La nouvelle barre du jour, 1 janvier 1977, Novembre
[" HMMS) 4 lajiouvelle 10 barre fe eu Role NUATEREE 977 œ- gg 4 y 3 y) k i + a LS A W 1 fe 7 ii CI SE I | ol NO Td de ean ve NN meeps XX XN J Z ati.| DRE OT ET LA NOUVELLE BARRE DU JOUR NUMÉRO 60 NOVEMBRE 1977 Secrétaire de la rédaction Jean Yves Collette Collectif: Nicole Brossard Michel Gay Jean Yves Collette Conseil graphique: Michèle Devlin Distribution exclusive: Dimédia Inc.539, boul.Lebeau, Saint-Laurent, Qué.(514) 336-3941 Toute correspondance doit étre adressée a: La Nouvelle Barre du Jour, C.P.131, Succ.Outremont, Outremont, Qué.H2V 4M8 Les auteurs sont priés de n'envoyer qu\u2019une copie de leur oeuvre, les documents n'étant pas retournés.Les auteurs des textes que nous publions sont seuls responsables des opinions qu\u2019ils émettent.La reproduction des textes et des illustrations paraissant dans la Nouvelle Barre du Jour est strictement interdite.DÉPÔT LÉGAL \u2014 QUATRIÈME TRIMESTRE 1977 BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DU QUÉBEC ISSN 0005-6057 FOR RRAEIEE Cyne i AT NAN AA AT te shah I IHR IH HR NR I RTH RRR TR HER HAN HR RENE AN NS AO HH HE RTRSY SOMMAIRE FICTIONS MOISI Louise Bouchard MA GUENILLE PRÉFÉRÉE Jean-Pierre Guay CONTRE VENTS ET MARÉES Denyse Hébert-Richard UNE VIE PRÉMATURÉE Jean Yves Collette PLAQUE TOURNANTE Michel Gay HISTOIRE D\u2019ÉCRIRE MINE DE RIEN Michel Beaulieu ESSAI L\u2019ÉCRITURE RÉFLEXIVE AU QUÉBEC Marcelle Brisson COMMENTAIRES vs : S i 2) A 5 {ooh habitudes de à S 144 a?# yd 7) a dc AM 10M1S tir r= + rath, Fic Pire pe = 5 recherch THF \u2014 iets, \u2014_\u2014 mi J ERA SEERA Rp 3 er ie PE if! 3 23 i.BE i.J .a pe ee PAPER PRE CESR PPT ETES pe RP ET pe OT ET eee 3 PRT me rey = ES rap ee ee LS = Te Et nr i # 2s + 5 = 5 5; È $ 4 i i 3 $ 4 2 ve % : 5 # \u2018 de pis a PAS a > i 5, » © * si i ai : 5 i i i i 5 5 5 À i.> À ; a En : 5 2 me i i 2 ; By 5 5 \u2018 2 % 5 oo Se 9 Lo .me ze X 4 i as he 3 i oi A 7 Le a Re e i # i i ph ® 2 a x 2 4 & ot i i 5 Ta i a 1 5 gs La 2 i i - # A i 2 uise Li z # 2 i 5 2x = i 3 FL 5 p ; I = 5 \u2018 à i i i i Li i a 7 7 ps Leng o A 5 5 ni % i i i a i .= % 5 a Ly i a sa # , 5 i i 4 Fhe i 2 a Fri i Z ; i , i À A er % 54 3 Bouch i i 2 i i = D 5 : \u201c on CE rn pit : = a FE ih 5 a i 5 i ey \u20ac a à ei Dés is Li 27 I 7 5 5 3 A 5 4 i 2 34 ard - x ; Eg Fs 57 hy a ps es i ; ÿ 25 SH 2 i 5 À i, i Sa sas oi i i i i 2 Le 2 5 Gini 5 A a se .2 i Lag i SoHE an 7 ST 2 Sr Si 4 c Co 3 as iy i 2 £7 5 2 i 5 15 > Z od 2 Z be 3 CE oo.PEN i Le pee = ; = FRR, es Pop er RARES ee Co piety Pate Le en Cao RES CSC OP PR CEE RSS me > Moi, je ne vois que ce que vous voyez, je me fie à vous.Maurice Blanchot.DOUCEMENT l'enfant la regarde.L'idée, ou l\u2019expression plutôt de ce regard s\u2019impose.Sa douceur surtout \u2014 essentielle \u2014 obsédante.Cette vision, comme un écran, bloque l\u2019accès à la mort comme au présent.Elle la précède, dressée devant, et empêche qu'on se rende jusqu\u2019à \u2014 Elle.Longtemps elle le garde.Il ne bouge pas.Elle dit: «Vous êtes là?» Elle le vouvoie tellement elle se sent loin.Elle pense qu'elle en a eu un autre qui ne levait pas les yeux sur elle, qui ne suppliait pas.L'autre, elle voulait l\u2019attirer, le distraire d\u2019une passion dont elle était rejetée.Mais celui-là, comme il s\u2019attache à elle par le très puissant et unique lien d\u2019un regard fasciné.Elle ne sait pas comment s\u2019en déprendre .Elle chante d\u2019une voix épuisée «Ferme tes jolis yeux.» et se met à pleurer.Elle tourne la tête (vers vous?) et dit: «Croyez-vous \u2014 Êtes-vous sûre \u2014 que cet enfant soit le mien?J'aimerais, voyez-vous, qu'il \u2014\u2014\u2014\u2014.Son regard me rend malade.Comment pourrais-je jamais lui donner ce qu\u2019il demande?» Vous: «Mais ELLE ne parlera pas.» RE cu (VOS RÊVES DÉRANGENT LE SIEN.À CÔTÉ, OU EN MARGE, ON AURA IMAGINÉ QU'ELLE A ENCORE DONNÉ NAISSANCE À UNE MORTE.C'EST LA DEUXIÈME FOIS.ELLE SOUFFRE POUR RIEN.LES MORTES LUI VIENNENT MALGRÉ ELLE.ELLES SORTENT DE SES ENTRAILLES.SANS BOUCHE.ELLE N'AURAIT PAS ASSEZ DE SANG POUR ÇA.) D'abord, je descends dans un souterrain.Longtemps je suis restée à l\u2019entrée, immobile.Je sais que je ne peux pas aller ailleurs, qu'il est la seule voie, que je ne serai emportée que là.Mais je redoute ce lieu, et le désir surtout de nulle part où je pressens déjà ma perte en même temps qu'un commencement.Et quand enfin, accablée d\u2019ennui et d'immobilité \u2014 celle qui vient, en moi est la plus immobile de toutes \u2014 jentreprends la descente, je trouve ces deux femmes auprès de l'enfant qui n'est qu'un regard, (C\u2019est son nom comme: Le Dieu-au-coeur-arrêté.) si avide que je me laisse absorber.Je deviens lui \u2014 ce regard \u2014 sur une femme épouvantée qui ne sait plus où donner de la tête.Elle dit: «s\u2019il ne retourne pas ses yeux vers l\u2019intérieur, je ne réponds plus de moi».Celle des deux qui est la bonne n'a pas l'enfant.Mais l\u2019enfant ne la voit pas; il ne connaît pas son désir.Ne soupçonne rien de bon ici.PE EME RNA NAN NM TE EE RRR HR RNR RN EI RH RN NR RNa Quand je me dissocie de lui, la première m'aperçoit, n\u2019a pas peur de me dévisager.Elle laisse reposer sa vue sur moi.«Je suis contente de vous voir.Il y a longtemps que vous êtes là?» \u2014 «Je suis celui-là dont pour l\u2019instant vous vous détournez.J'ai peur qu\u2019il tombe, qu\u2019il vous échappe.Vous ne le tenez pas bien.» À l'oeil que je fais, elle sursaute et demande: dans quelle maison suis-je folle, et comment sortir, et si je suis tombée sur la tête\u2026 ça n\u2019aura pas été sa faute; le regard (la tête trop pesante) était si troublant qu'on ne pouvait le soutenir.ÿ q i ¥ i i \u2018 L'autre, qui est effacée, ne pourrait être vue maintenant que par l'enfant qui ne l\u2019imagine pas; n\u2019en a pas la moindre idée.i Plus tard \u2014 (une) seule visible \u2014 elle ajoute que | le mal est fait, qu\u2019il a été déposé sans précaution juste à côté.Malgré l\u2019étroitesse du lieu, le peu | d'espace (c\u2019est comme les mots; on n\u2019en a pas i beaucoup.on ressasse toujours les mémes.Sans 3 doute, il suffirait de s\u2019étirer, de s\u2019allonger pour ac- à croître le cercle, mais on n\u2019a plus la force ni l\u2019en- a vie d\u2019une telle dépense), on demande: de quel côté, de quel côté?Mais elle prétend ne pas pouvoir dire plus, que l'indication est, sinon précise, du moins exacte et achevée.«A côté, juste à côté.C\u2019est sa place.Vous n\u2019éviterez pas de tourner autour.» i On se sait tombée nulle part, sans adresse, avec la i nostalgie d\u2019un monde plein de repaires.Pour m'en sortir, par provocation aussi \u2014 comme on se creuse un trou (j'éprouvais le besoin d\u2019une mise en place, fût-elle paradoxale) j'ai dit: «ça sent le remugle et le glaieul».Pour rien, sans faire de sens, puisque l'odeur des glaieuls était incroyable.IH IT ER HENTAI ee ree \u2014 «Vous voulez dire qu'il y a des manques.\u2014 Si vous voulez.mais lui, qu'en avez- vous fait?\u2014 L'ENFANT NE (VOUS) REGARDE PAS».C\u2019est à cet instant que ça commence vraiment.Ce n\u2019est pas tant d\u2019avoir perdu le nom que de découvrir qu\u2019entre la gauche et la droite il n'y a rien qui tienne.Je suis mise en morceaux.Manque du premier tableau la figure centrale.Ce n\u2019est pas seulement un blanc sur une toile inachevée, mais une absence qui rend vain l'effort de l\u2019oeil.On ne demande pas qui s\u2019en est allé, mais s\u2019il reste (quelque chose) à voir.Ce n'est pas la fin du monde, c\u2019est quand le réel est porté disparu.On a envie de s\u2019arracher les yeux et de les donner à quelqu'un: «dis-moi si tu vois mieux que moi.Je ne sais pas m\u2019en servir peut-être».Bien entendu, la main, paume ouverte, est tendue dans le vide.Cet abandon est inouï.\u2014 «Montre- toi.Ne me laisse pas dans le noir.Fais-moi voir».Les voix ne sont pas éteintes en même temps que la lumière.Quelqu\u2019un répète avec insistance: «Regarde-moi». La mort, le sujet sont hors de portée.On ne risque pas le coup de faux, l'arrêt brusque.Il n'y a pas de vif à saisir ici.Rien n\u2019est possible \u2014 aucune fiction \u2014 que la lente altération de l\u2019image, sa corruption imperceptible.L'oeil est noyé dans l\u2019eau d\u2019iris pendant qu\u2019elle se défait, ce qui ne se raconte pas bien, faute de témoin.\u2014 «Ce qui peut vous arriver maintenant, cela seulement qui pourrait venir à vous, ne vous regarde plus.\u2014 Je ne sais plus (si) sur quels genoux j'étais assise».Les voix sont détachées, déplacées, sans support, ce qui les rend tremblantes et improbables.\u2014 «Vous n'y êtes pas».Il faut composer avec elles \u2014 braillardes \u2014 celle- là surtout qui n\u2019est pas dans son assiette.On attend qu\u2019elle se lamente, une bonne fois, une fois pour toutes.L'absence d\u2019un regard propre accentue encore la menace d\u2019un déluge de larmes.J'écris ceci sans m\u2019énerver: JE SUIS EN PLEINE MÉMOIRE.Si je crie mère c\u2019est que le temps sera proche.Pour l'instant, rien n\u2019est moins sûr que ce je ou cette matrice.Le sol et le pied ferme font également défaut.On n\u2019en fait pas un drame.A cause des voix, même tenues à rien, quelqu'un a moins peur dans le noir.On n\u2019en finit pas de décompter les absences.On pèse ses mots, rien d'autre.Ces derniers à tout moment frôlent la mort.Parasites de I'oubliée.Des moisissures.Quelque lien originel \u2014 celui de la fascination?\u2014 a été coupé.La parole depuis est sans fondement.8 I PS Er APE TATE EE SE FF IHHHR HN HHH ONE [II A IRR BIN ERIE?RE rie ro (HH ?a uit or VOUS AVIEZ RAISON EN RÊVE.C'ÉTAIT UNE FILLE.ON L\u2019A INSTALLÉE SUR LA CHAISE DE L\u2019OUBLI.ELLE ÉTAIT PARFAITEMENT IMMOBILE DEVANT LE DIEU- AU-COEUR-ARRETE, OU TOUTE AUTRE OSIRIS.J'AI DÜ DÉCHIRER CE RÊVE.IH (ASSURER vu A SS HI . = uns ve or - ee EN pen EN PE rs ce eax = = mes rt cette ERE Frag 5 pres so ee re) Efron ah = A 2, sex EE a Epa tt i op = ects pee ee ce EE és PAR PEI KARA 3 So eh Di = SEES ROE 3 ; BU x SERRES se se Su RO ~ STINE 05 NE BER so 25 RE EE S = - SNS x WE gr sie vue EERE 2 ep sense Fa page x Xa = 0 TR = Fe Si 23) = se sc 2 = = HY a NET AT su A SCENE = = 5 ss SEER Ep SRT vs on we Ë oe vol i eh oy ws 5 = ca PE & ; cy oat ce se or To rel ne phd ey BR a oh pr De pd ao ph É 7 = = = EN en en Dee de , = oh Et Wy xh Jean-Pierre Guay iit A HR IH PE LB nn hi A A i \u2018 1 Hl i ' i A MA GUENILLE PRÉF HHRH æ IH i IH A A 0 HH A a A ss RH! IB] o Ps .IH INH jt EREE a IH A Gi Sl i NN = LS A Co ER A Sk = ER i Venant d\u2019une souche, la pauvre musique des hivers enfouis là-bas, plus en bas, dans la cave et sous la noirceur de l\u2019oubli.Je m'étais montré de la queue dans un miroir, tu n\u2019avais pas bougé, tes seins toujours aussi rouges d\u2019avoir été brassés comme des couilles.Je sacrais tout, le ciel, le fleuve et nos fesses.J'étais comme un poète, en maudit comme en tendresse (alors tu avais mis le pied sur un bout de bois, gros comme l'envie qui me trichait le ventre).1.je ne sais plus j'ai peur de ce que la mort angoisse je suis loque au bord de toi poésie, ma guenille préférée dans l\u2019absence de rivière et de vent l\u2019envers de la ville un quelconque garage noir du trou rien que du trou et tout au fond du noir immense des clous, des pneus et des clous 2.rien que ma femme préférée joue de moi tel qu\u2019on mord un chien partout joue-moi partout Tu riais, je t'avais mis sur la tête un peu de poussière d\u2019enfance, \u2014 et à te voir danser dans l'ombre cochonne des samedis pluvieux, je découvrais tout l\u2019amour inouï de ma première suceuse de neige.11 3.viens comme on s\u2019approche des fleurs je suis fou du poème je suis fou de la vie à crier, à bander, à tout tendre et mouvoir sois le plus noir des murs dans la nuit celui qu\u2019on voit près d\u2019une moto partout je spasme et transe et sur la neige qui déborde il me fait bien plaisir et jouir a d\u2019être fixe au rendez-vous quelque part en toi, bruyant amoureux sanglant i Après, après tu lisais nos marques de jeans, et comment laver pour délavera Je m\u2019approchais, tout aussi béte et nu qu\u2019avant.Il se passait que l\u2019amour durait, s\u2019étendait, puis durcissait: du gravier en réglisse.Mais on a n\u2019en était pas à une verge près, et pous me porter ; au comble du navrement, tu te rhabillais comme un oiseau se becquette les ailes. Et je devins poète.C\u2019est même écrit, par ma toute belle faute, de la même façon qu\u2019on va pisser dans le bran de scie.J'ai bien quelquefois sorti mon couteau de toi, on se moquait de nous, il fallait tout défendre, toi, le poème, le poème et toi.Mais on s\u2019en foutait, puis je me foutais, amer, la révolte encore inédite.4.seul sang sperme pêle-mêle en amour sans but un poteau bien planté là derrière, entre les cuisses un manière d\u2019accrocher le regard une façon d\u2019être naturel comme toi dans un motel toutes feuilles tombantes Le malentendu, lui aussi, dure, s\u2019étend, durcit, belle grosse boule de bière à même l\u2019écume verte des vagues blanches.C\u2019est la nuit, c\u2019est toujours la nuit, il brume et bruine, je nus, tu nus.\u2014 Je sais bien qu'on est pauvres en musique, dans mon étrange village fait de gens connus, peu, sache-le, aiment se déculotter.C\u2019est pour ça qu'on est pauvres en musique, il nous faut tout apprendre nous-mêmes: triste vie.Et même devenu poète, c\u2019est du pareil au même.La mort nous fout tous la trouille, la mort ou l'amour, parfois je ne fais plus la différence, la nuit tout sent la même chose, la chambre d\u2019hôtel ou la clôture de grève.13 PHS THRO £21 5.je t'aime un petit peu quand même ça n\u2019a rien de la folie rouge je n'ai pas tes seins à peine quelque neige en attendant que revienne de demain la rude et voluptueuse maintenance la vie, dans nos ventres Tu sais (me voilà donc en pleine confidence, en pleine dépense pure d\u2019énergie, en pleine infiltration de ton corps), \u2026 tu sais, j'ai tout raté, l\u2019amour, l\u2019orgueil, l\u2019argent, et quand ils me voient passer, les autres en sortant du cinéma me traitent de poète.Ça me fend le cul. His aus réf RERO ETEE CONTRE VENTS ET MARÉES û Denyse Hébert-Richard if] mon père, ma mère, vous saviez à vous-deux nommer toutes choses sur la terre, ô mon père, ô ma mère | Gaston Miron H ! ! i} ji j P : ga Stepps À RS I IIE TI SE So a .Cora A A ARE Les goélands sont gras, ma mère, tant à la Pointe de l'Ouest qu\u2019au quai de Cap- aux-Meules.Les sables raffinés inlassablement par la mer s\u2019infiltrent dans les pores et y font encore leurs nids, même une fois revenus sur la grand\u2019terre.Usés, les grès des falaises et des caps rouges cohabitent avec les vagues.Mille couteaux d\u2019écaille jonchent les graves des havres.Je reviens d\u2019un pays, ma mère, où fleurit le persil de mer sur les lèvres salées des brisants de terre.Je reviens d\u2019un pays, ma mère, où les canneberges et les spiran- thes embaumées ont le goût des sueurs et du sang atavique.Je reviens d\u2019une Île qui m'est natale dans le temps des grands dérangements.Je reviens d\u2019une île, ma mere , où mes yeux cherchaient ton visage d\u2019enfant dans les pâturages regorgeant de vents et de battures.Je reviens d\u2019un petit raclôt, ma mère, et, j'ai éveillé par mégarde des souvenirs frileux dans des mondes où les clôtures rouillent la mémoire.Je reviens du Havre, ma mère, et j'ai accoutumé mon 4 oreille à saisir ton langage ensablé ainsi | qu\u2019une quille de goélette chavirée en l\u2019air.| J'entends ta voix surgir des lointains oublis où tes lapsus avancent en trébuchant.Ma pauvre poésie gargouille à côté de ton parler aux accents sortis de l\u2019histoire.Dis bien haut, ma mère, la beauté et les fois où 16 ta mémoire vient se fracasser sur le rocher des âges.«Je suis Evangéline à Elly à Aldéric à Aimée à Minic.Je suis une émigrée, oui, je suis née au Cap en face de chez Azade à Ilda à Marie à Vilbon.J'ai émigré au Havre-Aubert au ras chez Cyril à Marie- Louise.«Le matin, ma mère me huchat:» En- voin la baîlle et pars le butin sur la ligne».Quand y avait apparence de vent d\u2019ouesse, y fallait tout dépende le butin.«Tu furbiras aussi le poêle avec la mine de plomb et tu furbiras les ustensiles avec de la terre blanche et de la cendre.Balie la place et lave les plats, envoin la baratte et le babeure, va le porter au tet.Va charrier l\u2019eau à la beurroir et charpis la devesure».«Toutes les printemps fallait balier le raclôt avec le balai de varne parce que ma mère disait: «les gensses d\u2019en d\u2019hors va attérir».«Ma mère brassait des torteaux, des doux et des pas doux, et a nichait ça dans une terrine de faillance.Mon père, lui, y cachait son floncon de chien dans le sailboard.Pis y avait tout un tantamarre dans le tambour.«Tu vas en manger toute 17 EUAN LM HERE A. une gratte si je te souque», disait-il au premier qu'il rencontrait.Ma grand-mère Aimée, elle, elle savait toutes les femmes qu\u2019allaient avoir la maladie.Avec son flon- con de tamzi, elle faisait le canton.Mon père, lui, quand c\u2019était des cas de difficulté, il allait m\u2019ner le docteur dans sa boxe, pis quand y faisait un stamp, il perdait les balises.«Le soir, ma mère me huchait encore: «Fais des faillôts, des beurredouilles et des confitures aux moconques pour toute la ramée».Enfin, pour nous reposer, assis sur la boîte à bois avec notre cavalier, on brochait des caleçons et des mitaines de cage avec de la devesure qu'on avait écardée».J'ai amarré l\u2019aube nouvelle à ta taille, 0 ma mère, et dans l\u2019éparpillement de mes hardes, j'ai sombré en plein milieu des exodes qui ont enserré tes bras autour des tempêtes.De honte, souventes fois, tes joues ont rougi, mais désormais, livrée à l\u2019abondance exilée, tu mets en moi le coeur du grand large et celui des déserts. Hat UNE VIE PREMATUREE (extrait) Jean Yves Collette D.C.19 ET TT TESST STII 1 MTT Fes MT CTO TU vou n me axiraves ces \u201ca pops et es paper a aa Lam cu Le ts ve des a __, 7 ven eu res co a Prat Fhe PREC Be pese 20 Remi RR Ll Lt rer pre me pan ih Erk Taro pot Era tt pes dep a a - 3 S a _ a : 3 LL la si court la courte sciemment .des vivants déch ° \u20ac vie # irée 3 ; 5 4 a \u201d ma vie ma vie avec toi comme une brève usure grisés mon ventre et ma peau pris de désordre et l\u2019habitude brisée longue longuement acquise en silence le goût et puis le goût d\u2019un grand balayage la chaleur de ton sang léché sur l\u2019argile des parcelles de vie éclatées en orage mon coeur tendre jouant le rôle de la proie pendant que dure le bruit de la mer tout le temps où tu jouiras de moi 22 de la tendresse brüler de l\u2019impatience du feu écarter écarter tes genoux et les eaux amères et comme une couleuvre dans la verdeur de l\u2019herbe être bu longtemps et par ton ombre et par ta bouche cette violence cernée pendant que mon âme et mon sang restent en équilibre une audace une audace de silex aiguisé dans ma tête et je demeure au pied au pied de tes mains au milieu d\u2019une aurore brûlée grise nous étreignant au passage d\u2019un oiseau en tempête quand la vie dans l\u2019oeuvre vive blesse et jouit de blesser au fil des rumeurs à mot couvert Ebi in MIEN CSL le théâtre de ta jupe retroussée et maquillée au tournant d\u2019une rue ton corps senti comme une indiscrétion jusqu\u2019au ruissellement habituel dans les herbages CRIE = = LT M: Hi ! | | 23 ee TE EE ton corps nu tout encore retenu et partant de tes joues la pâleur dont le secret te fait plus belle encore ta bouche brève au goût\u2026 au petit goiit de sang tes lèvres tuméfiées pendant que se penche le soleil liquide quand tu me laisses l\u2019âpre solitude la solitude ou bien cette seule absence le rêve malgré tout et l\u2019eau salée des larmes RR RR FH langue quand confondue ta langue lèche les signaux blêmes le matin quand ta main me touche quand tu me donnes la main attendre un mot si quelque chose allait se passer passer d\u2019un goût de poivre à la goutte de sang qui allait s\u2019arrondir s\u2019arrondir comme la distance autour de la terre attendre un signe de la fin du temps attendre les rêveries abrégées de ma langue entre les deux eaux de ta vie BE I i! + la vie rappelée rappelle-moi la forme de ta vie le chemin interdit jusqu\u2019à ta blessure cette vallée troublée l\u2019ancienne cicatrice tes longs et beaux ruisseaux ou bien tes épaules blanches ou bien cette bouche entre tes jambes qui sent les fruits et la femme où l\u2019on entre pénétrant dans une ville pavoisée rappelle-moi aussi ta manière de nous lisser les cheveux et le calme délire de tes yeux pâles ou cet endroit qui cache l\u2019extrême-intérieur ton ventre où je n\u2019ai pas encore semé 1 I ü 3 i t a Hh it i Es em 0e opte BERS os.25) ri ARE tr ES EE 5 2 = ry oh ops = Pry = Er 2 _ = cri pee x = Lo find ee Ce ms core = pce 2 = op hyd eu = sa pes mm SERRE Erie Pas Er ETES PES SS » t .1 Cen te faite ° .° .e ° 1 une jolie vi successives me déjoue dont le parfum tu sois la femme parm de sang n .laisse-moi rassembler tes paroles mais que pour n\u2019étre pas seulement une poussee violer ta main à ma convenance et ta gorge de mon souffle et de ma chair outragée outrager ta voix à mon gré que tu ne sois plus que ces liquides mi-salés qui me peuplent la bouche profaner tes seins d\u2019eau claire faire gonfler cette poitrine en te vivant écrire mon corps avec ta voix écouter écouter ton coeur qui me bat dans l\u2019âme trouver toute ma vie dans tes plis tds : 14 Et tdid: d thd 441 tu ciéséies ER 5 une journée belle à crier au mois de décembre les yeux ouverts le souvenir de ta langue qui me lèche la joue mon âme entamée comme à la fenêtre la première fois le blanc de froid de la conscience qui naît et meurt oN esr 29 PRIE RTC IT ITS PR HY arid a a ~~ art no at Ed \u2014 -.paies Lm errs - ses ae TS ro.a LE ogra Lu 23 parer re pris .2 procs =.a Gils aro Cx xi res PERS To Xs traci TRS 7 Ll Perou ova an pi RSL Le re Eada Y aE Pra RS es = Ex a 3a} He a Co ht = ne A \\ fn A A Hy A IN] A 9e ' bt I} iH HI ; in RER ce I pes, = ce 3 an dl 3 (fragment) Michel Gay RE BE a < a = ol we A .A A .A HN ve A Hot .A A PLAQUE TOURNANTE PER ve IM A .(3 A A \u2018 : f ' A ' .HH i ' [HR A a 1 .EF \u2018 A INN A % Qu'\u2019à peine elle s\u2019est levée elle se perde.Dissoute.L\u2019envie tout / de /même que tu as donnée de la saisir.Viens.Ce long silence dont tu as été capable quand tout (t\u2019) indiquait un assez précis comportement que dès lors tu as su rejeter, d'entrée de je, ce 19 avril il y a un an, jour pour jour, heure pour heure.Hâte pour une fois farouche de ne pas en finir.En même temps, c\u2019est ainsi n\u2019est- ce pas que ça se passe (qu'il faut que), désir du fracas de la rupture.Mes yeux ont eu beau rouler jusqu\u2019à terre jusqu\u2019à (maintenant) toi, ils ne verront jamais autant ce qu\u2019il peut y avoir de réel dans les voiles du ventre.Toutes voiles dehors.(levant dans les voiles) mais distance.Rapprocher, éloigner le lieu dit de la penser.À certaine(s) vitesse(s), le détachement de la parcelle, l\u2019arraché de la surface même.Ce qui nous sépare est, supposons-le, un curieux arrangement de la raison.Les vagues bleues blanches continuent de se briser sur le sable beige grisé du temps écoulé entre les pas que j'ai pu y perdre et ceux qu'un jour tu apprendras à compter.Il n\u2019y a pas, il n\u2019y aura jamais ni tout à fait toi ni tout à fait, tout comme, les vagues brisées du délire de l\u2019eau sur les rochers, les bien approximatives brisures d'images que tu fais miroir.Quel est ce lieu?A quoi renvoie-t-il?Les étendues qu'il soulève.Les plages qu\u2019il déroule au-dessus de la tête.Se tapir en lui.Est-ce hors de soi.Feutrer la rentrée au détail: indication de l'heure et bien appuyer sur la détente. Eblouissance.Débattant, à contre-jour, vers midi, en vue de la surprendre, en vue de prévoir quoi, quelle question.Tu continuais d\u2019osciller entre ta venue majestueuse et ton repli.Sur soi.Non recul, malgré la peau plissée; plutôt grâce à.La table.La nappe étendue de sang juste ce qu\u2019il faut.L'aperture (pendant la tenue).Je douterai toujours de ma présence au milieu d\u2019un tel effondrement.Certains signaux, à travers probablement un système d'émission, de sélection et de concentration (accumulation verticale: tue- tête) bien déterminé, déterminé à, s\u2019ils ne saignent pas, à blanc, le corps qu\u2019ils visent, lui abandonnent une épaisseur de drap qui l\u2019enveloppe d'une belle détresse.L'endroit de l\u2019effondrement est sa surface irrégulière.Une fréquence abattue la renverse.RRR La porte, battante-fixe, qui découpe un plan d\u2019envahissement et aussi bien d\u2019évasion pure et simple au fond du lent corridor de l\u2019oscillation au fond est une porte oublieuse.Pas même mémoire.Même pas produit.Le muscle tendu, vers qui, est une réponse comme une autre, commune mais autre, a la fenêtre qui le sollicite.L'assaut.Le provoque.Le vide à sa place; a?Une singulière envie oui-non-oui-non agite la perspective.La fait perdre.Ce que le verre propose, en définitive, serait du sable dans les yeux?Ce qu\u2019on feint de ne pas voir peut bien sauter au visage, aucune trace de sang ne signera \u2014 jamais \u2014 cet appel inoui.Tranches larges rompues du réel.Détourner l\u2019attention: la tête.S'en vouloir.Dévore le désir: traces, tranches, transes.Jusqu\u2019à ce que tout littéralement secoue.Cette plaque de verre est une plaque tournante et sensible.Motrice des muscles: où s'insèrent les terminaisons.d Le discours ou bien se poursuit \u2014 mais quel discours?\u2014 ou bien se rompt \u2014 mais quelle rupture?\u2014.Ce qui a commencé (avant, avec) détresse et donne.J'ai vu tes yeux se révulser vouloir m\u2019abandonner; me révulser.Recommencer a battre (le visage, le coeur).Puis le grave.Débattre, hors tout, d\u2019atteinte, d\u2019étreinte, le revirement de l\u2019état.Objet: I, I, Didact.Toute chose (y compris les étres animés) qui affecte les sens, et spécialt.la vue.2, Chose solide ayant unité et indépendance et répondant à une certaine destination.La masse des mots peut-elle à ce point ne pas suffir.Ne tenir qu\u2019à un fil.Au fil des.Ou bien s\u2019élève vertical et nous précipite.Violent.Secouement de la pensée.Jouée déjouée: jouie.34 Au coin d\u2019un bois sera au milieu de la forêt.Surgir reviendrait à nier la trouée plus souvent qu\u2019à l\u2019accoutumée ou vice versa; occultation fait partie mais non refuge.Réfraction?Avec la normale à la surface de séparation.Disloquer le disque encéphalique: voir annexes.Apparaître pas plus défilement.Le vide ébloui de la nuit coulée dans l\u2019épaisseur de la peau cille les yeux, les étoile, fêlure; cigarette, astre, cible, ciel, pas toujours dans cet ordre, banderolent la vue, relevée de l'attrait, bariolent, bousculent (scindent), écarquillent, raturent et ratissent le point de chute, ce que ne peut plus soutenir: la même.S\u2019effondre, air ou non.tés iii atteste À l\u2019arraché, efforts conjugués de vous deux, l\u2019une par l\u2019autre, l\u2019une dans l\u2019autre; affolement (affouille), effaré dans le sens abondé de la joie, abondant, ré-jouir.Tu sauras un jour ce que c\u2019est cette fiction, tu seras elle.En ce qu\u2019il continue de me concerner, à travers la vue, tous les sens encore possibles, qui constituent une limite liés à une cause particulière, déliée, en train et au risque de courir à ma perte, il n\u2019y a de brisure que la ruine non retour du cerveau.À certaine faiblesse de friction, faille (raisonnement, le long de l'autre plan du glissement) résistance à un mouvement relatif entre des surfaces de contact: frottement, forces de friction ou un mouvement de rotation par leur contact sans glissement.Jongler ces trajectoires. $C Me Ua IL Fictio ol ele) Ms au pre (es liv march RS A Serr Histoi IT 2 f1 [AIS su écrli CL C0 peu Ei nnent-ils les Mo et pmment rire ce que c'est \u201c\\J Hi ac.» nr se tie sq ne io i.= Ca Sanna Ty seas ENR 2 ~.um EI eo mo 5 ors eo Ss i pe BERS PSS Fes Fee SR Et pe on ex ss repas \"= For rire = SE: à À DTT ea Ps rs Rg a Try Eres co PE RT es ES cs ess, = po Goes RR pa rr Ct Ct Le Ra Les iS 2 PE BOER rl ts SR nl ES ou res ms Prat > > pa a Eni Fei vi etat ass ne Pastel ces 8 Fo pat od eS a ro Tr As ol Tor 53 Ea A A oa 5 gaa Ess 5 ou fad ARS CA EAS St aN - ie ; n ; BX : Pet os re de wh 5 pe \u2014 oa i od - 174 = es.BA a =.= x Se i BA Re Les es pe og on ot hel =.rl hl a A 2 TL i I : S x = = A ory pel he AA E n= ot Tp = ih a a où i x re Tn 5 at ol 5 a Pr oi i ne oy oc x HI A | ; Rl 1 M 5 ; E li + ) .ll ll il oy oy = a A Ze a = 2 AZ 4 TE i: = > SE »i J Je m\u2019appréte à répondre sans apparemment y répondre mais en y répondant pourtant plus que jamais explications n'y pourraient répondre, n'en déplaise à certains qui, pour le meilleur ou pour le pire, fouillent les implications cachées du texte et ses intentions, après tout pourquoi pas, à l'invitation que m'a faite michel gay, un soir où je passais par chez jean yves collette prendre le café, d'écrire une histoire d'écrire.Je ne tenterai en effet ni de cerner mes intentions ni de livrer les implications qui, je le sais trop bien, s'y trouvent et encore, à profusion.Mais ceci: chacun de mes poèmes a été pour moi l\u2019occasion de décrire un paysage réel, c'est-à-dire imaginaire.Plusieurs de mes poèmes contiennent des allusions dont nul ne découvrira jamais la clé parce qu'elles procèdent d\u2019une vision du monde unique et pourtant calibrée de façon à pénétrer d'autres visions du monde tout aussi uniques de même qu'à celles-ci je m'enrichis de la seule véritable richesse qui soit au monde, celle, inépuisable, du cerveau humain.On a d'ailleurs toujours fait mentir les poètes et les poètes peuvent si aisément tricher quand bien même leurs textes ne trichent pas.Je ne tenterai pas d'expliquer quoi que ce soit: s'ils ont à parler, les textes parlent toujours d'eux-mêmes un jour ou l\u2019autre, tôt ou tard; ils peuvent se taire longtemps ou ne jamais parler comme ils peuvent Jacasser sans arrêt ou se taire tout à coup. têtes chercheuses de quelle patience a-t-il fallu faire la preuve par quatre maintenant que la faim vient que rien ne comble à chaque repas pris ensemble ou séparément pour qu'un siècle et neuf ans deux siècles et seize ans nous retrouvent attentifs enfin dans nos commencements 2.la mort eut-elle été douce et lente l\u2019agonie si chaque parole d\u2019antan niée n\u2019alimentait les relevailles et si chaque parole d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019avait fermenté dans les alambics de la commune mémoire 40 RAR REC NAN OO au mois d\u2019août quand rien ne passe et les chats que filante l\u2019étoile «fais un voeu» hop! elle a filé sur les pas de l\u2019archer de la mythologie intime le chasseur touche du bois je n\u2019ai pas dit nul ne l\u2019a dit trop longtemps méditée que la liberté pesait à bout de bras 4.rappelle-toi sans cesse la pierre elle affüte les reins si exquise soit-elle et le jour ne calque rien qui ne soit prévisible après coup 5.souviens-toi aussi du hibou penchant la tête avant qu\u2019elle n\u2019éclate au coup de feu 41 HSER EMA EE ESE SNA disant EE LI vivre va malgré l\u2019heure à l\u2019orage été tronqué cet air taillé dans la flûte de vos os vivre va lachant ses meutes sur les lendemains sans merci la peau craquelée des tambours où l\u2019âge bat 7.si tu vas là dans le doute irrépressible prends garde au fil du vêtement 8.une lumière noire abrase la route l\u2019été pèse sur l\u2019asphalte il soulève ses peaux 9.tu reviendras bientôt non?hacher menu les herbes et lire dans les paumes les signes empoisonnés d\u2019une quelconque vie gélive natale saison 10.comme toi je ne passe qu\u2019une seule fois de l\u2019entrée à la sortie en vaquant à quelque obscure occupation 11.détendu le corps guette l\u2019instinct de la nuit tu te lèches les dents collée à la pénombre tes narines s\u2019emplissent d\u2019un rappel d\u2019océan ACER TH RENT 43 tu cognes des clous la nuit s\u2019estompe téléphoneras-tu bientôt?à midi peut-être en refermant la porte ouverte jadis quand l'après-midi s\u2019alourdissait dans les assiettes avec le lait caillé d\u2019un dernier café sur le réchaud 13.je n'attends pas qu\u2019elle vienne mais elle viendra quand même en râclant les clôtures la bête à peine apprivoisée seule au rendez-vous de l\u2019inéluctable sérénité 14.jamais nul n\u2019a su soulever cette pierre irriguée de sang ni faire en sorte qu\u2019elle perdure la vie malgré ces moments où chacun va vaquant avec ferveur aux farouches occupations sans cesse renouvelées du désir 44 15.bientôt la nuit dans quelques heures la nuit coiffera de ses nappes l\u2019oeil aux aguêts griffures de chats tu écoutes d\u2019un air de circonstance l'aiguille caqueter dans les sillons en plaignant les fenêtres l'hiver de tant se contracter 16.tu entends aussitôt l\u2019engrenage et le cliquetis des ustensiles quand l\u2019eau s\u2019évapore chez celui qui reste seul 17.visages murés que n\u2019êtes-vous là à prêter vos masques à ceux qui vous quêtent un rien de santé 18.la paume offerte au frémissement de quelque crucifixion instantanée comme on dit: «librement consentie» mais a-t-on prévenu l'accusé de ses droits 3 chacun va i selon le seuil que lui permet l\u2019hypophyse J sans trop se recroqueviller trop trop visiblement 19.3 je n\u2019abdique pas 3 la vie s\u2019il vente fort il vente fors les intentions inavouables ou pas je ne dépose pas les armes ni la bouteille d\u2019encre sur les tables ; d\u2019où rien ne déteint | des résines 1 de affliction 20.les côtes renferment toute ivresse A et chacun se complait en les humant à la dérobée ses aisselles phallus à bille pris dans les poils à compter le roulement de la parade qui passe au loin en martelant l\u2019enclume rougie du sang des assassins i 46 RHA RRNA 21.tête chercheuse ogive du devenir emmuré dans les signes de la connaissance a b C daire oO quand l\u2019heure des déménagements précise ses exigences dans la peau des otages 22.qui sait qui mais qui sait si qui voit vit qui ne sait sans cesse avilir a-t-il eu le né le temps dans le lent pourrissement 23.ainsi va-t-elle jusqu\u2019à la peau la paume ouverte et drapeau blanc jusqu\u2019au tressaillement des lignes l\u2019épaule à peine couverte d'une étoffe sous l\u2019ongle meurtri du désir thééiatcitia die sés t tétéiita titi titane 1e 47 24.entre deux eaux parmi le flottement lâche des algues et les poisons que tu distilles j'irai quand la buée ternira le verre des éprouvettes cinquante mille fois grossie sous les lentilles méduse-mémoire prélever quelque échantillon du fond des multiples avenirs échancrés 25.en vain nié le plomb du quotidien I'isole cette quiétude face aux fauves que tant et tant d\u2019apprêts n'émousse pas mais quand tu rencontres tes semblables si tu les rencontres jamais scrute-les de tes vrilles jusqu\u2019au premier gémissement ETH RS 26.clarté de la nuit la pluie n'a pas en vain fouillé tes herbes souvenir d\u2019une bouche tant désirée jadis «fais-moi jouir» (avec l'intonation\u2026) et soudain la retrouver si fraîche et si fraîche et si chaude à la fois si douce et si chaude et si fraîche à la fois «doucement»(.) juste avant que le vent ne se lève tout à fait 27.jadis aussi tu me demandais des pommes quel est ton numéro d'assurance-sociale que je puisse au moins te parler montre-moi ton permis de conduite une carte d'identité que je sache au moins à quoi j'ai affaire à défaut de jamais savoir à qui 28.où frappe-t-on quand le carreau se brise en percutant ses cibles grave question plus tard on dira: oh, vous savez, moi! j'ai pour mon dire qu'on est mieux de rien dire et que me demandiez-vous donc déjà le bruit d'un moteur d'automobile couvrait votre voix vous savez, moi, je dis pas le contraire mais je vas dire comme on dit ça fait longtemps vous étiez pas encore là qui a dit quoi?qui a cru quoi?et puis d\u2019ailleurs qui s\u2019en souvient hein?29.la vie ne va pas sans ce deuil qui nous poursuit en calomniant le passé muré la colère étouffée dans les poings du sommeil et lira-t-on toujours dans les entrailles le fumet des aruspices quand gélifs ils gisent les corps têtes enfouies parmi la plume d\u2019oie en nourrissant le ressentiment i de tant et tant d\u2019années essorées 4 dent par dent fibre par fibre et dans chacun son devenir connaîtrons-nous tous nos témoins EE SO 50 Rn Ta vt ar wrap ei hited ie setitdt id 30 le printemps vient l\u2019avril ne te découvre pas toi non plus d\u2019un fil et mars ensemence les poumons je ne couverai pas de mes doigts les oeufs du plaisir ce soir je m'en irai partout fouiller les cales de la mémoire avariée pe = montréal mars 1977 31 (Et vl tL AER elsdia rind boda ss abiiao tins adekbbe 1H feu Essai Un lie de nt ai ge hyf nth r des ob qu DIX (539) as ee UE (on de S pratiqu vie et d\u2019écriture + = Pr Spo oer 2 emo.A ! ER ecrire: Ep : j 5 1 \u2014 j cr Sh 4 a oor po ; 2 3 i Zz | ra ne ape DRAM ER TE MT TEA Let ve es 7 27 us rome areas _ ne \u2014 FE, 4 pe EEE 4 4 J i 7 Pd \u201c 4 La : 2, .\u201c 4e 2 ; # pu 5 4 2 7 2 CAES A _ È À % > i % 7 7 v7: #, ; Ge ¥ 24 ; fin 2 2 ow 7 Zit 4 \u201d # Le a pi Ze SII 25 Y.5 pe 2 Pre i 4 Ps Ja yy Lu 7 05e 5 7 + 7 5 ia 7 dE A 4 nn \u201c 7 A 2 PA 4 4 2 5 4 iy + rad % i a 4 < 4.4 Ji 2, A 4 2er à % # Gl a 7 ze 7 i 205 i 7 i 7 fa # % 7% A > 2 En 7 Bi 5 A # J a 2 % \u201c i \u2018 < 3 fi > 2 5 a 2 4, 5 4.; i 55 ve, x, Z ur Sei % i A / 4 4 i i 25 7 ; # CE 2, ; i Ci in 22 = 4 \u201cA 2 Gi i 7 7 2 2 7 oz 7 7 # # [a a 5 % Lo Le LÉ Hit Z 2 Tn i Ge 2; Ca, A of ii i oa Z À 7 7 2 a Z 2.: 2 # 7 2 5 7 7 A na, i 5 2 us 4 # / LA, air 5 5 0 4° 7 i .\u201c a oi 4 3 à ni 7 ;, 7 AEA y 2 5 i 7 2 © a 7 i 4 ; A Ë oh ; Vi # i bode SE 2 ne i = z 3 4 i i Lu, qi ou Past % ii 5 > ; a au Se % 74 oe \u201c7 ; Pry y ps 7 4 py ; z os 7 a A GES: UC, ZA ; vy EY i ais 2 dE \u201c 5%, 2, i i no % # æ La En ÿ 7 Ë 75 Ë > Faia z : 7 2 ie ba 2 2 of # i = 4 Lu 2, i ; 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On aime écrire! On avait beaucoup à dire après un long silence.On parle de tout son coeur, de tous ses rêves.Littérature luxuriante, déchaînement verbal.Mais il s\u2019agit là d\u2019une écriture centrée sur la fiction.Notre écriture réflexive est beaucoup plus pauvre.Le marché québécois n\u2019est pas inondé des travaux de philosophie, d\u2019essayistes, de penseurs.Je dis bien: «le marché» car je ne doute pas que nos penseurs pensent.\u2014 ils aiment bien d\u2019ailleurs discuter de leurs idées dans des petits groupes d'amis! \u2014 Mais je crois qu\u2019ils écrivent peu, et encore moins pour le public.Pourquoi ce silence des penseurs et plus particulièrement de ceux qui font de l\u2019exercice plus rigoureux de la pensée, une profession: les «prof» de philosophie?Plusieurs réponses sont possibles.On pourrait dire avec Hegel: c\u2019est au crépuscule que la chouette de Minerve prend son vol.C\u2019est après avoir longuement vécu que la sagesse se fait entendre.Or les Québécois constituent un peuple jeune et le Québec n'existe pas encore comme état indépendant.Dans ce discours qui s'inspire d'ailleurs de toute une partie de la tradition grecque, on considère l'oeuvre de la pensée comme coupée de la vie et comme devant s\u2019accomplir dans la tranquilité d\u2019un espace clos et silencieux.Loin du bruit et des passions, sans prise sur la réalité historique.54 MEN M HOTTE EEE Et j'écarterais de même une explication qui s\u2019appuierait sur une certaine nature, déterminée par la culture, qui constitue pour chaque peuple son caractère propre.Ainsi les Québécois auraient-ils hérité de leurs ancêtres pionniers et coureurs des bois un caractère indépendant et «sauvage».Impossible pour eux de s\u2019astreindre à la discipline qu\u2019exige le travail intellectuel.Mais alors: et les Français?et les Italiens?et les Allemands?Ne pourrait-on pas déceler dans leur personnalité de base autant de caractéristiques contraires à l\u2019oeuvre de la pensée?Non, c\u2019est d\u2019une part dans l\u2019histoire, plus particulièrement dans les idéologies à l\u2019oeuvre au Québec à partir de l\u2019Acte d'union jusque vers 1960, et d\u2019autre part dans l\u2019état présent du champ intellectuel que je crois trouver quelques raisons à la sous-productivité des intellectuels québécois.Quelle idéologie faut-il donc incriminer?L\u2019historiographie québécoise des idéologies est assez récente, affirme J.P.Bernard qui s\u2019est spécialisé dans cette étude (1) et dont nous nous inspirons.Pour ce qui concerne le 19e siècle , il constate que c\u2019est surtout le clergé qui fut un objet privilégié d'analyse.Et pour cause! Son action était visible à l\u2019oeil des plus profanes.C\u2019est précisément l'idéologie du clergé qu'il faut mettre ici en cause.Les travaux des historiens nous permettent de saisir plus vivement son impact.Ils nous montrent comment, dans le contexte très précis de son affrontement avec le libéralisme, il continue à développer une idéologie de conservation qui prône l'agriculturalisme, la défense du français et du catholicisme et il forge en même temps un arsenal d'armes défensives et offensives.35 À cette époque, en effet, tout comme en France, une idéologie libérale apparaît, exprimée par de grands journalistes comme Parent, Buies, Aubin, Dessaules, Dorion, etc., la plupart reliés au groupe de l'Institut canadien.Le but de ces penseurs?Libérer la pensée canadienne-française de ses préjugés, de l\u2019emprise du clergé, et lui rendre la souveraineté individuellement et comme peuple» (2) J.-P.Bernard définira plus précisément l'idéologie libérale de ceux qu'il appelle les Rouges: «Dans cette perspective les Rouges apparaissent comme cette partie de la bourgeoisie ou «petite bourgeoisie» canadienne-française qui refusant la collaboration avec les milieux d\u2019affaires liés à la Grande-Bretagne et avec le clergé, s\u2019affirme en mettant de l'avant une idéologie qui préconise à la fois la rupture de l\u2019Union canadienne et l'intégration de l\u2019économie du Bas-Canada à celle des Etats-Unis, la démocratisation des institutions politiques (par exemple par le suffrage universel et l'abolition du sens d\u2019éligibilité) et l'abolition des privilèges dont ceux du clergé».(3) L'Eglise du Canada s'oppose farouchement à ces thèses.Avant tout, elle affirme sa propre suprématie sur celle de l\u2019Etat.Le pouvoir de l'Eglise venant directement de Dieu est absolu et fait d'elle l'arbitre de toutes les questions tant spirituelles que temporelles.Elle vit selon l\u2019esprit de l'Encyclique Quanta cura qui, en 1864, condamne la liberté de presse, la liberté de conscience, la liberté politique des hommes et des cultes.Et elle développe une stratégie multiple.Sur le plan politique, d\u2019une part, elle intensifie son union au pouvoir anglais pour mieux opposer celui-ci à la petite bourgeoisie francophone 56 qu\u2019elle combat.D'autre part, elle fonde son propre journal, Les mélanges religieux, pour mieux combattre les journaux des libéraux comme l\u2019Avenir et Le Pays.Et, surtout, elle accentue sa main-mise sur l\u2019éducation dès l'école élémentaire.Est-ce pour développer et démocratiser le savoir?Lisons ce texte des Mélanges religieux du 14 mai 1847.«L'éducation en général, écrit-il, nous disons en général parce que nous acceptons des exceptions honorables, ne convient pas à cette classe (celle des pauvres); elle peut souvent lui nuire et encore bien davantage à la société, car c\u2019est ordinairement de cette classe que sortent les demi-savants, les demi-docteurs qui troublent le repos des familles et qui résistent à l\u2019autorité tant civile qu\u2019ecclésiastique.Sans être éteignoir de l'éducation, ni du bon sens, nous pensons que l\u2019éducation religieuse suffit à ces sortes de gens; une éducation plus relevée ne servirait qu\u2019à leur inspirer de l\u2019orgueil et de la vanité et à vouloir les faire sortir de l\u2019état que la Providence leur a assigné; l'éducation religieuse est la seule qui puisse leur faire supporter avec patience et même avec joie les peines attachés à leur travaux; cette éducation leur convient et leur suffit.Aussi, tant que l'Eglise subsistera, elle ne leur manquera pas.» On conçoit donc ce que sera cet enseignement! Et c\u2019est lui qui va prévaloir.L'Eglise mobilise toutes ses ressources: Mgr.Bourget fait venir de nombreuses communautés de France, afin que l\u2019enseignement même primaire soit de plus en plus assuré par les Frères et les Soeurs.Résultats: alors qu\u2019en 1836, 96% des instituteurs étaient laïcs, plus que 57% le sont en 1900 et encore sont-il soumis au clergé.L'arrivée massive 57 SMS SC des communauté religieuses, chassées de France au début du 20e siècle, assurera la victoire de l\u2019Eglise.Et c'est ici que nous rejoignons notre propos.La première tentative de pensée libre au Canada français au 19e siècle fut un échec \u2014 tout comme la première tentative de libération politique.Et ce double échec fut suivi d\u2019une double répression.Pas moyen de penser ouvertement contre le régime ou indépendamment de l\u2019Eglise! Les Canadiens français furent dressés pour longtemps.D'autant que le phénomène de répression fut intériorisé surtout par le truchement de l\u2019école.On y proposa à travers les manuels scolaires, le rythme de vie, les pressions du corps enseignant, un type d'homme bien spécifique qui était à l\u2019antipode, par exemple, du canadien-anglais.On valorisait surtout les vertus passives comme l\u2019obéissance, le culte des ancêtres, la patience dans les épreuves, la stabilité, l\u2019esprit de sacrifice.Pas d\u2019ambition, ni d\u2019esprit d\u2019aventure, ni de dynamisme comme dans l\u2019école anglaise.(4) Qu'on interroge ceux qui ont fréquenté l\u2019école avant les années soixante.Ils vous diront comment on leur imposait le respect de leurs maîtres à un double titre, comme détenteurs du savoir et comme délégués de Dieu.Comment ils ont été élevés dans une atmosphère sacrée, ponctuée par les différents offices religieux auxquels ils participaient.Les livres choisis, les textes littéraires, la philosophie \u2014 le thomisme, et même pas dans le texte original \u2014 étaient des commentaires de la parole de Dieu, Vérité unique, ou des interprétations de l'Eglise catholique, la seule vraie.Tout est envisagé sous l'angle de l'éternité.La seule mission historique 58 EEE HHH HARRIS FANN bte A A AO crc Acte Lather itary des canadiens-français, c\u2019est d\u2019être des témoins du Christ en Amérique du Nord.Pas de critique possible dans ce climat où règne l'absolu.La contemplation du Beau, du Vrai, de l\u2019Etre est seule autorisée.Pas de prise de parole ou de plume d\u2019une façon indépendante.Car on avait appris, comme dit Buies, «à passer la vie à genoux, dans l\u2019admiration de l'autorité».Vous me direz: le temps est bien révolu où nous subissions le joug de la grande «Noire Soeur» dans nos classes.À quoi je répondrai: bien peu de gens qui ont plus de trente ans aujourd'hui y ont complètement échappé! On peut dénoncer une éducation et abdiquer partiellement son contenu mais peut-on démonter aussi facilement les mécanismes intellectuels et psychiques qu'elle a développés en nous?Ils sont d'autant plus redoutables qu\u2019ils se camouflent soigneusement derrière des arguments valables .On refusera de faire un article sous prétexte qu'on n'a pas le temps puisqu\u2019on se consacre entièrement à son enseignement ou à sa famille ou à son gazon! À quoi bon commenter l'actualité dans un journal, même s\u2019il porte ses couleurs! D\u2019autres le feront mieux que soi.Ne dois-je pas me dédier a mon oeuvre, celle de ma vie: mais celle-ci n'avance pas vite! Pourquoi prendrai-je la plume?Ajouterai-je du nouveau dans le domaine de la pensée?A quoi bon faire la critique de tel ou tel point du système?Mon discours ne sera-t-il pas récupéré?On en vient à accorder plus d'importance très narcissiquement à l'expérience d'être un intellectuel plutôt qu\u2019à l'acte qui le prouve, tout comme les Romantiques vivaient plus pour l\u2019inspiration que pour l'oeuvre à produire.Le chef- d\u2019oeuvre n\u2019est jamais prêt! Mais, attention.ces 59 RENAN ER IE rationalisations ne sont pas toutes des témoignages que l'absolu vit encore! Notre intellectuel a raison contre les bavards, les insignifiants, les salonnards, les penseurs à la mode.N'y aurait-il pas cependant une voie entre le silence et les excès de l'écriture?C\u2019est ce qui m\u2019amène à envisager la seconde cause du manque de productivité des penseurs de chez-nous: l\u2019apathie de notre champ intellectuel.Qu'est-ce qui fait un champ intellectuel?D'abord et avant tout les oeuvres et bien sûr, les oeuvres publiées.Ensuite ce qui constitue la production, et la circulation des oeuvres: auteurs, éditeurs, acheteurs, lecteurs, publicité, critiques.Voyons un peu les oeuvres.Les livres appellent les livres.Et quand il y en a peu, ça y est: la boucle est bouclée et nous sommes enfoncés dans le cercle vicieux de notre inertie.Heureusement, aujourd\u2019hui, il y a les revues: les articles appellent des articles.Et c\u2019est moins long à écrire vous me direz: «Je suis convaincu, je suis prêt (enfin!) mais je n\u2019ai pas de commande!» Et c\u2019est vrai! Ça stimule singulièrement de recevoir la commande d\u2019un article ou d\u2019un livre, de savoir que ce qu'on écrit sera publié et (on l'espère) lu.Ici nous touchons le problème de l'édition qui est d'autant plus énorme qu\u2019il existe à l\u2019échelle du Québec et pour tous les livres , autant de fiction que de réflexion.Ce problème devra être résolu dans une politique globale de la culture qui viendra bientôt, nous l\u2019espérons.Mais, pour l'instant, il y a quand même certaine possibilité.Pour les livres, il ya des éditions rattachées aux universités qui reçoivent des subventions du Conseil des Arts.Retrouvons un peu des deniers que nous donnons si largement.Et certaines maisons d\u2019éditions 60 RENE PERSRARIN RENTE comme HMH ont senti le besoin d'avoir une collection philosophique.Regardons du côté des Revues.L'éventail en est plus varié depuis les cinq dernières années.Stratégie monopolise les efforts de quelques intellectuels marxistes-léninistes axés sur la lutte révolutionnaire.Leurs analyses et leurs textes théoriques sont très sérieux.Chronique fait de la critique culturelle plus ou moins rigoureusement selon les tendances de l\u2019équipe de rédaction: elle veut se redéfinir à l\u2019automne.Critère a d\u2019abord voulu étayer de textes la défense de la philosophie dans les CEGEP.Cette revue très éclectique s\u2019est améliorée depuis qu'elle présente des dossiers vivants mais pas assez critiques sur des institutions de notre société.Il y a la toute récente revue Possibles qui veut susciter l'engagement créateur sous toutes ses formes en nous présentant des réalisations collectives faites dans des conditions extrêmement difficiles.Pour les philosophes, il y a la revue canadienne Dialogues \u2014 sérieuse et bilingue, et la jeune québécoise Philosophiques, non moins sérieuse, même si les collaborateurs ne sont pas encore nombreux.Cet ensemble offre à qui veut écrire un éventail de possibilités assez large.Mais ces possibilités sont-elles assez exploitées?Certains semblent les ignorer: ce sont trop souvent les mêmes noms qui figurent au sommaire des { revues.1 Il en va de méme pour les universités et | singuliérement pour les départements de philosophie qui tiennent une place importante dans le champ intellectuel.Certes, elles se sont dégagées de la tutelle de I\u2019Eglise et du Thomisme; toute l\u2019histoire de la philosophie y est maintenant enseignée, même la plus récente: les modes 61 i i, pe 1: E i 8 3 A iH i 1] if to iH [i SRE yer pgs parisiennes y sont tout de suite introduites! Mais la production écrite est bien moins abondante que le programme des cours.Les départements de philosophie ne déploie pas la méme vitalité que déploient les départements d'histoire et de sciences humaines.Et 'on peut s\u2019étonner avec Guy Godin que, lors d\u2019une enquête sur les monographies des départements de philosophie réalisée par l\u2019ISSH, les 4/5 des personnes consultées dans les milieux philosophiques n'aient pas voulu exprimer un avis public.Désintéressement?Paresse?Crainte?La philosophie chez nous serait-elle encore une idéologie incapable de s\u2019autocritiquer, comme le suggère Godin?(5).Ainsi le champ intellectuel concernant les oeuvres réflexives est encore trop en friche pour susciter l'écriture.Mais une remarque nous donne quelques raisons d'espérer: la plupart des revues évoquées plus haut sont des revues engagées: ce qui sollicite le plus vivement l'écriture, c\u2019est d\u2019abord la politisation de la pensée et nous ne devons pas nous en étonner, car la pensée n\u2019est pas un luxe.Elle a besoin de circuler, de s\u2019aérer, pour mieux s\u2019organiser.Toute réforme institutionnelle, toute révolution s\u2019accompagnent d'analyses critiques et d\u2019une théorie de l'homme et de la société élaborée à partir d\u2019une réalité historique précise.Marx ne suffit pas au discours de la révolution, ni le programme du Parti québécois à l\u2019indépendance du Québec.Stratégie, Chronique, Possibles l\u2019ont compris.Mais il y a place pour toutes formes de pensée, même celles qui ne sont pas immédiatement liées à l'action, qui sont plus orientées vers la recherche, ou qui sont plus centrées sur la préparation d'instruments pour penser plus rigoureusement et faire la critique des sciences.L'important, je crois, c\u2019est de constituer un champ intellectuel riche et varié.Chaque publication ne doit pas tant viser à être l\u2019oeuvre du siècle qu\u2019à apporter sa contribution au développement de la pensée.D'un milieu vivant, naîtront les oeuvres d'envergure.Nota bene:La problématique de cet article a été présentée beaucoup plus brièvement dans: Le Jour, 30-09 au 06-10 1977.Vol.1, no 35.(1) Bernard, J.-P., Les idéologies québécoises au 19e siècle, Boréal Express, 1973.(2) De Lagrave, J.-P., Le combat des idées au Québec uni, Ed.de Lagrave, Coll.Liberté, 1976.(3) Bernard, J.-P., op.cit.p.27 et Les Rouges: Libéralisme, nationalisme et anticléricalisme au milieu du XIXe siècle, 340-374.(4) S.n.a., L'histoire du Canada-enquête sur les manuels scolaires, Ottawa.Imprimeur de la Reine 1969.(S) Institut supérieur des sciences humaines, Matériaux pour l\u2019histoire des institutions universitaires de philosophie au Québec, Collectif \u2014 ISSH (collaboration interuniversitaire), no 4, Tome II.63 eo iz =.or pe aT 5 Sk ete spip Pops PR ee me ET ETS a Lo PLT a = rath RR x a REL ini sr.LAS _ A 2 oo Tago.wr os 2 = rr Pret = msm ins es meprcpi te THIS PES 5 LT Ca) Ea x SISTA Es dette tn prete de eee ste, ne 5 j oy a re Fo a nt pe SE x se à CS ve + 3 De = a 22 ce = eh Ë a Sr ol or oy xy ol os | or Te ay Tiled ee Hit Distateivailitidatililodd ere.= > a RTH T A pa se Ww 5 i pars x bo .vf c ve s BL = A ; 2 3 ° = Dyin, 5 \\ = ¥ Sn So : i X 3 1 bi Ri Ty) & & et _ x = : 5 eo ds i ne NE: 5 : ; > , > $ = Ses ds _\u2014 CES PETITES CHOSES VENUES DU NOROIT.Jean Royer A Jai devant moi la vingtaine de livres publiés depuis 1971 par les Editions du Noroît.Me voici devant un nouveau lieu de ce qu\u2019on nomme poésie.Me voici devant une nouvelle façon de faire la poésie: ce lieu n\u2019est pas d\u2019abord littéraire mais plutôt habité d'objets uniques qui garnissent un catalogue apparemment baroque.Les premiers livres qui nous sont venus du Noroît ont été accueillis pour leur beauté objective, pour leur qualité d\u2019objets.Les «beaux» livres du Noroît, à côté de la typographie pure et classique des recueils de l'Hexagone, composaient peu à peu un nouveau paysage de l\u2019édition québécoise où le graphisme veut donner le texte comme un objet neuf.On pourrait dire que le Noroît se plaçait ainsi en continuité: d\u2019un lieu expérimental comme ERTA de Giguère et Tremblay.Mais c\u2019est d\u2019une façon moins artisanale et située plutôt à l\u2019enseigne de la qualité du produit a diffuser.Je veux dire que ER- TA reste un pur lieu d\u2019expérimentation tandis qu\u2019au Noroît on a voulu bâtir une maison d\u2019édition pour la \u2018diffusion de ses livres-objets.D'ailleurs, le Noroît existe comme maison d'édition.Sans les «Amis du Noroit» et sans les subventions, Célyne et René Bonenfant auraient déja fermé boutique, même s\u2019ils ont éclipsé en sept ans les essais sporadiques des Nouvelles éditions de l\u2019Arc et l\u2019incompétence régulière des Editions Garneau, par exemple.Le Noroît s\u2019est donc tout de suite défini comme un lieu différent et diversifié de la poésie.C\u2019est tout le contraire de l\u2019Hexagone où l\u2019unité typographique englobe \u2014 cache, parfois \u2014 la présence diverse des poètes dans une même collection.Mais, bien sûr, au-delà des apparences de l\u2019édition, le texte finit par apparaître: donnant sa vie à l\u2019objet, c\u2019est lui qui le fait durer ou mourir.Au Noroît comme à l\u2019Hexagone, certains livres finissent par ne plus exister: ce qui ne dépendra jamais de l\u2019édition mais du poème même.Il était normal que les premiers livres du Noroît 65 fussent accueillis surtout pour leurs qualités d'objets.Mais une fois consommée la séduction première du graphisme, du montage et de la mise en pages, mais au-delà de l'intimité de la calligraphie à l\u2019offset ou de la surprise de l\u2019image épouse du texte, certains livres seulement survivent pour ce qu\u2019ils contiennent d\u2019écritures.Si je m\u2019attarde aux ob- Jets que sont les livres du Noroît, c\u2019est pour montrer le chemin qu\u2019y prennent les textes à mesure de l\u2019édition.Avec le Noroit, nous fréquentons un lieu nouveau en méme temps que nous prenons mieux conscience du contexte global de l\u2019édition de la poésie au Québec.La naissance du Noroît n\u2019est pas étrangère à ERTA ni à l'Hexagone, comme la renaissance des éditions de l\u2019Estérel avec des recueils à tirage limité n\u2019est pas étrangère à l\u2019existence du Noroît.C\u2019est Jacques Brault qui, tout en se méfiant des étiquettes, reconnaissait récemment trois groupes de poètes québécois: les «nationalistes» au sens large, issus de l'Hexagone et Parti pris; les «formalistes», habitant Les herbes rouges et La barre du jour; les «spontanéistes», publiant au 66 Noroît et ailleurs.On peut au moins affirmer avec Jacques Brault que les Editions du Noroît ont permis à des poètes une expérimentation libre et spontanée, une occasion d'inventer le lieu de leur texte.Mais on ne peut nier non plus que certains poètes publiés au Noroît peuvent appartenir de près ou de loin aux «nationalistes» ou aux «formalistes».En fait, ce lieu de la poésie qu\u2019est devenu le Noroît n\u2019a pas été habité par hasard ni par le seul goût de faire de «beaux livres».Au contraire.On remarque déjà au catalogue du Noroît des tendances précises.On y trouve des «petites choses» et des poèmes (Lefrançois), des «nontraductions» (Brault) et des «popémes» (Charlebois), des contes et des épopées de I\u2019enfance, etc.Au Noroit, nous nous retrouvons d\u2019abord et surtout devant un refus de la conception traditionnelle du poète et de la poésie.Par la séduction même de ses livres-objets, le Noroit devient un lieu de rupture: dans sa volonté de refaire l\u2019image du poème et du poète.Répondant à la question artisanale d\u2019un journaliste (La Presse, 1-10- 77) sur leur définition de la poésie, les principaux poètes du Noroît ont affirmé: il n\u2019y a plus de poésie! Peu m'importe de savoir si ce que j'écris est de la poésie, répond Jacques Brault.Il n\u2019y a que l\u2019écrit, affirme Pierre Laberge.J'écris de la poésie comme les poissons font des bulles, se moque Lefrançois.La poésie sera parole de révolte, lieu sans tradition, bataille contre la poésie, proclame Michel Côté.Et l\u2019on devine quelle serait la réponse de Geneviève Amyot dont l\u2019écriture fait éclater les frontières du poème.Et l\u2019on sait que Michel Beaulieu n\u2019a même pas voulu répondre à la question, par ironie.Par ailleurs, les poètes les plus traditionnels et les plus fragiles du Noroît ont répondu à la question comme on se fabrique un piège, comme si la poésie pour eux n\u2019était qu'un objet de convoitise.Ils se sont empressés de répondre qu\u2019ils écrivaient: par plaisir (Marie Uguay), par bien-être (Jean-Noël Pontbriand), par frayeur (Denise Desautels).Certes, il ne s\u2019agit pas ici de chercher l\u2019unité des poètes publiés au Noroît, encore moins de les raccrocher à une thématique ou à une conception exclusive de la poésie.Le Noroit est justement un lieu qui sait se diversifier pour se renouveler.C\u2019est le lieu d\u2019une présence poétique qui s\u2019exprime à divers niveaux d\u2019écritures.Quand Alexis Lefrançois nomme ses textes des «petites choses», nous comprenons mieux les intentions du Noroît et celles du poète pour qui la vie passe avant la littérature.Nous savons que le poète veut débarrasser son texte de l\u2019auréole traditionnelle et nous saurons mieux lire ensuite les poèmes qui chantent dans ses Rémanences ou qui criaient dans la Dixième lunaison de Michel Côté.Ce qui nous laisse bien voir encore que pour la majorité des poètes publiés au Noroit la poésie est d\u2019abord une parole écrite.Il y a là une volonté de sortir de la littérature pour entrer dans la vie des mots.D'ailleurs, Jacques Brault, Michel Beaulieu, Alexis Lefrançois, Geneviève Amyot, Pierre Laberge et Michel Côté se reconnaissent à leurs livres comme des poètes de l'amour et de la mort.Chacun cherche un lieu commun, habitable.Ils explorent le temps à partir du quotidien.Ils explorent l\u2019espace à partir de l\u2019objet et du corps.Leur poème n\u2019est pas nécessairement fragment.Leur livre veut 67 construire un fout.Chacun de leur recueil veut fixer un monde, un amour, un âge, une saison, une mort.Ces poètes deviennent témoins de leur propre écriture de la vie.D'autre part, le «livre- objet» du Noroît a fait naître une écriture «spontanée» et libre du poème, chez Charlebois, Thisdel et Leymonerie, entre autres.Leurs livres appartiennent plus à la fiction qu\u2019à la poésie.Leurs textes explorent le conte et l\u2019épopée liée à l\u2019enfance .Nous ne sommes plus devant les «petites choses» ludiques de Lefrançois amoureux de l\u2019enfance mais devant de grandes choses tragiques et merveilleuses, nostalgiques de l\u2019enfance.Et l\u2019humour y fait le plus souvent sa trace avec au bord des mots et des images un goût suicidaire, au moins amer, non plus gratuit.Thisdel qui dessine un oiseau pour retrouver l\u2019enfance, Charlebois qui refait les tendresses encore possibles luttent désespérément contre l\u2019air du temps.Ils sont poètes par leur vision de la vie et de son écriture.Ils recréent, chacun à sa manière, l\u2019image d\u2019une enfance.Mais si l\u2019écriture joyeuse de Thisdel réussit à coller le présent au passé, l\u2019en- 68 treprise de séduction de Charlebois devien t tragique dans Hanches neige, où le passé s\u2019abîme dans le futur: et les calembours deviennent les armes les plus basses contre la mort, et les rires qu\u2019il met en pages nous restent comme un noeud dans la gorge.Dans le livre de Thisdel, l\u2019image force la vie.Dans le dernier recueil de Charlebois, le mot-objet viole l'intimité par une nouvelle fiction.Peut-être même ne sommes-nous pas si loin de la violence des poèmes mieux assumés et tout intimes de Geneviève Amyot, par exemple.Mais voici déjà que j'essaye de boucler une boucle avec des poètes différents.Je m\u2019arrête.Je ne veux pas céder à la tentation de regrouper des écritures si diverses mais autant nécessaires.Car ce qui importe le plus c\u2019est que le Noroît demeure un lieu vivant \u2014 habité par les Poèmes des quatre côtés de Jacques Brault, les Anecdotes de Michel Beaulieu, La belle été d\u2019Alexis Lefrançois \u2014 où se refait le langage à l\u2019image de la vie. LA COULEUR DANDIES Claude Beausoleil Roger Kempf, DANDIES Baudelaire et Cie, essai, Ed.du Seuil 1977, 186 p.«Le dandysme, qui est une institution en dehors des lois, a des lois rigoureuses auxquelles sont strictement soumis tous ses sujets, quelles que soient d\u2019ailleurs la fougue et l\u2019indépendance de leur caractère.» Baudelaire Livre de notations, livre du détail pluriel, quotidien.Tracé dans les traces, à la recherche, mais de quoi?d\u2019un fil.Pas fil global mais fil facette.Et de cette facette (elle-même multiple et morcelée) pourrait découler un nouvel angle de lecture, des sens.L\u2019insolence comme question perdue «Tout Dandy est un oseur, mais un oseur qui a du tact, qui s\u2019arrête à temps et qui trouve, entre l'originalité et l\u2019excentricité, le fameux point d\u2019intersection de Pascal».Barbey d\u2019Aurevilly Dandysme: singularité, différence(s), arrogance, arrangement, imagination, indignation face à la vulgarité, découverte du virevoltage.On se croirait dans un générateur du mot «mood».Urbain, spécifique, raffiné, récurrent, vaguement dégoûté, intelligent, décorateur, le Dandysme s\u2019affiche, se développe, marginal, critique, superficiel (son creusage est de l\u2019ordre du frivole nécessaire, à la limite du maquis chic).Coloré: le rouge et le vert, couleurs dandies par excellence.Aussi: une façon d\u2019être, «Le dandysme du coup d\u2019oeil et de la situation historique:» (p.58) Le Dandysme ne revendique aucun pouvoir.Il est de ceux qui perdent en sachant.Le plein et le vide Le Dandy fait de l\u2019instant sa proie et pourtant à chaque instant rejette les valeurs qui se rattachent à l\u2019objet focalisant cet instant.Son esprit critique s\u2019affirme toujours du bout des lèvres, ses jugements sont plissés.À contre-mode, ils la deviennent.Dans son dernier livre, Roger Kempf retrace des faits et gestes, souligne, tend des signaux: le lecteur peut 69 se promener ainsi dans des tableaux de Baudelaire, Byron.Barbey d\u2019Aure- villey, Chateaubriand.Un terrain ensorcellé, énigmatique, irréductible s\u2019ouvre alors, invitant à une relecture elle-même singulière, à la fois du côté du concret, du littéraire et de l'esprit, une relecture des «caractères».Ce qui intéresse dans l\u2019essai de Roger Kempf c\u2019est le point-de- vue critique qui est à la fois rigoureux et débraillé.Ni thématique, ni carrément biographique, ou encore typologique, son DANDIES Baudelaire et Cie ouvre une brèche délicate, originale dans cette question des approches modernes de l\u2019oeuvre littéraire.Livre de notations, livre du détail pluriel, livre qui donne le goût de lire le fait littéraire dans ce qui le caractérise (l\u2019oeuvre) mais aussi dans les coulisses de ce qui con- trètement le génère: l\u2019attitude de vie, la «manière» d\u2019un auteur, la signification d\u2019un mouvement.LA GAGEURE DU LISIBLE Normand de Bellefeuille Serge Gauthier, Glottes, Les Herbes rouges, no.53, juillet 1977.Parler du texte de l\u2019ami ne devrait rien avoir de dérangeant, moins encore de restreignant.Pourtant ça se surveille terriblement, ça s\u2019empêche même et ça hésite.Ça sait bien que ce texte, alors qu\u2019il n\u2019était que parole, plaisait déjà, marquait ma propre écriture de ses mots, de son agitation, de sa lisibilité.Mais devant l\u2019écriture si presque parfaite du premier livre, ça se lie, ça craint l\u2019officialité, le palmarès et la louange.Tout citer serait certes plus simple et plus juste.Peu de métalangage possible ici, le texte se défend bien, parle presque.Moins un texte sur le texte qu'une parole sur la parole.La parole matériellement, machiniquement: la bouche, la langue, les gencives, les dents, la trachée, l\u2019appareil de la parole, l\u2019usine.La parole comme ar- = me, comme terrorisme: «le rouge aux lèvres déjà de la boucherie à venir».La parole revendicatrice, militante: «un combat se déroule à coups de langue», «toute la colère d\u2019une glotte unanime».La parole politique, désireuse d'une «bouche commune», d'une «glotte commune», d'une «nouvelle connivence».Mais également la parole bafouée de la blanchisseuse, de la secrétaire, de la couturière, de la femme d'intérieur: «c\u2019est leur langage à elles qu\u2019on vole à chaque jour toujours plus vite»; la parole bafouée des «femmes et des hommes des shops et des bureaux.qui se (recouchent) dans les mémes réves de linge sale lavé en famille»; la parole empéchée, distraite, retenue par les «machines à coudre les lèvres et les camisoles de force pour le travail, de peur que le rire et la folie n\u2019agitent et secouent les fondements».Bien sûr tout n\u2019est pas neuf dans ce texte.Publié 1l y a un an ou deux il aurait eu plus d\u2019efficacité, plus d'impact.La poésie du corps et plus est, du corps-tex- te, du texte et du corps machinés a fait les beaux jours du formalisme québécois.Glottes n\u2019en est pas tout à fait «revenu».Ce qui importe surtout ici c\u2019est cette impression fréquente à la lecture de lire la phrase que l\u2019on aurait dû soi-même écrire, la phrase qui réhabilite le discours comme instrument stratégique dans les luttes à mener.«Aux prises avec le politique jusque dans les poils», le texte de l\u2019ami dénonce, offre moins une rhétorique, des figures, des motifs qu\u2019un ton, qu'une lisibilité habile qui évite la transparence et la prétention didactique.C\u2019est précisément cette gageure du lisible que la poésie québécoise se doit de prendre au plus tôt.C\u2019est ce pari que Glottes commence à gagner et il faut y voir quelques promesses.71 Re 4 B: 4 1 pi \u2018 f Gi a fi Ni A u 1 | i Ri p ' ANTHONY PHELPS ET GÉRARD ÉTIENNE Michel Beaulieu Bien que l\u2019ayant acheté dès sa sortie il y a quelques années, j'ai longtemps hésité à lire le prodigieux roman d\u2019Anthony Phelps, Moins l\u2019infini (Paris, Editeurs français réunis, 1972).Ayant connu l\u2019auteur jadis, au temps des premières éditions Estérel, et ayant à l\u2019époque refusé ses poèmes dont on a dit beaucoup de bien par la suite tout en publiant ceux de ses compatriotes Gérard Etienne (Lettres à Montréal) et Serge Legagneur (Textes interdits), j'avoue que j'étais à la fois sceptique et fasciné: si le poète me rebutait, peut- être n\u2019en irait-il pas de même du romancier.De toute la littérature haitienne, je n\u2019avais lu, hormis quelques poètes, qu\u2019un seul roman, le classique Gouverneurs de la rosée, de Jacques Roumain, \u2014 et ce roman a été écrit il y a plus de trente ans \u2014, ayant en vain cherché à mettre la main sur les livres de Stephen Alexis (?) dont on m\u2019a souvent dit qu\u2019il était le 72 plus grand romancier de son pays.Phelps, comme Legagneur, appartenait à un groupe de cinq poètes, avec Davertige, Roland Morrisseau et René Phi- loctète, qui s\u2019étaient réunis à Port-au-Prince avec des peintres sous une appellation que j'oublie.Du groupe, Davertige et Legagneur me semblaient Être les meilleurs poètes il y a dix ans et il me semble aussi qu\u2019ayant tâté du théâtre et de la poésie comme introduction à son oeuvre a venir, Phelps est devenu un écrivain majeur a travers le roman.Le lecteur aura entre les mains et lira une fiction d\u2019autant plus subversive qu\u2019elle repose sur des données de base vérifiables.Quiconque a entendu parler de ce qui se passe en Haiti sera sans doute horrifié par ce livre qui s\u2019inscrit dans l\u2019un des courants les plus puissants de la littérature qui se fait en dessous des Etats-Unis.Qu\u2019il suffise de rapprocher Moins l\u2019infini de La chanson que nous chantons, d\u2019Eduardo Galeano (Paris, Albin Michel, 1977) ou du classique Monsieur le Président, de Miguel Angel Asturias (Paris, Albin Michel, 1977, mais d\u2019abord publié aux Editions H Bellenand en 1952, toujours à Paris).Les trois romans ont en commun la description de la répression.Moins l\u2019infini aborde la répression à Haïti en la cristallisant dans deux personnages qui en sont les victimes.Ici, les idéologies n\u2019ont pas a s\u2019affronter puisque le but premier des révolutionnaires est de faire tomber la dictature sanglante qui gouverne le pays.Ici, aussi, les révolutionnaires ont des émotions, ce qui n\u2019est pas peu dire.Le texte est chaleureux; l\u2019écriture, hantante et sans bavures.En complément à ce texte et dans la même lignée, Phelps a publié par la suite un court roman, Mémoire en Colin-Maillard (Montréal, Nouvelle Optique, 1976), dont la délation constitue le noeud principal et qui confirme la puissance de l\u2019écrivain.Mémoire.fait pendant à son premier roman en décrivant une autre facette de la réalité multiple de Haiti, une réalité obsédée.Il ne faut pas oublier que les intellectuels (sans aucune nuance péjorative!) ont déserté leur pays et que la plupart d\u2019entre eux espèrent y retourner un jour.Force leur est donc de combattre de l\u2019extérieur la dictature.Les romans de Phelps ap- partiennent à la conscience et agissent comme des catalyseurs.De cet enfer haïtien, aimé non pas comme un enfer mais comme un possible, nous nous faisons une représentation hélas diffractée.Dès le livre fermé, nous retombons dans un univers identique à celui que nous avons quitté en l\u2019ouvrant, chanceux que nous sommes.Pourtant, les conditions aidant, cet univers-là ne pourrait-il pas être le nôtre?Les écrivains nous en servent sans cesse l\u2019avertissement.Le nègre crucifié (Montréal, Editions francophones & Nouvelle optique, 1974), récit de Gérard Etienne, aborde la répression sous un angle légèrement différent de Phelps.L\u2019omniprésent je personnalise la fiction en forçant le lecteur à se mettre dans la peau du personnage soit pour le nier soit pour s\u2019y reconnaître sinon dans la réalité, du moins par analogie, alors que les romans de Phelps forcent leur lecteur à prendre parti.Une certaine tonalité y surprend, celle-là même qui doit surprendre le lecteur non-averti quand ses yeux tombent pour la première fois sur les structures québécoises du langage.Bien qu\u2019utilisant la langue Nl A oi it Si I ie française, Etienne est en ce sens moins français que Phelps mais sans être régional.Le titre même de son récit, le NEGRE crucifié, renferme d\u2019autres réalités que ne l'aurait fait, par exemple, le HAITIEN.Et la plupart des hommes ne sont-ils pas le nègre de quelqu\u2019un?On trouvera sans doute trivial que j'ajoute ceci: récemment, à la télévision, j'ai vu un fort mauvais film français où Jacques Brel, en juge d\u2019instruction, décide de mettre en accusation trois policiers qui avaient tué un homme en le tabassant au commissariat.Le trio sera acquitté grâce à des manoeuvres de coulisses mais Brel, au cours d\u2019une intervention en cour, dira une phrase que me rappelle en ce moment l\u2019enquête sur la visite de nos gendarmes royaux et al aux locaux de l\u2019Agence de presse libre du Québec.Il faut avoir les yeux ouverts, disait en substance le juge d'instruction, pour ne pas que ce qui est aujourd\u2019hui l\u2019exception ne devienne demain la règle.C\u2019est de la règle que témoignent Gérard Etienne et Anthony Phelps. AAA EE M (ike edit cits) PEMA ae EN la nouvelle barre du j jour Case postale 131, suce.Outremont, Outremont, Qué.H2V 4M8 nom adresse Veuillez m\u2019abonner à partir du numéro: __ abonnement réabonnement 12 numéros, (1 an) $30.(au Canada) $36 (à l\u2019étranger) RI NI EIEN ANNE EME M EFFET gilet {i nue on 4 - _ en.ne a ro ce pos rT Tes = | 9 .Etre mes = oe Ne Les eg seg Pata Coot nn = era vn fer vere Ce > a CRT res rare ei Lo Cosi oa Prk SES es Te es Pre TER ace = pre Pa racials Era fsa ED i os Rr pera Hee : Rats Spat 2: eh Ey pepo gl Fa = bris ee ras ice EA pasteur Roy a pee cie CASE RS pr oS \u201c= pel ae Soo ER Bi a Ta arid Lx ea A 8 Fous i EERE - 5 i; BER 22 a Ae Brits od fot 5 i + ik poh ae arenas La eh œ - 2 ee ve = i cs se .or i oa Te op hy a ae oN nu 2K iN E oo.ee pre I \u2014 +2 2 a x psg es eee CTT = = ~ oo a oe 536 ne Ciao fae oro Sea = = Lia Sr eg 5 ow oan on Epo eus = CRE pere pes PE pei Er Ts se pce Le.NAST us Ex rase peste bi Gr Ek pr) 2 Ena 2 oo loa > Sati A pal Le Ret Rah BORAT ee RAR ESS AE PA, a BARRE ARE TRA Chr gE gr fe ® 3 Cry Cn _ _ pp.- en PS 2 Lu ae De oo Laas A aus ui \u2014 bs pip fread Are a a Ease a me ron ass oT Feet it ea _\u2014 papper arin Ea \u2014 sven 2 er EE Be ae = eee ue Ea $s ta ex Xi Pr oth rl crosses ass ss era = XS Ve RAISE Ln a pe 4 re ARE = ol oy A oi A il poy wl fer sen IS 27 or oo od D ce ce pe 4 oy ox Ae =.A A oF a it en So = Er Er pee po oY yl A 2 eu = xt od da 2 Cu a = 3 : E k E Le ment IY ie, es mes re Ay A a ZE2 x = es a ne x iy oe 253 eut a.RR 4 = es DES or xe Ey procs eo by Lr on EXITS TE ess TXT oh =; re Rx RS 227 are TE Tate pai Et 0s tas a EN ES 2 on B85 ES es ee Bia REX T2 ih BAR PASSES 2 Soh = RORCIS pres ve 2 wry os Cas 5 Le perse CEE, ORT 5 2 KX Br BE i À x x ea _\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\"\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 sm mis vy ey vn ess oe ~ or wr.Ta =; re ee: Sy rae vs CRE LES ee ce Lotta gir cree stats xo cs PURES PR yy rem ce i oe ~ Qu sive 2 Leva ty pos Re ere prices Ev EE re PES or To RRA lr akbar CES ETS Rrra tory Copia poset AT oe REET GA ery Lyre Ely SEPT EE at PPT Pre pds etry Roper Bnei or Er Pr er arc il (Atel pen Zito Ea fat Ra ee Crees = es Ses RT RT Ey paris TI eric eel ne SENTE agen es Rot riety Pupils tee EE ris SEL men pe ph I ICTR Tt ROTH Bie eme gs ARLE Be (ert il isl og 2 x Le pe \u20ac > = rl = cy oO A oh a = » ft eu 3 ae oe toh = oo : NET TX = ; - 7 3 ».al a = - k : - - va ® oy ¥ pu 3 à a te sidF Ë * -~ 3 x = 3 3 iY , = gd) con a -\u2014 5 PRIT EEE EE 0 T : SHH AR 8 FERRARA tn ct \u2014 _\u2014 "]
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