Les Débats, 4 mars 1900, dimanche 4 mars 1900
[" 1re ANNÉE No, 14 DIRECTEUR-PROPRIÉTAIRE : Paul LeMoyne de Martigny LE NUMERO : UN SOU L'ABONNEMENT : 75 SOUS PAR ANNÉE, Les abonnés recevront le journal par la malle.Les manuscrits non insérés seront rendus sur demande, Les articles seront signés et les auteurs responsables.x , JESPERE EN TOI Jinclinais mon front lourd devant ta sainte croix, Et je disais: Mon Dieu, donne-moi l\u2019espérance, Ce baume tout divin qui caline la souffrance, Qui fait l\u2019homme plus fort, plus heureux que les rois.Javais plongé mon cœur dans ce chaos immense, Où se tord la douleur en de fauves effrois ; En vain, je suppliais : Seigneur, Seigneur, je crois! Ne désespoir mon âme enviait la démence.Jai senti l\u2019aiguillon précurseur de la mort, Dans la chair, dans l'esprit ; comme wn serpent qui [mord, I a bralé le sung qui bondit dans mes veines?! Mais j'at foi dans l\u2019amour du Christ, mon Redemp- [ferr; J'espère ct je vivrai! Du monde corrupteur, J'étouffe les appels et les ivresses vaines! ALBERT LOZEAF.UX ANGLAIS Le lendemain du jour où plusieurs des nôtres torn- baient mortellement frappés sur le champ de bataille de l\u2019Afrique du Sud : à l\u2019heure 1nême ou d\u2019autres horriblement mutilés se tordent dans les affres de 'agonie ; où d\u2019autres encore s'apprêtent stoïquement à affronter lu mort pour une cause injuste, lea vôtre, et que, dans un sentiment exagéré de loyauté à l\u2019Angleterre ils ont embrassée pour vous épargner la honte d\u2019une défaite ignominieuse ct à laquelle la terre entière eût applaudi, vous avez cominis un crime sans nom.Vous avez lacéré et foulé aux pieds notre drapeau tricolore, le drapeau canadien, le drapeau de la France.Ce crime nous ne l\u2019oublierons jamais.Et c\u2019est la jeunesse universitaire anglaise, celle qui demain sera la classe dirigeante dans notre pays, qui Pa perpétré! Que nous présage l\u2019avenir, où allons- nous ?Tels fils, tels pères.Ce que les jeunes dans leur inconscience ont osé faire, les vieux, plus prudents, se contentent de le penser et de l\u2019approuver.Dans les teinps d\u2019effervescence, comme dans l\u2019ivresse, les passions s\u2019accusent, les sentiments se trahissent et l\u2019homme se montre réellement ce qu\u2019il est.Vous avez par cette manifestation imbécile établi d'une façon irréfutable cette vérité, que l\u2019Anglais n'aime que lui et méprise le Canadien-français.Une fois de plus nous avons appris à vous connaître.C\u2019est sous votre talon que vous voudriez nous tenir.Eh bien osez donc nous le dire en face.Si c'est la guerre que vous voulez, vous l\u2019aurez et dure, Si les boers sont trois cent mille, nous sommes trois millions.Nos fréres des Etats-Unis feront cause comnune avec nous, et la France dont vous insultez le drapeau, a encore des Mureuil prêts a jouer les La- Jayette sur le sol de la libre Amérique.A BON ENTENDEUR SALUT.JULES CHEZ NOT'MAIRE SUGGESTIONS A PROPOS DU PARC DE LA MONTAGNE ET DE L'ILE SAINTE HELENE >, VERNIER.Ça va pas trop mal à l'hotel de ville, on a l\u2019air d\u2019y faire de la besogne ct de ne pas trop mal la faire.Les lus intéressantes questions, pour les lecteurs des ébuts, qui ont été touchées cette semaine, sont celles du Chemin de fer élevé de la Montagne èt de la Traverse de l'Ile Sainte-Hélène.i Ces deux services devraient être des services municipaux, gratuits ou, tout au moins, ne cofitant qu\u2019une bagatelle.; Gratuits ! vont s\u2019écrier bien des gens ; gratuits ! ourquoi ?est-ceque la ville est obligée de transporter es gens pour rien ?Pas du tout ; mais il s\u2019agit d\u2019autre chose que de transport.JOURNAL POPULAIRE Ni vendu ni à vendre à aucune faction politique PARAISSANT LE DIMANCHE Commençons par la Montagne.Quand la ville l\u2019a achetée au prix d\u2019un million de piastres, il n\u2019y avait pas une route carrossable.La ville les a construites a grands frais ; des centaines de miille piastres ont été dépensées pour les établir et les entretenir.Est-ce que les gens qui roulent.carrosse paient quelque chose pour atteindre le sommet de lu Montagne en se servant de ces routes ! Mais alors pourquoi ceux qui vont à pied paieraient-ils pour atteindre le même sommet en se servant d\u2019un ascen- ceur municipal, qui coutera bien moins cher que ces routes à construire et à entretenir.Le chemin de fer actuel appartient à une compagnie ; c\u2019est vrai ; mais le contrat expire au ler mai.Qu\u2019on indemnise lu compagnie ; qu\u2019on l\u2019exproprie et que la ville fasse de ce service un service municipal.La gratuité absolue offrant certains inconvénients : l'encombrement, la multiplication inutile des voyages ete, ete., on pourrait fixer un prix de passage pour regulariser le service , Deux cents par adulte et un cent par enfant.Dans ces conditions le parc de la Montagne serait fréquenté par le peuple, qui l\u2019a payé; alors qu'aujourd'hui on n\u2019y voit en semaine que des équipages et le dimanche les familles qui peuvent se payer le luxe d\u2019acquitter le tribut de 86 que la compagnie du chemin de fer préléve sur chaque parent plus 5e par enfant.Ces prix expliquent la popularité de li ferme Fletcher où l\u2019on peut se rendre pour rien sans fatigue.Pour l\u2019Ile Sainte-Hélène ; le raisonnement est le même.Si la ville faisait construire un pont conduisant dans l'ile, elle ne ferait pas plus payer pour passer dessus qu\u2019elle ne le fait pour traverser le pont de la rue Notre-Dame.L'importance du passage à bas prix de l\u2019Ile Sainte- Hélène est encore plus importante que pour lu Montagne.L'ile est le sanitarium de la population de Montréal, C\u2019est à l'ile que les femmes de nos ouvriers et de nos petits commerçants conduisent leurs enfants, vont elles-mêmes respirer l\u2019air pur du Saint- Laurent et gouter un repos bien gagné.Le passage est moins élevé que pour l\u2019élévateur de lu Montagne ; il l\u2019est encore trop et ne devrait pas s\u2019élever au-dessus de 2c pour les grandes personnes et Ic pour les enfants : il y en a chez nous ! Et quant mêmes ces exploitations couteraient quelques milles piastres par an à la ville, ce serait de l'argent bien placé.* * ®* Le maire a, sur la demande, pour ne pas dire sur Pordre des étudiants du McGill, accordé un demi-jour de congé aux employés civiques.Les employés ont dû être contents, mais si ce congé à été étendu aux ouvriers de la Corporation, leur contentement ne sera complet que si on leur paie cette demi-journée de chomage forcé.JEAN MIGEON, La Semaine Politique A QUEBEC ET A OTTAWA Notre époque ne se distingue pas seulement par les déraillements de chemin de fer, mais aussi par les déraillements d\u2019opinions.Ceux qui seraient tentés de contester cette vérité, n\u2019auraient qu\u2019à relire les discours soporiques prononcés par une quarantaine de députés, à l'appui d\u2019une proposition du ministre des finances, de payer les frais d'équipement et de voyage des deux contingents canadiens envoyés en Afrique, pour participer à l\u2019étouffement d\u2019un brave petit peuple, qui commet le crime de préférer la mort à la sujétionet à 1 esclavage.Par un vote de 78 contre 3, le parlement à sanctionné l'odieuse politique anti-constitutionnelle et anti-canadienne du gouvernement.Il est inutile de dire toute l\u2019horreur que ce vote a provoqué dans le pays et surtout dans la province de Québec.Il suffirait de mettre en regard les déclarations antérieures de ces hableurs avec celles qu\u2019ils ont faites au cours de ce débat; car ils se sont souffletés eux-mêmies par toutes les contradictions.Les discours des députés canadiens-français, \u2014notamment ceux de M.M.Tarte et Desmarais\u2014sont particulièrement répugnants.On y rencontre, à côté 4 MARS 1900 REDACTION ET ADMINISTRATION § 71, rue Saint-Louis, 7t MONTREAL, P.Q.TELEPHONE BELL, MAIN 3840 Annonces commerciales ou demandes d'emploi, 10 sous la ligne.Réclames, taux spéciaux.de sottee protestations d'impérialisme à outrance, des restrictions mentales qui leur permettront de venir duper les bons canayens, comme ils l\u2019ont fait en 1896, à propos de l\u2019achat des fusils par Sir Chs.Tupper.Is faisaient alors d\u2019abondantes protestations de patriotisme qu\u2019ils n\u2019ont pas jugé à propos de manifester en temps opportun.Les promesses électorales, pour eux, sont comme ces mouchoirs bien blancs qu\u2019on met soigneusement dans la petite poche d\u2019en haut et dans lesquels on ne se mouche jamais.Pour ce qui est des députés Bergeron, Casgrain et Caron, inutile d\u2019insister.Il n\u2019ont de canadien que le nom ; rien dela vieille âme française ne vibre en eux.Ce débat terminé, l\u2019argent voté, on pouvait espérer que les députés que nous avons envoyés à Ottawa, pour faire nos affaires et ou ils font si bien celle de Chamberlain, s\u2019occuperaient un peu de politique canadienne ; mais il n\u2019en est rien.L\u2019Impérialisme bat toujours son plein.Le secrétaire d'Etat pour les colonies, en réponse à une interpellation au parlement de Westminster à affirmé que sir Wilfrid Laurier était prêt à envoyer dix mille hommes sur le théâtre ou se déroule la tragédie Anglo-Boer.De son côté, notre premier ministre, a annoncé à lu Chambre, qu\u2019il produirait sa correspondance avec M.Coschen, au sujet de l\u2019organisation et de l\u2019entretien d'une flotte de guerre par le Canada.Et, les contribuables assistent stupéfiés, aux dilapidations des deniers publics au profit de cette lointaine île de l\u2019Europe qu\u2019est l\u2019Angleterre.© Mais patience ! Une vague étincelle a suffi à allumer la colère dans 'ime des citoyens de Montréal ; L'heure des réprésailles vengeresses va bientôt sonner et le peuple sera debout, à son poste et armé cette fois, non pas de bâtons pour faire l\u2019émeute, mais de bulletins de votation pour chasser les saltimbanques des banquettes du Parlement.La semaine politique à Québec n\u2019a été marquée par aucun évènement digne de fixer l\u2019attention.Le gouvernement Marchand file son petit bonhomme de chemin, pas trop vite, afin de ne briser aucun rouage, qui nécessiterait des réparations toujours couteuses.On est économe avant tout À Québec et on «peut-être pas tort.Les ressources du gouvernement sont tellement limitées, qu\u2019il faut avoirles mœurs ascétiques de M.Marchand pour pouvoir joindre sinon attacher les deux bouts.Les délégués du Buas-Canada, à la conférence de Québec, ayant abandonné au gouvernement fédéral tous nos revenus, nos ministres provinciaux\u2014à moins d\u2019avoir le génie et l'envergure d\u2019un Mercier \u2014 sont réduits au rôle de commis.Il n\u2019y a pas à dire: Cartier, Langevin et Chapais ont, en cette circonstance, fait des sacrifices qui tiennent de la trahison ou de l\u2019aliénation mentale.Aujourd\u2019hui, à trente ans de distance, on peut mesurer avec justesse, l\u2019étendue de la faute alors commise parles chefs conservateurs canadiens-français avec le concours empressé autant qu\u2019inopportuns de l\u2019épiscopat.Je me propose, un de ces jours de publier, sur ce sujet, une série d\u2019artirles qui intéresseront certainement les lecteurs des DEBATS, surtout les jeunes.Bittener.NOTRE REDACTION Pour des raisons qui n\u2019intéressent pas nos lecteurs, notre collaborateur, M.ENRY D'ELS, se voit forcé de quitter notre rédaction.Nous regrettons son départ et espérons qu\u2019il reviendra bientôt parmi nous, combattre le bon combat. La semaine prochaine La turbulence de nos concitoyens nous force a remetire à la semaine prochaine une fort intéressante étude de l'auteur de L'ARGENT DES AUTRES, sur NOS BANQUES.M.Fréchette nous pardonnera aussi de ne pus nous occuper de lui, cette semaine.\u2014\u2014\u2014e Théatre de la Guerre.Civile LES CAUSES.La guerre civile est dans nos murs, surtout dans nos cœurs.L\u2019insolence des manifestations du McGill a ravivé dans notre population mixte des animosités que le temps avait fortement abténuées.i Il y a, nous ne dirons pas quelqu\u2019un, mais quelque chose que opinion publique rend responsable de cette situation regrettable ; le coupable désigné, à tort ou à raison, est le Star de Montréal.Len prévenir est un devoir; peut-être alors comprendra-t-il la démonstration de vendredi soir.On nele rend pas directement responsable des excès commis, mais on dit, dans la population anglaise comme parmi les Canadiens, que, par son attitude depuis l\u2019ouverture des hostilités, le Sara, dans un but purement politique, soulevé les Anglais contre les Canadiens, On dit encore que c\u2019est lui qui a suggeré, sinon con- scillé et guidé,les manifestations des étudiants du Mc- Gill ; lesquelles après avoir été organisées pour fêter lu délivrance de Ladysmith,ont versé dans la violation du domicile descitoyens, la destruction de la propriété, les ass:auts meurtriers contre les braves gens que sont nos hommes de police et les tentatives d'intimidation envers les Canadiens que leurs auteurs doivent mora- lemeut et physiquement regretter aujourd hui.Deux faits incriminent directement le Star ; l\u2019un est la présence d'un de ses principaux rédacteurs à la tête des étudiants qui envahirent l\u2019hôtel de ville, l\u2019autre est l'approbation, l\u2019encouragement que ses comptes rendus prodiguent aux étudiants du McGill et le ton d\u2019ironie blessante de ces comptes rendus vis-à-vis de la population que ces étudiants ont, du jour au lendemain, transformée en une masse d\u2019adversaires irréductibles.On ne saursit reprocher aux étudiants du MeGill leur célébration joyeuse, exubérante, délirante de la levée du siège de Ladysmith par les Boers ; mais le pays entier condamne leur brutalité, leur insolence, leurs fanfaronnades et leur prétention à vouloir régenter li ville et ses citoyens.Ils doivent s\u2019être promptement aperçus que leurs frasques n\u2019avaient intimidé personne et la leçon qu\u2019ils ont reçque l\u2019autre soir à Laval à dû les convaincre de l\u2019erreur qu\u2019ils avaient commise en venant parader et faire les matamores de \u2018\u2018côté de cheux nuus.\u201d Quelle leur soit profitable ainsi qu\u2019au Star ; c\u2019est notre vœu le plus sincère.L\u2019ÉCHEVIN LEBEUF, A peine monté au pouvoir, M.l\u2019échevin LeBeuf a tenu à prouver que sa carrière civique ne démentirait pas la réputation de grincheux, d\u2019autoritaire énervé et énervant qu'il a acquise dans la vie politique.Toutefois, si su carrière municipale lui conserve cette réputation intacte, elle lui fera perdre la bonne opinion qu\u2019on avait de son équité.Fidèle aux déclarations de loyalisme outré qu\u2019il a faites à propos de tout et de rien, depuis qu\u2019il a été élu échevin, M.LeBeuf : accordé toute sa protection aux \u2018\u2018 bullies\u201d du McGill et réserve toutes ses rigueurs aux Canadiens respectueux de la loi.Il a, pour plaire aux McGill, renvoyé les voitures de la police, la patrouille jeudi matin faisant devant les bureaux des journaux envahis par la mob universitaire de l\u2019ouest, et fait arrêter le soir un de nos confrères de La Patrie osant lui faire remarquer que dans sa justice égalitaire il devrait envoyerla police, traiter les étudiants du Laval, qui ne menaçaient ni les gens ni les propriétés, comme il avait traité le matin les démolisseurs du McGill.Rageur et susceptible, le président du comité de olice fit arréter ce Canadien qui osait lui parler et le it rester toute la nuit, comme un malfaiteur, dans les cellules.C'est une indignité et une illégalité monstrueuse.L'êchevin LeBeuf auquel les grandeurs municipales et les flatteries des Anglais, qui sentent qu\u2019ils ont en lui un homme à eux, semblent avoir fait perdre le bon sens et le sens légal devrait pourtant savoir qu\u2019il n\u2019a pas plus le droit de faire arrêter un homme ou de donner un ordre à la police que le premier ou le dernier des citoyens, La police est sous les ordres du chef; du chef nommé par le Conseil-de-Ville; du chef responsable au Conseil et non au comité de ses actes, de la sécurité de la ville, de la vie et des biens des citoyens.Le comité de police peut, nous ne le nions pas, avoir le droit de donner des instructions au chef: mais ni ses membres ni son président n'ont le droit de donner un ordre à un homme de police.Autant vaudrait prétendre que notre ministre de la guerre a le droit de donner directement des ordres aux contingents canadiens placés sous les ordres du maréchal Roberts.Rendons grâce au ciel qu\u2019il en soit ainsi, car avec un charmant homme conne l\u2019échevin LeBeuf, aucun de nous ne serait sr de passer la nuit dans son lit.Notre confrère Marchand de la Patrie en sait quelque chose.Ce sont des Anglais qui ont commencé à troubler lu paix; qui ont brisé les vitres ; enfoncé les portes ; envahi les bureaux des journaux et commis cet acte inqualifiable d\u2019aller assaillir chez eux les cama \u2018ades d\u2019une université seur, et pour punir les coupables l\u2019échevin LeBeuf n\u2019a très trouvé de mieux que de faire arrêter deux Canadiens-français.Décidément 1x sagesse des nations est dans le vrai quand elle dit qu\u2019on n\u2019est jamais trahi que par les siens.Caron.On fait ce qu\u2019on peut Radical, révolutionnaire, français jusqu\u2019au trognon, comme il est aujourd\u2019hui anglais fo the core, M.LeBeuf, Calixte, non pas premier mais l\u2019unique, était autrefois un des piliers de \u2018* La Patrie.\u201d Mais les choses ont passé : Tarte à remplacé Beaurrand, il a même remplacé les bonnes machines par d'autres, et LeBeuf s\u2019en est allé comme le reste Après avoir fait à Tarte une guerre violente, après l\u2019avoir traité de serpent à sonnettes, et avoir raconté beaucoup d\u2019autres sornettes, il a jugé bon de passer : d'autres exercices.; Le premier était sa réconciliation avec son ennemi.Le second, découlant du précédent, son élection au titre de grand vizir des policemen.Co CL Après son élection, faite par \u2018* La Patrie,\u201d il a décidé qu\u2019il était temps de faire quelque chose\u2014lui qui n'avait jamais réussi à faire quoique ce soit en sa vie, Profitant du momentoù les Anglais jouent un rôle particulièrement odieux en Afrique, profitant du moment où ils massacrent nos nationaux et pillent la propriété privée, M.LeBeuf s\u2019est fait Anglais.Il a jeté loin de lui tout ce qui l\u2019avait mis au rarg des hommes, qu'on respecte à cause de la sincérité de leurs opinions.À la tête du comité de police, M.Lebeuf pourra encore donner cours à son venin d\u2019envieux déçu et de raté.Paul Le Moyne deMartigny, \u2014_\u2014 GUEKRt DE RACE Tout le monde sait ce qui s\u2019est passé ces jours derniers à Montréal.Î us Une bande de voyous, que l'on dit étudiants à l\u2019Université McGill, ont envahi la rue Saint-Jacques et, pendant trois heures, sous les fenêtres du bureau professionnel de M.l'échevin LeBœuf, ont violenté les personnes, dilapidé la propriété, obstrué les voies du commerce.Pas même ceux qui, enfonçant les bureaux de La Presse, étaient allés battre les cmmployés de ce journal, sans doute pour les récompenser du loyalisme affecté par M.Berthiaume depuis l'ouverture des hostilités au Transvaal\u2014pas même ceux-là n\u2019ont été inquiétés, et la plupart d'entre eux, l'instant d'après leur libération, crachaient au visage de ces benêts agents, de police canadiens-français qui les avaient épargnés, et, à l'Hôtel de Ville la masse a tout saccagé, tout souillé, et nous avons eu la douleur de voir un maire Canadien-français, qui a fait appel au sentiment national de ses compatriotes chaque fois qu'il avait besoin de leur sanction pour ses tripotages, féliciter de leur patriotisme et de leur bruyante gaité, loin de les faire flanquer à la porte comme ils le méritaient, ces braillards demni-ivres dont la voix, depuis le matin, n'avait cessé d\u2019insulter à sa race De l'Hôtel de Ville, la meute s\u2019est portée à l'Université Laval, A la Place Viger elle a rencontré une dame et s\u2019est mise à chanter : *\u201c Hop along, Mary, hop along !\u201d Quelques pas plus loin deux jeunes filles ont traversé la rue.Like the girls along, à crié la meute.Pas même nos femmes n\u2019ont été à l'abri de leurs insultes.À Laval ces cent ou deux cents braves ont trouvé cinq ou six Canadiens-français.Ceux-ci ont bien essayé de faire comprendre aux visiteurs qu\u2019il n\u2019y avait à ce moment personne à l'Université, et qu'il ne serait pas digne de McGill de pénétrer de force chez des gens non préparés à les recevoir.La meute est entrée quand même.Les plus hardis se sont rendus jusque dans les salles de cours et les bureaux, en quête des drapeaux qu'ils croyaient ensevelis quelque part, sous une antl-patriotique poussière.Ne trouvant rien, ils sont sortis et ont hissé un de leurs propres haillons rouges en face de l'édifice.Tous cela était déjà assez joli pour faire se demander aux Canadiens-français de Montréal s'ils vivaient-au XIXe siècle et dans un pays libre.Mais ce n\u2019était pas tout.Durant la soirée, quelques milliers de sacripants,conduits par la jeunesse de McGill, se sont armés de bâtons et sont allés faire le siège de Laval.Au lieu de recevoir les assaillants à coups de feu, comme ils en avaient le droit, nos bons Canadiens-français, dont il ne restait plus à ce moment qu'une poignée à l'Université, leur ont donné une douche d'eau froide.Et faut-il encore ajouter que la police et non les étudiants, à donné le signal de l\u2019arrosage.Pouvait-on en agir plus modérément envers des gens dont la voix rauque trahissait une soif féroce de sang ?Des coups ont été donnés, mais par la police, et parce qu\u2019il s'agissait de prévenir, par d\u2019énergiques moyens, une tuerie générale.L'agent Plouffe a arrété durant la mêlée trois individus;qui fonçaient sur le porche de l'Université le revolver au poing.Eh bien ! le croirait-on?Il y n eu à Montréal un torchon soi-disant Canadien-français, Le Journal, qui non content de raconter les faits de manière à faire entendre que les torts étaient partagés, à dit, entre autres indignités : \u201cCe n'est pas le temps de jeter de l'huile sur le feu.Aussi nous regrettons vivement certains commentaires de journaux anglais ET FRANÇAIS sur les événements de ces deux derniers jours.\u201d On savait bien que le Journal vivait des sous de sir Hugh Graham, l'homme qui vient d'allumer à Montréal une uerre de race par ses appels au fanatisme anglais, et que es rédacteurs n\u2019osaient aller faire leurs caux sans en demander d\u2019abord la permission au Star.Mais que der journalistes et des hommes publics Canadiens-français aient poussé la servilité jusqu'à traiter de frasques mutuelles ce qui, en réalité, a été l'attaque criminelle d\u2019un élément con tre un autre, c'est certes là quelque chose que pas même le propriétaire du Star, dont le rêve est d'asservir notre race en flattant les ambitions de nullités vaniteuses comme MeDonald et Bergeron, n'avait osé espérer.Il ya des gens plus méprisables que les fanatiques, ce sont les traî Tres.F.-G.Asselilme UNE VOIX D\u2019OUTRE-TOMBE \u2014 HONORE MERCIER Ce que penseralt le grand patriote presente de In situation Il est des noms dans l\u2019histoire qui commandent à l\u2019imagination ; en les prononçant, on croit exprimer à la fois mille hauts faits, mille brillantes qualités.Tels furent dans notre siècle O'Connell, Bolivar, Kossuth et dans notre pays Papineau et Mercier.Mercier a été pendant trente ans le génie bienfaisant qui a guidé notre race à travers des écueils sans nombre dont les ennemis de notre race couvraient la route.Dans ces heures d\u2019abaissement des caractères, de reniement des principes les plus sacrés et d'abandon de nos grandes et chères traditions, nous avons crû opportun de mettre sous les yeux de nos lecteurs ces mâles et fières paroles qui forment le \u2018\u2018 credo\u201d de notre foi nationale.| 000 JE SUIS FRANÇAIS DÉCLARATION FAITE EN 1894.Je suis françuis d'origine et par mon éducation et j'en suis fier.Si j'avais voulu tronquer ce noble titre et devenir Anglais, je serais encore à lu tête de la Province da Québec et ceux qui m'insultent le plus aujourd'hui, aus raient été les premiers À m'entourer du respect et de l\u2019estime qu\u2019ils prodiguent, du moins apparemment, à ceux des notres qui trahissent la cause nationale et la sacrifient a des honneurs.Je ne suis pas de ceux-là.Je suis Français et reste Français et mes deux lils, l'espérance et la consolation de mes vieux jours sont Français et resteront Français.000\u2014\u2014 FAITES DE VOS ENFANTS DES HOMMES Apprenez donc à vos enfants à être des hommes.Donnez leur une éducation virile.C'est à l'heure présente que cette instruction vigoureuse est nécessaire.Apprenezleur à regarder l'avenir en face, et non à baisser la tête et à se soumettre.Nos droits, nos croyances les plus chères sont aujourdhui menacés.On veut nous enlever notre langue et nous empêcher d'adorer Dieu à notre façon.Il faut que cela cesse.Et s'il devient nécessnire pour repousser la tyrannie de livrer de nouvelles luttes, nous ne devrons pas hésite: à le faire.La violence n'est pas de mise en aucune occasion ; Il faut de l'ordre et de l'harmonie, Mais quand la tyrannie et le fanatisme vous écrasent, on prend tous les moyens pour broyer ceux qui vous perséeu.tent ; et quand, tous les moyens constitutionnelles ont été épuisés et qu'alors, justice nous cest encore refusée, ou devient justifiable d'avoir même recours à la révolution.\u2014\u2014000 L\u2019ÉTAT COLONIAL, C\u2019EST L\u2019ÉTAT D'ENFANCE L'état colonial n\u2019est qu\u2019un état transitoire ; il n'est jamais venu à l'idée d\u2019aucun homme sérieux de le considérer comme permanent.C'est l\u2019état d'enfance qui finit avec la virilité ; c\u2019est l'enfant dépendant de ses parents dans les premières années de sa vie, ct laissant le toit paternel pour fonder une nouvelle famille dans la respectueuse reconnaissance que lui laisse le souvenir de celle qu\u2019il quitte.000\u2014\u2014\u2014\u2014 CE QUE VEULENT NOS ENNEMIS ET CE QUE JE VEUX \u2014 Ce que l\u2019on veut, c'est.ln destruction de notre province, son absorption dans l\u2019union législative.Ce que je veux, moi, c\u2019est le triomphe de plus en plus accentuée de nos liberté constitutionnelles et de l'autonomie des provinces, Ce que je veux c\u2019est que les Anglais des autres provinces se gouvernent comment ils veulent ; mais je veux cet je mourrai avant de vouloir autre chose, que les français et les catholiques de la Province de Québec se gouvernent comme ils le veulent.Justice pour tous ! et si j'ai le courage dans une province, comme la mienne\u2019 où les \u2018sept huitième sont français et catholiques, de réclamer la minorité protestante et anglaise, j'aurai assez de cœur pour ne pus laisser mépriser les nôtres.RESTONS FRANÇAIS DÉCLARATION FAITE EN 1865.Restons Français et nous serons grands ! soyons fermes en face des traités et de leurs serments ; sachons grandir au sein des dificultés et nous nous acheminerons d\u2019un pied sûr vers nos destinés ; et nos descendants rediront nos gloires et nos triomphes comme nous aurons célébré les gloires et les triomphes de la sainte génération de nos aieux.Restons Français et nous vivrons entourés du respect des peuples étrangers au milieu desquels nous nous trouvons ; restons français et la vieille France et l\u2019Europe auront un cri d'admiration pour nous.Mais si nous souscrivons à des arrangements politiques qui devraient nous perdre en nous enlevant notre autonomie sociale et religieuse, le souflle du mépris des générations futures balayerait la cendre de nos tombeaux ! 000\u2014\u2014 LE DRAPEAU CANADIEN-FRANCAIS (à la façon de Mercier.) Un bon prêtre de Normandie m\u2019écrivit un jour, me demandant un drapeau de la Province de Québec pour In fête de notre sainte nationale, Jeanne d'Arc.Je me dis en moi- même : \u2018* Une oriflamme de la Province de Québec ?Mais \u201c nous n\u2019en avons pas.Qu'est-ce que je pourrais bien lui \u2018\u2018 envoyer à ce bon prêtre ?Ce qu\u2019il veut, c'est un souvenir de notre pays.Eh bien! je vais en faire un à ma façon.Ca ne sera pas aussi ancien que d\u2019autres, mais ça parlera au cœur.\u201d J'ai l'avantage d'avoir pour voisines les bonnes religieuses du Saint-Nom de Jésus et, a ma demande, ma femme leur dit.: \u2018* Voyons mesdames, faites donc un beau dra- ** drapeau français en soie, frangé d'or ; mettez-y une cou- \u2018* ronne de feuilles d'érable et en haut le mot Québec et au \u2018 milieu de la couronne les mots : Catholiques et fran- \u201c* çais.\u201d.\u201c ie \u2014\u2014\u2014000 SONGEONS A NOTRE AVENIR Citoyens, éveillans-nous, sortons de ce long et ruineux sommeil, et songeant corme des hommes de cœur à l'avenir de nos enfants, prenons nos destinées en mains, marchons vers notre avenir d\u2019un pas ferme et assuré, et conquérons la fortune avec 'indépendance.C\u2019est notre droit, c'est notre devoir.\u2014\u2014000 AUX JBUNES GENS Vous jeunes gens qui m\u2019entendez, vous êtes les citoyens de l\u2019avenir.N'ayez pas peur de vous instruire, apprenez l\u2019histoire de votre pays, l\u2019histoire des peuples, puisez les connaissances nécessaires, et surtout n'oubliez jamais que vous êtes Français et Chrétiens.Les divisions politiques peuvent quelques fois empêcher de faire ce qui devrait être fait dans l\u2019intérêt publique, mais n'oubliez jamais quel sang coule dans vos veines, que vous êtes français par-dessus tout.Cultivez vos intelligences pour faire de bons chrétiens, de bons patriotes.Nous, nous disparaîtrons; à vous de défendre la cause française et catholipue.Défendezla sans distinction de parti; elle est sacré ! Faites une nation forte et puissante : la nation canadienne.000\u2014\u2014\u2014 NOTRE EXISTENCE NATIONALE Nous avons droit à notre existence nationale comme race à part et malheur à quiconque voudra nous enlever ce droit ; mais nous ne devons rien faire pour molester nos frères d'origine ou de croyance étrangères.Nous devons revendiquer nos droits avec fermeté mais sans agression, nous devons combattre avec énergie tout ce qui tend à détruire notre caractère national, mais nous devons respecter chez les autres les droits que nous reclamons pour nous.La lutte que nons avons à faire est toute pacifique ; il ne s\u2019agit plus de combattre des ennemis les armes à la main, mais de rivaliser comme race avec des frères, par l\u2019instruction , le travail et la probité.\u2014\u2014\u2014\u2014000 NOS DESTINÉES Citoyens, pères de famille, regardez vos grandes destinées, et travaillez à les réaliser, sans crainte et sansfaiblesse.Vous pouvez être heureux, si vous le vous le voulez, vous pouvez être grands, riches et prospères, si vous le voulez.Que votre volonté soit & 'unisson de vos besoins et à la hauteur de vos aspirations.Soutenez ceux qui vous soutiennent.IL FAUT INSTRUIRE L\u2019ELECTORAT Notre système politique repose sur l\u2019électorat ; l\u2019électorat repose sur l\u2019électeur.Qui dit électeur dit homme appelé A faire un choix ; or, celui qui est appelé à faire un choix, c\u2019est un juge, et un juge ne peut pas agir avec succès et connaissance de cause s\u2019il n\u2019est pas instruit.De là ia nécessité d\u2019instruire ie corps électoral, de manière à ce que tout citoyen puisse dire ce pourquoi il est dans le monde, quel est son rôle, quelles sont ses attributions, quels sont ses devoirs, quels sont ses droits.\u2014000 DROIT DU CITOYEN LIBRE Le citoyen libre doit jouir de la liberté religieuse, qui est la liberté du culte; de la liberté civile, qui donne la liberté au domicile de la personne et de la propriété; de la liberté politique qui garantie à cha- cui son droit dans l'administration partielle de la chose et dans la confection des lois; et enfin la liberté d\u2019association sur lesquelles reposent les sociétés privées, l\u2019association du capital pour l'exploitation, l\u2019industrie et le commerce ; l\u2019association des cœurs pour les œuvres de charité et la pratique en coïfnmun des vertus chrétiennes.UN AFFRONT L'Anglais se souvient des plaines d'Abraham Il a oublié Carillon.C'est une chose d\u2019une amère ironie que les comptes rendus des échauflfourées dont Montréal vient d'être le théâtre et, à les lires, l'on se sent le cœur étreint d\u2019une rage sourde, d'une indicible tristesse.Eh ! quoi, est-ce ainsi que se récompense de nos journaux le loyalisme ?Est-ce là le prix d'un aplatissement à outrance, d\u2019une abnégation complète de tout courage de toute fierté ?Est-ce de cette manière que se remercient ces rénégats de notre politique nationale, ces soi-disant représentants d'une opinion qui les méprise bien trop pour les adopter comme organes ou porte-paroles ces défenseurs d\u2019un impérialisme outrancier et irrationnel 2 N'\u2019était-ce donc pas assez, 0 presse, de vous être agenouil- léedevant I'Anglais, de ses pas avoir obséquieusement baisé la trace pour une annonce que dédaigneusement il y laissait tomber ?N'était-ce pas assez de prêcher partout un loyalisme menteur et de fouler aux pieds tout ce patrimoine de dignité, de force, de grandeur que nous avait légué les Papineau et les Mercier ?Non, ce n\u2019était pas assez ! Ce n\u2019était pas assez d\u2019avoir subi, supporté cette odieuse campagne d'un journal anglais contre l'un des nôtres, d'avoir encouragé ces aldermen pourchasseurs d\u2019employés dont le seul crime était de n'être pas anglais | Il fallait l'outrage,le coup de cravache qui cingle et fait gigler le sang ; il fallait nous atteindre dans une personnification de notre race,dans un symbole de notre nationalité et l'Avenir anglais, l'Université an- rlaise, McGill, est venue, sans provocation, insulter notre niversité, notre drapeav et notre nationalité! | Qu'on ne se méprenne pas, que les esprits à la Rodier, grands préconisateurs de l'alliance anglaise, n\u2019aillent pas plus longtemps se leurrer.Cet affront fait à toute une population est moins le résultat d\u2019une impulsion que le couronnement de toute une politique de provocation, d\u2019hostilités sourdes, de haines ; c\u2019est là le résultat d\u2019insidieuses menaces et d'un enseignement qui a pour base le mépris de tout ce qui n\u2019est pas anglais.L'alliance anglaise, monsieur Rodier, ne sera jamais qu'une alliance d\u2019intérêts, parce que alliance implique égalité.Or, pour l\u2019Anglais, ayons donc le courage;de nous l'avouer, nous sommes moins des égaux que des vaincus que seul le prestige\u2014il diraitla peur\u2014 de sa puissance lui conserve.Il y a entre les deux races un je ne sais quoi, mélange d\u2019incompatibilités que rien ne détruira ; il pourra y avoir accord, alliance jamais.Oh ! fantôches d'hommes politiques,linottes et girouettes tournant aux vents de tous les intérêts monétaires, brasseurs d'affaires, hommes sans noblesse, sans idéal, sans fierté : épaves heurtant tous les bords touchant à toutes les berges que le courant emporte et délaisse quelque part, on ne sait où.Avez-vous oublié votre histoire, et pendant combien de temps encore, par hypocrisie vu intérêt, con- sentirez-vous à courber la tête, sourire sous l'affront, à mentir à nos destinées ?N'avez-vous donc plus le temps de sentir notre cœur battre, à vous souvenir comment nos ancêtres portaient notre nom ?Où sont, mon Dieu ! nos\u2019hommes d'antan, ces lutteurs d'autrefois qui n'obéissaient À aucun courant parce qu'ils les dirigeaient.Ces hommes qui s\u2019'imposaient au peuple et que le peuple adorait parce qu'il sentait chez eux la répercussion de la pensée qu il avait au cœur.De ces hom- ines-là hélas ! nous n\u2019en avons plus n'est-ce pas M.Préfontaine, et l'on voit aujourd\u2019hui cet affligeant spectacle d'un maire, élevé à cette fonction par_ une population française, tolérer qu'on lui fasse la loi, obéir, aux ordres d'une meute d'aboyeurs anglais et donner ainsi à tous l\u2019exemple d'un manque de caractère des plus attristants.Le souvenir de votre derniére élection est-il, Monsieur le maire, dans votre esprit à ce point nébuleux que vous ne vous rappeliez quels étaient vos amis ?.La morale de-tout ceci sera pour toi, Peuple, peuple qui souffres, paies et pries, peuple sur qui reposent les destinées, l'avenir de notre race : souviens-toi qu'avec l'Anglais l'on ne gagne rien à courber la tête, et qu'obéissance n\u2019est pas servilité.Si Lu veux qu'on te respecte, saches te faire respecter, respecte-toi toi-méme ; rends coups pour coups,car I\u2019Anglais a ceci de commun avec l\u2019oriental qu'il ne respecte que la force et que bonté est pour lui synonyme de faiblesse.Ne provoque pas, mais à qui te provuque infiige la jeine du talion.Yeux pour œil Dents pour dent Sang pour sang.La crainte est pour l\u2019Anglais le commencement de la sagesse.et de l'estime.Souviens-t-en.Dom Remi.ECHOS La revanche est tout indiquée aux affronts que nous avons reçus la semaine dernière, Au retour de nos volontaires canadiens-français qui sont allés combattre en Afrique\u2014si toutefois il en re- vient\u2014il faut que pas un d\u2019entre eux ne soit trans- gorté chez lui autrement qu\u2019en triomphe, sur les épaules de leurs compatriotes chantant La Marseillaise.Pensez-y vous, qui avez entendn les hurleurs anglais traiter\\les Canadiens-français de lâches et de fils de chienne.La Reine, l\u2019autre jour, écrivait une lettre pour iivi- ter les anciens soldats à s\u2019enrôler de nouveau pour un an, afin de remplacer les réguliers partis pour l\u2019Afrique.Un grand nombre de volontaires se sont présentés mais le War Office les renvoya parce que rien n\u2019avait été préparé pour enrégimenter ces nouvelles recrues.On se demande à Londres si la lettre royale était prématurée ou si le War Office était en faute.Quelques lignes de Napoléon qui signalaient, il y a prèsd\u2019un siècle,les causes profondes des revers essuyés par les Anglais dans la guerre sud-africaine.et témoignent du peu de progrès qu'à fait l\u2019Angleterre depuis cent ans : , Les institutions militaires des Anglais sont vicieuses : l: ils n\u2019opèrent leur recrutement qu\u2019à prix d'argent, si ce n\u2019est que fréquemment ils vident four prisons dans leurs régiments ; 2.leur dicipline est cruelle ; 3.l\u2019espèce de leurs soldats est telle qu\u2019ils ne peuvent en tirer que des; sous-officiers médiocres, ce qui les oblige à multiplier les officiers hors de toute proportion ; 4.chacun de leurs bataillons traine à sa suite des centaines de femmes et d\u2019enfants : aucune armée n\u2019a autant de bagages ; 5.un officier.est à la fois major dans l\u2019armée et capitaine dans son régiment : bizarrerie fort contraire à tout esprit militaire.Cette critique ne semble-t-elle pas dater d\u2019hier.Le Commandant Botha.l\\n'est pas aisé d'avoir des renseignements personnels sur les chefs boers, gens jusqu'ici sans histoire, hier fermiers ou pastewus ignorés, aujourd'hui héros de la patrie envahie, qui ne deviendront que demain des figures populaires ou légendaires de la grande guerre de l\u2019indépendance.Cronje, Botha, Erasmus, tant d\u2019autres anonymes encore, sont les plus renommés de ces rustres redoutables que le vénérable Joubert à poussés contre les jaquettes rouges.C\u2019est à leur courage impassible, à leur intrépidité désespérée, à leur abnégation sans égale, que l\u2019Afrique du sud devra de voir un jour la constitution d\u2019un Etat libre des républiques unies.Le commandant Botha est en ce moment l\u2019un des plus connus de ces chefs boers.C\u2019est lui qui commandait & Spion Kop.C'est à lui qu\u2019il faut attribuer la sanglante défuite du général Warren et les pertes effrayantes subies par la colonne anglaise pendant l\u2019assaut de la position et la déroute qui en fut la conséquence.Dans cette journée mémorable il eut son cheval tué sous lui etreçut une balle ennemie qui vint se perdre dans la poche de son veston.Les Boers ne connaissent pas encore li réclame.Cette balle égarée est tout ce que l\u2019on raconte sur l\u2019homme qui vient de remporter une victoire de telle importance.La compagnie minière \u2018\u2018Montréal-London\u201d vient de prévenir les détenteurs de ses actions que pour économiser les frais de timbres, les dividendes qui jusqu'ici étaient mensuels ne seront plus que trimestriels.Les mesures d\u2019économie sont toujours sages.Mais d\u2019après le bilan de la compagnie, paru il y a quelques jours dans les journaux, les directeurs ont souscrit 25,000 pour le \u201c\u2018patriotic fund.\u201d En sorte que les actions qui étaient cotées, 90 à la bourse, sont maintenant tombées à 27.Messieurs les directeurs de la \u2018\u2018Montreal-London\u201d n\u2019ont eu garde de consulter les actionnaires de la compagnie avant de disposer de leur argent.Les lois sur la presse nous en empêchant, nous laissons aux lecteurs le soin d\u2019appliquer à ces messieurs le qualificatif qu\u2019ils méritent.Lu tazxce sur les grands journaux, établie par le bvri- tannisant Mulock, a fail expectorerr des hurlements aux propriétaires de de nos grands journanx.La chose est facile à comprendre : on a taxé les ga- zeltes au poids, et comme ces messieurs publient les dites gazettes à des nombres de pages effroyables pour.luers lecteurs il se trouvent à payer des sommes qui font gémir leurs coff£res forts.C\u2019est toujours la même chose : ces messieurs font des mille et des cents et crient au ineurtre pour un sou qu'il leur faut donner.Pour nous, tant qu\u2019on ne taxera pas intelligence des.journalistes nous hous tlendrons parfaitement cois.Nous proposerions au ministre qui préside aux destinées de nos lettres, un système d'impôt qui consisterait à faire payer à tant la bêtise.Il est probable que dans ces conditions les fabricants de presses excessivement coûteuses et rapides ne feraient pas d'aussi bonnes affaires.ALBERT THIBAUDEAU.: TOUTES SAISONS.\u2014 Dans tons les saisons une bnnteillo de BAUME RMUMAL est un trésor inestimable pour la famille. A TRAVERS TOUT Celle-ci sera mon ultime chronique.Les faits écceu- rants dont jai ététémoin dans ces derniers temps ont mis le comble à mon degoût des hommes et des choses.Il arrive du reste un âge où notre bras fatigué se refuse à la besogne d\u2019Herenle qui consiste à charrier hors de cette écurie d\u2019Augias qu\u2019est la société moderne, tout le fumier que les bipèdes humains y accumulent chaque jour ; où notre estomac malade ne peut plus supporter les relents de toutes ces fécalités dont le journaliste honnête a le devoir d\u2019épurer notre société ; où l'esprit aigri faute de pouvoir se retremper dans une philoso- hie tarie par l\u2019excès des injustices et des lâchetés umaines, cherche dans un détachement de toutes choses le repos réconfortant, l\u2019oubli consolateur.+ + + Longtemps j'avais cru qu\u2019il n\u2019y avait qu\u2019une morale.Celle qui enseigne le culte du beau, du bien et du vrai.Il y en a parait-il deux pour ce qui concerne les faits civils etles faits militaires.Première morale.\u2014Quandcinq voyous s\u2019'embusquent dans un endroit écarté pour tomber sur un paisible etinoffensif bourgeois, l\u2019assomer et lui voler sa bourse, la société crie au banditisme, et n\u2019a de reste que ces malfaiteurs ne soient accrochés à tne potence.Deuxième morale.\u2014Que quelques cent mille anglais, armés de balles explosives, de bombes asphixizæntes, trainant derrière eux une formidable artillerie, se ruent au massacre d\u2019un tout petit peuple de cultivateurs dans le but ciniquement avoué de s'emparer de leurs terres et de leur or, nos canadiens des classes dirigeantes trouvent la cause juste, le fait licite.Ils font des vœux pour la réussite du guetäpens et en- agent même leurs compatriotes à se joindre aux braves de Chamberlain.* * * Un sujet d\u2019écœurement pour les esprits droits et honnêtes, c'est l'attitude de la presse canadienne- française vis-à-vis de nos maîtres les Anglais.Exemple\u2014que 3,000 boers après avoir tenu tête pendant dix jours à 65,000 anglais, après avoir brûlé leur dernière cartouche, après avoir reconnu l\u2019inutilité d\u2019une résistance plus longue, se rendent volontairement, le Canada exalte, les édifices publics se couvrent d\u2019ori- flamunes, et nos journaux affirment que Robert et les douze douzaines de généraux qui gravitent dans son orbe ont dépassé d\u2019un bout les exploits d\u2019Alexandre le Grand, de César, de Napoléon\u2014Robert est plus qu\u2019un héros, c\u2019est un demi dieu.* * + Où le servilisme s\u2019étale dans toute sa hideur c\u2019est dans la classe des politiciens, Ils lui ont sacrifié tout sentiment d'honneur, de fierté, de dignité humaine.Il s\u2019est trouvé deux députés et demi pour s'opposer à l'envoi de contingents canadiens au Transval sous prétexte que nous n\u2019étions pas forcés de le faire et qu\u2019il ne fallait pas créer de précédent.Il ne s'en est pas trouvé un seul pour dire que cette guerre étant une infamiie, il ne voulait pas que ses compatriotes se .salissent en y participant.\u2014Le record du servilisme a été atteint il y a quelques jours par un politicien dont je ne veux ici écrire le nom par respect pour ma lume.\u2014En cas d'une guerre entre I\u2019 Angleterre et 1a ance (ce qui arrivera certainement un jour) je n\u2019hésiterais pas à tirer sur la France.Telles ont été les paroles de ce descendant des Français.Voilà bien un cas d\u2019atrophie complète de sens moral.Et dire que dans quelque temps des hommes de cette espèce se trouveront à Paris, à l\u2019exposition.Ils assisteront à de grands banquets officiels.Ils ne manqueront pas l\u2019occasion de prononcer un discours.Là ils se vanteront de leur origine française.Ils protesteront de leur amour, de leur dévouement à la mère patrie.Ils crieront vive la France! Eh bien celu ne sera pas, car nous aussi nous serons là, tenant d\u2019une main leurs rofessions de foi francophobes, et de l\u2019autre, un si et, et s\u2019il y a du scandale, tant mieux! nous avons nombre d'amis dans le journalisme parisien qui se feront notre porte-voix pour démasquer et faire connaître ces comédiens sans vergogne à nos frères de France, et les avertir de mettre leur sympathie et leur amitié à l'abri de toute tentative d\u2019escroquerie de la part de ces imprudents personnages.* Je disais plus haut que la guerre Anglo-boers était une infamie.Voici ce qu\u2019en pense le duc d\u2019Orléans rétendant au trône de France.Je reproduis textuel- ement d'après le Courrier des Etats-Unis du 3 mars la lettre que le duc, forcé, à cause de ses sentiments pro-boers, de s\u2019exiler d'Angleterre où il a son château écrit à l\u2019un de ses amis : \u2019 J envisage froidement I\u2019 roduite contre moi.Aprés es explosion de colére qui s\u2019est avoir vu l'infamie hypocri principaux personnages anglais dans la question du Cette guerre contre les républiques sud-africai entreprise par une nation de ira a et a été sa reine et de son futur roi.eu on rs complicité de I et mon opinion Si je dois être exilé de ma résidence ici, pour avoir expiré cette opinion, tant pis pour moi.Mais cette question est une de celles au sujet de laquelle tous les honnètes gens du monde entier doivent protester avec énergie et sans se lasser.\u201d Le cardinal Vaughan, les révérends Clifford, Hugres, l\u2019évêque de estminster, celui de Dublin Mgr Stead, Hocking, Horton, ont parlé dans des termes aussi vifs, jusque dans leurs sermons.Deux évêques anglais ont été plus loin encore.Ils ont refusé de dire des prières pour les soldats del'Angleterre, prétendant que c\u2019était offenser Dieu que de lui demander de protéger les exécuteurs des basses-œuvres de Chamberlain et consort.Je me rappelle ce que disait il y a quelques jours Pillustre cardinal Vaughan: \u201cQuand Dieu permet a un peuple faible de tenir des mois en échec la plus puissante nation du monde, c\u2019est qu\u2019il veut parler à la puissante nation un langage qu\u2019elle doit écouter, sous peine d\u2019être abandonnée de Lui.\u201d La vérité a dû sertir de la bouche inspirée de ce prince de l\u2019Eglise.Or, vous voyez comment I'Angletorre agit, et concluez, lecteurs.* * » Les braves étudiants de Lavai ont mis le ho! la aux insolentes bravades des étudiants anglais du McGill.Ils ont donné un exemple de virilité aux avachis qui ont la prétention bouffonne de nous représenter au gouvernement.Tandis que ces pleutres s\u2019'enorgueillissent de porter la livrée d\u2019Albion, dans le cœur des petits-fils des Doutre, des Dorion, des Latlamme, des De Lorimier, des Mercier, germent les ferments qui donneront un jouraux Canadiens-françuis l'indépendance absolue, plaçant enfin notre pays au rang des nations.Vive Laval.E.Cardin, Courrier de Paris (Service spécial des DEBATS) Une promenade sur le chantier de l\u2019Exposition impose, en ce moment ; les ouvriers travaillent avec fièvre; il s\u2019agit d\u2019être prêt pour le 15 avril, jour fixé pour l'inauguration de l\u2019immense Kermesse de 14%.Sera-t-on prêt?M.Picard, qui est le grand organisateur de l'Exposition, à déclaré à plusieurs reprises, que pas un clou ne serait planté après le 15 avril.C\u2019est de l\u2019optinisme, ou je me trompe fort.Si tout est terminé pour le ler mai, cela sera très bien, l'inauguration n\u2019en au pas moins lieu le 15 avril, en grande pompe ; ce jour là, le principal sera fait ; les grands palais des Champs Elysés, le pont Alexandre IIL, et tous les palais du Champ de Mars, des Invalides du Trocadéro, et des bords de la Seine, seront achevés extérieurement; leur aménagement intérieur s\u2019effectuer:v en une quinzaine.En vérité, le spectacle offert par la France, aux étrangers, sera de tous points, merveilleux ; cette enfilade de monuments d'architectures diverses, le long de la Seine, sera admirable; toutes les nations se sont donné rendez-vous le long du fleuve parisien, transformant ce coin de Paris en une prodigieuse Venise, où ne manquent que des gondoles.Voici le Palais des Etats-Unis, imposant, et superbe, celui d'Italie, tout orné de statues, celui d\u2019Espagne, plus petit, mais pittoresque, celui de Hongrie, à l'allure de cloître ; sous les quinconces des bords de la Seine, voici aussi la Finlande, aux toitures grisâtres, la Roumanie, aux coupoles vertes et bleues, la Bosnie, la Serbie, le Montenégro.Chaque pays a voulu nous faire admirer son architecture nationale; et cela produit sur le spectateur une impression des plus curieuses.Ces grands Palais des Chamnps Elysés étonneront par leur splendeur et par leur immensité.Là, l'architecture nouvelle triomphe ; le fer et la pierre s\u2019allient harmonieusement; les statues s'élèvent entre les colonnes, et les murs s\u2019adornent de frises en céramique.Quant au Pont Alexandre III, cette arche gigantesque jetée sur la Seine fera l'admiration de tous, par sa légèreté, et ses proportions à la fois énormes, et gracieuses.Ces pylônes qui l\u2019encadreront, couronnés de Pégazes en or produisent l'effet le plus heureux, et font honneur à leurs architectes.Aux Invalides, l\u2019amoncellement des constructions ne se peut concevoir; l'esplanade entière est transformée en uno ville, qui s\u2019est élevée subitement, comme sous la baguette d\u2019une fée.Au Champ de Mars, merveille semblable s\u2019est opérée.Là aussi, les Palais se sont dressés, en quelques semaines, en serrant la Tour Eiffel dans un réseau de pierre, et la faisant disparaître presque, pour notre grande joie,car cette laide machine n\u2019est pas agréable contempler.Au Trocadéro, les palais s\u2019'achèvent aussi dement, et sur la rive droite de la Seine, le Vieux Paris, terminé, n'attend plus que les visiteurs qui ne manqueront pas d\u2019affluer.Notez avec cela que tout Paris fait aussi sa toilette pour l\u2019Exposition.Nos monuments ont été restaurés, ou nettoyés; nos boulevards ont été réparés ; enfin, de très nombreuses lignes de tramways ont été créées.Je ne vous parle pas du Métropolitain souterrain, qui fonctionnera bientôt; je ne vous parle pas non plus des gares qui ont été agrandies, ou de la gare Orléans, qui a été transférée sur le quai d\u2019Orsay, à grands frais, pour la commodité des voyageurs.très rapi- Voulez-vous que je vous parle de théâtre?Hélas ?En vue de l'Exposition, nos directeurs ne font guère que des reprises ! Ils remontent leur vieux succès ?Ét voici Michel Strogoff qui reparait sur la scène du Châtelet, Les Deue Gosses que l\u2019on remonte à l\u2019Ambigu, Madame Sans Géne, que l'on apprête au Vaudeville.Hélas! Notons cependant quelques premières intéressantes; aux Nouveautés, Les Maris de Léontine, d\u2019Alfred Capus,et à Cluny, Le Fiancé de Thylda, du petit chef-d'œuvre d'opérette, signé Robert Charvay, Victor de Cottens et Louis Varney.Dans Le Fiancé de Fhijlda, nous asistons à un voyage à Paris, du neveu du célèbre de Gondremark, de La Vie Parisienne.Ce voyage de rêve est délicieux; Mlle Germaine Riva y créa un rôle de petite Montmartine, d\u2019originale et talentueuse façon.Des théâtres aux livres, la transition est aisée ; je vous parlerai du Mauvais Désir, un roman de haute tenue littéraire,et de lecture attrayante, signé Lucien Muhlfeld ; de Mariage Révé, un autre roman, rempli de charme, de M.Camille Pert; de Errants Terribles, de Jean Laurentz, je vous parlerai aussi du Chevalier Paul,une physionomie curieuse de l\u2019ancienne France remise en lumière par un érudit, M.Henri Addo, bibliothécaire à la Chambre des Députés, je vous parlerai enfin de l\u2019Encyclopédie nouvelle, publiée par la Société française d\u2019Éditions d'art, sous la direction de MM.Buisson, Larroumet, E.Denis et Stanislas Meunier.Cette encyclopédie, qui aura cent vingt volumes,est des plus intéressantes.Chaque voluine forme un petit dictionnaire, correspondant à l\u2019une des parties essentielles des connaissances humaines, Sept de ces petits dictionnaires étaient déjà en vente : l\u2019Expansion coloniale des peuples européens en Afrique et en Amérique, le Costume, la Mode, la Minéralogie, I Electricité, la Photographie, le Jardinage, la Cuisine, et je viens de recevoir simultanément l\u2019'Expansion coloniale en Asie et en Océanie et les deux volumes de Biographie politique du XIX siècle, trois précieux dictionnaires qui, au mérite du document.joignent l\u2019attrait toujours grand de l\u2019actualité.J'ai aussi, sur ma table de travait les bonnes feuilles de volumes À paraître en mars et avril: l\u2019Histoire contemporaine de 1571 à 1900, les Microbes et Infusoires, l'Histoire gracque et romaine, l\u2019Architecture et enfin l'Histoire de la philosophie et le Socialisme, deux dictionnaires du plus haut intérêt, publiés sous la savante et vigilante direction de M.Buisson, directeur houoraire de notre enseignement primaire.Tous cespetits livres sont de lecture attrayante et utile : et pour ma part, je m\u2019en suis déjà régalé avec fruit.FERNAND HAUSER, SANS CONTREDIT.\u2014Vous ne tousserez plus.si vous prenez du BAUME RHUMAL, ie meilleur spéciiique du monde entier.NOTES D\u2019ART M.Henri de Régnier qui doit donner une série de cinquante conférence à l'Université de Harvard et dans les principales villes des Etats-Unis, sur les poëtes français modernes, viendra probablement à Montréal, * + + { \u2018Quelques concerts à l\u2019horison.Le 6 mars, à la salle Karn, celui de Melle Marie Terroux ; le 19 mars, à la même salle, celui des élèves du professeur Alex M.Clerk.Enfin pour le commencement d'avril, celui des élèves du professeur Contant ; toujours à la même salle.*, + Nos lecteurs ont dû lire le compte rendu de la dernière soirée de famille publié dans La Presse de vendredi.S'ils ne l\u2019ont pas fait ils devraient le faire et comparer ensuite ce rapport avec le nôtre.Nous ne doutons pas un seul instant de la supériorité de ce que nous avons écrit, au point de vue de la justice et de l'intégrité, sur l\u2019insipidité publiée par le grand confrère.Cette façon de s'attaquer à un individu, toujours le même, lequel a du mérite après tout, prouve qu\u2019il y a quelqu'un à La Presse, qui jaunit terriblement de notre manière de voir en fait de délicatesse et de courtoisie.Nous ne parlerons plus jamais de cet incident; ce serait donner trop d'importance à la petite colère du contrôleur des ignorantes louanges, distribuées quotidiennement au premier venu, surtout s\u2019il a de l'argent pour payer.En terminant, nous conseillons au jeune acteur, victime de ces diatribes, de continuer à jouer comme par le passé.Les poulets de La Presse à son égard ne feront qu\u2019amuser le public, aux dépens de cette dernière.* » A cause de la tempéte de jeudi dernier et par suite de l'impossibilité de circuler ou se trouvaient Res tramways, Testament de César Girodot, a été représenté au Monument National, devant un tiers de salle tout au plus, Ceci a eu pour effet d\u2019enlever une bonne partie de leur entrain aux acteurs, et d\u2019un autre côté le public était paralysé et a semblé ménager ses applaudissements.Pour ces raisons, notre critique, bien qu\u2019un peu sévère.ne tombera pns trop, nous l\u2019espérons, sur les nerfs des interprêtes.M.J.IL.Bédard, dans le rôle du notaire Simon, nous a donné une interprétation tellement fidèle que nous n\u2019aurions pas éprouvé beaucoup plus de plaisir à voir ce rôle tenu par un pro- fessionel.Celui d\u2019Isidore Girodot que personnifiait M.Elzear Roy est un rôle difficile, et M.Roy s\u2019en est bien acquitté.Il a eu suffisamment de promptitude duns ses reparties et quelques phrases bien lancées.Si seulement Melle Calder, (Clémentine, femme d\u2019Isisidore,) avait eu la même vivacité dans la riposte, tout aurait été pour le mieux.Nous avons déjà vu Melle Calder dans des rôles qu\u2019elle préférait sans doute à celui-ld.Elle nous à paru charger son rôle outre mesure à certaines scènes, alors qu\u2019à d'autres endroits elle ne donnait pas assez de voix.Cependant elle à su interesser, et.il nous semble que nous ne devons pas exiger d'un artiste qu'il se soutienne tout le temps ; pourvu qu'il soit suffisant, ce qui est péjà bien gentil.Mlle Clara Reid, (Hortense) possède une physionomie et un jeu des plus sympathiques.Ce rôle de petite bourgeoise incomprise lui allait comme un gant.Nous avons remarqué du reste, qu\u2019elle est très consciencieuse et si elle ne joue pas toujours avec école, elle joue avec sobriété et respect de la vérité.M.Bourque (Emmanuel) à personnifié Célestin, fils d\u2019Isidore.Ce Célestin est un jeune gommeux, un noceur frais émoulu de sa province et qui se la coule douce à Paris.M.Bourque a un talent spécial, celui de faire ressortir des petits roles de genre; d\u2019abord, il suit se faire une tête, il à une démarche et beaucoup d\u2019entrain, dés ses premiers mots, il nous semble que lu salle se réchauffe considérablement.Nous ne Savons pas où il a appris çà, mais il est certain qu\u2019il a de l\u2019école.Cependant, jeudi soir, il nous a paru jouer comme quelqu'un de très fatigué.M.Raoul Barré a fait un Maszsias bien vécu.Il a une bonne diction, puis il ne charge pas trop ses interprétations et il a en lui quelque chose de bien français: Ce rôle lui convenait.Quant à M.Duhamel, dans Lehuchoir, il ne nous à pas semblé bien à sa place.Nous l\u2019avons déjà vu à l\u2019œuvre dans des premiers rôles, et nous savons ce qu\u2019il peut faire.Cependant il nous a donné une bonne idée d\u2019un rôle assez effacé.Mlle Alice Croteau (Pauline) à fait d'immenses progrès depuis sa première apparition sur la scène,et une fois qu\u2019ellese sera dépouillée de ce qui lui reste de timidité et qu\u2019elle aura quitté ses quelques petites mignardises de pensionnaire, elle fera une bien présentable première amoureuse, M, J.A.Naud ne nous a pas déplu comme jeune premicr, cependant nous lui avons préféré M.Charbonneau, dans le même rôle l'an passé.M.J.Lemay, dans le fermier Langlumeau, a mis beaucoup de naturel, mais il a été trop lent dans ses répliques.Ce dernier reproche s'applique en général à tous les acteurs qui devraient en inême temps soigner davantage leurs entrées.Entre les actes MM.Ed.Desaulniers et J.H.Loranger ont chanté.A la semaine prochaine.Gustave Comte.FEDERATION IMPERIALE Cette fédération s\u2019accomplira-t-elle ?Il1y a lieu d\u2019en douter.Outre l\u2019objection qui se formule nettement dans l\u2019esprit de la plupart des Canadiens-français, il est, je crois, facile de prévoir que nos citoyens anglais quand ils comprendront les conséquencesd\u2019un tel pacte seront, sauf peut-être le premier ministre de la Puissance, les premiers à lu repousser.La question est envisagée ici à un point de vue général.L'idée de la fédération est venue à l\u2019esprit des commerçants de l\u2019Angleterre à la suite de la concurrence désastreuse que leur font, sur tous les points du globe, les autres nations qui jusqu'à ces dernières années avaient négligé de cultiver les marchés du monde pour l'écoulement de leurs produits.Les Anglais croyaient avoir une supériorité invincible dans l\u2019industrie et le commerce, en sommie ils n'avaient que l'avantage d\u2019avoir une marine marchande considérable, ce qui est du reste naturel étant donné que les habitants du royaume britannique sont des insulaires.Ils se sont vite aperçus que leurs industriels sont routiniers et que leurs compagnies de transports ne reconnaissent pas devoir refuser de transporter des marchandises étrangères sous prétexte de patriotisme ; et à leur grande stupéfaction ils voient leur commerce péricliter et menacer banqueroute.Ils sont trop anglais et conservateurs pour changer leur méthode de fabriquer.Eux qui ont toujours prêché l\u2019'open door ont imaginé le moyen opposé, le closed market.D'où la fédération impériale.Les termes du pacte seront que d\u2019une partles colonies fourniront les matières premières etl\u2019Angleterredéversera ses produits fabriqués dans les colonies.Comme matières premières l\u2019Angleterre ne possède guère que le charbon et le fer, et encore peut-on dire que le charbon est une matière première ?Il ne reste que le fer, S>rvant surtout à outiller les grandes fabriques de tissus.Mais voici ce qui se produira, par exemple pour le Canada : cette dernière colonie possède également du charbon et du fer dont les mines commencent à être exploitées engrand.Nous, Canadiens, entendons fabriquer l\u2019outillage dont nous avons besoin et avons déjà équipé nombre de fabriques qui nous fournissent ce que nous avons besoin en fait de coton et tissus de laine.Si, après le pacte, nous continuons à fabriquer, qu\u2019est-ce que Ang eterre nous expédiera en retour de nos grains, notre bois et nos produits dela laiterie ?Peu de chuse que je sache.Alors les Anglais seraient ruinés du coup, au moins pour ce qui nous concerne.Il est donc évident que si nous summes loyaux tel que l\u2019entendront certainement les Chamberlain dela-bas, hous fermerons nos fabriqueset cesse- rons d\u2019extraire du fer de nos mines.Je doute fort que même les ultrà loyaux d\u2019ici consentent à ce marché., Autre conséquence.Supposons que nous consentions à ce marchécomptant nous réfaire, sur les matières premières, les bois et les produits agricoles.Il est indubitable que les pays qui fournissent ces produits, sont des pays pauvres.Voici pourquoi.Quand une matière première est mise au jour, le travail le plus important qui lui donne de la valeur a été fait par la nature ; personne n\u2019est payé pour cela, l\u2019extraction, lu récoite se fait avec la main d'œuvre la moins dispendieuse.Au contraire celui qui façonne le produit brut est appelé ouvrier, travailleur habile, et il est renuméré eu conséquence.La matière brute en ses mains, double, triple de valeur, son salaire est proportionnel au résultat.Transformez ces deux genres de travail en ôr et vous verrez que dix jours de travail du Canadien par exemple équivaudront à peine à une journée de travail de l\u2019Anglais.Tout l'avantage sera pour l\u2019Angleterre, et de pauvres que nous sommes nous deviendrons gueux.Le marché est inacceptable et les colonists anglais s\u2019y refuseront.1 est vrai de dire aussi que cet argument peut se rétorquer d\u2019une façon curieuse.Notre pouvoir d\u2019acheter étant notablement diminué, il est certain que les Anglais auront chez nous un bien pauvre marché, d'où il adviendra nécessairement que les insulaires de là-bas ne pouvant échanger que peu de leurs produits seront ruinés comme nous.C\u2019est une mauvaise affaire pour eux comme pour nous.Il est également vrai que le commerce anglais est en banqueroute.Rien ne nous oblige à partager sa misère.Mieux vaudrait l'indépendance, mieux vaudrait l\u2019annexion aux Etats-Unis.JULES VERNIER.DEPECHES ANGLAISES Ces jours derniers, William Bluff, employé du télégraphe à Londres, se trouvait à l'appareil lorsque parvint du Transvaal la dépêche suivante : \u201c Nous avons eu un engagement avec les Boers.\u2018Trompés par les appareils d'optique, nous étant d\u2019ail- lenrs trouvés devant un commando que nous n\u2019attendions pas, avons été battus.Nousavons eu huit cents morts et un grand nombre de blessés.Douze canons pris.L\u2019ennemie avance.\u201d \u2014Fichtre ! monologua William.Voici qui est pour mécontenter le jingoïsme de mon chef de bureau.Or j'ai précisément un congé à lui demander.Atténuons Et William libella ainsi la vélégramme qu\u2019il alla porter à son chef : \u201cNous avons eu un engagement.Nous avions affaire à des forces écrasantes.Notre tentative d\u2019offensive a échoué.Nons avons perdu quatre cents hommes tués et un certain nombre de blessés.Huit canons pris.L\u2019ennemi a gardé ses positions.\u201d A la lectures de ces lignes, le chef s\u2019écria \u2014Que dira ma femme A qui 'annonce de tels désastres donne de si épouvantables crises de nerfs ?.Il ne faut pas qu\u2019elle voie une aussi terrible chose dans les journeaux.Cette rédaction fut aussitôt préparée pour être transmise au directeur du télégraphe : \u2018 L\u2019ennemie nous a traitreusement surpris.Nous étions un contre vingt.Aussi, malgré lu courageuse défense des officiers et soldats, nous avons perdu une centaine de tués, des blessés \u2014 et des prisonniers.Huit canons démontés.L'ennemi garde cependant une timide défensive.\u201d Le directeur du télégraphe qui a un fils dans un élégant régiment de Windsor pensa : \u2014Si la chose est connue, il pourrait être envoyé là- bas avec des renforts.C\u2019est beaucoup risquer pour avoir un avancement si facile à obtenir en dansant copie du \u2018quelques bostons.Alors ce texte fut dicté à un secrétaire pour être communiqué au War Office : \u201cNous avons été sauvagement assaillis Combat vif.Quelques morts, blessés et prisonniers.Six canons démontés.L\u2019ennemi a disparu, probablement en fuite.\u201d i Au War Office, les légumes étaient assemblés.\u2014C'\u2019est évidemment sans gravité.N\u2019empêche qu\u2019il ne faut livrer cette occasion de critique aux ennemis du commandement, insinua le général.Un financier ajouta: \u2014Ca tombera mal, le jour où je me proposais d\u2019augmenter le prix du charbon.Joe Chamberlain termina: \u2014Et moi qui demain voulais jouer à la hausse sur les mines d'or! .D'un commun accord, on libella ceci pour être affiché: \u201cNous avons attaqué l'ennemi.Il a reculé.Nos troupes ont été magnifiques de valeur.L\u2019excès de leur courage a fait tuer et blesser un nombre minime de soldats.L\u2019ennemi a subi des pertes énormes.\u2014 Laissez les six canons démontés, qui me seront un prétexte à demander de nouveaux crédits, dit un parlementaire.] \u201c Les journaux publiaient, vingt minutes après: \u2018Télégramme du Transyaal.Éclatante victoire !! Hurrah for England !!! : \u201cNous avons écrasé héroiquement les damnés Boers.Quelques blessés seulement \u2014 et sans gravité.En revanche, des centaines de cadavres ennemis jonckent le sol du champ-de bataille.Nous avan- cons.Hurrah ! hurrah!\u201d : Et le bon peuple de Londres inonda sa joie de pale-ale.x.REPRODUCTION LA ROSE DU YEMEN I Les tribus s'étaient réunis aux courses de chamelles.On avait dressé les camps sur un terrain onduleux pour laisser aux coureurs toute la plaine.Ceux-ci étaient des adolescents de tentes riches et dont les pères possédaient de riches troupaux, chacun devait disposer au moins de deux dromadaivres fins.Yasi, fils de Thor, n\u2019avait rien, pas même un chameau noir ; son père fabriquait des outres et affilait des pointes de lances.Mais Yasi, bien que pauvre, savaît dompter les coursiers mieux qu\u2019un fils de chef; il était habile dans l'improvisation des vers; et quand, drapé dans son manteau troué, il passait devant la source, les femmes, en le regardant, laissaient déborder leurs amphores.Pourtant, depuis des jours, son inspiration était tarie ; il ne se montrait plus autour de la fontaine.Couché dans le sable, ses vastes prunelles inmmobiles.il songenit avec humiliation qu\u2019il ne pourrait prendre part aux courses.Il songeait aussi avec langueur à la grande tente ouverte, dressée au milieu de la plaine, où, selon l\u2019usage, les jeunes filles rituellement enveloppées iraient s'asseoir.Au passage des chamelles, elles arracheraient leurs voiles, et les cavaliers emporteraient dans l'impétueuse galopade la vision éblouissante et fugace dès chevelures dénouées, des faces, des gorges et des bras nus.Et Yasi répandit du sable sur sa tête et maudit sa pauvreté.Sur le sol aveuglant de lumière, soudain un ombre se projeta.Le jeune homme leva les yeux et il vit Assam accroupi à côté de lui.C\u2019était un fils de riche et qu\u2019il n\u2019aimait pas.Tous deux restèrent silencieux, chacun évitant de parler le premier.Enfin Assam dit à Yasi : \u2014 Voilà, je dois courir ; mais la vitesse des bêtes me donne le vertige.Or, la fille de Hossaine, celle que l\u2019on appelle la rose du Yémen, ne veut m'agréer pour époux que si je suis le vainqueur de ia course.Il se tut de nouveau ; Y'asi, pour dissimuler le tremblemeut de ses mains, les enfouça dans le sable.L'autre reprit : -Si tu veux courir à ma place, et si tu arrives premier, je te donnerai et mon sabre, et mon manteau, et ma chamelle blanche.\u2014Je veux bien, dit Yasi.Mais il était devenu triste, car il pensait à la fille de Hossaine.I Au feu des mousquets, les chamelles partaient.Elles sautaient, bondissaient, puis allongeant l'écart de leurs jambes effilées, elles volaient comme des touffes de line fauve ; et, blondes comme des grains de sable, elles se confondaient à la blondeur du sol.Yasi, emmitouffé dans les habits d\u2019Assam, galopait en tête vers la tente ouverte.Les jeunes filles laissèrent tomber leurs voiles.La chamelle passa comme un éclair.Mais Yasi avait entrevu la nudité d\u2019une george, il avait distingué au vol trois points roses : une pande- loque de corail, et, de chaque côté, comme deux petits grains insurgés.Les dunes se meuvent devant ses yeux, elles s\u2019éloignèrent et s\u2019éfacèrent comme un corps qui fuit, elles reviennent et s\u2019enflent comme des formes amoureuses.Et parmi toutes ces blancheurs et tous ces remous.Yasi voit frissonner trois points de pourpre, trois perles de corail rose.Il a négligé sa bête ; il à oublié la course.Depuis longtemps les autres l\u2019ont dépassé.Il ne s\u2019en inquiète pas ; il s\u2019en rejouit presque ; il voudrait rétrograder, pour se jeter dans la poussière devant la tente ouverte.Enfin il arrive au but.Il n\u2019entend pas les quolibets des coureurs; il n\u2019écoute pas les imprécations d\u2019 Assam.Inditférent, il se laisse dépouiller du manteau, des armes et de la chamelle, trésors dont sa pauvreté avait rêvé tant de nuits.Subitement, il s\u2019élança sous le ciel de feu; sur la plaine sans ombre, il court.Il a perdu son briquet à silex, sa ceinture est dénouée, le voile glisse de sa tête ; mais il court.Devant la tente de Hossaine, il s'arrête, pantelant, saupoudré de sable., \u2014Je demande en märiage la fille Ouarda-al-Yamana, la rose du Yéman.\u2014Ouarda-al-Yamana ?.Est-ce que d\u2019avoir vu courir les compagnons de ton Age t'a rendu fou?Sont-ce les mirages du Nefhoud qui t'ont halluciné ?Ou, as-tu, jeune aimnoureux, humé l'ivresse dans les plantes odorantes des dunes?\u2014Que te faut-il pour me la donner?\u2014Ce qu'il faut?De la raison à toi; à moi des chamelles.\u2014J'\u2019en aurai.Et Yasi, le cœur bondissant de rage, sortit de la tente.Il trouva Ouarda au milieu des jeunes filles.\u2014O toi, qui fleuris comme la lande sous la rosée, je veux te parler, suis moi à la fontaine.Elle l'y suivit.\u2014Je t'ai vue.Je courais i la place d\u2019Assam.\u201cOui, je t'ai vue.\u201cJe passais sur ma chamelle comme un voyageur assoilfé au désert.Tu étais l\u2019arbre aux deux fruits succulents, ou l\u2019on boit la vie: : \u201cJe t'ai vue. \u2018Je passais sur ma chamelle conme un roi malade sur son trône.Tu étais la plante aux corolles de parfum qui enchantent l\u2019insomnie.\u201cJe t'ai vue.; \u2018Je passais sur_ma chamelle comme le batelier dans sa pirogue.Tu étais la branche de corail transparente sous l\u2019eau.A ses deux pointes roses mon cœur s'est, échoué.0 \u2018Ton père a raillé ma pauvreté: je scrai riche.Je ars; je reviendrai quand j'aurai des chamelles pour ui et des anneaux pour toi.m'\u2019attendras-tu?\u2014Je t'attendrai.\u2014Fleur de mon aube, dunne-moi à boire dans le creux carminé de ta main.; Elle se pencha vers la fontaine et lui tendit sa main.Il but une gorgée, puis il dit: \u2014A toi, maintenant, bois ce qui reste.Elle porta sa main à ses lèvres; mais une goutte s'échappa à travers ses doigts et roula lentement dans l\u2019échancrure de sa robe.H la regarda couler; et, tout vibrant d'amour, il supplia : ; \u2014Je t'en prie, je t'en prie, montre-moi la petite rle de corail suspendue à ce fil et qui se perd dans la beauté de ton corps.Elle retira sa pendeloque; il la prit entre ses lèvres, et il crut y trouver le goût de sa chair.Alors, troublé jusqu'au fond de lui-même, épouvanté de son amour, il s'enfuit.III Un soir de pleine lune que les sables scintillaient sous la rosée, \u2014des années s'étaient écoulées depuis le départ de Yasi,\u2014un seigneur nomade, suivi d\u2019une caravane, arriva au camp.Cet homme, aux vastes prunelles, dont les joues creusées et le front balafré attestaient une vie d'aventures, était drapé dans des vêtements larnés d'or; et les parfums dont s\u2019embaument les jeunes mariés s\u2019échappaient de sa personne comme d\u2019une cassolette.D\u2019un pas guerrier, il pénétra dans la tente du chef.\u2014Reconnais-tu, \u2014 dit-il à Hossaine, \u2014 reconnais-tu Yasi, fils de Thor, dont naguère tu as ruillé la pauvreté et l\u2019aimour?Il marcha vers l\u2019entrée, souleva brusquement le rideau, qui était tombé derrière lui, et d\u2019un large geste hautain, montrant la caravane: \u2014Regarde au dehors! dit-il.Vois mes chamelles et mes juments, et mes bêtes de somme qui plient sous le butin! \u2014 Où est ta fille?-Elle est morte.Le rideau glissa des mains de Yasi, qui s\u2019affola contre le mat de la toiture.Et le heurt fut si rude que toute le tente en trembla.Enfin, ramenant autour de lui son manteau: \u2014Viens me montrer s: tombe.Les deux hommes sortirent, ils marchèrent l\u2019un derrière l\u2019autre, silencieux.Ils passèrent entre les rangées de chameaux accroupis et qui beuglaient à leurs déchargeurs.Hossaine, le cœur enfiellé, regrettait ces richesses.Yasi, à chaque bête, se rappelait un danger devenu inutile, chaque présent évoquait en lui la mort d\u2019un espoir.Et de grosses larmes roulèrent une à une sur ses robes de fêtes.Ils accédèrent à un petit tertre de sable, s\u2019érigeait une stèle.\u2014Voici la tombe d\u2019Ouarda, dit Hossaine._ Puis il s\u2019en alla.Yasi's\u2019étendit sur la stèle, il pleurait.«11 caressait la pierre, il baisait la poussière; au tom- eau il gémit sa longue et vaine ardeur.Et vers les solitudes argentées, e souffle de la nuit emportait les plaintes de l'amant.Subitement, il se redressa et il vit derrière lui une jeune fille qui tirait le pan de son mantean.\u20140O toi qui aimes et qui pleures, tu pleures une tombe vide ! \u2014 Je ne puis dormir dans la tente, tes sanglots déchirent mon sommeil.\u2014 La fille de mon re n\u2019est pas morte.On lui a dit que tu avais péri ns la bataille.On l\u2019a mariée avec Assam.Ils sont Partis, car Assam te craignait; et mon ère, redou- .tant ton retour, fit dresser ce similacre de sépulture pour satisfaire à ta douleur.Ouarda demeure parmi tribu des Harb, dans les montagnes du Hedjaz.Le Bédouin bondil vers sa plus rapide chamelle, et sans méme éveiller ses hommes, il partit.Et déjà loin, il cria à la jeune fille: \u2014Que Dieu te rende en joies ce qu\u2019il m\u2019a prodigué en souffrances.Il chevaucha dix jours et dix nuits, sous l\u2019accable- munt du soleil, sous le souffle sinistre des vents.Il traversa des océans de feu, il franchit ces falaises de basalte.Il haletait de fièvre, ses dents claquaient, ses lèvres se desséchaient; ses blessures anciennes se rou- vrivent.Enfin il atteignit la tribu des Harb, campée sur les grèves du Grand-Désert.Il entra dans la tente d\u2019Assam.Une femme y filait du testi.Elle était seule.C\u2019était Ouarda.\u2014Je t'en prie, donne-moi à boire, lui dit-il.Elle se leva et lui apporta du lait de chamelle.Il but une gorgée, et lui rendant le vase : \u2014A toi, maintenant, bois ce qui reste, Et il la regarda, Alors ellcie reconnut.Elle se précipita vers lui, un homme ivre.\u2014Je me meurs, dit-il.sur lequel le sépulcre, et, ses bras étreignant mais il chancela comme CROQUIS D'ACTUALITÉ LE BUT SACRE DU JOURNALISTE.= OS - emo Wi, © EN RA FRANÇAIS Ores 75077?PROFESSIONNELS La plume marche comme on la mène.(Inspiré d\u2019un compte rendu de Za Presse \u2014 Voir NOTES D\u2019ART.) Elle lui prépara une couche, il s\u2019y étendit.Elle s\u2019assit à côté.Il avait perdu connaissance et pleurait comme devant la tombe vide.Enfin il se calma; il ouvrit les yeux et voyant Ouarda près de lui, il se rappela leur jour heureux, et il rit comme un enfant.\u2014Te souviens-tu, lorsque tu m\u2019as donné à boire dans 13 creux de ta petite main ?Et il fit semblant d\u2019y boire jusqu\u2019à la dernière goutte.\u2014Dis, as-tu toujours la pendeloque de corail rose qui se perdait dans la beauté de ton corps ?Elle a lui montra ; il la porta à ses lèvres.Et doucement, avec ses doigts, il appuya sur l\u2019étoffe qui se tendait sur la gorge gonflée : \u2014Ma rose du Yémen.ma petite rose des collines blondes.murmura-t-il.Et sa tête retomba sur la poitrine d\u2019Ouarda.\u2026.Il était mort.MYRIAM HARRY.\u2014\u2014\u2014#-6emmmmmmenmennnne FAITS-DIVERS \u2014\u2014LeBeuf, l'échevin, s'arroge des droits que la charte de la ville de Montréal refuse même à son premier magistrat, le maire.Pour satisfaire ses petites rancunes, il fait arrêter sur la rue des Canadiens paisibles sous des prétextes futiles, tandis qu'à vingt pas plus loin des Anglais ivres et dégoutants de l'écume des invectives lancées à l'adresse des Canadiens, invitent le peuple à la discorde.Pour donner une bonne idée du caractère de l'individu, nous reproduisons ici, textuellement, un dialogue entre lui et M.Marchand, un ancien reporter du département de la police, à La Patrie.LEBEUF\u2014(Entrant au bureau des détectives)\u2014 : Je suis fatigué horriblement.Je me suis couché à quatre heures ce matin.Ces troubles parmi les étudiants me causent beaucoup d'ennuis.Il m'a fallu avant d'aller me coucher, écrire deux lettres aux journaux canadiens pour expliquer les faits tels qu\u2019ils se sont passés hier.Ces journalistes écœusants, depuis le premier jusqu\u2019au dernier, me fatiguent plus que tout autre chose.Puis, se tournant vers M.Marchand, il lui dit à brûle pourpoint : Marchand vous êtes un grossier et un polisson; Je reconnais dans les journaux votre griffe et celle de votre rédacteur.(Les insultes que LeBeuf adresse à ce journaliste sont trop malpropres pour être publiées ici.) , M.MARCHAND : Vous vous trompez, monsieur LeBeuf ; Je ne mérite certainement pas ces reproches, je suis plus poli que vous, car je ne vous insulte pas.LeBEUF : Silence! Si vous ne vous taisez à I'instant je vais vous faire chasser d'ici.MARCHAND : Je croyais que tout citoyen pouvait s'exprimer librement à l'Hôtel de Ville qui a été construit pour abriter tous les citoyens.LEBEUF : Vous étes un polisson! Vous allez étre chatié pour ce que vous venez de dire.Vous allez coucher ns encore une fois.J'aurais dû vous envoyer en prison.Nous verrons qui de nous deux era, ou votre Patrie ou moi.Sortez d'ici.gagn LeBeuf fit signe de la main à un détective qui s'empressa d\u2019éconduire 5.Marchand.Après ces faits il nous est permis de nous demander si nous vivons à Montréal au XXe siècle ou si l'empereur de la Chine a pris possession de l'Hôtel-de-Ville.Un fait certain c'est que les journaux donnent trop de crédit aux détectives et aux constables pour les arrestations insignifiantes qu\u2019ils opèrent.I en résulte que ces individus perdent la tête.Bien plus, ils ont la mémoire courte et oublient vite les services rendus.Quelques-uns d\u2019entre eux sont trop ignorants pour être même constables et an lieu de les aduler on devrait les exposer.\u2014La nouvelle loi des licences, telle que projetée par les débitants de liqueurs, sera amendée par un comité de citoyens qui représentent nos sociètés de tempérance les lus influentes de la province.Parmi les plus Importants fe ces amendements il yen a un qui permet a la femme d\u2019un ivrogne de poursuivre en dommage un hôtelier qui persistera à fournir de la boisson à son mari, lorsque ce dernier aura été convaincu d'ivrognerie et lorsque la femme aura notifié par écrit le propriétaire de ne plus fournir de la liqueur à son mari.n autre amendement permet à une famille de poursuivre en dommage un hôte- ier pour avoir fourni de la boisson à un mineur.Le Refuge Français organise, pour mercredi, une repre- sentation de la comédie PATTES DE MOUCHES, de Victorien Sardou, qui sera donné à l\u2019Académie de Musique, au bénéfice de l'Union Nationale Française.Les Canadiens devront profiter de cette circonstance pour aller applaudir à la Marseillaise.Cette soirée sera sous le patronage de M.le consul général de France au Canada.\u2014Les vicillards de Montréal disent que la présence de rats et de chats morts, gelés, dans nos rues, cet.hiver, est d'un mauvais augure.C'est un si 1e, disent-ils, qu'il y aura cet été quelque peste ou épidémie qui ravagera notre population.Les prophéties sont à l'ordre du jour.\u2014On estime qu'il s'est manufacturé clandestinement dans la province de Québec, cette année 2,000 barils de liqueurs enivrantes.On dit que dans la ville de Montréal même il s'en est manufacturé pas moins de 800 barils.Est-ce vrai ?\u2014Les différentes sociétés ouvrières de Montréal parlent d'avoir une grande convention dans le cours de l'êté afin de discuter les moyens de se fusionner et de présenter aux prochaines élections des candidats choisis parmi eux.La majorité des opinions est que le parti ouvrier forme les deux partis et que si l'entente règne une fois, les résultats \u20188e feront sentir en peu de temps.TEMPS PRORABLE .Foronto, 4\u2014 Moins froid.De la neige.On craint de la pluie.\u2014 0 nmemmnsenemennennnmn SUS A L'ENNEM I.\u2014Le rhume, la toux, c'eat incommode et ça fait soutfrir.Tuez-le dés le principe avecle BAUME RHUMAL.OCCASION UNIQUE : A céder pour cause de dé- art, le restaurant connu de tous, situé à l\u2019angle de a Côte Saint-Lambert et Craig.Conditions extra- ordinaires.S'adresser au locataire. CROQUIS D'ACTUALITÉ Ses pieds enflent JOFN BULL\u2014J\u2019avance, c'est incontestable, mais, hon Dieu ?que c'est fatiguant de marcher sur le bien d'autrui! LA GUERRE (Service de ls PRESSE ASSOCIÉE.) Pas de Nouvciles Londres, + Mars.Il est évident qu\u2019une censure extraordinaire ferme la bouche des préposés au dépouillement des dépêches venant de l\u2019Afrique Australe.À la dernière beure, cette nuit, le Bureau de la guerre n\u2019avait pas ajouté un mot aux insignifiances publiées par les journeaux d\u2019hier et le seui bulletin affiché a été celui annonçant qu'aucun renseignement sérieux ne sera donné avant que Roberts n\u2019ait frappé le coup decisif.Ces informations nous laissent croire que nous n\u2019apprendrons rien de la marche de Roberts et de ses généraux.Mafeking n'es\u2019 pas degagee Londres, 4\u2014Une dépéche de Bruxelles dit que le docteur Leyds -autorise les journalistes à nier qu'il ait reçu la nouvelle de la delivrance de Mafeking.Les Prisonniers Bsoers CAPE Town 4\u2014Le chemin de fer a été reconstruit de Kimberley a Riverton.Le total des prisonniers boers pris A Qaardeberg s\u2019éléve à 4,660.Environ 3000 d\u2019entre eux sont en route, et les wagons de chemin de fer y sont tous employés, Kruger rencontre Steyn Londres, 4.\u2014Le président Kruger est parti de Pretoria et doit rencontrer le président Steyn, de l'Etat Libre d'Orange.Le lieu de leur rencontre n\u2019est pas connu, mais doit être dans l\u2019Etat Libre.Ceux qui sont plus au courant des derniers événements, prétendront qu'ils doivent se concerter sur les négociations pour la paix, et que cette résolution a été prise parce qu\u2019ils y sont poussés par beaucoup de Boers, et non pas parce qu ils craignent des revers accablants ; au contraire les deux présidents croient plus que jamais à la victoire.Amcricains ct Boers Paris, 4.\u2014Il est rumeur dans les cercles diplomatiques ue le congrès de Wachington va adopter une résolution e sympathie pour les Boers.Lord Salisbury ct les Etats-Unis Londres, 4.\u2014Lord Salisbury a déclaré qu\u2019une alliauce ntre L'Angleterre et les Etats-Unis est impossible.f | \u2014N, d.l.£.Cette déclaration après les manifestations -de Paris et les menaces du Congrès est assez cocace, Buller remercie In Kcine Londres, 4\u2014La Reine a reçu In dépêche suivante du général Buller.\u201cLes troupes ont été touchersdes félicitations de Votre Majesté, qui les encouragent et les animent \u201d.L'Ecosse fait de Ll'ocil aux Etats-Unis Edimbourg, 4.\u2014 Les autorités de l\u2019Université d'Edimbourg ont conféré le titre de docteur en droit à l'ambassadeur américain, M.Chotaes.Les Americains a Porto-Rico \u201c\u201cSan-Juan de Porto-Rico, 4.\u2014Les Américains n\u2019ont pas fini avec Porto-Rico.Les Porto-Ricains sont découragés de l\u2019échec que le Congrès à subi en essayant de leur donner un gouvernement.Lors du bal donné, par les officiers de l'armée et de la marine, Ia veille de l'anniversaire de la naissance de Washington, tous les citoyens notables et l'éditeur du Æl Diario ont refusé l'invitation, disant qu'ils ne pouvaient se réjouir avcc les américains tant que leur pays serait considéré commo \u2018\u201c\u2018une spéculation.es Journaux déclarent que le peuple est dans un état pire que ors des jours les plus noirs du régime espagnol.Desastre ROOHESTER, N.Y.4.\u2014Une terrible explosion est arrivée au, Rand Powder Mills\u201d d'Oak Bridge, à environ six miles al est de Pittsford vers cing heures hier, causant une destruction totale de la batisse et du matériel.Fred Buholtz est blessé, ses blessures seront peut-être mortelles.Charles Bartlect un autre employé a réussi à se rendre a Pittsford, malgré la tempête, et est parti avec du secours vers huit heures ce matin.Les dentistes grincent des dents New-York, 4\u2014L\u2019'ambassadeur Choates attirera l'attention du ministére des affaires étrangéres anglaise sur les médisances que répandent les journaux londonniens sur la réputation des dentistes américains établis à Londres, dans le but ardent de leur faire impossible la pratique de eur art.Les dentistes américains, établis À Londres, disent que depuis 1893, le gouvernement anglais refuse d'accorder à ces praticiens les certificats les autorisant à arracher ou curer les dents d\u2019autrui dans la brumeuse capitale.\u201cCUBA S'AGITE cc Mobile, Mich.4.\u2014Le correspondant cubain du Mobile Register's Havana ouvre cette dépêche en date du 24 février : \u201c\u201c J\u2019apprend que les iles preparent un soulèvement qui ne tardera pas à éclater.Les indigens s\u2019approvisionnent d'armes à feu et de mochétes] Plusieurs manufactures d'armes ont épnisé leurs magasins.Munille, 4.\u2014On reçoit de diverses sources, des nouvelles confirmant la rumeur que les insurgés se soulèvent de nouveau, à la\u201dfaveur {de la saison pluvieuse qui recommence.Remise aulPresident Loubet du dollars7Lafayette Paris 4 mars.\u2014On a remis hier au Président Loubet du dollars souvenir à l'effigie de Lafayette.Cette présentation à donué lieu à d'ardentes manifestations d\u2019amitié entre les deux républivues.- La grippe a Paris Paris, 4.\u2014L'influenza fait rave à Paris.Parmi les malades on cite, le Président Loubet, de Gnllifet et le cardinal Richard.SPORTS LA CoUPE STANLEY-\u2014Demin soir à l\u2019Arena, sera jouée la première joute de hockey de la série entre le club Crescent de Halifax et le Shamrock.Le nouvel aspirant à la possession du fameux trophée n\u2019a pas la réputation qu'\u2019avait le Victoria de Winnipeg qui est venu le mois dernier, et à cause de cela, la somme d'intérêt suscitée par les prochaines parties est loin d'être aussi considérable que lors des luttes du mois de février.Cependaut, si l'on considère le travail accompli par les champions des provinces maritimes, depuis le commencement de la saison, ceux-ci ont droit d'être regardés comme desadversaires redoutables.Sur onze parties jouées contre les autres clubs de leur district, ils n'en ont pas perdu une seule, et ont gagné chaque fois par des scores écrasants.L'un de leurs adversaires, Je club Oriole de Moncton N.B.a été défait par 13 points contre 2.A moins que ces clubs soient d'une fai- lesse extraordinaire, il y a lieu de tout redouter de la part du club de Halifax.Les Shamrocks seront prêts à toute éventualité.BILLARD.\u2014Le Cercle Saint-Denis a subi une défaite à Ottawa, hier soir.Score : Ottawa, 758.Club St-OUenis, 659.Majorité pour Ottawa, 99._ LES OTTAWA ONT FAIT DÉFAUT.\u2014Comme la chose avait été annoncée, le club d'Ottawa n\u2019est pas venu remplir son engagement, hier soir.Le Shamrock se trouve donc vainqueur .par défaut.Notre vaillant club irlandais n\u2019a plus qu'à battre encore une fois le Québec\u2014et il n'y a rien a craindre dece côté afin d\u2019être déclaré de nouvenu champion de la ligue.Les Shamrocks n\u2019ont pas perdu une seule partie des séries.C'est un record qui doit les rendre fiers.: LES SPORTS DE L'ÉTÉ.\u2014Une activité inusitée règne chez tous les clubs de crosse et de baseball.Cet état de chose à une date si rapprochée fait bien augurer de la prochaine saison.Le National s\u2019occupe déjà de la formation de son équipe.Celle-ci sera non moins forte que les années précédentes.En dépit de l'indignation qui fut créée, à la fin de la saison lorsque notre club canadien-français succomba au Shamrock dans la grande joute finale, les directeurs de notre association ne semblent pas avoir perdu confiance dans les joueurs, car tout indique que la plupart seront à leur poste, au début de la saison.Il y aura même encore trois ou quatre Irlandais, entre autres Kavanagh et Brown.La nomination de Foley au poste de capitaine semble rencontrer l'approbation générale.Silexpérience comme joueur compte pour quelque chose, Folep devrait faire un bon capitaine, .e club deLorimier ne reste pas en arrière, Il fait, lui aussi, ses préparatifs On peut être assuré de voir, ce jeune club figurer avec avantage dans une ligue, l'été prochain.Le club Mascotte s'occupe actuellement de sa réorganisation, ainsi que de la formation de la ligue de la Province de Québec.Lo.L'assemblée annuelle de cette organisation est convoquée pour samedi prochain.La composition de la ligue sera à peu près la même que l'an dernier avec le club Mascotte, Valleyfield, St-Hyacinthe, Richelieu de Sorel et St- Jean.On dit que le club Hochelaga ne sera pas admis, cette année, les clubs du dehors refusant de venir deux fois à Montréal.; .Le projet de formation d'une ligne intermédiaire lancé ar le club Indépendant semble devoir réussir.Lc club Bochelaga, danse cas où on lui refuserait sa place de l'an dernier au rang des grands clubs, a sa place marquée d'avance chez les intermédiaires, JOS.MARIER, - ON S\u2019APAISE Les manifestants ont été calmes hier soir et la nuit dernière.Les officiers commandant les troupes Montréalaises ont mis sur pied quelques régiments qui ont parader avec tambour et'clairons.Les étudiants de Laval se sont - retranchés dans leur Université dans l'attente d\u2019une attaque qu'on disuit devoir se répéter lier soir.La population surexcitée a empli les rues toute la soirée sans manifestation.Des groupes sont allés chanter La Marseillaise autour du Monument Chénier et se sont ensuite dispersés.Espérons que les hurleurs anglais en ont assez de l\u2019eau froide dont on arrose les bouledogues enragés.PLANCON AU MONUMENT Au concert d'hier soir, i] y avait peu de spectateurs mair ils étaient enthousiastes.La sonate de Grieg (op.8} pour violon et piano a été suffisamment rendue, quoique tronquée d\u2019un numéro.Melle Marier a dit avec beaucoup de sens, la romance J! neige de Bemberg, puisle Puys bleu de Chaminade.Nous aurions aimé un peu plus de fermeté d\u2019articulation, chez Melle Marier, étant donné la défectuosité de l'accoustique de la salle.M.Dubois a superbement rendu le Kol Niderei de Max Bruch sur son violoncelle: superbement,sans nous emballer.M.Alfred Desève a joué juste, comme toujours, et il a 1nis de l'expression poussée jusqu\u2019à l\u2019acrobatie, ce qui nuit parfois à l'exactitude ; avouons aussi que son accompagnateur n\u2019était pas brillant.M.Pol Plançon nous a dit plusieurs chansons, il a eu de véritables ovations.C'est un diseur de romances au sens artistique du mot; et nous croyons que c\u2019est dans la variance qu'il est vraiment chez lui.Nous nous souvenons des quelques désillusions qu'il nous causa, alors que nous l'avons entendu à la scène.C\u2019est avant tout un chanteur de concert de premier ordre.Le concert d'hier soir a été un régal artis- ique.G.C.1.4 falsification Un professeur de l'Université Laval a déclaré cette semaine que la falsification des comestibles est responsable de la grande partie des maladies épidémiques.De nos jours, dit le distingué médecin, on vise plutôt à la beauté, à la blancheur et à la légèreté du pain, elc., regardant avec mépris la grossière apparence, la noirceur et la pesanteur du principal produit de la cuisinière.Qui a jamais entendu parler de la pesanteur de la viande, du fromage ou du beurre ?Et dans les parties du monde, tel qu'en Westphalie, par exemple, où les riches et le peuple mangent du pain noir n'est-il pas vrai qu\u2019il y à moins de maladies qu\u2019à Montréal ?Si ceux qui pensent le contraire ne sont pas convaincus, qu\u2019ils nous donnent une explication de l\u2019existence parmi nous de médecins, de pharmaciens, de dispensaires, hôpitaux, docteurs sauvages, guérisseur à la \u201c\u2018 secrède,\u201d à la plume, à l\u2019attouchement, à la prière de sainte Appoline, remèdes patentés, les commères à l\u2019emplâtre et à la savoyanne et aux centaines de détaiïlleurs de stimu- lants?.et que sais-je ?LES MOUCHARDS La ville de Montréal est infestée d\u2019nne plaie cent fois pire que toutes celles qui ont frappé l'Egypte.C\u2019est celle des \u2018\u2018 détectives privés \u201d oumouchards.Une foule de jeunes gens pensent avoir atteint la période de la renomunée quand ils peuvent au milieudelaconversa- tion, sortir de leur poche, ou de leur porte-feuille, une belle grande carte portant leur nom tout au long avec ces mots en lettres saillantes : \u2018\u2018 American detectives Association ; *\u201d \u2018\u2018 Mexican detectives Association,\u201d ete.Pour le bénéfice de ces jeunes inexpérimentés, nous leur donnerons gratuitement l'information qu\u2019il existe une foule de soi-disant bureaux de sureté américains et canadiens qui nomment des agents par centaines, à raison de $5.00 par certificats.Inutile de dire que ce prétendu certificat ne vaut pas le papier portant les noms de présidents, secrétaires, etc.Ainsi on ne sait pas à qui on à affaire de nos jou:s.Roulonsnous la langue cinquante fuis avant de parler- Surtout dans les temps de guerre.UNE MONTE Dans un club \u201cfashionable\u201d de Montréal, la semaine dernière, une vingtaine de jeune gens, après un diner somptueux, ont fait danser trois petites fillettes de 12 ans, dans un costume des plus primitifs.Les petites ont paraît-il, été dressées par leur mère qui tient un établissement de rafraichissements dans une rue latérale avoisinant la rue Saint-Laurent.La gérante de ce trio intéressant distribue des cartes d\u2019affaires annonçant que les danseuses égyptiennes, Alva, Cleo et Mana, sont à la disposition des organisateurs de banquets de gens mariés seulement.PAQOT et MENTIOR_+\u2014 Sont les meille urs agents interm éd iaires pour les prodults belges, francais ot allemands.Î Importations de vins, conserves, champagnes etc.\u2014 RUE SAINT-FEAN \u2014 \u2014 \u2014 A Re LES AFFAIRES La huitaine a été dans l'ensemble suffisamment calme.| À la Bourse, les valeurs minières ont en un peu d'activité et, à la clôture, hier, ont pris un peu de mieux.Li tièvre dépressionnante diminue d intensité.En valeurs de banque, comme en valeurs industrielles et de gouvernement, du Canada et des provinces, la situation est stable, et, en rénlité, il n'y a que ceux qui ne peuvent soutenir leurs marges qui offrent à vendre en fractionnant en moins, Nous marquons le Pacifique Canadien à 958, le Tramway de Montréal à 306, malgré ses dépenses énormes, occasionnées par la dernière tempête de neige, pour déblayer ses Ta Cie de Richelieu et Ontario, fait 1094 c'est un peu exagéré ; au reste personne en dehors d'un cercle restreint comparativement, ne s\u2019en préoceupe, Le télégraphe de Montréal à formé à 173; le téléphone Bell à 190.On n'entend pas beaucoup parler du Téléphone des Marchands.Le gaz & 183, la Foyale Electrique à 192; le Coton de Montréal à 160.Le War Eagle qui a fait tant de bruit depuis quelque temps est offert à 1,384 ; les acheteurs en offrent 1.84.Lo Le reste de la liste Woflre rien qui puisse intéresser, Le valeurs de coton sur tous les marchés, en Canada comme à l'étranger éprouvent une bansse graduelle.Déjà depuis quelques semaines il à fallu ajouter au moins dix pour cent d'avance aux cotes précédentes.Le commerce de la nouveauté générale passe par une période difficile.Le malheur a voulu que la plupart de nos détaillants aient Chargé leurs rayons outre mesure.Demain, lundi, les expositions de modes vont être ouvertes \u2014 \u2018\u201cen grand \u201d, pour nous servir d'une expression populaire.Chez nos grandes maisons d'importations, nous avons eu ce plaisir de constater que, cette année, encore plus que par le passé, les maisons sérieuses se sont appliquées À fournir à la toilette de nos bonnes canadiennes, du beau et du bon en même temps.Les relations de plus en plus fréquentes de nos importa- : teurs avec le marché parisien ont eu ce résultat consolant, a savoir : que les ornements criards qui pourraient, faire les delices des sauvagesses du Nord-Ouest ne sont plus admis parmi nos diumes de l'Est du Canada.On se coifle mieux, ' on se revêt mieux et plus simplement ; et ça ne coûte pas ; plus cher au budget du papa ou du mari.Le commerce des métaux a été tranquille toute lit semaine.le fait Gue les grands fournisseurs aux États-Unis, qui avaient formé un syndicat puissant dont le pivot est le cé- Néanmoins il est bon de signaler aux détaillants .lèbre Carnegie de Pittsburg, sont en frais de se chicaner et.que la résultante de leur imbroglio sera un rabais inévitable sur les prix de toutes les lignes de quincaillerie.Donc, les détaillants devront être prudents et éviter de donner leurs commandes prochaines de l'article américain, aux prix des anciennes listes.Pour les peintres il y n à noter un prix très dur sur les couleurs de plomb, et un avance de 2c sur les huiles à couleurs ; lin cru et lin bouilli.Pour les marchands de comestibles et de salaisons une hausse de 24 sur les saindoux.Pour les marchands de fruits, des prix plus faciles d'environ 20070 sur les oranges et les citrons.Paiements au comptant.Pour les épiciers une baisse de 5c sur la liste des sucres.Pour les marchands de poissons, des prix trés durs et une absence de hareng en baril sur le marché.Les consommateurs ne devront pas s'étonner si leurs fournisseurs demandent 30c la livre, pour le bon heurre, et | 18c la livre pour le bon fromage durant la semaine qui vient.La demande des marchés de la Grande Bretagne est bonne, on y est disposé à payer bon prix; à Liverpool Je produit canadien a pris une place prééminente, et il n'y a pas de raison pour que le producteur de fromage et de beurre du Canada fasse des concessions.Sur le comptoir de l\u2019épicier, le bon beurre ordinaire vaut véritablement 27c la livre au minimum.Le commerce des œufs est un peu moins favorisé par les circonstances.Les prix sont en baisse graduellement, à la moyenne de 4c par douzaine chaque semaine jusqu'à mai prochain.Les grains sont à peu près stables en général.L'avoine cependant, est en frais de gagner une fracture de dc.La cote des farines était soutenue hier.Il est bon cep endant de dire que les grands détenteurs se pré parent À refuser des concessions désormais et à soutenir au moins les prix du jour sur les farines à boulanger.ne dépêche reçue à la derniére heure annonce que les cotons bruts sont violemment à la hausse sur tous les marchés de distribution.Quelques opinions.Lau guerre actuelle constitue une tentative si odieuse du I plus fort pour écraser le plus faible, brutalement, cyniquement, sans l'onbre d\u2019un prétexte, qu'il faudrait n'avoir aucun sentiment de justice au fond du coeur pour ne pas se féliciter du tour qu'on pris les choses, ; C.PELLETAN, Kelair, 13 décembre.Il n\u2019y a pas un habitant du globe\u2014à moins qu'il n'ait, conne l'empereur allemand, vu dans l'agression anglaise une occasion de gagner beaucoup d'argent en se faisant payer su neutralité\u2014qui ne fasse soit tout haut, soit tout bas, des vœux pour le triomphe de cette poignée de braves qui s'apprêtent allègrement à lutter un contre dix et qui, à cette heure soldats de la liberté, deviendront, s\u2019il le faut, soldats du désespoir.H.ROCHEFORT, Intransigeant, 28 novembre.On peut considérer Cecil Rhodes comme la bête malfaisante qui a déchaîné la guerre, et Chamberlain n'est peut- être que le pantin dont il tirait les fils.HARDIN, Matin, 20 décembre.La politique suivie par M.Chamberlain à l\u2019égard du Transvaal laisse 4 désirer: elle n\u2019a pas la netteté qui convient & un gouvernement libéral, le point de départ du conflit étant obscur.Revue Britannique, décembre.Restaurant ARTHUR.1727, rue Sainte-Catherine, près Saint-Denis T\u2019endroit chic pour prendre l'apéritif et le pousse-café, liqueurs el cigare- d'importation.JT Chnque soir, jusqu'à minuit, musique orchestrale par des artistes de renom AVIS public est par les présentes donné qu'un projet de loi sera présenté à la prochaine session du Parlement du Canada, à l'effet d'incorporer une congrégation religrieuse.La dite corporation devant être appelée * LA CONGRÉGATION DU TRES SAINT RÉDEMPTEUR.\u201d Les personnzs devant être incorporées sont : Le révérend Alphonse Lemieux, le révérend Edouard t Strubb, le révérend Louis Savard, le révérend Edmond Flynn, etle révérend Pierre Vermeiron et tous autres qui, plus tard, deviendront membre de la corporation, soumis aux règlements de lu dite corporation.La dite corporation ayant pouvoir de succession perpétuelle, Un sceau commun pouvant être changé à volonté ; la dite corporation ayant aussi le pouvoir de comparaître devant les cours de justice ; la dite corporation ayant aussi le pouvoir d'acquérir, de posséder, accepter ot acquérir par tout titre légal les propriétés mobilières et immobilières, et de vendre, aliéner, hypothéquer, assigner, louer ou échanger, ou disposer de toute autre façon de ses biens mobiliers ou immobiliers, pour le plus grand bien de Ia Congrégation.Le siège social de la dite corporation, sera dans la ville et district de Montréal.Les objectifs de la corporation seront les suivants : 1.Le maintien de la piété publique.2.L'instruction religieuse du peuple et spécialement celle des pauvres et des abandonnés, principalement en organisant des missions dans les villes, les cités, les villages et les paroisses.3.Prendre soin temporairement des petites Congrégations qui ne peuvent subvenir aux besoins d\u2019un prêtre.4.Donner l'éducation morale principalement aux pauvres et aux enfants orphelins.5.Aider les missions dans la limite de leurs devoirs.6.Le maintien des cimetières publics attenants aux édifices affectés à la pieté publique, et In construction et l'entretien des édifices sous leur gar e, pour les besoins relatifs au public.7.Donner aide et assistance à l'immigration.8.Et toute œuvre dépendante des présentes, et toute autre œuvre reliée de quelque façon aux œuvres ci-haut mentionnées.QUINN, MORRISSON et LYNCH, Avocats des requérants.Montréal, 25 janvier 1900.Le Purificateur Tonique du Sang __.Le Docteur Sylvestre, 1240 rue Saint-Denis dit : J\u2019ai prescrit dans ma pratique privée, le Purificateur Tonique du Sang du Doct.Lussier.J\u2019ai constaté ses heureux effets dans plusieurs cas graves.Je le recommande fortement.(Signé) Docreur SYLVESTRE.Le Docteur Hébert, Saint-Antoine Abbé dit : Je prescris le Purificateur Tonique du San J\u2019ai toujours obtenu des résultats très satisfais veilleuses.Je le recommande hautement.g du Doct.Lussier dans ma pratique privée.ants et même dans certains cas des cures mer- (Signé) Docreur HEBERT.COMPAGNIE CHIMIQUE DU CANADA, PROPRIÉTAIRE, IS, rue Saint-Jean.PETITES ANNONCES : Deux lignes .25 sous, AVIOLT, \u2014 Le dimanche, R chez Roncari ,45rue Saint- Laurent, un régal à l'italionne, noch, ravioli, spaghetti, civet de chevreuil, salmis de lièvre, fromage, café.fruits.25 sous.Menti nnez LES DE£BATR cl vous serez bien sorvis, AHRCHANDS, \u2014 Les marchands de journaux qui n'ont pas encore ro u la visito de nos agente sont priés de nous envoyer leur commande par teléphone.A PPARTEMEN'T : chautFé et libre pour deux messieurs.Ecrivez Boite de l\u2019oste 2300, K L'ARGENT : Des agents.intelligonts et dégourdis.trouveront de quoi s'exercer en s'adressant aux \u2018* Débats.\u201d QARAH : Tu es vraiment © ravissante sur les photo- praphies de MM.Laprès ef.Lavergne, j'en commendrai pour en envoyer à mon Paul afin qu'il ne m'oublie pas trop.SUZEerrs, REBIS :\u2014Voudrais revoir ma petite amie chérie.Je l'aime toujours autant, LES DIMANCHES Iles Petits Vendeurs Pourront se fatre de jolis bénéfices en vendant \u201c Les Débats\u201d S\u2019adresser depuis 6 heures, le matiu, an numéro 71, rue Saint-Louis.H REYNAUD 1528, rue Sainte-Catherine, ILE RENDEZYQUS DES GAIS LURONS Spéc'alité de la maison : le meilleur vin canadien en ville.Un verre d\u2019une chopine pour 5 sous, 40 sous le gallon.ZF Liqueurs de choir ; cigares importés et domestiques, \u2014: CLINIQUE NATIONALE \u2014 Maladies des Yeux, des Oreilles, du Nez de la Gorge et du Larynx 492, RUE AMHERST, MONTREAL CONSULTATIONS : de 9a 11 a.m, Pour tout autre renseigne- de 2 à 1 p.m,, et de 7 à 8 le soir | ment, s\u2019ad, à M.le Directeur TEI,EPH.BEILI,, Ext 5820 EMILE LYON AIS_+\u2014 ENTREPRENEUR ELECTRICIEN Spécialité de lum'èreset de timbres électriques.donvés pour Insta'lation électrique.Les omumandes sont exécutées sous le plus bref délai posés.et wu plus bas prix.Estimés Appareils fournis et.Bureau et Exposition Permanente d\u2019Appareils, 180, rue Saint-Jacques, Chambre 1, 4me étage.BELL.TEL.MAIN, 3326, MONTREAL.THEATRE DES VARIETES CARRE CHABOILLEZ CET APRES-MIDI ET CE SOIR + UNE CAUSE CRLEBRE SEMAINE DU 5 MARS.La Contesse de Marsan.PRIX POPULAIRE, 10, 20, 25¢.Maltinces 10c¢, MONUMENT NATIONAL Soirée de Famille JEUDI le 8 MARS a 8 hrs.p.m.LE CHAPEAU DE PAILLE D'ITALIE Comiédie en 5 actes par EUGÈNE LABICHE Entr\u2019actes Musicaux.PRIX POPULAIRES : 28 cts.88 cts.PARC SOHMER Magnifique programme aujourd\u2019hui a 3 heures et 8 hrs P.M.ADMISSION 10 Cis ADOLPHK V, ROY, Ingenieur Conseil (L-ipiomé de l'Ecole Centrale de Paris).Membre de ln Socdes Ingénieurs de France et de In Soc.Énnadienue des Ingénleurs Civils.Consultations techniques, mines.etc, 1éléphone Bell, 1689, rst, Saint-Jucques.16, rue SO iE Hr "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.