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Titre :
L'Action
Dirigée par Jules Fournier, L'Action se destine à une certaine élite et compte parmi ses collaborateurs quelques-unes des meilleures plumes du Canada français. Ce journal soutient le programme nationaliste élaboré en 1903 par Olivar Asselin.
Éditeur :
  • Montréal,1911-1916
Contenu spécifique :
samedi 28 décembre 1912
Genre spécifique :
  • Journaux
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Références

L'Action, 1912-12-28, Collections de BAnQ.

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[" TITY 7 RVI AC TETE LE 4 3 { Four Je UT SE : Cor a tion \u2026 - 28:DECEMBRE, 1913 | Tee Toumbé dèssus ! Escrasas lous | (CYRANO) = LE NUMERO: CINQ SOUS DIRECTEUR : MONTREAL PAR AN: DEUX DOLLARS JULES FOURNIER 3 Rtivione: in 1678\" , ee es - mag mt ._ M | L t t > a .le Juge Leet et son protege : [eae em _\u2014 \u2014 cE \u2014 gp - Æ Voilà maintenant six semaines que ce fameux mandat d\u2019arrestation traine au fond d\u2019un tiroir : qu\u2019attend le savant juge pour le faire exécuter ?OUI OU NON, EXISTE-T-IL UNE JUSTICE POUR LES RICHES COMME:POUR LES PAUVRES?Depuis notre dernier numéro, pas le moindre \u201cdéveloppement\u201d, à notre connaissance, 1e s'est produit dans l'affaire Forget.Convaineu, sur son propre témoignage, d'avoir fourni au gouvernement un bilan frauduleux, le président de la Banque Internationale, malgré tous ses efforts, n\u2019a pu fléchir encore ses accusateurs.De leur côté, ceux-ci attendent touisurs vainement que M.le juge Lect, enfin, se décide à faire exécuter le mandat d\u2019arrestation, déjà tout signé, qu'il garde dans ses tiroirs à l'intention de M.Forget.De part et d'autre, on dirait que le statu quo semble devuir se prolonger indéfiniment.Voilà, en tout cas, six semaines bien comptées quegeela dure.Voilà six semaines que ce financier !ouche, recouuu coupable par le juge sur la preuve la plus écrasante, continue de circuler librement.Voilà six semaines que M.Leet, après avoir admis lui-même qu\u2019il y avait Jà matière à une poursuite criminelle, tem- : porise et refuse d'agir.t x kx # En vain, depuis longtemps déjà, plusieurs journaux, déplorant justement cette étrange attitude chez un magistrat, ont- ils sommé M.Leet d'avoir enfin à prendre une détermination: M, Leet sourd à tous les appels, il a continué, com-' me si de rien n'était, à protéger par son ae A + même constaté la culpabilité.Eh bien! pour notre part, nous n \u2018er re-, viendrons pas moins à la charge aujour- d'hui.Et s\u2019il faut, pour nous faire entendre du savant juge, hausser le ton, nous n'hésiterons pas à le faire.Usant de notre strict droit de critique, nous dirons à M.Ieet qua sa conduite à l'égard du financier Forget, purs qu'en puissent être les motifs, constitue un scandale.Elle constitue un scandale et nous ne sommes pas seuls à penser de la sorte.L'immense majorité des gens partage là- dessus notre sentiment.Meme chez les naïfs (chaque jour, il est vrai, muins nombreux) qui croient encore à l\u2019honnêteté du trop fameux \u201cplunger\u201d, c'est à peine si Leet trouverait aujourd'hui quelques défenseurs.Déjà l'on s\u2019était fortement étonné lorsque, au début de l'affaire, ce magistrat, refusant d'appliquer au sieur Forget la règle commune et de l'envoyer simplement devant le juge d'instruction, avait cru devoir tout d'abord instruire lui-même la cause à fond avant de faire droit à la demande des accusateurs.Cette exception des tribunaux en faveur d'un millionnaire avait provoqué de toute part les commentaires les plus vifs.Mais où l'affaire tourna véritablement au scandale, ce fut lorsque l'on apprit, dans le public, la décision finalement prise par M.Leet.Ayant trouvé dans son en- .quête la preuve écrasante de la culpabili- est resté\u2019 ; té de l'accusé, il avait bien signé contre ce naux sont aussi bienveillants.pour les gros dernier un mandat d\u2019arrestation, SEULEMENT IL RÉFUSAIT DE LE FAIRE pour donner à M.Forget une chance d\u2019é- clapper à la cour d'assises en s'arran- vant à l'amiable avec ses accusateurs.quelque Voilà donc, encore une fois, où en sont \u2018les choses depuis six semaines: une accusation au criminel dont le juge lui-même, après enquête, reconnait le bien-fondé, un mandat tout signé\u2014et l\u2019aécusé toujours au large et bien tranquille, tantôt à la Chambre des Communes, tantôt à une démonstration politique, tantôt à un banquet chez Monseigneur Bruchési.* * * Nous le disons carrément à M.Leet: Il est temps que cela cesse I n'y va de rien de moins que l\u2019honneur de la Justice et de l'honneur de la magistrature.H y va surtout de l'honneur de M.Leet lui-même.Si l'honorable magistrat l'ignore par hasard, nous tenons à le lui dire: sa condvite la protection qu'il accorde publiquement à ce bandit, sont en train d'entamer sérieusement sa réputation.I faut entendre les réflexions du public semaine dernière, l\u2019apparente impunité dont bénéficie le sieur l\u2019orget est plus que toute autre chose de nature à discréditer notre magistrature.En tramway, dans la rue, au restaurant, | Partout enfin, prêtez un peu l'oreille aux commentaires qui se font sur cette affrire.Tous reviennent à ceci, que les tribu- | volenrs qu'ils sont sévères pour les petits voleurs, et qu'il n\u2019y à pas de justice en notre inaction le fraudeur dont il avait lui- EXECUTER.Et pourquoi?Simplement pays pour les riches.Nous ne demandons pas mieux de recon- dans l'affaire Forget depuis six semaines,j.là-dessus.Comme l'écrivait le \u201cSoleil\u201d la, M.Leet pourtant voudra-t-il comprendre que plus ces propos sont injustes, plus il se doit à lui-même, comme à l'honneur de l« magistrature, de n\u2019y plus prêter flanc désormais?Se rendra-t-il compte enfin que sou attitude actuelle est de nature, quel qu\u2019en soient les motifs, à provoquer les pires soupçons, à leur donner de la vraisemblance et de la portée?Nous l'espérons.* * += Après l'enquête qu'il a conduite, M.I,eet sait à quoi s'en tenir sur le sieur Forget.11 sait que ce bonhomme, de l\u2019aveu de son gérant et de son propre aveu, a majoré de $200,000, dans son dernier rapport a La Banque Internationale, actif de cette institution.Il sait que c\u2019est là un délit passible, aux \u2018termes de l\u2019article 153 de la Loi des Banques, de cinq ans de pénitencier.Qu'il abandonne donc alors ce faiseur à son sort.Qu'il cesse .de le protéger comme il l'a fait depuis six semaines.pourquoi, nous nous le demandons.Qu'il laisse au juge d'instruction d'abord, au jury ensuite, le soin de le traiter selon son mérite.Ou bien, si décidément le coeur lui manque pour cette tâche pourtant bien simple, alors qu'il déchire franchement ce fameux mandat d'arrestation déjà tout signé, et qu'il le dise.Tout! tout vaut mieux pour lui et pour la magistrature, à l'heure qu\u2019'il est, que cette étrange situation d'un juge cachant au fond de ses tiroirs, pour faire plaisir à naître, pour notre part, tout ce que de tels propos comportent d'excessif.un voleur millionnaire, un document de cette sorte.UNE SUPPLIQUE A L\u2019\u201cACTION\u201d la Banque Internationale et les banques canadiennes-francaises Nous avons regu cette semaine une supplique nouveau genre.ll s'agit d'une certaine banque canadienne- française qui voudrait bien que, pour l\u2019amour d'elle et des autres banques canadien- nes-françaises, nous cessions enfin notre campagne contre \u201cce pauvre Forget\u201d (c\u2019est l'expression dont on se servit).Qui nous eût dit, naguère encore, qu'un jour viendrait jamais où l\u2019on ferait sérieusement appel à notre bon coeur en faveur de \u201cce pauvre Forget\u201d, nous eût profondément étonné ; mais passons: ce n\u2019est pas l\u2019essentiel, L'essentiel, c\u2019est que les banques cana- diennes-française, par le temps qui court, font, parait-il, de bien mauvaises affaires, rapport (comme on dit à l\u2019Académie Royale) à nos articles contre ledit Forget.Non seulement en effet la Banque Internationale à perdu par ce fait, depuis quelque six mois, Un nombre immense de déposants, Mais aussi les autres banques canadiennes-fran- Saises en ont elles-mêmes souffert.On nous assure \u2014 est-ce seulement pour nous apitoyer sur notre Sheldon de la rue Notre- «Dame?\u2014 que les dépositaires de ces institutions, alarmés par ce que nous avons révélé sur la Banque de M.Forget, mettent dès aujourd'hui sur le même pied toutes les autres banques canadiennes-frariçaises (1) et-Vont confier-leurs fonds aux maisons an- Elaises, \u2014 (1).N\u2019oubliôris pas de noter ici que la nque Internationale n\u2019est d\u2019ailleurs une institution canadienne-francaise que de nom.Tesque tous ses employés a Montréal\u2019 sont des Anglais, depuis.le gérant-jusqu'aux der- fiers: \u201ceomicnis .Mn'est pas jusqu'à la suc- Ly Si tel est le cas, nous le regrettons pour l'intelligence de nos compatriotes: car en -érité où prennent-ils que la plupart des banques anglaises offrent plus de garanties que les nôtres (sauf, bien entendu, la Banque Internationale aussi longtemps qu\u2019elle sera sous la direction d\u2019un pistolet comme Rodolphe Forget)?Le citoyen \u2018Travers, que nous sachions, ne venait pas de Sainte-Ma- lachie: ça ne l\u2019a pas empêché de faire ce que vous savez.De même l\u2019 honorable monsieur Stewart, gérant de la Sovereign Bank.Il n'est pas dit qu\u2019il ne se rencontrera jamais, dons les banques anglaises de Montréal, un Travers ni un Stewart.Il poitrrait même s\u2019en rencontrer plus tôt qu\u2019on ne l'imagine.Ce jour-là, ns connaître des Canadiens qui se trouveront bien attrapés pour avoir voulu croire à toute force que les Anglais détiennent nécessairement le monopole du succès honnête en finance.\u2014\u2014me nous cTroy » * +# Ceci dit, hâtons-nous d'ajouter que, quoi qu\u2019 \u2018il arrive aux banques canadiennes-fran- çaises, et quelque peine que nous en puissions ressentir personnellement, il est peu d'épreuves qu\u2019elles ne méritent, par le temps qui court, pour leur attitude, justement, dans cette affaire de la Banque Internationale.Cette attitude, un monsieur qui est quelque chose dans une banque canadienne- française, celle-là même qui voudrait bien, etc.(voir plus haut), nous l\u2019exposait tout à l'heure comme vous allez voir.cursale de Saint-Roch-de-Québec qui ne soit dirigée par un Anglais.Mais enfin elle passe aux yeux du \u2018public pour une ban- que canadienne-française : oe \u2014 Oui, nous dishit-il, cette histoire de Ja Banque Internationale, c\u2019est bien embetant.Nous avons tenu un conciliabule, il y a quelque temps, entre banquiers canadiens-fran- çais, pour adopter une ligne de conduite à cet égard.Nous avions songé d'abord, pour nous protéger, à demander collectivement une enquête au gouvernement fédéral sur cette malheureuse affaire.Nous comptions de la sorte faire séparer au grand jour lc bon grain d'avec l\u2019ivraie et, dans tous les cas, nous dégagions notre solidarité, Mais.\u2014 Mais?\u2014-~ Il y avait des objections.Finalement nous avons cru qu\u2019il valait mieux, somme toute, ne faire aucun bruit quelconque autour de ce scandale, el l'étouffer si possibie.Vous voyez d\u2019ailleurs que jusqu'ici nous n'y avons pas mal réussi.Les journaux de Montréal l'ignorent complètement : là Presse, la Patrie, le Devoir.11 n\u2019y à que vous.Ne croyez-vous pas que dans l'intérêt des nôtres, vous, des patriolrs.uv.Nous en savions assez pour tirer nos conclusions.Pour nous, des gens qui raisonnent de la sorte n\u2019ont pas le droit de se plaindre si les dépositaires les fuient.Ils n\u2019ont que ce qu\u2019ils méritent.Ils ont cru étre habiles en faisant systématiquement le silence autour du scandale Forget : en réalité ils ont été de -la dernière maladresse.Quoi qu\u2019ils fassent, ils n\u2019étoufferont pas ce scandale, et le public, qui n'aura entendu de leur part aucune protestation contre la Banque Internationale, les confondra dans la même défiance avec cette C\u2019est déjà fait et nous en avons leur propre témoignage.: .Mais ils ont été trop aveugles! Ils n\u2019ont pas vu que, si la stricte honnêteté leur demandait de rompre ouvertement toute so- ndarite avec cette fameuse institution, «ur intérêt bien entendu l'exigeait non moins impérieusement.Ils ont préféré se .+ ait profit des voleurs.x % Par là, et probablement sans s\u2019en rendre compte, ils auront fait à leur pays, aux yeux de l'étranger, plus de mal peut-être que le sieur Forget par tous ses brigandages.Sans doute les exploits de ce filou en France et en Beigique avaïent déjà porté un rude coup à notre réputation.Mais les Français et les Belges sont des gens intelligents: ils comprennent qu\u2019il y a des voleurs partout et qu\u2019on ne saurait raisonnablement condamner tn peuple en bloc parce qu'il a produit une couple de fripons.Il leur suffit que ces hommes soient des exceptions dans leur pays et qu'aussitôt connus leurs mauvais coups, ils soient répudiés par leurs compatriotes.C'est ainsi qu'il finirent par nous pardonner Carbonneau.Dénoncé par la presse canadienne, traqué par la \u2018justice canadienne, Carbonneau ne représentait plus à leurs yeux qu\u2019un flibu- tier quelconque.\u2014 Si le sieur Forget, après tout ce qu\u2019il a fait là-bas, avait été pareillement traité dans son pays, les Européens bientôt ne nous tiendraient pas plus compte de Forget que de Carbonneau.Mais voilà un homme qui, s\u2019étant sauvé précipitamment de France pour échapper à la maréchaussée, sr dernière.Que \u201cdis-je afl les confondra?AU THEATRE \u201cLes Deux Orphelines\u201d Enfin! Pour la première fois de notre vie, nous avons eu le bonheur d'entendre les Deux Orphelines.Quelles délices! Ce fut certainement une des soirées les plus reposantes de notre longue, très longue carrière de critique théâtral! Pas besoin, ici, de se faire du mauvais sang; pas besoin, non plus, de prendre des poses de penseur pour scruter aprement la psychologie des hommes et la fatalité des événements, I'H MOIPA des tragiques grees (1).Non, il n'y a rien à reprendre, rien qui prête à la discussion dans cette intrigue qui se déroule avec une certitude et une rondeur enfantines.Aussi bien, ce qui faisait l'empire de l'oeuvre de MM.Dennery et Cormon sur la foule des spectateurs que nous voyions l'autre soir chez M.Gauvreau \u2014 dont un juge en vacance, Un secrétaire du barreau, un ex-ministre, un ex-député, \u2014 ce n\u2019est pas tant le dramatisme qu\u2019elle comporte gai, des scènes dépeintes.À vrai dire le grand mérite, le seul mé- le succès de leur ner: 1° deux -pauvres petites orphelines Henriette et Louise, dont l\u2019une paf surcroit de malheur est aveugle; 2° deux canailles de la pire espèce, la mère Frochard et son fils Jacques; 3° un pauvre Lon diable d\u2019avorton, Pierre.C\u2019est là toute la pièce.Pendant quatre actes et sept tableaux, les deux orphelines sont maltraitées par les deux canailles; puis elles sont finalement sauvées par l'avorton.Ce sont donc bien des types quelconques, qui n\u2019ont rien de caractéristique et que chacun peut exploiter à sa mani¢re.Le sujet aurait pu être écrit, et pourrait être repris par n'importe quel autre auteur, et le point essentiel de l\u2019affaire resterait dans l'exécution plus ou moins bien rendue des personnages-types.Aussi bien, D\u2019Ennery et Cormon \u2014 elle aura de grandes chances d'émouvoir les coeurs simples de Marie-Anne, de Mathurin et de Jean- Baptiste, nous dirons plus, elle pourra intéresser les esprits les moins frustes, s'il se trouve des artistes conscicncicux pour s\u2019appliquer à exprimer avec sincérité, avec vérité, la douleur et la colère impuissantes d\u2019un pauvre rachitique, et la marche fragile, angoissante, d\u2019une petite aveugle.C'est ce que l\u2019on a pû constater cette semaine, au National, devant le jeu intelligent, parce que si sobre, de Mme Demons et de M.Pelletier.Pour être franc, les bonnes mamans de la rue Visitation et de la (1) Messieurs Rad et Val, excusez le grec.pour lui faire fête.La Justice le laisse bien tranquille.Des Français qu'il a filoutés s'avisent-ils de lui faire un procès, c'est le juge qui leur fait en plein tribunal, en manière de hors-d\u2019ocuvre, l'éloge de leur voleur.Se décident-ils à le citer devant les tribunaux criminels pour un acte prouvé à l\u2019évidence et passible de cinq ans de pénitencier aux termes de la loi canadienne, \u2014 c'est le juge encore qui, après avoir signé contre lui un mandat d'arrestation, refuse de faire exécuter cet ordre.Enfin, découragés des tribunaux, se tournent-ils vers les grandes institutions de finance du Canada français pour leur demander leur appui moral, \u2014 ils voient ces institutions se solidariser au contraire avec celui qui-les a volés, Allez vous étonner après cela que l'épargne française perde confiance dans les Canadiens ! * = Les banques canadiennes-françaises perdent des déposants a cause de la mauvaise réputation de la Banque Internationale?L'argent français désormais n \u2019affluera plus beaucoup dans Jeurs coffres ?Oui vraiment?Eh bien tant: pis pour elles! que l'initiative qu'elle laisse aux acteurs, grâce à sa forte coloration, de charger, à leur guise, le réalisme simplet, triste ou rite de la pièce, c\u2019est que les auteurs s\u2019effacent complètement et s\u2019en reposent, pour \u2018\u201c\u2018cing actes et huit tableaux\u201d, sur l\u2019habileté des acteurs à incar- pre rue Plessis ont dû être un peu désappointées de ne plus entendre les éclats de voix mélodramatiques d'autrefois; mais avec plus d'amertume, peut-être, et plus intensivement que les années passées, leur profil se dessinait dans la demi-obscurité de la salle et se penchait, comme pour soutenir la malheureuse petite Louise dans sa fuite éperdue.Quant aux esprits forts, ceux qui ne vont pas au théâtre pour pleurer, (parce que la vie réelle impose elle-même assez de larmes), mais pour observer, ce fut pour eux une agréable surprise.lls ont surtout fort admiré les deux duels et le passage sur la scène d'un magnifique cheval rétif.CE IT est vraiment intéressant de noter comme les auditoires populaires sont moin.froids et surtout moins poseurs que lus autres.Avec quelle sincerité ils applan- tlissent l'entrée de leurs acteurs favoris! Il nous souvient encore, à ce propos, de la première représentation de l\u2019année.À côté de nous, un tout petit jeune homme, au teint émacié, quelque commis de banque ou quelque rond-de-cuir, tapait des mains à tout rompre lorsque apparurent stccessi- vement Mme Vhéry, MM.Scheler, Lombard, etc.et, comme quelques voisins incommodés de la chose manifestaient tout haut leur impatience, notre petit jeune homme, presque les larmes aux yeux, expliquait : \u201cI faut bien saluer les an-iens !\u201d ¥ * » Un mot maintenant des acteurs , (une - fois \u2018n\u2019est \"pas coutume).M.Scheler est de plus en plus infatué de lui-même, Puisque ce monsieur aime tant à poser, pourquoi ne descend-il pas de la scène pour monter sur les \u201chustings\u201d ?Depuis plusieurs années qu'il est au pays, il doit maintenant connaître à fond nos questions politiques ; cela fui permettrait de plastronner tout à son aise, de lorgner la foule et de se faire admirer sans crainte de manquer a la correction qu'on est en droit d'exiger d'un acteur consciencieux.Mme Vhéry est, physiquement, la personne la plus sympathique du monde, mais, grands dieux, quelle monotonie dans son jeu, quel ton endormi et endormant ! Chan- eg pe 2 (Live FACE EN quand méme la pièce serait médiocre par le fond et par la forme \u2014 et c\u2019est le fait d\u2019être pour les Deux Orphelinet de MM.gez cela, de grice, changez cela, madame, ou je m\u2019évanouis.M.Chanot plait surtout par son élégance et M.Filion par le souci qu\u2019il met à étudier ses rôles.et ses \u201ctêtes,\u201d De tous les artistes de M.Gauvreau, les plus intéressants à étudier sont certainement Mme Briant et M.Pelletier.Au :début de la saison, ils passaient inaperçus et voici que, petit à petit, ils s'imposent à l\u2019attention des habitués du National par la sincérité de leur jeu ct par leur véritable talent dramatique.M.Pelletier s\u2019est tout particulièrement signalé dans l\u2019Amour veille, où il a rendu avec une émotion intense et très communicative le role d'Ernest, qui était un bijou de naïveté souffrante, minutieusensent nuancée, presque maladive.De même, son Sn A 2207 2000 SES tl It Pt LE GE TT Se 4 PS me 92 AS i aka Hp Pierre, dans les Deux Orphelines, était une peinture des mieux réussies.bien surpris si celui-là ne faisait pas son chemin.Nous serions Mme Briant, elle, s\u2019est révélée excellente tragédienne surtout dans la Loi de Pardon, \u2014 magnifique salade de bonnes choses: td: .-.faussetés \u2014 que, à notre grand regret, set.' avons été empêché d'apprécier.:Mirs Briant, toute jeune encorc, possède déj: ane grande souplesse d'exécution, de la sotwi- té.ce qui est une qualité rare, un jeu tout J fail personnel, tour à tour ingénu, énergiquê.e out violent, selon les exigences du rôle, en tout ; cas toujours très fidèle ct très réaliste, au bon sens du mot ; elle a du souffle.Hugo de SAINT-VICTOR.\u201cL'Histoire du Carada\u201d, de F.-X.Garneau On -annonée: l'apparition prochaine, 3 ris, sous les auspices dù comité France-Armé- : rique, d\u2019une nouvelle édition de l\u2019Histoiré - du Canada de F.-X.Garneau, en detix forts volumes in-quarto, avec une introduction « et: \"des notes nombreuses de M.Hecto : ge L'édition est.limitée.Pour vous.assurer d\u2019être les premiers servis, ne pas mänquer : de vous inscrire sans retard chez Déom, Fie pave encore chez lui, à l'arrivée; des-gens| JULES FOURNIER - [a litterature canadienne L\u2019ELOQUENCE.\u2014 -Mercier, Chapleau, sir Wilfrid Laurier, Henri Bourassa, l'abbé GC.L\u2019ACT Nouveaux extraits de \u201cNos amis les Canadiens\u201d Bourassa, le chanoine Cauthier LA PRESSE ET LES SALONS.\u2014-Ge qui manque aux littérateurs canadiens (Du nouveau livre de M.Arnould, pages 145 et suivantes.) Il n\u2019est pas rare de voir des gens se demander s\u2019il est une littérature canadienne, et de rencontrer des Français, voire des Canadiens, qui doutent de son existence.Un peu plus, d'aucuns, parmi nos compatriotes, interrogeraient le Canada français : \u2014Mais qu'avez-vous donc fait depuis cent cinquante ans que nous vous avons abandonné ?\u2014J'ai vécu, vous répondrait-il; et, qui plus est, à force de lutter, j'ai vécu libre, et, entre temps, j'ai multiplié par trente-cinq ma mise d'enfants, qui de 60,000 sont devenus millions.C\u2019est quelque chose.Quant à la littérature, ce luxe de l'esprit, je m'y essaye de mon mieux, mais d\u2019abord vous voudrez bien convenir que l\u2019élite de 2 millions d\u2019invidus ne peut prétendre ¢- galer celle de 40 millions.Et puis, croyez- vous donc que ce soit chose facile d\u2019écrire en français, quand on vient trop tard, dans une France trop vieille, c'est-à-dire après vos trois siècles de chefs-d'oeuvre?Quoi que fassent mes écrivains, vos critiques sont toujours à clamer : \u201cPas mal, mais c\u2019est du Malherbe, ou du J.-B.Rousseau! \u2014 Honnèête, mais cela sent son Victor Hugo!\u201d et ainsi de suite.Nous semblons toujours, en refaisant nos étapes à notre tour, avoir l'air d'imiter quelqu'un des vôtres.D'ailleurs, il n\u2019en manque pas chez vous pour af- fimer que, venant à surgir dans votre flot littéraire actuel, le Misanthrope, les Pensées de Pascal ou Bérénice émergeraient beaucoup moins qu\u2019ils n\u2019ont fait jadis.Et puis, mes enfants raffolent (ce n'est pas trop dire) de votre littérature, ct alors, pour le public, quelle incessante comparaison dangereuse! Et le moyen pour eux de briller à côté des Bourget, Bazin, Rod, des Sulty-Prud'homme, Hérédia ou Rostand?En dépit de toutes ces difficultés, nous ne désespérons point, et ceux d'entre nous qui, échappant aux business, disposent d\u2019un peu de temps (ils ne sont pas nombreux), se livrent avec courage à l\u2019oeuvre littéraire.Jetons-y done un coup d\u2019ocil, un simple coup d'oeil, il ne s\u2019agit point encore d\u2019un tableau méthodique et complet: à suposer que l\u2019on en füt capable, il ne pourrait qu'être fastidieux en aussi peu de pages.J'aimerais mieux renvoyer au Catalogue annoté de bibliographie canadienne, qui a été publié naguère par une grande librairie de Montréal (1), ou mieux aux deux volumes de récentes Etudes de littérature cana- dienne-française, dus à M.Charles ab der Halden : nous pourrions discuter certains de ses jugements, mais il est le premier à avoir sérieusement fait du jour sur cette matière (2).L'on voudra bien se contenter ici d'une simple flânerie sans prétention parmi les oeuvres et les genres, menée par quel- qu\u2019un qui aime le Canada et qui, pour cela, ne veut point le surfaire.Il s'excuse d\u2019avance des injustices qu\u2019il pourra commettre par omission, étant loin des bibliothèques canadiennes ct n'ayant réussi à trouver nulle \u2018Part certaines oeuvres capitales, même à la Bibliothèque nationale de Paris: c\u2019est ce qui prouve, d'ailleurs, l\u2019utilité de parcilles causeries, qui peuvent aider à vulgariser petit à petit en France les meilleurs ouvrages -de nos frères d\u2019outre-océan (3).2 L'ELOQUENCE.L\u2019éloquence, qui s'est naturellement développée si tard en France, au moins chez : \u201cles laïques, est le genre favori'des Cana- \u201c tdiens.Ce peuple jeune court partout où \u201cTôn- parle; il m\u2019est arrivé de faire tout un \u2018hiver, à l\u2019Université Laval-de Montréal, une stiite de cours sur ic orateurs français, et de me voir souvwst interrompu par les ap- \u201cplaudissements, dans les citations de Bos- _ suet ou de Mirabeau, et surtout de Berryer et de Montalembert : je me faisais l\u2019illusion \u2018eharmante -d\u2019enseigner devant une France -de, 1830.- Éux-mêmes, ils s\u2019exercent très jeunes à \u201cla \u2018parole, dans les \u201cAcadémies\u201d de leurs collèges, malheureusement sur des lieux communs\u2019 ou sur des sujets beaucoup trop - vastes, \u2018par exemple: La littérature canadienne existe-t-elle?ou bien: Des avan- ages du langage.Les-orateurs adolescents di soutiennent les ns l\u2019affirmative, les - (2): Graoiger- frères, Montréal, 1907 (2 50).EE Er me 1° (2).Deux volumes parus en: 1907, à Pa- \u201cris, chez F-R.de Rudeval (aujourd'hui J.amatre et.Cie), \u2018le premier \u2018couronné par Académie \u2018française, introduction ;de M.Louis Herbette (4 \u2018francs chacun).(3): Nous pouvons indiquer l'office - de : nous avons pu faire ; ier; 3 Poitiers (rue Cet important libraire établi -dont sont originaires de là-bas, a déjà un dénombré de à \u201cKbre ie canadichne que h Gambetta, 27).Ce \u201cis \u201cCoeur du {Poitou ; tant: ét nos cousins de ie ep autres la négative, ne peuvent s\u2019en tirer que par des déclamations.N\u2019importe, ils parlent écoliers.Bientôt, étudiants, ils parleront dans leurs clubs, dans leurs banquets, où, à la mode anglaise, on prononce de vrais discours \u2014 sachant bien que, dans ce plein courant de démocratie où l'histoire les à jetés, partout, pour le suivre ou meme le remonter, les meilleurs seront ceux qui parleront le mieux, et ainsi ils arrivent à l'age d'homme, déjà préparés, du moins pour la parole, à la vie politique, à laquelle chacun aspire.Alors ceux qui deviennent ministres n\u2019ont nulle peine, je l'ai constaté, à exalter en paroles sonores le sentiment national canadien.N'oublions pas d'ailleurs qu\u2019ils jouissent depuis 1867 du gouvernement parlementaire, qui «à permis à plus d'un de leurs orateurs de se former et de briller.A cette prémière génération appartenaient Mercier et Chapleau, qui ont laissé un éclatant souve- mir: Mercier, qui fut premier ministre de la Province de Québec, était nommé le \u2018\u2019Gam- betta canadien.\u201d Voici l'opinion enthousiaste portée sur le second par un juge informé: .Eligance de maniéres, distinction de ton et de geste, tenue toujours irréprochable, voix harnionieuse et puissance extrême d'improvisation et d'assimilation, tout était réuni en Chapleau pour en faire l\u2019orateur le plus écouté et le plus choyé de la province de Québec (4).Dans l\u2019éloquence politique, la génération présente fait encore fort bonne figure.Le Canadicn-Français qui fut si longtemps le premier ministre de la Confédération, sir Wilfrid Laurier, à prononcé ses plus beaux discours, malheureusement en anglais, à Ottawa ou à Londres; aussi les Anglais lui ont-ils décerné le surnom flatteur de silvertongued mun (l'homme à la langue d'argent).L'or, en fait de parole, semble bien désigner chez les Chrysostome la fougue ct la hardiesse ; l'argent la haute sérénité, la clarté, la finesse soutenue et le charme: ces qualités d'argyrosiome paraissent bien convenir à sir Wilfrid, comme on l'appelle familièrement là-bas, à l'anglaise; ce sont celles-là qui ont charmé les Parisiens qui purent l'entendre en 1$97 ou en 1907.Aiusi, il nous exposait en 1897, avec cette loyauté fine, les divers sentiments qui partagent le coeur d\u2019un Canadien-Français.Séparés de France, nous avons toujours suivi sa carrière avec un intérêt passionné, prenant notre part de ses gloires ct de ses triomphes, de ses joies ct de ses deuils, de ses deuils surtout.Hélas! Jamais nous ne sûmes peut-être à quel point clle nous était chère que le jour où elle fut malheureuse.Oui, ce jour-là, si vous avez souffert, j'ose le dire, nous avons souffert autant que vous.J'aime la France qui nous a donné la vie, j'aime l'Angleterre qui nous a donné la liberté, mais la première place dans mon coeur est pour le Canada, ma patrie, ma terre natale.Vous en conviendrez avec moi, le sentiment national d\u2019un pays n'a de valeur que par l'orgueil qu\u2019il sait inspirer à ses enfants.Eh bien! nous l'avons, nous, Canadiens, cet orgueil de notre pays (5).Le véritable orateur de l'opposition est M.Henri Bourassa, que j'ai été entendre plusieurs fois, avec d\u2019autant plus de curiosité qu'il est perpétuellement désigné sous le nom de \u201ctribun\u201d: j'eus l'impression de me trouver, en France, en présence d'un professeur de droit qui s'animerait par instants.J\u2019allais admirer un puissant orateur populaire, et je me laissai convaincre, sur certains points, par la précision et la sûreté des statistiques et des arguments historiques, ponctués de temps en temps par une phrase mordante ou par un noble mouvement.L'on m'a assuré, d'ailleurs, que, dans la réunion publique et contradictoire, il avait beaucoup plus de flamme.Néanmoins, je soupçonne cet heureux peuple de prendre pour un tribun tout orateur qui n'est point agenouillé devant les institutions existantes (6).* = =» Henri Bourassa avait un frére prétre, qui füt secrétaire de l\u2019Université Laval de Montréal et trouva une mort précoce en 1905: dans la société élégante de la grande ville, où il semait avec la plus rare distinction les entretiens élevés, les conseils de direction, les conférences littéraires et religieuses, il a laissé un vide qui n\u2019est certainement pas comblé.L'on peut ressaisir quelque chose du prestige de M.l\u2019abbé G.Bourassa à la lecture du volume de Conférences et Discours, qu'il a laissé une copie (7).Voici avec quelle franchise patriotique, qui est une tradition-dans sa famille, il termi- (4).Catalogue annoté de bibliographie canadienne, paru à Montréal et cité plus haut.(5).Discours de sir Wilfrid Laurier.ou banquet organisé en son honneur\u2019 par les amis français du Canada à Paris, le 2 aôût 1897.\u2014 L\u2019éminent homme d\u2019Etat a publié en 1908 ses discours.en langue française : Discours- à.l'étranger et au.Canada, à la Librairie Besuchema de Montréal, nait en 1893, Un sermon prononcé à Notre- Dame de Montréal pour le vingt-cinquième anniversaire du départ des premiers zouaves pontificaux, du Canada : \u201cTous, mes frères, vous êtes les soldats du Christ, Vous l'êtes par le sacrement qui fait le parfait chrétien.Vous Pétes par votre sang français qui a salué la croix à T'olbiac, qui l'a vénérée à Reims, qui l'a promenée et plantée sur toute: les plages du globe.Vous l'êtes par votre naissance à cette nationalité canadienne, préparée ci fondée sous des auspices si étrangement providentiels qu'ils nous présagent et nous garantissent une vocation de peuple, \u201cOr, je vous le demande et je me le demande en ce moment, sommes-nous vraiment, à ce triple titre, de fait comme de «droit, les soldats chrétiens que nous devons être?Et notre divin chef, pontife invisible de notre Sainte Eglise et roi immortel de nos ames, s'il venait publiquement faire chez nous, en cette année de grâce dix- huit cent quatre-vingt-treizième, la revue générale de ses troupes, trouverait-il ses hommes dans l\u2019état où il les veut?.Et je crois pouvoir répondre au nom de vos loyales consciences, dont l\u2019unisson formera la conscience nationale: non ! \u201cEt si je réponds ainsi, c\u2019est au nom de ous ceux qui, autour de moi, ont des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, un esprit droit ct sam pour peser et mesurer toute chose en sa réalité, un coeur honnête et haut placé pour s'indigner ou pleurer ! Et je vois à cette heure, entre les braves gens qui, Dieu merci, sont légion parmi nous, plus d'une téte blanche et fière qui, au souvenir des jours plus purs et plus glorieux, se penche avec espoir sur sa tombe entr'ouverte, parce qu\u2019elle y voit un refuge assuré contre les ignominies de demain, pré - sagées par les lâchetés et les turpitudes d'aujourd'hui! \u201cMais non, mes frères, pardon, je m\u2019égare! \u201cDemain, au contraire, je nai la foi et vous l\u2019avez avec moi \u2014 car la foi console et fortifie, \u2014 demain, ce sera le réveil, le retour, la réparation, et nous en saluons déjà de consolants symptômes.\u201cDemain, ce sera le progrès: non pas ce faux progrès, prôné par des niveleurs stupides et bruyants, pour qui, trop souvent, réformer est synonyme de souiller.de dégrader et de démolir, mais le vrai progrès, réalisé de jour en jour par l'accomplissement fidèle, et autant que possible parfait, des lois essentielles à toute vie sociale, Demain, nous l'espérons tous, Laval et Olier, Marie de l'Incarnation et Marguerite Dourgeoys, Brébocuf et Marguerite d'Youville, et d'autres encore, s'il plait a Dieu, monteront sur nos autels et recevront les hommages et les voeux de la patrie qu'its ont fondée.Demain, mes frères, oh! demain si nous le voulons tous, vous comme moi, moi conme vous, ct par vous vos enfants et vos petits- enfants, demain, ce sera, sur cetle généreuse terre d'Amérique, la réalisation permanente et quasi-officielle du vieux dicton historique: Gesta Dei per Francos.\u201cLes oeuvres de Dieu sont dans la main des Francs.\u201d \u201cMais, pour arriver là, mes frères \u2014 et c\u2019est là qu\u2019il faut viser, \u2014 il nous faut le vouloir: le vouloir de tout notre esprit, de tout notre coeur ct de toutes nos forces.Il nous faut revenir à tout prix et sans retard à ces pures et fortes traditions de justice, de simplicité et de droiture de nos pères.Il nous- faut reprendre cette éducation de la famille chrétienne, sensée, austère et forte qui prépare des citoyens sages, intègres et dévoués, par des enfants respectueux, dociles, laborieux, chastes et polis.Il nous faut renoncer en masse à ces deux fléaux du luxe et de l\u2019intempérance, maladies ai- guês qui menacent de se faire héréditaires si nous n\u2019y appliquons un spécifique énergique.ll nous faut abjurer ce culte formaliste et routinier, fait d\u2019habitudes inconscientes et d\u2019influences ambiantes, c\u2019est-à-dire d'inertie, lors mème qu\u2019il n\u2019est point de calcul intéressé ou dc simple parade (8).\u201cEt il nous faut, en revanche, embrasser cette religion du Christ, l\u2019adoration de son Père en esprit et en vérité, faite de convictions profondes et fermes, de pratiques simples et sensées, de vertus solides et vivantes, qui établissent, maintiennent et accroissent l'âme dans la vie parfaite.Il nous faut, en un mot, devenir tous de vrais soldats, des zouaves de Jésus-Christ, marchant allègrement au pas militaire, les yeux fixés sur le drapeau, le coeur fixé au ciell.\u201d Encore qu\u2019il soit plus malaisé de parler des vivants, il nous faut bien dire que les Canadiens-Frangais saluent ¢omme un de leurs orateurs religieux du plus grand avenir le jeune curé de\u2019 la cathédrale de Mont- (6).Nous retraçons dans l\u2019étude suivante l\u2019important rôle politique de M.Henri Bou- rassa, l\u2019un.des vainqueurs, en réalité, des \u2018 de 1911.quenrs, TC > - DC moral et le vante.1UN réal, M.le chanoine Gauthier, qui sait éclairer, d'une parole sobre et impeccable, les esprits avides de vérité, dans de grands discours savamment préparés, et encore mieux dans ses trop courtes homélies dominicales ©).* kx Xk Malgré le réel succès de la parole de M.Gauthier, il est un orateur qui attire une foule plus compacte encore: c\u2019est le prédicateur de l\u2019rance que les Sulpiciens font venir, à chaque Caréme, dans leur église de Notre-Danie, en général un Dominicain, dont les beaux gestes dans la robe blanche, la diction sonore, les développements imagés donnent aux 4,000 Canadiens pressés chaque dimanche en la vaste église le genre de nourriture qui exactement leur agrée.+.LA PRESSE ET LES SALONS Mais je vous entends: Dites-nous donc enfin, pour achever, le rôle littéraire de la presse et des salons, ces deux éléments si importants de tout développement littéraire national, et dont l'un, à vrai dire, tend dans Nos sociétés modernes à supplanter l'autre, Il faut dire la vérité, quitte à s'attirer d'implacables inimitiés: la presse est un des principaux obstacles au progrès intellectuel du Canada, les plus grands journaux étant.dans leurs seize à trente-deux pages, des paquets d'annonces, qui coupent les dépe- ches, voire les articles de fond.Parmi ceux- ci il en est qui sont bien rédigés et intéressants, mais ils se trouvent irrémédiablement noyés dans un tel fatras tout américain que de pareilles feuilles n'inspirent que du découragement : nous avons vu d\u2019intelligents Canadiens eux-mêmes renoncer à les lire, ou platot a eatreprendre la chasse du peu qui y est lisible, et préférer se tenir au courant par des journaux français de France ou meme des Etats-Unis.Presque seules, les feuilles hebdomadaires s'occupent sérieusement sincèrement d'idées et sans contradiction d'une page à l'autre, tels \u2014 quel que jugement que l'on porte sur leurs opi- poisons ou le Blé qui lève, il s\u2019imagine sans doute que de telles choses se trouvent, comme cela, toutes seules, rien qu\u2019à se promener str les bords de l'Adour, de la Seine ou.du Saint-Laurent ; il semble toujours étonné quand il assiste de près au travail fourni par les l\u2018rançais qu'il appelle chez lui, et il ne se doute guère du labeur efirayant qui s'impose même à ceux qui désirent produire des choses charmantes: la beauté littéraire ne veut pour chevaliers que des vaillants, des infatigables, qui ne craignent point d'aller à l'extrémité de leurs forces pour affronter pour elle tous les labeurs: labeur sur notre riche, variée ct complexe langue française, afin de la posséder, à quoi contribue grandement l'éminente Société du Parler français à Québec; labeur sur les idées pour arriver à les distinguer avec soin et aisance les unes des autres et en fuir la confusion ; labeur .quotidien sur les grands maîtres.vlassiques ou modernes, peu importe, pour en faire jaillir, sans les fmiter, sa personnalité propre; attentive comparaison des diverses productions de l'art pour les classer et les mettre chacune à son rang, et acquérir ainsi le goût où l'esprit critique (nous ne disons pas hypercritique) qui fait si fort défaut là-bas; kibeur sur l'histoire, qui renouvelle tout aujourd'hui ct qui est très loin d'occuper au Canada la place qu'elle a partout ailleurs; et par elle, et par les sciences, et par l'étude approchée des textes, acquisition de l'indispensable qualité des peuples modernes, à savoir la précision aigud qui combat les jugements superficiels dans tous les domaines, dans l'instruction secondaire, dans l'enseignement supérieur, dans la presse et méme dans les salons; et alors, si la Providence le permet, cette jeune nation si bien douée par Dieu fera fructifier ses talents, et, sc laissant gagner par la noble fièvre du grand atelier intellectuel français, cette minorité canadienne-française, de plus en plus inondée, hélas! par les vagues de population ahglo-saxonne, régnera, par l'esprit du moins, sur l\u2019Amérique du Nord, comme par l'esprit la France règne sur le monde.LOUIS ARNOULD.Mon ami Sosthéne J'ai découvert comment il se fait que mon ami Sosthéne est malheureux en ménage.Oh! je ne veux pas insinuer que madame Sosthène ait jamais.Non.Seulement, elle est toujours de mauvaise humeur, la maison est mal tenue, les choses en désordre, la poussière douloureusement apparente.Enfim, c\u2019est un lieu où l'on ne saurait vivre heureux.I y a quelque nions, \u2014 le Nationaliste et le Devoir à Montréal, la Vérité et l'Action sociale à Québec : et je ne voudrais pas faire de peine aux autres, mais les deux journalistes les plus intéressants et les plus habiles, et presque les seuls lisibles pour un français, me paraissent être MM.Olivar Asselin et Omer Héroux (10).Ajoutons-y les revues, entre autres le Journal de Françoise, dirigé par Françoise (Mlle Robertine Barry), jusqu'à sa mort, et la Revue canadienne, fondée en 1864, acquise depuis peu d'années par l\u2019Université Laval de Montréal, et où brillent, chaque mois, les chroniques, d'un métal si ferme, de M.Chapais.Quand aux salons, il en existe, je veux dire que l\u2019on adore \u201ccauser\u201d au Canada, et causer de littérature; malheureusement, beaucoup sont des salons anglais, et, à vrai dire, l'on parle surtout anglais dans les clubs anglo-français ouvertement développés par \u2018l'entente cordiale\u201d; on compte quelques salons français, et pleins de charme, mais ils sont surtout fréquentés par des Français de France et par des Canadiennes ; les Canadiens y viennent peu, et une vraie et heureuse influence ne se produira de ce côté que le jour où des maîtresses de maison, capables de tenir ce noble rôle, comprendront qu\u2019elles ont auprès de leurs compatriotes à remplir une vraie mission et qu\u2019elles détiennent en leurs mains une partie de l'avenir de leur littérature nationale, Vous êtes persuadés, je pense, à présent, que les lettres canadiennes existent et sont capables de nous faire passer bien des heures agréables.Et vous me demandez: \u2014 Que concluez-vous, et croyez-vous en l'avenir du Canada littéraire?\u2014 Oui, à une condition, c\u2019est que le Canada travaille.Notre devoir d\u2019ami est de lui dire, sans en prendre aucun orgueil, qu\u2019il est, intellectuellement parlant, beaucoup moins laborieux que la France: avec son charmant et cordial caractère, je gagerais qu\u2019il a pris à la lettre le terme si radicalement faux de \u201clittérature facile\u201d, et il a toujours l\u2019air de se figurer que c\u2019est par un heureux Hasard que les alouettes littéraires tombent toutes rôties sur les tables de nos écrivains: applaudit-il Cyrano de Bergerac, le Duel, l\u2019Affaire des (7).Montréal, Librairie Beauchemin, 1899.: (8).Sur la religion canadienne nous n'avons pas dit autre chose à la fin de l\u2019étude précédante.(9).C\u2019est lui que tous les Canadiens- rançais attendaient et désiraient comme archevêque d'Ottawa en 1909, lorsque subitement fut nommé un presque homonyme, Mgr Gautier, un Irlandais.Voir la dernière étude, No VIT, de ce volume.(10).Du premier on verra le rôle politique dans \u201d portrait l'étude sui- \u2018 RUN as so re temps, je donnais à Sosthène le conseil de s'acheter des meubles et (les tapis neufs.|\u2014 Avec une maison mieux montée, lui dis- je, ta femme prendra plus de goût à son intérieur.Il m'écouta, et maintenant qu'il a laissé Valiquette lui monter sa maison Vous ne sauriez trouver d'intérieur plus coquet et plus gai.Valiqueite se tient toujours à votre disposition : 477-Est rue Sain- te-Catherine ; téléphone : l£st, 4182.v\u2014-\u2014\u2014\u2014\u2014 Dans les affaires d\u2019immeubles L'intermédiaire est devenu indispensable en toutes choses et le temps n'est plus où le consommateur faisait directement affaires avec le producteur.Si vous voulez acheter ou vendre, il vous faut aujourd'hui, forcément, vous adresser à un intermédiaire.La seule question est de savoir trouver celui de tous qui peut le mieux favoriser vos intérêts.Dans les affaires d'immeubles, en particulier, J.-B.-D.Légaré s\u2019est fait une réputation exceptionnelle.Tous ceux qui ont eu à traiter avec lui ont gardé le meilleur souvenir de\u2019 son habileté et de son dévouement.J.-B.-D.Légaré a ses bureaux 11 rue Saint-Jacques; téléphone: Main 6629.-\u2014O Hélas ! soupira Berthe Hélas! soupira Berthe en relevant la jolie tête blonde qu\u2019elle avait posée sur I'épaule de Télesphore, nous ne sommes plus aux temps de la chevalerie, a cette époque où, pour mériter la main de la belle plir quelque exploit héroïque qui le cou- plir quelque exploit réroïque qui le couvrait de gloire.Alors la bravoure comptait avant tout et le chevalier qui revenait de pays lointains après avoir occis mille Sarrasins était certain de voir toutes les lèvres se tendre vers les siennes.O \"l'éles- phore, que ne faites-vous quelque chose d'héroïque?\u2014 Ma chère Berthe, je vais vous dire: chacun fait ce qu'il peut.J'irais bien, si cela se pouvait, me battre pour vous faire plaisir contre ces damnés T'ures dans la présente guerre des Balkans.Mais occire les gens, comme vous dites, 6 bien- aimée, n\u2019est pas plus en mon pouvoir que dans mes goûts.\u2014 Alors c\u2019est que vous ne m'aimez pas! s'écria Berthe, éclatant en sanglots.\u2014 Comment, je ne vous aime pas!.Mais n\u2019est-ce pas pour vous que je travaille jour ct nuit à m\u2019enrichir?N'est-ce pas pour vous que je me suis jeté tête perdue dans les affaires?N'est-ce pas pour vous que j'ai acheté à Strathmore ces terrains incomparables qui d'ici peu de temps auront décuplé de prix?.Quand nous les revendrons dans quelques mois, nous aurons fait d\u2019immenses profits, grâce auxquels je pourrai, à Berthe adorée, vous payer toutes les toilettes, même les plus chères, toüs les caprices, même les plus extravagants.Osez direc aprés cela que je ne vous aime pas! \u2014 George Marcil et Cie, 180 rue Saint-Jacques; téléphone: Main 3791.\u2018a D'aucuns se sont peut-être imaginé les rédacteurs de l'Action vivent dames et d'eau fraiche.Rien n'est plus faux travaillent pour gagner leur vie, Quand is n\u2019ont pas autre chose à faire, ils rédi em des discours ou des mémoires pour les .tres, font de la traduction ou préparent - annonces moyennant finances.Leur tarif est élevé, mais leur travail est irréprocha Je.Avez-vous besoin d'eux?#\u2014S'adresge.rue Saint-Denis, 323.Téléphone : Est 1678 Quatre trains e par jour MONTREAL, TORONTO et L'OUEST 9 4.1, 9.40 a.n., 7.30 p.m, 10.30 p.m, Wagons-buffet, salon 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sceau du Se erétaire d'Etat du Canada, des lettres patentes en date du 14e jour de novembre 1912, cou stituant en corporation Joseph George Char rier, manufacturier, Stanislas Bordeleau et A lexandre Bordeleau, épiciers, Napuléun pe Grandmont, contremaître, et mile Albert Ure deur, voyageur de commerce, tous de la cité de Montréal, dans lu province de Québec, pour les fins suivantes: \u2014 (a) Manufacturer, en tout ou en partie, réparer, entretenir, soigner, em- Magasiner, acheter, vendre, louer, et faire le commerce d'automobiles, cycles, bicyclettes, tricycles, moteurs, machines, voitures, bateaux, moyeus de transport, et machincrie de tous senres, et de tous matériaux et articles utiles dans leur construction ou utilisation; (b) De mander, acheter, louer ou autrement ucquérir touies pacentes, brevets d'invention, licences, voncession et chose de même nature conférant an droit exclusif ou limité d'utiliser une inven tion qui sera jugée capable d'être utilisée pour tueune des fius de 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la coopération des risques communs, les concessions réciproques ou la fusion avec toute personne ou Compagnie exerçant ou engagée, ou se proposant d'exercer ou d'entreprendre une industrie ou transaction que ln présente compagnie est autorisée à exercer ou entre prendre, ou toute industrie ou transaction ca puble d'être conduite de façon à profiter directement ou indirectement à la présente compa- guie; et prêter des fonds, garantir les contrats ou autrement aider à promouvoir et devenir ac tionnaire dans toute autre compagnie subsl- dinire, alliée ou autre engagée dans une indus trie semblable en tout ou en partie à celle de la présente compagnie; ({) Détenir, acheter ou autrement acquérir, vendre, cédor, transférer ou autrement disposer des parts du capital-ac- tions, obligations, débentures ou autres preuves dout les objets sont en tout ou partie sem blables à ceux de la présente compagnie, et de dettes créées par toutes autres compagnies tant qu'elle les détiendra, exercer tous ies droits et privilèges de propriété, y compris le droit de voter en vertu de ces valeurs, nonob stant les dispositions de l'article 44 de la dite loi; (8) Conclure des arrangements pour fournir les services de la compagnie et pour l'a& quisition des droits de toute compagnie et pour l'acquisition des droits de toute compagnie ou personne eungagée à fournir de l'ouraze ou des Matériaux, et payer pour ces services ou droits au moyen d'actions acquittés et non cotisables de la compagnie; réinunérer toute personne ou personties pour services rendus ou à rendre À la compagnies par l'émission d'acilous acquit técs, en tout où en partie; (h) Manufacturer et produire, au moyen de l'électricité ou autre ment, lu lumière, In chaleur et In force, et entretenir, mettre en service et utiliser tout Fou tillage et In machinerie nécessaires à cet ef fet, le tout pour servir en rapport avec l'exer- cilce des pouvoirs de la compagnie; (1) Distrl- buer toute partie de la propriété de la com pagnle, en espèces, entre ses membres; (j) Se fusionner ou entreprendre, comme industrie ac tive ou autrement, toute autre compagnie Ou industrie dont les objets sont en tout ou en partie semblables A ceux de Ia présente comps: gnie; (k) Falre tous et chacun des actes et choses pour lesquelles Jo coiupagnie est constituée; (1) Faire tout ce qui précède en qualité de principaux, d'agents ou à commission.compugnie exercera son industrie par tout le Canada et ailleurs, sous le nom de \u201cThe Phoe nix Automobile & Truck Company, Limited, avec, un capital-actions de cinquante mille dol lars, divisé en 5,000 actions de dix dollars cba cune, et le principal lieu d'affaires de In dite compagnie sera en In ville de Montréal-Est dans la province de Québec.Daté du bureau du Secrétaire d'Etat du C#& nada, ce 15e jour de novembre 1912.THOMAS MULVEY, Sous-Secrétaire d'Etat \u2014 re La Compagnie MARCHAND FRERES, LIMITÉE, Imprimeurs.56, Rue Amherst, Montréal.Tél.Bell: Est 3396._. L\u2019ACTION (Extrait de Montréal Juif, par CHARLEDOIS, \u2014 En vente partout, à 25 cents Pexemplaire).LES REITRES CHANSON BARBARE Sonnes, clairons.Sonnezs, cymbales! On entendra siffler les balles; L'ennemi vient, nous le battrons; Les déroutes sont des cavules Qui s'envolent quand nous soufflons; Nous joucrons aux dés sur les dalles; Sonnez, rixvdales, Sonncs, doublons! Sonnez, cymbales, Sonnez, clairons! On entendra siffler les balles; Nous sommes les durs forgerons Des tvictoires impériales, Personne n'a vu nos talons; Nous joucrons aux Sonnes, Sonnes, doublons, rivdales! Sonnes, clairons, Sonnes, cymbales! On cntendra siffler les balles; Sitot qu'en guerre nous entrons, Les rois ennemis font leurs malles, Et commandent leurs postillons; Nous joucrons aux dés sur les dalles; Sonnes, rixdales, Sonnez, doublons! Sonnes, cymbales, Sonnes, clairons! On cutendra siffler les balles; Sur les villes nous tomberons; Toutes femmes nous sont égales, Que teurs cheveux soient bruns ou-blonds; dés sur les dalles; Nous joucrons aux dés sur les dalles; Sonnez, doublons, Sonnes, rixdales! Sonnes, clairons, Sonnes, cymbales! On entendra siffler les balles; Du vin! Du faro! Nous boirons! Dieu, pour nos bandes triomphales Fit les vignes et les houblons; Nous jouerons aux dés sur les dalles; Sonnes, rixdales, Sonnes, doublons! Sonnes, cymbales, Sonnes, clairons! On entedra siffler les balles; Quelquefois, ivres, nous irons A travers poudres et rafales, En zigzag, point & reculons.Nous jouerons aux dés sur les dalles; Sonnes, doublons, Sonnez, rixdales! Wu Sonnes, clairons, Sonnez, cymbales! On entendra siffler les balles; Nous pillons, mais nous conquérons; La guerre a parfois les mains sales, Mais la victoire a les bras longs; Nous jouerons aux dés sur les dalles; Sonnes, rixdales, Sonnes, doublons! Sonnes, rixdales, \u201cSonnez, doublons! .Nous'jouerons aux dés sur les-dalles; .\u2014Roïs, nous sommes les aguilons; _ REA a; Be Salis LL \u2014 ve woe) E iB :dité antique, j'aime à me figurer, ce soir Promenade (De la Revue Critique) clairs et gais dans les églises et les cloitres florentins; mais pour qui suivit Maurras| dans cette inoubliable méditation nocturne de San Maniato, \u2014 une des pages sublimes que la nouvelle édition d'-Inthinea nous reniet en main \u2014 les nuits de Florence out aussi leur prix.Quand on débouche de la via Calzaioli, très fréquentée encore la nuit, la vaste place de la Seigneurie semble déserte.Quand la façade fauve du Palais-Vieux émerge à demi dans la lumière crue du gaz, au pied de la fontaine de Jean de Lologne et du David de Michel-Ange, le spectacle est incomparable.Voici, a deux pas, la \u201cLoggia dei Lanzi\u201d, dont le portique ouvert, adossé aux Offices, nous transporte en Grèce, avec cette suite de chcfs-d'oeuvre exposés en plein air : l'Ænlèvement des Sabines de Jean de Bologne, le Persée de Donatello et la Judith de Cellini.Sur cette place si émouvante dans sa nude 1912, un Stendhal de 1816, au collier de barbe abondant, assis à la terrasse d'un café et écrivant au jour le jour Rome, Naples et Florence.Que je me berce au moins de ces notes vicilles d'un siècle ! \u201cCe soir, assis sur une chaise de paille, en avant du café, au milieu de la grande place et vis-à-vis du Palazzo Vecchio, la foule et le \u2018froid (2), fort peu considérables l'un et l\u2019autre, ne m'empéchent point de voir tout ce qui s'était passé sur cette place.C'est là que vingt fois Florence essaya d\u2019être libre, et que le sang coula pour une constitution impossible à faire marcher.Insensiblement, la lune qui se levait est venue marquer sur cette place si propre la grande ombre du Palazzo Vecchio et donner le charme du mystère aux colonnades de la galerie par-dessous lesquelles on aperçoit les muisons éclairées au delà de l\u2019Arno!\u201d Notez ce ton ému chez Stendhal: il est rare qu'il crie ainsi son admiration; ct encore, un trait lui suffit-il.Le genre passionné le choque : il hait le romantisme à la Chateaubriand.S'il est venu à Florence, à l\u2019en croire, c'est uniquement pour courir au théâtre du \u2018\u201cCocomero\u201d\u2019 et entendre le Barbier de Rossini.Au reste, tout lui est odieux, au, souvenir de sa chère Milan: la prima donna ne vaut rien, parait-il; voilà.Florence tombée au rang d'\u201c\u2018une ville de France de troisième ordre\u201d, et les Florentins \u201cincapables de passion\u201d.\u2019l'ant pis pour Florence.Mais l\u2019avoucrai-je, que j'aime en- 2.On était en janvier.Rome, Naples el Florence, p.210.rt ee Vos couronnes sont nos vassales; Et nous rirons quand nous mourrons.On entendra siffler les balles; Sonnes, clairons, Sonnes, cymbales! VICTOR HUGO.a Florence me mr or mt EN jme encore un Stendhal passionné jusque Ruskin a décrit les \u201cmatins de Florence\u201d, dans ses injustices, en dépit de ses froideurs caleulees ! Aussi bien, que ne faisait-il, ce soir-là, un tour le long de l'Arno?Rien n\u2019égale cette solitude du fleuve de Florence, dom la largeur, mais non l'eau, rappelle la Scine.Comme elle, en effet, il coule de l'est à l'ouest, jusqu'à la promenade morose des \u201cCascine\u201d, qui sont \u201cles Champs-Elysées de Florence.\u201d Mais encore, aux \u201cCas- cine\u201d des lauriers tendus et des chénes verts parent ses rives; ici rien que la nudité de la pierre fruste.\u201cQuel désert, FArno à Florence!\" s'écrie Charles Maurras dans -Anthinea, en présence de cette ombre de fleuve.Et de fait, une mince nappe d\u2019eau soigneusement entretenue par un barrage donne à ce lit de sable une apparence de plénitude.Dépassez la double galerie des Offices qu'ornent les statues de marbre des grands hommes de Florence ; tournez à droite en longeant la galerie voûtée qui par-dessus l'Arno va rejoindre le Palais l\u2019itti; eu face de vous surgit le vieux Port, encombré de ses deux rangées de boutiques, éclairées malgré l'heure tardive.Les maisons du quai plongent à même dans l'eau du fleuve: leur puissance en est doublée.Mieux qu'à Venise, sur le Grand Canal, à l'heure de la sérénade, vous pouvez jouir des reflets que renvoie le sombre Arno: rien à Florence, pas meme une barque, ne trouble une eau immobile et morte.* * Jusqu'au pont \u201cdella Santa Trinita\u201d.dont l'entrée est décorée de deux statues de marbre écorné, s'étend le \u201clungarno dell\u2019 Aecciaioli\u201d, le plus mal éclairé des quais.Stendhal encore remarque qu'ici, comme \u201cen vingt endroits de Florence, on peut se croire en l'an 1,500.\u201d Les façades raides de ces demeures florentines imposent la même austérité que l\u2019ocuvre de Dante.Toutes carrées, commie le palais Strozzi, avec leurs ouvertures parcimonieuses, et leurs ponts qui enjambent les rues pour la fuite, on les croit encor fermées devant un danger tout proche.Seuie anime ccite solitude une séicnade à laquelle, involontaire auditeur, j'assiste, caché dans un retrait de la pierre.Une voix mâle s'élève accompagnée du grincement d\u2019une mandoline ; à travers de vagues senteurs de marais montant de U'Arno, les notes s'égrenent et battent l'air d\u2019une folle magic.Mais soudain à cette voix grave succède un chant fréle qui se perd en d'insaisissables modulations.Quel est ce prodige?TN n'y a là, dans le cercle de passants attardés, qu\u2019un homme pinçant son instrument ct un enfant pour ramasser -les sous.Ainsi ce Protée du chant sait rendre, à s\u2019y méprendre, la molle douceur d'une voix féminine.On s\u2019éloigne, un peu désappointé, \u2018tandis que d'une fenêtre une main invisible laisse tomber une pièce qui retentit longtemps sur le pavé sonore.Sur Ja porte vermoulue de l\u2019église Santa \u2018Prinita se dresse un moine cnvironné de flammes : est-ce un vain jeu d'esprit, si j'y * La Légende des Siècles, ra Ain Ent Se ddan vois, ce soir, Jérôme Savonarole sur son Re pam ore Nd EE CARPE ee de 2 ne doué de l'âpreté d\u2019un saint mise au service d'une cause humaine.On visite sa cellule étroite, qui contient un lambeau de sa robe, au couvent de Saint-Mare (et une iüscription nous apprend qu'il en fut enune- né, pour être conduit en prison, le 8 avril 1,408) : au Palais-Vieux, dans le mur de la Tour, j'ai pénétré dans cette prison plus étroite que les cachots du Palais Ducal à Venise.Et sur la place de la Seigneurie, une plaque de bronze marque la place où if fut brûlé.le 23 mai 1498, qui fu brucciato, ete.Sans doute, son orgueil de moine révolté n'eût pas été fâché de jouer le rôle que devaient prendre ua Luther et un Calvin il proclama la république avec Jésus-Christ pour roi.Aberration singulière pour Un pu- litique.divinement Mais Fra Angelico, qui peignit les chambres de Saint-Mare.clit son ami: Michel-Ange le connut et souftrit de sa mort, lt sur le bûcher, devant le peuple qui l'insultait, i1 répétait, songeant à l'ingratitude humaine: \u201cFlorence! Florence Que de raisons pour que la terre lui soit légère! Comment cette figure austère et jaune, vù ne brille pas une flamme d'humanité, telle qu'elle apparaît dans le portrait de Pre Rartholomeo, mie poursuit-elle?Je ne sais.Mais levant les yeux, ému, pour reconnaître le nom d'une ruelle abseure, JV lis avec un frisson le titre du poème de Dante: Jia dell\u201d inferno! Si est une heure à Florence pour rèver de la Divine Comédie, C'est bien en face de ce portrait de Favouarole, quand lu lune émerge d'un créneau du l'alais- Vieux! CHARLES BENOIT.v\u2014\u2014\u2014 Le Canadien, être mal dégrossi {lu livre de M.Arnould, Nos Amis les Canadiens.) L'un d'eux çun professeur de Laval) à eu quelque peine à leur faire accepter de parcourir, en ce peu de temps, une matière trop Mince à leur gré, les cing volumes de la \u201clégende des sièeles\u201d; sa revanche fut d'entendre les plus intelligents de ses an- diteurs loyalement lui déclarer, après avoir assisté au commentaire historique, philosophique et littéraire des plus belles \u201cNous avions bien lu ces pièces, mais nous n'y avions jamais autant réfléchi.\u201d Du côté de la précision, le Canada est done aux antipodes de la France contemporaine, ct il est certain qu\u2019il y a pré- pages: sentement tt excès des deux parts: chez RRR ceux de la Presse, ne manqueront sans doute pas de profiter du conseil que nous allons êtrennes, le plus beau cadeau du monde au eurer l'un des deux albums suivants, abso- Il aimait Florence, et pour la rendre libre.|?lument incomparables à tous égards : 1° L'ALBUM DES BELLES IMAGES (5,000 dessins inédits, dont 2,500 \u2018en couleurs) ; 2° L'ALBUM DE LA JEUNESSE IL- .LUSTRE (600 pages, 5,000 dessins).En vente chacun au prix dérisoire de $r.LIBRAIRIE C.DEOM, rue Sainte-Catherine, 47-Est.Téléphone: Est 2551.Un bon conseil Les lecteurs de l'-lction, qui ne sont pas leur donner aujourd'hui, \u2014 gratuitement.Veulent-ils offrir à leurs enfants, comme! prix le plus modique, ils n'ont qu'à se pro- AVIS AUX FUMEURS ET A LEURS AMIS Dd .° .\u2019 Pour tabacs de premier choix, pipes, cigares importés et articles de fantaisie pour fumeurs, ne pas oublier la maison MAILLOUX & FRERES 252, RUE SAINT-DENIS, 252 Téléphone: Est 273.MONTh
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