Le samedi, 1 juillet 1944, samedi 22 juillet 1944
[" Montréal, 22 juillet 1944 56e année, No 9 Dp D 1 1:j S-400 C o ^ F.r \\ Le Vice-Maréchal de l\u2019Air ADÉLARD RAYMOND commandant de la 3e région d\u2019entraînement aérien du Corps deviation Royal Canadien INDUSTRIE D E SOLDATS NOS ims* rm it i « \u201cRien n\u2019est plus fatigant que de rester immobile\u2019\u2019 : voilà l\u2019un des dictons favoris de M.Louis Leclerc, ouvrier de guerre.Après quarante-deux ans d\u2019emploi continu dans une fonderie de St-Jérôme\u2014 et, surtout, après quatre dures années de travail de guerre\u2014il n\u2019est pas étonnant qu\u2019on oublie ce que c\u2019est que le repos.Tout comme M.Leclerc, d\u2019un bout à l\u2019autre du Canada, des milliers de Canadiens patriotes travaillent depuis quatre ans avec acharnement afin de fournir à nos armées tout l\u2019équipement dont elles ont besoin.Nous rendons hommage à M.Leclerc et à tous les autres loyaux travailleurs du Canada qui ont si magnifiquement.répondu à l\u2019appel de la nation.publie' en hommage aux ouvriers canadiens par la brasserie molson 22 JUILLET 1944 3 m -STWT-\" n*«\u2018 0*v« mm lünUfe.HI B*355>r ft Les ingénieurs en pneumatiques B.F.Goodrich n\u2019eurent qu\u2019à consulter leur propre expérience, lorsqu\u2019il s\u2019agit de rendre a 1 automobiliste, au moyens de pneus de caoutchouc synthétique B-F-G, le millage d'avant-guerre.Sachant que la corde Hi-Flex utilisée dans les pneus-camions B.F.Goodrich possédait le maximum de robustesse et d\u2019élasticité, ils s\u2019en servirent pour créer un pneu de caoutchouc synthétique pour autos de tourisme spécialement résistant aux chocs, robuste, roulant plus frais.Avec la corde Hi-Flex et la construction Ply-Weld, ainsi que la bande de roulement \u201cLifesaver\u201d, longtemps éprouvée, les nouveaux pneus de caoutchouc synthétique B.F.Goodrich pour autos de tourisme sont parfaitement capables de vous donner le millage d\u2019avant-guerre.Aujourd\u2019hui, ce long millage est aussi important pour le pays que pour vous.Aidez à conserver le précieux caoutchouc qui nous reste.Conduisez à vitesse modérée, maintenez vos pneus proprement gonflés, et faites-les visiter régulièrement par un homme qui s\u2019y connaît: votre détaillant B.F.Goodrich.DE CAOUTCHOUC SYNTHETIQUE PNEUS B.F.Goodrich \u201e -.\\1 avait couru depuis sa descente de cheval jusqu\u2019à la maison du résident, s\u2019exclama : \u2014 Monsieur Trappier ! C\u2019est un hasard extraordinaire qui vous envoie ! Je .Mon maître .Il s\u2019interrompit pour lancer un regard circulaire.Ce fut seulement alors que les deux hommes remarquèrent son air un peu hagard.\u2014 Quoi ?Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a ?prononça Rudon avec alarme.Béchard est-il souffrant ?Ou bien .Tanglade répondit d\u2019une voix creuse : \u2014 Il est mort !.Le même sursaut souleva Rudon et Trappier.Le régisseur avait la gorge contractée et se contentait de confirmer la lugubre nouvelle par un mouvement de tête saccadé.\u2014 Mort !.répéta machinalement le résident.Un .un accident ?-\u2014Je ne sais pas.Dès que j\u2019ai constaté le.la chose, j\u2019ai fait seller un cheval et je suis accouru ici.Je vous jure que j\u2019ai fait vite ! Je suis parti ce matin à neuf heures.\u2014 En effet, murmura le résident.Le boy avait apporté un troisième verre.Tanglade, qui l\u2019avait rempli, avala le contenu d\u2019un trait.Un peu de couleur revint à ses joues et il eut un sourire triste.\u2014 Mon pauvre patron ! reprit-il.Il ne devait pas y avoir longtemps qu\u2019il j'â/ on P&0SIEMEA PESOOPPEMC MSM&NTS/ TES PARENTS SONT UN PROBLÈME?TA MAMAN ET MOI , NE SOMMES-NOUS 4 \u2022 PAS DE BONS PARENTS ?M MAIS.QUOI ?ALLONS, MA PETITE, DIS-MOI ?JE LIS DANS ) CETTE REVUE QUE LES PERSONNES QUI ONT MAUVAISE HALEINE DOIVENT CONSULTER LEUR DENTISTE \" ALORS.POURQUOI NE VOYEZ-VOUS PAS LE ?VÔTRE, MAMAN ^ Æk ET VOUS?Æ _ ES-TU CONTENTE DE TES PARENTS MAINTENANT MA PETITE?CERTAINEMENT.ET >1 comment/ COLGATE FAIT RELUIRE VOS DENTS ET DONNE PLUS D\u2019ÉCLAT À VOTRE SOURIRE \"3* PLUS TARD, GRACE A LA COLGATE VJ G AV VOICI CE QU\u2019A DIT LE DENTISTE! W POUR SE DEBARRASSER DE LA MAUVAISE HALEINE JE RECOMMANDE LA PATE À DENTS COLGATE ! IL EST SCIENTIFIQUEMENT PROUVE QUE 7 FOIS SUR IO COLGATE ARRETE INSTANTANEMENT LA MAUVAISE HALEINE ! LA MOUSSE ACTIVE DE COLGATE PÉNÉTRE DANS LES INTERSTICES CACHÉS ENTRE LES DENTS.DÉLOGE LES PARTICULES D\u2019ALIMENTS.ENLÈVE LES ODEURS DE SALIVE STAGNANTE ET FAIT DISPARAÎTRE CETTE CAUSE FRÉQUENTE [ DE MAUVAISE HALEINE !\t- PURIFIE VOTRE HALEINE EN NETTOYANT VOS DENTS BROSSE A DENTS COLGATE EN NYLON SVP^,EAULRE LES SOIES NYLON DE COLGATE NE PEUVENT OAr SE RAMOLLIR 14 LE SAMEDI avait rendu le dernier soupir .Son corps était encore chaud, lorsque le boy l\u2019a découvert.\u2014 Ah ! c\u2019est le boy qui.Tanglade se tourna vers Trappier.\u2014 Oui.D\u2019habitude, le patron et moi nous déjeunons toujours ensemble à huit heures du matin.Il est très ponctuel.Moi aussi, car il adore cela.Or, ce matin, je fus surpris de ne pas le voir installé à sa place comme toujours .« Huit heures cinq.Dix.Le quart.Je n\u2019y tins plus et donnai ordre au boy d\u2019aller voir ce que faisait M.Béchard .Tanglade reprit une gorgée de whisky.\u2014 J\u2019entendis un piaillement aigu.Je bondis.Le boy était recroquevillé contre le mur et, là, au milieu de la pièce, écroulé au bas d\u2019une chaise qu\u2019il avait renversée dans sa chute, c\u2019était le patron.« Il venait sans doute d\u2019achever de s\u2019habiller.Il était prêt.Ses bottes aux pieds.Je me penchai, j\u2019écoutai son cœur.Fini.Plus de battements.Les deux hommes avaient écouté le récit dans le plus grand silence.Tanglade, d\u2019un mouvement nerveux, avait enfoui les mains dans les poches de sa tunique.Il poussa une nouvelle exclamation sourde : \u2014 Ah ! J\u2019allais oublier .Près du corps, il y avait ça .Ses doigts crispés ramenèrent un morceau de papier froissé.Trappier s\u2019en empara.Il lut le mot fatidique Kandaï ! \u2014 Ah ! par exemple !.rugit le résident, à qui il avait tendu le carré blanc sur lequel se détachait l\u2019inscription.\u2014 Oui, murmura Tanglade.Et dire qu\u2019il en avait eu le pressentiment ! Trappier le questionna du regard.\u2014 Le patron, reprit le régisseur, m\u2019avait dit, il y a quelques jours, qu\u2019il craignait une agression de ce bandit.Ci-dessus \u2014 Le soldat Paul Desfassés de Kénogami, au pays.\u2014 Le soldat Paul Boutin, d'Edmunston, N.-B., au pays.\u2014 L'aviateur-chef Roger Tellier de Montréal, au pays.\u2014 Le soldat Willie Larose de Mont-Laurier, au pays.\u2014 Le soldat Ferdinand Bégin de Fauquier, Ont., au pays.Au centre \u2014 Le soldat Paul Archambault de St-Paul l'Ermite, outre-mer.\u2014 Le soldat Maurice Filteau de Montréal, \u2014\tIl vous en avait confié les motifs possibles ?\u2014\tNon.Il m\u2019avait simplement déclaré que cette idée le poursuivait.\u2014\tC\u2019est vrai, intervint Rudon.Puisqu\u2019il était même venu jusqu\u2019ici pour m\u2019en parler à moi aussi.Tanglade hocha amèrement la tête.\u2014 Et pourtant, on n\u2019a rien volé.On n\u2019aurait pas pu voler, puisque tout ce qui possède une valeur quelconque se trouve dans un coffre-fort installé dans le bureau du patron.Trappier fit un pas en avant.\u2014 Pas de temps à perdre ! dit-il d\u2019une voix autoritaire.Je vous accompagne.Partons tout de suite.Nous arriverons avant la tombée de la nuit ?demanda-t-il.\u2014 J\u2019en doute.Mais vous avez raison, il faut aller là-bas .Trappier parla à mots hachés : \u2014 Pas un mot à votre personnel des raisons qui m\u2019amènent.Vous direz que je suis docteur.Puisque aussi bien, il n\u2019y a rien à faire qu\u2019à constater le décès.Tanglade approuva.Au moment de monter à cheval, il suggéra : \u2014 Vous resterez plusieurs jours, monsieur Trappier.Je vous supplie ! J1 faut que la mort de mon pauvre maître soit vengée .Qui sait si mon tour ne viendra pas ensuite !.Rudon les regarda partir au galop et rentra dans la maison.Il s\u2019épongea le front, le visage, s\u2019essuya les mains et se laissa tomber dans un fauieuil de bambou : \u2014 Nom de D .!.soupira - t - il après un instant.Il \u2014 ARRIVEE A SOANG-THI \u2019aih était d\u2019une pesanteur extrême.La chaleur se chargeait d\u2019humidite.On sentait que la saison des pluies était proche.Le sentier suivi par les deux cavaliers paraissait un chemin creux bordé de roseaux, de bambous, d\u2019arbres divers disparaissant sous des enchevêtrements de lianes.La lumière était avare sous la voûte épaisse.La jungle offrait upe apparence d\u2019aquarium.Tout avait un aspect glauque.\u2014\tQuelle chaleur d\u2019étuve ! murmura Trappier.Les bêtes avaient ralenti leur allure, et il eût été imprudent de les forcer à galoper car elles se seraient épuisées promptement.Tanglade parlait peu.Il était songeur et, de temps à autre, un soupir bref lui gonflait la poitrine.Le crépuscule surgit et, sans transition, la nuit arriva.\u2014 Nous sommes encore loin ?demanda Trappier.\u2014\tUne heure de chevauchée .Mais il vaudrait peut-être mieux s\u2019arrêter pour la nuit.\u2014\tOui, approuva Trappier.Campons ici, tant bien que mal.Ils assemblèrent du bois pour allumer un feu qui servirait à éloigner les bêtes féroces et à cuire les quelques poignées de riz emportées à tout hasard.Les chevaux, attachés quelques mètres plus loin, s\u2019agitèrent et donnèrent des signes d\u2019inquiétude.Presque aussitôt, un grondement formidable emplit l\u2019espace.Instinctivement, du même élan, Trappier et Tanglade sautèrent sur leurs armes toujours chargées et, se tenant côte à côte, attendirent.Plusieurs grondements semblables se firent entendre à une distance assez rapprochée, augmentant l\u2019effroi des quadrupèdes.Tanglade, qui écoutait avec attention, déclara : \u2014 Ce sont des éléphants .Reste à savoir s\u2019ils sont furieux ou non ! \u2014 Eh bien, si nous allions au-devant d\u2019eux ?riposta Trappier avec calme.Mieux vaut surprendre qu\u2019être surpris.Ils s\u2019éloignèrent, pas à pas, l\u2019oreille tendue.Les barrissements avaient cessé.Bientôt, ils tombèrent sur les traces énormes de pattes creusées dans le sol mou, et atteignirent une petite éclaircie.On voyait là les restes d\u2019un marécage datant des pluies précédentes et qui n\u2019était plus qu\u2019un amas de vase.\u2014 Oh ! quelle troupe !.murmura Tanglade.Neuf pachydermes, conduits par un mâle fort vieux et de taille monstrueuse, s\u2019offrirent à leurs regards sous le clair de lune qui tombait droit sur eux, par la trouée entre les cimes.Ils avaient la tête tournée du côté où venaient d\u2019apparaître les deux hommes.A la vue des deux compagnons, le vieux mâle éleva sa trompe et fit entendre un nouvel appel, mais qui cette fois ressemblait à un coup de trompette.Les éléphants s\u2019ébranlèrent lentement, se dirigeant vers Trappier et Tanglade.Ceux-ci se tenaient baissés et en partie cachés par des troncs d\u2019arbre et des herbes géantes.\u2014\tImpossible de grimper à un arbre, chuchota Trappier.Leurs fûts sont trop épais pour que nous puissions les enlacer .Il arma son fusil et s\u2019apprêta à viser à la tempe du mâle, conducteur de la bande, seul endroit vulnérable.En hâte, Tanglade releva le canon de l\u2019arme et s\u2019exclama sourdement : -\u2014 Non, non !.Ne tirez pas .Si vous blessez, ou même, si vous parvenez à en tuer un, nous serons perdus ! \u2014\tMais, cependant.\u2014 Fiez-vous à mon expérience de la brousse.Les autres monstres sont en trop grand nombre.S\u2019ils n\u2019étaient que deux ou trois, j\u2019aurais déjà descendu moi-même le premier et peut-être parviendrions-nous à abattre les autres, mais voyez .Neuf !.dont cinq d\u2019une grande espèce .\u2014 Mais ils s\u2019apprêtent à nous charger ! \u2014 Je le vois bien.Aussi, il existe un moyen enfantin de les mettre en déroute !.Vous allez voir .Frottant vivement une allumette, Tanglade mit le feu à une poignée d\u2019herbes sèches et la lança vers la trompe du chef de bande.Cela fit une traînée lumineuse et, brusquement, un barrissement effroyable de fureur et de crainte secoua la forêt.Les neuf colosses s\u2019arrêtèrent sur la même ligne, firent subitement un demi-tour à droite et s\u2019enfoncèrent dans la jungle dans un lourd galop.Ils ne savaient que trop ce qu\u2019était le NOS MILITAIRES wm te» outre-mer.\u2014 L'aviateur René Beau-mier de Valleyfield, au pays.Ci-contre \u2014 Le sapeur Albert J.Drouin de Fryatt, Ont., outre-mer.\u2014 le sergent Laurent Bertrand de Magog Est, outre-mer.\u2014 Le soldat Roland Taille-fer de Ste-Dorothée de Laval, au pays.Le soldat René Fortin de Windsor Mills, au pays.\u2014 Le soldat Antoine Moreau de St-Henri, outre-mer.\t\tw+ê mr URL\t \t*\u2022«*\t\t.jr\t^ wfiPMr \u2022 \tÉ\t\t1 Æ& éêê.^ ¦¦ iltUTi ÆÊm\t11444,, M\t\t «ær ÊT B fëWiïê-\tllr^?\tÉMjf~ A\t \t4 k ^ *\tjfïigji\t,4 jL \t\tw .'WêÊÊÊÊHÊ\t 22 JUILLET 1944 15 feu, cet ennemi terrible et, sans aucun doute, s\u2019imaginaient-ils trouver un incendie\u2019 devant eux.Les deux hommes revinrent auprès des chevaux, qu\u2019is avaient eu la précaution d\u2019entraver solidement, et ranimèrent le feu.La nuit se passa sans autre incident.Dès les premiers cris d\u2019oiseaux, Trappier et Tanglade reprirent leur route.Ils atteignirent Soang-Thi fort tôt dans la matinée.Durant le chemin, Tanglade donna quelques détails sur l\u2019existence que Béchard et lui-même avaient menée de conserve à la plantation.Pas de femmes blanches.Relativement peu de personnel dans la maison.Toutes les mains disponibles étaient réservées à la culture.\u2014 En dehors du boy et d\u2019un cuisinier, mon pauvre patron ne tolérait personne autour de nous.Il n\u2019avait guère confiance dans la race jaune .Moi non plus, d\u2019ailleurs .Trappier murmura : \u2014 Evidemment, ce ne sont pas tous des gens sur qui on peut compter, mais il en est de fidèles, de dévoués .\u2014 Vous y croyez vraiment ?émit Tanglade avec un rire sarcastique.Trappier se tourna vers lui : \u2014 En d\u2019autres termes, vous soupçonnez le boy ?Ou le cuisinier ?Le régisseur eut un regard éloquent.\u2014 Ont-ils eu une conduite suspecte ?insista Trappier.Tanglade ne répondit pas.On franchissait le seuil du grand bungalow.Plusieurs indigènes étaient assemblés devant la porte de la cuisine, à l\u2019arrière du bâtiment, et conversaient avec animation.Tanglade mena son cc-mpagnon jusqu\u2019à la chambre à coucher de Béchard et s\u2019élança vers le lieu où continuait le strident caquetage.Trappier l\u2019entendit qui apostrophait durement les Annamites : \u2014 Qu\u2019est-ce que vous faites là ?Au travail !.Je n\u2019ai pas besoin de vous.Allez ouste, filez !.-\u2014 Le maître est mort ! psalmodia la foule éplorée.Le maître est mort ! Trappier s\u2019était immobilisé devant le cadavre, qui avait été déposé sur le lit.Il contempla le visage sur lequel la barbe avait poussé dru depuis près de vingt-quatre heures.Il se pencha, examina les traits.Une expression de souffrance hébétée se lisait sur cette face.Malgré la fenêtre et la porte closes, de grosses mouches tourbillonnaient dans la chambre.Tanglade surgit, les sourcils froncés : \u2014 Ces maudits paresseux s\u2019imaginaient que j\u2019allais leur donner congé parce que le patron est mort.Comme si, au fond, ils ne s\u2019en fichaient pas tous royalement ! \u2014 Il faut l\u2019enterrer sans délai.murmura Trappier.Avec cette chaleur, la décomposition ne tarderait pas .\u2014 J\u2019ai retenu deux hommes pour creuser la fosse, dit Tanglade sourdement.Pauvre patron.Il ne reposera même pas dans un cimetière convenable.Mais \u2014 il se redressa \u2014 je ferai ériger un monument sur sa tombe .N\u2019est-ce pas ?Trappier acquiesça d\u2019un signe.Il ajouta : \u2014 Vous le faites ensevelir tel quel?____Oui.Pourquoi le dévêtir ?murmura le régisseur.Ah ! quelle odeur, déjà ! C\u2019est épouvantable .Us passèrent dans la pièce qui avait été le cabinet de travail de Béchard.Quelques meubles très simples et au fond un petit coffre-fort d\u2019acier.Tanglade le désigna : \u2014 Tout est intact là-dedans.Il ne manque pas un centime .__Il y a beaucoup d\u2019argent ?\u2014 Non.Et c\u2019est une incompréhension de plus.Je n\u2019arrive pas à saisir pourquoi mon maître a été assassiné .Trappier s\u2019assit lentement et hasarda : \u2014 Il n\u2019a peut-être pas été tué ?.Tanglade eut un soubresaut comme s\u2019il avait reçu un choc électrique : \u2014 Comment ?cria-t-il.Et.et le papier de Kandaï ?Trappier plissa le front.Il croisa les doigts sur ses genoux.\u2014 Oui.C\u2019est juste.Il y a la marque du bandit.Mais c\u2019est étrange.On serait tenté de croire à une mort subite par congestion cérébrale, par exemple.J\u2019ai eu bien du mal à lui fermer les yeux .-\u2014Vous n\u2019avez rien trouvé de particulier ?insista ardemment Tanglade.Pourtant, tout indique un crime ! Trappier s\u2019enfonça dans de nouvelles méditations.\u2014 Ecoutez, dit-il à la longue, en soupesant ses mots, la mort de M.Béchard est mystérieuse, ceci est incontestable .Mais dans l\u2019état actuel des choses, il est inutile \u2014 du moins, je le pense \u2014 de retarder davantage l\u2019ensevelissement, en raison du danger d\u2019infection pour les vivants.A vrai dire, je n\u2019ai pas trouvé grand\u2019chose en dehors de ce que je vous ai signalé.\u2014 Ah ! fit sobrement le régisseur.\u2014 Et, poursuivit Trappier, je crois que le mieux est de chercher à comprendre par où et comment Kandaï a pu s\u2019introduire .-\u2014Voulez-vous que je vous dise?s\u2019exclama Tanglade.Moi je crois qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une bande .\u2014 Pourquoi ?demanda Trappier en levant les yeux.\u2014 Parce qu\u2019il est impossible qu\u2019il en soit autrement.J\u2019ai l\u2019intime conviction que le boy en sait long sur le crime.\u2014 Au fait, j\u2019allais vous demander de le faire venir .Comment s\u2019appelle-t-il ?murmura Trappier.\u2014 Niou.C\u2019est un gamin d\u2019une quinzaine d\u2019années, mais il est retors comme un vieux bonze.Le serviteur apparut devant Trappier.Il portait la chevelure longue d\u2019un noir brillant, tournée en chignon, mais fixée assez bas par un peigne de bambou.Sa taille était un peu au-dessus de la moyenne.Trappier s\u2019étonna de l\u2019âge qui lui était attribué, car il en paraissait davantage.Les traits réguliers, loin d\u2019être aplatis, ses sourcils assez épais et son front plus haut que celui de ses frères de race annonçaient une intelligence certaine.Le regard, dans les yeux obliques, s\u2019il était fuyant, avait pourtant par instants, une décision qui pouvait surprendre un observateur.Il attendait, immobile.Tanglade entraîna Trappier dans un coin.\u2014 N\u2019oubliez pas, dit-il à voix basse, que vous avez vous-même demandé à garder l\u2019incognito .\u2014 Ce garçon n\u2019est pas un Annamite ! s\u2019exclama Trappier.\u2014 Allons donc ! Il me semble que si.\u2014 Attendez, nous allons voir.Approche, Niou !.N\u2019aie pas peur .\u2014 Moi pas peur .Moi triste, parce que bon maître parti.\u2014 Quel petit hypocrite !.murmura Tanglade avec une moue de mépris.\u2014 Tu es de la race des Stiêng, toi ?fit Trappier.\u2014 Oui, missié .Moi Stiêng .Parents venus, il y a longtemps Annam.Moi venu tout petit avec eux.\u2014 Ce monsieur est le docteur que j\u2019ai ramené avec moi, intervint Tanglade.Il veut te demander des détails sur la manière dont tu as trouvé notre maître.Niou rentra la tête dans les épaules et ne répondit pas.\u2014 Cela a l\u2019air de l\u2019embarrasser.chuchota Trappier.\u2014 Eh bien ?.reprit Tanglade.\u2014 Vous avoir vu comme moi.riposta Niou.Moi rien savoir .L\u2019AVENIR APPARTIENT À CEUX QUI S\u2019Y PRÉPARENT _£ (DUTES les fourchettes de poulet, les chevaux blancs ou les chats noirs au monde ne peuvent décider de l\u2019avenir de ceux qui vous sont chers.La chance est si capricieuse.Le moyen le plus sûr de savoir que l\u2019avenir sera bon pour eux\u2014ou tout au moins que les soucis financiers ne ruineront pas leurs rêves\u2014est de faire des plans d\u2019avance, pour les cas imprévus, de façon à ce que même la mort ne puisse jeter une ombre de désespoir sur la famille que vous laissez.L\u2019assurance-vie peut vous apporter maintenant la certitude que ceux qui vous sont chers auront les moyens nécessaires pour traverser la période d\u2019ajustement qui suivra la cessation de votre revenu .elle leur fournira des fonds pour vivre .peut-être aussi l\u2019occasion de faire se réaliser quelques-uns de leurs rêves.Qu\u2019importe votre revenu, vous pouvez jouir des avantages d\u2019une assurance-vie Prudential.Le grand choix de polices et de mode de paiement des primes met cette protection fondamentale à la portée de presque toutes les familles canadiennes.L\u2019agent de la Prudential de votre quartier est entraîné à établir des méthodes au moyen desquelles vous pouvez protéger votre famille suivant ses besoins.Laissez-le vous aider.THE PRUDENTIAL INSURANCE COMPANY OF AMERICA Une compagnie mutuelle d\u2019assurance-vie SIÈGE SOCIAL\tNEWARK, NEW JERSEY SUCCURSALES DANS TOUTES LES PRINCIPALES VILLES CANADIENNES 16 LE SAMEDI J\u2019ai beau être fermière, je connais tout autant que mes sœurs citadines le secret d\u2019une jambe attrayante ! Voyez les vôtres, madame, et faites en sorte qu\u2019elles aient cette douceur de marbre.Eprouvez cette rassurante sensation d\u2019avoir des jambes parfaitement soignées, attrayantes \u2014 des jambes traitées au NEET.Adoptez NEET dès aujourd\u2019hui ! Ce cosmétique épilatoire, en un rien de temps, nettoiera littéralement vos jambes, de même que les aisselles, et les avant-bras, de tous les vilains poils.Donne à votre peau une douceur soyeuse et un parfum délicat.Finis les poils rébarbatifs et mal rasés lorsqu\u2019on fait usage de NEET.NEET, de plus, ne favorise aucunement la croissance des poils.Procurez-vous un tube de NEET aujourd\u2019hui même dans une pharmacie, magasin à rayons ou bazar.Le visage du jaune était devenu impénétrable.Trappier comprit qu\u2019il n\u2019en tirerait aucun renseignement.\u2014 Inutile d\u2019insister, dit-il à mi-voix.\u2014 Questionnez-le sur le papier.suggéra Tanglade sur le même ton.Trappier fit un signe affirmatif.\u2014 Est-ce que le mot Kandaï est de langue stiêng ?demanda-t-il a brûle-pourpoint, en regardant fixement le boy.Les paupières de Niou battirent.On vit les muscles de ses joues se contracter un instant.Puis l\u2019indigène secoua la tête : \u2014 Moi pas connaître.Pas comprendre .\u2014 Tu peux te retirer.Je n\u2019ai plus besoin de toi.Les deux blancs échangèrent un long regard.\u2014 Vous avez vu son attitude?lança Tanglade.\u2014 Oui.Je vais surveiller ce bonhomme-là.Proposez-moi, devant lui, de passer quelques jours ici.A déjeuner, pendant que le boy servait en silence, les deux hommes jouèrent la petite comédie convenue.Trappier surprit un coup d\u2019œil filtrant sous les cils de Niou.La sieste des deux Européens eut lieu sous la véranda.Au réveil, le régisseur posa une question subite à son hôte.Ill \u2014 NIOU, LE BOY SUSPECT Pourquoi, demanda Tanglade, avez-vous demandé à Niou s\u2019il est un Stiêng ?Entre parenthèses, mes compliments pour votre connaissance des types indochinois .En ce qui me concerne, je les trouve tous des macaques sans grande différence ! Trappier s\u2019assit sur la chaise-longue, attirant à lui le dossier amovible sur lequel il avait été étendu.\u2014 Oh, vous savez, dit-il modestement, j\u2019ai tellement de loisirs à Saigon .J\u2019en profite pour me documenter à fond sur les différentes peuplades.Les Stiêngs habitent au delà du Cambodge.J\u2019ai été étonné d\u2019en trouver un représentant par ici.Il s\u2019interrompit, étouffa un bâillement et se mit debout.¦\u2014 Savez-vous, Tanglade, à quoi je pense brusquement ?-\u2014Je vous écoute.\u2014 Les Stiêngs sont de grands chasseurs.Ils passent à cette occupation \u2014 ainsi qu\u2019à la pêche \u2014 tout le temps que ne réclame pas le champ.Ils tirent à l\u2019arc.Et \u2014 Trappier parla plus lentement et plus bas \u2014 ils se servent de poison pour enduire leurs flèches ! \u2014 Ah ! tonnerre !.Mais .Mais .\u2014 Oui, conclut Trappier.Cela m\u2019est venu à l\u2019idée.Quel a été l\u2019emploi du temps de Niou, ces jours-ci ?Tanglade fit un effort de mémoire.\u2014 Je ne sais pas, dit-il après un temps.Il ne m\u2019est jamais venu à l\u2019esprit de le surveiller.Qui aurait pu imaginer que .Non.Il a pu préparer son crime à son aise.Le régisseur était agité, fébrile.Il continua : \u2014 Ainsi, vous avez trouvé !.Oui, oui.Ce brave M.Béchard a dû périr empoisonné .Trappier ! Il faut mettre cet infâme petit gredin de Niou dans l\u2019impossibilité de nuire .\u2014 Certes.Mais auparavant je veux essayer de découvrir l\u2019auteur des messages de Kandaï .\u2014 Je crains bien que Niou soit sur ses gardes pendant quelque temps.\u2014 C\u2019est assez probable .Aussi vais-je réfléchir à un plan.Tanglade s\u2019appuya d\u2019une épaule à un montant de bois soutenant la toiture de la véranda.Il voyait le jardin et, de là, une route poussiéreuse qui conduisait en serpentant à la plantation de cannes à sucre, d\u2019un côté et à la jungle de l\u2019autre.Soudain, il s\u2019immobilisa et fit claquer son pouce contre son index.Trappier regarda de son côté.Il le vit qui mettait un doigt sur ses lèvres, clignait un œil et disait assez haut : -\u2014Alors, votre idée est que Niou est suspect ?Au même moment, il tira son revolver de sa ceinture et tira droit dans un bosquet de bambous à deux pas de la terrasse.Un cri étouffé de douleur répondit à la détonation.Il bondit vers l\u2019escalier, sauta les marches par trois à la fois et courut jusqu\u2019aux bambous, écartant violemment les longues tiges flexibles.Trappier l\u2019avait suivi.Le cuisinier apparut, effaré.\u2014 Quoi, tiré revolver ?piailla-t-il.\u2014 Oui.Retourne à ton cagibi.J\u2019ai visé un oiseau .Trappier s\u2019exclama : \u2014 Mais qu\u2019est-ce que cela veut dire ?Tanglade continuait à fouiller les boqueteaux.Il marmonnait des mots rageurs entre ses dents.Finalement, il haussa les épaules : \u2014 Le salopard a disparu .grogna-t-il.Il a dû s\u2019enfuir vers la forêt.J\u2019avais cru l\u2019atteindre pourtant.Ah, voici.Il ramassa une veste qui était trouée d\u2019une balle et la tint en l\u2019air à bout de bras.Trappier reconnut le vêtement de Niou.-\u2014Vous voyez! gronda Tanglade, jusqu\u2019où va le machiavélisme de ce misérable.Il était caché dans les bambous afin de surprendre notre conversation.Mais il avait prévu le cas où il serait éventé et il avait accroché son oripeau pour fausser les recherches pendant qu\u2019il se défilerait d\u2019un autre côté .\u2014 Comment avez-vous discerné sa présence ?\u2014 J\u2019avais vu les bambous s\u2019agiter lentement.Or, il n\u2019y a pas la moindre brise.Pour être sûr que je n\u2019étais pas le jouet d\u2019une erreur, j\u2019ai fait exprès de mentionner son nom comme vous l\u2019avez constaté.C\u2019est alors que j\u2019ai aperçu le vêtement entre les bambous et que j\u2019ai tiré.Et Niou a feint d\u2019avoir été touché ! Trappier resta songeur.\u2014 Vous avez eu tort, dit-il à la longue.\u2014 Moi?Mais je.commença Tanglade, et puis il prit une mine navrée en murmurant : \u2014 Oui.C\u2019est vrai.Cela a été plus fort que moi.J\u2019aurais dû ne rien révéler et laisser Niou rentrer tranquillement à la maison.Nous aurions pu alors nous en emparer et le cuisiner jusqu\u2019à ce qu\u2019il eût admis sa culpabilité ! \u2014 Vous avez très exactement traduit mon sentiment, déclara l\u2019homme de Saigon.Mais ce qui est fait est fait.\u2014 Nous avons, comme dédommagement, son aveu par la fuite .suggéra Tanglade.Il n\u2019est pas près de revenir.\u2014 Cela m\u2019en a l\u2019air .Mais s\u2019il s\u2019est réfugié dans la jungle, il va être la proie des fauves ! \u2014 J\u2019ai idée, assura le régisseur, qu\u2019il sait ce qu\u2019il fait et qu\u2019il est en route pour rejoindre le dénommé Kandaï .A moins, reprit-il, qu\u2019il ne tombe, comme vous l\u2019avez dit, sous la dent d\u2019un tigre.Ce que je lui souhaite, d\u2019ailleurs, très cordialement ! Trappier ne répondit pas.Il avait repris la veste du jeune Stiêng et la regardait pensivement.Tanglade continua de parler : \u2014 En attendant, dit-il, je n\u2019ai plus de boy.Vous m\u2019excuserez, Trappier, si le service est fait tant bien que mal par le cuisinier ! \u2014 Cela n\u2019a pas d\u2019importance.D\u2019ailleurs, je vais partir demain matin Je n\u2019ai plus rien à faire ici.J\u2019ai encore à me rendre dans le district voisin, comme vous le savez.\u2014 Je souhaite que vous y trouviez plus d\u2019indices sur Kandaï que je n\u2019ai pu vous en fournir.\u2014 Je l\u2019espère .s\u2019exclama Trappier.La fin de l\u2019après-midi s\u2019étira.L\u2019heure du dîner passa.Les deux hommes eurent promptement expédié le repas.Trappier voulait se coucher tôt pour partir de même.Il se retira dans la chambre qui lui était réservée.Tanglade n\u2019avait pas sommeil, mais il assura néanmoins qu\u2019il serait sur pied pour souhaiter bon voyage à son hôte, à l\u2019aube.¦\u2014 Deux ou trois heures de repos me suffisent, déclara-t-il.Ne vous souciez pas de moi.Il s\u2019installa dans un fauteuil de rotin, les deux pieds posés sur une chaise et se mit à fumer une pipe, dans une demi-obscurité, à l\u2019abri des moustiques, grâce à l\u2019écran protecteur posé dans l\u2019encadrement de la baie donnant sur la terrasse.Malgré son affirmation, Trappier ne s\u2019était pas endormi, dans sa chambre.Il était soucieux.De multiples problèmes l\u2019assaillaient.Il ne se sentait aucunement satisfait de la solution apparente qu\u2019offrait la fuite de Niou.Dans la nuit noire, autour de la maison, rampait une ombre silencieuse.L\u2019inconnu s\u2019immobilisa à distance, devant le perron.De l\u2019endroit où il se trouvait il voyait le régisseur, la tête penchée sur la poitrine, ne la relevant que pour tirer des bouffées de sa pipe.Un rictus de haine lui tordit la bouche.Il se remit à ramper.Il atteignit ainsi le côté opposé du bungalow.Un arrêt.Tout était tranquille.De la jungle proche et pourtant lointaine, arrivaient les hurlements confus des bêtes à la chasse.De-ci, de-là, un mugissement dans cm marécage \u2014 la grenouille-taureau.Puis un bref silence.Et de nouveau les bruits nocturnes, par bouffées, selon la direction du vent qui soufflait par intermittences.Peu à peu, écrasé de fatigue, Tanglade dodelinait de la tête sans s\u2019en rendre compte.Sa pipe lui échappa des dents et tomba sur la natte avec un choc sourd.Il tressaillit, ouvrit les yeux, se baissa machinalement pour ramasser l\u2019objet qu\u2019il déposa sur la table.Puis il referma les yeux .Combien de temps resta-t-il ainsi ?Il n aurait su le dire.Un instinct lui fit soulever les paupières.D\u2019un seul coup, il se sentit alerte et reposé.Et alors, il prêta l\u2019oreille.N\u2019étaient-ce pas des craquements qu\u2019il entendait dans le corridor, derrière la porte ?Non.Pas des craquements.Mais des glissements feutrés.Son regard eut une lueur.Il fit descendre lentement sa main a sa hanche, prit son revolver dans l\u2019étui, la ramena savamment et attendit, les yeux fixés vers la porte, prêt à tirer.Rien ne vint.Les glissements avaient cessé.Il tendit l\u2019oreille avec acharnement.Un grand silence.Il continua d\u2019attendre malgré tout.Ca recommence, fit-il sourdement.On dirait que c\u2019est une porte qui glisse lentement dans ses rainures Il se déchaussa avec des précautions infinies et sur la pointe des pieds vint coller son oreille contre le panneau qui le séparait du corridor.D\u2019un mouvement violent, il tira la porte à lui et se jeta en avant, l'arme braquée.Il ne s\u2019était pas trompé !.Une silhouette se trouvait devant la porte ouverte de la chambre de Trappier !.Sacrr .C\u2019est ce bandit de Niou! 22 JUILLET 1944 17 Le rire peut vous donner santé! Avez-vous remarqué comme les gens qui rient beaucoup semblent toujours bien portants et pleins de vie?Il y a une bonne raison pour cela.Le rire exerce le diaphragme, dilate les poumons, de sorte qu\u2019il entre plus d\u2019oxygène que d\u2019habitude dans le sang.Le taux d\u2019exposition à l\u2019oxygène est au moins doublé quand vous riez de bon coeur, et il y a un regain d'énergie de la tête aux pieds.Ainsi, vous devriez rire tant que vous pouvez.Et rappelez-vous qu\u2019il faut avoir les dents propres quand on rit.Et la poudre Pepsodent rend les dents deux fois plus brillantes que toute autre grande marque\u2014sans exception! Les dents peuvent changer votre personnalité! Les dents croches et à l\u2019étroit font souvent plus que gâter l\u2019apparence d\u2019une personne.Elles rendent souvent cette personne gênée et contrainte, elles la rendent aussi timide.Mais cela peut être corrigé.Car l\u2019art dentaire moderne peut aujourd\u2019hui faire des merveilles dans le redressement des dents croches ou mal placées.Comme les vedettes de l\u2019écran, vous pouvez faire recouvrir vos dents brisées ou ébréchées.Votre dentiste vous dira ce qu\u2019il y a lieu de faire et le temps requis pour y arriver.Oui .c\u2019est la vérité .votre dentiste peut vous aider à posséder de belles dents saines; mais c\u2019est à vous qu\u2019il incombe de les nettoyer et de les garder brillantes en les brossant soigneusement chaque jour! Vous pouvez avoir des dents p/us brillantes / AVANT APRES Exemple d\u2019après un cas actuel meilleure Il tira.La détonation éclata dans la tranquillité de la maison.Puis il se rua sur l\u2019indigène.Mais déjà celui-ci, prompt comme un félin, avait littéralement plongé en avant dans la chambre qu\u2019il franchit en deux bonds.Il creva le panneau protecteur contre les insectes, et profitant de ce que la fenêtre était ouverte à deux battants, disparut dans la nuit.Tanglade, l\u2019œil injecté, se pencha, tira encore deux balles au hasard et se redressa.Trappier le regardait d\u2019un air hébété, assis sur son lit, en pyjama.Le régisseur haletait.Il lança à mots hachés : \u2014 C\u2019est Niou .Il était revenu .Il allait s\u2019introduire chez vous ! Pour vous tuer sans doute ! Ah, sans votre lumière, il n\u2019aurait pu se diriger aussi facilement.\u2014 Je venais d\u2019allumer, expliqua Trappier.Je ne me sentais pas à mon aise.Cette nuit étouffante, avec ce vent chaud qui passe par instants .Et j\u2019ai vu ma porte qui s\u2019ouvrait lentement.J\u2019ai cru que c\u2019était vous .Et alors, cette galopade, votre coup de feu, ce diable qui passe en éclair dans la pièce .\u2014 Vous l\u2019avez échappé belle.grommela Tanglade.\u2014 Je ne comprends pas pourquoi il est revenu .\u2014 Mais si.Pour nous assassiner tous deux ! Mais tonnerre, j\u2019aurai le dernier mot.Dès demain, je vais lui tendre un piège et je vous jure que je n\u2019aurai de cesse que je l\u2019aie là, devant moi, pieds et poings liés.C\u2019est sa vie ou la nôtre, Trappier.\u2014 Oui.Aussi, dès demain, je me mets en route pour joindre le résident André Rudon, et lui demander de mettre quelques hommes à ma disposition .Il faut traquer le bandit.\u2014 Non, déclara Tanglade.Le meilleur moyen de l\u2019attirer à nouveau ici, est de feindre l\u2019absence de précautions.Trappier réfléchit et approuva.\u2014 Oui.Vous raisonnez juste.Mais tout de même, j\u2019ai des remords de m\u2019en aller dans ce cas.Je veux rester pour vous prêter assistance.Tanglade sourit sobrement.\u2014 Je vous remercie.Je me débrouillerai seul.C\u2019est un compte personnel que je veux régler avec lui.Trappier hocha la tête, de droite à gauche.\u2014 C\u2019est dangereux, Tanglade.Ce gredin connaît admirablement les détours intérieurs de la maison.Songez qu\u2019il y a servi durant quelque temps.Il peut vous surprendre et.\u2014 Je vous en prie.Je suis tout de même de taille à me défendre contre un jeune brigand de son espèce ! Ils discutèrent encore quelques minutes puis Trappier se laissa convaincre.Il fut convenu qu\u2019il quitterait le bungalow comme primitivement décidé.Mais ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019avait plus sommeil, à présent.Ils se rendirent dans la grande pièce où ils prenaient les repas et se mirent à jouer aux cartes.Un retour de Niou n\u2019était pas à supposer, du moins pour cette nuit-là.Deux heures plus tard, les deux hommes regagnèrent leurs chambres respectives.Harnassés, ils s\u2019endormirent presque aussitôt.Le départ de Trappier eut lieu un peu plus tard que le lever du jour.Le cheval dûment sellé, il donna une dernière poignée de main a son am-phytrion, et peu après on le vit galoper par un sentier de traverse en direction de la jungle.\u2014 Maintenant, gronda le régisseur, il ne me reste plus qu\u2019à attendre ce maudit Niou et à ne pas le rater cette fois.IV \u2014 UN ETRANGE RETOUR IL pouvait être dix heures du matin.Tanglade, assis dans le bureau qui avait été celui de Béchard, compulsait des papiers avec une profonde attention.Tout à coup, il jeta le tout dans un tiroir et referma à clef, hâtivement.Son visage avait pris une expression d\u2019anxiété.Il venait d\u2019entendre une voix qui appelait son nom.Du haut de la terrasse, il regarda, stupéfait.\u2014 Trappier ?.Vous !.Je vous croyais parti ! L\u2019homme de Saigon avait la veste déchirée et semblait en proie à un certain bouleversement.Tanglade le regarda monter l\u2019escalier du perron.Trappier marchait avec difficulté.Il se laissa tomber dans un fauteuil.\u2014 Il était temps que j\u2019arrive .mar-monna-t-il.Le régisseur restait toujours muet.Il cherchait à comprendre.\u2014 J\u2019avais fait environ une dizaine de kilomètres, expliqua Trappier, lorsque j\u2019éprouvai le besoin de descendre de mon cheval.Je m\u2019éloignai de quelques pas.A peine avais-je le dos tourné que l\u2019animal, pour une cause que je ne puis arriver à démêler, fit un bond énorme et disparut dans la jungle ! \u2014 Allons donc !.s\u2019écria Tanglade.Vous ne l\u2019aviez donc pas attaché ?\u2014 Je l\u2019avais jugé inutile, pour quelques secondes que devait durer l\u2019arrêt.Ce n\u2019était pas la première fois que j\u2019agissais ainsi.\u2014 Et alors ?demanda Tanglade.\u2014 Alors, j\u2019avais pensé que la bête avait dû être piquée par un insecte et qu\u2019elle reviendrait ou tout au moins se calmerait.Mais j\u2019eus beau la siffler, l\u2019appeler.Le cheval galopait toujours .Un silence suivit durant lequel Trappier poussa un long soupir.\u2014 Je suis rompu.Perdu l\u2019habitude d\u2019aller à pied .Je n\u2019avais qu\u2019une solution à prendre, celle de revenir .\u2014 Oui, dit brièvement Tanglade, les yeux fixés au loin.Il se mordilla les lèvres et proposa : \u2014 J\u2019ai une bête de réserve dans mon écurie .Trappier sourit et remercia.\u2014 Je l\u2019accepte volontiers.Vous êtes chic.Je me remettrai en route demain matin, si vous le permettez .Je suis si fatigué .\u2014 Comme vous voudrez, murmura le régisseur.Au fond, c\u2019est une excellente surprise que cette journée de plus à passer en votre compagnie.\u2014 Surtout, ne vous tracassez pas, recommanda Trappier.Que cela ne vous empêche pas d\u2019accomplir votre tournée, cet après-midi, dans la plantation.Vous m\u2019en aviez parlé hier soir .\u2014 Vous m\u2019accompagnerez, sans doute ?fit vivement le régisseur.Trappier fit mine de réfléchir et secoua négativement la tête.\u2014 Non.Je suis fourbu.Je crois que je ferai bien, après déjeuner, de me coucher tout bonnement.La nuit a été agitée.J\u2019ai peu dormi.Oui, décidément, je prendrai une petite revanche.Et, tenez.Cela me permettra de guetter, cette nuit, le retour de Niou.Tanglade eut un sourire fugitif.\u2014 Vous pensez à tout, remarqua-t-il, en se levant.Le régisseur se rendit à la cuisine pour prévenir le domestique au sujet du repas de midi.Trappier tira une cigarette d\u2019un étui et l\u2019alluma.Il songeait à l\u2019attitude de Tanglade : \u2014 Il n\u2019a pas cru un mot de mon récit, se dit-il, avec calme.Mais peu m\u2019importe.Le principal est qu\u2019il fasse semblant.[ Lire la suite page 33 ] Des laboratoires impartiaux ont fait des centaines d\u2019épreuves.Des hommes de science ont vérifié leurs constatations au moyen d\u2019appareils de mesure photoélectriques et ils autorisent cette déclaration: la poudre Pepsodent produit sur les dents un lustre deux fois plus brillant que la moyenne de toutes les autres grandes marques .plus brillant que n'importe quelle autre\u2014sans exception! Ces résultats ont été vérifiés par des jumeaux identiques qui ont fait des essais pratiques chez eux .par des techniciens de cliniques dentaires .par des dentistes dans leurs propres bureaux.Le résultat est toujours le même: la poudre Pepsodent rend les dents beaucoup plus blanches.Procurez-vous de la poudre Pepsodent pour rendre vos dents plus brillantes .aujourd\u2019hui! LA PEPSODENT REND LES DENTS BEAUCOUP PLUS BRILLANTES SS»\"»! M Po*DER De toutes les pâtes et poudres à dents SEULE LA PEPSODENT RENFERME DE L 7R/QIH / Cet étonnant ingrédient, exclusif à Pepsodent, enlève le film des dents \u2014 aidé ainsi à en révéler la beauté naturelle.The Pepsodent Co.of Canada, Ltd. 18 LE SAMEDI \u2022 flotte 5Feuilleton L'Injuste Châtiment \u2018Par 5François de ZMétillon Voilà que, sous la voûte, quelque chose se remue, deux formes humaines surgissent et épient les farouches compagnons.C\u2019est le forestier et le domestique qui lui a ouvert la porte.\u2014 Les voyez-vous?Les voilà ! dit Meinhard au domestique qui, pâle d\u2019effroi, suit du regard les bandits.\u2014 Courez vite, monsieur le comte, et dites-le-lui.Mais doucement ! \u2014 Les coquins ne doivent pas vous voir, ce serait votre mort.Le domestique frissonne malgré lui.Il s\u2019éloigne vite au fond de la halle ; il ouvre une porte et disparaît par là, tandis que le forestier reste seul au bas de l\u2019escalier et arrange tranquillement son mousqueton à double canon.Sans se douter de la lutte qui les attend, les bandits continuent leur chemin.Ils arrivent au premier étage.Barbe-Rouge, qui s\u2019est déjà orienté, conduit aussitôt ses camarades vers les appartements habités par Liane et Margot et où se trouvent, en ce moment, le comte Henri et quelques domestiques armés.Dans les corridors quelques lampes, accrochées aux murs, répandent une lueur terne.Un silence de sépulcre y règne.Barbe-Rouge fait signe à ses camarades de se taire.Ils sont devant la porte conduisant aux appartements de Margot.Dès que Barbe-Rouge veut ouvrir la porte, des pas rapides se font entendre ; un domestique apparaît.C\u2019est le même qui fut envoyé par le forestier chez le comte et qui, par un détour, est arrivé ici.Au premier bruit, même avant que Barbe-Rouge ait vu le domestique, il a reculé et, comme des fantômes, tous se glissent dans les sombres niches des portes.Le domestique ne voit rien des formes terrifiantes et s\u2019approche.Quand il a atteint la porte, alors, comme surgi de terre, se dresse tout à coup devant lui Barbe-Rouge et la lame tranchante d\u2019un poignard brille devant les yeux du domestique, mortellement saisi.\u2014 Seigneur Dieu ! dit-il d\u2019une voix à moitié étouffée de frayeur.\u2014 Pas de bruit ! siffle Barbe-Rouge avec une terrible menace et il pose la pointe du poignard sur la gorge du domestique muet d\u2019effroi.Il le prend par la poitrine et le traîne comme un paquet quelques pas avec lui, dans l\u2019obscurité.Les contrebandiers l\u2019entourent, et l\u2019aspect de ces hommes sauvages le remplit d\u2019horreur.Barbe-Rouge pousse si violemment le malheureux contre le mur que celui-ci ne peut presque plus respirer, et lui demande d\u2019un ton bourru : \u2014 Comment êtes-vous ici à cette heure ?Pourquoi rôdez-vous dans le château ?.Répondez ! Mais le domestique ne profère que des sons inarticulés, la peur brouille ses sens et paralyse sa langue.Barbe-Rouge le secoue avec impatience.NOTRE FEUILLETON \u2014 No 32 Publié on vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.\u2014\tQue diable ! ouvrez donc la gueule, imbécile ! Où vouliez-vous aller ?Parlez ! \u2014\tAh!.je.je voulais seulement .\u2014\tQuoi ?.que diable !.voulez-vous parler ?dit Barbe-Rouge en grinçant des dents et levant le poignard prêt à l\u2019enfoncer.\u2014 Vous vouliez entrer là.Qu\u2019avez-vous à chercher dans les appartements du comte ?Une idée sublime inspirée par l\u2019angoisse passe par la tête du valet.\u2014 Je voulais allez chez la femme de chambre.\u2014 Tiens ?\u2014 Elle est sans doute votre amourette, hein ?demande Barbe-Rouge en ricanant.\u2014 Oui ! affirme le domestique de la tête.\u2014 Bon, mon ami.Où est Margot ?Je veux dire la fiancée du comte ?demande le chef des contrebandiers d\u2019un ton malicieux.Sans rien dire le valet indique la porte.\u2014 A l'intérieur donc ?Eh bien, je le savais déjà.\u2014 Qui est avec elle ?\u2014 Je .je .ne le sais ?bégaye le valet confus.\u2014 Tiens ?Ne le savez-vous pas ?Où est le comte ?dit Barbe-Rouge.\u2014 Oh ! je crois .dans son dortoir.\u2014 Pas chez sa bien-aimée .chez Margot ?Les contrebandiers rient en silence à cette question cynique de Barbe-Rouge.Le valet ne peut répondre là-dessus.Ses regards craintifs vont de l\u2019un à l\u2019autre.Il craint le plus grave.Mais Barbe-Rouge a d\u2019autres intentions.Il forme un projet où le valet lui servira d\u2019aide involontaire.\u2014\tEcoutez, mon bon homme, dit-il rudement.Il faut nous précéder et nous conduire à l\u2019intérieur, chez la belle fiancée.\u2014\tNe craignez pas votre misérable vie.\u2014 Mais si vous poussez un son, le diable vous emporte ! c\u2019en sera fait de vous !.compris ?\u2014 Oui, oui ! dit le valet, soulagé.\u2014 Bon.En avant ! Barbe-Rouge prend par le collet celui qui tremble comme une feuille et le pousse de toute sa force devant lui, jusqu\u2019à la porte d\u2019entrée.Les contrebandiers suivent en tenant toujours prêts leurs pistolets et poignards ; dans leurs yeux brûle un feu hostile.Tout près de la porte, Barbe-Rouge indique au valet qu\u2019il doit frapper.C\u2019est ce que celui-ci fait.Sa crainte est au paroxysme, car si le comte ou l\u2019un des domestiques se fait entendre et demande qui est là, alors Barbe-Rouge s\u2019apercevra qu\u2019on Ta trompé.A ce moment, personne ne se trouve dans l\u2019antichambre, voilà pourquoi Ton n\u2019entend pas qu\u2019on frappe à l\u2019intérieur.Sans attendre, Barbe-Rouge entre par la porte qui n\u2019est pas fermée, et pousse devant lui le prisonnier, après quoi il entre lui-même.\u2014\tPar où maintenant ?demande-t-il tout court.\u2014\tOù est la chambre de Margot ?Le domestique indique une porte vers laquelle Barbe-Rouge se dirige sans hésiter.Il tient en attendant son prisonnier bien serré devant lui, car celui-ci doit en même temps lui servir de bouclier vivant.Les contrebandiers le suivent sur les talons.Au moment où Barbe-Rouge veut ouvrir la porte, celle-ci est ouverte de l\u2019intérieur, et le comte Henri se dresse tout à coup devant le fameux et redouté chef des contrebandiers et ses camarades.CCXXXIV \u2014 Ruse de guerre urt et son compagnon Muller sont partis pour le midi le plus tôt possible et sans s\u2019arrêter inutilement.Ils y ont trouvé sans peine la piste de Ritter.Puisqu\u2019ils ont tenu une correspondance assidue, le séjour du détective leur est connu.Un jour ils se rencontrent dans une petite localité.La joie de Ritter est grande à l\u2019arrivée de Kurt et du fidèle Muller.Kurt raconte comment il a trouvé Liane et de quelle manière Alfred a été pris.Ritter écoute avec le plus grand intérêt et raconte ensuite ce qui est arrivé ici.\u2014 J\u2019ai continuellement suivi la comtesse Olga et le marquis de Milano, continue-t-il.\u2014 Mais il y a quelques jours je les perdis de vue et je désespérai de les retrouver.\u2014 J\u2019ai appris que tout près d\u2019ici est situé le domaine du marquis et que ce dernier y est arrivé avec une dame.\u2014 Cela ne peut être qu\u2019Olga ! interrompt Kurt.\u2014 Certainement! Nous l\u2019avons retrouvée, monsieur le baron, et c\u2019est un bonheur d\u2019être arrivés aujourd\u2019hui avec notre fidèle Muller.Moi seul, je n\u2019aurais rien pu exécuter.\u2014 Vous avez raison.Mais maintenant nous allons nous mettre à l\u2019œuvre, sans plus tarder.\u2014 Cette femme diabolique, qui a déjà causé le malheur de tant de gens, doit recevoir sa juste punition.\u2014 Le marquis nous opposera une vive résistance, fait observer Ritter.\u2014 Nous ferions bien d\u2019appeler la police de la ville voisine.\u2014 Après tout ce que vous avez éprouvé du côté de la police ici, je doute qu\u2019on nous aide, reprend Kurt.¦\u2014 Mais cela n\u2019est pas nécessaire.\u2014 Je connais le marquis.\u2014 Il m\u2019écoutera.\u2014 Hum ! Il ne s\u2019est pas soucié des divulgations du baron von Steinthal, dit Ritter, en haussant les épaules.\u2014 Qui sait s\u2019il vous croira.\u2014 Peu m\u2019importe.En tout cas, je tâcherai de le convaincre de la vérité.S il persiste dans son aveuglement, il devra subir les conséquences ; il n a qu a attendre ce qui arrive.Nous ne reculons pas, nous nous emparerons de la femme éhontée, au gré ou malgré la volonté du marquis.Bon.En avant, alors, monsieur le baron ! s\u2019écrie Ritter avec feu.En premier lieu, je veux gagner le marquis de notre côté, observe Kurt.Pour cela je devrai avoir l\u2019oeca- RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Liane, la malheureuse victime d\u2019une belle pécheresse, après avoir fui le toit paternel pour suivre un dépravé, ose se montrer à son vieux père, un châtelain.La belle Liane, fouettée par les paroles dures et blessantes du vieillard qui lui refusa Ventrée de sa maison, implore vainement un pardon \u2014 Olga, la seconde femme du comte de Rothenburg, ayant poussé Liane dans son amour frivole, ravit l\u2019époux de Liane, le comédien Alfred.Les deux compères diaboliques accusent Liane de l\u2019empoisonnement de son père.Les autorités policières l\u2019enferment dans un cachot, d\u2019où elle s\u2019évade mystérieusement.Non contents de leurs méfaits, Olga et Alfred poursuivent Liane jusqu\u2019au bord d\u2019un précipice.Les deux compères lui assènent un coup violent qui la fait tomber dans ce gouffre béant.Maintenant assurée que Liane n\u2019existait plus, la comtesse et son complice tentèrent de mettre à exécution leurs diaboliques projets.Toutefois, ils furent pris de peur à la pensée que le comte Henri, qu\u2019ils avaient enfermées dans le caveau du châtelain, pût revenir parmi eux.Pour mettre fin aux suppositions, ils s\u2019attaquèrent aux gens qui pouvaient leur disputer l\u2019héritage du ricre comte.Les deux rusés compères ne reculèrent devant rien pour atteindre leur but.Le comte Henri, en particulier, et Liane virent la guigne s\u2019acharner à eux, d\u2019une manière étonnante.Toutefois, ils eurent trop de fierté pour ne pas préférer la mort au déshonneur.Quelle que fût la puissance d\u2019Olga, aidée d\u2019un groupe de contrebandiers, ils ne renoncèrent pas à leur projet de déjouer tous les plans sataniques de la comtesse.Tel est le cadre singulièrement pittoresque où l\u2019on a vu se présenter les péripéties d\u2019un drame long et haletant.Toutefois, quel que puisse être le pathétique des événements eux-mêmes, il est encore dépassé en intensité par celui de la poignante lutte morale qui déchire les consciences 22 JUILLET 1944 19 sion de lui parler sans qu\u2019Olga n\u2019en sache rien.En sa présence je n\u2019obtiendrais rien ; car le marquis est tout autant tombé dans ses filets que l\u2019était le baron von Fohren.\u2014 Oui, c\u2019est vrai, dit Ritter se rangeant du même avis.Cette femme possède une puissance de démon sur les hommes qui s\u2019enchevêtrent dans ses filets.\u2014 Je le sais par expérience, dit en riant Kurt.Mais dites-moi donc, mon cher Ritter, puisque nous parlons de ce misérable von Fohren, qu\u2019est-il devenu, en somme ?\u2014 Il est mort.\u2014 Ah ! Comment est-ce possible ?\u2014 Olga l\u2019a-t-elle fait disparaître ?\u2014 Non, il mourut de la suite d\u2019une blessure qu\u2019il reçut, lors d\u2019une attaque de bandits.\u2014 Vraiment?s\u2019écrie Kurt, surpris.Il ne vit donc plus ?\u2014 Non.Hier je lus dans le journal la nouvelle, déclare Ritter.Et je dois reconnaître que cela me fâche pour lui, j\u2019aurais voulu le voir guéri.\u2014 Cela m\u2019étonne que vous soyez maintenant d\u2019un avis si contraire, sur le compte de von Fohren.\u2014 Oui, en effet.\u2014 Je l\u2019ai visité, il y a environ huit jours, dans le couvent où il était malade et il montra un sincère repentir.Kurt est fort surpris quand Ritter lui raconte en détail sa visite chez von Fohren et les aveux de ce dernier.\u2014 Selon la déclaration de von Fohren, il est prouvé que l\u2019accident de chemin de fer où tant de gens perdirent la vie et où vous, monsieur le baron et votre épouse, avez failli trouver la mort, fut causé par l\u2019assassin Wenzel, conclut Ritter.\u2014 Ce ne fut pas un accident, mais un crime des plus horribles, prémédité et exécuté par ce coquin diabolique.\u2014 Grand Dieu ! Il est à peine croyable qu\u2019un homme puisse commettre un crime aussi affreux, répond Kurt en frissonnant.J\u2019ai bien soupçonné quelque chose.Et le baron von Fohren ?A-t-il trempé dans ses crimes.\u2014 Il n\u2019y est pas tout à fait étranger, quoique je crois qu\u2019il n\u2019ait pas participé directement dans ces crimes abominables.Il disait qu\u2019il n\u2019avait pu empêcher la catastrophe.Quoi qu\u2019il en soit, nous n\u2019avons plus à faire qu\u2019à l\u2019assassin Wenzel, car von Fohren se trouve devant son juge suprême qui, mieux que nous, connaît la vérité.Kurt approuve les paroles du détective, puis il dit : \u2014 Donc, pour en revenir à notre plan.je voudrais prier le marquis de me donner un rendez-vous.J\u2019espère qu\u2019il satisfaira à ma demande et alors nous pourrons le convaincre de la vérité.\u2014 C\u2019est très bien arrangé, monsieur le baron, sourit Ritter, mais je doute fort que le marquis ne vienne, si vous lui communiquez que c\u2019est vous qui voulez lui parler.\u2014 Vous croyez que cela viendra aux oreilles de la comtesse Olga, qui fera tout ce qui est possible pour retenir le marquis.\u2014 Oui, je le crains, en effet.\u2014 Oh! j\u2019imposerai le plus grand silence au marquis.\u2014 Cela n\u2019y fera pas grand\u2019chose.La comtesse Olga l\u2019apprendra quand même.\u2014 Non, vous ne pouvez pas vous nommer, monsieur le baron.\u2014 Le marquis doit l\u2019ignorer, jusqu au moment où il se trouvera en face de vous.\u2014 Il ne viendra pas, s\u2019il ne connaît pas la personne qui désire lui parler.\u2014 Eh bien, s\u2019il ne vient pas, nous irons le trouver, répond Ritter.Notre nouveau feuilleton \u2014 Alors, vous pouvez me confier cela, monsieur le baron.Nous enverrons notre fidèle Muller à la villa.\u2014 Mais Olga le connaît, réplique Kurt.\u2014 Cela n\u2019y fait rien.Muller se déguisera.Il joue tous les rôles.\u2014 Nous lui donnerons une livrée ou une robe de moine, ce qui vaudrait encore mieux.\u2014 Je le crois aussi.Le marquis croira que c\u2019est l\u2019un ou l\u2019autre religieux qui désire lui parler.\u2014 Nous devons rédiger notre lettre en conséquence.\u2014 Bah, dit Ritter, nous n\u2019avons pas besoin d\u2019écrire, monsieur le baron.\u2014 Je crois tout de même qu\u2019il vaudra mieux.Le marquis sera très prudent et pourra avoir des soupçons.\u2014 Une lettre anonyme ne lui inspirerait pas plus de confiance.\u2014 Oui, vous avez raison, dit Kurt.Mais attendez irn peu : J\u2019écrirai de la part de son oncle, le cardinal.\u2014 La signature importe peu, car il va de soi que la lettre a été écrite par le secrétaire de Son Eminence.\u2014 Hum ! cela irait.Alors notre moine messager serait à sa place, répond Ritter.On appelle Muller et on l\u2019initie au plan.Immédiatement, il prend ses mesures, pendant que Kurt écrit au marquis de la part du cardinal.Pourvu de cette lettre, et déguisé en moine, Muller prend le chemin le conduisant à la villa du marquis.Le marquis est rentré très excité et s\u2019est rendu dans les appartements d\u2019Olga.Puisque Fanny se trouve encore auprès de son amie, il s\u2019excuse et se retire.Une demi-heure après, Olga le prie de venir auprès d\u2019elle.\u2014 Mon cher ami, vous avez sans doute une communication importante à me faire, si vous venez me surprendre à ma toilette de si bonne heure, dit-elle avec un petit rire charmeur.Plein de passion le marquis baise ses mains, il est timide, son excitation s\u2019est calmée et il ne veut plus raconter sur le compte d\u2019Olga les calomnies qu\u2019il a apprises du régisseur.\u2014 Oh! ma chère Olga, je voulais seulement vous rendre une visite, dit-il évasivement.La belle femme le regarde du coin de l\u2019œil.Elle devine ses pensées et sa préoccupation disparaît tout à fait.Non, le marquis ne s\u2019en méfie pas, elle en est pleinement convaincue.\u2014 Avez-vous déjà apprêté tout pour le mariage, mon cher ami, demande-t-elle, après que tous deux eurent pris place sur une chaise-longue.\u2014 Toutes les mesures sont prises, répond le marquis.Mais je crois qu\u2019il y a trop peu de temps.____Nous ne devons pas nous dépêcher tant que cela, ma chère Olga.\u2014\tNotre mariage ne pourra se faire, avant demain soir.Olga s\u2019en sent contrariée, mais en femme intelligente elle cache sa déception et sourit aimablement au marquis._Comme vous voulez, mon ami, dit- elle, aujourd\u2019hui ou demain, cela m est égal\t, Le marquis lattire vers lui et la couvre d\u2019ardents baisers.Elle a enlevé de son esprit les derniers restes de méfiance et maintenant il se sent comblé de bonheur et, par sa coquetterie sans pareil, Olga aiguise sa passion.Les heures passent dans ces doux tête-à-tête.On frappe à la porte et, quand Olga ouvre, elle voit apparaître Fanny.\u2014\tQu\u2019y a-t-il ?demande-t-elle brièvement.Le marquis retourne dans 1 antichambre où son domestique 1 attend.\u2014 Monsieur le marquis, dit celui-ci, un moine vient d\u2019arriver et désire vous parler.\u2014 Il a une lettre pour vous et voudrait emporter la réponse.\u2014 Oh ! oh ! Qu\u2019est-ce pour un moine ?demande le marquis, étonné.\u2014 Je ne le connais pas.A ce moment, Olga, qui a suivi la marquis, entre.L\u2019inquiétude la pousse jusqui\u2019ci, car dans chaque commission elle croit voir du danger pour sa personne.Quand le marquis dit au domestiqua d\u2019introduire le moine, elle reste dans la chambre.Derrière la portière, Fanny regarde dans la chambre pour voir ce qui se passe.Bientôt, le domestique retourne, suivi du moine.Celui-ci paraît être un homme âgé, dont la figure respectable est encadrée d\u2019une longue barbe blanche.Il salue suivant les règles de son ordre et regarde attentivement les personnes présentes.Son regard s\u2019enflamme, quand il voit Olga.Ce moine n\u2019est personne autre que Muller.La vue d\u2019Olga et de Fanny, qu\u2019il aperçoit également, le met en garde, car il sait que toutes deux le connaissent et que son déguisement se trouve soumis à une rude épreuve.Soupçonne-t-elle qu\u2019il s\u2019est déguisé?Que cette robe d\u2019ecclésiastique ne soit qu\u2019un travestissement, sous lequel se cache un ennemi ?Olga regarde attentivement le moine.Elle ne dit pas un mot, mais son attitude exprime de la méfiance.Muller le voit très bien.Il doit donc être doublement prudent et jouer son rôle, le plus habilement possible.Il prend la lettre de Kurt et la donne au marquis.Celui-ci l\u2019ouvre et lit ce qui suit : « Suivant Tordre de Son Eminence le Cardinal, je prie monsieur le marquis de bien vouloir se trouver, ce soir, au logement du village, dans lequel s\u2019arrêtera, sur son passage, Son Eminence.La signature n\u2019est pas facile à déchiffrer.Seulement le mot « secrétaire » est très lisible.Le marquis n\u2019y fait pas attention, le contenu de la lettre le met dans un état d\u2019excitation.\u2014 Eh bien ?demande Olga, curieuse, en s\u2019approchant.Avez-vous reçu une nouvelle désagréable ?\u2014 Oh ! non.au contraire, dit vivement le marquis.Mais je ne sais pas bien ce que je dois en penser.\u2014 Qui est-ce qui vous a donné cette lettre, révérend père?dit-il au moine, qui se trouve en face de lui, l\u2019attitude PROCUREZ-VOUS SANS FAUTEi \u201cLE SAMEDI\u2019\u2019 de la semaine prochaine où commence notre nouveau feuilleton intitulé : 20 LE SAMEDI Crème Désodorisante Enraye la Transpiration N\u2019irrite pas la peau ni n\u2019abîme les vêtements.RAPIDEMENT fAgit en 30 secondes.Vous l\u2019appliquez, essuyez le superflu et vous vous habillez.EFFECTIVEMENT I Enraye la transpiration et l\u2019odeur.DURABLEMENT FGarde les aisselles sèches et inodores pendant 3 jours.AGRÉABLEMENT agréable que votre crème préférée pour la figure \u2014 odorante, elle ne tache pas.ÛDÛRO-DO ontien» 11 «Jk Pf RSP'^.Si vous avez.PROPRIETE, TERRE ou TERRAIN à vendre Adressez-vous à ROMEO AUGER CR 9363\t7494, rue St-Denis, Montréal COUPON D\u2019ABONNEMENT LE SAMEDI (Canada seulement) 1 an .$3.50 6 mois .$2.00 IMPORTANT \u2014 Indiquez d\u2019une croix (\t) s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renouvellement.Nom Adresse Ville Province .-.POIRIER, BESSETTE & CIE.Ltée.975, rue de Bullion,\tMontréal.P.r calme et les mains dans les larges manches de sa robe.\u2014 Le secrétaire de Son Eminence, répond le moine, grave.\u2014 Donc, le secrétaire est dans le village ?\u2014 Oui, monsieur le marquis.\u2014 Mais il n\u2019eut pas le temps de venir lui-même, parce qu\u2019il dut se rendre en ville.\u2014 Et à qui devez-vous porter la réponse ?\u2014 Au secrétaire.\u2014 Il revient de la ville, ce midi, répond le moine, sans hésiter.La chose lui paraît singulière.Le marquis regarde encore une fois la lettre, en secouant la tête.Il s\u2019adresse à Olga et lui communique doucement le contenu de la lettre.\u2014 Le cardinal est mon oncle, comme vous savez, ma chère Olga, chuchote-t-il, une rencontre avec lui me serait très agréable, à présent, puisque nous avons besoin de son aide.\u2014 Mais il me paraît singulier qu\u2019il ne m\u2019ait pas écrit lui-même, et qu\u2019il ne vienne pas me voir dans ma maison.Olga a écouté attentivement.Elle regarde également la lettre et tâche en vain de déchiffrer la signature.Un vague pressentiment lui dit que cette affaire n\u2019est pas en ordre.\u2014 Accepterez-vous l\u2019invitation ?demande-t-elle.\u2014 Je dois bien.Mon oncle ne me le pardonnerait pas, si je n\u2019y allais pas.\u2014 Il a appris nos relations, et probablement qu\u2019il veut me parler, à ce propos.\u2014 Alors, le cardinal viendrait bien ici.\u2014 Il parait avoir peu de temps, puisqu\u2019il désire me voir sur son passage.\u2014 Eh bien, dit Olga, décidée, je n\u2019irais pas.Ecrivez à votre oncle que vous l\u2019attendez dans votre maison.\u2014 Il ne viendra pas.\u2014 Alors, il ne le fait pas.Mais je doute fort que cette lettre vienne de votre oncle, dit Olga si doucement que seul le marquis puisse le comprendre.\u2014 Quelle idée, rit-il, en secouant la tête.Naturellement, la lettre a été sur l\u2019ordre de mon oncle.\u2014 Il ne me reste rien d\u2019autre chose à faire que d\u2019aller le voir, ce soir, au village.Olga n\u2019est pas contente de cette décision.Sa méfiance est éveillée, elle voit un danger la menacer qui lui paraît d\u2019autant plus grand, puisqu\u2019on ne peut voir d\u2019où il vient.Le marquis est fermement convaincu que la lettre est de son oncle, et que celui-ci l\u2019attend, pour ce soir.Il se met à son bureau, écrit quelques lignes sur le dos de la lettre qu\u2019il cachette.Il la remet au moine, qui se tient immobile comme une statue et qui paraît ne pas avoir fait attention à la conversation d\u2019Olga avec le marquis.\u2014 Remettez cela au secrétaire, dit\u2014 i), et avant de partir, mon révérend père, vous irez dans la cuisine vous faire servir de quoi manger et de quoi boire.Le moine remercie et s\u2019éloigne.Olga le regarde avec un œil méfiant.Ce moine lui paraît très suspect.Il y a quelque chose dans son attitude, qui ne s\u2019accorde pas avec sa robe.Mais elle peut se tromper et ses soupçons peuvent se porter sur un religieux très innocent.Celle-ci a fait les même remarques et les mêmes réflexions qu\u2019Olga.\u2014 J\u2019oserais jurer que ce moine n\u2019est pas un vrai, dit-elle.Nous devrions examiner la chose, madame.\u2014 Oui, oui, vous avez raison, approuve Olga.Mais comment pouvons-nous le faire ?\u2014\tSerait-il encore ici ?\u2014 Probablement, il est dans la cui-sine.\u2014\tJe vais voir, dit Fanny, en s\u2019éloignant.Elle trouve, en effet, le moine dans la cuisine au sous-sol où, en compagnie d\u2019un domestique, il prend un verre de vin.Après que Fanny eut observé attentivement les deux hommes, elle retourne auprès de sa maîtresse.\u2014\tIl y est encore, dit-elle.Et plus je le regarde, moins il ressemble à un moine, sa robe exceptée.\u2014\tCe qui m\u2019étonne, c\u2019est que le marquis n\u2019ait rien soupçonné, répond Olga.Peut-être que nous nous trompons tout de meme ?\u2014 Je ne le crois pas.Pour être sûres de notre affaire, je suivrai le moine et je tâcherai de savoir si tout est comme il raconte.\u2014 Oui, si cela était possible, dit vivement Olga, ce serait le seul moyen de nous rassurer.\u2014 Mais si le moine vous voit, Fanny ?\u2014 Cela n\u2019y ferait rien, il ne me connaît pas, il ne m\u2019a pas vue ici.\u2014 Il serait tout de même possible qu\u2019il vous ait vue et qu\u2019il vous reconnaisse.\u2014 Eh bien, je me déguiserai, répond Fanny.Je m\u2019habillerai en homme.C\u2019est ce qu\u2019il y a de plus sûr.Elle va dans sa chambre et s\u2019habille comme elle a dit.Quand le moine quitte la villa et se promène sur le chemin poussiéreux qui mène au village, il est suivi par un jeune homme élégamment vêtu, en qui personne ne reconnaîtra Fanny Rabe.Le moine continue lentement son chemin, faisant un signe de croix devant chaque image de saint et répondant amicalement au salut des passants.Il paraît être un vrai moine, très pieux.Fanny en vient vite à cette conclusion, elle ne sait pas si elle le suivra plus loin.Elle a atteint le village et elle voit disparaître le moine dans le logement.Elle se décide à le suivre.Elle ne craint pas un instant d\u2019être reconnue.Elle est loin de supposer que Ritter et Kurt se trouvent dans cette maison.Elle se jette dans la gueule du loup.Elle ne s\u2019est pas approchée inaperçue.A peine le moine est-il entré et se trouve-t-il devant Ritter et Kurt, que ceux-ci aperçoivent le jeune homme.\u2014 Voilà qu\u2019arrive un étranger, dit Ritter.\u2014 Montons dans notre chambre, là nous pourrons causer à notre aise.Quand Fanny entre dans la salle de consommations, elle n\u2019y voit personne.Elle tâche en vain de découvrir le moine.Elle s\u2019attable saus la véranda, faite de lattes couvertes de vigne vierge et se décide d\u2019attendre les événements.Au-dessus d\u2019elle, se trouve la fenêtre de la chambre occupée par les trois amis.Puisque la fenêtre est ouverte, elle entend le bruit de voix sans qu\u2019elle puisse comprendre un mot.On parle très bas dans la chambre et c\u2019est en vain qu\u2019elle écoute avec la plus grande attention.Muller a donné la lettre à Kurt qui, après avoir lu la réponse du marquis, la donne, avec un petit rire de triomphe, au détective, en disant : \u2014 Il vient, lisez seulement, mon cher Ritter.\u2014 Parfait ! \u2014 Il tombe dans le piège, dit celui-ci, content.Et maintenant, mon cher Muller, racontez-nous comment cela s\u2019est passé.\u2014\tSans aucun doute, vous avez parfaitement joué votre rôle ?___Cela bien, monsieur le commissaire, répond Muller, sérieux.Mais je ne sais pas, si l\u2019on ne m a pas reconnu.\u2014\tLa comtesse Olga était présente et m\u2019a regardé avec des yeux terriblement méfiants.\u2014\tAvez-vous vu Fanny Rabe également ?demande Ritter.\u2014\tOui, j\u2019ai vu cette vipère, elle se cachait derrière une portière et écoutait.\u2014\tHum ! dit Ritter, pensif.Et le marquis n\u2019a-t-il pas eu de soupçons ?\u2014\tVoilà ce que je ne crois pas.\u2014\tAlors, il tiendra parole et il viendra naturellement, dit Ritter à Kurt.\u2014\tMais ces deux femmes ?.Si elles ont le moindre soupçon, tout peut échouer.Il va vers la fenêtre ouverte et se penche au dehors.A travers la vigne, il voit Fanny.Il ne peut pas la reconnaître sous son déguisement, d\u2019autant moins qu\u2019il ne la voit que très indistinctement et que sa figure est cachée par le chapeau à large bord qu\u2019elle porte.Il se retire et ferme la fenêtre.\u2014\tParlons doucement, dit-il, car sous la fenêtre se trouve un jeune homme, qui pourrait comprendre tout ce que nous disons.Muller s\u2019approche également de la fenêtre, l\u2019ouvre doucement et regarde le jeune homme qui se trouve dans la véranda.Au même moment, Fanny relève la tête et regarde en haut.Elle voit le moine, qui la regarde droit dans la figure.Immédiatement, elle baisse la tête.Muller la regarde toujours.Il se sent pris de peur, quand il la regarde dans les yeux.Quoique Fanny se soit rendue méconnaissable par une fausse barbe, ses traits ne lui paraissent pas tout à fait inconnus.Il s\u2019approche des deux autres et dit doucement : \u2014 Ce jeune homme qui se trouve là est le même qui me suivit et qui entra après moi, dans le café.\u2014 Je crois certainement qu\u2019il m\u2019a suivi, dès que je quittai la villa du marquis.\u2014 Alors, c\u2019est un espion, et nous devons être doublement prudents, dit Ritter.Entre-temps, Fanny ne se trouve pas à l\u2019aise, sous la véranda.Personne ne vient demander ce qu\u2019elle désire.Le rez-de-chaussée du logement est vide et abandonné.Elle a vu et entendu le moine, qui parlait avec quelqu\u2019un.Mais qui serait-ce ?Ce n\u2019est certainement pas le cardinal, car celui-ci est en ville.Elle entend des pas dans la maison et le moine entre dans l\u2019obscure salle de consommations.Il vient dans la véranda, regarde Fanny d\u2019un œil indifférent et s\u2019attable dans l\u2019autre coin.Fanny trouve la position très désagréable.Elle se lève et rentre dans la maison.Enfin, elle y trouve le patron et lui demande quelque chose à boire.Pendant que le patron lui verse le vin, elle lui demande, en indiquant le moine : Dites-moi, monsieur, est-il vrai que Son Eminence le cardinal vient, ce soir ?Le patron regarde Fanny, d\u2019un air étonné.\u2014 Que savez-vous de cela ?ques-tionne-t-il à son tour.\u2014 Ce moine l\u2019a dit.\u2014 Tiens ! A vous ?.\u2014 Oui.[ Lire la suite page 36 ] LES AILES Canadiennes - Françaises KilïlHlIJ En raison de la magnifique tenue des Canadiens français dans l\u2019Aviation Royale Canadienne, nous avons pensé qu'il serait opportun de publier la galerie entière de nos héros qui ont été décorés pour bravoure extraordinaire à l'ennemi.Tous ceux qui ont l'orgueil bien placé nous sauront gré d'avoir mis en relief ces braves qui, là-bas, ont soutenu à l'ennemi la gloire de nos ailes.La population du Canada, et tout particulièrement celle de la Province, sera ainsi en mesure de se renseigner sur le rôle de premier plan que les nôtres jouent outre-mer.Nous comptions tout récemment cinquante Canadiens français médaillés.C'est là un chiffre imposant.Certains de ces vaillants ont payé de leur vie leur dévouement à la patrie.D'autres sont disparus, et d'autres encore, prisonniers de guerre.Lorsqu'on calcule le nombre de familles qui sont directement, ou indirectement, liées au sort de ces braves, on arrive à un chiffre éloquent de Canadiens à qui la guerre, si elle a apporté de la gloire, a aussi laissé une large moisson de chagrins et de deails.Les ailes canadiennes - françaises sont à l'honneur ! Nous saluons ici avec respect et fierté tous ces valeureux jeunes Canadiens français.Ils ont mérité la reconnaissance de la Nation et assuré à la race un nouveau et immortel renom. NOS AVIATEURS CANADIENS-FRANÇAIS 0* gauche à droite, dont (\u2019ordre : Sous-lieutenant d'aviation (F/O) J.-A.ROMEO LABERGE.DFC.Montréal, P.Ç.Officier pilote (P/O) J.-ARMAND F.MEILLEUR.DFC.Montréal, P.Ç.Commandant d\u2019escadre (W/C) JOSEPH-W.ST-PIERRE.DFC (E.-U.l, St-Eustache.P.Ç.p Sous-lleutenant d'aviation (F/0) J.-HENRI ARTHUR MARCOTTE.DFC, Montréal, P.Ç.Officier pilote (P/O) J.-A.ROGER COULOMBE, DFC.Montmagny, P.Ç.Lieutenant de section (Ft/Lt) PAUL-EMILE MORIN, DFM, Ottawa, Ont.Commandant d'escadre (W/C) GEORGES-A.ROY.DFC.Montréal, P.Ç.Officier pilote (P/O) J.-A.THEODORE DOUCETTE.DFC.Sudbury, Ont.Sous-officier breveté (W/O) J.-FRANCIS LAFRANCE, DFC.Trenton, Ont.LE SAMEDI, 22 JUILLET 1944 DE LA De gauche à droite, dans l'ordre : Lieutenant de section (Ft/Lt) MAURICE-J.BELANGER.DFC.Vancouver, B.C.Sous-officier breveté (W/OI ALDERIC D'EON.DFC.Yarmouth, N.-E.Commandant d'escadre (W/CI J.LOGAN SAVARD.DFC.Montréal et Québec, ^-9- Sergent de section (Ft/Sgtl J.-E.DORIE, DFM, Cornwall, Ont.Sous-lieutenant d'aviation (F/O) J.-PIERRE GASTON BLANCHET.DFM.Trois-Rivières, P.Q.Sous-lieutenant d'aviation (F/OI JEAN-N.RIVARD.DFM, La Tuque, P.Q.Sous-lieutenant d'aviation (F/O) JEAN-P.CARRERE.DFC.Cochrane, Ont.Sous-lieutenant d'aviation (F/O ARTHUR-J.BRUNET.DFC.Montréal, P.Q.Lieutenant de section (Ft/Lt) J.-CHARLES HERVE DELISLE.DFC.Montréal.P.Q.Sous-officier breveté (W/OI JEAN-F.RACETTE.DFC.Montréal, P.Q.Officier pilote (P/O) J.-HENRI N.BROUSSEAU.DFC.Gap-de-la-Madeleine, P.Q.Commandant d'escadre (W/C) BAXTER RICHER.DFC.Montréal.P.Q.MÉÉÉ / LE SAMEDI **&m \u2022Mm* '\"T\"- DISTINGUISHED FLYING CROSS De gauche à droite, dans l'ordre : Sergent de section (Ft/Sgt) E.THOMAS VACHON.DFM, Ayer's Cl'ff, P.Q.Lieutenant de section (Ft/Lt) LAURIER DEHOUX, DFC, Toronto, Ont.(Disparu).Lieutenant de section (Ft-/Lt) GUY HENRI RAINVILLE, DFM.Québec, P.Q.(Prisonnier de guerre) Lieutenant de section (Ft/Lt) J.-G.LAURENT ROBILLARD, DFM, Ottawa, Ont.Chef d'escadrille (S/L) ALBERT U.HOULE, DFC avec agrafe, Massey, Ont.Sergent de section (Ft/Sgt) J.MAURICE BOUVIER.DFM, Verchères, P.Q.Sous-lieutenant d'aviation (F/O) G.LOUIS RENEAU.DFC.Toronto, Ont.Lieutenant de section (Ft/Lt) J.CHARLES CARRIERE.DFC.Montréal, P.Q.Sous-lieutenant d'aviation (F/O) RONALD A.-H.DUBE.DFC, Edmunston, N.-B.Officier pilote (P/O) DENIS J.TURENNE.DFC, St-Pierre, Man.Sous-lieutenant d'aviation (F/O) GABRIEL TASCHEREAU, DFC.Québec, P.Q.Lieutenant de section (Ft/Lt) BLAISE CLOUTIER, DFC.Toronto.Ont.n . 22 JUILLET 1944 CHAUDE Utilisez tous les restes de VIANDE çet artjcie est Je cinquième d\u2019une série d\u2019articles LAvIANDE\tspéciaux préparés sous la surveillance de Martha Logan, experte en Economie Ménagère de Swift.Dans cette série, Martha Logan a révisé, un par un, les cinq points principaux de la conservation de la ï viande.Dans son dernier article, Martha Logan résumera tout ce qui a été dit auparavant.APRES L\u2019AVOIR SERVI COMME VIANDE à un repas et comme viande froide avec de la à un autre repas .puis en avoir coupé quelques tranches pour des sandwiches .votre rôti aura peut-être cet aspect.C\u2019est alors que vous devez montrer votre habileté culinaire.C\u2019est le moment de tirer au moins un repas de plus de ce rôti! y^D'ADORD L\u2019OS! Avec l\u2019os vous faites du bouillon.Faites-le mijoter doucement 3 à 4 heures dans du bouillon de légumes.Passez.Laissez refroidir et dégraissez.Vous aurez un bon bouillon de viande pour les soupes, sauces et ragoûts.Gardez-le dans le réfrigérateur.EXCELLENTS RAGOÛTS.Coupez le reste de viande i green cubes que vous saupoudrez de farine assai-înée et faites rissoler dans la graisse chaude, nutez-y du bouillon de viande, des assaisonnements des légumes, et faites mijoter jusqu a ce que les urnes soient cuits.Servez.Des oignons coupes rondelles et légèrement frits, des champignons, î carottes, des navets, des pois et des feves de na sont d\u2019excellents légumes pour ragouts.>£kSERVEZ-VOUS DU HACHOIR, quand il vous semble qu\u2019il n\u2019y a pas assez de viande de reste pour un ragoût.Si vous avez un morceau de bacon ou de porc salé, passez-le également au hachoir.La viande ainsi hachée peut être employée de maintes façons: 1 tasse de viande passée au hachoir, 1 tasse de tomates cuites, '/2 tasse d\u2019oignon haché, du sel, du poivre et un filet de sauce Worcestershire font une bonne Sauce à la Viande pour Spaghetti; 1 tasse de viande cuite, 2 tasses de fèves cuites, 1 tasse de tomates cuites, 1 tasse d\u2019oignons hachés, 2 c.à soupe de poudre chili et un peu de bouillon ou d\u2019eau feront un excellent Chili Con Carne; ou bien mélangez 2 tasses de viande cuite avec deux tasses de purée de pommes de terre, un petit peu d\u2019oignon haché menu et un oeuf pour lier, donnez la forme de petits pâtés, faites frire dans de la graisse chaude et vous aurez de délicieuses rissoles.ACHETEZ-LA SAGEMENT! Composez vos menus d\u2019avance, mais n\u2019ayez pas d\u2019idées fixes quand vous acheter.N achetez que la quantité qu\u2019il vous faut.GARDEZ-LA SOIGNEUSEMENT! Ne risquez pas de la laisser se gâter.Enveloppez la viande crue sans la serrer et mettez-la à l\u2019endroit le plus froid du réfrigérateur.FAITES-LA CUIRE CORRECTEMENT! Rappelez-vous qu\u2019une température de 325° suffit pour faire rôtir n\u2019importe quelle viande.Des essais ont prouvé qu\u2019on épargne jusqu\u2019à ^4 de livre sur un rôti de 4 livres en le faisant cuire à 32 5° au lieu de 450°, et la viande est plus juteuse.DÉCOUPEZ-LA CONVENABLEMENT! Surtout dans les grandes familles où les rôtis au four et les rôtis à l\u2019étuvée sont économiques, la bonne façon de découper avec un couteau bien affilé peut faire tirer un repas de plus du rôti.UTILISEZ TOUT! Le sujet de l\u2019article de ce mois-ci.Et peut-être le plus important de tous .prenez l\u2019habitude de ne jamais gaspiller de viande.MARTHA LOGAN dit: \"Surveillez ces cinq points pour tirer le plus possible de la viande\u201d SWIFT CANADIAN CO.LIMITED Une organisation, bien connue dans tout le pays, qui se consacre à la conservation et à la répartition efficace des ressources alimentaires du Canada Le MOTEUR V-8 FORD MOTEUR Y*8 FORD il ; H f J g i rf f } : EST À LA HAUTEUR! PARTOUT où l\u2019on se bat, partout où l\u2019on travaille, vous trouverez la marque FORD.Aux avant-postes, incessamment mobiles, ce sont des Fords qui transportent les états-majors et font la nique aux chemins crevés d\u2019obus.Et ce sont de robustes camions Ford qui fournissent les projectiles aux artilleurs, qui assurent la régularité de la soupe, qui apportent l\u2019huile et l\u2019essence des débarcadères aux aérodromes.A l\u2019arrière, FORD n\u2019est pas moins le djinn docile et tout-puissant.C\u2019est dans une Ford que le travailleur essentiel se rend à l\u2019atelier et retourne chez lui.Et c\u2019est un camion Ford qui, rapidement et sûrement, livre les matières premières à l\u2019usine et les munitions à l\u2019arsenal.Ces innombrables allées et venues dépendent de la parfaite précision d\u2019un unique dispositif\u2014le moteur V-8 Ford.Or, depuis le premier jour des hostilités et en dépit d\u2019obstacles sans précédents, le moteur Ford, muet, souple, économique, infatigable, s\u2019est invariablement montré à la hauteur.Plus de 300,000 véhicules qui jouent leur rôle dans cette guerre quasi-mondiale sont actionnés par un moteur V-8 Ford.N\u2019est-ce pas ce moteur-là que vous serez fier d\u2019avoir dans votre voiture de demain?I FORD MOTOR COMPANY AUTOMOBILES V-8 FORD ET MERCURY; CAMIONS, TRACTEURS ET AUTOBUS FORD.OF CANADA, LIMITED DE TOUTES LES SOCIÉTÉS DE FABRICATION DE VÉHICULES MILITAIRES, DANS L\u2019EMPIRE BRITANNIQUE, LA STÉ FORD EST LA PLUS IMPORTANTE 22 JUILLET 1944 Le Plan d\u2019Entraînement Aerien Ala fin du mois d\u2019avril 1944, le Canada avait formé son 100,000e membre d\u2019équipages aériens en vertu du plan d\u2019entraînement aérien du Commonwealth britannique.Une moyenne d\u2019environ 3,500 aviateurs par mois ont subi cet entraînement depuis la mise en vigueur du plan en 1940.En 1943, 39,000 membres d\u2019équipages ont été formés, et 41,600 recevront leurs diplômes en 1944, alors que quelques écoles d\u2019entraînement fermeront leurs portes.Le but de l\u2019accord signé par le Canada, les Etats-Unis, l\u2019Australie et la Nouvelle-Zélande est de fournir des équipages à tous les avions que le Commonwealth produit, et qui doivent être montés par des hommes du Commonwealth.D a été conçu afin d\u2019assurer aussi rapidement que possible un flot d\u2019aviateurs bien entraînés qui nous permettent d\u2019atteindre et de conserver la maîtrise de l\u2019air sur tous les fronts.Nous y sommes parvenus grâce aux efforts du Commonwealth et à ceux des Etats-Unis et de l\u2019U.R.S.S.On a prévu une expansion rapide et on a tiré des plans pour fournir tous les renforts nécessaires.Il est plus difficile d\u2019explorer les sources de capital humain que d\u2019organiser la production d\u2019obus ou de machines, et il faut tenir compte des pertes.Les Alliés s\u2019étant assuré la maîtrise des airs plus tôt qu\u2019on ne le prévoyait, la menace de l\u2019aviation allemande s\u2019est atténuée, et les pertes au combat ont été moins nombreuses que prévu, surtout parmi les pilotes.En 1941 et en 1942, la chasse céda le pas aux lourds bombardements.A cette époque, les lourds bombardiers portaient d\u2019ordinaire un premier et un second pilote, et le haut commandement décida que le second pilote était de trop.Il fut remplacé par un mécanicien, un sans-filiste, un artilleur ou quelque autre spécialiste.On s\u2019occupa d\u2019abord de fournir surtout des pilotes, de sorte qu\u2019il y en a pléthore aujourd\u2019hui.Quand un bombardier est descendu, un seul pilote disparaît, mais nous perdons sept autres membres d\u2019équipage.Même en fermant graduellement plusieurs écoles d\u2019entraînement, il existera encore un excédent de pilotes.Il y a lieu de croire que cette année sera la plus critique de la guerre, de sorte que le Royaume-Uni et ses alliés s\u2019efforcent de concentrer le plus possible toute leur puissance de combat sur la ligne de feu.Il existe derrière le front une immense organisation d\u2019entraînement qui peut être poussée de l\u2019avant et utilisée en temps et lieu.Par suite du ralentissement graduel apporté à la formation des équipages aériens au Canada afin de permettre au surplus d\u2019aviateurs entraînés de se rendre au Royaume-Uni pour participer à l\u2019offensive alliée, le recrutement a été dans une large mesure discontinué au cours des derniers mois.Mais l\u2019enrôlement reprend à un rythme un peu réduit.Les restrictions apportées au plan d\u2019entraînement permettront à un plus grand nombre de membres d\u2019équipes terrestres de passer aux équipages aériens.En outre, la limite d\u2019âge a été réduite de 33 à 28 ans, sauf dans le cas des artilleurs chez qui elle a été réduite de 38 à 28 ans.Des conditions plus sévères président aussi au choix des recrues.Ainsi, de nombreux aspirants qui auraient été acceptés auparavant contribueront maintenant à combler les besoins des autres services.En même temps que le nombre des recrues diminuera, on procédera progressivement à la fermeture d\u2019un nombre d\u2019unités et d\u2019écoles d\u2019entraînement, en commençant par les écoles de la Royal Air Force transférées au Canada.On agira sans précipitation et ce travail d\u2019élimination sera réparti sur une période de plusieurs mois.La réduction du programme de formation sera déterminée par le nombre d\u2019élèves prévu par le plan.En modifiant ainsi le plan, on s\u2019efforcera de concentrer le plus gros effort contre l\u2019ennemi.Dans le moment, il y a au Royaume-Uni assez d\u2019aviateurs entraînés pour assurer l\u2019expansion de toutes les escadrilles requises par le Commonwealth.Il y aura en outre tous les renforts nécessaires et, avec ceux de 1944 et de 1945, on constituera une réserve même pour 1946.On poursuivra la formation du nombre d\u2019hommes voulu jusqu\u2019à la fin de 1944.Le Canada, de concert avec le Royaume-Uni et les gouvernements du Commonwealth, s\u2019est engagé à fournir des quantités illimitées d\u2019aviateurs tant qu\u2019on en aura besoin.Si les besoins sont comblés, l\u2019entraînement au même rythme serait un gaspillage.Il en coûte environ $25,000 pour former un pilote.Parmi les 28 écoles qui seront fermées, plusieurs sont des écoles de la R.A.F.La Royal Air Force désire ramener ses écoles au Royaume-Uni afin qu\u2019elles soient plus près du front à cette heure critique.Trois de ces 28 écoles sont des écoles d\u2019entraînement élémentaires.Il en restera quatre : une en Alberta, une autre en Saskatchewan, la troisième en Ontario et la dernière dans le Québec.Trois écoles élémentaires fermeront leurs portes, et quatre centres d\u2019entraînement cesseront d\u2019exister, mais pas avant le mois de décembre 1944 ou le mois de janvier 1945.L\u2019école de sans-fil de Guelph, Ontario, fermera en septembre ou en octobre et sera rendue au Collège d\u2019Agriculture d\u2019Ontario.Les écoles de bombardement et d\u2019artillerie fermeront à la fin de décembre alors que les artilleurs entraînés commenceront à être trop nombreux.Eventuellement ces centres seront remis entre les mains de la War Assets Corporation et tomberont probablement sous la juridiction du ministère des Transports qui s\u2019en servira plus tard pour le développement de l\u2019aviation civile.En attendant, ils serviront à plusieurs usages.Quelques-uns serviront d\u2019entrepôts d\u2019aviation, avec un effectif militaire d\u2019environ 200 personnes.D\u2019autres serviront de dépôts, où les avions seront conservés en attendant que la War Assets Corporation en dispose.L\u2019effectif militaire de certaines unités est évalué à environ 200 personnes.Il y aura des dépôts de matériel pour entreposer le matériel de toute sorte du C.A.R.C., avec un effectif militaire d\u2019environ 175 personnes.Il y aura également des dépôts de personnel, car, en raison du nouvel arrangement, il faut abriter le personnel entre les cours.Ces dépôts auront un effectif d\u2019environ 100 personnes.Les écoles de préparation au vol absorberont aussi une partie du personnel.Un grand nombre d\u2019hommes qui s\u2019engagent dans l\u2019aviation n\u2019ont pas tout à fait le degré d\u2019instruction exigé des équipages.Autrefois, on les envoyait compléter leur formation dans les universités ; à l\u2019avenir, ils seront entraînés dans des unités du C.A.R.C., sous la direction de membres du C.A.R.C.Ces écoles auront un effectif d\u2019environ 100 personnes.En 1943, il a été plus facile qu\u2019autrefois de se procurer des avions d entrainement.L\u2019approvisionnement actuel en avions d entraînement, élémentaire, et régulier, est suffisant.Le plan d\u2019entraînement dispose de près de 12,000 aéroplanes, dont plus de 5,000 à moteur unique et près de 6,000 bimoteurs.A l\u2019avenir, l\u2019entraînement portera davantage sur le vol en avion de transport lourd, tant en raison des besoins du temps de guerre qu\u2019en prévision des besoins d\u2019apres-guerre.\u201e rrusnu?-uan'l'' «**#>** Orange 'Crus*1! TM.REC.¦ Bottle I LE SAMEDI Bientôt.l\u2019avion-fusée réalisé les hommes qui pensent à demain! Tout comme l\u2019avion de combat à propulsion par jet est devenu réalité, se réalisera demain l'avion-fusée qui pourra transporter des passagers par vingtaines et qui volera dans la stratosphère, de Montréal à Mandalay, plus vite que vous ne auriez cru possible.Luxueux, climatisé, à l'épreuve du son, ce moyen de transport à propulsion par jet volera régulièrement par les voies aériennes du monde, dans un avenir qui n\u2019est pas très éloigné, grâce aux recherches des hommes qui pensent a demain ! La contribution que le transport aérien apporte à l\u2019univers est considérable .en rapprochant les peuples étroitement, en accélérant les affaires et l\u2019industrie, en mettant à la portée de milliers d\u2019hommes un nouveau mode de transport et par là de nouveaux champs d\u2019action; mais l\u2019avenir du déplacement par les airs est encore plus grand grâce aux hommes qui pensent à demain et qui sont à le préparer.\u2022 Mais ne regardons pas si loin devant nous que nous oubliions de voir la barrière qui se dresse aujourd\u2019hui entre nous et l\u2019avenir.Il y a d\u2019abord une guerre à gagner.La victoire requiert chaque once d\u2019énergie que nous avons en nous comme individus, comme peuple.\u2022\tRegardons vers l\u2019avenir .assurément.Mais pour le présent ne manquons pas à la tâche de produire pour la guerre, de coopérer avec chaque moyen que prend le gouvernement pour aider à gagner la guerre.Achetons des Obligations de la Victoire et des Certificats d\u2019épargne de guerre jusqu\u2019au dernier dollar disponible.® C\u2019est le seul moyen de nous assurer que le Canada aura l\u2019avenir auquel il a droit.\u2022\tSoyons tous des hommes qui pensent à demain! LA MAISON SEAGRAM Les distilleries Seagram au Canada et aux États-Unis travaillent à la production d'alcool à haute preuve pour fins de guerre.L'alcool à haute preuve sert à la fabrication de poudre sans fumée, de verre qui n'éclate pas, de plastique, de compas, d'instruments de navigation et de nombreux autres produits nécessaires en temps de guerre. 22 JUILLET 1944 DISTINGUISHED FLYING MEDAL De gauche à droite, dans l'ordre : Sergent (Sgt) HERVE QUESNEL.DFM.Port Crédit, Ont.Lieutenant de section (Ft/Lt) J.JEAN-PAUL SABOURIN, DFC.St-lsidore de Prescott, Ont.(mort au combat) Officier pilote (P/O) J.-A.JACQUES BARSALOU.DFM, Montréal, P.Q.Officier pilote M.-JOSEPH DALPHOND.DFM.Edmonton, Alta.Officier pilote (P/O) J.-A.LAURENT LYMBURNER.DFC, Montréal, P.Q.Officier pilote (P/O) L.-JOSEPH BOUCHER.DFM, Grand Falls, N.-B.Officier pilote (P/O) J.-P.AIME J.DUVAL, DFM.Gracefield, P.Q.Lieutenant de section (Ft/Lt) LOUIS E.COCHAND, A.M.(E.-U.), Ste-Marguerite, P.Q.Sous-lieutenant d'aviation (F/O) J.-E.ROGER PICHETTE.DFM.Campbellton, N.-B.Sous-lieutenant d'aviation (F/O) G.-J.ROBERT BRUYERE, DFM.Montréal, P.Q.Sous-lieutenant d'aviation (F/O) J.CHARLES A.LEPINE.DFM, Ste-Anne de Bellevue, P.Q.Officier pilote (P/O) G.THEODORE CHRETIEN, DFM, Penetanguishene.Ont.(Prisonnier de guerre) LE SAMEDI Bretagne section Ci-contre.,0li, .fouettes quatre ons, pendant un et P eovoiées d dessus reconno»! Vocéan Parmi les centaines d'équipages volants et d'équipes au sol de la C.A.R.C., sur tous les théâtres de la guerre comme dans l'immense étendue du Canada, on trouve des milliers et des milliers de Canadiens français qui font honneur à leur roce et méritent, étant tous volontaires, le respect et I admiration de leurs compatriotes.CANADIENNES ¦ FRANÇAISES 22 JUILLET 1944 .- wmmaimk 7 d'Orl( aussi la rar°*.de 70ins les .bée~-r >àc }'-t ' H '\t* ' EraiPi im* :Ï£g wm, ^TïSèz ¦\u2022\t' - \\J \u2022xtMl * '***¦*< m^É0^ S'vt'4 *' -s*> _____ LE SAMEDI ( h ) ÉLÉGANCE DE TOUS LES JOURS JtBUÀ I X ¦JUm\tkl Si vous ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, eommandez-les, avec le montant requis, à l'adresse suivante : Patrons du \"Samedi\", Dominion Patterns, Ltd., 240 Richmond Ouest, Toronto, Ont.Si vous habitez les Etats-Unis, adressez-vous à Simplicity Patterns, 200 Madison Avenue, New York City, U.S.A.1028 \u2014 Robe pour dames et jeunes filles, dans les grandeurs 12 à 20.La grandeur 14 requiert : 3 v.de 35\", 2% de 39\", 2% de 41\", 1% de 54\".Prix, 25
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