La presse, 30 décembre 2017, Arts - Cinéma
[" ARTS CINÉMA MUSIQUE DISCRETDAHO PAGE 4 SYLVAINEDUFAUX, LACADREUSEQUI SORTDUCADRE PAGE 12 TÉLÉVISION UN CLASSIQUE NOMMÉ CINÉ-CADEAU PAGE 5 PHOTOMONTAGE LA PRESSE CE QUE NOS CHRONIQUEURS REGARDENT PENDANT LES FÊTES Le temps des Fêtes offre le contexte idéal pour céder à la tentation de revoir nos films préférés \u2013 surtout quand le grand froid se met de la partie, comme c\u2019est le cas ces jours-ci.Nos chroniqueurs Mario Girard, Patrick Lagacé et Marie-Claude Lortie ont accepté de nous présenter leurs « classiques » personnels des vacances de fin d\u2019année.PAGES 8 ET 9 Les pingouins de Madagascar MONTRÉAL SAMEDI 30 DÉCEMBRE 2017 Toutes les une personne est victime d\u2019une crise cardiaque.Donnez pour sauver des vies.unDONpourleCOEUR.org 05 ARTS TÉLÉVISION Pour la première fois dans l\u2019histoire, le légendaire personnage de Doctor Who est interprété par une femme.Signe des temps?De plus en plus d\u2019actrices se glissent dans les habits de personnages masculins.On se penche sur le phénomène.NATHALIE COLLARD DOCTORWHO, C\u2019EST ELLE Jodie Whittaker (qu\u2019on a connue dans l \u2019excel lente sér ie Broadchurch) es t le 13e Doctor Who, personnage éponyme d\u2019une série créée en 1963 et qu\u2019on décrit comme la plus ancienne émission de science-fiction de tous les temps.(Au Québec, on peut voir Docteur Who sur Z.) «Ça me réjouit, lance Martine Delvaux, auteure et profes- seure au département d\u2019études littéraires de l\u2019UQAM.On remet en question la binarité sexuelle.Quand je vais voir Hamlet, est-ce que ça se peut qu\u2019il ne soit pas un homme?» UNOCEAN\u2019S 8 100% FÉMININ La bande-annonce du film Ocean\u2019s 8, dont tous les rôles principauxsont interprétéspar des femmes (Sandra Bullock, Cate Blanchett , R ihanna , etc.), est réjouissante.Martine Delvaux rappelle que Sandra Bullock a spécifiquement demandé à son agent d\u2019identifier des rôles masculins pour lesquels elle pourrait auditionner.Elle a d\u2019ailleurs décroché le rôle principal du film Our Brand Is Crisis \u2013 un rôle qui était destiné à l\u2019origine à George Clooney.L\u2019actrice Jessica Chastain a pour sa part fondé sa propre maison de production et a exprimé la volonté de convertir des rôles masculins en rôles féminins.«Dans le film The Crying Game, on découvrait tard le sexe biologique du personnage, note Martine Delvaux.On oubliait de quel genre il était.» UN FESTIVAL NONGENRÉ Ce sont deux femmes qui interpréteront les personnages de Prospero et Jules César au prochain festival de théâtre de Stratford.Le directeur artistique du festival , Antoni Cimolino, a confié au Globe and Mail que cela faisait partie d\u2019une initiative plus large visant à diversifier l\u2019attribution des rôles.Plusieurs productions présentées durant le célèbre festival ontarien ont opté pour une distribution non genrée.« C\u2019est le genre de truc qui fait avancer les choses, croit Martine Delvaux.Je ne vois pas, par exemple, pourquoi une femme ne pourrait incarner James Bond.Il faut être prêt à briser des icônes.Il ne s\u2019agit pas simplement d\u2019un déplacement ou d\u2019un travestissement, c\u2019est plus profond que ça.C\u2019est la démultiplication des représentations de la race, de la beauté, du genre, etc.Oui, il y aura toujours des hommes et des femmes, mais il y a plusieurs nuances entre les deux.» Autre exemple : plus tôt cette année, Brigit te Poupart a monté la pièce de David Mamet, Glengarry Glen Ross, avec une distribution 100% féminine.RETOUR AUX SOURCES « Le travestissement au théâtre a toujours existé, rappelle la metteure en scène et auteure Brigitte Haentjens.Si on remonte au théâtre grec, les hommes interprétaient des rôles féminins.La grande Sarah Bernhardt jouait des rôles d\u2019hommes.Personnellement, je ne suis pas attirée par la correction politique, ça me laisse de glace.Des fois , je trouve même que c \u2019e s t boi teu x dans les interprétations.Si je montais Dans la solitude des champs de coton de Koltès [qui sera présentée dès le 23 janvier à l\u2019Usine C] avec des femmes , ça ne ma r- cherait pas.Et puis, il y a quand même de beaux rôles de femmes au théâtre, même chez Shakespeare, qui n\u2019était pas le plus grand amoureux des femmes.Il y a de beaux rôles féminins dans Richard III.Moi, c\u2019est plutôt du côté de l\u2019écriture et de la mise en scène que je ferais des efforts.» LE TEST DE BECHDEL Bédéiste américaine, Alison Bechdel a « inventé » un test qui permet d\u2019évaluer la représentation féminine dans un film.Le test \u2013 qui est apparu la première fois dans sa série Dykes to Watch Out For \u2013 consiste à répondre à trois questions précises.Y a-t-il au minimum deux personnages féminins dans le film et ont-elles un nom?Ces personnages féminins se parlent-ils à un moment donné dans le film ?Et si oui, parlent-ils d\u2019autre chose que d\u2019un homme?Selon The Guardian, certaines salles de cinéma en Suède utilisent le test de Bechdel pour attribuer une cote féministe aux films qu\u2019elles présentent.Dans une étude publiée en 2014 et commandée par le Geena Davis Institute on Gender in Media, en collaboration avec l\u2019ONU Femmes, on constatait une discrimination profondément ancrée et des clichés omniprésents à l\u2019égard des femmes et des filles dans les films populaires.Menée dans plusieurs pays par une équipe de chercheurs de l\u2019École de communication et de journalisme Annenberg de l\u2019Université de Californie du Sud, cette étude notait entre autres que les femmes représentaient moins du tiers des personnages parlants dans les films.Appelez-la Madame.PHOTO FOURNIE PAR LA BBC JodieWhittaker en DoctorWho l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 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THIBAUT GARCIA MERCREDI 17 JANVIER 2018, 19h30 Œuvres de ALBÉNIZ, J.S.BACH et PIAZZOLLA Vous serez éblouis par ce jeune guitariste franco-espagnol.IAN BOSTRIDGE , ténor JULIUS DRAKE , piano LUNDI 12 FÉVRIER, 19h30 SCHUBERTWinterreise Le Voyage d\u2019hiver est sans conteste l\u2019un des cycles vocaux les plus bouleversants de l\u2019histoire de la musique.LA VOIX DU FADO VENDREDI 23 MARS, 19h30 ANTONIO ZAMBUJO ET SON ENSEMBLE Le réputé chanteur portugais transformera la salle Bourgie en casa de fado ! Jusqu\u2019au 11 mars 2018 Une exposition adaptée par Pointe-à-Callière, cité d\u2019archéologie et d\u2019histoire de Montréal, et réalisée par le Musée canadien de l\u2019histoire. CINQUIÈME SALLE, PLACE DES ARTS GESÙ THÉÂTRE DENISE-PELLETIER THÉÂTRE DU RIDEAU VERT CHAPELLE NOTRE-DAME-DE-BONSECOURS THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE CATHÉDRALE CHRIST CHURCH USINE C MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL CENTRE SEGAL DES ARTS DE LA SCÈNE UNIVERSITÉ MCGILL CENTRE BELL MTELUS TOHU LION D\u2019OR CENTRE PHI THÉÂTRE MUSIQUE CLASSIQUE LE BALCON THÉÂTRE ST-DENIS THÉÂTRE CORONA THÉÂTRE OUTREMONT CLUB SODA THÉÂTRE MAISONNEUVE, PLACE DES ARTS Concert amplifié 2 mars DVSN 27 février Coups de cœur Du 23 au 25 février et du 1er au 3 mars La Compagnie Créole : 30 ans de fêtes au Québec 23 et 24 février Marie Denise Pelletier Léveillée, entre Claude et moi \u2022 22 février Martine St-Clair, Marie Michèle Desrosiers, Luce Dufault et Marie-Élaine Thibert Entre vous et nous \u2022 24 février Les Respectables 25 ans : La Tournée et Heart of Stone \u2022 27 février Andrea Lindsay Entre le jazz et la java \u2022 1ermars Daniel Lavoie Mes longs voyages \u2022 2 mars Chansons drôles et drôleries chancelantes 22 février Freakeasy Circus \u2022 23 février Jérôme Charlebois et Marco Calliari 24 février Ligue d\u2019Improvisation Montréalaise (LIM) 25 février Caroline Panté avec Blood and Glass et invités Clair de Terre \u2022 27 février Sophie Pelletier Les météores \u2022 28 février Les Guerres d\u2019l\u2019Amour \u2022 1ermars WD-40 \u2022 2 mars Arnaud Soly \u2022 3 mars Misc \u2022 22 février Raveen \u2022 24 février Die Pod Die \u2022 25 février Collectif Kohlenstoff \u2022 1ermars Kae Sun \u2022 2 mars Hurlevents \u2022 22 au 24 février L\u2019Orangeraie \u2022 28 février au 2 mars Minuit \u2022 22 au 24 février L\u2019écho des batailles \u2022 23 février Cantates de Bach \u2022 24 et 25 février La Passion de Jeanne-d\u2019Arc The Orlando Consort \u2022 27 février Matinée baroque \u2022 1ermars Jacques Kuba Séguin \u2022 1ermars Harpe impressionniste \u2022 2 mars Schulich en concert Musiciens de soundSCAPE 22 février \u2022 Salle Pollack Festival de musique de chambre Jeux de chaises Johannes Moser 27 février \u2022 Salle Pollack Rafael Rosenfeld 2 mars \u2022 Salle Pollack Orchestre Jazz McGill 1 Hommage à Billy Strayhorn et Duke Ellington 28 février \u2022 Salle Tanna Schulich Daniel Taylor Le chemin du paradis \u2022 25 février Spem in alium Cappella Antica et Choeur de chambre Schulich \u2022 23 février Misunderstood: A Nina Simone Celebration avec Nadia Théobal \u2022 22 février Las reinas del ritmo avec Katy, Miranda et The Cuban Martinez Band 23 février Les Brunchs Gospel avec Imani Gospel Singers \u2022 24 février et 3 mars Une Soirée Soul, Motown et Disco avecMeredith & The Soul Marshalls \u2022 24 février Édith Piaf : Ma vie en rose et noir avec Claire Garand \u2022 28 février Les légendes de la salsa, Hector Lavoe, El Cantante de los Cantantes avec Lengaïa \u2022 1emars Best of Soul, Motown & Jazz avec Snooksta et Coco Thompson \u2022 2 mars Motown & Disco Inferno avec The Velvets \u2022 3 mars LP Première partie : Noah Kahan 28 février Alain Lefèvre Récital-béné?ce pour les enfants-réfugiés haïtiens Première partie : David Bontemps 25 février Alan Doyle Première partie : Fortunate Ones 28 février Amok 22 au 24 février L\u2019homme éléphant 22 et 23 février, 1er et 2 mars Le Chemin des Passes-Dangeureuses 23 février au 3 mars Les robots font-ils l\u2019amour ?27 février au 3 mars Marjorie Prime 25 au 28 février et 3 mars Gabs Sings Babs 27 février Geoffroy 23 février Martha Graham Dance Company 22 au 24 février Patrice Michaud 2 mars L\u2019ASTRAL 1 855 790-1245 ticketmaster.ca MTELUS 1 855 790-1245 ticketmaster.ca PLACEDES ARTS CINQUIÈME SALLE, THÉÂTRE JEAN-DUCEPPE THÉÂTREMAISONNEUVE 514 842-2112 | 1 866 842-2112 placedesarts.com CHAPELLE NOTRE-DAME- DE-BON-SECOURS 514 282-8670 | lavitrine.com THÉÂTREDENISE-PELLETIER 514 253-8974 | denise-pelletier.qc.ca UNIVERSITÉMCGILL SALLE POLLACK ET SALLE TANNA SCHULICH CATHÉDRALE CHRIST CHURCH 514398-4547 |mcgill.ca/music CENTRE BELL 514 790-2525 evenko.ca CENTRE SEGAL DES ARTS DE LA SCÈNE 514 739-7944 | segalcentre.org CLUB SODA 514 286-1010 | clubsoda.ca LE BALCON 1 888 528-9766 admission.com / ticketmaster.ca LIOND\u2019OR 514 598-0709 | admission.com MUSÉE DES BEAUX-ARTS DEMONTRÉAL 514 285-2000, poste 4 | mbam.qc.ca THÉÂTREDURIDEAU VERT 514 844-1793 | rideauvert.qc.ca TOHU 514 376-TOHU (8648) 1 888 376-TOHU (8648) | TOHU.ca THÉÂTRE CORONA 1 855 310-2525 theatrecoronavirginmobile.com THÉÂTREOUTREMONT 514 495-9944 | theatreoutremont.ca CENTRE BELL 514-790-2525 Evenko.ca THÉÂTRE ST-DENIS 514 790-1111 / 1 800 848-1594 ticketpro.ca L\u2019USINE C usine-c.com 514-521-4493 GESÙ 514 861-4036 legesu.com CENTRE PHI phi-centre.com 514 225-0525 1 855 526-8888 19e édition 22 FÉVRIER AU 4 MARS 2018 PLUS DE 60 SPECTACLES MUSIQUE, THÉÂTRE, DANSE, CLASSIQUE, CIRQUE montrealenlumiere.com Réservez maintenant ARTS MUSIQUE JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE PARIS Étienne Daho nous a donné rendez-vous à l\u2019hôtel Pigalle, pas très loin de chez lui.Dès qu\u2019il arrive, le chanteur nous entraîne au sous-sol.Pour ne pas être vu.Pour ne pas être interrompu par d\u2019éventuels admirateurs, Dieu sait qu\u2019il en compte quelques-uns.C\u2019est ainsi qu\u2019on se retrouve face à face dans le fumoir, pièce sombre et sans fenêtres, éclairée d\u2019un simple néon de style cocktail lounge.Drôle d\u2019ambiance pour une courte entrevue donnée à l\u2019écart du monde.Cela n\u2019est pas sans lui plaire.D\u2019un naturel réservé, le chanteur admet volontiers que la promo n\u2019est pas son fort et qu\u2019il se passerait bien de ce genre d\u2019exposition.« Je suis quelqu\u2019un qui n\u2019aime pas tellement se montrer, dit-il.Je suis obligé de me faire violence.Pour expliquer l\u2019inexplicable.Des fois, je trouve ça difficile.» Ça tombe mal.Parce qu\u2019il n \u2019a jama is donné autant d\u2019entrevues.Ces derniers mois, en France, Étienne Daho était partout.Deux nouveaux livres lui ont été consacrés, alors qu\u2019une exposition de ses photos vient d\u2019ouvrir à la Philharmonie de Paris.Enfin, il y a ce 11e album studio, intitulé Blitz, qu\u2019il a lancé le mois dernier, et pour lequel on le rencontre aujourd\u2019hui.Encore là Étienne Daho n\u2019aime pas trop la promo.Mais une fois lancé, il prend son rôle au sérieux.Un peu trop, peut-être.On a le malheur de casser la glace en parlant de Johnny Hallyday, mort la veille.D\u2019un coup sec, il nous rembarre.«Quel rapport avec mon album?On a 25 minutes d\u2019entrevue.On ne va quand même pas parler de Johnny?» Pour nous, pourtant, ça avait du sens.S\u2019il n\u2019est pas de la même génération, Daho est de ceux qui, comme Johnny, ont su traverser le temps.Rappelez-vous les années 80.Une nouvelle vague de chanson française, vaguement pop, vaguement new wave, léchait les côtes du Québec.I l y avait Indochine.Les Rita Mitsouko.Puis il y a eu Daho, avec ses marinières style Jean Paul Gaultier, son esthétique Pierre et Gilles et des tubes comme Tombé pour la France, qui ont aussi tourné de l\u2019autre côté de l\u2019Atlantique.C\u2019était il y a plus de 30 ans.Et Étienne Daho est encore là.Un peu oublié au Québec, ma is toujou rs vénéré en France, où il est devenu un modèle de « French pop » esthétique et réfléchie.À 61 ans, il est le premier surpris par sa longévité.«Si j\u2019avais su, quand j\u2019ai commencé, que je serais encore là 40 ans après, je n\u2019y aurais jamais cru», dit-il de sa voix douce et feutrée.Retour aux sources On le cuisine sur le défi de la pertinence et du renouvellement, alors qu\u2019autour de lui, les générations se succèdent et que la chanson française évolue.Il ne se pose pas la question.Ne se l\u2019est pas posée, en tout cas, pour ce nouveau disque, qu\u2019il présente comme un « retour aux sources ».Écrit en Angleterre, où il vit la moitié de l\u2019année, Blitz porte l\u2019empreinte des premiers disques de Pink Floyd, qui ont habité l\u2019imaginaire adolescent d\u2019Étienne Daho.Par un concours de circonstances, le chanteur s\u2019est retrouvé dans l\u2019appartement londonien où a vécu Syd Barrett, le premier chanteur des Floyd, avant de sombrer dans la folie.«Ça a été comme une reconnexion», souligne Daho.Reconnex ion avec son premier grand flash psychédélique, mais aussi avec des racines rock qu\u2019il s\u2019était toujours « interdit » d\u2019exploiter par le passé, de peur, dit-il, de bêtement «reproduire».Résultat : Blitz se veut plus électrique, plus lourd et, pour le citer, «plus libre, avec un petit supplément de je n\u2019en ai rien à foutre ».Différent des 10 albums précédents, mais tout à fait dans la veine pop subversive d\u2019Étienne Daho.Qui ne risque pas, ici, de conquérir un nouveau public, mais plaira sans doute aux inconditionnels.Dans tous les cas, la presse française lui reste fidèle.Entre le magazine Rock & Folk, qui lui consacre sa première une en 20 ans et l\u2019hebdo Les Inrockuptibles, qui parle d\u2019un « coup d\u2019éclair électrique », Daho semble avoir passé le test de la critique.En sera-t-il de même au Québec, territoire généralement moins favorable à ce genre de pop sophistiquée ?Il hausse les épaules.«Je ne sais pas.Je sais qu\u2019au Québec, on aime les chanteurs à voix, et je ne suis pas un chanteur à voix.» Depuis l\u2019album Pop Satori (1985), Daho n\u2019est venu que trois fois nous visiter, la plus récente étant pour un spectacle avec Jeanne Moreau, aux FrancoFolies de 2011.Cette présence rare explique aussi les limites de son succès au Québec.où Daho compte néanmoins quelques fans irréductibles, qui attendent patiemment son retour.L\u2019avenir dira si ce Blitz rétablira la situation.Ou si Daho est voué à rester un phénomène franco-français.Comme Johnny Hallyday.CHANSON POP ÉTIENNE DAHO BLITZ MERCURY MUSIC GROUP «Je suis quelqu\u2019un qui n\u2019aime pas tellement se montrer.Je suis obligé de me faire violence.Pour expliquer l\u2019inexplicable.Des fois, je trouve ça difficile.» \u2014 Étienne Daho PHOTO FRED TANNEAU, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE DISCRET DAHO l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 4 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 SHAKESPEARE + IVO VAN HOVE AMSTERDAM KINGS OF WAR 24 au 27 mai 2018 Théâtre Denise?Pelletier Réservez maintenant ! 514 844 3822 1 866 984 3822 fta.ca ARTS TÉLÉVISION Depuis 1981, Radio-Québec devenue ensuite Télé-Québec diffuse des films d\u2019animation durant les Fêtes sous le signe de Ciné-Cadeau.Neuf jeunes essayistes font le point sur cette tradition dans le livre Un Noël cathodique, paru en novembre.Entre culture, violence et sexisme, leurs angles d\u2019analyse sont parfois surprenants.La tradition de Ciné-Cadeau ILLUSTRATION FOURNIE PAR TÉLÉ-QUÉBEC Un grand classique de Ciné-Cadeau : Les 12 travaux d\u2019Astérix, dont l\u2019une des diffusions a déjà attiré 800 000 téléspectateurs.L\u2019an dernier, la part de marché de la programmation de Ciné- Cadeau a atteint 10,3%.MATHIEU PERREAULT L\u2019HISTOIRE Le 20 décembre 1981, Radio- Québec diffuse Le paquet qui parle, un film d\u2019animation britannique suivant une jeune fille dans un monde magique.C\u2019est le début d\u2019une tradition qui perdure, Ciné-Cadeau.Au départ, les films étaient souvent audacieux, comme Le roi et l\u2019oiseau.L\u2019horaire a fluctué avec les années et des films avec des acteurs en chair et en os ont parfois été inclus.Mais chaque année, le succès est au rendezvous, avec des auditoires dignes d\u2019un téléroman à Radio-Canada ou à TVA pour des films cultes comme Les 12 travaux d\u2019Astérix.UN NOËL CATHODIQUE L\u2019idée d\u2019un ouvrage sur Ciné- Cadeau a vu le jour en 2013 à Grenoble autour d\u2019un verre de chartreuse, explique Stéphanie Roussel, qui a édité le recueil d\u2019essais après des études littéraires, profil culture populaire, à l\u2019UQAM.«J\u2019étais en année d\u2019échange universitaire.Je n\u2019avais jamais été une grande fan de Ciné-Cadeau ni de Noël.Mon anniversaire tombe le 28 décembre.Mais seule en décembre à Grenoble, j\u2019ai eu le mal du pays.On a commencé à parler de Ciné-Cadeau.On a réalisé que c\u2019était la tradition de Noël parfaite : les parents regardent des films avec leurs enfants, souvent des films qu\u2019ils ont eux-mêmes vus, enfants.À une époque où les films coûtaient cher à acheter ou à louer sur VHS, ça permettait de se faire une vidéothèque.On a dû prendre plus d\u2019un verre de chartreuse parce qu\u2019à la fin de la soirée, j\u2019avais le projet de Noël cathodique.» CULTURE ET TRADITION Au départ, les films diffusés à Ciné-Cadeau étaient moins commerciaux.«Il y avait des films d\u2019Europe de l\u2019Est et d\u2019Asie, dit Mme Roussel.Dans le film chinois Le prince Nezha triomphe du roi-dragon, il y a une scène de suicide.On se demande si les programmateurs l\u2019avaient vu.Je trouve dommage qu\u2019on n\u2019ait maintenant que des films américains, belges et français.Peut-être qu\u2019avec la montée en popularité de Ciné-Cadeau, les dirigeants ont commencé à poser des questions sur la programmation et ont décidé de prendre moins de risques.Au moins, certains des nouveaux films cultes, qui repassent chaque année, sont quand même intéressants, comme Kirikou.» PLAINTES Pourlelivre,StéphanieRoussel a fait remplir un questionnaire par 200 personnes.« Une chose qui est ressortie, c\u2019est que Le prince Nezha triomphe du roi-dragon a traumatisé beaucoup d\u2019enfants.Je suis tombée sur un TV Hebdo de 1988 où un responsable de Radio-Québec annonçait que jamais un film violent ne serait programmé à Ciné-Cadeau.C\u2019est peut-être un hasard, mais on a arrêté la diffusion du Prince Nezha.Je me dis qu\u2019il y avait peut- être eu des plaintes l\u2019année d\u2019avant.» SEXISME L\u2019un des essais de Noël cathodique porte sur l\u2019absence de personnages principaux féminins dans les films de Ciné-Cadeau.L\u2019essayiste Sandrine Galand s\u2019attarde longuement à l\u2019objection principale que l\u2019on fait à cette critique: Astérix et Cléopâtre.« Peu de personnages ont, comme le sien, traversé les années et l\u2019imaginaire collectif (les cinéphiles connaissent certaines de ses quelques répliques par cœur), écrit Mme Galand.Il n\u2019en demeure pas moins que le personnage de Cléopâtre a très peu à faire dans l\u2019ensemble de l\u2019intrigue : présente au début, à la toute fin ainsi que dans la mythique scène du bain, elle n\u2019occupe pas vraiment un rôle d\u2019action.Cléopâtre est constamment ramenée à sa beauté.» Quelques films sont acceptables pour Mme Galand: Sinbad et la légende des sept mers, Souris City, Ernest et Célestine, Samson et Sally ainsi que Dot et la baleine.Un Noël cathodique\u2013 La magie de Ciné-Cadeau déballée Collectif (sous la direction de Stéphanie Roussel) Les Éditions de ta mère 154 pages l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 5 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 Une présentation tnm.qc.ca mise en scène Carl Béchard dès le 16 janvier Encore des supplémentaires ! dim 11 fév à 14h + mar 13 fév à 19h 30 + mer 14 fév à 20h + sam 17 fév à 15h profitez de notre tarif famille ! catherine sénart, Tatiana Zinga Botao Marie-Eve Beaulieu, Carol Bergeron Benoît Brière, patrice coquereau, Lyndz Dantiste, David-Alexandre Després Marcelle Hudon, Sébastien René, andré robitaille Assistance à la mise en scène Claude Lemelin Avec Simon Beaulé-Bulman ARTS VISUELS Ivanhoé Cambridge a inauguré un immeuble commercial de 27 étages le mois dernier au 900, boulevard De Maisonneuve Ouest.Dans le grand hall d\u2019entrée de la Maison Manuvie, une immense œuvre numérique a été intégrée à l\u2019architecture.Signée par l\u2019artiste Rafael Lozano-Hemmer, elle diffuse 510 variations de couleurs qui dépendent des personnes présentes.ÉRIC CLÉMENT Dans le grand hall de la Maison Manuvie, une plaque commémorative réalisée par Owisokon Lahache, artiste mohawk de Kahnawake, a été installée près de la façade vitrée.Pour marquer le fait « d\u2019être en terre autochtone ancestrale», a dit un cadre d\u2019Ivanhoé Cambridge lors de l\u2019inauguration.En levant les yeux de cette plaque et en portant le regard vers le grand panneau coloré qui surplombe l\u2019atrium, on fait un bond du passé vers la modernité, avec Colorimètre.P rem iè re œuv re d \u2019envergu re de l \u2019a r t iste d\u2019or igine mexica ine Rafael Lozano-Hemmer à être installée de façon permanente à Montréal, Colorimètre est formée de 510 panneaux lumineux disposés en trame, contenant chacun 54 ampoules DEL.Ces panneaux numériques de 30 cm sur 60 cm diffusent des couleurs qui dépendent de ce que portent les personnes qui se trouvent dans l\u2019atrium.Ces couleurs sont en effet définies par les teintes les plus saturées captées par une caméra munie d\u2019un système informatisé de suivi des couleurs et située sous les panneaux de Colorimètre.Durant la journée, l\u2019œuvre est influencée par la lumière du soleil.Les couleurs sont donc plus fortes, tout en restant mesurées.Le soir du vernissage, Colorimètre reflétait le style des personnes venues y assister, surtout des gens d\u2019affaires en costume.C\u2019est donc une couleur bleu foncé qui prédominait sur les panneaux lumineux.Par ces couleurs prélevées et connectées, Rafael Lozano-Hemmer traduit la diversité de la population, l\u2019apport de chacun à la collectivité et les variations d\u2019atmosphère qui existent en un endroit donné durant 24 heures.« Avec cette œuvre, j \u2019a i voulu parler de Claude Tousignant, de Guido Molinari, d\u2019artistes qui ont introduit les couleurs dans les édifices.Je suis conscient de travailler dans la continuité d\u2019une grande tradition qu\u2019il faut célébrer.Et j\u2019en suis très heureux», explique Rafael Lozano-Hemmer.Colorimètre rappelle le travail des couleurs d\u2019un Gerhard Richter, de Julio Le Parc, Jack Bush ou encore Pierre Dorion, avec ses polyptyques récemment exposés à la galerie Occurrence.L\u2019œuvre fait aussi indéniablement penser à la murale de Jean-Paul Mousseau, Lumière et mouvement dans la couleur, créée au début des années 60 et restaurée en 2002 dans le hall d\u2019entrée de l\u2019édifice d\u2019Hydro-Québec, à Montréal.La technologie de 2017 en sus.Les couleurs de la nuit Même si elle est déjà en activité, Colorimètre n\u2019est pas totalement terminée.«Le vernissage de l\u2019œuvre, c\u2019est le début de sa vie», dit M.Lozano-Hemmer qui ne se satisfait pas du fait que, le soir, le manque d\u2019animation donne à l\u2019œuvre des teintes de gris.De ce fait, il espère pouvoir bientôt placer une autre caméra sur le trottoir pour que l\u2019œuvre adopte, la nuit, les couleurs variées de l\u2019animation urbaine.L\u2019artiste, qui a représenté le Mexique à la Biennale de Venise en 2007, a déjà travaillé avec un système informatisé de repérage par caméra de surveillance, par exemple pour son œuvre The Company of Colours, en 2009 \u2013 une œuvre possédée par la collection Daros, en Suisse, et le Museum of Contemporary Art de Sydney, en Australie.Il existe quatre ou cinq créations lumineuses de cette taille dans le monde actuellement.Colorimètre est la plus grande œuvre permanente que Rafael Lozano-Hemmer ait créée.«Mais ça peut changer d\u2019ici six mois!», dit-il.C\u2019est à la suite d\u2019un concours qu\u2019il a été choisi pour ce projet.Un concours organisé par Marie-Justine Snider, conservatrice de la collection d\u2019œuvres d\u2019art de la Caisse de dépôt et placement du Québec.« J\u2019ai senti qu\u2019Ivanhoé Cambridge avait le goût d\u2019une œuvre interactive pour la Maison Manuvie, compte tenu du fait qu\u2019il y aurait une circulation dans l\u2019atrium.Et l\u2019entreprise voulait un artiste avec un certain curriculum vitæ», affirme Mme Snider.Réputé pour ses créations interactives de haute technologie, Rafael Lozano- Hemmer a atteint en 15 ans une réputation internationale.Seulement depuis septembre, il a montré ses créations à Calgary, en Australie, en Allemagne, en Suisse, en Israël, en Espagne, dans neuf villes des États-Unis, au Portugal et au Mexique ! Sans parler de ses œuvres exposées de façon permanente à Londres, Québec, Montréal (au Centre Phi), Nashville ou Hobart, en Australie.En 2018, il présentera six expos solos dans le monde.À New York, Séoul, Monterrey, Washington et, dès le 23 mai, au Musée d\u2019art contemporain de Montréal, une coproduction avec le MOMA de San Francisco.«C\u2019est la première fois de ma vie que je suis aussi occupé!», dit l\u2019artiste qui a fêté ses 50 ans le mois dernier.Son studio montréalais, Antimodular Research, créé en 2003, emploie maintenant 15 personnes.Colorimètre, de Rafael Lozano-Hemmer, à la Maison Manuvie, 900, boulevard De Maisonneuve Ouest, à Montréal RAFAEL LOZANO-HEMMER Célébrer les couleurs du monde PHOTOOLIVIER JEAN, LA PRESSE L\u2019artiste montréalais d\u2019origine mexicaine Rafael Lozano-Hemmer montre le logiciel utilisé pour faire fonctionner son œuvre Colorimètre formée de 510 panneaux lumineux disposés en trame, contenant chacun 54 ampoules DEL.PHOTOOLIVIER JEAN, LA PRESSE Les 510 panneaux numériques de 30 cm sur 60 cm de l\u2019œuvreColorimètre diffusent des couleurs qui dépendent de ce que portent les personnes qui se trouvent alors dans l\u2019atrium de la MaisonManuvie.6 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l DES IDÉES DE COCKTAILS POUR LE NOUVEL AN «Lemixologue de l\u2019heure a réussi, (une fois de plus,) à condenser ses recherches et ses trucs de terrain a?n de permettre à tous et chacun de s\u2019amuser tant à l\u2019heure de l\u2019apéritif que du digestif, ainsi qu\u2019à table.» FRANÇOIS CHARTIER COCKTAILS CLASSIQUES COCKTAILS SIGNATURES editionslapresse.ca Suivez-nous sur Facebook ARTS VISUELS Propriétaire de l\u2019hôtel montréalais Fairmont Le Reine Elizabeth, récemment restauré de fond en comble, Ivanhoé Cambridge a confié à MASSIVart le soin de lui donner un air contemporain.L\u2019organisme a répondu présent en intégrant 123 œuvres d\u2019art qui transforment l\u2019hôtel en un mini- musée permanent.ÉRIC CLÉMENT Si les musées, cabinets d\u2019avocats et entreprises financières collectionnent des œuvres d\u2019art contemporain, rares sont les hôtels qui ont développé chez nous ce réflexe en favorisant des artistes locaux.Le Reine Elizabeth ayant bénéficié une cure de jouvence de 140 millions (entre juin 2016 et juillet 2017), Ivanhoé Cambridge en a profité pour habiller les espaces intérieurs d\u2019œuvres d\u2019art de qualité muséale.Pour ce faire, la société immobilière a fait appel à la conservatrice de la collection de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Marie- Justine Snider, et à l\u2019organisme MASSIVart pour choisir ces œuvres.«On voulait représenter les meilleures pratiques en art contemporain.Le déploiement comprend 123 œuvres de 37 artistes, majoritairement québécois», estime Mme Snider.À l\u2019exception de six œuvres de l\u2019ancienne collection de l\u2019hôtel, toutes ont été achetées dans une dizaine de galeries de Montréal.«Cela dresse un portrait de l\u2019effervescence de l\u2019art visuel à Montréal, dit Arthur Gaillard, directeur de MASSIVart Collection, qui a dirigé le projet.La nouvelle collection comprend autant d\u2019artistes émergents que d\u2019artistes établis.» Les 123 œuvres sont dispersées sur six étages de l\u2019hôtel.Au 21e étage, un espace évoquant une galerie d\u2019art a été aménagé pour recevoir une dizaine d\u2019œuvres, notamment de Michel de Broin, Patrick Coutu, Jean- Benoit Pouliot, Rafael Sottolichio, Gwenaël Bélanger et Julie Trudel.L\u2019art dans les suites Dix œuvres ont été intégrées dans les deux suites prestigieuses de l\u2019hôtel.La suite 1742, qu\u2019occupaient John Lennon et Yoko Ono en 1969, a accueilli une sculpture en crinoline de Jannick Deslauriers, créée pour l\u2019occasion, une photographie de Celia Perrin Sidarous, des cyanotypes de Karen Tam et une série d\u2019œuvres sur papier de Marie- Soleil Denault inspirée notamment de dessins de John Lennon.Dans la même célèbre su ite , MASSIVart a créé une œuvre murale interactive où des tiroirs diffusent des éléments historiques reliés à la venue de l\u2019ex-Beatle à Montréal et à l\u2019ambiance de la suite quand fut enregistré Give Peace a Chance.Dans la suite Royale Ville-Marie du 19e étage, dotée d\u2019une vue imprenable sur le mont Royal et les couchers de soleil, une photographie de Geneviève Cadieux a été placée judicieusement en face d\u2019un comptoir en marbre.Les marbrures de la table, avec leurs inclusions d\u2019oxydes métalliques, se marient à merveille au touché graphitique de Fleur exquise, impression au jet d\u2019encre de l\u2019artiste mon- tréalaise datant de 2006.Cette suite comprend aussi une lithographie de Jean Paul Riopelle, une peinture de la série Jardin de pierres vaste de Jean McEwen, une gravure d\u2019Elmyna Bouchard, une œuvre en argile et céramique de Susan Collett et un bronze géométrique de Laetitia Gilbert.Le tout dans une disposition harmonieuse choisie en fonction de la géométrie des lieux et des coloris.Aux 2e et 3e étages de l\u2019hôtel, où sont concentrés des espaces réservés aux gens d\u2019affaires, deux peintures récentes de Nicolas Grenier abordent.les affres du marché et les dérives de l\u2019Occident.Un choix à la fois culotté et habile de la part de MASSIVart ! «La thématique de l\u2019espace est rétro- futuriste », précise Arthur Gaillard, qui a aussi choisi des impressions au jet d\u2019encre de Jessica Eaton, une sculpture en stores vénitiens de James Carl ou encore deux encres sur papier de la série Chinoiserie de François Morelli.Au 1 e r é t age , des œuv res de Mathieu Beauséjour, Alex McLeod, Sarah Anne Johnson et Luce Meunier invitent à y regarder de plus près.Au rez-de-chaussée, dans la salle d\u2019un restaurant, MASSIVart a marqué un grand coup avec l\u2019huile sur toile en deux panneaux (40 pi de long au total) de Paul Hardy, une commande spéciale qui donne beaucoup de prestige au lieu.Enfin, dans le grand couloir de l\u2019hôtel, à l\u2019entrée d\u2019un nouveau commerce de produits artisanaux, on retrouve, en frise, Persévérance (1946), le large vitrail de Marius Plamondon et Benoit East tiré de la collection précédente et qui a droit à un second souffle.Couplé à une nouvelle architecture intérieure moderne et chic, ce déploiement d\u2019art donne un nouveau cachet à l\u2019hôtel, une signature à la fois internationale et locale.Un dépliant est offert à l\u2019accueil de l\u2019hôtel pour permettre aux visiteurs de repérer les œuvres placées dans les aires communes.Quant à celles qui veillent au doux repos des occupants de la suite John Lennon&Yoko Ono, elles étaient accessibles en décembre pour le prix de.1969$ la nuit.Mais il y a deux lits ! IVANHOÉ CAMBRIDGE L\u2019art contemporain en fête au Reine Elizabeth PHOTOMARCOCAMPANOZZI, LA PRESSE Marie-Justine Snider et Arthur Gaillard, près de deux œuvres : à gauche, Le jardin du sculpteur, extrait 1, une sculpture de bronze de Patrick Coutu datant de 2016, et, derrière, Révolution, 2010, un acier de Michel de Broin.«On voulait représenter les meilleures pratiques en art contemporain.Le déploiement comprend 123 œuvres de 37 artistes, majoritairement québécois.» \u2014Marie-Justine Snider, de la Caisse de dépôt et placement du Québec l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 7 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 les grands explos LAOS Au coeur de l\u2019Asie du Sud-Est En tournée québécoise du 6 janvier au 7 mars 45 ans à vivre le monde saison 2017 - 2018 LONGUEUIL Théâtre de la ville 9 au 14 janvier LAVAL Salle André-Mathieu 19 au 22 janvier Théâtre Marcellin-Champagnat 30 janvier au 1er février MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 23 au 28 janvier Présenté par VENEZ VOIR COMMENT LE WESTERN A INFLUENCÉ JACKSON POLLOCK - ANDY WARHOL - ROY LICHTENSTEIN JOHN FORD - SERGIO LEONE - ET PLUSIEURS AUTRES « L\u2019exposition va plus loin encore en montrant comment les artistes contemporains ont brassé à leur tour en les détournant les clichés du Far West.» \u2014 Beaux Arts Magazine (France) Cette exposition est organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal et le Denver Art Museum.L\u2019exposition et sa tournée internationale bénéficient du soutien de la Terra Foundation for American Art.Elle est présentée grâce à la collaboration de Marcel Elefant et George Lengvari ainsi que du CN.L\u2019exposition a aussi reçu le soutien du ministère du Patrimoine canadien par le biais du Programme d\u2019indemnisation des expositions itinérantes au Canada.Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts du Canada pour leur soutien constant.| Photos MBAM, Denis Farley En collaboration avec Grand bienfaiteur LE PETIT WESTERN, UN ESPACE LUDIQUE POUR LA FAMILLE ! ARTS CINÉMA I l y a quelque chose d\u2019incroyablement intime à parler de films préférés.J\u2019ai un peu l\u2019impression de vous ouvrir ma commode, là où sont non seulement mes pulls trop petits et mes vêtements de course usés, mais aussi ma lingerie.J\u2019ai l\u2019impression d\u2019être invitée à parler de mes secrets.Vous êtes sûr de ne pas plutôt avoir envie de discuter restos?Je suis un peu gênée, par exemple, de vous dire de regarder le brillant Intouchables (2011) \u2013 je vous entends me dire : «Ben là, tout lemonde l\u2019a déjà vu!» \u2013 ou que mon coup de cœur du moment, à voir en famille avec ados intellos \u2013 le genre qui aurait tripé sur Truffaut à mon époque \u2013, date d\u2019il y a trois ans.C\u2019est The Lunchbox de Ritesh Batra (2013), qui raconte l\u2019histoire d\u2019une femme méprisée par son mari, malheureuse, qui se lie d\u2019une amitié épistolaire improbable avec un homme pour qui elle prépare, à la suite d\u2019une erreur, des repas apportés à son travail dans des boîtes à lunch.Le film est lent, tout doux, la cuisine y est centrale, et on sent presque les épices de tous ces currys que prépare la protagoniste sur les conseils d\u2019une tante qu\u2019on ne voit jamais.Le film est presque un huis clos tellement il y a peu de personnages et peu de lieux, mais on en sort avec un sourire et l\u2019envie d\u2019un petit dahl et de parfums de cardamome.C\u2019est rare que les films de cuisine ou de restaurants me plaisent, mais avez- vous vu L\u2019aile ou la cuisse de Claude Zidi avec Louis de Funès récemment ?À revoir absolument.Le film date de 1976 et parle d\u2019industrialisation alimentaire, et je vous promets qu\u2019il n\u2019a pas pris une ride.C\u2019est brillant et hilarant.Et c\u2019est avec Coluche.Les enfants vont adorer.Les petits et les ados.S\u2019ils ne l\u2019ont pas déjà vu, ressortez-leur aussi Ratatouille (2007) des studios Pixar, spécialiste des films à multiples niveaux de blagues, donc pour toute la famille.Et tant qu\u2019à y être, on peut ressortir des boules à mites Toy Story 2 et 3 \u2013 pas le premier, moins réussi \u2013 et aussi le moins connu Buzz Lightyear of Star Command, qui est allé directement sur le marché de la vidéo mais qui est tordant.Chez nous, on cite régulièrement tous ces classiques.Maintenant que mes enfants sont plus grands, j\u2019essaie de regarder avec eux des films que j\u2019ai adorés à leur âge, alors que je découvrais le cinéma d\u2019auteur.Dans cet esprit, je tente depuis un moment de leur communiquer mon adoration pour le travail de Wes Anderson, par exemple.Mes films préférés: The Royal Tenenbaums (2001), Darjeeling Limited (2007), Moonrise Kingdom (2012).Cette année, ça va marcher.J\u2019ai toujours aimé ces réalisateurs qui portent un regard plus ou moins joyeusement grinçant sur le monde.À une certaine époque, je ne jurais que par les films des frères Coen qui jouaient beaucoup sur l\u2019humour dans l\u2019absurdité des drames de la vie.Fargo (1996) avec Frances McDormand, dans le rôle d\u2019une policière enceinte jusqu\u2019aux oreilles qui enquête sur des meurtres, et Steve Buscemi, en criminel nul, sera toujours sur ma liste de films préférés.Dans mes souvenirs d\u2019ado qui se trouve cool, il y a aussi des films de Jim Jarmusch comme Stranger Than Paradise (1984) ou Down by Law (1986).Mais ont-ils bien vieilli?Évidemment, comment pourrais- je oublier Thelma and Louise (1991) de Ridley Scott! Un de mes films préférés à vie.Avec Susan Sarandon et Geena Davis, et même un Brad Pitt alors inconnu.Un film féministe jouissif malgré tout.C\u2019est sûr que je veux le voir avec mes enfants.Plus récemment, peu de films m\u2019ont bouleversée.En 2017, j\u2019ai adoré Hidden Figures parce que l\u2019histoire est incroyable, même si la réalisation n\u2019était pas géniale.J\u2019encourage tous les parents à faire voir ce film à leurs enfants.Aussi, Lion de Garth Davis, qui raconte l\u2019histoire vécue d\u2019un enfant qui se perd en Inde et ne réussit pas à retrouver sa mère, puis qui est adopté en Australie.Ben oui, ça m\u2019a fait pleurer à fond, en raison du tout jeune acteur Sunny Pawar.Parmi les films québécois de mon palmarès que j\u2019aimerais vraiment que ma famille connaisse, il y a C.R.A.Z.Y.de Jean-Marc Vallée, sur l\u2019éveil d\u2019un jeune garçon à son homosexualité, mais surtout sur une époque du Québec, les années 70.J\u2019adore aussi tout particulièrement deux films de Denis Villeneuve : Incendies (2010) et Polytechnique (2009).L\u2019un parle des horreurs de la guerre, l\u2019autre, de la tragédie que l\u2019on connaît.Tous deux totalement bouleversants.À voir avec des ados presque adultes.Pas joyeux, mais nécessaires.Sinon, pour le cinéma canadien, je garde un souvenir en pâmoison d\u2019un film de Patricia Rozema, I\u2019ve Heard the Mermaids Singing (1987), avec Paule Baillargeon notamment, mais je me demande s\u2019il a bien traversé les années.Comme pour les films de Rohmer que j\u2019ai adorés dans le temps.Je pense à L\u2019ami de mon amie (1987) ou Les nuits de la pleine lune (1984).J\u2019ai tellement apprécié ces films verbeux à souhait, mais à la cinématographie parfaite.Même chose pour tous ces longs métrages de Krzysztof Kieslowski qui m\u2019ont bouleversée, comme La double vie de Véronique ou la trilogie Bleu, Blanc, Rouge.Et est-ce que quelqu\u2019un a revu les films de Luc Besson comme Léon ou de Jean-Jacques Beineix comme Diva (1981) ou 37° 2 le matin (1986)?J\u2019essaierai de revoir Diva avec les ados, je pense.C\u2019était vraiment franchement impeccablement réalisé.Mon prof de cinéma au cégep nous l\u2019avait dit.Comme c\u2019est insupportable de faire une telle liste.J\u2019ai l\u2019impression non seulement de me mettre à nu, mais en plus de tout oublier du présent ou du passé proche.J\u2019essaie de penser à une saga historique brillante et éducative, ou à un film syrien bouleversant, mais il n\u2019y a que des films comme The Girl with the Dragon Tattoo qui me viennent à l\u2019esprit.Autant la version américaine (2011) pour le jeu de Rooney Mara et les images de David Fincher que la suédoise originale (2009) plus brute, avec Noomi Rapace.Je ne me lasserai jamais du personnage de Lisbeth Salander, une #metoo déchaînée avant son temps.J\u2019espère qu\u2019ils feront plus de films avec elle.Et avec plein d\u2019héroïnes comme elle, en cette nouvelle ère hollywoodienne post-Weinstein, post-2017.Je nous le souhaite vraiment pour 2018.Bon cinéma.De Louis de Funès à Lisbeth Salander MARIE-CLAUDE LORTIE CHRONIQUE PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS CHRISTIAN FECHNER Coluche et Louis de Funès dans L\u2019aile ou la cuisse (1976) PHOTO FOURNIE PAR MGM Thelma and Louise PHOTO FOURNIE PAR YELLOW BIRD Noomi Rapace dans The Girl with the Dragoon Tatoo (2009) Le temps des Fêtes offre le contexte idéal pour céder à la tentation de revoir nos films préférés \u2013 surtout quand le grand froid se met de la partie, comme c\u2019est le cas ces jours-ci.Nos chroniqueurs Mario Girard, Patrick Lagacé et Marie-Claude Lortie ont accepté de nous présenter leurs « classiques » personnels des vacances de fin d\u2019année.Ce que nos chroniqueurs regardent pendant les Fêtes PHOTO FOURNIE PAR SONY PICTURES Nimrat Kaur dans The Lunchbox (2013) PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION Marc-André Grondin dans C.R.A.Z.Y.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 8 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS CINÉMA J\u2019 ai toujours été fasciné par la faculté qu\u2019ont les enfants de regarder le même film 15, 30 ou 45 fois.Avez-vous déjà observé un gamin qui regarde Harry Pot ter pou r la 23 e fois ?C\u2019est ahurissant.Outre le fait que plus rien autour de lui ne semble exister, il y a dans son regard le plaisir de l\u2019anticipation.Il attend certaines scènes, certaines répliques, certaines mimiques.Son bonheur est dans le guet de ces moments.Il sait qu\u2019il va retrouver les mêmes craintes, les mêmes rires, les mêmes agitations qu\u2019il a connus des dizaines de fois auparavant.Et il sait que ces émotions seront intactes.Il est difficile de croire que l\u2019on puisse vivre la même chose quand on est adulte.On regarde une seule fois le dernier Woody Allen et on n\u2019a plus envie de le revoir.La tête de l\u2019adulte est un ordinateur dont le disque dur est bien rempli.Et où les pages du calendrier sont de plus en plus noircies.Pas celui de l\u2019enfant.Bref , tout comme vous, chers adultes au disque dur saturé, je ne suis pas du genre à revoir, relire ou revisiter les mêmes choses.Sauf un truc : les vieux films de James Bond.Quand arrive le temps des Fêtes, une grande tradition a lieu chez moi : quelque part entre le 26 et le 30 décembre, mon festival personnel de James Bond a lieu.Alors là, et seulement là, je comprends ce que les enfants éprouvent.Je connais les histoires de l\u2019agent 007 par cœur, je connais les scènes d\u2019ouverture dans leurs moindres détails, je connais les grandes répliques du célèbre héros, surtout celles qu\u2019il fait en dépoussiérant son smoking après avoir combattu une demi-douzaine de méchants.Avant d\u2019aller plus loin, je dois préciser que ce festival concerne essentiellement les productions mettant en vedette Sean et Roger (excusez si je les appelle par leur prénom, avec le temps, ils sont devenus des intimes.).On parle donc de la période 1962-1985.Le premier plaisir de ce festival réside dans la com- posit ion du prog ramme.Est-ce que je commence avec Goldfinger ou Dr.No ?Est-ce que je me réserve Diamonds Are Forvever pour plus tard ?Est-ce que je saute Octopussy?Autant de questions cruciales et philosophiques auxquelles il m\u2019est toujours très difficile de répondre.Une fois prêt, bien calé dans mon divan, six coussins prêts à venir en renfort, le plaisir commence.Comment vous décrire alors le bien-être ressenti quand, tout à coup, l\u2019intro de You Only Live Twice se fait entendre?Ai-je besoin de préciser aux néophytes qu\u2019un James Bond commence toujours par une scène spectaculaire, laquelle est immédiatement suivie par la chanson-thème ?Pas question ici de rire des auteu rs - compositeu rs en plaçant leur chanson sur le générique de la fin alors que tout le monde quitte prestement la salle de cinéma.James est un gentleman, il place cette chanson au début.Donc, après la mythique envolée de violons de la chanson, la voix de Nancy Sinatra se fait entendre.« You only live twice, or so it seems.» Puis, arrive cet harmonica qui me donne chaque fois la chair de poule.Oui, je sais, dans ses premiers f i lms, James Bond est terriblement macho (sa manière de donner congé à ses maîtresses quand il a quelque chose de sérieux à régler est digne de l\u2019anthropologie), les cascades ne sont rien à comparer à celles que l\u2019on fait aujourd\u2019hui et l\u2019action n\u2019est pas aussi haletante que dans les dernières réalisations.Mais ça ne fait rien, c\u2019est ça que je veux.C\u2019est ce Technicolor délavé que je désire retrouver, c\u2019est cette ambiance bon enfant des années 60 que je recherche, c\u2019est la voix chaude de Shirley Bassey que je veux entendre.Tout compte fait, mon plaisir n\u2019a rien à voir avec celui des enfants qui regardent des films pour la 100e fois.L\u2019enfant est enfant et veut revivre des émotions d\u2019enfant.Moi, je suis adulte et je veux retrouver la magie de l\u2019enfance.Heureusement qu\u2019on ne vit que deux fois.P.-S .Cette année, mon festival personnel rendra un hommage tout particulier à Roger Moore qui nous a Le bonheur, c\u2019est 007 sur le divan V ous me connaissez, « controverse» est mon second prénom, je ne recule pas devant elle.Et ce n\u2019est pas parce que nous sommes en pleine période de réjouissances des Fêtes que je vais faire relâche.Permettez donc une déclaration audacieuse : j\u2019aime le film Love Actually.Oui, je parle de cette comédie romantique sortie en 2003, qui raconte les histoires d\u2019amour d\u2019une dizaine de personnages dont les trajectoires finissent \u2013 ou pas \u2013 par s\u2019entrecroiser, pour ne pas dire s\u2019entrechoquer.Oui, je parle de ce film à la guimauve avec Hugh Grant en PM britannique qui courtise son adjointe tout en remettant à sa place un président des États-Unis (Billy Bob Thornton) qui est à un cheveu d\u2019agripper les femmes par la chatte, Colin Firth en écrivain cocu qui tombe amoureux de sa femme de ménage portugaise et un couple d\u2019Anglais dont l\u2019Histoire a oublié le nom, mais qui se sont rencontrés sur le plateau de tournage d\u2019un film XXX.Ah, j\u2019oubliais la déclaration d\u2019amour d\u2019un écolier à une écolière, au mépris de la sécurité aéroportuaire.Il y a aussi Mr.Bean.Je ne vous vends pas le punch.Love Actually est un film qui serait imbuvable si on ne le regardait pas pendant les Fêtes, dans cette période de l\u2019année où nous réfléchissons à nos péchés, à l\u2019espoir d\u2019une nouvelle année à venir et au pouvoir de l\u2019amour, romantique ou fraternel.Love Actually qui se déroulerait en juillet ?Je ne l\u2019aurais jamais regardé.J\u2019aime Love Actually, mais le film de Richard Curtis (Notting Hill, les Bridget Jones) donne des boutons à des millions de personnes.Ainsi, chaque mois de décembre, surtout dans l\u2019anglosphère, ce débat annuel revient sur le tapis: pour ou contre Love Actually?Vou s t r ouve r e z s u r G o o g l e 47 000 pages contenant les mots « I hate Love Actually», signe indéniable que le film compte plus de détracteurs que les films Hot dog, Les Boys 22 ou Star Wars \u2013 La revanche des clones.BuzzFeed a pondu «22 raisons pour lesquelles Love Actually n\u2019est pas un bon film» et The Atlantic a décrété que ce film est «le moins romantique de tous les temps», ce qui est plutôt surprenant.Moi qui pensais qu\u2019il s\u2019agissait plutôt de ce film sur un couple de plongeurs sous-marins qui repoussent pendant tout un film les attaques de requins.Et qui finissent par se faire manger, à la fin.Dans la catégorie «films de Noël», Love Actually serait aussi dans une course vers le fond du baril.Personnellement, je m\u2019en fous, je l\u2019assume et je m\u2019assume : j\u2019aime Love Actually, d\u2019abord et surtout parce qu\u2019il a l\u2019heur de me mettre de bonne humeur.J\u2019essaie de l\u2019écouter chaque année, entre Noël et le jour de l\u2019An.Ne négligeons pas, ici, le pouvoir d\u2019une bonne trame sonore.Si le film est de la guimauve, la trame sonore est une généreuse cuillerée de Nutella.Oui, le film tire sans subtilité sur toutes les ficelles qui ont le don de déclencher l\u2019activité des glandes lacrymales, mais c\u2019est un des charmes de ce film choral : il n\u2019est pas subtil.C\u2019est la barre Mars des films d\u2019amour.Des analyses critiques qui ont per- colé à la surface du web depuis quelques années décrètent que la célèbre scène où le gars (Andrew Lincoln) se pointe à la porte de la maison de son meilleur ami (Chiwetel Ejiofor) pour avouer son amour à l\u2019épouse (Keira Knightley) de ce dernier était déplacée.Vrai, mais ce n\u2019est pas comme si ce n\u2019était jamais arrivé dans l\u2019histoire des relations hommes-femmes qu\u2019un gars tombe amoureux d\u2019une femme inaccessible, par exemple la blonde/ conjointe/épouse de son meilleur ami.J\u2019oserais même dire que l\u2019inverse est vrai : il y a des femmes qui tombent amoureuses du chum/conjoint/mari de leur meilleure amie.Heureusement, il n\u2019y a que dans les films qu\u2019une des parties déclare cet amour sous couvert de cantiques de Noël.Personnellement, après une année à travailler avec ma tête, à analyser, décortiquer et ausculter les sujets de l\u2019actualité, j\u2019ai envie de m\u2019en remettre à mon cœur pendant les Fêtes.C\u2019est ainsi que je regarde Love Actually : avec mon cœur, mesdames et messieurs.Et à la fin du film, je suis toujours charmé et touché devant le guts de Daniel, qui va trouver Joanna à la porte d\u2019embarquement de son vol pour lui dire qu\u2019il l\u2019aime.Quiconque a déjà tu son amour vibre un peu en voyant le ti-cul courir dans le terminal, les flics à ses trousses.J\u2019aime Love Actually parce qu\u2019il transforme la complexité des fjords et des montagnes de l\u2019amour en sagas parfaitement digestibles qui trouvent, pour la plupart, des résolutions tout à fait réjouissantes, le tout en 2 heures 25 minutes.Puis, le film prend fin, les vacances achèvent, la vraie vie reprend ses droits avec toute la complexité qui est la sienne.Je sors faire une promenade et, évidemment, la déneigeuse a enterré mon char, j\u2019ai un trou dans ma mitaine et l\u2019amour est une chose en perpétuelle évolution, souvent décevante, sans trame sonore pour me faire taper du pied.La barre Mars des films d\u2019amour PHOTO ARCHIVES LA PRESSE, SOCIÉTÉ RADIO-CANADA Roger Moore incarnant le célèbre James Bond dans le film Live and Let Die (Vivre et laisser mourir) You Only Live Twice Diamonds Are Forever MARIO GIRARD CHRONIQUE PATRICK LAGACÉ CHRONIQUE PHOTO FOURNIE PAR UNIVERSAL PICTURES Hugh Grant, Billy Campbell et Martine McCutcheon dans Love Actually PHOTO FOURNIE PAR UNIVERSAL PICTURES Keira Knightley et Andrew Lincoln dans Love Actually l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 9 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS CINÉMA Depuis deux ans, les projets s\u2019enchaînent un peu partout à un rythme fou pour l\u2019actrice québécoise, particulièrement en France.Celle qu\u2019on peut voir présentement dans l\u2019excellente comédie Le sens de la fête, compte maintenant s\u2019offrir une petite pause.MARC-ANDRÉ LUSSIER On joint Suzanne Clément à Paris.Au moment de notre appel, elle est attablée à un bistrot et s\u2019inquiète du bruit ambiant, un peu trop fort peut- être, pendant l\u2019entrevue.Pas de souci, comme on dit là-bas.Deux jours plus tôt, l\u2019actrice québécoise venait de terminer le tournage du film Le jeu, l\u2019une des expériences les plus exaltantes de sa vie professionnelle.Pendant sept semaines, la vedette de Laurence Anyways a tourné en studio cette adaptation d\u2019une comédie noire ita lienne intitulée Perfet t i sconosciuti [Perfect Strangers] de Paolo Genovese, sous la direction de Fred Cavayé (À bout portant, Radin!).Lors d\u2019un dîner, des couples d\u2019amis s\u2019adonnent à un jeu où chacun doit mettre son téléphone portable au milieu de la table, et chaque message qui entre doit être lu et partagé avec les autres.« J \u2019ai pu travailler avec des pa r tena i res formidables, dit-elle.Bérénice Bejo, Doria Tillier, Vincent Elbaz, Roschdy Zem \u2013 qui joue mon mari \u2013 , Grégory Gadebois et Stéphane De Groodt.À mes yeux, cette approche se rapprochait un peu du théâtre, et j\u2019avais l\u2019impression d\u2019avoir le meilleur des deux mondes.Dans ce genre de scénario, tu es toujours dans l\u2019action, même si la caméra n\u2019est pas sur toi, et tu donnes à tes partenaires qui, ensuite, te redonnent quand vient ton tour.J\u2019ai aimé les observer, partager avec eux, échanger sur nos méthodes de travail.Je me suis sentie vraiment privilégiée de faire partie d\u2019un tel projet !» Des choses différentes Parallèlement, des nouvelles lui parviennent à propos de films ou de séries qu\u2019elle a tournés précédemment .Un film d\u2019horreur canadien, The Child Remains, est en train de faire sa marque sur les circuits spécialisés et lui vaut même quelques prix, notamment celui de la meilleure actrice du Blood in the Snow Film Festival, tenu récemment à Toronto.«Ce film est inspiré d\u2019un fait divers qui a fait beaucoup de bruit en Nouvelle-Écosse, explique-t-elle.J\u2019y joue une journaliste qui, à la vue de scènes d\u2019horreur, a subi un choc post-traumatique.Ç\u2019a été mon initiation au film de genre et j\u2019ai crié comme jamais.C\u2019est très plaisant !» Aussi, Suzanne Clément est l\u2019une des têtes d\u2019affiche de la minisérie policière La forêt, diffusée récemment sur la chaîne France 3, dont les cotes d\u2019écoute ont été remarquables (environ 4 millions de téléspectateurs).« C \u2019e s t u ne sé r ie plu s moderne dans laquelle je joue une agente de la gendarmerie nationale, commente-t-elle.Pendant les deux mois de tournage, je n\u2019ai eu qu\u2019un costume à porter et j\u2019ai aimé ça !» Et puis, il y a aussi Le sens de la fête.Le film a déjà attiré 3 millions de spectateurs en France et tient présentement l\u2019affiche au Québec.L\u2019actrice n\u2019a pas voulu rater l\u2019occasion de travailler sous la direction du tandem Éric Toledano et Olivier Nakache, à qui l\u2019on doit notamment Intouchables.« Je tournais un film intitulé Le rire de ma mère en même temps, mais j \u2019ai vraiment voulu qu\u2019on puisse s\u2019arranger afin de pouvoir faire aussi Le sens de la fête, même si c\u2019était très intense.Non seulement j\u2019aime beaucoup le cinéma de ces réalisateurs, mais la perspective de jouer dans une comédie avec Jean-Pierre Bacri m\u2019attirait beaucoup.Je n\u2019ai pas pu résister !» Une petite pause en vue Quand on aligne les titres de toutes les productions auxquelles Suzanne Clément a participé au cours des deux dernières années \u2013 plus d\u2019une dizaine \u2013, on se rend compte à quel point le programme de la comédienne a été chargé.«En France, c\u2019est beaucoup dû au succès de Mommy, dit- elle.Sur les plateaux, tout le monde me parle du film de Xavier [Dolan], même trois ans plus tard.J\u2019ai aussi mis la main à la pâte, bien sûr.J\u2019ai voulu choisir des projets très différents les uns des autres, ne serait-ce que pour me construire une meilleure confiance pour les accents, qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019accent français ou d\u2019autres accents quand je joue en anglais, y compris l\u2019accent british dans la série Versailles.» L\u2019actrice va où on la réclame, peu importe la nationalité du film, mais il s\u2019adonne qu\u2019elle se fait offrir davantage de projets en France depuis deux ans.«Il est vrai que je suis sur une lancée ici, on dirait.J\u2019ai accepté de faire plein de choses, dans plein de genres, et j\u2019ai pu glisser quelques tournages au Canada anglais et aux États-Unis dans tout ça.J\u2019ai aussi eu l\u2019occasion de passer mon été au Québec entre deux tournages, ce qui m\u2019a fait du bien.Là, j\u2019ai envie de prendre une petite pause.Je crois que je peux maintenant m\u2019offrir le luxe de laisser passer certaines choses et d\u2019accepter les projets qui, vraiment, m\u2019intéressent.Je suis toutefois parfaitement consciente qu\u2019il n\u2019y a jamais rien d\u2019acquis dans ce métier.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui en fait la beauté !» SUZANNE CLÉMENT Le fol enchaînement Même s\u2019il avait des réticences au début, Armie Hammer n\u2019a pu faire autrement que de se laisser gagner par l\u2019histoire que raconte Call Me by Your Name.Car en plus de l\u2019interpeller à titre d\u2019acteur, ce film remet carrément en question sa vision de son rôle de père.MARC-ANDRÉ LUSSIER À la conférence de presse tenue au festival de Toronto, Armie Hammer (The Social Network, The Lone Ranger) ne cachait pas le malaise qu\u2019il a ressenti à la première lecture du scénario de Call Me by Your Name.Dans ce film de Luca Guadagnino, l\u2019acteur incarne Oliver, un doctorant âgé de 24 ans qui, pendant qu\u2019il suit un stage chez un professeur archéologue en Italie, tombe amoureux d\u2019Elio (Timothée Chalamet), le fils de ce dernier, âgé de 17 ans.«J\u2019ai eu peur, je l\u2019avoue, a-t- il déclaré.Le rôle exigeait un niveau d\u2019intimité que je n\u2019avais jamais eu à exprimer encore de cette façon à l\u2019écran.Dans la première version que Luca m\u2019a fait parvenir, il y avait aussi beaucoup plus de scènes de nudité.Étant père de deux jeunes enfants, je me suis mis à imaginer les moqueries auxquelles ils pourraient éventuellement être exposés à l\u2019école.Heureusement, j\u2019ai pu rapidement voir l\u2019ensemble sous une autre perspective.Ce film magnifique lance un message qui doit être entendu.On a bien besoin de beauté en ce moment.» Il appert pourtant que les scènes plus intimes ont finalement été plus faciles à tourner que les séquences pendant lesquelles Oliver doit.danser ! L\u2019action se déroulant en 1983, l\u2019acteur a de surcroît dû s\u2019imprégner de l\u2019ambiance musicale des tubes de l\u2019époque \u2013 celle de la newwave notamment \u2013 pour esquisser des pas sur des pistes de danse en plein air.« Je crois que jamais dans ma vie, je ne me suis senti aussi gêné, a-t-il expliqué au cours d\u2019une rencontre de presse.Je me sentais tellement misérable ! En même temps, un acteur est aussi là pour être défié, pour être poussé dans ses retranchements.Mais danser sans musique en essayant d\u2019at t raper le bon rythme pendant que 200 personnes te regardent, c\u2019est quelque chose !» Montrer la séduction Call Me by Your Name est l \u2019adaptat ion d \u2019un roman qu\u2019André Aciman a écrit il y a une dizaine d\u2019années.Luca Guadagnino (I Am Love) l\u2019a lu à l\u2019époque, sans penser qu\u2019il le porterait peut-être un jour à l\u2019écran.C\u2019est à la faveur d\u2019une amitié qu\u2019il partage avec le vétéran cinéaste James Ivory (A Room with a View, Maurice) qu\u2019il s\u2019est impliqué dans le projet.«James y agissait à titre de producteur et il a écrit l\u2019adaptation du roman.Rien ne me plaît davantage que de travailler et de passer du temps avec des amis, ce que nous sommes, James et moi, depuis qu\u2019il est venu tourner The White Countess à Rome.Quand vient le temps de tourner, j\u2019oublie le scénario, je ne tiens pas compte du plan de production.Cette fois, mon intention était de donner une image vraiment plus large de ce qu\u2019est la séduction, la peur, l\u2019espoir, ce qu\u2019est être amoureux et essayer de faire en sorte que cet amour soit réciproque.Une fois ce sentiment évoqué, et de voir comment les protagonistes composent avec ça, il devient beaucoup plus facile de faire des choix de mise en scène.» Ironiquement, la scène la plus marquante du film, celle de la discussion entre le père (Michael Stuhlbarg) et son fils (Timothée Chalamet), fut probablement la plus facile à transposer du livre à l\u2019écran, selon le cinéaste.À ce moment, le professeur explique à Elio, qui a le cœur brisé, pourquoi ressentir un sentiment amoureux pour quelqu\u2019un qui aime aussi en retour est une sorte de merveilleux privilège, qu\u2019il faut chérir même dans la douleur plutôt que de s\u2019en éloigner.«Ce monologue figure pratiquement mot à mot dans le livre, fait remarquer le cinéaste.Voilà pourquoi je dis que sur le plan de l\u2019adaptation, ce fut facile, presque paresseux! Après, il y a bien sûr le talent exceptionnel de Michael Stuhlbarg, qui livre le tout de façon magistrale, et aussi celui de Timothée, dont l\u2019écoute est remarquable.» Même s\u2019il ne figure pas dans cette scène, Armie Hammer n\u2019en a pas moins retenu le propos.« Je crois que le message élémentaire du film est magnifiquement résumé dans cette séquence, où l\u2019on évoque l\u2019acceptation de soi-même, la réalisation de soi en tant qu\u2019être humain et qui nous invite à comprendre qui on est et comment être en accord avec sa nature, observe-t-il.En tant que père, entendre ces mots \u2013 avec la façon extraordinaire qu\u2019a Michael de les livrer \u2013 a changé à jamais ma vision des choses et ma relation avec mes propres enfants.» Une forte résonance Puisque Call Me by Your Name a d\u2019abord été lancé au festival de Sundance au tout début de l\u2019année (il fut ensuite présenté dans de nombreux festivals sur la planète, y compris le TIFF et le festival de New York), Armie Hammer a pu constater à quel point ce film avait une grande résonance dans le cœur des gens.«L\u2019histoire se passe en 1983, mais elle aurait tout aussi bien pu se dérouler 100 ans plus tôt ou aujourd\u2019hui, dit-il.Ce film montre tout simplement deux êtres humains qui tombent amoureux l\u2019un de l\u2019autre de façon organique, naturelle, belle et tendre.Peu importe leur identification ou leur orientation, les gens ramènent à leur souvenir les sentiments liés à un premier amour et ça, c\u2019est très beau.Love is love.» Call Me by Your Name (Appelle- moi par ton nom en version originale sous-titrée en français) est présentement à l\u2019affiche.ARMIE HAMMER / Call Me by Your Name «On a besoin de beauté en ce moment » PHOTO FOURNIE PAR MÉTROPOLE FILMS Armie Hammer dans Call Me by Your Name de Luca Guadagnino PHOTODAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE L\u2019emploi du temps de Suzanne Clément a été fort chargé récemment, notamment en France.En deux ans, la comédienne a travaillé dans plus d\u2019une dizaine de productions.« Il est vrai que je suis sur une lancée ici, on dirait.J\u2019ai accepté de faire plein de choses, dans plein de genres, et j\u2019ai pu glisser quelques tournages au Canada anglais et aux États-Unis dans tout ça.» l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 10 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 NOMINATIONS AUX GOLDEN GLOBES ® MEILLEURE ACTRICE JESSICA CHASTAIN MEILLEUR SCÉNARIO AARON SORKIN 2 B A S É S U R U N E H I S T O I R E V R A I E LE JEU DE MOLLY VERSION FRANÇAISE DE MOLLY'S GAME A D A P T É P O U R L E G R A N D É C R A N E T R É A L I S É P A R A A R O N S O R K I N TM Visuel du ?lm © 2017 STX FINANCING, LLC.TOUS DROITS RÉSERVÉS.MILL VALLEY FILM FESTIVAL US CINEMA 2017 « L\u2019EXCELLENTE JESSICA CHASTAIN BRILLE .» MAXIME DEMERS, LE JOURNAL DE MONTRÉAL « FASCINANT.» DAVID EHRLICH, INDIEWIRE « CHEF D\u2019ŒUVRE.» ROSIE FLETCHER, DIGITALSPY.COM « SÉRIEUSEMENT AMUSANT.» RICHARD LAWSON, VANITY FAIR « JESSICA CHASTAIN IMPLACABLE.» ODILE TREMBLAY, LE DEVOIR PRÉSENTEMENT DANS CERTAINS CINÉMAS PARTOUT LE 5 JANVIER LeJeuDeMolly-LeFilm.com PRÉSENTEMENT AU CINÉMA Merveilleux-LeFilm.ca D\u2019APRÈS LE BEST-SELLER « WONDER » «UNE SOMPTUEUSE ADAPTATION.» Elizabeth Lepage-Boily, Cinoche «UN FILM QUI VÉHICULE DES TRÈS BELLES VALEURS.» Annie-Soleil Proteau, Salut Bonjour! «JACOB TREMBLAY JOUE AVEC TALENT ET SENSIBILITÉ.» Véronique Lauzon, La Presse «UN ÉLOGE DE LA DIFFÉRENCE.» Eric Moreault, Le Soleil «TELLEMENT RÉCONFORTANT.» Jamie Blynn, US Weekly «UN FILM QUI FAIT DU BIEN! » Katerine Verebely, Gravel le matin «UN MÉLANGE SAVOUREUX ET EXPLOSIF!» KARINE PARADIS, MITSOU.COM PRÉSENTEMENT AU CINÉMA LE TRIP À TROIS MÉLISSA DÉSORMEAUX-POULIN MARTINMATTE OSERIEZ-VOUS ?UN FILM RÉALISÉ PAR NICOLAS MONETTE UN SCÉNARIO DE BENOIT PELLETIER PRODUIT PAR GUILLAUME LESPÉRANCE ET ANDRÉ DUPUY letripatrois-le?lm.ca «ON RIT BEAUCOUP.» DANIEL COTÉ, LE NOUVELLISTE «TRÈS BIEN ÉCRIT.» CATHERINE BEAUCHAMP, 98.5 FM «MÉLISSA BRILLE.MARTIN ÉTONNE.» ELIZABETH LEPAGE-BOILY, CINOCHE «UN FILM RASSEMBLEUR.» MITSOU, RYTHME FM «LE RYTHME Y EST TONIQUE, LE TON LÉGER ET LES RÉPLIQUES AMUSANTES.» MANON DUMAIS, LE DEVOIR «UNE COMÉDIE INTELLIGENTE DONT ON RESSORT LE SOURIRE AUX LÈVRES.» ISABELLE HONTEBEYRIE, LE JOURNAL DE MONTRÉAL «COMPLÈTEMENT DÉJANTÉ.» ELISABETH MASSICOLLI, ELLE QUEBEC «LE TRIP À TROIS VAUT SANS NUL DOUTE LE DÉTOUR.» SYRIL TIAR, CINEMANIAK.NET AVEC LA COLLABORATION DE PRODUIT AVEC LA PARTICIPATION FINANCIÈRE DE UN FILM DE FRANÇOIS GIRARD PRODUIT PAR ROGER FRAPPIER SAMIAN VINCENT PEREZ RAOUL TRUJILLO WAHIAKERON GILBERT HochelagaTerreDesAmes.com AU CINÉMA DÈS LE 19 JANVIER «UNEŒUVREESSENTIELLE.» MARIO GIRARD, LA PRESSE « CEQUE J\u2019AIVUSURCETÉCRAN M\u2019ACOMPLÈTEMENTCHAVIRÉ.» FRANCO NUOVO, ICI RADIO-CANADA En 2018, lisez votre Presse sur votre tablette et voyez vos ?lms préférés en salle ! Bon cinéma! ARTS CINÉMA L\u2019œil derrière la lentille, la cadreuse et directrice photo montréalaise Sylvaine Dufaux arpente les plateaux depuis un peu plus de trois décennies.Dernièrement, la Québécoise a travaillé à quelques superproductions américaines, dont Solo, film dérivé de Star Wars attendu en 2018.Portrait d\u2019une raconteuse d\u2019histoires.MARISSA GROGUHÉ Fille du cinéaste Georges Dufaux, nièce du directeur de la photographie et réalisateur Guy Dufaux, Sylvaine Dufaux n\u2019a pas le souvenir d\u2019avoir mis les pieds sur un plateau de tournage dans sa jeunesse.Son désir de manœuvrer une caméra est né avant tout d\u2019un grand amour des films.«J\u2019ai un bagage familial non pas technique, mais de l\u2019amour du cinéma et de la curiosité des films», indique-t-elle.D a n s l e s a n n é e s 8 0 , Concordia lui refuse l\u2019entrée dans son programme de cinéma.Au moment où l\u2019UQAM lui ouvre ses portes, elle obtient son premier emploi sur un plateau, en 1986, pour Le déclin de l\u2019empire américain de Denys Arcand.Pas d\u2019études universitaires pour Sylvaine Dufaux, finalement, mais une expérience de terrain qui l\u2019a formée à devenir la cadreuse et directrice photo de carrière qu\u2019elle est maintenant.À partir de son poste de deuxième assistante à la caméra sur le film d\u2019Arcand, son parcours s\u2019est révélé «plutôt traditionnel».Après quelques tournages dans les années 80, elle passe au statut de première assistante à la caméra.Une bonne dizaine de productions plus tard, elle accède au cadre, à la fin des années 90.Dufaux travaille ensuite ponctuellement comme directrice photo.P lu s r é c emmen t , ave c près de 100 films inscrits à sa filmographie \u2013 la plupart en tant que cadreuse \u2013, elle a manié la caméra pour plusieurs superproductions américaines, dont X-Men: Days of Future Past, X-Men: Apocalypse, White House Down et, tout récemment, Solo: A Star Wars Story.«Un métier de collaboration» Lorsque la cadreuse raconte son métier, la conversation revient souvent aux gens qu\u2019elle a côtoyés tout au long de sa carrière et à ce que ces rencontres lui ont apporté.«Rencontrer des gens dans le milieu, travailler avec eux, c\u2019est un grand plaisir et ça m\u2019a amenée plus loin.» En 2013, sur le plateau du film Le prodige (Pawn Sacrifice), à Montréal, elle travaille aux côtés du jeune directeur photo américain Bradford Young, pour qui elle a un «coup de foudre professionnel».«Il a toute une réflexion sur le cinéma et on se rejoint là-dessus, raconte l\u2019artiste.Même s\u2019il a fait de gros longs métrages dans sa vie [Arrival, de Denis Villeneuve], il va continuer à faire de moins grosses productions.Pour lui, il n\u2019y a pas de gros ou de petit film.J\u2019ai la même approche.» Après cette première collaboration, les deux collègues se promettent de renouveler l\u2019expérience.Quelques années plus tard, Bradford Young l\u2019appelle après s\u2019être fait proposer la direction photo du film dérivé de Star Wars, Solo.«Ça allait de soi, relate-t-elle.C\u2019est un métier de collaboration.Chaque projet te porte quelque part et tu ne peux pas toujours le prévoir, mais c\u2019est fantastique.» Elle se retrouve alors sur un tournage de 10 mois, à Londres, pour une des plus importantes productions à venir.La cadreuse juge néanmoins qu\u2019il n\u2019y a pas de grande différence entre une production de cette envergure et un film à plus petit budget, «à part qu\u2019il y a des plus gros jouets parfois».«C\u2019est ce qui est intéressant finalement: un film, c\u2019est un film», constate-t-elle.Un «boys club» Les joies du métier qu\u2019elle exerce sont évidemment nombreuses.«J\u2019ai eu le privilège de beaucoup voyager, évoque Dufaux.Tu as accès à des lieux auxquels tu n\u2019aurais pas accès comme touriste, tu as une raison d\u2019être, tu vis des expériences magnifiques.» En revanche, il n\u2019y a jamais rien d\u2019acquis dans un tel métier, dit la cadreuse d\u2019expérience, qui se remémore des années creuses où elle n\u2019a presque pas eu de contrat.«Je m\u2019en passerais, j\u2019aimerais bien savoir ce que je vais faire dans trois mois et comment je vais gagner ma vie d\u2019une année à l\u2019autre, mais c\u2019est un choix de vie qu\u2019on accepte.» Elle note également la difficulté d\u2019être une femme dans un milieu composé majoritairement d\u2019hommes.«Derrière la caméra, ça reste un boys club, même si ça a énormément changé et que ça continue d\u2019évoluer.» Dans le milieu du cinéma comme dans la société, certains statu quo s\u2019effritent.Par exemple, Bradford Young a été cette année le premier directeur de la photographie afro-américain à être nommé aux Oscars, grâce à Arrival.«Pour Le prodige, nous étions un directeur photo noir et une femme cadreuse principale», rappelle Sylvaine Dufaux.Toutefois, des obstacles se posent encore parfois sur sa route \u2013 des employeurs qui ne veulent pas d\u2019une femme derrière la caméra, des collègues qui ne la croient pas capable d\u2019occuper ce poste.« Il y a toujours celui qui te regarde et te demande si tu es sûre de pouvoir porter la caméra.» Une journée de tournage Jeune qu inquagéna i re comptant plus de 30 ans de métier, Sylvaine Dufaux note un point commun à presque toutes ses expériences de travail : elle doit se lever très tôt ! Mais avant les journées qui débutent aux aurores, il y a la préparation au tournage.« Il faut lire le projet, rencontrer le réalisateur ou la réalisatrice, raconte Sylvaine Dufaux.En fiction, il faut se familiariser avec le scénario.» Lors du tournage du prochain Star Wars, le temps de préparation a été un «grand luxe», explique Dufaux.«On a pu essayer des choses, faire des tests.C\u2019est un des privilèges des grosses productions.» Puis place au quotidien du tournage.«La fin de semaine, tu l is tes scènes pour la semaine et le matin de tournage, tu lis tes scènes pour la journée, relate la cadreuse.Tu arrives sur le plateau, il y a une première mise en place avec le réalisateur.Ensuite, l\u2019horloge part et on voit si on a le temps de faire tout ce qu\u2019on a prévu.» Vient enfin le visionnement des rushs, en soirée, afin de «prendre un peu de recul, de se rendre compte de ce qui marche ou ne marche pas, de ce qui peut être amélioré », décrit la cadreuse, qui tient à se rappeler chaque jour le privilège qu\u2019elle a de mettre des histoires en images et en mouvement.PHOTO TAKASHI SEIDA, FOURNIE PAR SYLVAINE DUFAUX «Derrière la caméra, ça reste un boys club, même si ça a énormément changé et que ça continue d\u2019évoluer.» \u2014 Sylvaine Dufaux MOLLY\u2019SGAME (V.F.: LE JEUDEMOLLY) !!!½ Drame biographique d\u2019Aaron Sorkin.Avec Jessica Chastain, Idris Elba, Kevin Costner.2h20.LE SYNOPSIS À Los Angeles, Molly Bloom est initiée au monde du poker auprès de célébrités hollywoodiennes.La «princesse du poker» organise des parties où certains peuvent perdre jusqu\u2019à 1 million de dollars en une seule nuit.Brouillée avec ses amis acteurs, elle recrée à New York ses parties de poker hebdomadaires, auxquelles se greffent bientôt des milliardaires, dont certains liés au crime organisé.Le FBI procède à une rafle et tout ce beau monde est accusé sous différents chefs.LA CRITIQUE Elle s\u2019appelle Molly Bloom, comme le personnage de James Joyce.Et son histoire a tous les éléments d\u2019un film hollywoodien : des joutes de pouvoir, des secrets de stars, des femmes sexy, des mafieux milliardaires, une enquête du FBI et beaucoup d\u2019argent parié au poker.Ce n\u2019est pas un hasard si Aaron Sorkin, scénariste de The West Wing, The Social Network et Steve Jobs, a choisi ce récit biographique pour réaliser son tout premier film, Molly\u2019s Game (inspiré du livre du même titre).Sorkin raconte l\u2019histoire du point de vue de Molly Bloom, en brossant un portrait assez favorable, même s\u2019il n\u2019est pas sans nuance, de cette jeune femme fascinante (incarnée par Jessica Chastain, très inspirée), qui fait fortune en organisant des parties de poker grâce au concours d\u2019un acteur bien connu.Michael Cera, qui joue le rôle de ce «Monsieur X» (Tobey Maguire, jamais nommé), ne fait pas paraître l\u2019interprète de Spider-Man particulièrement sympathique.Aaron Sorkin, qu\u2019on l\u2019aime ou pas, n\u2019a jamais eu peur de froisser les ego de gens riches et célèbres (dont celui du fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, dans The Social Network).Idris Elba interprète l\u2019avocat, d\u2019abord sceptique, puis rapidement gagné à la cause de Miss Bloom.Le premier film de Sorkin a de vagues airs d\u2019Erin Brockovich de Steven Soderbergh ou deWolf of Wall Street de Martin Scorsese, même s\u2019il ne se démarque pas par l\u2019originalité de sa réalisation.Au chapitre du scénario, en revanche,Molly\u2019s Game est du Sorkin pur jus.Une structure efficace, des dialogues omniprésents, intelligents, aux pointes d\u2019humour typiques.Pari gagné.\u2014Marc Cassivi Premier pari remporté pour Aaron Sorkin PHOTO ASSOCIATED PRESS Jessica Chastain dansMolly\u2019s Game Sylvaine Dufaux sur le plateau de Pawn Sacrifice Le premier trio L\u2019appellation « caméraman » convient pour la nouvelle et le documentaire, explique Sylvaine Dufaux.En fiction, le directeur de la photographie est le haut responsable de la prise de vues.Derrière la caméra se trouve le cadreur \u2013 un poste qu\u2019elle situe à la jonction de la technique et de la création.« Ça forme un drôle de tr iangle : le capita ine du bateau \u2013 le réalisateur \u2013, puis le directeur photo \u2013 un de ses collaborateurs les plus proches \u2013 et finalement le cadreur, le bras droit du directeur photo, qui va mettre en images tout ce que le réalisateur a pensé.» Le cadre vient de la « lignée» de la direction photo, mais Sylvaine Dufaux témoigne également d\u2019« un lien très fort entre le réalisateur et le cadreur».Au sein de certaines productions, le directeur photo occupe aussi le poste de cadreur.Finalement, on retrouve les aides du cadreur : le deuxième assistant à la caméra, qui s\u2019occupe de l\u2019équipement et de tout ce qui est derrière la caméra, et le premier assistant, responsable de la mise au point.FILMOGRAPHIE SÉLECTIVE > Solo : A Star Wars Story (Ron Howard, 2018) > X-Men: Apocalypse (Bryan Singer, 2016) > L\u2019industrie du ruban rose (Léa Pool, 2012) > Soie (François Girard, 2007) > I\u2019m Not There (Todd Haynes, 2007) > Toi (François Delisle, 2007) > Napoleon (Yves Simoneau, 2002) > Le violon rouge (François Girard, 1998) SYLVAINE DUFAUX SORTIR DU CADRE D\u2019autres critiques à lapresse.ca et sur La Presse+ l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 12 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 3 0 D É C E M B R E 2 0 1 7 "]
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