L'indépendance : organe officiel du Rassemblement pour l'indépendance nationale, 1 février 1963, Vol. 1, no 5
[" VOLUME UN \u2014 NUMÉRO CINQ MONTRÉAL \u2014 FÉVRIER \u2014 1963 \u2018\u2019Pour étouffer la voix de la vérité dans les moments critiques pour le salut public, on a coutume d\u2019amollir le courage des patriotes par certaines idées de réunion, qu'on a l\u2018adresse de jeter en avant; mais, moi, je fais profession de croire ve l\u2019amour seul de la liberté doit réunir les hommes et je me défie de ces protestations brusques faites dans des moments critiques où l\u2019on croit avoir besoin de feindre un rapprochement que l\u2019on est bien loin e désirer.\u201d Robespierre, 6 avril 1793 \u201cL'union fait la force.Oui, mais la force de qui ?Le Léviathan populaire emportera tout, si une seule et même idée habite toutes les têtes.Et ensuite ?J\u2018apercois les fruits éternels de l\u2019union; un pouvoir fort; des dogmes; les dissidents poursuivis, excommuniés, exilés, tués.L'union est un être puissant, qui se \u2018veut lui-même, vi ne veut rien d'autre.L'union s'affirme et se célèbre elle-même; elle s'étend; elle conquiert.On attend vainement quelque autre pensée.L'exécutant n\u2019est point libre; le chef n'est point libre.Cette folle entreprise - de \u2018union les occupe tous deux.Laisser ce qui divise, choisir ce qui rassemble, ce nest point penser.Ou plutôt c'est penser à s'unir et à rester unis; , c'est ne rien penser d'autre .\u201d\u201d : Alain, janvier 1923 e + e - @.\u2026@ x © < © @ RASS REI Ese [ES Lo ARATE IRE ORCANE OFFICIEL DU a © Robespierre et Alain étaient deux hommes fort différents.Le premier était révolutionnaire et homme d'action; le second était un radical à l\u2019esprit plus théorique.Ils ont vécu à des époques différentes et ont mené leur vie différemment.On peut dire cependant qu\u2019ils ont \u2018\u2018réussi\u201d\u2019, chacun à sa façon.Voilà pourtant qu\u2019ils expriment à peu près la même idée : à savoir que l\u2019union n\u2019est pas absolument nécessaire, qu'elle peut même, dans certaines circonstances, être néfaste.Aujourd\u2019hui, chez les indépendantistes, on parle beaucoup d\u2019union.On croit que tous les mouvements indépendantistes devraient opérer une fusion ou encore se rallier derrière un quelconque messie qui ferait des miracles pendant que nous pousserions des acclamations et des cris de victoire.Beaucoup croient même que c\u2019est la seule facon de conquérir notre indépendance.Il est certain que, dans l'immédiat, la division qu\u2019on aperçoit chez les indépendantistes n\u2019est pas quelquechose qu\u2019on regarde avec plaisir.Îl faudrait être sot pour s\u2019en réjouir.D'autre part, on doit cesser de rêver à une unité parfaite, même chez les indépendantistes, unité qui ne pourrait être qu\u2019artificielle puisque les parties s'opposent violemment sur les principes mêmes de leur pensée et de leur action.D'un côté, vous avez les indépendantistes qui font de l\u2019indépendance un but à atteindre le plus rapidement possible et qui disent : \u2018Après on verra\u201d.Ceux-là ne croient pas à une véritable révolution nationale ou s'ils y croient ils refusent d\u2019en parler parce que ça pourrait ne pas être rentable élec- toralement.lls prennent les Québécois tels qu\u2019ils sont et croient que l'indépendance suffira à les libérer de la situation dans laquelle ils se trouvent.De l\u2019autre côté, il y a le R.I.N.qui lui fait de l'indépendance un instrument, un levier essentiel d\u2019une véritable révolution\u2019 nationale.L\u2019indépendance alors n\u2019est plus un but DECLARATION OFFICIELLE DEFAIRE LA CONFEDERATION NON AUX ARMES NUCLEAIRES EMBLEMENT POUR L\u2019INDÉPENDANCE NATIONALE 15 CENTS mais un moyen de plus pour aider à la libération des Québécois.On ne fait pas une révolution dans une province qui n\u2019a à peu près aucun pouvoir, c\u2019est pourquoi il faut conquérir notre indépendance.D'autre part l\u2019indépendance sans une véritable révolution nationale bien à nous, construite de l\u2019intérieur, serait tout à fait inutile.Nous voulons un Québec qui soit non seulement indépendant mais qui soit LIBRE.Cela exige donc que nous changions notre société, que nous améliorions nos institutions, que nous nous perfectionnions nous-mêmes.Cela veut dire que nous ne pouvons pas nous dire : \u2018\u2018L\u2019indépendance d\u2019abord, après on verra\u2019'.C\u2019est tout de suite que nous devons prendre nos responsabilités envers nous-mêmes et envers le peuple québécois que nous voulons entraîner dans notre lutte.C\u2019est tout de suite que nous devons envisager les problèmes qui se poseront à nous après l'indépendance, d'abord pour essayer de leur trouver les meilleures solutions et ensuite pour les présenter au peuple et lui expliquer notre conception d\u2019un Québec indépendant et libre.L\u2019union est impossible, pour la simple raison que nous n\u2019allons pas tous à la même place.I! nous a fallu un certain temps pour nous en rendre compte : maintenant cela est fait.Il appartient donc à chacun de faire un choix.Les positions sont maintenant claires.Et que le peuple québécois juge lui- même dans quelle voie il préfère s\u2019embarquer.Nous avons voulu au départ que le R.I.N.soit un rassemblement.Il était en train da devenir un ramassis.Un rassemblement peut avoir du dynamisme parce qu\u2019il a au départ des principes-moteurs.Un ramassis s\u2019écroule de lui-même parce qu\u2019il est divisé de l\u2019intérieur.Nous savons maintenant que le R.I.N.est sauvé et qu'il peut vraiment travailler à la conquête d\u2019un Québec indépendant et LIBRE.Pierre BOURCAULT EE RS ey a DEP ES SB ERS TE LES PROPOS D'INDIGNACE PAR L\u2019ANMI D'INDIGNACE : GUY SANCHE \u201cLe mois qui dit Indignace, a été peu propice aux humoristes.Mais ce qu\u2019on a perdu en quantité, on l\u2019a regagné en qualité.Ainsi, un éditorialiste du \u2018Devoir\u2019, expliquant l\u2019essence de la constitution canadienne, déclarait en substance que la somme de dix souverainetés provinciales donnait une souveraineté nationale.En vertu de cette même arithmétique farfelue, on peut dire aussi que la somme de neuf oranges plus une poire donne un citron.\u201d On a accusé Noël Dorion de s'être aperçu un peu tard qu'Ottawa ne cherchait qu\u2019à berner les Canadiens de langue française.Indignace s'est porté au secours de ce brave homme : \u2018\u2018Si tous les nôtres en étaient au moins là, nous serions bien près de l\u2019indépendance.Restent malheureusement les Sé- vigny, Balcer, etc.\u201d Dans \u2018La Presse\u201d (alias: L'Echo dynamique du Canada Francais) il a surtout été question ce mois-ci de ce qui se passait chez Eaton's, Simpson\u2019s, Morgan's, Ogilvy\u2019s, et un peu aussi Stein- berg\u2019s, Dominion Stores, MontMart, Miracle Mart et autres maisons du genre qui subventionnent largement ledit journal.commente Indignace, il en ressort clairement que tous ces gens ont bien du mal à se mettre d'accord, les uns, sur le prix des bas de laine, les autres, sur celui des petits pois.Il y a bien été question de refaire la constitution du Canada, mais sur ce cher vieux ton de bonne entente (tais-toi, on va bien \u201cLecture très instructive, s'entendre) qui n\u2019inquiéte plus personne.\u201d \u201cL\u2019inodorable John Diefenbaker a d'ailleurs tranché la question en déclarant, en français et avec beaucoup d'émotion dans la voix, des choses que ni lui ni personne ne pouvait comprendre.On a su plus tard, en déchiffrant son charabia, ce qu\u2019il avait tenté de dire : qu'il n\u2019y a pas de place au Canada pour les séparatistes.\u201d Et Indignace d\u2019ajouter : \u2018C\u2019est exactement ce que nous pensons.\u201d s\u2019achève, PRES AU SOMMAIRE En page quatre, vous trouve- rex un communiqué officiel du Conseil Central du R.I.N.concernant l\u2019attitude du R.I.N.vis-à-vis lui-même et vis-à-vis le P.R.Q.Ce texte doit être lu attentivement.Le Conseil Central a mis le plus grand soin à le rédiger et a pesé chacun des mots qui le composent.L\u2019attitude du R.I.N.est maintenant claire et précise.Que chacun fasse son choix \u2014 En page 6, Aries (c\u2019est le pseudonyme d\u2019un membre anonyme du R.!.N.) nous dit pourquoi il faut cesser de s\u2019amuser avec les mots.Ils ne s\u2019agit plus de \u2018refaire la Confédération\u201d comme le prônent nos fédéralistes mais de la défaire tout simplement.\u2014 Non aux armes nucléaires.En page 12, nous rappelons la position que le R.l.N.a adoptée lors de son congrès d'octobre dernier au sujet des armes nucléaires.Nous soulignons l\u2019opposition très nette qui existe entre notre attitude et celle des chefs des deux grands partis fédéraux.\u2014 Nos mots croisés ont obtenu beaucoup de succès le mois dernier.Aussi avons-nous pensé lancer un petit concours pour les amateurs.Vous trouverex tous les détails en page 10.L'Indépendance Organe officiel du Rassemblement pour l\u2018Indépendance Nationale 2157, rue Mackay, Montréal Imprimé par: L'Imprimerie Populaire Ltée, Montréal Rédacteur en chef Pierre \u2018BOURGAULT Photographe : Antoine DESILETS Maquette : Guy SPENARD Le Ministère des Postes à Ottawa a autorisé l\u2019affranchissement en nuné- raire et l\u2019envoi comme objet de la denxiéme Classe de la présente publi- catio Ba ERY EPS Spel ap L\u2019INDÉPENDANCE \u2014 FEVRIER \u2014 1963 Après l'avoir dépouillée, on fente de la noyer.\u201cONE STATE, ONE EE NATION\u201d, C'est ainsi que s'exprime notre cher Premier Ministre fédéral: John Diefenbaker.Dans son esprit les Canadiens français n\u2019existent pas et il n\u2019a pas l\u2019intention de les y faire entrer.Dans son esprit et aussi dans l'esprit de la très grande majorité des anglo-saxons du Canada.Nous sommes une minc- rité comme les autres : un point, c'est tout.Les journaux nous ont appris dernièrement que les députés conservateurs fédéraux avaient une dent contre M.Diefenbaker et qu'ils voulaient sa tête.Mais lors du congrès du parti, il y a quels ques jours, ils n'ont même pas réussi à faire remarquer leur présence, M.Diefenbaker aime mieux ne pas parler de ces choses.Q'attendent-ils donc, ces députés canadiens- français pour se tenir debout ailleurs que dans les petits comités privés qui n\u2019ont aucune influence.Qu'attendent-ils donc pour retrouver une dignité perdue ?Qu'attendent-ils donc pour retrouver un peu de la lucidité qui leur permettrait de comprendre qu'ils sont de plus en plus les dindons de la farce dans la triste comédie de la Confédération ?Au lieu de taper sur le dos des méchants séparatistes et de crier sur les toits que c'est sous le gouvernement Diefenbaker que les Canadiens français ont fait les plus grands progrès depuis 1867, s'ils s\u2019occupaient plutôt de s\u2019interroger, d\u2019étudier l\u2019avenir du Canada français dans la perspective de l'Indépendance, ils s'apercevraient peut-être assez rapidement qu'ils font fausse route, qu'ils n'ont aucun intérêt à jouer les valets du côté d'Ottawa.lls s'apercevraient sans doute aussi qu\u2019il est des tâches plus grandes à remplir à Québec qu\u2019à Ottawa.Ils se rendraient compte qu\u2019il est inutile de diviser nos efforts et de partager nos compétences entre deux gouvernements dont l'un ne sert qu\u2019à affirmer les injustices dont nous souffrons depuis 200 ans.Un peu de lucidité messieurs les députés d\u2019 Ottawa.Arrêtez de jouer à l\u2019autruche.Regardez ce qui se passe autour de vous.N'ayez pas peur d\u2019ouvrir les yeux et de voir ta révolution nationale qui s'engage dans votre pays : le Québec.Il est temps que vous preniez conscience que vous n'êtes rien à Ottawa.Revenez au Québec, Vous faites partie de la nation, elle vous accueillera les bras ouverts.EEE AL EE L'INDÉPENDANCE \u2014 FÉVRIER \u2014 1963 A ctualités DÉ-FORMATION PROFESSIONNELLE M.Gérin-Lajoie s\u2019est rendu, le 21 janvier, à la conférence des ministres responsables de l'éducation, qui s\u2019est déroulée, devinez où : mais oui, à Ottawa, naturellement ! Et là, \u2018après avoir rappelé que les objectifs qui ont donné naissance à la loi fédérale sur l'assistance à la formation technique et professionnelle sont toujours valables\u201d, le ministre a demandé au gouvernement fédéral de prolonger jusqu\u2019en 1967 l\u2019aide qu\u2019il accorde en ce domaine aux provinces.On sait que jusqu'ici, l'Ontario a touché \u201c65.6 p.cent de toutes les sommes versées - aux provinces, alors que le \u2018Québec n\u2019en a reçu que 4.8 -pour cent\u201d.Au lieu de dénoncer cette fraude, la responsable de l'éducation chez nous va quémander des millions d\u2019Ottawa parce que la Confédération nous réduit à la mendicité, et il va implorer Ottawa de faire durer ce régime jusqu\u2019en 1967, Voilà les dimensions de notre politique de grandeur.Nous encourageons nous-mêmes l\u2019intrusion du fédéral dans un domaine que la constitution nous réserve au lieu d\u2019exiger qu\u2019Ottawa nous rende nos pouvoirs de taxation.Nous avons versé à l\u2019Ontario, par l\u2019entremise d\u2019Ottawa, 55 millions de nos impôts pour y aider la formation technique et professionnelle, et au- jourd\u2019hui, nous sommes obligés d\u2019aller quêter l\u2019aide anticonstitutionnelle pour pourvoir à cette formation chez nous.Voilà la comédie révoltante que la Confédération nous oblige à jouer.Voilà comment Ottawa nous tient sous son joug.NON, M.DIEFENBAKER N'EST PAS MEMBRE DU R.I.N.\u201cOne state, one nation\u201d Ce slogan sur lequel le R.I.N.fonde en partie son aspiration à l\u2019indépendance vient de nous être servi par le premier ministre du Canada lui-même.MM.Lesage et Johnson ayant déclaré que la Confédération vivait sa dernière chance et qu\u2019il fallait la refaire sans quoi ce serait l\u2019indépendance pour le Québec, papa Dief leur a répliqué : mes petits, Cette histoire que le Canada s\u2019en irait au diable ne m\u2019est méme pas venue à l\u2019idée, c\u2019est donc qu\u2019elle n\u2019est pas vraie.Rentrez chez vous et ne venez plus me parler de séparatisme.C\u2019est compris ?\u201d Il devait ajouter par la suite qu\u2019au Canada il ne doit y avoir qu\u2019un Etat et qu\u2019une nation.Les fédéralistes à tout prix vont nous dire, naturellement, que c\u2019est là l\u2019opinion d\u2019un seul homme et qu\u2019il ne faut pas lui attacher plus d\u2019importance qu\u2019elle n\u2019en a et qu\u2019il y a des Toron- tois très gentils qui ne s\u2019opposent pas à ce que nous respirions dans notre \u2018\u201cprovince\u201d, et qui tentent même de mettre des affiches bilingues dans Scarboro et qui, même s\u2019ils ont dû les retirer aussitôt, pourraient bien les faire accepter en 1997, et qu\u2019une fois Scarboro conquise il n\u2019est pas interdit de croire que le français continuera sa \u2018 marche triomphante au 21e siècle pour aboutir au bilinguisme \u201ccoast to coast\u201d.en l\u2019an 2067, alors qu\u2019il ne restera plus de Canadiens français ! Nous apprenons de source généralement contaminée que le service d\u2019information du R.I.N.songerait à faire conférer à M.Diefenbaker le titre de membre honoraire du R.I.N.Le grand homme ayant raté l\u2019occasion de, compter parmi les Pères de la Confédération, il n\u2019est pas dit qu\u2019il ne figurera pas parmi les Pères de la République du Québec.LA MANCHETTE DU MOIS \"Québec : \u201cVous divaguez,.\u201cLe gouvernement est à court d\u2019argent\u201d nous mandent de Québec MM.Dai- gnault et Clift dans La Presse du 17 janvier.A rapprocher de la manchette suivante, tirée du Devoir du 21 janvier : La Confédération a coûté 600 millions au Québec en 1961, selon un économiste de Québec, M.Jean Garon.jUSQU'AU BOUT DE NOS IDÉES On a la hantise de l\u2019économie à notre époque et on nous demande souvent au sujet de l\u2019indépendance du \u201cQu\u2019en pensent les économistes ?\u201d Le Devoir du 21 janvier rapportait les propos suivants tenus la veille par M.Frangois-Al- \"bert Angers, économiste et professeur à l\u2019Ecole des hautes études commerciales : \u201c \u2018Nous devons tous avoir et même entretenir l\u2019idéal d\u2019indépendance et être prêts à aller jusqu\u2019au bout de nos idées\u201d.M.Angers ajoutait que l\u2019élément anglais au Canada \u2018\u2018s\u2019emploie à assimiler les Canadiens français par le truchement de la confédération\u201d; pour l\u2019anglophone, \u201cla Confédération n\u2019est qu\u2019un compromis du moment car ce qu\u2019il désire c\u2019est avant tout un Canada uni, fort et britannique\u201d.UNE POLITIQUE DE CRANDEUR.RÉDUITE ! L'événement marquant du mois aurait dû normalement être le \u201cdiscours du trône\u201d qui a marqué l\u2019ouverture de la session.Les discours ronflants dont on nous a bercés il y a à peine quelques mois nous laissaient croire que le gouvernement, reporté au pouvoir avec une majorité qui indique l\u2019appui massif du peuple allait aborder l\u2019action législative avec le même dynamisme qu\u2019il manifestait dans sa campagne électorale.On constate au contraire un essoufflement ou un dégonflement considérable.Il est vrai, ainsi que l'avouait le premier ministre, que le discours du trône ne révèle pas tout le programme législatif du gouvernement, mais il en dit assez pour que l\u2019on constate qu\u2019on va poursuivre à Québec une politique de grandeur.à la petite semaine.Dans le domaine de l\u2019agriculture, il s'agira \u2018\u201cd\u2019accélérer l\u2019application dans le Québec de la loi fédérale sur la remise en valeur et l\u2019aménagement des terres agricoles.\u201d La loi des syndicats coopératifs, qui régit les caisses populaires et les associations coopératives, va être modifiée afin \u201cde donner à ces deux secteurs une législation mieux ACTUALITES adaptée aux nécessités da l\u2019heure\u201d; ici, nous mettons la population et ses députés en garde contre des manoeus vres en provenance d\u2019Ottawa, visant à faire adopter à Québec des modifications qui seraient de nature à faire perdre aux caisses leur autonomie, et qui auraient pour but d\u2019assujettir les caisses populaires du Québea aux lois fédérales sur les banques.Il y a sans doute lieu d\u2019élargir le domaine d\u2019action de nos caisses, afin qu\u2019elles participent plus activement à notre libération économique, mais il ne faudrait pas qu\u2019en les \u201cadaptant aux nécessités de I'heure\u201d, on en livre la clé à Ottawa.Dans le domaine de la législation ouvrière, la grande fresque qu\u2019on nous avait laissée entrevoir pendant la campagne électorale a été remplacée par un replâtrage de quelques lois et la création d\u2019un Tribunal du travail; nous sommes encore loin du Code du travail promis.Mais peut-on s\u2019étonner des lenteurs que met le Parlement à rencontrer les justes exigences des ouvriers québécois lorsqu\u2019on sait que dans le régime \u201ccanadian\u201d actuel, la caisse du parti porté au pouvoir \u2014 quet qu\u2019il soit \u2014 est alimentée précisément par les grandes entreprises, c\u2019est-à-dire par les employeurs eux-mêmes qui sont les plus intéressés à bloquer l\u2019avancement des ouvriers.Il faudra bien qu\u2019un jour les syndicats s\u2019en rendent compte, qu\u2019ils cessent de jouer au fou avec le Parlement et qu\u2019ils travail lent avec le RIN à instaurer une véritable démocratie au Québec Libre.Dans le domaine de l\u2019édus cation, quelques belles phrases mais aucune mesure précise.On attend les rapports des commissions d\u2019enquéte (voir Dé-formation professionnelle).En somme, au moment où le Québec doit agir avec vigueur et rapidement pour rattrapper le temps perdu et préparer la politique de grandeur \u2018qui nous mènera à l\u2019indépendance, on nous sert un discours du trône improvisé sur la table de cuisine et dénué de tout dynamisme.Sans doute les libéraux se disent-ils qu\u2019ils ont maintenant le pouvoir pour quatre ans et que d\u2019ici là, ils sauront bien trouver un autre tour de passe-passe pour se faire reporter au pouvoir.Mais qui vivra verra oN - PACE 4 Déclaration officielle du Conseil Cenfral du Rassemblement pour l'Indépendance Nationale émise à la suite de son assemblée régulière fenue à Montréal les 19 ef 20 janvier 1963 De récents événements sur la scène politique qué- bécoiee, tels que les dernières déclarations du chef de l\u2019Etat du Québec et du chef de l\u2019opposition, ainsi que l\u2019évolution rapide de la société canadien- ne-française ont amené le conseil central du Rassemblement pour l'Indépendance Nationale à redéfinir ses positions actuelles et l\u2019orientation qu\u2019il proposera au mouvement lors de sa prochaine assemblée générale en mars.Une mise au point s\u2019impose dès maintenant au sujet de ce qu\u2019on est convenu d\u2019appeler la \u201cquerelle des indépendantistes\u2019\u201d à la suite de la défection de M.Marcel Chaput et de la fondation du Parti Républicain du Québec.Des déclarations contradictoires émanant de diverses sources ont jeté dans les esprits une confusion qui n\u2019a fait que s\u2019aggraver par suite des récents événements politiques.La défection de M.Chaput ne provient pas, comme on pourrait le croire, d\u2019un conflit de personnalité, ni d\u2019une mésentente sur des questions secondaires.Elle reflète plutôt une profonde opposition qui se répand actuellement dans toutes les sphères de notre société et qui devait normalement atteindre tôt ou tard les milieux indépendantistes à cause tout simplement de leur ampleur.Cette opposition est celle que l\u2019on constate partout au Québec entre, d\u2019une part les forces du progrès et de la rénovation nationale et d\u2019autre part, les éléments réactionnaires et les défenseurs du statu quo.Dès son début, le R.I.N.s\u2019est voulu un mouvement démocratique au service de la nation canadienne- francaise.Convaincu que les vieux partis, marqués par un esprit rétrograde, n\u2019étaient pas aptes À effectuer la rénovation générale de notre société qui doit accompagner son accession à l\u2019indépendance, le R.I.N.a donc décidé il y à un an d\u2019étudier à fond les problèmes sociaux, culturels, économiques et politiques de la nation québécoise afin de leur trouver les solutions les meilleures.Ainsi doté de la base nécessaire à l\u2019adoption d\u2019un programme ærieux, le R.I.N.a décidé ensuite de prendre un engagement total à l\u2019égard du peuple québécois en choisissant l\u2019action politique.Lorsqu\u2019il a pris la décision de devenir parti politique à une date ultérieure, le R.I.N.avait done au préalable adopté, à son assemblée générale, un programme dont les quarante-sept articles définissent le visage de la société que le R.I.N.voudrait voir s\u2019établir une fois le Québec libre.Le R.IN.est donc un mouvement dont on sait d\u2019où il vient et qui sait où il va et ce qu\u2019il veut.Nous croyons que le R.I.N.a un rôle original à jouer non seulement dans la lutte pour l\u2019indépendance, mais aussi dans la politique québécoise et l\u2019histoire du Canada français : un rôle qu\u2019il est seul à assumer.C\u2019est celui de rallier, autour de la cause de l\u2019indépendance et de son idéal social, les éléments les plus progressistes et les plus dynamiques de la nation.Nous réaffirmons done que notre aspiration à l\u2019indépendance est intimement liée à notre aspiration à une véritable démocratie, à une plus grande justice sociale et à l\u2019épanouissement de l\u2019individu dans une société humaniste et ouverte sur le monde.Voilà ce que nous entendons lorsque nous parlons de révolution nationale.Pour nous, cette révolution est impossible sans l\u2019indépendance et l\u2019indépendance serait incomplète sans cette révolution.Nous nous dissocions donc irrévocablement de tous les éléments rétrogrades et réactionnaires, qu\u2019ils soient indépendantistes ou non.On constate donc facilement qu\u2019il existe des différences claires et fondamentales non seulement entre le R.I.N.et les partis fédéralistes, mais aussi entre le R.I.N.et le P.R.Q.Alors que le R.I.N.a été fondé par une trentaine de personnes dont les idées ont été ratifiées lors d\u2019un congrès de fondation du mouvement, le P.R.Q.au cont'aire a été fondé par un homme seul à la suite de sa dissidence avec un mouvement qu\u2019il L'INDÉPENDANCE :\u2014 \u2018FÉVRIER-==>#963 7.| avait contribué à-créer et qu\u2019il a quitté parce qu\u2019il n\u2019en avait pas -été réélu président.Lorsque M.Chaput a accepté d\u2019être candidat à la présidence du R.I.N.en octobre dernier, le congrès avait déjà décidé à quel moment le R.I.N.deviendrait parti politique.M.Chaput faisait done sienne la décision du Congrès.Par conséquent, l\u2019argument invoqué pour justifier la fondation du P.R.Q., à savoir une simple question de date, est illogique et sans valeur.Le R.I.N, a une pensée politique et un programme sérieux.Ce programme a été établi par le Comité Politique Central avec la collaboration des sections, puis étudié et adopté article par article par l\u2019assemblée générale des membres.Le P.R.Q.par contre, n\u2019a aucun programme.Son chef s\u2019est contenté d\u2019annoncer que \u201c\u201c\u2018plusieurs articles de son programme seront inspirés du programme du R.IN.\u201d (La Presse, 18 décembre 1962).Le R.INs\u2019est pourvu de structures démocratiques et a formé les cadres, les services et les comités dont il a besoin pour l\u2019action qu\u2019il poursuit depuis deux ans.Le P.R.Q.n\u2019a pas de structures, pas de cadres, pas d\u2019effectifs.Son chef s\u2019est nommé lui-même et a désigné un Comité exécutif dont on ne connaît même pas les membres.Le R.T.N.a répudié le culte du chef pour le remplacer par la discipline démocratique.I veut être dirigé non par un homme, mais par une équipe qui soit désignée par les membres du mouvement.Au R.I.N., l\u2019autorité suprême est détenue par l\u2019assemblée générale.Au P.R.Q., l\u2019esprit de parti est bien marqué dès le début par le mythe du chef et les pouvoirs occultes.11 a trouvé son appui auprès de l\u2019Alliance Laurentien- ne, mouvement corporatiste de M.Barbeau.Le R.I.N.a toujours affirmé son désir de rénovation de la société et a fait appel aux éléments progressistes et dynamiques de la nation.Les indépendantistes devront donc maintenant choisir entre le R.I.N.et le parti Barbeau-Chaput.L\u2019appartenance à deux mouvements si nettement différents est incompatible non seulement avec l'efficacité de l\u2019action mais aussi avec les exigences de la logique politique.Il importe que tous ceux qui au Québec ont l\u2019intention de lutter pour l\u2019indépendance et la libération nationale prennent pleinement leurs responsabilités.En conséquence, le Conseil Central du R.IN.a décidé qu\u2019à compter du 7 février, tout membre du R.LLN.qui sera aussi membre du P.R.Q.ou qui y travaillera sera frappé d\u2019expulsion automatique.Le Conseil Central du R.I.N.a décidé en outre de transformer immédiatement en expulsion la suspension prononcée à l\u2019égard de M, Marcel Chaput par la région de Montréal du R.I.N.Le Conseil Central proposera au prochain congrès général du mouvement le 2 mars prochain, la transformation immédiate du R.I.N.en parti politique ainsi que la création d\u2019un organisme indépendantiste non politique pour permettre aux indépendantistes qui, pour une raison ou pour une autre, ne pourraient militer dans un parti, de travailler quand même à la cause de l\u2019indépendance.Ainsi les Québécois auront l\u2019occasion de se rallier à un parti d\u2019envergure nationale, aux structures démocratiques, qui présente à la population un programme.précis et qui lui fournit toutes les garanties d\u2019honnêteté et de sérieux qu\u2019on a droit d\u2019exiger de ceux qui veulent bâtir le Québec de demain, le Québee libre ! } L'INDÉPENDANCE \u2014 FÉVRIER \u2014 1963 nas QUEST] \u201cA NOS AMIS LES FEDERALISTES C.K LA SEULE STATION DE RADIO DE LANGUE FRANCAISE A MONTREAL 1.Pourquoi parlez-vous toujours de la \u201cConfédération canadienne\u201d alors que le B.N.A.Act, qui est le fondement constitutionnel du Canada, indique le désir qu\u2019ont eu les Provinces en 1867 \u201cde se fédérer en un dominion placé sous la Couronne du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande et régi par une constitution semblable en principe à celle du Royau- me-Uni\u201d\u201d?2.Le respect des droits des deux langues au Canada vous importe beaucoup.\u201cLe français est langue officielle au Canada,\u201d répétez-vous.Ne savez-vous donc pas que les seuls droits accordés à la langue française au Canada sont limités par le B.N.A.Act aux suivants: 1) Parler français à la Chambre des Communes et au Sénat, de même qu\u2019à l\u2019Assemblée et au Conseil législatif du Québec; 2) Faire usage du français devant les tribunaux de la Province de Québec ainsi que devant les tribunaux fédéraux ; 3) Publication des lois québécoises et fédérales en anglais et en français.Le Canada n\u2019est donc pas un pays officiellement bilingue.Ainsi, quand vous réclamez des chèques bilingues, ou un fonctionnarisme bilingue, ne sa- vez-vous donc pas que vous demandez des privilèges, et non la reconnaissance de vos droits ?3.Vous recherchez l\u2019établissement d\u2019écoles françaises et l\u2019enseignement du français dans les dix provinces du Canada.Le B.N.A.Act, lui, n\u2019en parle nulle part.Le seul article (art.93) où il est fait mention de l\u2019Education, traite des écoles séparées quant à la religion, et nullement quant à la langue.Alors, ne faites-vous pas fausse route?4.Dès le lendemain de la Conquête, nos élites demandaient que le droit français soit établi au Canada afin de préserver le caractère français de la population.En 1774, l\u2019Acte du Québec établissait le droit privé français au Canada, mais tout le droit publie \u2014 constitutionnel, pénal, administratif \u2014 nous venait d'Angleterre.Or, si l\u2019axiome droit français \u2014 caractère français est vrai, la confédération ne fait-elle de nous que des demi- Français, des hybrides, puisque la moitié du droit au Québec \u2014 tout le droit public \u2014 est d\u2019inspiration britannique?5.Vous êtes fiers de l\u2019autonomie juridique du Québec.Pourquoi alors permettre que les juges qui sont chargés d\u2019administrer et d\u2019interpréter le droit québécois \u2014 c\u2019est-à-dire les juges des Cours Supérieures et de la Cour d\u2019Appel du Québec, ainsi que les juges de la Cour Suprême \u2014 soient tous nommés et payés par le gouvernement anglo- on d\u2019Ottawa?(Voir art.96 et 101 du B.N.A.c Ce titre peut paraitre exagéré et pourtant il est juste.De toutes les stations de radio à Montréal, qu\u2019elles se disent de langue anglaise ou française, une seule, C.K.L.Ma le courage de s\u2019afficher comme une station entièrement de langue française où la chansonnette américaine est bannie et où on fait une large place à la chansonnette française, québécoise et aux émissions à caractère local.À C.K.L.M., jamais un mot d\u2019anglais.Nous ne pouvons que féliciter les directeurs d\u2019avoir adopté une pareille politique.Voilà des gens qui se tiennent debout et qui n\u2019ont pas peur d\u2019affirmer qu\u2019ils existent.Nous voyons là également une preuve du respect qu\u2019ils portent à leur auditoire.C.K.L.M.est donc la seule station de radio entièrement de langue française à Montréal.Serait-il exagéré de dire qu\u2019elle est la seule au Québec ?En ce qui concerne la radio, la situation est déplorable, et elle l\u2019est par notre faute.Disons deux mots de deux autres stations de Montréal : C.J.M.S.et C.K.G.M.C.J.M.S.est officiellement de langue française.On a même l'audace de prétendre que c\u2019est le PE EE Bape poe ES Ee Ta oy FL 6.Vous voulez préserver le caractère français du - droit civil québécois.Pourquoi alors permettra que la Cour qui interprète en dernière instance notre droit français soit une Cour composée en majorité de juges anglo-saxons, ayant reçu une éducation juridique anglo-saxonne et ne connaissant à peu près rien du droit civil québécois ?7.\u201cLorsque nous serons forts économiquement, nous n\u2019aurons pas besoin de l\u2019indépendance polis tique,\u201d dites-vous .Mais l\u2019indépendance économique est impossible sans indépendance politique, Pouvez-vous nommer un seul pays qui ait obtenu son indépendance économique sans avoir au préalable conquis son indépendance politique?8.Nous sommes maîtres de nos ressources naturelles (art.109 du B.N.A.Act) \u201cDéveloppons-les et nous serons maitres chez nous,\u201d dites-vous, Mais, ne savez-vous pas que le B.N.A.Act (art.92 (10)c) donne au Parlement fédéral juridiction sur \u201ctous les travaux qui, bien qu\u2019entièrement si tués dans la province, seront, avant ou après leur exécution, déclarés par le Parlement du Canada devoir profiter au Canada en général ou à deux ou plusieurs provinces\u201d?Donc, par une simple déclaration, Ottawa peut s\u2019accaparer de la\u2019 juridiction et du contrôle de nos mines, de nos installations industrielles, de nos ressources hydrauliques.Comment, messieurs les fédéralistes, comp- tez-vous éliminer cette épée de Damoclès ?9.Si, en démocratie, c\u2019est la majorité qui domine, comment la nation canadienne-française pourra- t-elle jamais, au sein de la Confédération, prétendre à l\u2019égalité avec la nation canadienne- anglaise, alors qu\u2019il existe au Canada : \u2014 1 province canadienne-francaise contre 9 provinces anglo-saxonnes ; \u2014 T5 députés du Québec à Ottawa contre 190 députés des provinces anglo-saxonnes ; \u2014 5 millions de Canadiens français contre 13 millions d\u2019Anglo-Saxons.10.Que pensez-vous de > déclaration suivante du Professeur Frank SCOTT \u201cAucune culture ne peut s\u2019épanouir dans un \u201cEtat\u201d tel qu\u2019une province canadienne, dont la constitution ne reconnaît aucune juridiction sur la monnaie ni sur les banques, ni sur le commerce international ou même interprovincial, ni sur les transports et télécommunications (y compris la radio et la télévision), ni sur les forces armées, ni sur le Droit pénal; bref, un \u201cEtat\u201d dont les pouvoirs de taxation sont limités et dont les lois mêmes peuvent être désavouées peut encora moins maîtriser son économie.\u201d Voilà ce qu\u2019écrivait, en 1957, monsieur Frank Scott, doyen de la faculté de Droit, à McGill.Nous aurions vraiment mauvaise grâce de mettre en doute l\u2019opinion d\u2019un expert en Droit constitutionnel.\u201cRefaire la constitution,\u201d dans ces conditions, \u2018serait une tâche plus ardue que la proclamation de l\u2019Indépendance.Qu\u2019en pensez-vous, monsieur Dorion?poste national des Canadiens français.Quella farce ! Du \u201chit parade\u201d américain presque 24 heures par jour, c\u2019est ce qu\u2019on nous sert, et on a le culot de prétendre que ce poste est français C.J.M.S.est une honte et un déshonneur pour les Montréalais.Et nous ne parlons pas du mauvais goût constant qu\u2019il affiche.C.K.G.M.est une station de langue anglaise.Très américaine, très \u201cflashy\u201d, inécoutable.Mais ce qu\u2019il y a de plus grave, c\u2019est qu\u2019on permet sur ce poste la diffusion d\u2019une émission qui répand l\u2019eg- prit le plus haineux et le plus étroit qui soit : nous voulons parler de \u201cOpen Mind\u201d qu\u2019anime M.Bob Davies.Nous comprenons mal le titre de l\u2019émission quand nous savons que M.Davies insulte régulièrement les Canadiens français en général et tous ceux qui ne sont pas d\u2019accord avec lui en particulier.Chez M.Davies le préjugé est roi, l\u2019accusation est gratuite et méchante, le crachat est la forme la plus répandue de l\u2019expression.Ce semeur da haine doit disparaître des ondes de C.K.G.M.Qu\u2019attend done le Bureau des Gouverneurs pour sévir contre de pareils agissements ?Mais, encore une fois, bravo C.K.L.M.| PAGE 5 4 faut refaire la Confederation.Yl faut reverur à esprit de 1867.Partenaires égaux slogans des fédéralistes.Nous répondons: : PAGE 6 dans une Confédération renovee.Ce sont là les On a lancé le ballon : la solution à tous les maux dont souffrent les Canadiens français au Canada, ce serait de refaire la Confédération.Nous voulons dénoncer ce nouveau mythe qui risque d'entraîner les nôtres à la poursuite d\u2019un rêve aussi irréalisable que celui de faire fonctionner équitablement le régime actuel, et au terme duquel nous nous retrouverons, et pour un autre siècle, frustrés de nos légitimes aspirations.Disons d\u2019abord que le Canada n'est pas une confédération, c\u2019est-à-dire la réunion d'Etats souverains avec, à leur tête, un organe de consultation et de coordination.Le Canada est un Etat fédéral où la presque totalité du pouvoir politique repose entre les mains d'Ottawa, et où on a laissé aux \u2018\u2018provinces\u2019 des pouvoirs purement locaux (\u2018\u2018municipaux\u2019\u2019 disaient les Pères de la Confédération) sur lesquels d'ailleurs le gouvernement central ne cesse d\u2019empiéter.Parler d\u2019 \u2018Etat du Québec\u201d dans le cadre de la Constitution actuelle, c'est prendre ses rêves pour la réalité, à moins que ce ne soit prophétiser ce que sera le Québec avant longtemps.n'y a, au Canada, qu'un Etat (et non onze) dans lequel ce que les juristes appellent la \u2018compétence juridique\u201d ou le pouvoir de faire des lois est partagé entre onze \u2018gouvernements\u2019, et fort inégalement d'ailleurs.Refaire la Confédération pourrait donc vouloir dire faire une confédération au Canada, c'est-à-dire créer une union au sein de laquelle deux ou plusieurs Etats souverains s'entendraient sur un certain nombre de points, conserveraient chacun la presque totalité du pouvoir que détient seul aujourd\u2019hui Ottawa, et qui confieraient à un organisme central le soin de coordonner l'action dans certains domaines.De multiples raisons nous portent a rejeter une pareille solution.Examinons-en quelques-unes.D\u2019abord, qui négocierait une pareille constitution ?Du côté de Québec, nos politiciens actuels qui se sont moqués de l'idéal de I\u2019 Indépendance et qui croient encore possible \u2018\u2019l\u2019épanouissement des Canadiens français au sein de la Confédération\u2019 ?Mais si aujourd'hui, ils sont assez aveugles pour croire cette chose possible, pourquoi iraient-ils réclamer une nouvelle confédération demain ! S'ils tolèrent la situation aujourd\u2019hui, \"L\u2019INDÉPENDANCE \u2014 FÉVRIER \u2014 1963 pourquoi la dénonceraient-ils demain alors qu'elle paraîtra meilleure, grâce à quelques concessions stratégiques consenties par la majorité anglaise ?S'ils ne comprennent rien à la misère dans laquelle nous sommes aujoud'hui, pourquoi irions-nous leur confier demain la tâche de nous forger de nouvelles chaînes à Ottawa.Ils ont déjà assez bien démontré qu'ils sont prêts à accepter n'importe quoi, que pourrions-nous attendre d'eux s'il s'agissait de négocier avec Ottawa un nouveau statut pour le Québec ?Et du côté d'Ottawa, que pourrions-nous attendre des politiciens d'aujourd'hui lorsque leur chef de file, M.Diefenbaker vient de déclarer que \u2018\u2018this idea that Canada is about to disintegrate has no place in my thinking\u201d, (cette idée que le Canada est sur le point de se désagréger ne saurait effleurer ma pensée, et qu'il ne doit y avoir qu'un Etat et qu\u2019une nation au Canada.On ne peut tout de même pas nous dire que l'opinion du premier ministre du Canada est négligeable.S'il s'est prononcé de facon aussi catérogique c'est qu'il est sûr d'être appuyé par la majorité de ses campatriotes de langue anglaise.Et c'est avec des individus de cet acabit que nous irions négocier une confédération améliorée ?Rentrons-nous bien ceci dans la tête : les Anglais ne veulent pas refaire la Confédération et pour une raison bien simple, elle ¥ 3 Ts ce leur accorde un rôle dominant dans les affaires du Canada et leur permet d\u2019espérer avec raison que si le régime dure encore un demi-siècle, le problème cana- dien-français sera résolu.faute de Canadiens français.Croire qu\u2019ils referont la Confédération pour faire de nous des partenaires égaux c'est croire qu\u2019un gueux va réussir à \u2018négocier\u2019 avec un millionnaire le partage de la fortune de celui-ci, \u201catin que le millionnaire puisse goûter les joies de l'égalité\u201d Les joies de l'égalité auxquelles on nous convie, les Anglais eux peuvent s\u2019en passer ; ils ont celles beaucoup plus tangibles du pouvoir, de la domination et de la richesse.C\u2019est nous bercer d\u2019une illusion fatale que de croire qu'ils vont lâcher la proie pour l'ombre.Nos chances d'obtenir justice au sein d'une Confédération refaite sont nulles.Il serait facile d'améliorer sensiblement lé \u201c L\u2019INDÉPENDANCE-\u2014 -FEVRIER \u2014 1963 sort des francophones partout au Canada, même au sein de la Confédération actuelle.Or il ne se fait rien en ce sens.On nous dit souvent à nous, indépendantistes: \u2018Avant de parler d'indépendance, commencez donc par utiliser les pouvoirs que la Constitution vous accorde\u2019.Et bien, aux partisans du \u2018\u2018refaire la Confédération\u201d, nous retournons l'argument : \u201cAvant de parler de refaire la Confédération, commencez donc par obtenir quelque chose des Anglais au sein de celle que vous avez déjà, si vous en êtes capables !\u2019\u2019 Mais ils savent très bien qu'ils n\u2019en obtiendront rien de bon.C'est pourquoi il leur paraît plus facile de nous situer leur nouvelle terre promise dans une Confédération refaite qu\u2019ils sont seuls à vouloir et qu'ils devraient savoir qu'ils n\u2019obtiendront jamais.Quant à nous, si nous rejetons l'argument c\u2019est parce que nous savons que les pouvoirs du Québec sont dérisoires \u2014 ainsi que viennent encore de le confirmer deux faits récents : la Shawinigan Chemicals et l\u2019aide à la formation technique et professionnelle \u2014 et que pour parler de société adulte, de politique de grandeur et d'épanouissement national, il faut posséder tous les pouvoirs d\u2019un Etat que nous n\u2019obtiendrons qu'avec l'indépendance.Mais que serait le Québec dans cette confédération refaite \u2014 a supposer un instant qu\u2019elle pourrait se faire ?Peut-on sérieusement nous faire croire que les neuf autres provinces vont gentiment se fondre en une -seule pour faire contrepoids au Québec ?Rêvons mais ne délirons pas ! Il y a une chose qui prime dans l'esprit de nos compatriotes anglo-saxons et dans leur conception de la démocratie : la loi du nombre.|! suffit d\u2019avoir la majorité pour avoir le droit d'imposer sa volonté à la minorité qui elle perd.alors le droit de se plaindre.Qui va soutenir que les.neuf autres provinces vont renoncer de gaieté de coeur à cet avantage écrasant que leur donne contre nous leur \u201cdémocratie\u2019\u2019 pour le simple plaisir de devenir \u201cnos\u2019\u2019 partenaires égaux ?Et s'ils n\u2019y renoncent pas, inutile de nous dire qu'ils ne seront peut-être que deux ou trois au lieu de neuf contre nous.lls seront aussi forts à deux contre un qu\u2019ils le sont à neuf et nous demeurerons d\u2019éternels perdants.Et maintenant, posons-nous la question suivante : si nous croyons vraiment à la SEC TN Rn démocratie, avons-nous le droit, étant \u2014 c'est un fait \u2014 numériquement une minorité au Canada, avons-nous le droit d'imposer notre volonté à la majorité et d'exiger que le Canada devienne un pays bilingue et biculturel, ce que la Constitution ne reconnaît pas et ce que la majorité nie avec le premier ministre ?N\u2019est-ce pas là une forme aberrante d'impérialisme, impérialisme condamné d'avance à l\u2019échec mais que certains entretiennent comme un rêve de grandeur qui leur permet de négliger les tâches réelles et urgentes de la nation.En.d'autres termes, pendant qu\u2019une certaine élite s'emploie à conquérir le Canada a la cause du.francais et compte comme victoire le fait que douze anglophones manifestent de l'intérêt pour notre langue dans les autres provinces \u2014 tout en continuant de refuser aux Canadiens français d'apprendre cette même langue dans leurs écoles \u2014 la cause du français accuse un recul constant au Québec même où les nôtres adoptent l'anglais, le font apprendre à leurs enfants parce qu\u2019il est la clé du succès, où nos universitaires étudient dans des manuels en anglais et où les ouvriers doivent travailler dans une langue étrangère.Il y a là quelque chose qui tient de la fumisterie ou.de la pathologie.Nous croyons, quant à nous, que c\u2019est plutôt régime actuel, et c\u2019est une raison de plus à nos yeux pourquoi il ne faut pas refaire la Confédération.Nous vivons une crise du sens politique qu'il nous faudra bien résoudre un jour.Nous ne pouvons plus tolérer d'envoyer à Ottawa où réside tout .le pouvoir politique, des représentants dont on ne tient aucun compte, quelle que soit leur compétence.Qu'on relise les propos de Me Noël Dorion ; et sous les libé- .raux, la situation était la même et plus grave en un sens puisque la présence là- bas de quelques personnages prestigieux pouvait laisser croire que nous étions écoutés, que nous avions du poids dans les décisions.Or il est certain aujourd\u2019hui qu'à Ottawa, les nôtres ne sont écoutés qu'à compter du moment où ils se sont 6 + \u2019 \\ .* ., adaptés\u2019, c'est-à-dire où ils ont cessé d'être Canadiens français pour devenir une forme de maladie qu\u2019entretient le \u201c * 9 , .r , canadians\u2019\u201d\u2019.Cette réalité qu\u2019on ne peut plus cacher au peuple québécois, c'est le vrai visage de la Confédération.Comment peut-on, dans ces circonstances, reprocher aux Québécois de se désintéresser de là grande politique ?Pendant ce temps, au Québec, nous jouons aussi \u2014 avec leg pouvoirs en moins \u2014 la comédie de là démocratie à la \u2018\u2019canadian\u2019\u2019 et le peupl se détourne de la politique parce qu'il sent bien que là aussi elle lui échappe, qu\u2019elle est subordonnée aux exigences de la caisse des partis alimentée par la grande entreprise.|! ne reste plus aux \u2018\u2018représentants du peuple\u201d qu'à distribuer des \u201cjobs\u201d et a goiter les bienfaits du \u201cpas tronage\u201d.: Dans un tel contexte, que nous reste-t-il de grand qui n\u2019est pas bafoué quotidiens nement, et où irons-nous chercher les ressorts de la fierté, de l\u2019enthousiasme et du dévouement à l\u2019égard d\u2019un régime dans lequel nous sommes brimés, trompés, volés ! I nous faut l\u2019indépendance comme il faut le grand air à un organisme sain, Cessons de chercher par tous les moyens à améliorer notre condition de valets au Canada.La meilleure confédération ne vaudra jamais l'indépendance.Dans une Confédération refaite, nous serions sans doute plus libres, mais avec encore les désavantages d\u2019une association avec le Canada anglais et en moins les avantages de la souveraineté totale.Il nous faut l'indépendance, c'est à partir de là que nous pourrons négocier, d\u2019une position forte, nos ententes et nos accords avec le reste du Canada.: Nous voulons être maîtres chez nous ?Une seule voie nous y mènera : l'indépendance.Psychologiquement, la Confédéra« tion même refaite perpétue chez les nôtres ce sentiment d'infériorité qui nait de notre condition d\u2019éternels minoritaires, et elle entretient l\u2019aliénation des nôtres à l'égard de la politique.La Confédération bloque toute tentative de revaloriser la politique au Québec et d'instaurer chez nous une véritable démocratie.Il faut défaire la Confédération.C\u2019est un devoir pour nous d'assumer nos responsas bilités et de les faire assumer au peuple québécois.Seule l\u2019indépendance nous permettra d'atteindre ce but.ARIES PAGEZ MONSIEUR LESAGE A (COMPRIS Monsieur Lesage vient d'annoncer l'émission prochaine d'ebligations d'épargne du Québec.La R.I.N.qui réclamait cette mesurs depuis longtemps ne peut que se réjouir d'une pareille décision et féliciter M.Le- sage d'avoir compris que cette mesure était nécessaire.Il faudra cependant qu'on fasse autour de ce projet une très grande publicité et qu'on engage tous les Québécois à se défaire de leurs obligations d'épargne d'Ottawa pour acheter celles du Québec.On sait que les Québécois possèdent pour 800 millions de dollars de ces obligations fédérales.Il appartient donc au gouvernement du Québec de faire comprendre à tous que l'argent du Québec doit rester au Québec pour aider à notre libération nationale.Et s'il faut dénoncer Ottawa, de grâce qu'on n\u2019hésite pas à le faire.Félicitations M.Lesage.Et continuer.Souvenez-vous que les Québécois, dans leur grande majorité, désirent l'établissement d'une loterie nationale.Le R.I.N.pour sa part a mis cet article a son programme: \u201cLe gouvernement du Québec libre établira une loterie nationale dont les revenus serviront au financement de la sécurité sociale\u201d.Nous savons fort bien que l\u2019article 149 du Code Pénal interdit d'\u2018établir uns pareille loterie sur le territoire québécois.Prener vos responsabilités, M.Lesage.Faïites-le sauter ce code pénal d'un gouvernement étranger.Rendez-vous au désir du peuple québécois, Il! veut une loterie nationals : donnez-la lui.LA VERITABLE INDEPENDANCE par Léopold Senghor (président de la République du Séné Ce texte est reproduit À présence africaine\u201d Nous parlons beaucoup d\u2019 indépendance depuis quelques années.La véritable indépendance est celle de l'esprit et du coeur.Un peuple n\u2019est pas REELLEMENT indépendant quand, acquise L'INDEPENDANCE NATIONALE, ses dirigeants importent, telles quelles, des institutions \u2014 politiques, économiques, sociales, culturelles \u2014 qui sont ailleurs les fruits naturels de la géographie, de l\u2019histoire, de la race.Je n\u2018en disconviens pas, toute institution, toute valeur morale ou technique tient de l\u2018homme.À ce titre, elle a une valeur universelle.Encore, faut-il l\u2018adapter aux réalités du terroir, en en retenant l'esprit plus que la forme.Ce serait nous appauvrir et très probablement renoncer à rattraper notre retard millénaire que, sous prétexte de lutte anticolonialiste, refuser les apports de l\u2019Europe.Comme l\u2018écrivait le leader syndicaliste tunisien, Ahmed Ben Salah : \u2018Sous peine de conduire à une marche à rebours, à une régression, la décolonialisation ne doit pas être un processus inverse de la coloniali- sation.L'échec de plusieurs pays anciennement colonisés ne s'explique que par ce formalisme superficiel, négatif et stérile.La décolonialisa- tion doit d\u2019abord signifier une révolution profonde des structures mentales, morales, sociales et économiques.Cette révolution n\u2019est pas destruction de l'acquis colonial, mais utilisation et réorientation fondamentale de cet acquis, considéré comme un instrument arraché à la colonisation et susceptible de recevoir une nouvelle destination.\u201d Paraphrasant un leader de l\u2019Istiqlal, je résumerai : \"Il ne s'agit pas de détruire le fait colonial; il s'agit de le dépasser.\u201d MOT D'ORDRE POUR LES PROCHAINES ELECTIONS FEDERALES Aux prochaines élections fédérales, annulons notre vote.Voilà le mot d\u2019ordre qu'a lancé dernièrement le Conseil Central du R.I.N.Pourquoi?Parce que nous ne croyons plus en la Confédération.Parce que 75 députés du Québec au gouvernement fédéral, fussent.ils tous des génies, n\u2019\u2018arriveront jamais à renverser la majorité anglo-saxonne composée de 190 députés (mème s'ils sont loin d\u2019être tous des génies).Parce que nous n\u2018avons pas à participer aux élections d'un gouvernement étranger qui tous les jours fait preuve de sa mauvaise foi et de son manque total de respect envers les Canadiens français.Parce que notre premier souci doit être l\u2019Indépendance du Québec et que nous devons y consacrer tous nos efforts.Parce qu'il faut arrêter de travailler sur deux plans (fédéral et provincial) tout en sachant fort bien que le fédéral travaille toujours contre nous.Parce qu'il faut refuser de nous faire les complices d\u2019une politique de chantage, de compromis, de demi-mesures et d'hypocrisie.Parce que nous n\u2019avons pas de temps à perdre.Parce que nous voulons être libres.Parce que nous refusons de faire le jeu des fédéralistes qui prétendent pouvoir obtenir une refonte de la Constitution et qui ne nous ont jamais dit de quelle façon la Confédération pouvait être améliorée.Parce que nous avons fini de jouer aux fous.Parce qu'il est temps pour nous de prendre nos responsabilités et de nous gouverner nous-mêmes.Voilà quelques-unes des raisons pour lesquelles le R.I.N.recommande à tous ses membres ainsi qu'aux Québécois en général d\u2018annuler leur vote lors des prochaines élections fédérales.L\u2019INDÉPENDANCE \u2014 FÉVRIER \u2014 1963 COMMENT NAISSENT LES REVOLUTIONS Alexis de Tocqueville fut toujours un observateur passionné et lucide, qui se soucia avant tout de dévoiler les périls encourus par la liberté, dans tous les régimes.Voici ce qu\u2019il disait de la naissance des révolutions.Ses paroles, écrites il y a plus de cent ans, sont de brûlante actualité au Québec.Si ce qu'il dit est vrai (et nous le croyons) alors nous sommes en pleine période pré-révolutionnaire.\u201c.Ce nest pas toujours en allant de mal en pis qu'on tombe en révolution.Il arrive le plus souvent qu'un peuple gui avait supporté sans se plaindre, et comme s'il ne les sentait pas, les lois les plus accablantes, les rejette violemment dès que le poids s'en allège.Le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d'ordinaire celui où il commence à se réformer.(NDLR : La réforme de nos fédéralistes: il faut refaire la Confédération.) Il n'y a qu'un grand génie qui puisse sauver un prince qui entreprend de soulager ses sujets aprés une oppression longue.LE MAL QU'ON SOUFFRAIT PATIEMMENT COMME INEVITABLE SEMBLE INSUPPORTABLE DES QU'ON \u2018 CONÇOIT L'IDEE DE S'YY SOUSTRAIRE.Tout ce qu'on êôte alors des abus semble mieux découvrir ce qui en reste et en rend le sentiment plus cuisant: le mal est devenu moindre, mais la sensibilité est plus vive.Les plus petits coups de l\u2019arbitraire de Louis XVI paraissaient plus difficiles à supporter que tout le despotisme de Louis XIV.Le tourt emprisonnement de Beaumarchais produisit plus d'émotion dans Paris que les dragonnades.\u201d Service téléphonique 24 heures par jour POUR VOTRE CONTRAT D'HUILE A FOURNAISE VEUILLEZ CONSULTER LES HUILES CASTEL LTÉE \u201cbrûlent de vous servir\u201d 681-6046 CLAUDE BERNIER, PROPRIÉTAIRE, 53, RUE MARIE DE L'INCARNATION QUEBEC 8 P.Q.Service de livraison automatique SESSION NATIONALISTE L'inconscience de nos fédéralistes n\u2019a pas de bornes.Le mardi 15 janvier, a Presse publiait la manchette suivante en première page: \u201cSession nationaliste.\u201d Sous ce titre promet- feur, nous nous attendons a ce qu\u2019 \u2018on nous raconte que la nouvelle session sera faite de projets tous plus spectaculaires les uns que les autres vie sant à libérer la nation canadienne- Attention, M.Comtois.si la Reine vous voyait française.Il faut vite se détromper.Après avoir rapidement donné les principaux points qui doivent mars quer le \u2018\u2019discours du trône\u201d (déjà le colonialisme), le journaliste nous fait une description détaillée de ce que sera l\u2019ouverture de cette fameuse \u201csession nationaliste.\u2019 Voici ce qu\u2019il nous dit : \u201cPour la première fois, le lieutenant- gouverneur (poste qui nous est attri- 5 bué par je ne sais plus quel gouvernement colonialiste, celui de Londres ou d'Ottawa, NDLR) Paul Comtois portera son uniforme de gala à broderies dorées, qui pèse comme dix complets-vestons ordinaires.(Ce que ça peut être embarrassant de représenter la reine.NDLR.) Le programme prévoit qu'à son arrivée du Bois-de-Coulonge, S.Exc.le représentant de la reine (sic) sera accueilli, devant les édifices gouvernementaux, par une garde de 100 hommes du 22e Régiment Royal (re- sic) sous le commandement du major J.-L.Barthe.La fanfare attaquera les premières mesures de l'hymne \u201cDIE SAUVE LA REINE\u201d; et, des hauteurs de la citadelle, les artilleurs tireront une salve de quinze coups de canon.\u201d lI est bien inutile de poursuivre davantage.En voilà assez pour nous écoeurer suffisamment.C'est ça l\u2019ouverture d\u2018une \u201csession nationaliste\u201d au Québec.C\u2018est à crever de rire ou à brailler de honte.Et ces mêmes gens qui se plient avec le sourire à toutes ces bouffonneries, qui se tiennent à l\u2018attention lorsqu\u2018\u2019on leur joue l'hymne national d\u2019un pays étranger, qui se pavanent comme des paons dans une cérémonie imposée aux vaincus que nous sommes par les conquérants de 1760, ce sont ces gens qui prétendent opérer la libération du Québec et qui nous font marcher avec des \u2018Maîtres chez nous.\u2018 Une session nationaliste ça ?Allons donc, Tout Juste un Mauvais \u2018\u2019commercial\u201d qui nous vient de Londres, qui nous est imposé par Ottawa et que nous avons servilement traduit pour faire avaler à nos compatriotes la mauvaise pilule.Tout cela est déjà assez triste en soi, au moins qu'on ait la décence de ne pas en faire les manchettes de nos journaux.Si, par hasard, ceux-ci s'égaraient dans le reste du monde, et surtout dans les quelque 50 pays qui ont conquis leur indépendance depuis la dernière guerre, quel bel éclat de rire cela provoquerait.Que faudra-t-il donc à nos fédéralistes pour qu'ils prennent un jour conscience de leur inconscience ?NOS ANNONCEURS Vous aver pu remarquer que notre journal, chaque mois, se couvre de quelques annonces de plus.Ces annonceurs aident à faire vivre L\u2018IN- DEPENDANCE.Avec les abonnements, c\u2019est notre seule source de revenus.Aussi nous ne saurions trop vous rappeler qu'il faut encourager ces commerçants, hommes d'affaires, industriels qui, tout en se faisant de la réclame, aident la cause de l\u2018indépendance.Pour qu\u2019ils continuent à annoncer chez nous il faut qu\u2019ils sentent que cela est utile, qu\u2019ils peuvent y gagner quelque chose.Cela est normal.N\u2018oublions pas non plus que pour certains d'entre eux c\u2019est souvent un acte de courage d'associer leur nom au nom de L'INDEPENDANCE.C'est parce qu'ils sont conscients du désir de libération de la nation ca- nadienne-française qu'ils le font.Ils s'attendent à en tirer des profits?Soit.Mais nous aussi nous en tirons des profits.Qu'on se souvienne de leur nom et qu\u2019on fasse affaire avec eux le plus souvent possible, c\u2019est un des meilleurs moyens pour que le journal continue à viv LA REDACTION -\u2014 L'INDÉPENDANCE -\u2014 :FÉVRIER-= 6 sO ee ea sos \u2018.oreTar eres eee $10.00 $6.20 le mille PACE 10 PRE REAR ry a A - a - A Lo.RR a I A 8 Nl A + PR PS 208 - = .ee eds RCE ER PE Ro ve in EET ERE [OR DN PPS CO EN p RSE EE Pr RTE Ey A pu RCL 8 NRTA aE ER a sg Fog me NT at ESRI CE AN URN I = OF I St ARIMA\" SFI kg RE VERS TRES + EC RECENSE AE RE PP AS - Si x F4) a ES (EF AE TA A NE ES a 4 Jusqu'à présent il n'a pas été souvent question dans cette chronique de la presse du Canada anglais.Sans doute est-il donc utile de signaler dès maintenant que Jes journaux anglo-cana- diens suivent avec un vif intérêt toutes les activités du mouvement indépendantiste québécois.Ainsi la défection de Marcel Chaput et sa décision de créer un parti rival du RIN ont été soulignées dans les journaux canadiens-anglais i, d\u2019une façon générale, s\u2019en ré jouissent parce qu\u2019ils y voient un événement de nature à affaiblir le mouvement indépendantiste québécois.Dans son édition internationale du 2 janvier, par exemple, le Globe and Mail de Toronto analyse la situation avec assez de lucidité dans un article de son correspondant de Québec, intitulé \u201cUn nouveau groupement risque de nuire au séparatisme\u201d le GLOBE AND MAIL donne les explications suivantes : \u201cLe mouvement séparatiste Québécois vient de franchir une nouvelle étape avec la création d\u2019un parti politique préconisant l\u2019indépendance du Québec.Les observateurs politiques, cependant, sont loin d\u2019être convaincus que cet événement contribuera à convaincre les Québécois de se retirer de la Confédération.Cette incertitude, d\u2019ailleurs, ne se limite pas aux observateurs.Bon nombre de séparatistes s\u2019inquiètent aussi de la situation.Le différend (entre Marcel Chaput et le RIN) s\u2019était déjà manifesté indirectement en octobre dernier lorsque M.Chaput a été défait à la présidence du mouvement.Depuis, M.Chaput s\u2019est peu à peu dissocié du mouvement dont il avait été un des artisans, pour se rapprocher de l\u2019Al- lance lauren tienne, un groupement séparatiste rival, plus ancien, plus petit et plus à droite, qui est dirigé par Raymond Barbeau.\u201cLe mois dernier, le changement est devenu complet lorsque M.Barbeau a annoncé que son groupement accordait un appui total au nouveau parti, tandis que les dirigeants du RIN le dé- noncaient.\u201cEn fait, le geste de M.Chaput semble avoir divisé les séparatistes plus que jamais auparavant.Dans sa déclaration, le RIN a déjà affirmé son intention d\u2019entrer sur la scène politique dans deux ans.Aucun séparatiste ne peut se réjouir de la confusion qui résulterait de l\u2019existence de deux partis séparatistes qui se combattraient l\u2019un l\u2019autre en même temps qu\u2019ils lutte- roient contre la Confédération.\u201d L\u2019édition internationale dy GLOBE AND MAIL est rés pandue dans toute l'Europe et même à travers le monde, principalement dans les pays anglophones, Mais la nouvelle de la dise sidence de Marcel Chaput et la fermation du PRQ a eu um retentissement plus vaste.Dans toute l'Afrique, par exemple, la BBC et Radio-Brazzaville en ont parlé.Le moins que l'on puisse dire est que les nouvelles de ce genre ne sont pas de nature à nous trouver des appuis internationaux, ni à inspirer confiane ee dans le mouvement indépendantiste québécois.Le Service international du RIN 4140, Boul.LÉVESQUE NOrmandie 1-7668 LOUIS - ROLAND PESANT, Ls.c, Lio.Courtier en assurances St-Vincent-de-Paul 11119, boul.St-Vital LEONIDE JOUR : Résidence : 2085, boul.DUVERNAY Edifice de la Caisse Populaire DA.2-9660 Montréal-Nord LALONDE Notaire lundi au vendredi \u2014 Sh.à 12h:30 et 1h.30 à 5h.SOIR : lundi et vendredi de 7h.30 à 9h.Lévesque, TEL.: 663-2454 ADRESSES DES SECTIONS DU R.LN.Argenteuil .P.263 Beauceville-Est uckingham-Masson Cap-de-la-Madeleine achute 220 Beauceville-Est 100 Masson 101 Cap-de-la-Madeleine eee esse seososSUTSS * Chambly .P.50 Longueuil Chicoutimi .P.775 Chicoutimi Jonquiére-Kénogami .P.274 Jonquière Donnacona .P.385 Donnacona Grand\u2018Mère P.375 Grand'Mère Hull .P.283 Hull Lévis .P.212 Lévis Matapédia .P.219 Causapscal Nicolet .310 Nicolet Québec 130 Québec Québec Etudiant .P.130 Québec Rimouski .P.172 Rimouski 311 Rivière-du-Loup 346 St-Bruno de Montarville Rivière-du-Loup St-Bruno de Montarville Saint-Jean .482 Saint-Jean Ste-Thècle .P.17 Ste-Thècle Sept-lles .P.501 Sept-lles Sorel .P.414 Sorel Thurso .P.308 Thurso Valleyfield .252 Valleyfield Laval .25 Laval-des-Rapides 1462 Trois-Rivieres 115, succ.B, Shawinigan 457 est, rue Laurier, Ottawa Régent Cote, Val Quesnel Trois-Riviéres Shawinigan Hull-Ottawa Etudiant St-André Avellin Ste-Anne-de-la-Pérade Bourget Jacques-Cartier Jeanne-Mance ANANNOANNNANNNNANNNNNNNNNONN 1553, rue Barré, Ville St-Laurent 7677, Iberville, app.4, Montréal Lasalle 367, rue St-Jacques, Ville St-Pierre Maisonneuve 6981, rue Lacordaire, Montréal Laurier 7890, rue de Gaspé, Montréal Mercier 4436, rue Messier, Montréal Montréal-universitaire 12286, rue Filion, Montréal Notre-Dame-de-Grâce C.P.178, succursale N.-D.-G.Outremont 773, rue Wilder-Outremont St-Henri 340, rue S!-Augustin, app.2, Mtl.St-Jacques 3439, rue St-Hubert, Montréal Ste-Marie .273, succursale Delorimier 4890, rue de Grandpré, Montréal 3640, rue Ethel, app.2 28, rue Arlington P.E.de la Chevrotière, Ste-A.-de-la-P.8990, Aimé-Renaud, St-Léonard, Mtl.A 8 - a.g Gai ak ee EAS [3 Re AIT dis IMPRIMERIE LEMOYNE ENRG.impressions commerciales et publicitaires YVES ROY OR.7-1429 PER PET NE rR CN Has ER Jee ee EE a STAI a RENT Bulletin d\u2019abennement à Indépendance Découpez eu copiez ce bulletin et adressez-le à L'INDÉPENDANCE 2157, rue Mackay, Mon:réal Ci-joint deux dollars pour douze numéros de l'Indépendance Téléphone: Kés.: .Frofession ou métier (Ecr're lisiblement S.V.P.) Bulletin d\u2019inseription au RIN Je destre m'inscrire au LIN.conz:me Découpez eu copiez ce bulletin et adressez-le à R.!.N.2157, rue Mackay, Montréal gr HE Membre militant Membre actif Membre sympathisent Nem .ciiiiinennnanns Adresse .1e 0 00085000 Téléphone : Rés.?.Profession ou métier iT SIREN [7] ($12.00 / AN) [1 (512.00 / AN) [1 ($ 2.00 / AN) - M.PEARSON | DECLARE | OUI AUX ARMES NUCLEAIRES M.DIEFENBAKER DECLARE SI NÉCESSAIRE QUI AUX ARMES NUCLÉAIRES av L\u2019INDÉPENDANCE \u2014 FÉVRIER \u2014 1963 L'Etat du Québec libre s\u2019opposera aux expérien- tes nucléaires et à l\u2019utilisation d\u2019armes nucléai- tes qui mettent en danger la santé et la vie humaine parce qu\u2019elles constituent des crimes contre l'humanité © Le Québec libre rejettera le recours à la guerre comme solution aux différends internationaux.® Le Québec libre préconisera une politique de désarmement international avec mesures de contrôle; puis, comme premier pas vers une paix durable, il refusera d\u2019entreposer toute arme nucléaire sur son territoire et déclarera caducs tous accords antérieurs ayant permis l'entreposage d\u2019armes ou l\u2019installation de bases de lancements d'engins militaires offensifs ou défensifs, nucléaires ou non.PAGZ 12 LES TROIS RÉSOLUTIONS CI-HAUT SONT TIREES DU PROGRAMME DU R.LN.NOUS AVONS DÉCIDÉ DEPUIS LONGTEMPS DE NE PAS NOUS OCCUPER DE CE QUI SE PASSE À OTTAWA, LE R.I.N, TRAVAILLE AU QUÉBEC POUR LE QUÉBEC.POURTANT DEVANT LA GRAVITÉ DU PROBLÈME (LES ARMES NUCLÉAIRES SONT UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT) NOUS NE POUVONS RESTER INDIFFÉRENTS AUX PRISES DE POSITION D'UN GOUVERNEMENT QUI NOUS TIENT ENCORE EN TUTELLE.SOUVENONS-NOUS DE LA CONSCRIPTION DE 1917, DE CELLE DE 1944.LE QUEBEC FUT ALORS EMBARQUE DE FORCE PAR OTTAWA DANS LES DEUX DERNIERES GUERRES.LA MEME MENACE PESE ENCORE UNE FOIS SUR NOUS PARCE QUE NOUS N'AVONS PAS CESSE D'ETRE UNE COLONIE D\u2019'OTTAWA.LE R.N.PROTESTE DONC AVEC FORCE CONTRE, LES DECLARATIONS DES CHEFS DES DEUX GRANDS PARTIS FEDERAUX AU SUJET DES ARMES NUCLEAIRES ET RAPPELLE AUX QUÉBÉCOIS QUE S'ILS ÉTAIENT INDÉPENDANTS ILS POURRAIENT EUX-MÊMES CHOISIR LEUR POLITIQUE EN CETTE MATIÈRE SANS AVOIR À SE SOUMETTRE AUX ORDRES D'UN GOUVERNEMENT ÉTRANGER.\u2018D'AUTRE PART, NOUS EXIGEONS QUE LE PREMIER MINISTRE DU QUÉBEC PRENNE SES RESPONSABILITÉS ET QU'IL DÉCLARE À LA FACE DU CANADA ET DU MONDE ENTIER LA VOLONTÉ DU QUÉBEC DE NE PAS ENTREPOSER D'ARMES NUCLÉAIRES SUR NOTRE TERRITOIRE.IL EST TEMPS DE SE TENIR DEBOUT ! ENFIN, LE R.N.VEUT ASSURER LE MOUVEMENT POUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE ET LA PAIX DE SON ENTIER APPUI DANS L'ACTION QU'IL MÈNE CONTRE L'IRRESPONSABILITÉ DU GOUVERNEMENT \"CANADIAN\u201c D'OTTAWA."]
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