Le samedi, 1 septembre 1933, samedi 30 septembre 1933
[" 45c année, No 18 Montréal, 30 septembre 1933 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS Lisez notre feuilleton : LE SECRET D\u2019UNE TOMBE, par Emile Richebourg JEAN MUIR SPANISH TUI;.Le mode usuel de remplissage .pointe entière et bout du porte-plume submergés dans l'encre.Le procédé \u201cTip-Fill\u201d* (remplissage par le bout) .pointe subm ergée j usqu'à l'évent seulement.L'extrémité du porte-plume est absolument sèche.Brevet No 1,882,644 des E.-u Le Niveau de I Encre dans votre Bouteille Nouvelle caractéristique brevetée de la Plume No 7 Waterman Améliorée assurant un remplissage plus facile, plus rapide et plus propre.Pas d\u2019encre sur le porte-plume, pas d\u2019encre sur les mains.Les marchands Waterman partout exhibent maintenant la Plume No 7 Améliorée avec le nouveau dispositif de remplissage par le bout\u2014\u201cTip-Fill\u201d.Voyez aujourd\u2019hui même cette plume sur le Plateau de Démonstration de Pointes Waterman! Sept pointes différentes vous donnent l\u2019assurance d\u2019obtenir la VRAIE pointe qu\u2019il vous faut: la pointe qui s\u2019adapte exactement à votre style particulier d\u2019écriture.Encres à Correspondance Waterman Le microscope prouve fjue la ïf 'aternian, est la plume d pointe parfaite.Répondant à la vogue nouvelle de la correspondance mondaine qui veut que vous assortissiez votre encre à votre papier.Six couleurs: BrunÂztèque; Vert Tropiques; Pourpre Patricien; Bleu Mer du Sud; Tuile Espagnole; Noir de Jais.20£ la bouteille.Si vous ne pouvez l'obtenir chez votre marchand, envoyez-nous son nom et sou adresse et nous verrons à ce qu\u2019il soit pourvu.L.E.WATERMAN Co., Limited, Montréal, New-York, Chicago, Boston, San-Francisco Waterm Variété des Prix Populaires de Waterman Plumes, $2.75 d $10.00 Crayons pour Assortir $1.00 d $5.00 Montréal, 30 septembre 1933 Sk'ç&amedl 3 45e année No 18 ABONNEMENT Canada g\u201d an .$3.50 Six mois -\t-\t-\t-\t2.00 Trois mois-1.00 Etats-Unis et Europe £n .$5.00 Six mois - \u2014\t-\t-\to =>o Trois mois -\t-\t-\t-\t125 HEURES DE BUREAU 9 h.a.m à 5 h.p.m.Le samedi, 9 h à midi Tél.: LAncaster 5819 - 6002 (Fondé en 1889) Le magazine national des Canadiens POIRIER, BESSETTE CIE, LTEE, Prop.975, rue de Bullion MONTREAL\t-\t-\tCANADA Montréal, 30 septembre 1933 AVIS AUX ABONNES Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l\u2019empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant de les livrer.Entered at the Post Office of S.Albans, Vt., as second class mater under Act of March 1879 Tarif d\u2019annonces fourni sur demande.Publication de Poirier, Bessette Cie, limitée Carnet Editorial Le jour du Saigneur VRAI DIRE, ce jour-là comprend également la veille et quelquefois le lendemain; l\u2019ensemble forme ce qu\u2019on appelle une \u201cfin de semaine\u201d, laquelle est en réalité la fin du monde pour un certain nombre de nos contemporains.Les fins de semaine pratiquent, en effet, des brèches notoires dans l\u2019humanité voyageuse ou simplement pique-niquière.Les dimanches d\u2019été ne se passent guère sans noyades et jamais sans accidents de la route, et le lendemain, des reporters en mal de style poétique écrivent, avec des trémolos dans la plume, des articles aussi tristes que la fin des pauvres accidentés, sur les \u201ctragédies de l'onde\u201d et les \u201chécatombes\u201d de trois personnes sur la grand\u2019 route.Le jour dominical s'habille de rouge comme un bourreau du moyen âge: il a subi un changement d\u2019orthographe et se nomme aujourd\u2019hui le jour du saigneur.Car s'il continue, il finira par saigner la population terrestre à blanc.La fin de semaine est une gigantesque loterie nationale et même internationale à laquelle participent de droit \u2014 et de travers -\u2014 non seulement les touristes mais les simples et inoffensifs piétons qui les regardent passer; décrocher un lot est une simple question de malchance, c\u2019est le jeu à qui gagne perd.Je ne viens pas faire ici le procès de l\u2019automobile; j'ai trop roulé déjà dans ces mécaniques-là pour ne pas en apprécier à sa valeur la confortable rapidité, et comme je n\u2019ai pas encore laissé cinq ou six pattes ou la moit\u2019é de ma caboche au tournant d'un chemin, j'espère bien faire comme le nègre, c\u2019est-à-dire continuer.Amen! Je ne fais pas non plus le procès de l\u2019automobiliste digne de ce nom.c\u2019est-à-dire du monsieur qui sait conduire proprement une auto et n'écrase guère, par-ci par-là, qu'une vieille poule atteinte de la maladie du suicide; ceux que je voue à toutes les abominations.les pestes que je rends responsables des neuf-dixièmes au moins des accidents de la route, ce sont ces individus qui forment à notre époque quelque chose comme une horde de pirate des anciens temps.Ces gens-là se prétendent chauffeurs, mais il faut prononcer faucheurs.Ces énergumènes fauchent en effet avec un entrain satanique tout ce qui a le malheur de se trouver dans l\u2019axe, trop souvent dévié, de leur bazout lancé comme un bolide.Ce sont des ogres qui ont l\u2019air, à chaque sortie, d\u2019établir une carte de menu (ou de menus morceaux) ; à l\u2019article des hors-d'oeuvre sont inscrits poules, canards, chiens ou chats: comme entrée, un goret bien gras ou bien un veau de belle venue, puis c\u2019est le plat de résistance composé d\u2019une charrette à foin toute attelée ou d\u2019une auto de tourisme autant que possible pleine de monde.II arrive toutefois que le dessert soit servi par un personnel diligent, vêtu d'un uniforme kaki de très sportive apparence, mais que messieurs les faucheurs ne semblent pas apprécier à ses mérites.Il est aussi des cas où les faucheurs se servent le dessert eux-mêmes: ils le mangent alors contre un arbre ou bien dans le fossé.On en voit même démolir les clotûres, sans doute pour se faire des cure-dents avec les palis.Le faucheur est parfois, et pour un temps du moins, de l\u2019espèce à peu près inoffensive mais c\u2019est plutôt rare; il est alors doué de certaines qualités d\u2019acrobate qui en font un être à part dans l\u2019humanité motorisée.Il grimpe avec maestria sur les trottoirs, prend les tournants sur deHx roues, monte les côtes comme s\u2019il avait le feu au derrière et les descend dans un plongeon.Son triomphe est aux passages à niveau alors qu\u2019il passe comme un éclair devant le fouillon d\u2019une locomotive lancée à toute vitesse.Il peut toutefois arriver que sa machine profite de cet instant critique pour s\u2019immobiliser brusquement sur la voie ferrée comme un âne aussi capricieux que têtu: alors .Alors, De ptofundis.Le faucheur voit quelquefois aussi sa machine s\u2019arrêter en pleine route et rester férocement insensible aux plus pressantes sollicitations; le jeu des leviers est normal, le démarreur fonctionne toujours et même si bien qu\u2019après avoir donné une douzaine de coups d\u2019épaule au moteur qui ne veut plus rien savoir, il vide consciencieusement la batterie de toute son énergie.Le faucheur lâche alors un sacre désespéré qui réveille les vaches somnolant dans le champ voisin.Le faucheur lève le capot, farfouille fébrilement parmi les connections variées, se graisse les pattes de cambouis et se les essuie sur le visage, puis il se glisse sous la voiture où il achève de se transformer en nègre.Pendant ce temps, les vaches curieuses se sont approchées de la clôture et le regardent avec de grands yeux naïfs et ironiques tout en mâchant leur herbe comme de la gomme.Enfin le faucheur \u2014 on dit même qu il y a aussi des faucheuses, mais c\u2019est évidemment l\u2019exception \u2014 émerge en rampant comme d\u2019un soupirail de cave et, pris d\u2019une inspiration subite, court au réservoir d\u2019essence .Il est vide comme une caisse municipale avant la rentrée des taxes! .Dame, on ne peut pas penser à tout.Le vrai chauffeur, c\u2019est-à-dire le monsieur compétent, calme et prudent, qui a le respect des règlements de la route et par conséquent de la vie de ses semblables, celui-là exècre avec raison les faucheurs dont il risque continuellement d'être la victime; il affirme avec bon sens que si l'incompétence, le désir d\u2019épater les populations et le flacon d\u2019alcool étaient bannis de la route, la moyenne des accidents ne dépasserait guère le chiffre zéro, même pendant la période la plus active des fins de semaine.Au cours de promenades dominicales en auto, il m'est arrivé maintes fois de voir des accidents et même de ramasser des accidentés; à peu près chaque fois, j\u2019ai pu constater que c\u2019était là du beau travail de faucheurs, sinon professionnels, du moins occasionnels.Une fois entre autres ce fut un lot de quatre d\u2019un seul coup, sur la route de Granby, et si l\u2019un de ceux-là tombe sur ces lignes, ce qui vaudra cette fois mieux pour lui que de tomber sous son auto, laquelle avait les quatre roues en l\u2019air dans le fossé, il saura bien de qui je veux parler \u201csans que je l\u2019annonce à la radio\".Le plus abîmé des quatre avait le crâne passablement fendu et le moins éprouvé ne l'était que dans ses lunettes qu\u2019il avait perdues.Chose curieuse, les phares de l\u2019auto étaient restés allumés, sans doute pour être à l\u2019unisson des quatre gaillards qui, eux, l'étaient fortement; à tel point qu'ils n\u2019en voyaient plus clair.Comme ils n\u2019étaient pas en tout petits morceaux à ramasser à la cuiller ou au papier buvard, j\u2019ai estimé leur culbute providentielle, car ils étaient partis pour faire un prodigieux fauchage le long de la route! Ceci n'est qu\u2019un fait-divers entre dix mille et plus du même genre avec lesquels s\u2019établit le bilan d\u2019une année de fauchage: chaque année coûte de ce fait, aux Etats-Unis, autant d\u2019existences que les deux années de guerre de ce pays et ce n\u2019est pas un record: les autres pays font tout aussi bien, proportionnellement à leur population.Il y aurait peut-être, à cet état de choses, sinon un remède, du moins un palliatif.On ne viendra jamais à bout de réduire la vitesse et surtout le nombre des autos, mais pourquoi ne pas affecter des routes spéciales à ces voitures?Il serait possible d\u2019en construire sur de larges et solides charpentes métalliques formant couverture au-dessus des voies ferrées et d\u2019en affecter l\u2019usage aux voitures rapides.Plus de côtes à monter ou à descendre; oh.la vitesse! .D\u2019autre part, les chemins de fer, qui pourraient faire payer un droit de circulation qui serait accepté sans objection, y retrouveraient leurs frais tout en évitant les retards et dépenses dus à l\u2019enneigement des voies pendant l\u2019hiver.Et alors la petite voiture de tourisme familial ainsi que le piéton rassuré.les poules, canards, gorets gras et veaux placides, tout cela se retrouverait chaque dimanche au beau jour de jadis, celui du Seigneur . 4 Samedi Montréal, 30 septembre 1933 - y 45**>* ' : */*» QUELLE est cette neige nouvelle?.Janvier est-il revenu?.des flocons, roulés en boules minuscules, imperceptibles presque, ont glissé sur les prés aux verdeurs si jeunes! Toutes les branches sont lasses et voudraient décharger le fardeau blanc dont le printemps leur a confié la garde .De grandes feuilles s\u2019élancent, à peine feuillées mais éclosant en blancheurs délicates.Blanc .blanc .blanc .oui, c\u2019est une féérie de blancheur.Mais non pas morte comme la neige d\u2019hiver .C\u2019est une blancheur PA GE Je MA I pat^ AndréeJ?Syriex vivante que le moindre souffle fait vibrer .Mais cette blancheur est passagère .hélas! .Ou plutôt est heureusement passagère, et c\u2019est ce qui lui conserve son harmonie .Car.à vivre trop longtemps ces candeurs se flétriraient (selon l\u2019ordinaire loi de la vie), et il ne faut pas, non il ne faut pas que rien les ter- nisse.Il faut que nos regards s\u2019imprègnent d\u2019elles, les captent irradiantes, pour en garder le souvenir jusqu\u2019à ce qu\u2019un Mai nouveau vienne en créer d\u2019autres .Et les muguets se cachent derrière les paravents oblongs de leurs feuilles dès qu\u2019un rien vient faner l\u2019éclat mat et laiteux de leurs perles, les branches s\u2019effilochent dès que les tissus fins des pétales perdent un peu de leur transparent apprêt .Les lis, à l\u2019orgueil démesuré, préfèrent se laisser couper plutôt que subir l\u2019injure de mourir comme de simples fleurs .Ils savent que le cristal et les sèvres seront les dignes écrins de leur beauté sereine.Et toutes les blancheurs qui avaient envahi les jardins, les bois, les prés même .un jour n\u2019existent plus .elles se sont fondues, volatilisées .elles se sont mêlées aux nacres de l\u2019air pour que les soirs deviennent plus limpides et les matins plus clairs .Mais lorsque sont terminées les symphonies de blancheurs, voici que toutes les couleurs donnent leur élan; chaque fleur est une note nouvelle et synchronise un espoir; les myosotis, hésitant entre les dièses des mauves et des roses ont des sonorités bleues telles qu\u2019ils semblent être de petits morceaux de ciel découpés et égarés sur la terre: les pivoines, fuyant toutes les modesties ne craignent pas d\u2019exagérer, et la grosseur de leurs pétales et le soutenu de leurs roseurs qui ne savent pas la grâce des demi-tons.Les roses connaissent l\u2019enivrant vertige des coloris qui s\u2019espacent de la pourpre la plus lourde à l\u2019élégance d\u2019un satin de chine immaculé, en s\u2019arrêtant, escales inédites, aux laques pompadour et aux nacres sa-franées ., .Défendus par l empressement de leurs lames mornes et plates, les iris recourbent comme des doigts crochus leurs violets d\u2019évêque aux chenillements d or.Ah! qui dira l\u2019odeur de miel que laisse tomber sur nous la maturité fleurie des accacias! qui dira les lourdeurs des chapelets mouvants des glycines! Ah! qui dira, qui pourra chanter l\u2019allégresse des parfums, ces philtres étranges qui pénètrent nos coeurs et nos cerveaux! .Qui nous dira les coulées de surprise qui nous réserve I\u2019étoilement des jasmins ou la conque si subtilement nuancée d\u2019une églantine à travers le buisson ou l\u2019enveloppement cotonneuse de l\u2019aubépine sur les branches nouvelles! Qui nous dira le bénitier fragile d\u2019une jonquille dont l\u2019or prête plus de transparence à la goutte de rosée qui s\u2019est égarée dans cette soierie effervescente! Qui saura nous parler du chant dont s\u2019ourle le bleu des nuits de mai, ce chant qui fait trembler les corolles sur leurs tiges et refluer les sèves au coeur des arbres .ce chant qui ne fait qu\u2019une seconde extasiée des heures qui nouent le crépuscule à l\u2019aube .ce chant!.le chant du rossignol! Qui saura nous parler des pépi-ments si naïfs qu\u2019ils ne savent pas encore et qui ne savent pas réprimer un frisson d\u2019épouvante devant le vertige suprême de l'espace .Qui nous dira .qui nous parlera, Mai, de tes richesses, de tes sérénités! Qui nous expliquera les gravités des yeux de ces enfants, soeurs des lis, blancheurs mouvantes, qui s\u2019en vont à travers les rues et les chemins avec des envols uniques de mousselines .Qui nous expliquera ce que contient d\u2019aveux et de rêves l\u2019humble brin où fleurissent des perles blanches .ce brin que tend une main qui en cherche une autre .Qui nous dira les bonheurs que dessinent les spirales fantasques des hirondelles pareilles à de sombres majuscules sur la page immense du ciel! Qui nous dira! .la joie peut-elle s'expliquer et la lumière s\u2019analyser?Ne cherchons pas! .vivons notre joie et notre lumière .vi-vons-les avant qu elles ne se fanent ou ne s\u2019éteignent.Vivons notre plénitude comme toi.Mai, qui pour nous être plus maternel, nous enlace de tant d\u2019aromes et de tiédeurs! .ANDREE SYRIEX Montréal, 30 septembre 1933 Sk$cmsdJb n LES MAINS sur L\u2019ECRAN paiP SimoneJ> Bersoru tâté, sans y réussir, de plusieurs métiers des villes, s\u2019était embarqué pour l'Amérique.Qu\u2019y était-il devenu?Elle ne savait pas au juste.Par de rares missives, elle avait seulement compris que, de New-York à Chicago, de Chicago à San-Francisco, il avait poursuivi la fortune, sans l\u2019avoir mieux saisie Car, ce dont elle se souvenait le mieux, c\u2019était sa façon de lui échapper.N\u2019importe! cela encore, c\u2019était du bonheur! Donc, elle allait le voir! Elle avait, ce matin, pris le train de la ville; mais l\u2019arrivée par cette ligne omnibus était tardive et bien des spectateurs l\u2019avaient devancée au l'aise, mais elle voulait faire honneur à son enfant.Elle entra dans le four noir de la salle, puis, hypnotisée par l\u2019oeil blanc de la lampe électrique dont une ouvreuse dardait le regard sur elle, gagna sa place dans un état d'hébétement.En face d'elle, sur l'écran, des ombres mouvantes, se déformant et se reformant à chaque geste, sur un fond zébré de lignes fulgurantes, passaient, emportées parce qu\u2019elle avait reçu, au fond de son village, la petite lettre suivante: Ma chère Maman, Tu vas être bien contente: après tant de malchance, j\u2019ai enfin réussi.Je \u201ctourne\u201d à Hollywood, avec Henri Dulait et Rita Malli, dans le grand film \u201cDivette et Reine\u201d.Quand il passera, ne manque pas d'y aller.Il y avait des mois que ces lignes lui étaient parvenues.Il y avait des mois qu\u2019elle attendait.Enfin dimanche dernier, le journal régional lui avait annoncé parmi les prochains spectacles de la ville voisine, le film de son Pierrot.A cette lecture, elle avait cru sentir un coup entre les yeux.Toutes les casseroles s\u2019étaient prises à osciller au mur de sa cuisine: donc, pour la première fois depuis douze ans, elle allait le voir, elle allait l\u2019entendre! Il y avait douze ans, en effet, que Pierre, dégoûté de la terre, et ayant qu\u2019en Europe.Le manque de nouvelles n'empêchait pas la vieille de penser à l\u2019absent, de ne penser qu\u2019à lui.Elle avait bien cinq autres enfants: mais fermières ou bourgeoises, ce n'étaient que des filles.Lui, il était le fieu, celui qui avait été son orgueil et dont, maintenant encore, malgré tant d\u2019échecs, elle attendait tout.Voici qu\u2019après douze ans, il lui serait rendu à travers toute la gloire de l\u2019écran.Au fond, elle se souciait assez peu de cette gloire.Ce qui comptait, c\u2019était de retrouver son geste et sa voix, cette allure désinvolte, cet accent claironnant avec lesquels, chaque fois qu il partait, il lui criait: \u201cAu revoir!\u201d guichet.Tous les gens qui venaient admirer Henri Dulair ou Rita Malli, lui volaient sa place, à elle qui était là pour voir son petit.La vieille paysanne, si placide d'ordinaire, trépignait: et elle triturait d\u2019une main énervée, le coin de son paletot, sans souci de friper, d\u2019user peut-être ce vêtement de fête, ménagé depuis vingt-cinq ans.Enfin, elle parvint devant le guichet: \u2014 Monsieur, demanda-t-elle au contrôleur surpris du contraste entre son humble mise et sa demande, Monsieur, donnez-moi la place la plus chère.Elle se serait bien contentée d'une autre, et même par habitude d\u2019économie s\u2019y fut trouvée plus à par une musique féroce, où des valses se mêlaient à des hymnes nationaux.Mais qu\u2019importait à la brave femme toutes ces actualités dont le tourbillon s'abattait sur elle?Enfin, le grand film fut projeté.Ce furent d'abord des coulisses de music-hall avec, au premier plan, Rita Malli, dans un maillot noir pailleté qui découvrait généreusement sa gorge, et s\u2019arrêtait à mi-cuisse, tandis qu\u2019une couronne de plumes d\u2019autruche s'épanouissait autour de son front.Puis, ce fut encore, dans la salle du trône, la meme jolie femme, toujours aussi généreusement décolleté, mais par une robe qui s\u2019étalait en traîne, (Suite à ta page 39) QA FILE s\u2019allongeait devant le guichet du cinéma, où une affiche prestigieuse annonçait Divette et Reine, titre aux lettres historiées qu'encadraient les figures familières des deux grandes vedettes: Rita Malli et Henri Dulair.Les gens avançaient par petits paquets.Dans cette foule, nul n'était plus impatient qu\u2019une vieille petite femme aux épaules courbées sous un manteau de drap noir un peu roussi, aux cheveux gris, bien lustrés, dépassant sa capote à brides.Elle n\u2019était venue, elle, ni pour Henri Dulair, ni pour Rita Malli.ni pour le film.Elle était venue 6 Montréal, 30 septembre 1933 Cf* it ft t r m M mm '¦yy?-.Il acheva avec effort: \u2014 C\u2019est la neige.J\u2019interrogeai assez stupidement: \u2014 Sciatique, peut-être?Cette fois il sourit, mais d'un sourire très pénible: \u2014 Non.C\u2019est idiot! Quand je m\u2019arrêtai devant sa porte il descendit, hésita: \u2014 Montez avec moi, voulez-vous?Une fois dans l\u2019appartement, il sembla reprendre son aplomb.Je remarquai pourtant qu'il s\u2019asseyait le dos à la fenêtre.Il respira longuement, releva la tête: \u2014 Je vous dois une explication.Et il se renfonça dans son silence \u2014 un silence d'abord vide mais qui peu à peu sembla se peupler sans qu\u2019il eût pourtant ouvert la bouche.Je l\u2019épiai, intrigué, et je m\u2019aperçus que, si ses yeux demeuraient vagues, il paraissait, volontairement ou à son insu, tendre l\u2019oreille vers un bruit que je cherchais à démêler: enfin je perçus ce froissement continu de la neige qui tombe et qui, presque indistinct d'abord, grandit, absorba les autres E CIEL était tout près de la ville.Un de ces ciels parisiens très doux, très humains, qui flottent bas pour se mettre à notre mesure et nous donner des raisons d\u2019espérer.La neige se mit à tomber devant le pare-brise; brusquement, un homme étendit le bras.Je freinai, surpris, et je reconnus un négociant en fourrures avec qui je traitais des affaires.L\u2019expression de souffrance qui crispait ses traits me saisit; je le fis monter.\u2014 Seriez-vous indisposé?Il me regarda et je vis la tristesse de ses yeux.\u2014 Indisposé?Je vous remercie; non.c\u2019est.prit aigrement que, d'après le mécanicien, nous en avions pour un moment à rester là, d abord parce que nous étions à cinquante verstes de la station, que celle-ci pas plus que les autres n\u2019avait le téléphone et qu\u2019Irkoutsk ne pouvait pas être alerté avant deux ou trois jours; quant au convoi suivant, qui devait nous suivre de quarante-huit heures, il serait bloqué aussi, ainsi que tout secours immédiat: de plus, l\u2019homme du samovar ne détenait qu\u2019une trentaine de sandwiches, et, par surcroît, les feux de la machine étaient noyés.Pourtant l'énoncé successif de ces catastrophes indiscutables ne parvint qu\u2019à nous arracher un sourire qui eut le don d\u2019exaspérer nos compagnons.Et nous nous retrouvâ- C'était à la fin d\u2019un petit tour en Sibérie, et je redescendais d'Ir-koutsk vers le sud.Redescendre est une façon de parler; c\u2019était plat, monsieur, plat à souhaiter un cyclone, un tremblement de terre, enfin quelque chose qui remuât un peu tout ça.Je vous prie de croire que je fus servi.Le soir, une tempête de neige arriva sans prévenir; collés aux vitres, nous regardions monter de l'horizon cet ouragan qui, lancé à travers la steppe, soulevait la neige comme une marée, accourait vers nous; il ne lui fallut que quelques secondes pour se heurter au train, négligeable obstacle.Nous avions stoppé; heureusement, car le wagon de queue fut renversé, couché en travers de la voie.Nous passâmes parent, comme éclairé du dedans, plus éclatant que la neige, et que le froid ne mordait pas.Elle posa ses yeux sur moi, des yeux bleus, magnétiques, et je sentis que ce regard fixait mon destin.Destin charmant, n\u2019est-11 pas vrai?Hélas! Nous échangeâmes quelques paroles insignifiantes auxquelles l\u2019alerte de la nuit communiquait de la chaleur; puis insensiblement la conversation prit un tour plus intime; elle me parla de sa famille, de ses études, d'elle-même enfin, avec toutefois une retenue qui me ravissait autant que sa confiance.La matinée s'écoula ainsi, à ne nous occuper de rien que de nous-mêmes.Seul le bruit de violentes discussions nous incita à nous rapprocher des groupes.Un Anglais nous ap- mes aussi seuls que nous le désirions.La journée se passa encore à nous entretenir de nous-mêmes, à faire des découvertes ravissantes.Mais, avec la nuit, le froid revint, nous dormîmes mal, et notre attention fut soudain attirée par un hennissement; nous nous levâmes d'un bond, croyant à un secours.Mais non, cela venait du fourgon.J allumai ma lampe électrique, et ma compagne aussitôt me saisit le bras; \u2014 Un traîneau! C était un traîneau, en effet, avec des chevaux qu\u2019on expédiait à Saratov.L idée jaillit comme une étincelle au choc de nos regards; mais je crois bien qu\u2019elle venait d\u2019elle.I Suite à la page 40) L\u2019OMBRE Yves Fh bruits, s'imposa, monotone jusqu'au malaise.\u2014 Voilà.C'était en Russie.Je vous parle du temps où il y avait une Russie et non cette espèce de société anonyme en faillite perpétuelle.Je voyageais pour la maison, pour acheter des peaux.orenneJ> une nuit épouvantable, glacés jusqu\u2019aux os.fouettés par le vent et la neige malgré les volets de bois.A l'aube, le calme était revenu.Je descendis, et c'est alors qu\u2019elle m\u2019apparut.Je ne vis qu'elle.Une grande jeune fille souple malgré les fourrures, tête nue, un visage trans- Montréal, 30 septembre 1933 &8amsdl 7 \u201cJ\u2019Voudrais ben savoir, marne Picard, depuis quand qu\u2019vous avez ce journal-là?\" O N était en février, et depuis quinze jours les journaux annonçaient avec enthousiasme l'arrivée de la célèbre danseuse Lola Malo et de son ballet .Les billets s'enlevaient rapidement, car tous les intéressés étaient anxieux d\u2019aller admirer ce génie de la danse.Enfin, un soir, on annonçait pour la dernière fois que Lola serait à Montréal le lendemain.Dès deux heures, par un brillant soleil qui mettait de la gaieté dans tous les coeurs, on remarquait, en gare Viger.messieurs les directeurs, gérants et artistes des théâtres de la ville, venus au devant de la grande favorite et de ses ballerines.La foule acclamait la nouvelle venue avec une joie non contenue, et le soir même on assistait au spectacle le plus merveilleux que la direction d\u2019un de nos théâtres nous avait donné jusqu\u2019ici.Tout Montréal était ivre de joie, de plaisir en voyant une telle merveille, et on avait offert à Lola un splendide banquet suivi d\u2019une fête grandiose.Ceux qui avait eu le bonheur de lui être présenté vantait son charme et sa beauté.Son souvenir devait demeurer longtemps encore après son départ, le sujet des conversations.et comme tout passe, avec les semaines, les mois .et les choses remplaçant les précédentes .on avait fini par oublier .A quelque temps de là, dans le tout petit village de X., à quelques cent milles de Montréal, où on a conservé les habitudes de nos ancêtres et où l\u2019on ne s\u2019occupe pas de mode, mais de toutes les affaires concernant ses voisins, les gens si paisibles vaquaient à leurs besognes journalières .allant aux champs, aux étables soigner les bêtes.Les petites marchandes attendaient la clientèle fort rare, par cette grande chaleur du mois de juin, l\u2019épicière, avec son éternel tricot sur les genoux, lunettes au bout du nez, sommeillait doucement, comptant peut-être encore les mailles?Le soleil baissait lentement derrière les cimes des grands arbres, il faisait divinement beau! Très loin, tout au fond du troisième rang, habite une délicieuse vieille fille d\u2019environ quarante-cinq Bail y Nouvelle^ canadienneS> par par Juliette.J Boyer ans, l\u2019air empesé .quelque peu bébête, aussi mince qu\u2019une lame de couteau, et grande ma foi, comme il n\u2019est plus permis de l\u2019être, elle prétendait qu\u2019elle n\u2019avait pas voulu se marier, mais son caractère et sa beauté allant de pair, laissaient à penser bien des choses sur ce rapport.Jamais elle n\u2019avait quitté son petit village où elle avait conduit au cimetière ses vieux parents.et elle était restée seule, presque pauvre.Cette demoiselle, très bonne au fond, s'appelait Léola Malo.Elle venait lentement, toute guindée dans sa robe d\u2019alpaga noire qui balayait la poussière du chemin .et ayant atteint les premières maisons du village, elle entra chez l\u2019épicière.\u2014 Ben, le bon jour.Ma\u2019me Picard! \u2014 Ah, c\u2019est vous Mam'zelle Malo?\u2014 En parsonne.Comme y fait chaud, hein?En passant devant la maison à la mère Richard j\u2019enten-dions des cris, mais .mais qu\u2019est- ce que je vois sur ce papier, Marne Chose, regardez donc! .Et présentant à l\u2019épicière un bout de vieux journal qui traînait sur le comptoir: \u2014 Vous n\u2019avez pas l\u2019autre morceau qui s\u2019accroche à celui-là?\u2014 Non, mam\u2019zelle, et c\u2019est grand dommage, car j'viens justement de le brûler .Mais vous êtes bien pâle! .remettez-vous, voyons .si c\u2019est Dieu possible de s\u2019mettre dans un état pareil! \u2014 J\u2019voudrais ben savoir, marne Picard, depuis quand que vous avez ce journal-là?\u2014 Ça, c\u2019est difficile à dire, j\u2019en reçois tout le temps! et s'approchant de la vieille demoiselle, elle lut à haute voix l\u2019entrefilet suivant: Mademoiselle Lola Malo et son ballet seront demain à Montréal.Comme il était anno .les jours précédents .plusieurs pers .marques, des différents théâ .sera à la gare pour r .Et le reste manquait, mais c\u2019était bien assez, déjà trop même, pour exciter la naïveté de ces braves gens, et la vieille en demeurait muette de saisissement .Se remettant assez vite tout de même, toute maternelle, presque affecteuuse: \u2014 Allons, ma chère enfant, il faut partir, puisqu\u2019on vous attend là-bas.Et s\u2019excitant peu à peu: Y a pas à berlander, quand Marial vous lance un appel par le journal il faut y aller .Léola se rengorgeant, hautaine: \u2014 J\u2019savions ben que j\u2019finirais par quelque chose, mais j\u2019ai entendu dire par la nièce du père Lachance, qu\u2019à Marial on suivait la mode.Voyons un peu le journal .peut-être qu\u2019on va voir .oh, oui! .tiens, regardez .les robes sont courtes.Ah! j\u2019savais pas ça! .cheveux coupés .en single ou à la garçonne .faut croire que c\u2019est encore plus nouveau .des p\u2019tits chapeaux ou bérêts.tiens en v'ià ane qui a une canne .j\u2019vous demande un peu pourquoi! Heureu-(Suite à la page 41 ) 8 Montréal, 30 septembre 1933 Jeune H omme Pa jN/ou ve lie; canadienne par HENRY FAVOL uvre @ECHARGE des soucis que lui imposait son état, le journaliste Pierre Lacombe s\u2019abandonnait à une douce rêverie, dans le train qui l\u2019emportait vers son lieu préféré de villégiature: Saint-Donat.C\u2019était un tout jeune homme, presque imberbe, avec de grands yeux gris comme un mor- Pierre Lacombe avait dans le regard et dans le sourire un charme particulier.Il conversait admirablement: et l\u2019étranger qui l\u2019abordait trouvait, en lui.tout de suite un ami.Sa visible timidité ne servait qu\u2019à le rendre plus sympathique.Les arbres filaient à sa vitre.Renversé dans un angle du com- Maintenant, Pierre avait fermé les yeux.Il songeait à ceux qu\u2019il retrouverait là-bas.Des parents maternels, très chers à son coeur, l\u2019attendaient.Dans sa première jeunesse, le jeune homme avait découvert.en ces parents, des confidents surs et intéressés: depuis, chaque été, il accourait s\u2019ébattre dans l\u2019air pur et s\u2019abreuver de sim- ceau de ciel brouillé.Désireux d'augmenter ses connaissances, il avait choisi le journalisme comme un maître sage et érudit.De là, il pourrait atteindre plus facilement son but proposé: devenir purement et entièrement homme de lettres.En attendant, il exerçait sa plume dans la rubrique littéraire d'un de nos grands quotidiens.partiment, sans pensée arrêtée, Pierre savourait des yeux les sites pittoresques toujours renouvelés.La Rivière du Nord, s'obstinant à divertir les voyageurs, malgré les difficultés, revenait, après une légère absence, frôler, en bourdonnant, les arbres qui bordaient la voie ferrée.plicité.Le paysan respire une sérénité que le citadin ignore.Quand il se mêlait à eux, Pierre oubliait sa culture intellectuelle et devenait un pur et franc paysan, sans lettres et sans manières.Né lui-même de simples laboureurs, il se devait de respecter sa modeste origine: et il le faisait avec fierté.Tout en rêvant, un sourire était venu aux lèvres du jeune homme.Des souvenirs, joyeux et vivaces, se pressaient dans son imagination féconde.Il allait s\u2019engager dans une nouvelle source d impressions lorsqu\u2019un conducteur, peu loquace, lui rappela rudement qu'il était parvenu à destination, c\u2019est-à-dire à Ste-Agathe.Saint-Donat est situé à quelque vingt-cinq milles au nord-est de Sainte-Agathe.Son altitude élevée.ses forêts épaisses, ses lacs nombreux ramènent toujours le touriste qui s\u2019est égaré, une fois, dans ses parages.En mettant pied sur la plateforme de la gare, Pierre se vit accoster par un individu qui faisait métier de chauffeur, mais dont le teint basané et les mains calleuses trahissaient sa première occupation.L\u2019homme de la terre enleva sa casquette, comme s\u2019il eut eu affaire à un personnage de haute importance, et offrit sa voiture au jeune homme, avec les manières les plus gauches possibles.Pierre accepta, en examinant l'homme avec une discrète curiosité.Cette figure à longues moustaches, ces yeux sans malice, ces vêtements délabrés représentaient bien le type authentique de Yhabitant du Nord.Le journaliste prit place à côté du chauffeur.Le bonhomme, heureux d\u2019avoir un auditeur pour écouter son verbiage, s\u2019étendait sur des questions insignifiantes, avec un vocabulaire, à lui, intarissable.\u2014 C'est-y vous qu\u2019ai venu, l\u2019an passé, et qu\u2019avez varsé dans le lac Archambault?\u2014 Parfaitement, c'est moi.\u2014 J'ai bonne mémoére.j\u2019vous assure.J\u2019ai pas été à l'école, moé qui vous parle, mé quand y faut compter ou me rappeler quéque chose, y a pas un avocat pour m embêter, et il relevait fièrement la tête.Pierre enviait le sort de cet homme dont les moeurs saines n'avaient pas été avilies par la débauche et le scandale.L\u2019ignorance est louable en certain milieu.\u2014 Connaissez-vous la famille J.S., où je vais?demanda le jeune homme.\u2014 De bonnes gens, ceux-là.La besogne est rude sur une terre, j'en ai 1 expérience: eux, ça leur fait pas (Suite à la page 25) Montréal, 30 septembre 1933 3k'£km&dL 9 œisim j1 :\u2022£?\t\u2014~:it L gjiwïï&JS HI ;v»| ¦ 'M HÉ® ÜÎɧ 5 % H H»***! nu \u2018¦\u2019¦¦.Z., .-tC mm HSfcX MM %~Sn '¦'cÆ PfSHK à*;:- ïÿMsà mm iï A# .iS?iüwf -fe La caverne où un sorcier rencontra les \u201cmauvais esprits\u2019\u2019.C\u2019est aujourd'hui un lieu de curiosité pour les touristes étrangers.AU PAYS DES GRIS-GRIS Chronique ethnographique Par LOUIS ROLAND r^jt 'HOMME est une drôle de bête, et son histoire dans certains pays de notre boule terrestre peut en fournir de nombreuses preuves.Il en est d\u2019intéressantes et fort curieuses dans l\u2019histoire du Dahomey d\u2019il y a seulement un siècle, et c\u2019est là que je puiserai les faits qui formeront la substance de cette chronique.Il y avait alors au Dahomey une religion basée sur la croyance à deux principes: celui du mal et celui du bien: en conséquence il y avait une foule de divinités pour chaque chose.Les unes consistaient en des serpents vivants qui avaient leurs temples et leurs adorateurs, les autres étaient des objets qui pouvaient avoir toutes les formes: les prêtes dahoméens ou plutôt les sorciers en fabriquaient à volonté et en vendaient une grande quantité sous le nom d\u2019amulettes ou de gris-gris à leurs fidèles.Près de chaque groupement d'habitations on voyait une petite cabane ronde ou carrée, assez proprement tenue et entourée d\u2019une haie vive; c'était le temple et en même temps la demeure du sorcier.Les noirs y pénétraient librement et à n'importe quelle heure mais à condition d\u2019apporter des offrandes lesquelles consistaient en huile de palme, bananes ou volailles: ceux qui apportaient un mouton ou mieux encore un boeuf avaient droit à une considération spéciale.Près de la cabane, dans la cour, on voyait les idoles grossièrement sculptées en bois: elles représentaient des hommes, des femmes, des animaux et des êtres fantastiques généralement fort laids.C\u2019était même d\u2019un aspect affreux mais ça n\u2019a pas empêché quelques artistes de notre siècle raffiné de prendre ces objets comme modèles pour leurs prétendus chefs d'oeuvres artistiques.Ces artistes-là, eux aussi, sont de drôles de bêtes .Les idoles étaient parfois de fabrication très simple: un simple bâton terminé en fourche à trois dents faisait l'affaire: on plaçait entre les trois dents un vase rempli d'huide de palme et il y avait une divinité de plus dans le monde.On fabriquait également en masse des divinités que l\u2019on vendait: cela s\u2019appelait alors des amulettes ou des gris-gris et l\u2019on en faisait avec toutes sortes de choses: des dents d'hippopotame, des morceaux de défense d\u2019éléphant, des griffes de tigres, etc., le sorcier prononçait dessus quelques paroles enchantées et il les vendait ensuite le plus cher possible aux nègres.Ces gris-gris étaient censés préserver de la mort par le fusil, le sabre ou le poison: on se doute bien qu\u2019ils ne servaient pas à grand chose mais ils inspiraient tout de même.En ce qui concerne les mauvais esprits, le commerce que les sorciers en faisaient n\u2019était pas à dédaigner non plus.L\u2019un de ces sor- ciers les avait rencontrés, raconte une vieille tradition dahoméenne, pour la première fois dans une immense caverne que l\u2019on montre encore aujourd'hui aux touristes par curiosité.Ce sorcier qui avait eu probablement une frousse intense des rats, des chauves-souris et autres animaux peuplant la caverne eut aussi la plus profitable des idées quand il en sortit: il inventa les \u2018\u2018mauvais esprits\u201d ainsi que la manière de se préserver de leurs vilains coups.Dès lors on vit se bâtir des temples rudimentaires qui leur furent consacrés: ces temples devinrent la demeure des sorciers spéciaux aux mauvais esprits, mais nulle autre personne n\u2019avait le droit d'y pénétrer.Il était, d'autre part, recommandé à tous ceux qui passaient devant le temple de s\u2019arrêter et de déposer une offrande selon leurs moyens afin de conjurer le mauvais sort possible.Il paraît que ce commerce était très productif et que la frousse des mauvais esprits enrichit des milliers de sorciers.(Suite à la page 28 j r .;¦ 10 Sb3a/nusdi Montréal, 30 septembre 1933 L\u2019jlctualité à travers le cTKConde MONTREAL M.Gonzague Duchatme fait l'acquisition de la bibliothèque du petit séminaire de Sainte-Marie de Monnoir.M.Gonzague Ducbarme, libraire de Montréal et l\u2019une des plus grandes autorités d\u2019Amérique en Canadiana et Americana, a acquis, au début de ce mois, les 25,000 volumes, brochures et revues de la bibliothèque du petit séminaire de Ste-Marie de Monnoir.Il en a immédiatement revendu plus de la moitié à la ville de Montréal, par l'intermédiaire de M.Aegidius Fau-teux, à un prix très avantageux pour la bibliothèque municipale de Montréal.La bibliothèque des élèves fut tout d\u2019abord vendue.Quant à celle du petit séminaire proprement dit, elle fut déménagée dans un hangar pendant la guerre parce que l\u2019etablissement occupé par le petit séminaire fut mis à la disposition des autorités militaires.Plusieurs des caisses reposaient sur le sol et ressentaient toute l\u2019humidité du sol.Aussi certains livres précieux ont-ils subi des dommages qui les rendent invendables.Après la guerre les livres furent transportés dans le grenier du magasin de M.Langlois à St-Jean-sur-Richelieu.M.Ducharme avait les yeux sur cette bibliothèque depuis une douzaine d\u2019années.¦ ¦ ¦ ANGLETERRE Le jeu de Looperoo On vient d\u2019inventer un nouveau sport qui passionnera toute l\u2019Angleterre.C\u2019est le Looperoo \u2014 un lasso de cowboy construit de telle façon que son lancement n'offre aucune difficulté.Le lancement du lasso est généralement très difficile, mais avec la corde spéciale du Looporo, le novice y arrive en cinq minutes et.après quelques jours d\u2019exercices, il parvient à faire des tours de cowboy expérimenté.Le secret de cette facilité est dans l\u2019addition, à l'un des bouts de la corde, d\u2019un petit tourniquet qui simplifie les opérations; et aussi la corde est fabriquée d\u2019une façon spéciale: le fil central étant métallique.Le Looporoo a été inventé par M.Elliot Durham, un Canadien expert en jeux, qui a étudié le lancement de la corde aux rodéos.\"Le lancement de la corde est le plus ancien passe-temps des Canadiens, nous dit M.Durham, et ce sera le sport favori des Anglais.\u201cC\u2019est plus qu\u2019un jeu, c'est une excellente forme d\u2019exercice.\"J\u2019ai remarqué que lorsqu\u2019un cowboy lance plusieurs cordes à la fois (quelquefois huit cordes à la fois) il s\u2019aide des tourniquets de sa ceinture.J\u2019ai fait des expériences avec les tourniquets et j\u2019en ai inventé un qui permettra à n\u2019importe qui de jeter un lasso.\u201cEnsuite, il m\u2019a fallu trouver une corde.Une corde de cowboy se maintient par son poids.Mais elle coûte très cher, et ensuite son poids même rend son usage difficile pour un enfant.\"Aussi, en consultation avec Don Ray, un lanceur de corde con- nu, les fabricants ont produit une corde légère, dont le centre est fait d\u2019une matière résistante qui maintient ouvert le noeud coulant.Un torsage spéciale empêche la corde de se déformer.C\u2019est de cette façon que naquit le Looperoo.Tout le monde peut lancer le noeud coulant du premier coup et après une pratique d\u2019un jour ou deux on peut réaliser olusieurs tours de cowboy.\"On peut faire au moins vingt-cinq tours, avec des variations sans fin.Chacun de ces tours est l\u2019expression d\u2019une vie aventureuse, car il a été inventé par le cowboy à la poursuite du bétail.\u201d (News Chronicle, Londres) ITALIE Une consigne de Mussolini aux secrétaires du parti fasciste lo.Ne pas fréquenter de jour et encore moins de nuit les soi-disant établissements de luxe du centre, restaurants, théâtres, etc.2o.Aller le plus souvent à pied et, lorsque cela est nécessaire, employer une machine utilitaire, de préférence la motocyclette.3o.Dans les cérémonies officielles, pas de hauts de forme sur la tête, mais la simple chemise noire de la Révolution.4o.Ne modifier ses habitudes ni son train de vie en aucune façon.5o.Faire rigoureusement ses heures de service et entendre le plus grand nombre de personnes avec la plus grande patience et humanité.6o.Fréquenter les milieux ouvriers et être non seulement moralement, mais physiquement avec le peuple, surtout en ces temps difficiles.(Corriece della Sera, Milan) ¦ ¦ ¦ MEXIQUE De fabuleux gisements d\u2019or viennent d\u2019être découverts au Mexique.Des nouvelles parvenues au secrétariat de l\u2019Economie Nationale annoncent la découverte d\u2019un gisement aurifère, dans les placers de l\u2019Etat de Sinaloa, gisement qui semble le plus riche du monde d\u2019après la quantité d\u2019or qu\u2019on a déjà commencé à recueillir.Des centaines de familles ont déjà pris le chemin d\u2019El Chilar (nom du gisement) sûres d\u2019y trouver du travail ou de l\u2019or, et la renommée du placer va s\u2019étendant de plus en plus.Les dernières nouvelles confirment que dans les environs d\u2019El Chilar on ramasse des pépites d\u2019un gramme et plus, au simple lavage des sables; un autre endroit, également très riche, vient d'être découvert à quelques mètres d\u2019El Chilar, au lieu dit El Tambor.( Excelsior, Mexico) - O - On demandait un jour au poète anglais Milton, comment il se faisait qu\u2019un roi pouvait alors être couronné à quatorze ans tandis qu'il n'était autorisé à se marier qu\u2019à dix-huit.Le poète répondit: \u201cC\u2019est probablement parce qu\u2019il est plus facile de gouverner un royaume qu\u2019une femme.\u201d LA CARTE DES OPERATIONS CONTRE LA PROHIBITION AUX ETATS-UNIS Mo^ama\tI NORTH DAKOTA v i\tt WISCONSIN B)\t1 | SOUTH DAKOTA SgMftrG NEBRASKA IOWA ILÜNO oradoM' MISSOURI KANSAS ?KENTUCKY OKLAHOMA ^ MISS Les Etats qui ont vote le rappel de la prohibition Les Etats qui doivent se prononcer cette année sur cette question.Atous empruntons au New York Times cette carte indiquant les Etats américains qui ont voté le rappel de la prohibition.On s\u2019attend à ce que les Etats-Unis tout entiers soient \u201chumides\u201d le 6 décembre prochain.Jusqu\u2019ici une trentaine d\u2019Etats se sont prononcés.Il n\u2019en faut plus que six pour que la loi soit rappelée. Montréal, 30 septembre 1933 &&amedb U feuilleton du \u201cSamedi\u201d Le Secret d\u2019une Tombe Par EMILE RICHEBOURG No 10\t(Suüe) XI.\u2014AU FAISAN DORE On répondit au notaire, et quelques jours après, Reboul, sa femme, Georgette et Pataud, se mirent en route pour Mont-ühéry.* * * Montlhéry, à quelques lieues seulement de Paris, est une jolie petite ville, située sur le chemin de fer d'Orléans, au milieu d\u2019un charmant paysage que domine une vieille tour féodale bien connue de ceux qu\u2019intéressent les souvenirs du moyen âge.De loin, on aperçoit la ruine gothique, inoffensive aujourd\u2019hui, mais qui rappelle le temps où les barons de Montlhéry, abrités derrière leurs murailles massives, exerçaient autour d\u2019eux une domination terrible.C\u2019est là aussi que se livra, entre Louis XI et Charles le Téméraire, cette célèbre bataille où l\u2019on vit le curieux spectacle de deux armées dont chacune fut victorieuse à l\u2019une de ses ailes et vaincue à l\u2019autre.Aujourd\u2019hui, Montlhéry est le centre d\u2019une riche culture, et les maraîchers des environs contribuent pour une bonne part à l\u2019alimentation de Paris.L\u2019établissement, une espèce d\u2019auberge dont avait hérité Cé-lestin Reboul, se trouvait à l\u2019entrée de la principale rue de la petite ville.Les murs du bâtiment, blanchis à la chaux, portaient en grosses lettres cette inscription : HOTEL DU FAISAN DORE Sur l\u2019enseigne, attachée à une tringle de fer qui grinçait an vent, on avait peint un oiseau que l\u2019on pouvait prendre à la rigueur pour le superbe bipède publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des Gens de Lettres.Commencé dans le numéro du 29 juttet 1933.RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS A la veille de livrer le combat suprême, le marquis de Mimosa, un des principaux chefs carlistes, confie sa petite fille Thérèse à son fidèle serviteur Pedro.Celui-ci porte l\u2019enfant en France et le remet à une jeune femme, Mme Marguerite, qui vit seule avec sa petite Louise.L\u2019Espagnol lui donne en même temps vingt mille francs et le testament du marquis.Quelques jours plus tard, Pedro est tué par des ennemi».Une nuit, Edouard Forestier, le mari de Mme Marguerite qu\u2019elle avait dû quitter à cause de ses mauvais traitements, veut obtenir de force l\u2019argent remis par Pedro.Mais l\u2019arrivée soudaine du curé Ancelin fait fuir le misérable.Le Dr Villarceau va mettre en lieu sûr l\u2019argent et le testament.Pendant un moment d\u2019absence de Mme Marguerite, la petite Louise est enlevé».Le Dr Villarceau, célèbre médecin de Paris, a marié sa fille Valentine à un jeune médecin nommé Delteil.Sa fille adoptive, Léonie, épouse un sculpteur de talent et de cœur, Lebrun.Léonie est jalouse de Valentine et tente, par des lettres anonymes, de briser le bonheur de son ancienne amie.Mais le Dr Villarceau dévoile la coupable et la chasse de sa maison.Léonie avait écrit, sous l\u2019anonymat, que le Dr Delteil fréquentait une jeune femme.Le Dr Villarceau apprend que le jeune médecin protège cette femme, Mme Duparc, par charité, pendant que son mari est en Allemagne.Charles Duparc revient et, grâce aux démarches du Dr Delteil, sa femme est enfin reçue chez son beau-père qui s\u2019était d\u2019abord violemment opposé à ce mariage.Sous un faux nom, Edouard Forestier s\u2019engage comme valet de chambre chez le Dr Vülarceau.Il réussit à dérober les papiers contenant le secret de la naissance de la jeune Espagnole confiée à Mme Marguerite.Il est repris et envoyé en prison mais les papiers sont perdus.Le Dr Villarceau meurt subitement.Quelque temps après, Mme Marguerite, qui habite maintenant Paris, disparait aussi laissant seule au monde sa fille adoptive, Thérésa, à laquelle elle avait donné le nom d\u2019Emilienne.Plusieurs années ont passé.Paul Lebrun, fils du sculpteur, revient d\u2019Italie où il a passé quelques années après avoir gagné le Grand Prix de Rome de peinture.Quant à Lucien Delteil, fils du médecin, il est un brillant ingénieur des mines.Léonie, l\u2019épouse infidèle de Lebrun, est revenue à Paris après de multiples aventures.Elle est marchande d\u2019antiquités sous le nom de Mme Prudence.Malgré ses erreurs, elle pense constamment à son fils.Elle apprend par hasard d'Edouard Forestier que les papiers dérobés chez le Dr Villarceau avaient été placés dans le tiroir secret d\u2019un vieux meuble.Au cours d\u2019une promenade qu\u2019ils font ensemble, le peintre Paul Lebrun et l\u2019ingénieur Lucien Delteil sont jetés dans la Seine par des voyous.Une inconnue donne une forte récompense aux sauveteurs, puis elle disparait.Intrigué, Paul Lebrun la recherche, mais inutüement.Un matin, une fillette est trouvée par un pauvre ménage de fermiers, les époux Reboul.C\u2019est la fille de Marguerite, enlevée par Forestier.Quelques années plus tard, Reboul reçoit en héritage un hôtel, où ü va aussitôt demeurer.qui donnait son nom à la maison.A gauche était le café, dont le centre était occupé par un billard ; à droite la salle à manger.Une porte cochère donnait accès dans une cour où picoraient des volailles et au fond de laquelle se trouvait l\u2019écurie où, les jours de marché, les cultivateurs attachaient leurs chevaux.Le nouveau propriétaire eut le bon esprit de conserver l\u2019ancien personnel qui continuait les traditions auxquelles l\u2019établissement avait dû sa prospérité sous Antonin Reboul.Tout marcha d\u2019abord à ravir; Jacqueline était avenante et Georgette si jolie ! En voyant affluer les clients, Célestin Reboul ne manqua pas de s\u2019en attribuer, à lui seul, tout le mérite.Le rude cévenol se trouvait dans une situation qu\u2019il n\u2019aurait jamais osé rêver, ne sut pas résister à l\u2019enivrement de sa grandeur.Devenu hâbleur et vantard, il prenait des airs imposants qui prêtaient à rire.Quand il découpait un gigot à la table d\u2019hôte, c\u2019était avec la solennité d\u2019un pontife qui officie: s\u2019il parlait de lui, c\u2019était dans des termes qui sollicitaient des compliments.Cette vanité fut bientôt connue des clients, qui nie manquaient pas de l\u2019exploiter.Le patron voulait des éloges, des compliments; les clients l\u2019en accablaient, l\u2019en gorgeaient et se les faisaient payer en coin-sommations, en crédits et même en emprunts d\u2019argent.Passe encore si l\u2019ancien vannier n\u2019eût été qu\u2019infatué de sa personne, mais à ce ridicule il adjoignit le défaut de boire.Il s\u2019enivrait d\u2019une façon abominable.Il se livrait à la passion la plus dégradante, la plus vile que puisse avoir l\u2019homme, la passion des liqueurs alcooliques.De plus, devenu joueur, il passait de longues heures les cartes à la main. 12 Sb&cumtdl Montréal, 30 septembre 1933 Dana ce® conditions, lia prospérité de l'établissement ne pouvait qu'être fortement menacée et sa ruine n\u2019était plus qu\u2019une question de temps.Et Reboul n\u2019était pas bon quand il avait bu.Personne, ni sa femme, ni Georgette n\u2019était à l'abri de ses violences, de ses stupides fureurs.Jacqueline était battue et Georgette souvent rudoyée.La jeune fille ne s\u2019en montrait pas moins affectueu.se et dévouée.Par son adresse, son activité, son amabilité, elle s\u2019efforçait de pallier et de contrebalancer la mauvaise direction que l\u2019aubergiste donnait à ses affaires.Toujours alerte, toujours en mouvement, charmante sous son costume simple et de bon goût, souriante, d\u2019humeur toujours gaie, elLe allait de l\u2019un à l\u2019autre, ayant une parole gracieuse pour chacun.Toutefois, elle n\u2019autorisait aucune familiarité et l\u2019on avait le respect de sa jeunesse et de sa candeur.La journée terminée, elle allait rejoindre sa mère adoptive dans sa chambre.Là, sa gaieté l\u2019abandonnait, et elle se donnait le rôle de consolatrice.La pauvre Jacqueline, bien vieille et surtout bien vieillie, n\u2019avait pas l\u2019énergie de la jeune fille; elle pliait sous le poids de ses chagrins.\u2014 Ah ! disait-elle, je savais bien que nous avions tort de quitter La Palud où nous étions si heureux ; mais qui aurait cru qu\u2019il changerait ainsi en si peu de temps?En pleurant, elle ajoutait: \u2014 I! court à sa ruine, le malheureux, et alors, ma Georgette, que deviendras-tu?\u2014 Oh ! ne vous inquiétez pas de moi, je suis jeune et j\u2019ai du courage; ce n\u2019est pas à moi, chère mère, mais à vous qu\u2019il faut penser.\u2014 Moi, fit tristement Jacqueline, je n\u2019ai plus longtemps à vivre.\u2014 De grâce, n\u2019ayez pas cette vilaine pensée ! s'écria Georgette.Jacqueline hocha la tête.\u2014Je me sens bien, va, dit-elle; IL REND LA RESPIRATION FACILE.\u2014 La contraction des passages de l\u2019air et la lutte pour respirer, évidence trop familière du mal de l\u2019asthme n\u2019effraient pas le Remède pour l\u2019Asthme du Dr J.D.Kellogg.C\u2019est le fameux remède connu de tous côtés pour* sa complète efficacité même dans les pires conditions.Ce n\u2019est pas une préparation en essai et pour des expériences mais un remède avec des années de bons services derrière lui.Aehetez-le chez votre plu, proche marchand.mais que la volonté du bon Dieu soit faite.A quelques pas du Faisan Doré demeurait le secrétaire de la mairie.M.Delmas, qui vouait quelquefois passer une demi-heure au café Rebouol.Ce M.Delmas pouvait avoir une cinquantaine d\u2019années ; il avait une figure mâle et franche; ancien sous-lieutenant de zouaves, il portait le ruban de la médaille militaire, qu\u2019il avait gagnée au Mexique.M.Delmas était marié et père de deux jeunes enfants; sa femme, encore jeune, était atteinte d\u2019une paralysie incurable qui la clouait sur son fauteuil.Georgette faisait de temps à autre, quand elle le pouvait, une visite à la paralytique, qui lui était reconnaissante de venir un peu égayer sa solitude.Elle était surtout accueillie avec de grandes démonstrations d e joie par les enfants avec lesquels elle se plaisait à jouer tout en causant avec leur mère.Auprès de cette femme impotente, mais qui était instruite et causait bien, et de ses enfants qui l\u2019avaient prise en amitié, Georgette passait des instants qui lui paraissaient délicieux.C\u2019est là qu\u2019elle allait venir bientôt chercher des consolations.Le mal qui rongeait Jacqueline et qu\u2019elle sentait si bien en elle s\u2019aggrava rapidement.Bientôt elle ne sortit plus de sa chambre et dut s\u2019aliter.Georgette ne la quittait presque plus.Assidue à son chevet elle lui prodiguait les soins les plus empressés.Mais Jacqueline était condamnée.La veille de sa mort, elle embrassa tendrement Georgette et lui dit: \u2014 Depuis que pour notre malheur à tous nous sommes venus dans ce pays, tu as été ma consolation.Je demande à Dieu de te bénir, tu as droit à une récompense qui te viendra du ciel.Cependant ta tâche n\u2019est pas terminée.Qu\u2019arrivera-t-i] quand je ne serai plus?Hélas! je ne le prévois que trop.Ma chère enfant, aussi longtemps que tu le pourras, reste auprès de ton père; car le moment viendra où il aura besoin de toi pour soutenir son courage et le préserver du désespoir.\u2014 Ma mère, répondit la jeune fille, je n\u2019oublierai pas vos paroles.Ces paroles de la mère adoptive furent les dernières qu\u2019elle prononça.M.Delmas et ses enfants suivirent au cimetière le cercueil de Mme Reboul.En revenant, le secrétaire die la mairie dit à Georgette : \u2014 Ma chère enfant, vous ne pouvez rester plus longtemps chez votre père adoptif ; cet homme est tombé si bas qu\u2019il n\u2019est plus capable d\u2019apprécier votre dévouement, et je crains les dangers auxquels votre jeunesse est exposée dans cette maison.\u2014 Venez chez nous, ma femme et moi vous offrons ! \u2019hospital i té.La jeune fille secoua doucement la tête et répondit: \u2014 Mon père a encore besoin de mes services, il faut que je reste avec lui.D\u2019ailleurs, avant de mourir, ma mère m\u2019a demandé de ne pas le quitter.\u2014 S\u2019il en est ainsi, je n\u2019ai plus à insister; mais souvenez-vous que vous avez en nous des amis sincères et que notre maison vous est toujours ouverte.Certes Georgette savait quelles seraient ses _tristesses chez son père adoptif et les dures épreuves qu\u2019elle aurait encore à subir.Mais Jacqueline le lui avait dit, sa tâche n\u2019était pas terminée.Certains jours elle avait dans la journée des heures de liberté; elle 1er passait auprès de Mme Delmas et de ses enfants, quand ceux-ci n\u2019étaient pas à l\u2019école.Le jeudi et même quequefois le dimanche, Mme Delmas confiait ses enfants a Georgette qui les menait à la promenade.La jeune fille les aimait beaucoup, ces enfants, une petite fille de neuf ans, un petit garçon de sept ans.C\u2019est que l\u2019on aurait vainement cherché dans tout le pays une jeune fille pouvant rivaliser de beauté avec elle.Elle était de taille moyenne, mais bien prise, comme nous l\u2019avons déjà dit ; ses membres indiquaient une constitution robuste.Le buste avait des développements précoces.Le front n\u2019était pas très grand, mais d\u2019un dessin parfait : les che-yeux noirs, bien ouverts et bien comme l\u2019aile du corbeau ; ses yeur noirs, bien ouverts et bien fendus, sur lesquels s\u2019abaissaient des paupières frangées de longs cils, étaient ornés de sourcils d\u2019un arc irréprochable.Le teint avait la fraîcheur de coloris de la pêche mûre ; sa riche carnation aurait fait paraître blêmes, dans un salon, les visages des plus belles femmes de nos grandes villes.Et cependant l\u2019idée ne serait venue à personne de la comparer à une paysanne, tant il y avait de grâce charmante et de distinction native dans cette belle jeune fille, qui s\u2019était pour ainsi dire faite toute seule.Mais elle était la fille de Marguerite Lormont et, heureusement ne ressemblait en rien à son père.Georgette était d\u2019une nature ardente et même passionnée.Très enthousiaste, par sa nature même elle était capable de tous les dévouements, de tous les sacrifices.Oh ' comme en cela elle ressent b\u2019ait encore à sa mère.Elle s\u2019exaltait facilement ; mais parfois aussi on la voyait soucieuse, pensive et comme étrangère à tout ce qui se passait autour d\u2019elle.A quoi Georgette rêvait-elle?Elle n\u2019aurait certainement pas su le dire exactement.C\u2019était un travail nouveau qui se faisait en elle; c\u2019était la sève de vie qui circulait plus chaude et avec plus de vigueur.Sans s\u2019en rendre compte, elle éprouvait un trouble, une vague inquiétude d\u2019esprit qui, évidemment annonçaient l\u2019éveil de sensations nouvelles.Elle avait parfois dans le regard des lueurs étranges qui ne pouvaient s\u2019expliquer que par de fugitives impressions de l\u2019âme.Alors Mme Delmas disait à son mari ; Les Gagnants des Mots Croisés LES MOTS CROISES \u2014 CONCOURS No 92 \u2014 16 sept.$5.00 en prix Mme Z.Beaupré, 8341, rue Casgrain, Montréal, P.Q.Mlle Marthe Thibault, 11, rue Gilbert, Chicoutimi ouest, P.Q.M.Raymond Rousseau, Cap-de-la-Madeleine, P.Q.M.Lucien Fontaine, Hôp.St-Charles, Dépt.2, St-Hyacinthe, P.Q.M.Roger Gamache, Rockland, Ont. Montréal, 30 septembre 1933 13 \u2014 Georgette n\u2019est pas une de ces jeunes filles sympathiques qui se laissent aller docilement au cours des événements de leur existence; elle est devenue femme de bonne heure, tout en conservant la naïveté, la candeur et la grâce de son âge.Un sang riche et généreux coule à flots dans ses veines ; elle est d\u2019un tempérament exceptionnel, et il faudra bientôt fixer sa position et lui assurer son avenir.\u2014 Allons donc ! elle n\u2019a pas encore dix-scpt ans, et tu voudrais que, déjà, elle eût des idées.\u2014 Je crois ne pas me tromper.\u2014 Mais plusieurs jeunes gens de la ville ont fait la roue autour d\u2019elle, ont essayé de lui conter fleurette, elle les a repoussés de la belle manière.\u2014 Ils ne lui plaisaient pas ; mais attends et tu verras.\u2014 Penses-tu donc qu\u2019elle serait capable.\u2014 Oh ! ce n\u2019est point là ce que je veux dire; elle a pour la garder un grand fond d\u2019honnêteté et de fierté ; jamais, j\u2019en suis convaincue, elle ne descendra à quelqu\u2019un qu\u2019elle ne jugera pas digne d\u2019elle.Mais elle éprouve le besoin absolu d\u2019aimer et elle ne demande qu\u2019à aimer.Mme Delmas ne se trompait pas.C\u2019était bien, en effet, le besoin d\u2019aimer et plus encore de se sentir aimée qui, sans qu\u2019elle s\u2019en doutât, tourmentait la fille adoptive de Célestin Reboul.Son jeune et chaste cœur s\u2019ouvrait à la douce; et mystérieuse mélodie de cette éternelle chanson d'amour que chante le cœur de toutes les jeunes filles au printemps de la vie.XII.\u2014C\u2019EST MA MERE Plus encore que la dispute au bord de la Seine et le grand danger de mort qu\u2019il avait couru, les baisers mis sur son front par la femme au chapeau grenat, avaient laissé dans l\u2019âme de Paul Lebrun une impression qui no devait jamais s\u2019effacer.Qui donc pouvait-elle être, cette femme, cette inconnue?Il avait remarqué les regards échangés entre son père et le docteur Delteil.Cela encore lui donnait beaucoup à penser.Dans le trajet de Bougival à Paris, qu\u2019il avait fait le soir avec son père et Lucien, il avait, sans beaucoup insister, interrogé le sculpteur sur bois sur ce qu\u2019il pensait de cette femme qui avait donné cinq cents francs aux pêcheurs qui les avaient sauvés, Lucien et lui.\u2014 Je ne comprends rien à cela et j\u2019en suis, comme toi, très surplus, avait répondu Lebrun; je ne puis voir en cette inconnue qu\u2019une femme exaltée, ayant dans la tête un grain de folie.Dès le lendemain, le jeune artiste se remit au travail, car il avait déjà commencé un grand tableau qu\u2019il destinait à la prochaine exposition des beaux-arts.Plus que jamais il éprouvait le besoin d\u2019une grande activité.En occupant son esprit à la conception de son œuvre, il ferait diversion à ses pensées qui le ramenaient sans cesse à la femme inconnue.Lebrun avait loué à son fils, avant son retour d\u2019Italie, un atelier boulevard de Clichy.C\u2019était une vaste pièce, haute de plafond et parfaitement éclairée.A l\u2019atelier était joint un logement composé d\u2019une chambre à coucher, d\u2019une cuisine et d\u2019une salle à manger, mais s\u2019il y avait dans l\u2019atelier tous les accessoires nécessaires à un artiste, le logement n\u2019était pas meublé.Pour le moment, Paul prenait ses repas chez son père et y avait sa chambre.Cela durerait aussi longtemps que le jeune homme le voudrait, et ce serait toujours si la séparation ne dépendait que du père.Cependant, et si bien qu\u2019il voulût occuper son esprit, Paul pensait toujours et quand même à la femme inconnue.\u2014 On a pensé qu\u2019elle était ma parente, se disait-il, elle a pu être reçue ainsi dans la chambre où l\u2019on m\u2019avait couché, et durant une partie de la nuit elle est restée près de moi, me donnant des soins, me faisant prendre la potion ordonnée par le médecin.Pourquoi a-t-elle fait tout cela?Quel intérêt y avait-elle?Et ces baisers sur mon front! Oh! ces baisers! à ce moment, je crois encore sentir sur mon front le contact des lèvres de cette femme! Et, comme à travers le nuage d\u2019un rêve, il me semble que je la vois encore se reculer sous mon regard, tremblante, courbant la tête.Et, avec une anxiété indéfinissable, Paul se demandait toujours: \u2014 Mais qui donc est-elle, cette femme?Certainement, il ne pouvait être un inconnu pour elle.Quant à lui\tvait déjà rencontrée quelque part, il ne l\u2019avait pas re- connue.Mais où avait-il pu la rencontrer?En Italie, à Rome?Peut-être.Mais il n\u2019en avait aucun souvenir.Pau! Lebrun n\u2019était pas un de ces fats, de ces sois qui s\u2019imaginent qu\u2019ils n\u2019ont qu\u2019à paraître pour faire la conquête d\u2019une femme, il ne pouvait avoir l\u2019idée que l\u2019inconnue fût prise d\u2019une folle passion pour lui.Pour la connaître, pour savoir seulement son nom, il aurait donné tout au monde.Mais pourquoi donc, après avoir donné cinq cents francs aux hommes qui l\u2019avaient sauvé, après tant d\u2019intérêt qu\u2019elle lui avait témoigné, avait-elle disparu tout à coup, sans avoir dit qui elle était, sans laisser de trace derrière elle.C\u2019était une complication du mystère.Ce mystère, le sculpteur sur bois l\u2019avait expiqué par ces mots : \u201cC\u2019est une folle !\u201d Mais Paul ne pensait pas comme son père, et il disait: \u2014 Où la retrouver?pourrai-je jamais savoir qui elle est?Il ne supposait pas qu\u2019elle fût une habituée du Bal des Canotiers : il croyait au contraire qu\u2019elle n\u2019y était venue que ce jour-là.Ce n\u2019était donc pas à Bougival qu\u2019il devait espérer la rencontrer encore.Il pouvait se faire renseigner par celles de ces dames les canotières qui la connaissaient ; mais il lui répugnait de remettre le© pieds dans cet établissement de la folle gaieté et surtout d\u2019entrer en contact avec les demoiselles à chignons jaunes qui le fréquentaient, il sentait que ce n\u2019était pas dans ce milieu qu\u2019il devait porter le secret de son anxiété.Il s\u2019étonnait d\u2019être poursuivi, ainsi qu\u2019il l\u2019était, par la pensée de retrouver l\u2019inconnue.C\u2019était en vain qu\u2019il cherchait à se persuader qu\u2019il n\u2019y avait là qu\u2019une aventure banale à laquelle il attachait beaucoup trop d\u2019importance, toujours, toujours, aussi bien la nuit que le jour, il se demandait: \u2014 Quelle est donc cette femme ?\u2014 Un matin, comme il jetait sur sa toile les grandes ignés d\u2019on dessin au fusain, il s\u2019arrêta brusquement, en laissant échapper une exclamation.Une idée venait de jaillir de son cerveau et, lancée dans une direction, sa pensée ne s\u2019arrêta plus.Les souvenirs de son enfance défilaient dans sa mémoire.Tout à coup, il avait été placé au lycée de Chartres, séparé du jour au lendemain de sa mère, qu\u2019il n\u2019avait plus jamais revue.Il se rappelait avoir questionné son père au sujet de sa mère et avoir appris qu\u2019elle était morte.Alors, il avait pu le croire ; mais à présent il comprenait que son père l\u2019avait trompé ou plutôt avait cru devoir lui cacher la vérité.Pourquoi donc, si sa mère était morte, n\u2019avait-il pas assisté à son enterrement, et n\u2019était-il jamais allé, conduit par le sculpteur, s\u2019agenouiller sur sa tombe?Pourquoi donc son père n\u2019avait-il plus jamais prononcé devant lui le nom de sa mère ?Pourquoi donc n\u2019avait-il jamais vu à la maison aucun de ces objets qui rappellent aux survivants le pieux souvenir de ceux qui ne sont plus?Un jour, i,l avait insisté auprès de son père pour savoir de quelle maladie sa mère était morte, et il se rappelait que Lebrun lui avait fermé la bouche par une de ces réponses brusques qui indiquent le mécontentement, presque l\u2019irritation.Beaucoup d\u2019autres détails lui revenaient à la mémoire.M.et Mme Villarceau, M.et Mme Delteil avaient évidemment connu sa mère; pourquoi donc Mme Villarceau, M.et Mme Villarceau, M.et Mme Delteil n\u2019avaient-ils jamais fait devant lui aucune allusion à sa mère.Il fallait donc qu\u2019il y eût une sorte de conspiration pour que le silence se fît sur elle.Mais pourquoi, pourquoi.Paul aurait pu aller loin, très loin à la recherche de ce \u201cpourquoi\u201d et deviner bien des choses; il ne le voulut pas, par un un sentiment de respect pour la femme qui l\u2019avait mis au monde.Il lui suffisait de comprendre qu\u2019on l\u2019avait enveloppé d\u2019un mystère qu\u2019il lui avait été interdit de pénétrer.Il n\u2019eut qu\u2019à récapituler les faits, à les rapprocher les uns des autres pour arriver à cette conclusion : \u2014 Ma mère n\u2019est pas morte ! Et il n\u2019avait plus à se demander qui était cette femme au chapeau grenat, cotte femme aux baisers.C\u2019était sa mère! \u2014 Mon père et elle se sont séparés, se dit-il, je n\u2019ai pas, quant à présent, à en savoir les causes; je devais ne plus la revoir, puisque l\u2019on m\u2019a fait croire qu\u2019elle était morte ; mais elle est ma mère, elle est ma mèrel H Montréal, 30 septembre 193J Et, quelle que soit la profondeur de l\u2019abîme creusé entre elle et mon père, je veux la revoir, je la retrouverai! Après être resté quelques instants silencieux, il reprit, répondant à une de ses pensées: \u2014 Oui, je la revois, telle qu\u2019elle était autrefois, grande, belle, imposante.Ah ! sd vaguement que ses traits .soient restés dans ma mémoire, je suis sûr de la reconnaître le jour où je me retrouverai en face d\u2019elle.Alors en proie à une émotion indicible et ne pouvant plus se contenir il fondit en larmes.Il ne doutait plus, il ne pouvait plus douter, cette femme, dans laquelle son père n\u2019avait voulu voir qu\u2019une exaltée atteinte d\u2019un grain de folie, c\u2019était sa mère.Et quand sa crise de larmes eut cessé, il se demanda comment il pourrait retrouver sa mère.Où la chercher, où la découvrir dans ce grand Paris?Il ne songea pas à s\u2019adresser à son père, sachant bien qu\u2019il n\u2019obtiendrait rien de lui et ne voulant pas, d\u2019ailleurs, lui causer un chagrin.Et puis, si dans la femme inconnue le sculpteur sur bois avait deviné la mère de son fils, il était plus que probable qu\u2019il ignorait où elle demeurait et sous quel nom elle se cachait à Paris.Depuis son aventure de Bou-gival, Paul était triste; après la découverte qu\u2019il venait de faire, il le fut encore davantage.Son père devinait ce qui le rendait ainsi soucieux, mais ayant l\u2019air de s\u2019en étonner, il lui demandait avec intérêt ce qu\u2019il avait.Paul répondait d\u2019une façon évasive, et croyant ainsi calmer l\u2019inquiétude du sculpteur, il s\u2019efforçait de reprendre son humeur ordinaire.Lucien aussi remarquait que son ami avait en tête quelque grave préoccupation; mais avec Lucien également, Paul gardait son secret.A son retour de Rome, le jeune artiste avait retrouvé d\u2019anciens camarades, artistes comme lui, plusieurs qu\u2019il avait connus à la villa Médicis, les antres avaient été ses camarades à l'école des Beaux-Arts.Il LE BAUME PERSAN est l\u2019auxiliaire par excellence pour la santé et la beauté du teint de tous les membres de la famille.Ajoute au charme de la mère.Protège la peau tendre de Penfant.Fait la joie du père comme fixatif pour les cheveux ou lotion pour la barbe.Ue quelque manière qu\u2019on l\u2019emploie, il est toujours bon pour la peau.Toutes les femmes devraient s\u2019en servir.les voyait rarement, d\u2019ailleurs, et plus rarement encore se laissait entraîner par eux dans un café.Un jour, un ancien élève de l\u2019école de Rome, qu\u2019il rencontra sur le boulevard Rochechouart, le fit entrer au café du \u201c Rat Mort \u201d où se trouvaient quelques jeunes peintres que Paul connaissait.Ceux-ci s\u2019empressèrent de donner place à leur table aux nouveaux venus.Ces jeunes gens n\u2019ignoraient pas que Paul avait failli périr dans la Seine, à Bougival ; ce qui s\u2019était passé ce soir-là leur avait été raconté.Ils parlèrent de la femme qui s\u2019était si vivement intéressée aux deux amis, à l\u2019artiste particulièrement, et ils demandèrent à Paul s\u2019il la connaissait, s\u2019il savait qui elle était.\u2014 Non, répondit Paul; malgré tout ce que j\u2019ai fait pour le savoir, ceitte dame m\u2019est toujours inconnue; pourtant je désire vivement connaître son nom et sa demeure.J\u2019ai à la remercier d\u2019abord et aussi à lui rendre les cinq cents francs qu\u2019elle a donnés aux deux sauveteurs.\u2014 La remercier, nous l'admettons ; mais lui rendre la somme qu\u2019elle a donnée aux pê-heurs, c\u2019est antre chose ; autant elle pourra être flattée de recevoir vos remerciements, mon cher Paul, autant elle s\u2019indignerait, je erois, qu\u2019on lui parlât de lui rembourser une somme qu\u2019elle a généreusement donnée.\u2014 Oui, mon cher Albert, vous avez raison, dit Paul.\u2014 Ce qui est le plus surprenant dans tout cela, c\u2019est qu\u2019elle ne se soit pas fait connaître.\u2014 C\u2019est une dame qui pratique secrètement la philanthro-phie, opina un autre artiste ; elle cache ses bienfaits et sait se dérober modestement aux témoignages de reconnaissance.\u2014 Il doit exister de ces sortes de femmes, répliqua Albert, mais ce n\u2019est point au Bal des Canotiers qu\u2019il faut les aller chercher.On se mit à rire.Paul, lui, restait grave et toujours soucieux.\u2014 Ainsi, Paul, reprit Albert, vous tenez beaucoup à savoir qui est cette femme?\u2014 Oui, beaucoup.\u2014 Mais il y a un moyen, c\u2019est de s\u2019enquérir au bal des Canotiers.\u2014 Oh ! cette idée m\u2019est ven ue, mais pour rien au monde je ne voudrais remettre les pieds dans cet établissement.\u2014 Cela se comprend.Eh bien, mon cher Paul, je me charge de découvrir la dame mystérieuse; pas plus tard que dimanche prochain, je me rendrai au bal des Canotiers.Philippe, continua Albert, s\u2019adressant à un autre jeune artiste, voudras-tu venir avec moi ?\u2014 Oui, et ce sera avec plaisir.\u2014 Très certainement, nous rencontrerons là quelques jolies gommeuses de notre connaissance qui pourront nous renseigner.\u2014 Mes chers camarades, dit Paul, vous me rendrez un véritable service, et je vous en remercie d\u2019avance.Le soir de ce même jour, le voyant plus triste encore que les jours précédents, Lebrun dit à son fils: \u2014 Mon cher enfant, je commence à m\u2019inquiéter sérieusement; il me semble que tu ne te pais pus ici avec ton père.\u2014\u2022 Oh ! ne croyez pas cela ! protesta vivement le jeune homme.\u2014 Regretterais-tu de ne plus être à Rome?\u2014 Vous savez bien, mon père, que j\u2019ai été heureux de revenir en France et de me retrouver près de vous.\u2014 Alors, tu t\u2019acharnes trop à tes travaux, qui ne sont pourtant pas si pressés, car tu as des mois devant toi ; oui, tu es trop appliqué à ton travail, tu te tiens trop renfermé; si bien aéré que soit ton atelier, il y manque le grand air qu\u2019il faut à ta santé, et puis, tu ne te doutes pas assez de ces exercices du corps que je crois absolument nécessaires à ta jeunesse.Tu ne sors pas assez.Deux fois par jour, tu fais le trajet d\u2019ici à ton atelier et tu en reviens, ce n\u2019est pas suffisant; encore une fois, tu ne prends pas assez d\u2019exercice.\u2014 Mais, mon père.\u2014 Laisée-moi dire : je voudrais que tu prisses au moins deux jours par semaine pour faire des excursions dans la banlieue de Paris que tu ne connais pas encore; ils sont ravissants, les environs de Paris, où partout s\u2019offrent aux yeux des sites admirables.N\u2019importe de quel côté il te plairait d\u2019aller, tu pourrais saisir et crayonner de délicieux paysages.Tu continuerais ainsi tes études et, en même temps, tu enrichirais tes albums de dessins et de croquis dont tu aurais certainement à te servir plus tard.\u2014 Eh bien, mon père, répondit Paul, je suivrai votre con- seil; j\u2019irai courir un peu les environs de Paris et je crois, comme vous, que cela me fera du bien.\u2014Je suis enchanté de te trouver dans ces bonnes dispositions.Songe bien, mon cher enfant, que je n\u2019ai que toi au monde, que tu as toujours été toute ma joie et que tu dois être le bonheur et la gloire de ma vieillesse.De grosses larmes étaient venues aux yeux du sculpteur sur bois.En proie à une vive émotion il reprit: \u2014 Ah! Paul, Paul, mon cher fils, si tu savais comme j\u2019ai besoin de ton affection! \u2014 Mon père, s\u2019écria le jeûna homme, que l\u2019émotion du sculpteur avait gagné, doutez de mon talent, doutez de ma sagesse, mais ne doutez jamais de ma tendresse.Le père et le fils se jetèrent dans les bras l\u2019un de l\u2019autre.Le lendemain, qui était un jeudi, de bon matin, Paul, vêtu d\u2019un complet de velours marron, coiffé d\u2019un chapeau de feutre mou et portant sur son dos le bagage ordinaire de l\u2019artiste en tournée, se dirigea pédestre-ment vers la gare d\u2019Orléans.Il avait consulté le guide des environs de Paris.Certes, il n\u2019était pas facile de choisir entre les localités indiquées par le guide, qu\u2019elles se trouvassent sur la ligne de Lyon ou d\u2019Orléans, sur la ligne de l\u2019Est ou celle de l\u2019Ouest; toutes étaient également recommandées comme devant être visitées par les excursionnistes, les touristes, les artistes.Cependant la courte notice consacrée à la petite ville de Montlhéry avait séduit Paul, et il s\u2019était dit : \u2014 J\u2019irai à Montlhéry.XIII\u2014COMMENT VIENT L\u2019AMOUR \u2014 Charmant endroit, se dit Paul Lebrun en arrivant à Montlhéry, sites variés, paysages délicieux, beaux ombragea, magnifique verdure ; tout indique la richesse de ce pays de culture.11 eut la curiosité bien naturelle d\u2019aller jusqu\u2019à la vieille tour.Là, il put embrasser du regard l\u2019ensemble du paysage qui, éclairé par un beau soleil, présentait les plus ravissante aspects.Il s\u2019éloigna de la tour, vieux débris du passé, descendit la pente en évitant las maisons et Sk* ç&ütîifâl Montréal, 30 septembre 1933 se trouva bientôt au bord de la petite rivière.Maintenant il fallait choisir le site que ses crayons allaient reproduire sur le papier.Dans un espace assez restreint la nature offrait une variété de scènes entre Lesquelles l\u2019artiste pouvait hésiter.Il se décida enfin à prendre un coin de la rivière où des arbres, des arbustes se reflétant dans l\u2019eau, produisaient un très joli effet, sans compter une couvée de jeunes canards, couchés au soleil sur la rive opposée.Il y avait là matière pour un tableau d\u2019un ton calme et souriant.Il fixa en terre l\u2019énorme parasol qui devait l\u2019abriter des rayons du soleil, s\u2019installa sur son pliant et prit ses autres dispositions pour commencer son travail.Depuis longtemps il ne s\u2019était pas trouvé aussi bien disposé.Passionné pour son art, le spectacle de la nature calme et souriante, dans cette belle matinée d\u2019été, semblait avoir dissipé les sombres pensées qui avaient enfiévré son cerveau.Sa physionomie avait perdu son expression soucieuse.Il se mit à l\u2019œuvre et il travaillait depuis quelques instants déjà, lorsque son attention fut attirée par un gazouillement de voix enfantines.Il leva la tête, et à travers le feuillage d\u2019une touffe d\u2019osier, il vit un tableau autrement séduisant que celui qu\u2019il était en train de crayonner.Evidemment sans se douter de la présence de l\u2019artiste, une charmante jeune fille et deux enfants venaient de s\u2019asseoir dans l\u2019herbe, au bord de la rivière.Souriante, la belle jeune fille prêtait l\u2019oreille au babillage des deux enfants qui, les mains sur ses genoux, tournaient vers elle leurs frais visages.Paul fut comme fasciné par cette subite apparition.Il n\u2019avait qu\u2019à se rapprocher un peu du bord de l\u2019eau pour avoir ce joli groupe en pleine lumière ; c\u2019est ce qu\u2019il fit, et, prenant une autre feuille de papier, ce fut avec tout son talent de dessinateur et d\u2019artiste qu\u2019il s\u2019appliqua à saisir le gracieux tableau qu'il avait sous les yeux.E apporta à son travail une ardeur passionnée et eut bientôt aaisi le mouvement des personr nages, le jeu des physionomies.Ses regards étaient depuis quelques instants fixés sur son œuvre, dont il tenait à soigner Ira détails, lorsqu\u2019il entendit dans l\u2019herbe un bruit de pas légers.E se retourna et vit les deux enfants penchés sur son épaule.Au même instant, une voix d\u2019un timbre harmonieux, appela : \u2014 Henri, Germai ne! Comme les enfants ne se pressaient pas d\u2019obéir, la jeune fille, qui s\u2019étaient levée, s\u2019approcha à son tour de l\u2019artiste.\u2014 Monsieur, dit-elle, veuillez excuser ces deux étourdis ; ils m\u2019ont échappé, sans quoi je ne leur aurais pas permis de venir vous importuner.L\u2019artiste se leva, et son chapeau à la main: \u2014 Vous n\u2019avez pas à plaider leur cause, mademoiselle, répondit-il ; je suis beaucoup plus coupable qu\u2019eux, et c\u2019est moi qui ai besoin d\u2019être pardonné.\u2014 Que voulez-vous dire, monsieur ?\u2014 Voyez, mademoiselle, ce que je me suis permis de faire, dit Paul, montrant son dessin à la jeune fille.Georgette laissa échapper un cri de surprise et devint rouge comme une pivoine.\u2014 Oh! reprit le jeune homme, ne me punissez pas trop sévèrement de mon audace ; je n\u2019ai pu résister au désir de reproduire sur ce papier une adorable figure que n\u2019aurait pas trouvée mon imagination.La tête de la jeune fille n\u2019existait encore qu\u2019à l\u2019état d\u2019ébauche; mais elle était d\u2019une vérité saisissante.On sentait que c\u2019était l\u2019âme de l\u2019artiste qui avait communiqué lia vie à cette image.Georgette, émue, embarrassée, restait en contemplation devant le dessin.\u2014 Monsieur, dit-elle enfin, vous m\u2019avez flattée! \u2014 Hélas! non, mademoiselle ; je suis encore bien au-dessous de l\u2019original; cependant j\u2019espère obtenir quelque chose de mieux, si vous voulez bien m\u2019y aider.\u2014 Comment cela, monsieur?\u2014 En reprenant la position que vous aviez tout à l\u2019heure entre M.Henri et Mlle Germaine.Elle parut hésiter un instant, puis répondit gaiement: \u2014 Si je refusais, vous penseriez que je vous en veux, et cela n\u2019est pas.Et, s\u2019adressant aux enfants: \u2014 Germaine, Henri, retournons prendre notre place, je vais vous raconter cette jolie histoire que je vous ai promise.Le groupe se reforma et l\u2019artiste se remit à son œuvre.Pendant une bonne demi-heure, on n\u2019entendit que la voix calme de Georgette à laquelle se mêlaient les exclamations, les rires joyeux des enfants.Enfin, Paul se leva et, son dessin à la main, se dirigea vers la jeune fille qui s\u2019était levée aussi.\u2014 Mademoiselle, dit le jeune homme, je serais désolé et honteux de vous imposer une plus grande fatigue; d\u2019ailleurs, voyez mon travail est presque achevé, et je pourrai facilement le terminer de mémoire.\u2014 C\u2019est beau, cela, monsieur, murmura Georgette, oui, voilà un beau dessin.\u2014 Je le reproduirai certainement sur la toile, alors, mademoiselle, je vous demanderai la permission de vous revoir.Georgette ne trouva rien à répondre.Elle était fort troublée.Cependant elle sab gracieusement l\u2019artiste, puv prenant les enfants par la main: \u2014 II est l\u2019heure de rentrer, dit-elle.Et Os s\u2019éloignèrent, laissant Paul tellement troublé, lui aussi, qu\u2019il n\u2019avait pas songé à remercier la jeune fille.Tout en pliant rapidement bagage, l\u2019artiste suivit Georgette du regard, pendant qu\u2019elle s\u2019engageait dans un sentier dont les aubépines et les églantiers laissaient à découvert son buste et cachaient les têtes des enfants.Mais enfin elle disparut derrière u>n massif de grands arbres.Avant, il avait semblé à Paul qu\u2019elle s\u2019était retournée pour le voir une dernière fois.\u2014 Elle est vraiment adorable! se dit-il, Georgette avait pris un chemin détourné pour rentrer en ville, Paul pensa qu\u2019en suivant la route déserte, il y arriverait le premier.Marchant d\u2019un bon pas, il atteignit la principale rue de Montlhéry.Il entra dans un bureau de tabac pour acheter des cigares.Comme la buraliste lui rendait la monnaie de vingt francs, 15 Georgette et les enfants passèrent.\u2014 Quelle est cette jeune fille qui vient de passer avec deux enfants?demanda-t-il d\u2019un air indifférent.\u2014 C\u2019est Mlle Georgette Re-boul, la fille de l\u2019aubergiste do Faisan doré.\u2014 Et les enfants?\u2014 C\u2019est la petite fille et le petit garçon de M.Delmas, le secrétaire de la mairie.\u2014 Est-ce que Mlle Georgette est leur bonne?\u2014 Oh! non; Mlle Reboul est l\u2019amie de Mme Delmas.\u2014 Eh bien, se dit Paul en sortant du bureau de tabac, je riaa plus à chercher un endroit pour déjeuner, je vais au Faisan doré.Il y entra par la porte du café.E n\u2019y avait que deux consommateurs dans la salle : un homme d\u2019une quarantaine d\u2019années à la figure vulgaire et un autre plius âgé, au visage aviné, aux jones flasques, qui portait sur les traits l\u2019empreinte de l\u2019abjection produite par l\u2019abus des boissons alcooliques.Ea jouaient aux cartes.Une grosse fille au teint coloré, débordante de santé, se tenait familièrement derrière le plus âgé des joueurs et suivait les détails de la partie.Paul demanda si Ton pourrait lui servir à déjeuner et lui donner une chambre.\u2014 Mais certainement, monsieur, répondit la grosse fille ; tout à l\u2019heure on servira le déjeuner et il y a au premier une chambre à votre disposition; je vais vous y conduire.\u2014 J\u2019en prendrai possession ce soir.Je n\u2019y coucherai probablement pas souvent; mais je viens travailler dans les environs de Montlhéry et j\u2019ai besoin d\u2019une chambre pour mettre mon bagage.L\u2019artiste s\u2019assit et attendit.\u2014 Georgette tarde bien à venir, dit un des joueurs, qui était maître Reboul, l\u2019ancien vannier de La Palud.\u2014 Vous savez bien, répondit la servante, qu\u2019elle se plaît mieux chez les Delmas qu\u2019ici, POUR LA 1ère FOIS AU CANADA Nous avons le bonheur de pouvoir correspondre avec le MAGB SARKAN, un des plus CELEBRES ASTROLOGUES du monde entier, très connu dans les milieux scientifiques et parmi les initiés pour sa science et 80N POUVOIR QU*IL EXERCE Turavra A DISTANCE.IL A FAIT VOEU de mettre ses dons extraordinaires de prévision au service de tous, et vous offre GRATUITEMENT une étude de votre HOROSCOPE.VENEZ A LUI, 11 vous conseillera, vous dévoilera votre avenir et vous montrera la ROUTE DU BONHEUR.Il vous guérira en tout: AMOUR, ARGENT, AFFAIRES, SANTE, et vous délivrera de vos timidités et de vos incertitudes.N\u2019HESITEZ PAS; cette offre généreuse s'adresse & TOUB et à TOUTES.Envoyez vos noms (M., Mme ou Mlle), date de naissance et adressez au MAGE SARKAN, Dépt.175 P.R.P., 72 rue Saint-Augustin, PARIS (2e), et vous recevrez une étude précise de votre horoscope.(Prière de joindre 10 cents en timbres de votre Pays pour frais d\u2019écriture et d\u2019envoi.) Sbélkmëdl 16 mademoiselle s\u2019y trouve en meilleure compagnie.A la façon acrimonieuse dont furent prononcées ces paroles, Paul comprit que la grosse fille jouait dans la maison le rôle de maîtresse et que Georgette lui était sacrifiée.Celle-ci ne tarda pas à rentrer et eut, en voyant le jeune artiste, un mouvement d\u2019étonne-merut qu\u2019elle réprima aussitôt.La jeune fille parut à Paul plus charmante et plus belle encore, malgré la vulgarité du lieu et de tout ce qui l'entourait.L\u2019heure du déjeuner sonna.L\u2019artiste prit place à la table d\u2019hôte avec sept ou huit voyageurs ou pensionnaires.Georgette faisait le service.Elle apportait dans ses fonctions une aisance de bon goût et une dignité qui n\u2019avaient rien d\u2019emprunté.Elle fit à Paul l\u2019effet d\u2019une de ces natures privilégiées qui relèvent les situations les plus humbles et se trouveraient à leur place dans une condition plus élevée.Tout le monde étant parti, l\u2019artiste resta à table, achevant de prendre son café en fumant un cigare.Il aurait bien voulu causer avec Georgette, mais sans affectation elle évita le tête-à-tête.Paul Lebrun, se laissait aller à un entraînement, et sans avoir pris le temps de réfléchir, louait une chambre à l\u2019hôtel du Faisan Doré, et se faisait un des pensionnaires de la table d\u2019hôte.Si on lui en eût demandé la raison, il aurait certainement rougi, mais n\u2019aurait pas répondu : \u201cC\u2019est à cause de Mlle Georgette.\u201d Ainsi, ses excursions aux environs de Paris allaient se borner à venir à Montlhéry le plus souvent possible, et moins pour dessiner et peindre que pour revoir la jolie fille de l\u2019auberge.Assurément, il ne pouvait pas être amoureux déjà de Georgette; mais il sentait bien qu\u2019elle avait fait sur son cœur une très vive impression.\u2014 Dois-je donc l\u2019aimer ?se demandait-il.\u2014 Pourquoi ne l\u2019aimerais-je pas! se répondait-il aussitôt ; n\u2019est-elle pas digne de m\u2019inspi- Les vers qni infestent les enfants depuis lettr naissance sont de denx sortes: ceux qni se logent dans l\u2019estomac et ceux que l\u2019on trouve dans les intestins.Les derniers sont les plus destructifs car ils se fixent anx parois des intestins et si on les néglige ils font un travail désastreux.Miller\u2019s Worm Powders déloge les deux sortes et tout en les expulsant du système, sert à réparer le dommage qu\u2019ils ont causé.ror cet amour sincère et grand qu\u2019il faut à mon cœur et que j\u2019ai toujours rêvé?Ne peut-elle pas être cette compagne et cet appui' que tout homme cherche dans la vie?N\u2019est-elle pas digne de toute ma tendresse?Par sa beauté, sa grâce et les qualités que je devine en elle, ne ré pond-elle pas aux inspirations de mon âme! Ainsi pensait Paul Lebrun, et il s\u2019abandonnait aux douces sensations qui sont comme le prélude de l\u2019amour, du premier amour.Mais il ne parlerait de son aventure ni à son ami Lucien, ni à son père.Pourquoi?Pour que le brave Lucien Del te il ne se moquât point de lui et pour ne pas avoir à ne tenir aucun compte des sages conseils que pourrrait lui donner le sculpteur sur bois.Il achevait de fumer son cigare lorsque, par lia porte ouverte, il plongea son regard dans la salle du café où Reboule était attablé devant une tasse de café et une bouteille d\u2019eau-de-vie à moitié vide.Il vit Georgette s\u2019approcher de l\u2019aubergiste et entendit qu\u2019elle disait de 'sa voix douce : \u2014 Je vous en prie, mon père, ne buvez pas davantage, vous savez que c\u2019est mauvais pour votre santé.\u2014 Mêle-toi de ce qui te regarde, répondit brutalement Re-boul, je veux être maître chez moi.\u2014 Vous savez bien, mon père, que c\u2019est mon affection pour vous.\u2014 Je sais que tu voudrais me conduire, l\u2019interrompit-il, mais je t\u2019ai déjà dit qu\u2019il ne me con-vena't pas d\u2019être mené par toi.\u2014 Mon père, vous êtes bien changé à mon égard.L\u2019aubergiste haussa les épaules et se versa une nouvelle ration d\u2019eau-de-vie.Georgette n\u2019insista pas et s\u2019éloigna.Pendant ce court dialogue, Paul avait vu à l\u2019entrée de la cuisine la grosse servante ayant sur tes lèvres un mauvais sourire.L\u2019artiste sentit son sang bouillonner dans ses veines; mais il n\u2019était qu\u2019un étranger dans la maison, il ne lui appartenait point de prendre la défense de la jeune fille.Il se leva, chargea sur son épaule son attirail d\u2019artiste et reprit le chemin qui devait le conduire au bord de la rivière, à l\u2019endroit où Georgette et les deux enfants lui étaient apparus.\u2014 Elle était gaie, de joyeuse humeur, se disait-il, rien ne révélait sur son gracieux visage la tristesse et le découragement de tout à l\u2019heure.C\u2019est certain, elle n\u2019est pas heureuse avec son père, homme abruti par la boisson, et cette grossière servante d\u2019auberge qui, c\u2019est facile à voir, ne peut pas sentir la fille de son maître.Pauvre enfant, par la délicatesse de ses goûts et la distinction de sa nature, elle doit être continuellement froissé de la trivialité de son entourage.En vérité, pour que dans de telles conditions elle ait conservé son égalité d\u2019humeur, sa physionomie souriante, il faut qu\u2019elle ait une grande force de caractère et soit douée d'une âme peu commune.Le jeune homme acheva le paysage qu\u2019il avait commencé le matin, bien que Les canards ne fussent plus là; puis il alla faire plus loin deux autres esquisses.Il revint au Faisan Doré un peu avant la nuit.Reboul dormait, la tête sur une table.Il n\u2019osa pas demander à la servante où était Mlle Georgette.II paya son déjeuner et le loyer de sa chambre pour un mois.\u2014 Est-ce que vous partez ?lui demanda la domestique.\u2014 Oui, il faut que je rentre à Paris.\u2014 Vous reviendrez demain?\u2014 Non, mais probablement après-demain.Il se rendit à la gare, emportant sous son bras, entre deux cartons, son travail de l\u2019après-midi et le dessin fait le matin, qu\u2019il n\u2019aurait pas donné pour tout l\u2019or du monde.Le lendemain, Paul travailla dans son atelier tonte la journée.Il avait l\u2019esprit plus libre et se sentait mieux inspiré.Il pensait un peu moins à sa mère parce qu\u2019il pensait aussi à Georgette.Le soir il dit à son père: \u2014 Demain j'irai faire une nouvelle promenade aux environs de Paris.\u2014 Je te vois avec plaisir suivre le conseil que je t\u2019ai donné.\u2014 Vous aviez raison, cher père, !a verdure, le grand air, celui des bois surtout, me font beaucoup de bien.\u2014 Il faut des distractions à ton esprit.\u2014 Si je ne rentrais pas le soir, vous ne seriez pas inquiet, c\u2019est que je me serais décidé à Montréal, 30 septembre 1933 passer à la campagne la journée du dimanche.\u2014 Tu es libre, mon ami, mais tu fais bien de me prévenir.Le jeune homme arriva de bonne heure à Montlhéry.Ce fut en face de Mlle Georgette qu\u2019il se trouva en entrant à l\u2019auberge du \u201c Faison Doré\u201d.E crut remarquer dans les yeux de la jeune fille un éclair de contentement.\u2014 Monsieur, lui dit-elle, j\u2019ai appris que vous aviez retenu ici une chambre pour un mois; cela indique que notre pays vous a plu, \u2014 Je le trouve charmant, mademoiselle, et j\u2019ai pense qu\u2019il me faudrait bien un mois pour en prendre les principaux paysages.L\u2019apparition de Clarisse\u2014c\u2019était le nom de la grosse servante\u2014coupa court à l\u2019entretien.Paul sentait qu\u2019il devait s\u2019observer et ne pa® donner prise à la surveillance jalouse et haineuse de la domestique.Aussi, ce fut à Clarisse qu\u2019il di t : \u2014 Ce soir, je coucherai, mon intention étant de passer la journée de demain à Montlhéry.Aux heures des repas, Paul, silencieux, observa ce qui se passait autour de lui et acheva de se convaincre que la servante exerçait une influence toute puissante sur l\u2019aubergiste et qu\u2019elle s\u2019en servait pour l\u2019exciter contre Georgette.Celle-ci ne paraissait pas s\u2019apercevoir des procédés haineux de Clarisse, jugeant sans doute au-dessous d\u2019elle d\u2019artacher de l\u2019importance à une hostilité partie de si bas.Paul admirait l\u2019énergie du caractère de la jeune fille et la puissance qu\u2019elle possédait sur elle-même.Après le dîner, il alla se promener dans la ville et rentra assez tard.En montant se coucher, i] entendit Reboul et sa servante qui causaient dans une des chambres.\u2014 Je vous répète, disait Clarisse, que Georgette me déteste, qu e.le ne peut pas me voir en face, il faudra bien que vous choisissiez entre elle et moi.CéLestai Reboul se retira ; toute résolution énergique répugnait a la faiblesse de son caractère.U prît la défense de la jeune fille, mais movement, encourageant ainsi les attaques de la virago.\u2014 En fin de compte, répliqua celle-ci, vous ne lui devez rien, elle n\u2019est pas votre fille.Que serait-elle devenue si, après l\u2019avoir Montréal, 30 septembre 1933 Sb&amtdl 17 trouvée dans une étable, vous ne l\u2019aviez pas recueillie ?Je suis lasse de supporter les dédains et les airs méprisants d\u2019une mijaurée qui, sans vous, serait allée aux enfants trouvés.Paul n\u2019en entendit pas davantage.Ce qu\u2019il venait d\u2019apprendre ne lui causa pas un grand étonnement; car il s\u2019était déjà demandé comment une jeune fille si remarquable par la beauté, la distinction, l\u2019intelligence pouvait avoir un père tel que le patron du Faisan Doré.Elle ne connaissait pas sa famille, et lui, qui avait une mère qui, depuis de longues années, vivait éloignée de son mari et de son fils.Ce rapprochement entre leur deux destinées fit encore mieux sentir au jeune artiste combien téjà Georgette lui était chère.XIV.\u2014IDYLLE AUX CHAMPS Le lendemain, vers deux heures de l\u2019après-midi, Paul sortit de l\u2019auberge avec son album et es crayons se demandant de quel côté il allait se diriger.De ©in il aperçut Georgette qui montait vers les ruines du château, accompagnée de ses petits ompagnons habituels.Il donna le même but à sa promenade, nais en prenant un chemin différent pour se rendre à la tour.Quand il arriva, les enfants ©uaient à quelque distance, et Georgette assise sur un banc de pierre, ayant un livre à la main, les surveillait tout en lisant.Il s\u2019approcha de la jeune fille et engagea l\u2019entretien en lui parlant de la beauté du paysage, des souvenirs historiques qui se rattachaient aux tragiques événements dont l\u2019autre donjon avait été témoin.Mais la conversation ne tarda pas à prendre un caractère plus intime.\u2014 Mademoiselle Georgette, dit-il, je voudrais vous adresser une question.\u2014 Si je puis vous répondre, monsieur.\u2014 Peut-être vais-je être indiscret; mais l\u2019intérêt que je vous porte, la sympathie que vous m\u2019inpirez, me feront pardonner.\u2014 Monsieur.\u2014 Mademoiselle Georgette, où trouvez-vous la force de conserver cette sérénité d\u2019humeur tandis que tant d\u2019autres se trouveraient si malheureux?\u2014- Monsieur, que voulez-vous dire?\u2014 Que vous êtes en butte aux persécutions d\u2019une misérable servante.\u2014 Ah ! vous vous êtes aperçu de cela?\u2014 Cette fille n\u2019a pas même la pudeur de dissimuler son animosité contre vous.\u2014 Oh! dit-elle avec un superbe mouvement de fierté, une pareille inimitié ne saurait m\u2019atteindre.\u2014Si seulement vous étiez défendue par celui qui devrait vous protéger.\u2014 Mon père.\u2014 Je sais, mademoiselle Georgette, que M.Reboul n\u2019est que votre père adoptif.\u2014 Ainsi on vous a dit.\u2014 Non, j\u2019ai surpris ce secret sans le vouloir.Comme elle baissait les yeux toute pensive, il continua: \u2014 Oh! ne craignez pas, mademoiselle, que j\u2019abuse de ce secret ni que j\u2019aie pour vous une moins haute estime.Vos qualités personnelles sont au-dessus de tout.Ce n\u2019est pas seulement parce que vous êtes jeune et belle que je me suis intéressé à vous et que je reviens et reviendrai dans ce pays; c\u2019est surtout et avant tout parce que j\u2019ai reconnu en vous une âme forte, une intelligence d\u2019élite, une élévation de sentiments que je ne m\u2019attendais certes pas à rencontrer dans une auberge de petite ville.Vous, la fille de ce Reboul, cela ne pouvait être, j\u2019aurais dû le deviner tout de suite.Mais puisque aucun lien de parenté ne vous rattache à cet homme, pourquoi continuez-vous à subir son esclavage ! Qu\u2019est-ce qui vous retient dans cette maison?Georgette regarda fixement le jeune homme.Elle hésitait à répondre.Il devinait ce qui se passait en elle et reprit: \u2014 Vous ne savez pas qui je suis, mademoiselle Georgette ; mais je n\u2019ai pas à vous le cacher.Je n\u2019ai pas à vous apprendre que je suis artiste peintre, vous le savez.Je me nomme Paul Lebrun et je demeure à Paris, rue Saint-Maur, chez mon père, un scupteur sur bois bien connu.Un doux sourire éclaira la physionomie de la fille.Aors elle répondit : \u2014 Vous me demandez, monsieur, ce qui me retient auprès de mon père adoptif; vous auriez pu le deviner, c\u2019est la reconnaissance.C\u2019est à lui et à Jacqueline, sa femme, que je dois d\u2019être vivante ou de ne pas avoir été abandonnée à la charité publique.Je ne saurais penser à ma pauvre mère adoptive sans que des larmes me viennent aux yeux.Si vous saviez combien elle a été bonne pour moi, avec quelle sollicitude elle a veillé sur mon enfance! Pauvre maman Jacqueline ! elle était toute d\u2019abnégation et de dévouement; trop tôt pour moi, hélas ! elle est morte .Lorsque nous avons quitté le Midi pour venir à Montlhéry, mon père adoptif était un bon ouvrier, qui ne se dérangeait jamais.C\u2019est entraîné par les gens qui fréquentent l\u2019auberge qu\u2019il a pris l\u2019habitude de se livrer à la boisson.Ah! comme maman Jacqueline a vivement regretté d\u2019avoir quitté La Palud.Elle est morte dans mes bras et, avant de rendre le dernier soupir, elle m\u2019a dit: \u2014 \u201cIl ne faudra pas quitter ton père, tu resteras auprès de lui aussi longtemps qu\u2019il aura besoin de toi.\u201d Voilà pourquoi, en' dépit de tout, je reste.\u2014 Maheureusement, mademoiselle, vous ne pouvez rien pour lui; votre existence dans la maison, déjà difficile, deviendra impossible, et qui sait si cet homme, monté contre vous, n\u2019aura pas l\u2019indignité de vous chasser 7 Si cela vous arrive, que ferez-vous ?\u2014 Je n\u2019ai aucun projet, monsieur, Si je dois partir un jour, j\u2019aurai assez de courage et d\u2019énergie pour me tirer d\u2019affaire.\u2014 Je le crois; mais vous n\u2019ignorez pas qu\u2019une jeune fille livrée aux hasards de la vie a de dures épreuves à subir, de grandes difficultés à vaincre.Mademoiselle Georgette, n\u2019oubliez pas que vous avez en moi un ami.\u2014 Merci, monsieur.Subitement elle s\u2019attrista.Peut-être regrettait-elle de s\u2019être laissée aller à des confidences intimes avec un jeune homme qu\u2019elle connaissait depuis si peu de temps.Défiante d\u2019elle-même, elle s\u2019effrayait de la sympathie qu\u2019elle éprouvait pour l\u2019artiste.\u2014 Voici les enfants qui reviennent, dit-elle en se levant, nous allons rentrer ; adieu, monsieur.\u2014 Non, mademoiselle, pas adieu, au revoir, répondit-il.Et il s\u2019éloigna à pas lents, songeur.Il ne rentra à Paris que le lendemain un peu avant midi.Mais ayant été prévenu, le sculpteur sur bois n\u2019avait pas été inquiet.Vers deux heures de l\u2019après-midi, après avoir déjeuné avec son père, Paul se rendit à son atelier.Albert Picot, un des jeunes artistes avec lesquels Pau] s\u2019était rencontré au café du \u201c Rat mort \u201d quelques jours auparavant, était venu dans la matinée pour le voir et lui avait laissé une lettre, écrite dans la loge des concierges.Albert écrivait: \u201cMon cher Paul, \u201cNe vous trouvant pas, je vous laisse ces quelques lignes: \u201cComme je vous l\u2019avais promis, je suis allé hier à Bougi-val, accompagné de notre camarade Philippe Vincenot.Nous espérions bien voir quelques-unes des dames qui fréquentent ces parages et savoir par elles le nom et l\u2019adresse de votre mystérieuse inconnue.Mais quelle déception ! Nous avons trouvé fermé le bal des Canotiers.Le dernier bal de la saison avait eu lieu le dimanche précédent.Plus de canotiers à Bougival et, na- CIN CANADIEN ^Meich&vt, CHOIX DOH © © © © Le Gin Canadien ordinal.Produit de distillation directe, dont la formule n'a pas changé depuis plus de trente-cinq ans.Le seul gin dont l'âge est garanti par le timbre d'accise de l'Etat Le gin qui a la plus grande vente au Canada.La vente a augmenté constamment en 1933 .preuve concluante de qualité supérieure.MELCHERS DISTILLERIES LIMITED Distillateurs depuis 1898 Distilleries: Berthierville, P.Q.Bureau-Chef: Montréal, P.Q._Autres Grandeurs 16 ONCES-I2 40 ohces-13- (iui tamarin 18 Montréal, 30 septembre 1933 turellement, plu us de eanotiè-res.\u201cNous avons très bien dîné à votre restaurant Prestrot Souvent, afin de nous consoler de revenir bredouille.\u201cMais je ne suis pas découragé; je vais y mettre au contraire de l\u2019acharnement.Je cannais assez ces Gigolettes que l\u2019on voit à la Reine-Blanche et à l\u2019Elysée Montmartre, pour que quelques-unes parmi elles ne soient pas des habitués du fameux bal de Bougiva.\u201cComptez sur moi, mon cher Paul; n\u2019importe à quel prix je saurai qui est la dame aux cinq cents francs et au chapeau grenat.\u201d Sa lecture achevée Paul laissa échapper un long soupir.Puis un sourire doux et triste effleura ses lèvres.\u2014 Puisqu\u2019il faut attendre, murmura-t-il, j\u2019attendrai.Un instant il s\u2019absorba dans de sombres pensées, mais un instant seulement, car le souvenir de Georgette le ramena à des idées plus riantes.Le jeune artiste continua ses visites à Montlhéxy.Sachant que c\u2019était surtout le jeudi et le dimanche que la jeune fille sortait avec les deux enfants, il partait le mercredi dans l\u2019après-midi et rentrait le jeudi soir; et le samedi soir pour ne revenir le plus souvent que le lundi matin.Par exemple, il ne perdait pas son temps, il travaillait ; dans la matinée et l\u2019après-midi il prenait des vues, croquait de jolis coins de paysages qui enrichissaient ses albums.Son père voyait tout cela et le complimentait.Le bon sculpteur sur bois croyait voir des paysages pris de tous les côtés dans les environs de Paris, car Paul s\u2019était bien gardé de lui dire qu\u2019il n\u2019allait jamais ailleurs qu\u2019à Montlhéry.L\u2019artiste n\u2019avait plus à se faire illusion à chercher à se tromper sur la nature de ses sentiments; il aimait Georgette.Ah ! il le sentait bien aux battements de son cœur, au bonheur qu\u2019il éprouvait en la revoyant.Et la jeune fille, de son côté, ne dissimulait plus la plaisir que lui causait la présence de Paul.Mais ils étaient l\u2019un et l\u2019autre JEANNE, vous pouvez aviver votre teint, stimuler votre appétit, vous soulager de vos faiblesses, étourdissements, fatigue au moindre effort, maux de reins, périodes douloureuses ou irrégulières ou tout autre trouble interne spécial à la femme en prenant les Pilules ROUGES, le remède par excellence des femmes depuis 40 ans.très réservés et apportaient dans leurs entrevues la plus grande prudencoe.Le jeune homme avait un profond respect pour Georgette et prenait un soin extrême à écarter les soupçons qui auraient été une cause d\u2019ennuis pour la pauvre enfant.L\u2019aubergiste ne s\u2019apercevait de rien.Lui et la servante maîtresse avaient de la considération pour l\u2019artiste, qui faisait au \u201cFaisan Doré\u201d d\u2019assez fortes dépenses.Un soir, revenant de la campagne un peu avant l\u2019heure du dîner, Paul fut frappé de l\u2019expression d\u2019abattement que présentait la physionomie de Georgette; il remarqua que ses yeux étaient rougis par les larmes.\u2014 Vous avez pleuré, dit-il.\u2014 Ah ! cette fille est bien méchante ! \u2014 Que vous a-t-elle fait?Di-tes-le-moi.Elle mit un doigt sur ses lèvres.Elle craignait qu\u2019on ne les observât et elle s\u2019éloigna pour se livrer à ses occupations habituelles.Quand elle servit le dîner, Paul toucha à peine aux plats; il attachait sur elle des regards anxieux.Il la savait malheureuse, mais ne l\u2019avait pas encore vue aussi attristée.Que s\u2019était-il donc passé dans la journée ?Ne pouvant le savoir, il était à la torture.Il monta de bonne heure dans sa chambre, mais ne se coucha pas.Il savait que la jeune fille devait passer devant, il l\u2019attendit.Vers dix heures, entendant les pas de Georgette, il ouvrit doucement la porte et arrêta la jeune fille au passage.\u2014Mademoiselle Georgette, lui dit-il avec une émotion contenue, de grâce dites-moi pourquoi vous avez pleuré.Sachez-le, je ne puis vous voir souffrir sans souffrir comme vous.\u2014 Ne vous inquiétez pas à cause de moi, monsieur Paul, répondit-elle; c\u2019est peu de chose.J\u2019ai eu, il est vrai, un moment de découragement, demain il n\u2019y paraîtra plus.\u2014 Mais vous ne me dites pas ce que l\u2019on vous a fait; je vous en prie, ne me le cachez pas.A ce moment des pas lourds et le frôlement d\u2019une jupe se firent entendre dans l\u2019escalier.C\u2019était la grosse servante qui, à son tour, montait se coucher.Georgette, n\u2019ayant plus le temps de gagner sa chambre, allait être surprise dans le corridor.Paul le comprit et attira vive- ment la jeune fille dans sa chambre.Pendant quelques instants, également émus, ils restèrent immobiles, silencieux.Sans se douter de rien, Clarisse était entrée dans sa chambre et les deux jeunes gens l\u2019entendirent refermer sa porte.Alors, Pau prit les mains de Georgette et, la regardant avec une expression de tendresse indicible.\u2014 Mademoiselle Georgette, dit-il, confiez-moi vos chagrins, dites-moi ce que l\u2019on vous a fait.\u2014 Une scène odieuse a eu lieu dans l\u2019après-midi, cette femme m\u2019a insultée, outragée devant plusieurs personnes ; et quel langage, quels mots!.j\u2019en rougis encore de honte.\u2014 La misérable! Et lui?\u2014 Il a bien essayé d\u2019intervenir; mais que pouvait-il faire ?Il a peur de cette fille! Paul était indigné et sa colère s\u2019épanchait en termes violents contre la lâcheté de l\u2019un et la cruauté de l\u2019autre.Puis il trouva dans son cœur de douces paroles pour consoler la jeune fille, pour lui persuader que toutes ces vilenies glissaient sur elle sans l\u2019atteindre.Elle le regardait, souriante, et peu à peu toute amertume disparaissait de son âme.Un grand apaisement se faisait en elle et elle sentait que l\u2019affection du jeune artiste la dédommageait de toutes ses peines.Jamais, aux yeux de Paul, elle n\u2019avait paru aussi charmante, aussi délicieusement belle que dans ce moment où ses yeux reflétaient un sentiment que, jusqu\u2019alors, elle s\u2019était efforcée de comprimer.\u2014Mademoiselle Georgette, reprit le jeune homme d\u2019une voix vibrante d\u2019émotion, je n\u2019ai pas à vous rapprendre, vous l\u2019aviez deviné, vous le savez, je vous aime ! \u2014 Monsieur Paul, balbutia-t-elle toute tremblante.\u2014 Je vous aime, Georgette, je vous aime, je vous adore ! Avant ce jour où vous m\u2019êtes apparue au bord de la rivière, toute rayonnante de jeunesse et de beauté, mon cœur ignorait les douces émotions que vous lui avez fait connaître; c\u2019est vous, Georgette ma bien-aLmée Georgette, c\u2019est vous qui avez fait naître en mol ce sentiment divin que l\u2019on appelle l\u2019amour et qui est le ravissement de l\u2019âme! Rougissante et plus tremblante encore que tout à l\u2019heure, elle avait baissé les yeux.\u2014Oh! Georgette, s\u2019écria Paul, si vous saviez comme je voua aime! \u2014 Paul, monsieur Paul, oui, je crois que vous m\u2019aimez, répondit-elle d\u2019une voix oppressée; mais je vous en conjure.\u2014 Vous avez raison, Georgette, dit-il; si grand que soit mon amour, il ne doit pas me faire oublier que je dois voua respecter.\u2014 Paul, dit-elle avec une sorte d\u2019anxiété, vous reviendrez?\u2014 Si je reviendrai ! Pouvez-vous me demander cela! Est-ce que je pourrais, maintenant m* passer de vous voir et d'entendre votre voix?Elle marcha vers la porte.\u2014 Georgette, lui dit-il tristement, est-ce ainsi que vous me quittez, sans m\u2019avoir dit si voua m\u2019aimez ! Elle revint vers lui.\u2014 Paul, je vous aime, dit-elLe.\u2014Ah! s\u2019écria-t-il, vous êtes à moi comme je suis à vous! Georgette sortit sans bruit de la chambre.* * * M.et Mme Delmas avaient appris par leurs enfants, Henri et Germaine, que Georgette rencontrait souvent dans les champs un jeune homme qui faisait de beaux dessins et qu\u2019ila causaient longtemps ensemble.M.Delmas sut bientôt que ce jeune homme, un artiste bien sûr, avait loué une chambre à l\u2019hôte! du \u201c Faison Doré \u201d, et qu\u2019il y prenait ses repas lorsqu\u2019il venait à Montlhéry.Nous savons tout l\u2019intérêt qua le ménage Delmas portait à Georgette; ils crurent voir dans le jeune artiste un de ces séducteurs comme il y en a tant, et s\u2019inquiétèrent.Mme Delmas interrogea adroitement la jeune fille, qui n\u2019avaiit pas à cacher que le jeune artiste s\u2019appelait Paul Lebrun et qu\u2019il habitait avec son père, un sculpteur sur bois, établi rue Saint-Maur, à Paris.\u2014 C\u2019est bien, dit à sa femme le secrétaire de la mairie, je saurai bientôt ce qu\u2019est au juste ce jeune homme.Et quand il eut les renseignements qu\u2019il désirait et qui étaient tous favorables à Paul Lebrun et son père, il n\u2019en fut que plus soucieux et plus inquiet et il communiqua son inquiétude à sa femme.(A suivre) Montréal, SO septembre 1933 &f3a/mscb 19 feuilleton Littéraire du \u201cSamedi\u201d Bonheur passe Richesse Par la comtesse CLO Thérèse de Grandmaison à Mme de Martinprez \u201cMa chère petite tante, \u201cJ\u2019accepte avec bonheur votre affectueuse invitation ; père ne voit aucune difficulté à m\u2019expédier ; je vous arriverai donc, escortée de ma vieille Michette, au lendemain de cette lettre.Quel rêve de me plonger dans vos verdures de là-bas! Mais avant, petite tante chérie, pour me procurer une saison estivale sans ombre à mes joies, laiissez-moi vous ouvrir tout grand le cœur que j\u2019ai reçu de Dieu et dont je prétends avoir seule, après Lui, le droit de disposer.Vous voyez, d\u2019après ce début, les hostilités toujours ouvertes entre votre nièce et le désir\u2014vraiment funeste à sa tranquillité,\u2014de ses parents: le mariage sans rémission ! \u201cEt ceci, parce que j\u2019ai vingt-cinq ans! \u201cAh! petite tante, que votre logis soit pendant ces quelques mois, l\u2019oasis reposante où je n\u2019entendrai plus ces dithyrambes de circonstance qui m\u2019exaspèrent sans me convaincre! \u201cJe vais vous confier, une fois pour toutes, mes raisons de célibat; vous les comprendrez, j\u2019en suis sûre: je ne suis pas jolie.jolie, sans être absolument laide, pourtant; mais mon titre d\u2019héritière m\u2019embellit sans doute, car je suis assaillie de propositions.Ce serait flatteur, oh ! combien ! si ma personnalité me valait ces demandes, mais, hélas ! les millions seuls me nimbent.Et ce n\u2019est rien que cela, puisque de tous les coins où elles émauent, Thérèse, la jeune fille gaie, pas sotte et pourvue au moins de la beauté du diable, n\u2019est nullement connue des prétendants à sa main.Non, c\u2019est l\u2019affaire, la bonne affaire représentée par Mlle de Grandmai- Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres, son, l\u2019unique héritière du banquier RéoLs, le cher oncle qui doit signer, au contrat, ce que je considère comme ma déchéance de femme; car la femme passera par-dessus le marché, qu\u2019elle soit belle ou laide, intelligente ou nulle.Au petit bonheur pour le mari étranger! \u201cEt voilà pourquoi je ne puds me décider au mariage! \u201cJ\u2019ai réussi, en bataillant, à atteindre, victorieuse, ma grande majorité.Je m\u2019y cramponne pour obtenir la liberté d\u2019un choix en connaissance de cause; mais, sur ce chapitre, les idées de mon père et les miennes se heurtent, en perpétuelle contradiction.Je le vois malheurreux, cela m\u2019afflige ; mais épouser, pour lui faire plaisir, un de ces éhontés coureurs de dots, je ne m\u2019en sens pas le courage.Auprès de vous, dans le calme Berry, où, en vraie fille du Midi, je m\u2019imagine rencontrer des gens plus désintéressés, moins de commerçants ambitieux, peu ou point de blasons rouilles à faire reluire, j\u2019aurai, plus qu\u2019à Marseille, je l\u2019espère du moins, la satisfaction de vivre à l\u2019abri des assaillants de la maison dorée.\u201cA Révy, le joli château perdu dans les bois, je serai tout simplement votre petite Thérèse, aimée pour elle-même.\u201cEt vous ne m\u2019offrirez pas de mari, n\u2019est-ce pas?\u201cSur cet espoir, je vous embrasse bien fort.\u2018\u201cA demain, tante chérie.\u201cTHERESE.\u201d Sur les brumes montantes où courait la houle du soir, le soleil accrochait des dentelles d\u2019or aux haies fleuries.Quelques feux s\u2019allumaient sur- les hauteurs ; c\u2019était la nuit de la Saint-Jean.La voiture de Mme de Martinprez venait de cueillir, à la gare, une jeune fille heureuse d\u2019aborder à l\u2019oasis rêvée! \u2014Oh ! tante, que c\u2019est joli tous ces petits brasiers parsemés ! Est-ce en l\u2019honneur de mon ar- rivée, cet éclairage de vos alentours ?Thérèse jetait un regard circulaire absolument charmé.\u2014 C\u2019est une coutume, ma petite enfant, une poétique coutume.Ces flambées du 24 juin moment au ciel comme une prière pour la conservation des troupeaux.Chaque village, chaque domaine allume le sien où parait la première étoile.On se fait concurrence à qui aura le plus beau.Nous passerrons certainement près d\u2019un de ces feux, tu pourras jouir du spectacle.En effet, quelques pas plus loin, au tournant de deux chemins qui croisaient la route, dans une grande friche avoisinante, un superbe feu de joie élevait ses langues de flamme, tremblantes à l\u2019haleine fraîche de la nuit, qu\u2019elles déchiraient de blessures sanglantes, dardant leurs pointes acérées.Au centre, la masse des braises grandissait, rougeoyait, s\u2019écroulait.\u2014 Jean, arrêtez! commanda Mme de Martrinprez.Les brindilles des genêts grésillaient comme paille, jetant alentour une pluie de menues étincelles ; elles s\u2019enlevaient comme un vol de flamans surpris, et retombaient, lumineuses, sur les visages des assistants.Des rondes s\u2019organisaient, enlaçant le brasier avec des égrènements de rires et des cris sauvages.D\u2019agiles gars s\u2019en détachaient par instants pour sauter à travers la flamme dès qu\u2019elle baissait.Ils cherchaient à entraîner dans leurs bonds les villageoises rieuses qui s\u2019en défendaient.\u2014 Vois-tu, Thérèse, explique sa tante, ceci est encore un usage; ceux qui réussissent à franchir le feu sans l\u2019effleurer se marient dans l\u2019année, infailliblement; c\u2019est une superstition bien établie ; aussi je ne crois pas, en dépit de leur résistance affectée, qoe les jeunes filles se dispensent de l\u2019épreuve; elles reviendront là en bandes, quand les jeunes gens n\u2019y seront plus; on ranimera le feu et plus d\u2019une essaiera le bond fatidique.Aperçois-tu dans l\u2019ombre, à l'écart, ce couple qui chuchote?Ce sont des promis, sans doute, et le fiancé cherche à décider sa future à le suivre.Mais elle n\u2019osera pas, car il y a trop de témoins.Thérèse ouvrait de grands yeux, ravie.Quel joli et gai début de séjour! Son âme un peu romanesque s\u2019imprégnait de cette vie nocturne, du récit de ces mœurs champêtres en lesquelles palpitaient, vivantes, ses propres impressions sur la vie non compliquée où le cœur peut se promettre une large part.Il ne restait plus, au brasier noirci, que des lueurs traînantes comme des serpents d\u2019or.La voiture allait s\u2019éloigner quand Mlle de Grandmaison, dont le regard revenait avec intérêt au villageois et à sa promise, Les vit soudain s\u2019élancer la main dans la main.Leur mouvement avait été signalé.Les garçons, armés de perches, tisonnèrent vigoureusement l\u2019amas écroulé des braises en f usion et, comme dans les apothéoses, le couple s\u2019éleva, léger, à peine entrevu, au sein d\u2019uin véritable feu d\u2019artifice.lia passèrent, bondissants, criblés par les rouges étincelles.Des acclamations bruyantes saluèrent leur audace.Se soulevant des coussins, debout aux côtés de sa tante, la jeune méridionale, empoignée, y répondit par un bravo clair qui résonna dans l\u2019écho de cette nuit exquise, toute palpitante d\u2019étoiles.L\u2019équipage roula de nouveau, Thérèse goûtait ce qu\u2019avait d\u2019ensorceleur cette marche rapide.D'autres flambées dansaient, éparpillées sur les coteaux, éclairant de lueurs fantastiques les têtes poudrées des saules, au long des ruisseaux du val.L» 20 &3a/m£dft Montréal, 30 septembre 1933 lune blonde se levait et l\u2019eau, en sourdine sous les feuilles* frissonnait, moirée d\u2019écume blanche.Et puis, c\u2019était la mélodie des soirs d\u2019été : le chant des grillons répondant à la note en mineur des crapauds mélancoliques, et le bruit de l\u2019aile frôlante des oiseaux retardataires fuyant vers le nid dans l\u2019enveloppante caresse de l\u2019heure.Thérèse se taisait, écoutant sa jeunesse battre le rappel des fraîches illusions.Elle oubliait en ce moment, ses griefs contre l\u2019humaine vénalité.Il serait temps, demain, de les considérer à nouveau.Mme de Marti nprez, la croyant endormie, respectait son silence.Elle devait être fatiguée du long voyage, la chère petite.Ce ne fut que lorsque les chevaux tournèrent dans l\u2019avenue qu\u2019elle lui murmura: \u2014 Nous arrivons, mon enfant chérie.\u2014 Déjà! fut la réponse étonnante de la voyageuse, qui trouvait que son rêve n\u2019avait pas eu le temps d\u2019ouvrir l\u2019aile.Sous la lumière blanche de la lune, de hauts massifs profilaient, à droite et à gauche, leurs masses sombres.Et ce fut au milieu d\u2019un concert de rossignols que Thérèse de Grand-maison aborda à Révy.Dans la clarté Laiteuse enveloppant le paysage, le château, aux tourelles aiguës, semblait un palais des contes de fée.Mais nul Prince Charmant n\u2019en sortit pour accueillir la visiteuse.II Une semaine s\u2019est écoulée.Thérèse vit, suivant son désir, en cet absolu repos de la campagne rarement trou b 1 é dans son cours monotone.Le mot est donné: dès qu\u2019on signale une visite, la jeune fille s\u2019éclipsa.Pendant une quinzaine au moins, elle ne veut voir aucun étranger, a-t-elle dit à sa tante, ajoutant que ce temps est nécessaire pour remettre ses nerfs en état.Mme de Martin prez a souri sans répondre; mais, traitant sa nièce en enfant malade, elle se garde de contrecarrer cette sauvage fantaisie.Elle pense que Thérèse sera bientôt la première à lui dire: \u201cJe ferais volon- Pour traitement de pis de vaches encroûtés ou autrement malades, utilises le Liniment Egyptien Douglas \u2014 le remède sûr et rapide.Economise temps et argent.Empêche les bestiaux do se tarer.Gers connaissance avec vos voisins.\u2019\u2019 Or, dans le Centre, ils sont légion.D\u2019élégantes habitations se voient, assez rapprochées, et dans ce riant pays, sans grandes ondulations, il n\u2019y a pas de distances.L\u2019auto, voire même la simple voiture, avalent si facilement la route, galon blanc de la vallée verte! La vieille Michette, encore alerte, accompagne sa jeune maîtresse dans les promenades solitaires qui font partie de l\u2019hygiène qu\u2019elle s\u2019est ordonnée.Elles vont ainsi, toutes deux humer La fraîcheur le long de la rivière.Quelquefois, c\u2019est Le matin; les prairies dorment encore sous le drap blanc, fin comme un tulle étendu sur elles par les sources humides.Les promeneuses suivent alors la route pour éviter de briser sous leurs pas les résilles d\u2019argent que les toiles d\u2019araignée, poudrées de rosée, ont formées sur les herbes.Mais, dans l\u2019après-midi, si la chaleur est supportable, on peut couper à travers champs, ou suivre les routes ombreuses pour atteindre le Cher qui serpente, tout fier de sa collerette de vernes et de saules.Le sentier qui le suit a tous les caprices de la courbe: tantôt il surplombe, tantôt il file au ras de l\u2019onde qui vient mourir, sous les pieds, dans un lit de galets.Ce jour-là, Thérèse partait, d\u2019humeur joyeuse, dans la direction d\u2019un moulin dépendant de Butte.La vieille bonne portait au bras un panier contenant le goûter.Mme de Martinprez les accompagna jusqu\u2019à la sortie du parc.\u2014 Tante, lui cria la jeune fille déjà loin, je vous rapporterai du poisson ; c\u2019est demain vendredi, les pêcheurs sont en nombre, ce soir.Sur le parcours, en effet, jusqu\u2019à !\u2019écluse bouillonnante, des gens armés de lignes s\u2019escrimaient.Seraient-ils chanceux ou déçus ?Ce ne serait qu\u2019au retour qu\u2019il faudrait s\u2019en informer.Gaiement, une chanson aux lèvres, Thérèse avançait de son pas souple ; elle atteignit promptement le moulin.On y connaissait la \u201cgente demoiselle, pas fière du tout\u201d, et les enfants du meunier accoururent à elle.Il y avait toujours, pour eux, une gâterie au fond du panier et, tandis que la mère avenante et polie, se confondait en remerciements, les petits cro- quaient les grosses cerises rouges auxquelles leurs bouches fraîches et leurs joues vernies faisaient concurrence.Voyant Michette en grande conversation avec la meunière: \u2014 Attends-moi là, ma bonne, lui dit la jeune fille; tes vieilles jambes se reposeront.Moi, je vais chercher un joli endroit dans un de ces prés, et m\u2019y asseoir avec mon livre.Quand il sera l\u2019heure, tu apporteras mon goûter.Pour me retrouver, tu suivras la rivière à gauche; je ne m\u2019éloigne pas.Et Thérèse partit Se sentir un peu plus indépendante lui souriait Elle aimait beaucoup son humble chaperon, un de ces vieux meubles de famille qui se font de plus en plus rares; mais rêver seule, en face de la nature en fête, lui faisait envie.Le parfum des sainfoins s\u2019évaporait au baiser du soleil.Sur les risées de l\u2019eau tremblaient des bouquets de rayons verdis par le passage à travers les feuilles.Les buissons semblaient songer ; il montait de chacun d\u2019eux, au passage des brises, comme un léger encens répandu dans la tiède atmosphère.Des senteurs rôdaient parmi les buées exhalées de mille calices, faites aussi de l\u2019impassible poussière que sèment les graminées fleuries.Mlle de Grandmaison jouissait de toutes ces choses et curieuse, inspectait les bords de la rivière.En s\u2019éloignant de l\u2019écluse, le Cher reprenait une tranquille apparence, un cours honnête et calme.Rien ne viendrait troubler la solitude recherchée par la promeneuse.De paisibles ruminants broutaient non loin d\u2019elle; pour les éviter, la jeune fille franchit un rustique \u201céchalier\u201d et se trouva dans une petite anse de verdure, à l\u2019abri dies cornes redoutées.Un batelet étroit et long se balançait au bord, retenu par sa chaîne à un rameau de saule.C\u2019était, sans doute, la propriété de quelque pêcheur, mais peut-être pas d\u2019un seul, car le silence se troubla d\u2019une rumeur encore incertaine de paroles et de rires.Thérèse se pencha.A cet endroit, un véritable fouillis d\u2019arbustes suivait la rive.Les branches entrelacées, formant berceau, se courbaient au-dessus de l\u2019eau, d\u2019où montaient à demi-émergés, des rochers qui se creusaient en grottes.A vingt mètres de là, sous ces entrelacs de roches et de vieux saules en apparence inabordables, un groupe d\u2019hommes arrivaient en pleine eau.D\u2019une main, ils s\u2019accrochaient aux racines, et de l\u2019autre, fouillaient dans les profondeurs des anfractuosités, cherchant au gîte la proie visqueuse.Des explications étouffées se mêlaient aux expressions brutales, suivant le dépit de l\u2019insuccès ou la satisfaction d\u2019une prise, mais le travail s\u2019accomplissait plutôt en silence, pour ne pas effrayer le poisson.La bande parvint ainsi jusqu\u2019à La barque.Thérèse, à moitié rassurée, avait promptemeent remonté la berge, et de là-haut, comme d\u2019un balcon, appuyée sur la barrière qu\u2019elle dominait de tout le buste, elle assista à un défilé peu banal.Un par un, les pêcheurs, tous jeunes et non moins ruisselants, sortaient de la rivière, et en quels accoutrements bizarres I On eût dit une horde de loqueteux, échappés de quelque Cour des Miracles.Des guenilles sans nom les affublaient : l\u2019un avait endossé plusieurs vêtements les uns sur les autres à seule fin de contrarier habilement leurs béantes déchirures, pour arriver ainsi à sauvegarder les convenances; au dos d\u2019un autre se collaient les restes de drap fin d\u2019un habit de cérémonie, dont les pans en sifflet retombaient, à demi-arrachés, sur les talons du jeune pêcheur blond et rose à plaisir; un casque colonial en toile blanche le coiffait jusqu\u2019aux oreilles.Tous, en dépit de leurs lambeaux, avaient d\u2019honnêtes figures ; ces costumes, du reste, étaient bien en rapport avec le métier auquel iis se livraient.Deux d\u2019entre eux portaient suspendus à leur ceinture, des sacs suffisamment gonflés pour indiquer que la pêche avait été fructueuse.Des écailles étincelèrent au soleil quand ils vidèrent les poissons dans la bateau.Un gigantesque et mince personnage, osseux et barbu, s\u2019apprêtait à le pousser plus loin par la quille, lorsque Thérèse, subitement enhardie, les interpella.Les pêcheurs, surpris, relevèrent les yeux et, sans doute, ils ne s attendaient pas à la brusque vision de cette élégante inconnue, car malgré leur fâcheuse apparence de mandrins, sans se donner le mot, tous soulevèrent les différente» horreurs qui leur servaient de coiffures.Ce genre spontané in- Montréal, 30 septembre 1933 && m EPISODE NUMERO 4 -s kSS .w.J-VPC ^'iffl «ïâife ^ \"1 'X/'X \u2019 ''miSrk ¦¦mm .LgOW ;r^ ii'vii iSSlSaSS 1\u2014Une fois de pins, Jim avait rencontré la jeune inconnue.Celle-ci ne consentit pas à dévoiler son identité, ce qui intriguait beaucoup le jeune homme.Il retourna rapidement à la ferme car son accident l\u2019avait beaucoup retardé.2\u2014Dès qu\u2019il fut parti, la jeune fille mystérieuse écrivit quelques mots sur une feuille de papier.Puis elle commanda à son serviteur de suivre le jeune homme jusqu\u2019à son arrivée à la ferme.Le nègre partit aussitôt.3\u2014Elle lui ordonna aussi de ne donner le message que lorsque la nuit serait venue.Le nègre devait s\u2019arranger de façon à ne pas attirer l\u2019attention du fermier et de ses serviteurs.C\u2019était une tâche qui exigeait de la prudence.WM WÆ mm «fît IMIsè: mm mm mm 4\u2014Quand Jim arriva à la ferme, son oncle et sa t mte l\u2019attendaient avec anxiété.Ils étaient très inquiets à son sujet.Mais Jim raconta comment son cheval avait pris peur et 6\u2019était enfui.Le jeune homme se souvenait qu\u2019il devait cacher la vérité.5\u2014Il ajouta qu\u2019il s\u2019était blessé en tombant.Mais il se garda bien de parler de la rencontre qu\u2019il avait faite avec la jeune fille mystérieuse.D préférait écouter la jeune fille qui lui avait demandé le silence sur ces incidents.6\u2014Jim et 6es parents adoptifs travaillèrent ensuite à la décoration de la maison, car la fête de Noël approchait.Puis, durant la soirée, son oncle lui raconta les aventures qu\u2019il avait eues lors de sou établissement dans ce pays sauvage.;?sasss! liiaaiuiii il V '1 .Vf 7\u2014La nuit venue, Jim monta se coucher.Il s\u2019appuya quelque temps à la fenêtre, regardant la montagne mystérieuse qui se profilait an loin.Il songeait à la jeune fille inconnue dont l\u2019existence lui paraissait si bizarre.ggggip Ssüfii ¦^SSHg 8\u2014Tout à coup, il crut voir une ombre se glisser à travers les arbustes.Il se dissimula derrière les rideaux et vit un nègre tenant en main un arc.LTiom* me prit une flèche qu\u2019il lança par la porte-fenêtre de la chambre.St/til'ÿiM' ifüFi rj1-\" ilu t'ilu\t'Ui nnwwntw ¦HÉMNifeÉKlm 9\u2014La flèche vint se fixer an mur.Jim con-uta alors qu\u2019un message y était attaché.Il ge hâta d\u2019arracher la flèche car il n\u2019avait aucun doute que c\u2019était la jeune cavalière inconnue qui lui écrivait.Que disait ce message ?(La suite de cette intéressante histoire dans LE SAMEDI de la~ semaine prochaine J \u2014Mais que t'est-il arrivé?-\u2014Je suis tombé dans la boue .\u2014Avec ton costume neuf ?-\u2014J\u2019ai pas eu 1\u2019 temps de l'enlever.CONFIANCE LIMITEE Deux messieurs sont seuls dans le fumoir d'un train de chemin de fer.\u2014Quel heure est-il demande l\u2019un à son voisin, qui vient de tirer sa montre.-\u2014Je ne sais pas.\u2014Mais vous venez de tirer plusieurs fois votre montre?SAGESSE DES NATIONS Le mari vraiment sage ne dit jamais la veille ce qu\u2019il veut avoir à déjeuner, se réservant ainsi lî droit de trouver à redire sur ce qu'on lui servira.NE COMPREND PAS Le jeune Henri.\u2014 Je ne comprends pas cela.La mère.\u2014 Quoi ?Le jeune Henri.\u2014 Avant son mariage, tante Justine était une vieille fille; et, maintenant que son mari est mort, c\u2019est une jeune veuve.LE VAINCU ! \u2014Vous étiez deux à demander ma main, comment se fait-il que c\u2019est toi que j\u2019aie épousé ?\u2014C\u2019est que mon rival avait plus de chance que moi 1 \u2014Accident d\u2019auto ?\u2014Non .rencontre avec ma femme.m \\ m a ?CALME ASSURE \u2014Je suis bien certain que le Dr Bolus réussira à trouver un calmant pour notre nouveau bébé.\u2014Aussi certain que cela?\u2014Oui, car nous allons devenir voisin la semaine prochaine.BIEN JUIF Le bandit.\u2014 La bourse ou la vie ?Isaac.\u2014 Combien d\u2019escompte pour argent comptant ?LA RIME DOTALE \u2014Vous dites que le riche poète Levers a refusé la main de sa fille, mais pour quelle raison ?\u2014Il dit que sa fille a $20,000 de dot, tandis que moi je n\u2019en ai que mille et que ça ne rime pas.C\u2019ETAIT DEJA DECIDE Madame.\u2014 Brigitte, je ne veux pas que vous partiez avant que notre nouvelle bonne arrive.Brigitte.\u2014 Certainement, madame, car je veux dire à la nouvelle bonne quelle espèce de femme vous êtes.LE PROPRE ET LE FIGURE Elle.\u2014 N\u2019entre pa9, je suis en train de me changer! Lui, _ Si tu pouvais seulement dire vrai 1 Le génial inventeur.\u2014¦ Je t\u2019ai construit une bonne automatique, ma chérie.Je crois avoir réussi, elle est aussi sale, désordonnée et paresseuse que la vraie.AU PALAIS On plaide une affaire importante, la discussion est très animée.Lin des\" avocats, à bout d\u2019arguments, reproche à son adversaire son inexpérience: \u2014Sachez, jeune homme, s\u2019écrie-t-il, que je suis à cheval sur le code! \u2014Prenez garde, alors, mon cher confrère, il faut se défier des bêtes que l\u2019on ne connaît pas.ACCUEILLI SUR LA MAIN Le poète.\u2014 Je désirerais que vous missiez ces vers .Le rédacteur,\t( irrascible).\t\u2014 Mettez-les vous-mcme, voici le panier.ENTRE AMIES Julia.\u2014 Ne le dis à personne : Fred m\u2019a mis hier cette bague au doigt.Louise.\u2014 Elle est jolie, mais bois certaine qu\u2019elle va te noircir la peau.C\u2019est ce qu\u2019elle m\u2019a fait quand je l\u2019ai portée.\u2014Que feriez-vous si j\u2019essayais de vous embrasser ?\u2014Je crierais.Mais aujourd\u2019hui j\u2019ai une extinction de voix.ECONOMIQUE PRATIQUE -\u2014Moi, mon cher, je porte un chapeau trois ans; la première année je le fais ne* toyer, l\u2019année suivante je change la coil-fe .\u2014Et la troisième année ?\u2014Je le change dans un café.FAITES DONC DES COMPLIMENTS Le mari.-\u2014 Tu es toujours plus jolie de jour en jour .L\u2019épouse.\u2014 C\u2019est ce que tu me dis depuis plusieurs années.J\u2019étais donc bien laide au commencement ?HELAS Léa.\u2014 Est-ce vrai que sans l\u2019in-trépidité d\u2019un baigneur, tu te* noyais, à Sainte-Agathe?Lucienne.\u2014 C\u2019est vrai.Seulement je n\u2019ai pas eu de chance: le sauveteur était un homme marié.JUSTE SUSCEPTIBILITE \u2014A l\u2019hôtel, ils m\u2019ont dit qué-qu\u2019ehose qui m\u2019a déplu, alors j\u2019suis parti.\u2014Qu\u2019est-cê qu\u2019ils t\u2019ont dit ?\u2014Y m\u2019ont dit de f.le camp.MAUVAISE EXCUSE.\u2014Te voila encore dans un bel état, ivrogne !.\u2014Dis rien!.J\u2019ai été en auto avec Durand.C\u2019est la vitesse qui m\u2019a grfr sé ! Montréal, 30 septembre 1933 LA CHUTE &8ame71y 5204 5267 5267\u2014Pour les week-ends et excursions.Mary Astor porlait cette robe dans \u201cThe Little Giant\u201d.Pour 35 de buste, (17 ans), 3% verges de crêpe de soie de 39 et 1% verge de contrastant de 39.Pour 12 à 20; 30 à 44 de buste.50 cents.4949\u2014Joli manteau de tweed pour porter avec une robe \u201ccampus\u201d.Pour 35 de buste (17 ans), 3Vi verges de laine uniforme de 54.Pour 12 à 20; 30 à 44 de buste.45 cents.5214\u2014Costume \u201ccampus\u201d, porté par Bette Davis dans \u201cThe Working Man\u201d.Pour 35 de buste (17 ans), 2% verges de laine de 54; % verge de contrastant de 54.Pour 12 à 20; 30 à 42 de buste.50 cents.SWSWÏ ¦ 4949 5204\u2014Robe tailleur que partait Bette Davis dans \u201cThe Working Man\u201d.Pour 35 de buste (17 ans), 2% v.de laine de 54; % v.de piqué de 35.Pour 12 à 20; 30 à 42 de buste.50 cents.-.¦ ,\t.PATRONS BUTTERICK ________________________rr-.Si voire marchand ne peut vous les procurer, écrivez à: THE BUTTERICK COMPANY, 468 Willington St.West, Toronto, Ont. 37 Montréal, 30 septembre 1933 ^ Samedi Nous verrons cet automne le retour des chaussures à lacets.Comme le montre le dessin, le soulier est plus haut que d'habitude.Con-tinuera-t-il à monter?Avec la renaissance des manches à gigot, nous porterons peut-être des bottines jusqu'à mi-jambes.Le béret dernier cri.On le porte beaucoup, paraît-il.sur les boulevards de Pans.Il est habituellement de velours, avec des plis qui le divisent en quatre parties.Un joli pompon de plumes couronne cette charmante coiffure.Une merveille d'ingéniosité pour les nouveaux mariés ou les petites familles.C\u2019est un chaudron à cinq compartiments.On y fait cuire les aliments où ils restent chauds pendant des heures sans perdre de leur humidité.Rien de plus pratique et de plus économique! DU NOUVEAU Voici comment rajeunir une robe de soirée.Deux immenses boucles sur les épaules.Il y a mille manières de les adapter à votre robe de l\u2019hiver dernier; votre goût est le seul juge.Mais on peut suggérer du satin sur du crêpe, du velours avec du satin ou du chiffon.Qu\u2019en pensez-vous?LES DERNIERES NOUVEAUTES Service hebdomadaire exclusif au \u201cSamedi\u201d Un autre béret tout aussi charmant que le premier; plus simple cependant, il ne comporte comme ornement que le fameux aigle bleu qui doit apporter la prospérité aux Etats-Unis.Pour le Canada, nous suggérons une feuille d\u2019érable sur un castor ou un monogramme.Une armoire à médicaments vraiment originale! Prise dans l\u2019épaisseur du mur de la chambre de bain, elle est fermée par une toile ordinaire pour fenêtres, sur laquelle est peinte une scène marine.Le cordon lui-même se termine par un gentil poisson rouge .'l/oyez/ mBaçk TELESCOPIC Vus fiwblle Jmnqimz, Enfin! Un vêtement combiné élastique qui Ne remonte pasiur la taille /Vu Hack CAN Pat, 312-612 TELESCOPIC SANS ELASTIQUE DEVANT DROIT Penchée, assise ou debout, ce vêtement reste en place et est le plus confortable.Plus n'est besoin de se fier sur les jarretelles pour retenir le vêtement,______________________ Le corset \u201cNU BACK\u201d est aussi fabnqué dans toutes les tailles et pour satisfaire les plus difficiles.j-GRATIS-v 9b NU-BACK CO.45 Dorchester\tQuebec.Veuillez m\u2019envoyer grati» votre circulaire dejcriptif et le Nouveau Marqueur \"INTERNATIONAL\u201d pour BRIDGE À L\u2019ENCHÈRE ET BRIDGE-CONTRAT Non Ve remonta pas sur la /aille 38 Se Samedi Montréal, 30 septembre 1933 \u2014 5D0D0 ===== POUR LA FEMME DANS L\u2019ATTENTE Nos Recettes de Bonne Cuisine \u2022Pat LUCILE ST-DIDIER, Directrice de la Chronique Culinaire ¦e» \\ tcS' 4983 5120 5120\u2014Deux jolis modèles: avec cape ou avec jabot.Le patron de gauche a de?manches qui s\u2019enlèvent.Ne pas oublier d\u2019ajouter à la longueur du devant de la jupe.Pour 34 à 46.45 cents.4983\u2014Joli modèle avec boléro.Comme pour le numéro 5051, mettre des plis qui peuvent se modifier au besoin.Pour 34 à 52.50 cents.+ + + ?- PATRONS BUTTERICK - Si votre marchand ne peut vous tes procurer, écrivez à: THE BUTTERICK COMPANY, 468 Wellington St.West, Toronto.Ont.SAUCE A TOUTES VIANDES Mettez dans une casserole bouillon, vin blanc, sel, poivre, zeste de citron, feuille de laurier et filet de verjus.Laissez infuser sur la cendre chaude pendant cinq ou six heures, et versez sur tels mets qu'il vous plaira.MAYONNAISE DE TOMATES Prenez quelques tomates bien mûres, de moyenne grandeur, et bien rondes.Coupez-les en deux dans le sens de la largeur et retirez-en les graines.Disposez-en une couche dans le bol de cristal, saupoudrez d'un peu de sel et d\u2019un peu de poivre et semez-y une poignée de câpres.Remettez une nouvelle cou- ou faites-les frire et servez-les à sec ou avec persil frit, ou avec une sauce piquante, tomate, ravigote, ou toute autre sauce relevée que vous mettrez dans une saucière à part.Ajoutez, si vous voulez, à votre hachis quelques champignons hachés ou des pommes de terre cuites à l\u2019eau, ou les deux ensemble, et procédez de même.Vous pouvez encore ajouter toute autre sorte de viande de boucherie, volaille ou gibier, rôtis de préférence.Vous pouvez une autre fois ajouter du lard et du veau hachés ensemble en y mêlant du persil et de la ciboule hachés à part.Ajoutez une autre fois encore de la chair à saucisses et du jambon.Au lieu de la salade de fruits ordinaire, préparez cette Salade Surprise, faite de tranches d'oranges relevées de noix et de gingembre.4-\t¦ i a® che de tomates avec câpres et assaisonnement et procédez ainsi jusqu\u2019à ce que le bol soit rempli aux trois quarts.Préparez une mayonnaise épaisse très relevée et recouvrez-en le tout.BOEUF BOUILLI Hachez votre bouilli avec un peu de persil et du beurre ou du saindoux, de la graisse de pot-au-feu ou de rôti de préférence; ajoutez quelques oeufs entiers, si vous voulez un peu de mie de pain trempée dans du lait ou du bouillon, salez et poivrez, maniez bien le tout, for-mez-en des boulettes, trempez-les dans de l\u2019oeuf battu, roulez-les dans la farine, passez-les au beurre PUREE DE CHOUX Epluchez, lavez et retirez les grosses côtes de choux frisés, ha-chez-les.faites-les revenir dans une casserole avec du beurre et un morceau de lard de poitrine, mouillez avec du bon bouillon ou du blond de veau de préférence, si vous en avez; laissez cuire lentement sur un feu très doux, remuez souvent dans la crainte de laisser brûler.Après parfaite cuisson, servez avec le morceau de petit lard dessus et des petites saucisses grillées à part, autour.Si vous servez cette purée comme garniture, vous pouvez vous dispenser d\u2019y joindre des saucisses. Montréal, 30 septembre 1933 ^Samedi 39 Les mains sur l\u2019écran (Suite de la page 5) tandis que les plumes de la couronnée, muées en diamant, formaient un diadème royal.Chaque fois apparaissait, spectateur trop familier dans la loge de la divette, ou courtisan respectueux dans le palais de la souveraine que \u2014 par une aberration singulière il ne parvenait pas à identifier \u2014 l\u2019enfant chéri du public: Henri Dulair.Mais Pierrot, son Pierrot, où était-il?La vieille mère ne le découvrait pas.Elle suivait pourtant chaque détail du film avec une attention tellement aiguë qu\u2019elle en avait mal aux yeux.Elle s'irritait contre ce Henri Dulair qui prenait la place de son fils, et chaque fois que le public s\u2019esclaffait à ses mines, à ses accents, elle crispait les mains avec l\u2019envie de lacérer sur l'écran le sourire exaspérant de son visage, de lui faire rentrer de force dans la gorge cette voix indifférente, étrangère, odieuse! \u201cAu revoir!\" Elle sursauta.Qui donc avait jeté ce mot à la dernière syllabe étrangement claironnante?Un larbin qui, dans une galerie du palais, prenait congé d\u2019une soubrette avant de se mettre aux ordres de l'élégant Henri Dulair.A peine la vieille femme eût-elle le temps d'entrevoir les courtes culottes du domestique .quand son regard, vivement levé, atteignit le haut de l'écran, le visage de Pierrot s\u2019en était déjà effacé.Pourtant, c\u2019était lui.elle en était sûre! Mais tantôt elle n'avait pu le remarquer à l\u2019arrière plan où il se confondait avec d\u2019autres comparses.Et.maintenant.toute la lumière du projecteur concentrée sur la figure et le buste d\u2019Henri Dulair, laissait le valet dans l\u2019ombre.Seules, les mains apparaissaient dans un halo de clarté, s'emparant respectueusement du chapeau et de la canne du courtisan.Ses mains, les mains de son petit! Elle ne voyait de lui que ses mains! D\u2019un regard où se concentraient toutes ses forces, elle tirait sur ces deux mains afin d amener sur l\u2019écran le corps auquel elles appartenaient: \u201cIl va revenir, songeait-elle, il est impossible qu il ne revienne pas.\u201d Cependant, les mains elles-mêmes s\u2019évanouirent, et I intrigue s\u2019acheva sans que Pierrot eut reparu.(Suite à la page 40 ) POUR LE TEINT Prenez des N B YEAST FLAKES régulièrement.Un laxatif naturel, riche en vitamines.Ces flocons aident à surmonter les troubles cutanés et à éclaircir le teint.Levure de brasserie pure.Chez les épiciers et les pharmaciens YEAST FLAKES RICHE LEVURE DE BRASSERIE \u2014 TOUJOURS FRAICHE THE NATIONAL BREWERIES LIMITED, MONTRÉAL Agents des Ventes: Harold F.Ritchie & Co.Ltd., 1224, rue Ste-Catherine O., Montréal\t25F j \\ Un numéro sensationnel ?____________________ I La Revue Populaire > du mois d\u2019OCTOBRE fait sensation ! » > » s En plus de son ROMAN COMPLET : | TON COEUR EST A MOI Par MARCELLE DA VET \u201cLa Revue Populaire\u201d du mois d\u2019octobre contient : \u2014\tPlusieurs articles d\u2019actualité dont on parlera: \u2014\tNombreuses photographies: \u2014\tDEUX concours avec prix en argent: Mots Croisés et Photos; \u2014\tLa chanson française.jaPeVde .v 1 populaire En vente chez les dépositaires 15 cents le numéro I Coupon d\u2019Abonnement La Revue Populaire Ci-indus veuillez trouver la somme de $1 50 pour 1 an ou 75 cents pour 6 mois (Etats-Unis: 1 an.$1.75: 6 mois, 90 cents) d'abonnement à I LA REVUE POPULAIRE.Nom Adresse Ville .L POIRIER.BESSETTE CIE.Ltée 975, rue de Bullion,\tMontréal, Can. 40 &'&amedi Montréal, 30 septembre 1933 Shampoo pour JLnfcmts Les cheveux de vos enfants seront luxueux, brillants et pleins de vigueur .délicieusement doux et fins, s\u2019ils sont lavés régulièrement au shampoo \u201cCamomile\u201dEvanWilliams.Il n\u2019y a rien de mieux pour faire croître des cheveux sains et soyeux.Importé d\u2019Angleterre Peu Coûteux £N VENTE PARTOUT EVÀN WILLIAMS SHAMPOOS, Gratis pour Asthme et Fièvre des Foins SI vous souffrez de violentes attaques d\u2019asthme qui vous font tousser et étouffer, ou si la fièvre des foins vous fait éternuer, moucher constamment et pleurer des yeux, ne tardez pas à demander un essai gratuit de la remarquable méthode de la Frontier Asthma Co.Quelle que soit votre localité, que vous ayez confiance ou non aux remèdes, demandez cet essai gratuit.Si rien n\u2019a pu jusqu\u2019ici vous débarrasser de ces malaises; même si vous êtes sceptique à l\u2019égard de tous les moyens de soulagement, espérez encore et demandez cet essai gratuit.Il ne vous en coûtera rien.Adressez Frontier Asthma Co.391-S.Frontier Bldg.462 Niagara St., Buffalo, N.Y.C\u2019EST LE FOIE QUI FAIT QUE VOUS VOUS SENTEZ SI MISERABLE Stimulez la Bile de Votre Foi* I \u2014Paa besoin de Calomel.1' Pour que vous vous sentiez bien portant et heureux, il faut que votre foie déverse chaque Jour deux livres de liquide biliaire dans vos Intestins.Sans cette bile, des ennuis surviendront.Mauvaise digestion.Elimination lente.Poisons dans le corps.Délabrement général.Comment pouvez-vous vous attendre A corriger complètement pareil état par des agents qui font simplement mouvoir les intestins: sels, huiles, eaux minérales, bonbons ou gomme à mâcher laxatifs ou céréales?Ils ne stimulent pas votre foie.Vous avez besoin des Carter\u2019s Little Liver Pills (Petites Pilules Carter pour le Foie).Purement végétales.Inoffensives.Résultats rapides et sûrs.Demandez-les par leur nom.Refusez les succédanés.25c.chez tous les pharmaciens.\t54F LA FILLE L'ÉPOUSE LA MÈRE \u201931 C 3* Ij Femmes et filles sont sujettes & plusieurs maladies particulières au sexe.Soignées à temps avec le remède approprié, ces maladies sont vite enrayées; négligées elles nécessitent souvent une opération.Les PILULES FEMOL agissent sur les organes féminins qu'elles décongestionnent.C\u2019est le meilleur remède des femmes.Institut Caso.(SA) Place Royale, Montréal.PILULE/ FEMOL Depuis des années le Mother Graves' Worm Exterminator a été classé comme préparation efficace contre les vers et il a toujours maintenu sa réputation.\u2014 Ecoutez ., Nous partirons demain, nous trouverons une ferme, nous aurons chaud et nous mangerons.Je sais mener les chevaux.Cette idée, je ne jurerais pas qu\u2019elle était très raisonnable, mais, alors, elle m'apparut magnifique.Le reste de la nuit s\u2019écoula en préparatifs fiévreux.C\u2019était vrai qu'elle attelait avec adresse.Notre départ fit une certaine sensation: le mot \u201cfous\u201d retentit à nos oreilles, mais quand un coup de fouet enleva les bêtes nous surprîmes des regards d\u2019envie.Ce que fut cette course, inutile de vous le dire.Je n\u2019ai jamais connu pareille exaltation! Nous allions, serrés l'un contre l\u2019autre, sans rien dire, à cause du froid, mais nos regards aimantés ne se détachaient pas! Sans nous être concertés, nous ne nous arrêtions pas comme si c\u2019eût été rompre le charme.Nous nous repassions les rênes, et je ne crois pas qu\u2019il existe de volupté comparable à celle de cette chevauchée à deux dans la solitude, dans le silence que le pas des chevaux sur la neige ne brisait pas et où l\u2019on n\u2019eût pu entendre que les battements précipités de nos coeurs.Le soir, il fallut camper: nous nous étendîmes à l\u2019abri du traîneau et à la première lueur nous repartîmes.Pourtant, nous ne voyions toujours aucune habitation: je mesurais sans cesse du regard nos maigres provisions.A mesure que les heures coulaient, un engourdissement nous envahissait: nous ne luttions pas contre lui.car c\u2019était très doux et très puissant.Je me souviens encore que nous dûmes manger des poignées d\u2019avoine sur la ration des chevaux.Après, le trou va en se creusant.Je sais seulement qu\u2019à un moment ma compagne se tourna vers moi les yeux pleins de larmes; je l\u2019étreignis de toutes mes forces.longtemps .Je sais aussi que je tuai un animal et nous dûmes en dévorer les lambeaux.Et puis les chevaux s\u2019arrêtèrent d'eux-mêmes devant la maison que nous cherchions depuis des heures \u2014 combien?\u2014 et que nous ne voyions même pas.On dut nous soutenir pour descendre: le vin chaud me ranima un peu: pourtant tout restait vague, et je distinguai ma compagne immobile en face de moi, dans un étrange brouillard.On la fit monter et je fixai l\u2019unique porte en haut des marches par où elle disparut.On me donna un lit à mon tour.Jamais je ne dormis d\u2019un pareil sommeil.Quand je m\u2019éveillai, il faisait grand jour.Je sautai à terre L\u2019OMBRE (Suite de la page 6) et je poussai l\u2019étroite fenêtre: le soleil entra, et avec lui toute ma vie.ma vie heureuse, alflua en moi: je m\u2019habillai vite et je courus à la salle, sûr de la trouver debout.Il n'y avait personne.Déjà sortie! J\u2019ouvris la porte, je fis le tour des murs de rondins, mais en vain.Je rentrai.le coeur brusquemlnt serré.J'appelai: un vieil homme accourut et me sourit.Je connaissais un peu de russe, mais lui parlait une sorte de patois: enfin, il parut comprendre ce que je lui demandai, secoua la tête, me prit doucement la main et voulut me reconduire à mon lit.Je me dégageai et l\u2019interrogeai avec colère: à bout de patience.je montai les marches qu\u2019elle avait gravies la veille, je frappai: aucune réponse.Je me décidai à ouvrir, et je reculai saisi.Il n\u2019y avait là qu\u2019une soupente emplie de bois coupé.Je redescendis, sortis comme un fou; j\u2019eus tôt fait de découvrir les deux chevaux et le traîneau.Sur celui-ci, rien qui rappelât la présence de mon amie.La neige n\u2019était pas retombée, et il n\u2019y avait sur le sol aucune trace que celles des sabots du vieux et les miennes.Je m'effondrai dans un coin et je restai là tout le jour sans mouvement, sans une pensée.Le vieux ne revint qu\u2019à la nuit pour allumer la lampe de cuivre, puis il me laissa seul.Je relevai la tête, et soudain mon coeur s\u2019arrêta.En face de moi, sur le mur blanchi.une ombre montait, dessinait le profil adorable.Mes jambes paralysées m\u2019empêchèrent de m\u2019élancer tout de suite: après, je me dominai.Au lieu de sortir, je ramassai une branche à moitié consumée et je m\u2019approchai doucement, tremblant que l\u2019ombre ne s\u2019effaçât: mais non, je pus la toucher, cerner d\u2019un trait noir l'image bien-aimée.Et brusquement je me retournai, courus à la fenêtre, Rien.C'était fini.II se tut, ajouta sourdement: \u2014 Je suis rentré, j\u2019ai vécu.Si on mourait d\u2019amour, est-ce que je serais là?J\u2019avais besoin de secouer mon trouble.\u2014 On ne meurt pas d'une hallucination! dis-je rudement.Il me jeta un regard bizarre: \u2014 Attendez.Il ouvrit une armoire, approcha une lampe.Je sursautai.Il y avait au fond un grand rectangle de plâtre blanc où se détachait en noir une courbe de visage d\u2019une déchirante pureté.\u2014 Oui, je l\u2019ai emporté.C\u2019est tout ce que je possède d\u2019elle.Le reste, son nom, ou ce qu\u2019elle m a dit, je l\u2019ai oublié.Je haussai les épaules: \u2014 Qu\u2019est-ce que cela prouve?Alors il tira de son portefeuille un petit carré de papier jauni, usé \u2014 une coupure de journal.Je lus: Irkoutsk.\u2014 Le convoi du 8 a été bloqué par les neiges.Les secours n\u2019ont pu parvenir que soixante heures plus tard.On annonce que deux personnes, un homme et une jeune femme, dont l\u2019identité est demeurée inconnue, ont quitté le convoi en traîneau quelques heures avant l\u2019arrivée des secours et n\u2019ont pas été retrouvés.Tout espoir semble perdu.\u2014 Tout espoir .murmura-t-il.Yves Florenne -o- Les mains sur l\u2019écran (Suite de la page 39) C\u2019était fini! Poussée par le remous de la foule, elle se retrouva dehors.Un tel espoir, une telle attente, pour aboutir à la perception trop tardive d'un accent, à la vision ironique de deux mains.Petite chose molle, vidée, elle allait d\u2019un pas chancelant au long du trottoir.Il lui semblait avoir perdu son fils pour la seconde fois, et bien plus encore qu\u2019à l\u2019heure où elle voyait son visage s\u2019estomper à l\u2019arrière du grand navire qui, douze ans auparavant, l\u2019emportait en Amérique.Simone Berson -o- Choses Drolatiques \u2014Pourquoi avez-vous dit à Mme Dupon que son mari était mort, alors qu\u2019il est simplement ruiné ?-\u2014J\u2019ai pensé qu\u2019il valait mieux la prévenir progressivement.?Madame, à sa cuisinière.\u2014Marie, nous aurons quelques amis ce soir pour une soirée musicale et je voudrais bien que vous fassiez de votre mieux.La cuisinière.\u2014Mais avec plaisir, Madame.Je pourrai vous chanter «La Tonkinoise». Montréal, 30 septembre 1933 &$cmedL 41 sèment que j'aurai mon balai pour la remplacer .mais c\u2019qui m\u2019embête, marne Picard, c\u2019est que mon balai il est ben vieux.Vous en auriez un à me-vendre pas trop cher?Vous comprenez, les frais du voyage .et j suis pas riche.Mais la bonne madame Picard était trop heureuse du bonheur inattendu de sa cliente, et c\u2019est à titre gracieux qu'elle offrit à Léola Malo son plus joli balai .Tant de bonheur à la fois devait changer le caractère de notre vieille demoiselle, et c\u2019est avec son plus doux sourire, une larme à l\u2019oeil qu\u2019elle prit le très précieux cadeau.\u2014 Ah.ça! Marne Picard, j\u2019vous oublierai jamais, vous me porterez sûrement chance! et découpant quelques photographies du journal elle sortit, tenant délicatement le manche du balai et se dirigeant vers la boutique du coiffeur.Celui-ci fut très surpris de cette cliente et surtout de la demande que lui fit celle-ci de lui couper les cheveux tout comme à un gamin.Il n\u2019en fallait pas plus pour répandre la nouvelle et très rapidement celle-ci qui était plutôt rare, fit le tour du village, laissant la besogne de côté, on venait de toute part féliciter la vieille demoiselle, chacun à cette occasion lui apportait son petit cadeau: deux biscuits bien sucrés et une miche de pain frais.Puis Léola, copiant les gravures, préparait sa toilette.D'abord elle coupa sa longue jupe de cachemire, puis dans la partie coupée se fit tant bien que mal un petit bérêt, le tout de noir commençant à verdir, mais qu\u2019elle était charmante ainsi! .Quand l'heure du départ fut venue, mettant de côté les petites rancunes, ce fut portée en triomphe que l\u2019aimable demoiselle se rendit à la gare, en ayant soin de ne pas oublier le fameux balai, cause de tant d\u2019émoi.Tous les coeurs étaient en fête et chacun lui souhaitait tous les succès! Etourdie, grisée, la bonne vieille fille vivait comme en un rêve dont elle ne voulait plus voir la fin .Mais dans le train qui l\u2019emmenait vers la cité, Léola eut un petit serrement de coeur .ce fut en voyant près d\u2019elle une très jolie fille dont la figure était.fait.Le regret ne fut pas bien long, car Léola se levant, va vers cette compagne de voyage: \u2014 Pardon, excuse Mam\u2019zelle, ce\u2019st-y comme ça qu'on s\u2019arrange à Montréal! .J\u2019ai pas de poudre moi, je ferai ben rire de moé pour sûr: ça vous f\u2019rait-y plaisir de m\u2019en prêter?La jeune fille ouvrit grands les yeux à la demande de cette étrangère.et quelle étrangère, mon doux! Avec peine elle retenait IL Y A BALLET ET .BALAI (Suite de la page 7) le fou rire qui la prenait à la vue de ce morceau de vieillesse ainsi accoutré, et surtout, oh oui! surtout du balai, mais très affable, peut-être aussi par pitié, elle offrit gentiment, très aimable: \u2014 Voici, madame, houpette, poudre, fard et miroir.Et Léo ravie, se grimant à sa façon, sans paraître s\u2019apercevoir qu'on la regardait.sa compagne approuvait: \u2014 Bien, c\u2019est très bien comme ça, un peu plus de rouge aux joues feront briller vos jolis yeux .un peu sur vos lèvres .encore?.voilà.Vous êtes ravissante ainsi, madame; vraiment vos parents ne vous reconnaîtrons pas! Mais Léola entendant parler de parents, voulut mettre les choses au point, et c\u2019était vraiment plus qu\u2019une réception de parents qui l\u2019attendait puisqu'on l\u2019avait invité par le journal, elle, la vieille Léola qui, née là-bas, n'avait jamais quitté sa place natale.Oh! c\u2019était la gloire pour tout son village, car elle comptait bien y retourner un jour, quand elle serait riche! Berthe Rioux, c\u2019était le nom de l'aimable voyageuse, riait de bon coeur, et à son tour félicitait l\u2019heureuse idole, se gardant bien d\u2019enlever à ce faible cerveau sa douce illusion.Cependant grande fut la déception quand le train fut en gare.personne des hauts personnages annoncés .mais une foule de gens qui ne se gênait pas de rire et de se moquer d'elle, mais elle était bien au-dessus de ces singeries pour s'y arrêter, sa longue main maigre gantée de menottes brunes tenait bien droit le balai: de l\u2019autre elle fit signe à un conducteur de taxi et se fit conduire .où?\u2014 Mais .là où je suis attendue! \u2014 Votre nom, alors, madame?\u2014 Tout le monde à Marial doit bien le connaître .je m'appelle Léola Malo.Le chauffeur croyant avoir affaire à une pauvre écervelée conduisit sa cliente dans diverses rues de la ville et vient descendre celle-ci rue Ste-Catberine.Ravie, extasiée, elle s\u2019écrie: \u201cOh! comme c'est beau!! .C\u2019est ici que je vais rester?.\u2014 Certainement, madame! .et le taxi partit.Léola se trouvait seule dans la grande rue, pas trop intimidée, ayant foi en son nom que personne devait ignorer, se décida d\u2019entrer dans un théâtre, le premier venu.mais au guichet on lui demanda de l\u2019argent.\u2014 De l'argent! , .encore?.le chauffeur m\u2019en a demandé: si tout le monde m'en demande, vous allez ben me faire vider mon sac.Prenez .Entrant avec son billet et son balai elle s\u2019informa au placier venu au devant d\u2019elle: \u2014 Quand que j'vas paraître devant le monde qui m\u2019attend?\u2014 Vous, madame?Expliquez-vous! .\u2014 Ben jamais c\u2019crérai que j'ai venue pour rien .Vous savez dans le papier que j\u2019ai lu, Léola Malo était attendue icite avec son balai .ben, me v\u2019ià, c'est pour quelque chose au moins! \u2014 Mais oui, oui .venez par ici , .\u2014 Ah! j'savais ben qu\u2019on dérange pas l'monde comme ça par icite .Et devant le gérant où on conduisit Léola, celle-ci fut engagée tout simplement, car pourquoi enlever les douces illusions d'une vieille fille naïve! Heureuse, folle de joie, ne croyant pas une si belle aubaine, elle s'écrie: \u2014 Vous me gardez! ah! c\u2019qui vont être fiers par chez nous de mon avenir! Et depuis ce temps, la vieille fille ignorée, devenue quelqu\u2019un, et fort contente de son sort, se rend chaque matin faire la toilette du théâtre.Mais dans sa joie naïve, elle se demande encore: \u201cComment il se fait que l\u2019on ai pensé à elle dans tout ça, vu qu\u2019à Marial y avait pas l\u2019air d\u2019avoir de grève chez les \u201cfaiseux de balais\"! Juliette Boyer FROIDEUR EXCESSIVE Charles.\u2014 Tu vois cette belle fille dans le coin de la salle?Elle est d\u2019une froideur désespérante; ce n\u2019est pas moi qui lui ferai la cour.Edouard.\u2014 Comment le sais-tu?Charles.\u2014 L\u2019autre jour, quelqu\u2019un lui a jeté un morceau de glace dans le dos ; elle s\u2019est mise à crier: \u201cAu feu!\u201d t + f RECOMMANDATION On parle d\u2019un nouveau roman.\u2014 Une jeune fille peut-elle le lire ?\u2014 Oui, les yeux fermés.N1 .blanche,,,*.^ I, >fit .\"\u2022*«\" «°iu ».r.ctc\u201c \u2022*\tpi- «i* p**\" ÆP*\" B.ÜUcvBI.»»\"'fE\" \u2018'*\"Z .1*0r,o.dcs le Hile.le* WV'1* | CHtc?:\u2019 ^bTbwi l\u201cRI,unu'' Jy IC-*'4\u2019 , ^ EB*OUGH MFC COMPAQ La chose la plus commode dans la maison La Gelée de Pétrole \"Vaseline\u201d est un article essentiel dans toute famille.Elle s\u2019emploie pour tant d\u2019usages divers.Elle sert à panser les brûlures et contusions chez les enfants, et empêche les cicatrices; elle assouplit la peau gercée; soulage réchauffement causé par le soleil; dégage les rhumes de cerveau; apaise l\u2019irritation de la gorge.La \"Vaseline\u201d est aussi recommandée par les médecins pour protéger la peau délicate des bébés contre l\u2019irritation.C\u2019est \"la chose la plus commode dans la maison\u201d.AYEZ SOIN DE TOUJOURS EXIGER LA VERITABLE \u201cVASELINE\".VERIFIEZ LA MARQUE QUAND VOUS ACHETEZ.Sans cette marque, vous n\u2019obtenez pas le produit authentique de la Chese-brough Mfg.Co., Cons\u2019d., 5520, ave.Chabot, Montréal.L'ancienne \"Cuisine à la Crème\" au prix du lait! Voilà ce que vous obtenez en employant le St.Charles.Economique autant que commode, il est double-mentriche en crème et donne aux mets où il entre une saveur délicieusede cuissondanslacrème.F 32* LAIT ST.CHARLES _ 73o?dcn EVAPORE NON SUCRE BAZIN ENLEVE LES POILS 42 &&amedl Montréal, 30 septembre 1933 UN savon à laver jaune renomme\u2014con-s nu partout des ménagères comme étant digne de confiance, inofïensif et pourtant peu coûteux.Les coupons Comfort s\u2019échangeant contre des cadeaux de valeur.2F ^¦SAVON COMFORT EN COULEURS SANS AUGMENTER D\u2019UN SOU SON PRIX DE VENTE, NOUS AVONS.DEPUIS QUELQUES MOIS, AMELIORE \u201cLE FILM\u201d DE 100%.Innovations importantes : 1.\tUn roman d'amour, complet et inédit, dans chaque numéro; 2.\tImpression en couleur; 3.\tDeux fois plus de photographies d'artistes dans chaque numéro; Le roman d\u2019OCTOBRE a pour titre : LE DOUBLE AMOUR Par LEO DARTEY COUPON D'ABONNEMENT \u2014 \u201cLE FILM\" Ci-inclus veuillez trouver la somme de $1.00 pour 1 an ou 50 cents pour 6 mois d'abonnement au magazine LE FILM.Nom\t__________ _____________________ Adresse .Ville et Province________________________________________ Adressez comme suit : POIRIER, BESSETTE CIE, Liée, 975, rue de Bullion.MONTREAL, Can.ENCYCLOPEDIQUES L\u2019or peut être étiré en fils extrêmement petits, ainsi avec une seule once d'or on pourrait faire un fil de cinquante-huit milles de longueur.* Dans certaines parties des Indes, les veuves portent le deuil en se noircissant le visage depuis la base du nez à la racine des cheveux.C'est économique mais pas très élégant.* Il y avait, à Los Angeles, il y a une cinqutaine d'années, un pied de vigne énorme dont les ramifications couvraient une surface de neuf cent pieds carrés; la circonférence de la tige, à un pied du sol, était de quarante-neuf pouces, et cette vigne produisait annuellement cinq tonnes de raisin.La veille de la bataille de Waterloo.Napoléon s'installa dans une auberge du village de Mont-Saint-Jean, et accrocha son chapeau à un clou qui eut sa célébrité; l'aubergiste malin le vendit un bon prix à un anglais, puis à un autre.Il vendit ainsi le même clou historique à des centaines d\u2019anglais naïfs jusqu\u2019à ce que son petit truc fût dévoilé.é Il existe à peu près dix onces de radium dans le monde entier.La moitié de cette quantité est possédée par les Etats-Unis.è L\u2019empereur allemand Guillaume 1er était si avare qu\u2019il enlevait les feuilles restées blanches dans les lettres qu il recevait pour faire sa correspondance à lui-même.é Les grandes vitesses d'il y a une soixantaine d'années: les diligences faisaient une dizaine de milles, à l\u2019heure, les bateaux voiliers pouvaient atteindre une quinzaine de milles par vents favorables, les bateaux à vapeur faisaient du dix-huit milles et les chemins de fer du vingt-sept milles.Quand on compare à cela le trois cents milles à l\u2019heure qui a été atteint par des aéroplanes de course aujourd\u2019hui, on se demande avec un peu de curiosité quelle sera la vitesse possible dans un siècle d\u2019ici.Malgré la motorisation à outrance de notre époque, il y a des endroits où le cheval est toujours en faveur; en Californie le commerce de l\u2019équipement pour cavaliers est prospère, et il n\u2019est pas rare de voir certains équipements, selle, bride, etc., atteignant une valeur de cinq mille dollars.Le prix d\u2019une belle auto et il faut encore acheter le cheval! Un petit conseil très pratique en passant: si vous voulez conserver facilement des oeufs, plongez-les dans de l'eau de chaux.C\u2019est un des moyens les plus simples et qui donne d\u2019excellents résultats.* Au cours de l\u2019année dernière, on a tué 1,068 tigres aux Indes mais, de leur côté, les tigres ont tué 1,033 hommes.C\u2019est ce qu'on peut appeler un traité de réciprocité.* D\u2019après les travaux de savants géologues, l\u2019écorce terrestre riche en mines de divers métaux ne renfermerait pas moins de cent milliards de tonnes d'or.Même en en extrayant mille tonnes par an, il y en aurait pour cent millions d\u2019années.Voilà qui suppose encore pas mal de belles batailles à venir pour la possession du précieux métal.La production mondiale d'or est d'environ sept cents tonnes par an; l\u2019Afrique du Sud fournit environ la moitié de ce chiffre puis viennent, par ordre d'importance, les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, la Rhodésie, l\u2019Australie, l\u2019Afrique occidentale anglaise et le Congo belge- On peut laminer l'or en feuilles tellement minces qu\u2019une livre fait avec trois cent mille de ces feuilles n\u2019aurait une épaisseur que d'un pouce seulement.Une jeune fille de Santa Cruz a vu ses cheveux devenir complètement blancs dans l'intervalle d\u2019une seule nuit.C\u2019est peut-être la conséquence de la grande frayeur qu'elle a éprouvée cette nuit-là au cours de laquelle a eu lieu un violent cyclone. mm Pouvez-vous me résumer la carrière de Babe Ruth depuis son entrée dans la ligue de baseball majeure et me donner la moyenne et le total de ses coups de circuit ?Æ-t-il vraiment établi un record ?\ts.A.C., Montréal, P.Q.Babe Ruth en est à sa 20e saison dans la ligue de base-bail majeure.Au 14 septembre dernier, il comptait à son crédit 693 coups de circuit.Sa moyenne est de 34.6 coups de circuit par saison et il détient le record de 60 coups du genre en une seule saison.Ces records comprennent les séries mondiales.On n'a jamais fait mieux dans la ligue de base-bail majeure.\"Uife P***\" en collaboration avec une des plus grandes autorités sportives au Canada.DOW RÉPOND À LA QUESTION DE LA SOIF NOTE : \u2014 Si vous désirez vous renseigner sur toute question relative aux sports, records, raisons motivant certaines décisions, écrivez à \u201cMlle Dow\u201d, Service de renseignements Sportifs Dow, Casier Postal 22, Montréal.On s'empressera de vous répondre par correspondance ou par l\u2019intermédiaire de nos futures annonces.à*y^O\\A Stock UHIUI) S*C TlttM Windsor $EGAb table I SALT IS CLE/I* SRNITNR* AND FREE running '\u2022\u2022\u2018«U» IHOUSTmCS UjfR \u201c'\u2022NOaoR SALT S*CJ'° \u201cVeux~tu dire que tu entretiens tes dents aussi blanches avec du simple Sel: Du nouveau sur un fait établi depuis longtemps î La science n\u2019a jamais pu faire mieux que le sel pur comme dentifrice ou rince-bouche.On peut prétendre le contraire, mais rien n\u2019est plus vrai.Voici ce que fait le sel : (1)\tNettoie et blanchit les dents, sans entamer l\u2019émail.(2)\tResserre les cellules des gencives, les raffermit et les empêche de saigner.(3) Comme gargarisme, le sel soulage le catarrhe et enraye 1 inflammation de la gorge.(4) Une bouche propre est une bouche saine.Ceux qui font usage du sel ont, grâce à son action purifiante naturelle, la sensation d'avoir la bouche fraîche.C est tout ce qu\u2019un dentifrice ou un rince-bouche peut faire.Laissez-nous vous envoyer nos bcochurettes gratuites\u2014\u201cLe Sel, comme Dentifrice, Gargarisme et Rince-bouche\" et \u201cL\u2019Histoire du Sel\", avec conseils sur l\u2019emploi du sel.Postez le coupon aujourd'hui.\"LE PLUS PUR et LE MEILLEUR\u2019 IN Du y?», L C WINDSOR SALT Sel de Table Regai Sel tin Windsor de choix, coulant librement, auquel on a ajouté un rien de magnésie qui sèche les grains de sel et le fait couler facilement \u2014 sans pareil pour la table et la cuisine.Sel Windsor Le sel familier des sacs de coton .présenté maintenant dans cette boite pratique.Le Sel Windsor donne meilleur goût à tous vos plats.Exempt de \u201cbittern\u201d.Relève et fait ressortir le goût des choses.Sel Iodé Windsor prévient le goitre .contient une infime fraction d\u2019iode, ajoutée sous la surveillance quotidienne de nos chimistes.L\u2019iode, sans saveur et inoffensive, mais prévient le goitre.Pour la table et la cuisine.37 CANADIAN INDUSTRIES LIMITED Division \u201cSel Windsor\u201d, Windsor, Ont.Veuillez m\u2019envoyer, sans la moindre obligation, les brochurettes gratuites, ?\t\"Le Sel, comme Dentifrice, Gargarisme et Rince-bouche\"; ?\t\"L\u2019Histoire du Sel\u201d, avec conseils sur les divers usages du sel.Nom Adresse CANADIAN INDUSTRIES LIMITED Division \u201cSel Windsor\u201d, Windsor, Ontario -J "]
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