Le samedi, 1 juillet 1945, samedi 14 juillet 1945
[" 57a année, No 8 Montréal, 14 juillet 1945 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS DIX CENTS mèm mm :üTi 1H « n * * a m* ¦'¦¦Æïïr \"\u2022* H ¦tS, ¦yfïi Mi f ; Jâ * Le Samedi, Montréal, 14 juillet 1945 La dvsidrose s La transpiration excessive hâte la croissance des organismes de la dysidrose \u2022 En été, les pieds transpirent excessivement, les bas deviennent chauds et humides et la peau finit par s\u2019irriter, surtout entre les orteils.Il se produit souvent des crevasses qui mettent les chairs à nu, les exposant à la douloureuse affection cutanée appelée dysidrose ou \u201cpied d\u2019athlète\u2019\u2019! Crevasses entre les orteils, signe de danger \u2022 Les organismes de la dysidrose croissent plus rapidement lorsqu\u2019ils s\u2019alimentent de la sueur et de la peau morte.Et quand la peau se crevasse entre les orteils, ils pénètrent en dessous et se répandent dans les tissus.Il se produit des rougeurs et démangeaisons aux orteils, la peau se lève par plaques blanchâtres .c\u2019est la dysidrose.L\u2019Absorbine ir.détruit les organismes de la dysidrose par contact! Photomicrographe dea organismes de la dysidrose, champignon parasitaire qui pénètre dans les tissus, attaquant 1 es extrémités délicates et sensibles des nerfs.Photomicrographe montrant comment 1 \u2019 Absorbine Jr.détruit les organismes de la dysidrose par contact; ils ne peuvent plus croître et causer des douleurs.mm?¦ 't Baignez ces crevasses immédiatement \u2022 Ne prenez pas de risque: au premier symptôme de crevasse entre les orteils, baignez matin et soir le pied entier avec de l\u2019Absorbine Jr.non diluée.Aux pharmacies, $1.25 la bouteille.W.F.Young, Inc-, Lyman House, Montréal, P.Q.1.\tL\u2019Absorbine Jr.détruit les organismes de la dysidrose par contact.2.\tElle dissout les produits de la transpiration dont s\u2019alimentent les organismes delà dysidrose.3.\tElle assèche la peau entre les orteils.4.\tElle nettoie et aide à cicatriser les tissus brisés.3.Elle apaise les démangeaisons et douleurs de la dysidrose.Pour éviter le retour de l\u2019infection faites bouillir vos bas 15 minutes et désinfectez vos chaussures.Dans les cas avancés, consultez votre médecin en plus d\u2019employer l\u2019Absorbine Jr.Absorbine Jr.Les Français au camp de Buch enwald Le R.P.Laloir, des Pères-Blancs, aumônier du Maquis des Ardennes françaises et belges, qui fut, le 8 août dernier, déporté au camp de Buchenwald, apres avoir été arrêté à Rocroi, le 9 mai, soumis à la torture et condamné à mort vient de faire au journal \u201cLa Croix\u2019\u2019, les déclarations suivantes .\u201cSur mes 1,200 compagnons de route et de misère, je suis sûr que 45 sont encore vivants.Les autres ont disparu.Les S.S.étaient experts dans les massa cres au lance-flammes et à la grenade.J\u2019ai vu une personnalité allemande de Weimar \u2014 certains le disaient ancien maire, d\u2019autres, chef de police enchaînée à une niche de chien, un collier au cou, tenue en laisse, contraints de marcher à quatre pattes et d\u2019aboyer quand passait cm S.S.Défense lui était faite de se servir de ses mains pour manger sa pâtée ; elle devait mordre à même à pleine bouche.Parlant des \u201cexpériences\u201d faites sur des êtres vivants, le R.P.Laloir déclara : \u201cLe bloc 46 servait aux \u201cexpériences\u201d.Les chevaux et les cobayes coûtent cher, tandis que les détenus étaient là en abondance.Un haut-parleur appelait des numéros.Ceux qui les portaient devaient se rendre au bloc fatal.Là, on leur inoculait par des piqûres diverses maladies, et spécialement le virus exenthé-matique.La \u201cscience allemande\u201d suivait le progrès du mal avec curiosité.Tous les mois, cent à deux cent victimes succombaient et étaient dirigées vers les fours crématoires\u201d.Cependant ces tableaux d\u2019horreur avaient leurs figures lumineuses, et dans le monde une autre victime de l\u2019enfer de Buchenwald, Rémy Roure, évoque la sainte mémoire du vénérable Recteur de Pontaven, l\u2019Abbé Tanguay, qui, à Auschwitz Birkenau comme à Buchenwald, fut pour tous un magnifique modèle de patience, de fermeté d\u2019âme, d\u2019amour humain.\u201d Il était, écrit Roure, devenu l\u2019incarnation véritable de la France meurtrie.Nu comme nous tous pendant des heures et des heures, il subit toutes les humiliations et toutes les souffrances, y compris l\u2019immonde tatouage de son numéro de bagnard sur le bras gauche.Il cédait sa place à ses camarades qui ne pouvaient s\u2019allonger pour dormir, et s\u2019en allait lui-même près de la porte, dans le froid glacial.Il est mort d\u2019une pneumonie ainsi contractée dès son arrivée de Birkenau à Buchenwald, il y a un an déjà.Il faudra écrire un jour la vie et le martyre de ce saint dont l\u2019Eglise de la France peut être vraiment fière.D\u2019autre part, Rémy Roure, qui avait été arrêté par la Gestapo le 11 octobre 1943, à Rennes, blessé par une balle qui lui sectionna l\u2019artère fémorale, écrit dans \u201cLe Monde\u201d : \u201cSur les cinquante et quelque mille internés du camp, les S.S.réussirent à évacuer vers l\u2019est 25,000 détenus.Leur délivrance, nous l\u2019espérons bien, sera seulement retardée.Toutefois, il faut aussi dire au Gouvernement : \u201cHâtez-vous de faire rapatrier tout le camp de Buchenwald ! Il y a des malades en danger de mort, il y a des \u201cdéficients\u201d, ceux-là extrêmement nombreux.Malgré tout ce que l\u2019on peut faire, et nos amis Américains font beaucoup, chaque journée perdue représente des vies humaines perdues, chaque journée gagnée des vies humaines gagnées.les flammes de l\u2019enfer ! C\u2019est à la lettre qu\u2019il convient de prendre cette expression.A Auschwitz, Birkenau, il y avait sept fours crématoires flanqués chacun de sa chambre à gaz.A Buchenwald il n\u2019y en avait qu\u2019un seul, mais qui dominait de sa masse trapue et de sa cheminée carrée de briques noircies l\u2019immense place d\u2019appel et tout le haut lieu du camp.le \u201ckrematorium\u201d, à deux pas de l\u2019arbre de Goethe, était la raison suprême et la fin dernière de Buchenwald et d\u2019autres lieux.Des saints et des martyrs se sont par lui envolés vers le ciel en fumées sombres.Je ne parlerai plus des autres horreurs des camps de concentration.Les Américains, sceptiques auparavant, en ont été littéralement suffoqués.Et j\u2019ai vu la population de Weimar défiler encadrée par les M.P.devant des blocks immondes, devant le block 46 -\u2014 celui des hommes cobayes \u2014 et terminer cette visite salubre par celle du Krematorium.Femmes et hommes, surtout du peuple, sanglotent à la sortie.D\u2019autres baissent la tête, l\u2019air sombre.\u201d (France-Amérique, 6 mai) NOTRE COUVERTURE Une mère tenant tendrement son enfant dans ses bras, voilà sans doute le sujet le plus ancien et le plus nouveau à la fois dont se sont inspirés et continueront de s\u2019inspirer peintres, sculpteurs, poètes et photographes.Grande et durable comme la vie elle-même, cette image, dans sa profonde et touchante beauté, sera toujours là pour rappeler aux hommes que, sans la mansuétude et la compréhension, la vie ne vaudrait pas d\u2019être vécue, que la guerre qui déchire les peuples doit succéder à Vintelligence et à la sympathie qui est la condition même de leur bonheur.L\u2019amour maternel qui nous donne ce si bel exemple ne s\u2019érige pas en système : il est plus éloquent, plus édifiant que toutes les conférences dans sa muette et vibrante extériorisation.Photo Gérald Molleur. CARNET EDITORIAL 57e année, No 8 \u2014 Montréal, 14 juillet 1945 3 LES PUBLICATIONS POIRIER.BESSETTE & CIE.LIMITEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magasines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975.RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 Tél : PLateau 9638 * Président : FRED POIRIER Vice-prés.: GEO.POIRIER Directeur : JEAN CHAUVIN Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de la publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, St-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette, etc., et les environs.) e A Québec et Lévis : ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec Aux Trois-Rivières et au Cap-de-la-Madeleine : PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières Entered at the Pest Office of St.Âlbans.Vf., as second class matter under Act of March 1879 e ABONNEMENT CANADA SEULEMENT Un an\t$3.50 Six mois\t2.00 e AU NUMERO: 10 cents e HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.e AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expéditloii.AU PAYS DES MARGOTS ON LOIN de la côte gaspé-sienne, à quelque trois milles de Percé, se trouve une petite île dépourvue de toutes les commodités modernes, mais par ses légendes, ses souvenirs historiques, ses phénomènes géologiques et sa merveilleuse colonie d'oiseaux marins, elle offre un délassement unique au citadin avide de repos et de tranquillité.L'Ile Bonaventure, ainsi nommée par Jacques Cartier pour commémorer, semble-t-il, un événement heureux, faisait autrefois partie du Mont Ste-Anne, au pied duquel est blotti le coquet village de Percé.En détachant du sommet de ce mont imposant cette bande de terre longue de quelque cinq milles et large de deux, la Nature a voulu, semble-t-il, la protéger contre les fureurs de l'océan, en opposant des falaises hautes de 400 à 500 pieds aux vagues énormes qui déferlent parfois sur l'île.D'immenses blocs de roc déboulés gisent au pied des falaises et la mer, depuis des siècles, se plaît à creuser, ça et là, des cavernes qui donnent à ce petit coin de terre de chez nous l'aspect farouche des côtes de la Bretagne.Sur le versant sud, face à Percé, se trouve l'unique plage de l'île.C'est là qu'en 1798 les premiers habitants, les Janvrins, installèrent un établissement de pêche sédentaire.A l\u2019heure actuelle s échelonnent, le long de la plage, une dizaine d'habitations qui abritent toute la population de l'île mais il fut un temps où les pêcheurs y étaient si nombreux que le Père Le Clerq, l'un des premiers missionnaires français à venir au Canada, y fit construire une église et un hospice.Faute d'un nombre suffisant de fidèles le temple actuel est fermé et la petite école attend toujours les deux élèves qui lui permettront de réouvrir ses portes.Si l'on en croit la légende, l'île servit autrefois de repaire aux corsaires qui infestaient les mers et le récit d'un exploit du plus redoutable d entre eux, le capitaine John Peter Duval, s'est conservé à Percé.Duval, célèbre marin à la solde de l'Angleterre, était commandant du « Vautour », navire de 100 tonnes, armé de quatre canons et ayant à son bord un équipage de 27 hommes.Il était la terreur de la côte française.Las d'abandonner à ce pirate une partie de leurs gains, des marchands de Bayonne s'unirent pour se débarrasser de cet encombrant ennemi.Ils achètent un brick de 180 tonnes, portant 16 bouches à feu et 80 hommes d'équipage.Us le déguisent en navire marchand et à la faveur de la nuit le lancent sur les traces du « Vautour ».Au matin, le capitaine 1 aperçoit.Il ordonne à ses hommes de s'en approcher et somme l'équipage de se rendre.Le brick démasque alors ses batteries et le corsaire se trouve en face d'un ennemi qui lui est de beaucoup supérieur.Mais il ne se laisse pas intimider.Se plaçant sous la ligne de tir du brick, il ouvre le feu, tue la moitié de 1 équipage et endommage si sérieusement son adversaire que celui-ci n'a d'autre alternative que de prendre la fuite, poursuivi par l'intrépide capitaine du « Vautour ».Il ne réussit à s'échapper que grâce à la nuit.Après une vie des plus mouvementées, Duval épousa une noble espagnole qui lui apporta en dot une vaisselle d or massif, et vint s établir a 1 Ile Bo naventure où il finit tranquillement ses jours.Son corps repose au Cap à Canon, à Perce.Si le côté sud est le domaine des habitants de l'île, le versant nord est le royaume de la plus merveilleuse colonie d'oiseaux de mer qui soit.Chaque année, dès le début du printemps, des milliers et des milliers de Fous de Bassan, de guillemots, de mauves et de perroquets de mer quittent les côtes de 1 Amérique du Sud et viennent bâtir leurs nids sur les falaises de l'île.Chaque corniche, chaque anfractuosité du roc offrent un gîte à cette population ailée.Les longues falaises de lile semblent alors recouvertes d'un blanc tapis mouvant et les milliers de Fous de Bassan qui planent languissamment au-dessus de l'abîme donnent l'impression d'une épaisse chute de neige.Cette colonie d'oiseaux de mer se compose en grande partie de Fous de Bassan, baptisés « margots » par Jacques Cartier.Ce sont de gros oiseaux blancs aux ailes bordées de noir, au bec jaune et aux yeux bleus.Au printemps, la femelle pond deux oeufs.Quand les petits sont éclos, elle les quitte et aide le mâle à les ravitailler.La nourriture, de ces palmipèdes consiste surtout en hareng et c est un spectacle curieux que d'assister à leur départ pour le marché.A la file indienne, ils se dirigent vers les bancs de harengs.Dès que le chef de file a choisi sa proie, il plonge, la capture et remonte à tire d'ailes prendre son rang à la queue de la file.Le deuxième plonge à son tour et ainsi de suite jusqu'à ce que la pêche soit terminée.Le cri des jeunes « fous » qui attendent le retour de leurs parents s'entend de fort loin et sert de guide aux pêcheurs les jours de brouillard.Si cette colonie d'oiseaux, la plus considérable au monde, a pu jusqu'ici se développer normalement, c'est qu'en 1919, pour faire cesser de nombreux abus, le gouvernement canadien érigea, par décret, 1 Ile Bonaventure en sanctuaire d'oiseaux.Elle est aussi protégée contre les intrusions des pilleurs d'oeufs et les collectionneurs de plumes d'oiseaux par l'inaccessibilité des falaises de l\u2019île qui ne peuvent être atteintes ni par le bas, ni par le haut, si ce n'est, dans le dernier cas, en se laissant glisser le long d'une corde \u2014 sport qui ne manque pas d'être dangereux car on risque d'aller s'écraser sur les brisants qui bordent l'île.Il y a trois façons de se rendre au sanctuaire de l'île Bonaventure.Durant la belle saison, un yacht quitte Percé toutes les deux heures pour faire le tour de l'île.Si on le préfère, une barque de pêcheurs nous prend à Percé et nous dépose à la petite Baie Paresseuse, à l'extrémité nord-est de l'île.Cette baie est ainsi appelée parce qu'au XVIIe siècle, les pêcheurs bordelais, que leurs patrons envoyaient pêcher la morue, venaient souvent y flâner ou y dormir.Cela s'appelait « eourir la marigot ».C'est pourquoi la baie; porta longtemps ce nom de « Baie des Marigots ».L'appellation s'est perdue depuis mais le souvenir des flâneurs a survécu.De la baie, un étroit sentier nous conduit au sommet de l'île.Une troisième façon, et non la moins intéressante, est d'accoster sur le côté sud de l'île.Celui qui ne craint pas de se mouiller le bout des pieds trouvera, à quelques pas de la grève, un choix intéressant d'astéries ou étoiles de mer aux couleurs variées, d'oursins et de coquillages de toutes sortes.Un petit sentier bordé d'arbustes sauvages traverse l'île sur toute sa largeur et débouche au sanctuaire des « margots ».On se trouve alors assez près de certains nids pour y caresser les petits « fous ».Pour celui qui s'est attardé dans ses petits sentiers fleurant l'épinette et la framboise et a contemplé, du haut de ses hautaines falaises, la mer fleurie d'oiseaux, Bonaventure demeure plus qu'un simple morceau de terre échoué dans l'océan ; c'est une oasis de beauté et de rêve.Madeleine LALONDE, rédactrice au service de presse du Canadien National. Les Partis Politiques en Grande-Bretagne : ' {Wm :MrJ4 &¦**£*:.Par Stanley Dobson Rédacteur politique du \u201cNews Chronicle \u201d (Exclusif au \"Samedi\") Une des particularités les plus étranges du système politique britannique au cours de son histoire est l\u2019influence exercée sur ce système par la forme de la salle de réunion de la Chambre des Communes.De 1547 à 1834 le lieu de réunion des Communes était St.Stephen\u2019s Hall, une salle étroite et oblongue, où les partis prenaient place chacun d\u2019un côté.Les représentants les plus éminents de ces partis politiques sont maintenant immortalisés et leurs statues, alignées des deux côtés de la salle, se font face.Citons ces noms fameux : Pitt et Fox, Clarendon et Hampden, Walpole et Chatham.Lorsque la Chambre des Communes fut reconstruite après l\u2019incendie de 1834, la même forme oblongue fut maintenue.Cette forme contraste nettement avec l\u2019hémicycle de la plupart des Parlements étrangers.La Chambre fut détruite au cours d\u2019un bombardement aérien dans la nuit du 10 mai 1941, mais la nouvelle Chambre qu\u2019on construira après la guerre restera fidèle à la tradition, grâce aux instances du Premier Ministre Churchill.Lorsqu\u2019il fit part de la création d\u2019une commission spéciale chargée d\u2019arrêter les plans de la nouvelle Chambre des Communes, M.Churchill déclara : \u201cNous choisissons la forme de nos édifices ; ensuite ce sont les édifices qui nous forment.Cela peut paraître bizarre à des étrangers mais ce n\u2019en est pas moins un facteur très actif de notre vie politique.Une salle de séance en forme d\u2019hémicycle dont la forme est faite pour plaire aux théoriciens de la politique a le défaut de permettre à tout individu ou à tout groupe de se déplacer par rapport au centre et d\u2019adopter ainsi les diverses nuances du rose selon les circonstances du moment.Pour ma part, je suis un partisan convaincu du système de partis que je préfère au système de groupes.J\u2019ai vu de nombreux Parlements à la fois consciencieux et pleins de bonne volonté, que le système de groupes a détruits.Un système de partis est fortement favorisé par une chambre de forme oblongue.\u201d Et ainsi, les députés, après la guerre, continueront à se ranger en factions opposées : d\u2019un côté le gouvernement au pouvoir et ses partisans ; de l\u2019autre côté, l\u2019opposition.Il n\u2019y aura pas d\u2019emplacement se prêtant à un parti du centre, comme il pourrait s\u2019en former un comme le pensent M.Churchill et d\u2019autres vieux Parlementaires, si on décidait de donner à la salle une forme circulaire.Les élections générales prochaines décideront si le pays préfère un système de gouvernement bipartite ou tripartite.Au début de ce siècle la Chambre des Communes était nettement divisée \u2014 à droite et à gauche de la longue salle oblongue \u2014 en deux groupes principaux, les conservateurs et les libéraux.En 1900 les conservateurs détenaient 334 sièges, les libéraux 186, le parti travailliste aucun.En 1910 les conservateurs en comptaient 242, les libéraux 275 et les travaillistes 40.Par la suite, en raison de la croissance de l\u2019industrialisme, le Labour Party (parti travailliste) devint, d\u2019élection en élection, plus puissant et on vit surgir un système de trois partis qui, au dire des pessimistes, devait entraîner la fin du régime démocratique.Mais la tradition ne prévalut pas.La démocratie profita du système des trois partis.Le Parlement fut amené à faire preuve d une plus grande activité.Chaque mesure proposée par le gouvernement au pouvoir fut soumise à un examen des plus minutieux et amendée suivant les désirs de la grande masse des électeurs bien plus que cela n\u2019avait été le cas dans le passé.Toutefois, tandis que cela se passait, [ Lire la suite page 31 ] Ci-contre, de haut en bas, les chefs des principaux partis politiques de Grande-Bretagne dont la récente lutte électorale retient encore l'attention du monde entier.Ce sont, Winston Churchill, chef du parti conservateur : Clement Attlee, M.P., chef du parti travailliste et de l'Opposition ; Sir Archibald Sinclair, M.P., chef du parti libéral et Sir Richard Acland, M.P., chef du parti du Common Wealth.N'apparaissent pas ici : Ernest Brown, M.P., chef du parti libéral National, James Maxton, M.P., chef du parti travailliste indépendant et William Gallacher, M.P., chef du parti communiste.Ci-dessous, le Parlement de Westminster. WM*\"*.W*m .,-t 1P38Ç \u2022\" â&itt ON nous promet monts et merveilles pour l\u2019après-guerre.On peut, à ce sujet, se montrer sceptique, mais il ne faudrait pas que, par un excès de prudence ou de méfiance, on qualifiât de chimères, des avantages réels que les progrès récents mettront bientôt à la portée des petits, même des très petits bourgeois.Il se peut très bien, pour donner raison à certaines gens, que l\u2019hélicoptère, par exemple, demeure longtemps à l\u2019état de projet.Et, à l\u2019hélicoptère, on pourrait sans doute ajouter une liste passablement longue de rêves fantastiques .Toutefois, il n\u2019est plus permis de douter que, dans cette course au progrès, le transport en commun, à tout le moins, connaîtra très prochainement, une amélioration qui tiendra de la magie.Ce qui revient à dire que l\u2019homme du peuple pourra, à l\u2019instar du riche homme d\u2019affaires d\u2019avant-guerre, faire assez régulièrement son petit voyage en Europe.Ce sera alors l\u2019ère des voyages au long cours et à bon marché.Chose intéressante à noter en vue des vacances d\u2019été de \u201948, \u201949 et \u201950 \u2014 ce qu\u2019on aura vieilli, tout de même ! \u2014 c\u2019est que, lorsqu\u2019on sera blasé des rives enchanteresses de la Méditerranée, on pourra obli- POUR L\u2019APRÈS-GUERRE Un Week-End en Norvège quer, pour un changement, vers le Nord de l\u2019Europe.On découvrira alors la majestueuse beauté de la Norvège dont les paysages sont vraiment d\u2019une inoubliable grandeur.Si vous aimez les tableaux escarpés, si vous êtes un adepte des routes en lacet qui vous donnent le vertige, si vous avez de l\u2019attrait pour les côtes escarpées, si les fjords vous enchantent ou, encore, s\u2019il vous tarde d\u2019éprouver l\u2019étrange sensation des nuits prolongées, le beau pays d\u2019Edvard Grieg vous attendra avec toutes ces promesses.Car, en effet, on ne peut plus douter qu\u2019un voyage en Norvège, après que la paix aura été signée avec le Japon, sera devenu le privilège des petits, des tout petits bourgeois .N\u2019en doutez pas trop, autrement, vous pourriez passer pour des'St-Thomas, et, ce qui pis est, on vous taxerait de n\u2019avoir pas confiance en l'avenir, ce qui, selon toute apparence, devrait être considéré comme un anachronisme.Doutez de l\u2019hélicoptère, doutez de la spectromycin (panacée universelle), doutez des voyages interplanétaires mais, de grâce, ne doutez pas des excursions intercontinentales ! Photos du haut, de gauche à droite, paysage qui nous rappelle la Gaspésie dans le cadre majestueux du fjord de Eid en Norvège.\u2014 Vue du fjord du Nord, près d'OIden en Norvège occidentale.\u2014 Une chute fantastique dans la montagneuse Norvège.\u2014 Une route en lacet capable de vous donner le vertige.\u2014 Ci-dessous, l'un des vapeurs assurant le service maritime côtier en Norvège.L'itinéraire parcouru est bien connu, tant des touristes d'Europe que d'Amérique.\u2014 A droite, le Cap Nord qui forme l'entrée du fjord le plus rapproché de l'Arctique.C'est là la scène type de ta majestueuse et sauvage beauté de la Norvège.Photos Office de l'Information du Gouvernement Royal Norvégien.'A Voici le décor dans lequel évoluèrent les trois personnages de \" Bastien et Bastienne \", opéra comique en un acte de Mozart présenté le printemps dernier par les Festivals de Montréal.Ce théâtre de marionnettes rappelle la grande vogue qu'il connut à Venise au XVIIe siècle, et un peu plus tard, à Lyon, Paris et Londres.6 On procède au montage du décor.L'œil exercé du metteur en scène examine tous les détails et met une dernière main avant la \" générale \", On a ici une bonne idée des proportions qui peuvent varier selon la grandeur de la salle où se donne le spectacle.Dans certains cas, les poupées sont presque de grandeur nature, ce qui complique davantage le travail.L Ceux qu'on ne voit pas, mais dont le rôle est éminemment important, sont juchés dans la frise pour tirer les ficelles et animer ainsi les personnages, d'où l'expression bien connue : \" Tirer les ficelles .'' Cette opération exige une grande souplesse et une grande dextérité qui s'acquièrent par un travail patient, et continue.Ici.les dons importent autant que le métier.LeM onde F antaisiste des Marionnettes ?\u2018 1 mâî: L\u2019idée de poupées animées, dites marionnettes, est si ancienne, qu\u2019à vrai dire, on ne saurait préciser son origine.On dit qu\u2019il en est fait mention dans des textes sanscrits, et certains orientalistes affirment même que les marionnettes jouaient un rôle inhérent dans les rites primitifs javanais et hindous.Il semble que le théâtre de marionnettes fit définitivement son apparition en Europe vers le début du Moyen âge.Tout comme pour le théâtre de l\u2019époque, il était alors confiné aux miracles, c\u2019est-à-dire, à la dramaturgie d\u2019inspiration religieuse.Toutefois, on peut affirmer que les Romains, les Grecs, voire même les Egyptiens, surent donner à cette forme de spectacle une grande part d\u2019intérêt bien avant qu\u2019il devînt populaire en Europe occidentale.Les Italiens furent longtemps les maîtres incontestés du théâtre de marionnettes.Même de nos jours, certains de leurs théâtres, tel le Piccoli de Vittorio Podrecca, connaissent une réputation universelle.Il est intéressant de noter qu\u2019à Venise, au dix-septième siècle, on monta pour la première fois des représentations d\u2019opéra avec marionnettes.Soulignons également que dans les Arcades de Covent Garden, à Londres, des pièces de Shakespeare et des opéras y furent présentés.A partir de ce moment, ce genre de spectacle devint de plus en plus populaire ; des familles riches firent ériger sur leur propriété des scènes pour ces représentations et en firent composer la musique par les grands musiciens de l\u2019époque.Haydn, par exemple écrivit beaucoup pour ce genre de théâtre.La France aussi fut réputée pour ses théâtres de marionnettes.Les annales, en effet, nous rappellent que le théâtre Séraphin, aujourd\u2019hui disparu, fondé à Versailles, avant la Révolution, s\u2019installa à Paris, au Palais Royal en 1797.A Lyon aussi, Mourguet fonda, en 1795, un théâtre installé aux Brotteaux.Guignol, Gnafron en étaient les principaux personnages.Chez nous, malheureusement, il semble que le théâtre de marionnettes ne soit pas en passe de devenir populaire, comme tant de gens le souhaiteraient.Toutefois, pour les amateurs de ce genre de spectacle, il y a lieu d\u2019espérer : quelques tentatives plus ou moins récentes ont démontré de grandes possibilités en ce domaine, et c\u2019est ainsi que les habitués des Festivals de Montréal, par exemple, ont encore tout frais à la mémoire le beau spectacle que fut Bastien et Bastienne de Mozart qu\u2019ils avaient l\u2019occasion d\u2019applaudir le printemps dernier, au Collège Loyola.Les photos de cette page furent prises au cours d\u2019une répétition de ce spectacle.La voie est donc ouverte et il ne serait pas étonnant que l\u2019un de ces beaux jours nous assistions à la naissance, chez nous, de l\u2019un de ces théâtres fantaisistes.Il est evident qu une tentative de ce genre devrait commencer sur une échelle modeste, quitte à poursuivre les développements avec le temps.et l\u2019appréciation qu\u2019elle recevrait.Chose certaine, les éléments ne manquent pas chez nous pour alimenter un théâtre de marionnettes.Du reste, ceux qui ont visité l\u2019une des dernières expositions d\u2019Artisanat tenue à l\u2019île Ste-Hélène, ont gardé le meilleur souvenir d\u2019un essai qui était vraiment plus que prometteur.Qui vivra verra ! un interet tout à fait différent.Ce carton peint qui sert de toile de fond, c échafauds sur lesquels sont juchés les montreurs de marionnettes, bref, l'arrièr scene prosaïque peut éveiller un moment la curiosité, mais pas davantage.Ma des qu'on entre dans le parterre, la métamorphose s'opère, la scène s'anime, spectacle prend sa signification dans une captivante atmosphère de fantaisie de charme.L illusion est si bien réussie que le spectateur ne songe aux perso nages vivants dans les coulisses que par un réel effort de volonté.Le théât de marionnettes fait les délices des petits en même temps que l'amusement d ^ran f*\tPhotos Conrad Poirier \u2014 Le Samoi NOUVELLE DE LA VILLE LUMIÈRE Z.\\ f L\u2019INSTITUT PASTEUR I \u2019Institut Pasteur, fondé en 1888, est une institution privée, consacrant son activité aux progrès de la science I et à la lutte contre les maladies infectieuses de l\u2019homme, ^ des animaux et des végétaux.Son activité actuelle peut être groupée sous les chapitres suivants : Premièrement, les services de recherches s\u2019occupant de science pure (bactériologie, chimie biologique, chimie thérapeutique, fermentations, etc.) et des applications de ces sciences.C\u2019est ainsi qu\u2019un bâtiment de l\u2019Institut Pasteur, le bâtiment primitif où travailla Pasteur, est consacré à des laboratoires s\u2019occupant de l\u2019étude des microbes et des virus pathogènes.Ce même bâtiment contient également le service de la rage, où l\u2019on continue à appliquer les principes du traitement après morsure par les animaux enragés qui furent posés par son illustre fondateur.Un autre bâtiment de l\u2019Institut Pasteur est consacré tout entier à l\u2019étude de la tuberculose et des problèmes qui s\u2019y rattachent.Un bâtiment voisin renferme les laboratoires s\u2019occupant des questions de parasitologie et des maladies dues aux protozoaires (paludisme, kala-azar, etc.) Dans un autre bâtiment où se trouvent les services de chimie, certains laboratoires s\u2019occupent de problèmes biochimiques ou de physiologie, tandis que d\u2019autres sont consacrés à la chimie thérapeutique, tel celui de M.Trefouël, aujourd\u2019hui directeur, où furent découverts les sulfamides, ou celui qui étudie aujourd\u2019hui les applications de la pénicilline.Deuxièmement, les services désignés sous le nom de services pratiques.Ce sont ceux qui fabriquent à l\u2019usage des hôpitaux, du corps médical ou des vétérinaires, les vac- cins, les sérums, les anatoxines et les produits biologiques qui sont employés pour le traitement et la prophylaxie des maladies infectieuses.Les vaccins sont fabriqués à l\u2019Institut Pasteur de Paris.Les sérums sont produits pour la majeure partie au voisinage de Paris, à l\u2019Institut Pasteur de Garches, dont les écuries modèles abritent près de 700 chevaux producteurs de sérums.L\u2019importance de ces services pratiques, déjà considérable en temps de paix, se trouve, du fait de l\u2019état de guerre, considérablement accrue en raison des besoins des armées combattantes en vaccins et en sérums.Troisièmement, un système d\u2019enseignement théorique et pratique servant à former des bactériologistes de classe et des chercheurs scientifiques.L\u2019Institut Pasteur n\u2019est pas une université\t[ Lire la suite page 22 ] Photos du haut, de gauche à droite, le professeur Magrou étudiant la fécondation des orchidées.\u2014 Broyeur rotatif à billes pour la préparation du vaccin B.G.G.\u2014 Stérilisation des milieux de culture à l\u2019autoclave.20,000 litres de bouillon sont ainsi préparés chaque semaine pour la fabrication des vaccins.\u2014 Moelle de lapin se desséchant dans une étuve à 22 degrés centigrade.Varcin antirabique.Dans l\u2019ordre, en descendant, introduction du mandrin et extraction de la moelle ; préparation du vaccin antirabique.Ensemencement sur les milieux de culture des microbes qui serviront à préparer des vaccins.\u2014 Préparation de la tuberculose par évaporation de bacilles tuberculeux.Photos Service d'information français, Ottawa.r # # ! *5s Ci-contre, à gauche, le masque de Louis Pasteur.A droite, cinq pastels faits par Pasteur quand il avait treize ans (portrait de sa mère).Aussi, portraits de son père et du maire d\u2019Arbois, exécutés lorsqu'il avait seize ans.Ces trois pastels sont exposés dans la chambre de Pasteur à l'Institut Pasteur.Cet Institut, fondé en 1883, est comme on sait une institution privée consacrant son activité au progrès de la science et à la lutte contre les maladies infectieuses de l'homme, des animaux et des végétaux. 8 Le Samedi, Montréal, 14 juillet 1945 I 1 4 t fM > r \u201c , .-ÿ- , -T.'j?-\t\u2022 ¦ -\ti t \u2019te.' » '\tb i KNUD, le bûcheron Nouvelle par Cette histoire que je vais vous conter là, celle de Knud le bûcheron, ce n\u2019est pas une histoire de chez nous.Elle se passe en Norrland, un pays d\u2019eaux et de forêts où l'automne n\u2019est qu\u2019un long crépuscule, un pays encore hanté d\u2019ogres et de gnomes, de géants carnassiers qui hurlent avec le vent, de petits hommes malveillants qu\u2019on appelle des trolls, et qui sortent de sous les pierres, l\u2019obscurité venue.Cela commença un soir d\u2019octobre où la nuit semblait monter du sol au point ou\u2019on n\u2019apercevait plus seulement ses bottes.Elle soulevait peu à peu dans la clairière un ménisque de brouillard.La terre mouillée sentait la résine d\u2019hiver, et la lune, qui grimpait à travers les sapins, avait un air louche, comme si elle avait trempé dans la vase.Knud, sa cognée sur l'épaule, se retourna encore une fois avant de pénétrer sous le couvert des bois.Il y avait un marais en cet endroit-là et, plus loin, éparses, des souches aussi hautes que des hommes accroupis, restes des arbres qu\u2019il avait abattus pendant l\u2019été.Eh bien ! le troll était là qui l\u2019observait, un troll assez gros, ma foi, et ventru, avec des yeux bigles et un nez comme une patate germée.Alors Knud s\u2019arrêta et se dandina un instant, pris d\u2019incertitude sur ce qu\u2019il convenait de faire.Fallait-il aller vers lui, ou bien jouer l\u2019homme qui n\u2019a rien vu et qui retourne à la maison, la conscience en paix ?A la fin, il prit ce dernier parti, non qu\u2019il le trouvât meilleur ou qu\u2019il fût poltron, mais par discrétion, simplement.Dis-cré-tion ! Il répéta ce mot à part lui, tout en suivant le sentier qui courait dans les bruyères.Et le mot lui parut de la longueur même de ce sentier.Il y a de ces mots qu\u2019on mesurerait au mètre.Dis-cré-tion .Répétez vous-même, vous comprendrez.Dès cet instant, bien que le troll eût jeté à plusieurs reprises une sorte de chuintement pour tenter d\u2019appeler l\u2019attention, notre homme ne regarda plus en arrière, même arrivé à sa porte qu\u2019il referma avec soin.Golœ, son chien, le salua d\u2019un aboiement unique, comme il le faisait chaque soir.En Norrland, on jette un cri comme ça, de temps en temps, pour s\u2019entendre soi-m\"me.Autrement, le silence serait trop lourd.Et la queue de Golœ, en frétillant, déplaçait la poussière sur le plancher.« Il faudra balayer », pensa Knud, mais il ne prêta pas davantage attention à Golœ.Il posa sa hache dans le coin de la pièce, avec sa pierre à affûter, puis il alluma la chandelle.Il était très ennuyé.A plusieurs reprises, tout en mangeant, il se frictionna la tête.Il se demandait même si ce qu\u2019il grattait là c\u2019était réellement sa tête.Mais comme il n\u2019y avait pas même un morceau de miroir chez lui, il en resta là de ses doutes et se remit à éplucher des pommes de terre chaudes.LUCIEN MAULVAULT D\u2019avoir vu un troll, cela ne l\u2019étonnait pas.Depuis trop longtemps déjà \u2014 un an, deux peut-être \u2014 il avait eu l\u2019impression puis la certitude qu il en apercevrait de ce côté-là ; il y a des choses inéluctables dans la vie d un homme.L\u2019hiver dernier, il en avait discuté déjà avec Rognar.Il lui avait dit : « Il y a des trolls dans ces bois.Je te répète : il y en a !» Et il avait tapé avec le manche de son couteau sur la table, comme ceci, d une façon irritante, parce que Rognar s\u2019obstinait à n\u2019y point croire, lui, Rognar, se refusait à admettre l\u2019évidence.Maintenant, Knud avait vu.C\u2019est autre chose encore que d\u2019avoir vu ! Et son père autrefois, avait raconté que toute cette montagne était habitée de trolls, qu\u2019il fallait abattre des arbres ailleurs et planter ses raves sur l\u2019autre rive du lac, pour être un homme tranquille et porter une tête sur ses épaules sans se préoccuper d\u2019elle, une tête comme on a des bras et des jambes, sans y penser jamais.Il essuya ses mains contre sa culotte, mit les coudes sur la table pour mieux appuyer son menton, le menton de sa drôle de tête couverte de poils.Il sentait bien qu\u2019il avait eu tort.Ouvrir une clairière pareille !.Il y avait travaillé depuis deux étés ! Oui, il était bien ennuyé, Knud.Il tourna ses yeux pâles, ronds, tristes, vers les solives de couleur de miel, murs de planches, la penderie.Son lit de bois était derrière sa chaise, il ne pouvait donc pas le voir.Mais enfin, même le lit, tout, tout ici avait été fabriqué de ses mains avec les arbres de cette forêt.Il était coupable.Il se repentait ce soir.Il n\u2019était pas mauvais, au fond.Il voulait la paix.Jamais il n\u2019était monté sur les collines parce qu\u2019elles étaient semées de blocs, de ces rognons de pierre que les trolls avaient fait rouler autrefois, lui avait-on dit, pour se défendre des prêtres de la chrétienté.Lorsqu\u2019il avait eu affaire vers le lac, il avait toujours eu soin de décrire un grand détour, tout cela pour ne pas les déranger ou risquer d\u2019exaspérer l\u2019ogre, celui qui donnait des coups sous la glace, l\u2019hiver venu.Un jour, il avait rencontré un élan qui pataugeait dans la rivière.Avec son fusil, qu\u2019il portait justement à la bretelle, c\u2019eût été un jeu pour lui de 1 abattre, cet élan.De la viande pour quinze jours au moins, sans compter le cuir.Et l\u2019hiver précisément touchait à sa fin.La forêt revenait à la lumière toute crue qui faisait ciller.Le sol craquait comme un vitrage trop mince.En avril, les hommes commençaient à sentir le fond.Des réserves de la belle saison, il ne restait presque rien.Les stabbur étaient presque vides.N\u2019importe ! l\u2019airmal s\u2019était éloigné sans hâte, tout encombré de l\u2019empaumure de ses bois, à travers les troncs drus de la forêt.Knud lui avait laissé la vie.Et lorsque, longeant en silence la berge des étangs, il entendait le « lof » du grèbe surpris, il s\u2019arrêtait un instant pour le laisser reprendre haleine.Rien ne serait arrivé si Rognar n\u2019avait ri en se frappant les cuisses C\u2019était un homme plutôt court, ce Rognar, avec une nuque en échiné de porc, fourrée d\u2019un duvet dense qui se perdait dans le col de la chemise.Son dos ainsi tourné, en voyait bien ses oreilles qui étaient longues, turgides, plus épanouies que des feuilles de rhubarbe.Knud n\u2019aimait pas ces oreilles-là, des oreilles obscènes qui remuaient à chaque coup de maxillaire.Au demeurant, les oreilles en général lui faisaient horreur, mais une de ces horreurs qui confinent à l\u2019obsession.Lorsqu\u2019il se mettait à les observer, comme ça, à la dérobée, il se doutait que c était par vice.Il y a du vice à contempler ce qui fait horreur.Mais ces impulsions-là dépassent les forces d\u2019un pauvre homme Quand Rognar se montrait de front, par exemple, Knud n\u2019était pas dupe: c\u2019était pour dissimuler ses oreilles Un homme de face, ça ne trahit pas trop ses oreilles, mais de profil, tout d\u2019un coup on les aperçoit.Et de dos, c\u2019est encore pis !.Evidemment, il fallait bien qu\u2019il les montrât tout de meme par mégarde.Il ne pouvait les cacher toujours.Donc, au sujet du troll, Rognar avait eu ce rire stupide dont Knud lui gardait rançune.Il avait ensuite L.mpé coup sur coup deux pleins verres de lait, sans meme, du revers de la main, s\u2019essuyer seulement le menton, où s\u2019attardaient quelques gouttes.Sa^ bouche ne fermait pas bien et comme, en revanche, son nez était camus, une espece de cropion mal débouché, il respirait souvent avec un bruit de salive.-L\u2019as-tu vu remuer, ce troll?fit-il, goguenard.S\u2019il a remué, eh bien! c\u2019est notre ours, tout simplement.(Il souriait, amusé de sa trouvaille.) Knud ' Eh ri.nua ! Notre ours !.Et il était parti d\u2019un nouveau fou rire.i _?!\u201c i\u201c\u2019au\tde ce rire\u2019 on devinait qu\u2019une langue épaisse lui emplissait tout entière\t\u2019 V°ye7\"V°US\u2019 ajoutait à la répulsion qu\u2019inspirait sa personne Knud, lui, savait que ce n\u2019était pas l\u2019ours qu\u2019il avait mais il y avait aussi le troll.Il y avait l\u2019ours, *J°gnar décrocha sa carabine qui pendait à la patère et la posa en travers de Iatable'\tf Lire la suite page 14 ] Le Samedi, Montréal, 14 juillet 1945 9 Dans le Monde Sportif QUEL CRIME ! ¦ Les directeurs du club de baseball Montréal nous accusent, bien à tort, d\u2019avoir conseillé au redoutable cogneur des Hoyaux, Roland Gladu, le meneur de la Ligue Internationale à l\u2019âge de 34 ans et 3 mois, de ne pas signer pour le Montréal à moins de toucher un salaire de $700 par mois.Comment se fait-il que ces directeurs, qui ont signé le brillant arrêt-court Stanislas Bréard sans en avoir confiance (il fallut que Al Thomas, gérant du Baltimore, leur fît croire qu\u2019il voulait signer Stan, âgé de 27 ans), nous reprochent ce crime pendable que nous n\u2019avons pas commis ?Pour être poli et bref, nous dirons que c\u2019est de la MIE.les initiales de Mesquinerie, Ignorance et Enfantillage ! ADIEU GROS VENTRES.DOS VOUTES ET DOS RONDS ! Monsieur et Madame viennent de se marier.Lui, près de 35 ans, déjà quelque peu ventru, la figure légèrement bouffie.Elle, mince, telle un jonc flexible comme lui, au point que son dos se voûte ou devienne rond.Tous leurs moments de loisir sont pris par les courses dans les magasins.Dame, ce n\u2019est pas une petite affaire de choisir les tapis et les rideaux.Ce n\u2019est pas une besogne ordinaire de trouver les bibelots, tableaux et statuettes qui donneront la note artistique au foyer .L\u2019installation terminée, l\u2019appartement a vraiment grand air.De toutes parts, les deux époux sont complimentés pour leur bon goût, leur choix, leur culte du beau.Car le nouveau ménage prétend aimer les belles formes, les poses gracieuses.De fait, aucun détail mobilier ne les a laissées indifférents.Ils ont cherché à tout embellir, tout.sauf eux-mêmes.En effet, quelques années à peine ont passé, n\u2019ayant pas suffi à tenir papiers et tentures, que le ventre de Monsieur s\u2019est fâcheusement arrondi, et que son menton tombe en cascades sur son col.Par contrecoup, il s\u2019essouffle au moindre effort.La montée de la cave avec un seau de charbon lui est devenue un supplice.Quand il pose sa charge dans la cuisine, il suffoque, son cœur s\u2019affole, ses tempes battent, ses yeux voient trouble.Lorsque, par malheur, il laisse tomber quelque chose sur le plancher, il lui faut se contortionner un certain temps, avant de pouvoir rattraper l\u2019objet perdu.Madame, elle, n\u2019a pas lié partie avec la graisse.Seulement, elle est un peu plus voûtée, ou son dos s\u2019est quelque peu arrondi.Elle tousse sans arrêt, tous les hivers.Les sirops, les réglisses, le créosote n\u2019y peuvent rien.Et le médecin, le vieux docteur de famille, parle de faiblesse des poumons, du mauvais air de nos villes, des journées passées dans un bureau malsain, etc.Il faudrait des viandes et des breuvages les plus chers, le repos dans le Nord.Toutes choses, hélas ! impossibles pour tant de gens ! Il n\u2019y a rien d\u2019étonnant à cela.Pour eux, paresseux physiques depuis leur enfance, rendus fragiles par l\u2019excès des précautions, ils considèrent le Discobole et la Venus de Milo qui se dressent sur la che-minés des surhommes et des surfemmes dont on ne peut même pas se rapprocher.Jamais, il n\u2019a été question de la culture de leur corps.Ils ont bien parlé de sport, de temps à autre.Pour rester jeune, souple, ardente au travail, pour être toujours de bonne humeur, en un mot pour goûter la joie de vivre, faites des mouvements de culture physique, au foyer, si vous ne pouvez pas aller dans un gymnase, tels que le démontre la jeune actrice du cinéma américain, Joan Winfield.Commencez par 5 minutes le matin et 5 minutes le soir.Lorsque l\u2019habitude sera prise, vous n'aurez plus qu'à continuer.Vous n'aurez besoin de personne pour vous dire que vous suivez la bonne voie.Le bien-être ressenti en sera le plus sûr témoignage.Vous constaterez ainsi qu'il est aussi facile de prendre de bonnes habitudes que de mauvaises ! Par OSCAR MAJOR \u2022 Jamais, ils n\u2019ont parlé de culture physique.C\u2019est comme une langue étrangère dont ils ne comprendraient pas le sens.Et dire que des milliers et des milliers de nos contemporains sont dans ce cas ! Tous les soins sont accordés à l\u2019enveloppe extérieure ; vêtements, coiffures, etc., seulement ce qui se voit.Ce qui est caché, on Je néglige.Alors que tous les jours on fait son lit, on balaie des pièces, on retire la poussière des boiseries, des tentures, on entretient, on remet en état de logis, il ne vient jamais à l\u2019idée d\u2019en faire autant pour le corps.Et dire que 10 ou 15 minutes par jour suffiraient à assurer tous les matins une santé nouvelle, à rendre aptes à accomplir gaillardement la tâche quotidienne, pour lutter contre les embûches de la vie ! Combien continuent à miner leur santé ?La vie est ainsi faite.Dans notre siècle de découvertes sensationnelles, l\u2019ignorance pour certaines choses qui touchent de près la santé individuelle et collective est presque complète.Et ce n\u2019est pas une des moins curieuses caractéristiques de ce temps, que de voir des gens instruits, au courant des moindres progrès, connaissant de A à Z la technique des moteurs, les mystères de la télégraphie sans fil, incapables de trouver quatre ou cinq mouvements pour faire tomber leur ventre ou fortifier leurs bras.Voici ce que doivent faire ceux qui tiennent à leur santé ; 13 mouvements qu\u2019ils peuvent répéter cinq fois par jour au début, puis progressivement jusqu\u2019à vingt fois.Alors, ils auront atteint le maximum qu\u2019il ne leur faudra pas dépasser.Ils n\u2019auront qu\u2019à continuer quotidiennement ces 20 fois 13 mouvements pour se maintenir en bonne condition physique.Pourquoi 13 mouvements, direz-vous ?N\u2019allez pas être superstitieux ! Cela nous rappelle une petite histoire américaine.Un amoureux est sur le point d\u2019être surpris par un mari.\u201cSaute vite par la fenêtre ! \u201d s\u2019écrie la femme mariée.\u201cMais, chérie, tu oublies que nous sommes au treizième étage ! \u201d La belle dame de répliquer : \u201cCe n\u2019est pas le moment d\u2019être superstitieux ! \u201d Voici donc le plat de résistance : 1\u2014Placer ses poings derrière la base de la tête et fléchir le buste à droite puis à gauche alternativement.'2\u2014La jambe droite légèrement fléchie, la jambe gauche tendue en arrière, effectuer des déploiements de buste en avant, jusqu\u2019à la position horizontale.C\u2019est le travail complet des vertèbres lombaires.3\u2014\tSe coucher à plat ventre, les coudes pliés plus haut que les épaules et relever le buste plus haut en arrière.C\u2019est un exercice pénible mais efficace pour la colonne vertébrale.4\u2014\tExercice respiratoire, le corps droit, les bras dessinent deux larges demi-cercles latéraux.5\u2014\tLes jambes écartées, corps droit, faire tourner le corps, sauf les pieds, de gauche à droite, de droite à gauche, les bras tendus horizontalement, ce qui fixe les cuisses.6\u2014\tJambes légèrement écartées, plonger le buste en avant en faisant passer les bras tendus entre les mollets.7\u2014\tCouché sur le dos, se plier jusqu\u2019à ce que la main touche la pointe des pieds qui ne doivent pas quitter le sol.8\u2014\tCouché sur le dos, les bras tendus derrière la tête, lever et abaisser alternativement les deux jambes tendues.9\u2014\tD\u2019une importance capitale,, la jambè gauche, pliée, la droite tendue, le corps incliné en avant, faire tourner le buste vivement en changeant de jambe.Tous les muscles sont sollicités.10\u2014\tLe corps droit, les deux bras sont élevés simultanément et repliés de façon que les coudes arrivent à la ceinture et les poings à la hauteur du cou, 11\u2014\tCouché sur le dos, les bras tendus derrière la tête, effectuer dans l\u2019air le mouvement du cycliste pédalant.12\u2014\tLa jambe gauche tendue en arrière, la droite pliée en avant, répéter le mouvement.13\u2014\tBras tendus en avant, fléchissement des jambes, le corps restant toujours vertical et les pieds ne changeant pas de place.Si nos gens essayent ces treize mouvements, d\u2019une manière régulière, dix minutes par jour, pendant trois ou quatre mois, et s\u2019ils n\u2019obtiennent pas de bons résultats, des résultats plus intéressants que ceux donnés par les remèdes de celui-ci ou celui-là, nous voulons être changé en directeur du club de baseball Montréal, afin de favoriser l\u2019éclosion des jeunes joueurs locaux, possédant les aptitudes requises.¦ Réponse à M.J.Labrecque, Montréal : Voici la liste des plus fortes recettes de la boxe professionnelle : Dempsey-Tunney, Chicago, Sept.22, 1927, $2,658,668 ; Dempsey-Tunney, Philadelphie, Sept.23, 1926, $1,895,733 ; Dempsey-Carpentier, Jersey City, Juillet 2, 1921, $1,188,603 ; Dempsey-Firpo, New-York, Sept.14, 1923, $1,143,000 ; Dempsey-Sharkey, non pour le titre, New-York, Juillet 21, 1927, $1,083,530 ; Louis-Baer, non pour le titre, New-York, Sept.24, 1935, $1,000,832.m L VJ ; (¦BP® 10 Le Samedi, Montréal, 14 juillet 1945 SW»1 MILLET k \u2022 V Claire, serrée entre Gaston et un gros monsieur chauve, fut subjuguée lorsque Michel exécuta \" L'Ame Polonaise \", Ame Polonaise La salle Pleyel, bondée à craquer, fut plongée dans une obscurité presque totale et dans un silence quasi religieux lorsque l\u2019orchestre, ayant salué après l\u2019audition d\u2019une symphonie de Beethoven, attendit sagement l\u2019apparition du virtuose polonais qu\u2019il devait accompagner.Michel Waniski s\u2019était fait entendre en Amérique, puis à Londres et ses nombreux admirateurs assuraient que le musicien polonais était le plus étonnant violoniste de l\u2019époque.Son portrait, publié dans maints journaux et magazines, enthousiasmait l\u2019élite féminine heureuse que le physique de l\u2019artiste répondit à son grand talent.Et Claire Mesnaux, une jolie blonde de vingt-deux ans, serrée entre son compagnon, le reporter Gaston Bernard, et un gros monsieur chauve, sourit sans le vouloir lorsque Waniski parut sur la scène.Elle sourit, extasiée, le cœur battant et son regard ne quitta plus ce grand et mince jeune homme blond qui, avec une aisance de grand seigneur recevant des invités de marque, s\u2019inclina dans la direction de la salle.\u2014 Très chic, constata tout bas Gaston Bernard pendant que l\u2019orchestre plaquait quelques accords.Ne t\u2019emballe pas, Claire .Aucune chance possible, ma petite.Le beau Michel a des millions d\u2019adoratrices.même parmi l\u2019aristocratie.Nouvelle sentimentale Par LINE DEBERRE Dessin de MILLET \u2022 Le ton du reporter était amer, un brin méchant aussi.Ami d'enfance de Claire, il avait senti ces derniers mois cette tendresse se métamorphoser en un amour et comme la jeune fille, elle, le traitait toujours en grand frère, il en concevait une sourde inquiétude.Aimait-elle donc quelqu\u2019un ou allait-elle aimer un autre que son vieux camarade de jeux et de pensums ?Il n\u2019osait pas encore se déclarer bien qu\u2019il se sentit deviné et encouragé par les parents de Claire.Ceux-ci estimaient fort l\u2019important et sympathique marchand de draps d\u2019Elbeuf qu\u2019était Justin Bernard et ils considéraient son fils comme le leur depuis que Gaston, privé de sa mère à huit ans, avait été placé dans un lycée parisien avec monsieur Mesnaux comme correspondant.Gaston, reporter au journal «Nous Informons» y avait une déjà belle situation.Les poches toujours bourrées de billets de faveur, il avait la joie de pouvoir parfois emmener Claire dans un concert ou au Salon de Peinture.La jeune fille était la seule, chez elle, à s\u2019intéresser à cés manifestations artistiques.Sa mère leur préférait des visites chez de nombreuses amies.Quant à M.Mesnaux, ingénieur réputé dirigeant une importante usine de Puteaux, il était en ce moment 1 hôte d\u2019un industriel américain et ne serait pas de retour avant l\u2019été.Michel Waniski joua des mélodies hongroises puis une valse de Chopin.Il annonça ensuite, en un fran- ctKifiin* tt i
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