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Titre :
L'indépendance : organe officiel du Rassemblement pour l'indépendance nationale
Éditeur :
  • Montréal :Rassemblement pour l'indépendance nationale,1962-1968
Contenu spécifique :
Vol. 4, no 6
Genre spécifique :
  • Journaux
Notice détaillée :
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L'indépendance : organe officiel du Rassemblement pour l'indépendance nationale, 1966-01, Collections de BAnQ.

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[" À la B of M un Canadien français sur treize officiers supérieurs A grand renfort de publicité, la Banque de Montréal annonce, par la voix de son président du conseil, M.Arnold Hart, la \u201cformation d\u2019une nouvelle Division de Montréal pour mieux servir la clientèle de la ville et du district de Montréal\u201d.Sur treize hommes dont les noms et les photos apparaissent dans les grandes annonces de journaux, douze sont des Anglo-Canadiens; le treizième, M.G.A.Rhéaume, est peut-être Canadien français.A vrai dire, il doit être Canadien français puisque de ces treize personnes, c\u2019est le seul qui soit l\u2019adjoint de quel- qu\u2019un d'autre, un Anglais bien sûr; les douze autres étant tous de langue anglaise sont, évidemment, des gérants généraux de plein titre.Cette nouvelle équipe, nous dit l'annonce, \u201caura la responsabilité des 84 succursales de la Banque situées à Montréal et aux environs immédiats.En réalité, l\u2019adjoint Rhéaume doit jouir de bien peu d'autorité puisque dans les journaux des provinces anglaises, on voit les photos des mêmes douze Anglophones, mais celle de M.Rhéaume n\u2019y est plus.A Montréal, ville d\u2019un million et demi de Canadiens français, la Bank of Montreal publie la photo de M.Rhéaume pour la façade.Décidément, la B of M se moque de nous.PAPINEAU LIVRÉ AUX ANGLAIS Oui, le peuple québécois est bien colonisé.1l laisse criger des statues à Wolfe et il abandonne la tombe de l'un de ses grands patriotes à des étrangers indifférents, sinon hostiles.En effet, le manoir de Louis-Joseph Paineau à Monte- bello, appartient à un groupe de businessmen canadian et américain, le \u201cSeigniory Club Community Association\u201d.Par conséquent, le peuple québécois n'a aucunement accès à ces lieux historiques.Le R.I.N.de la région de l'Outaouais a obtenu dernièrement l'autorisation de faire cette visite, après de longues démarches.C'est une occasion assez rare; aussi allons-nous vous faire part de nos constatations.Qu'avons-nous trouvé?Une maison et un parc admi- par rablement conservés, il faut le reconnaître.L'intérieur de la demeure est dans l\u2019état où l\u2019ont laissé les descendants de Papineau lorsqu'ils ont dû la vendre lors de la crise économique.Nous le savons, grâce à notre guide, M.Cyrille Lefebvre, vénérable et savoureux citoyen de Mon- tebello, qui a bien connu les enfants et petits-enfants de Papineau.Cependant, tout cela est réservé à un public tout à fait indifférent et presque uniquement anglophone.Le peuple québécois, pour lequel ces souvenirs ont leur vraie signification, est tenu à l'écart.Cette indifférence a eu de tristes résultats.La vaste bibliothèque que Papineau avait rassemblée, notamment lors de son exil, a été totalement dispersée en 1929.Cette bibliothèque occupait les deux étages de la tour percée de meurtrières que la \u201cCommunity Association\u201d qualifie pudiquement de \u201csystème d'aération\u201d.Perte encore plus regrettable que celle du musée, Papineau avait installé dans un bâtiment spécial, à deux pas du manoir, ses collections historiques sur la révolte de 1837.Les nouveaux maîtres n\u2019ont évidemment pas eu le souci de conserver cet ensemble: tout à été dispersé, égaré.15 JANVIER 1966, OPP Pr RET {Pa A Pepsi-Cola, un Canadien francais sur onze officiers supérieurs Par une publicité aussi flamboyante que celle de la Banque de Montréal, Pepsi-Cola a fait dernièrement savoir à sa clientèle montréalaise qu\u2019elle aussi avait réorganisé ses cadres supérieurs.On pouvait voir dans les journaux (anglais surtout) la photo des onze officiers supérieurs de cette compagnie.De ces onze hommes, dix sont de toute évidence Anglais; le onzième, M.Y.R.Comire est probablement un Canadien français.Deux raisons appuient cette hypothèse: d'abord, M.Comire est au PUBLIC RELATIONS.Or étant celui qui fait le lien entre la compagnie anglo-américaine et les clients montréalais à très grande majorité de langue fran- aise, M.Comire est francophone comme d'ailleurs tous es officiers de relations publiques à Montréal.Ça paraît mieux.Mais il est une autre raison qui permet au lecteur de supposer que M.Comire est Canadien français.C'est que de ces onze officiers supérieurs, c'est celui qui est à l\u2019emploi de Pepsi-Cola depuis le plus longtemps.Tous les autres entrèrent au service de cette compagnie après 1950 pour quelques-uns, et même après 1960 pour les autres.M.Comire, lui, travaille pour Pepsi-Cola depuis 1934.Ça lui a pris beaucoup plus de temps à monter que pour ses confrères de langue anglaise.Et pour ajouter à l\u2019affront, l'annonce nous apprend que c\u2019est la population de Montréal qui a fait Pepsi-Cola ce qu\u2019elle est aujourd\u2019hui.On ne peut pas le nier, Pepsi-Cola nous prend pour des poires.soquent dhers frermçers The defeat of the rebels Le musée sert aujourd\u2019hui de chapelle de la \u201cChurch of England\u201d.Le culte des loyalistes a évincé le souvenir des patriotes.Il y a plus.ou pire.On n'a pas complètement oublié la mémoire des patriotes au Club.Le bar du \u201cClub house\u201d, construction moderne, est agrémenté d'une fresque représentant la défaite des rebelles, scène propice à stimuler les libérations.Bien entendu, le Club constitue un arrogant îlot d'uni- linguisme canadian en plein Québec.Incident révélateur: si les dirigeants nous ont accueillis fort courtoisement et en français, ils se sont adressés en anglais à M.D'Aoust, maire de Montébello, qui les accompagnait.Sans commentaires.Les Québécois ne sont pas tout à fait absents du domaine.Ils peuvent y pénétrer comme domestiques ou fournisseurs: on leur a même réservé une entrée à cette fin.C\u2019est le rôle où on les confine; pas question que le Québécois moyen aille chasser ou faire un pique-nique en famille sur les 104 milles carrés du domaine.Non, cela est réservé aux millionnaires étrangers dont les modestes châlets portent des noms de toute origine, mais les moins Québécois possible.Pour mettre fin à cet état de choses, qui ne se produirait dans aucun pays normal, le R.I.N.réclame que la maison de Louis-Joseph Papineau et ses abords soient rendus à la nation québécoise.LA GUERRE DU VIETNAM RISQUE D'ENTRAÎNER L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC Jacques DUPONT Le Vietnam, c\u2019est le tonneau des Danaides.C'est un \u201cventre de boeuf\u201d dans lequel nos voisins y engouffreront hommes, matériels et fonds sans pouvoir faire plus que s\u2019y enliser davantage.La décision de se faire saigner sur les rives d'Asie appartient à la Maison Blanche.Nous n'avons rien à y redire.Par contre, celle de ne pas nous laisser \u201cembarquer\u201d, nous Québécois, est entre nos mains.Mais à nous d'y voir.Parce qu'au train où vont les choses en cette Confédération ou nous \u2018\u201c\u2018survivons\u2019, avant bien longtemps, certains de nos jeunes vogueront vers Da Nang, pendant que les autres, jeunes ou vieux, participeront financierement au cotit de l'expédition \u201cVietnam\u201d.Caouette est un rigolo, et nous n\u2019avons pas envie de rigoler.Mais Caouette sait aussi comment on manoeuvre en politique.Il n'avait pas tort quand il annonçait que le gouvernement libéral établirait bientôt la conscription.En passant, nous aurons alors une magnifique occasion de voir Marchand, Trudeau et Pelletier se renier une autre fois quand il leur faudra se justifier d'accepter cette mesure.Mais revenons aux choses sérieuses ! Peut-on concevoir que les U.S.A.vont accepter de se serrer la ceinture, de mobiliser des classes militaires, de payer le prix du sang et des larmes, en laissant les bons Canadiens reposer dans la tranquillité et l'insouciance ?Fi donc ! Alors qu'ils sont propriétaires à 60 p.100 du Canada.La manoeuvre est d'ailleurs déjà amorcée pour faire participer le Canada aux déboires des Etats-Unis.Et le Canada a si peu les moyens de discuter que tout s'est passé: sans le moindre cri à Ottawa.| Vous en doutez ?Alors pourquoi croyez-vous que Kie- rans a commis l'impair d'écrire directement à Washington ?Parce que, passant par Ottawa, sa missive aurait tout simplement été arrêtée; on aurait convoqué son auteur et on l'aurait prié à l'avenir de se fermer.la trappe ! Et lui Kierans, il faut qu\u2019il fasse quelque chose, à n'importe quel risque, pour sauver la situation ! Parce qu'il sait que quan les conséquences vont commencer à apparaître, les Québecois, qui se posent déjà très sérieusement des questions quant aux bienfaits de la Confédération, vont cette fois avoir compris.Quand ça va \u201cserrer\u201d, les Québecois vont sérieusement penser que si le Québec était indépendant, il pourrait être neutre ! Et faire comme le Mexique, et la France, et l'Italie et cent autres pays de par le monde.Regardez: Si çà n\u2019arrête pas prochainement, l'affaire du Vietnam, les Québecois vont voir ce que c'est que d'être obligés de suivre, bon gré mal gré ! Les Québecois, ils valent ce que vaut leur statut.À Washington, on n'a pas pris de gants pour dire à Kierans qu'il était un \u201csubordinate\u201d.Nous sommes donc nous aussi des \u2018\u2018subordonnés\u201d L'heure venue, on enverra les obéissants au Vietnam.Les \u201cinsubordonnés\u2019\u2019, il leur restera à se transformer en \u201czombis\u201d sur le Haut St-Maurice ou la Haute Péribonka ! Ah, si nous étions déjà indépendants ! Comme nous pourrions faire nôtres les récentes paroles de de Gaulle: Le Québec ne se laissera pas entraîner dans un conflit qui ne le concerne pas ! SOMMAIRE Les prophéties de Claude Ryan Le Vietnam et l'indépendance du Québec Le Québec à l'OEA Papineau livré aux Anglais Les procaines conventions du RIN Le Saint-Laurent en hiver Les conceptions de la sécurité sociale | Les chroniques GUY POULIOT PERCE LE MUR DE PAPIER Etant donné la conspiration du silence dont les Séparatistes sont les victimes, il fait plaisir de lire dans les grands journaux des extraits de L'INDEPEN- ou des commentaires sur les articles qui publiés.deux fois depuis la paru- y furent Par Me Guy Pouliot tion de notre dernier numéro du 15 décembre, a fait état de L'INDEPENDANCE.Ce fut d'abord au sujet d'une \"petite nouvelle\u201d selon laquelle les convives restèrent assis durant l'O CANADA au souper de clôture de la Société Saint-Jean- Baptiste de St-Jean.Et voilà que dans sa livraison du samedi 8 janvier, LE DROIT reproduit, en page éditoriale et en entier, l\u2019article-choc de Me Guy Pouliot, vice-président du RIN, article intitulé UNE LOI ELECTORALE INJUSTE, paru dans notre dernier numéro.Cet article de notre confrère Pouliot commence à produire ses effets.Il va sans dire que d\u2019autres journaux rendraient.un immense service à la population en reproduisant eux aussi cette judicieuse étude qui s'attaque à une loi électorale tout à fait antidémocratique et suffocante pour les Indépendantistes.NOUS ATTENDONS LES MESURES POSITIVES DE KIERANS \u2014 Bourgault M.Pierre Bourgault, président national du RIN et candi- at de ce parti dans le comté de Duplessis aux prochaines élections provinciales est arrivé aujourd\u2019hui (8 janvier) à Sept- Iles d'où il partira en tournée d'organisation: dans quelques villages de la Basse-Côte-Nord.A sa descente d'avion, M.Bourgault a tenu à déclarer ce qui suit: \u201cLe RIN, a-t-il dit, ne peut qu'appuyer sans réserve les récents propos de M.Eric Kie- rans, ministre du revenu, concernant les capitaux américains investis au Québec.\u201cIl est grandement temps, a dit le leader indépendantiste, que Québec se désolidarise vigoureusement de la politique invertébrée d'Ottawa à l'égard des Etats-Unis.\u201cIl est proprement inadmissible que les capitalistes américains rapatrient chez eux presque la totalité des profits qu\u2019ils font à même l'exploitation de nos richesses naturelles.\u201cQuébec a le devoir d\u2019empéê- cher cette hémorragie par tous les moyens.\u201cNous attendons pourtant avec impatience et beaucoup de scepticisme les mesures positives qu\u2019entend prendre M.Kie- rans dans cet état de choses.\u201cM.Kierans n'est sûrement pas sans savoir que le Québec, tant gu'il n'est au'une province de ia Confédération, n'a à peu près aucun pouvoir de contrôle économique.\u201cTous ces pouvoirs sont à Ottawa et seule l'Indépendance de Québec pourra nous permettre de les rapatrier, \u201cEn attendant, on peut s\u2019attendre à voir le gouvernement libéral s'engager dans des solutions de cataplasme rentables électoralement mais qui ne règlent aucun problème fondamen- al.\u201cM.Lesage verra d\u2019autre part ce qu'il en coûte de négliger les problèmes économiques du Québec en engageant son gouvernement dans une voie d'\u2019évitement qui s'appelle sécurité sociale.\u201cL\u2019hégémonie américaine sur notre économie doit être enrayée immédiatement.\u201cNous devons décider nous- mêmes de nos intérêts, de nos priorités et de nos aspirations.\u201cJe souhaite que tous les citoyens du Québec comprennent bientôt que pour arriver à ce but nous devrons nous battre beaucoup plus contre Ottawa que contre Washington.\u201cC'est lorsque nous aurons rapatrié à Québec tous les pouvoirs économiques que nous pourrons entreprendre la véritable lutte pour la conquête de.notre économie.\u201cLe reste n'est que verbiage et démagogie.\u201cJe souhaite que M.Kierans ne s\u2019en arrête pas là.\u201d De leur séparatisme naquit l\u2019harmonie C\u2019est Sacha Guitry qui, dans l'une de ses pièces de théâtre, dit à sa femme: \u201cFaisons la paix; séparons-nous.\u201d Ce conseil, la Presse Etudian- te Nationale l\u2019a suivi, il y a 4 ans, et ne s\u2019en porte que mieux.La PEN, qui groupe les journalistes étudiants de langue française de niveau universitaire ou préuniversitaire, était autrefois \u2018\u201cconfédérée\u201d a la Canadian University Press, q groupe les journalistes étudiants anglo-canadiens.: Et c\u2019était la bataille constante.Car leur union était a l\u2019image de la Confédération.Or, en 1961-62, les deux groupes se sont séparés dans le but de faire, chacun sa popote.\u201cJamais, ont dit les étudiants journalistes, la coopération entre Canadiens français et Canadiens anglais n\u2019a été aussi étendue au cours de notre histoire.Au fait, cette coopération n'existait pas avant la séparation.\u201d Etant donné la magnifique harmonie qui règne entre eux depuis leur séparation, ces deux groupements sont allés, le 13 décembre dernier, faire part de leur expérience a la Commis sion Laurendeau-Dunton sur le Bilinguisme et le Biculturalisme.Certains croient que l\u2019heureux résultat de leur geste a valeur d'exemple. on PAGE 2 L'INDÉPENDANCE 15 JANVIER 1966 éditorial Les prophéfies de M.Claude Ryan Dans un récent éditorial, M.Claude Ryan prétendait que le RIN faisait une grave erreur en se lançant dans les élections et que de toute façon il courait à un \u201céchec cuisant\u201d.Cette pensée est assez répandue.Il faut donc immédiatement préciser notre position vis-à-vis les prochaines élections.D'abord, je crois qu\u2019il est essentiel de définir un échec POSSIBLE par rapport aux buts que nous nous proposons d'atteindre.Eliminons tout de suite la possibilité pour le RIN de prendre le pouvoir en 1966.Il est inutile de citer toutes les raisons qui éliminent d'emblée cette hypothèse.Voyons plutôt ce que nous avons décidé de gagner: 1.Dix pour cent des voix dans la majorité des comtés où nous présenterons des candidats seraient pour nous un motif de grande satisfaction.2.Deux ou trois candidats élus nous feraient crier victoire.~ 3.Une organisation électorale efficace dans une quarantaine de comtés nous assurerait une base d'opérations puissante pour le scrutin suivant.4.Une connaissance plus grande du pays et de ses problèmes semble être assurée par les nécessités propres à une campagne électorale.5.L'apprentissage du \u2018métier de la politique\u201d ne pouvant se faire autrement que dans la bataille, nous assurerons ainsi la montée d'hommes politiques aguerris, moins naïfs que ceux qui se retrouvent au pouvoir du jour au lendemain, sans préparation aucune (cf.Favreau, Pelletier, Trudeau, etc.5.Une voix au Parlement de Québec nous ferait accomplir le premier pas en avant que nous nous proposons, c'est-à- dire devenir \u201cofficiellement\u201d ce que nous sommes \u201cofficieusement\u201d depuis cinq ans: la seule opposition valable au régime actuel.Si nous gagnons tout cela, et je reste persuadé que cela est possible, je ne vois pas comment on pourrait parler d'échec.Ce sera, au contraire, une grande victoire.Nous avons déjà le programme le plus complet jamais présenté à l'électorat québécois.Nous présenterons plus de cinquante candidats aux prochaines élections.Pour un parti qui n'a que cinq ans d'existence, je considère.our ma part, que cela seul constitue déjà un succès appréciable.Voilà donc les limites que nous nous sommes fixées pour 1966.Elles seraient beaucoup plus élevées si \u201cle régime\u201d ne s'évertuait pas à nous mettre constamment des entraves.L\u2019échec certain dont parle M.Ryan et l'échec possible dont nous pouvons parler sera, s\u2019il se produit, la résultante directe des faits suivants: 1.Une loi électorale odieuse qui défavorise en partant le RIN par un grand nombre de ses articles.Je n'en veux pour exemple que celui qui exige du RIN un vote minimum de 20 p.100 dans un comté pour obtenir les contributions financières du gouvernement.Bien entendu, les vieux partis ne sont pas astreints à ce règlement.2.Des élections précipitées.Je ne vois absolument aucune raison valable pour le parti libéral de provoquer des élec- o WA \u2014 Le premier ministre Pearson a utilise bros Is langage le plus réprobateur qu'il ait jamais exprimé à l\u2019endroit d'un ministre québécois.4 ; Dans des termes polis mais qui ne dissimulaient pas son profond mécontentement, ef sa surprise peut-être aussi Pearson a déclara de la santé , M.à, au sujet de l'acte sans précédent du ministre tions au printemps.Le gouvernement est fort, il peut passer ce qu\u2019il veut, et il lui reste un an et demi avant la fin de son mandat.La seule raison \u2014 qu\u2019on n\u2019invoquera jamais d\u2019ailleurs \u2014 c'est qu\u2019on veut nous couper l'herbe sous le pied, sachant bien que nous sommes moins prêts au- jourd\u2019hui que nous le serons dans un an.3.Le boycottage des grands moyens d'information.Je ne suis pas de ceux qui tempêtent sans cesse contre les journaux, la radio, la télévision.Je ne peux m'empêcher de remarquer cependant que depuis que nous sommes assez forts pour présenter un danger au régime actuel, la grande presse quotidienne et Radio-Canada en particulier pratiquent un boycottage systématique envers nous.On nous ignore tout simplement.Les exemples existent par centaines.Je n\u2019en retiens qu\u2019un, qui touche de près M.Ryan.Dans les deux derniers mois, Le Devoir n\u2019a pas \u201ccouvert\u2019 une seule des neuf conventions du RIN.Un citoyen du Québec qui ne lirait que Le Devoir serait donc tout à fait en droit de se demander si le RIN existe vraiment et quelles sont ses intentions.Pendant ce temps, on publie à pleines pages des discours entiers de M.Lesage comme s'il était de quelque intérêt pour quiconque de savoir ce que pensent Lorenzo Paré ou René Arthur ! 4.La peur.La police, les patrons, les capitalistes étrangers, nos propres gouvernants la font régner par toutes sortes e moyens.Cela a pour résultat d\u2019empêcher un grand nombre d'indépendantistes de travailler comme ils le devraient.Pendant ce temps, personne n\u2019importune un libéral.Il peut, en toute tranquillité d\u2019esprit, profiter du régime sans passer pour un bandit.Je m\u2019arréte la.Cela devrait suffire à M.Ryan pour comprendre que nous ne luttons pas à armes égales.Il devrait dorénavant s\u2019employer, au lieu de nous prédire un échec, à combattre les mesures qu\u2019on prend pour nous amener à cet échec.Cela serait plus honnête.Enfin M.Ryan trouve que c'est une erreur pour le RIN de s'engager dans les élections.N'est-ce pas pourtant ce que le régime nous préche sur tous les tons ?\u201cPrésen- tez-vous aux élections\u201d qu'on nous a dit.C\u2019est ce que nous faisons.Si nous ne le faisons pas, que nous reste-t-il ?Nous avons le choix entre devenir un mouvement de pression comme les Ligues du Sacré-Coeur ou alors mettre des bombes.C\u2019est le seul choix que nous laisse M.Ryan.Si nous mettions des bombes, çà lui permettrait de nous dénoncer plus facilement, alors.Non, nous ne croyons pas a la prophétie de M.Ryan malgré toutes les forces engagées contre nous.Nous avons nous-mémes défini les objectifs qui nous feront considérer les prochaines élections comme une victoire.Nous les atteindrons.La prochaine fois nous élèverons nos objectifs jusqu\u2019à ce qu'ils nous mènent au pouvoir.Et cela viendra bien plus vite que le croit M.Ryan.Pierre BOURGAULT CROYABLE MAIS PAS VRAI Messieurs du R.I.N., Je sais que dans vos petits cercles fermés vous ne cessez de me dénigrer; que vous allez jusqu\u2019à nommer \u201cUn Claude Ryan\u201d, une personne tout particulièrement réactionnaire, hypocrite et imbue d'elle-même.Mais j'ai assez de grandeur d\u2019ame pour m\u2019élever au-dessus de ces mesquineries de petits esprits.Je ne vous en tiens donc point rigueur comme le prouve le fait que, directeur d\u2019un grand journal, je prenne le temps de vous écrire.Comme vous le savez, notre parti, sous la direction de notre cher premier ministre, a entrepris de donner à notre Province-Etat ou à notre Etat- province si vous préférez, une politique à la fois audacieuse et prudente, réactiono-révolution- naire et socialo-capitaliste.Pour cela, vous le comprenez, nous nous devons de faire peur aux Anglais sans trop leur faire mal et de faire mal aux Fran- cais sans trop leur faire peur; le grand art de notre politique consistant a toujours jouer sur deux tableaux, Cet art exigera parfois de la subtilité voire de la finesse.Exemple: en même temps que nous convainquons les Québécois de la non-importance du séparatisme, nous devons convaincre les Anglais de l'existence bien réelle d\u2019\u2018\u201cun certain\u201d danger, selon l'expression rendue fameuse par mon récent premier-Montréal.Mais attention, cette apparente contradiction ne l\u2019est qu\u2019en théorie.Elle se résout concrètement dans une action d\u2019une limpidité démocratique évidente, comme l'écrivait mon maitre a penser Lord.Voici comment: 1.Thèse: Montrer aux Québécois que les séparatistes ne sont pas importants.2.Anti-thèse: Montrer aux \u201cCanadians\u201d que le \u201ccertain danger\u2019 existe toujours.3.Synthése: Faire en sorte que le RIN ne se présente pas aux élections.Si vous ne vous présentez pas aux élections, les Québécois se convaincront que vous n\u2019étes pas importants et les Canadiens ne sauront pas que vous ne I\u2019étes pas.Ainsi nous pourrons continuer à agiter l'épouvantail séparatiste auprès des Anglais sans pour autant risquer que les Québécois ne s\u2019éveillent aux réalités politiques du Québec, éveil qui risquerait de compromettre l\u2019ordre et la légalité au profit du terrible nationalisme et du non moins effroyable socialisme.Quant à vous, rinistes, pensez- y: libérés des soucis d\u2019organisation électorale vous pourrez consacrer toute votre énergie à l\u2019organisation de piquetages, sit- ins et manifestations de tous genres.En retour nous continuerons comme par le passé a proclamer bien haut votre droit strict et inaliénable à la liberté de parole.Nous défendrons jusqu'à la limite de nos forces le droit fondamental d'existence pour \u201cvotre idéologie\u201d, à condition que vos manifestations ne dérangent personne soit par des cris, des chants ou des pleurs, soit par l'utilisation de slogans trop osés ou pouvant étre mal interprétés, soit enfin par un choix inapproprié du lieu ou du moment de la manifestation (ainsi on ne manifeste pas devant un gouverneur-géné- ral ou devant des étrangers ou en présence d\u2019Anglais).Démocratico-libéralement vôtre, Claude RYAN, Directeur du \u201cDevoir\u201d.APPETIT DESERT PAYS Nous avons l'appétit du ventre des forêts nous sommes dans un lit comme des amoureux les bagues de l'aurore composent nos unions et nous croyons savoir les chiffres et les mots le désir est cristal et la pluie un traîneau où se glisse le temps nous avons de grands coeurs pour tous les malheureux des taudis de bambous nous trouvons le moyen, d'épargner un oiseau et de compter les branches autour de chaque nid nous avons un grand golfe il est notre désert où nous nous promenons sur des bateaux de pêche pour expliquer le monde en direction Nord mais si mon coeur te dit pour allonger la vie qu\u2019une source est venue qui s'appelle un pays où les enfants des hommes se trouvent en prison pour avoir fait crever le cristal et l'absurde tu ne chercheras plus l'arbre ou bien l'écriture à naître et à fleurir quand les hommes [renaissent pour se donner un nom aux lèvres d\u2019un pays embrassant un espace qui s'ouvre sur le monde pour distinguer le jour des pauvres de la nuit tout cela est bien beau le traîneau de la pluie le ventre des forêts et si c'était à nous le golfe ne serait plus désir à forêt et tous les doigts en fleurs toucheraient une rue AU CENTRE DU PAYS Pierre LEGER (Extrait de \u201cLes Enfants, les Grands\u201d, en préparation.) MONSIEUR LESAGE SE TROMPE TOUJOURS Les Séparatistes seraient-ils d'incorrigibles rêveurs dont l'espèce est en voie d'extinction ?M.Jean Lesage le croit.Du moins, c\u2019est là le sens des paroles qu'il prononçait à la télévision le lundi soir 3 janvier à Caméra 66.Avant de discourir sur ses paroles, il convient de crier combien il est odieux d'entendre le premier ministre d\u2019un peuple écrasé comme le fut le peuple ca- nadien-français se réjouir à l\u2019idée que l'aspiration à l'indépendance s'éteint.Il y a de quoi attraper une solide nausée.Mais aux Séparatistes de se réjouir quand même, car l\u2019'Honorable Jean Le- sage se trompe.Et sur ce sujet, ce ne sera pas la première fois.a.~ | LA M.Lesage devrait d'abord savoir, puis- qu'il use de son autorité pour arriver à cette fin, que s\u2019il entend moins que par les années passées parler de séparatisme, c\u2019est que les magnats de l\u2019ordre établi font tout en leur pouvoir pour que les organes de communication ne parlent pas eux.La grève de LA PRESSE et les interdictions du SOLEIL n'étaient pas indépendantes de ce sujet.Et LE DEVOIR qui, sur l\u2019ordre de son directeur M.Clau- e Ryan, jette systématiquergent au panier neuf communiqués du RIN sur dix.Et RADIO-CANADA qui depuis deux ans n'invite plus les Indépendantistes à ses programmes politiques ?Mais il est, dans les paroles de M.Le- sage, une sorte de tendance à s'induire lui-même en erreur, car une cause d'\u2019indépendance ne progresse pas uniquement par l'emploi des mots liberté, république ou séparatisme.Or, même si pour les raisons précitées, le séparatisme \u2014 comme tel \u2014 est moins discuté aujourd\u2019hui qu\u2019autrefois, le ci- toyen-lecteur le moindrement attentif et honnête ne peut s'empêcher de déceler, tous les jours, dans son journal quotidien, le progrès régulier et certain de la cause de notre indépendance.C\u2019est comme le rouleau compresseur qui ne semble pas bouger bien vite mais qui, la journée finie, a quand même aplati tout ce qu'il y avait devant lui.À preuve: que pourrait nommer dix Canadiens français satisfaits du statu quo constitutionnel ?Il n\u2019y en a qu\u2019un, Pierre Elliott-Trudeau.Même M.Lesage ne veut plus du British North America Act.Aujourd'hui, grâce à l'influence insoupçonnée du séparatisme sur lui, le premier ministre Lesage réclame un statut particulier pour le Québec, lui qui, il y a six mois, prônait la formule Fulton- Favreau.Ce que M.Jean Lesage ne veut pas comprendre dans son orgueil, c\u2019est que ce sont les nationalistes canadiens-français qui ont fait avancer l'anti-nationaliste Jean Lesage \u2014 et malgré lui.Il y a cinq ans, M.Lesage était opposé à la nationalisation de l\u2019électricité et à la fondation d\u2019un ministère de l\u2019éducation.Et il a dû céder devant les réclamations des nationalistes.À Ottawa, il y a dix ans, M.Lesage était centralisateur et anti-Québec.Aujourd'hui, il est obligé de se dire pro-Québec puisqu'il en est le premier ministre.Ses admirateurs appellent ses virements, de l'intelligence, de la souplesse, de la démocratie, du sens politique.: A la vérité, c\u2019est beaucoup plus de l\u2019opportunisme électoral \u2014 et de la reddition evant les nationalistes et les séparatistes.Et que dire d'une foule de mesures proposées par le gouvernement de Qué- ec ou par d'autres: la reconquête fiscale, le retrait des plans conjoints, la priorité du français, voire même le statut particulier et les Etats associés.Ce sont là toutes des mesures séparatistes ou sépa- ratisantes que Jean Lesage devra, tôt ou tard, et contre son gré, \u2014 car son orgueil l'empêche de se convertir \u2014 adopter.Mais alors, le peuple du Québec en demandera davantage car jusqu\u2019à l\u2019indépendance, les Séparatistes seront là pour lui servir de levain.Et c\u2019est ainsi que le Québec s\u2019achemine irrévocablement vers son indépendance.Car il y a deux façons de réaliser une indépendance: subitement, par un coup d'Etat ou une intervention armée: ou par étapes.Or, au Québec, à l'époque présente, c\u2019est par étapes que se fait l'indépendance.Et Jean Lesage ne s'en aperçoit même pas.Marcel CHAPUT Sécurité sociale: Les élections de 1966 \u2014 printemps ou automne \u2014 seront, tout le monde le sait, les élections de la sécurité sociale.Devant les projets que le parti libéral va présenter à la prochaine session, et dont il fera grand état pendant la campagne électorale qui va suivre, on ne manquera pas de nous demander: le R.I.N.peut-il s\u2019opposer à des mesures aussi éclairées, préconisées par un Québécois aussi authentique qu\u2019un Eric Kie- rans, un nationaliste aussi convaincu qu\u2019un René Lévesque?C\u2019est à cette question que nous voulons répondre.En principe, il est bien évident que le R.I.N.ne s\u2019oppose pas à des mesures de sécurité sociale qu\u2019il a lui-même préconisées et inscrites à son programme avant même que le parti libéral le fasse: allocations familiales mieux adaptées à la famille québécoise, assurance santé, pension de retraite, etc.Il y a trois ans déjà, soit le 20 janvier 1963, le R.I.N.exprimait cette préoccupation sociale en ces termes: \u2018\u201c\u2018Notre aspiration à l\u2019indépendance est intimement liée à notre aspiration à une véritable démocratie, à une plus grande justice sociale et à l\u2019épanouissement de l\u2019individu dans une société humaniste et ouverte sur le monde.Et précisément, \u2014 pour prendre cette proposition à rebours, \u2014 parce que nos préoccupations sociales sont intimement liées à notre aspiration à l'indépendance, c\u2019est-à-dire à la libération des Québécois, nous estimons que nous devons nous opposer au parti libéral et dénoncer son programme de sécurité sociale comme étant une manoeuvre électorale dont l\u2019effet principal sera de maintenir le Québec dans la dépendance et dans la misère que lui apporte le régime actuel.Expliquons-nous.Le parti libéral avait confié à deux de ses plus prestigieux ministres des portefeuilles-clés dans l\u2019administration.Richesses naturelles à M.Lévesque et Revenu à M.Kierans.La tâche du premier aurait dû être de s\u2019assurer que les richesses du Québec soient exploitées de façon rationnelle et d\u2019abord L\u2019INDÉPENDANCE 1382 EST, RUE BEAUBIEN, MONTRÉAL \u2014 TÉL.: 274-8055 Le Ministère: des Postes à Ottawa a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication.deux conceptions au profit des Québécois.La tâche du second aurait dû être de s'assurer que toutes les entreprises qui tirent leurs profits du labeur des Québécois versent au moins une part raisonnable de ces profits à son gouvernement.Dans les deux cas ce fut un échec.Nos deux hommes avaient affaire à trop forte partie.Et M.Lesage, cédant sans doute aux pressions qu\u2019on imagine venant de la haute finance, a casé ses deux ministres \u201cdangereux\u201d dans des postes de tout repos pour les puissances de l\u2019argent: le bien-être et la santé.Ce qui aurait pu être une entreprise de libération du Québec se solde par une soumission totale au régime économique actuel et aux diktats de la haute finance étrangère.Et on confie à MM.Lévesque et Kierans la tâche de soulager la misère de ceux qu\u2019on maintient volontairement dans la misère.Le R.LLN.n\u2019acceptera jamais cette conception de la sécurité sociale.Le premier devoir d\u2019un gouvernement est d\u2019assurer aux citoyens les meilleures conditions économiques dans lesquelles ils puissent vivre et s'épanouir en subvenant eux-mêmes à leurs besoins.Le parti libéral a rejeté cette responsabilité en s\u2019en remettant aux grands financiers et chefs d\u2019entreprises de créer de l\u2019emploi au Québec selon leurs seuls intérêts.En second lieu, l\u2019Etat doit protéger les citoyens contre tous les risques de l\u2019existence : maladie, chômage, accident, etc, risques que la collectivité toute entière doit assumer.Et c\u2019est là le vrai rôle de la sécurité sociale.En laissant intactes les structures économiques et politiques qui maintiennent les Québécois dans la dépendance et dans la misère, les libéraux ont failli à leur tâche, quelles que soient les mesures par ailleurs excellentes qu\u2019ils puissent préconiser.Il faut que les Québécois leur laissent savoir, en appuyant le R.I.N., que la politique du \u2018maîtres chez nous\u201d ne peut se- réaliser que dans un Québec indépendant.LE COMITE POLITIQUE Publié par Le Rassemblement pour l'Indépendance Nationale 15 JANVIER 1966 L'INDÉPENDANCE PAGE 3 CARREFOUR DES IDÉES CARREFOUR DES IDÉES CARREFOUR DES IDEES CARREFOUR Sous cette rubrique, nous publierons avec plaisir les lettres que nos correspondants nous enverront à cette fin.Tout ce que nous leur demandons, c\u2019est d\u2019être brefs et concis, étant donné le peu d'espace disponible.Il va sans dire que nous ne réservons pas cette page aux seuls Indépendantistes.Au contraire, nous aimerions bien recevoir des lettres de personnes qui ne pensent pas comme nous.Surtout si ces lettres portent la signature de leur auteur, ce qui en facilite toujours la publication.La Sherbrooke University Monsieur le directeur, Il y a quelque temps, à l\u2019émission \u201cLe sel de la semaine\u201d, la T.V.nous apprenait qu'à la faculté de Commerce de l\u2019université (française!) de Sherbrooke, quatre cours se donnaient en langue anglaise.ce qui semble déjà inacceptable aux payeurs de taxes de la majorité québécoise.Quelques faits résumant cette aberration sont à retenir: 1.le recteur n\u2019était pas au courant de ce qui se passait dans sa propre maison.des étudiants de langue française trouvent très normal que ces cours soient donnés en anglais sous prétexte que les professeurs sont allés étudier en post-scolaire aux Etats-Unis.les étudiants en faveur des cours uniquement en français se sont exprimé dans un français correct alors que ceux qui approuvaient cet uni- linguisme anglais ou demandaient un bilinguisme pour- ne-pas-choquer-l\u2019autre, le disaient dans un langage joual indigne d'un universitaire et propre à faire rougir de honte n'importe quel élève du cours primaire.J'avoue ne rien comprendre à ce mythe du colonisé encore très répandu chez nous, qu\u2019on ne puisse pas enseigner en fran- ais, à des étudiants de langue rançaise, dans une université française même après avoir fait des études spécialisées ou plus poussées à Toronto, aux Etats- Unis, à Londres ou ailleurs.Ce doit être une fichue faiblesse mentale congénitale que d'être incapable d'assimiler ce qu'on apprend ailleurs afin de l'enseigner dans la langue de ceux qui écoutent.Personnellement, j'ai fait des études médicales à Laval, puis à Strasbourg et à Boston et je ne vois pas comment, à moins de n'avoir rien compris à ce qui me fut enseigné à ces endroits, je pourrais donner mon enseignement médical une partie en alsacien, une partie en français parisien, une autre partie en slang américain, puisque suivant le raisonnement des étudiants de l'Université, j'ai fréquenté ces milieux.Non, franchement, certains et même trop de nos compatriotes ne comprennent pas du tout le problème culturel et surtout inguistique du Québec: leur pro- bléme.Comme l\u2019a dit ironiquement Guy Mauffette à la fin de l\u2019émission, tout en se payant la tête de ceux qui réclament que l'Université de Sherbrooke devienne bilingue à la façon de celle d'Ottawa qui devait l'être mais qui anglicise les nôtres: \u201con comprend pourquoi, disait-il, l'agriculture manque de bras!\u201d Je le comprends, on n'a pas besoin d\u2019aide-fermier qui ne sache parler français; on ne veut plus de \u201cjouaux\u201d, mais des tracteurs.Moche l'Université de Sherbrooke ?Dégueulasse !!! Et dire que nous du Québec, nous comptions \u201cnaïvement\u201d\u2019 sur elle pour relever avec brio le défi québécois.Antoine LaRUE, m.d., Québec.ad ad Appel aux travailleurs Le 23 décembre 1965 L' INDEPENDANCE 1382 est, rue Beaubien Montréal, Qué.Monsieur, Je vous fais parvenir le renouvellement de mon abonnement a votre journal, L'INDEPEN, DANCE.Ayant donné à un copain de travail le dernier numéro jé ne puis me servir de la formule d'abonnement qui s\u2019y trouve dedans.Votre journal continue à tracer les grandes lignes pour le combat pour l'indépendance du Québec.Il continue aussi à dénoncer infatigablement les menées hypocrites et dangereuses des fédéralistes, continue à éveiller la conscience du u- ple canadien-français et à Pap.peler au combat final pour l\u2019indépendance de notre patrie.Car Québec est notre patrie, le lieu charnel et spirituel, si je puis m'exprimer ainsi, ou notre destin national s\u2019est forgé et où nous nous sentons vraiment chez nous, C\u2019est ici que nous sommes nés, nous Canadiens français, que nous sommes nés et que nous avons grandi avec ans les yeux de larges et sauvages paysages mais combien beaux ! et que notre vie s\u2019écoule jusqu'à son terme.Chez nous, c\u2019est ici.Une patrie qu'on veut une province seulement d'un ensemble canadian qui a toujours cherché a nous écraser de son orgueil stupide et à nous déposséder de notre Ame nationale.Ici, c'est chez nous.Il faut parler la langue de nos dominateurs pour gagner sa vie, quel non- sens, n'est-ce pas ?96 ans, ça a assez duré, ne trouvez-vous pas ?Je suis pour l'indépendance du Québec, mais pas à tout prix.Je veux dire que cette indépendance doit se faire et se fera par le peuple entier, c'est-à-dire par ce peuple de prolétaires qui VIt pauvre et humilié.Mais l\u2019indépendance du Québec peut servir à la bourgeoisie qui établira un régime de contraintes et antidémocratique.Un journaliste du Devoir écrivait, il y a quelque temps, dans un éditorial, que le gouvernement Lesage était en train de consolider les positions de la bourgeoisie ca- nadienne-française.Je le crois.Est-ce que votre journal va dénoncer les menées du gouvernement Lesage ?Pourquoi votre journal n\u2019ouvrirait-il pas ses colonnes aux travailleurs plus largement ?Sans les travailleurs il est inutile de vouloir l\u2019indépendance.Ce serait un nationalisme étroit et étriqué qui nous mènerait nulle part.Le monde est divisé, Il faut choisir du côté où l'on veut être.Je ne veux pas ici écrire un éditorial.Je m'excuse de prendre de votre temps.Je vous souhaite à vous tous de la direction du journal L\u2019'INDEPENDANCE, à tous les collaborateurs un Joyeux Noël et une Bonne Année et de combattre toujours nos ennemis communs.ien à vous, René LEGAULT, 153-3¢ Avenue, Sherbrooke, Qué.Le Franglais aux Postes Laval, le 31 décembre 1965.Secrétaire a la rédaction, Rassemblement pour l\u2019Indépendance Nationale.Cher Monsieur, Décidément le \u201cFranglais\u201d est à l'honneur au ministère des Postes.En effet, un rapide coup d'oeil sur la papeterie distribuée par ce ministère à l'usage des clients, m'a permis de relater quelques fautes quasi impardonnables.Par exemple, au ministère des Postes, \u201crecommandation\u201d devient \u201crecommendation\u2019\u201d; \u201cen lettres moulées\u201d devient \u201cen moulé\u201d, ça semble beaucoup plus simple; \u2018indiquez ici\u201d devient \u2018indiquer ici\u201d etc., etc.La commission Laurendeau- Dunton aura donc fort à faire, pour remédier aux problèmes inguistiques que connaît notre pays.Surtout que le Gouvernement fédéral devrait être le premier à donner l'exemple, et que toute sa documentation en général est pourrie de fautes inadmissibles.Il semble que la mise sur pied de cette commission aurait pu apporter une amélioration sensible à l\u2019enrichissement de notre langue, mais tel n'est pas le cas.Ainsi, le modèle ci-bas où paraît le mot \u201crecommendation\u201d a été imprimé en mars 1965, soit depuis à peine quelques mois.Pour ce qui est des autres modèles, ils ont tous été imprimés après 1961, dont quelques-uns en 1964, ce qui est tout de même assez récent.Pourtant on y retrouve de I'anglicisme pur et simple.Ainsi, au lieu de dire \u201csi l'avis doit être retourné par avion\u201d on dit \u201csi l'avis est à envoyer par avion\u201d, cé qui fait très joli.Dans un autre modèle, lequel sert à aviser ses correspondants d\u2019un changemént d'adresse, on emploie la préposition \u201cen\u201d au lieu de \u201cà\u201d.En effet, il semble plutôt qu\u2019on déménage de telle adresse à telle adresse et non en telle adresse, ce qui se lit plutôt mal.Nous voici donc en face d\u2019anomalies assez difficiles à expliquer, puisque sur brochures imprimées par l'imprimeur de la reine, on retrouve 5 fautes de français grossières.Et dire qu\u2019on dit qu'un bilinguisme \u201cforcé\u201d enrichit notre culture.Pourtant, si l\u2019on en juge par la langue parlée actuellement dans la province de Québec, que ce soit le français ou l'anglais, c\u2019est devenu du franglais pur et simple, laquelle produit l\u2019inculture.Ce gui prouve donc que la thèse de l'unilinguisme francais au Québec, est la seule qui est logique.Puisque la possession complète d\u2019une langue nous permettra d\u2019en apprendre une autre sans pour cela nuire à notre langue natale qui est le \u201cFrançais\u201d.Parlons notre langue d'abord, c'est notre seule richesse culturelle.Gilbert DUPLESSIS, Membre du R.I.N., 57-4e Rue, Laval-des-Rapides, Ville de Laval, Québec Chauffeurs de taxi et droits acquis 15 décembre 1965 M.Marcel Chaput, Journal l'Indépendance, R.I.N.Montréal.Cher monsieur, Ci-joint la réponse écrite que M.Lucien Bergeron, directeur e .T., m\u2019envoie en retour des nombreuses plaintes que j'ai faites par téléphone à son secrétariat, lui décrivant les graves lacunes du service de Taxi de Montréal sur l'usage du français, etc.Puisse-t-elle vous ête utile.Cordialement, \u2026 R.W.GAUVIN Monsieur R.W.Gauvin, 2065, boulevard Grand, Montréal 28.Cher monsieur Gauvin, Sur réception de votre plainte au sujet de monsieur Tibor Sherman, chauffeur de taxi qui ne parle pas le français, nous avons fait enquête auprès du Service des Permis et Privilèges de la Ville de Montréal.Ce monsieur a obtenu son permis de chauffeur de taxi en 1958 et n\u2019a jamais été assujetti à l\u2019examen que nous faisons subir aux aspirants-chauffeurs.Le règlement établissant les examens de bilinguisme date de juillet 1961 et les personnes qui détenaient un permis avant cette date avaient un droit acquis et n'étaient pas sujettes à la nouvelle réglementation.Ce n'est qu\u2019au cours des années que nous pourrons éliminer ces chauffeurs qui ne sont pas bilingues.Je vous remercie de votre collaboration et vous prie, d'agréer, cher monsieur Gauvin, l'assu- - rance de mes meilleurs sentiments.Lucien BERGERON, Directeur.Office municipal u Tourisme.N.D.L.R.Et notre \u201cdroit ac quis\u201d à nous de nous faire ser vir en français ?autonomes.tre le Qué mera en curieux cocktail.D'UN STATUT PARTICULIER Extrait d\u2019un éditorial de M.Guy Cormier, LA PRESSE du vendredi 17 décembre 1965.Admirons la souplesse des commentateurs qui viennent tranquillement nous dire que le statut particulier ne peut pas êtré considéré comme une étape vers la séparation.Où vont-ils puiser leur tranquille certitude ?Le mieux est quelque fois de dire: je ne sais pas exactement ce qui va*se passer.Notons, en tout cas, que le statut particulier a d\u2019abord été réclamé par ceux qui voient dans cette formule une étape décisive vers ç il n'y a pas d'Etats associés sans Etats complètement La célèbre formule Fulton-Favreau a été éventée (comme on dit un remède éventé), parce quon na jamais su y adjoindre un mode d'emploi pratique.Le statut particulier devra aménager les rapports en- bec et le reste du pays, sinon il se transfor- Aménager quoi ?Les fonctions des députés québecois à Ottawa, par exemple.Le jour où le Québec se sera retiré de tous les programmes à frais partagés, les députés de la province de Québec à Ottawa n\u2019auront rien à dire sur des politiques qui ne les concerneront plus (mais qui concerneront le gouvernement central et les autres provinces).Des députés qui n\u2019ont rien à dire, à qui on ne laisse rien dire, sont des chômeurs déguisés.Pourquoi les paierait-on et pourquoi les élirait-on ?Pourquoi, dès lors, des sièges au parlement d'Ottawa à la province de Québec ?es Etats associés.Or, LA MINUTE DE VÉRITÉ M.Claude Ryan, directeur du DEVOIR, n\u2019a rien d'un séparatiste.Si donc il accuse le parti libéral d\u2019avoir gouverné au p'tit bonheur ou l\u2019Union Nationale d'être obscure dans ses réclamations, ses paroles n\u2019ont que lus de poids.Ainsi, quand M.yan écrit dans LE DEVOIR du 6 janvier ce qui suit, il mérite d'être lu.Au sujet du parti libéral québécois: \u201cSi urgente que soit la mise à jour des lois dites sociales, l'objectif numéro un de la politique gouvernemetale au cours des prochaines années doit toutefois être le développement économique, Sous ce chapitre, il faut ranger de manière immédiate le réaménagement de l\u2019agriculture, la mise en place d'un secteur industriel équilibré, l'exploitation rationnelle de nos ressources naturelles, l'habitation.LES EFFORTS TENTES DEPUIS 5 ANS ONT ETE LOUABLES, MAIS PLUTOT ISOLES ET INDEPENDANTS D'UNE VERITABLE POLITIQUE D\u2019ENSEMBLE.\u201d Au sujet de l\u2019Union Nationale: \u201cL'Union Nationale, si nous com- renons bien les PROPOS MAL- EUREUSEMENT TOUJOURS AMBIGUS que son chef a souvent consacrés à ce thème (problèmes constitutionnels), inclinerait plutôt vers la thèse des Etats dits associés SI CE PRO- E TION CONCRETE IL ENTEND PRECONISER.[ essoutlement libéral ou lapologue de la puce Le parti libéral du Québec est essoufflé.C\u2019est pourquoi il met la charrue devant les boeufs en se cherchant des puces qu'il trouve du côté de l'assistance sociale.M.Lesage peut bien parler d'abandon des \u201cpriorités\u201d économiques au profit des \u201cpriorités\u201d sociales; ces dernières, qui sont explosives, les lui \u2018remettront sous le nez.Le parti libéral du Québec est aujourd\u2019hui comme un chien qui se mord la queue: il se cherche des puces et tourne en rond.Le mouvement qui l'anime lui fait déplacer beaucoup d'air; on reparle de lui, il en avait bien besoin depuis quelque temps.Mais l'animal reste sur place.Qui sait même s\u2019il trouvera ce qu'il prétend chercher ?Il est toutefois possi ble que ses efforts ameutent les bétes du quartier (disons l\u2019Establishment).Reniflantes et intéressées, elles approcheront, elles aboieront, elles déterreront l'os de la querelle.En définitive, l\u2019on sait où commencent les histoires de puces, on ne sait pas où elles finissent et, les problèmes changeant de sens et de poids, il se peut que de la puce naisse un éléphant.Nous ne pouvons pas nous désintéresser d\u2019un phénomène aussi québécois.L'essoufflement libéral est peut-être une histoire de puces.S'il l\u2019est, c'est une chose importante, vraiment une affaire d'Etat.Le piétinement du parti libéral, évident depuis deux ans et gravement souligné par l\u2019indécision du gouvernement dans l'affaire SIDBEC, n'a pas trouvé dans la nomination tapageuse de MM, Kierans et Lévesque à des ministères \u201csociaux\u201d un démenti convaincant.Cette nomination paraît plutôt ponctuer l\u2019essouflement d\u2019une politique et, à ce titre, lui confère le double caractère d\u2019un risque et d\u2019une chance.Un risque, en effet.D'une \u201cpriorité\u201d économique, qui n\u2019a jamais été définie, M.Lesage passe sans autre forme de procès à une \u201cpriorité\u201d sociale dont on voit mal comment elle pourrait se séparer de la première.L'absence de toute définition officielle d\u2019une politique économique porte à croire que, dans le domaine dit de la sécurité sociale, on se contentera également de \u201cforger des outils\u201d et d'adopter un certain nombre de mesures non reliées au tissu que tramerait une politique globale définie comme une constellation dynamique.Sous le couvert d\u2019une planification verbeuse, la conduite gouvernementale est en réalité le champ clos de l'improvisation.Celle-ci traduit une hésitation permanente que vient de sanctionner ouvertement la pose d'un cran d'arrêt à la politique financière et économique du cabinet Lesage.La valse-hésitation est bien sûr du folklore local.La danse sur place l\u2019est encore plus.On ne saurait s'étonner d\u2019y revenir après cinq ans de révolution tranquille.C\u2019est toutefois un folklore dont la répétition peut coûter gros.Un risque, mais aussi une chance, Les formes actuelles du piétinement libéral sont le point de départ de conduites d'ajustement dont l'observance peut forcer par la bande les gouvernants à puser des problèmes qu\u2019ils essayaient d\u2019esquiver.En d'autres termes, une politique de sécurité sociale coûte cher.Les difficultés de son financement et les nécessités de son développément ne tarderont pas à mettre en cause, par delà des méthodes financières du gouvernement et les ressources à sa disposition, les structures économiques et politiques du Québec dont ces moyens ne sont que l'expression administrative.La réflexion populaire que la question posée aux structures animera sera d'autant plus.vive qu\u2019elle prendra appui sur une organisation et donc un développement des besoins sécuritaires.4 Ainsi, la recherche du \u201cWelfare State\u201d obligera peut-être à dépasser la société de bien-être.En elle-même, il est vrai, cette recherche s\u2019accommode fort bien des latitudes autorisées par un capitalisme gestionnaire.Mais, l\u2018enclave mont- réalaise mise à part, le Québec n\u2019est pas la société dévelop- pee et structurée dont l'épanouissement de ce système stipule \u2018existence.La profondeur des réformes requises dans un pays socialement émietté, l'ampleur de leur coût feront prendre conscience qu'il est impossible d'atteindre au \u201cWelfare State\u201d ou simplement d'esquisser une orientation cohérente en ce sens sans combattre les assises québécoises d\u2019un capitalisme américain dont l'emprise tout à la fois empêche et postule le \u201cWelfare State\u2019.Elle le postule.Car les entreprises américaines et anglo- canadiennes doivent trouver sur place, à bon marché poui elles, une main-d'oeuvre capable de s'adapter au maniement d'ensembles productifs automatisés ou hautement mécanisés et de suivre le renouvellement incessant de la techonologie, \u2014 donc une main-d'oeuvre relativement instruite, que son nouveau savoir et le besoin que l'on a d'elle poussent à formuler des exigences pareillement complexes en matière te sécurité, Ce postulat de la grande entreprise explique sans doute dans une large mesure l\u2019essor récent de l\u2019éducation publique, notamment la mise en train d'un vaste programme d'enseignement technique, l\u2019évolution d'un svndicalisme devenu lui aussi gestionnaire, enfin l'expansion d'une aire géographique, Montréal, qui est au centre du marché, au coeur de l'industrie de la transformation et des services, à l'écoute des Telstar new-yorkais et ontarien (1) dont elle est le relais.ais, du même mouvement qu\u2019elle engendre le \u201cWelfare State\u201d, la grande entreprise le paralyse.Ce qu'elle donne d'une main, elle l\u2019enlève de l\u2019autre.Elle l\u2019enlève par l'automation et les déplacements de main-d'oeuvre dont l'effet singulier est d'accroître la population ouvrière de Montréal au détriment du reste de la province lors même que ce reste accapare une portion sans cesse croissante, depuis deux ou trois ans, de la hausse du taux d'augmentation des investissements productifs.Cette contradiction entre l'essor relatif des investissements à travers la province et la ponction de plus en plus accentuée des populations ouvrières au profit de Montréal s'explique par la différence de nature des opérations industrielles dans la province et dans la métropole.L'industrie primaire, siège d'un véritable pillage des richesses naturelles, profite du fruit de ce pillage et des progrès technologiques pour automatiser son exploitation.L'industrie locale n'étant pas diversifiée, de nouvelles couches ouvrières tombent en chômage ou se reclassent dans des centres régionaux qui, insuffisamment structurés, ne peuvent supporter ce fardeau supplémentaire et se voient contraints d'expulser à leur tour d\u2019autres couches ouvrières.Par foyers successifs, les pustules de chômage viennent faire croûte à Montréal.De leur côté également, les grandes entreprises de la métropole s'automatisent.Mais la diversification de leurs opérations et l'expansion économique dont elles sont les bénéficiaires directs leur permettent pour un temps de vider une partie de l'abcès.Pour un temps seulement.Dans un an ou deux, quand la prospérité battra de l'aile, que les marchés se rétréciront, le monstrueux appareil de congestionnement mis en place depuis 1961 deviendra l'instrument d'un lâchage général.Et il suffit de bien peu de choses, du dépassement d'une bien faible marge de recul à un certain niveau d'expansion, pour que les morceaux cessent de tenir ensemble, De toute manière, même dans les conditions optima de l'heure actuelle, on ne parvient à brider qu\u2019une partie de l'abcès, cependant que s\u2019accentue une véritable déforestration de la population québécoise.Les effets sociaux viennent en aggraver le coût économique, selon un processus cumulatif dont on craint d'évaluer le poids prochain.Et tandis qu\u2019à Montréal viennent se ramasser un prolétariat de misère et un sous-prolétariat de jeunes gens condamnés, l'arrière-pays dissout les promesses privilégiées du \u2018Welfare State\u201d dans la tristesse de l'assistance sociale.Certaines apparences contraires sont néanmoins éclatantes.Mais l'empressement à les glorifier les rend douteuses.Par exemple, les libéraux ont vanté et continuent de vanter la supériorité de la progression du taux de croissance économique du Québec par rapport à celle du taux canadien en 1964.Ils y ont vu le signe d'un essor généralisé de l'économie québécoise.La supériorité de la progression paraît au contraire renvoyer essentiellement au développement des activités montréalaises dont l'exclusivité est le signe d'une aggravation des déséquilibres.En réalité, la situation ne dispose pas a l'optimisme.C'est ainsi que, malgré tous les discours sur une régionalisation économique qui ne correspond encore a aucun effort précis d'organisation (il faudrait d'ailleurs avoir déterminé au préalable les objectifs généraux à partir desquels une régionalisation peut prendre une forme contrôlée, ce qui n'a pas été fait) et en dépit de quelques tentatives éparses pour attirer une industrie manufacturière de qualité dans la région de Québec, la main-d'oeuvre de cette région a continué de baisser.Plus que le chômage, plus que le nombre d\u2019assistés sociaux, ce sont la polarisation exclusive vers une enclave et la perte continuelle de substance, l'épuisement graduel d\u2019un pays qui sont graves.Il faut voir cependant que la propension actuelle du capitalisme nord-américain à soutenir dans le Québec l'organisation d\u2019un régime probablement composite de sécurité sociale et à empêcher simultanément la généralisation aux plus défavorisés \u2014 car telle est bien la tendance actuelle \u2014 porte en germe une occasion prochaine de conflit, pour ne pas dire d\u2019explosion.Un régime de sécurité sociale a en effet sa propre logique, Elle est très simple.Ou bien on l\u2019adopte, ou bien on ne l'adopte pas.Il ne semble pas que l\u2019on puisse ne pas l\u2019adopter.Elle fait l'objet d'une revendication unanime et unanimement admise.D'ailleurs, les exigences de l'industrie ont aussi leur logique dont le cours, il est vrai, risque de s\u2019écarter de leur seule satisfaction.Du moment que les grands des entreprises réclament un relèvement de la compétence technique de la main-d'oeuvre, il faut que le système d'éducation s'en charge.Au niveau des écoles publiques, ce dernier ne peut pas faire de passe-droit; l'enseignement sera amélioré pour tous, Les efforts que l\u2019on fournit pour préparer la génération suivante ont des effets immédiats sur la génération actuelle: elle est obligée de se montrer à la hauteur de peur de se laisser très bientôt distancer.Par conséquent, s\u2019il faut attendre dix ans pour juger des résultats probants des nouvelles structures et des nouvelles méthodes d'enseignement, c\u2019est dès maintenant qu'il convient d'en analyser l'incidence sur le marché du travail.On vient de créer un besoin massif, valable pour tous et aux effets immédiats.Que vont faire ceux qui, en possession d'une capacité nouvelle, de besoins intellectuels accrus, n'en sont pas moins rejetés brutalement hors du circuit de la production ?On ne pourra plus les renvoyer dans un fond de cour en les accusant de leur ignorance.On va créer une masse formidable de mécontentements actifs si on ne leur jette pas une proie acceptable.Pourquoi pas, après tout, une certaine forme de sécurité sociale ?On l\u2019adoptera donc.Seulement, si on l'adopte, c'est à ses risques et périls, Car, quel qu\u2019il soit et quelles qu\u2019en soient les gradations, un régime de sécurité sociale est applicable à tous.En face d'une disparité de situations apparaîtra une parité de critères de rétribution, un système de communes mesures qui rapprochera la totalité de la main-d'oeuvre et qui, dans ce mouvement puissant de synthèse opérant par delà les différences de métier et le syndicat, permettra à chacun d'instruire des comparaisons précises, Les disparités de condition, en particulier les disparités régionales, sauteront à la gorge si elles n\u2019ont pas déjà commencé de le faire.Il faut donc s'attendre que les mouvements actuels de revendication et d'agitation, qui commencent à embrasser la totalité de la province, s'amplifient au point d'armer les revendications d'un fer de lance posant au régime actuel la question de son existence.Car il y a plus.Il serait étonnant que le gouvernement Lesage, bien qu'il veuille se tenir dans le vent, acceptât d'aller jusqu'au bout des exigences de la sécurité sociale au Québec.Pour les raisons que nous avons indiquées plus haut, un programme cohérent coûte cher, plus cher encore lorsque les Infrastructures sociales sont faibles ou disproportionnées.Même si la totalité des prestations devait provenir de fonds fournis par les cotisations des prestataires et de leurs employeurs, cette ponction, s'ajoutant à celle que va déjà effectuer la Régie des rentes, limiterait le potentiel de croissance des ressources financières de l'Etat.Or, celui-ci doit maintenir une courbe potentielle optimum s\u2019il veut faire face à l'énorme augmentation prévue de ses engagements.Il lui faudra en particulier accroître ses ressources fiscales (il ne serait pas étonnant que le prochain rapport de la Commission d'enquête sur la fiscalité préconise des hausses sensibles afin de disposer d'une marge suffisante au budget ordinaire, qu\u2019alimente l'impôt.L'absence d'une telle marge, aujourd'hui presque inexistante, compromettrait son pouvoir d'emprunt et donc la possibilité de financer ses énormes dépenses d'immobilisations.Compte tenu d\u2019une augmentation d'impôts, il n'aura pas trop de toutes ses disponibilités actuelles et futures pour satisfaire notamment aux exigences de l'éducation et de la voirie.Que sera-ce si l\u2019assurance-santé, par exemple, vient indirectement limiter le pouvoir fiscal qu'il cherche à augmenter.Encore faut-il noter qu\u2019en ce moment nous ne raisonnons que sur les conséquences financières de programmes dont l'élaboration est officiellement prévue.Il n'est pas question dans tout ceci d'un programme complet de sécurité sociale.Pour faire face à cette dernière éventualité, le parti libéral devrait envisager d'aller plus loin.Toute une gamme de mesures lui serait offerte, depuis la création d\u2019un véritable impôt sur le capital jusqu'à l'intervention directe dans les secteurs de contrôle de l\u2019économie (plutôt que dans les seuls secteurs primaires).Cette intervention lui permettrait en particulier d'agir sur les phénomènes régulateurs de la vie économique; elle supposerait la définition d\u2019une politique économique et donc d'un plan; elle jugulerait l'hémorragie.Mais cela, que réclamerait une politique de sécurité sociale, jamais les bailleurs de fonds du parti libéral, jamais les syndicats financiers du gouvernement, jamais les grandes entreprises américaines qui possèdent le Québec, jamais Ottawa ne le permettront.Car de telles décisions impliqueraient au moins un certain rationnement de la souveraineté des grands intérêts.Elles commanderaient de la même manière un contrôle sur la monnaie et le crédit.Il n'est pas besoin de faire un petit dessin.On voit tout de suite les conséquences politiques.Le parti libéral, quant à lui, a pris bien garde de faire un petit dessin.La sécurité sociale étant dangereuse, il a décidé d: ne pas entrer là-dedans.La preuve en est que M.Lesage a annoncé son intention de reléguer au second plar les questions économiques, dont la sécurité sociale aurait au contraire précisé le poids.ais 1l fallait quelque chose, un rien, une puce.C\u2019est M.René Lévesque qui l\u2019a apportée.Ce qui à première vue est étonnant.Il faut toutefois donner le bénéfice du doute.Avec son projet de réorganisation de l'assistance sociale et de récupération des allocations familiales, il n'engage au départ aucune dépense supplémentaire et ne transforme qu'un domaine économiquement marginal \u2014 même si un bon paquet de gens vivent dans cette marge-là.Cependant, tout ce qui touche aujourd'hui à la répartition du poids de l'oppression et spécialement tout ce qui se débat dans les grandes marges du Québec est de nature à réserver des surprises.Qu\u2019on louche dessus et ça peut devenir un éléphant.Ce serait peut-être beaucoup supposer que d'attribuer une telle conviction à M.Lévesque, lequel a tout de même précisé qu'il fallait \u201ccommencer\u201d par la réorganisation de l'assistance sociale.Il sait où commencer, sera-t-il en son pouvoir de savoir où inir : Michel van SCHENDEL (Extrait de la revue SOCIALISME 66, de janvier) 1.À quel point, par exemple, Montréal est dépendant de l'Ontario, c'est ce qu'enseignent des statistiques récemment publiées par le B.S.Q.(Bureau de la statistique du Québec, 2e trimestre 1965, vol, IV, No 2, ministère de l'Industrie et u Commerce, Québec, p n 1961, la part montréalaise des expéditions i 3%.La manufacturiéres du Québec a destination des autres provinces était de 66 somme représentée par cette proportion équivalait elle-même aux deux tiers ) ; x qu'une compilation de statistiques plus récentes exprimerait une nouvelle augmentation de pourcentage en faveur de Montréal.La vocation continentale du Québec N.D.L.R.Nous reproduisons ci-après la conclusion d'un judicieux article de M.Bernard Cabanes paru dans l'hebdomadaire français CARREFOUR du 8 décembre dernier, article dans lequel M.Cabanes fait le point de la récente conférence de l'Organisation des Etats Américains tenue à Rio de Janeiro, capitale du Brésil.À la lecture de ce passage, on se rend compte du rôle d'influence que le Québec français pourrait jouer sur la scène mondiale si seulement il n\u2019était pas captif de la Confédération, Les débats de Rio, le sabotage de l'expérience Frei nous font mieux sentir, dans le concert panaméricain, l'absence de la nation française d'Amérique.Fruit d'une miraculeuse renaissance, le Québec s\u2019attarde dans l'association bâtarde à laquelle le contraint la conquête anglaise.| Le pays latin du Nord américain serait naturellement au centre du débat, au centre du dialogue entre Paris et Santiago.Il est la vivante synthèse du Nouveau Monde.L'Amérique latine a besoin de lui pour prendre conscience de l'unité du tontinent.L'Amérique du Nord a besoin de lui pour comprendre l'Amérique latine.Il est le chaînon manquant entre Latins et Anglo-Saxons, Européens et Sud-Américains.Avec lui, mais avec lui seulement, le dialogue de sourds prendra fin.Cette double carence de la France à faire l\u2019Europe et de la nation française d'Amérique à prendre sa place dans le concert des nations, freine considérablement l'évolution des Amériques.Bernard CABANES Ÿ { PAGE 4 L\u2019INDEPENDANCE 15 JANVIER 1966 La navigation d'hiver sur un rêve québécois d'indépendance De grandes choses s\u2019accomplissent quand les Québécois s'occupent de leurs propres affaires! Par exemple, la navigation d'hiver sur le Saint-Laurent.Depuis cinq ans les journaux font grand état de l\u2019activité qui règne dans nos ports du Québec pendant les mois d'hiver.Avec l\u2019apparition de quelques navires à coque renforcée pour les glaces, battant habituellement pavillon danois ou russe, on voit fleurir des articles pleins d'enthousiasme s\u2019étalant sur plusieurs colonnes.Notre but ici n\u2019est pas d'ajouter à ces descriptions laudatives, auxquelles nous nous associons d\u2019ailleurs bien volontiers.Il est plutôt de réveiller l\u2019esprit qui a présidé à la naissance de cette navigation d'hiver, et d\u2019en révéler les aspects plus ou moins cachés ou tabous, et d\u2019en tirer les leçons, les conclusions qui s'imposent pour les Québécois et leur gouvernement.UN SYSTEME QUI EST BIEN CONNU: LE CONVOI La navigation à travers les glaces ne date certes pas d'au- jourd'hui.Depuis le début du siècle, le Canada a des brise- glaces.Dans la Baltique, les navires marchands des Etats riverains vont d'un port a l'autre tout au long de T'hiver.Les officiers du navire russe BIRYU- SA arrivé le 5 janvier à Montréal, nous ont confirmé ce fait et ont même remarqué que les conditions prévalant sur le Saint-Laurent leur avait parues moins difficiles que celles qu\u2019ils ont l'habitude de trouver dans le golfe de Finlande et en mer Baltique.Là-bas, nous ont-ils expliqué, on emploie une mé- - thode qui permet à des navires ordinaires de se hasarder dans les glaces: le convoi.Eh oui! Ce vieux svstème du convoi qui permet de diminuer ou d\u2019écarter les dangers qui menacent les navires marchands au cours des guerres, retrouve son utilité contre la menace des glaces.Un brise-glaces ouvre la voie à tra vers les champs de glaces et dans son sillage, les cargos suivent sagement à la queue leu leu.Le svsteme manque un peu de souplesse, dans les horaires, il va une programmation à ofa hlir, mais en fin de compic, la circulation maritime se poursuit au grand bénétice de l'économie des peuples de ces régions.Alors! Pourquoi donc tant d\u2019émoi pour cu qui se passe sur te Saint-Laurent ?Justement parce que malgré la longue antériorité de l'expérience curo- pdéenne, la navigation d'hiver est une innovation récente ici.Ses conséquences n'ont pu etre encore bien vvaluées.Elles apparaissent mieux chaque hiver.Ce sont elles que les journaux s'empressent de mettre en, valeur.Nous nous dispenserons donc de les détailler plus longuement: la multiplicité des commentaires quotidiens le fait beaucoup mieux.UNE IDEE ET UNE REUSSITE QUEBECOISES Depuis que Jucques Cartier a remonté le Saint-Laurent et jusqu'à 1957, toute activité disparaissait des décembre, pour ne reprendre qu'au mois d'avril de l'année suivante.C'était un fait acquis qui semblait devoir se perpétuer éternellement.Il semble que jamais personne n'ait mis en cause l'impossibilité de naviguer sur le Saint-Laurent pendant ces quatre mois.La population du Québec remarquait bien tous les ans vers le mois de février, l'apparition des brise-glaces forçant leur chemin à travers les glaces pour venir débrider les embâäcles à la hauteur du pont de Québec, emba- cles générateurs d'inondations qui dévastaient les rives du fleuve en aval.Mais personne ne semblait imaginer que dans leur sillage, des navires marchands pourraient suivre el vent s\u2019amarrer aux quais de la capitale.Soudain, en 1957, le renouveau de la jeunesse du Québec manifeste ses premières ar deurs.Vers cette époque, Québec et les municipalités voisines se sont groupées dans un \u201cBureau métropolitain québécois du commerce et de findustric\u201d dont M.Yvon Tassé assume la direction.M.Tassé a eu connaissance de la thèse d'un jeune gcographe québécois, M.Michel rochu qui devant l'Université de Paris a soutenu, entre autres, que la navigation commerciale était possible jusqu'à Pointe-au- Pic.Saisissant toute l'importance de cette thèse, si ses conclusions pouvaient être étendues jusqu'à Québec, M.Tassé organise une équipe dont il confie la direction à M.Camus.Il s'assure au sein de cette équipe, la collaboration de M.Brochu, dont les travaux porteront sur l'étude des conditions physiques: glaces, marées, climat, etc.Dans l'enthousiasme et.en plein été 1957, cette équipe de jeunes Québécois aboutit à une conclusion favorable: ON DOIT POUV remonter en hiver, jusqu\u2019à Québec.Fort de cette affirmation, M.Tassé sans perdre de temps entreprend de la vérifier.Il convainc le capitaine Gagnier de risquer son caboteur, le Dvora, 700 tonneaux, et de faire un premier voyage fin décembre 1957.La réussite de cette première équipée entraine d'autres tentatives, toutes couronnées de succès; pendant les quatre mois de l'hiver 1957-1958, le Dvora justifie magnique- ment l\u2019initiative des promoteurs québécois en accomplissant neuf allers et retours et en transportant plus de 2,000 tonnes de marchandises diverses entre Québec et les ports de l\u2019estuaire du Saint-Laurent.L'année suivante, M.Tassé obtient de la Compagnie de navigation danoise Lauritzen qu\u2019elle risque un de ses Dan dans le golfe et dans l'estuaire.En fe- vrier 1959, la première liaison commerciale transatlantique entre Québec et l'Europe en hiver.est accomplie.On sait aujourd'hui que l'exploit a ét répété à maintes reprises, et améclioré, puisque les remontées conduisent les navires jusqu\u2019à Montréal.Deux conclusions à tirer de la genèse de cette navigation hivernale.D'abord: réalisation entièrement québécoise, Ce sont des Québécois qui par leur compétence, leur esprit d'initiative, tes \u2018 > > rw.NE.ie id Dans un pareil chenal, nos navires québécois auraient-ils encore besoin de coques blindées ?\\ \u201d AT \u201cAssistance à navire en danger\u201d Seul cas où Ottawa autorise ses brise-glaces à faciliter la navigation sur le St-Laurent glacé.rare mette RE REL Ei ue etre ee il 7 pf La navigation dans de telles conditions sera toujours difficile et risquée tant que la flotte insuffisante des brise-glaces devra s\u2019ocuper surtout a prévenir les inondations.CAMELOTS DEMANDÉS pour vente aux coins des rues du journal S\u2019adresser à M.Jean Clermont 438-8416 ou 524-7721 NETTOYEUR DE TAPIS « necrovace MONTREAL © TeivTore 7 © A L'EPREUVE DES IL).PE, 2çu0e i Marchandise assurée Ouvrage garanti SERVICE 4 JOURS 321-1240 Dr ERNEST J.BILODEAU, CHIROPRATICIEN RAYONS X Service 24 heures \u2014 Appels à domicile \u2014 Sur rendez-vous \u2014 3980 est, Sherbrooke (près) Pie-IX CL.4-1151 le Saint-Laurent Reportage: Jacques DUPONT leur audace ont infléchi le déroulement de l\u2019histoire en imposant à tous la possibilité de naviguer en hiver sur le Saint- Laurent.Ensuite: aucun gouvernement ne peut s\u2019attribuer la paternité de cette réussite.La navigation d'hiver, comme le barrage de la Manicouagan, ce n'est pas l\u2019Union nationale, ni le Parti libéral, ni le gouvernement Le- sage qui les ont faits.Ces réussites sont les manifestations de la vitalité et de la jeunesse du Québec d'aujourd'hui.Ce sont les oeuvres des jeunes générations débarrassées des lourds complexes d\u2019un passé colonial, fortes d\u2019une compétence nouvelle, qui se lancent, timidement au début, avec force ensuite dans la construction d'un pays et d'une patrie à leur mesure.Ce que nous venons d'affirmer, les faits qui suivent le prouvent.Nous avons montré jusqu\u2019à maintenant comment de jeunes et dynamiques québécois avaient su \u201cpenser assez fort\u201d pour inventer et pour prouver une possibilité.Ce que nous n'avons pas dit, c'est qu\u2019ils l'ont fait dans des conditions adverses et en surmontant une obstruction tenace des autorités du gouvernement d'Ottawa.En effet, au cours de cette enquête, un commentaire est revenu trois fois comme un écho: au port de Montréal, au service du chenal du Saint-Laurent, on m'\u2019a redit presque mot pour mot ce que m'avait déclaré M.Michel Bro- chu: \u201cLe gouvernement fédéral ne VEUT rien faire pour aider à l\u2019amélioration de la navigation d'hiver.Les Dbrise-glaces n\u2019ont qu\u2019une seule et unique fonction: briser les embâcles et ainsi éviter les inondations.Ce n'est qu'accessoirement qu'ils interviennent dans la navigation: non pas pour la faciliter, mais uniquement pour porter secours aux navires immobilisés dans les champs de glaces.\u201d A Ottawa, il semble qu'on n'ait pas encore pu se résigner à refuser l'assistance des brise-glaces aux navires en détresse.Ce manque d'intérêt pour la navigation sur le Saint-Laurent n\u2019a aucune explication technique.Par contre, Il en a d\u2019excellentes de nature politique et surtout électorale.Il s\u2019agit d'éviter l'établissement d\u2019un trafic maritime durant l'hiver, vers Québec et Montréal, afin qu\u2019Halifax et Saint-Jean gardent leur rôle de terminus transatlantiques.Aucun gouvernement à Ottawa, aucun parti fédéral ne piut consentir a courir le risque de perdre des voix, des députés et des fonds électoraux, en se laissant accuser d'avoir éloigné la manne qui fait vivre quatre mois durant, les deux grands ports des Maritimes.Aujourd\u2019hui, voila Ottawa devant un affreux dilemme: Maintenant que chacun sait que la navigation est possible tout l\u2019hiver sur le Saint-Laurent, le trafic des marchandises tend à s\u2019accroître vers les ports du Québec, au détriment de ceux des Maritimes.Ottawa en facilitant, comme Québec l'exige maintenant, la circulation fluviale, risque de s\u2019aliéner l'électorat des provinces Maritimes.Jusqu\u2019aux temps actuels, il a préféré s'attacher la clientèle des provinces atlantiques.Mais aujourd\u2019hui, Québec n\u2019accepte plus l\u2019immobilisme et la routine.Il estime ne plus devoir faire les frais de la prospérité hivernale des ports atlantiques.La population du Québec exige de tirer avantage des possibilités que lui offre la navigation d'hiver.Le gouvernement québécois se doit de prendre ses responsabilités.Il doit tout faire pour que la circulation maritime et le trafic commercial connaissent un rapide et considérable accroissement.Ce n\u2019est plus à 5%, mais à 50 ou 60% de l\u2019activité estivale que doit s'établir l\u2019activité hivernale des ports du Saint-Laurent.Pour cela, il faut obtenir d'Ottawa un service de brise-glaces et une aide a la navigation adéquate.Si Ottawa ne veut pas obtempérer, que le gouvernement du Québec se procure d'urgence les brise- glaces et l'équipement nécessaire.Qu'il profite de la possibilité de l\u2019équivalence fiscale pour en faire solder le coût par les finances fédérales.Ottawa pourra difficilement refuser la note, quand il refuse de s'occuper, une fois n'est pas coutume, des champs.de glaces que nous lui offrons généreusement.Les Québécois d'aujourd'hui ne peuvent plus tolérer d\u2019être le jouet de manoeuvres électorales et de faire les frais de la survie politique ou économique d\u2019une Confédération qui ne les a jamais servis et continue à les tenir dans un état de sujétion et d\u2019infériorité économique, comme le prouvent les dernières statistiques sur les revenus annuels.Dans un des prochains numéros, nous reviendrons sur les aspects économiques de la navigation d'hiver pour le Québec.Nom Bulletin d'inscription au RIN Je désire devenir membre du R.I.N.Veuillez trouver ci-jointe ma cotisation annuelle de $7.00 ou $4.00 (étudiant) * Adresse Ville Téléphone: Rés.Profession ou métier DECOUPEZ OU COPIEZ CE BULLETIN ET ADRESSEZ-LE À .N 1382 est, Beaubien, Montréal * Ce montant inclut l'abonnement au journal \u201cL'Indépendance\u201d.(Ecrire lisiblement S.V.P.) 861-5621 Les Disques de Libération enrg.Le seul long-jeu Indépendantiste aA (UO BIRCTC er Witke BEZIER if PA Pour tout renseignement adressez-vous a: Librairie Ménard 222 est, rue Ste-Catherine vous présente VEG WBS MMddfENONT ETES - Samoa GéLanas = Librairie \u201cLa Québécoise\u201d 169 est, Beaubien 279-2100 NOM: IL N\u2019EST PAS TROP TARD: POSTEZ DES MAINTENANT VOTRE BULLETIN D'ADHESION Veuillez joindre à ce bulletin 12 chèques post-datés, datés du premier de chacun des douze prochains mois, au montant de $10 (soutien), $5 (ordinaire) ou $2 (étudiant), par mois.Les chèques doivent être fait à l\u2019ordre des Amis de l'Indépendance.ADRESSE: r\u2026ncusane Tél: Vous recevrez par la poste votre carte de membre fondateur.LES AMIS DE L'INDEPENDANCE 1382 est, rue Beaubien, Montréal Téléphone: 274-8055 15 JANVIER 1966 \u2019 \u2014) LE COIN DE FERNAND ROBIDOUX A nous de Jouer! Nous avons trop souvent passé la main! Résultat: sur les 20,000 jeunes Italiens de la métropole, 14,000 [réquentent des écoles anglaises ! Pourtant, il y a dix ans, les écoliers de la colonie italienne se partageaient également entre les écoles françaises et anglaises.En quittant leur terre d'origine, ces latins (comme nous) étaient beaucoup plus près de notre culture et de nos traditions.Pourquoi se sont-ils, petit à petit, en nombre sans cesse croissant, tourné vers la majorité anglo-saxonne ?Me Giuseppe Turi, journaliste, membre du conseil des arts du Québec et professeur d'italien à l'Université McGill déclarait récemment: \u201cLes néo-Canadiens d'origine italienne sont gagnés d'avance à la cause francaise.Si seulement les Canadiens français daignaient leur faire signe.Mais nous n'avons su leur offrir, depuis quelques années surtout, que le spectacle d'une ville entièrement pourrie par la \u201cNorth- American way of Life\u201d.Nous leur avons raconté qu\u2019ils habiteraient, à Montréal, la deuxième ville française au monde, et ils se rendent compte qu il y a là fausse représentation.Car dans cette \u201cdeuxieme ville française au monde\u201d: -\u2014 la majorité des antennes de radio et de télévision sont d'expression anglaise; \u2014 les postes de radio français (méme ceux qui \u201cparlent au nom des Canadiens français\u201d) sont voués au triomphe des succès du \"hit Parade\u2019; -des électrophones (juke-boxes) qui dispensent la musique dans nos restaurants ne comptent qu'une minorité de refrains chantés en français; \u2014 méme dans les quartiers les plus francophones de la Métropole, nos kiosques à journaux et revues sont occupés pas l'étranger: \u2014 la majorité des films projetés dans nos salles de cinéma sont des \u201cparlant anglais\u201d.Cte, ete, cl Iv a plus | Le canal \u201c12\u201d à cru bon de consacrer aux néo- Canadiens d'origine italienne une tranche appréciable de son horaire du dimanche.Plusieurs milliers de fovers acquièrent ainsi des habitudes qui n on pas l'heur de les rapprocher de nous.Qu'attendent le \u201c2\u201d \u201c10\u201d et nos stations radiophoniques francophones pour vontrer os cHlorts et attirer de leur côté des auditeurs qui ne demundent qu'a venir grossir leur cote d'écoute.II convient cependant de féliciter Jean Rafa, qui anime chaque semaine à CFMB (Je poste des langues étrangères, à Montréal) une émission francço-italienne adroitement carrossée.Mais la tâche est enorme et l'etfort isolé ne suffit plus.Nous ne pourrons pas redonner à Montreal von, visage fran- cais sans l'appui des néo-Canadiens d'origine latine.A chacun son amen de conscience.Mais le Canadien français ne prêchera ja- Mais inJeux que pau l'exemple.A NOUS de Jou BARBARA: Le \"mal de vivre \u2014 Si la photo est bonne \u2014 Septembre (quel joli temps) \u2014 J'ai troqué \u2014 Tous les passants \u2014 Got- tingen \u2014 Toi l\u2019homme \u2014 Une petite cantate \u2014 La solitude \u2014 Les mignons \u2014 Toi \u2014 PHILIPS 33 tours B 77.859 L.Barbara au plano est accompagnée par Joss Baselli (accor- deon) Bernard Gérard (second piano), Pierre Nicolas (basse), L'INDÉPENDANCE Michel Portal (saxophone), Pierre Labadie, Louis Bourcier, Michel Narchesini et Michel Tournus (violoncelles).Le succès de Barbara confirme le renouveau de la chanson française, bien dite et bien écrite.Cette chanteuse est même en avance sur son temps.Quand elle chantait à l'ECLUSE, Barbara était à la mode de demain.Aussi, aujourd'hui, paraît- elle neuve, libre de toutes influences, aussi bien celles de la rive gauche intellectuelle, que celles de la rive droite en proie au rock.On ne sait quelle originalité il faut admirer le plus; celle du compositeur ou celle de l'interprète.BARBARA ne craint pas d'utiliser des mots très simples et de les associer pour créer une poésie familière qui ne doit rien à la littérature et reste de la vraie chanson.Car on y parle d'amour tendre ou mélancolique, sans mélodrame.FEUX FOLLETS: Ritournelle du \u201cpeddleur\u201d \u2014 Cérémonie indienne de fiançailles \u2014 Sur la piste \u2014 La Vieille France au Nouveau Monde \u2014 Rituel du Hamatsa \u2014 Le foulon \u2014 Shakapoine ou chasse \u2014 Soirée sur les bords du St-Laurent \u2014 RCA Victor PC-1088 \u2014 Orchestre et choeurs Claude Poirier, C'est du grand music-hall.Tout Canadien fier de l'être se doit de posséder et de propager ce microsillon.L'ensemble compte 70 danseurs, chanteurs et musiciens venus de toutes les régions du ana FRANÇOIS DEGUELT dit TOI ET MOI, de Paul Géraldy \u2014 PATHE 33 tours PAM 68.021 \u2014 Musique de François Deguelt \u2014 Roger Bourdin à la flûte \u2014 Annie Challan à la harpe.\u201cTOI ET MOI, c\u2019est une chanson.Une chanson en trente-deux couplets.Si vous en doutez, écoutez d'une oreille attentive certains paroliers modernes.Ils doivent beaucoup à Paul Géraldy et ils le savent bien.TOI ET MOI, c'est une chanson d\u2019amant.Mais vous n'entendez pas de chambre d\u2019écho, pas de cris déchirants, pas de désespoirs de mauvais aloi.C'est d\u2019amants plus humains qu'il s\u2019agit.Plus pudiques et plus vrais que dans les rengaines.\u201d (Fran- ois Deguelt) \u201cJEAN-BAPTISTE CHEZ NOS CHANSONNIERS\u201d par Richard-François Cette semaine, Jean-Baptiste est allé rencontrer Pauline Julien.Celle-ci s'apprétait à partir pour Paris, et Jean-Baptiste n'a pas voulu rater l'occasion de l'interviewer pour les lecteurs de l'INDEPENDANCE.D'ailleurs à chaque numéro Jean- Baptiste se rendra chez nos artistes québecois afin de s\u2019entretenir avec eux.Q.\u2014 Pauline Julien, qu'est-ce qui vous a poussé à la chanson ?R.\u2014 Vovez-vous, j'ai déjà fait du théâtre, et il faut dire que je me sens beaucoup plus à l'aise dans la chanson.Peut- Ctre parce que je suis un peu individualiste.O.\u2014 J'ai rencontré lors d'un voyage à Paris, plusieurs de vos amis, entre autres dans une boite de la rue St-Jacques au \u201cPort du Salut\u201d où vous avez chanté, Dans quelles autres boîtes avez- vous chanté là-bas ?R.\u2014 C'est là une question que me posent souvent les journalistes.À l'époque où je commençais à chanter dans les boites de la Rive Gauche, c'était le début.Aujourd'hui je pense à autre chose.Q.\u2014 Quelle différence entre le public francais et le public d'ici ?R.\u2014 Il ne faut pas être chauvin.II faut conquérir son public de la même manière en France qu'ici.La différence c'est que là-bas, je suis moins connue.Q.\u2014 Vous repartez bientôt en Europe, Qu'allez-vous y faire et combien de temps y resterez- vous ?R.\u2014 Je pars mercredi.Je vais faire de la télévision, donner des spectacles de Music-Hall aussi à Paris, à Bruxelles, peut- être aussi Liège et des récitals dans des boîtes à chansons.Mais je reviendrai bientôt au Québec car j'ai beaucoup d'attaches ici.R.\u2014 Ça, je ne sais pas.Mais par contre je dois dire que souvent les cachets sont assez mal répartis.Q.\u2014 Pauline Julien, je ne vous demanderai pas si vous aimez votre pays du Québec, Je voudrais néanmoins savoir ceci, pourquoi êtes-vous indépendantiste ?R.\u2014 Simplement parce que c\u2019est la seule solution à notre survivance nationale, sociale et culturelle.Q.\u2014 Votre opinion sur la jeunesse québecoise et vous plait-il de vous produire devant ce public ?\u2014 Notre jeunesse a un idéal a défendre.Oui, j'aime bien me produire devant eux quoique tous les publics m'\u2019intéressent.Q.\u2014 On accuse souvent les jeunes à tort et à travers de ne jamais rien faire de constructif.Etes-vous de cet avis ?R.\u2014 Absolument pas.(sic) Merci de cette réponse ! Sur ce court entretien, nous quittons Pauline tout en lui souhaitant un triomphal retour au Québec ainsi qu'un éclatant succès pour son dernier microsillon \u201cPauline Julien chante Raymond Lévesque\u201d sur étiquette Gamma.Q.\u2014 Mais dites donc Pauline, quels sont vos voeux pour la jeunesse québecoise en Jl\u2019an R.\u2014 Beaucoup de courage et surtout de la fierté.(Reportage exclusif à 1'Ing¢ dépendance) PAGE 5 ~N 7 \u2014 ~ MONTREAL SECOND LARGEST FRENCH CITY IN THE WORLD FRENCH, NI VU NI CONNU Dear Sir: We are returning your 1000 shares of Steeloy Mining Corporation Limited.As we do not speak or understand the French, we are at a loss to know what you want.Texacore Mines Limited, 44 King St.West, Toronto Dear Sir: This catalogue may be of interest but unless written in English is of no value.Jordon Memorial Sanatorium, The Glades, NewBrunswick P.S.Vous voyez.I faut connaître anglais même pour lire L'INDE- PENDANCE.L'INDUSTRIE VOUS RECLAME.EN ANGLAIS A l'Inhtitut d'Entrainement Spécialisé du Québec, situé en plein coeur de Montréal, on prétend vous préparer aux carrières industrielles dans le but de vous faire gagner davantage.À cette école privée, onz cours sont offerts aux jeunes dégourdis qui n'ont pas peur de l'étude.Tres bien.Si vous avez de bons yeux, vous pourrez peut-être lire au bas de l'annonce que sept des onze cours ne sont \u201censeignés qu'en anglais\u201d.MONTREAL, CAPITALE MONDIALE DE L'AVIATION Vous voulez voler par Eastern Airlines, de Dorval à Tombouc- tou, ou ailleurs?Vous ne pouvez pas si vous ne connaissez que le français car ces gros oiseaux ne font connaître leurs heures de vols que sur une TIMETABLE en anglais.SOIS BILINGUE OU CREVE De temps à autre, la ville de Montréal publie, dans nos journaux, des Offres d'emplois.Après la description des tâches à remplir et les précisions sur les salaires offerts, on peut lire, au bas de la colonne: DANS TOUS LES CAS, LES CANDIDATS DOIVENT POSSEDER UNE CERTAINE CONNAISSANCE DU FRANCAIS L'INDÉPENDANCE Mon nom: Je désire m'abonner à Mon adresse: Téléphone: Envoyez à Je joins 53.00, ce qui paie l'abonnement à 24 numéros.L\u2019'INDEPENDANCE 1382 est, rue Beaubien \u2014 Montréal au Motel Carillon, DINER - CAUSERIE Le Rassemblement pour l'Indépendance Nationale a l'honneur de vous inviter à un diner-causerie 2800 boul.Laurier, Ste-Foy.le samedi, 5 fevrier, à 6 heures 30.Le conférencier, M.Pierre Bourgault, à intitulé sa causerie \u201cOU EN EST L'INDÉPENDANCE\u201d Me Guy Pouliot, vice-président national, présentera le conférencier.Messieurs André d'Allemagne, Marcel Chaput, Rodrigue Guité, Pierre Renaud, seront au nombre des invités d'honneur.Reservations avant le 25 janvier \u2014 C.P.130 Sillerv, 6e \u2014 683-9404 $10.00, le couvert \u2014 $15.00, le couple D'ALLEMAGNE CANDIDAT A LA CONVENTION D'OUTREMONT O.\u2014 Le Ministère des Affaires Culturelles devrait-il subventionner les centres d\u2019arts et les boites a chansons ?M.André d'Allemagne se portera candidat à la convention du comté d'Outremont, qui aura lieu le mercredi 19 janvier prochain, à 8 heures, à la salle des philosophes du Pavillon Lalle- mant (Collège Brébeuf, entrée rue Decelles entre Maplewood et Chemin Ste-Cathereine).M.d'Allemagne a presque toujours vécu dans ce comté.Né en 1929, il a fait ses études au collège Stanislas, à l\u2019Université McGill et à l\u2019Université de Montréal, où il obtint une maîtrise en linguistique.Traducteur pendant deux ans au Journal des Débats, à Ottawa.puis rédacteur publicitaire pendant douze ans pour le compte de diverses agences montréa- laises, il devait l\u2019an dernier être congédié par son employeur à cause de son engagement politique.Il est maintenant conseiller technique pour l'Association Générale des Etudiants de l\u2019Université de Montréal (AGEUM).1 uM.d'Allemagne.est l'un des embres-fondateurs du RIN, one il a été le premier prési- ent.Il a été membre du comité exécutif pendant quatre années consécutives, et il est actuellement directeur du service des relations internationales.Pauline Julien Tous sont cordialement invités à assister à la convention du RIN-Outremont.L'assemblée se- R.\u2014 Oui! D'ailleurs, Gratien Gélinas, Jacques Languirand et Claude Léveillé ont déjà je crois ra présidée par le Dr Maurice entrepris des démarches à ce Dufresne, ex-président du comté sujet.et de la région de Montréal.Les orateurs au programme: Pierre Bourgault, président du RIN et candidat dans Duples- sis, et Marcel Chaput, candidat dans Papineau, ainsi que le candidat élu à la convention.Q.\u2014 Raymond Lévesque dit, que les jeunes débutants demandent parfois des cachets trop élevés dans les boîtes à chansons; qu\u2019en pensez-vous ?ET DE L'ANGLAIS On sait depuis longtemps un magnifique exemple.Ce serait Tête Grindée Valves Grindées Sièges Grindés Valve seat vicé inst.Head intake grindé Manifold grinde Flywheel grindé Tête remont.| Pin fitté A AIR CANADA, LES CONTRATS REDIGES EN FRANÇAIS SONT ILLEGAUX A Air Canada, ces derniers temps, il y eut discussion afin d\u2019établir les termes d'un nouveau contrat de travail.Les em- plovés de Québec et de Sept-Iles ont montré un peu plus de dignité que leurs confrères de Montréal en réclamant du français dans leur contrat.Les maîtres anglais et les mercenaires anglicisés de Montréal avaient décidé qu'on ferait imprimer 600 exemplaires du contrat en français pour ceux qui auraient l\u2019audace d'en réclamer.Les Canadiens français durent bientôt déchanter: les dirigeants d'Air-Canada venaient de refuser l'autorisation d'imprimer le contrat en français car SELON LES AVOCATS D'AIR- CANADA, LE FRANÇAIS RENDRAIT LE CONTRAT ILLEGAL.Au Québec français, c'est le Sois bilingue ou crève.FRANCAIS \u201cGRINDE ET REFITTE\" est un domaine où la langue française est le plus massacrée.En voici termes prétendument français, imprimés sur la facture que remet à ses clients un important garagiste.que la mécanique de l'automobile le cas de dire C1-GIT une liste de Rods resizé Rod aligné Moteur perce.Bore Pistons finis à Pistons groovës Crank grindé R.Crank redressé Pin meétallize King Pin fitte ml Le Fédéral \u201d -« condamné à mort \u201cIl semble qu\u2019une espèce de chancre se soit implanté qui ronge systématiquement le pouvoir et l'institution même du gouvernement fédéral sans qu'il lui soit possible de résister.\u201c Ceci est le diagnostic posé, dans sa revue de l'année politique au Canada, par M.Jean- Pierre Fournier, correspondant parlementaire du DEVOIR à Ottawa, 31 décembre, en page 7 Fair play britannique Lors de l'union des deux Ca- nadas, en 1840, le Bas-Canada comptait 650, 000 Canadiens français; le Haut-Canada, 450,000 An- glo-Canadiens.En dépit de cette majorité canadienne-française, le Haut-Canada obtint autant de députés que le Bas-Canada, c\u2019est- à- dire 5) en apprenant ELEVEZ-VOUS FACILEMENT, RAPIDEMENT AU-DESSUS 2, Moin DE LA Métier Payant MASSE DES Du TRAVAIL A\u201cL'ANNEE INUTILES Camions Pancartes Enseignes Etiquettes de prix Vitrines \u201c4255 DE ROCHE, \u2014 522.1896 Sans obligation, veuillez m'envoyer votre prospectus GRATUIT concer- J nant vos cours Du jour [] Du soir [J Par correspondance [J] Adresse eso es ss eos en .e\u2026.vw.| Nom .ocsononasosecavo000000 J | WE Cn tt Saver tt Sy Gua) SRN) VEY EEE Ve | \u2014 Vacances de Paques a la Bateau ou avion (23-30 Voyage Bel-Air: 34, Cote de VOYAGES 1966 Du ler au 11 avril, Il \u2014 Paques en TERRE-SAINTE: Ill \u2014 EUROPE: 13 pays, 64 jrs (compris Espagne et Portugal), JV \u2014 MOYEN-ORIENT: 21 jrs, en juillet (M.l'abbé A.Lamou- V \u2014 EUROPE et MOYEN-ORIENT combinés, 64 jrs, $1586.RENSEIGNEMENTS : Voyages Bel-Air: 2155, de la Montagne, Mtl, 844-8817 M.G.Bellefleur: 3973 Mentana, Mtl, 523-2583 GUADELOUPE et MARTINIQUE en avion, $480.00 21 jrs (Mgr R.Marien), $998.-1298.00 juin), 9e Tour, reux) la Fabrique, Qué., 529-3749 ° ® réparations en général ® ouvrages de presse e e MACHINISTES Dorion et frère manufacturiers et fondeurs production - repoussage du métal en feuilles développements d'inventions 9945 rue Paris (coin boul.Industriel) A MONTRÉAL-NORD \u2014 TÉL.: 322-0320 521, AVENUE DE L'ÉGLISE, VERDUN à MARCELLE fleuriste ina MEMBRE DE LA CHAMBRE DE COMMERCE DE MONTREAL PROPRIÉTAIRES : M.Ls.Ph.LESAGE ©® GERANTE: MLLE LISE LESAGE NOS STUDIOS SONT OUVERTS TOUS LES JOURS, Y COMPRIS LE DIMANCHE, LIVRAISON PAR TOUTE LA VILLE SEPT JOURS PAR SEMAINE 14 ARTISTES A VOTRE SERVICE 24 HEURES PAR JOUR COMMANDES TÉLÉPHONIQUES ACCEPTÉES 24 HEURES PAR JOUR TÉLÉPHONE: 768-9413 DE 9 HEURES À 9 HEURES FLEURS TELÉGRAPHIÉES DANS LE MONDE ENTIER 668 BOULEVARD STE CROIX.CREATION ET STUDIO 80 GRAPHISTES D'AFFICHES ET DE DEPLIANTS PUBLICITAIRES ST-LAURENT, TEL 748-9287 IMPRESSION - Y bs od v PAGE 6 IL S\u2019AGISSAIT D\u2019Y PENSER I! paraît que, sentant la soupe chaude face au mouvement séparatiste du Québec, l\u2019université anglaise de Montréal, Sir George Williams, serait allée consulter M.Paul Gérin-Lajoie, ministre québécois de l\u2019éducation, pour se faire rassurer.Pour garder intactes ses amitiés particulières anglaises, celui- ci aurait suggéré aux professeurs de SGW de proposer a la commission sur le biculturalisme et le hilinguisme la création d'écoles où l'enseignement serait donné moitié en anglais moitié en français, Connaissant les aptitudes des Anglophones pour la langue française, de cette façon, tous lés Canadiens français s\u2019angliciseraient sans que les Anglais se francisent pour autant, Il ne suffisait que d'y penser.LES JUIFS GRIGNOTENT DUPUIS ET FRÊRES On apprend du poste radiophonique montréalais CIMS que le erand magasin Dupuis Frères, établi avec l'argent des Canadiens français, aurait loué la consigne de son restaurant à des Juifs.LES ORACLES SONT AVEC NOUS De nos jours, on fait beaucoup appel aux voyants pour apprendre ce qui va se passer dans l'avenir, Voulant s'assurer que le séparatisme est bien mort au Québec.Vl.Jean Lesage aurait consulté une des plus célèbres cartomanciennes de France, Mme Blanche Orion.Mme Orion a dit décevoir M.Lesage parce qu\u2019elle a prédit, et sa prédiction est consi- vice dans le journal français ICI PARIS, que \u201cLe Canada français se soulève pour son indépendance et l'obtiendra) C'est ce qui expliquerait l'amende honorable faite dernièrement à la télévision par M.Le- sage envers les Séparatistes.\\< ROSES ET CHARDONS LA JUSTICE A SES MAUVAIS MOMENTS Parlant sur le sujet de la peine de mort au Canada, Me Claude Wagner, ministre de la Justice au Québec, a déclaré que ce nétait pas le temps d'abolir la peine capitale étant donné que \u201cle crime augmente\u201d dans notre province.(Les journaux du 30 décembre).La même journée, M.Adrien Robert, chef de la Sûreté Provinciale du Québec déclarait, \u201cLa criminalité a diminué de façon sensible dans la province au cours de 1965.\u201d (Les mêmes journaux du 30 décembre).I! paraît que désormais, M.Adrien Robert devra faire censurer ses déclarations par l\u2019honorable Wagner avant de les lancer dans le public.MAINTENANT CE SONT LES CÉPARATISTES Décidément, il y a des Séparatistes partout.Même qu'il y en a sous différentes orthographes.A preuve: au sujet de l\u2019action du gouvernement provincial visant à unifier l'autorité sur les eaux du Québec, on a appris l\u2019existence du \u201cComité permanent d'aménagement des ressources\u201d présidé par M.Jean- -Baptiste Berge- vin, organisme qui a pour petit nom officiel le sigle prédestiné CEPAR.Les membres de cet organisme sont donc des CEPARATISTES, Et ça, dans le gouvernement de M.Lesage.PARISIAN FRENCH À LA RCMP Les deux agents unilingues de la police montée, envoyés récemment à Paris, sont là pour y apprendre le Parisian French, étant donné qu'on les destine à la direction de la nouvelle école de la police bilingue créée par le gouvernement fédéral.J DIVISEUR \u201cAIR FLASH\" 152 mm et 203 mm Wr emer * POUR P PERCEUSES ou pens TRAVAUX DE RAISAGE À INDEX 24 DIVISIONS EN 12 SECONDES % TRAVAIL AUTOMATIQUE - PRECISION JUSQU'A 3\u2019 % SE REGLE A TOUTE DIVISION JUSQUE 48 * (OMPACT \u2014 EFFICACE \u2014 RAPIDE Détails complementaires et caractéristiques sur demande A: Dugas Machine Works, Inc.1826 W.Commerce $t.Ri, 7.2230 Dalles 8, Texse .QUATRE CONVENTIONS DU R.I.N.DANS MONTREAL D'ICI FEVRIER Le RIN qui compte présentement neuf candidats officiellement choisis en vue des prochaines élections québecoises tiendra, d\u2019ici le ler février, quatre conventions dans Montréal pour le choix de nouveaux candidats.Le mercredi 19 janvier a 8 heures au Pavillon Lallemant du College Brébeuf pour le comté d\u2019Outremont.Candidat: M.André d'Allemagne, conseiller technique de 'AGEUM.Le dimanche 23 janvier dans le comté d\u2019Ahuntsic.Candidat: M.Pierre Cinq Mars, directeur d'école.Le mardi 25 janvier dans le comté de Fabre, nouveau comté de l'Ile Jésus.Candidat: M.Roger Turgeon, ingénieur civil.Le dimanche 30 janvier à 2.30 heures, dans Maisonneuve.Candidate: Mlle Noëlla Sénéchal, infirmière.Les détails de lieux et d\u2019heures peuvent être obtenus du secrétariat du RIN, 274-8055.L'INDÉPENDANCE LE GRAND MENSONGE DE LA PROSPERITE QUE- BECOISE AU SEIN DE LA CONFEDERATION \u201cNotre pays est en proie à de profondes disparités économiques d'une région à l\u2019autre.Ces disparités sont considérables: le revenu moyen de l'Ontarien est supérieur de 33 p.100 à celui du Québecois.\u201d \u201cIl y a toutefois plus grave encore: c\u2019est l\u2019incrustation du phénomène.Alors qu'aux Etats-Unis, les disparités inter-régionales ont tendu à s'amenuiser depuis 30 ans, elles sont demeurées, au Canada, constantes depuis 40 ans et sont restées par conséquent insensibles aux courants de progrès qui ont traversé l'économie.\u201d Claude RYAN, \u201cLe Devoir\u201d du 7 janvier.Même si la mode n\u2019est plus, paraît-il, aux famill>s nombreuses, les Séparatistes en comptent néanmoins un certain nombre.C\u2019est une façon efficace d'augmenter leurs effectifs.Sur cette photo, c\u2019est la belle famille de M.Louis-Philippe Lesage, propriétaire de l\u2019établissement MARCELLE FLEURISTE, 521 avenue de l'Eglise à Verdun.Treize enfants vivants, dont onze paraissent sur cette photo, les deux autres étant, à ce moment, l\u2019une infirmière dans l\u2019armée, l\u2019autre, un fils, à l'étranger.À ces treize enfants s\u2019ajoutent aujourd'hui vingt petits enfants.Malheureusement, Mme Lesage était décédée deux ans avant la prise de cette photo.vieux journaux - sto PAPIEROGRAMME Appel à tous nos lecteurs - stop - ne jetez - nous pouvons les utiliser au service de l'INDEPENDANCE DU QUEBEC - stop - appelez M.Marcel Demers 273-5579.- stop - Message à conserver près du téléphone.as vos Pétro-Montréal Inc.MARCEL CHAPUT, président RESIDENCE : 747-4810 Huile légère |Huile distillée 387-9923) 334-0194 \u201cL'indépendance par le sol\u2019 IMMEUBLES du QUEBEC Courtier, W.P.O'Leary, H.E.C.et D.S.P.MONTREAL \u2014 CR.3-23-23 \u2014 LAURENTIDES ! Jour : Dr Lorenzo P.Favreau OPTOMETRISTE [] 257 est, rue Ste-Catherine {] 6886 rue St-Hubert [J 7227 boulevard Pie IX [] Clinique médicale\u2019 Anjou, 8250 Chatillon 288-6703 \u2014 Soir : 727-4957 4140, boul.Lévesque St-Vincent-de-Paul LOUIS-ROLAND PESANT, Ls.c., ILd.ASSURANCE Feu, vie, vol, responsabilité Tél.: 661-7668 8982 - 6e AVENUE BERGERON RADIO-TV DIPLÔME EN ÉLECTRONIQUE Tél.: 381-8798 VILLE ST-MICHEL ONTARIO 4030 EST, ONTARIO 523-4333 Littérature générale histoire, science nouveautés LIBRAIRIES L.DUBOIS DOMAINE CENTRE D'ACHATS DOMAINE 254-0071 Papeterie et articles de bureau LA COMÉDIE CANADIEN MARCEL CHAPUT Séraphin Marion et le séparatisme M.Jean Lesage se plaît à répéter que le séparatisme est chose du passé et que la presque totalité du Québec est fédéraliste, comme lui.Il est, chez les historiens renommés, un homme de grande réputation qui ne pense pas comme lui sur ce sujet, c\u2019est M.Séraphin Marion.On lit dans le résumé d\u2019une des conférences de M.Marion, ce qui suit: \u201cEn 1867, le peuple canadien-français était encore au berceau tandis qu\u2019en 1965, c\u2019est un peuple adulte, Le problème brûlant du séparatisme occupe tous les esprits.\u201d Et ce jugement, M.Marion ne l\u2019a pas porté il y a 3 ans, au temps des bombes du FLQ, mais bien le mardi 14 décembre 1965 devant les membres de la Jeune Chambre de Commerce d\u2019Ottawa.\u201c Anglicisez-vous ou sacrez le camp\u201d Dans leur naïveté, certains Canadiens français croient que les Anglo-canadiens changent d'attitude envers nous les francophones et commencent enfin à nous accepter.llons-y voir.Qu'a répondu M.Ernie Jones, commissaire de la ville d'Ottawa, la capitale du Canada et dont, par surcroît, la population est française à au moins 35 à ceux qui se plaignent du peu de français qu'on trouve dans cette ville ?\u201cQue ceux qui ne sont pas contents s\u2019en aillent.\u201d C\u2019est exactement ce que les Séparatistes ont décidé de faire.On n'a plus les Italiens 4 ° qu'on avait On savait déjà que les Italiens de Montréal envoyaient autrefois leurs enfants aux écoles françaises.Une enquête récente nous fournit des chiffres prouvant qu \u2018aujourd\u2019 hui, c\u2019est le contraire qui se produit.Ainsi, lit-on dans LA PATRIE du 19 décembre en page 12, \u201cDans le nord de la ville (de Montréal), par exemple, il y a des écoles dites irlandaises où la proportion des élèves d'origine italienne atteint 95 p.100.\u201d Mis au courant de cette situation, Me Marc Jarry, président de la Commission des Ecoles catholiques de Montréal n\u2019a pas blémi de consternation.Au contraire, il a avoué trouver la chose tout .a fait normale puisque pour lui, toute personne du Québec qui n\u2019est pas de sang français doit parler anglais.On n\u2019a plus les Italiens qu\u2019on avait.Ni les présidents de commissions scolaires.Séparatisme appliqué Au moment même où le commissaire d'Ottawa lançait son invitation \u201cà s\u2019en aller\u2019, la Civil Service Association of Canada faisait savoir, dans son mémoire à la commission BB \u201cqu\u2019il est de plus en plus difficile de recruter des candidats bilingues pour la fonction publique et que cette tâche se complique lorsqu'il s\u2019agit de transplanter ses \u2018employés dans une ville d\u2019expression, anglaise (sic) comme Ottaw \u201cLe problème du recrutement, poursuit le mémoire, est des plus aigus dans le Québec.Bien que ce soit dans cette province que l'on puisse trouver immédiatement le plus grand nombre de candidats bilingues, c'est dans le Québec que l'on recrute en fait le moins de candidats.\u201d Plus grave encore, la fonction publique fédérale a lancé un programme de recrutement dit \u201cdes jeunes administrateurs\u201d, afin de former ceux qui dans quelques années occuperont les postes.supérieurs.Or, conclut le mémoire, \u2018il semble que ce programme n'ait pas attiré autant de jeunes diplômés du Québec que des autres régions.Ça c\u2019est grave pour la Confédération, car une telle désaffection pour la fonction publique fédérale, c\u2019est bel et bien du séparatisme appliqué.Mot pour rire \u201cL\u2019Ontario français en appelle au FAIR AY du gouvernement\u201d, titre tiré du DROIT du 17 décembre, à la une, pour résumer le mémoire des cinq grands organismes éducatifs de cette province a la commission Croire au Fair Play anglo- canadien après 98 ans de confédération, c\u2019est encore pire que de croire au Père Noël.Mon ami Pierre Elliott-Trudeau Mon ami, c \u2018est beaucoup dire; on se connait a peine.Mais je l'aime bien quand même parce que son intelligence et son honnêteté le forcent à être logique avec lui-même.D'accord, il n'est pas Canadien francais; il est apatride.Pour lui, le patriotisme, l\u2019adhésion sentimentale à une culture, c'est dépassé.Seule doit compter l'efficacité.Que le critère soit anglais ou français, peu importe.Mais la où il a vachement raison, c'est quand il dit que \u201cLes tenants d'un statut particulier pour le Québec sont des Séparatistes qui s'ignorent.\u201d Et cela inclut notre premier ministre Jean Lesage.Vouloir un statut particulier, ce n'est pas rechercher le juste milieu, ce n\u2019est pas faire preuve de modération, ce n\u2019est pas rejeter l\u2019extrémisme: c\u2019est reconnaître en soi-même qu\u2019étant minoritaires et différents des autres Canadiens, les Canadiens français devraient se diriger eux-mêmes.Mais c\u2019est aussi ne pas avoir le courage de le dire et d\u2019agir en conséquence.Les Ukrainiens ont roulé M.Lesage On se souvient de la victoire qu'avait faite M.Jean Lesage, de son entente avec les groupes ukrainiens de l\u2019Ouest du Canada: les Ukrainiens appuieraient l\u2019idée d\u2019enseigner plus de français dans les provinces de l\u2019Ouest et M.Lesage permettrait l'enseignement de l'ukrainien au Québec, Or, les mêmes Ukrainiens ont présenté dernièrement leur mémoire à la Commission Lauren- deau-Dunton.La chose est flagrante, M.Lesage s\u2019est fait rouler.\u201cLe mémoire du comité, nous dit LA PRESSE du 18 décembre, p.13, recommandait, entre autres choses, que toutes les langues maternelles soient reconnues sur un pied d'égalité au pays, l'anglais devant toutefois être la langue de comm cation dans toutes les provinces excepté le Québec, où le français serait la langue de com- municatio Ainsi serait reconsacré le bon vieux principe de la réserve québécoise, avec cette amélioration que, grâce à M.Lesage, on enseignerait l\u2019ukrainien dans certaines écoles du Québec.M.Robarts et ses Franco-Ontariens \u201cD'autre part, a ajouté M.John Robarts, premier ministre de l'Ontario, je ne suis pas sûr que tous les 650,000 francophones de l'Ontario veulent des écoles françaises, Je crois que souvent des intentions qui ne sont pas toujours les leurs sont prétées aux gens.C'est ce méme M.Robarts qui, il y a deux mois, disait à Jean Lesage, premier ministre du Québec, de ne pas s'occuper des minorités françaises de l'Ontario parce que les Franco- ontariens, c'est à Robarts qu'ils appartiennent, S.A la même récente occasion, M.Robarts a dit ne pas croire au bilinguisme généralisé à brève échéance au pays.eux qui ont la patience d'attendre, levez la main.La jeunesse du Québec ne l'a plus.Petit exemple qui en dit long Vous avez peut-être vu dans les journaux les annonces d\u2019un certain vin australien ?On vous dit que c'est grâce à M.Dupont si vous le payez moins cher qu\u2019un autre vin importé, de même qualité.D'abord, il y a fausse représentation: Au Canada, pas un douanier ne porte une casquette avec l'inscription française DOUANES, comme celle qu\u2019on voit sur la photo de I'hypothétique M.Dupont.C\u2019est l'anglais CUSTOMS qu \u2019on y lit.Mais là n\u2019est pas ce qu'il faut retenir de cette annonce.C\u2019est que ce vin australien est moins cher que les vins, disons, français, parce que l'Australie fait partie du Commonwealth, et pas la France.Ainsi, tout ce que les Canadiens veulent acheter de France, ils paient le plein prix à la douane.Et ce serait normal que les Canadiens français pensent à établir des relations commerciales plus soutenues avec la France, par exemple, dans le domaine des livres.Mais la douane y met des obstacles et par le fait même fait dévier nos achats canadiens-français vers les pays anglophones, la plupart du temps, au détrintent de notre culture.Et n\u2019allez pas croire que le récent accord entre Paris et Québec a modifié quelque chose a ce sujet.Au Canada, le commerce extérieur relève uniquement et totalement du fédéral où les Canadiens français ne mènent à peu, près rien.Dis-moi qui te paie.M.Jean Marchand, autrefois nationaliste et ancien président de la CSN, a eu une réponse qui en dit long quand, après son élévation au rang de ministre fédéral, des journalistes lui ont demandé si le remaniement ministériel, qui fait peu de place aux Canadiens français, semblait satisfaire les aspirations québécoises pour des postes de premier plan.M.Marchand a répondu qu'il ne fallait pas trop attacher d'importance à la nomination des individus: \u2018C\u2019est le ministre qui fait le ministère\u201d, a-t-il dit.On se demande bien alors pourquoi les Canadiens français, y compris les ouvriers de la CSN, se sont depuis toujours battus afin de faire nommer des leurs à la tête de ministères importants ! Dis-moi qui te paie, je te dirai ce que tu penses.Encore les minorités Le journaliste Jean V.Dufres- ne rentre d'un voyage dans l'Ouest où, comme après tant d\u2019autres, il est allé mesurer les chances de survie des minorités françaises.15 JANVIER 1966 Ces chances sont bien minces: \u201cDans dix ans, il sera trop tard\u201d, affirme Dufresne en se basant sur ce qu\u2019il a vu et entendu là- as.Marcel Pépin commencerait-il à comprendre ?Lors de la conférence de presse qu'il donnait à la suite des assises fédérales-provinciales sur la pauvreté, tenues en décembre à Ottawa, le syndicaliste M.Marcel Pépin, président de la CSN, s'est plaint de ce qu'aucun des \u201cconseillers du fédéral\u201d n\u2019était canadien-français du Québec.Tous venaient de la Fédération du Travail de l'Ontario, de la Fédération canadienne de l\u2019agriculture, des universités de Toronto, de Colombie Britannique, d\u2019Antigonish, de Chicago et e Pennsylvanie, Et d\u2019ajouter M.Pépin: \u201cIl se fait pourtant des travaux sérieux sur la pauvreté au Québec.\u201d De ceci, M.Pépin conclut: \u201cSi le: gouvernement fédéral devait continuer à agir comme il l\u2019a fait à l\u2019occasion de la conférence sur la pauvreté et exclure les Québécois des lieux où s\u2019élabore la politique, la CSN devra réexaminer toute la question de sa participation à des organismes fédéraux.Tant qu'à y être seulement pour la parade, a-t-il ajouté, nous n\u2019y serons pas du tout.\u201d \u2014 M.Pépin, il y a 98 ans que les Canadiens français disent ça.Il serait peut-être temps que vous commenciez à comprendre.Perle de naïveté En temps de révolution dite tranquille, la lecture des journaux nous apporte de savoureux moments.Prenez, par exemple, l'aricle intitulé O CANADA, de M.Marcel Gingras, tiré de la page éditoriale du DROIT du 4 janvier.C'est une perle de naïveté.À la lecture de L'INDEPEN- DANCE du 15 décembre, M.Gin- gras a appris (vous voyez qu'on apprend des choses lire ce que vous tenez dans les mains présentement) que \u201cla moitié des cent convives sont restés assis lorsqu'on leur demanda de chanter O CANADA au dîner de clôture du congrès de la SS- JB du diocèse de St-Jean\u201d.À ceci, l\u2019éditorialiste Gingras de répondre, furieux, \u201cQue d séparatistes avoués refusent de chanter l\u2019hymne national O CANADA (.), passe encore, ils sont logiques puisqu'ils ne considèrent plus le Canada comme leur patrie\u201d Mais \u201cofficiellement, la Saint-Jean-Baptiste n\u2019est pas encore un mouvement séparatiste.\u201d Elle ne devrait donc pas tolérer pareil mépris d\u2019un hymne.Comme si elle le pouvait.Si d\u2019aventure la SSJB s\u2019avisait d\u2019 expulser les séparatistes de ses rangs à cause d'une répétition possible d'incidents \u2018révoltants\u201d comme celui-ci, eh bien, il ne resterait plus de Saint-Jean-Bap- tiste.Dans son incommensurable naïveté, M.Gingras commet l\u2019erreur de plusieurs qui est de croire qu\u2019il y a, d\u2019une part, le mouvement, séparatiste, et d\u2019autre part, la SSJB, le Jeune Commerce, les syndicats, etc.Eh bien non.y a le mouvement séparatiste, structuré comme tel, et il y a, dans les autres groupements comme la SSJB, le Jeune Commerce, les syndicats, des membres qui sont séparatistes et d\u2019autres, de moins en moins nombreux, q ne le sont pas.Et si la Saint-Jean-Baptiste de St-Jean est restée assise au chant d'0 CANADA, c\u2019est que la Saint- Jean-Baptiste de St-Jean, comme toutes les autres diocésaines de cette société, est largement composée de Séparatistes.Quand l'Université de Montréal nous trahit Il est pour un peuple comme le nôtre, des coups durs qui s'encaissent malgré tout parce qu\u2019ils viennent d'adversaires.Mais le pire, c'est quand la nation est écrasée par les institutions mêmes qui sont là pour la défendre: l'Université de Montréal par exemple.On croirait que par le temps qui court, notre université tente d'améliorer notre langue joua- lisée par des cours de français à la portée de tous.Eh bien non.Par un battage publicitaire sans précédent, tant à la radio que dans les journaux, 1'U.de M.nous martele dans la téte tous les jours qu'un homme qui parle deux langues en vaut deux et que pour réussir dans la vie, les Canadiens français doivent arler l'anglais parfaitement.\u2018où la nécessité pour les francophones qui ne sont pas encore bilingues de s\u2019inscrire aux cours d'extension de l\u2019université.Des autres cours, et il y en a un grand nombre offerts aux adultes par cette institution: PAS UN MOT.L'Université préfère jouer le triste rôle d'angli- cisateur.La moutarde, pour ne pas dire la poudre à canon, m'en monte au nez.Il me semble que I'U.de pourrait laisser à McGill le soin d'enseigner l\u2019anglais et se confiner dans le gigantesque rôle qui devrait être le sien: CELUI DE FRANCISER LES CANADIENS FRANÇAIS."]
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