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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 8 mai 1886
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
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Références

Le Monde illustré, 1886-05-08, Collections de BAnQ.

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LI, a vA ¥ NT | Un an $8.00 -\u2014 3.ATTAQUE ILLUSTRE LE MONDE ILLUSTRE LE MONDE ILLUSTRE Montréal, 8 mai 1566 SOMMAIRE TEXTE : Entre-Nous, par Léon Ledien,\u2014Les mœurs du tigre.\u2014Nos illustrations : La révolte du pénitencier ; le réveil ; la mode.\u2014Poésie : Caprice, par Gonzalve L.Desaulniers.\u2014Le sommeil de l'enfant.\u2014Récréa- tions de la famille.\u2014Rébus \u2014Feuilleton : Les deux Sœurs (suite).GRAVURES.\u2014Saint-Vincent de Paul : Révolte des forçats au pénitencier de Saint-Vincent de Paul.\u2014Le réveil, Rees mœurs du tigre.\u2014Gravure du feuilleton,\u2014 s.Primes mensuelles du \u201c Monde Dnsté \u201d Ire Prime 830 Ime + 28 Sme « 18 éme « .10 Sme © .5 Gme te .4 Time .\u2019 3 Smee < .9 Se Primes, à 81 se 94 PRIMES .$200 La tirage se falt chaque mois, dans mune salle pue blique, par trois personnes choisies pari\u2019assemblée, Aucune prime ne sera payée après les 80 tours qui suivront le tirage de chaque mois.Res, E n'ai jamais compris pourquoi on nous o> fait commencer l'année le premier janvier.Pourquoi janvier?pourquoi changer le == chiffre de I'an en plein hiver, alors que tout b sommeille, quand la nature s\u2019immobilise, se recoquille sur elle-même, au moment où presque tout ce qui vit ou végète a disparu ?On croirait que l\u2019on a voulu profiter de l'absence des oiseaux, des abeilles et des fleurs pour arracher le vieux calendrier et en prendre un nouveau.Nous opérons en semblant nous cacher, comme un voleur fait un mauvais coup, quand tout est nuit et silence, Je sais bien que l\u2019on a agi de la même manière pour le changement de jour changement que l\u2019on à fixé à une heure tout-à-fait indue, au moment où un homme rangé ou une femme honnête n\u2019ont pas l'habitude de se promener rue Sherbrooke ou sur la terrasse Champlain.Je sais bien d'autres choses encore qui ne sont pas plus extraordinaires que la chose qui m'occupe, mais enfin, vous ne m'ôterez jamais de la tête que changer d'année le lendemain de la Saint-Sylvestre n'est pas une mauvaise coutume, qui n\u2019a pour excuse que sa vieillesse.*4* Commencer l\u2019année en même temps que les violettes parfumées sortent toutes frissonnantes de leur tige, auxpremiers baisers du soleil, quand les hirondelles suspendent leurs nids aux frises de nos maisons, sitôt que nos rivières se sont débarrassées de leur couche glacée, que la charrue trace ses sillons et que les bois reverdissent, à la bonne heure ! C'est du nouveau, le décor change, tout se métamorphose, c'est le vrai moment de crier comme tout ce qui respire, se meut ou chante : Vive l\u2019an ne Aussi, est-ce avec le plus vif plaisir que je salue la troisième année du MONDE ILLUSTR » Qui a compris qu'il était de son devoir de venir au monde en temps convenable, en bonne saison et de continuer à vivre ainsi.Je ne voudrais pas faire l\u2019éloge du journal, \u2014 cela ne serait pas très modeste de ma part, \u2014 au contraire, je demande pour lui toute I'indulgence dont votre bon cœur peut disposer.On excuse toujours les enfants, et celui-ci est si jeune encore, que vous ne pouvez trop lui reprocher ses imperfections.Il fera mieux cette année.*,* Quand nous sommes sur le point de voir pour la première fois une chose dont nous avons entendu parler longtemps auparavant, nous nous demandons si l\u2019objet va vraiment répondre à l\u2019idée que nous nous en sommes faite et l'impression que nous ressentons, en étant en sa présence, ne s\u2019efface jamais.Rappelez-vous le premier train de chemin de fer que vous avez vu, ou bien la première machine à vapeur, la mer, une montagne, n'importe quoi, un appareil télégraphique, une baleine, un roi, ce que vous voudrez enfin.Moi, la première fois que j'ai vu un bateau à vapeur, j'ai été littéralement annihilé.La coque, les mâts, les cordages, les gros tuyaux, les petites chaloupes, les pavillons, la boussole, les matelots, le cuisinier, les hamacs, les canons, les vergues, le pont, la passerelle, le gouvernail, l\u2019ancre énorme, les cabines minuscules, les bastingages, la fumée, la vapeur, l'hélice, etc, tout me semblait fantastique.Mais le capitaine, le chef de tous ces marins et de cette maison flottante, le capitaine avec ses galons d\u2019or et son sifflet d'argent, le capitaine maitre après Dieu sur son bord, comme me disaient les livres I.Le capt.oh! le capitaine ! Pour moi, le capitaine était aussi grand que tout ce qu'on pouvait réver d'immense.Plus grand que ¢a, méme.Le jour où j'ai donc vu un navire et son capitaine m'est toujours présent à la mémoire, et je me rappelle de tout comme si c\u2019était d'hier.*4* Chose étrange, il me semble que je retrouve cette impression chaque année chez les autres, ou à peu près, car je la lis, tous les printemps, sur la physionomie de la plupart des personnes qui font les quais, c'est-à-dire, qui vont voir le port et restent là, immobiles, bouche béante, absorbées en regardant le premier vapeur qui nous arrive de là-bas, des bords du canal Saint-Georges.Les voyez-vous?Il y en a comme cela tout le long du fleuve et du golfe, depuis la Pointe-au- Père jusqu\u2019à Montréal, et même plus loin encore.Tous regardent passer le premier navire de la saison et tous sont ébahis ! Je fais, sans nul doute, comme eux, mais je ne me vois pas et me figure que ce sont les autres seulement qui ont cet air là.Eh bien, le premier bateau est arrivé dans le port de Montréal vendredi, à quatre heures de l\u2019après-midi.C'est le Dominion.La navigation commençait presque au même moment où LE MONDE ILLUSTRÉ mettait son nouvel habillement de l\u2019année.*,* Nous donnons aujourd'hui plusieurs gravures se rapportant à la révolte des forçats du pénitencier de Saint-Vincent de Paul.Je ne croyais pas avoir encore à vous parler de cette affaire, mais un nouvel événement vient de se produire dans des circonstances tellement extraordinaires, qu\u2019il est bon d'en dire un mot.Un forçat, Viau, le chef des révoltés, vient de s'évader au nez et à la barbe des gardes, en perçant trois murs, dont un de trois pieds d'épaisseur et deux autres presqu'aussi solides.Le travail qu'il a fallu exécuter en quelques minutes, une heure à peine, aurait demandé trois fois plus de temps à plusieurs ouvriers habiles.Et cependant, tout cela s\u2019est fait sans bruit, sans éveiller l'attention de qui que ce soit, comme une chose toute naturelle.Je ne sais s'il est arrêté au moment où vous lirez ces lignes, mais je veus assure que jamais je n'ai eu les oreilles autant cassées pendant deux jours, que par cette question que tout le monde s'adressait chaque instant : \u201cOù est Viau ?Avez-vous vu Viau ?Cela m'a rappelé le fameux : \u201c As-tu vu Lambert ?\u201d qui a couru le monde il y a quelque vingt ans.Fa * Ce n'est pas là seulement ce qu'on se disait ; il y a bien des choses qu'on se murmurait dans l'oreille, tout bas, bien bas.On disait, je puis bien le dire tout haut, puisque tout le monde le pense, on disait et on dit encore que de graves fautes de discipline se commetten chaque jour au pénitencier et qu'il est n i de donner un bon coup de balai.Tout cela est très bien et peut être très vrai, mais un coup de balai ne se donne pas aussi facilement que cela, en certaines circonstances.On dit en effet que là, comme partout, la politique se mêle trop de ce qui ne la regarde pas.Que les politiciens s\u2019en mélent ou non, ce qu\u2019il y à de certain, c\u2019est que cela va bien mal.*,* Je vous avais parlé dans une de mes dernières causeries d\u2019une fête littéraire que devait nous donner madame Henry Gréville, sous forme de conférences.Elle à eu lieu ; mais, hélas ! je crains bien que cet écrivain, à l'esprit et au cœur si français, n\u2019emporte de nous une opinion peu favorable.Je ne sais vraiment quelle explication donner à l'accueil si froid, presque répulsif, qui lui a été fait.Est-ce profonde indifférence pour la littérature française, est-ce dédain de l'art de bien dire, manque de goût, faux raisonnement ?Je ne puis le dire, mais j'ai constaté que les deux cunfé- rences qu'elle a données ont attiré très peu d'auditeurs.En revanche, ceux-ci étaient du meilleur monde et n\u2019ont point regretté d'être allé entendre une des plus charmantes causeuses qui existent à une époque où si peu de personnes savent causer, c\u2019est- A-dire parler de sujets très sérieux, avec grâce, avec csprit, sans chercher les effets, naturellement, poliment, et se faire écouter sans fatigue et sans ennui.Je n'ignore pas que ses livres ne sont pas toujours à l\u2019abri des reproches, et les idées qu'elle développe ne sont pas en tout d\u2019accord avec les miennes, mais je vous avoue que je n'ai pas encore trouvé un seul auteur dont je puisse dire : Cet homme pense exactement comme moi.C\u2019est ainsi que dans une parenthèse\u2014très courte à la vérité\u2014madame Gréville a critiqué le choix du site de l\u2019église du Vœu National, érigée sur les buttes Montmartre, sous prétexte qu\u2019il eût mieux valu laisser cette colline telle qu\u2019elle était, lieu de promenade et de délassement pour la classe ouvrière.Je ne partage pas son opinion.C'est une affaire de goût.*,* Madame Gréville, je vous l'ai dit, est une causeuse dans toute l'acceptation du mot; une causeuse bien plus qu\u2019une conférencière, car ce dernier mot nous met en l'esprit l'idée d\u2019une femme froide, guindée, ennuyeuse et à l'air très ennuyé, parlant de choses arides et très peu récréatives, Telle n\u2019est pas cette Française de beaucoup de tact et d\u2019esprit qui, assise devant vous, cause de mille choses avec verve et avec entrain,ltout comme elle le ferait dans un salon de bonne compagnie.Quelques personnes\u2014peu lettrées\u2014se figuraient que madame Gréville était presque une cabotine ou une artiste du genre léger, comme Aimée ou Judic (notez que ces personnes manquent rarement une représentation d'opérette où la morale est peu ou point respectée du tout), et on dit qu\u2019elles se sont fait un scrupule d'aller l'entendre, À moins que ce ne fut par faux amour-propre et qu'elles n\u2019eussent la conscience de leur infériorité absolue.Un de mes amis me disait même que si elle n'avait pas eu de succès, c'était sa faute à elle, et que pour être écoutée chez nous il faut, tout au moins, amener avec soi une troupe de nègres ou de chanteuses de gaudrioles.Je ne crois pas cette explication méchante.Fat Je voudrais pouvoir vous répéter les deux causeries qu\u2019elle a faites à Montréal, mais on en ferait deux livres et cela prendrait beaucoup de place dans le MONDE ILLUSTRÉ.; .La vie en Russie, le sujet de sa première soirée, est une étude juste et bien observée de la vie du paysan du grand empire moscovite. LE MONDE ILLUSTRÉ 8 Ayant vécu quatorze ans en Russie, madame Gréville, connaît à fond les mœurs et les coutumes de ces pauvres gens, serfs affranchis d'hier, qui vivent d\u2019une mar.!tre si étrange et à demie civilisée.La femme, occupe peu de place dans la vie du Russe.Le mari dort sur son banc, fume sa pipe ou regarde les nuages courir au firmament.La femme travaille dûrement, peine tout le jour, élève ses enfants et couche À terre.Le paysan russe est ignorant, un peu voleur, supersticieux, bon cependant et prêt tout pour celui qui lui a rendu service, il aime ses prêtres, craint la police, respecte son souverain, vit très frugalement, fait maigre deux jours sur trois, mais ne boude pas devant un et même plusieurs verres d'alcool, ne croit pas aux médecins, quoiqu'il soit souvent malade, à cause du climat, et meurt avec le plus grand stoïcisme, après avoir béni ses enfants et en disant comme le fataliste musulman \u201c C\u2019est l\u2019heure, c'était écrit !\u201d La paysanne travaille beaucoup, c'est entendu, elle sert son mari A table et mange après lui, elle nettoie, lave et soigne ses enfants, comme toutes les mamans du monde, elle dit du mal de ses voisins et fait des cancans comme toutes les fe.\u2014pardon, ceci ne serait pus peli, \u2014elle s'acquitte, pieusement de tous ses devoirs religieux, elle fait encore plus maigre que son mari et boit beaucoup de thé.Le prêtre russe, le pope, est un type tout particulier, il n\u2019est, pour ainsi dire, pope que durant la vie de sa femme.Un prétre russe, \u2014 vous savez que ces schismatiques se marient, ne peut dire la messe qu\u2019en autant qu'il est marié.Si sa moitié meurt, il doit quitter sa cure et s'en aller finir ses jours dans un monastère.Plus de femme, plus de paroisse.Cette coutume nous paraît très drôle, mais elle existe dans tout l\u2019Empire.Aussi, comme le disait si finement madame Gréville, la femme du pape est-elle entourée de tous les petits soins imaginables, son mari ne la contredit jamais, passe par toutes ses fantaisies et ne sait pas lui dire non.Un proverbe russe dit : \u201c\u201c Heureuse et grasse comme la femme d\u2019un pope.\u201d Les monastères sont très nombreux en Russie, où le fond dominant du caractère du marchand et du paysan, est un mysticisme indéfinisable et profond, qui produit les effets les plus incompréhensibles.Un trait qui m\u2019a beaucoup frappé dans cet aperçu de la vie russe, c\u2019est que le nihilisme dont tous les pays s'occupent tant, et qui fait trembler les Czars, n'est pas aussi répandu qu'on le croit généralement.D'après madame Gréville, il n'existerait pas plus de deux mille nihilistes.Deux mille ! c\u2019est peu pour tant de dynamite, de coups de poignards et de déraillements de trains.La Russie, comme tous les autres pays, danse sur un volcan (vieux style).Le grand danger, ce n\u2019est pas le nihilisme, c'est la \u201c Jacquerie,\u201d c'est le soulèvement futur et certain, bien que l\u2019époque n\u2019en soit pas connue, quoique prochaine, des paysans contre la noblesse.La mine est prête, la mêche est allumée, gare à l'explosion ! La noblesse russe est, paraît-il, très corrompue, autant que celle d'Angleterre ; le gouvernement est pauvre, et le jour où les impôts auront Été augmentés jusqu'à une certaine limite, le paysan prendra sa faux et coupera les têtes.Comme les Russes ne m'ont jamais rien fait, je souhaite que ces prévisions ne se réalisent pas.Et puis, si j'aime assez la guerre, je déteste beaucoup les révolutions.*,* La vie à Paris, c'est tout autre chose\u2014ne vous voilez pas la face, c\u2019est très convenable, infiniment mieux que dans n'importe quelle autre ville du monde\u2014c'est la vie de travail, d'ordre, d'économie, d'étude et de famille.Je sais bien, a dit à ce propos madame Gréville, qu\u2019il existe à Paris des gens dont la vie ne ressemble pas à celle-là, mais c'est la très infime minorité, et d\u2019ailleurs, il y a tant d'étrangers qu\u2019on ne peut pas dire que cette existence licencieuse à laquelle je fais allusion est celle des Parisiens.Ce serait un gros mensonge.On entend tous les jours répéter sur tous les tons que Paris est la ville du vice (après Londres, New- ork, Berlin, Vienne, Saint - Pétersbourg, etc).Ceux qui croient à une telle corruption doivent être eux-mêmes bien corrompus.Cette réflexion m'a plu, je la crois juste, et elle me remet en mémoire un mot d'un prélat américain, Mgr Purcell.Cet excellent évêque visitait un jour une église de Rome, en compagnie de plusieurs dames de Cincinnati.En passant devant un tableau, dont les personnages, il faut bien le dire, n'étaient pas habillés jusqu\u2019au menton, une des étrangères fit un geste de biche effarouchée et dit : 404 / shocking / L\u2019archevêque se retourna vers elle et dit simplement de sa voix grave : \u201c Pour les cœurs purs, tout est pur!\u201d La vieille toquée ne répliqua pas.*,* Paris n\u2019est donc pas plus mauvais qu\u2019une autre ville, et du reste, ce n\u2019est pas du Paris vicieux qu'il a été question, pas plus que si vous faisiez une description de Montréal ou de Québec, vous ne parleriez de certaines personnes ou de certaines maisons, lesquelles ne représentent nullement ni ces villes ni leur population.Il a été question du Paris ouvrier, Paris travailleurs, Paris famille.Le tableau en est saisissant et admirable, au point de vue essentiellement moral ; rien du Paris de Zola, qui n'est que la boue de Paris.Mais ce qui est surtout prodigieux, c'est Paris savant.Avec quel enthousiasme et quel patriotisme madame Gréville nous a décrit les hommes qui font l\u2019étonnement de tous ceux qui aiment la science.\u201c L\u2019après-midi (je ne cite que le sens), vers uatre heures, généralement le mardi et le ven- redi, on voit passer sur les quais des hommes aux cheveux blancs, graves, pensifs, à la mise un peu démodée, chapeau trop bas de forme, redingote légèrement râpée, des lunettes, l'œil très vif, l'air austère, la démarche un peu lente, des papiers à la main ou sous le bras, la boutonnière ornée d'un ruban rouge.\u201c Ces hommes, c\u2019est la gloire de France, ce sont les membres de l\u2019Institut, et, quand vous les rencontrerez, tirez votre chapeau, c\u2019est la Science qui passe 1 \u201d Celui-ci, c'est Chevreui/, le centenaire, l'autre c'est de Lesseps, voici Quatrefages, Marcel Després, Faye, de Launay, Flammarion, et tant d'autres ! Voilà Pasteur, dont les découvertes ont rapporté des millards et qui n'a jamais pensé à prendre seulement un brevét d'invention.Car presque tous ces hommes qui devraient être riches Ï millions ont souvent à peine de quoi vivre.Le savant français est généralement pauvre ; il enrichit le monde et se fait un nom, cela lui suffit.C'est un type unique.Je ne puis analyser cette conférence, les horizons sont trop larges et l'espace réservé à ma causerig, (j'éprouve maintenant une certaine gêne à employer ce mot depuis que j'ai entendu causer madame Gréville), et, dis-je, l'espace me manque.Elle ne nous a pas parlé de Paris religieux, c\u2019est cependant un bien grand et bien noble Paris que celui-là, mais je suppose que.\u2026 comment dirai-je.je veux croire qu\u2019elle a trouvé ce Paris-]à trop lourd pour ses épaules et qu\u2019elle n'était pas de force à le supporter.Elle nous a montré l\u2019exemple de la charité, elle a toujours été bonne et indulgente, dans ses deux conférences, pourquoi ne ferai-je pas comme elle ?*,* Mais, voyez comme tout s'enchaine, dimanche dernier, à Notre-Dame, voici justement qu'un prêtre est venu nous entretenir d\u2019un petit coin de ce Paris religieux, que madame Gréville a\u2026 oublié.Il parlait du cimetière, et il a rappelé le respect que l\u2019on doit aux morts et à tout ce que l\u2019on dépose sur leur tombe.Il nous a cité comme exemple Faris, qui possède ce sentiment à la perfection.Dans les cimetières de Paris, les tombes sont couvertes de fleurs et même d'objets ayant une valeur très sérieuse, tels que couronnes en perles, bouquets d'immortelles, médaillons, etc.\u201c__Mais, dit un jour, ce prêtre à un gardien de la cité des morts, on ne craint donc pas que ces objets ne soient volés ?\u201d \u2014Volés | répondit l'employé, mais, monsieur l'abbé, jamais on ne penserait à Paris, à voler les morts ! Les choses ne se passent pas tout-à-fait ainsi chez nous, mais chut ! ne faisons pas comme les Français, ne disons pas de mal de nous, les autres en pensent toujours trop.*,* Maintenant que l\u2019inondation est terminée, que l\u2019eau a fait ses ravages tout à son aise, que les pauvres inondés ont réussi tant bien que mal à ne pas mourir de faim, personne ne s'occupe des moyens à prendre pour échapper à ce fléau.Quand je dis personne, je veux faire remarquer que la très grande majorité ne veut même plus en entendre parler.C'était cependant très amusant de lire tous les projets et les explications des braves gens qui prétendent avoir trouvé la solution du problème.J'ai eu affaire un jour à un excellent homme, le cinquantième au moins qui venait me confier ses réflexions.Ce fut très long, mais enfin cemme je voulais savoir la fin, j'écoutai avec une patience de bénédictin, Cela me sera compté plus tard, je l\u2019espère ien.Mon citoyen remonta presqu\u2019au déluge, me fit toute une théorie, aussi nouvelle que contraire aux lois de la physique, sur la formation de la glace, puis me raconta une foule de choses sur le fleuve, les courants, l'accumulation des glaçons, le blocus du chenal, me parla des îles, des lacs, que sais-je ?\u2014Oui, je comprends, lui dis-je enfin, la débâcle arrive, les glaçons se massent, l'eau monte, nous voilà inondés.Mais le moyen d'empêcher cela, le connaissez-vous ?\u2014Le moyen, oh ! c\u2019est bien simple; il n'y en a pas, c\u2019est le bon Dicu qui le veut.Rien à faire ! Il existe de singuliers types.*,* On m'annance une agréable nouvelle : Les billets du concert qui doit être donné prochainement au bénéfice de M.F.Lefebvre s'enlévent avec beaucoup d\u2019entrain, et presque toute la salle est déjà louée.Tant mieux, ce n'est que juste.Songez donc que ce brave Frédéric a chanté dix fois par an pendant vingt-cinq ans pour rien.N'est-ce pas son tour maintenant de passer à la caisse ?Du courage et qu'on prenne vite les derniers billets.*,* Vous parler des réclames, des annonces, si vous préférez ce terme, n\u2019est pas entamer un sujet bien neuf, et cependant je tiens à vous en dire un mot, pour protester sur la manière dont certains commerçants font les leurs.Je ne sais si vous êtes comme moi, mais rien ne m'agace comme d'être trompé par le titre d'un entrefilet et de lire les premières lignes avec beaucoup d'intérêt, pour en arriverà savoir à la fin qu'il s\u2019agit des chapeaux, des bottes, des pipes ou du sucre d'orge de tel ou tel marchand.Tout sert à ces annonceurs enragés ; ils prennent pour annonce tout ce qui leur tombe sous la main : la question Irlandaise, les grèves, la politique, la religion, voire même les crimes, les vols, etc, tout leur est bon.Vous voyez le titre, la question vous intéresse, vous lisez en honnéte homme le commencement et crac ! tout s'envole et vous voilà rendu à cent lieues du sujet pour tomber sur le nom d'un industriel qui vous rappelle qu'il vend ses produits a tel numéro de telle rue.J'appelle cela commettre un délit qui n\u2019est pas encore dans le code, mais qui devrait y entrer et être puni sévèrement, ; On pourrait appeler cela : obtenir de l'attention sous de faux prétextes.Léon LEDIEU.\u2014\u2014\u2014-\u2014e\u2014renemmemes A la légisiature dy Connecticut, la Chambre a adopté un bill défendant d'employer les enfants audessous de treize ans dans les manufactures.À peu près 340,000 acres de terre ont été concédés dans le Nord-Ouest du Canada, aux volontaires qui se sont rendus dans les mêmes régions lors de la récolte des Métis. 5 Pg -~\u20143 = _ - pag FE he so ER ee as =] nos IR res eee = oe os ht TST \u2014 Y3r= = , =, Az = = aR INN A Tt RÉ > \u2014\u2014 a Ea = = =f 2.Bs & ~~ ets 3 Sea Reh Shas 2 Bah a RES CS Frs et ET a E22 = SH, = 2 rs Laas es 045 = LE >= ni a wn B= 3 = es So ne AS 3 ey pe MIN LT FE oe NN Sa ESS >A nV EE [Saige a = = \u20ac adh Sam Naas eT à sa = at dès 14° a T na ASE = £ = 25 T À re \u2014\u2014 Se a A iN AT \u2014 a yes = Nd be ly WaT aea X Sat = be =-t ad) vs & Fe i = ee = \u20ac, ° 2 ze 3 er \u201c4 = A, Ne NT CARR AE Son = +3 2 SN Ne ON 2k ul ER a OAL ns EF Cg Pre NS = SES + ss N A => XS is 2, = = = ww = 3 SN M 4 NE a 3 = pre LENS - \u201c3 = = ES = 3 NS J SE A ve, 3 S autres 777 EN hl} bo) 4 x a 7 Gt SN RS N2 J RIN - ani SRS ibe au 2 EN AS à: ss nN ae = 4 D} WY +4 uy = ct 7° = ns + NY anh 7 + TN 2 cs 3 = Nw Xe a\u201d, | re * 4 7 AS iy nd 2 x À n N a AR Mew = \u20ac £5 J vor (a 22 = RSS 4 NN au ho 7% oN -TAN Sa, mma leg ec ape ge mx sas a 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ILLUSTRE .LES MŒURS DU TIGRE RÉCIT DE CHASSE.e n'offre ici que les notes et les remarques d\u2019un chasseur.J'ai beaucoup étudié le tigre, et j'en puis parler consciencieusement et véridiquement.D'abord, je dois m'élever contre un préjugé très accrédité parmi les Furopéens, notamment en France, pays où l\u2019on croit beaucoup sur paroles les récits fantaisistes de quiconque vient de loin.On y affectionne les comparaisons entre les animaux fé- roces.On donne généralement au lion la priorité en force et en courage.l'élégant romancier Méry, qui a raconté une Inde de sa création, a narré quelque part un combat entre un lion et un couple de tigres.À son dire, les trois animaux moururent, \u2014 ce qui est vraisemblable ; mais le lion, sans doute pour sauvegarder sa dignité, mourut le dernier.Sinctrement, de tels paralldles sont puérils et dénués de fondements.On aime encore à établir un rapport entre l'éléphant et le tigre, ennemis jurés, ui, toujours selon les raconteurs fort À l'aise, se livrent, À l\u2019état sauvage, d'épiques combats.\u2014 Autre invention.Je dirai plus loin ce que j'ai vu moi-même et ce que je tiens des chasseurs anglais et indiens les plus dignes de confiance.Enfin, l'immense majorité des lecteurs prend indistinctement pour \u201c figres\u201d tous les félins à pelage tacheté Ceci est encore une erreur.Le tigre est essentiellement rayé de bandes, Il ne se rencontre gwen Asie.Le jaguar d'Amérique, l\u2019once d'Afrique appartiennent à la famille des panthères et des léopards, et chacune de ces races a son signalement À part.Le tigre, par sa taille, sa force et son courage surpasse de beaucoup ces subalternes de l\u2019espèce féline.Il est au lion d\u2019Afrique ce que le .cite + illite fi Pr x Le tigre venait de tomber sur la croupe de Goldress, \u2014 (Voir page 6, col.3).Grand-Mogol était au calife de Bagdad ou à l\u2019empereur du Maroc.Tous trois appartenaient à la religion de Mahomet.De même le tigre et le lion appartiennent 2 la famille des chats.Ces préliminaires établis, j\u2019entre dans mon sujet.I LA CHASSE DU TIGRE Voici les faits de chasse principaux que j'ai retenus, soit de mes espériences personnelles, soit des récits que m'en ont faits les acteurs.A tout seigneur tout honneur.Je commence donc par moi-même.En 1834, je tuai mon premier tigre.Voici dans quelles circonstances : Je m'étais établi, propriétaire et indigotier, dans la région des affluents du Gange qui avoisine l'Ou- de.Deux de mes plantations étaient situées sur les bords de la Goumti, rivière très poissonneuse, mais, en même temps, très hantée par les caimans.Depuis, ces dangereux voisins sont remontés beaucoup plus au nord, vers les sources mêmes du Gange, et quand, aujourd\u2019hui, nous en tuons quelques-uns, nous reconnaissons aisément leur origine lointaine à ce signe précis qu\u2019ils ont, dans lesto- mac, de ces larges pierres, rondes, plates et rouges, qu\u2019on ne rencontre que dans le voisinage de l'Himalaya.Je n'avais donc guère tué que des crocodiles, car je ne compte pas les babiroussas, les daims, les axis et quelques léopards immolés' par surprise.Avant les troubles de 1857, l'Oude, très boisé, était extrêmement giboyeux ; mais ce magnifique territoire était parsemé de jungles profondes et étendues.On y disait les tigres fort nombreux, et ro u em \u2014 mme LE MONDE ILLUSTRÉ les rajahs invitaient fréquemment les officiers anglais des garnisons de Cawnpore et de Futteeg- hur à des chasses à dos d'éléphant.Un matin, comme j\u2019achevais de me raser, mon tchaprassi (majordone ou chasseur) vint m'avertir v\u2019une sorte de fakir demandait à me parler.royant qu\u2019il ne s'agissait que d\u2019un mendiant vulgaire, je tirai de ma poche une poignée de palssas et les remis à mon domestique.Celui-ci revint au bout d\u2019une seconde, et me dit que l\u2019Hindou avait refusé l\u2019aumône et qu'il voulait seulement me parler.Surpris, j'achevai ma toilette et donnai l\u2019ordre d'introduire le singulier visiteur.L'homme entra.Il appartenait à la dernière catégorie des veïssias (marchands), nu de la plante des pieds au sommet de la tête, à l'exception du langouti qui lui tenait lieu de caleçon.Il salua de la main, avec la simple formule \u2018\u201c Salam, \" et, se redressant fièrement, me dit : \u2014Sahib, bien que je ne sois qu'un garib-admi (pauvre homme), ce n\u2019est pas pour quelque paîssas que je suis venu vous trouver.\u2014Ah ! \u2014 lui répondis-je, voyant sur son corps les cicatrices des terribles fêtes, \u2014 tu es un de ces pauvres du Mahaloya et du Churruck Poojah, qui font la pénitence des riches.Cela lui fit plaisir, et il se dérida.Il me fit connaître alors le but de sa visite.Les rabatteurs du colonel-Steadman, un de mes amis, grand chasseur de tigres, avaient, la veille, perdu de vue un 4a/a- bâgk (tigre noir) à la lisière de mes factoreries, et le brave officier, correct en toutes choses, m\u2019envoyait demander la permission de relancer l\u2019animal sur mes terres.Les Hindous appellent quelquefois \u201c tigres noirs \u201d les solitaires dont j'ai parlé plus haut, non à cause de leur couleur, mais parce qu'ils supposent que ces monstres, pris de délire sacré du meurtre, incarnent l'une des sept âmes de la déesse Ælé (la Noire), À laquelle ils sont, d\u2019ailleurs, voués.Je poussai un cri de joie et remerciai le messager, auquel je fis donner un agneau et une mesure de riz, lui recommandant de manger en mon honneur un Æidgerri complet.Je le chargeai, en même temps, de prévenir Steadman que je le rejoindrais moi-même sous une heure.\u2014L\u2019Indien se confondit en actions de grâces, but un verre de whiskey fortement étendu d'eau et partit allègrement.Je fis mes préparatifs à la hâte, et me munis d\u2019une canardière deux coups, dont je chargeai l\u2019un des canons de quatre chevrotines, et l'autre d'une balle.Nous nommions\u2014fort improprement d'ailleurs-canardières ces excellents fusils français dont la maison Munié avait, pour ainsi dire, le monopole, et que les Anglais eux-mêmes proclamaient les meilleures armes du monde.Depuis lors, les carabines Devismes, Enfield et Armstrong ont avantageusement remplacé nos premiers fusils de chasse.On ne parlait encore ni du fameux Gérard, le tueur d: lions, ni de Baldwin, ni de Bombonnel.Mais les Anglais comptaient déjà quelques chasseurs célèbres ; Steadman était du nombre.Sûr de mes armes, je montai à cheval, n'ayant pas le temps de faire équiper mon -éléphant Kan- dâra, et partis, escorté de dix coolies et de mon brave fchaprassé Dandari.Mon cheval était une bête rare, pur turcmène persan, que j'avais payé mille roupies (2,500 fr.), et dont la robe alezan doré m'avait fait bien des jaloux.Il y avait de mon bungalow à la Goumti près de quatre milles (6 kilomètres) ; mais le chemin était facile sur une route superbe que j'avais fait tracer à mes frais \u2014 Les indigoteries confinaient d\u2019un côté à la rivière où j'avais installé un service de bateaux, de l\u2019autre à la jungle.C'était dans la jungle que le tigre s'était réfugié.Il devait venir de fort loin, car, de mémoire d'homme, cette jungle n\u2019en avait révélé aucun, n'étant pas assez vaste pour permettre à un aussi gros mangeur d'y vivre confortablement.Je ne tardai pas à être renseigné.Averti par le messager, Steadman était venu m\u2019attendre sous la verandah de mon principal comptoir.En arrivant, j'aperçus à l\u2019entour de mes gedous (magasins) six éléphants et une meute de soixante chiens parias, ces derniers retenus par le » simple geste des Achras et des sals ( valets et palefreniers).Steadman était accompagné de cinq officiers de Cawnpore, nos amis communs.Nous nous serrâmes les mains.\u2014So, Will, \u2014me dit le colonel en riant,\u2014est-ce que vous comptez aborder le max's eafer à cheval ?\u2014Ne vous en déplaise, \u2014répondis-je.Il fit un haut-le-corps.\u2014Mais vous m'avez dit vous-même que vous ne l'aviez jamais chassé ?\u2014Oui, répliquai.je.\u2014Mais il me plait de l\u2019aborder ainsi.Alors Steadman se tourna vers ses compagnons.\u2014Hallow ! messieurs, un hurrah pour William V.C\u2019est le plus brave d'entre nous.Il était temps de nous mettre en chasse.Mais comme nous étions presque à jeun, je fis préparer à la hâte par le babourchi (cuisinier) de la factorerie un curree-bât, agrémentée de bartha, auquel nous fimes tous honneur.A midi, nous entrions dans la jungle.Tout le personnel des deux plantations et des villages qui les entouraient était sorti pour voir défiler les chasseurs.Ce fut à qui nous adresserait les meilleurs souhaits, mêlés aux plus farouches imprécations contre le jungau/ barsathi (roi de la jungle), dont la présence terrifiait les pauvres Hindous.La jungle n\u2019était pas considérable, \u2014 ai-je dit.On la traversait à pied, dans tous les sens, en trois quarts d'heure, \u2014pas même la surperficie de Paris.\u2014 En revanche, elle était d'une difficulté énorme de pénétration.Au centre, en effet, se trouvait une pagode en ruine consacrée à Dourgâ, l'une des sept Ames de Kâli.Aussi n'eût-on jamais pu déterminer un Hindou de basse caste à en franchir seul la lisière.Maintenant que le ka/a-bâgh y avait pénétré, tous mes gens étaient d'accord pour assurer que ce tigre était venu là pour déposer sa forme ans le temple, et qu\u2019au lieu du monstre nous allions rencontrer la déesse elle-même, prête à nous dévorer.\u2014 Seul, Dandari, sans être un esprit fort, se rassurait en disant que nous allions combattre l'animal, et non la divinité.A une heure, nous n'avions rien découvert.Les herbes étaient si hautes que les éléphants y disparaissaient, et que les têtes des bambous et des cannes venaient fouetter les caisses des Aowdahs.Je dirai par la suite ce qu'il faut penser des récits de chasseurs pour rire qui racontent d'épiques combats entre les tigres et les éléphants.En la circonstance, ceux que montaient mes compagnons étaient des bêtes de choix, hautes de douze pieds, vieillies par l'expérience et tout à fait au courant des procédés de la chasse.C\u2019étaient tous des mâles, absolument accoutumés à la voix de leurs mahouts (cornacs) et incapables de Lroncher en cas de surprise.Steadman m'avait recommandé de placer mon cheval entre deux d\u2019entre eux, afin d\u2019être à l'abri d\u2019une attaque inopinée.Les rabatteurs s'avangaient sur deux rangs en formant le cercle et lichant les chiens parias en toute liberté.Ces animaux, fort laids de race, sont d'une bravoure admirable, et, comme on ne craint pas de les sacrifier, vu leur nombre, on les pousse vivement sur les grands fauves.Il va sans dire que ceux-ci en font un effroyable carnage.À ces parias, l\u2019un de nos compagnons, un lieutenant de cipayes, avait adjoint deux magnifiques bouledogues de pure race galloise, et Steadman en avait un grand crève-cœur, n'ayant cessé de prévenir son ami du sort réservé aux pauvres chiens.Mais le lieutenant Blake était persuadé que ses chiens coifferaient le tigre comme un vulgaire sanglier.Il n\u2019était pas loin d\u2019une heure et demie, quand un cri poussé par l\u2019un des coolies parvint jusqu'à nous.Nous distinguâmes le mot aoxa, qui signifie vent, d'où nous conclûmes que l'animal, averti par les émanations, nous fuyait belle distance.Il ne pouvait aller bien loin.Nous atteignions, en effet, l'extrémité opposée de la jungle, et les champs cultivés reprenaient au-delà.Il était certain que le &â4gA allait se montrer.Il se montra, en effet.Je n\u2019oublierai jamais ce spectacle.J'avais trente-trois ans et n'avais point rencontré de tigres en liberté.Celui-ci était splendide, de la plus grande taille, plein de courage et de férocité.Il était déjà vieux.Quand il nous apparut, nous l\u2019enfermions entre la jungle et la plaine cultivée, dans une sorte de clairière d\u2019où la vue embrassait les champs et les villages environnants.Il eût pu fuir et nous dépister, d'autant plus aisément que nous ne pouvions, sous peine de ands dommages pour les habitants de ces plaines ertiles, engager les éléphanis dans les plantations de jute et d'indigo.Il préféra nous faire tête.Alors, ce fut un superbe et poignant tableau, Pendant un temps inappréciable, le félin, debout, battant ses flancs de sa queue, jetant sa voix rauque par éclats, nous regarda venir sur lui, Puis, au moment où les éléphants se rangèrent en cercle, présentant leurs défenses menaçantes, au-dessous de leurs trompes redressées commes des mâts, le monstre jeta quel ues cris aigus et perçants.Il s'enleva d'un bond prodigieux et vint tomber à trente pas de notre ligne, faisant reculer à sa vue la meute des chiens parias et les rabatteurs eux- mêmes.Pris d\u2019une indicible épouvante, mon pauvre Gold-dress se mit à souffler avec force, tout trempé d\u2019une sueur froide et tremblant de tout son corps entre mes genoux.J'avais fait appel à tout mon sang-froid ; mais je ne cacherai pas que j'étais prodigieusement ému.J'avais rapidement armé ma carabine ; mais je dus m'avouer bientôt qu'il me serait impossible d'en faire usage dans de semblables conditions, les mouvements désordonnés du cheval ne pouvait me laisser la sûreté de main indispensable en pareil cas.L'impassible Steadman s'apercut de mon embarras.Il me cria du haut de son éléphant : \u2014Quittez les arçons, Will, my dear.La vilaine bête vous regarde.Quittez, quittez vite, mon ami.J'étais déjà à pied.Il était temps.Prompt comme la foudre, le 4dgh venait de prendre son élan, et, passant pardessus la bande des chiens, il avait renversé un homme sous le choc et venait de tomber sur la croupe de Gold- dress.Le pauvre animal poussa un hennissement sauvage et fléchit sur l\u2019arrière.Heureusement qu\u2019il en fut quitte pour ce premier et unique assaut.Le tigre, qui cherchait l\u2019homme apparemment, dépité de m'avoir manqué, revint en arrière d\u2019un bond égal à celui qui l'avait porté là, et se retrouva pris dans le demi-cercle.J'en profitai pour me hisser dans le howdah de Steadman, laissant mon cheval s'enfuir à travers les champs.Trois coups de feu éclatèrent Aucune balle n'atteignit le félin.On entendit la voix du lieutenant Blake : \u2014Get up the bull-dogs ! (Lâchez les bouledogues).Et nous vîmes les deux vaillantes bêtes se ruer, avec un aboiement de rage, sur le fauve, qui ne prit point garde à leur attaque.De fait, Blake eut raison, mais pas pour longtemps.L'un des chiens coiffa le tigre à l'oreille gauche avec une audace incroyable.Surpris, celui-ci décrivit une parabole effrayante et, prenant de la patte gauche de devant le corps du chien en écharpe, il le fendit littéralement, du cou jusqu\u2019à la queue, sans le décrocher toutefois, tant est grande la force des mâchoires chez cette race exceptionnelle.Furieux de la perte de son chien, Blake épaula et tira au jugé.Le tigre fut atteint à l\u2019une des pattes de derrière.Un suprême effort le débarrassa du cadavre pantelant du bouledogue.Alors, il s\u2019allongea dans les arbres, ne voulant pas révéler qu'il boitait Le second chien, suivi de toute la bande des parias, excités par les coolies, le chargea en ce moment.Mal leur en prit.Le bouledogue fut accueilli par un coup de griffe, qui lui enleva un œil et une oreille En même temps, quatre de ses acolytes roulérent sanglants, blessés à mort.Deux nouvelles balles frappèrent le monstre, abimant plus ou moins sa magnifique robe.Très affaibli, l'animal recula en grondant.Il essaya de charger les éléphants.Mais ses forces le trahirent.Il tomba sur ses genoux.Steadman cria alors : \u2014 Prenez garde! Il va ramper jusqu'aux hommes.Je connais ça.Je l'ai déjà vu faire par un autre.En effet, le bâgh se traînait soûrnoisement dans les herbes, renonçant provisoirement à la lutte, mais décidé à tuer tout ce qui lui ferait obstacle.Il vint droit à l\u2019éléphant qui nous portait.Le mahout s\u2019en aperçut.-\u2014Va, mon fils ! dit-il doucement à l'animal.Le pachyderme, plein d'intelligence, recula de 7 LE MONDE ILLUSTRE deux ou trois pas ; puis, revenant brusquement, un mouvement qui faillit nous précipiter du howdah, il fonça, les défenses en avant, sur le tigre.Celui-ci dut regagner ses précédentes positions.Steadman, dont l'arme était déchargée, me toucha vivement.\u2014A vous, Will.La bête se présente bien.Tirez.Je fis feu.Le félin était en cet instant debout, la face tournée vers nous, nous découvrant le poitrail.Ma balle lui fracassa l'épaule droite et lui troua le cœur.Il tomba sur place, mort.Les rabatteurs écartèrent les chiens.Nous des- cendimes alors et pâmes constater que l'animal avait bien été tué par moi.La peau m'appartenait.Elle état, malheureusement, quelque peu endommagée Le colonel me dit, par fiche de consolation : \u2014Vous auriez pu être plus maladroit.Désormais, je savais ce que c'était que de tuer un tigre.J.pu F.(A suivre) - \u2014o.- LA RÉVOLTE AU PÉNITENCIER Vous avez lu les détails de ce drame terrible qui s'est terminé par la mort d'un forçat, et ce qui est plus malheureux, par des coups de feu, dont plusieurs ont atteint le préfet du pénitencier et quatre gardes Les titres suffisant à l'explication des différentes scènes qu\u2019à choisies notre artiste M.Brodeur.LE RÉVEIL Mai a commencé sa chanson ; dans les prés, dans les bois, partout la nature s\u2019éveille et secoue son engourdissement.Désireux de donner une forme À cette expansion de la vie qui entraîne les gens et les choses, l'artiste a eu l\u2019idée d'en chercher la personnification dans l'image de la jeunesse gaie et heureuse, et c\u2019est dans l\u2019encadrement d'une fenêtre qui vient de s'ouvrir qu\u2019il nous montre, écartant de la main la lourde draperie, l\u2019adorable enfant en qui se résument toutes les grâces, toutes les fraîcheurs et aussi toutes les innocences de la beauté qui s'ignore.\u201c Printemps, jeunesse de l'année; jeunesse, rintemps de la vie,\u201da dit le poète ; et voyez comme l'imagination de l'artiste a su traduire en un même modèle toutes les pensées qu'évoquent les mots de jeunesse et de printemps.Chaste dans son déshabillé matinal, sérieuse sous le sourire qui entrouvre ses lèvres, la belle fille a déjà dans le regard ce charme qui ne se définit pas, cet on ne sait quoi de profond qui trouble et ravit ; cet enfant qui se réveille et femme qui s'éveille, ajouterait le poète.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 AOE \u2014 - L'ART DE BIEN VIVRE kpigramme d'agneau jardinière.\u2014 Prenez un carré d'agneau, faites briser les deux poitrines ; quand elle sont cuites, désossez les et mettez en presse ; ensuite taillez les côtelettes, taillez également les poitrines en forme de côtelette ; passez à l'œuf avec mie de pain.Faites sauter au beurre clarifié, dressez en couronne, une côtelette et un épigramme, garnissez dans le puits de votre jardinière.Le flottante \u2014Faire cuire dans de l'eau 8 ou 9 belles pommes ; quand elles sont refroidies, les passer dans un tamis ; mêlez du sucre en poudre.Battez cinq blancs d'œufs avec une cuillerée d'eau de fleurs d'oranger ou d'eau de roses ; mêlez peu à peu avec la purée de pommes, en battant continuellement de manière à rendre le mélange très léger.Dressez cette mousse sur une couche de gelée ou une créme renversée au fond d'un plat.YAR a ha A FS 0 et ra OI 9 PRO ECC PI I HIDE » [A j = av POÉSIE [ OEE SR i rer SSS LLRs EES CAPRICE 1\u2019 [>On 2 AE Moi, si j'étais femme et si j'étais belle Fe serais rebelle À tous les amours, Sans me soucier d'aimer ou de plaire Fe serais gère Comme mes atours.Fe serais l'oiseau qui, rasant la plaine, De sa cantilène Kemplit l'horizon, Sans se demander si là, sur la route, Une oreille écoute Sa douce chanson.F'aurais pour chacus de l'indifférence, C\u2019est l'insouciance Qui serait ma loi.Fe resterais fière en dépit du monde Tant pis si l'on fonde Un espoir sur moi.Fe waimerais rien, je sevais de glace.Pas la moindre place Au fond de mon cœur.L'amour est um feu qui vite s'ailume Et souvent consume Son adorateur, Ye voudrais n'avoir que robes nouvelles Chiffons et dentelles Corsets de velours ; Etre à tout propos d'une galté jolle Pour que l'on raffole De mot tous les jours, Quoi de plus charmant qu'une femme blonde A la taille ronde A l'œilvif et clair, Que dans les grands bals, coquette et gentille, Rit, valse et babille Libre comme Pair ! Mais si l'on venait me dire à l'oreille Que je me fais vieille £s qu'il faut aimer ; Et qu'il n'est pas bon de vouloir se faire Une autre atmosphère Pour s'y renfermer : Et Jose, quand on a fatigué son aile, Comme l'hirondelle, d! faut revenir Loin de l'épervier, sous un toit de chaume, Bâtir un royaume Pour se souvenir ; Que la jeune fille est comme ume abeille Qui la nuit sommeille Dans le sein des fleurs Et dès que l'aurore ouvre sa paupière Fait à la lumière Briller ses couleurs : Fanurais, Je l'avoue, une grande envte De régler ma vie Sur ses beaux sermons Et de me ranger avec la sagesse Tant pis si j'y laisse Mes nom et prénoms.Car om a beau dire et l'on a beau jaire C'est toute une affaire Après tout l'amour, Et je me crois pas enfin que l'on puisse Garder un caprice Pendant plus d'un jour, C'est pourquoi si moi j'étais femme et belle serais rebelle Pour un jour ou deux.Après, si quelqu'un revenait me dire, Que son cœur soupire Pour mes jolis yeux, R ferais peut-être, un peu par prudence, De la résistance Jusqu'au lendemain Mais serais au fond la plus désireuse Et la plus heureuse De donner ma main.CONZALVE L.DESAULNIERS.PRIMES DU MOIS DE D'AVRIL , LISTE DES NUMÉROS GAGNANTS Le tirage de nos primes pour les numéros du mois d'avril, a eu lieu le 3 mai, dans la salle de conférence de la Patrie.Trois personnes choisies par l'assemblée ont surveillé le tirage qui a donné le résultat suivant : ter prix, No.30,838.$50 2e prix, No.11,414.35 3e prix,| No.3,897.15 4e prix, No.16,587.cc.10 se prix, No.9,308.5 6e prix, No.16,767.cccccc0.4 7e prix, No.18,661.3 8e prix, No.15,572 2 Les numéros suivants ont gagné une piastre chacun : 6,590 10,848 15,359 3,403 15,298 17,595 119 8,822 16,854 22,037 20,454 10,792 11,593 13,000 21,798 724 19,833 22,062 15,237 5.431 10,351 9,121 21,056 16,355 11,706 11,834 1,136 3,312 11,257 14,766 13,310 11,764 3,865 3,643 23,604 15,491 7,537 20,853 11,201 11,897 17,704 15,547 9,720 9,431 23,257 11,612 15,367 21,746 3,169 20,012 20,563 15,812 23,093 10,782 8,235 11,802 14,530 11,004 17,837 5,809 2,348 21,714 21,054 11,869 20,427 2,613 6,166 11,710 4,264 18,220 23,737 13,048 15 20,622 22,669 2,290 20,221 5,467 10,701 10,703 17,693 19,452 14,709 20,795 15,295 3,263 N.B.\u2014Toutes personnes ayant en mains des numéros du MONDE ILLUSTRÉ du mois d'avril sont priées d'examiner les nombres imprimés en encre rouge, sur la huitième page, et, s'ils correspondent avec l'un des numéros gagnants, de nous l'envoyer au plus tôt, avec leur adresse, afin de recevoir la prime sans retard.Nos abonnés de Québec pourront réclamer k: prix de leurs primes chez M.F.Béland, No 264, rue St-Jean, Québec.-\u2014 eee UN CONSEIL PAR SEMAINE C'est une fort mauvaise habitude que celle de profiter du moment des repas pour lire son journal.La lecture en effet, occupe l'esprit, amène le sang au cerveau, au détriment de l\u2019estomac, dont les fonctions se trouvent ainsi très sérieusement troublées.Beaucoup d\u2019indigestions résultent de cette habitude si commune aujourd\u2019hui.\u2014e.\u2014- RÉCRÉATIONS DE LA FAMILLE No 183.\u2014PROBLÈME DE QUINZE Une dame montrait la classe à 1 5 jeunes demoiselles, dont les noms sont, disons : A.B.C, D, E.F.G.H.I, K.L.M.N.O.P.Tous les jours, la maitresse avec ses élèves faisait une promenade ; elle les mettait en rangs de trois chaque, mais chaque jour elle les changeait de compagne., Dites-moi, maintenant, lecteur ou lectrice, comment elle s'y prenait pour les placer, sans qu\u2019une fut avec la même, dans le même rang, deux fois durant les sept jours de la | semaine ?No 184.\u2014ENIGME Me voici : Tu metiens.Qui je suis, dits-le moi ?.; Je suis le bien de tous, du sujet et du roi, © De celui qui gémit, de celui qui s'amuse, On peut u-er de moi, sans que jamais on m'use ; Je suis court, je suis long, je suis laid, je suis beau, Infidèle et constant, poids léger et fardeau.Je suis blanc, je suis noir, je suis gai, je suis triste, Et, sans être un Hercule, aucun ne me résiste, Je ne fus jamais jeune et pourtant je suis vieux ; tès souvent on me tue et je n\u2019en vis que mieux ; Pour quelques-uns trop lent, pour d'autres trop rapide, Je Poursuis mon chemin d\u2019un pas sûr et sans guide.| 1 parait qu\u2019un beau jour Franklin, sur mon emploi, ! Dans un de ses loisirs s\u2019est occupé de moi., Terreur des vieilles gens, espoir de la jeunesse, Parfois on me maudit, souvent on me caresse.| A trouver qui je suis, as-tu quelqu'embarras ?.| Alors prends-moi, lecteur, et tu devineras.SOLUTIONS : No 181.- Je suis votre fils et vous êtes mon père.No 182,.\u2014 Souvent femme ment.ONT DEVINE: Problèmes.\u2014 Ovide Leclerc, Québec ; Mlle Eugénie nq-Mars, Montréal ; L D Gagnon, Quebec. ve\" 3 © a on
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