Journal des campagnes, 14 novembre 1889, jeudi 14 novembre 1889
[" in ta Sème Année Jeudi 14 N ombre 1889 No 41 Co JOURNAL 3 yon mov DS CAMP ACHES BDI TION HEBDOMADAIRE, Parafssant b tous les JEUDIS et contenant tout te : les nouvelles de la eral af Prix.de.J'abonnem PIANTRE | ; POUR L LA\" TRANS 110 FA :10 FRANCE * Stricteihent, payable davanse., , Imprimé et publié par BÉGER BROUSSEAU,' ÉDITEUR-PROPRIÉTAIÉE- Fo 9 Rue Budde, HY v, Québec.; LEPROGRAMME = DE : \u2019 M le come de Mun ; M.To: touite de Mun, a eu avec M\u2019 Stead, directeur du Pall Mail Gazette, - de passage à Paris, \u2018une intéressante conversation, qui fait en ce momnent l\u2019objet des commentaires de toute la presse française.La conversation; \u2014 \u2014 rapportée en\u2019 entier parla Pall Mal].Gazette, \u2014 \u2014a roulé principalement sur\u2018la situation | politique actûelle de la France.¥ (Interrogé par M.\u2018Stead, le comte de Mun a exposé son programme.Disons-le de suite, ce programme n\u2019 \u2018est point nouveau et n\u2019a pas été \u2018inspiré à M.le comte de.Mun uni; qüement par.le résultat des dernières élections.-Ohaque articl est sagement pondéré ét m'ûri par \u2019étude et l\u2019expérience.\u201c C'est, \u201d \u2018dit M: Eugène Veuillôt- dans i vers; «le vieux programme catholique + \u2018développé au point de vue.des % questions sociales et répondant ainsi aux préocoupations légitimes dû ; \u201ctemps présent.\u201d : \"Nous ne, prétendons.pas, \u201d.dit |- \u201cx encore: M, Veuillot, \u201cque tous en +4 gceapteront sans nulle TéserVe, sans | \u201cnülle\u2019 demande d'éclaircissements, \u2018toûs les'détails ; mais \u2018parmi - \u2018lès \u201c catholiques indépendants des par-.\u201cx {is politiques, qui.donc \u201cpent \"4 gofaser en admettre les bases et 8% (ME Vénniérdéclere en \u2018terminent, = NL 5 en a été atrêté, depuis longtemps, par l'auteur.\u201cTout: que T Univers donne à ce projet | a quant\u2019 son caractère général, une | \u201c cordiale adhésion.\u201d Nos lecteurs liront sans doute.cel Iprogramme avec intéfêt.Nous prenons doncla conversation; : entre M.le comte de Mun et Stead, au:moment où l\u2019illustre orateur | | été dménê a faire confiaitre.sa.pro | fession de foi politique « et nous citons: Le teste est'du'Pall Mall Gazette, traduit par l\u2019Univers.) \u2014\u201c Mais où voyez-vous alors le \u2018salut, ?O0 Dans l'Eglise.Seuls les catho- | \u201c(liques ont assez d'indépendance, de :cohésion et de force pour faire quel- \u2018que chose dans, la direction.que j'ai indiquée, Par \u2018catholiques j'entends \u2018des hommes \u2018qui sont, des catholiques [d'abord et partisans politiques seule- [ment ensuite._ \u201cS'ils voulaiènt sealémout suivre l'exemple donné.\u2018l'Angleterre par le cardinal M subi, le mouvement serait irrésistible.Je e crois que le Pape Léon XIII, qui \u201cei sf ardem- et qui a hautement loué le cardinal \u2018Manning de son action lors de la -grèvé des ouvriérs, d des ducks, serait \u2018tout disposé à'encourager l\u2019épisco- \u2018pät, le clergé et les \u2018\u2019eatholiques de, France.\u201c Mais pour prendre là tête d\u2019nn .pareil mouvement, il est hécessaire que les conservatenrs soieït \u2018affranchis de toutes les complications dynastiques et qu\u2019ils restent mdépen- dants de tous les partis politiques.\u2019\u2019 Questionné sur le rôle.de la minorité, M.de Mun, estime qu\u2019 il ne convient pas de prendre a priori une Attitude d'opposition.systématique contre le gouvernement.Puis M.Stead-ayant demandé.ce que M.de Mun ferait 8'il \u201carrivait demain an pouvoir avec une forte majorité conservatrice.M.de\u2019 Mun sourit.\u201c C'est une question, diffiéile,.dit-il, mais je - Vais tâcher dé: Haire droit \u201d a votre demande\u201d | I.Je voudrais assurer P entière liber- «té de l'Eglise en abiogeant, après une, entente avec je \u201cSouverain: Pontife, toutes les mesures légiélatives qui ont faussé l'esprit (che idea), du Con- \u2018eaidat de 1801.Je voudrais « examiner, ow Ta \" ment goucienx\u2019 des questions sociales | : de concert avec l'autorité spirituelle, :la nouvelle condition : de l'Eglise de ; Erance.IT.Je voudrais établir la liberté de fizoutes Ls associations religieuses et autres, par une loi accordant à toutes les associations le droit de se consti- taer, d\u2019exister, de posséder,\u2018 sous la seule réserve de respecter les con- :ditions nécessaires pour la sauvegarde de la moralité publique et de Lordi.III Rétablir ls stabilité de la famille et da foyer domestique par des \u2018lois abolissant le divorce, punissant sê- vèrement la séduction et modifiant le code civil en ce qui concerne les dispositions testamentaires, de sorte que la constitution d\u2019un patrimoine indivisible que forme d\u2019abri de fa- -mille (homes: lead) soit rendu possible.oo IV Assurer 1 la liberté d'éducation et d'enseignement par l'abolition du monopole universitaire, par la création de nouvelles universités, munies du droit de conférer des grades et fondées par des particuliers, des i| associations ou des communes.Je voudrais \u2018donner aux communes le droit.d\u2019organiser primaire, qui pourrait être rendu obligatoire à la condition qu'on pût les contraindre à entretenir le non- bre d'écoles nécessaires à la population et \u2018de donner aux enfants l\u2019éducation religieuse, à moins que le parents me s'y opposent expressément, y Organiser une représentation réelle des intérêts; en créant des corps professionnels, qui correspondent aux diverses conditions sociales-et qui seraient pqurvus du droit d\u2019élire leurs représentants aux assemblées provinciales et législatives.VI Diminuer autant que possible la centralisation * bureaucratique en groüpant plüsièurs départements de la même-contrée, et former des provinces possédant.une assemblée provinoiale, avec dés délégués, des \u201c l\u2019enseignement corps professionnels et des communes de la région ; assemblées qui auraient le pouvoir d\u2019administre es provinces, avec l'assistance d\u2019un représentant du pouvoir central.VII Réduire le rôle des assemblées \u2018législatives au vote des impôts et de \u2018ceTtaines lois d\u2019un caractère général.La délibération des lois d\u2019intérêt technique devrait être confiée aux représentants des intérêts qui sont réellement en jeu, et celles qui ont le double caractère de lois spéciales et générales devraient être préalablement soumises à l'examen de ceux qu\u2019elles concernent.Je voudrais aussi modifier la composition de ces assemblées en leur adjoignant des délégués des assemblées provinciales- et des corps, en donnant ainsi au suffrage universel sa véritable organisation.Je voudrais réduire le nombre et la durée de leurs sessions et soustraire les ministres, non pas à leur contrôle, mais à leur domination.VIII Réduire la lourde charge des im: pôts par la diminution des dépenses de l\u2019Etat, par l\u2019extension donnée aux entreprises des associations et par la diminution graduelle des impôts indirects Je voudrais voir renoncer au système des emprunts (perpetual stock) et à la création des rentes perpétuelles, \u2018et renoncer aux opérations financières basées sur l'agiotage.XI Protéger par des lois sévères: le propriété publique et privée, \\l\u2019agri:\u2019 culture et le commerce,les industries nationales contre le jeu, les manœu- vres de Bourse, le trafic sur valeurs fictives, conire l\u2019accaparement des matières premières, contre la hausse et la baisse fictives, et en général contre toutes les entreprises de la finance cosmopolite.x Lt Protéger par des tarifs douaniers l\u2019agriculture et l\u2019industrie nationales.et rechercher, au moyen de \u2019 conventions internationales, - la Protection du marché etiropéen contré l\u2019inva- { Bea sos > te : JOURNAL DES CAMPAGNES sion de l\u2019Orient ou du Nouveau- Monde.: XI > Favoriser l\u2019expansion coloniale en accordant à l'initiative privée des facilités, des avantages et des primes.XII Assurer le bien-être des ouvriers par des lois leur procurant le repos du dimanche, diminuant leurs heures de travail\u2014dix ou onze heures au plus\u2014en règlant le travail des femmes et des enfants et en fixant un minimum de salaire.Je voudrais chercher à rendre tout cela effectif par des conventions internationales.XIII Pousser a la subtitution graduelle du fermage par un système de métayage avec part de bénéfice.XIV Réduire les charges militaires, en rétablissant ure armée professionnelle, recrutée par l\u2019engagement et le réengagement, avec une légère proportion de conscrits, avec la faculté de la substitution et du remplacement.Assurer la défense nationale par une forte réserve, exercée dans le chef-lieu du canton.XV Modifier l\u2019administration de la Justice en assurant l\u2019insmovibilité de la magistrature, la réduction des frais de justice et des délais de procédure et rendre la justice de paix aux notabilités sociales de chaque région.XVI Donner à la presse des garanties réelles de liberté par des lois protégeant la religion, la morale et l'autorité publique; et par de lourdes amendes dans le cas de diffamation contre les particuliers.Résumant toute la conversation, M.de Mun s\u2019exprime ainsi : \u201c On peut dire que je parais étre seul au milieu des groupes parlementaires et politiques, mais il n\u2019est plus vrai que mes idées n\u2019aient pas fait des progrès chez les conservateurs ; car ailleurs, en dehors des cercles parlementaires, je suis sûr d\u2019avoir une grande foule de catholiques avec moi, et je crois que pour les deux ou trois derniéres années.j'ai eu la confiance ou au moins l\u2019attention des classes ouvrières.En ce qui concerne mon programme,il n\u2019est pas chimérique et il n\u2019est pas coa- damné à si peu de succès que vous semblez le croire : en somune, il n\u2019est que purement et simplement ce que dix-huit à vingt assemblées provinciales, réunies de novembre à juin dans diverses provinces, ont accepté.Ces assemblées étaient composées d\u2019an grand nombre de membres, la plupart catholiques, mais aussi quelques-uns protestants et appartenant à toutes les fractions conservatrices.Ces séances ont été closes en juin a Paris par un discours que j'ai prononcé et qui résumait les idées que je viens de vous exprimer.Ce sont es mêmes idées qui ont pris corps dans notre programme, comme on fit en 1789, pour les cahiers.C'est un © mouvement qui continuera de se développer, et je suis convaincu qu\u2019il aura un grand avenir.\u201d LE COMTE DE MUN (DR 1\u2019 Univers) Nous avons, hier,, résumé et traduit en partie une importante conversation de M- le corte de Mun avec le directeur de la Pall Mall Gazette.Cette conversation a paru, dans deux numéros du journal anglais du 9 et du 10 octobre.Nousavons, hier, donné presque entièrement;la traduction du numéro du 10, en raison du programme de M.\"de Mun, qui en constituait la partie essentielle.\" Le numéro du 9 n\u2019était pas sous nos yeux et nous en avons emprunté un résumé qui contient quelques inexactitudes, notawment en ce qui regarde le rôle des monarchistes dans l\u2019ancienne Chambre, dont M.de Mun n\u2019a pas parlé.Nous rétablissons aujourd'hui le texte presqu\u2019intégral de la première conversation de M.de Mun avec M Stead, publiée dans la Pall Mull G.zette du 9 : J'ai eu, a Paris, dit M.Stead, la bonne fortune d\u2019une longue et intéressante conversation sur ces sujets avec M.de Mun, qui revenait justement de la circonscription où il a été réélu M.de Mun est un des hommes qui forcent le respect de ses plus ardents adversaires.De teis hommes, rares partout, sont très rares en France.Si vives sout les haines des partis en France, que c\u2019est presque un article de foi entre politiciens que quiconque est d\u2019un avis différent du vôtre est parfaitement capable de soustraire les couverts (Stealing spoons).\u2014M.de Mun, m\u2019adit M.Clémenceau, est le plus éloquent des Français vivants, et sou éloquence n\u2019est pas moins remarquable que son enthousiasme désintéressé pour la cause du peuple.Il estencore jeuné et joint les convictions d'un croisé da moyen-age en théologie an zéle humanitaire d'un socialiste moderne.Jo suis allé chez lui, dans une des rues les plus sgréables qui entourent les Champs Eiysées et ont vue d\u2019ensemble in media, res [sic).M.de Mun ne pense pas que la victoire des républicains soit suivie d\u2019un redoublement de persécution contre l'Eglise.M.de Mun est catholique d\u2019abord, et monarchiste ensuite, et il s'occupe naturellement plus du résultat des élections vis-à-vis de l'Eglise que de l'effet qu\u2019elles peuvent avoir sur s\u2019avenir des Bourbons.Pour lui, les questions importantes sont : d'ubord la question religieuse, qui est l'Ame, et secondement, la condition du peuple, de laquelle on pout dire qu'elle constitue le corps de la France.Les autres questions sônt des détails accessoires en regard des intérêts suprêmes auxquels il a consacré sa vie.Il est ardent et courageux, ct espère vraiment qu\u2019il doit donnerà son parti le programme social catholique qu'il a adopté pour lui-même.Imaginez le cardinal Manning comte français de quarante ans, non Cardinal, mais député, et vous pouvez vous former une idée de Mde Mun.La France, me dit-il avec une conviction ardente, est encore catholique dans I'ame.Toutes les lois de persécution sont contraires au génie de la nation et opposées aux convictions religieuses de l\u2019immense majorité du peuple.Comme jelui objectais que, s'il en était ainsi, il était singulier que la majorité des électeurs donnât ses voix aux adversaires déclarés de l\u2019Eglise, à ceux qui déclarent que le clericalisme est l'ennemi, M.de Mun me répondit que l\u2019explication de ce fait est que les élections ne se font pas sur les questions religieuses ou Sociales, mais qu\u2019elles sout dominées par la question politique, pour ou contre la république.; \u201c Ni, dit-il, on pouvait poser la question sur l\u2019un des poiuts de la guerre religieuse, en laissant de côté la répablique, sept électeurs sar dix se prononceraient contre les mesures de persécution,\u201d Je lui demandai alors pourquoi ses amis persistaient à sacrifier, dans toutes les élections, la question politique, en les confondant, au lieu de chercher là victoire en se plaçant sur le terrain de l\u2019Egli- se et du peuple.M.de Mun répondit que, sans doate, il y avait du vrai dans l'observation ; que, pour sa part, il ne serait.pas opposé à ce qu\u2019on abandonnât franchement le terrain: politique pour, essayer honnêtement de tirer le meilleur parti possibie du, gouvernement choisi par la majorité des Français.\u2014Muis, lui dis-je, et le comte de Paris, est-il impossible d'espérer que le chef du parti monarchique conseille à ses amis de ne pas stériliser plus longtemps les forces conservatrice, et d'essayer d\u2019établir une république nationale, stable et respectable ?M.de Mun répliqua qu\u2019il ne pou- vait- parler absolument que de jui- même et il continua en ce termes : \u2014Vous me demandez si je pense qu\u2019il est possible que la république devienne un gouvernement acceptable pour tous les Français.Je réponds que j'en doute, d\u2019abord parce qu'il est très difficile à une nation comme la France de donner la stabilité et la prospérité hors des voies de sa tradition séculaire,et vous reconnaîtrez que l'expérience des gouvernements qui se sont succédé, depuis que la chaîne traditionnelle a \"été vio'emment rompue, ont tous témoigné de cette difficulté ! \u201c Puis il yaun autre obstacle qui ne doit pas être perdu de vue, c\u2019est que les passions antireligieuses et antisociales qui animent la plupart des républicains, et leur mépris pour les droits et les libertés de ceux \u2018qui ne pensent pas comme eux, les rendent impropres au gouvernement.\u2014Cela peut-être,répliquai-je ; mais il n'en est pas moins vrai que le devoir de tout honnéte homme paraît être de faire cesser une situation qui prive le pays des services d\u2019une bonne partie de ses meilleurs enfants.| \u201c Le temps ne viendra-t-il pas où tous les Français, laissant là les questions de forme du goavernement, coopéreront pour tirer parti du gou- vernenfent de fait.\u201d M.de Mun répliqua : \u2014Il n\u2019y a rien que je désire autant que de voir tous les enfants de la France travaillant ensemble à sa prospérité et a sa grandeur, \u201c Je nè puis dire que c\u2019est le grand désir de ma vie et je puis vous assurer que, quelque soient mes préférences personn-lles pour une autre forme de gouvernement, je serais le premier à donner l\u2019exemple d'une acceptation pacifique du gouvernement de fait, pour me dévouer aux intérêts religieux, sociaux et économiques, si ce gouvernement pouvait devenir stable, honnête, respectueux de la religion et des consciencè:s, soucieux des vrais inté- réis du peuple et vraiment ouvert a tous.Mais où y a-t-il apparence d\u2019un tel gouvernement.\u2018\u201c Depuis quinze aus, nous avons en France un gouvernement de faction, dont il semble impossible d\u2019attendré une.évolation semblable | à celle que vous révez.J\u2019insistai en disant : \u2014Cela n'\u2019est-il pas dû surtout à |- l'attitude de votre parti?Vous laissez la république livrée à une faction, et vous vous plaignez qu\u2019elle ne gouverne pas de manière à être servie par tous les citoyeus ?\u2014Oui, dit-il, nous tournons \u201cdans un cercla vicieux dont il est difficile de sortir.Mais je crois que mes sentiments sont partagés par la majorité des conservateurs,spécialement par les catholiques et que le nombre de ceux qui font opposition à la république, uniquement par principe et parti-pris, dimiaue de jour en jour.L'esprit d'opposition manifesté par les couservateurs est entretenu par l\u2019esprit sectaire du gouvernement républicain.Les partis mo- narehiques auraient, depuis long- FE Ar \u2014_ temps, perdu-la force et le orédit, si la république s\u2019étâit présentée an pays autrement que.commè le-règne d\u2019nne coterie et le conflit perpétuel.rm j MM.BOULANGER ET;ARTHUR MEYER Maintenant, qj ament ai-je pu m\u2019assurer de la vérité de ce fait ?Il y a quelques années le vieux Père J.Carroll, de Chicago\u2014qui vient,-de mourir à l\u2019âge de 96 ans\u2014vintoù New-York, et j'eus une conversation avec lui.Il fit la remarque qu\u2019il avait reçu la prêtrise à Halifax, soixante-cingq années.auparavant.L'idée m\u2019est venue qu\u2019il avait pu entendre parler du vieux soldat, et quand je \u2018lui centai l\u2019histoire, telle Que je viens de faire, il s\u2019écria : \u2014Mon oncle est justement le prêtre qui prépara le vieux soldat à la mort ; je l\u2019ai entendu mainte fois raconter l'aventure ! Ce prêtre, son oncle, était le Père Burke, qu» fat vicaire apostolique, et le premier évêque de Halifax.a A JERSEY Tout le monde connaît la valeur des vaches Jerseys comme vaches laitières; cette vache de qualité supérieure vient, comme son nom d\u2019iudique, de l\u2019île Jersey.Cette ile à \u2018très peu d\u2019étendue ; si elle était parfaitement carrée, elle n\u2019aurait milles de côtrs.Cette petite ile possède cependant yne population de 60,000 âmes; on \\y compte.12,000 têtes de bétail ; ce nombre \u2018est - \u2018le même depuis près de vingt ans, car le recensement de 1861 donnait 12,08\" têtes de bétail.Cela n\u2019empêche pas que chaque année les habitants de l'Île vendent près de 2,000 têtes de bétail.À proprement parler, on y compte une tête du bétail par chaque deux acres de terse ; en Angleter- Te on compte une téte de bétail par dix acres de terre.Ce qui fait; la rénommée just ment méritée des vaches Jerseys,c'est le soin minutieux v\u2019a pris le gouv ynement de cette ile d\u2019exclure tout s:ng étranger dans le croisement des bestiaux de l\u2019île, cela depuis un temps immémorial.' ve 6% - .LC a \u2014\u2014rme pere Qtr reat \u2014\u2014\u2014 4 \u2014\u2014 , JOURNAL DES CAMPAGNES 5 LE SCANDALE DU TABLE-ROCK $9,000 de speculation Au lendemain de la session dernière nous portions contre le gou-| vernement Mercier une grave accusation : celle d\u2019avoir vendu à vente privée,pour favoriser des amis politiques à la tête desquels se trouvait M.Owen Murphy, député de Québec- Ouest, une propriété publique de grande valeur, et cela à un prix dérisoire.Le ministre des Terres de la Couronne avait cédé pour $3,000 à un nommé George Rowe, neveu de M.Murphy, cette propriété du Table- Rock évaluée par ses propres officiers à $8,000 au bas mot.Et quelques mois après cette vente, le Table-Rock avait été revendu par M.Rowe, neveu de M.Murphy, aux MM.Hurdman, de Hull, pour $12,000, réalisant ainsi un bénéfice de $9,000.C'était une spéculation éhontée faite an détriment de la province avec la connivence du ministère.Nous formulions de nouveau notre accusation le 12 juin dernier, en lui donnant cette forme concise et catégorique.Nous vous accusons d\u2019avoir veudu à vente privée, par complaisance pour un député ministeriel, une proprielé appelée le Tabie-Rock, pour $3,000, propriété gui a été vendue immédiatement $12,- 00, soit une perte certaine de $9,000 pour la province.Le 21 juin l\u2019Electeur nous répondait en ces termes : : Cela vous est bien [acile, vil- diffamateurs, de dire : \u2018* Nous accusuns \u201d \u2026 Mais c\u2019est une autre affaire d'«ayèr vos racoulars sur des preuves positives.Ainsi, ici vous préteundez que la pro- priéie du Table Rock a ete veuaue au rabais our plaire & un ami politique, et qu\u2019elle « été revendue iminediatement moyenuant $12,000.Vous mentez sciemment ; car it y a déjà deux moisgue le détenteur sctuel, M.Hurdman, l\u2019au de vos amis, vous à donné le démenti publiquement, par la voie des journaux.Non seulement l'immeuble n'a pas été revendu pour 812,000, rnars le propriétaire actuel déclare que ce serail pour lul une occasion inespérée de s\u2019en défaire si quelyt\u2019un deceux qui crient si fort étaient prêts à lui donner cette somme, L'Ælecteur niait donc le fait de la revente à bénéfice par MM.Murphy, Rowe, Gourdeau, etc.Il niait le fait de la spéculation.C\u2019était la défense ministérielle : il est faux que ceux à qui nous avons vendu le Table-Rock pour $3,000 l\u2019aient revendu $12,000, réalisant ainsi un coup de filet de; $9,000.Eh bien, voici la preuve irrécusable que notre accusation était fondée et que la dénégation de l\u2019Electeur était mensongère.Au cours du procès Thompson vs Hurdman, qui vient de se dérouler à Ottawa devant la cour de chancellerie, et dont nous avons parlé l'autre jour, M.Robert Hurdman, l\u2019un des défendeurs.rendit un témoignage où nous lisons le passage suivant : .Le témoin dit qu\u2019il entend:t dire qu\u2019un M.Rowe offrait en vente la propriété sur laquelle son moulin était situé.Son neveu, M.W.G.Hurdman, lui demanda s\u2019il voulait l\u2019acheter.Le témoin répondit à son neveu de l'acheter s\u2019il le voulait, Son neveu acheta alors la propriété de M.Rowe- Ce n\u2019était pas A son instigation \u2018que l\u2019achat eut lieu.[1 était présent quand son neveu couviut d'acheter.Les arrangements se firent à Oltawa.Son neveu acheta la propriété pour $12,000.Le témoin ne lui prêts aucun argent.Son meveu paya $5.000 comptant, et.le témoin endossa le billet de son neveu pour balance.En réponse 4 ia question : pour quoi il n'avait pas acheté ia propriété lui- même, le témoin répondit qu\u2019il ne voutait pas l'acheter, parce qu\u2019il l\u2019avait déjà achetée nne fois, et parce qu\u2019il D\u2019avait pas d'argent.I avait aidé son neveu à acheter la propriété mais il ne l\u2019avait pas achetée lui-même\u2026 En réponse à la question si le neveu du témoin avait acheté fa propriété pour lui même ou pour la société (for the firm) le témoin répondit que son neveu l'avait achetée pour la société.Voilà le témoignage rendu sous serment par M.Robert Hurdman.On y trouve la preuve que M.W.Hurdman a acheté de M.George Rowe, le neveu de M.Owen Murphy, le Table-Rock désormais fameux, pour la somme de $12,000, quelques mois après que le gouvernement de Québec eut vendu ce même Table- Rock $3,000 à M.Rowe.La preuve est complète, et la spé culation est évidente.Nos lecteurs n\u2019ont pas oublié sans doute que M.George Rowe a toujours été invisible à l\u2019æil nu, qu\u2019on a toujours vu son nom dans cette affaire, jamais sa personne, et que l\u2019homme qui a tout bâclé, tout dirigé, tout conclu, avec le gouvernement Mercier, c\u2019est M.Owen Murphy, alors député de Québec-Ouest.Maintenant nous défions l\u2019Electeur de reproduire le témoignage de M.Hurdman, en regard de son démenti du 21 juin dernier.| LA CONVERSION DE LA DETTE Si l\u2019on en croit l'Electeur, provoqué à prendre un peu le public dans ses confidences par ce qu'il a appelé une indiscrétion du Star, de Montréal, MM.Shehyn et Garneau auraient ouvert des négociations à Paris au sujet de la conversion de la dette de la province.Nous avons le droit de demander pourquoi l\u2019on a entouré de tant de mystère la mission des deux ministres provinciaux ?Pourquoi s\u2019évertuer à berner la province en faisant croire que MM.Shehyn et Garneau ne font qu\u2019un voyage de santé, lorsqu\u2019en réalité ils ont traversé l'océan pour essayer de convertir la dette ?Que signifie la farce grossière de prétendre faire cette opération financière pour ainsi dire à huis-clos, de peur que des adversaires de M.Mercier dérangent les plans du ministère de Québec ?Depuis quand ces grandes transactions sur le marché monétaire se ont-ellés à la cachette ?Nous avons un devoir à remplir, et nous le remplirons avec courage et fermeté.Nous avertissons la province que son gouvernement se prépare a la leurrer avec cette affaire de la conversion de la dette.Il est facile de juger, par la malheureuse opération entreprise pour la conversion de la dette de la cité de Québec, > ce que l'on peut attendre de la mission de MM.Shehyn et Garneau.Le gouvernement de Québec ne pout faire qu'une conversion volontaire, c\u2019est-à-dire, qu\u2019il sera forcémeut obligé, dans toute transaction, de donner l'équivalent entier de la valeur de ses obligations sur le marché monétaire.Nous n'hésitons pas à affirmer\u2014ce qui est de toute évidence pour celui qui veut réfléchir un instant, \u2014qu\u2019une conversion de la dette faite dans ces conditions ne peut avoir qu\u2019un résultat : une perte certaine et considérable pour la province.- Il y a déjà trop de la cité de Québec qui est menacée d'une opération financière qui va lui infliger une perte de plusieurs centaines de mille piastres, sans que l\u2019on expose la province à un semblable malheur.Il n\u2019y a pas l'ombre d\u2019un doute possible qu'une conversion de la dette provinciale, faite sur les bases du projet de conversion de notre dette municipale, imposerait une perte sèche d\u2019aù moins deux millions de piastres à la province.Il est bien déplorable qu\u2019une partie du public s\u2019en laisse imposer par les phrases ronflantes de journaux qui, pour servir les intérêts de gens toujours au guet afin de mieux le tondre, parlent de la conversion des dettes publiques comme un aveugle parlerait des couleurs.A QUI LE POMPON ?Nous demandons à l\u2019Ælecteur de nous dire qui est son candidat à Rimouski.Samedi matin c\u2019était le Dr Ross.Samedi soir, nous dit-on, c'était M.Auguste Tessier.Lequel des deux ?Si M.Ross a été écarté pour faire place à M.Tessier, c\u2019est donc qu\u2019on a voulu escompter les dollars de ce dernier.M.Tessier est riche, M.Tessier perçoit les rentes de seigneurie, M.Tessier peut faire des sacrifices.Vive M.Tessier ! Ce \u2018sont là indubitablement les considérations qui ont influencé la détermination des libéraux, si M.Tessier a été sacré candidat à la place du Dr Ross.Mais ces considérations auront-elles la même influence sur les électeurs ?Suffit-il que que M.Tessier soit riche pour qu\u2019il obtienne la confiance des électeurs lorsqu\u2019il vient se présenter à eux sous les auspices du gouvernement Mercier ?En 1886, le comté de Rimouski délaissant son ancien et fidèle député M.Asselin, qui avait tant fait pour lui, envoyait en chambre M.Martin, partisan de M.Mercier.M.Martin était personnellement un homme estimable.Mais comme député ses œuvres ont été celles du gouvernement Mercier.Et quelles sont-elles les œuvres du gouvernement Mercier ?On avait promis au comté de Rimouski mer et monde.On ne lui a donné que des déceptions.Les colons qui devaient être protégés, on a rendu leur condition pire par la fameuse clause des 30 mois.On a maltraité à la fois et les marchands de bois et les colons, en pressurant les uns, et.en sacrifiant quelques-uns des intérêts les plus chers des autres pour concilier les premiers.On avait promis d\u2019abolir la taxe sur les municipalités pour l'entretien des aliénés|: on l\u2019a maintenu et on a | perçu en trois ans $75,000 au moyen de cette taxe.On a augmenté l'indemnité des députés qu'on avait promis de diminuer._ On a emprunté sans nécessité $3,500,000 et augmenté de $125,- 0060 l\u2019intérêt sur la dette.En trois exercices on a augmenté les dépenses publiques de #1,700, 000, On a donné a la province deux déficits de $300,000 et de $200, 000 pour les exercices 1888 et 1889.Et pour l'année courante 1889-90 le trésorier lui-même a annoncé un découvert de $925,000.On a gaspillé l\u2019argent du peuple à droite et à gauche : les $3,000 de M.Langelier ; les $21,000 de M.Beausoleil ; les $5,000,de M.Jos.Reynar ; les $10,000 de M.Lockwood, etc.On a donné le spectacle d\u2019une série de scandales corsés : Le scandale Lockwood ; Le scandale du Table-Rock ; Le scandale Reynar ; Et une foule d\u2019autres qui serent dévoilés avant les élections générales.\u2019 Voilà le dossier avec lequel M.Tessier, ou M.Ross, ou n'importe qui acceptera la lourde tâche de porter le drapeau ministériel, devra se présenter dans le comté de Rimouski.FINANCES FEDERALES Voici l\u2019état du revenu et de la dépensé pour foctobre et les 4 mois expirés le 81 octobre : DOUANES .\u2026.ocess sooocses 82,196,197 ACCISE concocsossersc sens srccenen uses 690,475 Bureau de Poste.c.165,000 Travaux publics, y compris les chemins de let.447,803 Divers.Lensesonsesass savouces 120,957 TOläl.\u2026020000s ores rernsene $3,502,432 Revenu au 30 sepæunbro 1889 9,909,692 Revenu total.\u2026\u2026\u2026.$13,502,124 Dépense pour octobre.$ 3,249,837 Dépense au 30 septembre.5,045,086 Dépense totale.$ 8,794.923 Le surplus pour le premier trimestre se trouve donc porté à $4,- 707,201.Ce résultat est tout à fait encourageant.Les chiffres étaient pour octobre 1888 : REVENU.$3,421,409 Dépense.2,487,906 Et pour les quatre premiers mois de l\u2019année fiscale 1888-89 : Revenu.$12,949,063 Dépense.c.eeeees 9,255,041 Excédent.$ 3,694,012 Différence en faveur de 1889.90 .$ 1,013,189 = .-\u2014.Les derniers rapports reçus de Terreneuve annoncent que le procureur général Sir James Winter a été défait à Harbor Grace, ce qui fait le troisième ministre battu par les candidats de l'opposition.Six candidats de l\u2019opposition ont été élus à St-Jean.Le gouvernement a essuyé une défaite écrasante.Ce résultat est dû à une coalition des classes ouvrières çcontre les capitalistes et à I'impopularité de la loi relative à la boët- te.J.A.Clift oppositionniste, est élu à Port de Grave.M.R.S.Munn, candidat ministériel, a en de la difficulté à se faire élire On présume que le premier-ministre Thornburn est battu à Trinity, et que Sir Wm Whiteway a une bonne majorité.XW E>.Pe 6 LE + Nas JOURNAL DES CAMPAGNES, < 8 .oT re 5: Les .= = - \u201c le Renovatour des Gheveux DE FA A TH, VÉGÉI AL SICILIBN.(Hau\u2019s dair Renewer.A été Ia première préparation prerfaitement adaptée à la guérison \u2018les maladies du cuir chovolu, et la premicro aussi à rumire, aUX cheveux gris et flétris, leur couleur primitive, leur croissanco et lo lustro brillant du jeunu âge.Do nombreuses imitationg ont suivi, mais aucune no possède les éléments réquis pour la conservation de la chevelure et du cuir chevelu L3 RÉNOVATEUR DES CiEVEUN DE HALL acunstannnent grandi dans l'estique publiquu, et sa renommeée s'est propagee dung soutes les parties du globe, tant il répoud an besoin général.Lo succès sans précédent qu\u2019il « obtenu n\u2019est dû qu\u2019 à uno causo: \u201cII tient co qui promet.\u2019 Les propriétaires du RÉNOVATEUX OùL «1° souvent surpris de recevoir des commande: des pays les plus éloignés, alors qu\u2019ils n'w vaicnt rien fait pour introduire leur prépars tion dans ces contrées, Le RÉNOVATEUR DES CHEVEUX DE HALI, même employé pendant un temps très court, produit un cifet favorable à l\u2019apparenes per- souneilo.lt nettoio le cuir chevelu de toute impu- roié, guérit toutes les humeurs, la fièvre, empêche les chovoux de devenir secs, par con- séqueut la Calvitie n\u2019est plus à craindre.11 stimule l\u2019action des glandes affablics, et les 1uët à même de produire uno nouvelle crois- Salil «es vifet de eotto préparation ne sont pas passig - = vascece M.L.Desjardins a adressé la paros le dimanche, à Sainte-Anne de Beaupré après la\u2019 messe et a St Joachin après les vêpres.Les assemblées ont été présidées par les maires de chaque paroisse, messieurs F.Simard et R.Lessard.Le député de Montmorancy a reçu un accueil enthousiaste.Pendant toute la durée du congrès de Baltimore, Son Eminence le cardinal Taschereau sera l'hôte du cardi- - LA TAXE SUR LES MUNICIPALITES \u2018Il est bon, surtout à la veille de l'élection.de Rimouski, que les municipalités sachent ce que valent les belles paroles du gouvernement a leur égard.S'i1 est une question dont nos adversaires se soient servis pour arriver au pouvoir c'est celle de la taxe sur les municipalités pour l'entretien des aliénés.En 1885, M.Gagnon, secondé par M.Bernatchez, proposa en amendement au bill des asiles : Attendu que la contribution des muunicipalités & l\u2019entretten des aliénés n\u2019est pas perque avec avantage pour le public; Attendu que celte contribution n\u2019a rapporté au trésor peudant l\u2019année fiscale 1883-84 que $1,858.85 ; Altendu que cette taxe indirecte ** repose sur une base injuste et vexatoire; \u201d Qu'il soit résolu ; que ce bill ne soit pas lu une troisième fois maintenant, Mais qu\u2019il soit reféré de nouveau à un comité général de toute la chambre avec instruction de l\u2019amender \u201c en retranchant toutes les clauses qui imposent aux municipalités l\u2019obligation de contribuer pour moitie à l\u2019entretien des aliénés.(Juurnal de.l\u2019Assemblée 1885, p.222 \u201d 3.Tous les députés libéraux votèrent pour cette motion.Dans les élections ils invoquèrent ce vote contre nos amis La taxe sur les municipalités devint leur grand cheval de bataille M.Gagnon, en particulier, ne pouvait s\u2019en taire.Eh bien, nos adversaires sont au pouvoir depuis près de trois ans.Qu'ont-ils fait ?Ils ont perçu cette taxe avec la plus extrême rigueur.Et ils entendent continuer à la per- cévoir.; |! En.1887-88, ils ont perçu cette taxe sur les] municipalités pour un \u2018montant de $49,831 (Comptes Publics, 1888, p.6) En 1888-89, ils se préparaient à pércevoir la même taxe ponr una somme de $35,000 (Discours sur le budget, 1888, p.33).Enfin, en 1889-1890, ils vont faire payer \u2018aux municipalitées encore $30,000 du méme chef $49,000, $35,000 $30,000, cela fait $114,000 en trois exercices.4 Et c'était une taxe injuste et vexatoire ! ! .Ah !ce sont des gens de parole, nos adversaires ! En 1887, attaqué à ce sujet en chambre, M.Gagnon déclara que la taxe serait abolie aussitôt que le gouvernement aurait rétabli l\u2019équilibre financier.Or M.Mercier crie à tous les vents en voilà.M.Shehyn annonçait pompeusement, le 14 juin 1888, un surplus probable de $765,021.Si ces messieurs disaient alors et disent encore la vérité, pourquoi n\u2019abolissent-ils pas la taxe eur les municipalités qu\u2019ils ont proclamée injuste et vexatoire ?Pourquoi ?Parce qu\u2019ils ont blagué le peuple en 1836 pour escamoter le pouvoir, \u2018et que rendus maintenant au pinacle, ils s\u2019en fichentpas mal.Paie -Baptiste ! ra am cw.LE SUANDALE DU TABLE-ROCK ET \u201c L'ELECTEUR \u201d L'Electeur est oublieux et silencieux quand cela fait son affaire.nal Gibbons- Le 21 juin dernier il nous adressait du ciel qu\u2019il a des surplus en veux-tu.un démenti grossier à propos du scandale du Table-Rock.Voici maintenant que notre accusation est prouvée devant la cour de Chancellerie à Ottawa.Nous portons ces faits à la connaissance de l\u2019Ælecteur.Et l'Ælecteur fait le mort.Eh bien, nous allons persister à remettre nos preuves devant\u2019 le public, afin que l\u2019on puisse juger de ce que valent les affirmations de l'organe ministériel.Voici d\u2019abord le démenti poli de l\u2019Electeur : ** Cela vous est bien facile, vils diffa- maleurs, de dire : \u201c Nous accusons \u201d.\u2026 Mais c\u2019est une autre sffaira d\u2019étayer vos racontars sur des preuves positives.\u2018+ Ainsi, ici vous prétendez que la propriété de Table Rock à été vendue au rabais pour plaire à un ami politique, et qu\u2019elle a été revendue immédiatement moyennant $12,000.Vous mentez sciem ment ; car il y a déjà deux mois que le- détenteur acteur, M.Hurdman, l\u2019un de vos amis,vons a donné le démeuti publi- quemeut, par la voie des journaux.Non seulement l'immeuble n'a ras été revendu pour $12,000 mais le pro,riétaire actuel déclare que ce serait pour lui une occasion inespérée de s\u2019en défaire si quel- qu\u2019un de ceux qui crientsi fort étaient prêts à lui donner cette somme (Electeur du 21 juin 1889).Ah ! nous mentions ! Eh bien qu'on, lise le témoignage de M.Hurdman, devant la Cour de Chancellerie à Ottawa : \u201c Le témoin dit qu\u2019il entendit dire qu'un M.Rowe offrait en vente la propriété sur laquelle son moulin était situé.Son neveu, M.W.G.Hurdman, lui demanda s\u2019it voulait l\u2019acheter.1.e témoin répondit à sou neveu de l\u2019acheter s\u2019il le voulait.Son neveu acheta la propriété de M.Rowe.Ce n\u2019était pas à sou instigation que l\u2019achat eut lien.Ii était présent quand son neveu convint d'acheter.Les arrangements se fireut à Ottawa.Son neveu achela la propriété pour $12,000.Le témoin ne lui prêta aucun argent.Son neveu paya 35,000 comptant, et le témoin endossa le billet de son neveu pour la balance.En réponse à la question : pour quoi iln\u2019avait pas acheté la propriété lu-même, le témoin répondit qu\u2019il ne voulait pas l\u2019acheter, parce qu\u2019il l\u2019avait dejà achetée une fois, et parce qu\u2019il n\u2019a- valt pas d'argent.I! avait aidé son neveu à acheter la propriété, mais il ne l\u2019avait pas achetée lui-même.En réponse à la question si le neveu du témoin avait acheté la propriété pour lui-même ou pour la société (for the firm), le témoin répondit que son neveu l'aval acheté pour la société.\u201d On trouve ce témoignage dans le Citizen jet le Free Press du ler novembre.Donc, le menteur n'était pas le Courrier du Canada, puisque M.Hurdman jure que M.George Rowe \u2014le neveu mystérieux et invisible de M.Owen Murphy\u2014a revendu à son neveu, W.G.Hurdman, le Table- Rock pour $12,000.Soit $9,000 de profit pour les spéculateurs favorisés indûment par l gouvernement de Québec.Le Canada, après avoir mentionné notre polémique avec l\u2019Electeur à ce sujet, nous fournit le renseignement suivant : Nous pourrions peut-être ajouter ceci : M.Hurdman a acheté le terrain de M.Murphy pour $12,000 mais A une condition, c\u2019est que le gouvernement Üevait vendre à Aurdman la seconde partio du table-rock pour le même prix \u2018que M.Murphy avait payé pour sa partie, et pour en arriver à ce résultat M.Marphy s\u2019est engagé à faire consentir le gouvernement Mercier à celte transaction.\u2026 Il est donc raisonnable de présumer que le gouvernement a été mis au courant de cette spéculation avant qu\u2019elle se fit et a aider à la chose en sacrifiant une autre portion du domaine public.Voilà une grave accusation.Si elle est établie, ce serait là un nouveau scandale pire que le premier ! PRET TS LA TT : - >, =: ot Lf - JOURNAL DES CAMPAGNES Le CL GY Rat A - | a EE à cu vo LE DISCOURS DE M.MERCIER Un tissu de faussetes Le grand homme a prononcé ses oracles.M.Mercier a parlé devant le club national.Et son discours, qui s'étend sur treize colonnes de l\u2019Electeur, peut se diviser en trois parties.10 Vantardises quant à sa politique générale.20 La question financière.3o La question des biens des Jésuites.Dans la première partie de son discours M.Mercier se vante lui- même et Vante ses œuvres :\u2014Moi et mes amis nous avons fait ceci, nous avons fait cela\u2014Et jamais réclame plus pompeuse et plus vaine n\u2019est encore sortie de la bouche d\u2019un premier ministre.Dans cet hymne à sa propre gloire le grand homme donne une foule de fausses notes.Il a fait disparaître les déficits: mensonge, il a plongé la province jusqu'au cou dans les déficits.Il a protégé les colons: oui, en faisant adopter une loi par laquelle le marchand de bois a trente mois pour s\u2019approprier tout le bois de commerce qui se trouvera sur le lot du colon.1] a inauguré la politique des ponts en fer: politique de gaspillage et d\u2019éxtravagance, dénoncée par M.David lui-même.Il a mis fin à l\u2019exietence d\u2019une dette flottante par l\u2019emprunt de 12887 oui, et dans l\u2019espace de deux années seulement il a créé une nouvelle dette floitante de $4,000,600.Voilà les hauts faits qui ont signalé ce qu\u2019il appelle sa politique générale.Nous en connaissons d\u2019autres qu\u2019il a passés sous silence.Il a payé avec un fauteuil de conseiller le traître Larochelle qui lui a livré sa signature comme une vile marchandiee.Il aséduit l'illustre M.Champagne avec une commission de magistrat malchanceux.Il a acheté le siège de M.Webb pour M.Gilman.Il a récompensé la vertu et la fidélité de M.Starnes, en le nommant, proh pudor, président du Conseil.Il a créé un septième ministre, parfaitement inutile ; non pas le ministre d'Agriculture, comme il le prétend pour donner le change, mais le président du Conseil, sinécure où il s\u2019est placé lui-même et qui coûte $7,700 pour rien à la province.Il a enlevé injustement le droit de suffrage à l'une des classes les plus éclairées de la population, les officiers publics.Il a refusé le droit de vote aux professeurs ecclésiastiques, lorsqu'il - le donnait aux autres instituteurs.Il a comblé de faveurs scandaleuser une tourbe de courtisans et d\u2019exploiteurs : les Beausoleil, les Pacaud, les Langelier (François, Charles, Chrysostôme, la succession de leur frère John), les Raynar, les Carrier, etc.Nous- n\u2019en finirions pas si nous voulions énumérer tous les exploits sur lesquels M.Mercier a jeté un voile.Passons à la question financière - C\u2019est dans cette partie de son discours que l'impudence et l\u2019audace de M.Mercier se donnent surtout carrière.Ii s\u2019évertue à pallier l'augmentation des dépenses qu\u2019il ne peut nier.Et pour cela, savez-vous comment il s\u2019y prend ?.Il compare l\u2019exercice 1887-83 avec l'exercice 1886-87, prétendant que ce dernier exercice doit être imputé aux conservateurs.Or cette comparaison est .absolument boîteuse, car le gouvernement Mercier partage la responsabilité de l\u2019exercice 1886-87 avec le gouvernement Ross, celui-ci s'étant démis à la fin de janvier 1887, et le gouvernement Mercier ayant administré les affaires depuis le 29 janvier jusqu\u2019au 30 juin 188\".Dans cette période les nouveaux ministres ont eu le temps de faire une foule de changements dans l\u2019administration, dans les départements, d'augmenter considérablement les dépenses, etc.Dans les seules dépenses sessionnelles, dont ils sont uniquement et absolument responsables, ils nous \u2018ont donné une augmentation de $31,600.(Comparer Comptes Publics de 1886, p.28, avec Comptes Pablics de 1807, p.81.) .Donc la comparaison entre le régime libéral et le régime conservateur ne peut se faire en prenant l\u2019année fiscale 1886-87 comme l\u2019un des termes, pour la bonne raison que la responsabilité de cette année est divisée.Si l\u2019on veut comparer il faut prendre l'année 1885-86, dernier exercice contrôlé entièrement par les conservateurs, et l\u2019année 1887-88, prémier exercice en tièrement contrôlé par les- libéraux.Nous allons faire la comparaison entre les deux exercices, Comptes- Publics en main, et on va voir à quel effrayant résultat nous arrivons: Intérêt de la dette, ra- Chat et frais d\u2019administration, ,1887 88 $1,103,710.94 do 1885-86 $ 977,760.32 \u2014\u2014\u2014\u2014$ (25,950.62 Augmentations.Législation 1887-88.$ 228,994.88 do 1885-85.$ 181,087.75 \u2014\u2014$ 47,007.13 Gouvernement civil 1887-88 .«ev.$ 208,677.61 1885-86 .$ 183,675.41 \u2014\u2014\u2014\u2014% 25,002.20 Administration de la justice, 1857- 85.$ 438,755.10 1885-86.$ 363,746.48 $ 75,008.62 Police, 1857-88.$ 19,090,00 do 1885-86.$ 14,090.00 - $ 5,000.00 Inspection des bureaux publics, 1887-88 .$ 2 592.84 1885-85.$ 6,337.33 -\u2014 $ 1,255 51 Instruction Publique, 1887-BB 0 casses ce $ 354 219.80 1.85-B6* coucac ser sou0ce $ 344,735.00 \u2014_\u2014 $ 9,484.80 Institutions littéraires et sci-ntifiques, 1887-88.rmettait plus de continuer la fête des fiaucail- les de Oulette et de\u2019Morin, mais les » \u201ca le misérable, 4 14 re PERL Te be JOURNAL DES CAMPAGNES 7 Lad .*: D : ol na ; ty JA On va, SRE, 22 ; jeunes gens s\u2019en consolèrent vite -en apprenant que leur maître venait de retrouver son frère.\u2014C'est bon signe, dit Colette, peut-être retrouvera-t-il sa fortune a la fin de la journée.\u2014Mon ami dit Thérèse, en s\u2019appro- Chant d'Herbert, songez-vous toujours à vous exiler ?\u2014Non répondit Herbert, non Théxése, j'ai trop de \u2018cœurs dévoués autour de moi.\u2014 Et la traite ?fit Thérèse avec inquiétude.Sois tranquille.dit le notaire,&lle sera payée sans protestation, il se fà- chera s\u2019il le veut.Le déjeuner ne pouvait être gai car les esprits et les cœurs restaient ébranlés par les coups successifs qui les avaient frappés.Cependant un calme relatif résultait pour tous de la découverte du coupable.Taupier n\u2019inspirait aucun intérêt.Récidiviste, vétéran du crime, il faisait succéder le cynisme de l'aveu à l'hypocrisie de la préméditation.En le frappant, la justice remplissait un mandat, Michelin ne laissait point de regrets autres que ceux causés par l'instinct qui vous fait plaindre une victime quelle qu\u2019elle soit.Quant A Herbert et a Julien une joie immense remplissait leurs âmes, tous deux songeaient à leur père, et leurs cœurs s'entendaient sans qu\u2019ils eussent besoin d'échanger leurs pensées.\u2014 Qu'est devenu ton précepteur ?demanda Herbert à Julien\u2014 Il a suivi sa vocation.Mon éducation finie, Charles Brandy se srouvant à la tête d\u2019un capital suffisant pour qu\u2019il lui fût possible de terminer son droit et d'attendre la clientèle, est retourné à Rennes où il exerce d\u2019une façon brillante.Il possède un.esprit logique, une éloquence naturelle qui lui valent de grands succès de cour d\u2019assisses.\u2014 Peut-être notre père aurait-il souhaité de te voir embrasser le même carrière ?\u2014 Je le crois mais ma vocation plus forte que son setret désir m\u2019entraînait vers l'art.Il avait tant souffert de t'avoir perdu qu\u2019il craignaient d\u2019attrister toute ma vie s\u2019il me refusait l\u2019autorisation de me vouer à la peinture.Tu le sais, Herbert, dès ma plus tendre enfance, j'étais possédeé du désir de représenter les choses vivantes, d'interprêter la nature.Situ n\u2019avais pas véeu à l'étranger durant cinq ans, et pendant les dix années suivantes dans ce pays de 10ochers, de sapins, de neiges et de montagnes dont les journaux et les livres ne franchissent point les frontières, ta aurais vu que ton frère commence à jouir d\u2019une réputation suffisante pour lui constituer une aisance qui, dans peu se changera en fortune.On commence à parler de moi, j'ai reçu une médaille de deuxième classe, enfin j'ai de la ténacité toujours et de 1'inspiration quelquefois.\u2014 Oh! que tu me rends heureux, en me par mon père doit en être bien fier ! \u2014 Oui, il est heureux de ce côté.\u2014 Je trouverai tout bien changé là-bas.La joubarbe aura fait plier les vieux murs, les croix du cimetiè-» re disparaissent sans doute sous Therbe.On a creusé de nouvelles tombes, célébré des unions heureuses.Bien des enfants sont nés dans notre pauvre village.Julien se pencha vers son frère.\u2014 Tu veux savoir ce qu'elle est devenu.: Oui, répondit Hébert\u2014 Elle s\u2019est faite religieuse.\u2014 Ah ! pauvre fille ! \u2014 C'est 2 Dieu qu'elle a demandé la consolation d\u2019an malheur qui l\u2019avait brisée.- \u2014 Et Griffard @ \u2014 Poursuivi pour s'être livré à ant de tes succès, frère, l'usure et condamüñé à payer des amendes énormes, Griffard est mort de chagrin en redevenant pauvre.\u2014 Allons, c'est justice, fit Herbert.Une heure plys tard les magistrats remontaient en caléche.\u2014 Monsieur, dit le juge d\u2019instruction à Herbert,nous aurons besoin lors des débats publics de l'affaire Michelin de votre déposition mais jusqu\u2019au jour où nous vous appele- rons comme témoin, allez vous retremper dans la joie de la famille dont vous avez été si longtemps privé\u2026 Nous savons plus que personne quel noble emploi vous faites de votre fortune, soyez donc convaincu que nous nous unissons à tous ceux qui tenteront de faire arrêter Tobson qui, en vous dépouillant, monsieur, ruine surtout les pauvres.Les mains s'éireignirent, chevaux partirent au galop.Assez tard dans la soirée, les gendarmes brisés de fatigue vinrent demander l'hospitalité à Château-Tem- pête ; leur peine n'avait pas été infructueuse, et le fratricide qu\u2019il avait poursuivi était tombé entre leurs mains.Ils avaient ordre de l\u2019emmener à Grenoble en même temps que Jean Taupier.Salmon et sa nièce devaient à leur tour songer au départ.Herbert sûr de retrouver son frère et de passer désormais près de lui sa vie éprou- Vait un désir impérieux de s\u2019entretenir avec Thérèse.La jeune fille avait reconquis la sérénité qui durant «à terrible matinée qui venait de s\u2019écouler lui avait fuit comprendre les plus orageuses crises du la vie.Elle ne regrettait sans doute aucune des paroles qu\u2019elle avait prononcées, mais en ce moment la timidité reprenant le de-sus, elle se demandait si elle n'avait pas été trop loin ., L'excès du malheur d'Herbert expliquait l\u2019entrainement auquel elle s'était abandonnée, mais sansen rougir car elle savait que l'on ne doit jamais rougir que des hypocrisies et des mensonges, elle se sentait plus craintive devant le maitre de Châ- tean-Tempéte, depuis qu elle luni avait permis de lire au plus profond de son âme.t \u2014Thérèse, lui dit celui-ci, ce matin au moment où je croyais vous.dire un éternel adieu, je vous ai offert une bague sacrée pour moi, celle de ma mère.Vous l'avez acceptée comme le testament d'un mort ; dai- gnerez-vous la conserver comme un engagement éternel devant Dieu.\u2014Oui, répondit Thérèse, oui, Herbert, si toutefois les événements qui se sont accomplis et qui vous rendent à votre famille,à vos amis, ne réveillent pas en vous des souvenirs dont mon affection plus récente pourrait souffrir, sans avoir le droit de se plaindre.' \u2014Thérèse, dit Herbert, vous touchez, mon point à une plaie de mon cœur mais un souvenir de ma jeunesse\u2026Ôquand Julien tomba tout sanglant dans mes bras, j'étais fiancé.La pure jeune fille qui devait alors devenir ma compagne a refasé toute autre alliance et prie pour moi au pied des autels.Je partirai demain pour la Bretagne, voulez-vous venir m'y rejoindre dans un mois avec mon ami Salmon.Vous le savez, la santé de mon père est ébranlée, peut- être n\u2019aurait-il pas la force d\u2019entreprendre un voyage pour connaître celle qui va devenir sa fille\u2026Je vous annoncerai,je ferai préparer pour \"vous la chambre de ma mère, et nous oublierons ensemble les jours mauvais.dites le, voulez-vous, Thérèse ?\u2014Il le demande ?s\u2019écria la jeune fille.Herbert prit dans ses mains les petites mains de Thérèse : et les \u2014Je suis presque un veillard comparativement & vous aussi, PU ' / serez la couronne de mes dernières années.Dien vous garde ! de cette heure vous êtes mienne, Thérèse.Un moment après la voiture de Salmon rouläit surla\u2019 route,et les deux frères se trouvaient seuls.Alors seulement Herbert pu montrer la profondeur desa souffrance, et raconter de quel poids avait pesé sur lui la malédiction paternelle.\u2014Ta ne m'as pas encore parlé de ma mére.dit enfin Julien avec effort je comprends tes répugnances, et je ne sanrais les blamer.Tu ne connaitras guère cette Lazarine dont la beauté fut célèbre Herbert; ma mère semble dévorée par une maladie mystérieuse à laquelle les médecins déclarent ne rien connaitre.Faute de savoir le nom, ils l'ont classée parmi les névroses.Elle m'a aimé, elle t\u2019a fait souffrir, mais sans qu\u2019elle l\u2019ait avoué jamais, ellea été d\u2019une préférence qui dégénérait en injustice.Je redoute l'heure où vous vous trouverez en présence.,Ç \u2014 Ne crains rien, dit Herbert,je ne verrai que mon père et toi.- \u201cLe lendemain tous deux partirent pour Rennes.XVII LA SOMNAMBULE.Il faisait nuit ; les serviteurs de la ferme las d\u2019ane longue journée de travail étaient aller chercher le repos.Seuls les maîtres du domaine veillaient encore, et à les voir tous deux dans cette pièce du pavillon que Lazarine avait fait meubler jadis avec une sorte de luxe,on fût demeuré convaincu \u2018qu\u2019Ambroise Gerbier et sa femme se trouvaient moins heureux que leurs valets et leurs servantes.Quinze ans avaient passé sur la tête de l\u2019ancienne pauvresse devenue uñe opulente fermière sans porter atteinte à une beauté dont les lignes lemeut le teint était plus pâle les yeux avaient pris une expression plus sombre,et le sourire plein de coquetterie qui, jadis errait sur se lèvres, avait tait place à une expression amère.Quelque chose de norveu- sement maladif minait cette créature pleine d\u2019astuce et d\u2019audace.Elle n\u2019avait qu\u2019à demi réussi dans ses projets et plus d\u2019une fois elle maudit l\u2019infâme conseiller qui avait ouvert devant elle la voie ducrime.Sans doute le fils détesté de Madelonne n\u2019habitait plus la ferme qui était son bien ; mais Julien s'était presque exilé, Sans comprendre quelle part avait pris sa mère au drame du 17 août il devina vite qu\u2019elle n\u2019y était point étrangère.Quelques mots acerbes flétrissant celui qu\u2019elle avait fait maudire révoltèrent l'âme profondément bonne et équitable de Julien.À mesure qu\u2019il devint homme le souvenir de ce qui s'était passé le jour de la chasse au loup lui parut enveloppé d'un plus redoutable mystère.Il n'osa adresser aucune question à sa mère,mais chaque fois qu'il cita le nom de l\u2019absent, il vit Lazarine devenir blême.L'amour aveugle que jusqu\u2019à cette \u2018heure Ambroise portait à sa femme, parut sombrer dans la douleur.Cet homme devenu prématurément un vieillard se rappelait aves une douleur pleine de remords les insinuations malveillantes de sa femme rélativement à l\u2019enfant de Madelonne.: En se reportant vers le passé, il lui semblait suivre dans esprit et dans le cœur de Lazarine la haine qu\u2019elle portait à l\u2019enfant de son mari.L'intelligence du fermier s\u2019usa dans une lutte morale, le chagrin mina lentement cette âme vaillante.Le Tps se voûta, le cœur prit des rides.0 vous: c Sans doute, il continua de chérir pures maintenaient la durée.Seuie- | Julien mais sa tendresse embrassa en lai deux êtres à la fois;et ce n\u2019était pas l\u2019absent qui gardait la moins bonne part.' Souvent quand Ambroise et Julien se promenaient seuls le long des champs remplis de blés qui promettaient une belle moisson, le fermier disait à son fils d\u2019une voix lente : \u2014II ne les verra plus mûrir! Oomme il aimsit cette campagne ! Oomme il chérissait ce pays Breton dont l\u2019esprit etles croyances semblaient être passés dansson âme.Où est-il?Quelles misères l'ont assailli au milieu d'étrangers à qui il n'ose même révéler son nom ! Je t'aime bien, Julien devant Dieu je m\u2019accuse mé- me de t'avoir préféré à lui quand tu étais tout petit, et qu\u2019il avait presque l\u2019âge d\u2019un homme.Mais maintenant, c'est lui que je préfere.Ne t'en offense pas, mon enfant.je ne trouve de joie dans la vie que dans ta tendresse, mais je consentirais à miourir pour embrasser mon premier né !.Dieu l\u2019ait reçu dans son sein, s\u2019il est mort ! Dieu me le ramène, s\u2019il est encore de ce monde.! Quand Julien dont les goûts artis- ti,ues trahissaient une vocation de-' manda à aller étudier à Paris.Lazarine s'attendait à une opposition de la part d\u2019Ambroise ; elle l\u2019espérait, certaine que Julien ne contrarierait point la volonté de son père, mais celui-ci se contenta de répondre : \u2014Oui mon fils, deviens artiste, voyage, et quelque pays que ta passes,inquiète-toi d\u2019un exilé qui s'appelait Herbert.\u2014Vous permettez à Julien de nous quitter ! demanda l'impétuense Lazarine.\u2014Je ne gouts.\u2014Il ne vous a pris que cet enfant.Qui m'a pris l\u2019autre ?demanda le contrarierai point ses vieillard.Lazarine baissa la tête sans répondre.\\ Une semaine après Julien partait.\u2014Ta ne m\u2019aimes pas ! lui dit sa mère.\u2014Tu m'as trop aimé, lui répondit Julien.Le lendemain Ambroise après le souper fit entrer sa femme dans le salon où se troüvait un vaste bureau.Il lui montraun siège, puis ouvrant un registre qu\u2019il feuilleta : \u2014 II est temps de réparer ses fautes, lui ditil.Tant que l\u2019enfant est resté ici, je ne me sais point senti la force de changer l'ordre établi, mais nous voilà seuls, et les choses vont prendre une nouvelle face.Quand je mourrai, le Seigneur me demandera: Qu'as-tu fait de tou fils?Et il ajoutera :\u2014Dépositaire infidèle, qu'as-tu fait des biens de Madelonne, ces biens qui appartenaient au fils qu\u2019elle t\u2019avait laissé ?\u2014 Je ne veux pas répondre à Dieu: Je les ai laissé gaspiller par une autre, et l'héritage de l\u2019orphelin a été dissipé.\u2014 Et quels sont les changements dont vous parlez ?demanda Lazarine.\u2014J\u2019ai loué le pavillon et le jardin à des bourgeois de Rennes, pour la somme de mille francs, j'ai signé un bail de dix ans.a \u2014Et j'habiterai.demanda Lazarine.: \u2014La ferme dont Madelonne se contentait.\u2014Mais je ne suis pas Madelonne, moi ! Je n\u2019ai pas les: goûts ° de Madelonne ! \u2014Je le regrette.Madelonne était une sainte créature qui m\u2019a rendu parfaitement heureux.\u2014Si vous veniez à me voir prendre ses habitudes, pourquoi m'\u2019avez- vous habillée de soie comme une bourgeoise ?pourquoi avez-vous consenti à faire bâtir cette maison êlé- - ante.J'ai des besoins au-dessus e ma naissance, et de mon ancien- * ; \"AE 7, Ca + i so OO > 15 ne existence misérable, j'en conviens mais la chose est faite, et désormais je ne changera1 pas.Votre repentir vient tardivement, Ambroise, si tar- divenrent que vous me permettrez de ne plus m'en souvenir que d'un caprice qui vous passe à l\u2019esprit \u2014Vous auriez tort de le considérer ainsi, Lazarine, la raison m'est venue tard et le malheur m\u2019a fait voir la vérité\u2026Je me souviens allez je me souviens de tout maintenant.Car je ne songe qu'à cela la nuit et jour, et, à force de retourner ces choses dans ma seryelle, à force de chercher la clarté on la trouve sinon complète, du moins grandissante.Vous étiez bien belle, LaZarine, et vous m\u2019aviez troublé l\u2019esprit avec cette beauté.Maintenant vous êtes toujours belle mais je ne sais pourquoi ce n\u2019est plus pour moi la même chose\u2026 On dirait au\u2019un Mystère nous sépare.Votre main me glace, Votre regard m\u2019épou vante, voire voix entfe dans mon cœur comme une blessure.Et je sais, voyez-vous, je sais peurquoi\u2026 C'est que la main qui vient parfois chercher la mienne, a désigné Herbert comme un coupable, que votre regard m'a demandé vengeance d\u2019un crime imaginaire et que votre voix m\u2019a crié : \u2014 Maudis-le ! Et j'ai maudit, compren.z-vous cela.Lazarine jai maudit mon fils innocent .l\u2019enfant de Madelonne qui ne pouvait sortir de la tombe pour défendre la créature si chère qu\u2019elle m\u2019avait léguée\u2026 J'ai chassé l\u2019an, l\u2019autre demande à partir ; c\u2019est justice et j'accepte cette justice divine.Je vous disait tout à l'heure que je voulais régler mes comptes avec Herbert ou avec les pauvres qui deviendront ses mandataires.Nous allons vivre de peu, nous allons travailler.cette terre rapporte quinze mille livres il faudra que j'en place douze ,milles par an,alin de remplacer ce qui fut gaspillé, ce que coûta l\u2019éducation de Julien.Nous ne sommes ni vous ni moi les maîtres de de domaine et je vous le répète, nous aurous des comptes à rendre ! Lazarine ne s'opposa pas tout d\u2019abord à la volonté de son mari ; elle la prit pour un caprice, mais force lui fut de reconnaître que si une sorte de monomanie douloureuse s\u2019était emparée de l'esprit de Gerbier, cette folie conservait une sorte de logique En effet le vieillard ne songea plus qu\u2019à l'amélioration de ses terres.Ü entreprit des défrichements de landes auxquels il travailla comme un manœuvre.Une économie progressive régna dans la maison.On vécut sur les récoltes, et l\u2019on ne dèé- pensa plus un sou à la ville.La bourse d\u2019Ambroise ne s'ouvrit plus pour les dépenses de toilette de Lazarine.Pen - dant deux ans celle-ci posséda assez d\u2019emdire sur elle-même, et gardait assez de robes élégantes pour ne pas enfreindre les vouloirs de son mari ; mais quand elle fut à bout de patience elle risqua un coup de sa tête \u2018partit pour Rennes, et en revint avec des objets divexs accompagnées de factures non réglées Ambroise prit tranquillement les factures et les étoties, puis le lendemain, il partit pour la ville, rendit dans les divers \u2018Magasins d\u2019où elles provenaient les acquisitions de sa femme, solda un écart pour la perts que pouvaient éprouvor les marchaude, puis il déclara qu\u2019il ne reconnaîtrait aucune dette de Lazarine.Le soir même celle-ci alla consulter Giffart- Mais l\u2019asurier lui démontra que le procédé d\u2019Ambroise restait stricte-' ment:légal, et que le plus simple pour ellË était de se soumettre à son .Inari\u2014 Ah, lui dit-elle, autrefois vous suriez trouvé moyen de me venir en aide.JOURNAL DES Cy = - - æ \u2014_ Autrefois, Lazarine, vous m\u2019auriez enrichi.\u2014 Et quand vous m\u2019assuriez de votre amitie!.\u2014 Mon amitié fut fidèle à votre fortune., \u2014 Et vos conseils ont détruit à la fois mon bonheur ¢t ma situation.\u2014 L\u2019usurier se mit à rire : \u2014Mes conseils, belle fermière ! quels conseils ?je vous prie.Vous m'avez demandé le moyeu de vous faire une donation pour votre mari ; et je vous ai prouvé que votre mari était pauvre.Osez dire que j'ai fait plus que veus révéler la situation vraie de votre fils et la vôtre.\u2014Ah ! fit la Lazarine, vous savez bien, misérable, vous savez bien quel secret est entre nous.qui m\u2019a remis la poudre à l\u2019aide de laquelle fut chargé le fusil dont les balies faillirent tuer Julien.Tenez je suis une femme criminelle, mais vous êtes cent fois pire encore\u2026et sije suis perdue, c'est a vous seul que je le dois.\u2014Prenez garde, Lazarine, les gens du pays s\u2019imaginent parfuis que je compte de l\u2019or dans ma maison, ot que le diable m\u2019apparait et m'\u2019apprend le secret de devenir riche.Défiez-vous des murailles, elles ont des crevasses : des portes elles ont .des oreilles ; des fenêtres, elles ont des yeux.Rentrez a la ferme, et courbez vous sous le vouloir d'Ambroise, vous avez contre vous Dieu et la loi.\u2014Si je croyais en ce Dieu dont Vous parlez, je vous prédirais que son châtiment ne saurait se faire , attendre ; mais je ne crois qu\u2019à la justice humaine, et cefte justice vous atteindra.Les deux complices se séparèrent et Lazarine entra chez elle la rage dans le cœur.Chaque jour vit grandir les écono- le| mies de Gerbier ; chaque jour sentiment de cs qu\u2019il appelait une réparation s'empara davantage de son esprit ; et Lazarine souffrit à la fois par tous les côtés vauiteux et sensuels de son Caractère.Lu table devint strictement frugale, et lorsque Lazarine voulut se plaindre, le vieillard se contenta de répondre : \u2014Cette terre appartient au fils que j'ai chassé, et je n\u2019ai droit ici qu\u2019au salaire du serviteur dont je tiens la place.A mesure que la pensée de Gerbier se reportait davantage vers Herbert, la pensee de Madelonue ressuscitait en lui plus vivante, it se reprochait davantage sa seconde union, et il en vint à concevoir contre Lazarine une sorte de défiance douloureuse.Sans doute, il ne la soupçonnait pas d\u2019un crime, mais il savait que ses insinuations perfides avaient longtemps avaut le malheur qui laissa Julien pour'mort,ébranlé la tendresse qu'il portait à son enfant.Il avait mis dans cette femme un amour ei aveugle, il s'était fié a elle avec un tel abandon qu\u2019alors il ne pouvait la soupçonner même d'une injustice.Mais depuis la trouvant avare pour tous et prodigue seulement pour-elle- même éprouvant une résistance toutes les fois qu'il s'agissait de faire le bien ou seulement de se montrer équitable,il sentit s\u2019ébranler lentement et sa tendresse et sa foi.Il vit qu\u2019elle ne comprenait ni sa délicatesse, ni ses remords ; il comprit que la jolie pauvresse l\u2019avait épousé pour une fortune qu\u2019elle supposait lui appartenir, et l\u2019abandonnait aux défaillances de son esprit et aux tristesses de son âme, dès qu\u2019elle n\u2019en pouvait plus attendre les jouissances auxquelles elle croyait avoir des droits.Un sourd travail se fit dans cette âme devenue solitaire.L\u2019entant exilé reprit sa place au foyer dont 1l - oa ert + CAMPAGNES -.était absent et dans le cœur qui l\u2019avait maudit.En même temps le vieillard se plut à s\u2019entourer de tout ce qui lui rappelait Herbert et Madelonne.: Il alla souvent dans la chambre de son fils, et les valets le virent avec attendrissement porter des fleurs devant le portrait de la morte.Cessant de vivre avec Lazarine, il se rapprocha de ceux qu'il avait perdus.llse résignait à l'absence de Julien bien qu\u2019il en soufirit cruellement, et considérait comme un châtiment la douleur qu\u2019il en ressentait.D'autres fois, il bâtissait sur cette absence un monde de rêves consolants.Il se représentait Julien rentrant à la ferme, non pas seul, mais ac om- gné d\u2019un homme que la douleur avait prématurément vieilli.Cet homme, il devenait tout tremblant à le voir de loin, de bien loin; et quand il approchait, Ambroise sentait son ame se fondre, deux bras l'étreignaient, des larmes mouillant ses mains ridées et d\u2019une voix pleine de sanglots, il répétait : \u2014 Herbert, sois béni pour être revenu ! Sois béni, Julien, pour m\u2019avoir ramené ton frére.Ce rêve consolant, le vieil Ambroise le recommençait de plus en plus fréquemment dans la chambre d\u2019Herbert.Il y entrait comme dans le sanctuaire de ses souvenirs, et là Dieu permettait qu\u2019il trouvât un peu d'espérance.Du reste ce pauvre cerveau s'affaiblissait, à mesure qu\u2019un chagrin doublé de remords usait davantage la trame de la vie.Lazarine venait de rentrer chez elle après un repas qui, pour les deux époux avait été silencieux, Ambroise monta dans la chambre d'Herbert, pour la centième fois il commença l'inventaire de chaque meuble de chaque objet.Puis la nuit venant, il s\u2019étendit dans un fauteuil, et se mit à reprendre son rêve, Je rêve de l\u2019éternel voyage de Julien, se terminant par le retour des deux frères.La lune brillante jetait dans la chambre une lumière presque aussi intense que celle du jour.Sous ses rayons le visage de Madelonne rayonnait dans sa douceur et sa grâce et il sembla au vieillard que quelque chose ressemblait à un sourire flottant sur les lèvres de la morte.Puis lentement les contours des objets se firent plus vagues, sa téte se renversa sur le dossier du fauteuil son souffle s\u2019apaisa, ses yeux se fermérent, il dormait.Commençait-il un autre songe ?Venait-il de s\u2019éveiller au bruit que fit la porte en grinçant et, tiré brusquement de son rêve, mêlait-il la réalité à la vision ?Le vieillard fut quelque temps sans le comprendre.La porte s\u2019ouvrit lentement avec des precautions minutieuses, puis Lazarine parut éclairée par la lune dont la lumière la baignait comme une apparition fantastique.Les yeux d\u2019Ambroise se fixérent sur sa femme avec une curiosité intense.: Que venait-elle de faire dans la chambre d\u2019Herbert ?voulait elle comme lui y chercher des souvenirs et verser des larmes ?Non ! ses yeux secs n'en devaient plus verser, cette femme égoïste ne pouvait s'apitoyer sur les douleurs d'autrui.Mais que voulait-elle faire 2 qu\u2019o- serait-elle chercher ou entreprendre sous les regards de cette morte, et dans la chambre de cet absent ?La curiosité rendit Ambroise immobile.Il lui semblait que ce qui allait se passer était pour lui d\u2019une importance énorme.Ambroise Gerbier voyait complé- - tement sa femme, tandis que Lazarine ne pouvait l\u2019apercevoir derrière les tentures de la fenêtre.D'ailleurs, les yeux grands ouverts de Lazarine ne paraissaient se fixer sur rien.Leur regard était morne, impassible.Ses mouvements gardaient une régularité automatique.Le bruit de ses pas s\u2019entendait a peine sur le parquet.Ambroise se pencha et la regarda.On eût volontiers pris Lazarine pour un fantôme agissant en dehors de sa volonté.\u2018 Elle se dirigea vers la panoplie, et porta la main vers un fusil ; cette fois, Ambroise fut sur le point de crier, quelque chose d'indéfinissable l'en empêcha, et il morditses deux poings.; Dès qu\u2019elle eut le fusil entre les mains, Lazarine s'avanga vers la table sur laquelle Herbert avait l'habitude d'écrire elle y plaça l\u2019arme, ensuite elle fouilla dans sa poche.\u2014J\u2019ai la poudre\u2026dit-elle, la poudre achetée par Griffart\u2026 Pas plus que sa demande, sa voix ne semblait naturelle.Elle paraissait venir de loin, affaiblie par une incommensurablé distance, et elle manquait de timbre, comme son visage paraissait manquer de vie.\u2014La poudre !\u2026répéta Ambroise, que veut-elle dire 2.\u2014Griffart m\u2019a comprise, reprit-elle.Herbert mourra d\u2019un accident de - chasse\u2026 Un accident cela arrive tous les jours.Lazarine prit le fusil, le visita et murmura : \u2014Îl est nettoyé et déchargé, Herbert est prudent\u2026c\u2019est égal, il ne se méfiera pas\u2026 La chasse au loup enragé sera terrible.terrible! tant pis! je veux que Julien soit riche ! Herbert a tout, mon fils est pauvre, et j'aime mon enfant, moi.Ambroise héritera d'Herbert.Griffart me l\u2019a dit et Julien héritera ensuite de son père\u2026 4 Mon Dieu ! mon Dieu ! balbutia le veillard, je fait un rêve, rêve horrible.réveillez-moi, ce cauchemar m\u2019épouvante\u2026 Si cen\u2019est pas une vision sortie de l\u2019enfer, si c\u2019est ma femme qui a pu concevoir un forfait semblable, qui a pu l\u2019exécuter, j'ai trop vécu, Seigneur, oui j'ai trop vécu !.\u2026.Lazarine fit le geste de verser la poudre puis de glisser la balle dans le canon du fusil, ensuite son visage prit une expression de joie farouche.\u2014 Là, fit-elle, voici qui est bien ! l'arme éclatera entre ses mains imprudentes.Herbert ne me génera plus et mon fils à moi sera riche ! riche.\u2014Oh ! je comprends ! fit le malheureux veillard en portant ses deux mains i son front.mon fils avait raison de soutenir que son arme était déchargée\u2026c'\u2019est elle, elle qui mit dans le canon de l\u2019arme la poudre et «les balles procurées par l\u2019usurier, et parun châtim nt de Dieu l\u2019arme préparée pour Herbert ne frappa que Julien.Je comprends ! je comprends ! Alors s\u2019élançant de l'embrasure de la fenêtre, il bondit sur Lazarine, en saisissant le fusil qu\u2019il brandit comme une massue.\u2014Misérable, dit-il, misérable ! Les yeux de Lazarine se dilatèrent d\u2019épouvante, un cri d'angoisse s\u2019échappa de sa bouche, elle essaya d\u2019échapper à l\u2019étreinte du vieillard.Celui-ci reprit : \u2014Tu as failli tuer l\u2019un de mes fils tu m\u2019a fait chasser l'autre ! meartriè- reet damnée ! ton infernal secret vient donc de t\u2019échapper.i -Où suis-je demanda Lazarine, que faites-vous dans cette chambre ?(A suivre) ur In JOURNAL NES CAMPAGNER Le Baume d\u2019Allen pour les Pouérison certaine de ces, mals- T R - MONS a été présenté au public après que sa | 9 valeur po d dies Grouput été pleinement vérifiée.l'expectoration et force les poumons à se débarrasser du phle i 1 sécrétions et puritio le sang ; guérit les pagtios irritées ; donne de la force aux organes digestiias IL stimule e ou mucus; il change les fait fonctionner le fois d'une manière normale et donne de la vigueur à tout le système.Son action est si prompte et si efficace Qu'on garantit qu'il arre- tera en quelques heures la toux la plus opiniatre, pourvu qu'elle ne dure pas depuis trop longtemps.Xl ne contient pra d\u2019opium, suus aucuno forme, et on garantit qu'il est parfaitement inoffensif, mêine pour enfant le plus délicat.Il N'y à pas lieu d'avoir tant de mortalités par fa Consomptio \u2018, quand le Baume d'Allen urles Poumons peut la prévenir, si on a seulement soin de l\u2019employer à tempa \u2018our la Consomption et toutes les maladies qui y conduisent, telles qua Toux, Rhumes négligés, Bronchitos, Asthme, et toutes les maladies des poumons, lo BAUMK D'ALLEN POUR LES POUMONS est le Grand Remède Moderne.Pour ls Croup et la.Coqueluche c'est presquo un spécifique.C'est un vieux remède éprouvé et qui so ven partout à 50c et $1.00 la bouteille.On en a préparé des bou- teillos de 25 cents pour répondro à la demande continuelle d\u2019un bon REMÈDE POUR LA TOUX à uu bas prix, Si vous n'avez pas encore fait usage du Baume, essayez uno bouteille de 25c.Allen's Lung Balsam.Pour Crampes, Frissons, Colique, Diarrhee, Dyssenterie, Cholera - Morbus et toutes maladies des intestins, AUCUN REMEDE N'EGALE LE PAIN-KILLER- ET 49 années d\u2019experience prouvent que lo PAIN-KILLER de PERRY DAVIS est le meilleur Remede de Famille pour Brulures, Meurtrissures, Entorses, x .Rhumatisme, Nevralgie, et Mal de dents.Vendu Partout a 25c.et 50c.la Bouteille.EZ Prenez garde aux contrefacons et aux viles Imitations.3 2 a a di in re A ea Tu = Que ST IE TE = or XN 6 PIA Rats ok: oN NG To, i \u201cA J A SEAT + SO ete Te van 24 fia Er ARS A STs ET Se a AA Da Fy ; 7 Livres a Vendre A LA LIBRAIRIE DU 5, \u201c Courrier du Canada Fleur du garmel.par le Révd Père Antoin- Braiin, $1.00.L\u2019Fôtel-Dieu, par 'abbé H.R.Casgrain, $2.0C, Missel contenant les messes de la bienheureuse Vierge Marie et les mcsses des défunts., Imprimé en très gros caractère.$10.00.L amour du Cœur de Jésus ou le Véritable Trésor de l'âme.Prix : 25 cents Mois de St-Joseph, 5 cents.Le « Journal des Jésuiles» [quelques exerapiaires seulement], $25.00, ; A la Porte du Paradis, par André\u2018LePas, prix 10 cents.Guide indicateur des sanctuaires et lieux ha sto- Sues de la Terre Sainte, en 3 volumuws, Recuerl de Receltes et le médecin à la maison 26 cents.La Voie Douloureuse du Chemin de ia prix : 5 cents, Egercices Orthographiques sur les Bléments de le grammaire française de Lhomond y Sampris la Syntaxe, par le méme.\u2014Prix, $1.50 la douzaine.1012 RCA % - , PSN e ass er ry 2 J 4 4 a 4 PA PIS RINERRLRR.0 Ra EE SEE TEE 1018 C Nf RT ; = Ted\u201d capt ga 4 i Cen SERGE, I ~% \u2018 N RECEVRA àce Bureau, jusqu\u2019à SAMEDI, ! le z3ème jour de NOVEMBRE prochain, inclusivement, des soumissions cachetées, adressées au soussigné avec la suscription \u201c\u201c Soumission pour .les travaux de la Grande Rivière,\u201d pour la construction d\u2019une pile isolée, à la Grande Rivière, comté de Gaspé, Québec, suivant le plan et Je devis, visibles sur demande, chez M.J.O.Sirois, maître de poste, Grande Rivière, ainsi qu\u2019au Département des Travaux Publics, à Ottawa.On ne prendra en considération que les soumissions faites sur les imprimés fournis et signés de la main des soumissionnaires.Chaque soumission devra être accompagnée d\u2019un chèque de banque accepté, égal à cing Pour cent du montant qui y est inscrit, payable à l\u2019ordre de l'honorable ministre des 'ravaux Publics.Ce .Chèque sera confisqué si l\u2019adjudicataire refuse de (signer le contrat, après notification, Ou s\u2019il ne l\u2019exécute pas intégralement ; il sera remis, si la soumission n\u2019est pas acceptée Le Département ne s'engage pas à accepter la plus basse, ni aucune des soumissions.Par ordre, A.GOBEIL, Secrétaire.Département des Travaux Publics, .Ottawa, 29 octobre 1889.Québec, 6 novembre 1889.\u20146fs - 1086 - - \\ * - on e \u2018Et sevendent à \u2018s.14d., 2s.9d., 4s.6d, 11s., 22.Québ> 3 septambr- 1885 SANTE POUR TOUS Pilules et 4\u2019nguent Holloway LES PILULES : Purifient le Sang, corrigent tous les Dérangements du FOIE, de 'ESTOMAC et des INTESTINS.\u2019 : Elles fortifient et restituent la santé 2 des Constitutions délabrées, elles sont auss! 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