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Le soleil
Journal quotidien d'information de grande diffusion publié à Québec. Il a longtemps été associé directement aux partis politiques libéraux.
[...]
Le Soleil voit le jour à la fin de 1896 pour prendre la relève du quotidien d'allégeance libérale L'Électeur, qui avait subi la réprobation de l'Église. Sans perdre un seul jour de publication, le journal, qui avait publié les contributions de Louis Fréchette, Arthur Buies et Wilfrid Laurier, est relancé sur un ton plus modéré, sous son nom actuel, à l'initiative d'Ernest Pacaud et des directeurs de la Compagnie d'imprimerie du Québec.

Jusqu'au milieu du XXe siècle, les principaux actionnaires et dirigeants du journal sont des hommes politiques libéraux. Le Soleil s'affiche d'ailleurs pendant tout ce temps comme un organe des partis libéraux provincial et fédéral. Il deviendra par la suite un journal d'information généraliste.

Au fil des ans, le journal accueille les contributions de grands rédacteurs et journalistes : Ulric Barthe, Henri d'Hellencourt, Jean-Charles Harvey, Joseph Barnard, Raymond Dubé, Joseph Hardy, Joseph Voisard, Henri Dutil, Paul Audet et Gilbert Lavoie, parmi plusieurs autres. Dès le milieu des années 1930, Germaine Bundock et Renaude Lapointe tiennent des chroniques féminines et couvrent les actualités culturelles et sociales; viennent ensuite Monique Duval, puis Lise Lachance. Le journal imprime des photographies d'Alcide puis de Pierre Martineau, et plus tard de Raynald Lavoie et de Clément Thibault. Les caricaturistes Raoul Hunter, puis Berthio (Roland Berthiaume) et André-Philippe Côté y feront aussi leur marque.

En 1936, Le Soleil consolide sa présence sur le marché de la presse quotidienne de Québec lorsqu'il acquiert son concurrent, L'Événement, publié depuis 1867, puis Le Journal en 1938. Les deux titres sont fusionnés. L'Événement-Journal sera publié de 1938 à 1962, puis il reprendra le nom de L'Événement jusqu'à sa fermeture définitive en 1967.

Après avoir été présidé par la famille Gilbert (à partir de 1948), Le Soleil est acquis en 1974 par Jacques Francoeur et le groupe Unimedia. Le journal passe aux mains du groupe Hollinger de Conrad Black en 1987, puis à celles du groupe Gesca en 2000. En 2006, pour faire face à la concurrence du populaire Journal de Québec, il abandonne le grand format pour adopter le format tabloïd.

Le Soleil
est tiré à 22 000 exemplaires en 1907, à 49 000 en 1932, à 121 000 en 1960, à 160 000 en 1971, pour redescendre à 100 000 exemplaires en 1987 puis à 80 000 en 2000.


Sources :


BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 11-15.

LEMIEUX, Louis-Guy, Le roman du Soleil - Un journal dans son iècle, Québec, Septentrion, 1997.

BOIVIN, Mathieu, « Tout petit, le Soleil », Trente, vol. 31, no 8, septembre 2007.

CARDINAL, François, « Le Soleil brillera-t-il pour Gesca? », Trente, vol. 25, no 6, juin 2001.


Éditeur :
  • Québec :Le soleil,[1896]-
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Supplément
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  • Journaux
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quotidien
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    Prédécesseur :
  • Électeur (Québec, Québec : 1880 : Édition quotidienne)
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Le soleil, 2012-04-21, Collections de BAnQ.

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[" -vy mi ihsation pour un w >'j> .8i/cfl PROMOTION Le samedi 21 avril 2012 ^x: ¦ Tous mobilises pour le Nord ATnundsen, ArcticNet, CEN, CIÉRA, Nasivvik, Québec^Kréan etxfitoütfik Depuis plus de 50 ans, des chercheurs de I Université Laval concentrent leurs études sur le Grand Nord canadien.Au fil des ans, un noyau dur d'experts s'est formé et des découvertes impressionnantes ont jalonné la carrière de ceux-ci.De solides partenariats se sont aussi développés avec de nombreuses universités, groupes de recherche et organismes gouverne-^ 1 mentaux au Canada et à l'étranger.Ce partage aé^;< connaissances s'effectue dans toutes les sphères deé^ recherche-sciences naturelles, sciences de la santé ejjHf sciences sociales-, mais aussi en relation étroite aveéïïè les communautés autochtones du Nord afin de mieux|> comprendre le fonctionnement des écosystèmes terrestres et marins, ainsi que d'anticiper et de réagir aux changements climatiques, environnementaux et-sociaux importants qui affectent déjà le Nord et qui nev feront que s'amplifier.Aujourd'hui, sept centres d'excellence interinstitutionnel% (I'Amundsen, ArcticNet, le CEN, le CIÉRA, Nasiwikj Québec-Océan et Takuvik) forment le collectif UL7 et< travaillent de concert à résoudre les grands problèmes* actuels inhérents aux changements climatiques et à>; la modernisation du Nord canadien.Réalisation : Direction des CQmmùniWIi&ns/l Universi Avec ses sommets enneiges, ses fjords majestueux et plusieurs communautés inuites, /'/7e de Baffin, la 5e plus vaste au monde, est un site de recherche important pour les chercheurs des centres d'excellence du collectif UL7.Q G> O UNIVERSITÉ LAVAL 2 UNIVERSITÉ LAVAL Mobilisation pour un Nord en changement Le samedi 21 avril 2012 Promotion Des solutions pour un Nord en changement Les changements climatiques qui affectent particulièrement le Nord représentent un enjeu de société et de développement durable des plus importants.C'est pourquoi il faut trouver des solutions réalistes afin de prévenir ces changements et d'y réagir.Denis Brière, Michael Byers, Julie Payette et Louis Fortier, à bord du NGCC Amundsen dans le passage du Nord-Ouest «L'Université Laval occupe une place unique dans le monde, où elle rayonne comme un grand établissement d'enseignement et comme un milieu de recherche exceptionnel avec 307 M$ obtenus en fonds de recherche pour l'exercice 2010-2011.C'est particulièrement en recherche nordique que l'Université s'est taillé une place enviable sur le plan national et international au fil des années», affirme Denis Brière, recteur de l'établissement.De fait, les scientifiques de l'Université Laval ont développé, depuis plus de 50 ans, une expertise colossale en études nordiques.Issus des facultés des Sciences et de génie, de Médecine, des Sciences sociales, de Droit, de Foresterie, de géographie et de géomatique, ils mènent des recherches interdisciplinaires sur les milieux nordiques et leurs habitants.Aujourd'hui, forts de l'héritage des pionniers, les professeurs-chercheurs réalisent de nombreuses missions sur les mers et les terres de l'Arctique, investiguant les changements en cours dans l'atmosphère, les écosystèmes, les géosys- i LiZi tèmes et leurs répercussions sur les communautés humaines.« Désormais, les recherches sur les changements climatiques et sur l'Arctique sont inscrites au coeur des préoccupations de la société et figurent à l'ordre du jour socio et géopolitique international», poursuit M.Brière.Au fil des ans, la recherche nordique à l'Université Laval s'est organisée au sein de centres de recherche d'excellence interuniversitaires qui, par leur convergence, ont su bâtir de profondes alliances stratégiques permettant l'élaboration de grands programmes de recherche pancanadiens et internationaux.Ils participent pleinement à l'effort national et international de recherche en Arctique.« Nos centres d'excellence interuniversitaires jouissent d'une grande réputation et leurs expertises sont en demande partout dans le monde», précise le recteur de l'Université Laval.Témoin de la vitalité de la recherche nordique, l'Université Laval est devenue, en 2003, l'hôte d'ArcticNet, le réseau de centres d'excellence du Canada en recherches nordiques.C'est aussi à l'Université Laval que sont coordonnées les missions scientifiques à bord du NGCC Amundsen, le brise-glace de recherche canadien inauguré la même année.Et c'est encore l'Université Laval qui a obtenu la Chaire d'excellence en recherche du Canada sur la télédétection de la nouvelle frontière arctique du Canada en 2009.« L'objectif ultime est de rallier toutes les compétences transversales du milieu universitaire afin d'en faire bénéficier les populations du Nord », explique Denis Brière.Face aux changements en cours dans le Nord, il faut redoubler d'ardeur et renforcer l'unité des scientifiques.«En ce sens, l'Université Laval entend poursuivre sa mission d'enseignement et de recherche en favorisant la mobilisation et la concertation de tous les centres de recherche interuniversitaires qui s'intéressent aux changements qui affectent l'avenir du Nord sous toutes ses facettes», conclut Denis Brière.Le Nord n\u2019est plus ce qu\u2019il était 3^ WmËjj&P I «S§%!!5 \u2022m Ci w'ttTJftf 3% f TV: ¦:> f.\u2022v: o Quand il est question du Nord et de changements climatiques, on pense à la fonte de la banquise et à l'avenir incertain de Tours polaire.Mais les changements en cours en Arctique sont plus profonds.Louis Fortier, directeur scientifique d'ArcticNet et de Takuvik, directeur de projet de /'Amundsen Au cours des trois dernières décennies, les quelques degrés Celsius gagnés ont transformé les saisons et l'environnement de la faune, de la flore et des sociétés du Grand Nord.«Depuis quelques années, les impacts du réchauffement planétaire sur le monde arctique sont spectaculaires», confirme Louis Fortier, professeur au Département de biologie de l'Université Laval, directeur scientifique du réseau d'excellence ArcticNet et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la réponse des écosystèmes marins arctiques au réchauffement climatique.En mer, le couvert de glace qui recouvre l'océan Arctique rétrécit et pourrait bientôt disparaître en été pour la première fois depuis des millions d'années, entraînant un bouleversement des écosystèmes marins.Sur terre, le pergélisol s'affaiblit, provoquant glisse- ments de terrain et fragilisant pistes d'atterrissage, routes et habitations inuites.Dans la toundra, la végétation se diversifie et se densifie, menaçant l'approvisionnement en baies, un élément important de l'économie touchant les femmes inuites.De nouvelles espèces animales migrent du sud et s'immiscent dans le décor polaire, déplaçant les espèces indigènes qui, au fil des millénaires, se sont adaptées aux conditions extrêmes de l'Arctique.«Les animaux arctiques sont des hyperspécialistes, ce qui les rend très fragiles aux changements, commente Louis Fortier.Ainsi, l'ours polaire se nourrit quasi exclusivement de phoques annelés qui, eux, s'alimentent essentiellement de morues arctiques, de petits poissons dont le sang contient un antigel naturel leur permettant de survivre aux températures glaciales des mers arctiques.Un réchauffement de quelques degrés seulement amènera des espèces du sud, comme le lançon ou le capelan, à remplacer rapidement la morue arctique, entraînant un basculement de l'écosystème qui pourrait décimer le phoque et l'ours.» Par ailleurs, avec la disparition de la banquise, les ressources naturelles comme le pétrole, le gaz et les minéraux deviennent accessibles, ouvrant la porte à un développement industriel et économique sans précédent, mais dont les répercussions sur l'environnement et les sociétés nordiques sont à craindre.Le Nord et l'Arctique se transforment de toutes parts De nombreux scientifiques dans le monde étudient ces perturbations et les enjeux stratégiques qui en découlent.L'Université Laval, par son collectif UL7, est le fer de lance de l'effort de recherche canadien pour comprendre le Nord en mutation.Les recherches menées par les chercheurs de l'Université Laval et leurs collaborateurs au Canada et à l'étranger visent à développer des solutions concrètes face à ces changements, de même qu'à informer et à former les Inuits pour les préparer à assumer la gouvernance de leur territoire.«Il est crucial de combiner recherche scientifique et savoir traditionnel afin de formuler des politiques et des stratégies d'adaptation qui permettront de minimiser les impacts négatifs et de maximiser les retombées positives de la transformation climatique et socioéconomique en cours dans le monde arctique», conclut Louis Fortier. 3 UNIVERSITÉ LAVAL Mobilisation pour un Nord en changement Le samedi 21 avril 2012 Promotion Un savoir partagé appelle une mobilisation forte des scientifiques \u2014%; jr: « De plus en plus, les organismes subventionnaires exigent le travail en partenariat», affirme Paul Fortier, vice-recteur à la recherche et à la création à l'Université Laval.Cela permet d'obtenir une image plus complète d'une situation et permet aux équipes scientifiques de mieux performer sur le plan national et international.Il existe de nombreux groupes très bien organisés et la multidisciplinarité est une spécialité de l'Université Laval.Photo de gauche : Paul Fortier, vice-recteur à la recherche et à la création, en compagnie d'Olivier Moroni, conseiller en développement de la recherche Photo de droite : Sophie d'Amours animant une table de réflexion Par exemple, les chercheurs du Centre d'études nordiques, de Nasiwik et de Québec-Océan se sont regroupés avec des collègues d'ailleurs au Canada pour obtenir une subvention nationale majeure qui a permis la création du réseau de centres d'excellence ArcticNet.On peut aussi penser à Takuvik, qui permet à des chercheurs français de bénéficier des expertises et équipements québécois pour effectuer leurs recherches.«Il ne faut pas négliger non plus la complémentarité des universités canadiennes et les liens qui se sont créés au fil des ans, souligne Paul Fortier.Le temps des chercheurs isolés dans leur laboratoire est révolu.Plus on est organisé, mieux c'est et mieux nos étudiants sont encadrés.» La stratégie du développement de la recherche de l'Université Laval, fondée sur la concertation interuniversitaire et la mise en commun d'efforts scientifiques multidisciplinaires, lui confère un statut de grande université nationale de recherche avec une force de recherche de 1300 professeurs-chercheurs, 38 centres de recherche reconnus, 9 instituts, 141 chaires de recherche dont deux des 19 chaires d'excellence en recherche du Canada.L'Université Laval, depuis trois ans, se classe avec fierté au 7e rang pour la recherche au Canada, lre pour ses découvertes majeures au Québec et a engendré 37 des 150 découvertes de l'année retenues par le magazine Québec Science au cours des 15 dernières années.« Un tel leadership en matière de recherche et de création, précise Paul Fortier, permet de maintenir nos programmes de formation à la fine pointe des connaissances, d'innover et d'apporter, par l'accomplissement de notre mission, une contribution significative à la formation d'une relève qualifiée.» Mais les efforts de l'Université Laval ne s'arrêtent pas là.La professeure-chercheuse et vice-doyenne de la Faculté des sciences et de génie, Sophie D'Amours, anime une table de réflexion sur le campus visant à renforcer les accomplissements de l'Université Laval en matière de concertation interuniversitaire en études nordiques.«Ce qui m'a le plus frappée, c'est l'incroyable force de l'Université Laval dans le domaine polaire, raconte-t-elle.En fait, ce sont les efforts constants des équipes de travail qui font en sorte qu'elles sont capables de répondre aux critères d'excellence et de pertinence dans leurs recherches, poursuit Mme D'Amours.C'est pourquoi les recherches ne se font pas à distance, mais bien sur le terrain grâce à des équipements de pointe et des relations étroites avec les gouvernements locaux et les collectivités nordiques.Voilà jusqu'où va la collaboration et le réseautage.» Sur la lancée d'un tel leadership et d'un tel développement, l'Université Laval a invité ses sept centres d'excellence de recherche interuniversitaire sur le Nord (ArcticNet, le Centre d'études nordiques (CEN), le Centre interuniversitaire d'études et de recherches autochtones (CIÉRA) Nasivik, le NCCG Amundsen, Québec-Océan et Takuvik) à se mobiliser pour former le collectif UL7, un levier encore plus puissant, prêt à relever les nombreux défis d'un savoir partagé.(entres d'excellence en recherche nordique et arctique ArcticNet >p>,bc;orb DPrV^bnr CENTRE D'ÉTUDES NORDIQUES CEN Centre for Northern Studies oV«Ab -NASIWIK ftCiERA TAKUVIK ARCTICNET Directeur scientifique : Louis Fortier, Université Laval Directeur exécutif: Martin Fortier, Université Laval ArcticNet est un réseau de centres d'excellence du Canada qui regroupe plus de 150 chercheurs ainsi que 700 étudiants, chercheurs postdoctoraux, associés de recherche et techniciens de 30 universités canadiennes en plus de centaines de collaborateurs provenant d'organisations inuites, de collectivités nordiques, de 8 ministères fédéraux, de 11 directions provinciales et de 12 pays.Sa mission : préparer les Canadiens aux conséquences et aux opportunités amenées par les changements climatiques et la modernisation dans l'Arctique.www.arcticnet.ulaval.ca CENTRE D'ÉTUDES NORDIQUES (CEN) Directeur: Warwick F.Vincent, Université Laval Codirectrice : Monique Bernier, INRS Le Centre d'études nordiques (CEN) est un centre d'excellence interuniversitaire québécois qui regroupe 52 chercheurs et plus de 220 étudiants, stagiaires et professionnels en biologie, microbiologie, géographie, génie, archéologie et aménagement du territoire provenant de l'Université Laval, de l'UQAR, de l'INRS et de sept autres institutions.Il compte des membres de six autres universités québécoises et est intégré dans les milieux gouvernementaux, autochtones et industriels.Sa mission: contribuer au développement durable des régions nordiques en améliorant notre compréhension des changements environnementaux et de leurs enjeux.www.cen.ulaval.ca CENTRE POUR LA SANTÉ DES INUITS ET LES CHANGEMENTS ENVIRONNEMENTAUX NASIWIK Codirecteur: Éric Dewailly, Université Laval Codirecteur: Christopher Furgal, Université Trent Le Centre pour la santé des Inuits et les changements environnementaux Nasiwik est rattaché à la Faculté de médecine de l'Université Laval.Il compte sur l'expertise d'une dizaine de chercheurs d'universités canadiennes.Il regroupe plusieurs partenaires autochtones et institutionnels (Université Laval, Université Trent et Instituts de recherche en santé du Canada).Sa mission est axée sur la formation, l'éducation et la recherche portant sur la santé des Inuits et les changements environnementaux.www.nasivvik.ulaval.ca CENTRE INTERUNIVER-SITAIRE D'ÉTUDES ET DE RECHERCHES AUTOCHTONES (CIÉRA) Directeur: Martin Hébert, Université Laval Situé à la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval, le CIÉRA est l'héritier d'une tradition de recherche et d'enseignement sur le Nord et les Autochtones qui a pris son essor en 1961.Il compte 25 chercheurs réguliers, 30 chercheurs associés et 50 étudiants provenant de 14 universités canadiennes et a développé des partenariats avec les communautés autochtones et des chercheurs européens et sud-américains.Sa mission: effectuer des recherches en collaboration avec les communautés autochtones et d'autres universités dans une perspective multidisciplinaire, interdisciplinaire et globalisante.www.ciera.ulaval.ca TAKUVIK Directeur: Marcel Babin, Université Laval Codirecteur: Jean Carignan, Université Laval Directeur scientifique : Louis Fortier, Université Laval Créé en janvier 2011 et établi à la Faculté des sciences et de génie de l'Université Laval, Takuvik est le fruit d'un partenariat entre l'Université Laval et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en France.Sa mission: étudier l'impact des changements climatiques et de la pression anthropique sur l'écosystème de l'Arctique.www.takuvik.ulaval.ca Québec513^ OCÉAN QUÉBEC-OCÉAN Président: Michel Gosselin, UQAR Directeur général : Maurice Levasseur, Université Laval Établi à la Faculté des sciences et de génie de l'Université Laval, Québec-Océan regroupe des scientifiques de quatre universités québécoises (Laval, UQAR, McGill et UQAC) et des partenaires gouvernementaux et privés.Il compte 33 chercheurs réguliers, 32 chercheurs associés et une centaine d'étudiants en physique, géologie, chimie et biologie.Sa mission: favoriser la mobilisation des chercheurs québécois et la formation d'étudiants afin d'assurer l'excellence de la recherche en océanographie et la diffusion du savoir.www.quebec-ocean.ulaval.ca NGCC* CCGS AMUNDSEN BRISE-GLACE DE RECHERCHE CANADIEN CANADIAN RESEARCH ICEBREAKER BRISE-GLACE DE RECHERCHE NGCC AMUNDSEN Directeur de projet: Louis Fortier, Université Laval Propriété de la Garde côtière canadienne, mais mis à la disposition des scientifiques sous la coordination d'ArcticNet et de Québec-Océan, ce navire de recherche est équipé d'un impressionnant parc d'appareillages à la fine pointe de la technologie.Il accueille chaque année des dizaines de scientifiques de partout sur la planète en leur donnant accès à l'Arctique canadien pour mener à bien leurs projets de recherche.www.amundsen.ulaval.ca UNIVERSITÉ LAVAL Mobilisation pour un Nord en changement Le samedi 21 avril 2012 Promotion Le réseau (EN, porte d'entrée sur les terres nordiques I - ara î' I :H' T-A r Le Centre d'études nordiques (CEN) a célébré ses 50 ans en 2011.Depuis sa fondation par Louis-Edmond Hamelin, le CEN a développé une expertise en recherche nordique incomparable.Mais pour étudier le Nord, encore faut-il y avoir accès.Ce qui est possible grâce au CEN, un réseau complet d'infrastructures de recherche qui facilite le travail de 52 chercheurs et leurs collaborateurs, de plus de 220 étudiants (à la maîtrise et au doctorat), de stagiaires postdoctoraux et de professionnels de recherche.«Le CEN traite deux grands thèmes sensibles dans le Nord : les spécificités de l'environnement physique nordique (climat, glace, neige, pergélisol, etc.) ainsi que les spécificités de l'écologie (caribous, oiseaux, arbres, tourbière, etc.) », explique Warwick F.Vincent, professeur au Département de biologie de l'Université Laval, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en étude des écosystèmes aquatiques et directeur du CEN.Les chercheurs membres de ce centre de recherche interuniversitaire de calibre international étudient la structure et le fonctionnement de l'environnement nordique, les changements environnementaux et climatiques, ainsi que les risques et les stratégies d'adaptation à mettre en place pour faire face à ces changements.«Tous ces axes sont liés à la mission du CEN, qui est de contribuer au développement durable des régions nordiques en améliorant notre compréhension des changements environnementaux passés et présents, et de leurs enjeux», ajoute M.Vincent.Pour mener à bien sa mission et observer l'Arctique sous toutes ses coutures, le CEN a développé au fil des ans un réseau de stations et d'observatoires.Huit stations de recherche réparties sur 3500 kilomètres, de Radisson jusqu'à l'île Ward Hunt, au nord de l'île d'Ellesmere, peuvent accueillir les chercheurs du CEN et leurs collaborateurs.Ces stations sont aux premières loges pour étudier les milieux nordiques.M.Vincent se trouvait d'ailleurs à l'île Ward Hunt lorsque d'énormes plateaux de glace, datant de milliers d'années, se sont détachés en 2008 pour dériver dans l'Arctique.Pour étudier les écosystèmes aquatiques, les chercheurs ont aussi accès au bateau scientifique Louis-Edmond Hamelin, mis en service en juillet dernier.Pour une meilleure couverture de ce vaste territoire, le CEN a créé le réseau SILA, un ensemble de 75 observatoires permanents et automatisés, répartis dans 8 zones bioclimatiques allant de Charlevoix à l'île Ward Hunt.En tout temps, les instruments de mesure recueillent des données météorologiques pour caractériser, quantifier et évaluer les changements climatiques.Les sites ont été choisis en raison d'enjeux environnementaux spécifiques et servent de référence dans de vastes programmes de recherche dans chacune des régions.Avec le réseau CEN, le Nord est en observation continue.Une expérience hors du temps à bord du NGCC Amundsen AMUNCWi\" MB Avec une superficie qui couvre environ 40% du pays, l'Arctique canadien est un vaste territoire dominé par la mer: l'archipel arctique canadien et son mythique passage du Nord-Ouest; les deux immenses mers que sont la baie de Baffin et la baie d'Hudson; les mers du Labrador, de Lincoln et de Beaufort.Chaque année depuis 2003, le NGCC Amundsen sillonne ces eaux encore méconnues.À bord, des hommes et des femmes s'activent; des marins manœuvrent des treuils, des scientifiques récoltent des échantillons, perforent la banquise, sondent les profondeurs obscures des eaux polaires.L'Amundsen est plus qu'un navire, c'est un brise-glace de recherche.Propriété de la Garde côtière canadienne, il est mis à la disposition des chercheurs canadiens et de leurs partenaires étrangers pour des missions en Arctique, coordonnées depuis l'Université Laval par les réseaux de recherche ArcticNet et Québec-Océan.Alexandre Forest, chercheur postdoctoral en océanographie dans l'équipe Takuvik, et Dominique Robert, attaché de recherche à Québec-Océan, ont eu la chance de participer à ces missions.«J'ai navigué sur VAmundsen à de nombreuses reprises et, chaque fois, c'est une expérience fantastique.Le moment le plus intense a été lorsque j'ai eu la chance, pour la première fois, de récupérer un mouillage océanographique qui était déployé dans les eaux glacées de l'Arctique depuis un an et d'analyser les données recueillies », explique Alexandre Forest.« Mon travail consiste à recueillir de très jeunes morues arctiques à l'aide de filets à plancton pour étudier l'écologie de l'espèce dans un contexte de réchauffement climatique», explique pour sa part Dominique Robert.Une fois recueillis, les échantillons sont acheminés et analysés dans un des multiples laboratoires ultramodernes à bord de \\'Amundsen.De telles missions se préparent longuement avant la mobilisation du navire.« Nous devons nous assurer d'être entièrement autonomes, car il n'y a pas de possibilité de réappro- visionnement en vivres et matériel scientifique pendant plusieurs semaines», précise Dominique Robert.L'équipe établit un itinéraire et une grille de stations à visiter selon les demandes des scientifiques à bord.La vie à bord est intense.« Le temps perd son sens en raison d'un horaire de travail continu.Chaque équipe se relaie pour la prise des échantillons, jour et nuit, durant les six semaines que dure la mission.Nous perdons vite la notion du temps et ce sont les repas plus élaborés du dimanche soir qui marquent le début d'une nouvelle semaine.» En travaillant de concert au succès de la mission, les scientifiques et les membres d'équipage de la Garde côtière tissent des liens importants qui permettent des échanges enrichissants, estime Alexandre Forest.«Cette collaboration est essentielle au bon fonc- tionnement des opérations scientifiques et au succès de l'expédition », appuie Dominique Robert.À cela s'ajoutent les caprices météorologiques.« L'Arctique, évoque Dominique Robert, c'est un environnement extrême et la météo influence toute la mission: la glace, le vent et le brouillard sont parfois omniprésents et peuvent chambouler les plans des scientifiques.» Malgré l'imprévisible, les expéditions de YAmundsen s'inscrivent déjà dans les annales de la recherche arctique moderne.Le brise-glace est entre autres le seul navire de recherche au monde ayant hiverné dans les eaux de l'océan Arctique à deux reprises.En témoignage de son succès, YAmundsen figure sur les nouveaux billets de 50$ en polymère de la Monnaie royale canadienne depuis le 26 mars dernier. 5 UNIVERSITÉ LAVAL Mobilisation pour un Nord en changement Le samedi 21 avril 2012 Promotion ArcticNet: le pouvoir de la ' ! SfcjV mlm w *\t' .~Jl> \\ ' :\t*r> \u2022 mmm ArcticNet est le plus important réseau national de recherche nordique au monde.Pas moins de 150 chercheurs et 700 étudiants, chercheurs postdoctoraux, associés de recherche et techniciens de 30 universités canadiennes collaborent à 36 projets dans tous les domaines de la recherche nordique.Ces chercheurs en sciences naturelles, sociales et de la santé travaillent étroitement avec des partenaires dans les organisations inuites, les collectivités nordiques, 8 ministères fédéraux, 11 départements provinciaux et le privé.Participent aussi aux activités plusieurs équipes de recherche de 12 pays: Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Groenland, Japon, Norvège, Pologne, Royaume-Uni, Russie et Suède.Le grand défi d'ArcticNet est d'amener les scientifiques, les preneurs de décision et les parties prenantes à travailler ensemble à trouver des solutions concrètes face aux changements importants que subit l'Arctique.« En plus de financer plusieurs projets de recherche appliquée dans l'Arctique, le rôle majeur d'ArcticNet est d'impliquer les habitants du Nord, les gouvernements et le secteur privé dans le processus scientifique, afin de traduire notre compréhension grandissante de l'Arctique en mutation par des études d'impact régionales intégrées, des politiques nationales et des stratégies d'adaptation », explique Martin Fortier, directeur exécutif d'ArcticNet.L'accès au Nord Un des succès d'ArcticNet est de fournir aux chercheurs universitaires ainsi qu'à leurs collaborateurs nationaux et internationaux un accès régulier à l'Arctique canadien côtier.Sur terre, les chercheurs ont accès à un important réseau de stations et de laboratoires de recherche, comme ceux I maintenus par le Programme ; du plateau continental polaire I (PCSP) et le Centre d'études ; nordiques (CEN).En mer, les ! chercheurs de diverses disci-; plines utilisent l'ultramoderne i brise-glace de recherche cana-; dien NGCC Amundsen comme i plate-forme mobile de recher-; che afin d'étudier l'Arctique j canadien côtier.! En plus de permettre un accès ; régulier aux eaux arctiques pour ! les océanographes travaillant ; au sein du réseau, I 'Amundsen a : entre autres permis aux cher-; cheurs en santé d'ArcticNet de i mener deux vastes enquêtes ; sur la santé des Inuits en 2004 i et en 2007-2008.i La relève ! Depuis son inauguration en ; 2004, ArcticNet a aussi gran-! dement contribué à la forma-; tion de la prochaine généra-: tion de jeunes spécialistes qui ; seront appelés à étudier, à i modéliser et à gérer l'Arctique ; canadien de demain.«Nous i avons soutenu la formation de ; plus de 700 étudiants aux cycles j supérieurs au cours des sept premières années d'existence d'ArcticNet et aidé l'intégration de 70 nouveaux professeurs en recherche nordique dans diverses universités canadiennes », souligne M.Fortier.Le futur Le financement d'ArcticNet par les Réseaux de centres d'excellence du Canada (RCE) a été reconduit pour sept autres années en 2011 à un niveau de 67,3 M$, représentant l'investissement le plus important du gouvernement fédéral dans le programme des RCE à ce jour.Grâce à ArcticNet et au soutien financier et logistique à long terme que procure le réseau, les spécialistes canadiens et leurs nombreux partenaires sont dans une position de force pour affronter les défis soulevés par l'Arctique en mutation.«Nous poursuivons la consolidation du réseau et la planification à long terme dans le cadre de la Stratégie pour le Nord du gouvernement fédéral; les défis ne feront qu'augmenter et les besoins aussi», ajoute M.Fortier.Combattre le gaz par le gaz ¦.-i ïpmjm- i/i ¦¦¦ Le réchauffement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre touche toutes les parties du globe, mais encore plus les deux pôles.Curieusement, dans les contrées nordiques, un phénomène bien particulier favoriserait le refroidissement de l'atmosphère.Ce constat est le fruit de nombreuses études effectuées par les chercheurs de Québec-Océan dans le cadre du projet Arctic SOLAS (Surface Ocean Lower Atmosphere Study).L'objectif est d'étudier les interactions entre la glace de mer, la circulation océanique et les émissions de gaz et de particules en Arctique afin de mieux comprendre les processus climatiques.Deux missions ont été menées en ce sens à l'occasion de l'Année polaire internationale : la première en 2007 dans le détroit de Lancaster et la mer de Beaufort, et la seconde en 2008 dans la baie de Baffin, toutes deux à bord du brise-glace de recherche Amundsen.Parmi les résultats actuellement en cours de publication, une partie porte sur l'importance des émissions de sulfure de diméthyle (DMS) par le phytoplancton dans cette région arctique.Lorsque le DMS produit dans l'eau est libéré dans l'atmosphère, il forme des aérosols qui vont augmenter la réflectivité des nuages.Les rayons du soleil pénètrent moins bien les nuages, ils sont plus réfléchis vers l'atmosphère, ce qui refroidit le climat.«Je m'intéresse depuis plusieurs années à la production de ce gaz et à ses effets sur le climat, explique Maurice Levasseur, professeur au Département de biologie de l'Université Laval, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les interactions plancton-climat et directeur de Québec-Océan.Cet intérêt m'a amené à diriger plusieurs équipes canadiennes multidisciplinaires regroupant océanographes, scientifiques de l'atmosphère et modélisa-teurs.Notre défi est maintenant de quantifier l'impact qu'aura la réduction du couvert de glace saisonnier sur les émissions de DMS et sur le climat.La zone marginale de glace émet généralement au printemps beaucoup de DMS, mais on ne connaît pas bien les mécanismes en jeu.C'est donc dans cette zone très dynamique mais difficile d'accès que portent actuellement mes recherches.» Le DMS n'est pas le seul gaz d'origine biologique à intriguer M.Levasseur et son équipe.«Je m'intéresse également à la production de l'oxyde nitreux, un puissant gaz à effet de serre (300 fois le COJ dont les sources sont encore mal connues.Nos travaux récents ont mis en évidence pour la première fois la présence de ce gaz dans la glace de mer.Il s'agit d'une découverte importante, suggérant que la glace pourrait agir comme une nouvelle source de ce gaz à effet de serre pour l'atmosphère.» «Il faut réaliser qu'avec la diminution déjà observée du couvert estival de glace dans l'Arctique, une surface de plus en plus grande de cet océan sera soumise à la fonte de la glace chaque année.Il est donc important de bien comprendre comment la perte du couvert de glace affectera les échanges océan-atmosphère de ces deux gaz climatiquement actifs pendant cette période critique de l'année», conclut M.Levasseur.1114 6 UNIVERSITÉ LAVAL Mobilisation pour un Nord en changement Le samedi 21 avril 2012 Promotion Le vent du changement aHkJnA On a longtemps cru que la réduction du couvert de glace dans l'océan Arctique serait favorable à la productivité du phytoplancton, qui disposerait ainsi de plus de lumière pour croître.Une étude approfondie du sujet, pilotée par le professeur Jean-Éric Tremblay du Département de biologie de TUniversité Laval et membre de Québec-Océan, présente toutefois des résultats qui contredisent cette croyance.La lumière est bien sûr un élément nécessaire à la photosynthèse.Mais le vent, en rendant les éléments nutritifs disponibles par un phénomène d'entraînement, serait un facteur encore plus déterminant.« Comme ces éléments nutritifs se trouvent en plus grande abondance dans le fond de l'océan et que l'eau douce qui provient des fleuves et de la fonte des glaces forme une sorte de rempart qui les emprisonne en profondeur, leur action s'en trouve limitée», explique Jean-Éric Tremblay, chercheur à Québec-Océan.Seul un mécanisme d'entraînement peut aider les nutriments à remonter à la surface et nourrir le phytoplancton.Et l'action du vent sur une eau libre de glace en milieu côtier demeure la seule solution pour y arriver.En 2007, le séjour prolongé de YAmundsen dans la mer de Beaufort ainsi qu'une bonne dose de chance ont permis à Jean-Éric Tremblay, ainsi qu'au reste de l'équipe de chercheurs québécois et canadiens qui étaient à bord, de faire cette découverte.Une fonte inhabi-tuellement importante de la banquise et de forts vents ont provoqué des changements probants dans la productivité de l'écosystème marin au cours des mois suivants.« Le vent éloigne de la côte l'eau de surface pauvre en nutriments, qui est remplacée par l'eau profonde, riche en nutriments, et qui alimente la production du phytoplancton et du zooplancton qui s'en nourrit.Il faut, bien entendu, que le vent soit persistant et qu'il souffle dans la bonne direction», précise Jean-Éric Tremblay.Si le phénomène était nouveau en 2007, les chercheurs estiment qu'il pourrait se produire de plus en plus souvent au cours des prochaines années en raison des changements climatiques.Et puisque ce phénomène d'entraînement est impossible à reproduire par l'homme, on ne peut compter que sur le vent pour le faire.Des outils de télédétection seront employés afin de savoir à quelle fréquence le phénomène va se reproduire et pour effectuer un suivi à long terme de l'écosystème marin côtier.Des satellites pour sauter le plancton à la loupe \"T A à ''' Aussi minime soit-il, le plancton participe aux échanges de dioxyde de carbone entre l'océan et l'atmosphère et, aussi minime soit-il, il peut être étudié depuis l'espace.Forte de son expertise en recherches nordiques, l'Université Laval a su réunir des forces vives nationales et internationales pour faire avancer la recherche dans ce domaine.L'une des aventures les plus intéressantes a commencé avec le projet Malina.Mis sur pied par le Centre national de la recherche scientifique (CRNS) de France en 2008, en partenariat avec ArcticNet et les États-Unis, ce projet a été conçu et coordonné par Marcel Babin, qui était alors directeur de recherche au Laboratoire d'océanographie de Ville-franche en France, et des collègues québécois.« L'objectif était de mieux comprendre l'impact des changements climatiques et de la diminution de la banquise sur la production de phytoplancton (la fraction microalgue du plancton) et les flux de carbone», explique celui qui est considéré comme un spécialiste mondial en optique marine et télédétection.Dans le cadre de ce projet, une expédition internationale a été menée en 2009 dans la mer de Beaufort à bord du brise-glace de recherche Amundsen.Toujours en collaboration avec le CNRS, l'histoire se poursuit désormais à l'Université Laval, où Marcel Babin occupe la chaire d'excellence de recherche du Canada en télédétection de la nouvelle frontière arctique du Canada.«Cette Chaire est dans une large mesure la continuité du projet Malina», précise-t-il.L'équipe de la Chaire et lui étudieront l'environnement marin arctique à l'aide de différentes nouvelles technologies.Des missions à bord de YAmundsen permettront d'étudier le phytoplancton sur place tandis que des satellites relaieront des mesures des variations de couleur de la surface marine.Ces variations de la couleur de l'eau renseignent sur sa composition en phytoplancton.C'est aussi pour cristalliser ce partenariat de recherche unique entre le CNRS et l'Université Laval qu'est née, en janvier 2011, l'Unité mixte internationale Takuvik, dont Marcel Babin, Jean Carignan (géochimiste) et Louis Fortier (océanographe) en sont respectivement les directeur, directeur adjoint et directeur scientifique.Les chercheurs français salariés du CNRS membres de Takuvik se sont installés avec leur famille au Québec pour mener leurs recherches sur l'océan et l'écosystème terrestre arctique en étroite collaboration avec les huit professeurs de l'Université Laval qui, avec plusieurs ingénieurs, techniciens et étudiants, complètent l'équipe de Takuvik de près de cinquante personnes.Les activitiés de recherche de Takuvik couvrent non seulement l'océan Arctique, mais aussi les écosystèmes et géosystèmes terrestres, et plus particulièrement le per-gélisol.On s'intéresse par exemple aux propriétés isolantes de la neige dans un contexte de changement climatique.On s'intéresse aussi au transport de métaux tels que le mercure dans les environnements arctiques et subarctiques, ainsi qu'à la production de gaz à effet de serre par le pergélisol qui fond graduellement à cause du réchauffement.« Nous voulons mieux comprendre la nature des changements qui s'opèrent dans le Nord et, puisque nous ne connaissons pas assez ces systèmes pour prédire l'impact que ces changements climatiques auront sur les écosystèmes, il est primordial de recueillir un grand nombre de données, explique Michel Babin.L'intérêt de la France pour la création de Takuvik est d'abord que ses chercheurs s'immergent dans l'environnement intellectuel de grande qualité qu'offre l'Université Laval.Il s'agit en effet de l'un des meilleurs endroits au monde pour effec- tuer des recherches sur les environnements du Nord, car toutes les disciplines se rapportant à l'Arctique y sont concentrées.L'autre motivation de la France réside dans l'accès qu'obtiennent les chercheurs de Takuvik à l'infrastructure de recherche pilotée par l'Université Laval, notamment le brise-glace de recherche Amundsen et le réseau de stations scientifiques terrestres du Centre d'études nordiques.» Par ailleurs, l'intérêt du Canada pour Takuvik réside dans la venue de nouveaux experts pour étudier l'Arctique et pour prêter main-forte aux chercheurs canadiens dans cette lourde tâche que représente l'étude du vaste territoire arctique canadien, dans un contexte de changement rapide sur le plan du climat et des nouvelles activités humaines.Carte de chlorophylle pour la période 2002-2011 dans le bassin arctique UNIVERSITÉ LAVAL Mobilisation pour un Nord en changement Les changements ne sont pas que climatiques dans le Nord: nouvelles habitudes de vie, changement du régime alimentaire, exposition à la pollution font partie des bouleversements auxquels les Inuits doivent faire face quotidiennement.Afin de dresser un portrait de la santé globale des Inuits, une étude commandée par Santé Québec a été menée en 1992 au Nunavik.En 2004, afin de suivre la situation, Éric Dewailly, codirecteur du centre Nasivvik et professeur en médecine sociale et préventive à l'Université Laval, codirigeait une nouvelle étude dans la même région.Cette fois, chercheurs et médecins disposaient de nouveaux moyens: le brise-glace de recherche Amundsen Le samedi 21 avril 2012 Promotion\t idre la santé ci\tlez les Inuits \tlj| \t était transformé en clinique médicale mobile pour visiter les 14 communautés inuites du Nunavik.«Le Nunavik faisait en fait partie du premier volet d'une vaste étude qui s'est étendue dans le reste du Canada et au Groenland, explique le chercheur.Pas moins de 6500 per- sonnes ont participé à cette étude de façon volontaire.» L'objectif est de suivre l'évolution de certaines maladies, tant physiques que mentales, peu fréquentes dans cette population, d'en déterminer les facteurs de risque et d'émettre des recommandations pour les enrayer.Communautés autochtones : l\u2019éducation au cœur des changements sociaux Le Nord possède un potentiel économique, culturel et symbolique immense, et son développement est, depuis les années 1950, un des moteurs de l'économie du Canada.Toutefois, si ces retombées ont profité aux communautés du Sud, ce n'est pas le cas pour celles du Nord.C'est cette situation inégalitaire que tentent de corriger les membres du Centre interuniversitaire d'études et de recherches autochtones (CIÉRA) grâce aux efforts soutenus de chercheurs tels que Thierry Rodon, titulaire de la Chaire de recherche sur le développement durable du Nord.Thierry Rodon possède un doctorat en science politique et une maîtrise en aménagement du territoire et développement régional.Il enseigne et fait de la recherche dans le Nord depuis plus de 20 ans.Une de ses préoccupations est d'offrir une formation postsecondaire adaptée aux besoins et aux réalités des jeunes Inuits.«Pour déterminer les besoins des jeunes Inuits, il a fallu tout d'abord les rencontrer et les questionner», explique M.Rodon.Cette manière de faire est la philosophie même du CIÉRA.« L'organisme, qui regroupe des chercheurs et des étudiants, se distingue par sa préoccupation d'intégrer les communautés autochtones aux recherches», précise Martin Hébert, directeur du CIÉRA.Il est rapidement apparu au cours des discussions que si les Inuits avaient accès à une éducation au primaire et au secondaire, peu de choix s'offraient à eux au niveau postsecondaire et que le parcours éducatif classique ne leur convenait pas.Pourtant, l'éducation est au cœur des changements sociaux qui s'opèrent dans le Nord.« Les Inuits travaillent depuis de nombreuses années à reprendre en main leur gouverne, et les jeunes demandent un accès à des programmes d'éducation postsecondaire qui leur permettront d'occuper des postes clés dans les gouvernements du Nord », soutient M.Rodon.Parmi les solutions envisagées, on examine la possibilité d'établir des succursales universitaires dans le Nord.«Le partenariat nord-sud serait une avenue intéressante.La collaboration entre les chercheurs qui étudient le Nord et les chercheurs inuits est aussi une possibilité à ne pas négliger.Pour cela, on n'a pas nécessairement besoin d'une salle de classe, l'enseignement peut se dérouler dans bien des endroits.Il faut décloisonner le savoir», lance Thierry Rodon.Dans le cadre de la Chaire de recherche sur le développement durable du Nord, on travaille à la création d'un centre de recherche en sciences sociales au Nunavik.Les travaux s'effectueront en partenariat avec les communautés.Plus au sud, le CIÉRA propose cette année une école d'été, d'une durée de 45 heures, du 20 au 24 août à Wendake.Il y sera question de l'utilisation du territoire et des ressources dans un objectif d'utilisation durable.L'école est ouverte à tous.Le droit en Arctique : un domaine chaud Le réchauffement climatique a un effet direct sur le développement du droit de l'environnement applicable aux milieux nordiques.Cette branche du droit connaît un grand dynamisme et passionne la juriste Paule Halley.« Plusieurs paliers de droit interviennent quand il est question du Nord, mais les règles générales qu'on applique, par exemple en droit international, doivent être complétées par des règles plus précises qui tiennent compte du caractère particulier de l'environnement nordique», explique Paule Halley, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit de l'environnement.Le Canada devra entre autres surveiller sa souveraineté en ce qui a trait à la navigation dans l'archipel canadien nordique afin de conserver le contrôle de la navigation et de préserver un milieu environnemental encore sauvage et fragile.«L'implantation de nouvelles entreprises dans le Nord exigera également l'introduction de nouvelles règles de droit en raison de l'absence d'infrastructures routières, de transport d'énergie et de services de gestion des eaux usées et des matières résiduelles et dangereuses.Pour garantir un développement durable, il faut que le développement industriel ne laisse qu'une empreinte insignifiante sur le territoire en n'abandonnant rien sur place, en restaurant et en ramenant tous les équipements et déchets dans le Sud », affirme Paule Halley.Les enjeux sociaux sont également importants pour les 50000 Inuits résidant dans les territoires situés au nord du pays, soit pour se loger ou pour se nourrir.Leurs droits devront continuer à primer sur les activités sportives, commerciales et industrielles. 8 UNIVERSITÉ LAVAL Mobilisation pour un Nord en changement Le samedi 21 avril 2012 PrOITIOtion Le dégel du pergelisol menace les infrastructures mm m Le Nord québécois vit actuellement un boom démographique important.Les 14 villages qui composent le Nunavik font face à une problématique liée au changement climatique et à la nécessité d'étendre leur territoire habitable.Or, le sol qui dégèle sur une plus grande profondeur est déstabilisé.En conséquence, il n'est pas partout propice à de nouvelles constructions.Comment alors poursuivre le développement de ces communautés qui doivent s'agrandir?Comment assurer la pérennité de ce qui est déjà construit?Michel Allard, professeur au Département de géographie de l'Université Laval et chercheur au Centre d'études nordiques (CEN), connaît bien le Nord québécois, lui qui a effectué son premier voyage dans le village inuit de Salluit en 1987 lors de la construction de l'aéroport.Il était donc bien placé pour participer aux travaux de recherche sur les conditions géologiques, climatiques et géomorphologiques liées au pergélisol dans cette région, un projet mis sur pied par le CEN à la demande du ministère de la Sécurité publique en 2002.En partie par son implication dans ces villages nordiques, M.Allard a reçu en 2008 le Prix de la recherche scientifique sur le Nord et la Médaille du centenaire, décernés par le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien.«J'avais déjà amorcé des recherches sur le pergélisol et je connaissais bien les gens qui habitent ce village enclavé dans le fond d'une vallée face au fjord », explique M.Allard.Le réchauffement climatique enregistré au cours des 20 dernières années entraîne une fragilisation de la couche active du pergélisol qui dégèle et s'engorge d'eau, déstabilisant les constructions.« Pour régler ce problème, le ministère de la Sécurité publique a commandé une première étude en 2002.Nous avons mené une campagne de forages afin de mieux caractériser le sol et nous avons installé des câbles à thermistances pour mesurer la température du pergélisol.Ensuite, nous avons soumis un rapport détaillé au gouvernement», mentionne le chercheur.En 2007, le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT) a pris les choses en main pour aider la communauté à poursuivre son développement.«Le mandat du CEN a été de cerner les facettes du problème et de donner une image complète de la situation, incluant une évaluation des risques à venir en raison du réchauffement climatique.Il en est ressortie une carte synthèse qui classe les terres en fonction de leur potentiel de construction.Un outil indispensable pour la communauté», précise Michel Allard.Le projet Salluit a également permis d'identifier les modes de fondation à privilégier en accord avec la nature variable des sols.Par exemple, les maisons sans fondation, construites sur chevalets, permettent une circulation d'air entre le plancher et le sol, ce qui maintiendra le pergélisol gelé encore plusieurs années.« Ce qui fait la force du projet est la collaboration étroite entre le MAMROT, le CEN, l'Administration régionale Kativik et la population locale qui est au centre des décisions.Le travail effectué vise à donner toute l'information possible à la population pour une prise en charge accrue», affirme M.Allard. l'île Bylot, une faune en observation depuis ZO ans \u2022 : - 'V1' ' \u2022\u2022 ¦¦ ' warn V.' .\t- r*r: k * isa Wmm \u2019r mm 4 mm mit i ' iW ¦ ' , «\u2022» On les voit sillonner notre ciel dès le mois de mars et s'arrêter, l'espace de six à huit semaines, dans l'estuaire du Saint-Laurent.Les grandes oies des neiges arrivent de la côte est des États-Unis, entre le New Jersey et la Caroline du Nord, où elles ont passé l'hiver et leur objectif est d'atteindre l'île Bylot afin de s'y reproduire et d'y couver leurs œufs.L'île Bylot, située à la pointe nord de l'île de Baffin au Nunavut, est recouverte en grande majorité de montagnes et de glaciers.Elle offre tout de même une vaste plaine au sud où croît une végéta- tion abondante et diversifiée, attirant un grand nombre d'oiseaux migrateurs, dont la grande oie des neiges.Avec le réchauffement climatique, on est à même de se demander aujourd'hui si ces oies arriveront à temps pour mener à bien leur tâche.« L'été est bien court dans le Nord et tout s'effectue à un rythme accéléré: fonte de la neige, apparition des premières pousses, éclosion des premiers œufs d'insectes, maturation des végétaux, etc.Si le processus s'accélère, est-ce que la grande oie des neiges saura adapter son rythme?», se demande Gilles Gauthier, professeur au Département de biologie et membre du Centre d'études nordiques (CEN) à l'Université Laval.Il est aussi fondateur et responsable de l'étude écologique et du suivi environnemental à l'île Bylot.« L'équilibre de l'écosystème tient du synchronisme des différents niveaux trophiques: végétation, herbivores et prédateurs.Les plus vulnérables dans cette chaîne demeurent les oiseaux migrateurs, car ils ne sont pas sur place une bonne partie de l'année pour suivre la situation », affirme le chercheur, de là l'importance de l'étude menée en continu à l'île Bylot depuis plus de 20 ans.Les préoccupations sont nombreuses pour les chercheurs qui se relaient durant la belle saison au camp de base établi à l'île Bylot, qui est en fait l'un des observatoires du CEN.«De quelle manière l'arrivée de nouveaux prédateurs, venus du sud, influencera le système?, s'interroge Gilles Gauthier.Puisque les herbivores de la toundra ne peuvent se déplacer plus au nord, comment vont-ils échapper à cette nouvelle menace pour terminer leur cycle de reproduction et mettre leurs jeunes à l'abri ?Les questions sont nombreuses et les prédictions sont encore difficiles à établir, mais nos études nous permettront de mieux comprendre les impacts du réchauffement climatique qui affecte plus sérieusement le Nord que le Sud.» "]
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