Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 22 avril 1939
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Nouveau samedi
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (5)

Références

Le samedi, 1939-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" f 50e année, No 47 Montréal, 2^ avqj 19^9 I S ' Yoo C o rj GANAD LE MAGAZINE NATIONAL DES Qtl^h : , , , f\t1\t \t \t \t -\u2019¦te*- WAP^ P £ déxjcrrw^1 c/lUM/WA yr- Armoires et évier-armoire Kitchen Queen par Crane Limited.Centre: Linoléum incrusté marbré, No 8060.Bordure: Marboléum, Nos M/54 et M/49.Linoléum m&mdPeXy ominion Jetons un coup d\u2019œil sur la pièce ci-dessus.C\u2019est le plancher qui attire d\u2019abord notre attention! L\u2019élégant patron de Linoléum incrusté marbré, avec ses couleurs vives, donne la note principale pour la décoration de la pièce entière.Le Marboléum vert sur le dessus des cabinets et le bas des murs s\u2019harmonise parfaitement avec l\u2019ensemble; il est rattaché aux cabinets au moyen d\u2019une bande métallique et recourbé le long des murs, de manière à former une gorge qui empêche la poussière, les saletés et l\u2019humidité de se ramasser dans les coins et interstices.Le MUROLEUM No.811, dans une couleur qui se marie avec celles du plancher, couvre les murs, y compris ceux du coin à déjeuner.N'est-ce pas un plaisir pour une ménagère que de travailler dans une pareille cuisine \u2014 moderne, superbe et facile à entretenir?Consultez un architecte ou un entrepreneur en planchers au sujet de notre garantie de 5 ans.Ecrivez pour obtenir la brochurette, \"Le soin du Linoléum » DOMINION OILCLOTH & LINOLEUM COMPANY LIMITED\t^-MONTRÉAL 99 50e année.No 4 7 \u2014 2 2 avril 193?3 CARNET EDITORIAL Année du Cinquantenaire du \" Samedi \" \u2022 NOTRE COUVERTURE : \"Les premiers labeurs\".Peinture exécutée pour Le Samedi par un jeune artiste de chez nous, Laurent Delisle.LES PUBLICATIONS POIRIER.BESSETTE & CIE, LIMITEE 975.RUE DE BULLION MONTREAL - CANADA e TéI.: PLateau 9638* \u2022 entered at the Post Office of St.Albans.Vt.os second class matter under Act of March 187?ABONNEMENT CANADA Un an.Six mois.J-00 Trois mois.'*0Ü \u2022 ETATS-UNIS ET EUROPE Un an.Six mois.J-59 Trois mois.\u2022 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le somedi, 9 h.a.m.à midi \u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.*7taouosid A& Bateau ON construit beaucoup de bateaux depuis quelque temps; comme je ne veux aucunement dévoiler des secrets d'Etat que, du reste, j'ignore en bloc et en détail, je ne vous dirai pas de quoi ni comment ils sont faits mais je vous parlerai d'un autre.Celui-ci, par exemple, est extraordinaire.C'est le bateau à morceaux séparés et innombrables; une trouvaille magnifique de notre époque où le maboulisme semble en voie d'être élevé à la hauteur d'une institution.Il est fait, ce bateau-là, de trognons, de lopins plus ou moins gros, de pièces prétendues ajustables, de tronçons, de rognures et de rogatons.Le pays qui a conçu cette merveille nouveau genre est peuplé de gens qui sont tous propriétaires du fameux bateau.Chacun d'eux détient en toute possession quelque trognon mais à charge de le joindre à tous les autres quand on décide de monter le bateau pour accomplir un voyage profitable.L'idée a paru tout de suite excellente et fertile en résultats de haute importance.De cette façon, le bateau n'était à personne mais il appartenait à tout le monde; un ambitieux ne pouvait pas en disposer pour son profit personnel et les bénéfices produits par son exploitation seraient également partagés entre tous les propriétaires de rogatons.L'idéal, quoi.Il suffisait tout simplement de demander à chacun d'apporter son morceau et de l'ajuster aux autres si l'on voulait faire une expédition; la main-d'œuvre serait ainsi toute trouvée; le travail individuel serait réduit au minimum, chaque homme n'ayant qu'un seul morceau à mettre en place; ensuite, il n'y aurait plus qu'à attendre en se tournant les pouces le retour du bateau bondé de richesses et à reprendre son morceau avec les bénéfices qu'il aurait procurés.C'était simple et génial.Il y avait bien la question de la conduite du bateau, de son chargement et de mille choses encore mais l'on n'y avait pas pensé.D'ailleurs, s'il fallait penser à tout en ce bas monde, on ne pourrait jamais rien faire, pas même des bêtises.Les propriétaires de rogatons de bateau ne voyaient et ne connaissaient qu'une seule chose : ils représentaient individuellement une partie de la flotte commerciale, donc ils avaient individuellement droit à ses bénéfices possibles.Des raisonnements de ce genre sont assez clairs pour qu'il ne soit pas nécessaire d'insister.Le jour vint de procéder à la grande expérience.Il y eut un peu de désillusion car pas mal de morceaux manquèrent à l'appel; il y en avait de perdus, de cassés et d'autres qu'on avait employés à des usages tout différents de leur destination officielle.On s'arrangea du reste au petit bonheur et l'on monta tout de même le bateau.Dame, il n'avoit pas l'air cossu; probablement était-il moins solide encore que son apparence n'était belle mais ça marcherait tout de même.D'ailleurs on ne lui demandait pas d'être luxueux mais de donner des résultats.Et il en donna, le brave bateau.Mais pas tout à fait ceux qu'on espérait de lui.Monté à la diable, incomplet et commandé par des gens qui n'y connaissaient rien, il fut le plus beau spécimen de pétaudière branlante et délabrée qu'il soit possible de voir en ce monde où il y a pourtant déjà tant de choses cosil-leuses comme verre mal cuit.Le premier coup de vent un peu rude le détrognonna sans miséricorde et la seule chose que le bateau réussit à la perfection mais ne pourrait jamais recommencer, ce fut un naufrage complet avec tous les imbéciles qui étaient dessus.Ceux qui étaient restés à terre en furent quittes pour crever de faim jusqu'au dernier.Mais, me dites-vous, c'est un conte de la mère l'Oie, cette histoire-là ! Il n'y a pas au monde de gens assez détraqués pour faire des blagues de ce calibre-là !.Ouais ! croyez-vous ?eh bien, je vais vous en trouver.Supposons que le bateau s'appelle \" Capital \" et qu'il ait été mis en trognons par des énergumènes qui veulent tous avoir un morceau d'égale valeur pour en tirer le maximum de rendement, eh bien, c'est une histoire semblable qu'on aurait à raconter.C'est pourtant ce que souhaitent un tas de naïfs trompés par une secte se composant de vingt pour cent d'illuminés et de quatre-vingt pour cent de canailles.J'ai parlé tout à l'heure d'un bateau mais voyons une machine quelconque maintenant; elle ne fonctionnera qu'à la condition d'être complète, solide et bien réglée; dans le cas contraire, ce n'est plus un outil efficace mais de la simple ferraille.Or, le capital n'est pas autre chose qu'un outil en même temps robuste et délicat à manier.Aux temps bibliques on pouvait sans doute s'en dispenser mais les besoins de l'homme étaient incomparablement moindres et la vie beaucoup plus simple.Autres temps autres mœurs; les nôtres nous imposent des moyens d'action inutiles autrefois.Vouloir nous en passer serait tout simplement culbuter la vie, non seulement sans profit, mois avec pertes et fracas.Supprimer le capital serait une folie si ce n'était pas une impossibilité.Le principal grief que l'on retient contre lui c'est qu'il cause des différences dans le niveau social, alors que précisément ce sont ces différences qui entretiennent la vie sociale elle-même.C'est là une loi universelle que la nature nous démontre à chaque instant pour peu que nous l'observions.S'il n'y avait pas de différences dans le niveau des eaux, nous serions tout d'abord privés d'un appoint considérable de force motrice; ensuite, les eaux, partout stagnantes, se corrompraient vite en répandant la peste et autres agréments sur le globe entier.S'il n'y avait pas de différence de température dans l'atmosphère terrestre, nous n'aurions sans doute pas d'ouragans dévastateurs mais l'air que nous respirons et qui n'aurait plus son \" brassage \" de remise à neuf aurait une drôle de saveur en conséquence de tous les moyens perfectionnés ou non que l'homme emploie continuellement à l'empester.On pourrait citer bien d'autres exemples prouvant péremptoirement qu'une \"différence de potentiel\" est indispensable à la vie et à son entretien.L'équilibre universel est, fort heureusement pour nous, chose irréalisable et, s'il ne vaut rien pour le tout, comment admettre qu'il soit bon pour une partie de ce tout ?Pourquoi vouloir l'équilibre, le niveau constant du capital, c'est-à-dire sa répartition égale entre tous les hommes ou, ce qui reviendrait au même, son abolition ?C'est le plus puissant outil que l'on connaisse et des inconscients voudraient le casser ?Pour le remplacer par quoi, car il faudrait tout de même bien quelque chose à la place ?L'échange des matières premières, des heures de travail, des volontés plus ou moins bonnes et des petites combinaisons plus ou moins propres ?Ce serait une triste opération.Que le troupeau bêlant qui réclame l'abolition du capital fasse donc une bonne chose : qu'il regarde un peu les poches de ceux qui le conduisent en gueulant plus fort que lui.Il y aura une chose assez curieuse et peut-être inattendue à voir.C'est que ces poches-là bâillent pour que le capital tombe dedans. Le Samedi îi' .Êj )%.\\\\ Chaque soir, Cornélis, une fols ses affaires de la journée terminées, vient rendre visite à Rosa.JÜeA- tf-iancéb XUi/X, Nouvelle par McuiSuce lieGvuJjjQ4t/iCf, DESSIN DE e sont deux amoureux hollandais.Lui, Cornélis Hooruypt, le petit-fils d'Antonides Hooruypt, l'amiral qui se couvrit de gloire à la prise de Pontianak en Bornéo, vers 1774.Terrien renforcé, malgré son origine marine, propriétaire d\u2019une grande partie de ces fameux moulins de Dordrecht qu'on voit gi-royer sous les ciels moites, par les étendues vertes et planes, au-dessus des chemins d'eau.Un grand garçon blond, de trente-quatre à trente-cinq ans.lourd, rose et doux.Elle, Rosa van Elisaeüs, la blonde, frêle et tiède Rosa van Elisaeüs, l'unique héritière de ces célè- bres peintres d\u2019intérieurs qui, de père en fils, pendant plusieurs générations, retrouvèrent l'art des Stuerbout, des Jean Mostaëre et des Lucas de Ley-de.Charmante en son antique coiffe de guipures à l'Anne de Clèves, encadrant l\u2019effacé et pâle ovale de sa jolie figure de myosotis ; secrète et mysté- F.-L N I C 0 L E T rieuse aussi, avec son sourire à la Joconde, ses cils en dentelles uîtrafins, enclosant le susurrement d'yeux énigmatiques et discrets.Chaque soir, régulièrement, depuis six ans et demi environ, époque de la mort du vieil Elisaeüs.Cornélis, une fois ses affaires de la journée terminées.J 22 avril 1939 5 vient rendre visite à Rosa, et dans un identique costume de velours gris, se dirige le long de l'avenue Miéris vers la petite maison de brique où la jeune fille mène sa vie retirée, entre ses oiseaux des îles, sa collection de fleurs vivaces, et Hânnah, la bonne Javanaise qui l\u2019éleva.Comme Y Angélus de sept heures tinte au beffroi de Saint-Godfried, il toque au marteau de cuivre de la porte basse gardée par une chaînette de fer ; puis les rideaux blancs d\u2019une fenêtre du rez-de-chaussée se soulèvent un instant de même que sous un souffle invisible, et devant lui la porte s'entr ouvre.Il entre.Rosa van Elisaeüs se tient dans le vestibule aux carreaux luisants.Il incline gravement le chef, s\u2019enquiert de ses nouvelles.Toujours, elle lui répond qu\u2019elle va bien et, tandis qu'elle le considère, une flamme brève, vite éteinte, passe au fond de son regard léger, et.durant une seconde, elle lui abandonne sa main.Ils se taisent alors, observent l\u2019un vis-à-vis de l\u2019autre une attitude embarrassée, inquiète, ne savent que dire, ont l\u2019envie de s\u2019excuser.Ils finissent cependant par refouler cette émotion neuve et quotidienne, se font forts contre eux-mêmes, montent l\u2019escalier qui mène à la chambre de Rosa.C\u2019est une chambre virginale, tendue de perse pâle à bouquets.Un lit élevé, surmonté d'en Christ, occupe l\u2019une des extrémités et quatre tableaux de chacun des quatre ancêtres, le Maréchal-ferrant, les Quilles, les Francs-buveurs, La Mère, se détachent seuls sur les panneaux vides.Avant de s\u2019asseoir dans le haut fauteuil canné, recouvert de cuir, Cor-nélis dépose timidement sur la crédence, car.nous l\u2019avons dit, sa fiancée a la passion des fleurs, la nouvelle tulipe qu\u2019il acheta pour elle dans la journée.Sur plusieurs meubles s\u2019alignent déjà une foule d\u2019autres tulipes bariolées, et tout autour de la salle à manger et du salon, et tout le long de l\u2019escalier, et par toute la maison il en est ainsi.Il y a là la Semper augusta, le Vice-roi, la Mère brun presque noire, le Mariage de ma fille candide, l\u2019Œil de soleil feu, le Duc de Thol, rouge écarlate, bordé de jaune.Il y a aussi des jacinthes, des lis, des safrans, des cyclamens et quelques-unes de ces clochettes mièvres que l\u2019on cueille dans les polders.Puis de simples bulbes du haut de fines bouteilles de cristal où germent des pousses vertes.Par la fenêtre entre-bâillée, c\u2019est fin juin.Le jour tombe à peine.Les oiseaux des îles, cette autre passion de la jeune fille, gazouillent derrière leur cage, et là-bas, au bout de l\u2019avenue Miéris, les moulins grincent, tournant à la brise qui les secoue.Lors.Cornélis allume son éternelle et longue pipe de porcelaine, aux paysages de montagnes suisses surmontées de glacier avec chalets (car il semble très agréable, dans les pays de plaines basses et humides, de voir de hautes montagnes représentées), et il dit à Rosa, assise en face de lui, droite et sérieuse près du poêle : \u2014 Oh !.Rosa !.Voici déjà plus de six ans que je viens ainsi chaque soir, et déjà vous me permîtes de vous serrer la main.Nous sommes bien heureux depuis ces six ans, n'est-ce pas, Rosa, et nous commençons vraiment à connaître le fond de nos âmes tranquilles !.\u2014 Oh !.Cornélis !.Nous commençons vraiment.ainsi que vous le dites si judicieusement, à connaître le fond de nos âmes tranquilles, et si nos bons rapports continuent, nous nous marierons d'ici quelques années à peine, comme nous nous y sommes résolus depuis si longtemps !.\u2014 Ce sera d'une douceur ineffable, Rosa, pendant ces quelques années qui nous restent encore à vivre en fiancés, de voir nos êtres se rapprocher de plus en plus dans leur communauté de volontés, d idées, et si je ne craignais d\u2019éveiller votre susceptibilité, d'enthousiasmes qui les exaltent !.__ Ce sera d\u2019un charme immatériel et délicieux, Cornélis, de sentir durant cette période nos cœurs battre à l'unisson d\u2019une pulsation tellement régu- lière, identique, chronométrique, qu ils n\u2019en feront quasi qu\u2019un !.Tels les deux poids de cette vieille horloge ne lui donnent qu'un souffle et qu un mouvement !.Entre eux un silence se produit.\u2014 Pourtant, réprend Cornélis, si au lieu de plusieurs, nous mettions une seule année ?.Cette L'AMOUR Voici qu'Avril est de retour, Mais le soleil n'est plus le même Ni le printemps depuis le jour Où j'ai perdu celle que j'aime.® Je m'en suis allé par les bois, La forêt verte était si pleine Pleine des fleurs d'autrefois, Que j'ai senti grandir ma peine ® J'ai dit aux beaux muguets tremblants \" N'avez-vous pas vu ma mignonne ?\" J'ai dit aux ramiers roucoulants : \" N'avez-vous vu passer personne ?\" ® Et les ramiers sont restés sourds Et sourde aussi la fleur nouvelle, Et depuis je cherche toujours Le chemin qu'a pris l'infidèle ® L'amour, l'amour qu'on aime tant Est comme une montagne haute, On la gravit tout en chantant, On pleure en descendant la côte.ALPHONSE DAUDET insolite précipitation vous choquerait, vous peinerait-elle ?.\u2014 Vous avez raison .reprend Rosa .en une seule année, nous avons peut-être le temps d\u2019arriver à la parfaite sagesse, à la complète compréhension de l\u2019avenir qu'il nous faut ! Un nouveau silence naît.\u2014 Si nous ne mettions que quelques mois .poursuit-il pensif, rougissant de ce qu il ose avancer .Ne trouvez-vous pas que ce serait bien ?.\u2014 Ne mettons que quelques mois .acquiesce-t-elle .Apportez cette jolie tulipe, cette tulipe indiciblement rose, mouillée d azur céleste, que vous me promîtes, et nous nous marierons !.\u2014 Oh !.je vous l apporterai !.et mon adoration trouvera, dût-elle l\u2019inventer, la fleur miraculeuse.bleue à force d être rose, que personne ne put découvrir encore !.Mon désir veut 1 offrir à votre désir, Rosa !.Sur ces paroles, le jour tombe tout à fait.Une nuit humide monte des canaux, et après être demeuré quelque temps, l\u2019amoureux Cornélis, ivre d\u2019espoir, se lève de son fauteuil et prend congé.Le lendemain et le surlendemain, au lieu d inspecter ses moulins, il court à travers les rues de Dordrecht, à l\u2019instar de ces fous tulipiers de jadis qui troquaient leur fortune contre un oignon II se dirige aussi vers les campagnes voisines, entre chez les jardiniers, trafiquant des plantes que prise sa fiancée et, sans regarder à la dépense, achète tulipes sur tulipes, rapporte au discret asile de l\u2019avenue Miéris des variétés plus belles et rares que celles rapportées par lui jusqu\u2019ici.Ah !.si le vieil Evrard Forstitus, le professeur de botanique du Musée de Leyde, revenait de ce monde, il aurait fort à faire de faucher les fleurs éclatantes et multicolores qui se pavanent en leur gloire par toute la maison.A force de fureter de côté et d autre, de courir les jardins, les serres et les boutiques, il en découvre qui se rapprochent d\u2019une façon presque absolue de la nuance indiquée.Les gammes du rose qui pleure, du mauve qui danse, de la pervenche fine, de la scabieuse, de la glycine, de l\u2019améthyste, se déroulent aux yeux de Rosa, et aussi celles indécises, imprécises, si ardemment convoitées des amateurs, où les derniers satins violets semblent mourir devant le bleu nouveau qui s'érige.Des espèces magnifiques, prodigieuses, inconnues, venant des quatre coins de la terre, toujours plus près de celle qu'il désire .pas encore elle cependant !.remplissent les étagères, les tablettes, les guéridons.Les deux jeunes gens ne savent où les mettre, s'occupent à leur inventer des noms afin de passer le temps.Toute la poésie secrète, dont leur âme d\u2019ordinaire si tranquille est désormais pleine, chante en des vocabulaires improvisés.Il y a la tuplipe Soir de Néerlande, la tulipe Matinée fraîche du Zuyderzée, la Frêle dont le regard brûle, la W ilhelmine à l'hermine, Y Abraham Mignon, Y Amsterdam des veuves, la Rotterdam des cœurs lassés, etc.Il y en a qui ont des appellations aux reflets gris-perle, d'autres aux éclats de forêt-vierge incendiée.Celles-là résonnent comme du bronze, celles-ci sont fines comme l'argent.Il y en a d\u2019ineffables \u2014 les plus belles de la Hollande \u2014 mais jamais celle qu'ils ont rêvée ! Or.un soir que Cornélis Hooruypt, un peu découragé de ses insuccès répétés, arrive à la maison de l\u2019avenue Miéris sans sa tulipe habituelle, Rosa van Elisaeüs, en une démarche de fièvre, s\u2019avance vers lui : \u2014 Enfin .Je suis contente .dit-elle d\u2019une voix étrangement fragile et chaude .que vous ne m ayez rien apporté aujourd'hui, car c'est à moi.Cornélis.de vous offrir des fleurs pour toutes celles que vous m\u2019offrîtes depuis dix ans .« Vous allez donc jusqu\u2019à nos noces, qui seront célébrées dans trois semaines, je vous l\u2019annonce, cueillir chaque soir cette tulipe indiciblement rose, mouillée d azur céleste, que vous ne voulûtes jamais voir et qui fleurissait si près de vous, mon pauvre ami.« Regardez .la voilà !.» fait-elle.Et tandis que toute la folie de 1 audace inouïe secoue son cœur frémissant, elle lui tend ses lèvres, en calice. te' Le Samedi 'JH 0*1 CEJ ® Le \" Navire du désert \u201c actuellement en projet et qui roulera peut-être demain dans le Sahara v v \u2022s* As À&i PciHeA* L'ancien \" grand bi \" plus rapide que les simples pattes mais pas toujours aussi joli.Jlacamotio+t JHomU R>(Uatt # 24.- Empire Day (Gde- 4.! Navhe' dâàôîs\t(UH.S S.) ; 9.- Nouvelle-Zélande ; 10.- Japon 12 - pffiïïS* jfi S^.ai^ britannique ; de ; 18.- Festival Ukraino-Américain ; 21\t^ ft 1 !& ' ^ née Israélite ; 28.- Yougoslavie.\tFinlande ; 25.- Suede ; 26.- Jour- 5.- Vénézuéla Tchécoslovaquie d gBc?'voisina9e ~ Canada-Etats-Unis; ce ; 21.Belgique ; 24 - T^ f 28 -; H- Franca = 20.- Gré- croiseur Perth; llf- Irlknde ^6 - 'r^du^F\t1 \u2019\u2022 \" Australie ; visite du 25.- Uruguay ; 31.- Hollande.République Dominicaine; 20.- Hongrie ; 22 avril 1939 (e) «MF «*\u2018î wJgg\tj^Lgg : \u2019\u2022 '¦àÿsi'; :;.;ï '' V \u2019: Septembre.1er - Levant ; 4.- Luxembourg; 5.- Chambre de Commerce de Cardiff; 6.- Lafayette ; 7.- Brésil ; 8.- Iraq ; 10.- Lithuanie; 12-24-1er Bataillon des Argyle ô Sutherland Highlanders; 12.- Société des Nations; 15.-Amérique Centrale (Costa Rica, Guatemala, Nicaragua) ; 16.- Mexique ; 18.- Chili ; 23.- Italie, Octobre.8 - Albanie ; 10.- Chine; IL- Pologne ; 13.- Pologne : 14.-Alliance Nationale Polonaise d\u2019Amérique.Notre photo de droite représente la zone étrangère.En passant d'un pavillon à l'autre, les visiteurs voyageront de l'Irlande à l'Argentine, ou du Canada à la Roumanie.Au premier plan, à droite, et construit en forme de trèfle, le pavillon de l'Etat libre d'Irlande (Eire).A sa droite, le pavillon du Canada dont l'intérieur a été décoré d'une fresque de 450 pieds de longueur exécutée par des peintres de Montréal.Au centre la lagune, ou lac artificiel, que bordent le Hall des Nations, la Cour de la Paix et le pavillon de la France.Ci-contre, la première peinture officielle de l'Exposition universelle de New-York telle qu'elle sera le 30 avril prochain, jour de son inauguration.Le thème de l'exposition est le \" Monde de demain \".Capital placé : $155,000,000.Au premier plan l'Exposition dont la superficie est de 1,216 acres.Au second plan, la ville de New-York.Entre les deux, les voies de communication clairement indiquées: routes, subway et voies ferrées.Soixante-deux nations y sont représentées. Le Samedi ****** A *mâ ^SiXiSHSSStS Ügt* LÎÏvlY SWt' ÂüAW.»\u2022\ti.-».-\t\u2022 - i .\t>\u2022.»'\u2022»*\t» » « 1 \u2018 CEINTURE CROCHET %gp |SBB MM£ JOu* l ^ IM# Nsin «S wm* naaik y ,i i SjOSE ;ï2S**«33î \"BgSfe «ü?ssfsmi>MOw*aiou»i>iur*a\t40 onco*\t14 onto*\t10 an sos «¦ss dboste is JOHN d» KUYPEA 4 SON, DMWsIsui*.Rotterdam.Holland* Mates fondés on IMS\t?280\t?200\t9Qî Tourq UOî c here hcr plus longtemps ?,\tSi vous tenez à lui ™\tJ aire un cadeau, un ebermrent aux 3 Magazines p Coupon d'abonnement aux 3 Magazines Ci-joint $5.00 pour un abonnement d'un an au SAMEDI, à LA REVUE POPULAIRE et au FILM que vous voudrez bien envoyer à la 'fr/ personne suivante : Adresse Mon nom Mon adresse (Pour le Canada seulement) Poirier, Bessette & Cie, Limitée 975, rue de Bullion, Montréal, Canada Le Samedi 42 RHUMES SOULAGES EN UNE NUIT Chaque seconde compte doublement dans le traitement d\u2019un rhume.Voyez-y dès maintenant, avant qu\u2019il soit trop tard.Combattez-le dès le début.Un peu de Mentholatum appliqué sur la partie supérieure de la cloison nasale vous évitera des embêtements et des dépenses et vous procurera de plus, un soulagement rapide et durable.Les émanations antiseptiques du Mentholatum pénètrent rapidement jusqu\u2019au plus profond des voies nasales.Combattez ces germes toujours à l\u2019affût, débouchez les conduits du nez et assurez-vous une respiration normale.Pro curez-vous, à 30c., u* tube ou un pot dès aujourd\u2019hui.Employez-le c* Boir.Vous serez mieux demain matin.Sou-lagement assuré ou argen t remboursé.*» LES MEDECINS EXAMINENT LES REINS D\u2019ABORD Parce qu\u2019ils savent que des reins sains débarrassent le sang de ses déchets, des acides accumulés et des toxiques qui se forment toujours à la suite des changements continuels qui ont lieu dans l\u2019organisme.Mais si les Reins font défaut, la maladie s\u2019ensuivra certainement Mal de Dos, Rhumatisme, Sang Impur, Manque d\u2019Ener-gie, Urine trop fréquente, Insomnie Maux de Têtes\u2014tout cela peut provenir de reins défectueux.Comme sauvegarde de la santé \u2014comme mesure de précaution\u2014régularisez vos reins fréquemment avec les Pilules Dodd pour les Reins\u2014remède favori pendant plus de cinquante ans\u2014ne formant pas d\u2019accoutumance et inoffensif.\t105F Pilules Dodd pour le Rein 20 verges Tissu Imprimé pour Robes: $2.19 De fabrication anglaise.En longueurs de 4 verges.Dessins floraux.Véritable aubaine.Payable C.O.D.plus frais de poste.Garantie de remboursement.Textile Mills, S.E., Montréal.SOULAGEZ PROMPTEMENT DOULEURS PERIODIQUES MAUX île TÊTE - NEVRALGIE - les RHUMES La GRIPPE - DOULEURS RHUMATISMALES JF COMPRIMÉS ANTI-DOULEURS 7 di-yzma V AUSSI EN FORMAT ÉCONOMIQUE DE 100 COMPRIMÉS^ Lisez\u2014\t^ La Revue Populaire Chez les dépositaires 15c.d\u2019augmenter le nombre des bienfaiteurs de notre œuvre.J'ai déjà trouvé à Ville-d'Avray plusieurs personnes généreuses, et, d'après ce que M.le curé m'a dit de vous, ma chère fille, je suis venu vous voir avec l\u2019espoir que vous voudriez être aussi une de nos bienfaitrices.\u2014 Assurément, monseigneur.\u2014 Chacun donne selon ses moyens; nous acceptons toutes les offrandes, si minimes qu elles soient.Le sou du pauvre vaut autant, aux yeux de Dieu, que le billet de mille francs du riche ! \u2014 Sans doute; mais je voudrais que mon offrande fût convenable; malheureusement, je suis un peu à court d\u2019argent en ce moment.\u2014 Oh ! ma chère fille, il ne faut pas vous gêner; je suis à Ville-d'Avray pour quelques jours, et je me ferai un plaisir de revenir vous voir.\u2014 Je serai heureuse de vous recevoir, monseigneur, mais je puis, dès maintenant, vous remettre une pièce de vingt francs pour l'œuvre; à votre prochaine visite je compléterai mon offrande.\u2014 Comme il vous plaira, ma chère fille.Votre nom va figurer sur le livre d'or où sont inscrits les noms de tous les amis et bienfaiteurs de l'œuvre.\u2014 Chère amie, dit Anastasie, s\u2019adressant à Mme Lureau, vous savez où je mets mon argent, veuillez, je vous prie, aller chercher une pièce de vingt francs.La veuve se leva et sortit.\u2014 M.le curé m'a dit que vous aviez une sœur, une sœur pauvre qui vit près de vous avec sa fille; c'est probablement cette dame qui est votre sœur.\u2014 Je l\u2019appelle ma sœur, monseigneur, parce que je la considère et l'aime comme si elle était réellement ma sœur; mais il n\u2019y a entre nous aucun lien de parenté.\u2014 Ainsi, c\u2019est simplement une amie dans la détresse que vous avez recueillie chez vous ?\u2014 Elle est sans famille; si je ne l\u2019avais pas prise avec moi, la maladie et le misère l'auraient tuée.\u2014 La mère et la fille, c\u2019est une grosse charge pour vous.\u2014 Je ne m'en aperçois point.Je n\u2019ai pas une grosse fortune; mais, seule, j\u2019aurais au superflu, il me faut si peu .Et puis, c\u2019est si bon de faire du bien aux autres.\u2014 Ah ! voilà la vraie charité chrétienne ! s\u2019exclama le vieux prêtre.Ma chère fille, je vous trouve admirable.Mais vous êtes une sainte ! Il faut que cette dame .Comment l\u2019appelez-vous ?\u2014 Mme Lureau.\u2014 Il faut que Mme Lureau et sa fille soient des personnes bien recommandables pour avoir fait naître en vous un pareil dévouement ?\u2014 Oh ! elles sont très honnêtes et tout à fait dignes de mon amitié.\u2014 On ne saurait mieux faire leur éloge.Laissez-moi vous le dire, ma chère fille, l\u2019amitié que vous avez pour elle les rend fort intéressantes.A ce moment, Mme Lureau rentra dans le salon, apportant une pièce de 20 francs qu elle mit dans la main de la fausse Mme Fournier.Celle-ci tendit la pièce au vieux prêtre en disant ; \u2014 En attendant que je complète mon offrande.Le missionnaire espagnol s'inclina, prit gravement les vingt francs et les glissa dans une bourse de soie violette à moitié pleine, ce qui indiquait que l\u2019œuvre des orphelins et petits abandonnés de l\u2019Amérique méridionale ne manquait pas de généreux donateurs.Mme Lureau restait debout, se demandant si elle devait rester ou se retirer.\u2014 Ma chère amie, lui dit Anastasie, monseigneur et moi nous parlions de vous.La veuve s'inclina et répondit : \u2014 Alors je m\u2019éloigne.,\u2014 Mais je ne vous ai pas dit cela pour que vous vous en alliez.\u2014 Je me sens un peu fatiguée; il me semble que j\u2019ai besoin de respirer au grand air; permettez-moi d\u2019aller m\u2019asseoir dans le jardin, à l\u2019ombre.\u2014 Dans ce cas, chère amie, vous pouvez nous laisser; monseigneur voudra bien vous excuser.\u2014 Mesdames, répondit le prêtre en souriant, si je vous gênais l\u2019une ou l\u2019autre en quoi que ce soit, je prendrais congé de vous immédiate-'ment, malgré tout le plaisir que me fait éprouver votre agréable société.\u2014 Eh bien, chère amie, dit Anastasie, vous pouvez descendre au jardin.Mme Lureau salua le prêtre avec beaucoup de respect et se retira.\u2014 Votre amie a l\u2019air souffrant, dit le missionnaire.\u2014 Elle sort d\u2019une très longue et très douloureuse maladie et elle n\u2019est pas encore complètement rétablie.C\u2019est dans l'intérêt de sa santé que je l\u2019ai prise chez moi avec sa fille.\u2014 Comme le dit M.le curé, votre charité est inépuisable.\u2014 J\u2019ai fait ce que je devais, mon devoir simplement, monseigneur.Il y a deux ans et demi bientôt que mon amie a perdu son mari, un brave ouvrier qui gagnait bien sa vie; la grande douleur que Mme Lureau a éprouvée a causé sa maladie.Elle et sa fille étaient dans une situation affreuse lorsque je leur suis venue en aide.La mère malade, l\u2019enfant sans ouvrage,\u2014 elle est ouvrière lingère; \u2014 plus un sou dans le ménage, et des dettes chez tous les fournisseurs, c\u2019était une misère navrante.\u2014 Oh ! les pauvres femmes !.Heureusement, représentée par Vous, ma chère fille du Seigneur, la divine Providence veillait sur elles.N\u2019avez-vous pas dit à M.le curé que la jeune fille était à la veille de se marier ?\u2014 Oui, un jour, ici, en causant, j\u2019ai annoncé à M.le curé qu\u2019il aurait à célébrer prochainement un beau mariage; mais les choses ne vont pas aussi bien que le voudrait Mme Lureau.-Ah! \u2014 Eugénie est une jeune fille accomplie en tout; aussi, quoique pauvre, elle a été demandée en mariage à sa mère par un monsieur du meilleur monde et qui possède une très belle fortune.Mme Lureau, qui ne pense qu\u2019au bonheur et à l\u2019avenir de sa chère enfant, souhaite ardemment que ce mariage se fasse; mais, en cela, Eugénie est en opposition avec sa mère.\u2014 Par exemple I Pourquoi ?\u2014 Elle prétend qu\u2019elle est encore trop jeune pour se marier.\u2014 Quel âge a-t-elle ?\u2014 Bientôt, dix-sept ans.\u2014 Mais c\u2019est l\u2019âge, le bon âge; combien de jeunes filles se marient avant seize ans ! Comment.Mlle Lureau trouve un parti superbe, le bonheur, la fortune viennent à elle, elle assure son avenir, la tranquillité de sa mère, et elle repousse tout cela ! Mais elle n\u2019est pas raisonnable ! \u2014 C\u2019est ce que sa mère lui répète sans cesse, monseigneur.-Elle vous écouterait peut-être mieux, ma chère fille, il faut lui donner vos bons conseils.\u2014 Je l\u2019ai fait; mon amitié, l\u2019intérêt ue je lui porte me donnaient ce roit.\u2014 Et vous ne l avez pas convaincue ! Vous auriez dû parler à M.le curé de la résistance de cette pauvre enfant à la volonté de sa mère; il aurait joint ses exhortations à celles de la mère et n\u2019aurait pas parlé en vain, Ne souffrez plus Grâce au Traitement Médical F.Guy C\u2019est le remède connu contre les maladies féminines; des milliers de femmes ont, grâce à lui, victorieusement combattu les périodes douloureuses, douleurs dans la tête, les reins ou les aines, etc.Envoyez cinq (5) cents en timbres et nous vous enverrons GRATIS une brochure avec échantillon du Traitement Médical F.GUY.BUREAU: Jeudi tt Samedi de 2 h.à 5 h.p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL 5941 Avenue Delorimier Boîte Postale 2353 Place d\u2019Armes, Montréal, P, Q.Ci-indui $1.50 poor 1 $2.00 poor 2 La Revus Populates.Adresse coupon d\u2019qbonnemenr -\t(N R.it, Lite 975.rue de Bullion, Montreal P.Q.5516 22 avril 1939 ten ai la certitude : la parole de )ieu se fait toujours comprendre.Ma chère fille, si je causais un instant avec Mlle Lureau, je pourrais, je crois, lui faire entendre raison.-\u2014 Quoi, monseigneur, vous daigneriez .\u2014 La mission du prêtre est de porter partout la parole de paix, répondit le vieillard avec un doux sourire; il y a, entre la mère et la fille auxquelles vous m'avez vivement intéressé, un désaccord qu'il faut faire cesser.Les parents tiennent de Dieu l'autorité qu'ils ont sur leurs enfants; méconnaître l\u2019autorité de son père ou de sa mère, c'est se révolter contre l'autorité de Notre-Seigneur.Donc, ma chère fille, en vue d\u2019être agréable à Dieu et avec votre permission, je parlerai à Mlle Lureau.\u2014 Au nom de mon amie, monseigneur.je vous remercie de votre heureuse intervention, mais j'ai bien peur .\u2014 Achevez, ma fille.\u2014 Que vous ne réussissiez pas.Un sourire intraduisible courut sur les lèvres du vieillard.\u2014 Ma chère fille, répliqua-t-il d\u2019un ton grave, j'ai le ferme espoir, au contraire, de rendre Mlle Lureau soumise à la volonté de sa mère.Anastasie se leva et agita le cordon de la sonnette.La domestique parut.\u2014 Savez-vous où est Mlle Eugénie ?\u2014 Elle est dans sa chambre, madame.\u2014 Et Mme Lureau ?\u2014 Mme Lureau est au jardin.\u2014 C'est bien, merci.La domestique se retira.\u2014 Monseigneur, reprit Anastasie, si vous le voulez rien, je vais vous conduire près de Mlle Eugénie; pendant que vous lui parlerez, j\u2019irai tenir compagnie à mon amie.\u2014 Allons, ma chère fille, reprit le vieux prêtre qui s'était levé, je vous retrouverai dans le jardin.\u2014 Oui, monseigneur.Ils montèrent au premier.Anastasie ouvrit la porte de la chambre de la jeune fille qui travaillait assise près de sa fenêtre et lui dit : \u2014 Ma chère Eugénie, voici monseigneur qui désire causer un instant avec vous.Cette visite d\u2019un prélat surprenait singulièrement la jeune fille.A quel propos un dignitaire de l\u2019Eglise venait-il la voir, et, surtout, pourquoi était-ce Mme Fournier et non sa mère qui le lui présentait ?Instinctivement, elle eut un sentiment de défiance, mais elle n\u2019en laissa rien voir, et ce fut avec un empressement respectueux qu elle se leva pour s'incliner devant le visiteur.\u2014 Ma chère fille, à tout à l\u2019heure ! dit don José à la fausse Mme Fournier.Celle-ci sortit aussitôt de la chambre en refermant la porte.On l\u2019entendit descendre l'escalier.Le vieillard, l'oreille tendue, écouta le bruit des pas qui allaient s\u2019affaiblissant, puis il marcha vers la porte, l'ouvrit avec précaution et regarda dans l'escalier pour s\u2019assurer qui ni la veuve ni personne ne s\u2019v tenait aux écoutes.Eugénie le suivait des yeux avec étonnement, ne comprenant rien à ses allures mystérieuses.Sûr de n\u2019être pas surpris, le prélat referma la porte de la chambre, revint près de la jeune fille et la contempla un instant avec une émotion des plus vives.\u2014 Mon enfant, lui dit-il, pouvons-nous causer ici sans craindre qu\u2019on nous entende ?\u2014 Oui, monseigneur.\u2014 Bien.Il la fit asseoir et s\u2019assit à son tour, tout près d\u2019elle.\u2014 Je n'ai pas longtemps à rester avec vous, reprit-il; aussi ne perdons pas un instant.Je commence par vous dire que je ne suis pas un prêtre, l'habit que je porte est un déguisement.La jeune fille eut un mouvement d\u2019effroi et voulut se lever.Le faux prêtre la retint sur son siège, en disant d'un ton d\u2019autorité : \u2014 Arrêtez ! XX Mourillon retrouve Virginie-Ursule I A JEUNE fille regarda le vieillard I\u2014 avec effarement.\u2014 Mon Dieu, qui êtes-vous donc, monsieur ?s'écria-t-elle.\u2014 Je vais vous le dire; mais de grâce, soyez calme et chassez votre frayeur.N'avez-vous pas compris déjà que c\u2019est un ami, un défenseur qui vient à vous ?Lucien Morel .\u2014 Vous connaissez Lucien Morel, monsieur ?interrompit Eugénie, devenant rouge comme une pivoine.\u2014 Sans doute, mais laissez-moi continuer.Lucien vous a-t-il parlé quelquefois d\u2019un de ses vieux amis appelé Ambroise Mourillon.\u2014 Oui, monsieur, à ma mère et à moi, il a souvent parlé de M.Ambroise Mourillon.\u2014 Eh bien, Ambroise Mourillon, c\u2019est moi.\u2014 Vous, vous ! \u2014 Oui, mademoiselle.Et maintenant que vous savez que je suis, comme Georges Ramel et le comte de Soleure, un ami de Lucien, vous comprenez que je ne suis ici que pour vous et pour votre mère.\u2014 Je ne comprends pas très bien, monsieur, répondit tristement la jeune fille, car, d'après la lettre que M.Lucien m a écrite, j\u2019ai lieu de croire qu'il ne pense plus à moi, et que ses amis ne songent plus à me défendre.\u2014 Que me dites-vous là, chère enfant ?De quelle lettre parlez-vous ?\u2014 D'une lettre de M.Lucien, que j\u2019ai reçue mardi dernier.\u2014 Lucien vous a écrit mardi ?\u2014 Oui, monsieur.\u2014 C'est impossible I \u2014 Vous croyez donc que la lettre que j'ai reçue n'est pas de Lucien ?répliqua vivement la jeune fille.\u2014 Oui, mon enfant, car, depuis que vous avez vu Lucien, il n\u2019a pu vous écrire.Où est-elle cette lettre ?\u2014 Là, dans l\u2019armoire.La jeune fille se leva, alla prendre la lettre et la mit dans la main de Mourillon.\u2014 Quelle infamie ! exclama le vieillard après avoir lue; oh ! les misérables, ils ne reculent devant rien, tout leur est bon.\u2014 Ainsi, monsieur, cette lettre est fausse ?\u2014 Absolument.\u2014 Pourtant, c\u2019est bien son écriture.\u2014 Admirablement imitée.Mais quel singulier rôle le faussaire fait jouer au comte de Soleure et à son gendre ! Et vous avez pu croire que cette lettre était de Lucien ?\u2014 J ai eu des doutes, monsieur.\u2014 Eh bien, n\u2019en ayez plus.Lucien vous aime et pense toujours à vous, et ses amis, loin de s\u2019opposer à ce qu\u2019il vous épouse, vont faire, au contraire, tout ce qui dépendra d\u2019eux pour hâter votre mariage.\u2014 Monsieur, je voudrais vous adresser une question.\u2014 Je vous écoute.\u2014 Il y a eu vendredi dernier huit jours, j\u2019ai rencontré Lucien; est-il rentré à Paris le jour même ?\u2014 Non, Lucien n\u2019est pas rentré à Paris ce jour-là, ni les jours suivants, car il est encore à Ville-d'Avray.\u2014 Pourquoi, monsieur ?demanda la jeune fille d\u2019une voix oppressée.\u2014 Vous lui aviez accordé un rendez-vous, le soir, à dix heures et demie.\u2014 Hélas ! je n'ai pu m'y rendre, on m\u2019avait enfermée dans ma chambre.\u2014 Cependant les deux coups convenus ont été frappés à la porte du jardin.\u2014 Oh ! fit Eugénie en pâlissant.\u2014 Lucien, croyant que vous l\u2019attendiez, a escaladé le mur; un ou deux misérables, \u2014 nous sommes convaincus qu\u2019ils étaient deux, \u2014 l'attendaient et ont tenté de l'assassiner.Eugénie poussa un sourd gémissement.\u2014 Il a jeté un cri, je l'ai entendu, prononça-t-elle d'une voix défaillante.\u2014 Je m'empresse de vous rassurer, ma chère enfant; Lucien va bien maintenant, et, d\u2019ici à quelques jours, il sera sur pied.La jeune fille joignit ses mains et leva vers le ciel ses yeux pleins de larmes.Mourillon continua : \u2014 Croyant l\u2019avoir tué, les deux meurtriers l\u2019ont jeté dans un trou profond; mais Dieu veillait sur lui, il a été miraculeusement sauvé.\u2014 Les scélérats ! murmura la jeune fille.\u2014 Cette lettre est donc une manœuvre de vos ennemis, qui sont aussi ceux de Lucien, continua Mourillon; en vous faisant croire que celui que vous aimez s'éloignait de vous et vous abandonnait, ils avaient espéré que vous consentiriez enfin à accepter le mari qu'ils veulent vous donner.\u2014 Oui, peut-être, monsieur.Mais cette lettre a été aussi écrite dans un autre but.Maintenant que je suis sûre qu'elle n'est pas de Lucien, je comprends facilement pourquoi ils ont cherché à me tromper.Ils ont deviné que j\u2019étais très inquiète au sujet de Lucien et que, probablement, j\u2019avais entendu le cri qu'il a poussé dans le jardin; cette lettre avait donc aussi pour but de m'empêcher de soupçonner le crime qu'ils ont commis.\u2014 Vous avez raison, mademoiselle; oui, voilà les deux motifs pour lesquels cette lettre a été écrite.Avec votre permission, mon enfant, cette lettre pouvant me servir, je la garde.Mourillon s\u2019empressa de glisser la lettre dans une des poches de sa soutane.\u2014 Vous voilà tranquillisée au sujet de Lucien, reprit-il; comme je vous l\u2019ai dit, il est en pleine voie de guérison; un savant médecin lui donne ses soins, et il a sa sœur pour garde-malade.\u2014 Sa sœur ! elle n\u2019est donc plus en prison ?\u2014 Ah ! vous savez que Denise Morel a été en prison ?\u2014 Ma mère a lu cela dans un journal.\u2014 Mis sous ses yeux par Mme Fournier, sans doute ?\u2014 Oui, monsieur.\u2014 Un crime a été commis.Soupçonnée d\u2019en être la complice, Denise a été arrêtée, puis mise en liberté quand on eut reconnu son innocence.Mais laissons cela, mon enfant, nous avons à nous occuper de choses plus importantes.Je sais tout ce que vous avez appris à Lucien lorsque le hasard vous a fait vous rencontrer.Vous et votre mère êtes ici pour ainsi dire séquestrées; on vous garde à vue, et cela parce qu\u2019on veut vous faire épouser un homme riche, paraît-il.mais dont vous ne voulez point.Vous avez dit cela à Lucien; mais pourquoi ne lui avez-vous pas fait connaître le nom de cet homme qu\u2019on veut vous faire épouser malgré vous ?LA TOUX, 5* Doux Toux en Soulagement de la 6 Secondes! pastilles au fflinîHBl Beech-Nu CONTRE Dès qu\u2019elles commencent à se dissoudre, les NOUVELLES Pastilles au MENTHOL beech-Nut contre la Toux soulagent l\u2019inflammation de la gorge et calment l\u2019irritation.Essayez ces nouvelles pastilles auMENTHOLcontre la toux et contrôlez cette toux, elles aideront à garder votre gorge fraîche, nette et saine.Fartes par les fabricants des Fameuses Pastilles NOIRES Beech-Nut contre la Toux.FAITES CET ESSAI Saupoudrez un peu d\u2019OId Dutch sur le des-sousd'uneassiette.Frottez avec une pièce de monnaie et écoutez.Vous n\u2019entendrez aucun grincement parce que Old Dutch est exempt de matières graveleuses.fabrication Canadienne VOS OREILLES VOUS DIRONT POURQUOI OLD DUTCH e&t U Sub! L\u2019épreuve ci-dessus vous démontre qu\u2019Old Dutch ne contient aucune matière rude et délétère .qu\u2019il ne raye pas.C\u2019est parce qu'il est fait de Seismo-tite, de minuscules parcelles plates qui nettoient d'une façon rapide et lisse.Achetez 4 boîtes d\u2019OId Dutch à la fois, pour la salle de bain, la buanderie, la cuisine et le garage.Vous verrez que ce système vous épargnera des pas sans nombre et du temps tous les jours.COUTEAU ET FOURCHETTE WM.A.ROGERS Fabriqués par Oneida, Ltd.Argenterie de Qualité Al dans le joli modèle \"Croydon\u201d.Procurez-vous-en un service complet.Le coupon cl-dessous vous obtiendra tous renseignements.Cette oifre 1 est prolongée Jusqu'au 31 décembre 1940.y \u2018 y fÿ>.'.r % KltÇjpîJ \u2022atjC /; et.?! .\u2019?IKdrr \u2014 Chérie, murmura-t-il à l\u2019oreille de la bien-aimée, mon salaire est de cinq mille dollars par an, je pense que vous pourrez vivre confortablement avec cela ?\u2014 Je l\u2019espère, mon amour, mais vous, avec quoi vivrez-vous ?\u2022 La femme \u2014 Qu'est-ce que c\u2019est, cette tache blanche sur ton paletot ?Le mari \u2014 De la craie, je viens de jouer au billard.La femme \u2014 Ah bien, mais tâche donc une autre fois d\u2019employer de la craie qui ne sent pas la poudre de riz.\u2022 Pat \u2014 J'ai entendu dire que ta femme était malade.C\u2019est vrai ?Mike Oui.Pat \u2014 Dangereusement ?Mike \u2014 Oh non ! Elle est bien trop faible pour être encore dangereuse maintenant.\u2022 La maîtresse d'école \u2014 Bob, dis-moi le nom d'un oiseau d'une espèce aujourd\u2019hui disparue ?Bob : < hruiufe t?i^r^rr te-s JUesi- i.a n »i o Vl One K y^ZS?~ - -\u2022\u2022\u2022 i e il ,1 H.Hi®/3 P7>ï 1\t\u2014 L'aviateur blessé a murmuré de sauver certains plans qui sont dans l'avion en flammes.2\t\u2014 Gaston s\u2019est précipité, n'écoutant que son courage.11 réussit à s\u2019emparer des papiers.3\t\u2014 Une infirmière lui prodigue des soins, car il s'est quelque peu brûlé, le jeune héros.a r I G us to n.tu I uy sa uvp Wt's p la n,\\ I d'une I Cj Ta.n d
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.