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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1995-04, Collections de BAnQ.

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[" j'en ai assez de vivre dans ce pays des uns à ta sueur des autres I/AcÉ ion Volume LXXXV, numéro 4, avril 1995 IRRÉCONCILIABULES PAR PIERRE PERRAULT Les photographies: Les deux caribous Le père Abel Le boeuf musqué Le couple d\u2019indiens Marie Tremblay Le vieux défricheur Les deux boeufs musqués Le bâteau échoué Bernard Gosselin Michel Brault Pierre Perreault Pierre Perreault Pierre Perreault Serge Giguère Martin Leclerc Pierre Perreault L\u2019Action nationale 1SSN-0001-7469-ISBN-2-89070 Dépôt légal : 2e trimestre 1995 Bibliothèque nationale du Québec TABLE DES MATIÈRES Volume LXXXV, numéro 4, avril 1995 451 Le Québec, une province ou un pays?Rosaire MORIN 456 459 462 469 480 520 Où est le danger?Marcel SOUCY Déclaration de souveraineté Confédération des syndicats nationaux L\u2019avant-projet de loi Rodrigue TREMBLAY Nouveau départ entre juifs et francophones Jacques LANGLAIS La décentralisation.et la régionalisation Pierre GRAVELINE À travers l\u2019actualité Rosaire MORIN 537 540 539 \u201cThe Secession of Quebec and the Future of Canada\u201d de Robert A.Young par Denis MONIÈRE \u201cL\u2019expérience canadienne des origines à nos jours\u201d de Jean-Paul Couturier par Laurence LAMBERT Nos annonceurs 449 Irréconciliabules Pierre PERRAULT Québec, une province oiMir^jDays^ Daniel Johnson fils désire que le Québec demeure une province.Il croit encore à l\u2019illusion des deux peuples fondateurs.Il rêve.Il rêve à l\u2019égalité.Ignore-t-il que le gouvernement fédéral a maintenu une politique d\u2019immigration qui a noyé et qui immerge encore l\u2019élément français dans une mer anglophone?Les Néo-Canadiens, venus de tous les pays, ont choisi la langue anglaise.Leur assimilation au groupe anglo-saxon brise l\u2019équilibre des forces entre les deux peuples fondateurs.Une mésentente séculaire Daniel fils ignore-t-il qu\u2019une mésentente séculaire existe entre Britanniques et Français?entre Canadiens-Anglais et Canadiens-Français?Depuis 1760, les deux peuples cohabitent.Les Anglais ont un pays et les Français une province.La «bonne entente» n\u2019a jamais existé.Les deux peuples n\u2019ont pas réussi à se comprendre, à se connaître.Le vainqueur tolère le fondateur.La victime, conquise par les armes et réunie de force par un pacte impérial, est assujettie à la volonté du conquérant, même dans sa réserve, dans son habitat québécois.Trop de malentendus ont été accumulés pour qu\u2019il soit possible de vivre plus longtemps dans la même maison.Daniel fils est affolé.L\u2019espoir de sauver le Canada est illusoire.À l\u2019ombre du drapeau canadien, les Québécoises et les Québécois ne peuvent plus affirmer leur personnalité ou leur identité distincte.Au 451 pays de Jean Chrétien, il n\u2019y a de place que pour un peuple canadien.En cette fin du XXe siècle, seule la culture canadienne aura droit de cité.L anglais sera la langue du reste du Canada.De gentilles petites cultures seront tolérées dans le paysage, ici et là, parsemées avec leur folklore et leurs souvenirs.Daniel fils est naïf.La culture française est reléguée dans la pénombre du multiculturalisme.Les coupures bêtes et méchantes du ministre Martin frappent de plein fouet l\u2019épanouissement culturel.Le dernier budget fédéral réduit de 700 000 000$ l\u2019aide à la culture.Radio-Canada est presque démantelée, disséquée par morceaux.La société Téléfilm est réduite, rationnée.L\u2019Office national du film est désintégré, démoli.Le Conseil des Arts se départit de 17 500 oeuvres canadiennes contemporaines.C\u2019est la débâcle, la débandade.Daniel fils est mythomane.Le Canada est en banqueroute, sous le poids d\u2019une dette éléphantesque.Si le trait d\u2019union de la culture s\u2019effondre, le pays va se disloquer plus rapidement.La démolition est entreprise.Les réseaux de chemin de fer sont rognés de semaine en semaine.Le Canadien National est mis en vente.Les actions de Pétro-Canada seront adjugées au premier preneur.Le système de navigation aérienne de Transports Canada sera offert à l\u2019entreprise privée.L\u2019Imprimeur de la Reine fermera ses portes.Le gouvernement Chrétien poursuit l\u2019oeuvre de démolition entreprise par les conservateurs qui avaient privatisé une quarantaine de sociétés.Daniel fils est hypnotisé.Il ne voit pas que le gouvernement fédéral est aux frontières de l\u2019illégitimité et de l\u2019illégalité.Ottawa a constamment outrepassé les pouvoirs que la constitution lui avait reconnus.Il a envahi les champs de compétence provinciale.Par le coup d\u2019Etat de 1982, il a réduit le Québec au statut d\u2019une province comme les autres.Quelques «arrangements administratifs» seront consentis à l\u2019occasion.Mais rien de plus qu\u2019à l\u2019île-du-Prince-Édouard.Il ne sera plus jamais question d\u2019accorder des pouvoirs spéciaux au Québec.Le fédéral est devenu un gouvernement unitaire, d\u2019inspiration britannique, avec une colonie: le Québec bilingue franglais.La colonie jouit de quelques libertés consenties bon gré mal gré par la majorité anglo-saxonne.En acceptant le statu quo, Daniel fils trahit l\u2019héritage intellectuel de son père.452 L\u2019impossible Canada Daniel fils est libéral.Il croit que la Confédération est étemelle.Pourtant, Bourassa, le grand, avait annoncé le démembrement du Canada.La géographie et l\u2019économie, disait-il, s\u2019opposaient à l\u2019idée d\u2019un pays soudé par un axe est-ouest.Cette frontière qui va du Cap-Breton à Victoria lui semblait artificielle.La Colombie-Britannique, plus lointaine du Québec que l\u2019Europe, prolonge les Rocheuses américaines en les embellissant.Les provinces des Prairies parachèvent les plaines du Montana et des Dakota.Winnipeg est coupée de Toronto par la mer intérieure du lac Supérieur.Une bonne partie de l\u2019Ontario est rattachée au Minnesota.L\u2019identité même de l\u2019Ontario s\u2019est transformée et devient agressive sous la double pression de l\u2019immigration et du multiculturalisme.A l\u2019extrême Est, les provinces Maritimes sont isolées dans leur péninsule et dans leurs îles.Daniel fils a perdu le nord.Il oublie que les dix provinces canadiennes ressemblent à une fiction.Il serait souhaitable que le Canada anglais s\u2019organise en tenant compte des réalités géographiques, sociales et économiques.Les divergences d\u2019intérêts et d\u2019identité sont si profondes d\u2019une région à l\u2019autre qu\u2019une structure centraliste conduirait éventuellement à une autre dislocation politique.Dans ma boule de cristal, j\u2019aperçois quatre Etats souverains.La Colombie et l\u2019Ontario seraient la Norvège et la Finlande de l\u2019Amérique, deux pays à niveau de vie élevé.Les Prairies et les Maritimes connaîtraient le destin plus modeste de l\u2019Estonie et de la Lettonie.Au nord des Etats-Unis, on retrouverait la Scandinavie américaine.L\u2019idée de l\u2019indépendance Daniel fils a peur.Il sait que le Québec deviendra indépendant.Pour les Québécoises et les Québécois, désignés jadis sous le vocable Canadien-Français, l\u2019indépendance est une évolution normale, naturelle.Elle est le fil conducteur de l\u2019histoire.Sous le régime français, les «Canadiens» (c\u2019était notre premier nom) constituaient le premier des peuples américains et le pays, la Nouvelle-France, était plus autonome que les provinces du Royaume de France.Daniel fils a perdu la mémoire.Rappelons-lui le cheminement de l\u2019idée de l\u2019indépendance.Après le traité de Paris, nos Pères durent subir la politique assimilatrice des vainqueurs.L\u2019histoire des deux 453 derniers siècles démontre un désir continu d\u2019émancipation politique.Notre peuple a lutté pour obtenir la charte de 1774 qui consacrait les principes de la liberté nationale.La victoire de l\u2019Acte de 1791 confirmait l\u2019existence de la nation québécoise ou canadienne-française sur le territoire septentrional de l\u2019Amérique du Nord.L\u2019action des Patriotes était une guerre d\u2019indépendance pour défendre des droits.Malgré un gouvernement d\u2019Union imposé pour l\u2019asservir, le peuple québécois résiste.Il réclame.Il revendique.Il arrache les droits juridiques de sa liberté avec l\u2019avènement d\u2019un gouvernement responsable.Sous le régime de la Confédération, l\u2019idée de la souveraineté grandit au rythme des invasions fédérales dans les compétences provinciales.Daniel fils n\u2019est pas réaliste.Dans l\u2019histoire des peuples, l'idée d\u2019indépendance se concrétise lorsque l\u2019économie et les institutions le permettent.L\u2019évolution des nations vers la souveraineté ne se fait pas au hasard.Elle exige notamment l\u2019existence d\u2019un mouvement séparatiste qui jouit de la faveur populaire.Cette condition est remplie.La majorité des Francophones québécois croient maintenant qu'il est trop tard pour sauver le Canada.Un Québec souverain prendra naissance aux côtés du colosse américain.Il y a bien une Suède dans l\u2019ombre de la Russie.Daniel fils est bloqué.La séparation du Québec aura lieu, dans un an ou dans dix ans.Elle se réalisera.Rien ne pourra arrêter l\u2019évolution politique.Les Chrétien et Johnson peuvent peut-être la retarder.Mais la course à l\u2019indépendance est irréversible.La souveraineté est indispensable à l\u2019organisation de notre vie sociale, à l\u2019affirmation de notre identité nationale et au développement de notre économie.L\u2019amour de la liberté n\u2019est pas prêt de décroître.Il est si profondément enraciné dans notre âme que les Johnson et Bélanger ne pourront se maintenir au pouvoir sans partager notre espérance.Le salut des minorités Daniel fils est colonisé.Il s\u2019inquiète de ce que deviendront les minorités françaises du Canada anglais.Il faut dissiper ces angoisses.Seul un Québec souverain permettra à de nombreuses communautés francophones de survivre.Elles trouveront en nous un appui précieux et puissant.Le jour où elles pourront s\u2019adresser, non plus à une réserve, mais à un pays autonome et respecté, elles jouiront 454 d\u2019une aide réelle.La francophonie nord-américaine viendrait de naître.Daniel fils est inconséquent.Soyons franc jusqu\u2019au bout.La mort de la Confédération sera un second souffle pour nos compatriotes hors Québec.Alors, leur survivance sera plus assuré que dans le régime actuel.Au Canada anglais, au recensement de 1986, on dénombrait 1 856 330 Canadiens d\u2019origine française; 945 800 de langue maternelle française; 672 470 de langue française à la maison.Dans huit des neuf provinces, le déclin du français est évident.Les Francophones n\u2019ont pas encore la gestion de leurs écoles.Depuis 128 ans, à peine le tiers des Francophones hors Québec peuvent étudier en français.Et le Canada anglais évolue vers le cosmopolitisme et non vers le respect des deux peuples fondateurs.La rupture est accomplie Daniel fils n\u2019accepte pas que la rupture est accomplie.La majorité des Francophones québécois ont choisi de se donner un pays.La minorité britannique pourra peut-être tenir la majorité en otage pendant quelque temps.L\u2019indépendance sera bientôt proclamée.Il n\u2019est plus possible de sauver la Confédération.Sa dislocation est irréversible.La marche du peuple est irrésistible.Le drapeau de la liberté flottera bientôt à l\u2019Assemblée nationale.Ayant accepté la sécession, à plus ou moins longue échéance, les Québécoises et les Québécois se préparent à assumer la pleine responsabilité de leur destin.Déjà, les aspirations populaires créent un climat de fierté nationale.La fierté stimule l\u2019amour du travail bien fait, le sens de l\u2019entraide et le désir de l\u2019excellence.Dans ce contexte, l\u2019indépendance améliorera les conditions de vie des Québécoises et des Québécois.C\u2019est pour vivre dans un monde meilleur que l\u2019indépendance est réclamée.Rosaire MORIN L\u2019AVENIR DU QUÉBEC-LE QUÉBEC DE L\u2019AVENIR Où est le danger?Où est le risque?D\u2019où vient la peur?Sortir de chez soi: Se tenir debout, au grand jour.Dire qu\u2019on aime assez le Québec Pour en faire son pays, sa patrie.Où est le danger?Où est le risque?D\u2019où vient la peur?Ne sommes-nous pas des amis, des partenaires D\u2019un même rêve, d\u2019un même destin?Nous habitons cette terre depuis 400 ans, Et espérons que nos enfants y vivront Et y accueilleront l\u2019étranger, Qui deviendra l\u2019un des nôtres.Et puisque nous sommes chez nous, Nous nous employons quotidiennement A bien «faire ce que doit» Pour que tous et chacun y soient libres et heureux, Entourés d\u2019amour et de beauté.Où est le danger?Où est le risque?D\u2019où vient la peur? Il fait beau, ici, et c\u2019est chez nous.Pourquoi rêver du pays de notre voisin, De pics éternellement enneigés, De plaines infinies, De ses richesses?Pourquoi envier ce pays qui est le sien?Nos montagnes, nos vallées, notre fleuve si beau Ouvert sur la mer, Qu\u2019avons-nous de mieux à faire Qu\u2019à les admirer, les protéger Et en faire un usage mesuré?Ce qu\u2019ont fait avant nous les tout premiers Occupants de ce pays, nous le reconnaissons.Et avec eux, dans l\u2019harmonie et le respect, Nous voulons dire: Nous sommes chez nous, ici, avec vous.Où est le danger?Où est le risque?D\u2019où vient la peur?Dire oui à un nouveau jour, à un nouvel avenir Que nous bâtirons ensemble.Dites-moi s\u2019il y a un plus beau projet Pour meubler les heures du quotidien?Dire oui au Québec souverain C\u2019est cesser de lutter contre soi, C\u2019est consentir au désir d\u2019être Pleinement soi-même.Pour ceux qui se refusent, se réservent, se récusent Calculent, mesurent, chiffrent ou comptent Leurs sous, je reprends une phrase D\u2019un écrivain célèbre, qui donne 457 confiance A un peuple hésitant, face à son destin, De s\u2019assumer et d\u2019être responsable: «O bourreaux de vous-mêmes avez-vous oublié cet humble contentement du paysan qui marche sur sa terre et qui dit: Il fait beau?» (J-P Sartre, Les Mouches) Il fait beau, ici; et c\u2019est chez nous.Bien sûr, nous ne sommes plus les paysans d\u2019antan.Mais avons-nous perdu les vertus De nos ancêtres qui furent si entreprenants à bâtir ce pays et à y «semer des villages.» Riches, nous le sommes, dans notre sol et nos têtes: Nous avons plein d\u2019experts, De poètes, de scientifiques, d\u2019écrivains, Et même de politiciens talentueux, Sans compter tant de jeunes prêts à prendre la relève.Alors pourquoi ne pas ouvrir large Le chantier du Québec et ne pas tous Se mettre à l\u2019ouvrage pour réaliser Le Grand Oeuvre d\u2019un «pays à portée de main?» Pourquoi ne pas ouvrir large le chantier du Québec.Retrouvons nos «raisons communes», (pour reprendre Le titre si juste d\u2019un livre de Fernand Dumont) Pour penser, nommer et aménager Le Québec souverain! Oh! Que j\u2019aimerais voir ce pays dans 400 ans! DECLARATION DE SOUVERAINETÉ Nous formons de fait une nation et cette nation peut de droit se proclamer souveraine.NOUS, QUÉBÉCOISES ET QUÉBÉCOIS, constituant à titre égal à tous égards le peuple du Québec et agissant par nos représentants démocratiquement élus à l\u2019Assemblée nationale, affirmons et décidons ce qui suit: QUE nous formons de fait une nation et que cette nation peut de droit se proclamer souveraine et exercer dès lors tous les droits et pouvoirs inhérents à la souveraineté.QUE cette nation qui s\u2019est constituée à travers quatre siècles d\u2019existence, qui s\u2019est enracinée en sol québécois, qui s\u2019est constamment enrichie par l\u2019apport de nouveaux arrivants de toutes provenances peut ainsi se réclamer notamment des réalités suivantes: sa longue durée dans l\u2019histoire; ses efforts continus depuis plus de deux siècles pour se libérer d\u2019abord de la domination coloniale, ensuite de l\u2019autorité centralisatrice fédérale; sa volonté constante mais toujours refoulée d\u2019obtenir les pouvoirs indispensables à la promotion de ses intérêts vitaux; enfin le fait d\u2019une langue commune, qui est aussi la langue officielle, le fait d\u2019un immense territoire déjà fixé juridiquement et intangible, le fait démographique d\u2019une population amplement suffisante, et le fait de structures législatives, judiciaires et exécutives déjà en place, elles-mêmes obtenues grâce à des luttes de caractère souverainiste.QUE notre histoire manifeste, à l\u2019évidence, une intention obstinée de nous gouverner nous-mêmes, qui n\u2019a jamais connu d\u2019autres limites que celles imposées soit par la force, soit par la contrainte politique d\u2019institutions contrôlées par d\u2019autres.QUE r actuelle Constitution du Canada, succédant à l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique, a été adoptée sans l\u2019accord du Québec et contre le gré de son gouvernement et de son Assemblée nationale.QUE toutes nos tentatives de compromis constitutionnels se sont invariablement heurtées à l\u2019intransigeance de la fédération.QUE dans un univers aujourd\u2019hui radicalement transformé, mais dans une situation constitutionnelle et politique qui au contraire ne change pas, nous sommes convaincus qu\u2019il faut, avant qu\u2019il ne soit trop tard inverser la dynamique historique qui nous menace et fonder notre indispensable pouvoir sur l\u2019assise d\u2019une souveraineté politique pleine et entière.Nous Québécoises et Québécois, proclamons notre foi dans la démocratie, la liberté, la justice sociale, la tolérance, l\u2019égalité, l\u2019Etat de droit, la coopération internationale et la Déclaration universelle des droits de l'homme.DANS CETTE INTENTION, il convient d\u2019exprimer l\u2019esprit qui nous anime et les valeurs qui nous rassemblent.NOUS, QUÉBÉCOISES ET QUÉBÉCOIS, proclamons notre foi dans la démocratie, la liberté, la justice sociale, la tolérance, l\u2019égalité, l\u2019État de droit, la coopération internationale et la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme. Nous voulons que le Québec souverain soit une terre de solidarité: solidarité entre les personnes, entre les groupes, entre les communautés et avec les nations autochtones; solidarités sociales, économiques et culturelles, dans le respect des diversités; solidarité avec les générations futures par le respect de l\u2019environnement; enfin solidarité avec la communauté internationale.Notre histoire manifeste, à l'évidence, une intention obstinée de nous gouverner nous-mêmes.EN CONSÉQUENCE DE CE QUI PRÉCÈDE, NOUS, par nos dits représentants légalement habilités à ce faire, décidons l\u2019adoption de la présente loi.Ce projet de Déclaration de souveraineté représente une contribution de la Confédération des syndicats nationaux au débat référencaire.Le CSN 17 février 1995.461 MODIFICATIONS À L\u2019AVANT-PROJET DE LOI SUR LA SOUVERAINETÉ DU QUÉBEC PRÉAMBULE L\u2019Assemblée nationale et le Parlement du Québec déclarent solennellement ce qui suit: 1.\tQUE tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, et qu\u2019ils possèdent un droit inaliénable à la vie, à la liberté et à la sécurité; 2.\tQUE tout individu a droit à une nationalité et à un encadrement politique démocratique capable d\u2019assurer sa survie culturelle et linguistique; 3.\tQUE dans une démocratie, le pouvoir poli- tique tire son origine du peuple, qu\u2019il doit être exercé par le peuple et pour le peuple; 4.\tQUE tous les peuples ont le droit de dispo- ser d\u2019eux-mêmes et de déterminer librement et démocratiquement leur statut politique, afin d\u2019assurer leur développement économique, social et culturel; 5 QUE le peuple québécois constitue un peuple distinct en Amérique du Nord depuis Rodrique TREMBLAY, Université de Montréal 1534, par la prépondérance et la spécificité de la langue française, par sa culture distincte, par son système légal distinct et par la viabilité économique de son territoire; 6.\tQU\u2019avec ses sept (7) millions d\u2019habitants le Québec a un poids démographique supérieur à la moyenne des 176 états membres de l\u2019Organisation des Nations unies; Les Québécois deviennent de plus en plus minoritaires à l\u2019intérieur du système politique canadien.7.\tQUE les Québécois deviennent de plus en plus minoritaires à l\u2019intérieur du système politique canadien, étant passé de 33% en 1867 à moins de 25% aujourd\u2019hui, menaçant leur survie en tant que société à prédominance francophone en Amérique du Nord, alors même que les provinces anglophones appliquent des lois discriminatoires et assimilantes et que l\u2019assimilation des francophones hors-Québec va en s\u2019accélérant; 8.\tQUE le Gouvernement d\u2019Ottawa poursuit une politique d\u2019immigration massive et permissive qui fait en sorte que la très grande majorité des immigrants s\u2019intégrent à la société anglophone, grugeant la place relative des Québécois francophones au Canada; 9.\tQUE les lois linguistiques passées par le Parlement du Québec ont été à de multiples occasions considérablement affaiblies par la Cour suprême du Canada, dont les membres sont nommés par le Gouvernement d\u2019Ottawa; 10.QUE l\u2019esprit et la lettre de l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord Britannique, loi britannique ayant servi de constitution au Canada depuis 1867, ont été à de multiples occasions bafoués, et le principe de l\u2019éga- lité des deux peuples fondateurs rejeté; 11.\tQUE le Gouvernement d\u2019Ottawa a refusé les rapports Laurendeau-Dunton de 1967 et Pépin-Robarts de 1979, lesquels recommandaient l\u2019égalité des deux peuples fondateurs et la dévolution au Québec des pouvoirs nécessaires à la préservation et au développement de son caractère distinct; 12.\tQUE le Gouvernement d\u2019Ottawa poursuit depuis un quart de siècle une politique de multiculturalisme aux dépens du biculturalisme, ce qui est contraire aux intérêts supérieurs du Québec, tend à la longue à marginaliser un des deux peuples fondateurs et conduit ultimement à la désintégration culturelle et sociale de notre société; 13.\tQUE la loi britannique servant de constitu- tion au Canada a été très substantiellement et unilatéralement amendée en 1982 par le Gouvernement d\u2019Ottawa et par les gouvernements des provinces anglophones par la ratification de l\u2019Acte constitutionnel de 1982, sans la tenue d\u2019un référendum au Québec et malgré l\u2019objection explicite du Gouvernement du Québec et des principaux partis politiques siégeant à l\u2019Assemblée nationale, et qu\u2019en conséquence, il y a eu bris de contrat constitutionnel; Le pouvoir politique tire son origine du peuple, qu\u2019il doit être exercé par le peuple et pour le peuple.14.\tQUE ces amendements constitutionnels, imposés d\u2019une façon illégitime au Québec, réduisaient le Québec, en tant que foyer des francophones en Amérique du Nord, au rang d\u2019une province canadienne comme les autres, et supprimaient des pans entiers de pouvoirs de l\u2019Assemblée nationale en matière d\u2019éducation, de langue et de droits civils; 464 Le statu quo constitutionnel actuel perpétue l\u2019Acte constitutionnel de 1982.15.\tQUE l\u2019Acte constitutionnel de 1982 imposé d\u2019une façon illégitime au Québec supprimait explicitement le droit de veto constitutionnel qui lui avait été reconnu de facto jusque-là; 16.\tQUE l\u2019Acte constitutionnel de 1982, que perpétue le statu quo constitutionnel actuel, a considérablement affaibli les pouvoirs démocratiques du Parlement du Québec et sa capacité de promouvoir les intérêts supérieurs et l\u2019identité propre du peuple québécois; 17.\tQUE la situation constitutionnelle actuelle est inacceptable parce qu\u2019elle place le Québec dans une situation de grande vulnérabilité, la Constitution canadienne ne pouvant être amendée par le Canada anglais sans l\u2019accord du Québec et, au besoin, à l\u2019encontre de ses intérêts légitimes; 18.\tQUE le Gouvernement du Québec a tenté, une première fois, de faire corriger cette injustice historique en proposant cinq conditions minimales d\u2019adhésion du Québec à la Constitution canadienne, lesquelles furent dans un premier temps concrétisées dans l\u2019Accord constitutionnel du Lac Meech du 30 avril 1987, mais furent rejetées le 23 juin 1990, malgré que tous les premiers ministres fédéral et provinciaux avaient signé cet Accord; 19.\tQU\u2019une deuxième tentative de réparer l\u2019in- justice faite au Québec fut entreprise avec l\u2019Entente de Charlottetown, mais que celle-ci a été rejetée tant par la population du Québec que par la population du reste du Canada lors du référendum du 26 octobre 1992, créant de ce fait une impasse constitutionnelle qui est source d\u2019instabilité; 465 20.\tQUE le Gouvernement d\u2019Ottawa, par la bouche de son Premier ministre, a maintes fois annoncé qu\u2019il n\u2019entendait pas rouvrir le dossier constitutionnel, que tout était bloqué et qu\u2019il n\u2019avait nullement l\u2019intention de satisfaire les revendications traditionnelles du Québec, ne laissant aux Québécois que le choix de s\u2019écraser ou de se tenir debout; 21.\tQUE le Gouvernement d\u2019Ottawa a décidé contre toute logique de fermer le Collège militaire de Saint-Jean, seule institution consacrée exclusivement à la formation de militaires francophones, ce qui ne peut que nuire aux perspectives de carrière des francophones dans les Forces armées; 22.\tQU\u2019à l\u2019aube du vingt-et-unième siècle, le Québec vit encore sous une constitution imposée, dont le fondement et le symbole sont une monarchie étrangère et que le Québec devra subir comme chef d\u2019état, non seulement la Reine Elizabeth U, mais son héritier présomptif, le Prince Charles; 23.\tQUE les multiples chevauchements de dépenses entre Québec et Ottawa dans des domaines de compétence provinciale (santé, aide sociale, sécurité de vieillesse, éducation, allocations familiales, pêche, chasse, agriculture, forêts, mines, loisirs, culture, travail, environnement, etc.), résultent en de nombreuses inefficacités, en du gaspillage et en des coûts exorbitants qui se traduisent par un haut niveau d\u2019endettement public et un fardeau fiscal toujours plus écrasant pour les personnes et les entreprises; 24.\tQUE le Gouvernement d\u2019Ottawa a maintes fois tenté de déstabiliser politiquement et économiquement le Québec en finançant, Les multiples chevauchements de dépenses entre Québec et Ottawa résultent en du gaspillage et en des coûts exorbitants.466 à même le produit de nos taxes et de nos impôts, les attaques injustes et diffamatoires de certains leaders aborigènes et de certains leaders anglophones du Québec; 25.QUE le Gouvernement d\u2019Ottawa, par ses ingérences dans le domaine de l\u2019environnement, détient un pouvoir intolérable de blocage du développement économique Le Gouvernement\tQué^c, d'Ottawa s\u2019est 26.QUE le contexte économique a changé avec l\u2019intégration des marchés à l\u2019échelle continentale et internationale et avec l\u2019évolution des nouvelles technologies de communications, et que l\u2019électorat du reste du Canada a voté, lors des élections du 21 novembre 1988, contre le projet de libre-échange avec les Etats-Unis d\u2019Amérique (106 élus pour et 114 contre), alors que le Québec l\u2019a massivement endossé (63 élus pour et 12 contre), démontrant que sans l\u2019appui favorable du Québec l\u2019Entente de libre-échange Canada-Etats-Unis n\u2019aurait pas été ratifiée; 27.QUE le Gouvernement d\u2019Ottawa s\u2019est reconnu unilatéralement le pouvoir exclusif d\u2019intervenir dans les télécommunications, secteur stratégique pour le développement économique et culturel futur du Québec; reconnu unilatéralement le pouvoir exclusif d\u2019intervenir dans les télécommunications.28.QUE le Gouvernement d\u2019Ottawa a accepté lors de la ronde de l\u2019Uruguay du GATT qu\u2019un gouvernement provincial ne puisse mettre en place des programmes généraux de formation technique et professionnel de la main-d\u2019œuvre ou de soutien industriel ou agricole sans les rendre passibles de représailles, réduisant considérablement de ce fait la capacité du Gouvernement du Québec, en tant qu\u2019en- 467 tité provinciale, d\u2019encourager le développement industriel et agricole du Québec; 29.\tQUE suite aux échecs de l\u2019Accord du Lac Meech et de l\u2019Entente de Charlottetown, il a été démontré qu\u2019il est impossible de réformer la Constitution canadienne pour satisfaire aux demandes historiques du Québec, et qu \u2019en conséquence, le Québec est confronté à deux options, soit le statu quo tel que représenté par l\u2019Acte constitutionnel de 1982, soit l\u2019accession du Québec à sa souveraineté politique; 30.\tQUE la Commission Bélanger-Campeau, dans son rapport du 21 mars 1991, concluait que «les Québécoises et les Québécois sont libres d\u2019assumer leur propre destin, de déterminer leur statut politique et d\u2019assurer leur développement économique, social et culturel», et qu\u2019un référendum devrait être tenu sur l\u2019opportunité pour le Québec «d\u2019acquérir le statut d\u2019Etat souverain»; EN CONSÉQUENCE, l\u2019Assemblée nationale du Québec rejette le statu quo représenté par l\u2019Acte constitutionnel de 1982, et rejette l\u2019idée que le Québec est une province canadienne comme les autres.L\u2019Assemblée nationale du Québec est d\u2019avis que le Québec a tout ce qui faut pour accéder au statut d\u2019Etat souverain, dans le cadre d\u2019une nouvelle union économique et politique (à l\u2019européenne) avec le Canada.Il est impossible de réformer la Constitution canadienne pour satisfaire aux demandes historiques du Québec.Ce texte rappelle les 27 griefs exposés dans le préambule de la Constitution des Etats-Unis, lors de la déclaration d\u2019indépendance.468 DIALOGUE SAINT-URBAIN Jacques LANGLAIS 469 Pour un nouveau rapport entre juifs et francophones à Montréal L'été dernier, le Festival international de Jazz de Montréal affichait quatre groupes de musique klezmer dont deux étaient de Montréal et les deux autres des États-Unis.Que s\u2019est-il passé pour que le public accueille avec autant d\u2019enthousiasme cette musique hier encore très peu connue?La réponse vient en grande partie d\u2019un événement de portée historique qui a eu lieu à Montréal, le 11 juillet 1993, en plein Festival du Jazz.Ce jour-là, quelque 40 000 Montréalais ont pu voir et entendre le Klezmer Conservatory Band de Boston et le groupe La Bottine Souriante de Joliette, au Québec, se produire en plein air, alternativement puis conjointement, à la jonction de la Place des Arts et du Complexe Desjardins, en pleine rue Sainte-Catherine.Les Québécois connaissent le beat endiablé des gigueux de la Bottine souriante.Ça vous entre dans les veines comme une rasade de «caribou».Vous ne croyez pas qu\u2019on puisse trouver un groupe capable d\u2019en faire autant?Attendez d\u2019avoir entendu les gars et les filles de Boston! Toute l\u2019Europe de l\u2019Est y passe avec ses airs et ses rythmes tziganes, russes, roumains.La foule transportée s\u2019est mise à taper du pied, bouger des épaules, battre des mains.Et quand les deux groupes ont marié leurs musiques en un duo improvisé, l\u2019enthousiasme a éclaté.Un grand-père à côté de moi se tapait les battoirs à tout rompre.A la fin, il s\u2019est tourné vers sa femme: «Le best, sapristi! Ça c\u2019est le best!» Qu\u2019y a-t-il d\u2019historique à tout cela?vous demandez-vous.Si vous aviez suivi les organisateurs et les musiciens qui se sont retrouvés après le concert, vous auriez vu des aînés bouleversés par l\u2019émotion.Quelques-uns avaient les larmes aux yeux.Ils se rappelaient l\u2019antisémitisme d\u2019avant-guerre, les articles et les campagnes contre les Juifs.A un demi-siècle de distance, ils venaient de voir de leurs yeux cette foule en liesse, Québécois de toutes langues et de toutes cultures confondus, vibrant aux accords de ces musiciens venus de deux univers culturels différents, la diaspora juive et le Québec profond.Ce n\u2019était plus les discrets rapprochements de quelques représentants des deux communautés, ni même un événement officiel tenu dans un hôtel, une synagogue ou une ambassade.C\u2019était les retrouvailles - ou plutôt la découverte mutuelle - de deux solitudes qui avaient vécu jusqu\u2019à ce jour comme à travers une vitre, sans se toucher ni s\u2019entendre.Qui étaient ces organisateurs qui se sont retrouvés après le concert?Les membres d\u2019un groupe fondé depuis quelques années, Dialogue Saint-Urbain.Mais avant d\u2019aller plus avant dans la présentation du groupe, laissez-moi vous dire comment l\u2019idée en est venue.À Torigine A l\u2019origine de cette initiative il y a David Rome, cet archiviste et historien attaché au Congrès Juif Canadien, un pionnier du dialogue judéo-chrétien à Montréal.Grâce à un colloque tenu en 1977 au Centre Monchanin (aujourd'hui l\u2019Institut interculturel de Montréal), j\u2019ai C\u2019était la découverte mutuelle de deux solitudes qui avaient vécu jusqu'à ce jour comme à travers une vitre, sans se toucher ni s\u2019entendre.470 Les ponts se sont multipliés entre nos deux communautés.vécu avec lui une expérience extraordinaire: nous avons écrit et publié ensemble deux bouquins sur les relations entre nos deux communautés: Juifs et Québécois français 200 ans d\u2019histoire commune (1986) et Les Pierres qui parlent!Stones that speak (1991).Un soir que nous parlions d\u2019avenir, il me dit comme ça: «Le livre que nous venons d\u2019écrire n\u2019est qu\u2019un premier pas.Vous allez voir qu\u2019il vous mènera beaucoup plus loin que vous ne le pensez.» Deux ans après la parution du premier titre, en 1988, me parvenait une invitation à donner une conférence à la synagogue Tiferet Beth David Jerusalem de Côte-Saint-Luc.Il s\u2019agissait d\u2019animer un panel, conjointement avec un professeur juif anglophone qui fait carrière à l\u2019Université de Montréal.La question posée était la suivante: «La communauté juive a-t-elle un avenir au Québec?».Invité à parler le premier, je me souviens avoir répondu par l\u2019affirmative, m\u2019appuyant sur le changement radical de climat survenu chez nous, depuis les années 30, dans les relations entre Judéo et Franco-Québécois.Alors qu\u2019avant la guerre, l\u2019antisémitisme sévissait \u2014 ici d\u2019ailleurs comme dans le reste de l\u2019Amérique du Nord \u2014 que voyons-nous.50 ans après?Les ponts se sont multipliés entre nos deux communautés, facilitant la communication et une meilleure connaissance mutuelle, par le livre, le film, les média, les organismes de dialogue et même la reconnaissance et le soutien, par l\u2019État québécois, d\u2019institutions scolaires juives.Ajoutons qu\u2019au plan strictement religieux, le Concile du Vatican II (début des années 60) a levé un obstacle majeur à la reconnaissance réciproque de nos deux traditions, en éliminant les irritants de la liturgie catholique.Mais peut-être le plus grand changement s\u2019est-il produit avec l'arrivée massive et l\u2019insertion graduelle, 471 dans la société québécoise, des Sépharades d\u2019Afrique du Nord.Avec eux, la communauté juive est devenue non seulement bilingue mais biculturelle, la plus biculturelle de toutes les communautés québécoises.Que conclure, demandais-je à mes auditeurs, de tout ce chemin parcouru sinon que la communauté juive a un avenir ici au Québec?À ma grande surprise, mon collègue de panel balaya d\u2019un revers de main ce demi-siècle de rapprochement.Il dit entre autres que si un jeune Juif lui posait la question: «Y a-t-il un avenir pour moi au Québec?», il lui répondrait: «Si tu veux devenir un citoyen de deuxième classe, d\u2019accord, tu n\u2019as qu\u2019à t\u2019établir ici.Mais si tu veux faire quelque chose de ta vie, va-t-en à Toronto, Vancouver, New-York, mais ne reste pas ici.» La communauté juive a un avenir ici au Québec.J\u2019aurais aimé connaître la réaction de l\u2019auditoire.Quelques enthousiastes vinrent à la tribune féliciter mon collègue, mais comme il n\u2019y avait pas de période de questions au programme, je suis reparti avec le sentiment que le message de mon intervention n'avait pas passé et que la rencontre avec mes auditeurs n\u2019avait pas eu lieu.David Rome qui était dans la salle m\u2019a affirmé que la majorité des personnes présentes partageaient ma déception et auraient souhaité prolonger l\u2019échange.Sur son conseil, je m\u2019en suis ouvert au Docteur Hy Goldman, l\u2019organisateur du panel.Nous sommes vite tombés d\u2019accord sur les lacunes de la formule et sur l\u2019importance, voire l\u2019urgence d\u2019établir une saine communication entre nos deux communautés, compte tenu surtout de la conjoncture politique d\u2019alors.Nous étions au lendemain de la Loi 178 et en plein débat constitutionnel.Il me promit d\u2019en parler à quelques amis.Trois mois plus tard, je recevais de lui une invi- Quand les deux groupes ont marié leurs musiques en un duo improvisé, l\u2019enthousiasme a éclaté.tation à une réunion pour le 17 février 1989 au Faculty Club de McGill.Avaient répondu à l\u2019appel une brochette d\u2019éminents juristes de McGill, dont Irwin Cotler, professeur à la Faculté de Droit, et Greg Bordan.D\u2019autres suivirent bientôt, comme Pierre Anctil, alors au Département d\u2019études canadiennes-françaises, Elaine Cohen, de la Commission Protestante du Grand Montréal et Stephen Cohen de McGill.A deux réunions de là, le 15 mars 1989, nous étions d\u2019accord sur un projet précis: former un groupe d\u2019échange (un «forum») qui puisse aborder des questions vitales pour nos deux communautés, par exemple identité culturelle et mémoire collective; le sionisme pour les Québécois juifs versus le nationalisme pour les Québécois français; élargissement du débat sur la langue (optique non politique); divergences et convergences religieuses; vision du Québec de demain.Suivirent une série de réunions, au printemps et à l\u2019été de 1989, qui culminèrent, le 10 septembre, dans une rencontre élargie d\u2019une cinquantaine de partipants, anglophones et francophones, venus de différentes sphères de la société.Ils s\u2019interrogèrent sur les avenues possibles d\u2019un rapprochement et d\u2019une solidarité accrue entre les deux communautés.Comme le soulignaient quatre ans plus tard Pierre Anctil et Hy Goldman: «L\u2019événement devint l\u2019acte de fondation de l\u2019organisme.En mai 1990, Dialogue Saint-Urbain obtenait ses lettres patentes.» Le fil conducteur Pourquoi ce nom bizarre, «Dialogue Saint-Urbain», sans rapport évident avec l\u2019univers juif?Tout simplement par coïncidence historique.La rencontre du 10 septembre 1989 et les réunions subséquentes avaient eu lieu au 4917 de la rue Saint-Urbain, c\u2019est-à-dire dans les locaux du Centre Interculturel Monchanin.473 Or cette rue Saint-Urbain est chargée de souvenirs pour la communauté juive, souvenirs que Mordecai Richler a immortalisés dans son livre St.Urban\u2019s Horseman.A l\u2019époque où les réfugiés du shtetl occupaient l\u2019artère commerciale du boulevard Saint-Laurent, la rue Saint-Urbain abritait une bonne partie de ses leaders et de ses institutions, comme le Baron Byng High School, le salon funéraire Paperman et quelques synagogues.En attachant le nom de cette rue à ses projets et à son action, le groupe renouait avec la période d\u2019avant-guerre, alors que les deux communautés, juive et francophone, s\u2019y côtoyaient en luttant pour leur survie économique et la préservation de leurs héritages culturels respectifs.Peut-être faudrait-il ajouter, cependant, que le fait pour Dialogue Saint-Urbain d\u2019avoir pris naissance au Centre Interculturel Monchanin n\u2019est pas le fruit du hasard.Depuis les débuts des années 60, ce carrefour des communautés ethnoculturelles n\u2019a cessé de promouvoir la paix sociale dans un milieu au pluralisme croissant.Son approche privilégiée: l\u2019écoute et par là la rencontre en profondeur des différentes cultures et de leurs visions du monde, jusqu\u2019à reconnaître et apprécier les différences.L\u2019année 1990, on s\u2019en souvient, a été marquée entre autres par la crise constitutionnelle, ce qui amena le groupe à préciser davantage son objectif.Dans une brève déclaration parue à l\u2019été de 1990 dans La Presse (30-5-90), le Canadian Jewish News et The Gazette (26-7-90), le groupe affirmait, par la voix d\u2019un de ses fondateurs, sa conviction que les deux communautés sont en mesure de partager ici au Québec le même projet de société, quoi qu\u2019il advienne: Le groupe affirmait sa conviction que les deux communautés sont en mesure de partager ici au Québec le même projet de société.Quelle que soit l\u2019issue de l\u2019Accord du Lac Meech, le Québec est à nouveau à la croisée des chemins.(.) 474 Conscients de partager une destinée commune, nous voulons construire ensemble notre avenir.En tant que Québécois, dont certains sont d\u2019origine française, d\u2019autres membres de la communauté juive, nous avons tenu à explorer ensemble depuis septembre dernier les différentes avenues qui s\u2019ouvrent devant nous.Notre première découverte tient à une vérité fort simple: conscients de partager une destinée commune, nous voulons construire ensemble notre avenir, dans le respect des uns et des autres.(.) Sans doute pouvons-nous différer vigoureusement d\u2019opinion, et nous ne nous en privons pas, sur la question de savoir si l\u2019avenir du Québec passe par l\u2019indépendance ou demeure lié à un Canada qui respecte et favorise son caractère unique.Mais nous nous solidarisons face à ceux qui prétendent que ce Québec nouveau est moins ouvert et moins démocratique.Tel est l\u2019héritage que nous voulons défendre: un Québec majoritairement français qui accueille ses communautés culturelles, anglophones ou allophones et favorise leur épanouissement, ennemi du racisme et de la xénophobie sous toutes ses formes, et démocratique dans l\u2019âme.1 Cette prise de position pourrait laisser croire à l\u2019apparition sur la scène québécoise d\u2019une nouvelle formation politique ou du moins cryptopolitique.En fait dès le début, Dialogue Saint-Urbain a voulu éviter tout parti pris en faveur d\u2019une orientation idéologique particulière.Comme s\u2019en expliquent Pierre Anctil et Hy Goldman en 1993, le groupe s\u2019est bien gardé d\u2019inviter les porte-parole officiels de diverses institutions «représentatives» de la communauté juive ou de la majorité francophone.Pour exercer une influence marquante et pour se positionner à l\u2019avant-garde du rap- 475 prochement, Dialogue Saint-Urbain voulait plutôt faire appel à des citoyens libres de leur opinion et intéressés à explorer des voies nouvelles2.La première année de son existence légale, Dialogue Saint-Urbain a poursuivi sa réflexion en groupe restreint.Sa première sortie publique date du 3 février 1991, avec la projection du film de Denys Arcand Jésus de Montréal où les participants des deux traditions, juive et chrétienne, eurent l\u2019occasion d\u2019aller un peu plus loin dans l\u2019expression de leurs lectures respectives de l\u2019oeuvre d\u2019Arcand.Autre coup de sonde, cette fois du côté du théâtre: le 10 juin suivant, au Centre Saydie Bronfman, un auditoire majoritairement juif participant avec enthousiasme à une «rencontre théâtrale» entre le dramaturge Michel Tremblay qui a lu un extrait de ses Belles Soeurs et Dora Wasserman.Enhardi par ces premières expériences, Dialogue Saint-Urbain songea à élargir le public-cible de ses initiatives.Ce fut d\u2019abord, à l\u2019autre extrémité de la ville, majoritairement francophone, un récital de musique folklorique juive, une première au Québec.L\u2019événement eut lieu à la maison de la culture Mercier, le 13 octobre 1991, devant un auditoire composé moitié de gens du quartier et moitié de Juifs venus de l\u2019ouest de Montréal.La gaité contagieuse de cette musique se communiqua au parterre et les téléspectateurs purent voir le lendemain, le spectacle inhabituel de dames et de messieurs d\u2019âge respectable et de look tantôt anglophone tantôt francophone faire au pas de danse le tour de la salle, derrière la petite troupe des musiciens bostonnais.Puis ce fut la reprise du duo Tremblay-Wasserman, cette fois présenté grandeur nature: Les belles-soeurs en version yiddish.Pendant trois semaines, en mai et juin 1992, à raison de Le beat endiablé des gigueux de la Bottine souriante vous entre dans les veines comme une rasade de «caribou».476 quatre représentations par semaine, le public juif a pu applaudir la célèbre pièce au Centre Saydie Bronfman.Mais là où l\u2019événement a connu un retentissement «inespéré», au dire des organisateurs eux-mêmes, c\u2019est quand Di shvegerns s\u2019est transporté à la Maison de la culture Mercier, pratiquant une trouée dans le mur psychologique entre l\u2019Est et l\u2019Ouest de Montréal, du jamais vu dans les annales des deux communautés.Du coup, Radio-Canada présenta des extraits de la pièce à l\u2019émission de Julie Snyder, L\u2019enfer c\u2019est les autres.Du théâtre, Dialogue Saint-Urbain est passé à la musique.Il y a eu d\u2019abord ce mariage des musiques klezmer et québécoise qui a électrisé la foule du Festival international de Jazz en juillet 93.Je parle de mariage car il semble que la rencontre des deux traditions folklorique est là pour durer.Dès le 17 novembre dernier, le Conseil des fédérations juives réunies au Palais des congrès de Montréal a invité la Bottine souriante et le Klezmer Conservatory Band de Boston à récidiver devant plusieurs centaines de congressistes.Ils ont pu ainsi percevoir quelque chose du profil culturel et du climat des relations des deux communautés.Il est question aussi que les deux groupes folkloriques se retrouvent bientôt, cette fois aux Etats-Unis.Dialogue Saint-urbain fait alterner depuis lors les rencontres plus restreintes avec les manifestations publiques.Le 13 octobre 93, une politicologue de l\u2019UQAM, Josée Legault, avait animé une discussion sur la conjoncture politique actuelle au Québec.Et le 6 décembre, c\u2019était au tour de Pierre-Etienne Laporte, président du Conseil de la langue française, de réagir au questionnement des Québécois anglophones face à la législation sur la langue, notamment la Loi 178.Deux échanges vigoureux qui 477 témoignaient du mûrissement du groupe par rapport au dialogue qu\u2019il se propose.La réunion suivante du 12 janvier 94 a porté sur le film de Michel Brault Shabat Shalom.Encore là, le visionnement de l\u2019oeuvre a donné lieu à un échange tout à fait critique et loyal.La dernière en date a réuni, le 28 novembre 94, au Département de sociologie de l\u2019Université de Montréal, trois personnalités du monde international: Stephen Cohen, président de l\u2019Institut pour la paix et le développement économique au Moyen-Orient, Norman Lester, journaliste à Radio-Canada et Thomas Hecht, président du Comité Canada-Israël.La discussion a porté sur la notion de l\u2019autre dans les négociations de paix au Moyen-Orient.La rencontre était présidée par Régine Horinstein.Conclusion Qu\u2019y a-t-il à l\u2019horizon?Pour l\u2019immédiat une rencontre avec le cinéaste Harriet Wichin et la productrice Christine York, auteures du film Silent Witness / Les Gardiens du Silence (75 min.1994).Ce film, présenté sur place, se veut une réflexion à la suite d\u2019une visite des camps d\u2019extermination d\u2019Auschwitz et de Dachau, à l\u2019occasion du 50 anniversaire de leur libération par les Alliés.Cette soirée aura lieu dans la grande salle du Congrès juif canadien (angle Guy et Dr Penfield), de 19h30 à 22hOO.Dialogue Saint-Urbain prépare également, sous le thème de «Klezmer Kabaret», une activité de caractère tout à fait exceptionnel et ouverte au grand public.Il s\u2019agit d\u2019une soirée de musique, de chansons et de danse dans la plus pure tradition Klezmer, avec orchestre de quatre musiciens.Elle aura lieu ce printemps, dans une grande discothèque de la rue Sainte-Catherine Est.Dialogue Saint-Urbain est né d'un désir de rapprochement entre deux communautés appelées par l\u2019histoire à partager une terre et un destin communs.Dialogue Saint-Urbain est né d\u2019un désir de rapprochement entre deux communautés appelées par l\u2019histoire à partager une terre et un destin communs.Ses animateurs pensent qu\u2019il y a encore beaucoup à faire et ils entendent pousser l\u2019aventure toujours plus avant, à la manière des coureurs des bois et des défricheurs d\u2019autrefois qui traçaient leur chemin au fur et à mesure qu\u2019ils avançaient.1.\tPierre Anctil, «Un québec à partager», La Presse.30 mai 1990, p.B3.Le chapeau de l\u2019article mentionne les personnes suivantes qui ont participé à la réflexion dont rend compte l\u2019auteur: «Jacques Lang lais, c.s.c., Hy Goldman, Louis Rousseau, le rabbin Howard Joseph, Hélène Pelletier-Baillargeon.Elaine et Stephen Cohen, Francine Pelletier, Gregory Bordan, Jean-Claude Leclerc.Philip Shaposnick, Maurice Boutin, c.s.c.Marsha Levy, Paula Vigneault-Merhar, Esther Benezra.Pierre Laplante, Morty Cohen, Denis Paiement, Jacques Shore, Pierre Lamarche, Morton Weinfeld.Jean Ouellette, Rosetta Elkin et Beverly Shaffer.» 2.\tPierre Anctil et Hy Goldman.«Dialogue Saint-Urbain ou du bon usage de l\u2019audace dans le dialogue entre juifs et francophones».Dialogue, Hiver 94, vol.4, no I, pp.5-6. Des enjeux démocratiques pour le Québec Pierre Graveline S\u2019entendre sur les mots et les concepts Un grand débat démocratique est ouvert au Québec depuis quelques années.Avec l\u2019arrivée au pouvoir d\u2019un gouvernement souverainiste, ce débat prend désormais une ampleur nouvelle.Il interpelle aujourd\u2019hui avec force la société québécoise, notamment le mouvement syndical.Faut-il répartir différemment les pouvoirs, les services et les ressources entre les divers lieux de pouvoir politique qui existent dans notre société?Si oui, comment le faire?A partir de quels principes?En visant quels objectifs?Faut-il se doter de nouveaux lieux de pouvoir?Faut-il en abolir ou en fusionner certains?Quels sont les avantages et les inconvénients d\u2019un tel changement?Quel rôle doivent assumer les organisations syndicales dans cette éventuelle démarche collective?Quelles exigences nouvelles posera-t-il aux structures et aux pratiques syndicales?\u2022Dans le cadre de sa réflexion sur la décentralisation, la CEQ a demandé à Pierre Gravel in d\u2019examiner l\u2019histoire de l\u2019organisation politique québécoise, le portrait des structures politiques actuelles et les enjeux qui se dessinent àa l\u2019horizon.480 Le Parti patriote, dirigé par Louis-Joseph Papineau, met de l'avant des réformes visant une certaine décentralisation du pouvoir politique.Autant de questions lourdes de signification et peut-être porteuses de profondes transformations.Mais avant d\u2019aborder ces questions, pour mener avec succès la réflexion démocratique qu\u2019elles imposent, il importe de s\u2019entendre sur une définition commune des mots et des concepts utilisés.Décentralisation: répartition de pouvoirs, de services et de ressources du niveau central vers d\u2019autres niveaux (territoriaux ou sectoriels).Déconcentration: répartition de services et de ressources vers d\u2019autres niveaux (territoriaux ou sectoriels) avec maintien des pouvoirs au niveau central.Régionalisation: répartition ou centralisation vers le niveau régional de pouvoirs, de services et de ressources du niveau central ou des niveaux locaux et sectoriels.Rien de nouveau sous le soleil Jetant un regard rétrospectif sur l\u2019histoire du Québec, on ne peut manquer de constater que le débat sur la répartition des pouvoirs, des services et des ressources entre les divers niveaux de gouvernements et d\u2019administrations publiques ne date pas d\u2019hier.Le partage que nous connaissons aujourd\u2019hui constitue l\u2019héritage de notre passé.Avant la Révolution tranquille Du début du Régime français jusqu\u2019à l\u2019époque des Patriotes, seuls deux niveaux de pouvoir existent en réalité : une administration centrale qui émane du pouvoir royal français dans un premier temps, puis britannique à partir de 1763, et des «administrations» paroissiales sous la coupe des Églises.Entre les deux, à peu de chose près, c\u2019est le néant.481 À compter de 1791, année où le gouvernement britannique divise le Canada en deux provinces et octroie à leurs populations le pouvoir d\u2019élire des représentantes et représentants au sein d\u2019une Chambre d\u2019Assemblée chargée de faire des lois, l\u2019administration centrale commence à se démocratiser à travers une lutte constante entre l\u2019assemblée élue et le pouvoir exécutif nommé par le gouvernement colonial.Dans les années 1830, le Parti patriote, dirigé par Louis-Joseph Papineau, met de l\u2019avant des réformes visant une certaine décentralisation du pouvoir politique mais, faute de soutien de l\u2019exécutif, il ne peut les mettre en oeuvre.En 1840, au lendemain de l\u2019insurrection et de la défaite des Patriotes, la Chambre du Bas-Canada est abolie et les deux provinces sont fusionnées au sein de l\u2019Union canadienne.Le pouvoir politique embryonnaire des Canadiens français s\u2019en trouve considérablement affaibli.Le Parlement de l\u2019Union tente en 1841 d\u2019imposer, un peu sur le modèle qui prévaut alors en Angleterre et aux États-Unis, un découpage du territoire en municipalités et en districts municipaux qui, faisant fi des paroisses, assumeraient en particulier la responsabilité de l\u2019organisation de l\u2019éducation sur une base neutre et commune.Sous l\u2019impulsion de l\u2019Église catholique qui y voit à la fois une menace à son hégémonie et un danger pour la langue et la culture françaises, les Canadiens français s\u2019opposent à cet aménagement.En 1845, l\u2019Église remporte une victoire décisive en obtenant une loi qui établit des commissions scolaires sur la base des paroisses et qui reconnaît le droit à la dissidence des minorités religieuses.A Montréal et à Québec, on crée des commissions scolaires distinctes pour les catholiques et les protestants.Voilà établies En 1845, une loi établit des commissions scolaires sur la base des paroisses.482 En 1855, une autre loi est votée qui aménage les pouvoirs locaux entre les municipalités et les commissions scolaires à l\u2019échelle des paroisses.pour longtemps des structures scolaires spécifiques et confessionnelles.Peu après, en 1855, une autre loi est votée qui aménage les pouvoirs locaux entre les municipalités et les commissions scolaires à l\u2019échelle des paroisses et des «townships», de même qu\u2019entre les villages, les villes et les municipalités de comté (ancêtres des actuelles municipalités régionales de comté - MRC).En 1867, l\u2019Acte de l\u2019Amérique du Nord britannique vient instaurer et compléter une structuration des pouvoirs qui perdurera, avec plus ou moins de bonheur, jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.L\u2019Etat canadien se réserve plusieurs pouvoirs centraux.Restaurée, l\u2019Assemblée nationale du Québec se voit reconnaître, à l\u2019instar des législatures des autres provinces, certaines compétences exclusives, notamment sur les gouvernements locaux, sur la santé et sur l\u2019éducation.Toutefois, inquiets du sort que leur fera le Québec, les protestants anglophones obtiennent l\u2019inscription dans la Constitution des droits scolaires des minorités religieuses qui échapperont ainsi au pouvoir provincial.En fait, cette répartition des pouvoirs entre les niveaux fédéral, provincial, local et scolaire ne sera jamais véritablement respectée.S\u2019appuyant sur son pouvoir de dépenser et profitant à l\u2019occasion de certaines circonstances particulières (notamment la Seconde Guerre mondiale) le gouvernement canadien, dans un effort constant de centralisation, envahira, au fil des décennies, les champs exclusifs des provinces, à commencer dès 1917 par une ingérence dans l\u2019impôt direct.Par ailleurs, le partage de facto de certaines compétences entre le gouvernement québécois et les municipalités, notamment en matière de 483 bien-être social, sera durement malmené par la crise des années trente qui conduira nombre de celles-ci à la faillite.À Ottawa et à Québec, les gouvernements supérieurs mettront alors en place certains régimes de protection sociale.À compter de cette époque, le gouvernement québécois contrôlera beaucoup plus strictement les municipalités.De plus, même si leur pouvoir n\u2019est pas «officialisé» dans des textes constitutionnels, les Églises assumeront dans les faits tout au long de cette période une large part des services «publics» (éducation, santé, aide aux personnes démunies) et la paroisse demeurera pendant longtemps la base principale de l\u2019organisation sociale.Les régions n'ont alors en réalité aucune existence sur le plan des structures et des pouvoirs politiques.Enfin, soulignons-le, les régions n\u2019ont alors en réalité aucune existence sur le plan des structures et des pouvoirs politiques.A quelques exceptions près, on ne se préoccupe guère des inégalités de conditions de vie et de développement socio-économique qui sévissent entre leurs populations.Pendant la Révolution tranquille En 1960, parallèlement et en concurrence avec le développement de l\u2019État central canadien, s\u2019amorce la construction d\u2019un État national moderne au Québec.Cette période est aujourd\u2019hui connue sous le nom de Révolution tranquille.À tous égards, les structures de pouvoirs sont alors morcelées, éclatées, diffuses et souvent fort peu démocratiques.Au niveau local, par exemple, on dénombre à ce moment-là 1 658 municipalités.Si certaines sont prospères, une bonne partie d\u2019entre elles ne sont tout simplement pas viables.Fiefs de notables élus par les seuls propriétaires et personnes morales (entreprises), en proie pour Plus décentralisée que ça, une société s\u2019enfonce dans une sorte de grande noirceur plusieurs aux démons de l\u2019esprit de clocher, nombre de municipalités se révèlent incapables de fournir des services adéquats, y compris dans des domaines aussi sensibles que la protection des incendies, l\u2019hygiène ou la voirie.Sur le plan éducatif, la confusion règne en maître.Pas moins de 1 500 commissions scolaires locales gèrent l\u2019enseignement primaire.Les écoles secondaires, les écoles techniques et les collèges sont administrés qui par des communautés religieuses, qui par des municipalités, qui par des corporations privées, qui par des ministères.Les universités sont à ce point «autonomes» qu\u2019elles ne s\u2019entendent pas entre elles, ni même entre facultés d\u2019une même université, sur une dénomination commune des diplômes.Et ce magma est plus ou moins chapeauté par deux comités confessionnels d\u2019un antique Conseil de l'instruction publique qui ne s\u2019est plus réuni depuis des lunes.Plus décentralisée que ça, une société s\u2019enfonce dans une sorte de grande noirceur.Ce qui fut fait.La Révolution tranquille se caractérisera d\u2019abord par la valorisation et l\u2019extension du rôle de l\u2019État national québécois qui se traduiront notamment dans le développement d\u2019une fonction publique permanente, la généralisation de l\u2019enseignement secondaire, la création des cégeps et de l\u2019Université du Québec, la nationalisation de l\u2019électricité, la mise sur pied de la Caisse de dépôt, la création de Radio-Québec, l'instauration de l\u2019assurance-hospitalisation et de l\u2019assurance-santé, de même que la concentration des négociations collectives au niveau central.Cette modernisation de l\u2019État québécois empruntera aussi la voie d\u2019une forte centralisa- 485 tion des pouvoirs, des services et des ressources au détriment des Églises, des commissions scolaires et des municipalités.L\u2019époque des paroisses sera désormais bel et bien révolue.L\u2019État s\u2019empare de nombreux pouvoirs qui appartenaient jusqu\u2019alors aux municipalités, par exemple dans les domaines de la Sûreté provinciale, des prisons provinciales, des écoles techniques, des hôpitaux psychiatriques, des secours aux nécessiteux.Il encadre aussi de façon beaucoup plus stricte, par des lois, des normes et des contrôles, les domaines qui demeurent de juridiction municipale.Avec la création du ministère de l\u2019Éducation et la mise en oeuvre de la réforme proposée par la Commission Parent, l\u2019État centralise entre ses mains la gestion de l\u2019éducation, sur le plan de la définition des programmes, de la pédagogie et de l\u2019administration.Dès lors, comme il le fait également dans le domaine de la santé, il met fin en bonne partie au pouvoir ecclésiastique sur l\u2019éducation.Il multiplie en outre les normes et les contrôles sur les commissions scolaires.Cette modernisation de l\u2019Etat québécois empruntera aussi la voie d'une forte centralisation des pouvoirs, des services et des ressources.Mais le gouvernement québécois ne fait pas que centraliser les pouvoirs.Il entreprend aussi de démocratiser les municipalités.En 1968, il accorde le droit de vote aux locataires, mesure qu\u2019il complétera en 1979 en retirant le droit de vote aux personnes morales et en démocratisant le financement des campagnes électorales.Il faudra attendre les années quatre-vingt pour que cette démocratisation touche enfin les commissions scolaires.Malheureusement, à la lumière de la faible participation des citoyennes et citoyens aux scrutins municipaux et plus encore aux scrutins scolaires, compte tenu aussi du nombre très élevé 486 de dirigeantes et dirigeants élus en fait par acclamation, force est de constater qu\u2019il n\u2019est pas évident que la légitimité démocratique de ces niveaux de pouvoir s\u2019en soit trouvée réellement accrue.Par ailleurs, toujours dans la foulée de la Révolution tranquille, le gouvernement québécois entreprend de réduire le nombre excessif de municipalités et de commissions scolaires qui connaissent alors pour plusieurs de graves difficultés financières.Il tente de les regrouper de sorte qu\u2019elles puissent mettre en commun leurs ressources et, ce faisant, rencontrer leurs obligations.Au niveau municipal, en dépit de la tenue de nombreuses commissions d\u2019enquête et malgré une loi sur le regroupement volontaire adoptée en 1965, l\u2019opération se révèle être un échec.A peine 124 municipalités fusionneront et encore faudra-t-il l\u2019imposer à plusieurs d\u2019entre elles.En désespoir de cause, le gouvernement se rabattra sur le développement d\u2019un niveau politique supramunicipal, avec la création des communautés urbaines en 1969 et des municipalités régionales de comté (MRC) en 1979.La même année, il procédera à une révision de la fiscalité municipale, leur accordant la quasi-totalité du champ de l\u2019impôt foncier au détriment des commissions scolaires.Du côté des commissions scolaires, le regroupement connaîtra un succès beaucoup plus évident.De quelque 1 500 qu\u2019elles étaient au début des années soixante, elles ne sont que 154 aujourd\u2019hui.Le problème de leur structuration sur une base confessionnelle demeurera toutefois irrésolu, de même que leur état de dépendance financière croissante envers l\u2019État.La Révolution tranquille est aussi la période où tant le gouvernement québécois que le gouvernement fédéral se dotent de leurs premières politiques visant à réduire les disparités régionales, mettent en place des structures de consultation et déconcentrent les services de plusieurs ministères vers les régions.Si elles feront couler beaucoup d\u2019encre et mobiliseront des ressources importantes, ces tentatives de développer les régions par le haut ne donneront pas, loin s\u2019en faut, les résultats espérés bien qu\u2019elles contribuèrent à une certaine réduction des inégalités.Enfin, il n\u2019est pas inutile de le rappeler, la modernisation de l\u2019État québécois entreprise pendant la Révolution tranquille se fera aussi au prix d\u2019une lutte constante, sans grand succès il faut bien l\u2019avouer, pour, d\u2019une part, contrer les incessantes intrusions fédérales dans les juridictions provinciales et, d\u2019autre part, tenter d\u2019obtenir une révision en profondeur de la répartition des pouvoirs entre l\u2019État central et les provinces dans le but d\u2019acquérir la mainmise sur certains instruments jugés essentiels pour assurer un développement harmonieux du Québec.Les tentatives de développer les régions par le haut ne donneront pas les résultats espérés.Depuis la Révolution tranquille Les acquis des réformes de la Révolution tranquille sont trop bien connus pour qu\u2019il soit nécessaire d\u2019en faire une longue énumération.On n\u2019a qu\u2019à penser à la modernisation de la fonction publique, à l\u2019énorme rattrapage réalisé sur le plan des services éducatifs, des services de santé et des services sociaux, à la mise en place de politiques et de mesures pour lutter contre les inégalités, à la prise en charge par le Québec de ses ressources naturelles, à la mise sur pied d\u2019institutions financières et économiques qui permettront un plus grand contrôle sur le développement et une meilleure 488 Le gouvernement québécois affirme désormais s\u2019intéresser au développement des régions.gestion de celui-ci.Mais la Révolution tranquille ne sera pas qu\u2019une longue suite de succès, bien que ces derniers furent nombreux.Des erreurs furent aussi commises.On n\u2019a qu\u2019à se rappeler l\u2019immense espoir soulevé par le grand projet d\u2019aménagement de l\u2019Est du Québec et les retombées pour le moins décevantes qui en furent l\u2019aboutissement.La foi quasi mythique dans l\u2019interventionnisme de l\u2019Etat qui prévaut alors finira par buter contre certaines réalités et limites que les crises économiques du début des années quatre-vingt et du début des années quatre-vingt-dix se chargeront de mettre en évidence.Tant au niveau de l\u2019État québécois qu\u2019aux autres niveaux de pouvoir et dans la société en général, des voix de plus en plus nombreuses se feront entendre pour critiquer certains excès de la centralisation, le poids de la bureaucratie, l\u2019inefficacité du «tout à l\u2019État».Par ailleurs, au-delà des réformes de structures, de la déconcentration des services et des consultations menées au moyen des grandes conférences socio-économiques régionales réalisées au cours des années soixante-dix et quatre-vingt, le gouvernement québécois .affirme désormais s\u2019intéresser, depuis près d\u2019une décennie maintenant, au développement des régions et des municipalités et à l\u2019accroissement de leurs pouvoirs.Diverses politiques viennent orienter ses interventions : «Le choix des régions» en 1983, «À l\u2019heure de l\u2019entreprise régionale» en 1988, «La réforme du partage des responsabilités Québec-municipalités» (la «réforme Ryan») en 1990.«Développer les régions du Québec» (la «réforme Picotte») en 1991, sans qu\u2019on sache 489 toujours ce qui, dans ces énoncés de bonnes intentions, relève d\u2019une véritable foi dans les vertus de la décentralisation et ce qui tient simplement du délestage de responsabilités et du pelletage de coûts.De plus, tout en poursuivant son infructueux combat pour freiner les intrusions fédérales dans ses juridictions et pour obtenir un nouveau partage de pouvoirs, en dépit aussi du fait que le développement régional est depuis longtemps une importante pomme de discorde fédérale-provinciale, le gouvernement du Québec parvient, en 1988, à conclure une entente avec le gouvernement fédéral sur le développement économique des régions du Québec.Cette entente permettra l\u2019injection dans les régions de plus de 800 millions de dollars d\u2019investissements sur une période de cinq ans.Cependant, l\u2019éveil régional et l\u2019aspiration à la décentralisation qui surviendront à l\u2019occasion et au lendemain de la Révolution tranquille ne sont pas uniquement les fruits des actions des gouvernements supérieurs.Certes, la mise en oeuvre des politiques gouvernementales, trop souvent aveugles et malhabiles, ne sera pas sans susciter une vigoureuse réaction et une mobilisation notable des populations dans les régions.On se souviendra à cet égard, en particulier, des fameuses «Opérations Dignité» visant à contrer la désintégration des milieux ruraux en Gaspésie.Mais, à l\u2019occasion de ces luttes, à mesure aussi que se développe l\u2019action des leaders régionaux dans les nouveaux lieux de pouvoir, une conscience et un dynamisme régionaux se créent qui s\u2019exprimeront notamment dans des organismes telle Solidarité rurale, de même qu\u2019à l\u2019occasion d\u2019événements marquants tels les États généraux I À mesure aussi que se développe l\u2019action des leaders régionaux dans les nouveaux lieux de pouvoir, une conscience et un dynamisme régionaux se créent.490 du monde rural, réunis en 1991 à l\u2019initiative de l\u2019Union des producteurs agricoles, et le Forum sur la décentralisation, tenu en 1992 à l\u2019initiative de l\u2019Union des municipalités régionales de comté.Ces deux forums réunirent les principaux intervenants socio-économiques dont les centrales syndicales.Huit niveaux de pouvoir ont développé avec ardeur leurs bureaucraties particulières.Profusion d\u2019acteurs, confusion de perspectives Après tant de décennies et d\u2019efforts collectifs consentis pour réorganiser les structures et répartir les pouvoirs, au moment où, de surcroît, s\u2019engage à nouveau un large débat public sur la décentralisation, la déconcentration et la régionalisation, où en sommes-nous aujourd\u2019hui ?Comptant une population d\u2019à peine sept millions de personnes, la société québécoise tente de fonctionner dans le cadre de rien de moins que huit niveaux de pouvoir qui, pour la plupart, ont développé avec ardeur leurs bureaucraties particulières, de même qu'ils ont élaboré leurs visions spécifiques de ce que devrait être une répartition «idéale» des pouvoirs, des services et des ressources.C\u2019est indéniablement lourd, certainement coûteux et manifestement inefficace pour une société de la taille de la nôtre.Un niveau local Il existe, au Québec comme dans toutes les sociétés avancées, des milliers de lieux de services publics ou parapublics.En éducation, bien sûr, ce sont les garderies, les écoles, les collèges et les universités.En santé, ce sont les CESC, les hôpitaux, les centres d\u2019accueil.Et ainsi de suite.Une vie démocratique existe presque partout dans ces lieux autour d\u2019instances (conseils 491 d\u2019orientation, conseils d\u2019administration, etc.) où sont représentés les usagères et usagers, les travailleuses et travailleurs, les gestionnaires, la population et, parfois, des personnes déléguées d\u2019autres niveaux de pouvoir, notamment ceux qui y transfèrent des ressources.Les modes d\u2019élection des représentantes et représentants à ces instances diffèrent d\u2019un lieu à l\u2019autre (suffrage universel, collège électoral, cooptation,.), comme varient bien entendu leurs champs de compétence.Pourtant, ces lieux de services ont certaines caractéristiques communes.On n\u2019y trouve guère de pouvoirs autonomes, sinon sur certains aspects bien limités de gestion locale.On y agit plutôt dans le cadre de délégations de pouvoirs des niveaux supérieurs.On n\u2019y a évidemment pas de pouvoir de taxation et on y dispose rarement de sources de financement autonomes, bien qu\u2019on tende de plus en plus à s\u2019en donner, notamment via la mise sur pied de fondations dans les hôpitaux, les collèges, les universités.Mais ces lieux de services ont aussi en commun de subir, en bout de course pourrait-on dire, le poids de plusieurs niveaux de bureaucratie, de même que l\u2019impact final de programmes, de directives, de normes, de contrôles, de compressions et autres décisions imposées par les niveaux de pouvoir supérieurs.C\u2019est aussi dans ces lieux qu\u2019on ressent aujourd\u2019hui, plus vivement que partout ailleurs, le besoin d\u2019une décentralisation des pouvoirs et des ressources, le désir de rapprocher les lieux de décision des lieux d\u2019action.II existe, au Québec des milliers de lieux de services publics ou parapublics.Un niveau municipal Il existe au Québec 1 469 municipalités comparativement à environ 950 en Ontario qui compte pourtant une population de 10 millions 492 Il existe au Québec I 469 municipalités comparativement à environ 950 en Ontario.À peine 26 municipalités ont plus de 25 000 habitantes et habitants.d\u2019habitantes et d\u2019habitants.Soixante-quinze pour cent des municipalités québécoises sont rurales et regroupent moins de 2 000 personnes.A peine 26 municipalités ont plus de 25 000 habitantes et habitants et quatre municipalités seulement en comptent plus de 100 000.Administrées par des conseils élus tous les quatre ans au suffrage universel, les municipalités disposent de leur propre pouvoir de taxation (taxes foncières, taxes d\u2019affaires, etc.) et complètent leurs revenus à même la tarification de services et des transferts du gouvernement québécois.Elles agissent essentiellement dans huit champs de compétence qui leur sont reconnus : l\u2019hygiène du milieu et l\u2019environnement, la santé et le bien-être, la sécurité publique, les loisirs et la culture, le transport, l\u2019urbanisme, l\u2019organisation du territoire, la promotion industrielle.Depuis quelques années, les municipalités tendent à élargir leur rôle en matière de développement socio-économique.Elles occupent 30% des postes dans les conseils régionaux de développement (CRD) et 20% dans les régies régionales de santé et de services sociaux (RRSSS).Elles jouent aussi un rôle important dans les municipalités régionales de comté (MRC) et dans les communautés urbaines.Enfin, elles participent aux conseils de la culture et aux conseils régionaux de loisir.Regroupées dans l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ), elles critiquent l\u2019ampleur des contrôles et des normes imposés par le gouvernement québécois, dénoncent leur manque de revenus et revendiquent une importante décentralisation des pouvoirs, des services et des ressources en leur faveur, de même qu\u2019une réforme en profondeur de la fiscalité qui leur 493 donnerait en quelque sorte les moyens de leurs ambitions.Affirmant n\u2019être aucunement intéressée à s\u2019approprier la gestion des équipements scolaires, l\u2019UMQ semble plutôt se définir comme une alliée des commissions scolaires, partageant avec elles la crainte de voir se renforcer à leur détriment le niveau supramunicipal, ou encore, de voir émerger à leurs dépens un réel niveau politique régional.Un niveau supramunicipal Il existe au Québec trois communautés urbaines: Montréal avec 29 municipalités regroupant une population de près de 1 800 000 personnes, Québec avec 13 municipalités rassemblant quelque 500 000 personnes et Outaouais avec 5 municipalités composées d\u2019environ 200 000 personnes.Administrées par des conseils formés des maires et des conseillers des municipalités qui les composent (selon une pondération qui tient compte des populations respectives) et par des comités exécutifs élus en leur rang, les communautés urbaines ne disposent d\u2019aucun pouvoir de taxation et tirent leurs revenus des contributions des municipalités membres et des transferts gouvernementaux.Outre l\u2019aménagement, l\u2019assainissement des eaux, le transport en commun et l\u2019évaluation foncière qu\u2019elles ont en commun, les champs de compétence des communautés urbaines varient de l\u2019une à l\u2019autre.À Montréal, par exemple, s\u2019y ajoutent les services de police et de protection contre les incendies.Il existe au Québec trois communautés urbaines: Montréal, Québec et Outaouais.Créatures des municipalités qui en sont membres, les communautés urbaines n\u2019ont pas à ce jour fait entendre une voix très forte dans le débat sur la décentralisation et la régionalisation.494 96 municipalités régionales de comté (MRC) existent au Québec.Pour leur part, les 1 422 municipalités qui ne sont pas regroupées dans des communautés urbaines font partie de l\u2019une ou l\u2019autre des 96 municipalités régionales de comté (MRC) qui existent au Québec.La plupart d\u2019entre elles sont de composition à majorité rurale.Leurs populations varient de quelques milliers d\u2019habitantes et d\u2019habitants à plus de 300 000 dans le cas de Laval qui est à la fois municipalité et MRC.Administrées par un conseil composé des maires et des conseillers des municipalités membres (selon une pondération qui tient compte des populations respectives), dirigées par un comité administratif et un préfet élus en leur rang, les MRC ne disposent d\u2019aucun pouvoir de taxation.Leurs revenus proviennent essentiellement des municipalités membres et, dans une moindre mesure, de transferts gouvernementaux.Leurs champs de compétence sont surtout l\u2019aménagement du territoire, l\u2019évaluation foncière, la planification du transport, la gestion des parcs régionaux et le soutien aux fonds d\u2019investissements locaux.Mais les MRC assument, de plus, des compétences déléguées par le gouvernement du Québec et des services mis en commun par les municipalités membres qui, trop petites, n\u2019ont pas les moyens de se les offrir.Regroupées au sein de l'Union des municipalités régionales de comté du Québec (UMRCQ), les MRC aspirent à la fois à jouer le rôle de véritables «communautés urbaines» sur leur territoire et à devenir les pôles de développement d\u2019un niveau politique régional.Elles veulent être les bénéficiaires privilégiées d\u2019une éventuelle décentralisation des pouvoirs, des services et des ressources de l\u2019État québé- 495 cois.Elles revendiquent une quinzaine de pouvoirs, dont la gestion des commissions scolaires, des CLSC, des centres d\u2019accueil, des HLM et du développement culturel.Elles proposent que leurs dirigeantes et dirigeants (préfètes et préfets, conseillères et conseillers) soient élus au suffrage universel et réclament que des points d\u2019impôt sur le revenu leur soient concédés.Toutefois, si elles bénéficient d\u2019appuis au sein de l\u2019actuel gouvernement québécois, leurs ambitions rencontrent une vive opposition, d\u2019une part dans les municipalités et les commissions scolaires qui les perçoivent comme des menaces à leurs pouvoirs et, d\u2019autre part, chez plusieurs intervenantes et intervenants socio-économiques qui favorisent plutôt l\u2019émergence d\u2019un niveau politique régional sur un territoire plus étendu que celui des MRC.Un niveau sectoriel scolaire supramunicipal Le seul secteur de services qui, pour des raisons historiques que nous avons déjà brièvement examinées, dispose d\u2019une structure politique spécifique dans la société québécoise est celui de l\u2019éducation.Encore faut-il rappeler qu\u2019il n\u2019englobe que l\u2019éducation primaire et secondaire, les services de garde à la petite enfance, les collèges et les universités lui échappant.Il existe aujourd\u2019hui 154 commissions scolaires au Québec, parmi lesquelles 136 sont catholiques.Par le territoire qu\u2019elles desservent, elles s\u2019apparentent davantage à des organismes supramunicipaux que régionaux.Il existe aujourd\u2019hui 154 commissions scolaires au Québec, parmi lesquelles 136 sont catholiques.Administrées par des conseils de commissaires élus au suffrage universel tous les quatre ans et dirigées par une présidente ou un président et un comité exécutif élus en leur rang, les commissions scolaires disposent d\u2019un pouvoir de 496 taxation limité.Toutefois, 85 % de leurs revenus proviennent de subventions gouvernementales.La Fédération des commissions scolaires revendique une importante déréglementation de l\u2019éducation Outre la gestion des équipements et de l\u2019organisation du travail, les champs de compétence des commissions scolaires sont essentiellement la détermination de leurs orientations, objectifs, priorités et valeurs, l\u2019adoption des grandes politiques pédagogiques et administratives, de même que l\u2019évaluation.Cependant, nombre de ces pouvoirs sont en réalité fortement encadrés par des réglementations et des normes édictées par le gouvernement québécois.Par ailleurs, les commissions scolaires coordonnent de plus en plus la gestion des équipements avec les municipalités.Plus de 600 ententes auraient été conclues à cette fin.Enfin, certaines commissions collaborent avec les conseils régionaux de développement tandis que leur fédération participe à la Société québécoise de développement de la main-d\u2019oeuvre.Regroupées au sein de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), les commissions scolaires mènent depuis quelques années une critique virulente de la centralisation de l\u2019éducation et de la «kyrielle de règlements et d\u2019instructions provenant de la bureaucratie gouvernementale».Depuis 1992, la Fédération des commissions scolaires du Québec revendique particulièrement une importante déréglementation de l\u2019éducation, le pouvoir pour une commission scolaire de déroger du régime pédagogique établi par le ministère, la capacité de déterminer l\u2019ensemble des conditions de travail autres que celles relevant du «monétaire lourd», de même que la liberté d\u2019établir comme elles l\u2019entendent le taux de taxation.497 Craignant pour leur existence, les commissions scolaires mènent une offensive tous azimuts en faveur d'un type de décentralisation dont elles seraient, avec les municipalités, les principales bénéficiaires.Un niveau régional A proprement dit, il n\u2019y a pas au Québec de gouvernements régionaux.Toutefois, suite à l\u2019initiative des populations et des groupes de pression dans les régions, suite aussi à certaines politiques de décentralisation et de déconcentration de plusieurs activités gouvernementales vers les régions, de nombreuses instances politiques et administratives régionales ont vu le jour au fil des ans de sorte qu\u2019on peut aujourd\u2019hui constater l\u2019existence d\u2019une véritable vie politique régionale et assister à l\u2019émergence d\u2019un niveau de pouvoir politique régional.S\u2019il a été en quelque sorte reconnu par le nouveau gouvernement québécois par la désignation de déléguées et délégués régionaux, ce niveau de pouvoir régional est essentiellement dispersé en de multiples structures sectorielles.Dans le domaine de la santé et des services sociaux, 16 régies régionales de la santé et des services sociaux (RRSSS) ont, depuis la réforme adoptée en 1991, le mandat de définir les priorités en matière de santé, d\u2019organiser les services et d\u2019allouer les budgets aux établissements situés sur leur territoire.Les RRSSS sont dirigées par des conseils d\u2019administration composés de 20 membres élus par quatre collèges électoraux représentant les établissements, les organismes communautaires, les groupes socio-économiques et les élus municipaux.Notons que les organisations syndicales ne sont pas reconnues comme groupes socio-économiques et ne sont pas, de ce fait, représentées dans ces lieux de pouvoir.Les RRSSS n\u2019ont pas de pouvoir de taxation et Dans le domaine de la santé et des services sociaux, 16 régies régionales de la santé et des services sociaux ont le mandat de définir les priorités.498 Dans le domaine de la formation de la main-d\u2019oeuvre, 11 sociétés québécoises de développement de la main-d'oeuvre régionales ont été mises en place en 1992.leur marge de manoeuvre sur le plan financier est faible.Mais, si le gouvernement devait régionaliser le budget de la Régie d\u2019assurance-maladie du Québec (RAMQ) comme il en est de plus en plus question en dépit de l\u2019opposition des médecins, le pouvoir des RRSSS pourrait s\u2019en trouver considérablement augmenté et leur rôle accru, y compris dans le champ des négociations collectives.Dans le domaine de la formation de la main-d\u2019oeuvre, 11 sociétés québécoises de développement de la main-d\u2019oeuvre (SQDM) régionales, coordonnées par la SQDM nationale ont été mises en place en 1992.Pourquoi 11 alors qu\u2019il existe 16 régions administratives au Québec ?Mystère.Ces sociétés ont le mandat d\u2019identifier les besoins de formation en lien avec les objectifs régionaux de développement de l\u2019emploi, de même que de coordonner et de rendre accessibles sur leur territoire les programmes de formation québécois et fédéraux.Les SQDM régionales sont dirigées par des conseils d\u2019administration composés de représentantes et représentants des entreprises, de la main-d\u2019oeuvre et de divers autres groupes.Ils sont nommés par le gouvernement du Québec.Leur financement est aussi assuré par le gouvernement québécois, qui prévoit de plus leur confier la gestion de la future taxe sur la main-d\u2019oeuvre.Dans le domaine du développement économique, 16 conseils régionaux de développement (CRD), créés à l\u2019origine par des leaders des régions avant d\u2019être progressivement soutenus, reconnus et finalement encadrés par le gouvernement du Québec, ont le mandat d\u2019élaborer des plans stratégiques de développement, de coordonner le développement régio- 499 nal, de choisir les projets à mettre en oeuvre et de gérer certains fonds régionaux.Les CRD sont dirigés par des conseils d\u2019administration composés, d\u2019une part, des déléguées et délégués régionaux et des députées et députés québécois de la région et, d\u2019autre part, de membres élus par les assemblées générales des CRD et reflétant celles-ci selon une pondération entre les élus municipaux, les groupes socio-économiques, les groupes communautaires et les services publics.Leur financement est assuré par le gouvernement québécois.Aux RRSSS, SQDM et CRD, il faut bien sûr ajouter les conseils régionaux de la culture, les conseils régionaux du loisir, les sociétés d\u2019aide au développement des collectivités (créées et contrôlées par le gouvernement fédéral), sans compter les innombrables bureaux régionaux des ministères québécois et fédéraux.À travers cette mosaïque d\u2019organismes régionaux, un consensus se développe depuis quelques années pour réclamer avec de plus en plus de force une véritable décentralisation des pouvoirs, des services et des ressources vers les régions.Un niveau national Encadrant et finançant ces divers niveaux de pouvoir que nous venons d\u2019examiner brièvement, un Etat national existe qui, sur le plan constitutionnel toutefois, n\u2019est reconnu que comme une province (parmi 10) d\u2019un Etat fédéral et n\u2019assume grosso modo que 16 champs de compétence parmi lesquels on retrouve, en théorie du moins, la culture, l\u2019éducation, la santé, l\u2019environnement, le transport, les institutions municipales.Dans le domaine du développement économique, 16 conseils régionaux de développement ont le mandat d'élaborer des plans stratégiques de développement.Il n\u2019est nul besoin de décrire les caractéristiques fort bien connues de cet Etat et du mode d\u2019élection de son gouvernement.500 Les centres de décision devront être les plus rapprochés des citoyennes et citoyens.Rappelons cependant que l\u2019élection récente d\u2019un gouvernement souverainiste représente une nouvelle étape dans la crise politique qui n\u2019a cessé de se développer entre l\u2019État québécois et l\u2019État fédéral, crise ponctuée notamment, en 1981, du coup de force constitutionnel fédéral, en 1990 du refus du Canada d\u2019entériner l\u2019entente du Lac Meech, en 1991 de la Commission Bélanger-Campeau et, en 1993 du rejet tant par le Canada que par le Québec, des accords constitutionnels de Charlottetown.Le gouvernement soumet présentement à la population un projet de loi sur la souveraineté prévoyant la récupération par le Québec de l\u2019ensemble des pouvoirs.Le programme du Parti québécois prévoit qu\u2019au lendemain de l\u2019indépendance, «le Québec sera doté d\u2019un État unitaire, seul habilité à légiférer, mais hautement décentralisé» selon les principes suivants : -\tles pouvoirs seront confiés à des dirigeantes et dirigeants imputables; -\tils seront attribués aux paliers décisionnels les plus aptes à les assumer selon des critères d\u2019efficacité, de coûts et de qualité des services; -\tles centres de décisions devront être les plus rapprochés possible des citoyennes et citoyens; -\tles responsabilités décentralisées devront être accompagnées de la marge de manoeuvre permettant aux élues et élus de poser de véritables choix socio-économiques; -\tla décentralisation sera accompagnée de ressources et de pouvoirs fiscaux autonomes adéquats; -\tl\u2019autonomie fiscale sera assortie de mécanismes de péréquation.Plus précisément, le programme du PQ prévoit une politique de développement économique et 501 une décentralisation adaptées aux réalités spécifiques de quatre ensembles : les régions, la région de Montréal, la région de la Capitale nationale, les régions nordiques.Pour l\u2019essentiel, en dehors des régions de Montréal, de Québec et des régions nordiques, c\u2019est au niveau des MRC que se situeraient les nouveaux pouvoirs décentralisés, la coordination régionale étant assurée par des conseils régionaux de concertation (les actuels CRD ?).Le programme du PQ ne prévoit pas, par ailleurs, la disparition des commissions scolaires.Un niveau fédéral Chapeautant l\u2019Etat québécois, un Etat fédéral existe qui assume, depuis 1867, pas moins de 29 pouvoirs exclusifs parmi lesquels on retrouve les principaux pouvoirs économiques et financiers, la défense, les relations internationales, les postes.De plus, par les pouvoirs résiduaires, le pouvoir de désaveu et le pouvoir de dépenser que la constitution de 1867 lui accorde, le gouvernement de l\u2019État fédéral dispose d\u2019une énorme capacité d\u2019intervention dans les champs de compétence des provinces et il ne s\u2019est jamais privé de l\u2019utiliser, manifestant depuis longtemps la volonté de construire un État unitaire canadien.Un Etat fédéral existe qui assume les principaux pouvoirs économiques et financiers, la défense, les relations internationales, les postes.- Un Etat national existe avec ses ministères, ses organismes, ses bureaux régionaux.Les caractéristiques de l\u2019État fédéral et le mode d\u2019élection de son gouvernement sont suffisamment connus pour n\u2019avoir pas besoin de les présenter.Rien, ni dans l\u2019histoire de l\u2019État fédéral canadien, ni dans le programme et les politiques de son gouvernement actuel, ne peut nous laisser croire que cet État pourrait se montrer favorable, dans un avenir prévisible, à une réelle décentralisation des pouvoirs, des services et des ressources au bénéfice de l\u2019État québécois.502 Plusieurs institutions internationales existent tels V Organisation du commerce mondiale, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, de même que le GATT et l\u2019ALENA.Un niveau international S\u2019il peut sembler singulier à première vue d\u2019inclure le palier international parmi les niveaux de pouvoir auxquels est confrontée la société québécoise, l\u2019extraordinaire amplification, particulièrement dans le champ économique, du rôle de plusieurs institutions internationales tels l\u2019Organisation mondiale du commerce , le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, de même que le réseau de plus en plus serré d\u2019accords internationaux tels ceux du GATT et de l\u2019ALENA dans lequel notre développement socio-économique devra s\u2019insérer, devraient nous convaincre qu\u2019il n\u2019en est rien.Le débat sur la répartition des pouvoirs, des services et des ressources, les choix que nous devons faire concernant la décentralisation et la régionalisation de même que les enjeux liés au développement socio-économique régional ne peuvent aujourd\u2019hui se concevoir sans tenir compte de cette réalité appelée à devenir de plus en plus déterminante dans les années à venir et sans prendre en considération le fait que, comme collectivité, nous n\u2019avons pas (ou fort peu) de représentation directe à ce niveau.Tendance irréversible, enjeux cruciaux Des milliers de lieux locaux de services, 1 469 municipalités, trois communautés urbaines, 96 municipalités régionales de comté, 154 commissions scolaires, 16 régies régionales de la santé et des services sociaux, 11 sociétés régionales de développement de la main-d\u2019oeu-vre, 16 conseils régionaux de développement, des conseils régionaux de la culture, des conseils régionaux du loisir, des sociétés fédérales d\u2019aide au développement des collectivités, un Etat national avec ses ministères, ses organismes, ses bureaux régionaux, un État fédéral avec ses ministères, ses organismes, ses 503 bureaux régionaux, des organismes internationaux, bref, pas moins de huit niveaux qui se «disputent» les pouvoirs, les services, les ressources.Reconnaissons a priori que s\u2019il est essentiel de mener un débat dans la société québécoise sur la décentralisation, la déconcentration et la régionalisation, il ne sera pas aisé de le conclure à la satisfaction de toutes et tous.Pourtant, une nouvelle répartition des pouvoirs doit se faire et elle doit découler d\u2019un processus large, public et démocratique.La tendance à la décentralisation, la déconcentration et la régionalisation que nous observons aujourd\u2019hui au Québec, comme dans plusieurs autres sociétés, ne relève pas d\u2019une génération spontanée et n\u2019est pas le simple fruit du hasard.Cette tendance est sans doute irréversible.Contrairement à ce que plusieurs croient, cette tendance ne tient pas uniquement, il s\u2019en faut de beaucoup, au seul désir des gouvernements supérieurs de se départir de certaines de leurs responsabilités et de se délester des coûts qui y sont associés.Certes, cette dimension de la problématique est bien réelle et il ne saurait être question de la sous-estimer.Mais elle doit être mise en perspective avec d\u2019autres causes, tout aussi déterminantes.Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte et se conjuguent pour donner corps à cette tendance : -\tle constat d\u2019échec de certaines politiques centralisées qui ont prévalu au Québec, notamment en matière de développement régional; -\tla critique de certaines lourdeurs et inefficacités des bureaucraties étatiques; 504 La décentralisation du pouvoir vers les régions doit absolument être assortie de ressources financières adéquates.-\tl\u2019appétit des élites et des bureaucraties des niveaux «inférieurs» pour de nouveaux pouvoirs et de nouvelles ressources; -\tle désir légitime des responsables «de première ligne» de voir les lieux de décision se rapprocher des lieux d\u2019action; -\tl\u2019aspiration naturelle des populations locales et régionales à contrôler les moyens de leur développement dans un contexte d\u2019aggravation des inégalités entre les régions; -\tla volonté de faire contrepoids à la distanciation des pouvoirs provoquée par la mondialisation en renforçant les niveaux local et régional.Cette aspiration légitime à la décentralisation est notamment exprimée dans la Charte d\u2019un Québec populaire, adoptée par Solidarité populaire Québec, qui y consacre quatre articles : 46.\tDécentralisation.Dans le cadre de normes établies par l\u2019État, on peut faciliter l\u2019exercice de la démocratie en transférant des pouvoirs vers les régions, les municipalités et même les quartiers des grandes villes.On rend alors possible la prise en charge collective et la participation à la gestion du développement socio-économique.L\u2019État a la responsabilité de favoriser cette décentralisation et de contribuer ainsi au renforcement des solidarités locales et régionales.47.\tPartage des richesses.La décentralisation du pouvoir vers les régions doit absolument être assortie de ressources financières adéquates et inclure des formules de partage des richesses entre les régions riches et les régions pauvres ainsi qu\u2019entre les banlieues et les centres-villes.48.\tSouplesse.La démocratie implique de la souplesse.Il est important que l\u2019État adapte 505 ses normes et réglementations aux besoins et réalités des régions tout comme il est important que les régions respectent les normes communes.49.Engagement.La décentralisation de pouvoirs ne doit pas servir au désengagement de l\u2019Etat mais à l\u2019engagement des citoyennes et des citoyens dans le contrôle démocratique de leurs institutions.Autrement dit, à travers le débat sur la décentralisation, une réalité plus complexe que la simple vision néolibérale d\u2019un désengagement de l\u2019État s\u2019exprime.La société québécoise est aujourd\u2019hui confrontée à certains enjeux cruciaux qui ne peuvent être posés correctement, à certains défis majeurs qui ne peuvent être relevés avec succès, sans que soit réévaluée sérieusement la répartition des pouvoirs, des services et des ressources dont elle a historiquement hérité.L\u2019enjeu de la démocratie Le débat sur la répartition des pouvoirs, des services et des ressources pose d\u2019abord l\u2019enjeu de la qualité de la vie démocratique dans notre société et cela, sous plusieurs aspects.En premier lieu, l'actuel partage des pouvoirs entre le niveau fédéral et le niveau national soulève de toute évidence la question de la souveraineté du peuple québécois.Insatisfait de ce partage consigné dans une Constitution qui lui a été imposée en 1982, incapable de le modifier en dépit d\u2019incessantes tentatives, qui plus est, continuellement victime d\u2019envahissement de ses champs de juridiction propres par un pouvoir fédéral qui tend à se développer comme un État unitaire et centralisateur, le peuple québécois se voit de surcroît privé d\u2019une représentation directe au niveau international alors même que ce niveau prend II est important que l\u2019Etat adapte ses normes et réglementations aux besoins et réalités des régions.506 une importance accrue.L\u2019autorité souveraine du peuple, fondement de la vie démocratique, s\u2019en trouve sérieusement amenuisée.L\u2019actuel partage des pouvoirs entre le niveau fédéral et le niveau national soulève de toute évidence la question de la souveraineté du peuple québécois.Par ailleurs, une éventuelle transformation du rôle de l\u2019État québécois qui se traduirait par l\u2019abandon de responsabilités qu\u2019il assume aujourd\u2019hui pourrait handicaper gravement le droit démocratique de la population de promouvoir des valeurs communes au Québec et d\u2019encadrer par des règles son développement culturel, social et économique.De plus, il est loin d\u2019être évident que la prolifération des niveaux et des lieux de pouvoir et que leur découpage sur une base sectorielle dans les régions, favorisent la participation réelle des citoyennes et des citoyens à la vie démocratique, pas plus qu\u2019ils n\u2019amplifient leur contrôle effectif sur les orientations, les services et les ressources.Le sentiment d\u2019impuissance politique que plusieurs ressentent, la méfiance envers les institutions qui se manifeste, le désenchantement qu\u2019on observe face à l\u2019action collective, le faible taux de participation qu\u2019on note dans plusieurs scrutins, de même que la représentation inégale des divers groupes (notamment les femmes) qu\u2019on constate, témoignent plutôt du contraire.La profusion des paliers et la complexité de leur fonctionnement favorisent davantage les élites, les bureaucraties, les technocrates et les groupes qui, dans la société, disposent à la fois de l\u2019expertise et des moyens de s\u2019assurer une représentation effective et d\u2019exercer une influence réelle dans les multiples lieux de pouvoir.Enfin, le débat sur la répartition des pouvoirs, 507 i des services et des ressources entraîne des interrogations sur le pouvoir imparti au niveau local, sur la démocratisation des lieux de travail et sur l\u2019autonomie professionnelle des travailleuses et des travailleurs, trois éléments qui sont au coeur de l\u2019amélioration de la qualité des services et de l\u2019augmentation de l\u2019emprise de la population sur les services qui lui sont dispensés.Or, curieusement, quand on évoque aujourd\u2019hui les besoins de décentralisation dans notre société, il s\u2019agit trop souvent de l\u2019expression d\u2019une lutte entre divers niveaux politiques et administratifs pour s\u2019accaparer pouvoirs et ressources sans que soit réellement considérée la nécessité de rapprocher les lieux de décision des lieux d\u2019exécution, d\u2019accroître la démocratie à la base et de promouvoir l\u2019autonomie et, par conséquent, la responsabilité et l\u2019efficacité des personnes qui dispensent les services.Il y a là des dimensions fondamentales à mettre au premier plan du débat démocratique sur la décentralisation.Il s\u2019agit trop souvent de Vexpression d'une lutte entre divers niveaux politiques pur s\u2019accaparer pouvoirs et ressources.L\u2019enjeu de l\u2019efficience Un second enjeu majeur posé dans ce débat est celui de l\u2019efficience politique et administrative de notre société, c\u2019est-à-dire du rendement de notre mode d\u2019organisation collective quand on compare les avantages et les inconvénients de notre système, quand on analyse l\u2019efficacité et l\u2019équité qu\u2019il génère ou non, quand on mesure les coûts des services qu\u2019il offre par rapport à leur qualité.La complexité et la lourdeur politique et administrative qui caractérisent la société québécoise sont réellement frappantes.En faisant abstraction des niveaux local et international qui constituent bien sûr une réalité pour toutes La complexité et la lourdeur politique et administrative qui caractérisent la société québécoise sont réellement frappantes.508 Il y a lieu de s\u2019interroger sur la mauvaise gestion des priorités et l\u2019irresponsabilité sociale que le système actuel produit.les sociétés, les six niveaux de pouvoir que nous connaissons ici et le complexe partage des compétences qui s\u2019est établi entre eux n\u2019ont guère d\u2019équivalent ailleurs.Par exemple, la France, pays pourtant réputé pour son organisation politique complexe, compte quatre niveaux : un gouvernement national, 22 régions, 95 départements et 35 433 communes.L\u2019Angleterre, avec 50 millions d\u2019habitantes et d\u2019habitants n\u2019en compte que trois : un gouvernement national, 45 comtés et 332 districts.La Suède, avec plus de huit millions d\u2019habitantes et d\u2019habitants en compte aussi trois : un gouvernement national, 24 comtés et 284 communes.Qui plus est, dans les cas de l\u2019Angleterre et de la Suède, le partage des compétences entre les niveaux est simple et clair.Ainsi, en Angleterre, parmi d\u2019autres pouvoirs, l\u2019éducation et la santé relèvent des districts alors que le transport et l\u2019aménagement dépendent des comtés.En Suède, l\u2019éducation préuniversitaire relève des communes alors que l\u2019éducation des adultes et la santé dépendent des comtés.Le débat sur la répartition des pouvoirs, des services et des ressources ne peut se faire sans remettre en question les chevauchements de compétence, les conflits de juridiction, les dédoublements de services, de même que les gaspillages de ressources financières, de ressources humaines, de temps et d\u2019énergie que la structuration et le partage actuels génèrent.Combien de temps et d\u2019argent, aujourd\u2019hui affectés à la gestion d\u2019un système inutilement éclaté et compliqué, pourraient demain être investis dans les services directs à la population?509 Il faut aussi, à la faveur de ce débat, poser le problème de la «déresponsabilisation» qu\u2019en- traînent la prolifération des lieux de pouvoir et la distribution des compétences sur une base sectorielle.Quand on voit, par exemple, une municipalité augmenter les sommes qu\u2019elle consacre à l\u2019aménagement de ses pistes de ski de fond au moment même où la commission scolaire qui oeuvre sur son territoire est obligée, faute de ressources, de couper dans les services aux élèves en difficultés et au moment même où le CLSC du coin est incapable de fournir des soins à domicile à des personnes âgées dans le plus grand besoin, il y a lieu de s\u2019interroger sur la mauvaise gestion des priorités et l\u2019irresponsabilité sociale que le système actuel produit.Il faut enfin, avant de songer à en créer de nouvelles, s\u2019interroger sur la pertinence et la viabilité des structures existantes.Songeons simplement à toutes ces municipalités, trop petites pour offrir le moindre service et qui n\u2019ont parfois pour seule raison d\u2019exister que d\u2019être en quelque sorte des «échappatoires fiscales» permettant à leurs résidentes et résidents de bénéficier des infrastructures et des services de la «vraie» municipalité voisine, sans avoir à en assumer le fardeau.L\u2019enjeu de l\u2019équité Le débat sur la répartition des pouvoirs, des services et des ressources soulève également, de façon très préoccupante, un enjeu qui nous tient particulièrement à coeur: celui de l\u2019équité sociale au Québec.S\u2019il est nécessaire de rechercher une meilleure organisation de la démocratie et une efficience accrue des administrations publiques, s\u2019il devient aussi indispensable de tenir compte désormais des particularités et des volontés d\u2019autonomie et de responsabilité des divers milieux, des municipalités et des régions, cela ne saurait se faire au prix d\u2019un retour en arrière La décentralisation ne trouve son véritable sens que dans la mesure où elle contribue réellement à réduire les inégalités.en ce qui a trait à l\u2019équité sociale au Québec.Au contraire, la décentralisation ne trouve son véritable sens que dans la mesure où elle contribue réellement à réduire les inégalités, à combattre l\u2019exclusion et à accroître l\u2019équité sociale en assurant une meilleure redistribution de la richesse, un développement économique plus démocratique et centré sur la création d\u2019emplois, de même qu\u2019un accès réel à des services publics de qualité.Peu importe où ils résident, les citoyennes et les citoyens du Québec devraient tous avoir droit à un traitement équitable dans notre société.Ils devraient tous également contribuer de manière équitable au financement des services collectifs qui sont mis en place.L\u2019État national a, à cet égard, une responsabilité inaliénable dont il ne peut se désengager.L\u2019enjeu du développement et de l\u2019emploi Au centre du débat sur la répartition des pouvoirs, des services et des ressources se trouve aussi l\u2019enjeu déterminant du développement socio-économique et de l\u2019emploi dans les diverses régions du Québec.Bien que de nombreux espoirs aient été véhiculés dans les années soixante-dix concernant la réduction des disparités régionales, on doit aujourd\u2019hui constater que les écarts ne cessent au contraire de s\u2019accroître.Plusieurs études, dont le célèbre «Deux Québec dans un», publié en 1989 par le Conseil des affaires sociales, ont mis en évidence les caractéristiques les plus importantes du «maldéveloppement» dont souffrent plusieurs régions : décroissance démographique et vieillissement des populations, économie dépendant de l'exploitation, souvent saisonnière, des ressources naturelles, sous-utilisation des ressources humaines et des capacités d\u2019innova- 511 tion, inadaptation des politiques et des programmes de développement aux réalités et aux préoccupations spécifiques des milieux, disparition de plusieurs services (postes, médias, activités culturelles), sentiment d\u2019aliénation qui se propage, etc.C\u2019est largement en réaction à ces réalités que les régions ont commencé à revendiquer les moyens de prendre leurs affaires en main.La décentralisation n\u2019a d\u2019utilité et de légitimité que dans la mesure où elle apporte des solutions concrètes et efficaces aux problèmes de disparités et permet la mise en oeuvre d\u2019un véritable développement endogène.Par «développement endogène» on entend un développement régional défini, mis en oeuvre et assumé par la région, en partenariat avec l\u2019État, et visant, sur la base des ressources et des potentialités locales, à améliorer les conditions socio-économiques et culturelles de leur population dans le respect de l\u2019environnement.Un tel développement doit aussi viser à favoriser l\u2019intégration à la communauté régionale et aux communautés locales des divers groupes ethniques, linguistiques et confessionnels présents sur le territoire.L\u2019enjeu de la négociation collective Enfin, un autre enjeu, et non le moindre, qui se pose à travers le débat sur la répartition des pouvoirs, des services et des ressources dans notre société est celui du respect des droits collectifs des travailleuses et des travailleurs des services publics.Une décentralisation qui aurait pour effet la croissance de la précarité d\u2019emploi, la détérioration des conditions de travail et l\u2019affaiblissement des droits syndicaux serait inacceptable.À cet égard, il importe que soit préservée et On doit aujourd' hui constater que les écarts ne cessent de s'accroître.512 renforcée la capacité des travailleuses et des travailleurs des services publics de se regrouper et de négocier collectivement des conditions de travail adéquates, La décentralisation de la négociation collective vers d\u2019autres niveaux ne saurait se réaliser éventuellement que pour des objets qui relèvent spécifiquement de ce niveau et seulement là où coexistent à la fois un pouvoir patronal réel de décision, un rapport de force possible et un mode de règlement des différends.Références bibliographiques BOURQUE Reynald.«L\u2019objet de la négociation collective, Adaptation ou innovation» in La négociation collective du travail, Presses de l\u2019Université Laval, Sainte-Foy, 1993, pages 93 à 118.BOURQUE Reynald.«La transformation de la négociation collective dans le contexte nord-américain», juin 1994, 24 pages.CEQ.«Le choix des régions, première analyse», novembre 1983, 13 pages.CEQ.«Faut-il décentraliser 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les municipalités», Montréal, janvier 1994, 114 pages.UNION DES MUNICIPALITÉS RÉGIONALES DE COMTÉ.«Vers un partenariat entre le gouvernement, les municipalités et les MRC», Sainte-Foy, août 1994, 56 pages.VACHON Bernard.«Le développement local en milieu rural», mars 1989, 36 pages. À travers l\u2019actualité par: Rosaire MORIN Daniel Johnson, le père Le fils doit lire et se faire expliquer la pensée de son père.Comme Daniel le fils n\u2019est pas abonné à la revue, faites-lui parvenir ces extraits d\u2019une déclaration faite le 17 janvier 1963, à l\u2019Assemblée nationale: Ce n\u2019est pas une enquête sur le bilinguisme qu\u2019il nous faut avant 1967, mais une assemblée constituante; pas une constitution rapiécée, mais une constitution nouvelle.Sans quoi il n\u2019y aura pas d\u2019autre issue que l\u2019indépendance du Québec.L\u2019Union nationale est un parti libre pour un Québec libre.Cessons une fois pour toutes de rêver d\u2019une impossible unité.C\u2019est l\u2019union qu\u2019il faut désormais chercher, l\u2019union dans la liberté, l\u2019harmonie dans le respect des souverainetés nationales, l\u2019alliance de deux communautés ayant des titres égaux à l\u2019autodétermination.Voilà ce que l\u2019État du Québec devrait, sans tarder, faire savoir à Ottawa.Le Québec, et l\u2019Union nationale en tête, ne se contentera plus de cette tolérance plus ou moins bienveillante qui, depuis cent ans, fait de nous dans la Confédération un groupe d\u2019étemels quémandeurs, qu\u2019on amuse d\u2019une élection l\u2019autre avec des jouets genre chèques bilingues, mais qu\u2019on n\u2019a jamais accepté autrement qu\u2019à titre de mineurs, d\u2019adjoints ou d\u2019associés juniors au bureau de direction de la nation.(Daniel Johnson, Assemblée nationale, 17 janvier 1963, dans Le Devoir, 18 janvier 1963).518 La solidarité victorieuse Le 31 octobre 1994, quarante enseignantes signaient un protocole avec la Commission scolaire de l\u2019Industrie pour mettre fin à une discrimination dont elles étaient victimes.La Commission a accepté de verser la somme de 5 000 $ à chacune de ces enseignantes.Elle s\u2019est engagée à élaborer et à implanter un programme garantissant Légalité en emploi pour le personnel, incluant le personnel à statut précaire.Elle met sur pied un comité des plaintes pour étudier tout comportement discriminatoire ou de harcèlement fondé sur le sexe.Elle assurera l\u2019égalité des sexes dans l\u2019attribution des tâches, dans la formation des groupes d\u2019élèves, dans l\u2019accès aux locaux, dans l\u2019établissement des horaires, dans le soutien matériel et professionnel.Cette victoire est mémorable.La porte-parole, Pauline Major, la commentait en ces termes: L\u2019histoire nous apprend que pour bâtir un pays, il faut d\u2019abord s\u2019attaquer à la forêt et effectuer un pénible travail de défrichage avant de rêver aux récoltes.Nous avons défriché un terrain résistant et peu habitué à ce genre d\u2019intervention.Nous osons espérer aujourd\u2019hui une meilleure récolte pour celles qui nous suivront.Nous osons espérer que les mentalités changeront pour en arriver à un mieux-être pour chacun et chacune.(Nouvelles CEQ, janvier-février 1995, p.6) La Rédemption, un exemple de solidaité La Rédemption, c\u2019est une petite paroisse de 600 personnes.C\u2019est une population déterminée à assurer la survie du milieu.On se souvient de la bataille pour le maintien du bureau de poste.Le fédéral a gagné; il continuera à utiliser les impôts et les taxes des contribuables de La Rédemption pour payer des salaires en d\u2019autres lieux.Mais les gens de La Rédemption ont eu gain de cause dans leur deuxième bataille.Ils ont réussi à récupérer la forêt publique pour la survie de leur collectivité.La lutte a été longue.Les citoyens ont d\u2019abord bloqué l\u2019accès de la forêt aux entrepreneurs qui l'exploitaient à leur profit.La police les a délogés.Sacrée police! Pour maintenir l\u2019ordre, elle appuie souvent l\u2019injustice et les responsables du désordre.La police a rétabli la paix sociale, mais devant les réclamations qui persistaient, le ministère des Forêts a fini par rétrocéder les lots intramunicipaux à la municipalité avec certaines ressources pour leur mise en valeur.Cette exploitation contribuera à la survie de la communauté.Quelques emplois stables sont créés par l\u2019exploitation primaire et intégrée de la ressource forestière.Vive la solidarité! 519 La vitalité de la coopération Les coopératives contribuent au développement de la société québécoise.Elles comptent 6 230 000 membres répartis en 3 300 unités.Elles emploient 61 700 personnes.Elles possèdent 80 000 000 000$ d\u2019actif et réalisent un volume d\u2019affaires dépassant les cinq milliards de dollars.On retrouve des coopératives dans tous les domaines.Les caisses populaires et d\u2019économie représentent le modèle le plus populaire; elles comptent 5 millions de membres.Les coopératives non financières oeuvrent dans l\u2019agriculture, les affaires immobilières, le commerce, les communications, la construction, l\u2019industrie, les services et le transport.Elles regroupent, selon l\u2019activité, des consommateurs, des producteurs, des travailleurs ou des usagers.Plusieurs besoins de consommateurs sont satisfaits par une coopérative: alimentation, scolaire, enseignement, autochtones, garderies, habitation, funéraires, loisir et autres; c\u2019est la catégorie \u201calimentation\u201d qui emploie le plus de personnes, soit 2 181 travailleurs et travailleuses.Les coops de production s\u2019intéressent d\u2019abord au secteur agricole et elles embauchent 11 716 personnes.Les coops de travailleurs sont de plusieurs types: foresterie, actionnaires, ambulancières, agricoles, imprimerie, services aux entreprises, services-conseils, vêtement et autres; c\u2019est le secteur de la foresterie qui est le plus développé, employant 3 762 personnes.Au nombre de 569 entreprises, les coops non financières emploient 23 380 personnes.Elles sont établies dans toutes les régions.C\u2019est au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Abitibi-Témiscamingue qu\u2019elles embauchent le plus de travailleurs: 1 966 et 1 773.(Source: le Conseil de la Coopération) La Caisse du Collège de Lévis C\u2019est une caisse populaire pas comme les autres.La directrice générale, Valéry Fournier, a 19 ans.La Caisse possède un actif de 8 000 000 $.Elle existe depuis 20 ans.Des professeurs du Collège y déposent leur argent; il en est ainsi de 300 anciens professeurs.La caisse est devenue une école de formation où la pratique quotidienne enrichit le cours théorique.L\u2019étudiante Valéry a appris à faire les opérations courantes de la caisse: dépôt, retrait, compensation, prêts, REER, chèques de voyages.Au Collège de Lévis, depuis 1972, un programme «Technique en administration et coopération» établit un lien direct avec le Mouvement Desjardins.Les stagiaires sont accueillis dans les caisses de Québec, du Saguenay et du Bas-Saint-Laurent.520 L\u2019Association coopérative forestière de Saint-Louis Dans la lointaine Gaspésie, des pôles de développement existent.L\u2019Association coopérative forestière de Saint-Louis en est un exemple.Cette coop génère de l\u2019emploi et de la croissance.Fondée en 1964, dans la paroisse de Saint-Louis-de-Gonzague, elle a connu les difficultés propres au secteur forestier et à l\u2019évolution du milieu.Ainsi, lors de la fermeture de la paroisse, elle a déménagé ses installations dans le village de Saint-Omer.Au cours des années, elle s\u2019est adaptée aux divers problèmes de l\u2019exploitation forestière.Aujourd\u2019hui, elle fait un chiffre d\u2019affaires qui excède les 5 000 000 $.Ce n\u2019est pas Power Corporation.Mais l\u2019entreprise est le moteur économique du village.Elle emploie 80 personnes.Elle verse 1 700 000 $ en salaires.Elle utilise l\u2019innovation technologique.Mécanisée à 80%, elle permet à ses membres de travailler dans de meilleures conditions et avec toute la sécurité requise.Elle songe présentement à s\u2019associer avec un partenaire pour l\u2019exploitation d\u2019une usine de transformation du bois.Sans cette coop, Saint-Omer aurait difficulté à survivre.Aténa Dans mon pays de Rimouski, une petite coopérative, Aténa, existe depuis dix ans.Elle emploie 12 personnes.Le chiffre d\u2019affaires est de 400 000 $.C\u2019est une petite entreprise qui n\u2019existerait pas sans la formule coopérative.Elle est impliquée dans la création et le démarrage d\u2019entreprises et dans la consolidation de firmes en difficulté.C\u2019est un groupe-conseil qui offre des services en administration, formation et gestion.La croissance est progressive.La coop jouit d\u2019une excellente réputation dans le milieu.Elle travaille notamment à un projet d\u2019envergure pour la revitalisation du centre-ville de Rimouski.Aténa a conclu récemment une alliance stratégique avec la Coopérative PROFAUNE pour la gestion de dossiers relatifs à la faune, aux parcs et à l\u2019environnement.Illégal et révolutionnaire Le constitutionnaliste Stephen Scott déclarait, le 2 mars dernier, que \u201cla province, ses institutions et ses lecteurs ont le droit, le seul et unique droit, de gouverner le Québec à l\u2019intérieur de la constitution et en exerçant les pouvoirs qu\u2019elle lui attribue.\u201d Il qualifiait d\u2019illégale et révolutionnaire\u201d la démarche souverainiste.Il ajoutait que l'article 52 de la Loi constitutionnelle de 1982 stipule que celle-ci \u201cne peut être modifiée que conformément aux pouvoirs conférés par elle\u201d.Me Scott 521 poursuivait en affirmant qu\u2019il appartient au Canada, au pays dans son ensemble, par voie d\u2019amendement constitutionnel, de dire OUI ou NON à tout projet d\u2019indépendance.Et si OUI, d\u2019en imposer les termes et les conditions comme bon lui semble, notamment quant aux frontières\u201d.L\u2019éminent avocat croit que le Québec perdrait les territoires obtenus en 1898 et en 1912, ainsi que les régions de la population qui veut demeurer \u201ccanadienne\u201d.Il confirme en outre que le Comité pour l\u2019unité canadienne ne se limitera pas à une contestation juridique de l\u2019avant-projet de loi s\u2019il est adopté par l\u2019Assemblée nationale.Il entend demander au gouvernement fédéral de se servir de son pouvoir de désaveu inutilisé depuis 1943.L\u2019avocat Scott n\u2019est pas loin de croire que le colonialisme possède un statut étemel et que le peuple du Québec doit demeurer asservi jusqu\u2019à la fin du monde.La liberté, c\u2019est un droit pour d\u2019autres peuples.L\u2019égalité, c\u2019est un mythe; l\u2019Anglo-Saxon doit dominer.Le soir d\u2019un OUI Heureusement, le professeur Scott n\u2019est pas le Canada anglais.Robert A.Young, de l\u2019Institut des relations intergouvemementales de l\u2019Université Queen, entrevoit différemment l\u2019avenir.Il décrit un scénario selon lequel, le soir même d\u2019une victoire du OUI, le premier ministre du Canada déclarera que le Canada accepte le verdict et qu\u2019il engage immédiatement les négociations avec le Québec.Jean Chrétien rassurera les Canadiens, les Québécois et la communauté internationale sur la continuité des lois et sur le respect des obligations du Canada dans le monde.Une première rencontre de négociations aurait lieu, trois jours plus tard, entre Québec et Ottawa.On y réglerait en principe les questions les plus litigieuses.Six mois plus tard, le Québec serait un pays.Le professeur Young appuie son hypothèse sur le fait que le Canada et le Québec auront «intérêt pour des motifs économiques à limiter la période d\u2019incertitude qui suivra immédiatement un OUI au référendum.D\u2019ailleurs, les puissances étrangères, notamment les Etats-Unis dont les intérêts commerciaux et stratégiques sont en cause, feront pression sur le Canada pour que le règlement soit rapide, pacifique et constitutionnel».M.Young prédit que, «avant que les Québécois ne prennent leur décision, les fédéralistes vont mettre en lumière les coûts de la souveraineté et menaceront de refuser de collaborer.Mais les Québécois pourraient quand même voter pour la souveraineté, en dépit des coûts.Si c\u2019est le cas, le reste du Canada devra immédiatement changer d\u2019attitude.La participation des fédéralistes à la campagne référendaire les forcerait en 522 quelque sorte à en accepter l\u2019issue».Le professeur Young soutient que les autres scénarios seraient contre-productifs; «refuser le verdict des Québécois pourrait provoquer violence et répression, et prolongerait l\u2019incertitude, ce qui serait désastreux pour l\u2019économie».Ainsi parle un professeur qui vit dans le bastion anglo-saxon de Kingston-la-ville-sans-toilette-dans-l\u2019école-francophone.Ce discours est rafraîchissant, beaucoup plus que les études de l\u2019Institut Fraser et de l\u2019Institut C.D.Howe qui prédisaient le chaos à la suite d\u2019un OUI.Raymond Chrétien Raymond Chrétien, c\u2019est un grand diplomate qui se transforme en un petit politicien, une espèce d\u2019homme en voie d\u2019extinction dans les pays réellement démocratiques.Notre grand diplomate vient de glisser sur une autre pelure de banane.A 1\u2019Americas Society de New York, il vient de déclarer que «la séparation du Québec affecterait de façon négative la relation remarquable qui existe présentement entre le Canada et les Etats-Unis».(Quelle diplomatie pour un ambassadeur canadien!) Et le diplomate Chrétien, maladroit et téméraire, trébuche davantage.Il affirme sans rougir que «les Québécois veulent demeurer à l\u2019intérieur d\u2019un Canada uni.Je le sais, ajoutait-il, parce que j\u2019en suis un».Fort d\u2019assurance (il est le neveu de Jean Chrétien), l\u2019ambassadeur accuse Jacques Parizeau de mettre «la charrue devant les boeufs en déposant un projet de loi sur la souveraineté.Le Parti québécois n\u2019a pas le mandat de se séparer», concluait-il.Le moins que l\u2019on puisse dire, c\u2019est que le représentant du Canada à Washington est chargé d\u2019une d\u2019une drôle de mission.Il est rare qu\u2019un ambassadeur soit le porte-parole d\u2019un oncle premier ministre.Il devrait songer à se présenter dans une circonscription électorale anglophone, à l\u2019instar de la transfuge Lucienne Robillard.Le français à Air Canada Dans Le Soleil du 9 mars 1995, nous apprenons qu\u2019Air Canada offre des postes temporaires et permanents, comme agents de bord, à la base de Toronto.Dans ses exigences, il est écrit que «les candidats parlant l\u2019anglais et l\u2019une des langues mentionnées seront pris en considération».Et les langues mentionnées sont le «français, japonais, coréen, allemand, italien, espagnol, cantonais, mandarin, hébreu, arabe, polonais, grec, ukrainien».L\u2019une des langues, ce n\u2019est pas forcément le français.Un Serbe, agent de bord, qui parle l\u2019anglais et l\u2019allemand, serait incapable de communiquer en français avec le sénateur Jean-Louis Roux qui se rendrait à Don Mills, désertant le Québec, fuyant des troubles 523 identiques à ceux de la Croatie et de la Bosnie.Pauvre Jean-Louis! Admirable artiste mais triste sénateur! Le français chez A.W.Service Cherchez les fautes et signalez-les à la compagnie A.W.Ce bracelet peur être raccourci afin de s\u2019adapteur à votre poignet Utiliser un petit tournevis ou la pointe d\u2019un couteau afin de retirer les deux vis, une à chaque extrémité des maillons amovibles.Afin d\u2019assembler à nouveau le bracelet, remettre en place une vis.Lorsque plus d\u2019un maillon doit être enleve retirer les maillons sur chaque côte fermoir.Remarque: S\u2019il y en a des problème, donne le bracelet au un bijoutier ou envoie la montre au: A.W.Services, P.O.Box 1070, Station \"B\u201d, Toronto Ont., M5T 2T8 - pour une réglage gratuite! Envoie \u201c3.00 pour la coûte postale et pour l\u2019assurance.INSTRUCTION FOR CHANGING BEZELS To remove bezel, grasp edge of bezel firmly and turn counter-clockwise.To put on new bezel, turn it clockwise and stop at the slightest resistance.L INSTRUCTION POUR CHANGER LES LUNETTES Pour décrocher le lunette, saisi le lunette fortement et le tourne en sens inverse des aiguilles d'une montre.Pour attacher un nouveau lunette, tourne le dans le sens des aiguilles d\u2019une montre et erette quand tu sens du resistence.Le Conseil du patronat du Québec L\u2019étemel porte-parole, M.Ghislain Dufour, déclarait tout récemment que son organisme ne ferait pas campagne sous le chapeau du NON.Le Devoir du 8 mars 1995 publie des extraits de la déclaration de principe de l\u2019organisme qui interprète l\u2019opinion des grandes multinationales.On pourrait relever plusieurs observations fantaisistes et irresponsables.Limitons notre commentaire à l\u2019extrait suivant: Nous avons des problèmes, dont celui de nos finances publiques.Mais notre situation serait-elle améliorée dans un Québec souverain?La charge fiscale des entreprises et des contribuables n\u2019augmenterait-elle pas substantiellement au lendemain de l\u2019indépendance de façon à absorber, entre autres, notre part de la dette fédérale qui viendrait s\u2019ajouter à notre dette actuelle, alors que l\u2019effort fiscal total des particuliers et des entreprises au Québec est 524 déjà très élevé?Dans ces conditions, ne peut-on pas affirmer que l\u2019indépendance aurait des effets très négatifs sur les dépenses de consommation et compromettrait la relance économique amorcée en 1994?Mon cher Ghislain, tu es malhonnête.Le Québec «province comme une autre» porte déjà sur ses épaules le poids de la dette fédérale.Par leurs 29 000 000 000$ d\u2019impôt et de taxes, les Québécois en assument annuellement les intérêts, sans aucun contrôle sur la gestion fédérale.Un Québec souverain n\u2019hériterait pas d\u2019une dette supérieure à la part qu\u2019il supporte présentement.La «dette fédérale qui viendrait s\u2019ajouter à notre dette actuelle» coûterait même une somme inférieure à celle que nous versons actuellement.La charge fiscale des entreprises et des contribuables n\u2019augmenterait donc pas à ce chapitre.Par surcroît, le Québec souverain participerait à la gestion de la dette accumulée à la date de l\u2019indépendance.Pourquoi inventez-vous, mon cher Dufour, ces «effets très négatifs»?La formation professionnelle Chaque abonné(e) doit promouvoir la priorité de la formation professionnelle.J\u2019entends une formation valorisée, accessible à tous, aux jeunes, aux travailleurs et aux personnes à la recherche d\u2019un emploi.Dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui, la formation continue devient la recette magique.Pour que cette formation soit profitable, il est nécessaire qu\u2019elle soit dispensée par des personnes qui possèdent les connaissances suffisantes et les capacités requises.On n\u2019insistera jamais assez sur la formation des formateurs et des formatrices.Pour qu\u2019ils atteignent l\u2019excellence, les enseignants et les formateurs doivent eux-mêmes s'engager dans la formation continue.Concrètement, la situation actuelle est alarmante.Pour les jeunes et pour les adultes.Trente-huit pour cent des jeunes abandonnent leurs études sans obtenir un certificat de 5e secondaire.Vingt-cinq pour cent des cégépiens quittent le collège sans obtenir un DEC.À peine quatre pour cent des jeunes de l\u2019enseignement secondaire obtiennent un diplôme de formation professionnelle et dix pour cent seulement accèdent au DEC technique.Dans le monde des adultes, c\u2019est le fouillis.Plus de 100 programmes et mesures sont établis.Les principaux programmes sont de juridiction fédérale avec des normes nationales, répondant le plus souvent aux besoins de l\u2019industrie ontarienne, sans adaptation suffisante aux exigences des connaissances fondamentales.525 Les programmes sociaux Le gouvernement Chrétien croit que nous n\u2019avons plus les moyens de nous payer des programmes de protection sociale.Le ministre Axworthy débute sa rationalisation par l\u2019assurance-chômage, l\u2019aide sociale, les étudiants, les familles à revenus moyens et les provinces.Déjà, les programmes de sécurité de la vieillesse et le régime de la santé sont l\u2019objet de coupures bêtes et méchantes.Nos ministres fédéraux n\u2019ont rien compris.Ils organisent encore le chômage.Ils devraient favoriser le travail, créer de l\u2019emploi, intégrer aux marchés du travail les personnes qui en sont exclues.Au Québec, si on créait 200 000 emplois, on réduirait l\u2019aide sociale et de chômage de quelque 3 000 000 000 $ et on augmenterait les revenus de l\u2019État de 2 000 000 000 $.Il serait alors possible de maintenir et de bonifier les programmes sociaux de dernier recours.L\u2019initiative de 200 000 nouveaux emplois n\u2019est pas une chimère.Mais nos hommes politiques n\u2019y croient pas.Démolir 100 000 taudis, bâtir 100 000 maisons familiales, fabriquer au Québec 2 000 000 000 $ de produits importés, établir 500 petites coopératives de travailleurs, implanter 125 sociétés de développement et une centaine d\u2019entreprises complémentaires, voilà un programme qui dépasse l\u2019intelligence et la volonté de l\u2019État québécois et de ses partenaires.Paul Martin a un pavillon de complaisance à Panama Le budget fédéral Le budget de Paul Martin qui a un pavillon de complaisance à Panama est un cheval de Troie, une aberration fiscale et une horreur politique.1.Un cheval de Troie Avec le budget Martin, le gouvernement Chrétien modifie l\u2019esprit de la constitution canadienne.Il apporte des changements plus substantiels que ceux proposés dans l\u2019Accord de Charlottetown.En 1992, le fédéral introduisait le concept des ententes administratives pour se retirer de six champs de compétence provinciale qu\u2019il avait envahis: les forêts, les mines, le tourisme, le logement, les loisirs et les affaires municipales et urbaines.A défaut d\u2019une entente, le fédéral poursuivait ses dépenses dans ces secteurs.La population canadienne a rejeté ces propositions.526 En 1995, sans même consulter les provinces, le budget Martin confirme la compétence fédérale dans les domaines de la santé, de l\u2019éducation et de l\u2019aide sociale, trois responsabilités exclusivement provinciales.Cette fois, le fédéral n\u2019intervient pas au nom de son pouvoir de dépenser.D\u2019autorité, il impose des normes nationales.Certaines sont déjà déterminées; d\u2019autres seront éventuellement élaborées en consultation avec les provinces.qui devront dire oui.Daniel Johnson fils accepte ce que son père aurait catégoriquement repoussé.La présente invasion fédérale est plus pernicieuse que toutes les intrusions précédentes.Elle modifie fondamentalement la nature de la Confédération dans trois domaines qui s\u2019avèrent d\u2019une importance majeure pour la société québécoise.Au temps où elle siégeait à Québec, sur cette question, Lucienne Robillard pensait comme nous.Comment peut-elle accepter aujourd\u2019hui l\u2019intrusion fédérale qu\u2019elle dénonçait il y a à peine quelques mois?2.Une aberration fiscale Le budget Martin est une aberration fiscale.M.Martin, qui a un pavillon de complaisance à Panama n\u2019a même pas égratigné ces milliers d\u2019entreprises qui réalisent des profits de plusieurs milliards sans payer un sou d\u2019impôt.(1) M.Martin qui a un pavillon de complaisance à Panama n\u2019a même pas griffé ces milliers de personnes qui déclarent des revenus de plusieurs milliards de dollars sur lesquels elles paient à peine 18% d\u2019impôt fédéral.(2) M.Martin, qui a un pavillon de complaisance à Panama a, à peine, écorché ces milliers d\u2019entreprises qui détournent des milliards de dollars dans des paradis fiscaux et sur lesquels elles paient peu d\u2019impôt.(3) M.Martin qui a un pavillon de complaisance à Panama est satisfait de percevoir 40 000 $ en impôt d\u2019un homme et d\u2019une femme dont les salaires s\u2019élèvent à 100 000 $, alors qu\u2019un homme d\u2019affaires paiera 20 000 $ d\u2019impôt pour le même revenu.M.Martin qui a un pavillon de complaisance à Panama, préfère pressurer le contribuable.Au Canada, les entreprises acquittent le quart des impôts directs versés au gouvernement fédéral; aux Etats-Unis, elles contribuent pour le tiers des recettes de l\u2019Etat.Le budget Martin a certes réjoui les financiers de Bay Street.M.Martin aurait pu sévir davantage sur les échappatoires fiscales, abolir totalement l\u2019exemption à vie du gain de capital.527 taxer à 100% les gains de capital, établir un impôt minimum sur les profits, imposer les gains sur les options d\u2019achat d\u2019actions, taxer davantage les biens de luxe, instaurer une taxe sur les valeurs mobilières, annuler plusieurs déductions de dépenses, interdire les transferts de pertes fiscales, etc.Le ministre des Finances aurait dû en tout premier lieu s\u2019entendre avec le président de la Banque du Canada pour réduire les taux d\u2019intérêt.Lorsqu\u2019une dette est si vertigineuse qu\u2019elle représente 60 000 000 000 $ d\u2019intérêt par année, 7 000 000 $ par heure, 116 000 $ par seconde, on se doit d\u2019oeuvrer sérieusement pour réduire ces coûts.Mais M.Martin a préféré imposer de plus grands sacrifices aux particuliers canadiens, les plus taxés des sept principaux pays industrialisés.3.Une horreur politique La situation est difficile.Elle est tragique.A la fin de l\u2019exercice financier, la dette du Canada s\u2019élèvera à 579 000 000 000 $ Elle représentera 73% du produit intérieur brut.Cette dette a été contractée dans les 20 dernières années.En 1974-75, la dette fédérale nette était de 23 958 000 000 $.Le ministre des Finances était John Turner.Le déficit de l\u2019année: 2 009 000 000 $.Avant l\u2019arrivée de Chrétien au ministère des Finances, le déficit le plus élevé avait été signé par Donald S.MacDonald: 6 297 000 000 $.Jean Chrétien accède aux Finances en 1977.L\u2019avalanche est déclenchée.L\u2019oncle Jean établit un record.En 1977-78, le déficit est de 10 426 000 000$; l\u2019année suivante, il grimpe à 12 617 000 000 $.Lorsque les libéraux perdent le pouvoir en 1985, l\u2019ineffable Marc Lalonde avait établi un nouveau record: un déficit de 38 324 000 000 $.La dette fédérale nette atteignait les 202 424 000 000 $.MM.Mulroney et Wilson n\u2019ont pas arrêté l\u2019hémorragie.Face au problème d\u2019un pays en faillite, M.Martin qui a un pavillon de complaisance à Panama a refusé d\u2019imposer les personnes et les entreprises qui concentrent la richesse entre leurs mains.Il a choisi de taxer l\u2019ensemble des contribuables.Sa taxe d\u2019accise majorée de 1,5 cent le litre n\u2019est pas onéreuse pour un millionnaire qui en refile la facture à 1.\tEn 1987, 90 000 compagnies canadiennes ont réalisé des profits de 27$ milliards sans payer un sou d\u2019impôt (Léo-Paul Lauzon, L\u2019Action nationale, janvier 1993, 32).2.\tEn 1991, au Canada, 368 000 personnes ont déclaré des revenus de 60$ milliards sur lesquels elles n\u2019ont payé que 18% d\u2019impôt fédéral (Léo-Paul Lauzon.ibid.) 3.\tEn 1991, il y a eu pour 100$ milliards de revenus réalisés par des entreprises canadiennes qui ont été détournés dans des paradis fiscaux et sur lesquels elles n\u2019ont payé aucun sou d\u2019impôt (Léo-paul Lauzon, ibid.).528 l\u2019impôt, mais elle est écrasante pour un chauffeur de taxi qui trime dur pour joindre les deux bouts.La taxe sur le tabac ne cause pas de souci financier au président de Bombardier; elle est même agréable au président d\u2019Imasco qui fabrique un produit qui tue, selon l\u2019annonce de la télévision, 40 000 personnes par année.La hausse des cotisations d\u2019assurance-chômage et les limites aux prestations touchent tous les travailleurs et davantage les chômeurs.La mise à pied de 45 000 fonctionnaires aurait été justifiée, si elle avait été le dernier recours.La fermeture du quartier général de l\u2019armée de terre à Saint-Hubert et la diminution des effectifs à la base de Bagotville s\u2019inscrivent dans une politique d\u2019ostracisme du ministre David Collenette qui a cadenassé le Collège militaire de Saint-Jean.La Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement fermera ses bureaux de Longueuil, Rimouski, Sept-Iles, Trois-Rivières et Val d\u2019Or: c\u2019est l\u2019envers du développement régional.Le Transfert social canadien Dès 1996-1997, le gouvernement fédéral regroupera dans une seule enveloppe, le Transfert social canadien, les transferts aux provinces dans les domaines de la santé, de l\u2019éducation postsecondaire et de l\u2019aide sociale.Selon le premier ministre Chrétien, l\u2019objet de cette réforme est d\u2019assurer le respect des «normes nationales».«Pour pouvoir forcer les provinces à garder les cinq conditions (normes) de la santé, il faut avoir quelque chose pour les forcer à le faire\u201d, disait Jean Chrétien à l\u2019émission Droit de parole, sur les ondes de Radio-Québec, le 4 mars 1995.Le Québec sera \u201cforcé à le faire».Mais Ottawa diminuera les budgets des trois secteurs de 29 700 000 000 $ à 26 900 000 000 $ en 1996 et à 25 100 000 000 $ en 1997.Et l\u2019inconnu demeure pour 1998.Contre mauvaise fortune, le Québec se verra dans l\u2019obligation probable de diminuer ses dépenses en éducation postsecondaire et en aide sociale pour respecter les cinq conditions de la norme nationale de santé.Le régime d\u2019assurance-maladie La réduction des paiements de transfert met en péril l\u2019avenir du régime canadien d\u2019assurance-maladie.Au début des années 1980, Ottawa payait en moyenne la moitié des coûts pour les soins de santé.En 1995, il acquittera à peine le tiers des coûts.Dans trois ans, il prévoit financer une moyenne de 25% des frais des soins de santé.Pour maintenir les mêmes services, la même accessibilité, les provinces seraient obligées d\u2019assumer 75% des coûts.Elles n\u2019ont pas l\u2019argent.Ottawa garde les ressources, nos impôts.529 Les malades paieront la facture.La pérennité de l\u2019universalité est terminée.L\u2019accessibilité est un souvenir.Les services diminueront.La gratuité disparaîtra progressivement.Déjà des médicaments et des soins, jadis assurés, ne le sont plus.Bientôt, la santé sera le privilège des personnes qui ont l\u2019argent en quantité suffisante.La maladie deviendra le partage des pauvres.Notre société progresse à reculons.Elle détruit tous les vingt ans ce qu\u2019elle a bâti.Elle le fait, sans consultation véritable.Tel un dictateur, Jean Chrétien décide du pays, comme son maître Trudeau le faisait.Les pensions de vieillesse Le budget Martin annonçait des orientations que la presse n\u2019a pas relevé.Le régime des pensions de vieillesse sera évalué, modifié.L\u2019universalité du régime est reléguée aux oubliettes.Dès 1997, un système progressif sera établi.Le programme de supplément de revenu garanti pour les personnes âgées servira de modèle.La pension sera calculée en fonction du revenu familial.Un examen de l\u2019épuisement du fonds accumulé dans le RRQ-RPC sera fait en catimini.Attention aux décisions et à la hausse colossale des cotisations! Le régime des pensions de vieillesse sera par surcroît amendé.Les prestations seront calculées selon le revenu total des conjoints.Les plus pauvres recevront davantage.Quelle sera la base des pensions versées aux riches qui ne paient pas d\u2019impôt?Adieu l\u2019universalité! La pension de vieillesse deviendra un programme d\u2019aide sociale.Et cette révolution s\u2019accomplira sans consultation véritable! Le budget Martin annonçait aussi un plafond pour les contributions aux REER.Désormais, un Québécois devra pourvoir à sa retraite en souscrivant un fonds de pension dans L\u2019Industrielle-Alliance qui a fait perdre des milliers de dollars à de petits actionnaires du Trust général.Ou encore il versera des cotisations à la Sun Life et à la Metropolitan qui exporte les épargnes québécoises en d\u2019autres contrées.Ou il souscrira une prime de retraite au service d\u2019assurances d\u2019une banque qui paie moins d\u2019impôt, plus ses bénéfices sont élevés.Qu\u2019il est américain cet avenir que nous propose M.Martin! L\u2019assurance-chômage En ce domaine, le budget Martin confirme la volonté d\u2019Ottawa d\u2019occuper une place prépondérante dans l\u2019assurance-chômage.Le gouvernement fédéral s\u2019introduit dans la formation professionnelle, dans les stages en milieu de travail, dans l\u2019orientation professionnelle et dans l\u2019alphabétisation, des champs de compétence provinciale.À cet effet, 530 Ottawa réduit les prestations aux chômeurs.Le budget Martin vient d\u2019annoncer la cinquième compression du régime de l\u2019assurance-chô-mage.Il entend réaliser une économie de 22 000 000 000$ au cours des cinq prochaines années.Il pige dans la caisse, même s\u2019il n\u2019y contribue plus depuis 1990.L\u2019agriculture Le ministre des Finances Paul Martin qui a un pavillon de complaisance à Panama n\u2019a pas d\u2019intérêt dans l\u2019agriculture.Le budget du ministère fédéral de l\u2019Agriculture est passé de 4 500 000 000 $ en 1991-92 à 1 700 000 000 $ en 1995-96.Bientôt, les Canadiens consommeront des produits alimentaires importés, paieront des salaires aux travailleurs étrangers et verseront davantage de prestations sociales aux citoyens de sa Majesté la Reine Élisabeth.C\u2019est le résultat prévisible d\u2019une politique à courte vue.Le dernier budget aggrave une situation déjà difficile.Le fédéral coupera 450 000 000 $ au ministère Agriculture et Agro-alimentaire.Le subside accordé pour le lait de transformation sera réduit de 30% sur deux ans.Éventuellement, sans doute, on l\u2019abolira.L\u2019aide au transport des céréales fourragères est abandonnée, mais les fermiers des Prairies recevront 1 600 000 000 $ en paiements directs.La subvention de 15 000 000 $ pour aider à l\u2019élevage dans les régions de l\u2019Est sera progressivement abolie.Le Bureau des provendes est fermé.Les centres de recherche de L\u2019Assomption et de la Pocatière sont cadenassés.L\u2019entente du Nid-de-Corbeau prend fin.Les assurances stabilisation seront affectées.Dans les milieux agricoles, on parle d\u2019une perte de 3 000 emplois dans les deux prochaines années.Le ministre des Finances qui a pavillon de complaisance à Panama n\u2019a vraiment pas d\u2019intérêt dans l\u2019agriculture.Pourtant ses bateaux pourraient transporter des produits agroalimentaires canadiens.La Société Radio-Canada La Société Radio-Canada est amputée de 350 000 000 $ d\u2019ici 1997, selon le président démissionnaire, M.Anthony Manera.L\u2019opération était si douleureuse que M.Manera est parti.Il n\u2019avait pas le coeur à gérer les «coupures».Il est parti parce qu\u2019il a «perdu espoir, dans un contexte financier difficile, d\u2019améliorer les services au public».Il faudra décider des priorités, déclarait-il.Qu\u2019est-ce qu\u2019on coupe?La radio, les régions, les programmes, les nouvelles, l\u2019information, etc.Il faudra de toute manière, changer de façon radicale et pas 531 pour le mieux.Ce n\u2019est pas quelque chose que j\u2019ai envie de faire.Je crains que les changements n\u2019affaiblissent la radio-télévision publique.Je suis inquiet.{Le Devoir, 3 mars 1995).La culture Le budget Martin frappe de plein fouet la vie de la culture.L\u2019aide à l\u2019industrie culturelle sera amputée de 700 000 000 $ au cours des trois prochaines années.L\u2019aide à l\u2019industrie cinématographique sera modifiée.Les budgets de Téléfdm Canada et de l\u2019Office national du film seront réduits de 4,5% en 1995 et de 5% en 1996.Leurs mandats seront examinés.La subvention postale sera réduite et les revues et livres canadiens devront assumer des coûts supérieurs d\u2019expédition.Le Conseil des Arts et les Archives nationales sont frappés de compressions.Bref, les coupures imposées au ministère du Patrimoine canadien et des communications sont de l\u2019ordre de 25,3%.Un peu d\u2019histoire Quelques anniversaires: 195 ans -\t1800: Louis-Joseph Papineau devient le seigneur de la Petite Nation.115 ans - 1880: Construit d\u2019après les plans d\u2019Eugène Taché, le Parlement de Québec fut érigé sur un terrain vacant propriétaire du gouvernement militaire.Trois étages sont de pierres grises de Deschambault.La tour centrale ne fut achevée qu\u2019en 1885.105 ans - 1890: Lois anti-françaises de Greenway en Alberta.Abrogation de l\u2019article 23 du Manitoba.L\u2019anglais devenait la seule langue officielle.1960: Formation du Rassemblement pour l\u2019indépendance, le R.I.N.Référendum pour obtenir un mandat de négociation de la souveraineté -association.Formation du Bloc québécois.En 1564, le roi Charles IX de France proclame que l\u2019année commencera désormais le 1er janvier, et non le 1er avril comme auparavant.Donc, plus d\u2019étrenne ce jour-là.Pour taquiner les gens mis de mauvaise humeur par ce changement, on commence 35 ans - 15 ans - 5 ans -1er avril: 532 1er avril 1970: 4 avril 1940: 14\tavril 1880: 15\tavril 1937: 28 avril 1760: 28\tavril 1967: 29\tavril 1970: 30 avril 1971: à leur offrir des simulacres de cadeaux qui dégénèrent bientôt en farces et blagues de toutes sortes.Ce sont ces farces qu\u2019on baptisera «poisson d\u2019avril».D\u2019ailleurs le mois d\u2019avril est à la fois celui où le soleil quitte le signe zodiacal des Poissons et celui de l\u2019ouverture de la pêche.Le gouvernement fédéral démantèle le syndicat de livraison postale Lapalme, à Montréal.Les femmes obtiennent le droit de vote au Québec.Le mois précédent, le cardinal Villeneuve, archevêque de Québec, publiait un communiqué s\u2019opposant au suffrage féminin.Grève dans le textile à Montréal et à Valleyfield.Mécontents de leurs conditions de travail, les ouvriers réclament des augmentations de salaire et une diminution des heures de travail.Première grève féminine dans le vêtement au Québec.Menée par Yvette Charpentier, cette grève fut baptisée \u201cgrève de la guenille\u201d.Victoire de Lévis à Sainte-Foy.Ouverture de l\u2019Exposition internationale de Montréal; plus de 50 000 000 visiteurs.Victoire du Parti libéral: P.L.44% - 72 députés U.N.20% - 17 députés R.C.11% - 12 députés P.Q.24% - 7 députés 24% des Québécoises et des Québécois votent pour l\u2019indépendance.Fin de l\u2019application de la Loi sur les mesures de guerre adoptée le 16 octobre 1970 par le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau.La source de ces rappels historiques: «Le calendrier de la SSJBM» préparé par madame Louise Plouffe.Rosaire MORIN 533 COMPTES RENDUS Robert A.Young, The Secession of Quebec and the Future of Canada, Montréal et Kingston, McGill Queen\u2019s University, 1995, 376 p.Même si les politiciens fédéraux veulent faire croire que la souveraineté du Québec n\u2019est pas à l\u2019ordre du jour et même s\u2019ils agissent comme si l\u2019indépendance du Québec ne se produira jamais, il y a d\u2019autres voix qui commencent à se faire entendre et qui envisagent sérieusement une sécession du Québec.Robert Young est professeur de science politique à l\u2019Université Western, et il propose dans ce livre une réflexion sur ce que sera le Canada sans le Québec.Son objectif est d\u2019élaborer un scénario réaliste prédisant les effets à long terme de la sécession sur la structure constitutionnelle du Canada et sur les futures relations économiques entre le Canada et le Québec souverain.Il ne s\u2019agit pas d\u2019un exercice de futurologie inspirée par la logique du terrorisme intellectuel employé habituellement par les adversaires de la souveraineté.L\u2019auteur n\u2019est certes pas favorable à la souveraineté.C\u2019est un nationaliste canadien qui croit que le Canada peut bien fonctionner sans le Québec et qui envisage lucidement cette éventualité. Son analyse s\u2019appuie sur un modèle construit à partir de l\u2019étude des cas de sécession pacifique qui ont déjà eu lieu: celle de la Norvège vis-à-vis la Suède, celle de Singapour qui s\u2019est retiré de la fédération malaise et celle de la République tchèque et de la Slovaquie.Il intègre aussi à son modèle les caractéristiques de la situation canadienne (variables économiques, institutionnelles et constitutionnelles), de même que les réactions de l\u2019environnement international et celles de l\u2019opinion publique.Il contredit la plupart des épouvantails agités sur toutes les tribunes par les leaders fédéralistes qui affirment qu\u2019ils refuseront toute négociation avec un Québec souverain, qu\u2019ils mettront fin aux relations économiques avec le Québec et qu\u2019ils dépèceront le territoire québécois.Il rejette l\u2019hypothèse d\u2019une désintégration et d\u2019une balkanisation du Canada.Il soutient que si une majorité de Québécois disent oui au référendum, le soir même Jean Chrétien annoncera qu\u2019il négociera.C\u2019est le gouvernement fédéral qui parlera au nom du Canada dans ces négociations.Il prévoit que les négociations seront ardues mais que, sous la pression des Etats-Unis, elles aboutiront rapidement et que le Québec deviendra effectivement souverain le 1er janvier 1996.Il n\u2019y aura pas de guerre civile, quoi qu\u2019en pensent les va-fen-guerre canadiens, ce qui n\u2019exclut pas des manifestations de violence épisodiques.A cause de l\u2019incertitude créée par la sécession, les deux États auront intérêt à trouver un modus vivendi.À cet égard, il pense que le Canada n\u2019a pas intérêt à mettre en cause les frontières actuelles du Québec et qu\u2019il ne pourra pas s\u2019opposer à l\u2019intégration du nouvel État dans f Alena.Il ne croit pas possible la création d\u2019institutions communes pour gérer la future association économique, car il estime que les mécanismes prévus dans l\u2019accord de libre-échange seront suffisants.Ce sont les modalités de la transition qui détermineront à long terme les structures du Canada et ses relations avec le Québec souverain.Si la sécession impose des coûts économiques à court terme au Québec et au Canada, le nouvel équilibre à long terme pourrait être avantageux économiquement.L\u2019auteur ne construit pas de scénario advenant un référendum négatif.Peut-être faut-il y voir un signe avant-coureur.Ce livre sera publié en français par les Presses de l\u2019Université Laval, en avril.Couturier, Jacques-Paul, «L\u2019expérience canadienne des origines à nos jours», Editions de l\u2019Acadie, 1994, 468 p.Résumer un livre d\u2019histoire n\u2019est pas simple.Et il n\u2019est pas question de raccourcir le temps en quelques paragraphes.Des débuts de la Nouvelle-France à un Québec qui demande son indépendance, quatre siècles d\u2019histoire les séparent.Mais, malgré les tumultes des siècles, on s\u2019aperçoit que l\u2019histoire collective s\u2019inscrit dans l\u2019histoire de gens ordinaires: des femmes, des hommes, des Acadiens, des francophones, des autochtones, des minorités qui se sont battus pour conserver leur identité, leur langue ou leur culture.Cet ouvrage destiné à des élèves de la fin du secondaire peut être aussi un outil pour toute la famille.Un texte facile à lire agrémenté largement d\u2019extraits d\u2019archives, de photos, de gravures et de cartes qui rendent le livre moins rébarbatif.On interpelle l\u2019élève sur presque tous les documents afin de développer son esprit de syn- thèse.À chaque unité, un tableau synoptique permet de mettre en parallèle des événements marquant en occident et au pays.Enfin, en parcourant cet ouvrage, on s\u2019aperçoit que les Canadiens et Canadiennes ont dû faire face à de grands bouleversements et à relever des défis.Il est certain qu\u2019aujourd\u2019hui et demain, ils sauront faire face comme dans le passé aux problèmes économiques et sociaux, aux problèmes du présent et de l\u2019avenir.L\u2019histoire relate des événements du passé afin d\u2019éclairer ceux de l\u2019avenir.Laurence Lambert Ne jetez jamais un numéro de L\u2019Action nationale Souvenez-vous toujours que U Action nationale accepte tous les exemplaires qu\u2019on lui offre, particulièrement les années 1917- 1918- 1944 1951 à 1961 - 1968 Ne jetez jamais un numéro de L\u2019Action nationale Nous acceptons aussi /A L\u2019Ame des livres et l\u2019Almanach de la langue française 1259, rue Berri, bur.320, Montréal H2L 4C7 Téléphone (514) 845-8533, télécopieur (514) 923-5755 Index des annonceurs \"4 v>.\t\u2019 .\t2\t//'?' y.bîfx'/\"'',\t'>''%/\t\u2018y » Alimentex.548 Allard, Pierre, C.A.548 Annuaire 94-95 de l\u2019édition au Québec.549 Ateliers graphiques Veilleux.540 Banque Nationale.541 Bibliothèque Nationale du Québec.549 Caisse populaire St-Jacques.544 Cap-aux-Diamants.548 Devoir, Le.547 Editions Hurtubise.550 Fondation québécoise du cancer.542 Groupe Vie Desjardins-Laurentienne.544 Hydro-Québec.543 Journal Les Enseignants.550 Laboratoire Dr Renaud.542 Lamond & Fils Ltée, C.548 Lecture.546 Martin & Ass.Inc., J.C.548 MNQ .546 Mouvement Desjardins.545 Poitras, Larue & Rondeau Inc.548 Revue d\u2019histoire de l\u2019Amérique française.550 SEMB SAQ.542 Société d\u2019arthrite, La.544 Société nationale d\u2019assurance.540 SSJB de Montréal.546 539 mmi Sfl I «L'IMPRIMEUR* LES ATELIERS GRAPHIQUES MARC VEILLEUX INC Production et ventçs 203, Des Pionniers Ouest Cap-Saint-Ignace (Québec) GOR1H0 (418) 246-5666 Télécopieur : (418) 246-5564 Bureau de Montréal (514) 848-9766 Télécopieur : (514) 848-0160 «L'IMPRIMEUR» SOCIETE NATIONALE D'ASSURANCE 425, bout, de Maisonneuve ouest, bureau 1500, Montréal H3A 3G5 (514) 288-8711 540 Entreprendre, c\u2019est agir ensemble.Nous sommes la banque des gens d\u2019action.Des gens d\u2019affaires.Nous sommes au cœur des réalisations de ceux qui ont l\u2019esprit d\u2019initiative.Partenaires pour entreprendre.Et réussir.BANQUE NATIONALE Notre banque nationale 541 t »nTqi FONDATION ^QUÉBÉCOISE DU CANCER 2075, rue de Champlain, Montréal (Québec) H2L 2T1 ___________Téléphone : 527-2194______ \tSemb SAQ\tSyndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ \t\t Depuis le temps, \t&\t\t1065, rue Saint-Denis Montréal H2X 3J3 Tél.: (514) 849-7754 1-800-361-8427 (extérieur de Montréal) Denis Laberge Conseiller en placements Tassé & Associés, Limitée 630, boul.René-Lévesque Ouest, bureau 1200 Montréal (Québec) H3B 1S6 Tél.: (514) 879-3900 LABORATOIRE DR RENAUD SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE À L\u2019AVANT-GARDE DE LA SCIENCE DERMOCOSMÉTIQUE 1040, AVENUE ROCKLAND, OUTREMONT H2V 3A1 542 Nous retournons à la source- Nous réaffirmons notre objectif premier: offrir à la population québécoise le meilleur service au moindre coût possible Hydro-Québec I.e meilleur de nous-meme*.543 LA SOCIÉTÉ D'ARTHRITE Chistiane Quessy Directrice régionale, Rive-Nord, Outaouais 1250, rue Paquin, suite 2, île St-Jean Terrebonne Québec J6W 3Z8 Tél.: 492-8177\tFax:492-8177 * Oui, je veux DONNER.une lueur d'espoir Heures d'ouvertures Lundi - mardi : 10 heures à 15 heures Mercredi \u2022 leuctt : 10 heures è 18 heures Vendredi : 10 heures 8 16 heures LA CAISSE POPULAIRE DE SAINT-JACQUES DE MONTREAL 1255, rue Bern.Montréal H2L 4C6 Tel ; 849*3581 - Fax : 849-7019 Service des prêts 1259.rue Berri, bureau 230, Montréal H2L 4C7 Tél.: (514) 849-3561 - Fax (514) 849-7019 GHISLAIN BEAULIEU, directeur général Avec les hommages de Groupe vie Desjardins-Laurentienne 544 ENGAGER PERM IS Donner de son temps, se mettre au service des autres, s\u2019impliquer socialement.Pour une bonne cause, pour les enfants, pour l'environnement, pour une oeuvre de charité, mais surtout, pour le partage, pour l\u2019échange, pour la satisfaction que cela peut procurer.Il n\u2019y a pas d\u2019expérience plus enrichissante.S\u2019engager, c\u2019est tisser des liens importants avec les autres, des liens qui comptent, comme ceux que le Mouvement des caisses Desjardins entretient avec vous.!o ° mm () Desjardins L\u2019incroyable force de la coopération.545 POMP iE PiA/S/P DE IfPE / avec un nom pareil «-vous que nous sommes lus pair ' notre système de rencontre par cinéma, ou pour les livres.?SSJB SSJB DU CENTRE DU QUÉBEC 449 Notre-Dame, Drummondville (819) 478-2519.Plus de 33 500 membres au Coeur du Québec.>\\ m Miiima \tHOMMAGES 4.SSJB\tSOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL Maison Ludger-Duvernay \t82 ouest, rue Sherbrooke.Monlréal H2X 1X3 Tél.: 843-8851\tTélécopieur: 844-6369 T\t Mouvement national des Québécoises et Québécois 2207, rue Fullum, Montréal (Québec) H2K 3P1 Tél.: 527-9891 Télécopieur : 527-9460 Avec les hommages du MNQ et de ses sociétés affiliées 546 IDEES MONTRÉAL, 1995 Un rendez-vous avec le quotidien.LE DEVOIR 547 Pierre Allard COMPTABLE AGREE 980, rue Saint-Antoine ouest Bureau 308 Montréal, H3C 1A8 Tél.: 514-874.0838 Te.: 514-875.9668 ALIMENTFX INC.Henri-Louis Gagnon, président-directeur-général C\u2019est tout naturel! Aliments de santé Livres naturistes Extracteur à jus Suppléments alimentaires Prescriptions naturopathiques 1188, 1ère Avenue Québec, G IL 3K8 Tél.: 418-529.7988 Te.: 418-529.6939 J.-C.Martin & Ass.Inc.GESTIONNAIRES CONSEILS Jacques C.Martin, président 550, rue Sherbrooke ouest Montréal, HIX 3G8 Tél.: 514-735.3436 Te.; 514-843.9491 C.Lamond & Fils Ltée BIJOUTERIE EMBLÉMATIQUE Robert Bourget, président 1065, rue de Bleury Montréal, H2Z INI Tél.: 514-861.3491 \tTe.: 514-866.7056 Poitras.Larue & Rondeau Inc.COURTIER D\u2019ASSURANCES 3925, rue Rachel est bureau 200 Montréal, H1X 3G8 Tél.: 514-899.5377 ii'ümüu ÎO ANS La passion de C histoire l'histoire du pays Cap-aux-Diamants, seule revue nationale d'histoire du Québec, fête ses dix ans.Découvrez-y les faits marquants de notre passé racontés par des auteurs prestigieux.Revue de qualité, Cap-aux-Diamants vous offre, à chaque parution, une multitude de photographies et illustrations d'époque.L'édition 10e anniversaire est consacrée aux grands moments de l'histoire du Québec: de Jacques Cartier au référendum de 1980.Débutez votre abonnement avec ce numéro spécial: 1 an: 26$ (4 nos) 2 ans: 48$ (8 nos) Tél.:(418) 656-5040 LA REVUE D\u2019HISTOIRE DU QUÉBEC Cap-aux-Diamants CP 609, suce.Haute-Ville, Québec (Québec) GIR 4S2 548 La Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Québec Tél.: (514) 873-1100 aj ¦* L\u2019Annuaire 1994/1995 de l\u2019édition au Québec ouû1 Ye éfére YVCe* ilStT'b\u201c , u»US oi*csS AV»'' Co^ oo££ k\\xes «SS* 549 Québec, un pais à portée ( Publication de 616 pages,\t\tle main ! 14,95$ 1\t'ourquoi l'indépendance ?\t 1250, rue Berri, bur.320 Montréal \u2022 H2L 4C7 (514) 845-8533\t\t \u2022\tMépris de la constitution \u2022\tFinances publiques \u2022\tInvasion fédérale \u2022\tGénocide des francophones \u2022\tNégociation impossible L\u2019Actioxi I NATIONALE Sous la direction de Robert Lahaise Préface de Lise Bissonnette Postface de Guy Rocher 26 auteurs - 512 pages Cahiers du Québec n° 110 34,95$ LE DEVOIR relict du Quebec /.20e akvIc *0 Uhistoire d\u2019un quotidien qui fait partie de notre patrimoine.85 ans d\u2019information etdeliberté.|910 \"199S Éditions Hurtubise HMH 7360, boul.Newman Ville LaSalle (Québec) H8N 1X2 ¦¦¦ Tél.: (514) 364-0323 \u2014 1-800-361-1664 HM1H1 Fax : (514) 364-7435 ABONNEZ-VOUS AU JOURNAL mensuel national de l'actualité pédagogique publié 10 fois l'an de septembre à juin 25$ par année ou 42$ pour deux ans: taxes incluses Envoyez vos nom et adresse et votre chèque ou mandat-poste à: Journal LES ENSEIGNANTS 1316, Domaine du Moulin L'Ancienne-Lorette, Québec G2E 4NI Téléphone ou télécopieur: (418) 872-6966 Abonnement à la Revue d\u2019histoire de l'Amérique française (revue trimestrielle): \tCANADA\tÉTRANGER Individus et institutions\t50$\t54$ Étudiants (avec pièce justificative) Abonnement de soutien\t26$\t30$ comprenant un don de 60$ à l\u2019INAF pour lequel est émis un reçu pour fin d'impôt.Abonnement à vie pour les aînés\t110$\t114$ (65 ans et plus) (à raison de 40$ par année pour 15 ans)\t600$\t600$ Tout abonnement comprend la cotisation de membre à l\u2019Institut d\u2019histoire de l\u2019Amérique française 550 9 \"770227 2270091 Poète, cinéaste, dramaturge, essayiste et voyageur, Pierre Perrault est né à Montréal en 1927.Devenu avocat, il abandonne sa profession pour travailler à Radio-Canada où il se consacre à l\u2019écriture radiophonique et télévisuelle.Il entreprend en 1962 une carrière de cinéaste qui le conduit à l\u2019Office national du film du Canada où il est permanent depuis 1966.Parmi ses principaux titres, citons: Toutes Isles, Chouennes, Gélivures, De la parole aux actes, Le règne du jour, Les voitures d\u2019eau, La bête lumineuse, La grande allure et Pour la suite du monde.Envoi de publication Enregistrement numéro 1162 "]
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