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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 28 janvier 1939
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1939-01, Collections de BAnQ.

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[" * m 50e année, No 35 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS Montréal, 28 janvier 1939 jtt|k ¦\u2018m M \" C\t¦ le samedi Fe Samedi 0 La Revue Populaire 0 LE FILM magazines pouh COUPON D'ABONNEMENT Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d\u2019abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM.Nom Adresse Vüle .Province POIRIER.BESSETTE & CIE.Ltée.975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.IIIIMII 3 BO* année, No 35\u201428 janvier 1939 CARNET EDITORIAL * Année du Cinquantenaire du \" Samedi *' NOTRE COUVERTURE : Un grand chanteur du cinéma et de la radio : NELSON EDDY, vedette de la M.-G.-M.LES PUBLICATIONS POIRIER.BESSETTE & CIE.LIMITEE 975.RUE DE BULLION MONTREAL \u2022 CANADA Tél.: PLateau 9638* Entered at the Post Office a 1 Si.Albans.Vt.as second class matter under Act of March 187?* ABONNEMENT CANADA Un an.Six mois.Trois mois.$3.50 2.00 1.00 ETATS-UNIS Un an.Six mois.Trois mois.ET EUROPE .$5.00 .2.50 .1.25 \u2022 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi, 9 h.a.m.à midi \u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours l'empaquetage de nos sac* de malle commençant cinq lour* avant leur expédition.LA TERRE QUI DANSE -« a- ARISTOTE, qui fut savant, spirituel et philosophe pardessus le marché, consigna cette pensée parmi de nombreux écrits : \" L'univers entier est une danse.\" Il y a vingt-trois siècles de cela mais ça pourrait dater d'hier ou même d'aujourd'hui.Tout danse dans ce que nous appelons pompeusement l'univers et qui n'est, à tout prendre, qu'une petite boule de terre et d'eau pas très propre et peuplée de microbes pas très sages.C'est la danse des vagues sur l'océan, celle des nuages dans l'air et celle des écus dans le budget des peuples sur terre.Tout le monde danse et toute chose aussi; l'arriviste sur le corps de son adversaire vaincu, la paix du monde sur un volcan et pas mal de ventres vides devant le buffet.Il y a des singes qui dansent avec une souplesse qu'on ne connaît pas encore dans les salons, des albatros, dans l'île océanienne de Layêsan qui dansent le tango par couples et les naturalistes nous affirment que les \" Perinereis\", qui ne sont pas autre chose que des petits vers, dansent par myriades au fond des mers.On a dansé dans tous les temps, dans tous les pays et sous tous les climats; chaque génération comme chaque peuple a fourni sa liste de danses nouvelles au capital chorégraphique existant déjà; le total en est immense aujourd'hui, mais rien ne donne à penser qu'il soit définitif.Bien au contraire.Si, comme l'a dit Hérodote, la danse est la première étape de la culture de l'humanité, celle-ci en a pour bien longtemps encore à ne produire que des chardons, de la gre-nouillette ou de l'herbe à puces.Catherine II disait, de façon moins exclusive, que c'est une école populaire.Si l'on> y apprend à éviter les faux pas, tant mieux donc ! envoyons-y tous nos grands diplomates modernes, avec ou sans parapluie, cela leur sera très profitable.Enfin, Napoléon lui-même a donné son opinion sur la danse, il a dit que c'était le repos de l'esprit.Je soupçonne le grand homme d'avoir été \" prince-sans-rire \" à ses heures et probablement il était alors dans une de ces heures-là.Je sais, en effet, plus d'un brave garçon dont la tête fermente au contraire, jusqu'au point d'ébullition, quand ils dansent; surtout avec une jolie fille.Vous donnerai-je quelques noms de ces danses inscrites autrefois au programme des divertissements artistiques ou des rigolades populaires ?Ils sont édifiants.Aux temps de la Grèce héroïque il y eut l'Apoplocia, la Memphitique et l'Anagogie; beaucoup plus tard, à l'époque de la Renaissance, la Passecaille, la Volte et le Trihori à quoi succédèrent la Bocane, la Trèche et le Tordion.Vinrent ensuite l'Aurore, l'Air inflammable et le \" Change-moi-ces-têtes \" qui ont précédé le Cancan, la Berline et le Chahut.J'en passe, et des centaines, pour en arriver aux danses modernes : la Matchiche oubliée déjà, la valse chaloupée, le fox-trot, le tango, le charleston, la Java et quelques danses de singes dont les noms dansent eux-mêmes une telle sarabande qu'il en résulte un peu de confusion.Parmi les danseurs aussi car il y a quelquefois de la houle dans les cervelles et dans les pattes.Un musée de la danse aurait un intérêt extraordinaire s'il rassemblait, avec les costumes d'époque, tout ce que les divers peuples ont inventé, dans l'art de se trémousser en cadence, depuis que le monde existe.On y aurait la vision de très belles choses et d'autres aussi.On y verrait Zeila, fille de Jephté, danser au son du psaltérion pour célébrer le retour de son père victorieux.Ce serait aussi, en bonne place, David, vainqueur du géant Goliath et dansant au son des cythares et des tambourins de liesse, puis, ce même David dansant devant l'Arche.Il y aurait les corybantes et les dactyles de l'ancienne Grèce dansant autour du berceau de Jupiter; Minerve, dont la \"danse armée\" devint la gymnopédique enseignée plus tard à Sparte par Castor et Pollux.Hercule y danserait la callinique et Bacchus les dionysiaques.L'austère Lycurgue y rappellerait l'hormus, danse noble et grave symbolisant, nous dit Lucien, deux vertus : la force et la tempérance.Hélas, on y verrait aussi les ludions étrusques avec leurs danses voluptueuses et les baladins d'Istrie dont les contorsions bouffonnes ont fait imaginer le mot d'histrion.On placerait, dans ce musée, la statue de Bocau, maître de danse d'Anne d'Autriche qui prit des fandagos espagnols pour en faire des ballets français; celle de Louis XIII qui emprunta aux Anglais leur danse villageoise ou \"country-dance \" pour la transformer en contredanse, et surtout celle de Blondin qui fut, sans conteste, le roi des danseurs de corde.Enfin, on réserverait une place de choix, dans la section des incongruités majeures, à cette invention chorégraphique toute récente et qui s'appelle l'Indienne.On nous apprit autrefois à l'école que la terre tournait; depuis quelques années, elle tourne surtout à la maison de fous, il suffit de penser au gâchis général pour s'en douter et de voir danser l'Indienne pour en être sûr.Ceux qui n'ont pas vu ça n'ont rien vu.Prenez à la matchiche, au black-bottom, à la danse du dindon amoureux et à celle de St.Guy tout ce qu'elles ont de grotesque, de bébête, de crétiniforme et de détraqué, mêlez à cela quelques contorsions de singe, des cris de putois et des grimaces de benêt incurable et vous aurez quelque chose qui ressemble à tout parce que ça ne ressemble à rien.C'est l'Indienne.Seulement, cette Indienne-là serait reniée par le plus épais des Indiens comme étant de sa famille.Et des prétendus civilisés s'en contentent.Mieux que ça, ils en font étalage et se croient des droits à l'admiration de leurs contemporains parce qu'ils \" savent \" danser l'Indienne.Vraiment, le ridicule ne tue pas, sans quoi ces agités convulsifs seraient autant de condamnés à la mort subite.Au reste, si le ridicule tuait, je connais \u2014 ou plutôt je ne connais pas, car je les ai simplement entendus \u2014 quelques cabotins ridicules qui ne seraient plus du monde vivant à I heure actuelle; ils ont prétendu incarner les événements de 1938 et se mettre \" dans la peau \" des grandes vedettes mondiales de l'heure présente .Je me suis infligé l'embêtement de les écouter pour me faire une idée du degré de sottise auquel on peut descendre parfois ici-bas.J'en suis encore émerveillé.Je n'en dirai pas plus.L'araignée du maboulisme devait danser dans quelques caboches Revenons à l'Indienne.Il paraît, car, personnellement, je ne I ai pas encore vu danser, que c'est encore mieux \u2014 dans son genre \u2014 que l'histoire cabotinée de 1938.C'est une mixture de trémoussements, de gestes fous et de cris saugrenus qui tient du mal épileptique, de la gesticulation d'ivrogne et de la danse du scalp.On m'affirme qu'un singe qui avait été témoin de ça en est tombé raide mort.t 0° m'affirme aussi, chose plus difficile à croire, que c est dansé par des personnes du vingtième siècle et qui ont la prétention de jouir de leur bon sens.Je me demande ce qu'en penseraient les albatros de l'île Layêsan et les \" Perinereis \" de l'océan atlantique ou d'ailleurs.Je crois qu'ils seraient bougrement fiers de n'être que des bêtes ! Après tout, c est bien à la marque de notre époque où tant de cervelles peuvent danser à l'aise dans leurs crânes parce qu elles y ont figure de pygmée dans une salle vide; c est aussi bien à la mesure de la danse des événements lesquels se précipitent en désordre dans une ronde infernale defiant toute logique et même toute dignité.Que penseront de tout ça nos arrière-petits neveux s'il en reste encore sur la planète après ces épidémies de maboulisme intensif?Ah ! comme l'on regrette le gracieux menuet du dix-huitieme siecle ou le jovial bal à l'huile des bons vieux grands peres !. 4 LE SAMEDI LES SECRETS D\u2019UN TAILLEUR DE DIAMANTS - (Ci-dessus) Le travail à la meule.(Ci-contre) Dave Spinoza, le doyen des tailleurs de diamants en Angleterre.Chronique documentaire par LOUIS ROLAND ta mess- PU am ,s*r i ft, Une mine de diamants au Cap.\u2014 Le triage et le lavage du minerai.Un journaliste anglais, Donald Buchanan, a eu récemment la bonne fortune de pénétrer dans ce qu\u2019on pourrait appeler les secrets du diamant, lesquels secrets sont, bien entendu, plutôt ceux des spécialistes qui ont affaire aux pierres précieuses pour le travail ou le commerce ,.Ils.1s.ont £ien, 9ardés, ces secrets-là, et ne furent pas tous dévoilés à Buchanan, mais ce qu il apprit est néanmoins fort intéressant et sera une révélation pour plus d\u2019un lecteur de notre magazine.Il fit connaissance d un tailleur de diamants nommé Dave bpinoza ; c était un bonhomme de soixante-quinze ans toujours habile dans son métier qu'il pratiquait depuis une soixantaine d années.C est le doyen des tailleurs de diamants d\u2019Angleterre et le plus vieil artisan de « Hatton Garden » quartier et centre des pierres précieuses.En raison de son âge et de son métier, le père Dave Dour rait certainement écrire un gros livre, mais ses mains, toutefois, se refuseraient à la besogne car le métier les a endurcies a un point extraordinaire ; elles sont devenues si calleuses qu il peut y placer un charbon rouge et l'y laisser refroidir Un a peine a imaginer l\u2019importance de la fortune en diamants qui a passe dans ses mains au cours de ces soixante années de labeur ou il a été continuellement penché sur sa 5\u201cou PS» \u201cz ,0\u201ccl'anl pr\u201cq\u201cles d,a\u201d\u201cls ««\u2018i ««-¦ S?\t\"\"Pi*, e.d, U9pbfgSlk\u201cSi co»™V Elle tourne a 2 500 revolutions à la minute, vitesse nécessaire pour accomplir le travail avec les meilleures chances de succès Il n y a, en Angleterre, que treize tailleurs de diamants \u2022 ces spécialistes sont es ouvriers d\u2019un commerce dont H clientèle s™.^ (25 don,,,, .^9r,fS\u201ei\u201e™a\u201e,,s1p,!\u201cs,ts;rsp*t 2 8 janvier 1939 5 i t \u2019 I Il faut souvent des semaines entières et même des mois pour tailler un diamant.© I Ci-contre) Ses diamants sont-ils vrais ou faux ?A Hatton Garden on ne taille pas seulement les diamants ; on les monte ou démonte, on les vérifie, on établit leur « identité » dans les laboratoires et même on en fabrique.Des vrais, cela va sans dire.Actuellement on s\u2019y occupe de la vente de la couronne de Hailé Sélassié, ex-négus d'Ethiopie.Elle n'est pas exposée dans la vitrine d'un magasin, cette couronne, mais enfermée dans le solide coffre-fort d\u2019un bijoutier d'Harrogate ; lequel ?on ne le sait.Il faut préserver de la convoitise des voleurs les sept cent dix-huit diamants qui sont enchâssés dans l'or dont elle est faite.Précaution utile car, depuis quelque temps les vols de diamants sont d\u2019une inquiétante fréquence, bien que le public ne le sache pas toujours.La police de Londres, elle, le sait fort bien.L'année dernière, il a été ainsi volé des diamants pour une valeur totale de cent soixante mille livres.Il existe une association internationale d\u2019indicateurs, d'opérateurs et de recéleurs qui a de véritables bureaux dans toutes les principales villes d'Europe et d'Amérique.Scotland Yard sait fort bien qu\u2019elle a, dans Londres, un agent actif qui a pour spécialité de dénicher les bons coups à faire, mais on espère bien le dénicher un jour lui-même.« Ces gens-là sont de véritables rats, dit le tailleur de diamants Dave, tellement ils savent pénétrer partout ; il y a quatre ans ils ont failli m'expédier dans l'autre monde mais ils ont manqué leur affaire.Ils savaient qu'à ce moment-là, je travaillais sur vingt-cinq mille dollars de diamants et ils ont pu connaître l'instant où j'étais seul.Ils ont voulu m'assommer mais j'ai été boxeur dans ma jeunesse et j'ai la tête dure ; j\u2019ai pu donner l\u2019alarme et ils se sont enfuis sans rien emporter.Ils ont pourtant affaire à forte partie maintenant, les voleurs ; le laboratoire de Hatton Garden est leur plus redoutable adversaire.C'est là que des hommes de science facilitent l'arrestation des voleurs de diamants, qu'ils établissent l'identié des pierres volées, reconnaissent les fausses et .fabriquent les vraies.Mais oui, de vrais diamants, de vrais rubis ! Il y a une multitude de gens, dans tous les pays du monde qui ne savent pas, qu'aux vitrines des bijoutiers, on peut voir aujourd'hui, nombre de pierres précieuses, principalement des rubis qui ne proviennent pas des entrailles du sol.Ces pierres ont été fabriquées et c\u2019est là un des secrets de Hatton Garden.On n'entre pas dans ces laboratoires comme dans un moulin, et il fallut, à Buchanan, montrer patte blanche pour être admis ; encore lui fut-il défendu d apporter avec lui le moindre appareil photogra-phique.Il y a des appareils divers, très compliques dont la description ne peut être divulguée.Ils servent surtout à l'examen des faux diamants qui sont parfois imités avec un art extrême, ainsi qu à celui des bijoux volés dont on retrouve les origines avec une sûreté parfois merveilleuse.Tout récemment, une nouvelle découverte a permis de reconnaître les diamants par un procédé comparable à celui des empreintes digitales.On fait pour cela des microphotographies de leur cristallisation interne ; ensuite, un rapide et simple examen à l\u2019aide d\u2019un verre grossissant permet de le reconnaître dans ses diverses pérégrinations.Même s'il est retaillé après avoir été volé, comme il est impossible de modifier sa structure interne, il est toujours extrêmement facile de l'identifier.Maintenant, de quelle espèce sont les diamants et autres pierres précieuses que Ion fabrique en ces laboratoires ?Je vous l\u2019ai dit, ce sont de vrais diamants.On liquéfie du fer à la température de quatre mille degrés centigrades dans un four électrique et l'on fait dissoudre du carbone dans cette masse en fusion qu\u2019on refroidit ensuite brusquement.La croûte extérieure se solidifie la première puis l\u2019intérieur en fait autant en déterminant une pression formidable dont résulte la formation de cristaux de véritable diamant.Il fait reconnaître cependant que ce n est pas là un procédé commercial, car les plus gros diamants ainsi obtenus ont à peine la moitié de la tête d'une épingle et quantité d\u2019autres ne sont, à vrai dire, que de la poussière.Pour les rubis, on obtient de meilleurs résultats.La cristallisation affecte une masse plus considé- rable de matière, et I on arrive à fabriquer des rubis dont la grosseur, la forme et la valeur ne le cèdent en rien à celles de pierres naturelles.Il va sans dire que, dans les laboratoires si bien outillés de Hatton Garden on se fait un jeu de découvrir les fraudes qui.auparavant, faisaient le désespoir des experts.Les imitateurs de pierres précieuses sont, pour quelques-uns du moins, fort bien outillés et ils maquillent des pierres de valeur douteuse comme on maquille de vieux chevaux pour les vendre.Une épreuve au laboratoire de Hatton Garden et l'imitateur qui se croyait bien sûr pourtant de son coup, est envoyé en villégiature à l\u2019hôtel des mauvais garçons.Avant tous ces procédés, de nombreux faux diamants ont circulé dans le public, et il était à peu près impossible de les reconnaître.On les faisait de « strass », qui est un cristal de grande beauté, inventé par l'autrichien Strassner ; il est fait de pur quartz, de nitrate de potasse et de minium en poudre avec une petite addition de borax.Le tout est fondu au creuset et il en résulte un beau diamant quand c'est convenablement taillé.Aujourd'hui, c'est jeu d'enfant que de reconnaître cette imitation.Tout cela est bien joli, mais le jour où l\u2019on trouvera des appareils pour reconnaître, au premier examen les faux amis des vrais comme on reconnaît les diamants, le progrès de l'humanité aura fait un bon pas en avant. 6 LE SAMEDI Le Mari qu'il faut.Stéphane Grandal sourit dans sa barbe grise.Puis il alluma la courte pipe qu'il venait de méthodiquement préparer .\u2014 .Quel chic type tu fais, mon petit Roger, constata-t-il ensuite.Tu parles d'or.Positivement.Tu es un de ces trop rares garçons qui nous réconcilieraient presque avec ta génération de jeunes loups.\u2014 Bast ! Nous ne sommes pas des loups ! Ce n'est pas notre faute si 1 époque nous fait la vie si dure.S\u2019il nous faut toujours lutter et nous battre .f contre qui ?contre quoi ?on ne sait pas même.Beaucoup sont comme moi, allez .\u2014 Je ne crois pas .Stéphane Grandal était un vieil ami de la famille de Roger Dermilly.Il avait été très lié avec le père du jeune homme.Peintre de talent, il était de ceux à qui l'on découvre du génie un demi-siècle après leur mort.Du moins avait-il connu, déjà, un temps de certaine notoriété.La fortune, tard venue, n avait pourtant que mal policé sa nature bohème, décelée encore à travers la liberté joviale de ses propos et un généreux mépris de 1 élégance qui, d ailleurs, lui était une façon de coquetterie .Il aimait beaucoup Roger et se réjouissait de le voir aborder, avec quelque bonheur, la difficile carrière d'architecte-décorateur, qu'après son père il s\u2019était choisie .Retiré maintenant dans le Midi, non loin de Marseille, il ne faisait plus, à Paris, que de brefs séjours.Jamais, toutefois, il ne manquait de 1 avertir de son passage .Ce soir-là, ils avaient dîné ensemble et étaient venus, en flânant, se réfugier à la terrasse de l un des cafés de Montparnasse.C\u2019était le printemps.Il faisait doux .\u2014 Je ne sais pas s\u2019il y a tellement de garçons comme toi, Roger, répéta le peintre.Si j\u2019avais une fille, vois-tu.je me hâterais de te la donner.Positivement.Roger Dermilly ne put se défendre de rire : \u2014 Merci ! Mais le temps n\u2019est plus non plus, vous savez, où les parents disposaient ainsi de leur fille! Le ton léger sur lequel furent prononcées ces paroles sonna faux à l\u2019oreille sensible de Stéphane Grandal.Il eut, vers son jeune ami, un regard coule au bord des cils : ___ Tu dis ça .comme si tu regrettais ?__ Regretter ce temps féodal ?.Non.Tout de même.\u2014 Roger, mon petit, tu me caches une histoire de cœur ! \u2014 Amoureux ?\u2014\tTu as tort ! \u2014\tTort?\u2014\tDame ! Si la jeune fille ne t aime pas de retour .c\u2019est qu\u2019elle est sotte.\u2014\tOh !.non ! Elle est loin d\u2019être sotte, au contraire !\t\u201e _\t, .\t.-, \u2014\tAlors, elle ne sait pas ?Tu ne lui as pas dit?\u2014\tJe ne lui ai pas dit.Mais elle sait bien.Elle ne peut pas ne pas savoir.Seulement.Roger était devenu grave.Une expression d incertitude modelait ses traits jeunes et virils de beau garçon au teint hâlé, doré.Un voile de reve tamisait l\u2019éclat de ses yeux clairs frangés de cils bruns.Il fit la moue .\tj , t \u2014\tDis-moi ?proposa doucement Grandal.Je suis ton ami.\t,\t,\t.\u2014\tJe sais.Le seul, aussi bien, devant qui je puisse décemment parler de cela.C est une histoire si bête .\u2014 A ton âge, il n\u2019est pas d'histoire bête en amour.\u2014\tCelle-ci est stupide.Il est vrai que ce n est pas une histoire.J'ai connu un monsieur.Puis sa femme.Tout de suite, ils se sont toques de moi.Peu de temps après, ils m\u2019ont présente a leur hile.Je me suis toqué de la fille .C est tout.\u2014\tTu as le don du raccourci !\t, \u2014\tLe reste n\u2019est rien.Le monsieur s appelle Es-carra Sa femme aussi, naturellement.Je leur ai plu sans le faire exprès.En fait de don, il parait que j\u2019ai celui de plaire aux gens sérieux, aux gens .âgés.C'est la jeune fille qui a dit cela.Elle s appelle Mirène : Marie, en basque.\u2014\tMirène : Mireno, Mitcho, Micentcho .déclina le peintre.\u2014\tOui.Mais il ne faut pas appeler Mirène Mireno, ni Mirentcho.Elle se fâche.Cela ne lui va d'ailleurs pas.Rien de ce qui est diminutif, de ce qui fait « gentil », ne lui convient.Elle est grande, mince, brune, très fière, jolie .Je dis : jolie .non.Si je vous dis seulement qu'elle est jolie, vous ne pouvez pas comprendre.Belle, elle est.Et il faut répéter chaque fois : ses beaux cheveux, ses beaux yeux, son beau visage .Sa belle voix.Quand elle dit ! quand elle respire ! quand elle marche !.Le peintre hochait la tête.Clignant des yeux dans la fumée de sa pipe, il imaginait fort bien la jeune fille.Une de ces Basquaises si belles, quand elles sont belles.Pétries d'une sorte d\u2019ambre blême, avec une carnation de magnolia sous des boucles bleues.Et cette noblesse d\u2019allure, ce port de la tête et du buste, que leur ont gagnés leurs aïeules à coltiner la lourde hérade d'eau fraîche .\u2014\t.Avec ça très gaie, pleine d allant, poursuivait Roger.Parée de tous les charmes ! \u2014 Hum ! sourit Grandal.Tu es très épris, je vois ! \u2014 Je ne sais pas, je ne sais plus.Par moment, je crois que je la déteste.\u2014 C\u2019est bien cela.Et .elle te déteste, elle aussi ?\u2014 Ah ! non.Ce serait trop beau ! \u2014 J'allais le dire.Alors ?\u2014 Alors, mon bon Grandal, savez-vous ?Il y a que je ne déplais pas à Mirène.J'en suis sûr.Voyez, je dis comme je pense.Il lui plaît que je sois grand, bien bâti.Que je sois brun, avec des yeux clairs.« Des yeux de fille, dit-elle.Ah ! si j\u2019avais des yeux pareils ! »Elle trouve que je suis décoratif, distingué .\u2014 Bref, elle aime ton genre de beauté.\u2014\tVoilà.\u2014 C'est une preuve de goût.\u2014 Je vous l\u2019accorde.Le malheur, c est que.dans le secret de son cœur, elle pense : « Quel dommage que ce garçon soit si parfaitement stupide !.» \u2014 Stupide ?\u2014 Hélas ! et elle n\u2019a pas tort ! \u2014 Allons ! es-tu réellement devenu stupide ?Car, enfin, je t\u2019ai connu plutôt.autrement.Tu n\u2019as jamais manqué d\u2019un certain toupet.\u2014 Il paraît.Eh bien ! mon cher, non ! Avec Mirène, c\u2019est à refaire.Je suis d'une maladresse .Et cela dure depuis six mois ! \u2014 Diable ! Tu as eu le temps de te ressaisir ! \u2014 Bah ! Dès la première fois, cela m\u2019a fait ça C\u2019était chez des parents, un après-midi.\u2014 Atttends ! coupa le peintre, en riant.Il est tard.Parle-moi plutôt de la fois dernière .\u2014 Oh ! là, alors .ce fut presque la catastrophe ! \u2014 Non?\u2014 Il me faut d'abord vous dire que Mirène et moi avons quand même fini par devenir de bons camarades.Ne faites pas : « Ah ! » des yeux.Cela n'engage personne.Mirène a énormément de bons camarades.Je fais partie de la bande à titre honoraire.Honoraire, parce que, n'est-ce pas, je ne dispose, malheureusement, pas de tout mon temps.Je me donne bien toutes les occasions possibles de la rencontrer çà et là au tennis, à la piscine, chez des amis et chez elle-même, où je dîne assez fréquemment, étant, par ailleurs, en relations suivies avec son père.Mais cela ne totalise pas beaucoup de fois .« A plusieurs reprises, pourtant, j'ai eu la bonne fortune de quitter le Club seul, avec elle.C\u2019est au Bois : nous rentrions à pied.Ou, encore, elle a consenti à venir avec moi à quelques expositions de peinture que je lui avais signalées .« Chaque fois, j'espérais un miracle.Un tout petit miracle : seulement piquer un peu son intérêt, lui laisser, de nos courts tête-à-tête, un souvenir différent de la foule de ses souvenirs de tous les jours .Et puis, non.J'étais là, chaque fois plus stupide que jamais.Devant Mirène, mon bon Gran- œm dal, c'est .c'est fou : j'ai la tête vide, l\u2019esprit en déroute.En dansant, je lui marche sur les pieds ; au tennis, j'ai comme un trou dans ma raquette.Quand je suis seul avec elle, hormis les pires banalités, je ne trouve rien plus à dire .\u2014\tHum ! Il est des silences, tu sais, qui en disent long aux filles.Positivement.\u2014\tIl en est d'autres qui prennent des allures de désastres.Je sens très bien cela.Je fais des efforts désespérés pour trouver un sujet de conversation qui tienne.Mais, dès les premiers mots, c\u2019est à recommencer.Le pire est que Mirène fait ce qu'elle peut pour m\u2019aider.Elle y met de la bonne volonté.Seulement, quand c\u2019est elle qui me tend la perche, je demeure aussi sec.Alors, elle se résigne.Elle a un certain balancement du pas que je lui connais et que je prenais moi-même lors de ces promenades si fastidieuses que je faisais, naguère, avec 28 janvier 1939 7 wrr « mk m m ?!< v*] vËSÊêêfà ' \u2022 i ' >>\t, mon oncle.Ou elle fredonne.Moi, je m'énerve.J'ai de soudaines envies de la planter là.De sorte que nous nous quittons toujours un peu « de travers », confusément fâchés.C est ridicule ! Le peintre écoutait son jeune ami avec une douce malice en son regard, à l'abri de ses épais sourcils.Ah ! jeunesse ! heureuse jeunesse ! \u2014 C'est charmant ! assura-t-il.Positivement.Tu imagines bien que cette jeune fille te voit venir.Elle est habituée, sans doute, à de plus turbulents garçons.Mais ils ne lui sont que des camarades.Ne te répète pas sans cesse qu'elle te juge ridicule.Une fille n'est jamais si sotte.Dis-moi qu elle fait très bien la part de ton embarras, qui la natte, au fond.Crois-moi.Si tu 1 ennuyais tellement, accepterait-elle de te voir ainsi en marge des autres .d'aller voir, avec toi.des tableaux qui ne 1 amusent que médiocrement, je pense ?.Simone écoutait, ineompréhensive, incertaine de vivre ou de rêver, heureuse de la présence de Roger.Par CLAUDE BRESSAC \u2014\tElle dit que je la repose .\u2014\tEh bien ! tu vois ! ,\u2014, Je vois que je n ai pas la vocation d un repo-soir ! Et puis, que cela va finir mal, un jour qu au lieu de me taire .je parlerai trop ! \u2014\tPeut-être ne souhaite-t-elle que cela ! Mais tu parlais de catastrophe, tout à 1 heure ?\u2014\tAh! oui, pour Pâques.Je ne lai pas revue depuis .Ses parents possèdent une propriété a Soucy, figurez-vous.A 1 occasion des fêtes de a ques, ils ayaient projeté de réunir, là-bas, toute une bande d\u2019invités, et cela promettait d etre très qai.J'en étais.Inutile de vous dire que je comptais beaucoup sur cette semaine de liberté pour favoriser mes petites affaires .\tD «Or, deux jours avant, et alors que les ttscarra étaient déjà partis, voilà mon client de Saint-Jean-de-Luz ¦\u2014 vous savez, le gros financier .\u2014 qui me chicane les maquettes de sa villa, sous prétexte que sa femme n'aime pas le vert dans 1 ameublement.Comme si elle n aurait pas pu dire ça plus tôt ! C était, pour moi, tous mes décors à changer, ma tonalité d\u2019ensemble à modifier, chaque maquette à reprendre.Pour comble, mes gens devaient embarquer pour l'Amérique, d où 1 obligation de téléphoner à Soucy pour m'excuser, et de passer mes fêtes à travailler .\u2014 Oh ! mauvais, cela ! ___ Très mauvais.Mais je ne pouvais absolument pas faire autrement.Au téléphone, M.Escarra a d'ailleurs très bien compris, mais Mirène s est montrée très fâchée.Elle a dit que j étais un garçon impossible.A la suite de quoi, comme si quelqu un auprès d'elle lui reprochait son attitude, elle a changé de ton pour assurer « que cela n'avait aucune espèce d\u2019importance ! » Ici, Grandal pouffa.Il pensait, à part soi qu a l'âge de Roger il eût renoncé au travail de b.M.la reine d'Angleterre en personne, plutôt que de manquer un déjeuner sur 1 herbe avec 1 objet de ses amours du moment.Positivement ! Mais il ne dit pas cela.Le grand enfant qu il était resté admirait, naïvement, la foncière sagesse de son cadet .Il observa : ,\u2014Ç\u2019a été une grosse déception pour elle, parbleu ! \u2014 Je n'ose pas l'espérer, repartit le jeune homme.Naturellement, j'ai envoyé, là-bas, un tombereau de fleurs.En échange, j'ai reçu un mot charmant de Mme Escarra.Aussi, une carte postale dont le verso s\u2019ornait des signatures de tous les hôtes de la maison .\u2014 Il ne sont pas rentrés encore ?\u2014 Non.M.Escarra, seulement.J'ai déjeuné une fois avec lui.U m'a dit que tout le monde, et Mirène en particulier, avait déploré mon absence.Mais lui, je ne peux pas le croire.Il m aime trop ! Lin long moment encore les deux hommes poursuivirent leur cordial entretien.11 arriva, d'ailleurs, qu'à tant parler de la jeune fille Roger Dermilly, tout à coup, se sentit gêné.Grandal, certes, lui était un ami.le plus sûr et le plus compréhensif, mais il lui semblait trahir là un secret qui n'était pas absolument le sien.Encore n'était-ce pas cela.Mais les mots mêmes auxquels il était obligé de recourir pour évoquer Mirène desservaient sa pensée.Ces mots avaient un sens précis, défini, et le sentiment qu'il éprouvait n en avait point.Quand il se disait, dans le secret de son cœur : « J\u2019aime Mirène Escarra », il savait exactement ce qu'il voulait dire.La même phrase pronem-cée devant Stéphane Grandal résonnait autrement.Le peintre pouvait croire que c était tout simple, et ce n'était pas si simple .\u2014 Le mieux, conclut pourtant Grandal qui ne s y trompait pas, le mieux, vois-tu, serait que tu t arranges à passer les vacances dans le même endroit que ta jeune fille.Là, au moins, on se voit plus souvent, plus librement.On a tout le temps de se regarder vivre et de s'apprendre .\u2014 Peut-être ! soupira Roger.Mais cela non plus n'est plus possible.Je suis obligé d aller à Saint-Jean-de-Luz, vous le savez.Il me paraît bien improbable que le caprice de Mirène mène, cette année, les Escarra précisément par là .« Je prévois qu'au contraire Mirène va m annoncer, un jour, qu'elle passe l\u2019été à La Baule, ou en Bretagne, ou sur la Côte d'Azurr Et je aeyai encore dire que moi, je suis obligé d aller a oaint-Jean-de-Luz.Alors, je serai, cette fois, un garçon définitivement « impossible ».Le peintre hocha la tête : \u2014\tQui sait?fit-il.En amour, c est comme en médecine : il faut toujours compter avec les miracles !\t.\u2014\tOuais ! Aussi avec les accidents .Il Piix jours avaient passé lorsque, par un clair matin, L' comme il venait d\u2019achever sa toilette, Roger Dermilly eut la surprise de s\u2019entendre appeler par Mirène au téléphone, La jeune fille était depuis la veille à Paris : \u2014\tJe serais contente de vous voir, dit-elle.Mais c'est, sans doute, trop demander ?Vous avez un travail fou ?.\t, .D'un regard désespéré, Roger embrassa sa table encombrée dépures et la grande feuille blanche qui durant la nuit avait séché, maintenant bien tendue sur la planche que soutenait le chevalet._ N , .non, assura-t-il avec un beau courage.Au contraire ! Je me proposais d aller faire un tour ___ Oh ! fit la voix joyeuse de Mirène au bout du fil.Alors, voulez-vous : 10 heures à Dauphine ?Ce n'était pas croyable, mais c était vrai, et quand, à dix heures moins dix, au volant de sa petite voiture, Roger arriva sur le lieu du rendez-vous, déjà Mirène était là qui 1 attendait, sa mince silhouette se détachant sur le gazon des pelouses Mirène Escarra avait vingt-deux ans.Elle était vraiment aussi jolie, aussi belle qu avait dit Roger à son vieil ami le peintre.Un soin extrême semblait avoir été apporté à la perfection de cette créature au charme direct et sûr.Ses cheveux, bleus à force d'être noirs, bouclaient de façon amusante, en harmonie absolue avec sa petite tête fine, à 1 ossature précise.Un feu clair habitait la nuit chaude de ses yeux.Pour le reste, elle paraissait une statuette de marbre, par magie animée, à peine plus colorée, pas moins pure de lignes .Du plus loin qu'il l'aperçut, Roger Dermilly avait senti son cœur se serrer.A Mirène, il devrait d'avoir découvert qu'il existe aussi de l'angoisse dans le bonheur .La jeune fille, pourtant, l'accueillit avec une joie franche, riant des yeux et des lèvres, sa main loyalement tendue.Elle était sans rancune après l'incident dernier.Sans malice.\u2014 Mais je vous en ai voulu, j'avoue ! \u2014 Ce n'a pas été ma faute, Mirène.Vous pensez bien que j\u2019aurais préféré, de beaucoup, être parmi vous .auprès de vous .,\u2014, Oui.Papa m a assuré qu il fallait vous excuser .Ils avaient abandonné la voiture et marchaient, coude à coude, d'un même pas rythmé.Le soleil prêtait des tons d\u2019aquarelles aux frondaisons neuves.Un gai ramage animait le silence relatif des sentiers.Une odeur de noisette irisait 1 air léger Grand, large d'épaules, d'allure aisée, Roger Der-milly était le digne partenaire de la belle jeune fille.Dans cette atmosphère printanière qui poétisait le cadre usé du Bois, leur couple semblait l'image même de 1 Amour en chemin .\u2014\t.Avez-vous, du moins, bien travaillé ?reprit Mirène .\u2014 Oui, très.Mais j\u2019ai aussi pensé à vous .Et vous, vous êtes-vous bien amusée ?\u2014 Oui, très.Et j\u2019ai pensé à vous.,\u2014 C'est gentil.\u2014 Ça .peut-être pas ?\u2014 Oh ! si ! Auriez-vous seulement pensé que j'étais un « garçon impossible », que ce serait déjà très gentil.\u2014 Je n\u2019ai pas pensé non plus que vous étiez un garçon absolument impossible, Roger, (Lire la suite page 13) 8 LE SAMEDI :£ ¦ % ¦/ % fel -V.' ~ 9 'i/T aBÉafr il ftp#* *tj~ 'ÏÏSSÊ5& Jacques et Henry exprimaient leurs idées sur les femmes.Ne Jurons de Rien \"l a brune est infiniment plus piquante, dit Henry.Rien n\u2019est plus alléchant comme le ton chaud de sa chair, de ses cheveux.Et ses yeux sombres ! Quels aimants ! Quel mystère ! Il suffit qu elle passe pour, qu\u2019aussitôt, sur son chemin, naisse le désir.La brune est entreprenante, spirituelle, prompte à la réplique.Son énergie, presque virile, en fait une compagne chez laquelle l\u2019homme peut souvent puiser du courage.Elle est ardente, aimante et passionnée.Bref, mon choix est fait, je le jure : c\u2019est une brune seule que je prendrai pour femme.» \u2014 Et moi, fit Jacques, je ne sais rien de plus beau, de plus délicieux qu\u2019une blonde.Elle est la douceur, la grâce et la poésie.Le lys est sur son front ; le ciel est dans ses yeux.Elle est l\u2019essence, l\u2019expression même de la femme, car passive et délicate, elle est vraiment le contraste de l\u2019homme.Ne citais-tu pas, avec raison, l\u2019énergie virile de la brune ?C\u2019est ce qui, précisément, me rebute chez elle.Que les choses viriles soient recherchées par la femme, rien de mieux, c\u2019est dans l\u2019ordre ; mais que des hommes s'en accommodent, autant rester célibataire .J ai ma force ; que la blonde m'apporte sa faiblesse : ainsi nous ferons un tout idéal.Voilà pourquoi, je le jure, je n\u2019épouserai jamais qu'une blonde ! Ainsi parlaient les brigadiers Jacques et Henry, en achevant leur dîner à la cantine du quartier Du-pleix, à Paris, où ils faisaient leur temps de service et où ils étaient de corvée ce soir-là.Jacques était brun, mince, épris d\u2019art, d'un naturel mélancolique.Henry était blond, solide, enragé de sport et bruyamment heureux.?Deux ans plus tard, Jacques et Henry passaient ensemble leurs vacances sur une plage calme de la par JEAN PARYS \u2022 Manche où leurs parents possédaient deux chalets jumeaux.Jacques était maintenant rédacteur aux beaux-arts ; Henry était placier en vins.Tous deux s'étaient frayé un chemin transitoire, où pût s'affirmer leur nature, sur les pentes abruptes de la vie.Un matin, Jacques et Henry virent sortir d\u2019une villa voisine deux jeunes filles en costume de bain.Elles leur jetèrent un regard malicieux et s\u2019enfuirent en riant vers la plage.\u2014\tTiens, tiens ! voilà qui n\u2019est pas mal, remarqua Jacques.\u2014\tSuivons-les, proposa Henry.Elles étaient ravissantes, naturellement.Mais un diable de bonnet en caoutchouc dissimulait complètement leurs cheveux.La peau, déjà brunie par le soleil, était identique.\u2014\tPourtant, quelque chose me dit que celle-ci est la brune, dit Henry.\u2014\tEt moi, je parierais que celle-là est la blonde, fit Jacques.Ils avaient tous deux raison.Aussi, en rentrant déjeuner, après avoir obtenu chacun un rendez-vous, sc faisaient-ils à soi-même des congratulations : \u2014\tNe t\u2019avais-je pas dit que, seule, la brune émettait des effluves que le commun ne perçoit pas ?\u2014\tN\u2019assurais-je pas qu\u2019une auréole, invisible pour le vulgaire, nimbait seul le front de la blonde ?\u2014\tElle s'appelle Gisèle, confessa Henry.\u2014\tLine est son petit nom, roucoula Jacques.Puis, un jour, la fin des vacances vint mettre un terme aux deux idylles.Les quatre jeunes gens, pour tout dire, n'en furent pas fâchés.Leurs natures, de part et d autre, ne s'harmonisaient guère et c'est seulement par politesse qu'ils poursuivaient depuis un mois ce grand amour .qui n\u2019était qu\u2019un néché d orgueil.Aussi bien, par la suite, eurent-ils garde de rien s avouer.Quand la conversation amenait Henry et Jacques sur ce sujet embarrassant, ils éludaient l'explication :\t-if \u2014\tGisèle m\u2019écrit de temps en temps, disait Henry.\u2014\tEt Line aussi, répondait Jacques.?Moins de dix-huit mois après, au cours de l'hiver, Jacques fut assez heureux pour accompagner, en qualité d attaché, le ministre des Beaux-Arts à Nice.Ils y étaient conviés pour une réception officielle.C\u2019était précisément le carnaval.Jacques fut de tout : des corsi, des batailles fleuries.Un soir, au bal masqué du Casino, il noua connaissance avec un charmant domino, auprès duquel il s\u2019était senti plus particulièrement attiré.La musique, la gaîté.If fleurs.1 ivresse du dedans, la féerie magique du dehors, tout contribua à faire de ce flirt une intrique bientôt passionnée que corsait encore une conversation assez piquante, consistant en la promesse mutuelle de ne se démasquer qu'à la fin du Carnaval.« Si l abeille est faite pour la fleur, si le cœur est fait pour lamour, cette créature est faite pour moi.Il me semble l avoir toujours aimée.Jusqu à sa voix qui ne m est point inconnue», écrivait Jacques à Henry-\t(Lire la suite page 17) 28 janvier 1939 9 L'Actualité à Travers le Monde CE QUE VEUT HITLER Le chancelier et dictateur allemand prétend dominer sur tous les Allemands de l'Europe et même sur ceux des deux Amériques.Les journaux ont parlé, ces jours-ci, d\u2019une Ligue national-socialiste qui dirigera l'éducation physique des Allemands disséminés à travers le monde.C\u2019est là une étape vers la domination politique tous ces « exilés ».Exilés volontaires, d\u2019ailleurs, et dont la plupart ne tiennent pas du tout à retourner dans leur mère-patrie.Combien y a-t-il d'Allemands en Europe, en dehors de l'Allemagne ?Après enquête, on a donné les chiffres suivants, qui donnent un total de 8,300,000.On compte donc des Allemands dans les pays suivants : Suisse \t\t.\t.\t.3,000,000 France \t\t\t 1.700,000 Luxembourg .\t\t 290,000 Belgique\t\t.\t125,000 Danemark\t\t 60,000 Yougoslavie\t\t 700,000 Hongrie\t\t600,000 Tyrol italien\t\t 250,000 Pologne .\t\t 1,000,000 Lithuanie\t\t\t 120,000 Dantzig\t\t.\t400,000 Latvie \t\t\t 70,000 Il faut ajouter que bon nombre de ces Allemands ne le sont que par la langue, tels les Alsaciens.Les cantons de la Suisse allemande sont si effrayés de la propagande naziste qu'ils songent même à abolir la langue allemande dans leurs écoles ; ils adopteraient le « Switzerdutch », dialecte autrefois parlé par les Alemans, tribu germanique des bords du Rhin.LES FLOTTES AERIENNES Les avions et les aviateurs allemands sont nettement supérieurs à ceux des autres pays européens.\u2014 L'opinion de Paul Johnston, directeur de la revue américaine \" Aviation \".Le directeur d\u2019une grande revue américaine d'aéronautique.M.Paul Johnston, est de retour d'un voyage en Europe.Il a visité les usines d aviation des grands pays, sauf, bien entendu, de la Russie.M.Johnston affirme que l'Allemagne produit actuellement de -100 à 500 avions par mois ! Les appareils de ce pays, surtout ceux des usines d\u2019Oranien-burg, près de Berlin, sont les plus perfectionnés, les plus efficaces.Il a constaté que l'Allemagne, merveilleusement outillée, pourrait produire encore davantage.La seule manufacture d'Oranienburg sortira, si nécessaire, 40 grands appareils par se-maine.En Italie, la production des avions atteint 200 par mois.L'avionnerie italienne ne pourra jamais égaler celle de l'Allemagne, mais elle produit suffisamment pour les besoins civils et militaires et pour les réserves.L'Angleterre a fait de grands progrès depuis trois ans.Sa flotte aérienne est encore de beaucoup inférieure à celle de plusieurs pays.Toutefois, on estime à 1,500 les avions sortis des usines de la Gran- EDOUARD DALADIER, l'homme qui doit tenir tête, avec ses 42,000.000 de Français, aux 78,000,000 d'Allemands et aux 50.000.000 d'Italiens animés d'un seul désir : humilier la France.Fils de ses œuvres, Daladier est un ancien professeur d'histoire à un grand lycée de Paris.Il s'est battu vaillamment pendant la Grande Guerre.Vainqueur du Front Populaire, il s'efforce de racheter les fautes commises par Blum et les communistes.Son récent voyage en Corse et en Tunisie a raffermi les liens qui unissent la métropole à son empire colonial.Daladier, premier ministre de France, est un homme très simple qui roule lui-même ses cigarettes.Les événements vont si vite en France que nous espérons bien qu'il sera encore à la tête du gouvernement quand paraîtra ce numéro du \"Samedi\".\t(Photo LIFE) par le Globe-Trotter ( Spécial au \"Samedi \" I de Bretagne.M.Johnston prévoit 5,000 nouveaux appareils pour 1939 ; les crédits pour cet item étant passé de $100,000,000 à $600,000,000.La France est nettement déficitaire en matière d aviation.La nationalisation des avionneries, les troubles ouvriers, l'instabilité de la politique, tout cela retarde la production, laquelle n'atteint que 75 avions par mois.Quant à la Russie, elle reste, en avions comme en autre chose, un mystère impénétrable.Aucun étranger ne peut visiter les usines, ni les terrains d'exercices.M.Johnston n'a pu obtenir que des chiffres très approximatifs, se basant sur les rapports des exportateurs américains et sur le témoignage (bien douteux) de quelques chefs militaires soviétiques .Que fera-t-on de ces énormes flottiles aériennes ?Une déclaration de guerre en Europe équivaudrait à un arrêt de mort pour une grande partie des populations civiles.Avenir réjouissant pour ces pauvres Européens, et qui ne peut que nous faire mieux goûter le bonheur relatif que nous avons au Canada.C\u2019est sans doute pour cela que tant de gens veulent nous envoyer des milliers (et même des millions) d'émigrants plus ou moins désirables.Croit-on, en certains milieux, que le Canada est une poubelle ?\u2022 SCANDALES FINANCIERS L'affaire Pathé, en France, est un des grands scandales financiers de ces dernières années.Si les gouvernements, au Canada et ailleurs, faisaient tout leur devoir, qui est de protéger 1 intérêt public, nous verrions de grands seigneurs de la finance endosser la livrée du forçat.Mais cette ère de justice n'est pas près d'arriver ! En attendant, de bruyants scandales financiers éclatent de temps à autre, bien vite atténués dès que certaines puissances politiques se sentent me- nacées.Mais le public en apprend suffisamment pour deviner une partie des spéculations formidables qui se font à son détriment.L'affaire Pathé, qui vient de surgir en France, aura peut-être de grandes répercussions.On devrait plus justement dire Affaire Natan.Bernard Natan \u2014 de son vrai nom Tanenzapf \u2014 est un juif roumain émigré en France où, grâce à son audace, il fit rapidement fortune.Ses transactions plus ou moins légales attirèrent maintes fois l'attention de la Justice ; mais ses influences politiques le mirent à l'abri de sanctions trop rigoureuses.Il possède en effet à Paris un véritable château avec serviteurs en livrée, où il donne de fastueuses réceptions le plus souvent honorées de quelques ministres et de plusieurs députés.Par une série de manipulations et de faux papiers, il réussit à prendre le contrôle de la compagnie cinématographique Pathé.Il présenta aux actionnaires de faux contrats et, comme la chose s\u2019est souvent produite à l'étranger, il incorpora des capitaux fictifs.En 1935.la compagnie Pathé tomba en faillite ; 1 enquête judiciaire révéla un système très compliqué de compagnies subsidiaires.On a trouvé que cette vaste combine groupait des capitaux pour plus de $30.000,000.Ce collègue des fameux Musica des Etats-Unis se tirera sans doute encore de ces nouveaux embarras.A moins que l'opinion publique suffisamment avertie force la Justice à nettoyer la maison.Dans une prochaine chronique, je parlerai de ce sujet toujours nouveau et tou'ours actuel : les grands scandales financiers.Il faudrait aussi dire un mot des scandales financiers qui sont encore tenus secrets ; mais c'est là un sujet trop périlleux.Pour cette semaine, je me contenterai de rappeler le fameux scandale des décorations qui éclata en France en 1886 ; le gendre du président de la République française vendait au plus offrant la Légion d'honneur et autres décorations ; pour sauver sa réputation le Président Grévy dut démissionner.Signalons encore le scandale du canal de Panama, en 1892, dans lequel furent impliqués de nombreux députés et plusieurs ministres.Et en 1934.l\u2019affaire Stavisky faillit causer la chute de la République ; cette fois encore, trop de personnages politiques et francs-maçons étaient compromis pour que l'on permît de mettre au grand jour toute la vérité.\u2022mm LE SAMEDI iML-.j Une mode historique, perfectionnée et simplifiée par des méthodes modernes.__ La guimpe de nos religieuses est inspirée d'une ancienne coiffure que portaient les femmes du moyen-âge Les Guimpes de nos Religieuses par J.F.ROBITAILLE En contribuant depuis des siècles à la civilisation des peuples, en inspirant à ses missionnaires le zèle fécond qui les a lancés à la conquête spirituelle de mondes nouveaux, la religion a joué un rôle important dans le développement des connaissances et le progrès de l'humanité.Elle a aidé la science.Par un heureux retour des choses, la science l'aide à son tour.Il n'est maintenant jusqu\u2019au cloître où la chimie industrielle ne pénètre pour mieux servir en simplifiant un symbole millénaire : la guimpe.est sous Charles VII que le monachisme chrétien a trouvé son épanouissement.C'est aussi à cette époque reculée que les femmes portaient une coiffure en forme de guimpe composée de deux pièces : la barbfette, qui couvrait le cou et le menton, et le couvre-chef.Les siècles ont passé, imposant une longue évolution au costume féminin.Puis, un beau jour, à Paris, la guimpe céda au chapeau.En Bretagne, au Poitou, en Normandie, les paysannes adoptèrent finalement la même mode, achevant au point de vue vestimentaire l'émancipation entreprise par la Révolution.aïs les religieuses, elles, continuent de porter la guimpe.De nouvelles communautés se sont créées en Nouvelle-France, qui ont perpétué cette tradition.Depuis la fondation de Montréal, la guimpe continuait d\u2019être, selon Larousse, une « pièce de toile blanche encadrant le visage et retombant sur le cou et la poitrine ».Au milieu du siècle dernier, les religieuses commencèrent à empeser les guimpes et les cornettes.Mais la toile, fréquemment soumise au lavage et à l\u2019amidonnage, devait être souvent remplacée .Cette nécessité imposait un travail incessant et des frais onéreux et la situation ne serait sans doute pas modifiée sans laide apportée par la chimie industrielle.LJ N produit de conversion nommé « Pyralin » sert à la fabrication de toute une série d\u2019objets de luxe et de nécessité.C\u2019est avec cette même substance qu on eut l\u2019idée de confectionner des guimpes.L\u2019expérience réussit à merveille et ces guimpes font maintenant partie du costume de maintes congrégations.C3haQue communauté impose le port d une guimpe ou d\u2019une cornette selon le modèle choisi par sa fondatrice.Le procédé de Brownsburg remplace les guimpes de toile par du coton incorporé à deux feuilles de « Pyralin » sur lesqulles on applique un fini toile.Ce matériel, taillé d\u2019après le patron particulier de chaque communauté, se nettoie très facilement et ne requiert aucun amidonnage, grâce à la consistance de la plastique utilisée.Les guimpes gardent constamment la même forme et le même fini.Elles coûtent aussi moins cher que les guimpes de toile, du fait de leur longue durée.L industrie moderne leur fait prendre contact avec le siècle.(C-l-L OVAL, reçue des Canadian Industries Limited) DANS LE MONDE SPORTIF LA PLUS GROSSE BOURSE A GENE TUNNEY Gene Tunney, lorsqu'il défendit son titre de champion contre Jack Dempsey, le H septembre 1927, à Chicago, est le boxeur qui reçut la plus grosse bourse pour un combat, soit $990,445 pour 10 rondes, puis une somme de $25,000 d'une compagnie de cinéma ayant filmé la bataille du siècle.Jack Dempsey vient au second rang sous ce rapport avec une bourse de $711,868, plus $25,000 d'une compagnie cinématographique, lors de son premier combat contre Gene Tunney, le 23 septembre 1926, à Philadelphie.A ce match, Jack Dempsey perdit une décision de 10 rondes et le championnat mondial aux poings de Gene Tunney.HIER-AUJOURD'HUI Vous avez remarqué, sans doute, que les boxeurs champions d\u2019aujourd'hui -\u2014 à 1 exception de Joe Louis, imbattable pour les prochaines six années, croyons-nous -\u2014- durent moins longtemps que ceux d\u2019autrefois.Depuis 1926, les champions_ se succèdent, ne conservant leur suprématie qu un an ou deux.Cet état de choses a une explication bien simple.Il y a 20 ans, les boxeurs ne changeaient guère leur manière de vivre, une fois champions.Ils continuaient de s\u2019entraîner, de vivre dans leur milieu.S\u2019ils se permettaient de temps à autre des écarts de conduite, vite leurs gérants les rappelaient à la raison ou, si vous le voulez, aux réalités de l'entraînement, si dur fût-il.Depuis 10 ou 12 ans, les boxeurs qui deviennent champions \u2014 Joe Louis excepté, toujours \u2014 après quelques semaines de repos, se frottent les mains et attendent des contrats de Hollywood, dansant fréquemment dans les cabarets de nuit jusqu'à des heures fort avancées, achètent des restaurants et des parts de mines, etc., etc.Cela ne donne pas les forces nécessaires pour un prochain combat important.Ainsi, il est facile à un boxeur aspirant, rempli d'énergie, de remporter un succès sur un champion dont le feu sacré s\u2019envole au vent.\u2022 LE PLUS VIEUX REPORTAGE D'UN COMBAT DE BOXE Ces jours derniers, en nettoyant certains vitraux, orgueil de la Cathédrale de Canterbury, Angleterre, on a découvert deux panneaux dépeignant un combat de boxe qui se disputait au douzième siècle.Ces gravures illustrent un miracle dont parle Benedict, l'un des fameux rédacteurs du temps.Lisons ce compte-rendu, le plus vieux reportage d'un combat de boxe : « Un tribunal, conte-t-il, avait ordonné un combat singulier entre un homme grand et fort, un poids lourd, et un autre, faible et de taille réduite, un poids mouche sans doute.Le combat était à peine commencé que le poids lourd s empara de son adversaire, le souleva comme une plume et le bran-dit au-dessus de sa tête dans 1 intention bien déterminée de l\u2019écraser au sol.« C\u2019est alors que le poids mouche eut 1 idee de recommander son âme à Dieu, et murmura précipitamment : « Saint Thomas, viens à mon secours! » car, ajoute Benedict, le danger était grand et le temps pour prier était court.« Mais saint Thomas dut faire diligence, car on vit soudain le poids lourd s'écrouler comme ter-rassé par une « droite » invisible, pendant que le petit homme se relevait et saluait la foule.» Cette année, vu la popularité sans cesse grandissante du sport du ski.près de 120,000 skieurs et skieuses sillonneront les superbes Laurentides, humeront l'air à pleins poumons, referont leurs forces dans un décor enchanteur.Il a été constaté que les peuples, qui adhèrent à ce sport, jouissent d'une robuste santé.Sur cette photo, l'on voit deux sportsmen montréalais s'en donnant à coeur joie, au cours d'une belle descente au Mont Long Garon, près de Ste-Adèle.Si vous voulez faire de la vitesse en skis sur la neige sèche, enduisez vos skis d\u2019un corps gras quelconque, un vernis spécial.Vous y glisserez remarquablement.Sur la neige molle, qui mouille, enduisez vos skis, combinez un fard avec du vernis et de la mine de plomb, un produit minéral qui a un toucher onctueux et gras.Il ne faut jamais poser un ski spatule en haut, contre le mur.Il faut, au contraire, l'essuyer méticuleusement et le placer spatule en bas, afin que I humidité s écoulé par la pointe.\t(Photo C.P.R.) par OSCAR MAJOR SAVAIT-ON QUE.Bob Fizsimmons, ancien champion mondial des boxeurs poids lourds, conserva le titre de champion du monde durant 16 ans, 11 mois et 6 jours.Il remporta le titre des poids moyens le 14 janvier 1891 et le conserva.Il gagna le championnat des poids lourds le 17 mars 1897 et le perdit en 1899.Après avoir gagné le titre des mi-lourds, le 25 novembre 1903, il se retira de l'arène le 20 décembre 1907, à l'âge de 45 ans.\u2022 Lors de la récente visite de Mlle Sonja Henie, la célèbre patineuse de fantaisie, plus de $70,000 furent versés au contrôle du Forum, en trois soirées.La gentille actrice norvégienne reçut $30,000.Comment cette fée de la glace arrive-t-elle à se tenir si gracieusement sur une jambe, presque sans mouvement, pour marquer ce ralenti du tango qu elle danse ?Le secret de Sonja Henie, c est la danse.A cinq ans, elle prenait déjà sa première leçon de danse, à Oslo, nous disait Pete Sanstol, l\u2019ancien merveilleux boxeur poids coq, l\u2019un de ses compatriotes.Ses parents l'obligèrent de perfectionner ses connaissances de la danse.« Aujourd'hui, dit-elle, je suis infiniment reconnaissante à mes parents.C'est grâce à mes pas de ballet que je suis arrivée à un équilibre parfait et à acquérir plus de puissance dans les jambes.La base du patinage de fantaisie, du patinage artistique avec ses tournants brusques, ses virevoltes, réside dans les jambes et dans l\u2019art de savoir faire des pointes.Voilà mon secret, a-t-elle ajouté, vous pouvez le divulguer, car c\u2019est le secret de Polichinelle, secret que tout le monde connaît.» \u2022 A Berlin, les piétons s\u2019obstinant à traverser les rues où ils ne doivent pas le faire sont condamnés à payer sur-le-champ aux agents de police une amende de 50 sous à $1.50.Si les piétons coupables répliquent par d'inutiles paroles, les agents, ne répondant même pas, les mènent au poste de police.L'automobiliste, ayant commis une faute, est prié de se ranger le long du trottoir.Alors, le policeman allemand dévisse les quatre valves et dégonfle les pneus.Le coupable en est quitte à regonfler à la pompe.(Pompe, mon vieux, Hitler la voulu !).La première fois que cette méthode des plus simples fut appliquée, les agents de police firent payer 1 amende à 1,761 piétons n'ayant pas observé les règles de la circulation.Ils dégonflèrent les pneus de 58 automobiles, 34 motocyclettes et 489 bicyclettes Une semaine plus tard, tout le monde est devenu sage comme une image !.En rendant grotesques les conducteurs d automobiles qui traversent une rue sous la lumière rouge et les motocyclistes qui font de la vitesse pour épater leurs « blondes », on se débarrasserait peut-être de plusieurs maniaques, à Montréal ! \u2022 Sur les terrains de football, en Italie, un arbitre dans l\u2019exercice de ses fonctions peut être gendarme ou agent de police.L'arbitre italien a donc le droit de mettre sous arrêt tout joueur récalcitrant ou tout spectateur turbulent, qui s'obstine à ne pas se retirer du stade après en avoir reçu l'ordre.Sommes-nous mûrs pour une pareille mesure, sur nos terrains de baseball et nos patinoires ?Elle a du bon, croyons-nous.6SBSSS- SSS»**®1 impf 12 LE SAMEDI Jeunesse et Beauté Robe de fillette, gr.5^ v.de 35\", V/s de 44\".2952 -10 *lA 2959 \u2014 Robe de fillette Pour un 8 : 3J4 v.de 35\" 39\" ou 3% v.de 54\t' Fermeture-éclair de 8 à 16.Pour v.de 39\" ou 15 cents.gr.6 à 14.ou 2% v.de ys v.de 35\"-39\"-7\".\t15 cents.Simplicity 2972 / Simplicity 2959 2969 \u2014 Robe du soir très élégante, gr.12 à 20.Pour un 16 : \\05/& v.de 35 , 9V, v.de 39\", 734 v.de 54\" ou 5% v.de 72\".\t25 cents- 2972 \u2014 Robe et boléro pour gr.12 à 20.Pour un 14 : 534 v.de 35\", 4|fi v.de 39\" ou 334 v.de 54\".34 v.de 35 -39 -54\" pour le ceinturon.34 v- de taffetas de 39\" ou d\u2019organdi de 44\".Fermeture-éclair de 9\".\t25 cents.Simplicity 2977 2977 \u2014 Robe d'une belle simplicité, gr.12 à 20.Pour un 14 : 4 v.de 39\" ou 2% v.de 54\".v.de canevas de 24\", de taffetas de 39\" ou d\u2019organdi de 44\".134 v- de ruban de 134\u201d- Fermeture-éclair de 9\".\t20 cents.Cl J U: ! //ft^ / simplicity 2969 Simplicity 2952 Si vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante Patrons du \" Samedi \u201d, Dominion Patterns, Ltd., 489 College St., Toronto, Ont. î 28 janvier 1939 13 LE MARI QU\u2019IL FAUT .AU PREMIER SYMPTÔME DE (Suite de la page 7) Ces paroles furent prononcées sur un ton singulier et qui alerta le jeune homme.Il allait le relever quand Mi-rène reprit tout à trac : \u2014 Roger .dites-moi ! cet été, vous devez aller à Saint-Jean-de-Luz, n'est-ce pas ?\u2014 Oui, pour mes affaires.Cette villa, toujours la même.Ça a l'air d'une farce, peut-être, mais c'est très important pour moi, Mirène.Mon client est un gros financier et qui contrôle plusieurs palaces.Si tout va bien, j'espère me voir confier la décoration nouvelle d'un grand hôtel de Nice .\u2014\u2022 Je sais.Papa m\u2019a raconté tout cela.Ce sont des affaires d hommes auxquelles je n\u2019entends rien.Mais .savez-vous que nous allons aussi à Saint-Jean-de-Luz ?\u2022\u2014 Vous ?\u2014 Mes parents et moi.Roger Dermilly rougit violemment.Il envisagea Mirène avec une stupeur comique : \u2014 Je .je ne savais pas, non.,\u2014 Ah ! alors, je vous annonce la nouvelle.Elle vous fait plaisir ?\u2014 C\u2019est-à-dire que .cela ressemble à un miracle ?Non ?\u2014 Oh ! Roger, vous croyez à ce genre de miracles ?\u2014 Je suis bien obligé .D'un geste spontané et assez peu dans sa manière, la jeune fille s\u2019empara du bras de Roger.,\u2014 Ecoutez .non.Nous devions aller cette année dans les Alpes, en Savoie.Brusquement, papa a décidé que nous irions à Saint-Jean-de-Luz.Ce n'est pas tout à fait un miracle.Vous vous en doutez bien ?insista Mirène .Tandis qu'il imaginait être rouge encore, Roger était devenu un peu pâle.Soudain mécontent, humilié.Il était clair, parbleu, que M.Escarra n'avait là voulu que le favoriser auprès de sa fille.Mais c'était trop maladroit.Mirène n\u2019était pas de celles qu'on manoeuvre si facilement.Elle n'était pas dupe et ne consentait pas même à paraître dupe.C'était pour le lui dire qu'elle avait voulu le voir dès ce matin.Et que pensait-elle, au juste, à présent ?Quel jeu jouait-elle ?Que devait-il faire et dire lui-même?.\u2014 Vous êtes fâché ?questionna doucement la jeune fille.\u2014 Je .je crois que oui, gronda Roger.Je regrette la décision de votre père.Si elle vous contrarie, sachez, du moins, que je n ai rien tenté pour la provoquer ! \u2014 Mais je sais bien, Roger, il ne manquerait plus que cela ! Pourtant, sachez vous-même que si d aller à Saint-Jean-de-Luz me contrariait tellement, j'aurais refusé.J étais parfaitement libre de refuser .Ne faites pas cette vilaine tête, voyons ! reprit Mirène.Qu'y a-t-il donc de cassé ?Vous devriez être très content, après tout, que j aille passer mes vacances auprès de vous ?\u2014 Je serais fou de joie s il m était permis de penser que vous 1 aviez désiré.Mais vous dites bien : ce n est pas un miracle ! \u2014 Bon.Ecoutez-moi, Roger.J ai beaucoup de défauts.Il en est un qu on me reproche souvent : c est ma franchise.Mon excès de franchise qui, paraît-il, me rend insociable.Le fait est que j'ai horreur de mentir, de tricher.J'aime les situations nettes.Il m'aurait déplu de vous laisser croire que j avais souhaité aller à Saint-Jean-de-Luz parce que vous y étiez.Mais je tiens assez à ce que vous sachiez que j'ai volontiers accepté d'y aller.\u2014 Bon ! repartit Roger, qui s'enhardit.Alors, je vais être net, moi aussi.\u2014 Oh ! Roger .pas trop ! -Ah! \u2014 Je veux dire que, pour moi, tout est maintenant suffisamment clair et net.\u2014 Croyez-vous ?\u2014 Mais oui.Je sais qu\u2019au fond vous êtes très content.Et puis, je sais aussi que mes parents verraient.notre mariage .éventuel, d'un très bon oeil.\u2014 M.Escarra vous a dit cela aussi ?« Ça alors, c\u2019est .c\u2019est le pavé de Tours ! \u2014 Pourquoi ?Papa n\u2019est pas un ours ! Il est très bon.Il vous aime beaucoup et il m\u2019adore.Seriez-vous si effrayé à l'idée de m\u2019épouser un jour ?\u2014 Et vous ?.\u2014 Oh ! moi .oui ! un peu.- Ah ! La jeune fille eut un petit rire léger : \u2014 Je ris, s\u2019excusa-t-elle .c'est nerveux, vous savez.Je dois vous paraître folle.Je ne devrais pas vous parler ainsi.Mais c'est mieux.N\u2019y voyez qu\u2019une preuve de confiance, Roger.Avec un autre, il est probable que je n\u2019oserais pas.Et il en résulterait, entre nous, un malaise .insupportable.Vous ne me jugez pas mal ?\u2014 Non, Mirène.A vous de ne pas me juger trop ridicule non plus.Autant que votre père, je pense, vous avez de longtemps compris .ce qu'il a deviné.Il est vrai, Mirène, que je .\u2014 Chut ! Ne dites rien encore, Roger ! Ce n\u2019est pas votre heure.C\u2019est la mienne.Vous me connaissez mal .J'ai l\u2019air extravagante, comme ça, mais, sur le mariage, j\u2019ai des petites idées très arrêtées.Je considère que le mariage \u2022\u2014 le mien \u2014 est une chose grave.Extrêmement grave.Je crois que je serais capable d'aimer un garçon à la folie et de peut-être refuser de l\u2019épouser .\u2014 Hum .Vous avez la folie lucide ! \u2014 Ce que je dis là est sans doute très sot.En vérité, je n\u2019ai jamais aimé à la folie.Ni passionnément, ni beaucoup, ni même un peu.Je n'ai jamais non plus parlé à quiconque comme je le fais en ce moment avec vous.Je suis un peu émue .Le simple aveu de la jeune fille si fière bouleversa Roger.Il avait la main gantée de Mirène sur sa main nue : il ne sut que la porter furtivement à ses lèvres .\u2014 Vous êtes si gentil, Roger, reprenait cependant la jeune fille.J\u2019ai infiniment de.sympathie pour vous.\u2014 Sympathie .seulement ?C\u2019est peu .\u2014 Cela dépend du prix qu'on y attache.\u2014 Alors c\u2019est beaucoup ! \u2014 Oui, monsieur.Mais voyez-vous je ne saurais pas épouser un garçon uniquement parce qu'il serait grand et brun, parce qu'il serait fort, et qu\u2019il aurait de beaux yeux de fille.\u2014 C\u2019est mon portrait ?.\u2014 Peut-être.Il ne me suffirait pas non plus qu'il ait énormément de talent et qu'un brillant avenir lui soit promis.C\u2019est toujours votre portrait.Roger .Ne rougissez pas.Vous êtes cousu de qualités.Vous êtes la perfection faite homme.Et c'est même ce qu'il y a d\u2019un peu effrayant en vous.Vous êtes beaucoup trop .MAL DE GORGE VITE-LISTERINE ! ÿ> - piïJh?96.7% des bactéries sont détruites -15 minutes après un gargarisme ! Il est prouvé que les usagers de VAntiseptique Listerine ont des rhumes moins fréquents et moins graves.Des millions de personnes le préfèrent aux remèdes internes trop violents.Des millions de personnes soignent maintenant le rhume comme une infection localisée plus virulente : c\u2019cst d\u2019ailleurs l\u2019avis de nombreux spécialistes.Elles emploient alors l\u2019Antiseptique Listerine qui \u2014 cela est prouvé \u2014 détruit pour plusieurs heures grand nombre de bactéries dangereuses.Des expériences de cliniques vous démontrent que cette méthode empêche la formation des rhumes \u2014 et s\u2019ils surviennent, elle les arrête.Elle remplace les remèdes internes virulents et nuisibles à l\u2019estomac.Sept années de recherches ont établi que ceux qui se gargarisent deux fois par jour avec l\u2019Antiseptique Listerine ont des rhumes moins fréquents et moins graves que ceux qui ne s\u2019en servent pas.Cela vaut d\u2019être noté.L\u2019Antiseptique Listerine a assurément donné de meilleurs résultats que toute autre méthode dans les expériences de cliniques.Voici, à notre avis, le secret d\u2019un tel suc- Oood Houaekeep l
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