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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 24 août 1918
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1918-08, Collections de BAnQ.

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[" S® ^ci/nri&cli/ JOURNAL ILLUSTRE HEBDOMADAIRE VOL, XXX, No 11 \u2014 Montréal, 24 Août 1918 * » \"\"'ll i ANN LITTLE ¦/j.¦' *jStà rnSm am a LE SAMEDI Vol.30, No il, Montréal, 24 Août 1918 :>«= MAINTENANT EN VENTE \u2014 LA \u2014 Revue Populaire d-UL MOIS 3D\u2019.£tO\"CTT TRES INTERESSANTE ET INSTRUCTIVE, ELLE NE CONTIENT PAS MOINS DE CENT TREIZE ARTICLES TOUS BIEN CHOISIS ET DONT LA LECTURE EST BIEN DE NATURE A AUGMENTER LES CONNAISSANCES LITTERAIRES ET HISTORIQUES DU LECTEUR.PARMI CEUX-CI NOUS EN NOTONS QUELQUES-UNS î Des pages Canadiennes : Xos relations commerciales avec la France; La richesse du pays en bétail ; La superficie des lacs du Canada.Des Travaux d\u2019Amateurs : Destruction des insectes au jardin; Avec une paire de ciseaux cassée; Un sac à tout mettre.Un peu de Tourisme î Les citernes bibliques; Le Potala à Lhassa; Le pont fie l\u2019empereur Valère.La Magie en Famille : La boîte à surprises; Deviner les dés; La carte forcée.Echos du Concert Européen : Les tanks et l\u2019agriculture; Ce n\u2019était pas lui.La \u201cVictoria Cross\u201d; Esprit de Poilu.Chronique de la Jeunesse : La ronde des saisons.Mosaïque : I n nouveau coffre-fort iinperçable; Horloge merveilleuse; Une lune de miel silencieuse; Le palais de la Grandja; Une fleur géante; Coutumes Suisses; Mets rliinois,'etc.Les Enfants de tous les Pays : En Amérique.Horticulture : Du jardin à la table.Et une quantité choisie de précieux articles traitant d\u2019un peu de tout et dont le résumé suivant pourra vous en donner une idée.: L originalité des ombres chinoises; Un avertisseur automatique; Un papier qui vaut 50 millions la livre.Le chat à neuf queues; Le caractère dans la façon de fumer.Combien de temps vivent les bêtes, etc., etc.En outre Un Roman Complet qui sera lu par tous nos fidèles lecteurs : V TANTE BERCEUSE, par Jules Mary, comprenant plus de 100 pages très captivantes.5353532348235323232348532323482353234853532348534853534802534853534853232348235348485323532323 0287927325 ABONNEMENT (Payable d\u2019avance) Canada et Etats-Uni* HEURES DE BUREAU.De 8.30 à 6.45 «p.m.a.m., _ _______ tous les jouira, excepté le medi, de 8.30 a.m., à midi.Un an .Six mois Fondé en 1889 Montréal et Europe f3TTarlf d'annonce fourni sur demande.Un an JOURNAL ILLUSTRE HEBDOMADAIRE Six mois POIRIER, BESSETTE & CIE, Propriétaires, 131, rue Cadîeux Tél.Est 5281.\tMontréal.Lea abonnés changeant de localité sont priés de noua donner un avis de 8 jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant 5 Jours avant de les livrer à la poste.LE NUMERO 5 CTS LE NUMERO 5 CTS Entered March 33rd 1908 at the Post Office o£ St.Albans, Vt as second class matter under Act of March 3rd 1879.VOL, XXX Montréal, 24 Août 1918 LA PRODUCTION DU BLE DANS LES PAYS ALLIES La question à l\u2019ordre du jour qui s\u2019agite actuellement dans notre pays est de pouvoir augmenter de plus en plus notre production agricole afin d\u2019aider nos Alliés et de contrecarrer les effets désastreux de la famine qui menace de ruiner le monde entier; il est donc nécessaire de démontrer à nos lecteurs les statistiques qui ont été établies avec une exactitude rigoureuse et méticuleuse, l\u2019an dernier, comparativement avec 1916, en ce qui concerne la production du blé dans tous les pays alliés.Le lecteur se fera ainsi une idée -bien nette de ce que devra être la récolte totale .i de son épée, il avait mis le comble à ses bonnes grâces en lui offrant, avec sa maison,, ce serviteur d\u2019élite.Il répondit après avoir vidé un dernier verre : \u2022\u2014T lai-je appelé, mon ami?Pas que je sache !.Cependant ta conversation pourra m\u2019être précieuse si tu veux bien consentir à me renseigner sans pousser au delà de mes questions.\u2014Que M.le chevalier m\u2019interroge.Avant de se retirer, M.le comte m'a dit ceci.\u201cObéis!\u201d \u2014Hein! sourit Coeur-d\"Amour, ce cher comte est d'un laconisme charmant.Tu devrais l/\u2019imker, ami Morvan, car je n\u2019ai que très 1*11 de temps à t\u2019accorder.\u2014M.le chevalier veut repartir déjà ?.M.le chevalier ne prendra donc aucun repos?\t, Le jeune homme se boucha les ore lies.\u2014'Eh là ! eh là ! sortons-nous déjà de nos conventions?.Je vais sortir, oui ; parce qu\u2019il n\u2019y a rien de déprimant comme un arrêt trop prolongé.ÎL i vieillard Le regarda d\u2019un air ébahi.\u2014\u2018Gel,a te surprend?.Que veux-tu?la momification m\u2019est incompatible.Il se frappa la poitrine.\u2014Il y a là une accumulation de forces vives, une sorte de soute à salpêtre qui ne demanderait qu'à sauter si je ne m\u2019épuisais.\t( \u2014Je vois ce que c\u2019est, monsieur le chevalier est amoureux?\u2014Tais-toi, imbécile!.Pardon, ami Morvan, je croyais parler à mon écuyer.et le diable seul saurait dire s\u2019il, a pu atteindre Montfaucon avec son cadavre.\u20141Un cadavre?\u2014De chien.\u2014Oh ! de chien.\u2014Humain! Le vieux serviteur s\u2019appuya au dossier d'un fauteuil.\u2014Assez sur cette histoire, reprit Coeur-d\"Amour.Saurais-tu m'indiquer où se trouve le logis de maître La Fraîcheur?\u2014\u2018Certainement, monsieur le chevalier.Par la rue Jean-Pain-Molet, au bout du carrefour Guilleri, vous gagnerez la grande rue Saint-Martin.Vous prendrez cette dernière à droite et pousserez jusqu'à la porte de Paris.La demeure de maître La Fraîcheur est après l,es marais du faubourg Saint-Laurent, en face de l\u2019église, à l\u2019angle de la rue des Morts.\u2014'Peste! si je m\u2019égare avec un pareil itinéraire.Et le château de Chaumont.Est-ce du même côté? 20 LE SAMEDI Vol 30, No 11, Montréal, 24 Août 19.18 Morvan joignit, les maina \u2014Mon bon seigneur, vous n\u2019irez point voir les alentours de ce lieu ! supplia-t-il.\u2014'Pourquoi, s\u2019il te plaît ?\u2014(Parce que nul curieux ne revient, dit-on, du château des spectres où habitent Phtah, la sorcière d'Egypte, et Coeur-Volant le réprouvé! \u2014Vraiment, mon camarade, rien n\u2019était mieux fait pour me décider si je ne l\u2019avais été déjà.\u2014M.le chevalier m\u2019a compris, il s\u2019arrangera de façon à ne point trop approcher du mauvais nid?\u2014Au contraire, je veux, quoi qu\u2019il advienne, visiter le lac lumineux et l\u2018aire de vautours qui le domine ; mais, pour des raisons à moi., j\u2019attendrai jusqu\u2019à demain pour mettre ce projet à exécution.Il repoussa son siège, reboucla son s* into ron, remit sur sa tête le toquet à plu mail que d\u2019Emtragues lui avait fait accepter en échange du chapeau troué, orné de gui, et se dirigea vers les écuries.Morvan le suivit, déconcerté.Il avait souvent pu voir, chez son maître, de jeunes fous, raffinés et casse-cou.\u2014 tous les gentilshommes d\u2019alors ne l\u2019étaient ils pas pi,us ou moins?\u2014mais il s\u2019avouait nVn pas avoir rencontré qui puissent rivaliser en ebauté, enJ originalité ou en tranquille audace avec celui là.En sentant la main de Coeur-d\u2019'Amour caresser sa croupe, Djaoulia tourna la têtd et poussa un hennissement joyeux.\u2014iDieu te conserve, ma belle fille, fit le jeune homme resserrant, les attaches de la sellé.Tu t\u2019endormais dans un farniente indigne de toi.En route !.Il n\u2019y a que l\u2019ai'r et l\u2019espace, la route et ses surprises qui puissent nous faire digérer un repas trop plantureux.D\u2019un bond il enfouircha la cavale, fit un tour de manège dans la cour, puis il franchit la porte que venait d\u2019ouvrir Morvan.Uà, par exemple-, il dut retenir sa monture.Un triple rang d\u2019archers de la prévôté barrait, des deux côtés, toute la largeur de la rue du Pet au Diable.Une foule houleu se, bavarde, effarée, se massait derrière les soldats de police, et, devant eux.dans le triangle laissé libre, Jonas dissimulait son visage de fouine auprès du chef de détachement, un, lieutenant au criminel.Eh voyant paraître le jeune cavalier, le dénonciateur fut pris d\u2019un tremblement et murmura : \u2014-Attention! \u2014Attention! répéta l\u2019officier.Serrez les rangs, vous autres! Pesté sur le seuil, Ip vieux serviteur ouvrait des yeux épouvantés; allait-il assister à l\u2019arrestation ou au meurtre du nouvel ami de M.le comte?Il y eut un instant de silence tragique.Le lieutenant hésitait à donner l\u2019ordre de l\u2019attaque, les badauds espéraient les émotions d\u2019une bataille et Coeur-d \"Amour ne pouvant croire que cette force armée fût là pour lui, attendait le commandement qui devait lui faire ouvrir un passage.Enfin, pris d\u2019un soupçon, voyant que nul ne bougeait, il se dressa sur ses étriers.\u2014 Ah çtà! braves gens, demanda-t-il, va-t-on s\u2019écarter et me faire place?\u2014C\u2019est lui ! lança l\u2019organe nasillard de l'étuvlste.\u2014C'est lui ! répétèrent vingt voix affolées.Le cavalier sourit.\u2014Pardieu, oui, c\u2019est moi!.La belle trouvaille!.Vojmns, je goûte médiocrement cette stupide plaisanterie.Me lais-sera-t-on passer, à la fin?Tout en parlant, pour prendre du champ, il, faisait reculer sa jument jusqu\u2019au mur.Jonas gémissait tout bas: \u2014Arrêtez-le !.Arrêtez-le donc !.Le 1 leutenant se décida : \u2014«Rendez-vous, monsieur.Coeur-d\u2019Amour explosa de rire.\u2014«Me rendre?.Ce serait nouveau.Place, ou je cogne ! Un éclair s\u2019alluma dans sa main.Il venait, de tirer sa râpière.\u2014Rendez-vous, au nom du roi ! \u2014(Place, au nom du diable! D\u2019une pression des genoux, il poussa Dtjaouüa sur le premier rang qui voulut s\u2019écarter, «mais n\u2019en eut pas le temps.Au milieu d\u2019un cliquetis d\u2019armes entrechoquées, de hurlements, de heurts, cheval et cavalier, seuls contre tous, s\u2019élancèrent- à l\u2019assaut de cette vivante muraille, au travers de laquelle, en quelques instants, ils ouvrirent une trouée, deux trouées, dix trouées.\u2014Qu\u2019on le prenne vivant! Merci Dieui! la chose était plus faci le à recommander qu\u2019à exécuter.Comment mettre la main sur ce centaure, dont les sabots lançaient des ruades étincelantes, dont le poitrail écrasait, dont la croupe, en de brusques écarts, fauchait des lignes entières?Sans que Coeur-d\u2019Amour eût eu besoin de faire usage de son épée remise au fourreau, en «un instant, par le seul fait des bonds désordonnée de la cavale arabe, la bataille fut gagnée.Les badauds s\u2019étaient enfuis au premier choc, mais tous les archers restaient là, couchés ;i terre ; les uns évanouis, les autres suffoqués.Bernard d\u2019Arma semblait sortir de son lit, tant il était calme.11 défi.ja devant ses -victimes et souleva son toquet en passant devant la porte res- tée ouverte de la maison de d\u2019-Entragues.\u2014A te revoiiy ami Morvan, clos ta maison.La mort de ceux-là n\u2019est qu\u2019apparente et ils pouvaient vouloir te faire payer leur déconvenue.Le vieux serviteur obéit.Il était littéralement ébloui de ce qu'il venait -de voir et se disait: \u201cS\u2019il va au château de l,a sorcière et du réprouvé, il pourrait bien les avaler tous les deux.\u201d Ccuhme le chevalier allait tourner l\u2019angle de la rue de la Tixanderie, il crut entendre gémir derrière lui : \u2014Mes deux cents écus d\u2019or!.Qui me les donnera s\u2019il se sauve?Il tourna la tête et reconnut Jonas, dont la main crochue s'élevait vers le ciel.\u2018 .Te comprends, se dit-il, voilà\u2019le traître!.S\u2019il m\u2019a vendu, il pourrait aussi révéler ce qui intéresse le Grand Marquis A tout prix, il ne le faut pas!\u201d Lentement, il déroula la longue lanière dont il s\u2019était déjà servi pour enlever Grain-de-Raison sur l'enceinte du donjon «le Vincennes.Les plombs de ce lasso tournoyèrent au-dessus de sa tête et partirent en sifflant.Alors, brusquement sappé par le milieu du corps, l\u2019étuviste poussa un cri lamentable, fuit projeté sur le sol, attiré par une force irrésistible, soulevé, et finalement couché en travers sur le garrot de la blanche jument, qui partit au galop dans un tourbillon de poussière.La porte Saint-Martin, l\u2019une des mieux comprises de l\u2019enceinte de Paris, présentait «un aspect imposant et, formidable.C était, une sorte de forteresse, flanquée à sa face extérieure de six tours rondes que couvrait un large fossé.On n\u2019y accédait que par un pont de trois arches en ma-çonneriei, à l\u2019extrémité duquel s\u2019abaissait le pont-lévis.'Le bastion monumental avait été en Partie payé par le casuel de l\u2019abbaye de ¦Saint-Martin à laquelle il attenait presque et qu'il avait mission -de défendre.Et pourtant, avec son enceinte particulière garnie de dix tours, l\u2019albbaye était de force à se protéger par elle-même.'En dehors de la porte, c\u2019était l\u2019entrée du faubourg Saint-Laurent.Quelques constructions basses, de droite et de gauche, le ponceau de pierres jeté sur le ruisseau fangeux et putride de la Grande-Batelière, puis des champs, des marais, d\u2019autres bicoques et, enfin, faisant face à 1 egiisc paroissiale, la fameuse rue des Morts qui s\u2019en allait, grimpante et tor-I ueuse, vers le plateau de Mont faucon.Il allait être neuf heures du matin.Assis tout contre la fenêtre ouverte de la dernière maison du faubourg, ses coudes pointus appuyés à la table sur laquelle \u2014 ss Vol 90, No 31, Montréal, 24 Août 1918 LE SAMEDI 31 se voyaient encore les reliefs d\u2019un frugal repas, un homme bien eh arpent#, mais peu luxueusement couvert, semblait abimé dans de très désagréable^ réflexions.lAutour de lui, vaquant à ses travaux de ménagères une jeune fille allait et venait.\u2022Cette jeune fille était avenante et jo-liette.Elle portait avec une coquette crâ-nerie le corselet noir et la courte jupe rouge des Basquaises.Chaque 'fois qu\u2019elle venait à passer de-.vant l\u2019homme, elle lui glissait un regard en dessous, haussait les épaules, sou [lirait et poursuivait son chemin.Evidemment, elle avait à dire quelque chose et ne savait comment entamer la conversation.La pièce dans laquelle se tenaient ces deux personnages ne contenait que peu de meubles; par contre, les murailles disparaissaient presque sous une abondante ornementat ion guerrière.Ce n\u2019était que râteliers de fleurets, gants !à Crispins, plastrons de poitrine, d\u2019abdomen et de cuisses, masques aux mailles fines, d\u2019une part; de l\u2019autre, que dagues et poignards de toutes formes, qu\u2019épées de tous modèles et de toutes dimensions, depuis le lourd braquemard de l\u2019estramaçon à large lame jusqu\u2019à la fine aiguille de parade.Toute personne introduite par surprise en ce lieu n'aurait pu hésiter à se croire chez nn amateur éclairé du noble jeu de 1 lèse rime, et elle ne se fût pas trompée, car c\u2019était le \"borne \u201d de La-Fraîcheur, ex-entreteneur du poignet du capitaine Lanoue Bras-de-Fer, et actuellement le plus réputé haaître d\u2019armes de MM.les gens de la cour.En quittant Rriac pour venir s\u2019établir à Paris, maître La Fraîcheur avait emmené avec lui Renaude, cette jolie ménagère à jupe rouge.Ah! elle s\u2019était fameusement formée, la petite servante basquaise, depuis îles temps lointains où Matraque avait cru s'intéresser à elle.Disons-le sans plus tarder, l\u2019homme accoudé contre une table devant la fenêtre ouverte sur le carrefour, cet homme qui regardait Renaude en soupirant tout bas, c\u2019était notre excentrique bandit qui avait trouvé son chemin de Damas dans la vigne des Chartreux, c\u2019était le baron Cour-mantel.Il était rendu, épuisé, vaincu, ce grand diable d\u2019homme.Il y avait tantôt vingt-quatre heures qu\u2019il courait à la poursuite de iCoeur-d\u2019Amc-ur et de Matraque, sans pouvoir mettre La main sur l\u2019un ou sur l\u2019autre.\t1 A la suite de son entrevue avec i officier gardien de la petite poterne du Louvre, & la suite surtout de l\u2019hallucination qu\u2019il avait eue en voyant pénétrer en chaise, au château royal, cette grosse femme fardée dont la ressemblance avec; dame Myrtille, son épouse, s'était imposée à ses yeux, Courmantel avait remonté la Seine par la vallée de la Misère.'En l\u2019absence de Orain-de-Raison, il se sentait comme un corps sans âme et ne marchait plus qu\u2019avec hésitation.C\u2019est ainsi que, perdant toute sagesse, au risque d\u2019être reconnu et capturé, il avait eu la puérile naïveté d\u2019aller s\u2019enquérir des deux voyageurs béarnais au fort lEVêque, aux deux Châtelets, au Temple, et dans les trois cents et quelques couvents ou hôtels des grands seigneurs qui possédaient, 'à cette époque, l'inestimable privilège de contenir des cachots réservés, resite des moyenâgeuses juridictions particulières.[Nulle part il n\u2019avait obtenu le moindre renseignement.C\u2019est alors que, désespéré, commençant, à répudier ses bonnes intentions, doutant que la vertu puisse avoir sa récompense iri-bas, désireux de reprendre sa vie antérieure et de quitter le droit sentier de l'honneur dans lequel il avait égaré son chevalier de rédemption, son nouvel ami et son chien, Courmantel était venu s\u2019échouer chez Me La Fraîcheur.Or voyez un peu quand la guigne s\u2019en mêle.A la maison de l'escrimeur, [\u2019original aventurier n\u2019avait trouvé que Renaude.En l'absence du maître, Courmantel s'était contenté d\u2019acceptin' la table, mais il n'avait osé risquer la requête pour laquelle il se trouvait là.Et, depuis plus d'une heure, le silence durait entre Renaude et lui.Ce fut la Basquaise qui se décida à le rompre.\u2014Monsieur le, baron, n\u2019avez-vous pas quelque nouvel exploit à me conter, des batailles.des attaques.des voyageurs ou des bourgeois navrés et rançonnés par votre bande?Courmantel sursauta.Sa bande ?.où était-e-lle à cette heure?.Vers quels antipodes le satané Muletmio emportait-il son vestiaire de bandit?\u2014Eh! non, répondit-il sans détourner ses regards de la route; je n\u2019ai rien de semblable 4 te conter, petite peste.Bien au contraire, je me suis fait battre, bafouer et dépouiller! \u2014Vous?dépouiller! exclama Renaude incrédule.' Cette fois Courmantel se retourna pour la dévisager.Cette exclamation flattait sort ancien amour-propre dont il avait juré de se défaire.\u2014Cela te surprend, hein! diabolique poupée.je veux dire ma délicieuse amie.Un voleur, volé!.un joueur, joué!.un Sacripant, sacripanis- !.\u201cFeu d\u2019enfer! II.y a là de quoi faire pétarader de rire messire 'Satanas et toute sa séquelle !.Eh bien ?qu \u2019ils pétaradent, se gondolent et se fassent des papou il les brûlantes si ça leur ,plaît.Je n\u2019y peux rien, car cela est-, par Lucifer! ¦\u2014Oh! monsieur le baron, est-ce -possible?Pouvez-vous le jurer?\u2014Je né jure jamais, cinq ceql mille millions de pieds fourchus et le décuple d\u2019ongles incarnés ! protestait, pudiquement le postulant honnête homme.A quoi bon blasphémer, ventre et tripes! C\u2019est si facile de faire autrement), ou que l'a foudre m\u2019écrase! Ah! dame, à celte virulente et sincère protestation, Renaude éclata de rire.L\u2019aventurier, indigné, retroussa ses moustaches d\u2019un coup de pouce et demanda : \u2014tSuis-je donc si comique?\u2014Oui, vous êtes farce, monsieur le baron.CPeut-on croire que vous ayez été refait, Vous, le malin?\u2014Mademoiselle, regarde-mm bien; suis-je changé.\u2014Je vous trouve grand, beau, fort.enfin, vous avez tout, tout! \u2014Hélas! non, je n\u2019ai même plus mon toutou.Grain-de-Raison m\u2019a quitté.Il s\u2019est tiré des pattes comme un lâche cahot, lui, basane d\u2019Asmodée! lui qui pourra it revendiquer le trône de France! \u2014Oh ! fit Renaude, un chien ! \u2014'Oui, ma cocotte! Gr>ain-de-Raison est de race royale: c\u2019est le dernier descendant de Mérovée, le père des mères-aux-vingt-ihiers ' Renaude ne pouvait s\u2019esclaffer à cette plaisanterie, incompréhensible pour elle.Courmantel reprit d\u2019une voix dolente: \u2014J\u2019ai été vaincu par un jeune homme et par son ombre, cornes d\u2019enfer!.Je me suis offert à les servir, ventre de bouc ! Mais le jeune homme et son ambre se sont évaporés avec tout ce que je possédais, me laissant, seul, désolé et doutant xle tout.Deux petites mains se posèrent sur sa bouche, i'1 sentit sur son front une caresse parfumée et perçut la prière de ces paroles effarantes: \u201cAli! depuis la trahison de dame Myrtille, nia fugace baronne, ma vie n\u2019est que déboires, damnation!\u201d \u2014Celle-là, du moins, je pourrais la remplacer, monsieur le baron.Prenez-moi pour femme! La jeune fille romanesque s\u2019était laissée choir à ses genoux.Courmantel sourit en dedans.II.s\u2019attendait presque à cette folie.U poursui-vait la réalisation d\u2019un plan.Peut-être allait-il aboutir.87 \u2014 oo LE SAMEDI Vol.30, No 11, Montréal, 24 Août 1018 \u2014Mais, jeune fille.fleur d'incommensurable innocence! ronchon nait-il en relevant la basquaise, pourrais-tu bien épouser un gentilhomme qui n\u2019a point d\u2019épée ?\u2014Faut-i\u2019l don© une épée pour se marier l \u2014Sans doute, mignonne! Un honnête seigneur ne saurait prendre à sa charge la défense d\u2019une dame s\u2019il n\u2019est armé! \u201cTiens, ajouta-t-ifl en désignant une panoplie, mets-moi cette flam berge au côté, pour remplacer Grain-de-Raison, le monstre abominable.\u2014(Non, non, protesta Renamle rappelée au devoir.Maître La Fraîcheur me gronderait.peut-être?L\u2019aventurier décrochait déjà l\u2019arme convoitée.L\u2019enfant joignait les mains» \u2014Oh! monsieur ]efbaron, écoutez, écoutez !.On 'arrive ! Le bruit d\u2019un cheval lancé au galop se faisait en effet entendre sur la route.Soudain le cheval s'arrêta.Des coups furent frappés contre la porte de la ma;son.Courmantel s\u2019élança vers la fenêtre et leva les bras en poussant cette exclamation de stupeur: \u2014M.le chevalier d'Arma!.mon vainqueur!.mon convertisseur!.Mon jeune aim! M.le chevalier d\u2019Arma avec le cadavre emporté par M.le baron Bo-tan, mon compère ! III LES FOURCHES PATIBULAIRES iLe gibet de Montfaueon se dressait à l\u2019extrême limite du faubourg Saint-Mar-tin, au bout de la rue des Morts, sur une éminence qu'occupe aujourd'hui l\u2019hôpital Sa i nt-Louis.L\u2019'ensemble du gibet se composait d\u2019un massif de maçonnerie et de grosses pierres formant une plate-forme rectangulaire de quatorze mètres sur dix.On y parvenait par une rampe rocailleuse.Sur la plate-forme se dressait une construction sinistre: seize piliers carrés en pierre de taille, unis entre eux à moitié de leur hauteur et à leur sommet par un double rang de poutres mal ©quarries et desquelles pendaient en franges des chaînes de fer rouiillées, moins par la iphiie que par le contact de la chair (te patients dont elles avaient brisé te vertèbres.Le long des piliers étaient appuyées des échelles à l\u2019aide desquelles on hissait les condamnés, et dans le centre même du massif s\u2019ouvrait une sorte de caveau, grillé de fer, destiné à servir de charnier aux corps descendus dés suppliciés.Enfin, un peu eu avant des fourches patibulaires, juste dans l\u2019axe de la court i le du Temple et dn cimetière Saint-La i ire ni, se voyait un calvaire devant lequel les condamnes étaient confessés in taire mis par te moines dx la carde, ou cordeliers, dont c'ét a it la fouet ion.Gomme les relaps, fêtons et gibiers de chanvre se rendaient àqpied à Mont,fau-eon pour y te:rminer leur carrière, une coutume ancienne leur permettait, de faire halte au couvent des Filles-Dieu, où les rel gkuses leur offraient un repas, renouvelé de l\u2019antique.¦Sous les Oapét iens et les Vialois, surtout sous Louis XI qui y fit accrocher Olivier Le Dain, son barbier, il ne fut pas rare de voir cinq à six douzaines de cadaVes se balancer à la fois aux gigantesques et sinistré Fourches autour desquelles tournoyaient toujoure des légions de corbeaux et d\u2019oiseaux carnassiers» Mais la pendaison ne fut pas l\u2019unique supplice imposé .aux visiteurs forcés de l\u2019historique gibet ; dés malheureux y moururent lentement et eurent te affres d\u2019une agonie autrement barbare.Nous ne citerons qu\u2019un seul de ces cas : Les registres de la chamibre criminelle du Grand Châtelet mentionnent que en 1460 une femme Perrette Ma uger, accusée de vol et de recel, fut condamnée à souffrir malle mort, estant erçfpuye toute invë devant le gibet!.Ce sauvage jugement fut mis ,à exécution et la chronique affirmé que Perrette, enfermée dans le charnier de Montfaueon estant joliet-te, y devint folle et laide le premier jour et ne s'éteignit, au milieu des corps en putréfaction, qu\u2019après avoir plaint lamentablement durant huit longs jours!.Depuis le lever de l\u2019aurore, ce 1er avril 1577, de petits 'groupes d\u2019exempts, dV-chers et de gens d \u2019armes, sortant de Paris par les portes Saint-Denis, Saint-Martin et, du Temple, n\u2019avaient cessé de sillonner te faubourgs du Nord-Est, convergeant tous vers Montfaueon.Sitôt arrivé sur place, chaque groupe avait pris gîte dans une anfractuosité de la sinistre colline ou au milieu des buissons épineux qui en formaient le pourtour, de sorte que 1b lieu paraissait désert, et que te émouiehets, rassui\u2019és.continuaient à voleter en cercle autour des charpentes de justice.Ce déploiement inusité de forces policières avait fait croire aux tranquilles habitants des marais du Temple et de Saint-Lazare qu\u2019il allait être procédé à l\u2019exécu-t on de plusieurs bandits de marque.Il n\u2019en était rien, pourtant, ear, en la circonstance, les ordres venus de deux côtés à la fois et sans accord entre eux visaient um seul homme: Matraque! Mais oui, notre gros écuyer-trésorier, tout uniment, notre Sancho béarnais, paresseux et cupide, notre satellite de Cocur.d\u2019Amour qui se voyait, \u201cventre de puce!\u201d embarqué dans une suite incommensura- \u2014 8S \u2014 ble d\u2019aventures lugubres, depuis qu\u2019il avait eu la malheureuse idée d\u2019aller à la recherche de son maître sur le Pré-aux-Clercs.Expliquons d\u2019abord d\u2019où venaient et comment avaient été ordonnées ces dispositions disproportionnées à la défense qu\u2019eût pu opposer le pacifique personnage- \u2022.La veille, à la suite de la terrible révélation faite au roi par Mammouth le Rouge, le prince, frappé de stupeur, était allé s\u2019enfermer dans son appartement en faisant défense rigoureuse de le déranger pour qU0; qUe ,ce fût, hormis pour l\u2019aviser de l\u2019introduction secrète, au Louvre, du corps de Jan du Gaz et de la venue de maître Ambroise Paré, qui devait, inévitablement, lui apporter des nouvelles de Mauigiron.Il voulait donner cours, dans sa solitude, à Sa douleur.Il voulait pleurer à son aise la beauté détruite du plus aimé de ses favoris et se gonrmander lui-même d\u2019,avoir laissé gober son oeil par le chat noir.Avant de se retirer,\u2014précaution suprême,\u2014!! avait fait mander M.de Bervic et lui avait dit: \u2014Qu'on se saisisse de tous les chats à pelage foncé entretenus .au palais; qu\u2019on leur administre médecine et qu\u2019on tienne état de leurs évacuations.L\u2019oeil de M.de Maugiron do.t être recueilli, embaumé et, pieusement conservé ! \u2014Bonté du ciel! s\u2019était avoué le capitaine des gardes; Sa Majesté est folle! Néanmoins, par ses soins, la gent féline du Louvre en vit de telles et pu connaître les émotions d\u2019uni purge aussi générale que généreuse.Ma s on ne retrouva rien, le chat noir, auteur du rapt, s\u2019étant dérobé i la crise en digérant son repas, enfoui dans es plus douillets replis des déguisements royaux.Le chagrin d\u2019Henri III n\u2019était point superficiel.Toute la journée, il garda la diète, et la chambre inventant des prières nouvelles pour obtenir du ciel, eu même temps que la guérison de l\u2019éborgné, la punition de l\u2019éborgneur.Chose qui n\u2019était encore jamais arrivée, en venant lui rendre leurs devoirs, te mignons se heurtèrent à un hallebardier dont la consigne était de les écarter.Valois leur tenait rigueur! Et l\u2019on (il tous ces jeunes seigneurs fats et parfumés : d O.Nemours, Joyeuse, Saint-Mégrin, Quelus et Livarot se retirer l\u2019oreille basse.Vers le soir seulement, le roi reçut la visite du célèbre chirurgien calviniste.Tl apprit de lui la terrible vérité: Maugiron, défiguré, ne ressemblait plus, ne ressemblerait, plus jamais an Maugiron qu\u2019il avait connu.l\u2019uis ce furent trois nouvelles qui lui Vol.3t>, No 11, Montréal, 24 Août 1918 LE SAMEDI parvinrent à la fois.!La première, de la petite poterne, où ne s'était présenté aucun convoyeur de cadavre, mais où l\u2019on avait dû éconduire un bizarre indiscret, qui paraissait être au courant des pas et démarches de Phonline au mulet.La seconde, du marquis de Villequier.Le chancelier avait appris par la tenancière de lia maison des Mignonnes, venue chez lui en visite réglementaire, que le fantasque quest ionneur croisé par elle au portillon ressemblait fort à un certain Courmantel, aventurier recherché pour ses nié fa i ts.La troisième et dernière, du mage rouge, qui a va it pu voir, dans son miroir magique, que l'homme au mulet chargé du corps de du Gaz\u2014son meurtrier déguisé probablement\u2014s'était évadé de Paris par la porte (Saint-Antoine et remontait vers le Nord, en contournant les faubourgs.De là les instructions données aux gendarmes royaux.Ils devaient cerner le Marais, capturer la mule macabre, la ramener au Louvre avec son fardeau et pendre son maître.De son côté, à la première heure du jour suivant, Catherine de Médicis voulant faire disparaître jusqu\u2019à la moindre trace du crime commandé par elle, avait lancé vers Miontfaucon tous les archers et exempts dont elle pouvait disposer, avec mission de stranguler par la corde quiconque commettrait la honteuse parodie, de suspendre un animal crevé aux fourches de justice.Certes, certes, si le doux Matraque se fût douité que pareil agrément l 'attendait au bout du chemin, il eût planté là son chien-sarcophage, ses compagnons argo-tiers et même la friperie de son compère, pour sauter sur MuiMmio et détaler au plus vite vers des pays moins inhospitaliers.Malheureusement, il n\u2019avait aucune idée de tant de noirceur d\u2019âme et, guidé par 1 appas des écus promis, encore plus que .par Nathaniel le Lépreux, son cicérone, il poussait allègrement Muletmio, le gourmandant sur sa paresse et se retournant à tout instant pour encourager Bi-paudier, Fargas l\u2019Idiot et Col-d Azur.Ah! qu\u2019il était donc malheureux d\u2019avoir à traîner derrière lui ces estropiés gémissants et clopinants.Sans eux, il se serait senti capable d'accomplir des prodiges de vitesse.Vous devinez pourquoi' La .prime ! Quoi qu\u2019il en soit, si lentement qu\u2019on marchât, on avançait.Il y avait déjà beau temps qu étaient passés Picpuss la Croix-Faubin, Popin-court et Bagnobi.En longeant la Courtille du Temple, pour la première fois depuis son départ de Vincennes, Matraque remarqua l\u2019effet que produisait sa troupe sur les passants rencontrés.Tous s\u2019éloignaient en hâte des éclopés de mauvaise mine et regardaient avec effroi la singulière charge du mulet.\u2014Oh! oh! pensa notre Béarnais; ils sont bien dégoûtés, ces faubouriens; mais s\u2019ils pouvaient soupçonner à quel taux de la livre va m\u2019être .payé ce cuir d'animal.dame !.\u201cVentre de puice ! se coupa-t-il en frissonnant, qu\u2019est-ce que c'est que ça?\u201d , Nathaniel se sentait mal à l\u2019aise; .il répondit pourtant : 1\u2014(Ça,, c\u2019est la colline des pendus ! Ils suivaient le haut de la rue des Morts; à leur gauche des pâtis, à leur droite les ooni reforta d\u2019une sombre montée.\u2014\u2018Et .pas un vivant dans ce satané coupe-gorge ! gronda Matraque.Où donc est le gibet?¦\u2014Vous allez le voir en même temps que la croix du carrefour.Oh! en venant de Saint-Laurent, il s\u2019aperçoit de loin! \u2014Ne dirait-on pas que ces buissons sont animés?\u2014C \u2019est le vent.\u2014Et ces lueurs, au fond des anfractuosités, est-ce aussi le vent?\u2014'Non, oe sont des .prunelles d\u2019oiseaux nocturnes.Horreur ! soudainement la colline parut, s\u2019ouvrir, dévoilant la géhenne royale.L\u2019épouvantable squelette de pierre projetait sur le ciel ses seize bras décharnés, figurant-, avec l\u2019inextricable enchevêtrement de ses charpentes, de ses échelles et de ses chaînes, une monstrueuse parque, fileuse d\u2019éternité! Le Béarnais demeura confondu.C\u2019eût été bien autre chose si le gibet avait eu son ornementation des grands jours, des grappes de (cadavres! Mais la pénurie des condamnés s\u2019était fait sentir les jours .précédents, et les fourches ne supportaient, que deux pauvres petits pendus, figés dans des contorsions atroces.Cependant, il importait de mettre à profit ' absence de tout, oei'l indiscret aux environs pour mener à bien la sacrilège comédie de la pendaison.Sous l\u2019empire d\u2019une superstitieuse terreur, persuadé qu\u2019il se damnerait s\u2019il laissait s\u2019accomplir cette dernière .profanation de la dépouille du pauvre gentilhomme recueillie par lui sur le Pré-aux-Clercs, Matraque n\u2019eut pourtant pas la force ele s\u2019y opposer.Médusé, dans un état d\u2019ataraxie somnambulique,, il assista, sans la comprendre à l\u2019opération menée par l\u2019équipage des teuands embauchés par défunt Peaunoire.Ceux-ci se \u2018hâtaient.Il s\u2019agissait d\u2019en finir et de regagner l 'abri de la cour des Miracles.23 Muletmio débarrassé de son lourd fardeau, ce dernier 'fut traîné aux pieds d'une échelle et hissé,de mains en mains.L\u2019écuyer assistait à cette ascension macabre sans la voir; ses oreilles bourdonnaient; il lui semblait entendre, venant le derrière les buissons et de .'dessous les pierres formant la plate-forme, comme un bruit de respirations étouffées.Peut-être était-ce une hallucination causée par la fatigue, car il n\u2019avait pris aucun repos depuis le matin du précédent jour, depuis qu\u2019il avait quitté, en la compagnie de Courmantel, l\u2019aimable hôtelier des Trois-Couronnes, maître La Pali ce.Eh bien! non, ce n\u2019était pas une erreur de ses sens.A l\u2019instant précis où les trois argotiers blessés, réunissant leurs forces, parvenaient, à soulever la peau recousue du molosse et à introduire sa tête dans le noeud coulant présenté par Nathaniel, un faux geste de Fargas fit éclater la couture du cou et, dans la fente, se montra le haut d\u2019un surcot de dentelles.Alors, comme si cet accident pourtant imprévu étau un signal, la colline entière fut secouée d\u2019un frémissement convulsif.De partout à la fois surgirent des exempts, des gens d'armes, des archers et la plate-forme se trouva cernée .par deux troupes.\u2014Be n dez-vous, gredins, relaps, .profanateurs de corps ! cria le chef -des gendarmes; rendez-vous! \u2014\u2018Qu\u2019on vous pende.\u2014'Pour l\u2019exemple ! Cette perspective peu rassurante donna des ailes aux malheureux truands.Voyant, les survenants monter à l'assaut du plateau, ils laissèrent échapper leur inerte victime, dégringolèrent par les échelles, .par le charnier, .par les gradins des cordeliers et s'élancèrent sur la pente rocailleuse qui dévalait vers Saint-Laurent.Seul Matraque restait sur place.If ne reprit possession de son libre arbitre que beaucoup trop tard pour pouvoir essayer une résistance quelconque.Entouré, bousculé, frappé et poussé par vingt bras, il sentit qu\u2019on le hissait à son tour sur la fatale échelle.\u2014 Messieurs, messieurs, cessez ce jeu, je vous prie, gémit le gros petit homme cher-\u2022chant à se fa i re lourd.Pas si haut !.Mes bronches sont faibles.Pair vif leur est funeste ! \u2014 Elles ne souffriront pas longtemps, brigand ! \u2014 Un brigand, moi?moi propriétaire, écuyer et caissier.\u2014 Te tairas-tu, bavard?.Tu vas.\u2014 Au fait, où vais-je?\u2014 A la corde au noeud de laquelle tu voulais faire accrocher le chien! \u2014 89 34 LE SAMEDI Vol.3i), No 11, Montreal, 24 Août 1918 \u2014 Halte ! commanda Matraque.Les gens de police, interdits de tant d\u2019audace, s'arrêtèrent.\u2014 Est-ce un chrétien, est-ce un chien?reprit tout aussitôt le prisonnier.Voilà ce qu\u2019on nomme un dilemme.\u201cAvant de pousser plus loin, peut-être sera it-il i ntéressant d'interroger le sujet.\u201d Mais les derniers préparatifs du saut dans l'éternité venaient d'être terminés.Matraque n'avait plus rien à espérer de ses bourreaux.Maintenu par eux en équilibre sur une des poutres transversales du haut du gibet, i! laissait errer sur le paysage qu'il dominait son regard défaillant.Au delà du calvaire de la Confession ad arficulo mortem croulait la pente mal entretenue de la rue des Morts, par laquelle s\u2019étalent éloignés les survivants de l\u2019équipe de Peaunoire.\u2014 Voici donc la haute position à laquelle devait arriver le fils de mon père?réfléchissait douloureusement le sensible écuyer.Ah! si M.le chevalier pouvait me voir ainsi perché, décoré d'un collier de chanvre, que penserait-il de son frère et serviteur ?Tout à coup, il vit s'élever, au bas de la rue.un petit nuage de poussière.Le nuage avançait vite, accourait.Enveloppait-il des amis ou des ennemis?.Les palmiers, craignant plutôt la seconde hypothèse, activaient.Au milieu du nuage, maintenant, on pouvait distinguer un coursier blanc de toute beauté.Sur son dos, penchés en avant, rapière au poing, se dressaient deux cavaliers, serrés l'un contre l\u2019autre.N\u2019étaient-ils que deux?Non, ils étaient trois, car, sur l'encolure, couchée en travers, se balançait une autre forme humaine.Eh bien, sous cette charge écrasante, le cheval blanc allait un galop d\u2019enfer; il avançait par bonds inégaux mais formidables.Chacune de ses foulées avait la valeur d\u2019un saut de chamois.Il arrivait au calvaire.\u2014 Eh ! vous autres, cria une voix formidable, laissez libre cet homme ou je sonnerai son glas sur vos crânes!.\u201cEt toi, imbécile, ne crains rien, j'arrive!\u201d Les prunelles du Béarnais emportaient vers 'les cavaliers toute la reconnaissance i de son coeur; ses paupières se mouillèrent.\u2014 Imbécile! répéta-t-il avec attendrissement; comme il a bien dit cela!.Ah! monsieur le chevalier, monsieur le baron, Djaoulia, mes seuls amis, vous arriverez trop tard.I>jaoulia abordait le rocailleux support.\u2014 Aux arquebuses! commanda le chef des gens d\u2019armes.Et vous, profitez de la salive pour envoyer ce pleurnicheur dans l'autre monde.\u201cY êtes-vous?,.Attention !.Qu'on me descende cet infernal Coeur-Volant ! Feu sur les rebelles !\u201d Encore une fois la ressemblance frappante qui existait entre notre chevalier et le bandit protée lui valait l\u2019honneur d\u2019être Confondu avec celui-ci et fusillé plus encore à cause de son effigie redoutée qu'à cause de son action.Le bruit de l'arquebusade couvrit le cri d'agonie du malheureux Matra ipie en même temps qu\u2019une épaisse fumée dérobait aux yeux son corps balancé dans le vide.La porte ouverte, Coeur-d'Amour mit pied à terre, attacha la bride de son cheval à l'anneau du dehors et pénétra sous le toit du maître d'escrime de la cour, dans cette salle d'armes où venait d\u2019avoir lieu le tête-à-tête de Renaude et de Courmantel.Ce dernier s'était incliné et restait dans cette respectueuse posture.\u2014 Eh ! quoi, s\u2019écria le jeune homme en le reconnaissant, vous, ici, baron?Vous connaissez donc maître La Fraîcheur?\u2014 J\u2019ai cet honneur, monsieur le chevalier.\u2014 Et que faisiez-vous donc chez lui?.Preniez-vous leçon ?\u2014 Non, monsieur le chevalier, je vous espérais.\u2014 Vous m'espériez ?\u2014 D'à.!leurs, maître La Fraîcheur est à Paris, et je me trouvais seul avec Mlle Renaude.Depuis un instant, la jeune Basquaise restait en extase devant celui qui venait d entrer Elle avait entendu prononcer son nom.Etait-ce donc là le petit lionceau dont elle avait admiré la prestesse et la fougue, au château de Briac, alors que, simple apprenti, il escrimait déjà en virtuose ?Ah! comme il était devenu beau et grand, et fort!.Elle en oubliait son amour pour Courmantel.Ici, comme ailleurs, et sans y prétendre, Coeur-d'Amour, à première vue, s\u2019emparait d\u2019un coeur.Renaude !.Courmantel avait nommé sa petite amie sans croire intéresser Bernard.Il en fut autrement.Renaude?.Que de souvenirs: Briac, le bon moine, Barbotan et le modeste cimetière où dormait la douce victime du 15 février.Il Sé tourna vers la Basquaise.\u2014\tVous souvenez-vous de moi, Renaude?demanda-t-il.Elle baissa les yeux et répondit, rougissante : \u2014\tOh ! oui.\u2014\t1 oulez-vous me permettre de vous embrasser ?Si elle le permettait?Elle en brûlait d\u2019envie ! Elle se jeta dans les bras du chevalier.Courmantel coupa court à ces effusions inutiles.\u2014 Ohé! les amoureux!.Pardon, je voulais dire mon respecté conquérant et ma sensible amie, ne vous gênez pas pour moi, j\u2019ai la vue basse, cent mille cornes du Grand Turc !.\u201cQuoi qu\u2019il en soit, monsieur le chevalier, entre temps, pourriez-vous m\u2019apprendre si vous avez rencontré Grain-de-Rai-son, ce fripouillard infâme.mon fidèle barbet?.\u2014 Grain-de-Raison?.Effectivement, baron, je vous félicite d\u2019avoir dressé un animal de cette utilité.Quel admirable démolisseur de chevau de frise! Le gigantesque aventurier s\u2019essuyait les paupières.\u2014 De chevau de frise?répéta-t-il, cherchant à comprendre.Sans doute un nouveau régiment, monsieur le chevalier?.Oii donc l'avez-vous laissé?1.\u2014 Il m'a quitté pour suivre le marquis.\u2014 Un marquis ?.\u2014 Non, je me trompe, quelqu\u2019un de beaucoup plus- élevé, le seigneur Gaulfa-rault, roi de Thunes.Courmantel poussa cette exclamation de douleur: \u2014 Le malheureux se déshonore ! Grain-de-Raison chez cette vieille futaille de la cour des Miracles.Ah! que penseraient ses nobles aïeules?\u2014 Hein! Quelles aïeules?\u2014 Les mères-aux-vingt-chiens, expliqua Renaude, heureuse île faire montre de sa science.Coeur-d\u2019Amour se prit à rire.Je comprends le 'baron s\u2019amuse à nos' dépens, ma mignonne.Au fond, le grand gaillard n\u2019en prenait point ombrage; s'il avait paru se prêter de bonne grâce au sentiment un peu théâtral dont la jeune tille lui avait fait très adroitement 1 aveu, c était pour la décider à lui laisser prendre une dague et une épée.Elle s\u2019y était opposée, c'est vrai, mais, profitant du trouble causé par l\u2019arrivée de ( beur-d Amour, astucieux jusqu\u2019en sa con-version, l\u2019original, ne tenant aucun compte de 1 opposition, s\u2019était approprié les deux armes convoitées.Il reprit, au bout d'un instant, son attira il guerrier lui communiquant une assurance toute particulière: \u2014 Et M.le baron Botan, seigneur chevalier, s'est-il, lui aussi, affilé à la truanda die?\u2014 Le baron Botan?Je ne sais de qui vous voulez parler.Ibi votre sympathique écuyer, sang de limace ! \u2014 De Matraque?.Oh ! Oh! lui auriez- Vol- 30, No 11, Montréal, 24 Août 1918 LE SAMEDI vous mis en tête le désir de s\u2019anoblir?.Matraque doit être quelque part aux environs.\" Courmantel s\u2019était approché de la porte restée ouverte et détaillait les perfections de la cavale arabe en amateur éclairé.\u2014 Superbe, cette jument!.Proportions admirables: vigueur et finesse.\u201cTiens, tiens, Ile gntilhomme du Préaux-Clercs était mieux habillé que cela, me semble-t-il?.Mon compère aurait-il eu le triste courage de troquer ses dentelles contre quelques-unes de mes défroques?\u201d Il lit un pas au dehors pour examiner de plus près le corps couché sur le garot de Djaoulia, c\u2019est-à-dire Jonas l\u2019étuviste, toujours évanoui, qu\u2019il prenait pour le défunt mignon Jan du Gaz.Çoeur-d\u2019Amour ne prenait point garde à son manège, car Penaude, les yeux humides de tendresses, lui demandait justement : \u2014 Ce M.Matraque, est-ce le même jeune garçon qui.\u2014 Certainement, ma mignonne.Oh! il a beaucoup grossi.\u2014 Par satan! Constatait pendant ce temps-là le baron, le sacripant.quel intelligent camarade! X'a-t-ilpas déguisé le défunt ! Il voulut prendre le bras de Jonas et retira sa main avec une prestesse surprenante; \u2014 Encore chaud!.Feu d\u2019enfer! quel satané sortilège est-ce là?11 rentra dans la^salle d'armes en bougonnant : \u2014 Que je sois damné pendant l\u2019éternité si la peau de ce drôle n\u2019est pas celle d\u2019un pestilentiel hérétique, seigneur chevalier ! Tes divagations de l\u2019excentrique coupeur de routes commentaient à fat guer Bernard.- Il haussa les épaules.\u2014'Expliquez-vous, baron ?\u2014C'est simple!.L\u2019âme de ce coquin pourrait-elle être en paradis alors que sa viande fume encore, misère de moi ! vingt-quatre heures après décès?\u2014Mais il est vivant! \u2014Vivant, Le cadavre que M.Matraque devait déposer au Louvre! Coeuir-d Amour comprit l\u2019erreur.\u2014Vous vous égarez, baron; il y a corps et corps.Celui-ci est encore habité par un coeur de traitre qui a voulu me faire happer pour une prune promise et qui aurait pu causer de plus grands malheurs, si je n\u2019avais eu le soin de le retirer de la circulation.\u2014'Mais l\u2019autre?.\u2014(L\u2019autre.il voyage depuis si longtemps qu\u2019il doit être bien proche, à cette heure, du gibet où l\u2019on doit le suspendre.\u2014De Montifaiieon ! \u2014De Montifaucon, oui! Ma s qu\u2019avez-vous tous deux Le regard de Renaude marquait l\u2019épouvante et le grand corps de Courmantel était, tout secoué de fié,vie.\u2014Ah! chevalier!-.ah! seigneur!.Si M.Matraque se montre aux fourches.\u2014Eh bien?\u2014C\u2019en est fait de lui ! En quelques mots rapides, en phrases hachées, l\u2019ex-chef de bande apprit au jeune homme tout ce que le hasard de rencontres faites sur la route lui avait, enseigné à lui-même: la marche secrète de forces importantes de police vers le gibet.Dissimulé derrière un mur en construction il avait pu entendre des bribes de conversations entre gens de la prévôté.En résumé, ils avaient pour mission de s\u2019emparer d\u2019un grqs garçon du Béann, d\u2019un muletier répondant au signalement de Matraque.et de le pendre ! Courmantel achevait à peine de parler qu'il se fit un grand bruit au dehors.Ripaudier, 'Nathaniel, Col d\u2019Azur et Fargas dévalaient la pente à toute vitesse en poussant des cris d effroi.Le chevalier bondit et, les bras étendus en croix, se dressa devant eux.\u2014Arrêtez ! \u2014Grâce ! grâce ! seigneur ! \u2014 Répondez ! vous descendez des fourches ?\u2014Oui, seigneur.\u2014L\u2019homme au mulet.\u2014Etait, avec nous!.Il n\u2019a pu fuir ! Gn le tue! Le chemin dégagé, les argot iers en déroute disparurent.Bernard s\u2019était redressé.Il semblait grandi à la taille d\u2019un géant.Son regard noir, traversé par l\u2019éclair des grands jours de bataille, lançait des flammes.\u2014\u2018Matraque est mon frère, gronda-t-il.Qui l\u2019attaque m\u2019attaque!.Gare aux ar-gousms!.Il détacha Djaoulia et sauta en selle.\u2014Baron, vous m\u2019êtes dévoué?\u2014A la vie, à la mort! \u2014'Vous avez une épée ?\u2014Mlle \u2018Renaude a bien voulu m'en offrir fine, osa affirmer l\u2019audacieux original.\u2014Une dague?\u2014Mile.Renaude me força à accepte1' celle-ci.\u2014C\u2019est bien, montez en croupe! \u2014Mais le corps?.Trois hommes!.votre cheval pourra-t-il?\u2014'Djaoulia en a fait bien d\u2019autres!.Cette loque peut être utile!.Obéissez.Courmantel obéit, doutant que la jument pût gravir la côte avec une telle surcharge.Mais il fut vite détrompé .Coeur-d\u2019Amour venait de siffler: \u2014Hop ! ma belle!.au galop! Renaude, agenouillée sur le seuil de sa 25 porte et les prunelles dilatées, put assister à ce spectacle unique : une ruée ! une trombe ! un cheval fou, hennissant de joie, bandant ses muscles et enlevant avec une prodigieuse facilité (rois cavaliers, dont deux brandissaient au-dessus de leur tête des lames éi incelantes.\u2014Hop ! hop ! (Les quatre sabots faisaient feu; les cailloux volaient en sifflant ; la route fuyait et, dans la poussière soulevée par ce météore vivant, le soleil mettait des stries de pourpre et des paillettes d\u2019or.Enfin, au tournant du calvaire, apparurent, tout près, gigantesques, les sinistres fourches patibulaires sur lesquelles une nuée de soldats de police s\u2019acharnaient contre un seul homme.Un cri de colère.\u2014Diable! Et un encouragement: \u20141 lop ! hop ! Puis le double commandement de l\u2019officier; la clameur d\u2019agonie du patient, et La pétarade des arquebusiers.Une minute, la plate-forme resta enveloppée dans un brouillard d'épaisse fumée D\u2019.un dernier effet, Djaoulia escalada le masif de maçonnerie et.plongea dans les vapeurs de salpêtre.Au milieu «le cette nuit factice, il y eut un indescriptible brouhaha de foule bat-I ue, heurtée, renversée, écrasée par le choc vertigineux du fantastique animal aux sabots de fer, aux cornes de fer, aux dents de fer.Enfin, le tumulte s\u2019arrêta, les cris cessèrent, la fumée se dissipa, mais, lorsque les agents de Madame Catherine et de M.de Vi'llequier se relevèrent, meurtris, courbaturés, et purent regarder autour d\u2019eux, ils constatèrent avec stupeur la disparition des enragés cavaliers et du dernier pendu.Par exemple, sous la corde tranchée, juste entre le chien apporté de Vincennes, et Muletmio endormi de fatigue, se voyait un corps étranger, un corps venu là on ne de\\ inait pas comment.C\u2019était celui de Jonas, toujours ligoté et bâillonné, de Jonas, qui avait dû céder à Matraque sa place sur l\u2019encolure de Djaoulia.Et comme pour accomplir leur devoir, les exempts, gendarmes et archers devaient accrocher au gibet le prisonnier fait par eux, le barbier-étuviste de la rue du Pet-au-Di able paya pour l\u2019absent et gagna l\u2019autre monde, ou du moins en prit le chemin, au bout d\u2019une corde.\u201cA Suivre\u201d 91 20 LE SAMEDI Vol.âû, Ko il, Montréal, 24 Août ISIS SI VOUS SOUFFREZ, LISEZ LES TÉMOIGNAGES QUI SUIVENT.- VOUS Y RECONNAITREZ VOTRE MALADIE ET APPRENDREZ QUE L\u2019EMPLOI DES de la Compagnie Chimique Franco-Américaine est le moyen de vous guérir \u201cAyant été affaiblie par la famille et le travail, Je fus durant plusieurs mois traînante, sujette à des maux de tête, de dos, de reins: la moindre occupation m\u2019obligeait à beaucoup d\u2019efforts et, malgré foute ma bonne volonté, beaucoup des soins de mon ménage étalent mis de côté.Je me mis un Jour à prendre des Pilules Rouges qui me ranimèrent promptement et diminuèrent mes douleurs.C\u2019était ma guérison qui s\u2019opérait.En effet, à la quinzième boîte de Pilules Rouges Je ne m\u2019étais jamais sentie aussi bien, ni aussi vigoureuse.\u201d \u2014 Mme Louis Picard, 67 rue Saint-Jean, Qué.\u201cLes Pilules Rouges m\u2019ont ramenée à la santé a-lors que j\u2019étais d\u2019une très grande faiblesse et que je devais rester au lit continuellement.Je souffrais beaucoup aussi de mauvaise digestion, de maux de tête et de douleurs internes.En dépit des remèdes que j\u2019employais, mon état ne s\u2019améliorait pas.Enfin, je me mis à prendre des Pilules Rouges qui après m\u2019avoir donné des forces ont fait disparaître les douleurs que j\u2019avais et m\u2019ont procuré la santé dont je jouis encore.\u201d \u2014; Mme Arthur Laporte, 358 rue Iberville, Montréal.\u201cQuand se montrèrent les symptômes de l\u2019âge critique, j\u2019eus des Inquiétudes pour ma santé future, car je sentais que ma robuste constitution perdait de sa vigueur.Je faisais péniblement mon travail ordinaire que je considérais auparavant comme une simple distraction.On me recommanda les Pilules Rouges de la Compagnie Chimique Franco-Américaine et je me mis à en prendre.Mes forces furent promptement rétablies et ce que j\u2019avais à souffrir disparut.Depuis ce temps, c\u2019est-à-dire deux ans, je me porte très bien.\u201d \u2014 Mme A.Bouliane, 32 rue Bagot, Saint-Sauveur, Qué.\u201cPendant ma jeunesse, j\u2019ai eu à souffrir de débilité et des maladies qui accompagnent généralement 3a formation de la jeune fille, tels que lassitude, maux de tête, vertiges, palpitations, irrégularités.On me fit prendre des Pilules Rouges de la Compagnie Chimique Franco-Américaine et en peu de temps ma santé changea.J\u2019avais acquis l\u2019entrain, la vigueur de mon âge et je me portais très bien.Depuis ce temps, j\u2019ai employé les Pilules Rouges quand il m\u2019a fallu réparer les forces perdues et elles m\u2019ont parfaitement réussi toujours.\u201d \u2014 Mme H.Pagé, Day ville, Conn.\u201cUn dérangement Interne me faisait souffrir depuis trois ans et malgré les soins de plusieurs médecins, le mal ne cessait pas.Parfois, j\u2019étais prise de douleurs assez fortes que je ne pouvais ni marcher ni bouger.Après ces crises je restais encore plus faible.J\u2019avais pris tant de remèdes que je n\u2019avals plus confiance dans aucun et je ne sais pourquoi je me suis mise à prendre des Pilules Rouges.Je fus toute surprise de me trouver mieux après quelques semaines et très joyeuse de voir ma santé se rétablir en continuant l\u2019emploi de ce remède.\u201d \u2014 Mme Joseph Laver-gne, 194, rue Notre-Dame, Hull, Qué.\u201cEpuisée par un surmenage continuel et la famille, je n\u2019en pouvais plus.J\u2019aurais pu toujours dormir; cependant, j\u2019étais si nerveuse que je ne reposais jamais très bien.J\u2019ai pris des Pilules Rouges qui m\u2019étalent beaucoup recommandées et leurs bons effets lurent prompts.L\u2019appétit me revint; chaque jour je me sentais des forces plus grandes.Je me remis parfaitement.\u201d \u2014 Mme L.Brière, 606 rue Alma, MontréaL CONSULTATIONS GRATUITES au No 274 rue SainifOenis, tous Ses jours, excepté les dimam= ches et jours de fête, de 9 heures du matin à S heures du soir, durant la saison d\u2019été.Les fem= mes malades qui ne peuvent venir voir notre médecin sont invitées à lui écrire.Les Pilules Rouges sont en vente chez tous les marchands de remèdes au prix de SQe une hotte, 5.\t- .5© six hottes.Elles ne sont jamais vendues au cent, toujours en bottes.Si vous ne pouvez vous les procurer dans votre localité, écrivez-nous, nous vous les enverrons sur réception du prix.Toutes les lettres doivent être adressées: COMPAGNIE CHIMIQUIE FRANCO-AMERICAINE, limitée, 274.,\true Saint-Denis,\tMontréaL N.B.*= Malgré la guerre le prix des Pilules Rouges n\u2019a pas augmenté.Se méfier des marchands qui demandent pour les Pilules Rouges un prix plus élevé que celui Indiqué ci-haut. Vol.3», No 11, Montréal, 24 Août 1918 LE SAMEDI 2T L\u2019OISEAU MAGIQUE Julien fabriquait des cages qu\u2019il allait proposer de village en village, mats son petit commerce n\u2019était pas prospère.Malgré cela* comme il était jeune et gai, c'était toujours en chantant qu\u2019il parcourait les routes, trouvant encore le moyen de partager son morceau do pain avec un mendiant.Un jour que, le ventre creux, il cheminait silencieux la lisière d\u2019un bois, il vit un riche seigneur assis devant un splendide festin, dans un parc.Quoique bien tenté par ces appétlssa.n les victuailles, H hésitait a s'approcher, car il était trop fier pour dénia nd or 1 \u2019 auim ôn e.il lui dit: \u201c\u2014Je ne t'achèterai pas cette cage parce que je n\u2019en aurais pas l\u2019emploi, mais je vais te faire présent d\u2019un pensionnaire pour elle, qui t\u2019évitera la peine d'en fabriquer d\u2019autres.\u201cA la condition toutefois qu\u2019aucune ambition ne te décide à te séparer de lui.\u201d Et, soufflant dans un sifflet d\u2019or qui pendait A son cou, il appela un drôle d\u2019oiseau, blanc comme la neige, qui vint se poser sur un des barreaux de la cage.L© pauvre Julien croyait qu\u2019on se moquait de lui, mais son estomac lui faisait sentir de plus en plus sa tyrannie.Il pen*a qu\u2019un bon repas comme celui que venait de faire le seigneur devant ses yeux ferait bien so® affaire et il prononça les paroles magiques: \u201cBlanc- de-nelge, comble mon désir.' Aussitôt un festin, comme il n\u2019en avait jamais vu, se dressa devant lui.Quel régal pour le pauvre garçon! Les pâtés les plus succulents, les volailles truffées et les vins exquis, tout cela fut engouffré en un rien de temps.nlfetfail Stt 1* *V S.Bn un clin ri\u2019oeil, ses vieux habits disparurent et il se vit vêtu d\u2019un riche entame de velours cramoisi, avec parements en drap d\u2019or.Aussi élégamment ] lé il ne pouvait plus décemment aller à pied.Une voiture @1 un fhevafl étaient Indispensables, Ce'fut encore un jeu pour Blanc-de-neige.qui Ici procura aussitôt un cheval et un joli petit cabriolet.Ainsi équipé, il partit au hasard devant lui, ayant son fidèle oiseau.sur la voiture.Mais, i\\ co moment, le seigneur aperçut le malheureux Julien, dont la mine lisait assez les privations.Il se dirigea vers lui et.apprenant que.tiraillé par la faim, il n\u2019avait* rien voulu demander et que c'était un honnête travailleur que la chance n\u2019avait pas servi.\u201d\u2014iMaiinitenant, dit le seigneur, qui était un magi_ cien, quand tu voudras quelque chose, tu n\u2019auras qu\u2019à dire: \u2018Blanc-de-neige, comble mon désir, et tu seras immédiatement satisfait.\u201d Une fois son estomac satisfait, Julien pensa que ®ea habits étaient bien usés et qu\u2019un coutume de velours cramoisi lui irait aussi bien qu\u2019aux riches et élégants jeunes gens.S'adressant donc à son oiseau, il lui ex-exiprima son voeu.Il arriva bientôt devant unie superbe demeure oû 11 vit une brillante réunion prête au plaisir, mala paraissant désappointée de quelque chose.S\u2019étant approché.on lui dit que le vieux, châtelain célébrait »es fiançailles, ma 1k que l'orchestre qui devait faine danser les Invités n'était pas venu.\t(A suivre) 28 LE SAMEDI Vol.®>, No 11, Montréal, 84 Août 1918 u.nîii-11 III.;»\u2014.CThiii «.»\u2014 liliLtii H LE BOUCHON DE CRISTAL PAR MAURICE LEBLANC ii'M LE_S AVENTURES ARSÈNE LUPIN VI LA PEINE DE MORT No S (Suite) RESUME DES PRECEDENTS NUMEROS A la villa Marie-Thérèse, un vol suivit d'un crime, a.été commis par Lupin et sa 'bande.Lupin, par un truc ingénieux, fit prendre ses complices et se sauve, en leur promettant de les libérer plus tard.Après avoir échappé à la policed Lupin né perd pas son temps, c\u2019est alors, qu\u2019il -découvre peu & peu, après mille déceptions, l'intrigue du bouchon de cristal, et pour une cause commune, il s\u2019allie ses ennemis, pour combattre (le député Dauibrecq- \u2022\u2014Ma cliente occasionnelle.Je ne la connaissais Jpas avant d\u2019avoir été appelé auprès d\u2019elle, tantôt, dans des circonstances part ieu 1 ièrement tragiques.\u2014'Elle est malade?\u2014Mme Mergy s\u2019est empoisonnée.\u2014Hein ! Daubreeq avait eu un sursaut, et il reprit, sans dissimuler son trouble : \u2014Hein! que dites-vous?empoisonnée;! morte, peut-être?\u2014Non, la dose n\u2019était pas suffisante.Sauf complications, j\u2019estime que Mme Mergy est sauvée.Daubreeq se tut, et il resta immobile, la tête tournée vers Lupin.\u2014Me regarde-t-il ?A-t-il les yeux fermés?se demandait Lupin.Cela le gênait- terriblement de ne pas voir les yeux de son adversaire, ces yeux que cachait le double obstacle, des lunettes et d\u2019un lorgnon noir, des yeux malades, lui avait dit Mme Mergy, striés et bordés de sang.Comment suivre, sans voir l\u2019expression d\u2019un visage, la marche secrète des pensées?C\u2019était presque se battre contre un ennemi dont l\u2019épée serait invisible.Daubreeq reprit, au bout d\u2019un instant: \u2014Alors Aime Mergy est sauvée.Et elle vous envoie vers moi.Je ne comprends pas bien.Je connais à peine cette dame.\u2014Voilà le moment délicat, pensa Lupin.Allons-y.Et, d\u2019un ton de bonhomie, où perçait l'embarras de quelqu\u2019un qui est timide, il prononça: \u2014Mon Dieu, monsieur Le député, ii y a des cas où le devoir d\u2019un médecin est très compliqué.très obscur'.ei vous jugerez peut-être qu\u2019en accomplissant auprès de vous cette démarche.Bref, voilà.Tandis quie< je la soignais, Mme Mergy a tenté une seconde fois de s\u2019empoisonner.Oui, le flacon se trouvait, par malheur, à portée de sa.main.Je le Lui ai arraché, Il y a eu lutte entre nous.Et dans le délire de la fièvre-, à mots entrecoupés, elle mb, dit: * C\u2019est lui.c\u2019est, lui.Daubreeq.le député.Qu\u2019il me rende mon fils.Dites-lui ça.Ou bien je veux mourir.oui, tout de suite.cette nuit.Je veux mourir.\u201d Voilà, monsieur le député.Alors j\u2019ai -pensé que je devais vous mettre au courant.Il est- certain qu\u2019en l\u2019état d\u2019exaspération où se-trouve cette dame.Bien entendu, j\u2019ignore le sens exact- de ses paroles.Je n\u2019ai interrogé personne.Je suis venu directement-, sous une mi pulsion spontanée.Daubreeq réfléchit, assez longtemps et dit: \u2014'Somme toute, docteur, vous êtes venu me demander si je savais où est cet enfant .que je suppose disparu, n\u2019est-ce pas?\u2014Oui.\u2014Et au das où je le saurais, vous le ramèneriez à sa mère?Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des gens de lettres.Commencé dans le No du 8 Juin 1918.\u2014Oui.Un long si!» nce encore, Lupin se disait: \u2014Est-ce que par hlasard ii goberait cette histoire-la?La menace de cette mort suffirait-elle?Non, voyons.ce n\u2019est pas possible.Et cependant.cependant.il a l\u2019air d\u2019hésiter.\u2014Vous permettez?dit Dauibrecq, en approchant de lui l\u2019appareil téléphonique qui ge dressait sur la table.C\u2019est pour une communiait ion urgente.\u2014Faites donc, monsieur le député.Daubreeq appela : \u2014Allô.Mademoiselle, Voulez-vous me donner le 822.19?il répéta le numéro, et attendit sans bouger.Lupin sourit : \u2014La préfecture de Police?n\u2019est-ce pas?Secrétariat général.\u2014En effet, docteur.Vous Savez donc?\u2014'Oui, comme médecin légiste, il m\u2019a fallu quelquefois téléphoner.Et au fond de lui, Lupin se demandait.\u2014Que diable tout cela veut-il dire?Le secrétaire général, c\u2019est Prasville.Alors quoi ?Daulbrec plaquia les deux récepteurs à ses oreilles, et articula: \u2014Le 822.19?.Je voudrais le Secrétaire général, M.Prias-ville.Il n\u2019est pas là?.Si, si, il est toujours dans son cabinet à cette heure-ci.Dites-lui que c\u2019est de la part de M.iDaii-breoq.M.Daubreeq, député.une communication de la plus haute importance.\u2014Je suis peut-être indiscret?.fit Lupin.\u2014'Nullement, nullement, docteur, assura Daubreeq.D\u2019ailleurs cette communication n\u2019est pas sans un certain rapport avec votre démarche.Et, s\u2019interrompant: \u2014Allô.Monsieur Prasville?.Ah! c\u2019est toi, mon vieux Prasville.Eh bien, quoi, tu semblés interloqué.Oui, c\u2019est vrai, il y a longtemps qu\u2019on ne s\u2019est vu tous deux.Mais au fond, on ne s\u2019est, guère-quitté par la pensée.Et j\u2019ai même eu, très souvent, ta visite et celle de tes artistes.Pendant mon absence, il est vrai.Mais, n\u2019est-ce pas.Allô.Quoi?Tu es pressé ?Ah! -le te demande pardmi.Moi aussi d\u2019ailleurs.Donc, droit an luit.C\u2019est un petit service que je veux te rendre.Attends donc, animal.Tu ne le regretteras pas.Il y va de ta gloire.Allô.Tu m\u2019écoutes?Eh bien, prends une demi-douzaine d\u2019hommes avec toi.Ceux de la Sûreté plutôt, que tu trouveras à lia permanence.'Sautez dans deux autos, et rappliquez ici en quatrième vitesse.Je t\u2019offre un gibier de choix, mon vieux.un seigneur de la haute.Napoléon lui-même.Bref, Arsène Lupin.Lupin bondit sur ses jambes.Il s\u2019attendait à tout, sauf à ce dénouement.Mais quelque chose fut plus fort en lui que la surprise, un élan de toute sa nature- qui lui fit dire, en riant: \u2014Ah ! bravo ! bravo ! Daubreeq inclina la tête en signe de remerciement, et murmura : \u2014Ce n\u2019est- pas fini.Un peu de patience encore, voulez-vous?Et il continua: \u2014Allô.Prasville.Quoi?.Mais non, mon vieux, ce n\u2019est pas une fumisterie.Tu trouveras Lupin ici, en face de moi, dans mon bureau.Lupin qui me traçasse comme les autres.Oh! un de plus, un de moins, je m\u2019en moque.Mais,tout de même, celui-ci y met de l\u2019indiscrétion.Et j\u2019ai recours à ton amitié.Débarrasse-moi de cet individu, je t\u2019ien prie.Avec une demi-douzaine de tes sbires, et les deux qui font le .pied de grue devant ma maison, ça suffira.Ah ! .pendant que tu y seras, monte au troisième étage, tu cueilleras ma cuisinière.C\u2019est la fameûse LE SAMEDI Vol.90, No 11, Montréal, L\u20194 Août 1918 29 Vutoire.Tu su s?La vieille nourrice du sieur Lupin.Et puis, tiens, encore un renseignement.Faut-il que je t\u2019aime?Envoie donc une escouade rue Chateaubriand, au coin de la rue Balzac.C est là que demeure notre Lupin national, sous le nom de Michel Beaumont*.Compris, vieux?Et maintenant, à la besogne.Secoue-toi.\t° Lorsque Daubrec tourna la tête, Lupin se tenait debout, les poings crispés.Son élan d\u2019admiration n\u2019avait pas résisté à la suite du discours, et aux révélations faites par Daubrecq sur Victoire et sur le domicile de la rue Chateaubriand.L\u2019humiliation était trop forte, et il ne songeait guère à jouer plus longtemps les médecins de petit* ville.11 n\u2019avait qu\u2019une idée, ne pas s\u2019abandonner à l\u2019aeçès de rage formidable qui le poussait à foncer sur Daubrecq comme le taureau sur l\u2019obstacle.Daubrecq jeta une espèce de gloussement qui, chez lui, singeait le rire.11 avança en se dandinant, les mains aux poches de son pantalon, et scanda: \u2014N 'est-ce pas?tout est pour le mieux de la sorte?Un terrain déblayé, une situation nette.Au moins, l\u2019on y voit clair.Lupin contra Daubrecq, un point c\u2019est tout.Et puis, que de temps gagné! Le docteur Vernes, médecin légiste, en aurait eu pour deux heures à dévider son écheveau! Tandis que comme ça, le sieur Lupin est obligé de dégoiser sa petite affaire en trente minutes.sous peine d\u2019être saisi au collet et de laisser prendre ses compliiras.Quel coup de caillou dans la mare aux grenouilles! Trente minutes, pas une de plus.D'ici trente minutes, il faudra vider les lieux, se sauver comme un lièvre, et fiche le camp à la débandade.Ah! ah! ce que c\u2019est rigolo! Dis donc, Po-lonius vrai, tu n\u2019as pas de chance avec Bibi Daubrecq! Car c\u2019était bien toi qui te cachais derrière ce rideau, infortuné Polonais?Lupin ne bronchait pas.L\u2019unique solution qui l\u2019eût apaisé, c\u2019est-à-dire l\u2019étranglement immédiat de l\u2019adversaire, était trop absurde pour qu\u2019il ne préférât point subir, sans riposter, des sarcasmes qui, pourtant, le cinglaient comme des coups de cravache.C\u2019était la seconde fois, dans la même pièce et dans des circonstances analogues, qu\u2019il devait courber la tête devant ce Daubrecq de malheur, et garder en silence la plus ridicule des postures.Aussi avait-il la conviction profonde que,«s\u2019il ouvrait la bouche, ce serait pour cracher au visage de son vainqueur des paroles de colère et des invectives.A quoi bon ?L\u2019essentiel n\u2019était-il pas d'agir de sang-froid, et de faire les choses que commandait une situation nouvelle?\u2014Eh bien! eh bien! monsieur Lupin?reprenait le député, vous avez Pair tout déconfit.Voyons, il faut se faire une raison et admettre qu\u2019on peut rencontrer sur son chemin un bonhomme un peu moins endeuille que ses contemporains.Alors vous vous imaginiez que, parce que je .porte binocle et besicles, j\u2019étais aveugle?Dame! je ne 'dis pas que j'aie deviné sur-le-champ Lupin derrière Polonius, et Polonius derrière le monsieur qui vint m'embêter dans la baignoire du Vaudeville.Non.Mais, tout de même, ça me tracassait.Je voyais bien qu\u2019entre la police et Mme Mergy il y avait un troisième larron qui essayait de se faufile]-.Alors, peu à peu, avec des mots échappés à la concierge, en observant les allées et venues de la cuisinièreyen prenant sur elle des renseignements aux bonnes sources, j\u2019ai commencé à comprendre.Et puis, l\u2019autre nuit, ce fut le coup de lumière.Quoique endormi, j\u2019entendais le tapage dans l\u2019hôtel.J\u2019ai pu reconstituer l\u2019affaire, j\u2019ai pu suivre la trace de Mme Mergy jusqu\u2019à la rue Chateaubriand d\u2019abord, ensuite jusqu\u2019à Saint-Germain.Et puis.et puis, quoi! j\u2019ai rapproché les faits.le cambriolage d\u2019Enghien, l\u2019arrestation de Gilbert.le traité d\u2019alliance inévitable entre la mère éplorée et le chef de la bande.la vieille nourrice installée comme cuisinière, tout ce monde entrant chez \u2022moi par les portes ou- parles fenêtres.J\u2019étais fixé.Maître Lupin reniflait autour du pot aux roses.L\u2019odeur des vingt-sept l\u2019attirait.Il m\u2019y avait plus qu\u2019à attendre sa visite.L\u2019heure est arrivée.Bonjour, maître Lupin.Daubrecq fit une pause.Il avait débité son discours avec la satisfaction visible d'un homme qui a le droit de prétendre à l\u2019estime des -amateurs les plus difficiles.Lupin se taisant, il tira sa montre.\t.___Eh t eh ! pim, que vingt-trois nr mîtes ! Gomme le temps mar-, che! si ça continue, on n\u2019aura pas le loisir de s\u2019expliquer.Et, s\u2019approchant encore de Lupin : \u2014Tout de même, ça me fait de la peine.Je croyais Lupin un autre monsieur.Alors, au premier adversaire un peu sérieux, le colosse s'effondre.Pauvre jeune homme.Un verre d\u2019eau pour vous remettre?Lupin n\u2019eut pas un mot, pas un geste d\u2019agacement.Avec un flemne parfait, avec une précision de mouvements qui indiquait sa'maîtrise absolue et la netteté du plan de conduite qu il avait adopté, il écarta doucement Daubrecq, s\u2019avança vers la table et, a son tour, saisit le cornet du telephone.Il demanda: \u2014S\u2019il vous plaît, mademoiselle, le 565.34.Ayant obtenu le numéro, il dit d\u2019une voix lente, en détachant chacune des syllabes: \u2014Allô.Je suis rue Chateaubriand.C\u2019est toi, Achille?.Oui, c\u2019est, moi, le patron.Ecoute-moi bien, Achille.0 faut quitter l\u2019appartement.Allô?.oui, tout de suite.la police doit venir d\u2019ici quelques minutes.Mais non, mais non, ne t\u2019effare pas.Tu as le temps.Seulement, fais ce que je te dis.Ta valise est toujours prête?.Parfait.Et l\u2019un des casiers est resté vide, comme je te l\u2019ai dit?Parfait.Eli bien, va dans ma chambre, rnets-toi face à la cheminée.De la main gauche appuie sur la petite rosace sculptée qui orne la plaque de -marbre, sur le devant, au milieu; et de la ma n droite, sur le dessus de la cheminée.Tu trouveras là comme un tiroir, et dans ce tiroir, deux cassettes.Fais attention.L\u2019une d\u2019elles contient tous nos papiers, l\u2019autre des billets de banque et des bijoux.Tu les mettras toutes les deux dans le casier vide de la valise.Tu prendras la valise à la main, et tu viendras à pied, très vite, jusqu\u2019au coin de l'avenue Montespan.L\u2019auto est là, avec Victoire.Je vous y rejoindrai.Quoi?mes vêtements?mes bibelots?Laisse donc tout ça, et file au plus vite.A tout à l\u2019heure.Tranquillement, Lupin repoussa le téléphone.Puis il saisit Daubrecq par le bras, le fit asseoir sur une Chaise voisine de la sienne, et lui dit: \u2014Et maintenant, écoute-nxoi.\u2014'Oh! oh! ricana le député, on se tutoie?-\u2014Oui, je te ,1e permets, déclara Lupin.Et connue Daubrecq, dont, il n'avait pas lâché le bras, se dégageai! avec une certaine méfiance, il prononça: \u2014Non, n\u2019aie pas peur.On ne se battra pas.Nous n\u2019avons rien à gagner ni l\u2019un ni l\u2019autre ày nous démolir.Un coup de couteau?Pourquoi faire?Non.Des mots, rien que des mots.Mais des mots qui portent.Voici les miens.Ils sont catégoriques.Réponds de même, sans réfléchir.Ça vaut mieux.L\u2019enfant?\u2014Je liai.\u2014Rends-le.\u2014Non.\u2014Mme Mergy se tuera.\u2014Non.\u2014Je te dis que si.\u2014J\u2019affirme que non.\u2014Cependant elle l\u2019a déjà tenté.\u2014C\u2019est justement pour cela qu\u2019elle ne tentera plus.\u2014Alors ?Lupin reprit, après un instant: \u2014Je m\u2019y at (tendais.De même, je pensais bien, en venant ici, que tu ne couperais pas dans l\u2019histoire du docteur Vernes, est qu\u2019il me faudrait employer d\u2019autres moyens.\u2014Ceux de Lupin.\u2014Tu l\u2019as dil .J\u2019étais résolu à me démasquer.Tu l\u2018as fait toi-même.Bravo.Mais ça ne change rien à mes projets.\u2014Parle.Lupin sortit d'un carnet une double feuille de papier-ministre, qu'il déplia et tendit à Daubrecq en disant: \u2014Voici ! inventaire exact et détaillé, avec numéros d\u2019ordre, des objets qui furent enlevés par mes amis et par moi dans ta villa Marie-Thérèse sise sur les bords du lac d\u2019Enghien.Il y a, comme tu vois, cent treize numéros.Sur ces cent treize objets, il y en a soixante-huit, ceux dont les numéros sont marqués d\u2019une croix rouge, qui ont été vendus et expédiés en Amérique.Les autres, au nombre par conséquent de quarante-cinq, restent en ma.possession.jusqu\u2019à nouvel ordre.Ce sont d\u2019ailleurs les plus beaux.Je le les offre contre la remise immédiate de l\u2019enfant, Daubresq ne put retenir un mouvement de surprise.\u2014Oh! oh! fit-il, comme U faut que tu y tiennes! \u2014Infiniment, dit Lupin, car je suis persuadé qu\u2019une absence plus longue- de son fils, c\u2019est la mort pour Mme Mergy.\u2014Et cela te bouleverse, Don Juan?\u2014'Quoi ?Lupin se planta devant lui et répéta: \u2014Quoi ! Qu\u2019est-ce que tu veux dire?\u2014Rien.rien.une idée.Clarisse Mergy est encore jeune, jolie.Lupin haussa les épaules.\u2014Brute, va ! mâchonna-t-il, tu t\u2019imagines que tout le monde est comme toi, sans coeur et sans pit ié.Ça te suffoque, hein, qu\u2019un bandit de mon espèce perde son temps à jouer les Don Quichotte?Et tu te demandes quel sale motif peut bien me pousser?Cherche pas, c\u2019est en dehors de ta compétence, mon bonhomme.Et réponds-moi plutôt.Acceptes-tu?\u2014C\u2019est donc sérieux?interrogea Daubrecq, que le mépris de-Lupin ne semblait guère émouvoir.\u2014Absolument, Les quarante-cinq objets sont dans un hangar, 30 LE SAMEDI Vol.«0, No 11, Montrâtl, 24 Août 1918 dont je te donnerai l'adresse, et ils te seront délivrés, si tu t'y présentes ce soir à neuf heures avec l\u2019enfant.Lo réponse de Daubrecq ne faisait pas de doute.I/enlèvement du petit Jacques n\u2019avait été pour lui qu'un moyen d\u2019agir sur Clarisse Mergy, et peut-être aussi un avertissement quelle eût à cesser la guerre entreprise.Mais la menace d\u2019un suicide devait nécessairement mont rer a Dauhreeq qu\u2019il faisait fausse route.En cas pourquoi refuser le marclié si avantageux que lui proposait Arsène Lupin?\u2014d\u2019accepte, dit-il.\u2014Aro:ci l\u2019adresse de mèn hangar: 95.rue-Char\u2019es-Laffitte.à Xcuilly.Tu n\u2019auras qu'à sonner.\u2014Si j'envoie ]e secrétaire général Pnasville à ma place?\u2014-Si tu envo es -Prasville, déclara Lupin, l\u2019endroit est disposé de telle façon que je le verrai venir, et que j\u2019aurai le temps de me sauver, non sans avoir mis le feu aux hottes de foin et de paille qui entourent et qui dissimulent tes consoles, tes pendules et tes vierges gothiques.\u2014-Mais ton hangar sera brûlé.\u2014*Ce!a m\u2019est égal.La police le surveille déjà.En tout état de cause, je le quitte.\u2014Et qui m\u2019assure que ce n\u2019est pas un piège?\u2014Commencé par prendre livraison de la marchandise, et ne rends l\u2019enfant qu\u2019après.J\u2019ai confiance, moi.\u2014Allons, dit Daubrecq, tu as tout prévu.Soit, tu auras le petit.la belle Clarisse vivra, et nous serons tous heureux.Maintenant, si j a un conseil :i te donner, c'est de déguerpir, et presto.\u2014Pas encore.\u2014Hein?.\u2014J\u2019ai dit pas < ncore.-Mais tu es fou, Prasville est en mute.\u2014Il at'ttendra.je n'ai pas fini, \u2014Comment! comment! qu\u2019est-ce qu.\u2019il te faut encore?Clarisse aura son moutard.C-a ne te suffit pas?\u2014Non.\u2014Pourquoi ?\u2014P: reste un autre fils.\u2014( > i Ibert ?\u2014Oui.\u2014Eh bien! \u2014Je Se demande de sauver Gilbert ! \u2014\u2018Qu\u2019est-ce que tu dis?Moi sauver Gilbert! \u2014Tu le peux, il te suffit de quelques démarches.Danbrecq qui, jusqu\u2019ici, avait gardé tout son calme, s\u2019emporta brusquement, et, frappant, du poing: \u2014\u2018Non! ça, non! jamais! ne compte pas sur moi.Ah! non.ce sera trop idiot ! Il s\u2019était mis à marcher avec une agitation extrême et de son pas si bizarre, qui e balançait de droite et de gauche sur chacune de ses jambes, comme une bête sauvage, un ours à l\u2019allure inhabile et \u2018lourde.Et la voix rauque, le masque convulsé, il s\u2019écria: \u2014Qu\u2019elle vanne ici! qu\u2019elle vienne implorer la grâce de son fils! Mas qu\u2019elle \\ ienne sans arme et sans dessein criminel, comme la dernière fois ! Qu Vie vienne en suppliante, en femme domptée, soumise et qui comprend, qui accepte.Et alors on verra.Gilbert?La condamnation de Gilbert?L\u2019échafaud ?mais toute ma force est là! Quoi ! voilà plus de vingt années que j\u2019attends nfon hqnre, et c\u2019est quand elle sonne, quand le hasard m\u2019apporte cette Chance inespérée, quand je vais connaître enfin la joie de la revanche complète.et quelle revanche!.c\u2019est, maintenant que je renoncerais à cela, à cette chose que je poursuis depuis vingt ans.Je sauverais Gilbert, moi, pour rien! pour l'honneur! moi, Daubrecq!.Ah! non,, non, tu ne m\u2019as pas regardé.U riait d\u2019un rire a'bominab\u2019e et féroce.Visiblement, il apercevait en face de lui, à portée de sa main, la proie qu\u2019il pourchassait depuis si !ongt mps.Et Dupin évoqua aussi Clarisse, telle qu\u2019il l\u2019avait vue plusieurs jours auparavant, défaillante, vaincue déjà, fata'emenf conquise, puisque toutes les forces ennemies se liguaient contre elle.Se contenant 1 dit : -\u2014\u2018Ecoute-moi.Et connu- Daubrecq, ilmpatienté» se dérobait, i le prit par les deux épaules avec ce te puissance surhumaine que Daubrecq connaissait pour l\u2019avoir éprouvée dans la baignoire du Vaudeville, et, l\u2019inpnabiüsant, il articula: \u2014-Un dernier mot.\u2014Tu perds ton latin, bougonna le député.\u2014Un dernier mot.Ecoute.Daubrecq, oublie Mme Mergy, renonce à toutes les bêtises et à toutes les imprudences que ton amour et que tes passions te font commettre, écarte tout cela, et ne pense qu'à ton intérêt.\u2014Mon intérêt)! plaisanta Daubrecq, il est toujours d\u2019accord avec mon amour-propre et avec ce que tu .appelles mes passions.\u2014Jusqu\u2019il i peut-être.Ma s plus maintenant, plus maintenant que je suis dans l\u2019affaire.U y.a là un élément nouveau que tu négliges.C\u2019est un tort.Gilbert est mon coînplice.Gilbert est mon ami.- Il faut que Gilbert soit sauvé de l\u2019échafaud.Fais eda, use de ton influence.Et je te jure tu entends, je te jure que nous te laisserons tranquille.Le salut de Gilbert, voilà tout.Plus de luttes à soutenir contre Mme Mergy.contre moi.Plus de pièges.Tu seras maître de te conduire à ta guise.Le salut de Gilbert, Daubrecq.Sinon.\u2014Sinon, la guerre, la guerre implacable, c\u2019est-à-dire, pour to;, la défaite certaine.\u2014Ce qui signifie?\u2014Ce qui signifie que je te reprendrai la liste des vingt-sept \u2014Ah bas ! tu crois?\u2014Je le jure.\u2014Ce que Prasville et toute sa c\u2019ique, ce que Clarisse Mergy-, ce que personne n\u2019a pu faire, tu le feras, toi ?\u2014Je le -ferai.-\u2014Et pourquoi?En l\u2019honneur de quel saint réussiras-tu où tout le -monde a échoué?Il y a donc une raison.Il s'était mis à marcher avec une agitation extrême.;ev' q , \u2019-CW- y.N \u2014-( lui.\u2014Laquelle,?-Je m\u2019appelle Arsine Lupin.Il avait lâché Daubrecq, mais i le maintint quelque temps sous son regard impérieux et sous la domination de sa volonté.A la fin Daubrecq se redressa, lui tapota l\u2019épaule «petits coups secs, et, avec e même calme, la même obstination rageuse, pro-nonça: \u2014Moi.je m\u2019appelle Daubrecq.Toute ma vie n\u2019est qu\u2019une balai V acharnée, une suite de catastrophes et de débâcles où j\u2019ai dépensé tant d\u2019énergie que la victoire est venue, la victoire com-p ète, définitive, nsolente, irrémédiable.J\u2019ai contre moi toute la pu i-e, tout le gouvernement, toute la France, le monde entier.Qu\u2019est-ce que tu veux que ça me fiche d\u2019avoir contre moi, pardessus le marché, M.Arsène Lupin?J\u2019irai plus loin: plus mes enm mis sont nombreux et habiles ,e,t plus cela m\u2019oblige à jouer serré.Et c\u2019est pourquoi, mon excellent monsieur, au lieu de vous faire arrêter, comme je l\u2019aurais pu.oui, comme je l\u2019aurais pu, ci en toute facilité., je vous laisse le champ libre,.et vous rappelle eharitab\u2019ement qu\u2019avant trois minutes il faut me débarrasser le plancher.\u2014Donc, c\u2019est non?\u2014C\u2019est non.\u2014Tu ne feras rien pour Gilbert?(À suivre) Vol.30, No il, Montréal, 34 Aofit I9ig LE SAMEDI 81 PROSTRATION NERVEUSE Mlle Kelly guérie par le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham.Newark) N.J.\u2014\u201cJ\u2019ai eu une prostration serveuse, trois ans, et j\u2019étais si fai* ble que je pouvais à peine me tenir debout.J\u2019essayais tout, et j\u2019ai été 60us traitement de médecin deux ans.Une amie avait pris le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham et m\u2019en parla.Dès la première journée, je commençai à me sentir mieux, et je suis parfaitement bien maintenant.Je puis faire tout genre d\u2019onvrage.Depuis, je recommande toujours le Composé, et vous autorise à publier cette lettre.\u201d\u2014Mlle «LO.KSLLY, 476 3.14e rue, Newark, N.J.Le succès du célèbre remède aux racines et herbages, le Composé Végétal de Lydia B.Pinkham, dans le cas de Mlle Kelly, provient de ce qu\u2019il atteint le mal à sa racine ; sa santé est redevenue normale,etsa nervosité est disparue.S.¦¦ SIL-BO est sans égal pour la croissance sûre et rapide des Cils et Sourcils, les fait pousser, allonger e f épaissir en peu de temps.Eiwoyô par malle contra bon de poste ou timbres, prix : 33 cta.Ad: White Castle Drug Co, Box 2234, Montréal.(Méfiez-vous des imitations).Le REVEIL da BEBE est un indice infaillible de sôtt état de santé.S'il a bien dormi, il ouvrira les yeux avec joie à la lumière du matin; si son sommeil a été agité, douloureux il se réveillera abattu, irritable.Toute mère sage calmera leâ douleurs de son enfant et en fera disparaître la cause en lui donnant le SIROP «PANïS GAUVIN un remède inestimable dans tous les cas de dentition difficile, de coliques, de diarrhée, j de dysenterie, de choléra infantile, de manque de sommeil, etc.En Vente partout; 25 cts la bouteille Le, ,\tle* Cachets Gau vin Sirop Gaimn p?/RHUME e*t incomparable.Prix: 25 et» mT Mal de Tête «t les Anticar,, Met inestimable,.Prix : 25 cts Les mères peuvent aisément savoir quand leurs enfants souffrent des vers et elles ne perdent pas de temps eu appliquant le meilleur d-s remMes Mother Graves Worm Exterminator.H f: m \t\t vLire la représente couchée sur le côté.Espérons qu\u2019elle se relèvera, celle-là ou une autre dans un avenir prochain après la victoire définitive des alliés contre les barbares.POLIE TRANSPORTEE LE BEBE Parmi les inventions domestiques des plus récentes, un ingénieux euro p é e n vient d\u2019imaginer un appareil d\u2019une construction très facile et qui sans doute remplacera avec honneur, l\u2019ordinaire carosse de bébé.Comme noire gravure l\u2019indique, ce nouveau modèle de locomotion n\u2019est plus ou moins qu\u2019une chaise suspendue, dans le genre hamac, dans laquelle un enfant peut être attaché au moyen de courroies qui le tiennent suspendu entre le papa et la maman.Un autre avantage qu\u2019offre ce nouveau système, c\u2019est qu\u2019il n\u2019est pas encom-brant et qu\u2019il peut être facilement plié, de mnaière à ne pas nuire à qui que ce soit, lorsque l\u2019on monte ou descend des tramways.U ME AUTOMOBILE EAST MINIATURE La petite automobile que notre illustration reproduit est le résultat de plusieurs années de travail de la part de deux jeunes gens de la vil!*' de Brooklyn.* Ce nouveau véhicule d'agrément qui ne pèse que cent livres est cer-ta nement très puissant, puisqu\u2019il peut développer une vitesse de Irente-cinq milles à l\u2019heure en n\u2019utilisant qu\u2019un gallon de gazoline pour une telle distance.Sa première apparition fut, très goûtée du public, puisque tous lui décernèrent, le premier prix, à une parade qui eût lieu à Coney Island, à l\u2019occasion du Mardi-Gras, de la présente année.UNE COLOMBE DE LA PAIX Une colombe de la paix fleurie fut.celle que l\u2019on put admirer à une parade à Passadena.Faite de quinze mille fleurs, roses et ys, elle tenait une branche d\u2019olivier dans son 'bec.Notre gra- GRATIS A ceux qui souffrent de l\u2019Asthme lin remède domestique que n\u2019Importe quelle personne peut employer sans inconvénient ou perte de temps.Noua posséodns une nouvelle méthode qui gué-iit l'Asthme, et nous voudrions que vous l'essayez à nos frais.Qu\u2019Importe que votre cas soit très avancé ou qu\u2019il «oit de date récente; quand même 11 serait dégénéré en Fièvre du foin, ou en Asthme chronique, voua devrez nous demander un échantillon gratia de notre méthode.Quelque soit le climat où voua vivez, quelques soient votre âge et vos occupation», si vous souffrez de l\u2019Asthme, notre méthode voojs guériha promptement.Nous voulons tout spécialement l\u2019envoyer A ces prétendus oas d'aparence incurable, là ou toute sort» d\u2019inhalateurs, de douches, d« préparations à base d\u2019opium, d\u2019exhalaisons \u201cfumées patentées\u201d, etc., ont été sans succès.Nous voulons démontrer à chacun et à nos frais, que notre nouvelle méthode est destinée à mettre fin à la respiration difficile, entièrement asthmatique et à tous ces terribles paroxysmes, immédiatement «t pour toujours.Cette proposition gartuite est trop importante pour la refuser une seule Journée de plus.Ecrivez aujourd'hui et employez cette méthode «ans tarder.N\u2019envoyez pas d\u2019argent.Mallez simplement le coupon ci-dtîssous.Agissez aujourd\u2019hui.COUPON GRATIS CONTRE I/A8THMJÏÏ FRONTIER ASTHMA CO., Chambre 699T, Rues Niagara et Hudson, Buffalo, N.T.Envoyez un échantillon gratte dè votre méthode à : AVANT L\u2019ENTREE AU COUVENT \u2014Bientôt, j\u2019entrerai au couvent pour y poursuivre mes études.\u2014\u2018Il en.sera ainsi idie moi-même.\u2014Mais ce qui Inquiète mes parents, c\u2019est la cherté de la vie et spécialement des étoffes.\u2014Ce fut pour un moment une objection sérieuse à.mon entrée au couvent, mais après considération on a décidé que je devrais user mes vieilles robes.\u2014Oh! mais tu sais que le noir est de rigueur?\u2014En effet.C\u2019est pourquoi on envers teindre en noir mes robes de couleur chez Dechaux Frères, les célèbres teinturiers et nettoyeurs, 197 rue Ste-Ca-therine Est, entre Sangjinet et 'Ste-BMsabeth, du 710 Ste-Catherine Est, entre Pa.net et Visitation.(Demandez le catalogue gratis à l\u2019une ou l\u2019autre des deux adresses.) Venez fairs examiner vos dents par les DENTIST ES TltA N CO-A M ER 10AINS Prix excessivement abs Extraction des dents .sans douleurs au moyen de notre fameuse invention la Klf-C'AINE, 80 salons absolument privés d'une propreté parfaite suivant & la lettre les théories ,1', l'INSTITLI ROC K FELL, ER »t de ITN9-i 1 TUT PASTEUR.Tout ounirage garanti.\u2014Matériaux de pre-mlère cl asse.Dentistes diplômés -seulement.DENTISTES FRANCO-AMERICAINS 164, ST-OENIS Un peu plus bas que Ste-Catherine ISIIIIinmilIRIIlIlillIIIUIlIlHIIIIIHIIHIIIIllllHlillIIIHIlIlRItf sa LE SAMEDI Vcrl.30, Mo il, Montreal, 24 Août 1918 LA MALADIE DE ROGNONS CHEZ LES HOMMES SURTOUT EXERCE DES RAVAGES CONSIDÉRABLES De tous les remèdes supposés combattre cette affection, aucun lie vaut les Pilules Moro pour les hommes Témoignage de M.Adélard Aubry, 197 Champlain, Hull, Qué.SI l\u2019on disait à naïf pauvre homme que tout près de lui II y a une fortune, un trésor vérlta= Me, laissé pour lui, par un ami, ne croyez=vous pas que celul=là s\u2019empresserait de réclamer pa= reil héritage?Bien insensé serait l\u2019individu qui refuserait une telle aubaine.Quand on parle des Pilules Moro aux hommes impuissants et maladifs, il en est qui ne se don= nent même pas 3a peine de les essayer.C\u2019est pourtant là une fortune réelle et qui leur vau= dirait certainement plusieurs grosses pièces d\u2019or! Mais il faut toujours faire la part du ca= price humain comme aussi de l\u2019incrédulité.Tout de même, il faut bien finir par se rendre à^ l\u2019évidence, et devant certains témoignages ir= récusables, tout doute disparaît de lui=même.Tel est le cas pour ces héritages Inattendus qui nous arrivent par' surprise et que nous ©c= trole un testament inespéré.Il en est ainsi des effets toujours surprenants des Pilules Moro pour les Hommes, Geux=là qui sont affaiblis et meme malades, et qui ont la bonne fortune de prendre les Pilules Moro, ne peuvent ssempêcher d\u2019en reconnaître l\u2019efficacité.Peu importe ce qui vous afflige physiquement, la maladie qui vous menace ou ce dont vous souffrez déjà, nous pouvons vous assurer que les Pilules Moro vous procureront de nouvelles for= ces,^ feront disparaître tous les symptômes in= quiétants et vous guériront bien vite de tous vos troubles.Il y a bien des hommes malades, La plupart souffrent des reins.De fait, la maladie de ro= gnons^ est peut=être la plus commune chez eux.Or, voila justement où les Pilules Moro ont prou= vé leur supériorité, La maladie de rognons, chez les hommes sur= tout, exerce des ravages considérables.Elle cau= regrettables déperditions de force, de vita= Intend energie.C\u2019est un mal qui mine tout l\u2019or= gams me, affecte le système en général.De tous les remèdes supposés combattre cette triste affection, il n\u2019en est aucun qui soit radical comme les Pilules Moro, DI vaut toujours mieux enrayer le mal dès le debut.Quelques boutes de Pilules Moro, à une at=» taqus minime, exempteront bien des troubles et feront éviter bien des pertes de temps.Tout homme sérieux n\u2019attend pas pour se soi= gner.Dès qu\u2019il se sent mal disposé, il recourt aux Pilules Moro et s\u2019évite ainsi de multiples ennuis.Le témoignage suivant fait foi de l\u2019efficacité des Pilules Moro, et c\u2019en est une preuve entre milles \u201cJ\u2019étais depuis longtemps atteint d\u2019une maladie de rognons, fatigué par un gros mal de reins.Malgré tous les remèdes essayés, le mal augmentait et se faisait sentir jour et nuit.Je pouvais à peine marcher et j\u2019étais souvent obligé de perdre du temps à l\u2019ouvrage.J\u2019entendais beaucoup parier des Pilules Moro et je lisais leurs bons effets dans les journaux, c\u2019est ce qui me décida on jour d\u2019écrire au médecin de la Compagnie Médicale Moro.Je fus si encouragé par ses bons conseils que je n\u2019hésitai pas une minute à me procurer des Pilules Moro, qui m'étaient prescrites.L\u2019amélioration de ma santé qui s\u2019opéra bientôt fut si extraordinaire que ma confiance dans ce remède redoubla.Après quelques mois de traitement, j\u2019étais complètement guéri, Maintenant, quand, après un dur travail, il m\u2019arrive d\u2019éprouver des fatigues dans les reins e t les membres, quelques boites de Pilules Moro me remettent toujours.\u201d -\u2014 Adélard Aubry, 197 rue Champlain, Hull, Qué.Hommes malades, écrivez à la Compagnie Médicale Moro.Par le retour de la malle, vous recevrez des conseils qui vous seront d\u2019une grande utilité» Les Pilules Moro sont en vente chez tous ifs marchands de remèdes.Nous les envoyons aussi par la poste, au Canada et aux Etats=Unis, sur réception du prix §00 tonnes, de sorte que la (finination dans la consommation canadienne a été d'environ 25,000 tonnes, soit 6 pour cent environ.Cette même commission croyait pouvoir accorder un supplément de 70,000 tonnes au Canada, Van dernier, ce qui aurait donné un surplus net de.45,000 tonnes pour Vannée.Mais les difficultés du transport se sont aggravées, et les arrivages suc*iers au Canada tombent fortement en dessous des perspectives prévues.On s'était aussi presque entendu pour Vimportation directe au Canada du sucre brut, mais it a fallu abandonner le profi t.Cette combinaison de difficultés de transport a provoqué les restrictions imposées ces semaines d< rniè*es par la Cbmnfssion des vivres du Canada.Les moyens de transport constituent un facteur plus ou moins incertain au cours de la guerre actuelle.La situation est à l\u2019heure présente un peu nu ilkvre, mais elle est sujette à des aléas plus ou moins sérieux, et lés restrictions imposées par lai Commission des vivres ila Canada sont indispensables pour créer une réserve en vue de la saison des conserves.L.a question de savoir si cette réserve sera, créée dans les proportions exigées dépend de la collaboration du publicist surtout de Vadntinistration du foyer.Marmelade de prunes.\u2014Choisissez des prunes bien saines et bien mûres, en'evez les noyaux sans les partager; faites-Ies Ivouil-lir dans une bassine de cuivre avec un peu d'eau, jusqu\u2019à, ce qu\u2019elles puissent s\u2019écraser facilement sous le pilon au tamis de crin.Pesez la pulpe que vous remettez dans la bassine et ajoutez près d\u2019une livre de sucre concassé par livre de fruits.Laissez macérer environ deux heures en remuant de temps en tempe; puis placez sur un feu doux d'abord, dont vous augmenterez progressivement la chaleur, et ne laissez bouillir que dix minutes.Lorsque la marmelade fait gelée, ret rez-Ia et mettez en pots.Haricots en conserves.\u2014Dans une \u201ctoupine\u201d de n\u2019importe quelle contenance vous rangez soigneusement ,
de

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