L'Opinion publique, 13 décembre 1883, jeudi 13 décembre 1883
[" L'OPINION PUBLIQUE Journal Hebdomadatre Illustré Abuanemel * 2300 par an.Payé d'avance, $3.00 \u2014 Etats- nls, $3.On ne se désabonne qu'au bureau du journal, et il faut donner au moins quinze Jours d'avis.SOMMAIRE Taxra : Causerie philosophique (suite), pac Giulio, \u2014 Atlas historique de la ville de Montréal.\u2014Propos du docteur, par te Dr E.Morin \u2014L'histoire d'un manuscrit.\u2014Nos gravures : Derniers jours d'automne ; Le nouveau chemin de fer espagnol ; La vallée de Sixt \u2014 Littérature \u2014Choues et autres \u2014Poésie : L'oralson Deminicale, par Gontran.\u2014Le Moulin rouge (suite).\u2014 Pauvre Lucie.\u2014 Têtes con- serrée \u2014Bouveuir, par À.Lepage.\u2014 Nouvelles diverses\u2014 Les échecs.Gaavunes : Derniers jours d'automne, tableau de M.Jenoudet, \u2014Espagne : Le chemin de fer des Asturies.\u2014La Vallée de Sixt.rer CAUSERIE PHILOSOPHIQUE (Suite) v LE BATHYBIUS DE HUXLEY Combien de mes lecteurs ont été tentés, au seul titre de cet article, de le jeter au panier et d'envoyer son auteur aux gémonies, c'est plus que je n'ose me dire à moi-même.Ceux qui en auront agi ainsi, le regretteront indubitablement ; car si sous ce nom étrange ne se blottit pas le plus parfait des êtres, c'est un des plus célèbres qui se cache, l'un des plus intéressants à con- re.Mais, avant de le faire sortir du mystère dont les savants l'entourent, et ponr cause, reprenons le fil de nos idées.Pour étudier la conformation de la cellule, un bon microscope suffit, avec d'excellents yeux toutefois et un peu de pratique.Mais quaud il a'agit de saisir et d'analyser les fonctions vitales de la cellule, c'est une toute autre affaire.Il faut voir cet infinitésimal élément derrière le voile dont la nature l'a enveloppé, le suivre dans ses évolutions rapides, et pour moi, le peindre au milieu du tourbillon de vitalité qui l\u2019emporte.La tâche est rude, délicate, difficile.L'indulgence est de rigueur.Tout d'abord, remarquons-le, il nous faut un nouveau sujet d'observation.Si, avec des précautions infiries, il n'est pas absolument impossible d'examiner les phénomènes de la vie dans des cellules appartenant à des organismes supérieurs, c'est du moins très long, très problématique, et, sous certains rapports, très peu satis- isant.Un petit morceau de chair, tel que requis pour les études microscopiques, meurt aussitôt qu\u2019il est séparé du corps dont il faisait partie ; une goutelette de sang, à peine tirée de nos veines, expire sur le verre du porte-objete du microscope.Ni l\u2019une ni l'autre de ces substances ne sauraient donc nous servir dans ces études ue nous entreprenons.Des cadavres ne révèlent rien & ce qui s'appelle la vie.En serons-nous dono réduits à de simples conjectures $ Non, Dieu y à pourvu et à donné à notre raison tous les secours matériels dont elle a besoin pour aller de l'avant sans crainte de s\u2019égarer.Source inépuisable de vie, Dieu l\u2019a prodiguée sur la surface de notre globe ; type infini de vitalité, il l\u2019a variée dans les êtres avec une profusion non moindre ! Aussi, en face des myriades d'êtres vivants qui fourmillent daus les bes-fon de ls création, si je puis sinsi parler, en face de ces simples cellules qui so mouvent et qui vivent, il n'est pas un savant digne du nom qui puisse se défendre d\u2019un cri d'udmiration et d'enthousiasme.\u2018Ze sera un de ces êtres infimes que nous étudierons.Déjà, dans les organismes supérieurs, nous avons vu u'une simple cellule primitive peut se développer, et fait we développe en une variété de tissus presque incroyable, Tun mot, en autant de tissus que ceux observée daus les corps les plus complexes.Sans aucun doute, les circonstances extérieures exorcent là-desaus quelque influence ; mais on n\u2019en saurait moins admirer l'aptitude merveilleuse qu'a cet élément primer- dial à prendre dos si divers, à exercer des fone- tions différentes et produire des sécrétions si variées.Aux autres confins la vie, dans ces infimes espèces Vol.XIV.No.50 Montréal, Jeudi, 13 Décembre 1888.organiques que la science ignors si longtemps, il en est tout autrement.Là, il n'y a ni organes, ni même de tissus, ni en aucune manière de transformations de cel- Jules.Tel l'individu est né, tel il restera.Simple cellule au commencement, il sers une simple cellule à la fin, et nul perfectionnement ne l'aura modifiée durant les jours de sou éphémère existence.Mais, quelqu\u2019imparfaits qu'ils soient, ces êtres ont la vie néanmoins ; et ai d'un côté leur immutabilité accuse chez eux l\u2019imperfection de leur principe vital, de l\u2019autre, le fait qu\u2019ils exercent malgré cela toutes les fonctions de la vie nous fait toucher du doigt que, même dans les organismes pus compliqués, ces fonctions proviennent des cel- ules.Les cellules, en effat, ne sont-ellea pas la partie principale et dominante dans tout organe vivant ?TI semblerait qu'arrivés à ces infiniment petits nous dussions ne plus avoir à ouvrir de nouvelles séries parmi ces vivants infimes.Et cependant, il est loin d'en être ainsi : les classes se retrouvent, les familles se grouper, les types se diversifient.De nouveau tous un monde se présente à nos regards ébahis, eb l'en se de- .mande avec stupeur où la vie peut bien s'arrêter.Peut-être sora-t-il mieux pour nuus de ne pas nous hasarder au milieu de ces êtres microscopiques : les tits êtres, duns tous les ordres, sout toujours les plus Barner, et puis, ils se sont sifublés, pour avoir leur entrée au bal de ls science, de noms aussi longs et aussi fantastiques que ceux des lords anglais.Nous ue pouvons pas, néanmoins, ne pes signaler les deux classes auxquelles tous aujourd\u2019hui se ramènent, c'est-à-dire les cellules sans pellicule et sans nucléus, chez lesquelles il n'y & de fait qu\u2019un simple protoplasma vivant, et les cellules ayant un nucléus et le plus souvent couvertes d\u2019une pellicule, douées elles aussi d'une vitalité réelle.C\u2019est à la première de ces classes que les savanés avaient rattaché le fameux Bathybius Haeckelü, Les savants rient parfois de notre prétendue crédulité.Que no connaissent-ils mieux leur histoire ! En 1868, le système de l'évolution, cru nouveau par beaucoup à cause des oripeaux dont il s'était paré, était sr- rivé au zénith de sa gloire.Darwin, moins radical, avait disposé les esprits à recevoir le nouvul évangile.Haeckel affirmait carrément, affirmait toujours, affirmait encore et encore.La Société Royale d'Angleterre, plus riche et plus hardie que la nôtre, résolut de soumettre le système à l'épreuve de l'observation et frêta le Porcupine pour un voyage au long cours.Jamais peut-être expédition scientifique ne fut aui- vie d\u2019un œil plus attentif.Dame c'était sérieux : il s'agiessit de trouver une matière vivante elle-même, et surtout, par voie de conséquence, d'en finir une bonne fois avec cs vieux préjugé d'une âme à sauver per la pratique de la vertu.Les naturalistes, embarqués sur le Porcupine, furent de tout cœur à l'ouvrage : son suivirent les sondages, les insucoès les insucoès.persévérance triomphe toujours.Un jour, ls sonde ramena du fond de l'Océan, d'une profondeur de 25,000 pieds, comme une ple gélatineuss que ces esprits forte orurent immé- istement être le protoplaems.La joie fut grands.Huxley proolama la découverte aux quatre vents du ciel et à son de trompe.On appels du nom de Haeckel, le grand coryphée de l'évolution, la précieuse matière animée, et lors, dans toutes les revues et dans tous les journaux on ne parla plus que du Bathybius Haeckeli (l'être vivant dans les profondeurs).Comme avec une idée préconçue, l'homme est un pauvre logicien | Quelle raison pouvaient avoir les darwinistes de se livrer à cette jubilation ?Vraiment, quand on y réfléchit, on ne le voit pas.De oo que les naturalistes avaient trouvé un être vivant, d'une atruc- ture aussi simple que le protoplasma, est-ce qu\u2019ils pouvaient conclure que les es même les plus complexes en étaient dérivées par évolution! De ce que ce Bathybiss, comme ils l\u2019appelsient harmonieusement, s'étendait à des centaines milles en long ou en large, est-ce qu'il s'ensuivait quil dût étouffer la Log ue et le bon sens $ De ce qu\u2019il semblait croître indéfiniment sans avoir besoin d'être sindé, est-06 qu'il autorise à le croire engendré spontanément, par seules forces de la matière, sans aucune action organique Ÿ Mais Prix du numéro: 7 centins.\u2014Annonces, la ligne= 10 coutin Toute communication doit être affranchie.Les remises d'argent doivent se faire par lettres enregistrées où par un bon sur la poste.u'est-il besoin de logique, lorsqu'il s'agit d'accepter des théories rationalistes et antichrétionnes ?Mieux vaut déraisonner avec l'erreur, aux youx des savants modernes, qu'être sages avec la vérité chrétienue.Le Bathybius fut donc fêté au surtir des abtmes de l'Océan, exalué, chanté.1! était, au dire des évolutionnistes, une partie heureusement conservée de ce limou rimitif et animé d'où étaient sorties toutes les espèces.était ls père de toutes les flores et de toutes les faunes.En lui, Haeckel et ses disciples vénéraient le premier aucôtre de l'homme, ou plutôt, du singe transformé.Malheureusement, écrit avec une admirable naïveté l\u2019un des leurs, malheureusement, notre joie avait été trop violeute pour être de longue durée.Dès le commencement, il y eût des savants qui mirent en doute les manifestations vitales de cette gélatine océanique ; il Wen rencontra ensuite qui les nièrent pertinemment.Aujourd'hui tous ou à per près sont d'accord sur le fait que ce précipité gélatineux n'est rien autre chose que du sulfate de chaux, produit naturel de l'eau de mur, Et ainsi le Bathybius n\u2019aut qu'un court triomphe de théâtre.Aujourd\u2019hui, s\u2019il reste daus les livres de science, il n'y occupe que le bas d'une page comme ces nds criminels de l'histuire dunt les noms sont signu- 4a uniquement & cause des intérêts graves qu'ils true hirent.Houte à eux ! houte aussi aux myopes qui se jetèvent à genoux devant cette matidre gdlatiueuse ! Insteuite par le ridicule, la fausse science restera- t-elle tranquille?Non.Bessel prit ls lyre brisée de Haeckel et chanta comme lui.Mais cette fois, le Dieu vénéré ne fut plus le Bathybius, ce fut le Protoba- thybius.L'addition de deux syllabes et la prétention qu'elles attestent n'ont pas plus sauvé le dépôt gélatineux des mers polaires que les déclamations d'un Hseckel n'avaient sauvé l\u2019autre.Les évolutionnistes pleurent encore inconsolables leurs espérances trom- Cependant, du renfort leur est venu de la part d\u2019un nommé Greef.L'Océan avait manqué & sa mission.Il se tourns du côté de ls terre et il trouva dans la fangs des fossés et des é d'eau douce certains dépôts Istine qu'il décors bien vite du nom de Pelobius.De it, il semble assez probable qu'il y a là mouvement et vie; mais, comme nous l'avons dit plus haut, à quoi cela peut-il servir la cause de l'évolution ?La question entre eux et nous, c'est la vieille question tant agitée dans les écoles do la philosophie grecque, à savoir, ai la matière organisée vit per elle-même, ou si elle à besoin, pour vivre, d'un principe supérieur reçu d'une autre source, Tant qu'ils n'auront peint prouvé ce que nous nions, ils n'auront pasavancé leur cause d'un iota.Arrôtons ici : c'en est trop déjà sur un sujet pareil.Nous ne pouvions cspendant guère passer sans toucher ce point.L'amour de ls vérité nous a rendus cruels envers nos lecteurs.Qu'ils nous le pardonnent.Dans une prochaine causerie, nous leur révèlerons les fono- tions vitales d'une cellule et déjà, plusieurs monères et amibies 9 se préparent & lour faire aussi belle figure que 0, Gunso, - CA vuévre) Atlas historique de Ia ville de Montréal PAR P.-8.MORIN Cet Atlas à été exéouté per M.Morin, longtemps employé au département des travaux publics, et il mérite tout éloge près des artistes, des antiquaires et des 1) Le nom de monère (de monos, soul) fut donné par Haec- kel au premier unicellulaire microscopique, découvert par lui à Nice en 1868 ; mais le même nom est devenu générique et est appliqué à tous les autresorgunismes qui n'ont, comme lui, qu'une sud cellule.De la même manière, le nom d'amibée (changeant) se donne à toutes les monères à cause de l'aptitude qu'elles ont à changer de forme, w'allongæant et se rapetismnt tantôt dans un vous tantôt dans an autre.Copendant on appelle plus souvent midi los êtres unicellulaires pourvus d'un nucléus et d'un nucléole, tandis qu'on nommo profemibies où simplement mondres coux qui en sont privés. hstorens, [est remarquable poar les recherches, pour den once des docunentscet entire poue Le perfection Loreal, Ou votnpe tte festement Pabgnd ae dus dogn- vu et teur cuteretoquatel nous ditons gue eet un coupes d'abord pres de dix plans de Le ville covrots a dillerentes époques, cosiile des Vues dis a0cteiues construetions, et cnlin «des notes les cernes planes de details tipo = x * Ainsi, quant aux plus de Montréal, totts avons Speo ques prrnegales de Le ville quoqu'a la tp Lo en Le tg.tree, Nous voyons done Montréal à sa fondation, à ses pre Hiets\u201daceroissements sous Mode Maisonneuve, i son developpement merveilleux de 1670 à 1706, sons M, de Frontenac, Entin le qnogrés réalisé depuis 1720 muisqu'u LTHO, époque de ls conquête Ces plans sont exécutés d'aprés les documents les plus positifs; ils sont iudispensables pour bien con- Hautes l'histoire de Montre d : enfin, ils sont aecompa- nés d'indications sur des propriétaires des premières constraetions, de légendes, dde dates, ute.\u2026 ete.l'on voit dans ers dessins quel était l'aspret do ter vitoire de Moutré dl lorsque ML de Maisonneuve vint y debarquer, au mois de mai 1612, Ou voit ensuite, uns tte plane plus particulier, quel stadt Pemplacenent et la forme du premier fort, avec Tes dhensions do a eleped bs et des batiments d'habitation, Ensaite ot passe ans commeneements de la ville, rec quat-tute brtisons, bien baties, aux murailles épotsses, garites de meurtrieres isolées pour la ealture des jardins, nds assez vapprochérs pour se défendre tes anes des ares, lustite on peut connaitre le site ot Pimportance des cedoutes, eleves de distane< «tu distance, pour protéger ca don des trav leurs répatine doutes les chataps, Nous avons, an plan de Vannes TRS 1e tracé des rues ref qu'il vaît été établi par ML Dollies de Casson, puede temps anpagasint, Le nom des rues est men tone avee teur bubieation sre Notre-Dame et rue Saint-doseph, en Phonnewr des proteetenrs de Ta ville et she pays cree Saint Jacques en l'honneur de M.Jar pes Ober, cree, * x * Outre
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