L'autorité, 13 juin 1953, samedi 13 juin 1953
[" 38e ANNEE \u2014 No 47 BEAUCEVILLE, 13 JUIN 1953 Directeur : GERARD GINGRAS Secrétaire de la rédaction : MICHEL ROY Angoisse N pétale bleu de rose ouverte.If existe un voile sur mes yeux.J'ai peur du jour qui chauffe les rondeurs de mes seins perlés.Du Jour que je tiens dans le vallon de mes paumes.Du soleil cru comme une brutale brûlure.J'ai peur du sens qu'offre la vie.Je marche comme on ne saura plus jamais, si le temps continu ainsi à s'échapper, à mourir peu à peu, laissant le contentement entre les doigts comme une hostie profane.Je marche et je suis folle.Aucun doute.C\u2019est cela la vie.Pleurer les sanglots de l'éphémérité.Trembier à l\u2019intérieur I'émoi du chaos.La vie s'écoule et je bois son philtre hallucinant.La nuit sera là bientôt dans la violence de mes bras.Et je tirerai d'elle un miel de folie succulente, plus perfide et en- foul qu'un espoir d\u2019adolescent.Ré6- - pétition incessante.Joie à jamais.couverte.Brûlure qui ronge sans fin le feu de la chair.Désespérance de l'innocence méconnue.Trouble impétueux de l'impossible.Jouer un soir de clair-obseur à lancer des cailloux aux refiets de la lune.Jeter son corps dans la vague vociférante, qui happe les délires, comme on se baigne les pieds, en riant, sur la plage.Crier et ne rien entendre.Pleurer dans le vent mêlé au vert nourrissant des arbres.Tendre la main à une ombre.Se faufiler dans la nuit comme un homme traqué qui possède la lumière.Tenir un enfant dans les maine à longueur de vie.Et le rideau descend comme une nappe de pluie en pleine mer.Roulistangage, tohu-bohu et mystère.Dans l\u2019entre-lac du temps posthume.Je lève la tête.Autour de moi c\u2019est le calme néant.Le tragique silence de l'écho.Des yeux dont Je miroir fouette mon sang.Et par- delà l\u2019étincelle bleue de la mystification, Je rejoins le bouillonnement d'un rythme comme un doigt sur la réalité.Je rejoins la source de l'en- vahiesante inquiétude et de ses convulsions.Je rejoins le tremplin et le vertige et la folie du saut, comme un vêtement à ma justesse.Je , m'habille et me drape des oripeaux de l'amour, et je coule à fond dans un lendemain sans étoile.Suzanne BARBEAU Outremont A y est On verra, même dans Outremont, même dans ce comté de citoyens paisibles, sédentaires et bourgeois, on verra la machine politique de l\u2019Union Nationale à l'oeuvre pour tenter de torpiller -l'élection complémentaire du 9 juillet, où le chef du parti libéral provincial, M.Georges Lapaime, pose sa candidature.A cause de son caractère particulier, on pouvait croire qu\u2019Outremont échapperait à tout ce que comporte d'odieux notre folklore électoral, ou prédomine les \u201cgangs\u201d, bles muscles recrutés dans la pégre, Citoyens d\u2019'Outremont, détrompez-vous; vous y goiterez, vous aussi, Ainsi en ont décidé les oracles de l\u2019Union Nationale, L'affaire est déjà engagée.Il s'agit d'annuler la majorité 1libérale d\u2019Outremont (8,000 voix à la dernière\u2019 élection de feu l'hon.Henri Groulx).Pas facile?C'est bien ce qu\u2019on pense, mais ce n\u2019est pas ainsi que raisonnent des politiciens qui ne doutent de rien et surtout pas de leurs moyens financiers.Bien pourvus d'espèces sonnantes et l'écrire \u2014 et les hommes à dou- \u201cII faut une réaction à l'Hôtel de Ville !\u201d MARCEL ONSIEUR Marcel Lafaille a fait, ces jours derniers, une intervention très remarquée au Conseil municipal.Un \u201cmonstre administratif\u201d a pris forme à Uhôtel de ville que seule une bombe atomique pourrait détruire, a dit le conseiller.Mais, a précisé M.Lafaille, il ne faut pas imputer ce malaise ou cette \u201cmaladie de la hiérarchie\u201d au Comité Exécutif ou aux membres du Conseil.Ce \u201cmonstre\u201d constitue la cause du marasme actuel; tant qu\u2019il vivra, l\u2019administration en sera une de projets, \u201cL\u2019Auforité\u201d a demandé à M.Lafaille de préciser sa pensée à la suite de sa déclaration.(N.D.LR) A réaction du public à la L suite de ma déclaration a pris une certaine envergure, J'en suis à la fois surpris et très heureux, Car \u2014 et je n'hésite pas à il importe qu'une réaction s'opère à l'hôtel de ville, une réaction qui puisse redonner aux hommes élus le rôle actif qu\u2019ils doivent normalement jouer dans une démocratie, un rôle qu\u2019ils possèdent en théorie, mais qu\u2019ils ont perdu sur le plan pratique, Et pourquoi ?Parce que, en raison du régime actuel, ou il n'existe aucune cohésion, les 93 conseillers élus (les 6 autres devant former le Comité Exécutif) retombent dans l\u2019oubli.C\u2019est à croire qu\u2019ils ont accompli leur mission en élisant six personnes au Comité Exécutif ! Sans doute, peut-on dire que le Conseil municipal exerce un certain contrôle sur le Comité Exécutif puisqu\u2019il est appelé à voter le budget.Mais rappelons que ce budget ($100 millions cette année) est adopté automatiquement le 15 mars si le Conseil ne l\u2019a pas encore ratifié à cette date.Depuis que je suis à l'hôtel de ville, soit depuis 1944, je ne me souviens pas que le budget ait été sérieu- LAFAILLE (conseiller municipal ) sement amendé par le Conseil, J'ai déjà dit \u2014 et je le répète \u2014 qu'il ne faut pas s\u2019en prendre au maire qui, depuis 1948, assume des responsabilités concrètes dans le contexte municipal.M.Houde exerce admirablement ses fonctions publiques qui l'accaparent.Il représente magnifiquement notre ville, partout et toujours.Mais cette fonction, strictement représentative ne lui laisse plus les loisirs de vaquer a la chose publique comme il le voudrait.Il faudrait donc confier une partie de cette tiche au leader du Conseil, comme c\u2019est la pratique dans plusieurs villes américaines, Je veux m'expliquer davantage: je déplore surtout le manque de participation de l'élément élu à l'administration.Cette administration devient une sorte d'Olympe inaccessible, un inextricable fouillis où personne et tout le monde sont à la fois responsables et innocents.Et voici pourquoi: les six membres du Comité Exécutif assument, seuls, toute la responsabilité, Il faudrait donc répartir les tâches plus adéquatement, Sont-ils absents que tout est paralysé, Un projet est-il conçu qu\u2019il faut le traîner de bureau L\u2019épopée du bill 34 en bureau, de comité en comité, durant des semaines et des mois.Je ne blâme évidemment pas les fonctionnaires, mais je déplore les conséquences du fonctionnarisme, Il est normal qu'un fonctionnaire, qui n\u2019est pas responsable personnellement devant l'électorat, puisse se livrer à des-abus.Donc, il me semble inconcevable qu\u2019un directeur de service vienne défendre un budget dont il n\u2019est pas responsable.A Ottawa, ce n\u2019est pas le sous- ministre, mais le ministre qui défend son budget.Il est absolument essentiel que les conseillers participent aux divers comités qui sont formés.Exemple: un comité formé de deux membres du Comité Exécutif, étudie présentement les dispositions fiscales entre le Pacifique Canadien et le Canadien National d\u2019une part, et la ville d'autre part.Depuis deux mois, les deux membres du Comité Exécutif (qui appartiennent à la classe \u201cC\u201d, c\u2019est-à-dire à la classe de ceux qui ne sont pas élus) ont été absents de la ville Ou .occupés ailleurs.Pourquoi les conseillers ne sont-ils pas appelés à faire ce travail ?.Il est heureux qu\u2019une autre commission, chargée d'étudier la taxation par rapport aux gouvernements supérieurs, commission que je préside, soit constituée de conseillers.Quant à la Commission Paquette, chargée d'étudier l\u2019organisation métropolitaine, on attend avec impatience les résultats de son enquête, Bref, si le problème actuel doit être résolu, il faudra rendre l'administration à ceux qui en sont responsables devant le public; réaliser l'unité de l'administration à laquelle devront participer, non seulement les fonctionnaires et les membres du Comité Exécutif, mais aussi les conseillers, Il faut donc que se produise une réaction, Ce sera la réaction du gros bon sens, est un paradis de chambreurs trébuchantes, ils ont conçu un plan mirobolant pour enfoncer le vote libéral et dont voici les grandes lignes, Depuis quelque temps le comté d'Outremont se transforme en paradis de chambreurs, au grand ébahissement et à l'inquiétude manifeste des résidents dont les habitudes sédentaires sont bien connues, Cette invasion ressemble à celle d\u2019une plage à la mode par des voyageurs de commerce.avez par hasard une chambre à louer, chère madame, il suffit de communiquer avec l'organisation de l'Union Nationale.Elle sera retenue et payée au tarif de base de $9.00 par semaine, au nom \u2014 peut-être fictif \u2014 d'un quidam qui disparaîtra comme un mauvais cauchemar le 9 juillet, après avoir été voter, comme de juste, Il suffit, prétendent les lumières de l'U.N., d'avoir assez de \u201cchambreurs\u201d pour balancer par Fernand LACROIX De tous les comtés de Montréal, c'était, à n\u2019en pas douter, celui où les maisons de \u201ctouristes\u201d et leur louche clientèle avaient le moins de chance de s\u2019implanter.Mais les choses ont bien chan- @é depuis le bill 34.C\u2019est ainsi que la population d\u2019Outremont vient d'augmenter \u2014 du moins sur le papier \u2014 de quelques milliers de nouveaux citoyens dont la présence se manifestera particulièrement au cours de la journée du 9 juillet Si vous le vote libéral, à une période de l\u2019année où le vote est notoirement faible à Outremont, à cause des vacances (50 pour cent du vote à la dernière élection de feu M.Groulx).Il suffisait d\u2019y penser, comme dirait le prince noir de l'Union Nationale, M.Omer Côté, l\u2019animateur de cet extraordinaire mouvement de masse, du reste parfaitement .étranger a un comté ou l'on ne reléve ni boites de nuit, ni tavernes a la douzaine, mais familier des \u201ctourist rooms\u201d puisque son comté (St- Jacques) en compte par centaines, C'est probablement ce qui Ta incité à transformer en camp volant le comté d\u2019Outremont, où campent, par les temps qui courent, les fiers légionnaires de I'Union Nationale, noyautés pour plus de sûreté par les joyeux lurons du comté de St-Jacques, toujours plus ou moins en quête de domiciles entre deux élections Tous ces gaillards à doubles muscles et à double identité n\u2019en demandaient vraiment pas tant, faute d\u2019habitude à frayer avec des débutantes et des héritières, C'est un peu comme si on logeait les \u201crentiers\u201d du carré Viger au Mont- Royal, Ainsi se dessine l'élection d'Outremont, sous le signe du bill 34, personnellement dirigé contre un homme que M, Duplessis semble redouter par dessus tout, M.Georges Lapalme, et contre qui ses organisateurs semblent non moins disposés à recourir aux pires extrémités comme aux pires folies, - Impressions d\u2019un député La politique n\u2019est pas- nécessairement pourrie SEAN-PAUL NOËL (député de Jeanne-Mance) U terme de la première A étape de mon expérience à Québec, je ne crains pas d'affirmer que la politique peut grandir un homme, dès lors qu\u2019un député entend s'y consacrer entièrement, cette expérience n'est certes pas facile, parce qu'elle exige d'énormes sacrifices, L\u2019avocat doit forcément négliger sa pratique, et surtout sa famille, Sa santé n'y gagne pas non plus.Je suis arrivé complétement dépaysé dans la vieille capitale.Je connaissais Québec pour y avoir séjourné brièvement à quelques reprises, La ville m'est apparue sympathique et trés accueillante, J'attribue mon dépaysement au manque de familiarité avec un lieu \u2014 le Parlement \u2014 où l\u2019on vient représenter pour la première fois 90,000 électeurs.Impressionné au début par l'Assemblée législative, comme un jeune avocat qui plaide sa première cause et qui sait se \u201cmettre les pieds dans les plats\u201d, je ne l'étais pas moins par les méthodes en cours dans cette assemblée, méthodes que maîtrisaient parfaitement les ai- nés cet auxquelles l'Opposition devait faire face.Aussi, la première fois que j'ai parlé, ai-je eu très nettement \u201cL'Autorité aux Indes OTRE collaberateur Luc Cossette, qui a quitté le pays - ces jours derniers à destination des Indes, fera parvenir à \u201cL\u2019Autorité\u201d quelques articles sur son voyage en Asie, Il doit notamment prendre part au Séminar de I'Entre-Aide Universitaire Internationale, a Mysore, au sud- est de Bombay, en Inde méridionale, en qualité d\u2019observateur de l\u2019Université de Montréal où il a terminé ses études de Droit.Trois autres délégués de l\u2019U.de M.seront à Mysore.Ce sont Georges Lahaise, président des étudiants; Marc Lalonde, étudiant en Droit, et Mlle Juliette Barsalou, étudiante en Droit.L'Entre-Aide Universitaire Internationale est un organisme qui groupe étudiants, professeurs et diplômés des pays occidentaux, asiatiques et africains.L'E.U.I.vise principalement a promouvoir l'aide matérielle et culturelle entre les étudiants et les institutions universitaires des divers pays intéressés.Au séminar de Mysore, qui s'ouvre le 15 juin et se termine à la fin de juillet, les délégués aborderont les aspects intellectuels et techniques de l'aide destinée à l'Asie dans le cadre du Pian Colombo.Les discussions porteront également les moyens d'accroître les échanges culturels entre le bloc asiatique et l'Occident, Luc Cossette s'efforcera de traduire, dans ses articles, l'ambiance qui régnera a Mysore, et nous fera part de ses réactions dans les quelques régions de l'Inde qu\u2019il est appelé à visiter au cours de l'été, La publication de ses articles commencera très prochainement.René Lévesque nous écrit de Lendres : LA COURONNE NE MERITE PAS DE MOURIR (lire en page 8) Mais _ impression qu\u2019on cherchait a m\u2019interrompre.Voilà qui n\u2019est pas de nature à stimuler un nouveau venu à la Législature.Mais il fallait s\u2019y résoudre : c\u2019était à prévoir.Je m'y suis si bien résolu que, par la suite, je n\u2019hésitais pas 3 élever la voix, J'ai pris part a 80 pour cent des débats, ce qui naturellement, nécessite une préparation sérieuse.Car, à celui qui observe les législateurs de la Galerie, toute cette affaire peut paraître futile et funambulesque, Le manque de sérieux que l'on déplore si souvent existe effectivement, mais je voudrais qu\u2019on sache l'effort déployé par l\u2019Opposition en vue de combattre cet état de choses, Vient un moment où, pour mener le combat à armes égales, il faut nécessairement I'entreprendre sur le plan que nos adversaires ont choisi: celui de la comédie et, plus rarement, des mots d'esprit.C'est donc ce que nous avons dû faire.Parfois avec succès, admettons-le sans fausse modestie.Quant à moi \u2018qui ai fait campagne dans Jeanne-Mance en donnant à la population du com, té l\u2019assurance qu\u2019étant fils d\u2019ouvrier, j'allais défendre les ouvriers, j'ai tenté de réaliser cette promesse, Je suis, sous ce rapport, satisfait du travail accompli.Brièvement, je rappelle les problèmes sur lesquels ont porté les débats où j'ai pris la parole : \u2014Le crédit ouvrier \u2018destiné à permettre aux travailleurs de construire leur maison.\u2014Le problème des personnes atteintes de maladie mentale qui ne trouvent pas d\u2019'hôpitaux pour les soigner, et plus particulière ment, les jeunes cas mentauï.\u2014La redistribution des \u2018sièges électoraux, \u2014L'administration des pei- sons.\u2014Le bill 34 et les problèmes constitutionnels, Animé d\u2019un enthousiasme accru, je retourne à Québec l'an prochain, fermement convaincu que nous sommes engagés dans un combat politique dont l\u2019enjeu est essentiel.D'ici là, je m'\u2019occupe de mon bureau d'avocat où viennent me rencontrer plusieurs électeurs, jusqu'à 75 par semaine, Ces jours derniers, un cheminot qui doit prendre sa retraite prochainement se présente chez moi et \u2018formule sa demande.\u201cJe ne suis pas seulement cheminot, dit-il, je suis aussi (et surtout) juge de paix\u201d.Et le voilà qui se penche sur mon pupitre: \u201cEntre hommes de loi, on devrait se comprendre : n\u2019y aurait-il pas moyen de me faire nommer juge à plein temps, en bas, sur la rue St-Jacques ?\u201d Je l'ai prié de s'adresser à ceux qui décident de ces nomi-, nations.Pour finir; je voudrais rassurer tous ceux qui désespèrent : je suis fermement convaincu que la politique n'est pas nécessairement \u201cpourrie\u201d.Mais il arrive, hélas, que certains hommes finissent par l\u2019avilir La politique sera sérieuse dans la mesure où ceux qui la font seront à la hauteur de leur mission.Voilà mon souci et mon ambition.ciations les problèmes en suspens.tale.civils britanniques en Coréeaméricains.malades.gociations d\u2019armistice.terre.patriement des prisonniers.dental de désarmement.trafic interzonal.désarmement atomique.sition polonaise.coexistence.Les 23 étapes de l'offensive de paix 9 MARS.\u2014 Aux obsèques de Staline, Malenkov, Beria et Molotov se prononcent pour la coexistence pacifique.co 15 MARS.\u2014 Au Soviet Suprême, Malenkov proclame à nuuveau le désir du gouvernement de l'U.R.S.S.de résoudre par la voie de négo- 17 MARS.\u2014 Réouverture du canal Berlin \u2014 Allemange Occiden- 18 MARS.\u2014 Molotov intervient pour la libération des internés 19 MARS.\u2014 Initiative soviétique d'une conférence aérienne à Berlin pour régler l'affaire du corridor.27 MARS.\u2014 Moscou accorde le visa d'entrée à dix journalistes Le même jour, Vychinski permet de sortir de l'impasse à l'O.N.U.en donnant son accord pour la nomination du Suédois Dag Hammarskjeeld au poste de secrétaire général.28 MARS.\u2014 Décret d'amnistie en U.R.8.8.avec promesse d'une amélioration du code pénal, interprété comme un signe de détente.28 MARS.\u2014 Pékin accepte d'échanger les prisonniers blessés ou Proposition sino-coréenne en vue de la réouverture des né- 28 MARS.\u2014 Tchoulkov fait mettre les drapeaux en berne dans le secteur soviétique à l\u2019occasion de la mort de la reine Mary en Angle- 29 MARS.\u2014 Moscou promet d'intervenir pour la mise en liberté des internés civils français en Corée.30 MARS.\u2014 Pékin propose un compromis dans le problème du ra- 1er AVRIL.\u2014 L'U.R.S.S.propose des amendements au plan occi- 3 AVRIL.\u2014 \u2018Levée des restrictions apportées en Allemagne au 4 AVRIL.\u2014 La réhabilitation des médecins renforce l'impression d\u2019un revirement politique de Moscou.4 AVRIL, \u2014 Le même jour, amnistie en Roumanie; elle est cependant plus limitée que l\u2019amnistie soviétique.8 AVRIL.\u2014 M.Vychinski, à l'O.N.U., applaudit le délégué américain Cabot Lodge et lance un appel à la conciliation dans la question du 10 AVRIL.\u2014 L'U.R.S.S.se déclare prête à intervenir pour faire libérer les civils américains intennés en Corée.16 AVRIL.\u2014 L'U.R.S.S.rend possible un vote unanime à l'O.N.Usur une résolution brésilienne, sur la Corée, après retrait d\u2019une propo- 27 AVRIL.\u2014 Réponse de la Pravda au discours d'Eisenhower : nouvelle invitation aux négociations.28 AVRIL.\u2014 En répondant à un appel du \u201cCongrès des Peuples\u201d, Molotov se prononce en faveur d'une négociation à \u201cCinq\u2019.29 AVRIL.\u2014 A l'occasion d\u2019une remise de décorations, Vorochilov, nouveau Président du Présfiium, prend lui aussi fait et cause pour la ler MAI.\u2014 On remarque le ton modéré des \u2018mots d'ordre\u201d du Parti, et la bonne place accordée à la thèse de la coexistence.16- MAI.\u2014 Libération à Prague du Journaliste américain William Oatis, condamné pour de prétendues activités d'espionnage.19 MAI.\u2014 Chvernik réaffirme devant des syndicalistes britanniques la volonté de paix soviétique.| 24 MAI.\u2014 Article de la Pravda.Accepte les principes proposés par Churchill d'une négociation pour les problèmes internationaux, tout en protestant contre la réunion d'une conférence préliminaire des Trois Grands occidentaux.28 MAI.\u2014 Suppression de la commission de contrôle soviétique, en Allemagne orientale et nomination de Semienov comme haut-commissaire soviétique : pouvait être interprétée comme une ébauche -d'un retour au quadripartisme.: Ce bilan n\u2019est pas un bilan de la politique extérieure soviétique pendant la période considérée mais un relevé des initiatives dont.la paix\u201d.Durant la même période d\u2019autres initiatives ont 6t6 prises qui venalent contredire cette interprétation, comme le refus de discuter le traité autrichien ou l'exécution de parachutistes arrêtés en\u201d Ukraine.succession à pu être interprétée comme constituant une \u201coffensive de | L'AUTORITE, 13 JUIN 1953 AVENTURES DE J cours de l\u2019année 1886, une * série d'événements sur les.\u2019 quels je n'ai pas à insister nous obligea, Sherlock Holmes et moi, à passer plusieurs semaines dans une de nos grandes villes, chef-lieu d'une Université, C'est pendant cette période que se passa l'aventure que je vais raconter.Je n'\u2019ai pas besoin de dire que tout détail pouvant faire deviner au lecteur soit l\u2019Université, soit les personnages en cause, sera soi- @neusement caché avec le plus @rand soin, car un scandale si douloureux ne doit pas être dévoilé, Il m'est cependant permis, en usant d'une rigoureuse discrétion, d'écrire ce récit qui fera voir, une fois de plus, les remarquables qualités de mon héros, tout en faisant de mon mieux pour empêcher qu\u2019on puisse découvrir le lieu où les faits se sont passés et J'indenti- té des acteurs, Nous habitons un appartement meublé, auprès d'un libraire chez lequel Sherlock Holmes passait une partie de son temps à fouiller laboricusement les archives de vieux chartiers du moyen âge.Ses recherches, d\u2019ailleurs, eurent des résultats si surprenants qu'elles feront peut- être, plus tard, l\u2019objet d'un de mes récits.Ce fut dans cet appartement qu'un soir nous reçûmes la visite d\u2019une de nos connaissances, M.Hilton Soames, administrateur et maître de conférences au collège de Saint-Luc, M.Soames était un homme de taille élevée, maigre et d\u2019un tempérament très nerveux.Je l'avais toujours connu très agité, mais, à ce moment, il était tellement bouleversé qu'un événement grave venait certainement de se produire.\u2014J\u2019espère, monsieur Holmes, dit-il, que vous pourrez nous donner quelques heures de votre temps si précieux.Il vient de se produire dans notre collège un incident des plus pénibles, ct réellement, si je n\u2019avais pas eu lu chance de vous avoir dans la ville, je n\u2019aurais su que faire, \u2014Je suis très occupé en ce mdment-ci, et je serais très contrarié d'être dérangé, dit mon ami.Je préférerais de beaucoup vous voir appeler la police à votre aide, \u2014Non, non, mon cher monsieur, c\u2019est absolument impossible.Quand l\u2019action publique est mise en mouvement on ne sait où elle s'arrêtera et c'est une affaire au sujet de laquelle Al est nécessaire, pour le bon renom du collège, d'éviter jout scandale.Votre discrétion est aussi connue que votre pouvoir; vous êtes le seul homme au monde qui puissiez m'aider, aussi, je vous supplie, monsieur Holmes, de faire tout ce qui vous sera possible .Le caractère brusque de mon ami ne s\u2019était pas amélioré depuis qu'il avait quitté Baker Street.L\u2019Absence dc ses livres, de ses produits chimiques, du désordre apparent de son appartement le mettait au désespoir.Il haussa les épaules, tandis que votre visiteur, avec force gestes, nous mit, en quelques mots, au courant de son histoire.\u2014Je dois d'abord vous expliquer, monsieur Holmes, que demain est le premier jour du concours pour la bourse Fortescue.Je suis l\u2019un des cexaminateurs pour le.grec et.j'ai choisi comme sujet une version qu'aucun des candidats n'a eue à traduire, Le texte en est imprimé sur la feuille d'examen ct bien entendu, ce scrait\u2019un immense avantage si l\u2019un des candidats pouvait préparer à l'avance sa traduction.On a donc pris les plus grandes précautions pour garder le secret.- Aujourd\u2019hui, à \u2018trois heures, j'ai reçu les épreuves imprimées.La version se compose de la moitié d\u2019un chapitre de Thucydide.J'ai dû relire les épreuves avec le plus grand soin.A quatre heures et .demie, mon travail n'était pas encore terminé, mais, comme \u2018j'avais promis d'aller prendre le thé dans l'appartement d\u2019un collègue, j'ai laissé mes épreuves sur mon bureau.J'ai été absent un peu plus d\u2019une heure, , Vous - savez peut-être, monsieur Holmes, que les portes de mon appartement, sont doubles; la première, en serge verte, à l\u2019intérieur; l\u2019autre, en chêne à l\u2019extérieur.Quand je m'\u2019approchai pour rentrer chez moi, je fus très étonné de voir une clef à la extérieure; je crus d'abord à un oubli de ma part, mais je constatai que j'avais la clef dans ma poche, Seul, mon dome e, Bannister en possédait une autre.Celui-ci est à mon service depuis dix ans; son honnêteté est au-dessus de tout soupçon.\u2019 J'ai cependant acquis la conviction que cette clef était bien la sienne, qu\u2019il était entré dans ma chambre pour me demander si je voulais du thé, qu\u2019en sortant, il avait commis l\u2019étourderie de laisser la clef sur la porte, Il avait dû entrer l'appartement quelques instants seulement après mon un autre moment, sa négligence n'aurait pu avoir aucune suite fâcheuse; dans les C résentes, elle .a eu le plus lorable résultat, Dès que j'ai a ma table d'ai constaté qu\u2019on avait fouillé dans mes papiers.La version était imprimée sur trois feuilles que j'avais 1 ensemble; je trouvai l\u2019une d'elles par terre, la seconde sur une petite table près de la fenêtre et la troisième à droite où je l'avais Pour la première fois, Holmes fit un mouvement.\u2014La première feuille par ter- rel.la seconde prés de la fené- trel.la troisième où vous l'avez laissée.\u2026! dit-il.\u2014Précisément, monsieur Holmes, Vous m'éionnez! comment avez-vous pu deviner cet ordre?\u2014Continuez donc votre récit si intéressant! .\u2014Au premier abord, j'eus l\u2019idée que Bannister avait pris la liberté impardonnable de toucher à mes papiers.Il nia avec la plus grande énergie et je suis convaincu qu\u2019il dit la vérité.C'est donc que quelqu'un a passé devant l\u2019appartement, a remarqué la clef à la serrure, a su que j'étais sorti, et est entré dans le but de copier le texte de la version.Il s'agit, en réalité, d\u2019une grosse somme d\u2019argent, car la bourse est d\u2019un chiffre très élevé et un .homme sans scrupule n\u2019a sans doute pas craint de courir un certain risque en vue d'obtenir un avantage sur ses concurrents.Bannister a été bouleversé par cet incident et il a failli s\u2019évanouir quand il a su ce qui était arrivé.J'ai même dù lui faire avaler un cordial et je l\u2019ai laissé anéanti sur un fau- teil pendant le temps qu\u2019il m\u2019a fallu pour examiner la pièce.Je constatai gue lintrus avait laissé d\u2019autres traces de son passage, Sur la table, prés de - la fenêtre, je trouvai plusieurs rognures de bois provenant d\u2019un crayon qui avait dû être tail- 16, ainsi qu\u2019un morceau de mine de plomb brisé.Evidemment, Je gredins avait copié le texte avec une telle vitesse qu\u2019il avait cassé son crayon ct avait été obligé de le tailler.\u2014Très bien, dit Holmes, qui reprenait sa bonne humeur à mesure que son attention s\u2019éveillait.\u2014Ce n\u2019est pas tout.J'ai depuis quelque temps, un nouveau bureau recouveri de cuir rouge, ct je suis certain, ainsi que Bannister, qu'il n'y avait aucune tache; or, j'ai trouvé une coupure d'environ trois centimètres de long; pas une égratignure, mais une véritable çou- pure.J'ai enfin découvert \u2018sur la table un petit morceau de pâte ou de terre noire, sur lequel j'ai remarqué des parcelles qui m'ont semblé être de la sciure de bois.Je suis persuadé qu\u2019il a été laissé par celui qui a fouillé mes papiers.Il n\u2019y avait, d\u2019ailleurs, aucune empreinte de pas qui pût mettre sur sa trace, Je ne savais plus à quel saint me vouer, quand l\u2019idée m'est venue que vous étiez ici ct je me suis hâté de mettre l\u2019affaire entre vos mains.Aidez-moi, monsieur Holmes: vous voyez d'ici mes ennuis! Il faut que je trouve l'individu, ou que je fasse renvoyer le concours jusqu\u2019au moment où j'aurai eu le temps de faire imprimer un nouveau texte; il sera, dans ce cas, indispensable de fournir une série d'explications qui feront un tort énorme au collège et à l'Université.Tout ce que je désire, c'est étouffer cette affaire.\u2014Je serai très heureux de vous aider de mes conseils, dit Holmes en se levant et en passant son pardessus.L'affaire ne manque pas d'intérêt.Est-il venu quel- qu'un dans votre chambre après que vous avez eu regu les épreuves?\u2019 \u2014Oui, le jeune Daulat Ras, un étudiant des Indes, dont la chambre donne sur le palier; il est venu me demander quelques renseignements sur l'examen.\u2014Doit-il prendre part au concours?-\u2014Oui, -\u2014Les papiers étaient-ils sur votre table à ce moment?\u2014Autant que je me rappelle, ils s\u2019y trouvaient enroulés.\u2014Pouvait-on reconnaître que c'était des épreuves?\u2014C\u2019est possible! \u2014Personne autre n\u2019est entré dans votre chambre?\u2014Non., \u2014Quelqu\u2019un savait-il que les épreuves s\u2019y trouvaient?\u2014Non, sauf l\u2019imprimeur, -\u2014Bannister le savait-il?\u2014Certainement non.personne ne le savait.\u2014Où est Bannister, maintenant?\u2014Le pauvre homme! je lai laissé malade, affalé sur un fauteuil; j'étais si pressé de venir vous trouver.\u2014Avez-vous laissé votre porte ouverte?.ui, mais j'ai mis les papiers sous clef.\u2014II résulte donc de tout ce que vous m\u2019avez dit, monsieur Soames, qu'à moins que l\u2019étudiant ait pu reconnaître ce qu'était le rou- eau d'épreuves, l'homme qui les a copiées les a trouvées par hasard.\u2014Cela me paraît certain, Holmes eut un sourire énigma- que, \u2014Eh bien! dit-il, allons là-bas.Ce n\u2019est pas une de vos affaires, Watson, mais venez cependant si vous voulez.Maintenant, monsieur Soames, je suis à votre disposition.Le cabinet de notre client avait une fenêtre à petits carreaux donnant sur la cour d'honneur du vieux collège et s\u2019ouvrait sur un escalier de pierres, uséés par le temps, par une porte en ogive.L'appartement se trouvait au rez- de-chaussée, Au-dessus de Jui, habitaient les trois étudiants dont j'ai parlé, un à chaque étage.La nuit commençait à tomber quand nous arrivâmes sur les lieux.Holmes s'arrêta et contempla la fenêtre avec intérêt, pu , Jhissant sur la pointe pieds, il jeta un coup d\u2019oeil à l'intérieur.\u2014Il n\u2019a pu entrer que par la porte, dit notre guide, car la fenêtre était trop troite pour laisser passer un homme.\u2014Vraiment! dit Holmes, qui sourit d\u2019un air singulier en regar- .dant notre compagnon.Eh bien! puisque nous n'avons rien à examiner ici, nous n'avons qu\u2019à entrer.Le maître de conférences ouvrit la porte extérieure et nous fit pénétrer.Nous restâmes sur le seuil tandis que Holmes regardait le tapis, \u2014Je ne vois ici aucune trace de pas, ce qui s'explique facilement par la sécheresse de ces jours derniers.Votre domestique doit être entièrement remis e ses émotions; vous l'aviez, di- tes-vous, laissé étendu sur un fauteuil; lequel?\u2014 Ici, à côté de la fenêtre, \u2014Ah! oui, près de cette petite table.Vous pouvez entrer maintenant; j'ai suffisamment examiné le tapis.Voyons maintenant Ja petite table.Il est facile de se rendre compte comment les choses se sont passées.L'homme est arrivé, a pris, page par page, les épreuves sur le bureau et les a apportées sur cette table près de la fenêtre, parce que de cet endroit il pouvait vous voir traverser la cour et prendre la fuite s\u2019il était nécessaire.\u2014Il n\u2019a pu me voir, car je suis entré par une porte de côté.\u2014Peu importe, telle était son idée! Voyons maintenant les trois épreuves.Elles ne portent aucune trace de doits?on! Il a d\u2019abord pris la première page et l\u2019a copiée.Combien de temps cela a-t-il pu lui prendre en abrégeant autant que possible?Un quart d\u2019heure au moins.Il a jeté ensuite cette feuille et a saisi la seconde.Il devait l\u2019avoir à moitié copiée quand votre retour l\u2019a obligé à une fuite rapide\u2026très rapide, car il n\u2019a pas eu le temps de remettre en place les papiers, ce qui devait vous faire deviner qu'on y avait touché.Vous ne vous rappelez pas avoir entendu des pas précipités quand vous avez ouvert la porte?\u2014Non, je ne m'en souviens pas.\u2014Il a écrit avec une telle ardeur qu\u2019il a cassé son crayon et a été obligé de le tailler, ainsi que vous l'avez constaté vous-même.Ce point est capital, Watson.Le crayon était très gros et la mine de plomb en était très douce.L'enveloppe extérieure était peinte en bleu foncé, le nom du fabricant y était inscrit en lettres d\u2019àar- gent et il doit en rester environ quatre centimètres.Cherchez le crayon, monsieur Soames, et vous trouverez l'homme.= J'ajouterai que la Jame de son couteau était longue et mal aiguisée, M.Soames paraissait quelque peu étonné de toutes ces découvertes.\u2014Je vous suis bien sur tous les points, mais en ce qui concerne la longueur.Holmes montra une des rognures avec les lettres NN, suivies d\u2019un espace net sur le bois.\u2014Vous saisissez?\u2014Non, pas même maintenant! \u2014Watson, vous n\u2019êtes pas le seul à avoir la compréhension lente.Vous savez pourtant que le plus important fabricant de crayons est Johann Faber.N\u2019est-il donc pas évident que les deux lettres en question sont les deux dernières du nom de Johann.Il tourna la petite table vers la lumière électrique, \u2014J\u2019avais espéré que si le papier sur lequel il avait écrit était très mince, il serait resté des traces de son écriture sur cette surface unie, mais je n\u2019en vois pas.Nous n\u2019avons plus rien à apprendre ici.Allons examiner le bureau.Voilà sans doute un morceau de la terre noire dont vous m'avez parlé: il a la forme d'une pyramide en creux et il porte, en effet, des traces de sciures de bois, Vraiment, ceci est très intéressant ! La coupure dont vous m'avez parlé est une véritable déchirure, Je vous remercie, monsieur Soames, d\u2019avoir appelé mon attention sur cette affaire, Dans quel appartement ouvre cette porte?_ \u2014Dans ma chambre.\u2014Y êtes-vous entré depuis?\u2014 Non, je me suis rendu directement chez vous.\u2014Je serai heureux d\u2019y jeter un coup d'oeil.Vous avez là une jolie chambre, d'une architecture remarquable.Voulez-vous avoir l\u2019amabilité d'attendre sur le seuil pendant que j'examinerai le par- uet?Allons, je ne vois rien! ous pendez vos vêtements derrière ce rideau?Si quelqu\u2019un avait eu à se dissimuler dans cette chambre, nul doute qu\u2019il n\u2019eût choisi cet endroit, car le lit est trop bas et l'armoire trop étroite.1 n\u2019y a personne, je pense.Quand Holmes tira le rideau, je vis bien à son attitude qu\u2019il était prêt à tout événement, mais le rideau levé ne laissa apercevoir que trois ou quatre complets, ndus à leurs porte-manteaux.olmes allait s'éloigner quand, tout à coup, il aperçut quelque chose à terre.\u2014Qu'\u2019est ceci?dit-il.C'était un morceau de terre noire d\u2019une forme pyramidale exactement semblable à celle que nous avions trouvée sur le bureau.Holmes la mit dans le creux de sa main et l\u2019examina sous la lampe électrique.\u2014Votre visiteur semble avoir laissé des traces aussi bien, dans votre chambre que dans votre petit salon, monsieur Soames.\u2014Qu'\u2019a-t-il pu venir faire ici?\u2014C\u2019est assez clair à mon avis:.vous êtes entré inopinément et il n'a soupçonné votre arrivée que lorsque vous êtes parvenu à la porte.Que pouvait-il faire?Il a pris tout ce qui pouvait le trahir et a couru se cacher dans votre chambre à coucher., \u2014Vous pensez donc, monsieur Holmes, que lorsque je parlais avec Bannister dans mon petit salon, sans le savoir, nous tenions le prisonnier, celui qui venait de faire le coup?\u2014Je le crois.\u2014Voyons, il doit y avoir une autre hypothèse, monsieur Holmes.Avez-vous observé la fenêtre de ma chambre à coucher?\u2014Elle a des petits carreaux bordés de plomb, trois fenêtres jumelées; l\u2019une d\u2019elles peut permettre le passage d\u2019un homme, \u2014 isément, et elle donne sur un angle de la cour.Le gaillard a pu entrer par là dans ma chambre, y laisser ses traces en passant et se sauver par la fenêtre extérieure laissée ouverte.Holmes secoua la tête avec impatience, oo \u2014Soyons pratiques, dit-il.Il y a trois étudiants qui habitent votre quartier et sont obligés de passer devant votre porte pour entrer chez eux?ui.\u2014JIls sont tous candidats à la bourse?ui, \u2014AÂvez-vous des\u201d -motifs d\u2019en soupçonner un plutôt, que les autres ?Soames hésita.\u2014C'est une question bien délicate, il est difficile d\u2019exprimer un soupçon quand on n'a pas de preuves.\u2014Voyons les soupçons et je chercherai les preuves.\u2014Je vais vous dépeindre en quelques mots le caractère de chacun d\u2019eux.Celui qui habite le premier étage s\u2019appelle Gilchrist, c\u2019est un Farçon très studieux et de plus un athlète: il fait partie de l\u2019équipe de cricket, de celle de rugby et de celle du collège; sportsman très distingué et trés beau garçon.Son pére était sir Jabez Gilchrist qui s\u2019est ruiné sur le turf.Cet étudiant est très pauvre, mais c\u2019est un travailleur et il arrivera.\u2014Oui, monsieur.\u2014Quand M.Soames est entré .& vous a appelé, vous étiez trés u \u2014Oui, monsieur; une chose pareille ne s\u2019est jamais produite depuis les lon années que je suis ici.J'ai failli m\u2019évanouir.C\u2019est ce qu\u2019on m\u2019a dits où étiez-vous quand vous avez commencé à vous sentir mal à l'aise ?, \u2014Où j'étais, monsieur ?.\u2026 mais ici, près de la porte.\u2014C\u2019est singulier, car vous vous êtes assis dans cette chaise là-bas dans le coin, alors que vous en aviez d\u2019autres beaucoup plus près de vous; pourquoi ne vous Ses vous pas assis sur l'une de celles-là ?J \u2014Je .n\u2019en sais rien, monsieur; cela n'avait pour moi aucune importance, .\u2014Je crois vraiment, monsieur Holmes, quit n\u2019a pu s'en rendre compte; il était très malade, dit le maître de conférences.\u2014Vous êtes resté ici après le départ de votre maître ?\u2014Quelques instants seulement, puis j'ai fermé la porte à clef et Je suis parti dans ma chambre.\u2014Qui soupçonnez-vous ?.\u2014Personne, je vous assure, je n\u2019oserais soupçonner quelqu\u2019un, car je ne crois aucun des étudiants de cette université capable d'accomplir une telle chose, non, je ne le crnis pas.\u2014DMerci, cela suffit, dit Holmes.Encore un mot.Vous n\u2019avez parlé à aucun des trois étudiants que vous servez de ce qui s'est passé ?\u2014Non, monsieur, je n\u2019en aï pas dit un mot.\u2014Vous n'avez vu aucun d'eux ?\u2014Non, monsieur.Î \u2014Trés bien.Maintenant, si vous le voulez bien, nous passerons dans la cour, monsieur Soames.Trois fenêtres brillaient au- dessus de nous dans l\u2019obscurité.\u2014Vos trois oiseaux sont dans leur nid, dit Holmes en levant la tête.Tiens.tiens ! il y en a un qui paraît très préoceupé.C\u2019était l\u2019Indien, dont la silhouette se détachait sur le store; il marchait vivement de long en large dans sa chambre.\u2014Je voudrais bien, dit Holmes, si c\u2019est possible, les voir d'un peu plus pres.J \u2014Cela ne souffre aucune difficulté, dit Soamesments sont les plus anciens du collège et souvent des étrangers désirent les visiter.Venez, je vous conduirai moi-même.ROMAN PO COMPLET DANS LICIER DE A.Conan Doyle CETTE EDITION Traduit de l\u2019anglais par F.G.Le second étage est habité par Daulas Ras, originaire des Indes, jeune homme très calme, très renfermé, comme tous ceux de sa race.I! travaille bien, quoique le grec soit sa partie faible; il est studieux et méthodique.Le troisième étage est occupé par Miles MacLaren.C\u2019est un sujet brillant quand il veut travailler, une des plus belles intelligences de l\u2019Université; mais il est inconstant, n\u2019a pas de principes.Il a failli être expulsé pendant sa première année, à la suite d\u2018une histoire de jeu.Il n\u2019a rien fait pendant ce trimestre et l\u2019examen doit lui causer une certaine appréhension.\u2014En un mot, c'est lui que vous soupçonnez ?\u2014Je n\u2019irai pas jusque-là, mais des trois jeunes gens, c'est lui qui est le plus capable d'avoir fait le coup.dit , \u2014Maintenant, M.Holmes, je serais très heureux de voir votre domestique.Bannister était un homme de petite taille, qui touchait a la cinquantaine; son visage était pale et entièrement rasé, ses cheveux grisonnants.Il paraissait encore ému de cette affaire qui venait de troubler la routine de son existence.Sa figure grave était secouée de mouvements nerveux, et ses doigts ne pouvaient rester immobiles.\u2014Nous sommes en train de faire une enquête au sujet de cette malheureuse affaire, lui dit son maître.\u2014Oui, monsieur, \u2014I1 paraît, dit Holmes, que vous avez oublié votre clef sur la porte ?\u2014Oui, monsieur.\u2014N'est-ce pas une coïncidence extraordinaire que cet oubli ait eu lieu précisément le jour où les épreuves ses trouvaient dans l\u2019appartement ?,\u2014\u2014C\u2019est très malheureux, monsieur, mais cela m\u2019est arrivé déjà d\u2019autres fois.\u2014 Quand êtes-vous entré dans la chambre ?\u2014 II était à peu près quatre heures et demie; c'est généralement à cette heure-là que M.Soames prend son thé.\u2014Combien de témps y êtes- vous resté ?\u2014Quand j'ai vu qu'il était absent, je me suis retiré de suite._\u2014Âvez-vous regardé les papiers sur le bureau ?\u2014Bien sûr que non, monsieur.\u2014Comment se fait-il que vous ayez laissé la clef sur la porte ?\u2014J'avais le plateau à thé entre les mains, et je me suis dit que je reviendrais chercher la clef, puis je l\u2019ai oublié.\u2014La serrure de la rieure ferme-t-elle au loquet ?\u2014Non, monsieur.\u2014Alors, elle est restée ouverte tout le temps ?\u2014Oui, monsieur, \u2014Une personne qui se fût trouvée à l\u2019intérieur de l'appartement eût pu facilement en sortir ?rte exté- \u2018d\u2019elle-même \u2014Pas de noms, s\u2019il vous plaît, dit Holmes, quand nous frappâmes à la porte de Gilchrist.Un jeune homme de haute taille, blond et mince, nous ouvrit la porte et nous souhaita la bienvenue, dès que Soames lui eut fait connaître le but de notre visite.Cette pièce était un spécimen très curieux de l'architecture du moyen âge.Holmes fut si enthousiasmé qu\u2019il manifesta le désir de dessiner quelques détails sur son carnet.Dans sa précipitation, il brisa son crayon, fut obligé d\u2019en emprunter un au jeune homme et lui demanda également son canif.Le même accident lui arriva dans l\u2019appartement de l\u2019Indien, un petit homme silencieux au nez crochu qui nous regarda d'un air défiant et parut tres satisfait quand les études archéologiques de Holmes furent terminées.Je me rendis bien compte que Holmes, dans ces deux visites, n\u2019avait pas trouvé ce qu\u2019il désirait.Au troisième étage, nous n\u2019eûmes aucun succès, notre appel, la porte extérieure resta fermée, et nous fâmes reçus par une bordée de paroles malsonnantes.\u2014Peu m'importe qui vous êtes ! Allez au diable! dit la voix en colère.C\u2019est demain l\u2019examen, laissez-moi tranquille ! \u2014Quel garçon impoli ! dit notre guide, rougissant de colère, tandis que nous descendions l'escalier.Il ne savait pas évidemment que c\u2019est moi qui frappais, mais néanmoins, sa conduite a été des plus insolente, et, dans les circonstances présentes, elle peut paraître bien suspecte.La réponse de Holmes me sembla bizarre.\u2014Pourriez-vous me dire exactement quelle est sa taille ?\u2014I] m'est impossible de vous la faire connaître exactement.Il est plus grand que I'Indien, mais \u2018plus petit que Gilchrist.Il doit avoir à peu près cinq pieds six pouces.' .\u2014C'\u2019est très important, dit Holmes, et maintenant, monsieur Soames, je vais vous souhaiter le bonsoir ! .Notre guide jeta un cri d'étonnement et de désespoir ! .\u2014Vous n'allez pas me quitter aussi brusquement, monsieur Holmes! Vous ne semblez pas vous: rendre compte de ma situation: c\u2019est demain le concours, il faut que je prenne une décision dès ce soir, m\u2019est impossible de le laisser avoir lieu si l'une des compositions a été vue a l'avance.Il faut que je me décide ! \u2014Laissez les choses comme elles sont.Je viendrai de bonne heure demain matin et nous cau- \u2018 parfaitement honnête.?Ces apparte- .serons.Je serai peut-être alors en situation de vous dire quoi faire.En tout cas, ne modifiez rien l.rien! .\u2014 bien, monsieur Holmes.\u2014Soyez tranquille, nous trouverons un moyen de vous tirer de ces ennuis, Je vais emporter avec moi un peu de cette terre noire et les rognures du crayon.Allons, au revoir !.Nous \u201csortimes dans la cour et nous regardimes les fenêtres éclairées.L\u2019Indien marchait toujours de long en large dans sa chambre, les autres ient invisibles.; \u2014Eh bien ! Watson, qu\u2019en pen- sez-vous ?-demanda olmes quand nous fGines sortis dans la rue, c\u2019est un vrai jeu de salon, une partie à trois! .C'est sûrement l'un d'eux, faites votre oix.\u2014C'est, à mon avis, ce garçon insolent qui habite le troisième étage : c\u2019est lui, d\u2019ailleurs, qui a la plus mauvaise réputation.L\u2019Indien aussi est un garçon rusé.Pourquoi diable se promène-t-il ainsi tout seul dans sa chambre ?\u2014Il n\u2019y a là rien d\u2019extraordinaire, il y a bien des gens qui se promènent ainsi quand ils apprennent quelque chose par coeur.\u20141I1 nous a dévisagés d\u2019une façon bizarre., \u2014Vous en auriez sans doute fait autant si une bande d'étrangers était venue vous déranger à une veille d'examen, alors que chaque minute peut avoir une grande importance.Je ne vois rien à redire à cela.Et puis, son canif, son crayon ne correspondent pas.Mais il y a quelqu\u2019un qui me tracasse.: \u2014Qui ?.\u2014Bannister, \u2018le domestique.Quel a été son rôle dans tout ceci ?\u2014I1 m\u2019a semblé un homme absolument honnête.-\u2014Et à moi aussi, \u2018 c\u2019est ce qui m'étonne.Pourquoi un homme Allons, voici une librairie, nous allons y continuer nos recherches.11 n\u2019y avait dans la ville que quatre librairies importantes; à chacun d'eux, Holmes montra ses rognures de crayon et promit\u2019de payer un bon prix si l\u2019on pouvait en commander, mais qu\u2019il y en avait rarement de cette taille en magasin.Mon ami re parut pas ennuyé de ce contre-temps, il se borna à hausser les épaules d\u2019un air résigné.\u2014Voila notre derniére piste qui nous manque, dit-il, mais cependant je suis persuadé que nbus trouverons la solution de l\u2019énigme.Pardieu, il est près de neuf heures et notre propriétaire nous a parlé de certains petits pois qu\u2019elle devait accommoder à notre intention pour sept heures et demie.Votre manie de fumer toute la journée et votre irrégularité aux heures de repas feront, sans doute, qu'à la fin on nous priera de chercher un gîte ailleurs, et je devrai partager votre sort.Cependant, il nous faudra, auparavant, résoudre le problème du maître de conférences, de son domestique négligent, et des trois étudiants audacieux.Holmes ne me parla plus de cette affaire pendant toute la soirée, bien qu'il fût resté longtemps absorbé dans ses pensées aprés notre diner retardé.Le lendemain matin, à huit heures, il fit son entrée dans ma chambre comme je venais de finir ma toilette.\u2014Eh bien ! Watson, il est temps de nous rendre à Saint-Luc.Cela ne vous fait-il rien d'y aller sans déjeuner ?\u2014Bien sûr que non.\u2014Soames va être dans tous ses états jusqu\u2019au moment où nous lui dirons quelque chose de positif.\u2014Avez-vous donc quelque chose de positif à lui annoncer ?\u2014Je le crois.\u2014Vous avez trouvé la solution ?\u2014Oui, mon cher Watson, j'ai découvert le mystère, \u2014Quelle nouvelle preuve avez- vous recueillie ?! ce n\u2019est pas pour rien que je me suis levé à six heures du matin.J'ai eu fort à faire pendant deux heures, j'ai parcouru cinq milles, mais j'ai enfin trouvé quelque chose.Regardez ceci, ; Il me montra dans sa main trois morceaux de terre reproduisant en creux la forme d\u2019une pyramide.\u2014Vous n\u2019en aviez que deux hier, Holmes ?\u2014J\u2019ai trouvé l\u2019autre ce matin.Je suis certain qu\u2019ils proviennent tous les trois du même endroit, n\u2019est-ce pas, Watson ?Venez, et nous allons tranquilliser ce brave Soames.Le malheureux maitre de conférences était dans un état lamentable quand nous entrimes dans son appartement.Le concours devait commencer dans quelques heures, et il se demandait s\u2019il faudrait rendre l\u2019incident public, ou laisser le coupable concourir pour cette bourse de grande valeur.Il pouvait à peine contenir son agitation et il se précipita vers Holmes, les mains tendues.\u2014Dieu merci, vous voilà! Je commençais à craindre que vous n'ayez tout abandonné.Que dois- je faire?Faut-il laisser le concours avoir lieu ?7 \u2014Mais, certainement.\u2014Mais ce gredin ?., \u2014II ne prendrà point part au concours.\u2014Vous le connaissez ?\u2014Je le crois, et si cette affaire doit rester secrète, il faut que nous formions nous-mêmes un tribunal d'honneur, Asseyez-vous là, s'il vous plaît.Soames, vous ici, Watson, et je prendrai un fauteuil au milieu de vous.Voilà !\u2026.Je crois que nous sommes suffisam- .partement précisément le es pour en inspirer au coupable, Ayez la bonté de sonner.Bannister entra et parut rempli de surprise et de crainte à notre as \u2014Veuillez fermer la porte, dit Holmes.Et maintenant, Bannister, dites-nous la vérité sur l\u2019incident d'hier.| , L'homme devint blanc jusqu'à la racine de ses cheveux.\u2014Je vous ai tout dit, monsieur.\u2014Vous n'avez rien à ajouter ?, \u2014Rien absolument, monsieur.\u2014Eh bien! il faut alors Que je vous mette sur la voie.Quand vous vous êtes assis sur cette chaise, hier, n\u2019était-ce pas dans le but de dissimuler un objet quelconque qui aurait pu indiquer la personne ayant pénétré dans l\u2019appartement | .Le visage de Bannister devint livide.ment dign monsieur, assurément \u2014C\u2019est seulement une idée, dit Holmes, et j'avoue qu\u2019il m\u2019est impossible d\u2019en four: la preuve.ais cette hypothèse me semble fort probable, car, aussitôt que M.Soames eut tourné le dos, vous avez délivré la personne qui était cachée dans la chambre à coucher.Bannister passa sa langue sur ses lèvres desséchées.\u20141I1 n'y avait personne, dit-il.\u2014Ah! voilà qui est malheureux, Bannister.Jusqu'à présent, vous avez peut-être dit la vérité, mais, maintenant, je sais que vous mentez.Le visage de l'homme sembla encore plus défait.\u2014Il n\u2019y avait personne, monsieur ! Î \u2014Allons, allons, Bannister ! \u2014Non, monsieur, il n'y avait personne! \u2014Dans ce cas, vous ne pouvez nous aider, mais restez dans la pièce, s\u2019il vous plaît, là auprès de la chambre.Maintenant, Soames, ayez donc l\u2019amabilité de vous rendre à l\u2019appartement du jeune Gilchrist et de le prier de descendre ici.Un instant après, le maître de conférences était de retour et ramenait l'étudiant avec lui.C\u2019était un jeune homme de grande taille, élégant, à la figure ouvegte et sympathique; ses yeux bleus se.troublèrent à notre vue et se fixèrent avec une expression de désespoir sur Bannister.\u2014Fermez la porte, dit Holmes.Maintenant, monsieur Gilchrist, nous sommes seuls ici et personne ne saura jamais ce qui va se passer.Soyons francs les uns et les autres.Nous voulons savoir comment, vous, un jeune homme honorable, avez pu commettre l'action d\u2019hier ?Le malheureux jeune homme fit un pas en arrière et lança un coup d\u2019oeil de reproche a Bannister.\u2014Non, non, monsieur Gilchrist,- je n'ai pas dit un.mot, pas un seul, dit le domestique.| \u2014C\u2019est vrai; mais ce mot, vous venez de le prononcer maintenant, dit Holmes.Vous comprenez, monsieur, qu'aprés ce que vient de dire Bannister, votre situation est désespérée 'et qu\u2019il ne vous reste plus qu\u2019à avouer franchement vos torts.Gilchrist chercha d\u2019abord & reprendre son sang-froid, - puis, se jetant à genoux, près du bureau, il se cacha le visage dans lds mains et éclata en sanglots.\u2014Allons, allons, dit Holmes avec bonté.Il est humain de fail- - lir et personne ne vous accusera d\u2019être un pécheur endurci.Peutêtre vaut-il mieux que je raconte à M.Soames comment les choses se sont passées; vous m'arrêterez si je me trompe.Le voulez- vous ?.Vous n'avez pas besoin de me répondre, écoutez-moi seulement, afin de mettre au point mon récit s\u2019il y a lieu.\u201cDès le moment où vous m'avez dit, monsieur Soames, que personne, pas même Bannister, ne pouvait savoir que les épreuves se trouvaient dans votre cabinet, - l'affaire se dessina nettement dans mon esprit.Il fallait donc écarter tout soupçon à l'endroit de l'imprimeur, qui eût eu toute facilité de les examiner chez lui.Je n'ai guère songé à l\u2019étudiant indien: si les épreuves étaient roulées, il ne pouvait deviner ce qu\u2019elles contenaient.Il me semblait impossible d\u2019admettre une coïncidence qui eût poussé quelqu'un à entrer par hasard dans votre ap- jour même où les épreuves y avaient été déposées.J'ai donc laissé cette hypothèse de côté et j'ai estimé que celui qui avait pénétré dans votre cabinet savait que les épreuves s\u2019y trouvaient.\u201cQuand je me suis approché de votre appartement, j'ai d\u2019abord examiné la fenêtre.Vous m'avez même amusé en émettant l'idée que j'avais pu croire, un instant, qu\u2019on avait pu, en plein jour, sous les fenêtres donnant sur la cour, songer à pénétrer par là Cette pensée eût été stupide ! Non, je calculais tout simplement quelle devait être la taille d\u2019un homme qui pouvait apercevoir, en passant, les papiers placés sur le bureau J'ai six pieds de haut et j'ai dû me lever sur la pointe des pieds pour voir le dessus du bureau.Donc, il fallait quelqu\u2019un qui eut une taille au moins égale.Mes soupçons devaient -donc se porter sur celui de nos trois étudiants qui était le plus grand.: \u201cJe suis entré et je vous ai fait part des réflexions que me suggérait la position de la petite table.L'examen du bureau ne me signala rien de particulier, jusqu'au moment où vous m'avez dit que Gilchrist était un athlète et que, par conséquent, il devait savoir sauter; ors, je compris tout et je n\u2019avais plus qu\u2019à er une (suite à la page 5) TROIS ETUDIANTS Mon journal 17 MAI.\u2014 On va répétant : |! ne ce publie à peu près pas de Iivres canadiens.Quantitativement, c\u2019est faux; pas une semaine sans que je reçoive deux, trois, quatre ouvrages de nos compatriotes.C'est la qualité qui est inquiétante; je veux dire, évidemment, l'absence de qualité, une ignorance sereine des exigences élémentaires de l\u2019art.Sans doute tout le monde at-il, strictement, le droit de publier; nous vendons assez de papler à l'étranger pour avoir acquis le privilège d'en conserver un peu pour les nôtres.Mais la question n'est pas là.Tel journaliste entreprend de publier les discours et sermons d'un évêque qu\u2019il a aimé; c'est plus touchant que convaincant.Tel notaire de province réunit des griffonnages rédigés entre deux consultations.Tel réalisateur de la radio présente de grêles anecdotes du terroir qu'il a pris soin de ne pas transposer.Tel prétre estimable raconte sous forme de roman un cas de psychiatrie.Et le reste à l'avenant.Tout cela est Inoffensif et fait plaisir à la famille.Inoffensif?N'éloigne-t- on pas ainsi peu à peu de nos let- tree les lecteurs cultivés, peu enclins à se passionner pour le petit garçon qui a sali son habit de matelot et qui a été privé de diner comme punition de sa désobéissance! Notre littérature traverse une crise grave d'amateurisme.18 MAI.\u2014 Je trouve, dans un texte tout récent d'Henry Miller, un ton noble et apocalyptique qui le situe très au-dessous de la réputation que lui ont faite ceux qui n\u2019ont pas dépassé ses outrances de langage et ses obscénités désespérées pour atteindre jusqu'aux sources de sa violence vengeresse.Comme tous les esprits prophétiques, il vitupère le monde moderne dont la bassesse provoque chez lui la nausée.Les solutions qu\u2019il apporte m'apparaissent aussi hautes dans leur inspiration que vaines dans la pratique.Cette volonté de non-intervention, ce repli sur soi-même, cette espèce d'insensibilité hindoue.Je me demande si Miller a déjà approché le message chrétien, ou si, l\u2019ayant connu, il y est demeuré fermé, incapable de s'épanouir à sa merveilleuse jeunesse.Comment n\u2019être pas ému par ces phrases d'une déchirante angoisse : \u201cD'innocents, il n'y a plus que les enfants.S'ils ne l\u2019ont déjà fait, que les parents courbent la tête, de honte.Ceux qui mettent leur foi dans la guerre, que ne peuvent-ils se tuer tout seuls! Mais sacrifier la jeunesse, l'innocence, lui laisser en héritage une planète ravagée, impropre même aux bêtes des champs, c\u2019est une infamie sans nom.S\u2019it reste à la race humaine une étincelle d'humanité, une graine d\u2019intelligence, Il est encore temps de faire quelque chose, si tard soit-il, pour la sauvegarde des enfants de ce monde.\u201d 19 MAI.\u2014 D'aucuns s\u2019insurgent contre l\u2019ésotérisme en poésie.lle ont raison &'il s\u2019agit de mystification, de fumisterie, d'artifice lourdement élaboré, ne correspondant pas à une expérience intime et authentique.C'est plutôt la clarté creuse de certains poêtes contemporains qui m'\u2019irrite.Personne ne peut mettre en doute l'intelligiblli- té de ce \u201cpoème\u201d de Paul Valet : Riche est la misère du monde Bt misérable est sa richesse mais je me demande en toute franchise ce que cette phrase banale, même découpée en deux vers, ajoute à notre richesse intérieure, Il est préférable souvent de ne pas tout comprendre, d'ajouter notre propre Interprétation aux intentions secrètes du poète.lci, simplicité est synonyme de simplisme.20 MAI.\u2014 Je parcours une brochure sur les origines de ma paroisse.On peut juger banal ce genre de monographie.Au contraire, j'y trou- par Roger DUHAMEL ve, comme en un_ microcosme, l\u2019évolution, à une échelle réduite, de tout un groupement humain.On voit comment naissent les institutions, correspondant aux besoins, tirant parti des circonstances, épousant la courbe du progrès.L'action des hommes est considérable; celle des événements ne l\u2019est pas moins.Ce qui me frappe particulièrement et suscite l'admiration, c\u2019est le sens de la continuité; une continuité qui n\u2019est pas toujours absolument consciente, mais qui se retrouve derrière les mobiles et les gestes posés.C\u2019est de la géographie humaine appliquée à une cellule modeste .et précieuse, la paroisse.21 MAI.\u2014 Il y a différents indices pour reconnaître la venue de la belle saison : les fleurs, les oiseaux, etc.J'ai un autre signe, infaillible : l\u2019arrivée des manuscrits soumis au Cercle du Livre de France! Il y en a trente-deux cette année; c\u2019est un chiffre honorable et suffisant.On m'en remet quatre.Nous en sommes à la première manche des éliminations nécessaires.Comme à l\u2019accoutumée, il faudra attendre l'automne prochain pour que les chroniqueurs littéraires commencent à dauber sur les membres du jury.Tradition oblige! Il est assez naturel, si l\u2019on y pense bien, que les injures dépassent les éloges.II y aura en effet trente-un mécontents, et qui ont des parents, et qui ont des amis.Ce qui fait beaucoup de monde.Le vainqueur lui-même sera peut-être du nombre des insatisfaits; cela s'est déjà vu.Non content d'obtenir le prix, le lauréat exige que tous les membres CUMATISÉE, lo _ bière Dow est protégée contre tous les écarts de température pendant sa fabrication .elle retient oinsi fout le goût fin et toute lo saveur des ingrédients de qualité supérieure qui la composent, pour | vous donner le meilleur de la bière dans la meilleure des bières, du jury se confondent en formules admiratives.Cette excitation me laisse d'une totale indifférence.On m'a demandé de lire des manus- crtis, ce n\u2019est pas toujours très gai, Je le fais volontiers par amour de Ja chose littéraire, je donne mon opinion pour ce qu\u2019elle vaut, et tout le reste n'est que potins d'échotiers en mal de nouvelles sensationnelles.22 MAI.\u2014 Le problème de l'influence indue du clergé dans les affaires publiques est relativement récent; pendant longtemps, la ligne de démarcation entre le spirituel et le temporel demeurait assez floue.Une chronqiue rappelle qu\u2019en France, près d'une soixantaine de cardinaux ont participé au pouvoir depuis le règne de Philippe-Auguste Jusqu'à la Révolution.L'historien Louis Madelin écrit: \u201cCe fut une grande fortune pour la Monarchie et pour la Nation, à peu d'exceptions près, que tant d'hommes d\u2019Eglise alent servi l\u2019une et l\u2019autre\u201d.Je veux bien le croire, sans examen.L'affirmation serait-elle aussi Juste si l'on tient compte des inté- réts supérieurs de I'Eglise?Il est bien permis d'en douter.23 MAI.\u2014 Par une après-midi d\u2019une pure luminosité, je me dirige vers le lac Guindon.A l'arrivée, quelques couples déambulent déjà sur la terrabée en gradins.C'est la réunion du conventum; vingt ans, déjà, depuis la rhétorique.Il y a là des camarades que Je n\u2019ai pas revus depuis une dizaine d'années.Aucun préambule n\u2019est nécessaire; tout de suite, le prénom lancé à haute voix, le sourire rayonnant, la bourrade affectueuse.Pendant quelques heures, ce sera une communion facile; aucune barrière à franchir, aucune prudence à conserver.Même les femmes fraternisent volontiers; elles sont visiblement heureuses de la joie expansive de leurs maris.ll existe telle chose qu\u2019une famille spirituelle, dont les liens se ressentent s'ils ne se voient pas.La vie nous a dispersés, ce qui est son rôle; les professions, les métiers nous éloignent les uns des autres.Mais quand une criconstan- ce privilégiée nous rassemble, nous retrouvons d'instinct les mots de Jadie, nous reprenons la conversation comme si nous l'avions interrompue la veille.Prestiges de l'amitié nouée dans les jeunes années! Je m'arrête à penser aux sources de cette allégresse collective.Je pense que chacun, regardant les autres, découvre dans le miroir de leurs yeux l'image de sa propre Jeunesse.C\u2019est un refiet irremplaçable, au fur et à mesure que les années, inexorablement, nous éloignent du jardin béni de l'adoies- cence.Roger DUHAMEL, de l'Académie canadienne-française.Anniversaire de la Gazette LE plus ancien quotidien de la métropole \u2014 la \u201cGazette\u201d \u2014 célébrait, en fin de semaine dernière, le 175e anniversaire de sa fondation.Faut-il rappeler que ce journal, l'un des mieux faits du pays, jouit du prestige auquel il a droit, en exerçant une influence considérable, non seulement auprès des Canadiens de langue anglaise, mais aussi des Montréalais de langue française, Son autorité pénètre aussi dans les milieux parlementaires de la capitale fédérale, Toujours soucieux \u2018 d\u2019informer son public, ce journal s'efforce de ne pas sacrifier \u2018Tobjectivité pour assurer le succès d'une cause politique : c\u2019est peut-être là le plus bel hommage qu\u2019on puisse encore lui rendre, Quelles que soient les divergences de vues entre les journaux de la métropole (divergences qui ne sont hélas pas très nombreuses), il importe de reconnaître chez un confrère les qualités qui contribuent largement à maintenir le niveau du journalisme canadien, \u201cL\u2019Autorité\u201d offre ses voeux de succès et ses félicitations à la \u201cGazette\u201d, .est issu du Les Parisiens lisent N 1952, 2.921,059 livres ont été prêtés par les bibliothèques municipales de Paris.C'est une légère augmentation sur l'année précédente.La population de Paris dépasse 5 millions d'habitants.L'AUTORITE, 13 JUIN 1953 [on cea AE MS Le ar « La paix est-elle aux Bermudes ?Une conférence des frois Grands pourrait être nuisible N raison de la crise ministérielle française, la conférence qui devait réunir aux Bermudes le président des Etats-Unis et les premiers ministres britannique et francais n'est que projet en suspens.Se réu- nira-t-elle le 17 juin?Peutêtre ne faut-il pas le souhaiter, Telle est la vivacité de l'opinion publique américaine au sujet de Ja Russie, La conférence des Bermudes, si elle prenait corps, prématurément risquerait d\u2019aggraver la guerre froide qui sévit depuis 1948 entre les Occidentaux et Moscou, et d'intensifier la guerre chaude d\u2019Indochine.Le projet de rencontre à trois iscours prononcé à la Chambre des Communes, le 11 mai, par Sir Winston Chur- ._ Celui-ci, commentant la mort de Staline et l'attitude courtoise, conciliante, observée par M, Malenkov et ses collègues du Kremlin, exprima l'avis que l'heure était favorable pour tenter de négocier avec l'Union soviétique, au niveau le plus élevé, pour faire l\u2019expérience d'une conférence à quatre.Et implicitement, peut-être, suggére- rait-il moins de rigueur en ce qui concerne l'armistice coréen el le traité de paix autrichien, Dans la conjoncture, Sir Winston Churchill trouva une formule résumant admirablement les vues de ceux que l\u2019on peut appeler les empiriques: \u201cC'est une erreur de croire qu\u2019avec la Russie aucune question ne puisse être résolue à moins que toutes les questions ne soient résolues,\u201d En d'autres termes la thèse du premier ministre britannique est que, pour en arriver à une détente avec l'Union soviétique, la méthode la plus frue- tueuse consiste à négocier des accords de détail, modestes, limités dans leur objet.C\u2019est à force de juxtaposer patiemment Lili §t- U chapitre des souvenirs de A la Correctionnelle, le plus savoureux est bien celui de l\u2019acquittement de la capiteuse et belle Lili St-Cyr, il y a déjà quelques années, quand elle subit un procès sous un chef de représentations obscènes, au défunt Gayety ressuscité (dernièrement ), après avoir été sommée de se présenter à l'audience par Concordia qui, dans le temps, menait une campagne d'épuration.A 10 heures tapant, la si belle femme passe sous la Coupole du Palais et s'arrête un moment pour sourire aux pigeons, en train de faire l\u2019amour, à pleines corniches, au-dessus d'\u2019elle.Plusieurs des beaux oiseaux, des mâles, ont la couleur de son chic tailleur d\u2019un bleu-gris et qui n'a rien du déshabillé progressif.Elle est accompagnée de son garde-corps, Jimmy Orlando, un as du filet, filet mignon compris, et de son gérant, Thomas Conway, impeccable dans un complet Palm Beach.Au moins cent avocats, la plupart des jeunes, heureux de chercher la vérité, la trouvent sans avoir à surveiller un puits.Devant eux, le mannequin idéal, haute de 5 pieds 10 pouces, avec 34 de hanches et 36 de poitrine, leur sourit gentiment.Un bibi blanc comme neige protège ses tresses d\u2019un chaud blond platine.Elles sont roulées en toque, comme j'en ai vues sur des portraits de ma grand'mère, de l'ère victorienne.Lili n'a presque pas de bijoux.Un bracelet en or massif imite une lourde menotte de policier.Aux oreilles, deux grosses perles, avec des diamants scintillants, taillés en larmes.La blouse, bleue, fermée sous le menton, est d'une modestie déconcertante.Le juge en chef Edouard Archambault arrive avec son greffier, Me Georges Décarie, qui a revêtu sa toge, pardi! Un ordre du tribunal, à la demande de la défense, fait sortir tous les témoins et la salle se vide pour se remplir aussitôt, mais cette fois avec des curieux, presque tous les jeunes disciples de Thémis de tantôt.Me Antonio Lamer, avocat de la poursuite, appelle son premier témoin, un capitaine-détective qui a la charge de surveiller nos spectacles.Me Lamer demande au témoin : \u2014Etes-vous déjà allé au Gayety ?\u2014Oui, le 12 juin, pour voir les deux représentations de madame, \u201cLa femme fatale\u201d et \u201cEve\u201d, Le témoin mentionne quelques transparences de tissus et de paravent, mais la danseuse a gardes accords de détail que les Occidentaux diniraient par ouvrir la voie à Un accord général, Rien de plus raisonnable que cette vue du vieil homme d\u2019Etat.Elle n'en a pas moins provoqué aux Etats-Unis une assez violente réaction, Et c'est pour priver la suggestion britannique, de sa force de propagation et d'entraînement, que le président Eisenhower a proposé une discussion immédiate entre les représentants les plus qualifiés des trois puissances occidentales, La Pravda s'est empressée de jeter de l'huile sur le feu en développant le thème suivant: confé- PERTINAX rait qu'\u2019alourdir encore l'atmosphère.Mais, dira-t-on, Sir Wiston Churchill, si persuasif en conciliabule, ne réussirait-il pas à entraîner le président Eisenhower et le secrétaire d'Etat John Foster Dulles dans le sens où se déploie la diplomatie britannique?Certes, Winston Churchill, en tête-à-tête avec Eisenhower dénué d'expérience et d'imagination politique, serait peut-être à même de le faire voluer.Mais le, secrétaire d'Etat Foster Dulles veillerait au grain et maintiendrait le président sur des positions corres- rence à quatre, oui, si vous voulez,mais point de consultation préalable des trois Occidentaux et point de conditions préalables | Il suffit de relire le discours prononcé le 16 avril, à Washington, par le président des Etats- Unis et, deux jours plus tard, par le secrétaire d\u2019Etat, John Foster Dulles, pour mesurer la portéa des \u201cconditions préalables\u201d que l\u2019un et l\u2019autre ont dans l'esprit.Rappelons que la libération des nations satellites y figure.De toute évidence, sur une telle base de départ, il est inutile de vouloir causer avec Moscou.Tant que l'opinion publique américaine restera orientée comme elle l\u2019est aujourd\u2019hui, les efforts déployés en vue de concilier les Etats-Unis et l'empire soviétique tourneront contre le but que se proposent les promoteurs de l\u2019entreprise.Une conférence des Bermudes ne fe- pondant à la passion antisovié- tique du Sénat américain et de la Chambre des représentants.En outre, n'oublions pas que, devant les Etats-Unis, l\u2019Angleterre est en posture de demander.En ce moment même, elle sollicite l'abaissement des tarifs douaniers américains, Les demandes formulées à cette fin, en février, par MM.Eden et Butler ont été rejetées, Le gouvernement de Londres est forcé d'insister.Or, quiconque est tenu de solliciter n'est guére qualifié pour parler haut, Et il faut encore noter ceci.Récemment, à Londres, Sir Winston Churchill a reçu la visite du chancelier Adenauer.Le chancelier, fort de l'appui américain, l\u2019a pressé de se conformer aux vues du gouvernement de Bonn dans toute négociation éventuelle avec la Russie.Dans quelle mesure Sir Winston Churchill s'est-il enga- yr, femme fafale dé ses vêtements de fondation (ouf !).Le limier d'ajouter : \u2014T est difficile pour moi de dire à quel point cette femme est fatale.Le porte-monnaie .Le juge en chef souligne, avec un grand sérieux : \u2014Probablement fatale pour le porte-monnaie ?Adolphe NANTEL Me Lamer continue : Les plus de seize ans peuvent- ils aller à ces représentations ?\u2014Il est préférable qu\u2019ils n\u2019y aillent pas.on ne sait jamais ce a quoi un jeune pense.450 0e /, > Le détective décrit ensuite le numéro d\u2019Eve, couchée sur une colline, et qui ramasse une pomme, la cache dans ses légers voiles, pour finir avec une danse endiablée, en toilette rouge-feu, à un rythme enlevant.\u2014Recommanderiez-vous ces représentations ?demande Me Lamer.La défense s'objecte avec suc.cés, puis le juge explique : \u2014I1 faut que la représentation soit de nature a dépraver cet à corrompre ceux qui sont faciles à être corrompus.On peut difficilement poser en expert.Il y en a qui sont corruptibles, d\u2019autres ne le sont pas.La loi exige que la poursuite prouve l'indécence et qu\u2019il y a eu une représentation immorale pour tout le monde et non pas pour un groupe seulement.Puis, s'adressant au surveillant de nos spectacles, le tribunal demande : \u2014Vous, personnellement, avez- vous été scandalisé ?\u2014Non, Votre Seigneurie.Un spectateur M.Raoul Gadbois, qui se dit administrateur, déclare ensuite : \u2014Sur la scène, j'ai vu un boudoir bien meublé.Il n\u2019y avait rien de mal.Elle avait un costume Bikini, de la Côt d'Azur, et se mit à dérouler gracieusement ses bas comme le font toutes les femmes.Je l'ai vue avec la pomme qui tombe, et dans une danse spécialisée, toujours avec la pomme.Cela ne m\u2019a pas trop émotionné.Un avocat Me Yves Laurier, c.r., rend aussi témoignage : \u2014J'ai vu la \u201cFemme fatale\u201d et \u201cEve\u201d.La danseuse était de la plus haute élégance, en robe lamée d'or et cape de vison.Il y avait des transparences, mais on ne voyait presque rien.Je n'ai pas constaté de mouvements provocateurs (atta boy, Yves).Mme Gédéon Desroches n\u2019a pas été scandalisée.Lili a enlevé ses vêtements, mais a su garder l'essentiel.Me Lamer lui demande : \u2014Avez-vous vu autre chose ?\u2014Je n\u2019ai rien vu qui n\u2019était pas à voir.Un moraliste Un autre témoin à charge, que nous ne nommerons pas parce qu\u2019il est haut placé dans la ligue de la moralité, dit à son tour : \u2014Cela m'a écoeuré.Moi qui suis bien sexé, (il pèse 210 livres), j'en ai été tout troublé, et ce spectacle devrait être interdit.Finalement, le juge Archambault rejette l'accusation parce qu'il ne faut pas croire qu\u2019une grande ville comme Montréal est un cloître, et puis, il n\u2019y a pas de preuve devant lui de représentation obscène.- Le même soir, le Gayety dut refuser l\u2019admission à des centaines d\u2019admirateurs de l'unique Lili St-Cyr.- \u2019 serjons étonné gé?Nous lignorons mais nous ue la politique de Londres, relativement aux affaires allemandes, différât sensiblement de celle de Washington.Autant dire que le premier ministre n\u2019a pas liberté entière de traiter avec Moscou.Pour les Russes, rappelons-le, aucun accord avec les puissances occidentales n\u2019est acceptable qui ne comporte pas la disparition de la république fédérale de Bonn, c\u2019est-à-dire d'un gouvernement de l'Allemagne de l\u2019ouest intégré à l'alliance atlantique.N'existe-t-il donc aucune possibilité de mettre un terme à la guerre froide?Si, il existe une possibilité de ce genre.Mais aussi surprenant que cela paraisse, c'est le parlement français et c\u2019est le gouvernement de Moscou qui, indépendamment l\u2019un de l\u2019autre, en tiennent la clé.En pratique, le parlement français décidera du cours des choses lorsqu'il sera appelé à ratifier les traités relatifs aux communautés européennes actuellement en suspens.Traité signé le 27 mai 1952 qui crée l'armée européenne et projet de mise en place d\u2019une communauté politique curopéenne qui, à ce jour, n\u2019est pas encore sorti de la phase des études préliminaires \u2014 les experts des six pays signataires du traité charbon- acier ct du traité d'armée européenne se réuniront à Rome en Juin, pour continuer la discussion.Que le parlement français repousse le traité du 27 mai 1952 et toute la combinaison ébauchée pour introduire une Allemagne fédérale armée dans la communauté occidentale est jetée à terre.D'autre part, si, à la veille des élections qui doivent avoir lieu en Allemagne, vers la fin de l'été, pour renouveler le Bundestag, le gouvernement de Moscou propose sans équivoque l\u2019évacuation du territoire allemand par les troupes des quatre puis- .sances occupantes à condition que l'Allemagne tout entière, et non pas seulement l\u2019Allemagne de l'Ouest, soit appclée à voter, le tableau international est également bouleversé, En effet, le gouvernement de Washington, quel que fût son sentiment intime, n'oscrait pas signifier son veto, Alors, le résultat inévitable d\u2019une élection générale balayant cette fois toute l\u2019Allemagne, serait l'entrée en scène d\u2019une assemblée constituante, la disparition du gouvernement de Bonn et la mise en place d\u2019un gouvernement central dont le chef scrait, presqu\u2019à coup sûr, un socialiste.Du coup, seraient annihilés tous les projets d'intégration de l'Allemagne fédérale à la Ligue atlantique.En fait, sinon en droit, les accords de Potsdam d'août 1945 seraient appliqués.L'Allemagne ne- serait plus cou- péc en deux et la grande cause de discorde entre l'Occident et l'Union soviétique \u2014 une Allemagne occidentale réarmée et faisant partie du monde atlantique \u2014 n\u2019aurait plus aucune chance de surgir.Conclusion : la voie de la pacification et de la paix ne passe point par les Bermudes.C'est ailleurs qu\u2019il faut la chercher, Chez Peppe\u201ds Sous le signe du Spaghetti L semble que le spaghetti 1 jouisse d'une faveur accrue au Canada depuis quelques années.Faut-il attribuer la cause de cet heureux phénomène gastronomique à l\u2019adoucissement progressif de notre climat ?Peutêtre.Quoi qu\u2019il en soit, la popularité des mets italiens 6e compare maintenant, toute proportion gardée, à celle dont ils jouissent en Italie.Au Peppe's Spaghetti House, 1481 Stanley, toutes les familles de pâtes alimentaires, généreusement arrosées des sauces qui leur conviennent, sont inscrites au menu.Ceux qui se méfient du spaghetti à l'huile n\u2019ont qu\u2019à choisir la sauce dite financière, ou la sauce à la viande, riche et piquante.Car, il est vrai que certains estomacs, ayant abusé des repas pantagruéliques dans les grands établissements français, doivent parfois se conformer à un régime plus rigoureux.Pourquoi, alors, ne pas opter pour le spaghetti et les plats qui l\u2019accompagnent, fussent la pizza ou quelque autre mets du même goût.Les pâtes alimentaires se digèrent bien; elles nourrissent suffisamment et savent généralement répondre aux revendications de l\u2019appétit.Chez Peppe\u2019s, derrière l'Hôtel Mont-Royal, l'atmosphère est agréable et cordiale.On vous y reçoit avec un sourire simple et sympathique.Et il suffit de jeter un oeil sur le menu pour s\u2019assurer que le porte-monnäie n\u2019en souffrira pas trop. PAGE QUATRE | L'AUTORITE, 13 JUIN 1953 L\u2019AUTORITÉ bre 524, Edifice Conado Cement, nistére des Postes, Ottawaencaissable ou pair à Montréal.Le plus vieil hebdomadaire de langue française de Montréal.Bureaux à Chom- I (2e); tél.: Lencaster Beauceville por !\u2019\u2019Eclaireur\u2018\u2019.Autorisé comme envoi postal de deuxième classe.Mi- Directeur : Gérard Gingras.Secrétaire de la rédaction : Michel Roy.Abonnement annuel : $4.00 payable d'avance par mandat-poste ou par chèque 8592.Imprimé à Congrès provincial pour la paix \"AI assisté à une séance du Congrès provincial pour l'expression des opinions sur la paix, tenu à Montréal les 6 et 7 juin.Cet - aveu imprudent soulèvera sans doute des protestations, Je n'avais même pas l'excuse d'un beau voyage, comme celui qu'on a offert à M.Gérard Filion.Pour replacer le fait dans son contexte, rappelons qu\u2019on a répété (sans doute avec raison) que ces congrès pour la paix, sont organisés par des éléments communistes, soit dans un but de propagande, soit pour servir une puissance étrangère, qui a tout intérêt à ce que ce mouvement pour la paix ,entrave l\u2019action des gouvernements qui lui font la guerre.Dans les discours qu'on y a prononcés, rien qui ne puisse être mis dans la bouche de Marcel Clément.On avait pris toutes les précautions pour demeurer dans l'orthodoxie la plus rigoureuse.Les causeries dites en anglais étaient d'\u2019ailleurs une traduction littérale de celles prononcées en français, preuve que les orateurs qui ont ouvert le congrès, ne prenaient aucune initiative personnelle, et que tout avait été pesé avec soin.L'auditoire, environ quatre cents personnes, était composé en grande partie de gens d'origine étrangère.On y voyait des délégués de Québec, Sherbrooke, Richmond, St-Jérôme, etc.L'atmosphère aurait été accucillante, si certains zélés du parti n'avaient essayé de nous faire croire que nous évoluions au milieu d\u2019un congrès eucharistique.Rien de déplaisant autant que cet effort de propagande.On a cité Pie XII à profusion.Sur l'estrade, une demoiselle Vien, qui avait obtenu la faveur d'une bénédiction particulière du pape en 1950.Mon voisin m'a même assuré que le cardinal Léger enverrait un représentant officiel de l'archevéché.Je n'aime pas que l'on me prenne pour une poire ct je suis parti.Il n'en reste pas moins une chose : c'est qu'un congrès en faveur de la paix, en soi, indépendamment du caractère politique de ses organisateurs, demeure une initiative heureuse que personne ne peut condamner, Si un mouvement pour la paix prenait une ampleur universelle, s'il était organisé sur des bases solides, qui peut prédire l'influence que cet organisme pourrait exercer sur nos gouvernements ?Pourquoi avoir laissé aux communistes le lancement d\u2019un mouvement aussi populaire ?Nous avons ici une ligue du Sacré-Coeur très puissante, et une foule de sociétés à caractère apostolique, qui perdent leur temps à réclamer une censure de plus en plus sévère de nos actes, Un mouvement national en faveur de la paix, voilà qui pourrait occuper nos sociétés d'apostolat laïque, d\u2019une façon autrement plus efficace et plus utile que d'essayer d\u2019enrôler notre population dans les cercles Lacordaire.L'abstinence de liqueurs alcooliques, ça peut être nécessaire pour quelques-uns; mais la paix est indispensable pour tous.La doctrine catholique a tout de même une valeur positive qui se concrétise dans la charité et quelle autre forme cet amour du prochain peut-il épouser sur le plan universel, que la paix.Les communistes ont une psychologie beaucoup plus fine et compréhensive que la nôtre.Ils ont compris que le désir de paix était au coeur de l'homme ; ils ont imaginé sans grand effort qu'il leur serait facile de s'attirer les suffrages du travailleur en le faisant participer à une organisation en faveur de la paix.J'ai vu à ce congrès plusieurs Canadiens français, qui écoutaient les discours et hochaient la tête en signe d'approbation.Rien de communiste dans leur attitude ; rien que de l'humain.Je sais que nos prêtres ne perdent pas une occasion de mettre en relief l'attitude de l'Eglise en regard de la guerre ; je connais les efforts du pare pour tenter de créer un terrain d'entente et »de régler tous les problèmes entre les peuples de façon pacifique.Mais je n'ai eu connaissance d'aucune initiative en faveur de la paix, où le citoyen se trouvait engagé personnellement, où il était-invité à participer de façon active dans la recherche de moyens propres à assurer la paix au monde.Voilà qui ne devrait pas laisser les catholiques indifférents, Gérard GINGRAS La Commission de Transport ES hommes publics sont parfois distraits.L ils oublient leurs responsabilités.L'électorat sait le leur pardonner pourvu que leur distraction ne dure pas trop longtemps.L'affaire devient plus grave quand ces mêmes hommes publics;-chargés de représenter le public, oublient que tel organisme qu\u2019ils dirigent appartient au public.Plus grave encore quand cet oubli persiste durant plusieurs mois, La Commission de Transport doit soumettre le 16 juin'aux autorités municipales un rapport complet sur la construction d\u2019un métro.Voilà deux ans que la population attend ce rap- - port.Il n\u2019est pas prêt.Deux ans ne suffisaient pas.I1 faut maintenant accorder un \u2018\u2018délai\u2019\u2019 à M.Du- \u2018 perron et aux commissaires.Ces messieurs ne prendront pas de vacances cet été.Quel dommage ! ll n\u2019est pas prêt, et c'est inadmissible.Rappelons que le règlement 1981 de la loi provinciale (qui donna naissance à la dite Commission) oblige cet organisme à soumettre son rapport le 16 juin, deuxième anniversaire de sa création.Ces jours derniers, les commissaires ont timidement imploré le Comité Exécutif d\u2019amender le règlement pour leur donner un \u2018\u2018délai\u201d\u2019 jusqu\u2019à l'automne, Le Comité Exécutif a poliment refusé en omettant d'inclure cette demande à l'ordre du jour.Sans doute n\u2019aurait-on jamais connu la cause de ce retard si Le Devoir ne s'était pas occupé de l'affaire.François Zalloni a révélé en effet la triste plaisanterie qui s\u2019est déroulée à la Commission depuis près d'un an.L'ancienne Montreal Tramways \u2014 propriété des contribuables \u2014 s'est fait rouler par un dénommé John Gauthier qui, se faisant passer pour un grand ingénieur, s'est magistralement fourvoyé dans ses calculs.Il avait été recommandé par De Leuw, Cather 8 Compeny, de Chicago, les entrepreneurs auxquels a été confiée l\u2019étude de la question du métro.Il paraît qu\u2019il n'existe pas de maison canadienne capable de mener à bien une telle entreprise.Officiellement, comme le rapporte Le Devoir, la Commission.a créé un département spécialement chargé d'exécuter les travaux relatifs\u2018au-métro\u201d:Mais il.airive que c'est M.CE.J 2 TA.ESS =e! .Kern, un ingénieur américain de la maison DE Leuw, qui dirige tous ces travaux.M.Jules Archambault, l'ingénieur en chef de la Commission, a tout simplement été écarté.À la faveur de toutes ces circonstances, le dénommé Gauthier s'est frayé un chemin jusqu'au poste qu\u2019il occupa durant 9 mois au traitement de $7,200 annuellement avant que l\u2019on contate son incompétence.Il est aujourd'hui disparu de la circulation.Il a fallu recommencer tous les calculs, De Leuw a transmis les plans à son bureau de Chicago qui, à son tour, les a soumis à une firme de New-York.On s'efforce maintenant de corriger les erreurs de Gauthier.Le Devoir fait observer que la Corporation des Ingénieurs a gardé un silence édifiant dans.toute cette affaire, alors qu\u2019elle aurait pu intervenir pour exiger le respect de la loi qui interdit aux ingénieurs étrangers de pratiquer leur métier au Canada sans en avoir obtenu l'autorisation.Tous les travaux sont donc exécutés à l'étranger.On conçoit bien les raisons pour lesquelles la Commission demande un délai.S'il était présenté à temps, le rapport contiendrait des révélations sur toute cette supercherie que les com- .missaires préfèrent garder pour eux.Conséquences : les Montréalais, non seulement n'auront pas leur métro dans un avenir prévisible, mais sont en quelque sorte bafoués par ceux qui représentent leurs intérêts à la Commission à des salaires fort respectables.Que fera le Comité Exécutif ?On ne demande évidemment pas ce que fera le Conseil municipal puisqu'il n'a même pas été informé de cette affaire.Les conseillers apprennent par les journaux ce qui se passe à l\u2019hôtel de ville.Il serait au moins normal, dans une telle situation, d'envisager des mesures sévères à l'endroit des commissaires, I! serait plus normal encore qu'on commence à les surveiller d\u2019un peu plus près si on n\u2019ose pas réclamer leur démission.Le scandale que l'on vient de découvrir à la Commission retardera peut-être de plusieurs années la solution au problème de la circulation à Montréal.: Que fera le Comité Exécutif ?M.R.Nationale, La boîte aux leftres Cité Libre Monsieur, Je félicite ardemment M.Gérard Gingras pour son éditorial sur Cité Libre.Voilà une revue qui n\u2019est pas assez connue et qu'il faudrait diffuser davantage dans tous les milieux.Tout en restant dans l'Eglise, l\u2019équipe de Cité Libre pose des problèmes qui touchent tous les chrétiens du Québec.11 est temps que ces choses-là soient dites.Le dernier numéro, sur lequel porte l\u2019article de M.Gingras, mérite en effet d'être lu par le plus grand nombre possible de catholiques.Je suis moi-même dans un syndicat de la CTCC; et c'est ainsi que j'ai connu Cité Libre.Espérons que cette revue continuera de vivre et que certains intéréts ne voudront pas l\u2019étouffer.André Leclerc Sherbrooke.Jacques Normand enlaidi Monsieur, Je connaissais déja les tendances de Normand Hudon, ca- racaturiste.Je sais bien qu\u2019il déforme tout dans ses caricatures.Mais il est certaines choses qui me paraissent sérieuses.Dans un article sur Saint-Ger- main-des-Prés, les illustrations m'ont paru pour le moins disgracieuses.Peu m'importe qu\u2019il ait voulu rire des autres vedettes (Berval, Guyves, Colette Bonheur, Lévesque, les Pinsons), mais je n\u2019admets pas qu\u2019il ait enlaidit de la sorte le beau Jacques Normand, l\u2019un des hommes les plus séduisants que je connaisse.Il est méconnaissable dans cette caricature! Je vois Jacques Normand à la télévision toutes les semaines; j'ai fréquenté Saint-Germain-des- Prés durant tout l'hiver; je l'ai suivi dans toutes ses représentations, à la scène, à la télévision.D'autres femmes savent, comme moi, qu\u2019il est très joli garçon.Il a de si beaux yeux.Et son sourire! Sa démarche! Non, je pense que Jacques Hudon est tout simplement jaloux du succès de Jacques Normand.Car Normand Hudon est beaucoup moins beau, bien qu'il soit, lui aussi, un bien joli garçon.De grâce ne demandez plus à Normand Hudon de caricaturer Jacques Normand! Jovette Falardcau rue Coté, Montréal.Chien chaud Monsieur, Pour votre rubrique des restaurants, permettez-moi de vous signaler qu'il existe quelque part sur la rue Papineau, une boîte qui porte fièrement le nom de: \u201cLe Gouverneur du Chien Chaud\u201d.Peut-être pourriez-vous aller interviewer le propriétaire de ce restaurant et nous en décrire le menu, Paul Beaudoin, Montréal, P.Q.Dans Outremont Monsieur, .Je ne conçois pas que le Bill 34, bien qu\u2019il constitue une arme très forte aux mains de l'Union puisse faire battre M.Lapalme dans Outremont le 9 juillet prochain.J'habite Outremont depuis plusieurs années, Je connais une foule de gens dans ce comté.À tous ceux que je rencontre, je pose la méme question: \u201cComment concevoir que Georges Lapalme soit battu?\u201d Tous me répondent: \u201cC\u2019est impossible!\u201d Jamais les Israélites ne voteront pour un représentant de M.Duplessis.Les éléments de langue anglaise ne prisent pas, non plus, le premier ministre de la Province.Enfin, restent les Canadiens français dont la majorité sont libéraux, ou indépendants.Or, les indépendants \u2018ne peuvent quand mé- me approuver le Bill 34! Quelles .que soient les méthodes employées par les bleus dans Outremont, je suis convaincu que les libéraux seront vainqueurs, Ce sera la défaite d\u2019une loi infame, Un libéral convaincu rue Maplewood.TER 0 LES VOYAGES FORMENT LA JEUNESSE Autour et alentour Un exemple pour Outremont E chef d'orchestre italien Ar- L turo Toccanini a fait un voyage de 4,000 milles en avion, afin de déposer son vote aux élections générales d'Italie.Les quotidiens soulignaient le fait cette semaine pour montrer l\u2019importance que le maestro, âgé de 86 ans, attachait au droit de vote et à son titre de citoyen italien.Le comté d'Outremont est l\u2019un de ceux, où le pourcentage du vote par rapport à la population, est des plus faibles dans toute la province.Sa population est pourtant formée en grande partie de familles bourgeoises dont l\u2019éducation civique ne devrait plus être à faire.Cette indifférence pour la chose publique est d\u2019autant plus incompréhensible, que c\u2019est dans ce milieu précisément que vous rencontrez le plus de gens scandalisés par nos moeurs électorales.\u2018 C\u2019est une mauvaise forme de protestation contre le régime actuel que de refuser le combat et se retirer ainsi dans sa tour d'\u2019ivoire.Si chacun faisait son devoir en prenant la peine de se rendre au bureau de votation, le vol de Pélection serait rendu presqu\u2019impossible.Les agents électoraux de l\u2019Union Nationale, comptent beaucoup sur l\u2019apathie de la population d\u2019Outremont, pour leur faciliter le travail.Ils ont raison.Ceux qui s\u2019abstiendront de voter dans cette élection, deviendront les complices des petits trafiqueurs de votes.Position courageuse de \u201cLa Presse\u201d Les sondages qui sont faits ré- guliérement chez les abonnés des journaux, prouvent que moins de 10% des lecteurs lisent les éditoriaux des grands quotidiens, du moins de ceux qui font simplement office de véhicules publicitaires.Et c'est Ja un fait déplorable, parce que souvent les rédacteurs font effort pour sortir de leur torpeur habituelle et se lancer violemment à l\u2019attaque.Chacun sait qu\u2019à la suite du scandale de la Commission du Transport, que M.Zalloni a dévoilé dans \u201cLe Devoir\u201d, la politique municipale a pris une orientation particulière.Nos conseillers municipaux semblent enfin vouloir bouger et réclamer des comptes.A l'intention de nos lecteurs, nous voulons signaler l'attitude courageuse de \u201cLa Presse\u201d à cette occasion et nous citons in extensio le violent éditorial du plus grand quotidien français d'Amérique : \u201cLa ville de Montréal a, par le temps qui court, trop de travaux publics sur les bras pour qu\u2019il ne soit pas désirable qu\u2019elle y mette tout l\u2019ordre et toute la diligence possible.En se fixant cette consigne elle ne réussira pas seulement a hater le parachévement de ces ouvrages et a en faire profiter les contribuables dans le plus bref délai ; elle évitera en outre de graves ennuis à la masse des citoyens et aux milliers de touristes qui visitent la métropole.On ne se dissimule pas que la tâche est considérable.Chaque quartier réclame ses améliorations de sorte que le territoire est pour ainsi dire en constante transformation.C\u2019est le lot ordinaire des centres urbains qui ont atteint un certain stage de leur expansion : ils sont tenus à des remaniements de plus en plus fréquents sans pouvoir répondre à toutes les demandes, Il n\u2019est pas moins vrai que, avec des plans bien précis, réalisés avec esprit de suite et prévoyance, Montréal pourrait éliminer une proportion fort appréciable des embarras que l'exécution des travaux publics du printemps et de l'été entraîne assez souvent, out le long des artères principales.Nul doute que les améliorations sont, opportunes, nécessaires.Leur utilité sera plus grande encore si l\u2019on s'attache à les mener promptement à leur terme.Le commerce et, d\u2019une façon générale, l\u2019activité économique de notre ville ne pourrait que souffrir d\u2019une situation où les usagers de la voirie seraient sans cesse.bloqués par des obstacles qui subsistent pendant de très longues périodes sur de nombreux points du territoire.Situation qui - n\u2019est pas sans impressionner défavorablement aussi les milliers de visiteurs qui choisissent Montréal comme but de leurs promenades pendant la saison d'été.Voyons si, avant que les plaintes augmentent, il n\u2019y a pas moyen de concilier les exigences du département des travaux publics de Montréal avec la marche normale des affaires et les besoins quotidiens de notre population.Une politique de surveillance et de contrôle sous ce rapport, comme sous les autres, paiera de riches dividendes, parce qu\u2019elle éliminera les retards inutiles et les faux frais qui en résultent.\u201d Nul doute que cet article ait échappé à la censure officielle.L\u2019éditorialiste de \u201cLa Presse\u201d nous avait habitués à plus de pondération et à plus de discrétion dans le langage.Les protestations des lecteurs ne tarderont pas à suivre, Perles \u201cLe Progrès de Villeray\u201d est un organe publicitaire distribué gratuitement dans mon quartier.Il est regrettable que la diffusion n\u2019en soit pas plus répandue.Des milliers de lecteurs se trouvent privés de la lecture de perles comme celles-ci : \u201cLe Bureau Matrimonial Canadien quoique très achalandé par une nombreuse clientèle vous invite à joindre le groupe de ses adeptes, afin de jouir davantage des plaisirs auxquels vous avez droit.\u201d Lo.A la page suivante ce mot délicieux signé par Adélard Jolin, initiateur de la poésie bilingue : \u201cL\u2019annihilation compensation du puissant despotisme l'athéisme communiste s\u2019accomplit subtilement par le frêle efflave, impondérable de la religieuse ferveur, de notre Démocratie, mille fois plus efficace que la bombe atomique ! Charité publique Le docteur Paul Dagenais-Pé.russe prononçait la semaine dernière au club Kiwanis, une causerie sur la Crèche Saint-Paul.Le conférencier a décrit la situation lamentable dans laquelle se trouvent ces orphelins et aussi les religieuses qui ont tâche d\u2019en prendre soin.La crèche est aménagée pour loger une centaine d\u2019enfants d'un jour à 6 ans, alors qu\u2019on en loge en réalité 275 dont l\u2019âge varie de un jour à seize ans.Les subsides sont bien insuffisants.On leur alloue 90 cents par jour pour- les enfants de moins de six ans et $1.10 pour les plus âgés.Le docteur Dagenais-Pérusse, tout en félicitant le Kiwanis de sa générosité envers cette institution, a insisté sur le fait que les dons étaient bien inférieurs aux besoins et il a réclamé avec beaucoup de vigueur, une plus grande coopération de la part des pouvoirs publics.Le cas de la Crèche Saint-Paul n\u2019est pas unique.Toutes les institutions de charité et tous les hôpitaux tentent désespérément de boucler leur budget et toujours il leur faut tendre la main pour recueillir les fonds nécessaires.Nous avons déjà indiqué que la loterie nationale, dont notre gouvernement fédéral ne veut pas entendre parler, serait peut-être le moyen de résoudre le problème.Mais il est une autre façon de procéder qui pourrait atteindre des résultats encore meilleurs.La chose est tellement simple et évidente qu\u2019on s'étonne que personne n\u2019y ait encore pensé, Les hôpitaux et les institutions de cha- ° rité n\u2019ont qu\u2019à verser à la caisse électorale de M.Duplessis, une partie des octrois qu\u2019ils reçoivent du gouvernement provincial.Automatiquement les octrois seront multipliés.Rien ne s'oppose à ce que nous nous servions des mêmes moyens et pour ériger des hôpitaux et pour construire nos routes.Churchill aux Bermudes Heureusement que l'on ne trouve pas que des éditoriaux dans \u201cLa Presse\u201d.Nous ne pouvons qu\u2019appuyer l'attitude de M.Georges Langlois sur le projet de laisser parler M.Churchill au nom de notre pays à la conférence des Bermudes.M.Langlois est justi- flable de prétendre que ce princi- - pe est \u201cincompatible avec celui de la souveraineté du Canada, selon .lequel le représentant d'un pays qui n\u2019est pas le nôtre parlerait .en.notre nom à une conférence d'où nous serions absents.C'est un projet auquel M.King s\u2019est - constamment opposé durant toute sa carrière et que M.Saint-Lau- rent a rejeté avec la même énergie.\u201d | .Le Canada renierait son statut de nation adulte en laissant à M.Churchill l'initiative d'orienter sa politique étrangère.Nous ne sommes pas invités à la conférence des Bermudes.Contentons-nous du rôle d'observateurs.: G.G.Les feuilles de 1a majorité des arbres canadiens sont minces et plates, C'est ainsi que le nature permet à la lumière du soleil de pénétrer les forêts et d'aider à leur croissance.Les Açores, archipel de l'océan Pacifique, ont été colonisées par les Portuguais, il y a déjà longtemps.Leur superficie totale est de 888 milles carrés.Le président des Etats-Unis James A.Caufield, qui fut assassiné en 1881, avait été employé sur des barges de canaux dans sa jeunesse, L'AUTORITE, 13 JUIN 1953 PAGE CINQ -z\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014 _\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014 _\u2014-\u2014\u2014\u2014_\u2014_\u2014\u201d\u2014\u2014-_\u2014\u2014_\u2014_\u2014\u2014 _ \u2014_\u2014_\u2014\u2014_\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Le signal des assassinats (suite de la page 8) iés dans le Sud.L'Etat a re- ibué leurs terres.Chaque année, à la fin de l\u2019automne, les Comités Paysans sous le contrôle .du Parti, remettent au point la délimitation des champs: il s\u2019ensuit pour chacun une perpétuelle incertitude.Les \u201cmauvais cultivateurs\u201d peuvent se voir enlever leur terre.Mais comment établir la responsabilité entre la terre et le cultivateur?L'Etat avait bien pro- , AVIS DE REQUETE EN DIVORCE AVIS est douné par les présentes que MARGUERITE FRANCES WIGGINS, de la ville et du district de Montréal, dans la province de Québec, ménagère, s\u2019adressera au Parlement du Canad: au cours de la présente ou prochaine session pour obte- air le divorce d'avec son époux OARL PA- TRIOK MacKAY, pour cause d\u2019adultère.Fait à Montréal, dans la province de Québec, le douzième jour de mai, A.D.mil neuf cent cinquante-trois (1958).GAMEROFF and FENSTER Procureur de la requérante, Suite 1003, 10 ouest, rue St-Jacques, Montréal 1, Qué 80 mai - 06-13-20 juin 1953.AVIS DE REQUETE EN DIVORCE AVIS est par les présentes .donné que MILDRED ELIZABETH SEARS, résidant à Vancouver, Canada, s\u2019adressera au Parlement du Oanuda au cours de la prochaine session pour obtenir un divorce de son époux GEORGE FLEWELLING LEIGHTON, résidant et domicilié à Montréal, Québec, pour edultère et désertion.Daté à Montréal, ce 11e jour de maj 1958 PAUL MASSE, Procureur de \u2018la requérante, 152 est, rue Notre-Dame, Montréal, Québec.(23-30 mai \u2014 6-13 juin 1953) Province de Québec District de Montréal No 332,920 COUR SUPERIEURE BEN MUNSTER et HANS NEMENOFF, agents, tous deux des Cité ct District de ontréal, et y faisant affaires sous les noms et raison sociale de \u201cBEM COMPA- \u2019 Demandeur vs FRAWLEY CORPORATION, corps liti- que et incorporé ayant son bureau chet et principale place d'affaires dans la Ville de Culver City, Etat de Californie, un des Etats Unis d\u2019Amérique, Défenderesse 11 est ordonné à la compagnie défende- Tesse de comparaître dans Te mois, ¢ Montréal, 23ième jour de mai 1953.Maurice CARON Député-Protonotalre MM.Moyeroviteh & Levy Procureurs des demandeurs Hommes et femmes! Vieux à 40, 50, 60! Vous désirez de l'entrain?Jeter rem] que point Guia en à raéallare sise jeunes?de pa eus vote ce Baies de fer.Le format de présentation a0 otis que 60 ou Pour un renouveau d'en- Jeunesse, cssayes les come pe unlit Ostrez Oho our ae Dans _ MONCTON - SYDNEY Service quotidien.Train composé uniquement de wogons-lits: .wagons-chombrettes duplex, \u2018\u2019solons\u201d, comportiments, chambres, lits.\u2014Wagon-salon-buffet, wogon-restavrant.CANADIEN NATIONAL + 5 >.mis de fournir des engrais et des instruments aratoires, mais la guerre a détruit ces projets à néant.Pour ce qui est des Kholkhozes, il n\u2019en reste que quelques-uns, dans la plaine de Pyong Yang, où l\u2019on puisse encore utiliser des tracteurs.Dans le reste du pays, le matériel est des plus primitif, et le plus souvent en bois.Il subsiste peu de fermes où l\u2019on dispose de plus d'un boeuf.Encore qu'il ne soit pas gras, c\u2019est le personnage le plus important de la maisonnée.Le paysan vit accroupi devant son âtre ou bien, au bord du chemin, il fume sa pipe et converse avec les passants.Ils faudra longtemps pour changer ses habitudes de nonchaloir.Il donne par an deux coups de collier, au début et a la fin de la saison, en avril et en septembre, L'hiver, il ramasse du bois et des herbes sèches.La femme, elle, travaille tous les jours de l\u2019année.Elle porte l\u2019eau, cuisine, sème.Les enfants légèrement vêtus même en hiver, trottent frileusement jusquà = l\u2019école, quand il y a une école et qu\u2019ils y vont, mendiant au passage du pain ou du tabac pour leurs parents: tout ceci dépeint peut- être la Corée pré-communiste.I1 me semble pas que rien ait changé, La vie est dure pour presque tout le monde, et même pour ces privilégiés: les officiers de la sécurité.La ration de ces derniers est de céréales et de choux: celle de tous les fonctionnaires.Ils ont eu un bel uniforme, qui commence à montrer sa trame, et un prestige qui en fait autant.Leur salaire: 2,500 won pour un commandant, 1,100 won pour un simple policier, c\u2019est Ce qu\u2019un fumeur dépense en moyenne et selon ses moyens, pour son tabac.Le salaire mensuel d\u2019un agent de police équivaut au prix d'une paire de sandales à semelles de caoutchouc, _ Afin de combattre l'inflation les autorités s\u2019efforçaient de réduire la circulation fiduciaire.Le numéraire avait à peu près disparu.On en était presque arrivé au système du troc.Les paysans donnaient 25% de leurs récoltes à l'Etat en guise d\u2019impôt et vivaient du reste comme ils pouvaient, soit directement, soit par voie d\u2019échanges.Ce reste, c'était très peu de riz, ou de millet, de maïs et de choux, Ils n\u2019avaient pas le droit de manger la viande de leurs propres porcs et ne pouvaient qu\u2019une ou deux fois l\u2019an se permettre un repas carné, Il arrivait qu\u2019on tuât un chien au printemps et à l'automne, D'autre part, il est certain que lorsque les représentants de la classe dirigeante, j'entends le Parti et l'Etat-Major de la Sécurité, préchaient la lutte jusqu\u2019au bout, ils exprimaient une foi sincère.Leurs discours étaient à peu près ceci: \u201cNous sommes invincible.Un seul Coréen peut tenir tête à deux Américains, nous combattons les armées de l'univers entier\u201d.Ils ne tenaient pas cependant de tels propos aux Chinois dont la fierté c\u2019en serait fort mal accommodée.En mai 1951, un voyou-colo- nel me convoqua pour me dire ceci: Comprenez que nous sommes imbattables.Vous avez tout détruit.Vous nous avez obligés a vivre sous terre comme des bêtes.Maintenant vous ne pouvez plus rien contre nous.Vous ne pouvez même pas couper pour 24 heures les quelques voies.de communications par DISTIILE AU CANADA L\u2019AUTORITE, Chambre 524, Edifice Canada Cement, Messieurs, Abonnement d'un an $4.-smmm lesquelles.nous arrive le matériel nécessaire.Une bombe atomique ne changerait rien à la situation Nous sommes désormais les plus forts parce que nous avons touché le fond du gouffre et que nous n\u2019avons plus rien à craindre ni à perdre.Curieusement, pour la plupart des officiers et militaires de grades subalternes, la perspective d\u2019un armistice n\u2019avait rien d\u2019en- courageanit.C\u2019est qu\u2019en effet la guerre, malgré son aléa, leur offrait des avantages inusités.La paix revenue, on les renverrait sans doute dans leur village où la vie n\u2019avait jamais été facile, que le temps fût beau ou mauvais, le baromètre à la guerre ou a la paix.Mais dans cette société sans classes, on voyait naitre une société de castes.Ainsi les petites gens, ceux qui ne portaient ni galons ni uniforme, exprimaient un point de vue tout différent.Ils souhaitaient de tout coeur la fin des hostilités et d\u2019un état de choses qui avait porté certains aux postes d\u2019orgueil et d\u2019autorité mais qui n\u2019avait amené pour eux la perte de leurs champs et de leur bétail.\u2018Les journaux font figure de documents confidentiels.Je ne sais si dans le monde soviétique le secret professionnel est reconnu aux rédacteurs, il semble être en tous cas l'apanage des lecteurs de la presse.Les deux grands journaux nord-coréens, celui du Parti et celui du Gouvernement, copiés sur la Pravda et les Izvestia, ne sont distribués qu'aux privilégiées qui les lisent en grand mystère.L\u2019immense majorité de la population n\u2019a qu\u2019une idée très vague des raisons pour lesquelles la guerre se poursuit et des intentions des dirigeants.Le Président Kim II Sung reste un personnage inconnu que l\u2019on ne voit presque jamais et dont la biographie (officielle) a été publiée pour la première fois l\u2019an dernier à l\u2019occasion de son quarantième anniversaire.Son portrait est certes largement diffu- fusé, mais il apparaît qu\u2019encadré de ceux de Staline et de Mao Tse Tung; et il semble que ces deux gardes du corps aient pour faction d'empêcher toute incartade de la part de ce nouveau venu.Ci-devant colonie japonaise après avoir été colonie chinoise, la Corée passe d\u2019un joug à l\u2019autre et reste encore esclave.Qu'on aille jusqu\u2019aux postes de commandement, on y trouvera soit des Chinois, soit des Russes.Dans les campagnes, chargées de contrôle des communications, ce sont des Chinois, militaires ou civils, et par dizaines de milliers.Près chaque ministère sont attachés des conseillers russes, comme en Chine.On les voit circuler dans de grosses limousines.Même pour le Coréen averti, la sujétion de son pays à une puissance étrangère est évidente.Que la puissance change, peu lui importe: l\u2019esclavage reste le même.Il le sait.Et peut- être un jour, s\u2019en montrera-t-il las.Ce que j'ai pu constater dans la mentalité du petit peuple me porte à le croire.Maurice CHANTELOUP .ta bière moderne pour les gens modernes .brassée parfaitement, conservée porfaite par le procédé de brassage moderne de Brading./ LA BIÈRE À LA SAVEUR PARFAITE V9\u201d Veuillez nous faire le service de votre journal durant un an (six mois).(Biffes la mention inutile).Ci-inclus chèque de.cet effet.Abonnement de six mois $2.50.N.B.\u2014 Priére d'ajouter .15 cents si le chéque est tjyé sur une banque en dehors de Montréal.Nom .ccoueuee.rerasssneerseraersesenssarenrsanssnsstaisses Adresse Ceeresessrsererersnaseessansserastessisresnsnesrrsanss \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 eee mm Bulletin d'abonnement | ee Une vie normale pour les diabétiques Les membres des familles où il y a eu des Cas de diabète, doivent se mettre en garde contre cette maladie en tenant leur oids au normal et en évitant es excès de table.Une personne de poids normal ou inférieur au normal, est moins prédisposée au diabète.On a trouvé des moyens de combattre le diabète; aussi des diabétiques, en faisant attention, peuvent mener des vies presque normales.Mais il faut suivre\u2018 fidèlement les prescriptions du médecin au sujet du régime, de l\u2019exercice et du traitement.Aventures de frois éfudiants (suite de la page 2) preuve indiscutable.Voici ce qui s'est passé : le jeune homme était allé, dans l'aprés-midi, sur le terrain de courses, où il s\u2019était livré à des exercices de saut.Il est revenu avec les souliers qui lui servaient à ce sport, lesquels sont munis de plusieurs pointes d'acier en forme de pyramide.En passant devant votre fenêtre, sa grande taille lui permit d\u2019apercevoir des épreuves sur votre bureau et il en devina la nature.Il n'eût certainement rien fait s'il n\u2019eÂût aperçu, en passant devant votre porte, la clef oubliée par négligence de votre domestique.Une impulsion soudaine le poussa a vérifier si c\u2019étaient bien là les épreuves.Ce n\u2019était pas un exploit bien dangereux, car il avait un excuse toute trouvée : celle de dire qu\u2019il était venu poser une question.Après s'être rendu compte de la nature de ces épreuves, il céda à la tentation.Il posa ses souliers sur le bureau\u2026 A propos, qu'avez-vous donc laissé sur la chaise, près de Ja fenêtre ?\"\u201d \u2014Mes gants, dit le jeune homme.Holmes jeta un regard de triomphe & Bannister.\u2014I1 posa donc ses gants sur la chaise et prit les épreuves, page par page, pour les copier.Il pensa que vous reviendriez par la porte d\u2019entrée principale et qu\u2019il vous verrait rentrer, mais vous êtes rentré par une petite porte de côté.Tout à coup, il vous a entendu; il n\u2019avait plus le temps de se sauver, Oubliant ses gants, il put saisir ses souliers et se sauva dans votre chambre à coucher.Remarquez que l'égratignure au cuir de votre bureau est légère d'un côté, mais que sa partie la plus profonde se trouve dans la direction de la chambre à coucher.Ceci m\u2019a démontré que le soulier a été enlevé dans cette direction et que c'était là où le coupable avait dû se réfugier.La terre, autour de la pointe, était restée sur le bureau et il y en avait un autre morceau dans la chambre.Je dois ajouter Que je suis allé jusqu'au terrain de sport ce matin : j'ai vu que la piste à sauter était formée de cette terre et j'en ai emporté un _ échantillon, ainsi que la sciure de bois jetée pour empêcher de glisser, Ai-je dit la vérité, monsieur Gilchrist ?L'étudiant se redressa de toute sa hauteur.\u2014Oui, monsieur, dit-il, c\u2019est la vérité.\u2014Et vous n\u2019avez rien, rien à ajouter, grand Dieu ?s\u2019écria Soames.\u2014Pardon, monsieur, mais mon étonnement d'avoir été ainsi découvert m\u2019a totalement bouleversé.Voici une lettre, monsieur Soames, que j'ai écrite ce matin, après une nuit terrible, avant même que j'aie pu soupçonner que ma fraude fût connue.voici, vous verrez que je vous écris que je suis résolu à ne pas rendre part au concours et que J'accepte l'offre qui m'a été faite d'une place dans la police de Rhodesia.Je vais, partir pour l'Afrique du Sud.\u2014Je suis très heureux de savoir que vous n\u2019avez pas voulu bénéficier de votre mauvaise action, dit Soames, mais pourquoi avez- vous changé d\u2019idée ?Gilchrist désigna Bannister.\u2014Voilà l'homme qui m\u2019a ramené dans la bonne voie.\u2014-Allons, Bannister, dit Holmes.Je vous ai suffisamment démontré que vous seul aviez pu laisser s'enfuir le jeune homme, car vous seul êtes resté dans l\u2019appartement, vous seul avez fermé la porte à sans tarder, clef en sortant.L'h: èse qu'il ait pu s'enfuir par la fenêtre est inadmissible, oulez-vous maintenant éclaircir le dernier point du mystère et nous faire connaître les raisons qui vous ont poussé à agir ainsi ?\u2014C\u2019est bien simple, mais il fallait le savoir et toute votre habileté ne pouvait vous faire deviner ce détail.Autrefois, j'ai été majordome chez sir Jabez Gilchrist, père de ce jeune homme: après sa ruine, je vins ici comme domestique, mais je n'ai jamais oublié mon ancien maitre, tombé dans le malheur.En souvenir du temps passé, j'ai toujours continué à veiller sur son fils.Eh bien! monsieur, quand je suis entré ici hier, après la découverte de ce qui s'était produit, le premier objet qui m\u2019a frappé les yeux a été la paire de gants de M.Gilchrist, oubliée sur cette chaise, J'ai tout compris; si M, Soames les apercevait, tout était fini ! Je suis donc tombé sur cette chaise, d\u2019où je n\u2019ai pas voulu bouger jusqu'à ce que M.Soames fat parti vous chercher.Mon jeune maitre, que j'avais jadis fait sauter sur mes genoux, est sorti et m'a tout avoué.N\u2019était-il pas légitime d\u2019essayer de le sauver ?N\u2019était-il pas de mon devoir de lui dire ce que lui eût certainement dit son pére s'il eut été là, et de lui faire comprendre qu\u2019il ne devait pas profiter d'un tel acte?_Auriezvous le courage de me blâmer ?\u2014Non, certainement, dit Holmes du fond du coeur en se levant, Eh bien! Soames, ajouta- t-il, nous avons résolu votre énigme, le déjeuner nous attend à la maison, venez, Watson !.Quant a vous, monsieur Gilchrist, je vous souhaite un avenir brillant en Rhodésia.Vous avez commis une faute, mais j'espère que l\u2019avenir vous permettra de la racheter.(Reproduction autorisée par la Buciété des Geng de Lettres) ière de Ec l\u2019Armée canadienne, l'une des mieux organisées, des mieux outillées au monde, forme des hommes d'élite.Les jeunes gens qui en font partie reçoivent une formation de chef et apprennent des spécialités techniques pour lesquelles ils sont bien payés.L'instruction comporte des séances régu- litres de culture physique sous le commandement de gymnastes accomplis, de sous-officiers comme le sergent Georges Ferris, dont la photo apparait ci-aprés.Aujourd\u2019hui sergent- major intérimaire de compagnie au 2e bataillon du Royal 22e Régiment, à Valcartier, Je sergent Ferris a son brevet de compétence A MS ri : Gi SRR St - Vétéran de Corée et revenu récemment d'un cours de sous-officier en Angleterre, le sergent Georges Ferris avoit terminé ses études de 9e année à l\u2019école Lagueux, de Québec, quand il s'enrôla ou \"Vingt-Deux\u201d, en 1948.Aujourd'hui parachutiste et gymnaste accompli, le sergent Ferris aime rappeler qu'il fit partie de lo Garde Champlain et d'une garde de Zouaves, à Québec.Le sergent-major intérimaire de compagnie Georges Ferris à trouvé dans l\u2019Armée une vraie carrière de chef.CH EF.service du Canada Conscient de ses responsabilités grandissantes à l'égard du maintien de la paix, le Canada renforce et modernise son armée.comme instructeur de culture physique.Son revenu se compare avantageusement, âge pour âge, à celui de tout autre citoyen qui, avec le même degré d'instruccion et les mêmes aptitudes techniques, exerce un métier dans le civil.Mais ce militaire reçoit en outre \u2014 et gratuitement \u2014 la nourriture, Je logement, le vêtement, les soins médicaux et dencaires, Et il bénéficie d\u2019un mois de congé payé par année.Enfin, ce sous-officier pourra prendre sa retraite avec une généreuse pension à un âge où il pourra encore occuper un emploi technique bien rémunéré dans le civil.Pour une carrière de chef bien rémunérée au service de votre pays, enrôlez-vous dans l'armée moderne du Canada.ENRÔLEZ-VOUS DES AUJOURD'HUI DANS VOTRE es Ka LH 772 ouest, rue Sherkapoke, MONTRÉ A .52% 5 CO) O 0 0) DSTI CSS O) O OOOOOOOOOOO0) 0 LOOOOOOOOOOC) CQ) C) 0 CL) @ @ CQ) + © (J © ) Q) + CQ) CQ) J C) ® Q ¢ * SOI CG 0) O) 2 O Q OQ Q) QO O) O OOOOOOCOOO) + ° C Oo OÙ 0S CS OÙ 2e 0 OÙ OC) LC) Où XS 2S CS (J -\u2014e (XR) QO) OO) OÙ OQ) 0 QO 0) & CS LJ OOOO) OOO 5050S 0 a 0% 0% 4 XI 5 OO XX YX XX) xy XXX A7 OC Cd & \\J L) * + L J L) » [J + L) LJ le danger des disques les vieilles gens, et leurs yeux s\u2019allument de convoitise, Les années ajoutent au charme de certains souvenirs.\u201cDans mon temps, j'ai entendu Caruso chanter le Duc de Mantoue\u201d.Ces temps révolus peuvent être perpétués, I suffit, et cela suppose une magie bien aisée, d'acheter le disque de Caruso de \u201cLa Donna & mobile\u201d et le tour est joué, Aujourd'hui, plus n\u2019est besoin pour voir le David de Michel- Ange de courir à Florence, pour \u201cL\u2019Enterrement du comte d'Orgaz\u201d de prendre le train pour Tolède, Les nouveaux procédés de reproduction nous facilitent l'accès des chefs-d'oeuvre de tous les temps, qu\u2019il s'agisse de peinture, de sculpture, d'architecture ou de musique, \u201c=i mon temps.\u201d disent Naturellement, ces reproductions ne valent rien auprès des originaux \u2014 souvent même elles nuisent à une compréhension adéquate.Elles doivent suggérer, rappeler, non remplacer, Les disques sont des choses étonnantes.Depuis l'avènement des microsillons, c'est inimaginable ce que l'on grave sur disques, Il semble qu\u2019après avoir enregistré tout le répertoire standard (et les nouvelles com- Pagnies poussent chaque jour comme des champignons) on ne sache plus où donner de la tête.On fouille les dictionnaires de musique à la recherche de com- .positeurs et d'oeuvres inconnues, Ainsi, tout le monde a entendu parler de Carl-Maria von Weber, mais qui connaît son opé- Ta en un acte \u201cAbbu Hassan ?\u201d Personne n\u2019ignore les \u2018concerti pour violon et orchestre de Louis Spohr, mais qui connaît son Concerlo pour quatuor à cordes et orchestre opus 1317 Les disques sont une source intarissable de connaissance.Au point de étudier jusqu'à la fin de ma vie\u201d, dit-il, C\u2019est dans cet esprit que Casals a enregistré, sur disques Victor, voici plusieurs années, ces six chefs-d\u2019ocuvre du maître allemand.La compagnie les réédite, présentement, sur des disques de longue durée d'une fidélité exceptionnelle.L'acquisition de ces précieux documents constitue pour le collectionneur un placement des plus avantageux.Les \u201cSuites\u201d Nos 2 et 3 viennent d'être publiées; on ne devrait pas tarder à éditer les quatre autres.Parmi les récents enregistrements VICTOR sur long-fil, mentionnons encore la \u201cPassion se- Jon saint Jean\u201d, de Bach, par le choeur Robert Shaw, la \u201cMesse de Requiem\u201d, de Mozart, par les mêmes chanteurs, la \u201cRhapsodie sur un thème de Paganini\u201d et le premier \u201cConcerto pour piano\u201d, de Rachmaninov, interprétés par l'auteur, le \u201cConcerto pour violoncelle\u201d de Schumann, joué par Piatigorsky, la suite du \u201cClavecin bien tempéré\u201d, de Bach, par Landowska, le \u201cConcerto pour deux violons\u201d en ré mineur de Bach encore, par Menuhin et Enesco, le \u201cBarbier de Séville\u201d, de Rossini, au complet, avec Vietoria de\u2019 Los Angeles, Rossi-Le- meni, Monti, Bechi, (3 disques).Le discophile À VOTRE SANTÉ à dents?\"disait \u201c ne rend temps!\u201d en fous'dos! Rerdre ses dents est bien souffrant Et pour son portefeuille également! Ministère de la Santé nationale et du - Sien-btre social .vue documentaire: on pose un disque sur la table tournante et l'on entend les vraies violes du Moyen âge, les mbiras de l'Afrique ou tel artiste mort il y a quinze ans.Tout cela est admirable, mais attention! Les disques mettent l'art musical trop facilement à la portée de n\u2019importe qui.Il faut, nufois, s'en méfier ct ap- pre \u2026 à s\u2019en servir.J'ai assisté à des réunions intimes pendant lesquelles on fait tourner des disques, Il est rare que ces sortes de concerts soient satisfaisants, Il y a toujours des gens qui, dans leur coin, s'engagent dans -une conversation acharnée qui devient contagieuse, Ou bien, inquiète du sort de ses invités, la maîtresse de maison se met à servir des consommations ou à tout simplement \u201cpas- scr\u201d les sandwichs à la ronde, sur la pointe des pieds, pour ne déranger personne.Invariablement, elle dérange tout le monde, Dans une salle de concert, on se tait pendant la musique.Il est naturel et impérieux de res- ier assis dans son fauteuil tant que Jes musiciens jouent.Chez soi, devant un appareil que l'on actionne soi-même, on peut arrêter la musique à volonté, bavarder deux minutes, répondre au téléphone, remettre un autre disque, continuer à jaser, interrompre au plein milieu d\u2019un mouvement le plus émouvant quatuor de Beethoven, couper la parole à Bach, passer de Mozart à Berg.Il n\u2019y u pas d\u2019étiquette, de protocole du disque: voilà, justement, le danger.Nous vivons une crise d\u2019abondance de musique.Nous en sommes saturés, Nous cn entendons partout, dans la rue, au concert, à la maison.Naturellement, a cette friction, l\u2019expectative perd de son intensité, On ne se réjouit plus autant à li- déc d'une audition qu'autrefois, puisqu\u2019en pleine nuit on peut forcer le célèbre Toscanini i diriger une symphonie de Beethoven, Véritable danger de la surabondance de la musique.Danger, aussi, d\u2019une nervosité incontrôlable qui interrompt continuellement l'audition pour faire admirer {el nouveau procédé technique d'enregistrement, pour comparer telle prise de micro avec telle autre, etc.Danger, aussi, de la répétition.Car, si excitante que soit telle interprétation de telle oeuvre par tel _ fameux pianiste mort depuis dix.ans, c\u2019est toujours la même exé- culion que l\u2019on entend et il serait parfois bon d\u2019aller au concert prendre contact avec la musique vivante, la faire entrer directement dans nos pavillons gâtés par la fastidieuse- reprise.Les disques apportant toutes espèces de musique à la portée de toutes espèces de bourses et toutes espèces d'auditeurs, il advient que l\u2019on fasse.de moins en moins soi-même de la musique.Les séances de musique de chambre auxquelles les voi- si et les amis prennent une part active disparaissent à mesure que les auditions -de disques se multiplient.Que l\u2019on ne se méprenne point sur le sens de ces paroles.Les disques sont des merveilles, on apprend grâce à eux mille choses que l\u2019on ignorerait longtemps Si l\u2019on devait attendre le concert pour les entendre.Si les disques n\u2019existaient pas, personne ne connaitrait \u201cLe Sacre du Printemps\u201d de Stravinsky a Montréal, pour la bonne raison Que cette oeuvre n'y a jamais encore été jouée, Oui, les disques ont du bon, beaucoup de bon, mais il faut savoir s\u2019en servir: peu a la fois, d'une manière ordonpée, allouant la part du style.Rien de plus mauvais que de mélanger toutes sortes de musique.On finit par perdre toute perspective des styles et des époques, Dans ces conditions, avec cette intelligence particulière du phonographe, quelles révélations précieuses grâce au disque! Ils réconcilient le passé au présent en ouvrant toutes grandes les .portes de.l\u2019inconnu.Paul ROUSSEL.* PAGE HUIT OUS tous \u2014 cinquante millions de Britanniques et votre serviteur, \u2014 nous commençons seulément à nous remettre, ce deuxième matin après les douze heures hurlantes, grandioses, glaciales et trempées du 2 juin.-.Et tout compte fait, on est plutôt content de passer par la modeste poste aérienne de tout le monde.Autrement, comme les grandes agences, il aurait fallu crier l'évènement à mesure qu\u2019il se déroulait, raconter non pas ce qu\u2019il est mais ce qu\u2019il paraît être et décrire ses propres frissons aux endroits convenus.Avec deux ou trois millions d\u2019autres, Londoniens, provinciaux et touristes, j'ai fait de six heures du matin à six heures du soir l'historique station sous la pluie et lé vent.C'était a Trafalgar, ce coeur tout gris et massif de Londres et de la vie britannique.S'il était parfaitement géométrique au lieu d\u2019être une rencontre hasardeuse et à la va-comme-je- te-pousse, le dessin de toutes les artères qui viennent finir là évoquerait celui de P'Etoile a Paris.Placez-vous sous la colonne Nelson, qui semble un concentré de toute la puissante grisaille de la ville et au sommet de laquelle, à deux cents pieds, un amiral noir , - La Couronne ne mérite pas de mourir et songeur médite insondable- ment : à droite, vous avez le monde et ses pompes, la morgue des clubs impériaux de Pall Mall, la fièvre cosmopolite de Piccadilly, les écrans et les tréteaux de Leicester Square et Haymarket; a gauche, la perspective de Whitehall s\u2019incurve en descendant devant le War Office, Scotland Yard et cet humble cul-de-sac qu'on appelle Downing Street, jusqu'a cette berge admirable au-dessus de laquelle se mirent côte à côte les tours de Westminster et de la Chambre des Communes, l'Eglise et l'Etat; derrière vous, c'est l'embouchure tout encombrée, sifflets et puanteur et quartiers louches, la Britannia des mers ; tout autour de vous, les trophées de la grande carrière impériale \u2014 façades substantielles de Canada House, South Africa House, Ma- L\u2019AUTORITE, 13 JUIN\" 1 953 René Lévesque écrit de Londres: laya House, oeuvres de tous les arts qui dorment sous le dôme de la National Gallery, histoire et orgueil d\u2019un peuple qui se dressent sur les remparts d\u2019Admiralty Arch (de là, le Premier Lord de la Mer \u2014 le plus incomparable titre auquel un amiral puisse aspirer \u2014 parle par TSF à tous ses capitaines à travers le monde).Et au-delà des portes romanes de l\u2019Arch, au bout de la courte avenue de Mall, c\u2019est le spectacle jaunâtre et sans aucune.prétention de Buckingham (sans aucun style non plus) : le palais, où viennent se joindre les fils divers, les courants divergents, où les forces viennent s\u2019incliner et s'adoucir les chocs.Elizabeth Regina Comme tant d'autres chez nous, je n\u2019avais pour la Couronne qu\u2019un respect très lointain et diffus.Ce symbole et cette présence réelle, cette E II R qui n\u2019est après tout qu\u2019une jeune femme de 27 ans avec un mari dans la marine et deux charmants enfants, m'apparaissaient simplement -comme une autre institution britannique, superbement adaptée à son rôle et juste un peu plus paradoxale que la moyenne.A ce moment-là, je n'avais pas vécu ce 2 juin.Je n\u2019avais pas encore vu ces milliers de gens, vieillards, antiques ladies et tout jeunes enfants, qui sont venus camper à même le pavé pendant deux jours et deux nuits, pour être là quand, pendant quinze secondes, le carrosse passerait.Je n'avais pas vu cette foule incroyable de Trafalgar, véritable pâte humaine, tout agglutinée dans la pluie, qui s\u2019est mise à attendre dès six heures du matin \u2014 ceux qui tombaient de fatigue, perdaient connaissance et que les bobbies, à grand'peine, comme avec un tire-bouchon, extrayaient de la masse tandis qu\u2019ils gémissaient : \u201cNo! no, don't take me away! I'll be all right, just let me stay !\u201d Simples badauds, direz-vous.Fringale de spectacle.Je l'aurais cru aussi, si je n'avais encore été là vers une heure de l'après-midi.À l\u2019abbaye, le merveilleux office du couronnement se terminait.Reconnue par \u201cson peuple\u201d, ointe, assermentée, couronnée, la reine s\u2019avançait lentement entre deux haies, de pairs et de pairesses couverts d'hermine, dans le scintillement des tiares et des \u2018\u2018coronets\u201d.En choeur, l'assistance a commencé à chanter le God Save the Queen.Sur Trafalgar Square, les haut- parleurs nous ont apporté ces premières notes et, aussitôt dressée, & oubliant sa fatigue, ses vétements mouillés, ses évanouissements, la foule a noyé la suite dans sa propre clameur.Aprés des heures et même des nuits de froid et de misère (et peu importe que ce fût bien leur faute !), tout un peuple de civils qui ont encore la force de se mettre ainsi au garde-à- vous, c'est hallucinant.Devant moi, sur le stand de la presse et de la radio, il y avait un photographe, un de ces professionnels londoniens qui sont de parfaits vieux gentlemen : il a abaissé sa caméra au bout du bras gauche, comme une arme, sous la pluie battante il a ôté son chapeau et, tandis que l\u2019eau ruisselait sur son crâne dégarni, lui pendait au bout du nez et au bord du menton, ce vieil enregistreur blasé de tant de journées monarchiques, les yeux fermés, chantait lui aussi de toute son âme.En le regardant, on autre Lab SAVE.os pouvait se croire dans un temple ! * Une telle ferveur, bien sûr, dépasse notre entendement.Quand il n\u2019y aurait que ce côté religieux si bien souligné par les costumes du sacre : dans sa longuê tunique dorée qu'elle revêt après l\u2019onction, la reine est vêtue exactement comme les évêques d'autrefois et, en elle, c\u2019est la papesse de l\u2019anglicanisme que l\u2019on couronne.Religion, tradition, signe d'unité, de permanence \u2014 tant d'autres termes encore qu'on pourrait employer; mais l\u2019assentiel, que j'ignorais et que je viens de découvrir, c\u2019est que pour l\u2019Anglais tout cela n\u2019a rien de froid ni de convenu, que c\u2019est chaud et vibrant, affaire de coeuf et d'instinct infiniment plus que d\u2019intelligence, que c'est, en deux mots, mystérieux et touchant.Je ne crois pas que nous puissions, si fort que nous nous battions (ou qu\u2019on nous batte) les.flancs, participer vraiment à cette mystique anglaise ; mais d\u2019autre part, je croirais volontiers que c\u2019est dommage et que, parmi les vieilles choses de notre monde, cette Couronne est l\u2019une des plus belles et de celles qui méritent le plus incontestablement de ne pas mourir, .René LEVESQUE nous marchions depuis le 8 octobre.Le meurtre du lieutenant américain, auquel nous venions d'assister, devait donner le signal des assassinats.Le même jour, devant l'école du petit village de Nosi où nous fimes halte, Le Tigre nous adressa un discours: La République Coréenne sortirait victorieuse de cette guerre.Quant à nous, nous aurions désormais un gîte d'étape chaque jour.Les malades qui ne pourraient pas continuer la marche seraient envoyés dans les hôpitaux populaires.Le garde qui s\u2019occupait de notre groupe tira la quintessence de ces propos et me dit: \u2014Lavez-vous les pieds et les mains deux fois par jour et ne complotez pas contre la République: toute désobéissance sera punie de mort, Il va sans dire que nous n\u2019avions pas d\u2019eau pour nous laver, et qu'il nous eût été bien difficile de comploter dans l'état où nous nous trouvions, Nous re- primes la route.Pour comble de malheur, une vague de froid s\u2019abattit sur la Corée, Notre colonne s'égayait le long de la route taillée à flanc de montagne, et se faisait de plus en plus longue.Au-dessous de nous, c'eût été en d'autres circonstances un enchantement de couleur les buissons, les fourrés tachés d'orange, de gre- mat et de rouge se reflétaient dans l\u2019eau aux reflets de jade d'un fleuve majestueux coulant entre les rochers, Mais il ne fallait pas se retourner, et l'on: aurait voulu se boucher les oreilles pour ne pas entendre derrière soi les rafales de l'\u201chôpital populaire\u201d, Nous nous arrétimes quand méme un moment pour permettre aux vieillards de se reposer un peu.Plus de la moitié d\u2019entre eux était minée par la dy- sentrie, mais s'ils cherchaient a se soulager sur le bord de la route les gardes les en chassaient à coups de pieds, tirant par dessus leur tête s'ils tardaient trop, D'autres vomissaient le sang.Certains suppliaient qu'on les laissät mourir.Leurs camarades répondaient \u201cAvance, imbécile, ils vont t'abattre\u201d.On disait déjà que tous les traînards étaient liquidés.Je ne voulais pas le croire, mais je vis de mes propres yeux Le Tigre se pencher sur un mourant que l'on \u2018avait adossé à la paroi rocheuse et lui appliquer son revolver sur ls tempe.Un petit sergent, le tueur, qui \u201cfermait la marche aux côtés du Tigre, une mitraillette sous le bras, acheva la besogne, La Mère Béatrice, de l'ordre de St-Paul de Chartres, s'était évanouie la veille.Elle n\u2019a- Wait pu reprendre la route qu\u2019à grand\u2019peine, Soeur Eugénie et un Père, eux-mêmes épuisés, b'efforçaient de Ia soutenir.Elle agonisait debout, les yeux dilatés.Il fallut bien la déposer sur le sol.Soeur Eugénie refusait de l\u2019abandonner, mais les gardes, la menaçant \u2018de leurs armes, lui ordonnèrerit de suivre la colonne.La Mère lui dit doucement: Allez-vous-en \u2018ma Soeur, allez\u2019 vous-en.\u2018Elle lui remit alors son cha- .Belet et sa montre.Elles se firent \u2018leurs.adieux, et Soeur [ous le 2 novembre et 7 Trois années LE SIGNAL Jusqu'au Eugénie en pleurant reprit seule la marche.Beaucoup s'\u2019épuisèrent à porter ou à aider leurs camarades et ne purent jamais récupérer leurs forces.Ils payèrent de leur vie leur dévouement.La Kilina, une jeune Russe blanche bien découplée, le type même de la paysanne slave, suivait le convoi avec ses trois petits enfants.A plusieurs reprises, elle reprocha violemment au Tigre sa cruauté, bien qu'il da menaçât de la traduire devant un tribunal populaire.On nous donnait deux boules de maïs, de millet ou de riz par jour et, plus rarement, quelques cuillerées d\u2019un brouet de choux.Nous avions froid.On ne nous avait donné qu\u2019une vingtaine de vieux vêtements ouatés pour notre groupe de 79.Les Américains étaient encore un costume d'été.Certains avaient les épaules ou les fesses nues.La nuit, serrés dans des salles de classe ou des temples protestants désaffectés, nous ne pouvions pas méme étendre nos jambes.Nous avions les pieds glacés dans nos chaussures d'été éculées et trouées.La diarrhée nous épuisait A Chassang, l\u2019une des deux capitales de cette nouvelle province du Chakangdo formée par les autorités nord-coréennes quelques temps avant la guerre à la frontière manchoue, nous pûmes enfin obtenir que les femmes et les vieillards fussent emmenés en camions et les blessés américains en chars à boeufs.Il y avait encore 70 kilomètres de route à parcourir.Au début de l'aprés-midi du 9 novembre, nous vimes a l'horizon le clocher de l'église catholique du Chung Kang, avec le méme plaisir que jadis les Dix Mille quand ils aperçurent la mer.Nous Yllions pouvoir enfin nous installer et nous reposer, pensions-nous.Cela fai- Le Père Booth nous avait dit qu'il avaif de-nombreux amis dans cette région.Cela nous rassurait un peu.Notre nouvelle prison était une grande école secondaire japonaise, fort bien construite, en bois et en brique.Sa propreté nue et sévère avait, quelque chose d\u2019effrayant qui nous paraissait plus hostile encore sous le ciel couvert et bas.Nous avions perdu en route près d\u2019une centaine de nos compagnons, Des centaines d'autres - allaient mourir des suites de cette marche et du froid épouvantable qui ne tarda pas à nous assaillir Nous trouvâmes nos malades \u2018installés dans les estrades de classe retournées Qui faisait penser à des cer- cueila La Soeur anglicane Marie-Claire venait d'être enterrée, Elle n\u2019avait jamais cessé de croire à l\u2019imminence de sa libération et avait su conserver parfaitement propre son habit noir et sa coiffe, pour être prête à partir d'un instant à Tautre.Le tlermomêtre miarquait 35\u2019, parfois 40°.Il était impossible de chauffer ces grandes salles de classe avec un petit poêle et quelques fagots.Nous passions des nuits blanches; accroupis auprès du feu.A la pointe du revolver Le Tigre nous chassait dehors le matin pour la \u201cculture physique\u201d.Il ne souffrait pas d'exceptions.Même les mourants devaient gesticuler en bras de chemise pendant près d'un quart d'heure dans le vent glacial, avant d\u2019être autorisés à se traîner de nouveau jusqu\u2019à leur coin pour y rendre le dernier spupirs On manquait d\u2019eau.Une corvée de prisonniers allait à grand peine en chercher un baril à la rivière.Ils revenaient transis et épuisés, portant de la glace.Un matin, on trouva morts tous les malades de l'\u201cinfirmerie\u201d.On avait oublié d'entretenir le -feu.Très vite, l'atmosphère de panique et de terreur enveloppa notre nouvelle prison.Nous ne cessions jamais d\u2019avoir froid et faim.Nous ne dormions plus.Les malades déféquaient ou vomissaient partout.Il y avait chaque jour plus de morts que la veille.Par une aube grise, le Consul, Georges Perruche, partit avec une corvée de prisonniers pour enterrer le doyen de nos missionnaires, le Père Vilmot, que la marche avait tué.Tout d'un coup, une escadre de bombardiers légers américains apparût au-dessus de la ville.Ce fut la panique chez les officiers de la Sécurité qui coururent chercher refuge dans.les fossés à bonne distance de l\u2019école, nous laissant là sous la garde de quelques geôliers.La peur rendait ceux-ci plus cruels; ils nous an- noncèreint qu\u2019ils feraient feu sur tout prisonnier sortant de l\u2019école.Nous crûmes notre dernière heure arrivée.Les avions piquaient sur l\u2019école, le seul édifice important de la région.Mais leurs fusées nous épargnèrent et enflammèrent des stocks d'essence quelques centaines de mètres plus loin.Ce raid avait vidé la ville en moins d\u2019une heure.\u2018Il nous valut un nouveau départ, le 16 novembre, C'était la dernière étape de linfame marche.Elle devait nous mener à un petit village de fermes misérables, enfouies sous la neige dans une anse du Yalu,- à 8.kilomètres de Chung Kang.C'était le camp de Hagiang Ni, le \u201ccamp\u201d de la mort\u201d, où nous passûmes tout le reste de l'hiver.Quand il fut évacué au printemps, il restait moins de 200 prisonniers % de captivité en Corée (IV) DES ASSASSINATS bout de la mort américains, sur un total initial de 750 La dernière étape, fort .courte, n\u2019eût pas été trop pénible si Le Tigre ne nous avait contraints de rester plusieurs heures debout dans le froid en plein milieu de la nuit, à notre arrivée au Village, avant de nous répartir dans les différents taudis qui devaient nous servir de prison.A Hagiang Ni, les dix diplomates et journalistes furent entassés dans une petite pièce de 2 m.50 sur 3 m.où ne pénétrait pas le jour.Encore pou- vions-nous dormir sur un sol de terre chaud.Il n\u2019en était pas de même pour les prisonniers américains qui devaient à tour de rô- le loger dans les trois petites salles de l\u2019école du village, pratiquement inchauffables, où ils contractaient de graves gelures aux mains et aux pieds, Il fallait ruser pour obtenir des corvées d'enterrement.Les hommes étaient tous dégouttés, si épuisés, qu\u2019ils préféraient se laisser brutaliser par les gardes par .Maurice CHANTELOUP plutôt que d\u2019emporter leurs camarades dans la fosse commune.Les deux \u201chôpitaux\u201d, des masures aussi délabrées que les autres et ouvertes à tous les vents, étaient des morgues.Lorsque mous uittâmes le village, le 2 février 1951, nous crûmes sortir de l'enfer.Cependant que claquaient les coups de feu, que s\u2019écoulajent Jes morts et que les vivants au long des routes défoncées tral- maient la jambe sous une menace constante, je me souvenais de cette expression: \u201cLe pays du matin tranquille\u201d qui servait naguère encore à désigner la Corée.Ce pays n\u2019était, n\u2019est encore, à mes yeux, qu\u2019un tas de ruines, un enchevêtrement de collines stériles et déboisées ou croupissent dans sune misère non pareille, dix millions, ou presque, de sinistrés, \u2018 \u2018 ' 1 J'ai vu la Corée en toutes saisons, Pas une de ses quelque soxante-dix agglomérations urbaines n'a été éparghée par la guerre.L'été, la frondaison des maïs masque les plans de murs noircis et la ferraille tordue.Mais à la fin de l\u2019automne, l\u2019ossature des villes mortes réapparaît comme un squelette au bord de la route.Les citadins veufs de leur cité ont un visage fripé comme véte- ments.Ils habitent sous terre et disputent à la vermine un logis humide et sombre.Les villages, comme apeurés, se dis- battue, à peu près au- simulent dans d'étroites vallées en marge des routes carrossables.Aux abords des Zones dangereuses, les habitants ont été désertées, Point d\u2019arbres.Point de pâturage.Du 38ème parallèle au Yalu, de part et d\u2019autre des étroites voies stratégiques qui relient le front à ses bases chinoises, les rizières sont devenues rares, Parmi la terre rougeâtre, à peine quelques champs de maïs, de millet, de choux chinois ou de navets.Et partout des broussailles, Des pierres.'Toujours' des pierres.Alors qu'en Chine communiste, c'est le prolétariat ouvrier qui a pris le pas, depuis que la politique de Mao Tse Tung a été surplantée par celle, d'inspiration moscovite, de Li Li-san sur la paysannerie, en Corée, par la force des choses le pro- fétariat paysan subsiste seul.(C\u2019est que la guerre a détruit complètement l'industrie créée sous la domination japonaise.Il ne reste plus que quelques ateliers et chantiers dépourvus d'importance véritable.Comme il fallait bien s'appuyer sur quelque chose.le parti tout puissant de Kim II Sung porte son effort et sa propagande sur la production agricole.Les journaux débordent de statistiques et de comptes rendus s'ef- forcant de prouver que la République populaire, méme privée de son industrie, demeure vivace et que la production est conforme au plan établi.On m'a affirmé souvent qu\u2019il existait des usines souterYaihes et que l\u2019industrie nord-coréenne n\u2019avait pas péri.Elle n\u2019a plus en fait qu\u2019une valeur symbolique.Sans doute une ou deux petites filatures, quelques laboratoires, des imprimeries fonctionnent dans des caves.La production est négligeable.Tout ce qui est nécessaire à la poursuite des opérations et mé- me aux transports civils vient de l'étranger.Il n\u2019est pas jusqu\u2019à la Mongolie qui ne soit mise à contribution; elle fournit des chaussures grossièrement cloutées.Les munitions et les armes sont russes; à l'exception .du matériel américain, encore très important, pris sans coup férir par les communistes en 1948 aux armées nationalistes pour qui l'argent était le nerf de la paix.Les camions sont tous de fabrication soviétique.Les \u201cvolontaires\u201d chinois apportent avec eux tous les produits de l\u2019industrie \u2018 légère de Changaï.Mais l\u2019on joue à la grande puissance.Les.uniformes sont rutilants, Les poitrines se constellent de médailles.A Pyong Yang un grand hôtel souterrain vous sert n'importe quelle variété de cuisine.Il y a quatre grands cinémas qui peuvent contenir des milliers de personnes, et où l\u2019on projette des films quand la salle n\u2019est pas réquisitionnée pour des meetings ou des réceptions.Les distilleries d\u2019Etat fabriquent de la vodka (communisme oblige) avec du vin de baies, de la bière et même du carbure.Comme les grands voisins du Nord envoient des tonnes de biscuits, de caviar et de saucisses, les gouvernants peuvent oublier dans la capitale détruite les duretés de la vie souterraine.La Corée du Nord ne présente pas plus d'originalité que la Corée du Sud.Si celle-ci copie l'Amérique, celle-là copie l\u2019Union Soviétique: c'est une République populaire du type courant.Le Parti constitue l\u2019aristocratie du régime, et son émanation, le Partorg, gouverne en maître dans chaque province.Ses ordres sont entérinés par les comités ruraux qui ne comptent en fait que très peu de communistes inscrits.La garde prétorienne baptisée \u201ctroupe de sécurité\u201d doit comprendre prés d'un million d'individus.Ce sont.les policiers que l'on rencontre partout, cuvant leur vin, intimidant la population, jouant aux échecs et étudiant avec assiduité la dottrine.Ils s\u2019adonnent plusieurs heures par jour à l\u2019étude de la doctrine marxiste.Ils en tirent et l'essence et la justification de leur puissance.Tout est par définition secret.Et je me souviens avec amertume de I'\u201cHonorable parvie de campagne\" et singulièrement de ce chapitre où un chef empêche le voyageur d\u2019examiner de trop près la bascule automatique d'une station.Tout est \u201corganisé\u201d.Ces nouveaux parasites qui se substituent aux parasites de l\u2019ancien régime, \u201cétudient\u201d, quotidiennement de 9 heures a 11 heures et souvent de 19 heures à 23 heures.On fustige les traîtres, on condamne les hérésies, On épluche, mais avec respect, l'éditorial des journaux du Parti.On palabre et de même que naguère à Nankin, les tout jeunes généraux de Chang Kai Chek, encore qu'ayant pour la plupart appris l'anglais dans les écoles britanniques de Changhaï, affectaient l\u2019accent américain; les colonels au biberon de l\u2019armée nord-coréenne, parlent russe.Ils portent des pantalons de gabardine dont 1'étoffe, certes, ne vient pas de Russie.Ils lisent l\u2019Ogoniok et la Pravda.Ils ont une morgue pareille à celle qu'au temps des Concessions on voyait en Chine aux étudiants de retour d'Europe.Ces colonels ont pour la plu-part fait un stage à l'Institut Oriental \u2018des Etudes Marxistes de Khabarovsk, Ils donnent des cours.Ils récitent ce qu\u2019ils ont appris par coeur, mais pour l'é- morme majorité des étudiants, la \u201cclasse de politique\u201d ne représente qu\u2019un exercice d'ânonnement absurde et ennuyeux.On a laissé leurs terres aux petits paysans, mais les gros propriétaires, dépossédés dès avant la guerre, se sont réfu- (suite à la page 5) Les naturalistes rapportent que certains canards sauvages vivent jusqu\u2019à l'âge de 36 ans.Leur chair ne doit certainement plus être très tendre à ce moment.Le coyote, que l\u2019on retrouve dans les plaines de l\u2019ouest, peut courir à une vitesse de 40 mil les à l\u2019heure.C\u2019est dans les îles Pribiloff, dans le nord de l'océan Pacifique que se donnent renaez-vous pour la reproduction plus de 4,000,000 de phoques de l'Alaska.SOUDOIR.7°6\"2 69\" CHAMBRE n-rai0-g\u201d L 6 "]
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