La presse, 11 février 2017, Arts - Cinéma
[" ARTS CINÉMA PHOTOMARTIN LEBLANC, LA PRESSE ILLUMINART LE FESTIVAL DANS LE FESTIVAL PAGE 7 TONIERDMANN SANDRAHÜLLER, LA FILLEDE L\u2019EST PAGE 12 GIRLS MANIFESTEDE LA FEMME IMPARFAITE PAGE 6 Lena Dunham Ça sent la coupe, film d\u2019ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois (le 22 février), est l\u2019exemple typique du film populaire rassembleur : drôle, émouvant et fin.Un film qui parle de hockey, de couple, d\u2019amitié, de relations père-fils, et qui met en vedette Louis-José Houde.Un succès assuré ?Notre chroniqueur Marc Cassivi en est convaincu.Le réalisateur Patrice Sauvé, qu\u2019il a rencontré, reste prudent.UNE ENTREVUE À LIRE EN PAGE 10 ÇA SENT LA COUPE FORMULE GAGNANTE Patrice Sauvé, réalisateur du film Ça sent la coupe MONTRÉAL SAMEDI 11 FÉVRIER 2017 NOUVEAUTÉ 928 pages \u2013 papier \u2013 numérique LA SUITE DE SHANTARAM : au premier rang des romans à surveiller selon La Presse et Le Journal de Montréal RENCONTRE avec l\u2019auteure, animée par Claudia Larochelle, mardi 14 février à 17 h 30.L IBRA IR IE GALL IMARD 3700, boul.Saint-Laurent Montréal «Cet auteur australien nous fait un immense cadeau : raconter la suite de ses aventures au sein de la ma?a indienne.» Karine Vilder, Le Journal de Montréal Le livre culte réédité FORMAT POCHE ARTS HUGO DUMAS CHRONIQUE D ans ma jeunesse, je me suis usé la cornée sur des montagnes de bandes dessinées Archie.Pour moi, c\u2019était ça, l\u2019adolescence idéale.Aller à des danses dans un gymnase, porter un blouson avec des manches en cuir et passer ses soirées à s\u2019empiffrer de malbouffe noyée dans un lait frappé au chocolat.C\u2019est ce bon vieil Archie, ainsi que ses amis Jughead, Betty et Veronica, qui m\u2019ont permis de passer à Mafalda, aux romans de La courte échelle, à la collection «J\u2019aime lire» et aux livres dont vous êtes le héros.Le goût de la lecture, c\u2019est Archie qui l\u2019a déclenché.L\u2019univers chaste et propret d\u2019Archie a cependant subi une métamorphose spectaculaire dans l\u2019adaptation télévisuelle qu\u2019a propulsée Netf lix, il y a trois semaines.La banlieue américaine parfaite de Riverdale, avec ses parties de football du vendredi soir et son casse-croûte rétro, a pris des accents sombres et mystérieux à la Twin Peaks.Et ça rend accros , à la manière de Gossip Girl et de Pretty Little Liars.Netflix télé- verse un épisode de Riverdale tous les vendredis, en anglais seulement.Honnêtement, on les engouffrerait tous d\u2019un coup, mais bon, pas le choix d\u2019aiguiser sa patience à la petite semaine.Le nouvel Archie, maintenant brouillé avec son meilleur ami Jughead, a visiblement passé des heures en salle de gym à sculpter sa plaquette d\u2019abdos.Il couche avec sa prof, Mlle Grundy, qui n\u2019a plus rien de la vieille mémé grincheuse de la bande dessinée.En fait, Mlle Grundy est un pétard.Moose, le gros tata footballeur de la bande, aime les gars et les filles.Josie et ses Pussycats, toutes campées par des actrices afro-américai- nes, forment un trio de jeunes femmes affranchies.Et deux personnages arrivés sur le tard, soit Cheryl Blossom et Kevin Keller, prennent énormément d\u2019importance.Cheryl incarne la vilaine majorette de l\u2019école secondaire, dont le frère jumeau a été assassiné, et Kevin se glisse dans les vêtements preppy de l\u2019un des premiers élèves à vivre ouvertement son homosexualité.La série télé Riverdale s\u2019éloigne complètement de l\u2019œuvre originale, dénuée de sexe, de drogue et de meurtres.Heureusement, car respecter le contexte sage et platonique de l\u2019époque aurait donné une émission ennuyeuse sur un temps rare.Même Jughead, qui porte une tuque à pointes , un cl in d\u2019œil à la couronne Burger King qu\u2019il arbore dans les livres, s\u2019est assombri.Il s\u2019isole chez Pop, où il rédige un roman noir, tout en officiant comme narrateur officiel de Riverdale.S i vous avez a imé les films d\u2019ados classiques à la Mean Girls et Clueless, cette télé- série a été créée pour vous.Les dialogues y sont vifs et remplis de références à la culture populaire comme Mad Men ou James Franco.Si le propos a été actualisé, l\u2019esthétique de la BD, elle, demeure intemporelle.Léger détail, qui n\u2019en est pas un, finalement : les cheveux d\u2019Archie.Clairement, l\u2019acteur néo-zélandais qui l\u2019interprète n\u2019est pas un vrai rouquin et on dirait que sa tignasse a juste passé au feu.Riverdale assume pleinement ses nombreuses influences.Les parents d\u2019Archie sont eux- mêmes de gros clins d\u2019œil aux inspirations de ses créateurs.Le père d\u2019Archie est campé par Luke Perry, alias le rebelle Dylan McKay dans Beverly Hills 90210.Et la mère d\u2019Archie ?C\u2019est Molly Ringwald qui la joue, l\u2019héroïne rousse de films cultes tels Pretty in Pink et The Breakfast Club.Encore mieux.Devinez qui a été choisie pour personnifier Big Ethel, celle qui court après Jughead depuis tant d\u2019années ?Shannon Purser, mieux connue pour son rôle de Barb dans Stranger Things.Dites-moi, maintenant, comment Riverdale pourrait ne pas vous charmer, hein?Le coucou d\u2019Annie Très bonne idée que cette apparition surprise d\u2019Annie Surprenant (Anne Casabonne) dans le dern ier épisode d\u2019Unité 9 diffusé mardi soir à Radio-Canada L a dé t enue en c ava l e depuis le printemps 2015 n\u2019avait plus donné de nouvelles.Sa fiche personnelle était cependant réapparue dans le bureau de Marco Choquette (Mathieu Baron) l\u2019automne dernier, comme pour nous titiller.Mardi, Marie Lamontagne, sortie de son appartement angoissant de Côte -des - Neiges, a croisé Annie dans le stationnement d\u2019un petit centre commercial.Évidemment, la prisonnière en fuite n\u2019a pas tellement changé, si l\u2019on exclut ses nouveaux seins et ses cheveux longs.Excellent flash que de ramener Annie un court instant, le temps de prendre des nouvelles et de la laisser ensuite vaquer à ses ventes illégales de cellulaires.Si elle se fait pincer, qui sait, peut-être reprendra-t-elle le chemin de Lietteville ?La métamorphose sexy d\u2019Archie PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX Le nouvel Archie (le comédien néo-zélandais KJ Apa), maintenant brouillé avec son meilleur ami Jughead, a visiblement passé des heures en salle de gym à sculpter sa plaquette d\u2019abdos.Il couche avec sa prof, Mlle Grundy, qui n\u2019a plus rien de la vieille mémé grincheuse de la bande dessinée.La série télé «Riverdale» s\u2019éloigne complètement de l\u2019œuvre originale, dénuée de sexe, de drogue et de meurtres.Heureusement, car respecter le contexte sage et platonique de l\u2019époque aurait donné une émission ennuyeuse sur un temps rare.LUC BOULANGER CRITIQUE !!!½ C\u2019est un véritable tour de force que la distribution de la pièce Noises Off exécute, ces jours-ci, au Centre Segal.Cette comédie populaire du Britannique Michael Frayn, créée en 1982, y est à l\u2019affiche en anglais.Seulement à Broadway, Noises Off a déjà fait l\u2019objet de trois productions.Au grand bonheur du public.Cette pièce est donc un « crowd pleaser», car le plaisir des acteurs sur scène se propage rapidement dans la salle.Difficile de ne pas éclater de rire durant la représentation, surtout au deuxième acte.Noises Off reste une farce légère, mais diantrement efficace, sur les coulisses du métier.Théâtre dans le théâtre, on suit le travail des artisans d\u2019une comédie de second ordre qui partira en tournée canadienne.Au premier acte, la troupe d\u2019acteurs est en train de répéter les derniers détails de la pièce, à 24 heures de la première devant public, dans un théâtre de province.Visiblement, les comédiens ne sont pas prêts.Alors, le metteur en scène tente d\u2019éviter le pire.Au deuxième acte, un mois plus tard, nous nous retrouvons dans l\u2019envers du décor, pour mieux assister à la catastrophe à venir, car la guerre est déclarée au sein de la distribution.À l\u2019acte final, on rejoue la farce du point de vue de la salle, dans une livraison totalement chaotique.À bout de souffle, chacun tentera de se sauver de ce naufrage.Mais, c\u2019est trop tard.Du grand vaudeville ! Au sommet de cette distribution sans failles, mentionnons Martha Burns, actrice très douée (elle a joué plusieurs classiques au Festival de Stratford), dans le rôle de Dotty, une bonne au bord de la crise de nerfs.Andrew Shaver (Reign, Utopia) incarne un hilarant Gary, l\u2019acteur qui fait tout dérailler en coulisses, en gardant sa superbe sur la scène.Il y a aussi le charismatique David Julian Hirsh (Weeds) dans le rôle de Lloyd, un metteur en scène imbu de sa personne, mais aussi complètement irrité et désespéré.C\u2019est du grand vaudeville mis en abyme avec doigté par lemetteur en scène Jacob Tierney.La pièce exige des acteurs une prouesse physique et une finesse d\u2019exécution dans le jeu.Chapeau! Bien que le texte se répète, et que la finale soit escamotée, l\u2019auteur a su décortiquer le genre, tout en le respectant.Dans le fond comme dans la forme.Les portes du décor claquent au moins 360 fois en 90 minutes, et on prononce le mot «sardine» pas moins de 228 fois! Personne ne boudera son plaisir.Si vous aimez voir jouer des acteurs (dans tous les sens du terme) sur scène, cette pièce vous plaira.Au Centre Segal, jusqu\u2019au 19 février.THÉÂTRE / Noises Off L\u2019envers du décor Difficile de ne pas éclater de rire durant la représentation, surtout au deuxième acte.PHOTO ANDRÉE LANTHIER, FOURNIE PAR LE CENTRE SEGAL Noises Off est une farce légère, mais diantrement efficace, sur les coulisses du théâtre.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 2 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 Une exposition organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec le Los Angeles County Museum of Art, et initiée par la Cité de la musique \u2013 Philharmonie de Paris, et La Piscine \u2013 Musée d\u2019art et d\u2019industrie André Diligent, Roubaix, avec le soutien de la Succession Chagall.| Marc Chagall, Maquette définitive de la peinture murale du Metropolitan Opera, Lincoln Center for the Performing Arts, New York : Le Triomphe de la musique (détail), 1966.Collection particulière.© SODRAC & ADAGP 2017, Chagall®.© Archives Marc et Ida Chagall, Paris.| Le MBAM remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec ainsi que le Conseil des arts de Montréal pour leur soutien constant.CHAGALL COULEUR ET MUSIQUE À VOIR DÈS MAINTENANT ! Une présentation de Grand mécène Grand bienfaiteur « Tant de beauté à voir et à écouter vous réconcilie avec la vie et, parfois même, vous émeut.» \u2014 La Presse « C\u2019est l\u2019exposition hivernale à voir ! Allez-y avec les enfants.» \u2014 Gravel le matin, ICI Radio-Canada Première « Spectaculaire » \u2014 Montreal Gazette LES AMBASSADEURS DE CHAGALL À MONTRÉAL ARTS P armi les lectures enrichissantes de ma semaine, il y a eu cet article intitulé Pourquoi entendre manger peut vous faire rager ?Il porte sur la misophonie, une maladie décrite pour la première fois il y a une quinzaine d\u2019années et qui intéresse de plus en plus les psychiatres.Celui qui souffre de miso- phonie ne peut supporter certains bruits, comme celui des doigts sur un clavier d\u2019ordinateur, du papier que l\u2019on froisse, du raclement de la gorge, du brossage de dents, de la mastication de gomme, d\u2019aliments et plusieurs autres.Les gens qui sont touchés par ce mal, les misophones, connaissent une perturbation en focalisant sur ce bruit.Il paraît que ce « dysfonctionnement » fait associer des « sons autrement anodins à des réactions émotionnelles disproportionnées».La lecture de cet article m\u2019a rassuré.J\u2019ai découvert que je n\u2019en suis pas au stade chronique.Je fais tout simplement partie des personnes normales que ces sons énervent et qui règlent le tout en se concentrant sur autre chose.Cela dit, il n\u2019y a pas que ces sons qui peuvent me mettre les nerfs en boule.Il y a aussi ceux qui proviennent de la bouche de certains journalistes, analystes et chroniqueurs de la radio ou de la télé lorsqu\u2019ils sont en direct.Un exemple d\u2019un de ces sons qui me hérissent le poil et qu\u2019on entend beaucoup depuis quelque temps?«Vous dire.» Avez-vous remarqué comment plusieurs journalistes qui s\u2019adressent à un animateur commencent leurs phrases par un «vous dire » qui ne veut rien dire?À nous d\u2019imaginer ce que le journaliste veut dire: «J\u2019aimerais vous dire, Pierre, que la situation demeure difficile sur les routes.» Ce «vous dire» s\u2019est immiscé dans notre langue on ne sait trop comment et se répand aussi vigoureusement qu\u2019une Julie Snyder à la recherche d\u2019un emploi.Il remplace en quelque sorte ce bon vieux «écoutez» avec lequel plusieurs personnes amorcent leurs réponses lors d\u2019une entrevue.Parmi les sons désagréables qu\u2019on entend sur les ondes des médias, il y a évidemment les fameux anglicismes.Celui qui me vient à l\u2019esprit tout de suite est « Bon matin ! ».Chaque fois que je l\u2019entends, j\u2019ai envie de prendre un comprimé de Benadryl pour soulager mon éruption cutanée.Mais bon, il n\u2019y a rien à faire, ce calque de l\u2019anglais fait maintenant partie de la langue québécoise.J\u2019ai cessé de lutter contre cette expression fautive et je gratte maintenant mes boutons.Il y a aussi les sons agaçants qui se cachent derrière une manière décontractée de dire les choses.«Un max de quatre», nous disent certains animateurs pour nous annoncer qu\u2019il fera froid.Les Québécois font preuve d\u2019une grande ouverture face à l\u2019égalité homme-femme, aux gais et aux transsexuels.C\u2019est sans doute pour cela qu\u2019il y a souvent une confusion dans l\u2019emploi du féminin et du masculin.Passons outre les mots «ascenseur», «oreiller», «escalier» et «avion» et réglons le cas de «tous et toutes».J\u2019aimerais vraiment qu\u2019on prenne «toutes les moyens» nécessaires pour arriver à une meilleure utilisation de tous et toutes.Il y a la présence des sons irritants, mais il y a aussi l\u2019absence de sons.Par exemple, les conjonctions qu\u2019on ne retrouve pas là où elles devraient être.Pour certains reporters ou commentateurs, les conjonctions ressemblent à ces vis qui restent sur le plancher après le montage d\u2019un meuble.On ne sait pas quoi faire avec ces boulons, alors on les met là où on croit qu\u2019ils devraient aller.Ça donne des choses comme: «Je vais commencer ma chronique ce matin avec le bedon de Lady Gaga que parle ce matin La Presse.» Sachez que je n\u2019exagère pas.J\u2019ai entendu une chroniqueuse dire cela cette semaine, au lendemain du Super Bowl.Parmi ces sons désagréables, il y a aussi les liaisons que l\u2019on invente, comme l\u2019incontournable «ça va-t-être» et celles qu\u2019on fait mal, comme «vingt- s-écoles» et «cent-s-enfants».Il est vraiment temps que certains apprennent que vingt et cent se terminent par un «t», sauf quand ils sont multipliés par un autre nombre.La langue française est complexe et notre situation géographique favorise l\u2019intrusion d\u2019anglicismes et de formules fautives.Mais ce n\u2019est pas une raison pour baisser les bras.Et ce n\u2019est pas une excuse valable pour ceux qui jouissent d\u2019une tribune, comme un média.Ces gens sont écoutés, regardés, imités.Leur influence est grande.Ils devraient être conscients de cela.Je suis loin d\u2019être irréprochable.Je fais souvent des fautes.Et je suis loin d\u2019être un puriste ou un snob de la langue française.Cette langue, je l\u2019aime de tout son cœur et je désire tout simplement l\u2019honorer.Ma culture «américaine-francophone-qué- bécoise-canadienne-française d\u2019Amérique du Nord», comme dirait Elvis Gratton, ne s\u2019en portera que mieux.Vous dire.Vous dire à quel point je suis fier de cette langue.Vous dire à quel point nous devrions tous en prendre soin avant qu\u2019elle ne ressemble à rien.! ! ! Sur Bescherelle ta mère, un site où l\u2019on s\u2019amuse à publier des fautes qui apparaissent dans les médias ou les lieux publics, on peut voir cet avis rédigé à la sauvette par un responsable d\u2019un établissement scolaire.«Pas école aujourd\u2019hui.» «Franchement, je pense que vous devriez laisser l\u2019école ouverte», a ajouté quelqu\u2019un.Vous dire MARIO GIRARD CHRONIQUE PHOTO ARCHIVES LA PRESSE Parmi les sons désagréables qu\u2019on entend sur les ondes des médias, il y a évidemment les fameux anglicismes, qui hérissent notre chroniqueur.La langue française est complexe et notre situation géographique favorise l\u2019intrusion d\u2019anglicismes et de formules fautives.Mais ce n\u2019est pas une raison pour baisser les bras.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 3 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 «UN HYMNE À L\u2019AMOUR QUE SCHMITT INCARNE SUR SCÈNE AVEC BEAUCOUP DE TENDRESSE.» - JEAN SIAG, LA PRESSE UNE PRÉSENTATION DU THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE EN COLLABORATION AVEC DIDIER MORISSONNEAU 11 REPRÉSENTATIONS EXCEPTIONNELLES DU 22 FÉVRIER AU 4 MARS 2017 Réservations : tnm.qc.ca 514 866-8668 M I S E EN SC ÈNE E T CO L L A BORAT ION AU T EX T E B ENO Î T V E RMEU L EN BILLETTERIE 514 253-8974 ABONNEZ-VOUS Avec Rachel Graton, Francis La Haye et Philippe Thibault-Denis UNE PRODUCT ION DU THÉÂTR E L E C LOU Théâtre Denise-Pelletier 17 16 DIRECTION ARTISTIQUE CLAUDE POISSANT DE WAJDI MOUAWAD 8 AU 25 FÉVRIER 2017 Billets disponibles en journé e - COMPLET en soirée ARTS THÉÂTRE Depuis 25 ans, on voit beaucoup François Papineau au théâtre et à l\u2019écran.Probablement parce qu\u2019il est l\u2019un des acteurs les plus solides et constants de sa génération.Dès mardi, il remonte sur les planches chez Duceppe dans Ne m\u2019oublie pas.Un autre défi à la mesure de son (immense) talent.LUC BOULANGER Pour le comédien François Papineau, la carapace d\u2019un personnage cache toujours une blessure intérieure.Plus la carapace est grosse.plus la blessure est profonde.Dans le cas de Gerry, ce père de famille alcoolique, colérique et hanté par son passé qu\u2019il s\u2019apprête à jouer dans Ne m\u2019oublie pas, de Tom Holloway, l\u2019armure est gigantesque! Dans le dossier de presse de Duceppe, on reprend la citation de l\u2019écrivain Xavier de Maistre: « Les souvenirs du bonheur passé sont les rides de l\u2019âme.» Mais on a retiré le mot bonheur.En effet, lorsqu\u2019on a volé notre enfance, il n\u2019y a pas de bonheur possible.Passé, présent ou futur.Triste, comme sujet ?«Dès que j\u2019ai fini de lire ce texte magnifique, sur un sujet dont j\u2019ignorais l\u2019existence même, j\u2019ai tout de suite accepté la proposition de Duceppe.Je sais que cette pièce a un gros potentiel de catharsis avec le public.» Et toucher le public, c\u2019est une des forces de Papineau.La distribution met aussi à l\u2019a ffiche Louise Turcot, Jonathan Gagnon et Marie- Ève Millot, sous la direction de Frédéric Dubois.La pièce a été traduite par l\u2019excellente Fanny Britt.«White Australia» Inspiréd\u2019un fait aussi réel que révoltant, Ne m\u2019oublie pas aborde la déportation de 3000 enfants pauvres, d\u2019Angleterre vers l\u2019Australie, entre 1945 et 1968, dans le cadre de la politique migratoire «White Australia».Le gouvernement de Londres a poursuivi pendant plus de 100 ans une politique eugénique, amorcée au XIXe siècle, qui arrachait des enfants de familles britanniques défavorisées en les envoyant « vers un avenir meilleur» dans les pays du Commonwealth, dont le Canada.Selon Papineau, on estime que près de 10% de la population canadienne est issue de cette immigration-là.Bien sûr, le paradis promis aux enfants ressemblera plus à un cauchemar.La vaste majorité des enfants ont été exploités, maltraités et abusés.Comme Gerry.Ce dernier a quitté Liverpool à 3 ans, pendant que sa mère était au travail.Ça ressemble plus à un enlèvement.«C\u2019est incroyable que l\u2019État \u2013 pourtant responsable du bien-être collectif, et qui devrait agir comme un bon père de la nation \u2013 n\u2019ait pas protégé ces enfants vulnérables.Il a plutôt décidé de les abandonner durant toutes ces années », déplore l\u2019acteur.Devenu adulte et rongé par la culpabilité, Gerry a effacé toute trace de son passé et enfoui les blessures dans l\u2019oubli.Grâce à sa fille, il entamera des démarches pour retrouver sa mère en Angleterre.Et enfin comprendre un peu pourquoi on l\u2019a privé d\u2019amour.Toute une vie! Zone de danger François Papineau a eu 50 ans la veille de Noël.Depuis plus de 25 ans, il enfile les rôles au cinéma, au théâtre et au petit écran.D\u2019abord, il y a sa voix.Chaude, feutrée et rassurante.Ensuite, son physique solide, son regard grave, sa personnalité calme et posée.Papineau fait penser à un Robert De Niro québécois.à l\u2019époque où De Niro faisait de bons choix de carrière.De Mario dans Motel Hélène à Alceste dans Le Misanthrope, on a l\u2019habitude de le voir j o u e r d e s p e r s o n n a ge s d\u2019hommes blessés, tapis sous leur robuste carapace.« Tout ce qui n\u2019est pas clair et très émotif, c\u2019est moi ! dit l\u2019acteur à la blague.Je ne joue pas au théâtre pour jouer au théâtre, poursuit-il.Il me faut un défi ; un rôle qui me met réellement en danger.Je ne suis pas un technicien ni un mécanicien de la scène.Chaque fois, je risque de me péter la gueule ! » La carapace de Despins Au cinéma, dès le 10 mars, François Papineau sera en vedette dans le prochain film de Benoit Pilon, Iqaluit, aux côtés de Marie-Josée Croze.On peut toujours le voir dans la peau du directeur du pénitencier de Lietteville, dans Unité 9 dont on a confirmé le retour pour une sixième saison à ICI Radio-Canada.Les téléspectateurs aiment haïr son personnage dans Unité 9, en le voyant agir comme un robot militaire avec tout le monde.L\u2019acteur dit que Despins était «pire que ça au départ», dans le scénario de la première saison.D\u2019ailleurs, Papineau a failli refuser l\u2019offre de Fabienne La rouche, la produc t r ice d\u2019Unité 9.Il venait de terminer la série En thérapie.Il était très fatigué et fragile: «Je me suis aussi construit une carapace pour me protéger comme acteur, confie-t-il.J\u2019ai donc été puisé dans mon sentiment de vulnérabilité, pour ne pas qu\u2019on puisse trouver sa faille.» Cela explique sans doute pourquoi, aussitôt qu\u2019on croit comprendre Normand Despins, le personnage nous glisse entre les mains comme un savon.Chez Duceppe.Du 15 février au 25 mars.FRANÇOIS PAPINEAU Sous la carapace > Mario dansMotel Hélène de Serge Boucher.Espace Go (Théâtre PàP/1997-98) > Ulysse dans L\u2019Odyssée mise en scène par Dominic Champagne et Alexis Martin au TNM (2000) > Le Maître de cérémonie dans Cabaret, mis en scène par Denise Filiatrault au Rideau Vert (2004-2005).> Mycroft Mixeudeim dans La charge de l\u2019orignal épormyable de Claude Gauvreau au TNM (2009).> Roger dans Ha ha !.de Réjean Ducharme au TNM (2011) > Le rôle qui l\u2019a révélé : Serge dans ø de François Archambault à l\u2019Espace GO (Théâtre PàP/1995) CINQ RÔLES MARQUANTS AU THÉÂTRE PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE François Papineau a eu 50 ans la veille de Noël.Depuis plus de 25 ans, il enfile les rôles au cinéma, au théâtre et au petit écran.«Je ne joue pas au théâtre pour jouer au théâtre.Il me faut un défi ; un rôle qui me met réellement en danger.» \u2014 François Papineau, comédien l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 4 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 L\u2019Atelier de Distribution de Films présente un film de Fernand Dansereau lerotismeetlevieilage.com « De la fusion des corps à la communion des âmes » PRÉ S ENTEMENT À L \u2019A F F I CHE L\u2019érotisme et le vieil âge CINÉMAS BEAUBIEN ET QUARTIER LATIN grecques avec René Van Bever escales dans les îles pédaler le brésil avec Bertrand Lemeunier MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 15 et 16 février LONGUEUIL Théâtre de la Ville 26 février 19h30 LAVAL Salle André-Mathieu 1er au 5 mars CINÉ-CONFÉRENCES aussi présentées à L\u2019Assomption, Pierrefonds, St-Jean, LaSalle, St-Jérôme, La Prairie, etc.réservez maintenant ! 514 521.1002 1 800 558.1002 LONGUEUIL Théâtre de la Ville 11 et 12 février LAVAL Salle André-Mathieu 13 au 19 février Théâtre Marcellin-Champagnat 22 et 23 février MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 27 février au 5 mars Présenté par CINÉ-CONFÉRENCE aussi présentées à L\u2019Assomption le 12 février. ARTS MUSIQUE ALAIN BRUNET Sampha Sisay a travail lé comme réalisateur auprès de SBTRKT, FKA Twigs et Jessie Ware avant d\u2019être mis à contribution par des superstars américaines comme Drake, Kanye West et Solange Knowles.En tant qu\u2019artiste solo, il récolte les dithyrambes avec son premier album, Process, et fait salle comble dans toutes les grandes villes d\u2019Europe ou d\u2019Amérique.Le Britannique d\u2019origine africaine (ses parents sont de la Sierra Leone), qui remplira le Théâtre Corona ce soir, a tout pour bomber le torse, adopter le ton triomphaliste de la star électro-soul qu\u2019il est en train de devenir.Or, au bout du fil, sa voix douce et cendrée est étonnamment timorée.«J\u2019imagine que le bouche- à-oreille a fait son œuvre, estime-t-il, hésitant.Mon travail a plu, les commandes se sont multipliées.Entre-temps, j\u2019ai chanté mon matériel en première partie de quelques artistes.Par exemple, j \u2019ai tourné avec SBTRKT [notamment à Osheaga] , ce qui m\u2019avait permis de découvrir la puissance de l\u2019émotion sur scène.» Réalisateur par défaut Enfant et préadolescent, Sampha a appris les rudiments du piano, ce qui l\u2019a sûrement aidé à se définir d\u2019abord en tant que réalisateur, quoique.«Certaines personnes s\u2019appuient sur leur connaissance du clavier.Personnellement, je me suis mis à faire des chansons parce que je ne le connaissais pas suffisamment !», glousse-t-il.Chaque production a néanmoins permis à Sampha de grandir, de gagner en assurance, d\u2019apprendre ce métier où il excelle : « J\u2019utilise des synthétiseurs analogiques, des logiciels, beaucoup d\u2019électronique.J\u2019ai aussi traversé une phase où je jouais des instruments acoustiques, guitare ou piano, pour faire plus \u201dnaturel\u201c.J\u2019ai ensuite réalisé que l\u2019émotion importait davantage que la nature de l\u2019instrumentation.» Trouver sa voix Au dépa r t , Sampha se voyait essentiellement comme un réalisateur dont la voix n\u2019était qu\u2019un des outils.« Je passais des heures interminables devant mon ordinateur et mes instruments .J \u2019ava is l \u2019a t t i tude et le compor tement d\u2019un réalisateur, et ne mettais pas l\u2019accent sur mon propre chant.Je ne me voyais pas vraiment artiste solo.et puis, je me suis surpris à beaucoup aimer chanter seul au piano.Cet état d\u2019esprit a fait son chemin, je me suis intéressé davantage aux interprètes avec qui je collaborais, à leur façon de faire.J\u2019ai appris.» Sa chanson Subconscious , croit-il , a été le véritable déclencheur.« Je n\u2019avais qu\u2019un mince répertoire original à l\u2019époque, mais il s\u2019est passé quelque chose lorsque j\u2019ai créé cette chanson.Plusieurs m\u2019ont alors encouragé à poursuivre.Ce ne fut pas simple, remarquez : j\u2019ai dû batailler pour en venir à de bons résultats, faire en sorte que ma musique prenne son envol.«Ce n\u2019était pas facile pour moi de chanter, mais j\u2019aimais le faire et je remercie tous ceux et celles qui m\u2019y ont poussé.» Quant au style de Sampha, le principal intéressé en décrit les sources et les fondements : «Dans ma famille, nous avons écouté beaucoup de soul/ R&B.Mes parents faisaient aussi jouer de la musique africaine à la maison.Enfant et préadolescent, j\u2019aimais particulièrement Stevie Wonder, puis j\u2019ai écouté toutes sortes d\u2019artistes : 4hero, D\u2019Angelo, Daft Punk.Je passais du R&B au big beat en passant par le hip-hop et l\u2019électro.Aujourd\u2019hui ?Eh bien, c\u2019est un mélange ; c \u2019est le goût d\u2019un Britannique d\u2019origine africaine !» Sur scène, il se présente avec un groupe de quatre musiciens l\u2019incluant.«Nous essayons de transcrire le mieux possible la matière de mes enregistrements, de manière à fournir une vraie performance en temps réel.Ma musique peut traverser plusieurs variations d\u2019intensité mais révèle aussi ma personnalité réservée.Cela dit, je deviens de plus en plus solide sur scène.» Mé f ie z -vou s de s eau x calmes.Au Théâtre Corona ce soir, 21h.Avec Mal Devisa, Michele Nox.SAMPHA Méfiez-vous des eaux calmes.PHOTO FOURNIE PAR YOUNG TURKS Sampha Sisay, Britannique d\u2019origine africaine (ses parents sont de la Sierra Leone), qui remplira le Théâtre Corona ce soir, a tout pour bomber le torse, adopter le ton triomphaliste de la star électro-soul qu\u2019il est en train de devenir.Hold On SBTRKT Album: SBTRKT (2011) Too Much Drake Album: Nothing Was the Same (2013) Saint Pablo Kanye West Album: The Life of Pablo (2016) Don\u2019t Touch My Hair Solange Album: A Seat at the Table (2016) QUELQUES COLLABORATIONS DE SAMPHA «J\u2019utilise des synthétiseurs analogiques, des logiciels, beaucoup d\u2019électronique.J\u2019ai aussi traversé une phase où je jouais des instruments acoustiques, guitare ou piano, pour faire plus \u201dnaturel\u201c.J\u2019ai ensuite réalisé que l\u2019émotion importait davantage que la nature de l\u2019instrumentation.» \u2014 Sampha Sisay l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 5 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 LA MEILLEUR FAÇON DE PROFITER DU FESTIVAL - ET D\u2019ÉCONOMISER - HAHAHA.COM/PASSEPORTS ( H ÂT E Z-V O U S , L E S Q U A N T I T É S S O N T L I M I T É E S ) Certaines conditions s\u2019appliquent.Les catégories peuvent varier selon la disponibilité des billets.Quantités limitées.Offre sujette à changement sans préavis.E Procurez-vous le passeport qui vous convient au PASSEPORTS 2017 PRÉSENTE P R É S E N T E EN COLLABORATION AVEC hahaha.com MAINTENANT EN VENTE AU 514.845.2322 présenté par ARTS Ras-le-bol de la femme parfaite ! Ces jours-ci, Lena Dunham, la créatrice de la série Girls, et Amy Schumer, qui sera à Montréal vendredi, nous proposent une image des femmes sans artifices, plus près de la réalité.Le phénomène s\u2019observe aussi chez nous.De Mariana Mazza à Kim Lévesque Lizotte en passant par Isabelle Langlois, ces créatrices déboulonnent le mythe de la femme toujours en contrôle qui performe dans tout.Mais qui est cette femme imparfaite qui n\u2019a pas peur de se montrer telle qu\u2019elle est ?NATHALIE COLLARD LA FEMME IMPARFAITE EST AUTHENTIQUE Sur la scène comme au petit écran, plusieurs filles cassent l\u2019image de la fille parfaite.C\u2019est le cas de Mariana Mazza.«Moi, je m\u2019habille comme je veux, je montre mon ventre, j\u2019ai fait les recettes pompettes avec une brassière grise ben ordinaire, j\u2019ai des petits seins, pis après ?lance l\u2019humoriste avec conviction.Où est le problème?» Lena Dunham a fa it le même choix dans la série Girls, dont la saison finale commence demain sur HBO.Ses personnages sont authentiques, leur vie est réaliste.Résultat : les téléspectatrices s\u2019identifient.«Je crois qu\u2019il n\u2019y aurait rien à dire sur une femme parfaite.L\u2019imperfection, c\u2019est le filet mignon de la scénariste.Les défauts, c\u2019est ça qui est intéressant.» \u2014 Isabelle Langlois, auteure de la série Lâcher prise à Radio-Canada Au t e u r e d e l a s é r i e Les Simone, dont la deuxième s a i s o n s e r a p r é s e n t é e l \u2019au tomne pro cha i n su r IC I Rad io -Canada Télé , Kim Lévesque Lizotte tenait pou r s a pa r t à mont r e r des héroïnes sans fa rds .« Prenons le personnage de Laurence, souligne-t-elle.Elle est belle, elle a de l\u2019argent, une super job.Mais on la voit pleurer et manger de la crème glacée pendant trois épisodes.J\u2019aurais pu montrer une fille forte qui dit à son chum : \u201cJe n\u2019ai plus besoin de toi\u201d.Mais ça ne se passe pas comme ça dans la réalité.» LA FEMME IMPARFAITE S\u2019ASSUME Dans ses spectacles comme dans son autobiographie, Amy Schumer n\u2019a pas peur de parler de ses relations familiales tendues, de sa vie sexuelle pas toujours satisfaisante, de ses excès d\u2019alcool.Elle détonne avec le discours dominant qui exige des femmes d\u2019être en contrôle en tout temps.Isabelle Langlois fait remarquer que ce type de femmes existait avant mais pas de la même manière.« Quand je pense à ma mère qui nous emmenait ma sœur et moi aux Î les-de-la-Madeleine en fumant ses Gitanes dans l\u2019auto, elle était loin d\u2019être parfaite, note la scénariste.Mais on ne disait pas les choses de la même manière à l\u2019époque, on se gardait une petite gêne.\u201dDifferent shit, same bullshit\u201c, comme on dit.» L e s p e r s o n n a g e s d e Kim Lévesque Lizotte, elles, ont l\u2019âge (le début de la trentaine) où la société attend beaucoup des femmes : une vie amoureuse stable, un projet d\u2019enfant, une carrière prometteuse.«Le regard qu\u2019on pose sur les femmes est toujours rempli d\u2019attentes et de jugement.» \u2014 Kim Lévesque Lizotte, auteure des Simone Ce n\u2019es t j ama is a ssez , remarque-t-elle.«Moi, j\u2019ai un chum que j\u2019aime, une super job, mais on dirait qu\u2019on attend toujours quelque chose de plus de moi.Il faudrait que je sache faire à manger, que je fasse du sport, on me demande si je vais me marier.On n\u2019est jamais assez ceci, ou on est trop cela.Est-ce qu\u2019on peut juste être qui on veut?» LA FEMME IMPARFAITE PARLE DE SEXUALITÉ SANS DÉTOUR On a beaucoup parlé de la sexualité de la série Girls, une sexualité hyper réaliste, pas glamour pour deux sous et qui se veut le reflet des expériences vécues par les jeunes femmes «dans la vraie vie ».La sexualité occupe également une place importante dans le travail d\u2019Amy Schumer et de Mariana Mazza, qui n\u2019hésitent pas à appeler un chat un chat.Pour l\u2019humoriste, c\u2019est tout à fait naturel de «parler de cul ».«C\u2019est un sujet dont je parle, dont on parle tous en privé, alors pourquoi les filles feraient semblant de ne pas savoir de quoi je parle ou de jouer à la sainte-nitouche quand on parle de sexe?» \u2014Mariana Mazza, humoriste Dans Les Simone, Nikki, un des personnages imaginés par Kim Lévesque Lizotte, a une sexualité active et assumée.Le public est-il prêt à accepter cette sexualité décoincée?« Il existe encore des préjugés à l\u2019endroit des femmes, croit-elle.Honnêtement, si je les écrivais comme elles sont dans la vraie vie, avec un ex pas loin, des amis au statut pas clair et des dates Tinder à répétition, les gens diraient : \u201cC\u2019est trop!\u201d On les jugerait.Ce n\u2019est pas vrai qu\u2019on accepte la même chose des femmes et des hommes.» LA FEMME IMPARFAITE NE CHERCHE PAS À PLAIRE À TOUT PRIX «Ce qui est irritant pour les autres quand on s\u2019affirme avec nos défauts et nos imperfections, c\u2019est cette décision d\u2019arrêter de plaire et de faire ce qu\u2019on attend de nous.» \u2014 Kim Lévesque Lizotte, auteure des Simone Selon Kim Lévesque Lizotte, voir une femme s\u2019affirmer dans son imperfection physique, ou être vulgaire ou exubérante, ou ne pas être nécessairement fine et gentille, est déstabilisant pour les autres.« Les hommes sont confrontés à une femme qui n\u2019essaie plus de leur plaire, dit-elle.Et les femmes qui travaillent fort à plaire sont confrontées à une femme qui se libère de ça, donc qui les confronte à leur propre désir d\u2019être parfaites.\u201cPourquoi elle ne joue pas le même jeu que moi ?Pourquoi prend- elle le risque de ne plus être aimée, appréciée, désirée ?\u201d » Pour Isabelle Langlois , cet idéal de bonheur et de per fec t ion imposé pa r la société est à l \u2019origine de nombreux burn-out, comme celui qui accable son personnage principal, Valérie, qui sera obligée de se remettre en question.« Aujourd\u2019hui plus qu\u2019avant, on se fait une idée de ce que le bonheur doit être, de ce qu\u2019est une vie réussie, souligne l\u2019auteure de Lâcher prise.Il faut avoir vécu certaines expériences, cocher des choses sur notre liste.Quand tu es rendue à devoir écrire \u201cavoir du fun\u201d dans ton agenda.c\u2019est rendu grave.» LA FEMME IMPARFAITE SE FORGE UNE CARAPACE I l faut voi r les commenta i res publics que reçoi- v e n t L e n a D u n h a m e t Amy Schumer pour constater à quel point la femme imparfaite qui s\u2019assume doit avoir une carapace.Les gens peuvent être brutaux.«C\u2019est super, les filles imparfaites, lance Kim Lévesque Lizotte.Ça aide à déculpabiliser les gens, mais il faut être faite forte.Car on peut toujours te ramener à ton corps, à ton état de femme- objet.Et c\u2019est toujours fait avec violence.Quand tu veux remettre une femme à sa place, que tu veux lui enlever de la valeur comme artiste et comme être humain, tu lui rappelles qu\u2019elle n\u2019est qu\u2019un corps.» Ma r iana Mazza est du même av i s .L\u2019humor i s te estime qu\u2019il faut des nerfs d\u2019acier pour s\u2019imposer comme personnage public.« Ceux qui écrivent des insultes sur ma page Facebook et qui font \u201dlike\u201c pour me bitcher, je les mets dans mon show et je montre leurs messages à tout le monde.Je veux montrer aux gens à quel point ils sont méchants.Ce n\u2019est pas vrai que je travaille comme une folle pour me faire dire par un taouin que je suis ceci ou cela.Ce n\u2019est pas pour ça que je fais ce métier.Comme disait Rocky, ce ne sont pas les coups que tu prends mais la manière dont tu te relèves.Il faut être capable de dire : \u201dFuck you !\u201c » MANIFESTE DE LA FEMME IMPARFAITE PHOTO ANDY KROPA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Lena Dunham casse l'image de la femme parfaite dans la série Girls, dont la saison finale commence demain sur HBO.Ses personnages sont authentiques, leur vie est réaliste.PHOTO JORDAN STRAUSS, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Dans ses spectacles comme dans son autobiographie, Amy Schumer n\u2019a pas peur de parler de ses relations familiales tendues, de sa vie sexuelle pas toujours satisfaisante, de ses excès d\u2019alcool.PHOTOMARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE Selon Kim Lévesque Lizotte, voir une femme s\u2019affirmer dans son imperfection physique, ou être vulgaire ou exubérante, ou ne pas être nécessairement fine et gentille, est déstabilisant pour les autres.PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE Pour Isabelle Langlois, l'idéal de bonheur et de perfection imposé par la société est à l\u2019origine de nombreux burn-out, comme celui qui accable le personnage principal de sa série Lâcher prise.PHOTODAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE Mariana Mazza estime qu\u2019il faut des nerfs d\u2019acier pour s\u2019imposer comme personnage public.«Ceux qui écrivent des insultes sur ma page Facebook et qui font \u201dlike\u201c pour me bitcher, je les mets dans mon show et je montre leurs messages à tout le monde.» l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 6 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 ARTS MONTRÉAL EN LUMIÈRE MARIO CLOUTIER Les Lyonnais, où qu\u2019ils soient dans le monde, allument spontanément des lumignons à leu r fenêtre depuis 164 ans.Une statue en l\u2019honneur de la Vierge Marie, qui aurait sauvé la ville de la peste au XVIIe siècle, a en effet été inaugurée sur la colline de Fourvière le 8 décembre 1852.Ce qui fait de la Fête des lumières de Lyon l\u2019un des plus vieux événements du genre dans le monde.Aujou rd \u2019hu i , l a Fê te comprend projec tions , lasers, DEL, tout ce que la lumière moderne peut offrir, mais les Lyonnais continuent d\u2019allumer des lumignons aux fenêtres.Même en 2015, lorsque la fête a dû être annulée en raison des attentats de Paris, le 13 novembre.Sous la surveillance de 1500 policiers, militaires et agents de sécurité, l\u2019événement était de retour du 8 au 11 décembre 2016 dans un espace limité essentiellement au Vieux- Lyon, à la presqu\u2019île de Lyon, entre le Rhône et la Saône.La Presse y était et a pu constater que, pendant trois jours, les foules, moins nombreuses que d\u2019habitude selon les observateurs, ont eu droit à une quarantaine d\u2019installations, dont trois seront présentées à Montréal lors d\u2019Illuminart.Pour un visiteur, la Fête des lumières revêt un charme particulier avec ses lumignons aux fenêtres, ses spectacles d\u2019animation, ses projections sur les édifices comme la mairie, la grande roue de place Bellecour et, cette année, un soleil géant qui se levait sur les hauteurs de la ville, à côté de la basilique de Fourvière.Les nombreux stands de bouffe de rue et de vin chaud étaient tous plus accueillants les uns que les autres.Et la foule, quoique fort compacte par endroits, particulièrement chaleureuse à l\u2019endroit des néophytes porteurs de l\u2019accent.québécois ! Les frais du voyage à Lyon ont été déboursés par ONLYLYON, organisme de promotion internationale de Lyon.ILLUMINART Le festival dans le festival MARIO CLOUTIER En lançant Illuminart cette année, Montréal en lumière veut frapper un grand coup : créer un nouveau rendez-vous récurrent en hiver à Montréal.De plus, il s\u2019agit d\u2019un nouvel événement majeur qui survient en début d\u2019année du 375e anniversaire de Montréal.« On a une trentaine de partenaires à la production, création, diffusion, dont la célèbre Fête des lumières de Lyon, dans un parcours très inclusif, liant les pôles est et ouest du Quartier des spectacles », explique le vice-président production chez Spectra, Mikaël Frascadore.Il faut dire que les fêtes des lumières représentent une tendance majeure dans le monde des festivals un peu partout en ce moment.« C\u2019est une explosion.Il y a cinq ans, il y avait une vingtaine de festivals des lumières.Maintenant, il y en a 115 qui se déroulent essentiellement entre septembre et février », souligne-t-il.Question de se réchauffer, de s\u2019allumer.Le premier Illuminart compte sur six artistes de Lyon, où la Fête des lumières a soufflé 164 bougies en décembre 2016, et deux autres d\u2019Australie et des Pays-Bas.« Cet événement permet autant un rayonnement international de nos artistes et, à l\u2019inverse, il y a un intérêt pour des pays à être mis en valeur ici », croit Mikaël Frascadore, qui planche sur le projet depuis trois ans.Quatre codiffuseurs \u2013 Australie, Pays-Bas, République tchèque, Canada \u2013 ont notamment collaboré pour présenter ici Fantastic Planet de l\u2019Australienne Amanda Parer afin d\u2019aider l\u2019artiste et de réduire les coûts.La fête de Montréal Mais même s\u2019il s\u2019agit d\u2019un véritable rendezvous international, Illuminart a misé beaucoup sur les artistes et les citoyens montréalais pour créer plusieurs des 25 œuvres.« Des œuvres d\u2019artistes professionnels et de citoyens se côtoient, note le vice-président de Spectra.L\u2019une des caractéristiques principales d\u2019Illuminart est de favoriser les échanges, de mettre des gens ensemble pour créer quelque chose.» Le parcours fera connaître des coins méconnus du Quartier des spectacles.On verra une animation relatant l\u2019histoire des Habitations Jeanne- Mance, des créations d\u2019élèves participant aux ateliers du Musée d\u2019art contemporain et d\u2019écoles primaires, Villeray et Rosemont.Ceux-ci ont travaillé sur 1000 tiges représentant la ville de Montréal.Même les graphistes de Spectra ont contribué à une œuvre.Illuminart en promet pour tous les goûts : ludique, intello, familial, interactif.Les étudiants en médias interactifs de l\u2019UQAM ont, pour leur part, créé un projet d\u2019intelligence artificielle.« C\u2019est extrêmement intéressant.C\u2019est un cerveau qui collecte de l\u2019information sur les gens et qui fait des recommandations pour optimiser la ville.Les profs de l\u2019UQAM et Moment Factory sont impliqués.» Petite histoire L\u2019idée de créer une fête des lumières ne date pas d\u2019hier chez Spectra.Elle est même à la source du festival Montréal en lumière.« Au début des années 90, Alain Simard a eu l\u2019idée de préparer un symposium de concepteurs éclairagistes fortement inspiré de Lyon, mais on n\u2019était pas prêt.Le festival Montréal en lumière est quand même né.On a toujours eu une place pour la lumière avec du multimédia et du mapping.Là, c\u2019est un retour aux sources.» Amateur d\u2019art contemporain et de multimédia, Mikaël Frascadore a retroussé ses manches pour que la lumière soit faite enfin.« On a créé un réseau le printemps passé, l\u2019International Light Festivals Organization, pour coproduire et faire des échanges de pratiques efficaces.On a travaillé fort, mais c\u2019est un chantier très intéressant.On veut frapper un grand coup cette année pour aller chercher d\u2019autres partenaires financiers et des commanditaires.Ce n\u2019est pas le 375e anniversaire de Montréal tous les ans.» Illuminart se déroulera du 22 février au 11 mars, du mercredi au samedi de 17 h 30 à 23 h, sauf lors de la Nuit blanche, qui se terminera à 3 h.Une vieille tradition à Lyon PHOTO EMMANUEL FOUDROT, REUTERS L\u2019œuvre Évolutions, conçue par l\u2019artiste Yann Nguema et projetée sur la façade de la cathédrale Saint-Jean, a remporté un prix en décembre dernier à la Fête des lumières de Lyon.L\u2019Éléphant rouge de Bibi est un projet qui devrait plaire particulièrement aux familles, selon le vice-président production chez Spectra, Mikaël Frascadore.PHOTO FOURNIE PAR MONTRÉAL EN LUMIÈRE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 7 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 ARTS LECTURE L\u2019attentat de Québec a créé une onde de choc et provoqué une profonde remise en question au sein de la société québécoise.Nombreux sont ceux qui disent souhaiter s\u2019ouvrir davantage à la différence.La littérature peut-elle jouer un rôle et, si oui, lequel ?NATHALIE COLLARD Tendre la main, apprendre à se connaître davantage, accueillir l\u2019autre.Depuis une semaine s\u2019exprime une volonté claire de bâtir des ponts entre les Québécois dits «de souche» et les Québécois de confession musulmane.Or la littérature est sans doute un bon moyen pour y arriver.« Fondamentalement, la littérature favorise les échanges interculturels, croit Lilyane Rachédi, professeure à l\u2019École de travail social de l\u2019UQAM.Elle peut être un médium pour sensibiliser, informer l\u2019Autre avec un grand A.» «Je crois profondément en la puissance des mots, lance pour sa part Yara El-Ghadban, anthropologue, musicienne et romancière.Ce sont les mots et les discours qui ont normalisé la haine de l\u2019autre, alors les mots peuvent aussi refonder notre rapport à l\u2019autre.Au fond, la littérature, qu\u2019est- ce que c\u2019est sinon un dialogue?» Un avis que partageOuanessa Younsi, psychiatre et écrivaine.«La littérature nous ouvre à la diversité, à différents styles, à différentes cultures», observe la jeune femme de 32 ans, auteure de plusieurs livres, dont Soigner, aimer, son plus récent.Le livre comme outil Dans L\u2019encre des savants est plus sacrée que le sang des martyrs, essai paru l\u2019an dernier, Aziz Farès a voulu démythifier l\u2019islam et expliquer la différence entre la religion et l\u2019idéologie.«C\u2019est un livre ouvert, pas polémique», précise l\u2019ancien journaliste né à Alger et établi au Québec depuis plus de 20 ans.Il rappelle que le premier mot révélé au Prophète dans le Coran est « lis».«Cela signifie \u201capprends, informe-toi, renseigne-toi\u201d.Il faut aller chercher la connaissance, martèle-t-il.Ce qui manque, c\u2019est la compréhension de l\u2019autre.» Un conte, un poème, un roman.Pour Lilyane Rachédi, qui a participé au développement de plusieurs outils de médiation interculturelle, on peut utiliser les livres pour engager la discussion et aborder des questions délicates.« La littérature n\u2019est pas menaçante, elle permet d\u2019aller plus en profondeur dans l\u2019expérience humaine, de sensibiliser les gens à leurs différences et à leurs ressemblances.» Abattre les murs Encore faut-il s\u2019ouvrir à toutes les littératures.Or au Québec, la littérature francophone dont on parle le plus souvent est encore très blanche de souche.On connaît peu ou pas les écrivains issus des pays du Maghreb qui vivent pourtant au Québec depuis 10, 20 ou 30 ans.Ou qui, comme Ouanessa Younsi, fille d\u2019un père algérien et d\u2019une mère québécoise, sont carrément nés ici.Quel est le problème?«Onatousunbiais inconscient, affirme celle qui a été finaliste au Prix de poésie Radio-Canada l\u2019an dernier.On reste toujours dans le même jardin.Ça prend des passeurs, de l\u2019accompagnement.» Pour sa thèse de doctorat L\u2019écriture comme espace d\u2019insertion et de citoyenneté pour les immigrants, Lilyane Rachédi a interviewé de nombreux écrivains qui constatent que leurs livres sont noyés dans la masse.«Ils se disent aussi marginalisés à cause de la connotation étrangère de leur nom», souligne cette chercheuse à la Chaire de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté (CRIEC) de l\u2019UQAM.Les diffuseurs aussi ont leur part de responsabilité.«Ils spéculent à propos des intérêts des lecteurs, ils disent: \u201cIls n\u2019aimeront pas ça\u201d.» U n c o n s t a t p a r t a g é p a r Yara El-Ghadban, qui a découvert un jour que son premier roman, À l\u2019ombre de l\u2019olivier, avait été classé dans le rayon de la littérature étrangère.«On crée des frontières invisibles et des catégories comme la littérature de l\u2019exil, immigrante, etc., souligne la romancière qui vit à Montréal depuis 1989.Les médias donnent une légitimité à tout ça alors qu\u2019au fond, nous sommes tous des écrivains de la francophonie.» «Oui, je suis musulman, et après?demande pour sa part Aziz Farès.Pourquoi mettre des étiquettes?Moi, je ne demande pas aux gens quelle est leur religion, je fais partie de la communauté québécoise.On est piégé parce qu\u2019on ne connaît pas l\u2019autre.Comme disait le philosophe Mohammed Arkoun, ce n\u2019est pas le choc des civilisations, mais le choc des ignorances.» Des lieux d\u2019échange Au cours des dernières années, plusieurs initiatives ont été mises sur pied dans le but de créer des passerelles entre les différentes communautés littéraires.«Je pense qu\u2019on assiste actuellement à une prise de conscience de la sous ou de la non-représentation de la diversité au sein du milieu artistique», note Ouanessa Younsi, qui est l\u2019initiatrice du projet Femmes rapaillées, recueil de poésie conçu par 41 femmes d\u2019un peu partout au Québec.«On voulait rassembler des voix diverses, de différentes origines.Ce fut une expérience fertile dans mon cheminement.» « Moi, j \u2019a i l\u2019impression que je commence à faire partie du monde littéraire grâce à mon éditeur, estime Aziz Farès, qui publie chez XYZ.« Ça me permet d\u2019être en contact avec d\u2019autres gens, mais c\u2019est un lent travail, il faut être encadré, soutenu.» «Il faut créer des lieux où on peut dialoguer avec la littérature», estime pour sa part Yara El-Ghadban, qui dit ne pas aimer le terme «médiation culturelle», un mot à la mode et un peu fourre-tout, selon elle.À l\u2019initiative de la maison d\u2019édition Mémoire d\u2019encrier, la romancière a participé à la création de L\u2019espace de la diversité, un organisme à but non lucratif qui se veut un carrefour interculturel pour les écrivains.Son implication l\u2019a amenée à rencontrer des intervenants, des organismes subventionnaires, des écoles, des diffuseurs de partout au Québec pour parler de toutes les formes de diversité, ethnique, religieuse, sexuelle.D\u2019autres organismes, comme l\u2019Association culturelle Passerelle, travaillent dans le même sens.Et le milieu scolaire a un rôle crucial à jouer en proposant des œuvres qui contribueront à élargir les horizons des jeunes.«Il y a des besoins, c\u2019est clair, lance Yara El-Ghadban.Mais il y a tellement de richesse.Le monde entier est ici, il suffit de le reconnaître.On est assis sur un trésor.» ATTENTAT DE QUÉBEC La littérature pour bâtir des ponts PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE PAR OÙ COMMENCER?Suggestions de lecture des personnes que nous avons interviewées LILYANE RACHÉDI Professeure à l\u2019École de travail social de l\u2019UQAM et chercheuse Quand la mort frappe l\u2019 immigrant.Défis et adaptations.Lilyane Rachédi et Béatrice Halsouet Les Presses de l\u2019Université de Montréal (PUM) La mémoire du soleil Salah El Khalfa Beddiari L\u2019Hexagone Introduction aux littératures francophones \u2013 Le Maghreb Collectif Les Presses de l\u2019Université de Montréal (PUM) YARA EL-GHADBAN Anthropologue, musicienne, romancière De si jolies plages Jean-Claude Charles Mémoire d\u2019encrier Miroirs et mirages Monia Mazigh Interligne La marchande de sable Katia Belkhodja XYZ OUANESSA YOUNSI Psychiatre et écrivaine Bâtons à message/Tshissinuatshitakana Joséphine Bacon Mémoire d\u2019encrier Le portrait de ma mère Nada Sattouf Éditions Poètes de brousse Terre des femmes \u2013 150 ans de poésie féminine en Haïti Éditions Bruno Doucey AZIZ FARÈS Journaliste, écrivain, animateur de l\u2019émission Au cœur du monde sur les ondes de Radio VM Lectures du Coran Mohammed Arkoun Albin Michel Le harem et les cousins Germaine Tillion Seuil Les trois piliers de l\u2019 islam Jacqueline Chabbi Seuil «La littérature n\u2019est pas menaçante, elle permet d\u2019aller plus en profondeur dans l\u2019expérience humaine, de sensibiliser les gens à leurs différences et à leurs ressemblances.» \u2014 Lilyane Rachédi, professeure à l\u2019UQAM PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE Depuis deux semaines s\u2019exprime une volonté claire de bâtir des ponts entre les Québécois dits «de souche» et les Québécois de confession musulmane.PHOTOOLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 8 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 Offert en librairie ou sur editionslapresse.ca Aussi en format PDF et E-pub Le récit savoureux d\u2019une célibataire à la recherche de l\u2019homme de sa vie ! Le premier livre de MARIE-ÉLAINE PROULX ARTS CINÉMA FIFTYSHADESDARKER (V.F.:CINQUANTENUANCES PLUSSOMBRES) ! Drame érotique de James Foley.Avec Dakota Johnson, Jamie Dornan, Kim Basinger.1h55.LE SYNOPSIS Après une séparation, Anastasia Steele laisse une deuxième chance à Christian Grey, qui tente de la reconquérir.L\u2019espoir d\u2019une vie commune est cependant menacé quand d\u2019amères amoureuses anciennes reviennent dans le décor.LA CRITIQUE On a peine à croire que James Foley, un cinéaste fort intéressant à une certaine époque (At Close Range, After Dark, My Sweet,Glengarry Glen Ross), ait pu se commettre à la réalisation de ce film risible, deuxième opus de l\u2019une des trilogies les plus inutiles de l\u2019histoire du cinéma.Tout, dans cette adaptation du deuxième roman de gare d\u2019E.L.James, est mauvais.Le scénario est parsemé de scènes «de remplissage» (histoire de bien faire admirer les décors et les paysages), les dialogues sont d\u2019une navrante pauvreté et le jeu des deux acteurs principaux frôle souvent le ridicule.Aucune subtilité dans le texte ni dans la mise en scène, encore moins dans la peinture des personnages.Ici, une ancienne amoureuse d\u2019allure cadavérique, fantôme qui, devine-t-on (vraiment?), fera planer le malheur sur le couple.Là, Marcia Gay Harden et Kim Basinger donnent l\u2019impression de jouer dans un mauvais épisode de Dynasty.Ou dans un numéro trop étiré du Cœur a ses raisons.Fifty Shades Darker illustre aussi de façon éloquente la profonde hypocrisie du cinéma hollywoodien en matière de représentation sexuelle à l\u2019écran.La constante recherche de l\u2019effet racoleur, faussement audacieux, neutralise tout élan de vérité et d\u2019émotion.Résultat : il émane de l\u2019ensemble à peu près autant de sex- appeal qu\u2019un vieux meuble à décaper.Un nouveau triomphe aux Razzie Awards est à prévoir l\u2019an prochain.\u2014Marc-André Lussier Proposition indécente THELEGOBATMAN MOVIE (V.F.:LEGO BATMAN, LEFILM) !!!½ Un film d\u2019animation de Chris McKay.Avec les voix deWill Arnett, Michael Cera, ZachGalifianakis, Rosario Dawson.1h46.SONIA SARFATI The Lego Batman Movie, c\u2019est Batman v Superman sur l\u2019acide.C\u2019est la réponse au «Why so serious?» de The Dark Knight.«Tous les films importants commencent par un écran noir.» Ainsi s\u2019élève, sur écran noir, la voix graveleuse que Will Arnett emploie quand il se glisse dans les cordes vocales du Batman égocentrique et imbu de lui-même croisé dans l\u2019hilarant The LEGO Movie et qui, dans The Lego Batman Movie , est promu au rôle principal.Le directeur de l\u2019animation du premier, l\u2019excellent Chris McKay, a également eu une promotion puisqu\u2019il r emp l a c e P h i l L o r d e t Christopher Miller (occupés par Star Wars et la jeunesse de Han Solo) à la réalisation du second, spin-off de l\u2019immense succès populaire et critique de 2014.Comme c\u2019est généralement le cas quand on retourne dans un univers récemment visité, l\u2019effet de surprise est moins là.Mais ce pastiche de film de superhéros, délicieusement autoréférentiel.un peu comme un Deadpool destiné à la famille, connaîtra aussi le succès.C\u2019est mérité.Si l\u2019animation assume plus son côté images de synthèse et joue moins la carte bri- ques-de-plastique-colorées- qui-s\u2019animent-par-magie, si le scénario piétine le même thème (l\u2019importance de la famille et la force dans l\u2019union) au lieu de s\u2019éclater dans la fantaisie, The Lego Batman Movie provoque le premier sourire dès ses premières images (ou « non-images » : on se souvient, écran noir) et l\u2019alimente pendant 90 minutes où les petits et les grands poufferont régulièrement \u2013 souvent, pas aux mêmes endroits, et c\u2019est le plaisir de la chose.Crise existentielle L\u2019histoire?Rien ne va plus pour Batman.Autant dans sa vie personnelle que professionnelle, c \u2019est la crise.Ba rba ra Gordon (Rosario Dawson) succède à son père au poste de commissaire de Gotham et affiche ses couleurs.qui ne sont pas celles du chevalier noir : elle veut que le vigilante travaille de concert avec les forces de l\u2019ordre et non plus en solo.Alfred (Ralph Fiennes) s\u2019inquiète pour son protégé et le pousse à adopter un orphelin, qui deviendra Robin (Michael Cera).Même l\u2019ennemi juré de Batman, le Joker (Zach Galifianakis), «rompt» avec lui ! Tout cela de débou ler comme une tonne de briques sur Gotham, puis de rebondir jusqu\u2019à la Forteresse de solitude et la Zone fantôme Superman.S\u2019affrontent alors tous ces « gentils » et ces « méchants » de la culture pop.puisque Lego en possède les droits.Entrée de The Flash, Green Lantern, Poison Ivy, Clayface, Catwoman, mais aussi de Voldemort, l\u2019œil de Sauron, King Kong, etc.C\u2019est très drôle.Toutefois, écrite à un grand nombre de mains, dont celles de Seth Grahame-Smith (le très raté Abraham Lincoln : Vampire Hunter) et de Chris McKenna et Erik Sommers (qui ont fa it leurs a rmes dans le monde surréaliste de Community et ont pratiqué là l\u2019art du punch line et de la situation absurde plus que celui du récit au long cours), cette histoire amusante et sympathique ne dépasse pas l\u2019anecdote.Surtout quand on la compare à celle de The LEGO Movie qui, tout en étant elle aussi ludique et déjantée, était aussi riche et (oui oui) importante.Amusante virée de briques et de blocs NOTRE CHOIX EN DVD SUR VOS ÉCRANS PHOTO FOURNIE PARWARNER BROS Comme c\u2019est généralement le cas quand on retourne dans un univers récemment visité, l\u2019effet de surprise est moins là avec The Lego Batman Movie.Mais ce pastiche de film de superhéros, délicieusement autoréférentiel.un peu comme un Deadpool destiné à la famille, connaîtra aussi le succès.SCIENCE-FICTION Arrival (V.F.: L\u2019arrivée) !!!! De Denis Villeneuve.Avec Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker.Prenez l\u2019univers de Steven Spielberg, à l\u2019époque de Close Encounters of the Third Kind, avec, en supplément, un soupçon de poésie visuelle à la Terrence Malick.Ajoutez dans l\u2019histoire un lien intime et personnel, un peu à la façon d\u2019Interstellar, et vous obtenez Arrival, l\u2019emballant nouveau film de Denis Villeneuve, finaliste pour huit Oscars.Magnifié par la très belle trame musicale de Jóhann Jóhannsson, le récit impose d\u2019emblée son caractère anxiogène quand une douzaine de vaisseaux se posent à différents endroits sur Terre.Sans jamais tomber dans l\u2019excès, Denis Villeneuve orchestre un vrai suspense en maintenant un climat de tension optimale.\u2014Marc-André Lussier COMÉDIE ROMANTIQUE The Edge of Seventeen (V.F.: 17 ans, sérieusement ?) !!! 1/2 De Kelly Fremon Craig.Avec Hailee Steinfeld, Woody Harrelson, Kyra Sedgwick.Nadine est orpheline de père, pourvue d\u2019une mère en adoration devant l\u2019un de ses enfants (et ce n\u2019est pas elle) et n\u2019a qu\u2019une amie.qui devient la copine de son frangin.Vers qui se tourner ?C\u2019est ça, avoir 17 ans ?Remboursez ! Hailee Steinfeld est craquante dans The Edge of Seventeen.Sa Nadine est drôle et intelligente, maladroite et pourvue d\u2019un front de bœuf.Et elle manie à merveille l\u2019ironie et l\u2019autodérision.grâce aux répliques signées Kelly Fremon Craig, qui a écrit et réalisé cette comédie dramatique reprenant le typique parcours du « rite de passage », mais avec un (ou deux) plus.\u2014 Sonia Sarfati DRAME BIOGRAPHIQUE Chocolat !!! De Roschdy Zem.Avec Omar Sy et James Thierrée.Du cirque au théâtre, de l\u2019anonymat à la gloire, l\u2019incroyable destin du clown Chocolat (Omar Sy), premier artiste noir de la scène française.Le duo inédit qu\u2019il forme avec Footit (James Thierrée) va remporter un immense succès populaire dans le Paris de la Belle Époque avant que la célébrité, l\u2019argent facile, le jeu et les discriminations usent leur amitié et la carrière de Chocolat.Inspiré d\u2019une histoire vraie, Chocolat est loin d\u2019être un biopic : le véritable Rafael Padilla n\u2019était en effet pas un esclave affranchi d\u2019origine africaine, mais bien cubaine.Un écart comme tant d\u2019autres dans le long métrage signé Roschdy Zem.\u2014 Stéphanie Vallet COMÉDIE ROMANTIQUE Baby, Baby, Baby !! 1/2 De Brian Klugman.Avec Brian Klugman, Adrianne Palicki, James Roday.L\u2019histoire est connue : un homme, une femme, leurs différences, leur amour malgré tout, leur séparation douloureuse, etc.Baby, Baby, Baby est une comédie romantique qui répond sagement aux poncifs du genre.C\u2019est dommage : il y avait potentiel à plus, potentiel que l\u2019on n\u2019atteint pas à cause du manque de chimie entre les interprètes principaux et d\u2019une écriture assez plate.Le récit est en effet émaillé de capsules absurdes mettant en scène des acteurs très connus (Bradley Cooper, Jessica Alba, William Shatner, Dennis Haysbert, Jared Harris, Doris Leachman) qui attrapent au vol les clichés et les illustrent en les prenant au pied de la lettre.C\u2019est très drôle.Mais c\u2019est trop peu.\u2014 Sonia Sarfati l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 9 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 ALAIN LEFEVRE SAS AGAPO PREMIÈRE MONTRÉALAISE 26 FÉVRIER, 20 h | MAISON SYMPHONIQUE PRÉSENTÉ EN COLLABORATION AVEC MONTREALENLUMIERE.COM ARTS CINÉMA MARC CASSIVI On se plaint souvent que le cinéma québécois est trop hermétique, trop sombre, trop niché pour un public cinéphile.Ça sent la coupe, qui sera présenté en ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois, le 22 février, avant de prendre l\u2019affiche deux jours plus tard, est l\u2019antidote parfait à ces récriminations récurrentes.L\u2019exemple typique du film populaire rassembleur, fait d\u2019humour fin et d\u2019émotions subtiles.« Assez fort pour elle, mais conçu pour lui » (pour trafiquer le vieux slogan publicitaire).Max (Louis-José Houde) est un inconditionnel du Canadien de Montréal qui a hérité de la boutique de souven i r s de hockey de son père, mort il y a quelques années .Lorsque sa sœur (Julianne Côté), exilée depuis à Vancouver, rentre au bercail et que sa blonde (Émilie Bibeau) décide de le quitter sans avertissement, il est contraint à une soudaine remise en question.Est-ce que sa passion pour le hockey \u2013 et ses amis aussi maniaques que lui \u2013 prend trop de place dans sa vie ?Est-ce que sa relation amoureuse fanée peut refleurir sur de nouvelles bases?Halak ou Price?Le temps d\u2019une saison de hockey 2009-2010 faite de hauts et de bas, et d\u2019une peine d\u2019amour jalonnée par une centaine de matchs \u2013 incluant les séries, mémorables \u2013 , Max tentera de répondre à toutes ces questions.Une comédie dramatique sensible et intelligente Ça sent la coupe parle de hockey, de couple, d\u2019amitié, de relations père-fils, et met en vedette Louis-José Houde.On aurait voulu trouver une formule plus suscept ible de faire vibrer les fameuses « cordes sensibles des Québécois » qu\u2019on n\u2019aurait pas trouvé mieux.Le film, adapté de son propre roman par Matthieu Simard , ne se résume pourtant pas à une recette.C\u2019est une comédie dramatique sensible et intelligente, à la fois drôle et émouvante, qui sans révolutionner le genre, a tout ce qu\u2019il faut pour plaire à un large public.Son réalisateur, Patrice Sauvé, reste prudent lorsqu\u2019on lui parle de potentiel succès populaire.Son premier long métrage, Cheech, une adaptation de la pièce de François Létourneau, a été reçu assez froidement par la critique en 2006.Et son deuxième long métrage, inspiré de la télésérie Grande Ourse \u2013 qu\u2019il a aussi réalisée \u2013, n\u2019a pas eu le succès escompté aux guichets en 2009.« Je ne sais pas ce que l\u2019avenir me réserve, mais c\u2019est comme si ça recommençait à sentir la coupe pour moi aussi !» reconnaît toutefois le réalisateur de 50 ans, révélé par l\u2019excellente série télé La vie, la vie il y a 16 ans.«Je n\u2019ai pas le privilège comme certains de générer ma propre matière première, dit-il.Je suis un vrai interprète.Un réalisateur plus à l\u2019américaine.» Ça sent la coupe marque-t-il une réconciliation entre lui et le cinéma, huit ans après son dernier film?«Il faudrait demander au cinéma ! » dit Sauvé, qui s \u2019est consacré davantage à la télé (Vertiges, Karl et Max) et à la publicité ces dernières années.La trame de Ça sent la coupe n\u2019est pas particulièrement originale.C\u2019est dans la justesse de ton, à la fois des dialogues, de l\u2019interprétation et de la mise en scène, que le film de Patrice Sauvé se démarque d\u2019autres œuvres épousant les codes habituels de la comédie romantique ou du récit d\u2019apprentissage.Le scénario de Matthieu Simard, comme son roman, est structuré tel un journal intime autour des matchs du Canadien.«Je trouve ça intéressant dans la mesure où ça rythme la vie de Max (Louis- José Houde).C\u2019est presque un dogme», dit Sauvé, qui se sert habilement de ce procédé narratif pour bien camper les allers-retours temporels.Patrice Sauvé, qui n\u2019est pas un joueur de hockey \u2013 il pratique plutôt le hockey bottine \u2013 , a été marqué, comme bien des Québécois de sa génération, par les succès du Canadien dans les années 70.«On sait peu comment être fiers et le Canadien, c \u2019est quelque chose dont on est fiers depuis très longtemps», explique le réalisateur, qui a pris pleinement conscience pendant le tournage du vecteur social qu\u2019est le hockey, et de son importance dans les relations père-fils au Québec.«J\u2019avais oublié à quel point ces moments-là, à regarder ensemble un écran, étaient des moments d\u2019intimité avec mon père », dit-il, en faisait écho à la voix hors champ de son personnage principal, dont le récit prend la forme d\u2019une longue lettre à son père.Ça sent la coupe est d\u2019ailleurs dédié «À nos papas».L\u2019un des plus beaux tournages Que le film trouve ou non un la rge public en salle, qu\u2019il soit bien reçu ou pas par la critique, Patrice Sauvé considère qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019un des plus beaux tournages de sa carrière.« Je me sentais comme un chercheur d\u2019or, dit-il.J\u2019espérais que le récit se densifie et devienne plus vrai.J\u2019espérais trouver le juste équilibre entre le comique et le dramatique.Comment faire pour que ça reste léger, tout en glissant vers la vérité?» Le prospecteur a trouvé le ton qu\u2019il fallait pour illustrer, sur fond de fanatisme sportif, la rupture amoureuse du couple embourbé dans la routine, les amitiés profondes, mais parfois improbables ou encore les difficultés du deuil, sans sombrer ni dans la caricature ni dans la lourdeur psychologique.Ça sent la coupe est un film doux-amer, cohérent, fluide et sans fausses notes.Qui a des odeurs de succès.Ça sent la coupe prend l\u2019affiche le 24 février.PATRICE SAUVÉ / Ça sent la coupe Ça sent le succès Du roman au film Alors que le roman de Matthieu Simard, publié en 2004, se déroulait pendant la saison 2003-2004 du Canadien de Montréal, le scénario du film a pour toile de fond la saison 2009-2010 du Tricolore (qui s\u2019est terminée par une défaite en finale d\u2019Association de l\u2019Est contre les Flyers de Philadelphie).Patrice Sauvé a rencontré Simard alors qu\u2019il avait été appelé en renfort comme conseiller à la scénarisation, pour dénouer une impasse.On lui a ensuite proposé de réaliser le film.L\u2019ensemble du projet a nécessité trois ans de travail.Sauvé a décidé très tôt de ne pas lire le roman de Simard pour ne pas être influencé pendant le tournage.«Je ne l\u2019ai pas lu encore! J\u2019attends que le film sorte avant de le lire.J\u2019ai lu Matthieu comme scénariste; j\u2019ai hâte de le lire comme romancier.» Les deux complices, qui sont devenus amis, ont deux autres projets en chantier, qu\u2019ils mènent de front.Travailler avec Louis-José Houde Patrice Sauvé ne tarit pas d\u2019éloges au sujet de Louis-José Houde.Le populaire humoriste avait lu le roman de Matthieu Simard et était un candidat « naturel » pour le rôle (étant lui-même collectionneur de souvenirs liés au hockey).« Il est extrêmement bien préparé, dit Sauvé.Il arrive sur le plateau et il sait quasiment les répliques des autres.J\u2019avais grand plaisir à le laisser aller dans l\u2019humour parfois, mais pas au point de laisser le public oublier le personnage.C\u2019est un rôle qui est en accord avec lui.Je l\u2019ai guidé pour la musicalité de l\u2019émotion, mais sa charge n\u2019est jamais forcée.Il a été disponible et il m\u2019a fait confiance.» Télé ou cinéma?«Les deux ont leurs codes différents et les deux ont leurs plaisirs différents.En télé, j\u2019ai un rapport immédiat avec le spectateur.Les conditions sont plus difficiles, on a moins le temps de tourner, c\u2019est vrai.Mais la charge que l\u2019on déploie est enivrante.Le cinéma, c\u2019est un travail d\u2019orfèvre, à un autre niveau.Mais j\u2019ai besoin des deux: le grand vecteur de la télé, où on a peu le temps de faire vivre le silence, et le cinéma, qui est un grand privilège, surtout au Québec où il y a peu d\u2019élus.J\u2019espère que je n\u2019attendrai pas huit ans avant de faire mon prochain film!» PATRICE SAUVÉ À PROPOS DE.PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS SÉVILLE Patrick Drolet, Louis-Philippe Dandenault, Émilie Bibeau, Maxime Mailloux, Louis-José Houde et Julianne Côté figurent dans la distribution du nouveau film de Patrice Sauvé, Ça sent la coupe.PHOTOMARTIN LEBLANC, ARCHIVES LA PRESSE Le réalisateur Patrice Sauvé reste prudent lorsqu\u2019on lui parle de potentiel succès populaire de son nouveau film.Son premier long métrage, Cheech, une adaptation de la pièce de François Létourneau, a été reçu assez froidement par la critique en 2006.Patrice Sauvé a pris pleinement conscience pendant le tournage du vecteur social qu\u2019est le hockey, et de son importance dans les relations père-fils au Québec.«J\u2019avais oublié à quel point ces moments-là, à regarder ensemble un écran, étaient des moments d\u2019intimité avec mon père», dit-il.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 10 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 ARTS CINÉMA JOHNWICK:CHAPTER2 (V.F.: JOHNWICK \u2014 CHAPITRE2) !!!½ Drame d\u2019action de Chad Stahelski.Avec Keanu Reeves, Common, IanMcShane, Ricardo Scamarcio.2h02.SYNOPSIS John Wick rêve encore de retraite.Mais ce ne sera pas pour cette fois : le tueur à gages qui, dans le succès-surprise de 2014, a mené avec superbe une opération de vengeance reprend du service à cause d\u2019un pacte de sang qui le lie à la Camorra.Et bientôt, le monde interlope au complet veut sa tête.Il ne se laissera pas faire.CRITIQUE On n\u2019a pas aimé John Wick pour son histoire (come on, un type armé et dangereux tue une centaine d\u2019assassins pour venger le meurtre de son chien !), mais pour la beauté de ses chorégraphies.Chad Stahelski, doublure de Keanu Reeves dans The Matrix qui passait ici derrière la caméra, avait transformé les combats au corps à corps, les poursuites en véhicules motorisés et les fusillades en danses modernes violentes et brutales, soit, mais élégantes, spectaculaires, magnifiquement filmées et éclairées, rehaussées par la trame sonore techno et rock industriel de Tyler Bates et Joel J.Richard.D\u2019accord, il faut aimer le genre.Qui est loin d\u2019être pour tous.La même équipe reprend le collier pour John Wick : Chapter 2, suite qui aurait pu ne pas exister (la boucle était bien bouclée) mais, succès oblige (!), qui a été faite.Et, ô soulagement, bien faite.Si l\u2019on a tenté ici de donner plus de chair au récit (ce n\u2019était pas nécessaire), c\u2019est encore une fois ses «danses» mortelles qui font l\u2019intérêt du long métrage.Keanu Reeves, toujours visage de marbre (cela convient parfaitement au personnage) et très en forme, affronte cette fois-ci les uns et les autres dans des décors et des éclairages qui sont autant d\u2019écrins aux longues scènes de combats \u2013 la mission de John Wick l\u2019entraînant dans les catacombes de Rome, dans de vastes halls d\u2019exposition aux lignes épurées ou aux murs de miroir, dans des stations de métro futuristes.C\u2019est magnifique.Et, cette fois, pas de chien parmi les victimes.\u2014 Sonia Sarfati Ensorcelante danse mortelle L\u2019ÉROTISMEETLEVIEILÂGE !!!½ Documentaire de Fernand Dansereau.Avec Jean Beaudin, Janette Bertrand, Louise Portal, Édith Fournier.1h30.SYNOPSIS Après leur humour, Fernand Dansereau se penche cette fois sur un autre aspect de la vie des personnes âgées : leur sexualité.Le film regroupe des témoignages et commentaires de personnalités publiques, de personnes en résidence ainsi que de spécialistes en santé, médecine et psychologie.CRITIQUE Au gré d\u2019une promenade dans un lieu calme, Fernand Dansereau explique à son ami Jean Beaudin son nouveau projet de film.Il lui confie alors qu\u2019après Le vieil âge et le rire, prix du public aux Rendez-vous du cinéma québécois en 2012, le vétéran cinéaste aurait voulu aborder le thème de l\u2019engagement social chez les aînés.Les refus, de tous bords, tous côtés, lui ont toutefois donné l\u2019idée d\u2019un sujet plus «vendeur», le sexe en l\u2019occurrence.Et comment il se vit \u2013 ou pas \u2013 à la brunante de l\u2019existence.Ce sujet, Fernand Dansereau l\u2019aborde avec autant de franchise que de délicatesse.Si le récit est parfois ponctué d\u2019observations de spécialistes, la parole est principalement donnée ici aux gens qui peuvent en parler en toute connaissance de cause.Le récit est ainsi constitué principalement de témoignages touchants sur l\u2019évolution du désir et de la sensualité.Qui sont livrés autant par des personnes qui vivent toujours leur relation amoureuse dans l\u2019harmonie que d\u2019autres qui, elles, ont vu la maladie s\u2019immiscer dans leur intimité.À cet égard, le témoignage du réalisateur de J.A.Martin, photographe se révèle particulièrement bouleversant.\u2014Marc-André Lussier Doux et tendre amour LECYCLOTRON !!! Drame d\u2019espionnage d\u2019Olivier Asselin.Avec Paul Ahmarani, Lucille Fluet, Mark-Anthony Krupa.1h35.SYNOPSIS En 1944, une espionne alliée est envoyée en mission en Allemagne pour retrouver et exécuter un scientifique berlinois qui a découvert les secrets du cyclotron, ainsi que la formule permettant de fabriquer la bombe atomique.Mais les Allemands sont aussi à sa poursuite, bien décidés à s\u2019emparer de la recette.CRITIQUE Au début, on se croirait presque dans Europa, le film que Lars von Trier a réalisé il y a 25 ans.Même époque flottante, évoquée par des images en noir et blanc et quelques effets hypnotiques.Et puis, ce train.Lequel deviendra le théâtre d\u2019un suspense cristallisant les tensions entre les scientifiques et le pouvoir politique en temps de crise mondiale.Proposant seulement son quatrième long métrage en plus d\u2019un quart de siècle, Olivier Asselin, révélé en 1990 grâce à La liberté d\u2019une statue, pratique un cinéma distinctif, qui occupe une place unique dans le cinéma québécois.Il s\u2019inspire cette fois de faits historiques pour faire jongler dans la grande histoire les concepts de physique fondamentale, de réalité alternative, de mécanique quantique et de conte philosophique.Dans ce contexte, très cérébral, il devient alors plus difficile pour les acteurs de faire vibrer le récit, même si tous les éléments (direction artistique, photo, environnement musical) sont ici de tout premier ordre.Cela dit, ce film inclassable reste un très bel objet sur le plan esthétique.Dommage qu\u2019il se laisse seulement admirer à distance.\u2014Marc-André Lussier Un bel objet PHOTO FOURNIE PAR THUNDER ROAD PICTURES Une scène de John Wick : Chapter 2, avec Keanu Reeves, toujours avec son visage de marbre.PHOTO FOURNIE PAR L\u2019ATELIER DE DISTRIBUTION DE FILMS Le récit du documentaire L\u2019érotisme et le vieil âge est constitué principalement de témoignages touchants sur l\u2019évolution du désir et de la sensualité.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 11 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 « DU CINÉMA MILITANT DE HAUTE VOLÉE » NOW MAGAZINE INUK EN COLÈRE Réalisé par ALETHEA ARNAQUQ-BARIL PRÉSENTEMENTÀ L\u2019AFFICHE CINÉMA DU PARC \u2013 CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE Alanis Obomsawin Best Documentary Award Prix Alanis Obomsawin du meilleur documentaire imagineNATIVE Film Festival 2016 ARTS CINÉMA Lors de la toute première projection du film auFestival deCannes, destinée à la presse, les critiques \u2013 réputés très féroces \u2013 se sont spontanément mis à applaudir à la fin d\u2019une scène où vous vous illustrez particulièrement.À quoi attribuez-vous cette espèce de jubilation que provoque le film?Honnêtement, je ne sais pas.À la lecture du scénario, on pouvait déjà imaginer le résultat, mais personne ne s\u2019attendait à ça.Pendant le tournage, on s\u2019est toujours dit que l\u2019humour faisait assurément partie de l\u2019histoire, mais que Toni Erdmann n\u2019était quand même pas une franche comédie.Les difficultés des personnages sont telles qu\u2019il ne fallait pas les prendre trop au sérieux non plus.Cela dit, je crois que personne ne peut expliquer pourquoi le film est devenu aussi drôle, même pas la réalisatrice.Peut-être est-ce dû au fait que le récit tourne autour des relations familiales ?Chacun peut établir des liens avec les histoires, parfois gênantes, que nous avons tous vécues avec des membres de notre propre famille ! Il émane du film une impression de très grand naturel, un peu comme si certaines scènes étaient le fruit d\u2019une improvisation.Qu\u2019en est-il exactement ?En vérité, tout était déjà très écrit.Nous avons même eu droit à une longue période de répétitions.Cependant, le travail évoluait beaucoup au fil d\u2019une journée de tournage.Par exemple, pour la scène où je chante, il y a eu un moment où je ne savais vraiment plus quoi faire.Maren n\u2019était pas satisfaite et nous arrivions au bout d\u2019une longue journée, passée dans un petit appartement rempli de monde.Il faisait très chaud.C\u2019est un moment névralgique dans l\u2019histoire, et j\u2019en suis venue à tout abandonner.Inès, mon personnage, est tellement gênée qu\u2019elle ne peut plus faire autrement que de tout lâcher et de faire comme si tout lui était égal.Or, Maren n\u2019était pas d\u2019accord avec ce point de vue.À ses yeux, ce moment marque un tournant pour Inès, car elle franchit alors une autre étape.Mais nous n\u2019avions pas répété cette scène de cette façon-là du tout sur le plan psychologique.Vous avez dû faire plusieurs prises ?Constamment.Maren aime tourner 15 ou 30 prises de la même scène, parfois plus.C\u2019est épuisant, mais ça nous donne aussi l\u2019occasion, à nous, acteurs, d\u2019aller au-delà du jeu et de nos réflexes naturels.Une fois que tu as joué et rejoué une scène en t\u2019appuyant sur tes trucs d\u2019acteur, et que tu les as tous utilisés, il te faut alors explorer ailleurs.Tu n\u2019as plus vraiment le contrôle de ce que tu fais non plus.Tu es là, sans aucun ego.Rien ne compte plus que ton lien avec tes partenaires, la réalisatrice, le directeur photo.Je trouve ça intéressant comme approche.J\u2019aime ça.Au fait, qu\u2019est-ce qui vous a poussée à devenir actrice ?Je n\u2019avais jamais rêvé d\u2019être comédienne.J\u2019ai commencé à faire du théâtre à l\u2019école, à l\u2019initiative de mon prof d\u2019anglais à l\u2019époque.J\u2019y ai pris goût au point où le jeu est devenu une obsession.Je brûlais de jouer et je ne pouvais plus penser à autre chose.À 17 ans, j\u2019ai fait le concours pour entrer à l\u2019école d\u2019art dramatique de Berlin, et on m\u2019a acceptée.À mes yeux, il n\u2019y avait pas d\u2019autre issue.L\u2019idée d\u2019une carrière ne m\u2019effleurait pas l\u2019esprit, mais j\u2019avais le sentiment que si je ne montais pas sur scène tous les jours, j\u2019allais mourir.Heureusement, ça n\u2019est plus le cas maintenant ! Vous êtes née à Suhl, dans ce qui était à l\u2019époque la République démocratique allemande, et vous aviez 11 ans lors de la chute du Mur.Vous habitez aujourd\u2019hui à Leipzig.L\u2019environnement dans lequel je vis n\u2019est pas si différent de celui dans lequel j\u2019ai grandi.C\u2019est encore l\u2019Est.Je ne voudrais absolument pas tomber dans le romantisme, car je sais que le régime communiste était très cruel et que des choses ignobles se sont déroulées.Cela dit, à l\u2019époque où j\u2019étais une enfant, on nous a quand même inculqué certaines bonnes valeurs.Qui sont liées au sens de la communauté et de la justice sociale.Tout le monde avait la chance d\u2019étudier et de trouver un emploi.Quand on a tourné Toni Erdmann à Bucarest, nous sentions déjà l\u2019indignation du peuple roumain par rapport à la corruption, et je suis ravie que les protestations récentes des gens aient fait reculer le gouvernement là-bas.Vous êtes déjà très connue dans le monde germanique, mais Toni Erdmann vous révèle maintenant sur la scène internationale.Quel en est l\u2019impact ?C\u2019est un peu étrange, car j\u2019ai le sentiment de n\u2019avoir rien fait de spécial ni d\u2019avoir changé quoi que ce soit.Si une carrière internationale devient possible pour moi, tant mieux.Mais je ne remuerai pas ciel et terre pour y arriver.J\u2019essaie de gagner ma vie, d\u2019être une personne authentique et honnête, et mon approche reste toujours la même.Si jamais j\u2019inspire un cinéaste intéressant, avec qui j\u2019aurais envie de travailler, peu importe d\u2019où il vient, je serai évidemment heureuse de le rencontrer ! Toni Erdmann prendra l\u2019affiche le 17 février.SANDRA HÜLLER / Toni Erdmann La fille de l\u2019Est MARC-ANDRÉ LUSSIER Déjà lauréate du prix de la meilleure actrice aux European Film Awards, Sandra Hüller est la covedette de Toni Erdmann, l\u2019un des films les plus célébrés de la dernière année.Dans cette comédie de Maren Ade, finaliste aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, elle incarne une femme de carrière allemande, installée à Bucarest à titre de consultante dans une grande entreprise.Son père, interprété par l\u2019acteur autrichien Peter Simonischek, est un vieil excentrique qui débarque à l\u2019improviste dans la capitale roumaine pour mettre un peu de piquant dans la vie de sa fille.Qu\u2019importe si, pour ce faire, il doit s\u2019inventer un personnage fictif \u2013 le Toni Erdmann du titre \u2013 et se placer dans des situations un peu gênantes, surtout pour elle.Conversation avec une actrice qui, malgré le succès planétaire du film, garde les pieds bien sur terre.Q R POLINA,DANSERSAVIE !!! Drame d\u2019Angelin Preljocaj et Valérie Müller.Avec Anastasia Shevtsova, Niels Schneider, Juliette Binoche.1h48.MARC-ANDRÉ LUSSIER LE SYNOPSIS Dans les années 90, une jeune danseuse classique prometteuse, destinée au Bolchoï, découvre la danse contemporaine à la faveur d\u2019une tournée qu\u2019effectue en Russie une troupe française.Le choc artistique est si grand qu\u2019elle décide de tout quitter pour aller travailler à Aix-en-Provence, auprès de la célèbre chorégraphe Liria Elsaj.LA CRITIQUE Au départ, il y a la bande dessinée à succès de Bastien Vivès, Polina.La scénariste Valérie Müller, qui est aussi créditée ici à titre de coréalisatrice, s\u2019en est inspirée pour écrire un scénario que le célèbre chorégraphe Angelin Preljocaj porte aujourd\u2019hui à l\u2019écran.Le résultat est fort intéressant, surtout dans les scènes dansées, même si le récit se révèle plus convenu sur le plan dramatique.Cela dit, on saura gré aux auteurs d\u2019avoir su éviter les clichés liés aux films campés dans le milieu de la danse.Polina (Anastasia Shevtsova) est une jeune femme déterminée qui, en cette ère postsoviétique, découvre que son épanouissement en tant qu\u2019artiste est davantage en phase avec la danse contemporaine qu\u2019avec le ballet classique.Le scénario ratisse toutefois un peu trop large en tenant à dépeindre l\u2019entièreté du contexte social et familial duquel Polina est issue.On déplorera ce parti pris, dans la mesure où il intervient dans la partie la plus intéressante de tout ce projet, soit celle qui invite le spectateur à entrer dans le milieu de la création.Pour l\u2019amour de la danse PHOTO FOURNIE PAR UGC DISTRIBUTION Niels Schneider et Anastasia Shevtsova dans Polina, danser sa vie Tous les samedis dans La Presse PARTONS! VOYAGE PHOTO FOURNIE PAR SONY PICTURES CLASSICS La performance de Sandra Hüller dansToni Erdmann lui a valu le prix de la meilleure actrice aux European Film Awards.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 12 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 « Une œuvre de résistance, complexe et intelligente.» Odile Tremblay, Le Devoir version originale française, allemande et anglaise avec sous-titres français À L\u2019AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES- HORAIRES DES CINÉMAS ARTS CINÉMA MARC-ANDRÉ LUSSIER Après Iceland et Carnasse , deux courts métrages, Francis Bordeleau réalise actuellement un premier long métrage, intitulé WOLFE .Son entreprise n\u2019est pas banale, dans la mesure où le financement du film provient entièrement de fonds privés.Plusieurs ac teurs de la nouvelle génération font partie de l\u2019imposante distribution, notamment Catherine B r u ne t , A n to i ne P i lon , Ludivine Reding et Léa Roy.Ils sont entourés de Catherine de Léan, Manuel Tadros, Mariloup Wolfe, Julianne Côté, Mylène Mackay, Alexis Martin et Roc Lafortune.« Le projet n\u2019a jamais été soumis aux inst itut ions , indique le réalisateur âgé de 24 ans.J\u2019ai écrit un scénario, que j\u2019ai envoyé par plaisir à deux amies, Catherine Brunet et Ludivine Reding.Ça leur a plu.Nous avons alors pensé aux autres comédiens, qui, à ma grande surprise, ont tous accepté la proposition.On a voulu faire le film tout de suite, sans délai.D\u2019où l\u2019idée de trouver des moyens de financement auprès de mécènes et de fonds privés.» Des partenariats avec des particuliers et des organisations socialement engagées, de même que des entreprises favorables à la culture, ont ainsi contribué à monter une structure financière permettant au cinéaste de commencer le tournage de son film sans trop de pression sur ce plan.Doté d\u2019un budget de 235 000$, le long métrage en est aujourd\u2019hui à la cinquième journée d\u2019un tournage qui en compte 12 en tout.Un peu flyé.Le récit est construit autour du personnage qu\u2019incarne Catherine Brunet, figure de proue d\u2019un groupe de quatre amis, qui planifie d\u2019organiser sa mort devant ses proches.La perte et la prise de contrôle de jeunes adultes sur leur univers donnent ainsi l\u2019occasion au réalisateur d\u2019y aller d\u2019une approche toute personnelle, inspirée de ses propres observations sur les gens qui l\u2019entourent.«Le scénario est un peu flyé, plein de couleurs, explique celui qui, grâce à Carnasse, a obtenu l\u2019an dernier un prix du public à Fantasia.C\u2019est un peu comme un kaléidoscope.J\u2019essaie de faire un film dif- férent des drames sombres et un peu \u201ciceberg\u201d qu\u2019on trouve souvent dans le cinéma québécois.Il y aura moins de gris et de blanc, en tout cas.Les thèmes que j\u2019aborde sont difficiles, mais j\u2019amène de la couleur, de la musique des Dead Obies, bref, c\u2019est un beau trip avec une gang de jeunes!» Francis Bordeleau compte aussi miser sur le dynamisme d\u2019une mise en scène toujou r s en mouvement .Pour la direction photo, il a d\u2019ailleurs fait appel à Miguel Henriques, qui a notamment travaillé avec le Cirque du Soleil.Pour le moment, WOLFE n\u2019a pas de distributeur, mais des démarches ont déjà été entreprises auprès de quelques-uns d\u2019entre eux.« Ils attendent de voir des images, ce qui est tout à fait compréhensible », reconnaît le cinéaste.FRANCIS BORDELEAU Un premier long métrage, en marge du système PLAN LARGE MARC-ANDRÉ LUSSIER Élise Guilbault Jack Nicholson PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE PHOTOCHRIS PIZZELLO/INVISION/AP JACK NICHOLSON SORT DE SA RETRAITE POUR TONI ERDMANN ! C\u2019est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.On se réjouit, bien sûr, du retour de Jack Nicholson au cinéma, lui dont le dernier rôle remonte à How Do You Know en 2010, un échec cuisant pour James L.Brooks.Selon Variety, qui a révélé la nouvelle plus tôt cette semaine, l\u2019acteur, maintenant âgé de 80 ans, serait lui-même entré en contact avec le studio Paramount afin de soumettre l\u2019idée d\u2019un remake américain de la comédie allemande Toni Erdmann.Kristen Wiig reprendrait le rôle créé par Sandra Hüller dans le film original, en lice pour l\u2019Oscar du meilleur film en langue étrangère.Les versions américaines de succès internationaux étant rarement à la hauteur des films originaux, doit-on craindre le résultat une fois que le tout sera passé à la moulinette hollywoodienne?Pour l\u2019instant, personne ne s\u2019est encore mis à l\u2019écriture d\u2019un scénario.Aucun cinéaste n\u2019est encore lié au projet non plus.ÉLISE GUILBAULT RETROUVE BERNARD ÉMOND Après La femme qui boit, La neuvaine et La donation, Élise Guilbault et Bernard Émond refont équipe, cette fois pour un film intitulé Pour vivre ici.Le tournage a commencé il y a quelques jours à Baie-Comeau.Il se poursuivra jusqu\u2019au 21 mars en se déplaçant à Sudbury, Montréal et Tadoussac.Élise Guilbault, deux fois lauréate du prix de la meilleure actrice au Gala du cinéma québécois (grâce aux deux premiers films qu\u2019elle a tournés avec le cinéaste), se glisse cette fois dans la peau d\u2019une femme endeuillée qui part sur les traces de son enfance.« J\u2019aimerais faire un film beau, un film où la beauté nous rattache au monde», a déclaré Bernard Émond.Produit par Bernadette Payeur de l\u2019ACPAV, Pour vivre ici sera distribué par Les Films Séville et devrait gagner nos écrans l\u2019an prochain.LES SORTIES DU 17 FÉVRIER A Cure for Wellness (Cure de bien-être), de Gore Verbinski A Man Called Ove (Mr.Ove), de Hannes Holm Fist Fight (Combat de profs), de Richie Keen The Great Wall (La grande muraille), de Zhang Yimou Toni Erdmann, de Maren Ade QUI A DIT?«Notre travail ne s\u2019arrête pas aux frontières et les frontières ne peuvent stopper aucun d\u2019entre nous.» \u2014 Cheryl Boone Isaacs, présidente de l\u2019Académie des arts et sciences du cinéma, l\u2019organisation responsable des Oscars PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE Le réalisateur de WOLFE, Francis Bordeleau, et la comédienne Catherine Brunet, vedette du film.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 13 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 Télérama HHHHH The Guardian HHHHH Le Monde HHHHH Les Cahiers du Cinéma HHHHH Le Nouvel Observateur HHHHH Première HHHHH Emma Suárez Adriana Ugarte El Deseo présente un film deAlmodóvar « UNMAGNIFIQUE PORTRAIT DE FEMME » Le Parisien HHHHH « L\u2019UN DES BEAUX FILMS D\u2019ALMODÓVAR » Marc-André Lussier, La Presse ARTS POUROUCONTRE CHAQUE SEMAINE, UN INVITÉ DE LA PRESSE SE POSITIONNE SUR DES SUJETS QUI MARQUENT SON ACTUALITÉ.PHOTOMARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE ANDRÉ DUCHESNE À 22 ans, Pier-Luc Funk a déjà toute une feuille de route.Il joue en ce moment dans Mémoires vives, MED et Le chalet, auxquels s\u2019ajoute son travail à la Ligue nationale d\u2019improvisation (LNI).Il est aussi cette année le porte- parole des 35es Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ), qui auront lieu du 22 février au 4 mars.Pier-Luc Funk Aller voir des films en salle «Pour ! C\u2019est avec le cinéma en salle [le box-office] qu\u2019on détermine si un film est bon ou non.C\u2019est malheureux parce que ce n\u2019est pas toujours vrai qu\u2019un film n\u2019est pas bon parce qu\u2019il n\u2019a pas marché en salle.Il est donc important d\u2019y aller pour encourager les films québécois, mais aussi pour l\u2019expérience.Au cinéma, on est plongé dans le film ; ça n\u2019a pas le même impact à la télé.» UnNetflix québécois «Pour.En ce moment, les cotes d\u2019écoute ne fonctionnent pas.Prends Série noire.Cette série a été très écoutée par les gens de ma génération, mais les cotes d\u2019écoute n\u2019étaient pas bonnes pour des raisons de case horaire.Donc, on a l\u2019impression que ça n\u2019a pas marché alors que ça a eu un succès monstre chez les jeunes.Si elle avait été sur un Netflix québécois, où les gens auraient choisi leur moment d\u2019écoute, les résultats auraient été autres.» Payer pour de la télé sur le web «Contre.Je suis en faveur de l\u2019accessibilité.Je trouve ça le fun que tout soit accessible pour tout le monde, tout le temps.Mais en même temps, je me dis que ça fait partie des moyens de production.Mais est-ce que l\u2019argent va aux bonnes personnes ?Toute cette question n\u2019est pas encore réglée.Je suis contre parce que je me dis qu\u2019il faut que ce soit accessible.Ce n\u2019est pas vrai que parce que tu n\u2019as pas d\u2019argent pour écouter une série, tu n\u2019as pas le droit de l\u2019écouter.» Les claques à l\u2019impro «Contre.Il n\u2019y en avait plus à la LNI, mais là, on les a ramenées, surtout pour les arbitres.Mais ça bloque la créativité.Quand des joueurs se forcent à créer quelque chose d\u2019unique et diversifié et qu\u2019ils reçoivent des claques\u2026 c\u2019est comme si les gens te disaient qu\u2019ils veulent de la bouffe rapide alors que tu es en train de préparer un poisson spécial au goût unique.» Les enfants acteurs «Pour.Il faut faire confiance aux enfants.Pendant des années, on n\u2019a pas considéré que j\u2019étais un acteur parce que j\u2019étais un enfant.Les gens disent : «Ah ! Il vit une expérience, une aventure.» Mais si un enfant dit qu\u2019il veut être comédien, peut-être qu\u2019il ne te niaise pas.Quand il te dit qu\u2019il veut devenir policier, tu le crois, alors pourquoi être hésitant s\u2019il veut devenir comédien ?J\u2019ai fait mon secondaire sur des plateaux.C\u2019était dur, mais je le voulais.Si c\u2019était à refaire, je le referais.» Un gala du cinéma en juin «Pour.On s\u2019en fout un peu c\u2019est quand.L\u2019important est le gala, ce qu\u2019on célèbre et non le moment où on le fait.Mais il faut en garder un parce que ça fait voir le cinéma québécois aux gens.Il ne faut pas couper une fenêtre sur le monde.Si un film gagne plusieurs prix, les gens vont avoir le goût de le voir.» POUR CONTRE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 14 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 1 F É V R I E R 2 0 1 7 "]
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