Le samedi, 1 août 1935, samedi 3 août 1935
[" 47e année, No 9 Montréal, 9 août 1935 \u2014 J^Wr* IP® HR! Çf%\u2018| U-\u2019-V-\"TV & » \u2022 ;V.i! *hè> 4 ¦r.S ¦ in wm r v\"V- ¦*§*yW - \\\\ V\u201cI;«Î88 .MB ^ PtlfSI -;'£1 / V;->, 3& Samedi® LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS ,\t.:j ¦ Wë ' W î'1 .'\u2022> .J 1 * * £ lr ÊÊk0ÿ ^£££f£\\: Æ I * NOT R K ROMAN COMPLET (en deux numéros i L\u2019Elu de son Coeur Par Roselyne ¦ NOTRE FEUILLETON : Souviens-Toi Par Jacqi ES Brienne Chronique documentaire : Les plus puissants Vols, Par Lotus Roland NOUVj&LLE : Histoire de Cirque Par Georges Le Fai re B Le Bridge - Contrat Par Arsène DesRqchers ¦ B ¦ ¦ >< é \t sllgi\tllllilË 1\u2014Georges était employé par un loueur\t2\u2014Un homme, à l\u2019aspect sévère, sur- de chaises sur une plage chic.\tvint et loua une grande chaise pliante.3\u2014Voyant le chien il voulut lui donner un coup de pied et perdit l'équilibre.4\u2014Il glissa avec la chaise sur le sable humide au moment où une vague déferlait.5\u2014Il sortit de l\u2019eau l\u2019air penaud et\t6\u2014Il s\u2019en prit à Georges et voulut le\t7-\u2014Voyant son maître attaqué, Murqni\t8\u2014Celui-ci effrayé, s\u2019enfuit de toute la jurant contre le jeune homme.\tfrapper au visage.Georges s\u2019esquiva.se mit à japer devant le gros homme.vitesse de ses courtes jambes.1\u2014Pierre aidé de son ami Tatta s\u2019était\t2\u2014Ce n\u2019avait pas été sans difficulté\t3\u2014Ainsi armés, tous deux s\u2019avancèrent\t4\u2014Ils s'approchèrent sans être vu des fabriqué un arc et des flèches.\tcar il n\u2019axait qu\u2019un vieux canif.\tprudemment vers le champ de bataille.combattants.Plusieurs étaient abattus.-id***.w»;*.EPISODE NUMERO 6 R f, ,v Mil mm: mmm ?fi&m, ¦ : mm 5\u2014Goolah, le plus fort de tous, luttait\t6\u2014En effet, -a troupe était moins\t7\u2014Quand nos jeune amis survinrent,\t8\u2014Aussitôt, Pierre et Tatta lancèrent courageusement mais il allait être vaincu, nombreuse que l\u2019autre et elle faiblissait, deux singes attaquaient ensemble Goolah, deux flèches qui atteignirent les ennemis.MM mê.mm,.MiWüW %!&** « 'il-«U MM 9\u2014Cet exploit jeta la panique chez le9\t10\u2014Mais l\u2019un d eux n\u2019était qu\u2019inanimé\t11\u2014Pierre eut juste le temps de l\u2019a-\t12\u2014Quelques jours plus tard, Goolah adversaires qui s\u2019enfuirent en déroute, et voulut frapper Goolah par en arrière, battre d\u2019une flèche bien dirigée.\tet Pierre se promenaient lorsque.|wyÿ mm mm ÜMÉ^ » WM VS ¦mm mmm i f'r'/h.(A suivre dans le prochain numéro) 34 LE SAMEDI EPISODE NUMERO 31 foJtÆ Ils# _ .5.f f1- Is'* PSl - A x\u2014Paul et Lisette portaient le corps de leur ami Umhala blessé par une flèche empoisonnée.4\u2014Umbala n\u2019avait plus qu\u2019à se reposer.Ses forces revinrent rapidement.Nos amis remercièrent l\u2019inconnu.l'SSPP! mrm :uÆ ÉîiLi 7\u2014Munis tous deux de légères carabines, ils abattirent deux oies.Tout heureux, ils allèrent les ramasser.aw VO, mlU »'11 10\u2014Mais Paul comprit qu\u2019ils ne pourraient résister longtemps à leurs assauts.Il dit à Lisette de s\u2019enfuir.lïllii M k ; 2\u2014Au moment où ils avaient perdu tout espoir, ils virent venir à eux un Blanc vêtu de peaux de bêtes.W£& fil i 5\u2014Dès le lendemain à bonne heure, Paul et Lisette partirent pour la chasse afin de trouver de la nourriture.^s^LïJkâlÈr Sàsüüü* my*?,.S® mm mL s mmg 8\u2014Mais un bruit étrange les fit se retourner.Deux gros oiseaux de proie arrivaient sur eux en criant.11\u2014Puis prenant une, des oies il abandonna l\u2019autre aux voraces oiseaux.Ils furent bien accueilis au camp.ïM»i iiii lTT (A suivre dans le prochain numéro) 3\u2014L\u2019inconnu transporta le corps dans sa cabane, enleva la flèche et ranima bientôt le brave nègre.\u2014Ils voulaient prendre un bon repas, ce qu\u2019ils n\u2019a-soient pas eu depuis longtemps, dans la forêt.9\u2014N\u2019ayant pas le temps de charger, les deux enfants se servirent de leurs fusils comme de massues.|p JV7>tM.mm mk 12\u2014Soigneusement cuite au-dessus d\u2019un braBero, l\u2019oie fut goûtée de tous.Tout à coup la porte s\u2019ouvrit.¦Ali.- as- 3 août 1935 35 (Suite de la page 32) beau que ne le furent le printemps et l'été.Tu es la parure de cette maison Vis à ta gu'se, mon enfant, j'aime tes caprices et je me félicite que tu en aies.Le gentilhomme avait dit: \u2014Tu es la joie d'un automne plus beau que ne le furent le printemps et l\u2019été.De quel automne parlait-il?L automne de 1 année?Où l\u2019autom-ne de sa vie?.La jeune fille n'y prit garde.Elle s\u2019écria: \u2014 S'il en est ainsi, restons tous au Pless:s! Mais, je le répète, je serais au désespoir de vous imposer une gêne quelconque, Vous vous êtes montré si bon, si délicat dans mon malheur.Ah! vous au moins, vous avez vraiment une âme de gentilhomme! Ces mots avaient été prononcés d un accent qui leur donnait toute leur signification.Ah! que cet aveu trahissait de souffrance, mais aussi qu\u2019il caressait doucement le coeur du châtelain! Comme elle 1 estimait, comme elle prisait ses attentions, et cette tendresse discrète dont il s\u2019était plu à 1 entourer ! M.d\u2019Estienne s'éloigna, et en s\u2019éloignant il avait les yeux humides, bien qu'il fût le plus heureux des hommes.Mais sa joie ne dura guère.Madame Debrie le guettait.\u2014 Venez, mon ami, dit-elle, j'ai à vous parler.Et elle F entraîna dans la bibliothèque.\u2014 Nous sommes bien seuls, n\u2019est- ce pas?Personne ne peut nous entendre?\u2014 Non, personne.\u2014 Alors, écoutez.J\u2019ai une bonne nouvelle à vous annoncer.D\u2019abord, ne trouvez-vous pas comme moi que Marthe va beaucoup mieux depuis quelques jours?\"A dire vrai, elle me paraît avoir oublié complètement cet odieux Roger, et c'est d\u2019autant plus heureux, que je crois qu'une occasion inespérée va se présenter bientôt, demain, aujourd'hui même, peut-être.Philippe d\u2019Estienne ouvrait de grands yeux.Il ne comprenait pas.\u2014 Quelle occasion?demanda-t-il.\u2014 Mais de la marier.\u2014 De la marier! \u2014 Oui, mon ami.Je su:s depuis une heure la plus heureuse des femmes, car il s'agit, cette fois, d'un mariage sérieux, appuyé sur des bases solides, un mariage en un mot où les convenances ont plus de part que l'amour.Je sais, je sais; ce ne sont pas vos idées.Mais, je m'en moque.C'est moi qui suis dans le vrai.D'ailleurs, quand vous saurez le nom de celui qui va demander Marthe en mariage, vous ne pourrez que vous incliner.Un garçon très bien, dont la famille a de la fortune, et une situation dans le pays Qui sait?Il sera peut-être député un jour.C\u2019est bien le gendre qu'il me faut.Ah! mon cher ami, quel bonheur pour moi! Mais vous êtes là, à me regarder, les yeux ahuris, et vous ne dites rien.Vous ne me demandez même pas le nom du prétendant ?Le gentilhomme était devenu très pâle.Pourtant il eut la force de sourire et il répliqua: \u2014 Je ne dis rien, parce que vous ne m\u2019en laissez pas le temps.Vous parlez, vous parlez.Quel est donc ce jeune homme qui désire épouser Marthe?La mère eut un cri d'orgueil.\u2014 Louis de Barange! \u2014 Le fils du conseiller général?\u2014 Lui-même.\u2014 Il n'est pas très riche.\u2014 Dame, il n'est pas multi-mil-lionnaire, comme vous.Ma:s Marthe non plus, n\u2019est pas riche.Et la fortune des Barange est, malgré tout, très appréciable.Quant à leur fils, je vous ai entendu cent fois faire son éloge.\u2014 Je ne retire rien de ce que j'ai dit.\u2014 C'est un garçon posé, sérieux, rassis.Il a trente-cinq ans.Il a passé lage des folies.Ce sera un excellent mari.Philippe s'était complètement ressaisi.Il affecta d'abonder dans le sens de la mère, et il répondit avec le plus grand calme: \u2014Je crois comme vous, chère amie, que ce mariage serait une excellente chose.Certes Louis de Barange n'est pas très séduisant, mais il a de grandes qualités.Je le tiens pour un fort honnête homme et je le crois capable de rendre une femme heureuse, surtout si cette femme, comme notre chère Marthe, se trouve encore toute meurtrie par une cruelle aventure.\u2014 Qu'il faut à tout prix cacher ; du moins jusqu\u2019au mariage.Cette puérile duplicité fît sourire le châtelain.Il haussa les épaules et répliqua: \u2014 Louis est sans doute très épris de Marthe et je crois qu'il accepterait tout pour avoir la joie de l'épouser.\u2014 Il vaut mieux ne pas jouer avec le feu, observa prudemment madame Debrie.Ce mariage est une bonne affaire et nous devons tout faire pour qu'il réussisse.\u2014 Il réussira.Quel est l'homme assez fou pour ne pas fermer les yeux, s'il est sûr d\u2019obtenir la main de Marthe?\u2014 Hélas! dit la mère avec amertume, je suis payée pour savoir qu'un tel fou peut exister, quand je pense à ce Roger d'Orsel.\u2014 Ne parlez pas de ce misérable.Et comme toujours lorsqu'il lui arrivait de faire allusion à celui qui avait si cruellement trahi Marthe, une expression de colère contracta le visage du châtelain.La conversation fut interrompue par l'entrée d'un domestique qui annonça: \u2014 M.de Barange désire parler à monsieur.\u2014 C\u2019est le père, sans doute, murmura madame Debrie.\u2014 Faites-le entrer, ordonna le parrain de Marthe.Un homme d\u2019une soixantaine d'années parut bientôt, grand, fort, portant la moustache à la gaulo:se, tout à fait le type de l ancien officier de cavalerie.Les deux hommes se serrèrent la main.Le nouveau venu s'inclina devant madame Debrie, et après avoir parlé de la pluie et du beau temps, il fit une pause et déclara: \u2014 Je suis heureux de trouver madame Debrie seule avec vous, car ce que j'ai à dire vous intéresse tous deux, et ma foi, je vais aller droit au but.\"Vous voulez bien, n'est-ce pas, me dispenser de tout préambule?Eh bien, voilà.\"Mon fils Louis aime mademoiselle Marthe et il serait heureux de l'épouser.Qu'en pensez-vous?\u2014 Je pense, répliqua vivement la mère, que votre démarche ne peut que nous honorer.Votre fils est un galant homme, très sérieux, très instruit.\u2014 Oh! pour l'instruction, coupa le père, il en a à revendre.Il pourrait être avocat, comme tant d'autres, s'il le voulait.Il préfère gérer nos propriétés.Est-ce que cela vous déplaît ?\u2014 Assurément non.\u2014 Il est fils unique.Ce qui est à nous, est à lui.N\u2019est-ce pas bien ainsi ?\u2014 C'est on ne peut mieux.\u2014 Notre fortune n'est pas considérable.mais elle est suffisante pour nous permettre de vivre largement, à ia campagne, bien entendu.Mon fils cherche donc une femme qui ait les mêmes goûts que lui.et c'est en voyant mademoiselle Debrie parcourir les vallons et les bois, qu'il s est dit: \"Voilà la compagne qu'il me faut.Si elle veut bien de moi, je ferai tout mon possible pour assurer son bonheur.\u201d Philippe d'Estienne répondit: \u2014 Nous sommes très touchés, madame Debrie et moi, des paroles que vous venez de prononcer.Et puisque vous estimez que Marthe est la femme qui conviendrait à votre fils, je vous avoue que de notre côté ce mariage ne vous déplairait pas.bien au contraire.\"Mais nous ignorons les sentiments de ma pupille et vous nous permettrez de la consulter, avant de vous donner une réponse.Jusque-là.tout ceci doit rester entre nous, strictement confidentiel.\u2014 C'est tout naturel.Pourtant du moment que la mère consent, je considère la chose comme faite.\u2014 Que voulez-vous dire?Monsieur de Barange eut un gros rire fat: \u2014 Je veux dire que je crois que les jeunes gens se plaisent.Mon fils est à peu près certain que mademoiselle Debrie acceptera avec joie de devenir sa femme.Philpippe était devenu livide.Il bégaya; \u2014 Et d'où vient cette certitude?\u2014 Oh! n'allez pas gronder cette petite.Du reste, elle n'a pas cessé d\u2019être extrêmement correcte.Elle n'a certes, rien dit.C est seulement à ses regards, à ses manières que Louis a cru comprendre.Madame Debrie, affectant de rire très naut, déclara : \u2014 Tant mieux! S\u2019ils se marient, il est préférable qu'ils se plaisent, n est-ce pas ?M d'Estienne se taisait.Il souffrait atrocement.Etait-ce vrai, ce que M.de Barange père venait d insinuer?Quoi, Marthe qu\u2019il plaçait si haut dans son estime, qu\u2019il considérait comme une nature si raffinée, si fîcre, aurait joué cette petite comédie, vraiment indigne d elle?Pourquoi n'avait-elle pas dit la vérité?Ainsi c'était à cause de Louis de Barange, leur voisin de campagne, qu elle n'avait pas voulu regagner Paris, qu'elle avait feint d'aimer passionnément cette sauvage nature désolée par l\u2019hiver?A qui se fier, grand Dieu ! Un sourire amer plissa les lèvres du châtelain.Ah1 il tombait de haut! Cette Diane farouche qui fuyait toute la journée pour cacher sa douleur au fond des bois, n'était qu une petite fille rusée, sachant très bien jouer la comédie.Et son grand chagrin d\u2019amour?\u2014 Ah ! parlons-en, ricana le gentilhomme Il n'a pas duré six mois Si encore le consolateur en eût valu la peine ! Mais ce Louis de Barange était, comme son père, un lourdaud, sans intell'gence et sans goût.Et dans son esprit.Philippe d Es-tienne comparaît la belle amazone svelte, hautaine, et l'homme épais, à figure de rustre, qui sollicitait sa main.Le contraste était si criant que quelque chose se révolta en 1 esprit du parrain de Marthe.Non.c\u2019était imposs'ble; il y avait, au fond de tout cela, quelque douloureuse méprise.Cependant, il fut arraché à sa rêverie par la conversation qui s'engageait entre madame Debrie et M.de Barange Ce dernier, affectant des manières pleines de bonhomie, avait habilement fait dévier l'entretien vers le point le plus délicat.\u2014 Chère madame, je vous ai dit quelle était la situation pécuniaire de mon fils.De votre côté, quelle est la situation de mademoiselle Marthe ?Devant ce coup direct, la veuve du colonel pâlit, verdit, et jeta un regard désolé à Philippe, lui laissant le soin de répondre.Celui-ci s\u2019exécuta: \u2014 Marthe a hérité de cent mille francs de son père.Je suis son parrain et son tuteur, je lui donnerai moi-même deux cent mille francs le jour de la signature du contrat.Cela vous convient-il?M.de Barange eut un geste involontaire qui trahissait un léger désappointement.Mais presque aussitôt, haussant ses puissantes épaules, il affirma : \u2014 Les jeunes gens se plaisent, c'est l'essentiel.Sur ce, le brave homme se leva et prit congé de ses hôtes, en disant avec une rondeur joviale: \u2014 Dès que vous aurez pressenti mademoiselle Marthe, nous rendrons les fiançailles officielles; après tout, il n y a aucune raison pour laisser les choses traîner en longueur.\u2014C'est aussi mon avis, s'exclama madame Debrie.Ce fut seulement lorsque la lourde silhouette de campagnard se fut estompée dans le lointain, que la veuve, se rappelant tout à coup la gé- 36 LE SAMEDI nérosité de Philippe, lui saisit les mains en murmurant : \u2014 Mon cher ami, combien je vous remercie du sacrifice que vous vous imposez pour assurer le bonheur de ma chère enfant.Ni elle ni moi, nous ne l'oublierons.Un triste sourire erra sur les lèvres du châtelain.\u2014 Je regrette de ne pouvoir faire mieux dit-il d\u2019une voix assourdie, mais j'ai un fils.un fils qui me coûte cher \u2014 Je sa!s.Je sais.Et c'est pour cela que je vous suis doublement reconnaissante.\u2014 Ne m\u2019ayez point de gratitude ; je voudrais tant que notre chère petite Marthe soit heureuse.Au même instant, dans lallée qu'assombrissait la brume précoce du soir, le galop d'un cheval retentit.\u2014 C'est elle qui revient, dit Philippe avec une extraordinaire émotion.Et la mère, aussi troublée que lui, balbutia : \u2014 Ah! mon Dieu, pourvu que M.de Barange ne se soit pas trompé.Si elle allait refuser ! \u2014 Laissez-moi, je vais lui parler.\u2014 Ah! mon ami, j'aime mieux cela.Elle a trop de respect et trop d admiration pour vous, pour ne pas écouter les paroles de raison que vous allez lui faire entendre.\u2014 Oui, oui.La voici.Laissez-nous.Et, très pâle, le châtelain fit signe à la mère de s'éloigner, tandis qu à quelques pas, sur le perron.Marthe s'arrêtait un instant, tout auréolée d'or par les derniers rayons du soleil couchant.Quand l'amazone aperçut son parrain, elle courut vers lui, les deux mains tendues dans un geste plein de gentillesse.\u2014 Vous m\u2019attendiez, parrain?\u2014 Oui, mon enfant.Surprise de ce ton grace.Marthe reprit : \u2014 Qu\u2019y a-t-il?\u2014 J'ai queque chose de sérieux à te dire.La jeune fille tressaillit, et son beau visage refléta la douleur.Qu\u2019allait-elle apprendre encore?L'expérience lui avait enseigné que les nouvelles imprécises devaient être attendues avec angoisse.La tête un peu baissée, comme pliant sous le poids du souci, le châtelain entraîna sa filleule.Tous deux pénétrèrent dans le salon que les ombres de la nuit, peu à peu, envahissaient.Philippe, en tisonnant le feu, raviva la flamme mourante, et la lumière mobile mit sur toutes choses ses reflets rougeoyants.\u2014 Qu'avez-vous à me dire, parrain, reprit Marthe d'une voix hésHante.Sans la regarder, il répondit : \u2014 Tout à l\u2019heure, quelqu'un est venu ici, pour faire une démarche te concernant.Le sein de la jeune fille palpita.\u2014 Quelqu\u2019un?.Qui donc?A l'altération de sa voix, M.d'Es-tienne devina son trouble; il se pencha vers elle et il lui dit, en épiant son v'sage: \u2014 M.de Barange.Ce fut l'étonnement complet qu'exprima la mobile physionomie de Marthe.Elle répéta, toute saisie: \u2014 M.de Barange?\u2014 Oui.Et tu devines pourquoi, n\u2019est-ce pas?\u2014 Ma foi, non ! Cela avait été lancé avec une telle assurance que le tuteur éprouva une secrète joie.\u2014 J\u2019en étais sûr, se dit-il, en aparté; elle ne pouvait pas aimer ce lourdaud.Et à haute voix, il reprt: \u2014 Tu ne te doutes pas pourquoi notre voisin de campagne est venu7 \u2014 Comment m\u2019en douterais-je?Je le connais à peine! Cette fois, une grande joie descendit dans l\u2019âme de Philippe Oui, il était évident, rien qu'à voir le front pa'sible de l'enfant, quelle ne devinait rien.Alors retrouvant tout à coup son courage et sa belle humeur, il dit en souriant: .\u2014 Ma chère petite, M.de Barange est venu demander ta main pour son fils Louis.Très vivement la jeune fille répli-ua: .\u2014 Vous répondrez à ces messieurs que leur démarche m\u2019honore, mais que je ne veux pas me marier.\u2014 Pourtant, mon enfant.\u2014 Inutile d'insister, parrain ; ma décision est irrévocable.\u2014 Je dois cependant te faire remarquer.Mademoiselle Debrie mit sa petite main nerveuse sur l'épaule du châtelain \u2014 Ne me faites rien remarquer; je ne veux me marier ni avec M Barange, ni avec aucun autre.\u2014Ce que tu dis là n\u2019est pas raisonnable.Il se peut que tu aies besoin un jour d\u2019une protection.\u2014 N ai-je pas en vous le plus délicat et le plus sûr des protecteurs?Philippe s'était levé à son tour ; son coeur battait à grands coups dans sa poitrine.Il prit la main de l'enfant et la porta à ses lèvres en murmurant avec une tendresse infinie : \u2014 Chère, chère petite Marthe, oui tu as raison de compter sur mon affection, car elle ne te manquera jama's, celle-là.Pourtant, une chose m'étonne: M.de Barange a prétendu que son fils te plaisait.\u2014 Me plaisait?Mais c\u2019est absurde, stupide, insensé! \u2014 Tu t\u2019es montrée très aimable avec lui.\u2014 Je me suis montrée polie, parce qu'il était votre invité et que je m'efforce d\u2019être gracieuse avec ceux que vous recevez, mais je ne m'attendais pas à ce que vous me dites, je vous assure.A l'avenir, je me méfierai.En attendant, détrompez vite ces braves gens.Faites-le dès ce soir, mon parrain, et dites-leur qu\u2019aucun homme ne peut me plaire, depuis que.Elle se tut et passa la main sur ses yeux.Elle n\u2019en parlait jamais, mais il était bien évident qu\u2019elle pensait toujours à la trahison de Roger.La blessure n\u2019était pas encore cicatrisée.Un rien la faisait saigner.\u2014 Pauvre petite ! murmura Philippe.Au même moment, la porte du salon s ouvrit bruyamment et un jeune homme b:en découplé, au regard hardi, pénétra dans la pièce en coup de vent.\u2014 Bonjour, père; bonjour, Marthe; j\u2019ai voulu vous faire une surprise et je suis entré sans me faire annoncer, La surprise, sans doute, n\u2019était rien moins qu agréable, car M.d Estienne toisa son fils avec une sorte de réserve hautaine.Jacques d\u2019Estienne, garçon de vingt-sept ans, eût été très sympathique si ses traits n\u2019eussent pas reflété une 'nsupportable vanité de bellâtre, et si la façon dont il dévisaqeait les femmes n\u2019avait eu quelque chose de déplaçant.C\u2019était, du reste, le plus enragé des viveurs.Il avait commis les pires folies.Et son nom était honteusement célèbre dans le monde de la galanterie parisienne.Philippe et Jacques, le père et le fils, étaient comme les représentants de deux races ennemies.Autant le père était grave, noble, sérieux, autant son héritier était léger, insoucieux et dissipé.D ordinaire, quand le jeune homme se présentait ainsi à l\u2019improviste, au Plessis, c'était toujours mauvais signe; car c\u2019était l\u2019indice qu\u2019il avait besoin de la forte somme pour acquitter quelque dette de jeu ou quelque stupide gageure.Aussv le châtelain furieux d'être dérangé dans son tête-à-tête avec Marthe et inquiet d'une nouvelle fredaine possible ricana: \u2014 Vraiment, la surprise est.en effet, complète! Si je m'attendais à te voir dans cette saison au Plessis! Quel bon vent ou plutôt quelle vilaine bourrasque t\u2019amène?Mais au lieu de répondre, Jacques, peu pressé d\u2019entamer un sujet qui.sans doute, était épineux, se répand t en compliments galants.\u2014 Ma chère Marthe, je vous retrouve plus belle encore que je vous ai laissée.Que ce costume d'amazone vous va bien! Mais que diable faites-vous ici, en plein hiver?Vous n\u2019y pensez pas.Paris vous attend.La jeune fille répondit fort tranquillement: \u2014 Je ne crois pas que les Parisiens s'occupent plus de moi que je ne m'occupe d eux.\"En tout cas, dites leur que je vis très bien loin de Paris.Le jeune galant s'était approché insensiblement de mademoiselle De-brie.Sa voix prit une intonation plus douce.\u2014 Eh! mademoiselle, vous n\u2019avez pas le droit de parler ainsi; encore moins d'ag:r comme vous faites.Les perles et les joyaux ont été créés pour être admirés.Votre place, je le répète, n'est pas ici, dans ce trou de campagne.Mais comme le regard du jeune homme détaillait avec un peu trop d'insistance le buste et le visage de l\u2019amazone, celle-ci, gênée, salua et se retira en disant: \u2014Vous plaisantez, Jacques.En tout cas, comme je pense que vous n'êtes pas venu au Plessis pour m'adresser un madrigal, je vous laisse en tête-à-tête avec votre père.Vous avez sans doute à lui dire des choses plus sérieuses qu'à moi.Et la jeune fille, après un salut un peu distant, quitta le salon.Jacques la suivit des yeux en murmurant : \u2014 Vraiment, elle est délicieuse Cette phrase banale parut cynique dans la bouche de ce grand visiteur blasé.Elle blessa Philippe d Estienne comme une sorte de sacrilège.\u2014 Je t'en prie, fit-il sèchement, lasse mademoiselle Debrie tranquille.Le joli garçon répliqua avec vivacité: \u2014 Je t assure, père, je le dis comme je le pense Déjà, cet automne, j a-vais été frappé par sa distinction, par sa grâce, par ce je ne sais quoi qui fait d elle une créature idéale.Le châtelain bouillait littéralement , seulement il n osa t tout de même point interrompre des éloges qui n é-taient pas de mauvais goût, et auxquels il n'avait rien à redire.Mais Jacques lui-même commit la gaffe qui devait déchaîner l\u2019orage: \u2014 Tiens, dit-il, sais-tu à qui elle me fait penser ?A miss Georgina Simpson, cette délicieuse girl anglaise, qui.\u2014 Jacques, s\u2019écria M.d\u2019Estienne avec colère, je te défends de comparer ma filleule à une de ces femmes qui vendent leur beauté, et qui vivent on sait trop comment! Le noceur blasé haussa les épaules et rcana: \u2014 Qui sait ce que l'avenir réserve à Marthe?Sa mère a juste de quoi ne pas mourir de faim, et toi, tu 1 habitues à une existence de luxe très coûteuse par ces temps de vie chère.Ce que j\u2019en dis, d ailleurs, ce n est pas pour te blâmer.Tu as raison, sl ça te plaît.Mais c\u2019est dans son intérêt à elle que je parle.Tu lui donnes des goûts dispendieux.Que fera-t-elle quand tu ne seras plus là?Une sourde colère gronda't dans le coeur du père.Il toisa son fils d un air de défi et il répliqua: \u2014J'espère \"être là\", comme tu dis, pendant longtemps encore.Je n ai que cinquante-deux ans.\u2014 Et tu ne les parais même pas.\u2014 Tu le constates à regret, dis?\u2014 Ma foi, non.Car je tiens à te conserver le plus longtemps possible Je n\u2019aurais jamais pu souhaiter un père meilleur que toi: Oublie donc mes paroles, si elles t ont déplu, et pardonne-moi.J'ai dit ça comme j aurais dit autre chose.Ce qui est vrai, par exemple, c'est que tu ne parais pas ton âge; tu rajeunis, ça je ne le retire pas \u2014 Allons, trêve de sottises.Pourquoi es-tu venu?Tu as besoin d argent?\u2014 Naturellement.\u2014 Tu as déjà gaspillé les dix mille francs.\u2014 Qu'est-ce que c'est, à notre époque, que dix mille francs, mon pauvre papa! J en dois quarante mille, et si tu ne me les donne pas au-jourd hui même, je serai déshonore.\u2014 Déshonoré, tu l es depuis longtemps déjà.\u2014 Ne crois pas ça.\u2014 Tu mènes une vie scandaleuse.\u2014 Tu ne voudrais tout de même pas que je travaille ?\u2014 Pourquoi pas?\u2014 Alors, à quoi ça servirait d'a-voir un père qui possède des millions? 3 août 1935 37 DOLLFUS-MIEG 8t C SOCIÉTÉ ANONYME MAISON FONDÉE EN 1746 MULHOUSE - BELFORT - PARIS IE »>sxjir7~l COTON Lî N & SOI El POUR BRODERCROCHETERTRICOTER ^ SPECIALITE DE COULEURS BON TEINT ARTICLES DE I- QUALITÉ > POUR OUVRAGES OE DAMES COTONS À BRODER DMC, COTONS PERLÉS.DMC COTONS À COUDRE D-M-C,\tCOTON À TRICOTER\tDMC COTON À REPRISER D\tM C,\tCORDONNETS .\tD M\tC SOIE À BRODER .D\tM C,\tFILS DE LIN .\tD M\tC SOIE ARTIFICIELLE D\tM C,\tLACETS DE COTON\tD M\tC PUBLICATIONS POUR OUVRAGES DE DAMES On peut se procurer les fils et lacets de la marque D M C dans tous les magasins de mercerie et d ouvrages de Dames Nouvelle édition plus complète LE CHIEN Son élevage, dreisage du chien de garde, d'attaque, de défense et de police.Dressage de chien de trainean.Traitement de ses maladies.175 ILLUSTRATIONS Prix: $1.25 En vente partout ou chez Veut mtr ALBERT PLEAU Saint-Vincent de Paul (Comté Laval).P.Q.r Toujours du nouveau dans \u2014 Bref, il te faut quarante mille francs?\u2014 Non, cinquante.Quarante mille pour payer mes dettes, et dix m ile pour aller jusqu à la fin du mois.M.d Estienne haussa les épaules.Il était habitué aux sottises et au cynisme de son fils.A quoi bon discuter, récriminer, puisque cela ne servirait à rien?Il prit son carnet de chèques, inscrivit la somme et s:gna.\u2014 Merci, papa, s'écria joyeusement le jeune homme, au revoir, à bientôt.\u2014 Tu pars, comme ça, tout de suite?\u2014 Mais oui, je suis très pressé.On m\u2019attend.\u2014 On t\u2019attend! C\u2019est merveilleux! Où ça?Dans quelque mauvais lieu, sans doute?\u2014 Non.au cabaret, chez Maxim.Je dois y retrouver des amis.\u2014 Quels amis! Allons, va-t-en ; j\u2019aime mieux ne po:nt te voir! Jacques s\u2019éclipsa et M.d\u2019Estienne.resté seul dans le salon, s'assit dans un fauteuil et, de son tisonnier, il frappa à petits coups le bûcher où mourait la flamme et en fit jaillir des gerbes d\u2019étincelles.Il réfléchissait, mais ce n\u2019est pas aux frasques de son fils qu\u2019il pensait.Tout à coup, il murmura: \u2014 C\u2019est vrai, que deviendra Marthe, quand je ne serai plus là?Il réfléchit encore, tisonna de nouveau le feu, puis il se leva brusquement et alla se regarder dans une glace.\u2014 Heureusement, dit-il, je me porte bien et, c\u2019est encore vrai, je ne parais pas mon âge ! V \u2014 Je serai le spectre de ta vie.avait lancé Belgarret en quittant la Vénus d\u2019Arles, le soir de la fête.Ce n était point une va'ne menace.L\u2019ancien clerc était décidé à suivre dans l'ombre celle qu d voulait amener à demander grâce.Il surgirait auprès d'elle, comme un fantôme, aux moments les plus imprévus, troublant le repos de ses jours, ne lui laissant savourer en paix aucune des joies qu elle se promettait.La nuit même, à défaut du remords, il viendrait, spectre vivant, troubler son sommeil.Dès le lendemain.il se mit à l oeu-vre.Comme le braconnier qui veut prendre le gibier par surprise, il explora d\u2019abord, le terrain avant de tendre son piège.Il avait besoin de complicités; il ne pouvait agir seul.Des aides lui étaient nécessaires.A Paris, avec de l'argent, on obtient tout ce qu\u2019on veut.On délie les langues.Les tiroirs et les correspondances n'ont plus de secret, quand on possède la clef d\u2019or, c'est-à-dire l'argent corrupteur.Or, Belgarret avait de l\u2019argent.N'avait-il pas hérité, lui aussi, de la marquise?Cette fortune qu Isabelle lui avait jetée en pâture, pour 1 empêcher de parler, servirait du moins à élever l\u2019innocent et à punir la coupable.Pour lui-même, il n\u2019avait plus besoin de rien.Abreuvé d amertumes et d'outrages, il aura t vécu, comme un chartreux, d eau et de pain.Rien ne le tentait plus.Il n avait faim que de vengeance, soif que de justice.Après, quand le crime aurait été réparé, peut-être reprendrait-il goût à la vie.Quelques jours lui suffirent pour se créer des intelligences dans l'hôtel même d\u2019Isabelle.Bientôt, sans doute, la criminelle comprendrai le sens de la menace dont elle avait fait semblant de se moquer.Pourtant, la fille d\u2019Arles aurait eu vraiment peur, si elle avait su ce qui se passait, si elle avait vu, le surlendemain même de la fête, Maurice Belgarret attablé dans un café de l\u2019avenue de Clichy avec deux personnes qui en savaient très long sur elle.Une rencontre imprévue, un hasard, comme il s\u2019en produit tant dans la vie, ava;t rapproché, réuni ces personnages, qui, sur le moment, furent loin de se douter de l'importance de l'événement.Belgarret sortait du restaurant où il prenait ses repas avec le petit Jean, quand, sur le seuil même de la porte, il avait vu deux femmes en train de bavarder, et entendu une voix claire et sonore déclarer: \u2014 Je m habitue difficilement a Paris.Je \"me languis\".Je regrette mon soleil.L ancien clerc sursauta.Cet accent chantant, ces expressions qui sentaient le terroir, ces regrets qu'il partageait un peu, les jours de pluie, tout lui dit qu'il se trouvait en présence d une compatriote, en exil comme lui, sur les bords de la Se;ne.La femme lui tournait le dos.Il fit un détour pour la regarder.Dès qu il la vit, il la reconnut et un nom monta à ses lèvres: \u2022\u2014 Mariette! L\u2019ancienne bonne de Fontbrune leva les yeux vivement en entendant prononcer son nom, et son visage s\u2019arrondit de stupeur tandis qu\u2019elle s'exclamait: \u2014 Monsieur Belgarret! Le clerc vite remis de sa surprise, demanda: \u2014 Vous êtes donc à Paris?Comme toujours en pareil cas, pour s\u2019éviter l\u2019embarras d'une explication, Mariette, habilement, interrogea à son tour: \u2014 Mais vous aussi, à ce que je vois, vous avez quitté le pays?Est-ce pour toujours?\u2014 Pour longtemps peut-être.Mariette s\u2019était penchée vers Jean et lui souriait avec tendresse.\u2014¦ C\u2019est un de vos parents, ce petit?Comme il est mignon.\u2014 Non, c\u2019est un orphelin que j'ai recueilli.\u2014 Ah! c'est bien à vous, monsieur Belgarret.\u2014 Savez-vous comment s\u2019appelle ce pauvre enfant qui, sans moi, n'aurait d\u2019autres ressources que l\u2019assistance publique?\u2014 Non.\u2014 Regardez-le bien, Mariette, et peut-être ses traits évoqueront-ils pour vous un souvenir.L amie de Léon Junod s\u2019était tout à fait penchée vers Jean.Au fur et à mesure qu\u2019elle détaillait l\u2019enfant, un étonnement profond se lisait sur ses traits : (A suivre dans le prochain No) UN ROMAN d\u2019amour inédit, en deux numéros: LEÇONS DE BRIDGE par un professeur associé de Ely Culbertson : UNE NOUVELLE PAGE pour les enfants.Sans parler de son grand feuilleton, de ses nouvelles canadiennes et françaises, de ses nombreuses chroniques, de ses articles instructifs et de ses nombreuses illustrations.v&Q/ïïisdib I\ti i COUPON D\u2019ABONNEMENT | ^\ti Ci-inclus veuillez trouver la somme de $3.50 pour 1 an, $2.00 pour 6 mois ou $1.00 pour 3 mois (Etats-Unis: $5.00 pour 1 an, $2.50 pour 6 mois ou $1.25 pour 3 mois) d\u2019abonnement au magazine LE SAMEDI.Nom .;_______________ Adresse ________________________ Ville __________________________ POIRIER.BESSETTE & CIE.LIMITEE 975, rue de Bullion,\tMontréal, Canada 38 LE SAMEDI FEMMES FAIBLES TJ TES - VOUS fatiguée, nerveuse, épuisée?Sans vie?Sans ambition?Prenez le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham.Il calme les nerfs tremblants \u2014 améliore l\u2019appétit \u2014 fait sembler la vie digne d\u2019être vécue.Mme' James' Martin, 227(A rue Main, Hamilton, Ont., dit:\u2014 \"Votre Composé Végétal m\u2019a rétablie.J\u2019ai plus de vie, mes nerfs sont mieux, j\u2019ai bon appétit.Je suis beaucoup plus forte.\u201d Essayez le COMPOSE VEGETAL (jfi\tS.LES ROMANS D\u2019AMOUR SONT TOUJOURS CHOISIS AVEC SOIN Rr-7 Le Chant du Souvenir par LEO DARTEY qui sera publié en août dans ne manquera pas de vous intéresser [aReVile populaire -COUPON D'ABONNEMENT - La Revue Populaire Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou 75 cents pour 6 mois (Etats-Unis : $1.75 pour 1 an ou 90c pour 6 mois) d\u2019abonnement à LA REVUE POPULAIRE.Nom______________________ Adresse _s_.__________ Ville.POIRIER, BESSETTE CIE, Liée.975, rue de Bullion, Montréal.Le Liniment Egyptien Douglas est recommandé pour plaies au cou, excoriations, maladies des jeunes animaux, callosités et tumeurs des chevaux.Enlève excroissances de chair et affections du sabot.Arrête saignement instantanément.LE TRUC CLASSIQUE (Suite de la page 5) \u2014 A savoir .Le timbre d entrée sonne et Cri-quette, les cheveux en désordre par le grand vent du dehors, gagne les-calier rapidement.Un \"Bonjour, tout le monde\" en passant à la porte du salon puis elle monte enlever son manteau Le silence règne parmi ses amies qui I attendent avec impatience.L\u2019une d\u2019elles entame la conversation sur les nouveaux chapeaux du printemps, histoire de ne laisser rien paraître à Criquette La voilà qui descend enfin.et à peine a-t-elle salué chacune d éliés que Madeleine demande innocemment.\u2014Tu es allée au Concert Symphonique?\u2014 Oui.\u2014Moi aussi j\u2019y étais, il y avait un monde fou, n'est-ce pas ?Tous les gens que je connais, je crois.Avec qui.Mais avant qu elle ne puisse continuer Criquette lui coupe la parole et se met à parler vite.vite.Elle vante la symphonie, dissèque les morceaux un à un.C\u2019est si facile puisque Pierre et elle, tous deux mélomanes en ont tant parlé T autre soir, elle ne fait que répéter leur conversation.C est presqu une conférence d'art musical, coupée ici et là par l'appréciation ou la critique d\u2019une autre, mais le petit arrêt ne fait qu entretenir sa verve.Le timbre sonne de nouveau.Criquette fait un grand ouf! intérieurement en songeant que ce doit être Irène qui arrive, et qu\u2019on ne l'interrogera plus sans doute.Le danger est passé, on ne lui posera plus de questions indiscrètes.Mon Dieu, elle ne croyait pas que ce serait si difficile de revoir tout ce monde curieux.Elle est timide et crâne pour cacher son trouble.Irène fait son entrée au milieu d une molle discussion sur le genre de DeBussy.Elle est resplendissante, comme à son habitude, et bien habile serait celle qui pourrait lire au fond de ses prunelles claires.On choisit les cartons de bridge et l'on s\u2019attable pour commencer.Criquette et Irène sont voisines.Elles semblent les meilleures amies du monde et de fait pourquoi Criquette en voudrait-elle à Irène, et cette dernière sûre de son empire sur Pierre sait bien qu'il lui reviendra et de lui-même encore.Pourtant voilà bientôt une semaine qu\u2019il n\u2019a pas téléphoné, si c\u2019était sérieux ce \"béguin\u201d qu\u2019il ressent pour Criquette.Irène lui jette un coup d oeil à la dérobée et constate avec humeur qu elle est bien jolie aujourd'hui dans sa robe rouge foncé, qui illumine son teint pâle et fait briller ses yeux.Elle fait les cartes machinalement et sans savoir pourquoi se sent de très mauvaise humeur.\u2014Nous parlions du concert symphonique avant que tu n'arrives Irène.dit l'une d\u2019elle.Avec qui y es-tu allée ?Criquette est aussi à l aise que si on la plongeait subitement dans l'eau bouillante.\u2014 Avec Jacques Hamel, répond Irène, et allant au-devant des coups, Pierre m\u2019avait demandé d'y aller avec lui mais j\u2019étais engagée.Au jeu.A qui à parler, ajouta-t-elle pour couper court.Ce mensonge blanc n échappa à personne mais il est difficile d\u2019insister avec Reine.\u2014 Deux cœurs, annonce Criquette, qui songe ironiquement à sa chance aux cartes et à sa malchance en amour # 11 y a plus de deux mois que le manège dure et Criquette songe qu\u2019il va bientôt prendre fin Ne lui a-t-on pas dit aujourd hui qu'Irène, lisant enfin dans son propre cœur, avait téléphoné à Pierre et que les fiançailles ne seraient pas loin sans doute.Le truc a donc réussi ?Elle n en ressent aucune joie quant au contraire elle devrait être heureuse du bonheur de son ami Pierre.Mais elle a pris l habitude de sa présence.Finies les longues promenades en auto, finies les conversations où Pierre lui révélait tous ses rêves d\u2019avenir, finis les petits soupers à deux Elle a le coeur gros et se sent prête à pleurer.Bientôt elle entendra sa chère voix au téléphone, car il va lui annoncer sans doute qu'il sort avec Irène ce soir, que tout va bien et qu\u2019il est très heureux.Mais non, tout va mal, au contraire, car Criquette s\u2019effondre sur le divan du boudoir et pleure à gros sanglots Suis-je bête, pense-t-elle et elle est très malheureuse.Ce téléphone qu elle attend ordinairement avec impatience.elle en a peur maintenant puisqu'il ne peut lui apporter qu une nouvelle douleur.Et ses sanglots redoublent à la pensée de le perdre pour toujours.Elle s apaise peu à peu en songeant que Pierre du moins sera heureux et qu ils demeureront sans doute de bons amis.Ils ont tous deux tant d idées et de goûts communs.La sonnerie du téléphone perce le lourd silence du boudoir.Criquette calme et résolue décroche le récepteur.\u2014Hello.C\u2019est lui.\u2014 Bonsoir, Criquette.vous allez bien.\u2014Très bien merci, et vous.\u2014Ça va.Qu\u2019avez-vous fait aujourd\u2019hui?\u2014Oh ! pas grand chose, je suis allée magasiner avec Ninette \u2014Elle va bien.\u2014 Oui très bien Criquette attend Sans doute après ces préliminaires de politesse va-t-il lui annoncer le grand évènement.\u2014 Il y a un très bon film au Capitol dit Pierre, aimeriez-vous y aller ce soir.Criquette est surprise et perplexe.Que signifie cette comédie?\u2014Je ne crois pas pouvoir y aller, fait-elle avec précaution, un peu de migraine .\u2014Eh bien, allons faire une promenade en auto.Le grand air chassera votre vilain mal de tête.Criquette veut en avoir le coeur net.il faut qu elle sache.\u2014Pierre, n'avez-vous pas reçu un téléphone d'Irène, aujourd hui?\u2014 Oui.\u2014Et que vous a-t-ellc dit ?\u2014 Elle m\u2019a invité à jouer au budge chez elle ce soir.\u2014Et vous n\u2019y êtes pas allé?\u2014 Je lui ai dit que j'étais engagé.Criquette est nerveuse et tourne avec impatience la corde de ! appareil.\u2014 Mais Pierre, cette invitation à jouer au bridge n\u2019était qu un prétexte.elle vous aurait sans doute parlé, elle vous aurait explique .\u2014 Nous nous sommes déjà expliqués par téléphone.-Ah !.\u2014Criquette c'est donc ça votre migraine.\u2014 Mais Pierre, dit-elle, passant sous silence cette dernière parole.Ce n\u2019est donc pas ce què vous désiriez le plus au monde .qu'Irène vous aime et quelle vous le montre.\u2014Oui.c'était ce que je voulais, mais maintenant.Criquette, Criquette mais tu ne vois donc pas que c'est fini avec Irène.elle m\u2019a déjà téléphoné trois fois et j'ai refusé poliment ses invitations.Tu m as guéri de sa hantise.Je ne l'aime plus, c'est toi que j'aime et je ne comprends pas comment j\u2019ai pu être ainsi envoûté par une autre, être aussi aveugle .Tu es plus belle qu Irène mais personne ne s\u2019en est jamais aperçu.et tu es si gaie tu ris.tu chantes mais Criquette, tu pleures?\u2014Oui de bonheur.Ses larmes coulent doucement et caressent sa joue en feu.L\u2019une d\u2019elles plus lourde, s'arrête près de sa bouche et Criquette y goûte avec délice à cette larme de bonheur.\u2014 Mon amour, dit Pierre avec tendresse, n essuie pas tes beaux yeux.Dans cinq minutes je serai chez toi, et j effacerai de mes baisers, toutes les traces de ces larmes.Jamais plus, je te le jure, je ne te ferai pleurer.Néda SOUBLIERE. 3 août 1935 39 HISTOIRE DE CIRQUE (Suite de la page 7) j'ai tremblé pour vous .La présence de cette jeune fille vous cause des distractions dangereuses qui pourraient bien, \u2014 si vous ne réussissez pas à vous dominer, \u2014 devenir mortelles.Jack Lockley fit entendre un petit sifflement moqueur; puis, comme tandis que parlait l\u2019officier, sa main s\u2019était tendue vers son violon posé sur une table, il se mit à louer en sourdine, machinalement presque, la si connue romance sans parole de Tschaikowski.é Dès les premières notes, le lieutenant, tombé sous le charme, avait cesse de parler, s absorbant dans l\u2019extase.Soudain, une main brusque tourna le bouton de la porte qui s ouvrit avec violence et un quartier-maître parut; surpris de ne pas trouver l\u2019officier seul, il se figea sur le seuil, les talons joints, la main au béret.\u2014 Mon lieutenant .bégaya-t-il d une voix que l\u2019émotion paraissait étrangler, le commandant vous demande.Il ajouta: \u2014 .d\u2019urgence.\u2014 Quoi donc?plaisanta l'officier Pour que vous preniez un air si tragique, coulons-nous donc?Penché à l\u2019oreille de l\u2019officier, l\u2019autre murmura: \u2014 Vous ne savez pas si bien dire, mon lieutenant.\u2014 Perdez-vous la raison, garçon?\u2014 Plût à Dieu! .C\u2019est tout à l\u2019heure que la chose s\u2019est découverte L'officier de timonerie en faisant sa ronde a constaté dans la cale quinze pieds d\u2019eau; ça venait d\u2019une déchirure produite dans la coque on ne sait trop comment.Ou du moins si, on le suppose .Il ajouta, les dents rageusement serrées ; \u2014 Une sale machine sans doute, que les grévistes auront mise à bord au moment de l\u2019appareillage .et qui aura fait son œuvre en silence, tout doucement, rongeant la coque, sans qu'il y paraisse Et, tout d\u2019un coup, voilà Il n\u2019acheva pas sa phrase; subitement, le grondement sourd et monotone des pistons ronflant dans les dessous du navire, s\u2019était tu .un grand silence lui avait succédé, en même temps que, sous les pieds des trois hommes, le plancher, continuellement vibrant, s\u2019était stabilisé.Les machines venaient de cesser de fonctionner.\u2014 Le commandant, poursuivit le quartier-maître, pense faire mettre les canots à la mer.Seulement, il craint un coup de panique qui compromettrait le sauvetage .\u2022 .\u2014 Oui, approuva le lieutenant, comme à bord du Canterbury ., Jack Lockley frissonna; en une seconde, venait de s\u2019évoquer en lui avec une intensité effroyable le souvenir terrifiant de la catastrophe qui, quelques mois auparavant, avait rempli d\u2019horreur le monde entier.En même temps, devant ses yeux, se dressait une silhouette adorable de femme que son imagination angoissée lui montrait se débattant contre la mort.Seulement, prodigieux miracle, ce fut précisément cette terrifiante vision qui, instantanément, rendit au clown tout son sang-froid: son violon à la main ,il s'élança sur les pas du lieutenant et du quartier-maître Le commandant, sur la passerelle, conférait à voix basse avec ses officiers.\u2014 J apprends, lui dit Jack, la situation; est-elle vraiment aussi désespérée?\u2014 Jusqu'à présent, monsieur, elle n\u2019est que grave; mais, à moins d'un miracle, j'appréhende \u2014 je ne vous le cache pas \u2014 le moment où l\u2019alarme va être donnée.\u2014 S'il était possible, observa le lieutenant Welpool, de retarder de cinq minutes ce moment-là, on pourrait peut-être, en toute quiétude, procéder à l\u2019embarquement des femmes et des enfants?.\u2014 Je ne vois guère .à moins d\u2019un miracle! .murmura le commandant.Frappant alors sur son violon, Jack Lockley déclara d'une voix étrangement vibrante: \u2014 Le voici, le miracle!.Et sans plus attendre, bondissant de la passerelle, il se glissa sans bruit comme une, couleuvre jusqu\u2019au gaillard d arrière.Là.dans un éblouissement de lumière était installé {'Universal Circus; l\u2019orchestre grondait, les applaudissements crépitaient, les rires fusaient dans l\u2019air tiède, soulignant les saillies des pitres, la grâce des écuyères, la hardiesse des acrobates.Jack frissonna à la pensée que sur toute cette gaieté la mort planait.Haussé sur la pointe des pieds, il vit sortir de piste, saluant le public d un air majestueux, Jenny Bard, l\u2019athlète, qu\u2019accomgnait, comme d\u2019habitude, une bordée d\u2019applaudissements frénétiques .Vivement, il la rejoignit et, la saisissant au poignet, l\u2019attira à l\u2019écart: \u2014 Ecoutez, et gardez pour vous ce que je vais vous dire: le navire est perdu! .Dans un quart d\u2019heure, il aura coulé.On a juste le temps de mettre les embarcations à la mer .Mais il n'y a pas assez de places pour tous .Donc, courez à votre cabine, prenez ce que vous avez de plus précieux.Elle faillit pousser une exclamation de terreur; mais lui mettant la main sur la bouche: \u2014 Taisez-vous .enjoignit-il, et écoutez encore .Vous voyez là-bas, aux places réservées .cette passagère avec une robe blanche et une torsade d\u2019or dans les cheveux , .Jenny Bard eut un frémissement.\u2014 Je la vois .oui .et après?gronda-t-elle.\u2014 Jurez-moi de l\u2019aller trouver .de l emmener avec vous .de veiller sur elle .de la sauver .\u2014 Moi! .se révolta l\u2019athlète .vous voulez que .\u2014\t.que vous la sauviez avec vous ., oui, je le veux.\u2014 Vous l\u2019aimez donc, Jack?.Ah! .Jack!.\u2014 Si vous ne jurez à l\u2019instant, fit-il froidement, je crie la vérité .et c est la mort.pour vous .pour tous .Jenny attacha sur lui un regard désespéré, tandis que d\u2019une voix lamentable, elle répétait: \u2014 Pour tous!.et vous .Jack, et vous?.\u2022 .\u2014 Il n'est pas question de moi! Jurez-vous?insista-t-il, tragique.Elle étendit la main, domptée; alors il la poussa hors du couloir, s\u2019élança vers la piste, se jeta sur l\u2019échelle d\u2019acier \u2014 fine comme une toile d'araignée \u2014 qui donnait accès à ses agrès; et, une fois atteint son vertigineux trapèze, à environ trente pieds au-dessus du pont, lança soudain dans l'espace le cri guttural qui lui était familier.L\u2019orchestre, surpris, fit silence, et tous les visages se tendirent vers lui.Ah! les machines pouvaient bien interrompre leur ronronnement coutumier, le bâtiment s'immobiliser comme une épave perdue au milieu de l'océan .Sur Jack Lockley exclusivement l\u2019attention était concentrée tout entière; les oreilles, indifférentes au grand silence qui montait des profondeurs du navire, guettaient le premier accord qui allait jaillir de l\u2019instrument enchanté.Le clown cependant, tout en accordant son violon, surveillait ce qui se passait au-dessous de lui; dans la piste.les écuyers s\u2019agitaient, stupéfaits de ce numéro supplémentaire non prévu au programme; le manager, au milieu de son personnel, se livrait à une mimique désordonnée qui invitait son pensionnaire à descendre s\u2019expliquer.* De toute cette émotion, comme bien on pense, Jack Lockley n\u2019avait cure: tandis que lattention des spectateurs \u2014 la presque totalité des passagers renforcés d'une grande partie de [ équipage \u2014 était concentrée sur lui, là-bas, dans l'ombre qui noyait le pont, des silhouettes confuses se mouvaient sans bruit.Les hommes de quart \u2014 sous la direction des officiers, \u2014 préparaient la mise à l'eau des canots de sauvetage; dans quelques instants, le plan çoncu par Jack Lockley allait s'exécuter.Il vit Jenny Bard, enveloppée d\u2019un ample manteau de laine, se glisser jusqu\u2019à la loge occupée par miss Duncan et, après s\u2019être penchée sur elle, l emmener par le bras.Un soupir de soulagement gonfla la poitrine de Jack; l\u2019athlète tenait sa promesse, à lui d\u2019agir maintenant.Il saisit son violon, poussa pour la seconde fois son cri avertisseur et, les chevilles engagées dans les anneaux de velours fixées au trapèze, se laissa aller dans le vide, scandant ce renversement d'un accord déchirant.Après quoi, tête en bas, il attaqua, plein de fougue, la Habanera.Jamais il n\u2019avait mis plus d ame dans son jeu; car ce n'était pas, comme chaque soir, dans le seul but de capter une âme qu'il jouait! C\u2019était la vie de sa bien-aimée qu\u2019il s'agissait de sauver! De cet archet, de ces cordes ténues comme des fils de soie, dépendait le sort de celle qu'il aimait.Eh oui! le lieutenant Welpool avait vu clair: du premier soir où le clown avait aperçu, du haut du cintre, miss Duncan trônant comme une reine dans sa loge réservée, il s\u2019était senti atteint en pleine poitrine comme par une lame aiguë.Folie! \u2022 .cet acrobate au masque enfariné, dont les lazzis, les culbutes excitaient l\u2019hilarité de la foule! Ce forain qu\u2019en dehors de la piste, chacun regardait avec une curiosité dédaigneuse .Jack Lockley aimer miss Edith Duncan, la richissime fille du roi des cotons! .Parbleu! il le savait bien qu\u2019il était fou! Mais chaque heure qui s\u2019écoulait augmentait sa folie! Et c\u2019était sous l'aiguillon de cette folie que, depuis quelques jours, sa virtuosité s\u2019était décuplée au point d\u2019atteindre aux sommets artistiques connus des seuls grands maîtres du violon.En même temps, son audace acrobatique dépassait tout ce que les rois du trapèze et de la voltige avaient pu, jusqu\u2019à ce jour, inventer de vertigineux.Et c\u2019étaient précisément cette virtuosité, cette audace même qui avaient trahi sa passion: le lieutenant Harry Welpool ne s\u2019y était pas trompé, non plus que Jenny Bard.Mais que lui importait! Ce qu\u2019il ne voulait pas, par exemple, c'est que 1 intéressée pût soupçonner le sentiment que sa simple vue avait inspiré à un misérable clown! Ce qu\u2019il voulait surtout, c'est qu\u2019elle vécût, sauvée par lui, et qu'il mourût sans qu elle se doutât que sa vie, à elle, était faite de sa mort, à lui.Maintenant, en bas, le canot de sauvetage dans lequel miss Duncan et Jenny Bard avaient pris place, se balançait dans le vide, prêt à être descendu sur les eaux calmes; et voilà que brusquement, à sa grande surprise, Jack vit l'athlète s\u2019accrocher au bastingage et, avec cette souplesse qui était son triomphe, sauter sur le pont où elle se perdit parmi les matelots.Mais qu\u2019importait au clown?Encore quelques instants et l\u2019embarcation s\u2019éloignerait à force de rames du remous mortel qu\u2019allait provoquer le navire en s\u2019abîmant dans les flots.Allons! quelques coups d\u2019archet encore et son idole serait sauvée! Cependant, le visage toujours dressé vers l\u2019acrobate, le cœur vibrant aux sonorités merveilleuses qui s'égrenaient dans la nuit sereine, les spectateurs étaient loin de soupçonner le drame terrible dont le prologue venait de se jouer près d'eux.Une à une, les femmes avaient été discrètement invitées à quitter leur place; aussitôt hors de l\u2019enceinte du cirque, elles étaient conduites, ou plutôt portées aux embarcations qui,, une fois remplies, étaient mises à 1 eau et, à toute vitesse, s éloignaient de 1 \u2019Oceanic\u201d.Et Jack Lockley jouait toujours, plus éperdument; résigné à mourir\u2014 puisqu il ne pouvait espérer voir se réaliser jamais le rêve insensé qu\u2019il avait formé\u2014il envoyait\u2014porté sur les vibrations de l\u2019archet\u2014son dernier adieu à I élue de son coeur.Cependant, les femmes et les enfants embarqués, c\u2019était le tour des hommes ; prévenus qu\u2019un accident étant survenu aux machines, il était prudent de chercher un refuge dans les canots; beaucoup d\u2019entre eux, se méfiant d un excès de prudence de la part du capitaine, demeuraient à leur place, comme magnétisés par les 40 LE SAMEDI flots d'harmonie que laissait tomber sur eux le virtuose éperdu.Soudain, le pont frémit, et, soulevé par la violence d une explosion intérieure, projeta dans l'espace les malheureux qui retombaient dans la mer comme de vagues pantins de chair et d os.Les chaudières venaient d exploser.Ensuite, il y eut un grand silence plein de stupeur et d horreur, suivi d'un concert de cris et de lamentations .En présence du danger immédiat, affreux, sentant la mort si proche, tous ces misérables appelaient au secours.jack Lockley, lui.du haut de son trapèze, n'avait pas un seul instant cessé de manier son archet ; seulement.obéissant à une inspiration supérieure, il attaqua avec une majesté lente, une impression pénétrante, un prélude de Bach.Comme par enchantement, peu à peu, baignés comme par cette apaisante harmonie, le désespoir de ces malheureux, voués à une mort presque certaine, s était calmé et, à genoux, mains jointes, ils paraissaient attendre avec résignation l'épouvantable sort qui leur était réserve.Le navire maintenant, s enfonçait par l'arrière et, l'avant dressé, donnait l\u2019impression d un cheval qui se cabre; méticuleusement, avec un imperturbable sang-froid, les officiers organisaient le sauvetage, utilisant les derniers canots, improvisant des radeaux pour tâcher d arracher au gouffre quelques victimes de plus.Et Jack, cependant, continuait de jouer.Une voix, soudain, celle de Jenny Bard.s\u2019éleva; \u2014 Vite, Jack! cria l'athlète, un radeau se prépare sur lequel vous pouvez prendre place.Elle ajouta, pour le décider: \u2014 Maintenant, elle est hors de danger.songez à vous.è \u2014 Pourquoi être restée?\u2014 Pour partager votre sort.\u2014 Je veux mourir.\u2014 Soit donc, nous mourrons ensemble.Et.suppliante: \u2014 C\u2019est là du moins une satisfaction que vous ne pouvez me refuser.Elle achevait à peine ces mots que, brusquement, le navire s abîma comme une pierre dans la mer.Maintenant qu'il avait rempli tout son devoir, Jack Lockley pouvait mourir; son violon toujours en main, il s'effondra dans les flots, l'âme en extase, rempli de la pensée d Edith Duncan dont la silhouette adorée se dressait magiquement devant ses prunelles déjà voilées par la mort.# Subitement, il se sentit empoigné, soulevé hors du gouffre; la main de Jenny Bard l\u2019avait happé par son vêtement, au moment de la plongée finale et, la force décuplée par la volonté, l'athlète avait réussi à l'arracher à la mort immédiate.De son bras demeuré libre, elle nageait dans la direction des canots qui, à plusieurs centaines de mètres déjà, tachaient de leurs silhouettes sombres le miroir étincelant des eaux.Cependant elle se fatiguait rapidement et elle comprit que, si elle voulait mener à bien son oeuvre de sau- vetage, il lui fallait recouvrer au plus tôt l'usage de ses deux bras .sinon, elle et son cher fardeau menaçaient de couler à pic.\u2014 Jack, fit-elle d'une voix rude, appuvez vos mains sur mon épaule ; ainsi soutenu, vous ne courez aucun risque et je pourrai nager plus aisément.\u2014 Lâchez-moi, Jenny, je veux mourir, balbutia-t-il.\u2014 Et moi, je veux que vous viviez, répliqua-t-elle avec violence \u2014 Vivre!.A quoi bon?.\u2014 Pour avoir un tel dégoût de vivre, ne l'aimez-vous donc point autant qu'il y paraît?gronda-t-elle d une voix torturée.11 ne répondit pas.mais l\u2019abaissement de ses paupières sur ses prunelles étincelantes de passion répondit plus éloquemment que toute parole.\u2014 Il faut vivre, enjoignit-elle.Tout à l'heure, en l'embarquant, je lui ai dit votre rêve insensé et l'abnégation sublime avec laquelle vous alliez à la mort pour lui sauver la vie.J ai vu des larmes dans ses yeux.\u2014 Larmes de pitié !.\u2014 Larmes d'admiration et de reconnaissance .Pensez-vous donc d ailleurs qu elle ait pu demeurer indifférente à l'ensorcellement de votre archet?Allons, ordonna-t-elle, appuyez-vous sur moi et bon courage! Elle desserra l'étreinte de ses doigts en toute quiétude: ne lui en avait-elle pas assez dit pour lui faire reprendre goût à la vie .A portée de la voix, elle héla les rameurs.Mais ceux-ci estimant sans doute suffisant le nombre des rescapés qu ils avaient à bord, feignaient de ne pas entendre et poursuivaient leur route vers la terre, distante d une quinzaine de milles à l\u2019est.Sans se décourager, Jenny continua de nager, épuisant ses forces dernières.Soudain, elle sentit que les doigts de Jack, crispés sur son épaule, desserraient leur étreinte: engourdi par le froid, le clown s\u2019abandonnait.A nouveau alors elle le saisit et, d\u2019un seul bras, continua d avancer.Enfin, en un suprême effort, ses dernières brassées la portèrent à l'embarcation à laquelle elle se cramponna, suppliant d'une voix haletante: \u2014 C\u2019est lui qui vous a sauvés! .pour l\u2019amour de Dieu! sauvez-le! Mais déjà, pour contraindre ses mains à lâcher prise, les avirons se dressaient.Alors, apercevant miss Duncan: \u2014 Miss! miss! implora-t-elle, c'est pour vous qu\u2019il est allé à la mort! La jeune fille se dressant du banc où elle était affalée, cria aux rameurs: -\u2014 Cinq mille dollars à chacun de vous pour le hisser à bord! .\u2014 La barque est pleine, grommela une voix.\u2014 Et toi, l hercule, fit une autre voix, prétends-tu donc ne peser qu une plume?.\u2014 Oh! moi.riposta Jenny Bard.A bout de bras, elle tendait le corps inerte du clown qu\u2019alléchés par la prime promise, les marins se décidaient à hisser dans le canot.Quand elle le vit en sûreté, l'athlète desserra les doigts en murmurant: \u2014 Ça va bien! .Et elle se laissa couler à pic! Georges Le Faure UNE RUPTURE (Suite de la page 13) ainsi, en silence, ce congé que cette femme lui donnait si durement.Il saisirait le pan de sa robe, se traînerait à ses pieds.Et qui sait si elle ne se laisserait pas fléchir! Cette pensée me fut insupportable.Je ne voulais pas demeurer là un moment de plus.Rapidement, je gagnai 1 issue du bois d'orangers.J\u2019avais hâte d'en sortir.Aussi répondis-je à peine au propriétaire, le vieux Pietro, qui cherchait à me retenir au passage.Avec les monnaies que je lui donnais de temps en temps, il venait d'acheter une grosse montre de nickel et voulait me la faire admirer.Je la vois encore, cette montre; les aiguilles marquaient midi à son cadran peinturluré.Du bois d'orangers à l\u2019hôtel Bella-testa, la route longe la villa de Mme C Justement, comme j'en approchais, je vis la porte s\u2019ouvrir et M.B-V.lui-même se montra.En l'apercevant, j'éprouvai une véritable angoisse et je baissai les yeux.N\u2019allais-je pas lire sur son visage le désespoir de cette rupture dont j\u2019avais été le témoin involontaire, y découvrir le désarroi de son coeur ?.N\u2019y a-t-il pas une sorte de basse indiscrétion à surprendre ainsi sur une figure les ravages de la passion?Mais I ma curiosité fut la plus forte et je hasardai un timide regard.Ah! J'avais bien tort de me gêner! M 3.-V.paraissait parfaitement calme.La porte refermée derrière lui.il tirait de sa poche un étui de cuir et choisissait une cigarette avec la plus méticuleuse tranquillité, rallumait et soufflait l'allumette avant de la jeter.Il n'y avait rien en lui de l'homme qui vient de subir une crise douloureuse de son destin.Je crus même, lorsque je passai devant lui, qu il allait me saluer.Evidemment, M.B-V.était dans un parfait équilibre d esprit.S était-il donc réconcilié avec Mme C.! Cela me semblait peu probable.Etait-il habitué à ces sortes d orages dont les passions fortes ne sont pas exemptes?Il y avait pourtant, dans les paroles de Mme C .quelque chose de bien définitif.Restait 1 hypothèse que la perte qu il venait de faire lui était complètement indifférente et qu elle ne lui causait ni chagrin ni regret.Ce qui me confirma dans cette idée, ce fut en rentrant à 1 hôtel, après un détour, d y retrouver M.B.-V.en train de déjeuner.Il mangeait de bon appétit.A mesure que je l\u2019examinais, je me sentais pris envers lui d un véritable sentiment de haine.Quoi! cet homme avait été aimé de cette femme! Et tout cela était perdu à jamais pour lui, et il continuait à vivre.Il découpait sa côtelette et rompait son pain comme si rien n avait changé dans sa vie.Ah! stupide destinée, tu prodigues tes bonheurs les plus rares à ceux qui ne savent pas en jouir et qui n'en ont pas plus goûté les joies enivrantes qu ils n\u2019en ressentent la méancolique privation ! Pendant toute cette journée, je ruminai les mêmes pensées.Plusieurs fois, je rencontrai M.B.-V.Je le vis mettant une lettre à la poste.Je le vis savourant un sorbet sur la terrasse de l'hôtel.Je le vis à dîner, toujours avec le même visage tranquille, ce visage ni tourmenté, ni soucieux, ce visage ni beau, ni laid, dont la vue m'exaspérait.Je songeais encore à lui, lorsque, rentré dans ma chambre, je l'entendis rentrer dans la sienne.Ce voisinage m agaçait tellement que je remis mon chapeau, et que j'étais sur le point de redescendre.A peine avais-je fait ce geste qu\u2019une détonation retentissait, suivie de près de deux autres.Au bruit, j\u2019étais accouru.M.B.-V.venait de se tuer.Une large tache rougissait le plastron de sa chemise.Assis dans son fauteuil, sa tête renversée reposait sur le dossier du siège, et son visage avait, dans la mort, une telle expression de désespoir que, devant lui, instinctivement et comme pour m excuser de l\u2019avoir si mal jugé, je me découvris avec respect.Henri de REGNIER, de l'Académie française.LES PLUS PUISSANTS VOLS .(Suite de la page 11J Il semble que la liquéfaction des gaz pourrait permettre des moteurs notablement plus puissants et plus légers que ceux que I on emploie actuellement mais je ne crois pas que la chose se fasse industriellement demain ni après-demain.Il y a en effet, contre cela, un gros obstacle, celui de l\u2019intérêt commercial.Le moteur à gaz liquéfié supprimerait du coup les dépôts de gazo-line qui ont enrichi tant de marchands et le marché de la gazoline semble être quelque chose de terriblement remueur de passions si l'on en juge par la lutte des prix à laquelle nous assistons depuis quelques semaines.Supprimer entièrement ce marché serait causer une véritable révolution commerciale qui est d'ailleurs impossible car le commerce de la ga- zoline a la plus solide des fortifications pour le défendre, celle de l'argent.Bien des inventions en sont d\u2019ailleurs réduites à subir la tyrannie de la finance et nombre d'entre elles ne voient pas le jour parce qu elles' ruineraient quelques gros capitalistes en faisant trop bien l'affaire du grand public.Ceci, toutefois, est une autre histoire, comme disait Kipling ; il est vrai qu elle se rattache en quelque sorte au présent article par un point commun, celui du vol, mais ce n\u2019est pas le même genre de vol.Comme conclusion, en matière de véritable vol, avec des ailes, l'homme ce prétendu roi de la création est, jusqu ici encore, battu par une simple mouche. 3 août 1935 41 La véritable Maria Chapdelaine (Suite de la page 23 J inonde, mais cette culture d une âme sensible, une âme profondément religieuse, ayant une discipline simple et dure Jeune fille, elle a passé cinq années dans un couvent de Roberval; plus tard, elle enseigna pendant quelque temps.Elle désira se faire religieuse, mais sa santé l'en empêcha.Il y a quelques années elle fut la secrétaire de l\u2019abbé Delamare, à Chicoutimi, aidant en été les pèlerins à 1 oratoire de Notre-Dame de Lourdes, au lac Bouchette.Ce prêtre la décrivit comme une \"vraie femme, ayant une bonne tête aux affaires Au temps ou Louis Hémon vint à Péribonka, Eva Bouchard avait 28 ans II n'y aucun doute que cette demoiselle fut quelqu\u2019un d\u2019attrayant pour le jeune journaliste.Il trouva en elle une compréhension sympathique dans son désir de faire le portrait du pays et de ses habitants.Il pouvait parler avec elle du temps d autrefois, quand la vie était plus dure, étant certain que son esprit observateur et son cœur \"voyant pouvait faire revivre pour lui le vieil ordre de choses qui, même alors, cédait la place au modernisme.Il y avait encore plus.Ils devinrent amis Hémon discernait en Eva Bouchard une délicatesse que les autres filles du pays ne possédaient pas.Sa distinction, sa franchise d\u2019esprit et de cœur, sa piété, sa loyauté, n\u2019étaient pas d un esorit ordinaire.Il vint alors à Hémon l'idée d\u2019écrire l'histoire non pas du type de campagnarde du vieux Québec, mais de Maria Chapdelaine \u2014 Eva Bouchard.En ce sens, l'idylle n est pas typique.C\u2019est peut-être la raison pour laquelle les premières cri tiques du roman vinrent des gens de Québec eux-mêmes.Mais le milieu, les détails de la vie journalière au temps de colonisation, les traits campagnards, l aspect de l'hiver, de l\u2019été, les fleurs, les oiseaux, les arbres, Hémon les a fidèlement décrits, et ils donnent une image exacte de l'endroit.Nous avons la parole d Eva Bouchard à ce sujet.Assis dans la petite salle d'attente ou sur une des marches de la véranda, nous avons parlé avec elle du livre, de Louis Hém^n; sa vive compréhension et son amitié si gentille surmontaient la barrière de notre faible vocabulaire français \u201cCe livre, est-ce un vrai tableau du pays et du peuple?lui avons-nous demandé.Est-ce une image fidèle des choses7 \"C est fidèle à la vie du colon,\" nous répondit-elle aussitôt.\"Les choses ont inévitablement changé.Mais le livre donne la vraie vie, telle qu elle était aux jours anciens Les détails des scènes, de l'habitation ont été rapportés avec une fidélité absolue.\u201d \"Parlez-nous d Hémon, de lui-même,\u201d avons-nous demandé, \u2018\u2018qu\u2019avait-il l'air?Elle réfléchit un moment \u2014 c est une de ses charmantes habitudes de penser tranquillement avant de parier, afin de rendre une réponse qui ne donnera lieu à aucun ma\u2019entendu.\"Toujours, le grand gentilhomme, répondit-elle, toujours le vrai gentilhomme.Et toujours à prendre des notes.Des notes, des notes, des notes! Toujours à écrire ses impressions de ceci ou de cela, questionnant les gens.Il était un bon travailleur.Toujours prêt à tout faire.Il ne demanda que ses après-midi du samedi.Il s'en allait alors pour écrire.\u201d Il y a une franchise, une promptitude, et pourtant une réserve, quand elle parle du livre et de son auteur.C'est difficile à définir, mais l\u2019on a I intuition que c\u2019est à cause de l\u2019amitié réelle entre Hémon et Eva Bouchard qu elle répond si joyeusement aux mêmes questions si souvent répétées par les visiteurs curieux.Un vieil ami est devenu fameux, et il lui plaît qu'il en soit ainsi, tout en continuant à penser à lui comme elle l a connu premièrement en ami, et non en personne de renom.Réalisant qu'il devenait peut-être fatigant pour elle de répéter les mêmes choses sur un ancien ami, nous hésitions à approfondir trop intensément.C\u2019est le sentiment que quelqu'un a.Car, il doit être rappelé qu'Eva Bouchard et Louis Hémon étaient amis avant que le livre ait été composé.Il envoyait ses articles à un journal de Paris; le livre vint après.Quand la mort soudaine de Louis Hémon, tué dans un accident de chemin de fer, arriva, elle trouva qu'il avait écrit un livre qui devait lui être dédié.Elle est trop honnête et trop droite pour ne pas se reconnaître elle-même en Maria Chapdelaine, trop femme pour ne pas en être flattée.Mais en rencontrant Eva Bouchard, je suis certain que son plaisir principal est dans la gloire qui retombe sur celui qui devint son ami, dont le travail comme artiste a été acclamé et lui était dû.D'un autre côté, la blâmeriez-vous, sachant qu elle est l\u2019inspiratrice première du livre, qu elle soit orgueilleuse du fait?Il n\u2019y a aucune suggestion de la part d Eva Bouchard que l\u2019histoire de Maria Chapdelaine est sa propre histoire.Elle ne s'est jamais mariée; et Maria, vous vous rappelez, se marie à la fin du livre, quelque temps après la mort de François Paradis.Ce côté de la matière Eva Bouchard ne le discute pas; et naturellement vous ne le lui demandez pas.Mais il y a en Eva Bouchard toutes les qualités dont Hémon l\u2019a si bien décrite en Maria; et il y a sur sa figure £ empreinte évidente de la souffrance et de la fermeté qui ne sont pas les seules marques de la lutte contre la maladie.Seulement un profond travail de l'esprit, adouci par lr temps, peut avoir laissé de telles traces.Nous avons déjeuné, et d'autres touristes nous remplaçant dans les cabines, nous partîmes pour continuer notre voyage autour du lac.Nous sentions que non seulement nous avions pénétré jusqu aux racines du livre, qui enchâsse une phase pittoresque de l'histoire canadienne avec clarté et fidélité, mais que nous avions aussi rencontré une femme que nous sommes heureux de compter parmi nos amis.Notre dernier regard fut pour Eva Bouchard, debout sur la véranda du Foyer Maria-Chapdelaine, s inclinant pour nous sourire et nous faisant un dernier geste de \"bon voyage!!\u201d.10 PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE Les Mots Croises du \u201cSamedi\u201d LES DIX GAGNANTS (Problème No 188) ?DIX JEUX DE CARTES Mlle Cécile LaRoche, 1121 Union Ave., Montréal.P.Q.; M.Marcel Beaudriault.1321 Montcalm, Montréal.P.Q.: Mlle Edytbe LeMieux.15 8, rue St-Jacques, Villemay, Lévis, P.Q.; Mlle Bertbe Limoges, Res.Ste-Tbérèse, Gamelin, Co.Laval P.Q.; Mme Joseph Trepamer, 723 St-Valier, Québec, P.Q.; M.Lorenzo Mercure.4 79, 1ère Avenue.Québec, P.Q.: Mlle Eugenie Colas, 5812 Beaulieu, V i lie -Emard, Montréal, P.Q.; Mlle Simone Labrecquc Pointe Calumet, St-Joseph du Lac, P.Q.; M.Arcade Gingras.Laurier-ville.Mégantic, P.Q.: M.Wilfrid Mon-lembauli 5080, rue Vaillant, St-Henri, Montréal.P.Q.SOLUTION DU PROBLEME No 189 A\tR\tT\t1\tS\tT\tE\tù\tG\tR\tA\ts R\t1\t£\tV*\tO\tswr\tN\t\tl\tO\tT\tA M\t0\tD\t1\tF\t1\tC\tA\tT\t1\t0\tN 0\t\tÊ\tG\tA\tU\t1\tS\tE\tii\tN\t1 1\tË\tU\tN\t3\tK\tR\tê\tk\tI\t1\tE R\tA\t«1\t£\tT\tT\te\t\\\tU\ti\te\tO E\tN\tÉ\tr\tA\t1\t\t\t1\t1\t\tS \tE\tT\tA\tP\tE\t\t\t0\ti\ts\tÉ \u2022m\t\tE\t1\tE\tN\tc\tR\t£\t«\tT\t2Ül c\tA\tN\tO\tT\t-\tA\t\tR\tU\te\tR A\tN\tA\ti\tT\te\tH\ti\tA\t\tR\tA R\tW N\t\t1\tE\tT\tA\t8\tL\t1\te\tS £\tK\tT\tA\tS\te\tÆ\t\te\tK\tR\t£ PARU DANS LE DERNIER NUMERO LES MOTS CROISES DU \"SAMEDI\" \u2014 Problème No 100 \ti\t2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\tiü\t11\t12 1\tD\t\t\t\tS\tm\t\tP\t1\tT~\t\tB 2\th\t\tM-\"; ::->/:¦'$\u2022\t\u2022\t:y>: ' \u2022 .\u2022 .>\u2022-: üm KH MK .¦ .I;rl ¦ .; 1 m m V ^ V; I W ¦ III 1^*1 ¦ .1.I- \u2022 « :¦¦ ¦ ;«sf ,i I»» s»! m*.wmmYm M01S0NS /|.,r JLaPMM' "]
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