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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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La presse, 2017-12-30, Collections de BAnQ.

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[" Depuis 1884, La Presse a couvert La grande épidémie de variole \u2022 Le premier train transcontinental \u2022 La pendaison de Louis Riel \u2022 L\u2019invention du cinéma \u2022 Wilfrid Laurier \u2022 La fondation de Desjardins \u2022 Le premier vol motorisé \u2022 L\u2019ouverture du Ouimetoscope \u2022 Marie Curie \u2022 La construction de l\u2019hôpital Sainte-Justine \u2022 L\u2019effondrement du pont de Québec \u2022 Le Canadien \u2022 Le Titanic \u2022 Le naufrage de l\u2019Empress of Ireland \u2022 La Première Guerre mondiale \u2022 La découverte de la théorie de la relativité \u2022 La conscription \u2022 La révolution russe \u2022 Lionel Groulx \u2022 La création de l\u2019Université de Montréal \u2022 L\u2019invention de la motoneige \u2022 Louis-Alexandre Taschereau \u2022 La découverte des antibiotiques \u2022 Charles Lindbergh \u2022 Amelia Earhart \u2022 La Grande Dépression \u2022 La Bolduc \u2022 L\u2019ouverture du pont Jacques-Cartier \u2022 Hitler \u2022 Édith Piaf \u2022 Franklin D.Roosevelt \u2022 La Seconde Guerre mondiale \u2022 Le combat de Thérèse Casgrain pour le droit de vote des femmes \u2022 Hiroshima \u2022 Jackie Robinson \u2022 Maurice Duplessis \u2022 L\u2019ONU \u2022 La création d\u2019Israël \u2022 Refus global \u2022 La télévision \u2022 Maurice Richard \u2022 L\u2019inauguration de la Voie maritime \u2022 Les luttes syndicales \u2022 Les cabarets \u2022 La reine Élisabeth II \u2022 La décolonisation \u2022 Jean Lesage \u2022 La construction du métro de Montréal \u2022 Marilyn Monroe \u2022 Les missions de paix des Casques bleus \u2022 L\u2019inauguration de Place Ville Marie \u2022 L\u2019ouverture du pont Champlain \u2022 JFK \u2022 La nationalisation de l\u2019hydroélectricité \u2022 Le concile Vatican II \u2022 Jean Béliveau \u2022 Les Beatles \u2022 La guerre froide \u2022 Jean Drapeau \u2022 La guerre du Viêtnam \u2022 Expo 67 \u2022 Daniel Johnson \u2022 L\u2019ouverture du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine \u2022 La fondation de l\u2019UQAM \u2022 Pierre Elliott Trudeau \u2022 Mai 68 \u2022 L\u2019assassinat de Martin Luther King \u2022 Les Expos \u2022 Le premier homme sur la Lune \u2022 La révolution sexuelle \u2022 Mirabel \u2022 La crise d\u2019Octobre \u2022 Les ordinateurs \u2022 La tempête du siècle \u2022 Robert Bourassa \u2022 René Lévesque \u2022 Guy Lafleur \u2022 Le Watergate \u2022 Les Jeux olympiques de Montréal \u2022 Star Wars \u2022 La loi 101 \u2022 Gilles Villeneuve \u2022 Les Nordiques de Québec \u2022 La Révolution islamique iranienne \u2022 Les deux référendums \u2022 La «nuit des longs couteaux» \u2022 Margaret Thatcher \u2022 L\u2019essor de Québec inc.\u2022 Jean-Paul II \u2022 La tuerie à l\u2019Assemblée nationale \u2022 Janette Bertrand \u2022 L\u2019épidémie de sida \u2022 La négociation de l\u2019Accord de libre-échange \u2022 Michael Jackson \u2022 Polytechnique \u2022 La chute du mur de Berlin \u2022 Les festivals \u2022 La crise d\u2019Oka \u2022 La 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ne regrettent pas leur dernière journée.ÉDITIONWEEK-END / Montréal samedi 30 décembre et dimanche 31 décembre 2017 Les chaussures n\u2019ont pas la bonne pointure?Nous les retournerons pour vous.postescanada.ca/bureauxdeposte Avec plus de 6 200 bureaux de poste et 22 000 boîtes aux lettres publiques pour articles prêts à expédier, Postes Canada facilite les retours d\u2019achats en ligne comme personne.MC Marque de commerce de la Société canadienne des postes ACTUALITÉS V ous tenez entre vos m a i n s l e d e r n i e r numéro imprimé de La Presse.Cette étape représente un moment important dans l\u2019histoire de notre quotidien et pour beaucoup d\u2019entre vous qui êtes attachés au format papier.Au nom de toutes nos équipes, je tiens à vous exprimer notre profonde reconnaissance pour la fidélité et l\u2019intérêt avec lesquels vous nous avez suivis sur papier.Nous comprenons votre attachement envers ce format et nous sommes loin d\u2019avoir pris cette décision à la légère.En tant que média de référence, La Presse s\u2019appuie sur la plus grande salle de rédaction du Québec pour vous offrir tous les jours une information factuelle et de grande qualité.Cela lui permet de jouer l\u2019un des rôles essentiels de tout grand média d\u2019information, soit celui de contribuer au maintien de l\u2019équilibre démocratique au sein de notre société.Avec l \u2019émergence des méd ias numériques, notre capacité à assumer ce rôle était menacée.Dès le début des années 2010, nous avons constaté que le modèle traditionnel des journaux papier était voué à l\u2019échec.Avec l\u2019adoption massive des nouveaux modes de communication et le transfert accéléré des revenus publicitaires vers les plateformes numériques, les coûts liés à l\u2019impression et à la livraison des exemplaires papier étaient devenus impossibles à soutenir.Nous devions nous tourner vers des façons plus modernes de vous acheminer nos contenus d\u2019information.Malgré cela, nous avons attendu le plus longtemps possible avant de mettre fin à notre version imprimée, soit plus de quatre ans après le lancement de La Presse+, et ce, malgré le franc succès obtenu par cette dernière.Aujourd\u2019hui, le secteur de l\u2019information évolue à un rythme accéléré et l\u2019émergence des géants des médias sociaux nous amène à faire face à une forme de concurrence entièrement différente.Compte tenu de cette nouvelle réalité, la transition vers le numér ique éta it devenue aussi nécessaire qu\u2019inévitable.Je vous invite à nous suivre sur l\u2019ensemble de nos plateformes numériques où vous retrouverez vos contenus familiers offerts gratuitement, facilement accessibles sur ordinateur, tablette ou téléphone.En vous remerciant de votre soutien, je profite de l\u2019occasion pour vous souhaiter une excellente année 2018.Pierre-Elliott Levasseur Président, La Presse UNE PAGE D\u2019HISTOIRE SE TOURNE PHOTODAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE Pierre-Elliott Levasseur, président de La Presse PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD La chaleur d\u2019un lit peut créer des vocations.Un matin de janvier 2004, le fils de Pierre Fournier a décidé de rester couché plutôt que de distribuer La Presse, abandonnant les lecteurs du Vieux-Longueuil à leur triste sort et obligeant son père à le remplacer.Quatorze ans plus tard, c\u2019est toujours le père qui se lève en pleine nuit pour passer de porte en porte.Avec la fin de la version papier de La Presse, plus de 700 camelots accrocheront leurs besaces et nettoieront leurs doigts tachés d\u2019encre pour la dernière fois aujourd\u2019hui.Une retraite obligée pour ces spécialistes du froid et de la pluie, des escaliers glacés et des chiens zélés.À l\u2019heure où le matin se confond avec la nuit.P ier re Fournier t i re sa révérence sans amertume.Les réveils à 2h40 le samedi matin sont difficiles, mais c\u2019est surtout l\u2019impossibilité de s\u2019absenter pour de longues périodes qui posait problème.«Je suis très serein, il n\u2019y a pas de problème.J\u2019aurais continué, mais j\u2019ai 61 ans et ma femme est à la retraite.On veut faire du camping et ce serait agréable de faire des séjours plus longs que du samedi au vendredi.», dit celui qui a déjà travaillé au service de l\u2019information de Radio-Canada.Avec quelque 200 adresses à servir en quelques heures, le remplacement était compliqué : son parcours s\u2019est graduellement élargi à mesure que des lecteurs passaient à La Presse+ et annulaient leur abonnement.L\u2019absence pour l\u2019installation d\u2019urgence d\u2019un pacemaker, l\u2019automne dernier, a prouvé que l\u2019expert-camelot était essentiel.«Il y a eu beaucoup de plaintes ce samedi-là», relate-t-il.À vélo Pierre Fournier passe de maison en maison au pas de course, souvent un exemplaire dans chaque main et revenant f réquemment se ravitailler à son auto.Moteur ne rime pas avec paresse dans son cas : la distribution des journaux demeure un long sprint essoufflant.Il a calculé que juste en allers-retours, il parcourt tout de même environ neuf kilomètres par tournée.Il ne s\u2019ennuiera pas, mais il aimait tout de même bien sa sortie quotidienne, devenue hebdomadaire à la fin de 2015.« Je me suis rendu compte que ça me faisait faire une marche d\u2019une heure par matin tous les matins, ce qui n\u2019est pas une mauvaise affaire », relate M.Fournier à coups de quatre ou cinq mots, entre deux adresses.« Je me suis rendu compte que j\u2019aimais voir le soleil se lever, que c\u2019était agréable.C\u2019est moins agréable à - 20 °C ou pendant une tempête de neige, mais sur l\u2019année, il y a deux mois où c\u2019est difficile.» Le camelot jure qu\u2019il prend son vélo la plupart du temps \u2013 même en hiver.Sa femme, elle aussi une ancienne journaliste de Radio-Canada, lui a cousu des bandes réfléchissantes sur son vieux manteau bleu.Lui s\u2019est bricolé une petite remorque pour traîner les kilos de journaux qu\u2019il doit distribuer à ses voisins longueuillois.Le journaliste de Gravel le matin qui s\u2019est attiré les foudres du camelot en annulant son abonnement, la vedette de District 31 qui est demeurée fidèle ou le retraité de Radio- Canada qui devra faire son deuil à partir d\u2019aujourd\u2019hui : M.Fournier connaît son parcours par cœur.Devant la résidence La Sittelle, le seul lecteur qu\u2019il verra de sa matinée : Bruno, qui l\u2019attend chaque matin à 4h pour recevoir en main propre son exemplaire.De camelot à camelot Les 14 dernières années ont constitué une seconde tournée pour Pierre Fournier : le sexagénaire distribuait la Gazette à Hampstead dans les années 60-70.«C\u2019était la belle époque où tout le monde prenait le journal », se souvient-il, sans jamais arrêter sa tournée.«Je n\u2019ai jamais pensé que je recommencerais à faire ça.[Les levers au petit matin], j\u2019ai trouvé que c\u2019était beaucoup plus facile à 50 ans qu\u2019à 15.» Entre les deux, il ne s\u2019est pas trop éloigné des manchettes de La Presse, notamment en travaillant de nuit au service de l\u2019information de Radio- Canada pendant une vingtaine d\u2019années.Il travaille maintenant comme traducteur à partir de sa maison du Vieux-Longueuil.Selon lui, ses confrères camelots ne correspondent pas non plus à l\u2019image d\u2019Épinal de l\u2019écolier qui distribue ses exemplaires sur le chemin de l\u2019école.«Les jeunes ne veulent plus faire ça aujourd\u2019hui», assure-t-il.Ils préfèrent peut-être demeurer dans la chaleur de leur lit au petit matin.Avec leur iPad sous l\u2019oreiller?Pierre Fournier passe de maison en maison au pas de course, souvent un exemplaire dans chaque main et revenant fréquemment se ravitailler à son auto.Moteur ne rime pas avec paresse dans son cas : la distribution des journaux demeure un long sprint essoufflant.PHOTOS OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE DECAMELOT ÀJOURNALISTE.À CAMELOT SOMMAIRE Amusez-vous ! VOYAGE 20 Astrologie du jour P.ANNONCES 6 Débats A25 et A26 Décès PETITES ANNONCES 3 Grille blanche PETITES ANNONCES 8 Monde A22 et A24 Petites annonces CAHIER P.ANNONCES Restaurants VOYAGE/GOURMAND 17 Sudoku VOYAGE 20 Supergrille PETITES ANNONCES 8 Vin VOYAGE/GOURMAND 17 Météo Ciel variable, vents légers, maximum -18,minimum -24.AFFAIRES/SPORTS 10 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 2 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 ® BONNE ANNÉE Plus de 90 000 propriétés à vendre ou à louer.Que 2018 vous apporte la nouvelle propriété de vos rêves ! Trouvez la vôtre! ACTUALITÉS Publiée le 8 janvier 1981 «T\u2019 es belle ! .» J\u2019ai dit ça sans y penser, après le souper, après le vin, après le dernier café, le cinquième dernier.La soirée achevait, mais la fatigue n\u2019est pas une excuse : on n\u2019a pas le droit d\u2019être aussi tôton avec les filles.Circonstance encore plus accablante, j\u2019ai fait le geste qui va avec ce genre de déclaration, une caresse maladroite qui se voulait douce mais qui devait bien peser trois tonnes.Je suis convaincu que de l\u2019extérieur la scène était un modèle du genre, un grand classique, Roméo sur son balcon à Vérone.Non, pas à Vérone, plutôt à Matagami à la salle paroissiale, Shakespeare joué par le théâtre des jeunes Rhododendrons du Nord.« T\u2019es belle.», ce n\u2019est pas ce que je voulais dire.Ce n\u2019est pas ce que je voulais faire.En fait ce qu\u2019il aurait fallu à ce moment-là, c\u2019est un silence.C\u2019est toujours mieux fermer sa gueule quand on s\u2019ouvre le cœur, ça évite les courants d\u2019air.Et puis c\u2019est tellement difficile de dire aux gens qu\u2019ils sont beaux.Surtout à ceux qui ne le savent pas, ceux qui ne sont beaux que de temps en temps.Les autres, ceux qui sont beaux à chaque minute de leur vie, comme par exemple les annonceurs sportifs à Radio- Canada ou les hôtesses de l\u2019air, ou les moniteurs de ski, les épouses des joueurs de hockey, les hôtesses au « 10 » pour le tirage de la Quotidienne, les figurants dans les annonces de bière, à tous ceux-là, ce n\u2019est pas difficile de dire qu\u2019ils sont beaux, mais c\u2019est un peu inutile, ils le savent déjà puisque c\u2019est leur job d\u2019être beaux.Ils sont tous beaux de la même façon, c\u2019en est même monotone.leur beauté est aussi vide d\u2019imprévu que les mots croisés du Devoir : les définitions horizontales suffisent pour remplir toutes leurs petites cases.Mais pour revenir au monde ordinaire, un plombier qui vou- d ra it d i re pa r exemple à un pompier : « T\u2019es bien beau bonhomme».ce n\u2019est pas facile.Notre éducation et même notre religion nous enseignent à aimer notre prochain surtout quand il est laid et malheureux.Règle générale, on peut dire que les hommes entre eux se font rarement compliment de leur beauté.À quelques reprises dans ma vie, j\u2019ai dit à des gars qu\u2019ils étaient beaux.Mais à chaque occasion, je me suis attiré soit des insultes grossières, soit des interrogations méfiantes sur mes habitudes sexuelles, et même une fois quelqu\u2019un a carrément brandi le spectre du complexe d\u2019Œdipe renversé qui, paraît-il, dans un premier temps donne des boutons, et qui mal soigné peut même mener jusqu\u2019à la prostitution dans les autos en stationnement aux abords du parc La Fontaine.Même avec mon fils je ne me risque plus à lui dire qu\u2019il est beau.La dernière fois il m\u2019a répondu dans un élan de juvénile protestation : «Va donc ch.l\u2019père ».Voilà qui résume assez bien la nature de la tendresse entre les mâles, grands et petits.C\u2019est donc tout naturellement vers les femmes qu\u2019on s\u2019est tourné pour leur dire qu\u2019elles étaient belles.Mais on le leur a répété si souvent depuis la nuit des temps qu\u2019insensiblement le compliment est devenu une fonction.Très longtemps, et ce n\u2019est pas encore tout à fait fini, la fonction officielle des femmes a été d\u2019être belles.Les gars étaient comptables, agents d\u2019assurances, évêques, lieutenants-colonels, joueurs de baseball, les femmes, elles, étaient belles.Il était prévisible qu\u2019elles se tannent un jour de n\u2019être que décoratives entre leurs maternités, alors elles se sont mises à grossir et à se laisser pousser les poils sous les bras.Je vous fais ici un résumé évidemment sommaire de la révolution féministe, on me le reprochera sûrement pensant que je m\u2019amuse alors qu\u2019au contraire je trouve tout à fait légitime que les femmes veuillent sortir du ghetto de la beauté et de la séduction.Et je comprends très bien qu\u2019aujourd\u2019hui, à peu près toutes les femmes se méfient quand le premier épais venu leur garroche par-dessus la table à la fin du repas en leur prenant les mains : « Té bêlle.» Dites-le à haute voix, et vous vous rendrez compte que même phonétiquement, il n\u2019y a pas loin entre «Té bêlle» et «débile».N\u2019empêche que l\u2019autre soir, je me suis échappé : \u2014 T\u2019es belle ! .Elle m\u2019a regardé, et après quelques secondes pendant lesquelles j\u2019ai bien senti qu\u2019elle se demandait si elle m\u2019expliquerait ou si elle me laisserait mourir idiot, elle m\u2019a dit : je vais te raconter une histoire qui m\u2019est arrivée il y a quelques années.\u2014 J\u2019étais en route pour les Îles- de-la Madeleine.J\u2019attendais le traversier à Souris avec ma fille et on est allé voir des pêcheurs au bout du quai.Ils pêchaient des drôles de poissons, des crapauds de mer qu\u2019ils rejetaient sur la grève.J\u2019ai demandé à l\u2019un d\u2019eux pourquoi il pêchait ça.Il ne m\u2019a pas répondu.J\u2019ai posé une autre question et il ne m\u2019a pas répondu non plus.Quand il a vu que j\u2019allais partir, il m\u2019a regardée dans les yeux, il a ramassé un poisson, l\u2019a mis sous le talon de sa botte, et en l\u2019écrasant, il a dit : t\u2019es bien laitte ! .Ça s\u2019adressait très clairement aux deux: au poisson et à moi.\u2014 Aujourd\u2019hui, quand on me dit que je suis belle, ça me fait le même effet.Je ne sais trop comment terminer cette chronique, comme je n\u2019ai pas trop su, l\u2019autre soir comment terminer la soirée.Tout ce que je peux vous dire, c\u2019est que je n\u2019ai jamais vu de crapaud de mer.Mais je suis sûr quand même qu\u2019il y en a des beaux.«T\u2019es belle! .» Publiée le 2 janvier 1982 J\u2019 ai pris la ferme résolution d\u2019être sérieux en 1982.Tout particulièrement dans mon travail.Des reportages bien documentés, des entrevues solides , une information rigoureuse, voilà ce que vous trouverez à l\u2019avenir dans cette chronique.Aujourd\u2019hui, je vous propose une entrevue avec le père du premier bébé de l\u2019année, entrevue aussi avec le capi- ta ine du premier bateau à être entré dans le por t de Montréal , monsieur Ludvig Van Luys.Une entrevue enfin avec l\u2019auteur du premier meurtre de l\u2019année.J\u2019attends également un téléphone d\u2019un de mes informateurs au Ghana où un coup d\u2019État vient de porter les militaires au pouvoir, il est possible également que Wayne Gretzky nous appelle d\u2019Edmonton pour un rapide commentaire sur ses 50 buts en 39 parties.Mais d\u2019abord, le premier bébé.J\u2019ai rencontré son père, à l\u2019hôpital Sainte-Justine, quelques instants seulement après l\u2019heureux évènement : \u2014 Votre premier ?\u2014 Mon second.Ma seconde devrais-je dire, puisque nous avions déjà une fille.Ça nous en fait deux, précisa-t-il avec un sourire un peu contraint.\u2014 Cette fois vous auriez préféré un garçon ?\u2014 Eh bien voyez-vous, je.Nous.\u2014 Allez-vous garder la fille quand même ?\u2014 Probablement, si elle n\u2019a pas d\u2019autre malformation.\u2014 Avez-vous songé à un prénom ?\u2014 Mon épouse et moi nous pensions à Sonia.\u2014 Wouache, beurk.\u2014 Pas tant que ça.Notre enfant doit porter le nom de sa mère, Bérubé.Sonia Bérubé, ce sera très musical.\u2014 Vous avez dit le nom de sa mère ?\u2014 Oui, enfin, si on veut.Bérubé, c\u2019est évidemment le nom du père de ma femme.D\u2019ailleurs toutes les femmes, aussi loin qu\u2019elles remontent, ont toujours porté le nom d\u2019un homme.\u2014 Au fait quel est le vôtre monsieur ?\u2014 Je m\u2019appelle Dieu.Lucien Dieu.Encore toutes nos félicitations, monsieur.! ! ! PREMIER BATEAU \u2014 Quand le Sabat, le cargo hollandais qui est devenu le premier bateau à accoster dans le port de Montréal en 1982 est arrivé au quai 47, hier matin vers deux heures, j\u2019étais là.Tout de suite après les formalités de douanes et d\u2019immigration, le commandant Ludwig Van Luys a bien voulu me rencontrer : \u2014 Et alors commandant , vous avez fait bonne route ?\u2014 La mer était belle, oui.Nous avons essuyé un grain au la rge du cap de Bonne Espérance, mais l\u2019équipage a tenu bon.À la hauteur des Açores, une légère avarie nous a fait donner de la bande par bâbord, mais encore là nous avons vaincu le sort pour arriver à bon port.\u2014 C\u2019est un beau métier que vous faites là, commandant.\u2014 Encore plus que vous ne le pensez.Comment vous dire le vent du large, les baleines qui jouent au loin, le soleil qui embrase une dernière fois l \u2019horizon avant de plonger dans l \u2019immensité glauque, comment vous dire toutes ces nuits ruisselantes de gouttes de lune, comment vous dire nos courses folles sur les océans tandis que l\u2019albatros nous frôle de son aile de géant ?\u2014 Vous transportez quoi au juste ?\u2014 Des nouilles, 2789 tonnes de nouilles.! ! ! LE PREMIER MEURTRE \u2014 Un crime particulièrement épouvantable a été commis hier matin par un homme d\u2019une quarantaine d\u2019années qui a pris sa femme au collet.Je l\u2019ai rencontré alors qu\u2019il venait de tout avouer aux policiers : \u2014 Comment ça au collet ?\u2014 Un vrai collet en fil de laiton.Je l\u2019ai posé à la sortie de la salle de bain.\u2014 Mais comment a-t-elle pu se prendre ?\u2014 C\u2019est une longue histoire.Au début que je connaissais ma femme, je l\u2019appelais «mon lapin », « mon gros lapin », « mon petit lapin », après ça j\u2019ai commencé à la nourrir à la salade et aux carottes, puis je lui ai demandé de se laisser pousser les oreilles, enfin je l\u2019ai habituée à se déplacer par bonds en prenant appui sur ses pattes arrière.C\u2019est tout naturel que j\u2019ai songé au collet lorsque j\u2019ai décidé de m\u2019en débarrasser.\u2014 Vous ne l\u2019aimiez plus ?\u2014 Non.Depuis quelques années, je vis une très belle relation avec la pharmacienne au coin de la rue.Une femme cha rma n te , t ou te menue , ave c des yeu x de sou r i s .C\u2019est comme ça je l\u2019appelle d\u2019ailleurs, ma petite souris d\u2019amour.Vous devriez la voir chercher les bouts de fromage que je cache un peu partout dans la maison, sous le lit, derrière l\u2019armoire.Un jour, elle va avoir une de ces surprises ! Première chronique À l\u2019occasion du dernier numéro imprimé de La Presse, nous publions six chroniques marquantes de Pierre Foglia parues dans le temps des Fêtes, de 1981 à 2013.Six chroniques dont les thèmes résonnent encore aujourd\u2019hui.Bonne lecture ! PIERRE FOGLIA CHRONIQUE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 4 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 L E P R O G R È S .C \u2019 E S T Ç A .I L F A U T S AV O I R L A I S S E R L A P L A C E A U X N O U V E A U X M Ê M E Q U A N D L E U R S P R É D É C E S S E U R S O N T E U D E S P A R C O U R S R E M A R Q U A B L E S .Mazda RX-7 1988 Sa l u t La Presse, l o ngue v i e à La Presse+. ACTUALITÉS Publiée le 7 janvier 1995 L es premiers jours de janvier sont toujours un peu tristes.On attend de la nouvelle année je ne sais quoi de nouveau, et revoilà le Collège militaire de Saint- Jean , revoi là Bet tman et Goodenow, Barnabé, Céline Dion, Hydro-Québec et ses initiations, les Tchétchènes et les Énervégovines.Au moins, dieu merci, on n\u2019entendra plus parler de Nez Rouge pour un moment.C\u2019est une bonne idée Nez Rouge, mais 376 reportages sur Nez Rouge en deux semaines, c\u2019est sucer et resucer souvent la même bonne idée.Comme si on en manquait.Avez-vous pris des résolutions?Je vous avertis, si c\u2019est la même résolution \u2013 MAIGRIR \u2013 que 70millions d\u2019autres Nord- Américains, ne placez pas la barre trop haute, ou la ceinture trop petite.Selon les statistiques du US National Center for Health, seulement 10% des gens qui perdront dix livres et plus dans le courant de l\u2019année ne les regagneront pas dans le courant de l\u2019année.De toute façon, les toutou- nes reviennent à la mode, me dit-on.Les gros seins aussi.Pas vraiment les gros seins, les seins rebondissants, les demi- bustes.Je le sais parce que, ce jeudi, je suis allé acheter une teutonnière, avec une amie.Je sortais de la librairie: \u2014 Marie! Ciel ça fait un siècle.Où tu vas?\u2014 Je vais m\u2019acheter une teu- tonnière.Tu me donnes un lift?Saint-Denis et Jean-Talon.\u2014 Pourquoi on va pas à La Baie?\u2014 Parce que je vais chez Mme Bouré.Marie porte du 32 C.L\u2019enfer, semble-t-il.Ce ne sont pas des gros seins, ni des petits.Des moyens.Mais il paraît que c\u2019est la pointure qui est spéciale: 32 et C.Les compagnies de teuton- nières ne font pas ça, du 32 C.\u2014 Quand tu portes du 32 C, tu ne choisis pas la teutonnière qui te plaît.Tu regardes d\u2019abord s\u2019il y a du 32 C.Et comme il n\u2019y en a jamais, si par miracle il y en a une, fuck la couleur, le modèle, le maintien, tu la prends.\u2014 Je suppose que Mme Bouré est une spécialiste du 32 C?\u2014 Pas du tout.Il n\u2019y a pas plus de 32 C chez Mme Bouré qu\u2019ailleurs.C\u2019est le classement qui est différent.À La Baie il faut que tu fasses tous les tiroirs.Les teutonnières sont classées par modèles.Tu prends ta taille dans le modèle que tu veux.Chez Mme Bouré les teutonniè- res sont sorties de leur emballage et classées par taille.Toutes les 32 C dans le même tiroir.Je gagne beaucoup de temps.Il faut sonner pour entrer chez madame Bouré.Pas certain qu\u2019on ouvrirait à un homme seul.Une des deux mada- mes a posé le tiroir des 32 C devant Marie.Il y avait quatre malheureuses teutonnières dedans, trois blanches et une chair.Juste pour vous donner une idée, une autre cliente, voisine de Marie au comptoir, farfouillait dans les 34 C.L\u2019abondance, mon vieux.Son tiroir débordait de teutonnières blanches à perles incrustées, des bleu-nuit à baleines, des noires avec des trous laïtou au bout, et même une rouge.Marie est allée essayer une des quatre malheureuses de son tiroir.\u2014 Tiens, je ne savais pas qu\u2019on essaie les teutonnières comme on essaie des souliers de bowling.\u2014 T\u2019en apprends des choses aujourd\u2019hui! \u2014 Et si celle-là ne fait pas?\u2014 Eh bien je la remettrai dans le tiroir.\u2014 C\u2019est dégueulasse.Ouf, elle faisait.! ! ! J \u2019a i ramené Marie à la Brioche Lyonnaise.On a bouffé des éclairs au café.On a parlé de la vie.Marie travaille à la Radio-Canada pour les enfants.\u2014 Tu m\u2019étonnes Foglia.Tu n\u2019as pas encore planté les Payette?\u2014 Tu ne me croiras pas mais je les écoute pas.Pour la première fois de ma vie j\u2019ai un char avec un lecteur de cassettes.Fait que j\u2019écoute mes cassettes.On a parlé un peu musique.On est tombé d\u2019accord pour dire que le Tom Petty était tri- pant et le Nine Inch Nails bien amusant.Puis Marie m\u2019a dit qu\u2019elle n\u2019avait pas aimé ma couverture de la Coupe du Monde de soccer cet été.\u2014 T \u2019 a v a i s l \u2019 a i r d e t\u2019emmerder.\u2014 Ouais, mais j\u2019haïs pas ça m\u2019emmerder, surtout aux États.Il y a là ce qu\u2019il faut de démesure pour s\u2019emmerder sans se faire jamais chier vraiment, comme à Québec par exemple.Marie est de Québec.\u2014 Et puis professionnellement j\u2019ai vécu un truc très spécial à la Coupe du Monde.Tu veux j\u2019te raconte?\u2014 Chaque matin, durant ce long mois qu\u2019a duré la Coupe, je déjeunais en lisant les quotidiens locaux, plus le New York Times et le USA Today.Par convenance ou par snobisme je ne sais pas, les grands journaux américains avaient décidé de traiter la Coupe de Monde de soccer non pas selon le peu d\u2019intérêt qu\u2019elle soulevait auprès de leur lecteurs, mais selon son prestige intrinsèque.Chaque matin donc, par l\u2019importance des titres, par le nombre de pages consacrées à la chose, par la quantité de la couverture et parfois la qualité, les journaux américains inventaient un événement qui, je le sais foutrement, ne se passait pas.J\u2019étais là.La lecture de mes journaux terminée, je cherchais en vain sur le terrain, des traces de ce que je venais de lire.Le match, oui.Mais le match fini, pffuit, plus personne, plus rien, que le flot régulier du trafic qui se déverse dans les parkings des Wal-Mart.New Jersey, Michigan, Mass, Illinois, seules changeaient la couleur des plaques d\u2019immatriculation.Dans cette immensité indifférente, la Coupe du Monde était comme un verre d\u2019eau renversé dans le désert.Le lendemain matin , je refeuilletais avidement les journaux, maculant d\u2019encre mes toasts.Et c\u2019est cet étrange phénomène médiatique que je voulais rapporter : cette encre au bout de mes doigts est la seule trace que j\u2019ai jamais trouvée de la Coupe du monde de soccer.On a encore reparlé de la vie avec Marie.De la censure je ne sais plus pourquoi.Et de cul évidemment.\u2014 Réponds franchement Foglia, t\u2019as baisé combien de fois en 94?Je veux dire, quelques fois dans l\u2019année ?Quelques fois par mois ou quelques fois par semaine?\u2014 Ça ne te regarde pas.\u2014 Tu devrais poser la question à tes lecteurs.\u2014 Ils ne me diraient pas la vérité.Je leur demanderais plutôt s\u2019ils sont heureux.On a repris des éclairs au café.Et on a parlé du bonheur évidemment.On en a dit beaucoup de bien.Et si on n\u2019a pas dit que le bonheur était de pointure 32 C, c\u2019est qu\u2019on n\u2019y a pas pensé.Cela me vient juste à l\u2019instant.Du 32 C.Ni gros, ni petit, à la fois ordinaire et rare: il y en a peu dans le tiroir.32C l\u2019après-midi Publiée le 5 janvier 1992, alors que Pierre Foglia était en reportage à Moscou, en Russie.MARDI 31 DÉCEMBRE, MINUIT MOINS DEUX \u2014 Vous l\u2019avez peut-être vu aux nouvelles.Dans la foule joyeuse (surtout des touristes) qui attendait la nouvelle année sur la place Rouge, des tatas ont déployé deux immenses drapeaux canadiens.Je voulais juste vous dire : c\u2019est pas moi.MERCRED I 1 ER JANV IER \u2014 Moscou vide et mouillassieuse.Je passe la journée devant la télé.Un film russe, en russe, tellement débile que je comprends les paroles.Aux nouvelles, avant la Géorgie, l\u2019histoire d\u2019un petit cochon qu\u2019une famille de banlieue gardait pour le manger à Noël.N\u2019ont pas été capables.Le petit cochon vit maintenant avec eux, donne des becs à tout le monde, saute sur les genoux des enfants.Pour Noël on lui a donné un peu de jambon.Toujours à la télé, « c\u2019était vraiment trop slotcheux pour sortir, mes souliers prennent l\u2019eau», toujours à la télé, un hallucinant concours de sosies: Marx, Lénine et Staline autour de la même table.C\u2019est le signe qu\u2019ils sont bien morts.Le rire tue sans espoir de retour.JEUDI 2 JANVIER \u2014 Depuis le temps que les Moscovites appréhendent ce 2 janvier de malheur, on y est.Jour un de la libéralisation des prix.L\u2019inconnu.S\u2019il est quelque chose que les Russes ne sont pas prêts à affronter après 70 ans de planification quinquennale, c\u2019est bien l\u2019inconnu.C\u2019est pour ça qu\u2019ils restent couchés.Tout de même, avant la fermeture des magasins, des éclaireurs se risqueront jusqu\u2019à la boulangerie et l\u2019épicerie, relever les prix.Ils en reviennent catastrophés.Le pain trois fois plus cher.La viande cinq fois.Le beurre six fois.Quand il y en aura bien sûr.Parce que pour l\u2019instant, les étagères n\u2019ont jamais été aussi vides.Les Moscovites refont leurs comptes.Ils avalent la pilule lentement.Après celle-là une autre les attend.Et une autre encore.Arriveront-ils sans guerre civile, sans révolte, au paradis capitaliste dont ils rêvent?L\u2019âme russe est lente et patiente, c\u2019est dans Tchékhov, dans Tolstoï aussi.Les foules russes, celles que je vois dans le métro, sont lentes et patientes.Mais, un à la fois, le Russe est-il aussi apathique qu\u2019il en a l\u2019air?Soixante-dix ans de morne répression l\u2019ont-ils anesthésié au point de le rendre inapte à la révolte, comme les poules qui ne savent plus voler à force de ne pas se servir de leurs ailes?Je n\u2019en sais foutre rien, mon vieux.TOUJOURS JEUDI 2 JANVIER \u2014 Pas loin du MacDonald\u2019s, lieux de tous les trafics, un type avec une sale gueule vend des cigarettes, des revues pornos et des très grosses cans de je ne sais quoi pour 300 roubles.Je regarde.C\u2019est du lait en poudre.Sur la boîte c\u2019est écrit: «Aide humanitaire.Not for sale».\u2014 Salaud.\u2014 Chto (Quoi)?\u2014 Babouin lamentable.VENDREDI 3 JANVIER \u2014 À la porte de ma station de métro, il y a un petit marché «libre», une rangée d\u2019étals bancals.Mais au moins, ici, on trouve quelques raisins de Géorgie, des noix, du lard.tout cela bien sûr, vingt fois plus cher que dans les épiceries d\u2019État.La plus petite table du marché est celle d\u2019un homme qui se tient derrière 32 citrons très exactement.Je les ai comptés.L\u2019homme n\u2019a rien d\u2019autre à vendre que ses citrons, superbes d\u2019ailleurs, les plus beaux du marché.D\u2019un jaune qui ensoleille le nulle part livide où nous sommes.Il en a fait trois tas, les petits à onze roubles, les moyens à treize et les gros à quinze.Les ménagères n\u2019en reviennent pas.\u2014 Sûrement les citrons les plus chers de Russie, proteste une femme.Dans une épicerie d\u2019État, les citrons valent un rouble pièce, ajoute-t-elle.\u2014 Avez-vous trouvé des citrons récemment dans les magains d\u2019État ?demande le marchand.\u2014 Non, admet la bonne femme.Il n\u2019y en a pas.\u2014 Ah, triomphe modestement le marchand.Si je n\u2019avais pas de citrons, moi aussi je les vendrais un rouble.Les ménagères de rire.Selon I r i na qu i m \u2019ac - compagne, c\u2019est une de ces vieilles blagues soviétiques sur la pénurie, redevenues d\u2019actualité.La même Irina me parie que l\u2019homme aux citrons est ingénieur, ou architecte, un professionnel quelconque.Irina a gagné.L\u2019homme aux citrons est médecin dans un roddom d\u2019État, une clinique d\u2019accouchement.Les citrons viennent du jardin de son frère en Géorgie.Il lui faudra la matinée pour les vendre.Il en tirera un profit net de 400 roubles.La moitié de son salaire mensuel de médecin accoucheur.ENCORE VENDREDI 3 JANVIER \u2014 Sur le trottoir, devant le modeste hôtel Youjnaïa, un curieux bazar.Pauvres gens venus vendre un ou deux objets personnels qu\u2019ils tiennent à la main.Ils sont sur deux rangées entre lesquelles circulent les curieux.Celui-là brade sa bouilloire.L\u2019autre une bouteille de shampooing.Son voisin une paire de savates.Longue litanie d\u2019objets moches.Une jeune femme proposait des spaghettis d\u2019une main, et de l\u2019autre, deux paires de petites culottes avec un Mickey sur le devant qui tirait la langue.Humiliant inventaire de la misère.VENDREDI 3 JANVIER TOUJOURS \u2014 J\u2019accompagne Irina à la garderie.Elle va chercher Nora, sa petite fille.Une grande salle de jeux ensoleillée, des jouets en bois, des petits lits bleus, des grosses madames à barbe pour leur faire des papouilles qui piquent.Rires d\u2019enfants.Bonheur pastel.L\u2019habit de neige de la petite Nora n\u2019est pas différent de celui de nos enfants, aussi long à enfiler, avec des zippers partout, des petits gants au bout des manches, et tout et tout.Irina qui était technicienne dans une usine chimique avant d\u2019accoucher, reçoit depuis deux ans son plein salaire, des miettes puisque c\u2019était déjà un petit salaire à l\u2019époque, et que depuis, le rouble a capoté.mais bon, le principe, l\u2019idée, l\u2019intention, c\u2019est correct non?C\u2019est un peu à l\u2019image de toute la société russe.Le principe, l\u2019intention, l\u2019idée est toujours à peu près correcte, et le résultat toujours à peu près fucké.Reste que ce n\u2019est pas le sauve-qui-peut qu\u2019on imagine.CommeAlice sonmiroir, il faut traverser ce néant suburbain incroyablement décourageant, il faut entrer chez les gens les plus modestes, s\u2019asseoir à leur table, les regarder vivre «pas si misérablement», les regarder vivre avec le raffinement d\u2019usage, cette pointilleuse minutie dans l\u2019ordonnance de leur maigre espace, dans la gestion de leur dénuement pour réaliser que sous le bordel apparent, la vie quotidienne des Russes est tricotée serré.Je crois qu\u2019on appelle cela de la culture.Quel intellectuel, chez nous, ne s\u2019est pas demandé au moins une fois à quoi ça sert la culture?Ici le plus humble moujik le sait : à vivre.Journal des Fêtes PHOTO LIU HEUNG SHING, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Des Moscovites vendent certaines de leurs possessions dans un marché improvisé de la capitale russe à l\u2019hiver 1992.PIERRE FOGLIA CHRONIQUE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 6 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 NOUVELLE FORMULE AUX EXTRAITS BIOLOGIQUES Crème des mille et une beautés PROMO 2 POUR 1 En vigueur jusqu\u2019au 4 janvier 2018 LA BB CRÈME DES CRÈMES AUX EXTRAITS BIOLOGIQUES Vingt cinq micro-piliers pour votre peau, Vingt cinq micronutriments actifs pour votre peau, Vingt cinq principes micro-éclatés pour votre peau, Vingt cinq facteurs naturels pour votre peau, Vingt cinq micro-supports micro-broyés pour votre peau, autant de sensations de bien-être pour votre peau.Oui, pour la micro-circulation de votre peau, il vous faut des ingrédients « micro » qui favorisent l\u2019absorption des nutriments naturels.La crème Multi-SoinsMC aux vingt-cinq ingrédients naturels, parmi les meilleurs au monde, est une bombe à micro-éléments et un cytofiltrat activateur plein de tonus, bienfaisant pour tous 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Beauté Johanne Verdon) 102-8005, boul.du Quartier, Brossard 438-491-2706 L\u2019ALVÉOL 227, rue Principale Ouest, Magog Mercredi et dimanche fermé Ligne sans frais : 1 877 511-3368 L\u2019ALVÉOL (Espace Santé Beauté Johanne Verdon) 407-B, rue Notre-Dame, Repentigny 450 657-2032Mercredi et dimanche fermé L\u2019ALVÉOL 104, suite 100, rte du Président-Kennedy, Lévis Lundi et dimanche fermé Ligne sans frais : 1 877 833-5933 Entrepôt Bio-Actif PRIX IMBATTABLES 880, Michèle-Bohec, suite 108, Blanville Heures d\u2019ouverture : tous les lundis, mardis, mercredis et jeudis de 9h00 à 11h30 Commandes postales Montréal : 1 800 272-1365 Lévis : 1 800 833-5933 Magog : 1 800 511-3368 SANTÉ EN DIRECT Ligne ouverte avec Johanne Verdon sur les ondes de Radio VM 91.3 FM le samedi de 8h00 à 10h00 ACTUALITÉS Publiée le 6 janvier 2001 P remier jogging de la nouvelle année.La longue côte du cimetière de Pigeon Hill.La nuit tombe, boum.Non, pas boum.La nuit se pose en douceur sur la neige qui la fait vibrer d\u2019ultimes lueurs.Trois chevreuils sautent la clôture d\u2019un verger comme s\u2019ils volaient au ralenti.Je me traîne, vieillard de plomb.Je cours parce que j\u2019aime ça.Parce que y\u2019a rien à la télé.Parce que je suis en train de lire un livre super plate \u2013 La tempête, JuanManuel De Prada.Je cours parce que Bukowski: If I stop to write those bastards will get me.J\u2019ai dit to write?Je voulais dire to run.Mais aussi depuis le 1er janvier, j\u2019ai une raison de plus de courir : je me prépare pour le marathon de New York.Pas celui de cette année.Celui de 2031.En 2031, j\u2019aurai 90 ans, presque 91.En novembre dernier, au marathon de New York, M.Abraham Weintraub, 90 ans, a franchi la distance en 7 heures, 25 minutes et 12 secondes.Nouveau record mondial pour le groupe d\u2019âge des 90 ans et plus.Vérifiez sur internet si vous croyez que c\u2019est une blague.Abe Weintraub.90 ans.42 km et des poussières en 7:25:12.En 2031, ce sera mon tour.En moins de sept heures.J\u2019ai trente ans pour me préparer.Je suis très sérieux.Je me suis d\u2019ailleurs permis d\u2019affecter mon jeune collègue de la section des sports, Alexandre Pratt, à la couverture de l\u2019événement.As-tu bien noté Alexandre ?Novembre 2031 \u2013 New York \u2013 Foglia.Une seule chose pourra m\u2019empêcher de courir ce mara- thon-là : le cancer du côlon.C\u2019est que les nouvelles ne sont pas très bonnes de ce côté-là.Je parle pour vous aussi bien que pour moi.Vous vous rappelez tout le bien qu\u2019on disait des fibres contenues dans certains aliments?Eh bien une toute récente étude menée pour le compte de la Société américaine du cancer nous apprend que les fibres ne préviennent rien du tout, mon vieux.Rien.Plus de dix ans qu\u2019on nous bassine avec les vertus des fibres, dix ans à bouffer des pruneaux comme des fous et à s\u2019étouffer avec les noyaux et un matin, en ouvrant le journal, un petit erratum: excusez-nous on s\u2019est trompé!.J\u2019ai fait quelques petites recherches, savez-vous comment, vers la fin des années 80, les scientifiques en sont venus à croire que les fibres prévenaient le cancer du côlon?Ils avaient observé, ces fin-finauds, qu\u2019en Afrique, précisément dans les régions rurales les plus pauvres, les paysans africains ne meurent quasiment jamais du cancer du côlon.Ah, ah, se sont-ils dit, ce doit être leur alimentation.Or ces paysans subsahariens se nourrissent presque exclusivement de manioc, un truc assez dégueulasse qui ressemble à du vomi de souris et que ma mère me faisait bouffer quand j\u2019étais petit sous le nom de tapioca.Paraît que c\u2019est plein de fibres, ce truc-là.Ah, ah, ce sont les fibres, se sont dit les scientifiques.Mangez des fibres.Je ne suis pas un grand savant, mais me semble que ça ne prend pas un doctorat en statistique pour déduire que lorsque dans une population donnée les gens meurent de faim très jeunes, les chances qu\u2019ils meurent d\u2019un cancer du côlon très vieux sont réduites d\u2019autant.Anyway.De toute façon je ne bouffais pas de fibres.Moi, je crois que le truc pour vivre longtemps, c\u2019est pas le tapioca, ni les pruneaux.Le truc, c\u2019est d\u2019avoir un but.C\u2019est pour ça que j\u2019ai décidé de courir le marathon de New York en 2031.T\u2019as noté Alexandre?2031, New York, premier dimanche de novembre, c\u2019est toujours le premier dimanche de novembre.Mais bon, comme je vous disais, je cours d\u2019abord parce que j\u2019aime ça.Et parce que j\u2019ai lu tous les livres.Et que la télé ça s\u2019peut pas.Et en passant devant le cimetière \u2013 quelle pertinence! \u2013 il me vient, bien sûr, que je cours aussi pour ne pas crever.C\u2019est fou tous les trucs auxquels on peut penser quand on court.J\u2019avais en tête les quelques lignes que m\u2019a adressées récemment un lecteur (Michel Bellemare), une sorte de définition universelle de la grandeur d\u2019âme qui va comme ceci: «Je ne suis pas d\u2019accord avec ce que vous dites, mais je suis prêt à mourir pour que vous puissiez le dire».C\u2019est beau, non?Sauf que, dans nos contrées, n\u2019importe qui peut dire à peu près n\u2019importe quoi et on n\u2019est pas obligé de mourir pour ça.Une liberté très appréciée mais qui nous prive de grandes scènes héroïques.Là tout de suite, je pense très fort à quelqu\u2019un dont je ne partage à peu près jamais le point de vue, et je nous imagine en train de nous faire des politesses pour décider lequel mourra pour l\u2019autre, un peu comme les gens qui se disputent l\u2019addition au restaurant.Elle dirait : C\u2019est moi.Je dirais ah non tu permets, c\u2019est moi.Elle dirait j\u2019insiste.Je d i ra i s bon ben OK d\u2019abord.Anyway.Je cours aussi pour hurler au vent tout ce que je ne peux pas hurler aux gens.L\u2019autre jour, un monsieur qui dit s\u2019appeler Yvon Montoya me soumet un long et savant texte auquel je ne comprends rien, texte qui a été refusé par une revue que je ne connais pas, dans laquelle sévit un auteur dont le nom ne me dit rien.Je réponds gentiment à M.Montoya en m\u2019excusant de tomber des nues.Nouveau courriel du monsieur : « Je m\u2019en doutais.Vos opinions de style Café du Commerce sont un bon reflet du pauvre niveau de la pensée au Québec.» Alors voilà, petit peuple ignorant, je cours vous retrouver au Café du Commerce qui pourrait servir d\u2019enseigne à cette chronique, cela ne me défriserait pas.Nous y parlerons de Mario Lemieux, de la Palestine, du fouillis de la réforme scolaire, des fusions, du tireur fou de Boston, et nous nous redemanderons pour la nième fois comment il se fait que lorsqu\u2019on observe de près l\u2019Homme et sa fiancée, on les voit faire sans arrêt des petits pas en arrière, mais quand on y regarde sur vingt ou trente ans, on voit bien, au contraire, qu\u2019ils font des grands bonds en avant.L\u2019Homme et sa f iancée avancent-ils en reculant?C\u2019est le grand mystère du Café du Commerce.J\u2019y pense, est-il trop tard pour vous souhaiter la bonne année?Le mystère du Café du commerce Publiée le 5 janvier 2013 C\u2019 est pas la neige ; la neige, ça se pellette.C\u2019est pas la neige, c\u2019est ceux qui disent, inspirés, ah comme il a neigé! C\u2019est pas la neige qui me fait chier, c\u2019est la bonne femme météo qui nous l\u2019annonce comme un cadeau.C\u2019est pas la neige, c\u2019est ceux qui revendiquent leur nordicité et qui s\u2019en font un drapeau.Ceux qui ont déjà déneigé un toit, levez la main.Les autres, taisez-vous donc.Sont 30 kilos over, l\u2019été tondent leur gazon sur un petit tracteur, leur gros cul qui déborde du siège, pout, pout, pout.Veulent nous faire croire qu\u2019ils vont chercher le journal au village en raquettes ou en ski de fond.C\u2019est pas la neige, c\u2019est les bigots, les dévots du froid.Fait moins vingt, moins 55 avec le refroidissement éolien ; attention, tu vas te geler les couilles.Mais les couilles, ça gèle pas.Le cerveau, oui.Le pays des cerveaux gelés.Les blizzards ont trempé leur âme, forgé leur volonté.C\u2019est pas la neige, c\u2019est ceux qui la revendiquent comme identité, comme civilisation.C\u2019est pas la neige, c\u2019est le Canada.De novembre à avril, je suis complètement, exclusivement luxembourgeois.! ! ! Cette nuit, les coyotes m\u2019ont réveillé.Quand je les entends glapir, ricaner et japper si près de la maison, je me dis les sacraments sont en train de bouffer un de mes chats.Alors je me lève pour les compter.Pas les coyotes, niaiseux.Les chats.7, 8, 9 il en manque un.Ah, voilà Charlie qui sort de l\u2019armoire à musique.Dix avec Charlie.Tout est bien.J\u2019ai dit un, c\u2019est une.Tout l\u2019été on a cru que Charlie était un garçon.C\u2019est une fille.Elle nous est arrivée une nuit de juillet, plus petite qu\u2019un rat, noire et blanche comme sa mère, qui vit à cinq kilomètres d\u2019ici sous le pont de la rivière aux Brochets.Tellement maigre, la mère, qu\u2019elle ne devait plus avoir de lait.Si c\u2019est comme ça, a dit la petite, son baluchon sur l\u2019épaule, je m\u2019en vais chez les Foglia.Cinq kilomètres à travers une forêt pleine de coyotes.Allez pas croire, j\u2019aime les coyotes aussi.Plus que les gens.Tiens, l\u2019autre matin, sur Twitter, y avait une photo mise en ligne par Carey Price qui le montrait lui, Carey Price, un fusil semi- automatique à la main, derrière un pick-up dans la boîte duquel on voit le coyote qu\u2019il venait de tuer.Mettons j\u2019aurais 40 ans.Mettons j\u2019aurais un petit garçon de 8 ans.Mettons dans sa chambre, au mur, y aurait un poster de Carey Price.Et ben drette là \u2013 drette là! y aurait pu de poster de Carey Price.Le petit garçon pleurerait.Pleure pas, c\u2019est un con.Viens, je vais t\u2019apprendre une récitation, ça s\u2019appelle Lamort du loup.Nos fusils l\u2019entouraient en sinistre croissant/Il nous regarde encore et se recouche/Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche/.Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri (1).T\u2019as compris?Sans jeter un cri.Arrête de brailler.! ! ! Parlant de hockey, mon année sportive a commencé par un cri de joie quand j\u2019ai entendu, jeudi matin, à C\u2019est bien meilleur le matin, que l\u2019équipe canadienne s\u2019était fait sortir de la finale du Championnat du monde de hockey junior.Défaite de 5 à 1 contre les Américains.Yess.J\u2019étais surtout content pour les entraîneurs canadiens incapables de mettre en valeur le formidable talent de cette équipe pour n\u2019en exploiter, comme d\u2019habitude, que le côté le plus sombre: la brutalité.Mon année sportive s\u2019était terminée le 31 décembre par la lecture d\u2019un des meilleurs textes sportifs de l\u2019année, Ronald King, dans La Presse.Le titre, « La honte ».Le sujet, cette même équipe junior: «Le scénario se répète chaque année.les jeunes nous font honte avec du jeu violent, digne des pires matchs professionnels.Autant ils sont talentueux, autant ils sont détestables, anti-sportifs, mesquins.» ! ! ! Ma vie c\u2019est d\u2019la marde, une fois, dix fois, cinquante fois, c\u2019est amusant.Mais 1263 fois?Lorsque ce printemps j \u2019ai entendu Lisa LeBlanc en entrevue à l\u2019émission de madame Perrin, j\u2019ai eu le même coup de cœur que pour Adamus, ou pour Avec pas d\u2019casque.Même marginalité inspirée, même liberté dans les textes.Mais j\u2019ai su de suite que cette toune-là \u2013 Ma vie c\u2019est d\u2019la marde \u2013 allait sans doute la tuer après l\u2019avoir mise au monde.C\u2019est ce qui est en train d\u2019arriver.C\u2019est bête parce que c\u2019est une bonne toune, sauf qu\u2019on n\u2019entend plus les autres.Cette fille, qui est beaucoup plus qu\u2019un accent et une par- lure, est en train de se laisser réduire à une toune, même pas à une toune, à un mot: de la maaaaaaaarde.Triste.! ! ! Je viens de voir cinq bons films québécois de suite.Je sais, les revues de l\u2019année ont toutes souligné que 2012 n\u2019avait pas été un grand cru.Laurence Anyways, c\u2019est 2011?Oui, mais il vient juste d\u2019arriver à mon club vidéo.Camion aussi, c\u2019est bon, non?C\u2019est même meilleur.Rebelle, j\u2019ai eu de la misère, mais c\u2019est loin d\u2019être nul.Il y a aussi Le torrent, si fidèle (trop ?) à Anne Hébert, et l\u2019extraordinaire Laurentie dont j\u2019ai déjà parlé.Ça fait cinq de suite.Pour une mauvaise année.P a r l a n t de c i néma , j e lisais l\u2019autre jour un article sur Audrey Tautou, qui incarne Thérèse Desqueyroux.J \u2019a i eu une absence, c \u2019tu Mauriac, Thérèse Desqueyroux?Cout\u2019donc, cela vous arrache tant que cela la gueule de nommer l\u2019auteur?Comme le film dont tout le monde parle ces jours-ci, De rouille et d\u2019os.Avant d\u2019être un film d\u2019Audiard, c\u2019est une nouvelle d\u2019un auteur canadien, Craig Davidson (d\u2019ailleurs très mal traduit chez Albin Michel).Encensée par la critique américaine, saluée par des écrivains comme Thom Jones, Brady Udall, Stewart O\u2019Nan, De rouille et d\u2019os est d\u2019abord une œuvre littéraire, un LI-VREU.Un livre dans lequel il y a huit histoires qui pourraient toutes devenir des films.Nommez- moi un film qui est déjà devenu un livre.! ! ! Le mononcle à sa nièce qui est en première année : Pis?Aimes-tu l\u2019école?La réponse fuse : non! Mais il faudra bien apprendre à lire pareil parce que si on a des enfants, on va être obligé de leur lire des histoires.Bref, faut aller à l\u2019école.Faut apprendre à lire.Faut avoir des enfants.Faut leur lire des histoires.Pouuuuh.La chanteuse aurait-elle raison?1.Poème d\u2019Alfred de Vigny.Ma vie, c\u2019est de la.neige PIERRE FOGLIA CHRONIQUE PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE Pierre Foglia joggant dans la région de Frelighsburg en 2003 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 8 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 HEURES D\u2019OUVERTURE : SAMEDI 9h à 17h \u2022 DIMANCHE 10h à 17h \u2022 LUNDI FERMÉ (jour de l\u2019An) \u2022 MARDI ET MERCREDI 10h à 18h \u2022 JEUDI ET VENDREDI 10h à 21h HEURES D\u2019OUVERTURE : SAMEDI 9h à 17h \u2022 DIMANCHE 10h à 17h \u2022 LUNDI FERMÉ (jour de l\u2019An) \u2022 MARDI AU VENDREDI 10h à 21h *Termes et conditions de la vente pour le programme de ?nancement «Paiements mensuels égaux, sans intérêt» : achat minimum requis de 799$ avant taxes pour les meubles, matelas, accessoires de décoration, électroménagers et appareils électroniques sauf items sélectionnés.Sous réserve de l\u2019approbation de la Fédération des caisses Desjardins du Québec (« la Fédération»).Tous les taux d\u2019intérêt annuels indiqués sont sujets à changement.L\u2019offre «Paiement reporté, aucun paiement ni intérêt avant.» permet de rembourser, par l\u2019entremise d\u2019une carte de crédit émise par la Fédération (« la carte»), un achat à paiement reporté qui est sans intérêts pendant la période déterminée lors de l\u2019achat.Si cet achat est non payé en entier à échéance, un taux d\u2019intérêt annuel d\u2019au plus 21,9% s\u2019y applique et celui-ci est converti au mode de remboursement d\u2019un achat par versements égaux et consécutifs exigible en 12 mensualités égales si le solde converti est inférieur à 1000$, en 24 mensualités égales si le solde converti est égal ou supérieur à 1000$ et inférieur à 3000$, et en 36 mensualités égales si le solde converti est égal ou supérieur à 3000$.Taux d\u2019intérêt annuel de la carte d\u2019au plus 19,9%.Le délai de grâce de la carte est de 21 jours sans intérêts, à partir de la mise à la poste du relevé mensuel ou de sa mise en disponibilité en format électronique, pour acquitter le solde total du relevé sans être obligé de payer des frais de crédit, sauf sur les avances d\u2019argent et les chèques.Paiement minimum de la carte constitué de 5% du total : du solde indiqué sur le relevé de la période précédente, des frais de crédit applicables aux achats et mensualités impayés à l\u2019échéance de cette période, des achats courants, avances d\u2019argent et chèques de la période visée par le relevé et des frais de crédit sur les avances d\u2019argent et les chèques; auquel s\u2019ajoutent : la ou les mensualités de la période visée par le relevé, le montant des achats à paiement reporté exigible à la date du relevé, tout montant en souffrance et toute autre somme prévue par le contrat de la carte.Il n\u2019y a aucuns frais d\u2019adhésion/renouvellement qui s\u2019appliquent selon la carte demandée ou utilisée pour procéder à l\u2019achat.Détails en magasin.Offres en vigueur du lundi 25 décembre au dimanche 31 décembre 2017.Quantité limitée sur certains articles.Valable sur les produits en inventaire seulement.Ces offres ne peuvent être jumelées à aucune autre promotion.Détails en magasin.\u2020\u2020Brault & Martineau déduira de votre achat un montant équivalant à la TPS et à la TVQ.Détails en magasin.Marques et modèles sélectionnés.Détails en magasin.\u2020\u2020\u2020Voir conditions en magasin.**Dans un rayon de 200 km.Détails en magasin.EXEMPLES DE FRAIS DE CRÉDIT SOLDE MOYEN QUOTIDIEN TAUX D\u2019INTÉRÊT ANNUEL COÛT POUR UN CYCLE DE FACTURATION DE 30 JOURS COÛT ANNUEL 100 $ 100 $ Achat courant 19,90 % 1,64 $ 19,90 $ Achat par versements égaux 19,90 % 1,64 $ 19,90 $ Achat à paiement reporté 21,90 % 1,80 $ 21,90 $ Desjardins partenaire officiel de Brault&Martineau www.braultetmartineau.com EN VIGUEUR À LA FIN DE MOIS/ANNÉE M A R I E - P I E R R E C H A M PA G N E 09 / 05 09 / 05 Paiement Direct MASCOUCHE 450 474-8531 ST-JÉRÔME 450 431-9338 SAINT-LÉONARD 514 254-9455 LAVAL 450 682-2516 BROSSARD 450 619-6777 GATINEAU 819 561-5007 \u2022 1 877 755-2555 SAINTE-THÉRÈSE 450 430-0555 KIRKLAND 514 697-9228 LASALLE 514 364-6110 SHERBROOKE 819 562-4242 \u2022 1 800 267-4240 SAINT-HUBERT 450 676-1911 braultetmartineau.com Réfrigérateurde21,6pi³ 4 demi-tablettes en verre/Éclairage DEL Machine à glaçons Disponible en blanc.Voir prix en magasin Livraison, ramassage et service gratuits Mobilier de cuisine Dessus de table en verre Table ronde de 99 cm (39 po) de diamètre Disponible en blanc Voir prix en magasin Livraison gratuite Mobilier de chambre Disponible avec base de lit avec rangement.Voir prix en magasin Livraison gratuite \u2022 Commode 5 tiroirs 5,58 $*/mois ou 279 $ Comprend : 1 table et 4 chaises Mobilier de salon modulaire Disponible en con?guration inversée Livraison gratuite Téléviseurde49po 1080p/MR 60/3 entrées HDMI Livraison gratuite Téléviseur intelligent 4Kde58po 4K/MR 120/HDR Pro Livraison gratuite Comprend : bureau double, miroir, 2 tables de nuit et tête de lit Matelas et sommier POESY Soutien de contour BetterStability®/Sommiers rigides de 9 ou 5 po disponibles Livraison gratuite \u2022 1 place 9,78 $*/mois ou 489 $ \u2022 Grand lit 11,98 $*/mois ou 599 $ \u2022 Très grand lit 19,98 $*/mois ou 999 $ Matelas et sommier ENERGIE FIT Périmètre de mousse/Sommiers rigides de 9 ou 5,5 po disponibles Livraison gratuite \u2022 1 place 14,98 $*/mois ou 749 $ \u2022 Grand lit 17,98 $*/mois ou 899 $ \u2022 Très grand lit 25,98 $*/mois ou 1299 $ Cuisinière avec four à convectionautonettoyant Four de 5,9 pi³/Speed Bake®/Nettoyage à la vapeur Disponible en blanc.Voir prix en magasin Livraison, ramassage et service gratuits Lave-vaisselle Capacité de 15 couverts/3e panier Modèle silencieux (44 dBA) Livraison, ramassage et service gratuits Ach etez aum oins 2 de ces élec trom énag ers e t NOU S PA YON S LE S 2TA XES\u2020 \u2020 Payez jusqu\u2019à versements sans intérêt * sur les meubles, matelas, accessoires de décoration, électroménagers et appareils électroniques Marques et modèles sélectionnés 90 jours d\u2019essai\u2020\u2020\u2020 + Service de livraison flexible et gratuit** Plage horairede 4heures Les chèques-cadeauxB&M toujoursagréablesetpratiquesà recevoir! 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Comment voulez-vous faire confiance à un État dont le nom est un mélange d\u2019Allah et d\u2019Obama!?» \u2014 Donald Trump 1.«Cette année, puis-je passer mes vacances des Fêtes dans un paradis fiscal?» \u2014 Justin Trudeau LE PALMARÈS DONALD DE L\u2019ANNÉE 2017 5.Porto Rico songe à ériger un mur pour se protéger des rouleaux d\u2019essuie-tout lancés par Donald Trump.4.Dona ld T rump a commencé à l i r e l e l iv r e d\u2019H il la ry Clinton , i l a arrêté après 140 caractères.3.Quel est le point commun entre Donald Trump et la NFL ?Les deux peuvent causer des dommages aux cerveaux.2.Donald Trump a dit plus souvent « You\u2019re fired ! » en un an à la Maison- Blanche qu\u2019en dix ans à The Apprentice.1.On ne peut pas dire que Donald Trump est devenu président parce qu\u2019il a bu du lait, mais on peut dire qu\u2019il ne boira plus le nôtre.LE PALMARÈS TOUS AZIMUTS DE L\u2019ANNÉE 2017 6.Adidas est maintenant une entreprise de running gags.5.Pour reconduire les gens qui ont fumé trop de pot durant le temps des Fêtes, on va créer Opération Yeux rouges.4.Est-ce que Molson a pensé qu \u2019en déménagea n t à Longueuil, son indicatif régional serait quatre 50?3.Le chirurgien a une prime s\u2019il arrive à l\u2019heure.Et le patient a une prime d\u2019assurance si son heure est arrivée.2.Pour conclure l\u2019entente avec Netflix,MélanieJolyanégo- cié avec Frank Underwood.1.La croissance de l\u2019anglais est overrated au Québec.! ! ! On tou rne la page su r l\u2019année, pour la dernière fois.Finie La Presse papier.Dorénavant, les pages vont glisser.Autant le samedi qu\u2019en semaine.J \u2019ai passé mon en fance à découper La Presse pour conserver les articles sur mes sujets préférés : le hockey, la conquête de l\u2019espace, la musique, la politique.Je collais tout ça dans des scrapbooks.Que je relisais sans fin.Je fais confiance aux enfants d\u2019aujourd\u2019hui, ils trouveront bien une façon de faire en sorte que les écrits restent.Bonne année! Vive 2018! Vive l\u2019avenir ! Que tout change, mais que l\u2019amour reste ! l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 10 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 LeBonneEntente.com | 1 800 463-4390 EntourageResort.com | 1 833 463-8998 #LeBonneEntente #ESLinspiration UN SEUL TARIF 179$ UNE NUITÉE, DEUX PETITS-DÉJEUNERS CODE PROMO : LAPRESSE DEUX DESTINATIONS UNIQUES à Québec ! linenchest.com 28 magasins Une entreprise québécoise 1966 Chaque histoire à succès débute avec de la détermination, de l\u2019engagement et la volonté de bâtir des choses.L\u2019histoire de LINEN CHEST a pris naissance en 1966 sur le chemin Queen Mary à Montréal, là où fut fondé la première boutique.1984 LINEN CHEST emménage au Centre Rockland afin d\u2019augmenter son offre de produits avec des marques prestigieuses de première qualité.L\u2019ajout d\u2019un mur de porcelaine fine et de serviettes colorées, a conféré une nouvelle dimension à l\u2019art de l\u2019étalage\u2026 et du magasinage ! Par ailleurs, les services de registre de cadeaux et de consultation en habillage de fenêtres à domicile répondent aux besoins d\u2019une plus grande clientèle.1991 LINEN CHEST ouvre un nouveau magasin aux Promenades de la Cathédrale, au centre-ville de Montréal; c\u2019est alors le plus grand magasin du genre au Canada.Les clients peuvent magasiner dans un environnement dernier cri qui propose l\u2019usage de nouvelles techniques d\u2019affichage innovantes et uniques de l\u2019époque.La politique du plus bas prix garantis pour toute une année voit aussi le jour à cette époque.2013 LINEN CHEST reçoit le prix Gia pour l\u2019excellence de l\u2019aménagement visuel de ses nouveaux magasins, sa sélection de produits ainsi que son service à la clientèle.Une récompense prestigieuse quand on sait que lesGlobal Innovation Awards décernent des prix aux meilleurs concepts au monde pour ce type de magasins.Seules quatre entreprises canadiennes l\u2019ont emporté à ce jour.2017 L\u2019ENTREPRISE QUÉBÉCOISE est maintenant bien établie au Québec, en Ontario (Ottawa, Toronto et London) et dans les Maritimes (Moncton et Halifax).En 2017, LINEN CHEST a accouché d\u2019un 27e magasin à Trois-Rivières ainsi que d\u2019un 28e magasin à Lévis.D\u2019autres sont encore à venir ! Cinquante ans après sa création, LINEN CHEST est plus que jamais dans la course! 50 ans d\u2019offres inégalées\u2026 Au revoir La Presse papier ACTUALITÉS MARTIN VALLIÈRES Le grand froid qui sévit ces jours-ci s\u2019avère très gênant dans les stations de ski du Québec, en pleine période de pointe des Fêtes, alors même que les conditions de neige sont les plus avantageuses depuis des années.Après un bon week-end de Noël, le nombre de skieurs a soudainement baissé, pour atteindre en moyenne de 1000 à 3500 skieurs par jour \u2013 alors que 10 000 skieurs journaliers étaient attendus.En outre, depuis mercredi, les stations doivent réduire leurs activités les plus éner- givores en début et en fin de journée en réponse aux «appels de puissance» lancés par Hydro-Québec à ses gros clients commerciaux, afin de gérer la forte demande d\u2019électricité par grand froid.À la stat ion de sk i de Bromont, par exemple, cet appel d\u2019Hydro-Québec provoque depuis mercredi une ouverture matinale décalée d\u2019une trentaine de minutes, ainsi qu\u2019une fermeture hâtive vers 15h30, sans ski de soirée sous un éclairage énergivore.Da ns le s L au ren t ide s , au g roupe Les Sommets qui exploite les stations de sk i Sa int-Sauveu r/Avi la , Gabriel, Olympia et Morin Heights, on fait état d\u2019un impact relativement limité.« Nous avons les meilleures conditions de neige depuis des années pour la période des Fêtes.Et manifestement, un bon nombre de skieurs veulent en profiter malgré le froid », soutient Christian Dufour, directeur du marketing du groupe Les Sommets.Tou te fo i s , en répon se à l\u2019« appel de puissance » d\u2019Hydro-Québec, le groupe Les Sommets a recentré tout le ski de soirée à son centre de ski principal, Saint-Sauveur.Dans la région de Québec, la direction des stations de ski Mont-Sa inte-Anne et Stoneham a aussi réduit certaines opérations.Froid gênant dans les stations de ski PHOTO JEAN-MARIE VILLENEUVE, LE SOLEIL Il fallait être habillé chaudement pour affronter les rigueurs hivernales ces derniers jours, comme ici au Centre de ski Le Relais à Québec.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 12 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 AT-28DE17-12339 Achats en ligne maintenant disponibles *Sur notre prix étiqueté, excluant les produits à prix déjà réduit, Quartz Co., Kanuk, Arc\u2019teryx et autres marques et modèles sélectionnés.Détails en magasin et sur sportsexperts.ca.Cette promotion de 11 jours débute le 28 décembre 2017.Les rabais de cette annonce sont en vigueur du jeudi 28 décembre 2017 au dimanche 7 janvier 2018 dans tous nos magasins de la province de Québec.Les rabais sur certains produits peuvent se prolonger après cette promotion.Si nous découvrons des erreurs ou omissions dans la publicité, ATMOSPHEREMD SPORTS-PLEIN AIR fera les corrections nécessaires et en avisera les consommateurs le plus rapidement possible.Les quantités peuvent être limitées.La sélection (styles, couleurs, grandeurs et modèles) peut varier par magasin.Nous nous réservons le droit de limiter les quantités achetées.MDMarque déposée de FGL Sports ltée.Les autres marques de commerce sont détenues par leur(s) propriétaire(s) respectif(s).SOLDE D\u2019APRÈS-NOËL SE POURSUIT JUSQU\u2019AU 7 JANVIER OBTENEZ JUSQU\u2019À Marques et modèles sélectionnés.Rabais en vigueur aussi chez Sports Experts SÉLECTION DE VÊTEMENTS D\u2019HIVER SÉLECTION DE BOTTES D\u2019HIVER SÉLECTION DE RAQUETTES À NEIGE, D\u2019ÉQUIPEMENTS DE SKI DE FOND ET DE SKI DE RANDONNÉE ALPINE (SKIS, BOTTES ET FIXATIONS) DÈS LE 28 DÉCEMBRE % 50 DE RABAIS* OBTENEZ 20% À % 50 DE RABAIS* OBTENEZ JUSQU\u2019À % 30 DE RABAIS* Marques et modèles sélectionnés.Marques et modèles sélectionnés. PAPAGROOVE 24 février \u2022 L\u2019Astral ALA.NI 22 février \u2022 Gesù DAVID MYLES The Real Love Tour 24 février \u2022 Gesù RANDOM RECIPE 1er mars \u2022 Club Soda LE CHASSE- GALERIE BISTRO LA SOCIÉTÉ PORTUS 360 LE MONTRÉAL THE FRANKLIN ELECTRIC Première partie : Dan San 23 février \u2022 MTELUS COMPAÑÍA EVA YERBABUENA AY! 28 février \u2022 Théâtre Maisonneuve, Place des Arts ISABELLE BOULAY En vérité 1er mars \u2022 Théâtre Maisonneuve, Place des Arts STACEY KENT 3 mars \u2022 Théâtre Maisonneuve, Place des Arts GREGORY PORTER 23 février \u2022 Maison symphonique de Montréal MARIE-JOSÉE LORD ET L\u2019ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE LAVAL Femmes 27 février \u2022 Théâtre Maisonneuve, Place des Arts LE LYCÉE BRISE-LAMES : DE LA PROVENCE À MONTRÉAL 22 et 23 février Chef : Rémi Brunelle Chefs invités : Jessica Gilly, Vincent Bezy CHASSE ET VIN AU FÉMININ 1er mars Chef : Alexandre St-Amand Tremblay Invitées: Jessica Harnois, Suzy Rainville LA BRASSERIE BAROCHE 28 février et 1er mars Chef : Gilles Tolen Chef invité : David Baroche BRIGITTE BOISJOLI ENFILE LE TABLIER 28 février Chef : Jean-Pierre Curtat Avec : Brigitte Boisjoli BON APPÉTIT : MIYOU MITSOU 26 et 27 février Chef : Helena Loureiro Chef invité : Jocelyn Myre avec l\u2019école Waswanipi SOIRÉE DÉGUSTATION BORÉALE 2 et 3 mars Chef : Rémi Brunelle Chef invité : Martin Brisson BLUMENTHAL 19e édition 22 FÉVRIER AU 4 MARS 2018 EN VENTE MAINTENANT ARTS ET SPECTACLES OFFREZ LA GASTRONOMIE ! programmation complète au montrealenlumiere.com Réservez maintenant Billetterie Place des Arts et Maison symphonique de Montréal 514 842-2112 / 1 866 842-2112 placedesarts.com Gesù 514 861-4036 legesu.com L\u2019Astral 1 855 790-1245 ticketmaster.ca Club Soda 514 286-1010 clubsoda.ca MTELUS 1 855 790-1245 ticketmaster.ca QUELQUES-UNES DE NOS BONNES TABLES ACTUALITÉS Cent trente-trois ans, 2 mois et 10 jours après sa naissance, La Presse est désormais 100 % numérique sur tablette (La Presse+), téléphone (La Presse Mobile) et sur le web (lapresse.ca).Nous profitons de cette étape importante de notre histoire pour remercier tous nos employés et partenaires qui ont assuré la production sans heurts de La Presse papier jusqu\u2019à la toute fin.Nous levons particulièrement notre chapeau aux équipes de La Presse à la rédaction, au tirage, à la distribution, aux camelots, aux camionneurs, au service à la clientèle, à la maquette, à la publicité, à la technologie et chez les gardiens de l\u2019édition.Merci aussi à notre imprimeur, Transcontinental, et aux employés de l\u2019imprimerie Transcontinental Métropolitain.Merci au Groupe Capitales Médias pour la distribution à l\u2019extérieur de Montréal.Merci aux milliers de marchands qui ont offert La Presse papier à nos lecteurs.PUPITRE > Richard René > Marius Marin > Sébastien Mathieu > Jean-Luc Renaud > Laurent Dionne > Véronique Larocque > Nicolas Dussault > Simon Kretz > Simon-Olivier Lorange > Marie-Claude Mongrain GRAPHISME > Hélène de Guise > Brigitte Dionne > Daniel Riopel > Camille Dussault > Anik Poliquin RÉVISION > Lucie Côté > Marie-Hélène Bolduc > Dominique Boucher > Michael Flookes > Janie Gosselin > Constance Havard > Martin Labrosse > Frédérique Léger-Provost > Réal Marchessault > Anne Rouleau TIRAGE, DISTRIBUTION ET COMMERCIALISATION > Jocelyn Godbout > Serge Darveau > Brigitte Farly > Alain Marcoux > Isabelle Nadon > Linda Trudel > David Huneault > Douli Rizkalla > Mike Raffoul > Isabelle La Barre > André Lépine > Gina Morin > Benoît Bougie > Normand Rioux > Pierre Lavoie MAQUETTE ET ENVOI DES PAGES > Amélie Gravel > André-Luc Grenier > Alexandre Labrie > Marc Noël Merci également à tous ceux que nous avons probablement oubliés (nos excuses).MERCI À NOS ARTISANS Le cahier spécial Techno encarté dans La Presse d\u2019aujourd\u2019hui.Camille Dussault et Marie-Claude Mongrain mettent la dernière touche à la une.Les presses sur lesquelles sont imprimés les exemplaires de La Presse.Poste de contrôle de l\u2019imprimerie Transcontinental Métropolitain PHOTOS BERNARD BRAULT, LA PRESSE Ci-dessus, les artisans du numéro d\u2019aujourd\u2019hui : Dominique Boucher, réviseuse, Camille Dussault, graphiste, Marie-Claude Mongrain, chef de pupitre, Amélie Gravel, technicienne, qualité et diffusion des éditions, Constance Havard, réviseuse, Sébastien Mathieu, journaliste au pupitre, Richard René, chef de division, Michael Flookes, réviseur, Simon-Olivier Lorange, chef de pupitre et Martin Labrosse, réviseur l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 14 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 * Excluant les commandes et les parchemins peints main.Aucun ajustement de prix sur les commandes ou les achats antérieurs.\u2022 Ouvert depuis 25 ans \u2022 Plus de 5 000 abat-jour en magasin.\u2022 Le plus grand choix au Canada.\u2022 Service de recouvrement sur mesure.\u2022 Apportez votre pied de lampe pour un ajustement parfait.\u2022 Réparation sur place.Montréal : 4875, rue Jean-Talon Ouest 514 344-8555 Laval : 2267, boul.Le Corbusier 450 682-8280 www.abatjourillimites.ca Présentez ce coupon au moment de l\u2019achat D\u2019ABAT-JOUR AU PRIX RÉGULIER* VALIDE À PARTIR DU 30 DÉCEMBRE 2017 de rabais 20% Obtenez La Presse OUVERT 7 JOURS SUR 7 #innoverpourlavie innoverpourlavie.ca PROMOTION En examinant votre facture de médicaments d\u2019ordonnance, vous avez sans doute remarqué que certains coûtent cher, surtout les traitements de pointe contre les maladies graves.Si leurs prix sont parfois élevés, les médicaments ont tout autant de valeur pour le système de santé, l\u2019économie et les patients.Des changements proposés à leur tari?ca- tion menacent toutefois cet équilibre et pourraient réduire votre accès aux thérapies dont vous avez besoin.Le prix d\u2019un nouveau médicament tient compte de plusieurs facteurs.Une étude de l\u2019Université Tufts (2016) au Massachusetts révèle que les sociétés pharmaceutiques investissent en moyenne 2,6 milliards de dollars américains pour qu\u2019un médicament franchisse les étapes de la recherche et du développement (R-D), des essais cliniques et des approbations réglementaires, pour en?n arriver entre les mains des patients.Ce processus prend généralement dix ans, et à peine un médicament sur douze est commercialisé.Une bonne partie de l\u2019investissement sert à créer des emplois de haut niveau et à ?nancer l\u2019innovation dans les universités et les centres de recherche du monde entier.«L\u2019industrie des médicaments novateurs est bien au fait des occasions qui découlent de l\u2019innovation jour après jour, d\u2019un bout à l\u2019autre du pays», a?rme Pamela Fralick, présidente de Médicaments novateurs Canada (MNC).«Nous voulons continuer à attirer des investissements en R-D au pays a?n de mettre au point la prochaine génération de médicaments pour les patients.» COMMENT CALCULE-T-ON LE PRIX D\u2019UN MÉDICAMENT?Ce n\u2019est pas le fabricant qui ?xe le prix plafond d\u2019un nouveau médicament, mais bien un organisme gouvernemental.En e?et, le Conseil d\u2019examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB), PRIX DES MÉDICAMENTS ET INNOVATION EN SANTÉ : fondé en 1987, a pour mission de protéger les consommateurs contre les prix excessifs et de faire le suivi des investissements en recherche.Selon le rapport annuel 2016 de l\u2019organisme, les prix des médicaments au Canada sont restés stables l\u2019année dernière (en baisse de 0,5%) et ont reculé par rapport à ceux pratiqués dans les pays de comparaison.Au chapitre des prix, le Canada arrive au quatrième rang sur huit pays, derrière les États-Unis, l\u2019Allemagne et la Suisse.Le mandat du CEPMB n\u2019a pas changé, mais les modi?cations proposées au Règlement sur les médicaments brevetés, récemment annoncées, transformeraient en profondeur le fonctionnement de l\u2019organisme.Pour Mme Fralick, en mettant l\u2019accent sur le contrôle des prix, la réforme du gouvernement fédéral risque de perturber l\u2019équilibre et de limiter l\u2019accès aux médicaments.Les propositions du gouvernement et leurs répercussions possibles sur les investissements en sciences de la vie génèrent donc une vive incertitude dans le secteur pharmaceutique.LA R-D EN SANTÉ: UN INVESTISSEMENT AVANTAGEUX POUR TOUS Lors de la fondation du CEPMB il y a 30 ans, les sociétés pharmaceutiques avaient convenu de consacrer 10% de leur chi?re d\u2019a?aires à l\u2019innovation.Mais depuis quelques années, le CEPMB note que cet engagement n\u2019est pas respecté selon la dé?nition de la R-D qu\u2019il applique.Cette dé?nition date toutefois de 1987 et ne tient pas compte des investissements nouveau genre, notamment le ?nancement de chaires de recherche ou des projets comme JLABS@Toronto, un incubateur spécialisé en sciences de la vie issu de la collaboration des secteurs privé et public.Un récent rapport (2016) de la ?rme EY révèle que les sociétés membres de MNC investissent 9,97%de leur chi?re d\u2019a?aires dans la recherche,soutiennent 30000emplois dehautniveauet génèrent19milliards de dollars en activité économique.L\u2019industrie et l\u2019État devront travailler main dans la main pour assurer l\u2019abordabilité des médicaments tout en donnant aux sociétés pharmaceutiques la marge de manœuvre nécessaire pour investir dans l\u2019innovation et continuer à o?rir de nouveaux médicaments au Canada.«Accroître l\u2019accès aux médicaments novateurs et veiller à ce qu\u2019ils restent abordables ne sont pas des ambitions incompatibles», conclut Mme Fralick.«En unissant nos e?orts, nous pouvons aider les provinces à gérer leurs contraintes budgétaires dans le domaine de la santé tout en préservant le statut privilégié du Canada en matière de lancement de nouveaux médicaments et d\u2019essais cliniques.Ce sont surtout les patients, mais aussi notre économie, qui en sortiront gagnants.» POUR PLUS D\u2019INFORMATION http://innovativemedicines.ca/fr/ «Les prix des médicaments novateurs et la capacité du secteur pharmaceutique à lancer de nouveaux produits auCanada sontétroitement liés.» \u2014 Pamela Fralick, présidente de Médicaments novateurs Canada UN ÉQUILIBRE EN PÉRIL ACTUALITÉS AGNÈS GRUDA Un petit sapin artificiel décoré d\u2019une guirlande lumineuse et coiffé d\u2019un chapeau de père Noël trône sur le haut-parleur à côté de la télé.Yasser Ahmed, sa femme Dunya et leurs trois enfants s\u2019apprêtent à célébrer leur premier Noël au Canada.En fait, leur premier Noël tout court.En Arabie saoudite, où les deux trentenaires, originaires du Yémen, ont vécu une grande partie de leur vie, cette célébration est strictement interdite.De toute façon, Yasser et Dunya sont musulmans.Pour eux, Noël n\u2019a aucune signification religieuse.«Mais on essaie de créer un environnement qui aidera les enfants à s\u2019adapter à la culture d\u2019ici », explique Dunya.Le petit sapin raconte un peu, en concentré, le chemin que la famille a parcouru au cours de sa première année à Montréal.Dunya est arrivée au Canada en décembre 2016, avec la vague de demandeurs d\u2019asile qui étaient nombreux, à l\u2019époque, à contourner le poste frontalier de Lacolle pour éviter d\u2019être renvoyés aux États-Unis.Elle voyageait avec Alin, Fahd et Adhwa, ses trois enfants alors âgés de 18 mois à 7 ans.Yasser les a rejoints deux mois plus tard, plus précisément le jour de la Saint- Valentin.I l a traversé la frontière dans un mètre de neige et a éclaté en sanglots devant le policier armé de la GRC, croyant que sa dernière heure était arrivée.C\u2019était plutôt le début d\u2019une nouvelle vie.Quand nous les avions rencontrés la première fois, en mars dernier, Dunya et les enfants venaient de recevoir leurs papiers de réfugiés.Le sort de Yasser restait incertain.Leur appartement du quartier de La Petite-Patrie ne comptait pour tout meuble qu\u2019une table et six chaises.Et ils cherchaient encore leurs premiers repères à Montréal.Le lundi 4 décembre dernier, l\u2019enveloppe tant attendue est enfin arrivée dans leur boîte aux lettres : comme les autres membres de sa famille, Yasser s\u2019était vu reconnaître le statut de réfugié.«Je me sentais en sécurité depuis mon arrivée au Canada, mais cette lettre a complété ma joie», dit Yasser, le visage éclairé d\u2019un immense sourire.Yasser et Dunya avaient fui l\u2019Arabie saoudite en raison de ses politiques de plus en plus dures à l\u2019égard des travailleurs étrangers.Ils craignaient de perdre leur permis de travail et d\u2019être renvoyés dans leur pays d\u2019origine, le Yémen, déchiré par la guerre civile.C\u2019est pour ça qu\u2019ils s\u2019étaient successivement résolus à prendre l\u2019avion pour les États-Unis \u2013 ou leurs chances d\u2019obtenir l\u2019asile politique leur paraissaient infimes \u2013, puis d\u2019entreprendre leur périple vers le Canada.Travailler ou étudier ?Dès leur arrivée à Montréal, Yasser et Dunya ont dû trancher un dilemme commun à de nombreux nouveaux arrivants.Fallait-il commencer par apprendre le français?Ou par chercher un boulot?Avant même d\u2019être admissible à la formation linguistique du ministère de l\u2019Immigration, Yasser s\u2019est inscrit à des cours de français.Il était impatient de plonger dans son nouvel univers.C\u2019est lorsqu\u2019ils ont voulu compléter leur demande de résidence permanente, en septembre, que Yasser et sa femme ont «frappé un mur».La facture s\u2019élevait à plus de 1550$.L\u2019aide sociale à laquelle ils avaient droit ne leur permettait pas de mettre de côté cette somme sans travailler.«En trois mois, j\u2019ai eu trois emplois», raconte Yasser, qui a commencé par travailler dans une usine de poulet où il devait assembler des brochettes dans une pièce glaciale.Il a tenu le coup un mois.Son deuxième job l\u2019a mené vers un entrepôt de Dollarama où il manipulait des boîtes de marchandises.Et le troisième, dans une usine de savon.« C\u2019était le meilleur des trois emplois, mes collègues m\u2019expliquaient quoi faire en me parlant en français, ça m\u2019a beaucoup aidé», se souvient le jeune homme, qui travaillait en technologie de l\u2019information avant de fuir l\u2019Arabie saoudite.Yasser aurait pu continuer à remplir des moules à savon chez Unico.«On m\u2019a offert de signer un contrat, mais pour moi, le plus important, c\u2019est d\u2019étudier.» Il a donc choisi de reprendre ses cours de langue, où il a atteint le niveau 3.Au moment de notre rencontre, fin décembre, il se préparait pour un examen de français qui, espérait-il, allait lui permettre d\u2019être admis à l\u2019École des métiers de l\u2019aérospatiale de la Commission scolaire de Montréal dès le mois de janvier.Pour lui, le français, c\u2019est le passeport pour une meilleure formation, donc un meilleur boulot et une meilleure vie.Mais cet te langue leu r donne tous deux du fil à retordre.Dunya, qui rêve de travailler en décoration d\u2019intérieur, a commencé plusieurs classes de français.Chaque fois, elle a fini par abandonner.Elle vient d\u2019entreprendre un nouveau cours, au cégep de Rosemont.Cette fois, elle a bien l\u2019intention de tenir bon.« Nous n\u2019av ions jamais entendu parler français avant.À l\u2019école, au début, on se sentait comme des sourds dans un défilé», confie Yasser.Surtout que d\u2019autres élèves, venus d\u2019autres pays, ont des affinités naturelles avec le français.«LesCubains se débrouillent beaucoup plus vite que nous, alors on se sent stupides.», confie Dunya.Quand on leur demande ce qu\u2019ils ont trouvé le plus difficile dans leur nouvelle vie à Montréal, Yasser et Dunya ne citent donc ni l\u2019hiver ni le froid.«En Arabie saoudite, il peut faire très froid aussi, et en plus, les maisons sont mal chauffées.Ici, au moins, on est bien équipés», dit Dunya.La jeune femme adore la neige et rêve du jour où ses enfants dévaleront des pentes de ski.Non, le plus difficile, c\u2019est cette langue qu\u2019ils peinent à articuler et qui, même s\u2019ils la comprennent de mieux en mieux, marque encore une frontière avec leur société d\u2019accueil.Même pour les deux plus vieux de leurs enfants, qui fréquentent une classe d\u2019accueil, ce n\u2019est pas évident.Spontanément, les élèves se regroupent selon les lignes linguistiques.«Mes amis parlent tous arabe », confie Adhwa, 8 ans.Comme ses parents, elle est impatiente de briser le mur de la langue.Ce qui est difficile, aussi, c\u2019est de penser aux proches restés derrière soi.Comme l\u2019unique frère de Dunya, âgé de 25 ans, qui vit toujours en Arabie saoudite.Un de ses copains a été pris en flagrant délit de consommation d\u2019alcool, pratique interdite par Riyad.Le frère de Dunya se trouvait à ses côtés quand la police l\u2019a arrêté.À tout moment, craint-elle, il risque d\u2019être renvoyé au Yémen, pays où règnent les bombes et la famine.Dans leur nouvel le vie montréalaise, tout ce qui leur manque, ce sont ces gens qu\u2019ils aiment et qui n\u2019ont pas pu les suivre.La nouvelle vie de Yasser et Dunya PHOTOS EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE Yasser Ahmed flanqué d\u2019Adhwa, 8 ans, et Farhad, 6 ans.Ci-dessous, Dunya et la petite dernière, Aline 18 mois.Cette famille de réfugiés yéménites est arrivée à Montréal il y a moins d\u2019un an et vit dans La Petite-Patrie, à Montréal.«Mes amis parlent tous arabe», confie Adhwa qui, comme ses parents, est impatiente de briser le mur de la langue.Depuis son arrivée, Yasser a occupé trois emplois.Aujourd\u2019hui, il étudie le français dans l\u2019espoir d\u2019être admis à l\u2019École des métiers de l\u2019aérospatiale de la CSDM.Actuellement, le plus difficile pour les membres de la famille, c\u2019est la langue française qu\u2019ils peinent à articuler et qui, même s\u2019ils la comprennent de mieux en mieux, marque encore une frontière avec leur société d\u2019accueil.«Nous n\u2019avions jamais entendu parler français avant.À l\u2019école, au début, on se sentait comme des sourds dans un défilé.» \u2014 Yasser l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 16 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 QUOTIDIENNEMENT LA PRESSE Depuis 134 ans, les Montréalais suivent l\u2019actualité dans un quotidien à leur image, au rythme de l\u2019évolution d\u2019une métropole en constant développement.C\u2019est dans cette perspective d\u2019un avenir numérique que Montréal salue aujourd\u2019hui la dernière édition papier de La Presse. MONTRÉAL PLUS Accro aux histoires les plus étonnantes, sordides, festives, étranges \u2013 et bien souvent oubliées \u2013 de Montréal, le journaliste Kristian Gravenor vient de publier le livreMontreal : 375 Tales of Eating, Drinking, Living and Loving.La Presse lui a demandé de raconter cinq découvertes qui l\u2019ont marqué lors de la rédaction de cet ouvrage.\u2014 NICOLAS BÉRUBÉ HISTOIRES INCROYABLES OUBLIÉES DE MONTRÉAL TAVERNE NEPTUNE «La Neptune Tavern se trouvait au 121, rue de la Commune Ouest, dit Kristian Gravenor.Elle a été ouverte pendant plus de 100 ans, soit de 1832 à 1976.Le grand héros de Saint-Henri, Louis Cyr, alors policier, avait coutume de s\u2019y rendre pour mettre fin aux nombreux combats qui y éclataient.Plein de gens y allaient, dont James Whelan, l\u2019homme accusé d\u2019avoir assassiné Thomas D\u2019Arcy McGee, un des pères de la Confédération, en 1868.Beaucoup plus tard, James Earl Ray, condamné à perpétuité pour avoir assassiné Martin Luther King Jr., fréquentait le Neptune.Aujourd\u2019hui, la taverne n\u2019existe plus, mais c\u2019est difficile de battre ça sur le plan de la notoriété à Montréal.» TYNDALE MARTIN, GOUROU « Tyndale Martin était un bouddhiste qui avait tout de même réussi à convaincre l\u2019Église catholique de lui donner de l\u2019argent pour lancer The Greatheart Monastery dans une maison de la rue de la Montagne.Il attirait les gens avec des annonces dans les journaux.Il a réussi à convaincre une vingtaine de personnes d\u2019aller vivre là-bas.Toutes les femmes devaient coucher avec lui.Il a eu environ 20 enfants qui habitent encore pour la plupart dans la région de Montréal.Un de ses enfants était même un de mes amis, qui m\u2019a aidé pour la rédaction de ce livre.C\u2019est une histoire plus grande que nature, dont on parle peu aujourd\u2019hui.» APPARTEMENTS POUR CÉLIBATAIRES À DORVAL Les années 70 n\u2019étaient pas banales dans l\u2019immeuble d\u2019habitation Royal Dixie, situé au 405, rue Bourke, à Dorval.«C\u2019était un immeuble où tous les locataires devaient obligatoirement être célibataires et pratiquer l\u2019échangisme, dit Kristian Gravenor.C\u2019était écrit dans l\u2019annonce qu\u2019on faisaient circuler dans les journaux.On disait que les gens mariés devaient même quitter l\u2019immeuble ! Je n\u2019ai pas beaucoup de détails, je ne sais pas combien de temps ça a duré, mais on m\u2019a confirmé que c\u2019était authentique.» LE ROI DE LAMAIN «J\u2019ai essayé de ne pas mettre trop de criminels dans mon livre, mais je demeure fasciné par le crime à Montréal.Les rois de la Main, par exemple.Il y a une longue tradition d\u2019hommes super méchants qui essayaient de tout contrôler sur le boulevard Saint-Laurent.Le premier roi de la Main s\u2019appelait Eddie Sauvageau, il a été tué en 1957 par un de ses collègues après une dispute au sujet d\u2019une dette de jeu.Par la suite, plusieurs rois de la Main ont terrorisé les propriétaires de bars.Les rois de la Main étaient toujours tués dans des meurtres souvent très dramatiques.C\u2019est super bizarre de penser que ça a existé il n\u2019y a pas si longtemps.» BLACK HAND Au début des années 1900, un groupe de criminels italiens terrorisaient la population en envoyant des lettres de menaces pour faire de l\u2019extorsion.« Ils envoyaient des lettres avec des images de couteau, de sang, des choses comme ça.Le groupe s\u2019appelait Black Hand.Un homme qui s\u2019appelait D.Weinberg a dit avoir été attaqué par un membre des Black Hand qui l\u2019a frappé avec un bâton muni d\u2019un clou au bout.C\u2019est un sujet dont on n\u2019entend presque jamais parler, mais c\u2019était un élément important du monde criminel à Montréal autour des années 1905, 1910.Ça faisait peur aux gens.» PHOTO FOURNIE PAR KRISTIAN GRAVENOR PHOTO ARCHIVES LA PRESSE PHOTO FOURNIE PAR KRISTIAN GRAVENOR PHOTO RÉAL ST-JEAN, ARCHIVES LA PRESSE PHOTO FOURNIE PAR KRISTIAN GRAVENOR l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 18 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 Ce papier est éphémère, un diamant Ecksand est éternel.Boutique à Montréa l 1255 Boul Robert -Bourassa , Suite 1502 514 .804 .7263 | www.ecksand .com SURVEILLEZ NOTRE CIRCULAIRE DE 4 PAGES AU CENTRE DU JOURNAL @JUSQU'AU 4 JAN'@ @ JUSQU'AU 0 AUBAINE SOLDE BOXING o DOORCRASHER™ GA CONTINUE JUSQU'AU 4 JAN! @ à JOURS ENCORE ! @ v, Tes ONK YO, DS EE [/| SENNHEISER oe \u20ac Bluetooth ; A Es om RECEPTEUR CINEMA MAISON CASQUE (a 7.2 CANAUX CHROMECAST AUDIOPHILE \\ \"et AIRPLAY / WIFI / BLUETOOTH ANTI-BRUIT ) pose 089% 30 598 .: re JER awd Eas 2600.59% > Panasonic \"EER: À TEZ-NOUS! | y: SOLDE BOXING SAMSUNG won EOIN .CODE CASQUE D'ÉCUTE IST r= MICROSYSTÈME dyer) TÉLÉVISEUR 32p0 DEL : 7 {NIT Ela HD HOM CD BLUETOOTH © ENT SNES om HELTER DIFFERE SANS FIL ER = RANDES MARQUES 4 COÛTANT ! « LES PLUS G LACE e PLUSIEURS ITEMS EN BAS DU PRIX » FINANCEMENT DISPONIBLE SUR P \\ SHER * EN MAGASIN ©: I a A + PLUSIEURS AUTRES A QUANTITÉS LIMITÉES # AVANT D'ACHETER VENEZ NOUS VOIR oo RE REE EY SER FE [EOE 2A OT A | @LE æ+_- N 7 = ht £3 Téléviseur QLED | TÉLÉVISEUR OLED PLAT 55p0 BAP > WN TÉLÉVISEUR 55PO 4 HDR QLED AU Tue Bonen : GE | F D - Technologie 4K Elite Black+ 55Q4 4K HDR WEB 0S 3.5 - Écran mince OLED Ultra HD 4K - Technologie Perfect Black et revêtement antireflet - 25% plus lumineux que le précédent modèle - Compatible Dolby Vision - Téléviseur intelligent webOS 3.5 - Compatible Bluetooth et WiFi 5587 SAMSUNG 4 1800 598 plu Le T Va mass 5 © Ni1699% ere) I.CE.(a Le vipéotron ] wae EST TRAHDK = NOUVEAU ILLICO NA ee TÉLÉVISEUR DEL PO \u2014 EE 4K ENREGISTREUR A ww 2 ENTREES HDMI / US \u2014 (ses , CT \u2018 PDSF: 299.99$ samsune 444925 UBDM7500 INCLUS LGE 43U16200 x ; - SAMSUNG UN40MU6290 : | YA MAHA S203 | Bluetooth BARRE DE CINEMA MAISON | \u2014 | : ND TO \u201cFE me \u2014 ef EYCEE D ! 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ACTUALITÉS Alors que le Québec débattra au cours des prochains mois d\u2019enjeux qui auront des conséquences sur l\u2019avenir de la jeunesse, celle-ci risque d\u2019être moins nombreuse que d\u2019autres générations à se présenter aux urnes en 2018.La Presse a réuni autour d\u2019une bière à la Société des arts technologiques quatre jeunes députés et quatre participants au Parlement Jeunesse du Québec.HUGO PILON-LAROSE LE TRAVAIL DE DÉPUTÉ La Presse : D\u2019abord, jeunes élus de l\u2019Assemblée nationale, une question bien simple : votre travail en circonscription a-t-il un impact concret sur la vie des gens ?Mathieu Lemay : Oui, sans hésitation.Je travaillais avant comme ingénieur dans une entreprise.Je les aidais à faire des profits grâce à l\u2019optimisation de leurs procédés.Aujourd\u2019hui, ce sont des citoyens qui viennent me voir et que j\u2019aide à trouver des solutions aux problèmes qu\u2019ils me présentent.C\u2019est ce qui est le plus valorisant dans la job de député.Jean Habel : Notre travail est d\u2019aider à faire avancer la communauté.Je suis personnellement un résidant de Laval.C\u2019est mon patelin depuis toujours.J\u2019aime être le porteur de projets et des aspirations de mes citoyens.Catherine Fournier : On joue un peu le rôle de médiateur entre les différents acteurs de notre circonscription.On connaît tous les groupes et on peut donc les mettre en relation, tout comme porter leurs enjeux auprès de nos collègues et des ministères à l\u2019Assemblée nationale.Gabriel Nadeau-Dubois : C\u2019est possible de changer des choses concrètement et d\u2019améliorer la vie des gens à titre de député.Quand je suis arrivé en poste, j\u2019ai transformé mon budget discrétionnaire en budget participatif.Les citoyens ont déposé des projets et je leur ai demandé de voter pour choisir lesquels seraient financés.Ça a permis l\u2019embellissement d\u2019une cour d\u2019école, entre autres.La Presse : Vous qui participez au Parlement Jeunesse du Québec, une simulation parlementaire non partisane, êtes-vous convaincu par ce plaidoyer des députés ?Clarisse Émond-Larochelle : C\u2019est difficile de juger, d\u2019un point de vue extérieur, si les députés en font assez pour faire connaître leur rôle.Personnellement, j\u2019ai une perspective positive de leur travail, mais j\u2019aimerais les voir travailler plus ensemble.J\u2019ai l\u2019impression que la partisanerie fait en sorte que les députés le font moins.Gabriel Laurence-Brook : La liberté qui est accordée aux députés d\u2019arrière-ban dans d\u2019autres Parlements de tradition britannique est plus grande.J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019à l\u2019Assemblée nationale, la ligne de parti est forte.Gabriel Nadeau-Dubois : Je suis tout à fait d\u2019accord.Prenons l\u2019exemple de Jeremy Corbyn, en Angleterre.Il a souvent voté en rupture de son parti, le Labour.On ne verrait jamais ça ici.La Presse : Accepteriez-vous cela à Québec solidaire ?Gabriel Nadeau-Dubois : On a déjà le droit à la dissidence, c\u2019est inscrit dans les statuts de QS, mais c\u2019est sûr qu\u2019avec trois députés, ça n\u2019arrive pas souvent.C\u2019est une position théorique jusqu\u2019à maintenant, mais je suis d\u2019accord sur le fond.Cela dit, notre système politique a des problèmes graves.Quand on parle du manque d\u2019implication en politique, on ne peut pas juste lancer la pierre aux gens.Un des problèmes de notre système, c\u2019est le manque d\u2019autonomie politique des députés.Ce n\u2019est pas pour rien que les gens connaissent peu les députés en dehors des chefs de parti.L\u2019IMPLICATION CITOYENNE Ikram Mecheri : Je pense que le Québec est mûr pour une nouvelle façon d\u2019organiser les débats politiques.On ne voit pas les discussions qui se passent en coulisses.En tant que citoyenne, je n\u2019ai pas l\u2019impression d\u2019avoir participé aux débats et on ne voit pas ce que les députés d\u2019un même parti se disent entre eux pour en arriver à un consensus.La Presse : Devrait-on ouvrir les portes des caucus des partis, pour permettre de comprendre le débat entre parlementaires d\u2019une même formation politique ?Catherine Fournier : Les gens peuvent déjà voir ce qui se dit dans les partis.Des observateurs peuvent venir aux congrès, où la plupart des positions sont prises.Je crois que les députés ont besoin de pouvoir aussi se parler entre eux sur certains enjeux, en caucus.Gabriel Nadeau-Dubois : De dire qu\u2019il faut mettre une caméra, mettre ça sur internet, je pense que l\u2019on confond transparence extrême, démocratie et contre-pouvoirs.On pourrait voir tout ce qui se passe et ne pas avoir un mot à dire.Quant à moi, ce n\u2019est pas tant ouvrir des portes que d\u2019instaurer des réformes institutionnelles pour redonner du pouvoir aux gens.Catherine Fournier : En ce qui a trait aux consultations citoyennes, on pourrait aussi les arrimer aux nouvelles technologies.On est vraiment en retard à l\u2019Assemblée nationale à ce niveau-là.On a de la misère à faire un questionnaire web.Jean Habel : On dépose encore des documents avec du papier.Catherine Fournier : Et quand on fait des sondages en ligne, on n\u2019est pas capable de limiter les choix de réponse.Sérieusement, c\u2019est n\u2019importe quoi.Au Brésil, pendant les commissions parlementaires, les gens peuvent clavarder et donner en direct leur opinion.Il existe aussi des plateformes, comme Wikilégiste, où les gens peuvent suggérer des modifications au projet de loi.Je pense que les gens veulent être consultés sur les décisions gouvernementales.IkramMecheri : Mais là, on a quatre députés assis autour de cette table, qui ont le pouvoir de changer les choses.Pourquoi ne le faites-vous pas?Gabriel Nadeau-Dubois : Je considère qu\u2019on tente de le faire.Quand je suis arrivé dans Gouin, j\u2019ai voulu instaurer un mécanisme pour que les gens puissent me destituer en signant un registre.On s\u2019est fait dire que c\u2019était illégal.Donc, on ne peut pas tout changer le jour où on devient député.Il y a des règles et un cadre institutionnel et il faut l\u2019accepter.Ensuite, plusieurs de ces façons de faire doivent être changées avec le consentement de toutes les formations politiques.Ça complexifie le processus.LA PARTICIPATION ÉLECTORALE La Presse : Quand on analyse les statistiques de participation électorale chez les jeunes, certains trouvent cela inquiétant.Si les jeunes votent moins, voteront-ils plus tard dans leur vie ?Sommes-nous en chemin vers une catastrophe en termes de participation citoyenne?Clarisse Émond-Larochelle : La politique, ça ne se passe pas juste au Parlement.J\u2019ai l\u2019impression que beaucoup de jeunes sont sensibilisés aux enjeux politiques, mais qu\u2019ils s\u2019impliquent différemment.Ikram Mecheri : Les façons de faire changer les choses ne passent pas que par la politique.Les parlementaires n\u2019ont pas l\u2019exclusivité du pouvoir.Gabriel Laurence-Brook : Moi, je viens de Beauport, à Québec, et j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il y a quand même une grande majorité silencieuse chez les jeunes.Clarisse Émond-Larochelle : Mais est-elle si silencieuse que ça, ou est-ce plutôt qu\u2019elle s\u2019exprime autrement que par le vote ?Faire un like sur une photo politique de Catherine Fournier, c\u2019est une manière de s\u2019exprimer.Peut-être que ce même jeune ne prendra pas le temps d\u2019aller voter, il y a certainement là une problématique.Gabriel Nadeau-Dubois : Il faut faire la distinction entre participation électorale et implication politique.Contrairement à un préjugé qui voudrait que les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui ne soient pas intéressés par la chose politique ou sociale, je crois que c\u2019est infirmé par les faits.La question qu\u2019il faut se poser, c\u2019est pourquoi cette énergie d\u2019implication politique ne se transforme pas en participation électorale.Où est-ce que ça bloque?LE VOTE OBLIGATOIRE La Presse : Je serais curieux de faire un tour de table pour savoir ce que vous pensez du concept du vote obligatoire.Est-ce que cela forcerait les partis politiques à s\u2019intéresser davantage aux enjeux jeunesse ?Jean Habel : Je crois que les jeunes sont interpellés sur des sujets précis.Donnons l\u2019exemple du Brexit, au Royaume-Uni.Par rapport à une élection régulière, les jeunes ont voté massivement, parce qu\u2019ils connaissaient les impacts de rester ou de sortir de l\u2019Union européenne.Je ne pense pas qu\u2019instaurer un vote obligatoire changerait tant que ça la donne.Catherine Fournier : Quand on regarde le taux de participation des jeunes contre celui des gens plus âgés, ça peut mener à une sous- considération des enjeux qui touchent la jeunesse.Aux Pays-Bas, c\u2019est rendu que des partis apparaissent avec des plateformes qui ne visent que les personnes âgées.Ils réussissent à faire des percées ! Maintenant, les expériences menées à l\u2019international sur le vote obligatoire démontrent que ça a peu d\u2019impact sur la participation électorale.Beaucoup de gens vont payer la pénalité et ça ne règle pas le problème de fond.Gabriel Nadeau-Dubois : Je serai plus radical que ça.Je trouve que c\u2019est une très mauvaise idée.Ne pas voter, c\u2019est une manière de s\u2019exprimer.Je trouve que c\u2019est une très mauvaise manière de s\u2019exprimer, mais il reste que dans une société de libertés individuelles, c\u2019est un droit.Et si on reprend le vieux cliché \u2013 que je ne suis plus capable d\u2019entendre \u2013, que « les gens se sont battus pour avoir le droit de vote», ils ne se sont pas battus pour que ça soit obligatoire.Ils se sont battus pour que les gens aient la possibilité de le faire.Mathieu Lemay : Je pense qu\u2019en faisant aussi plus de place à la diversité, aux femmes et aux jeunes dans nos institutions politiques, ça pourrait aider les gens à se sentir interpellés et représentés, pour ensuite aller voter.LA REPRÉSENTATIVITÉ DE L\u2019ASSEMBLÉE NATIONALE La Presse : À ce sujet, l\u2019Assemblée nationale n\u2019est pas représentative de la société.Les femmes, les jeunes et les minorités sont sous-représentés.Comment peut-on changer la situation ?Clarisse Émond-Larochelle : Si on parle des jeunes, quand on est dans la vingtaine, on essaie de se trouver un domaine, une profession.Quand j\u2019étais jeune, déjà très politisée, j\u2019avais rencontré Jacques Parizeau quand il était en train de publier un livre.Je lui avais demandé de façon très innocente quels conseils il pouvait me donner pour devenir politicienne.Il m\u2019avait répondu de d\u2019abord me trouver un métier avant d\u2019aller en politique.Gabriel Laurence-Brook : S\u2019afficher avec un parti politique, ça ferme aussi des portes.Éliane Boucher : Je n\u2019ai d\u2019ailleurs jamais pensé à m\u2019impliquer dans un parti politique, même si je discute tout le temps de politique.Je préfère garder ma liberté.Gabriel Nadeau-Dubois : Je ne veux pas être plate, mais je ne suis pas d\u2019accord avec vous.Les partis doivent se transformer, en effet, pour être plus démocratiques, mais il y a un truc que j\u2019ai appris tôt dans mon implication, c\u2019est que la politique est quelque chose qui se fait en groupe.L\u2019action collective, ce n\u2019est pas que la somme des actions individuelles.Si on s\u2019attend à ce qu\u2019un parti politique représente 100% de nos idées, on aura chacun son parti ou on ne sera pas beaucoup dans chaque parti.Il faut du compromis pour faire de la politique.POLITIQUE QUÉBÉCOISE Où sont les jeunes ?Le réalisateur québécois Denis Villeneuve, la femme de théâtre Brigitte Haentjens, l\u2019acteur d\u2019origine montréalaise William Shatner, le musicien de jazz Alain Caron et le journaliste sportif Red Fisher sont du nombre des 125 nouvelles nominations à l\u2019Ordre du Canada.La gouverneure générale du Canada, Julie Payette, a dévoilé hier après-midi la liste de ceux qui ont permis d\u2019enrichir la vie d\u2019autrui et reflètent la devise de l\u2019Ordre : Desiderantes meliorem patriam (« Ils désirent une patrie meilleure »).L\u2019Ordre accueille cette année quatre nouveaux Compagnons, sa plus haute distinction, dont deux juges à la retraite de la Cour suprême du Canada : Louis LeBel et Thomas Cromwell.Par ailleurs, 35 Canadiens de divers horizons sont faits Officiers de l\u2019Ordre.Le cinéaste Denis Villeneuve, qui avait remporté la Course Europe-Asie en 1991 à titre de jeune vidéoreporter, a réalisé 25 ans plus tard, avec succès, une suite au film culte Blade Runner, là où les cinéphiles l\u2019attendaient de pied ferme.La metteuse en scène Brigitte Haentjens, qui a travaillé dans le milieu franco-ontarien du théâtre de 1977 à 1991, a dirigé sur toutes les scènes du Québec par la suite, et elle est depuis 2012 la directrice artistique du théâtre français du Centre national des arts à Ottawa.William Shatner, légendaire capitaine Kirk dans Star Trek (Patrouille du cosmos) première mouture, mène aujourd\u2019hui une belle carrière à la télévision américaine.L\u2019Ordre du Canada, «pierre angulaire du Régime canadien de distinctions honorifiques», a été créé en 1967, année du 100e anniversaire de la fédération.L\u2019insigne a la forme d\u2019un flocon de neige à six pointes, arborant en son centre une feuille d\u2019érable entourée d\u2019un anneau rouge sur lequel est inscrite la devise de l\u2019Ordre.\u2014 La Presse canadienne Ordre duCanadaDenis Villeneuve et BrigitteHaentjens deviennentOfficiers PHOTOOLIVIER PONTBRIAND LA PRESSE Mathieu Lemay, deputé de Masson pour la Coalition avenir Quebec, Ikram Mecheri, participante au Parlement Jeunesse du Québec, Jean Habel, député de Sainte-Rose pour le Parti libéral du Québec, Clarisse Émond- Larochelle, participante au Parlement Jeunesse du Québec, Catherine Fournier, députée de Marie-Victorin pour le Parti québécois, Gabriel Laurence-Brook, participant au Parlement Jeunesse du Québec, Gabriel Nadeau- Dubois, député de Gouin pour Québec solidaire, Éliane Boucher, participante au Parlement Jeunesse du Québec l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 20 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 LAVAL SUR LAC LE MONDE AGENCE FRANCE-PRESSE NEW YORK \u2014 Un enfant de trois ans et demi qui jouait avec une cuisinière à gaz a déclenché, jeudi, l\u2019incendie qui a coûté la vie à 12 personnes, dont quatre enfants, à New York, le plus grave en plus de 25 ans.Le feu a pris naissance vers 19h dans une cuisine au rez- de-chaussée d\u2019un immeuble en briques, comme il y en a des milliers à New York.Les pompiers n\u2019ont mis qu\u2019un peu plus de trois minutes à arriver sur les lieux, dans le quartier du Bronx.«Il a été déclenché par un enfant de trois ans et demi qui jouait avec la cuisinière à gaz.L\u2019incendie a pris, et la maman n\u2019en avait pas conscience.Elle a été alertée par les cris» du petit, qui avait déjà joué avec les brûleurs par le passé, a expliqué le chef des pompiers de la ville, Daniel Nigro.«Elle est sortie de l\u2019appartement avec ses enfants de 3 et 2 ans et a laissé la porte ouverte », a-t-il poursuivi, geste qui a permis aux flammes de se propager en quelques minutes.« La cage d\u2019escalier a agi comme une cheminée.Le feu est monté si rapidement à l\u2019étage que les gens ont eu très peu de temps pour réagir », a-t-il raconté hier en conférence de presse.Les habitants de cet immeuble qui comptait 25 appartements « ne pouvaient pas descendre.Parmi ceux qui ont tenté de le faire, deux sont morts».Hier, les pompiers de New York ont diffusé une vidéo montrant le couloir du rez-de- chaussée, dont les murs sont couverts de suie.L\u2019eau utilisée par les secours dans les étages a gelé, formant des stalactites dans les escaliers.Entre 1 et 50 ans Cinq des 12 victimes \u2013 qui avaient entre 1 an et plus de 50 ans \u2013 ont été trouvées mortes dans l\u2019immeuble, selon M.Nigro.Quatre enfants \u2013 trois fillettes âgées de 1, 2 et 7 ans ainsi qu\u2019un garçon de 7 ans \u2013 sont morts.Une femme et une fillette décédées ont été retrouvées dans une baignoire remplie d\u2019eau dans laquelle elles semblent avoir tenté d\u2019échapper aux flammes, selon plusieurs médias locaux.Hier, la police a communiqué l\u2019identité d\u2019une partie des victimes, dont Karen Francis, emportée avec ses filles Kylie (2 ans) et Charmela (7 ans).Selon plusieurs médias américains, une autre personne décédée, Shantay Young (19 ans), était la nièce de Karen Francis.Quatre personnes grièvement blessées étaient toujours hospitalisées hier, luttant contre la mort, selon le chef des pompiers.«C\u2019est une tragédie épouvantable, et des familles ont été déchirées», s\u2019est ému le maire de la ville, Bill de Blasio, parlant du «pire incendie depuis au moins un quart de siècle».Claquement de doigts «C\u2019était très dur», a expliqué à l\u2019AFP Joel Rodriguez.Ce quadragénaire habitait au rez-de-chaussée, mais il a pu sortir assez facilement, bien que la fumée ait fait le «noir complet » dans les parties communes.Il garde en tête les terribles images de plusieurs de ses voisins, sortis sur des civières, privés de leur dignité, «nus» ou «dévêtus» pour la plupart, dont certains étaient brûlés.Construit en 1916, l\u2019immeuble n\u2019était pas aménagé pour résister aux incendies, et six infractions y avaient été relevées, dont au moins une liée à un détecteur de fumée défectueux, a rapporté le New York Times.Les enquêteurs tentaient encore hier de déterminer si toutes les alarmes anti- incendie avaient fonctionné correctement, selon Daniel Nigro.Pire incendie depuis 1990 Une école située non loin du sinistre a été transformée en centre d\u2019accueil d\u2019urgence pour les habitants touchés alors que le thermomètre affiche des températures glaciales aux alentours de -10 degrés Celsius.Dans l \u2019après -m id i , les autorités ont appelé ceux qui le souhaitaient à faire don de vêtements à l\u2019occasion d\u2019une collecte organisée aujourd\u2019hui et demain dans une église du quartier, St.Martin of Tours.Il s\u2019agit du pire incendie dans la ville depuis 1990, à l\u2019exclusion des attentats du 11 septembre 2001.«Une tragédie épouvantable» Un enfant est à l\u2019origine de l\u2019incendie le plus meurtrier à New York depuis 1990 PHOTO JULIO CORTEZ, ASSOCIATED PRESS Nilda Guerrero, une amie du concierge de l\u2019immeuble, en sanglots après avoir tenté en vain de visiter les lieux.Douze personnes sont mortes dans l\u2019incendie, dont quatre enfants.PHOTO STEPHANIE KEITH, THE NEW YORK TIMES Les autorités ont expliqué que la cage d\u2019escalier de l\u2019immeuble a agi comme une véritable cheminée : «Le feu est monté si rapidement à l\u2019étage que les gens ont eu très peu de temps pour réagir », a souligné Daniel Nigro, chef des pompiers de New York.779000 Le gouvernement irlandais a annoncé hier avoir délivré 779 000 passeports en 2017, un chiffre record dopé par les demandes venant du Royaume- Uni qui traduit l\u2019inquiétude des Britanniques quant aux conséquences du Brexit sur la libre circulation des personnes.Il s\u2019agit du nombre le plus élevé de passeports irlandais délivrés en un an, une hausse de plus de 6% par rapport à 2016 \u2013 une année déjà record.\u2014 Agence France-Presse Marijuana LaCalifornie entre dans la danse Finie la subversion, place au «big business» : le 1er janvier, l\u2019usage récréatif du cannabis sera légal en Californie, qui va devenir le plus gros marché mondial de l\u2019herbe planante.et un laboratoire géant à observer pour le reste de la planète.Huit États américains, dont le Colorado et l\u2019État de Washington, en plus de la capitale fédérale Washington, ont déjà légalisé la drogue douce, mais son usage récréatif désormais autorisé dans l\u2019État le plus peuplé d\u2019Amérique change la donne pour tout le secteur.Le cabinet d\u2019études spécialisé Arcview s\u2019attend à ce que les ventes de cannabis atteignent 5,8 milliards de dollars d\u2019ici 2021 dans le «Golden State».\u2014 Agence France-Presse CoréeduNordPékin récuse les accusationsdeTrump La Chine s\u2019est défendue hier de livrer clandestinement du pétrole à la Corée du Nord, après des accusations en ce sens de Donald Trump et l\u2019arraisonnement par la Corée du Sud d\u2019un navire hongkongais qui aurait transbordé des hydrocarbures sur un bâtiment de Pyongyang.Un responsable du département d\u2019État américain a précisé que «certains navires», dont des bateaux chinois, « se livraient à des activités prohibées par l\u2019ONU, y compris des transbordements de produits pétroliers raffinés entre deux vaisseaux et le transport de charbon provenant de la Corée du Nord».Une accusation catégoriquement rejetée par Pékin, qui a qualifié ces informations d\u2019« inexactes».«Faire du battage sans raison dans les médias ne contribue pas au renforcement de la confiance mutuelle et de la coopération», a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying.\u2014 Agence France-Presse Russie L\u2019EI revendique l\u2019attentat de Saint-Pétersbourg Le groupe djihadiste État islamique (EI) a revendiqué l\u2019attaque de mercredi dans un supermarché de Saint-Pétersbourg, en Russie, selon un communiqué diffusé par son organe de propagande.Treize personnes avaient été blessées dans l\u2019explosion d\u2019une bombe artisanale.Le président russe Vladimir Poutine a qualifié cette explosion d\u2019«acte terroriste».Saint-Pétersbourg a été visé par un attentat dans son métro qui a fait 15 morts et des dizaines de blessés le 3 avril et qui a été revendiqué par un groupe peu connu lié à Al-Qaïda.\u2014 Agence France-Presse LE TOUR DU GLOBE PHOTO AP Vladimir Poutine l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 22 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 Chers abonnés, Pro?tez de cette période de réjouissances pour penser à votre camelot qui, beau temps mauvais temps, vous offre un service de livraison impeccable.La dernière édition papier de La Presse sera publiée le 30 décembre.C\u2019est donc le moment idéal de souligner votre appréciation à votre camelot.En son nom, merci ! Bravo aux artisans qui ont produit année après année une publication de haute qualité.Vous continuerez de faire partie de notre quotidien sous une forme différente, mais toujours avec le même engagement envers vos lecteurs.Merci pour toutes ces années.UNE PAGE D\u2019HISTOIRE EST TOURNÉE NOUVE L L E G ÉN É RAT I ON MONDE Le Québec aimerait que deux fois plus d\u2019étudiants étrangers qui terminent leurs études dans la province y restent pour s\u2019y bâtir une vie.À Montréal, plusieurs organisations font front commun pour séduire ces futurs travailleurs.Récit.LAURA-JULIE PERREAULT Dans la salle de séjour d\u2019une résidence étudiante de McGill, la table de buffet, couverte de sandwichs aux œufs et au thon, de crudités et de biscuits au chocolat, semble abandonnée.Dans la même pièce, une trentaine d\u2019étudiants consacrent plutôt toute leur énergie.à décorer une maison en pain d\u2019épices.L\u2019activité pourrait ressembler à 100 autres célébrations du temps des Fêtes, sans la présence des conférenciers.Des représentants de Montréal international, de Tourisme Mont réa l , de la V i t r i ne culturelle et des services aux étudiants étrangers de l\u2019Université McGill profitent de ce repas festif pour planter une graine dans la tête des étudiants : si vous considérez la possibilité de rester au Québec après vos études, c\u2019est le temps d\u2019y penser maintenant.Au détour, les organisations suggèrent aussi une liste d\u2019activités culturelles \u2013 parfois gratuites \u2013 dont pourront tirer profit les étudiants en vacances : l\u2019exposition sur Leonard Cohen au Musée d\u2019art contemporain, les fêtes de clôture du 375e anniversaire de Montréal, les projections sur les murs du Vieux-Montréal.À la pige, des billets gratuits sont distribués à une poignée de participants.«On travaille avec tous ceux qui peuvent nous aider à faire tomber les étudiants en amour avec Montréal et le Québec», explique Mathieu Lefort , directeur de projet à Montréal international.Objectif rétention L\u2019organisation , qui fa it la promotion de Montréal à l\u2019étranger, aimerait voir doubler le nombre d\u2019étudiants étrangers qui obtiennent des documents d\u2019immigration au Québec après avoir reçu leur diplôme.Si, en 2015, un diplômé sur cinq obtenait un certificat de sélection de la province, soit la première étape vers l\u2019obtention d\u2019une résidence permanente, le gouvernement du Québec ainsi que Montréal international aimeraient que ce taux atteigne plus de 40% au cours des prochaines années.«Recruter des talents, c\u2019est l\u2019enjeu numéro 1, c\u2019est critique pour les entreprises locales et étrangères ainsi que pour les organisations internationales qui s\u2019installent à Montréal.Les étudiants internationaux obtiennent des diplômes du Québec, ils parlent plusieurs langues et, à la fin de leurs études, ils connaissent le Québec.Ils ont des repères, un réseau.Il faut travailler avec ces talents-là afin qu\u2019ils restent davantage», dit Mathieu Lefort.Selon des études, le Québec traîne la patte à ce chapitre par rapport à l\u2019Ontario voisin.L\u2019emploi en premier Qu\u2019est-ce qui fait qu\u2019un étudiant décide de s\u2019installer à Montréal ?Les étudiants rencontrés à la fête de Noël ava ient en tête plusieurs réponses.« Les pronostics pour le marché du travail sont bien meilleurs ici qu\u2019au Maroc.Si je trouve un emploi après ma graduation, je veux rester ici», dit Zinep Hameda Benchekroun, étudiante en architecture.« J\u2019ai envie de rester au Québec après mes études, mais le français, c\u2019est difficile.Je vais tenter d\u2019apprendre la langue pendant mes études», affirme Emily Yang, 19 ans, qui est arrivée de Chine au début de l\u2019automne.Les deux jeunes femmes, qui n\u2019en sont qu\u2019à leur première année d\u2019université, pensent déjà aux prochaines étapes de leur vie à Montréal.«L\u2019intérêt pour rester au Québec est de plus en plus grand.L\u2019économie est forte, il y a des emplois, mais il reste des défis», note Jing Zhou, 22 ans.Diplômé récent, le jeune homme est en pleine procédure d\u2019immigration et vient d\u2019accepter un poste à l\u2019Université McGill qui lui permettra d\u2019aider d\u2019autres diplômés à faire la transition des études à l\u2019immigration permanente.Langue et procédures Parmi les principaux obstacles, la nécessité de maîtriser à la fois le français et l\u2019anglais ainsi que la mauvaise compréhension du système d\u2019immigration arrivent en premier, note Mathieu Lefort .Son équipe a donc organisé plus de 60 séances d\u2019information au cours de la dernière année.Construire un réseau professionnel est le troisième défi.À ce titre, Montréal international a mis sur pied des séances de speed dating entre étudiants é t ra nger s e t employeu rs potentiels.« Il y a d\u2019autres endroits qui font du bon travail pour garder les étudiants étrangers à long terme.La Nouvelle- Écosse a un projet intéressant.Nous regardons aussi l\u2019exemple de l\u2019Australie et de la Nouvelle-Zélande, mais le Canada et Montréal sont bien positionnés.Montréal a été nommé meilleure ville pour les étudiants étrangers en 2017.Aussi, avec le contexte politique aux États-Unis , ainsi que le Brexit en Grande- Bretagne, plus d\u2019étudiants étrangers s\u2019intéressent à nous soudainement», dit M.Lefort.D\u2019ici la fin de son projet, en 2019, lui et son équipe comptent bien profiter de ce vent favorable.LES ÉTUDIANTS ÉTRANGERS AU QUÉBEC En 2016, le Québec a accueilli 38 000 étudiants étrangers.Près de 80% d\u2019entre eux fréquentent une université montréalaise : > McGill : 9300 étudiants étrangers > Concordia: 6000 > Université deMontréal : 5700 > Université duQuébec àMontréal : 3600 > HECMontréal : 2100 > Polytechnique: 2100 > ÉTS: 1200 ÉTUDIANTS ÉTRANGERS LA «PETITE SÉDUCTION» DEMONTRÉAL Trois étudiants présents à la soirée : Emily Yang, 18 ans, Zinep Hameda Benchekroun, 19 ans et Suurya Krishnan, 32 ans PHOTOS ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Quelques jours avant Noël, plusieurs étudiants étrangers ont assisté, à l\u2019Université McGill, à une séance d\u2019information destinée à les encourager à rester à Montréal une fois diplômés.Jing Zhou occupera bientôt un poste à l\u2019Université McGill pour aider les diplômés à faire la transition des études à l\u2019immigration permanente.«Les pronostics pour le marché du travail sont bien meilleurs ici qu\u2019au Maroc.Si je trouve un emploi après ma graduation, je veux rester ici.» \u2014 Zinep Hameda Benchekroun, étudiante en architecture l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 24 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 MATELASBONHEUR.CA VALIDE DU 26 DÉCEMBRE 2017 AU 8 JANVIER 2018.AUCUN ÉCHANGE OU REMBOURSEMENT SERONT VALIDE DURANT CETTE PÉRIODE.25 À 50% DE RABAIS SUR LAMARCHANDISE EN INVENTAIRE SEULEMENT.QUANTITÉS LIMITÉES.NE PEUX ÊTRE JUMELÉ À AUCUNE AUTRE OFFRE RABAIS OU PROMOTION. POURNOUS JOINDRE La Presse, 750, boulevard Saint-Laurent, Montréal (Québec) H2Y 2Z4 Seule La Presse Canadienne est autorisée à diffuser les informations de La Presse et celles des services de la Presse Associée et de Reuters.Tous les droits de reproduction des informations particulières à La Presse sont également réservés.ISSN 0317-9249.Le quotidien La Presse est publié et édité par La Presse, ltée dont le siège social est sis au 750, boulevard Saint-Laurent, Montréal (Québec) H2Y 2Z4 et il est imprimé à Transcontinental Métropolitain, situé au 12 300, boulevard Métropolitain Est, Pointe-aux-Trembles, division de Imprimeries Transcontinental G.T.inc.Guy Crevier.Éditeur.PETITES ANNONCES 514.987.8363 ou 1.866.987.8363 petitesannonces@lapresse.ca DÉCÈS 514.285.6816 deces@lapresse.ca CARRIÈRES 514.285.7320 carrieres@lapresse.ca RÉDACTION 514.285.7070 commentaires@lapresse.ca ABONNEMENT 514.285.6911 ou 1.800.361.7453 www.lapresse.ca/abonnement PUBLICITÉ 514.285.6931 VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?Écrivez-nous à rédaction@lapresse.ca VOUS VOULEZ EXPRIMER VOTRE OPINION?Écrivez-nous à debats@lapresse.ca OPINION DROITS RÉSERVÉS/serge.chapleau@lapresse.ca André Desmarais > Président du conseil d\u2019administration Pierre-Elliott Levasseur > Président Guy Crevier > Éditeur Éric Trottier > Vice-président, Information et éditeur adjoint Alexandre Pratt et Christian Geiser > Directeurs principaux, Information François Cardinal > Éditorialiste en chef DEBATS ÉDITORIAL FRANÇOISCARDINAL fcardinal@lapresse.ca V ous avez entre les mains le dernier numéro du journal papier La Presse.Un numéro qui consacre la fin d\u2019une plateforme, mais surtout, d\u2019une époque.Le média que vous pourrez continuer à apprécier au quotidien achève aujourd\u2019hui sa mue, en quelque sorte.Le « journal papier » laisse derrière lui son enveloppe pour assurer sa croissance comme «journal», tout court, dans le sens littéral du terme.Contrairement à son pendant anglais « newspaper », le mot « journal » réfère en ef fet à une « publ icat ion quot id ienne consac rée à l \u2019ac tua l ité ».P réc isément ce qu\u2019offre La Presse depuis 1884.Précisément ce qu\u2019offre aujourd\u2019hui La Presse+ sur les tablettes numériques.Cette évolution, elle aura ainsi fait passer le journal de l\u2019encre aux pixels.Et elle nous aura, du coup, rappelé une chose fondamenta le : l\u2019important, ce n\u2019est ni le support ni la plateforme, c\u2019est le contenu.L\u2019important, autrement dit, c\u2019est la salle de rédaction qui alimente le média.C\u2019est la crédibilité des journalistes qui y travaillent.C\u2019est la fiabilité des nouvelles que les lecteurs peuvent consulter chaque jour.C\u2019est la confiance que ces derniers accordent à ce qu\u2019ils lisent.L\u2019important, bref, c\u2019est la rigueur des artisans de l\u2019information qui assemblent le quotidien au quotidien.Quel que soit son format.! ! ! Ce rappel, il est essentiel au moment où La Presse franchit une étape majeure de son développement, mais il l\u2019est aussi au moment où les médias écrits d\u2019ici et d\u2019ailleurs vivent une crise sans précédent.Partout au pays, des journaux ferment, des hebdomadaires s\u2019éteignent, des salles de nouvelles sont décimées en raison de l\u2019éclatement du modèle d\u2019affaires traditionnel de la presse écrite.Pas sorcier : les annonces, petites et grandes, qui constituaient jusqu\u2019ici la majorité des revenus des journaux, ont migré vers le web.Même chose pour les lecteurs.Au Canada, dans les années 50, il se vendait chaque jour plus de journaux qu\u2019il y avait de foyers.Et à la seconde où l\u2019accès à l\u2019internet s\u2019est répandu, le journal ne se retrouvait plus que dans un foyer sur deux.Imaginez aujourd\u2019hui\u2026 Les entreprises de presse écrite n\u2019ont d\u2019autre choix que de migrer elles aussi en multipliant les plateformes.Elles ont un site web, une application mobile, voire une présence immersive sur les tablettes numériques.Un phénomène, disons-le, qui est tout à l\u2019avantage des lecteurs qui accèdent maintenant à l\u2019information en temps réel, au moment qui leur convient, dans le format qu i leu r convient.L a c r i s e q u i é b r a n l e la presse n\u2019est donc pas , contrairement à ce qui est trop souvent colporté, une cr ise du lec torat , comme si celui-ci avait déserté les médias écrits.Au contraire, il s\u2019est simplement déplacé, comme l\u2019ont prouvé les entreprises qui ont osé revoir leur modèle d\u2019affaires et de narration en prenant le virage numérique.Un indice : le plus important tirage de La Presse papier avait été établi en 1971, avec un peu plus de 220 000 exemplaires\u2026 alors que le numéro de La Presse+ le plus lu a été consulté sur plus de 300 000 tablettes uniques ! Bien difficile dans un tel contexte de justifier l\u2019impression et la distribution de journaux à grande échelle, da ns toutes le s rues du Québec, avec des centaines de camions.Bien difficile surtout de s\u2019accrocher à un modèle d\u2019affaires caduc, qui rend impossible le maintien de la plus vaste salle de rédaction du Québec.! ! ! L\u2019avenir est donc dans le journal\u2026 pourvu qu\u2019il soit dynamique, interac t i f et numérique.En cette fin 2017, on peut même dire que le « journal », en tant qu\u2019outil civique ayant pour but de fournir au citoyen l\u2019information la plus complète et crédible sur tout ce qui concerne ses affaires, a plus de pertinence que jamais.C\u2019est en effet par l\u2019entremise d\u2019un journal diffusé au quotidien que les lecteurs peuvent apprendre ce qui se passe au-delà de leurs intérêts particuliers, se repérer dans la multitude de nouvelles offertes sur le web et forcer leurs dirigeants à rendre des comptes.C\u2019est en comptant sur une vaste salle de rédaction que les lecteurs peuvent consulter des enquêtes soumises à ample vérification, profiter d\u2019une couverture locale et internationale, se fier à des journalistes qui suivent scrupuleusement le guide de déontologie de leur profession.Et c\u2019est en s\u2019appuyant sur une équipe de journalistes généralistes et spécialistes que les lecteurs peuvent séparer le bon grain des fake news, sortir des bulles filtrantes des réseaux sociaux et s\u2019extirper de la domination des géants de la Silicon Valley, qui n\u2019ont pas le moindre souci pour la qualité de ce qui est diffusé sur leurs plateformes.I l n\u2019y a d\u2019a il leurs qu\u2019à jeter un œil dans le rétroviseur pour se convaincre de l\u2019utilité des médias écrits établis.N\u2019eût été leur salle de nouvelles, jamais la commission Charbonneau ni la commission Chamberland n\u2019aurait vu le jour.Jamais n\u2019aurions-nous entendu parler de la corruption dans la construction, des tactiques délétères des policiers, du scandale des commandites ou de la plupart des cas de harcèlements sexuels qui ont défrayé la chronique en 2017.Jamais n\u2019aurions-nous eu la profondeur des échanges que permettent les pages Débats, ouvertes à tous.Imaginez : La Presse a reçu cette année pas moins de 90 000 lettres envoyées par les lecteurs, un record! C\u2019est dans un tel contexte que La Presse réitère sa volonté de jouer son rôle, maintenant sur ses plateformes numériques.Avec le même professionnalisme, la même rigueur, la même pertinence.Le support papier disparaît donc, mais la mission demeure : informer, enquêter, analyser, échanger, expliquer, débattre.Voilà ce que La Presse fait depuis 1884.Voilà ce qu\u2019elle continuera à faire avec enthousiasme, sur le web, le mobile et sur la tablette aussi.Avec un plus ! Place au journal.numérique L\u2019évolution de «La Presse» nous rappelle que l\u2019important n\u2019est pas le support ni la plateforme, mais bien le contenu\u2026 et la salle de rédaction qui le rend possible.BOUCAR DIOUF Humoriste, conteur, biologiste et animateur, il collabore régulièrement à la section Débats.À toi dont la testostérone commence à circuler dans le sang en cette année 2018, je voudrais dire ceci : «Tu te promènes désormais avec une arme à chargement automatique entre les jambes.Et même si ce jouet peut se transformer en arsenal de destruction massive, la nature n\u2019a malheureusement pas inventé de test psychologique pour décider quel homme serait trop dangereux pour en posséder.Mais si porter une telle arme est un état naturel, en assurer une utilisation responsable est un devoir auquel tu seras sévèrement assujetti et de ses dommages collatéraux, tu seras aussi tenu entièrement responsable.«Aussi, en cas de doute ou de zone grise, demander à la personne en face de toi si elle est consentante demeure le choix le plus éclairé.Certains pensent faussement que cette façon de procéder peut casser le rythme.Mais cet argument ne tient pas la route, car le même règlement s\u2019applique au port du condom.Lorsque ce plastique s\u2019est invité de façon salvatrice dans la sexualité humaine, bien des mâles lui ont reproché d\u2019être un casseur de momentum.Pourtant aujourd\u2019hui, pour tous les gars responsables, se faire demander de prendre un condom ou de prendre la porte est devenu bien normal.J\u2019espère que cette année qui commence aidera ta génération à initier un nouvel équilibre dans les relations entre les hommes et les femmes.«Depuis ta petite enfance, tu sais qu\u2019il y a bien des bisous qui guérissent des bobos.Maintenant, tu dois savoir qu\u2019il y a aussi des bisous qui causent des bobos qui ne guérissent pas.À l\u2019aube de ta puberté, je souhaite que tes baisers guérissent, enivrent ou apaisent, mais qu\u2019ils ne blessent jamais.Que tes caresses soient douces et tes bras rassurants.Que tes mains aident, soignent et se tendent vers les autres sans jamais prendre ou toucher ce qu\u2019on ne leur a pas offert.Que ton cœur aime plus qu\u2019il ne désire, mais que tes désirs ne soient jamais coupables.Que tes désirs ne soient jamais des ordres.Que ton oreille écoute et entende même ce qu\u2019on ne te dit pas.Qu\u2019elle croit ce qu\u2019on lui raconte, même les choses difficiles à entendre, même ce non que tu souhaiterais être un oui.Que ton cerveau comprenne que ce non n\u2019est pas le début d\u2019un oui potentiel pour celui qui sait insister, mais une ligne claire qui sépare les séducteurs des criminels.«Les premiers responsables de la violence sexuelle faite aux femmes, ce sont les hommes et ils doivent travailler à développer cette intelligence du cœur qui permet de réduire au silence et d\u2019installer un solide cadenas sur cette part de notre animalité qui vivote constamment en nous.C\u2019est ce que mon ami, le biologiste Cyrille Barrette, appelle le murmure des gènes.C\u2019est la capacité d\u2019utiliser les pouvoirs de notre gros cerveau pour étouffer ces chuchotements égoïstes de nos profondeurs qui sépare l\u2019humain que tu es de son cousin le chimpanzé.« L\u2019homme le plus fort au monde, jeune homme, ce n\u2019est pas le super héros de tes histoires.C\u2019est celui qui a le cœur assez grand, les idées assez claires et les reins assez solides pour traiter les femmes de la seule manière qui soit acceptable : avec respect.Et si un jour tu deviens cet homme, ce que je te souhaite de tout mon cœur, tu comprendras à quel point ce qu\u2019on a trop longtemps appelé le sexe faible est d\u2019une force incroyable pour avoir enduré (et endure encore) tout ce que les vrais faibles, ceux qui abusent de leur pouvoir, lui ont fait subir.Ces femmes, mon garçon, ce sont elles, les vraies héroïnes de notre monde.Et pas besoin de regarder très loin pour en trouver.En cette année 2018 qui commence, embrasse ta maman, tes tantes, ta grand-mère et souhaite-leur une bonne année de ma part.» Bonne année 2018 à vous tous ! Erratum: Dans mon texte du 16 décembre, j\u2019ai attribué à Anne Fausto-Sterling des informations qui viennent plutôt des écrits de René Hébert qui est spécialiste français du développement des gonades.Merci à Michel Dorais, sociologue de la sexualité de l\u2019Université Laval, pour cette correction.Souhaits à un ado full testo PHOTOMATT ROURKE, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS «Depuis ta petite enfance, tu sais qu\u2019il y a bien des bisous qui guérissent des bobos.Maintenant, tu dois savoir qu\u2019il y a aussi des bisous qui causent des bobos qui ne guérissent pas», écrit Boucar Diouf.«Les premiers responsables de la violence sexuelle faite aux femmes, ce sont les hommes et ils doivent travailler à développer cette intelligence du cœur qui permet de réduire au silence et d\u2019installer un solide cadenas sur cette part de notre animalité qui vivote constamment en nous.» l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 26 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 DEBATS LYSIANE GAGNON lgagnon@lapresse.ca ALAINDUBUC COLLABORATION SPÉCIALE adubuc@lapresse.ca I l y a des plaisirs propres à la période entre Noël et le Nouvel An.Le temps est suspendu, on ne sait jamais quel jour on est \u2013 surtout quand la fête tombe un lundi.On est plus ou moins en congé, on s\u2019imagine qu\u2019on aura beaucoup de temps libre, et pourtant l\u2019on se retrouve terriblement occupé \u2013 la famille, les amis, les sorties, les repas festifs, les cadeaux, les échanges.Ce rite annuel me plaît beaucoup, je ne suis pas parmi les grincheux qui ronchonnent contre le magasinage des Fêtes.Les cadeaux sont de l\u2019amour en boîte.En plus, cette année, le temps nous a gâtés, avec cette belle neige souple qui donnait à Montréal des airs magiques de carte postale.Un joli temps pour se promener en ville.jusqu\u2019à ce que le froid s\u2019abatte avec une brutalité inouïe, comme pour nous ramener à la réalité.Le rituel d\u2019avant les Fêtes, ce sont les grands concerts : Bach, le Magnificat, les cantates, l\u2019Oratorio de Saint-Saëns, le Messie de Händel.Le rituel des journées de Fêtes, c\u2019est le cinéma, du moins pour nous qui sommes accros au grand écran.L\u2019après-midi de Noël, nous allons toujours voir un film.Il y a quelques années, c\u2019est le délicieux Festin de Babette qui, ce jour-là, nous avait enchantés.Cette année, nous avons encore eu de la chance, avec Le sens de la fête, de Toledano et Nakache, le fameux tandem à l\u2019origine d\u2019Intouchables.Leur nouveau bébé est encore meilleur et encore plus drôle.Les rebondissements sont moins prévisibles, et il y a Jean- Pierre Bacri.Je marcherais 1 kilomètre par des froids de - 20 °C pour aller voir n\u2019importe quoi de (ou avec) Jean- Pierre Bacri et Agnès Jaoui (Un air de famille, Le goût des autres, etc.).Dans Le sens de la fête, Bacri est sublime, évidemment, mais toute la distribution est formidable.Je ne vous raconte pas l\u2019histoire, qui d\u2019ailleurs ne se raconte pas.Je vous dis seulement que c\u2019est un petit feu d\u2019artifice d\u2019humour \u2013 de l\u2019humour fin, intelligent, avec des réparties amusantes et des situations désopilantes.Un feelgood movie dont on sort avec le sourire.Autre film glané dans la moisson d\u2019automne : Paradis.Cette excellente production russo-allemande raconte les destins croisés de trois personnages qui ont traversé la Seconde Guerre mondiale.Au jour du Jugement dernier, chacun plaide en sa faveur.Très poignant.Et bien sûr, The Square, Palme d\u2019or à Cannes.Une hilarante satire du monde de l\u2019art moderne en même temps qu\u2019une fable cynique sur l\u2019égoïsme contemporain, le tout marqué par une scène troublante et provocante qui rappelle un peu, par ses excès, la cruauté d\u2019un Buñuel.L\u2019année qui vient vous réserve, chers lecteurs, une magnifique surprise : Picasso et les arts premiers, une grande exposition que le Musée des beaux-arts de Montréal présentera du 12 mai au 16 septembre.Je l\u2019ai vue le printemps dernier à Paris, au musée Jacques-Chirac du quai Branly, et à la sortie, je me suis réjouie en voyant un panneau annonçant que l\u2019expo viendrait à Montréal en 2018.J\u2019y retournerai ! Composée à partir des fabuleuses collections du musée du quai Branly et du Musée Picasso, l\u2019exposition montre l\u2019influence des arts dits primitifs dans l\u2019œuvre de Picasso.Pour lui d\u2019ailleurs, il ne s\u2019agissait pas d\u2019art «primitif », encore moins d\u2019ethnologie, mais d\u2019art tout court.Il n\u2019y voyait que la forme et la matière.Picasso a toujours eu un rapport intime avec les œuvres africaines, et ce, dès 1906, alors qu\u2019il découvrait chez André Derain un masque fang du Gabon.L\u2019année suivante apparaissait Les demoiselles d\u2019Avignon, la pièce maîtresse du cubisme où les visages évoquent des masques africains.L\u2019exposition juxtapose des peintures et des sculptures de Picasso et des œuvres d\u2019arts premiers (quelque 300 en tout) dont la parenté est hallucinante.Un pur bonheur.! ! ! La Presse papier n\u2019existera plus à partir de demain.Nous vous retrouverons sur La Presse+, comme c\u2019est le cas les autres jours de la semaine.La cérémonie des adieux a déjà eu lieu il y a deux ans.On ne s\u2019attardera pas sur le pas de la porte comme des visiteurs qui ne se résignent pas à partir.Je vous dis donc au revoir.De quelques petits plaisirs L e temps est bien choisi, au moment où nous échangeons des vœux de bonheur, pour souligner quelque chose dont vous n\u2019êtes peut-être pas conscients.Saviez-vous, chers Québécois et chères Québécoises, que vous faites partie d\u2019un des peuples les plus heureux de la planète?C\u2019est ce que nous disent les données les plus sérieuses sur la question.Et honnêtement, ça ne paraît vraiment pas quand on lit les journaux, qu\u2019on écoute les actualités, ou que l\u2019on suit les médias sociaux.Il est vrai que le bonheur est un concept indéfinissable.Mais les économistes, en s\u2019alliant à d\u2019autres spécialistes, sociologues, psychologues, se sont mis à s\u2019y intéresser pour élargir leur palette et ne plus seulement mesurer le succès à l\u2019aune du PIB et de la performance économique.Leur définition du bonheur est cependant plus étroite.Quoiqu\u2019elle ressemble pas mal à celle du temps des Fêtes, où nos vœux de bonheur sont étroitement associés à la joie, à la santé, à la paix.Mais comment mesurer le bonheur, s\u2019il est indéfinissable?La façon la plus simple, et peut-être la plus étonnante, consiste tout bonnement à demander aux gens s\u2019ils sont heureux, ce que l\u2019on appelle le bien-être subjectif.Statistique Canada, pionnier dans le domaine, pose la question depuis des décennies.La dernière édition de cette enquête, qui porte sur 2016, nous apprend que le taux de satisfaction à l\u2019égard de la vie est plus élevé au Québec que pour l\u2019ensemble canadien: 93,9% de satisfaits et de très satisfaits contre 92,5%.Le Québec est au troisième rang, derrière la petite Île-du-Prince-Édouard et la Saskatchewan.Mais ce qui frappe plus l\u2019imagination, c\u2019est qu\u2019une analyse par villes montrait qu\u2019en 2015, parmi les 33 régions métropolitaines de recensement canadiennes, trois zones urbaines québécoises se trouvaient dans le top 5 \u2013 Saguenay au premier rang, Trois-Rivières au second et Québec au cinquième.Cette méthodologie est maintenant appliquée à l\u2019échelle du monde avec une vaste étude, le World Happiness Report (WHR), publié sous la direction des Nations unies.À l\u2019échelle mondiale, le Canada est au 7e rang, derrière, dans l\u2019ordre, la Norvège, le Danemark, l\u2019Islande, la Suisse, la Finlande, les Pays- Bas.Et devant l\u2019Australie et la Suède.Les États-Unis sont au 14e rang, l\u2019Allemagne au 16e, la France au 31e.Ça joue d\u2019une année à l\u2019autre.Le Canada, 5e en 2012, perd un peu de terrain.C\u2019est grâce à ce classement, où il s\u2019est classé premier en 2012, que l\u2019on a décrit le Danemark comme le pays des gens heureux.Mais les auteurs du WHR notent que les pays qui font partie du groupe de tête, les cinq premiers pays, sont si proches les uns des autres que les différences ne sont pas significatives.Le Québec, s\u2019il était dans le classement, se situerait, quand on fait le calcul à partir des données canadiennes, en 6e place, si proche de la Finlande qu\u2019il se retrouverait lui aussi dans le peloton de tête.Bref, on peut vouloir étudier le Danemark pour ses réalisations sociales, mais pour la recette du bonheur, on peut tout aussi bien aller voir à Saguenay.Ce qui est important, c\u2019est moins le classement lui-même que les raisons qui font en sorte qu\u2019un pays se retrouve parmi les pays les plus heureux.Dans l\u2019ensemble, un équilibre entre le succès économique, les politiques sociales et la cohésion.C\u2019est ce que confirme l\u2019autre grande étude, réalisée par l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques, avec son « Indicateur du vivre mieux», qui procède à l\u2019envers en évaluant les résultats des pays pour des éléments qui contribuent au bien-être, avec indicateurs pour dix critères \u2013 logement, revenu, emploi, liens sociaux, éducation, etc.Dans cette étude, le Canada se retrouve au cinquième rang, derrière la Norvège, le Danemark, l\u2019Australie et la Suède.Toujours pas mal le même club.En 2011, le CIRANO, avait calculé que le Québec devançait légèrement le Canada.Si c\u2019est toujours le cas, ce qui est probable, le Québec se retrouverait sans doute autour du 3e rang mondial.Ajoutez à cela un contexte économique favorable et tout le monde devrait avoir un grand sourire.Et pourtant non.Le climat est morose \u2013 déception à l\u2019égard du monde politique, insatisfaction pour la qualité des services publics, méfiance envers leurs élites, irritation pour le trafic \u2013 et j\u2019en passe.Comment concilier l\u2019apparente contradiction entre ces enquêtes sur le bonheur et le sentiment des gens?Je crois qu\u2019une partie de l\u2019explication tient au fait que les médias s\u2019intéressent plus aux mauvaises nouvelles qu\u2019aux bonnes, que les médias sociaux sont davantage monopolisés par les mécontents et donc qu\u2019il y a une distorsion qui fait en sorte que le débat public ne reflète pas vraiment l\u2019état d\u2019esprit des gens.Il y a peut-être autre chose.Même quand les choses vont bien, qu\u2019il n\u2019y a pas de drames à l\u2019horizon, on trouvera le moyen de monter en épingle des affaires qui n\u2019en sont pas, du «Bonjour, Hi» au «scandale» de l\u2019autorisation des petits canifs dans les avions.J\u2019émets donc une hypothèse, que je sais tout à fait intuitive, et c\u2019est qu\u2019il est parfaitement possible d\u2019être heureux et chialeux en même temps! Et c\u2019est sur cette note que je vous souhaite une bonne et heureuse année! Saviez-vous que vous étiez heureux?JEAN-FRANÇOIS CHICOINE Médecin pédiatre Au jour de l\u2019An, on table sur une marche du temps basée sur 12 mois consécutifs.Le 13e mois échappe au courroux grâce à la symbolique de la colombe dont témoigne la carte de souhaits de votre assureur : «La paix pour le restant de vos jours.» L\u2019oiseau, qui n\u2019est finalement qu\u2019un pigeon blanc, transcenderait le calendrier grégorien pour offrir une tranquillité d\u2019esprit au-delà de la garantie.Comme une banque de temps, en petit change.L\u2019année, c\u2019est quand?En petite enfance, des récits de vie reliés à des éléments familiers (p.ex.«demain, on va chez mamie») donnent la mainmise à l\u2019enfant sur la structuration de son quotidien.Un tout-petit se repère d\u2019abord par des moments signifiants au cours de sa journée, puis par les heures du jour, et enfin par les mois, autour de ses 8 ans.En France, la chercheuse en psychologie Valérie Tartas s\u2019est intéressée à la question.Elle estime que la perception du caractère cyclique des mois du calendrier n\u2019est finalement achevée qu\u2019à partir de 9 ans.C\u2019est long longtemps.Santé et prospérité ! Chaque année, pour remettre nos pendules à l\u2019heure, les retrouvailles familiales, les émissions de télé spéciales, les digressions culturelles, le redémarrage des sports d\u2019hiver, la finalisation de la fiscalité et le jeu des résolutions constituent des organisateurs sociaux aussi dynamiques que les repères astronomiques, physiques ou électroniques du temps.Changement d\u2019époque, les von Trapp ont cédé un peu de place aux Jedi, mais comme la moitié du party veut toujours maigrir ou cesser de fumer, toujours éviter le gluten ou se trouver un médecin de famille, toujours tremper dans un spa ou partir pour le soleil, et n\u2019a toujours pas grand-chose à dire, malgré un accès prodigieux aux savoirs, on finit par réaliser qu\u2019on est en plein terrain de connaissance et qu\u2019elle est bel et bien arrivée, la nouvelle année.Sous les souhaits, les accolades, les poignées de main contagieuses et les bénédictions raréfiées, dans l\u2019espérance générale que notre éducation nous a forgés à anticiper, on arrive alors à oublier que la mort se rapproche, inéluctablement, les meilleures tablées du monde ne pouvant rien y changer.Le biologiste Alain Reinberg ne manquait pas de déplorer la ressemblance consternante entre les horloges grand-père et les cercueils.Je reconnais que ce n\u2019est pas très gai.Notre construction linéaire du temps s\u2019est imposée à partir de nos racines babyloniennes et méditerranéennes.Elle donne du rythme à la quête, mais n\u2019en change malheureusement pas la durabilité.Dans l\u2019attente, la cloche de l\u2019école, la minuterie du micro-ondes, l\u2019heure de la prière, la fonction «horloge» de la tablette : toutes ces prises concrètes peuvent être considérées comme des bricolages culturels pour nous aider à digérer l\u2019éphémère.Au cœur de plusieurs civilisations orientales, on opte plutôt pour une conception circulaire de la temporalité, tout aussi scientifiquement fausse, mais moins déprimante, étant donné qu\u2019on n\u2019en meurt pas à la fin si on ne s\u2019y écœure pas de tourner en rond.Que du bon temps.« Le temps, depuis toujours, est lié au pouvoir, rappelle notre cher Jean d\u2019Ormesson, une des prérogatives majeures de tout pouvoir politique ou religieux est de dominer et de le manier à son gré, de le découper en séquences, de fixer les dates des vacances et des fêtes, de décider de l\u2019heure d\u2019hiver ou de l\u2019heure de l\u2019été.» Finalement, offrir la bonne année à son voisin, c\u2019est lui souhaiter un peu de pouvoir sur lui-même dans un espace- temps circonscrit par sa condition humaine.Les étapes (p.ex.un jour à la fois, 365 jours par année, la semaine des quatre jeudis), la durée (p.ex.slow food, record de temps, temps de qualité) et la cadence (p.ex.vie de fou, programme accéléré, « respire par le nez») pour disposer des bons vœux se présentent comme autant d\u2019échappées à l\u2019interrogation casse-gueule : «Qu\u2019est-ce que le temps?» La réponse classique pour raviver l\u2019irracontable sémantique du temps est bien sûr de saint Augustin : «Si tu ne me demandes pas ce qu\u2019est le temps, je sais ce que c\u2019est.Dès que tu me le demandes, je ne le sais plus.» Nos vœux à toute la famille Jusqu\u2019à l\u2019adolescence, le temps de l\u2019enfant n\u2019opère pas comme le nôtre.Il n\u2019est ni linéaire ni circulaire.Le matin, quand il s\u2019étire, l\u2019enfant traîne en 2017, quand ses parents l\u2019imaginent déjà en 2019.Un simple retour dans le futur et il atterrit en 2048.Sa conception du temps est faite demouvements, de pauses et de reculs, ce qui amène l\u2019enfant à mieux supporter l\u2019incomplétude d\u2019un monde tributaire du calendrier.Dans la tête d\u2019un enfant, les reculs de l\u2019année (p.ex.la recrudescence des intolérances ordinaires, les migrants mineurs non accompagnés, les enfants rohingya en malnutrition sévère, l\u2019escalade antivaccinale en France, l\u2019esclavagisme en Libye, le retour de la diphtérie au Yémen, la précarisation du réseau de santé infantile au Québec, l\u2019interdiction présidentielle du mot «fœtus» aux États-Unis) coexistent dans un même espace-temps que les temps morts (p.ex.la pauvreté d\u2019un enfant canadien sur cinq, la résistance aux antibiotiques, la vulnérabilité de 8 millions d\u2019enfants syriens) et les avancées salutaires (p.ex.la dénonciation des violences sexuelles, le beurre d\u2019arachides pour les nourrissons nés de familles allergiques, l\u2019abrogation de souffrances aliénantes grâce à l\u2019aide médicale à mourir).Le temps de l\u2019enfant est protéiforme et c\u2019est heureux pour lui.Il ne recule pas, il ne se pose pas, il n\u2019avance pas.Il cherche son bonheur au présent.Solstice d\u2019hiver Mon camarade de bureau à Sainte- Justine est pédiatre comme moi.On le surnomme «le Russe», à cause de son âme, mais aussi de son grand-père paternel qui vivait, comme artisan, dans l\u2019entourage du tsar Nicolas II jusqu\u2019à ce que la révolution de 1917 le force à s\u2019expatrier sur Paris où il deviendrait chauffeur de taxi.Pour la grande histoire, il faut pouvoir se rappeler que l\u2019hémophilie, grave maladie héréditaire de la coagulation sanguine, se transmettait chez les héritiers mâles des familles royales d\u2019Europe et de Russie.Le petit Alexis, fils héritier attendu d\u2019Alice et Nicolas, en était atteint, il saignait pour des riens, à répétition, et n\u2019aurait certainement pas survécu longtemps à ses hémorragies sévères s\u2019il n\u2019avait pas été assassiné avec les autres Romanov dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918.« Je suis bluffé », dit mon ami le Russe, en me tendant un article tout frais du New England Journal of Medicine du 7 décembre 2017 (vol.377, no 23).«Grâce à la thérapie génique, ils ont guéri, oui GUÉRI, tu m\u2019entends, Jean- François, guéri 10 patients atteints d\u2019hémophilie B.Les enfants vont maintenant pouvoir se sortir de cette foutue maladie mythique!» Il suffit d\u2019ouvrir les yeux: 100 ans après la révolution bolchévique, l\u2019histoire nous apprend une fois de plus qu\u2019on a avantage à donner une chance au temps.Alors, 2018, on y va, tsarévitch?On y va.Réflexions sur le temps qui passe l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A 27 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 SOLDE DE FIN D\u2019ANNÉE MAISON CORBEIL = TPS* MUST = TPS + TVQ* Jusqu\u2019à 40% de rabais supplémentaire sur certains modèles démonstrateurs.JUSQU\u2019AU 31 DÉCEMBRE 2017 Le Magasin Entrepôt sera ouvert tous les jours du 26 au 31 décembre.sol e MONTRÉAL 1215, boul.Crémazie Ouest Face au Centre Rockland Montréal (Québec) H4N 2W1 514 382-1443 LAVAL 2323, aut.des Laurentides Sortie boul.Le Carrefour Laval (Québec) H7S 1Z7 450 682-3022 MAGASIN ENTREPÔT 2750, av.Francis-Hughes Laval (Québec) H7L 3Y7 450 978-4847 MUST SOCIÉTÉ 186, rue Peel, Griffintown Montréal (Québec) H3C 2G7 514 509-8871 * Rabais équivalent à la TPS ou la TPS+TVQ selon l\u2019achat.Certaines conditions s\u2019appliquent, détails en magasin.MAISONCORBEIL.COM BROSSARD 8480, boul.Leduc, espace 10 Quartier DIX30MC Brossard (Québec) J4Y 0K7 450 443-4143 "]
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