La tribune, 29 juillet 1961, Cahier 3
[" LA TRIBUNE SHERBROOKE, Que.Vol.3, No 30 \u2014 29 juillet 1961 y ^ A ! :/ * Sous l'ooil froid de la caméra, Ven jeu d'une vie! Un défi i*ar l»uv l-'ournivr Rédoct#or àm P«-rspecf>ve« DL FUT un temps où on ne pouvait guère distinguer entre médecine et magie.Plus tard, dans ce mélange mal défini, les Grecs insinuèrent la métaphysique.La médecine a fait des bonds étonnants depuis.Magie et métaphysique sont des cicatrices à peine visibles sur un visage en constante évolution Les traits d\u2019hier s'estompent et ceux d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019y seront peut-être plus demain.Tant que son visage n\u2019est pas devenu familier, il a paru simple et perméable, mais plus on le connaît, plus on le scrute, plus sa profondeur devient impénétrable et mystérieuse.toujours La science de guérir ou de conserver la vie est plus que toute autre soumise à une loi déconcertante: chaque nouvelle trouée dans l\u2019ignorance se solde par la découverte de nouvelles limites.La médecine moderne a prolongé de fa y on spectaculaire la vie humaine et triomphé de plusieurs maladies; pourtant, quand des médecins s'assoient pour faire le point, ils sont face à un inconnu qui augmente, semble-t-il, au même rythme que leurs connaissances.C\u2019est à Québec, au début de juin, que j'ai assisté pour la première fois à un congrès de - médecine.C était la île rencontre des médecins de langue française du Canada et le professeur Pierre Jobin, PtRSPtCTIVlS 29 luillet 1961 nouveau directeur du département d\u2019anatomie à la faculté de Médecine de l'Université Laval, l'avait, en sa qualité de président, placée sous le signe de l'enseignement.Pendant quatre jours, quelques centaines de médecins allaient arpenter différentes salles du Château Frontenac, en quête de méthodes difféientes.à la recherche de solutions neuves à des prablèmes médicaux vieux comme le monde.D'autres soumettraient à l'assemblée les résultats de patientes recherches poursuivies dans un centre médical ou l'obscurité d un village.Au congrès, j\u2019ai découvert que nous nous faisions parfois une image fantaisiste des médecins.Les dernières années nous (Suite à la page suivante) Chaque année, nos médecins font le point de leurs connaissances VJ*, « L# F - Pour la première fois, les médecins de langue fran-\tcongrès.A gauche, la scène que captait en cou- çaise avaient eu recours à la télévision pour leur\tleurs la camera que nous apercevons ci-de*sus Dans une salle de l'hôtel, une cinquantaine de mé de trois interventions chirurgicales pratiquées par decins ont suivi sur un écran géant le déroulement des chirurgiens de Québec à I Hôpital Samte-Foye 3 pIRSPÏCTIVtS 29 juillet 1961 I ii ili'fi loujours iKinveaii (Suite de lu page précédente) ont habitués à les voir comme des hommes de profession qui, une fois leurs études complétées, ne mettent pas grand temps à devenir des bourgeois endimanchés, plus soucieux d'habiter une luxueuse résidence ou de rouler dans une limousine coûteuse que du bien-être de leurs concitoyens.C\u2019est une image très sommaire.Qu'elle vaille pour certains, c\u2019est indiscutable.mais elle ne rend pas justice à des milliers d'autres.Derrière ce barrage de préjugés, il y a des hommes qui sauvent des vies et tentent avec une énergie farouche de percer les mystères de la maladie.Ce sont eux que j'ai rencontrés au congrès, dans les salles d'étude, au salon des exhibits ou au pavillon de chirurgie de l'Hôpital Sainte-Foye.Cette année, grâce à l'assistance de la maison pharmaceutique, Kline et French, les séances de chirurgie furent retransmises directement de la salle opératoire à l'hôtel.Là, une cinquantaine de chirurgiens ou d'omnipraticiens surveillèrent sur un écran de télévision en couleurs les techniques opératoires de trois chirurgiens de Québec, François Roy, .Maurice Beaulieu et Florian Trempe.Le premier jour, le docteur Roy, chef du département de chirurgie à l'Université Laval, fit une gastrectomie et, le lendemain, le docteur Beaulieu, de l'Hôpital Laval, pratiqua une intervention sur un patient atteint d'un cancer au poumon IJFNDANT deux heures, d'une vitre surplombant la table d'opération, j\u2019ai regardé travailler le chirurgien et ses assistants.J'aurais du mal à décrire mes impressions.Il m'a semblé que l\u2019être humain avait subitement cédé toute la place à un corps, qu'on devinait pourtant à peine sous la toile verte.Après quelques minutes, je n\u2019aperçois plus que le champ opératoire: une ouverture démesurément grande au fond de laquelle je devine plus que je ne vois le coeur battre d\u2019un rythme régulier.Je ne me rappelle rien de plus rassurant que ces pulsations.Au bout de 90 minutes pendant lesquelles chirurgien et assistants n'avaient pas quitté la plaie des yeux, on décida de terminer l'intervention sans faire l'ablation du poumon cancéreux.Comme dans la majorité des cas du genre, le diagnostic n'avait pas été assez hâtif.Le docteur François Léger, attaché à la clinique des maladies du thorax de l'Hôpital Notre-Dame à Montreal, se trouvait parmi les médecins qui regardèrent l\u2019intervention à la télévision.Depuis la fondation de cette clinique, on poursuit, sous la direction du docteur André Mackay.un travail intensif de dépistage du cancer du poumon ainsi que diverses expériences sur cette forme courante du cancer.Chargé ce jour-là d'interpréter pour les visiteurs les exhibits de la Clinique, le docteur l éger le fil avec d'autant plus d'arguments qu\u2019on venait tout juste d'être témoin d'une intervention attestant la véracité des statistiques compilées à Notre-Dame.Le médecin, à qui je faisais remarquer combien me semblait sombres les exhibits de la Clinique, me répondit d'abord par un sourire.D\u2019un groupe d\u2019environ 200 personnes chez qui on a diagnostiqué un cancer du poumon, quelques-unes seulement sont encore vivantes après cinq ans.\u201cDe telles statistiques, m'expliqua-t-il, sont encourageantes pour les médecins.Quand on a réussi à tirer quelques patients d\u2019un mal jusque-là incurable, c'est qu'on est sur la bonne voie.\" La bonne voie, en médecine, mène souvent très vite à des succès définitifs./CERTAINES maladies, comme la tuberculose, et des interventions com-me l'appendicectomie sont disparues rapidement ou devenues de simples cas de routine, si bien que, lors des congrès, des médecins en rappellent le souvenir afin qu'on ne se laisse pas aller à la négligence Mais la médecine et la chirurgie sont loin de ces résultats dans d'autres domaines.Les maladies du coeur, par exemple, ont continué de prendre la part du lion dans les discussions des congressistes.Une séance entière a été consacrée à l'étude des données les plus récentes sur les principales affections cardiaques et plusieurs communications ont traité du même sujet.Lors du congrès, des médecins ont remis en question l'enseignement de leur science.Le docteur J.-G.Bonnier pour un s\u2019interroge sur la formation que reçoivent les futurs médecins.\u201cNul ne met en doute, dit-il, la valeur scientifique de notre enseignement, mais je me demande si on ne forme pas des petits spécialistes plutôt que des médecins complets.\" I ous les problèmes qui ont emergé au congrès m'ont paru les manifestations vivantes du prodigieux effort de synthèse qu'accomplit la médecine contemporaine afin de connaître les lois de la nature Peut-être sont-elles moins complexes que ne pourrait le laisser croire le long cheminement qui mène à leurs connaissances.4 îS -a A y¦ jr.\u2019\u2022 * WtU* * Hôpital Notre-Dame Montreal i rm/TMfUOMÂ\twrtn ggcicH/OUf 4®° PkEwüakpP üaùno* yttisuaucs et 10*«s\tPr François Leoer ETAPES DU DIAGNOSTIC t\u2019i** c* aowr «i\t««atotaaii % i ?A le docteur François Léger, au centre, discute avec deux congressistes des recherches qui se poursuivent à l'Hôpital Notre-Dame de Montréal dans la lutte contre le cancer du poumon.«.**¦ \u2022\u2022 (C r e.I?I endant les interventions chirurgicales, des spécialistes taisaient leurs commentaires d une salle située à proximité de la salle d\u2019opération Son et image étaient retransmis à l\u2019hôtel, 'VS h > PERSMCTIVrS J9 juillet >M' I OFFRE GRATUITE Toni /y '/ k:~ >yy**y» \u2022 \u2022 \u2022 « \u2022 « Gratis.l ii patron McCall île la COLLECTION SPÉCIALE de MISS , :A C\u2019est facile de vous le procurer! 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PUSPICTIVIS 1» juillet mi 32 DANS L\u2019AÏÏEME D'IIN FOYER On a beau faire, la crèche ne peut pas leur donner la chaleur du milieu familial T«*«le Pl phiMoN d«> «lapquPN Toulon ENEZ donc cet après-midi, m\u2019avait dit Soeur Jeanne-Mance, directrice de la Crèche de la Miséricorde, de Montréal nous baptisons quelques nouveaux-nés.Ils sont douze dans l\u2019étroit baptistère de l\u2019hôpital, douze bébés de quelques jours emmaillotés dans de jolies robes, très propres, douze êtres anonymes couchés chacun dans une sorte de case métallique posée sur une table roulante.Le prêtre, deux ou trois religieuses, des gardes-bébés qui, pour la circonstance, deviendront marraines de plusieurs enfants chacune La cérémonie terminée, le prêtre inscrit dans le registre des baptêmes des noms fictifs pour ces douze inconnus.Plus tard, après l\u2019adoption ou la reconnaissance par la mère, on rectifiera leur acte de naissance Pas de photographe, de parents attendris.Emportés par les gardes, les bébés ont déjà réintégré le dortoir où d\u2019autres enfants comme eux, attendent.Tout ie drame des enfants illégitimes est là, dès les premières heures de la vie.Ce spectacle-là, spectacle de la solitude, est un peu celui de toutes les crèches, qu'il s\u2019agisse de celles de Montréal ou des établissements diocésains de Trois-Rivières, de Québec, de Sherbrooke ou d'ailleurs.Dans des salles aux niurs vitrés semblables aux pouponnières de tous les hôpitaux, des bambins de quelques mois vivent en silence un drame intime, seuls au milieu d'une vingtaine de compagnons d\u2019infortune, attendant que quelqu'un les emporte.Certes, ces enfants-là ne meurent plus de misère comme à l\u2019époque de saint Vincent de Paul.La charité collective les recueille et les loge dans des foyers artificiels et trop vastes que l\u2019on nomme les\tcrèches.\tLe\tcorps reçoit du moins\tde quoi ne pas mourir, puisque les\tsubsides\tde\tl\u2019Etat et\tle dévouement du personnel y pourvoient.Pendant trois semaines, j'ai visité à plusieurs reprises les crèches d\u2019Youville et de la Miséricorde.Il faudrait être de flagrante mauvaise foi pour ne pas mentionner à quel point le personnel fait ce qu\u2019il peut pour veiller à la bonne santé et au développement physiques des enfants; il essaie également,\tdans la\tmesure du\tpossible bien\tentendu, d'ap- porter à chaque petit pensionnaire un peu de cette chaleur dont il a tant besoin: l\u2019affection.Les religieuses, les gardes-bébés, les étudiantes en puériculture qui fréquentent\tles\tcrèches\tmontréalaises\tsont dévouées, patientes, fiables.On ne peut s\u2019y tromper quand, au hasard des conversations avec les unes et les autres, on constate qu\u2019elles connaissent par son nom tel ou tel bébé, les traits essentiels de son caractère et de son comportement et que l\u2019enfant, en retour, leur témoigne une certaine reconnaissance.Aucune d'entre elles n'a jamais pensé qu\u2019elle pouvait remplacer la mère auprès d'un de ces enfants, mais elles s\u2019efforcent de limiter les dégâts, consciencieusement, en donnant ce quelles peuvent.Les directrices de crèches ne se font pas illusion sur la nature de leur mission, et l'abbé Pierre Hurtcau.directeur de la Société d\u2019adoption et de protection de l'Enfance, familier des crèches et de leurs problèmes me déclarait: \u201cLe seul moyen d'améliorer la situation des enfants des crèches est de hâter leur adoption, que (Suite page 8) Dan» le jardin de U Crèche d'Youville, ce» petites filles s\u2019amusent ferme sur U glissoire, ci-dessus.Réjean (13 mois, à gauche).André (12 mois) et Roger (15 mois, à droite) jouent dans une salle de la Crèche de la Miséricorde; ils attendent tous d'être adoptés PERSPECTIVES 29 imllet 1961 prCv l-f:- ¦.¦î'v- \" A i% V *'\u2022 .(\u2022 \" \u2022 ^ ' Seuls les pansements * CURAD en plastique ont TELFA- Ce tampon stérile TELFA, employé dans les hôpitaux les plus importants, est maintenant incorporé aux pansements CURAD en plastique pour les dnigts.Le tampon Telia (une mince couche perforée en plastique) empêche les filaments de gaie de se coller â la coupure pendant la guérison Curad avec Te If a colle là où il se doit, mais ne peut jamais coller à la coupure et rouvrir la blessure lorsque le pansement est enlevé CURAD p/crsfic bandages /****/> TELFAPAD IM* K 1-: !%,' I >.% I .1 , < OMR**! (CANADA) LIMITKO BAUER A BLACK DIVISION I % OtlOIKl Cette garde-bébé de la Crèche d'Youville doit faire preuve de beaucoup de patience devant le refus de boire de cette fillette.Linda est Eurasienne et porte le No.98; elle aurait certes préféré vivre dans un foyer normal plutôt qu'à la crèche où on l\u2019a déposée.Dans l'attente d'un foyer (Suite de la page 6) A la Miséricorde, le Père A-Boucher baptise un enfant, né de parents inconnus, que tient dans ses bras la garde-bébé Louise Chenard.kW, -w.celle-ci ait lieu quand ils sont très jeunes.Aucune institution, si parfaite soit-elle, ne remplacera jamais l'affection d'une mère, l'influence du milieu familial, fût-il médiocre.La crèche idéale serait une institution (théorique) où l\u2019on reconstituerait pour chaque enfant une famille temporaire et artificielle mais, d\u2019ores et déjà, le foyer nourricier joue un peu ce rôle.\u201d La crèche n'est plus ce refuge maussade et pitoyable que l'imagination populaire ou la triste réalité de naguère avaient contribué à créer.Comme l\u2019hôpital moderne, elle est aujourd'hui l'aboutissement logique de principes humanitaires et sociaux fortement ancrés.Le cas de l'enfance illégitime est pénible, mais quand on songe à ce qu\u2019il était, ici, voilà un siècle ou même beaucoup moins que cela, on ne peut que constater les progrès réalisés.A la fin du siècle dernier, la mortalité infantile étai; voisine de 75 p.c., et aucune statistique particulière n\u2019existait pour les enfants naturels.Au Québec, les Soeurs Grises recueillaient depuis 1734 les enfants illégitimes et abandonnés et s'efforçaient de leur trouver des parents adoptifs.On imagine aisément quelles devaient être les difficultés! Elles continuèrent ce rôle jusqu\u2019en 1937, alors que fut créée la Société d'adoption et de protection de l\u2019Enfance.Auparavant.les Soeurs de la Miséricorde avaient organisé, dès 1898, une petite crèche dans leur hôpital de la rue Lagau-chetière.En 1945, on aménrgea dans une aile neuve les salles et les dortoirs existants.A Montréal, les crèches d\u2019Youville, de la Miséricoide et de la Réparation ont en gros les mêmes problèmes et des tâches identiques.Elles sont subventionnées par le ministère du Bien-Etre social qui.par l'intermédiaire de la Société d'adoption, paie mensuellement et pour chaque enfant une somme de $48.00.Seuls, le nombre et l'âge des enfants peuvent varier d\u2019une institution à Tautre.Ainsi, la Crèche de la Miséricorde abrite en permanence quelque 450 enfants, celle d'Youville en a 600 et celle des Soeurs de la Réparation un peu moins de 350.Le personnel des crèches est nombreux; il l\u2019est d'autant plus lorsque la majorité des enfants gardés sont très jeunes.A la Crèche de la Miséricorde, par exemple, la biberonnerie où Ton ne prépare pas moins de 1,200 biberons par jour, emploie quatre personnes.Elle occupe une vaste salle équipée d'un stérilisateur, d\u2019une centrifugeuse pour le lait en poudre, d'une machine automatique pour l'embouteillage, etc.Les enfants, selon leur âge, sont répartis en une vingtaine de salles groupant chacune de 20 à 25 petits.Vingt gardes-bébés et quelque 120 étudiantes en puériculture prennent soin des enfants 24 heures par jour.L.es gardes-bébés sont rémunérées, bien entendu, et les étudiantes reçoivent $22.00 par mois chacune.Trois infirmières s\u2019occupent spécialement des enfants malades.Ce nest pas tout: le service administratif proprement dit emploie quatre assistantes sociales qui s\u2019occupent des cas d'adoption, préparation des dossiers individuels, entrevues avec des parents adoptifs et gestion des allocations familiales réservées à I achat d'objets, produits ou vêtements pour les enfants.Enfin le secretariat veille à l\u2019enregistrement, aux baptêmes, à la correspondance.SOEUR Jeanne-Mance, elle-même assistante sociale et aujourd'hui directrice de la crèche, résume ainsi la situation: \u201cA mesure que les méthodes d\u2019adoption se perfectionnent, que les soins et l\u2019attention prodigués se concentrent sur chaque enfant en particulier, l\u2019administration des crèches se complique.Le personnel n\u2019est pas assez nombreux, mais cela soulève d'autres problèmes.\u201d La crèche, hélas! est en quelque sorte une place de marche .Les enfants que Ton peut voir par les murs vitrés doivent trouver preneur, et il faudra toutes les ressources de la diplomatie et de la persuasion de la part de la directrice ou de l\u2019assistante sociale pour faire accepter tel enfant à un couple qui voulait absolument \u201cun gros bébé de trois mois, blond et aux yeux bleus\u201d.Tout le monde sait aussi que les tilles sont bien plus facilement adoptées que les garçons, et cela pour une raison bien simple: c\u2019est presque toujours la femme qui, au nom du couple adoptif, décide du choix d\u2019un enfant et, deux fois sur trois, elle opte pour une fille Aussi n\u2019est-i! pas sur- 8 PERSPECTIVES 2» JuilM I9f jours sur I d chaque semaine, il vous faut un de protection! i i h ¦h''Uc î* / ¦ ¦ 1 Lt docteur B.H.Doray, pédiatre, ausculte ici, sans la réveiller, l\u2019une des petites pensionnaires de la Crèche de la Miséricorde.prenant de rencontrer, dans les crèches montréalaises, plus de garçons que de fillettes.Durant l'année 1959-60.la Crèche de la Miséricorde a recueilli 1,448 enfants dont plus de la moitié étaient originaires de Montréal et de la banlieue.L\u2019âge moyen est d'environ 8 mois et l'on ne rencontre que très rarement des enfants de 20 mois ou 2 ans, et cela pour deux raisons: d'abord, le manque d'espace et la situation peu favorable de l'hôpital en plein centre de la ville ne facilitent pas la garde d'enfants plus âgés qui sont dirigés vers les crèches d'Youville et de la Réparation.Enfin, l'efficacité des méthodes nouvelles d'adoption a éliminé l'encombrement qui sévissait dans les crèches montréalaises il y a une dizaine d'années.On trouvait alors dans ces institutions pas mal d'enfants de 3, 4 et même 5 ans parce que le diocèse de Montréal était pratiquement obligé d'absorber les enfants naturels venant d'un peu partout.Aujourd'hui, on s'efforce, grâce à la coopération des comités diocésains d'adoption, de placer tel ou tel enfant dans la région où vit sa mère.A quel milieu appartiennent-ils?Les dossiers préparés pour chaque enfant fournissent là-dessus quelques généralités: 95 pc.des bébés de la Crèche de la Miséricorde sont issus de mères canadiennes-françaises célibataires, veuves ou séparées, dont l'âge varie de 17 à 35 ans.La grande majorité de ces femmes sont employées de bureaux ou d\u2019industries, aides domestiques, serveuses de restaurants ou d'hôtels, etc.Fort peu d'étudiantes ou de femmes exerçent une profession.Cela concerne aussi les' enfants des autres institutions, avec cette différence toutefois que les crèches d'Youville et de la Réparation gardent également des enfants légitimes.C\u2019est ce qu'on appelle des \u201cplacements temporaires\" Il s'agit, la plupart du temps, d'enfants qui vivent dans un milieu familial néfaste, dont la mère ou les parents sont malades ou dans un situation très difficile et qui sont confiés aux crèches par les municipalités et les assistantes du Bien-Etre social, voire même à la suite de jugements de cour.Souvent, ces placements temporaires s'éternisent par suite de la négligence des parents ou de leur réelle pauvreté Les enfants moisissent à la crèche et deviennent à la longue de véritables cas d'adoption.Ainsi, par exemple, la Crèche d'Youville abrite 253 enfants légitimes (avril 1961) sur un total de 606.Ce sont ces enfants qui souffrent le plus de la vie d'institution, car ils ont eu des parents, même incapables et indifférents.C'est aussi parmi eux que l\u2019on rencontre les plus âgés (3, 4, 5 et 6 ans).\u201cCe qui manque le plus à l'enfant des crèches, l'affection des parents mise à part, me disait l'abbé Pierre Hurteau, c\u2019est cette véritable leçon de choses quotidienne, constante, dont il bénéficie au sein du foyer et dans la vie ordinaire.Les gestes de la mère et ceux des autres membres de la famille, les objets de la maison même les plus simples, le son familier des voix, les premières images de la rue et du monde extérieur lui sont refusés.\u201d ¥ E NOURRISSON a une forte tendance à imiter ses compa-gnons, c'est-à-dire qu\u2019il n'apprend pas grand-chose Ainsi, on verra fréquemment tous les enfants d'un dortoir se dresser dans leurs lits sitôt qu\u2019un ou deux se lèvent pour voir passer quelqu'un ou dès qu'un personnage nouveau entre dans la salle Ou encore, quinze ou vingt bébés se mettront à se balancer dans leurs couchettes.De plus, et c'est l avis des femmes qui l'entourent, il semble que le jeune enfant des crèches sache implicitement qu\u2019il ne possède rien, ni le coeur de personne\u2014malgré les gentillesses des gardes-bébés, religieuses et infirmières.Faute d'avoir à échanger avec les adultes d'authentiques biens, l'enfant ne cesse d'éprouver comme un malaise le fait d'être lésé dans le partage: alors il échange au hasard, n'importe quoi avec n'importe qui.C'est un fait bien connu des familiers des crèches que cette fureur d\u2019échanger pour le seul plaisir de la chose Et cela se remarque surtout chez les bébés de 10.12 mois et plus.On voit aussi des enfants échanger de la nourriture\u2014 s'ils en ont l'occasion \u2014 se faire boire mutuellement ou du moins simuler le geste.Il se noue parfois des amitiés entre deux enfants qui peuvent occasionner un gros chagrin lorsque l\u2019un d'eux est adopté Ce sont là des anomalies du comportement, des déviations psychologiques dues (Suite page 22) Un désodorisant liquide ne suffit pas.Il vous faut la protection en profondeur de la nouvelle crème 0D0-R0-N0 ! Bien sûr, les jours calmes, vous pouvez utiliser un désodorisant qui se roule ou se vaporise (et Odo-ro-no existe aussi sous ces deux formes).MAIS au moins deux jours par semaine, il vous faut cette certitude absolue que peut seule vous donner une crème comme Odo-ro-no.Odo-ro-no pénètre profondément, supprime l\u2019odeur à sa source et neutralise la transpiration pendant 24 heures I Efficace, agréable aussi à utiliser Odo-ro-no, la crème neutralisante de formule nouvelle, n\u2019imte pas une peau normale et n'abîme pas les vête ments 49< et 69< seulement.rtSjeiCTIVIS 2» la.IM 1961 6834 du 0 \u2018S'iiM et te SfuyU i*hil n uisait à Boston* Bony Harvoy ù Xou York ÜSL succès - -f*.\t I rs habituer du Madison Square (iarden se souviennent de la bagarre entre Harvey (à g.) et Fontinato.Depuis.Harvey est passé aux Rangers et Fontinalo aux Canadiens.OUG HARVEY et Phil Watson n au-11 rom pas la tâche facile dans leurs 1/ nouvelles fonctions.On vient de leur confier les pires postes du hockey professionnel.Comme instructeur des Bruins de Boston, Watson prend en main une équipe qui n'a gagné que quinze des soixante-dix parties qu'elle a disputées, l\u2019hiver dernier, tandis que les Rangers de New York, où Harvey assumera les mêmes responsabilités, n\u2019en ont remporté que vingt-deux \u2014 Et puis après?dit Watson.Pour nous il n'y a qu'une issue: aller de l'avant! Les nominations de Doug et de Phil marquent les débuts d'une expérience audacieuse dans la Ligue Nationale de hockey.Voyons d'abord le cas des Brums, qui ont terminé la saison de jeu 1960-61 en dernière place et avec le plus petit nombre de victoires remportées en une saison depuis un quart de siècle.Leur gérant général, Lynn Patnck, a promu l'entraîneur Milt Schmidt, l\u2019idole de son équipe, à un poste administratif et l\u2019a remplacé par le même Watson que son frère, Muzz Patrick, avait congédié comme instructeur des Rangers, il y a deux ans.\u2014 Vu que Phil n\u2019a pas réussi chez les Rangers, ai-je demandé a Lynn, comment pouvez-vous espérer qu\u2019il réussisse chez les Bruins?\u2014 Je n\u2019ai pas à juger des décisions de mon frère, a riposté Lynn, mais je ne crois pas que Phil s\u2019en soit si mal tiré à New York En quatre saisons, il est parvenu trois fois à mener son équipe jusqu'aux semi-finales.\u2014 Je tiens à signaler, m\u2019a dit plus tard Watson, de son côté, que je ne fais pas de miracles.Il faudra peut-être assez de temps avant que nos recrues deviennent de bons joueurs Mais je compte sur un sursaut d'énergie des vieux joueurs (Suite page 12) Phil Watson et Harvey, les deux nouveaux instructeurs de la L.N.H.10 PtRSPtCTIVIS Z» luill»* !»«\u2019 LE NOUVEAU SERVICE-SENTINELLE F S' UN ENTRETIEN MENSUEL PREVENTIF QUI NE COUTE PAS PLUS QU\u2019UNE LUBRIFICATION OROINAIRE OU CHÂSSIS Le Service-Sentinelle B-A est le meilleur moyen de vous assurer des voyages sûrs et sans ennuis et de protéger votre automobile contre des pannes et des réparations onéreuses.LE VOICI DANS SON ESSENCE.Tous les 30 jours, votre vendeur B-A vérifie votre voiture, depuis les phares jusqu\u2019au tuyau d\u2019échappement.Il effectue jusqu\u2019à 29 services et inspections, selon les spécifications du fabricant indiquées dans le Guide de Lubrification et d\u2019Entretien officiel.Parmi ces services, citons la lubrification des moindres pièces comme les loquets et les charnières du capot et des portes, ainsi que des serrures.LA PERFECTION DISTINGUE CE SERVICE.Le Service-Sentinelle comporte des vérifications d\u2019entretien de la plus haute importance pour votre sécurité, comme le scrupuleux examen du silencieux et du système d\u2019échappement, le niveau du lubrifiant dans l\u2019engrenage de la direction, les pneus, les lames d\u2019essuie-glace, les courroies de transmission et de ventilation.Ensuite, le détaillant B-A complète son travail en exécutant une foule de petits travaux supplémentaires qui font toute la différence: nettoyage du pare-brise, vidange des cendriers, etc.SERVICE GARANTI.Après chaque vérification faite d\u2019après le Service-Sentinelle, on vous remet une garantie portant la signature de votre M.\"B-A\u201d affirmant qu\u2019il a exécuté tous les travaux mentionnés sur cette garantie.Songez à ce que peut représenter ce service pour vous et votre famille du point de vue sécurité et paix d\u2019esprit.N\u2019est-ce pas là le genre de service qui vous recherchez ?Voyez donc votre détaillant British American.M.\u201cB-A\u201d OFFRE LE ^SERVICE-SENTINELLE THE BRITISH AMERICAN OIL COMPANY LIMITED msrtCTPVIS 29 luiltet 1961 MUM vous rend aguichante! 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Harvey est moins impulsif et je doute qu\u2019il perde jamais la maîtrise de lui-même au point d\u2019injurier une équipe rivale \u2014 Doug nous a rendu de grands services aux Canadiens, conclut Toe Blake Je n'irai pas jusqu'à faire campagne pour lui mais je lui souhaite du succès dans sa première année comme joueur-entraîneur, car cette année sera décisive pour son avenir.Toute la gamme des couleurs da us Perspectives 12 Harvey avec Muzz Patrick (à dr.) et Bill Jennings, des Rangers, ses nouveaux patrons.^ PERSPECTIVES 29 |«ill«t r Joies de la vie arctique Alma Houston aime Cap Dorset, même si le bateau ne passe qu'une fois l'an DOMME TOUTE MÈRE de famille canadienne.Alma Houston a des journées bien remplies.Dans sa coquette maison de deux étages aux murs blancs et gris et au toit vert pomme, elle trouve encore la force, comme ses pareilles, de cuisiner, le soir, des petits plats pour son mari et ses enfants Mais, à la différence de ses consoeurs, Alma habite un endroit reculé qui porte le nom de Cap Dorset sur la carte du Grand Nord.L'île où est situé ce village est voisine de la grande île de Baffin.Elle est baignée par les eaux grises du détroit d'Hudson, où flottent des icebergs jusqu'en juillet.Notre amie n'en est pas moins parfaitement heureuse, même si elle ne peut faire ses achats de vivres et de vêtements qu'une fois l'an et si, à Cap Dorset, le -soleil ne luit que quatre heures par jour en hiver.D\u2019Ottawa, où elle était de passage, elle a même écrit, un jour, à une amie demeurée là-bas:_ \"Je m'ennuie beaucoup de Cap Dorset.J'aime cet endroit et les gens qui y vivent.\u2019\u2019 Certes, on n'aime pas Cap Dorset d'emblée.On n\u2019y trouve installés à demeure qu\u2019une vingtaine de (Suite à la page suivante) Alma Houston, entourée ici de son mari.James, et de ses deux fils \u2014 John, l\u2019aîné, et Sam \u2014 porte l'anorak en peau de phoque que les Esquimaudes de Cap Dorset lui ont offert en reconnaissance des conseils quelle leur a prodigués.Presque tous les habitants de Cap Dorset se rendent sur le heu de l'atterrissage quand un avion vient livrer du courrier ou des marchandises car, l\u2019été excepté, c\u2019est leur seul moyen de liaison régulière avec les regions situées plus au sud.* #*?\u2022 l * TéSfck .* PWSPECTIVIS 29 (uillct 1961 I c\\ frnrlrrs doubles d\u2019hiver forment, l\u2019été, des \u201ccouches chaudes\u201d où Alma fait pousser ses légumes.*ÊSÊm*hm0m Joies de la vie arelique (Suite de la page précédente) Sam quitte la maison paternelle, qu'on voit derrière lui, pour un pique- Blancs, dont les Houston.James Houston est un employé du ministère du Nord Canadien.Alma et lui ont deux fils: John, 6 ans, et Sam, 4 ans.L'été, la population de l'endroit s'accroît de quelque trois cent cinquante Esquimaux nomades gui vont y planter leurs tentes.Ils y passent la belle saison à se reposer en prévision du dur et long hiver, où ils devront se disperser sur un territoire de plusieurs centaines de milles carrés pour se livrer à la chasse.Les mères de famille qui rendraient visite à Alma ne manqueraient pas d'être frappées par son habileté à diriger son foyer et à résoudre des problèmes ménagers qui.a toute autre, paraîtraient insurmontables.Celui de l'eau, par exemple.L'été, Alma puise son eau dans un ruisseau voisin, au moyen d'une pompe Mais, l'hiver, on doit recourir à la glace fondue, après être allé la couper à la surface d'un lac des environs et l'avoir transportée en traîneau à chiens.Dans ces conditions.s'offrir un bain tiède devient un luxe .et les bambins, John et Sam, consentent volontiers à s'en priver! Mais ce sont les difficultés que doit vaincre Alma pour se procurer et préparer la nourriture qui décourageraient le plus les autres mères canadiennes, habituées à pouvoir profiter de supermarchés, de livraisons à domicile et de congélateurs.Si surprenant que cela puisse paraître, une bonne réfrigération est difficile à shtenir dans l'Arctique.L\u2019été y est assez chaud pour faire pourrir les viandes mal entreposées Aussi Alma rêve-t-elle d'avoir un jour un congélateur Elle aimerait bien aussi que les livraisons d'aliments frais puissent être plus fréquentes.Il ne vient qu'un bateau par an à Cap Dorset .quand il y vient, ce qui oblige Alma à prévoir tous ses menus un an à l'avance et à trouver un garde-manger assez vaste pour entreposer les vivres qui lui arrivent alors en une seule fois Ce système fait au moins deux heureux: John et Sam.Ils trouvent amusant d\u2019ouvrir le même jour toutes les boites de céréales formant leur provision de l'année, pour dénicher les jouets-primes cachés au fond.Alma a besoin de toute la science culinaire acquise dans sa Nouvelle-Ecosse natale et aussi de celle des Esquimaux pour tirer de sa réserve de vivres plus ou moins vieillis des repas toujours appétissants et aussi pour faire durer cette réserve, quand le navire de ravitaillement arrive en retard.Elle a ainsi constaté que la chair du phoque vaut le meilleur steak, quand on sait comment la faire cuire.Elle peut également se procurer à volonté de l'omble chevalier ou saumon de l'Arctique, poisson que les restaurants huppés des grands centres urbains commencent d'offrir à leur clientèle et qui fait les délices des gourmets.Quand il lui faut recourir aux conserves, elle en rehausse le goût en y ajoutant une variété d'algue blanchie à l\u2019eau bouillante et servie en salade.IVi'OTRE! amie s'est mis en tête de faire pousser des lé-I- \u2019 gumes en \"couches chaudes\" à Cap Dorset En guise de châssis pour ces couches chaudes, elle utilise les fenêtres doubles qui n'ont plus d'emploi pendant la belle saison, même si celle-ci ne commence qu'en juillet Le sol restant à demi-gclé en permanence à Cap Dorset, il lui faut importer du terreau.Comme engrais, elle se sert d'algues et obtient ses graines de semences de la Ferme expérimentale fédérale de Fort Simpson, dans les Territoires du Nord-Ouest Le court été boréal suffit à faire tleurir soucis et mufliers dans le jardin d'Alma et, dans son potager, choux, betteraves, épinards, oignons.laitue et persil, car le soleil brille alors presque vingt-quatre heures par jour à cette latitude Alma a même enrichi la cuisine esquimaude d'un plat de son cru: le pain de gruau II s'agit d'une vieille recette néo-écossaise qu'elle a imaginé de modifier légèrement.Man et enfants ont d'abord manifesté quelque inquiétude devant ce mets à consistance épaisse mais ils le dévorent maintenant comme du gâteau.James n'a toutefois pas obtenu le même succès quand il a tenté d\u2019accoutumer les Esquimaux à la nourriture des Blancs.Un jour qu\u2019il avait offert à un indigène un morceau de fromage, celui-ci neut rien de plus pressé que d aller le cracher au dehors, en disant: \u2014Le kubloiw (l'homme blanc) mange décidément n'importe quoi! Les Houston trouvent facilement à se distraire à Cap Dorset.Bien sûr, les distractions telles qu'on les connaît plus au sud sont plutôt rares: parfois un film de I O N F et parfois une danse organisée par les Esquimaux; mais Alma dispose de nombreux livres, d'un tourne-disques et d\u2019un radio-récepteur à ondes courtes.Il y a aussi les indigènes Les Esquimaux sont de merveilleux et intarissables raconteurs et.si vous les invitez à vous faire un bout de visite, ils vous intéresseront au plus haut point toute la soirée.Alma et James parlent d'ailleurs couramment leur langue Causer n'est pas tout.Les Houston n'oublient pas la tâche qui a motivé leur installation à Cap IXirset: instruire l'Esquimau et lui apprendre à se suffire à lui-même.James était un artiste avant de devenir fonctionnaire et il a aidé à populariser les sculptures et gravures esquimaudes dans le monde entier Les indigènes du lieu en tirent un revenu fort utile à une époque oil ils doivent abandonner leur mode primitif de vie et de subsistance pour s'adapter au monde de l'homme blanc.De son côté.Alma encourage les femmes esquimaudes à tirer profit de leur habileté à coudre.Il existe maintenant la-bas une coopérative qui fabrique et ex- PtUSPECTIVtS 2» i»ill«» !»«' 14 i our un pique-nique en compagnie d'Uvilu, la fille de 13 ans d'Ikhalu, l\u2019Ksquimaiide qui sert de bonne aux Houston.\tIkhalu s'est habituée à manier la polisseuse électrique.* il I,c vieux Kingwatsiuk dicte à Alma sa lettre à la reine.Il A er le id re in >C It P 1- Ic i- n s.le s s la t: à \u2022t i- c Kl porte des anoraks, des chaussettes et des mitaines molletonnées et brodées de dessins aux couleurs gaies et des bottes en peau de phoque.Ses protégées ont offert à Alma un tort joli manteau court, aussi en peau de phoque, et il est à prévoir que leur clientèle de l'extérieur leur demandera bientôt d'en fabriquer de semblables pour la vente.Enfin, Alma a encore une autre occupation qui lui tient à coeur: elle rédige un livre.Elle en a déjà publié un sur les moeurs de l'Arctique et l'a fait illustrer par son mari Son prochain ouvrage sera une anthologie des légendes esquimaudes qu'elle a recueillies en causant avec les vieux indigènes de l'endroit.A son avis, ces légendes méritent d\u2019être conservées par écrit car elles décrivent un mode de vie qui se distingue par sa vigueur, son ingéniosité et son esprit d'indépendance, meme s'il nous semble frugal cl primitif, et qui fait partie intégrante de notre Histoire.l a vie arctique apporte à Alma sa quote-part de petits événements soit amusants, soit étonnants.Dernièrement, par exemple, Andrew kingwatsiuk.vieil Esquimau qui souffre de paralysie, fit venir Alma à son chevet, sous sa tente, ce quelle fit avec empressement.Le vieillard avait appri> que le dernier-né de la reine Elisabeth porte le même prénom que lui et il désirait qu'Alma écrive à la souveraine pour la prier de lui envoyer une photo du petit prince.Alma s'acquitta de cette demande avec d autant phis de zèle quelle est aussi le receveur des postes de Cap Dorset et, peu après, Kingwatsiuk recevait une photo dédicacée de toute la famille royale britannique.Etre la \"banlieusarde\" canadienne qui vit le plus loin des grands centres habites offre donc ses petites compensations.Après tout, quelle autre mère de famille de notre pays peut se vanter d entretenir une correspondance avec la reine?PERSPECTIVES 19 iuillet 1961 0* V* Sam avait d'abord songé à se baigner dans cet étang mais il en a trouvé l'eau trop froide et a remis son anorak par-dessus son maillot de bain, on se contentera de barboter! ^ mrr.4* K t * ' \\ .1 y V m i?\u2022>r ¦ Phofo P*r»p*ctive» Crènic fouetté*, purée d'abricots et amandes grillées font de cette délicieuse quiche un dessert idéal, aisément préparé, qui rejouira le palais de tout honnête homme.A bon repas, bon dessert Pendant la canicule, un dessert rafraîchissant est toujours apprécié sur la tahle familiale N ENTEND quelquefois dire que S\tle dessert, \"c'est du superflu'\u201d Pourtant, que de joie gastronomi-I Mt que peut-on lire dans les yeux des petits comme des grands lorsque le repas se termine par un succulent dessert! la cuisinière laissera libre cours à son imagination, dans la préparation de ces plats qui seront, en été, à la fois nourrisants et rafraîchissants Bien des mères de famille confessent que ce ne sont pas toujours les enfanfs qui réclament à cor et à cri leur dessert.Le mari aussi protestera s'il ne peut satisfaire sa gourmandise d'un peu de \"ce superflu\u201d.Pendant la canicule, la crème glacée réunit un bon nombre de suffrages mais les cordons-bleus n\u2019hésitent pas a cuisiner certains desserts à con- 16 dition, bien entendu, de ne pas avoir à les cuire au four.Que de bonnes choses ne peut-on faire avec des ingredients très simples, comme de la gélatine, de la guimauve, des miettes de biscuits, des sirops divers, des fruits et de la crème fouettée! Les fruits, en particulier, sont toujours appréciés dans n'importe quel dessert, qu'il s'agisse de fruits frais ou de conserve Ils ajoutent aussi une note de couleur et leur consommation est gage de santé.Quiche, mousse, soufflé, pouding et roulé sont autant de desserts qui se préparent aisément tout en évitant à la maîtresse de maison d'être esclave de sa cuisine et de la chaleur qui y règne.Un bon dessert réjouit l'estomac de l'honnête homme! QUICHE AUX ABRICOTS 1 cuil.à thé de gélatine en poudre 1 cuil.à table d'eau froide 1\tdemiard de crème épaisse 2\tcuil.à table de sucre I boîte de -U.a onces de purée d'abricot (nourriture pour bébés) Vi tasse d'amandes grillées, hachées 16 biscuits graham (doubles! I boite de 4)4 onces de purée d'abricot Vi tasse d'amandes grillées, en fines tranches KAIRE TREMPER la gélatine dans un bol d'eau froide.Mettre ensuite le bol dans l'eau chaude jusqu'à ce que la gélatine soit dissoute.Refroidir légèrement.FOUETTER la crème jusqu'à ce qu\u2019elle soit très légère, ajouter { Suili- /»« - Cet heureux gourmet\u2014ou gourmand\u2014de Camembert semble apprécier le produit de son village ri DOULEURS | menstruelles\" Midol agit de trois façons pour sou- l V.\tdouleurs menstrutlles - y soulage les crampes, calme le mal de y tête chasse \u2018le cafard\" Maintenant, X Denise prend un comprimé Midot dès le premiei signe de douleurs menstru GRÂCE À 1 961 PtRSPrCTIVIS 29 iuaiet 1961 21 CIGARETTES BOUT FILTRE ou MEILLEUR des FILETS À CHEVEUX nylon.S'il perd Ie «Hinre Quand il prrre kes dents .I-e* STEED MAN'S «auront tarir Seb pirum en peu de tEmpa\u2019 ApaxaerU U bébé irrxttMt en tonlaçeanl la cornât*paiton * le» malaxées d'estomac L\u201d POUDRES STEE OMAN\u2019S lit*» Marque» Connues facilitent le» hon» achat»! Pour vous assurer qualité et satisfaction.exigez les marques connues.Familiarisez-vous avec celles qui sont annoncées dans cette revue.Pour acheter en toute ronfianee et en avoir plus pour votre argent n\u2019achetez que les marque» connue»! Lite Marque Connue est synonyme de bon renom Dans l'altente d'un foyer (Suite de la page 9) au fait que l'enfant, privé d'un milieu d'évolution normal \u2014en l'occurence le foyer \u2014 s'identifie trop au monde restreint où il vit.le dortoir et la salle de jeux, et aux êtres qui s\u2019y trouvent D'autres, qu'une garde ou une infirmière a particulièrement choyés, sc montreront capricieux et irascibles dès qu'elle manifestera quelque attention à un autre bébé D'autre part, le changement fréquent du personnel \u2014 à l'exception du personnel religieux \u2014 accentue chez les enfants le sentiment d'angoisse et d'insécurité dû à l'absence de parents, de mère surtout.Il n\u2019existe pas d\u2019études spéciales, faites à Montréal ou ailleurs au Québec, sur les enfants des crèches, mais les pédiatres, les spécialistes en psychologie génétique connaissent bien les expériences poursuivies dans d\u2019autres pays auprès d\u2019enfants d'institutions semblables, par des psychologues tels que l\u2019Américain Spitz Spitz mena de longues et minutieuses observations sur le comportement de quelque 400 nourrissons de race différente et dans cinq sortes d'institutions.L'âge des enfants variait de quelques semaines à un an et demi environ.Il tira de cette longue étude où toutes les précautions avaient été prises pour en garantir l'objectivité scientifique, des conclusions assez sombres: tous étaient affectés de troubles émotifs graves et, qui plus est.Spitz constata qu\u2019à un an.le niveau de développement des nourrissons était de 30 p c.au-dessous de la normale et de 43 p c.vers un an et demi .D\u2019une foule d'observations, il conclut que, durant la première année de sa vie, l'enfant apprend littéralement tout par le truchement de la mère et que son développement affectif se constitue en avant-coureur de tout le reste du développement Que pensent les pédiatres, les gardes-bébés et les religieuses attachés aux crèches montréalaises de ces constatations?Tous sont d\u2019avis que le tableau est par trop assombri, que depuis l'époque où Spitz mena ses expériences \u2014 une dizaine d\u2019années les institutions se sont grandement améliorées, surtout ici, mais qu'il faut toujours tenir pour valables certaines de ses conclusions.Ainsi, par exemple, cette constatation qui est une certitude et que Spitz énonce ainsi: \u201cLes divers stades de l\u2019affectivité et du comportement psychologique ne se développent pas automatiquement, mais seulement en fonction d\u2019un ou de partenaires.Seul cet échange affectif peut transformer un nourrisson en un individu intelligent et sociable.\u201d Caractéristique aussi est cette remarque de la \u201cposition sur le ventre,\u201d observée par bien des médecins et des gardes chez les enfants d'institutions et qui revêt une valeur de diagnostic: aucun intérêt pour son entourage, refus de réagir à toute prise de contact et apathie.f.\u2019abbé Hurteau.les directrices des crèches, les deux médecins attachés à celle d\u2019Youville confirment par leurs dires que les retards observés chez des enfants de moins de six mois sont à peu près négligeables, qu\u2019ils peuvent être ensuite plus prononcés chez certains sujets qui ne sont pas encore adoptés, mais alors l'enfant retardé est immédiatement l\u2019objet d\u2019un essai de placement en foyer nourricier.C\u2019est Mme Thérèse Gouin-Décarie qui disait qu\u2019un enfant qui manque d\u2019affection, de tendresse est plus misérable que n\u2019importe quel autre C'est là un lieu commun tellement évident qu\u2019on ne s\u2019y arrête pas plus qu\u2019à une vérité première Mais de quoi donc, moralement et physiquement parlant, manque un enfant privé de mère, ou brusquement séparé de celle-ci?A l\u2019âge extrêmement tendre qui est celui de la grande majorité des enfants des crèches, on peut, scmble-t-il, écarter l\u2019affirmation d'un psychologue français, à savoir \u201cqu'il n'est pas de plus grand obstacle à devenir un homme que le désastre initial d'avoir manqué d\u2019une mère.\u201d Les conséquences sont sûrement plus graves chez l\u2019enfant de 3, 4 ou 6 ans que chez le nourrisson, encore que cela ne soit pas défini de façon précise.puisque certains pensent que la période qui s'étend entre le 4e et le 15e mois est la phase cruciale de la formation du moi.Plus que de nourriture, de soins quotidiens, de caresses et de jouets, l\u2019enfant a besoin de s'épanouir dans la paix et surtout la sécurité.Cette sécurité, la mère, et la mère seule, l'incarne à ses yeux.L'enfant qui trompe son angoisse, console son chagrin et s'endort contre sa mère goûte cette sécurité.L'expérience vécue par l'enfant, cette première manière d\u2019aimer et d\u2019être aimé lui imprime en quelque sorte sa physionomie morale.La mère, dont le sourire est pour lui le premier visage de la vie, et le plus sensible, demeure le seul vrai domaine du jeune enfant.Tout semble prendre racine dans cette première présence, initiatrice de tout, qu'est l'univers maternel.TL Y A quelques années, l'Institut national suisse d'Hygiène * publiait des études sur les enfants d\u2019institutions, suivies d\u2019une conclusion bien pessimiste précisant que \"la séparation d'avec la mère ou l\u2019absence de mère et la vie en collectivité produisaient non seulement un choc immédiat, mais une détérioration progressive pouvant aller jusqu'à la destruction complète de la personnalité\".Médecins, gardes-bébés et directrices des crèches montréalaises ne sont absolument pas d\u2019accord avec ces conclusions qu\u2019ils jugent exagérées ou du moins ne répondant plus à la réalité scientifique tel qu\u2019on peut la vérifier dans les institutions modernes et bien tenues L\u2019enfant illégitime ou abandonné.sitôt après son adoption, que celle-ci survienne à 3, 6 et même 18 mois, se rétablit rapidement du déséquilibre dont il a pu souffrir Bien plus, une infirmière me disait que certains enfants sont absolument méconnaissables \u2014 du point de vue du comportement \u2014 quelques jours seulement après que leur mère se soit décidée à les reprendre.L\u2019observation patiente et suivie d\u2019une foule de cas d\u2019adoption confirme amplement cette conviction.Sur le plan physique, la vie en communauté.l\u2019insécurité, l\u2019angoisse et le manque de chaleur maternelle peuvent être la cause de carences telles que l'absence d\u2019appétit ou au contraire une boulimie chronique, un sommeil perturbé, une plus grande vulnérabilité aux maladies infectieuses que les autres enfants.On remarque aussi un certain retard, qui peut être ensuite facilement comblé, dans l'articulation des premiers mots et des sons.A âge égal, le poids, la taille des enfants des crèches peuvent se comparer à ceux des enfants qui vivent dans des foyers normaux et, aux crèches de la Miséricorde et d\u2019Youville, j\u2019ai vu de solides bambins de 10 et 11 Perspectives InqiiêriiMahle! On a beau avoir le coeur solide, cela n\u2019implique pas qu'on ait une voionté de fer.Guy Fournier, notre rédacteur qui a passé cinq jours avec les médecins de langue française réunis en congrès à Québec (page 2), se félicitait déjà d'avoir tenu le coup durant deux longues interventions chirurgicales, la première pour un ulcère d\u2019estomac et la seconde pour un cancer du poumon.Il avait déjà commencé à vanter son flegme et sa résistance à ces scènes plutôt pénibles lorsqu'il rencontra le Dr François Léger, de l'Hôpital Notre-Dame de Montréal.Ce dernier s\u2019est spécialisé aux Etats-Unis et poursuit des recherches sur les causes du cancer du poumon.Fn une minute, le Dr Léger l\u2019avait convaincu des effets néfastes de la cigarette et de la relation qui semble exister entre le cancer du poumon et l\u2019habitude de fumer.Fumeur invétéré depuis des années, notre rédacteur a blêmi.Moins d'une heure après, il se promenait fièrement avec une pipe au bec.après avoir donné un paquet de cigarettes tout neuf à un chauffeur de taxi.De retour au bureau, il réussit même à convaincre un de ses confrères de délaisser l\u2019habitude de fumer.Celui-ci a tenu bon près d une semaine, soit quelques heures de plus que Guy Fournier, qui, lui, fume toujours de plus belle! i'ne tuteur intenable Le camembert (page 20) possède, tous les gourmets le savent, une forte odeur.Notre rédacteur.Jacques de Roussan, est bien d'accord là-dessus, surtout après la mésaventure qui lui est arrivée.Depuis trois ou quatre jours, son logement empestait On en chercha partout la cause mais on eut beau faire, ça sentait toujours aussi mauvais! Au bout d\u2019une semaine, c'était intenable: on parlait même de déménager quand sa femme, fouillant dans un placard, trouva entre deux valises un vieux morceau de camembert moisi! La venté sortit de la bouche des enfants.En jouant à l\u2019épicier, ils n'avaient pas osé remettre le fromage au fngidaire et l'avaient dissimulé pour que papa et maman ne voient rien! Papa et maman n'avaient rien vu mais avaient senti! 22 PIKSriCTIVlS J» ImUM 1**' mois qui marchaient tout seuls.\u2018i.es enfants des crèches, disaient naguère les bonnes gens, et encore à l'heure actuelle colporte-t-on toutes sortes de stupidités.ont des tares physiques quand ce n'est pas mentales.\" C'est absolument faux et l'observation clinique prouve qu'un enfant illégitime nest pas nécessairement plus taré qu'un autre.Tares physiques et mentales, héréditaires ou dues à des causes, diverses, comme par exemple la malnutrition, se rencontrent hélas chez une foule d'enfants parfaitement légitimes et issus souvent de bonnes familles.L'hygiène, l'examen médical se sont généralisés au cours des dernières années.Même ¦ 'assurance-hospitalisation aura en quelque sorte une incidence sur la santé des enfants d'institutions puisque ceux-ci ont désormais droit à la même indemnité journalière que les autres.Grâce à cette dernière mesure, une salle spéciale de maladie, parfaitement équipée, va être ouverte incessamment par le département de pédiatrie de l'Hôpital de la Miséricorde, uniquement pour les enfants de la crèche.A l'heure actuelle, la crèche bénéficie du service des infirmières, d'un médecin qui visite les enfants quotidiennement, des laboratoires de l\u2019hôpital.de la pharmacie, etc.Les cas graves, toutefois, sont référés à l'Hôpital Sainte-Justine, comme dans les autres crèches Le cas échéant, des toniques, des dictes appropriées, des vitamines sont prescrits par les médecins qui conseillent aussi un régime particulier lorsque l\u2019enfant quitte l'institution Sans parti pris aucun, la Crèche d'Youville est certainement la mieux organisée, la plus vivante, la plus aérce des crèches montréalaises.C'est en partie dû à l'espace dont elle dispose, et à sa situation dans un district aéré et peu construit Comme aucun enfant n'y vient au monde, un sérieux examen médical préventif a lieu chaque fois qu un nouveau pensionnaire fait son entrée.Trois médecins, un chirurgien et un dentiste y sont attachés.La propreté, les conditions générales d'hygiène, d'hygiène alimentaire en particulier, sont excellentes.Lors d'une de mes visites \u2014 le printemps dernier \u2014 , les gardes-bébés commençaient à sortir les petits sur les balcons ensoleillés.L'été, les enfants mangent et jouent dehors, dans les jardins, et ils peuvent profiter d'une piscine aménagée pour eux.Malgré toutes les précautions prises, il est cependant difficile de prévenir la contagion, dans les dortoirs et les salles de jeux, d\u2019affections bénignes telles que les rhumes, les gastro-entérites, les maux de gorge et troubles respiratoires, voire les diarrhées qui constituent avec les otites et les troubles digestifs, la majorité des petites maladies le plus fréquemment observées dans les crèches.ON POURRAIT tirer, des lignes qui précèdent, la conclusion hâtive que les enfants des crèches ne sont pas tellement malheureux et que certains sont même mieux là que dans une mauvaise famille .Il serait ridicule de déplacer ainsi le véritable problème de l\u2019enfance illégitime ou abandonnée qui demeure irrémédiable et tient en quelques mots: privation d'un foyer, même médiocre Mais il est utile de préciser, d\u2019une part, les améliorations constantes que le personnel des crèches s\u2019efforce d\u2019apporter, et.d'autre part, le fait que les enfants illégitimes ou abandonnés sont constitués comme beaucoup d'autres et qu'ils ne sont pas marqués au front d une tache indélébile .C\u2019est une justice élémentaire à leur rendre (X Voici I aliment qui l\u2019aidera à \u201cgrandir\u201d les viandes Heinz pour bébé Vous avez raison d\u2019exiger ces viandes incomparables.Elles contiennent les protéines complètes de haute qualité dont votre enfant a besoin pour grandir droit et fort.Les médecins rccomman- ' dent la viande et les mamans modernes prennent soin de donner des viandes Heinz chaque jour à leurs bébés.Les viandes Heinz sont maigres et légèrement assaisonnées.Elles sont bien plus digestes que celles que vous pouvez préparer à la maison, et bien plus nourrissantes aftssi.Ce sont les viandes les plus pratiques à servir et aussi les plus savoureuses.En un mot, ce sont les viandes idéales pour votre bébé.Vous avez raison de lut en donner chaque jour.Bébé en bénéficie aujourd\u2019hui.et pour toute sa vie ALIMENTS HEINZ POUR BÉBËS «r\u2019.V Q à tous 1rs tv/His.Jous /rs jours chicken \u2022______________ PERSPECTIVES 29 juillet 1961 23 M L\u2019été, le citadin se tait * ' lladdon el [>oris Skelding (ont partie de ces milliers de Vancouvérus qui passent leurs fins de semaine sur I eau avec leur famille.On les voit ici à la roue de leur yacht.Vancouver est le paradis du yachting au Canada / h ¦»©nceuf à* la radio et de la télévision HENRI BERGERON Gratis diction noire \u2014 onftois-fronçois \u2014 Morrop'a abonnement de 52 semaines à un tournoi onflots Poiement facile : aussi peu que $1 50 por semaine Aussi méthode poly-olot de 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original.Il regorge de vitamine C.Au déjeuner, à toute heure du jour, prenez un verre de ce breuvage sain et réconfortant.En plus de l\u2019Ananas-Pamplemousse, vous trouverez chez votre épicier ces breuvages aux Iruits Del Monte*: Ananas-Abricot; Ananas-Poire; Ananas-Orange, Orange-Abricot.Chacun d\u2019eux possède une saveur distincte et absolument délicieuse! C\u2019est que personne ne mélange les saveurs de fruits frais exactement comme le lait Del Monte! 'MARQUE DtrOStf "]
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