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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 9 mai 1953
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1953-05, Collections de BAnQ.

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[" DANS CE NUMERO : 64e année, No 52 Montréal, 9 mai 1953 \u2022\tRAYMOND LAPLANTE par CHERUBINA SCARPALEGGIA \u2022\tIE MAI MUSICAL DE MONTREAL \u2022\tDANS LE MONDE SPORTIF par OSCAR MAJOR \u2022\tLA CHANSON DU PRINTEMPS MAURICE D\u2019ANYL UNE NATIONAL DES CANADIENS cents Un roman d'amour, ïÿ.''¦>% £a Hollande 53 ( lire en pages 4 et 5 ) LAWM-Boy la*e AGmm m 4®®\t>u iff \\N\\\t^77 'fell\t^ i seulement f.a.b.usine, Peterborough, Canada -sSAJk La tondeuse Lawn-Boy tond votre pelouse en quelques minutes.Aucun effort! Son action rotative extraordinaire rase tout gazon, quelle que soit sa hauteur, pulvérise l'herbe coupée, ne laisse rien à ratisser.Ses larges roues arrière et ses roues avant désaxées vous donnent l\u2019avantage de six roues, vous empêchent de scalper la pelouse.La Lawn-Boy est actionnée par un moteur Iron-Horse sûr et silencieux.Les principaux marchands de votre localité la vendent.Faites-vous donner une démonstration.Ecrivez pour demander notre documentation gratuite.CONSIDEREZ SES NOMBREUSES CARACTERISTIQUES 1.Roues désaxées; pas d\u2019arrachage de terre; 2.Ne pèse que 35 Ibs; 3.Coupe par en avant et à reculons; 4.Pulvérise le gazon coupé; 5.Coupe près des murs et des arbres; 6.Coupe l'herbe à n'importe quelle hauteur; 7.Réglage des roues pour diverses hauteurs de coupe; 8.Lame de ressort en acier, de 18\"; 9.Prise directe; 10.Embrayage à glissement pour protéger les lames; 1 1.Roues à pneus, avec roulement à billes; 1 2.Moteur Iron-Horse; 1 3.Coffre en aluminium anti-rouille; 14.Exceptionnellement silencieuse; 15.Poignée détachable en deux pièces; 1 6.Hauteur de la poignée auto-réglable; 1 7.Système scientifique de déchargement, pas d'obstruction, pas d'andains; 18.Démarrage instantané; 19.Ventes et service d\u2019un océan à l\u2019autre; 20.Moteur assorti construit avec précision; 21.Fabrication canadienne.LMUn-BOV TONDEUSE ROTATIVE À MOTEUR OUTBOARD, MARINE & MANUFACTURING CO., OF CANADA, LTD., Peterborough \u2022 Canada Fabricants des fameux moteurs hors bord Johnson, Evinrude et Elto, des moteurs, à essence et génératrices Iron-Horse.Le baise-main, inconnu chez nous, se pratique dans tous les pays du continent européen, l'U.R.S.S.excepté.On voit ici, au Procope, le restaurant de Paris le plus à la mode en ce moment, l'acteur JEAN MARAIS baisant galamment la main de VIVIEN LEIGH, la célèbre actrice anglai:e.Celle-ci est actuellement convalescente en Angleterre.I Photo Agipl MARIAGE ET FINANCES Il semble bien, au premier abord, qu\u2019il n\u2019existe aucune relation entre ces deux termes.Et pourtant, les jeunes fiancés sont en mesure de vous dire le contraire Dès que l\u2019annonce des fiançailles a figuré dans le carnet mondain de nos grands quotidiens, la sonnerie du téléphone retentit incessamment chez l\u2019un ou l\u2019autre des fiancés.Un agent propose d\u2019augmenter la police d\u2019assurance du jeune homme, prévoyant déjà qu\u2019il pourrait laisser une veuve et des enfants sans ressources suffisantes ; un autre lui explique les avantages d\u2019acheter une maison en banlieue, lorsqu\u2019on projette d\u2019élever une famille ; un troisième insiste pour remplacer sa vieille auto par un nouveau modèle, et cela à des conditions exceptionnellement avantageuses ; un garagiste offre ses voitures pour le jour de la cérémonie ; un dernier propose des itinéraires de voyages de n^ces particulièrement attrayants.Pour la jeune fille, elle ne connaît plus un instant de repos.Un fleuriste de renom s\u2019offre à âécorer l\u2019église et la maison de ses parents, quand viendra le grand jour du mariage et, bien entendu, à composer le traditionnel bouquet de la mariée.Une lingère demande l\u2019autorisation d\u2019aller lui montrer de ravissante lingerie en nylon ou en pure soie garnie de vraie dentelle.Un couturier s\u2019offre à confectionner la robe de noce et les toilettes des demoiselles d\u2019honneur, tandis qu\u2019un tailleur se chargerait volontiers du manteau et des costumes de voyage.Un photographe sollicite l\u2019honneur de photographier la mariée, le jeune couple, le cortège, etc.Il y a aussi le joaillier que l\u2019heureux événement intéresse et qui propose bijoux, argenterie, porcelaine ; le décorateur qui décrit avec force détails tapis, tentures et meubles ; le traiteur qui réclame le privilège de préparer un festin.Et j\u2019en oublie .Que faut-il faire ?Avant de prendre aucun engagement qui risquerait de compromettre l\u2019équilibre du budget familial et de s\u2019endetter dès le début, la fiancée devra avoir deux conférences décisives : avec ses parents et avec son futur époux.Elle demandera simplement à son père quelle somme il est en mesure de dépenser pour son trousseau et pour le dejeuner de noce.Puis, avec sa mère, ou une soeur déjà mariée et qui a eu l\u2019expérience de ce genre d\u2019achats, elle dressera une liste de tout ce qui lui paraît indispensable.Quand cette liste aura été mise par écrit et approuvée par ses parents, elle s\u2019y tiendra et saura dire non, avec fermeté, à tous ceux qui tenteraient de modifier ses projets.La deuxième explication aura lieu entre les fiancés.Elle doit être très franche, si l\u2019on veut qu\u2019elle ne soit pas à l\u2019origine d\u2019une mésentente.Le jeune homme doit résister à la tentation de se faire passer pour plus fortuné qu'il ne l'est en réalité et calculer ses dépenses en se basant sur son salaire ou son équivalent.Les frais supplémentaires entraînés par la cérémonie du mariage, le voyage de noce, l\u2019achat des meubles, des tapis, des tentures, etc.pour le futur logis, devraient être couverts par des économies faites au préalable, afin d\u2019être assuré de se mettre en ménage sans aucune dette.Après ces deux mises au point essentielles, les fiancés, ne pouvant tout de même pas décrocher leurs téléphones jusqu\u2019au jour de la cérémonie, seront mieux préparés à répondre à ceux pour qui le mariage des autres est, avant tout, une entreprise commerciale, et comme 1 on sait fort bien que la discrétion n\u2019a jamais conduit à la fortune, personne n\u2019a le courage de les en blâmer.GISELE SCHMIDT, reine de la radio Cette intelligente et fière artiste de la radio et du théâtre sera couronnée Reine de la radio, au Théâtre Saint-Denis de Montréal, le 10 mai prochain.La photo de Gisèle Schmidt qui ornait la couverture du Samedi du 25 avril, était de Annette & Basil Zarov, photographes de Montréal.SERVICE DE VENTE ET D\u2019ENTRETIEN D'UN OCEAN A L'AUTRE Le Samedi, Montréal, 9 mai 1953 3 Mvh w LA BANQUE ROYALE DU CANADA À LONDRES En juin prochain les yeux du monde entier se tourneront vers Londres.Des milliers de Canadiens s\u2019y rendront pour participer aux fêtes du couronnement.Et là, au coeur même du Commonwealth, ils retrouveront la Banque Royale du Canada.Depuis bien des années, nos deux succursales londoniennes sont le rendez-vous de nos compatriotes qui visitent la grande capitale.Ils peuvent y toucher ou y encaisser des chèques de voyageur, échanger leurs + fonds canadiens pour des devises anglaises, laisser leurs objets de prix sous bonne garde, prendre les dispositions nécessaires pour que leur courrier soit retenu ou leur \"b soit expédié, et recourir à bien d\u2019autres services que + leur offre la plus grande banque du Canada.Donc, si vous allez à Londres en cette année du couronnement, n\u2019oubliez pas ces commodes bureaux de la Banque \"b Royale, où vous pourrez exécuter toutes vos opérations bancaires dans une atmosphère familière et cordiale.fer JhïK?ma + + DEUX SUCCURSALES À LONDRES Notre principal bureau londonien (à droite) est situé au n° 6 Lothbury, au coeur du quartier des affaires, vis-à-vis du Tivoli Corner et du côté nord de la Banque d\u2019Angleterre.Notre succursale du West End (quartier des grands magasins, à gauche) est sise au n° 2, rue Cockspur, tout près du Trafalgar Square, à quelques pas de la Canada House et des bureaux de notre Haut Commissaire.+ ?iissu a \u2022 r (a,, -Ait Il fil Avant de partir pour VAngleterre, venez chercher des chèques de voyageur à l\u2019une de nos succursales et y prendre toute autre mesure d\u2019ordre pécuniaire en vue de votre voyage.Demandez aussi un de nos dépliants gratuits qui traitent du couronnement et comprennent un plan de Londres qui vous sera fort utile. 4 Le Samedi, Montréal, 9 mai 1953 .rsm.jp- .Dans Je nouveau polder du Zuiderzée, le village de Wiergermeer a été livré aux inondations par les Nazis.Ces deux photos de la statue du \"Faucheur\" permettent de juger du niveau de l'eau dont le pompage et le déssalage fut un travail de longue haleine.Ci-dessous : un groupe des usines Philips, de renommée mondiale, à Eindhoven.Philips ne se distingue pas seulement par la qualité de sa fabrication ni par (\u2018apport appréciable de devises qu'il procure à son pays, il donne l'exemple d'une remarquable organisation sociale pour assurer le bien-être de son personnel.;nr \u2014» Près d'Amsterdam, le polder du Haarlemmermeer a été asséché en 1852.Il est cultivé comme un jardin.Si de nombreux travaux sont encore réservés eux chevaux, les machines agricoles sont très largement employées aux Pays-Bas.\u2022î\t¦ .> * k >¦ \"k.,V3 Détail de la maquette \"Slotermeer\" pour l'extension en cours d\u2019Amsterdam-ouest.Le nouveau quartier très verdoyant comporte des maisons privées, des immeubles de douze éloges et donne accès à un port nouvellement créé pour le sport nautique.PAYS-BAS 53 par GERARD VIOT Venues de Hollande, deux nouvelles retentissantes captivèrent notre attention au début de cette année.La première suscita l\u2019admiration générale, la seconde plongea le monde dans une consternation douloureuse.A peine ce courageux pays avait-il déclaré qu\u2019il pourrait désormais se dispenser de l\u2019Aide Marshall qu\u2019un cataclysme sans pareil ravageait plusieurs de ses provinces en les livrant à la fureur des flots déchaînés.La Hollande.Ce nom sonne au coeur du Canadien.N\u2019est-ce pas sur son sol que nos troupes ont soutenu leurs, plus rudes combats lors de la Libération ?N\u2019avons-nous pas recueilli la reine Juliana \u2014 lors princesse héritière \u2014 et admiré son courage autant que son ardeur à réconforter un peuple éprouvé ?Voilà, s\u2019il en était besoin, de solides fondements pour une profonde sympathie.Tandis que nos cités s\u2019ornent des tulipes de la reconnaissance, de blondes fillettes en sabots fleurissent les tombes de nos soldats.Et nous avons doublement lieu d\u2019être fiers car la Hollande n\u2019a pas démérité de la confiance que nous avions fondée en elle.Elle a pleinement profité de la liberté que nous l\u2019avons aidé à recouvrer.\u2022 Au sein d\u2019une Europe unie, les Pays-Bas seront certainement très à l\u2019aise.Ils verront même d\u2019un fort bon oeil la levée des barrières douanières car depuis plusieurs générations ils se sont préparés à soutenir sans artifices préférentiels la concurrence mondiale par une perpétuelle réadaptation de leur production.Par leur histoire comme par la structure géographique d\u2019un pays dont 40% des terres sont perpétuellement menacées de submersion, les Pays-Bas se présentent avant tout comme l\u2019oeuvre continue d\u2019une collectivité.Chacun est étroitement dépendant du civisme d\u2019autrui et doit lui-même fournir consciencieusement le travail que la communauté attend de lui.Chacun pour tous, tous pour chacun, telle semble être la loi tacitement en vigueur depuis des siècles.Tous collaborent au drainage continuel des eaux et la négligence d\u2019un seul menace le pays tout entier.Les Néerlandais vivent fort nombreux sur un espace très réduit et doivent se mettre d\u2019accord pour en tirer le meilleur rendement sous le signe de la justice sociale.Nous verrons qu\u2019ils y réussissent.L\u2019étonnante \u2014 et quelque peu monotone ! \u2014 propreté du pays dont est frappé le visiteur étranger est un des symptômes de ce civisme puissant qui se manifeste surtout par une solide organisation de la société basée sur une juste répartition des responsabilités.L\u2019Etat intervient énergiquement dans les affaires privées et les oriente en fonction de l\u2019intérêt général.Mais en compensation, il est peu de pays où une simple municipalité jouisse d'une si grande indépendance.Ceci s\u2019explique par la tradition, car la majeure partie des problèmes qui se sont posés aux Néerlandais l\u2019a été à la collectivité dont l\u2019intégrité a toujours été préservée grâce à l\u2019unité de la langue.Pas de salut individuel, les causes sont liées.La conquête de l\u2019indépendance, celle des terres nouvelles sur la mer \u2014 commencée dès le 13e siècle\u2014, leur assainissement et leur répartition ne sauraient être l\u2019oeuvre d\u2019une seule génération et n\u2019aurait pas été entreprise par des hommes uniquement préoccupés du présent.Le Hollandais regarde loin devant lui, il travaille pour l\u2019avenir et se trouve sans cesse à la pointe du progrès.Cette perpétuelle évolution se fait cependant dans le cadre de solides traditions dont on n\u2019a voulu garder que l\u2019élément moteur.Elle s\u2019est faite grâce à la clairvoyance d\u2019une élite qui n\u2019a pas reculé devant ses responsabilités et en laquelle le peuple a mis sa confiance.C\u2019est ainsi qu\u2019une démocratie s\u2019est maintenue sous le couvert d\u2019une monarchie constitutionnelle et que fut mis au point tout un appareil de coopératives agricoles \u2014 et autres \u2014 qui a permis de faire face aux grands problèmes communs sans porter pour cela atteinte à la liberté de l\u2019individu.Précisons, en effet, que 1 intervention de l\u2019Etat n\u2019a jamais été considérée comme une main-mise mais comme un stimulant destiné à promouvoir puis à mettre en équilibre quelque innovation d\u2019ordre économique ou social.Dès que possible, la pression gouvernementale se relâche pour rendre le pas à l\u2019initiative privée.Ainsi, par exemple, la guerre aux taudis fut déclarée il y a un demi-siecle par une « loi sur l'habitat ».De larges subventions furent distribuées, on favorisa les Associations \u2014 ouvrières ou indépendantes \u2014.Puis, peu à peu, à mesure que les immeubles devenaient rentables et que les taudis disparaissaient (car, c\u2019est un fait, il n\u2019y a pas de taudis en HoUande ), le Gouvernement se retira.Cycliquement des prestations vinrent rétablir un équilibre menacé par les crises économiques.11 m p® Isa1«cw WSSm \u201d-.\u2019F TO mmmm à éclosion d une pensée saine. Le Samedi, Montréal, 9 mai 1953 Une nation unie, tout empreinte de solides traditions mais obstinément tournée vers Vavenir.Un pays moderne dont la production industrielle ou agricole s\u2019opère dans les meilleures conditions.\u2014 Un problème de surpopulation.Les ruines d\u2019un récent cataclysme à relever.Les nouveaux polders sont pris en charge par l\u2019Etat \u2014 ou la commune \u2014 qui les dessale, y fait de premières cultures expérimentales, parfois même y construit la totalité des fermes et autres edifices utiles et, une fois tout en ordre, distribue \u2014 au mérite \u2014 des exploitations rentables moyennant un fermage raisonnable.Ces quelques réflexions préliminaires expliquent tout un processus d\u2019administration et aident à comprendre pourquoi la Hollande, affreusement mutilée en 1945, mais saine, a pu se relever dans un ordre parfait.Conscient de la situation, le Gouvernement a pris les décisions qui s\u2019imposaient en préparant au mieux un lointain avenir.irwüV:vp4»-,i, »il (£> f U; 11 $ i ; : ts&f* s Des écolières Hollandaises vont tleurir régulièrement les tombes de nos soldats tombés au champ d'honneur.En 44-45, les pertes canadiennes aux Pays-Bas se sont chiffrées à 23,111 hommes dont 5,874 tués.Trois cimetières leur sont spécialement affectés.Certains reposant dans des cimetières alliés.\u2014 Ci-contre, ce petit schéma de moulins, dont la silhouette est traditionnellement liée au paysage hollandais, montre comment on draine les polders en hissant l'eau par paliers jusqu'à un canal ou une rivière qui la déverse à son tour dans la mer.Le drainage des eaux est vital pour le pays.On compte encore aujourd'hui plus de mille moulins (certains sont industriels) mais il y a aussi de puissantes centrales électriques ou è essence.(Photos Ambassade des Pays-Bas au Canadal \u2022 Plus de 10,700,000 Néerlandais se serrent les coudes sur un pays presque 38 fois plus petit que la province de Québec, mais dont chaque pouce de terre a été scientifiquement utilisé.Le taux des naissances vivantes est un des plus élevés au monde : (actuellement 22 par an et pour 1,000 habitants).Le taux de la mortalité est, en revanche, un des plus bas : 7 à 8 pour 1,000.Il en résulte un accroissement rapide de la population qui a plus que doublée depuis 1900.Actuellement l\u2019augmentation est de 100,000 âmes par an, soit 10% du total, ce qui est considérable.Malgré la remarquable organisation sociale et économique dont nous parlerons plus loin, la Hollande déborde et a mis au point un vaste programme d\u2019émigration.Ce mouvement est soigneusement contrôlé par le Gouvernement qui veille à maintenir en équilibre la pyramide sociale du pays.L\u2019émigrant qui entre dans certaines catégories est aidé financièrement.On veille à son bien-être et à celui de sa famille.Il est spécialement instruit du pays où il compte s\u2019établir.Les principaux centres d\u2019accueil sont le Canada (nous le voyons par ailleurs) et l\u2019Australie.La majeure partie des émigrants sont des agriculteurs.Plus de 150 mille Néerlandais ont ainsi essaimé de 1946 au premier semestre 1952 inclus.Le mouvement va s\u2019amplifiant, d\u2019autant plus que les pays d\u2019accueil sont généralement très satisfaits des travailleurs admis.\t[Lire la suite page 30] MIIÜ1I1IVI1 i.J-Li*?* '*' Jssatssar?Ci-contre : vue fragmentaire de la raffinerie de Pernis (Rotterdam), la plus vaste d'Europe à pratiquer I e \"cracking\u201d.\u2014 Ci-dessous : une école primaire dont on peut apprécier le bon goût.Elle laisse toute la place désirable aux ébats des enfants.Les écoles hollandaises reçoivent l'attention particulière d'an gouvernement qui attache une très grosse importance à l'enseignement.-V\u201d MmmËÊËÉM aai! ¦ ¦ r.sSlK ECHANGES PAYS-BAS \u2014 CANADA \u2022\tEn 1951, nous importions pour près de $14 millions de marchandises néerlandaises.En 1952, ce chiffre était augmenté de 2 millions.Il s'agit principalement de produits laitiers, fromages et d'appareillage électrique.De ces chiffres, il convient de retirer, pour chacune de ces mêmes années $3 millions et plus représentant les effets et matériels importés par les nouveaux immigrants.Nos exportations vers les Pays-Bas s'élevaient à $26,190,556 en 1951, et à $41,508,285, en 1952, ce qui est appréciable.Nous vendons des matières premières, des machines agricoles et des céréales.Les Néerlandais, s'ils exportent, en effet, quantités de produits agricoles, ne peuvent nourrir que 62% de leur population dans certaines catégories d'aliments.Il y a des cultures extensives que les Pays-Bas ne pratiquent pas poux un meilleur équilibre économique.Notons enfin que la onzième banque à avoir une charte officielle au Canada est la Mercantile Bank, succursale de la Nationale Handelsbank de Hollande.Après la Barclay's Bank ( anglaise ) elle sera la seconde d'origine étrangère à s'établir chez nous.Ses activités débuteront à Vancouver dès l'automne prochain et à Montréal au cours de 1954.\u2022\tC'est au Canada que viennent s'installer la majorité des émigrants Néerlandais.Ils étaient 6,856 en 1946 et leur nombre n'a cessé de croître pour atteindre 20,000 environ, en 1952.En tout, nous en accueillîmes plus de 50,000 dont la majorité sont des cultivateurs.Parlant plus facilement l'anglais que le français ils s'établissent de préférence dans le sud de l'Ontario où sur les nouveaux développements de l'Ouest.Quelques-uns, cependant, restent au Québec.Ces immigrants se distinguent par la rapidité avec laquelle ils s'adaptent.Ils viennent selon un plan établi par des accords entre les gouvernements.Spécialement instruits de la vie qui les attend au Canada, ils travaillent avec ardeur et nous apportent le précieux enseignement de leurs méthodes de culture.Ils sont donc une excellente acquisition.Lors du recent desastre, les Canadiens ne se sont pas contentés d'envoyer des secours, ils ont immédiatement pris des mesures pour hâter le départ et l'installation chez nous de certaines familles sinistrées.La première, qui compte sept enfants, n'a pas mis quinze jours à venir.Ce geste de solidarité prouve bien que nous sommes conscients de notre rôle international et des devoirs qui nous incombent. \u2018.TT- * ! Le Samedi, Montréal, 9 mai 1953 DANS L'INTIMITE DE NOS VEDETTES Raymond Laplante par Cherubina Scarpaleggia Raymond Laplante est officiellement annonceur à Radio-Canada.On peut l\u2019entendre présenter divers programmes et notamment : Métropole, Grande Soeur et les très intéressantes Nouveautés Dramatiques radiodiffusées tous les vendredis soir, à dix heures et demie.Mais monsieur Laplante ne se contente pas de son simple travail d\u2019annonceur ; il est reconnu comme un spécialiste du montage sonore et du reportage international.Avant de détailler les mérites de ces deux occupations qui se rattachent au journalisme radiophonique de grande classe, traçons une courte biographie de cet homme simple, toujours souriant et qui se définit lui-même un fumeur de pipe invétéré.Raymond Laplante est né dans le vieux Québec, au pied de la côte de la Montagne, le 11 novembre 1917.Avant même de finir ses études primaires, il dut quitter l\u2019école pour gagner sa vie.Sa vaste culture surprend donc qui ne connaît pas son amour de la lecture et son sens raffiné de l\u2019observation.Sa mémoire et son intelligence ainsi que sa ténacité au travail ont fait de lui un des autodidactes les plus perfectionnés du monde intellectuel.A preuve que les parchemins ne font pas l\u2019instruction.Tout jeune, Raymond Laplante remplit divers emplois comme messager de pharmacie et d\u2019épicerie, apprenti mécanicien-dentiste, vendeur chez un photographe et un marchand d\u2019aspirateurs, jusqu\u2019au jour où il mit le pied dans un studio radiophonique pour prononcer une causerie.On peut dire que ce jour-là, la fortune avait littéralement guidé ses pas et qu'il venait de trouver sa voie (sans jeu de mot).Il débuta donc comme annonceur au poste CHRC, en 1939, une semaine avant la déclaration de la seconde guerre mondiale.En 1941, il passa à CJBR, poste de Rimouski et comme il arrive souvent dans les postes de province, cet annonceur dut être à la fois scripteur, réalisateur, bruiteur et comédien.Il faisait aussi du reportage d\u2019actualité et des entrevues de personnes célèbres.Il s\u2019acquitta de ces multiples rôles avec tant de savoir-faire que dès 1943, Radio-Canada le prenait à son service pour ne plus le laisser s\u2019échapper.C\u2019est depuis ce temps qu\u2019en plus de son travail routinier d\u2019annonceur, Raymond Laplante réalise des montages radiophoniques dont plusieurs séries ont tenu l\u2019affiche au réseau français durant la saison d\u2019été sous les titres généraux de Micro-Reportage et Micro-Actualité.Il s\u2019agit, selon le cas et l\u2019occasion, de reportage d\u2019actualité ou de documentaire radiophonique sur l\u2019industrie canadienne, les ressources naturelles du pays, les organisations de jeunesse, les campings etc.C\u2019est là un travail extrêmement minutieux qui demande de grandes qualités de clairvoyance, de vocabulaire et de culture générale non moins qu\u2019une connaissance parfaite de la réalisation sonore.Pour l\u2019achèvement de ce travail, Raymond Laplante a été le premier reporter à utiliser la technique du montage sur pellicule RAYMOND LAPLANTE est un autodidacte qui s'est acquis une vaste culture par ses lectures et ses observations.Le voici dans son bureau de Radio-Canada en compagnie de son inséparable ami : le dictionnaire Larousse.sonore qui permet d\u2019enregistrer les bruits, les voix et les sons dans une manufacture, par exemple, ou au cours d\u2019une représentation populaire.Ce montage permet de choisir et d\u2019ordonner les éléments glanés afin de former une émission homogène et au déroulement sans heurts.Cela permet un travail plus précis, mieux fini et plus équilibré.Comme reporter spécial de Radio-Canada, Raymond Laplante a réalisé des reportages-éclairs à Paris et à Londres au cours de rapides voyages.Il lui arriva même de ne séjourner que 20 heures à Paris au cours d\u2019une envolée à b*rd d\u2019un Strato-Cruiser de la B.O.A.C.Il rapporta de cet envol un reportage qui reste peut-être son chef-d\u2019oeuvre.De Paris, il rapporta des impressions extraordinaires, des images embellies par l\u2019enthousiasme et qu\u2019il ne retrouva plus lors d\u2019un second voyage dans la Ville Lumière.Avec mademoiselle Judith Jasmin, monsieur Laplante fut le seul reporter radiophonique de langue française à suivre Leurs Altesses Royales d\u2019un bout à l\u2019autre du pays lors de leur dernière visite au Canada.Il décrivit tout le voyage dans ses moindres détails et avec une maîtrise incomparable.Lui-même nous dit \u2022 « Ce fut un voyage très fatigant mais qui nous a révélé un Canada fort détaillé que bien peu de Canadiens connaissent.» Raymond Laplante a aussi fait plusieurs entrevues avec les grandes vedettes du cinéma anglais et français : Charles Laughton, Sarah Churchill, Maurice Chevalier, Femandel, Lucienne Boyer, Andrex et plusieurs autres, avec une maitrise que le meilleur journaliste ne désavouerait pas.Il a interviewé de grands danseurs comme Serge Lifar et Roland Petit ainsi que de célèbres ballerines telles que Renée Janmaire et Yvette Chauviré.Au début de 1952, Raymond Laplante, sans doute attiré par la nouveauté, passa à la television pour un essai de courte durée qui le rendit à la radio plus fervent que jamais.Selon les paroles mêmes de monsieur Laplante : « Les moyens de la télévision canadienne sont encore trop limités pour permettre d\u2019entreprendre des réalisations de reportage et de documentaires qui viendront à leur heure et seront une grande révélation pour le téléspectateur.» Raymond Laplante est lui-meme un assidu spectateur des programmes télévisés et parce qu\u2019il a travaillé dans ce domaine pendant plusieurs mois, il sait la somme de travail que chaque émission demande de la part de tous ses artisans et artistes.Il dit avec enthousiasme .« Les réalisateurs de CBFT font une belle besogne et vous verrez qu avec le temps nous aurons une des meilleures télévisions au monde à condition .que les heures d\u2019émissions restent limitées.» Et, prophète, il ajoute : « Le jour où 1 on sera obligé de transmettre sur l\u2019écran des téléviseurs plus de huit heures de spectacles par jour, cela signifiera qu\u2019on aura définitivement opté pour la quantité au détriment de la qualité.» Cet homme jeune et au jugement si sûr est, dans la vie, un charmant garçon toujours joyeux et toujours prêt à rendre service.Un excellent camarade qui.un jour de congé, sacrifia deux longues heures de liberté pour expliquer le secret du montage rachophomque, à une journaliste en panne Raymond Laplante a épousé une québécoise, mademoiselle Magdeleine Morm, en 1945.Ils ont trois enfants : Pierre, Bernard et Monique.Lors de mon entrevue, ils en attendaient un quatrième.La petite famille Laplante habite un cottage de Cartierville et le papa partage ses heures libres entre l\u2019entretien de sa propriété, le jardinage, la photographie et le train électrique de son fils.RAYMOND LAPLANTE est très affairé lorsqu'il doit réaliser un montage sonore.Serviette sous le bras, à la dernière minute, il donne rendez-vous aux techniciens tandis que sa secrétaire lui tend une liste de nombreux \"effets\" à enregistrer pour le reportage radiophonique.IPhotos L.Alain, Le Samedil. \" ' Voici une scène de Schéhérazade.le merveilleux ballet de Rimsky-Korsakoff, qui sera présenté en soirée, le 6 juin, par le London's Fesiival Ballet, sous la direction de Anton Dolin.Fondé en 1881, l\u2019Orchestre Symphonique de Boston avec son giorieux passé, son statut d\u2019éminence actuel, l\u2019excellence de son chef, son personnel remarquable, peut être justement considéré comme l\u2019un des meilleurs ensembles musicaux de l\u2019univers.Ce sera la première visite du célèbre orchestre depuis plus de 26 ans.A L'EXEMPLE DE FLORENCE Le Mai Musical de Montréal Si la Métropole du Canada voit avec appréhension sa rivale torontoise s\u2019agrandir en superficie et en « profondeur », elle ne craint pas encore pour sa réputation de centre musical et artistique de premier ordre, réputation solidement établie tant en Amérique qu au-delà des mers.Pour combler un vide printanier regrettable dans notre calendrier musical, on présentera pour la première fois cette année, le Mai Musical de Montréal, un panorama des diverses formes de l\u2019art et plus particulièrement de ^a musique orchestrale et vocale, de la chorégraphie et du théâtre.Devant le succès remporté l\u2019an dernier par les trois représentations d\u2019opéra au Forum, les événements artistiques de ce Mai Musical se dérouleront de nouveau dans la vaste enceinte de la rue Ste-Catherine ouest, que l\u2019on a pourvue d\u2019une scène adéquate, bien équipée et d\u2019un système acoustique de qualité.C\u2019est avec l\u2019Orchestre Symphonique de Boston, dont ce sera la première visite en notre métropole depuis 1926 que débutera ce premier Mai Musical de Montréal le 21 mai.Dirigé par l\u2019éminent chef d\u2019orchestre français Pierre Monteux, l\u2019Orchestre Symphonique de Boston, au grand complet, interprétera le programme suivant : L\u2019Ouverture du Carnaval Romain de Berlioz, la Deuxième Symphonie de Sibelius, la Suite de l\u2019Oiseau de Feu de Stravinsky et la Suite Der Rosenka-valier de Strauss.Suivront les 22, 23 et 24 mai quatre spectacles d\u2019opéra avec la compagnie complète du Metropolitan Opera de New-York, ses solistes réguliers, son choeur, son orchestre régulier, son corps de ballet, son personnel technique, ses décors et costumes originaux.Voici l\u2019ordre de ces quatre représentations : Vendredi soir le 22 mai : Rigoletto de Verdi dans sa nouvelle production, avec Richard Tucker, Leonard Warren, Roberta Peters, Lubomir Vichegonov, Jean Madeira, Thelma Votipka, Norman Scott, George Cehanovsky, Gabor Carelli, Lawrence Davidson, Paula Lenchner, Margaret Roggero et Algerd Brazis.Le Chef d\u2019orchestre sera Alberto Erede, les choeurs seront dirigés par Kurt Adler et la chorégraphie sera de Zachary Solov.La mise en scène est de Herbert Graf.Samedi le 23 mai en matinée : La Bohème de Puccini dans sa nouvelle production telle que donnée pour la première fois cette année sur la scène du Metropolitan Opera House de New-York.Les solistes seront Jan Peerce, Frank Guarrera, Clifford Harvuot, Cesare Siepi, Hilde Gueden, Regina Resnik, Lawrence Davidson, Paul Franke, Alessio De Paolis et Algerd Brazis.Le Chef d\u2019orchestre sera Alberto Erede, les choeurs seront dirigés par Kurt Adler.La mise en scène est de Joseph L.Mankiewicz.Samedi soir le 23 mai : Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns, avec Rise Stevens, Ramon Vinay, Sigurd Bjoerling, Norman Scott, Nicola Moscona, Emery Darcy, Gabor Carelli et George Cehanovsky.Le Chef d\u2019orchestre sera Fausto Cleva, les choeurs seront dirigés par Kurt Adler et la chorégraphie sera de Zachary Solov.La mise en scène est de Dino Yanncpoulos.[ Lire la suite page 30 ] M.PIERRE MONTEUX, le chef de l\u2019Orchesfre Symphonique de Boston, e/t bien connu des auditoires montréalais étant venu diriger en deux concerts en notre ville au cours des dix dernières années.Il a connu une brillante carrière de chef d\u2019orchestre.Il fut associé au Ballet Russe de Diaghelev, au Metrooolitan Opera et aux orchestres symphoniques de Boston et San-Francisco.»f \u2022 Samson et Dalila.le célèbre opéra de Saint-Saëns, troisième spectacle du Metropolitan Opera présenté en soirée, le samedi 23 mai, mettra en vedette Rise Stevens et Ramon Vinay et sera dirigé par Fausto Cleva.Nous voyons ici une des scènes les plus spectaculaires de cette nouvelle présentation du Metropolitan Opera.' 8 Le Samedi, Montréal, 9 mai 1953 Roman d'amour La Chanson du Printemps C\u2019était par un soir du commencement d\u2019avril.Dans cette paisible région du Loiret, la petite ville de Gien, fort éprouvée par les bombardements de la dernière guerre, commençait à se réveiller et à mener une vie plus active après l\u2019engourdissement hivernal et les souffrances de ses mutilations.Tous les buissons se remplissaient de chants d\u2019oiseaux, les fleurs s\u2019épanouissaient dans les jardins verdoyants et les violettes embaumaient au bord des talus frémissants d\u2019herbe tendre.C\u2019était l\u2019heure de la sortie des ateliers de la faïencerie, et tout le long du quai, les employées, bourdonnantes abeilles de cette ruche industrieuse, mettaient une animation faite de rires et de bavardages.Puis, ouvriers et ouvrières se séparaient afin de se disperser à travers les vieilles rues de la pittoresque cité, pour regagner leur logis.Un groupe de jeunes filles suivait encore le bord de la Loire, où la rangée des peupliers agitait, sous la brise, des panaches de primes feuillages.\u2014 Tu rentres préparer ton dîner ?demanda une brunette à l\u2019une de ses compagnes.\u2014 Mais oui, il est plus que l\u2019heure ! répondit l\u2019interpellée, une mince blonde aux traits fins et doux.\u2014 Alors, au revoir et bon courage ! Les ouvrières se quittèrent, retournant chacune à leur foyer, et il ne reste plus, à longer la berge, que celle qui venait d\u2019être interrogée par ses compagnes.Elle marchait d\u2019un pas vif et allongé.Petite, souple, vêtue de noir, ses vêtements sombres n\u2019étaient parés que de sa joliesse, teint frais, blanc et rose, grands yeux d\u2019un bleu piofond, visage charmant que couronnaient de légers cheveux dorés, qui s\u2019échappaient de son chapeau comme des brins de soleil.Heureuse d\u2019avoir terminé sa journée de travail, elle se hâtait de rentrer chez elle, sans se soucier de s\u2019attarder à profiter de cette belle soirée toute parfumée de renouveau.\u2014 Eh! bien, Fanchonnette, ne courez pas si vite, vous allez vous essouffler !.Est-ce le printemps qui vous donne ainsi des ailes ?La petite, s\u2019entendant appeler, se retourna.Quand elle vit celui qui l\u2019apostrophait, elle garda le silence.\u2014 Vous ne parlez plus?On ne peut pas vous demander comme aux enfants, si le chat a mangé votre langue.Vous pourriez bien me répondre ?\u2014 A force de se voir toute la journée, on n\u2019a plus rien de nouveau à se dire ! assura la jeune fille.\u2014 Le travail n\u2019a rien à faire avec les sentiments, Fanchonnette ! \u2014 De quels sentiments avez-vous à me parler ce soir, Monsieur ?L\u2019homme sourit.Etait-elle assez ingénue ou assez rouée, cette poupée-là ! Et il se demanda comment il la préférait : innocente ou rusée ?L\u2019une avait le charme de la candeur, l\u2019autre le piquant du piment.Il reprit : \u2014- Nous pourrions causer gentiment, Fanchon.Il faudrait être de bons amis, de vrais amis qui ne se cachent rien l\u2019un à l\u2019autre et qui s\u2019en vont la main dans la main, bras dessus, bras dessous ! \u2014 Je n\u2019en vois pas la nécessité ! Je vous l\u2019ai dit, déjà dit, j\u2019essaye de me montrer, autant que je le peux, une employée consciencieuse, exacte, laborieuse aux heures où je me trouve sous votre contrôle.Je suis, durant ce temps, une des plus respectueuses de vos ordres.Mais, en dehors de cela, je ne sais pas pourquoi vous perdez votre temps auprès d\u2019un ouvrière ! Certes, Fanchonnette ne comprenait pas cette obstination à la poursuivre, cette amabilité surprenante dont cet homme témoignait vis-à-vis d\u2019elle.Paul Bésigue, grand, fort gaillard au teint coloré, aux yeurs pers, au tempérament sanguin, violent, emporté, aux trente-cinq ans largement accusés, n\u2019avait rien de très agréable dans la physionomie.Il était contremaître, chef d\u2019atelier à la faïencerie où travaillait Fanchon, et celle-ci se trouvait forcément sous son autorité puisqu\u2019il distribuait et surveillait la besogne des employés.Si la jeune fille était une des plus soumises aux ordres du chef pendant les journées de labeur, en dehors de la manufacture il lui semblait inutile de se montrer obéissante aux caprices de Paul.Celui-ci parut le comprendre en cet instant, et ce fut d\u2019un ton fort adouci qu\u2019il proposa : \u2014\tFanchonnette, je sais que vous devez être lasse, et il vous faut encore préparer votre repas ; je veux vous épargner ce souci.\u2014\tOh! j\u2019ai si peu d\u2019appétit.Je boirai une tasse de lait, je mangerai un peu de pain, du beurre et cela me suffira.Vous voyez que ma cuisine n\u2019est pas compliquée ! \u2014\tJustement ! Je m\u2019en doutais ! Vous ne vous nourrissez pas suffisamment, et c\u2019est ce qui vous anémie.\u2014\tC\u2019est excellent pour mon estomac et ma ligne ! \u2014\tVoilà comment on devient une mauviette ! \u2022 \u2014\tPuisque je suis assez solide pour travailler.\u2014\tAllons! Venez avec moi.Je vous emmène dans un petit restaurant du bord de l\u2019eau.Nous demanderons une friture de goujons ou un sauté d\u2019agneau avec un bon verre de vin.\u2014\tJe vous remercie, monsieur.Je ne pourrais pas y goûter.Mais, doucement, tout en disant cela, Fanchonnette étouffait un bâillement au creux de sa main.SAVOIE Sur un des verts plateaux des Alpes de Savoie, Oasis dont la roche a fermé toute voie, Où l'homme n'aperçoit, sous ses yeux effrayés, Qu'abîme sur sa tête et qu'abîme à ses pieds, La nature etendit quelques étroites pentes Où le granit retient la terre entre ses fentes Et ne permet qu'à peine à l'arbre d'y qermer, A l\u2019homme de gratter la terre et d'y semer.D'immenses châtaigniers aux branches étendues Y cramponnent leurs pieds dans les roches fendues, Et pendent en dehors sur des gouffres obscurs.Comme la giroflée aux parois de vieux murs ; On voit, à mille pieds au-dessous de leurs branches, La grande plaine bleue avec ses routes blanches, Des monts tout blancs de neige encadrent l'horizon, Comme un mur de cristal de ma haute prison, Et quand leurs pics sereins sont sortis des tempêtes, Laissent voir un pan bleu de ciel pur sur nos têtes.Alphonse de Lamartine.par MAURICE d'ANYL \u2014\tVous tombez d\u2019inanition, voilà ce que je constate ! Je ne veux pas de cela ! Votre santé en dépend.Il faut vous soigner, vous dorloter ! Si je n\u2019y prends pas garde, il me faudra, dans quelques jours vous donner du congé, parce que, je le prévois, vous serez souffrante. Plein de sollicitude, il se penchait vers le jeune visage et cherchait à glisser son bras sous celui de Fanchonnette.Celle-ci railla, un sourire aux lèvres : \u2014\tSi, chaque soir, vous invitez ainsi à dîner, à tour de rôle, toutes les ouvrières de la faïencerie, vous ne devez pas avoir fini ! \u2014\tIl est bien permis d\u2019avoir ses préférences, ma belle enfant ! A ce coup direct, la petite répondit : \u2014\tSi c\u2019est ainsi que vous l\u2019entendez, je refuse ! dit-elle nettement.\u2014\tEn voilà une sauvageonne !.Tout de même, quelqu'un avec qui on travaille à longueur de semaine ne doit pas être considéré comme un étranger dès que l\u2019on a franchi le seuil de la sortie de la faïencerie ! C'était vrai ! De quoi avait-elle peur ?La démarche du contremaître était assez plausible.N'avait-il pas toujours été bon pour elle ?Jamais, il ne la réprimandait comme les autres, et sa voix se faisait de miel pour lui adresser les ordres quotidiens.Tout en parlant ainsi, le couple était parvenu à une petite guinguette, dont l\u2019enseigne : « Au brochet d argent » attirait la clientèle.Un cep de vigne escaladait le chambranle de la porte et des fleurs embaumaient le jardinet, qui s\u2019en allait presque se baigner dans le fleuve.Oubliez-vous que c\u2019est aujourd\u2019hui samedi et jour de paye par surcroît ?Je suis seul et je voudrais partager mon plaisir avec quelqu'un.Et puis, c\u2019est le printemps, il fait si beau ce soir, que 1 on se voit tout attendri ! Fanchonnette se sentait trébucher.Ses jambes ne la soutenaient plus et elle éprouvait comme un creux à la poitrine.Elle était fatiguée et souffrait de la faim.Paul Bésigue disait vrai.Ses repas étaient insuffisants ; elle n\u2019avait plus la force de retourner en arrière ; déjà, 1 odeur de la bonne soupe chaude emplissait ses narines.Un fumet de viande grillée, respiré, multipliait les tiraillements qu elle ressentait.Il était trop tard pour reculer encore, vaincue par le plus tyrannique des tourments physiques : la faim ! Ils dînèrent donc confortablement en bavardant gaîment.Fanchonnette était ravie.Jusqu\u2019à dix heures, ils s\u2019entretinrent ainsi, parlant de leurs travaux, de leur métier, de leur avenir.C était surtout Bésigue qui faisait les frais de la conversation ; la jeune fille 1 écoutait et répondait seulement de sa voix tranquille.Vint 1 heure du retour, de la rentrée chez soi.Bésigue tenait sous le sien e bras de Fanchon et lui parlait de tout près, effleurant presque les paupières de sa compagne de ses lèvres goulues. Le Samedi, Montréal, 9 mai 1953 9 \u2014\tJe cherche une gentille femme, murmura-t-il persuasif.Fanchonnette, est-ce que vous ne songerez pas un jour à vous marier ?Non, elle n\u2019y pensait pas.Mais elle répondit vaguement : \u2014\tQui sait ! Devant la porte de l\u2019immeuble où demeurait au second la jeune fille, Paul s\u2019arrêta une minute.\u2014\tJe voudrais tellement connaître votre chambre, le lieu où vous vivez ! Puis-je vous suivre ?\u2014\tJe ne saurais vous faire les honneurs de mon gîte à cette heure-ci, monsieur Paul ! Et puis je commence à avoir sommeil ! Merci de toutes vos bontés pour moi ; votre sollicitude me touche, croyez-le bien ! Il n\u2019insista pas, mais assura : \u2014\tToutes les fois que vous voudrez recommencer, je suis prêt à satisfaire tous vos désirs, ma petite Fanchette, pensez-y ! Ce disant, il fit un geste pour l\u2019embrasser, mais la jeune fille recula dans le couloir sombre.Alors, l\u2019homme se contenta de saisir les petites mains qui se tendaient pour serrer les siennes et d\u2019y déposer de fougueux baisers.Puis, il s\u2019éloigna par le chemin de halage, tandis qu\u2019elle montait jusqu\u2019à sa chambre.Il Fanchonnette Lasalle occupait une pièce dans l\u2019une des vieilles maisons, qui bordent, à Gien, la pittoresque rue des Quatre-Vingt-Cinq-Degrés.Cette rue, dont les marches s\u2019échelonnent par groupes de dix ou de douze, avec plate-forme d'arrêt permettant de pénétrer dans les demeures, grimpe jusqu\u2019à la partie haute de la ville où se trouvait l'ancien château d\u2019Anne de Beaujeu.Son logis était modeste.Mais, qu\u2019importait à la jeune fille ! Chaque jour elle se rendait à la manufacture de faïences et de porcelaines où elle travaillait ; le soir elle retrouvait son refuge où ne l\u2019attendait personne.Fanchon était seule, vivait péniblement, sans joie et avec beaucoup de peine.De bonnes voisines, parfois, lui rendaient quelques menus services.Son ménage ainsi que ses courses, n\u2019étaient guère compliqués.Elle eût pu se nourrir convenablement, mais le goût lui en manquait, de même que le courage pour se faire de la cuisine.Et cependant, elle avait faim, bien faim, la veille, lorsque Paul Bésigue lui avait offert à dîner et c\u2019est ce qui l\u2019avait décidée à accepter cette invitation intempestive.Fallait-il donner raison au contremaître disant qu\u2019elle se laissait dépérir ?Tout en s\u2019habillant, ce dimanche matin, Fanchonnette s\u2019interrogeait anxieusement.Elle avait cependant besoin de toutes ses forces physiques et morales pour metier sa vie de luttes quotidiennes ! De la force pour sa besogne à l'atelier, pour surmonter la mélancolie de sa vie solitaire, et de la, force afin de repousser les hommes qui essayaient de profiter de cette liberté qui lui accordait sa vie d\u2019esseulée.Fanchette songeait à tout cela et se gourmandait.Que signifiait cette indifférence, ce détachement de tout ?Serait-elle lasse de l\u2019existence, à dix-huit ans ?La jeune fille ouvrit la fenêtre et s\u2019accouda un instant à la croisée.Une bouffée d\u2019air tiède lui caressa le visage.Là-haut, vers l\u2019église, les marronniers dépliaient leurs feuilles de soie verte, un beau soleil revêtait d\u2019un or merveilleux les masures vétustes.Sous le miracle printanier, le coeur de Fanchonnette se mit à battre à coups plus larges.Resterait-il insensible à l\u2019appel du renouveau ?La lumière glissait à travers la pièce, embellissant toutes choses.Les oiseaux gazouillaient dans les feuillages et Fanchonnette suivant cet exemple, se mit à chanter.En un clin d\u2019oeil elle fit son modeste petit ménage.Malgré tout, c\u2019était son « chez-elle » et la jeune fille en avait disposé le mobilier, réduit au strict nécessaire, selon ses goûts.Jusqu'à présent, la jeune fille n'avait pas encore fait son choix et se passait d'amoureux.Alors, quel doux émerveillement quand elle se blottit tout contre celui quelle aimait .Dessin de JEAN MILLET Tout était propre, clair et jeune autour d\u2019elle.La jeune fille, tout en vaquant à ses occupations, se prit à revivre d\u2019espoir.Allait-elle se replier dans sa solitude au lieu d\u2019être une vaillante qui marche droit devant elle, le sourire aux lèvres ?Etant honnête et sérieuse, c\u2019était la raison de son isolement.Autrement, elle eût pu avoir, pour remplir sa chambre de mille éclats de rire, des compagnes et des compagnons de plaisir qui l\u2019eussent distraite.Mais elle ne voulait pas suivre la pente dangereuse menant aux entraînements faciles et parfois lourds de conséquences.Comme elle était nouvellement venue au pays, l\u2019exode l\u2019ayant conduite là au hasard des routes, on la tenait un peu à l\u2019écart, cette réfugiée qui avait perdu sa mère, morte dans un mitraillage au pont de Briare.\u2014 Une jeune fille qui n\u2019a plus de parents!.disaient les mauvaises langues, pleines de sous-entendus péjoratifs, sans même avoir de pitié pour la malheureuse orpheline.Et la petite, qui sentait cet état d\u2019esprit, se montrait distante, réservée et ne mettait personne au courant de ses affaires, ce qui mortifiait beaucoup les commères.Fanchonnette, réfléchissait à tout cela en s\u2019activant dans sa chambre.Pourtant, elle avait c nquis ses plus proches voisines et elle savait que l\u2019on disait quelle était douce et d\u2019humeur égale.Seulement, comme on ne savait guère d\u2019où elle venait, la majorité des gens lui faisait grise mine de n\u2019être pas native du pays.Les paroles que le contremaître avaient prononcées la veille lui revenaient en mémoire, provoquant en elle un secret émoi.\u2014\tPeut-être un jour vous marierez-vous ?Certes, ce serait en effet une solution.Le mariage, avec un garçon honnête, travailleur, deviendrait un refuge, une sécurité.Les joies et les peines partagées, comme le pain et le vin, et le lit où 1 on n est plus seule ! Jusqu\u2019à présent, la jeune fille n avait pas encore fait son choix et se passait d\u2019amoureux.C\u2019est que, dépourvue de ce bandeau que le petit dieu malin pose sur les yeux de ses victimes, elle voyait trop nettement, par exemple, que Thomas était un fainéant, Jacques ou Jean un etre brutal et qu\u2019Edouard avait un goût très vif pour les pernods.Alors, elle ne pouvait se laisser courtiser par eux Devant cette constatation, Fanchonnette murmura : \u2014\tComme je suis difficile ! Oui, mais, il y avait Paul Bésigue ! Celui-ci se montrait plein d\u2019attentions pour elle.Comme il était persuasif en lui parlant ! Et un contremaître, ce n\u2019est pas à dédaigner quand on est une modeste petite ouvrière !\t[ Lire la suite pape 13 j .\u2022 , /'* m8ÊmmÈ JO Le Samedi, Montréal, 9 mai 1953 Dp** - NOUVELLE ________ L'IDYLLE AUX ESCARGOTS - par MADELEINE CHAMPION___ Comme il parcourait les domaines en cherchant la merveille de ses rêves, il rencontra celle quil comparait à une princesse du soleil .Dessin de JEAN MILLET Dieu ! qu\u2019il faisait bon vivre sous la douceur du renouveau ! La jeune fille, dont les vingt-deux ans venaient de sonner, se hâtaient vers un pré verdoyant où le soleil tombait d\u2019aplomb.Aliette s\u2019allongea dans l\u2019herbe déjà assez haute pour lui servir de couche molle et elle respira à pleins poumons cette odeur de terre humide, de verdure acide, cette odeur végétale qu\u2019elle aimait ! Ce matin-là, Mademoiselle de Cinchamps couchée dans le pré, arrachait des touffes d\u2019herbe qu\u2019elle portait avidement à ses narines.tout en murmurant : \u2014 Ah ! cette odeur de mon pays ! Cette herbe du Cep, n\u2019existe-t-il pas une recette magique afin que je puisse toujours m\u2019en imprégner ?Puis, succédant à cette exaltation, une intense dépression accabla la jeune solitaire qui se mit à pleurer.\u2014 Pourquoi me faut-il quitter tout cela ?Et, tout cela, c\u2019était certes, la prairie où elle s\u2019ébattait, mais aussi, le château du Cep dont la façade apparaissait au loin, à travers les arbres aux feuillages neufs.Et elle se révoltait contre son destin avec toute l\u2019intransigeance de sa jeunesse.Désormais, sans doute, nul prince charmant ne viendrait chercher la petite princesse ! Elle avait cru trop fortement aux contes bleus, elle y croyait encore d\u2019ailleurs, devinant que la plus grande erreur est de désespérer.Mais, ce jour-là, qu\u2019elle avait le coeur gros, elle se remémorait quelques épisodes de sa vie passée, où elle était si gâtée, si choyée.Elle y pensait comme si elle lisait quelque féerie dont elle se plaisait à s\u2019enchanter l\u2019esprit.Un instant apaisée par la séduction de sa vision intérieure, elle se répétait les mots magiques : Il était une fois un prince qui avait reçu du ciel toutes les qualités.Il était beau, intel- UN petit vent aigre avait chassé les nuages.Le soleil d\u2019avril commençait à réchauffer les pierres grises et vétustes du manoir.Il perchait ses tourelles sur une hauteur dont l\u2019un des versants regardait la plaine et dont l\u2019autre, couvert d\u2019arbres aux essences diverses, descendait jusqu\u2019à un étang encaissé dans les bois.Le site était paisible, plantureux et vert, avec des coins intimes et, par endroits, d\u2019admirables échappées sur la campagne environnante dont les vignobles croulaient, à l\u2019automne, sous le poids de leurs grappes, couvrant la région d\u2019une provende vermeille et sanglante.Le château du Cep méritait bien son nom.Le raisin de ses treilles était réputé une lieue à la ronde et la demeure, en dépit des meurtrissures infligées par le temps, gardait encore une fière allure.Ce pittoresque manoir s\u2019élevait à Saint-Guilhem-le-Désert : un petit village de quatre cents feux, situé à trente-sept kilomètres de Montpellier.Cet endroit de l\u2019Hérault, but d\u2019excursions, était particulièrement fréquenté par les archéologues et les amateurs de beautés archaïques.On y venait admirer, entre autres, la célèbre église abbatiale et le cloître roman, derniers vestiges de l\u2019ab- baye bénédictine fondée en 806 par Guilhem, duc d\u2019Aquitaine.On savait aussi que dans ce village on conservait encore de curieuses coutumes, l\u2019esprit conservateur des habitants restant fidèle aux vieilles traditions ancestrales.Cependant, le château du Cep, comme dans les contes de fées, était seulement occupé par une grand\u2019mère et sa petite-fille.Quel prince charmant s\u2019en viendrait réveiller la Belle-au-Bois, en baisant sa main fine et pâle, où bientôt, il glisserait, tout énamouré, la bague d\u2019or des accordailles ?Aliette de Cinchamps, ce jour-là, s\u2019était levée de bon matin.Elle n aimait rien tant que de courir dans la fraîcheur du jour a travers le jardin.Sa jupe rose retroussée jusqu\u2019aux genoux, découvrait une paire de jambes nues aux chevilles fines, aux mollets fermes et bruns ; son buste, rond et souple, se montrait en toute liberté sous le corsage largement ouvert d\u2019où jaillissait un cou frais, supportant une tête à l\u2019ovale allongé, au teint clair sous le hâle, aux cheveux blonds frisottants, où de grands yeux bleus et une bouche aux lèvres charnues souriaient de la plus affriolante façon.ligent, plein d\u2019énergie et vivait heureux sous le toit de ses parents.On eut pu supposer qu\u2019il ne désirait rien d\u2019autre et qu il coulait des jours paisibles, tissés de bonheur.Hélas ! il avait le coeur si exigeant qu\u2019il voulait encore posséder la femme la plus belle et la meilleure qu\u2019il existât.Il la voulait pétrie de dons et de bonté.Comme il parcourait ses domaines en cherchant cette merveille, il rencontra celle qu\u2019il comparait à une pi incesse de soleil.Elle avait, disait-il, des cheveux or, des yeux plus doux que le velours, une bouche semblable à une belle fleur pourpre.Us étaient encore, elle et lui, à l\u2019âge ingénu de l\u2019enfance.ri )\tv\tC1 UILCüoL UC üCo 1 V s aperçut qu elle était douce, bonne et délicieusf sut aussi qu\u2019elle s\u2019appelait Liette et que, cor lui, elle habitait chez ses parents.Les deux châtc e aien \\ oisins et ces enfants qui se plaisaient à v r/lai C0\"tf ^fes\u2019 'Passèrent de l\u2019âge tendre à l\u2019t escence et de 1 adolescence à la jeunesse, la main < a main, partageant les mêmes jeux et les mêmes t e es, i ans a mutuelle compréhension d\u2019un frèr a une soeur.\t., .\t, l Lire la suite page Le Samedi, Montréal, 9 mai 1953 11 L'unique Molini Albert Molini, président de la Ligne Provinciale, classe C., fier de son circuit depuis près de cinq ans, prétend, avec raison, que près de 700,000 personnes paieront leurs entrées, au cours de la prochaine saison, alors que d\u2019anciennes ligues du baseball organisé de même calibre, aux Etats-Unis, sont obligées de fermer leurs portes.Quelle est la raison de cet état de choses ?C\u2019est que le président, en dépit de la radio et de la télévision, met an grand coeur et une partie du talent qu\u2019il possède \u2014 nous ne voulons pas qu\u2019il s\u2019enfle la tête, en parlant ainsi, comme d\u2019autres le font, ailleurs \u2014 à la bonne cause du baseball provincial.Nous ajoutons, sans aucune idée d\u2019exagération, que le président de la plus forte ligue de classe C.du baseball organisé connaîtra une saison exceptionnelle, au point de vue financier.On ne verra plus de déficits annuels de $18,000 à $20,000, grâce à son espiit d\u2019initiative, doublé d\u2019un raisonnement des plus pondérés.Nous irons plus loin : Si Frank Shaughnessy, président de la Ligue Internationale, obtient un poste plus élevé, d\u2019ici quelque temps, cet Albert Molini, qui n\u2019a pas la langue dans sa poche, croyez-nous, et qui n\u2019a d\u2019autre crainte que son Dieu, le remplacera à la direction du circuit international.Il deviendrait, alors, le premier Canadien-français à diriger les destinées d\u2019une ligue du baseball organisé, classe AAA.Et il est capable de remplir ces hautes fonctions, avec dignité, à la satisfaction des proprios les plus opiniâtres ! I Pourquoi ne pas avoir une loterie de bienfaisance, dans notre province ?La soif du gain, plus ardente que jamais, a développé dans le public le goût du jeu et des paris.La soif du jeu, le goût de la spéculation s\u2019intensifient dans une époque de matérialisme, où tout paraît vraiment les encourager.Des fortunes scandaleuses s\u2019édifient sur des coups de bourse, des coups de chance, des coups d\u2019audace, des razzias de valeurs, des razzias de matières.L\u2019argent déprécié devient nécessaire en grande quantité.Il faut en avoir de toute manière.Il n\u2019y a qu\u2019à regarder pour voir que le travail le plus appliqué en rapporte moins que les tractations éhontées des intermédiaires.Les combines ont fleuri sur le gras fumier des deux dernières guerres : 1914 - 1918 et 1939 - 1945.La même chanson se répétera, lors de la prochaine guerre de 1955.Alors, de braves gens subjugués, gagnés par la fièvre, se risquent, timidement, à l\u2019ombre des autres, dans l\u2019espoir de gains mirifiques obtenus sans perte de temps et sans efforts supplémentaires.La bourse et les paris sur différents jeux, en faisant miroiter l\u2019appât d\u2019un gain rapide, fait de plus en plus de dévots.Et, il faut bien le dire aussi, de victimes, helas ! Pour soutenir un train d\u2019existence un peu large, automobile, réfrigérateur, téléviseur, médecin, modes plus ou moins folles, il faut beaucoup d'argent.Où le trouver ?Le travail véritable, celui de l\u2019ou- LE MONDE SPORTIF par OSCAR MAJOR VINGT PIASTRES A GAGNER, MALGRE CE CHIFFRE FATIDIQUE, TREIZE! A la neuvième manche, aucun athlète n\u2019ayant pu traverser le plateau, un excellent frappeur se présente au marbre, avec deux équipiers nichés sur les buts, l\u2019un au premier sac, l\u2019autre au deuxième but.Une minute embarrassante, il est vrai, même avec un athlète retiré ! Le gérant de l\u2019équipe adverse, le receveur, l\u2019un de ses auxiliaires, et le lanceur hésitent, un instant.Ils ne savent que faire, à la vue de ce jeune frappeur, impatient, dangereux ! Que feraient, à cette phase de la partie, Casey Stengel, William \u201cBill\u201d Dickey, le receveur Berra, Vic Raschi, même Gérard Thibeault, \u201cBabe\u201d Laplante et Charlie Mayer ?Quelle perplexité et quel mélange ! Ici, une chance est concédée.Bien entendu, il ne s\u2019agit pas de passe gratuite, c\u2019est plus compliqué que ça, messieurs et dames ! Le rédacteur de cette page versera vingt piastres au livre de banque du premier amateur de baseball, qui réussira à démêler ce qui est assez embêtant dans cette devinette-surprise, quelque peu tirée par les cheveux.Allez-y ! Deux semaines seulement à se percer les méninges ! Après ce temps, le jeu, relativement facile, ne va plus ! C\u2019est-à-dire, après le treize mai ! Même les gens qui se prennent au sérieux peuvent entrer dans la danse, si leur bulbe rachidien n'est pas asséché, complètement.après la lecture de ces treize phrases ! .\u2019 » % vrier, celui du producteur, donne tout juste de quoi vivre.On le déserte.Seuls la spéculation, les paris et les jeux de cartes et les loteries offrent de grandes possibilités de gain.Mais tout le monde ne peut pas spéculer.Acheter pour revendre nécessite, souvent, d\u2019importantes mises de fonds.L\u2019argent va à l\u2019argent, comme l\u2019eau à la rivière, c\u2019est bien connu.Que reste-t-il à ceux qui n\u2019en ont pas ou en ont peu, pour améliorer l\u2019ordinaire donné par le travail ?Les courses de chevaux, trot et amble ?La bourse ?Les paris ?Les loteries ?Aux courses de chevaux et à la bourse, la perspective d\u2019empocher de cent à deux cents dollars, en en risquant vingt, par une simple petite opération de chiffres, quel mirage ! L\u2019employé, l\u2019ouvrier, le salarié fiévreux, qui rêve d\u2019une auto et d\u2019une maison bien à lui, pourra se les payer, après une courte période de veine.C'est facile, tentant.On joue, on gagne.C\u2019est fini.On a passé le petit doigt dans l\u2019engrenage.Les pertes viendront, immanquablement, et se multiplieront.Et, dans le désir de se rattraper, on jouera plus gros, appâté par des gains problématiques, rares mais possibles, puisqu\u2019on en a déjà réalisés.On a cru que ces gains paieront son homme d\u2019un coup, de toutes les traverses et de toutes les misères passées.Malchanceux ! C\u2019est le contraire qui s\u2019est montré le bout du nez ! Seulement dans notre belle province, tous ces jeux de hasard enlèvent des goussets des parieurs près de cent millions de dollars, annuellement.Pourquoi le plus grand nombre de nos députés fédéraux se prononcent-ils contre le projet de loi, permettant l\u2019organisation de loteries de bienfaisance, en faveur de nos hôpitaux, de nos institutions d\u2019enseignement et de nos organisations des loisirs ?Les gens qui prétendent condamner lt principe de la loterie de bienfaisance, au nom de l\u2019intelligence ne sont heureusement pas très intelligents, comme l\u2019a si bien dit, en plusieurs circonstances, l\u2019honorable premier ministre de notre province, M.Maurice Duplessis.Il désire ardemment une loterie provinciale de bienfaisance, qui [ Lire la suite page 35 ] Le règne des Yankees de New-York, de la Ligue Américaine, ne prendra pas fin, cette saison.Ils gagneront un cinquième championnat mondial consécutif, pour établir un record du monde, sous la tutelle du rusé gérant Casey Stengel.Ce dernier ne ménage rien pour accomplir cet exploit.Aucun détail ne fut oublié, au cours du dernier entraînement, à St-Petersburgh, Flori-de.Les glissades aux buts reçurent une attention toute particulière, de la part des nombreux instructeurs des Yankees.Ils firent voir à leurs joueurs cette photo démontrant la mauvaise manière de glisser au but.la jambe droite pliée.Les joueurs devront redoubler d'efforts \u2014 même ceux qui ont leurs goussets remplis, n\u2019étant plus affamés \u2014 pour donner le meilleur rendement.Sans quoi, les fautifs prendront le chemin des ligues mineures, avec un coup de scie dans leurs salaires. 12 Le Samedi, Montréal, 9 mai 1953 \"La Ronde de la Nuit\" de Rembrandt.Ci-dessous, un portrait fameux d'Erasme, ce Hollandais que l'on a '.ouvent appelé le \"plus grand humanisme de la Renaissance\".A droite : portrait de Spinoza, autre grande figure de la philosophie hollandaise.(Photos, Ambassade des Pays-Bas à OttawaI -'if m ! Depuis qu\u2019elle avait reçu cette invitation, Sidonie roulait pendant le jour dans 'la direction de l\u2019Est.Elle aurait là certainement beaucoup d argent à gagner.surtout avec cette petite qui pourrait jouer du violon et chanter à Maison-Rouge.Son parti fut pris.Résolument, elle traversa _ la route et pénétra dans le cabaret où Bluette, installée devant une petite table, buvait une tasse de lait.\u2014 Ma petite, lui dit-elle, vous êtes une véritable artiste : vous jouez du violon à merveille et vous chantez encore mieux.Vous avez besoin de leçons évidemment ; je connais une cantatrice qui vous en donnerait.Je ne peux rien pour vous, moi, mais mon amie peut tout.Elle est vieille, restee célèbre, et pourrait vous être de grande utilité.\u2014 Pour aller au théâtre, peut-être ?fit ingénument Bluette qui avait entendu Giacomo émettre quelques fois 1 idée de la lancer dans cette voie.\u2014 Et tu serais contente d\u2019arriver à quelque chose, de gagner beaucoup d argent ?\u2014 Oh ! l\u2019argent ! il nous en faut si peu, à moi et à mon chien ! « Je n\u2019ai pas été heureuse dans ma vie, je n\u2019ai pas de famille, je suis toute seule ! \u2014 Veux-tu que je remplace la mère que tu n\u2019as plus ?fit Sidonie avec beaucoup de douceur.Essayons ; si tu n\u2019es pas heureuse avec moi, eh bien ! tu reprendras ton vol ailleurs.Je ne te retiendrai pas.« Tu t\u2019es enfuie, n\u2019est-ce pas ?Pourquoi ?D\u2019où viens-tu ?Longuement, Bluette la regarda, mais resta silencieuse.Elle ne voulait point encore ouvrir son âme ; une crainte instinctive s\u2019était emparée d\u2019elle : elle avait été si souvent trompée par Giacomo ! \u2014 Tu ne réponds pas ?fit Sidonie ; tu te méfies, tu as peur de moi ?\u2014-Non, madame, je n\u2019ai pas peur de vous, mais voilà : je m\u2019étais enfuie pour être libre ; j\u2019ai soif de liberté.\u2014 Et tu en auras bientôt assez de cette liberté que tu rêves, pauvre petite ! Tu ne songes donc pas aux tristesses de la solitude ?La vie sera pour toi un désert, tu n\u2019auras plus personne pour t'aimer, que ton chien ; et les nuits finiront par te paraître longues, si tu es obligée de dormir souvent dans les bois.Du reste, le jour viendra où tu seras prise, condamnée comme vagabonde et séparée de ton compagnon d\u2019infortune ; on te le prendra sans pitié.Et quand tu sortiras, soit d\u2019une maison de correction, soit du Dépôt, la liberté reconquise te sera lourde, bien lourde ! «Vois, je suis seule, moi aussi.J\u2019habite cette roulotte qui est là, cachée à l\u2019orée du bois ; je repartirai demain, de très bonne heure.Ordinairement, je m\u2019en vais un peu au hasard, de-ci, de-là en quête d\u2019une occasion favorable pour gagner de l\u2019argent.« Par exception cette fois, j\u2019ai un but arrêté : je vais à Maison-Rouge ; veux-tu y venir avec moi ?Elle dit timidement : \u2014 Eh bien ! oui, madame, je veux bien m\u2019en aller avec vous.Je suis si lasse ! et si triste ! Le lendemain, la roulotte partit de bonne heure au trot lent du vieux cheval.Deux jours après, elles arrivaient à Faremoutiers.Par un de ces hasards dont la vie est semée, Bluette allait voir la maison de sa mère, le château superbe où avait vécu son père et où battait encore un coeur qui ne demandait qu\u2019à la connaître et à l\u2019aimer : le coeur du marquis de Frileuse.Sidonie connaissait ce pays, les bords riants du Grand et du Petit Morin, car elle était venue souvent, autrefois, dans ces parages, aux différentes fêtes locales du département ; mais, depuis sa rencontre avec César et à la prière de celui-ci, elle n\u2019y était plus jamais retournée.Elle savait quel drame tragique s\u2019était déroulé là, dans ces bois ombreux.Et Bluette, peut-être, allait passer là, près de ce tertre couvert de mousse où son père était tombé mortellement frappé.Tout près de l\u2019église de Faremoutiers, Sidonie détela et dit garment à l\u2019enfant : \u2014 Nous resterons ici plusieurs jours, mais, comme tu es fatiguée, tu ne chanteras pas ; tu joueras seulement du violon le soir, quand je serai seule pour t\u2019entendre ; pas aujourd\u2019hui, toutefois, car je vais à Maison-Rouge, où je suis attendue.Tu n\u2019auras pas peur ?\u2014 Oh! non, je n\u2019ai «jamais peur avec Yette.\u2014 Tu as raison.D\u2019ailleurs, nous aurons un clair de lune superbe.Quand la nuit fut tout à fait tombée, Sidonie se dirigea vers Maison-Rouge.Devant elle, les lapins fuyaient vers leurs terriers, et, de temps à autre, une biche passait, rapide, la tête au vent, et prise de peur à l\u2019approche de cette lumière mouvante portée par Sidonie.Mes Recettes ¦A Par Mme ROSE LACROIX ¦ a nrwltr n/NDIII AIDC a» «lu CAkIFDt Omelette aux champignons 14 de livre de champignons frais 2 c.à tb.de crème\t4 oeufs\t\\ c.a t?ie de sel Quelques grains de poivre\t1 c.à tb.de eurre Battre les oeufs avec la crème et les assaisonnements jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient bien mêlés et mousseux.Chauffer le beurre dans une poêle en fonte ou en aluminium épais jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit bien chaud mais non bruni.Ajouter les oeufs battus, réduire la chaleur et cuire sans brasser jusqu\u2019à ce que le fond soit pris.Soulever les côtés de l\u2019omelette pour laisser passer les oeufs non cuits.Répéter 1 operation jusqu\u2019à ce que le mélange soit entièrement cuit.Garnir de champignons a la crème et servir aussitôt sur un plat chaud et garnir de persil frais.Champignons à la crème : Laver et éponger les champignons, les couper en tranches minces, faire sauter au beurre, saupoudrer 1 c.à thé de farine sur les champignons puis y ajouter 2 c.à tb.de crème.Laisser cuire en brassant 10 minutes.4 services Cossetarde au fromage 44 livre de fromage coupé en petits morceaux 144 tasse de lait\t1/2 c- \u201c\tse* 4 oeufs légèrement battus\t44 de c.à thé de paprika y2 c.à thé de moutarde en poudre\t1 c.à thé de sauce piquante Faire chauffer le lait jusqu\u2019au point d\u2019ébullition.Ajouter le fromage et brasser jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit fondu.Verser lentement sur les oeufs battus en brassant constamment.Ajouter le sel, le paprika, la moutarde et la sauce piquante et bien mélanger.Verser dans un moule bien graissé en forme d\u2019anneau ou des moules à cossetarde individuels.Placer dans une lèchefrite d eau chaude et cuire à four modéré 350° F.40 à 45 minutes ou jusqu\u2019à ce que la cossetarde soit bien prise.Démouler et servir avec une sauce aux petits pois.Si l\u2019on emploie un moule rond, remplir le centre de pois verts sautés au beurre et de haricots verts.Servir avec une salade croquante.6 à 8 services.Crème de légumes 2 tasses de légumes cuits : oignons, carottes, pommes de terre, pois, etc.1 tasse de bouillon de viande ou de bouillon de légumes Sel et poivre 2 c.à tb.d\u2019oignon émincé\t2 c.à tb.de tapioca minute 2 c.à tb.de beurre\t244 tasses de lait Passer les légumes en purée.Faire sauter l\u2019oignon haché finement dans le beurre, ajouter le lait, les bouillons de viande et de légumes et le tapioca.Porter vivement au point d\u2019ébullition en brassant constamment.Ajouter les légumes, faire jeter un bouillon, assaisonner et saupoudrer de persil haché, de ciboulette ou de feuilles de céleri.6 services.Poulet à la crème 2 tasses de crème claire ou de lait riche 44 de livre de champignons tranchés 1 poulet de 3 à 4 livres\t44 de c.à thé de muscade 4 c.à tb.de beurre\t4 c.à tb.de farine IV2 c.à thé de sel\t44 de c.à thé de poivre Séparer le poulet en services individuels.Mélanger les épices et la farine.Passer les morceaux de poulet dans ce mélange et cuire jusqu\u2019à ce que ce soit bien doré.Saupoudrer le reste de la farine sur le poulet.Chauffer la crème au point d\u2019ébullition et l\u2019ajouter en brassant jusqu\u2019à épaississement.Ajouter plus de crème si c\u2019est nécessaire pour couvrir le poulet à la moitié.Couvrir la casserole, cuire à four modéré 350° F.jusqu\u2019à ce que ce soit tendre 144 à 2 heures.Tailler les champignons en tranches minces et ajouter dans la crème chaude.5 à 6 services.Shortbread aux arachides 1 tasse de farine tamisée\t44 tasse de beurre d\u2019arachides 44 tasse de shortening\t44 tasse de cassonade 44 tasse de sucre\t1 oeuf ou 3 jaunes d\u2019oeufs Tamiser la farine et la mesurer.Défaire en crème le beurre d\u2019arachides et le shortening, ajouter le sucre, la cassonade et l\u2019oeuf et battre jusqu\u2019à ce que le tout soit bien léger.Ajouter la farine, bien mélanger en pâte lisse, étendre la pâte à 44 de pouce d\u2019épaisseur.Découper à l\u2019emporte-pièce, garnir les petits shortbreads de moitiés d\u2019arachides.Cuire à four modéré, 325° F.jusqu\u2019à ce que ce soit délicatement bruni, environ 20 minutes.Soufflé aux légumes 2 tasses de blé d\u2019Inde en conserve à la crème 1 petit oignon haché\t2 oeufs séparés\t1 c.à tb.de shortening 1 tasse de frômage râpé\t44 c.à thé de sel\t44 de c.à thé de poivre 1 piment rouge haché finement\t44 tasse de tomates cuites Faire blondir l\u2019oignon avec le shortening; ajouter le blé d\u2019Inde, le piment, les tomates, le fromage, les jaunes d\u2019oeufs battus et les assaisonnements.Incorporer les blancs d\u2019oeufs battus bien fermes, verser dans un plat graissé, cuire à four modéré 350° F.30 à 40 minutes ou jusqu\u2019à ce que ce soit ferme.6 services. 26 Le Samedi, Montréal, 9 mai 1953 iN i Une Américaine à Paris Claire Bloom, la jeune vedette partenaire de Charlie Chaplin dans son dernier film \u201cLimelight\u201d, tourna ensuite en France « Les Innocents à Paris », avec Claude Dauphin pour partenaire.On les voit ici tous les deux dans un grand restaurant du Bois de Boulogne.Le film passera prochainement au Canada.\u2014 (Ci-dessous), Patachou a fait dernièrement un long séjour à New-York dans un grand cabaret où elle obtint un énorme succès.Elle est d\u2019ailleurs aussi populaire aux Etats-Unis qu\u2019au Canada français.Patachou voyage beaucoup, forcément tout en détestant les déplacements.Voici la tête qu\u2019elle fait habituellement dans les aérogares où elle attend son avion.(Photos A.G.I.P.) Une Française à New-York ¦ .ViWM Huit heures sonnaient au beffroi de Maison-Rouge quand Sidonie monta les premières marches du château.Sur le seuil du hall, Gladys l\u2019attendait : elle savait que la cartomancienne devait venir le soir même ; elle lui fit signe de la suivre, et toutes les deux montèrent au premier étage sans rencontrer âme qui vive.Gladys souleva une portière de riche brocart et introduisit Sidonie dans un petit salon Louis XV, où flambait un bon feu de bois.\u2014 Ici, on se chauffe toute l\u2019année, dit Gladys ; il fait un froid !.Face à face, elles s\u2019étaient assises toutes deux à une table de marqueterie et, tout en tirant des cartes de son réticule, Sidonie disait, un peu railleuse : \u2014 Vous aviez pourtant dit, madame, que jamais vous ne consulteriez mes tarots ; ne vous ai-je pas répondu, moi.que j\u2019étais sûre de vous revoir ; qu\u2019un jour viendrait où vous auriez besoin de moi ! « Ce jour est venu.Mme de Hautmont ne répondit point.Ses mains tremblaient un peu quand, les tarots tendus vers elle, elle dut en prendre quinze ; mais ce fut bien autre chose quand elle les vit alignés sur la table ! \u2014 Des piques.toujours des piques.dit-elle, les dents serrées.« Toutes les mauvaises Cartes du jeu sont là ; n\u2019est-ce donc que pour m\u2019annoncer les douleurs qui m\u2019attendent que vous êtes venue, satanique sorcière ?Car tu sors de l\u2019enfer, n\u2019est-ce pas ?et tu voudrais lire au fond de ma pensée.N'y compte pas ; mon âme est fermée, et ce n\u2019est pas toi qui pourras l\u2019ouvrir.\u2014 Votre âme?Gardez ce mot pour d\u2019autres.\u2014 Misérable ! Je vais appeler mes gens pour te chasser.Ironiquement : \u2014 Après m\u2019avoir fait venir ?demanda Sidonie.\u2014 Après t\u2019avoir fait venir, oui.\u2014 Eh bien ! chassez-moi, peu importe ! vous ne saurez rien de ce que vous désirez savoir, et moi, je n\u2019ai rien à apprendre de vous, parce que je sais tout ; je connais toute votre vie : le crime d\u2019autrefois, le vol.et le reste \u2014 Même mon amour ?\u2014 Oui.un noble allemand ! répéta Sidonie en battant avec violence le reste des tarots qu\u2019elle tenait dans ses mains.Les reposant alors lentement sur la table : \u2014 Ce n\u2019est plus l\u2019assassinat que vous méditez, madame, mais quelque chose de pire encore, car il ne s\u2019agit plus de la mort -d\u2019un seul : c\u2019est contre tout un peuple que vous conspirez avec d\u2019autres, l\u2019espionne de Maison-Rouge.\u2014 Peu m\u2019importe ! si je suis aimée du comte de Burflow ! Oh ! je peux bien te crier le secret qui m\u2019étouffe ; j\u2019ai besoin de le dire à quelqu\u2019un et je sais bien, d\u2019ailleurs, que, partie d\u2019ici, tu auras tout oublié.\u2014 Parlez donc, alors.\u2014 Ne le devines-tu pas?Tu as devant toi une femme qui se meurt d\u2019amour !.et qui veut savoir de toi si celui qu\u2019elle adore follement, éperdument, l\u2019aime autant qu\u2019il en est aimé ! La pythonisse ricana : \u2014 Il ne vous a jamais aimée.Vous êtes sa complice.pas autre chose.\u2014 Si: je suis sa raison de vivre.\u2014 Sa raison de vivre.nécessaire à ses projets.\u2014 En aimera-t-il une autre?-Peut-être.Le coeur de cet homme est de fer, et, quand il le donnera, ce sera pour toujours ; et alors, il aura pour vous non plus de l\u2019indifférence comme aujourd\u2019hui, mais.de la haine ! \u2014 Ainsi, il aimera follement, comme les hommes tels que lui savent aimer : jusqu'à la mort ! « Il aimera !.et je ne serai pas là pour broyer le coeur de cette femme en même temps que le sien !.Il me faudra assister au triomphe d\u2019une créature que je vois en ce moment surgir devant moi, comme dans une vision.Et Sidonie, qui l\u2019écoute, murmure : \u2014¦ C\u2019est encore une toute jeune fille.\u2014 Ah ! misérable ! tu n\u2019as pas pitié de moi.tu te plais à retourner le fer dans la plaie ; tu jouis de ma douleur.Je ne t\u2019ai cependant jamais fait de mal.Sidonie ne l\u2019écoutait plus : son esprit s\u2019envolait très loin, sondant l\u2019avenir.La somnambule reparaissait ; la voyante triomphait ; et, dans ce demi-sommeil, elle voyait.cet avenir terrible.comme en un miroir.Elle dit, très calme : \u2014 Ici, dans ce vieux domaine, se passeront des choses pénibles : ils s\u2019en iront tous.le marquis d\u2019abord, l\u2019enfant après.\u2014 Et après l\u2019enfant ?cria Gladys épouvantée.\u2014-Le docteur de Hautmont.\u2014 Et puis ?Un silence s\u2019était fait.Quelque chose de tragique planait dans le petit salon.Alors Sidonie, poussant un soupir profond, s\u2019éveilla, voulut partir.Mais Gladys s\u2019était dressée menaçante devant elle.\u2014 Tu n\u2019as pas tout dit ! cria-t-elle ; reste, reste.je veux que tu parles.\u2014 Je ne vois plus rien.plus rien.répondit Sidonie, en passant la main sur ses yeux.\u2014 Tu mens.En effet, elle mentait.mais, au moment de dire à cette femme l\u2019épouvantable vérité, elle s\u2019était tue : un peu de pitié était entré dans son âme.\u2014 Plus tard, dit-elle en se dirigeant vers la porte, je reviendrai.\u2014 Quand ?\u2014¦ Dans quelques années ; quand je reviendrai, Maison-Rouge sera désert, et vous y serez seule.« Dans cette région-ci, il y aura des cadavres partout, jusque dans les ravines et le Morin sera rouge de sang.\u2014 Adieu !.fit Gladys.\u2014¦ Adieu !.madame.Elle mit dans les mains de la pythonisse un billet de cent francs.Et, tout bas, la voix tremblante : \u2014 Vous m\u2019avez annoncé des événements terribles, reprit-elle ; je crains qu\u2019ils ne soient vrais.\u2014 Je vous l\u2019ai dit, madame.Beaucoup de sang sera versé.\u2014 La guerre !.murmure Mme de Hautmont en se voilant le visage de ses mains qui tremblaient.Et, d\u2019un geste hautain, elle renvoya Sidonie.Là-bas, dans la roulotte, près du Grand-Morin et de la petite église de Pommeuse, Bluette jouait du violon et chantait.Sur les cimes fières des grands centenaires, sur les branches dénudées des saules, des oiseaux pépiaient de surprise en entendant cette voix si douce qui ressemblait quelque peu à leur chant.Et, dans l\u2019ombre, un homme, immobile, écoutait lui aussi, ces chants harmonieux.C\u2019était Laurent de Hautmont.Il lui a semblé reconnaître cette voix, les sons plaintifs de ce violon, des sons qui ressemblent à des sanglots, et son coeur bat à coups précipités.Il murmure : \u2014 C\u2019est Bluette ! mon Dieu ! c\u2019est Bluette !.Ah ! sauver l\u2019enfant, la rendre à César qui la rendra à Valentine.faire une heureuse ! racheter son crime !.\u2014 car il a peur, maintenant, que ce crime ne retombe sur Rose-Marie, cette fille qu\u2019il adore ! \u2014 voilà ce qu'il faudrait faire sans doute.Mais les conséquences de cette réparation, quelles seront-elles ? Le Samedi, Montréal, 9 mai 1953 27 Pendant quelques minutes, il hésita.entre le bien et le mal.et ce fut le mal.qui l'emporta.Il s\u2019éloigna.Un grand silence se fit, interrompu de temps à autre par le clapotement de l\u2019eau qui atteignait presque les roues de la roulotte et par le sifflement de la bise qui commençait à se faire sentir.\u2014¦ Ah ! mon Dieu ! Mme Sidonie qui ne revient pas ! pensa Bluette.Elle appela son chien, l\u2019installa près d\u2019elle ; et machinalement, comme font les enfants qui cherchent quelque chose pour se distraire, elle ouvrit son petit sac et, sur ses genoux, le renversa, y puisa à belles mains tous les bijoux quelle y avait entassés.Elle murmurait émerveillée : \u2014 Comme ça brille 1 comme c\u2019est beau ! « Regarde, mon vieux chien : c\u2019est à toi, toutes ces belles choses, c\u2019est toi qui les as trouvées.Puis, elle soupesait le collier, essayait les bagues, trop larges pour ses petits doigts.Tout à coup, devenue grave, elle dit à Yette, dont la queue frétillait d\u2019aise à la seule voix de sa maîtresse : \u2014 Tu ne fais pas grand cas de tout cela, hein ?Et qu\u2019est-ce que nous allons en faire, dis ?Soudain, Sidonie entra.Eblouie par le scintillement des perles et des diamants, elle recula de quelques pas, et, avec une exclamation de surprise : \u2014 Mon Dieu ! où as-tu pris tout cela ?\u2014 Mais nous ne sommes pas des voleurs, madame.C\u2019est Yette qui Ta trouvée dans une grande poche noire qu\u2019elle m\u2019a rapportée.\u2014 A quel endroit ?Parle, ma petite, je ne te gronderai pas.Alors, Bluette raconta toutes les circonstances dans lesquelles la trouvaille avait été faite.\u2014 Mais, madame, ajouta-t-elle, ça ne vaut pas grand\u2019chose, tout ça.J\u2019en ai vu de ces colliers-là, qui coûtaient six francs.Oh ! je me rappelle bien : à Vichy, toutes les petites filles comme moi en avaient au cou de pareils.\u2014 C\u2019était du faux.tandis que tout ce qui est là, c\u2019est du vrai, et il faut le rendre, ma mignonne, au commissaire de police.\u2014 Alors, on dira que c\u2019est moi qui les ai pris.Le commissaire de police s\u2019informera, saura d\u2019où je viens, et Giacomo prévenu, me reprendra ! soupira Bluette fondant en larmes.\u2014 Elle a raison, pensait Sidonie à qui Bluette avait déjà raconté toutes les détresses de sa vie ; elle a raison.car en faisant son devoir, en se montrant honnête comme elle devrait le faire, elle s\u2019expose, en effet, à retomber entre les mains des misérables qui la martyrisaient.Pendant quelques instants, elle resta silencieuse.\u2014 Ecoute, dit-elle enfin ; la personne qui a perdu tous ces bijoux les fera certainement rechercher ; nous lirons les annonces des journaux tous les jours, et, quand on les réclamera, j\u2019irai les rapporter moi-même.« Tu ne seras donc pas en jeu, ma pauvre petite Bluette.Tu es avec moi maintenant et tu y resteras.sois-en sûre.Elle reprit, en embrassant l\u2019enfant : \u2014 Demain, nous irons à la Houssaye ; c\u2019est un joli pays, tu sais, et nous y ferons visite à un bon prêtre de ma connaissance : l\u2019abbé Lerouge.« César le connaissait et l\u2019appre-ciait, lui demandait des conseils, mais î y en eut un qu\u2019il ne suivit pas : ce bon prêtre voulait, paraît-il, nous marier, et César refusa obstinément.«Il fallait à ce grand fou des horizons inconnus, des randonn'ées lointaines.Le foyer lui fit peur.« Cette roulotte, où Ton est si bien, cependant, où l\u2019on vit libre comme Tair, lui déplaisait.Elle parlait à cette fille comme à une amie capable de la comprendre.\u2014 Et que ferons-nous chez l\u2019abbé Lerouge ?demanda-t-elle d\u2019une voix douce.\u2014 C\u2019est vrai, je ne te l\u2019ai pas dit.Quand je pense à César, vois-tu, j\u2019oublie tout.Eh bien ! mon enfant, nous lui donnerons en garde tous ces joyaux jusqu\u2019au jour où on les réclamera.Alors, nous enverrons l\u2019heureux possesseur de toutes ces richesses chez l\u2019abbé Lerouge, et tout sera dit.« Si, par hasard, on ne les réclame jamais, alors, ce que tu as trouvé sera pour toi, ma petite Bluette.Le lendemain, la roulotte se dirigea vers la Houssaye.Ce fut une promenade délicieuse pour l\u2019enfant, le temps était si beau ! Déjà des bourgeons verdissaient aux branches, les bois s\u2019emplissaient de chansons, quelques fleurettes apparaissaient timidement dans les sentes qu\u2019aucun pied humain n\u2019avait foulées.Les rivières semblaient plus claires, les courants plus rapides sous les rayons encore pâles du soleil.Elles traversèrent plusieurs villages, s\u2019arrêtèrent de temps à autre dans les bois pour faire reposer le vieux cheval, puis, enfin, arrivèrent à la Houssaye.\u2014 Nous y voilà! dit Sidonie.Elles sautèrent de voiture, et, après avoir mis à d\u2019abri la roulotte et le cheval, elles suivirent un petit chemin à travers champs qui les conduisit devant une très vieille maison.La porte était ouverte.Elles pénétrèrent dans une cour où picoraient quelques poules et aperçurent, sur le seuil de la maison, un homme pâle et amaigri, les regardant avec bonté.C\u2019était l\u2019abbé Lerouge.L\u2019abbé Lerouge très vieilli.Sa longue barbe et ses cheveux encore abondants étaient couleur de neige, ses yeux avaient une expression de tristesse.\u2014 Bonjour, madame Sidonie, dit-il en s\u2019effaçant pour laisser passer les deux visiteuses.\u2014 Vous me reconnaissez donc?\u2014 Voilà bien longtemps que je ne vous ai vue, mais, malgré mon âge, j\u2019ai bonne mémoire.\u2014\u2022 Je me trouve dans cette région par un effet du hasard, dit Sidonie.J\u2019avais affaire à Maison-Rouge.\u2014 Maison-Rouge.répéta le vieillard en se signant, la maison des maudits.dit-il, et César en sait quelque chose.Moi, je vis ici en anachorète ; je ne vois personne, et je sais tout.« Je sais que César est venu, il y a une quinzaine de jours, à Maison-Rouge.\u2014 Et vous ne l\u2019avez pas vu ?\u2014 Non.__Oh ! l\u2019ingrat ! murmure Sidonie.A-t-il donc oublié tout le bien que vous lui avez fait ?tous les conseils que vous lui avez donnés quand il s\u2019est agi de cette malheureuse Valentine et de son enfant ?Il voulait attaquer la famille de Frileuse, le docteur de Hautmont, et c\u2019est vous \u2014 il me Ta dit souvent \u2014 qui Ten avez détourné, vous qui lui avez montré l\u2019inutilité de ses dénonciations.__Evidemment; Taurait-on écouté, lui ?« Quoi qu\u2019il arrive mon enfant, le riche triomphera toujours.Alors Sidonie expliqua le but de sa visite.\u2014 Des frivolités à garder ?Donnez -les, ma fille, personne ne viendra les chercher ici.Il se leva, fit quelques pas dans la chambre, souleva un carreau, et dit : __Voyez cette ouverture, ce trou qui semble fait tout exprès pour recevoir votre trouvaille.Placez-y ces bijoux.« Si je viens à mourir avant que vous ayez pu les reprendre, il vous sera facile de les y retrouver.Puis, il remit le carreau en place et tout fut dit : Alors, Sidonie se leva, prit Bluette par la main, et, d\u2019une voix émue : \u2014 Au revoir, monsieur Tabbé, dit-elle, et merci.« Bientôt, certainement, nous viendrons vous redemander le dépôt dont vous voûlez bien vous charger.Ce sont des choses qui ne nous appartiennent pas et qu\u2019il faudra rendre.Sur le seuil de la vieille masure, le vieillard, debout, les suivit longtemps des yeux.Il perçut le bruit de la roulotte qui s\u2019éloignait.Puis, plus rien.Alors, il rentra chez lui, murmurant : \u2014 Ah ! les braves gens ! les braves gens ! Cette courte visite de la femme et de l\u2019enfant avait été comme un rayon de soleil pour le vieux solitaire.QUATRIEME PARTIE CHAPITRE PREMIER AOÛT 1914.Par ce clair matin ensoleillé, la foule se pressait aux environs de la gare de l\u2019Est : hommes, femmes, enfants formaient des groupes compacts devant les grandes affiches blanches annonçant Tordre de mobilisation générale.C\u2019était la guerre.la grande guerre enfin!., la Revanche tant attendue!.L\u2019enthousiasme populaire était indescriptible, la victoire planait dans l\u2019air, vengeresse, inéluctable.Devant les affiches blanches de la gare de l\u2019Est, cependant lues et relues cent fois, il n\u2019y avait certes pas que des Parisiens : ouvriers, petits employés ou modestes bourgeois des environs de Paris les « banlieusards », comme on les appelle avec ironie, étaient accourus par le premier train, avides, eux aussi, d\u2019aller aux nouvelles, de savoir.En quittant la gare, ils se joignaient aux groupes déjà formés et où Ton discutait avec une fébrile animation.Là, depuis quelques instants, un vieux prêtre s\u2019était arrêté.Il venait de descendre du train de CoU'lommiers.Dans sa petite maison solitaire de la Houssaye, il avait entendu circuler des bruits alarmants et il avait voulu connaître la vérité.Il était donc venu, et, à sa descente du train, s\u2019était glissé à travers la foule houleuse pour lire les affiches, lui aussi.\u2014 Hum ! v\u2019ià déjà les corbeaux ! dit un ouvrier goguenard.Est-ce que ça le regarde, ce qui se passe ?Il ne compte plus, ce bonhomme-là.\u2014 Bien vieux, en effet, mon ami, répondit Tabbé Lerouge \u2014 car c\u2019était ce digne prêtre.\u2014 Il peut à peine marcher, ce bonhomme-là, mais, s\u2019il faut aller au feu consoler ceux qui y meurent, il ira ! « Oui, sous la mitraille ! et je ne serai pas le seul, reprit-il d\u2019un ton très doux : d\u2019autres prêtres iront aussi, mais jeunes, ceux-là, et ils se battront comme vous, avec vous, mon ami, ils seront vos camarades de danger et de gloire.L\u2019ouvrier s\u2019était tu ; d\u2019un regard étonné il examinait ce vieillard qui, tout près de lui, continuait à lire l\u2019affiche sensationnelle, et, se penchant vers l\u2019abbé qui semblait l\u2019avoir oublié : \u2014 Regardez donc ces deux-là.monsieur le curé, fit-il en désignant du doigt deux femmes qui sortaient de la gare.« La plus âgée ressemble comme deux gouttes d\u2019eau à une vieille tireuse de cartes que j\u2019ai connue autrefois à la fête de Montmartre.Quant à cette jeunesse qui pleure, à cette gentille blonde qui l\u2019accompagne, quel joli minois ! quels yeux ! DÉPRIMÉE?NERVEUSE?LYMPHATIQUE?DÉLAISSÉE?LISEZ ALORS CEül.Si vous manquez de vigueur ; si vous êtes fatiguée et irritable ; si vos nerfs et vos muscles ainsi que les tissus de votre corps n\u2019ont pas le soutien qui devrait leur être fourni par le bon fonctionnement du système, vous avez besoin d\u2019un tonique tel que mon SANO « A » qui contient les ingrédients reconnus par leurs valeurs toniques dans de telles conditions.LES TABLETTES SANO \"A\" Avec l\u2019usage du bienfaisant tonique SANO « A », votre digestion devient plus facile, votre repos est plus réparateur et une meilleure détente s\u2019opère dans vos nerfs et vos muscles.Votre appétit devient meilleur et l\u2019assimilation des aliments se faisant mieux, votre santé et votre vigueur devraient s\u2019améliorer.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de nos tablettes SANO « A ».Correspondance strictement confidentielle.LES PRODUITS SANO ENRG.Mme CLAIRE LUCE.Case postale, 1281 (Place d'Armes), Montréal, P.Q.Ci-joint 5ç pour échantillon des Tablettes SANO \"A\".Ecrivez lisiblement.(pour le Canada seulement) Nom.Adresse.Ville.Prov. 28 Le Samedi, Montréal, 9 mai 1953 « Elles arrivent d\u2019Esbly.Je les connais toutes deux ; elles montent tous les jours dans le même train que moi.Elles aiment la campagne, à ce qu\u2019il paraît, et apprécient les charmes d\u2019une petite maison entourée de son jardinet fleuri.Par hasard, la jolie blonde s\u2019était retournée, et, apercevant l\u2019ouvrier, elle lui avait fait un léger salut : elle venait de reconnaître, en effet, ce voisin d\u2019Esbly dont elle ignorait le nom et qui ignorait le sien.C\u2019était, dans ce même train qui les amenait quotidiennement à Paris, une de ces rencontres fortuites auxquelles on ne s\u2019attache pas, qui font qu\u2019on se connaît sans se connaître.Néanmoins, à voir pleurer cette charmante inconnue, l\u2019ouvrier s\u2019était attendri, et, s\u2019avançant vers elle résolument : \u2014 Vous allez abîmer vos jolis yeux, mademoiselle, dit-il en riant.\u2014 C\u2019est plus fort qu\u2019elle, répondit sa compagne qui n\u2019était autre que Sido-nie ; Bluette est une sensitive.\u2014 Peut-être son amoureux va-t-il partir ?\u2014 Sachez que Bluette n\u2019a point d\u2019amoureux, monsieur, fit Sidonie sèchement, en entraînant la jeune fille.L\u2019abbé Lerouge, qui avait repris sa lecture interrompue un instant par l\u2019ouvrier, n\u2019avait point retourné la tête jusqu\u2019alors, mais, en entendant la voix de Sidonie, il releva ses lunettes, examina les deux femmes et poussa une exclamation de surprise.Le regard paternellement affectueux de l\u2019abbé Lerouge s\u2019arrêta sur Bluette.Et extasié : \u2014 Comme cette petite a grandi ! dit le bon prêtre ; comme elle est devenue belle ! \u2014 N\u2019est-ce pas, monsieur l\u2019abbé, n\u2019est-ce pas ?dit Sidonie.J\u2019ai eu bien du mal avec elle, allez ! elle a été très malade ; j\u2019ai failli la perdre ! pas Bluette ! il lui fallait le grand air, la campagne, et dame ! quand on n\u2019est pas riche, on se loge où on peut, monsieur l\u2019abbé.« Ma roulotte étant devenue trop petite pour deux, j\u2019ai donc loué Un logement à Montmartre ; deux chambres et une entrée, au sixième étage.C\u2019est là que Bluette est tombée très malade ; si malade qu\u2019il a fallu la mettre à l\u2019hôpital, la pauvrette ! et moi, pendant ce temps-là, j\u2019ai tiré les cartes.Que cela ne vous effraye pas, monsieur le curé, il faut bien vivre ! « J\u2019ai retrouvé d\u2019anciennes clientes, des clientes huppées : la belle Mme de Hautmont, par exemple, qui m\u2019a fait redemander, et à laquelle j\u2019en donne.pour son argent.\u2014 Pauvres femmes! pensait le vieillard, dont la main un peu tremblante se leva comme pour les bénir.Quand Bluette chantait une chanson d\u2019amour, c\u2019est à Marcelin qu\u2019elle songeait.et sa voix se faisait plus chaude, plus vibrante.Quand elle se promenait dans le petit jardin de la maisonnette d\u2019Esbly, il était là comme en une vision.et vers cette vision elle tendait les bras ; et aujourd\u2019hui encore, dans l\u2019ombre des arbres, il lui semble entendre la voix du bien-aimé mêlée à celle qui monte du fleuve dont elle aperçoit les eaux cristallines qui miroitent sous le chaud solçil d\u2019août.Et, soudain, elle entend un pas vite reconnu, et son coeur bondit dans sa poitrine.Elle s\u2019est dressée.transfigurée par une joie surhumaine, et elle murmure : \u2014 C\u2019est lui ! c\u2019est Marcelin !.Il est là, devant elle.\u2014 Ah ! petite amie, que j\u2019ai de choses à te dire ! dit celui-ci en étreignant les mains de la jeune fille.\u2014 Oui, je sais.la guerre.Eh bien ! tu partiras ! mon aimé.mais tu reviendras.La Providence qui a permis que nous nous retrouvions après tant d\u2019années ne nous séparera plus.\u2022\u2014 Oui, je vais partir, mais je reviendrai.et, avant de te quitter, je veux te présenter à ma pauvre maman qui vit toute seule.Je veux lui dire combien je t\u2019aime.et -;u\u2019il faut que tu deviennes sa seconde fille ! et tu le seras !.j\u2019en suis sûr.Elle t\u2019adorera comme elle adore Régine.Bluette, éperdue, n\u2019entend plus que les cris de détresse de son coeur qui, douloureusement, saigne, et doucement murmure : \u2014 Tu vas te battre ?tu vas te battre ?\u2014 Et avec joie!.comme tout Français appelé à l\u2019honneur de défendre son pays.Soudain, des clameurs s\u2019élèvent des quais : une foule enthousiaste, composée d\u2019hommes, de femmes, d\u2019enfants même, descendant vers la place de la Concorde, d\u2019un même coeur et d\u2019une voix vibrante, entonne la Marseillaise : Allons, enfants de la patrie, Le jour de gloire est arrivé ! Marcelin eut un frisson.Aux armes, citoyens ! formez vos [bataillons ! \u2014 Ecoute.fit Marcelin, allons-nous-en.Suivons cette foule ce sont des frères que j\u2019aime, tous ces hommes qui passent.Toutes ces femmes, ce sont nos mères ! Viens, Bluette.Et sur les quais il l\u2019entraîne.La foule est compacte, houleuse.Où va-t-elle ?Peu leur importe.Quelques voix crient : \u2014 A l\u2019Elysée ! \u2014 Vive la France ! \u2014 A Berlin ! A Berlin !.\u2014 A bas Guillaume ! \u2014 A bas l\u2019Autriche ! Des quatre coins de Paris, ces mêmes cris s\u2019élèvent depuis le matin, et le peuple ne se lasse point de les entendre.Des quatre coins de la capitale, le peuple accourt, se rassemble comme une marée montante, se ruant vers les grands centres, sonnant le ralliement prochain de tous ces braves qui vont partir pour la frontière.Bluette et Marcelin sont restés silencieux ; mais, bien des fois, Marcelin anxieux a retourné la tête : c\u2019est avec regret qu\u2019il s\u2019éloigne, et Bluette murmure en serrant son bras : \u2014 Tu voudrais aussi les suivre.mais je te garde : cette journée est pour moi.Demain, tu seras libre.« Ne m\u2019as-tu pas dit que tu voulais me conduire chez ta mère ?Eh bien ! allons-y.EJt, ensuite, nous nous séparerons, dis, veux-tu ?\u2014 Viens, dit-il, très grave.Et ils rebroussèrent chemin, gagnèrent le boulevard Saint-Michel, la place du Panthéon et cette petite rue Lhomond, toujours calme, toujours la même, avec son vieux couvent et ses vieilles bâtisses.Ils pénétrèrent dans la maison que nous connaissons.Sur le seuil de la loge, la mère Victoire, vieillie, cassée, le dos voûté, un peu de moustache aux lèvres, les accueille avec un bon sourire.\u2014 Maman est-elle chez elle ?demanda Marcelin.\u2014 Elle était allée aux commissions, mais elle vient justement de rentrer.« Alors, pauvre petit.vous allez filer comme les autres, vous ! et si jeune ! Marcelin n\u2019entendit point ces dernières paroles et, suivi de Bluette émue, il sonnait déjà à la porte du petit logement de sa mère.\u2014 Ah ! mon enfant.c\u2019est toi ?\u2014 Je t\u2019amène une petite amie qui m\u2019est bien chère \u2014 car c\u2019est le moment, n\u2019est-ce pas, de tout te dire ?\u2014 C\u2019est à toi que je veux la confier.La mère eut un tremblement.Inquiète, et d\u2019un regard défiant, elle examina la jeune fille que son fils lui présentait.Et, sous ce regard inquisiteur, Bluette frissonna.des larmes lui montèrent aux yeux.\u2014 Il ne faut pas trembler, il ne faut pas pleurer, petite amie, fit Marcelin.Je t\u2019aime ! et, crois-le bien, je t\u2019aimerai toujours.« Tu es sans famille, sans nom, peu importe.si je te donne le mien ! Nous sommes pauvres tous deux.mais notre amour fera des miraoles.Nous travaillerons.car, avec le travail, on est heureux.Madeleine, surprise, ne comprenait pas.Interdite, elle écoutait les paroles graves de ce fils qu\u2019elle adorait.de ce fils qui la faisait vivre ! Employé chez un architecte, Marcelin, en effet, gagnait déjà largement sa vie ; REHOUSE NUi -.\u2014\"\"\"'i J , - WÊÈÊit^ \u2014 : : .£>
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