La presse, 16 décembre 2017, Arts - Cinéma
[" L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS CINÉMA MÉLISSADÉSORMEAUX- POULIN /TRIPÀTROIS LA PREMIÈRE DE CLASSE PAGE 9 TIMOTHÉECHALAMET / CALLMEBYYOURNAME LA NOUVELLE ÉTOILE DUCINÉMA MONDIAL PAGE 11 CHRISTINE BEAULIEU PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE YANNICK NÉZET-SÉGUIN PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE MICHEL TREMBLAY PHOTOMARCOCAMPANOZZI, LA PRESSE PEIRRE-LUC FUNK PHOTOMARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE KLÔ PELGAG PHOTOOLIVIER JEAN, LA PRESSE Ces personnalités ont toutes marqué à leur façon l\u2019année qui se termine.La Presse leur a demandé de décrire leur meilleur moment de 2017, dans leurs mots.UN DOSSIER À LIRE EN PAGES 2 À 7 ET EN PAGE 12 LEUR MOMENT DE 2017 NAHUELPÉREZBISCAYART / AUREVOIRLÀ-HAUT ACTEURDUMONDE PAGE 10 L I S E Z U N E X T R A I T S U R F L A M M A R I O N .Q C .C A P A P I E R \u2013 N U M É R I Q U E FÊTEZ, SAVOUREZ\u2026 AVEC ESPRIT ! FLAMMARION.QC.CA «Normand Baillargeon» Claudia Larochelle RDI LEUR MOMENT DE 2017 MARCMESSIER > Avec ses adieux à la comédie Broue et son succès dans La mort d\u2019un commis voyageur, Marc Messier connaît une année extraordinaire.Et ça continuera en 2018.> Son moment : la première de La mort d\u2019un commis voyageur au Rideau Vert «J\u2019ai eu beaucoup d\u2019appréhension, d\u2019anxiété, en répétant La mort d\u2019un commis voyageur.J\u2019avais beaucoup de texte à apprendre [180 pages] en peu de temps.J\u2019ai reçu la nouvelle traduction assez tard à l\u2019été.Je pensais manquer de temps pour mémoriser et assimiler mon personnage.Et j\u2019ai paniqué un peu durant les répétitions.Début octobre, je suis arrivé vraiment sur la fesse le soir de la première au Rideau Vert.J\u2019ai commencé à relaxer sur scène quelques jours après la première du 5 octobre.« Il faut dire que c\u2019était la première fois que je jouais une tragédie.De plus, je travaillais pour la première fois avec le metteur en scène Serge Denoncourt.Or, j\u2019ai réalisé que jouer dans une comédie ou une tragédie, c\u2019est la même chose: le silence du public équivaut aux éclats de rire.Dans des scènes particulièrement dramatiques de La mort d\u2019un commis voyageur, tu n\u2019entends pas une mouche voler dans la salle.Les spectateurs sont au bout des lèvres des interprètes.Pour moi qui ai joué plus de 3000 fois dans une comédie qui fonctionnait très fort [Broue], la qualité du silence est aussi extraordinaire que les éclats de rire d\u2019une salle bondée.«Serge et l\u2019équipe d\u2019acteurs m\u2019ont beaucoup aidé aussi.Au début, il a fallu qu\u2019on s\u2019adapte.J \u2019avais l\u2019impression de revenir à l\u2019école de théâtre, d\u2019être de nouveau en apprentissage.Ça m\u2019a pris un certain temps avant d\u2019assimiler le texte.J\u2019ai fait des italiennes avec une répétitrice tous les jours.J\u2019en fais encore pour garder le rythme, car je reprendrai le rôle de Willy Loman lors de la tournée québécoise dès le 11 janvier 2018.« I l f a u t d i r e q u \u2019A r - t hu r M i l l e r a c r é é u ne grande œuvre.Sa pièce est tel lement bien construite qu\u2019el le m\u2019emporte inexorablement, même les soirs où je suis en moins bonne forme.C\u2019est irrésistible, le génie de cet auteur-là ! « En 2017, j\u2019ai vécu deux grands moments qui sont très différents.La dernière de Broue a été un moment d\u2019euphorie.La première de La mort a été un moment de fierté et de soulagement.Je suis content de jouer ce rôle.Je suis arrivé à un moment dans ma vie où je vais là où mon plaisir m\u2019amène.J\u2019adore le personnage de Willy Loman.Il est attachant et touchant.C\u2019est l\u2019antihéros exemplaire.» \u2014 Propos recueillis par Luc Boulanger Un monde finit, un autre commence MARIANAMAZZA > L\u2019humoriste, qui poursuit la tournée de son one woman show Femme ta gueule, a remporté l\u2019Olivier de l\u2019année.Elle a aussi eu des rôles dans les films De père en flic 2 et Bon cop bad cop 2.> Son moment : son passage à En direct de l\u2019univers «C\u2019est mon émission préférée depuis des années.J\u2019aime tout de cette émission : son audace, France Beaudoin qui est si zen et si concise, la variété musicale, le professionnalisme de l\u2019équipe, l\u2019effort qui est fait pour offrir une émission de qualité, les secrets sont bien gardés, etc.Je suis vraiment une fan finie.« Lors de mon passage, j\u2019ai vécu tellement de moments for ts et beaucoup d\u2019émotions.Il n\u2019y avait que des gens que j\u2019aimais et je me suis sentie a imée comme jama is pa r mes proches .Parmi les grosses surprises, il y a bien sûr eu Allan Theo qui est venu de France.Il y a aussi Lulu Hughes ; c\u2019était écœurant de la voir là.J\u2019ai adoré voir mon ami Dave chanter avec Marjo, mon ami Seb Coté qui ne devait pas être là et qui finalement y était.Il y a tellement eu de surprises et il n\u2019y en a pas eu une plus grande que l\u2019autre, elles étaient toutes magnifiques.Ça va rester gravé dans ma tête toute ma vie.« Bien sûr, l\u2019autre grand moment de mon année est le fa it que ma tournée a commencé et que je suis une fille comblée à ce niveau.De réaliser que j\u2019ai mon spectacle à moi, c\u2019est incroyable.Je suis sur scène pratiquement tous les soirs et il n\u2019y en a pas un où je ne suis pas reconnaissante.Chaque représentation, je me donne comme s\u2019il n\u2019y avait pas de lendemain, comme si c\u2019était toujours le dernier show de la tournée.» \u2014 Propos recueillis par Véronique Lauzon Miss univers LOUIS-JOSÉ HOUDE > L\u2019humoriste a fait une résidence à l\u2019Olympia de Montréal avec son nouveau spectacle solo, Préfère novembre, en plus d\u2019être la vedette du film québécois le plus lucratif de l\u2019année (De père en flic 2) et d\u2019animer avec brio le gala de l\u2019ADISQ.> Son moment : la première publique de Préfère novembre «Mon moment, ça demeure la première (publique et non médiatique) de mon quatrième spectacle solo à l\u2019Olympia, le 1er septembre dernier.Cette date marque l\u2019accouchement scénique d\u2019un projet que je portais depuis plusieurs mois.Et c\u2019est toujours aussi stressant, même si c\u2019est mon quatrième bébé.« Pour un humoriste, la création d\u2019un show, c\u2019est la grosse affaire ! Parce que la scène, c\u2019est la base de mon métier.Si, aujourd\u2019hui, on me demande d\u2019animer les galas de l\u2019ADISQ ou de tourner au cinéma [Ça sent la coupe ! et De père en flic 2], c\u2019est parce qu\u2019on m\u2019a vu, avant ça, performer en spectacle.« Pré f è re novembre a été conçu dans ce que je qualifie d\u2019urgence raisonnable : huit mois, alors que j\u2019ai pris plus de deux ans pour Les heures verticales.Mais je suis content de l\u2019avoir provoqué ainsi.Bien sûr, depuis trois ans, je m\u2019étais déjà mis à l\u2019écriture de nouveau matériel.En cours de route, j\u2019ai eu de longs moments de réflexion et d\u2019inquiétude dans le processus de création .Dans mes autres shows, je partais d\u2019anecdotes ou de situations personnelles pour faire des blagues.Dans Préfère novembre, je me suis fait une liste de sujets que je voulais aborder : le racisme, l\u2019homophobie, la pénurie d\u2019eau potable, la monoparentalité, etc.Et je me suis donné le défi de rendre drôles ces thèmes sérieux.J\u2019ai eu 40 ans le 19 octobre.Dans le spectacle, je revisite mon enfance et mon adolescence, mais sans nostalgie.Je voulais aborder le présent et non le passé.» \u2014 Propos recueillis par Luc Boulanger Un nouveau « bébé » LOUD > Le rappeur a lancé un EP de quatre pièces, puis l\u2019album Une année record en 2017.Le clip de sa chanson 56K a fracassé le million de visionnements sur YouTube.> Son moment : les jours qui ont précédé le lancement de son nouvel opus «La période la plus intéressante pour moi cette année, ce n\u2019est pas la journée où j\u2019ai fini mon album, mais plutôt entre l\u2019instant où on l\u2019a terminé et celui où on l\u2019a sorti.«Il y a une histoire qui représente bien cet instant; c\u2019est une entrevue avec un cycliste que j\u2019ai regardée un jour.Cet athlète très décoré racontait que les gens lui demandent toujours ce qu\u2019il ressent au moment où il franchit la ligne d\u2019arrivée.La \u201cgloire\u201d de gagner et monter sur les podiums.Et lui, il répond que oui, ça fait partie du plaisir de remporter la course, mais que le moment le plus précieux à ses yeux, c\u2019est quand il se rend compte qu\u2019il va gagner, mais qu\u2019il n\u2019a pas encore franchi la ligne d\u2019arrivée.À ce moment, tout pourrait arriver, il pourrait tomber même, il va tout de même gagner, il le sait et n\u2019a pas encore à partager la victoire avec qui que ce soit.Il n\u2019a pas non plus à la défendre.Lui s\u2019entraînait pour ça, pour vivre cette fraction de seconde.«Dans notre cas, ce n\u2019était pas un instant aussi bref.À ce moment-là, on ne peut plus changer l\u2019album, c\u2019est le produit final de tout notre travail.Cette consécration nous appartient à nous, à 100%.« E t con t r a i r emen t au cycl iste , ce n\u2019est pas un moment que j\u2019ai vécu seul.C\u2019était un travail d\u2019équipe et on a partagé ces quelques jours, avec Ajust [Alex Guay], Ruffsound [Marc Vincent] et William Fradette.On écoute l\u2019album, on s\u2019en parle et on célèbre notre accomplissement.Puis, à la sortie du disque, on passe à une autre étape.Rien n\u2019est jamais aussi spécial que lorsqu\u2019on est juste trois ou quatre personnes et qu\u2019on sait ce qu\u2019on a entre les mains.«On était confiants d\u2019avoir quelque chose de solide, mais ce qui arrive après, c\u2019est toujours un peu imprévisible.Il y a plein de moments géniaux qu\u2019on vit à travers le processus, mais on ne peut pas vraiment en profiter tant que ce n\u2019est pas fini.«Ça a changé ma vie de terminer l\u2019album.Non pas dans le sens de la gloire ou de choses superficielles, mais à partir du moment où je l\u2019ai fini, j\u2019ai pu reprendre un mode de vie sain.J\u2019ai recommencé à interagir avec les gens.Dans le processus de création, tout ça devient un peu obsessif.Une fois que c\u2019est terminé, la pression est relâchée.» \u2014 Propos recueillis par Marissa Groguhé Des records pour Loud PHOTO JEAN-MARIE VILLENEUVE, FOURNIE PAR LA PRODUCTION La première (publique et non médiatique) de son quatrième spectacle solo à l\u2019Olympia a été un moment fort pour Louis-José Houde.PHOTODAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE Mariana Mazza est encore bouleversée de son passage à En direct de l\u2019univers.PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE Marc Messier a vécu de grandes émotions cette année.«On était confiants d\u2019avoir quelque chose de solide, mais ce qui arrive après, c\u2019est toujours un peu imprévisible.» \u2014 Loud l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 2 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 D É C E M B R E 2 0 1 7 LEUR MOMENTDE 2017 MICHEL TREMBLAY > L\u2019auteur de Belles-sœurs, qui a fêté ses 75 ans en juin, a cumulé les prix cette année.> Son moment : La remise du prix Gilles-Corbeil «Vraiment, ce qui m\u2019a rendu le plus heureux cette année, c \u2019est de recevoi r le pr ix Gilles-Corbeil, qui est un peu comme le Nobel québécois.C\u2019est sûr que le prix à Monaco était extraordinaire \u2013 les prix à l\u2019étranger, c\u2019est merveilleux et inattendu \u2013, mais les reconnaissances dans ton pays, c\u2019est particulier.Surtout en sachant d\u2019où je viens.« Je l\u2019ai dit souvent : il y avait tellement peu de chances que ce qui m\u2019est arrivé m\u2019arrive, alors cette reconnaissance de mes personnages me fait beaucoup d\u2019effet.Peut-être aussi à cause du genre de personnages dont je parle dans mes livres.Leur faire gagner à eux un prix littéraire aussi important, j\u2019ai trouvé ça formidable.Je suis content pour eux autant que pour moi.C\u2019est ce que j\u2019ai dit dans mon discours, d\u2019ailleurs.« Quand on m\u2019a appelé pour me dire que j \u2019allais recevoir le Gilles-Corbeil, c\u2019était quelques jours avant de prendre l\u2019avion pour Monaco, où j\u2019étais en attente de savoir si j\u2019allais remporter le prix littéraire Prince Pierre de Monaco.Je me suis dit : \u201cBon, si je ne l\u2019ai pas à Monaco, le Gilles-Corbeil est tellement extraordinaire que ça enlève la peine que j\u2019aurais pu avoir de ne pas recevoir le prix de Monaco\u201d.Par contre, quand j\u2019ai eu la nouvelle, je ne me suis pas dit : \u201cil était temps\u201d, car ces affaires, on ne les attend pas.«Le soir de la remise officielle du prix à Montréal, j\u2019étais heureux.On ne peut que tomber dans les clichés quand on parle de ça.J\u2019étais très ému d\u2019aller saluer sur scène avec mes personnages.Car je les ai emmenés avec moi ! J\u2019étais ému de ce que j\u2019allais dire d\u2019eux.D\u2019ailleurs, les gens dans la salle m\u2019ont dit qu\u2019ils les avaient vus à mes côtés.« I l y a eu un cockta i l après, mais pas de gros party.J\u2019étais fatigué et je suis rentré chez moi.J\u2019ai quand même 75 ans !» \u2014 Propos recueillis par Josée Lapointe Fier de son «Nobel québécois» YANNICK NÉZET-SÉGUIN > Le chef d\u2019orchestre a vécu de grands moments d\u2019émotion, entre la direction du Vaisseau fantôme au Metropolitan Opera \u2013 dont il est le directeur musical désigné \u2013 et une tournée européenne avec «son» orchestre, le Métropolitain.> Ses moments : La tournée de l\u2019OM et l\u2019ovation qu\u2019il a reçue au Met «Je n\u2019aime pas beaucoup identifier un moment plus qu\u2019un autre pour résumer l\u2019année que je viens de vivre.Mais là, c\u2019est d\u2019une évidence même.Deux grands moments ont marqué mon année 2017, à commencer par la grande fierté que j\u2019ai eue d\u2019avoir fait connaître le calibre exceptionnel de l\u2019Orchestre Métropolitain en Allemagne, aux Pays-Bas et en France.L\u2019Orchestre a présenté au monde le son, tout en finesse, qui fait sa signature à Montréal, tout en s\u2019adaptant aux acoustiques si particulières des merveilleuses salles que nous avons visitées, dont le mythique Concertgebouw d\u2019Amsterdam.C\u2019est une si grande joie pour moi de faire découvrir l\u2019immensité du talent québécois.Je suis habité d\u2019un sentiment de gratitude envers l\u2019OM, qui m\u2019a fait vivre l\u2019un des moments les plus forts de ma carrière.«L\u2019autre moment a eu lieu le 25 avril alors que je dirigeais le Vaisseau fantôme au Metropolitan Opera, à New York.C\u2019était la première fois que je dirigeais l\u2019orchestre depuis l\u2019annonce de ma nomination à titre de directeur musical.Je suis toujours un peu nerveux lors des premières répétitions avec un orchestre.Là, j\u2019étais extrêmement stressé.Je me disais que ces gensm\u2019avaient choisi pour présider à leur destinée pour les 10 prochaines années ; je ne voulais pas les décevoir.Je ne voulais tellement pas qu\u2019ils se disent : \u201cOuain, avec quoi on est pognés?\u201d «Dès la première répétition, j\u2019ai senti une grande volonté de leur part.Il y avait une telle ouverture, une telle envie de travailler ensemble.Lors de la première, tout s\u2019est très bien déroulé.À la fin de la représentation, j\u2019ai quitté la fosse et je suis monté sur la scène pour venir saluer le public.Ce que je ne savais pas, c\u2019est que les musiciens avaient chacun une rose qu\u2019ils m\u2019ont lancée au moment où je suis apparu sur scène.Ça, c\u2019est un moment unique dans une vie.» \u2014 Propos recueillis par Mario Girard De calibre international PHOTOMARCOCAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE Recevoir le prix Gilles-Corbeil a enchanté Michel Tremblay.PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Yannick Nézet-Séguin a reçu une pluie de roses, au Met, après avoir dirigé le Vaisseau fantôme.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 3 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 D É C E M B R E 2 0 1 7 Partenaire de saison En vente aussi à Partenaires publics OSM.CA | 514 798-3586 Venez entendre deux musiciens au sommet de leur art pour qui Mozart et Beethoven n\u2019ont plus de secret ! Le pianiste Christian Zacharias interprète le 1er Concerto pour piano de Beethoven et l\u2019OSM présente la plus célèbre des symphonies de Mozart, dirigée par le grand chef néerlandais Edo deWaart.21 ET 24 FÉV | 20h 25 FÉV | 14h30 Acclamé par la critique, le chef d\u2019orchestre ?nlandais John Storgårds donne le coup d\u2019envoi au Festival nordique, alors qu\u2019Alain Lefèvre, pianiste québécois de renommée internationale interprétera leConcerto Romantique d\u2019André Mathieu avec la maestria qu\u2019on lui connaît.Plaisir et (re)découvertes assurés ! 24 AVR | 20h MOZART ET BEETHOVEN PLEINS FEUX SUR LES TERRITOIRES NORDIQUES Edo deWaart, chef d\u2019orchestre Alain Lefèvre, piano Concert présenté par Yamaha Behzad Ranjbaran offre un poème symphonique inspiré de la culture perse, commandé par Ali Yazdanfar, contrebasse solo de l\u2019OSM.Puis l\u2019orchestre en entier vibre au son d\u2019une légende allemande avecWagner ainsi que la 1re Symphonie, «Titan», de Mahler.14 ET 15 FÉV | 20h LA «TITAN» DE MAHLER Kent Nagano, chef d\u2019orchestre CHÈQUES-CADEAUX DISPONIBLES ! *certaines conditions s\u2019appliquent 3 CONCERTS AU CHOIX 105$* à partir de 2 CONCERTS AU CHOIX 75$* à partir de OFFRIR L\u2019OSM EN CADEAU, UN CLASSIQUE ! BRIGITTE HAENTJENS > La metteure en scène, auteure et directrice artistique du Théâtre français du CNA a reçu cette année un Prix du Gouverneur général des arts de la scène.Elle a décidé de remettre sa bourse à cinq jeunes artistes : Catherine Vidal, Julie Vallée-Léger, Andréane Roy, Catherine Bourgeois et Gabriel Robichaud.> Son moment : Le début des répétitions de Dans la solitude des champs de coton.« Je suis davantage tournée vers les moments qui me procurent de la joie, mais qui ne me concernent pas personnellement.Entrer en salle de répétition pour Dans la solitude des champs de coton, c\u2019est le moment très, très fort dans mon année.Une œuvre partagée, échangée avec des interprètes, c\u2019est de la joie pure.C\u2019est le bonheur absolu.C\u2019est un moment de liberté.« Dans le fond, c\u2019est un moment précieux, car c\u2019est là que je suis le plus libre, peut-être.C\u2019est la liberté de faire des folies.Pour moi, il n\u2019y a rien qui surpasse ça.C\u2019est un moment que j\u2019ai vécu souvent et dont je ne me lasse pas.«Avec Dans la solitude des champs de coton [qui sera présentée à l\u2019Usine C et au Théâtre français du CNA en janvier et février 2018], on ne peut pas faire un découpage habituel en disant Acte 1, scène 1.Il y a une espèce de vertige.C\u2019est comme rouler en moto à très vive allure.C\u2019est un mélange de peur et de joie, celle du partage.C\u2019est ce qui me comble le plus.«Le texte m\u2019appelle.C\u2019est du même type qu\u2019une rencontre passionnelle, dans laquelle on découvre des choses.Dans le cas de Koltès, on sait que la relation va être riche, qu\u2019on ne va pas s\u2019ennuyer au bout d\u2019une semaine.« C e t t e r e n c o n t r e a v e c Hugues Frenette et Sébastien Ricard pour la pièce, ça dure six mois et, après, c\u2019est fini.C\u2019est dur, mais c\u2019est beau.C\u2019est aussi un des thèmes de la pièce : l\u2019impossible rencontre.« Le deuil de la pièce, je le commence très tôt.Il commence, en fait, au premier enchaînement.Après, il y a du travail à faire, mais ce n\u2019est pas la partie la plus libre.Je sais que ça va finir au départ, mais là, c\u2019est la conscience aiguë de la fin.Comme dirait Alexandre Jardin : \u201cIl n\u2019y a pas de vie sans douleur.\u201d «Mais le fait que cela ne dure pas, que ça se produit dans un cadre bien déterminé, ça donne une sécurité qui te permet l\u2019insécurité totale.C\u2019est totalement risqué, mais sans risque pour ta santé ou ta vie.Le moment d\u2019extrême liberté d\u2019être avec les interprètes et l\u2019équipe, comme dans un retour à l\u2019enfance, c\u2019est ce qui est beau.« La différence avec une relation, qui vit pour elle-même, c\u2019est que dans la création, il y a quelque chose qui s\u2019édifie.Quelque chose jaillit.Quelque chose dont on ne se rassasie pas.«Avec un auteur comme Koltès, que j\u2019ai beaucoup fréquenté, on va plus loin.J\u2019ai déjà percé certains mystères, ce qui me permet d\u2019aller davantage en profondeur.C\u2019est vraiment chouette.«Le théâtre permet ces rencontres intellectuelles et charnelles, puisque ça doit aussi s\u2019incarner dans le corps des acteurs.C\u2019est ça, le bonheur.«En tout cas, c\u2019est ma passion.Pour 2018, j\u2019ai mis d\u2019autres passions dans le four.» \u2014 Propos recueillis par Mario Cloutier La joie intense d\u2019une nouvelle pièce BRIGITTE HAENTJENS > L\u2019artiste a réalisé quatre œuvres majeures en 2017:Make Soccer Great Again, présentée à Hull,Mille Spéculations, installée à Bordeaux, en France, Seuils, exposée dans le Quartier des spectacles, à Montréal, et l\u2019œuvre d\u2019art public Dendrites, créée dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal et placée à l\u2019entrée Bonaventure de la métropole.> Son moment : Voir Dendrites assemblée pour la première fois.«Mon moment le plus fort de l\u2019année, c\u2019est lorsque j\u2019ai vu ma sculpture Dendrites assemblée à l\u2019atelier, car c\u2019est un projet sur lequel j\u2019ai travaillé longtemps, avec pas mal de maquettes, de dessin et de travail préliminaire.Je voulais que les piétons puissent avoir la même perspective que les automobilistes avaient auparavant en entrant à Montréal par l\u2019autoroute surélevée.«Après avoir gagné le concours, il fallait donc concevoir une œuvre d\u2019art qui nécessitait des principes d\u2019architecture et d\u2019ingénierie puisqu\u2019on allait pouvoir marcher dessus.Un beau défi sur le plan technique.Il y a eu un long processus de réflexion, de recherches, de calculs et même de remises en question, car bien des contraintes se sont posées : la hauteur et la largeur des marches, la courbure et la rigidité des escaliers en acier galvanisé.Il fallait respecter des normes.«Et puis, une forme organique de type racinaire en acier Corten qui sort de terre, c\u2019est difficile à faire ! J\u2019ai dû trouver un processus de fabrication.Il y a eu beaucoup de travail artisanal en atelier.L\u2019œuvre a été entièrement fabriquée à Tiny, près de Barrie, en Ontario, par l\u2019entreprise Lafontaine Iron Werks, avec laquelle j\u2019ai déjà travaillé pour d\u2019autres projets.«Les employés qui sont les fils du propriétaire Michael Bilyk ont travaillé très fort sur Dendrites, parfois 14 heures par jour.Travailler du métal en plein été à l\u2019extérieur, c\u2019est dur.Comme mon équipe, également très impliquée, notamment Jonathan Killing pour la géométrie, ils ont vraiment amené ce projet-là à un niveau exceptionnel.Cette dimension, on ne la réalise pas quand on regarde l\u2019œuvre d\u2019art.«Tout ça pour dire que j\u2019étais vraiment heureux quand j\u2019ai vu que la pièce prenait forme, car je trouvais que la sculpture était beaucoup plus intéressante que son image dessinée.J\u2019étais comme en extase de voir cette structure encore brute sur laquelle j\u2019avais passé des mois à travailler.Car j\u2019avais pris des risques.J\u2019avais eu des doutes.Mais c\u2019est souvent quand je fais face à des défis énormes que je suis à mon meilleur, hyper concentré pour gérer la catastrophe! Finalement, ce moment fort, je le dois aussi au jury qui m\u2019a choisi.C\u2019est grâce à lui si ce projet existe.» Le jury qui a opté, sur concours, pour le projet de Michel de Broin (qui a coûté environ 1 million de dollars) était composé de Louise Déry (Galerie de l\u2019UQAM), Kristine Germann (City of Toronto), Olga Bondareva (OACI), Daniel Lefebvre (Groupe Rousseau- Lefebvre), Simon Pouliot (Ville de Montréal), Jonathan Shaughnessy (Musée des beaux-arts du Canada) et Laurent Vernet (Ville de Montréal).\u2014 Propos recueillis par Éric Clément Une sculpture qui prend vie PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE Le début des répétitions de Dans la solitude des champs de coton procure une joie intense à Brigitte Haentjens.PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE Michel de Broin est fier de sa sculpture Dendrites.LEUR MOMENT DE 2017 4 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 D É C E M B R E 2 0 1 7 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l Un grand petit livre ! Le Petit Laurent illustré LAURENT PAQUIN ERIC GODIN Ce livre peut contenir des traces de gags nuisibles pour les enfants.La différence entre un échange de cadeaux et un échange de couple? MARTIN PETIT > Il est à l\u2019origine de la coalition d\u2019humoristes qui a fondé le Grand Montréal Comédie Fest.> Son moment : La création du Grand Montréal Comédie Fest «C\u2019était le plus bel automne de ma vie.Je me remettais en forme, j\u2019allais marcher tous les jours trois ou quatre heures dans le bois, je prenais des notes, j\u2019étais en train d\u2019écrire un long métrage.C\u2019était un automne spécial parce que je faisais le deuil de ma série Les pêcheurs, qui est en ondes depuis cinq ans et qui a été tellement importante pour moi.Mais je me sentais en pleine forme et capable d\u2019attaquer de nouveaux projets.«Ce matin-là, il faisait moins beau, alors j \u2019ai décidé d\u2019aller nager.Je roulais en voiture et, à la radio, il y avait le reportage de Monic Néron et Émilie Perreault.J\u2019ai arrêté l\u2019auto et j\u2019ai écouté les témoignages des filles.J\u2019entendais des amies raconter des agressions commises chez Juste pour rire, qui a longtemps été mon lieu de travail.J\u2019ai grandi au sein de ce festival, qui était le seul, au début, à avoir les moyens de me permettre de faire des spectacles avec mon groupe d\u2019humour.«Parmi ces filles qui témoignaient, il y avait des amies comme Julie [Snyder] et Pénélope [McQuade].Et il y a une fille qui est presque ma petite sœur.Je l\u2019ai connue quand j\u2019étais moniteur dans un camp de vacances : elle avait 14 ans, j\u2019en avais 17.J\u2019ai toujours été protecteur à son endroit.Pas besoin d\u2019avoir des relations pour avoir de la compassion pour les victimes, mais disons que ça ajoute une couche à ce qu\u2019on peut ressentir.« Je ne fais pas un métier qui me permet d\u2019intervenir sur la place publique quand je suis témoin d\u2019une injustice, quand il est question de politique, de l\u2019UPAC ou de choses comme ça.Je tweete quelque chose, mais ça n\u2019a aucun impact.Tout à coup, il y a une injustice profonde qui touche mon milieu, et c\u2019est comme si la solution était là, devant moi.Je n\u2019ai pas l\u2019excuse qu\u2019on a souvent dans ces moments-là \u2013 je suis trop occupé, je travaille, etc.\u2013 et qui fait qu\u2019on ne s\u2019implique pas.C\u2019est arrivé à un moment de ma vie où je l\u2019avais, le temps.«Donc, ce matin-là, j\u2019ai écouté les témoignages à la radio, puis j\u2019ai appelé Daphné, ma blonde, qui est aussi ma complice et avec qui je travaille.On s\u2019est dit la même chose : \u201cQu\u2019est-ce qu\u2019on fait?\u201d « Ce que j\u2019ai vécu dans les premiers jours, c\u2019est une émotion que j\u2019ai transformée en action.J\u2019ai trouvé odieux que le Montréal économique s\u2019empresse de parler d\u2019acquisition, sans se demander à qui irait l\u2019argent.Je trouve que c\u2019est un débat de société qu\u2019on a vite balayé sous le tapis.Et c\u2019était une grosse insulte pour les victimes, qui l\u2019ont d\u2019ailleurs ressenti ainsi.« Ce matin-là, je suis allé faire des longueurs, j \u2019ai réfléchi et j\u2019ai appelé mes chums : Réal Béland, Cathy Gauthier, Guy A.Lepage.«On avait le choix : on était passifs et on attendait que Juste pour rire soit acheté, que ça rapporte énormément d\u2019argent à Gilbert qui allait sans doute se virer de bord et payer des avocats pour contre-interroger nos amies.Ce serait laid.L\u2019autre choix, c\u2019était de lancer l\u2019idée sur la place publique que tout ça peut exister autrement, qu\u2019on peut avoir un métier sain dans un contexte sain.«Notre coming-out allait certainement lancer un débat.On verrait comment les gens allaient se positionner.Je dois avouer qu\u2019il y a bien des réactions qui ont été décevantes et révélatrices de qui sont vraiment les gens.Il y a des partenaires d\u2019affaires de Rozon et des femmes du milieu de l\u2019humour qui m\u2019ont déçu et qui, à mes yeux, ne font pas partie de la solution.« J\u2019entends des hommes d\u2019affaires dire sur la place publique qu\u2019ils veulent parler à la coalition des humoristes, mais je n\u2019ai pas reçu leur message, ni sur ma boîte vocale ni sur Twitter.Je suis pourtant le gars le plus facile à rejoindre ces temps-ci.Il n\u2019y a pas grand-monde dans la ville de Montréal qui n\u2019a pas mon numéro.Or, je lis dans les journaux qu\u2019il y a des gens qui seraient intéressés à discuter avec nous.Veulent-ils avoir l\u2019air de ceux qui s\u2019intéressent à la coalition pour pouvoir s\u2019asseoir avec nous, une fois qu\u2019ils auront acheté Juste pour rire et donné des millions à Gilbert ?«J\u2019aurais aimé que la communauté d\u2019affaires de Montréal se positionne et dise : \u201cNous aussi, on est du côté des femmes.\u201d Ils ont raté une belle occasion.J\u2019aurais aimé que Gilbert remette les clés de son entreprise et qu\u2019il parte.Qu\u2019il fasse un homme de lui.Mais ça n\u2019arrivera pas, c\u2019est un homme malade.Pour l\u2019instant, il organise des soupers à Paris pour raconter \u201csa\u201d version des faits.Si quelqu\u2019un perd son emploi à Juste pour rire, ce ne sera pas à cause des humoristes, ce sera à cause de Gilbert, et j\u2019espère qu\u2019il vendra ses nombreuses œuvres d\u2019art pour payer le salaire de ses anciens employés.«Il y a beaucoup de gens décevants dans cette histoire, mais il y a aussi beaucoup de gens lumineux, des gens de conviction qui se sont révélés à travers tout ça.Moi, j\u2019ai l\u2019impression d\u2019être poussé par un mouvement, j\u2019ai vraiment l\u2019impression d\u2019être bénévole dans un mouvement qui a commencé bien avant moi.» \u2014 Propos recueillis par Nathalie Collard Faire partie de la solution PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE «J\u2019entends des hommes d\u2019affaires dire sur la place publique qu\u2019ils veulent parler à la coalition des humoristes, mais je n\u2019ai pas reçu leur message, ni sur ma boîte vocale ni sur Twitter.Je suis pourtant le gars le plus facile à rejoindre ces temps-ci », affirme Martin Petit.LEUR MOMENT DE 2017 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 5 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 D É C E M B R E 2 0 1 7 Élevez votre jeu d\u2019un cran ! Complétez la Grille des Mordus tous les samedis, à la ?n de la section Gourmand dans La Presse .Une autre grille numérique de mots croisés signée les Éditions Michel Hannequart.LES SAMEDIS, CHAQUEMOT DE LAGRILLE DESMORDUS ADUMORDANT NOUVEAU + PLACE DES ARTS FRANK SINATRA H O M M A G E À LE LÉGEN DAIRE VENDREDI 12 OCTOBRE 2018 19h 514 842-2112 PLACEDESARTS.COM O R C H E S T R A DE NEW YORK ARTISTE INVITÉE ANNIE VILLENEUVE DIDIER MORISSONNEAU P R É S E N T E LE CADEAU IDÉAL POUR NOËL THÉÂTRE MAISONNEUVE 260 Boulevard de Maisonneuve O, Montréal CHRISTINE BEAULIEU > La comédienne a triomphé avec sa première pièce de théâtre en tant qu\u2019auteure, J\u2019aime Hydro, qui poursuit sa tournée du Québec.> Son moment : La première de la version intégrale de J\u2019aime Hydro «C\u2019est difficile à choisir.Il y a eu la première à l\u2019Usine C, le 4 avril ; le lancement du livre, le 30 octobre ; puis le grand honneur de remporter le prix Michel-Tremblay, le 27 novembre.C\u2019est une grosse année d\u2019aboutissement pour moi.J\u2019ai réalisé, comme artiste, des choses que je ne croyais jamais pouvoir faire dans ma vie, dans ma carrière.«Mais puisqu\u2019il faut choisir, je dirais la première de la version intégrale des cinq épisodes à l\u2019Usine C.Cette représentation a confirmé que la pièce allait rencontrer son public \u2013 et le grand public en plus.Dans J\u2019aime Hydro, j \u2019assume pleinement mon rôle de narratrice.Je rappelle mon identité au public, pour qu\u2019il puisse décider lui-même s\u2019il peut me faire confiance, ou comment il veut fa ire confiance à ma façon de raconter l\u2019histoire qu\u2019il va découvrir.Je lui révèle mes partis pris et mes défauts en tant que témoin de la réalité, pour qu\u2019il puisse prendre conscience des siens.«En 2017, on ne peut plus ignorer la parole citoyenne au Québec.La transparence est devenue un mot à la mode et, dans la pièce, je suis transparente.Le public se reconnaît dans ma quête très personnelle.Il a même l\u2019impression de bien me connaître à la fin du spectacle.Et ça donne le courage aux spectateurs d\u2019aller au bout de leur propre quête.» \u2014 Propos recueillis par Luc Boulanger « On ne peut plus ignorer la parole citoyenne au Québec » CHARLOTTE CARDIN > La chanteuse montréalaise a signé un contrat à l\u2019international avec Atlantic Records (et avec Parlophone en France).Elle a passé deux mois sur la route en première partie d\u2019une de ses idoles, Nick Murphy.> Son meilleur moment : Sa première longue tournée «En septembre et octobre, je suis partie en tournée pour la première fois.C\u2019était sur la tournée de Nick Murphy.Je n\u2019étais jamais partie plus de huit jours et à travers cette expérience, j\u2019ai vécu tout plein de premières fois.«J\u2019ai su qu\u2019on partait quelques mois avant le départ.J \u2019é ta is déjà fan de Nick Murphy lorsqu\u2019il utilisait le nom d\u2019artiste Chet Faker.J\u2019étais ravie d\u2019apprendre qu\u2019on faisait sa première partie, mais j\u2019ai immédiatement ressenti une petite appréhension.«J\u2019en ai parlé avec beaucoup de monde autour de moi : mon band, ma famille.Je me suis informée auprès d\u2019amis qui sont beaucoup partis en tournée.Je voulais en apprendre le plus possible pour qu\u2019on se prépare.Les imprévus me stressent dans la vie.«Puis, nous sommes partis sur la route et, dès le premier show, je me suis sentie bien.C\u2019était à Washington DC.L\u2019équipe de Nick Murphy nous a très bien reçus.Mais c\u2019est surtout l\u2019accueil de la foule qui a tout changé.En tant que numéro d\u2019ouverture, ça peut être plus difficile et un peu moins chouette, sachant que le public vient pour l\u2019artiste principal.Mais nous n\u2019avons pas eu ce problème-là du tout! Les spectateurs venaient nous voir après notre performance, ils étaient super accueillants et s\u2019intéressaient vraiment à nous.Tout mon stress a vite disparu.« Nick Murphy m\u2019a aussi donné des trucs \u2013 un en particulier dont je me suis servie: pour lui, c\u2019est de trouver des choses qui ne changent pas et qui peuvent te faire sentir \u201cà la maison\u201d quand tu es sur la route.Des habitudes, comme lire, jouer aux échecs, peu importe.Alors je lisais beaucoup, j\u2019ai \u201cbingewatché\u201d des séries, j\u2019y ai trouvé du réconfort.«Je me suis aussi faite vite au mode de vie sur la route.Je m\u2019ennuie facilement de mes proches, mais je leur parlais régulièrement.Et, somme toute, je me sens grandie par cette expérience.«Nous repartons en tournée en janvier, avec Børns.Cette fois-ci, ce sera plus condensé : autant de dates qu\u2019avec Nick Murphy, mais en un mois seulement.Une expérience de plus ! Mais l\u2019adaptation est faite, on connaît notre dynamique de groupe sur la route, mon band et moi.Ça va être chouette.» \u2014 Propos recueillis par Marissa Groguhé La vie sur la route KLÔ PELGAG > La lauréate du Félix de l\u2019auteur ou compositeur de l\u2019année \u2013 la première femme à recevoir ce prix depuis 1993 \u2013 poursuit la tournée de son deuxième disque, L\u2019étoile thoracique.> Son moment : Le gala de l\u2019ADISQ «Je sais que c\u2019est cliché, mais j\u2019ai choisi le gala de l\u2019ADISQ.Quand je suis arrivée à la soirée, je ne m\u2019attendais à rien.[.] C\u2019est tellement des extras de la vie, gagner des prix, ça n\u2019a tellement pas de rapport avec la musique.Tu t\u2019assois dans une salle en attendant de peut-être gagner un prix, c\u2019est inhabituel.C\u2019est un moment où tu flottes un peu dans le vide, très étrange et flou.« J\u2019ai été comme buzzée du début à la fin.Le gros gala avec le tapis rouge, c\u2019est déjà weird.[.] Mais quand on annonce que je suis la gagnante, c \u2019est comme un autre buzz : \u201cOK, il faut que je marche, que j\u2019essaie de me rendre au micro et que je dise des trucs dans cet état-là.\u201d « C\u2019est drôle, parce que quand j\u2019ai gagné le Félix de la révélation de l\u2019année il y a deux ans, parmi les commentaires, on disait que j\u2019avais dû prendre de la drogue ou de l\u2019alcool, alors que j\u2019étais à jeun.Les gens ne comprennent pas que c\u2019est juste vraiment bizarre.Ce n\u2019est pas comme chanter des tounes que tu as écrites et que tu as décidé de pousser jusqu\u2019à les chanter devant public.«Pour mon discours, j\u2019avais réfléchi à deux points.Je ne me souviens plus si j\u2019ai dit autre chose.Je suis contente d\u2019avoir réussi à sortir des mots qui n\u2019étaient pas trop ridicules.«Sur la scène, j\u2019ai cherché les visages de ma mère et de mon gérant.Deux personnes chères, pour qui ça signifie quelque chose que j\u2019aie gagné ce prix.C\u2019était le fun de partager des regards avec des gens que ça touchait.Mais c\u2019était des regards furtifs, j\u2019étais quand même en train de parler, et c\u2019est facile de perdre le fil ! Ce moment est passé hyper vite, il y avait un compteur en arrière, je me disais que je n\u2019aurais pas assez de temps.Je ne sais pas si j\u2019ai parlé vite \u2013 je pense que oui, quand même, pour essayer de tout dire et pour n\u2019oublier personne.«Une fois dans la salle de presse, j\u2019étais toujours dans le même état.J\u2019ai développé la capacité de faire des entrevues, de parler de ce que je fais, de comment je me sens.C \u2019est vraiment un travail de longue haleine pour moi d\u2019être capable d\u2019extraire ma pensée et de la communiquer.Mais dans la salle de presse, c \u2019était vraiment beaucoup d\u2019entrevues ! En même temps, de voir tous ces visages familiers, il y avait quelque chose de beau et festif là-dedans.Disons que c\u2019était long et joyeux.« Parce que la joie, je l\u2019ai ressentie tout le long, pour vrai.Dès que j\u2019ai entendu mon nom, je l\u2019ai ressentie, et beaucoup plus qu\u2019avant.J\u2019ai eu la chance de gagner beaucoup de prix et d\u2019avoir beaucoup de reconnaissance depuis que je fais de la musique, mais souvent, je me disais : \u201cVoyons, pourquoi, c\u2019est trop.\u201d J\u2019essayais de ne pas m\u2019attacher au sentiment de fierté.Pour ce deuxième album, j\u2019ai décidé de lâcher ça lousse, de vivre la fierté et les émotions qui ne reviendront peut-être pas.Il y a des moments qu\u2019il faut savourer dans la vie.« Par contre, ça ne change rien à ma vie concrètement.Je fais de la tournée en ce moment, j\u2019ai plein de projets.Je ne suis pas davantage sur l\u2019adrénaline, c\u2019est juste un sentiment où je me plais.Mais il va falloir que je continue à travailler et à maintenir mon niveau de créativité, parce que c\u2019est ce qui me fait me sentir vivante, pas mal plus que gagner des prix.Je vois ça plus comme une tape dans le dos au bon moment.Après, tu retournes à la vie normale, qui est de faire des spectacles, de jouer du piano chez moi et de préparer de la soupe.» \u2014 Propos recueillis par Josée Lapointe Une tape dans le dos au bon moment PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE «J\u2019ai réalisé, comme artiste, des choses que je ne croyais jamais pouvoir faire dans ma vie, dans ma carrière», affirme Christine Beaulieu.PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE «Je n\u2019étais jamais partie plus de huit jours et à travers cette expérience, j\u2019ai vécu tout plein de premières fois », explique Charlotte Cardin.PHOTOCATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE, ARCHIVES LA PRESSE Klô Pelgag sur le tapis rouge du gala de l\u2019ADISQ LEUR MOMENT DE 2017 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 6 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 D É C E M B R E 2 0 1 7 PIER-LUC FUNK > Le comédien de 23 ans est devenu en septembre le plus jeune lauréat du prix Gémeaux du meilleur premier rôle dans une série dramatique annuelle (pourMémoires vives).> Son moment : Sa victoire aux Gémeaux «Les Gémeaux, c\u2019est quelque chose que tu as derrière la tête, mais que tu essaies d\u2019oublier.Une nomination, c\u2019est déjà très cool.Les gens t\u2019ont choisi parce que tu fais bien ton travail.Après, t\u2019essaies juste de passer une bonne soirée.« Arrive le moment de ta catégorie et tout ce que tu t\u2019es dit pour te calmer.s\u2019effondre ! Chaque finaliste est filmé par une caméra lorsqu\u2019il est nommé.J\u2019ai vu le caméraman se placer juste devant moi avec sa Steadycam et toute mon enveloppe corporelle est décédée! Il n\u2019y avait plus que ma tête qui roulait et qui se disait : \u201cJe pense que ça se peut, je pense que ça se peut, je pense que ça se peut.\u201d «La personne a ouvert l\u2019enveloppe \u2013 c\u2019était long \u2013 avec un regard qui disait : kessé ç a ?Je me su i s d i t que c\u2019était sûr que ce n\u2019était pas Guy Nadon [qui avait gagné les cinq années précédentes] ! Ce qui m\u2019a fait le plus capoter, quand j\u2019ai entendu mon nom, c\u2019est la réaction des gens dans la salle.Gagner le trophée, c\u2019est le fun ; mais ce qui est encore plus le fun, c\u2019est de se faire applaudir par des gens que tu admires et avec qui tu aimes travailler.Ça dure une minute.Tu marches vers la scène, dos aux gens, et quand tu te retournes, tu vois tout le monde qui t\u2019applaudit.C\u2019est un gros boum d\u2019amour ! «Je n\u2019avais pas préparé de discours parce que je trouve tellement que si tu perds, tu as gaspillé du temps.[rires] La vie est trop courte pour préparer un speech de perdant ! J\u2019ai été pris d\u2019émotion par cette grosse vague d\u2019amour.Dans un métier où tu ne veux pas être mis dans une boîte \u2013 acteur comique, acteur dramatique, animateur \u2013, et où on m\u2019avait dit que je me cantonnais dans des rôles comiques avec SNL Québec , de gagner pour un rôle de méchant, c\u2019était vraiment très gratifiant.» \u2014 Propos recueillis par Marc Cassivi Tout un honneur aux Gémeaux JAY DU TEMPLE > L\u2019animateur d\u2019Occupation double Bali lancera son premier spectacle solo, Bien faire, qu\u2019il autoproduit, en juin prochain.> Son moment : L\u2019annonce de son one man show.« Travailler avec ma sœur [Laurie Du Temple Quirion] me touche beaucoup.Ça va faire deux ans qu\u2019elle est ma gérante.Quand on a décidé de lancer mon premier one man show, j\u2019étais à Bali et elle était à Montréal.On se parlait au téléphone.On devait tout préparer.On n\u2019avait jamais fait ça ni l\u2019un ni l\u2019autre.Il y avait un communiqué de presse à écrire.On a demandé de l\u2019aide à des gens autour de nous, qui sont extrêmement généreux et qui sont devenus des alliés.On était au téléphone, elle avait tout préparé et je réalisais que j\u2019allais être dans l\u2019avion au moment où on ferait l\u2019annonce du spectacle.«J\u2019ai des frissons quand j\u2019en parle.Je lui ai dit: \u201cOn lance un one man show, juste toi et moi, même pas deux ans après avoir commencé à travailler ensemble, en toute humilité, juste dans le plaisir.Ce n\u2019est pas contre personne, on le fait pour nous, parce que ça a un sens pour nous de s\u2019autoproduire.\u201d Je ne le réalise pas encore.«Lié à ça, il y a le spectacle que j\u2019ai donné avant de partir à Bali, au Métropolis.C\u2019est la salle de spectacle où j\u2019ai vu le plus d\u2019artistes que j\u2019admire : Malajube, Karkwa, Jean Leloup ou des humor istes amér ica ins comme Bill Burr et John Mulaney.Je me suis retrouvé sur cette scène-là, à faire mon show à moi, qui n\u2019était pas tout à fait prêt et que je rodais dans de petites salles.C\u2019est un cadeau que je me faisais.J\u2019espérais juste rentrer dans mon argent.La sa l le éta it pleine ! Je ne réalise pas encore que c\u2019est arrivé.» \u2014 Propos recueillis par Marc Cassivi Un premier one man show MEHDI BOUSAIDAN > L\u2019humoriste de 26 ans, vedette de la sérieMed sur Vrak.tv, tourne un spectacle en programme double avec Julien Lacroix.Il est entré dans la production de son premier one man show.> Son moment : La décision de lancer son one man show «Vers le mois de juin, on est rentré en production du one man show et c\u2019est un événement particulièrement marquant pour moi, une toute nouvelle page que j\u2019entame dans ma carrière d\u2019humoriste.«J\u2019ai pu commencer à travailler à l\u2019écriture et à tout ce qu\u2019il y a autour d\u2019un spectacle comme celui-là : on a commencé à penser au texte, à l\u2019angle du show, aux sujets qu\u2019on allait aborder, aux personnes avec qui on allait travailler, on a booké des dates de rodage.On a parti la machine! « Plus jeune, je me suis donné comme objecti f de réa l iser plusieu rs choses avant d\u2019avoir 30 ans.Une to-do list : faire du cinéma, faire de la télévision, écrire un livre et créer un one man show.J\u2019ai joué dans De père en flic 2, j\u2019ai la série Med et j\u2019ai participé au livre Tomber en humour cette année.Alors en embarquant dans l\u2019aventure de ce one man show, ça complète ma liste.Je peux mourir demain ! Enfin, pas demain, non : le show n\u2019est pas encore sorti.« Je me sens prêt.Pour moi, c\u2019était là, le moment.J\u2019ai atteint une vitesse de croisière et j\u2019ai fait assez de spectacles pour sortir des festivals et des bars.Si on compare ça à une relation de couple, disons que j\u2019ai vu et j\u2019ai rencontré plusieurs filles.Je sais ce que j\u2019aime, je sais ce que je n\u2019aime pas et maintenant, je veux me marier avec ce show-là et faire des enfants avec, qui vont être mes deuxième et troisième spectacles.« Dans tous les cas, c\u2019est sûr que les enjeux ne sont plus les mêmes.C\u2019est risqué, un one man show.Il faut que tu sois prêt \u2013 ça peut facilement devenir négatif pour une carrière.Alors je ressens beaucoup de bonheur depuis qu\u2019on a décidé qu\u2019on le faisait, mais une bonne dose de pression aussi.Je suis super heureux et super inquiet en même temps.C\u2019est comme s\u2019étouffer.mais avec du caviar.Ou comme te faire rentrer dedans, mais par une Ferrari.Ça fait mal, c \u2019est dangereux, mais c\u2019est le fun.Au moins, tu t\u2019es fait rentrer dedans par un beau char ! » \u2014 Propos recueillis par Marissa Groguhé Une nouvelle page STÉPHANE LARUE > Son roman Le plongeur a remporté le Prix des libraires 2017.Il sera porté au grand écran par Francis Leclerc.> Son moment : Le témoignage bouleversant d\u2019une lectrice.«La chose la plus exceptionnelle que j\u2019ai vécue avec la publication du Plongeur, c\u2019est le contact avec les lecteurs et les lectrices.C\u2019est surprenant à quel point ce roman a touché les gens, peu importe leur background.Dans tous les témoignages généreux que j\u2019ai reçus, en personne ou par écrit, je pense que celui qui m\u2019a le plus ému est venu d\u2019une jeune femme, qui m\u2019a écrit que son grand frère l\u2019avait vraiment encouragée à lire Le plongeur.Elle m\u2019a raconté qu\u2019il avait mon âge, qu\u2019il avait un cancer de stade 4 et qu\u2019il venait de s\u2019acheter le livre.Avec ses traitements, ce n\u2019était pas évident : il le lisait quand il le pouvait et lui avait promis de le lui prêter tout de suite après l\u2019avoir terminé.Il a juste eu le temps de se rendre à la page 29.«Portée par l\u2019enthousiasme que son frère avait eu en le lisant, elle a attaqué le livre et l\u2019a dévoré.Elle a tripé, il avait vu juste.Le plongeur a été un peu leur dernier échange.Je suis aussi un grand frère, j\u2019ai aussi perdu des gens à cause du cancer.C\u2019est un témoignage qui est venu chercher loin en moi.J\u2019ai pleuré ma vie en lisant ce témoignage.Je l\u2019ai relu et j\u2019ai pleuré encore.Ça m\u2019a pris une semaine avant de lui répondre.« Je suis renversé que ce roman-là devienne quelque chose de spécial pour les lecteurs et les lectrices, ce que ça leur laisse.En plus, c\u2019est un premier roman.Je gravite autour du milieu littéraire depuis assez longtemps pour savoir qu\u2019un premier roman reçoit parfois un succès d\u2019estime ou passe sous le radar, que c\u2019est souvent un dur retour à la réalité après la publication, que l\u2019enthousiasme peut être coupé par le rendez-vous manqué avec les lecteurs.Ça a été complètement le contraire avec Le plongeur.J \u2019étais surpris et désarçonné.On pourrait penser que ce roman parle surtout aux gens de Montréal, mais partout au Québec où je suis allé pendant l\u2019année, les lecteurs et lectrices se sont sentis interpellés.C\u2019est fabuleux.Mais dans tous les souvenirs et témoignages que j\u2019ai reçus, j\u2019ai été vraiment ému d\u2019avoir pu produire un dernier moment de complicité, de rire, de trip entre un frère et une sœur, malgré le cancer qui les a séparés.C\u2019est mon moment le plus fort de l\u2019année.» \u2014 Propos recueillis par Chantal Guy Des lecteurs pas comme les autres PHOTOGRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE Pier-Luc Funk tient haut son trophée au gala des Gémeaux de septembre.PHOTOMARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE Jay Du Temple occupera le Métropolis, à sa grande joie.PHOTO SIMONGIROUX, ARCHIVES LA PRESSE Le roman Le plongeur de l\u2019auteur Stéphane Larue connaît un franc succès.«Je suis renversé que ce roman-là [Le plongeur] devienne quelque chose de spécial pour les lecteurs et les lectrices, ce que ça leur laisse.» \u2014 Stéphane Larue LEUR MOMENT DE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 7 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS LECTURE Stéphane Sauvage, dite Fanou, est la mère libre et fantasque du romancier Alexandre Jardin, femme aux multiples amants et grande amoureuse qui lui a appris le courage d\u2019aimer et d\u2019être soi.L\u2019auteur de Fanfan lui rend un vibrant hommage dansMa mère avait raison, qui raconte la vie hors de l\u2019ordinaire de la femme exigeante et sans compromis qui l\u2019a mis au monde.JOSÉE LAPOINTE Êtes-vous plus Jardin ou plus Sauvage?En vrai ?Beaucoup plus Sauvage.On est toujours le fils des questions qu\u2019on s\u2019est posées.Ma mère poussait tellement loin la possibilité d\u2019être soi, quand j\u2019étais enfant, que sa conduite m\u2019interrogeait tous les jours.C\u2019est davantage elle qui vous a formé que votre père, donc.Oui.Je suis l\u2019enfant de sa confiance dans la vie.Ma mère pense qu\u2019on peut courir le risque d\u2019être soi parce que la vie est profuse et généreuse.Si on lui fait confiance ! Pour elle, on peut jeter le manuscrit d\u2019un livre et en écrire un autre en six semaines.C\u2019est cequ\u2019elle a fait d\u2019ailleurs, jeter undevosmanuscrits au feu.Çanevous apas angoissé?Oui, mais juste assez pour me faire faire quelque chose.Le zèbre ne serait pas né autrement.J\u2019ai eu un moment de panique et je me suis rabattu sur une pièce que j\u2019avais écrite et que j\u2019ai adaptée en roman, en me disant tu ne peux pas te tromper deux fois.Ce coup-ci, tu dois écrire ce que tu es le seul à pouvoir écrire.Vous auriez pu vous fâcher.J\u2019ai quand même été un peu surpris ! Mais quand on aime les gens, on n\u2019est pas là pour les protéger.On est là pour les aider à rencontrer la vie.Aujourd\u2019hui, on croit qu\u2019il faut mettre des gilets de sauvetage, des ceintures de sécurité, et que c\u2019est l\u2019objectif de la vie.Mais non, l\u2019objectif de la vie, c\u2019est d\u2019être vivant! Par contre, on peut lire une flopée de livres écrits par des gens qui ont souffert des extravagances de leurs parents.Moi, j\u2019aimerais lire une flopée de livres écrits par ces enfants qui se sont emmerdés parce que leurs parents n\u2019osaient pas vivre.Il y en a beaucoup plus ! Vous auriez pu souffrir de ça.J\u2019en ai souffert, mais ce n\u2019est pas grave ! C\u2019est une drôle d\u2019idée qu\u2019on a de collée dans la tête, le fait que souffrir est un problème.D\u2019abord, neuf fois sur dix, ce sont nos souffrances qui nous ont fabriqués.L\u2019idée qu\u2019une mère serait là pour être une sorte d\u2019énorme airbag, non ! Mais la vôtre est allée un peu loin quand même?Très loin.Mais je pense qu\u2019il est plus intéressant d\u2019emmener ses enfants loin qu\u2019à deux pas.La grande leçon, c\u2019est la confiance qu\u2019elle vous a donnée?Oui.Et derrière le cas personnel dans ce livre, il y a aussi un discours auquel je crois totalement, et que ma mère incarne, qui dit que chaque instant est une chance et qu\u2019il y a une urgence à vivre.D\u2019ailleurs, c\u2019est mon livre qui a le plus d\u2019effet sur la vie des gens.Ah! oui ?Oui.C\u2019est partout sur les réseaux sociaux.Ce sont des femmes qui quittent des maris, des femmes qui arrêtent un job et qui reviennent à leur passion première, des kilomètres de messages de femmes qui s\u2019interrogent sur le droit qu\u2019elles se sont donné d\u2019être ou pas.Pensiez-vous que vous auriez cet impact?Pas autant.Mais c\u2019est une vraie vague.Vous avez fait beaucoup de politique ces dernières années, mais on dirait qu\u2019avec ce livre, vous faites bouger davantage les choses.Mais ce sont les mêmes valeurs.Ma mère est une femme qui ose exister, et ce qui me touche en politique, c\u2019est quand les gens osent exister.C\u2019est un livre très intime qui a une dimension politique, mais pas au sens politicien.Il y a une part de fiction dans votre livre?Oui.Total.C\u2019est pour ça que j\u2019ai mis le mot roman, parce que ma mère est l\u2019essence du roman.La question que vous me posez suppose qu\u2019il y aurait une distinction.Le mode de vie de mes parents reposait sur la possibilité de vivre ce qu\u2019on est.comme pour une fiction ! Ils en faisaient des films d\u2019ailleurs.Tout ça se terminait au cinéma ou transposé en littérature ! Ils vivaient ou ils jouaient leur vie ?Là encore, ce qui est malsain, c\u2019est de faire le distingo ! On s\u2019est tellement tous habitués à l\u2019idée que la vie n\u2019aura pas lieu, qu\u2019on pense qu\u2019il y a un univers imaginaire où les choses sont possibles, en sous-entendant que dans le réel, c\u2019est plus compliqué.Vous avez toujours su que votre mère était une héroïne de roman.Oui.Quand j\u2019étais tout petit, et je ne doutais pas que c\u2019était son principal métier.Les enfants n\u2019aiment pas beaucoup imaginer leurs parents en train de faire l\u2019amour.Vous, au contraire, vous semblez à l\u2019aise avec ça.J\u2019étais tout à fait au courant que mes parents étaient sexués.Je voyais bien que l\u2019amour était central.Ça les occupait énormément; ça leur faisait faire n\u2019importe quoi.Mais élever les enfants dans l\u2019idée que les parents n\u2019ont pas de vie amoureuse, c\u2019est une idée tordue! Parce que ce n\u2019est pas vrai.Vous avez écrit sur votre père, votremère, votre grand-père, la famille Jardin.Il y a une partie de la famille dont vous ne nous avez pas encore parlé encore?Il s\u2019est trouvé qu\u2019ils ont tous porté de grands sujets.Ils auraient pu ne pas, hein! Ou c\u2019est moi qui les ai regardés comme ça.Mais c\u2019est vrai que tous les membres de ma famille m\u2019ont fait cet effet.Je les ai regardés, surtout elle.Comment va votre maman?Je pense qu\u2019elle ne vivra pas 10 ans.Elle vieillit.En même temps, ça lui fait un bien fou, tout le remue-ménage autour du livre.Je l\u2019appelle, je lui raconte.Ça la fait rire, mais parfois elle se demande si tout ça a du sens.Quand on a eu un entourage aussi romanesque, ça met de la pression pour être à la hauteur?Que la vie soit romanesque n\u2019était pas anormal.Ça m\u2019a accoutumé à la voir comme ça.Mais en réalité, elle est comme ça.Ce qu\u2019on appelle la vie normale est une fiction pure qu\u2019on se raconte.Ça n\u2019existe pas, une famille normale ! Dans le fond, la vie est un roman d\u2019Alexandre Jardin?Il y a de l\u2019extraordinaire partout, mais il y a quand même trop de gens qui sont au bord d\u2019eux- mêmes.En bordure de leur plaisir, de leur audace.J\u2019ai une question importante.Vous avez vraiment marché sur des charbons, comme vous le racontez dans le livre?Oui.Et je ne me suis pas brûlé, puisque c\u2019est ma mère qui m\u2019avait inscrit ! Mais quand elle l\u2019a fait elle- même, elle s\u2019est brûlé les pieds ! Eh bien oui, parce que ça brûle.C\u2019est hallucinant.Ce qui est hallucinant, c\u2019est qu\u2019on veuille protéger nos enfants contre la découverte de la vie.Je n\u2019enverrais pas mes enfants marcher sur des charbons, je vous jure.Vous devriez ! Hum, je crois que je vais trouver autre chose.Mais il leur arrivera quelque chose d\u2019exceptionnel.Ils seront confrontés à leur peur ultime ! En 2018, quels sont vos projets ?Continuer la désorganisation des familles ! [Rires] Il y a toujours dans ma vie une part d\u2019écrivain.Dès que j\u2019ai une minute, j\u2019écris.Je corrige le réel tout de suite.Il y aura probablement du cinéma.Probablement une nouvelle génération d\u2019applis aussi, car c\u2019est un monde qui n\u2019a pas encore intégré une logique de narration.On en est comme au début de l\u2019histoire du cinéma.Et ma vie de citoyen.C\u2019est normal d\u2019avoir une implication ou d\u2019aider des gens qui ont une implication.Pour moi, ce qui est bizarre, c\u2019est de penser que la citoyenneté se résume au bulletin de vote.Quel est votre bilan des premiers mois de la présidence d\u2019Emmanuel Macron?Ce qui m\u2019intéresse, ce n\u2019est pas ce que fait Macron, c\u2019est nous.Parce que des Macron, c\u2019est très remplaçable.Un technocrate déguisé en chef de l\u2019État, c\u2019est une spécialité française.Ce qui me tourmente, ce n\u2019est pas ce que le technocrate fait, c\u2019est nous.Qu\u2019est-ce qui nous prend, pourquoi on est encore ce peuple qui fabrique ça?Le centralisme, qui continue à donner les clés à la technocratie parisienne.Qu\u2019est-ce qui fait que nous ne parvenons pas à être acteurs de nos propres vies?Donc, le bilan au bout de sept mois, c\u2019est que nous avons encore un bout de chemin à parcourir sur nous.On est troublants d\u2019inertie.Ma mère avait raison Alexandre Jardin Grasset, 215 pages ALEXANDRE JARDIN /Ma mère avait raison De mère en fils Q R Extrait MAMÈRE AVAIT RAISON «En nous bousculant tous, à des degrés divers et selon des modalités à chaque fois inédites, tu nous as faits vivants.L\u2019incohérence superbe, c\u2019est la vie même.L\u2019ordre tentant et apaisant, c\u2019est la nécrose.N\u2019en déplaise à tous les psys de la terre.Tes débordements \u2013 aux conséquences incalculables \u2013 ont été notre plus belle chance.» PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE «Aujourd\u2019hui, on croit qu\u2019il faut mettre des gilets de sauvetage, des ceintures de sécurité, et que c\u2019est l\u2019objectif de la vie.Mais non, l\u2019objectif de la vie, c\u2019est d\u2019être vivant ! », estime Alexandre Jardin.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 8 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 D É C E M B R E 2 0 1 7 Récits et visages P A P I E R \u2013 N U M É R I Q U E L I S E Z U N E X T R A I T S U R F L A M M A R I O N .Q C .C A Justin Kingsley Joyeuse saison du DON ! « Il y a toutes sortes de façons de donner et je suis certaine que ce livre-là va vous transformer.» Isabelle Racicot, La belle gang, Canal Vie ARTS CINÉMA Mélissa Désormeaux- Poulin incarne le personnage principal du film Trip à trois qui sortira en salle mercredi prochain.Rencontre avec une actrice qui cumule les grands rôles à la télévision et au cinéma.VÉRONIQUE LAUZON L\u2019équipe de Trip à trois le scande en chœur : Mélissa Désormeaux-Poulin est une actrice talentueuse, studieuse et sage.«Une première de classe.Ce sont les premiers mots qui me viennent en tête pour parler de son travail», dit Martin Matte, à propos de sa partenaire dans le film Trip à trois, qui sortira le 20 décembre.La principale intéressée l\u2019avance également : « J\u2019avoue que je suis un peu première de classe.Je sais mes textes et, sur les plateaux, je ne jase pas trop, je ne niaise pas et j\u2019écoute les consignes.En fait, je travaille vraiment fort.Je ne tiens rien pour acquis, autant pour une petite scène ou une grosse scène, je vais travailler autant.Même que des fois, mon chum me dit de me calmer, d\u2019arrêter de répéter, parce que je me prépare trop.Mais pour moi, c\u2019est important.C\u2019est sacré, ce métier-là», confie celle qui a été sélectionnée quatre fois au gala des prix Gémeaux dans une catégorie d\u2019interprétation.Depuis Incendies de Denis Villeneuve, la brunette actrice cumule les rôles importants autant au cinéma qu\u2019à la télévision.Elle a notamment conquis le public dans la peau d\u2019une sœur protectrice (Gabrie lle) , d \u2019une avocate dévouée (Ruptures), d\u2019une actrice porno sans inhibition (Mensonges) et d\u2019une profes- seure de géographie (30 vies).« Je n\u2019ai jamais fait \u201cla blonde de\u201d.En fait , c \u2019est plutôt le contraire, ce sont des acteurs qui jouent mes chums.Je le sais, je suis extrêmement chanceuse.On m\u2019offre de beaux personnages, qui sont différents les uns des autres», dit Mélissa Désormeaux-Poulin.Tr ip à tro i s ne fa it pas exception, c\u2019est elle qui interprète le personnage principal.Martin Matte joue son conjoint : «Même si ça se voit beaucoup à l\u2019international, au Québec, il n\u2019y a pas tant de comédies romantiques qui tournent autour d\u2019un personnage féminin.Je trouvais ça ben trippant comme idée de ne pas avoir le film sur les épaules et d\u2019avoir juste à m\u2019amuser à jouer ma partition», dit l\u2019humoriste.Dès la première audition pour ce film, le réalisateur Nicolas Monet te (Auré l ie Laflamme \u2013 Les pieds sur terre, C.A.) a été charmé par la comédienne : « J\u2019aime vraiment la justesse de son jeu.C\u2019est une grande comédienne qui joue vrai, elle ne joue pas la comédie.La comédie vient à elle et elle la subit.» Une reconnaissance tardive L\u2019actrice, surtout connue pour ses rôles dramatiques, était bien heureuse de développer son jeu comique dans Ces gars-là et a travaillé fort pour décrocher le rôle d\u2019Estelle dans le film québécois du temps des Fêtes, Trip à trois.« Je commence à dire non à certains projets, ce que je n\u2019avais pas le privilège de faire avant.Lorsqu\u2019on m\u2019offre un projet similaire à ce que j\u2019ai déjà fait, je me demande si je veux vraiment le refaire.La comédie, c\u2019était nouveau.J\u2019avais vraiment, vraiment envie de faire ce film», dit la femme de 36 ans.M ê m e s i M é l i s s a Désormeaux-Poulin a une carrière enviable, la gloire n\u2019est pas arrivée d\u2019un coup de baguette magique.Elle pratiquait ce métier depuis 20 ans, sans jamais avoir été la saveur du mois, lorsqu\u2019elle a décroché le rôle principal du film À vos marques.Party !.À ce propos, elle compare un peu son parcours à celui de Claire Danes, qui pratique elle aussi le métier depuis l\u2019enfance.«Comme elle, la reconnaissance n\u2019est pas venue tout de suite.C\u2019est une actrice qui ne lâchait pas, même si elle ne décrochait pas toujours des rôles.Et le jour où elle a décidé de finalement lâcher pour faire du design intérieur, le métier est venu la rechercher.Adolescente et au début de la vingtaine, il m\u2019arrivait de ne pas avoir de contrat et je n\u2019ai pas eu de grands succès.Par exemple, même si je crois que j\u2019aurais aimé ça, je n\u2019ai jamais eu de rôle dans des émissions jeunesse», dit-elle.La lionne La fille rangée, dite «première de classe », est calme et réfléchie.En entrevue, elle pèse ses mots avant de répondre aux questions et reformule ses phrases lorsqu\u2019elle n\u2019est pas satisfaite de sa réponse.Sauf que sous ces airs de jeune fille rangée se cache une lionne toujours prête à rugir.« Contrairement à l\u2019image que les gens ont de moi, j\u2019avoue que dans la vie, je suis une femme intense et passionnée.Je suis une lionne», dit Mélissa Désormeaux-Poulin.E l le en fa i t la preuve lorsqu\u2019il est question d\u2019un des sujets chauds de l\u2019actualité : les agressions sexuelles.« Avec des mouvements comme #MeToo, il y aura un avant et un après.Nous envoyons comme message en ce moment que c\u2019est là que ça arrête.Nous expliquons clairement pourquoi ce n\u2019est pas acceptable.Donc, si ma fille vit ça un jour, elle va tout de suite savoir que ce n\u2019est pas normal et sera plus outillée pour réagir ou répondre.Il n\u2019y a pas une femme et pas un homme qui doit accepter ça», dit la mère de deux filles de 4 et 11 ans.Elle est également la porte- parole de la Fondation Marie- Vincent, qui vient en aide aux enfants et adolescents victimes de violence sexuelle.«Je voulais m\u2019impliquer auprès des enfants et, puisque je ne suis pas victime, ce n\u2019est pas difficile pour moi d\u2019en parler.Et en tant que maman, ça m\u2019interpelle tellement.Même si c\u2019est un sujet tabou dans la société, je n\u2019ai pas peur d\u2019en parler sur les tribunes», dit-elle.Difficile de ne pas faire de rappro chement ent re e l l e e t s on pe r s on nage d\u2019A r iane Beaumont dans Ruptures, qui défend la veuve et l\u2019orphelin avec passion.«Je comprends le lien, mais je ne ressemble à aucun de mes personnages.Pourquoi je me jouerais ?Ce serait ben trop plate», dit la comédienne.Trip à trois prendra l\u2019affiche le 20 décembre.MÉLISSA DÉSORMEAUX-POULIN / Trip à trois La première de classe PHOTOMARCOCAMPANOZZI, LA PRESSE Surtout connue pour ses rôles dramatiques, Mélissa Désormeaux-Poulin était bien heureuse de développer son jeu comique dans Ces gars-là et a travaillé fort pour décrocher le rôle d\u2019Estelle dans le film québécois du temps des Fêtes, Trip à trois.«Même si ça se voit beaucoup à l\u2019international, au Québec, il n\u2019y a pas tant de comédies romantiques qui tournent autour d\u2019un personnage féminin.Je trouvais ça ben trippant comme idée de ne pas avoir le film sur les épaules et d\u2019avoir juste à m\u2019amuser à jouer ma partition.» \u2014Martin Matte THELASTJEDI !!!½ Science-fiction de Rian Johnson.Avec Daisy Ridley, AdamDriver, Mark Hamill.2h30.PASCAL LEBLANC Il y a deux ans, The Force Awakens nous a réconcilié avec la franchise Star Wars, abîmée par la deuxième trilogie du début des années 2000.Le film de J.J.Abrams était réconfortant, mais trop similaire à A New Hope.Les attentes étaient donc considérables pour sa suite, The Last Jedi.Sur la bonne voie, ce huitième épisode devait cependant être plus audacieux, plus surprenant et surtout plus original.Il l\u2019est, mais seulement en partie.Malgré le triomphe de la Résistance à la fin de l\u2019épisode VII, la New Order règne maintenant sur la galaxie.La majorité des défenseurs de la République ont été anéantis, et les troupes de la générale Leia Organa (Carrie Fisher) sont maintenant seules dans leur combat contre les forces du mal.Ainsi, ils sont forcés de battre en retraite en attendant le retour de leur sauveur, celui qui va fournir l\u2019étincelle qui ravivera l\u2019espoir chez les alliés de la Résistance, Luke Skywalker (Mark Hamill).Mandatée pa r L e i a , l a j eu ne Rey (Daisy Ridley), qui semble détenir le pouvoir (la Force) de changer le cours des événe- ments, tentera de convaincre le maître Jedi reclus de brandir de nouveau son sabre laser.Des performances irréprochables Daisy Ridley est remarquable dans le rôle d\u2019une jeune femme très forte et déterminée, mais constam- men t à l a r e c he r c he de ses repères .Comme avec Harrison Ford dans The Force Awakens, la chimie opère entre la Britannique de 25 ans et Mark Hamill.Sa fougue permet de découvrir une facette inconnue du mythique Luke.Le vétéran acteur est solide dans la peau du Jedi bourru, comique bien malgré lui.E n c o r e p lu s e f f i c a c e s sont les scènes entre Rey et Kylo Ren (Adam Driver).Leurs combats intér ieurs sont révélés par des échanges télépathiques où les deux se rendent compte qu\u2019ils ont plusieurs points en commun malgré des allégeances opposées.Leu rs quest ionnements deviennent ceux du spec- tateu r, qui , pour la première fois dans l\u2019histoire de Star Wars, a de la difficulté à se positionner dans le combat entre le bien et le mal.La vulnérabilité, l\u2019incertitude et la rage exprimées par Adam Driver sont d\u2019une sincérité époustouflante.L\u2019as pilote Poe Dameron (Oscar Isaac), relégué au second pla n dans l \u2019épi - sode précédent, amène ici un autre élément de nouveauté : de la dissension au sein de la Résistance.En s\u2019opposant aux ordres de Leia et de la vice-amirale Amilyn Holdo (Laura Dern), il brise l\u2019image souvent trop lisse des « bons ».La dynamique entre Oscar Isaac et Carrie Fisher permet au huis clos qui se déroule à l\u2019intérieur du vaisseau amiral de la Résistance de rester captivant.L a mor t inat tendue de Carrie Fisher, il y a près d\u2019un an, fait en sorte que ses scènes, surtout celle avec Luke, revêtent une émotion plus tangible que si le destin en avait décidé autrement.Même si cet effet n\u2019était pas prévu, il faut certainement reconnaître au réalisateur et scénariste Rian Johnson un peu de mérite pour la place qu\u2019il a laissée à la princesse dans son histoire.Elle est dévouée, optimiste et inspirante.Intrigue inutile The Last Jedi est le plus long chapitre de la série.L\u2019action et les revirements font en sorte qu\u2019on ne s\u2019ennuie pas, mais le retrait de quelques scènes aurait donné un film plus court, en plus d\u2019évacuer certains éléments i r r itants .L\u2019intr igue mettant en vedette l\u2019attachant Finn (John Boyega) et la nouvelle venue Rose Tico (Kelly Marie Tran) rompt avec le ton du reste de l\u2019aventure et n\u2019a, en fin de compte, pratiquement aucun impact.C\u2019est au dernier acte que The Last Jedi devient imprévisible et survolté.La charge émotive augmente d\u2019un cran et on se demande parfois comment se sentir par rapport aux décisions des héros.Un sentiment plutôt inédit dans cet univers.Cependant, le moment « wow », celui qui nous transporte depuis 4 0 ans de f i lm en f i lm , n \u2019a pas réel lement l ieu .L\u2019étincelle qu\u2019on espérait ne se produit pas.Il faut croire qu\u2019on a décidé de la garder pour la suite.En attendant l\u2019étincelle PHOTO FOURNIE PAR LUCASFILM Mark Hamill joue le rôle de Luke Skywalker dans The Last Jedi.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 9 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS CINÉMA LESENSDELAFÊTE !!!½ Comédie d\u2019Éric Toledano et Olivier Nakache avec Jean-Pierre Bacri, Gilles Lellouche et Suzanne Clément.1h57.LE SYNOPSIS Traiteur doté d\u2019une trentaine d\u2019années d\u2019expérience, Max doit organiser une somptueuse réception dans un château du XVIIe siècle, à l\u2019occasion d\u2019un mariage.Des préparatifs à la soirée, rien ne se passe pourtant comme prévu dans les coulisses.LA CRITIQUE Au cinéma, une noce est très souvent utilisée comme prétexte à des règlements de comptes familiaux.La belle astuce du tandem Toledano-Nakache, à qui l\u2019on doit notamment Intouchables, est de s\u2019intéresser plutôt à la faune qui grouille discrètement dans les coulisses afin de faire d\u2019une telle soirée un succès.Du même coup, on propose ici un portrait de la diversité sociale sans ne jamais appuyer sur le trait.Pendant qu\u2019on célèbre le mariage d\u2019un jeune couple issu d\u2019un milieu très bourgeois s\u2019agite derrière les portes battantes toute une brigade d\u2019employés modestes, composée aussi, bien sûr, de compatriotes immigrés.À l\u2019aide d\u2019une mécanique extrêmement bien huilée, d\u2019une très grande précision, les cinéastes offrent un film choral de très belle tenue, souvent drôle, parfois même touchant, construit autour de Jean-Pierre Bacri.Dans le rôle du patron, ce dernier se révèle évidemment parfait.L\u2019acteur module avec jubilation \u2013 mais sans excès \u2013 son légendaire personnage de bougon attachant.Appuyé par une excellente distribution d\u2019ensemble (mentions à Jean- Paul Rouve, Gilles Lellouche, Vincent Macaigne et Suzanne Clément), Bacri trouve l\u2019un de ses plus beaux rôles dans ce film traversé de part en part de bienveillance et de chaleur humaine.\u2014Marc-André Lussier Bienveillance au menu PHOTO FOURNIE PAR MK2 | MILE END Dans Le sens de la fête, l\u2019acteur Jean-Pierre Bacri module avec jubilation son légendaire personnage de bougon attachant.Nahuel Pérez Biscayart fut révélé aux cinéphiles cette année grâce au film français 120 battements par minute.L\u2019acteur argentin est aussi la vedette d\u2019Au revoir là-haut, le nouveau film d\u2019Albert Dupontel, dans lequel il donne la réplique au cinéaste, mais aussi à Niels Arestrup et à Laurent Lafitte.Pour ce nomade qui parcourt sans cesse le globe, il n\u2019est pourtant pas question de s\u2019installer dans une cinématographie ou une autre.MARC-ANDRÉ LUSSIER Il y a quelques années à peine, Nahuel Pérez Biscayart ne parlait ni ne comprenait un traître mot de français.Visiblement doué pour l\u2019apprentissage des langues, l\u2019acteur argentin peut aujourd\u2019hui jouer en espagnol (sa langue maternelle), en anglais, en français, en italien, en portugais, en allemand et en.chinois! «En fait, j\u2019ai étudié le mandarin pendant deux ans, mais je ne le maîtrise toujours pas!», a précisé l\u2019acteur au cours d\u2019un entretien réalisé lors du passage de ce dernier au festival Cinemania, où Au revoir là-haut a remporté le prix du film le plus apprécié du public.Au-delà de sa facilité naturelle, la vedette de 120 battements par minute, qui a grandi à Buenos Aires, réfute la notion de frontière et parcourt le monde sans domicile fixe.« Je n\u2019ai plus de maison, explique-t-il.Je suis complètement nomade.Je m\u2019installe là où les projets m\u2019amènent.Et s\u2019il n\u2019y a rien, ce n\u2019est pas grave.Je n\u2019ai pas d\u2019ambitions matérielles.Si je ne reçois plus de propositions à titre de comédien, je peux me diriger vers autre chose, je crois.» Un peu d\u2019air Autrement dit, même si Nahuel Pérez Biscayart est incroyablement doué, le jeu n\u2019a jamais été une question de vie ou de mort pour lui.À l\u2019âge de 13 ans, on a imposé au préadolescent rebelle un choix : ou il acceptait d\u2019aller suivre des séances chez un psy, ou il s\u2019inscrivait à un cours de théâtre.« Je ne peux pas dire que mon inscription à ce cours de théâtre fut un choix délibéré ! rappelle celui qui n\u2019est toujours pas vraiment convaincu d\u2019être un acteur.Mes années au collège furent atroces.J\u2019ai abordé l\u2019atelier de théâtre de façon très instinctive et j\u2019ai eu l\u2019impression de trouver enfin là un peu d\u2019air.Dès lors, j\u2019ai reçu un prix et tout s\u2019est un peu passé malgré moi, car je n\u2019avais pas l\u2019ambition de devenir un comédien professionnel du tout.Quand tu commences à constater que les autres semblent apprécier ce que tu fais, tu te dis qu\u2019il y a peut-être là un chemin.Trois ans plus tard, j\u2019ai commencé à passer des auditions et tout s\u2019est enchaîné.Pour moi, le jeu est quelque chose de très physique.C\u2019est comme si c\u2019était lié à un plaisir intime, égoïste même.» Une notoriété nouvelle En 2008 , Nahuel Pérez Biscayart se fait remarquer dans La sangre brota, un film de Pablo Fendrik, présenté à La Semaine de la critique du Festival de Cannes.Benoît Jacquot lui offre alors un rôle dans Au fond des bois.L\u2019acteur se distingue aussi dans le film de David Lambert Je suis à toi, une coproduction entre la Belgique et le Québec.120 battements par minute, Grand Prix du Festival de Cannes, lui vaut une nouvelle notoriété.« Il est certain que cette année marque un tournant, observe-t-il.Mais moi, je suis toujours le même acteur, la même personne.Il se trouve que j\u2019ai été regardé de manière plus soutenue, c\u2019est tout.On s\u2019intéresse davantage à mon travail, ce qui est bien, mais j\u2019avoue avoir du mal avec cette notion de notoriété qui, à mes yeux, n\u2019a strictement rien à voir avec le travail, l\u2019exercice du métier, le côté artisanal du jeu.On se retrouve dans des festivals hyper glamour alors que pendant les tournages, on mange debout et on dort par terre.Ce contraste est à la fois étrange et très marrant.Si tu ne parviens pas à t\u2019y habituer ni à gérer ce genre de situations, ça peut être un peu drainant.» Parler sans voix Dans Au revoir là-haut, le nouveau film d\u2019Albert Dupontel, Nahuel Pérez Biscayart incarne un jeune soldat tout juste rentré du front après la guerre de 14-18, qui, en plus d\u2019avoir perdu l\u2019usage de la parole, porte des masques afin de camoufler sa gueule cassée.Au cœur de cette adaptation du roman de Pierre Lemaitre, lauréat du prix Goncourt en 2013, réside l\u2019amitié improbable entre un commis de banque et un brillant designer, tous deux survivants des tranchées.« L\u2019agente qu i m \u2019ava i t obtenu le rôle dans le film de Benoît Jacquot m\u2019a convoqué en m\u2019envoyant une petite note à propos de ce que j\u2019aurais à faire : parler sans voix ! Mais qu\u2019est-ce que ça veut dire?Je me suis présenté à l\u2019audition et j\u2019ai fait une petite impro avec Albert [Dupontel], que je ne connaissais pas du tout.Il m\u2019a aussi fait danser sur une table.On n\u2019a pas idée à quel point les castings peuvent être horribles parfois! On nous demande de faire des choses dans un environnement qui n\u2019est pas du tout approprié, sans éclairage, rien.Enfin, bref.» Une question de regard Le cinéaste, qui tient aussi le rôle principal dans le film, lui a alors donné à lire le scénario.Les deux hommes se sont ensuite revus deux ou trois fois avant que Dupontel fixe son choix.Ce dernier voulait s\u2019assurer que toute la personnalité du personnage puisse passer à travers son regard.«Comme il pensait que je ne pouvais pas lire en français, Albert m\u2019a conseillé de ne pas m\u2019occuper du livre.Mais je l\u2019ai lu quand même.Ce bouquin de Pierre Lemaitre, très bien écrit, m\u2019a accompagné pendant tout le tournage.Il me fut très utile, car on trouve dans un roman des descriptions psychologiques qu\u2019un scénario ne peut pas se permettre d\u2019élaborer.» En plus d\u2019avoir eu l\u2019occasion d\u2019arborer des masques qui sont de véritables œuvres d\u2019art, Nahuel Pérez Biscayart a pu jouer son rôle de façon très libre, grâce au fait que cette partie de l\u2019histoire du monde n\u2019a pratiquement aucune résonance chez lui.« En Argentine, on nous enseigne l\u2019histoire essentiellement par le prisme national, en relation avec l\u2019histoire de l\u2019Espagne.Albert aimait bien que le poids de l\u2019histoire de la France ne pèse d\u2019aucune façon sur moi.» Au revoir là-haut prendra l\u2019affiche le 22 décembre.NAHUEL PÉREZ BISCAYART / Au revoir là-haut Acteur du monde «On s\u2019intéresse davantage à mon travail, ce qui est bien, mais j\u2019avoue avoir du mal avec cette notion de notoriété qui, à mes yeux, n\u2019a strictement rien à voir avec le travail, l\u2019exercice du métier, le côté artisanal du jeu.» \u2014 Nahuel Pérez Biscayart, acteur PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE « Pour moi, le jeu est quelque chose de très physique.C\u2019est comme si c\u2019était lié à un plaisir intime, égoïste même», estime Nahuel Pérez Biscayart.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 10 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS CINÉMA D\u2019autres critiques à lapresse.ca et sur La Presse+ Il y a à peine un an, il nous était inconnu, ou presque.Puis, sa composition dans Call Me by Your Name, où il tient brillamment le rôle d\u2019Elio, un jeune homme qui connaîtra les joies et les peines d\u2019un premier amour, pourrait le conduire jusqu\u2019à la prochaine soirée des Oscars.Dans une entrevue accordée à La Presse, exclusive au Québec, Timothée Chalamet se raconte.MARC-ANDRÉ LUSSIER Oui, son nom est français.Dans Call Me by Your Name, dont l\u2019intrigue est campée dans la campagne italienne, il s\u2019exprime parfois dans la langue de Molière sans aucun accent.On ne pourrait pourtant pas faire plus new-yor- kais que Timothée Chalamet.Né à Manhattan (dans le quartier Hell\u2019s Kitchen) d\u2019un père français et d\u2019une mère américaine, l\u2019acteur commence cet entretien en français, mais passe rapidement à l\u2019anglais, histoire de s\u2019exprimer plus librement.« Pardonnez-moi, dit-il .Mais maintenant, j\u2019ai besoin de passer quelques jours dans un environnement francophone avant de retrouver la parfaite maîtrise de la langue.Là, je cherche trop mes mots.» Une famille en France Chez les Chalamet, le père, Marc, s\u2019adressait à ses enfants en français, mais Timothée lui répondait en anglais.L\u2019esprit très européen de Call Me by Your Name lui était toutefois déjà très familier.Chaque été, Timothée est allé rendre visite à sa parenté paternelle à Le Chambon-sur-Lignon, une commune si tuée en Haute-Loire.« L e s membre s de ma famille ont particulièrement aimé les scènes du petit-déjeuner dans le film parce que ça ressemblait en tous points à ce que nous vivions en France.Les journaux, le pain, la confiture, le Nutella.Ce temps passé là-bas a été très formateur, même s\u2019il est aussi à l\u2019origine d\u2019un phénomène un peu étrange.«Une fois sur place, je devenais la version française de moi-même, poursuit-il.J\u2019étais complètement imprégné de la culture et je rêvais même en français.Puis, je rentrais ensuite chez moi, à New York, et c\u2019est comme si j\u2019étais alors pris d\u2019une espèce d\u2019ambiguïté identitaire.Cela dit, cela m\u2019a donné une formidable liberté créatrice, dans la mesure où être familier aussi d\u2019une autre culture me donne des outils supplémentaires pour exercer mon métier.Même si Elio est italien, j\u2019ai l\u2019impression que, grâce à mes racines françaises, j\u2019ai pu me glisser plus facilement dans sa peau.» Une vocation artistique La fibre artistique a cependant été héritée davantage du côté maternel.Sa mère, Nicole Flender, fut en outre danseuse à Broadway.Grand- père, oncle et tante ont aussi fait carrière dans le domaine de la télévision.Timothée a trouvé sa vocation très jeune, et personne n\u2019en fut surpris.À 13 ans, il fut accepté au Fiorello H.La Guardia High School, cette célèbre école secondaire publique vouée entièrement à l\u2019enseignement des arts de la scène, qui a servi de modèle au film Fame.« Ce fut une révélation, dit-il.C\u2019est là que j\u2019ai su que j\u2019étais fait pour ce métier.Deux ans plus tard, j\u2019ai décroché un rôle dans la pièce The Talls [Anna Kerrigan], montée off Broadway.Je savais déjà que plus j\u2019allais travailler, plus j\u2019allais m\u2019améliorer, plus ça allait devenir difficile.Mais j\u2019accueillais cela avec enthousiasme parce que j\u2019avais le sentiment d\u2019avoir trouvé ma place.C\u2019est à ce moment que j\u2019ai dit à mon agent \u2013 j\u2019allais bientôt avoir 16 ans \u2013 que je voulais vraiment y aller à fond.» Tout s\u2019est ensuite enchaîné rapidement.Il y a d\u2019abord eu cette participation récurrente dans la série dramatique Royal Pains , puis, on lui a confié le rôle du fils rebelle du vice-président dans Homeland.Au cinéma, on le remarque notamment dans Interstellar, de Christopher Nolan, dans lequel i l joue le f i l s de Matthew McConaughey.Le premier amour Aujourd\u2019hui âgé de 21 ans (il célébrera son anniversaire d a n s q u e l q u e s j o u r s ) , Timothée Chalamet a été la véritable révélation de 2017 dans le monde du cinéma.Non seulement a-t-il été vu cette année dans Lady Bird, de Greta Gerwig, mais sa composition dans Call Me by Your Name, une adaptation du livre d\u2019Andre Aciman, lui vaut les plus belles accolades.Dans ce film de Luca Guadagnino (I am Love), l\u2019acteur évoque avec grâce et subtilité les tourments d\u2019un premier amour inattendu que son personnage, Elio, partage avec Oliver (Armie Hammer), un étudiant américain venu faire un stage de six semaines auprès du père d\u2019Elio (Michael Stuhlbarg), un universitaire spécialisé dans l\u2019art gréco-romain.«Quand j\u2019ai entendu parler du projet de film la première fois, il n\u2019y avait pas encore de scénario, explique l\u2019acteur.Je suis allé à la bibliothèque, j\u2019ai lu le bouquin, et j\u2019ai eu le sentiment que jamais une première histoire d\u2019amour n\u2019avait été racontée de façon aussi juste.À part, peut-être, il est vrai, The Perks of Being a Wallflower [Stephen Chbosky].Mais ça reste inhabituel.J\u2019ai rencontré James Ivory, qui allait écrire le script, et Luca.Quand j\u2019ai appris que nous allions enfin entrer en production, après trois ans d\u2019attente, j\u2019étais comme un petit gars dans un magasin de bonbons.Des rôles de cette nature se font plutôt rares pour les jeunes acteurs.» Ce qui lui arrive maintenant est surréaliste à ses yeux.Même si Call me by Your Name fut très bien accueilli au festival de Sundance au tout début de l\u2019année, il était alors difficile pour Timothée Chalamet d \u2019 imaginer ce qu i a l la it l\u2019attendre.« Je dirais que les quatre derniers mois, et particulièrement les trois dernières semaines ont été incroyables.Je suis évidemment très reconnaissant et je remercie la vie pour tout ce qui m\u2019arrive, mais je comprends aussi que la carrière d\u2019un acteur est faite de hauts et de bas.Je ne veux pas me bercer d\u2019illusions et je ne tiens certainement rien pour acquis.Faire partie d\u2019un film comme Call Me by Your Name est déjà un privilège.Mon ambition est de trouver des rôles intéressants, voire difficiles.Et il n\u2019est certainement pas question de s\u2019asseoir sur des lauriers, si tant est qu\u2019ils existent!» Ça se poursuit En 2018 , nous ver rons T imothée Chalamet dans Beaut i ful Boy, un f i lm de Félix Van Groeningen (The B rok e n C i r c l e B r e ak down ) dans lequel il joue un jeune homme dont la dépendance aux méthamphétamines est vue à travers les yeux de son père, incarné par Steve Carell.L\u2019acteur vient aussi de boucler le tournage du prochain film de Woody Allen, A Rainy Day in New York, dans lequel il tient le rôle principal, entouré d\u2019Elle Fanning, Jude Law et Selena Gomez.«Beautiful Boy, c\u2019est le plus grand défi d\u2019acteur que j\u2019ai eu à relever jusqu\u2019à présent, celui qui a le plus exigé de moi- même en tant qu\u2019être humain.J\u2019ai d\u2019ailleurs perdu 20 lb pour faire écho à la descente aux enfers du personnage.Quant au film de Woody Allen, vous connaissez la consigne aussi bien que moi : je n\u2019ai pas le droit d\u2019en parler ! Je peux cependant vous dire que tous les films auxquels j\u2019ai eu le plaisir de participer au cours des dernières années sont tous fabriqués par des gens à qui ces œuvres tiennent à cœur.Labor of Love, dit-on en anglais.J\u2019aime ce sentiment de travailler sur quelque chose de spécial.J\u2019espère poursuivre dans cette veine.» R a p p e l o n s q u e Timothée Chalamet est lice pour le prix du meilleur acteur aux Golden Globes et, surtout, aux Screen Actors Guild Awards, un indicatif déterminant pour la prochaine course aux Oscars.Call Me by Your Name (Appelle-moi par ton nom en version originale sous-titrée en français) prendra l\u2019affiche le 22 décembre.TIMOTHÉE CHALAMET / Call Me by Your Name La nouvelle étoile du cinéma mondial «Je dirais que les quatre derniers mois, et particulièrement les trois dernières semaines ont été incroyables.Je suis évidemment très reconnaissant et je remercie la vie pour tout ce qui m\u2019arrive.» \u2014 Timothée Chalamet, acteur THESHAPEOFWATER (V.O.S.T.F.: LAFORME DEL\u2019EAU) !!!½ Drame fantastique Guillermo del Toro.Avec Sally Hawkins, Michael Shannon, Richard Jenkins.1h59.LE SYNOPSIS Au milieu de la guerre froide, en 1962, une relation étonnante s\u2019installe entre une créature amphibie venue de la mer, très convoitée par les autorités soviétiques, et une employée à l\u2019entretien du laboratoire américain secret où la créature est en captivité.LA CRITIQUE L\u2019entrée en matière est à la fois séduisante et très intrigante.Un appartement entier est submergé d\u2019eau et la locataire des lieux y évolue avec grande aisance.La réalité quotidienne vient toutefois vite rattraper Elisa (Sally Hawkins), une femme muette qui, tous les jours, se rend dans un endroit où les autorités gouvernementales mènent des expériences.Elle y fait du ménage.En offrant cette variation de La belle et la bête de Cocteau, Guillermo del Toro plonge dans une histoire à caractère romantique où convergent plusieurs styles.En plus du drame sentimental, The Shape of Water peut revendiquer la nature fantastique du récit, et emprunter aussi au film noir, au drame d\u2019espionnage et à la comédie musicale.On ne manquera pas de remarquer aussi à quel point les influences, françaises notamment, sont présentes.L\u2019appartement d\u2019Elisa semble d\u2019ailleurs tout droit sorti de Delicatessen (Jeunet et Caro).Fable construite à la gloire de toutes les différences, The Shape of Water, film lauréat du Lion d\u2019or à la Mostra de Venise cette année, se distingue aussi grâce aux performances remarquables des protagonistes, Sally Hawkins en tête.Indéniablement, le réalisateur de Cronos et du Labyrinthe de Pan nous offre cette fois son film le plus accessible.\u2014Marc-André Lussier Un beau film sous influences PHOTO FOURNIE PAR FOX SEARCHLIGHT Sally Hawkins et Doug Jones dans The Shape of Water, un film de Guillermo del Toro PHOTO FOURNIE PAR MÉTROPOLE FILMS Timothée Chalamet dans Call Me by Your Name, un film de Luca Guadagnino l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 11 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 D É C E M B R E 2 0 1 7 TIMOTHÉE CHALAMET > Grâce au film Call Me By Your Name, le jeune acteur né d\u2019un père français \u2013 et remarqué également dans les films Lady Bird et Hostiles \u2013 est la révélation du cinéma américain cette année.> Son moment : La projection de Call Me By Your Name au festival de New York «Call Me By Your Name a été lancé au festival de Sundance au début de l\u2019année et il a ensuite été présenté dans plusieurs festivals, dont celui de Toronto, mais je dois dire que le moment le plus marquant s\u2019est déroulé au festival de New York, au mois de septembre.Lors de la projection de gala, on nous a amené, Armie [Hammer], Luca [Guadagnino, le réalisateur] et moi, dans un espace de visionnement tout en haut et tout au fond de la salle pour regarder la fin du film.Quand le générique a pris fin, Armie et moi nous apprêtions à descendre pour participer à la séance de questions et réponses, mais on nous a arrêtés en nous disant qu\u2019on devait attendre le spotlight.Spotlight?Mais qu\u2019est- ce que ça veut dire?On s\u2019est retournés, et au même moment, un immense projecteur a été braqué sur nous.Ce fut un moment surréaliste et très fort, d\u2019autant qu\u2019on ne s\u2019y attendait pas du tout! «L\u2019accueil que les gens nous ont alors réservé était tout simplement renversant.Ce fut assurément le moment le plus intense que j\u2019ai vécu en 2017.Quelques minutes plus tard, il y a eu un autre moment, un petit peu plus gênant celui-là, parce que je suis carrément tombé en bas de ma chaise pendant la séance de questions et réponses.L\u2019émotion, sans doute!» \u2014 Propos recueillis par Marc-André Lussier Un accueil renversant ROBIN AUBERT > Le cinéaste a réalisé les films Les affamés (prix du meilleur film canadien au Festival de Toronto) et Tuktuq, sortis tous deux en 2017.> Son moment : La projection des Affamés au Fantastic Fest, au Texas «À mon passage au Fantastic Fest d\u2019Austin, au Texas, je me prépa ra is à présenter mon film quand une des organisatrices est venue me dire qu\u2019ils avaient changé la programmation à la dernière minute.Ah bon, OK?Étant donné la demande élevée, le festival avait décidé de le projeter dans trois salles en simultané plutôt que dans une seule.« Pendant les projections, je me promenais d\u2019une salle à l\u2019autre, un verre de blanc à la main, pour sentir le pouls.C\u2019était étrange et en même temps magnifique comme feeling, parce que chaque salle avait son propre mood.Il y a une salle qui criait plus, l\u2019autre riait plus fort et s\u2019exprimait tout haut, tandis que la dernière était très attentive ; on aurait presque pu entendre une mouche voler.«C\u2019est là que j\u2019ai compris que chaque projection était unique et qu\u2019un fi lm vit différemment selon avec qui tu le regardes.Je suis parti avant la fin pour leur laisser un peu d\u2019intimité.J\u2019ai marché dans Austin jusqu\u2019au Terry Black\u2019s BBQ, un must si tu aimes le ribs et le brisket.J\u2019ai mangé comme un porc en pensant à ma blonde puis à mes enfants, repus et satisfait comme si j\u2019étais sur le bord d\u2019accoucher une vache.» \u2014 Propos recueillis par Chantal Guy Chaque projection est unique DENIS VILLENEUVE > Son film Arrival a été cité huit fois aux Oscars, notamment dans la catégorie de la meilleure réalisation.Denis Villeneuve a aussi lancé Blade Runner 2049 cette année.> Son moment : Apprendre sa sélection aux Directors Guild of America Award « P e r s o n n e l l e m e n t , l e moment le plus marquant a été ce coup de f i l que j\u2019ai reçu du président de la Directors Guild Association, m\u2019annonçant qu\u2019Arrival me valait une place parmi les cinq finalistes pour le DGA Award de la meilleure réalisation de l\u2019année.Nous ét ions en voitu re .Tanya [Lapointe, sa conjointe] m\u2019a passé le téléphone et on s\u2019est a rrêtés sur le bord de la route.Honnêtement, j\u2019étais extrêmement ému.C\u2019est l\u2019un des plus grands moments que j\u2019ai vécus dans ma vie.C\u2019est beau parce qu\u2019en plus, ce moment est super intime : tu as le patron de la DGA qui t\u2019appelle personnellement pour te dire qu\u2019il a une bonne nouvelle à t\u2019annoncer.C \u2019est quelque chose, car pour un cinéaste, une nomination à la DGA, c\u2019est vraiment majeur.Rendu là, il m\u2019importait peu de gagner ou pas, la nomination était déjà énorme.Je ne travaille pas à Hollywood depuis très longtemps et j\u2019ai toujours un peu le sentiment d\u2019y être en touriste.Mais de recevoir cet honneur de la part de mes pairs américains m\u2019a donné l\u2019impression que je faisais maintenant partie des leurs.» \u2014 Propos recueillis par Marc-André Lussier Un coup de fil mémorable SUZANNE CLÉMENT L\u2019actrice québécoise, à l\u2019affiche dans Le sens de la fête, a beaucoup tourné en France cette année.La minisérie La forêt, dans laquelle elle campe une policière, a récemment été diffusée sur France 3 et a attiré un vaste auditoire.Son moment : Le tournage du film Le jeu « Sans hésitation, le tournage que je viens tout juste de terminer à Paris.Il s\u2019agit du film Le jeu, réalisé par Fred Cavayé, une adaptation du film italien Perfetti s conosc iut i Per fe c t Strangers de Paolo Genovese].C\u2019est une comédie noire où, lors d \u2019un d îner , des couples d \u2019am is s \u2019adonnent à un jeu où chacun doit mettre son téléphone portable au milieu de la table, et chaque message qui entre doit être lu et partagé avec les autres.J \u2019ai beaucoup apprécié le fait d\u2019être allée en studio penda nt s ep t s ema i ne s , et d\u2019être toujours là avec des partenaires de jeu formidables : Bérénice Bejo, Doria Tillier, Vincent Elbaz, Roschdy Zem \u2013 qui joue mon mari \u2013, Grégory Gadebois et Stéphane de Groodt.«Pour moi, tout ça se rapprochait un peu du théâtre et j\u2019avais l\u2019impression d\u2019avoir le meilleur des deux mondes.Dans ce genre de scénario, tu es toujours dans l\u2019action, même si la caméra n\u2019est pas sur toi, et tu donnes à tes partenaires qui, ensuite, te redonnent quand vient ton tour.J\u2019ai aimé les observer, partager avec eux, échanger sur nos méthodes de travail.Je me suis sentie vraiment privilégiée de faire partie d\u2019un tel projet !» \u2014 Propos recueillis par Marc-André Lussier Le meilleur des deux mondes PHOTODAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE « [Pendant le tournage du Jeu], j\u2019ai aimé observer [mes collègues], partager avec eux, échanger sur nos méthodes de travail.Je me suis sentie vraiment privilégiée de faire partie d\u2019un tel projet ! », affirme Suzanne Clément.PHOTODANNYMOLOSHOK, ARCHIVES REUTERS « Pour un cinéaste, une nomination à la DGA, c\u2019est vraiment majeur », estime Denis Villeneuve.PHOTO ARCHIVES REUTERS Timothée Chalamet au AFI Fest le 10 novembre dernier PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHHIVES LA PRESSE « Un film vit différemment selon avec qui tu le regardes », estime Robin Aubert.LEUR MOMENT DE 2017 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 12 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 1 6 D É C E M B R E 2 0 1 7 "]
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