L'indépendance : organe officiel du Rassemblement pour l'indépendance nationale, 1 septembre 1962, Vol. 1, no 1
[" l'Imdér Game Organe officiel du Rassemblement pour l\u2019Indépendance Nationale VOL.1 No 1 POUR NOTRE DEUXIEME ANNIVERSAIRE INDEPENDANCE ET ACTION POLITIQUE R.LN.MONTREAL, SEPTEMBRE 1962 N\u2019en déplaise a quelques \u201cgrands\u201d du journalisme québécois qui souhaitent constamment sa mort, le R.I.N.publie aujourd\u2019hui le premier numéro de son organe officiel L\u2019'INDEPENDANCE.Cette parution marque, à peu de jours près, le deuxième anniversaire de fondation de notre mouvement.Nous le reconnaissons, c\u2019est encore bien modeste.Avec ses huit pages, ce journal est loin d\u2019être le plus grand mensuel français d\u2019Amérique.Mais c\u2019est quand même un bon départ.Par cette publication, le R.I.N.pourra désormais maintenir un contact essentiel avec ses membres et aussi faire connaître à la population comme à la presse sa position sur les problèmes canadiens-français.Si léger soit-il en papier, L\u2019'INDEPENDANCE sera, il va de soi, un journal de combat voué à la cause de l\u2019indépendance du Québec.Le R.I.N.a donc deux ans.Ou devrais-je écrire: se peut-il que le R.I.N.n\u2019ait que deux ans ?Car à juger d\u2019après sa popularité, le travail qu\u2019il a accompli, la publicité qu\u2019il a obtenue, la rapidité avec laquelle il a fait sa trouée et surtout l\u2019inquiétude qu\u2019il cause aux adversaires de l\u2019indépendance du Québec, on croirait facilement qu\u2019il a davantage d\u2019années de vie.Mais non, c\u2019est bien le samedi 10 septembre 1960 qu\u2019une trentaine de personnes de Montréal et de Hull se rencontrèrent à Morin Heights (il faudra un jour franciser ce nom) pour jeter les bases du mouvement, adopter un manifeste, choisir un nom et s\u2019entendre sur les principaux articles d\u2019une constitution.Et depuis cette date, ce ne fut que progres.Apres la fondation du R.I.LN,, six mois d\u2019obscur travail d\u2019organisation; 4 avril 1961, première assemblée publique au Gésu; début de juin, premier incident d\u2019Ottawa; septembre, \u201cPourquoi je suis séparatiste\u201d; octobre, le R.I.N.obtient sa charte; novembre, congrés des affaires canadiennes à Laval; décembre, deuxième incident d'Ottawa; janvier 1962, ouverture du secrétariat général à Montréal; mars, première campagne de sous- 10 CENTS cription; première moitié de 1962, une cinquantaine de causeries prononcées partout en province par les dirigeants du R.I.N.; juin, congrès spécial à Québec où l\u2019assemblée décide de se préparer à l\u2019action politique; été 1962, le comité politique prépare son programme; 15 septembre 1962, le R.I.N.lance son journal.Après ces deux années d\u2019existence, où va le R.IN.et par quel chemin ! Il va exactement là ou il s\u2019est promis d\u2019aller: à l\u2019indépendance du Québec.>\u2019 Devant les agissements passés et les projets d\u2019avenir, que valent les critiques lues récemment dans les journaux ?Le séparatisme est- il vraiment voué à une mort plus ou moins prochaine ?La réponse est évidemment non.Dans toute révolution \u2014 et notre cause en est une \u2014 il y a deux catégories de personnes: celles qui sont en place et les autres.Et comme par définition, une révolution ne se fait jamais par les gens en place, il ne faut donc pas s\u2019attendre à recevoir l\u2019appui des directeurs de grands journaux, des hommes publics, des chefs de grandes entreprises, c\u2019est-à-dire, des arrivés et des bien assis.Mais qu\u2019importe leur absence puisque nous avons pour nous la volonté d\u2019un peuple assoiffé de libération.Qu\u2019on le veuille ou non, en cette ère de décolonisation mondiale, l\u2019indépendance du Québec est inévitable.Lentement mais sûrement, l\u2019idée d\u2019un Québec libre fait son chemin et ce n\u2019est pas l\u2019ironie ni même l\u2019opposition acharnée de quelques-uns qui empêcheront notre peuple de se libérer.La lutte pour l\u2019indépendance du Québec est définitivement engagée et c\u2019est afin de la mieux livrer que le R.I.N.lance aujourd\u2019hui son journal L\u2019INDE- PENDANCE.Marcel CHAPUT.= eee\u2014\u2014\u2014 Durant les temps qui ont immédiatement suivi sa formation, le R.I.N.s\u2019est consacré exclusivement à une tâche: démontrer la nécessité et la possibilité de l\u2019indépendance nationale.Bien qu\u2019il reste encore à cet égard beaucoup de travail à faire, on peut certes dire que l\u2019opinion publique, au moins dans la majeure partie du pays, est maintenant sensibilisée à la question.Mais l\u2019indépendance, pour le Québec comme pour toute autre nation, est lourde de conséquences.Elle n\u2019implique pas tellement de problèmes nouveaux mais donne une perspective nouvelle à la plupart des problèmes traditionnels de notre société.Elle impose donc et permet à la fois des solutions inédites qu\u2019il importe de définir et de proposer à la nation.De plus, l\u2019indépendance amènera le Canada français à assumer lui-même nombre de tâches dont jusqu\u2019ici il a laissé le soin à d\u2019autres, souvent pour son malheur.L\u2019indépendance a donc pour conséquence immédiate la nécessité d'une transformation profonde de nos institutions et de la mentalité de notre société et c\u2019est là ce que nous appelons \u201cla révolution nationale\u201d.; Devant le réveil général que l\u2019on constate chez le peuple québécois, réveil qui résulte en partie de l\u2019activité du R.I.N.on pouvait croire que nos institutions nationales et particulièrement nos partis politiques accepteraient des responsabilités nouvelles et s\u2019engageraient sérieusement dans l\u2019oeuvre de rénovation nationale.Or il n\u2019en est rien.Les partis politiques sont- manifestement dépassés par les événements.On en voit un exemple frappant dans la pusillanimité du gouvernement à l\u2019égard de la nationalisation de P'électricité.Malgré tous les grands discours et les déclarations fracassantes sur la \u201clibération\u201d économique et la mission de \u201cl'Etat du Québec\u201d il est maintenant évident que la véritable libération ne se fera pas si nous ne la faisons pas nous-mêmes, ou tout au moins si nous ne sommes pas prêts à la faire nous-mêmes.Ce que nous voulons, ce n\u2019est pas simplement modifier quelques lois, c\u2019est transformer un pays colonisé en une démocratie libre et dynamique.Pour effectuer cette transformation, nous ne pouvons plus compter sur les autres.À son dernier congrès, le R.I.N.s\u2019est engagé à chercher des solutions à tous les grands problèmes de la nation (voir pp.4, 5).Il faudra maintenant que nous nous engagions à appliquer ces solutions.Cet engagement débouche nécessairement sur l\u2019action politique.L'action politique ne peut être exercée que par un \u2018groupe de pres sion\u201d ou un parti.C\u2019est là l\u2019option qui s\u2019offre au R.I.N.Or, lorsqu\u2019il s\u2019agit de questions d\u2019intérêt national, la méthode des groupes de pression n\u2019est pas précisément démocratique.En outre.si les groupes de pression peuvent obtenir, souvent par des: moyens qui ressemblent fort à du chantage, des mesures particulières, il leur est impossible de réaliser une politique globale et coordonnée.La façon démocratique de procéder, lorsqu\u2019on veut effectuer la transformation d\u2019une société, c\u2019est de proposer des réformes à la population et de lui demander de signifier son accôrd en portant au pouvoir ceux qui s'engagent à réaliser ces réformes.Pour des raisons de morale politique autant que d\u2019efficacité seul un parti politique peut être en mesure d'apporter à notre société les \u2018changements que \u2018nous réclamons.oe Lo Co - : Bien entendu, le fait de devenir parti politique ne veut pas\u2019 dire -qu\u2019on \u2018doive, à la première occasion, plonger les yeux fermés dans la lutte électôrale.Les modalités de l\u2018action restent a4 déterminer en fonctions des circonstänces et des opportunités.Mais il est \u2018essentiel que le RIN décide maintenant jusqu\u2019où 11 veut pousser son engagement envers la nation québécoise.C\u2019est ce qué Tes membres se- -ront appelés à faire à leur prochain congrès, en octobre.André d\u2019'ALLEMAGNE.LE SEPARATISME A QUEBEC EST MORT LE VIVE R.I.N.S'EST L'INDEPENDANCE! ENGAGE (PAGE 2) (PAGE 4 et 5) LE COUPS MONDE DE A LES YEUX FILET SUR NOUS PAR SIMON (PAGE 6) (PAGE 8) pe #04 ~~ ~ M.Michaud cite son collégue, | Vv wr ~lent et méthodique PAGE 2 \u2014 L INDEPENDANCE \u2014 SEPTEMBRE 1962 LE SEPARATISME EST MORT.VIVE L'INDEPENDANCE Au cours des dernières semaines, deux journaux de la métropole ont prononcé en éditorial leur oraison funèbre sur le séparatisme.Selon M.Yves Michaud de La Patrie, \u201cLe séparatisme est mort.il a vécu le temps dune illusion.Le temps d\u2019un espoir\u201d.Selon M.Gérard Pelletier de La Presse, \u201cLa vague séparatiste s\u2019est perdue dans les sables\u201d.LE CAS MICHAUD QU'EN EST-IL, AU JUSTE ?Voyons d\u2019abord ce que dit M.Michaud .Après avoir passé en revue l\u2019activité du R.I.N.depuis un an, il conclut: \u201cPuis vint le silence, I'enveloppant silence, le morne silence\u201d.Pourtant, chaque semaine, et même plusieurs fois la semaine, les journaux publiaient quelque déclaration ou commentaire de quelque société ou individu au sujet de l\u2019indépendance du Québec, du séparatisme.Pour expliquer ce \u201csilence\u201d, M Pelletier: \u201cIl est temps que les séparatistes se rendent à l\u2019évidence; on ne bâtit pas une politique sur la seule notion d\u2019indépendance.Les programmes à un seul article sont révolus.Ÿ revenir, ce serait régresser\u201d.Décidément, M.Michaud ne lit dans La Presse que les articles de M.Pelletier, sans quoi n\u2019aurait pas manqué d\u2019y relever, dans le numéro du 11 juin pré- cédent, en première page e coiffé d\u2019un titre sur sept colonnes, le texte in extenso des réso- intiohs adoptées par le mouvement à son congrès de Québec (voir pages 4 et 5) où le R.I.N.s\u2019est engagé \u201c à opérer une réforme profonde de notre société.à étudier tous les problèmes de la société québécoise, à repenser les structures de la démocratie et à élaborer un programme politique national\u201d.Non, cela n\u2019intéresse pas M.Michaud.Il explique notre \u201cdécès\u201d en ces termes: \u201cL'erreur du mouvement séparatiste, c'est d\u2019avoir écarté au départ le postulat d'un redressement de la conscience démocratique au Canada français\u201d, alors que le R.I.N.prétend que l\u2019indépendance sera la plus claire manifestation de la conscience démocratique du Québec.En réalité, le R.I.N.a écarté au départ le postulat d'un lent et méthodique redressement de la conscience démocratique au Canada ANGLAIS.\u201cLe salut, poursuit-il, n\u2019est pas dans l\u2019indépendance, (nous prétendons, nous, qu\u2019il est dans l'indépendance précisément parce que) il est d\u2019abord et avant tout dans la restauration de l\u2019Etat, dans la consolidation de structures politiques qui permettront à chaque citoyen de vivre décemment, de participer pleinement à l'exercice du pouvoir\u201d, toutes choses que le régime actuel ne permet pas au citoyen canadien-fran- çais.= ee À partir de là, dans son article, M.Michaud glisse rapidement dans l\u2019incohérence.Il reproche aux indépendantistes \u201ccitoyens frustrés d\u2019un pays où les \u201cFrench Canadians\u201d ne servent à toutes fins pratiques qu\u2019à ajouter un peu de pittoresque au folklore national\u201d d\u2019avoir cru que l'indépendance \u201cétait la grande solution.parce que, selon lui, elle compromettrait les chances de la démocratie(!) \u201d ce quauraient compris, selon lui, \u201cles hommes courageux qui ont naguère constitué l\u2019opposition au duplessisme\u201d.Voilà la phalange des vrais héros! Tout de même, Monsieur Mi- chaud, ces luttes contre Duples- sis, vous en parlez comme si vous et vos héros vous l'aviez tué dans l'arène au combat.Vous oubliez - qu\u2019il est mort de sa douce mort et au faite de sa puissance et que vous n'avez jamais réussi à le déloger de son vivant.SI LE MORT BOUGEAIT Puis, notre éditorialiste a cette phrase étonnante: \u201cJe ne dis pas que l'indépendance nest pas la vocation naturelle et historique du Canada français\u201d.Car ce \u201cmort\u201d auquel on allonge allègrement le coup de pied de l\u2019âne, si, par hasard, on l\u2019avait enterré avec trop de précipitation, s\u2019il allait bouger, se révéler plus fort que jamais.Il sera bon alors de pouvoir dire: voyez ce que j'écrivais naguère.\u201cJe ne dis pas que lindépen- dance n\u2019est pas la vocation naturelle et historique du Canada français.Lorsque nous aurons ormé chez nous une ou deux générations de démocrates.Pas avant!\u2026 Essayons donc de bâtir la démocratie et l'indépendance viendra peut-être surcroît\u201d.par Et bien non! Il est inadmissible que le rédacteur en chef de La Patrie se moque ainsi de ses lecteurs.Qu\u2019y a-t-il de sérieux derrière ce souci, chez tous ces confédéralistes, de voir sépanouir la démocratie au Québec avant de réclamer l'indépendance à l'égard d\u2019un rée qui est la négation même de la plus élémentaire démo- trie?C\u2019est à croire que ce sont ces messieurs seuls qui savent ce qu\u2019est la démocratie, que c\u2019est eux qui l'ont inventée, qu\u2019elle est leur petite chose à eux.Pourtant, cette constitution \u201ccanadian\u201d qu\u2019ils acceptent et qu\u2019ils encensent et qu\u2019ils veulent nous voir accepter comme eux, qu\u2019est-ce au fond sinon l'écran de papier derrière lequel se dissimule l\u2019arrogance de la \u201cdémocratique\u201d majorité anglophone qui refuse ses droits à la minorité que nous sommes.La voilà la démocratie à laquelle ils se sont ralliés: cette confédération qui consacre l'hégémonie anglo-cana- dienne sur la politique d'Ottawa (et méme de Québec) et I'hégémonie des capitaux an- glo-américains sur notre économie anti-humaniste et anti-dé-|.mocratique.Et alors on écarte du pied le \u201cséparatisme\u201d, on remet ses pantoufles, on se rassoit sur ses lauriers anti-duplessistes et on conclut: \u201cQuand le peuple sera moins ignorant, quand il aura appris à être \u201ccompétent\u201d, à être démocrate, dans deux générations, \u201cpas avant!\u2019 quand vous et moi n\u2019y serons plus alors seulement, lindé- pendance lui viendra par surcroît.Notre culture à nous n\u2019est pas en danger.Nous autres, nous sommes indépendants\u201d.Voilà les démocrates qu\u2019ils sont: voilà la démocratie \u201ccanadian\u201d que les québécois commencent à vomir.Ce vocable de \u201cséparatisme\u201d pouvait-il avoir une fortune meilleure que sous la plume de cette prétendue élite, pour désigner avec dédain notre aspiration à l\u2018indépendance qui partout et toujours dans l\u2019histoire a été considérée par les hommes d'honneur comme la plus noble vertu civique, comme la cause la plus sacrée à laquelle le citoyen puisse se donner.Oui, que le séparatisme meurre car l'indépendance que prône le R.I.N.n\u2019a rien de commun avec cette idée mesquine, qu\u2019on nous prête, d\u2019une société repliée sur elle-même et isolée du reste du monde.C\u2019est au contraire contre cet isolement que nous impose la Confédération que nous nous révoltons.e oo 0 00 LA e e e +\u201d Gon SAVE OUR « CRACIOUS QUEEN.LE CAS CHAPUT \u201cUn peuple est grand quand produit de grands hommes.\u201d Cette réflexion de Duhamel que reproduit La Patrie sous la photo de M.Chaput, révéle un autre trait du caractère de ceux qui refusent l'indépendance sans être \u201ccontre\u201d: Tlattente du \u201cmessie\u201d, l'appel du héros, la soif du mythe.Ce trait a pu être dans le passé une caractéristique nationale, mais le R.I.N.le répudie et souhaite le voir disparaître avec la génération des \u201cralliés\u201d.M.Chaput n\u2019est peut-être pas un grand homme (l\u2019histoire, d\u2019ailleurs, en jugera, et mieux qu'eux) mais au R.ILN., nous sommes assez satisfaits de lui.Ce n\u2019est pas lui qui va faire l'indépendance pour nous.C'est nous qui la faisons avec lui.et avec d\u2019autres.Ce n'est pas nous qui avons parlé de \u201cchaputisme\u201d; nous ne cherchons pas de héros, nous ne voulons pas de prophète, nous cherchons des hommes qui veulent être libres.Non pas libres tout seuls dans leur coin, mais libres dans la rue, libres à l'ouvrage, des citoyens libres dans une nation libre.Il y a de grandes tâches à accomplir au Québec et dans le monde, des tâches urgentes au premier rang desquelles nous plaçons la création d\u2019une société meilleure et plus démocratique pour nos concitoyens.Nous n'avons plus le temps ni le goût de consacrer la moitié de nos énergies à convaincre des anglo-saxons butés que nous aussi nous avons le droit de vivre, de respirer, d'être res- e è e ° ® ° e ° El pectés, d\u2019être traités comme des ommes, et cela, sans avoir à faire, en deux langues ou plus, la preuve de notre \u201ccompétence\u201d ou de notre mérite.Nous ne sommes pas dignes, selon nos \u201cdémocrates\u201d compatriotes anglophones et nos \u201cralliés\u201d, de partager avec eux le statut de citoyens à part entière dans tout le Canada?D\u2019accord.Brisons la.Nous ne demandons qu\u2019une chose: vivre à notre façon dans un Etat à nous.LA NOUVELLE DROITE Voyez-vous, nous autres, au R.I.N., ce n\u2019est pas le citoyen québécois et son manque de sens démocratique que nous craignons.C\u2019est au contraire l'influence sur lui d\u2019une certaine élite \u2014 dont sont MM.Mi- chaud, Pelletier et Cie \u2014 qui n\u2019a jamais voulu lui faire confiance, l\u2019a toujours traité en enfant, lui a toujours refusé le droit d'assumer totalement ses responsabilités, comme le font encore aujourd'hui ces messieurs, sous prétexte qu\u2019il n\u2019était pas assez mûr, pas assez formé, pas assez compétent ou pas assez démocrate.Nous, nous ne luttons pas pour des abstractions: la Démocratie avec un grand D à laquelle on n\u2019a droit que lorsqu'on la Mérite avec un grand M.la démocratie estelle parfaite en quelque pays déjà indépendant?Est-elle plus parfaite au Canada anglais que chez nous?a-t-on \u201cmérité\u201d l\u2019indépendance par son sens démocratique dans ces provinces dans lesquelles on brime les droits des Canadiens français, (Suite à la page 6) fane®P 00% 08a, O CANADA TERRE DE : .NOS AÏEUX.* > eo\" 0 LU e QUAND ON EST SI BIEN ENSEMBLE, POURQUOI SE SEPARER .rm vn = == Came Tn mea NP, t ; Ÿ Ÿ = SUGGESTION A ETUDIER Dans LA PATRIE du 6 septembre, M.Hervé Lépine avançait une idée qui a retenu l\u2019attention de plusieurs.Cette suggestion consiste à remplacer par des fonctionnaires québecois touristiques mal- naires québécois \u2018les guides touristiques français\u201d, touristiques malveillants pour les Canadiens français \u201cqui font visiter Montréal et Québec aux touristes.Il faudra étudier cette suggestion très sérieusement avant la prochaine saison du tourisme.PAGE 3 \u2014 L\u2019INDEPENDANCE \u2014 SEPTEMBRE 1962 ENROLEZ - VOUS LA CAUSE DE L'INDÉPENDANCE DU QUEBEC A BESOIN DE VOUS DANS LE R.LL N.INFORMATION QUI PAIE LE JOURNAL?Cette question peut s\u2019interpréter de deux façons: d\u2019abord, qui reçoit gratuitement une copie du journa et qui doit l\u2019acheter à 10 cents l\u2019exemplaire ou à un dollar l\u2019abonnement de douze numéros ?Et ensuite, qui défraie le coût d\u2019impression ?;( A la première question, il faut répondre que TOUS les membres du R.I.N., militants, actifs ou sympathisants ont droit à un exemplaire gratuit du journal L\u2019INDE- PENDANCE, exemplaire qui est censé leur être remis par un membre de leur section.Les membres du R.ILN.qui ne reçoivent pas leur copie doivent donc communiquer à- vec le président de leur section ou aviser la direction.Les autres personnes achètent leur \u2018exemplaire au kiosque à journaux ou s\u2019abonnent.Les membres du R,I.N.sont donc invités à vendre des abonnements à leur journal L'INDEPENDAN- CE.A la deuxième question: qui défraie l\u2019impression de L\u2019IN- DEPENDANCE, la réponse est: la maigre caisse du R.I.N.L\u2019impression du journal est donc considérée comme une des multiples dépenses courantes du R.I.N.C'est dire que le R.I.N.a besoin de l\u2019appui financier de ses membres et des partisans de l'indépendance du Québec pour publier ce journal.\u201cEtre responsable c\u2019est prendre des risques, c\u2019est gagner quelques fois, perdre d\u2019autres fois, c'est choisir, c\u2019est diriger sa propre vie.\u201d Jean-Jacques Servan-Schreiber L'Express \u2014 2 août 1962 \u201cLe régime colonial, par définition, ne forme pas des élites, mais des domestiques.\u201d Ferhat Abbas COUPS DE FILET Paradoxe : c\u2019est aujourd\u2019hui la mode chez nos intellectuels de se dire de gauche.Or, la mode est une forme de conformisme, et le conformisme une attitude de droite.e e © oo Les notions de gauche sont extrêmement fluides, on le sait.Cependant les mettre en doute vous classe immédiatement dans le camp adverse auprès des plus chauds partisans de cette dualité: à droite à une époque de ferveur gauchiste et à gauche à une époque de foi droitiste.e e ee x Définir la gauche et la droite est toujours à recommencer.Toutes les générations s\u2019y essaient depuis 150 ans.Voici que le sympathique trouble-fête du ministère provincial, M.René Lévesque, y est allé de sa définition, à son tour: « \u201cLes gens de gauche, a-t-il dit en substance, cherchent à adapter les institutions aux hommes, alors que les gens de droite cherchent à adapter les hommes aux institutions.\u201d Adoptons ce critère, et toutes les étiquettes actuelles vont sauter.Dans quelle catégorie se classeront, après le grand remue-ménage, les défenseurs attitrés du régime 1867?Probablement à gauche, si on les laisse faire, mais à gauche de quoi?Des royalistes et des fascistes, qui n\u2019existent que dans leur imagination.Autrement dit, ils prendront place au milieu de l\u2019aile conservatrice, tout en se proclamant de gauche.Et tout sera à recommencer encore une fois, et M.Lévesque aura parlé en vaine e oo 6e Néanmoins nous avans rédigé, pour rire, un petit questionnaire propre à faciliter le reclassement de nos intellectuels du point de vue gauche et droite.Les réponses affirmatives situent à droite, et les négatives à gauche, au centre ou dans la neutralité absolue, selon la valeur du non.1, Le mot \u201cconfédération\u201d vous inspire-t-il un profond sentiment de respect et de sécurité ?2.Ressentez-vous une grande piété filiale devant le tableau des \u201cPères de la Confédération\u201d ?3.Votre première réaction devant un nouveau tiers parti est-elle de méfiance et d\u2019agacement ?.4.L\u2019idée de l'indépendance politique vous semble-t-elle d\u2019autant plus acceptable qu\u2019elle s'associe à des contrées plus éloignées ?5.Vous semble-t-il anormal de revendiquer l\u2019indépendance contre un peuple anglo-saxon ?6.Le libéralisme et le conservatisme représentent-ils pour vous les pôles extrêmes des options politiques ?7.Vos tentations d\u2019anticléricalisme vous viennent-elles d\u2019ordinaire à des moments de rêverie où le clergé vous apparaît comme peu accordé aux réalités nord-américaines de notre siècle ?8.La notion psychologique de l\u2019adaptation vous pousse-t-elle à vous conformer inconditionnellement à l\u2019usage anglo-américain en ma- ore de langue, de culture, d\u2019activité économique et d\u2019organisation sociale ?9.Devez-vous surmonter votre respect humain pour vous affirmer: en tant que citoyen de la province \u201cpas comme les autres\u201d ?10.Dans un groupe anglo-canadien, vous sentez-vous tenu d\u2019assimiler Duplessis à Hitler, à Trujillo ou à quelqu\u2019autre tête de Turque ?11.Vous paraît-il inconvenant, de la part du général de Gaulle, de ne pas se soumettre à l\u201d\u201cordre\u201d\u2019 anglais ou américain, à la \u201cpax americana\u201d ?12.Parlez-vous plus volontiers de la révolution algérienne que de la révolution cubaine ?e © e © L'autre\u201d M.Lévesque \u2014 pas le cauchemar de la Shawinigan \u2014 estime que le Québec tire de l\u2019arrière par rapport au reste du Canada, en matière de politique et de culture.Notre belle province est gangrenée, paraît-il, par le séparatisme et les idées noires de nos hommes de lettres.Pour ma part, je crois que cet énoncé démontre que M.Lévesque a la berlue, qu\u2019il ne distingue plus l\u2019avant, l\u2019arrière et les côtés.N\u2019est- Ce pas que le séparatisme correspond à une tendance \u201clatéraliste\u201d, plutôt que rétrograde ou progressive ?Pour ce qui est de la littérature des autres provinces, qu\u2019elle soit optimiste ou pessimiste comme la nôtre, peu importe : personne ne la connaît, pas même les Anglo-Canadiens.Bref, le mieux des trois Lévesque n\u2019est évidemment ni l\u2019autre\u201d, ni le \u201cpère\u201d.e e oo Selon M.Gérard Pelletier, l\u2019école neutre est affaire de justice et d\u2019équité, Il propose de recenser les enfants qu\u2019il y aurait lieu de soustraire à l\u2019école confessionnel +.J\u2019admire ce souci de justice et d\u2019équité chez le directeur de LA PRESSE, mais je m\u2019interroge sur les vertus d\u2019un recensement.Nous avons dénombré les victimes de l\u2019iniquité des neuf autres provinces, et qu\u2019en est-il résulté ?Le problème est classé, et personne n\u2019en parle plus, pas même M.Pelletier, ami déclaré de la démocratie, de la justice et de la liberté.Si un recensement démontre qu\u2019il y a au Québec cent fois moins de neutres que de Franco-Canadiens dans les provinces anglophones, que fera M.Pelletier ?Se taira-t-il cent fois plus devant l'iniquité scolaire québéoise que devart l\u2019iniquité scolaire anglo-canadienne, dont il ne souffle jamais mot, du reste ?Vive l\u2019égalité scolaire pour tout le monde, pour les neutres du Québec et pour les Franco-Canadiens des autres provinces ! Mort au journalisme borgne ! e eo \u201cLe droit à l\u2019indépendance empoisonne la politique.\u201d , Qui a tenu ces propos dictatoriaux et colonialistes ?Et à quelle époque reculée ?Détrompez-vous: ces propos appartiennent à l\u2019actualité canadienne.Nous les devons à un professeur en sciences politiques de l\u2019Université d\u2019Ottawa, M.Jean-Luc Pépin, dont la tête est de plus en plus connue des fidèles du \u201cpetit écran\u201d.M.Pépin est appelé à une grande carrière de penseur politique, personne n\u2019en doutera plus maintenant.Je le croyais arriviste.Erreur, c\u2019est un \u201carrivé\u201d.e e ee Le dirigisme monétaire est-il de gauche ou de droite ?Hitler et Staline l\u2019ont pratiqué simultanément.Aujourd\u2019hui M.Caouette le préconise, Il est de gauche ou de droite, selon vos dispositions pour M.Ca- Ouette et votre attitude envers le communisme et le fascisme.SIMON « LEPAGE AUTO LTEE LE SUPER - MARCHE DE L'AUTOMOBILE 5300 EST, RUE SHERBROOKE MONTREAL CLairval 4-7111 L'INDEPENDANCE = LA = hl hinting aio ORGANE OFFICIEL DU RASSEMBLEMENT POUR LINDEPENDANCE NATIONALE 2157, RUE MACKAY, MONTREAL TREN Imprimé par I'lmprimerie Mercier Ltée 1783, Avenue de l'Eglise MONTREAL Marcel CHAPUT Directeur PAGE 4 \u2014 L'INDEPENDANCE \u2014 SEPTEMBRE 1962 Le comité politique du R.I.N.a été créé par le x conseil central pour répondre à l\u2019intérêt que manifeste un nombre croissant de nos membres à l\u2019égard de la réalité politique québécoise, c\u2019est-à-dire de tous les problèmes de notre société.Il était très clair, depuis quelque temps déjà, que pour beaucoup, proposer l\u2019indépendance tout court devenait insuffisant.\u2018Comment atteindrons- nous l'indépendance et, après l\u2019indépendance, que sera le Québec libre ?\u201d se demande-t-on de plus en plus.Le comité politique s\u2019est donc réuni.Il a étudié la nature du R.I.N.et de son action dans le passé.Il s\u2019est demandé si cette action était efficace et si elle pouvait nous garantir le succès.Il s\u2019est interrogé sur l\u2019avenir du R.I.N.Aujourd\u2019hui, nous vous livrons les conclusions de notre étude.Proposer l\u2019indépendance de son pays, c\u2019est engager ses compatriotes dans une aventure qui, éventuellement, va bouleverser profondément leur vie personnelle.A-t-on suffisamment songé à tout ce .qu\u2019entraîne une option comme la nôtre ?Jusqu'ici, le citoyen du Québec a pu se désintéresser de la politique parce qu\u2019il était un étranger dans son propre pays.Les partis politiques qui briguaient ses suffrages étaient soudoyés par les capitaux anglo-américains et pris dans l\u2019étau de la Confédération.Ils n\u2019ont jamais servi les intérêts de la nation qu\u2019après avoir servi d\u2019abord les intérêts de \u201cleurs bailleurs de fonds et ceux de leurs maîtres à Ottawa.De plus, et ce qui est beaucoup plus grave, la Confédération a privé le Québec de tout pouvoir politique véritable, de tout pouvoir politique national.Pendant que nos élus, ici à Québec, construisent des routes et des ponts, la véritable politique, c\u2019est à Ottawa qu\u2019elle se fait.Et là-bas, est-il besoin de le rappeler, le Québécois francophone était et demeure doublement un: étranger.Cette situation a eu pour résultat de maintenir le peuple dans un insouciance, pour ne pas dire une léthargie totale à l\u2019égard de tous les véritables problèmes politiques nationaux.Le citoyen québécois, à part le ridicule privilège qu\u2019il a de voter pour des représentants dont on ne tient aucun compte à Ottawa, \u2014 et c\u2019est pour condamner cette parodie de la démocratie que nous devons nous faire un devoir de nous abstenir de voter le 18 juin, à part ce dérisoire droit de vote, le citoyen québécois, depuis un siècle et plus, a été tenu à l\u2019écart de la vie politique de son pays.Nous nous retrouvons, sous ce rapport, dans une situation psychologique pire que celle des peuplades les plus primitives soumises au jeug d\u2019un pays colonisateur.a Ajoutons, à cette situation déjà critique, une éducation qui, depuis un siècle, enseigne à nos élites comme à tout le peuple que la première des vertus est la soumission à l\u2019autorité, le respect du statu quo, a la méfiance à l\u2019égard de la politique et le refus de tout changement.Et aujourd\u2019hui, c\u2019est à ce peuple contre lequel se sont conjuguées toutes les forces de l\u2019asservissement, ce peuple qui, désabusé, est de plus en plus enclin à placer au premier rang de ses préoccupations la poursuite de la sécurité et du confort matériel, qu\u2019il veut sublimer en les appelant les \u2018facteurs économiques\u201d, c\u2019est à ce peuple que nous proposons l\u2019indépendance.Or, l\u2019indépendance est une aventure.Une aventure qui peut déboucher sur la liberté de l\u2019homme, sur sa grandeur et sur sa dignité, mais une aventure pleine de risques et qui peut apporter aussi, avec l\u2019indépendance politique, une sujétion économique encore plus grande, une tyrannie nouvelle sur les esprits.Au comité politique, nous avons songé à ces choses et nous sommes persuadés que cette aventure de l\u2019indépendance, le peuple n\u2019en assumera les risques que si nous orientons l\u2019action du R.I.N.vers une transformation profonde des esprits et de la société dans laquelle nous vivons.Sans doute, l\u2019indépendance, nous pourrions la faire très bientôt.En renonçant à la ligne de conduite que le R.I.N.à suivie jusqu\u2019iei, en misant sur le fanatisme que l\u2019on peut soulever chez les foules, par la description des injustices dont nous sommes victimes, en ayant recours à tous les trucs de la démagogie, nous pourrions faire descendre dans la rue des phalanges d\u2019hystériques qui feraient l\u2019indépendance contre les Anglais.Mais nous nous retrouverions, au lendemain de l\u2019indépendance, dans un état pire que celui dans: lequel nous sommes, avec un peuple mal préparé à assumer les lourdes responsabilités des citoyens d\u2019un Etat libre, avec une élite en grande partie hostile, avec une politique nationale incohérente, à la merci de tous les aventuriers, tous les exploiteurs, tous les colonisateurs qui ne rnanqueraient pas de nous asservir de nouveau.Nous voulons faire l\u2019indépendance non pas contre le Canada, mais pour le peuple québécois.Nous voulons la faire non pas par simple vanité, parce qu\u2019il convient d\u2019être indépendant.Nous voulons l\u2019indépendance parce qu\u2019elle est la solution de la fierté de la dignité, de l\u2019honneur.Mais que deviendraient notre fierté, notre honneur, s\u2019il nous fallait remettre les destinées du Québec libre entre les mains d\u2019incompétents et d\u2019irresponsables qui iraient montrer \u2014 et à la face du monde, cette fois \u2014 qu\u2019ils n\u2019ont jamais eu à coeur les intérêts et le bien-être de notre peuple, et qui iraient compromettre après l\u2019indépendance ce pourquoi nous luttons aujourd\u2019hui ?Nous devrons mettre le temps et les efforts qu\u2019il faudra à réaliser l'indépendance pour en faire un succès.Les méthodes démagogiques ont été répudiées par le R.I.N.depuis sa fondation.Nous devons continuer dans le même esprit, mais à comipter d\u2019au- jourd\u2019hui, aucun aspect de la réalité politique québécoise ne peut nous être indifférent.Ce que le comité politique vous propose, en somme, c\u2019est de travailler dès maintenant à une véritable révolution nationale qui ne pourra se compléter que par l\u2019indépendance et dans l\u2019indépendance.L'expression n\u2019est pas trop forte si l\u2019on se rappelle qu\u2019il ne s\u2019agit pas pour nous de chambarder toutes les institutions existantes, mais bien de leur faire donner ce qu\u2019elles auraient dû donner si, pour des raisons historiques, elles n\u2019avaient pas été détournées de leur rôle véritable.Qui prétendra que la société dans laquelle nous vivons respecte les principes dont elle se réclame ?Nous devons travailler à revaloriser chez nous la démocratie, la politique, la religion, l'éducation, toutes les valeurs sur lesquelles repose une société vraiment humaniste.Il nous faudra nous ouvrir aux dimensions de l\u2019homme.Voilà l\u2019ampleur de la révolution que nous avons à accomplir, et à laquelle nous vous convions, Nous aurons a étudier des sujets délicats, & nous prononcer sur des sujets tabous.- Lorsque le Québec sera libre, nous devrons décider nous-mêmes si, dans notre société, la peine de mort devra être abolie ou maintenue.Nous ne pourrons plus laisser à Ottawa le soin de décider si nous acceptons ou non des armes nucléaires des Améri- cains.*» Lorsque le Québec sera libre, nous ne pourrons plus envoyer à Ottawa, chaque année, quelques cinq cents pétitionnaires canadiens-francais et catholiques demander humblement à des sénateurs protestants et anglais, de dissoudre leur mariage.Qu\u2019en ferons-nous ?Pouvons-nous tolérer que des parents de langue française, mais non catholiques, soient obligés d\u2019envoyer leurs enfants à l\u2019école anglaise protestante qui respecte leur croyance ou leur incroyance, parce que nous, nous n\u2019avons pas cette maturité ?Pou- vons-nous tolérer ce crime contre la nation, tout en réclamant la liberté de la nation ?Voilà des problèmes épineux que nous devons étudier et sur lesquels nous serons appelés à nous prononcer.Si nous n\u2019avons pas la force de caractère nécessaire pour les aborder avec sérénité, avec confiance, on ne fera croire à personne que nous avons la maturité nécessaire pour être indépendants.Voilà quelques-uns seulement des aspects de la réalité politique globale dont nous devons prendre conscience et que nous devons étudier au sein du R.I.N.pour faire nous-mêmes l\u2019apprentissage du rô- le que nous serons appelés à jouer en tant que citoyens d\u2019un Etat démocratique libre et en tant qu\u2019artisans de l\u2019indépendance du Québec.Vous serez donc appelés, à la fin de ce rapport, à vous prononcer sur un certain nombre de résolutions qui ont pour objet de pousser plus loin l\u2019action du R.I.N.et d\u2019entreprendre cette transformation nouvelle des esprits et de la société qui doit déboucher sur l\u2019indépendance, Voici la première de ces résolutions : 1°) \u2014 Le R.I.N., poursuivaint son action de libération, s'engage à opérer une réforme profonde de notre société dans les domaines politique, économique, social et culturel.Pour exercer une action de cette envergure, il va sans dire que le R.I.N.doit demeurer un mouvement d\u2019éducation nationale ou, faudrait-il dire, doit devenir un mouvement d\u2019éducation nationale.D\u2019éducation de ses membres d\u2019abord, d\u2019éducation de tout le peuple ensuite et celà, dans tous les domaines.C'est dire que nous avons un travail acharné d\u2019étude à accomplir.Ce travail est indispensable si nous voulons être nous-mêmes les artisans de l\u2019indépendance du Québec.Voici donc la deuxième résolution que nous vous proposons : 2°) \u2014 Le R.I.N.doit poursuivre, en l\u2019accentuant sa tâche d'éducation nationale, auprès de ses membres d\u2019abord et auprès du public.Et voici la troisième résolution : 3°) \u2014 Le R.I.N.doit étudier tous les problèmes de la société québécoise, repenser les structures de la démocratie et i' doit élaborer un programme politique national pour résoudre ces problèmes, afin d\u2019être prêt à une action politique directe, lorsque cette action deviendra nécessaire.I] s\u2019agit donc pour nous, après avoir étudié les problèmes de notre société, de leur trouver des solutions en nous inspirant de certains principes que nous devrons préciser, et d\u2019en faire un programme que nous proposerons au peuple pour réaliser l\u2019indépendance et pour régir le Québec libre, lorsque l\u2019indépendance sera faite.Il ne saurait être question pour nous de nous déclarer parti politique avant d\u2019avoir élaboré une pensée et un programme politique.Mais il nous semble inadmissible que le R.I.N., après avoir lancé le peuple sur la voie de l\u2019indépendance; se lave les mains de cette aventure et laisse à d\u2019autres le soin de la pousser jusqu\u2019au bout.Nous devons nous-mêmes prendre l\u2019initiative de ce grand mouvement populaire qui doit aboutir à l\u2019indépendance et rallier toutes les bonnes volontés à notre cause.C\u2019est de cette façon seulement que le R.I.N.aura mérité son nom de Rassemblement pour l'Indépendance Nationale.Nous vous proposons donc, comme quatrième résolution, ce qui suit : \u2018 4°) \u2014 Le R.I.N.entend réaliser l'indépendance, d\u2019après une pensée définie; par conséquent, |! refuse toute fusion avec d\u2019autres mouvements et ne peut s\u2019en remettre à aucun parti existant pour réaliser ses objectifs.Une telle résolution n'exclut pas, bien entendu, une action concertée avec un autre mouvement sur un point particulier, ni même que le R.I.N.appuie une mesure qu\u2019un parti existant préconiserait s\u2019il s'agissait d\u2019une nécessité immédiate dans un domaine particulier.Mais l\u2019indépendance doit devenir \u201cnotre\u201d affaire, de telle sorte que ce soit nous qui la fassions éventuellement.Voilà donc les quatre résolutions de base qui L\u2019'INDEPENDANCE \u2014 SEPTEMBRE 1962 \u2014 PAGE 5 doivent orienter l\u2019action du R.I.N.dans une voie nouvelle.Si vous les adoptez, cela signifiera que vous ne vous contenterez plus de convaincre les Québécois qu\u2019ils devraient être indépendants, mais que vous vous engagez à travailler dès aujourd\u2019hui à faire l\u2019indépendance, que vous assumez dès au- jourd\u2019hui vos obligations à titre de futurs citoyens du Québec Libre.La Confédération a dépouillé le Gouvernement du Québec de tout pouvoir politique véritable.Le pouvoir politique, à Québec comme à Ottawa, a été systématiquement exercé au détriment du bien-être général de la nation québécoise qu\u2019il était tenu de favoriser, et contre les valeurs culturelles qui identifient la nation.Dans les domaines de l\u2019éducation, de la langue, de l\u2019enseignement universitaire, l\u2019Etat a négligé ses devoirs envers elle.Dans notre démocratie à l\u2019anglo-américaine, le pouvoir politique est systématiquement asservi aux intérêts économiques qui, chez nous, sont en réalité des intérêts particu- .liers anglo-américains.Nous croyons en la primauté du pouvoir politique sur la puissance de l\u2019argent et ce pouvoir doit être mis au service de la nation.Nous devons donc exiger, dès maintenant, le rapatriement de tout Je pouvoir politique à Québec.Vous avez compris, de tout ce qui précède, que cette étude et cette action d\u2019éducation sur les masses sont destinées, éventuellement, à déboucher sur l\u2019action politique; si nous acceptons de réaliser nous- mêmes l'indépendance, c\u2019est dès maintenant qu\u2019il nous faut songer à une action politique possible.Nous vous proposons donc comme dernière résolution : 5°) \u2014 Afin de rapatrier tout le pouvoir politique au Québec et afin d\u2019gtre en mesure d\u2019appliquer ses solutions aux problèmes de la nation, le R.I.N.doit, dès maintenant, préparer les cadres d\u2019un éven- tue! parti politique.Que le R.I.N.lui-même devienne éventuellement ce parti politique, ou que le parti soit une émanation du R.IN., c\u2019est vous qui en déciderez.Mais de cette façon, nous\u2019serons assurés que les politiciens qui réaliseront l\u2019indépendance auront été formés à notre école, car seul le R.I.N.pense la politique québécoise en fonction de l\u2019indépendance, seul il offre des garanties de réaliser au Québec cette société française, libre, démocratique et humaniste dans laquelle nous voulons vivre demain. PAGE 6 \u2014 L'INDEPENDANCE \u2014 SEPTEMBRE 1962 SI VOUS LISEZ LES JOURNAUX.AVEZ-VOUS LU CE QUI SUIT?BONNES NOUVELLES ?\u201cA L'EST ET A L'OUEST, BONNES NOUVELLES ! Depuis quelques mois, nous sont parvenues, de diverses parties du pays, des nouvelles qui dénotent un réel progrès de la cause de l\u2019éducation française en dehors de la province de Québec\u201d.(LE DEVOIR, Claude RYAN, 12 septembre 1962, page 4).*¥% \u201cLE PATRON NE VEUT PAS DE FRANCAIS.\u201d à la rentée des classes.Les commissions scolaires anglo-protestantes avouent ne pas avoir de tels problèmes.Quand les négociateurs du syndicat se sont présentés hier chez le patron, ils se sont trouvés vis-à-vis cinq interlocuteurs ne parlant que l\u2019anglais Les représentants syndicaux ont demandé à né parlaient pas couramment l\u2019anglais, mais la direction de la compagnie a refusé.Ils ont gocier en français puisque tous ne alors offert d\u2019accomoder la compagnie et de poursuivre les négociations en anglais, à condition que le texte officiel de l\u2019entente qui interviendrait soit rédigée en français ou, tout au moins, dans les deux langues.La compagnie a de nouveau opposé son refus, provoquant la rupture des pourparlers.Le syndicat groupe les 65 employés de la Ralston-Purina, filiale d\u2019une compagnie américaine\u201d.(LE DEVOIR, 12 septembre 1962, page 1).#x% \u201cSSJB : INSULTE AUX CANADIENS FRANCAIS, AUX POSTES DE QUEBEC.\u201d QUEBEC \u2014 La Société Saint-Jean-Baptiste de Québec a qualifié \u201cd\u2019impair impardonnable\u201d et d\u2019insulte non seulement aux postiers, mais à toute la population de Québec la décision du ministére des postes de déléguer deux fonctionnaires unilingues anglais pour procéder à la reclassification de ses employés de 1a ville et du district.Les dirigeants de la société patriotique voient dans le geste d\u2019Ottawa une ignorance \u201cdélibérée\u201d du Québec, ils allèguent que la très grande majori i des employés des postes de la région, sont des Canadiens de langue VOIR, 12 septembre 1962, page 3).* 3% % \u201cLA BATAILLE DU FRANCAIS AU CANADA\u201d.SHERBROOK 12 sentembre 1962, page 14).P.S.\u2014 \u201cDes parents font la grève contre la f ronto\u201d.(LE DEVOIR, 13 septembre 1962, page 3).x E \u2014 Le gouverneur général, M.Georges Vanier, a déclaré hier, que \u201cla bataille pour conserver le français parlé au Canada a été gagnée\u201d.(LE DEVOIR, * 3% % POLITIQUE DE GRANDEUR La Commission des écoles catholiques de Montréal a annoncé qu\u2019elle a abondonné té, sinon 1a totalité française\u201d.(LE DE- ermeture d\u2019une classe bilingue à To- 3 3 de HUMOUR NOIR \u201cPour réaliser l\u2019unité nationale, le Canada anglais devra faire un grand effort\u201d (Jean LESAGE) + DECOLONISATION * Kk PROPHETIE Depuis 1945, quinze pays ont perdu leur empire.Reste encore le Canada anglais et son empire du Québec.\u201cD\u2019ici dix ans, d\u2019incroyables bouleversements auront notre pays pour théâtre, notamment on verra le Québec poser des gestes étonnants et prendre des initiatives hasardeuses (Roger CHAMPOUX, La Presse, 6 septembre, p.4) % LE MORT SERA AUSSI DES ETATS GENERAUX Les journaux nous ont appris que la Fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste du Québec se propose de convoquer les Etats Généraux du Canada français en octobre 1963.Le R.I.N.veut assurer la Fédération de son entier appui et l\u2019informer de sa présence à ces importantes assises.Les organisateurs doivent donc s\u2019attendre à ce qu\u2019il soit question de l'indépendance du Québec lors de ces rencontres.LE QUEBEC A SA JUSTE PART Extrait d'un excellent article d\u2019Hervé LEPINE, paru dans La Patrie du 19 juillet sous le titre Les huiles ont centralisé toute leur comptabilité du Canada à Toronto.\u201cLa plupart des compagnies dont le siège social est à Toronto, ont centralisé les services de leurs bureaux de comptabilité, mais non au bénéfice des employés de Montréal.C\u2019est la ville de Toronto qui voit ainsi de nouveaux emplois mis à la disposition de ses citoyens\u201d.Et ailleurs: \u201cC\u2019est malheureux de devoir le dire, mais c\u2019est vrai.Si le Québec n\u2019était pas une province à succursales, nos concitoyens qui travaillent pour la majorité de ces grosses compagnies américaines, ne seraient pas ainsi exposés à l'insécurité et à la fatalité.Et ceci durera tant que le Québec sera l\u2019esclave de l\u2019économie américaine\u201d.son projet d\u2019établir des écoles trilingues pour les Néo-Canadiens cette année.Le projet avait pour but de faire connaître la culture française aux jeunes Néo- Canadiens.* kk LA BELLE .DE L'AUTRE PROVINCE \u201cLa belle province de Québec\u201d a ouvert dernièrement al Reine Elisabeth, un comptoir d\u2019accueil aux touristes.M.Lionel responsable du Tourisme au Parlement de Québec, a fait appel à une Miss FITZGERALD, \u201cune excellente bilingue originaire de Toronto\u201d pour recevoir nos touristes.Bertrand, secrétaire de * kk A PROPOS D'OBLIGATIONS Pendant son séjour à Victoria pour la conférence des premiers ministres provinciaux, M.Jean LESAGE a dit que le Québec pourrait bien émettre prochainement comme le font déjà certaines provinces à l'instar du des obligations d\u2019épargne, Gouverhement fédéral.Voici ce qu\u2019écrivait M.Paul SAURIOL, dans Le.Devoir du 10 août, à propos des \u201cCes emprunts annuels d'Ottawa sont une excel- obligations d\u2019épargne fédérales: \u201cLes difficultés économiques qui * se L'AVENIR DU CANADA FRANCAIS montent à l'horizon canadien peuvent amener une crise politique où la tentation de l\u2019annexion aux Etats-Unis deviendrait encore plus forte qu\u2019elle le fut au siècle dernier\u201d (Paul SAURIOL, Le Devoir, 21 août).la province et ##X ECOLE DE DENATIONALISATION Lu dans Le Petit Journal de M.Jean-Charles HARVEY (Pourquoi je suis anti- séparatiste) en date du 26 août, p.A-18 au sujet des 1500 cadets de la province de Québec qui ont séjourné au camp militaire de Farnham, au Québec.\u201cCampant sous la tente, dans une atmosphère saine, les cadets ont reçu un entraf- lente formule pour stimuler la vertu d\u2019économie, mais pour nous, elles présentent le grave inconvénient de confier ces sommes importantes à la majorité anglophone du pays\u201d.Fk ak MOT POUR RIRE \u201cUn relevé effectué auprés des touristes par indique sans équivoque que c\u2019est l\u2019aspect français que les touristes ont le mieux aimé e leur séjour dans la province\u201d.(La Presse, 17 août p.33).#*## LE QUEBEC A SA JUSTE PART '20.000 écoliers canadiens-francais et catholiques sont privés de locaux convenables l\u2019Office provincial nement qui leur a enseigné l\u2019obéissance à l\u2019autorité constituée, la propreté morale, l\u2019élégance dans les manières et le vêtement, le respect des symboles de la démocratie et la fierté en nos institutions nationales\u201d.(Les soulignés sont de nous).Le journal de M.HARVEY n\u2019a pas précisé ce qu\u2019il entendait par autorité constituée, symboles de la démocratie et institutions nationales.* 3% * GRANDEUR ET DECADENCE Le conseil de ville de Baie-Comeau vient de décider que les contrats qui lui seront soumis à l\u2019avenir devront être rédigés en français.Le Conseil Législatif de la province de Québec a refusé à la Ville de Sain-Jean le droit de ne porter que son nom français.* 5% % DECOLONISATION du Tourisme Depuis le premier juillet, cinq pays ont accédé à l\u2019indépendance: l'Algérie, le Rwanda, le Burundi, la Jamaïque et Trinidad-Tobago.Mercredi 15 août 1962, la reine d\u2019Angleterre s\u2019est choisi un nouveau drapeau pour ses visites au Canada.* 3% E SEPARATISME EST MORT (FIN) Lt en encensant, comme le it nos \u201cralliés\u201d, un Canada L bilingue et biculturel?n, les Québécois ne pren- t plus ces vessies pour des pes Nous vivons au Qué- \\ |le crépuscule de toute cette mythologie, et c\u2019est un autre signe à nos yeux que le Québec est mûr pour l'indépendance.Nous luttons pour la nation québécoise tout entière, comme pour chaque citoyen québécois, car nous sommes persuadés que notre nation a un droit inaliénable à vivre sa destinée politique jusqu'au bout \u2014 comme l'individu sa destinée personnelle \u2014 et qu\u2019il n\u2019appartient pas à quelque journaliste de venir statuer que chez nous au Québec toute aspiration à l'indépendance est morte et qu\u2019on peut y applaudir des deux mains.LA STATU QUOSE AIGUE Que peut-on ajouter au sujet de la \u201cséparatite aigue\u201d dont parlait M.Pelletier dans La Presse du 25 août, et avec beaucoup moins de respect pour les faits qu\u2019il choisit avec art afin de rendre la réalité plus conforme à sa thèse.Faudrait-il reproduire ici tous les arguments qui justifiaient le R.I.N.de défendre l'indépendance tout court pendant un an et demi, afin de porter le problème à l'attention du public sans susciter dans son esprit la confusion que n\u2019aurait manqué de produire une prise de position sur un programme politique complet ?Qui trouvera la formule qui fera comprendre a ces gens que l\u2019indépendance du Québec est une idée a laquelle on peut adhérer en soi comme objectif politique valable, méme si, ifévi- tablement, celui qui pousse sa réflexion plus loin ne pourra sempécher de souhaiter également une forme particulière d\u2019indépendance ?C\u2019est l\u2019histoire même du R.I.N.depuis sa fondation.Mais M.Pelletier ne lit pas les journaux, même pas La Presse, semble-t-il.Il nous laisse cependant cette savoureuse définition de la \u201cséparatite aiguë\u201d.\u201cmaladie grave du sens politique.Symptôme principal: s'attacher uniquement à la forme des choses, aux mots, aux drapeaux, aux symboles, cependant qu'on abandonne aux autres.l\u2019action sur des réalités concrètes\u201d.Nous n\u2019aurions pas pu diagnostiquer avec plus de talent la \u201cstatu quose\u201d aiguë: maladie grave du sens politique.Symptôme principal: s'attacher uniquement à la forme des choses (par ex.réclamer la modification de la constitution \u201ccanadian\u201d), aux mots (préconiser la Démocratie tout en appuyant un régime antidémocratique; prôner un Etat plurinational, bilingue et biculturel où, de fait, le Canadien français seul est \u201cplurinational\u201d, bilingue et biculturel), aux drapeaux (là alors, quelle gaffe!), aux symboles (chèques bilingues), cependant qu\u2019on abandonne aux autres (aux partisans de l\u2019indépendance) l'action sur les réalités concrètes (tous les.leviers du véritable pouvoir politique qu\u2019Ottawa détient et utilise à notre détriment).Il y a dans ces deux éditoriaux une illustration de la tragédie de certains Canadiens français qui se sont crus obligés de se rallier à un régime qui les méprise par ses lois comme par ses coutumes.En choisissant de le faire, ces individus sont passés dans le camp du statu quo, de la réaction, de la nouvelle droite, dans le camp du mépris d\u2019où ils fustigent le \u201cpeuple attardé\u201d qui croit encore obscurément en l\u2019honneur, en la dignité, en l'indépendance.LA REDACTION ABONNEZ-VOUS A \u201cL\u2019Indépendance\u201d INVITATION AUX ANNONCEURS L\u2019 INDEPENDANCE adresse une invitation aux hommes d\u2019affaires et aux professionnels qui voudraient annoncer dans ce journal.Bien que présentement mensuel, L\u2019 INDEPENDANCE méme un excellent moyen de publicité.Les intéressés sont priés de communiquer avec L\u2019INDEPEN- DANCE, secrétariat du R.I.N, 2157, rue Mackay, Montréal ou d\u2019envoyer simplement leur carte d\u2019affaires.Ils recevront par la poste la liste des tarifs.est quand L'INDEPENDANCE \u2014 SEPTEMBRE 1962 \u2014 PAGE 7 DEMOCRATIE A LA \"CANADIAN\" Aprés avoir laissé en terre européenne des milliers de leurs compatriotes tombés aux champs de bataille des deux guerres mondiales, les Canadiens français ont enfin réussi à faire ériger un monument avec dédicace française en Europe.On sait qu\u2019avant la cérémonie commémorative, le 19 août dernier, de la batailie de Dieppe, aucun monument militaire canadien ne portait une inscription française.Tel n\u2019est plus le cas maintenant, car on pourra désormais lire sur le tombeau de Dieppe \u201cA la mémoire de ceux qui, partis du Canada.ont versé leur sang sur la terre de France, en combattant sous la bannière d\u2019un régiment canadien-français\u201d.Vous croyez qu\u2019Ottawa a voulu enfin corriger cette anomalie et donner aux morts canadiens-français ce qu\u2019il aurait dû leur donner au lendemain de la guerre de 1914 1918.Et bien non.En plus d\u2019avoir payé pour les monuments à unique inscription anglaise, les Canadiens français ont dû payer de leur propre poche le Monument à inscription française de Dieppe.C\u2019est La Presse du 18 août dernier, qui nous l\u2019apprend en page 21: \u201cC\u2019est à titre privé, comme Association des Fusiliers Mont-Royal, que le régiment érige ce monument.Cela a été rendu possible grâce à une souscription chez les membres actuels et anciens du régiment, chez leurs amis ainsi qu\u2019à la collaboration financière du gouvernement provincial\u201d.Et les anciens combattants canadiens des trois armes réunies en congrès à Winnipeg le mois dernier ont adopté une résolution selon laquelle ils considèrent le \u201cRed Ensign\u201d comme drapeau officiel du Canada et demandent au gouvernement d'Ottawa de le déclarer tel.Sur 1500 soldats canadiens morts à Dieppe.600 étaient canadiens-français.4% D\u2019après la compilation du vote populaire des élections du 18 juin, les Libéraux ont reçu 4315 voix de plus que les Conservateurs et les Conservateurs ont quand même fait élire 16 députés de plus que les Libéraux.* ¥ 3% Rappelons que M.Marcel CHAPUT a, a plusieurs reprises, accusé le gouvernement LESAGE d'étre dirigé par le ministre George MARLER, représentant de la haute finance.M.CHAPUT n\u2019est pas le seul à voir en George MARLER l\u2019éminence grise du gouvernement de Québec.puisque M.Roméo MATHIEU, président du Conseil provisoire du N.P.D.a, le 28 août dernier, parlé des \u201cinfluences occultes des MARLER et des financiers de la rue Saint-Jacques\u201d auprès du gouvernement LESAGE, el que dans La Patrie du 23 août, M.Pierre CHALOULT écrivait: \u201cM.le président (J.A.FULLER de la Shawinigan) sait que le premier ministre LESAGE est ministre des finances en titre de la province, mais en titre seulement, puisque c\u2019est M.MARLER qui tient les cordons de la bourse.C\u2019est M.MARLER qui fait le lien entre l\u2019Etat québecois actuel et la rue Saint-Jacques\u201d.A Ottawa, la haute finance anglo-américaine a son McCUTCHEON: à Québec elle a son George MARLER.\u2018 4% Lu dans les jounaux à propos des doléances de la Fédération des Auteurs et des Artistes auprès du Bureau des Gouverneurs de la Radiodiffusion: \u201cM.Pierre BOUCHER, secrétaire de la FAAC a ajouté qu\u2019il n\u2019est pas étonnant de -voir cette discrimination ethnique quand le bureau directeur des relations industrielles et des relations avec les artistes se compose de M.Clive McKEE, directeur général, qui ne connaît pas un traitre mot de francais.de M.C.T.KELLY.directeur des relations industrielles, qui ne connait pas plus le francais que le premier, et de M.Oliver HENRY, directeur des relations avec les artistes, qui le comprend lentement, l\u2019écrit avec réflexion et le parle très doucement\u201d., \u201cComme l\u2019a si bien dit M.René LEVESQUE, de conclure M.BOUCHER, en haut à Radio-Canada, il n\u2019y a plus que la C.B.C.\u201d.A Entrevue de Joseph Costisella avec Peter Newman, correspondant à Ottawa du Maclean\u2019s Magazine, né en Autriche, en 1929, venu au Canada avec sa famille en 1940.\u201cQu'\u2019est-ce qui vous a attiré au Canada ?: M.Newman \u2014 Le désir de trouver une nouvelle patrie dans un pays libre.Ma famille et moi, nous avons trouvé cette liberté au Canada.Est-ce que cette liberté existe autant pour les Canadiens français que pour les Canadiens anglais ?M.Newman \u2014 J'ai toujours vécu en Ontario.Non, dans l\u2019Ontario, les Canadiens français n\u2019ont pas la même liberté, ou plutôt ils n\u2019ont pas les même chances dans la vie.Et c\u2019est dommage.Parce que, s\u2019ils veulent élever leur niveau social, leurs enfants doivent changer de culture\u201d.(Le Droit, Ottawa, Ont.28 juillet 1962).RH H LE QUEBEC A SA JUSTE PART Un récent bulletin du Bureau Fédéral de la Statistique nous apprend que le nombre des chômeurs au Canada a augmenté de 7,000 entre la mi-juin et la mi-juillet.De cette augmentation, 4,000, soit 57 p.100 sont du Québec.Comme la population du Québec représente 29 p.100 de la population du Canada, le Québec compte donc, proportion gardée, 2 chômeurs pour chaque chomeur des neuf autres provinces.XX QUEBEC, PAYS OCCUPE C'est d\u2019ailleurs le sous-titre qu\u2019a donné à son article M.Roland GIRARD, collaborateur au journal franco-américain Le Travailleur, de Worcester, Mass.en date du 30 août, au sujet de la Conférence nationale sur l\u2019expansion industrielle convoquée par M.Georges HEES, ministre du Commerce du Canada, article dont voici un extrait: \u201cC\u2019est dire que sept personnalités anglo-canadiennes guideront l'étude des problé- mes inhérents à l\u2019expansion indus'rielle du pays.Les Canadiens français seront représentés par quelques placiers, j\u2019en suis sûr.N\u2019est-ce pas exactement la tactique adoptée par un conquérant, lorsqu'il se décide d\u2019industrialiser un pays occupé ?\u201d.Et M.Laurent LAUZIER, critique financier de La Presse écrivait, le 6 septembre en page 46, sur le même sujet: \u201cEn matière de politique commerciale, la collaboration entre les deux principaux groupes ethniques du pays est loin d\u2019être en progrès et sunrtout de tendre à l\u2019unité d\u2019action.Au contraire, en ce domaine, on doit se demander si Québec fait toujours partie de la Confédération\u201d.* kk SAVIEZ - VOUS QUE.\u201cA notre arrivée nous avions arboré le drapeau fleurdelisé, drapeau de notre société et en méme temps celui de la Province de Québec.A la fin de la journée nous venions de descendre notre drapeau quand un agent de la gendarmerie est arrivé en vitesse nous avertir qu\u2019il était défendu d\u2019arborer notre drapeau dans un parc fédéral, même si ce parc est situé dans la province de Québec\u201d (Extrait d\u2019une lettre ouverte de la société St-Jean-Baptiste de St-Médard-de-Deschênes, au Québec.adressée au journal La Tribune De Hull, 5 septembre, p.3).XKX QUEBEC, COLONIE D'OTTAWA Extrait du discours du R.P.Richard ARES, s.j.aux Semaines Sociales du Canada, tiré du Devoir du 24 août, p.3: \u2018Mais tout notre environnement et presque notre milieu, dominé qu\u2019il est économiquement et politiquement.\u201d Dominé économiquement, nous le savions tous depuis longtemps, mais politiquement dominé, le R.I.N.aime l'entendre dire d\u2019une source aussi autorisée.H He MONTREAL, 20 ET 21 OCTOBRE ASSEMBLEE GENERALE ANNUELLE DU R.IN.La langue française à l'O.N.U.Vingt-quatre Etats membres, se servent uniquement de la langue française.Ces Etats sont les suivants :\u2014 France, Belgique, Luxembourg, Haïti, Maroc, Tunisie, Cambodge, Laos, Guinée, Mali, Sénégal, les quatre Etats de l'entente, les quatre de l\u2019ex-A.E.F., Cameroun, Togo, Madagascar, Mauritanie, Congo (Léopoldville).Une douzaine d\u2019autres utilisent ordinairement ou très souvent la lan- gue française.Enfin, il existe des cas plus épisodiques, par exemple ceux du Canada, du Portugal, etc.En moyenne, 35 délégations sur 103 emploient la langue française.Celle-ci, dans ces conditions, arrive bien avant le russe, qui n'est guère employé que par trois ou quatre délégations, et l'espagnol, auquel sont fidèles 18 autres.L'anglais ne la distance plus que d\u2019une dizaine de longueurs.(La Presse, 6 décembre 1961) NOM BULLETIN D\u2019ABONNEMENT A d INDEPENDANCE CI-JOIN DOLLAR POUR DOUZE NUMEROS DE L'INDÉPENDANCE ADRESSE PROFESSION OU METIER (ECRIRE LISIBLEMENT S.V.P.) DECOUPEZ OU COPIEZ CE BULLETIN ET ADRESSEZ-LE A L\u2019INDEPENDANCE 2157, RUE MACKAY, MONTREAL Le R.I.N.à la TV Samedi, le 29 septembre à 6 heures 45, le R.I.N, commencera sa série d\u2019émissions hebdomadaires à la télévision.Le R.I.N.n\u2019ayant pas, comme les partis politiques, les moyens financiers de louer tout le réseau, se présentera d\u2019abord à un seul poste, CF CM - T V de la ville de Québec.M.Marcel CHA- PUT, président général du R.I.N,, sera l'invité aux trois premières de cette série de 26 émissions.TIRAGES Le numéro de CITE LIBRE contre le séparatisme a tiré à 9,500 exemplaires, le plus fort tirage de toute l\u2019existence de la revue.\u201cPOURQUOI JE SUIS SEPA- RATISTE\u201d, a tiré à 35,000 le plus fort tirage de l\u2019édition française au Canada après les Insolences du Frère Untel.(ECRIRE LISIBLEMENT S.V.P.) Bulletin d'Inscription au R.I.N.JE DESIRE M'INSCRIRE AU R.I.LN.COMME Membre militant [J ($12.00 / AN) Membre actif, ou [] ($12.00 / AN) Membre sympathisant [] « 2.00 / AN) DECOUPEZ OU COPIEZ CE BULLETIN ET ADRESSEZ-LE A R.IN.2157, RUE MACKAY.MONTREAL Am Din - PAGE 8 \u2014 L\u2019INDEPENDANCE \u2014 SEPTEMBRE 1962 QUEBEC, PIERRE ANGULAIRE DES relations commerciales de l'OCCIDENT Nous reproduisons, à cause de son importance, un texte tiré et reproduit par LA PRESSE du 13 août dernier en page 17: Il est difficile de trouver un écrit qui, mieux que celui-ci, démontre l\u2019importance économique du Québec.Allons-nous nous décider à placer une partie de nos épargnes dans les exploitations minières de la province de Québec?C\u2019est la question que se posent de nombreuses personnes.C\u2019est la question que tout le monde devrait se poser.Pourquoi?Parce que l'expansion que les économistes les plus éminents s\u2019accordent à prédire pour le Québec est des plus prometteuses.-Mais une telle réalisation ne peut pas se faire toute seule: il faut des investissements à long terme.En effet, lorqu\u2019une nation ne croit pas en son propre avenir, elle ne peut que régresser.Il faut donc bâtir pour plus tard.Et ceux qui en définitive tireront les bénéfices d\u2019une telle mise en valeur, et en l\u2019oceu- rence il ne peut s\u2019agir que de la population québecoise, sont ceux-là même qui sauront l\u2019engendrer.Il ne s\u2019agit pas de se lancer à la légère dans ce qui ne doit pas être une aventure: un tel projet doit être entrepris en toute connaissance de cause, après mûre réflexion.Un tel projet doit être fondé sur une évaluation saine et une étude appronfodie des mécanismes de financement et, également, sur l'application des principes les plus modernes d\u2019organisation de l\u2019entreprise.Qu'il y ait risque, cela, personne ne le conteste.Mais encore une fois il s\u2019agit de savoir si nous avons confiance en notre avenir et en nos possibilités.Si tel est le cas, et cela constitue plus une nécessité vitale et inexorable qu\u2019un choix sur lequel l\u2019on peut se pencher éventuellement avec désinvolture et nonchalance, la formule est simple dans ses grandes lignes si elle se complique dans ses applications pratiques.Nous voulons parler du| financement populaire par le truchement d\u2019actions ou de titres de propriété.Un tel financement pré sente deux aspects: il rend cette portion réfléchie de la nation, celle qui épargne, maîtresse et bénéfi- \\ ; .\u2018tiaire des ressources qui l\u2019entourent et, par ailleurs, il offre aux entreprises qui vont de l\u2019avant la possibilité de faire preuve d\u2019une expansion dont il serait difficile de prédire l\u2019ampleur.Les impératifs de la confiance De nouvelles entreprises naissent chaque jour dans notre province.On prévoit également l\u2019établissement chez nous de grands complexes industriels lesquels seront à l\u2019origine de la création d\u2019un grand nombre d\u2019industries secondaires.11 faut également garder présentes a lesprit les conditions géographiques propres au Québec: notre province, à cause de son emplacement et de la présence de l\u2019artère vitale que constitue le Saint-Laurent, doit inévitablement devenir d\u2019une manière toujours plus prononcée à la fois un lieu de rencontre, une tête de pont et un centre industriel.C\u2019est ici que le Canada sera amené à localiser ses grandes activités économiques.Ce sera la plaque tournante de l\u2019économie atlantique, entre la région hautement industrialisée des Grands Lacs et les ensembles industriels de l\u2019Europe du nord-est.Les entreprises du Québec jouiront ators de la possibilités de ventiler alternativement ou concurremment leurs productions vers l\u2019ouest, vers les Etats-Unis ou vers le Marché Commun.Cette position centrale cette situation avantageuse dont nous dote la géographie économique québecoise justifie le rôle primordial que notre province va être amenée à jouer sur le plan fédéral chaque fois qu\u2019il sera question de nos relations commercialee internationales.Comment ne pas avoir confiance en l\u2019avenir du Québec alors que les impératifs géologique, gréographi- que, économique et historique désignent irréfutablement cette province comme la pierre angulaire et l'articulation nécessaire des relations commerciales de l\u2019Occident.Si l\u2019on.s\u2019en tient aux leçons de l'histoire, il ne nous manque aucun des éléments nécessaires a une expansion économique.II semble bien que nous en soyons méme abondamment pourvus.Que nous manque-t-il donc dans ce cas?Ce qui paraît surtout nous manquer jusqu\u2019à présent semble bien être en fait la réalisation de nos possibilités, la prise de conscience collective des avantages inhérents à notre situation, lesquels, par une mystification voulue, subie ou héritée, ne semblaient pas évidents.L\u2018ignorance de l'existence de ces avantages, leur absence apparente, avait rendu la conscience de la nation pratiquement exsangue en lui refusant l\u2019ingrédient essentiel de la réussite: la confiance.Une prise de conscience La confiance ne semblait donc pas constituer jusquà présent l\u2019une des caractéristiques principales de la scène québecoise.La confiance, pas plus que le progrès qui en est le produit, ne surgit par miracle, grâce à une mystérieuse génération spontanée: la confiance s\u2019édifie, se matérialise par un processus extrêmement lent, dont le déroulement peut s\u2019étendre sur de longues périodes.La confiance, comme les investissements productifs, \u2018est une opération à long terme.Son départ, son étincelle créatrice provient, du souffle vital que déclenche la prise de conscience, la révélation Tel l\u2019aimant Or l\u2019une de ces réalités les plus manifestes, lorsqu\u2019on se tourne spécifiquement vers le problème de l\u2019industrialisation du Canada, est la nécessité inéluctable, que ce soit en ce moment ou pour les années à.venir, de suppléer à l\u2019insuffisance de nos possibilités domestiques de financement par l'apport de capitaux étrangers.C\u2019est en fait dans cette direction que nos politiques économiques fédérale et provinciale se sont engagées depuis plusieurs années.Les sommes requises sont importantes.Les énormes montants qu\u2019elles représentent justifient la participation étrangère.Mais cette participation éventuelle ou effective ne doit pas nous conduire à nous reposer uniquement sur elle, comme ce fut le cas en général par le passé.Il nous faut également compter sur nous-mêmes.Il faut que nous nous rendions compte que notre intérêt, à courte ou à longue échéance, consiste à participer beaucoup plus activement à à marche de nos entreprises.Nous avons atteint un tournant de notre histoire: c\u2019est à nous qu\u2019il appartient d\u2019affermir notre système, de lui insuffler une nouvelle vitalité dont le dynamisme saura alors agir comme un aimant sur le capital étranger et tout particulièrement sur celui des pays francophones d\u2019Europe si près de nous non seulement par leur art de vivre mais aussi grâce aux communications modernes, dans l'espace.Cette collaboration sera d\u2019autant plus fructueuse que nous, dans le Québec, saurons faire preuve de cette confiance, indispensable lorsque l\u2019on vise à une saine et vigoureuse expansion économique; et cette confiance ne se fera que si notre population et nos institutions décident finalement de participer, sur une base collective comme sur une base individuelle, à l\u2019essor industriel, commercial et financier de notre province.Sans cette participation, sans un acte de confiance de nous-mêmes en notre avenir, on ne peut pas s\u2019attendre I'étranger, qui connaît peut-être chez lui ou dans d\u2019autres pays des possibilités intéressantes de placement, vienne s\u2019intéresser à notre développement.C\u2019et la confiance domestique qui engendrera la confiance étrangère.Le contraire ne se produira pas.Si nous ne voulons pas perdre plus de temps, il nous faut agir rapidement.La France, par exemple, va procéder au -lance- ment de son Plan IV.Il nous faut, à nous, un plan -d\u2019ensemble sem- ME ce politique, visant les objectifs à long terme.Il nous faut -égale- ment un programme d\u2019éducation | .financière, ample et vaste, .à l\u2019échelle de l\u2019avenir de la provin- ; ce.et non de la situation actuelle: un programme qui saura et devra intéresser toutes les \u2018couches de: notre société, de ce fameux \u201cmilieu\u201d canadien-français; si difficile à appréhender parce qu\u2019au aspects si multiples; un programme' qui sera durable parce que basé sur un raisonnement rigoureux, sur une froide évaluation des conditions et des besoins; un programme qui, en définitive, saura promouvoir la confiance dans notre système libre, dans nos entreprises et dans l\u2019avenir.La campagne des bourses Les bourses montréalaises, dans la mesure de leurs moyens, sont décidées à apporter leur contribution à la réalisation d\u2019un tel programme d\u2019éducation.Elles lance- que blable, librement consenti, déter- Co miné en dehors de.toute influen-| LE MONDE À LES YEUX SUR NOUS Depuis 1760 le Canada français a disparu de la mappemonde.Réduit à l\u2019état de \u201cProvince de Québec\u201d il est noyé, sur les cartes et dans les dictionnaires, dans la grande tache rouge ou bleue du \u201cDominion of Canada\u201d.Mais depuis quelque temps, l\u2019activité des mouvements nationalistes et particulièrement du R.I.N.commence à avoir un retentissement international.Tout récemment, en mai dernier, la revue \u201cL'année politique et économique\u201d de Paris publiait un article de Jacques Caulais intitulé \u201cL\u2019heure du Canada français\u201d.Nous ne pouvons pas résister au plaisir d\u2019en citer quelques extraits : \u201cLa presse canadienne d\u2019expression française publie pratiquement chaque jour une abondante correspondance où s\u2019échangent, sur un ton parfois assez vif, les arguments pour et contre le \u201cséparatisme\u201d.Ce mot effarouche ou irrite bon nombre de gens.La discussion sur les idées est beaucoup moins achalandée : on le comprend sans peine : quelle raison valable, pour un Canadien-frangais, de s\u2019opposer a ce programme de confiance en soi et de restauration de dignité ?.Si le mouvement séparatiste parvenait, pour commencer, à redonner au partenaire français de la grandeur canadienne la place qui se doit entre conjoints, et qu\u2019il mérite de plus en plus, il aurait déjà assaini une situation fausse et rendu service au Canada tout entier.Mais il est à penser qu\u2019il apportera davantage : à savoir la présence - au sein de ce continent nord-américain livré au culte enivrant du bien-être matériel - d\u2019une poignée grandissante d'hommes pour qui la vie a d\u2019autres valeurs que ce qui s\u2019achète : valeur de ce qui se voit, par la beauté de l\u2019urbanisme, de ce qui se pense et s\u2019écrit, par la culture, et même de ce qui se songe, par l\u2019idéalisme : bref, la présence d\u2019un dernier carré de I\u2019humanisme.\u201d A son tour \u201cLe Monde\u201d de Paris, publiait en juin-juillet dernier une série d'excellents reportages de Claude Julien : \u201cLe Québec émerge du passé\u201d.Le troisième de ces articles, intitulé \u201cLe Canada existe-t-il?\u201d était entièrement consacré à l\u2019indépendantisme et relatait une entrevue avec un des dirigeants du R,I.N.Voici quelques-unes des conclusions de M.Julien : \u201cA les écouter (les séparatistes) on ne peut douter qu\u2019ils aient l'intention d\u2019aller jusqu\u2019au bout de leur raisonnement.E c\u2019est bien celà qui inquiète fes Canadiens-anglais, les obligeant à rouvrir un dossier qu\u2019ils ont eu le tort de négliger.Leur indifférence passée à l\u2019égard de la minorité francophone a exacerbé une sensibilité à vif, faisant germer les aspirations à la sécession.Leur seule réponse au séparatisme ne peut être que de faire aux Canadiens- français la place qui leur est due.Et les maigres progrès enregistrés en ce sens sont jusqu'à présent notoirement insuffisants.M.Lesage a pourtant dit, en insistant sur les mots, que les Canadiens-français veulent être traités en égaux.I ne semble pas que ce terme ait reçu une définition concrète.Or les actes pèsent plus lourd que les paroles, surtout pour des Anglais, peu sensibles aux subtilités de la rhétorique.Au Mexique, on trouvait cet été dans la revue \u201cHoy\u201d un long reportage illustré sur le séparatisme vue avec M.Marcel Chaput.Le 29 québécois, comprenant une entre- août, le quotidien \u201cNovedades\u201d de Mexico, publiait le premier d\u2019une série de trois articles de Jean Sarfati, intitulé \u201c\u201cBarruntos\u2019 de indépendencia en el\u2019 Canada frances\u201d (Rumeurs d'indépendance au Canada français).L\u2019article commence en ces termes: \u201cIl ne s\u2019agit pas, à vrai dire, de simples rumeurs mais bien A > .\u2018 .+ .plutôt d\u2019une explosion d'ardent enthousiasme.qui depuis .et il se: termine ainsi : \u2018le mouvement séparatiste n\u2019a Sais est un fait.Elle a déjà > - quelques mois, sans même que nous le soupgonnions, balaye cette province géante qu\u2019est le Canada français\u201d.3 a x ; Le .j ; 4 © e - | .\u201c\u2019Les observateürs les plus impartiaux et les moins prédisposés à l\u2019admettre'sont d\u2019accord pour déclarer que jamais connu, jüsqu\u2019à présent, uné telle ampleur.La libération nationale du Canada fran.comimencé.\u201d « - Qu\u2019y a-t-il a ajouter, sinon.qu'à lheure-aétuelle\u201coù les regards du rhonde commencent à se tourner vers nous, et particulièrement les.membres du tous les Canadiens français REN:\"doivent comprendre pleinement la solidarité qui les unit et conjuguer leurs efforts en.vue de la libération définitive de leur nation.; = Le, Service international du R.LN.ront à l\u2019automne - prochain une grande campagne de vulgarisation financière au cours de laquet- le tous les centres de la province seront visités.Dans le cadre de cette campagne il sera fait appel notamment aux Chambres de commerce et aux associations professionnelles et d\u2019affaires par le.truchement desquelles tous les élé- ments actifs de notre province seront contactés.Les bourses montréalaises estiment que cette initiative ne pourra que galvaniser nôtre prise de conscience, raffermir notre confiance et contribuer éventuelle- \u2018ment à cataliser l\u2019intérêt que portent nos amis étrangers- aux possibilités offertes par une mise en valeur et une gestion rationnelle de nos ressources."]
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