Le fantasque, 12 juillet 1841, lundi 12 juillet 1841
[" 3 PANTASQUE.Nn.48, Rue Gront, St.Rech.AUBIN, Ridacteur, } PROPRIÉTAIRES.$ |H.ROWEN, Imprimeur, à , CONDITIONS, + Journalse publie eu No] Rue Grant, St.Roch, deux par seine, le LUNDI et EUDI.La fesitle du Luneoatient 8 pugva ct se vend 5 ouus ; celle du Jeudi en « vend deux sous.L\u2019u- sement est Je un shelling mois, ou diz shellings par ée, payable d\u2019avance.On wuecrire pour autant de gs que Fon veut.Les frais de exe monterant à cing shel: wrannée.On n\u2019enverrs le journal à la campagne moins de six mois.ls ANNONCES seront inès au prix des autres Jour- 5, No.7, Ruedes Prairies, >t.Ruch.PEPOTS.On trouve le Fantasque au Sareau du Journal, chez Mr.E.Juvonss, marché de la Haute Ville, et chez Mr.ANT.Marr Jasge-Yille, AGENTS.Vontrial,\u2014Chez Mr.IoNace Boucher, Rue Ste.Therèse, où l'on reg it des souscriptions.> Trois Rivières, \u2014 Chez M.O1- vier Burravu, Etud.en Dron.Les personnes qui désire- raientaecharger de l'agenes du Fantasque dans ls campagnes sont priées de nousle faire sa- >coir.wobéis ni ne commande à personne, je vais ou je veux, je fuis ce qui me plait, je vis comme je peux et je meurs quand :l le faut.pre \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 ol.3.Quebec, 12 Juillet, 1811.No.61.ee \u2014\u2014 MELANGES.Jey DMMENT AUJOURD'HUI LES PETITES GUERRES ENTRETIENNENT L'AMITIE\u2019 ET LA SANTE.* Donnez-moi encore un coup de ped, de grâce.Bien ! merci! et puis quelques coupe de baton.Oh! bravo! que vous êles bon! franpez, frappez fort.j'ai six enfans à nourrir.\u201d (Un H0issiER da comédie.) (Notre Système vient, dit-on, de recevoir les diverses suppliques ci-dessous) : L Magnanime Sys:éme, Les soussignés ont l'honneur de vous exposer qu\u2019ils n\u2019ont pu apprendre sans un nimen: d\u2019admiration mêlé d'envie la manière vruiment appétissante dont vous rez traité la nrtion méxicaine après vos victoires complètes et ré:teréva sur icelle er Bacco ! il y a plaisir et profit à être enfoncé, éreinté par vo: arincs, à cause l'abnégation et de la délicatesse vraiment inouirs avec lesquelles vous tisez de os avantages.Ces procédés £oit, dit-on, impusce à la magnanmilé dun 370 LE FANTASQUE.grand peuple.Nous en voulons, nous en voulons, des procédés ; donnez-zn en pour deux sous.de Monaco.Déjà voire petit traité-vingt-cing millions-américains avait prouvé avec quel facilité votre cœur et votre caisse s'ouvrent aux plus doux sentimens de bienve lance et du quibus.Vous montrâtes dès lors que vous saviez ce que vous dèm aux peuples étrangers, surtout quand vous ne leur devez rien.Dès ce moment, le peuple français pases, dans l\u2019opinion universelle, b Puy d\u2019oncle d\u2019Amérique et de cassier omnibus donné par la nature.Ce qui corrok ra Cette opinion, c'est qu\u2019à propos du cadeau de 25 millions bénévolement offen aux Etats-Unis, vos orateurs et vos journaux officiels démontrèrent très be comme quoi la France ne peut se dispenser de payer à tout propos, attendu qu c'est une conséquence de sa position géographique.Plus tard, vos petits traites-Tafnu et évacuation d\u2019Ancône vous firent génén- lement reconnaître pour les meilleurs enfaus de vainqueurs du monde connu.0, vous rendit cetle justice que personne ne s\u2019entend mieux que vous à applique des cataplasmes émolliens et consolateurs sur les bobos de la défaite.\u2018 Cette haute réputation de générosité et de philanthropie dont vous jouissiez.relativement à Pétranger, s\u2019accrut encore lorsqu\u2019on vous vit, l'année dernière, rassembler des troupes de terre et de mer, équiper une formidable escadre, |; tout afin de contraindre les Haïtiens à accepter quittance de 60 millions surk montant de leur dette envers les sujets flançais, et à prendre lengagement forme de ne pas payer le reste.Enfin la façon toute confite en douceurs et en munsuétude dont vous venez de traiter vos vaincus du Mexique dépasse tout Ce qu\u2019on pouvait attendre même de le magnanimité d\u2019un grand peuple.Ceci tombe dans les contes orientaux, dans l'évangélique, dans M.Berquin, dans Alexis ou l'erreur d\u2019un bon père, dans la tendres égards d'une mère pour ses enfans en bas âge, dans la bouillie, le nan et la praline.; Ah! c\u2019est comme ça que vous vous vengez de ceux qui ont comblé vos sujet d\u2019avanies et de coups de canon ?Voilà qui est consolant, tentant et encourageant, Vons connaissez lanecdote de cetle femme qui, traduite en police correctionnells pour avoir donné un soufflet au prochain, et condamnée pour ce fait à une simp amende de six francs, en appliqua immédiatement un autre pour le même prix.Mais vous, vous mettez bien autrement à levr aise les manans étrangers qui vous soufflettent sur la joue de vos sujets.Vous leur dites : « Eh bien! mes gaillards, vous vous êtes donc permis des gestes inconsidérés a mon égard ?Veuillez bien je vous en supplie, me pardonner les soufflets que vous m'avez donnés ; ilya mieux, ayez la bonté d'accepter un nombre indéfini d\u2019indeninités (toujours pour mes soufflets).Tenez, voila des millions, Payez-vous et ne me rendez pas m inonnaie.» Suffit, c\u2019est entendu ! Puisque vous distribuez des poignées d\u2019écus en retour de poignées de sottises, les peuples étrangers seraient par trop Fuichirons de ne pas s\u2019en passer la fantaisie et l'agrément.Soyez tranquille, vous allez en rect: voir V'lin.v'lan !\u2026 préparez votre Joue et votre tirelire.Pour commencer, le peup'e de Monaco vous conjure de vous déclarer son eü- nemi.Cest un ser.i :e d'ami que vous nous rendrez.; Voyez-vow, nous ne sommes pas heureux, et nous avons réellement besoin d'être défaits par vous pour nous refaire.Allons !fatio ! soyez bon enfant ; faites-nous une guerre à mort, et nous You en serong Acbgnaissans toute notre vie. LE FANTASQUE 371 Bien entendu qu\u2019après notre déconfiture nous aurons le peutfftsaiss fagon-Vera- par la médiation britannique de Mr Chenapenham, lequel.hous arrangera afaire de la manière la plus honorable el la plus satisfaisante.relativement PAngléterre et 2 Monaco.Quant à l'indemnité, vous nous donnerez ce que vous voudrez, pourvu que Cé \" beaucoup.Ea retour, nous nous engagerons solennellement à ne pas vous payer les deux de Monaco que vous ne nous aurez pas demandés.Bestora le chapitre agréable des réparalions.Car vous l\u2019avez dit, ce sont les seura et les vaincus qui ont droit à des réparations.{els nous ira d'autant mieux que les chétives cahutes qui ne font pus l\u2019oraement Mocano tombent en ruine et que nous n\u2019avons pas le moyen de les rafistoler.awit-il de Vindiscrétion a vous prier de foudroyer ds volre arlilleric nos pau- immeubles sur toute la ligne ?(La ville n\u2019a que 6 pieds 2 pouces de long mir de large.) Et puis vous les rebâtirez aux frais dela France, parce que vous s bien gentil.Nous vous recommandons spécialement pour le foudroiement va vauxhall en ches que nous avions Vintention d'ériger afin d'y danser la monaco.Mais avons été obligés de suspendre les travaux faute par notre trésor public de oir fournir 11 fr.50 centimes, prix estimatif du monument.Pour lors, 8- avoir été sensé foudroyer notre vauxhall manqué de votre artiller:e, vous le tenfectionnerez intégralement à vos frais.Les danseurs de Monaco auront le puisir d'y chasser el d'y déchasser, et vous, celui de payer les violons.\u2018 Nous vnus recommandons encore le magnifique palais de notre souverain (la irisième sutte de terre glaise à droite).Foudroyez de préférence ses vitres en pier (faute de gros sous suffisans pour se procurer d\u2019autres carreaux) Vous les téparerez ensuite À vos frais ct en verres très polis.Vrai, ce sera une chari:é à legard de ce puissant potentat.qui en a grand besoin.ous sommes, en attendant que vous veuilliez bien être assez bon pour vous dé- darer notre ennemi acharné, vos très humbles et très dévoués serviteurs et amis, LES DEUX NOTABLES de Monaco, en leur nom et an nom de la masse de la nation.(151 âmes, y compris le caniche du tambour de ville.) IT.Magnanime Système, Auriez-vous Je temps et l\u2019obligeance de nous déclarer la gnerre-el de peus tosser\u2026 d'amitié ?a Yous cumprendrez notre désir quand nous anrons dit que la récolte de-aûs thoux plus ou moins frisés, servant à faire la choucroite, qui est notre send sir thesse nationnale, que cette récolte, disons-nous, s'annonce tiès mal certe an ate.Pour lors, puisque nous ne pourrons pas moissonner dus choux dans wos thanips, nous avons songé à vous prier d\u2019y vanir moig-onner des lauriers.Il va sans dire que lorsque vous aurez ravagé noire récolte négative, vous nous k paierez sur le pied des récoltes les plus favorisées, #1 cela en vertu d\u2019un traité fiçon-Véra-Cruz, conche par la médiation anglaise de M.Polissonentampelle ! cette réparation de choux est digne de la maz nauimilé d'un grand tuple.; Au nom de leurs concitoyens, les notablez de Is principaut.de GHOUCROUTECKOUTECROUTEMBERG.! 372 LE.FANTASQUE.IIL Magnanime Système, Grâce à votre générosité hyperbolique à Pégard de vos ennemis et de vos té cus, l\u2019état de bailu par les armes de ln France est devenu un métier, une prof sion, Un moyen aussi commode Qu'assuré d\u2019existence analogue à la position ciale d'orphelin du choléra, a\u2019incendié d\u2019un bazar et d'écrasé par les voilure, Or, nous ne vous cacherons pus ne nous sommes, pour le quart-d\u2019heure, In débine ln plus profonde.Voila pourquoi nous avons songé à nous faire baty parla France, puisque ce'a équivaut à battre monnaie.Bt même, s\u2019il faut tout vous dire, nous avons emprunté diverses sommes à y loir sur no\u2018re prochaine défaite à plate couture.Vous êtes trop bon enfant pour nous exposer à manquer à nos engageme Vous comblerez nos vœux et le déficit de nos tirelies en réparant envers nous rigueurs des armes et de la fuitune: le tout en vertu d'un traité façon-Véra-Ç conclu parla médintion-plumpudding de M.Insolentenham.Allons, magoanime Sysième, faut avoir pitié des malheureux.La chy; d'une pauvre petite guerre du bon Dieu, s\u2019il vous plait.Au nom de leurs concitoyens les notables de la principauté TRESGRELUFEIN.LB FANTASOUE.QUEBEC, 12 JUILLET, 1841._\u2014 Mon très-cher Melbourne, Ah ça les nouve'les que Je recois d'Angleterre commencent à me fuire tremble.Quoi ! avec toute l\u2019inflaence dont vous pouvez disposer, vous n\u2019avez compl qu\u2019une voix de majorité ?Mais c\u2019est horrible ! Songez donc que si vous quittez la partie il me faudra déguerpir aussi; à ma place viendra sans doute quelque tory qui fera probablement une enquête sur ma politique : Uneenquête am2nera bien vite la connaissance d\u2019une partie de la vérité, dévoilera les tours que nous avons joués à lAngleterre en la trompant sur ce pays et à ce pays en le trompant sur les vœux de l\u2019Angleterre ; quand je songe à tout cela j'en frisonne d\u2019un bout à l\u2019auve, je ne «vis que chair de poule.Hâtez-vous donc, mon bien aime bienfaiteur de dissoudre le parlement de crainte d\u2019un échec plus marqué, mais après cela prenez hien votre tems et vos précautions pour vous assurer une majorité, Ne ménager personne, combattez l'ennemi partout où vous le sencontrerez, encombrez-le de louanges, de pièces d\u2019or ; d\u2019epargnez point l'argent de la nation, il ne peut cer tainement être dépensé plus noblement que pour nous tenir à la tête des «ffi es: ciel! combien je desirerais pouvoir vous aider de ma presence, je vous enseiqué- rais la manière de faire pencher lopinion publique en votre faveur, au inuyr u dé mille petits honnêtes MOYeDs permis à condition qu\u2019on réussisse.Vous eu -avez long là dessus, mais Je crois que dans ce pays-ci j'ai acquis une dextérité er ce genre qui ne vous serait pas inutile et qui vous élonnerait.Mes vœux ardent runt avec vous.Ecrivez-moi bien vite comment vont les affaires du royaumr LE FANTASQUE.873 c'est-à-dire les nôtres, car c\u2019est bien là le véritable, le seul motif qui doit activer notre zèle ; que le commerce périsge, que la guerre éclate, que nos colonies décampent, que nos classes ouvrières meurent de faim, fout cela n\u2019est rien taut que nous tiendrons les rènes du gouvernement, c\u2019est-à-dire les clefs du coffre-fort ; tvec cela On va à l\u2019opéra lorgner les actrices, leur compter des écus pour leur conter fleurette, on se régale de bon vin de champagne et d\u2019exceilents mets fran- tais tandis qu\u2019autrement nous serions réduits à ñoès bourrer de roast-boef saignant de plumpudding étouffant de fiomage pâteux et d'assoupissante bière.d\u2019attends avec patience de vos nouvelles afin de calculer ma propre conduite sur la votre ; Car vous sentez que si je m'attendais à être rappelé sous peu, il me se- nit important de savoir au juste le montent, puisqu\u2019il me faudrait brusquer un peu davantage les affaires.Ceux que je ménage encore seraient sacrifiés et l\u2019argeut dont nous avons besoin serait prelevé sans autre forme de procédure, tandis que d'après le cours des choses je puis donner à cette transaction une tournure un tant soit peu constitutionnelle, marche qui n\u2019en est pas plus loyale mais qui en impose davantage aux badauds et à ceux qui aiment & trouver au moins chez un gouvernement des raisons pour qu\u2019on lui soit fidèle.Si je pouvais passer encore quelques années en Canada je parachèverais l'œuvre d\u2019anglification que j'ai +i bien commencée.Vous n\u2019avez aucune idée des progrès que nous avons faits depuis quelques années, et ce bon Gosford, qui était si bon qu\u2019il en faisait pitié, ne s\u2019y reconnaitrait plus.Vous aimeriez beaucoup, jo suis sûr, connaître le inoyen dont je me suis servi pour arriver à cette fin qui vous surprend.C\u2019est un secret que je ne confierai qu\u2019à vous, à la condition que vous ne le confierez à personne ; car une fois la mine découverte toute serait peut-être perdu.Ce qui m'aide en loui comme partout est la connaissance que j'ai de la nature de l'homme et surtout de celle de la femme ; voici donc comment j'ai procédé, d'ei d'abord les plus grends éloges à vous faire de nos militaires qui ont suivi mes instructions avec un zèle et un discernement qui leur fait honneur.N\u2019allez pescroire que j'aie livré quelques batailles et que ce soit à la pointe des haïonnet- tes que j'ai vaincu la répugnance naturelle des canadiens pour la langue anglaise.Non, non, mes moyens sont plus sûrs et infiniment plus doux.J'ai ordonné à messieurs les militaires, et surtout aux officiers de redoubler de soins dans leur toilette, de ne point épargner les savons cosmétiques, de prodiguer les odeurs, pommades, les dentrifices et tous les oùjets qui peuvent entretenir et réhausser ta beauté si Pon en croit leurs enveloppes.J'ai recommandé aux chefs d\u2019iosister wir les jeunes, riches et jolis garçons dans le choix de leurs officiers, recomman- ion qu\u2019ils ont suivie autant qu\u2019il leur a été possible et autant qu\u2019on pouvait l\u2019attendre raisonnablement.\u2018Tout étant ainsi préparé, voici comment j'ui fait jouer mes batteries : Je sais que le bean sexe aime assez généralement les beaux militaires, même sand ils sont laids, pajceque sans doute messieurs les beaux militaires uni la ré- Wlation d\u2019être des trompeurs et que le bean sexe n\u2019a pas trop de répugnance à se faite tony er; je pourrais me tromper, mais c'est ainsi que j'ai calculé.Or jai Mdo 6 tons ces c-piégles d'officiers, de redoubler de séductions, d'être aux Pll ome, we we déclarer les adorateurs des demoiselles canadiennes, presqu\u2019ex- Civemeut, Hs ne se le sont ras fait dire deux fois, les coquins, car il faut YOus avouer que nos jeunce canadiennes sont pour la plupart aussi joliex et infi- Bment plus enjouces et plus aimables que nos langoureuses anglaises.Ce n\u2019est Pa5 ma faute si c'est mon opinion.Bref ; mes instructions ont été fort exacte- 374 -LE FANTASQUE.ment suivies, et en peu de tems on put voir chez les demoiselles canadiennes de Montréal un changement fort notable ; elles parlaient toutes plus ou moins bien Fanglaie, s\u2019habillaïent, marchaient, mongeuient et shoppaient a l\u2019anglaise.Je ne vous dirai pas qu\u2019elles y gagnèrent cn amabilité, mais javais gagné ma cause, c\u2019est tout ce que je voulais.L\u2019anglomanie étant introduite chez le beau sexe, le vilain sexe ne devait pas tarder à s\u2019en rrssentirs les jeunes élégants, étudiants, oisifs et autres, voyant quo le goût du sexe étant décidément porté vers l\u2019anglica- nisation, se mirent à leur tour à la pratiquer ; toutes les conversations devinrent bientôt à l'anglaise, on ne se rencontra plus sons se communiquer en anglais les nouvelles les plus importantes, comme : fine 1vcather, beautiful weather, hot wec- ther, dull «weather et mille autres choses dont un véritable breton ne s\u2019apercevrait pas si on ne les lui faisait remarquer.Dos étudiants cela passa aux commis marchands, des commis marchands cela s'introduisit chez l\u2019ouvrier, et main tenant il est tout-à-fait campagnard de parler le français ; toutes les enseignes de Ia ville sont en langue anglaise, Vous devez bien penser que le changement dans le langage ne s'est pas opéré tout d'un coup; il a fallu des transitions plus ou moins drôles ; on n\u2019a fait d'abord qu\u2019introduire des mots anglais, de sorte que cela produit encore Peffet le plus pittoresque, auquel de véritables citoyens des bords de la Seine ou des John Bull tout frais ne pourraient rien comprendre, Par exemple on dit en offrant des oranges à une demoiselle: Prenez this one, c\u2019est la best.Si deux chiens se battent on dit: Je gage que celui-ci va beater l\u2019autre (prononcé biter).On ne va plus acheter des cols, des devants de chemise, des soug-pieds, ce sont des siocks, des dickeys, des straps.El si par hasard il vous prenait envie de vouloir complimenter ou plaisanter la demoiselle de comptoir elle vous congédiera par ces douces paroles : Monsieur, ne venez pas me botherer.Quand j'entends cela je me frotte les mains et je saute de joie, Oui, mon aimable bienfaiteur, avant qu\u2019il soit dix ans, je veux que dans nos villes il soit absolument ridicule et arriéré de conserver la plus légère habitude fran- aises Voyez déjà tout ce que j'ai fait en ce genre sous le rapport politique.Ilya trois ans, la majorité des législateurs parlaient le français, et eussent été fort sur- priset courroucés si'on leur eût prédit ce qui se passe aujourd'hui.À la chambre es ce moment, sept ou huit individus déblatèrent en français contre mon administration, au milieu de la salle des débats, au grand ébahissement des autres représentants qui ouvrent de grands yeux et de plus grandes oreilles, Ils parlent, se dé sespèrent ; mais c'est comme s'ils chantaient.Îl ne veulent rien faire qui puise ressembler à des manières anglaises ; ils ne se laissent séduire ni par mes offres d'argent ni par mes belles promesses de places d'honneur et de profit, ni par mes menaces, ni même par mes dîners ; s'ils acceptent par hasard mes invitations, is ne tombent jamais sous la lable, enfin ilssont les ennemis invétérés do nos us ges ; mais si ces martyrs, heureusement clair semés, résistent à mes efforts.j'ai la consolation de voir.que la notion presqu\u2019entière marche toute seule ; et, ce qi me plait surtout en ceci c\u2019est d\u2019avoir bien jugé du beau sexe qui en cette occasion comme toujours a mené l\u2019autre par le nez.Vous voyez, mon cher Melbourne, que pour apprendre à bien gouverner les hommes il faut bien connaître les femmes : c\u2019est surtout en cela que j'ai suivi votre exemple, car si la chronique dit vrai vous êtes un bien grand scélérat.Rien de nouveau À vous demander, je travaille sans cesse pour tâcher de pousser un peu les affaires.J'ai hâte de quitter ce vilain trou de Kingston où l'on LE FANTASQUE.875 meurt d\u2019ennui, de chaleur, de dyssenterie et du spectacle désclant de la rité de nos voisins.À propus, ne nous pressons pas de leur faire la guerre, car d'après ce que je vois il ne faut pas trop compter sur nos soldats.J'avais toujours pensé qu\u2019ils se jetteraient au feu de bou cœur pour leur patrie, mais il paraît au eœatraire qu\u2019ils se jettent à l\u2019eau pour l\u2019abandonuer ; des malheureux ont préféré risquer de faire le saut Niagara plutôt que de rester plus long-tems sous notre bannière ; n\u2019en dites rien cer cela ne fait pas notre éloge, et vous savez que nous n'avons pas pour habitude de parler de ces choses-là.J'ai logé les représentants du pays dans un hôpital et bien men a pris, car ils vont tous maludes ; ils forment l'emblème parfait de la liberté à l\u2019agonie.Di tes après cela que je ne prévois pas tout.Adieu, mon cher Melbourne, écrivez moi le plus tôt possible sur ce qui nous concerne.À propos est-il vrai que nous devous sitendre cn nouvel héritier de Ja couronne vers le mois de Septembre ?Qu\u2019en dit l\u2019allemand, en sait-il quelque chose ?si ça continue il paraît que nous ne manquerons pas de mannequins à pla- ; cersurlo trône.Mais de la façon que le ciel s\u2019obacurcit les mannequins pour- nient bien manquer de trône où se placer.Adieu je n\u2019en dis pas plus long pour aujourd\u2019hui ; la chaleur m\u2019affaisse et me rend paresseux comme un âne.Avec lequel j'ai bien honneur d\u2019être Votre serviteur etc.Pourer.NOUVELLE DU PARLEMENT PROVINCIAL.Nos membres continuent à écouter opiniâtrement les discours des bavards du Haut Canada ; à leur retour nous leur voterons un cornet acoustique d'honneur, À propos le correspondant de lu Gazette de Québec qui nous avait tant alarmé ur la santé de nos représentants ne nous dit pas si leur indisposition à cessé.ll est important de le savoir, car les électeurs devront se prononcer là-dessus puis- is prétendent avoir des gens qui travaillent au bien public sans relâche.Quelques journaux de Montréal ont publié une liste de personnes contre lesquelles a été prononcé en Angleterre une sentence de proscription, de mise hors kloi (ontlatory ;) la Gazette de Montréal avait omis en la publiant le nom d\u2019un SrewanT DERBYSUIRE ; d\u2019autres journaux l\u2019on reproduite au complet en conseil- lat à la chambre d\u2019assemolée de s\u2019informer si ce proscrit ne serait point par hasard le même individu qui siège sous ce nom surses banca Les mêmes journaux st d'avisque si tel était le cas il serait du devoir des membres d\u2019expuls erce monteur Derbyshire.Nous pensons que lors même que la chose serait prouvée le jouvernement n\u2019approuverait nullement cette décision ; car il doit trouver fort Malurel que les citoyens d\u2019un pays qu\u2019on traite comme des galériens soient repré- ®utés par des gens qui ont échappé la corde.; ll paraît que Mr.Verbyshire à défié Mr.Turcotte en combat singulier, diver- Yertissement que celui-ci a refusé.Il a eu tort car s\u2019il cût tué son adversaire on t'aurait peut-être pas pu le mettre en accusation.Du reste on doit lui savoir gré d\u2019avoir point risqué une existence qui peut rendre service à sa patrie, contre me autre qui ne lui est que nuisible.Toute la France a gémi de voir Armand rel succomber sous le plomb d\u2019un obscur limier du gouvernement.On au- Ritappelé ur refus de sa part un acte de courage, 376 LE FANTASQUE.Nous avons reçu sans autres instructions, quelques exemplaires du nouveay journal Le Phaniz.Nous supposons que c\u2019est pour les placer ; nous nous ferons done un plaisir et un devoir de transmettre au propriétaire les noms de ceux qui desireraient souscrire à cette publication qui mérite l\u2019encouragement de tous les ennemis de l'arbitraire et du mauvais gouvernement ; c'est dire assez que tout canadien doit s\u2019empresser d\u2019en devenir un lecteur assidu.Nous prions ceux de nos abonnés de la campagne auxquels nous avons trans \u2018 mis des comptes, de vouloir bien faire leurs rfforts pour nous en expédier au plus tôt le montant.En général nous n'avons qu\u2019à nous louer de la ponctualité de nos amis ; mais aux règles les plus belles il est toujours quelques ficheuses exceptions.Nous avons dé;à signalé son Excellence lord Sydenham qui s'amuse beaucoup, assure-t-on de la franche vérité de nos-articles, sans s'inquiéter si nous sommes destinés ou non à mourir de faim.Nous sommes déterminés à faire dès exemples , en conséquence, nous annonçons qu\u2019aussitôt qu\u2019il se sera écoulé uh délar raisonnable nous publierons la liste des retardataires obstinés, auxquels, de plus, nous cesserons d'expedier le journal.Nous pensons que cet avertis sement suffira, car nul homme qui se respecte un tant soit peu, qui se sent encore au fond de Pâme une étineelle d\u2019équité ne voudrap se voir mette at même ranz que monsieur 'Thoimson, c\u2019est cependant ce qui pend au nez à plusieurs.ne peut y avoir de peine trop furte pour des gens qui out le cœur de lire le Fanlaque sans le payer.Afin de distraire uo peu ceux que notre menace aurait trop cffrayés, nous cite- rous la réponse d\u2019un abonné qui reçoit notre journal depuis son commencement sans avoir donné un sou, et que nous menacious de mentionner dans nos pages: « Quoi, c\u2019est ainsi que vous voulez me traiter, moi qui vous ai favorisé de ma pratique depuis plus de troisans! C'est fini je ue lirai plus votre feuille.» Esgatum.Dans un article de notre dernier numéro où nous disions qne des personnes plaignent de ne pouvoir tirer du gouvernement des sommes dues depuis trois mois ; nous ax rions dû dire Six Mois ; ce qui aggrave d'autant la faute des officiers publics.\u2014 3 PB.CORRIVEAU, cyarELiRR, No 15rue Lamontague, second magasin en'debors del porte Prescott, a regu uu lot de redingoites et manteaux de caoutchouc, (maciutok) imperméable, et tient constamment chapeaux et casquettes aux dernières modes.GUERREOTY PE-\u2014Un artiste.arrivé récemment de Paris commencera LUNDI pr chain à faire des portraits au moyen du Daguerréotype, dans la maison de M.Ra, avoest (ci-devant aux heritiers Drapeau, rue Saint-Olivier, er dehors de la porte Ssint-Jeat.Le prix du portrait sera Je 4 piastres.Québec, 12 juin 1841.MANUFACTURE DE POELES RUSSES, Par une compagnie dirigée par M.SMOLENSKI, qu a fail venir de Pole gne p.usieurs ouvriers dont la fabrication de ces Poêles est Pétat.QUEBEC, 99 RUE SAINT-VALLIER.LES CURES et autres qui éprouveraient quelqu\u2019embrras au sujet des cheat MEME.nées, pourront s\u2019adresser (par lettres afiranchies) 3 la Manufacture.On Le enverra des directions sur la manière d'y remédier.Comrae M.SMoLEwskt ne croit pas pouvoir suffire à toutes les demandes, il prévient 4# les nnes qui en feront les premières seront les premières servies.uébec, 13 juin 1841."]
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