Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon, 14 avril 1881, jeudi 14 avril 1881
[" XVIIIe année Ste.Anne de la Pocatière, P.Q,, 14 avril 1881 289 No.87 GAZETTE DES CAMPAGNES JOURNAL DU CULTIVATEUR ET DU COLON PARAISSANT TOUS LES JEUDIS Bédacteur-Propriétaire : FIRMIN H.PROULEX, L'abonnement peut dater du ler de chaque mois, ou commencer avec le ler numéro de l\u2019année.On ne s'abenne pas moins que pour Un an.L'avis de discontinuation doit être donné par écrit, au Bureau du soussigné, UN MOIS avant l\u2019expiration de l\u2019année d'abonnement, et les arrérages alors devront avoir été payés ; si non, l'abonnement eera censé continuer, malgré même le refus de la Gazette au Bureau de Poste.Tout oe qui concerne la rédaction et l\u2019aduxinistration de ce journal doit être adressé A Fux M.PROULE, Rédacteur-Prepriétaire, ABONNEMENT : 81 1a guerre est la dernière raison des y ®uples, l\u2019agriculture doit en être la premier ANNONCES: Première insertion .10 ceutins par ligne Deuxième insertion, eto.3 centins par ligne Ponr annonces à long terme, conditions Ubérales.Ceux qui déafsent s\u2019alresser tout particalis.coment aux cultivateurs pour ia vente de terros instruments d'agriculture, oto., etc., trouveront avantageux d'a.1noncer dans ce journal.MM J.B.Rolland & Fils, libraires à Montréus M.J.A.Langlais, libraire à St, Rooh de Gaébes ont bien voulu se charger de l'agence ue 1» \u201c Gazette des Campagues.} ABONNEMENT 81 PAR ov 81 PAR aN Emparons-nous du sol, si nons voulons conserver notre nationalité, > ES eee IE SOMMAIRE REVUE DE LA SEMAINE Revus de la Semaine : Inépuisable charité de Sa Sainteté Je Pape Léon XIIL \u2014L'émigration «de nos compatriotes aux Etats- Vois ; avertissements donnés par Messioura les écrivains du Jean-Baptiste et du Messager, À ceux qui auraient l'intention «de s\u2019expatrier.\u2014Don de 860,000, de la part «le M, C.-8.Rodier, de Montréal, anx RR.Sœurs de la Charité de c«ite ville.\u2014 L'Union Snerière Frauco-Cauadlenne est constitués d\u2019une manière défivitive ; quelques rensciguements de lu part de M.Legru, concernant Ja fabrication du sucro de hetteraves, TA propes d'emprunts; considérations sur ce anjut, « peus tées au Pionnier de Sherbrooke, Causerie Agricole: Des quulités et des circonstauces personnelles du cnliivateur; ce sont ces qualités qui nous mangnent, et que rous devrions nous «fforcer d'acquérir, qui nous obligent à chercher ailleurs que duns l'agriculture le bien-ôtreut la fortune.\u2014 L'esprit d'odsorcation eut nécessnire aux cuitivateurs.Sujets divers : Fabriqnes modèles de Lenrre et «le fromage ; éta- lissement d\u2019une semblable fabrique à St-Deuis ds Kamouraaka \u2014La culture de Ja canne à sucre en Canada.\u2014 Eléments néeesagires de production.\u2014Examen des napirauts à la pratique de l'art vétérinaire a JEcole vétérinmire do Montréal.Choses et autres : L'a pommes du Canada eur les marchés de Londres.\u2014L'engouement de nos jeunes geus pour les Etats.Unis est tel qu\u2019ile laissent fertivemeut lu service de leurs maîtres.Recettes : Moyen pour préserver les pommes «le terre de la fermentation \u2014Plumes d\u2019oies, pour écrire.\u2014Moyun de somer les graines de molon et de concombre.Annonces: Bétuil de choix en vente À lu lertue-modèle de Ste- Anue et par l'Hon.M, Louis Beaubien à Montréal.Aux Membres des Corcles Agricoles \u2014Le secrétaire d\u2019un Cerele agricole vient de nous écrire, nous demandant si nons voulions euvoyer gratuitement la Gazette des Cumpaynes à chucun des membres \u2018le ce Cercle agricole, comme on le fait pour lo Jourral d'Agrioullure\u2014Si uous cousultions que notre désir de vouloir contribuer par là au succès de nos cercles agricoles, ous ne pourrions refuser cette demande.Mais, disons-lo do suite, nes moyeus pécuniaires ne nous permettent pas cette libéralité de notre part.Ce que Lous pouvons, c'est de faire une réduction libérale sur le prix d\u2019ubonnement, pourvu que l\u2019on paye d\u2019ayance et que le nombre d\u2019abonnés de la part.d\u2019un cercte agrleole soit au moins de quarante à einquante,.pour une même paroiess: \u201cHd, .! - La charité de Léon XIII \u2014L'Osservatore romano cite vn nouvel et touchant exemple de l'inépuisable charité de S.S.lo Pape Léon XIII, à qui la franc- maçonnerie et in Rèvolution n'ont laissé par toutes 1essoure :s que Ce que les fidèles lui donnent, \u20ac Notre $-int Pure le Pape.dt l'excellent journal romain, dana ron numéro do dim :n: he dernier, voulut, à l'occasion do l'approche du troisième andiver \"aire de son couronnement, alléger le poid- de la misère qui pèse si cruclloment sur tant de fumi los de sa chère ville de Rome.\u2018« Ayant appris que, dans un bon nombre de ces puuvres familles, souvent envahice par des maladies angerouses, il n\u2019y & qu'un seul mi érab'e lit, dans lo- \u201cel tout Le monde doit coucher pôle mêle, au grand danger de la morale et do lacanté, Sa Saintoté ordo.1- nu à son numôn'er de fuire arranger 150 lits neufs, pourvna de tout lv nécessaire, et de le« faire porter à domicile, aux maiheureux qui en ont le plus besoin, L'Osservatore, aprés avoir annonces que les ordros si pleins de compassion du Souveruin-Pontife furent ulssilôL exécutés par les soins du grand numônier, 8, E Rme Mgr Sanminintelli, ajoute : # Le Ssint-Père a, de plus, fuit fuiro des distribu- Lions on argent, qui so montent à plus de 10,000 france.L'imigration de nos compatriotes aux Etats.Unis, Coux qui sont atteints de in fèvre de l'émigration, et \u2018ui pour une raison où pour une autre n'ont pa encore mettre ce projet À exécution, nous en voudront de revenir aussi *vuventaur ce sujet, parce quo nous pourrions peut être les en détourner, el du coup démolir les châteaux en Espagne qu'ils entrevoient au loin, Comme journ: liste, c\u2019est pour nous un devoir de mettre n08 lecteurs en garde contre cet ongonement do l'émigration, qui est À l\u2019état de contagion dans la plupart de nos paroisses Nous lo disons en touts sin vérité, dans ls plupart des vas, co n'est pas le besoin uopdiavesy,| 439 uvsdujy o9j gay 290 dAZÉTTÉ DBS CAMPAGNES qui force nos oultivateurs de s'expatrier.C\u2019est un entraînement qu'il nous est difficile d'expliquer.Quand ce n'est pus le chef de la famille qui désire quitter le foyer, c'est l'époure qui à force d'instances prend le chemin des Etats-Unis avec s05 filles, quand elle nu pas réussi À amener avec elle ses garçons; il arrive même qu'une femme n'ayant pas d'enfants, luisse seul son mari, sous le futile prétexte qu'elle 1:e peut obtenir toute l\u2019aieance qu\u2019olle désire duns son propre foyer; den amis.wee a aux Etut-Unis, lui ont écrit qu'il y avait li une mine d'or, et elle ne peut résister À l'appât qui lui est présonté, Voyons un peu ce qui en est; ct pour cela, nous donnons ici quelques extraits de journaux français publiés aux Etats Unis, que nous ne saurions taxer d\u2019exagérution, puis- qu'étant publiés eur les lieux mêmes, leurs écrivains doivent être bien 1enseignés.Voici ce que nous lisons dans le Jean-Baptiste, publié à Northampton : \u201c La prospérité remble ren:itre au Cut:ada ; l'ar gont y abonde ; on peut aujourd'hui emprunter de petites sommes à 6 par cent.Les prix des denrées angmentent en proj ortion, et aujourd'hui les journa tiers ont un prix convenable.Il est très probable que durant les semailles ct lu moisson, ils obt endront des rix exagérés, cur les hommes de peine se font rares.Jependant l'émigralion ne se ralentit pas, Los chars sont chargés de têtes et de paillacses, (haque *emaine.On dirait qu'aux Etats-Unis, il n'y n qu'À manger les poulets qu'on y trouve tout rôti.On a bexu dire qu\u2019au Canada, il y à autant d'argent À faire et beaucoup plus de beau temps à y avoir quo dans ces ma.nufuctlures empoisonnées, rien n'y fait, « Le niouvement est donné: c'est la mode : il faut partir\u201d Voici encore ce que nous lisons duns le Messager publié à Lewiston, Maine, en date du 24 mara dernier : \u201cAu printemps renaît, \u2018dit on, la vie et l'expé rance; il semble en être tout autrement au Canada.C'est au printemps que los canadiens, comme emportés par une fatalité que nous ne j'ouvons comprendre, nous arrivent en masse, C'est au printemps, alors que 1a Providence leur offre de beaux champs à cultiver, que nos compatriotes désertent leurs terres pour ve nir augmenter le nombre des puuvres mulheureux qui végètent sur la torre étrangère.* Que viennent faire ici ces milliers de canadiens ?Non manufactures regorgent d'employés, ot pas un homme ne peut y trouver sa place.suns travailler pour un saluire ridicule, et sans faire toit à ceux qui y sont employés depuis des années, et qui n'ont sou vent que ce faible moyen de guguer leur vie et de nourrir une fumille.Nos rues sont remplies de dé- sœuvrés qui +e plaignent du temps dur et de la rareté do l'ouvrage ; et, cependant, malgré tous les avertissements de la presse, malgré l'expérience de ceux qui retournent :u pays, découragés et plus pauvres que lorsqu'ils l\u2019ont quitlé, les eunudiens nous arrivent par centuines ct par milliore, et ce ma heureux cou rant d'émigration semblo dcfier toux los efforts que font les hommes vruimont patriotes jour lui poser dos digues.* On dirait qu\u2019une malédiction pèse sur le Chnada et que nus compatrictes ne peuvent y tresvor le re- Po pla.vie.\" mn \u2014 A l'occasion de I'entrée d'une de res filles dans la communauté des Révérendes Sœurs de la Charité, M.C.8.Rodier, de Montréal, a donné la belle comme de soixante mille piastrer (60,000) À cette importante institution.Comme le font remarquer nos confrères de Montréal, M.Rodier a déjà donné des preuves de es charité.Lors des embellissements de l\u2019u t'rieur de l\u2019égl se Notre-Damo à Montréal, c'est lui qui a cous erit la plus forte somme.L'Union Sucrière Franco Canadienne \u2014Les journaux de Québec et de Montréal ont publié une correspondance de M.Legru, représentant de l'Union Bucrièra Franco Canadienne.M.Legru place cette question sous son vérituble jour, eb nous croyons que nos les- teurs liront avec intérêt cette correspondance.Voici ce qu'éerit M.Legru : L'Union Sacrière Francn-Canadienne est constitué d'une façon définitive, au capital de 10,000,000 de francs par émissions successives.Un million est déjà versé pour la construction de la prem'ère usine à Berthier en haut, P.Q, dont on commence dds maintc- nant les truvaux et qui produira du sucre l'automne prochain.Le conseil est composé de MM.Chopin, Masson, Schacher, Lafrenière, Tranchemontagne, Mauger, Macherez, eonseil techn'que, Legra, voix consultative.L'union encrière, si l'essai de la première usine confirme ces espérances, ne se contentera pas d\u2019éla- blir et d'exploiter des usines à sucre pour son propre compte, mais elle aidera de son concours les associe- tions qui voudraient établir et exploiter des manufactures analognes.Elle aiderait de eos ca,itaux des usines qui ne seraient point sous ra direction immédiate et s'intéresserait dans les opérations qui se ra procheraiert de sa spécialité, et cela de la façon la plus large.J'attends beauco p parler de formation de nouvel es sociélés tant duns Ontario que dans la Province de Quebec et je crois bien fuire, pour prévenir l'en- truinement vers cette industrie essentieilemunt fran- gaise, de présenter quelques observations.Aux Etats Unis, quoique l\u2019industrie du sucre de bo à raves y soit introduite depuis plus de quinze ans, elle a fait pendant celto longue période bien peu de rogrès.peine existe-t-il aujourd'hui aux Etatenis plus de 11 à 12 usines de faible importance, et encore ces usines no sont pas bien pro-péres, quol.qu'elles y renconirent les mémes avantages qu'au Canada : protection et bonne qualité de produit, quoique peut-être plus de diffieulté pour lu cuilure de la plante.J'attribue lu peu de résultat pratique À ce que ces uvines ont été établies avec un capital insuffisant et en ve basant eur des profits certuins eur le papier d\u2019après les cnleuls de gens très-autoiisés; mais malheureusement ces profits ont fuit de faut parce que le capital trop minime n'a permis l'achat que d\u2019un matériel défictueus, où parce que les hommes spéciaux mia À la téte de l'entreprise manquaiont de l'expé- périence nécessaire pour ls mener à bien ; peut être aussi le succès n t-l! manqué par des causes imprévues ou que, tout en les prévoyant, ou avait supposé pouvoir nisément surmonter.Cette industrie pour être menée à bien exige de grands capitaux et parfois des sacrifious peodant les premières années, jusqu'à çe que GAZETTE DES CAMPAGNES 281 Je fonctionnement de l'usine soit parfaitement régu- arise, Cette industrie est d\u2019ailleurs très complexe ct oxige beaucoup de calcul et de prévoyance.Dana plus d\u2019un pays, elle a été compromise dèe l'origine en voulant aller trop vite et en se cachant les difficultés.Ainsi les usines établies tout dernièrement en Roumanie, comme celles des Etats-Unis, en sont un exemple frappant.Elles avaient cepondant en apparence tout ce qu'il fallait pour réussir.En terminant, je suis heureux de dire que l\u2019union sucrière se met entièrement à lu d ay osition des personnes qui désireraient des renseignements complets sur l'industrie du sucre de betterave.L'étendue de ses relations et son expérience lu mettent à même de répondre aux demandes de quelque nature qu'olles soient, qui lui sersient adressées.À propos d'emprunts \u2014Décidément notre pays vs regorger de capitaux, Nous saluons avec bonheur cette révolution économique qui promet d'ubaister le taux de l'intérêt, faci:iter l'esprit d'entreprise et contribuer puiessmment à la mise en valeur \u2018\u2019e nos richesser naturelles.Avec les institutions monétaires que nous possédons maintenant, il n'y & plus qu\u2019à offiir les gu.ranties voulues pour obtenir tout l'argent dés'ré.El peut en découler de véritables Lienfuits, pourvu que l'argent soit emprunté pour des améliorations vraiment utiles, par des personnes prrdenles et bien qualifiées à cn tirer parti.Ti y a des gens qui s'imagin nt avoir trouvé le remade À tous leurs maux, quand ile ont réussi à s\u2019endetter.Rien de plus triste que de voir avec quelle légèreté de cœur, avec uel empressement, on grève sou domaine d'hypothèques, souvent pour soutenir des dépenses plus Ou moins déplacées.L'emprunteur, avant d'uller chez le notaire pour sol iciter un em prunt, devrait bien réfléchir aux conséquences de l'acte qu'il va faire, et peut-être que cette réflexion lui fera trouver moyen d'éviter le procédé tonjours si dange reux d'engager ses biens.Qu'il regarde autour de lui, qu\u2019il consulte l'ex pé- rience des temps és, ot il constatera que sur cent reonnes qui entrent dans la voie péi illeuse des dettes Peine dix en sortent saines et eauves.Si tant de pro priétés rurales sont mises en vente, si tant de cultivateurs végètent dans le découragement et le dégoût, si tant de familles abandonnent chaque jour la vie cbumpôtre pour l'atmosphère malsain des villes ma- pnfacturières, il faut s\u2019en prendre, dans la plupart des cas, À cette man'e de s'endett:r, à ce manque de cal- oul'et d'economie domestique, gre nous voyons régner ches notre population agricole.Ce surcroit de capitaux qui nous inonde tout & coup, va offrir un nouveau sujet de tentation.L'intérêt est bas, les termes de remboursement ront étendus À plusieurs annéea, et beaucoup d'imprudents, n'envisageant que le beau côté de la eituntion, vont s\u2019y lancer à tête perdue.Cependant l'intérêt, quelque minime qu'il soit, devra se payer à échéance et les remboursements, quelque soit l\u2019époque qui leur eoit arai- guée, arriveront encore, dans bios des cas, plus vile que l'argent requis pour les effectuer.11 ne faut pas oublier qu'une dette portant intérit est comme un parasite qui se développe aux dépens du débiteur, sans perdre un seul instant.Pendant que le débiteur dort, pendant qu'il e\u2019amure, pendant qu'il ost empô- ché de travailler, l\u2019intérêt ne cesse pas pour tout cela de courir: il n'y a ni f te, ni repos ni chômage pour Jui.Un vieillard respectable qui a fait fortune, et en agriculture pur dessus le march, nous disait l\u2019autre jour qu\u2019après le diable, c'était les dettes qu'il redoutait le plus ; et il ajoutait, en parlant du taux abaissé de l'intérêt, que même ri un cultivateur trouvait de l\u2019argent À emprupter sans aucun intérêt, il devrait encore y regarder deux fois avant d\u2019hypothéquer sa terre.Si tout le monde était imbu des idées économiques de ce digne compatriote, nos campagnes jouiraient probablement cneore de l'âge d\u2019or du bon vieux temps.\u2014 Pionnter de Sherbroc ke.CAUSERIE AGRICOLE DES QUALITÉS ET DES CIRCONSTANCES PERSONNELL'8 DU CULTIVATEUR La colonisation et l\u2019agriculture, voilà, avec vérité, les deux points sur lesquels nous devons nous appuyer pour ramener dars notie pays le bien être et l'abon- ance.Quand on voit ls dépeuplement de nos campagnes ge tiire sur ure aussi grande échelle; quand on voit notre population quitter la charrue, refuser au sol le secours de ses bras pour nller, de gaietd do cœur, encombrer los usines et les manufactures d\u2019un pays étranger, n\u2019u-ton pas raison de croire a un aveuglement de notre part, pour ne pas dire À une folle.On a depuis si longtemps proclamé dans nos campagnes que l\u2019agriculture était un sujet de pauvreté, que la génération actuelle 8 commencé à y croire, ob l'on essuye de s\u2019y soustraire, sans ee rendre compte des véritables causes qui ont amené la gêne parmi les cultivateura, Lea principales causes de notre gène en agrieul- ture, nous sont hautement démontré par la Révd Pèro Lucusse, notre dévoué upitre de la colonisution.N'allons pus les chercher ailleurs.Pour le plus rand nombre qui vout chercher un reméde À leur gêne, à leur pauvreté, aux Euct+ Unis, c'est assurément agra- ver leur siluation: nous en &vons des exemples tous les jours.Pour le moment, nous citons le fait suivant À l\u2019uppui de ce que noue avançons : Un cultivateur d\u2019une paroisse du comté de Kamourarka, quittait le pays, il y a dix ans, en compagnie de son épouse et de ses dix enfants, pour ee rendre aux Etats-Unis.Tous sce enfants furent placés dans les manufactures, à mesure que lour âge le permettait.TI avait pris, dit il, cotte détermination afin de lui permettre de payer ses dettes, et il nous à avoué qu'il aurait eu honte d'exercer, dans son propre pays, la brsogne qui lui était échue en pays étranger ; mais il In remplisenit avec lo plus grand courage ot d la satisfaction de s.n maîilies.Nous n\u2019entreprendrons pas de donner ici le détail des sacrifices qu'il s\u2019est imposés dans le but d'amasser de l'argent ; qu\u2019il nous auffise de dire ici que ls tiche imposée aux enfants étuit (element urdue que trois d\u2019entro eux sent morts de maladies contrautées dans les manufuctures.Au comtmencen.eut de l'automne dernier, le père est 292 GAZETTE DES CAMPAGNES revenu avec 6a famille, dans sa paroissu natale, ayant un avoir do cing mille pinstres: c'était assurément un succds qui n\u2019a pu cependant lui profiter, car es enfants, outre qu\u2019ils avaient perdu le goût de lu culture, avuient contracté des habitudes en dés:ccord avec celles quo doit posséder un oultivatour.Lo père avait fussi augmenté son domaine afin d'étublie avantageusement ses trois garçons, qui parais-aient vou loir seconder leur père dès leur nrrivée duns Ia prroise.Ces bonnes dispositions n'ont pas été de onguo durée.Un mois nprès, ils avaient lo travail \u2018le là cullure en horreur ; c'est à peine s'ils donnaient les soins négos-niros 1x animaux qu\u2019ils possédaient ; el tout lo ir temps, pendant le cours de l'h ver, a éle consacré à lu promenado el sux diver tissements qui faisuiont nusei les delices do leurs sœurs ; los quelques cents piastres qui rostaient au Frère furent dépon-ées cr il n\u2019orait rien refxer À ses enfants, de peur qu'ile ne le quittussent.Mulgré In trop grande bonte du père à l\u2019égord de ses enfants, ceux ci viennent du lo Quitter jour reprendre de nouveau to ch-min dos Etate-Unis.Le pore se voit donc r duit n demeurer roul sur nno propriété qu\u2019il ne pourra cultiver qu'en partie ou qu'il sera obligé de vendre pour le quart de ce qu'ello lui coûto.Lo fruit de dix années de travaux de la part d\u2019une nombreuse fumille, avant wil soit deux ou trois ans sera d'esipé entièrement.Le père qui s'est expatrié dans le but de payer sos dettes ct do fournir un étu- blissement à chacun de ses enfants, ne voit abandonné par eux nu moment où la fortune allait lui sourire.Les enfants, de leur côté, avec le goût de la dissipa ton qu\u2019ils ont acquis sux Etats Unis, se verront plus tard, euns nul doute, dans l\u2019indigonce.Aussi cet homme, d\u2019un Âgo déji avancé, regrette til d'avoir quitté son foyer, il y a dix ans, pour acquérir uno fortune qui aujourd\u2019hui lui échappe, Telle cost l\u2019histoire d\u2019un trop grand nombre de fu milles qui ont abandonné le pays pour aller ae refuire aux Etats-Unis, et qui ne lèguent peur lu plupurt a leurs enfunts, que le gofit de In dissipation pour ne pas dire du libertinage.Ces exemples, qui se répètent si souvent, no suffisent pas cependant pour ouvrir les youx aux imprudents, Il y a que.ques semaines, un homme nyant certuines connuissances de lu culture, allait faire part à son curé, des embarrus qu\u2019.éprouvait à «suffire aux besoins de sn famille; celui ci s\u2019offeit d'acheter pour lui un lot de terre, promettant en outre de lui aider à la fire défricher et de lui fournir les grains de semence pendant deux où trois ans, et l'offre fut accop- tée.Mais quolle ne fut pus la surprise du généreux curé, lorsque, huit jours apiès, il voit arriver ch.z lui l\u2019hotame qu'il voulait bien aider venant lui dire qu\u2019il n'acceptait pus le lot de terre, parce qu'il purtuit le soir même pour les Etats-Unis, afin d'y demeurer trois ou quatre ans, et qu'après cela il se livrerait à la culture.Voilà, dans nos campagnes, où l\u2019on en est rendu | On n'apprécie pas assez l\u2019importance de l'agricul- tare ; tant que l\u2019on s'attachers à lu culture roulinidro, il y aura toujours, parmi nous, de ces défections.On n\u2019Apprécie pus ussez lo role si important que doit remplir le cultivateur, et ce qu\u2019il lmporte de faire quand on fait choix de cette profussion.Nous devons nous efforeer d\u2019acquérir les qualités que doit posséder le véritable cultivateur, celui qui A souci de son art et qui désiro en retirer le plus d'avan tages possibles.C'est pourquoi nous croyons utile de soumettre À l'attention de nos lecteurs une étude sé- rieu © sur co sujet, que nous omprantons au \u201c Traité d'agriculture de M.C.-J.-A.Mathieu de Dombasle, \u201d Voici cetto étude, sous le titro \u2018 Des qualités ot des circonstances personnelles du cultivateur \u201d : De toutes les circonstances qui peuvent exercer quelque influence sur le succès d\u2019une entreprise agricole, soit de la part de celui qui exploite son propro domaine, soit de Ja part d\u2019un fermier, la P'us impor- (ante sans aucun doute so trouve dans les dispositions individuelles de l\u2019homme qui doit la dir:ger : son caractère, ses habitudes, son instruction, sont autant do points d'où dépendront en très grande parlie les ré sultsts de tostes los opérations qu'il entreprendra, Sata doute, lorsqu\u2019il n\u2019est question que de suivre une ro te batlue, d'imiter sans aucune morlification des procédés généralement usités pur les cultivatours d'un canton, lu tâche devient plus facile, et la capacité personnelle de chaque individa apporto un poids considérablo dans lu balance de ses succès.Cependaut, duns ce cas même, l'expérience montre touto la valeur des qua'ités personnelles de l\u2019homme, et c'est certainement dans un étut très peu progressif du l\u2019art agricolo qu\u2019ust né cet adage devenu proverbial parmi leshabitantsdes campagnes : Tant vaut l'homme, tant vaut (a terre.Mais lorsqu'il est question de se frayer une route nouvello à côté du chemin suivi par les cultivateurs ordinaires, lu tâche devient beaucoup plus difficile et plus déliente que ne le croient beaucoup de personnes, ot la réin'on de certaines qualités individuelles dans l'homme qui vout suivre cettu carrière est certsine- iment la condition la plus indispensable À son succès, | Parmi ces qualités, il en est qui dépendent du caractère de l'individu, de 81 capacité naturelle et de [ses dispositions morales; d\u2019autres prennent leur | source dung I'instruction ou dans I'habitude d'appli- !quer les connaissances acquises.Parmi les premières, nous placerons en première ligne In rectitude du ju gement : c'est une des qualités individuelles qui contribuent le plus puissumment aux succès duns toutes les carrières de ln vie; mais l\u2019agriculture et eurtout cet art Jans son état progressif est peut être, entre tous lcs genres d'oceupations, celui qui exige le plus impérieuscment un jugement droit et sain, Ici, les principes n'ont de valeur que par l'opportunité de leur application, et le doute se présente à ch+quo pus.Le jugement cet un instrument qu\u2019il faut appliquer à tous les inrtants: de sa justesse dépend essentiellement la direction bonne ou mauvaise que prendra chaque opération.L'esprit d'observation dérive en grande partie de la justosse du jugement; cependant, il tient À une disposition particulière de l'intelligence, dispasition d\u2019après laquelle un individu aperçoit dans los faite qui s'offrent À lui lu liaison qui les rattache à d'autres fait, et qui lui purmet de les rapprocher les uns des autres et d\u2019en tirer les conséquences plus ou moins positives sur les rapports qui existent entre les effets et les cuuves. GAZETTE DES CAMPAGNES 293 Sans doute, c'ost la nature qui nous donne l'esprit d'observation, mais cet oxprit peut so perfectionner beaucoup par l'habitude, chez les hommes dont l'at tention u été pendant longtemps dirigée vers l\u2019observation des fuits matériels pur la nature de leurs occupations.Quart à ceux qui par goût où par profe-sion ont dirigé constamment leur intelligence par des idées abetraites, vers dce Connaissances philosophiques, littéraires, ou artistiques, il leur faudia Jresque toujours bien du temps pour s'accoutumer à appliquer leur jngement à l'observation des fuits matériels.On cst généralement dixposé ulors à chercher ra règle de conduite dans l'application de tei ou tel principe; maie rien duns lo monde n'est régi par un seul principe, parce que chaque effet est dû au con cours de plusieurs cavecs gouvornées par des principes différents.Dans les branches do nos connaissances où l\u2019on peut apprécier toutes les causes qui concourent aux résultats, on peut arriver à des connaissances certaines par la déduction dos principes.Mais il est luin d'en être ainsi en agriculture : beaucoup de causes nous sont entièrement inconnues, el il est F0 vent diffici'e d'apprécier dans les résultats lu part rolative qu'on doit attribuer sux causes mémes que nous connaissons, Lor fuits sont done ici I'étnde In plus importante, puisqu\u2019en eux so résume l'influence do toutes les cuuses diverses qui y out concouru.C'est l'osprit d'observation qui nous apprend à rap procher entre eux les faits semb'ubles ou analogues, et À en tirer une utile instruction.Sans une application constante et assidue on réussit, bien difficilement, dans une entreprise agricolo ; lex woins qu\u2019oxige une exploitation rurale un peu étendue ne peuvent guère se conci jer avec des distractions multipliées de plaisir ou d'affaires.[en donc indis pensable que l'homme qui se place à la téte d\u2019une on.treprise semblable demeure sur lu domaine qu\u2019il veut exploiter, et qu\u2019il considère comme sa principale affaire les occuputions qu\u2019il y trouvera, Pour celui qu\u2019un goût naturel porte vers ce genre de vie, il n\u2019est certainement sucune position dans le monde qui offre des jouissances à la fois plus douces et plus vives, plus constuntes ot plus variées, mais il faut qu'un homme soit disposé à trouver le bonheur de sa vio dans l'emploi d'une grande partie de son temps aux occupations de natures si diverses qui remplissent les journées du cultivateur : sans cela, il fera prudem ment de s'abstenir d'entrer dans cette carrière, nu- trement il devra s\u2019uttendro, sinon À y éprouver de g'andes pertes, du mo\u2019ns À voir d minuer, dans une pro,@rtion plus ou moins considérable, les bénéfices qu'il aurait pu s\u2019en promettre au moyen d'une constante application.\u2014 (À suivre.) \u2014\u2014\u2014#rmmr=\u2014\u2014mmn\u2014\u2014 Fromageries et beurreries.Nous avons le plaisir d\u2019snnoncer que I'honorab'e Commissaire de l'Agriculture et des Travaux publics, s'est arsuré, pour la saison prochaine, les services de M, J.M.Jucelyn fabricant de beurre et de fromage dont lu mission sera de diriger nne ou plusieurs fabriques modèles du bvuire et de fromuge, dans notre Prevince, Les personnes qui désirent des renscigne- \u2014\u2014\u2014 dustries pourront les adresser au Journal d'Agriculture, qui publiera les réponses.Nous espérons annoncer prochainement où se furs la première fubrique modèle de bourie et de fromage combinée et à quellos conditions les apprentis seront admis.Nous jouvons dire dès à présent qu'il y aura pluco pour trois ou qnaire approntis dans chacune des fubriques modôles ditigées pur M.Jocelyn.\u2014 Juurnal d'Agriculture.Nous sommes heureux d'apprendre que le comlé de Kumoura:ku devra prof er des avantages de cette fu- brique modèle pour ln fabrication du beurre et du fromage La paroisse de St-Denis de Kamo .racks n été choi-io pour cela, et déji tous les arrangements nécessnires ont été pris pour que cette fubrique soit en opération dès le mois de juin prochain.Il a été difficile d\u2019ubord de fuire consentir les cultivateurs à prendre part à cette exploitation qui ne pout manquer d'etre lucrative, parve qu\u2019elle sera conduite sur une large échelle et par un directeur d\u2019une grande expé- riance.Grâce aux efforts de i'Honorable M.Chapais et de M.Fd-A, Barnard, directeur de l'Agriculture, noux aurons dans noire comté, outre uno école d'agriculture, uno école spécinlo qui servira à initier un certain nombre de jounes gens de notre localité A In fubiicution du beurre et du fromage, tels qu\u2019en fournissent los meilleures fabriques des Etats-Unis, de la province d'Ontario et de plusieirs endroits duns notre Province.La culture de la canne à suore en Canada.Sur ia demande qui nous en est faite, nous publions les renseignements suivants sur la culture de la canne À aucre; nous lus empruntons au Courrier de St-Hya- cinthe : Le sorgho, ou canne à sucre chinoise, maintenant, si universellement répandu dans le sud et dana l'ouost des Etats-Unis, fut d\u2019abord importée, de Chine en France, en 1851, par le consul français à Sanghaï ; et précisément, lu même année et dans le môme pays, un autre végélalsuecharin, quasi analogue au premier, en certains lieux connu comme canne À sucre d'Afvique, fuisuit son apparition.En 1854 ces deux variétés do sorgho parvinrent aux Etats-Unis, où elles com- moncèrentà se répandre si rapidement qu'en 1857 l'importation de In graine, pour la semence, de chiffrait par des nombres de tonneaux ; et depuis la oul- lure à continué À se généraliser non-seulemort dans le sud, mais aussi duns le nord de l\u2019Union Amérieaine, notamment dans lo Minnésots.En ce dernier état le nombre d'ucres consacré à cotte culture en 1880 s\u2019est accru À 7,317, et en 1879 la production du sirop s\u2019est élevé À 446,946 gnllons.Je no prétends pas garantir l\u2019exactitude des doux premières dates que je viens de citer, ni celles des faits qui s'y rapportent, les ayant puisés dans un opuscu e de provenance uméricaine, dout je ne connais pas encure le degré do l'autorité, mais que j'ai tout lieu de croire véridique; jo puis toutefois garantir l'exactitudo du tout ce qui suit.[l'y a maintenant trois ans révolus que M.Edouard Corbeil, aujourd'hui de Buckingham.P.Q., et alors do St Eugène, provinco d'Outario, entreprit coura- ments précis sur toutes matières ayant trait 4 ces in ) gousement de répandre en Canady, et surtout dans la 294 GAZETTE DES CAMPAGNES' province de Québoe, la connaissance de la culture de ces espèces de eorgho, dont je viens de parler ct aux quelles les Américains n'hesitent pas à donner l'at trayante appellation de canne à sucre.Considérant que le Minnesota est do tous les E ats de l\u2019Unicn to lui qui est le plus au nord, étant situé au-dersus du 45 lutitude nord, c\u2019est-*-diro sous lan même latitude que le Canada, il en importa de la graine d'une plante appelé Minneso'a eurly amber sugar cane.C'est une nouvelle variété du sorgho déjà cité, dont je me permettrai de traduire ainri le nom: Canne à sucre ambrée hâtive du Minnesota.Après donc en avoir remé quelques fosses comme on fait pour lo blé-d'inde.il en entendit avec mpaticuce le résultat qui surpas- 8a ton attente; puis il pressu les Liges, « D fit évaporer le jus «t obtint du sirop.Fermement convaincu dès lors que cette opération peut se faire sur une grande échelle aussi bien qu\u2019en petit, M, Corbeil ne fut pas lent À se servir de Ia presse pour rendre ses ap récistions publiques, annorçant en même temps qu il'écait prêt n expédier aux p«rsonnes qui en feraient la demande, de la graine de canne À sucre, variété J'innesot« early amber, qu'il faisait venir lui même des lieux de pro duetion ; et c\u2019est ainsi qu'il on distribua duns les dif férentes parties de lu province de Québec.Presque partout, malgré que l\u2019année 1830 n'ait pas été fuvo rable.ce qui s\u2019est fuit en 1879 n'étant pas a-sez con- vidéruble pour qu\u2019on en fasse une appréciation, les esnis ont été antisfuisante, même (rès-satiefuisante, Je euis un de ceux qui ont fuit cette expérience, qui l'ai vu faire par d\u2019autres ; ct je suis à mon tour fortement perauedé que la canne à sucre Loiberian, ea-ly amber, sorgho, quelque zoit le nom qu'on lui donne, peut être ici cultivée asec avantage et qu\u2019elle devrait l'être sans plus tarder.Puisque M.Corbeil ct plus que jumais dirporé à expédier de In graine de canne sucre aux gens qui cn désirent, chrcun peut en profiter.Au commencement de l'hiver dernier ce monsieur, paraît-il, se proposait de la distribuer gretui- tement, Mais cela devient onéreux.On enit déjà que les hommes les plus z8lés ne sont pas toujours les fa- voria do la fortune.On ne peut donc de lui se procurer de la bonne graine de canne À sucre que moyennant cinquante centins la livre, en sus des frais d\u2019expédition qui peuvent se monter, suivant le cas, à 25 30 o : 50 centins pour chaque quantité n'excédant pus dix livres.Deux Fores suffisent pour un arpent.Une maicon américaine, fabricante de preseoirs, do bonilloires et autres ustensiles nécessuir.s on utiles A la fabrioution du siron et du aucre de canne, ayant remarqué quo M Coibsil déployait beaucoup d\u2019activité et d'énergie on faveur de cette industrie, lui of: frit deruidrement une agence pour la vente de rer instruments manufacturds, ce qui fut uccepté.Lex instruments fournis par cette maison commerciale sont jusqu'à présent les plus perfectionnés qui se manufuctorent aux Etats-Unis.Comme on le voit, si l'avenir de la canno À sucre n'e t pas encore tout-à-fait assuré dans la province, elle est du moins en bonne voie de l'être prochainement, De plus M.Corbeil, je puis lui rendre un tel témoi gnnage, est toujours prêt à donner sur ce -ujet tous lex renseignements qu'il peut; et il ne faut pas oro're qu\u2019il soit nécosrairy pour cela d'achoter quelque chose de lui, Qu'on ne craigne pas de lo fatiguer; plus on lui écrit dans le but d'obtenir des informations, plus on lui cause du plais r ; et ses réponses ne se font pns attendro ordinaireme :t Muisque peut donc rapporter une tel'e culture ?La production du sirop s'élève, en moyenne, à 180 gullone À l\u2019urpent; souvent elle va jusqu'à 200, ot quelquefois jqu'a 300 gallons, M.Jérémie Robillard, de Buekingham, a fait en 1880 un ga lon de sirop avoc lo jus provenant de 250 tiges de canne à sucre.Or un arpent do terre est un espace argez graud pour nourrir 75,600 tiges, ce qui porterait la production du sirop à 303 gallons pour un arpent.Un curé du diocère d'Ut:awa, de 300 cannes qu\u2019il récolta uussi en 1E80, à obtonu 12 gallon de sirop, ce qui, en supposant qu\u2019un arpont ne rendrait que 55,080 tiges, porterait la production 4 252 gallons, Pendant la méme année 3M, lo notaire 8, Mackay de Pupineanville, n mannf«cturé donze gallons de airop que tous ceux qui ont pu le voir et le goûter, ont trouvé beau et bon.En cüût-il eu 500 gallons, M.Mackay les aurait toss vendus sur lu lieu potr £0 centins à une piastre, «ans pouvoir néatmo\u2019ns satisfaire la demande immédiate.Ma remaille do Ia cunne À sucre se fuit dans le mois de mai, et les frais de culture ne sont pus plus grands que ceux du blé-d\u2019inde, er Eléments nécessaires de production.Les éléments néce-raires À la production sont l'homme, la terre, lo capital, le travail et les engrais.L'econom'e rurale étudia ces cinq éléments, afin do moutrer \u2018es conditions qu\u2019ils doivent remplir pour as- ~urer le rucads d'une exploitation agricole.Elle envisage d\u2019abord l'homme nu point de vue de son individualité, c'est-à dire morales et intellectuelles, de ses antécédants et de sa position comme propriétaire.comme nsufruitior ou comme fermier.À l'étude de l\u2019homme sous ces différents rapports, se joint naturellement celle de sn compagne, comme maîtresse de maison, ainsi que l'appréciation de l\u2019importance re'ative des diverses sciences accessoires et des divers moyens d'enseign ment agricole, n dit généralement, \u201c tant vaut l\u2019homme tant vaut la terre, \u201d pour exprimer que le fol cultivé pro- rose d'autant plus et arrive d'autant plus vite à Fapogée de sn fécondité, que l\u2019homme qui la cultive n des idées plus larges et plus précices sur les améliorations agricoles.L'agriculture est, de toutes les industries, une de celles qui demandent la plus de connaissances.Sans toute, on peut cultiver bien sane être savant; mais de deux hommes également habiles dans la pratique agricole, celui qui réusrira le mieux sera certainement l\u2019homme qui, par des études spécia'es de cet art, aura acquis les moyens de progresser plus vite.De toutes los connaissances agricoles, la plus importante ert In scionce pratique; mais les autres con - courent au perfectionnement do la culture.On ne doit donc pas considérer l'agriculture seulement comme un métier, mais aussi comme un art.L'homme qui considère l\u2019ygrieulture comme un art et un métier tout à ln foir, et qui agit en conséquence, réalise pus de succès que le cultivateur qui no reconnaît la culture des champs que comme un simple métier.Le GAZETTE DES CAMPAGNES 295 métier « pour lui tiois éléments cecenticls de succès : le travail, l'économie et la connaissance loca'e; mais le manque d'instruction et le défaut de capitaux le condamnoraieut à une routine pert-étuelle, s'il v'uvait de temps à autre, sous les yeux, l'exemple dunné par les hommes riches et instruits qui te livrent À lu carrière agricole.Le cultivateur qui ne po réde pus la science agricole est donc impuissant à modifier lu routine, les errem nte qui Fort son lot, en un mot, # entrer duns la voie du progrès.Mais lo cultivateur instruit, outre les connuisrances précéd nies, possède celle de la naturo et celle d& qualités d'une terre, celle des plontes qu\u2019il convient de cuitiver, l'art de se racurer et de se servir de diverses matières destinées ! enrichir ot À améliorer le sol, In manière de juger et de faire fonctionner les divers instruments et machines d'agriculture, l'art de conduire l'élevage, l'en- \u2018tretien et Tengrairsement des animaux domceliques, ainsi que la conruiseance de leurs habitudes et do leura besoins.Il connaît aussi la voleur nutritive de chaque espèce d'aliment ; la manière de conserver les produits; comment disposer les bâtiments d\u2019une fermo; le meilleur assolemert qui corvient À tel ou tel sol, à tel climat, suivant la faculté plus ou moir:a grande des débouchés; la complabil.té, si indispensable pour reconnaître ci le mode de culture que l'on poursuit set avantageux, et pour juger de lu conve nance des améliorations à faite duns la culture d'une terre, etc.Il est, en outre, une connaissonce bien plus im;or tante que les précédentes.Celle connaissance, c\u2019est de faire concourir toutes les connaissances acquires en agriculture, vers le but qu'on a en vue: le profit.D'après ces données, il est impossible d\u2019urriver nu succès en agricu'ture, si l'homme n\u2019en a pas fait une étude spécia'e.En cela, la profession d'agriculteur ressemble À tout- & les professions: :1 faut l\u2019approndre peur la connsître.Beaucoup de profe:siuns no sont que des méliers parco qu\u2019elles ne demau.dent que l'habileté manuelle, tandis que d\u2019autres demandent des connaissances et de la reflexion: Ce ront des aris.\u2014 L'agriculture est donc un art qu\u2019il importe d'étudier et d'approfondir, si on veut en retirer tous les avantages possible, -\u2014 Ecole Vétérinaire de Montréal.La quinzième session de cette floriesnute Ecole, que ce pays doit à 1a bienveillante protection du Conseil d'Agriculture et au zèle incessant du principal M.McEachran, s'est termitée le 31 mare dernicr, par l'examen final des aepirants à la pratique de l\u2019art vétérinaire.Crs examens ont été fuits par des médecins vétésinaires étrange:s apécialement invités par le Conseil d'Agriculture pour cet objet.À trois heures P.M.la distribution solenuelle dos diplômes, des médailles et des prix s\u2019est fuite sous la présicence de M.Lesage, assistant-commissaire de l'Agriculture el des travaux Publica, avec le concours de plusieurs citoyens distingués de Montréal.Les lnuréata de la circonstance étaient MM.Æ.J.Carter, Montréal; Charles Ormond, Milwaukee, Wi«, E.U; B.D.Pierce, Springfield, Mars., E.U; R.Price, Montrén) ; N, A.Tradel, gto Geneviève de Butiscan, P.Q ; H.Bisaillon, St Vulentin, P.Q, et L.H.Bergorou, Bord a-Plouffe, P.Q.La distribution des prix eut lieu comme nuit ; COURS ANGLAIS.Pour le metileurexnmen général, médaille d\u2019argent présentée par lo Cougeil d'Agriculture, M, E, J.Canter, Botanique \u2014Piix cffesta par M.le Principal J.W.Dawson ; ter, J.A.Duucan ; 2nd, A.W.Clément.Médecine et Chirurgie Vétérinairce.\u2014E.J.Carter, superbe mi.Oroscope gracieusement offert par M.D.Morrice, E.J.Carter, 3me année ; W.Wardie, 2we nnnée.Obstétrique et Pathologie animales.\u2014E.J.Carter, 3me année, A.J.Chandler, 2we anuée ; it.T.Whillecey, lère année, Matière Médicale\u20143me aunée, C.Ormond ; 2me année, Alex Glass ; lore année, It.Brodie.Entozoologie.\u2014R.Price, prix offert pur M.le professeur Osler.Physiologie \u2014W.Walter, prix spécial offert par M.le professeur Osler, Chirurgie dentiste.\u20148.Price, prix offert par W.Bryden, V.8.COURS FRANCAIS.Meilleur examen général, médaille d'argent du Conseil d\u2019Agriculture, N, A.Trudel.Pathologie et Anatomic.~L.H.M.L.Beaubien.Matière Médicale \u2014Philias Labelle.La journée s\u2019est terminée agréablement par un excellent diner au St Lawrence Hull, auquel prirent part plus de soixante invités, au nombre desquels nons avons remarqué MM.T.White, M, P.P.G.Leclère, wcrétaire du Conseil d\u2019Agricultare, 8.Girwood, M.Paton, Dr Rows, Dr Buller et Dr Beaudry.Plusieurs sautés firent proposées et l'a « i con 8 cn réponse furent très heureux, Ceux qui avaient l\u2019avautage d'assister à Bergeron, prix offert par l\u2019hen.cette intéressante rénnion eu conserveront longtempe an agréable souvenir, Nous sommes houreux sle donner un peu de publicité à cette fôte de l'Ecole Vétériuaire de Montréal qui à déjà fait tant de Lien danscopays, et qui ouvre à la jeunesse intelligente une c:-rrière nouvelle aussi honorable que profitable.Nous ne saurions trop recommauder à 1108 jeunes geus de profiter des uvanta, considérables que leur offre I'licole Vétérinvive de Montréal, pour se livrer à l\u2019étude d\u2019une profresion peu exploitée jusqu\u2019à ce jonr et dont l'existence devient de plus en plus nécesssire, vu Lexportation toujours croissante de notre bétail on Europe, et l\u2019établissement d'abattoirs publics où les connaissances d'un médecin vétérinaire expérimenté et instruit deviennent d\u2019une nécessité absolue et d\u2019une importance majeure.\u2014 Le moude.Choses et autres.Les pommes du Canada.\u2014Le London Gardex, un journal de Loudrer, publie là correspondance suivante: \u201c Daus Coveut Garden, j'ui entendu vanter les pom:nes du Cnnnadn, et j'ui été surpris d'apprendre qu\u2019elles chassaient leu produits américaina du marché, La raison est que les mes ennadiennes sont mieux emballéea ; les Larile américains sont ardiuairement parés, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils out une ou deux couches de beaux fruits eu dessus, et des fruits de pauvre qualité eu lessons, tandis que le fruit canadien est généralement bon dans tout baril qui est bien empaqueté et plus large que ceux des Etats-Unis.Uue très bonne pomme qui virnt en grande quantité est la Ruaset dorée, elle à un excellent goût.Durs quelques ventes, dernièrement, les produits conudieus comparésà ceux des Etata- Unis (taient duns ln proportion de six à un, cels vst vraiment encourageant pour lo Cunudla et devrait enseigner aux améri- caîns «\u2019emmballer honnêtement leurs proluits ils ue veulent pas perdre leur commerce.\u201d \u2014Un de nos apprentis, Simiéon Pulletior, est parti sans tambour ni trompettes j our les Etat-Unia.Boux prétexte de maln- die, il s'était absents depuis tivis jour-, « t le troisième jour, dévoré pur lu flèves de l'én 5 aux Etio-Unis, il à pris la route de loxil sans vous avertir, \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 RECETTES Moyen pour préserver les pommes de terre de lu fermentation.Jamais il no fut plux nécessaire que dans la périmle actuelle de préserver les pomuwes de terre de lu fermentation, osr l'iu- 296 GAZETTE DES CAMPAGNES mr re \u2014 fluence d\u2019une température humide et douce nuène tn commeu- cement de germination qui enldve a la pulpe des tubercules ses qualités alimentaires ct transform leur fécule en matidre inealubre.Voici un procédé bien simple, efficace : Il consiste à imprégner les tubercules d\u2019aci le sulfurique (vapeur de soufre), par Un inoyen analogue au méchage des vins.On fait brûler une mêcho de soufre très-pur dans un tonneau se pommes de terre._ Lorsquela vapeur aulfureuse nimprégné les tubercules, ceux- ei sont à l'abri de la fermentation pour un temps indéfiui.En soumettant foute sa provision de pommes de terre A co traitement, chaque ménoge s\u2019asenre une alimeutation saine et intaote juegn'à ia saison d'été, Plumes d'oies, pour écrire.Les grosses plumes de l\u2019uile des oies servent pour écrire : mais peur @ne ces pltiïmes soient bonnes à ceb mange, il faut les dépenilier de leur pellicule graleseuse.À eet effet, on les plonge À plusiours reprises dans l\u2019ean beuillante en dans des cendres chaudes, puis on les 1iettois avec une lame de contean: Moyen de semer les graines de melon et de concombre, M.J.-C, Chapais, rédacteur de la partic bortieole da Journal d'Agricatiure, indique le moyen suivant dont il & lui-même fait l\u2019expérience : \u201c Voici, dit-il, Un moyen que j'ui employé pour semer mes melons et nies concombres, l\u2019un dernier, et.qui m°a parfaitement réussi: J'ai coupé des morceaux de gazon (fourbe), de six pouces carrés.J'ai placé des morceaux dans la conche- chaude, Je côté pertant l'heshe se trouvant tourné sur le fumier.Daus lo centre do ces pièces de gazon, j'ai déposé cinq ou Mix gruines, et je les y ui laissé croître.Au moment de la transplantation, je n\u2019ui eu qu'à paseer ma main sous les morceaux de gazon, et j'ui enlevé de lu couche toutes mes plautes, rans déranger une seule racine, De fuit, j'aurais pu les transporter À une grande distance, saus leur faire tort.Et pourtant, elles étaieut à leur quatrième feuille, et avaient déjà été pin vées sur couche.Le gazon à de jdua l\u2019effet de fournir aux plantes de concombre ct de melou l\u2019engrais qui leur convier.t le mieux, l'humus.\u201d A LA FERME-MODÈLE DU COLLÈGE STE-ANNE: Un magnifique taureau Ayrshire, âgé de quatre ans; l'a feuns mâle, de même race, bé d\u2019un at ; Doux veaux mâles, également Ayrehiven, Agés respectivement de 12 et de 14 jour ; Aussi : quelques croisés Ayrahires, du bonne provenaiice.Le tout sera vendu à des prix très-muilérés.s'adresser à In CORPORATION DU COLLEGE STE-ANNE On an Burean de la Gasette dea Campagnes.Ste-Anuve de 1a Pucaticre, 11 avril 181, PRIERE 22:55e DE PAYER AUT PLUS TOT.PETIT TRAITE SUR LA CULTURE DU TABAC PAR Le, N.GAUVREAU, Ecr.N.P, Membre du Conseil d'Agriculture de la Province de Québec.En vente au Burean de la Gazette des Campagnes.Cette deuxième édition du \u201c Petit traité d'agriculture, \u201d par La, N.Gauvreau, éer, a été considérablement augmentée et offre tous les renseignements dévirables quant aux m illeurs luoyeus à prendie pour bien cultiver le tabac.\u2014Prix : 10 cents.GRAINES DE TABAC à vendre aussi au Bareau de la @4- sctte des Campagu.\u2014 Prix : 5 cts le paquet.EN VENTE Au Burvan de ia \u201c Gasette des Campagne \u201d: LE MOUTON ou TRAITÉ PRATIQUE an L\u2019ELEVAGE DES MOUTONS EN CANADA Pur EUGENE CASGRAIN Prix; 16 eentina.A VENDRE Détail Agrabire, Cocbous Berkshire, races pures, S'adresser à M.LOUIS BEAUBIEN, 16, Rue St-Jacques, Montréal.MAISON JAGQUES CARTIER g 2 .® É 8 «© = 2 88% EE: 0 uk :Q5 Ze $2 ® se ce 33 3 B mn WO "]
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