L'indépendance : organe officiel du Rassemblement pour l'indépendance nationale, 1 novembre 1962, Vol. 1, no 2
[" Organe officiel du Rassemblement pour l\u2019Indépendance Nationale VOL.1 - No 2 : MONTREAL, NOVEMBRE 1962 10 CENTS L'INDÉPENDANCE NE S'IMPROVISE PAS UNE CLEF N'OUVRE PAS TOUTES LES PORTES Le Le R.I.N.vient de tenir son deuxième congrès annuel.Les deux principaux sujets à l\u2019étude ont été l\u2019adoption d\u2019un programme politique et l\u2019orientation politique du mouvement.Il était évident que notre idéal devait nous engager à plus ou moins brève échéance dans l\u2019action politique.On songeait aux élections de 1964, lorsque M.Lesage, brusquant les événements, provoqua les élections qui auront lieu le 14 de ce mois.Le R.I.N.n\u2019a pas voulu se laisser bousculer.Il a refusé de se lancer précipitamment dans l\u2019action, mal préparé.M.Gérard Brosseau, de St-Jean, qui avait posé sa candidature, se retirait peu après en faveur des libéraux pour ne pas compromettre la nationalisation de l\u2019électricité que le R.I.N.avait préconisée dès son premier congrès.M.Marcel Chaput a posé sa candidature à titre personnel dans Montréal-Bourget, afin que la cause de l\u2019indépendance ait au moins un porte-parole autorisé à l\u2019Assemblée législative.Le R.I.N., par une résolution adoptée au congrès, appuie officiellement M.Chaput.Il faut espérer que les électeurs de Montréal- Bourget, quelles qu\u2019aient été leurs allégeances politiques dans le passé, sauront élire à Québec l\u2019homme qui représente la cause de la dignité, de l'honneur et de la fierté des Canadiens français: Quant au R.I.N., il a choisi d\u2019attendre un an et demi avant de passer à l\u2019action politique.I] veut consacrer ce temps à mettre au point son programme politique et le programme électoral qui en découlera, à consolider ses structures et son organisation et à répandre son idéal dans la population.Des représentants des quatre coins du Québec et de tous les secteurs de notre société sont venus au , congrès débattre des problèmes tels l\u2019éducation, les armes nucléaires, l\u2019agriculture au Québec libre et les droits du citoyen.C\u2019est cette oeuvre démocratique d\u2019éducation et de formation que le R.I.N.va poursuivre maintenant dans chacune de ses actions.Car l\u2019indépendance ne s\u2019improvise pas.C\u2019est une oeuvre de longue haleine que nous avons entreprise à laquelle nous souhaitons voir se rallier les éléments les meilleurs et les plus dynamiques de la nation.LA REDACTION ee TY La nationalisation de l\u2019électricité est nécessaire: cela est certain.Le R.I.N., qui déjà s\u2019était prononcé sur la question il y a deux ans, ne peut qu\u2019appuyer le parti qui s\u2019engage publiquement à la réaliser.Ce n\u2019est pas parce que d\u2019autres que nous mettent en pratique ce que nous prêchons que nous devions les- combattre.ne bonne chose reste une bonne chose, qu\u2019elle soit entre nos mains ou dans celles des autres.Tl n\u2019en reste pas moins que les slogans du parti libéral constituent un exemple frappant de fausses re- pr ésentation.\u2018Maintenant ou jamais, maîtres chez nous\u201d, ça peut être un slogan indépendantiste, mais c\u2019est tromper le peuple que de lui faire croire qu\u2019un parti qui réclame pour le Québec une .autonomie à 20, 50, 50 ou 60 pour cent pourra jamais nous libérer et nous rendre maîtres chez nous.\u201cMaîtres chez nous\u201d, ¢a veut dire 100 pour cent d\u2019autonomie et cela, seule l'Indépendance du Québec peut nous l\u2019assurer: C\u2019est encore tromper les gens que de leur faire croire que la nationalisation de l\u2019électricité est la \u201cclef du royaume\u201d.C\u2019est un levier important, d\u2019accord, mais Ça reste un instrument bien imparfait devant tous les problèmes que nous avons à affronter.C\u2019est un premier pas essentiel certes, mais il nous faudra bien plus d'une clef pour nous ouvrir toutes les portes de notre royaume.Message du président national programme du R.LN.Manicouagan = Mettons-nous en garde aussi contre les suites de la nationalisation.N\u2019oublions pas qu\u2019il est de plus en plus question d\u2019un réseau \u201cnational\u201d d\u2019électricité auquel participeraient toutes les provinces.Or, la province de Québec est la seule, avec la Colombie-Britannique à posséder un surplus de ressources hydro-électriques.C\u2019est donc, pour une bonne part, le Québec qui fera les frais d\u2019un réseau \u2018national\u201d.Et que retirera-t-il d\u2019un pareil marché?Rien, bien sûr.Si nous devons exporter notre électricité, VEN- DONS-LA.Il faut done se méfier d\u2019un parti qui n\u2019est qu\u2019autonomiste et pour qui la collaboration avec le reste du Canada est à sens unique.Le P.I.N.est contre un réseau \u201cnational\u201d d\u2019électricité qui servirait les autres provinces au détriment du Québec.Nous avons assez longtemps laissé spolier nos richesses ; aujourd\u2019hui il serait encore plus grave que notre propre gouvernement les donnât sans conditions au moins offrant.Les slogans de l\u2019Union nationale sont les mêmes qu\u2019autrefois.Nous savons où ils nous ont conduits.Si les slogans du parti libéral peuvent engendrer de la méfiance, ceux le l\u2019Union nationale avec ce qu\u2019ils cachent de sournoise hypocrisie ne peuvent qu\u2019engendrer chez nous le plus profond .mépris.Pierre BOURGAULT PAGE 2 \u2014 L'INDÉPENDANCE \u2014 NOVEMBRE 1962 MESSAGE DU PRESIDENT NATIONAL DU ES premiers moments d\u2019émotion passés, il semble que tout le monde trouve de multiples raisons d\u2019être satisfait de la tournure des événements au R.I.N.Qu\u2019importe que ces raisons diffèrent! « T1 reste que l\u2019unité essentielle a été préservée autour des valeurs que l\u2019on s\u2019est habitué à considérer comme importantes au sein du R.I.N.Parmi ces valeurs, la plus importante est celle concernant l\u2019essence démocratique du mouvement.Si un changement de la garde a pu s\u2019opérer, par le truchement d\u2019élections justes et honnêtes, la nouvelle garde a reçu pour mission de garder les mêmes valeurs essentielles.Mais a trop s\u2019attarder sur le passé, on risque de perdre l\u2019avenir.Un de nos premiers objectifs est de travailler à une décentralisation nécessaire du mouvement à mesure que la chose sera possible, et cela, en tachant d\u2019assurer une représentation équitable a toutes les régions a la haute direction du R.I.N.Nous comptons sur les diverses régions aux fins de nous rendre possible la réalisation de cet objectif par la quantité et la qualité de leur recrutement.La croissance extrémement accélérée du mouvement, durant l\u2019année écoulée, n\u2019a pas été sans faire naître, en contrepartie, de sérieux problèmes administratifs.Je m\u2019emploierai, en collaboration avec tous ceux désireux de voir s\u2019instaurer un changement, à essayer de doter le R.I.N.d\u2019un appareil administratif moderne et efficace.Comme premier pas vers cette réalisation, un contrôle rigoureux et efficace sera établi sur l\u2019émission des cartes de membres, de façon à pouvoir assurer la rentrée régulière des fonds indispensables à la bonne marche du mouvement.Une saine administration devrait en outre nous permettre de constituer dès maintenant une organisation capable de parer à toute éventualité advenant la fondation d\u2019un parti politique en 1964 et sa participation possible aux élections de 1966.L\u2019organisation actuelle du R.I.N,, si elle est propre à assurer le fonctionnement intérieur du mouvement, n\u2019est nullement adaptée à une opération réussie sur le plan électoral.Sur ce dernier plan, tout est à faire.Nous n\u2019avons pas encore commencé, et il n\u2019y a que quatre ans devant nous.Qua- tre-vintg-quinze comtés, deux mille cinq cents municipalités ou paroisses environ.C\u2019est ma ferme intention d\u2019agir sans tarder afin que tous les moyens efficaces soient pris pour rendre opérant ce secteur de nos activités.Soyez assuré, en terminant, que des mesures seront prises sans retard afin de donner suite aux voeux du Congrès concernant l\u2019institution d\u2019un Comité de finances et d\u2019un Comité constitutionnel.Un mouvement comme le nôtre peut-il survivre?Là est le problème.En avons-nous le courage et la volonté?Consentirons-nous à employer les formes constitutionnelles pour faire connaître à la direction notre désapprobation occasionnelle ou emploierons-nous des moyens anarchiques et destructeurs propres à faire le jeu et la joie des adversaires de l'Indépendance?A nous tous de répondi'e durant l\u2019année qui vient.GUY POULIOT DU 21 OCTOBRE LE nouveau vice-président national du R.LN.est né a Montréal en 1921.Après ses études en sciences et commerce au Collège du Mont Saint-Louis à Montréal, il a étudié l\u2019administration à l\u2019Université Laval, I! a acquis une expérience variée auprès de différentes entreprises.Depuis 11 ans, il est gérant de la Pharmacie Girard, à Chicoutimi.M.Girard est marié et père d\u2019un garçon.GUY POULIOT PRESIDENT LE nouveau président national du R.I.N.est né a Québec.Après ses études secondaires chez les Jésuites, il obtenait son baccalauréat de TI'Université Laval en 1943, puis sa licence en droit de la même université en 1946.11 était admis au Barreau en juillet de la même année avec mention spéciale pour s\u2019être classé premier de toute la province aux examens.11 a fait un stage d'études à Toronto jusqu\u2019à la fin de 1946, et depuis, il pratique la profession d\u2019avocat à Québec.Me Pouliot est marié et père de cinq enfants.Il a été secrétaire-tréso- rier de la Société des Etudes Juridiques, de 1947 à 1952, et depuis cette date, il est professeur de droit commer- ¢ial 4 la Faculté de Commerce de l\u2019Université Laval.1 est membre du Club Rotary de Québec.Me Pouliot a été consul de Belgique pour tout l\u2019Etat du Québec, avec résidence dans Ja capitale québécoise, du 16 juillet 1957 au 22 octobre 1962 alors qu\u2019il démissionnait de ce poste afin de ne pas susciter d\u2019incident entre Ja Belgique et le Canada.ANDRE d\u2019Allemagne, réélu vice-président général du R.LN, est né à Montréal en 1929.Il a fait ses études au Collège Stanislas de Montréal, puis a l\u2019Université McGill et a I'Université de Montréal où il a obtenu en 1952 une maîtrise en linguistique.Il a passé ensuite trois ans à Ottawa comme traducteur aux Débats de la Chambre des com- ravines, Par la suite il a travaillé comme traducteur et rédacteur dans diverses agences de publicité.Il est actuellement à l\u2019emploi d\u2019une agence de publicité montréa- aise, où il occupe le poste de directeur de la rédaction.Ancien président de la Corporation des traducteurs professionnels du Québec, il est membre fondateur du R.F.N.dont il fut, en 1960, Je premier président.Il est aussi membre du Comité politique central du R.LN.EE 22 mn ro a SE = cma lg erm Sh a ta = er NOVEMBRE 1962 \u2014 L'INDEPENDANCE \u2014 PAGE 8 QUE L'GN NE CHERCHE QUE L'ON A ETOUFFER, Les Editions de l'Homme viennent de lancer un livre qui serait de nature à provoquer Vindignation de tout citoyen imbu d'une once de sens démocratique.Cependant, les deux grands journaux qui s'étendent volontiers sur le peu de sens démocratique des Canadiens français semblent vouloir faire le silence autour de ce livre qui constitue un réquisitoire courageux contre le racisme dont les Canadiens français sont victimes en Ontario.L'oeuvre est de M.Joseph Costisella, et s\u2019intitule \u201cLe scandale des écoles séparées en Ontario\u201d.L'auteur nous donne des chiffres officiels et rapporte les commentaires des personnalités les plus en vue chez les Franco-ontariens ; i il ne s\u2019agit donc pas d'une thèse mais d'une vérité, et d\u2018une vérité si honteuse et si accablante que l\u2019on comprend nos fédéralistes de chercher à la cacher.Le vrai visage de la démocratie à la \u201c\u2019canadian\u2019\u2019 il est là dans ces pages, et on ne peut réprimer un profond malaise en les lisant, à la pensée que ce sont de prétendus citoyens canadiens et nos compatriotes de langue française qui sont traités d'une façon qu'aucun peuple même le moins évolué ne tolérerait en 1962.Et il vient s'ajouter à tout cela une cuisante constatation: M.Costisella n\u2019est pas Franco-ontarien, il est d'origine autrichienne.Les Canadiens français ont le cerveau si bien lavé qu\u2019ils acceptent leur situation fhonteuse comme normale.L'auteur examine rapidement la si- fuation de l\u2019enseignement primaire et secondaire à Ottawa et le statut de l\u2019université d'Ottawa.Puis il étudie les conséquences du racisme scolaire qui sévit à Ottawa en citant des personnes aussi autorisées que MM.Pierre Da- viault, Roger St-Denis, Séraphin Marion et Robert Gauthier, directeur de l'enseignement au ministère de l'éducation de l'Ontario.La conclusion est la même partout: la culture disparaît lentement et insensiblement chez les Fran- co-ontariens.Nos compatriotes se font assimiler.L'auteur reproduit un article de Blair Fraser, dans lequel celvi- ci passe en revue la situation scolaire des Canadiens français dans les autres provinces où elles est encore pire qu\u2019en Ontario.Puis M.Costisella rappelle la conclusion d'un diplomate canadien- français : Nous sommes, les nègres du Canada.Rappelons enfin ces mots de l\u2019auteur : \u201cLes premières victimes de la politique de racisme au Canada, ce sont les enfants canadiens-frangais\u2019\u201d.Comme dit Blair Fraser: \u201clls ont une éducation de second ordre dans des écoles de troisième classe\u201d, \u201cToute leur vie en sera marquée\u201d.(p.110).Une seule option s'offre à eux: \u201cAnglais ou prolétaires, pas d'autre éventualité\u201d.(p.33) Pendant que nos compatriotes anglophones et leurs alliés nos fédéralistes nous bercent de leurs discours sur la bonne entente et l'avenir d'un Canada bilingue et biculturel, eux \u201cse spécialisent dans le génocide culturel\u201d.(p.87).Combier de temps encore les Québécois fermeront-ils les yeux devant cette infamie que commet la Confédération ?|! faut lire et faire lire \u201cLe scandale des écoles séparées en Ontario\u201d, par Joseph Costisella.Car, encore une fois, le vrai visage de la démocratie à la \u201ccanadian\u201d, il est là, et il n'est pas joli.@ Imprimé par : ® Rédacteur-en-chef la présente publication.L'INDEPENDANCE Organe officiel du Rassemblement pour l\u2019Indépendance Nationale : 2157, rue Mackay, Montréal L\u2019Imprimeria Populaire Ltée, Montréal ® Directeur : Marcel CHAPUT : | Pierre BOURGAULT ® Le Ministère des Postes à Ottawa a autorisé I'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de la deuxième classe de pv MEME PAS À ETOUFFER Voici la fraduction intégrale d'un éditorial paru le 4 octobre dernier dans \"'The Stanstead Journal\u201d.Ce journal est publié au Québec.Franchise et honnêteté J.J.Bertrand, député de Missisquoi, alors qu\u2019il parlait la semaine dernière à un congrès de la F.N.E.U.C., à Sherbrooke, affirma qu\u2019il fallait repenser la Confédération et que le problème an- glo-français au Canada ne pouvait être résolu que dans un esprit de franchise et d'honnêteté intellectuelle.Nous sommes entièrement d'accord avec lui, mais nous croyons que cette franchise doit jouer dans les deux sens.Lorsque M.Bertrand affirme violemment que les promesses d\u2018égalité entra Français et Anglais n\u2019ont pas été tenues, cela nous amuse.À notre avis, le Canada, pays à maiorité anglophone, a fait des efforts inouis pour donner à la minorité francophone du Québec bien plus qu\u2019un traitement équitable.Il y a des douzaines de groupes minoritaires au Canada : des Ecossais, des Gallois, des Allemands, des Italiens, des Chinois, des Irlandais.Le groupe français est le seul qui a tenté d\u2019imposer sa langue à tout le pays et qui menace de se retirer de la Confédération si ses voeux ne sont pas comblés.Nous savons que les séparatistes et les nationalistes ne forment qu'une par- tia de la minorité canadienne-françai- se, mais nous croyons cependant devoir leur rappeler quelques petites choses.D'abord, qu\u2019ils n\u2019ont jamais vraiment essayé d'être Canadiens.lls ont choisi d'être Français et ils ont demandé à tous les autres de se changer eux-mêmes.lis sont encore engagés dans la bataille des plaines d\u2018Abraham dans laquelle ils furent battus à plate-couture.Et à ce moment de l'histoire, ils furent drôlement chanceux qu\u2019on leur donnât la chance de conserver leur langue et leurs coutumes.Ce ne fut pas le cas pour de nombreux peuples conquis.Un de leurs principaux griefs est qu'ils ne reçoivent pas de support financier pour leur système d'éducation en dehors du ébec.Ca peut faire un peu mal de lI'admettre, mais si aussi peu de Canadiens français ont at teint des postes de commande dans les milieux financiers et d'affaires, c'est surtout à cause de ce système d'édu 12- tion.Une éducation centrée sur | : glise, le droit ou les arts ne vaut à p:u près rien pour préparer un homme la carrière d'ingénieur ou d\u2019administrateur.Les grosses affaires, dans un pays à majorité anglophone, seront traitées en anglais; surtout que nous avons une frontière commune avec les États-Unis.i le Canadien français avait voulu parler anglais, et s\u2019il s'était donné une éducation propre au monde des affaires modernes, il aurait pu prendre sa place aux côtés des Anglais, des Ecos- sais, des Irlandais ou des Allemands, H aurait pu être Canadien et conserver sa langue et ses coutumes comme plusieurs autres minorités le font.On trouve des milliers de Canadiens français qui ont émigré aux Etats-Unis et ils réussissent très bien dans lf'industrie et les affaires modernes.Ils ont accepté la langue, les coutumes et un système d\u2018éducation progressif.Is n\u2019ont pas essayé de refaire les Etats- Unis à leur mesure.Le bilinguisme peut être une réussite culturelle désirable, mais c'est une maudite engeance dans les affaires: on devrait l\u2019éviter partout où c'est possible.C'est exactes ment ce qui s'est passé.Le Canada peut tirer grand profit des Canadiens français, mais le profit ne viendra que s'ils concentrent leurs brillants esprits sur des buts plus pratiques que l'imposition de leur lan gue et de leur volonté au reste du pays.Îls devront devenir Canadiens comme nous l'avons fait, ou bien qu'ils se séparent.C'est alors qu'un réveil brutal les attend dans les domaines du gouvernement et des affaires.LE NORDETe pour le généreux don © Félicitations © et remerciements @ au journal @ de Sept-lles © qu'il nous a fait @ PAGE 4 \u2014 L\u2019INDEPENDANCE \u2014 NOVEMBRE 1962 Un immigrant britannique écrivait récemment dans un journal anglais de Montréal: \u201cJe voudrais jen m\u2019établir ici et devenir Cana- ien, mais cela m\u2019est interdit: pour devenir citoyen canadien on me demande de prêter serment à la reine.Je ne peux pas le faire, je suis républicain.\u201d Un candidat aux prochaines élections québécoises, M.Marcel Cha- put, déclare: \u201cSi je suis élu, je refuserai de prêter serment à la reine puisque j'ai décidée de me consacrer à l'établissement au Québec d\u2019une république libre et française.\u201d En conséquence, selon les lois et Ja tradition britannique ce député élu du peuple n\u2019aura pas le droit de siéger au parlement du peuple, et cela tout simplement.parce qu\u2019il souhaite modifier, même par des voies légales, le régime qui existe actuellement, régime qui, comme on le sait, n\u2019a d\u2019ailleurs jamais été proposé mais im- osé à la population canadienne- rançaise.Que deviennent les principes démocratiques dans tout cela?On sait que dans les régimes dictatoriaux les citoyens ne peuvent élire que des représentants qui sont d\u2019avance et sans restrictions acquis au régime, mais on ne savait pas qu\u2019il en était ainsi chez nous.Les bases de tout système démocratique sont la liberté de pensée et la liberté de parole et voilà qu' on refuse à des
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