Journal des campagnes, 10 avril 1890, jeudi 10 avril 1890
[" ce _ .\u2014 0 L'industrie agricole \u201cinit toujours être la base TAL AT ei EE TL JOH SON Lil ee ra IY man + 20 ve né Ch % ) FA Le Te AT UE ras monde ANSE S Sormeady SEY SE Ass emblée Lagislativ .ee an re = Ae WY 3 de ta richesse des nations.Lt 2 T Ty a 9ème Année _ JOURNAL DES CAMPAGNES EDITION HEBDOMADAIRE, Paraissant tous les JEUDIS et contenant tou « les nouvelles de la semaine.\u2018\u2019rix de l'abonnement :- -UNE PLAN \u2018tr POUR LA FRANCE : 10 FRANCN Strictement payable d'avance.© dmpromg eLpublit par LEGER BROUSSEATU, ALITRUR=PROPRIRTA(RN No 9, Rue Buade, H.V., Quéhw.LEGENDE Du Tableau de St Jean Baptiste baptisant Notre-Seigneur, offert par les Canadiens-Français à l\u2019église de St- Jeanin Montana, où est né le Saint- Précurseur.Cette toile, de 84 p.sur 64, est une composition originale qui fait honneur à l'habile artiste qui l\u2019a conçue et exécutée.Ayant visité les Lieux-Saints en 1884, l'auteur voulut se mettre parfaitement au fait de la topographie du lieu où se passa la scène sublime qu'il voulait représenter, pour donner à l\u2019eusemble une teinte toute locale.C'est a l'endroit où les Hébreux, sous la conduite de Josué, entrèrent dans la Terre-Promise en traversant le Jourdain à pieds secs, qu'eut lieu aussi le baptême de N.S.Jeari, le plus grand des enfants des hommes, pour se soustraire au commerce du monde, avait passé près de 30 années de sa vie dans la retraite, dans une grotte que l'on visite encore aujourd\u2019hui, sur le bord du torrent du Térébinte,.à quelques milles de l'endroit où il était né.Mais voici quesur les bords du Jourdain se fait entendre, après quatre siècles de silence, la voix d\u2019'an prophète.C\u2019est, Jean quia laissé sa solitude pour :rêcher avec force la pénitence pour la rémission des péchés.Lesmasses sont émues, et de toutes parts on vient écouter 1\u2019homme de Dien pour recevoir de ses mains le baptéme de la conversion.Les eaux du fleuve en partie retirées, permdttent de s'avancer jusqu'à une certaine distanc: daas son lit.Jeun revêtu de son habit de: poil de ch-meau (1), et armé d\u2019une Coquille, verse sur la tête de ceux qui se présentent l'eau de lu régénération.Mais voilà que dans ia loule le Sauvear même des hommes se présente à son tuur.Jean se récule d\u2019abord, mais sur l\u2019ordre qu\u2019il en reçoit, il s'exécute en faisant couler Pean sur Je front du THE Re*D%n.Le Père Eternel \u2018fait en même temps retentir sa voix dans les airs : Celuici est mon Fils bien aimé, en qui j'ai mis toutes mes complaisances, écoutez-le ! C\u2019est un coup de tonnerre, disent les uns ; non, répliquent les autres, l\u2019on a entendu distinctement les paroles.Et l\u2019on voit le Saint-Es- prit, descendre visiblement, sous la forme d'une éolombe, sur la tête de celui qui reçoit le baptême.Examinons comment l'artiste fait parler la toile pour représenter cette scène sublime.Au milieu, Jean a l'air religieusement pénétré de la grandeur de l\u2019act«« qu\u2019il accomplit, ¢t N.8, la résignation peinte sur ss figure, pose en victime, comme début de sa vie publique.Son manteau est retenu.par deux femmes à gauche, et sa coiffure par l'enfant de l'une d'elles.Celle ci, toute impressionnée, allonge le bras pour toucher le Sauveur.L'enfant, tourné vers un berger dans le coin, semble attirer son attention vers les acteurs de la scène, en élevant vers eux la coiffare qu\u2019il tient dans sa main.L'autre femme, les eux au ciel, se presse la poitrine de a main, pour comprimer l'émotion qui l'agite.Derrière elle, un vieillard accompagné d'un enfant, s'appuye sur son bêton pour interroger les nuages, sur la voix qui vient de se faire entendre ; et tout auprès, un aveugle, la face droit au ciel, retient sa canne de la main ganche, et étend la droite en sigae d'admiration.Derrière les deux femmes une foule dont les figures reflètent les impressions diverses qu\u2019elles reçoivent : \u2018admiration, la suprise, la crainte, {1) L'auteur a cédé ici à l\u2019imagination des peintres qui nous ont toujours montré saint Jean revêtu d'une peau, tandis que son habit était un tissa de poil de chameau, comme on en fabrique encore aujourd'hui.No 10 l\u2019Étonnement, la prière etc.Les plus \u2018ptès du Sauveur a l\u2019air à donner des \u2018eXplications à un incrédule à ses côtés qui demeure couvert.Plus haut, un enfant, à califourchon sur une branche d'arbre, la bouche béante, fixe aussi ses regards vers les nuages.À droite, deux personnages tont frappés d'étoanement, ont aussi les \u2018ds au ciel ; l\u2019un se protège de la wR contre le trop vif éclat de la Intnière.Près d'eux, assis sur un cailloux, un vieillard est aidé de sun fils pour se dépouiller deses habits et se présente ensuite au baptême.Au coin, près d'une barque, deux enfants, à l'eau à moitié nus, avec l\u2019insouciance qui caractérise cet age, s'amusent avec un poisson.Sur l'arrière plan, trois hommes s'avancent dans une barque, l'un, le bras tendu vers le ciel, semble proclamer la grandeur de la merveille dont il est le témoin ; l\u2019autre, la main au front, veut intercepter la lumière pour mieux fixer le Sauveur ; le troisième, un boiteux, laisse tomber sa béquille, pour se joindre les mains en signe de supplication.On voit dans le lointain, un homme monté sur un chameau, qui s\u2019avance à la course, le bras aussi levé vers le ciel.Plus à droite, un homme s\u2019appuyant sar un baton, s'avance dans l\u2019eau, chargé d\u2019une femme sur son dos.Tout à côté, une autre femme, semble oublier l'attention qu\u2019elle doit a son enfant qu'elle allaite, pour se livrer tonte entière à l\u2019émotion qui la domine ; et un peu plus bas un enfant serre son chien dans ses bras pour l'empêcher d\u2019aboyer.Au haut, le Pére Eternel, sous la forme d'un vieillard vénérable, porte ses regards vers son Fils.La troupe des anges jui l\u2019accompagnent, dans diverses attitudes, ont aussi les regards fixés .vers la terre, semblant comme les mortels, tout émerveillés de la grandeur du mystère.M.Rho n\u2019en était pas à ses débuts dans la composition, mais il s\u2019est révêlé en celle-ci comme un artiste de capacité peu comm.une; il ne il manque que les oécas' ons de faire valoir son talent, pour se ranger au premier rang parmi nos célébrités canadiennes.UN AMATEUR DE L'ART.LETTRES DE BELGIQUE Bruxelles, 24 février.L\u2019incendie du palais Laeken, M.Bockstael et le général Van der Smissen.\u2014Interpellation de M.Janson.\u2014Un burcaucrate modèle.\u2014Menées socialistes.\u2014 Activité des flamingants.\u2014 Trois santés politiques.\u2014La question des eaux,\u2014Les prévisions électorales pour le mois de juin.Le fru qui a détruit le palais de Lacken, le premier janvier dernier, 8 allumé un uutre incendie, et ce dernier qui dure depuis quinze jours, n\u2019est pas près de s\u2019éteindre, Il aen- flammé le corps des grenadiers, le conseil communal de Lacken, le général Vander Smissen, les Chambres, la presse, bref, par l'intermédiaire de cette derniére, le pays presque tout entier.Décrivons par ordre ses ravages.Le sinistre de Laeken terminé!la police de l'endroit fit an rapport sur l'origine, les développements et toute la marche de l'incendie.Ce rapport regrettait entre autres quele \u201c vaillant \u201d corps des pompiers du lien u\u2019eût pas été appeié à temps et formulait contre le poste de grenadiers, en service au palais de Laeken, une accusation fort grave et, disons-le de suite, aussi invraisemblable cu\u2019injuste.D'après lui, Mlle Dranconrt, gouvernante de la princesse Clémentine et la seule victime de l'incendie, seraitàun moment donné apparue aux fenêtres, réclamant du secours, et les grenadiers, ayant les moyens de la sauver, l'auraïent laissée périr.Si le corps des pompiers eût été Jà, continuait le rapport, une pareille \u201clacheté \" aurait été évitée.Cette malencontreuse pièce, signée du bourgmestre, M.Bockstael, chef de la police, fut communiquée au conseil communal et publiée dans un journal ami du bourgmestre.Grande émotion, comme vous pouvez le croire, dans le corps des grenadiers ; et lettra de protestation indignée de M.le général Van der Smissen à M.le ministre de la guerre.Cette lettre rendue publique est conçue dans un style très militaire, à quoi il n\u2019y aaucun mal ; par malheur le général gâte sa cause en réclamant au nom de l'armée, la destitution du bourgmestre de Laeken.C'était aller trop loin que dese donner cet air de faiseur de pronuncia- 2 JOURNAL DES CAMP: MES miento, aussiles journaux amis de M.Bockstael se sont raccrochés a cet écart de plume,pour tâcher de sauver leur client par une diversion.M.Janson, quien ami des socialistes, traités avec peu de ménagement en 1886 par le général, n'aime pas ce dernier, a interpellé le ministre pour réclamer contre lui une punition exemplaire, Le gouvernement a répondu qu'il ne répondrait pas jusqu\u2019au jour où l'enquête instituée su l'affaire serait finie.: La chambre, même à gauche à donné raison au gouvernement.En attendant, le sieur Bockstael tâche de s'expliquer ; son rapport, dit-il n\u2019a pas la sens qu\u2019on lui attribue,il n\u2019a pas voulu insulter l\u2019armée en ou- tre\u2014ct ceci est vraiment incroyable \u2014il n\u2019est pas responsable du rapport que sou commissaire de police, malade le jour delincendie, lui a fait sur la foi de trois agents de police.Notez que le sieûr Bockteal a \u201csigné le rapport en sa qualité de chef de la police ! Bref, tout cela met le bourg mestre de Laeken en assez piètre posture.Au ministère, on est au fond assez ennuyé de cette affaire ; l\u2019enquête démontrera sans doute qu\u2019on à distribué le blème des deux côtés.À propus de cette enquête les journaux ont rapporté une anecdote très caractéristique, qui met en son plein jour les mœurs bureaucratiques.I! paraît que la nécessité d\u2019aller vitea opéré ce miracle-ci, de faire arriver à son bureau, presqu\u2019à l'heure réglementaire, M.Sauveur le secrétaire général du département de l\u2019intérieur.L'e haut fonctionnaire n\u2019était auparavant jamais à son poste avant midi.L\u2019ancien ministre de l'intérieur, qui était matinal, le faisait appeler souvent avant cette heure.Invariablement M.Sauveur n'était pas à son bureau.Le ministre sut à la fin que le secrétaire général n\u2019arrivait jamais avant midi Qui capitula ?Ce fut de guerre lasse le ministre, qui se tit un jour donner l'adresse de son subordonné pour aller le voir chez lui.Le successeur du bon M, Thonissen M.de Volder, \u2018n\u2019est pas parvenu da- Vantage à mettre son secrétaire à la raison.ll a fallu l'enquête Bokstsel Van der Smissen pour décider M.Sauveur à arriver à son bureau vers dix heures et demie ; maison ne dit pas que cette bonne habitude tiendra.Si les grèves sont finies dans les bassins houilliers, la propsgande socialiste n\u2019y chôme pas.La Fédération foraine organise une grande manifestation dans la région et a décidé de donner des conférences dans les plus importantes communes du bassin.Pour le reste, le socialisme continue à s'organiser de plus en plus d\u2019après le modèle de celui des Flandres.Là il s'entoure et s'appuie d'institutions économiques, dont les avantages finissent par attirer et par attacher au parti ceux qui ne se soucieraient pas autrement e lui appartenir.C'est une perversion très pratique et très savante qui, dans des pays où la foi n'a plus un grand empire sur la classe ouvrière, comme c'est le cas dans le Hainault, ne peut être combattue que par des institutions analogues, tondées dans un esprit d'ordre et de conservation.Des gens qui ne se reposent pas non -plus\u2014dans leur ensemble de brave gens cette fois\u2014ee sont les flamingants.Ils ont une presse fort batailleuse et ils multiplient leurs meetings.Au bout du compte, par ce moyen, on ne peut pas ne pas les entendre, et, comme leur cause est Justo au fond, on ne sait point ne pas eur céder.De cette manière, petit a petit, ils font réparer tous les torts dont les Flamands souffrent et préservent de la dénationalisation cette bonne population flamande, qui est la réserve sociale et conssrvatrice du pays.Ils viennent de tenir ici ce qu\u2019ils appellent un land(ag, où ils ont décidé de réclamer le redressement de plusieurs griefs.Comme activité politique, ils donnent de belles leçons aux catholiques, qui n'ont ni cette constance ni cette fougue à poursuivre le redressement des torts religieux que leur ont faits des lois libérales encore en vigueur.Un des membres les plus en vue du parti libéral, M.Eudore Pirmez, est gravement malade ; il a été administré et on craint beaucoup quil ne se relève pas.Ce serait un rude coup pvur le parti libéral à Charleroi, où le malade jouit d\u2019une grande popularité, due à la modération relative de ses opinions.M.Thonissen, ministre d\u2019Etat et député catholique de Hasselt, a, lui aussi, \u2018été gravement atteint; un moment même on a désespéré de son rétablissement.Aujourd'hui il est entré en convalescence et l\u2019on croit que, malgré son grand âge, ilse remettra complètement.Un autre personnage qu\u2019on dit malade, qui ne le paraît guère, mais qui semble tout de même l'être assez gravement au point de vue politique, c\u2019est notre maire, M.Buls, l\u2019homnie du 7 septembre.À peine revenu de voyage, on annonce qu\u2019il Va retourner à ses excursions lointaines, pour cause de santé, disent les uns ; pour son plaisir, murmurent les autres.Le fait est que M.Buls a toujours eu l'humeur voyageuse.C\u2019est un vieux garçon, de caractère peu joyeux, qui vit à Bruxelles presque en anachorète et dépense consciencieusement à l'étranger le traitement qu\u2019on lui paie pour qu\u2019il administre la ville avec quelque éclat.On le voit quelquefois aux bals de la cour, où on s'est attaché cet ancien radical, devenu \u2018\u201c homme d'ordre ; mais chez lui on ne danse jamais.Cette vie de saule pleurear ne soulève que peu l\u2019enthousiasme des Bruxello:s, et, sans le parti libéral même, ou voudrait en être débarrassé ; mais par qui le remplacer ?Toute la question est là.On le laisse donc à sa place, faute de mieux.Les radicaux voudraient bien le remplacer par un Janson quelconque ; mais cette solution n\u2019est pas encore mûre.On le harcèle cependant, et, ces derniers jours, on a fait courir des bruits de démission, qui ne reposent sur rien, et n\u2019ont pour but que de faire comprendre à M.Buls qu\u2019on voudrait bien qu\u2019il y songeât.Seulement c\u2019est 25,000 fr.que M.Buls sacrifierait, et, par le temps qui court, la vie et les voyages coûtent trop cher pour jeter à l\u2019eau un si beau denier.Il faut donc croire que M.Buls restera.Nous avons ici la question des eaux, tout comme a Paris.Pour suffire à I'alimentation de la ville, les sources actuelles sont insuffisantes; on est forcé de s\u2019adjoindre le secours de l\u2019eau de rivière, qui nous amène quelquefois, au dire de M.Coomans, le spirituel directeur de la Paix, des grenouillvs dans nos robinets.Nos Alphands révent d\u2019aller capter les sources dans le pays de Liége ; mais ce pays d'industrie et de culture ne semble pas d\u2019humeur à se laisser saigner de son eau.D'autres conseillent de chercher dans les Ardennes la précieuse et trop dédaignée liqueur ; seulement c'est une-distance de 146 kilomètres qu\u2019il faudrait canaliser, et la ville nous vend déjà si cher une denrée si commune, que le buveur d'eau doit craindre de la voir se lancer dans de si grandes dépenses.Si l\u2019on avait le temps, il y aurait vraiment à philosopher sur le sort de ces grandes villes superbes, qu\u2019inquiète et que gêne à un tel point cette question d'eau, qui semble, en elle-même, si misérable.Les partis commencent déjà à songer aux élections prochaines du mois de juin, qui doivent renouveler la moitié de la Chambre des représentants.Les libéraux les envisagent avec assez de découragement.Non seulement, quoi qu\u2019ils puissent faire, ils ne doivent pas espérer pouvoir changer la majorité, mais ils craignent même de ne pouvoir garder leurs positions actuelles.C\u2019est un peu l'avis des catholiques, qui attaqueront vaillamment plusieurs citadelles libérales, telles que Huy, Thuin, Soignies, etc.Il suffit cependant que nous maintenions nos situations pour assurer, quoi qu'il arrive, dans deux ans, une nouvelle période de quatre ans de vie au ministére.R.C- lili SI Pr ee L\u2019OPINION PUBLIQUE SE REVOLTE Les organes du gouvernement ont beau faire, l'opinion publique se révolte contre le régime de honte que nous subissons.Le scandale du Table-Rock, venant après tant d\u2019autres, a donné des nausées à tout ce qu\u2019il y a de respectable et d\u2019indépendant dans la province.| Et les journaux les moins suspects de complaisance pour nous, élèvent la voix et font entendre des paroles significatives.Ecoutez l\u2019Etendard : Mais si le rapport fait par la majorité du comité exonère complètement ceux que M.L \u2018blanc accusait, opinion publique, il faut bien l'avouer n\u2019est pas aussi affirmative quand a cequi concerne M Murphy, et elle trouve, dans tous les sas, que M.Leblanc a prouvé qu\u2019il avait une Cause probable et raisonnable de porter cette accusation.Sans la motion d'expulsion contre M.Labianc, l\u2019opinion publique eû; proba blement acquiescé à ce que M.Murphy eùt ie bénéfice du doute.Après cette motion, on revient naturellement sur les faits de la cause et l\u2019on ne peut s'empêcher de constater que l\u2019affaire a resteu bien obscure, et que le doute à invoquer en faveur de M.Murphy ne vovient que de l'absence de preuve égale.On se demande si un jury impartial aurait rendu la même décision que la majorité du comité.Et plus loin : Cependant, de tous ces faits, il- se dégage une odeur de faisandé qui n\u2019est pas dissipée, parce qu\u2019on n\u2019a pu toucher du doigt l\u2019eadroit gangrené ; et plus on force le public 3 y regarder de plus près, plus on le force à constater cette odeur et à se dire : Il y a pourtant quelque chose de pourri, là-dedans.Voilà pourquoi on aurait dû laisser M.Leblanc tranquille, et ne pas demander sou expulsion.Nous n\u2019insisterons pas, d'ailleurs, sur une autre raison, raison d'opportunité politique, dont nous avons déjà dit un mot.M.Leblanc avait des chances d\u2019être battu, aux pre- chaines élections ; on le renvoie devant ses éleuteurs avec un nouveau prestige, celui que la persécution donne au persécuté, ut l'on assure probablement sa 1é:lection.Les italiques sont de nous.Un tel article, dû à la rédaction quotidienne de I\u2019 Etendard, et non pas a la plume d\u2019un correspondant, es d'une immense signification.Dans les circonstances présentes, il faut que le scandale du Table-Rock soit bien révoltant pour que 1'Elendard parle aussi sévèrement.Passons maintenant à la Patrie.Son article intitulé : Monsieur Leblanc, M.P.P.est tout un évène- ment.On y lit des passages comme celui-ci : M Leblané à montré du courage ; il entendait dire et répéter que la provirce avait été volée par des députés.Il est vrai que ces choses se disent et se répè- lent assez souvent, depuis plusieurs années, gans qu\u2019on s\u2019en émeuve trop : surtout dans certains quartiers.Mais enfin, M.Leblanc en a été ému, c\u2019est son affaire, et il a voulu voir s\u2019il y avait du fondé dans ces rumeurs.Puis après avoir fait voir que le rapport du comité ne peut être accopté comme un jugement impartial, la Patrie poursuit : Quel est-le jugement que le gros public a porté sur cette affaire ?Blâme-t-il M.Leblanc d\u2019avoir demandé cette enquête ?L\u2019approuve-t-il ?Le proclamet- on un héros ou uu gueux ?Que diton de ceux qui veulent la chasser de la chambre comme un misé rable calomniateur ?Si messieurs les députés, avant de voter l\u2019expulsion ignominieuse de l\u2019un des leurs, descendaient dans la rue, entraient dans les magasins, les hôtels, les palais de justice ; s'ils écoutaient ce qui se dit tout haut et s\u2019ils cuvsultaient un peu leurs électeurs, ils s\u2019apercevraient que le sentiment que leur vote projets inspire est un sentiment de profond dégoût et de grande répulsion.Libéraux comme conservateurs, tous ceux qui ne sont pas aveuglés par ce maudit osprit de parti, tous ceux qui ont le cœur sain et le jugement droit, tous les hommes bien és, désapprouven, cette tentative ; prenez-les dans la ma gistrature, daus les professions ou dans le commerce, partout vous rencontrez le mème sentiment et les mêmes expressions de réprobation, Messieurs les députés, s\u2019il en est\u2019 temps encore, ne souillez pas votre vote.Enfin, l\u2019auteur de l\u2019artiele, M.Lebeuf, termine sa mercuriale par cette sanglante apostrophe aux séides du ministère : Peut-être voulez-vous faire croire au public que vous êtes tous des immaculés?Voyons, pas de farce ; elle coûte trop cher celle-là.Nous ne vivons pas dans un siècle ni dans un pays où la politique soit aussi virginale que vous voudriez nous le faire croire.Tous, (ant que vous êles, al n'y en a peut-être pas un sur vingt qui n'ait pas sa petite affaire embrouillée à expliquer à ses électeurs sur les hustings ; et vous vous couvrez la figure comme des pucelles quand M.Leblanc vous dit qu\u2019il y a tout lieu de croire qu\u2019un ou deux d\u2019entre vous s\u2019est oublié et qu\u2019il a empoché des piastres qui devraient être aujourd'hui dans le trésor de la provincet Au lieu de vouloir hypocritement chasser M.Leblanc de la Chambre savez vous Ce que que feraient des députés indépendants, au cœur droit, à l\u2019esprit large, aux idées vraiment libérales ?Ils lui diraient: \u2019 \u201c M.le député de Laval, vous avez \u201ceu à cœur la bonne réputation de \u201c cette chambre, nous vous en félici- \u201c tons ;vous nous avez donné l\u2019occasion \u201c d\u2019éclairerun point noir, nous vous en * remercions.Nous savons maintenant à \u201c quoi nous nous en tenir, et c\u2019est à Vous que nous le devons ; et si nous \u201c ne coupons pas les doigts qui grippent \u201c les piastres de la Province, nous dé.\u201c clarons qu\u2019à l\u2019avenir nous aurons \u201c meilleur il au grain, \u201d Une déclaration comme celle-là ne serait pas compromettante el mettrait toutes les parties d\u2019accord.Ce qui n\u2019empécherait pas Baptiste, croyez m\u2019en, de se aire : [ls sont bien malins, mass je soupçonne fort qu'il y a là neuf mille piasires qui wont pas pris la route du presbytére de mon curé.Et Baptiste a du flair! - Les italiques sont encore de nous.Voilà comment deux journaux hostiles au parti conservateur jugent le scandale du Table-Rock, et le projet d'expulsion de M.Leblanc.On comprend, après cela, pourquoi.le gouvernement a lâché pied, pourquoi il a exécuté la piteuse retraite dont toute la province fait aujour- d\u2019hui des gorges chaudes.Les ministres ont en peur de l'opinion publique, dont le réveil et les répugnances s'affirment avec tant de- force en ce moment.D'après le Witness, un politicien.libéral influent fixe les élections provinciales, au 21 courant et un autre au 20 mai.Quoiqu'il en soit, les élections sont proches et nos amis n\u2019ont pas une minnutelà perdre. -#URNAL \"+ « S CAPA X'S 3 (hy Sumy, \u201cmv ASSEMBLEE LEGISLATIVE 29 mars 1890.SEANCE DE L\u2019APRES-MIDI La séance commence à p.m.L'hon.M.Blanchet continue le débat sur la motion Bernatchez.Il établit que la déclaration du député de Québec Ouest relativement au bonus a été suffisamment prouvée pour justifier le député de Laval de l'avoir dénoncée.Il nie à la chambre la raison et le droit d\u2019expulser M, Leblanc dans les circonstances.Il rappelle, à propos de la mesure tyrannique que le gouvernement national veut faire adopter, qu\u2019en 1875 ceux qui alléguèrent l'indignité de Louis Riel,comme félon,de siéger aux Communes étaient M.Mackenzie et ses amis.Il espère que de l'autre côté de la chambre il s'élèvera quelques voix en faveur de la justice outragée, puisque c\u2019est à peine si le gouvernement a pu trouver parmi les sièns une majorité pour approuver l'adoption de cette mesure arbitraire.L\u2019hon.M.MERCIER \u2014 Question.Silence à la droite de la chambre.M.DESJARDINS se lève au milieu des applaudissements de la gauche La proposition soumise à cette cham bre, dit-il, devrait être repoussée avec indignation.Cette vente du Table Rock a été un acte de mauvaise administration dont tout Je ministère est responsable et lu député de Laval a été justifiable de dire que les intérêts de la province ont été sacrifiés.La conduite de l\u2019hon.M.T'ur- cotte en cette affaire a été repréhen\u2014 sible et contraire à l'intérêt public.Le meilleur moyen de réaliser la valeur de cette propriété eût été de la .mettre à l\u2019enchère et le député de Québec Ouest a spéculé sur cette propriété publique.Ces faits sont évidents.Les témoignages de M.Lewis et du député de Pontiac sur la valeur de la propriété sont formels.Les circonstances sont graves et c'était le devoir du député de Laval comme c\u2019est le nôtre d'y attirer l\u2019attention de cette chambre et du pays.- Tous les détails de cette transaction sont louches.Le gouvernement veut expulser de cette chambre le député de Laval, parce qu'il a déclaré qu\u2019il se croyait en mesure de prouver Ces graves accusations.Il les a prouvées et cette chambre devrait être unanime à le féléciter du courage avec lequel il a rempli son devoir.La proposition du député de Montmagny est un attentat aux libertés politiques de la province de Québec, et le temps n\u2019est pas éloigné où ceux qui s\u2019y sont laissés entraîner regretteront leur acte.Le temps de l\u2019arbitraire est passé : la tyrannie n\u2019a plus sa raison d\u2019être.S'ils avaient cherché les enseignements de l\u2019histoire, ils auraient reculé devant l'acte imprudent qu'ils out commis.Aucun précédent parlementaire en ce pays ni en Angleterre ne justifie la motion d\u2019expulsion qui nous est soumise Mais je crois utile de rappeler ici {ce qui se passait à la chambre des Communes en Angleterre,il y a plus de cent ans.Je cite May : \u2018\u201c John Wilkes fut expulsé en 1764 pour avoir écrit un libelle séditieux.Au Parlement suivant, [8 février 1769) il fut de nouveau expulsé pour un autre libelle,un nouveau writ fut émis pour le comté de Middlesex, qu\u2019il représentait, et il fut réélu sans contestation ; sur ce, il fut résolu le 17 février.\u201d Que, ayant été \u2018durant cette session du Parlement chassé de cette chambre, il était et est incapable d\u2019êtac élu pour le présent parlement.L'élection fat déclarée nulle, et un autre writ fut émané.On essaya alors un nouvel expédient, M.Lnuttrell,alors membre se présenta contre M.Wilkes, fat battu par lui et s'opposa par requête à lachambre au retour de son adversaire.La chambre résolut que, bien que la majorité des électeurs eût voté pour M.Wilkes, M.Lnttrell aurait dû être déclaré élu, et le rapport fut amendé en conséquence.Toutes Ces procédures furent, dans le temps, sévèrement condamnées par l'opinion publique, et l\u2019on prouva par des arguments irréfutables qu'elles étaient illégales ; et\u2019 le 3 mai 1782, la chambre ordonna que la résolution du 17 février fut effacée des journaux comme étant subversive des des droits de tout le corps électoral du royaume.\u201d Ilya donc plus d'un siècle, en Angleterre, Wilkes, représentant les libertés populaires, triomphait du pouvoir combiné de la chambre des Communes et de la Couronne.Sera-t-il dit qu\u2019en notre siècle, lorequ\u2019il n\u2019existe aucun précédent, il se trouvera dans cette assemblée, une majorité nssez peu soucieuse de sa dignité pour commettre un tel outrage contre les libertés populaires et remonter au temps de la tyrannie ?Je ne me place pas, en cette affaire, au point de vu: du député de Laval.Rien de mieux n« pouvait lui arriver.Il en sort grandi devant l'opinion publique.Je défends nos libertés politiques, les droits populaires, la libercé de parole en cette chambre.C\u2019est au no: de ces principes parlementaires que je combats la proposition.J'avais cru, jusqu\u2019à ce jour, qu\u2019au-dessus des âpres luttes de parti, nous respections tous la constitution.Mon illusion s\u2019efface quand je vois la légèreté avec laquelle on ne craint pas de faire main basse sur ncs institutions parlementaires.Vous n'atteindrez pas votr« but.Le député de Laval reste avec res amis et l'appréciation de l'opinion publique.Cet acte arbitraire que vous allez enregistrer dans les procès-verbaux de cette chambre, avant longtemps, vous viendrez demander de l\u2019effacer.Vous pourrez en biffer l\u2019entrée, mais vous ne pourrez jamais l'effacer de l'histoire.Réfléchissez et n\u2019allez pas à la légère, porter atteinte à nosliber- tés parlementaires, que vous avez, comme nous, mission de défendre et de protéger.(Applaudissement.) M.FAUCHER DE ST-MAURICE rappelle, dans l'histoire parlementaire de ce pays, les mesures arbitraires prises contre Charles Bonc, député \u2018d\u2019effiingham (Terrebonne), et contre W.L.MacKenzie, à la législature du Haut-Canada, en 1831.Bourinot qualifie ces mesures d'arbitraires et 1llé- gales.La page où elles étaient consignées fut arrachée des journaux de la chambre.Allons-nous, dit le député de Bellechasse, retourner au temps de l'arbitraire et de la tyrannie où l'on emprisonnait les Blanchet, les 1'as- chereau, les Bédard ?L'hon.M.MERCIER\u2014 Question.L'orateur est de nouveau sur le .| point de poser la question.M.DuPLEssis.\u2014 Le député de Qué- bec-Ouest est abandonné de tous ses amis.Pas un seul ne se lève pour le défendre.Il est accusé.On ne peut pas soutenir raisonnablement qu'il n\u2019y a pas uno preuve très-sérieuse contre lui, et, s\u2019il est soucieux de son honneur, il doit ressentir amèrement la condamnation \u2018tacite de ses amis.On ne tient qu\u2019à défendre le procu- reur-général ; on a mème essayé, pour acheter notre silence, de faire déclarer de ce côté-ci que le procureur n\u2019était coupable de rien.Croit-on donner ainsi le change à l'opinion publique ?Le rapport de la minorité du comité contient une grave accusation contre ce ministre.Si ce n'est pas de la négligence ou de l'impradence qu'il a montré dans cette transaction du Table Rock, c'est de l'incapacité.Le gouvernement veut expulser un député de cette chambre sur une simple appréciation de faits.C'est une motion des plus dangereuses.Elle est de nature à semer la défiance parmi le peuple, à lui apprendre à mépriser ses maîtres.Son principe est arbitraire et c\u2019est le cas de rappeler ce mot d\u2019un penseur : \u201c Le génie de la démocratie contemporaine de V'ostracisme.\u201d Il y a de l\u2019autre côte de la chambre un système organisé pour violer la constitution.Il faut de l\u2019agitation au gouvernement national : il lui faut quelque chose pour faire oublier ses fautes aux yeux du peuple et l\u2019on jette toutes sories de questions devant le public.On veut détruire la constitution, détruire la confédération et comme on n\u2019a pas la force de l\u2019attaquer en face, on prend des moyens détournés pour y arriver.Cette motion a pour but de discréditer la législature, le pouvoir établi, afin que ceux qui remplaceront le gouvernement uctuel ne puissent plus inspirer confiance au peuple.Mais nous avons entrepris de défendre nos institutions parlementaires.Ils peuvent nous chasser un par un de cette chambre.Nous continuerons de lutter.Le principe de cette motion est si mauvais qu\u2019on ne voit pas un seul député de l\u2019autre côté se lever pour donner des explications.Si la motion d\u2019expulsion est adoptée, je demande en vertu de quelle loi on va expulser le député de Laval et qui va prendre la responsabilité de le sortir de cette enceinte.Ceux qui vont prêter la main à cet acte odieux et inoui auront un compte sévère à rendre devant le tribunal de l\u2019opinion publique.(Appl.) La chambre s'ajourne a six heures.SÉANCE DU SOIR La séance est ouverte à huit heures et demie et siège à huis clos jusqu\u2019à neuf heures.\u2018L\u2019hon.M.FLYNN reprend le débat sur la motion du député de Montmagny.La question qui nous occupe, dit-il, a une telle importance qu\u2019il faut la considérer sans esprit de parti, et s'il m\u2019échappe au cours de mes remarques une parole qui laisse croire que je la considère à ce point de vue, je les retire d\u2019avance.Nous attendions dans quelques heures la prorogation d\u2019une session laborieuse et voici que nous est soumise la plus sérieuse des questions qui soient venues devant cette chambre depuis plusieurs années.J'ai déjà signalé en cette Chambre plusieurs atteintes à la constitution et à la loi.La progression a été ascendante et voici le dénouement.Je n\u2019ai jamais mieux compris l\u2019existence d'une opposition constitutionnelle que depuis le commencement de ce débat.Sans elle les abus les plus intolérables existeraient.Je me gens fier aujourd\u2019hui d'être de cette opposition.Nous sommes sur le point d'écrire une page d\u2019histoire importante et je fais appel à l\u2019esprit de justice, au patriotisme éclairé des députés qui vont \u2018voter sur cette motion.C\u2019est le plus grand empiètement sur nos libertés parlementaires qui est en jeu.Le vent souffle aux changements de la constitution, et, comme l\u2019a -dit le député de Saint- Maurice, on veut forcer le peuple à demander des modifications.Dans un aussi grave moment, que signifie le silence de l'autre côté de cette chambre ?D\u2019aime mieux voir dans ce silence une protestation contre ceux qui sont responsables de cette motion.Je ne considère que la partie du la motion qui demande l'expulsion du député de Laval.Est-elle justifiée par les principes de notre constitution ?Le député de Laval est accusé d'avoir injustement et malicieusement accusé deux de ses collègues.Où est l'accusation injuste e t'malicieuse ?Il n'a pas porté d'accusation directe.Il a dit qu\u2019il était informé d\u2019une manière croyable.On ne vou- iait pas d\u2019abord accorder l'enquête, prétendant que.l'accusation n\u2019était pas directe.On a fini par l\u2019accorder et aujourd'hui l'on vient parler d\u2019accusation injuste.Je de.nande que l\u2019on cite une seule autorité en Angleterre ou ici pour justifier cette motion.Le député de Laval a fait de bonne foi une déclaration.Il se dit loyalement informé de l'existence de faits trés graves.On accorde une enquête et un rapport est fait.Les uns disent qu\u2019une preuve a été faite, les autres le nient.Simple question d\u2019appréciation.Où est le crime ?Je m'étonne que l'on ait pu préparer une semblable procédure.Pourquoi un député peut- il être expulsé de la chambre d\u2019après la constitution anglaise ?Plusieurs cas sont mentionnés dans la loi : faux, parjure, malversations, etc, libelle contre la chau.bre.Y at-il en ce cas-ci libelle contre la chambre ?Je ne voudrais pas discuter la question : elle n\u2019est pus sérieuse.La motion viole les droits du député de Laval et les droits et privilèges de cette Chambre.C'est ce qu\u2019elle a de plus grave.Les membres de cette Assemblée jouissent de la liberté de discussion.Le député de Laval a fait en sa qualité une déclaration, sous le contrôle de cette Chambre.À moins de libelle commis par lui, il n\u2019y a pas lieu de sévir.Sans ceite protection accordée aux députés le aystème constitutionnel ne peut fonctionner.(Ici le député de Gaspé cite May, sur la liberté de discussion).Nous avons conquis aux prix de bien des sacrifices nos libertés populaires, nos institutions actuelles.La constitution est une chose sacrée.Voilà pourquoi nous protestons avec tant de d'énergie contre la violation qu\u2019on veut en faire.Le résultat de l'adoption de cette motion sura le discrédit pour notre législature.Pour le député de Laval ce sera un surcroit de popularité.L'histoire se répète.Comme Villers comme toutes les autres victimes de .l\u2019arbitraire, Leblanc sera renvoyé ici par le vote populaire, et la même chambre qui l\u2019aura expulsé biffera des journaux l\u2019entrée qu'on y faire.Il n\u2019y a pas de précédent pour justifier cette procédure.On n'en a pas indiqué de l'autre côté.Cette chambre a-t-elle le drvit d\u2019expulser le député ?Qnaud elle aura prononcé son verdict, que le député de Lavel Vienne prendre son siège et qu\u2019on le chasse de cette enceinte les tr bunaux maintiendrout-ils cette procédure ?Que l\u2019on y prenne garde.Il y a quelque chos : au-dessus de cette chambre : c\u2019est la constitution c\u2019est la loi, c\u2019est l\u2019eternelle justice ! Si la majorité de cette chambre peut chasser d\u2019une manière arbitraire le député de Laval elle a le méme droit de prononcer l'expulsion contre moi et mes collègues, au comité qui ont pris la responsabilité d sa déclaration.Elle peut chasser de même tous les membres de la minorité.Que deviennent alors nos libertés constitutionnelles ?Sommes-nous sous le règne de la terreur où l'arbitraire et le despotisme remplacent la justice ?J'ai confiance que le peuple comprendra assez cette question pour s'élever contre cette mesure.Je lui demanderai de se prononcer cet acte odieux qui porte atteinte à ses droits et à ses libortés.Je fais appel à la bonne volonté des députés et je demande qu\u2019on arrête, qu\u2019on retire cette motion.Le premier ministre n\u2019a pas encore exprimé son opinion, mais il est responsable de la discussion en cette chambre et il nous a permis de parler depuis hier, sans dégager sa responsabilité.Ce gouvernement a pu commettre des fautes, mais pas unen\u2019est comparable a celle ci.Le gouvernement 4 \u2014\u2014_\u2014_ est le gardien de la constitution ; quand il la viole, cela devient un scandale dont nous sommes témoins et le plus grand dont il ait été question dans l\u2019histoire parlementaire de ce pays.Le devoir nous oblige à défendre pouce par pouceles droits et les privilèges de cette assemblée jusqu'à ce que le principe pour lequel nous combattons ait triomphé.Ledépuié de Gaspé termine en faisant l'éloge du député de Laval et en déclarant que ses amis le soutiendront dans son comté et dans la province.M.MACINTOSH propose l'ajournement du débat et la chambre s'ajourne vers dix heures, 31 mars 1890.La chambre a siégé quelques minutes avant une heure, après un long caucus ministériel, et s\u2019est ajournée jusqu\u2019à trois heures.\u2019 Elle s\u2019est réunie de nouveau vers quatre heures.L\u2019hou.M.Mercier dit qu'il n'a jamais été aussi embarrassé de parler qu\u2019en celte circonstance.Il a cru prudent de se taire depuis le commencement du débat.Il avait d\u2019ailleurs été entendu qu\u2019aucun ministre n\u2019adresserait la parole avant qu\u2019on fût arrivé à une décision définitive.Nous comprenons que ce débat devait être fait avec calme et modération.Il regrette que cette attitude n\u2019ait pas été comprise.On y a vu une iusulte, un acte de faiblesse.Le débat actuel est grave à cause des accusations portées par le député de Laval et à cause de la demande d'expulsion.\u2018L\u2019accusation portée par le député de Laval contre un député et un ministre de cette chambre était des plus graves.Le député de .Laval à mis son siège au jeu.C\u2019est lui d\u2019abord qui a demandé par sa déclaration l\u2019expulsion du député de Québec-Ouest et du procureur-général.Il n\u2019a pas prouvé ses accusations et nous ne faisons Que le suivre dans la voie qu\u2019il nous a tracée.Il estinutile de discuter le mérite du rapport de la majorité.On discuterait vingt ans sans arriver à aucun résultat.C\u2019est son avis que l\u2019accusation du député de Laval n\u2019a pas élè prouvée.Tel étant le cas, la conséquence est la perte du siège de Leblanc.Ici se présente une question de droit et de convenance.Le parlement impérial à le droit d\u2019expuiser ses membres pour certaines raisons.Un mensonge de propos délibéré au cours \u2018d\u2019un débat est une de ces raisons.Le parlement fédéral s\u2019est donné ce droit en vertu de la section 18 de la constitution par l\u2019acte 31 V., C.24 qui accorde à la chambre des Communes en ce pays tous les pouvoirs et privilèges des Communes en Angleterre.La législature de Québec s'étail arrogé ces mémes pouvoirs ¢t privileges par l'acte 32 V., G.4 qui fut désavoué, quant aux pouvoirs.Cette chambre n\u2019a douc pasle droit d\u2019expulser un de ses membres ; si elle le faisait ce serait plus qu\u2019une folie, ce serait un crime.Elle a le droit de censurer le député de Laval, mais il ne serait pas sage de le faire, dans les circonstances.Elle peut se contenter de l\u2019adoption du rapport.Si cette proposition est adoptée, la dignité de la chambre sera satisfaite.On est libre de voter comme on voudra sur cette motion.Ce n\u2019est pas une question ministérielle.Blle est destinée à mettre fin à un débat pénible et scandaleux.M.Mercier fait une longue motion qui se termine en disant que la chambre, n\u2019ayant pas la pouvoir d\u2019expulser un de ses membres, l\u2019ira pas au-delà de l\u2019adop tion du rapport du couite d\u2019enquête.M.PouporE dit qu\u2019il est revenu en cette chambre pour aider le député de Laval menacé d\u2019expuision.Maintenant le premier ministre ne veut plus l\u2019ex clure, parce qu'il n\u2019en a pas le droit Mais, quand même celte chambre aurait ce droit, il n\u2019y aurait pas lieu de l\u2019exercer contre M.Leblanc, qui à rendu un grand service au public en dévoilant le scandale du Table-Rock.Il propose comme sous-amendement, appuyé par M Desjard'ns une lougue résaluton con- eluant comme suit : 1o Que la conduite de M.Owen Murphy dans cette affaire est gravement repréhensible ; 5 que le rapport du comité des privilèges et élections ne soit pas adopté.M.HarL appuie la proposition du député de Poutiac.Il étudie les circonstances bien connues de la transaction ° yy of SCORN AL RA tenues.ar.- du Table Rock,telles qu\u2019elles ressortent de l\u2019enquête au comité des privilèges.Il établit que la preuve a complètement justifié la déclaration faite en cetle chambre par le député de Laval, et quand même il n\u2019aurait pas réussi à prouver les faite dont il se croyait informé d\u2019une manière croyable on n'aurait pas le droit de conclure qu\u2019il s\u2019est rendu coupable d\u2019infraction aux privilèges de cette chambre.À six heures la chambre s\u2019ajourne.SÉANCE DU SOIR ja séance est ouverte à huit heures.M.Roninoux continue le débat sur la | question Leblanc.11 prétend et cherche à prouver que l\u2019aecusation faite par le député de Laval était injustifiable, injuste et méchante et que le député de Laval a mal agi en la faisant.Il dit que l'accusation contre Je procureur général d'avoir reçu un bonus n\u2019a pas eté soutenue Il conteste la crédibilité sous serment du témoin Gourdeau qui a prouvé l\u2019accusation portée contre le député de Québec-Uuest.Le député de Laval eut mérité d\u2019être expulsé ou censuré.Les amis du gouvernement, en l\u2019épargnant avec générosité, jouent le beau rôle dans cette circonstance.En terminant, le député de Chateauguay exprime sa satisfaction de ce qu\u2019on ait terminé cette affaire par la clémence.M.glAILLON.\u2014Les dernières paroles du député de Chateauguay sont elles une pointe satirique à l'adresse de ses amis.ll a bien dit ce qu\u2019il a dit, mais le raisonnement a fait défaut.La position est bien changée depuis la semaine dernière.Je crois que la dernière proposition a été plutôt dictée par la crainte que par la clémence.Il est arrivé à nos adversaires des renseignements du dehors.Leurs meilleurs amis reniaient \u2018leur acte.Voilà le motif de leur clémence.Avons-vous demandé la cléience ?Non.Nous avons déclaré que nous ne voulious pas de faveurs.Vous avez eu peur de votre motion.Nous restons fiers de notre position.La motion du premier ministre a bien renoncé à l\u2019idée d\u2019expulsion ; mais, elle tient uu langage si injurieux à l\u2019adresse du député de Laval que j'ai cru qu\u2019il appartenait au chef de l\u2019opposition de repousser ces insultes à l\u2019adresse d\u2019un députe qui a toute monestime et -ma sympathie.Le premier ministre cite un passage de May et il en conclut qu\u2019en Augleterre l\u2019expulsion d\u2019un député est chose ordinaire et facile.Je ne donne pas à cette citation la même interprétation et je crois qu\u2019il se trompe étrangement, que dans le cas actuel il n\u2019y aurait pas même lieu de réprimander le député de Laval.Nous avions des renseignements sur l\u2019affaire Table Rock, nous \u2018les avons donnés à la chambre et nous les avons prouvés.M.Gourdeau était un homme croyable, bien posé dans lasociété, et ses informations étaient corroborées par les circonstances qui nous étaient connues.Quand même le député de Laval aurait failli de prouver sa déclaration basée sur ses renseignements, il fut resté justifiable de l\u2019avoir faite.On ne peut pas prétendre sérieusement que le procureur-général ait été accusé.La preuve faite par le député de Laval n\u2019a pas été détruite : elle est contredite par le député de Québec-Ouest seul, un moin intéras:é, dont le témoignage ne vaudrait pas devant un tribunal civil.Le récit circonstancié de M.Gourdeau a tous les caractères de la vraisemblance et de la véracité.Il n\u2019a pu raisonnablement imaginer ces faits, tandis que le député de Québec-Ouest peut avoir oublié.Ou :met en doute la crédibilité de Gourdeau, parce qu'il a signé un écrit faux pour recèvoir ce qui lui était dd.Mais celui qui a exigé cet écrit pour payer ce qu\u2019il devait, ne serait pas plus digne de foi.Au reste, la conduite de M.Gourdeau, dans cette circonstance, est parfaitement expliquée par les témoignages à l'enquête, Le premier ministre admet qu\u2019il y a des hommes parfaitement responsables qui croient que ie député de Laval a prouvé ses accusations.Qu\u2019il respecte donc nos doutes, s\u2019il veut qu'on respetce les siens, et qu\u2019au lieu d\u2019iusulter de nouveau, comms il le fait pour son amendement, le député de Laval.en laisse les choses telles qu\u2019elles sont.A la Chambre des Communes en Augleterre, on ne réprimanderait pas le -\u2014 Evade ea maa amie EC RRQ député de Laval, on le remercierait d\u2019avoir eu le courage de faire la déclaration qu\u2019il a faite, En ce pays, une législature n\u2019a de droits inhérents que ceux qui sont absolument nécessaires à l\u2019exercice de ses fonctions.Il faut qu\u2019elle passe des lois en vertu desqueiles elle pourra sèvir dans tel ettel cas.Tl faut un instant pour baser l\u2019action de la chambre, et cu principe est sage.L- parlement s\u2019est donné une telle loi.Notre législataru n\u2019en a pas.On a parlé de mettre son siège au jeu C\u2019est une question d'honneur, de délica tesse.Si le deputé qui a fait une décla ration a encouru le blâme de la généras lité de la chambre, sa main n\u2019y est plu.tenable.Ce n\u2019est nullement le cas ici L\u2019appui que nous lui donnons repose autant sur la 1aison que sur Ja sympathie que nous lui portous, et il peut marcher la tête haute en cette chambre.Le chef de l\u2019opposition relève ensuite quelques remarques du premier ministre.Jn nous dit que les conservateurs ont tort de crier à la persécution en cette affaire.Les prouve que nous avons eu raison, c\u2019est que le gouvernement à dû céder.Le premier ministre dit que la question n\u2019est pas de savoir si la proprieté a été sacrifiée.Je trouve que c\u2019est un pen la question.Après ce qui s\u2019est passé, dit en termi nant le chef de l\u2019opposition, je me de maude si les hommes d\u2019Etat, en Angle terre, qui hésitaient à nous accorder les libertés que nous demandions, croyant que nous nue saurions pas nous en servir n\u2019avaient pas raison.Nous n\u2019avons pas toujours donné l\u2019exemple de la sagesse et de la modération dans l'exercice de ces libertés.| L'où venez-vous ?lisait on ce matin dans un journal à propos de ce qui se passe.Je demande à mon tour où allons- nous ?En 1878 un lieutenant gouverneur prenait sur lui de déclarer qu\u2019il ne voulait plus accorder sa confiance à la majorité de la chambre.Plus tard, on à voulu uous faire pro, noncer sur une question qui n\u2019était pas du ressort de otre législature, ** Lu conférence interprovincialea été une autre tentative de changements.On méprise tous les priucipes de saine législation.La conversion de la dette a mis notre province à deux doigts du dé shouneur.On a voulu baillonner un député, on a voulu en expulser un.enfin Nous avons protesté avec iné gnation On s\u2019est moqué de nous.Nos adver-aires rient jusqu\u2019àce qu\u2019après s\u2019être lancés dans une entreprise comme celle ci, ils soient obligés de reculer encore.Nous devrions donner au peuple l\u2019exemple du respect de nos institutions, nous qui sommes à mème de mieux les apppécier.C\u2019est là que les minorités, c\u2019est là que le peuple doit trouver son salut.L'hon.M.TURCOTTE dit que le député de Laval aurait dû faire apologie après avoir failli de prouver son accusation contre lui.Il explique de nouveau la transaction du Table Rock, soutient que c\u2019est une excellente affaire et réaffirme son défaut de confiance en M.Rivard.Ii proteste de son honnêteté et se plaint de la manière dont il a été traité.L'hon, M.FLynn\u2014C\u2019est le cas de dire que de la discussion jaillit la lumière.u trois jours de discussion, nous avons fait céder le gouvernement et pris le contrôle de la chambre.Il faut épargner les vaincus \u2018et je ne veux que relever certaines remarques du procureur générai afin de bien définir la situation.11 dit que nous avons fait une discussion inutile : mais elle a été si utile que le gouvernement à reconnu que nous avions raison et que le député de Mont magny a eu tort.Nous avons triomphé et nous pouvons nous féliciter de la lutte.C\u2019est la plus grande victoire que nous puissions remporter.C'est une victoire morale qui sera comprise par tous les hommes intelligents.Le plus grand scandale dont nous ayons été témoins depuis longtemps a êté la motion du député de Montmagny.Le gouvernement a commis un attentat à la constitution, car le gouvernement n\u2019a pas dégagé sa responsabilité dans celte affaire.C\u2019est de sa part une tentative pour empêcher les membres de cette chambre de porter aucune accusation contre le gouvernement.Je suis heureux pour le procureur- général qu\u2019il n'ait pas été prouvé qu\u2019il eût reçu de l\u2019argent ou aucune promesse + en rapport avec la transaction.Mais nous ne pouvons taire qu\u2019il a commis un acte imprudent et c\u2019est ce que dit le rapport de la minorité.ll peut s\u2019en prendre à ses amis de tout le tapage qui a été fait autour de son nom.Dans l\u2019amendement,le premier ministre fait un reproche au député de Laval de ne pas avoir offert une apologie au procureur général.Pas un reproche u\u2019a été fait au député de Québec Ouest Je signale le fait, sans l\u2019apprécier.Faut il en conclure qu\u2019ily a une différence entre les deux cas, dans l'opinion du premier ministre.La motion du député de Montmorency à élé rédigée par un ministre et il y à solidarité entre les ministres.Le premier ministre qui est le gardien des privilèges de la chambre a dû délibérer avant de la mettre entre les mains de son ami.Au reste, il était prêt à voter sur cette motion, et il peut remercier la Providence de ce que nous ayons continué la discussion aussi longtemps, car il aurait voté pour cette motion.D'où vient sa conversion à la dernière heure?De lacrainte du peuple, sans doute.Il a fait une de ces retraites qui ne rendent pas célèbres les généraux qui les font.Pour se consoler, il sen prend au gouvernement fédéral parce qu\u2019il vient dedécouvrir que c\u2019est sa faute s\u2019il ne peut expuilser le député de Laval.Le premier ministre donne, dans son amendement, toutes les raisons pour lesquelles lo député de Laval devrait être expulsé, et il conclut tout simplement 4 adoption du rapport.ll sied mal dans ces circonstances, de parler clémence.Le député de Laval et ses amis n\u2019en ont pas besoin.Els s'appuient sur quelque chose de plus solide, sur le roc de la constitution.Le député de Montmagny, le premier mivistre et ses amis ont reconnu leurs \u2018fautes.Ils devraien t faire réparation d'honneur au député de Laval en cette chambre.M.Descuènes (L\u2019Islet) fait de la déclamation pour dire que c'est le parti libéral qui respecte les libertés populaires et que le député de Lavai mérite d\u2019être traité en calomniateur.M.CascraiN\u2014La chambre et le pays sont convaincus que dans cette affaire du Table-Rock il y a un scandale et que les accusations de M.Leblanc sont parfaitement prouvées.Il lit l\u2019Etendard, du 31 mars qui publie un article condamnant cette transaction.La question se réduit à ceci: Est-ce que le marché fait par le procureur-général était avantageux, Oui ou non, à la province?Il a été démontré et prouvé devant le comité que les intérêts de la province ont été sacrifiés.[I a été prouvé aussi que M.Murphy avait dit qu\u2019il avait été obligé de payer un bonus de $3,000- à quelqu\u2019un dans cette affaire, et ce quelqu'un, il insinue que c'est un ministre de la Couronne.\u2018 Chut, c\u2019est une affaire sérieuse.\u201d Le premier-ministre est responsable de la motion de M.Bernatchez, quoiqu\u2019il ait voulu cette après-midi répudier cette responsabilité.Cette motion était celle du secrétaire - provincial, celle du premier-ministre lui-même.Mais le- gouvernement a eu peur de l'opinion publique, et il a reculé.Nous avons défendu en cette chambre les libertés opulaires et nous avons triomphé.Nous sommes la minorité en \u2018cette chambre, mais de jour en jour, nous.devenons la majorité dans le pays.M.BERNATCHEz donne quelques explications.M.GAGNON est encore d'opinion.que cette chambre a le droit d\u2019expulser Un député, et voilà pourquoi il votera pour- la punition du d puté de Lavalsous-amendement du député de Pontiac est mis aux voix et rejelé sur la division suivante : Pour: MM.Taillon, Blanchet, Robertson, Fiyon, Desjardins, Poupore.Deschône (Témiscouta|, Picard, Lapointe, Beauchamp,Duplessis,Casgrain, Nantel, Faucher, Spencer, England, Tourigny, Martin, Baldwin.\u201419.Contre: MM.Mercier, Shehyn, Gagnon, Duhamel, Robidoux, Cardin, Bisson, Pilon, Tessier, Bernatchez, Rinfret Girouard, Laliberté, Deschêne, Lussier, Bazinet, Gladu, 'l'essier, Morin, Rocheleau, Forest, Champagne, Bourbonnais, Trudelle, Pelledier, DeGrosbois,Dumais Goyette, Dostaler, Legris.\u201430.L\u2019amendement Nercier est adopté sur la même division.Le député de Laval reprend son siège aux applaudissements de ses amis.La chambre s\u2019ajourne à 1,30 heures. ASSEMBLEE LEGISLATIVE 1er avril 1890.Ja séance est ouverte à onze heures, re M.MurPHy propose que l'original des documouts rela ifs à l\u2019affaire Tablu Rock produits à l\u2019enbuête devant le comité des privilèges lui soit remis.Adopté.L'hou.M.SHuHyN propose que la chambre se forme en comite des subsides.M.NANTEL rappelle qu\u2019il a proposé un\u2019 bill au suj-t des emprunts publics et que la chawbre eu à disposé d\u2019une manière un peu sommaire.Dopuis 1875-76 nous n\u2019avous marché que sur des emprunts.Jene suis pas en principe coutre les empruvls, j'en comprends la nécessité dans les circonstances de notre province.Aussi je ne coudamne pas les emprunts pour I's grandes ameliorations publi- que-.Musced quoi je m\u2019oppose, c'est que les emprunts soient contractés roit our payer les dépenses ordiuaires oun es depeuses spéciales, comme il plait au gouvernement actuel de les appeler.Le sujet est d'une telle importance que même à celle époque avancée de Ja ses, sion, on ue peul le passer sous silence.- Le bill que j'ai présenté devait, ce me semble, être accuvilli avec faveur par le premier ministre, qui s\u2019est toujours élever avec énergie Contre le système des einprunts publics.Daus un discours célèbre prououcé le 9 juin 1881, le premier ministre disait que le jour ou Nous Ne pourrions compter que sur l'aide du gouvernement fédéral notre province serait pres de la déché nce.Ii nous trouvait pauvres alors que nous n\u2019avions que $3,000,000 de dette.Que faut-il peuser d= notre situation aujour- d\u2019hui ?Li ajoutait que la continuation du systéme des emprunts allait évidemment nous conduire à une catastrophe.Mais depuis 1887, nous avons augmenté nos dépènses vcoutrôlables de trois quarts de million.Que diraitil aujour- d\u2019hui ?S'il était conséquent il parlerait our uous.Il dirait ce que nous disons.| parlait en 1883 alors d\u2019une réforme radicale que l\u2019on réclamait il la refuse aujourd\u2019hui.Pourtant la situation est bien pire.Nous sommes en face d\u2019un passif de $27,000,000.En 1885, dans un discours prononcé a I'tle d'Orléans, le premiereministre s'est efforcé, avec une force de logique que n\u2019exclut pas l\u2019imagivation, d\u2019anéantir notre actif, qu\u2019il disait-alors n\u2019dtre que de $600,000.Il se plaignait de ce que nous avions alors une dette de $21,000,000, \u2018Cette dette, il l'a aug- menlée et il se propose de l\u2019augmenter encore par des emprunts nouveaux,loin d'essayer à la diminuer.Les propres discours de nos adversaires les condamnent.lls ont retiré uve somme totale de plus de six millions provenant du capital ou de l'imposition de taxes nouvelles, depuis leur arrivée au pouvoir.la dette flottante était alors de quatre millions, admettons-le pour les .besoins de la discussion.Nous devrions donc avoir en caisse près de trois millions.Au contraire, il n\u2019y reste rien.Pourquoi ?parce que les dépenses ont été augmentées dans une proportion alarmante.Pour faire des emprunts, il faut s\u2019efforcer d\u2019abord de réduire au minimum les dépenses ordinaires.Pourquoi peut-on emprunter, et dans quelles conditions peut-on emprunter ?Pour faire des améliorations ou pour réaliser des bénéfices.Leroy-Beaulieu, une autorité en matière de finances publiques, dit qu\u2019en s\u2019écartant de ce rincipe un gouvernement s'expose à aire des œuvres d'ostentation, des travaux superflus, comme ici le coûteux mur d'enceinte des édifices législatifs.Il faut aussi, ajouter l\u2019economiste, tenir compte des obligations publiques et des circonstances politiques.Le député de Te rebonne cite Colbert sur le danger des emprunts, et Gladstone sur l\u2019emploi qu\u2019il convient de faire des emprunts publics.C'est d'après ces priucipes immuables d\u2019économie politique que les gouvernements conservateurs ont contracté des emprunts pour de grandes améliorations publiques.Le gouvernement actuel a méconnu ces principes.Il a adopté la méthode vicieuge et condumnée par les économistes de la division du budget en dépenses ordinaires et dépenses spéciales.ll a mis au compte des dépenses ordinaires des dépenses qui ont un caracière permanent, comme les ponts de fer, et il pourvoit à ces dépenses au moyen d\u2019emprunts.Il a mème entré comme dépense spéciale .la photographie des orateurs de celte chambre.Les budgets extraordinaires, dit Leroy-Braulien, ont toujours été un signe de retâchement dans l\u2019administration financière, un signe de décadence dans les finances publiques.C\u2019est le cas dans le moment actnel.Le premier ministre a terminé la session de 1885 par une motion qui résumait exactement la situation actuelle et où il exprimait l\u2019\u2019dée que le gouvernement ve devait plus avoir recours aux emprunts publics, sous peine d\u2019exposer la province à la banqueroute.La sitnation est beanconp plus grave anjourd\u2019hniet le premier ministre n\u2019a plus ces idées-là.Il menaçait le gouvernement d'alors du biâme de la province.Ne craint-il pas lui-même aujonrd'hui cette condamnation, s\u2019il ne met pas fin au système de nouveaux emprunts quand la dette flottante de son gouvernement est beancoup plus grande que dans ce temps, et de même la dette publique et la dépense courante.Le député de Terrebonne propose comme amendement, appuyé par M.Picard : Que tous les mots après \u201c que \u201d soient retranchés et remplacés par les suivants.Cette chambre est prête à voter les subsides à sa Majesté, mais se rappelant les déclarations passées de l\u2019hon.premier ministre et son parti pendant qu\u2019ils étaient dans l'opposition à l'effet que toute augmentation de la dette publique conduirait à la ruine de la province et à l\u2019union législative, considérant que, sans égard à ces déclarations, le cabinet actuel a contracté an nouvel emprunt de trois millions cinq cent mille piastres et dépensé sans l\u2019autorisatien de la légis lature près de deux millions de piastres du fouds d'emprunt spécial déposé par certaines compagnies de chemins de fer , considérant que par sa pratique extra- | vagante, le gouvernement est en voie de rendre nécessaire de nouveau emprunts pour faire face à ses dépenses d\u2019admiñistration et solder la dette floi- tante ; Cette chambre ayant en vue'le salut de la Province, déclare qu\u2019il serait fatal à nos institutions et au crédit publie de contracter aucun emprunt additionel sans que tel emprunt ne soit préalablement soumis à l\u2019approbation du corps électoral, et de dépenser sans l\u2019autorisation de la majorité des deux chambres de la législature, aucune somme d\u2019argent faisant partie de dépôts-des com pa- gnies de chemins de fer ou autrement tenues en fidei-commis.L\u2019hon.M.Snexyn fait quelques remarques décousues sur l\u2019amendement.L'hon.M.BLANCHET\u2014Nous devons plus aujourd\u2019hui qu'en 1886 et uous dépensons plus.Voilà deux faits non contestés.Si alors, le premier ministre parcourait la province en disant que nous allions à la ruine, nous avrions donc plus raison de le faire aujourd'hui.Le système d\u2019administration actuel nous conduit à la taxe directe.La question de l\u2019opportunité de nouveaux emprunis doit être soumise au peuple.Ce principe à été nosé par nos adversaires eux-mêmes en 1886.Le député de Terrebonne demande que ce prinncipe soit appliqué.C'est juste pour cette chambre et pour le peuple.: M.DEsJARDINS relève cerlaine remarques du trésorier au sujetde la dette publique.L'hon.M.TaiLtoN dit que cette idée de faire approuver un emprunt par le peuple n\u2019est pas tout-à-fait conforme à l\u2019esprit de notre constitution.Mais il croit que la prodigalité du gouvernement rend cette précaution necessaire.Il est temps de s'arrêter surla pente desextravagances et le peuple compren dra sans doute.Le vote est pris sur l\u2019amendement avec le résultat suivant : Pour \u2014MM.Taillon, Blanchet, Flynn, Duplessis, Poupore, Deschênes (Témis couata), Picard, Lapointe, Beauchamp, Casgrain, Leblanc, Nantel, Spencer, England, Tourigny, Martin, Baldwin.Contre.\u2014MM.Mercier, Shehyn, Turcotte, Duhamel, Robidoux, Murphy, Gardin, Bisson, Pilon, Tessier, (Portneuf ), Bernatchez, Rinfret, Girouard, Laliberté, Lussier, Bazinet, Gladu, Tessier, [Rimouski], Morin, Forest, Rocheleau, Champagne, Bourbonnais, Trudel, Pelletier, de Grosbois, Dumais, Goyette, Dostaler, Legris.\u201430, JOURNAL DFS CAPAGNFS Or La chambre se forme en comité des subsides et adopte quelques items.La chambre s\u2019ajourne à une heure.SEANCE DE L\u2019APRES-MIDI La séance est ouverte à trois heures et demie.L'hon.M.SH&uyn propose que Ja chambre se furme en comité des subsides.: L\u2019hon.M.RoBERTsON propose comme amendemeul que cette chambre regretie que le gouvernement n\u2019ait pas jugé à propos d\u2019amender la loi des licences de manière à réduire les ravages de l\u2019intempérance.L'amendement est rejeté sur une division de 16 contre 28.La chambre se forme en comité et adopte quelques items des comptes pu blics, puis le comité se lève.l\u2019hon.M.SHenyn propose que la chambre se forme de nouveau en comité des subsides.M.BsAUCHAMP propose, comme amendement, appuyé par M.Lapointe : \u201cQue tous les mots après \u201c que \u201d soient retranchés et remplacés par les suivants : \u2018 Cette chambre est préte a voter les subsides à Sa Majesté, mais elle proteste contre le paiement de la somme de $1,000 pour l\u2019impression du discours prononcé par l\u2019hon.Honoré Mercier, premier-ministre,au club national do Montréal le 6 novembre 1889, cette somme ayant été prise sur un crédit voté pour des fins d'intérêt public et uon de parti.\u201d s'hon.M.MERCIER propose un sous- amendement räppelant qu\u2019un discours du député de Montmorency sur le budget a été imprimé et distribué aux frais de la province.Jl sait que c'est irrégulier mais il veut que cette motion figure dans les journaux de la chambre.L\u2019Uraleur décide, après avoir lu le sous-amendement, qu\u2019il ne peut être soumis à la chambre.Le premier ministre observe avec humeur qu\u2019il n\u2019est pas le premier veuu en cette chambre et que l\u2019Orateur doit ordonner que cette motion soitentrée dans les journanx de cette chambre.Un débat s'élève sur la question de savoir si une proposition déclarée hors d'ordre doit trouver place aux procès verbaux de la chambre.L\u2019hon.M.FLYNN proteste contre la procédure adoptée par le premier minis- trecomme étant un nouvel empiéte.ment contre les privilèges de cette cha m re.L'ORATEUR réserve sa décision.L\u2019'hon.M.TaiLLoN.\u2014 Le premier ministre dit qu\u2019il a fait publier ce dis cours pour instruire le peuple Ça serait commode'si on pouvait faire imprimer aux frais de la province un discours prononcé devant un club politique.Où irons nous-nous avec ce système?La discours du député de Montmorency sur les finances avait été prononcé en chambre et il avait presque le caractère du discours sur le budget.Au reste nos adversaires ont blâmé la dépense pour impression de ce discours, et même si les circonstances étaient les mêmes,ilsfdevraient approuver le blâme contenu dans la metion du député des Deux-Montagnes.Il y a toute la différence du monde, on le comprend, entre le discours prononcé en cette chambre, contrôlée par la discussion, et une ba- rangue adressée à une assemblée de partisans politiques.L'hon.M.TuncoTTE combat l'amende ment.MM.Blanchet, et Casgrain, et Nantel l\u2019appuient tour à tour.M.LEBLANE désire proposer le sous- amendement suivant, bien qu\u2019il sache que la proposition soit irrégulière : Que tous les mots après \u2018 que \u201d dans le sous amendement soient retranchés et remplacés par les suivants : \u201c Que dans l'opinion de cette chambre le gou- vernemont est d\u2019autant plus bldmable d\u2019avoir payé $1,000 pour un discours faiten dehors de cette chambre que l\u2019hon.premier ministre a proposé en 1884 une motion b!dmant le gouvernement d\u2019alors d\u2019avoir payé$1,500 pour l\u2019impression d\u2019un discours fait en cette chambre par le député de Montmorency.\u201d L'ORATEUR réserve sa décision comme pour le sous amendement Mercier.L'amendement est mis aux voix et rejete sur une division de 16 contre 29.La chambre se forme en comité des subsides et s\u2019ajourne 2 six heures.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014ert> Get Are reer enas MADEMOISELLE CECILE BROUSSEAU La mort vient encore une fois de visiter la demeure du propriétaire de cet établissement.Deux mois à peine après le décès du regretté M.Léger Broussesu, sa fille cadette, mademoiselle Cécile Brousseau, est allé rejoindre au-delà de la tombe le père qu\u2019elle a tant pleuré.Elle n'avait pas vingt ans.C'était la fleur printanière dont les soleils ardents de la vie n'ont pas tari la sève, mais qui ne vit qu\u2019une saison parce que ses racines ne tiennent pas à la terre.Elle meurt à cet âge propice où le passé ne jette pas encore d'ombre sur l'avenir; elle meurt au seuil de la jeunesse, dans la blanche parure de pureté, de candeur, de piété douce et tendre dont son âme était ornée.Nous ne la plaignons pas: elle est partie pour le royaume de la lumière, de la paix et de la jeunesse immortelle.Mais à la famille accabl'ée par ce nouveau deuil, à l\u2019épouse et à la mère dont le cœur est transpercé de tant de glaives, nous disons : courage et espérance.Courage, car l\u2019épreuve est un creuset par lequel Dieu fait passer ceux qu'il aime.Espérance, car les deuils d'ici-bas sont éphémères, et au-delà des tristesses et des adieux de la terre, il y a les joies inénarrables de la réunion gloriense au sein la patrie éternelle.L\u2019HON.CHS.ALLEYN L'honorable M.Alleyn, qui vient de s'éteindre après une longue maladie, avait joué un rôle important, dans notre société canadienne.Il était né en septembre 1817, à Myrus Wood, Cork, Irlande.Il avait fait ses études à l\u2019école de Fermoy et au collège de Clangowes, dans le comté de Kildare.Il vint au Canada en 1834, avec son père le commandant R.J.Alleyn, de la marine royale, qui fat député-maître de la Trinité à Québec.Il fat admis au barreau canadien en 1840.En 1849 il épousa mademoiselle Aubert de Gaspé, fille de M.P.À de Gaspé, seigneur de Saint-Jean Port-Joli, et auteur populaire des Anciens Canadiens, des Mémoires qui ont eu tant de succès.M.Alleyn fut élu à Québec, comme représentant irlandais, en 1854, et siégea dans la législature du Canada uni jusqu\u2019en 1866.En novembre 1857 il entra dans le cabinet Macdonald-Cartier en qualité de commissaire des Travaux-Pablics.En août 1858 il devint secrétaire- provincial dans l'administration Car- tier-Macdonald, et occupa ce poste jusqu\u2019au 21 mai 1861.date à laquelle le cabinet donna sa démission pour faire place au ministère Macdonald- Sicotte.[| M.Alleyn fut réélu aux élections de 1863, pour la division de Québee- Ouest.Enfin, en 1866, il fut nommé shérif de Québec, position qu'il occupait a sa mort.RENEE M.Buies vient de faire paraitre un nouvel ouvrage, qni a pour titre \u201c Récits de voyage:,\"\u201d el qui comprend trois division principales ; lo.Sur les Crrands Lacs ; 20.À travers les Laurentides ; 80.Promenade dans le vieux Québecmuse cames ee =: 2e 6 ASSEMBLEE LEGISLATIVE 1 avril 1890 SEANCE DU SOIR La séance est ouverte à huit heures.L'hon.M.SHEHYN propose que la chambre se forme en comité des subsides.L'hon.M.BLANCHET croit devoir attirer l'attention de la chambre sur les fautes commises par le gouvernement dans une branche des dépenses.Les impressions sont faites aujour- d'hui sans soumissions, et il a été constaté devant le comité des comptes publics que les prix payés pour impressions depuis que le gouvernement est au pouvoir ont été exorbitants, notamment pour l\u2019impression des Statuts R-fondus.Ce mode de procédure est contraire à l'intérêt public.Ces avances d'argent ont aussi été faites inconsidérément pour impressions.Il propose comme amendement : Cette chambre est prête à voter les subsides à Sa Majesté, mais elle déclare qu'il est de son devoir de censurer le gouvernement de ce qu\u2019il n'ait pas demandé de soumissions publiques ou nese soit pas servi de celles offertes en 1886 pour les impressions des ministères et de la Chambre, fiureant perdre ainsi à la Province des sommes considérables ; Cette chambre regrette aussi que le gouvernement ait, suns les offrir a la compétition publique, fait exécuter les travaux d'impression et de reliure des Statuts Refondus étant encourue, d'après les états fournis par l'imprim+ur de la Reine, du 80 avril 1888 au 23 février 1890, une dépense totale de $108,566,79, ce qui représente, en retranchant le coût du \u2018papier, Une somme de $70.639,54, c\u2019est-à-dire $10.00 pour chacune des 7079 pages des six volumes de ces - statuts ; Que ces prix sont exorbitants, les comptes publics constatant que les dépenses de codification du 9 octobre 1880 au 30 avril 1888 n\u2019ont été que de $23,242.86 ; Cette chambre proteste en outre énergiquement contre la pratique dangereuse et contraire à la loi de faire des avances d'argent aux journaux et établissements d'imprimerie pour des ouvrages non commencés, exposant ainsi la province a faire des pertes sérieuse et diminuont entre outre lesYuuntités d\u2019exécution et de célérité nécessaire pur la confection régulière des impressions publiques ; Qu\u2019enfin cette chambre exprime sa volonté qu\u2019à l'avenir le gouvernement et la commission d'économie iuterne exercent un contrôle sévère et conforme à la loi,relativemeut aux impressions publiques dont le coût a atteint des proportions injustifiables depuis trois ans.L'hon.M.MERCIER dit pas le gouvernement n\u2019a pas fait de dépenses exorbitantes «t que le sy:tème d'avances pour impressions s\u2019est pratiqué de tout temps.M.NANTEL dit que le gouvernement asuivides tarifs qui ne sont pas suivis actuellement à Québec et à Montréal.Ces tarifsont été élevés de 25 pour cent, En blamant le gouvernement de ue pas aveir demandé de soumissions, nous nous appuyons sur un principe bien reconuu.Avec son systéme le gouvernement perd plusieurs mill: piastres par année.L'iuprimeur de la Reine n'a pas d'initiative dans son département.Il remplit les instractions reçues du gouvernement.Les Statuts Refoudus : nous coûtent $ 15 la page y compris 1> pay ier et la reliu:e.Cest un prix vaorbitant.En retranchant toutes les dépenses ac:ssOires nous arrivons encore au prix de $7 par page pour ce travail des Statuts Refondus.On JOURNAL DES CAMPAGNES peut faire n'importe quel ouvrage de luxe pour $2.50 par page.Ces faits méritent la censure de cette chambre, Quanit aux avances, il y acu des Css d'avances absolument contraires à la loi, qui ne les perme! qu'a mesure du progres de l\u2019ouvrage.Belleau et Cie ont eu entr\u2019autres, une avance de $1000 il y a plus d\u2019un an, pour un ouvrage qui n'est pas encore commencé.Il y a plusieurs autres cas de ce genre.C'est illégal et imprudent.Le gouvernement devrait exercer un meilleur contrôle des dépenses de ce genre.La motion du député de Bvauce consacre le principe des contrats sur soumissions et condamne le système des avances faites sans discrétion.Elle mérite l'appui de la chambre.Sous les gouvernements conservateurs des avances ont été faites, et encore pour de légers montants, à des personnes qui avaient des contrats réguliers avec le gouvernement.Le cas est tout différent pour le gouvernement actuel.Le public doit exiger du gouvernement une réforme dans ce détail de l\u2019administration.L'amendement est rejeté sur la division suivante : Pour \u2014 MM.Taillon, Flynn, Desjardins, Picard, Lapointe, Beauchamp, Duplessis, Casgrain, Leblanc, Nantel, Faucher de St-Maurice, Spencer, England.\u201413.Contre : MM.Mercier, Shehyn, Duhamel, Robidoux, Murphy, Cardin, Pilon, Tessier (Portneuf), Bernatch2z, Rinfret, Deschénes (1'Islet), Lussier, Bazinet, Gladu, Morin, Rochelean, Forest, Champagne, Bourbonnais, Trudel,Pelletier,De Grosbois,Dumais, Goyette, Dostaler, Legris.\u2014 26.L'hon.M.Shehyn propose que la chambre se forme de nouveau en comité des subsides.L'hon.M.FLYNN.\u2014Il importe que le gouvernement administre les affaires d'après les principes connus.Je désirerais voir à la tête des affaires des hommes à principes solides.Je veux l\u2019attention sur certains abus regrettables commis par le gouverne- mentactuel.Le gouvernement n\u2019a pas le droit de dépenser l'argent public, sans autorisation de la législature, autrement que par mandats spéciaux,dans des cas spécialement déterminés par la loi.Le gouvernement ne doit pas employer les crédits de la légis- latare n' les mandats spéciaux pour d\u2019autres fins que celles auxquelles ils sont destinés.Je désire aussi attirer l'attention sur quelques infractions graves à ces principes.Je reproche au gouvernement d'avoir payé, sans autorisation, $4,950 à la compagnie du Saint- Laurent et du ord Ouest.Il n\u2019appa- rait pas qu\u2019un seul mille du chemin ait été construit.Cette somme a été payée pour explorations prélimi- paires.En ce cas, le gouvernement a enfreint la loi.Je désire attirer l\u2019attention sur la loi qui autorise l'emprant.Il est dit dans le préambule $200,000 pour agrandissement du palais de justice de Montréal ; $25,000 pour ponts en fer ; $10,000 pour explorations dans Bellechasse, etc.Le gouvernement n\u2019avait pas le droit d\u2019employer cet argent pour d\u2019autres fins, en vertu de loi.Mais c\u2019est ce qu'il a fait.On a dépensé $91,000 à même l\u2019item rela- titan palais de justice pour des travaux qui ne sont pas d'agrandissement, et par conséquent contrairement a la loi.C\u2019est aussi grave que de dépenser de l'argent sans autorisation de la législature La somme de $25,000 était affectée pour les ponts en fer, dans l\u2019Acte d'emprunt.Le gouvernement a dépensé pour ces fius plus de cent mille piastres.L'Acte d'emprunt autorisait $10,- 000 pour les explorations.Le gouvernement a dépensé poûr ces fins $12,200, contrairement à la loi.A propos de l\u2019emprunt,le premier ministre, dans son discours du 6 novembre 1889, a dit que le produit de l'emprunt de 1888 a été employé à payer la dette flottante.Il a nié u'aucune lettre de .crédit ait été émise par le gouvernement.Je crois avoir démontré que dans trois cas le produit de l\u2019emprunt n'a pas été employé à payer la dette flottante.Un autre cas de paiement par le gouvernement sans autorisation de la législature est celui de la remise de l\u2019honoraire sur le bill de la paroisse de Longueil.Autre paiement illégal, celui de $3000 aux magistrats du district de Montréal.Le gouvernement n\u2019avait pas l'autorisation législative pour ce faire.En intervenant dans les élections, le gouvernement a enfreint les principes de la loi électorale.C\u2019est un principe reconnu de la constitution qu'il est criminel pour un gouvernement de se servir de ses pouvoirs d'office à l\u2019élection des représentants du peuple.Ce principe a été méconnu parle gouvernement actuel dans les élections de Brome, de Rimouski et de Joliette.Les faits sont connus.Je considère,en particulier que l'injonction adressée à l\u2019officier rapporteur Couillard, dans l\u2019élection de Rimouski, était une violation de la loi élecioral-, un empiètement sur les privilèges de la chambre et sur les pouvoirs judiciaires.Les lettres de crédit.Le gouvernement n'a pas donné de bon \u2019gré les renseignements demandés à ce sujet.Mais certains états produits suffisent pour nous éclairer sur le sujet.Du ler janvier 1489 au 24 février 1880, dans le département des Travaux Publics il a été donné 14 lettres de crédit pour $122,975.66, dont l\u2019une pour $70,000.Au département des Terres il y a eu 299 lettres de crédit.En tout pour les deux départements 818 lettres de crédit an montant de $218,788.Mais je suis porté a croire que ces états ne comprennent pas méme toutes les lettres de crédit.On a nié tout eela sur les hustings.On nous disait de le prouver.On a nié qu\u2019une lettre de crédit de $300 avait été donnée pour des courses aux Trois Riviéres.Nous l\u2019avons aujourd'hui cette lettre.L\u2019hon.commissaire des Terres a nié en chambre durant cette ression qu\u2019il y eût des lettres \u2018de crédit dans son département.L'escompte payé sur ces lettres de crédits a été remboursé dans certains cas, entre autres, aux inspecteurs du cadastre.L'hon.M.DUHAMEL.\u2014 C'est faux ! L'hon.M.FLYNN.\u2014 M.Taché l\u2019a juré devant le comité.L'hon.M.DUHAMEL.\u2014 Cela n\u2019est pas.On a juré faux.; L\u2019hon.M.FLYNN lit l'extrait du témoignage de M.Taché, qui dit que le gouvernement a remboursé l\u2019escompte tel qu\u2019affirmé: Il s'agit de savoir si le gouvernement peut faire le commerce de- crédit.Le gouvernement n\u2019a pas ce droit.C\u2019est un système irrégulier et inconstitutionnel de nature à enlever à cette chambre le contrôle des dépenses publiques.Dans le département des Terres, on paye actuellement avec des lettres, pendant même que cette chambre siège.Les crédits y sont épuisés.Tout cela est inconstitutionnel.C'est un espèce de prêts fait au gouvernement par les banques et par les courtiers sur lesquels vous payez intérêt.Or, le gouvernement n'a pas le droit d'emprunter sans l'autorisation de la législature.Je ne Soutiens pas que dans aucun cas le gouverne- |.ment n'ait le droit d'émettre des lettres de crédit, mais ce que je dénonce c'est qu\u2019on en fasse un sys- téme, nn commerce, plus de 500 lettres de crédit dans le département des terres depuis trois ans.La loi de l'indépendance de la législature est enfreinte.C'est un autre sujet sur lequel je voudrais attirer l\u2019attention de la chambre si j'en avais le temps.Le gouvernement ayant violé la loi aurait dû demander un bill d\u2019indemnité.C'est le devoir de l'opposition de signaler ces abus afin d'éviter un grand mal, la décadence de nos institutions législatives, auquelles nous tenons.L'honorable M.Flynn propose ensuite un long amendement.L'hon.M.MERCIER répond avec violence et injurie le député de Gaspé.L'hon.M.FLYNN en réponse aux injures du premier-ministre, lui rappelle ies hontes de sa vie politique.L'hon.M.TAILLON regrette les paroles injurieuses adressées au député de Gaspé par celui qui devrait donner en cette chambre l\u2019exemple de la dignité.Le discours et l'amendement du député de Gaspé méritaient une réponse autre que la scène dégou- tante que le premier-ministre vient de faire.Le chef de l'opposition relève avec une éloquence admirable quelques remarques du premier-ministre, il dit que les gens s\u2019éloignent par dégoût du gouvernement qui s'est entouré d\u2019intrigants vulgaires.Svs propres amis l'abandonnent et il s\u2019apercevra aux prochaines élections que l'atmosphère politique n\u2019est plus la même qu\u2019en 1386.Le vote est pris sur l'amendement.perdu 13 contre 26.Sur motion que la chambre se forme de nouveau en comité des subsides, l\u2019hon.M.Taillon soumet à la chambre une motion de non confiance relative au mur d'enceinte du palais législatif, blamant le gouvernement d'avoir fait sans nécessité une dépense extravagante, sans demander des soumissions et sans l\u2019autorisation de la législature.Perdu par 13 voix contre 26.Le premier ministre donne quelques explications.Plusieurs amendements sont ensuite proposés, entre autres ; M.Faucher de St-Maurice à propos du chemin de Beaumont, qui est perdu sur même division.M.Leblanc, secondé par M.Casgrain, propose un amendement demandant au gouvernement d\u2019employer pour la construction des ponts en fer des matériaux pris dans le pays.Perdu sur même division.M.Picard, secondé par M.Desjardins, propose que litem des arpentages soit réduit de $15,000.Perdu par 12 contre 24.M.Lapointe, secondé par M.Beauchawp, propose que los dépenses du département des Terres de la Couronne soient réduites de $26,000.Perdu sur division.: La chambre.s\u2019ajourue à trois heure.Trois tableaux de grand prix sont devenus la proie des flammes à l\u2019église de Sainte-Marie de la Paix, à Rome, par suite d'une explosion d\u2019une lampe.La fresque de Raphaël \u201c La Sibylle \u201d a été épargnée muis avec beaucoup de peine.La législature d'Ontario a été prorogé hier après-midi.Parmi les lois adoptés durant la session, on remarque des amendements aux lois municipales, à- d'administration de la justice, à la loi d\u2019enrég\u2018strement, lois relatives à l'agriculture, etc.\\ . eu LES ELEOTEURSDE M.LEBLANC La Presse publie la correspondance suivante : PROTESTATION Sainte-Rose, 29 mars.M.le directeur, : Je vois qu\u2019on veut expulser notre député, M.L blanc, de la Chamb:e parce qu\u2019il a mis & nu quelques-unes des saletés qui se commetteut depuis que le gouvernement Mercier est au pouvoir.La majorité de la Chambre peut faire ce qu\u2019elle -vondra, mais n'ayez craint, Lu conduite de M.Leblanc est un titre de plus à notre reconnaissance, et s'il y a une nouvelle élection en conséquence, vous verrez ve les honnêtes gens du comte de Laval o1rment la grande majorité.On a déjà essayé de nous acheter, mais vous savez que ça n\u2019a pas pris.Gomptlez sur uous et tapez fort.À bas les corrupteurs et leurs complices! PLUSIEURS ELECTEURS. ASSEMBLER LEGISLATIVE La prorogation Le discours du Trone A trois heures hier après-midi, Son Honneur le lieutenant-gouverneur dela province de Québec, l\u2019honorable M.A.R.Angers, s'est rendu à l'Hôtel du Parlement afin de proroger les deux branches de la législature Un brillant état-major a fait escorte au représentant de Sa Majesté et s\u2019est tenu autour du trône durant toute la cérémonie.Les ministres debout à gauche et à droite de Son Honneur, étaient les honorables MM.Mercier, Garneau, Ross, Shehyn et Duhamel.: Une foule considérable s\u2019était pressée dans les galeries.Un grand nombre de dames, occupaient des fauteuils sur le parquet de la salle du conseil législatif.Des sièges spéciaux avaient ôté placés à droite du trône Son Eminence le Taschereau et Mgr Marois, qui avaient été invités à assister à la prorogation.L'ex-gouverneur Masson, et le lord évêque de Québec, et une foule d\u2019autres personnalités étaient présentes.L'Orateur de l'Assemblée législative, l\u2019honorable M.Marchand, à la barre du Conseil, présenta à la tanction du lieutenant-gouverneur la liste des bills suivants, dont lecture fat donnée par le greffier.Hon.MM.du Conseil Législatif, MH.de l\u2019Assemblée Législative, Je viens sanctionner, au nom de Sa Majesté, les nombreux actes que vous avez adoptés durant cette session et vous remercier du zèle et de l'intelligence que vous avez mis dans l\u2019exécution de vos travaux parlementaïres.MM, de l'Assen.blée Législative, Vous avez voté gracieusement les crédits qui vous ont été demandés pour les différentes branches du service public ; je vous en remercie et je verrai à ce que les sommes mises à la disposition du gouvernement soient employées avec économie et suivant la loi.Hon.MM.du Conseil Législutif, MM.de l\u2019Assemblée Législative.Au nom de Sa Majesté, je mets fin à Vos travaux, vous relève de vos devoirs parlementaires et vous prie d\u2019accepter les vœux que je fais pour le bonheur de cha:un de vous, de vus familles et la prospérité de cette province.7 JOURNAL DES CAPAGNES LEURS MANŒUVRES ELECTORALES La corruption ministertelle \u2014 À la page 538 des Procès-Verbaux de lAssemblée Législative pour la dernière session, on lit I'interpellation suivante : ° Par M.B-auchamp : to Le gouvernement ail payé l\u2019an dernier à lu municipalité scolaire du Bic, dans le comté de Rimouski, quelque somme en rapport avec ui procès où celle municipalité élait coucernée ?20 Si oui, queile somme ?3o À quelle date ?4o Puur quelles raisons ?5o Qui était l\u2019avocat de la dite muni cipalité en cet cause ?À cette question, le secrétaire- provincial, M.Gagnon, répondit comme suit : To.Non ; mais le départernent de l'instruction publique a remboursé aux commissaires d'écoles du Bic, les frais, par eux payés sur une poursuite par eux inteutée devant la Cou: Sapérieure de Rimouski, contre: leur secrétaire- trésorier, pour faire rendre exécutive lasentence da l\u2019honorable surintendant de l\u2019instruction publique, au sujet des comples de leur secrétaire, laquelle avait était iutenté sur l\u2019ordre du surintendant et à élé renvoyée : 2o $180.00 : .30 20 novembre 1889.4o Parce que M.le juge Laruea déclaré dans son jugement : 1o que le surintendant n\u2019avait pas de juridiction ; 20 que le surintendant ou son delégué n\u2019avaient pas donné au défendeur les avis requis par la lui.5o MM.Dionne et Tessier.Voilà une précieuse admission de faits.La municipalité scolaire du Bic avait poursuivi son ex-secrétaire- trésorier pour une reddition de comptes.Elle avait pris d'abord des procédures devant le surintendant, d\u2019elle même, sous sa propre responsabilité.Et elle avait eu \u2018gain de cause.Puis voulant aller jusqu\u2019au bout de cette affaire, elle avait porté la cause devant la cour supérieur, en se servant du nom et de la décision du surintendant, sans doute, mais toujours sous sa propre et absolue responsabilité.Il y avaitlà une querelle, une chicane municipale, et la commission des écoles agissait dans la plénitude de sa volonté et de sa liberté.Elle voulait poursuivre elle voulait avoir le dernier.mot.Or, ne l'ayant pas eu devant la Cour Supérieure, elle devait payer les frais du procès.C'était de stricte justice.Parce que le surintendant avait d\u2019abord donné gain de cause à la prétention descommissaires, il ne s\u2019en suivait pas que c\u2019était lui qui devait payer les frais de la poursuite devant la Cour Supérieure.\u201d A ce compte les juges qui donneraient gain de cause à une partie en Cour inférieure devraient payer les frais de l'appel, si la partie heureuse en première instance perdait en Cour da Banc de la Reine.Non, la municipalité scolaire devait payer les frais.Et elle les paya effectivement.Une répartition fat imposée aux contribuables et ils payèrent tous en proportion de leurs cotisations.Mais naturellement cela faisait crier contre les meneurs du procès, qui étaient des libéraux, et contre l\u2019avocat de la municipalité scolaire qui était M.Auguste Tessier.Sur.ces entrefaites, M.Martin mourut, et M.Tessier devint le can- didat ministériel.On voit d'ici la froideur, et les réticences, et l'attitude significativement expectante et sourdement menaçante des amis du Bic.Comment ramener les boudeurs ?\u2014 La belle affaire! En remboursant les frais !! On se mit à l\u2019œnvre, et le 20 novembre 1889, en pleine élection de Rimouski, le remboursement fut ordonné par le gouvernement.C\u2019est M.Gagnon qui fixe lui-même la date dans sa réponse officielle à l\u2019interpellation.Or, le 22 novembre, nous étions nous-même au Bic, et des partisans de M.Asselin vinrent nous dire: Il paraît que les frais sont remboursés.Les frais! Ces deux mots voulaient tout dire, car dans la paroisse les frais constituaient une des questions de l'élection.Nous envoyâmes nos amis aux informations certaines ; ils se rendirent auprès du secrétaire-tréso- rier qui les informa officiellement que le chèque du gouvernement était arrivé pour le remboursement.Jamais acte de corruption gouvernementale, ministérielle, n\u2019a été plus patent.plus manifeste.Les $300 de Knowlton, les $180 du Bic, voilà des échantillons du régime.Voilà quelques uns des petits moyens grâce auxquels le gouvernement Mercier fait élire ses candidats dans les élections partielles.L\u2019HONORABLE P.J.O.CHAUVEAU L\u2019honorable P.J.O.Chauveau, shérif de Montréal, est mort, hier soir, à sept heures et demie, à la résidence de M.le Dr Vallée, son gendre, rue Ste-Anne.C\u2019est une de nos plus grandes figures contemporaines qui disparaît d'au milieu de nous.Orateur, poète, romancier, historien, critique, bibliographe, journaliste, député, ministre, professeur, il a touché à tous les sommets auxquels les hommes d'in~ telligence peuvent atteindre dans notre pays.Ses facultés brillantes et fécondes se sont déployées dans vingt genre différents.Parvenu, comme il l\u2019était, au premiers confins d\u2019une vieillesse sereine, glorieuse et intellectuellement active, il était plus qu'un écrivain, plus qu\u2019un orateur, plus qu'un publiciste, plus qu\u2019un ho mme d'Etat en retraite, il était une époque, le demeurant d\u2019une époque, si l'on veut, et cette époque s'achève avec lui.En sa personne les lettres canadiennes perdent leur réprésentant le plus complet, et l\u2019une de leurs gloires les plus incontestées.Il avait débuté en 1839, et depuis lors jamais il n'avait cessé d'écrire, de produire, de remuer des idées, de livrer au public de la prose ou des vers, d\u2019agi sur lasociété canadienne par la parole ou par la plume.Cinquante ans de carrière littéraire,de carrière publique cinquante ans d'activité intellectuelle jamais interrompue, toujours -grandissante au contraire, et toujours acquérant plus d'éclat, plus d\u2019élévation, plus de force et d'essor ! Il a été donné à bien peu d'hommes, dans notre pays, de vivre une vie aussi noblement remplie.M.Chauveau était né le 30 mai 1820.Il terminait ses études au séminaire de Québec en 1837,l'année terrible.Ses compagnons de claste étaient MM.J.B.Côté, prêtre ; A Marcoux, prêtre ; A.D.Ross, avocat ; Joseph Maurault, prêtre ; Luc Letellier, lieutenant-gouverneur de la province de Québec en 1877 ; A.Parent, notaire ; F.Bardy, prêtre ; O.Campeau, notaire ; Charles Cinq- Mars, notaire ; P.Patry, ptre ; Elie Rinfret, médecin ; M.de Lachevrotière, notaire.Nous ne croyons pas qu'il y ait plus que deux ou trois survivants de cette classe.M.Chauveau se maria en 1840, à mademoiselle Masse, de Québec.Il fut admis au barreau en 1841.En 1858 il fut nommé conseil de la Reine.En 1844 11 fut élu député du comté de Québec, contre M.Neilson, ie vétéran de nos luttes constitutionnelles.En 1851 il entra dans l'administration Hinckes-Morin comme solliciteur-général.En 1858 il devint secrétaire-provincial.Sorti du cabinet en septembre 1854, il fat nommé, en 1855, surintendant de l'instruction publique, poste qu\u2019il occup » jusqu'à 1867.C\u2019est alors qu\u2019il créa le Journal de l\u2019Instruction publique cu il prodigua des trésors de style et d'érudition.En 1867 il devint premier-ininistre de la province de Québec, et tout le monde se rappelle avec quelle distinction il inaugura le nouveau régime.En janvier 1872, M.Chauveau se retira de 'a politique provinciale et fut appelé à la présidence du Sénat, à Ottawa.Après la chute du gouvernement Macdonald, en 1873, M.Chauveau se démit de ses fonctions de président du Sénat, et se préeenta pour les Communes, dans le comté de Charlevoix, aux élections générales de 1874.Il fut défait par M.PA.Tremblay, et\u2019 rentra dans la vie privée.De 1867 à 1373, M.Chauveau avait représenté le comté de Québec pour les denx chambres, les Communes d'Ottawa et l\u2019Assemblée législative de Québec.En 1874, il fut nommé président de la commission du hâvre de Québec, et enfin, en 1877, lè cabinet de Boucherville le nomma shériff de Montréal, poste qu\u2019il occupait à sa mort.En 1878, M.Chauveau devint professeur de droit romain à l\u2019Univer- sité-Laval de Montréal.La disparition de cette haute personnalité crée nn grand vide dans notre société canadienne.Elle causera une sensation de tristesse dans tout le pays, et surtout à Québec que M.Chauveau avait tant aimé.Qui ne se rappelle son émouvante apostrophe à la vieille Stadaconé, dans son discours du 24 juin dernier ?Hélas! c\u2019était son chant du cygne.M.Chauveau était un chrétien fervent.On pouvait ne pas accepter sa manière de voir sur certains sujets controversés.Mais c'est un devoir de rendre hommage à la sincérité de.sa foi, à l'intégrité de con caractère, et à la dignité de sa vie.Par ça mort le Canada perd un de ses Lommes illustres, les lettres canadiennes un maître, et notre nationalité l\u2019an de ses fils les plus glorieux. 8 JOURNAL DER AM ur EE PAGNES UNE BOMBE Requisitoire de M.Flynn La constitution violee Le gachis administratif Nous avons promis hier de donner le réquisitoire de M, Flynn.C'est une pièce accablante, et l'on conçoit qu'elle ait provoqué chez M.Mercier l\u2019accès de fureur dont nous avons été témoin l\u2019autre nuit., Cet acte d'accusation est tombé comme une bombe fulminante dans le camp ministériel.Ily a 1a de quoi impeacher dix gouvernements.Nous publions in extenso cet important document : Le dépuié de Gaspé propose, comme ame\u201cdement, appuyé par M.Desjardins: Cette chambre est prête à vuler les subsides à Sa Majesié, mais elle regrette de constater que depuis que le gouvernement actuel administre les affaires publiques de cette province, ila en Mainles circonstances, méconnu les priucipes de la constitution, violé la loi, porté atteinte aux droits et privilèges dr cette chambre compromettaut par là gravm-nt l\u2019avenir des institutions représentatives sous lesquelles nous vivous ; Cette chambre proteste de son dévouement à la constitution et aux priucipes du gouvernement responsable, et affirme que les deui-rs publics ne peuvent être dépensés qu\u2019aveu l'autorisation législative ou par mandat spéciaux dans les cas d\u2019urgence, pour lesquels la loi autorise tels maudats speciaux ; Elle affi me aussi que lescrédits de la législature, ou les montants des mandats speciaux ne doivent pas être employés à d'autres fins que celles pour lesquelles ils sont accordès ; Qu'au mépris de ces principes le gouvernemeut actuel a fréquemment dépensé les deniers publics sans l\u2019autorisation législative, sans mandats spé ciaux, et dans d'autres circonstances a employé certains crédits de la législature à d\u2019autres fins que celles pour lesquelles ils avaient éte votés ; Que notamment,par un ordre en con- seiten date du 5 janvier 1889 le gouvernement a payé une somme de quatre mille neuf cent cinquante piastres($4950) à la compagnie du chemin de fer Saint.Lavrentet du Nord-Ouest (voir réponse No, 76 du 6 février 1889) sans l\u2019auto- risauion législative ; Que par l\u2019acte autorisant.l'emprunt de trois millions cinq cent mille piastres ($3,500,000) 50 Ve.Ch ; 2) l\u2019on voit que les sommes suivantes peuvent être prises à même le produit de tel emprunt savoir : \u201ci Pour construction du palais de justice à Montreal\u2026\u2026.$200,000 \u201ck Pour encourager la cous- truction des ponts en fer dans les municipalités.25,000 \u201c/.Pour payer partie du coût l\u2019exploration dans les comtes de Dorchester, Levis, ele Lu.10,000 Que par unerepouse à une adresse en date du 15 janvier 1890 [document 107 de cetle session] il appert que le gouvernement a depensé, à même le premier item susmentio.né, pour agran- issement du palais de justice à Mon trral, une somme de quatr.-vingt-onze mille cent quarante-cCinq piastres et Quatre vingt dix centius (891,145,90;, et par les comptes publics de 1888 et de 889, l\u2019on voit que les dépenses ainsi faites, pour :a plus grande partie, sinon pour we tout, ne l'ont pas été pour l\u2019agrandissement de tel palais de justice, L'on voit aussi, par la même répoirs-, que le gouvernement a depes.sé \u2018audelà des sommes mentionnees dans l'acte d'emprunt pour ce qui regarde, entre aulies objets, les ponts en fer et explorations, une somme de $112,346,70, savoir $100,146,70 pour les ponts en fer et $12,200 pour exploratious.Qu\u2019à la date du 27 juin 1888 la chambre a refusé de remettre l'honoraire de $100 pays sur un bill abrogeant les articles 229 et 280 de l\u2019acte 44-45 Vict., chap.75, coustituant en corporation la ville de Longueuil, et qu\u2019au mépris de la volonté de cette assemblée législative | ainsi forrnellement exprimée, le gouver nement a jugé à propos de rembourser cette somme.Que nonobstant et malgré le désaveu qui aeu lieu le ou vers le 5 juin dernier, et a été annoncé par proclamation dans la Gazette Officielle, le ou vers le 9 août dernier, de l'acte 52 Vict., chap.30, autorisant \u2019établissement daus la ville de Montréal d\u2019une cour de magistrats de district, composée de deux magistrats, avec un traitement de trois mille piastres (83,000.00 chacun, le gouvernement a continué à payer un traitement de trois mille piastres ($3,000) par année, aux deux personnes qu\u2019il avait nommées sous l\u2019empire de l'acte désavoué, et bien qu\u2019elles aient été nommées immédialement après le désaveu, en vertu de lacte 32 Vict, ch.23, qui ne leur accorde qu'un traitement de douze cents piastres (81,200) par année.Que par une résolution en date du 10 décembre 1779, adoptée par la chambre des Communes, en Angleterre, et qui s\u2019applique ici, il est déclaré qu\u2019il est grandement criminel, de ia part d'aucun ministre ou ministres ou aucun serviteur sous la Couronua, de se servir directemert ou indirectement de ses pouvoirs d\u2019office daus l\u2019élection d\u2019un représentant au Parlement.(\u201c That it \u2018\u201c is highly criminal in any mivister or \u2018\u201c ministers or other servants under the * Crown of Great Britain, directly or \u201c\u201c indirectly, to use the power of office \u201cin the election of representalives to \u2018 serve in Parliament, etc.\u201d) Qu'à en juger par la conduite du gouvernement actuel ou de certains des membres de ce gouvernement à l\u2019occasion des élections qui ont eu lieu en cette province, cette chambre est d\u2019opinion qu\u2019ils ont méconnu cette règle im- portaute.Que notamment la conduite du gouvernement ou de certains .ministres dans les élections de Rimouski et de Brome est on ne peut pins répréhensible et comporte une violation de la règle sus mentionnée ; que l\u2019injonction adressée par l\u2019honorable premier mie nistre a l\u2019officier rapporteur dans l\u2019election de Rimouski à la datedu 27 novembre dernier comporte une viola- lion de la loi électorale, une grave atteinte aux privilèges de cette chambre et un empiètement sur les pouvoirs judiciairas ; Que le système suivi sur une très grande échelle par le gouvernement actuel et consistant à émettre des lettres ou écrits promissoires, communément désignés sous le nom de lettres de crédits, porte une très grave atteinte au pouvoir et au privilege de cette chambre de contrôler la dépense des deniers publics, en même temps qu\u2019il mecon.naît l\u2019autorité de la Couronne, représentée par Son Honneur le lieuteuant- gouverneur ; Que cette Chambre croit devoir signaler entre autres certains faits sous ce rapport qui sont venus à sa connaissance et qui sont de nature à montrer les abus comans par le gouvernement actu-l sur ce sujet en particulier ; Qu\u2019il appert par le document No 153 À, mis devant cette chambre, que le département des Travaux publics a émis, depuis le premier janvier 1889 jusqu\u2019au 24 février 1890, quatorze lettres de credit ou promesses de payer pour un montaut total de cent vingt- deux mille six cent soixante-quiuze piastres et ciuquante-six centins ($122,- 675 56) dont l\u2019une en date du 9 octobre 1389 pour $70,000 ; que le département des terres de la Couronne, dans l'intervalle, depuis le premier juillet 1889 au 24 février 1890 a donnë cinquante et une recounaissauces et ac.eptatlious de transport de comptes et cela pour $20, 900.70.Que par le document 153 B il appert que le département des terres de la Couronne à émis en rapport avec les arpentages seulement des lettres de crédit et promesses de payer au nombre de Quatre vingt peaf pour la période du 1 jauvier 1889 au 30 juin de la même année lesquelles s\u2019elèvent à la somme de treute quatre mille sept ceut quatre viugt sept piastres et deux centins [$34- 787,02], que le même département a émis un grand nombre de lettres de ciédit et promesses de payer, tant pour cadastres que pour services de gardes forestiers et divers autres services durant la même période formant un total de ($70,161.74) lesquels ajoutés à la somme susmentionnee ($20,900,70) pour arpentages depuis le premier juillet 1889 au 24 févri-r 1890 forment une somme totale pour le département des terres de la Couronne de ($91,063,44) pour la période du premier janvier 1889 jusqu'an 24 février 1890 : Que par ces deux documents, 1] appert qu\u2019il y a eu par le département des terres d- la Couronne, pendant cet intervalle 299 lettres de crédit, promesses de payer et reconnaissances et avec les quatorze par le département des travaux publics, cela forme en tout le chiffre de 313.Que duant au nombre et au montant des différentes lettres de crédit, pro messes de payer et reconnaissances ante.rieurement au premier janvier 1889, le gouvernement n\u2019ayant pas répondu à l\u2019appel du 20 ma-s 1889, demandant la liste de ces lettres de crédit, cette chambre n\u2019est pas en possession d\u2019un état complet indiquant toutes les lettres de crédit émises depuis le premier février 1887, mais elle a pu constater par di ffé- rents états produits, et les témoignag+s rendus devant le comite des comptes publics ce gni suit, savoir : 19 pur les renseignements fournis par M.Taché, assistant-commissaire des Terres de la Couronne, qu'il y à eu un très grand nombre de lettres de crédit émises par ce département durant cette période.savoir: au-delà de 240, et pour un montant considérable savoir : seulement pour arpentage durant l'aunée 1888 $57,716.29; 2° par d\u2019autres temoi gnages et documents produits devant ce comité, il appert qu\u2019il y a eu plusieurs autres promesses et leitres de credit, dans le même intervalle, notamment: 10.Une lettre du 13 février 1339 reconnaissant devoir a Wilfrid Prévost una somme de $4,190, et promettant de payer cette somme après le premier juillet 1889, laquelle som me a été payée par le gouvernement à la Banque du Peuple avec de plus S111.90 pour intérêt, cette banque ayant avancée à M.Prevost le montant de la lettre en question ; 20.une autre lettre signée par l'assistant commissaire de l\u2019agriculture et dela colonisation en date du 11 septembre 1889 et promettant de payer le 19 juillet 1890 une somme de $300 pour prix à être dounes pour des courses de chevaux à Trois Rivières ; qu\u2019à la page 80 du rapport du commissaire des Terres de la Couronne pour 1889, l\u2019ont voit que le département des terres a émis trois cent quinze lettres de crédit durant cette année.Que par le témoignagne de M.Taché devant le comité des comptes publics, et par les documents soumis à la chambre, il appert que le gouvernement continue à, accorder des lettres de crédit ou promesses de payer même depuis ce qui est doublement contraire aux principes de la constitution ; Il appert aussi par le témoignage de M.Taché que le département des terres rembourse aux inspecteurs de cadastres et d\u2019arpentages l\u2019escompte au taux de 7 pour cent qu\u2019ils sont tenus de payer aux banques ou aux courtiers sur les lettres de crédit oui leur sont accordées ; Que cette chambre ne saurait trop fortement protester contre cette pratique irrégulière et inconstitutionnelle, pratique qui a pour effèt non seulement d\u2019onlever à cette chambre son légitime contrôle des dépenses publiques, mais encore de différer d'année.en année Pinscription dans les comples publics des dépenses encourues et de cacher la véritable situation financiére de la province; Que cette chambre croit devoir ajouter qu\u2019en mention nant les faits ci-dessus eile n\u2019entend ies citer qu\u2019à titre d'exemple et elle regrette beaucoup de dire qu\u2019en d'autres circonstances que, pour cause de brièveté, elle ue mentionne.pas ici, l'action du gouvernement a été non moins répréhensi ble ; En conséquence, cette chambre proteste de la manière la plus énergique contre les fréquentes et très regrettables violations de la loi et de la constitution, et des empidlements sur les privilèges de cette chambre dont le gouvernement actuel s'est rendu coupable depuis son avènement au pouvoir.\u2014\u2014-\u2014_ C\u2019est le R.P.Désy, supérieur de la résidence des Jésuites de Québec qui a donné le sermon de Pâques hier, à la Basilique.Tout le monde s'accorde à dire + un ; que ce sermon est une magnifique yn ame eas my que la présente session est commencée, were LE BUDGET FEDERAL Le rapport concernant la reeette et la dépense pendant le mois de mars a été publié aujourd'hui et il est des plus satisfaisant./ Les revenus, en mars, ont été comme suit : \u2019 Douanes .ve sosssoves 82.181.366 AcCise.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.arusses casa races 542.657 Bureau de poste .237.378 Travaux publics.245 925 Divers.vssecassenten esse 000000 78,725 Total \u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.$3.284,051 Si on ajoute à cela le revenu au 28 février 1890 \u2014 #25,833,546 \u2014 le grand total est de $29.117,997.Les dépenses en mars ont été de $1,246,022 ; jusqu\u2019au 28 février, elles ont été de $21,518,189, ce qui fait pour les neuf mois une dépense total de $22, 764,212 et laiss» le magnifique surplus de $6,353,785.Les chiffres pour les neufs mois correspondants de l\u2019an dernier étaient : Revenu 0e corcrccosrs +.$27.940.616 Depenses.procucscosse \u2026 23,7:9,291 Surplus.4.211,325 Il y a donc pour les nenf mois de l'exercice courant une augmentation de $2,142,460, dans le surplus seulement.La dette nette du Canada au 31 mars dernier, était de $234,637.261, ce qui est une diminution de $1,599- 608, pendant le mois.Comme on voit, la politique protectionniste continue son œuvre bienfuisante, et ses bons résultats mettent à néant l\u2019une des célèbres prédictions de Sir R.Cariwright savoir que sous le tarif protecteur on ne pourrait pas percevoir un revenu suffisant pour défrayer les dépenses publiques.II n\u2019est pas hors de propos à ce sujet de faire un retour vers le passé, afin de s'assurer, par des chiffres si réellement les conservateurs ont adopté en 1878, une politique préjudiciable aux intérêts de la Puissance.Voici un petit tableau des surplus et des déficits sous les différenis régimes depuis la Confédération : esser:s008 .SURPLUS.DEFICIT.1867-68.$ 201,835 53 1: 68-69.341,090 52 1879-70.1,166,716 07 1850-71.3,712,479 09 1871-72.3,125,344 86 1872-73.1,633,821 53 1873-74.888,775 79, 1874-75.935,644 00 1875-76.L.\u2026covecvousscsss $ 1,900,785 06 1B76=7T.ceeereerecceornnas 1,460.027 66 1877-78.«ee.a.0.1,128,146 37 1873-79.| Lecocsasvovcccsse 1,937,999 42 1879-80.Leu cess vives 1,543,227 76 1880-81.4,132,743 12 1881-82.6.316,351 49 1532-83.7,064,492 35 1833-84.754,255 48 1854-85.|.2.249,058 90 1585-86.Losonosecoececses 5,834,571 87 1885-87.97,313 09 1887-88.cee sscscrae 810,031 26 1338-89.1,865,035 47 $32,240,892 84 $16,854,848 30 Les libéraux ont été au pouvoir cinq ans durant cette longue période de 1874 à 1878, et ils ont eu seule- went deux années de surplus, en 1878-74 et 1874-75, êt encore le pre- wier de $888,755 n'était qu'un héritage des conservateurs de même que ces derniers en 1878-79 se tron- vèrent obligés de recueillir en 1879 le déficit écrasant de $1.987,999 du régime libéral.Les déficits de 1884- 85 et de 1885 86 sont dus aux dépen- res extraordinaires suscitées par la rébellion du Nord Ouest qui n\u2019a pas mall l sr ni te tea Lommid.poi inns AA Allons, Messieurs les financiers du gouvernement de Québec, quand modèlerez-vous votre conduite sur ceux d'Ottawa ?À quand les surplus réels et non imaginaires ?4 > LA QUESTION DU PONT L'affaire du pont est revenu hier devaut la chambre.Le gouvernement a soumis un bill pour garantir l'intérêt de 3 p.c.sur un million pendant 10 ans.Nous avons publié les résolutions sur lesquelles est bâsé le bill.Plusieurs de nos amis qui avaient voté l'autre jour contre les résolutions de M.Robidoux, ont voté pour le bill du gouvernement.Ce sont MM Flyun, Blauchet, Casg'ain, Desjar dins.Malgré le persifflage et les railleries de MM.Mercier et Gagnon, ils ont parfaitement expliqué leur position, L'autre jour, le gouvernement n\u2019avait rien soumis a la chambre ; aucun plan, aucun projet, rien de défini.Il voulait tout simplement se faire donner un blanc-seing par l\u2019intermédiaire de M.Robidoux.Nous avons démontré déjà que la proposition du député de Châteauguay était inaceptable.On s\u2019engageait à approuver d'avance foule mesure que le gouvernement présenterait.C\u2019était absurde.Mais hier M.Mercier soumettait un bill avec des dispositions définies.Alors, nos amis du district de Québec se trouvaient en présence d\u2019une situation nouvelle.Malgré leurs opinions bien arrêtées sur l\u2019état déplorable des finances, malgré leur conviction quej le bill de M.Mercier n\u2019est qu\u2019un leurre,emmaillotté comme il l\u2019est dans un réseau de conditions, de si, de pourvu, etc, ils ne pouvaient se refuser à appuyer un projet qu\u2019ils ont soutenu et prôné depuis plusieurs années, Ils ont donc parlé et voté en faveur du bill, comme députés qué- becquois.Et, en dépit des criailleries ministérielles, nous [disons qu\u2019ils n'ont pas contredit leur vote de l\u2019autre soir, alors que le gouvernement n\u2019avait pas soumis de projet.Quant à M.Taillon et à ses autres amis, ils ont voté contre le bill pour des raisons de politique générale que nous avons déjà développées dans nos deux précédentsarticles sur cette question du pont.mer rl ry LE SCANDALE DU TABLE-ROUK JUGE PAR LA \u201c VERITE \u201d Notre confrère de la Vérité résume avec lucidité toute l'affaire du Table- Rock dans son dernier numéro, et conclut en ces termes, qui sont une écrasante condamnation du scandale : Ce qui nous intére:se surtout etce qui interesse le public, ce n'est pas cette chicane entre deux spéculateurs, c'est la vente même de la progriété à un membre de la Chambre, ami du gouvernement.\u2014\u2014\u2014\u2014 Nous disons que, dans les circonstances, cette vente constitue un véritable scandale.Nous disons que les gléputés, qui sont les gardiens de la propriéié publique, n\u2019ont pas le droit de spéculer sno cette propriété Ils n\u2019ont pas le droit de chercher à s'enrichir aux dépens du tresor.Ils n\u2019ont pas le droit de p ofiter de leur position pour acheter du gouvernement à vrnte privée, un seul pouce du domaine public afin de le reveudre avec profit.Nous disons que, dans le ca avtnel, il est clair que M.Murphy à obtenu du dépsriement des Terres de la couroune, pour la somme de 83,000, une propriété qui valait aw moins $12, probablement beaucoup plus, et qu\u2019il vaurait pu obtenir à ce prix s'il n'avait êt- un partisan déclaré du gouvernement.Nous disons que si veste propriété avait eté mise à l\u2019enchère.elle aurait rapporté beaucoup plus que 83000 selon lonles les probabilités hnimaives.Nous disons que M.T'urcutte, s\u2019il voulait vendre à veut prixé-, n'avait pas le droit de mettre de côte le rapport de M.Rivard.Eu un mot, nous le répétous, c\u2019est ure affaire scandaleuse, LPAVEU DE M.MURPHY On lit dans la déclaration faite pa M.Leblanc: Qu'apres avoir locali-é la dite propriété (le Table-Rock), le dit Owen Murphy s\u2019adress« au dpartement des T.rres de la Couronne pour s'-u faire ocloyer la patente; Que pour faire la dite demande aun département des terres de ls Gourotne, le ait Owen Murphy se servit de v'intermé- dirire d'un nommé Geo.N.Rowe; Maintenant, nous souwnettons à nos lecteurs le passage suivant du témoignage de M.Murphy : Q\u2014 Combien M.Ruw- a-t-it payé pour la Patente de sa prop'iéié au gouvernement ?R\u2014L\u2019argenta été payé par moi.Q\u2014M.Rowe n\u2019a jamais payé un cen- tin ?R\u2014Jamais.Q\u2014H.Rowe n\u2019était qu'un prête nom ?H\u2014M.Rowe a été mis dâns la transae.tion comme acheteur pour faciliter les rapports avec le gouvernement.Q\u2014-M.Rowe n\u2019en a jamais rien su?R\u2014Rien de plus que ceque je lui ai dit que je voulais faire la transaction en son nom, ce à quoi il consentit et me dor.na le pouvoir de faire ce que je vou drais, en tant qu\u2019il était concerné, Q\u2014Ainsi, de fait, c\u2019est vous qui avez sait l\u2019achat et obtenu la patente ?R\u2014Oui, avec M.Guurdeau et M.Stewart, tel que je l\u2019ai compris dans le temps.Cette accusation de M.Leblanc est elle prouvée, oui ou non ?De son propre aveu, M.Murphy s\u2019est caché derrière un homme de paille pour faire son marché avec le gouvernement.Pourquoi un homme de paille, si tout était correct, régulier, légitime dans la transaction.Ce seul fait est une preuve écrasante contre le député de Québec- Ouest.M.Leblanc a prouvé ce fait par l\u2019aveu même de M.Murphy ?Et on veut mettre M.Leblanc à la porte ! \u2014\u2014\u2014\u2014 RUMEURS POITIQUES Toutes sortes de rumeurs circulent aujourd'hui.On prétend que l'orateur Marchand va être nommé shérif à Muntréal, et qu'il sera remplacé par l'hon.M.Turcotte.Ce dernier serait lui-même remplacé dans le ministère par M.Robidoux.On ajoute aussi que M.Mercier mécontent de M.Gagnon, va le nommer shérif à Québec, et le remplacer par M.Oharles Langelier qui doit se présenter dans le comté de ° s an Leonean, \\ 10 Tie JOURNAL DES CAMPAGNES LES FUNERAILLES DE L\u2019HON, M.CHAUVEAU L'honorable M.Chauveau a eu de grandes funérailles dignes de son grand nom et de sa grande mémoire.Une foule immense se Dressait aux abords de la maison mortuaire ce matin à 9 heures et demie.Il y avait là des hommes venus de partout pour rendre un dernier hummage à ce citoyun illustre dont la morta plongé dans le deuil la nationalité canadienne.Son Honneur le juge Chauveau et M.Pierre Chauveau, fils du défunt, M.le Dr Vallée, son gendre, MM.A.Chauveau, C.A.Chauveau, P Chauveau, ses petits-fils, l'hon.juge Tessier, M.Cyrille Tessier, le It-colonel Roy, etc, conduisaient le deuil.Dans le cortège on remarquait : Son Honneur le lieutenant gouverneur Angers, avec son secrétaire, M.J.de L.Taché; l'honorable L.R.Masson ; l\u2019hon.C.À.P.Pelletier ; l\u2019hon juge Bossé ; l\u2019hon.juge Casault; l\u2019hon.juge Routhier; l\u2019hon.juge Jetté; l'hon juge Pelletier ; l'hon.juge Larue; Son Honneur le juge Murray; Son Honneur le Maire de Montréal ; le lieutenant-colonel Duchesnay ; le lieutenant-colonel Taschereau ; le lieutenant-colonel Evanturel ; le lieutenant-colonel Forrest ; l\u2019hon.G.Duhamel, commissaire des terres de la Couronne ; l'hon.À.Turcotte, procureur-général ; .l\u2019hon.I.Thibaudeau ; M.L O.David, M.|: P.P., président et délégué de la société St-Jean-Baptiste de Montréal ; M.Jules Tessier, M.P.P., président de la sociéte St-Jean-Baptiste de Québec ; l'hon.Jean Blanchet, M.P.P.; MM.F, X.Lemieux, M.P.P.; Faucher de St-Maurice, M.P.P.; L.G.Desjardins, M.P.P.; L.P.Pelletier, M.P.P.; G.M.Dechène, M.P.P.; H.J.J.B.Chouinard, M.P.; MM.J.Lemoine, Nap Legendre, Faucher, P.Lemay, G.Stewart, P.Decszes, représentants de la Société Royale dv Canada ; l\u2019hon.M.Gédéon Ouimet, surintendant de l'instruction publique ; MM.Siméon Lesage, Hector Verret, Edmond Giroux, Ernest Gagnon, T.Ledroit, J.Burroughs, E.Rémillard, Panet Angers, N.Turcotte, Art.Turcotte, col.Vohl, J.A.Defoy, N.Lacasse, W.de Léry, W.Larue, Dr Venner, W.Baby, D.J.Montambault, J.Dunbar, J.E.Prince.B.Belleau, J.E Roy, J.I.Tarte, du Canadien; E.Rouillard, de l\u2019Evènement ; E.Bouchette, de I\u2019 Electeur ; E.Chouinard, de la Justice ; T.Chapais, du Courrier du Canada, et une foule d\u2019autres citoyens dont il nous est impossible de donner les noms.Les orphelins des sœurs grises faisaient aussi partie du cortège fanèbre.\u2018Ç i La Basilique, tonte tendue de draperies funèbres, offrait le plus imposant aspect.Le catafalque était élevé au pied du chœur et étincelait de lumières.Le cercueil disparaissait littéralement sous les fleurs, les couronnes, les croix, hommages de condoléances et de sympathie.La vaste enceinte de ls cathédrale était encombrée.M.le curé de Québec a fait la levée du corps.Mgr Hamel a chanté le service, avec MM.les abbés Mathieu, du Séminaire, comme diacre et Bourassa,secrétaire de l'Université-Laval, à Montréal, comme sous-diacre.Son Eminence le cardinal Taschereau était à son trône accompagné de Mgr Méthot et de Mgr Tétu.Parmi le nombreux clergé qui remplissait le chœur de la Basilique on remarquait : Mgr C.A.Marois, vicaire-général ; Mgr Tanguay ; Mle curé \u2018de St-Roch ; M.le curé de St-Jean ; le Rév.P, Désy, supérieur des Jésuites ; M.l'abbé Godbout, chapelain des Sœurs Grises ; Mabbé de Foville, St-Salpice ; Ml'abbé Beaulieu, chapelain de l\u2019Hôtel- Dieu ; M.l\u2019abbé Paradis, chapelain des Urauliues ; M.l'abbé Maguire, chapelain de Bellevue ; M.l\u2019abbé Bernier, chapelain du Bon-Pasteur 1 M.l'abbé L.H.Pâquet, et tous les prêtres du Séminaire, M.l'abbé Verreault, principal de l'école normale Jacques-Cartier ; M.l'abbé Rouleau, principal de l\u2019école normale Laval ; M.l'abbé Racicot, proc.de l'évêché de Montréal ; MM.les abbés H.R.Casgrain, Beaudry, G.Drolet, A.Martel, etc, ete.Dans la nef, Mgr Pâquet, recteur de l\u2019Université-Laval, et tout le corps des professeurs assistaient en grand costume.M.le juge Jetté et le Dr Rottot représentaient la succursale de Montréal.Les élèves du Séminaire de Québec et de l'Ecole normale Laval, étaient aussi présents aux funérailles.C\u2019est le chœur du Séminaire, qui a chanté le service.M.G.Gagnon était à l'orgue.L\u2019absoute a été dite par Son Eminence le cardinal Taschereau, assisté de MM.les abbés Mathieu et Bou- Tassa.Après la cérémonie à la Basilique, le cortège funèbre s\u2019est reformée et a pris le chemin de l\u2019église des Ursulines, où l'inhumation a eu lieu.Les dernières prières ont été récitées par M.l'abbé Verreault, principal de l'Ecole Jacques-Cartier, avec M, l'abbé Laflamme comme diacre et M.l\u2019abbé Pagé comme sous-diacre Le chœur des Ursulines a chanté le Libera.La dépouille mortelle de M.Chauveau a été déposée sous les voûtes de l\u2019église des Ursulines, où les restes chéris de sa femme et de ses filles lat tendaient depuis plusieurs années.Voici les noms de ceux qui ont signé dans le régistre mortuaire aux funérailles du regretté M.P.J.O.Chauvean : Mgr Paquet, Mgr Tanguay, Rév.Alfred Archambault, Rév.Bernard Bernier, chapelain du Bon Pasteur, Québec ; Rév.Georges Têtu, vicaire à la basilique, Québec ; Rév.Hyp.Bernier, Rév.A.E.Maguire, Rév.Charles Pouliot, ancien curé ; révérend Louis H.Paquet, sém.Québec ; Rév.Chs Trudelle, Rév.Louis Paradis, Rév.J.0.K.Laflamme, du sém.de Québec; Rév.H.Verrault, Hon.R.Masson, L.A.Jetté, Dr J.P.Rottot, Juge Tessier, Juge Fournier, P.de Foville, F.D.Monck, P.Roy, Jules Tessier, J.B.Oaouette, C.À.P.Pelletier, L.O.David, S.Lesage, Cyr.Tessier, Edm.Giroux, Ernest Gagnon, F.G.Marchand.REQUIESCAT IN PACE.EERE ER DROLE DE VENDEUR ! Un homme a un cheval à vendre.On lui demande son prix.Il va trouver un maquignon et lui fait évaluer son Ducéphale.\u2014Cette bête vaut $300, dit le maquignon.\u2014Pas du tout, s'écrie le propriétaire du cheval, je ne veux pas le vendre plus que $100 ! Drôle de vendeur, n\u2019est-ce pas ?Quelle différence y a-t-il entre ce vendeur de cheval et M.Turcotte le \u2018vendeur du Table-Rock ?\u2014\u2014 eee gi IL BAT LA CAMPAGKE L'Elecieur de ce matin nous entretient du pont et de la grandeur d'âme de M.Mercier.Mais l'organe est singulièrement embrouillé, et commet d\u2019étranges confasions.: \u2019 Ainsi, dans un endroit de son article, il nous annonce que le gouvernement Mercier souscrit un million pour le pont.Voici le passage en question : Ce qu\u2019il faut, ce sout des actes.C\u2019est Ce qu'a fait le gouvernement Mercier, en levant une première objection du gouvernement fédéral par une généreuse contribution pour faire faire los explorations preliminaires ; c'est ce qu\u2019il vient de faire encore en souscrivant Pour sa part un million pour le pont.C\u2019est comme cela qu\u2019on peut assurer la construction d\u2019une œuvre aussi importante que le pont du St-Laurent & Québec.Un million! Peste ! Voila des gens riches ! Et cette pauvre province qui succombe sous le fardeau des extravagances nationales, comment va-t- elle supporter ce surcroît ?Mais qu'on se rassure.L\u2019Electeur se charge de calmer les alarmes qu\u2019il a fait naître lui-même.Nous poursni- vons la lecture de son article et nous arrivons au paragraphe final : Avec des gens qui trouvent qu\u2019une qu\u2019une avance de $30,000 pendant dix ans, avec première hypothèque et la perspective de doubler la population, les affaires et le revenu public, est une dépense excessive que la province n'a pas les moyens de se permettre ; avec de pareilies gens, disons-nous, la présente génération peut s'attendre à voir l'herbe pousser dans les rues de Québec ! Tiens, ce n\u2019est plus ur million ! C'est $30,000 par année pendant dix ans.Qu'est-ce à dire ?Quand l'organe parle de million, est-ce pour jeter de la poudre aux yeux des gens ?Ils sont embrouillés, ces excellents cliquards ! : Nous ne rélevons pas aujourd\u2019hui les injures de l'organe à l'adresse de nos amis.Ces derniers ont mérité toute l'approbation des hommes intelligents en refusant courageusement de voter pour une résolution dans laquelle il était dit que la chambre approuvait d'avance toute mesure que le gouvernement adopterait pour assurer la construction d'un pont devant Québec.Nous ne sommes pas seul de cet avis, d'ailleurs.Voici ce que M.Tardivel, un bon québecquois, écrit dans l'Esendard sous le prendonyme Stadacona : Comment la Chambre peut-elle déclarer d'avance qu\u2019elle approuverait toute mesure qui lui serait soumise pour aider la construction du pont ?Toute mesure raisonnable, toute mesure que l\u2019état de nos finances peut justifier ; voilà des expressions Accoglables, des expressions qui laisseraient la législature Nbre de \u2014 juger le projet que le gouvernement devra soumettre.Mais si les dépulés s'engagent ainsi d'avance à.accepter loute mesure, sans la moindre restriction, le cabinet pourrait leur faire approuver ensuite nimporte quelle extravagance, sous prelexle que la parole de la Chambre est engagée.Je trouve que crtle manière de procéder est tout à fait irrégulière et tiès dangereuse.Voilà une opinion indépendante, et qui corrobore absolument noire manière de voir.Nous regrettons de le dire, mais les résolutions de M.Robidoux étaient sans queue ni tête, mal rédigées, mal conçues, et façonnés de telle sorte qu'on peut affirmer à coup sûr qu'elles ne sont pas sorties de la plume élégante du député de Châteauguay.Telles qu\u2019elles ont été soumises à la chambre, elles étaient absolument inadmissibles, et nous aurions cent fois voté contre leur adoption, au risque d\u2019amenter contre nous tous les criailleurs et les\u2019 écrivailleurs de Québec.LES RAISONS DE M.TURCOTTE M.Turcotte a rejeté le rapport de M.Rivard parce qu\u2019il ne le trouvait pas satisfaisant, parce qu'il ie considérait exagéré, ete.Ce rapport, nous l'avons déjà expliqué, indiquait deux valeurs pour le Table-Rock.Comme pouvoir d\u2019eau disait M.Rivard, cette propriété a une valeur immense,offre d'immenses avantages ; comme lot de grève il ne vaut pas moins que 4 centins du pied.Cela faisait, pour 194,000 pieds, $7,760.Pourquoi M.Turcotte a-t-il repoussé cette évaluation de M.Rivard ?\u201cJe n\u2019avais pas confiance en cet officier,\u201d dit le procureur-génétal.Et quand on lui demande pourquoi il n\u2019avait pas confiance en M.Rivard, il est incapable de donner une seule bonne raison.Dans toute l'enquête, il est impossible de trouver une seule excuse valable pour le rejet de ce rapport qui mettait le ministre si bien en garde contre la spéculation.Mais on trouve ceci par exemple : Interrogé par M.Casgrain\u2014Je n'ai jamais vu le rapport de M.Rivard, mais je savais l'évaluation qui avait été faite par lui du Table-Rock.M.Fitzpatrick m\u2019a donné cette information, et je l\u2019avais chargé de dire au département que jamais je ne paieruis ce prix.C\u2019est M.Murphy qui parle ainsi.La voilà, la raison que nous cher- .chons.M.Turcotte a rejeté le rapport de M.Rivard parce que M.Murphy avait fait savoir au ministre que jamais il ne paierait le prix fixé par cet officier.De sorte que ce n\u2019était plus le ministre, le vendeur, mais bien l'acheteur qui fixait: l\u2019évaluation de la propriété qu\u2019il connaissait.Et le ministre, gardien de la propriété publique, mettait de côté l'estimation de l'officier compétent pour subir la dictée du spéculateur, qui était un député ministériel ! ! !! Dilse trouve une majorité pour déclarer qu\u2019il n\u2019y a pas eu là complaisance criminelle, le plus tôt cette majorité ira se faire juger par le peuple, le mieux ce sera pour la province.Et maintenant les faits ont-ils.donné raison à M.Rivard, oui ou JOURNAL DES 11 non.Il suffit de les énoncer.Sept on huit mois après que M.Murphy eut acheté le Table-Rock au rabais, il le revendit $12,000 à M.Hurdman, d'Otiawa, comme le prouve l'analyse suivante de son témoignage : W.G.Hurdman, d'Oitawa, qui a acheté lu Table Ruck pour 812.000, est interrrogé sur la valeur de cette propriété.1l dit que c'est diflicile d\u2019évaluer Cetle propriéte.Il l\u2019a payée douze mille piastres et il croit naturellemeut qu'il à payé assez.À dire vrai, il ne connaît pis la valeur reello de cuite proprièle.Acheté $3,000, revendu $12,000.Y a-t-il eu spéculation aux dépens de la province, oui ou non ?Que dire des autres témoignages qui assignent au Table-Rock une valeur variant de $20,000 à $40,000.Ecoutez M.Lewis, encanteur d\u2019immeubles,s\u2019occupant depuis vingt ans de transactions et de spéculations sur la propriété dans le district d'Ottawa, connaissant parfaitement les lieux : M.' ewis, d'Ottawa, est interrogé par M, Casgrain.Je connais la-valeur de la propriété à Ottawa.J'evalue aujourd\u2019hui la propriété Table Rock au moius à $40,000.Elle avait la même valeur lors de la vente qui en a été faite par le gouvernement, Transquestionné par M.Fitzpatrick Q.Comment croyez-vous que la propriété Table-Rock aurait rapporté si elle eut eté mise à l\u2019encan.R.Au moins $40,000.Q.Malgre les difficultés légales qu\u2019il pouvait y avoir quant aux tilres ?R.Certainement, car je considère qu\u2019uu titre du gouvernewentoltre toutes les garanties desirables.Je n'a1 jamais entendu dire que cette propiiété fût à vendre.J'aurais bien voulu le savoir.J\u2019achèterais moi-même cette propriété à $40,000 si je les avais.J'y mettrais toute ma fortune.Si M.Hurdman voulait me céder aujourd\u2019hui 100 pieds carrés de cette propriété pour $15,000 je les lui donnerais.Quand le gouvernement aura quelque boune propriété comme le Table Rock à vendre à aussi bon macché, je suis son homme.Est-ce assez concluant ?Passons au témoignage de M.Poupore, homme compétent, s\u2019il en est : M.Poupore, M.P.F., interrogé par M.Casgrain : Je connais la propriété Table-Rock.Je l'évaluerais à $20,000.Je donnerais $20,000 comptant, aujourd\u2019hui même pour cette propriété, comme spéculation.Enfin prenons le témoignage de M.Lapointe M.Lapointe, M.PF.P.\u2014Je connais la ropriete Table Rock.Je l'ai visitée annee dernière.Si on veut l\u2019utiliser - comme pouvoir d\u2019eau, je n'hésite pas à dire sur mon serment que le Table Rock vaut 840,000.Voilà la preuve écrasante qui a été faite à l\u2019enquête.Et il se trouvera une majorité assez servile pour déclarer tranquillement que les intérêts de la province n\u2019ont pas été honteusement sacrifiés, qu'une propriété provinciale n\u2019a pas été cédée à vil prix À un spéculateur, député ministériel ! ! ;Ç Ah! nous avons hate de voir ce spectacle ! » \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Artistes UNE AFFAIRE MYSTERIEUSE Le député de Brome a adressé hier au gouvernement l'interpellation suivaute : Dans le document No 175 mis sur le bureau de la Ghambre, le 12 mars 1890, .il est dit, à la page 27 : Paye à l'honorable M.Prévost,avocat, cConsuité dans cette cause, les 3 et 11 juillet 1889, $4,190.00 pour acquit de peace TORO CAMPAGNES JOSEPH MARTIN Nest plus ministre UN A RTICE FANTAISISTE son compte d\u2019honoraires et déboursés; pour avoir dépouillé, examiné et étudié2# lout le dossier en ceite affaire, et pour avoir fail rapport sur icelle, RETIRE a ys A Nous lisons dans la Minerve : lus $111.90 pour intérêt dû à ia Banque du ; Peuple, sur les 84,19000 sus-dites avancées par cette Prévost.1.Est-ce M.Conseil égislatif ?dernière à M.2.À queule date M.Prévost a-til étéi chargé par le gouvernement d'étudier celte cause ?3.Quaud a-Lil terminé son travail, et quand a-bil adressé son compte aufd FXOsons nous r compromis l'administration actuelle, L\u2019Unton qui v\u2019a pas mème l\u2019uinbre d'une qu'il menait à sa guise, qu\u2019il est) douteux que quelqu'un d'un peu de #de valeur consente à le remplacer, et font elle est menacée.aux doulvureuses surprises que nous # éprouvons depuis quelques mois de l'Union libérale, et nous avons On se demaude ce qus cela veut§jpourrait se joindre celle d'apprendre que Joseph Martin est tellement: gouvernemeunl ?4.Pourquoi la sume de $111.90 su: les $4,190.00 susdites, avancees par la Banque du P«upte à M, Prévost, a-l-el!vi êlé payée par le gouvernement ?Le gouvernement a eu recours à des atermoiements pour ne pas ré-Ë pondre à cette interpellation.dire.Pourquoi le cabinet n\u2019est-il past® prét a donner une réponse catégori-|% que sur ce sujet ?Y aurait-il anguille sous roche ?J sa agouvernement Green way.Prévost, membre du} Oui, c\u2019est un fait accompli : Joseph Martin, le procureur-général, a donné 34 L'Union Libérale pubiie un article Minfâme contre M.Cusgrain, deyuié du démission comme membre du;-omté de Québ \u2018e, au cours duquel «lle @:réteud qu\u2019il aurait trahi M.Desjardins, E-léputé de Montmorency, dans sa lutte C'est un soulagement à la cone-ficontre M.Joseph T'uicoite.Il est mème Feet homme qui a tant fait de mal à} ila province.cience publique de voir disparaître Edit que M.Casgrain aur it souscrit de édl'argeut pour faire battre M Mesjardins, que qui serait le comble de la trahison.M Casgrain a immedialement sommé C\u2019est à peine, pourtant, si nousÆjl'Union de se rétracter dans sou plus éjouir, car il a tellement fi ni dprovhain numéro, à defaut de quoi il ferait servir du papir timbre.Apreuve pour appuyer Cle calomuie din ventée par des politiciens aux abois, ®va sans doute s\u2019éparg er le désagrément Nous avons remarqué cet article regretté que nos confrères aient pu- ; Ph li des cancans aussi absurdes et Ce nécessaire au gouvernement de Mani-aussi ridicules.0 ; .i .; toba, qu'il a repris ses fonctions de] Dire que M.Casgrain a souscrit procureur-général avec des facilités#de l'argent pour faire battre ME nouvelles de continuer à être classé Desjardins, dans le comté de Mont- Il appert par le document No 175%an nombre de ceux qui vont in theymorency, aux dernières élections, que M.Prévost, avocat, ayant été consulté dans la cause du gouverne-f ment contre Duncan Macdonald, les 8et11 juillet 1889, a reça $4,190# pour avoir examiné un dossier.C'est déjà passablement raide.Mais il y a un autre détail intéres-ElCécile Brousseau, fille cadette de® gretté propiétaire, ont eu} sant.vost.\u201d id notre très-re M.Prévost a reçu $4,190, \u201c plust $111.90 pour intérét dû à la Banque duff 5 dence de la famille, au Mont-Plaisant, \u2014(Manitoba.AA te Eur OBSEQUES DE MADEMOISELE CHR TE ROL Les funérailles de mademoiselle lieu ce matin, au milieu d\u2019un con-} Fcours considérable de parents et Peuple, sur les $4,190 susdites, avan cées par cette dernière à M.Pré- Le cortège funèbre a quitté la rési- H Tout cet article de l\u2019Usiun libérale c\u2019est pousser trop loin la fantaisie.dest d\u2019unecriante injustice envers le député du comté de Québec.C.BROUSS:AU E GRANDE DEMONSTRATION | \u2014 En Phonneur de M.Leblanc depute de Laval 3 Jeudi à Saint-Vincent de Paul #1 Les électeurs de Saint Vincent de {Paul ont pris l'initiative de la dé- \u2018@monstration politique qui aura lieu pe Il paraît que M.Prévost était una neuf heures puur se rendre a laijdans le comité de Laval pour protes- homme pressé.Evidemment le gou-&basilique, où le service a eu lieu.Le deuil était conduit par ses frères MM.Léger, Arthur et Prudent Brous- Eater contre la tentative d'expulsion de Bileur député, M.Leblanc Uette dé- Amounstration est fixé à jeudi, le 10 avril courant, à une heure de l'après un papier que celui-ci avait escompté@seau, ses oncles MM.J.D.Brousseau,f#midi.à la Banque du Peuple.Prévost n'entendait pas payer d\u2019intérêt à la banque, et c\u2019est le gouvernement qui l\u2019a payé.Franchement, a-t-on jamais entendu parler d'un pareil état de choses ?\u2018Un avocat est employé par le gou-f$ vernement ; ce dernier lui fait gagner # $4,000 en un clin d\u2019œil ; l'avocat veut&du personnel du Courrierse faire payer, et est tellement prességs qu'il ne peut attendre quelques moisff comme le commun des mortels ; il lamment à ce procédé inoui ! ! régime ! Le gouvernement se met à payer Wrue la messe de R-quiem ; Mademoi Æselle Léda Vézina, a très bien chanté qu\u2019il donne aux gens trop pressés l'intérêt sur les lettres de crédit pour attendre le paiement régulier ! ! solument mystérieuse.M.Prévost est maintenant Concirconstances que l'on sait.Une députation des provinces§ maritimes a eu Une entrevue avecl sir John À Macdonald au sujet des} taux de fret sur l'Intercolonial.Ml\u2019agent général du fret et M.Schrei-B Mais M.EF.X.Garneau, Anselme Brousseau Met Hector Garnean, 5 MM.Némése Garneau, Edouard Gar-# , et ses cousins Il y avait en outre plusieurs amis de la famille, et plusieurs membres La levée du corps a été faite par M.l'abbé Gagnon, procureur du #scmin aire de Québecobtient alors une lettre de crédit oul un papier quelconque qu'il escomptef A Vaillancourt et G.Têtu, comme diacre Mgr Marois, V.G., M.l'abbé Jos.Es Martel, ancien curé, etc, assistaient Ah ! nous vivons sons un joliRau chœur.M.G.Gagnon accompagnait à l\u2019or- la Plainte d'une jeune fille, par ASchubert.Mademoiselle Hélène Le- Toute cette affaire nous paraît ab-MBouthillier, a aussi rendu avec beau-K Xcoup de talent une Elégie, dédiée à # Mademoiselle Brousseauseiller législatif.C'est lui qui all remplacé M.Prud'homme, dans lesiiqui a faite l'absoute.C'est aussi M.le curé de Québec Après le service, le cortège s\u2019est Mreformé pour conduire à sa dernière Rdemeure au cimetière Belmont, les jrestes de la regrettée défunte.Qu'elle repose en paix! sv: dau A AREER EE M.Gaspard Pacaud qui avait été M.le Curé de Québec a chanté le; Mservice.assisté de MM.les abbés à la banque; mais il ne veut pas payer l'intérêt et le fait payer par le fet sous-diacre.gouvernement qui se conforme ga-l Les orateurs de la circonstance Pseront M.Leblanc, l'honorable M, ATaillon, l'honorable M.Flynn, MM.M George Desjardins, T.Chase Casgrain fineau, Zotique Garneau, George Gar-RG.A.Nantel, B.Beauchamp, tous ineau, Docile Brousseau, Pierre Gar- ¥neau, À.Belisle et P.Garneau.Edéputés provinciaux.51 L'assemblée sera suivie d'un ban- Mquet qui sera présidé par M.Lussier.Une adresse des électeurs y sera édprésentée à M.Leblanc.C'est dire \"qu'il y aura toasts et discours.NFUNERAILLES de M.le SHERIF ; ALLEYN a / \u2014 & Les funérailles de M.le shérif dAlleyn ont eu lieu hier matin au milieu d\u2019un concours immense de Wcitoyens.Toutes les classes de la rd société étaient largement représentés.@Tous les juges actuellement à Québec xétaient présents de même que la @plupart des membres du barreau.il Les employés du bureau du shérif Massistalent en corps aux funérailles.28 Son Honneur le lieutenant gouver- Hineur, suivi de plusieurs membres des deux chambres de la législature, igassistait aussi aux funérailles.M Le deuil était conduit par M.Edmund Alleyn, fils du défunt, par @les quatre fils de feu M.le juge Richard Alleyn, par MM.Linière = Taschereau et de Taillebois de Pres.ton, et par MM.Henry et Archibald.MSharples.4 Le service a été chanté à l\u2019église ESt-Patrice par le révérend père Mc- élu par accident deputé de North à Carthy, assisté des révérends pères taux de fret sur les meubles, le bois, M Essex, a été mis de côté comme can-M Walsh et Whiteles légumes, les produits de ferme fRdidat à une assemblé libérale tenue | L'église qui avait été revêtue de les animaux et le lait.Après uneMà Windsor.À cette assemblée,47 sur&ses tentures de deuil était remplie assez longue discussion, sir John aMM51 délégués décidèrent de voter con-Blqes amis de la famille du défunt L'inhumation a eu lieu au cimi- promis de faire droit autant que pos-Ætre lui à la convention qui sera tenue à tière St-Patrice.ber,étaient présents.On se plaint du sible,aux demandes de la députation.gle 11 avril dans le bat de faire le choix du candidat du parti. I?Echos & Nouvelles The Enterprise Tea Co Tout le monde se rappelle ces industriels qui vendaient du thé en boties et dontiaient des présents aux acheteurs, Ces présents consistaient en montres,en or, bignes et autres bijoux qui se trou- valent dans les boîtes de the.Poursuivis à Montréal pour infraction au statut prohibant les loteries, Hs furent couduits devant le R-curder, qui, après avoir entendu les faits, priv la cause &n délibere, Sur ces entrefaites le Recorder tomba malade et la cause était en su-peus.M.de Montbiguy a rendu jugemevt en cette cause Ce mation, Cu jugement condamme les trots defend.u's, Charles et Henry Cheshire, et Abert Dozuis, à $20 d\u2019amende et les frais.En outre, les marchandises actuellement daus le magasin seront mises sous saisie et veudues pour le paiement de c« juge ment; ebsil n'y a pas suffisamment pour couvrir la somme, le jugement ordonue la codtraince par corps.Un drame dans une église L petite vile de Texas située à treize Milles de Baltimore, a été jetée dans un grand emoi, par une tentative d'assassinat commise dans l\u2019église cathalique de la localité sur la personne du vicalre, le rev.Patrick Lnneghan.Lu révereud Lennegham étant sur le Point d'offiier à un enterrement, atlendait l\u2019arrivée du corps du défunt, lor-qu\u2019il a été assailli à mproviste à coups de revolver par le sacristain de I'éguse, + ousmé Richard M ieNichols.Sans dire un wot MacN.chos, pro- babl ment dans un accès de folie furieuse causée par des excès de bois- SOUS, à Lité successivement cinq Coups de revolver sur le révérend Lenneghan, qui a éle alleint par trois balles aux jambes.L meurliiera été mis aussitôt en êlat d'arresiation, et les blessures du révereud Leuneghan, quoique très graves, ne sont pas considérées comme mortelles.Consomption guérie Un vieux médecin, retiré de pratique, ayant appris d\u2019un missionnaire des Indes orientales la formule d\u2019un simple végétal comme remède pour la guérison rapide et permanente de la Cousomption, Brouchite, Catarrhe,Asthme, et de toutes les affections de la gorge et des Poumons, et aussi pour la guérison certaine de la Débilité Nerveuse etde toutes les maladies des nerfs, après en avoir attesté les merveilleux effets curatifsdans des milliers de cas,le susdit médecin a compris qu'il était de son devoir de faire connaitre ce remède à ses concitoyens malades.Mu par ce molif el par le désir de soulager la souffance humaine, j'enverrai, libre de toute charge, à tous ceux qui le désirent celte formule, en Allemand, en Français ou en Auglais, avecles directions pour la préparer et l\u2019employer.Euvoyez par la malle en donnant l\u2019adresse avec une estampille, e& nommant ce journal à W.A.Noyes, 820 Powers, Block Po chester, N.Y.Québec, 9 mars 1890\u2014 6m 26 Le meurtrier Morin A l\u2019ouverture de la cour, hier matin, Phonorable juge H.Cyrias Pelletier a prononcé la sentence contre le meurtrier Morin.: 1 a été condamné à être pendu le 16 de mai prochain dans la cour de la prison de Monimagoy.Le meurtrier n\u2019a pas paru très ému en recevant sa sentence.salle d\u2019audience était remplie d\u2019une foule de curieux.Morin est marié depuis quelques années et il est devenu père pour la première fois avant-hier.La victime est un commerçant de St- Pierre de Montmagny nommé Roy, et l'assassin un cultivateur à l'aise du même endroit nommé Philéas Morin.Roy et Morin vendaient de la viande en société, Samedi, le 11 janvier, les deux associés vinrent à St-Thomas faire leur marché comme à l\u2019ordinaire et faire uu u de collection.A leur retour à Stierre, il s'éleva une difficulté à propos d'argent.Des gros mots ils en vinrent aux mains, et Morin administra une raclée à Roy qui étaitinfirme,et le laissa à moitié assommé pour retourner chez lui.En sortant de chez Roy, Morin fit la rencontre d\u2019un nommé Proulx et il OR RC SECTE JS RNA dil a ce dernier ; ** Viens voir dans quel état jai mis ce pauvre Bédon.\u201d (sobriquet donné à Roy).Els trouvèrent Roy daus son lit, Eu entrant chez sa victime,Morin lui dit: Roy, doune-nous un coup.Roy lui dit: * Que reviens-tu faire ici ?Nesth pas content de m'avoir assommé ?\u201d Morin répliqua : \u201c Je ye serai coutent, Mon Motidit croche, que lorsque je l'aurai trié comme on chien.\u201d Et la.d- ssus, Morin saisit Roy, le traîna hors de son lit et le frappa des pieds et des mains, lui pietina la poitrine et l\u2019ab- domeu jusqu'à ce que des passants, attirés par jrs cris lamentables de la victime, entreut chez Roy et l\u2019enlèvent des Mains de sou brutal agresseur.Alors celui-ci voyant sa victime lui échapper, saisit un vase de nuit rempli de glace, quise trouvait àla portée de sa main et le brisa sur le crâne de Roy en disant : \u2018* Je l\u2019assomimerai si bien que tu n\u2019en reviendras pas de sitôt\u201d Roy est mort le 14 au malin.Lr jury du coroner rendit alors le verdict de\u2018* Meurtre avec préméditation.\u201d Parti de pêche Sir Geo.Stephen a iuvité plusieurs personnages distingués à aller faire la pêrhe à sa villa de Causapascal, sur l'Intercolonial.Nouvel hotel a Lévis Un est à construire un hôtel assez coquel piès du passage de la traverse à Lévis.II sera prêt pour l\u2019ouverture de la navigation.Pour les plaines 3 11 M.Simon Couture, de la police monté qui était venu passer quelque temps à Levis, est reparti de nouveau pour les plaines du Nord-Ouest, emmenant son jeune frère avec lui.Soldat trouvé mort sur la citadelle Hier matin, les soldats faisant la garde, ont trouvé a.ort dans sa celiule, dans la guard-room, le soldat qui y avait été in- terué, hier soir, vers huit heures.*e malheureux qui a nom Ferguson, un écossais, est entré, mardi soir, dans ses quartiers, passab:ement émêché Ce que voyant les gens de la garde l\u2019en- voyèreut daus la guard-room, pour la Duit, vu son état d'ivresse, pour ce matin comparaître devant son colonel.Immediatement après avoir constaté la mort du malheureux, on envoya avertir M.le coroner Belieau qui fit transporter le cadavre à la morgue, où aura lieu l\u2019enquête.Le défunt qui n\u2019était sur la citadelle que depuis Cinq à six mois, était étranger à la place, venant, croit-on, des Pror vinces Maritimes.Accident sur l\u2019Intercolonial Vendredi dernier,pendant que le train express de l\u2019Inlercolonial en destination d\u2019Halifax, flait à toute vitesse, près de Trois Pistoles, \u2018un cheval stationnant près de la voie, prit penr et vint se jetter en plein sur un char Pullman.La bête fut tuée instantanément et la cariole réduite en atômes.Si quel- qu\u2019un cût été dans la voiture en ce moment, nous aurions certainement à déplorer une perte de vie.Beurrerie de Nicolet Ont été élus directeurs : MM.Jos.Proulx, Petrus Proulx, Antoine Lemire, Omer Norway, J.B.Beauchemin, Gédéon Beauchemin, G.Proulx, prétre.Les Directeurs ont élu M.l'abbé Groulx président.Contrat d\u2019église Nons apprenons avec plaisir que les travaux de l\u2019intérieur de la cathédrale de Chicoutimi viennent d\u2019être données à M.l\u2019architecte Alfred Giroux de St Casimir.L\u2019édifice a 210 pieds de long sur 84 de large.Les travaux commenceront le 1er de mai.M.uiroux a une longue expérience et une grande habilité ; il fera honneur à son contrat.Température en mars Le temps s\u2019est comporté de la façon suivante, en mars, à Qnébec.Les 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 17, 18, 19, 20, 22, 23, 24, 25, 28, 29, 80 et 31, ont été des jours de soie1l et température sèche et printannière ; les 14 et 27, des jours de temps gris et doux.Il est tombé de la pluie, lés 12 et 13, et de la neige, les 15, 16, 21 et 26.En tout 25 jours de beau temps et 6 jours de mauvais temps.~ DER CAMPAINEKS Le Bellerophon Lafrégate anglais Le Bellerophon est arrivée vendredi aux B-rmudes.Eile se dirigera à la fin de mai vers Halifax ou elle arrivera dans les premiers jours de juin.Il est probable que le Bellerophon continuera à Québec daus les derniers jours de juin.Etat des travaux de la session Nomtre \u201cde jours de session, 86 jours; nourbre de jours de séances 62 jours ; là chambre a vote 72 fois ; vouwbre de pétilionis pré-enlée JUV ; lues el reçues 285 ; adresses ordo ners 47; ordres de la chambre ordounées 181 ; documents mis devant la chambre, reponses sux adresses et ordres \u201cdela cha bre 287 ; bills presentées A l\u2019assemblee legislative 191; envoy s au couseir (égislalif 128, rejelés 8; présentes 8; du conseil à Iassemblee 7; rejetes 1; sas ciionnés 4; nombre de bills devant être sauction- nés 121.Nombre d'avis de motions ayant rapport aux interpellations 258 ; aux bills 101 ; aux adresses et ordros 238 ; aux comités 25; aux résolutions 27 ; à divers sujets 60.Total des avis de motions 704.La chambre s\u2019est formee en comité général sur résolutions 23 fois : subsides 26 ; sur bills 170.Total 218, Nombre de rapports faits par d-s co uités permaneuls et spéciaux : Comité special chargé de préparerla liste des comités permanents 2 ; comilé spécial \u2014 ècoie de médecine 1 ; comité special\u2014 bitl de pharmacie 1 ; bilis privés 19 ; chemins de fer 12 ; ordres permaneuts 10; Jégislationet lois expirantes 6; comptes publics 3; bibliothèque 2; impressions 4 ; privi:èges et élections 2 ; agriculture, immigration et colonisation | ; industries 1.Total 6+.Compilé par Louis Fortier, greffier des journaux français.Les abattoirs des Trois-Rivières Une délégation de la ville des Trois Rivières s\u2019st reudue à Montréal afin de r-ncontrer les autorités du Pacifique Canadien et de régler certains dé:ails relalivement aux transports des bestiaux de l\u2019uuest, qui devront être abattus aux Troi:-Rivières pour être ensuite expédies par delà l'océan.Cette délégation se composait du maire Normand, de MM Bender et Arthur Prieur.La compagnie formée à Londres par M.Bender pour la construction de ces abattoirs, demandera au gouvernement fedéral la permission d'importer le bétail américain en trausit jusqu\u2019à Troi:-Rivières.Ce commerce, qui contribuerait large meut à la prospérité de la population trifluvienne, ne pourrait en aucune façon nuire à la cité de Montréal, car il existe directement déjà entre les Etats- Unis et l'Angleterre.TI aurait simplement pour résultat d'enlever à nos voisins une partie de leurs bénéfices au profit de la ville des Trois-Rivières, Religieux: L'Echo de l'Uuest nous apprend que le Rév.Père Durand, récemment arrivé de France, a été nommé curé de la aroisse canadienne française d'Osséo, inn.A St-Sauveur M.A.Guérard, entrepreneur-menui- sier, commencera dans quelques jours, près de la halle St-Pierre, la construction de la bâtisse qui contiendra une pesée et les stations de pompiers.Cette construction aura 95 pieds de front sur 36 pieds de profondeur.Lies stations de police sont maintenant terminées.Mort empoisonné L'autopsie sur le cadavre du soldat Thomas Ferguson a été faite jeudi matin à la morgue par le docteur Sewell.Les docteurs Montizambert, Parke et Lavoie y assistaient aussi.D'après l\u2019exa- meu on à trouvé que l'œsophage était corrodée ainsi que la muqueuse de l\u2019estomac et de la bouche, ce qui prouve que le défunt a été suffoqué et que cette suffocation a été causée par empoisonnement.On espère prouver à l\u2019euquête qui commencera ce matin à neuf beures, comment Ferguson a pu s'empoisonner.Après l'autopsie,le docteur Sewell a livré au coroner Belleau I'estomac et sor contenu scellés daus des bocaux.A mi-mât * Le drapeau a flotté à mi-mât sur l'hôtel- de-ville, depuis la mort de M.Alleyn qui a été maire de Québec, ES Mort Subite Une jeune femme du nom de Berthiaume, est morte subitement ce matin.au cap Rouge.Enquête demain à deux heures p.m.M.Chauveau : L'honorable juge Chauveau a regu, ce matin, le télégramme suivant du marquis de Lorne et de la princesse Louise : Aix-'es-Bains, France.Nos profondes sy npathies.(Signé) Lonne-Louise.M.le juge à reçu en mêma temps une dé,éche de Sir William D'wson, de Monuél, Pinformant qu'il avait regu ordre de notre ancien gouverneur-géné- ral de déposer en son nom, une couronne de fl-ur sur la tombe de notre distingué compatriote, M.Chauveau.Messieurs les curés.Nous attironsspécialement leur attention sur la belle variété de lampes, lus tres, candalabres, qui en ce moment pare notre établiss-ment, bon nombre est dù à l\u2019habilité de M.A.Adam fac teur de notre ville et qui mérite tout l\u2019encouragement possible pour son bel esprit d'entreprise.Nos chemins de la croix sont aussi des plus beaux.Librairie Montmorency Laval.PRUNEAU ET Kinovac, 28.rue de la Fabrique.Chanceux M O.Beaulieu, fils, a gagné la somme de $1,200 au dernier tirage de la loterie de la Louisiane.= incendie a Ste-Monique De nouveaux détails au sujet de ce désastreux incendie nous appienent que l\u2019on a réussi à sauver tous les ornements d'église, l\u2019orgue, l\u2019aménagement du presbytère et la bibliothèque du curé L'église était assurée pour $14,000.Le feu a originé par l\u2019un des tuyaux de poèles.C'est une terrible épreuve pour le cura et pour toute cette paroisse.Pâques À la basilique, un chœur nombreux exécutera la messe dite de Pâques de Fauconnier et sera assisté pur un orchestre composé du Sepluor Haydn et de plusieurs instrumentistes.A Saint-Roch, on doit chanter la messe dite de l\u2019Assomption de Fauconnier, avec accompagnement de l\u2019orchestre de l\u2019Académie de musique et quelques amateurs.M.Jos.Lamontagne chantera à l'offertoire les Rameaux de Faure.A la congrégation de Saint-Roch on chantera la messe dite de Pâques de Fauconnier.Madame Samson donnera à l\u2019offertoire la Salutation angélique de Gounod.Il y aura solo de violoncelle par M.Hannecart.Nonagénaire Mme Veuve Maurice Robillard, est décedée,la nuit dernière,à l\u2019âge avancée de 92 ans.La défunte était la mère de M.Robillard,ancien député de Berthier, à la législature provinciale, et l\u2019aïeule de M.I.Tarte, et C.Robillard, nos deux confrères du Canadien, à qui nous offrons nos condoléances, Fouscription Une souscription se fait actuellement à Chicoutimi dans le but d'offrir à Monseigdeur Bégin, à l\u2019occasion de ses noces d'argent qui seront célébrées en mai prochain, un ameublement de salon pour le nouvel évêché.Changement de jour Le chemin de Croix qui a coutume d\u2019avoir lieu à la Basse-Ville le vendredi aura lieu à l'avenir le jeudi à la même heure à 7 p.m.Cour Criminelle On est à se préparer pour l'ouverture de la Cour du Banc de Ix Reine.Il ya quelques nouvelles causes sur le dossier entr\u2019autres celle de W.Roude et Victor Turcot accusés de vi.Les représentants de la Couronne seront encore MM.Fitzpatrick et Amyot probablement.: Le nouvel interprète de la cour est M.Bradley.Le terme sera présidé par son Honneur le juge J.G.Bossé.Biographie Il doit être publié ces jours-ci une biographie du R.P, Sachs, aves .portraits FBUILLETON DU \u2018* JOURNAL LES CAMAGNES \u201d 10 Avril 1890 -No 16 LES ÉPREUVES CEUR.(SUITE) Un soir, tandis que Luc Auvilliers fumait du tabac russe dans une pipe qui avait fait le tour du monde, et que le jeune homme fermait un volume dont il venait d'achever la dernière page, M.Auvilliers lui demanda : \u2014N'\u2019avez-vous jamais songé au mariage ?;Ç \u2014Jamais avant le jour où je suis entré chez vous, Monsieur.\u2014Singulière réponse ! Ce n'est pas moi qui vous en donne le gout, puisque je suis célibataire.\u2014Certes, répondit Victor, cependant._ \u2014Achevez votre pensée.\u2014Tenez, Monsieur, ce n\u2019est pas ma faute, je croyais bien être à l\u2019abri d\u2019une surprise de cceur.Quand on travaille, en n'a pas le temps de rêver.et j'ai jusqu\u2019à cette époque dormi à peine assez pour me tenir debout durant le temps que Je consacrais 4 un incessant labeur.Vous le savez, cependant, Monsieur, je parvenais à peine à manger du pain.Quand je voyais mes amis gais et rieurs, partir pour quelque campagne des environs de Paris, la chanson aux lèvres, une fleur à la boutonnière, leurs vingt ans sonnant toutes leurs fanfares, je les ai tantôt enviés, ct tantôt pris en pitié.ll était des jours où je me sentais comme eux avide de liberté, où la tentation de m\u2019enfuir au loin pour entendre les oiseaux des bois et m\u2019interroger moi- même, me prenait au cœur, où je me sentais pour ainsi dire attiré au dehors par des mains invisibles.Mais le sentiment du devoir me retenait.Jai pleuré souvent des larmes amères, larmes de regret d\u2019impuissance.Et pourtant, si l\u2019on m'\u2019eut offert de changer ma vie laborieuse, misérable, contre des heures de liesse, j'aurais rcfusé, oui, j'aurais refusé, et je serais resté ce que j\u2019étais quand vous m'avez tendu la main.Mais, depuis.Pour avoir combattu ma jeunesse, je ne l\u2019ai pas étouffée\u2026 Mon cœur a subitement battu des ailes comme un oiseau captif à qui -en rend la liberté\u2026J\u2019ai rêvé : le rêve console des réalité sombres.Le rêve me voit rien d\u2019impossible-à l\u2019ardeur de son désir\u2026 Oh ! Monsieur! durant certaines heures, tour à tour partagées par la crainte et l\u2019espérance, que n\u2019ai-je osé vous montrer le fond de ma pensée, ou plutôt vous supplier d\u2019y lire, car il est des instants où il me semble que je ne comprends pas moi-même ce qui se passe en moi.Je suis excusable, bien excusable, allez vous .en conviendriez vous- même.Si elle eut été moins parfaite, rien de tout ce qui me trouble et me bouleverse ne fut arrivé.Son charme était si complet, mon âme si avide du bien, du vrai, dans la création comme'dans les spéculations de l'intelligence, que brusquement son image y est entrée pour y demeurer à jamais\u2026 \u2014Ah !¢a! mon cher ami ! demanda Fbrusquement Luc Auvilliers en posant tout à fait sa pipe, sur quelle herbe avez-vous marché ce matin ?Vous avez dû lire un roman de La Oalprenède ou de Mile de Scudéry.Vous enveloppez les choses les plus naturelles du monde, dans une sorte de pathos qui les rend complètement AUTRE ET franc avec moi, Victor! J'ai I'age d\u2019être votre père.Depuis que vous partagez mes travaux et mes loisirs, j'ai eu letemps d\u2019apprécier vos qualités, elles sont grandes.Je vous suis donc acquis d\u2019une façon absolue.Si je puis vous être utile de quelque façon que ce soit, hâtez-vous de me l'apprendre, et vous\u2018me rendrez bien heureux.\u2014Je vous remercie, Monsieur, répondit le jeune secrétaire d\u2019une voix découragé, je vous remercie du fond de mon cœur\u2026 \u2014Ce que vous souhaitez est-il donc impossible à réaliser ?\u2014Vous ne pouvez rien contre ma préoccupation et ma tristesse\u2026 Je m\u2019attends à voir briser mes pauvres espérances, mais, croyez-le bien, je ne m\u2019en prendrai qu\u2019à moi.\u2014De quoi s'agit-il done ?\u2014De la tendresse la plus idéale, la plus pure.\u2014Si Madoneavait dix-sept ans, je croirais que vous songez à elle\u2026 \u2014Madone est une enfant, Monsieur, ce n\u2019est donc point vers l\u2019avenir que sen va ma pensée.Mais femme accomplie, ravissante, dont l'intelligence égale le cœur.Mme Lincelle.\u2014Vous voulez épouser Nathalie Lincelle, s\u2019écria Luc Auvilliers avec une sorte de violence.\u2014Oui, Monsieur.\u2014Vous êtes un insensé ! un insensé ! \u2014 Jai dire.\u2014La question d'age.\u2014Madame Lincelle a vingt-six, ans, moi vingt-cinq.&#-\u2014 Votre position, alors.Cette jeune femme est maîtresse d\u2019une grande fortune, et n\u2019épousera certainement qu\u2019un homme dont la situation augmentera encore la sienne.Si je vous voyais un avenir ! Mais le secrétaire d'un homme, si influent, si riche même qu'il soit, n\u2019a pas une carrière ouverte en quittant celui à qui il a offert ses services.C\u2019est mal ! très mal! Vous abusez presque de l'hospitalité qui vous est offerte dans cette maison, en ouvrant votre cœur à de telles pensées ! Si Madame Lincelle le savait.\u2014Rassurez-vous, Monsieur, elle ne I'apprendra jamais.Je croirais manquer à tout ce que je lui dois, à tout ce que je dois à moi-même, en lui révélant ce que ce viens de vous apprendre.J'ai peut-être eu tort de vous le dire.Pardonne-le-moi.Vous m\u2019avez questionné, je ne sais ni mentir ni méme me taire, quand celui qui m'interroge a tant de droits à mon affection, à ma reconnaissance et à mon respect.\u2014OC'\u2019est bien ! fit Luc Auvilliers, c'est bien !Jene travaille pas davantage aujourd\u2019hui.J'ai besoin de repos, quittez-moi ; je me concherai de bonne heure.\u2014Monsieur! dit Victor Bérard d\u2019une voix tremblante, dites-moi que vous ne m'en voulez pas, que je ne vous ai pas offensé.\u2014M'offenser, moi ! \u2014OC'est que, depuis ma confidence, votre regard est dur et votre parole glacée\u2026J'aurais dû me taire! oui, je Jaurais dû, je le comprends trop tard.\u2014Que voulez-vous dire ?\u2014Rien ! répondit Victor d\u2019une voix brève dans laquelle vibrait l\u2019amertume, rien, Monsieur! \u2014Parlez, je le veux, je vous l\u2019ordonne! s\u2019écria Luc Auvilliers.\u2014On ne commande qu\u2019à ses valets, répondit Victor en se levant.Je vous avais voué, Monsieur, une affection si grande, que parfois il m\u2019a semblé que je n'aurais pas davantage chéri mon père\u2026 Un mot de plus et vous m'\u2019obligeriez à me séparer de vous.\u2014Seriez-vous donc ingrat comme commencé par vous le inintelligibles.Vous pouvez être, + la plupart des hommes ?demanda 88 CAMPAGNES celle qui remplace ma mère, cette Luc Auvilliers Vous me portez de l'affection, soit ! mais un mot vif, un accent élevé, suffit pour vous la faire oublier.Ne pouvez-vous au moins m'apprendre la raison d'une susceptibilité si brusque, et d'un refus d'explication qui m'\u2019attriste et qui m\u2019 offense ?\u2014L'exigerez-vous véritablement ?reprit le jeune homme.\u2014Oui, mais non plus en vous intimant un ordre.Il me sembla que nous nous devons l'un à l\u2019autre plus de franchise et d\u2019abandon.\u2014Qui sait, demanda Victor passif, si le mal, résultant de cette explication, gne sera pas plus grand que le bien.Vous avez raison, cependant, nous nous devons une explication mutuelle, sous peine de voir briser charme do nos rapports\u2026Je vous ai suffisammint fait comprendre que j'avais une affection profonde pour Mme Lincelle\u2026 Surprise de l'esprit, émotion du cœur, ne me demandez pas davantage ee que je sens, ce serait impossible.qu'il vous suffise d'apprendre qu\u2019elle s\u2019est emparée de ma vie pour la dominer.et que dans l'impatience mêlée d'angoisse de vos questions, j'ai cru comprendre que vous aussi n'aviez pu rester insensible au charme pénétrant de cette jeune.femme.\u2014Moi ! s'écria Luc Auvilliers avec une sorte d\u2019épouvante.: \u2014Vous, Monsieur, répondit Vic or.\u2014 Mais je suis un vieillard, pire que cela, un Voyageur, un être cosmopolite par goût, devenu sauvage dans l'isolement, dont le cœur n\u2019a jamais battu ; pour qui les affaires ont remplacé la tendresse\u2026 Pauvre fou ! quelle sotte contenance serait la mienne près de cette ravis sante femme pour qui jusqu\u2019à pre sent, tout a été joie paisible.Vous figurez-vous quelles soirées elle passerait près d\u2019un mari de mon age.© ermettez-moi de vous faire remarquer, Monsieur, que vous allez presque tous les soirs à sa villa de Fontainebleau, ou à son hôtel de Paris.\u2014Afin de donner des leçons à Madone.\u2014Leçons auxquelles {assiste Mme Lincelle.Cela ne suffit-il point à prouver qu'elle est loin de s'ennuyer en votre compagnie.Oh! cela est étrange, Monsieur, bien étrange ! Mais a force de retourner dans ma pensée une idée qui m\u2019est une cause de souffrance, j'ai fini,je crois par comprendre, mieux que vous-même, Ce qui se passe dans votre cœur.Vous vous jugez sévèrement, trop sévèrement, je le vois.Mme Lincelle en appellerait devant vous-même.Ah ! je le sais, il est grandement facile de glisser sur la pente, de croire à l\u2019amitié qui lentement se change en aff«ction, pour se transformer en amour.N'ai-je point passé par ces phases diverses ?N'ai-je point suivi en moi ces métamorphoses du sentiment.Vous fnssiez peut-être demeuré longtemps sans savoir ce qui se passait en vous.je déchire le voile enveloppant la vérité, et je vous la montre en face.Nous sommes rivaux, Monsieur.Si cet aveu doit changer ma situation près de vous, appreuez-le moi toutde suite ; je sortirai de votre maison la tête haute, le cœur attristé, comprenant qu\u2019il eut été pour vous trop héroïque de xme guérir sous votre toit, et de me rapprocher de Mme Lincelle:.Et cependant, car il faut tout dire, je suis convaincu que vous l'emporterez sur moi ! J'ai la jeunesse, sans doute ! quel misérable avantage pour une créature de la valeur de cette jeune femme.Ju ne compare point ma pauvreté à votre fortune, je la crois assez désiutéressée pour n'attacher à la question d'argent qu'une valeur reiative\u2026 Et d'ailleurs B comment voudriez-vous que j\u2019osasse lui dire : \u2014 \u201c Voulez-vous Zêtre ma femme ?\u201d \u2014 avec l\u2019horrible crainte qu'elle se demandat : \u2014** Ma fotune ne le tente-t-elle pas ?\u201d\u2014 Je suis condamné a me taire, et je me tairai.Ce * n'est pas tout encore, Monsieur devant vous, mon infériorité intellee- tuelle est grande.J'ai vécu à la façon de ceux dont l\u2019unique objectif est de gagner leur pain quotidien, tandis que votre existence vous a mêlé à toutes les grandeurs, vous a permis d'apprendre, et fait de vous aujour- d\u2019hui un homme dont les années sont faciles à oublier.Luc Auvilliers ie front penché, écoutait son secrétaire.Une lumière terrible se faisait en lui.Victor avait raison.Eclairé par une souffrance il venait de fouiller dans l'âme de Luc Auvilliers avec une persistance et une sagacité qui rendaient à la fois Auvilliers heureux et tremblant.Il prétait l\u2019oreille aux paroles de Victor avec une sorte d'ivresse.Tout ce que le jeune homme lui disait de flatteur le charmait et le rassurais.Il éprouvait non pas à le croire encore d\u2019une façon.absolue, mais à douter, un peu, une joie graudissante.Si cela était vrai, cependant ?Si quelque jour il pouvait déterminer Nathalie à lui accorder sa main.N\u2019aurait-elle pas tout de suite un intérieur, une famille ?Nathalie et Madone quel rêve.Cependant aa bout d'un long silence Luc Auvilliers parvint à dompter son émotion.ll tenditla main à Victor avec une cordialité sincère : Mon ami, lui dit-il, car vous êtes mon ami, je souhaite que rien ne soit changé dans nos rapports.Je ne suis pas assez remis du trouble dans lequel m'ont jeté vos paroles pour \u2018 analyser le fond de ma pensée.Mais dès ce moment, ma résolution est prise d\u2019une façon irrévocable : \u2014 Vous resterez avec moi,je m\u2019intéresserai à vous plus que par le passé voilà tout.Si ce que vous avez cru démêler dans la tête et dans le cœur du vieux marin est vrai, Mme Lincelle décidera de notre sort à tous deux.Je vous déclare seulement qu\u2019à partir de cette heure une somme de deux cent mille francs sera déposée en votre nom à la banque de France.Si le sort vous favorise, il faut que la fiancée de Mme Lincelle n\u2019ait pas a rougir.Ce n\u2019est point une fortune que Je vous offre, je compense seulement les souffrances du passé à l\u2019amélioration du présent.\u2014Je refuse, monsieur ! Je refuse vos dons! s'écria Victor.Quoi, je serais assez lache pour accepter.\u2014Ce que je vous donne à partir de ce jour, oui, vous le ferez, d\u2019abord afin de me prouver que mon intérêt pour vous était payé d'une façon filiale, ensuite parce que vous ne voudriez pas me réduire à une situation humiliante.Je suis riche, si riche que ces deux cert mille francs ne changeront rien a ma fortune.Quand chacun de nous montrera le fond de son âme à Mme Lincelle je ne veux pas être réduit à me dire que mon argent est pour quelquechose dans,sa décision, si sa décision m\u2019était favorable.Si elle m'acceptait jamais pour mari, la dot que je vous aurais constituée vous servirait au moins \u2018à jouir d'un repos poursuivi par vous comme un rêve, à terminer dans le silence du cabinet des études commencées avec moi.Vous venes de me faire à la fois beaucoup de biea et beaucoup de mal.Peut-être une sécurité même trompeuse valait-elle mieux que le doute dans lequel je suis aujourd\u2019hui, Vous m'avez obligé à regarder au fond de mon âme, à ex éclaicir des replis que je voulais der dans l\u2019ombre.Jamais l\u2019idée abse lue de demander Mme Lincelle en mariage ne s'était présentée à mon ' I4 esprit.Elle me paraissait si jeune ! Et je me vois si vieux ! Les campagnes comptent double, et les voyages valent bien les campagnes ! Pour la première fois vous avez fait naître dans mon esprit une vague espérauce\u2026 Ce n\u2019est pas vous dire que j'aurai le courage de parler d'ici longtemps.Peut-être ne l'aurais-je jamais.Après cette soirée nous tâcherons d\u2019oublier tous deux ce que nous nous sommes dit.Jamais ni vous ni moi, nous n\u2019en parlerons ensemble.Il est des sentiments qu\u2019il faut eusevelir comme des morts, quitte à les voir ressusciter.Luc Auvilliers et Victor Bérard restèrent également fidèles à cette parule.Cependant ni l'un ni l\u2019autre ne fut dupe de la tranquillité affectée de son rival.Auvilliers était sincère.Dans tout ce qu'il avait dit à Victor, pas un mot h\u2019offensait la vérité la la plus scrupuleuse.Lorsque sortant de ce salon où il était resté entre Madou: -tudieuse et Mme Lincelie intelligente, gracieuse et charmante, il éprouvait sans doute le regret de se lutrouver seul, mais l\u2019idée ne lui venait pas qu» cette situation put chuuger.Son amitié ne souffrait d\u2019au- cui malaise.ll aidait Nathalie dans sa tâche maternelle,plus d\u2019une fvis il la lui facilita.Mais dans tout ce qu'il entreprenait pour lui piaire, il ne voyait jamais que le plaisir d\u2019obliger une bonne douce créature isolée, comme lui-même se trouvait isolé.A Partir de l'heure où Victor lui révéla ce qui se passait dans son âme ilse senti gêné, troublé, près de Nathalie.Sa conversation perdit de sa franchise prime sautière.Il redouta cent fois de laisser deviner un secret si facile à comprendre, qu\u2019un regard avait suffi à Victor pour ac- qnérir :a preuve que Luc Auviiliers serait le plus heureux des hommes, Si Mme Lincelle lui accordait ra main.Il devint triste, embarrassé, presque gauche.Sa conversation se ressentit de ses craintes.Il en vint à redouter à chaque instant de se trahir, et ne trouva sa facilité et sa confiance qu\u2019en racontant des épisodes de voyages ou en donnant des leçons à Madone.Il les fit des plus en plus longues, si bien que Miss Daisy dit un jour à Mme Lincelle : \u2014Vraiment, Madame, M.Auvilliers est un professeur si savant, si complet, que je ne vous suis plus guère utile pour l'instruction de Madone.\u2014Vous ne voulez pas dire que vous songez à me quitter ?\u2014Non, Madam-, et cependant, je le devrais pent-être.Miss Daisy acheva cs mots pres que bas.\u2014Madone vous aime beaucoup, reprit Nathalie avec bonté! Vos leçons et vos exemples \u201clui sont indispensables.Restez ! dans trois ans elle sera une jeune fille, nous verrons alors ce que nous devrons faire.Avant de vous promettre de mé quitter, d\u2019ailleurs, je vous marierai de ma main, Miss Daisy.\u2014Moi, Madame ! \u2014Oui, un projet que je me forme seule, et pour lequel je suis certaine de trouver des complices.Vous pâlissez Miss Daisy, vous ai-je blessée, mon enfant ! Dieu m\" st témoin cependant que je songeais seulement à votre bonheur.Et tenez, puisque le mot que je viens de vous dire vous a si fort émue, je veux vous l'expliquer tout de suite.La jeunesse va vers la jeunesse.c\u2019est l\u2019éternelle loi dela nature.Il faut, de plus, pour faire le bonheur des époux, une certaine parité de goûts, sans laquelle le calme ne durera pas longtemps dans le ménage.Que pensez-vous de Victor Bérard ?\u2014De Monsieur Bérard.répéta JOURNAL DES CAMPAGNES EO ES Miss Daisy en rougissant excessivement.\u2014Voilà que vous changez encore de couleur, Miss Daisy, vous êtes vraiment trop impressionnable ! Eh bien 'oui,de M.Bérard.Est-ce que le secrétaire de M.Luc Auvilliers et l'institutrice de Madone ne composeraient pas un couple charmans.M.Bérard est énergique, instruit ; la pauvreté l\u2019a gardé bon, ce qu: est rare ; ses principes religieux sont d\u2019accord avec les vôtres, et la furvente irlandaise pourrait sans crainte s\u2019unir à Ce jeune homme qui, grâce à la foi, à sauvegardé sa jeune:se des périls réunies autour de lui.Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il vient ici avec un empressement dont Je but est visible.\u2014Mais, Madame\u2014 À peine est-il entré qu'il s\u2019assied près de vous.«t j'ai surpris plus d\u2019une fois ses regards attachés sur les vôtres avec l'expression de la priére.Miss Daisy cacha son front dans £s mains.\u2014Allons ! dit doucement.Nathalie, uu peu de confiance.\u2014Vous vous trompez, Madame, répondit la jeune fille d\u2019une voix à peine distincte, vous vous trompez, Jje vous jure, jamais ! non, jamais !.\u2014 Monsieur Bérard vous inspire-t- il de la répulsion ?\u2014Lui! Madame, lui! Oh ! c'eût été un trop beau réve.Je suis sage, je ne lai pas fait.J'ai compris trop vite que je perdrais mon cœur en lui donnant.et si malgré moi, si, en dépit de mes resolutions et d\u2019une sagesse dont je me suis fait une loi, je m'\u2019oubliais jusqu\u2019à bâtir des projets d'avenir auxquels il serait mêlé, il me suffirait, Madame, de me souvenir pour perdre toute espérance.Miss Daisy cacha son visage dans ses mains.\u2014Vous pleurez maintenant, qu'\u2019est- ce que cela signifie ?Avez-vous résolu de me faire deviner des énigmes ?\u2014Non, Madame, répondit Miss Daisy, et je vous serais reconnaissau- te de ne plus me parler jamais, jamais de M.Bérard ; je ue sais point où ,vont les ambitions de son esprit, mais je sais où s'arrêtent celles de son cœur.\u2014Et vous ne pouvez me le dire ?\u2014À vous moins qu'à tout autre.\u2014Et si je vous priuis, si je vous suppliais, Marguerite.\u2014Vous me feriez beaucoup de mal, Madame.\u2014Obéiriez-vous ?\u2014J'essaierais.\u2014Eh bien! je vousen supplie révélez moi ce que vous p.usez ou ce que pense M.Bérard, puisque vous avez cru le deviner.\u2014II ne faut ni vous étonner, ni le blamer, Madame.songez donc ! pouvait-il établir une comparaison entre la jeune irlandaise que vous payez pour instraire Madone, et une créature à la fois si belle ct si bonne ! Il s\u2019est pris, comme le papillon à la fleur, et la guêpe au fruit.Vous l'avez vu me regarder avec l'expression de la prière\u2026.Oui, sans doute, il comprenait que je le deviuais, il me suppliait de ne le point trahir ; il demandait de moi le silence\u2026 l'auvre monsieur Bérard ! J'ai suivi jour par jour la lutte qui se passait dans son cœur, et je vous assure qu'il a fait tout ce qui était en son pouvoir, afin de résister à un entraînement dont aujourd\u2019hui il ne sesent plus maître.\u2014Comment ?Non, j'ai mal compris.Miss Daisy, vous le savez, je ne suis point coquette.Vous ne voulez point me faire comprendre.\u2014Que monsieur Bérard ne songe qu\u2019à vous ?Si, Madame.\u2014Pauvre gragon ?murmura Nathalie.Elle reprit doucement en serrant les mains de l'institutrice : \u2014Raison de plus, Miss Daisy, pour lui offrir quelque jour une réalité saine à la place d\u2019un rêve qui ne le conduirait'à rien.Comment n\u2019a-t-il point vu non-seulement sa folie, mais l'impossibilité du but à atteindre ?Je vais apprendre la coquetterie afin de le guérir, Daisy, car il faut le guérir radicalement, le malheureux! Rien de si simple, en vérité.Je reçois fort peu de monde, et je me montre généralement d'une amitié un peu banale, n'est-ce pas ?Cela va changer.Voyons qui vient ici le plus souvent ?Salvator Guerchin:.Si je paraissais le préférer.Non pas! il pourrait croire que cela est vrai.Le docteur Lasseny .J\u2019affligerais peut être Octave qui chérit jalousement son père\u2026Ah! j'ai troavé\u2026Je vais redoubler d\u2019amitié, de prévenances, pour mon vieux voisin.C\u2019est sur M.Luc Auvilliers que vont retomber les plus aimables paroles.Da la sorte, Victor Bérard en sera sans cesse témoin.Son affection pour M.Auvilliers, sa reconnaissance, lui rendront la lutte impossible, sa guérison se fera tranquillement, sans brait Quand vous croirez qu\u2019il souffre, Daisy, par charité chrétienne, vous le soutiendrez, vous le consolerez un peu.Le baume se répandra doucement, insensiblement, sur la blessure.Peut-être m\u2019accu- sera-t-il d\u2019ambition, d\u2019avarice.in effet, la fortune de M.Auvilliers est faite pour tenter une femme tenant a jouir des plaisirs d\u2019une vie fastuense.Le dédain remplacera la sympathie.Ce beau blessé se tournera vers vous.Soyoz tranquille, Daisy, il aura à pzine été entamé par cette fantaisie.Ues bulles de savon prismatiques s'é- va porent vite dans l'air.Cependant, comme j'estime fort ce garçon laborieux, discret, dont l\u2019anique folie est un compliment à mon endroit, je me réserve de le désabuser plus tard, bien tard, quand vous serez certaine de votre bonheur.Et vous jugerez, Daisy, à l\u2019exploration de sa recon naissance, de la vérité de mes predictions.Vous aurez une belle corbeille de mariage Daisy et j\u2019y mettrai quelques-uns de mes bijoux.\u2014Combien vous êtes bonne, Madame ! | \u2014Oh ! dans ce cas, j'agis presque en égoïste, carrien ne fatigue plus que le sentimouts que l\u2019on n\u2019a point autorisés.Eu ce moment Madone entra, souriante et gaie, apportant des cahiers et des livres.Elle venait prouver à Mme Lincelle les progrès qu'\u2019eule aisait-chaque jour.L'arrivée de l'enfant changea la nature de l'entretien.Nathalie oublia les confidences de Miss Daisy pont s'absorber dans son rôle maternel.Le soir, Luc Auvilliers quitta le petit hôtel de l'avenue Freidland, pour venir causer dans le salon du boulevard Haussman.Plus que jamais il paraissait soucieux, absorbé.Nathalie devina du premier regard qu\u2019une peine nouvelle frappait le vieillard, elle alla au-devant de lui avec empressement, 'interrogea avec une amicale sollicitude, et par discrétion, Madone, Daisy et Victor, se retirérent dans un angle du salon.La jeune irlandaise ouvrit un album, et tandis qu\u2019elle en montrait les aquarelles au jeune homme et à son élève, Mme Lincelle, penchée vers le vieillard, lui demandait affectueusement : \u2014Que vous est-il arrivé ?Parlez, je vous en supplie.Ne cherchez point à uier que vous ayez un chagrin nouveau, je suis trop votre amie pour ne pas lire dans votre pensée.Je vous remercie.dit Luc, oui, je vous, remercie sincèrement.Vous l'avez deviné, j'ai aujourd\u2019hui éprouvé une commotion violente : Olivier est revenu\u2026 De quel pays, il n\u2019a pas pris soin de me l\u2019apprendre.Mais quelles que soient les opérations auxquelles il s\u2019est livré, elles sont loin d\u2019avoir réussi, car je l\u2019ai trouvé -plus hâve, plus misérable que jamais.Il portait sur lui des habits dont la coupe de l\u2019étoffs annonçaient qu'il les avait achetés dans un moment de vie plus heureuse.Leur délabrement faisait d'autant plus mal à voir que, ce quia survécu chez ce malheureux, est le sentiment de l'élégance.En dépit de la défense plusieurs fois renouvelée de se présenter chez moi, il y venait demander de l\u2019argent.Ma colère, mon imagination, n\u2019ont eu sur lui aucune prise.\u2014Je suis votre neveu, répétait-il, quoique vous puissiez dire ou faire, je tiens 4 votre famille.Cette Claire que vous chérissez, la propre enfant e Votre sœur était ma femme\u2026 Si elle vivait ! avec quel empressement vous iriez au-devant de ses désirs.Elle m'aimait, elle m\u2019aimait passionnément\u2026 Puisque vous croyez en Dieu, vous devez savoir qu\u2019elle vous voit, qu\u2019elle est témoin de votre inconcevable dureté à mon égard.Et quel moment choisiseez-vous pour me refuser votre secours et votre aide, celui où je suis une piste que je crois bonne, où l'e-pérance me revient de retrouver tna fille.Elle est bien de votre sang, c.lle-Jà.\u2014 Ecoutez, lui ai-je répondu, four- nissez-moi ia preuve que vous dites la vérité, que réellement Vous avez l\u2019espérance de retrouver Marie, et je vous aide detout mon pouvoir.mets «cn, avant la police de Paris, sacrifi:: cing vent mille francs s\u2019il faut.Au lieu deu se réjouir, il s'est écrié : \u2014La police | vous voulez mêler la police à mes affaires, sachez que je ne l'entends pas ainsi, j'agirai seul.\u2014Suit, mais si je fournis les fonds nécessaires à vos recherches, je veux au moins avoir sur vous droit de contrôle.\u2014J\u2019aimerais autant la police, alors! m\u2019a-t-il cyniquement répondu.Je n\u2019ajoutai rien, et je repris sur mon bureau les papivrs dont il avait interrompu le rangement.J e le \u2014Vous me refusez ?reprit-il d'une voix plus sourde.\u2014Je vous refuse parce que je ne vous crois pas.Non ! vous n'êtes point à la recherche de votre enfant! Si cela était, quelle raison auriez- vous de le dissimuler.Je ne parai- trais que pour vous venir en aide.Vous tentez d\u2019exploiter une fois de plus ma crédulité et ma tendresse.Mais, sachez-le, une fois pour toutes, vous m'inspirez une méfiance instinctive \u2018qui ne saurait me tromper.Je ne prodiguerai point de argent honorablement gagné pour soutenir votre paresse et pour encourager vos vices.Vous avez trouvé le moyen de vivre sans mon appui depuis trois années, vous pouvez continuer.\u2014 Savez-vous donc comment et de quelle manière j'ai vécu, pour me dire de semblables paroles ?A force de me jeter le mépris au visage, vous finirez par me faire dépasser toutes les bornes.et par vous avouer ce que vous frémiriez d'entendre.Je vis des gains d\u2019un jeu aléatoire, du produit de paris que jo suis toujours à perdre\u2026 Certains cercles me seraient sans doute fefmés, et je suis trop courtisan de la dame de Pique, pour qu\u2019on ne m\u2019ait point accusé d'avoir aidé à ses faveurs.et je sais ce que vous allez me répêter : \u201c travaillez\u201d Ma main s\u2019est alourdie dans l\u2019inaction ; d\u2019autres graveurs sont aujour- d'hui à la mode.Si vous ne me venez pas en aide aujourd'hui par pitié, faites-le dans votre propre intérêt\u2026 Le désespoir pousse au crime ou au suicide.Je crois trop peu en Dieu pour respecter son ouvrage, mais si mauvaise que soit ma vie, j'ai Ww tort d\u2019y tenir\u2026 Eh bien! la police est curieuse, ses agents sont partout.Quelque soir on me trouvera dans au tripot clandestin, et je serai condamné pour avoir tâché de plumer un pigeon naif.Vous croyez peut- être que j'aurai la pudeur de ma faute, que je dissimnulerai le nom de| ma famille ?Je ne pense pas ! Je m'empresserai de révéier à tous que j'ai pour parent Un des millionnaires de Paris qui mie laisserait saus remords crever sur le fumier de Job.Je vous entraînerai dans l\u2019écroulement de mon honneur, et quand ma fille sera retrouvée, elle aura pour père un misérable, llétri par la loi\u2026 Elle sera ma fille, cependant, mon bien ! J\u2019aurai le droit de la prendre, de la garder.\u2014Jusqu\u2019a su majurité, répondis-je froidement.\u2014Peut-être ! Il est facile de développer dans le cœur des êtres jeunes le sentiment du devoir, d\u2019exalter leur pitié et leur imagination.Elle viendra à moi, justement parce que je serai pauvre,proscrit, malheureux.et je ne vous la rendrai jamais alors ! jamais ! L'aversion que m\u2019inspirait ce misérable était si grande, que je ne trouvai d\u2019abord rien à lui répondre.A la fin, cependant, convaincu, non pas qu\u2019il pourrait me rendre l\u2019enfant de Claire, mais certain que suivant sa parole il était capable de bisauter une carte ou de piper des dés, je lui jetai un billet de mille francs.\u2014Un grand nombre d\u2019honnêtes gens vivent une année avec cela lui dis-je.Il me regarda avec effronterie.\u2014J'en ai pour trois jours, me répondit-il \u2014Ne reveuez pas, cependant, re- pris-je, non, ne revenez pas.Je veux bien déposer chaque année une somme semblable chez un notaire, mais voici la dernière aumône que vous recevrez de moi.\u2014Je ne reviendrai pas, je vous le promets, fit-il d\u2019une voix dont l\u2019ironie déguisait mal la menace.Implorer s1 longtemps une misère n\u2019est pas mon fait.Vous me reverrez, une fois, une heure.Et alors, retenez bien cette parole, vous me supplierez à votre tour d\u2019accepter une part de votre fortane.I! est sorti avec violence, me laissant sous le coup d\u2019une indignation que je ne saurais peindre.Jamais il ne retrouvera l'enfant délaissée par lui, et cet homme qui a passé sa vie à ourdir des trames obscures, ne mentait pas en me jurant que nous nous reverrions nn jour face à face, et que, cette fois, ce serait à moi de trembler\u2026 \u2014 Heureusement, dit Nathalie, l'hiver touche à sa fin, nous allons repartir pour la campagne, et sous les grands arbres de la forêt, au milieu des fleurs du parterrre, dans la société de vos amis, vous oublierez ces paroles menaçantes,ces choses qui vous bouleversent.N'est-ce point déjà une consolation de les raconter à quelqu\u2019un qui prend une part si vive à vos peines\u2026 \u2014Oni, répondit Luc Auvilliers, dont le regard s\u2019adoucit subitement, et dont les yeux se fixèrent avec une expression de respect et d\u2019attendrissement sur le beau visage de Nathalie.Oroyez que j'apprécie votre bonté, \u2018que votre foyer est le seul endroit où je pense, où j'agis suivant mon cœur, en toute liberté et toute franchise.Oui, nous partirons.Je Teverrai la Villa des Fleurs ; je vous entendrai chanter durant ces longues soirées ; nous nous promènerons avec Madone dans la grande forêt.Et nous reverrons ensemble l\u2019endroit où, piquée par une vipère, je dus au courage de Matteo et à votre dévouement, de ne point sentir les effets du poison.Madone, Daisy et Victor, devipant | JOURNAL DES CAMPAGNES J que la confidence de Luc Auvilliers \u2018 était finie, se rapprochèrent.Un regard glissé du côté du jeune secrétaire, apprit à Mme Lincelle que celui-ci pouvait l\u2019entendre, et elle continua d\u2019une voix plus affectueuse et plus basse : \u2014Que du fois j'ai songé à une journée qui me valut votre amitié.Je ne Sais qui de nous deux doit de la reconnaissance à l\u2019autre.La vie d\u2019ane veuve est bien triste souvont : et subitement, comme une double bénédiction du ciel, Madone et vous, avez pris place dans ma vie.Le visag: de Luc Auvilliers s\u2019éclaira.Eu même temps, Victor Bérard qui paruissait examiner avec une grande attention un petit magot de Chine, le laissa maladroitement tomber.Un éclat de rire de Nathalie se fit entendre.\u2014Mon Dieu ! Madame ! quel pardon j'ai à vous demander pour ma maladresse! .\u2014Un magot de moins ! dit Mme Lincelle qui, ouvrant le piano, commença un air de Norma.XXI OCTAVE Les mois s'envolèrent et les années succédèrent aux années.Madone, sous la direction de Nathalie, devint une jeune fille accomplie.Sa beauté, indiscutable, n\u2019était égalée que par ses qualités.Elle avait assez appris pour mériter le titre de savante, si elle avait eu le moindre orgueil.Mais sa simplicité égalait sa grâce.Habile musicienne, peignant avec un talent qui lui valait des succès et et pouvait lui mériter des triomphes, elle restait d\u2019une modestie dont lui savaient gré tous ceux qui l\u2019entouraient.Sans être absolument mondaine, Mme Lincelle depuis surtout qu'elle avait le prétexte de produire sa fille adoptive, recevait chaque semaine, et dans ses salons se pressait une foule de femmes, de jeunes filles également sympathiques à Madone et d\u2019hommes dont plas d'un pensait que l\u2019orpheline rendrait parfaitement heureux le mari qu\u2019elle choisirait.Nathalie ne cachait à personne qu\u2019elle la doterait richement, et qu'à sa mort elle hériterait de toute sa fortune.Jusqu\u2019à ce moment, Madone ne paraissait distinguer personne ; cependant, au fond de son cœur peut-être cachait- elle une préférence.Depuis le jour de l'accident du chemin de fer de Gagny, où Matteo failli perdre Ia vie et où elle fut grièvement blessée, la petite fille ne perdit pour ainsi dire pas de vue le docteur Pierre Lasseny qui la soigna, etson fils Octave.L'amitié qu\u2019ils lui portaient, et qu\u2019- elle ne tarda pas à leur rendre, grandit avec l'âge.Un attrait plus vif peut-être l\u2019entraîna vers le jeune médecin à mesure que passèrent les années.Dénuée de coquetterie, elle eut été presque surprise que le bon nombre des invités de Nathalie, l\u2019eussent trouvée charmante, tandis que, de la part d'Octave, le sentiment d'une préférence lui eut paru tout naturel.Mais elle venait d\u2019avoir dix-sept ans et ne songeait à autre chose qu\u2019à la musique, à la peinture, et aux leçons de géographie ue lui donnait Luc Auvilliersathalie conservait à l'égard .de celui-ci la même grâce amicale, un peu familière.Elle s\u2019était promis de décourager Victor Bérard, et elle y trravaillait en conscience.Victor, douloureusement troublé, découragé, ne tarda pas à renoncer au peu de confiance qui, durant quelques mois, avait rempii son cœur.Sans perdre tout espoir, il se résolut à attendre, dévorant sa douleur, et mettant autant qu\u2019il le pouvait un masque sur son visage.Il comprenait les préférences de Nathalie pour M.Auvilliers, il les constatait, les \u2018analysait avec l'exactitude d'un praticien étudiant un cas grave.Luimême se traitait en malade, mais il ne guérissait pas.La froidear, la dureté même de Nathalie ne parvinrent pas à le rebuter.Il se disait qu'elle pouvait changer, que les préférences des femmes varient.Il comptait sur l\u2019inattendu.Sa douleur concentrée lui fit bientôt perdre le brillant de son esprit.Il demearait de longues heures dans un angle du salon de Mme Lincelle, muet, occupé en apparence à feuilleter des aibums, tandis que Luc Auvilliers, Madone et Nathalie causaient avec animation.Parfois Miss Daisy, l'institutrice, le rejoignait, poussée par la pitié.Elle l\u2019interrogeait sur son enfance si triste, sur sa jeunesse, et il lui semblait que ses chagrins s'allégeaient quand elle le plaignait du sa voix douce, en le regardant de ses grands yeux bleus.On était arrivé au mois de mai 1880 ; Nathalie songea à regagner Fontainebleau, et Luc Auvilliers quitta l\u2019hôtel de l'avenue Friedland pour regagner sa villa dans la forèt.Chacun semblait heureux de quitter Paris, de rentrer au milieu des fleurs, de la verdure, de respirer l'air des bois embaumés par les parfums des feuillages Daisy elle-même, Daisy d'ordinaire silencieuse, bourdonnait et chantait en s\u2019occupant des préparatifs de départ.Madone seule paraissait uu peu triste.Elle était sans nouvelles de Matteo.Peut-être le vieillard était-il loin \u2026 Qui sait, s\u2019il n\u2019était pas souffrant ou malade.Depuis l\u2019époque de sa première communion, Madone n'avait eu que deux fois des preuves de sa préseuce à Paris.Quand elle habitait la Villa des Fleurs, elle trouvait souvent sur l'appui de sa fenêtre des bouquete d\u2019anémones des bois ou de bruyères roses.Elle n'avait pas besoin de demander qui les avait déposés là.Un jour une lettre fut jointe aux fleurs; une autre fois un objet sculpté par le vieillard accompagnait son bouquet.Seulement, bien qu\u2019elle comprit que de loin il veillait sur elle, Madone le rencontra jamais ni dans la forêt, ni dans les grottes.Il semblait mettre à l\u2019éviter une volonté porsistante.On eut dit qu'il tenait une parole donnée.Madone souffrit beancoup d'abord de l'absence du vieillard.Elle finit par la considérer comme le résultat d\u2019an malheur dont il refusait de lui raconter l\u2019histoire.A mesure qu'elle grandit, elle se rappela les incidents de leur rencontre, son état misérable, la terreur à laquelle il semblait être en proie, et qui le portait à s\u2019éloigner des villes où ses talent lui eussent permis de gagner de l'argent, pour errer dans les campagnes où elle chantait et où il jouait du violon.Elle se souvenait de cette homme qui luiavait dit: \u2014\u2018\u2018Je suis ton père ! \u201d\u2014 tout en menaçant Matteo de le livrer à la police.Puis le départ subit du vieillard, en dépit de son amitié à elle, de sa douleur à lui.Un grand secret, un de ces secrets dont dépendent l'honneur et la vie pesait sur le malheureux.Dans sa fuite il était sans doute plus guidé par la terreur que par le dévouement.Cette persua- tion jeta un voile sur son passé.Elle aima toujours son grand-père, jamais elle ne le crat coupable, même d\u2019une faiblesse, mais elle s\u2019effraya d\u2019un mystère dont il ne voulait ou n\u2019osait lui donner la clef.Depuis qu\u2019elle sentait mûrir sa raison, elle eat vive.vement souhaité se retrouver avec lui, seule, face à face, et là, les yeux dans les yeux, en lui jetant ses deux bras autour du coun, lui deman- er: \u2014Pourquoi me fuis-tu ?15 Mais il semblait que le vieillard, à mesure qu'elle grandissait, se croyait moins le droit de vivre auprès d'elle, et de jeter sur les espérances de sa jeunesse l'ombre noire de sou passé.Elle lui aurait parlé de Nathalie, si maternelle et si bonne, d'Octave dont il connaissait le cœur et les précoces talents.En allant cette fois à Fontainebleau, elle était bien résolue à tenter de surprendre Matteo dans une des courses qu\u2019il faisait durant l'été aux environs de la Villa.Elle était bien certaine, alors, de Vaincre sa résistance, et d'arriver à arracher sou secret, ce secret qui lui pesait maiutenant comme une faute personnelle Luc Auvilliers, encouragé par la bienveillance de Nathalie, dont il ne devinait pas les motifs, s'était fixé une date, afin de connaître si la charmante veuve conseutirait à l\u2019épouser, et son secrétaire se promettait, dans un momant ds courage où de désespoir, d\u2019avouer à la jeune veuve le secret que jusqu'alors il avait enfermé dans son âme.Il était loin cependant, d\u2019être aussi cuisant qu\u2019autrefois.Une amie l\u2019avait deviné,et cette amie,sans paraître vouloir sonderla profondeur de sa blessure, la pansait avec cette habilité mêlée de tendresse dont les femmes ont le secret.Sans demander de confidences à Victor, sans paraître même les attendre, Miss Daisy les reçat durant une de ces soirées où le cœur trop plein déborde.Il omit une seule chose, le nom que is jeune institutrice avait deviné.À partir de ce jour il lui parlait avec mille précautions de la douleur dont il souffrait.Il la traita non pasen confidente, mais en sœur bien-aimée.La confiance naquit entre eux.Et un soir, tandis que Nathalie et Madone déchiffraient des partitions au piano, lesecrétaire de Luc Auvilliers demanda à l\u2019institutrice : \u2014Et vous, Miss Daisy, n\u2019avez-vous rien à me raconter de votre vie passée ?\u2014Elle fut à la fois très simple et très douloureuse.\u2014Je vous écoute, Miss Daisy.\u2014Brien O'Keilly n'avait d'autre protection qu\u2019un seul oncle, très, riche, habitant l'Angleterre.Le premier déchirement dont souffrit sa veuve, fut de quitter une patrie qu\u2019elle aimait avec passion.Il lai- semblait qu'en abandonnant son pays, elle y laissait une partie de son âme.Elle redoutait les chocs qui ne pouvaient manquer de maître au sujet de la différence des cuites.Les parents de mon père appartenaient à la religion reformée, et se montraient d\u2019une farouche exaltation.Ma mère n\u2019eut cepeudant pas la force de eon- damner sa fille à la misère, dela priver d\u2019une instruction qu'elle se sentait incapable de lui donner.Au moins, si elle ne luilaissait pas la fortune, voulait-elle employer tous les moyens puur lui fournir la facilité dese suffire plus tard.(A suivre) i! Gray): ¢ Ÿ, > Woe ed Aq We G Bot Boiler 28 À 3 0 | POWTERES 7 TI se 74 \u2018 99 PAR CENTS.Bd PLUSPURE, PLUSFIRT, HEILHEUR.Parré pour user en quantiter.Pour faire du Navon do l'eau douce, Disinfecte ct ponr autre choxe une canue ost equnicr un 20 levies do sel nu AS : [3 et >, ; .ra \u2018wien tr foe |) a Se 3 Cara 5a en rt PA SN bres 6 sit 1 eras pa EL, 5 Cs ne da bo feu pour nos ex of ft fr dot pnu ets vous ene | £& 5 2 oh verrgu li mautro \u20ac LO, I) seer .B | Lo Aoxivaen, Sittin.= = Lore x A 1.3471 EL LAN jus renee EFS A) =e NAN TI Rly, SCY, VN pores au d cD 7 LA A = parer la diflerince 4 AT =.\u201c q 07} reds : RAIA st iistuer Li snons- Qu < tre, autremert Va = celine vou: cure UR teririen.Siva Va vos en fasts UMA vendre 6, dick RLM Lojours, nau.CRM sci en en- {) verrons une Kratis.Cette À oa \u2018iontre, est ES 38 linpantée eta be hoitlet en (APR M itverine Du- (§ J cLerde go Nf fro décou- NY vone, et ça M rautie sous M tous des ras ports.Nous fo.sons ricnsurcetto p montre, mais (J nous tide a vendre que B = uous envoyons 1 Bowvoyes votre ordre oe fle Somonce be) C ta titre plus.Adressez : À.C.Roebuek Oe BTA TO Adoinide bi.Fea deions sors Cu recommandons cetto mantre À tous ceux qui Liront cette annonce.En ordonnant, mentionnez ce journal Si vous désiroz recevoir cette montre par la malle, Ul fandra suarchandise ne peut pas ête ls malle.Quand le montant complet da do suite, nous cavoyous gratis une Jolie À VENDRE PAR TOUS LES OROCERIES ET PHARMAGIES.E, W.GILLETT.- - TORONTO.RTE ET RIANA SWRI RT DONDITIONS on JOURN : fi à LA ,.4L paf! iS Ud I J EDITION HEBDUMALASIIE Paraissant tous les AEUDIS LU contenant toute les nouvelles de i: maine.Prix de l'abonnemeul :\u2014 UNE PIANTRE.POUR LA FRAN («160 WRA YON Sirictement payuble d'avance.Imprimé el poiudié par éger Brousseau, EDITEUR-PROPRIÉTAIRE Québec, 14 noveribre 1889\u20146m 1089 Rue Buade, No 9, Québec "]
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