canadiens» n\u2019avaient d\u2019autre choix que celui de se soumettre devant le vainqueur.L\u2019injustice commence à s\u2019installer au Québec; même si dans la législature du Bas-Canada les représentants des électeurs canadiens-français forment la majorité, au Conseil législatif et au Conseil exécutif, les porte-parole officiels des francophones sont toujours minori- JE ME SOUVIENS 771 taires.Or c\u2019est là que se prépare le budget! C\u2019est peut-être pour cela que Lionel Groulx appelait ce premier parlement québécois, une fiction.1793 L\u2019impérialisme anglais et les exactions des aventuriers que Londres déverse en masse sur les rives du Saint-Laurent font vite comprendre à nos ancêtres qu\u2019il ne sont plus les maîtres de leurs destinées.C\u2019en est trop.Ils perdent patience en résistant armes à la main.Peine perdue.À partir de ce moment apparaît la mentalité caractéristique du colonisateur et celle du colonisé.Celui-là se considère supérieur, plus entreprenant, plus digne d\u2019assumer le leadership politique et économique du pays.D\u2019autre part, le colonisé ne va plus à l\u2019école, il s\u2019occupe d\u2019agriculture; il essaie de sauver sa langue et sa culture; il commence à se sentir inférieur.Ces réactions, on les a retrouvées à travers l\u2019histoire un peu partout dans le monde.Nous n\u2019y avons pas échappé.1826 La conduite arbitraire de Dalhousie atteint l\u2019apogée de sa violence.Le Parlement est dissout après un insolent discours du Gouverneur.1834 Depuis plus de 70 ans, les représentations législative et exécutive sont toujours disproportionnées: les Francophones encore injustement minoritaires.On essaie de mettre fin à cette situation par le refus de se joindre aux révolutionnaires américains en échange de l\u2019obtention d\u2019un gouvernement responsable aux Canadiens-Français.Rien à faire, le marchandage est refusé.Alors le Parti Patriote vote 92 résolutions qui n\u2019avaient pour but que d\u2019assurer la survivance des Francophones.Londres répond: non.Suite à cet échec, Louis-Joseph Papineau suggère de passer à l\u2019action non violente en boycottant les banques contrôlées par les marchands anglais. 772 L\u2019ACTION NATIONALE «Le moyen le plus efficace et le plus immédiat qu\u2019aient les Canadiens de se protéger contre les fureurs de leurs ennemis, est de les attaquer dans leur plus chère affection, celle du gain; dans leur plus fort retranchement, les Banques.» (L.-J.Papineau, 1834).Là encore, c\u2019est un échec.1836 6\tnovembre: Les Britanniques du Doric Club de Montréal attaquent sauvagement un groupe de jeunes patriotes, «Les Fils de la Liberté» qui sortaient d\u2019une réunion, rue Saint-Jacques; puis ils saccagent l\u2019imprimerie du «Vindicator», journal favorable aux Patriotes.Déçus, incapables de corriger la situation, nos ancêtres ne crurent plus au fair-play britannique ni à la supposée bonne foi des conquérants qui avaient utilisé tous les moyens pour pousser les Canadiens-Français au geste de désespoir de la rébellion de 1837.1837 7\tmai; Déclaration des Patriotes à Saint-Ours: «Cependant, comme notre argent public dont ose disposer sans aucun contrôle le gouvernement métropolitain, va devenir entre ses mains un nouveau moyen de pression contre nous, nous regardons comme notre devoir, comme de notre honneur de résister par tous les moyens actuellement en notre possession à un pouvoir tyrannique.» 1837 14 décembre: L\u2019appel aux armes reste pratiquement sans réponse.À part la victoire de Saint-Denis, c\u2019est l\u2019écrasement de nos quelques poignées de paysans armés plus souvent de fourches et de bâtons que de fusils.Le docteur Chénier et la plupart des 200 Patriotes retranchés dans l\u2019église, le couvent et le presbytère de Saint-Eustache trouvent la mort; 1 200 Britanniques avaient donné l\u2019assaut sous les ordres de Colborne. JE ME SOUVIENS 773 1838 Le Vieux Brûlot passe à l\u2019action et nous montre à sa façon à lui comment éduquer un peuple politiquement! La population eut à subir une répression atroce de la part de l\u2019armée anglaise.12 patriotes furent pendus.2 076 emprisonnés.80 déportés en Nouvelle-Angle terre, en Louisiane, aux Bermudes, en Australie et en Angleterre.Des dizaines de morts et de blessés à Lacolle, à Saint-Denis, à Saint-Eustache, à Napierville.Et le feu, le feu partout, aux maisons, aux granges, de Laprairie à Saint-Hermas en passant par Saint-Charles sur le Richelieu.L\u2019autorité politique passe alors définitivement aux mains des Anglophones.C\u2019est à partir de ce moment que les «Canadiens» que nous étions apprirent à devenir des Canadiens-Français.1839 Suite aux troubles de 1837, Lord Durham rédige son rapport qu\u2019il expédie à Londres: «Cela ne doit pas nous surprendre que dans de telles circonstances, ils (les Canadiens-Français) demeurèrent sous les mêmes institutions le même peuple ignorant, inactif et stationnaire.» 1840 L\u2019année de l\u2019humiliation.Nos ancêtres, jusqu\u2019à cette date, n\u2019avaient pas douté un seul instant du risque de leur survie comme peuple francophone en terre d\u2019Amérique.La défaite de 1760 n\u2019était qu\u2019un accident de parcours.Nul n\u2019était inquiet pour la défense de sa langue, de sa religion, de ses droits.Mais la cuisante déroute des Patriotes ouvre les yeux à plusieurs d\u2019entre eux.Pour la première fois se profile le danger de l\u2019assimilation puisqu\u2019on abolissait alors le droit des Canadiens-Français à un gouvernement distinct.1841 L\u2019Acte d\u2019Union réduit les Canadiens-Français à une minorité impuissante.Lord Gosford lui-même (déclare que cette mesure est «des plus injustes et des plus tyranniques.» Dans la même envolée, il continue: «Vous donnez à 300 000 ou 774 L\u2019ACTION NATIONALE 400 000 âmes la même représentation qu\u2019au Bas-Canada qui a une population d\u2019au moins 700 000 âmes! De plus, vous imposez à l\u2019Union la dette du Haut-Canada qui dit-on, excède un million de louis, à une province qui n\u2019a presque aucune dette.Peut-il y avoir rien de plus arbitraire, de plus déraisonnable?» D\u2019ailleurs les représentants de l\u2019Opposition officielle à la Chambre des Lords de Londres soulignent cette «écoeurante-rie»; O\u2019Connell et W.S.O\u2019Brien affirment que cet Acte sanctionne l\u2019inégalité de la représentation du Bas-Canada.Lord Ellenborough qualifie l\u2019Acte d\u2019Union de «mesure la plus frauduleuse et la plus injuste qui eut jamais été présentée au Parlement.Si l\u2019on veut priver les Canadiens-Français d\u2019un Parlement représentatif, il vaudrait mieux le faire d\u2019une manière ouverte et franche, que de chercher à établir un système permanent de gouvernement sur une base que le monde entier s\u2019accorde à qualifier de fraude électorale.» Très prudent, nos chefs politiques: Lafontaine, Morin et Cartier deviennent fort dociles.1845 Étienne-Pascal Taché, député de L\u2019Islet, prouve par des faits et des chiffres que le «Bas-Canada a été sacrifié depuis l\u2019Union aux intérêts du Haut-Canada et qu\u2019il n\u2019a pas reçu sa part des deniers publics; que les districts de Gaspé et de Québec ont été privés de toute amélioration.» (Information Nationale, 23 septembre 1978).1849 Un groupe de mutins anglais de Montréal incendient le parlement de l\u2019Union en guise de protestation contre une loi qui dédommageait les victimes de la politique de terre brûlée pratiquée par le général Colborne.Le Parlement fédéral déménage alors ses pénates à Kingston puis à Ottawa.1864 7 novembre: Antoine-Aimé Dorion publie un manifeste.Il y dénonce ce semblant de fédéralisme «qui n\u2019accorde aux JE ME SOUVIENS 775 provinces aucun pouvoir réel puisque le gouvernement central peut désavouer leurs lois.» Plus loin, monsieur Dorion continue: «Certains magnats ont un chemin de fer à vendre de l\u2019Atlantique au Pacifique.C\u2019est leur idée et non celle du peuple! Bien sûr, le Canada-Ouest appuie totalement la Confédération puisqu\u2019elle assure le développement de l\u2019Ontario au détriment du Québec.Macdonald et Cartier le savent.C\u2019est pour cela qu\u2019ils refusent systématiquement qu\u2019il y ait un référendum sur la question.» 1867 La Confédération ou l\u2019art de placer les Francophones dans un état de minorité définitive.Les «Canadians» s\u2019approprient sans aucune contestation possible l\u2019administration politique et économique du Canada.Au Québec, la minorité anglophone impose sa langue à la majorité et s\u2019assure le contrôle d\u2019un certain nombre de comtés protégés.La puissance économique des Anglo-québécois est appuyée inconditionnellement par Ottawa; ainsi cette caste dominante du Québec devait donner naissance au monde des affaires de la nie Saint-Jacques et aux influences plus ou moins occultes perçues à toutes les élections supposément démocratiques de notre province.Enfin, ce gouvernement central anglophone a laissé les provinces anglaises brimer les Francophones hors Québec, abolir leurs écoles et les assimiler.1870 Les résultats des politiques budgétaires absolument néfastes pour les Francophones, ne se font pas attendre: 500 000 des nôtres émigrent aux États-Unis.1885 Exécution de Louis Riel.Pendant ce temps, au Québec, le jeu de l\u2019immigration fait son apparition; les Québécois ont rapidement compris les buts de cette politique d\u2019immigration massive adoptée par Ottawa; mais ils ne peuvent rien faire pour la modifier. 776 L\u2019ACTION NATIONALE 1886 Honoré Mercier lutte avec acharnement pour la défense de nos droits.1890 Le lieutenant-gouverneur du Québec, monsieur Louis Jetté, explique au Comte de Paris de passage à Québec, la devise de notre province «Je me souviens»: «.notre peuple a prouvé au monde entier qu\u2019un siècle de vicissitudes et de luttes parfois sanglantes, n\u2019ont pu ni l\u2019entamer, ni l\u2019amoindrir, ni même ralentir son merveilleux développement.» Tiens, en 1890, on parlait déjà «d\u2019un siècle de vicissitudes et de luttes!» 1896 Le Québec mène la bataille pour exiger le rétablissement des droits des Franco-Albertains.Le gouvernement de cette province vient d\u2019abolir ses écoles françaises malgré les Francophones qui y constituent encore le tiers de la population.C\u2019est un échec.Ottawa cède devant la majorité anglaise.1905 Même scénario avec la Saskatchewan.1911 C\u2019est au tour de l\u2019Ontario.Le manège se répète.1917 La loi de la conscription lors de la Première Grande Guerre démontre que la population québécoise n\u2019a pas un mot à dire ni le droit de se poser des questions quand Ottawa parle.Il y a émeute à Québec; des hommes sont tués, d\u2019autres blessés.1920 Depuis cette décennie jusqu\u2019à nos jours, les Québécois réclament en vain le respect de la constitution canadienne.Chaque année, Ottawa s\u2019ingénie à étendre sa compétence sachant bien que la centralisation des pouvoirs lui permet de JE ME SOUVIENS 777 mieux diriger la démocratie québécoise.Tantôt, Ottawa empiète dans le domaine du revenu; tantôt, il prétexte le mieux-être de tous les Canadiens pour augmenter ses pouvoirs dans les champs du social, de la culture et de l\u2019éducation même si la constitution délègue clairement ces domaines aux paliers provinciaux.Chaque fois que les Québécois ont tenté de secouer le joug, ils ont été vite rappelés à l\u2019ordre.1942 90% des Francophones du Québec refusent de relever le gouvernement King des promesses qu\u2019il leur avait faites.Tous les partis politiques s\u2019étaient engagés solennellement envers nous, Québécois.Il s\u2019agissait de la conscription de la population lors de la Deuxième Grande Guerre.Leur vote massif est ignoré: pourquoi?parce que 80% des Anglophones du Canada votent en faveur.1944 Maurice Duplessis s\u2019engage dans la lutte pour la préservation de notre autonomie.1950 Le groupe du Père Georges-Henri Lévesque et ceux que polarise Pierre Trudeau dans Cité Libre, amorcent la conscientisation des Québécois.1956 L\u2019enquête Tremblay (1953-56) amène les citoyens à s\u2019interroger sur le fédéralisme, la fiscalité et l\u2019avenir des Franco-Québécois.1960 Le combat semble s\u2019amorcer pour de bon.L\u2019équipe du tonnerre de Jean Lesage devait donner naissance, par certains de ses éléments et le rassemblement d\u2019autres mouvements déjà existants, au Parti Québécois.C\u2019est à partir de ce moment que le terme «Canadien-Français» est remplacé petit à petit par celui de «Québécois». 778 L'ACTION NATIONALE 1967 Daniel Johnson continue la lignée des défenseurs de nos droits avec son «Égalité ou Indépendance».1970 24% des Québécois veulent se donner un gouvernement qui les sortira une fois pour toute de cette ornière; mais, grâce à la G R C, on ne tarde pas subtilement à les confondre avec les terroristes d\u2019octobre.1976 15 novembre: Le peuple a parlé.1977 22 novembre: L\u2019écrivain montréalais Mordecai Richler admet enfin que les Québécois francophones ont été victimes de certains torts et il blâme certains Anglophones du Québec d\u2019avoir attiré la loi 101 «en refusant furieusement d\u2019apprendre le français.» Et l\u2019histoire se continue.Dans un prochain article, nous présenterons la première partie de cette série, première partie qui traitera de la culture québécoise; nous soulignerons plus spécifiquement dans un premier temps la politique d\u2019assimilation du gouvernement d\u2019Ottawa. Réflexions sur l\u2019an 1981 par JEAN GENEST 1-\t1981 fut une année fertile en événements et en changements.Le changement le plus important concerne M.Rosaire Morin qui, depuis septembre, est devenu directeur de la revue.Jean Genest, après 23 ans à la revue, en reste l\u2019administrateur.2-\tLe budget total de la revue est passé de $53,000 en 1980 à près de $63 000 en 1981.Le prix de l\u2019abonnement est passé à $25., et malgré cela, sous l\u2019énergique impulsion de M.Rosaire Morin, les abonnements ont augmenté.Ce n\u2019est pas une vague de fond mais une adhésion continue dans tous les milieux, surtout dans les milieux étudiants.3-\tLa situation financière de la revue est encore précaire car sur les douze mois de l\u2019année courante, huit ont enregistré un déficit.La montée des prix à l\u2019imprimerie et au courrier mange une bonne partie de nos gains.4-\tSi la revue n\u2019avait reçu en don la somme de $8 500 de la part de la Fondation Minville et la somme de $8 650 de la part de ses annonceurs, nous pourrions nous demander si la revue pourrait continuer à survivre.Sans oublier un $3 200 en dons purs et simples à la revue de la part de nos lecteurs qui manifestent leur appréciation et leur appui de cette façon solide et efficace.5-\tNous avons connu trois grandes dépenses qui ont obéré notre budget mais qui nous ont laissé fort satisfaits devant l\u2019oeuvre accomplie.Il s\u2019agit du lancement de l\u2019excellent volume de M.John Grube qui, si les ventes continuent à ce 780 L\u2019ACTION NATIONALE rythme, et si le ministère des Affaires culturelles encourage l\u2019édition, nous laissera capable d\u2019entreprendre d\u2019autres publications.6-\tIl s\u2019agit aussi des télégrammes envoyés à nos députés d\u2019Ottawa et de notre Mémoire à la Commission parlementaire de l\u2019Assemblée nationale à Québec sur le rapatriement de la constitution canadienne de 1867.En éditorial, nous avons traité nos députés fédéraux de zéros et zéros.Cela touchait l\u2019aspect culturel et la somme d\u2019efficacité de ces fantoches.Le 8 octobre 1981, la Ligue d\u2019Action nationale parlait de leur acte de «trahison» envers le Québec.Le 4 décembre 1981, la SSJB de Montréal les désignait comme des «traîtres».Nous dépassions alors l\u2019élément culturel pour en arriver à une affirmation de notre identité en disant bien haut ce que nous ne pouvions pas fame ou être! Il y a des mots qui sont nécessaires dans le vocabulaire de toute nation, sans cela il ne serait plus possible d\u2019appeler un chat, un chat ou une dinde, une dinde.7-\tDans le même temps (février 1981) nous remettions notre Mémoire à la Commission parlementaire de l\u2019Assemblée nationale (Québec).Ce Mémoire avait été proposé quelque temps avant M.Kershaw, lors président du Comité des Affaires extérieures du Parlement britannique, qui présenta les mêmes arguments.Remarquable coïncidence.8-\tFinalement M.François-Albert Angers, récipiendaire du Prix du Québec (Gérin-Lajoie), méritait bien une fête qui réunit ses amis et les professeurs des Hautes Études Commerciales.9-\tNous avons ajouté un mémorable voyage en Acadie et en Gaspésie où nos gens ont «découvert» les Acadiens, leur histoire et leur situation présente dans les trois provinces Maritimes.Voyage inoubliable qui sera à reprendre.10-\tNous avons complété cette série d\u2019événements par un banquet à l\u2019Université de Montréal (24 octobre) où M.Roger Duhamel nous présenta une merveilleuse synthèse du problème de la constitution canadienne, avant le coup de jarnac des provinces anglo-canadiennes qui se soumirent à M.Trudeau.Cette journée si instructive, pour la première fois RÉFLEXIONS SUR L\u2019AN 1981 781 dans les vingt dernières années de l\u2019Action nationale, nous laissa avec un déficit.Nous espérions 800 personnes: il en vient 200.Nous n\u2019arrivons pas encore à nous expliquer cela surtout quand nous nous rappelons qu\u2019en 1980, notre souper au Windsor réunit 700 personnes.Ainsi va la vie, avec ses hauts et ses bas.11-\tAvant longtemps se fera sentir l\u2019impulsion nouvelle apportée par M.Rosaire Morin.Il a renouvelé les cadres de la rédaction donnant ainsi à la revue un statut «universitaire» de plus en plus assuré.C\u2019est d\u2019abord de l\u2019«intelligentsia» à penser et orienter l\u2019indépendance du Québec qui est à se faire ou qui est en devenir.Et bientôt, par les annonces, il améliorera les finances de la revue.Cette amélioration, à son tour, entraînera plus de lecteurs et des percées décisives, surtout vers les jeunes, par la création des Clubs de la République (dont la revue parlera plus tard).12-\tEn résumé, 1981 fut une bonne année, active et créatrice.1982 promet d\u2019être une année encore meilleure dans son rayonnement et son prestige.Que nos lecteurs continuent à apporter leur appui à LEUR revue! 782 S\u2019ATTAQUER AUX VRAIS PROBLÈMES DU QUÉBEC «LE GROS BON SENS» Ce volume de 260 pages reproduit 70 éditoriaux écrits par Rosaire Morin et parus dans le Journal des Affaires en 1979-1980.Les opinions exprimées traitent de l\u2019homme d\u2019affaires, des entreprises, des coopératives, des impôts, des marchés extérieurs, de l\u2019immigration, des taux d\u2019intérêt, de l\u2019inflation, de la gestion publique, etc.De lecture facile, ce livre peut être profitable à quiconque croit que
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