Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon, 27 novembre 1890, jeudi 27 novembre 1890
[" Ste-Anne de la Pocatière, P.@., 27 novembre 18280 \u2019 hr 38S-38L No.49 5 TZ a JOURNAL DU Os Go CULTIVATEUR ~ ET DU COLON.- Si In guerre est lu dernière raison des peuples, l'agricnitare doit en être Ja première.Emparous nous dn vo!, si Dons voulons conserver notre nationalité Rédacteur : FIRMIN H.PROULK\u2014Gérant : HECTOR A.PROULE.SOMMATELE Revue de la semaine :\u2014Le premier décaré de l\u2019ordre du Mérite Agricole.\u2014 Echos de ls Chambr-.\u2014Mon-cignenr de Laval Causerie agricole :\u2014Rapport du Commissaire de l\u2019Agrienltnre et de la Coloviration de la province de Qnébee : Suite \u2014 Ecoles d'agriculture, \u2014Colo: isntion.\u2014-Socil:és da Co'oiisa.tion.\u2014Voyrge de Monseignenr Labelle.-Congiès forestier, \u2014Mérite ugricole.\u2014Deurreries «t fromagerice.\u2014~Ecoles du soir \u2014Lots Se douze enfants, Sujets divers :\u2014Comment on tranaporteun arbre fruitier.\u2014 ertes sur la ferme.\u2014Les profits di commerce des œnfs.Choses et autres :\u2014Dom Benoit \u2014L\u2019exposition de la Jamaïque.\u2014La soiure de bois.Recettes :\u2014Moyen de faire lever promptement les royanx à fruits, les pepins des pommes, to Mo en à employer pour qu\u2019un arbre stérile porte beancoup de i vits.REVUE DE LA SEMAINE Le premier décoré de l'ordre du Mérite Agricole \u2014A une réunion du comité d'agriculture, qui 5 eu lieu le 19 courant, M, Mercier a lu le rapport des juges du concours du mérite agricole dans cette province.Ln médaille d\u2019or offerte par le gouvernement comme premier prix doit être décurnée à M.Charles Champagne, de St-Ettatache.Lorsque cette présentation aura lieu, il y aura une fête dans une des salles du Parlement, et le lieutenant-gon- verneu>, les ministres et tous les dignitaires sercnt présente.Voici une courte histoire de lu vie do Che, Champagne.M.Obarles Champagne a commencé Ia via comme cui- ainier dans \"in chantier de bois, à raison de six piastres par moie en hiver et de huit pinstres en été.Hn\u2019avait alors que guatoize ans.ll continua dans cette ligne durant trois ans.A l\u2019âge de 17 ang\u2018il re maria à une .| jeune fille ansei hounête mais aussi pauvre que lui ; pendant plusieurs années ils vécurent Lien pauvrement, lui, en ayunt de l'ouvrage de côtés et d\u2019antres, et sa femme en filant de la laine.Après quelques années il réussit à mettre assez de côté ponr s\u2019acheter un vieux cheval.ll vendit aussi nne vache qu'il avait et avec l\u2019argent qu\u2019il reçut ainsi il acheta du sel qu\u2019il alla échanger dans un dea cantons voisins pour du blé-d'Inde.Il vendit le blé-d'Inde et avec les recettes acheta du cuir et fit faire des chaussures lesquelles échan- gen encore pour du blé-d\u2019Inde en y joignant aussi son vieux cheval.Avec le produit de la vente du blé-d\u2019Inde il acheta une paire de chevaux qu\u2019il vendit dans un chantier pour $121, Mais on ne lui pnya que la moitié et l\u2019on promit de lui payer la balance lorsqu'il reviendrait avec deux autres paires de chevaux qu\u2019il devait leur amener et vendre au même prix.11 revint quelque temps après avec les autres chevaux (qu\u2019il avait achetés à crédit) et il reçut en paiement une (raito sur une maison de commerçants de Lois.Quand il présenta cette traite pour paiement, on lui répondit qu\u2019on uvait déjà avancé à ces gens de trop forts montants pour les autoriser à payer maintenant, mais que plus tard s\u2019il y avait une balance, on lo rembourserait.Finalement il ne fut jamais payé 387 et se trouvs alors plus pauvre qu'avant, et de plus endetté pour un fort montant.Après ce revers, il essayn diverses autres closes et entre autres lo métier de donlanger, c'est lui qui a fourni le palo anx patriotes de 1837, II achetd un petit emplacement das le village, et plus tard il réussit À acheter (pour près de deux fois en valeur, cac il v'avait pas de garantie) une ferme que le propriétaire actuel avait trouvé trop rocheuse pour lu cultiver lui-même.M.Champagne se mit alors couragersement à l\u2019œuvre et rénesit on quelques nnrées À payer sa ferme et à donner à sa famille une magnifique éducation.M.Chumpagne est mnintonant Âgé de 8% ane, et sur treize chfants qu\u2019il a «us, il Ini en reste quatre.Vu l\u2019âge avancé de M.Champague, exception et lui donner ln médaille de snito nu lieu lui faire attendre les quatre ans quo prescrit la loi.on a oru devoir faire de Echos de le Chambre - Noa députés à In législature provinciale continuent leurs travaux, Depuis notre der- niè.e revue ilsont discuté plusieurs questions importantes.M.Adélard Turgeon, député de Bellechnsse, n prononcé | ut discours remargnable eur l'hygiène dans les manufac- | tares.L'honorable premier ministre a fait connaître In politique du ministère relativement aux asites d'aliénés ; ! it a décluré quo dans tous les contrats avec ces asiles, le gouvernement se réservernit, sans exception, le contrôle médical.C'est avee cette condition que lee administrateurs de l'asile protestant de Verdun vont faire un contrat avec le gouvernement.MM.Cartier, Desmarais et Mercier se sout plaints de la manière dont la société qui a commencé le chemin de fer de lu Baio des Chaleurs a employé l'argent voté par Ju législatare pour Ja construction de co chemin ; ile luecusent de n'avoir pas payé ses employés.Ensuite M.Mercier n proposé bn bill à l'effet de modifier la charte de l\u2019École de médecine de Moutréal, pour lui permettre de s'unir à ln fuculté de médecine de I'Université Laval, M.Robidoux demande d'augmenter le salaire de l\u2019aseis- tant procureur général.Monseigneur de Laval \u2014Tout le monde a appris avec juie, que Mon-eigneur de Laval n été déclaré Vénérable, et qu'on va evminencer ron procès de béatification.Nous «royons être agréable À nos lveteurs en publiant une lettre écrite, ü ls mort de ce vénéruble prélat, par le bou fière Housentt, qui avait Été témoin de ses vertus pendant les vingt ane qu'il avait passés à son service.Cette Jettre à été publiéo pour In première fois dans l\u2019Abeille, nous allons en donner les principaux paranges, en cou- servant l'orthographe de l'original.MoxaiEur.\u2014Vous avez déjà, euns doute, appris lu mort de Mgr de Laval nncien et premier évêque du Canada, et ce n\u2019est pas pour vous en iuformer que je prend la \u2018iberté de vous éci ire.Tunis pour vou témoi- goer combicn cette mort et Ia téparntion d\u2019un si Lon, ai anint et si chatitable maître m'a été sensible.Mais la consolution qui w\u2019est wmeslée parmi le tristesse, en) GAZETTE DES CAMPAGNES ! ayant un saint mourir en saint après avoir vescu en enint, a\u201cété no très grand roulngement à ma prine, aussi bien qu'à celle de tout lo Séminaire et de tous les peuples du Canada ; et ln haute idée que nous avons tous de Ia grande gloire que posrède dans lo ciel nostre défanct et nostie commun Père, nous fait espérer que par Bon interevssion et son crédit auprès de Dieu, il nous dédom- mugera copieusement de la perte que cous avons fuite de ten Ste présence.D usieurs l\u2019ont déjà éprouvé dans le sonlngemeut qu'ils ont regu dana leurs peines et infitmi- tez, par l'invocation et lo recours qu\u2019ils out eu À nostre dit St défaut, comme vous l'apprendrez par une artre voye, T'ontes les peveonnes du séminaire duiveut avoir une \u2018 confiance très partieulière aux mérites et intercessions de leur premier Père ; car Sn Graudeur s'étant offerte on l sacrifice, comme elle Bt six jours avaut son Saint tiépas, pour porter la peine ile tous lea pévhés du séminaire, et ayant prié Dieu de l'exterminer elle seule.3 ayant prié aussi de détruire entièrement le péché de au sainte maison et d'y maintenir jusques à In fin des siècles le très enint an-our ¢t le véritahle culte de Dieu et de la très sninte famille de Jéan, Marie, Joseph, et des St.Anges, et Sa Grandeur ayant été exnucée par le redou- Llement de sc6 donieurs qui farent excessives depuis ce jour là jusqu'à s& mort, nous avons tous lieu de croire qu'il nous a sequis par ses souffrances des grâc 8 partieu- lières pour éviter le péché et pour pratiquer la vertu, * Mais jo ne pni¢, Monsieur, me dispenser do vous dire que quand il me revient en ln mémoire l'accent et ln ferveur avec laquelle Sa Grandeur prononçait ses paroles et beaucoup d'autres pleines de feu et d'amour, les yeux et les mains élevées vers le ciel, avec den sentiments extra- ordinnires d\u2019humilité et do mépris de roy-même, et des retours duve vrair conflance eu Dieu, nouabstant, disnit- elle.sn très grande indignité, j'en ay le cœur si pénétré que je ve puis retenir mes Intrres ; je soubuitais pour lors que toutes personnes du Canada eussent pu entendre chacune une evule de ses puroler, pour en estre toutes embrasées ; cur olles étaient toutes capables de pénétrer attendrir et enlever les cœurs, même les plus endures.\u201c Je ne douto pus, Monsieur, que vous n'oyiez aussi appris lu distribution qui n été faite à In grande instanse des peuples du Canada, du linge trempé et teint du sang de mon dit Seignenr, do ses cheveux et du scs habits.+ Vous sercz eans doute bien nise que jo vous fusse un petit détail de quelques actions commuues et ordinaire de 8a Grandeur, qui m'ont le plus tonché et m'ont fait prendre la résolution plus de quinze aus avant an mort d'en agir ninsi.\u2026.\u2026.\u2026.\u201c Ce qui m'u toujours tenu dans la surprise et dans l\u2019admi:ntion a esté de voir un homme d'un anssi grand mérite, .-.d\u2019uno auai grande vénération, et aussi utile en ce pays que l'était Monseigneur, cassé et rompu do vieillesse, de futignes ec d'inirmitez juaques à l'âge de quatre-vingt cing ang, estre aussi exacte quo etait Sa Grandeur à se mortifier en toutes choses.- \u201c \u201c 10 De coucher sur un três clétif matelus sur les pluu- GAZETTE DES CAMPAGNES PT) + ches.à faire tous les jours luy miême son pauvre lit jusqu'à lu lin de sa vie, saus permectre que j'y touche que très rarement.\u2026.\u2026\u2026.\u2018es \u201c20 De ne se jamais coucher qu\u2019il n'eût dit et ne se fût acquitté de tous ses officer, prières, lectnres, chape lets, etc.quelque tard qu'il fût et quelqu'affaire qu\u2019eur eue Sa Grandeur, et uoyqu'il se couchât fort tard, ne jamais manquer à se lever pendint plus de quinze ans à deux heures du matin (je ne parle que du temps que j'ay servi Sa Grandeur, car plus de trente ans auparavant elle se levait à ln même heure) «t les cing dernières années de su vie sur les trois heures.Et de se lever pendant les dittes quiuze aunées et celles d'auparavant, tout seul, sans feu, n'ayant point de pouële dans sa chambre, où il gelait très fort toutes les nuits pendaut l\u2019hyver.s'en aller à quatre heures à l'églire, la lauterne à la main, eu ourrir ler portes, sonner ss messe qui était la première de quatre heures et demie pour les travaillaus, et rester à l'église où à la sacristie qui était fort froide et incommode pour lors, jusquer & sept heures.\u201c40 Loins .Sa Grandeur cherchait tous les jours les moyens (cachés) qu\u2019elle pouvait s'imaginer pour se pro- ourer des douleurs et des souffrances, comme soit par exemple, de porter pre«que tous les jours lu cilice, et de le quitter tous les soirs en cachette, de peur que je ne le visse en pansant le cautére quelle avait an bras, et sur ces dernières années qu\u2019elle ne pouvait presque plus agir, le porter jour et nuit et avoir un très graud soin et faire en sorte que je ne le voiy point en pansant le dit cautére, .De dire assiduement la sninte messe nonobstant des ouvertures et des playes (rès considérables et très sensibles qu\u2019elle avait aux jambes et aux pieds, ct que nos Mrs, ot méme Monsieur le Médecin luy représentassent 1s tort qu\u2019elle faïunit & su santé en se gènant et svuffrant comme elle faisoit pour dire la Ste messe.st D'uasister en ces états et avec toutes ces playes à tous les offices de in cathédrale quelque froid qu\u2019il fic, et de s\u2019y faire porter quand elle ne put plus marcher.C\u2019est dans la pratique de cotte ferveur et «dans l'exercice de cette dévotion ct de cette Laine d'elle-même, qu\u2019elle gagna pendant l'office du veudredi saint, par vu des plus grauds froids qu\u2019il se puisse faire en Canada une engelure an talon qui lui & caus Ia mort.« J'auruy plutost fait, Mousieur, de vous dire en deux mote, que quaud il s'agissait du service de Dieu et de la charité du prochain, aucune douleur ni infirinitez n'étaient capable d'y faire manquer sa Grandeur en un seul point.Mais co qui fuit mieux Connaître la patience de Sa Grandeur dans ses plus grandes plaintes, c\u2019est que quand ou voulait avoir égard à ses doulenrs et à ses plaintes et qu\u2019on voulait l'éparguer, elle voulait qu'on ft ce qui était nécensaire à ses playes suus avoir égard à ses plaiutes et douleurs.* En pausant la playe qui lui n causé la mort, sa douleur était si granile que tout le corps luy en frémiasuit ; il sc pluignait d'une manière à tirer les larmes des yeux de ceux qui étaient présents.Le bon frère Bouseat y eataut un jour dit à Sa Grandeur par compassion : Eh ! Hien, Mon
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