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Titre :
La tribune
Veuillez noter qu'il manque certaines pages, parties de page ou cahiers de la version née-numérique du journal La Tribune des années 2006 à 2008.
Éditeur :
  • Sherbrooke :La tribune ltée,1910-
Contenu spécifique :
Cahier 4
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Magazine week-end, ,
  • Genre
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La tribune, 2001-07-12, Collections de BAnQ.

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[" La Tribune / Jeudi 12 juillet 200} LA PLANTATION DE NOUVEAUX SPECIMENS / Page D+ CAHIER D Mode L'automne selon | | Le Cochon SouRiant Nadya Toto / Page D3 | séduit / Page D6 entiments artificiels Pourquoi chercher à faire naître de l'amour entre une femme et une machine?alarocheta latribune.qe.ca SHERBROOKE | c professeur François Michaud n\u2019a pas aimé le film «Intelligence artificielle».le der- LAROCH nier-né de Steven Spielberg.E De son propre aveu.il n\u2019a pas = su comment pleurer devant les états d\u2019ame d\u2019une machine de silicium recouverte de polymère.Faut le comprendre, cet universitaire sherbroo- kois est titulaire de la chaire canadienne de recherche sur la robotique.C\u2019est pourquoi les incongruites du scénario.qui lui ont sauté au visage en format ei- némascope, l'ont empêché de sauter dans le futur spielbergien.Le film plonge lès spectateurs au milieu du 21e siècle, où les familles n\u2019ont droit légalement qu'à un seul enfant.Un scientifique conçoit donc un gar- çon-robot, destiné à fournir l'amour à ses parents.Cependant, le premier androïde de ce genre, pre- nommé David, vit difficilement le rejet de sa mère adoptive.François Michaud n'a pas embarqué dans l\u2019his- toire.Les paradoxes technologiques commis par lc cinéaste le faisait carrément décrocher.«Pourquoi l'enfant-robot s'endommage en mangeant des épinards, mais qu\u2019il peut couler à pic dans l'océan et en ressortir sans aucun bris?».fait remarquer l\u2019expert, tout aussi étonné de l'incroyable autonomie énergétique de l\u2019adorable gamin.«On a oublié à quelque part que l\u2019énergie.il faut la créer.» Se prendre pour Dieu Il faut dire que François Michaud ne se sent pas l\u2019âme d\u2019un professeur Hobby, le personnage jouc par William Hurt, qui veut réaliser le rève inassouvi de l\u2019Homme: créer un être parfait à son image.Le spécialiste sherbrookois désavoue cette volonté de se prendre pour Dieu, comme il ne croit pas aux mythes entourant les humanoïdes.Pour lui, ils ne seront jamais des créatures sans défaut.«II est difficile de croire en un être sans limitation.Il suffit d\u2019imaginer les difficultés d\u2019animer une machine avec des moteurs dénués de bruits et de friction.Comment parvenir à cela?Juste à y penser.cela donne une idée des obstacles techniques pour créer un tel être», dit-il.Le chercheur est aussi demeuré perplexe devant la capacité d\u2019apprendre par lui-même de David.Elle est parfois mirobolante.parfois navrante.«Jusqu\u2019à présent, nous avons pu fabriquer des machines qui apprenaient à modifier leur comportement devant un échec.Nous l\u2019avons prévu, c\u2019est programmé dans leurs algorithmes de calcul.Le garçon-robot, lui, fait des déductions pour lesquelles il n\u2019est pas prévu», explique François Michaud.«C\u2019est d\u2019ailleurs le seul aspect intéressant du film.Le robot a la capacité de rêver et de se donner un objectif par lui-même», ajoute-il.D\u2019un autre côté.l'impossibilité d'atteindre le but fixé confine David dans une logique circulaire dont il ne parvient pas à s\u2019extirper.C\u2019est un ratage affligeant, croit le chercheur.«Nos robots actuels doivent, par exemple, suivre deux consignes: suivre les murs et éviter les obstacles.Quand survient un coin aux angles trop aigus.ils ne savent plus quoi faire et se mettent à tressauter.Mais après un certain temps, ils comprennent qu\u2019ils doivent sortir de là et réagir autrement.«À la fin du film, David se trouve devant ce qu'il cherche mais qu\u2019il ne peut atteindre.Il demeure là à attendre sans fin.Malgré toute l\u2019intelligence qu\u2019il a démontrée, il ne se rend pas compte qu'il se trouve dans un cui-de-sac», s'étonne Michaud.Vice de conception De toute façon, l\u2019ingénieur juge que, à la base, le robot David éprouve un vice de conception.«Si une machine ne fait pas la distinction entre le réel et l'irréel, je ne pense pas que cela soit une bonne machine.Et pourquoi s\u2019échiner à faire un robot qui se fait prendre aux pièges de l\u2019amour?».s'interroge-t-il.pensif.Donner des émotions à un robot ne rime à rien.continue-t-il.«Il y a trois champs de recherche sur les émotions: la reconnaissance, l\u2019expression et la génération de sentiments.Cela a pour objectif de faciliter Voir SENTIMENTS en page D2 .n'a ug a Imacom, Jocelyn Riendeau Le robot de François Michaud est peut-être l\u2019ancêtre des humanoïdes présentés dans le dernier film de Steven Spielberg.Mais c'est le dernier des désirs de ce docteur en robotique, professeur à l\u2019Université de Sherbrooke et titulaire de la chaire canadienne de recherche.vad dd André Laroche alaroche@latribune.qc.ca SHERBROOKE | | n petit engin se proméne seul dans la pièce.Il sent ses réserves d\u2019énergie se vider.Son oeil de verre cherche de façon désespérée où il pourrait recharger ses batteries.Quand il trouve ce qu'il cherche, il apprend qu\u2019un de ses compagnons est encore plus mal pris que lui.Ils devront donc se partager la ressource.C'est là une percée majeure dans la robotique mobile, un des fers de lance + de l\u2019Université de Sherbrooke.«Nous sommes les seuls au monde à faire partager une station de recharge», fait remarquer le professeur François Michaud avec une fierté non dissimulée.Et il a raison.Avec son groupe d\u2019étudiants, ce docteur en génie électrique marque le pas devant les riches laboratoires japonais et américains.Il se tient au courant de toutes les découvertes de son domaine pour en faire profiter ses robots.«C\u2019est l\u2019un des créneaux de la chaire de recherche.Il y a des technologies développées à travers ie monde, par exemple, pour la reconnaissance de la voix, l'autonomie énergétique, l\u2019analyse de l'information.Mais toutes ces tech- \u2019 Les robots de Sherbrooke nologies ne sont pas mis ensemble dans une méme machine.Nous, c\u2019est ce que nous cherchons a faire», explique-t-il.L'équipe de recherche du Laborius (laboratoire de recherche sur la robotique mobile et systèmes intelligents) s\u2019échine ainsi à apprendre aux robots a travailler ensemble.Ils veulent les voir se partager une tâche et des ressources communes.Ils pourraient méme savoir ce qu'ils peuvent faire, et ce qu\u2019ils doivent laisser aux humains.Pour cela.les machines de Michaud doivent s'adapter à leurs propres limites de déplacement.de sens, d\u2019actions et de capacité à savoir quoi faire.Voir SHERBROOKE en page D2 { (Faites passer jun bel été a vos os iq Cal-Mag Duo = | 4 Rabais de 30% Le calcium de Sisu permet une meilleure absorption que le carbonate.Pris à long terme, il est reconnu pour son effet sans dépôt calcaire.Profitez-en! 200 + 100 comp.Fo p00 00 22s 7.ogy 2 De plus, rabais de 25 a 3 0 sur toute la gamme de glucosamine « ~ avec ou sans chondroitine.\u2014 Le Sésame)\u2014\u2014 ra Depuis 1970., rue King Ouest: Sherbrooke 563-3290 : , { .coed D2 La Tribune / Jeudi 12 juillet 2001 André Laroche alaroche(: [atribune.gqe.ca SHERBROOKE ans le dernier film de Steven Spielberg, un prédicateur tire profit de la haine des gens pour les robots.Dans une ambiance de cirque romain à la sauce WWF, les androïdes sont sacrifiés au grand plaisir de la foule excitée.La scène renvoic a une peur enfouic chez l\u2019humain.Dans le fond, même si la technologie l\u2019amuse.l'homme crain- drait-il les robots\u201d La question se pose.Depuis que l'écrivain tchèque Karel Capek a imaginé les premiers humanoïdes en 1920, plusieurs oeuvres de fiction ont été \u201ccréées sur cette question philosophique: si les machines deviennent de plus : en plus intelligentes, perdrons-nous no- : tre humanité?Le sujet prend d'autant plus d\u2019inté- -rêt quand la réalité rejoint la fiction.\u201cOn se rappelle que les travailleurs nord-américains de l\u2019automobile ont - pris en aversion les premiers robots ar- - rivés sur les lignes de montage.Soudainement confinés à la simple tâche de fournir les outils à leurs compagnons mécaniques, Ces ouvriers se sont retrouvé privés du plaisir valorisant de construire des voitures.Les gestionnaires d'usine ont alors compris le besoin irrépressible de l\u2019homme de se sentir toujours supérieur à sa technologie.Même un spécialiste de la cybernétique, le Britannique Kevin Warwick, .partage ce désir.Il est cependant pessimiste devant l\u2019évolution de sa propre science.«Je souhaite que nous, humains, ne soyons pas envahis par ces machines que nous avons nous-mêmes créées.Je sais que mon rève à très peu de chances de se réaliser, mais on peut toujours espérer!» Les lois d\u2019Asimoy Isaac Asiriov, chimiste américain et auteur de science-fiction, avait prévu dès le milieu du siècle dernier que ses semblables opposeraient une résistance devant ses êtres fabriqués à leur image, mais dotés de plus grandes qualités de résistance et d'intelligence.C\u2019est donc pour rassurer ses congénères qu'il avait édicté à l\u2019époque, dans un esprit de synthèse très américain, les trois règles de base de la robotique: 1, Tu ne feras pas de mal aux humains et tu les protégeras.2.Tu obéiras aux humains.3.Tu te protégeras.Comme la première règle a préséance sur les deux autres, et la deuxième prime sur la troisième, Asimov à fait surchauffer les cerveaux positroni- ques de ses robots confrontés à de sérieux problèmes de conscience.L'écrivain leur avait d'ailleurs imaginé une psychologue pour les aider à se dépêtrer dans leurs dilemm:s.Mais, malgré ces lois, les personnages d'Asimov n'ont jamais cessé d\u2019éprouver de l'hostilité face aux créatures mécaniques.Nous en avons un aperçu dans le film «L'homme bicentenaire», tiré d'ailleurs d\u2019une de ses nouvelles.La menace de Deep Blue Ces peurs existenticlles sont devenues bien réelles le 1! mai 1997.Ce jour-là, l'ordinateur Deep Blue d'IBM a battu le champion d'échecs Garry Kasparov.La puce de silicone venait alors de remporter une première victoire sur la neurone de carbone.La rapidité de caleul de la machine avait battu l'instinet et la capacité humaine de changer de stratégie.Ce qui cffraie les philosophes et les penseurs, c'est que le cerveau de Deep Blue s\u2019est mis à «apprendre à appren- SENTIMENTS Suite de la page D1 l\u2019utilisation des machines.l'expression de la surprise peut.par exemple, donner une indication de l'utilisateur qu'il donne une commande inappropriée.Mais il y a des moyens plus simples ct plus rapides», affirme-t-il.L'étude des émotions, pour en retirer et reproduire les fonctions.peuvent cependant être utiles à l'avancement de l'intelligence artificielle.concède le chercheur.«Elles procurent des notions de hie- rarchie, de territoire.d'identité et de temporalité.Les introduire dans des algorithmes pourraient générer chez les robots des indications sur les limites d'eux-mêmes, régler leurs comportements sociaux et servir à la cohésion d\u2019un groupe.Ils pourraient savoir.par txemple, comment se partager une tà- che de travail selon les ressources de chacun», souligne-t-il.Mais de là à faire aimer un robot par une femme en peine d'amour ma- .ternelle, il y a une marge.fait remarquer le pragmatique François Michaud.«Si Fon ne sait plus faire la distinction entre un être vivant ct unc machine.il faut se poser de séricuses questions.» La peur des robots L'être humain craint-il d\u2019être dépassé un jour par les machines qu\u2019il fabrique?Les robots parviendront-ils un jour à une perfection qui menacera la place de l'être humain dans la société du futur?dre», Sa victoire évoque une menace sur la propriété de cette faculté exclusive de l'humain, qui lui a permis de s'élever au-dessus de sa condition animale.Deux chercheurs américains ont d\u2019ailleurs appliqué l\u2019an dernier les lois de la sélection naturelle aux robots.L'expérience a démontré que ces derniers pouvaient donner naissance à des générations toujours plus évoluées que André Laroche alaroche@latribune.qc.ca SHERBROOKE ¢ darwinisme appliqué à la robotique provoque le même effet de sélection naturelle.C'est ce qu\u2019ont pu démontrer l\u2019an dernier deux chercheurs américains, Hod Lipson,et Jordan Pollack, de l\u2019université Brandeis dans le Massachusetts.Ces deux scientifiques ont créé un programme de simulation informatique basée sur la théorie élaborée par le nasa précédente (voir autre texte), sans autre aide humaine que d'installer un moteur électrique.Cette expérience, dit un spécialiste du réputé Massachussets Institute of Technology (MIT), laisse entrevoir une ère où les machines seront capables d\u2019évoluer eux-mêmes.Un cerveau pour un dollar Et cette époque n\u2019est pas si lointaine, si l\u2019on en croit l\u2019inventeur Ray Kurzeil.Auteur du livre «The Age of Spiritual Machine», ce diplômé du MIT croit que les robots disposeront de l\u2019équivalent du cerveau humain quand les scientifiques auront dressé le plan détaillé du cerveau humain, neurone par neurone, comme ils l\u2019ont fait pour le génome humain.À ce moment-là, vers l\u2019an 2030, cette reproduction hyper-performante se vendra sur le marché pour un dollar.La loi de Darwin turaliste britannique Charles Darwin au milieu du 19e siècle.Une première «population» de 200 robots virtuels a été soumis à ce processus d\u2019évolution.Peu à peu, à chacune des 300 à 600 générations d\u2019individus, les robots ont acquis puis amélioré la capacité de marcher en déplaçant, supprimant ou bonifiant leur nombre de pièces.Ils ont aussi modifié leur système de contrôle.Mais le plus extraordinaire, c'est qu\u2019après cette évolution, les robots virtuels ont donné naissance à -des robots marcheurs réels.Leur fabrication a été mise en route Gracieuseté du MIT Le roboticien Rodney Brooks, du MIT, fait jouer son robot au Slinky pour lui apprendre à mesurer ses gestes.SHERBROOKE Suite de la page D1 «Optimiser tout cela serait une forme d'intelligence», dit le chercheur.«Apprendre à se débrouiller selon ses capacités, c'est ce que font tous les gens.Lors d\u2019une compétition d'ingénierie, il fallait créer un robot qui prendrait l'ascenseur.Ce n'était pas facile car un bouton d'ascenseur est situé loin du sol.Fallait-il planter un bras de trois pieds sur le dessus du robot, seulement utile à peser sur le bouton?La solution la plus simple était que le robot demande de l'aide», raconte François Michaud.Enfin.l'autre champ de recherche consiste à trouver comment concevoir le mieux possible chaque module d\u2019un robot.«Par exemple, pourquoi imiter \u2019 l'humain et ne lui donner que deux yeux.N'aimerions-nous pas.nous, avoir des veux tout le tour de la téte?Nous en avons l'occasion avec un robot.» La compagnie Sony caresse d'ailleurs le projet de lancer sur le marche un robot transformable à sa guise.selon un choix de modules différents.«Son chien-robot, Aibo, a d'ailleurs été lancé dans cette veine.La compagnie voudrait mettre sur le marché une plate-forme de programmation, venduc avec quatre roues.L'acheteur pourrait ensuite économiser pour se procurer une tète.deux ou quatre jambes ou même des roues.selon ce qu'il veut en faire».mentionne François Michaudautomatiquement.Leurs membres ont été coulés dans un matériau thermoplastique, puis reliés par des jonctions ou coudes articulés sans aucune intervention humaine.La seule aide extérieure a consisté à les doter d\u2019un moteur électrique.Selon un grand spécialiste de l\u2019intelligence artificielle au MIT.Rodney Brooks, cette expérience est un premier pas vers la réalisation du «rêve ultime de l\u2019apparition de machines capables d'évoluer elles-mêmes».Brooks a lui-même conçu il y a une dizaine d'années des «robots-fourmis» capables d\u2019apprendre.À leur «naissance», ils ne savaient pas marcher mais, petit à petit, leurs mouvements corrigés par l\u2019expérience devenaient de plus en plus coordonnés et ouvraient la voie à un comportement plus complexe.L'université de South Florida a réussi pour sa part une percée qui laisse entrevoir un robot capable de tirer leur énergie de leur milieu naturel.Leur créature, appelée Chew-Chew.ne mange de morceaux de sucre.L'estomac est rempli d\u2019une soupe de bactéries qui digèrent le glucose et en libèrent des électrons qui partent recharger de classiques batteries de 1.2 volts au nickel- cadmium.«La prochaine étape sera de faire avaler un aliment nature! à Chew- Chew: il fonctionnera bientôt au jus d'orange.un aliment très énergétique Apparaîtra alors des «robots 'humains» comme ceux du film «Intelligence artificielle».Se disant dotés d\u2019une conscience, irrités par leur état d\u2019esclavage, ils réclameront alors rapidement des droits civiques, prédit Kürzeil.Le: «Dans 30 ans, nous aurons des-Brà- chines qui reproduiront toute la varjété de l\u2019intelligence humaine», affirmé
de

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