L'action nationale, 1 décembre 2006, Décembre
[" $\t1 ri fW!/l *1 / , n.fx I PU 9fHw 4 f i * .* »/ * \u2022 « » le \u2022 » 1 * f J* m y Éditorial Syj ^attentisme et ses effets deleteres -Robert Laplante Articles Rabaska : L'insoutenable laisser-fraire -Pierre-Paul Sénéchal * 12 Intériorisation de Véchec -Pierre Vadeboncoeur L'art d\u2019obtenir un médecin pour le prix de deux -Patrick Sabourin Le prestige de l'indépendance -Andrée Ferretti Pour en finir avec le bon et juste Adélard Godbout -Michel Lévesque Des ravages du politiquement correct -Jean-Marc Léger Le statut de Westminster et l\u2019indépendance de l'Assemblée nationale -Henri La berge Un folklore sans nation -Serge Gauthier L\u2019effet Boisclair -Michel Roche Lettre ouverte « omnibus » -Mathilde François « Que Dieu bénisse le Canada » -Denis Monière Les élections fédérales de 2006 et l'exclusion du Québec -Pierre Serré 24 1 1 \u2022 \u2022 ¦ ¦ .1 £ f.r- 27 NATIONALE 3» 'At 45 (fri * « * t m f » ' * ' \u20181 \u2022 î 53 i 1 # -Aj*** \u2022- : 6o 66 V 77 8i Lire les essais Courrier des lecteurs Index des annonceurs Index des auteurs 2006 À t Volume XCVI numéro 1 o DÉCEMBRE 2006 i I 1 4P t e £ V .«eltjS'Xi 5 VI .v HS\u201d VS\u2019 \u2022PT :¦> i i \u2022 1 * ÿjgffffliapBtj j A .s ÎBff % - W sa r- - *.V.* ( \u2022 > SsB same ;X,\u2014; 1 - \" A*- \u2022 » » sa - A 5?r c* » », h * ffi > h 1 r>$.\\ a \\ \u2022 rSVK '.X X a- ¦ t I I 7 i i ¦ m \u2022 \u2022 » \u2022 ' P * * * 1 V .± S - s> f n > V I 1 1 \\ # ¦ 4 / II iiiU s Li 1 *¦ a X.Ta F:- v1 Mtu a -* f B Mk - f.( » > \" I .t : \\ 1 :\u2022 V Caisse d économie solidaire www.cecosol.com Partout au Québec (numéros sans frais) : Québec 1 877 647-1527 / Montréal 1 877 598-2122 / Joliette 1 866 753-7055 r F' UN ¦ ?ABONNEZ-VOUS < H .C « w U 4 e ° \" XX * * * fi / LJÊ v v *» Jl ?On n\u2019est jamais trop curieux ? % Articles Rabaska : L\u2019 insoutenable laisser-fraire -Pierre-Paul Sénéchal Intériorisation de l'échec -Pierre Vadeboncoeur L\u2019art d'obtenir un médecin pour le prix de deux -Patrick Sabourin Le prestige de l'indépendance -Andrée Ferretti Pour en finir avec le bon et juste Adélard Godbout -Michel Lévesque Des ravages du politiquement correct -Jean-Marc Léger Le statut de Westminster et l\u2019indépendance de l\u2019Assemblée nationale -Henri La berge Un folklore sans nation -Serge Gauthier L\u2019effet Bois clair -Michel Roche Lettre ouverte « omnibus » -Mathilde François « Que Dieu bénisse le Canada » -Denis Monière Les élections fédérales de 2006 et l\u2019exclusion du Québec -Pierre Serré 12 24 27 ARTICLES I .J T 38 ) 45 53 55 60 h 66 7i 77 81 Lire les essais 114 Courrier des lecteurs Index des annonceurs Index des auteurs 2006 128 131 132 I i fit It l«T # \u2022 *1 1 Vi A l 2Î ¦ i ¦ 12 ARTICLES Pierre-Paul Sénéchal* RABASKA: L\u2019INSOUTENABLE LAISSER-FRAIRE Le 6 décembre 2006, marque le début des audiences du B APE sur le projet de terminal méthanier Rabaska dans la zone de Lévis/Beaumont.Compte tenu de P enjeu qu\u2019un tel projet représente pour l\u2019avenir de cette formidable ressource nationale qu\u2019est le fleuve Saint-Laurent, le débat qui a cours depuis plus de deux ans n\u2019a pas eu grand écho dans nos médias nationaux.Assez mineur si on le compare à celui suscité par la tentative de privatisation du Mont Orford.Ce débat aura toutefois mis en lumière la désinvolture avec laquelle l\u2019actuel gouvernement du Québec traite de cette question du transit du gaz naturel vers le continent américain via des ports méthaniers sur le Saint-Laurent.Il en dit long aussi sur la capacité de ce gouvernement de prendre position sur des dossiers complexes et mettant en cause les intérêts à long terme du Québec.Il fait enfin ressortir l\u2019anémie de la réflexion qui a animé tous les gouvernements précédents au chapitre de la planification et de la localisation des futures grandes infrastructures énergétiques en sol québécois.1 * Vice-président du GIRAM ( Groupe d'initiatives et de recherches appliquées au milieu), ex-gestionnaire et ex-conseiller en matière de développement de l\u2019économie et de l\u2019emploi, gouvernement du Québec 13 Le Saint-Laurent dans la mire des multinationales du GNL.Pourquoi ?Le fait que deux projets d\u2019envergure de transbordement de GNL cherchent à s\u2019établir dans les eaux du Saint-Laurent, (Rabaska-Lévis et Énergie-Cacouna), dans un contexte où la demande interne s\u2019annonce relativement limitée eu égard à la capacité totale des deux terminaux, relève de considérations strictement géo-économiques.Le Saint-Laurent, on le sait, est historiquement la voie de pénétration naturelle pour accéder facilement au cœur du continent américain.En raison de sa navigabilité jusqu\u2019à 1200 kilomètres de l\u2019Atlantique, le Saint-Laurent représente de loin la voie de transport la plus économique pour rejoindre le vaste marché de consommation du nord et du mid-ouest américain.Le risque n\u2019est donc pas élevé pour les consortiums internationaux du gaz voulant élire domicile sur les rives du Saint-Laurent d\u2019anticiper la conclusion de « contrats fermes et à long terme » avec ces collectivités.Nos voisins immédiats, plus grands consommateurs mondiaux d\u2019énergie, sont actuellement fortement préoccupés par la continuité des approvisionnements en énergies fossiles.Les discours économiques de Georges W.Bush sont souvent farcis d\u2019appels à la « coopération commerciale internationale » en cette matière.Il faut savoir aussi que plus d\u2019une dizaine de projets de terminaux méthaniers devant être implantés sur la Côte-Est des État-Unis sont présentement pendants ou jugés en difficulté, principalement en raison de la vive opposition des collectivités locales, généralement appuyées par leurs élus.C\u2019est la raison pour laquelle les prochains projets seront de plus en plus des projets de la nouvelle génération, soit des terminaux « off shore ».Ne nécessitant pas d\u2019installations terrestres contraignantes ou dangereuses (le GNL est regazéifié directement en mer, puis V \u2022f & ' ' I ?¦ \u2022 14 directement introduit dans un gazoduc) ces installations pourront être situées loin des populations et des zones maritimes achalandées.Bien qu\u2019ils s\u2019en défendent pour des raisons essentiellement stratégiques, les marchés principalement visés par les deux consortiums cherchant à s\u2019établir au Québec sont pour l\u2019essentiel des marchés « d\u2019exportation », en particulier ceux du Midwest, au nord duquel se trouve également le cœur industriel du Canada.Seuls ces marchés sont réellement porteurs d\u2019avenir en raison des volumes qu\u2019ils requièrent.Les observateurs estiment que la plus grande partie du GNL devant transiter vers les États-Unis au cours des prochaines décennies sera destinée à la production d\u2019électricité.À qui profitera d\u2019abord un pont maritime pour faire transiter le GNL du Moyen-Orient vers le cœur du continent américain ?Il est assez déconcertant de voir les membres de notre gouvernement québécois et certains députés de l'opposition boire sans un soupçon de questionnement la potion de promesses que leur offre le promoteur Rabaska.Grâce à une campagne de promotion sans précédent au Québec auprès d'intervenants d\u2019affaires et d\u2019élus locaux, le promoteur a réussi à accréditer l\u2019idée assez loufoque que son port méthanier va enfin permettre aux Québécois d\u2019entrer dans le lucratif « monde du gaz ».Rien n\u2019est plus faux.Un terminal méthanier est tout sauf un complexe industriel à haute intensité de main -d\u2019œuvre.Il n\u2019est rien de plus en fait qu\u2019un point de jonction entre deux pipe-lines, l\u2019un flottant (le méthanier), l\u2019autre terrestre.Il ne s\u2019y produit aucun bien nouveau, aucune valeur ajoutée.La fonction du termi- 15 nal consiste essentiellement à transborder, puis à réchauffer un gaz liquéfié à -160 degrés (le GNL) donc comprimé à 600 fois son volume normal, afin de faciliter la suite de son transit vers des marchés bien ciblés, lesquels peuvent finalement être situés très loin du terminal.En raison du caractère explosif et inflammable de la substance transbordée, le promoteur doit se doter d'une zone d'exclusion importante et donc s\u2019approprier pour ses fins propres de vastes espaces terrestres et maritimes.On ne peut « exporter » ce que Ton ne produit pas, au chapitre des retombées économiques, cette distinction a une certaine importance.Le GNL en provenance du Moyen-Orient par méthaniers serait propriété entière du consortium qui le transborde et le liquéfie.Les marchés externes ne faisant pas du Québec un « exportateur d\u2019énergie » mais un simple lieu de transit, le risque est grand que les régions industrielles de nos voisins soient les grandes bénéficiaires de ces installations.L\u2019univers de l\u2019hydroélectricité québécoise exportée aux États-Unis est quant à lui fort différent : le Québec produit, transporte et exporte cette énergie, ceci, après avoir d\u2019abord satisfait ses besoins internes.Le robinet hydroélectrique est alimenté et contrôlé totalement par les Québécois.Autre question à considérer : le Québec peut-il, sans risques de lendemains douloureux sur le plan de son propre avenir économique, aliéner à long terme les zones terrestres et maritimes qui sont, soit parmi les plus fragiles du Saint-Laurent (la zone du chenal sud de l\u2019Ile d\u2019Orléans), soit parmi ses plus stratégiques pour des infrastructures portuaires futures (Cacouna) et ce, dans le but de satisfaire les appétits énergétiques de ses voisins, lesquels sont de surcroît ses plus féroces compétiteurs sur le plan industriel ?Ne soyons i6 pas dupes, durant la longue période d'exploitation de ces terminaux méthaniers (50 à 70 ans), les retombées financières pour l\u2019ensemble des Québécois seront absolument non significatives eu égard à la valeur des concessions territoriales.Selon les scénarios comptables connus, durant toute la période d\u2019exploitation, l\u2019impact de ces projets sur le revenu national brut québécois sera faible en raison du trop petit nombre d\u2019emplois directs et indirects créés et aussi en raison de l\u2019absence quasi-totale d\u2019intrants en provenance d\u2019ici.Il est assez révélateur en effet que la retombée financière la plus importante du projet Rabaska soit un en-lieu de taxes payé à la municipalité de Lévis.Des enjeux économiques nationaux laissés abusivement entre les mains d\u2019élus de collectivités locales Pour bien comprendre la source et la nature des débats qui ont cours actuellement, il faut savoir que dans notre mode de gouvernance, il suffit, pour un promoteur voulant élire domicile sur le site qu\u2019il a sélectionné comme lui étant le plus économiquement profitable, de convaincre une majorité de conseillers municipaux.Cette première étape franchie, un rapport de force est déjà instauré en sa faveur et la probabilité est élevée qu\u2019il en soit ainsi par la suite.Ce modèle qui avait cours aux 19e et 20e siècles a quelque chose d\u2019incongru.En lieu et place de l\u2019État, par simple « arrangement interne », une municipalité locale peut aliéner au profit d\u2019un promoteur privé, des espaces pouvant s\u2019avérer hautement stratégiques pour l\u2019ensemble de notre collectivité nationale.Conflit ou convergence d\u2019intérêts, il reste qu\u2019une instance locale est peu encline à prendre naturellement en compte la problématique nationale et elle tombe plus facilement sous le charme des promesses de retombées financières savamment emballées. 17 Et les intérêts nationaux, qui s\u2019en occupe ?C\u2019est précisément en vertu du principe de la sauvegarde de la souveraineté territoriale et des intérêts nationaux qu\u2019un pays comme la France a décrété dans le cadre de ses plans d\u2019aménagement industrialo-portuaires des années soixante, qu\u2019une entreprise de l\u2019envergure d\u2019un terminal méthanier ne pourrait débarquer n\u2019importe où et s\u2019octroyer une enclave portuaire privée.Une telle façon de faire apparaissant comme pure hérésie.Le territoire est l\u2019espace sur lequel se définit la souveraineté d\u2019une collectivité.Il est l\u2019espace sur lequel s\u2019exerce l\u2019autorité politique des citoyens par gouvernement interposé.C\u2019est au nom de cette souveraineté territoriale interne que, soucieux d\u2019exercer leurs responsabilités pleinement et intelligemment, les États progressistes se donnent des politiques nationales d\u2019aménagement du territoire visant à mieux distribuer les activités économiques futures, en fonction du bien commun.Le Québec est bien loin de cet univers.Un désengagement gouvernemental qui crée indiscutablement un rapport de force disproportionné en faveur du promoteur En vertu des règles que le Québec a établies en matière d\u2019évaluation environnementale, il revient au promoteur ou à « l\u2019initiateur » pour reprendre le jargon du BAPE, de réaliser l\u2019étude d\u2019impact de son propre projet.Il revient aux ministères concernés par le projet de faire l\u2019analyse de cette étude d\u2019impact et il revient aux commissaires désignés, après consultation des citoyens, de statuer sur le tout.Dans un tel processus, on comprend que les expertises pointues sont essentiellement apportées par le promoteur.Si, dans un dossier de l\u2019envergure du prolongement de l\u2019autoroute Du fltti 18 fy n >'l Ml * .\u2022 l.*l Vallon, les citoyens peuvent toujours réussir à développer argumentaire acceptable, la situation est tout autre dans le cas d\u2019un terminal méthanier.Quand un promoteur investit quelque io millions $ pour produire une étude d\u2019impact de 3000 pages avec la participation d\u2019une foule de firmes de consultants spécialisés, il jouit dès le départ d\u2019une bonne longueur d\u2019avance.Ajoute-t-il plusieurs autres millions $ pour faire valoir publiquement et privément son projet et la tâche de ceux qui sont appelés à en questionner le bien-fondé devient herculéenne.un y;;; \u2022 n* Vif M s \u2022 f* I \u2022Wï » \u2022; ¦ \u2022 \u2022 \u2022\u2022 i r 1 *.< V ' \u2022 *.i 1VÎ Il If I '1 À rouverture des audiences publiques, que vaut réellement l\u2019expertise des groupes de citoyens au yeux des trois commissaires du BAPE ?De surcroît, ces groupes sont depuis plus d\u2019une année, la cible d\u2019une vaste campagne de dénigrement orchestrée en vue de les assimiler à des intervenants irresponsables qui veulent absolument mener le Québec à la ruine.Non seulement le gouvernement québécois ne fournit-il aucun soutien financier à ces groupes pour réaliser des études pouvant faire contrepoids à celles du promoteur mais, chose très surprenante et éminemment contestable, il refuse aux commissaires du BAPE chargés de statuer sur le projet, l\u2019octroi de tout budget pouvant permettre le recours à des experts indépendants.Par de telles analyses ne pourrait-il s pas scruter de façon approfondie des aspects qui portent à controverse ou sur lesquels pèseraient des doutes sérieux ?1 > * \u2022 \u2022 fl \u2018\u2022Jïï I « : * .\u2022 .tJ Utlf m q .i.Que dire des analyses réalisées par les experts des ministères québécois ?Le jugement sera considéré sévère mais en ce qui à trait au dossier Rabaska, elles sont à mon avis d\u2019une légèreté déconcertante.À elles seules, ces analyses illustrent assez bien d\u2019ailleurs ce phénomène du désengagement délibéré de notre gouvernement.Certains ministères n\u2019ont trouvé dans les 3000 pages de l\u2019étude d\u2019impact du promoteur 19 aucune matière à avis.D\u2019autres, plus directement interpellés, ont produit un avis de recevabilité dont les prémisses tiennent sur quelques paragraphes.Alors que le règlement de la municipalité de Beaumont sur l\u2019interdiction d\u2019entreposage des matières combustibles et explosives constitue une pièce centrale quant à la conformité légale du site choisi par le promoteur, l\u2019avis d\u2019une demi-page du ministère des Affaires municipales et des Régions (20 juin 2006) réussit le tour de force d\u2019ignorer complètement le dilemme qu\u2019il pose au promoteur.Dans quelle espèce d\u2019arène le gouvernement du Québec place-t-il les trois commissaires du BAPE ?Il leur demande de statuer sur la réalisation ou l\u2019abandon d\u2019un projet très complexe dont le promoteur vante publiquement « la valeur estimée » à un milliards, un projet soutenu par tous les ministres du gouvernement et, consécutivement à battage médiatique et d\u2019une offensive de relations privées et publiques sans précédent, un projet faisant consensus dans la communauté d\u2019affaires régionale et nationale.Face au potentiel de risques des terminaux méthaniers, les Québécois valent-ils moins que les Canadiens ou les Américains ?Alors que le gouvernement Charest met tout en œuvre pour que le projet de « l\u2019initiateur » Rabaska se rende à bon port, il est particulièrement choquant d\u2019observer le gouvernement canadien soutenir avec diligence et fermeté ses propres citoyens de la région de St-Andrew Bay (N.B).Au cœur de ce « débat méthanier », se trouve le projet d\u2019implantation d\u2019un terminal dans la Baie Passamaquoddy dans l\u2019État du Maine.Pour se rendre à cette destination du côté 20 américain, les méthaniers en provenance de l\u2019Atlantique devront obligatoirement transiter par Head Harbour.Il s\u2019agit d\u2019un passage relativement étroit, moins que ne l\u2019est le chenal sud du Saint-Laurent en face de Me d\u2019Orléans et beaucoup moins achalandé aussi en termes de navigation maritime.Compte tenu qu\u2019un méthanier traîne avec lui sa zone de dangers, la collectivité canadienne de St-Andrew qui tire une part de sa prospérité de la pêche et de l\u2019industrie touristique, estime que les passages de ces méthaniers pendant des décennies présenteront un risque trop élevé pour eux-mêmes et pour leur industrie.Dans ce dossier, les politiciens canadiens sont résolument debout et ont à l\u2019œil la souveraineté territoriale de leur État.Déjà en mars 2006, le maire de St-Andrew et tous ceux de la région ont uni leurs voix à celle du premier ministre provincial ainsi qu\u2019à celle du ministre fédéral de la région (M.Greg Thompson) pour faire échec au projet.On a pressé Transports Canada de réaliser une étude de danger sur les risques reliés aux transits de méthaniers à cet endroit compte tenu des conditions particulières de navigation dans ce couloir maritime.On s\u2019est aussi postionné très rapidement sur le plan politique Our position is that LNG is dangerous cargo.that is why ( LNG terminal) have been turned down by just about every juridiction on the East Coast of the United States.All those communities and states have said no simply because they view it as dangerous cargo.Ottawa is prepared to fight the LNG proposal all the way to international court, if necessary.(Greg Thompson, ministre fédéral.Canadaeast.com, 2 avril 2006).On est loin du discours de Jean Charest.Le dossier Passamaquoddy est même considéré par le fédéral de niveau suffisamment élevé pour faire l\u2019objet d'un litige diplomatique canado-américain.Le 18 septembre 2006, 21 le ministre fédéral Peter Mackay déclarait à la Chambre des Communes que : [.] le gouvernement canadien a porté à l'attention de la FERC (instance fédérale américaine) les préoccupations exprimées par les collectivités locales canadiennes au sujet des risques que les projets envisagés pourraient présenter pour l\u2019environnement, la navigation et la santé.Le gouvernement canadien prendra, affirme-t-il, toutes les mesures juridiques et diplomatiques pour empêcher les navires-citernes transportant du gaz liquéfié d\u2019emprunter ce passage.Une étude menée il y a 30 ans, poursuit le ministre, a confirmé que l'utilisation du passage Head Harbour et de la Baie Passamaquoddy par de gros navires-citernes transportant des polluants marins entraînerait un niveau inacceptable de risque pour les espèces aquatiques vivant dans ces eaux et les populations humaines des environs.Qu'en est-il du positionnement de ce même gouvernement canadien relativement au projet Rabaska ?Alors que le dossier est actif depuis avril 2004, Transport-Canada s'avoue encore incapable de fournir aux commissaires du BAPE, de même qu\u2019aux groupes de citoyens, les études requises sur les questions de sécurité et de fluidité de la navigation pouvant résulter de la création d\u2019une zone portuaire privée dans le chenal nord de l\u2019Ile d\u2019Orléans.Bien plus, le 14 novembre 2006, les groupes d\u2019opposition citoyenne se font imposer par une société fédérale, le Port de Québec, une requête en injonction interlocutoire visant rien de moins qu\u2019un interdit de commentaires publics en rapport avec deux thèmes fondamentaux du dossier Rabaska : le thème central de la « navigation et croisières maritimes », ainsi que le thème « soutien des milieux régionaux au projet » (un enjeu fondamental relié à l\u2019acceptabilité sociale, base du développement durable et raison d\u2019être du BAPE).1 '* * 1* m\t9 f #4 /\u2022 * * # i » 11 # 25 persistant de celle-ci.Le Parti québécois n'arrivait pas à faire une percée décisive : 1970, 1973.Sept députés, puis six.René Lévesque, deux fois de suite, défait personnellement.C\u2019était un peu plus difficile que pour Trudeau se présentant dans Mont-Royal avec l\u2019appui de tout l\u2019establishment, du Parti libéral et de l\u2019argent.Finalement arriva le 15 novembre 1976, un triomphe.Cet épisode était exceptionnel.Il tranchait sur ce qu\u2019on peut appeler notre conditionnement historique.C\u2019était la Révolution tranquille qui continuait.Le mot conditionnement est à retenir.Il s\u2019agit d\u2019une donnée capitale et je vais tenter de dire comment.Une défaite, plusieurs défaites ne sont rien.Mais au contraire, dans notre cas, elles ont tendance à s\u2019additionner.Cela est cause, jusqu\u2019à un certain point, de notre comportement velléitaire.Nous sommes pour ainsi dire atteints dans notre volonté, dans notre esprit de suite et de conséquence.Sur deux siècles et demi, nous n\u2019avons pas seulement connu plusieurs revers, mais nous avons intériorisé la Défaite, c\u2019est-à-dire attrapé un complexe de perdant.Dans une certaine mesure, cela s\u2019est imprimé dans notre caractère.Il en résulte deux conséquences, curieusement opposées.D\u2019une part, les défaites nous immobilisent exagérément : quinze ans pour celle de 1980 et au moins dix pour celle de 1995.Ces périodes sont marquées par un étrange affaissement, lui-même très symptomatique.D\u2019autre part, les échecs ont sur plusieurs personnes un autre effet, contraire au premier.Des militants sont propulsés paradoxalement dans un monde illusoire où tout semble relativement facile : l\u2019indépendance serait à portée de la main, il faudrait précipiter un référendum quel que soit 26 l\u2019état éventuel de l\u2019opinion, etc.De plus, dans cette mentalité, le degré de conviction des militants cache l\u2019apathie d\u2019une partie de l\u2019électorat dont le vote n\u2019est pas acquis.Nous vivons donc cette double et contradictoire illusion : pour les uns, le sentiment que la cause est perdue ; pour les autres, l\u2019idée qu\u2019elle est déjà gagnée.Nous oscillons ainsi entre un noir pessimisme et un optimisme tout à fait gratuit.L\u2019un et l\u2019autre de ces sentiments reflètent notre précarité dans l\u2019histoire, précarité de plus en plus sensible.Le pessimisme la souligne à double trait, d\u2019où les longues périodes d\u2019atonie dont je parle.L\u2019optimisme se la dissimule.Dans les deux cas, nous sommes loin d\u2019une pensée réaliste, fondée, positive, relative, soucieuse d\u2019idéal mais tout à la fois d\u2019objectivité.Ce difficile équilibre suppose, dans l\u2019action, l\u2019exercice d\u2019un jugement très sûr et la capacité de l\u2019imposer, double exigence.La solution de ces difficultés se trouve évidemment moins dans une analyse abstraite de la problématique que dans l\u2019action concrète, dans le mouvement de la vie politique, dans la lucidité et l\u2019ascendant des dirigeants plongés dans l\u2019agitation courante.Il reste qu\u2019il faut tout de même regarder d\u2019un œil critique le dérèglement actuel de la pensée politique.Beaucoup s\u2019interrogent là-dessus par les temps qui courent, non sans raison.Le réalisme est rare.Stratégies et tactiques s\u2019en ressentent.?v 1 * 27 i \u2022* ARTICLES Patrick Sabourin* L\u2019ART D\u2019OBTENIR UN MÉDECIN POUR LE PRIX DE DEUX Introduction : un Québec en manque de médecins I La pénurie de médecins au Québec est un problème sérieux dont la solution semble toujours nous échapper.Selon Yves Dugré, ex-président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, il manquerait 1000 médecins spécialistes au Québec.On observe le même scénario chez les omnipraticiens, où la pénurie est évaluée entre 800 et 1000 à travers le Québec.Notons que la Ville de Saguenay vient tout juste de signer une entente avec le ministère de LImmigration dans le but avoué d'attirer les médecins étrangers dans cette région qui souffre d'un manque chronique de praticiens.Cette situation est pour le moins surprenante puisque le Québec est une des provinces qui forme le plus de médecins par habitant au Canada.Au moment où le gouvernement s'apprête à engloutir au moins 3,6 milliards dans la construction de deux mégahôpitaux neufs, un pour la facul té de médecine de l'Université de Montréal (Centre hospitalier de l'Université de Montréal, CHUM) et un pour l\u2019uni- * L\u2019auteur a publié, en collaboration avec Frédéric Lacroix,« Halte à la mégafolie hospitalière » [L\u2019Action nationale, mars 2006^ et « Le financement des universités et la vitalité des communautés de langue officielle au Canada » [L'Action nationale, septembre 2005). 28 versité McGill (McGill University Health Centre, MUHC), il convient de se questionner sur la valeur de cet investissement.Est-il également rentable, pour obtenir des médecins pratiquant au Québec, d'investir à l'Université de Montréal et à l'université McGill ?Il - L'exode des médecins au Québec Le Québec offre une des pires performances au Canada en matière de rétention de ses médecins.Chaque année, c\u2019est par dizaines qu\u2019ils partent pour aller pratiquer ailleurs, principalement dans le reste du Canada et aux États-Unis.Année après année, le solde migratoire des médecins québécois est négatif, c\u2019est-à-dire que le nombre de médecins qui quittent est supérieur au nombre de médecins qui arrivent.Le tableau i illustre le solde migratoire interprovincial et international au Québec.On constate que l\u2019exode est sévère, avec en moyenne plus de 75 départs par année.Toutes Tableau 1 : Solde migratoire au Québec (1995-2004) Solde interprovincial -Alâ Solde international :1ZI Total -785 Source: Supply, Distribution and Migration of Canadian Physicians, 1986-2004; Southam Medical Database, Canadian Institute for Health Information (www.cihi.ca).Le solde interprovincial est obtenu en soustrayant le nombre de médecins qui quittent le Québec vers une autre province canadienne du nombre de médecins qui arrivent au Québec en provenance d\u2019une autre province.Le solde international est calculé en soustrayant le nombre de médecins qui quittent le Quéo l\u2019étranger du nombre a de l\u2019étranger.ec pour e médecins qui reviennent 29 proportions gardées, l'exode des médecins est au Québec deux fois plus important qu'en Ontario.I Quelle est la cause de cet exode massif ?Certains médecins, notamment les spécialistes, ont récemment pointé du doigt les salaires qui seraient moins généreux au Québec qu'ailleurs au Canada.Est-ce là la véritable raison ?Si l'appât du gain est effectivement à la source du problème, l'exode des médecins devrait se faire sentir dans l'ensemble des facultés de médecine du Québec.Or, comme nous le verrons plus bas, ce n'est absolument pas le cas.f.\u2018 .f M-fii III - Qui part ?La formation d'un médecin peut être grossièrement divisée en deux phases.La première, le diplôme de doctorat en médecine (le MD) est commune à tous les médecins.Des quotas stricts sont imposés aux universités quant au nombre d\u2019étudiants québécois, canadiens et étrangers qui peuvent être admis annuellement dans chacune des facultés.Le tableau 2 montre la répartition des places d\u2019études dans les facultés de médecine du Québec.La deuxième phase, qu\u2019on peut considérer comme la spécialisation du médecin, « le post-MD », est d\u2019une durée variable et peut avoir lieu dans une université autre que celle qui a décerné le diplôme MD.La proportion de places d\u2019études pour les résidents hors-Québec n\u2019est pas réglementée au post-MD.\u2022t Départs après le diplôme MD Donc, dès l\u2019obtention de leur doctorat (le MD), certains étudiants iront poursuivre leurs études ailleurs qu\u2019au Québec.Le graphique i montre la proportion de départs selon l\u2019université au Québec.\\ ; 30 Tableau 2 : Places contingentées par faculté de médecine au Québec Résidents du Québec Résidents hors-Québec Laval m Sherbrooke il8 i2 Montréal 268 É McGill 151 21 Total 758 58 Source : Canadian Medical Education Statistics, 2004.En comparaison, l\u2019Ontario, avec une population 50% supérieure à celle du Québec, offre 780 places contingentées.On voit clairement que l\u2019exode après le diplôme MD est un phénomène presque exclusivement mcgillois et que cette tendance est très marquée.Rappelons que la proportion d\u2019étudiants étrangers au MD est relativement faible (sous la barre des 15 %) et que, par conséquent, l\u2019exode mcgillois après le MD est largement imputable aux étudiants québécois.Le tableau 3 résume les données du premier graphique.Graphique i : Proportion des étudiants faisant leur post-MD ailleurs qu\u2019au Québec (1996-2004) 60,0% 50,0% 40,0% 30,0% 20,0% 10,0% 1996\t1997\t1998\t1999\t2000\t2001\t2002\t2003\t2004 0,0% / v /V ?Laval ¦ Sherbrooke Montréal McGill Source : Canadian Medical Education Statistics, 1997-2005 3i Tableau 3 : Exode annuel moyen par faculté de médecine (1996-2004) Proportion Laval 1.0% Sherbrooke 1.3% Montréal 2.1% 47-6% McGill Afin de compenser pour cet exode, l\u2019université McGill doit recruter massivement dans le Canada anglais et à l\u2019étranger des médecins qui viendront compléter leur post-MD au sein du MUHC.Nous verrons plus bas que ceux-ci n\u2019ont pas tendance à s\u2019installer au Québec une fois leurs études terminées.Départs après la formation post-MD Une fois leur spécialisation complétée, les nouveaux médecins doivent décider de leur lieu de pratique.Ont-ils plus tendance à s\u2019installer au Québec à la fin de leur spécialisation ?Le graphique 2 illustre le nombre de départs 2 ans après la complétion des études post-MD.Alors que le taux d\u2019exode des universités de langue française oscille entre 5 et 15 %, celui de McGill avoisine encore les 50 %.Lorsqu\u2019on compare le taux d\u2019exode après 2 et 5 ans, on constate que les médecins qui quittent, principalement pour l\u2019Ontario et les États-Unis, ont peu tendance à revenir pratiquer au Québec.Le tableau 4 résume les données du graphique 2.En chiffres absolus, on voit que 550 étudiants de l\u2019université McGill ont quitté le Québec sur dix ans, ce qui représente 32 Graphique 2 : Proportion des étudiants pratiquant ailleurs qu\u2019au Québec 2 ans après la fin du post-MD (1995-2004) r i 70,0% 60,0% X 50,0% 40,0% 30,0% 20,0% : 10,0% 0,0% T T T T T 1995\t1996\t1997\t1998\t1999\t2000\t2001\t2002\t2003\t2004 McGill ?Laval a Sherbrooke Montréal .L\u2019année indiquée est l\u2019année deux ans Source : Canadian Post-M.D.Education Registry après la graduation.Les départs de l\u2019université ae Sherbrooke vers le Nouveau-Brunswick oni été soustraits puisque les Acadiens bénéficient d\u2019une entente interprovinciale avec le gouvernement du Québec.En effet, il n\u2019existe aucune faculté de médecine de langue française dans les Maritimes.Tableau 4 : Exode moyen 2 ans après la graduation (1995-2004) Nombre de médecins par année Proportion 9,8 Laval 9,0% 4,6 Sherbrooke 6,6% io,6% 17,6 Montréal McGill 45,7% 55 plus de 63 % de tous les départs.Une seule université est donc responsable de près des deux tiers de l'exode des médecins au Québec. 33 IV - Conséquences de l'exode des finissants de McGill L\u2019université McGill représente un cas particulier au Québec en ce qui a trait à l\u2019exode massif de ses médecins.Si la rémunération moins élevée est effectivement la cause de l\u2019exode des médecins québécois, il semblerait que ce « problème » affecte davantage McGill que les universités de langue française.La formation en français représente certainement un facteur de rétention important.En investissant massivement dans une université de langue anglaise, le gouvernement refuse d\u2019exploiter un avantage compétitif unique au Québec, soit celui d\u2019une langue commune distincte du reste du bassin américain.L\u2019exode massif des médecins Mcgillois n\u2019est pas banal.À lui seul, il représente plus de 60 % des départs et est, par conséquent, le principal responsable du déficit migratoire qui sévit au Québec.Ramener le taux d\u2019exode de McGill à la moyenne des universités francophones (entre 5 et 10 %) suffirait pour annuler la totalité des pertes dues au solde migratoire interprovincial ! Une solution à l\u2019exode des médecins nous pend donc au bout du nez depuis longtemps.Voilà qui a de quoi étonner et choquer.D\u2019autant plus que la formation d\u2019un médecin coûte au bas mot plus de 150 000$ aux contribuables québécois.Pourtant, loin d\u2019y voir un problème, le doyen de la faculté de médecine de McGill, M.Abraham Fuks, se félicitait récemment du fait que McGill était en mesure de former des étudiants francophones exceptionnels qui désiraient faire carrière aux États-Unis et ainsi faciliter leur transition1.Cette tendance à l\u2019exode des diplômés en médecine de McGill est aussi présente dans des domaines connexes ; des programmes de formation en physique médicale ont été 34 créés au CHUQ (Hôtel-Dieu de Québec) et au CHUM (Université de Montréal).La raison invoquée ?Une pénurie actuelle et future de spécialistes diplômés en physique médicale capables d\u2019œuvrer en milieu hospitalier.Les physiciens médicaux, pour la plupart, travaillent dans les centres de radio-oncologie à calculer les doses de radiation nécessaires pour traiter les tumeurs cancéreuses.Le taux de rétention de diplômés du programme de McGill ne dépassant pas les 30 %, le gouvernement du Québec a été forcé de créer au CHUQ et au CHUM des programmes en langue française pour fournir les hôpitaux en personnel qualifié.V- Conclusion Il est temps de se questionner sur la place que doit occuper la faculté de médecine de McGill au Québec.Avec une si piètre performance, devrait-on continuer de lui allouer entre 20 et 25 % des quotas au diplôme MD alors que T Université de Montréal, avec 1,5 fois plus de quotas, forme 4 fois plus de médecins qui pratiquent au Québec ?Est-il normal d'investir massivement dans les hôpitaux du MUHC (McGill University Health Centre) où seront formés environ 30 % des stagiaires post-MD Québécois, dont plus de la moitié quitteront le Québec ?Est-il logique de construire deux méga-hôpitaux, un pour McGill et un pour Montréal, et ainsi séparer les fonds en deux parts égales ?Le Québec est-il si riche qu\u2019il doit bénévolement former des médecins pour l\u2019Ontario et les États-Unis ?H.in11 \u2022 » VI - Annexe Les auteurs ont présenté quelques résultats de cette étude lors du lancement de la coalition pour un seul CHU (unseul-chu.org) qui a eu lieu le 12 octobre dernier.Le même jour, 35 dans une entrevue accordée à la Presse canadienne, un responsable de l'université McGill répliquait en affirmant que selon une « étude canadienne récente » (la source ne fut pas citée), 66 % des diplômés de McGill pratiquaient au Québec.Or, dans le meilleur des cas et en choisissant les meilleures années », cette proportion ne peut être de plus de 54 %.Il est facile de démontrer qu'il est impossible d'obtenir cette proportion de 66 % d'une manière honnête avec les données statistiques disponibles.Pour faire la démonstration, nous pouvons croiser deux bases de données indépendantes.« ïi Tout d\u2019abord, les données de CAPER (résumés dans le tableau Ai, ci-dessous) nous informent de la proportion d\u2019étudiants en post-MD dans chacune des universités.Il est étonnant de constater que McGill est l\u2019université qui compte le plus d\u2019étudiants en post-MD au Québec alors qu\u2019on répète souvent dans les médias que la faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal est la plus volumineuse.Tableau Ai : Effectif moyen, post-M.D.(2001-2006) Étudiants avec visa Total Citoyens ou résidents canadien Laval 21,4% 0,1% 21,4% Sherbrooke iS.7% 0,2% 30,8% Montréal o,3% McGill io,7% 21,2% IOO% \u2022t 4« i I» 36 On peut également mesurer l'apport de chacune des facultés de médecine à l'aide des données du Collège des médecins.Le tableau A2 est encore plus étonnant.L'université McGill, celle-là même qui contient le plus grand nombre d'étudiants en post-MD, n'a formé que 11,1 % des médecins pratiquant au Québec, soit 3,5 fois moins que l'Université de Montréal ! Puisque l\u2019université McGill compte 31,9 % des places au post-MD, il serait logique que 31,9 % des membres du Collège des médecins proviennent de McGill.Il n\u2019en est rien.Dans le meilleur des scénarios, en supposant une certaine variabilité dans la composition des facultés et en excluant même les étudiants avec visa, l\u2019exode se situe encore au-dessus des 50 %.Nos estimés de l\u2019exode à partir des bases de données CAPER et CMES sont donc fort probablement conservateurs.Les médecins de McGill quittent dans une proportion de 50 %, au moins.Tableau Az : Lieu de formation des membres du Collège des médecins diplômés au Québec (2006) Nb % Laval 5466 > Sherbrooke 2299 Montréal 6156 McGill 1746 II,I Total 15667 100 37 Il est quand même consternant que la meilleure défense que McGill ait pu trouver fût de prétendre que le taux d'exode de ses médecins était de 34 %.Même en triturant des données probablement partielles et non représentatives, ils n\u2019ont pu arriver qu\u2019à un taux d\u2019exode plus de trois fois supérieur à celui des universités de langue française.Il y a là un aveu.McGill Reporter, le 8 décembre 2005, traduction libre.1 38 ARTICLES Andrée Ferretti* LE PRESTIGE DE L\u2019INDÉPENDANCE 1 «1 Afin de vous indiquer d'emblée mon point de vue sur le thème débattu ce soir, je vous informe que je suis indépendantiste.Je le suis devenue à l\u2019automne 1956, en assistant à quelques cours de l\u2019historien Maurice Séguin qui renouvelait radicalement la compréhension du sens de notre histoire nationale.Depuis, je milite pour l\u2019indépendance nationale du Québec.Ce qui signifie qu\u2019il y a 50 ans que j\u2019ai irréversiblement rompu avec le nationalisme traditionnel, d\u2019une part, et que, d\u2019autre part, je n\u2019ai jamais été une souverainiste aux diverses modes péquistes.Par conséquent, je ne suis pas fatiguée.Car, il s\u2019agit bien de cela, n\u2019est-ce pas ?Et vous le savez.Nous le savons tous.Même ceux qui par peur ou par opportunisme font semblant de ne pas le comprendre.Malheureusement, ils sont nombreux et occupent souvent des postes de pouvoir.Qu\u2019a donc écrit Hubert Aquin dans « La fatigue culturelle du Canada français » qui serait encore pertinent, pour ne pas dire plus actuel que jamais ?* Allocution prononcée par l'auteure dans le cadre du colloque sur Hubert Aquin organisé par la radio de Radio-Canada en novembre 2006. 39 D'abord, et c'est à mon avis, l'idée centrale du texte, il affirme que « Le Canada français est une culture globale » autrement dit, et il le dit, « une culture nationale » dont « le séparatisme canadien-français n\u2019est qu'une [des] manifestations constituantes » et spécifie-t-il, « sa force de frappe est plus grande que celle de toutes les autres formes d'existence culturelle parce qu\u2019elle contient un germe révolutionnaire qui peut remettre en question l'ordre constitutionnel établi à l'échelle du Canada ».Mais, précisément, c'est parce que ce séparatisme n\u2019est continuellement qu'un germe, que « La culture canadienne-française offre tous les symptômes d'une fatigue extrême ».Qu'en est-il aujourd'hui ?Le Québec en tant que culture globale est-il encore dans la fatigue décrite par Hubert Aquin ?Je ne le crois pas.Le peuple québécois est loin d'être fatigué, si ce n'est de ses fatigants, de ses élites politiques de tous poils, nationalistes à l'ancienne, tels les Robert Bourassa et ses disciples, à la moderne, tels les René Lévesque, ses successeurs et ses adeptes, qui tentent sans cesse, sans vergogne, et heureusement sans réel succès, de le détourner du seul chemin qui le mènerait à sa pleine émancipation, à savoir à son indépendance nationale.1 a Car, il s\u2019agit bien de cela.Loin d'être fatigué, le peuple québécois est plus créateur, plus dynamique, plus solidaire, plus fier, plus puissant, plus vivant qu'il ne l'a jamais été, au cours de son histoire.On ne compte plus ses scientifiques et ses inventeurs, ses artistes et ses écrivains dont les découvertes et leurs applications, dont les œuvres et leurs interprétations ne soient reconnues 40 ici et dans le monde autant pour leur caractère unique que pour leur exacte insertion dans la modernité.Il en est de même du rôle de F industrie, de celui des institutions et de celui des inventions technologiques dans le développement culturel.Et que dire des multiples manifestations de la culture populaire qui ne cessent de s\u2019inventer des fêtes et des festivals, de fouiller dans sa généalogie, de fabriquer des fromages, de mettre en valeur chaque attrait touristique de ses villages.Et, progrès incommensurable par rapport au tournant des années i960, le peuple québécois se prend lui-même de plus en plus comme point de référence, les œuvres des prédécesseurs, dans tous les domaines du savoir, de l\u2019art, et de 1\u2019entrepreneurship, devenant source d\u2019inspiration et de re-création, accomplissant, ce qu\u2019Aquin disait : « Plus on s\u2019identifie à soi-même, plus on devient communicable, car c\u2019est au fond de soi-même qu\u2019on débouche sur l\u2019expression.» Ainsi, est disparu un des symptômes de notre fatigue identifié par notre auteur : la nécessité du déracinement et de l\u2019exil, de la percée à Ottawa et de la ratification du talent à Paris.Loin d\u2019être fatigué, le peuple québécois commence même à donner naissance à des philosophes, c\u2019est-à-dire à des penseurs qui posent sur sa société et sur le monde un regard qui lui est propre, et qui lui renvoie de lui-même et du monde une représentation qui lui est à la fois particulière et universelle.C\u2019est un des aboutissements, et pas le moindre, du travail de désaliénation entrepris par le mouvement indépendantiste, à la fin des années 1950 et mené sans cesse depuis.Que cette représentation soit sévère pour lui-même, voire même négative, parfois, n\u2019est pas de la plus grande importance.L\u2019important, c\u2019est que, grâce à ce travail de la pensée, les Québécois ne se laissent plus définir par les autres.Les vues méprisantes des J an Wong et compagnie indignent 41 désormais jusqu\u2019au désâmé Jean Charest.En effet, un des plus grands acquis de la lutte pour l\u2019indépendance tient au fait que les Québécois de nationalité canadienne-française se sont sorti de la névrose collective du doute qui les amenait à se laisser définir par les autres, à se percevoir comme un peuple aliéné incapable de concevoir son identité nationale comme une et indivisible, aussi métissée qu\u2019elle soit devenue, à se percevoir comme un peuple toujours obligé de prouver la légitimité de son existence.Et cela, malgré tous les discours adverses, tenus par les oligarchies politiques et économiques canadiennes et leurs valets québécois, et puissamment diffusés.Loin d\u2019être fatigué, le peuple québécois est plus engagé que jamais de manière combative et efficace dans des mouvements de toutes sortes (8000 organismes communautaires locaux, des dizaines de mouvements sociaux organisés sur une base nationale et des centaines de syndicats) qui défendent ses intérêts collectifs, dans tous les domaines : développement de son économie sociale ; protection de l\u2019environnement, promotion de l\u2019égalité entre les hommes et les femmes ; promotion d\u2019un plus juste partage de sa richesse, celle tirée de l\u2019exploitation de ses ressources naturelles, celle tirée des fruits de son travail dans l\u2019industrie, le commerce, l\u2019éducation, celle tirée de sa créativité, de son savoir et de son savoir-faire.Sans oublier les projets de société qu\u2019il élabore, et les débats idéologiques qu\u2019ils proposent et suscitent.Loin d\u2019être fatigué, le peuple québécois maintient à plus ou moins 45 % son appui à sa pleine émancipation nationale, alors même qu\u2019aucun leadership indépendantiste ne la lui propose plus, depuis plus belle lurette.Alors même, qu\u2019au contraire, ceux qui se prétendent les principaux porteurs du projet lui présente l\u2019indépendance comme une option radi- 42 cale qu\u2019ils n\u2019osent même pas appeler par son nom, pendant que les nationalistes flous et mous la lui présente comme un mal nécessaire auquel il devra éventuellement se résigner après épuisement de tous les compromis possibles.Et, pourtant l\u2019option demeure bien vivante.Si bien qu\u2019elle renouvelle son discours.Par conséquent, celui-ci porte de plus en plus sur les nouveaux enjeux qui fondent la nécessité et l\u2019urgence de l\u2019indépendance qui sont : la transformation à un rythme sans cesse accéléré de la fédération canadienne en un État unitaire ; la diversité ethnique grandissante du Québec ; la participation autonome au processus universel de la mondialisation de tous les échanges.Oui, le Québec est une culture globale, portée fièrement à bout de cœur et de bras par le peuple québécois, bien que menée à bout de souffle par des politiciens assoiffés de pouvoirs, aussi provinciaux qu\u2019ils soient ; par des hommes d\u2019affaires assoiffés d\u2019argent qui vendent impunément aux sociétés étrangères les plus offrantes, les entreprises qu\u2019ils ont bâties avec l\u2019argent du peuple, via le soutien de la Caisse de dépôts et placements et autres institutions nationales de financement, via, aussi, l\u2019exploitation de son travail ; menée à bout de souffle par des intellectuels qui n\u2019accomplissent pas leur travail d\u2019élaboration de nos priorités nationales, laissant à l\u2019ennemi l\u2019espace où imposer sa vision et son langage, et qui trahissent ainsi leur fonction d\u2019engagement et d\u2019exemplarité ; par des journalistes de plus en plus soumis aux dictats patronaux d\u2019une presse de plus en plus concentrée et convergente, et qui acceptent trop facilement d\u2019être les courroies de transmission des discours qui ont pour seul but de faire croire au peuple québécois que les intérêts économiques et politiques de toutes les Power Corporation du Québec, du Canada, voire du monde, sont les siens. 43 Non, le peuple québécois n'est pas fatigué.Ce sont ces détenteurs des pouvoirs politique, économique et médiatique qui dominent en nombre à l'Assemblée nationale, dans les conseils d'administration des sociétés privées et publiques, dans les partis politiques, dans les universités, chez les chefs de pupitres et d\u2019antennes qui créent de toute pièce ce climat de morosité dans lequel nous baignons apparemment, depuis l'après-référendum de 1995.Ce sont eux qui décrètent que le peuple québécois en a assez des débats constitutionnels et politiques sur la question nationale et que le temps est venu de la dénationaliser en rapetissant sans fin la définition de la nation, allant jusqu\u2019à la réduire à la question citoyenne, comme s'il était possible de mener à bien la lutte pour l'indépendance nationale sans la fonder sur l'expérience historique de la nation canadienne-française, qui forme encore aujourd'hui la majorité du peuple québécois.Ce sont eux qui décrètent que ce peuple est fatigué, afin de lui renvoyer une image molle de lui-même dans le but et l'espoir de le rendre inoffensif, aussi inoffensif qu\u2019il l'était avant l'avènement du mouvement indépendantiste, au temps de la grande fatigue culturelle du Canada français, telle que décrite et analysée par Hubert Aquin.Mais le peuple n'est pas aussi dupe que le voudraient ces élites asservies, comme il le démontre avec force dans les conflits qui l'opposent à ces intérêts étrangers aux siens, non seulement dans des gestes de protestation, mais avec des propositions de manières différentes de faire.Je crois qui si un intellectuel aussi clairvoyant qu'Hubert Aquin posait aujourd\u2019hui son œil de lynx sur le Québec comme culture globale, il y décèlerait moins nos quelques réels symptômes de fatigue que les manifestations de notre formidable énergie nationale qu\u2019il est urgent de canaliser.Et il nous invite- 44 rait alors au devoir de limpidité et à la nécessité de rétablir le prestige de l'indépendance, de la rendre désirable.Car il ne saurait y avoir œuvre d'émancipation nationale - ni autre d'ailleurs - qu'inscrite dans une approche véridique et sans concession de la réalité, puisqu'on ne peut mener un peuple, pas plus le peuple québécois qu'aucun autre, à vouloir, à faire et à assumer son indépendance, en prétendant l'y conduire en catimini, dans une démarche qui l'écarte totalement du processus.Il est en effet devenu impérieux que les groupes sociaux et mouvements politiques indépendantistes, depuis trop longtemps assujettis à l'hégémonie du Parti québécois, reprennent l'initiative de leurs propres combats et retrouvent toute leur liberté d'action.Car il s'agit bien de cela.La fatigue qui nous guette et qui pourrait nous entraîner dans un cul-de-sac définitif est inscrite dans l'actuelle manque de mobilisation et d\u2019action constante des forces de contestation de l'ordre constitutionnel et politique établi.La fatigue qui nous guette est inscrite dans le report, une fois de plus, d'adopter une véritable stratégie qui engagerait un véritable combat mené sur le terrain de l'indépendance, le seul qui peut à plus ou moins long terme conduire le Québec à la victoire décisive.Je termine en citant un très beau vers de Pierre Perrault : et c\u2019est au milieu du saut qu\u2019elle se nomme La liberté saute d\u2019abord du train \u2022 \u2022 \u2022 f I t 45 ARTICLES Michel Lévesque /\\ POUR EN FINIR AVEC LE BON ET JUSTE ADÉLARD CODBOUT Dans un texte publié dans Le Devoir du 18 septembre dernier, Bernard Amyot profitait du 50e anniversaire du décès d\u2019Adélard Godbout pour souhaiter que l\u2019histoire corrige la « troublante amnésie sur Godbout » au sein de la société québécoise.if À la suite de cette invitation, j\u2019ai décidé de relever le défi en commettant le présent texte qui se veut une réponse partielle à un sujet complexe.Du salmigondis indigeste de M.Amyot où les événements de la Deuxième Guerre mondiale côtoient une liste des réalisations dAdélard Godbout, où le nom de certains fascistes européens sont associés avec celui de Maurice Duplessis et où, finalement, le panégyrique de Godbout l\u2019emporte sur l\u2019analyse sérieuse et étoffée, il ressort des affirmations non fondées qui reviennent malheureusement périodiquement dans l\u2019actualité québécoise.f Parmi ces faussetés, qui s\u2019inspirent largement de la thèse propagée par le petit neveu d\u2019Adélard Godbout, le cinéaste et écrivain Jacques Godbout, on retrouve, notamment, celle voulant que « la plupart des leaders indépendantistes et la Politologue et historien, l\u2019auteur prépare actuellement un ouvrage sur le Parti libéral du Québec à l\u2019époque duplessiste.* 46 quasi-totalité des historiens » aient sciemment voulu gommer la mémoire d\u2019Adélard Godbout de l\u2019histoire du Québec.Il y a aussi celle décrivant le bon et « juste » Godbout et cette autre, voulant que les méchants nationalistes aient été responsables de ses déboires politiques et du maintien au pouvoir de Maurice Duplessis.Ayant déjà démontré dans un article antérieuri que non seulement le nom dAdélard Godbout n\u2019a pas été effacé des livres d\u2019histoire mais qu\u2019il bénéficie même d\u2019un meilleur traitement que Lomer Gouin par exemple, je n\u2019insisterai donc pas sur ce point.À l\u2019intérieur du présent texte, je vais, dans un premier temps, tenter d\u2019expliquer pourquoi Godbout a été considéré comme un « vassal » selon l\u2019expression de M.Amyot.Dans un deuxième temps, je vais m\u2019attarder à quelques-unes des politiques adoptées par le gouvernement Godbout dans le but de démontrer qu\u2019il faut davantage parler d\u2019un bilan mitigé que de celui que « tout politicien d\u2019esprit noble et humaniste » aimerait revendiquer.Enfin, dans un troisième temps, je vais démontrer, contrairement à ce qu\u2019affirme M.Amyot, que plusieurs nationalistes ont combattu Duplessis et que ce ne sont pas les méchants nationalistes qui ont assuré la pérennité de son régime.Adélard Godbout : le « valet d\u2019Ottawa » Comment expliquer que Godbout ait pu se voir qualifier de « valet d\u2019Ottawa » ?Le contexte de la Deuxième Guerre mondiale pourrait expliquer en partie son attitude conciliante envers le gouvernement libéral fédéral de l\u2019époque.Pourtant, ce contexte ne semble pas avoir eu le même effet sur son vis-à-vis ontarien, f.J 47 If le libéral Mitch Hepburn, qui fut beaucoup moins conciliant avec le grand frère fédéral à la même époque.Il faut donc chercher ailleurs.\u2022If .1 Le fait que Godbout ait été choisi par les libéraux fédéraux du Québec pour devenir chef du parti provincial pourrait peut-être également expliquer son comportement.Mais en cela Godbout ne diffère guère des Georges-Émile Lapalme ou Jean Lesage qui ont pourtant agi très différemment après leur accession à ce poste.Là n\u2019est donc pas l\u2019explication.> La raison principale de Y assujettissement de Godbout au gouvernement libéral fédéral de l\u2019époque 1939-1944 réside essentiellement dans les élections provinciales du 25 octobre 1939.Lors de ces élections, les libéraux fédéraux ont littéralement acheté la victoire de Godbout contre Maurice Duplessis et l\u2019Union nationale.Les libéraux d\u2019Adélard Godbout ont obtenu un million de dollars de gens d\u2019affaires ontariens pour financer leur campagne électorale dans les 86 circonscriptions électorales que comptait alors le Québec2.Il s\u2019agit là d\u2019une somme colossale pour l\u2019époque.À titre de comparaison, lors des élections fédérales qui eurent lieu quelques mois plus tard, soit le 26 mars 1940, les libéraux fédéraux ont dépensé un million de dollars pour l\u2019ensemble des 245 circonscriptions électorales fédérales au Canada5.Cette somme a été versée à la suite de l\u2019intervention des libéraux fédéraux qui voulaient absolument empêcher une victoire de l\u2019Union nationale pour ne pas nuire à leurs politiques en faveur de l\u2019effort de guerre dans le reste du Canada et à leur réélection4. 48 Cette importante contribution financière a donc considérablement réduit la liberté décisionnelle d\u2019Adélard Godbout face au gouvernement libéral fédéral.Les réalisations du gouvernement Godbout : un bilan mitigé Évidemment, cette corruption électorale entache l\u2019image que Bernard Amyot présente de Godbout dans son texte.Il le décrit comme un « homme cultivé, progressiste, humaniste et d\u2019une intégrité irréprochable », qui a été « à l\u2019origine du virage du Québec vers la modernité ».Il fut, selon lui, le véritable précurseur de la Révolution tranquille « ».Le gouvernement Godbout a effectivement adopté des lois importantes : vote aux femmes, nationalisation d\u2019une compagnie hydroélectrique, instruction obligatoire, pour ne nommer que celles-ci.Toutefois, pour tracer un bilan de ses actions, il faut dépasser l\u2019énumération sélective et analyser davantage chacune des législations adoptées.Dans le présent texte, je me contenterai de trois exemples succincts.Dans son article, M.Amyot ne mentionne pas l\u2019adoption de la loi créant la Commission du service civil adoptée en 1943 qui est souvent présentée comme l\u2019une des réalisations progressistes de Godbout.Pourtant, la création de ce nouvel organisme, censé mettre à l\u2019abri les fonctionnaires contre les desiderata des dirigeants politiques, a été créé après que Godbout eut congédié 4685 fonctionnaires pour les remplacer par des militants libéraux assurés désormais de conserver leur poste !5 Quant à la loi concernant la cession des droits de taxation pour le temps de la guerre, elle aura permis au gouverne- 49 ment fédéral de percevoir plus de 2,25 milliards de dollars au Québec entre le ier septembre 1941 et le ier septembre 1947.Pendant la même période, le gouvernement fédéral n\u2019aura versé au Québec que 102 $ millions6.Finalement, si on ajoute à ces réalisations la promesse formelle et solennelle, non respectée, faite à la population du Québec lors des élections de 1939 à l\u2019effet de dénoncer et de combattre le gouvernement fédéral advenant l\u2019adoption de la conscription, on jette un éclairage bien différent sur l\u2019homme et ses réalisations.Raisons de la défaite de Godbout en 1944 Toujours selon Bernard Amyot, les armes utilisées par Duplessis pour battre Godbout lors des élections provinciales de 1944 furent la conscription, l\u2019autonomie provinciale « bafouée » et la « xénophobie ».À mots couverts, il attribue aux « nationalistes » la responsabilité de la défaite du gouvernement Godbout.Pourtant, Adélard Godbout lui-même n\u2019attribue la défaite à aucune de ces raisons.Selon Godbout, les principales causes de sa défaite sont la faiblesse de son organisation électorale7, le patronage insuffisant auprès des amis du parti8, les financiers du parti qui ont eu peur des politiques socialistes, selon eux, adoptées par son gouvernement9, les femmes qui auraient voté contre les candidats de son parti, de même que la manière de la Gendarmerie royale du Canada de pourchasser les déserteurs durant la guerre10.1 I « Dans ce dernier cas, il faut préciser que des policiers de la GRC sont débarqués chez Godbout en pleine nuit, et sont entrés dans sa chambre à coucher à la recherche de déserteurs.n P 50 Quant aux libéraux fédéraux, ils attribuent la défaite de Godbout à son organisation électorale déficiente et au fait qu\u2019il n\u2019ait pas fait appel à eux12.Ne lui avaient-ils pas permis de l\u2019emporter en 1939 ?Comme on peut le constater, nulle part il n\u2019est fait mention des nationalistes pour expliquer cet échec électoral.Et pour cause, plusieurs nationalistes faisaient alors campagne sous les auspices du Bloc populaire et combattaient non seulement les libéraux de Godbout mais aussi l\u2019Union nationale de Duplessis13.Des « collaborateurs » libéraux fédéraux contribuent aux succès de Duplessis En tentant de faire la filiation entre des « leaders nationalistes et cléricaux de l\u2019époque », sans qu\u2019on sache de qui il s\u2019agit précisément, M.Amyot cherche à discréditer, par association, l\u2019ensemble du mouvement souverainiste d\u2019aujourd\u2019hui en en faisant l\u2019héritier idéologique de ceux-ci.Pourtant, lorsqu\u2019on y regarde de plus près, plusieurs nationalistes ont lutté contre Maurice Duplessis durant les années 1940 et 1950.Au premier chef, on retrouve le journal Le Devoir et André Laurendeau qui écrira en 1959 un éditorial mémorable dans lequel il décrit « le cheuf », Maurice Duplessis, comme un « roi nègre »14.Curieusement, M.Amyot passe sous silence que des nationalistes se battaient contre Duplessis.Il passe aussi sous silence que pendant ce temps de nombreux libéraux fédéraux, Louis St-Laurent en tête, félicitaient Duplessis pour sa politique concernant les richesses naturelles15.Il oublie également de mentionner que des dizaines d\u2019autres députés libéraux fédéraux du Québec collaboraient avec des députés \t \u2022 f t 9 51 de T Union nationale pour faciliter leur élection et vice-versa'6.Parmi les « collabos » les plus célèbres, il y avait Jean Lesage, député libéral fédéral de Montmagny-L\u2019Islet et futur chef du Parti libéral du Québec, qui contribuèrent à maintenir Duplessis au pouvoir'7.À la lumière de ce qui précède, les bons ne sont pas ceux que certains estiment.Les mauvais non plus.Par une analyse simpliste, ce sont des pans entiers de l'histoire du Québec de cette période qui sont occultés.Et, dans ce cas-ci, ce ne sont pas les historiens qui en sont responsables.?1\t« Traître ou patriote.Adélard Godbout n\u2019a pas été effacé de l\u2019histoire », Le Devoir; 4-5 novembre 2000, p.A-15.Voir également en réponse au texte de Bernard Amyot le texte de Dominique Foisy-Geoffroy, « Adélard Godbout : ostracisé ?» et celui de David Rajotte, « Adélard Godbout : un juste, vous dites ?», publiés dans Le Devoir du 29 septembre 2006, p.A-g.2\tKhayyam Z.Paltiel et Jean Brown Van Loon, « Financement du Parti libéral, 1867-1965 », dans Comité des dépenses électorales, Études du financement des partis politiques canadiens, Ottawa, Roger Duhamel, Imprimeur de la Reine et Contrôleur de la Papeterie, 1966, p.177, 233 et 268 note 288.Voir également à ce sujet J.L Granatstein, « Finances du Parti conservateur 1939-1945 », dans Comité des dépenses.op.cit, p.289 et 331 notes 35 et 36.3\tKhayyam Z.Paltiel et Jean Brown Van Loon, op.cit., p.233.4\tJ.W.Pickersgill, The Mackenzie King Record, vol.1, 1939-1944, Toronto University of Chicago Press and University ofToronto Press, 1960, p.35.5\tJames lain Gow, Histoire de l\u2019administration publique québécoise 1867-1970 Montréal et Toronto, Presses de l\u2019Université de Montréal et Institut d\u2019administration publique du Canada, 1986, p.276.6\tRapport de la Commission royale d\u2019enquête sur les problèmes constitutionnels, vol.i, Québec, Province de Québec, 1956, p.142.7\tJ.W.Pickergiil and D.F.Forster, The Mackenzie King Record, vol.2, 19441945, Toronto, University ofToronto Press, 1968, p.83.8\tCité dans Georges-Émile Lapalme, Le bruit des choses réveillées.Mémoire tome i, Montréal, Leméac, 1969, p.342.Voir également Jean-Guy Genest Vie et oeuvre d'Adélard Codbout, 1892-1976, thèse de doctorat, Université Laval, département d\u2019histoire, 1977, p.576.9\tJean-Guy Genest, op.cit., p.575.10\tJ.W.Pickergiil and D.F.Forster, The Mackenzie King Record, vol.2, op.cit.p.99-100.> ) I I 52 n Ibid., p.too.12\tIbid., p.6o.13\tPaul-André Comeau, Le Bloc populaire 1942-1948, Montréal, Québec/Amérique, 1982, 478 p.14\tJean-François Nadeau, «André Laurendeau et Jacques Perrault, deux anti-duplessistes », dans Robert Comeau et Luc Desrochers (dir.), Le Devoir: un journal indépendant (1910-1995), Sainte-Foy (Québec), Presses de l\u2019Université du Québec, 1996, p.129-136 et Gérard Filion, Fais ce que peux.En guise de mémoires, Montréal, Boréal, 1989, p.247-291.15\tGeorges-Émile Lapalme raconte en détails cet épisode dans ses mémoires.Il estime que ce fut là « l\u2019événement le plus désespérant de sa carrière politique ».Le vent de l\u2019oubli.Mémoires tome 2, Montréal, Leméac, 1970 p.84-94.Voir également à ce propos Yvon Dupuis, Des souvenirs et des regrets aussi.Mémoires.Tome 1, Laval (Québec), Éditions Sepheon Press, 2003, p.90.16\tNombreux sont les auteurs qui ont abordé la question des « collabos » au sein du Parti libéral, et ce, depuis bien longtemps déjà.Parmi ceux-ci mentionnons : Yvon Dupuis, op, cit., p.91-92, Michel Lévesque, Le Parti libéral du Québec et les origines de ia Révolution tranquille: le cas de ia Fédération libérale du Québec (1950-1960), vol 2, thèse de doctorat, Montréal, Université du Québec à Montréal, département d\u2019histoire, 1997, p.411-415, Reginald Whitaker, The Government Party.Organizing and Financing of the Liberal Party of Canada 1930-1959, Toronto, University of Toronto Press, 1977, p.414-420, Georges-Émile Lapalme, Le vent de l\u2019oubli.op.cit., p.122-123 et 189-190 et Samuel P.Regenstreif, The Liberal Party of Canada : A Political Analysis, thèse de doctorat, Cornell University, 1963, P- 25417 Mario Cardinal, Florian Sauvageau et Vincent Lemieux, Si l\u2019Union nationale m\u2019était contée., Montréal, Boréal Express, 1978, p.278-280.» » -1 K ;r.\u2014 L IKI 53 ARTICLES Jean-Marc Léger DES RAVAGES DU POLITIQUEMENT CORRECT C\u2019est sur le plan linguistique, notamment, que Ton peut le mieux mesurer à la fois le ridicule et les ravages du « politiquement correct », dont la mode est particulièrement sensible chez tous ceux qui veulent apparaître « in ».On n\u2019en finit plus de célébrer « les droits de l\u2019homme » et la démocratie, sans très bien savoir au reste ce qu\u2019impliquent réellement et ce qu\u2019appellent celle-ci et ceux-là.C\u2019est un peu comme une nouvelle religion à laquelle il faut adhérer sans réserve.Et tout un vocabulaire, aussi généreux dans l\u2019expression que vague dans le contenu, en découle, comme la « société plurielle » qui est devenue l\u2019alpha et l\u2019oméga de toute communauté humaine qui se veut, se prétend moderne.Car ce dernier terme aussi fait partie du vocabulaire obligé, d\u2019une sorte d\u2019impérialisme inconscient.On doit être « moderne » et on ne peut l\u2019être qu\u2019en souscrivant aux impératifs à la mode, sans quoi on est ringard, dépassé, voire dangereux.On ne mesure pas les effets délétères, voire tyranniques d\u2019une pareille mode où le simplisme, le pharisaïsme et le grégarisme se rejoignent.À côté des vocables à la mode comme moderne et pluriel, auxquels on attribue toutes les vertus, il y a encore la « société civile » par opposition curieuse à la représentation politique traditionnelle comme si cette dernière avait besoin de l\u2019autre pour être réellement.repré- à 54 sentative.Sur le plan intérieur, ce courant faussement novateur encourage et célèbre la notion de « communautés culturelles » sans voir que le communautarisme conduit à la montée ou au renforcement des ghettos et retarde, voire empêche l\u2019intégration des immigrants, voire de leurs descendants, à la société d\u2019accueil : il est vrai que, selon nos novateurs permanents, l\u2019intégration a des relents de paternalisme, de passéisme, voire d\u2019autoritarisme sinon de fascisme.Comme naturellement les mots de discipline, d'effort, d\u2019obligation, de devoir, désormais honnis, chassés même du vocabulaire courant, dans les établissements d\u2019enseignement de tous niveaux mais aussi dans la vie courante.Et que dire du procès intenté à certains vocables comme « ethnique », « patrie », « origines », « identité », par ces purificateurs et novateurs irresponsables, chez qui la haine du passé, de toutes les dimensions du passé et de l\u2019héritage, n\u2019a d\u2019égales que le sectarisme et une consternante ignorance.Novembre 2006 1 # 55 ARTICLES Henri Laberge irT' , MK le Küitf \u2022OC*'-' LE STATUT DE WESTMINSTER ET L\u2019INDÉPENDANCE DE L\u2019ASSEMBLÉE NATIONALE Donnant effet aux principaux consensus des conferences impériales de 1926 et 1930, le Statut de Westminster, sanctionné le n décembre 1931, avait pour objet essentiel d\u2019accorder, de façon irrévocable, à six Dominions énumérés en préambule et à l\u2019article premier, leur totale indépendance législative.* > Les six premiers articles et les deux derniers (n et 12) s\u2019appliquent à l\u2019ensemble des Dominions énumérés.U article 7 s\u2019applique spécialement au Canada et aux provinces canadiennes.Les articles 8, 9 et 10 s\u2019appliquent à l\u2019Australie, la Nouvelle-Zélande et Terre-Neuve.L\u2019article le plus important, pour l\u2019ensemble des Dominions visés, c\u2019est l\u2019article 2, qui, en ce qui concerne le Canada et le Québec, doit être lu et interprété à la lumière de l\u2019article 7.Le premier paragraphe de cet article 2 rend inopérante, à l\u2019égard des lois adoptées par les Dominions, la loi de 1865 relative à la validité des lois coloniales.Le deuxième paragraphe de l\u2019article 2 est le plus substantiel.Il stipule que, désormais (à compter du 11 décembre 1931) « aucune loi édictée par le Parlement d\u2019un Dominion et aucune disposition d\u2019une telle loi ne sera invalide ou inopérante en raison de son incompatibilité avec le droit anglais, » 56 avec quelque disposition d\u2019une loi existante ou à venir émanée du Parlement du Royaume-Uni ou encore avec quelque arrêté, statut ou règlement rendu en exécution d\u2019une telle loi britannique.» C\u2019était déjà reconnaître pleinement l\u2019indépendance législative du Parlement de chacun des Dominions.Mais on en ajoute : le Parlement d\u2019un Dominion a aussi la faculté d\u2019abroger ou de modifier directement toute loi et tout arrêté, statut ou règlement adopté à Londres, dans la mesure où ceux-ci font partie de la législation de ce Dominion.T* a , » à Il est intéressant de remarquer que l\u2019article 2 du Statut de Westminster (à son deuxième paragraphe) fait très nettement la distinction entre : a) le pouvoir d\u2019adopter des lois qui dérogent aux lois britanniques existantes ou à venir et b) le pouvoir de modifier ou d\u2019abroger directement les lois britanniques qui font partie de la législation du Dominion.1.Le pouvoir d\u2019adopter des lois dérogatoires aux lois britanniques implique bien sûr le pouvoir d\u2019adopter une loi disant que cette loi britannique est désormais inopérante.La deuxième partie du deuxième paragraphe de l\u2019article 2 semble, à première vue, inutile.La nette distinction entre le pouvoir a) et le pouvoir b) sera cependant très utile, voire incontournable, pour interpréter correctement l\u2019article 7.Celui-ci, à son premier paragraphe, stipule que « Rien, dans la présente loi, ne doit être considéré comme se rapportant à l\u2019abrogation ou à la modification des British North America Acts, de 1867 à 1930, ou de quelque arrêté, statut ou règlement édicté en vertu desdites lois » Ce paragraphe fait très nettement référence au pouvoir b) du deuxième paragraphe de l\u2019article 2 : le pouvoir de modifier directement les BNA Acts.L 57 L\u2019abrogation ou la modification des BNA Acts sont réservées au Parlement britannique.L\u2019Énoncé du premier paragraphe de l\u2019article 7 ne dit rien cependant du pouvoir d\u2019adopter des lois dérogatoires aux BNA Acts.Ce qui laisserait entendre que ce pouvoir existe bel et bien en vertu de l\u2019article 2.Or le deuxième paragraphe du même article 7 stipule, à son tour, que les dispositions de l\u2019article 2 s\u2019étendent aux lois édictées par les provinces du Canada et aux pouvoirs des législatures des provinces.Il faut comprendre que les pro vinces ont donc aussi le pouvoir et la faculté d\u2019adopter des lois pleinement valides malgré leur incompatibilité avec une loi britannique, y compris, semble-t-il les BNA Acts.Ce qui est formellement interdit à une législature provinciale aussi bien qu\u2019au Parlement fédéral, c\u2019est de modifier directement le texte des BNA Acts.\u2022 » ru if nnn If ri rl Le troisième paragraphe de l\u2019article 7 complète le tout.Il stipule, fort à propos, que : « Les pouvoirs conférés par la présente loi au Parlement du Canada et aux législatures des provinces ne les autorisent à légiférer que sur des questions qui sont de leur compétence respective.» En clair, cela veut dire que le Parlement fédéral ou la législature d\u2019une province peuvent légiférer de façon incompatible avec une loi britannique dans toute la mesure où elles légifèrent dans un domaine de leur compétence respective.Les BNA Acts de 1867 à 1930 ainsi que le Canada Act de 1982 font partie de lois britanniques auxquelles peut déroger une loi fédéra le ou provinciale à condition de respecter le partage des compétences établi par les BNA Acts, lesquels ne peuvent être modifiés directement ni par le fédéral ni par une ou plusieurs provinces.f.En vertu de l\u2019article 92 du BNA AU de 1867, la législature du Québec avait le pouvoir de modifier la constitution du I 58 Québec, sauf en ce qui se rapporte à la charge de lieutenant-gouverneur.Modifier la constitution du Québec, cela pouvait vouloir dire notamment, abolir le Conseil législatif, augmenter le nombre de députés, modifier les limites des circonscriptions électorales, abolir le statut de « comtés protégés », donner le droit de vote aux femmes, abaisser à 18 ans l\u2019âge où peut s\u2019exercer le droit de vote ; tout cela malgré le fait que le conseil législatif, le nombre et la délimitation des circonscriptions électorales, les « comtés protégés » et autres bizarreries étaient prévus dans le texte du BNA Act de 1867, que la législature québécoise n\u2019avait pas le droit de modifier.Modifier la constitution du Québec, cela aurait dû normalement vouloir dire aussi modifier la règle du bilinguisme législatif et judiciaire énoncé à l\u2019article 133 du BNA Act de 1867.Le fait que les tribunaux supérieurs (dont tous les membres sont désignés unilatéralement et de façon discrétionnaire par le gouvernement fédéral) aient invalidé le chapitre de la Charte de la langue française portant sur la langue de la législation et de la justice pour le seul motif que ses dispositions étaient incompatibles avec l\u2019article 133 du BNA Act de 1867 en dit long sur la prétendue impartialité des juges quand ils ont à interpréter la constitution.En vertu de l\u2019article 93 du BNA Act de 1867, l\u2019Assemblée nationale du Québec a incontestablement compétence exclusive pour légiférer sur la langue d\u2019enseignement au Québec, le fédéral n\u2019ayant eu jadis, en matière d\u2019éducation, qu\u2019un pouvoir de surveillance quant à la perpétuation des privilèges confessionnels.Jamais de 1867 à 1982, le Parlement fédéral n\u2019a eu le moindre semblant de compétence pour ce qui est de la langue d\u2019enseignement.Quant au Parlement britannique, il est vraiment fantaisiste de pré- 59 tendre qu\u2019il ait pu avoir une compétence spéciale pour légiférer sur l\u2019éducation au Québec.Si, dans les années qui ont suivi 1867, il avait encore théoriquement la faculté d\u2019adopter des lois pour sa colonie canadienne, il est très clair qu\u2019il renonçait définitivement, par le Statut de Westminster à édicter des lois impériales s\u2019appliquant au Canada ou au Québec.Puisque l\u2019Assemblée nationale avait clairement compétence exclusive en matière de langue d\u2019enseignement et puisqu\u2019elle avait le pouvoir de déroger aux lois britanniques existantes ou à venir, à condition de rester dans les domaines de sa compétence, les dispositions de la Charte de la langue fran çaise portant sur la langue d\u2019enseignement ne devaient pas (n\u2019auraient jamais dû) être invalidées ou rendues inopérantes en raison de leur incompatibilité avec l\u2019article 23 de la loi constitutionnelle de 1982.Cet article 23 est tout à fait illégitime puisqu\u2019il est imposé par le Parlement britannique à la demande du Parlement fédéral, ces deux parlements n\u2019ayant aucune compétence à légiférer dans le domaine qu\u2019il couvre.f i r À la suite de la collusion incestueuse entre Pierre Eliott Trudeau et Margaret Tatcher pour faire adopter, avec la bénédiction de la Reine, une loi constitutionnelle que le Québec n\u2019a jamais acceptée, les tribunaux ont triché une fois de plus en donnant priorité à une loi impériale sur une loi québécoise en matière d\u2019éducation, le tout en violation de la lettre et de l\u2019esprit du Statut de Westminster.t Cette collusion politique illégitime et cette tricherie judiciaire constituent des motifs supplémentaires (parmi bien d\u2019autres) de lutter énergiquement pour faire du Québec un pays indépendant.Q I 1 « 6o ARTICLES Serge Gauthier'1' UN FOLKLORE SANS NATION En parcourant récemment une revue consacrée au folklore1, je me suis rendu compte qu\u2019il y avait un programme d\u2019étude de folklore « des Français d\u2019Amérique » à l\u2019Université de Sudbury, à l\u2019Université de Moncton, à l\u2019Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse et même un programme pour francophones minoritaires à l\u2019Université de Régina.Au Québec, rien de tout cela ! L\u2019ancien programme de folklore de l\u2019Université Laval a été fusionné avec celui d\u2019anthropologie et l\u2019on enseigne désormais l\u2019ethnologie au sens large.Et quoi d\u2019autre ?Il y a bien un réseau d\u2019économusées où notre folklore doit « gagner sa vie » en servile serviteur et afficher d\u2019abord et avant tout des bilans financiers.Rien en fait qui soit vraiment national, qui parle du Québec comme d\u2019un pays réel, rien au fond qui engage le passé et surtout l\u2019avenir.Mais, à la vérité, pourquoi le folklore « des Français d\u2019Amérique » est-il si important pour des universités canadiennes situées dans des provinces où le français est minoritaire et que cela n\u2019est pas le cas sur le territoire québécois ?En fait, il n\u2019existe plus à proprement parler en milieu universitaire québécois un seul programme corn- * Docteur en ethnologie.Chercheur au Centre de recherche sur l\u2019histoire et le patrimoine de Charlevoix et président de la Société d'histoire de Charlevoix. Ulf' Ni ; # iWtf 1 ri , MM \\f\\f\\ \u2022 \u2022.» * \u2022 < * / f < 61 f plet en études folkloriques, mais il y en a plusieurs dans le reste du Canada.N'est-ce pas là étonnant ?Au fond, non ! L\u2019étude des traditions culturelles de ce que l\u2019écrivain Yves Beauchemin appelait méchamment « les cadavres chauds » se subventionne facilement par le gouvernement fédéral car cela est tout simplement un folklore en disparition qui ne réfère à aucun projet politique ce qui n\u2019est pas le cas au Québec où l\u2019on sait que le folklore a eu un pouvoir de persuasion certain dans les années i960 et 1970 au service de la cause de notre indépendance nationale.Ici, la question de l\u2019objectivité revient.Des études de folklore en milieu minoritaire seraient-elle objectives, alors que celles rattachées à l\u2019identité québécoise majoritairement francophone ne le seraient pas ?Disons que l\u2019objectivité semble ici liée au contexte politique dans lequel se trouve le peuple québécois, plutôt qu\u2019à celui du simple cadre universitaire trop souvent évoqué par nos pleutres universitaires québécois.Ailleurs, en Europe et tout particulièrement au Danemark ou en Finlande, le folklore a été et est enseigné en lien avec l\u2019affirmation nationale du pays et personne ne qualifie ces études de moins universitaires pour cela.En Lettonie, un pays qui a récemment proclamé son indépendance, la présidente madame Vaira Vike-Freiberga, est une folkloriste et ses connaissances universitaires en ce domaine lui ont servi et lui servent encore à construire un discours national au sujet de la culture de son peuple.Alors peut-être, l\u2019on comprendra un peu mieux pourquoi les subventions du gouvernement fédéral et même du ministère de la Culture québécois ne pleuvent pas quand il s\u2019agit de parler du folklore québécois comme une manière de présenter l\u2019affirmation culturelle d\u2019une collectivité nationale.\u2022 H 62 Fausses ambivalences et réelles ambiguïtés Mais voilà, dans un pays qui craint de parler d\u2019histoire nationale et où le programme d\u2019étude doit éviter « la confrontation » à nos écoliers, comment se surprendre que le folklore national soit devenu presque inexistant ?Au moins, chez les historiens québécois un universitaire comme Jocelyn Létourneau affirme son ambivalence et l\u2019on sait clairement à quel râtelier se nourrit ce détenteur d\u2019une bourse de la Fondation Pierre-Elliott-Trudeau ! Mais chez les universitaires québécois formés en ethnologie rien et moins que rien.Ni pour ni contre et le silence semble régner tout simplement.Au coeur du silence, le son infime de la voix d\u2019un Conrad Laforte, spécialiste international de la chanson folklorique française presque oublié dans son pays, se désolant que son oeuvre de folkloriste ne trouve plus guère d\u2019écho à l\u2019Université Laval est plus que significatif : En ce moment, c'est difficile de juger comment se trouve l'enseignement à [l\u2019Université] Laval.Mais il n\u2019y a plus personne qui donne des cours sur la chanson ; je me demande s\u2019il y a encore des cours en ethnologie.2 Comment cela se peut-il qu\u2019à T Université Laval où Félix-Antoine Savard et Luc Lacourcière ont fondé les Archives de folklore en 1944, l\u2019on ne puisse pas assurer une suite à l\u2019oeuvre monumentale de Conrad Laforte sur la chanson folklorique française au Québec en nommant simplement un professeur ou un responsable de Chaire de recherche à sa suite ?Il faudrait peut-être que le travail de Conrad Laforte se poursuive maintenant en « milieu minoritaire » dans une province majoritairement anglaise pour que des ressources financières soit disponibles pour le perpétuer ?RU li AI iiif Ambivalences et ambiguïtés ?Un regard plus précis permet bien vite de dépasser la vision floue.Mon expérience récen- 63 te au pays de Charlevoix me semble éclairante là-dessus.Dernièrement, le Centre de recherche sur l'histoire et le patrimoine de Charlevoix s'est vu refusé, dans le cadre d\u2019un en lien avec le ministère de la Culture du programme Québec, une maigre subvention tournant autour de io ooo $ afin d\u2019étudier l\u2019histoire et les traditions culturelles liées à la « rivière du Gouffre » dont le parcours traverse notamment la ville de B aie-Saint-Paul.Entre autres sottises, on nous a recommandé de demander une subvention au ministère du Développement économique (autrefois Industrie et Commerce) plutôt qu\u2019au ministère de la Culture et de devenir en quelque sorte un promoteur économique plutôt qu\u2019un agent culturel régional.De plus, au cours de la même période, je recevais, à titre de président de la Société d\u2019histoire de Charlevoix, une invitation à soumettre une demande pour un projet de recherche en lien avec la culture régionale permettant de « faciliter la venue de nouveaux immigrants dans Charlevoix ».Je n\u2019ai rien contre l\u2019immigration et même dans Charlevoix s\u2019il le faut et cela je tiens à le dire.Toutefois, dans une région où le taux de chômage est astronomique, quelle est donc la nécessité si urgente de faire venir de nouveaux travailleurs dans le milieu ?Et pourquoi l\u2019étude de l\u2019immigration dans Charlevoix serait-elle si prioritaire et subventionnée, alors que celle des traditions historiques et folkloriques québécoises autour de la rivière du Gouffre à Baie-Saint-Paul ne le seraient pas ?Cela est-il arrivé par hasard où y aurait-il un plan mis en oeuvre clairement à cet effet par nos autorités gouvernementales ?Ici, je dois le dire, je ne crois plus au hasard.Ni aux fausses ambivalences qui conduisent vraiment notre peuple à de réelles ambiguïtés culturelles sur lui-même.Il est difficile d\u2019affirmer ces choses au Québec.Il y a eu le référendum volé de 1995 et ses suites, les commandites, le 64 népotisme organisé, les subventions à tous les festivals de la Patate du Québec par le fédéral avec sa volonté d'imposer son drapeau unifolié et l'on hésite encore.Il n'y aurait pas des intentions par le gouvernement fédéral de favoriser les études de folklore en milieu minoritaire et d'accorder moins d'importance à celle du Québec francophone ?Nous aimons bien l'ambivalence en effet.Nous nous refusons même le droit de présenter notre culture nationale au monde en la laissant glisser tranquillement vers un statut minoritaire lui enlevant bientôt l'essentiel de sa richesse profonde.Où sont les universitaires qui favoriseraient par exemple l'étude du folklore dans le sens d'un Pierre Perrault si soucieux d'envisager même la naissance d'une sorte de mythologie québécoise digne d'un « grand peuple » ?On ne trouve pas.Ils se taisent, sont ambivalents ou « objectifs ».Sincèrement, je ne crois pas.Ils sont surtout victimes et souvent complices d'une situation criante de sous-financement des études sur la culture québécoise qui reflètent bien notre domination politique actuelle.Durant la décennie 1980, le sociologue Fernand Dumont a construit avec toute l'intelligence qu'il possédait l'Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC) que le gouvernement (alors libéral) a abandonné dans les années 1990 et quelle perte ce fut ! L'affaire s'est faite dans le silence et l'oubli : les intellectuels québécois n'en n'ont pas parlé ou presque publiquement et les gouvernements péquistes qui ont suivi n\u2019ont pas su recréer F IQRC.Est-ce que ce sera un prochain gouvernement péquiste qui relancera ce projet avorté d'un de nos plus grands intellectuels québécois ?Espérons-le.» i ofl '}¦' v: V H; Un folklore sans nation Revenons plus simplement au folklore.Un folklore sans nation est le folklore d'un peuple dominé ou d\u2019un peuple 65 vaincu.Les études folkloriques au Canada se font depuis Marius Barbeau (1883-1969) notamment dans une perspective multiculturelle où des groupes culturels minoritaires composent un ensemble régi par une culture dominante anglo-saxonne.Visiter le Musée canadien des civilisations à Gatineau est éclairant à ce sujet et Ton y présente une histoire à l'ornière fédéraliste et multiculturelle digne des Minutes du Patrimoine ».Découvrir le Musée de la civilisation à Québec n'a rien de plus significatif à proposer avec un ton pseudo-éducatif à la sauce informatique où tout est dilué et où les grandes expositions avec du financement présentent surtout la culture de divers autres pays que celui du Québec.Suis-je alors raciste ou trop nationaliste ?Au fond, je souhaite simplement que la culture québécoise reprenne une juste place ici et pour nous.La première place et pourquoi pas ?1» « Faut-il attendre que les francophones du Québec soit, à leur tour, des minoritaires pour que cette situation de marginalisation de notre folklore et de notre culture cesse ?U argent mondialisé de la recherche universitaire pleuvra-t-elle alors sur les chercheurs d\u2019ici ?Mais, sans doute, il sera trop tard pour construire ce pays que veut pourtant un nombre grandissant de Québécois.Et nous partirons alors vers la sorte d\u2019impasse culturelle des francophones minoritaires de l\u2019Acadie ou de la Louisiane : « Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?»1 2 3 1\tRahaska, 4 (2006), l\u2019excellente revue de la Société québécoise d\u2019ethnologie.2\tPortrait de Conrad Laforte réalisé par Jean-Pierre Pichette et paru dans Rabaska 1 (2003) : 83-104.3\tEn référence au folklore et à la belle chanson presque oubliée de Gilles Vigneault intitulée « Quand nous partirons vers la Louisiane » [ .L ¦ '¦J 'V- îiïSt - S\" * \u2022 ¦ ¦pi g ¦ li /\"3L & » ;-3 tt « M \u2022i * i '\u2022sa Z 2 ^ - \u2022-S- .r ^,V- ¦ - ?- sir x\"- 9 * H 66 V - t I W2 fcj .s V .r- ; ARTICLES rj ¦ V m a ; y r : .t A « ?¦ Michel Roche* L\u2019EFFET BOISCLAIR En novembre 2005, soit avant l\u2019élection d\u2019André Boisclair à la présidence du Parti québécois, j\u2019ai publié un texte dans ces pages sur la remontée de l\u2019option souverainiste1.Je soutenais que le taux élevé d\u2019appuis au « Oui » à la question posée lors du référendum de 1995 - en moyenne, autour de 52 % - n\u2019était pas aussi artificiel que les commentateurs fédéralistes tentaient de nous le faire croire.Plus précisément, et en me basant essentiellement sur les résultats des recherches de certains collègues2, je concluais que ce niveau d\u2019appui à la cause souverainiste correspondait, d\u2019une part, à ce que l\u2019« effet de génération »3 permettait de prévoir pour la période actuelle et, d\u2019autre part, signifiait que le « groupe porteur du projet »4 était rentré au bercail après les attaques du gouvernement péquiste sur le plan social.Il en était ainsi, ajoutais-je, parce que le scandale des commandites et les politiques très impopulaires du gouvernement Charest avaient fini par faire oublier la gouvernance péquiste des années 1997 à 2003.En somme, à mes yeux, ce n\u2019était pas la remontée du « Oui » qui constituait un phénomène purement conjoncturel, c\u2019était sa diminution au cours de la période B ouchard / Landry.* L\u2019auteur est professeur de science politique à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi.L 67 Aujourd\u2019hui, d\u2019aucuns pourraient prétendre que mon analyse de l\u2019an dernier a perdu toute valeur, puisque infirmée par les plus récents sondages, qui indiquent un taux d\u2019appuis favorables à l\u2019option de 1995 à environ 45 %5.Je ne leur laisserai pas cette occasion.Diverses explications ont été avancées au sujet de ce recul.Outre l\u2019opinion voulant que l\u2019année 2005 ait été artificiellement défavorable au fédéralisme, on lit souvent dans la presse écrite que l\u2019élection du gouvernement Harper y serait pour quelque chose dans l\u2019actuelle tendance à la baisse.Pourtant, ce gouvernement est devenu très impopulaire au Québec depuis le début de l\u2019été6.Une grande majorité de Québécois n\u2019a pas accepté ses positions en matière de politique étrangère, d\u2019environnement, de contrôle des armes à feu.Qui plus est, il n\u2019a également adopté aucune mesure concrète pour satisfaire les revendications les plus minimales de la seule province francopho- ne.Pour comprendre la baisse du « Oui » dans les sondages, il faut aller plus loin.Force est de constater la coïncidence troublante entre ce recul et l\u2019arrivée à la tête du Parti québécois d\u2019André Boisclair.Ce que Jean Charest a pu accomplir -malgré lui - de plus remarquable a été de remobiliser la société civile et, conséquemment, de ramener dans le camp souverainiste les membres les plus désabusés du « groupe porteur du projet ».C\u2019est précisément cette œuvre remarquable et involontaire que le chef péquiste André Boisclair s\u2019applique minutieusement à détruire.D\u2019ailleurs, le parallèle est frappant entre le recul du « Oui » et celui du PQ chez les francophones, depuis qu\u2019il dirige le parti.On entend souvent que les discours d\u2019André Boisclair sont d\u2019un vide abyssal, une collection de clichés et de lieux communs, des propositions passe-partout destinées à lui laisser 68 carte blanche lorsque viendra le moment de prendre de véritables décisions.En fait, il est possible de découvrir sous la surface du verbiage du chef péquiste une cohérence dont il n\u2019a jamais dévié.Fondamentalement, et au-delà de la rectitude politique qu\u2019il affiche sur certains aspects des droits et libertés, Boisclair est un homme de droite.En faisant de Daniel Audet, de l\u2019Institut économique de Montréal, l\u2019un de ses principaux conseillers, Boisclair indique clairement envers qui il manifeste un « préjugé favorable » en matière de rapports sociaux.Il affirme également « partager plusieurs idées » avec Alain Dubuc.Sachant qu\u2019il ne s\u2019agit pas de la question nationale, on devine aisément dans quel domaine se situent leurs affinités * * * D\u2019ailleurs, n'a-t-il pas déclaré récemment, au cours d\u2019une conversation radiodiffusée, vouloir « soulager le capital » et faire du Québec « l\u2019endroit au monde où le capital est le mieux accueilli possible » ?Comment cela peut-il bien sonner aux oreilles des salariés qui font toujours les frais des politiques destinées à améliorer les conditions de l\u2019accumulation ?Que va-t-il faire avec le salaire minimum ?En matière de redistribution de la richesse ?Avec le code du travail ?Avec les diverses réglementations sur l\u2019environnement, la sécurité au travail, la protection des emplois, etc.?Il affirme vouloir s\u2019attaquer à la dette : qui en payera le prix si le capital, qu\u2019il veut soulager - le pauvre - n\u2019est pas mis à contribution ?Alors que Louise Harel a fermement condamné l\u2019arrêt Chaoulli, le chef péquiste a refusé d\u2019écarter tout recours à la médecine à deux vitesses.Il a également refusé, advenant son élection, de revenir sur le coup de force imposé aux 500 000 employés de l\u2019État.Même au sujet du mont Orford, il a refusé de s\u2019engager à revenir sur les décisions du gouvernement Charest.Enfin, au Conseil national de son parti, en octobre dernier, il a fermé la porte à tout projet de \\ 69 nationalisation de l'énergie éolienne, balayant du revers de la main le vote exprimé par les membres présents.Tout cela génère une méfiance compréhensible de la part du groupe porteur » et explique autant la baisse de popularité du PQ que du projet souverainiste lui-même.Toute l'histoire du PQ est marquée par une volonté de redéfinir le statut du Québec en mobilisant le moins possible, sachant qu'un peuple mobilisé pourrait tout à coup prendre conscience de sa force et mener le projet un peu plus loin que ce qui avait été prévu par le parti.Un peuple mobilisé, c'est mauvais pour les affaires.LT.« À défaut de mobiliser, il reste comme unique stratégie l'attentisme.C'est ce qui permet de comprendre le refus catégorique de Boisclair d'appliquer le programme du PQ, dont il se dit pourtant le « fiduciaire ».Plus question d\u2019élaborer une « constitution initiale », de formuler des politiques nationales sur la base du cadre financier d\u2019un Québec souverain, de préparer un plan de transition vers la souveraineté, de susciter la participation populaire (ce que Parizeau avait effectué avec un certain succès avec ses commissions régionales et nationale sur la souveraineté).Le programme électoral sera basé sur la gestion provinciale.Quel projet fan-tas-tique ! Donc, retour aux « conditions gagnantes », qui ne tomberont pas du ciel.Il aura beau jeu, une fois au pouvoir, de dire qu\u2019elles ne sont pas réunies et de remettre aux calendes grecques tout geste concret pour résoudre la question nationale.Ce faisant, il fera le lit d\u2019un retour au pouvoir des fédéralistes.Il nous aura fait perdre des années.L'indépendance est vraiment loin.V .Comment comprendre que le PQ soit tombé si bas en se dotant d\u2019une telle équipe à sa direction ?Les élections qui viennent le porteront peut-être au pouvoir - par rejet du I, 70 tl gouvernement Charest - mais, à coup sûr, cette victoire n\u2019aura rien de grandiose et interdira la tenue d\u2019un référendum dans la première année.Ce sera encore pire dans la deuxième partie du mandat, compte tenu du bilan peu reluisant de la gestion néolibérale d\u2019un éventuel gouvernement B ois clair.Le seul espoir, à mon avis, réside dans une montée de la gauche qui pourra servir d\u2019électrochoc à un PQ qui s\u2019imagine qu\u2019il fera davantage de gains sur l\u2019aile droite de l\u2019échiquier politique.En attendant, certains ne manqueront pas de constater que le chemin le plus court vers l\u2019indépendance passe peut-être par une défaite du PQ dans les mois qui viennent.?1\tMichel Roche, « La montée récente de l\u2019option souverainiste dans l\u2019opinion publique : un simple feu de paille ?», L\u2019Action nationale, Vol.XCV, numéros 9 et 10, novembre/décembre 2005, p.42-46.2\tGilles Gagné et Simon Langlois, Les raisons fortes.Nature et signification de l'appui à ta souveraineté du Québec, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 2002 ; Richard Nadeau, Norbert Robitaille et Christine Noël, « Si la tendance se maintient.», La Presse, 25 novembre 1995, p.B4.3\tVoir Nadeau et al., loc.cit.4\tVoir Gagné et Langlois, op.cit.Le groupe porteur du projet souverainiste est constitué des francophones actifs âgés de 18 à 54 ans.Les auteurs avaient remarqué que l'appui à la souveraineté avait augmenté de manière significative dans tous les segments de l\u2019électorat, sauf dans le groupe porteur, où il avait baissé de façon marquée.Ils en avaient conclu que cette diminution procédait d'une profonde frustration dans les milieux syndiqués et les groupes populaires causée par la recherche du « déficit zéro » et ses multiples conséquences négatives.5\tSondage CROP, réalisé du 14 au 24 septembre 2006, dont les résultats ont été publiés dans La Presse, le 27 septembre 2006.6\tUn sondage Ekos réalisé du 10 au 12 octobre 2006, n\u2019accorde plus que 17 % des intentions de vote au Parti conservateur au Québec, soit un recul de 7,6 % par rapport aux résultats obtenu lors des élections de janvier 2006.La Presse, 14 octobre 2006. Mil.7i ARTICLES Mathilde François zv Jean-François Usée et Gérard Bouchard à « Bazzo.com » LETTRE OUVERTE «OMNIBUS» Ayant largement abandonné la plupart des médias (disons « traditionnels ») au cours des dernières années, le câble compris suite à F insertion (mais alors là, insupportable) de la publicité, je suis devenue extrêmement circonspecte et critique relativement à mes sources d\u2019information.L\u2019insignifiance et la variété, d\u2019une part, (TQS, TVA, et S RC de plus en plus.) couplées à la propagande politique sinon l\u2019endoctrinement, d\u2019autre part, (la S RC, bien sûr, mais plus encore les journaux de Gesca, Alain Dubuc, Lysiane Gagnon et André Pratte au premier chef), pour ne m\u2019en tenir ici qu\u2019aux grands réseaux, m\u2019ont amenée en effet à me montrer plus vigilante que jamais auparavant dans mes écoutes et mes lectures.Dans tout ce fatras (même les publicités nous ramènent 40 ans en arrière avec des pubs canadiennes/étatsuniennes qu\u2019on nous « garoche » en post-synchro, comme si le Québec constituait - ou redevenait - un bassin de population qui ne vaut pas du tout la peine qu'on s'adressât à lui dans sa langue, dans ses manières, dans ses valeurs, avec ses artistes et, enfin, et surtout, selon son génie créatif propre), j\u2019ai tout de même conservé une forme de préjugé favorable à l\u2019égard de Télé-Québec.* Citoyenne du Québec 72 Sauf qu\u2019on ne peut faire quelque chose ex nihilo.Avec rien.Or le gouvernement actuel semble viser rien moins, à terme, que F élimination de cette unique télévision publique québécoise.Il suffit de constater combien même en « haute saison » (Fautomne, pardi !) on nous envoie des rediffusions au baril pour s\u2019en rendre compte.Et ce, à la manière d\u2019une gifle quotidienne assénée au visage de chaque citoyen (auditeur à tout le moins).Or je ne crois pas que ce soit en laissant Gesca faire main basse sur cette chaîne - sur notre chaîne - que Ton parviendra à redonner à Télé-Québec la place qui lui revient au sein de la vie publique et citoyenne québécoise.Par exemple, l\u2019émission Dernière édition est non seulement animée par deux journalistes du conglomérat Gesca (qui co-produit même ladite émission : www.telequebec.tv/emissions/der-niereedition/infoproduction.aspx), mais elle donne constamment la part belle à « son » propre personnel au sein des « présumés » invités (Alain Dubuc compris ! on peut d\u2019ailleurs présumer que Mme Gagnon et M.Pratte arriveront bientôt en renfort : les grands empires, c\u2019est bien connu, raffolent chasser les mouches au bazooka).C\u2019est ainsi qu\u2019à chaque émission, c\u2019est l\u2019opinion de Gesca que l\u2019on reçoit (« en pleine gueule », dit mon époux.) à hauteur de 70, 80 ou 90 % des idées reçues (ô combien reçues).Dans le meilleur des cas, ce n\u2019est jamais moins de 66 %.Leur million de copies (eh oui ! à quelques exemplaires près) de journaux distribués chaque jour (7 jours/semaine, quasi 365 jours par année) aux quatre coins de la provincia' par le biais (entre autres, mais pas seulement) de leurs sept quotidiens - dont La Presse et Le Soleil - ne suffit pas, ne suffit plus, visiblement, à combler l\u2019appétit de pouvoir de M.Paul Desmarais sur les esprits (le portefeuille débordant déjà jusqu\u2019à l\u2019indécence) par le déversement tous azimuts, et par 1 - 73 tous les canaux de diffusion possibles, des « nutriments » de la bonne parole (telle une colonie de C-Difficile conçue expressément pour investir le cortex du « client ») des preferences idéologiques de monsieur, de ses fils ainsi que de sa famille (de ses amis aussi, bien assurément : dont un certain Jean Chrétien, beau-père de l'une de ses progénitures).Ah ! comme ça respire l'intelligence, l\u2019honnêteté (intellectuelle surtout) et le souverain respect du Québec, n'est-ce pas, en pareille maison.Ou château.Non, certainement pas.Ce n\u2019est pas en vendant son âme à Gesca que Télé-Québec s\u2019en sortira.Hormis en se souillant jusqu\u2019au tréfonds de l\u2019âme.Ce qui du reste, on en conviendra aisément, ne semble nullement empêcher notre ministre de la Culture, Mme Line Beauchamp, de dormir, ni son premier ministre d\u2019ailleurs (que l\u2019on voit sourire, ce qui est fort symptomatique me semble-t-il - de Toronto à Calgary et Vancouver - exclusivement lorsqu\u2019il se trouve hors du territoire québécois.Heureux Canadien, va !).Hélas, les deux émissions de Marie-France Bazzo, auxquelles je trouve d\u2019ailleurs des qualités (faut pas croire.) -car il ne faut pas oublier II va y avoir du sport, désormais connue de tout un chacun, n\u2019échappent pas aux travers (ou perversions) de cette inoculation systématique du Canadian Way à la Gesca (ici à plus petite dose, certes, mais constante : qui ne connaît pas, dites-moi, les puissants effets des traitements homéopathiques ?).De l\u2019incommensurable (le million de copies) à la dose infinitésimale, Gesca a décidé de lessiver chaque citoyen québécois jusque derrière les portes closes de sa vie privée.Ou de sa dure-mère\\ dirait sans doute l\u2019endoctrinologue (à distinguer rigoureusement, n\u2019est-ce pas, de l\u2019endocrinologue). \u2022 I Viil < 1 \u2022 I * .IIH V1.: m 74 Mais abrégeons.Et du coup rendons à César (ou Césarienne ?) ce qui lui revient.Aussi je recommande l'écoute de deux entrevues du 14 novembre 2006 de l'émission Bazzo.com, disponibles par baladodiffusion3.Celles, consécutives l'une de l'autre, avec messieurs Gérard Bouchard et Jean-François Usée.Mme Bazzo, si vous nous offriez pareille qualité au total des quatre heures hebdomadaires de votre « concept » (somme toute original, j\u2019en conviens, cela dit a contrario de l\u2019opinion de votre collègue Nathalie Petrowski), je serais tous les jours clouée à mon écran cette heure-là durant.Et ce, nonobstant les orientations idéologiques et politiques des personnes assises devant vous.N\u2019abusez pas trop tout de même des Luc Lavoie et des Denis Coderre, ni au reste de ces Christian entre deux chaises » Dufour (icelui toujours terriblement angoissé à l\u2019idée que l\u2019on puisse songer un instant qu\u2019il est du côté - quelle tare en effet ! - des tenants de la libération du peuple québécois) ou de ces éternels pisse-vinaigre de profession - encore du Gesca à la clé - manière Michel C.Auger !.« Ça nous changerait des chroniques « Variétés » et d\u2019une superficialité à se mordre les joues, style « Emballage et Marketing » (le monsieur en particulier) ou, pis encore, Tendance » (entre nous, y a-t-il vocable plus vulgaire que celui-là au sein du lexique de la langue française ?), et autres culturalités épidermiques » en mode Reader's Digest que nous livre votre ami Thibeault, dont on doute, il faut bien l\u2019avouer, qu\u2019il ait déjà lu dans son existence un seul livre (de plus de vingt feuillets, disons) d\u2019un couvert à l\u2019autre.« « Bref, Mme Bazzo, je vous aime bien.Mais je crois qu\u2019à vouloir ratisser large, très large, très très large (au Québec on préfère les répétitions du même - trèstrèstrès, beaucoup- r 75 beaucoupbeaucoup - aux authentiques superlatifs : ça autorise une besace de mots moins lourde au plan vocabulaire, j\u2019imagine), vous ne réussirez qu\u2019à déplaire à tous.Un meilleur aiguillage de votre émission (entendez : du contenu riche et solide non constamment interrompu par du bavardage sans intérêt à la manière - Ô sacrilège ! - du grand cru de Bourgogne coupé au sirop de maïs modifié) vous fera peut-être perdre quelques auditeurs (dont Mme Petrowski, encore que.).Mais les autres, et ceux que vous gagnerez à la force de votre poignet de la qualité intellectuelle (ce qui ne signifie nullement : « intellectualiste »), eh bien !, ceux-là deviendront d\u2019authentiques fidèles.Voire des inconditionnels.Vous avez de l\u2019énergie, de l\u2019imagination et du bagou, madame, ainsi, je le crois, qu\u2019un intérêt certain et sincère pour la collectivité à laquelle vous appartenez.Misez sans retenue sur ces valeurs.Vous en sortirez gagnante, et Télé-Québec aussi par voie de conséquence, j\u2019en suis tout à fait convaincue.L\u2019insignifiance, la publicité à outrance et la « Variété » (sans compter la propagande politique, on l\u2019a déjà dit, chez Gesca en particulier et, plus subtilement, chez Radio-Canada - cette Radio-Canada de Robert Rabinovitch et de Sylvain Laffance depuis les années quatre-vingt-dix, en tout cas) « s\u2019effeuilleu-sent » déjà en continu - partout et constamment - sur nos ondes et dans nos médias.Aussi, chère Marie-France, vous n\u2019avez rien à perdre - et vraiment tout à gagner - à vous libérer définitivement de ce climat délétère (et pour tout dire imbuvable) où l\u2019inanition mentale, voire spirituelle, s\u2019est vue progressivement devenir la loi du genre.La loi de tous les genres.Bien à vous, madame. 76 14 novembre 2006 1\tProvincia : « Dans l\u2019Antiquité, pays ou territoire conquis par Rome hors de l\u2019Italie et gouverné selon les lois romaines.» 2\tDure-mère (pour qui a oublié ses vieilles leçons de biologie du Secondaire) : « Méninge externe, épaisse et résistante, qui protège le cerveau et la moelle épinière.» 3\thttp://www.bazzo.tv/emission.aspx?dt=2oo6ni4 ».k h Denis Moniere QUE DIEU BÉNISSE LE CANADA » « C\u2019est par cette formule inusitée que le premier ministre Harper conclut environ 40 % des allocutions qu\u2019il a prononcées depuis son entrée en fonction.Par comparaison, on ne trouve que deux références à Dieu dans les discours de J.Chrétien et une seule dans les discours de Paul Martin qui emploient ce vocable dans une expression populaire : « Et Dieu sait combien pas voir dans cet usage intensif du mot Dieu un effet de l\u2019américanisation de la politique canadienne puisque cet appel à la protection divine ressemble étrangement au God bless America qui est quasiment considéré comme un hymne national chez nos voisins du sud et qu\u2019on retrouve fréquemment dans la bouche des présidents américains ?, Ne faut-il » * # # Ce mimétisme harpérien traduit sans doute l\u2019inspiration divine qui anime ce premier ministre qui est un adepte de la secte évangélique Christian and Missionary Alliance.Ce fait de langage indique aussi que M.Harper a intériorisé et accepté la réalité des deux solitudes car il réserve cette locution à ses auditoires anglophones.Il ne l\u2019utilise jamais dans ses discours au Québec, ses rédacteurs estimant sans doute que les francophones sont moins réceptifs aux références religieuses.Faire appel à l\u2019intervention divine pour gérer les affaires publiques et protéger le Canada peut paraître incon- Professeur de science politique, Université de Montréal 78 gru dans la bouche d\u2019un chef de gouvernement qui est supposèrent compétent pour diriger un pays à moins qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019une manifestation inconsciente d\u2019un manque de confiance en soi.Au-delà de cette particularité révélatrice d\u2019un changement de paradigme idéologique dans la politique canadienne qui conféré implicitement au Canada le statut de peuple élu, nous avons repéré d\u2019autres caractéristiques lexicales dans les 54 allocutions prononcés par Harper depuis sa prise du pouvoir, soit du 6 février au 23 octobre 2006 et qui ont été mises en ligne sur le site internet du premier ministre.Ce corpus est suffisamment substantiel pour identifier certains traits de langage du premier ministre conservateur.Durant cette période, Harper a prononcé 93 076 mots et utilisé 8146 mots différents dans ses discours officiels.Notre analyse lexicométrique a été réalisée à partir de la version française de ce site de sorte que les discours que nous avons analysé ont pour la plupart été prononcés en anglais.Comme nous ne traiterons que des caractéristiques lexicales et non pas grammaticales, il ne peut y avoir de biais significatifs provenant de la traduction puisque celle-ci est officielle et que le texte français a autant de valeur légale que le texte anglais.Moi et les autres L\u2019usage des pronoms personnels est révélateur du positionnement du locuteur dans son propre discours.Harper comme nouveau premier ministre et surtout comme chef d\u2019un gouvernement minoritaire n\u2019a pas cherché à personnaliser son discours.Il a préféré s\u2019indure dans un sujet collectif en privilégiant l\u2019emploi de trois fois plus de « nous » que de « je » (1549/602).C\u2019est dans ses discours en Alberta où 79 il se sent chez lui que le premier ministre concentre les emplois de la première personne du singulier.C\u2019est la seule région où les emplois du « je » sont plus fréquents que les emplois du « nous ».Nous avons observé qu\u2019il accorde beaucoup de place à adversaires dans ses discours un peu comme si la campagne électorale n'était pas terminée.Normalement un premier ministre qui est bien en selle se garde bien de donner de la visibilité à l'opposition.À cet égard, il se plait tout particulièrement à dénoncer le Bloc et ensuite le Parti libéral sur les tribunes québécoises comme s\u2019il considérait le Québec comme le principal champ de bataille électoral.Les principaux axes de communication Les substantifs qui arrivent en tête de l\u2019ordre des fréquences traduisent les principaux centres d\u2019intérêt de la politique conservatrice.Ainsi les vocables reliés à la garde des enfants arrivent aux premiers rangs (enfants 152, familles 132, femmes 80, garderie 22).Les questions de la sécurité et de la criminalité ont aussi beaucoup préoccupé le chef du gouvernement (sécurité no, les crimes 90) de même que les enjeux économiques (budget 88, impôts 120, économie 74).Arrivent au troisième rang les relations avec les provinces avec 94 occurrences.Enfin, la question de l\u2019imputabilité a été évoquée à 58 reprises dans les discours de S.Harper.Mais le nouveau premier ministre canadien adopte une stratégie de communication différenciée selon les régions.Il n\u2019insiste pas sur les mêmes thèmes lorsqu\u2019il s\u2019adresse aux Québécois et aux Albertains.Il ne mentionne pas le Québec ni ne parle des Québécois lorsqu\u2019il s\u2019adresse aux auditoires du reste du Canada.Il se garde bien d\u2019employer le concept de nation dans ses discours au Québec mais n\u2019hésite pas à 1 \u2022' IJf 1 ?It MR 1 %» it \u2022 t 80 dire ailleurs qu\u2019il y a une seule nation au Canada (22 juin 2006).Si Jean Chrétien utilisait une formule prosaïque en présentant le Canada comme « le plus meilleur pays du monde », Stephen Harper ne ménage pas lui non plus les adjectifs laudatifs en décrivant le Canada comme « une nation prospère, diversifiées, magnifique et juste ».Règle générale, il réserve les questions relatives au fédéralisme et au partage des compétences à ses auditoires québécois.Ainsi les thèmes du déséquilibre fiscal, du rôle du Québec à l\u2019Unesco ou encore le concept de fédéralisme d\u2019ouverture sont exclusivement abordés dans ses discours prononcés au Québec et ils sont gommés de ses allocations dans le reste du Canada.Par ailleurs, il évite au Québec de traiter de sa politique de soutien à la famille probablement parce que le Québec est moins réceptif à ce genre de rhétorique.Il préfère traiter de la mission de l\u2019armée canadienne en Afghanistan et de la lutte au terrorisme dans les provinces de l\u2019Ouest alors qu\u2019il évite cet enjeu au Québec.Les questions de la sécurité dans les villes, du contrôle des armes à feu, de la répression de la criminalité sont aussi des sujets qu\u2019il préfère aborder dans l\u2019Ouest.Comme on peut le constater, les comportements discursifs de Stephen Harper ne sont pas laissés aux hasards et s\u2019ajustent aux sensibilités idéologiques différentes des régions canadiennes.' « If Dans le passé, on a souvent reproché aux politiciens canadiens de tenir un double discours : l\u2019un pour le Québec et l\u2019autre pour le reste du Canada.Harper semble avoir renoué avec la tradition non pas en disant une chose aux uns et le contraire aux autres, mais en disant certaines choses aux uns et pas aux autres.Ce faisant, il illustre l\u2019existence de deux espaces publics pour ne pas dire deux réalités nationales.?' U M iffi - « j » \u2022 t rj 1! I Quelques données de base : la démocratie canadienne et les élections fédérales de 2006 La piètre popularité des partis Comme on peut le voir au tableau i, la démocratie canadienne souffre d\u2019un déficit démocratique chronique.Depuis 1968, un seul gouvernement fédéral a pu disposer de l'appui de la majorité de la population canadienne.Il s'agit des conservateurs (PC), avec 50,04 % du vote valide obtenu en 1984.Ils étaient alors menés par Brian Mulroney, et cela se passait après plus de 20 ans de gouvernements libéraux.41fïJ Tableau i : Vote des partis en proportion des votes valides, Canada, 1968-2006 Élections et gouvernement* PLC RP/AC BQ Autres partis PC NPD 6% iq68 P LC maj 41% 3i-% 17% 38% 18% 1972 P LC min 9% 21% 6% 1974 P LC maj 15% 42% 31% 6% 36% 18% 1979 PC min 40% 1980 P LC maj 44% 32% 20% 1984 PC maj 28% 2% $o% 19% 1988 PC maj 5% 43% 20% 32% 41% l6% 4% 19% 14% 2% 1993 PLC maj 38% 11% 2% 19% 11% 1997 PLC maj 19% 8% 12% 10% 23% 7% 11% 2000 PLC maj 6% 16% 12% 22% 30% 2004 PLC min 6% 36% 2006 PC min 10% IZ% 30% Note : * « maj » = gouvernement majoritaire aux sièges; « min » = gouvernement minoritaire aux sièges.Partis portés au pouvoir en gris. 83 En d\u2019autres termes, depuis près de 40 ans, les gouvernements fédéraux sont démocratiquement faibles.Leur légitimité ne tient en définitive qu\u2019à leur reconnaissance par l\u2019opposition.Comme celle-ci espère aussi à la gouverne et que cette dernière n'est possible que pour des partis minoritaires aux voix portés au pouvoir par les distorsions du mode de scrutin majoritaire, tous avalisent des gouvernements représentant une minorité de l\u2019électorat.Mentionnons par ailleurs que seulement un autre des douze gouvernements élus de 1968 à 2006 a obtenu au moins 45 % des votes valides, soit celui de Pierre Elliott Trudeau en 1968.Seulement trois autres gouvernements ont obtenu plus de 43 % des voix, soit les gouvernements Trudeau de 1974 et de 1980 et le second de Brian Mulroney, en 1988.Depuis 1993, le gouvernement disposant du plus fort appui populaire était le gouvernement Chrétien de 1993, avec 41 % des voix valides.Depuis ces élections, tous les autres gouvernements ont obtenu moins de 40 % des voix.Le Canada est donc gouverné par des partis minoritaires aux voix, et ceci a des conséquences majeures sur la place du Québec dans la gouverne du pays.Lexamen du vote reporté sur les inscrits empire évidemment ce premier constat.Cet exercice n'est pas inutile compte tenu de la nature partiellement politique de l\u2019abstentionnisme.Ainsi que l\u2019avait montré le référendum de 1995, lorsque la possibilité de changement est considérée réelle dans l\u2019électorat, les électeurs se mobilisent, autant ceux qui désirent le changement que ceux qui s\u2019y opposent.Une bonne partie de l\u2019abstentionnisme tient donc à l\u2019utilité perçue du vote.Or, en proportion des inscrits, les appuis populaires des partis portés au pouvoir fédéral sont étonnamment bas : ils n\u2019ont jamais atteint les 40 % depuis 1968 (tableau 2). 84 Tableau 2 : Vote des partis en proportion des électeurs inscrits, Canada, 1968-2006 Élections* Abstention Participation Autres partis RP/AC BQ P LC PC NDP 1968 24% 26% 5% .75% 25% 13% 26% 24% 20% 13% 2% 30% 70% 30% 25% 11% 4% mà 27% 13% 5% Z5% 25% 3Q% I2Z2 6 ç)% 1980 3i% 22% I4%> 2% 3i% 3Z% 14% 2% 25% 25% 21% iç88 24% 32% 4% 23% 15% 28% 6 9% i3% 3i% ii% 5% 9% 2% 66% 25% 24% 12% 7% 13% Z% i% 1221 6% 8% 6 7% 22% 25% 7% 5% 15% 2000 6o% 18% 2% 40% 22% 9% 7% 2004 6 5% 2oo6 24% 11% z% 4% 20% Note : * Partis portés au pouvoir en gris.Pis encore, les appuis obtenus par les partis portés au pouvoir sont inférieurs à 30 % depuis 1993.Ils atteignaient ainsi un creux historique de 22 % en 2004, avec félection du gouvernement minoritaire de Paul Martin, à peine davantage en 2006 avec F élection du gouvernement minoritaire de Stephen Harper, et aussi peu sous Jean Chrétien en 1993 (25 %), 1997 (25 %), et 2000 (25 %).Cet effondrement des appuis récoltés par les partis portés au pouvoir s\u2019explique en partie par un abstentionnisme excessivement élevé, c\u2019est-à-dire au-dessus des 30 % des électeurs inscrits depuis 1993.Bref, la régularité est la suivante : le Canada est gouverné par des minorités.Aussi peu que 25 % des électeurs inscrits suffisent pour constituer un gouvernement majoritaire aux sièges.L 85 rfîfiK ,, ,1 f SI La loufoque répartition des sièges Cette fragilité démocratique des partis portés au pouvoir contraste avec la répartition des sièges et les perceptions qui en découlent.Ainsi, la répartition des sièges ne suit absolument pas la répartition des votes exprimés.Les distorsions sont considérables et produisent des résultats qui ne traduisent pas la réalité complexe du Canada (tableau 3).tu Un seul gouvernement méritait d\u2019obtenir une majorité des sièges conformément à la majorité des voix qu\u2019il obtenait dans l\u2019ensemble de l\u2019électorat.Il s\u2019agit du PC de Brian Mulroney en 1984.Cela dit, la sur-représentation du parti vainqueur lors de ces élections demeure la plus faussée de toute la période 1968-2006 : l\u2019écart entre % des votes valides et % des sièges était de 25 %, surclassant en fait de distorsion toutes les autres élections.Les élections de 2000 et de 1993 présentaient les deuxième et troisième distorsions en importance (soit 20 % et 19 % respectivement), tandis les meilleures représentations étaient celles des gouvernements minoritaires des libéraux en 1972 (3 % avec l\u2019élection du deuxième gouvernement minoritaire de Trudeau) et des conservateurs en 2006 (4 % avec l\u2019élection du gouvernement minoritaire Harper).Ces distorsions se sont évidemment fait durement sentir au Nouveau parti démocratique (NPD), autre parti national canadien.Elles ont aussi durement frappé le Parti conservateur mené par Kim Campbell en 1993, alors qu\u2019il ne récoltait que 2 sièges, soit 1 % du total, contre 16 % des votes valides.En somme, l\u2019électorat canadien n\u2019a pas l\u2019unanimité nécessaire à l'élection de gouvernements majoritaires.Son fractionnement devrait inévitablement produire des gouvernements de coalition.L\u2019inverse marque pourtant la réalité électorale canadienne. '\u2022 if 86 I Tableau 3 : Répartition des sieges entre les partis, Canada, 1968-2006 Élections Total ___________sièges PLC PC* BQ Autres Majorité Majorité partis théorique réelle Au Type de gouvernement pouvoir Répartition des sièges en nombres absolus 1968 265 155 72 0 38 133 22 Majoritaire PLC 1972 264 109 107 0 48 132 -23 PLC Minoritaire 1974 264 141 0 95 28 132 9 PLC Majoritaire 1979 282 114 136 0 32 141 -5 PC Minoritaire 1980 282 ï 47 103 0 32 141 PLC Majoritaire 6 211 1984 282 40 0 31 141 70 PC Majoritaire 169 1988 295 83 0 43 148 21 PC Majoritaire 1993 295 178 2 54 61 148 30 PLC Majoritaire 1997 301 155\t20 44 82 151 PLC Majoritaire 4 2000 301 172 12 38 79 PLC Majoritaire 151 21 2004 308 135 99 54 20 Minoritaire 154 -19 PLC 2006 308 103 124 51 29 154 -30 PC Minoritaire Répartition des sièges en % du total Elections PLC PC BQ Gouvernement et type de gouvernement Autres partis 58% .1968 PLC - Majoritaire 27% 14% 4U%_ 1972 40,53% PLC - Minoritaire 18% 53% PLC - Majoritaire 1974 36% 11% 48% 1979 PC - Minoritaire 40% 11% PLC - Majoritaire 1980 52% 37% 11% PC - Majoritaire 1984 14% 75% 11% PC - Majoritaire 1988 28% 57% 15% 60% PLC - Majoritaire 1993 1% 18% 21% 1997 51% PLC - Majoritaire 7% 15% 27% 2000 PLC - Majoritaire 57% 13% 26% 4% \u2014 PLC - Minoritaire 2004 44% 32% 18% 6% PC - Minoritaire 2006 33% 40% 17% 9% Note * Inclue le Reform Part} cl P Alliance canadienne. 87 L\u2019exclusion du Québec par le système de partis au Canada Quatre thèses s\u2019affrontent pour définir ce qu\u2019a été la place du Québec sur la scène fédérale depuis les 40 dernières années : Thèse i : le Québec est opportuniste et vote du bon bord par pur intérêt ; Thèse 2 : le Québec met en selle des gouvernements qui lui seront favorables ; Thèse 3 : le Québec se retrouve autant dans l\u2019opposition qu\u2019au pouvoir, selon le principe naturel de l\u2019alternance ; Thèse 4 : le Québec est, en réalité, exclu du pouvoir.Le tableau 4 fait le bilan de la place des députations du Québec face à celles du Canada anglais au cours des 32 élections survenues depuis 1896 jusqu\u2019à 2006.Ces 32 élections ont été classées selon le type de rapports entretenus entre le Québec et le Canada anglais.Ces rapports peuvent : -\tsoit avoir découlé d\u2019une alliance entre députations québécoise et canadienne anglaise au sein du parti porté au pouvoir (thèse 1) ; -\tsoit provenir d\u2019un renversement des députations du Canada anglais par celles du Québec (thèse 2), ces dernières incluses dans le parti porté au pouvoir ; -\tsoit refléter une opposition entre députations du Canada anglais et celles du Québec (thèse 3), ces dernières portées dans l\u2019opposition ; » à mtx 88 Tableau 4 : Quatre thèses sur le Québec et le Canada anglais, 32 députations de 1896 à 2006 Élec- tions Canada Députation Députation Québec CHQ Québec c.Canada anglais Députation Minoritair 1896 P LC Majoritaire PC Majoritaire P LC QC RENVERSE e Majoritaire Majoritaire P LC P LC P LC Majoritaire ENSEMBLE 1900 P LC Majoritaire P LC Majoritaire P LC Majoritaire ENSEMBLE 1304 1908 P LC Majoritaire P LC Majoritaire P LC Majoritaire ENSEMBLE QC PC Majoritaire Majoritaire OPPOSITION PC Majoritaire P LC 1911 QC PC Majoritaire PC Majoritaire P LC Majoritaire OPPOSITION 1212 Minoritair Minoritair P LC P LC Majoritaire ENSEMBLE P LC e e Minoritair QC PC Majoritaire Minoritair OPPOSITION PC P LC Majoritaire e 12H P LC Majoritaire Majoritaire QC RENVERSE PC P LC e QC PC Majoritaire Majoritaire Majoritaire OPPOSITION PC Majoritaire P LC 121° Majoritaire P LC P LC Majoritaire P LC ENSEMBLE P LC Majoritaire P LC Majoritaire P LC Majoritaire ENSEMBLE *94° Minoritair Majoritaire Majoritaire ENSEMBLE P LC P LC P LC 1245 e P LC Majoritaire P LC Majoritaire P LC Majoritaire ENSEMBLE Majoritaire ENSEMBLE P LC Majoritaire P LC Majoritaire P LC 1251 Minoritair QC PC P LC Majoritaire OPPOSITION PC Majoritaire J25Z e 1958 Majoritaire PC Majoritaire Minoritair PC Majoritaire ENSEMBLE PC Minoritair QC OPPOSITION 1962 PC Majoritaire PC P LC e e Minoritair Minoritair 1 P LC Majoritaire QC RENVERSE PLC PC e e \u2014 \u2014 Minoritair Minoritair Majoritaire QC RENVERSE PLC PC PLC e e 1968 PLC Majoritaire ENSEMBLE Majoritaire PLC Majoritaire PLC Minoritair Majoritaire Minoritair Majoritaire QC RENVERSE PLC PC PLC e Majoritaire PLC Majoritaire QC RENVERSE PLC PC 1224 e Minoritair QC OPPOSITION Majoritaire PLC Majoritaire PC PC *9.79 e Minoritair 1980 QC RENVERSE Majoritaire PLC Majoritaire PLC PC e ¦984 Majoritaire ENSEMBLE Majoritaire Minoritair PC PC Majoritaire PC 1988 ENSEMBLE Majoritaire Majoritaire PC PC PC e QC ÉCARTÉ Majoritaire Majoritaire PLC Majoritaire BQ PLC 1221 QC ÉCARTÉ Majoritaire BQ Majoritaire Majoritaire PLC PLC QC ÉCARTÉ Majoritaire Majoritaire Minoritair Majoritaire BQ PLC PLC .*1 2000 \u2014 \u2014 Minoritair QC ÉCARTÉ Majoritaire B PLC PLC e 2004 e ¦\u2014 Minoritair Minoritair QC ÉCARTÉ 2006 Majoritaire -1.1Q PC PC e e 89 mù fit rm*1 ;\u2022 I - soit traduire leur exclusion autant chez le parti porté au pouvoir que chez le second parti en importance, reflétant un vote favorable à un parti ne recherchant pas à exercer lui-même le pouvoir mais plutôt à exprimer un point de vue (thèse 4).Ces partis exercent donc une fonction tribu-nitienne : ils expriment ce qu\u2019aucun autre parti ne parvient à exprimer.i t .Le bilan de ces 32 élections est le suivant : Thèse i : les députations du Québec ont voté avec celles du Canada anglais 13 fois, dont deux avec Brian Mulroney, une avec Trudeau, en 1968, et une avec Diefenbaker en 1958 ; Thèse 2 : les députations du Québec ont renversé celles du Canada anglais 7 fois, dont cinq de 1963 à 1980 ; Thèse 3 : les députations du Québec se sont retrouvées 7 fois massivement au sein du principal parti canadien d\u2019opposition, dont 1979, 1962 et 1958 ; Thèse 4 : les députations du Québec ont été majoritairement souverainistes 5 fois seulement.Apparemment, la thèse du Québec opportuniste (thèse i) fut la plus fréquemment observée de 1896 à 2006.Les thèses du Québec qui fait les gouvernements fédéraux (thèse 2) ou qui se retrouve lui aussi régulièrement dans l\u2019opposition (thèse 3) demeurent tout aussi importantes l\u2019une que l\u2019autre et aussi fréquemment observées (lorsque additionnées) que la thèse 1.Quant à la thèse 4, le Québec exclu du pouvoir, elle n\u2019apparaît avoir qu\u2019une importance bien secondaire. 90 L\u2019 interprétation change considérablement lorsque l\u2019on distingue les deux systèmes de partis qui se sont succédés au cours de la période 1896-2006.Avant 1962 (1896-1958), soit en 17 élections, les députations québécoises sont majoritairement avec le pouvoir ou dans l\u2019opposition et ne renversent que deux fois le parti majoritaire au Canada anglais (1896 et 1926).De 1962 à aujourd\u2019hui, les députations du Québec sont aussi partagées mais les résultats sont tout à fait différents.En 15 élections, seulement trois témoignent d\u2019un vote convergent entre les députations québécoises et celles du Canada anglais.Ces élections comprennent celles de 1968, alors que Pierre Elliott Trudeau arrivait en politique fédérale, de même que celles de 1984 et de 1988, avec Brian Mulroney, qui proposait alors la réintégration du Québec dans le giron constitutionnel canadien dans l\u2019honneur et l\u2019enthousiasme.Cette proposition devait mener à l\u2019Accord du Lac Meech, en 1987.Outre ces trois élections, les députations québécoises ont renversé cinq fois les députations du Canada anglais.Elles ont été deux fois en opposition (en 1962, contre John Diefenbaker et en 1979, contre Joe Clark) et ont donné cinq majorités successives au Bloc québécois (BQ).En somme, depuis années soixante, les députations fédé raies du Québec ont reflété des aspirations clairement différentes de celles du Canada anglais.Les deux partenaires n\u2019ont pas les mêmes projets politiques.Ce que représentaient les partis fédéraux en 2006 Le premier élément relatif à la représentativité des partis tient au nombre.Depuis 1993 tout au moins, avec l\u2019arrivée du Bloc québécois sur la scène politique, les députations 9i fédérales libérales ou conservatrices québécoises ne représentaient qu'une poignée des députés de ces mêmes formations.En 2006, la députation du Québec au sein du P LC s'élevait à treize députés sur 103 (13 %), tous exclusivement dans les circonscriptions à forte composante non francophone.Ces treize élus libéraux leur devaient leur élection dans presque tous les cas.Quant aux conservateurs, avec 8 % des 124 députés conservateurs, les dix députés québécois de 2006 ne représentaient qu'une petite minorité des élus du parti.Qui plus est, ils provenaient tous de l'extérieur de la région métropolitaine de Montréal et seulement quatre d'entre eux comptaient une expérience politique plus ou moins importante (Lawrence Cannon, Jean-Pierre Blackburn, Michael Portier et Josée Verner).Le deuxième élément tient au lien de représentation entre élus et clientèles électorales.D\u2019un côté les libéraux étaient intimement associés aux minorités ethnoculturelles des grandes agglomérations canadiennes, de l\u2019autre les conservateurs représentaient un courant idéologique aux assises régionales fortement définies.Entre eux se situaient les néodémocrates (que nous n\u2019aborderons que dans le cas québécois ici) et les bloquistes, tous deux plus à gauche idéologiquement que les deux partis précédents mais opposés sur la question nationale.La députation libérale au Canada anglais Les liens entre le P LC et les proportions d\u2019allophones étaient très évidents en 2006.Ainsi, les libéraux détenaient désormais 62 % des sièges qui comptaient au moins 10 % d\u2019allophones, soit 47 sièges sur 76.Au Québec, la proportion de sièges avec proportion minimale de 20 % de nonfrancophones était similaire, avec 13 sièges sur les 22 concernés. 92 Le lien entre non-francophones et PLC perdurait toujours au Québec en 2006, à l'image de ce que l'on retrouve sur la scène provinciale.En 2006, on remarquait l\u2019existence d'un seuil linguistique à Montréal.Lorsque les circonscriptions comptaient au moins 71 % de francophones, elles faisaient toutes élire les candidats bloquistes (19 sur 19).Là où les francophones représentaient entre 53 % et 71 % de la population totale, le PLC remportait la moitié des huit circonscriptions concernées, soit dans LaSalle-Émard, Laval-les-îles, Honoré-Mercier et Bourassa.Il était toutefois défait dans Papineau, Ahuntsic, Jeanne-Le Ber et Brossard-La Prairie.Enfin, dans les circonscriptions qui comptaient moins de 53 % de francophones, les libéraux l'emportaient dans tous les cas, soit huit victoires en huit élections.Un seul siège libéral n'était pas montréalais.Il s\u2019agit de Hull-Aylmer, dans la banlieue d\u2019Ottawa.Le lien entre élus libéraux et allophones était particulièrement évident en Ontario, alors que le PLC y raflait 37 des 49 sièges (76 %) qui comptaient au moins 10 % d\u2019allophones.Il l\u2019était encore davantage dans la plupart des grandes métropoles canadiennes : 32 des 35 sièges de Toronto qui comptaient au moins 10 % d\u2019allophones ont fait élire un candidat libéral (91 %), deux des quatre sièges d\u2019Ottawa (50 %), sept des quinze à Vancouver (47 %), douze sur dix-sept à Montréal (71 %).Au total, les libéraux remportaient 53 des 71 sièges comptant au moins 10 % d\u2019allophones (non-franco-phons au Québec), soit les trois quarts (75 %).C\u2019est donc dire que les appuis du PLC chez les minorités ethnoculturelles lui ont conféré 53 sièges, soit la majorité (51 %) de ses \u2022 X Ceci n\u2019est pas sans importance : compte tenu du vote plus bloc des allophones dans ces agglomérations, les majorités libérales de ces châteaux-forts sont plus fortes qu\u2019ailleurs, 93 leurs députés plus souvent réélus.Plus expérimentés également, ils acquièrent une renommée et un prestige certains qui les prédisposent à monopoliser les postes d\u2019importance dans les gouvernements libéraux.Ils sont ainsi plus souvent ministres et détiennent plus fréquemment les postes les plus importants.Ce fait primordial tenant au lien de représentation influence naturellement le discours tenu par le PLC : idéologiquement libéral et fortement individualiste, le PLC tient un discours rassurant pour les immigrés en condamnant le nationalisme québécois et en le présentant comme incompatible avec le libéralisme et les valeurs démocratiques.La base du rejet des droits culturels du Québec par le PLC, c\u2019est-à-dire du droit du Québec d\u2019adopter des mesures politiques (ex.: loi ioi) visant à le prémunir contre les pressions délétères qui s\u2019exercent sur lui, se retrouve en grande partie dans ce clientélisme.Or, s'il est une chose qui a changé au Canada entre avant i960 et après, c\u2019est bien de la transformation démographique de la population et de la place grandissante des immigrés.De surcroît, ces derniers proviennent préci sèment, depuis les changements dans les bassins d\u2019immigration survenus il y a 35 ans environ, de pays où l\u2019on règle les droits culturels des minorités nationales par la répression plutôt que par le dialogue.I if* \u2022 # f Up; Les députés libéraux fédéraux du Québec liés au vote des minorités ethnoculturelles ont en ce sens un rôle important parmi leurs confrères élus.Ils légitiment ainsi les stratégies de répression (tel Jean Chrétien ou Paul Martin), les préconisent (tel Stéphane Dion ou Marc Lalonde) ou s\u2019y opposent (les exemples québécois sont peu nombreux mais comptent Gilles Rocheleau et Donald Johnston).Bref, une fois passée le Serment du Test, les députés libéraux fédéraux se mettent au travail et plombent de leur mieux leur Québec natal.Leur 94 éthique politique est faible, leurs appuis le sont tout autant, tant et si bien que la corruption est leur réconfort.Leur objectif est T éradication du problème identitaire québécois et cela passe par la poursuite du nettoyage ethnolinguistique dont sont f objet les francophones au Canada.La députation conservatrice au Canada anglais Le PC est le parti faible du système bipartiste canadien.En 2006, après treize années de pouvoir et d\u2019hyper-corruption libérales, le PC s\u2019est avéré incapable d\u2019obtenir la majorité des sièges au Canada anglais (40 % des sièges pour l\u2019ensemble du Canada, 49 % pour le Canada anglais).Il faut remonter à Brian Mulroney pour retrouver un gouvernement conservateur majoritaire.Or ce dernier a connu sa pire défaite en 1993, passant de 57 % en 1988 des sièges à 1 %.Il est nécessaire de souligner l\u2019ampleur de cette défaite puisqu\u2019elle eut des effets délétères sur l\u2019opposition aux libéraux.Cinq élections ont été nécessaires pour engendrer la formation d\u2019une coalition capable de « battre » le P LC à titre de parti ayant obtenu une pluralité des sièges.En 2006, les performances du PC ont été bien inégales dans les provinces : 9 des 32 sièges dans les Maritimes (28 %), dix des 75 sièges du Québec (13 %), 40 des 106 en Ontario (38 %), 20 des 28 au Manitoba et en Saskatchewan (71 %), 28 sur 28 en Alberta (100 %), et seulement 17 sur 36 en Colombie Britannique (47 %).Les performances ont été particulièrement faibles dans les principales régions métropolitaines : zéro siège sur 30 (o %) à Montréal, zéro sur 39 à Toronto (o %), cinq sur dix-sept (29 %) à Vancouver, trois sur huit à Winnipeg (38 %), trois sur cinq (50 %) à Ottawa.En 2006, le PC était un parti de l\u2019Ouest canadien, peu présent dans les grands centres, même dans l\u2019Ouest. I 95 Le profil des élus du PC semblait par ailleurs plus conservateur que celui des autres partis.Ainsi, la part de candidature féminines n\u2019était que de 12 % au sein du PC, contre 11 % d\u2019élues.Le NPD présentait des proportions supérieurs de candidatures (35 %) et d\u2019élues (41 %) féminines, le BQ suivant immédiatement derrière avec 31 % et 33 % respectivement, le P LC se situant à mi-chemin (26 % et 20 % respectivement).De fait, de 2004, à 2006, on note un recul important de la proportion de femmes élues au Canada : avec 64 femmes élues, seulement 20,7 % de la députations fédérale, le Canada se situait au 45e rang dans le monde.En 2006, on ne comptait aucune femme élue à Terre-Neuve, à l'île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick.Hormis le Québec (avec 29 % de femmes élues), deux provinces seulement dépassaient les 25 %, soit le Manitoba (28 %) et la Colombie Britannique (25 %).Il est par ailleurs remarquable que les députés conservateurs du Québec qui accèdent généralement aux postes ministériels proviennent eux aussi plus fréquemment des circonscriptions avec minorités non francophones ou des milieux les plus rapprochés du clan conservateur.En 2006, fexministre libéral provincial Lawrence Cannon (Pontiac), Lexvice-président de la Standard Life (assurances), avocat et membre du conseil d\u2019administration de l\u2019Institut économique de Montréal, Maxime Bernier (Beauce), F ex-banquier et avocat montréalais Michael Fortier (nommé sénateur après l\u2019élection, le 27 février 2006), l\u2019ex-député conservateur Jean-Pierre Blackburn (Jonquière-Alma) et la néophyte Josée Verner (Louis-Saint-Laurent) correspondent à ce profil.Comme chez les libéraux, le rôle de ces députés conservateurs est de légitimer les politiques du Canada anglais à l'endroit du Québec.Pour les quelques-uns qui s'imaginent A 96 défendre les intérêts du Québec, ils ont à composer avec un courant politique généralement aussi hostile aux droits culturels du Québec.Ce courant est partagé entre partisans de la ligne dure contre le Québec (tel Stephen Harper) et partisans des intérêts électoraux du parti, lesquels nécessitent de faire cohabiter des clientèles contradictoires, ce qu\u2019il ne réussit qu\u2019en entirouapant simultanément le Québec et le Canada anglais (tel Brian Mulroney).Les partis fédéraux au Québec Dans fensemble, les résultats électoraux de 2006 au Québec témoignent d'une progression importante des conservateurs et des néo-démocrates, d\u2019un maintien du BQ et de l\u2019écroulement du P LC dans toutes les circonscriptions francophones.Cet écroulement des libéraux est spectaculaire.Il résulte d\u2019un certain nombre de facteurs parmi lesquels le scandale des commandites figure en bonne place.Les citoyens québécois ont ainsi sanctionné d\u2019une manière difficilement concevable pour l\u2019analyste un parti qu\u2019il semblait auparavant impossible de réduire à ce point.Cela dit, sa persistance dans les circonscriptions non francophones et sa force dans les circonscriptions qui ne comptent que de toutes petites minorités ethnoculturelles hors Québec l\u2019assurent non seulement d\u2019une survie mais aussi d\u2019un relèvement prochain en tant qu\u2019alternative électorale dès que l\u2019immonde scandale et ses nombreux doubles auront été balayés dans l\u2019oubli.L\u2019autre grande surprise de ces élections consiste en l\u2019élection d\u2019une dizaine de députés conservateurs sur les 75 que compte le Québec.La région métropolitaine de Québec et la région de Chaudière-Appalaches, comprenant une partie de la banlieue de Québec, furent le théâtre de l\u2019élection de huit d\u2019entre eux (en plus du candidat indépendant André Arthur V L 97 T > V Il Si/ ml* r dans Portneuf) tandis que les deux autres conservateurs élus Font été dans Pontiac et dans Jonquière-Alma.Ces deux éléments méritent d\u2019être revus.Les résultats globaux Comme on peut le voir au tableau 5, le BQ obtenait en 2006 51 sièges en lieu et place des 54 sièges obtenus en 2004.Le PLC enregistrait une perte de huit sièges tandis que le PC obtenait dix sièges et l\u2019indépendant Arthur, un.Par rapport à 2004, la progression du PC est bien réelle.Ce dernier a multiplié à peu près par trois ses votes de 2004 pour passer de 300 000 voix à plus de 900 000 voix (de 9 % à 25 % des votes valides, de 5 % des inscrits à 16 %).Du côté du BQ, la part du vote régressait de presque 127 000 voix Tableau 5 : Les résultats dans les 75 sièges du Québec en 2006 BQ PLC PC Autres partis En sièges TOTAL 2004 il 21 o o TOTAL 2006 il 11 10 1 En % des sièges % 2004 28% 72% 0% 0% % 2006 68% 17% 13% r% En % des votes valides % 2004 8% (dont s % NPP) 42% 9% % 2006 42% 13% (dont?% NPP) 21% 23% En % des électeurs inscrits % 2004 46% - 40% abstentions 29% 20% 5% % 2006 l6% 27% 13% 43% - 36% abstentions En voix 168o 109 1165 645 766 228 290 962 (158 427 NPP) 2004 121512 2006 463737 (276 401 NPP) 1 553 201 907 972 Variation 2006-2004____________ -126 908 606 433 172 793 (117 974 N PD) \u2022399 4i7 Variation en % -8% J4% +201% +59% 98 (7 % des voix) tandis que le PLC reculait de 400 000 voix, soit près du tiers de ses voix de 2004.Sa part des votes valides passait de 34 % en 2004 à 21 % en 2006.Hormis les scandales, la qualité des candidats recrutés pour l\u2019occasion explique sans doute une partie du dédain de l\u2019électorat envers le parti.Pour leur part, les tiers partis ont considérablement augmenté leur part du vote valide (+59 %).Le N PD connaît une progression importante de ses appuis, passant de 4,6 % des votes valides en 2004 à 7,5 % en 2006 (+74 %, ou +117 974 voix).Enfin, l\u2019abstentionnisme reculait de 4 %.Les résultats dans la région métropolitaine de Montréal Les résultats étaient légèrement différents dans la région métropolitaine de Montréal (tableau 6), qui compte près des trois quarts des non-francophones et près de la moitié des 75 sièges québécois (36 sièges, 48 %).Le BQ parvenait à arracher quatre sièges au P LC, cependant que les autres partis demeuraient sans représentation.Tableau 6 : Les résultats dans les 36 sièges de Montréal en 2006 Autres partis PC BQ P LC En sièges 16 TOTAL 2004 o o 20 TOTAL 2006 o o M 12 En % des votes valides 6% 9% (dont 5 % NPP) 13% (dont 8 % NPP) j8% 46% % 2004 28% 18% % 2006 42% En % des électeurs inscrits 45% - 39% abstentions 28% 4% % 2004 23% 45% - 36% abstentions 26% 18% % 2006 11% En voix 161 108 (90 100 NPP) 108 083 650 078 784 °?; 2004 233 7Q» (149 385 NPP) 72 593 (59 285 NPD) 2006 3*5 230 497 25.f.Z4U44 -38 928 -152 827 Variation 20062004____________ 207 145 45% 192% -24% Variation en % ¦ L 99 Cela dit, la performance montréalaise du BQ reste négative.Le parti a en effet perdu 4 % du vote valide dont il disposait en 2004 (de 46 % à 42 %).Il s'agit d\u2019un recul de 5 % de ses votes en nombres absolus.Pour sa part, le PLC subissait un sévère recul par rapport à 2004 : 10 % du vote valide en moins, plus de 150 000 désertions.Des trois grands partis, c\u2019est le PC qui est sorti gagnant de l\u2019élection.Les conservateurs ont en effet augmenté de plus de 200 000 voix leurs votes en 2006, soit trois fois leurs votes de 2004 dans la région montréalaise.Leur proportion totale du vote reste malgré tout plus faible qu\u2019ailleurs au Québec, avec 18 % des votes valides, 11 % du vote des électeurs inscrits.Malgré une faible présence médiatique, le N PD a également fait bonne figure a augmentant sensiblement sa part du vote valide, passant de 5,3 % à 8,3 %, des pourcentages supérieurs à la moyenne québécoise.Enfin, par rapport à 2004, l\u2019abstention a reculé de 3 %, rendant les contre-performances encore plus négatives.Les résultats dans la région métropolitaine de Québec Au lendemain de l\u2019élection, le vote pro-conservateur de la région métropolitaine de Québec a suscité une vague de commentaires plutôt indignés.Les résultats sont pourtant beaucoup plus nuancés qu\u2019il n\u2019y paraissait à première vue.Il est vrai que, des sept sièges disputés dans la région métropolitaine de Québec en 2004 (tableau 7), le BQ n\u2019a réussi à en conserver que deux, celui correspondant au centre de l\u2019agglomération (Québec), et celui de Montmonrency-Charlevoix-Haute-Côte-Nord, ce dernier étant majoritairement situé hors de l\u2019agglomération (jusqu\u2019au-delà de Baie-Comeau).En termes de proportions du vote valide, le BQ régressait de 48 % en 2004 à 36 % en 2006, un recul de 8 %.C\u2019est en nombres absolus que l\u2019on mesure le mieux la chute du BQ : plus de 30 000 désertions de 2004 à 2006, un vote sur cinq. TOO «S Tableau 7 : Les résultats dans les 7 sièges de Québec en 2006 BQ P LC PC Autres partis En sièges TOTAL 2004 2 o o O TOTAL 2006 2 O 1 I En % des votes valides 48% 26% 8% (dont 4 % NPP) 18% (dont 7 % NPP) % 2004 17% % 2006 36% 2% En % des électeurs inscrits i6% 45% - 39% abstentions % 2004 29% 10% % 2006 6% 24% 47% - 35% abstentions 23% En voix 156 489 86 244 56013 27 513 (13 265 NPP) 2004 2006 125 829 -30 660 33 546 64 206 (24 681 NPP) 129 727 Variation 2006-2004____________ -52 698 36 693 (11 416 NPD) 73 7*4 -6i% Variation en % -20% 132% Les libéraux fédéraux sont évidemment ceux qui ont enregistré en 2006 le recul le plus considérable de leurs appuis.De 26 % des votes valides en 2004, le PLC n\u2019obtenait plus que 9 % en 2006, à peine 6 % de tous les électeurs inscrits.On comptait plus de déserteurs du parti en 2006 (52 698) que de partisans (33 546 électeurs).Une bonne partie de la progression du PC s\u2019explique vraisemblablement par ce transfert de votes libéraux en sa faveur.La progression du PC de 2004 à 2006 est pour sa part impressionnante mais il est étonnant de la voir plafonner à 37 96-38 %.Loin d\u2019etre majoritaire, le PC a profité de la division des voix entre les partis pour se faufiler et faire élire quatre des sept députés de la capitale.Fait étonnant, la progression des tiers partis rejoint celle du PC de 2004 à 2006.Comme ce dernier, ils font plus que doubler leurs votes en nombres absolus (1,3 fois plus), relativisant d\u2019autant la progression du PC.Comme pour l\u2019ensemble du Québec et la région métropolitaine de Montréal, l\u2019abstention reculait de 4 % entre 2004 et 2006. TOI Les résultats dans la région de Chaudière-Appalaches Chaudière-Appalaches est la seule région à avoir appuyé majoritairement les conservateurs (tableau 8).De 18 % des votes valides en 2004, le vote conservateur passe ainsi à 55 % en 2006, une augmentation de 27 %.Ici, la défaite du P LC est cinglante (-24 %), mais ce qui surprend tout autant est l\u2019effondrement des appuis du BQ, en perte de 15 %, surtout lorsque l\u2019on compare à la progression des tiers partis (+3 %), essentiellement autres que le NPD (qui stagne à 4 %).Dans les quatre circonscriptions, le BQ recule ainsi de 20 600 votes (-26 %) - le quart de ses votes de 2004.Cette régression est moitié moindre que celle du P LC, qui subit une dégringolade de ses appuis de 41 802 votes.Les électeurs libéraux de 2006 sont deux fois et demie moins nombreux que les déserteurs libéraux.Ces diminutions sont d\u2019autant plus significatives que l\u2019abstention diminuait de 7 %.h\u2018.Kf Tableau 8 : Les résultats dans les 4 sièges de Chaudière-Appalaches en 2006 Autres partis PC PLC Ê9 En sièges TOTAL 2004 o 1 o 1 TOTAL 2006 o o o i En % des votes valides 7% (dont 4 % NPP) 18% % 2004 412° 32% 10% (dont 4 % NPP) % 2006 28% 8% En % des électeurs inscrits 45% - 39% abstentions 11% *9% % 2004 25% 40% - 32% abstentions % 200Ô 5% ]Z% 19% En voix 58479 33 060 78 607 H745 (7 052 NPP) 2004 II4 64I 58 032 l6 677 20 837 (9 360 NPP) 2006 Variation 20062004____________ -41 802 81 581 7 092 (2 308 NPP) -20 575 -26% -71% 247% Variation en % 52% 102 Les résultats dans les autres régions du Québec En compagnie de la région métropolitaine de Montréal, les 28 circonscriptions des autres régions ont été clés pour le maintien du BQ.Non pas que le PC n'y ait pas progressé, mais que le recul des bloquistes y fut limité, limitant ainsi la progression des conservateurs aux désertions massives enregistrées par les libéraux.En 2006, le BQ y a gagné un siège supplémentaire par rapport à 2004.Sa part du vote valide n\u2019y a diminué que de 7 %, demeurant en cela tout près de la moitié des votes valides avec 47 %.Toutefois, la proportion d'abstentions, même en recul de 5 %, y était très forte, similaire aux proportions enregistrées dans la région montréalaise.Ceci fragilise d\u2019autant les performances du BQ puisque la part du vote valide est considérablement plus élevée que la part du vote des inscrits : 29 % seulement des électeurs inscrits l\u2019ont appuyé en 2006 dans le Reste du Québec.La contre-performance est encore une fois manifeste, mais plus modeste.Comme ailleurs, cependant, la défaite du PLC est cuisante : deux électeurs sur cinq désertent le parti.Ils sont plus de 150 000 électeurs de 2004 sur 370 000 à lui tourner le dos en 2006.Pour impressionnante qu\u2019elle soit, cette diminution des votes obtenus en 2006 reste la plus faible de toutes les régions étudiées.Un vieux fond libéral reste actif dans ces régions (qui comptent l\u2019Outaouais ; une étude plus fine permettrait de mieux comprendre ce qui s\u2019est passé dans ce territoire).Pour sa part, le PC est parvenu à multiplier par près de 2,5 fois ses votes obtenus en 2004.De 100 000 électeurs environ, le parti passe à près de 350 000 deux ans plus tard.Les tiers partis ont également connu une progression de leurs appuis, ceux-ci passant de 4 % à 7 % durant la même pério- 103 * de.Là aussi, l'abstention reculait de 5 %, au profit des conservateurs et des tiers partis.Les consolations du BQ D'autres statistiques montrent que les dégâts furent limités pour le BQ et que le grand perdant des élections de 2006 fut le P LC.Au tableau 10, on constatera que le nombre de candidats du BQ qui ont terminé au premier ou au deuxième rang des candidats a peu bougé : de 54 premiers rangs en 2004, les bloquistes passent à 51 en 2006 ; de dix-neuf candidats terminant au deuxième rang, ils passent à vingt.Fait nouveau, ils comptaient trois candidats ayant terminé au quatrième rang en 2006.La situation est plutôt catastrophique du côté libéral.De vingt-et-une premières places en 2004, ils passent à treize en 2006.De 52 deuxièmes places en 2004, ils passent à quatorze.C\u2019est le nombre de candidats terminant au troisième rang qui traduit le plus la défaite libérale : de deux candidats dans cette situation en 2004, le P LC en obtenait 45 en 2006.Le PC profite évidemment de cette déroute pour obte- 1 ' \u2022 \u2022 Tableau 10 : Résultats du vote selon les rangs des candidats, Québec, élections fédérales de 2004 et de 2006 Rang des candidats Partis/élections 5e ou plus 2! 4! CT 2e I BQ 2004 2 o 54 12 o BQ 2006 1 51 20 o I P LC 2004 2 o 21 54 o P LC 2006 a i o 14 45 58 PC 2004 o 11 2 4 PC 2006 10 40 22 2 1 NPP 2004 42 o o 15 20 N PD 2006 65 o 1 2 2 Autres 2004 o o o 21 54 Autres 2006 o o 1 2 11 I 104 nir non seulement dix premières places en 2006 (contre zéro en 2004) mais aussi 40 deuxièmes places (contre quatre seulement en 2004).Enfin, les élections de 2006 ont produit résultats difficiles à avaler pour le N PD.De treize troisièmes places et 42 quatrièmes places en 2004, le NPD reculait à sept troisièmes places et 65 quatrièmes places en 2006.Un recul en termes de succès électoraux pour accompagner une progression des votes valides.La compétitivité des candidats, calculée en fonction des votes valides (tableau n), demeure à peu près intacte pour le BQ.Rares étaient les circonscriptions où les candidats du BQ étaient incapables d'obtenir au moins 25 % du vote valide (sept circonscriptions en 2004 et neuf en 2006).Du côté libéral, la chute est toutefois vertigineuse : de 54 candidatures compétitives en 2004, Ies libéraux n'en obtenaient plus que 23 en 2006.Un total de 26 candidatures recevaient même moins de 12,5 % des votes valides en 2006, fait nouveau par rapport à 2004 (aucune candidature).Quant au PC, l'amélioration de la compétitivité de ses candidats était considérable, 23 étant considérés comme compétitifs, 46 comme semi-compétitifs et seulement six non compétitifs.Tableau n : Résultats du vote selon la compétitivité des candidats, Québec, élections fédérales de 2004 et de 2006 (en % des votes valides) Au moins 25% des votes Moins de 12,5 % des votes valides Partis/élection s Au moins 12,s % des votes valid es va 68 BQ 2004 5 2 6 BQ 2006 66 1 PLC 2004 54 21 o PLC 2006 26 26 21 64 PC 2004 1 10 6 PC 2006 46 21 NPP 2004 o 24 1 NPD 2006 Zo o 5 Autres 2004 21 o o Autres 2006 o 24 1 105 \\m j'r(\u2018rl Les proportions étaient complètement inversées par rapport à 2004.En termes d\u2019électeurs inscrits (tableau 12), la compétitivité restait toutefois largement limitée aux candidatures du BQ.En 2004, 54 des 71 candidatures ayant obtenu au moins 25 % d\u2019appuis parmi les électeurs inscrits, soit 76 %, provenaient du BQ.Cette proportion se maintenaient en 2006, alors que 47 candidatures compétitives sur 63 provenaient du BQ, soit 75 %.w n n * i \u2022 \u2022V.;'.K * Enfin, la situation générale, sur le plan électoral (tableau 13), peut être décodée comme suit : le BQ est parvenu à maintenir sa performance relative dans la très grande majorité des circonscriptions (72/75), le P LC a connu 45 dégelées moyennes et sévères, à l\u2019inverse du PC, qui connaissait des progression moyennes ou importantes dans 66 circonscriptions.Quant au NPD, les résultats demeuraient nettement inférieurs à la progression réelle connue par le parti en 2006.Bref, la défaite du PLC et la progression du PC se confirment à tous les niveaux tandis que le recul réel du BQ, clairement manifesté dans le vote lorsque exprimé en nombres absolus et en proportions, est maquillé par le mode de scrutin majoritaire en un léger recul par rapport à 2004.Les faits saillants des élections fédérales au Québec Les élections fédérales de 2006 ont produit des résultats inattendus au Québec.D\u2019une part, le P LC a connu l\u2019une des pires performances dans toute l\u2019histoire du parti, en particulier auprès de l\u2019électorat francophone.D\u2019autre part, ce n\u2019est pas le BQ qui put profiter de cette déconfiture mais bien le PC et les tiers partis, cela dans un contexte de participation accrue au scrutin.Fait remarquable, l\u2019augmentation io6 Tableau 12 : Résultats du vote selon la compétitivité des candidats, Québec, élections fédérales de 2004 et de 2006 (en % des électeurs inscrits) Partis/élections Au moins 25 % des Au moins 12,5 % électeurs inscrits des électeurs inscrits Moins de 12,5 % des électeurs inscrits BQ 2004 54 14 2 BQ 2006 42 21 2 P LC 2004 6 12 54 P LC 2006 8 422 20 PC 2004 o 2 24 PC 2006 2 22 42 NPP 2004 o o 25 NPP 2006 o o 25 Autres 2004 o o 25 Autres 2006 1 o 24 Note : * PLC : moins de 5% des inscrits en 2006 : Portneuf, Louis-Saint-Laurent, Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière, Jonquière-Alma, Roberval; moins de 10 % : Jonquière-Alma, Portneuf-Jacques-Cartier, Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière, Louis-Saint-Laurent, Roberval-Lac-Saint-Jean, Montcalm, Beauce, Lévis-Bellechasse, Montmorency-Charlevoix-Haute-Côte-Nord, Rivière-du-Nord, Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Repentigny, Terrebonne-Blainville, Beauport-Limoilou, Verchères-LesPatriotes, Joliette, Saint-Hyacinthe-Bagot, Berthier-Maskinongé, Richmond-Arthabaska, Trois-Rivières, Saint-Maurice-Champlain, Mégantic-L'Érable, Québec, Haute-Gaspésie-LaMitis-Matane-Matapedia, Laurier-Sainte-Marie, Cnambly-Borduas, Saint-Jean, Manicouagan, Longueu il-Pierre-Boucher, Abitibi-Témiscamingue, Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, Argenteuil-Papineau-Mirabel, Sherbrooke, Rivière-des-Mille-îles, Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour, LaPointe-de-l'île, Laurentides-Labelle, Beauharnois-Salaberry, Hochelaga, Rosemont-LaPetite-Patrie, Drummond, Marc-Aurèle-Fortin, Louis-Hébert, Saint-Bruno-Saint-Hubert, Gaspésie-îles-de-la-Madeleine, Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Rimouski-Neigette-Témiscouata-LesBasques t *ele»' » I n * \u2022 m ' r i 107 Tableau 13 : Variations entre les résultats des élections fédérales de 2004 et de 2006 selon la compétitivité des candidats, Québec (en % des votes valides) Type de résultats* Recul sévère P LC** Autres pç*** BQ NPD O O 12 O O Recul moyen 1 11 o O O Maintien IA 71 TA 3° 2 Progression moyenne O H o O 4 Progression importante Notes : * Recul sévère : de la catégorie compétitif à non compétitif Recul moyen : de la catégorie compétitif à semi-compétitif ou de semi-compétitif à non compétitif.Maintien : pas de changement de catégorie.Progression moyenne : de la catégorie se mi-compétitif à compétitif ou de non compétitif à semi-compétitif.Progression importante : de la catégorie non compétitif à compétitif.** Pour le PLC, les « reculs sévères » comprennent : Portneuf, Beauport, Charlesbourg, Québec, Lévis-Bellechasse, Beauce, Mégantic-L\u2019Érable, Richmond-Arthabaska, Saint-Jean, Saint-Maurice-Champlain, Trois-Rivières, Jonquière-Alma.o o M o I *** Pour le PC, les « progressions importantes » comprennent : Saint-Maurice-Champlain, Trois-Rivières, Joliette, Berthier-Maskinongé, Beauharnois-Salaberry, Richmond-Arthabaska, Mégantic-L\u2019Érable, Rivière-du-Loup-Montmagny, Matapadia-Matane, Gaspésie-îles-de-la-Madeleine, Lac-Saint-Louis, Québec, Jonquière-Alma, Roberval. «» I \u2022 il.i MJ i io8 : \u2022iH du PC fut forte dans Chaudière-Appalaches (+247 %) et dans le Reste du Québec (+234 %), mais elle est demeurée modérée à Montréal (+192 %) et très faible à Québec (+132 %).Une bonne partie de la progression du PC dans cette dernière avait donc déjà eu lieu en 2004.Quant au recul du BQ, il s\u2019est fait sentir dans toutes les régions, moins dans la région métropolitaine de Montréal, davantage dans Chaudière-Appalaches, puis à Québec et dans le Reste du Québec.Il reste à constater l\u2019ampleur et l\u2019étendue géographique de ce mouvement de repli.Seule une analyse plus fine pourrait déterminer si les reculs ont été le fait de cultures régionales particulières ou s\u2019ils relevaient des caractéristiques démolinguistiques et socio-économiques plutôt défavorables des populations.Rappelons que le BQ est demeuré très fort par rapport aux inscrits dans le Reste du Québec (29 %) et à Montréal (26 %) par opposition à Québec (23 %) et à Chaudière-Appalaches (19 %).Les élections de 2006 et l\u2019exclusion du Québec Les élections de 2006 s\u2019inscrivent en droite ligne dans la nouvelle dynamique des partis créée par l\u2019arrivée du BQ en 1993.L\u2019exclusion reste le thème majeur associé à ce dernier, mais on l\u2019associe souvent, à tort, à une volonté délibérée de marginalisation de l\u2019électorat québécois plutôt qu\u2019à une conséquence d\u2019un système de partis ciselé par les institutions politiques canadiennes qui met en péril soit la nation québécoise, soit l\u2019unité canadienne.Il existait, avant 1993, de subtiles mécanismes d'exclusion du Québec de la gouverne politique du Canada.De 1968 à aujourd\u2019hui, les élus du Québec qui accédaient aux postes ministériels provenaient généralement de circonscriptions avec présence importante de non-francophones.Peu nom- 109 4 I 111 I Vf y Hi breux dans leur parti respectif, ces représentants, moins liés que leurs autres collègues à F électorat francophone, se faisaient davantage les porte-parole de leur gouvernement que les représentants de F électorat québécois.Leur morale élas tique - exigence de F emploi - les exposait à plus de corrup tion que tout autre contingent de députés fédéraux.It',\u2019 f \u2022! Hors Québec, une proportion grandissante des députés libéraux provenaient des milieux immigrés, profondément réfractaires aux droits culturels du Québec.Quant aux députés conservateurs, refoulés dans les très conservatrices provinces de l'Ouest, leur sentiment d\u2019impuissance politique face à Ottawa et aux décisions qui les concernent est canali sé par les institutions politiques elles-mêmes en hostilité envers le Québec.i Jusqu\u2019en 1993 tout au moins, l\u2019abstentionnisme élevé des francophones sur la scène fédérale, signe manifeste de noninclusion, répondait à cette dynamique fédérale perverse.Pour les partis fédéraux, construire le Canada sur la base de consensus avec le Québec nationaliste n\u2019a jamais été une nécessité.Jamais il ne fut nécessaire pour eux de s\u2019entendre avec le Québec nationaliste pour la mise en place de politiques visant à protéger le Québec tout en maintenant le lien fédéral.Au contraire, le clientélisme des uns et le conservatisme des autres n\u2019ont fait qu\u2019amener à Ottawa des partis fédéraux anti-nationalistes qui n\u2019ont cherché autre chose qu\u2019à faire reculer les droits culturels du Québec.L\u2019exclusion du pouvoir est donc pratiqué par le Canada anglais contre le Québec depuis 1968 tout au moins, vraisemblablement en continuité avec les politiques canadiennes antérieures.Depuis l\u2019arrivée du BQ, les choses sont simplement plus claires.À partir de 1993, en effet, le système d\u2019alternance entre libéraux et conservateurs, qui avanta- no geait structurellement le PLC, faut-il le rappeler, est affaibli par la venue du BQ.Il est désormais de plus en plus difficile pour les partis fédéraux de former un gouvernement en solitaire avec la majorité des voix.Les partis portés au pouvoir fédéral, privés d\u2019appuis au Québec, présentent désormais une légitimité plus faible qu\u2019auparavant, renforçant la probabilité d\u2019écarts entre les décisions gouvernementales et l\u2019électorat, et renforçant aussi la possibilité de décisions hostiles aux droits culturels du Québec.Il demeure des représentants du Québec élus au sein de ces gouvernements.Ils apparaissent toutefois bien éloignés de l\u2019électorat francophone et plus minoritaires que jamais dans leurs députations respectives.Leur pouvoir et leur représentativité sont encore plus faibles qu\u2019auparavant, ce qui demande encore plus d\u2019élasticité morale et renforce d\u2019autant leur penchant pour la corruption.Depuis 1993, l\u2019exclusion est simplement formalisée non pas à l\u2019initiative du BQ, mais par sa simple arrivée sur la scène fédérale.La dynamique électorale fait en sorte qu\u2019il y a davantage à gagner en excluant le Québec qu\u2019en tentant de l\u2019accommoder.Le clientélisme de plus en plus présent dont profitent les libéraux fédéraux dégage les partis politiques fédéraux de la nécessité de construire des ponts avec le Québec.Il constitue l\u2019un des fondements de la relation de domination entre le Canada anglais et le Québec.Q \u2022 r ri i ?* .i Y 'fNIH » \u2022 » y \u2022» è I1 (îftfU I \u2022* * t F1 » v ASSEMBLEE NATIONALE Jean-Claude St-André Député de L\u2019Assomption Hôtel du Parlement Bureau 2.16 Québec (Québec) G1A 1 A4 Téléphone: (418) 528-5974 Télécopieur: (418)646-6640 QUÉBEC Oasis du Vieux Palais 259.rue St-Étienne Casier postal 3404 L\u2019Assomption (Québec) J5W 4M9 Téléphone: (450) 589-5579 Télécopieur: (450) 589-0208 Courriel : jstandre@assnat.qc.ca Sansregret, Taillefer & Associés inc.Cabinet en assurance collective de personnes info@sta-conseil.com ww w.sta-conseil .com Téléphone : (450) 471-2662 (514) 355-7869 (800) 782-5799 178, me Sainte-Marie Terrebonne (Québec) J6W 3E1 Télécopieur : (450) 471-0026 (514)355-7923 I -1 Allard & Oie CA inc.Comptable agréé Pierre Allard, c.a.8175, boul.St-Laurent, 3e étage, Montréal (Québec) H2P 2M1 Téléphone : (514) 385-6601 \u2022 Fax : (514) 385-6177 Courriel : allardp@qc.aira.com \u2022 * i Vi , V»f \u2022* '.j, \u2022 \u2022 Le réseau de la fierté québécoise 2207, rue Fullum, Montréal (Québec) H2K 3P1 Tél.: (514) 527-9891 Télécopieur : (514) 527-9460 Courriel : mnq@mnq.qc.ca Site internet : mnq.qc.ca Mouvement national des Québécoises et Québécois r, Société Saint-Jean-Baptiste del* MAU RI CIE ¦Souveraineté du Québec Langue française 'Tète nationale Assurance 4) vie IBBar 9 m * Si» M La Société Saint-Jean-Baptiste % du Centre-du-Québec 449 rue Notre-Dame, Drummondville (8ig) 478-2519 ou 1 800 943-2519 Organisme d\u2019entraide et de fierté québécoise ! Plus de 31000 membres au Centre-du-Québec KJ \u2022 ; Rassemblement Pays Souverain Unum Quebec Patria Nostra Est Québec, notre seule patrie le pour \\av\\ r C P.306, succursale C, Montréal (Québec) H2L4K3 Tél.: (450) 491-5437 Courriel : roy b@videotron ca - Site internet :www.rpsquebec.qc.ca h Lire les essais Denis Monière Histoire de la Ré Québec : 25 ans souveraineté Jacques Gagnon, Alain-G.Gagnon, et Jacques Paillard (djr.) Diversité et identités au Québec et dans les régions d'Europe Renéo Lukic La politique étrangère de la Croatie publique du 114 n8 124 Courrier des lecteurs Index des annonceurs Index des auteurs 2006 128 131 132 .A 1 114 LIRE LES ESSAIS 11 DENIS MONIÈRE Histoire de la République du Québec : 25 ans de souveraineté,Éditions du Québécois, Québec.2006 171 pages 1 1 ¦ y y « 1 IM t 1 Alors que le mouvement souverainiste vient de vivre une élection fédérale décevante pour ne pas dire désastreuse, un peu à P image de la dernière élection provinciale qui fut encore pire ; alors que les sondages sont de moins en moins favorable à la souveraineté et à ses portes paroles, que se passent-ils du côté des idées ?Au Parti québécois, on conçoit un projet de pays, avant même d\u2019avoir un pays, au Bloc on « imagine le Québec souverain » (thème du dernier congrès) et voilà qu\u2019un intellectuel de renom, Denis Monière, écrit un essai de politique fiction sur ce qu\u2019aurait pu devenir le Québec s\u2019il avait choisi la souveraineté en 1980.Définitivement, 2006 ressemble à 1453, avec ses théologiens qui réfléchissent au sexe des anges alors que l\u2019Empire byzantin autour d\u2019eux s\u2019écroule.Le lecteur aura donc compris que je n'étais pas très bien disposé au moment d'entreprendre la lecture de ce livre.Cela dit, je fut agréablement surpris tant l'oeuvre est bien écrite.Et là ne fut pas ma seule surprise car un des premiers chapitres, qui porte sur l'association Québec-Canada, nous raconte à quel point le Québec aurait renoncé à une partie 115 de son indépendance.avant même de F avoir conquise.En effet, Monière nous apprend que, essentiellement au nom de la libre circulation de tout et de rien, le Québec aurait consenti à une harmonisation des politiques en matière de main-d'œuvre, d\u2019immigration, de politique sociale, de fiscalité et même de langue et ce, sans parler du fait qu\u2019il se serait contenté de 20 % des votes en matière de politique monétaire et d\u2019une armée sous commandement unifié pour les missions à l\u2019étranger.Considérant le libellé de la question de 1980 et l\u2019importance accordée à l\u2019époque au concept d\u2019association, lequel était alors lié à celui de souveraineté par le fameux trait d\u2019union, on ne peut que constater le réalisme de l\u2019auteur et comprendre pourquoi la victoire du OUI n\u2019aurait pas signifié un grand élan de libération.Cela dit, il m\u2019apparaît important d\u2019aller plus loin et de souhaiter que ce scénario inspire des réflexions notamment sur la pertinence d\u2019une telle confédération à F ère de FA LÉ NA et sur les limites qu\u2019elle imposerait à la liberté des Québécois de se donner les lois et la Constitution de leur choix.D'ailleurs, l'élaboration de la Constitution est le sujet qui fait l\u2019objet du chapitre 5 de l'ouvrage, lequel est tantôt sublime tantôt plutôt ordinaire.Côté sublime, soulignons cette description du républicanisme qu'auraient adopté les Québécois et qui suit une mention à l'effet que les Patriotes de 1837-1838 ont été habités par cet idéal : Le républicanisme se définit beaucoup plus comme un état d\u2019esprit, une culture, un ensemble de valeurs que comme un modèle institutionnel.[.] Pour l\u2019essentiel, c\u2019est une forme de gouvernement qui instaure un mode de relations sociales qui préserve l\u2019individu de l'arbitraire du pouvoir politique en lui garantissant liberté et égalité.Une liberté qui doit s\u2019accommoder de celle de tous les autres citoyens, une égalité d\u2019abord dans le droit, mais qui doit aussi s'incarner dans les conditions économiques concrètes. u6 Par contre, Fauteur révèle aussi que la fibre républicaine des Québécois est assez faible lorsqu\u2019il mentionne que F élaboration de la Constitution aurait été une occasion de consacrer Finterculturalisme, cette idéologie prônant la « circulation des productions culturelles entre les diverses communautés ».En effet, ce communautarisme larvée est aux antipodes du républicanisme pour qui E pluribus unum (De la pluralité F unité).Autre faiblesse de ce chapitre, Monière mentionne que les membres de la Constituante auraient rejeté le parlementarisme britannique pour inventer un système inspiré du présidentialisme américain et du présidentialisme français.D\u2019abord, les consultations menées dans le cadre des États généraux sur la réforme démocratique en 2002-2003 ont prouvé que la population est attachée au parlementarisme.Deuxièmement, le système français est davantage un système parlementaire qu\u2019un système présidentiel, comme le prouve la prépondérance du Parlement en période de cohabitation.D\u2019ailleurs, le système mixte que propose Monière est d\u2019une logique absconse et fait l\u2019impasse sur la possibilité d\u2019une cohabitation à la française.Dans la même veine, l\u2019auteur mentionne que le Québec était l\u2019État le plus centralisé au monde avant la souveraineté, puis suppose que la création d\u2019une chambre des régions élue mais sans pouvoirs véritables réglerait la question une fois l\u2019indépendance réalisée.Pourtant, le bon sens voudrait plutôt que pour régler un problème de centralisation excessive, il faille procéder à une décentralisation tout simplement.Et concernant la chambre des régions élue, il serait souhaitable que si un jour elle advienne elle ait le pouvoir de s\u2019imposer face à l\u2019Assemblée nationale dans les domaines qui touchent plus particulièrement les régions périphériques, qu\u2019on pense aux ressources naturelles, à la faune et au développement régional notam- ny ment.Enfin, mentionnons que Monière nous dit que le Constituant aurait voulu codifier la common law.Déjà qu\u2019il nous forçait à retenir un sourire avec cette drôle d\u2019idée, plus loin lorsqu\u2019il nous révèle que l\u2019indépendance se serait faite sans aucun ressentiment antibritannique, on ne peut qu\u2019éclater de rire.En effet, considérant que les Québécois auraient aboli la monarchie, le parlementarisme britannique et la common law, on se demande bien se qui serait arrivé s\u2019il y avait eu un tel ressentiment antibritannique ! Cela étant dit, il n'en demeure pas moins que ce chapitre sur l'élaboration des institutions d\u2019un Québec souverain est plutôt réussi, entre autres en raison de son réalisme, qu\u2019on pense par exemple aux nombreux désaccords et oppositions dont il est fait mention.Cette dernière caractéristique distingue d'ailleurs ce chapitre des suivants, qui sont davanta-« tarte aux pommes », pour reprendre une expression populaire, tout en étant sans grand audace par ailleurs.En effet, que se soit la reconnaissance internationale, la conclusion d\u2019un traité avec des Autochtones ou l\u2019application d\u2019une politique environnementale, tout semble aller de soi ou presque au pays du Québec.Bien qu'il soit indéniable qu'une fois débarrassé des dédoublements et des entraves inhérentes au fédéralisme le Québec se serait mieux développé, parfois, les propos de Monière relèvent de la pensée magique.Par exemple, lorsqu\u2019il parle de l\u2019unanimité qui aurait émergé en matière de législation linguistique, il est permis d\u2019être septique.Personnellement, j\u2019aurais plutôt été tenté d'imaginer un Parti libéral revanchard qui, à défaut de faire retomber le Québec dans la fédération, aurait voulu saccager davantage la loi ioi, ne serait-ce que pour conserver un électorat anglophone effarouché par l'avènement de l'indépendance.Mais bon, tout ça n\u2019est que spéculation.ge u8 Que dire de plus, sinon que Fauteur a beau être un peu trop jovialiste, il n'en demeure pas moins que nous partageons entièrement sa thèse de fond à l'effet que si le Québec avait choisi la souveraineté il y a 25 ans, il ne s'en porterait que mieux.Guillaume Rousseau M JACQUES GAGNON, ALAIN-G.GAGNON, ET JACQUES PAILLARD (DIR.) Diversité et identités au Québec et dans les régions d\u2019Europe, P.I.E.-Peter Lang, Les Presses de l\u2019Université Laval, 2006 417 pages ) Avec un titre pareil, on s\u2019attendait à ce que ce livre, issu d\u2019une collaboration entre les centres d\u2019études québécoises de 1\u2019IEP de Bordeaux et l\u2019UQÀM, soit rempli de lieux communs et de « déjà lu ».Et c\u2019est entre autres ce à quoi on a droit avec le premier texte où Alain-G.Gagnon nous propose une défense du fédéralisme multinational, et ce, en se référant à tout ce que le Canada anglais compte d\u2019intellectuels.En effet, il cite Kymlicka, Tully et même Ignatieff.Convenons qu'il s\u2019agit là d\u2019un procédé scientifiquement pertinent.mais politiquement douteux.Parlant de doute, on ne peut passer sous silence le fait que Gagnon invoque l\u2019œuvre de Renan pour défendre le fédéralisme multinational, ce qui peut surprendre considérant que, sauf erreur, le célèbre penseur français n\u2019a jamais prôné la transformation de la France en fédération multinationale pour accommoder sa Bretagne natale.Cela dit, il convient de ne pas accorder plus d\u2019attention que cela à cette contribution qui, bien qu\u2019elle soit agréablement écrite, risque d\u2019être vite oubliée par le \u2022 se '.^7; fl* \u2022 i ii9 lecteur vu son manque d\u2019originalité.Quoique, ce dernier pourrait s\u2019en souvenir furtivement lorsqu\u2019il lira, quelques pages plus loin dans un autre texte, que plus les universitaires parlent d\u2019un fédéralisme abstrait accommodant plus le fédéralisme canadien réel est intransigeant.Mais avant d\u2019arriver à ce texte, le lecteur devra en parcourir d\u2019autres, à commencer par celui de Michael Keating et celui de Nicolas Levrat qui portent tous deux sur l'intégration européenne et les minorités, notamment celles des régions.On comprendra de ces textes que l'Europe offre plus de promesses que de résultats aux régions.Plus spécifiquement, du texte de Keating, on retiendra son caractère verbeux, comme le prouve la phrase suivante tirée de ce texte: « La seconde (question) s\u2019interroge sur l'émergence d\u2019un nouveau constitutionnalisme pluraliste aux échelons étatique et européen et sur la capacité de celui-ci d\u2019offrir des principes supranationaux pour un nouvel ordre plurinational »(?).Par contre, le texte de Levrat est plus pertinent, notamment en nous enseignant que les mécanismes par lesquels des régions s\u2019expriment sur la scène internationale au nom des nations qui les englobent favorisent l\u2019identité nationale au dépend de l\u2019identité régionale.Cette remarque permettra sans doute à l\u2019observateur de la politique canadienne de mieux comprendre le sens de la micro concession du fédéral au Québec dans le dossier de l\u2019UNE S CO.Suit une contribution signée Linda Cardinal qui porte sur les politiques linguistiques au Canada.Cette dite contribution apprend peu de chose à quiconque connaît bien le dossier, mais a au moins le mérite de rappeler que, loin de vivre à l\u2019ère de la mythique « paix linguistique », nous vivons au contraire dans un contexte d\u2019affrontement entre les politiques québécoise et canadienne en la matière.À l\u2019opposé, il 120 y a un texte de Bernard Gagnon sur l'entrecroisement des normes régionales, nationales et post-nationales en matière d'immigration, lequel texte minimise le contrôle qu'exerce le fédéral sur la politique de la citoyenneté au Québec.Cependant, le plus intéressant dans ce texte demeure sa description de l'intégration à la québécoise, laquelle serait et devrait être, selon l'auteur, complètement ouverte en matière de redéfinition de l'identité culturelle.Personnellement, j'ai tendance à croire qu'une telle avenue risque fort d'insé-curiser les membres de la société d'accueil et dès lors de nuire à l'intégration qui par définition requiert la participation de ces derniers.Sur le même thème, on sera gré à Micheline Labelle et François Rocher de nous rappeler dans leur texte que, bien qu'on aime à dire que citoyenneté et nationalité sont deux choses distinctes, dans les faits elles sont liées, comme le prouve l'insistance du fédéral sur les symboles canadiens et le virage de la citoyenneté emprunté par le Québec avec la création du MRCI.SéV Par la suite, dans cette pléthore de textes somme toute plutôt convenus, celui de Myriam Charbit sort du lot.En effet, en analysant la montée de partis religieux en Israël, cette contribution a le mérite de démontrer que ce pays n\u2019est pas qu\u2019une puissance occupante et qu\u2019il a une vie démocratique interne aussi riche qu\u2019intéressante.De son côté, Christian Poirier est aussi assez original en traitant des politiques multiculturalistes au niveau municipal, plus précisément à Ottawa et à Montréal.C\u2019est sans surprise que le lecteur constate que dans la capitale canadienne il existe une multitude d\u2019organismes valorisant la diversité ; lesquels organismes ont des noms unilingues anglais.Comme quoi le Canada est ouvert à la diversité.mais pas n\u2019importe laquelle comme en s\u2019en doutait.Par contre, le lecteur sera surpris d\u2019apprendre que le retrait de l\u2019arbre de Noël, d\u2019abord à J 121 Toronto puis à Montréal, est un élément d'universalisme selon Poirier.Pour ma part, j'y vois plutôt la marque du multiculturalisme, cette doctrine qui impose l'effacement de la culture majoritaire, et aussi celle de la stupidité.Par ailleurs, s\u2019en suit une série de textes portant sur la spiritualité.Il y a d\u2019abord la contribution de Louis Rousseau et Frédérick Castel qui est très substantielle.Elle est aussi fort pertinente tant elle vise juste en soulignant l\u2019immensité du défi que constitue le pluralisme religieux au Québec et l\u2019importance de l\u2019ouverture à l\u2019autre ainsi que de la défense des institutions communes.Toujours concernant les religions, soulignons la contribution de Jacques PaUard qui nous parle des développements récents en matière de laïcité au Québec et en France avant de conclure que : En définitive, les décideurs ne choisissent pas vraiment le modèle (communautarien vs républicain ; multiculturaliste ou inter culturaliste vs jacobin.) dans lequel ils inscrivent leurs projets et leurs actions en tel domaine ou en tel autre des politiques publiques : ils sont pour ainsi dire « pré-formatés » par leurs propres attributs ethnoculturels et socio-historiques et par ce qu'ils ressentent explicitement ou confusément comme leurs « raisons communes ».Par analogie, cette conclusion nous permet de mieux comprendre pourquoi le multiculturalisme, qui peut être considéré comme acceptable par une frange importante de l'opinion dans le monde anglo-saxon, est une aberration totale au Québec.Enfin, le texte suivant signé Jean-Pierre Proulx nous permet d\u2019approfondir encore plus notre réflexion sur la place de la religion au Québec, et particulièrement à l\u2019école, et ce entre autres à l\u2019aide de statistiques.Toutefois, il faut dire que l\u2019utilisation de ces statistiques est parfois questionnable.Par exemple, Proulx mentionne que : « [.] 60% des parents étaient d\u2019accord pour que l\u2019on souligne les fêtes des « autres » religions à l\u2019école et que l\u2019on y accepte leurs coutumes vestimentaires et alimentaires.En revanche, moins de 40 % étaient d\u2019accord pour qu\u2019on y affiche leurs symboles, les catholiques étant pourtant d\u2019accord à près de 70 % pour afficher leurs propres symboles ».Pourquoi ce passage en douce de la statistique concernant l\u2019ensemble des parents à celle concernant seulement les catholiques ?Considérant que ces derniers forment plus de 80 % du total des parents, on peut penser que ce 70 % de catholiques signifie qu\u2019une majorité des parents est en faveur de l\u2019affichage des symboles catholiques.Mais Proulx ne souhaite pas prendre cela en compte, à l\u2019inverse de ce qu\u2019il fait par ailleurs en matière d\u2019enseignement religieux, où le désir de la majorité de voir ses enfants en apprendre sur plusieurs religions lui semble un argument valable.Appelons cela un souci démocratique à géométrie variable.Dans un autre registre, le texte de Georges Felouzis qui porte sur la ségrégation ethnique dans les écoles françaises est fort intéressant, surtout qu\u2019il propose une solution réaliste : agir sur les conséquences plutôt que sur les sources de ce mot en affectant davantage de ressources aux écoles ségréguées et aux familles défavorisées.Quant au texte suivant il porte sur l\u2019idéologie du leader historique catalan Jordi Pujol.Cette idéologie peut être définie comme un nationalisme non sécessionniste, ouvert sur la diversité et accommodant pour la bourgeoisie catalane traditionnellement peu portée sur la lutte identitaire.De plus, ce texte nous apprend qu\u2019en Catalogne progrès national et progrès social sont presque toujours allés de pair, ce qui contredit la thèse simpliste de l\u2019incompatibilité entre la gauche et le nationalisme.D\u2019ailleurs, si on ajoute le cas de la Catalogne à celui du Pays Basque, de l\u2019Ecosse et du Québec, on serait plutôt tenté de conclure qu\u2019en ce qui concerne les petites nations ce serait plutôt la droite et le nationalisme qui seraient peu compatibles. 123 Cela étant dit, je m\u2019en voudrais de ne pas insister sur le texte de Gilles Labelle qui porte sur la Révolution tranquille, et ce, bien qu\u2019il soit d\u2019une profondeur qui complique singulièrement sa synthèse.Dans ce texte donc, Labelle expose les fondements de la Révolution tranquille, soit l\u2019identité québécoise, l\u2019histoire perçue comme orientée vers une fin, l\u2019État et la « praxis du grand nombre ».Puis, il soutient qu\u2019en l\u2019absence de forces contre-révolutionnaires qui auraient pu être dirigées par l\u2019Église, la révolution a débouché sur une contestation de toutes les institutions, ou du moins de la hiérarchie et des interdits qu\u2019elles supposent, et sur un hyper-individualisme.Dès lors, l\u2019identité collective, l\u2019histoire commune ainsi que le désir d\u2019achèvement qu\u2019elle charriait s\u2019en sont trouvé dévalorisés, alors que le néo-libéralisme pouvait triompher.Labelle termine magnifiquement son texte en rappelant que : « comme Saturne, la révolution finit immanquablement par dévorer ses propres enfants ».C\u2019est à lire.U avant dernière contribution est celle de Xabier Itçaina et porte sur la coopérative Mondragon au Pays basque et le Mouvement Desjardins au Québec.La comparaison n\u2019est pas inintéressante, surtout qu\u2019elle prouve que l\u2019Église a joué un rôle favorable à l\u2019émancipation nationale dans ces deux contextes.Finalement, le texte de Marc-Urbain Proulx sur l\u2019appropriation territoriale au Québec vient couronner l\u2019ouvrage par une habile description de quatre concepts fondamentaux en cette matière : la cité, la communauté, la région et le district industriel.Proulx mentionne à la fin que l\u2019appropriation territoriale a beau être importante, elle est limitée notamment par la centralisation et le déficit démocratique local.Bien qu\u2019on ne puisse qu\u2019être d\u2019accord avec Proulx sur ce point, on aurait aimé quelques solutions concrètes, ce qui serait d\u2019autant plus pertinent que, souvent, en s\u2019attaquant à une de ces limites on atteint aussi l\u2019autre. 124 En effet, il suffirait de réduire le déficit démocratique local, par exemple en limitant à deux le nombre de mandats à la mairie, pour légitimer une plus grande décentralisation.Bref, il s'agit là d'un livre dont la pertinence est certaine.Mais, comme les sujets abordés sont variés, je recommanderais au lecteur d'être sélectif avant de se lancer corps et âme dans sa lecture.Guillaume Rousseau RENÉO LUKIC La politique étrangère de la Croatie, Québec, Presses de l'Université Laval, 2006, 316 pages Les nouveaux pays indépendants commencent à faire parler d'eux et même si chaque situation est spécifique les exemples de ce qui se passe ailleurs peuvent être utiles pour ceux qui mènent le combat pour la souveraineté du Québec.On peut au moins y apprendre qu\u2019en dépit de grandes difficultés il est possible de réussir un projet d\u2019indépendance nationale.lu- La question de la reconnaissance internationale des nouveaux pays indépendants est au cœur du processus d'accession à l'indépendance et le livre du professeur Lukic expose clairement les différentes étapes qu\u2019a traversé la Croatie pour être reconnue sur la scène internationale.Il relate l'expérience croate en présentant d'une part les démarches diplomatiques des dirigeants de ce nouveau pays et d\u2019autre part en expliquant les comportements des principales puissances internationales devant l'émergence de ce nouveau * t 125 pays.En plus de ce double point de vue, T ouvrage revêt un intérêt particulier puisqu\u2019il fait appel aux recherches d\u2019étudiants au doctorat des universités québécoises ce qui montre bien l\u2019ouverture des universitaires québécois aux questions internationales.Trois objectifs ont animé la politique étrangère de la jeune république croate : d\u2019abord obtenir la reconnaissance internationale, ensuite mettre fin à l\u2019état de guerre avec ses voisins et enfin s\u2019intégrer aux institutions européennes.L\u2019indépendance de la Croatie a été proclamée le 25 juin 1991.Il fallait alors faire sortir du néant une politique étrangère croate car jusque là la fédération yougoslave s\u2019était appropriée le champs des relations internationales.Compte tenu de la situation de guerre qui prévalait entre la nouvelle république et son état tutélaire, la politique étrangère fut centralisée à la présidence de la république.Pendant six mois, aucun pays ne reconnut la nouvelle république et c\u2019est l\u2019Allemagne qui fut le premier État à reconnaître la nouvelle république, le 23 décembre 1991.L\u2019Allemagne en agissant unilatéralement cour-circuitait le processus de reconnaissance des États de l\u2019ex-Yougoslavie adopté au Conseil européen du 16 décembre 1991.La France pour sa part s\u2019opposait à cette reconnaissance, le président Mitterrand favorisant une politique pro-serbe.Cette reconnaissance allemande fut cruciale car les relations entre la Croatie et l\u2019État yougoslave prenaient une tournure guerrière qui menaçait l\u2019intégrité du territoire croate.Ce précédent fut invoqué quelques années plus tard par les leaders souverainistes québécois pour montrer que la France pourrait faire comme l\u2019Allemagne et être la première à reconnaître la souveraineté du Québec sans obtenir au préalable l\u2019aval des pays européens.* à 126 La capacité de faire respecter son autorité sur l\u2019ensemble du territoire est une autre phase cruciale dans la naissance d\u2019un nouveau pays.Or pour maintenir l\u2019intégrité de son territoire, la Croatie dut recourir aux armes puisqu\u2019un tiers de son territoire était occupé par l\u2019armée sécessionniste serbe.Cet objectif ne fut atteint que grâce à l\u2019entrée en scène de la superpuissance américaine.Le gouvernement américain n\u2019avait pas soutenu la naissance de la nouvelle république et attendit jusqu\u2019au 7 avril 1992 avant de la reconnaître formellement.Ce long délai est en partie responsable de la violence militaire puisque cet attentisme laissait le champ libre à LÉtat serbe.Mais mieux vaut tard que jamais et cette reconnaissance coordonnée avec celles des États européens ouvrit les portes de l\u2019ONU à la Croatie qui est devenue le 177e membre des Nations-Unies, le 22 mai 1992.Ce n\u2019est qu\u2019en 1993 avec la signature de l\u2019accord de Washington que les effets de cette reconnaissance se firent sentir et que les États-Unis acceptèrent d\u2019aider la Croatie à consolider ses forces armées.Les Américains étaient alors surtout préoccupés par la question bosniaque et cherchaient à affaiblir l\u2019État serbe en renforçant la Croatie.Le deuxième objectif de la politique étrangère de la Croatie, soit la reconnaissance de l\u2019intégrité de son territoire national fut atteint que le 23 août 1996, la Serbie reconnaissant pour la première fois la Croatie à l\u2019intérieur de ses frontières.Cet accord permit de normaliser les relations avec l\u2019ancien État tutélaire.Mais la politique agressive de la Croatie envers la Bosnie et le déficit démocratique du règne du président Tudman nuisirent au développement des relations bilatérales avec les USA jusqu\u2019en 2000 date de l\u2019arrivée au pouvoir d\u2019un nouveau gouvernement.R.Lukic écrit à propos de ce changement de gouvernement : « Une fois que les dirigeants croates eurent tourné le dos au nationalisme ethnique qui était la force motrice du régime précédent, les portes des organisations ÎO ' \u2022 »r.0 » \u2022 ï.# Ul'r I « \u2022 # iCQî a,t # T 127 internationales, fermées à la Croatie depuis 1995, ont commencé à s\u2019entrouvrir » (p.8) L\u2019objectif ultime de la nouvelle république qui était d\u2019inté grer l\u2019union européenne se pointe maintenant à l\u2019horizon.La Croatie est depuis juin 2004 candidate officielle à l'adhésion à l\u2019Union européenne et les négociations formelles ont débuté le 3 octobre 2005.Elle pourrait devenir membre de l\u2019UE en 2009.Elle cherche aussi à se joindre à l\u2019OTAN, mais ce volet est peu développé dans le livre.Cette courte histoire de l\u2019entrée mouvementée d\u2019un jeune pays sur la scène internationale est passionnante à lire et même si ce cas n\u2019est pas comparable à la situation québécoise, on y retrouve l\u2019essentiel des problèmes de reconnaissance que devront résoudre les futurs dirigeants de la république du Québec.Nous souhaitons que d\u2019autres universitaires nous donnent accès à l\u2019histoire des autres nouveaux pays indépendants qui ont réussi leur indépendance dans des conditions moins difficiles.U Denis Monière i e 4* y*.\u2022 t.4 % 128 COURRIER DES LECTEURS LES BARBARES CIVILISATEURS OU LE FANATISME À LA MODE CANADIENNE Je salue la chronique « salutaire » de M.Michel David parue dans Le Devoir du 14 novembre dans laquelle il tourne en dérision, avec ô combien de pertinence, les concitoyens Serge Joyal, Monique et Max Memni, Lex-juge hideur eux-Dubé, ainsi que quelques autres personnages de même farine idéologique.(heureusement !) Claire C'est tout de même impressionnant, admettons-le sans détour, une arrogance et un mépris semblables (lire ou relire sans plus tarder cette pièce d\u2019hagiographie de la suffisance publiée la veille dans le même quotidien « Débat au Parti libéral - Le Québec nation ?Il y a, c'est certain, une meilleure avenue ! », 13 novembre 2006).De la part de Québécois qui plus est, pour l'essentiel.Ces gens-là vivent dans un autre siècle.Le XIXe.D\u2019où nous arrive en cinquième au plancher le fils Justin de papa Trudeau, très manifestement.Or comme disait Talleyrand des Bourbons de la Restauration : « Ils n\u2019ont rien appris, ni rien oublié ».Il faut dire quand même que le trudeauisme aveugle manière Serge Joyal et couple Memni n\u2019étonne plus personne depuis des lunes.Depuis le temps, en effet, que ces indivi- 129 dus tiennnent leur obscurité personnelle pour les lumières de YAufklarung, voire de rhumanité pensante.D\u2019ailleurs, pour qui a oublié ce qu\u2019il faut bien nommer le fanatisme typiquement Canadian de ces « idolâtres » de Pierre Elliott Trudeau, je renvoie à cet échange épistolaire public d\u2019un Vigilien avec 1\u201d« honorable » Serge Joyal : « Légitimité douteuse » (www.vigile.net/ds-actu/docs4a/7-3.html#tljd), « L\u2019Ordre national du Québec.» (www.vigi-le.net/ds-actu/docs4a/7-io.htmhhlhpj ainsi que les apports qui suivent.Ma seule authentique déception à la lecture de ce texte (car au fond il faudrait sans doute en sourire en haussant les épaules, comme on sourit par-devers soi devant la petite bêtise de l\u2019enfant qui n\u2019a pas réellement conscience de ses actes) - texte qui n\u2019a d\u2019ailleurs rien à envier à l\u2019esprit colonial européen (allemand, anglais ou français, voire belge, italien, portugais ou hollandais) du XIXe siècle (décidément.) -c\u2019est la présence « tout d\u2019une pièce » au sein de cette équipe déjantée (on croirait lire une missive du Dominion de 1953 aux French provincialeux alors sous la gouverne d\u2019un certain Maurice Le Noblet Duplessis) de l\u2019ex-juge de la Cour suprême, Mme Claire L Heur eux-Dubé, la première signataire de cette lettre (et possiblement, on peut le présumer, la rédactrice principale).Reste que.Quand je songe que des esprits aussi obtus et bornés puissent avoir accès aux fonctions les plus importantes et les plus « nobles », du moins en principe, au sein de notre société, je me dis qu\u2019il faut vraiment que nous soyons suicidaires - nous, Québécois(es) - pour nous entêter à demeurer dans ce pays d\u2019un autre âge nommé Canada, et qui n\u2019a V \u2022 â s ¦ I \u2022 u 1 *.\u2022 t I.130 visiblement rien mieux à faire, entre deux élections, qu\u2019à pratiquer l\u2019onanisme de la condescendance et du mépris sur l\u2019altérité qu\u2019il est incapable de comprendre ni de respecter.Fût-elle, cette altérité, celle de nous-même comme peuple français des Amériques vu au travers du prisme déformant du « maître » imbu de sa propre majesté me* Tout ceci relève bien de la pathologie.De la bêtise dans le meilleur des cas.Soyons clairs : les Joyal, les Memni et les U Heureux-Dubé de ce monde sont de véritables fauteurs de guerre.Aussi nommés barbares civilisateurs.Marie-Louise Lacroix MarieLacroix@moncanoe.com Capitale nationale, 15 novembre 2006 \u2022 fl t I 131 INDEX DES ANNONCEURS in Allard &Cie CA ii2 Rassemblement pour un Pays souverain 9 Caisse d'économie solidaire Desjardins f ,t.r hi Sansregret, Taillefer et Associés Ail io Devoir; Le 104 Société Saint-Jean- Baptiste de la Mauricie ni Jean-Claude St-André, député de lAssomption ii2 Société Saint-Jean- Baptiste du Centre du Québec ii2 Mouvement national des Québécoises et Québécois J : ! a -a ».e a ' t ¦ gfX.T; % z 1 \u2022 - m £ *-F - 132 INDEX DES AUTEURS 2006 A ANCTIL, DAVE L\u2019homme fini et la génération Argument Michael Ignatieff : le vol de l\u2019aigle blanc Le national-fédéralisme universitaire ans la construction du Canada Louis-Georges Harvey.Le Printemps de l\u2019Amérique française.Américanité, anticolonialisme et républicanisme dans le discours politique québécois, 1805-1837 (CR) ARCHAMBAUL, LUC Le Conseil de presse, le dossier Rabaska et la couverture journalistique u Journal de Québec 84-93 87-IO4 Février Octobre Mars 32-44 181-189 Avril-Mai Avril-Mai I3I_I34 BEAUMIER, JACQUES Atlantica : un État-région émerge aux portes du Québec BERGERON, CARL La défaite des beaux esprits La fondation d\u2019une littérature bi-nationale Le spectre infernal de Hubert Aquin BERNARD, LOUIS Il faut achever la révolution tranquille Postface BLOUIN, PIERRE Lutter pour un paysage et s\u2019opposer à l\u2019économisme BOCK-COTÉ, MATHIEU Denise Bombardier.Sans complaisance Novembre 40-45 Février Octobre Avril-Mai 34-44 r\\ 33-41 y y.I 30-48 - \u201c .Lit m ; m U*.il fi .#1 114-118 Janv Alte Il # >1 RS » Septembre 12-21 » \u2022 ai tu Novembre 106-110 (CR) Susan Mann.Lionel Groulx et LAction française.Le nationalisme canadien-français dans les années 1920 (CR) Robert B oily (dir.).Un héritage controversé.Nouvelles lectures de Lionel Groulx (CR) André Pratte.Aux pays des merveilles.Essai sur les mythes politiques québécois (CR) * * \u2022 M Î Février 120-124 '#1* ¦ \u2022 \u2022 Avril-Mai 205-211 Juin I44'I5I H t 133 Christian Rioux.Carnets d\u2019Amérique (CR) Novembre Dix ans de souverainisme progressiste : autopsie d\u2019un échec BOURQUE, JEAN-LOUIS Nouveaux regards sur Cuba et la révolution castriste BRIÈRE, MARC Le Québec court-il tranquillement à sa perte ?Et que pense vraiment le prince-qu\u2019on-sort ?120-124 55-6o Mars 53-63 Novembre Novembre 19-22 c CHARPENTIER, JEAN-LOUIS CHOI-FM : quelques leçons CHARTRÉ, JEAN-PHILIPPE Pourquoi j\u2019écris dans L'Action nationale Denys Arcand.Hors champ : écrits divers 1961-2005 (CR) Pierre Maisonneuve.Le journaliste et le cardinal (CR) Alain Samson.Les boomers finiront bien par crever : guide destiné aux jeunes qui devront payer les pots cassés(CR) CLOUTIER, ÉDOUARD Gomery lave plus blanc ! CLOUTIER, JEAN-FRANÇOIS Égards, no 10, Hiver 2005-2006 (CR) Dominique Garand.Accès d\u2019origine ou pourquoi je lis encore Groulx, Basile, Perron (CR) Février 96-103 Roxanne Bouchard.Whisky et paraboles (CR) COMITÉ DE RELANCE ET DE DIVERSIFICATION DU SECTEUR DES COTEAUX Notre forêt est notre meilleur gage de prospérité Juin 82-103 CORNELLIER, LOUIS L\u2019honneur de la gauche québécoise COURTOIS, CHARLES Le fleuve Saint-Laurent, son avenir et l'indépendance nationale 64-86 Novembre Mars 25-31 198-205 Avril-Mai 138-143 Juin 126-132 Octobre Janv 40-111 Mars 132-135 Juin 133-138 Juin 38-42 Avril-Mai 70-98 ?1 * M I *\u2022« 1 *MI«I ii rS t « i »« *8™ ifW 134 L\u2019avenir du lac Saint-Pierre et du fleuve Saint-Laurent comme milieux de vie Avril-Mai 101-109 Les ignifuges bromes : un record mondial ! Avril-Mai 110-118 Souveraineté : la voie suisse ?Octobre 16-29 Juin 16-28 V 1 Histoire d\u2019une confusion D\u2019ARCY, MYRIAM Pierre Godin.René Lévesque, l\u2019homme brisé (CR) Avril-Mai 174-178 DUBREUIL, BENOÎT Patrick Bourgeois.We are Québécois when ça nous arrange (CR) Intégration des immigrants - Pour une approche basée sur les résultats DUBUC, PIERRE Le rôle des radios-poubelles lors de la dernière élection fédérale DURAND, CHARLES XAVIER « Si ce n\u2019est pas rédigé en anglais, ça ne vaut pas la peine d\u2019etre lu ! » Janv 127-130 Octobre 44-69 Mars 47-54 Septembre 44-86 FERRETTI, ANDRÉE Pour d\u2019heureuses retrouvailles Le prestige de l\u2019indépendance FRANÇOIS, MATHILDE Lettre ouverte « omnibus » Septembre 90-104 Décembre 38-44 Décembre 71-76 G GARCIA, MICHEL, GERVAIS, RICHARD Santé : Pour un développement durable GARIÉPY, NORMAND Une approche durable du développement de la réserve de la biosphère du lac Saint-Pierre Avril-Mai 125-13o GAUDREAULT, ROMAIN Le Québec sous l\u2019Empire : comment se défaire du syndrome de Stockholm GAULIN, ANDRÉ Les aspects de la culture et du pouvoir symbolique 79-83 Février Février 13-29 8-18 Novembre ]35 GAUTHIER, SERGE De la réserve folklorique à la nation réelle Septembre L'étemel retour des Belles Histoires des pays d\u2019en haut ou le temps s\u2019est arrêté à Sainte-Adèle Un folklore sans nation GENEST, JACQUES Développement irrationnel de la médecine universitaire à Montréal GERVAIS, RICHARD Citoyenneté et identité Rezeq Faraj.Palestine : le refus de disparaître (CR) GILL, LOUIS L\u2019écran de fumée du « Fonds des générations » Remboursement de la dette : une fausse urgence George Orwell, combattant et témoin de la guerre civile espagnole GIROUL, PHILIPPE La saga du lac Saint-Pierre 29-34 Janvier 33-37 Décembre 60-65 Avril-Mai 24-29 Février 4572 Février 133-136 Avril-Mai 12-14 Mars 17-24 Juin 29-37 Avril-Mai 119-124 L LABELLE, CAROLINE Claude Morin.U affaire Morin (CR) LABERGE, HENRI Le statut de Westminster et l\u2019indépendance de l\u2019Assemblée nationale LACROIX, FRÉDÉRIC Les services de santé au Canada : Une perspective linguistique LACROIX, FRÉDÉRIC, SABOURIN PATRICK Halte à la méga-folie hospitalière ! LAMOUREUX, ALEXANDRE Patrick Bourgeois.Nos ennemis, les médias (CR) Pierre Mouterde.Repenser l\u2019action politique de gauche (CR) Octobre 133-136 Décembre 55-59 Mars 87-108 68-75 Mars Février 126-132 Novembre 115-120 136 \\ 1! LAPLANTE, ROBERT Ce que le fleuve nous révèle Sur l\u2019attentisme et ses effets délétères Notre lutte est nationale L\u2019ordre de marche Dans la nuit du 24 juin L\u2019irrationnel et sa rationalité sous-jacente Ces insignifiants mantras Le fil de l\u2019été Crise forestière : Recadrer les problèmes pour agir avec cohérence La tristesse du ministre Couillard Paul-Émile Roy.Il faut achever la Révolution tranquille ! (CR) Lise Bissonnette.La flouve.Le parfum de Balzac (CR) Suzanne Clavette (dir.) L\u2019Affaire silicose (CR) Paul Ohl.Louis Cyr, une épopée légendaire (CR) LAPOINTE, ALEXIS Aurélien Boisvert.Dollard.Ses compagnons et ses alliés (CR) LÉGER, JEAN-MARC Des ravages du politiquement correct Le message de la Francophonie Le réveil des identités, le salut par la diversité Monter la garde face au danger de l\u2019uniformisation Respect de sa langue, respect de soi-même Le « déséquilibre fiscal », savoureux et dangereux euphémisme Supprimer les « commissions scolaires » LÉVESQUE, MICHEL Pour en finir avec le bon et juste Adélard Godbout LUSSIER MARCEL Les aspects internationaux de la gestion de l\u2019eau d\u2019un Québec souverain Avril-Mai Décembre Février Janv Juin Mars Octobre Septembre 2-5 2-8 2-6 2-^ 2-5 2-5 2-5 2-8 Novembre Novembre 90-103 2-5 Septembre 105-10 9 122-126 Octobre Novembre 110-114 Janv 130-134 ?Septembre 114-119 Décembre Février 53-54 10-12 38-39 Novembre 1 14-16 10-12 Mars Octobre Juin Avril-Mai 13-15 15-16 Décembre 45-52 63-69 Avril-Mai 137 MONIÈRE DENIS « Que Dieu bénisse le Canada » La cause et le chef Pourquoi on ne peut faire naître un pays par une élection Jean Chartier.La taupe : chronique d'un référendum (CR) La route de l'indépendance La force d\u2019une illusion Décembre Octobre 77-79 30-32 73-7^ Février Février 103-106 Mars 110-104 Mars 61-66 NAUD, LÉONCE Un fleuve inacessible Avril-Mai 162-171 PAILLÉ, MICHEL La portée de la loi 101 se limiterait-elle au domaine public par peur de P« assimilation » ?PARADIS, CHARLES V\u2019ià l'bon vent, v\u2019ià P joli vent PARENTEAU, DANIC La question nationale québécoise et le principe de la diversité culturelle PEDNEAUD-JOBIN MAXIME La montagne a bougé ! PRÉFONTAINE LOUIS La grande illusion Novembre 23-37 Juin 122 -125 Novembre 46-52 Février 30-33 76-86 Mars RIOUX MICHEL Suzanne Clavette.Les dessous d\u2019Asbestos (CR) ROCHE MICHEL L\u2019effet Boisclair ROUSSEAU GUILLAUME Les Québécois de confession musulmane : du multiculturalisme à l\u2019intégration nationale ?Septembre 109-114 Décembre 66-70 Octobre 70-86 ig8 Laurence Behrer, Jean-Paul Collin, Éric Kerroucheet Jacques Pallard (dir.).Jeux d\u2019échelle et transformation de l\u2019Etat :1e gouvernement et des territoires au Québec et en France (CR) Février 114-120 Patrice Leblanc et Marc Molgat (dir.) La migration des jeunes, Aux frontières de l\u2019espace et du temps (CR) Eugénie Brouillet.La négation de la nation.L\u2019identité culturelle québécoise et le fédéralisme canadien (CR) La nation à l\u2019épreuve de l\u2019immigration ROY, JEAN Mario Cardinal.Point de rupture (CR) André Malavoy.Mémoires d\u2019outre-Atlantique.À la conquête de Montréal (CR) Ré jean Pelletier, Manon Tremblay et al.Le parlementarisme canadien, 3e édition (CR)Avril-Mai 189-198 Luc Dupont.Guy Maufette, le laboureur d\u2019ondes.Portrait de siècle avec homme de radio (CR) André Burelle.Pierre Elliott Trudeau.L\u2019intellectuel et le politique (CR) Alain G.Gagnon, Monserrat Guiberneau, François Rocher et autres.The conditions of diversity on Multinational Democracies(CR) Novembre Robin Philpot.Le référendum volé (CR) ROY, PAUL-ÉMILE L\u2019Irak, les États-Unis, la France et nous François Ricard.Chronique d\u2019un temps loufoque (CR) Micheline Cambron (sous la direction de).La Vie culturelle à Montréal vers 1900 Préface de Lise Bissonnette (CR) Pierre Vadeboncoeur.Essais sur la croyance et l\u2019incroyance (CR) Mars 122-128 Septembre 119-133 Octobre 100 -104 106-114 Février 128-132 Mars 128-133 Juin Octobre 105-115 125-134 no-125 Janv 8-16 Janv Mars 120-122 178-181 Avril-Mai * I ï Janv 125-127 SABOURIN, PATRICK L\u2019art d\u2019obtenir un médecin pour le prix de deux Décembre 27-37 139 >(} H SAUVÉ, JEAN-RENÉ-MARCEL Guerre perdue : guerre gagnée Axe d\u2019un État SÉNÉCHAL, PIERRE-PAUL Port méthanier sur le Saint-Laurent : Un risque pour l\u2019économie du Québec Rabaska : L\u2019insoutenable laisser-fraire SERRÉ, PIERRE Assurer l\u2019avenir : opter pour un nouveau mode de scrutin Les élections fédérales 2006 et l\u2019exclusion du Québec SIMARD, MAJELLA Pour une mise en valeur équitable et harmonieuse de la filière éolienne SAINTE-MARIE, GABRIEL Énergie éoliennne : Hydro-Québec doit rester maître Janv Avril-Mai 17-32 52-58 46-81 12-23 Juin Décembre Avril-Mai I7_23 81-110 Décembre 22-28 Septembre Juin 104-121 T THIBAULT, LISE RABASKA Avril-Mai 142-161 V VADEBONCOEUR, PIERRE Dérapages Le robot économique, le robot politique Faire comme si ?Intériorisation de l\u2019échec La démocratie moins le peuple Une politique déconnectée Avril-Mai Mars Octobre Décembre Septembre Juin 8-n 8-13 13-15 24-26 35-41 8-12 Y YANACOPOULO, ANDRÉE Les éditions Sisyphe : Pierrette Bouchard, Natasha Bouchard et Isabelle B oily.La sexualisation précoce des filles (CR) ;Vida Amirmokri, Homa Arjomand, Élaine Audet, Micheline Carrier, Fatima Houda-Pepin.Des tribunaux islamiques au Canada ?(CR) ; Élaine Audet.La prostitution (CR) Octobre 116-121 U IV* ! i i EN HERITAGE V Qyd éa (d/ô éclate/ et em '^e/m^e/^ece/crve'nt V I \\ I LEGUER POUR QUE L'ACTION NATIONALE CONTINUE \u2022 I * .- T fl \u2022 \u2022 r?; elfl 4 U Iftll tif IV* 141 A ¦« CLUB DES 100 ASSOCIÉS Marcel Henry Henri Joli-Cœur Lucie Lafortune | Anna Lagacé-Normand j* Bernard Lamarre Denis Lazure Richard Leclerc Clément Martel Jacques-C.Martin Yvon Martineau Roger Masson Daniel Miroux Louis Morache Rosaire Morin y Reginald O\u2019Donnell Arthur Prévost René Richard \"j* Jacques Rivest Jean-Denis Robillard Ivan Roy Marcel Trottier Réal Trudel Cécile Vanier André Verronneau Claude-P.Vigeant Madeleine Voora Fernand Allard Patrick Allen \"[* François-Albert Angers ÿ Gaston-A.Archambault j\u2019 Jean-Paul Auclair Paul Banville Thérèse Baron François Beaudoin Gaston Beaudry Dominique Bédard Yvan Bédard Henri Blanc Antoinette Brassard Henri Brun Jean-Charles Claveau Roch Cloutier Robert Côté Louis-J.Coulombe Gérard Deguire Bob Dufour Yves Duhaime Nicole Forest Léopold Gagnon Henri-F.Gautrin ~\\ Claude Ghanimé Paul Grenier Michel Grimard Yvon Groulx i 9 * I Liberté d\u2019expression L'Action nationale ouvre ses pages à tous ceux et à toutes celles que la question nationale intéresse.Respectueuse de la liberté d\u2019expression, elle admet les différences qui ne compromettent pas P avenir de la nation.La Rédaction assume la responsabilité de tous les titres d\u2019articles, mais les auteurs restent responsables du contenu de leurs textes.Rédaction Un article soumis sans entente préalable peut varier de 1500 à 2500 mots, le compte rendu d\u2019un livre peut compter de 1000 à 1500 mots et un article sollicité peut comprendre de 3000 à 8000 mots.Les textes sont généralement reçus par internet.Le texte vulgarisé est la forme d\u2019écriture souhaitée.Index Les articles de la revue sont répertoriés et indexés dans « L\u2019index des périodiques canadiens » depuis 1948, dans « Périodex » depuis 1984, dans « Repères » publié par S DM Inc.et à la Bibliothèque nationale du Québec depuis 1985.Reproduction La traduction et la reproduction totale ou partielle des textes publiés dans LAction nationale sont autorisées à condition que la source soit mentionnée.Mise en page Sylvain Deschênes Impression Marquis imprimeur I M3 LA LIGUE D\u2019ACTION NATIONALE Mission Être un carrefour souverainiste où se débattent les aspirations de la nation québécoise comme collectivité de langue française suivant une tradition de réflexion critique, d'indépendance et d'engagement, à partir des situations d'actualité qui renvoient aux enjeux fondamentaux de notre avenir collectif.1 Membres Dave Anctil Pierre de Bellefeuille Jacques B rousse au Mathieu Bock-Côté Jean-Jacques Chagnon Eric Devlin Benoît Dubreuil Christian Gagnon Alain Laramée Anne Legaré Geneviève Lé garé Yves Michaud Jacques-Yvan Morin André Poupart Guillaume Rousseau Paul-Émile Roy Président Denis Monière Vice-président Pierre Noreau Secrétaire Gilles Lavoie Trésorier Robert Ladouceur Conseillers Isabelle Le Breton Jacques Martin : Ex Officio Robert Laplante Membres honoraires Thérèse Baron, Christiane Bérubé, Nicole Boudreau, Jacques Boulay, Guy Bouthillier, Hélène Chénier, Delmas Lévesque, Pierre Dupuis, Lucia Ferretti, Yvon Groulx, Léo Jacques, Roméo Paquette, Hélène Pelletier-Baillargeon, Gilles Rhéaume Membres émérites René Blanchard, Jean-Charles Claveau, Jean Genest, Jean-Marc Léger, Georges Meyers Prix Richard-Arès Le prix Richard-Arès a pour objectif de promouvoir la culture nationale.ABONNEMENT TO numéros numéros Abonnement 60 $ Prix André-Laurendeau no $ Le prix André-Laurendeau reconnaît les meilleurs articles publiés dans la revue au cours de l'année.Institution 108 $ 180 $ Abonnement de soutien Fondation Esdras-Minville 150 $ 250 $ Cette fondation recueille des fonds dont les revenus financent en partie les activités de la revue.Étudiants 35$ 61 $ Autres pays ISSN-0001-7469 ISBN-2-89070 120 $ 198 $ Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Périodicité : 10 numéros par an Paiement par VISA ou Mastercard accepté L'ACTION NATIONALE 82, me Sherbrooke Ouest Montréal (Québec) H2X 1X3 Téléphone : 514-845-8533 sans frais, 1-866-845-8533 Pour nous joindre par courriel : administration@action-nationale.qc.ca Site : http ://www.action-nationale.qc.ca Envoi de Poste - Publications - Enregistrement N° 09113 «Nous reconnaissons l\u2019aide financière du gouvernement du Canada, par l\u2019entremise du Programme d\u2019aide aux publications (PAP) pour nos dépenses d\u2019envoi postal» Canada « Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada à notre adresse ». - ni '¦ r» Ifj f \u2022\u2022 l'f r« / V ' t » ï I -x / ' 11 v T# tVL r * r wmh -
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