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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 21 avril 1934
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1934-04, Collections de BAnQ.

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[" Montréal, 21 avril 1934 Lisez notre feuilleton: LES FILLES DE BRONZE 45e année, No 47 S&Scmedb® LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS i IA* omiiuoti INCRUSTÉ mam*.- ; ffpH tl* *\u2014 ¦J.Que vos parquets proclament le retour de jours meilleurs Maintenant que l\u2019on semble avoir passé le \"tournant\u201d critique depuis si longtemps attendu, ces pièces que vous avez été forcée de négliger dans votre maison vont enfin pouvoir être rénovées.Il va falloir commencer par les parquets \u2014 le reste suivra, mais ce sont les parquets qui forment la base de toute décoration intérieure.Le Linoléum Incrusté Dominion est l'article tout indiqué pour cela.Sa beauté n\u2019a jamais été plus frappante; sa valeur, jamais plus grande.Il permet de transformer une pièce à très peu de frais.Le parquet à effet de tuiles illustré ci-dessus est typique des beaux résultats qu\u2019il permet d\u2019obtenir.Il peut en être ainsi dans n\u2019importe quelle pièce.Faites que vos parquets proclament le retour de jours meilleurs.Chic, moderne et de prix très raisonnable, le Linoléum Incrusté Dominion s\u2019offre en Bosselé, Moulé, Tuiles Marbrées, Monotuiles, Lignes Droites et autres superbes effets.Nos 300 dessins et coloris, constituant notre assortiment pour cette saison, sont maintenant à l\u2019étalage partout dans les magasins à rayons et d\u2019articles de maison.Ci-dessous sont illustrés le Dessin No.8804, un magnifique Incrusté Bosselé, et le Dessin No.7098, un Linoléum Moulé du plus bel effet.Le dessin Illustré à gauche est le No.7315 Mm DOMINION OILCLOTH « LINOLEUM CO., LIMITED, MONTREAL Quel Plaisir de Conduire k! V' $ f fvi la Nouvelle Ford V*8 ! RACE à la Nouvelle Ford V-8, le plaisir de l\u2019automobilisme se double d\u2019agré- ments inconnus jusqu\u2019ici.On ne saurait imaginer de voiture plus alerte, plus commode, plus docile.Elle satisfait pleinement et en tout point.On la conduit pour le seul plaisir d\u2019en tenir le volant.Une simple pression du pied libère silencieusement sa fabuleuse puissance \u2014 tout le long du trajet, ses sièges profonds et luxueux\u2014véritables fauteuils \u2014 vous assurent un repos complet.Nulle autre automobile de prix modéré ne peut vous offrir une performance aussi remarquable, car aucune autre voiture de moins de $4000 ne possède un moteur à 8 cylindres en V.La supériorité de ce dispositif n\u2019est pas affaire d\u2019opinion, mais un fait démontrable et démontré.On en a la preuve \"en regardant les Fords filer sur la grand\u2019route\u201d.Nous vous invitons à conduire une Nouvelle Ford V-8.Pour vous convaincre de son confort, de sa sécurité, de ses mille et un mérites, nous ne saurions commissionner plus éloquent interprète.CARACTÉRISTIQUES DE LA NOUVELLE FORD V8 Moteur à huit cylindres en V\u201485 c.-v.Plus de 80 milles à l\u2019heure.Souplesse exceptionnelle.Culasses de cylindres en aluminium.Pistons d\u2019aluminium.Carburateur double et double collecteur d\u2019admission des gaz.Thermostats à ligne d\u2019eau.Intérieurs plus spacieux que ceux de toute autre automobile de prix vraiment abordable.Flexibilité absolue de chacune des quatre roues, grâce aux ressorts Ford spéciaux et aux amortisseurs hydrauliques.Carrosseries tout acier.Glaces inéclatables.Mécanisme précis et durabilité inséparables de la Marque Ford\u2014\u201cla plus économique de toutes les automobiles que Ford ait jamais forgées.\u201d \u201cL\u2019AUTOMOBILE CANADIENNE\" FORD MOTOR COMPANY OF CANADA, LIMITED ' \u2018\u2018\u2018^iÜÉiss ¦HH % péré; il me sait déjà vieux; il me suppose usé par le travail ; il me croit sans autres héritiers que lui ; il guigne sournoisement l\u2019heure de ma mort et il vient à Gua-yanila dans l\u2019unique but de tirer de moi une bonne somme en avancemnt d\u2019hoierie, et de s\u2019assurer que dans un prochain avenir il touchera le reste de mes millions.\u2014 Ce serait odieux ! s\u2019écria Sigis-mond Leroy.\u2014 Parfaitement odieux, j\u2019en conviens, mais tout naturel, étant donné le caractère de monsieur mon neveu.Va ! je connais bien le personnage.Il ne vient ici, je te le répète, que pour savoir combien il me reste de temps à vivre-.AL du'NUGGET; mon enfant/.ET C\u2019EST AINSI QUE J\u2019AI CONSERVÉ MES CHAUSSURES RELUISANTES ET DURABLES TOUTE ma vie.\u2014 ET VOUS.GRAND-PERE, DE QUOI VOUS SERVIEZ-VOUS POUR NETTOYER VOS CHAUSSURES QUAND VOUS ÉTIEZ PETIT ?.4 ENJOLIVE L'APPARENCE ET PROLONGE LA DURÉE DES CHAUSSURES GRANDES OU PETITES POLI A CHAUSSURES - Il doit savoir que tu as trois filles.\u2014 Peut-être.Mais dans ce cas il sait aussi que ces filles sont les enfants de l\u2019esclave Noëmi.\u2014 Ce qui ne les empêchera pas d\u2019être bel et bien tes héritières quand tu les auras reconnues et affranchies.Et, à ce propos, quelle impardonnable imprudence était la tinne! Tu adores tes enfants, tu respectes leur mère; eh bien, si tu étais mort subitement, la mère et les filles étaient esclaves, et ta fortune entière allait à ton neveu ! Qu\u2019en dis-tu ?\u2014 Je dis que tu me donnes le frisson.\u2014 Heureusement j\u2019étais là .J\u2019ai gourmandé ton insouciance.je t\u2019ai mis l\u2019épée dans les reins, et un bon testament en faveur de Noëmi, de Cora, de Carmen et de Marie, testament dont mon étude sera dépositaire, anéantira pour jamais les cupides espérances de monsieur ton neveu.\u2014 Tu as jeté les bases de cet acte?\u2014 Oui, et je les apporte.Nous allons les examiner ensemble.-\u2014 Tu écriras ensuite et je signerai.\u2014 Non pas !\u2014s\u2019écria le notaire \u2014 non pas! Le testament doit être olographe, c\u2019est-à-dire écrit entièrement de ta main.C\u2019est la plus simple et la plus inattaquable de toutes les formes.\u2014 Soit.tu dicteras et je tiendrai la plume.\u2014 As-tu des feuilles de papier timbré?\u2014 Certainement non.j\u2019ignorais que ce fût indispensable.\u2014 Ce n\u2019est pas indispensable, mais c\u2019est correct.Ne t\u2019inquiète point, d\u2019ailleurs.je dois en avoir dans mon portefeuille.si j\u2019en manquais cela m\u2019étonnerait fort.Sigismond Leroy explora les flancs d\u2019une vaste serviette de maroquin noir à son chiffre, déposée par lui sur le bureau de son hôte en arrivant.\u2014 Voilà notre affaire ! s\u2019écria-t-il en en tirant des feuilles timbrées à l\u2019écusson du royaume d\u2019Espagne.\u2014Je vais te lire le projet d\u2019acte testamentaire.\u2014 Ne faudrait-il pas nous occuper d\u2019abord des actes d\u2019affranchissement et de reconnaissance?demanda Richard Bernier-.\u2014 Inutile.\u2014-Le testament renfermera tout.\u2014Les lois espagnoles nous autorisent à agir ainsi, cela simplifie.Ecoute maintenant, et pèse chaque mot.Tu feras ensuite tes observations s\u2019il y a lieu.Sigismond Leroy mit son pince-nez, prit un papier couvert d\u2019écriture et lut à haute voix : \u201cAujourd\u2019hui, sain de corps et d\u2019esprit, mais ne voulant pas me laisser surprendre par la mort dont l\u2019heure est toujours incertaine, je recommande mon nme à Dieu, je le prie de m\u2019accueillir en sa miséricorde, et par ce testament olographe, moi, Paul-Emile-Richard Bernier, sujet français, né à Ingouville, aujourd\u2019hui propriétaire à Guayanila, dans l\u2019île de Porto-Rico, colonie espagnole des Antilles.\u201cPremièrement : Je déclare reconnaître comme mes filles naturelles Cora, Carmen et Marie, mes filles naturelles reconnues.\u201cTroisièmement : J\u2019institue mes légataires universelles, à partage égal de mes biens, meubles et immeubles, titres de rentes et créances à recou- vrer, le tout estimé par moi à cinquante miUiom, facilement réalisables, mes trois filles naturelles reconnues, Cora, Carmen et Marie, à la charge par elles de servir une pension annuelle de trois cent mille francs à Noëmi, leur mère, que je déclare affranchir par le présent acte comme ses filles.\u201cFait et signé à Guayanila, le huit avril mil huit cent cinquante-trois.\u201d Sigismond Leroy ôta son pince-nez et dit: \u2014 Tu vois que c\u2019est simple et complet.Ça te convient-il ainsi ?VII Richard Bernier répondit à la question de son vieil ami : \u2014 Ça me convient admirablement.\u2014 Aucune obsrvation à faire?reprit Sigismond.\u2014 Aucune.\u2014 Il est certain qu\u2019on ne peut rien retrancher, mais on pourrait peut-être ajouter quelque chose.\u2014 Quoi donc ?\u2014 Mais, par exemple, un legs d\u2019un ou deux millions en faveur de ton neveu Martial Dereyne.Le planteur bondit.\u2014 Jamais de la vie ! s\u2019écria-t-il.Ni un million, ni cent mille francs, ni cent sous 1 \u2014 Parfait ! dit le notaire en riant.En ne lui laissant rien, il aura juste ce qu\u2019il mérite.Prends une de ces feuilles de papier timbré et mets-toi là.Je vais dicter.Aie soin d\u2019éviter les ratures, il faudrait recommencer tout.A propos, qui nommes-tu ton exécuteur testamentaire ?\u2014 Toi, pardieu! et je vais le consigner dans l\u2019acte.Au bout de dix minutes, le testament olographe était écrit, signé et relu.\u2014 Faut-il le mettre sous enveloppe?demanda Richard Bernier.\u2014 Sans le moindre doute.\u2014 C\u2019est fait.\u2014 Maintenant, trace sur l\u2019enveloppe ces mots : Pour être ouvert après ma mort.Ecris mon adresse; contresigne dans l\u2019un des angles et ferme à la cire avec ton cachet.C\u2019est au mieux ! Nous sommes en règle, et tu dois te sentir soulagé d\u2019un grand poids ?\u2014 Ah ! certes, oui ! répliqua le planteur.Un devoir accompli, cela rend l\u2019âme contente.Me voilà tranquille désormais sur le sort de ceux que j\u2019aime.Richard Bernier tendit l\u2019enveloppe au notaire qui la serra dans une case particulière de son portefeuille et reprit: \u2014 Maintenant, une explication.\u2014 A quel propos ?\u2014 Je connais le chiffre général de ta fortune, mais j\u2019ai besoin d\u2019avoir des renseignements précis sur la manière dont elle se compose.\u2014- C\u2019est bien simple.j\u2019ai vingt-deux millions, espèces et titres de rentes, chez Mdiana et Ribexra, les premiers banquiers de Porto-Rico.\u2014 Maison sûre.\u2014 Trois millions chez toi.Maison plus sûre encore.\u2014 Pas plus, répondit Sigismond avec un sourire, mais autant.\u2014 Enfin, mes propriétés de Guala-nila, mon filon d\u2019or, mes plantations de caféiers, de cannes à sucre, de tabac, mes esclaves, mes usines, et cent mille têtes de bétail, j\u2019estime tout cela vingt-cinq millions.\u2014 Quel est le chiffre de tes revenus annuels ?\u2014 Cinq millions, plutôt plus que moins.\u2014 C\u2019est une fort agréable aisance I Je vais prendre note de tout cela, et je placerai cette note dans ma caisse à côté de ton testament.\u2014 Je m\u2019en rapporte à toi, et je suis sûr que ta prudence ne sera jamais en défaut.Quand comptes-tu partir?\u2014 Demain matin j\u2019irai à San German m\u2019embarquer pour Cuba où j\u2019ai quelques affaires à régler.De là je ferai voile pour le Havre comme on disait au temps où la vapeur n\u2019existait pas encore. 24 .& Samedi 21 avril 1934 ?AS SI BETE LA P'TITE AMIE EST UN FIASCO AU TENNIS NOM OU N CHIEN.PETITE-FRAPPE LA BALLE DANS l PLEIN D'LA RAQUETTE ET NON AVEC LE BORD OUI.GEORGES! UN VRAI POIDS MQgTALA DANSE OUCH>-MES PIEDS SONT RT Etre bien g rands o».dis.MAIS ILS NE PEUVENT EXCUSE-MOI/ COÛTER OUUNE PERSONNE ET IMPOSSIBLE COMME PARTENAIRE AU 6RIOÛE EH > LA .QUELLE IDEE OKI TPRENDS D COUPER MON AS?CfTAIT TV TON AS?OH.JSAVAIS BIS Avec le Coco Baker, il est facile de faire les tartes et les gâteaux dont tous les iiommes se régalent.Les 3 variétés Baker sont ton jours délicieusement fraîches.En paquets, en boîtes ou à la livre.ATF-34M BAKER'S COCONUT B\tMAIS QUAND IL S'AGIT DE MT1SSERIE CISI UNE AUTRE HISTOIRE B ¦\tMM-M CETTE TARTE QUEL BONHEUR.AU COCO EST\tCA M FAIT DELICIEUSE.CHERIE.\tPLAISIR B\tQUAND IL S'AGIT\tQUTAIMES ÇA DTARTE.TES VRAIMENT B\tPAS SI BÊTE ¦ ¦\t \t ¦ ¦\t B\t B En ce moment, on frappa discrètement à l\u2019huis du cabinet.\u2014 Entrez, dit le planteur.La porte s\u2019ouvrit et sur le seuil parut une jeune fille 'très belle et légèrement bronzée que Sigismond Lacroix regarda avec un étcfhnenient voisin de la stupeur.\u2014 Qu\u2019y a-t-il, Dolorès ?demanda M.Bernier.\u2014 Monsieur Richard, répondit la jeune fille, le courrier est prêt à partir et souhaiterait vous voir.\u2014 Dis-lui que j\u2019y vais, mon enfant.\u2014 Bien, monsieur Richard.Dolorès sortit.A peine avait-elle refermé la porte que le notaire s\u2019écria : \u2014 Quelle est cette jeune fille?\u2014Une orpheline, enfant d\u2019un planteur espagnol dont les entreprises n\u2019ont pas réussi, et qui est mort de chagrin, il y a quelques mois.\u2014 As-tu remarqué comme elle ressemblait à Cora ?\u2014 Oui, sans doute.c\u2019est son portrait vivant.si elles s\u2019habillaient de même, l\u2019illusion serait presque complète.\u2014 Comment expliques-tu cette ressemblance prodigieuse ?\u2014 De la façon la plus naturelle : Judith, la mère de Dolorès, était la soeur de Noëmi.\u2014Par conséquent, Dolorès est cousine de tes filles?\u2014 Naturellement.A ce titre je devais m\u2019intéresser à elle.Je la recueillis après la mort de son père, et elle vit au milieu de nous sur un pied d\u2019égalité complète.Si tu ne l\u2019as pas vue ce matin au déjeuner, c\u2019est qu\u2019elle avait quitté l\u2019habitation de bonne heure pour aller visiter des malades à l\u2019une des extrémités de mon domaine.Dolorès et Cora sont les véritables soeurs de charité de la colonie.\u2014 Tu parais l\u2019apprécier beaucoup.\u2014 Oui! beaucoup., elle est douce et bonne.c\u2019est un coeur d\u2019or.\u2014 Pourquoi donc, s\u2019il en est ainsi, l\u2019as-tu oubliée dans ton testament?\u2014 Parce qu\u2019il était inutile d\u2019y inscrire son nom.Cora, Carmen et Marie l\u2019aiment tendrement et leur appui ne lui manquera jamais.\u2014 Est-elle affranchie?\u2014 Non.à quoi bon ?Elle ne se sait même pas esclave et ne s\u2019inquiéterait guère, d\u2019ailleurs, d\u2019une simple formalité.Viens, le courrier m\u2019attend.Les deux hommes quittèrent le cabinet et se rendirent dans un bureau affecté à la correspondance.Les questions adressées par le courrier au planteur et les explications de ce dernier ne prirent que quelques minutes, et les dépêches partirent pour Guayanila d\u2019où le service postal régulier les dirigeait sur Porto-Rico.Sigismond Leroy admirait l\u2019ordre admirable qui régnait dans les dépendances de l\u2019habitation et l\u2019incessante activité déployée de toutes parts.Une dizaine d\u2019employés libres s\u2019occupaient sans relâche à la tenue des livres.Aux sucreries, les moulins tournaient jour et nuit sous l\u2019effort des pompes à vapeur, innovation intelligente remplaçant le lourd travail des boeufs.Dans les étables, les élèves magnifiques, prêts à être expédiés vers toutes les contrées de l'Europe, foulaient la litière épaisse et soigneusement entretenue.Une provende abondante et saine remplissait les mangeoires et les râteliers.Les magasins regorgeaient de balles de coton, des boucauts de tabac, de café et de sucre, et de barils de rhum et de tafia.De tous côtés se croisaient de pesants chariots, attelés de quatre chevaux et charges de cannes à succre et de céréales.La foule des serviteurs libres et des nègres esclaves allait et venait sans confusion, travaillant et chantant à la fois.Tous paraissaient heureux et l\u2019étaient en effet.Dans la campagne, aussi loin que pouvait s\u2019étendre le regard, on apercevait des champs cultivés, les uns dépouillés déjà, les autres encore couverts d\u2019une plantureuse végétation.Sigismond Leroy pensait: \u2014 L\u2019homme peut tout ce qu\u2019il veut quand il prend pour devise ces mots : Travail et Liberté.Aussitôt après le repas du soir il fallut se séparer et le notaire, emportant sa précieuse serviette de chagrin noir, reprit à cheval le chemin de Porto-Rico, d\u2019où il devait partir le lendemain, au point du jour.Quittons, nous aussi, l\u2019habitation de Guayanila et regagna la Dorade, capitaine Sannois.On ne se coucha pas cette nuit-là à bord de la frégate.Les ouvriers mécaniciens, éperonnés par la promesse d\u2019une haute paye séduisante, firent preuve d\u2019un infatigable zèle.Le commandant les encourageait en partageant leur veille.Jusqu'au lever de l\u2019aube on vit le point lumineux de son cigare aller et venir du gaillard d\u2019avant au gaillard d\u2019arrière.Quand parut le jour, les transportés à qui leur conduite pendant la tempête avait valu des privilèges, parurent sur le pont.Jean Renaud était du nombre.Il salua respectueusement le capitaine.Ce dernier lui fit signe de s\u2019approcher et lui dit: \u2014 J\u2019ai vu de la lumière dans la bibliothèque longtemps après dix heures.\u2014 Oui, mon commandant.répliqua le forçat.-\u2014 Pourquoi ?\u2014 Je trouvais à mon travail un intérêt très vif.Je ne m\u2019apercevais pas que le temps passait.\u2014 Ce travail vous intéresse?fit en souriant M.Sannois, flatté dans son amour-propre d\u2019auteur.Eh bien ! c\u2019est une chose excellente! Tant qu\u2019il durera, vous ne vous ennuierez plus.Le chef mécanicien passait, noir de limaille de fer et de suie.Le capitaine l\u2019appela.\u2014 Manuel, lui demanda-t-il, où en sommes-nous ?.\u2014 Tout marche, mon commandant.Vers onze heures du matin nous aurons fini dans l\u2019entrepont.Il ne restera plus qu\u2019à reboulonner la petite chaudière et à mettre une pièce à la cheminée.\u2014 Enfin, quand aurez-vous terminé complètement?A quelle heure sera-t-il possible de lever l\u2019ancre?\u2014 A la tombée de la nuit, pour sûr, et, s\u2019il y avait du retard, il n\u2019y en aurait guère.\u2014 Bref, vous serez prêt entre huit et neuf heures du soir?\u2014 Pour ça, mon capitaine, j'en réponds.M.Sannois se frotta les mains.\u2014 Enfin, nous allons appareiller ! murmura-t-il.C\u2019est heureux 1 Me suis-je fait du mauvais sang depuis cinq mortels jours! Jean Renaud avait entendu.Il baissa la tête pour cacher la flarann qui s'allumait sous ses paupières et il se dit : \u2014 C\u2019est pour ce soir ! Le chef mécanicien continua sa route et le capitaine, fatigué de la nuit blanche passée sur le pont du navire, prit le chemin de sa cabine.Tout à coup une rauque clameur sembla tomber du ciel.Le matelot en vigie criait de son poste aérien : \u2014 Une voile à nous, par tribord.M.Sannois s\u2019arrêta aussitôt et tous les regards se portèrent dans la direction indiquée.Le navire signalé par la vigie émergeait comme un point noir dans les brumes lumineuses aux extrêmes confins de l\u2019horizon.A ce moment précis un petit nuage blanc couronna le point noir, et, une seconde après, la brise de mer apportt jusqu\u2019à la Dorade le bruit d\u2019une détonation lointaine.Le capitaine était prestement monté sur la dunette d\u2019où, à l\u2019aide de la jumelle marine dont il ne se séparait jamais, il examina le bâtiment qui s\u2019avançait à toute vapeur vers la baie et grossissait à vue d\u2019oeil.\u2014 Pavillon français! dît-il; et il commanda : Hissez le pavillon de poupe, et appuyez-le d'un coup de canon ! VIII L\u2019officier de quart avait précisé l\u2019ordre, qui fut aussitôt exécuté.Le pavilon monta majestueusement et déroula dans le ciel pur les couleurs de la France.En même temps la Dorade tremblait dans sa membrure comme un fiévreux de la campagne de Rome.Une des caronades de l\u2019avant venait d'appuyer le pavillon.A ces deux détonations se suivant de si près en succéda une troisième.Elle partait de l'Eclair qui, de même que la frégate hissait à son mât le pavillon national.Officiers, matelots, soldats de marine et transportés, tout le monde était monté sur le pont et suivait du regard le navire dont on commençait à distinguer la forme et la grandeur.\u2014C\u2019est un brick\u2014dit le capitaine\u2014 et ce n\u2019est point à nous qu\u2019il en veut, mais à VEclair.Il me parait un marcheur de premier ordre.Peut-être se chargera-t-il de porter une dépêche à Saint Domingue.Lieutenant Gerfaut, le canot major à la mer.Nous allons à l\u2019aviso.Sur les navires de l\u2019Etat, la façon rapide dont les ordres s'accomplissent tient du prodige.Un coup de sifflet strident donna le signal.Dix hommes bondirent sur les bancs du canot major ; dix autres s'élancèrent aux palans ; l\u2019embarcation descendit, toucha la mer et vint s amarrer à tribord.Cinq minutes après, le canot filait comme une mouette sous l\u2019effort de vingt bras vigoureux.Le brick venait de stopper à vingt brasses de l\u2019aviso.Une embarcation vivement mise à flot conduisit un officier vers 1 Eclair, dont l\u2019état-major attendait avec une curiosité fébrile ce messager inattendu. 21 avril 1934 Jean Renaud, pendant une minute, avait sim i des yeux la manoeuvre du brick, mais connue il n\u2019attachait aucune importance à cette arrivée et que son esprit était ailleurs il quitta le pont, descendit à la bibliothèque et s'agit devant la table chargée de papiers.\u2014 Ce soir ! murmura-t-il de nouveau.C\u2019est pour ce soir ! le capitaine est pressé de partir.Rien ne le retardera.La Dorade et mes compagnons prendront la route de Cayenne.Je prendrai, moi, le chemin de la liberté.Arriverai-je ?J\u2019ai contre moi plus d\u2019une chance, mais que m\u2019importe ?Le tout pour le tout ! C\u2019est ma devise, et mieux vaut la mort que Cayenne ! Puis il secoua la tète, sans doute afin de chasser les idées sombres qui venaient l\u2019assaillir, et il se mit à la besogne.Ce qui se passait en ce moment sur l\u2019avi.-o l\u2019Eclair était d\u2019une importance capitale pour l\u2019un des principaux personnages de notre récit, nous le saurons bientôt, mais il nous faut d\u2019abord retourner à l\u2019habitation ou les travaux du matin suivaient leur cour habituel.Le commandeur Mercuzza, debout dès la pointe du jour, avait déjà visité les ateliers, s\u2019assurant que chacun se trouvait à son poste.Cet homme faisait consciencieusement son service, non par intérêt pour le maître qu\u2019il détestait, mais dans l\u2019espérance de prendre en défaut quelque esclave et d\u2019obtenir qu\u2019une sévère punition fut infligée au délinquant.Le senor commandeur aimait le mal pour le mal.Les coups de fouet appliqués sur les épaules d\u2019un nègre lui causaient un plaisir extrême.Les grincements de dents provoqués par lui l\u2019enchantaient, et le bruit des sanglots produisait à ses oreilles l\u2019effet d\u2019une musique délicieuse.; Comme il se rendait à une sucrerie située à une demi lieue de l\u2019habitation principale il vit de loin un cavalier, monté sur un assez beau cheval d\u2019origine andalouse et se dirigeant de son côté.Un sourire d\u2019une expression singulière entr\u2019ouvrit les lèvres minces de Mercuzza.Le cavalier maintenait sa monture au petit pas et, tout en fumant un cigare de la Havane, il regardait les terres admirablement cultivées dont la valeur augmentait chaque jour, et qui toutes, aussi loin que la vue pouvait s\u2019étendre, appartenaient à Richard Bernier.Cet homme portait le costume de toile habituel dans les colonies tropicales, mais il le portait avec une certaine recherche et non sans quelque prétention à l\u2019élégance.Son visage anguleux et cuivré offrait le type espagnol et n\u2019avait rien de remarquable ni en beau, ni en laid.Sa physionomie cependant n\u2019était point insignifiante.Elle exprimait la morgue, l\u2019astuce et la cupidité.Lorsque les deux personnages ne furent plus qu\u2019à cinq pas l\u2019un de l\u2019autre, Mercuzza ôta son large chapeau de paille, s\u2019inclina profondément devant le cavalier, et dit: \u2014 Salut au senor Reymundez, syndic des noirs.Le nouveau venu répliqua, mais sans se découvrir, et avec un léger signe de la main: \u2014 Senor Mercuzza, je vous sou i-te le bonjour.Vous voilà dans l\u2019exer- Sk&cmtdl cice de vos fonctions et toujours le fouet à la main.C\u2019est bien cela ! C\u2019est bien ! \u2014 Le fouet à la main, répliqua le commandeur avec amertume.Autant vaudrait tenir une tige de mimosa ! Ah ! la main est solide, et le manche aussi, mais la volonté du maître en immobilise les lanières! \u2014 Toujours faible, donc, le senor Richard Bernier?\u2014 Toujours, et plus que jamais.\u2014 Alors, je n\u2019aurai aucune plainte à recevoir à l\u2019habitation?\u2014 Aucune.\u2014 répondit Mercuzza en haussant les épaules.Ici on traite les paresseux et les insoumis avec de la racine de guimauve et des rations de tafila ! Le syndic des noirs haussa les épaules à son tour.\u2014 Mauvais principes, senor Mercuzza 1 dit-il,\u2014 déplorables principes ! \u2014 Oui, certes, et qui tet ou tard amèneront un tel amollissement dans les moeurs des esclaves que la colonie manquera de bras pour le travail.\u2014 Sans compter \u2014 poursuivit le syndic\u2014que cela nous enlève de bien beàux bénéfices ! \u2014 Hélas ! murmura le commandeur, puis il ajouta: Irez-vous quand même à l\u2019habitation?\u2014 C\u2019est mon projet; y trouverai-je le maître ?\u2014 Oui, en compagnie de ses trois filles auxquelles il me faut obéir, et qui ne sont, après tout, que des esclaves ! Mon sang d\u2019Espagnol et d\u2019hidalgo bout dans mes veines à cette pensée ! \u2014 Esclaves, dites-vous ?répéta le syndic des noirs.En êtes-vous bien sûr ?\u2014 Oui, pardieu! j\u2019en suis sûr! \u2014 Le senor Bernier ne peut ignorer cependant que ses filles, nées d\u2019une esclave, sont esclaves elles-mêmes.Comment ne les a-t-il point affranchies ?\u2014 11 a jugé sans doute que c\u2019était inutile, n\u2019ayant pas l\u2019intention d\u2019en faire des coupeuses de cannes à sucre, des vanneuses de cacao ou des ci-garières.\u2014 Certes, répliqua le syndic, tout est bien ainsi pour le moment, mais il y a l\u2019avenir.\u2014 L\u2019avenir est long ! M.Bernier est vigoureux comme un jeune hom me.Il vivra cent ans, et ça lui donnera le temps de mettre ses affaires en ordre.\u2014 Bah ! fit le syndic des noirs avec philosophie\u2014la vigueur physique ne signifie rien.On ne sait ni qui vit ni qui meurt.Puis, sans transition, il demanda: \u2014Le dernier cyclone a-t-il produit ici beaucoup de dégâts ?\u2014 Non, très peu.Quelques caféiè-res ont souffert, mais d\u2019une façon très insignifiante.\u2014 Comment est-ce possible ?\u2014 Nous sommes protégés par les mornes de l\u2019Est.\u2014 Ce senor Richard Bernier a véritablement un insolent bonheur.Sa fortune est colossale.\u2014 Je l\u2019évalue à trente millions, dit le commandeur.\u2014 Et moi à un chiffre beaucoup plus élevé.Et ce millionnaire, ce Crésus, permet tout à ses nègres et les sèvre de coups de fouet, ce qui m\u2019empêche de dresser des procès-verbaux et m\u2019enlève le plus clair des LES ENFANTS VOULAIENT QUE JE LEUR LISE DES CONTES,* MAIS J\u2019AI A PEINE A MOITIE POURTANT,IRMA, TU AURAIS DEJA TOUT FINI AVEC LE RINSO IL EVITE FROTTAGE ET BOUILLAGE LE LUNDI SUIVANT ALLO IRMA! 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C\u2019est positivement odieux ! \u2014 Que voulez-vous ?il fait de la philanthropie! s\u2019écria Mercuzza d\u2019un ton moqueur.\u2014 Je vais voir cela, et lui parler sérieusement, car il est impossible que les choses continuent à se passer ainsi.\u2014 Vous n\u2019obtiendrez rien.\u2014 Qui sait ?Au revoir, senor commandeur.\u2014 Senor syndic, au revoir.Tâchez de réussir.mon bras s\u2019engourdit dans l'inaction.Tout en prononçant ces derniers mots Mercuzza fit siffler son fouet dont la dure lanière coupa net une branche d'arbuste grosse comme un tuyau de pipe.\u2014Bah ! le poignet est encore solide ! répliqua le syndic en riant.Puis les deux hommes se saluèrent et se remirent en route dans des directions différentes, l'un poussant vers l\u2019habitation et l\u2019autre gagnant la campagne.Dans les colonies espagnoles où l\u2019esclavage existait encore, le personnage officiel appelé Syndic des Notts jouissait d\u2019une incontestable importance.C'était une sorte de juge de paix chargé de recevoir les plaintes des esclaves qui avaient été punis ou fouettés par ordre de leurs maîtres, et qui trouvaient les coups trop nombreux ou le châtiment hors de proportion avec la faute.Le syndic statuait sur la plainte, conciliait les choses s\u2019il le jugeait convenable, ou condamnait à une amende plus ou moins forte le maître dont les sévérités lui semblaient excessives.Ces fonctions avaient été instituées dans le but de donner un semblant de satisfaction aux esclaves qui, voyant de tous côtés leurs frères redevenus libres, menaçaient de ruiner les colonies espagnoles en se révoltant ou en s\u2019évadant.Somme toute le résultat pouvait être bon en coupant court à d\u2019effroyables injustices, à de hideuses cruautés, triais les syndics des noirs, choisis parmi des gens d\u2019une moralité plus que douteuse, ne voyaient généralement dans leur charge qu\u2019un moyen de s\u2019enrichir.Moyennant la remise d\u2019un pot de vin, dont le chiffre variait selon les circonstances, ils se rangeaient du côté du maître contre l\u2019esclave, si bien fondée que fût d\u2019ailleurs la plainte de ce dernier.On comprend que le syndic des noirs de Guayanila se déclarât lésé dans ses intérêts par la mansuétude de Richard Bernier, qui n\u2019admettait point sur ses domaines l\u2019usage du fouet comme moyen de répression.Une telle conduite semblait au fonctionnaire indélicate et inacceptable.Le planteur se trouvait avec ses filles dans son cabinet de travail, et s\u2019apprêtait à sortir pour son inspection du matin quand on vint lui annoncer que le syndic mettait pied à terre.\u2014 Cet homme, ici ! s\u2019écria M.Bernier.Que peut-il me vouloir ?\u2014 Sans doute, murmura Carmen, un esclave aura porté plainte contre vous.\u2014 C\u2019est invraisemblable ! répondit Cora.Traités comme ils le sont à l\u2019habitation, de quoi les nègres se plaindraient-ils ?\u2014 Tout est possible, reprit le planteur.Peut-être Mercuzza a-t-il trouvé bon de commettre quelque iniquité que nous ignorons.\u2014 Peut-être, en effet.\u2014 Dans une minute, d\u2019ailleurs, nous saurons à quoi nous en tenir.Robinson, fais entrer le syndic des noirs.\u2014 Oui, maître.Un instant après Robinson introduisit le personnage que nous connaissons, et qui s\u2019inclina devant le planteur et les jeunes filles, avec une humilité de commande et une déférence hypocrite.IX Richard Bernier rendit froidement son salut au nouveau venu et fit signe à Robinson de lui avancer un siège.Le syndic des noirs s\u2019assit, un peu embarrassé malgré son impudence ordinaire, et attendit une question.\u2014 Monsieur,\u2014lui demanda le maître du logis, à quel motif dois-je attribuer l\u2019honneur tout à fait inespéré de votre visite ?\u2014 Je vous suis envoyé par le gouverneur de l\u2019île, senor, et ma mission est assez délicate.\u2014 répondit le syndic.\u2014 Quelque nègre a-t-il porté plainte contre mon père?s\u2019écria Cora.\u2014 Non, mademoiselle, M.Bernier fait profession d\u2019une trop grande indulgence pour que jamais une plainte s\u2019élève contre lui C\u2019est un autre sujet qui m\u2019amène.\u2014 Expliquez-vous, monsieur, reprit le planteur, et veuillez aller droit au but.Je me disposais à sortir et suis un peu pressé.Le syndic s\u2019inclina.\u2014 Je n\u2019aurai garde d'abuser de vos moments, répliqua-t-il, et je vous promets d\u2019être bref.Tout le monde sait avec quelle bienveillance vous traitez les employés de votre habitation, et personne n\u2019ignore que votre mansuétude à l\u2019égard de vos esclaves est sans bornes.On vous cite comme un philanthrope mettant généreusement en pratique les plus belles théories humanitaires.L\u2019administration de vos domaines est irréprochable, et M.le gouverneur se plait à reconnaître que vous augmentez dans de sérieuses proportions les richesses de notre île.Le syndic s\u2019interrompit.\u2014 Eh! bien, monsieur?fit Richard Bernier, que ces coups d\u2019encensoir en pleine figure mettaient à la gêne.\u2014 Eh ! bien, senor, toute médaille a son revers.\u2014 Voyons le revers de celle-ci.\u2014 J'y arrive : Si vous étiez le seul grand propriétaire de la colonie, les observations que je vais avoir l'honneur de mettre sous vos yeux n'auraient pas lieu de se produire et je ne nie permettrais point de les formuler, mais l\u2019île de Porto-Rico possède cent planteurs qui ont files esclaves, et de très nombreux, puisqu\u2019ils atteignent le chiffre de soixante-dix mille.\u2014 Je sais cela, monsieur, mais je ne suppose pas que vous soyez venu me parler de mes confrères.\u2014 C\u2019est ce qui vous trompe, monsieur, reprit vivement le syndic des noirs.Ces planteurs, beaucoup moins débonnaires que vous pour leurs nègres, prétendent, et non sans raison, que l\u2019excès de votre bonté cause un notable préjudice à leurs intérêts.Richard Bernier haussa les épaules, en disant: \u2014 C\u2019est absurde I \u2014 C\u2019est inouï! appuya Cora.En quoi, s'il vous plait, la manière d\u2019agir de mon père peut-elle nuire aux intérêts des planteurs ?En quoi sa conduite les regarde-t-elle?\u2014 L\u2019exemple est pernicieux, seno-rita.Les nègres des autres habitation* savent que l\u2019honorable senor Bernier est un père pour ses esclaves, qu'il leur épargne les longues fatigues et les travaux trop durs, qu\u2019il les fait soigner au moindre malaise par un médecin spécial, qu\u2019une infirmerie modèle les reçoit si ce malaise prend quelque gravité, qu\u2019il les garde inactifs quand ils sont devenus incapables de rendre des services, et qu'il va même jusqu\u2019à leur donner en toute propriété un morceau de terre et une case pour y finir leurs jours.Cora se leva brusquement.\u2014 C\u2019est de l\u2019humanité, cela, monsieur ! s\u2019écria-t-elle.Mon père assure la paix et l\u2019aisance à la vieillesse de bons serviteurs.N\u2019est-ce pas naturel et juste, et qui donc oserait l\u2019en blâmer ?\u2014 Personne assurément, senorita_ personne, en théorie.Mais la réalité s\u2019impose.Les esclaves moins bien traités, moins favorisés par leurs maîtres, murmurent, se plaignent, se révoltent, et n\u2019ont plus qu\u2019une idée, celle de fuir, pour se réfugier dans les colonies libres de la France et de l\u2019An-gletesse.\u2014 En vérité! fit la jeune fille avec un sourire dédaigneux.\u2014 En vérité, oui, senorita.\u2014 Eh bien, monsieur, poursuivit Cora, il me semble que le remède est à côté du mal.\u2014 Comment cela ?\u2014 Oh! c\u2019est bien simple! Que les planteurs imitent mon père, et leurs esclaves imiteront les nôtres ! ils aimeront le maître au lieu de le haïr I ils s\u2019attacheront à la plantation au lieu de chercher à fuir ! ils seront dociles et bons travailleurs, sachant qu'une petite part du fruit de leur travail doit leur revenir un jour! Qui ne comprendrait cela et quel homme est-ce donc que le gouverneur de Porto-Rico, s\u2019il vous a donné l ord; e de venir engager mon père à faire mourir ses esclaves sous le fouet et sous le bâton! Le syndic des noirs attacha sur son interlocutrice un regard d'une expression indéfinissable, puis il se contraignit à sourire et répliqua: \u2014 Le senor gouverneur serait bien douloureusement surpris, je vous l\u2019af-firme, de voir ainsi interpréter sa pensée ! Il est ennemi de toute injustice, et jamais homme ne fut moins cruel.11 souhaiterait seulement\u2014 et cela dans l\u2019intérêt général\u2014que le senor Richard Bernier fut plus sévère avec scs nègres.\u2014 Eh! répliqua violemment Cora, la sévérité, lorsqu\u2019elle est inutile, change de nom et s\u2019appelle cruauté, Monsieur ! (A suivre) Le* noms propres des personnages de nos feuilletons, nouvelles, contes et historiettes sont fictifs et imaginaires.Si une personne retrouve son propre nom dans ces oeuvres d\u2019imagination c'est pure coïncidence. 21 avril 1934 3qSamedi 27 Notre Feuilleton LE nfant du Fantôme Par Jacques BRIENNE Geneviève avait dû lui raconter l\u2019histoire de la femme à qui Hésius avait remis le jeune Montléhon, et qui avait livré les deux enfants à l\u2019Assistance publique en les déclarant jumeaux.\u2014 Mais cette femme, c\u2019est ma mère, s\u2019était écrié Silvère.\u2014 Oui, c\u2019est ta mère, mon enfant ! \u2014 Et qu\u2019est-elle devenue ?Geneviève n\u2019eut pas la force de répondre, de proférer l\u2019affreux mensonge.Ce fut Yann qui déclara, croyant lui-même au mensonge que Geneviève lui avait rapporté: \u2014 Je le vois 1 je le sens !.\u201cVous ne voulez pas me dire la vérité ! \u2014 Pourquoi ne vous dirai-je pas la vérité ?protesta la mère de Claude.Mais la protestation fut molle et d\u2019un accent si peu convaincant, que Silvère n'eut plus aucun doute.Valentine mentait Et Geneviève aussi avait menti, en rapportant cette histoire, qu\u2019elle savait fausse.Il eut immédiatement l\u2019intuition que sa mère vivait.Il en eut bientôt la certitude.Mais puisque sa mère vivait, pourquoi la disait-on morte?\u2014Oh, je vous en supple, madame! vous qui venez d\u2019éprouver l e grand bonheur de retrouver votre fils, soyez bonne pour l\u2019enfant qui \"Embrassez-moi, mon enfant, et soyez U bienvenu\" muss.MHs mSm&smBSm - AJNT-.Ê8§§ « mm wbm up m\\ Elle est morte depuis longtemps.Ah ! elle est morte ! fit Silvère en portant une main à son coeur.\u2014 Oui, mon pauvre enfant.\u2014\tComment le savez-vous?\u2014 Ce sont les Malestroit qui l\u2019ont appris récemment.Peu à peu, Silvère oublia Claude pour ne penser qu\u2019à sa mère, à cette mère que la misère avait obligée à abandonner son enfant.Il s\u2019attendrit sur sa destinée.Il pleura sur elle.\u2014\tMa mère ! ma mère ! pleurait-il dans la nuit.Un désir ardent de connaître cette mère, d\u2019avoir tout au moins quelques détails sur sa vie et sur sa mort s\u2019empara de lui.Et dès le matin il voulut interroger à ce sujet madame Malestroit qui, d\u2019après Yann, avait fait une enquête sur elle.Il se rendit donc sans tarder chez le peintre.Il n\u2019était pas fâché aussi de voir Claude, cet ingrat qui oubliait si vite son frère de misère.Mais quand il arriva Claude était déjà parti.Il s\u2019était rendu au château pour avoir, avec le marquis, l\u2019entrevue que nos lecteurs connaissent déjà.Valentine accueillit Silvère avec une bonté, une bienveillance et une effusion qui auraient ravi le jeune homme s\u2019il avait eu l\u2019esprit plus libre.Mais il était trop préoccupé pour s\u2019apercevoir de quoi que ce soit.\u2014\tOù est Claude?demanda-t-il brusquementt.\u2014 Il est au château.Mais il ne tardera pas à revenir.Et dès son retour il ira vous prendre, vous, Anne-Marie, Yann et Geneviève, pour vous amener ici.Nous déjeunerons en famille.\u201c Car, ai-je besoin de vous le dire, mon enfant ?vous restez le frère de Claude comme par le passé.Claude l\u2019a déclaré formellement hier.\u2014 Ah! il l\u2019a dit?\u2014 Oui, et moi ie ne veux pas faire de différence entre vous.Comprenez-vous, mon enfant?Silvère comprit que la créole faisait allusion à ses intentions généreuses qui devaient lui permettre d\u2019épouser Suzanne.Mais en ce moment un autre sentiment l\u2019absorbait.Il se contenta de répondre: \u2014\tOn verra.Puis aussitôt il aborda la question qui le torturait: \u2014\tVous avez dit à Geneviève Kerthomaz que vous aviez fait une enquête et que vous aviez appris que la femme qui nous abandonna était morte.\u2014\tOui, elle est morte.\u2014 Il y a longtemps ?\u2014\tTrès longtemps.\u2014\tEt où est-elle morte?Valentine hésita à répondre.Elle pressentait qu\u2019elle allait s\u2019engager dans une voie dangereuse, et que, d\u2019un mensonge à l\u2019autre, elle finirait par se couper et par laisser deviner qu\u2019elle mentait.Silvère se trompa sur le motif de cette hésitation.-\u2014 Cette femme, c\u2019était ma mère, insista-t-il avec un accent douloureux.Vous comprenez donc quels motifs puissants m\u2019incitent à me renseigner.Je tiens à vérifier moi-même vos renseignements, car si vous vous étiez trompée, par hasard, si ma mère vivait ! Un éclair passa dans les yeux du jeune homme.\u2014\tElle est morte, je vous le jure! affirma un peu trop catégoriquement Valentine.\u2014\tComment l\u2019avez-vous appris?\u2014\tOn nous l\u2019a dit.\u2014\tQui, on ?La créole hésita encore.Et, si troublé qu\u2019il fût lui-même, Silvère ne put s\u2019empêcher de remplacer le trouble de Valentine.Immédiatement il eut un soupçon.Il s\u2019écria: No 18\t(Suite) XIV HERSART DE MONTLEHON Elle avait aimé Claude le marin, Claude l\u2019humble pêcheur.Elle avait aimé un garçon, sans nom et sans fortune.Et, joie dont elle appréciait mieux à cette heure, tout le prix, elle avait été aimée par lui.passionnément, exclusivement.Elle avait possédé sans partager son coeur et ses pensées.Mais ce garçon, ce Claude, n\u2019existait plus.Elle trouverait, demain, à sa place un comte de Montléhon.Pensez donc, un comte de Montléhon ! Ah ! elle oserait à peine lui parler maintenant Pauvre Anne-Marie! Ç\u2019ÇÈt le plus malheureux c\u2019est qu\u2019elle éprouvait des remords.\u2014\tJe devrais me réjouir de son bonheur, songeait la pauvrette, et je pleure, et je me lamente ; je ne pense qu\u2019à moi ! C\u2019est indigne, c\u2019est affreux ! La soirée s\u2019acheva péniblement chez les Kerthomaz.Claude, tout entier aux caresses de sa mère, ne revint pas.Pouvait-il la quitter en ce moment?Ils avaient tant de choses à se dire.Il y avait si longtemps que Valentine attendait cette heure bénie ! Silvère et Anne-Marie le comprenaient bien, mais ils n\u2019en souffraient pas moins.Quand l\u2019heure de se recoucher fut venue et qu\u2019il se vit seul, dans cette chambre que Claude avait toujours partagée avec lui, Silvère à son tour pleura.Et si quelqu\u2019un avait écouté, il aurait entendu ses lèvres murmurer : \u2014\tL'ingrat ! moi qui l\u2019ai tant aimé ! moi qui aurais donné mon sang pour lui ! A ces reproches se mêlaient d\u2019amers regrets et des lamentations sans fin sur sa propre destinée. 28 Sk'&nm.eàl 21 avril 1931 MATURITE-MATERNITE AGE MOYEN Une femme a besoin, à cea trois époques critiques, d\u2019un remède sur lequel elle peut compter.C\u2019est pourquoi il y en a tant qui prennent le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham.98 sur 100 disent: \u201cII m\u2019a soulagée\u201d.Il vous soulagera aussi.Le COMPOSE VEGETAL de LYDIA E.PINKHAM \u201c IL N\u2019EST POINT DE BONHEUR SANS NUAGE\u201d .mais le Gin de Kayper fait briller le soleil à travers les nuages.\u2022\u2022CETTE REELLE 8AVEUR DE HOLLANDE - 100 la bouteille de 10 onces 250 la bouteille de 26 onces 150 la bouteille de 40 onces GIN de KUYPER DEPUIS PLUS DE 100 ANS EN VENTE AU CANADA Distillé et embouteillé au Canada sous la surveillance directe de JOHN de KUYPER & SON, DISTILLATEURS Rotterdam, Hollande.\u2014Maison fondée en 1635.Mal de barbe et Porrigo trouvent dans le Liniment Egyptien Douglas un soulagement rapide et sûr.Ce Uniment est susceptible de soulager les cas les plus enracinés.PAULINE, vous pouvez aviver votre < teint, stimuler votre appétit, vous soulager de vos faiblesses, étourdissements, fatigue au moindre effort, | maux de reins, périodes douloureuses J ou irrégulières ou tout autre trouble j interne spécial à la femme en prenant ' les PILULES ROUGES, le remède par ! excellence des femmes depuis 40 ans.LE BAUME PERSAN.\u2014 L\u2019article de toilette le plus attrayant.Odorant et rafraîchissant comme une douce brise d\u2019été.D\u2019emploi agréable.Crée des teints d\u2019une grâce insurpassable.Rend la peau douce comme du velours.Adoucit et chasse toutes les irritations causées par la température.Adoucit et blanchit les majns.Toutes les femmes soucieuses de leur charme et de leur distinction emploient cet article de toilette pour leurs mains et leur figure.voudrait retrouver sa mère ! Dites-moi toute la véritc.Valentine fut profondément remuée par l\u2019accent douloureux du jeune homme.Depuis un instant d\u2019ailleurs elle se demandait si Geneviève réussirait a se sauver dans ce dédale de mensonges où elle voulait obstinément s\u2019enfermer.Que répondre à Silvère?Que lui dire lorsqu\u2019il demanderait le nom de sa mère, la date, le lieu, les circonstances de sa mort?Comment lui ferait-on croire qu\u2019on ignorait tout ce qui le concernait, alors qu\u2019on était si bien au courant de tout ce qui concernait Claude?Comment lui ferait-on croire qu\u2019on ne savait qu\u2019une chose sur sa mère : c\u2019est qu\u2019elle était morte?En une seconde elle comprit l\u2019impossibilité absolue de ce système et son absurdité.La nécessité de tout dire lui apparut.Quel mal y avait-il d\u2019ailleurs à raconter la vérité à Silvère?Son affection, son amour pour Geneviève n\u2019en seraient en rien diminués, bien au contraire.Et ce n\u2019est certes pas lui qui trahirait le secret du passé._ En moins de temps qu\u2019il n\u2019en faut pour l\u2019écrire, les avantages et les inconvénients de cette révélation lui apparurent clairement, et elle se décida à tout dire.\u2014 Vous l\u2019avez deviné, mon enfant, commença-t-elle, nous vous avons caché jusqu\u2019ici la vérité.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Parce que cette vérité comporte quelques côtés pénibles non pour vous, non pour votre mère, qui fut une victime de la destinée, mais pour d\u2019autres prsonnes que vous aimez aussi.\u201cMais vous êtes, je le sais, un garçon sérieux, que la vie a formé à sa rude école.\u201cVous saurez comprendre, vous saurez vous taire.\u2014 Oh! oui, madame.\u2014J'ai confiance en vous, et je crois que je puis prendre sur moi de vous confier un redoutable secret.\u2014 Oh ! parlez, madame ! Comme vous le dites, je saurai taire ce qu\u2019il faudra taire, je saurai comprendre à demi-mot, et, s\u2019il le faut, je saurai me contenter de pleurer.\u2014 Non, mon enfant, il ne faudra pas pleurer.Il faudra vous réjouir, au contraire, car c\u2019est une grande joie que je vais vous donner.\u2014 Je vous écoute, madame, et je vous remercie à l\u2019avance de votre bonté.\u2014 Il y a plus de vingt ans, commença Valent!, e, vivaient seules, au village de Montléhon, deux femmes, la mère, déjà vieille et impotente, la fille, jeune et belle comme un jour de printemps.\u201cLa misère les guettait.Le père était mort en laissant des dettes.\u201cMais la jeune fille était fiancée à un marin qui achevait au loin son service militaire, et dont elle atten-dat impatiemment le retour \"C\u2019était un fier et beau garçon, ardent et généreux, bon comme le pain, le plus souvent doux comme agneau, quelquefois cependant violent, et emporté vis à vis des gens qu\u2019il n\u2019aimait pas.Valentine raconta l\u2019histoire si triste et si douloureuse de mère Le Quel-lec, de Geneviève, de Pierre Guidel et de Yann.Elle ne les nomma pas.Ce n\u2019était pas nécessaire.Elle disait : \u201cla mère\u201d, \u201c la fille \u201d, \u201cle fiancé\u201d, \u201cle pêcheur\u201d.Et cela suffisait.Elle dit avec des mots touchants la scène si pathétique du retour du proscrit.Sa rencontre avec Geneviève dans la chaumière abandonnée.Le mal auquel était sujette la jeune fille, et qui la laissa sans défense en présence du fiancé qu\u2019elle aimait et qui pour la revoir aVait bravé la mort.Elle dit le réveil, le lendemain, dans la solitude de la chaumière, le proscrit ayant dû partir avant l\u2019aube.Elle dit l\u2019incertitude de la jeune femme, qui se demandait si elle n\u2019avait pas été victime d\u2019un songe, d\u2019un terrible cauchemar, jusqu\u2019au jour où elle sentit vivre en elle l\u2019enfant, gage d'amour et de peine, source durable de chagrins et d'espoirs.Le jeune homme regardait Valentine.Il écoutait en silence, contenant avec effort l'émoi de son coeur.Mais peu à peu ses yeux vacillèrent, se brouillèrent de larmes, et les sanglots éclatèrent enfin quand il comprit qu\"l était lui-même cet enfant, quand il connut les conseils de mère Le Quebec, la vieille yrand\u2019mère que les récits de Yann lui avaient appris à vénérer.\u2014 C\u2019est assez, dit-il, lorsque Valentine raconta les détails de l\u2019abandon, les mnaces d\u2019Hésius, le martyre de la mère.Mais il reprit bientôt: \u2014 Plutôt, non, continuez, madame, pour que je sache mieux tout ce que je dois à ma mère, toute la tendresse dont je devrai payer à l\u2019avenir, les maux qu'elle a soufferts pour moi.La créole acheva son récit.\u2014Et maintenant, conclut-elle, vous savez tout, mon enfant.\"Vous avez deviné, sans que j\u2019aie prononcé son nom, qui est votre mère.\"Vous savez quel est l\u2019homme, bon entre tous, victime d\u2019un outrage involontaire, dont le repos, la tranquillité dépendaient de notre discrétion.\"Imitez notre silence et faites à l\u2019avenir comme si vous ne saviez rien.\u2014 Vous pouvez compter sur moi.\u201cJe saurai dompter l\u2019émoi de mon coeur.\u201cJe saurai cacher, s\u2019il le faut, la vivacité de mon affection pour ma mère ! \u201cQuant à vous, madame, je ne sais comment vous remercier.\u2014 Embrassez-moi, mon enfant, et sachez que je vous aime tendrement.\u201cLongtemps j\u2019ai cru que vous étiez mon fils.\"Maintenant, vous restez le frère de Claude.Vous serez mon second enfant.\u2014 Et moi je vous chérirai avec tout le respect dont je suis capable.Je m\u2019efforcerai d\u2019être digne de votre estime et votre affection.Silvère quitta Valentine.Mais il était trop ému, et il ne se sentait pas encore assez maître de lui pour oser rentrer, pour oser affronter le regard de Geneviève, après ce (ju'il venait d\u2019apprendre.Il se dirigea donc vers la campagne, désirant réfléchir dans la solitude à tout ce que Valentine lui avait appris.Il marcha longtemps, et peu à peu, l\u2019inquiétude et l'émoi qu\u2019avaient soulevés les paroles de la créole se dissipèrent pour faire place à une joie sans mélange.Il n\u2019en voulait plus à Claude, il ne le traitait plus d\u2019ingrat.Il conservait pour lui les sentiments qu'il avait toujours eus.Claude épouserait Anne-Marie, et ce mariage crérait entre eux un lien véritable qui remplacerait le lien factice qui venait de se rompre.Anne-Marie! la chère enfant! Avec quel attendrissement il pensait à elle ! \u2014 Ma soeur! disait-il, en trouvant à ce mot une douceur inconcevable.Puis il pensa à son père, le proscrit, qui était mort, sans doute, déjà depuis bien longtemps.Il se le représentait tel qu'il avait dû être.Marin insoucieux, brave, loyal, mais prompt à la colère, qui dans un moment d\u2019égarement avait commis un crime irréparable.\u2014 J\u2019irai demain à Montléhon, se dit-il, visiter le porche de l\u2019église où se trouve la plaque qui rappelle son souvenir.Il marcha plus d\u2019une heure.Il était déjà loin de Saint-Gildas, lorsque le son d\u2019une cloche, apporté jusqu\u2019à lui par le vent du rivage, le fit songer au foyer où sa mère,:\u2014sa mère ! l'attendait.Il rebroussa chemin pour rentrer.Et dès lors, ce fut l\u2019image de Geneviève, l\u2019image de sa mère, qui raccompagna le long du sentier.Il la vit jeune et (1ère, telle que Valentine l\u2019avait dépeinte à ses yeux éblouis, se dévouant pour sauver mère Le Quebec.11 la vit, telle qu\u2019elle lui était apparue, le jour où elle était venue les chercher à Vannes, chez l\u2019abbé Gloa-nec.Il la vit dans mille circonstances de son adolescence où elle s\u2019était montrée si bonne, si affectueuse, si dévouée ! \u2014 Ah, mère chérie, murmurait-il, ce que je vais t\u2019aimer maintenant pour te payer de tes peines ! Et lorsqu\u2019il rentra à la maison, et qu\u2019il l\u2019aperçut, lorsqu\u2019il vit qu\u2019elle était seule en train de vaquer aux soins du ménage, il se jeta dans ses bras.Il l\u2019embrassa follement.\u2014 Mère, mère, je t\u2019aime 1 dit-il tout bas, mais avec un accent où vibrait toute l'intensité de sa tendresse 1 La pauvre femme crut défaillir.Elle s\u2019abandonna dans les bras de l\u2019enfant qui la serrait à l\u2019étouffer.Et ses lèvres exhalèrent enfin, tout doucement, si doucement que personne, sauf Silvère, n\u2019aurait pu l\u2019entendre, les paroles si longtemps contenues : \u2014 Mon fils! mon fils! Elle venait de comprendre qu'il savait tout.Elle ne se demandait pas comment il savait.Mais de penser qu'enfin le voile était déchiré, elle se sentait inondée d'une joie divine, récompense longtemps attendue, toujours désirée, et enfin accordée à sa vaillance et à ses efforts dans la voie douloureuse que la destinée lui avait réservée! (Fin au prochain NoJ 21 avril 1934 tefikmedl 29 Roman Policier mf.r ¦SJÆgi :r*r'/ïM -T.rfUv K&g&rC.,*¦ 'MÉm&ÊÈÈi Xi 'T'-.ÿ>>>: \u2022 Mii! ,v< ¦-¦ £#£*?¦ mm.':vr*\\'X- ïïé&èî **\u2022*.\\iC^S^Z.SSê, .¦ ¦ £ '.kH&v'S* i?r *¦ /\u2022 iiass# Ü \u201cDites-moi qui vous a ligoté de la sorte\u201d.tt i omme par Nigel WORTH No 3\tfSuite) RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS L'action se passe en Angleterre.Au cours d\u2019une promenade de pêche, un nommé Quin est appelé par M.Matters, qui a assommé pms enfermé dans un grand coffre-un cambrioleur qui s\u2019était introduit dans sa maison.Mais au moment où Quit allait ligoter l'individu, celui-ci, qui simulait 1\u2019évanovissemcnt, s\u2019enfuit et rejoint des complices qui l\u2019attendaient.Grâce aux papiers trouvés dans le paletot de l\u2019inconnu, Matters apprend que l\u2019homme du coffre appartient au groupe de contrebandiers qu\u2019il recherche.En effet, Matters est un policier secret.Il confie à Quin la mission d\u2019aller à Guernesey où se cache Lecatteau, l\u2019homme du coffre.Quin prend le nom de Lambert.Quin alias Lambert constate que Lecatteau travaille sous les ordres d\u2019un hôtelier nommé Chabelle.Mais le propriétaire du \" Chat Noir \u201d découvre fidentité du détective amateur.Et Lambert n\u2019a que le temps de fuir.V A L\u2019HOTEL DU \u201cCHAT NOIR\u201d Ce détail ne me gênait guère, ne possédant moi-même que cinq pieds onze pouces dans mes chaussettes.Je constatai avec surprise que les cloisons, au lieu d\u2019être en briques, étaient en vieux chêne solide.J\u2019en demandai la raison à Pierre.Il me répondit que la maison de construction ancienne, n\u2019avait eu d\u2019abord qu\u2019un étage, et que, quand on la suréleva, on jugea prudent de ne pas faire l\u2019étage supérieur trop lourd et de ne donner qu\u2019un demi-pouce d\u2019épaisseur aux cloisons.J\u2019insinuai que la maison devait craquer par les nuits de tempête.Pierre ne me démentit pas.Une fois seul, je fis un brin de toilette et rangeai mes quelques effets dans la commode et le placard.Je les disposai de manière à juger d\u2019un coup d\u2019oeil si on y avait fouillé M.Chabelle me semblait être un brave homme; je ne voulais toutefois lui accorder ma confiance qu\u2019en connaissance de cause.Un coup discret frappé à la porte interrompit mes réflexions, et quand j\u2019eus dit: \u201cEntrez\u201d, un frais et gentil minois fit son apparition.\u2014 Qui êtes-vous?demandai-je.\u2014 C\u2019est moi, Marie, la nièce de M.Chabelle.Il ne vous manque rien?Pas précisément.Ah ! si.et je m\u2019informai de l\u2019heure des repas.Déjeuner à midi; dîner à sept heures, me dit la jeune fille.Me porterait-elle mon petit déjeuner dans ma chambre, comme aux autres messieurs ?Oui, cette idée me parut excellente.Marie jasait volontiers.Je fus bientôt renseigné sur plusieurs points.Pierre et elle faisaient les chambres.Madame Pichon était la cuisinière, une veuve dont le mari était mort en mer voilà six ans.M Chabelle était célibataire.Elle apprit avec plaisir que moi aussi j\u2019étais garçon; les hommes mariés avaient plus d\u2019ordre, elle préférait cependant les clients célibataires.Son oncle était gentil avec elle, mais très sévère.Elle habitait chez lui depuis près de huit ans.La nuance de mes chaussettes lui plaisait.Celles de M.Mitchell étaient très chic, mai* lui, c\u2019est un vrai artiste. 30 ^Samedi 21 avril 1931 SOUFFRIT DEUX ANS MIEUX EN UN JOUR Le cas de F.Poisson, de Pittacairn, a quelque chose de miraculeux.Frank était malade depuis six longs mois et ne travaillait pas depuis deux ans à cause de sa maladie.Père de six enfants, il a aujourd'hui 41 ans.Sa maladie affectait toute sa famille, dont il était le soutien.Jusqu\u2019à sa maladie, Frank travaillait dans les mines de la Virginie.Son frère le recueillit ensuite à Pittacairn, lui et sa famille.Il était sur le point de mourir quand une voisine découvrit qu\u2019il souffrait du ver solitaire, dont elle avait elle-même souffert déjà.Les médecins et spécialistes consultés par Frank l\u2019avaient traité pour le coeur et les reins, le foie ou autres maladies.Il prit donc un bon remède contre le ver solitaire pour s\u2019apercevoir, le Jour même, que tous ses maux avaient disparù.Deux semaines plus tard, il avait engraissé de 31 livres et, dans une semaine ou deux, il se remettra au travail.Des milliers d\u2019hommes, de femmes et d'enfants sont soignés pour toutes sortes de maladies alors qu\u2019ils sont en réalité dans les griffes de ce monstre, le ver solitaire.Le passage fragmenté de ce parasite en est le symptôme.Il révèle encore sa présence par les signes suivants : perte d\u2019appétit avec des accès de gourmandise de temps à autre, langue chargée, gastralgie, douleur dans le dos et aux jambes, étourdissements, maux de tête, faiblesses et cernes livides autour des yeux.L\u2019estomac est lourd et gonflé, avec la sensation que quelque chose rampe de l\u2019estomac aux intestins, et se dirige même vers la gorge.Le patient a le teint Jaune, il maigrit, a mauvaise haleine, crache constamment, devient paresseux et perd toute ambition.Ces monstres qui atteignent quelquefois plus de 50 pieds causent des crises d\u2019épilepsie.Le ver peut suffoquer sa victime quand il passe dans la trachée-artère.Débarras?ez-vous-en avant qu\u2019il mine votre santé.Envoyez $5.50 pour le traitement Laxtan, si vous voulez être délivré de cet horrible parasite.Laxtan est inoffensif, même si vous n\u2019avez pas de ver.Vendu seulement par le US Laboratory, 4350 USL Bldg.Box 2006, Hollywood, Calif.Ne se vend pas dans les pharmacies.Indiquez âge et aexe.Laxtan est préparé spécialement pour vous et ne s\u2019envoie pas C.O.D.L\u2019argent doit accompagner la commande.Ajoutez 25c pour l\u2019assurance du colis.Garanti.(Découpez ceci et mettez-le de côté.Vous saurez le trouver un jour.Montrez-le à quelque ami malade qui vous en sera peut-être reconnaissant a jamais.) 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Pourrais-je sâvoir à qui est destiné ce breuvage ?Je vous promets de n\u2019en rien dire à personne.-\u2014 AM.Parker, dit-elle.Le connaissez-vous ?\u2014 Je ne l\u2019ai pas encore vu.S'il est à l\u2019hôtel, j\u2019espère faire bientôt sa connaissance.Voulez-vous me permettre de me présenter.Je suis M.Lambert.Je viens d\u2019arriver.Et.\u2014\u2022 Mon oncle est un redoutable chaperon, soupira-t-elle.Il n\u2019admet que les présentations en bonne et due forme.Comme il n\u2019est pas ici, il ne m\u2019en voudra pas si je vous dis qu\u2019il s\u2019appelle le professeur Bristowe et moi Lucy Edwards.Je la remerciai d\u2019un sourire.\u2014 Veuillez excuser ma curiosité, dis-je, mais me ferez-vous croire que le monsieur en question aime l\u2019encre?\u2014 M.Parker ?.Oh ! il ne s\u2019apercevra même pas qu\u2019il y a quelque chose d\u2019anormal dans son vin.\u2014 Vraiment, miss Edwards?Quel genre d\u2019homme est-ce donc pour ne pas se rendre compte qu\u2019on a versé un encrier dans son bourgogne ?Elle hocha la tête.\u2014 Il est de ces gens qui confondent un torchon avec une serviette.Pendant toute une semaine il n\u2019a cessé d\u2019importuner mon oncle en lui donnant des leçons sur les vins et les vignobles, aussi je veux voir s'il sait distinguer le vin pur du vin mêlé d\u2019encre.Je suis une gentille pupille.M.Lambert, et je ne veux pas qu\u2019on tracasse ainsi mon oncle.\u2014 Puis-je vous être utile?demandai-je plein d\u2019espoir.Nous pourrions lui jouer d\u2019autres farces, par exemple mettre son lit en portefeuille?., \u2014 Vous êtes très gentille, dit-elle en souriant.Si la plaisanterie de ce soir réussit, nous n\u2019aurons pas à recourir à des tours aussi pendables.Maintenant je me sauve, Monsieur Lambert, et vais mettre un peu d\u2019ordre dans ma toilette.Je dois être horrible à voir, je sors du bain.Surtout gardez bien votre sérieux quand vous verrez M.Parker boire son vin, n\u2019est-ce pas?Une demi-heure après, au dîner, je fis la cannaissance des autres clients de l\u2019hôtel.Parmi eux se trouvait un homme à l\u2019aspect jovial, nommé Mitchell, a rtiste de profession ; un autre, à la tête chauve et à l\u2019air matois, qu\u2019on appelait Brocklebank, qui, je l'appris pas la suite, était un avocat en vacances et, enfin, M.Parker.Celui-ci était un poseur ; il avait le menton fuyant : ses longs cheveux noirs étaient soigneusement pommadés et brossés ; il portait une courte moustache et un monocle.Le mal inouï qu\u2019il prenait pour assujettir ce dernier ornement me fit penser qu\u2019il n\u2019en avait pas l\u2019habitude.Dans l\u2019ensemble, il paraissait inoffensif, mais plutôt agaçant.Le professeur Bristowe, l\u2019oncle de la jeune fille était un homme d\u2019âge moyen, plutôt mince, la moustache gris-fer, et qui parlait avec emphase; c\u2019était le type parfait du pédant.Quant au physique, il ne ressemblait guère à sa nièce.Le père Chabelle-\u2014je vis qu\u2019il aimait qu\u2019on l\u2019appelât ainsi\u2014présidait à nos repas, avec Miss Edwards à sa droite, à la place d\u2019honneur.Il était l\u2019animateur de la petite tablée.C\u2019était, en effet, un homme de ressources ; il avait un stock inépuisable de blagues à raconter et il possédait un sens très aigu de la plaisanterie.Ses yeux noirs pétillaient et la manière cocasse dont il soulignait un bon mot, en se tapotant le bout du nez de son index gros comme un saucisson, déchaînait irrésistiblement les rires.Il déploya ses talents à la fin du repas quand Mi s Edwards lui eut conté, après quelques hésitations, l\u2019histoire de la bouteille de vin de M.Parker.Comme ce pauvre type avait déjà avalé la plus grande partie du contenu de sa bouteille sans sourciller, il écouta placidement le sermon comique dont il fournissait le sujet.Quoique cet incident soit en dehors de notre sujet, je dois dire que la conférence du père Chabelle sur l\u2019art de distinguer entre le vin et l\u2019encre, est trop drôle pour être rapportée dans toute sa saveur.Toujours est-il que quand il eut terminé, nous mourions tous de rire.Le lendemain matin, à huit heures, vive et gaie, Marie entra dans ma chambre, m\u2019apportant le café et le petit pain.Avais-je bien dormi?Elle se réjouissait d'apprendre que oui, sans en être surprise, \u2014 à Guernesey on dormait toujours bien.Elle espérait que je ne ferais pas la sieste comme M.Brocklebank.Ciel ! comme il ronfle ! Si je continuais à tenir ainsi mon bol, je renverserais le café sur la couverture- Quelle magnifique journée! Elle désirait un aussi beau temps pour son mariage.Oh, non.il n'y avait encore rien de décidé ; la question de dot retardait cet heureux événement.Elle travaillerait et économiserait davantage.Que j\u2019étais généreux ! Voilà plus d\u2019argent qu\u2019elle n\u2019en mettrait de côté en trois mois ! Elle allait bien vite le ramasser sous clé.Tout en m\u2019habillant, je combinai l\u2019emploi de ma journée.Un vif désir me poussait à inviter Miss Edwards à une promenade en bateau à voile; je le réprimai aussitôt; j\u2019étais à Guernesey pour découvrir Lec.atteau.Où le chercher, sinon sur les quais, l\u2019endroit le plus fréquenté de la ville ?Rassemblant mes pinceaux et ma palette, je descendis.Miss Edwards, pimpante, se trouvait dans le vestibule.J\u2019allais succomber à ma première tentation, quand elle m\u2019apprit qu\u2019elle accompagnait son oncle dans une LE CALCUL DU LAITIER *m >\t^ II.Mil bBBSîj \u2014\tCombien vons rapportent-elles de gallons de lait par jour, vos vaches ?\u2014\tSoixante gallons.\u2014\tEt combien en vendez-vous ?
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