La presse, 30 septembre 2017, Cahier A
[" PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE PHOTO SARAHMONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE ÉLECTIONS MUNICIPALES 2017 L\u2019ÉTONNANTE ASPIRANTE Elle a créé la surprise en 2013 en battant Louise Harel.Puis, en 2016, en se hissant à la tête de Projet Montréal.Valérie Plante a-t-elle ce qu\u2019il faut pour coiffer Denis Coderre au fil d\u2019arrivée ?PAGES A2 ET A3 LESFEMMES S\u2019ATTAQUENT ÀLACHASSE Elles sont de plus en plus nombreuses à traquer le gibier.Rencontres.VOYAGE UNE SOIRÉE AVEC LOUIS-JOSÉ HOUDE ARTS YVES BOISVERT UNMOTD\u2019OR SURNOSPLACES PAGE A6 STÉPHANE LAPORTE UNPLAYBOY AUCOLLÈGE PAGE A10 PATRICK LAGACÉ CROIRECODERRE.OUPAS PAGE A12 ALEXANDRE SIROIS ATTENTION AUROULEAU COMPRESSEUR DÉBATS PAGE A18 SAM 6 21924 45678 2 LA PRESSE À BARCELONE LACATALOGNE FACEÀ SESCHOIX Quelle valeur aura le vote de demain ?PAGE A16 JEAN-PHILIPPE DÉCARIE BOEING,CHAMPIONNE DELAVENTEAURABAIS AFFAIRES MONCLIND\u2019ŒIL STÉPHANE LAPORTE Blade Runner 2049 est un film sur la prochaine Coupe Stanley du Canadien.PHOTO PAUL CHIASSON, LA PRESSE CANADIENNE PHOTOMIC SMITH, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE PHOTOMANU FERNANDEZ, ASSOCIATED PRESS PORTRAIT DROUINSOUS LESPROJECTEURS AFFAIRES SPORTS ÉDITIONWEEK-END / Montréal samedi 30 septembre et dimanche 1er octobre 2017 2,60$ taxes en sus \u2013 Édition provinciale 2,75$ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées 133e année No 050 78 pages, 5 cahiers LES SIX LÉGENDES Rendez hommage à ces héros incontestés avec des timbres et articles de collection disponibles à postescanada.ca/lnh NHL, l\u2019emblème NHL, LNH, l\u2019emblème LNH, la marque sous forme de mots « Stanley Cup », et le dessin de la Coupe Stanley sont des marques de commerce déposées, et la marque sous forme de mots « Coupe Stanley » et le logo de la saison du centenaire de la LNH sont des marques de commerce de la Ligue nationale de hockey.Les marques de la LNH et celles des équipes appartiennent à la LNH et à ses équipes.© LNH 2017.Tous droits réservés. SUZANNE COLPRON Valérie Plante, c\u2019est « l\u2019homme de la situation».Vous vous souvenez de cette campagne de pub?Il a suffi d\u2019un message un brin provocateur pour qu\u2019on découvre l\u2019existence de cette quasi- inconnue de 43 ans qui croit en ses chances de coiffer Denis Coderre au fil d\u2019arrivée, le 5 novembre.«Je n\u2019ai jamais perdu une course de ma vie», prévient-elle.Naïve?Inconsciente?Téméraire?Nous l\u2019avons suivie à vélo et à pied durant une demi-journée.6h50 Rendez-vous : 6h50, à l\u2019entrée de la grande tour de Radio-Canada.Valérie Plante, mariée et mère de deux adolescents, est debout depuis 5h30.Elle a pris sa douche, bu un café et sauté sur sa bicyclette pour se rendre de Rosemont, où elle habite, à Radio-Canada, où elle accorde une entrevue.«Je voulais me laver les cheveux, explique-t-elle.Quelle idée ! Ça ne valait pas la peine.» C\u2019est une de ces journées suffocantes qu\u2019on a connues avant jeudi.Petite, elle porte des sandales à talons, des pantalons bleu-gris et une camisole blanche sous un veston marine.Ses cheveux, noirs et épais, tombent sur ses épaules.«Valérie, c\u2019est la voisine qui a tes intérêts à cœur», dit Balarama Holness, ex-joueur des Alouettes et candidat à la mairie deMontréal-Nord.«C\u2019est aussi le choix de l\u2019aile gauche radicale de Projet Montréal», ajoute une source.7h Ondescend au sous-sol où se trouve le studio de l\u2019émission de radio Daybreak.Valérie Plante fait les 100 pas.Nerveuse?«Non, j\u2019ai hâte.» L\u2019aspirante mairesse est très à l\u2019aise en anglais, une langue qu\u2019elle a apprise à 15 ans, à North Bay, en Ontario, où elle est partie seule faire sa quatrième secondaire.À la fin de l\u2019entrevue, l\u2019animateur Mike Finnerty lui demande comment une femme aussi gentille pense pouvoir se faire respecter à la mairie de Montréal.La question la fait rire,mais ne la démonte pas.«SiDenisCoderre le peut, je le peux aussi.»Déterminée, Valérie Plante ne doute pas beaucoup.«Quand j\u2019ai une idée dans la tête, je ne l\u2019ai pas dans les pieds.Il n\u2019est pas question d\u2019embarquer mon chum et mes enfants dans cette course àmoitié.Non, non,mamany vapour gagner.» 7h30 C\u2019est l\u2019heure du déjeuner.Valérie commande un scone et un café au lait, puis se ravise et prend un toast à l\u2019avocat avec un œuf poché sur le dessus.On parle de sa vision («Une ville plus belle, plus verte, plus durable, aménagée pour les familles et les plus vulnérables») et de son équipe, qui compte 103 candidats, moitié hommes, moitié femmes.«On sait que, traditionnellement, les femmes sont surtout dans les postes de conseillères d\u2019arrondissement, moins conseillères de ville et encore moins maires.Là, on a autant d\u2019hommes que de femmes dans tous les postes.» 9h Pourquoi avoir brigué la direction de Projet Montréal?Parce qu\u2019aucune femme ne voulait le faire, répond-elle.«On jasait entre collègues sur le futur chef et c\u2019était toujours des noms de gars qui sortaient.Je suis allée voir Émilie Thuillier [élue dans Ahuntsic-Cartierville] et d\u2019autres collègues femmes plus expérimentées quemoi.Ça ne leur tentait pas.Je me suis dit : \u201cCoudonc, je vais le faire.\u201d» Valérie Plante a bénéficié dès le départ de l\u2019appui de Luc Ferrandez, opposé à Guillaume Lavoie, son rival, parti favori avec l\u2019appui des deux tiers du caucus de l\u2019hôtel de ville.Aux yeux des purs et durs du parti, Valérie incarne la gauche, Guillaume Lavoie, la droite.Son élection, le 4 décembre 2016, avec une faible majorité de 79 votes, a changé sa vie et celle du parti qui a fait le plein demembres.Il y a 10 jours,Mme Plante lançait officiellement sa campagne électorale au Lion d\u2019Or.«Mon moment Madonna!», s\u2019amuse-t-elle.9h30 «À Projet Montréal, dit-elle, ce qui nous a toujours manqué, c\u2019est un leader humain, accessible, connecté auxMontréalais.Je ne tiens pas les choses pour acquises, je donne tout.Je vois comme un privilège qu\u2019on m\u2019ait choisie.Je prends ça très au sérieux.Je veuxme dépasser.C\u2019est pour ça que je me suis entourée d\u2019une équipe très compétente.Je sais très bien mes forces, mais je suis capable de voir aussi mes faiblesses ou ce que j\u2019ai à travailler.» Son directeur de campagne, Guillaume Cloutier, 32 ans, fait irruption dans le café.Un point de presse est prévu à 10h au pavillon Mordecai-Richler.10h Direction mont Royal, à 10 minutes de marche.En compagnie de Jabiz Sharifian, candidate dans Peter- McGill, Valérie Plante annonce qu\u2019elle s\u2019engage, si elle est élue, à mettre sur pied une commission de reddition SOMMAIRE Amusez-vous ! VOYAGE 10 Astrologie du jour P.ANNONCES 8 Avis et encans AFFAIRES 4, 6 à 8 Débats A 18-19 Décès P.ANNONCES 6 Emplois AFFAIRES 4 P.ANNONCES 5 Grille blanche P.ANNONCES 10 Monde A 13 à 17 Petites annonces CAHIER P.ANNONCES Restaurants VOYAGE/GOURMAND 18 Sudoku VOYAGE 10 Supergrille P.ANNONCES 10 Météo Généralement ensoleillé, maximum 15,minimum 7.AFFAIRES/SPORTS 15 PHOTO SARAHMONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE La cheffe de Projet Montréal, Valérie Plante, lors du lancement de sa campagne électorale, place Vauquelin, le 22 septembre dernier.MUNICIPALES 2017 PHOTOS MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Qui est l\u2019aspirante mairesse Valérie Plante ?Elle a créé la surprise, en 2013, en battant Louise Harel.Puis, en 2016, en se hissant à la tête de Projet Montréal.Mais a-t- elle ce qu\u2019il faut pour occuper le bureau du maire ?Nous l\u2019avons rencontrée et avons sondé son entourage politique, ses amis comme ses ennemis.VALÉRIE PLANTE LANOVICE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 2 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 Championnats du monde de gymnastique Portraits de nos espoirs canadiens.SPORTS SPORTS Le « fais-le toi-même» est tendance Mais combien d\u2019argent économiserez-vous ?VOS FINANCES VOS FINANCES Unpeu de silence, s\u2019il vous plaît Voici quelques pistes pour apprécier le silence.PAUSE CAFÉ PAUSE CAFÉ DIMANCHE sur votre tablette MUNICIPALES 2017 de comptes pour éviter les dépassements de coûts.La restauration du pavillon Mordecai-Richler, un kiosque de musique, a coûté près du double du prix prévu : 724 000$ au lieu de 378 000$.La conférence de presse prend fin et nous reprenons la discussion où nous l\u2019avons laissée.Ses forces et ses faiblesses?Valérie Plante éclate de rire.«Les forces, définitivement, une capacité à rallier.Ça, je l\u2019ai prouvé autant dans la course à la chefferie que depuis.J\u2019ai un style de leadership très inclusif, très rassembleur.Il y a quelque chose qui se passe quand je rencontre les gens.Il y a un lien de confiance qui se crée très rapidement.» Les faiblesses?«Je suis assez nouvelle en politique.D\u2019un côté, c\u2019est un avantage, mais j\u2019ai moins d\u2019expérience que d\u2019autres personnes.» 10h45 Prochain arrêt : Upperkut, l\u2019agence de pub retenue par Projet Montréal pour la campagne électorale.C\u2019est elle qui a pondu le slogan « L\u2019homme de la situation ».Même si le message n\u2019a pas fait l\u2019unanimité, il a permis à Valérie Plante de sortir de l\u2019ombre.L\u2019équipe se réunit pour voir les séquences d\u2019une vidéo de campagne.La candidate fait remarquer qu\u2019il manque d\u2019images des quartiers excentrés.« Ça prend des images de Lachine sur le bord du fleuve, dit-elle.Vous pourriez aussi aller au parc Bellerive.Des gens vont pêcher là tous les jours dans le fleuve.» Midi L\u2019heure du lunch.DirectionMarius et Fanny, rue Saint- Denis.Une chocolaterie où l\u2019équipe a ses habitudes.La colistière de Valérie Plante, SophieMauzerolle, 30 ans, enceinte de cinq mois, nous attend.«Valérie, dit-elle, est empathique et à l\u2019écoute de ses citoyens.Mais elle ne se laisse pas intimider.Quand c\u2019est le temps de mettre son poing sur la table, elle le fait.» On jase : le prolongement de la ligne bleue, la ligne rose, la légalisation du pot (elle ne fume pas), son enfance sur les routes de l\u2019Abitibi avec son père, son désir d\u2019aménager la ville en fonction des familles et des plus vulnérables.La journée de l\u2019aspirante mairesse n\u2019est pas finie.De nouvelles réunions s\u2019ajoutent à l\u2019agenda, sans parler des débats à préparer.La candidate a gagné contre Louise Harel, en 2013, et contre Guillaume Lavoie, en 2016.Dans les deux cas, personne ne la donnait gagnante.Réussira-t-elle à battre encore une fois celui que tout le monde donne gagnant?Les gens de son camp veulent y croire.SUZANNE COLPRON Rassembleuse, déterminée, vraie, connectée, saine, énergique.Ce sont les mots qui reviennent quand on sonde l\u2019entourage de Valérie Plante.Ses opposants estiment quant à eux qu\u2019elle manque de profondeur, d\u2019expérience, qu\u2019elle a des idées déconnectées de la réalité.Et qu\u2019elle peut jouer très dur pour arriver à ses fins.Luc Ferrandez (Projet Montréal) : «La même énergie que M.Coderre » Pendant la campagne à la direction, Luc Ferrandez a demandé aux sympathisants de son parti d\u2019appuyer la candidature de Valérie Plante, de laquelle il est «proche idéologiquement», contre celle de Guillaume Lavoie, qu\u2019il juge trop à droite.«Je suis admiratif quand je la vois porter le poids du parti sur ses épaules, confie-t-il.Candidat à la mairie, c\u2019est un métier en soi.Il faut rencontrer des milliers de personnes, satisfaire des centaines de demandes, tenter de voir plus loin, de voir les enjeux précis, trouver les bonnes personnes avec qui travailler.Valérie fait ça avec énergie et courage.Elle est infatigable.Je détestais beaucoup de choses chez M.Coderre, mais je dois dire que c\u2019est un gros travailleur électoral.Car, en plus du travail de chef, il y a le travail électoral.Il faut être partout, accepter d\u2019être vu, constamment exposé, recevoir des critiques.Valérie a la même énergie que M.Coderre du point de vue électoral, sans avoir ses défauts de centralisation, de tyrannie et d\u2019ego.Elle est simple, saine, terre-à-terre, brillante et accessible.» CathyWong (Équipe Coderre) : «Jamais on ne m\u2019a parlé comme ça» Militante féministe et ex-présidente du Conseil des Montréalaises, Cathy Wong, 32 ans, vient de faire le saut en politique municipale.Elle tentera de se faire élire dans le district Peter-McGill avec Équipe Coderre.La Presse a obtenu d\u2019une source un échange de textos entre elle et Valérie Plante, qui essaie de la persuader de porter les couleurs de Projet Montréal.«Une des choses que la course à la chefferie m\u2019a prouvées, c\u2019est que les électeurs de gauche n\u2019ont pas de respect pour les gens qui se laissent prendre dans les filets de faux progressistes.Guillaume Lavoie en était un.Coderre en est un aussi!», écrit Valérie Plante.Plus loin, elle ajoute: «Si tu te lances avec Coderre et dans ce district [Peter-McGill], attache ta tuque avec de la broche!» Appelée à réagir, Mme Wong nous a dit: «Les échanges que j\u2019ai eus avec Valérie m\u2019ont confirmé que je ne me reconnaissais pas dans ce parti.Je n\u2019ai pas envie de créer une guerre entre femmes.Au contraire, je trouve important d\u2019encourager les femmes à aller en politique.Mais je n\u2019ai pas aimé son ton: \u201ctu es avec nous ou contre nous\u201d.Jamais, en 15 ans, on ne m\u2019a parlé comme ça.» Mme Wong a aussi perdu la chronique qu\u2019elle tenait au Devoir à la suite d\u2019un courriel envoyé par Projet Montréal, au lendemain de sa décision, informant la direction du journal qu\u2019elle allait se lancer en politique avec le maire.«J\u2019ai passé un mauvais mois, avoue-t-elle.Je ne pensais pas que ça allait se dérouler comme ça.J\u2019ai vécu de la colère.» Benoit Dorais (Projet Montréal) : «C\u2019est une éponge.Elle apprend très vite.» Courtisé de tous bords, tous côtés, le maire de l\u2019arrondissement du Sud-Ouest Benoit Dorais a fait le choix de se présenter avec Projet Montréal.Pourquoi ?Valérie Plante.«Elle a amené de nouveaux membres, beaucoup plus \u201cmonsieur et madame Tout-le-Monde\u201d, explique-t-il.On parle encore de mobilité et de transports en commun, mais différemment.Sans rendre coupable toute personne qui fait un autre choix.C\u2019est ça qui m\u2019a séduit.Je l\u2019ai regardée aller, j\u2019ai pris mon temps avant de me décider.» M.Dorais estime que Mme Plante a élargi la base des gens qui partagent les valeurs de Projet Montréal.«Elle gagne à être connue, dit-il.Elle est là pour les bonnes raisons.Elle convainc par ses actions, son charisme.Elle est vraie.C\u2019est une éponge.Elle apprend très vite.» Alexandre Taillefer (associé principal, XPNDCapital) : Une bonne.cheffe de l\u2019opposition L\u2019homme d\u2019affaires Alexandre Taillefer, dont le CV est bien rempli, croit que Valérie Plante ferait une bonne.cheffe de l\u2019opposition à la mairie.«Elle fait son travail, dit-il.Elle est allée rencontrer un paquet de gens.Elle est rafraîchissante et amène du positivisme, ce qui n\u2019est pas toujours le cas des équipes de Projet Montréal.Il faut s\u2019éloigner des positions intégristes.On n\u2019a pas besoin de ça dans notre société.» Pour ce qui est de Denis Coderre, M.Taillefer reconnaît que son style ne plaît pas à tout le monde et qu\u2019«il est aussi subtil qu\u2019un 2 x 4», mais les dossiers se réalisent à Montréal.«Depuis quatre ans, la bonne humeur et la confiance sont revenues en ville.La dernière chose que je voudrais, c\u2019est perdre ça.Mais est-ce que Montréal bénéficierait de Mme Plante comme cheffe de l\u2019opposition?Définitivement.» Maja Vodanovic (Projet Montréal) : «Elle n\u2019a pas d\u2019ego» La conseillère de Lachine Maja Vodanovic a été la première à se rallier à Projet Montréal après la victoire de Valérie Plante comme cheffe.En janvier, deux mois après avoir claqué la porte d\u2019Équipe Dauphin, elle a annoncé qu\u2019elle briguerait la mairie de Lachine pour la première fois.«Quand j\u2019ai rencontré Valérie, on ne s\u2019est même pas présentées.On a tout de suite commencé à travailler.J\u2019ai beaucoup aimé ça.Elle n\u2019a pas d\u2019ego, elle ne joue pas de game.Ce qui la fascine, c\u2019est de trouver des solutions.Moi aussi.Valérie a une grande écoute, comprend et retient ce qu\u2019on lui dit.Je suis à l\u2019aise avec elle.Je ne ressens pas le besoin de mettre des gants blancs.Moi, mon rôle, c\u2019est de servir mes citoyens.Pas de servir le maire de Montréal.» Richard Bergeron (Équipe Coderre) : «C\u2019est devenu un parti qui s\u2019oppose» Richard Bergeron, l\u2019ancien chef de Projet Montréal, passé en 2014 dans le camp de son ancien adversaire, connaît bien Valérie Plante pour l\u2019avoir recrutée en 2013.«Elle est objectivement charmante, dit-il.Il n\u2019y a pas de doute là-dessus.Je ne croyais pas à l\u2019époque qu\u2019elle allait battre Louise Harel.Ç\u2019a été une heureuse surprise.» M.Bergeron note toutefois que deux camps se sont affrontés lors de la récente course à la direction de Projet Montréal: la droite et la gauche.«La droite a perdu, c\u2019était Guillaume Lavoie, dit-il.Le parti Projet Montréal a changé.Il est très teinté vers la gauche plutôt que vers l\u2019équilibre que j\u2019avais créé.C\u2019est devenu un parti qui s\u2019oppose.Je ne vois pas de propositions autres qu\u2019on va faire des réunions citoyennes et qu\u2019on va en jaser.» Pour M.Bergeron, il se passe quelque chose à Montréal depuis quelques années.«La relance d\u2019une ville, c\u2019est fragile.Tout le crédit en revient à Denis Coderre.C\u2019est très difficile de faire renaître une période de prospérité comme celle qu\u2019on connaît à Montréal présentement.Mais c\u2019est facile de la faire disparaître.» Marie-Ève Gagnon (directrice de cabinet, Projet Montréal) : «Elle recherche le consensus » La nouvelle directrice de cabinet, nommée à ce poste par Valérie Plante, était l\u2019attachée de presse de Luc Ferrandez.Comme Alexander Norris, Marie-Ève Gagnon trouve que «Valérie a une connexion avec les gens».«C\u2019est sincère, instantané, impressionnant et systématique, énumère-t-elle.Elle veut faire embarquer les gens et recherche le consensus.Elle est là avec son cœur et ses tripes.Les gens le sentent.Elle est aussi prête à mettre de l\u2019eau dans son vin pour que ça fonctionne.C\u2019est une fille de terrain, une fille de proximité.C\u2019est une mère de famille connectée, issue du milieu communautaire.Le fait que son style soit à l\u2019opposé de Denis Coderre en fait une candidate intéressante.Elle est aussi ponctuelle et à son affaire.» Érika Duchesne (Équipe Coderre) : Des « promesses irréalistes » Après avoir siégé comme conseillère indépendante, l\u2019ancienne élue de Projet Montréal Érika Duchesne a décidé de se joindre à l\u2019Équipe Coderre en mars 2016 comme candidate dans le district François-Perreault.«Au-delà de la personne, je suis surprise par les promesses irréalistes que Valérie Plante présente dans son programme.Elle pense pouvoir tout régler d\u2019un coup de baguette magique.J\u2019ai de la misère à l\u2019imaginer mairesse.» Mme Duchesne trouvait amusant, par exemple, l\u2019idée de la ligne rose lancée par Mme Plante pendant la campagne à la direction.«Mais de là à faire croire aux citoyens que c\u2019est possible de réaliser cette ligne de métro dans un premier mandat, c\u2019est tout à fait utopique.Je trouve que plusieurs personnes dans cette équipe manquent de maturité.» Le pour et le contre PHOTOMARCOCAMPANOZZI, LA PRESSE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 3 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 ACTUALITÉS CAROLINE TOUZIN Les résidants des centres d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) pourront continuer à fumer la cigarette dans les fumoirs des établissements.Le ministère de la Santé et des Services sociaux n\u2019a pas l\u2019intention d\u2019interdire aux résidants de fumer dans les CHSLD, a indiqué le sous- ministre Michel Fontaine dans un courriel envoyé à tous les direc teurs généraux du réseau de la santé mardi dernier que La Presse a obtenu.Rappelons qu\u2019une controverse a éclaté il y a un peu plus d\u2019une semaine dans la région de Québec, lorsque Le Soleil a révélé que le CIUSSS de la Capitale-Nationale prévoyait adopter un nouveau règlement pour fermer les fumoirs dans les établissements d\u2019ici 2020 en plus d\u2019interdire à ses résidants de fumer à l\u2019extérieur en 2022.À la suite de cette nouvelle qui a suscité beaucoup de grogne chez les fumeurs résidant en CHSLD, le Ministère a senti le besoin de clarifier ses intentions.Les orientations ministérielles pour l\u2019élaboration de la Politique de lutte contre le tabagisme «ne doivent pas être interprétées comme un empêchement de fumer pour un résidant en CHSLD, considérant que le CHSLD est pour lui son domicile », a tenu à préciser le sous-ministre Fontaine aux dirigeants du réseau de la santé.Cette activité doit se faire en toute sécurité pour éviter les incendies et en tout respect des autres résidants et du personnel qui ne veulent pas inhaler de fumée, a toutefois spécifié le sous-ministre dans ses directives aux CHSLD.«C\u2019est pour cette raison que les orientations ministérielles mentionnent qu\u2019un fumoir répondant aux normes de ventilation, bien qu\u2019il ne soit pas une solution parfaite, constitue une solution temporaire pour accommoder les personnes hébergées en CHSLD jusqu\u2019à la décroissance complète du taux de tabagisme dans ces milieux de vie», poursuit le haut fonctionnaire.Lutte contre le tabagisme Le Ministère oblige les établissements, en vertu de la loi visant à renforcer la lutte contre le tabagisme, à se doter au plus tard le 26 novembre 2017 d\u2019une politique de lutte contre le tabagisme visant la création d\u2019environnements sans fumée.Da n s s e s o r ien t a t ion s publiées sur son site internet en 2016, le Ministère indique que « la politique pourrait planifier une abolition progressive ou complète de tous les fumoirs».«Le fumoir peut s\u2019avérer une solution temporaire pour accommoder certaines personnes hébergées à long terme, notamment dans un CHSLD », peut-on lire dans cette politique.Or, le gouvernement n\u2019a nullement l\u2019intention de fermer les fumoirs tant qu\u2019il y aura des résidants qui fument, a expliqué le sous- ministre dans son courriel aux dirigeants du réseau de la santé.« Le mot temporaire est relié au fait qu\u2019il pourrait être envisageable, à long terme, de fermer complètement le fumoir du fait que le taux de tabagisme ne cesse de décroître », a précisé M.Fontaine du ministère de la Santé.CHSLD Les fumoirs sont là pour de bon EXCLUSIF PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE Le gouvernement n\u2019a nullement l\u2019intention de fermer les fumoirs tant qu\u2019il y aura des résidants qui fument, a expliqué le sous-ministre Michel Fontaine dans son courriel aux dirigeants du réseau de la santé.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 4 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 MC/MDLenom,les logos,nomsdeproduits,nomsdes caractéristiques, imageset slogansHyundai sont desmarquesdecommerceappartenant à (ouaccordées sous licencepar)GenesisMotorsCanada,unedivisiondeHyundaiAutoCanadaCorp.^Prix deventede62 150$disponible pour lesmodèlesneufsG80Sport 2018deGenesis.Leprix comprend les frais, lesprélèvementset toutes leschargesapplicables (TVHexclue).Fraisd\u2019immatriculation,d\u2019assurance,RDPRM,droitsdepermisdeconduireensus.\u2021Offresde locationsurapprobationducréditdesServices financiersGenesis sur lemodèle neuf suivant : GenesisG80Sport 2018.688,00$parmois pour60mois sans obligation au termeducontrat de location.Comptant initial de 4 300$et premierversement exigés.Lavaleurduvéhicule d\u2019échangepeut être appliquée au comptant initial.Obligation totale de location de 45 580 $.L\u2019offre de location comprend les frais de taxe de 15 $ sur les pneus et taxe de 100 $ sur le climatiseur.Frais d\u2019enregistrement, d\u2019assurance,d\u2019immatriculation,RDPRM et toutes les taxes applicables (TVH; TPS/TVP) en sus.Dépôt de sécurité de 0 $ sur tous lesmodèles.Kilométrage annuel de 16 000 km,15 ¢ par kmadditionnel.?Le programmed\u2019entretien régulier gratuit couvre la plupart des opérations régulières d\u2019entretien telles que décrites dans le plan d\u2019entretien dumanuel du propriétaire; il comprend par exemple le remplacement de l\u2019huile moteur, la rotation des pneus et une inspection régulière.Le plan ne comprend pas la réparation ou l\u2019entretien des pièces qui s\u2019usent, telles que la bande de roulement des pneus, les plaquettes de freins, les essuie-glaces, etc., et d\u2019autres réparations qui peuvent être identifiées lors de l\u2019inspection régulière effectuée dans le cadre du plan.Certaines limites s\u2019appliquent.Consultez un distributeur Genesis autorisé pour tous les détails.*Sous réserve de changement sans préavis.Certaines restrictions s\u2019appliquent.Il se peut que certains services ne soient pas disponibles dans tous les secteurs.Communiquez avec un distributeur Genesis autorisé pour tous les détails.\u2020La garantie globale limitée de Genesis couvre la plupart des pièces du véhicule contre les défauts de fabrication, sous réserve du respect des conditions normales d\u2019utilisation et d\u2019entretien.?Comprend lamise à jour gratuite des cartes pendant 5 ans pour unmaximumde 10mises à jour.\u2020\u2020Le programme d\u2019assistance routière en tout temps de Genesis est un service qui comprend certaines limites et qui ne couvre pas certains coûts et certaines dépenses.L\u2019assistance routière n\u2019est pas une garantie.^\u2021?*\u2020?\u2020\u2020Offres d\u2019une durée limitée pouvant êtremodifiées ou annulées sans avis préalable.Les stocks sont limités.Visitezwww.genesis.ca ou contactez votre DistributeurGenesis pour tous les détails.TOUS LES VÉHICULES GENESIS COMPRENNENT : Assistance routière en tout temps\u2020\u2020 5 ANS / KILOMÉTRAGE ILLIMITÉ Mise à jour gratuite des cartes?5 ANS / KILOMÉTRAGE ILLIMITÉ Véhicule de courtoisie Genesis à domicile* 5 ANS / 100 000 KM Service de concierge Genesis à domicile* 5 ANS / 100 000 KM Entretien régulier gratuit?5 ANS / 100 000 KM Garantie globale\u2020 5 ANS / 100 000 KM UN LUXE AXÉ SUR L\u2019HUMAIN.IL ÉTAIT TEMPS.ESSAI ROUTIER | ACHAT | ENTRETIEN | NOUS NOUS DÉPLAÇONS POUR VOUS 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Ce 1er octobre, joignez, vous aussi, le mouvement en témoignant toute votre affection à l\u2019aîné, élu de votre cœur.Cette année, emboîtez le pas, et fêtez avec nous ! ACTUALITÉS L es funérailles auront lieu à 14 h en présence de « plusieurs dignitaires », avaient annoncé les médias.Mais dans l\u2019église un peu baroque Saint-Enfant-Jésus du Mile End, nul dignitaire parmi la centaine de personnes venues saluer un politicien non moins baroque.On a apporté les cendres de Jérôme Choquette près de l\u2019autel et le curé a commencé les obsèques.Son fils Frédéric a prononcé un bel éloge.Son gendre a lu un texte.Puis on a demandé aux gens qui le voulaient de dire un mot, juste un mot, pour résumer leur souvenir de l\u2019homme.Des clients ont parlé des services qu\u2019il leur a rendus comme avocat.Un autre a parlé de ses qualités de maire (à Outremont).J\u2019ai reconnu dans l\u2019assistance une vieille dame que j\u2019ai croisée presque tous les jours au palais de justice quand j\u2019étais chroniqueur judiciaire, dans l\u2019autre millénaire.Elle nous disait qu\u2019elle était une victime d\u2019acte criminel et que son thérapeute lui avait conseillé d\u2019aller voir des procès.Elle a dû y prendre goût, ou la thérapie a duré longtemps, elle y a passé 30 ans.Elle s\u2019est levée, chétive.« Je voudrais le remercier pour la loi pour les victimes d\u2019actes criminels.» L\u2019inconnue s\u2019est rassise sans autre explication.Tout le monde savait qu\u2019elle parlait en connaissance de cause.Je me suis dit que cette phrase prononcée dignement par une vieille dame anonyme valait mieux qu\u2019un rappel histor ique pa r un représentant du gouvernement ou autre dignitaire.N\u2019empêche, aucun représentant de «l\u2019État» n\u2019était là pour dire un mot, juste un mot au sujet de cet homme qui a été un des politiciens les plus marquants de sa génération.! ! ! On a retenu de lui le plus spectaculaire.«Surtout connu pour son rôle pendant la crise d\u2019octobre 1970.», disaient les dépêches, le jour de sa mort, le 1er septembre.On l\u2019a qualifié d\u2019homme fort, et il est vrai qu\u2019avec sa carrure et sa voix puissante, il avait l\u2019air du grand frère du premier ministre Robert Bourassa, qui à 36 ans avait l\u2019air d\u2019un séminariste effarouché.L\u2019image qui en est restée est celle d\u2019un faucon.Il était néanmoins opposé aux mesures de guerre qui ont fait débarquer l\u2019armée à Montréal après l\u2019assassinat de Pierre Laporte.Une décision prématurée, injustifiée, dira-t-il plus tard, mais dont il a été solidaire à l\u2019époque.Il était procureur général quand on a emprisonné pour outrage au tribunal les chefs des trois grandes centrales syndicales, qui avaient appelé à défier une loi de retour au travail.Ça n\u2019a fait que renforcer cette réputation de «tough».Quarante-cinq ans plus tard, pourtant, l\u2019héritage social de Jérôme Choquette remonte à la surface.Il a présidé à la création de l\u2019aide juridique en 1972 pour que « tout Québécois qui est dans une situation économique déplorable» ait accès non seulement aux soins de santé sans se ruiner, mais à un avocat pour se défendre.Il a présenté la Charte québécoise des droits et libertés.Il a créé la Régie du logement.Après avoir assisté à une conférence d\u2019une pédiatre qui révélait l\u2019ampleur de la maltraitance des enfants, il a défendu le premier système de signalement des mauvais traitements, qui donnera naissance à la Loi sur la protection de la jeunesse en 1977.C\u2019était un changement radical de mentalité que de permettre aux professionnels de la santé de signaler les mauvais traitements subis par les enfants, de les y inciter, en dépit du secret professionnel censé protéger les parents.Choquette avait lui-même participé à l\u2019étude d\u2019autres systèmes en Europe.Relire son « livre blanc» de 1975 sur la justice qui « ne peut plus fonctionner comme il y a 100 ans» a quelque chose de vaguement déprimant, mais, du moins, il a inspiré plusieurs réformes.La Division des petites créances, où les avocats sont exclus, remonte à cette époque.Quand Bourassa lui a retiré la Justice pour le muter à l\u2019Éducation, le cœur n\u2019y était plus.Il a ensuite démissionné autour de la «loi 22», pour fonder un éphémère parti nationaliste dans lequel la CAQ sans doute se reconnaîtrait.! ! ! C \u2019e s t v r a i , t ou te s c e s idées f lottaient dans l\u2019air nord-américain et Jérôme Choquette n\u2019a pas «fait» tout ça seul.Mais on aurait de la difficulté à trouver un ministre de la Justice qui a entrepris autant de chantiers, de réformes et d\u2019initiatives durables dans le champ de la justice sociale en si peu de temps.Quarante ans plus tard, quand il meurt après avoir été honoré puis radié du Barreau, il n\u2019y a personne de ce qu\u2019on appelle «l\u2019État», pas même un adjoint du sous-ministre, un sous-attaché de presse, pour simplement dire un mot au nom du Québec.Je ne crie pas à l\u2019injustice, je ne dénonce rien ici, je ne fais que remarquer.La vie est ainsi faite.Il entre une part indéterminée d\u2019arbitraire, de hasard et d\u2019opportunisme dans les reconnaissances officielles.Claude Béchard, mort tragiquement jeune mais sans héritage législatif conséquent, a donné son nom à une autoroute.Jérôme Choquette, mort à 89 ans de mort naturelle, est parti discrètement dans une trop grande église, mais où se serraient autour de l\u2019urne et des souvenirs la famille et les amis.Ce n\u2019est pas plus mal, c\u2019est même très bien ainsi.Je ne dénonce rien.Je me demande comment, pourquoi et pour qui on nomme les rues, les places, les ponts.Pour les générations futures.Pour ne jamais oublier.Trois ans ou trois cents ans plus tard, on a souvent oublié.Ou on veut changer d\u2019histoire, se souvenir d\u2019autre chose, et on change de noms.Celu i- c i e s t un solda t inconnu mort pour la patrie, l\u2019autre a son nom sur un monument, mais bientôt, de toute manière, comme dans le poème d\u2019Aragon, il n\u2019est plus «qu\u2019un mot d\u2019or sur nos places».Juste un mot.S Pour joindre notre chroniqueur : yves.boisvert@lapresse.ca Un mot d\u2019or sur nos places TOMMY CHOUINARD QUÉBEC \u2014 Visées par un recours collectif de 300 millions de dollars, les commissions scolaires craignent de s\u2019incriminer en réalisant le mandat que leur confie le gouvernement Couillard pour revoir les frais exigés aux parents.La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) lui demande de trouver une mesure pour que ses membres soient «complètement dédouanés» relativement aux- pratiques de facturation passées.Plus tôt cet te semaine, Sébastien Proulx a demandé à la FCSQ et à la Fédération des comités de parents \u2013 tout comme à leurs pendants anglophones \u2013 de «faire un examen complet de ce qui devrait être fourni par les écoles et de ce qui pourrait être facturé aux parents».Il leur a réclamé «des propositions concrètes visant à mieux baliser le principe de la gratuité scolaire et à uniformiser les pratiques dans le réseau».La FCSQ accepte ce mandat mais elle s\u2019inquiète des impacts possibles sur le recours collectif contre les commissions scolaires au sujet de frais jugés abusifs et illégaux.Elle craint qu\u2019en statuant sur ce qui devrait être payé par l\u2019État et non les parents, elle ne donne raison aux plaignants.«C\u2019est comme si j\u2019avoue qu\u2019il y avait eu de mauvaises pratiques», a résumé son président, Alain Fortier, en entrevue à La Presse hier.Dans ce contexte, «on essaie d\u2019explorer comment on peut se dédouaner du passé pour être capables de regarder vers l\u2019avenir.Est-ce que c\u2019est une déclaration légale?Une balise du mandat qui permet de ne pas toucher à ce qui est impliqué dans le recours collectif ?En toute franchise, je ne sais pas comment on va faire.C\u2019est pour ça que je sens le besoin d\u2019explorer ça avec le ministre pour avoir les coudées franches » dans l\u2019exercice du mandat.À défaut d\u2019une mesure protégeant les commissions scolaires, «on va accepter [le mandat], mais on va avancer avec toute la timidité nécessaire», a-t-il dit.Sébastien Proulx ne prévoit aucun changement au mandat confié à la FCSQ.«Si les recommandations ne sont pas satisfaisantes ou si elles ne sont pas claires, nous trancherons nous-mêmes », prévenait-il mardi.Il attend le rapport d\u2019ici le 15 décembre.Selon le député péquiste Alexandre Cloutier, cette situation est le résultat du «laxisme» du gouvernement Couillard.«Le ministre de l\u2019Éducation a appris en décembre 2016 qu\u2019il y avait autorisation par la Cour supérieure pour le recours collectif.Ce qu\u2019il aurait dû faire, c\u2019est immédiatement sonner l\u2019alarme et dire aux commissions scolaires de respecter la loi, point final.Mais il n\u2019y a rien qui a changé dans la pratique», a affirmé le porte-parole du PQ en matière d\u2019éducation.Il accuse Sébastien Proulx d\u2019avoir « transféré la patate chaude » aux commissions scolaires et de faire preuve de «déresponsabilisation».Il relève une foule de frais illégaux exigés aux parents cette année encore.Selon la Loi sur l\u2019instruction publique, les manuels scolaires et le matériel didactique sont gratuits.Or, des parents ont dû payer des dictionnaires et des grammaires, par exemple.«La situation s\u2019est même aggravée parce qu\u2019on a vu apparaître toutes sortes d\u2019autres frais comme des abonnements internet, des abonnements à des gyms, des frais de laboratoire, des frais de gestion», a-t-il ajouté.Il en vient à dire que « l\u2019école publique devient de moins en moins publique et de plus en plus chère».FRAIS AUX PARENTS Les commissions scolaires craignent de s\u2019incriminer YVES BOISVERT CHRONIQUE PHOTODAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE JérômeChoquette.On aurait de la difficulté à trouver unministre de la Justice qui a entrepris autant de chantiers, de réformes et d\u2019initiatives durables dans le champ de la justice sociale en si peu de temps, écrit notre chroniqueur.Le député péquiste Alexandre Cloutier relève une foule de frais illégaux exigés aux parents cette année encore.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 6 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 LASALLE ALFA ROMEO 2225, RUE LÉGER LASALLE, QC, H8N2V7 514363-3428 JOHN SCOTTI ALFA ROMEO 4305, BOUL.MÉTROPOLITAIN EST MONTRÉAL, QC, H1R1Z4 1888490-8936 DES SOURCES ALFA ROMEO 3352, BOULEVARDDESSOURCES DOLLARD-DES-ORMEAUX, QC, H9B1Z9 1877462-1061 | | VOICI LE TOUTNOUVEAUALFAROMEOSTELVIO 2018.MAIS L\u2019HISTOIRE DIT TOUT.Plus de 100 ans de tradition de course sont à l\u2019origine de notre premier VUS.Depuis ses débuts à Milan, en Italie, en 1910, Alfa Romeo a créé certains des véhicules les plus spectaculaires de l\u2019histoire automobile et repousse encore les limitesde la performancemoderne, dudesignet du style italien.Aujourd\u2019hui, nousprésentonsnotreplus récente création.Le Stelvio offre la puissance de série la plus élevée de la catégorie avec les 280 ch* et 306 lb-pi de couple* de sonmoteur turbo de 2 L à injection directe.Chaque impression sera aussi forte que la première.* Selon les plus récents comparatifs publiés dans le segment des véhicules utilitaires intermédiaires de luxe importés d\u2019Alfa Romeo.\u2020 Le taux de ?nancement à la location de 1,99 % jusqu\u2019à 24 mois est offert aux clients admissibles par l\u2019entremise de Location SCI sur les nouveaux modèles Alfa Romeo Stelvio/Stelvio TI 2018 sélectionnés chez les concessionnaires participants, sur approbation de crédit.Le concessionnaire peut devoir échanger ou commander un véhicule.Les offres peuvent faire l\u2019objet de modi?cations et peuvent être prolongées sans préavis.Voyez votre concessionnaire participant pour tous les détails.LA PREMIÈRE IMPRESSION EN DIT LONG, | ALFAROMEO.CA | | Location à un taux aussi bas que 1,99%\u2020 Maintenant chez votre concessionnaire SUR MODÈLES SÉLECTIONNÉS. ACTUALITÉS GABRIELLE DUCHAINE Sabrine Djermane et El Mehdi Jamali voulaient se marier.Ils rêvaient d\u2019avoir des enfants.Ils venaient en aide à une femme dans le besoin.Au procès pour terrorisme des deux Montréa la is , la défense tente de changer l\u2019image projetée jusqu\u2019ici par le jeune couple.Hier, au cours du contre- interrogatoire d\u2019une analyste en renseignements de la GRC, l\u2019avocat d\u2019El Mehdi Jamali, Me Tiago Murias, a déposé plu s ieu r s conve r s a t ion s Facebook qu\u2019a eues le jeune homme avec des amis et avec sa coaccusée.Elles le montrent sous un autre jour : celui d\u2019un garçon respectueux de sa copine et désireux d\u2019aider sa communauté.Dans un échange sur le réseau social, un ami demande à Jamali s\u2019il a eu des relations sexuelles avec Jermane, avec qui il vient alors de se fiancer.L\u2019autre répond que non.«On n\u2019en a jamais parlé.» Quand l\u2019ami insiste, l\u2019accusé lui demande de cesser de parler de ce sujet et le traite d\u2019immature.Dans la même discussion, il affirme que le mariage n\u2019est pas pour tout de suite parce que «les parents retardent» le projet.Dans une conversation qu\u2019a eue le couple, la jeune femme confie à son amoureux à quel point elle a hâte d\u2019avoir des enfants.« J\u2019vais tellement capoter si j \u2019ai une fille », écrit-elle.Aider une femme Da n s u ne au t r e s é r i e d\u2019échanges, El Mahdi Jamali discute du triste sort d\u2019une membre de sa communauté qui semble être victime de violence de la part de son conjoint.Il essaie, avec un ami, de lui trouver un logement à Montréal et des denrées non périssables.«On passe le message à tout le monde», écrit Jamali.A i l leu rs , c \u2019est Sabr ine Djermane qui s\u2019inquiète de l\u2019état de la femme, à qui elle veut absolument parler.Elle demande à son copain de trouver un moyen de la joindre et d\u2019obtenir des détails sur sa situation, ce qu\u2019il promet de faire.Sexe et fête Dans le box vitré qui leur est réservé, les deux accusés n\u2019ont pu retenir leurs rires lorsque l\u2019avocat de Sabrine D j e r m a n e , M e C h a r l e s Benmouyal, a déposé une série de conversations qu\u2019il a qualifiées de « grivoises » et de « ludiques ».Le jury a aussi souvent rigolé à la lecture des textes.El Menhi Jamali y envoie à sa fiancée plusieurs liens et extraits parfois comiques sur la sexualité, par exemple sur la sensibilité du clitoris, la quantité de sperme produite par l\u2019homme ou les bienfaits du sexe pour les maux de tête.Ailleurs, la jeune femme confie qu\u2019elle désire avoir « deux piercings, non, quatre».Au nez, dans le dos, à l\u2019oreille et à la lèvre, énumère l\u2019ex-cégépienne.Dans une autre discussion, survenue trois mois à peine avant son arrestation, elle souligne à son copain l\u2019importance de profiter de la vie et la chance qu\u2019ils ont d\u2019habiter au Canada.« Faut profiter de la vie.Arrêter de se prendre la tête.Y a rien dans l\u2019islam qui interdit de fêter.[.] Toi ce qui t\u2019importe c\u2019est le foot et moi c\u2019est mes études et la mode.Tu vois on devrait enjoy la vie.[.] On a de la chance de vivre dans un pays libre comme le Canada.» Le procès reprend lundi.PROCÈS DE SABRINE DJERMANE ET EL MEHDI JAMALI La défense tente de redorer l\u2019image du couple PHOTO TIRÉE DU COMPTE TWITTER DE RADIO-CANADA El Mehdi Jamali et Sabrine Djermane.Dans une discussion, survenue sur Facebook trois mois à peine avant son arrestation, Sabrine Djermane souligne à son copain l\u2019importance de profiter de la vie et la chance qu\u2019ils ont d\u2019habiter au Canada.GABRIELLE DUCHAÎNE Le Québécois Ismaël Habib est condamné à neuf ans de pénitencier pour avoir tenté de grossir les rangs du groupe armé État islamique (EI) et pour avoir fait une fausse déclaration relative à un passeport.La décision vient d\u2019être rendue par le juge Serge Delisle de la Cour du Québec, au palais de justice de Montréal.Habib, barbe fournie et cheveux noués sur la nuque, a écouté la lecture du jugement sans réagir, le menton appuyé sur les mains.Il a ensuite quitté la salle d\u2019audience, chaînes aux chevilles et aux poignets.«Son adhésion à l\u2019idéologie de l\u2019EI est totale.Il était prêt à tout pour aider l\u2019EI à atteindre ses objectifs», a dit le juge.Le magistrat a indiqué que seule l\u2019absence d\u2019antécédents judiciaires constituait un facteur atténuant pour Ismaël Habib.Le juge Delisle a expliqué ne pas pouvoir évaluer les chances de réhabilitation du condamné, notamment parce que celui-ci n\u2019a pas témoigné à l\u2019étape des observations sur la peine à imposer, l\u2019été dernier.Habib, qui aura 30 ans en novembre, a été trouvé coupable en juin au terme de plusieurs semaines de procès.La Couronne demandait neuf ans derrière les barreaux, huit pour tentative de quitter le Canada dans le but de participer à une activité terroriste et un pour fausse déclaration de passeport.C\u2019est exactement ce que le juge a imposé.La défense suggérait six ans et demi.« C \u2019es t un message de d issuasion et de répression qui est envoyé par la cour », a déclaré le procureur de la Couronne fédérale Me François Blanchette.Habib est le premier adulte canadien à être condamné au terme d\u2019un procès en vertu de l\u2019article 83.181 du Code criminel.Le dossier constituait un test important pour le système judiciaire et pour les méthodes d\u2019enquête des corps policiers.La décision du juge Delisle fera jurisprudence.«N\u2019eût été l\u2019intervention de la GRC, Ismaël Habib aurait intégré \u201cl\u2019un des groupes terroristes les plus fanatiques de la planète\u201d [.] Le fait que les autorités ont déjoué les plans du délinquant ne diminue en rien la gravité de l\u2019infraction», a tranché le magistrat.Habib est derrière les barreaux depuis le 4 mars 2016.Ses journées de détention comptant chacune pour une journée et demie, il a déjà purgé 861 jours de sa peine.Retour sur les faits Ismaël Habib est allé en Syrie en 2013, où il aurait passé du temps avec des groupes djihadistes qui ne figurent pas sur la liste des entités considérées comme terroristes par le Canada.De re tou r au Québec , M.Habib a fait plusieurs tentatives pour obtenir un faux passeport, se faisant notamment passer pour son frère jumeau.Depuis 2014, M.Habib a fait bon nombre de recherches sur l\u2019internet à propos de l\u2019EI, des armes, des cartes militaires de la Syrie et des moyens de quitter le Canada illégalement.L a femme et le s deu x enfants de M.Habib se trouveraient quelque part dans le territoire occupé par l\u2019EI.Après le départ de sa femme, M.Habib a entrepris une relation avec une Gatinoise qui a porté plainte pour violence conjugale l\u2019an dernier.M.Habib s\u2019est fait prendre dans une opération d\u2019infiltration de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).Il croyait traiter avec une organisation criminelle de passeurs et de faux passeports.Il a avoué à un agent infiltré son désir de se joindre à l\u2019EI.Plus tôt cette semaine, il a été condamné à neuf mois de prison par une juge de Cour du Québec de Gatineau pour le dossier de violence conjugale.Il y a eu un procès distinct dans cette affaire.Neuf ans de pénitencier pour avoir tenté de grossir les rangs de l\u2019EI DANIEL RENAUD Les policiers du SPVM ont arrêté hier matin trois hommes soupçonnés d\u2019avoir vendu de l\u2019héroïne contenant du fentanyl et d\u2019être à l\u2019origine de surdoses survenues en août dernier à Montréal, a appris La Presse.Les trois hommes, âgés dans la vingtaine et dans la trentaine, ont été arrêtés vers 6h30 par les membres du Groupe tactique d\u2019intervention (GTI) et les enquêteurs de la section Crime de violence (CDV) de la région est durant deux perquisitions menées dans des immeubles des rues Aylwin et Leclaire, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.Selon nos informations, les policiers auraient trouvé dans un coffre-fort une quinzaine de grammes d\u2019héroïne et quelques dizaines de grammes d\u2019un produit qui s\u2019apparente à du fentanyl.Des analyses seront toutefois nécessaires pour le confirmer.Ils auraient également mis la main sur une certaine somme d\u2019argent.Joint par La Presse, un porte- parole du SPVM a confirmé les arrestations et affirmé qu\u2019un bilan de l\u2019opération serait dressé lundi.Depuis plusieurs semaines, les enquêteurs des quatre régions du SPVM et de la Division du crime organisé (DCO) sont mobilisés pour lutter contre l\u2019apparition à Montréal ces derniers mois du fentanyl, un opioïde 40 fois plus puissant que l\u2019héroïne, à laquelle il est mélangé par certains trafiquants.Hier matin, en conférence de presse, le directeur du SPVM, Philippe Pichet, a de nouveau déclaré que c\u2019était une priorité pour son corps de police de lutter contre cette drogue qui fait des ravages dans l\u2019ouest canadien et aux États-Unis.Pour le moment, toutefois, les autorités refusent de parler d\u2019une crise du fentanyl à Montréal ; jusqu\u2019à maintenant, environ une demi-douzaine de surdoses mortelles enregistrées à Montréal depuis le début de cette année seraient liées au fentanyl.Ce nombre pourrait toutefois être plus élevé puisque la cause exacte d\u2019un certain nombre de morts par surdoses survenus cette année n\u2019a pas encore été établie.FENTANYL Trois autres arrestations à Montréal l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 8 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 Samedi le 14 octobre de 11h à 17h 179 Grande Allée Ouest, Québec, G1R 2H1 JEAN PAUL RIOPELLE, Vent du nord VENDU POUR LE PRIX RECORD DE: 7 438 750 $ CAD Faites expertiser vos œuvres d\u2019art gratuitement par les spécialistes de la Maison Heffel.Sur rendez-vous seulement Veuillez contacter mariehelene@heffel.com pour prendre rendez-vous.JOURNÉE D\u2019EXPERTISE AU MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC LA MAISON HEFFEL \u2013 COMMISSAIRES-PRISEURS WWW.HEFFEL.COM \u2022 514 939 6505 \u2022 MONTREAL@HEFFEL.COM NOUVEAUXTAUXHORAIRES ClasseA -Travaux lourds : 18,07$/l\u2019heure ClasseB -Travaux légers : 17,60$/l\u2019heure ClasseC -Travauxenhauteur : 18,65$/l\u2019heure REER Àcompterdu30octobre, la contributionde l\u2019employeurauRégimede retraite $parheurepayée.cpeep.qc.ca \u2022 1800461-6640 RÉGIONDEMONTRÉAL 45 pour lepersonneld\u2019entretiend\u2019édificespublics, envigueur le30octobre2017 MASCOUCHE 450 474-8531 ST-JÉRÔME 450 431-9338 HEURES D\u2019OUVERTURE : LUNDI AU MERCREDI 10h à 18h \u2022 JEUDI ET VENDREDI 10h à 21h \u2022 SAMEDI 9h à 17h \u2022 DIMANCHE 10h à 17h BROSSARD 450 619-6777 GATINEAU 819 561-5007 \u2022 1 877 755-2555 KIRKLAND 514 697-9228 LASALLE 514 364-6110 SAINT-LÉONARD 514 254-9455 REPENTIGNY 450 470-0815 SHERBROOKE 819 562-4242 \u2022 1 800 267-4240 SAINT-HUBERT 450 676-1911 SAINTE-THÉRÈSE 450 430-0555 LAVAL 450 682-2516 HEURES D\u2019OUVERTURE : LUNDI AU VENDREDI 10h à 21h \u2022 SAMEDI 9h à 17h \u2022 DIMANCHE 10h à 17h *Termes et conditions de la vente pour le programme de ?nancement « Paiements mensuels égaux, sans intérêt » : achat minimum requis de 499 $ avant taxes pour les appareils électroniques et de 799 $ avant taxes pour les meubles, matelas, accessoires de décoration et électroménagers sauf items sélectionnés.Sous réserve de l\u2019approbation de la Fédération des caisses Desjardins du Québec ( « la Fédération » ).Tous les taux d\u2019intérêt annuels indiqués sont sujets à changement.L\u2019offre « Paiement reporté, aucun paiement ni intérêt avant\u2026 » permet de rembourser, par l\u2019entremise d\u2019une carte de crédit émise par la Fédération ( « la carte » ), un achat à paiement reporté qui est sans intérêts pendant la période déterminée lors de l\u2019achat.Si cet achat est non payé en entier à échéance, un taux d\u2019intérêt annuel d\u2019au plus 21,9% s\u2019y applique et celui-ci est converti au mode de remboursement d\u2019un achat par versements égaux et consécutifs exigible en 12 mensualités égales si le solde converti est inférieur à 1 000 $, en 24 mensualités égales si le solde converti est égal ou supérieur à 1 000 $ et inférieur à 3 000 $, et en 36 mensualités égales si le solde converti est égal ou supérieur à 3 000 $.Taux d\u2019intérêt annuel de la carte d\u2019au plus 19,9 %.Le délai de grâce de la carte est de 21 jours sans intérêts, à partir de la mise à la poste du relevé mensuel ou de sa mise en disponibilité en format électronique, pour acquitter le solde total du relevé sans être obligé de payer des frais de crédit, sauf sur les avances d\u2019argent et les chèques.Paiement minimum de la carte constitué de 5 % du total : du solde indiqué sur le relevé de la période précédente, des frais de crédit applicables aux achats et mensualités impayés à l\u2019échéance de cette période, des achats courants, avances d\u2019argent et chèques de la période visée par le relevé et des frais de crédit sur les avances d\u2019argent et les chèques; auquel s\u2019ajoutent : la ou les mensualités de la période visée par le relevé, le montant des achats à paiement reporté exigible à la date du relevé, tout montant en souffrance et toute autre somme prévue par le contrat de la carte.Il n\u2019y a aucuns frais d\u2019adhésion/renouvellement qui s\u2019appliquent selon la carte demandée ou utilisée pour procéder à l\u2019achat.Détails en magasin.Offres en vigueur du jeudi 28 septembre au mercredi 4 octobre 2017.Quantité limitée sur certains articles.Valable sur les produits en inventaire seulement.Ces offres ne peuvent être jumelées à aucune autre promotion.Détails en magasin.Marques et modèles sélectionnés.Détails en magasin.\u2020\u2020Voir conditions en magasin.**Dans un rayon de 200 km.Détails en magasin.EXEMPLES DE FRAIS DE CRÉDIT SOLDE MOYEN QUOTIDIEN TAUX D\u2019INTÉRÊT ANNUEL COÛT POUR UN CYCLE DE FACTURATION DE 30 JOURS COÛT ANNUEL 100 $ 100 $ Achat courant 19,90 % 1,64 $ 19,90 $ Achat par versements égaux 19,90 % 1,64 $ 19,90 $ Achat à paiement reporté 21,90 % 1,80 $ 21,90 $ Desjardins partenaire officiel de Brault&Martineau www.braultetmartineau.com EN VIGUEUR À LA FIN DE MOIS/ANNÉE M A R I E - P I E R R E C H A M PA G N E 09 / 05 09 / 05 Paiement Direct braultetmartineau.com Marques etmodèles sélectionnés 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Le bonheur! Pour les élèves, c\u2019est la grotte d\u2019Ali Baba! C\u2019est rempli de trésors: des bonbons, de la gomme, des tablettes de chocolat, des chips.Tout ce que l\u2019on aime.En quantité.Y\u2019a juste un problème, faut les payer.C\u2019est pas long que mon allocation de 20$ par mois y passe.Heureusement, on est au début d\u2019octobre, il m\u2019en reste encore assez pour m\u2019acheter le Hockey News.Wow! C\u2019est Guy Lafleur sur la couverture! Je regarde les revues autour.Pilote, Le Journal d\u2019Asté- rix, Rolling Stone, Spirou, Sports Illustrated.Mon regard s\u2019attarde sur l\u2019étagère du haut.Une belle fille aux cheveux bruns sourit en détachant son chemisier.C\u2019est la une du Playboy.Je rougis.C\u2019est la première fois que l\u2019étagère du haut me fait cet effet-là.La première fois que le Playboy me trouble autant.Ça doit être parce que je suis rendu en 5e secondaire.Ça doit être parce que j\u2019ai 15 ans.Je regarde Guy Lafleur.Et ç\u2019a beau être Guy Lafleur, je l\u2019échangerais pour Patti.Patti, c\u2019est le nom de la playmate.J\u2019aurais jamais fait ça, avant.Si je pouvais, je laisserais là le Hockey News et je prendrais le Playboy.Mais je ne peux pas.Pour deux bonnes raisons.D\u2019abord, mes bras n\u2019atteignent pas l\u2019étagère du haut.J\u2019ai 15 ans mais j\u2019en ai l\u2019air de 12.Ensuite, si je demande au vendeur de me la prendre, il va refuser.Il a promis aux sulpiciens de ne vendre aucune revue indécente aux élèves du Collège de Montréal.Adieu, Patti, mon père va bientôt arriver.Une semaine plus tard.Je suis en train d\u2019échanger des cartes de hockey avec L\u2019Écuyer, quand soudain Bérubé arrive dans les cases, en criant: «Je l\u2019ai, les gars! Je l\u2019ai!» Il brandit le Playboy au bout de ses bras, comme Cournoyer brandit la Coupe Stanley.On n\u2019en croit pas nos yeux.Il y a un Playboy dans le collège! Une revue avec des filles nues dans un collège de garçons.C\u2019est une bombe.Y\u2019a ben juste Bérubé qui pouvait réussir cet exploit.Bérubé a 16 ans, mais il en a l\u2019air du double.Il mesure 6 pi 3 po, pèse 250 lb.Il a de la barbe, il fume, il sacre.Il sent l\u2019homme.Le gars du dépanneur lui a vendu le magazine sans jamais s\u2019imaginer que c\u2019était un collégien.Tout le monde se précipite sur Bérubé.Il nous écarte de l\u2019un de ses gros bras et de l\u2019autre, il range son Playboy dans le haut de sa case, puis ferme son cadenas: «Si vous voulez voir, va falloir payer!» C\u2019est alors que débute le troc le plus rentable de l\u2019histoire du collège.Pour avoir le droit de feuilleter le Playboy de Bérubé, fallait lui donner de quoi.De l\u2019argent, des cigarettes, des stylos, de la bouffe.N\u2019importe quoi qui avait une valeur à ses yeux.Gingras est le premier à accepter le marché.Il lui donne sa casquette des Expos.En échange, il peut tourner les pages du magazine, durant cinq minutes chronométrées, devant la case de Bérubé, avec Bérubé à ses côtés.Même pour 10 piastres, le géant refuse de vous laisser partir avec la revue dans un coin plus discret.Il n\u2019est pas fou.Il sait qu\u2019il ne la reverrait plus.Ou du moins pas dans le même état.J\u2019ai un double problème de morale.Regarder des photos érotiques et participer à une arnaque.Toute la semaine, le petit ange en moi pense à autre chose.Mais rendu au vendredi, le petit diable a pris le dessus.Je n\u2019en peux plus.Je veux voir de quoi a l\u2019air Patti.Ne me jugez pas.Ça fait cinq ans que je ne vois que des gars.L\u2019internet n\u2019existe pas.Je ne vois vraiment que des gars.La seule fille un peu sexy qui croise mon regard, c\u2019est la Jinny du Major Nelson qui joue en reprise à Télé-Métropole.Je suis un ado.Et j\u2019ai les hormones dans le tapis.Je m\u2019approche de Bérubé.Le tarif de base, c\u2019est deux piastres pour tourner les pages, cinq piastres si on veut déplier celle du milieu.Je sors un deux.Bérubé sourit : «Laporte, si tu corriges ma compo du cours de français, tu pourras regarder le centerfold pour le même prix.» Je lui dis merci.Je commence à feuilleter.Jusqu\u2019à maintenant, c\u2019est juste des annonces de chars et de montres, mais je suis déjà excité.Parce que ce sont des annonces de chars et de montres dans un Playboy ! Oh! Il y a une entrevue avec Jimmy Carter, le candidat démocrate aux élections américaines de novembre.Je fais justement un travail de recherche sur lui dans le cours d\u2019anglais.Bérubé qui regarde par-dessus mon épaule est découragé: «Dépêche, il te reste trois minutes.» C\u2019est plus fort que moi, je me mets à lire ce que Carter raconte.Je l\u2019aime bien, ce monsieur.Il a l\u2019air gentil.Presque trop gentil.Et puis, je ne suis plus certain que ça me tente de regarder des photos osées avec Bérubé qui me souffle son haleine dans le cou.Y\u2019a des limites à la libido.Le propriétaire du magazine s\u2019impatiente: «Bon ben, si tu n\u2019y vas pas, Laporte, je vais y aller pour toi!» Avec ses grosses pattes, il tourne un paquet de pages, et nous voilà rendus à la playmate du mois.La séduisante Patti.Patti McGuire, c\u2019est écrit.Wow! Elle est vraiment belle.La cloche sonne.Pas le temps de ne rien déplier.Bérubé cache le magazine au fond de sa case.Je n\u2019ai vu que trois photos.Habillées.Rien pour écrire à sa mère.Surtout pas à sa mère.Je me dépêche d\u2019aller chercher mes livres pour le cours de mathématiques.Au même moment, un surveillant demande à Bérubé ce qu\u2019il a dans sa case.Le pot aux roses est découvert.Gingras, qui voulait ravoir sa casquette des Expos, est allé tout déballer aux prêtres.Bérubé a été suspendu durant un mois.Et tous les élèves de 5e secondaire ont été en retenue durant une semaine.Ce n\u2019est pas une injustice.On le méritait tous.On avait tous feuilleté.Hugh Hefner, le fondateur de Playboy, est mort cette semaine.Au fond, c\u2019est à cause de lui si on a été punis.Mais je ne lui en veux pas.J\u2019ai eu 100% dans mon travail sur Jimmy Carter.Reposez en paix et en pyjama.Un «Playboy» au collège STÉPHANE LAPORTE COLLABORATION SPÉCIALE CHRONIQUE PHOTOGEORGE BRICH, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Hugh Hefner, le fondateur de Playboy (ici en 1977), est mort cette semaine.Son magazine a fait rêver plus d\u2019un ado.On n\u2019en croit pas nos yeux.Il y a un «Playboy» dans le collège! Une revue avec des filles nues dans un collège de garçons.C\u2019est une bombe.ALEXANDER PANETTA LA PRESSE CANADIENNE WASHINGTON \u2014 Même si son personnel diplomatique fait aussi état de problèmes d\u2019ouïe, le Canada n\u2019imitera pas les États-Unis en réduisant les effectifs de son ambassade à Cuba.Le gouvernement canadien, dont certains employés ont signalé des troubles auriculaires, dit collaborer étroitement avec les autorités cubaines pour découvrir la source de ces symptômes.La Maison-Blanche fait pour sa part état d\u2019« attaques acoustiques » ayant causé une vingtaine de blessures au sein de son personnel diplomatique de La Havane.Parmi les autres symptômes présentés figurent des étourdissements, de la fatigue, des maux de tête, des problèmes cognitifs et de la difficulté à s\u2019endormir.Faisant planer le doute sur le dégel historique de leurs relations avec Cuba, les États-Unis ont annoncé hier qu\u2019ils amputeraient leur présence à l\u2019ambassade d\u2019environ 60%.Washington a également annoncé un resserrement de la délivrance de visas pour les ressortissants cubains.La police fédérale américaine (FBI) tente de déterminer la cause de ces incidents, soulevant la possibilité d\u2019une défectuosité dans de l\u2019équipement d\u2019espionnage.Les rapports diplomatiques entre Washington et La Havane ont été marqués par des décennies d\u2019aliénation et de sanctions économiques, d\u2019ailleurs toujours en vigueur.La réouverture de leur ambassade respective avait été le fruit de longues négociations secrètes, facilitées par le Canada et le Vatican.RUMEURS D\u2019ATTAQUES ACOUSTIQUES À CUBA Les diplomates canadiens restent en place LA PRESSE CANADIENNE TORONTO \u2014 Des médecins et des tatoueurs notent une augmentation des tatouages sur le globe oculaire \u2013 une pratique dangereuse et difficile à effectuer de façon sécuritaire.Cette forme extrême de modification corporelle, qui consiste à injecter de l\u2019encre dans le blanc des yeux, serait en hausse, selon des ophtalmologistes et des artistes-tatoueurs Une mannequin de 24 ans dit avoir appris à la dure les risques de l\u2019intervention.Catt Gallinger a raconté qu\u2019elle avait récemment permis à quelqu\u2019un de teindre le blanc de son œil droit en mauve.Des complications importantes se sont développées, depuis.Elle a perdu une partie de la vision de cet œil, qui est maintenant gonflé et difforme.Son œil droit pourrait être affecté de façon permanente.La jeune femme admet avoir fait le saut sans s\u2019informer adéquatement.Si elle avait lu davantage sur cette intervention, elle aurait trouvé une multitude de recherches qui prouvent les risques associés à cette pratique de plus en plus populaire, selon des experts.L\u2019ophtalmologiste Setareh Ziai dit avoir entendu parler de l\u2019intervention il y a quelques années \u2013 à l\u2019époque, c\u2019était rare.Mais en ce moment, elle est informée de nouveaux cas chaque mois.Les médecins injectent parfois de l\u2019encre dans la cornée pour certaines interventions médicales, mais ils le font avec de l\u2019équipement stérile, ce qui ne semble pas être le cas pour les tatoueurs, a fait remarquer la Dr Ziai.De plus, les tatoueurs injectent généralement l\u2019encre en dessous de la conjonctive, qui contient des vaisseaux sanguins, donc l\u2019encre peut se déplacer et poser un plus grand risque pour l\u2019organe.Mais ce qui est le plus alarmant selon la spécialiste, c\u2019est que les effets à long terme d\u2019une telle pratique sont inconnus pour l\u2019instant.«Qu\u2019est-ce qui arrivera lorsque ces colorants migreront dans différentes parties du globe oculaire ou du corps?Est-ce qu\u2019il y a des risques liés au cancer?De l\u2019inflammation persistante?On n\u2019en a aucune idée», a-t-elle indiqué.Attention aux tatouages sur le globe oculaire l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 10 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 Belœil \u2022 Québec \u2022 Saint-Alphonse-de-Granby \u2022 Saint-Lin-Laurentides Mont-Tremblant \u2022 Val-d\u2019Or \u2022 Chicoutimi \u2022 Gatineau \u2022 Arnprior \u2022 Belleville 1-877-964-1001 maisonsbonneville.com RBQ : 1506-5329-04 GRANDES PORTES OUVERTES DANS TOUS LES PROJETS DE MICRO-LOFTS INTÉGRÉS 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Économisez jusqu\u2019à sur les électroménagers* 65% MONTRÉAL PLUS PATRICK LAGACÉ CHRONIQUE E n ce début de campagne électorale municipale, permettez que je vous révèle mon principal bogue face à l\u2019omnimaire de Montréal : je ne sais jamais si je peux le croire.Il y a quatre ans, au lendemain de son élection, j\u2019ai écrit une chronique en forme de lettre ouverte à Denis Coderre.Je lui disais que j\u2019espérais qu\u2019il ait du succès, mais j\u2019avouais avoir des doutes quant à ses promesses de transparence, parce que sa campagne de 2013 avait été émaillée par des tas de cachotteries.Je donnais cinq exemples, comme cette réticence extrême à dévoiler sa liste de donateurs et comme le portrait volontairement incomplet de ses données fiscales et financières fourni à La Presse : il manquait des données.Eh bien, ce Coderre-là, le Coderre cachottier, le Coderre qui masque ses tendances à l\u2019opacité avec un sourire fait sur mesure pour les selfies, on l\u2019a souvent vu depuis quatre ans, depuis qu\u2019il est maire.! ! ! Le grand symbole de l\u2019opacité à la Coderre, c\u2019est à mon sens tout le flou qui entoure (encore) la Formule E, cette course inconnue au bataillon dont le maire s\u2019est fait le champion, course dans laquelle il a décidé d\u2019injecter 20 millions pour qu\u2019elle daigne faire un arrêt à Montréal.Passons sur l\u2019argument de la visibilité \u2013 Montréal aurait été mise sur la mappe par la Formule E ! \u2013, un argument gonf lé à l\u2019hélium par un maire qui, comme un vendeur de tapis, en beurre toujours épais.Non, la FE est le symbole des symboles de la relation difficile qu\u2019entretient Denis Coderre avec la transparence parce que le meilleur paramètre pour jauger le succès de l\u2019événement \u2013 le nombre de billets vendus et le nombre de billets donnés \u2013 demeure un secret absolu, jalousement gardé par l\u2019administration Coderre.Interrogé là-dessus huit fois par l\u2019opposition au conseil municipal, récemment, il a dit huit fois que la réponse «viendrait».C\u2019est indécent parce que cet te opac ité savamment entretenue par Denis Coderre lui permet de claironner que l\u2019événement fut un succès.Or, la vente réelle de billets permettrait de juger de ce succès \u2013 ou de cet échec \u2013 de façon indépendante.Le fait que l\u2019info soit encore secrète est, en soi, lumineux, je trouve.Ce n\u2019est pas un détail parce que le maire Coderre chérit le projet de ramener à Montréal une équ ipe de ba seba l l majeur, il rêve d\u2019Expos 2.0.Il est rare de nos jours que l\u2019industrie du sport professionnel accorde des équipes à des villes nord-américaines sans que celles-ci consentent à débourser de l\u2019argent public, sous une forme ou sous une autre.Et un sport professionnel comme le baseball exigera beaucoup, beaucoup plus que 20 millions pour le privilège d\u2019obtenir une équipe.Le maire a révélé ses couleurs avec la FE: il mène ces débats sur l\u2019argent public engraissant le sport-spectacle dans une asymétrie de l\u2019information qui l\u2019avantage, lui.Il possède toute l\u2019information, mais en dévoile le moins possible.Ce qui laisse les Montréalais dans le noir.Ce qui lui permet de dire n\u2019importe quoi, il ne peut pas être contredit ! Qua nd son opposa n te Valérie Plante a promis cette semaine un référendum sur la venue du baseball à Montréal si P rojet Montréal ra f la it la mairie début novembre, Denis Coderre a eu des paroles consternantes : il a dit que le baseball n\u2019était pas un enjeu électoral, qu\u2019on verrait dans le temps comme dans le temps.Je pense au contraire que le prochain mois est un excellent moment pour que le maire Coderre dise ce qu\u2019il est prêt à faire avec l\u2019argent des Montréalais, et ce qu\u2019il n\u2019est pas prêt à faire avec cet argent, pour accueillir l\u2019industrie multimilliardaire qu\u2019est la Major League Baseball, industrie qui réussit à se faire payer des stades partout aux États-Unis.! ! ! J e n e d i s p a s q u e Denis Coderre n\u2019a pas fait de bonnes choses comme maire.Il a insufflé un dynamisme à une ville qui en avait bien besoin.La Ville de Montréal est mieux gérée, ses finances sont en bien meilleure santé.Le Bureau de l\u2019inspecteur général (BIG) n\u2019hésite pas à annuler des appels d\u2019offres quand ceux-ci sentent les chaussettes sales.Et le BIG est l\u2019idée de Denis Coderre.Je dis que je ne sais jamais si je peux le croire.Pour moi , l \u2019exemple le plus révélateur de sa relation difficile avec la transparence est survenu pendant son mandat, mais il ne concernait pas son mandat de maire.C\u2019est un incident qui n\u2019a eu que très peu d\u2019écho.E n a v r i l , L e J o u r n a l de Montréa l a révélé que Denis Coderre, alors député, avait encaissé en 2012 un chèque de 25 000$ d\u2019un ami pour financer son combat jud ic ia i re cont re le hockeyeur Shane Doan.Denis Coderre avait toujours juré avoir financé ses frais d\u2019avocats avec son propre argent dans cette saga.I l n \u2019en é t a i t r i en : l e Journal a mis la main sur le chèque fait par l\u2019homme d\u2019a f fa i res Jean Rizzuto à Denis Coderre.Contacté par un journaliste, Denis Coderre a d\u2019abord nié avoir reçu un chèque de 25 000$ de son ami Rizzuto.Ce n\u2019est que quand le Journal a offert de lui montrer une copie du chèque que Denis Coderre a, comme par magie, retrouvé la mémoire.Le pouvoir d\u2019une preuve indépendante.Croire Coderre.ou pas PHOTO SARAHMONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE La Formule E est le symbole des symboles de la relation difficile qu\u2019entretient Denis Coderre avec la transparence parce que le meilleur paramètre pour jauger le succès de l\u2019événement \u2013 le nombre de billets vendus et le nombre de billets donnés \u2013 demeure un secret absolu, jalousement gardé par l\u2019administration Coderre, écrit notre chroniqueur.Je pense que le prochain mois est un excellent moment pour que le maire Coderre dise ce qu\u2019il est prêt à faire avec l\u2019argent des Montréalais, et ce qu\u2019il n\u2019est pas prêt à faire avec cet argent.PIERRE-ANDRÉ NORMANDIN Denis Coderre entend continuer à aller de l\u2019avant avec le projet de construction immobilière à Pierrefonds-Ouest malgré un rapport de l\u2019Office de consultation publique de Montréal (OCPM) concluant à «un problème majeur d\u2019acceptabilité sociale ».Invitant la métropole à protéger les espaces verts du secteur, l \u2019opposit ion voit dans la réponse de l\u2019administration un premier test pour la fin des référendums.L\u2019OCPM a rendu public hier son rapport au terme d\u2019une consultation de quatre mois sur l\u2019avenir du plus grand espace vert dans l\u2019île.Déplorant le manque de transparence et d\u2019information fournie par la Ville, l\u2019organisation souligne que le projet de permettre la construction de 5500 logements a suscité un important malaise, 87% des participants s\u2019y étant opposés.Ce rapport devrait pousser la Ville à réviser le projet en profondeur, estime Marie-Ève Maillé, coauteure du livre Acceptabilité sociale : sans oui, c\u2019est non.«L\u2019Office conclut que le risque social de poursuivre le projet dans sa forme actuelle est grand.L\u2019OCPM ne soulève pas juste des doutes sur l\u2019acceptabilité sociale, on parle d\u2019un problème majeur, important.Il y a certainement ici un signe que la communauté ne consent pas au développement qu\u2019on lui propose», résume la chercheuse.Cependant, interrogé sur les conclusions du rapport, le maire sortant a dit ne pas y voir un feu rouge au projet de construction de Pierrefonds- Ouest, au contraire.« Est-ce que l\u2019OCPM a dit qu\u2019ils ne pouvaient pas construire?La réponse est non, a indiqué Denis Coderre.Si l\u2019OCPM avait dit \u201cvous n\u2019avez pas le droit de bâtir là\u201d, ça aurait tout changé.Mais ils n\u2019ont pas dit cela, ils ont demandé plus de réponses et plus de planification.» Confusion La chercheuse Marie-Ève Maillé dénote une confusion dans la lecture que fait le maire du rapport.« J\u2019ai l\u2019impression que M.Coderre confond le rôle de l\u2019OCPM et son propre rôle d\u2019élu.Ce n\u2019est pas à l\u2019OCPM de «tirer la plo- gue» sur un projet : il fait des recommandations en fonction du mandat qui lui a été donné et, dans ce cas-ci, il répond très bien en évaluant l\u2019acceptabilité sociale du projet.» La réponse de Denis Coderre a d\u2019ailleurs choqué Justine Mc I n t y r e , c he f de Vr a i changement pour Montréal, qu i br igue la ma i r ie de Pierrefonds-Roxboro.« Tant que ce n\u2019est pas non, c\u2019est oui?Ce n\u2019est pas comme cela que ça marche dans la vie.Tant que ce n\u2019est pas oui, ce n\u2019est pas oui», a-t-elle réagi.Pour elle, aller de l\u2019avant alors que l\u2019OCPM conclut à un « problème majeu r d\u2019acceptabilité sociale» représenterait un «gros problème démocratique».Pour Projet Montréal, la réponse de l\u2019administration montréalaise représentera un premier test en cette ère post- référendums, le gouvernement ayant récemment mis fin à la possibilité pour les citoyens d\u2019imposer la tenue d\u2019un vote sur certains projets.« Dans le contexte de l\u2019abolition des référendums, la moindre des choses serait d\u2019écouter et de repartir à zéro.Le maire Coderre a décidé de tout miser sur l\u2019OCPM, alors il n\u2019a pas d\u2019autre choix que d\u2019être cohérent», estime le conseiller Éric Alan Caldwell.Se disant satisfait de la consultation, Denis Coderre estime toutefois que l\u2019exercice démontre que le recours à l\u2019OCPM fonctionne.«C\u2019est ça que je dis quand je parle de démocratie participative.L\u2019OCPM, c\u2019est quelque chose de magnifique.Une consultation ne veut pas dire \u201ccrois ou meurs\u201d.Ça veut dire qu\u2019on peut peaufiner des projets.» Enjeu électoral Chose certaine, le dépôt du rapport sur l\u2019avenir de Pierrefonds-Ouest en pleine campagne promet d\u2019en faire un enjeu électoral majeur.Projet Montréal compte ainsi mettre en avant sa proposition d\u2019aménager un parc national dans le secteur plutôt qu\u2019un projet immobilier.« On ne reprendra pas ce projet [de construction résidentielle] », dit Éric Alan Caldwell.Justine McIntyre propose quant à elle de réviser le projet pour protéger les terrains de Pierrefonds-Ouest.Elle aménagerait tout de même un boulevard urbain sur le site afin de désenclaver ce secteur de l\u2019île lourdement touché par les problèmes de congestion.Estimant avoir déjà augmenté la taille du secteur de Pierrefonds-Ouest qui sera protégé, Denis Coderre compte pour sa part favoriser la construction résidentielle sur le reste des terrains.Il dit ainsi vouloir contribuer à la rétention des familles dans l\u2019île.PIERREFONDS-OUEST Un premier test à Montréal pour la fin des référendums PHOTODAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE La consultation sur le projet de construction de 5500 logements à Pierrefonds-Ouest a permis de constater que 87% des participants s\u2019y opposaient.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 12 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 MONDE LOUISE LEDUC En France, un homme de 28 ans qui a eu une relation sexuelle avec sa petite voisine de 11 ans n\u2019est pas accusé de viol, mais de simple «atteinte sexuelle» parce que les enquêteurs ont conclu que l\u2019enfant avait été consentante et qu\u2019il n\u2019y avait pas eu de violence.Au Canada, cette situation ne pourrait pas se produire.En France, la famille est outrée et l\u2019affaire a provoqué une réelle controverse.Avec une accusation d\u2019atteinte sexuelle, l\u2019homme risque cinq ans de prison et 75 000 euros (110 000 $) d\u2019amende.Une accusation de viol sur une mineure, elle, aurait pu lui valoir une peine de 20 ans.Comme bon nombre de Français, Me Julie Desrosiers, professeure de droit à l\u2019Université Laval, trouve cette affaire aberrante.« Elle témoigne d\u2019une conception rétrograde du consentement et du fait qu\u2019on fait totalement abstraction de toutes les connaissances que l\u2019on a sur les réactions des mineurs à une agression sexuelle.» Au Canada comme en France, il existe un âge pour le consentement sexuel.Au Canada, il est de 16 ans, avec des aménagements pour permettre à des adolescents d\u2019avoir des relations sexuelles entre eux et avec des règles plus strictes lorsqu\u2019il est question de relations d\u2019autorité (un entraîneur, un patron, un professeur, etc.).Sauf cette exception pour les adolescents entre eux, donc, «au Canada, on considère qu\u2019un jeune de moins de 16 ans n\u2019a pas l\u2019âge du consentement, et c\u2019est la fin de la discussion».En France, ce n\u2019est que le début de la discussion.Le consentement, nœud de l\u2019affaire C\u2019est que dans ce pays \u2013 et c\u2019est là le nœud de l\u2019affaire \u2013, quand un adulte a une relation sexuelle avec un mineur, trois types d\u2019accusations sont possibles et conditionnées par le fait qu\u2019il y ait eu consentement ou pas.Si la relation sexuelle s\u2019est faite «sans exercice de violence, de menace, de contrainte ou de surprise», la personne ne sera pas accusée d\u2019agression sexuelle ou de viol, mais d\u2019« atteinte sexuelle».Or, on sait très bien que les jeunes victimes d\u2019agression sexuelle «ont nettement tendance à figer, à ne rien dire, mais ce n\u2019est pas parce qu\u2019elles ne résistent pas qu\u2019elles sont consentantes », dit MeDesrosiers.Ce qui est plus grave encore, selon Me Desrosiers, c\u2019est que les policiers, puis les procureurs ont décidé d\u2019emblée d\u2019y aller avec l\u2019accusation la moins grave, excluant du coup toute discussion en bonne et due forme sur la question.Selon Véronique Robert, avocate criminaliste, cette affaire prouve une fois de plus «que le droit pénal français est une bien étrange créature».«La loi en France dit très clairement qu\u2019il n\u2019y a pas de consentement légal avant l\u2019âge de 15 ans.Mais là, c\u2019est comme si cela n\u2019existait plus et l\u2019on fait équivaloir cette relation sexuelle entre une enfant de 11 ans et un homme de 28 ans à un crime contre la moralité, rien de plus.» Me Jean-Claude Hébert, lui aussi avocat criminaliste, est loin de tirer à boulets rouges sur le droit français.Ici, avant d\u2019avoir 16 ans, un jeune est nécessairement réputé incapable d\u2019un consentement sexuel.Point à la ligne.«C\u2019est très rigide et il faudrait voir si la loi française, plus nuancée que la loi canadienne, peut avoir du bon.» (Au Canada, les balises incontou rnables ont pa r exemple valu des condamnations dans des cas de relations consensuelles entre un adolescent de 15 ans et un jeune adulte de 22 ans.) Des conditions variables Cela dit, Me Hébert rappelle qu\u2019ici comme en France, bien avant d\u2019arriver devant un tribunal, le traitement que recevra une victime sera largement tributaire du policier ou du procureur sur lequel il tombera.Au Service de police de la Ville de Montréal, il existe une équipe spécialement affectée aux agressions sexuelles.Idem chez les procureurs, au palais de justice de Montréal.En région, c\u2019est loin d\u2019être le cas, «et un policier qui fait toutes sortes de dossiers n\u2019aura pas la même expertise».D\u2019où ces mea culpa de corps policiers qui avouent parfois avoir besoin de plus de formation.FRANCE Une affaire de viol aberrante l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 13 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 vrou}-vrou} LA CONDUITE SANS COMPROMIS LES EXPERTS ONT PARLÉ. MONDE Une Canadienne qui dit avoir été violée par deux policiers parisiens dans le quartier général de la police il y a trois ans est soulagée que leur procès a été ordonné, a déclaré hier son avocat.Une cour d\u2019appel française a infirmé la décision d\u2019un tribunal inférieur, qui avait choisi l\u2019an dernier d\u2019abandonner les accusations contre les deux policiers, dont les noms n\u2019ont pas été révélés, selon l\u2019avocat Howard Rubel.Sa cliente, Emily Spanton, qui a accepté d\u2019être identifiée, a accueilli la nouvelle avec une certaine satisfaction.\u2014 La Presse canadienne France Procès pour deux policiers accusés du viol d\u2019uneCanadienne La femme d\u2019affaires Isabelle Hudon sera la prochaine ambassadrice du Canada en France.Elle succédera à Lawrence Cannon, dont le mandat avait été prolongé de quelques mois par le gouvernement libéral.Ancienne présidente et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Isabelle Hudon occupe depuis 2010 le poste de présidente de la Financière Sun Life pour le Québec.Elle deviendra la première femme à occuper le poste de chef de mission du Canada auprès de la République française.Avant d\u2019hériter du poste d\u2019ambassadeur en France, Lawrence Cannon avait été ministre au sein du gouvernement de Stephen Harper.\u2014 La Presse canadienne Les États-Unis «ne reconnaissent pas» le référendum «unilatéral» pour l\u2019indépendance du Kurdistan irakien et appellent toutes les parties au «dialogue» et à la retenue, a déclaré hier le secrétaire d\u2019État Rex Tillerson.«Le vote et les résultats manquent de légitimité et nous continuons à soutenir un Irak uni, fédéral, démocratique et prospère», a-t-il affirmé dans un communiqué.«Les États-Unis demandent à toutes les parties, y compris aux voisins de l\u2019Irak, de rejeter toute mesure unilatérale et tout recours à la violence», a-t-il ajouté.Par ailleurs, les liaisons aériennes entre le Kurdistan irakien et l\u2019étranger ont été coupées hier sur ordre de Bagdad qui veut forcer cette région autonome à annuler son récent référendum sur l\u2019indépendance.\u2014 Agence France-Presse Kurdistan irakien Washington ne reconnaît pas le référendum Le secrétaire d\u2019État à la Santé du gouvernement Trump, au cœur d\u2019une polémique au sujet de ses déplacements sur des vols nolisés coûteux qui ont déclenché des enquêtes et mis en colère son patron, a rendu hier sa démission.Le remboursement partiel qu\u2019a offert Tom Price et ses excuses publiques n\u2019ont pas suffi à lui permettre de conserver son emploi.Il est devenu le premier membre du cabinet à quitter son poste au sein du gouvernement américain.Déjà, plusieurs adjoints de haut rang de laMaison-Blanche ont été évincés depuis l\u2019arrivée au pouvoir de Donald Trump.Tom Price a été en poste pendant moins de huit mois.La chute de Tom Price a éclipsé l\u2019ordre du jour de Donald Trump et a conduit à l\u2019étude des frais de déplacement des autres membres du cabinet.\u2014 Associated Press États-Unis Démission deTomPrice, secrétaire à la Santé Des combats qui font rage entre groupes rivaux depuis près de deux semaines à Sabratha, dans l\u2019ouest de la Libye, ont fait 26 morts et 170 blessés, a indiqué hier le ministère de la Santé.Il s\u2019agit du premier bilan officiel depuis le début des violences dans cette ville côtière, située à environ 70 km à l\u2019ouest de Tripoli et qui est le principal point de départ des migrants clandestins vers les côtes européennes.Les affrontements ont éclaté le 17 septembre après la mort d\u2019un membre de la milice d\u2019Ahmad Dabbashi, connu pour avoir été l\u2019un des barons locaux du trafic de migrants, mais qui s\u2019est reconverti cet été dans la lutte contre l\u2019immigration clandestine.\u2014 Agence France-Presse SAM JAHAN ET NICK PERRY AGENCE FRANCE-PRESSE COX\u2019S BAZAR \u2013\u2014 Au moins 60 Rohingya de Birmanie tentant de rejoindre le demi-mil- lion de réfugiés au Bangladesh voisin sont morts ou disparus en mer, a annoncé hier l\u2019ONU, après avoir dénoncé un «cauchemar humanitaire », et la Birmanie est en accusation, 88 ONG parlant même de «crimes contre l\u2019humanité».«Ma femme et mes deux fils ont survécu.Mais j \u2019ai perdu mes t rois f i l les », explique entre deux pleurs Shona Miah, Rohingya de 32 ans qui espérait mettre sa famille à l\u2019abri des violences qui ont débuté il y a un mois entre l\u2019armée birmane et des rebelles musulmans rohingya.Au fur et à fur qu\u2019ils sont découverts, les corps des naufragés sont rassemblés dans une école, non loin de la plage à Cox\u2019s Bazar, ville devenue l\u2019un des plus grands camps de réfugiés au monde.Ils sont posés à même le sol et recouverts de couvertures de fortune dépareillées, au milieu de leurs proches venus les identifier.Vingt-trois cadavres ont été découverts et 40 passagers sont portés disparus et «présumés noyés», a annoncé hier l\u2019Organisation internationale pour les migrations (OIM) de Genève, faisant passer le bilan de 19 à plus de 60.Selon l\u2019OIM, il y avait 50 enfants à bord.L\u2019embarcation était partie mercredi soir d\u2019un village côtier de l\u2019État d\u2019Arakan, épicentre des violences en Birmanie.Elle a coulé à quelques encablures de la terre ferme, victime de pluies de mousson torrentielles.Ce drame rappelle que les Rohingya,minorité apatrided\u2019un million de personnes installée en Birmanie, continuent d\u2019affluer vers le Bangladesh, malgré les assurances de la Birmanie que les violences ont cessé et que de nombreux villages musulmans n\u2019ont pas été incendiés.Crainte de choléra Ces propos n\u2019ont visiblement pas convaincu 88 ONG internationales, dont Human Rights Watch (HRW), qui ont publié un communiqué commun hier dénonçant les « crimes contre l\u2019humanité» commis en Birmanie contre la minorité musulmane rohingya.Ces ONG ont parallèlement demandé à l\u2019Assemblée générale de l\u2019ONU d\u2019adopter une résolution sur la Birmanie et réclamé que le Conseil de sécurité étudie sérieusement l\u2019imposition d\u2019un embargo sur les armes contre les militaires birmans.En attendant un hypothétique retour en Birmanie, ces réfugiés s\u2019entassent dans les camps côté Bangladesh, où autorités et ONG sont débordées par la marée humaine.La police bangladaise a annoncé hier avoir empêché plus de 20 000 Rohingya de franchir la frontière.Et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge a dénoncé hier des risques sanitaires et d\u2019épidémies, avec déjà des milliers de cas de diarrhées aiguës liées à des conditions d\u2019hygiène désastreuses.La Croix-Rouge internationale évoque, dans certains camps, la présence d\u2019une seule toilette pour plusieurs centaines de personnes, avec pour conséquences des excréments s\u2019accumulant un peu partout.Un lot de 900 000 doses de vaccin contre le choléra est en cours d\u2019acheminement vers les camps, où les ONG internationales redoutent une épidémie.La Croix-Rouge estime les besoins en eau pour le demi- million de personnes entassées dans des camps de fortune à 3,6 millions de litres par jour.S\u2019ajoute à cela le fait que ces réfugiés viennent d\u2019une région parmi les plus pauvres de Birmanie et arrivent dans un état de grande fragilité physique: un sur cinq souffre de malnutrition sévère, a dénoncé hier le haut Commissariat aux réfugiés de l\u2019ONU.Conseil de sécurité divisé Le secrétaire général des NationsuniesAntonioGuterres avait réclamé la veille un «arrêt des opérations militaires» en Birmanie et dénoncé un «cauchemar humanitaire», lors d\u2019une réunion du Conseil de sécurité.Il a aussi demandé jeudi au gouvernement birman un «accès humanitaire» dans la zone de conflit et « le retour en sécurité, volontaire, digne et durable» dans leurs régions d\u2019origine des réfugiés ayant fui au Bangladesh.Le Conseil de sécurité est divisé sur le dossier birman, Pékin et Moscou apportant leur appui aux autorités bir- manes, qui démentent tout nettoyage ethnique.Rebelles rohingya et armée birmane s\u2019accusent mutuellement des atrocités commises depuis fin août en Birmanie, des incendies de villages aux meurtres de civils.À ce jour, les multiples appels de l\u2019ONU à mettre fin à la répression, à ouvrir un accès humanitaire et à permettre un retour des Rohingya sont restés lettre morte.Et la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix, est très critiquée pour sa gestion de la crise, qui a ravivé de profonds sentiments antimusulmans en Birmanie, pays à plus de 90% bouddhiste.Un voyage dans l\u2019ouest bir- man des représentants des agences des Nations unies en Birmanie aura lieu lundi prochain.L\u2019ONU a précisé hier avoir prolongé de six mois le mandat de la mission d\u2019établissement des faits en Birmanie, mission chargée d\u2019enquêter sur les violations et autres abus commis dans ce pays et en particulier dans l\u2019État d\u2019Arakan.«CAUCHEMAR HUMANITAIRE» DES ROHINGYA La Birmanie accusée de «crimes contre l\u2019humanité» PHOTODAMIR SAGOLJ, REUTERS Nur Fatema pleure la mort de son fils de 9 mois qui s\u2019est noyé jeudi quand le navire qui leur permettait de fuir la Birmanie a chaviré à quelques encablures de la terre ferme.LE TOUR DU GLOBE France IsabelleHudon est nommée ambassadrice duCanada à Paris Libye 26morts dans les combats à Sabratha l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 14 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 Avec DuProprio, vous avez toute la visibilité et tout l\u2019accompagnement pour réussir à vendre votre propriété sans avoir à payer une commission à un agent.Visitez notre site Web ou appelez-nous maintenant pour comprendre ce que nous avons à vous offrir! Combien pourriez-vous économiser?Assez pour vous payer le voyage de vos rêves! DuProprio.com | 1 866 387-7677 JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE BARCELONE Le parlement de la Catalogne semble totalement vide en ce mardi après-midi.Des escaliers de marbre aux immenses salles du deuxième étage, pas un chat, rien que l\u2019écho du silence.Ce calme (avant la tempête?) est encore plus frappant à l\u2019extérieur du bâtiment.À peine deux voitures de police pour protéger l\u2019entrée, un contrôle de sécurité minime, une ambiance de siesta après un abus de pa amb tomàquet.Difficile de croire que la Catalogne traverse actuellement une des plus grosses crises politiques de son histoire récente, laquelle se dénouera en partie demain avec la tenue \u2013 ou pas \u2013 du référendum sur l\u2019indépendance.Et pourtant.À quelques stations de métro de là, dans le quartier Gràcia, la fébrilité est beaucoup plus palpable.Des drapeaux indépendantistes sont accrochés à la plupart des balcons, tandis que des dizaines et des dizaines d\u2019affiches pro-autonomistes, revendiquant la liberté et le droit de vote, ont été collées sur les murs.Rue de Jaèn, il y a même ce graffiti sans équivoque où l\u2019on peut lire «Adeù Espana ».avec une croix gammée à la place du S.Pas de doute, les partisans du Non ne sont pas les bienvenus par ici.«Même ma fille de 11 ans est totalement pour l\u2019indépendance.Et elle peut t\u2019expliquer pourquoi», nous lance Siobhan, rencontrée sur les lieux pendant le concert de casseroles qui se tient chaque soir à 22h.« Tu peux le dire que ce sont des nazis», ajoute Marc Mascort, croisé par hasard devant le graffiti au swastika.Tu as vu comment ils veulent nous bâillonner?!» « Ils », c\u2019est le gouvernement central espagnol, mené par le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy, qui refuse en bloc toute tentative de sécession catalane, et semble prêt à tout pour enrayer le référendum voulu par les indépendantistes.Deux jours après que le Parlement catalan a voté sa loi référendaire, le 6 septembre, sans l\u2019accord de Madrid, le tribunal constitutionnel espagnol a déclaré le plébiscite illégal, arguant qu\u2019il ne respectait pas la Constitution espagnole.La ligne dure Depuis, c\u2019est le bras de fer entre Barcelone et Madrid.Tandis que les indépendantistes multiplient les manifestations théâtrales et la distribution de propagande nationaliste, les autorités espagnoles enchaînent les actions judiciaires pour bloquer la tenue du vote: arrestations de politiciens catalans, saisie du dispositif électoral (incluant des millions de bulletins de vote), menaces d\u2019emprisonnement à l\u2019endroit du leader de la coalition séparatiste Carles Puigdemont, envoi de forces policières supplémentaires et mise sous scellés des bureaux de vote trois jours avant le scrutin.De quoi alimenter la cause nationaliste, qui crie désormais à la dictature, en ne se privant pas de ressusciter le spectre de Franco.Une bataille qui se joue également dans les médias, où s\u2019affrontent deux discours, celui deMadrid et celui de Barcelone.«Tu imagines ?Il y a même des journaux espagnols qui ont gommé nos drapeaux sur des photos.Comme si ce n\u2019était pas des manifestations pour l\u2019indépendance ! », s\u2019insurge A l fonso Bru , économiste retraité et grand-père d\u2019un petit «Cataquois» (c\u2019est lui qui le dit!), né d\u2019une mère catalane et d\u2019un père québécois installé en Catalogne.Vu de l\u2019étranger, cet affrontement peut susciter l\u2019ambivalence.Si l\u2019autoritarisme et la fermeture du gouvernement central suscitent d\u2019emblée la sympathie pour le mouvement indépendantiste, qui mène sa bataille dans le plus total pacifisme, la communauté internationale a reconnu les arguments légaux de Madrid, qui souha ite protéger sa Constitution et préserver l\u2019intégrité territoriale de l\u2019Espagne, un pays aux multiples cultures, forgé au fil des siècles par la conquête.Pas d\u2019amour Contrairement aux manifestations d\u2019amour données par les Canadiens à l\u2019aube du référendum québécois de 1995, le reste de l\u2019Espagne ne semble toutefois pas trop porté sur le câlin.Il y a quelques jours, dans ce qui avait tout d\u2019une mise en scène guerrière et patriotique, plusieurs habitants de Huelva, dans le sud-ouest du pays, agitaient le drapeau espagnol en acclamant le cortège de patrouilles de la Guardia Civil (police nationale espagnole) qui partait mettre de l\u2019ordre dans la région insoumise.« En gros, ce sont deux nationalismes qui s\u2019affrontent.Un nationalisme d\u2019État contre un nationalisme régional », résume Saiba Bayo, doctorant en philosophie politique à l\u2019université Pompeu Fabra de Barcelone Le premier ministre espagnol n\u2019avait peut-être pas anticipé la réaction, mais l\u2019attitude du gouvernement central semble avoir provoqué la colère des Catalans, qui réclament tout simplement aujourd\u2019hui le droit de voter, peu importe l\u2019allégeance politique.Selon une enquête publiée récemment par le journal Ara, 60% d\u2019entre eux souhaitaient se rendre aux urnes.La population est toutefois beaucoup plus divisée sur la question de l\u2019indépendance, avec des chiffres oscillant entre 41 et 45% pour le Oui, selon les sondages.«Ce qui ne veut pas dire que tous les autres sont pour le Non», conclut Alfred Bosch, membre du parti indépendantiste Esquerra Republicana Catalunya, comme pour se rassurer.EN CHIFFRES 7,5millions: population catalane (16% de la population espagnole) 9millions: nombre de personnes parlant le Catalan, principalement en Espagne.C\u2019est la langue maternelle de quatre millions de personnes, et la deuxième langue de cinq millions de personnes de plus.On les a abordés au hasard, sur les trottoirs de Barcelone.Voici ce qu\u2019ils nous ont dit au sujet du référendum et de l\u2019indépendance.JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Le pouls de la rue PHOTOS JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE, COLLABORATION SPÉCIALE MarcMascort, 48 ans, responsable culturel dans une entreprise de peinture « Il faut voter Oui.Pour compléter un cycle commencé il y a 300 ans.Pour aider nos frères dans les autres régions d\u2019Espagne à se débarrasser de la dictature.Si on gagne ce référendum, on leur montre la voie.C\u2019est ce qu\u2019a toujours fait la Catalogne !» CarmenMir, 56 ans, commerçante «Je suis pour le Non.Le nationalisme n\u2019est pas une bonne chose.Mais je veux voter.C\u2019est une question de démocratie.Le gouvernement espagnol est beaucoup trop autoritaire en interdisant ce référendum.» MarieCarmen, 63 ans, avocate «Bien sûr que je vote Oui.Nous ne sommes pas l\u2019Espagne.Nous sommes un autre pays.L\u2019Espagne est un pays fasciste.Nous sommes très ouverts.Nous sommes européens.Ils sont espagnols.Nous sommes modernes.Nous voulons parler.Ils ne veulent pas écouter.Pour nous, c\u2019est horrible !» Jesus Fernandez, 38 ans, chauffeur de taxi «Je n\u2019irai pas voter.Je m\u2019abstiens.Ce référendum n\u2019est pas légal et le nationalisme n\u2019a rien de bon.Dans notre monde moderne, on n\u2019a pas besoin de plus de frontières.» SusannaToyos, 47 ans, architecte «Je vote Oui.Je ne suis pas d\u2019accord avec la façon dont le gouvernement catalan a fait passer sa loi de force.Mais le gouvernement espagnol est encore pire ! Dans mon entourage, il y a beaucoup de gens pour le Non.Ça nous divise, toute cette histoire.On le sent dans les conversations.Avant, ce n\u2019était pas comme ça.» LACATALOGNEFACE ÀSESCHOIX PHOTOMANU FERNANDEZ, ASSOCIATED PRESS De jeunes étudiants posaient des affiches pro-indépendance, jeudi, dans les rues de Barcelone.Le scrutin sous haute tension doit en principe se tenir demain, mais Madrid entend tout faire pour empêcher sa tenue.L\u2019attitude du gouvernement central semble avoir provoqué la colère des Catalans, qui réclament tout simplement aujourd\u2019hui le droit de voter, peu importe l\u2019allégeance politique.BRAS DE FER EN ESPAGNE La police a saisi les bulletins de vote.Les maires qui comptent permettre l\u2019ouverture des bureaux de scrutin sont menacés par la justice.Les Catalans pourront-ils se prononcer demain sur l\u2019avenir de leur pays ?Et s\u2019ils bravent les interdits, leur réponse sera-t-elle entendue à Madrid et à l\u2019étranger ?l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 16 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE Q Pourquoi les Catalans veulent-t-ils se séparer de l\u2019Espagne?R Le nationalisme catalan existe depuis des siècles.Mais la crise politique actuelle remonte à 2010, lorsque que le tribunal constitutionnel espagnol, à la demande du Parti Populaire (PP, actuellement au pouvoir), lui a retiré le statut d\u2019autonomie et de « nation » adopté conjointement quatre ans plus tôt par le gouvernement catalan et le gouvernement central (alors socialiste).Cette décision controversée a soufflé sur les braises du mouvement indépendantiste, qui ne cesse depuis de grandir, et encore plus devant l\u2019entêtement de Madrid à ne pas entendre ses revendications.À ceci s\u2019ajoutent des raisons économiques : la Catalogne est une des régions les plus riches d\u2019Espagne, contribuant à près de 19 % du PIB espagnol.Mais les Catalans se plaignent de donner plus qu\u2019ils ne reçoivent de l\u2019État central en investissements publics.Et puis, bien sûr, il y a raisons culturelles : bien qu\u2019avalée par l\u2019Espagne il y a plus de 300 ans, la Catalogne a toujours conservé sa différence et résisté à l\u2019assimilation linguistique, notamment sous le régime de Franco (1939-1975).Q Qui organise le référendum?R Le gouvernement catalan, dirigé depuis 2015 par la coalition indépendantiste Junts Pel Si (Ensemble pour le Oui).Cette alliance stratégique inclut les partis Esquerra Republicana Catalunya (gauche) et PDeCAT (centre droit), et, de façon plus informelle, la CUP (gauche radicale).Elle est secondée par des mouvements citoyens très actifs.Q Quelle sera la question sur les bulletins de vote?R « Souhaitez-vous que la Catalogne soit un État indépendant sous forme de République?» Q Pourquoi l\u2019État espagnol est-il si hostile à la tenue du référendum catalan?RA priori pour des raisons léga les .L es indépendantistes ont adopté leur loi référendaire en faisant fi de la constitution espagnole.Le tribunal constitutionnel espagnol a déclaré le plé- bisc ite i l légitime, ce qui donne tous les arguments à Madrid pour interdire le vote.L\u2019intransigeance du Parti Popular (PP) actuellement au pouvoir en Espagne, s \u2019expl ique aussi pa r des raisons politiques.Fléchir devant les Catalans, c \u2019est ouvrir la porte à d\u2019autres revendications régionales et perdre une partie de son électorat.« Pure stratégie, résume le politologue Saiba Bayo.Le PP a toujours utilisé l\u2019argument identitaire de l\u2019État-Nation pour séduire l\u2019Espagne profonde et gagner des votes ».M.Bayo, du reste, ne comprend pas que Madrid déploie au t a n t d \u2019e f fo r t s pour bloquer le vote.« Si le gouvernement catalan n\u2019a pas de légitimité pour organiser un référendum, alors pourquoi s\u2019y opposer ?», fait-il valoir.Q Y aura-t-il un vote?R Pas certain.La police espagnole entend bien empêcher le référendum par tous les moyens possible, incluant la saisie de bulletins de vote et la mise sous scellés des bureaux de scrutin.Mais selon Cyril Trépier, spécialiste de la Catalogne à l\u2019Institut français de Géopolitique, il n\u2019est pas exclu que les indépendantistes, « bien organisés», contournent le problème en improvisant de nouveaux bureaux de vote.Mais la légitimité du vote n\u2019en serait sans doute que plus contestée.Si le vote n\u2019a pas lieu, il est à prévoir que le gouvernement catalan déclenche des élections anticipées qui pourraient faire office de plébiscite \u2013 ce que l\u2019État central ne pourrait légalement interdire.Cette élection ne serait toutefois pas «sans risque» pour les indépendantistes, souligne Cyril Trépier, en rappelant que la coalition pour l\u2019indépendance n\u2019a obtenu que 49% des voix aux dernières élections catalanes (2015), même si elle a remporté une majorité de sièges.Q Si le Oui l\u2019emporte ?R Le gouvernement catalan pourrait déclarer l\u2019indépendance dans les 48 heures après le vote.Ce qui ne rendrait pas la Catalogne plus indépendante, juridiquement parlant, aux yeux de l\u2019État central.La loi référendaire catalane prévoit cependant explicitement que la constitution espagnole ne s\u2019appliquerait plus en cas de victoire du Oui.Une déclaration unilatérale d\u2019indépendance ne serait toutefois pas la meilleure façon d\u2019obtenir les appuis internationaux, par ailleurs peu nombreux jusqu\u2019ici.Q Si le Non l\u2019emporte ?R Peu probable, considérant que les anti-indépendan- tistes veulent boycotter le vote.Mais le cas échéant, il serait surprenant qu\u2019on revienne au statu quo.«Le 2 octobre, ce ne sera pas business as usual», résume Cyril Trépied.«Il y aura des conséquences dans la société catalane et ça ne mettra pas fin au mouvement pour l\u2019indépendance».Madrid pourrait-il concéder un pouce, pour réconcilier les deux camps?L\u2019expert n\u2019en sait rien.«J\u2019aimerais être plus affirmatif et plus conclusif, mais c\u2019est encore ouvert.» Le référendum en questions PHOTOMANU FERNANDEZ, ASSOCIATED PRESS Des pompiers catalans ont déployé cette semaine une grande banderole montrant une urne devant le Musée d\u2019histoire de la Catalogne, à Barcelone, et sur laquelle est écrit « Love Democracy », ou « Aime la démocratie ».Qui, quand, comment et surtout, pourquoi.Explications sur le référendum catalan pour l\u2019indépendance.BRAS DE FER EN ESPAGNE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 17 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 Uniquement dans La Presse+ DÈSMAINTENANT PARTICIPEZDANS LAPRESSE+ Augmentez vos chances de gagner en participant tous les jours ! ÀGAGNER: Un ensemble pour salle à dîner offert par Artemano d\u2019une valeur de 5 000$ et l\u2019une des quatre cartes-cadeaux de 500$ chez Artemano CHANGEZ DE DÉCOR CONCOURS POURNOUS JOINDRE La Presse, 750, boulevard Saint-Laurent, Montréal (Québec) H2Y 2Z4 Seule La Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 750, boulevard Saint-Laurent, Montréal (Québec) H2Y 2Z4 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Éditeur.PETITES ANNONCES 514.987.8363 ou 1.866.987.8363 petitesannonces@lapresse.ca DÉCÈS 514.285.6816 deces@lapresse.ca CARRIÈRES 514.285.7320 carrieres@lapresse.ca RÉDACTION 514.285.7070 commentaires@lapresse.ca ABONNEMENT 514.285.6911 ou 1.800.361.7453 www.lapresse.ca/abonnement PUBLICITÉ 514.285.6931 VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à rédaction@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?Écrivez-nous à debats@lapresse.ca André Desmarais > Président du conseil d\u2019administration Pierre-Elliott Levasseur > Président Guy Crevier > Éditeur Éric Trottier > Vice-président, Information et éditeur adjoint Alexandre Pratt et Mélanie Thivierge > Directeurs principaux, Information François Cardinal > Éditorialiste en chef DEBATS OPINION ÉDITORIAUX DROITS RÉSERVÉS/serge.chapleau@lapresse.ca BOUCAR DIOUF Humoriste, conteur, biologiste et animateur, il collabore régulièrement à la section Débats.Avez-vous vu la vidéo de cette militante d\u2019extrême droite qui s\u2019est déchaînée sur Jagmeet Singh à Brampton, en Ontario?Cette femme qui ne savait faire la différence entre un sikh et un musulman a harcelé Singh, qui a calmement combattu la violence verbale de l\u2019hystérique avec des déclarations d\u2019amour.L\u2019histoire aurait pu s\u2019arrêter là et ennoblir Jagmeet Singh.Mais, le 12 septembre, Singh se pointe à 24/60 avec la redoutable Anne-Marie Dussault, dont la façon unique de cuisiner force même les plus durs à cuire à se mettre à table.Après avoir parlé de la vidéo anecdotique, voilà Anne-Marie qui lui demande si la barbe et le turban qu\u2019il arbore peuvent lui nuire au Québec.Il répond qu\u2019il partage les mêmes valeurs que les Québécois.Qu\u2019il est un social-démocrate, un progressiste, quelqu\u2019un qui va lutter pour le droit des femmes et des communautés LGBTQ.Jusque-là, tout va bien.Malheureusement, une fois la séparation entre son turban et ses valeurs sociétales bien précisée, Singh trébuche en ajoutant: «Ce qui est un problème, c\u2019est quelqu\u2019un comme Andrew Scheer, qui ne porte pas de signe religieux, mais qui est contre les droits de la femme et contre aussi les droits de la communauté LGBTQ.Il ne porte pas de signe religieux [Andrew Scheer], ajoute Singh, mais à cause de sa religion, il est contre les droits de la personne.» Récapitulons.Diabolisé par une militante d\u2019extrême droite qui s\u2019était trompée de religion, voilà donc Jagmeet Singh qui diabolise à son tour Andrew Scheer en pointant directement et sans nuance les croyances religieuses de son adversaire comme étant responsables de sa fermeture aux droits de la personne.Pour quelqu\u2019un qui demande qu\u2019on creuse un sillon entre son apparence et son engagement politique, s\u2019abstenir de tels raccourcis et présomptions serait peut-être fortement recommandé.À moins de vouloir prouver que mon grand-père avait raison d\u2019enseigner que si la barbe était signe de sagesse, le bouc serait le roi de la planète.Bon, il faut aussi souligner que même si l\u2019attaque est bien vicieuse, Andrew Scheer, qui est membre des Chevaliers de Colomb, s\u2019est déjà prononcé contre le mariage gai et l\u2019avortement.Il s\u2019est même insurgé en 2008 contre l\u2019attribution de l\u2019Ordre du Canada au médecin et militant pro-choix Henry Morgentaler.Mais Andrew Scheer a dit aussi clairement, avant de devenir chef, qu\u2019il ne veut pas rouvrir les débats sur l\u2019avortement et lemariage homosexuel.Ce que Jagmeet Singh n\u2019a pas pris le temps de préciser pendant sa vicieuse attaque.Cela dit, le trio Trudeau, Scheer et Singh risque d\u2019être palpitant.Depuis son élection, Trudeau flotte sur un nuage et répond très souvent aux questions par : «Nous allons continuer de.» Il passe son temps à continuer des choses dont on ignore quand elles ont commencé.Mais il sera bientôt sérieusement challengé.À sa droite, le nouveau chef conservateur semble bien plus sympathique que son prédécesseur.D\u2019ailleurs, les derniers coups de sonde semblent montrer qu\u2019il a dans sa poche un dissolvant capable de ternir le vernis marketing de Justin Trudeau.À la gauche de Trudeau se tiendra probablement Jagmeet Singh, qui est naturellement cool et maîtrise le français bien plus que le premier ministre.Et n\u2019en déplaise à ceux qui croient qu\u2019il ne peut pas séduire le Québec, il y a chez Singh un party animal qui sommeille, et on ne sait jamais ce qu\u2019une performance à Tout le monde en parle sur un fond de déclaration d\u2019amour au Québec peut provoquer.Souvenons-nous de la façon dont le sympathique Jack Layton avait réussi à rayer quasiment le Bloc québécois de la carte.En l\u2019espace d\u2019une émission de Tout le Monde en parle, le bon Jack, qui représentait ce politicien amoureux du Québec venu du reste du Canada (ROC), avait résonné dans le cœur de la Belle Province.Les psychologues diront que lorsqu\u2019une personne adulte a manqué d\u2019affection pendant son enfance, il arrive qu\u2019elle se jette beaucoup plus facilement dans les bras de l\u2019autre qui lui manifeste le moindre signe d\u2019amour.Et de l\u2019amour, une bonne frange de la population québécoise en a manqué dans cette fédération.Bienvenue dans l\u2019univers de ceux que j\u2019appelle les orphelins du plébiscite! Ces gens qui ne savent plus vraiment pour qui voter aux élections fédérales et peuvent en tout temps changer de bord.Changez de côté, vous vous êtes trompé! Ainsi dira la calleuse de la veillée électorale.Pour cause, aucun chef qui aspire au poste suprême dans ce pays ne dira à ces gens ce qu\u2019ils veulent entendre pendant une campagne électorale.Au contraire, vouloir diriger le Canada nécessite presque de jurer à la majorité anglophone que vous répondrez sans compromis à toutes les demandes de spécificités identitaires et autres velléités nationalistes des Québécois par la bouche vos canons.Et quand le prétendant au pouvoir est un Québécois dit «de souche», il devra être plus intraitable sur la question identitaire et linguistique pour être acclamé dans le ROC.C\u2019est pour ça que les premiers ministres qui ont fait le plus de tort au combat identitaire québécois sont majoritairement des francophones qui ont fessé durement sur les leurs pour mieux dissiper les soupçons de connivence auprès des véritables patrons de la confédération.Trudeau n\u2019échappe à cette règle même s\u2019il le fait avec le minois d\u2019un chaton dégriffé.Maintenant que Trudeau risque d\u2019être le plus vieux des chefs, tout est possible, car le premier ministre ne pourra plus incarner en solitaire ni la jeunesse ni le changement et encore moins la coolitude.Singh, le sympa sikh PHOTO JUSTIN TANG, LA PRESSE CANADIENNE Jagmeet Singh est candidat à la direction du Nouveau Parti démocratique.ALEXANDRESIROIS alexandre.sirois@lapresse.ca C\u2019 est vrai qu\u2019un ménage s\u2019imposait.De nombreux excès ont été signalés ces dernières années quant aux frais facturés aux parents par les écoles primaires et secondaires.Or, comme l\u2019a dit récemment le ministre Sébastien Proulx, « c \u2019est pas un bar ouvert ».Et si ça l\u2019est malheureusement dans certains cas, ça ne devrait pas l\u2019être.Ce qui est tout aussi vrai, en revanche, c\u2019est que tout ne peut pas être gratuit.Il ne faut surtout pas mettre les écoles dans une camisole de force sous prétexte qu\u2019il faut «uniformiser» tous azimuts.Ce mot peut, lorsqu\u2019il est synonyme de rouleau compresseur, mettre en péril l\u2019autonomie des écoles et réduire en miettes les idées innovantes qu\u2019on y met de l\u2019avant.Coupera-t-on par exemple les ailes aux professeurs les plus audacieux, qui réclament des frais pour certaines sorties pédagogiques enrichissantes que les écoles n\u2019auraient pas les moyens de payer?La Loi sur l\u2019instruction publique spécifie d\u2019ailleurs noir sur blanc que tout n\u2019est pas gratuit.Oui, l\u2019élève «a droit à la gratuité des manuels scolaires et du matériel didactique requis pour l\u2019enseignement des programmes d\u2019études».Mais «ce droit à la gratuité ne s\u2019étend pas aux documents dans lesquels l\u2019élève écrit, dessine ou découpe».En somme, les « crayons, papiers et autres objets de même nature ne sont pas considérés comme du matériel didactique» et n\u2019ont pas à être offerts par l\u2019école.Cette loi laisse place à l\u2019interprétation.C\u2019est une bonne chose.Parce qu\u2019uniformiser à partir de Québec serait tout sauf une bonne idée.Le problème, c\u2019est que plus personne ne s\u2019entend sur la façon dont il est souhaitable de l\u2019interpréter, cette loi.C\u2019est ce qui est à la source de ce recours collectif insensé autorisé l\u2019an dernier contre 68 commissions scolaires du Québec pour des frais jugés illégaux (absurde, parce que même si les parents gagnaient, l\u2019État québécois irait de toute façon chercher dans leurs poches l\u2019argent qui servirait à les dédommager, en plus de leur soutirer les sommes qui couvriront les frais d\u2019avocats !).Derrière cette initiative : l\u2019idée que tout doit être gratuit .Même la f lûte à bec semble avoir été mise au banc des accusés.Euh.Vraiment?Posons la question : combien de becs se seront refermés sur la flûte de l\u2019école avant qu\u2019elle se retrouve dans la bouche de votre enfant ?Même la Fédération des comités de parents du Québec estime que certains instruments, pour des raisons d\u2019hygiène, « peuvent faire l\u2019objet de frais».Répétons-le : oui, il y a des abus.Que ce soit la facturation du transport scolaire ou de l\u2019inscription au service de garde.Il y a aussi des variations trop importantes signalées entre des écoles pour certains services (la surveillance, par exemple) ou activités.Il faut y remédier.Donner des pistes qui vont permettre de baliser l\u2019interprétation de la loi.Mais n\u2019oublions pas que tout n\u2019est pas gratuit.Et que c\u2019est parfaitement normal.Attention au rouleau compresseur ARIANEKROL akrol@lapresse.ca A près Facebook, c \u2019est Twitter qui vient de passer aux aveux : de faux comptes soupçonnés d\u2019avoir été utilisés par des intérêts russes pour s\u2019ingérer dans les élections américaines ont été détectés chez lui aussi.Des révélations qui confirment le besoin urgent d\u2019une plus grande responsa- bilisation de ces réseaux, et de leurs usagers.Un peu plus de 200 comptes problématiques ont été repérés, a reconnu Twitter jeudi.Au moins 22 avaient un lien direct avec des comptes déjà identifiés par Facebook, et 179 autres y étaient reliés.Facebook, rappelons-le, a admis au début du mois qu\u2019au moins 470 pages et c omp t e s , a pp a r emmen t reliés à une organisation considérée comme un repaire de t rol ls russes , ava ient acheté au moins 100 000 $ de publicité chez elle entre 2015 et 2017.La majorité de ces 3000 pubs ne parlaient pas de la présidentielle, mais jetaient de l\u2019huile sur le feu dans des débats comme le racisme, l\u2019immigration ou le port d\u2019arme.Environ le quart ciblaient des régions pa r t i c u l iè r e s , a pré c i s é Facebook.Visaient-elles à mobiliser les partisans de Trump ?Le peu d\u2019informations divulguées jusqu\u2019ici ne permet pas de le savoir, mais elles confirment à quel point la puissance de ces réseaux est facile à détourner.Le fondateur de Facebook s\u2019est excusé récemment d\u2019avoir qua l i f ié cet te possibi l ité « d\u2019idée folle ».La direction de Twitter, qui a déjà dit s\u2019en remettre aux journalistes (!), aux experts et aux citoyens engagés pour corriger les faussetés émises sur son réseau, a aussi changé de ton.Elle est aussi intervenue pour contrecarrer les messages frauduleux visant à détourner les partisans d\u2019Hillary Clinton des urnes en les incitant à «voter par texto », a-t-elle rappelé cette semaine.Ces réseaux ont beau vanter leurs efforts pour réprimer les abus, leur réponse globale laisse grandement à désirer.Il a fallu des mois de pressions pour que Facebook accepte de fournir ses 3000 pubs problématiques aux comités de la Chambre et du Sénat qui enquêtent sur la question.Et la présentation de Twitter à huis clos a beaucoup déçu jeudi.L e s d eu x en t r e p r i s e s ont intérêt à mieux fa ire à l \u2019audience publique du 1er novembre, car elles jouent leur crédibilité.Que leurs données ne soient pas suffisantes pour reconstituer cette hypothétique filière russe, passe encore .E l les vont cependant devoir démontrer qu\u2019elles savent, et contrôlent, ce qui se passe dans ces réseaux qui sont devenus les principales, et dans bien des cas les seules, sources d\u2019information d\u2019innombrables citoyens.Les « fausses nouvelles » peuvent-elles influencer le résultat d\u2019un scrutin, en incitant des électeurs à aller voter et d\u2019autres, à s\u2019abstenir ?Ça reste à voir, mais le seul fait que des esprits malveillants aient tenté le savoir en manipulant des centaines de milliers d\u2019utilisateurs de réseaux sociaux devrait inciter ceux-ci à y regarder à deux fois avant de relayer un message.Propagande 2.0 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 18 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 DEBATS LYSIANE GAGNON lgagnon@lapresse.ca ALAINDUBUC COLLABORATION SPÉCIALE adubuc@lapresse.ca «D ans le monde, les juridictions se posent la question, comment avoir une taxation.Il n\u2019y a pas un pays au monde qui est arrivé à trouver la réponse parce que les entreprises ne sont pas dans leur juridiction.» C\u2019est ce qu\u2019expliquait la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, dans une entrevue, hier matin, avec Paul Arcand qui la mitraillait de questions sur son refus d\u2019imposer la TPS aux abonnements à Netflix.Eh bien, c\u2019est absolument faux.À peu près tous les pays industrialisés de la planète appliquent leur taxe sur la valeur ajoutée aux entreprises étrangères qui vendent des services numériques, comme Netflix.À ce chapitre, le Canada est devenu une étrange exception.C\u2019est tellement généralisé que Netflix, dans les rubriques d\u2019aide de son site web, en parle comme d\u2019une chose parfaitement normale.«Comment le montant des taxes est-il déterminé?Les taux de taxation varient selon le pays, l\u2019État, le territoire et même la ville, et sont basés sur les taux applicables au moment de votre facturation mensuelle.Ces montants peuvent changer avec le temps selon les exigences locales en matière de taxation.«Les frais mensuels de Netflix com- prennent-ils la TVA et la TPS?«Oui.À moins qu\u2019il ne soit autrement indiqué.» Voilà.C\u2019est clair.Et maintenant, voici les résultats du survol rapide que j\u2019ai fait sur diverses plateformes numériques, qui manque de précision, mais qui donne une bonne idée.> L\u2019Union européenne, depuis 2015, force les fournisseurs de services numériques étrangers à facturer la TVA aux consommateurs.L\u2019UE a toutefois mis en place un guichet centralisé pour la gestion de la taxe.Et donc, la France, le Royaume-Uni, l\u2019Italie, l\u2019Allemagne, l\u2019Espagne, taxent Netflix, comme les 25 autres pays membres.> Les autres pays européens hors union aussi : la Norvège, depuis 2011, la Suisse, à 8%, depuis 2010, l\u2019Islande, à 24% depuis 2011.> La Russie s\u2019y est mise en avril 2017, appliquant sa TVA de 18% à 100 entreprises étrangères, dont Apple, Facebook, Google et Netflix.> En Asie, le Japon, en 2015, a élargi aux fournisseurs étrangers sa taxe de 8% qui frappait les fournisseurs japonais, au nom de l\u2019équité.La Corée du Sud les impose à 10%.L\u2019Inde, depuis 2016, met en place un taux de 15%.> En Océanie, la Nouvelle-Zélande, depuis 2016, et l\u2019Australie, ce 1er juillet avec une taxe de 10%.L\u2019Afrique du Sud, avec une taxe de 14% depuis 2014.L\u2019Amérique latine est toutefois timide, sauf le Brésil qui a déposé une loi prévoyant une taxe de 2% appliquée par les municipalités.Et n\u2019oublions pas les États-Unis! Les comparaisons sont difficiles, parce que c\u2019est la seule économie avancée sans taxe de vente nationale.Cependant, comme Netflix est une entreprise américaine, il est facile de lui imposer une taxe de vente, dans les États où il y en a une, comme pour n\u2019importe quel autre service.C\u2019est ainsi que plus de la moitié des États américains taxe, de diverses façons, les services numériques.Et maintenant, après les faits, deux questions.Pourquoi alors le Canada est-il à peu près le seul à ne pas taxer Netflix?Parce que le gouvernement s\u2019est piégé avec une promesse électorale, ne pas augmenter les impôts de la classe moyenne, qu\u2019il interprète depuis de façon simpliste.«M.et Mme Tout-le-Monde ne veulent pas voir leurs taxes augmenter», comme l\u2019a dit Mélanie Joly.La réponse rationnelle est pourtant simple.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une augmentation de taxes, mais de l\u2019application normale de nos lois fiscales à de nouveaux produits.Cela répond aussi à un autre principe que défend pourtant le gouvernement, l\u2019équité, puisque cette exemption favorise Netflix au détriment des entreprises canadiennes qui, elles sont soumises à la TPS et à la TVQ.Pourquoi Mme Joly a-t-elle pu affirmer avec aplomb qu\u2019aucun pays ne le faisait?Cela repose sur une confusion, que l\u2019on espère involontaire.Ce qui est difficile, pour de nombreux pays, c\u2019est d\u2019imposer les profits de ces entreprises virtuelles étrangères, de capter une partie de leur richesse.La question de la TPS est d\u2019un autre ordre, parce qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019imposer Netflix, mais de lui demander de jouer un rôle de simple intermédiaire, en collectant la TPS auprès des consommateurs canadiens pour la remettre au gouvernement.À cette confusion, la ministre en ajoute un autre, beaucoup plus grave, en faisant un lien entre l\u2019exemption de la TPS pour Netflix et l\u2019investissement de 500 millions promis par la multinationale dans la production canadienne.Comme si on avait dit à Netflix : «Ne payez pas la TPS, mais investissez plutôt dans la production.» Ça n\u2019a rien à voir.La compagnie pourrait parfaitement payer la TPS, comme elle le fait sans se plaindre partout ailleurs, et produire au Canada.Morale?Il n\u2019y a pas que le gouvernement américain qui patauge dans la réalité post-factuelle.Les demi-vérités de Mélanie Joly À peu près tous les pays industrialisés de la planète appliquent leur taxe sur la valeur ajoutée aux entreprises étrangères qui vendent des services numériques, comme Netflix.La Coalition pour la pérennité de la presse d\u2019information au Québec demande à Mélanie Joly de s\u2019engager dans un dialogue sérieux et constructif avec son industrie.COALITION POUR LA PÉRENNITÉ DE LA PRESSE D\u2019 INFORMATION AU QUÉBEC La liste des signataires est à la fin du texte.Les éditeurs de presse du Québec et du Canada ont rencontré la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, à plusieurs reprises dans la dernière année pour la sensibiliser aux difficultés rencontrées par leur industrie.Ils ont participé de bonne foi aux «conversations» qui ont servi de prélude à l\u2019élaboration de la politique culturelle annoncée jeudi et aux audiences du Comité permanent du patrimoine canadien sur l\u2019information locale, dont la ministre a rejeté le rapport sur réception.Les mesures de soutien à la presse d\u2019information font l\u2019objet d\u2019un consensus sans pré- cédent chez les éditeurs de journaux quotidiens et hebdomadaires, qu\u2019ils soient francophones ou anglophones.Mme Joly ne peut ignorer le sentiment d\u2019urgence qui nous habite.Elle a pourtant choisi de nous ignorer.La Coalition pour la pérennité de la presse d\u2019information au Québec, qui regroupe près de 180 éditeurs et rejoint 6,5 millions de lecteurs toutes les semaines, accueille la nouvelle politique culturelle de Mme Joly comme un déplorable retour à la case «conversation».De toute évidence, nous n\u2019avons pas réussi à la convaincre de l\u2019importance de notre industrie pour l\u2019économie, la santé démocratique et la pluralité des voix au Québec et au Canada, car il n\u2019y a rien, mais absolument rien pour nous dans la politique culturelle.Un contraste frappant Le contraste entre Mme Joly et son homologue québécois, Luc Fortin, est frappant.Le ministre de la Culture et des Communications a reconnu, dans la politique culturelle du Québec, que les médias locaux, régionaux et nationaux jouent «un rôle majeur dans la promotion et la connaissance des productions culturelles québécoises».Le gouvernement Couillard est passé de la parole à l\u2019acte, dans le dernier budget, en annonçant des mesures totalisant 24 millions sur cinq ans pour soutenir le virage numérique des médias d\u2019ici (et 12 millions de plus pour absorber les coûts de la taxe sur le recyclage).Malgré le sous-financement de son programme, M.Fortin a le mérite d\u2019être passé de la parole à l\u2019acte.Tout n\u2019est pas noir dans le Cadre stratégique du Canada créatif (titre officiel de la politique fédérale).La Coalition entretient de grands espoirs quant à la révision de la Loi sur le droit d\u2019auteur, à la condition que cette réforme puisse nous aider à mieux protéger et à mieux monétiser nos contenus dans l\u2019univers numérique.Il faut mettre un terme à la vampirisation de nos contenus sans compensation par des agrégateurs localisés à l\u2019étranger.La politique ouvre la porte à «l\u2019exploration d\u2019une nouvelle approche pour le secteur de l\u2019information».«Notre approche sera guidée par notre conviction qu\u2019une démocratie saine repose sur un contenu journalistique fiable et que toute mesure gouvernementale doit respecter le principe de l\u2019indépendance», affirme le document de référence.La Coalition pour la pérennité de la presse d\u2019information au Québec partage ces préoccupations et elle a déjà fait part de propositions pertinentes, appuyées autant au Québec et au Canada par les éditeurs et les syndicats représentants les journalistes.La liste de ces mesures comprend: > Un crédit d\u2019impôt sur la masse salariale.I l faut des journalistes pour pratiquer le journalisme.Et le journalisme de qualité a un prix.Un crédit d\u2019impôt sur la masse salariale permettrait de soutenir la production d\u2019informations.L\u2019utilisation de critères d\u2019ordre quantitatif (nombre de journalistes à l\u2019emploi, dépenses en production de contenu original) permettrait d\u2019éviter l\u2019ingérence de l\u2019État dans les affaires journalistiques ; > Un crédit d\u2019impôt ou un programme d\u2019aide au virage numérique.Le Fonds du Canada pour les périodiques pourrait être élargi.Il ne suffit pas d\u2019aider les magazines, les journaux communautaires et les périodiques.Les quotidiens et les hebdos doivent accéder à un Fonds bonifié afin de poursuivre leur virage numérique ; > Une politique encourageant le placement publicitaire dans nos médias.Nos journaux et nos hebdos n\u2019ont pas de problèmes de contenus ou d\u2019audiences, ils ont un problème de revenus ! Nous produisons plus de contenus que jamais et nous rejoignons plus de citoyens que jamais grâce au développement de plateformes numériques.Deux groupes, Google et Facebook, empochent deux tiers des revenus publicitaires numériques, ce qui ne laisse que des miettes à nos journaux et à nos hebdos.Pire, Ottawa participe à l\u2019érosion de nos revenus, en privilégiant ces deux entreprises étrangères dans ses propres stratégies de placement publicitaire.Il y a dix ans, les ministères et agences fédérales injectaient 20 millions de dollars dans les journaux canadiens, contre un demi-million aujourd\u2019hui.Tandis que notre empreinte numérique progresse, notre part de la publicité gouvernementale régresse.Nous exigeons un retour du balancier; > Exemption de la TPS sur la vente des imprimés.Pourquoi Le Devoir, Montreal Gazette et les journaux de Capitales Médias devraient-ils payer la TPS sur la vente de leurs éditions imprimées, alors que les Netflix de ce monde dictent au gouvernement leurs règles fiscales?Poser la question, c\u2019est y répondre.Le régime de fiscalité à deux vitesses avalisé par la politique culturelle est injuste et insultant pour les producteurs de contenus du Canada, qu\u2019ils proviennent du milieu culturel ou médiatique.Mme Joly a exprimé sa crainte de subventionner des entreprises aux modèles d\u2019affaires défaillants, alors que ce n\u2019est pas du tout le cas.Cette année, au gala annuel des éditeurs nord-américains, les trois finalistes dans la catégorie meilleur service de nouvelles mobiles sont La Presse +, Le Devoir mobile et J5 (Journal de Montréal).Nous tentons par tous les moyens de maintenir des journalistes à l\u2019emploi et d\u2019investir dans le développement de plateformes numériques dans un contexte de décroissance.Le modèle d\u2019affaires est connu.Les plus grandes régies publicitaires dans l\u2019histoire des médias, Google et Facebook, dictent les règles du jeu, dans un contexte de profonde iniquité avalisé par la politique culturelle.Nous demandons àMme Joly de s\u2019engager dans un dialogue sérieux et constructif avec notre industrie.Pour le moment, elle nous demande de patienter pendant qu\u2019elle déroule un tapis rouge aux géants de la Silicon Valley.Benoit Chartier, président, Hebdos Québec Lucinda Chodan, rédactrice en chef, Montreal Gazette Claude Gagnon, p.-d.g., Groupe Capitales Médias Donald LeCavalier, vice-président principal aux finances de TC Transcontinental Brian Myles, directeur, Le Devoir Richard Tardif, directeur général, Association des journaux régionaux du Québec (Quebec community newspaper association) Un retour déplorable à la case «conversation» pour les éditeurs de presse A ttendons-nous à d\u2019autres psychodrames et au retour des discussions oiseuses sur le droit des femmes à afficher leur religion.Une femme en niqab monte dans l\u2019autobus.Le chauffeur, le cerveau bien lessivé par une certaine propagande, est persuadé que la passagère enfreint la règle de l\u2019égalité femme-homme, et lui demande de se dévoiler.La femme refuse.Sa famille paie des taxes, elle ne fait rien de mal.N\u2019a-t-elle pas droit au transport public?Les passagers s\u2019en mêlent.Les médias sautent dans l\u2019arène.Bienvenue dans le petit monde querelleur et mesquin que nous prépare le gouvernement Couillard avec son projet de loi 62, qui a maintenant franchi toutes les étapes parlementaires.Le gouvernement a décidé d\u2019étendre la portée de la loi aux municipalités, ce qui va accroître les risques de dérive puisque les transports en commun montréalais sont le lieu entre tous où se trouve une concentration maximale de minorités visibles.Même scénario à l\u2019hôpital.La dame qui se présente aux urgences est recouverte d\u2019un voile intégral.Un risque pour la sécurité, décrète la préposée à l\u2019accueil ou le personnel de l\u2019hôpital.Jean-François Lisée l\u2019avait bien dit, est- ce qu\u2019elle n\u2019aurait pas une kalachnikov sous sa burqa?Refus de soin, pleurs et hurlements, scandale public.Mais qu\u2019importe, comme dit la ministre Stéphanie Vallée qui a porté ce projet de loi avec son simplisme coutumier, on ne peut pas prévoir tous les cas, hein?Remarquons en passant que le gouvernement Couillard enfreint carrément, ici, ce principe de «l\u2019égalité entre les hommes et les femmes» dont il veut pourtant faire l\u2019un des critères des accommodements raisonnables.Les femmes sont seules à être visées par ce projet de loi.On ciblera le niqab, mais pas la barbe fournie de l\u2019intégriste musulman ni la «marque de piété» qu\u2019il porte au milieu du front, résultat d\u2019une vie passée à se cogner la tête cinq fois par jour contre le sol pour honorer Allah.Ce projet de loi n\u2019annonce qu\u2019une longue suite de procédures judiciaires dont l\u2019unique résultat sera d\u2019enrichir des avocats et de pourrir le climat social.La loi sera jugée inconstitutionnelle, car elle porte atteinte à la liberté religieuse en plus de constituer un cas flagrant de discrimination puisqu\u2019elle qui cible les minorités visibles et épargne par ailleurs le crucifix qui surplombe la salle de l\u2019Assemblée nationale, l\u2019endroit entre tous où devrait s\u2019exercer la neutralité de l\u2019État.On peut bien critiquer la Cour suprême (je nem\u2019en suis jamais privée), mais dans ce cas-ci, le jugement qu\u2019elle rendra probablement s\u2019inscrira dans une longue tradition nord-américaine de respect des libertés religieuses.Une tradition que le Québec respecte nominalement dans sa propre charte des droits et qu\u2019une grande partie de la population respecte instinctivement, la laïcité à la française n\u2019étant aucunement une «valeur québécoise».Ce projet de loi a deux volets.Celui qui interdit pratiquement le port du voile intégral par les usagers des services publics est néfaste, car il ouvre la porte à l\u2019arbitraire.Un fonctionnaire zélé pourra toujours refuser un accommodement sous prétexte qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un problème relevant de «la sécurité, de l\u2019identification ou du niveau de communication requis».L\u2019autre volet, celui qui oblige le personnel des services public à garder le visage découvert, est légitime \u2013 la chose va de soi! \u2013, mais totalement inutile, parce qu\u2019il répond à un problème inexistant.Combien de fois, au Québec, avez-vous eu affaire à une fonctionnaire en burqa ou en niqab?Enfin, le projet de loi n\u2019explicite aucunement ce que doit être un accommodement raisonnable, au-delà de ce qui est déjà couramment pratiqué dans les institutions publiques.Cette question, de toute façon, ne relève pas du domaine législatif, une règlementation suffit.Quant au chapitre sur les garderies privées, il est si emberlificoté que personne ne s\u2019y retrouvera.On autorise les cantiques de Noël et les mets halal, mais toute activité qui initierait les enfants à la religion de leurs parents semble être assimilée à de l\u2019embrigadement.Tout cela s\u2019inscrit dans la stratégie fin- finaude concoctée par le premier ministre Couillard pour concilier les nationalistes de droite et les ultramulticulturalistes.Aux premiers, il jette en pâture ce projet de loi 62, sous-produit insipide de la charte des valeurs du PQ.Aux seconds, il accorde une commission d\u2019enquête sur le «racisme systémique» qui, selon eux, imprégnerait le Québec \u2013 une grossière exagération qui sera incompréhensible au commun des mortels et qui lui reviendra un jour comme un boomerang.De quoi pourrir le climat social l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 19 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 S E P T E M B R E 2 0 1 7 Disponible aux endroits suivants: ACHETEZ UN POT PRÉFIX DE 60 ML ET OBTENEZ-EN UN GRATUITEMENT* EN VIGUEUR JUSQU\u2019AU 5 OCTOBRE 2017 *Jusqu\u2019à épuisement des stocks.PréfixMD : ingrédients INCI déposés.Défiez les années ! «Ô temps ! Suspends ton vol\u2026» disait le poète.Mais les années qui passent laissent parfois une image cruelle se refléter dans le miroir du temps.Même condamnés à subir le passage des ans, vous pouvez maintenant donner à votre peau un regain de vitalité que vous ne pensiez même plus retrouver.Les chercheurs du Skin Sciences Institute du Children Hospital Center de Cincinnati ont fait une découverte étonnante : la douceur de la peau des bébés pourrait être attribuée au vernix, la substance blanchâtre qui recouvre le fœtus dans le ventre de sa mère.Ils ont réalisé que ce produit précieux contient du squalane, un hydratant naturel aux propriétés anti-oxydantes et anti-infectieuses.Il permet à la peau des nouveau-nés de ne pas se dessécher et d\u2019être moins desquamée.La substance qui protégeait la peau toute neuve, peut maintenant être utilisée en cosmétologie et apaiser la peau abîmée par les ravages des années.Préfix, une crème des produits Bio-Actif à base de squalane redonne à la peau toute sa souplesse perdue.D\u2019une parfaite tolérance et d\u2019une très grande facilité de pénétration dans l\u2019épiderme, Préfix sans parfum à base de squalane végétale biologique (eco-cert) provoque un travail de fond qui a pour but d\u2019activer les molécules actives et naturelles des actifs propres aux produits Bio-Actif.«Ne pourrons-nous jamais sur l\u2019océan des âges, jeter l\u2019ancre un seul jour ?» continuait Lamartine en soupirant.Oui ! avec Préfix, maintenant vous le pouvez.quebec Espace Santé Beauté Johanne Verdon 1278, rue Jean-Talon Est, Montréal 514 279-3709 Espace Santé Beauté Johanne Verdon 2750, Chemin Ste-Foy, bur.109, QC 418 656-1266 Vitavie au naturel 5455, boul.des Forges, Trois Rivières Ligne sans frais : 1 877 511-3368 Espace Santé Beauté Johanne Verdon 1545 boul.Le Corbusier Laval, Galeries Laval 450 688-5455 L\u2019ALVÉOL 2622, rue King Ouest À l\u2019arrière de l\u2019édifice 2630 Sherbrooke 819 823-3322Mercredi et dimanche fermé Café La Brûlerie (Espace Santé Beauté Johanne Verdon) 69, boul.Saint-Joseph, Gatineau 819 778-0109 Néo-Santé 495, rue St-Georges, St-Jérôme 450 436-5548 Uniprix (Espace Santé Beauté Johanne Verdon) 102-8005, boul.du Quartier, Brossard 438-491-2706 L\u2019ALVÉOL 227, rue Principale Ouest, Magog Mercredi et dimanche fermé Ligne sans frais : 1 877 511-3368 L\u2019ALVÉOL (Espace Santé Beauté Johanne Verdon) 407-B, rue Notre-Dame, Repentigny 450 657-2032 Mercredi et dimanche fermé L\u2019ALVÉOL 104, suite 100, rte du Président-Kennedy, Lévis Lundi et dimanche fermé Ligne sans frais : 1 877 833-5933 Entrepôt Bio-Actif PRIX IMBATTABLES 880, Michèle-Bohec, suite 108, Blanville Heures d\u2019ouverture : tous les lundis, mardis, mercredis et jeudis de 9h00 à 11h30 Commandes postales Montréal : 1 800 272-1365 Lévis : 1 800 833-5933 Magog : 1 800 511-3368 SANTÉ EN DIRECT Ligne ouverte avec Johanne Verdon sur les ondes de Radio VM 91.3 FM le samedi de 8h00 à 10h00 Achats en ligne "]
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