Le Monde illustré, 14 septembre 1889, samedi 14 septembre 1889
[" LE MONDE ILLUSTRÉ ABONNEMENTS : kur ANNEE, No 280 \u2014SAMEDI, 14 SEPTEMBRE 1889 ANNONCES : Un an, 83.00 - - - - - Six mois, $1.50 La ligne, par insertion - - - - - 10 cents Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - 5eents Vendu dans les dépôte - - 5 cents la copie BUREAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL.Tarif spécial pour annonces à long terme - \u2014 LE REVD M.BENJAMIN VICTOR ROUSSELOT, DÉCÉDÉ SAINT HYACINTHE (PQ) \u2014 VUE DU PALAIS DE JUSTICE Gravures par Armstrong 154 LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL, 14 SEPTEMBRE 1889 TEXTE : Entre-Nous, par Léon Ledieu.\u2014Notes historiques, Entre poétes : Sonnets, par W.Chapman et Benjamin Sulte.\u2014La littérature française au NVIe siècle, par Paul Durand, \u2014Etywologie : par H.Servadee, \u2014Bio- graphie de l'honorable juge Coursol, par Jules 8t-Elme, -=Une vengeance par Mathias Filion, \u2014Feu Messire Benjamin- Victor usselot.\u2014Pauvre colombe, par Henriette.\u2014La mode pratique, par Cousine Jeanne, \u2014 Primes du mois d'août.\u2014 Variétés \u2014 Récréations de la famille \u2014Choses et autres \u2014Feuilletons : Sans-Mére (suite), Les Mystères de l\u2019anama (suite).GrAvunes : Portrait de M.I'ablié Benjamin- Victor Rousse- lot, décédé.\u2014 Vue du Palais de Justice de Saint-Hys- ciuthe,\u2014Canala : La chasse aux canards à Long Point Island, sur le lac Erié (cing dessins).\u2014Portrait do fen l'hon.Michel-Joseph-Charles Coursol.\u2014 tiravure du feuilleton.Primes Mensuelles du \u201cMonde Illustré\u201d tre Prime - - - - 850 Ome © .25 Sme © .15 me © .° 10 Sme © .5 Ame * : \u2019 .4 7me \u201c - - » - 8 8me \u201c .2 86 Primes, à $1 - : - 86 94 Primes 8200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique, par trois personnes choisies par l\u2019assemblée.Aucun« prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois.ce = | ENTRE || momo *.¥ Je suis un peu en retard pour venir vous parler du cirque Barnum, mais vous accepterez sans doute mon excuse en apprenant que ce n'est pas précisément du cirque lui-niéme dont je veux vous entretenir, mais bien de la manière d'agir de ses employés.J'étais à Québec quand les voitures de cette entreprise sont arrivées et, aussi badaud qu\u2019un Parisien, je me suis mis à les suivre jusqu\u2019à destination, un terrain vague qui fait partie de la zône militaire, près de la citadelle.Aussitôt arrêtés, les énormes camions furent déchargés et l\u2019on procéda immédiatement à l\u2019établissement des tentes ;-\u2014travail très intéressant et qui demande beaucoup de discipline, d'habitude et d'ouvriers \u2014 et je vous Inisse à penser quelle somme de travail et d\u2019énergie il à fallu dépenser pour arriver en quelques heures à loger, installer et nourrir les centaines d'êtres \u2014bêtes et gens \u2014 qui appartiennent à ce cirque.Oui, c'était vraiment chose curieuse que de voir ces deux cents ouvriers travailler sous les yeux de quatre ou cinq mille curieux.Mais ce jour là était un dimanche, et, dans cette foule qui regardait, se trouvaient des magistrats, des échevins, des fonctionnaires divers, des gar diens de la paix, tous gens ayant Ia réputation de respecter les lois et surtout celle du repos dominical.Et personne ne paraissant étonné de voir tous ces hommes travailler, je me permis de constater tout haut que les employés du cirque Barnum me semblaient piétiner bien allègrement su.la loi du dimanche.\u2014C'est des Aniéricains, dit quelqu'un derr ère moi.\u2014Ça leur coûterait trop cher d'attendre, ajouta un autre ; puis les réflexions continuaient.LE MONDE IL LUSTRE \u2014 Pour eux, il n\u2019y a pas de dimanche qui tien ne, il faut toujours travailler, mais on les paie bien.\u2014 T1 paraît que les frais s'élèvent à cinq mille pinstres par jour, \u2014 Les cirques sont trés utiles, dit gravement un Prud'homme quelconque, ils sont instructifs, ils travaillent le dimanche, c'est vrai, mais c'est pour le bien des populations.\u2014Dites donc, le père, pas moins vrai que celui- ci va encore enlever vingt-cinq tilie piastres à Québec, comme il en n emporté cinquante mille de Montréal, et qu\u2019il va continuer à Trois-Rivières, Si vous appelez ça travailler pour le bien des populations \u2018 \u2014Des cirques, il en faut.sait où aller pour s\u2019amuser.Toutes ces réflexions avaient bien leur valeur, wais aucune d\u2019elles ne répondait à mon objection, ou plutôt ne justifiait à mon sens la violation de la loi, mais j'en ai conclu que le bon sens public On n'a rien, on ne , tout en l\u2019admettant en principe, d\u2019une waniére un peu vague, ne pouvait en forcer l'exécution d'une façon trop absolue.Du reste, s'il fallait appliquer cette loi telle qu\u2019écrite, toujours et dans tous les cas, on serait très embarnssé.\u2019 \u2014 Mais, me direz-vous, autrefois les chemins de fer ne marchaient pas le dimanche et on ne s'en trouvait pas plus mal.C'est vrai, ils ne marchaient ni le dimanche ni les autres jours, pour la bonne raison qu\u2019ils n\u2019existaient pas.La lumière électrique ou même l\u2019é- eclairage publie le plus élémentaire, comme je l'ai dit l'autre jour, n'existait pas non plus, on assassinait beaucoup et on s'y habituait peut être à la longue, mais nous avons une foule de besoins nouveaux dont il faut tenir compte.N'allez pas «ependant déduire de ces réflexions que je veuille vous engager à travailler le dimanche, loin de là, je constate siinplement des faits.Je suis bien de l'avis de Vittenut quand il dit que \u201cle dimanche est un jour de repos imposé par l'hygiène aussi bien que par la religion,\u201d mais ce que je déteste, c\u2019est l'hypocrisie de certaines gens.Aucun peuple, dit-on, ne respecte autant la loi du dimanche que le peuple anglais, mais il faudrait ajouter qu'on ne voit nulle part a ant d'ivrognes le dimanche qu\u2019en Angleterre.*,* Dernièrement, un certain nombre de personnes se sont réunies atin de demander à l'adimni- nistration de Brighton de supprimer les trains du dimanche entre Londres et Brighton.Cette plage est l\u2019une des plus fréquentées de l'Angleterre, et nombre de citoyens de Londres s\u2019y rendent le dimanche afin d\u2019y respirer un air plus pur que celui des quais de la Tamise, On n\u2019a pas vu d\u2019un bon œil cette façon agréable et hygiénique de passer le dimanche, et il a été jugé indispensable de convoquer une réunion des actionnaires de la compagnie, afin d'obtenir d'eux un vote pour ou contre ls maintien des trains du dimanche.Les principes religieux des actionnaires les auraient portés à l'abolition de ce senudale, mais leurs intérêts les engagenient à maintenir un état de choses à l\u2019aide duquel ils touchaient d'excellents dividendes, c\u2019est-à-dire que les principes religieux onteu le dessous et, à une grande majorité, il a été décidé que le service continuerait le di- mance sur la ligne de Brighton.Il est à remarquer que les employés eux mêmes ne sont pas mécontents de cette division, qui leur permet d'augnienter un peu leur maigre budget, attendu qu'ils reçoivent une haute paie quand ils travaillent le dimanche.*,* Un forçat s'est évadé, la semaine dernière, du pénitentier de Saint-Vincent de Paul.Qu'un galérien cherche à s'échapper, rien de plus naturel, pui-qu\u2019il est évident qu'on le garde de force entre quatre murs ; qu\u2019il réussisse à se sauver, je l\u2019admets, surtout sil est mal gardé, mais ce que je ne puis comprendre, ce sont les soins délicats dont on entoure les greding que l\u2019on est obligé d'enfermer pour les empêcher de faire du mal à la société.Les journaux nous ont raconté que le prisonnier en question, n'ayant pas répondu à l\u2019appel du matin, un gardien ge rendit à sn cellule et lui dit de se lever.Ne recevant pas de réponse, il le toucha du doigt, et le même silence naceucillant cette légère poussée, il alla prévenir un de ses chefs.Celui-ci alla à son tour à la cellule et constata que le lit ne contenait qu\u2019un mannequin.Eh bien ! ce qui m'étonne, c'est que le premier gardien n'ait pus tout d'abord secoué et jeté à terre ce qui devait être le prisonnier, et qu'il ait pris tant de précautions pour ne pas être un peu brusque.Mais il paraît que les forçats ont droit à benu- coup d\u2019égards.: C'est, du reste, un peu partout la méme chose, même quand il s'agit d\u2019exécuter un condamné à mort, et la rérente exécution, à Paris, de deux affreux gredius, à rappelé les vers d'Eugène Godin : Tout est prêt : l'aube vient, quatre heures ont sonné, C'est le moment d'aller querir le condamne \u2018 Monsieur le directeur entre dans la cellule : L'escarpe dort.On va lui dorer Ia pilule : 11 fait dodo, Vesenrpe til sagcit d'être humain, Monsieur le directeur, son chapean dans snomain, Jette un regard eteint surtout son entourage, ; Et balbutie : ** Allons.mon ami.du courage \u2018 Ou dirait qu'il re parle a tui, tant il est blane, Ei tant sa laugue wdbere ns son palais tremblant, Misere ! Jentreruis convert, moi, dans cetantre, C'est a grands coups de poing et de pied dans le ventre Que je reveillera te reptile endormi, Ah\" 5e l'arranggerai, moi, votre * pauvre ant\u201d Voyez-vous cel enfant \u201c cetinnocent * cet ange A qui l'ou dit : * Pardon * parcequ'ou le derange Je lui erierai :* Debout, cenqale if faut marcher Et, pur fn pean di cou le portant au boucher, J'ajouterai dans mon vresse et datis net joie : \u2014Kkh bien * Fais le malin, à present, qu'ou te vote C'est rude, c'est violent, c\u2019est brutal, oui, mais lui, l'assassin, à tit pris tant de précautions pour sa victime 7 Et pourquoi renslre la mort si douce à celui qui a infligé une si terrible agonie à homme qu'il a tué ! En Atiérique et en Angleterre on voit souvent des jeunes tilles et des femmes envoyer des fleurs aux condamnés à mort et cet excès de sensilderie n'étoune personne dans ces pays d'excentriques.Ah! s'ils vous avaient tenues dans leurs nains, mes demoiselles, ces bandits que vous couvrez de roses | * J Comme tous les journaux, littéraires aussi bien que politiques, s'occupent de la grande question de l'abolition de ta langue française dans Manitoba, et de la cessation de son enseignement dans Ontario, je crois avoir le droit de rappeler quelques souvenirs historiques à ce sujet.-\u2014Ceci se passaiîten IN12, en pleine chantre, alors que l'usage de la langue française était interdit, puisqu'il avait été aholi par l'acte d'union.M.La Fontaine venait de se lever pour la première fois atin de discuter un print de politique quelconque (vous voyez que je ne veux pas en faire) et commençait à s'exprimer en français, quand un autre député, M.Dunn, lui demanda de parler en anglais ot sattien la réplique suivante, admirable d'énergie «t de patriotisme : L'honorable membre qu'on vous à si souvent représenté comme un ami de la population française, a-til done oublié que j'appartiens à cette race si horriblement maitraitée par l'acte d'union 1 Si c'étit le cas, Je le regretterais beaucoup.I me demande de prononcer dans une langue autre que na Inngue maternelle, le premier dis cours que j'ai à prononcer dans cette chambre \"Je me détie de mes forces à parler ln langue anglaise.Mais je dois informer l'honorable membre, les autres honorables membres et le publie, au senti- went de justice duquel je ne craîns pas d'en appeler, que quand méme la connaissance de lu langue anglaise me serait aussi familière que celle de la langue française, je n'en ferais pas moins mon pre mier discours dans la langue de mes compatriotes Canadiens-français, te fut-ce que pour protester solennellement contre cette cruelle injustice de cette partie de l'acte d'union qui tend à proscrire la langue maternelle d'une moitié de la population du Canada, Jele dis à mes compatriotes, je le dis à moi même.Quel courage ! quelle noblesse ! que! déti ! Ah! ce fut une belle journée que celle où l'on vit un vaillant, Un vaineu cependant, se lever ainsi et jeter à ln tête des vninqueurs ces paroles vi brantes comme les notes du clairon qui sonne la charge ! Ces mots là font leur trouée eu passant dans les rangs ennemis.| | | 29 \u2014m_.- On en eut ls preuve quelques nnnées plus tard, en 1849, il y n juste quarante nns, quand lord Elgin inaugura le rétablissement de ln langue française dans le parlement canadien, On avait tant bataillé pendant sept aus que la victoire resta enfin aux Cunadiens-lFrançais.Une belle revanche, n'est-ce pas ?Lord Elgin prononça, ce jour-là, le discours du trône en français / \u201c* C'était une chose inouïe dans les fastes parte- mentaire, dit Turcotte, car autrefois les gouverneurs du Bas-Canada lisaient leurs discours en anglais, et le président du Conseil législatif en répétait In lecture dans la Inngue française.Cette bienveillance de la prurt du gouverneur causa une profonde sensation.Les Canadiens français étaient heureux de voir lu réhabilitation de leur langue proscrite par les haines anglaises, et c'est à cette occasion que le vénérahble M.Viger s\u2019écria : * Que Je mue sens soulagé d'entendre dans ma langue les paroles du discours du trône ! \u201d Ces souvenirs sont bons, et c'est pourquoi j'ai tens & en parler.*,* Vous avez sans doute remarque souvent cette manie qu'ont certains individus de marcher au bras des femmes ou jeunes filles avec lesquelles ils se prominent, J'ai même vu hier un grand flandrin, portant le costume militaire, dévaller ainsi au bras d'une jeune fille toute petite et mignonne, Une anglaise écrit à ce sujet : * L'homme cesse peu à peu d'être le brave défenseur de notre sexe, Autrefois, nous le regardions avec contiance et nous tous reposions sur lui.Maintenant, hélas \u2018 tout est changé, Il appuie paresseusement sou bras sur le notre, et nous sommes foreces de le traîner avec nous.\u201d Règle générale, mesdemaoiselles, un homme qui s'appuie sur votre bras à quelque chose de détraqué dans le cerveau.NOTES HISTORIQUES La population de Moxtuéar était, en 1720, de 3,000 ames.M.de VAUDREUIL est mort le 10 octobre 1723, après avoir gouverné pendaut vingt et-uti ans, Son successeur fut le marquis de DExCtarNois, Le village SAINT GantEL demanda au parle ment provincial, durant la session de ISX6, un acte pour pouvoir s'annexer À Montréal.H lui est accordé.Après la levée du siège de Québee par le chevalier de Lévis, co dernier se retira à Mostréa, aupres du gouverneur général, M.de Vaudreuil, Ce gouverneur fit ériger de nouvelles fortifications immédiatement à Montréal, en 1760.Après la défaite des Français, la flotte de Murray arriva, le 25 août 1760, à quatre lieues au- dessous de Montréal, et portait 3,000 hommes de, troupes : le général Amherst débarqua à Lachine avee 10,000 hommes, Toutes les troupes françaises rentrèrent alors dans lu ville et ne se montaient guère qu'à 3,000 hommes, non compris 500 qu'il y avait sur l'ile Sainte-Hélène.Le gouverneur -gé- néral, voyant l'impossibilité de résister avec d'aussi faibles ressources, tint une assemblée dans la nuit du 6 au 7 septembre, oit on lut un mémoire sur l'état de la colonie et un projet de capitulation.Elle fut proposée le 7 au matin, au général Amherst, qui accepta tout excepté les honneurs demandés par les Français, il exigea qu'ils uissent bas les armes, livrassent leurs drapeaux et ne servissent pas durant la guerre.Les Français se soumirent.Par le traité de paix du 10 février 1763, Ja France céda à l'Angleterre le Cannda et ses dépendances.D'un autre côté, l'Angleterre confirme et assure aux habitants du Canada le libre exercice du culte ninsi que les autres articles de la capitulation de Montréal.LE MONDE ILLUSTRÉ eee eg ee ENTRE POÈTES M.W.Chapman, notre poète distingué, avait adressé à M.Benjamin Sulte le sonnet suivant : A BENJAMIN SULTE Sans cralnte, le taineur s'enfonce sous la terre, Chorchant, prosque à tâtons, le filon précieux, Maia l'étiotion fait trembler l'audacieux, Quand son pic rebondit sur le quartz aurifère.11 tresvuile de joie en face de la pierre Ou l'or brille pour lui comme un reflet des eleux ; Il caresse auxsitot maint rêve ambitieux, Et deja l'avenir éblouit sa paupicre, Vous étes ce chercheur hardi, jamais lussé : Vous fouillez constamment dans l'ombre du passé : Autour de vous lu nuit se fait souvent bien noire ; lt vous sentez frémir votre cœur sulisfalt, Si vous tmetlez la main tout à coup sur an fait Dont vous pouvez encore enrichir notre Histoire.| - (gere Montreal, août Ixs9.M.Sulte, toujours spirituel, répoudit par celui AW CHAPMAN Cest amusant d'eerire (Mss) Quand vn a du talent avec l'act de bien dire, Et que l'esprit s'arrete a creuser un mrojet, Fut-ce le plus banal où le plus grand siyet, Crest amusunt d'écrire.Je tui va travailler a tourney an sonnet, dette mot = travail \"doit te fire sourire, Carla time et le vers subissent ton empire Toujours du premier jet, Ton partage, mon hon, co n'est pas ln richesse, Mais a toi lu nature et Foinbre du miei, En Hanant sans puresse TU n'es pas comme an autre et celn te suitit, D'ailleurs, tn Laisseras dans l'écho de Lu presse Unnom quiretentit, Septembre Iss, LA LITTERATU RE FRANCAISE AU NVe SIECLE CHARLES D'ORLÉANS Ce poète, père de Louis NTl et grand oncle de François ler, naquit en 1341 et mourut en 1465, Charles d'Orléans, que plusieurs des critiques trouvent supérieur à Villon, est l'écrivain le plus parfait du N Ve siècle sous le rapport des idées et du style.Abandonnant la rudesse de ses devanciers, il s'attacha surtout & donner & son langage une délicatesse exquise et un enjouement plein de finesse, Homme de génie, il sut trouver dans l'idiôme français des expressions qui ne s'oublient point et qui demeurent toujours vraies, \u201cNon volume de poésies, dit Villemain, est le plus original du X Ve siecle ; c'est le premier ouvrage où l'imagination soit correcte et naive, on le style offre une élégance prématurée.\u201d Cependant, dans les poésies si délicates de Charles d'Orléans, où rencontre bien quelques empreintes de rouille, mais en faire un crime à ce poète charmant serait d'un purisme outré.Lu langue française était loin d'avoir atteint In perfection : on y rencontrait des termes barbares, des locutions vicieuses qui, pour disparaitre, exigeaient des hommes de génie.Ce furent Villon et Charles d'Orléans qui, au N Ve siècle, remplirent ce rôleimportant.Ainsi, malgré quelques défauts bien pardonnables pour cette époque, les œuvres de Charles d'Orléans sont peut-être cv que le woyen-ige a produit de plus charmant, de plus délicat.PHILIPPE DE COMINES Philippe, le Facite du XVe siècle, naquit au château de Comines, en Flandre, dans l'année 1445.Son éducation, malgré la haute situation de ses parents, fut beaucoup négligée.A dix-neuf ans, il w\u2019enrôla sous les drapeaux de Charles le Téméraire, et, pendant huit ans, suivit ce prince belliqueux dans toutes ses expéditions.Louis XI, qui avait remarqué les talents extraordinaires de Phi lippe de Comines, fit tout son possible pour le détacher du parti de Charles, son ennemi mortel si y parvint, et, depuis lors, de Comines fut l'ami, le conseiller intime du roi de France, Elevé à ln charge importante de Sénéchal de \u2018Poitou, il remplit avec tidélité et justice tous ses devoirs.Louis XI le chargen de plusieurs missions diplomatiques dont il se tira avec le grand honneur.Parfenu aux plus hautes places du royaume, de Comines\u2018 donna en mariage sa fille, Jeanne, au comte de Penthiéose, Réné de Dre tagne ; par cette alliance, il devint l\u2019ancêtre des familles royales de France, d\u2019Espagne et de Portugal.Ce célèbre écrivain mourut à Argenton, le 17 octobre 1509.De Comines n\u2019a point lu grâce, la délicatesse de Froissart ou de Joinville, mais il possède au suprême degré cette sagacité politique, ce coup d'œil qui voit immédiatement dans tout le principe, In cause première.\u201c\u201c Ta, dit Montagne, autorité et gravité, et sent partout son homme de bon lieu élevé aux grandes affaires.\u201d Ses mémoires, le monunient en prose le plus parfait du NVe siècle, seront toujours lus avec le plus grand intérêt, ++ + ALAIN CHARTIER Cet cerivain, qui fut poète et historien, nauquit en 1386.On connaît peu de détails sur son en- fanee.Charles VII se l'attacha comme conseiller Chartier était au des homes fes plus laids ae sou siècle, munis aussi un des plus beaux esprits.On se rappelle cette charmante anecdote racontée par Pasquier.Un jour, la reine Marguerite d'E- cosse vit Alain Chartier dormant profond/ment sur une chaise, Elle s'approcha alors du poète et lui donna un baiser, \u201c chose dont s\u2019estant quelques'unsémerveillés, parceque nature avaitenchassé en lui uv bel esprit daus un corps laid,\u201d la reine répondit qu'elle avait baisé non pas l'homme, mais * la bouche d'où soctaient tant de mots dorés.\u201d On cite parmi ses principaux ouvrages l'//is- taire de Charles VII et le Quedriloque, où il se pose en quelque sorte comme juge de son époque.Malgré ses qualités d'historien, Alain Chartier est préférable cependant comme puéte.Parmi ses no\u201d breuses poésies, on remarque Le débat du ré reil-meatin, la Nelle Dane sdus merey, le Livre des quatre Dames, ete.Dans ses vers, Chartier n'évite pas assez la monotosie ; ce qui en rend la lecture fade et fatiguante.Alain Chartier est la souche de la célébre famille de Lothinière qui illustra le Canada et qui, aujourd\u2019hui, est dignement représentée par les familles Harwood, de Vaudreuil.Flt Zur ETYMOLOGTE SUISSE La Suisse étuit connue des Romains sous le nom de Helvétie, Après avoir changé de maîtres cinq ou six fois, sous le règne de l'empereur Albert de Habsbourg, les cruautés de Gessler firent soulever les cantons d'Uri, de Schwitz et de Unterwald.Après de nombreuses défaites, ils battirent entin le due Léopold 1, le propre tils de l'empereur.Les délégués des trois cantous se réunirent dans le bourg de Schwitz et y adoptèrent l'alliance perpétuelle.En souvenir de cette alliance, on donna au pays tout entier le nom du bourg où les Suisses s'étitient déclarés indépendants.Quand à l'origine et à l'étymologie du mot Schwitz, lui-même, personne ne le donne.HECTOR SERVADEC V'INI LNIOA DNOT V STHVNVD NAV JSSVITO VT 7 \"YAYNVN HIHA OVT HT UNS ON 4 SU RE] modernes vivo] °E _ \u201cny quo, p-Ftorg np HOSIRIC | pe wpm ) Hs} \u2018 \u201cpattes npacaop t CpavHES Xe Savy EP N ve i xx = a = = TE = oe S - 5 va 1] = 3 UT de i ces > :>2 = es LS x 2h I £2 £4 ak WF: GAGs.AT EL 2 Sl = 2070, (IS 5 ed ey / LA =H - = \u2014- Cha LA Lo 7 É\u201d my te : 4 3 = Fe ET.ER = rs = = wnt BY .FN aa a.\u2014_æ \u2014 - > ; 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nlors qu\u2019on vit \u2014spectacle bien rare chez nous\u2014 les organes otli ciels de l\u2019un et l'autre parti politique, loyalement unis pour payer à sa mémoire un juste tribut d'hommage, pour offrir à sa famille et ses amis l'expression sincère de leurs plus vives condoléances, Michel Joseph-Charles Coursol, fils de Michel Coursol, un oflicier de Ia Compagnie de la Brie d'Hudson, fut, par sa mère, le petit-fils de Joseph Quesnel, le posulaire chansonnier canadien.Né à Amherstbourg, province d\u2019Ontario, le 3 octobre 1819, il prit son éducation au collège de Montréal et fut admis au barreau de la province de Québec en 1841.Par un second mariage de sa mére, il devint le beau-fils de Mtre Come-Séraphin Cher- LE MONDE ILLUSTRÉ rier, C.R., sous In direction de qui il avait fait son droit.\u2018 À partir de 1848, lorsqu'il fut nommé coroner- conjoint pour le district de Montréal, jusqu'en 1878, où 11 se fit élire pour représenter l\u2019importante division de Moutréal-Est, au parlement fédéral, M.Coursol remplit diverses charges importantes : citons, entre autres, celles de surintendant et inspecteur de :n police de Montréal, I856 ; de juge des Sessions de ln Paix, à Montréal 1570, Tl fut prié d'agir comme commissaire en diverses causes, aux dates respectives de 1550 et 1569 ; c'est en 1ST3 qu\u2019il reçut sa commission de Conseiller Royal (C.R.).Membre distingué de l'association Saint- Jonn-Baptisto de Montréal, il se vit élevé par elle aux honveurs de In présidence, Il fonda lui-même le si benu «& +i populaire régiment des Chasseurs Canadiens, h lu tête duquel il marchait vaillein- ment à lu frontière pour repousser l'invasion fé- nienne, en i066, Quant vint 1871, il fut élu maire de Montréai et véélu par acclamation en 1872, Cette même année, pendant son temps d'office, il JosiiPH CILARLES col Rsal Gravure par Arinstrong MICHEL L'HONORABLE Photographie Nottnan.FEU fut eréé chevalier de l'ordre de Charles 111 d'Espagne, distinetion d'autant plus flatteuse qu'elle est plus rarement accordée à nos compatriotes.Après avoir, en 1873, décliné Fhonneur d'une nouvelle réélection à la mairie, il résigna ses fone- tions de juge en INTR, pour se porter candidat dans Montréal-Est, sur les sollicitations pressantes de la masse \u2018des électeurs de ce collège électoral, le plus grand de la Confédération.Et de fait, il obtint le mandat par l'écrasante majorité de 2,000 voix.De nouveau en 1882 et INST, ses constituants l'acclamèrent leur représentant à l'unanimité, En Chambre comme partout ailleurs, su couduite révèle toujours le même caractère loyal, le uême esprit indépendant et droit.On sait que l'hon, M.Coursol avait épousé une fille de sir Etienne-Pascal Taché, l'un des pères de Ia confédération du Canada.Douée d\u2019une belle 157 \u2014 Ame et d\u2019un noble cœur, madame Coursol fut la digne épouse de l'homme dont nous ssquissons, à traits inachevés, les hautes qualités.De cette union, trois enfants sont issus : deux filles, ma- dume Sincennes, madame Kane, qui a uni son sort à celui d\u2019un officier de l'armée anglaise, et un garçon, ce brillant militaire que tout Saint-Jean connaît, M.le capitaine Charles Coursol.En 1887, 4 sa résidence d'été de Saint-Thomas de Montmagny, madame Coursol rendait à Dieu son âme si chrétienne.L'amer chagrin dont cette douloureuse séparation avait jeté le germe dans le cœur de son époux ne contribua pas peu à abréger ses jours ; il expirait à son tour, l'an dernier, dans cette même résidence de Saint-Thomas, à un an juste d'intervalle.La mort de M.Cours, comme toute sa vie, du reste, fut cell.un vrai croyant.II vit s'approcher sa dernière neure avec cette aimable tranquillité d'âme du fidèle serviteur qui n'a pas à porter au tribunal de Dieu un seul reproche de sa conscience.Puisse-t-il y avoir trouvé miséricorde ! + + * Parmi les nombreuses qualités qui envichissaient son grand cœur, M.Coursol en possédait quelques-unes qui brillèrent toujours d'un éclat plus vif et l'honorèrent plus ouvertement.11 est inutile de parler de sa bravoure, elle était devenue proverbiate, L'on raconte encore, avec plaisir, ses actes de courage, lorsqu\u2019en un jour mé- tuorable de 119, sous le gou- vernemeat de sie HO Lifon- taine, où le vit, au beau milieu d'une échafourrée, fendre, a cheval, la foule uneutée, saisir, un dans chaque main, deux des principaux meneurs ot s'iposer au respect de cette populace en fureur en trai- nant lui-même, hors de la bagarre, cesdeux fietfées canailles C'est encore lui qui disait à ses ais, lorsqu'il ramena dans leurs foyers ses braves Chasseurs Canadiens, après la courte camprgne de 1506 : + Mes Chasseurs et moi nous ne sommes pas contents de notre expédition : nous pensions avoir affaire, Un contre dix, à d'enragés fanatiques auxquels nous réservions une raclée d'Hnportance, et nous n'avous rencontré qu'une poignée de lâches indisciplinés qui se sont sauvés comme des moutons à notre aspect.\u201d Connue c'est ordinairement le cas, l'hon, M.Coursol avait le défaut de cette qualité, il .était extrémement prompt : il n'était pas homme, comme on dit, à laisser longtemps marcher sur ses pieds.Les députés se rappellent encore une provocation à la fois digne et résolue qu\u2019il fit à un de ses collègues des Communes, en pleine séance, parce que ce député, un Anglais, s'était permis d'objecter un \u201cce n'est pas le cas,\u201d à l\u2019une de ses remarques.© A la porte mème de cette enceinte, dit M.Coursol, l'honorable député ne me répéterait pas ces mots-là : je I'v attends.\u201d Lä-dessus, il sortit, l'autre ne bougea pas et l'incident fut clos.Autant il était prompt à s'emporter autant il était vif à revenir à de ueil- leurs sentiments, Patriote à premier titre, il ne souffrait rien contre sa nationalité.On n'a pas oublié dans certains cercles, à Montréal, l'altercation qu'il eut avec un citoyen d'autre origine sur ce brälant su- jet-là : c'était après laffaire Riel.On craignit même pour une rencontre sur le champ : heureusement, les choses n\u2019en vinrent pas à ce point. © A Le SPR Généreux, il le fut à un degré éminent : sans compter plusieurs particuliers, diverses institutions de Montréal, avant que la mauvaise fortune n\u2019eût jeté le désarroi dans ses affaires, apprirent à bénir son nom et ses largesses, La probité et honndteté n'étaient pas les moindres de ses vertus.J'ai oui dire qu'une fois, syant requ a son bureau la visite d'une jeune veuve- -il av iit alors quarante ans-\u2014de bonne famille, c'était même sa parente, mais pauvre, et, voyant qu'elle devrait le rencontrer encore pour ses affaires, il lui paya lui-même une voiture et lui donna rendez-vous à sa résidence privée : * Vous viendrez chez moi, lui dit ce respectable avocat : vous ne savez pas tout ce qu'on peut dire en vous voyant, vous, jeune et jolie, monter à plusieurs rej rises jusqu\u2019à mon bureau.\u201d Del exemple de provité ! Généralement sérieux, l'honorable M.Coursol tvait ses heures de franche expansion : il aimait à rire parfois.Les ni ts d'esprit, les petits tours montés, c'était son fort.Voici ce que me narrait, à ce sujet, un de nos députés qui fut de ses meilleurs amis, je pourrais dire le plus intime, presque, de ses derniers jours.Il y eut une fois, sur une importante question de subsides, scission absolue entre les deux groupes, français et anglais, des députés fédéraux : les Canadiens-lrançais de la province de Québec, conservateurs et lihéraux, étaient rentrés sous la tente, n\u2019assistant plus aux séances de la Chambre et siégeant à part, dans une salle de comité.Naturellement, la situation était des plus tendue et ces dilférents messieurs ne se voyaient pas d\u2019un très bon œil.Un jour que ce petit schisme durait encore, l'honorable député de Montréal-Est fait, tout à coup, irruption dans la salle où délibéraient les récaleitrants, dans la plus profonde préoceupation : \u201c Mes amis, clame-til d\u2019un ton sérieux, que ces gens-là nous en veulent : je viens d\u2019en rencontrer trois, et sapristi si vous les aviez entendus !.Hein, que disaient ils, b'écrie, à son tour un des délibérants ?.Ah! juste ciel |.Mais qu'est ce done qu\u2019ils disaient, allons ?.Oh Dieu de Dieu !.Encore que disnient-ils donc ?et l'interrogatenr s'emporte ; voyuns, juge, \u2014il nimait toujours qu'on lui rappelât son ancien titre\u2014allez-vous parler, entin ?Eh bien.ils ne disuient rien du tent !.On juge du dépit dont l'autre se trouva pris et de ses récriminations.Mais le but était atteint, et les rieurs ne furent pas de son côté.L'honorable député a ri bien longtemps de cette aventure avec ses amis.* * + Mon intention n'était pas d'écrire autant de lignes que je constate l'avoir fait sur le compte de l'honorable M.Coursol, mais le thème était si fécond que l\u2019article aura pris, presque à mon insu, un développement imprévu, Je m'arrête ici, bien convaincu que, quelque chose que j\u2019écrive encore : je ne saurais avoir tout exprimé ce qu\u2019il y avait de bon à dire de lui.Puissais-je, du moins, c'est la mon humble désir, avoir fait revivre derechef cette grande et belle figure, tout modeste que soit le cadre où je l'ai exhibée ; puissais-je, de mon pile crayon, avoir illustré quelque peu cette noble vie dont le souvenir n\u2019excitera pas moins l'admiration de ses contemporains qu'il ne servira à édifier les générations de l'avenir ! LE PALAIS DE JUSTICE DE SAINT HYACINTHE Nous devons, à l'obligeance d\u2019un de nos confrères de Saint-Hyacinthe, la vue du Palais de Justice de cette importante localité que nous publions aujourd\u2019hui en première page.Dans un prochain numéra nous donnerons d\u2019autres vues de cette ville, telles que l- Couvent de la Présentation et ln façade de la chapelle du Séminaire.LE MONDE ILLUSTRÉ UNE VANGEANCE H faisait nuit | La lune ne brillait pas au tir- mament, les étoiles ne scintillaient pns au ciel, Accoudé à un rocher, le long de la route, un homme attendait.Il était enveloppé dans un long luanteau, et Un tissque couvrait sa figure.Si une main indiscrète eut enlevé ce masque, on nurait vu que cet homme pouvait avoir trente-cinq ans ; ses traits, durs et prononcés, nnnonçaient la pertidie et lu haine ; dans ses yeux de feu, on lisait la colère et la vangeance.\u2014 Onze heures, bientôt, dit il, et il n'est pas encore arrivé, Pourtant c'est bien ici le rendez-vous.Manquerait-il à sa promesse, par hasard 7 Non, car c\u2019est un fier gaillard, et d'ailleurs il n\u2019a pas reçu l'argent.Drôle de corps que ce Pierre, m'at-on dit.11 ne recuierait pas devant un meurtre pour un peu d'argent.Pourtant, il a été honnête, nutre- fois : oui, mais un bon jour il s'est Inissé prendre, et un séjour de cinq années aux galères ne relève pus le moral d'un homme.Depuis ce temps il en veut à ln société, et pour se venger il se contente de la voler.Ah! voilà mon homme.Un bruissement de feuilles annonçait en effet un nouveau venu, Le ciel s\u2019était couvert de nuages, le tonnerre éclatait avec force, les éclairs brillaient, tnuis à leur disparition l'obscurité n\u2019en devenait que plus compacte.\u2014C'est tui, Pierre ?\u2014Oui, Conrad.\u2014Bonne nuit, on ne pouvait mieux choisir, allons ! C'était sinistre de voir ces deux hommes masqués marchant en silence dans l'obscurité.On aurait dit deux démons égarés.\u2014Conrad, où allons-nous ?\u2014 Tu le sauras plus tard, attends.\u201cTu trembles, Conrad, aurais-tu froid ?\u2014 J'ai le frisson de la vengeance, le temps approche, jo palpite de joie, ~\u2014Tu la détestes done bien cette femme, car c'est d'une femme qu'il s'ugit ?| \u2014 Unie femme, oui, si je la déteste, enfer | La haine m'étoutte, la colère m'aveugle, je voudrais l'avoir là, devant moi, la déchirer de mes ongles, et de ses chairs sanglantes, palpitantes, je fernis un odieux repas.Oh! la haine ! la haine \u2018 \u2014Je ne comprends pas, Conrad, la haine t\u2019égare et te rend lâche.Tuer un homme, soit, il se défend \u2019 Tiens Pierre, il faut donc que je te parle.Ah ! tu ne me connais pas, toi, tu ne suis pas tout ce que j'ai souffert depuis dix ans.Tiens, tu as entendu parler de l'enfer où l'on brûle, des démons qui vous déchirent, de la soif qui vous dévore ; tu as été témoin des souffrances du supplicé sous le fouet du bourreau.et bien, ces tourments de l'enfer, les caresses du fouet, l'horreur de lu guillotine ne sont rien à comparer aux souffrances hor- Je l'aimnis.moi, cette fennne.je l'avais connue tout enfant, elle devait être à moi.Je détestais le mouuo, je méprisais les hommes, je n'aimais qu\u2019elle.La cruelle ! Elle me leurra de fausses espérances, me dit qu'elle m'\u2019aimait, moi seul, et un jour, oh ! un jour, \u2014 non c'était ln nuit\u2014Pierre, écoute, je tremble en y pensant.J'arrive chez moi, minuit sonnait à lu cathédrale, je trouve une lettre, c'était d'elle.Eva ne w'aimait plus, ne voulait plus de mon amour.Le malheureux qui a la poitrine labourée par trente balles, le condamné que frappe le coutenu du bourreau, reçoivent-ils un coup plus violent que celui-là ! La terre s'effondrait sous mes pieds, le sang se tigeait dans mes veines, les larmes ne pouvant se faire jour me noyaient le cerveau.Je crus que j'allais mourir, pourtant on ne doit pas tant souffrir pour mourrir.Un revolver était la, devant moi, je le saisis.encore un mouvement et tout était fini.Oh ! pourquei ce mouvement n'a-t-il pas éte fait ! - Tu l'aimais donc bien, cette femme ?\u2014Si je l'aimais ! ignores-tu ce que c'est que l'amour { Aimer, c'est souffrir et mourir tous les jours ; aimer, c'est pleurer le matin et désespérer le soir ; aimer, c'est le ciel, c'est l\u2019enfer.Tu n\u2019as pas vu mon cœur palpiter quand je pressais si main, quand de mes lèvres j'effleurais ses cheveux.Tu t'as pas éprouvé mes angoisses quand je la suivais le soir, dans l'ombre, épiant ses mouvements, cherchant À surprendre sur ses lèvres un pâle sourire.Cette lettre me ports un coup mortel, mais j'étais trop fier pour implorer.J'ai dit : je l'oublierai ; et suis parti.Pendant dix ans, jai parcouru le monde, j'ai isité l'Inde et l'Asie, j'ui lutté contre les panthères, capturé les éléphants terrassé les lions, mais je n\u2019ai pu trouver l\u2019oubli Mon amour pour Eva ne faisait que s'accroître, mais ce n\u2019était pas assez de l'aimer, il me fallait la hair, J'ai appris qu\u2019elle était mariée, elle doit être heureuse.Heureuse, elle, lorsque moi.oh! non, non ! Conrad, que vas-tu faire | \u2014 Pendant dix aus, j'ai cherché le moyen de me venger, et ce moyen je l'ai trouvé.Un jour, dans le désert, je tuai un lioncenu.La lionne accourut, poussant des cris déchirants.Elle se roula sur le corps de su progéniture, ses yeux rouges comme du feu nagenient dans une mer limpide, et de ses griffes puissantes elle se lahourait lu peau.J'avais tué le lionceau et c'était la mère qui souffrait.Eva a une fille.Compreuds-tu ?.- Oui, tu veux tuer l'enfant d'Eva ! Non, je veux un raffinement à ton vangeance, L'enfant mort, lu mère se consolerait un jour, mais sa petite fille égarée, souffrant du froid, de la faim, des mauvais traitements, et plus tard se livrant au vice,.comprends-tu les angoisses de la mère quand elle songera à tout cela ?Nous enlevons l'enfant.Allons, tu t« chavgeras de la mère, ar moi je la tuerais.* * * Minuit vient de sonner.Dans la pauvre chau- tuière, Une tuère veille encore avec son enfant, petite fille de six ans, chétive, maigre à faire pitié.La mère est bien pâle aussi, ses yeux sout rentrés dans leurs ovbitres, ses cheveux tombent à plat sur son front.Elle n'a pas été heureuse, cette femme.Elle s'était mariée bien jeune : son mari avait été riche, elle avait cherché la richesse mais un jour, on frappe À la porte : \u2018 Au nom de la loi, ouvrez \u201d.Le mari fut emmené, conduit aux assises et condamné à cinq années de détention.C'était un faussaire.La pauvre femme était restée seule avec une petite fille, son unique enfant.L'argent disparut peu à peu, puis s'épuisa complétement.11 fallait travailler et l'ouvrage était rare pour une femme dans cette campagne.Le mari revint ; son terme était expiré.Lui aussi voulut travailler, mais il ne trouva pas d'ouvrage.Qui aurait voulu em plover Courad, le forçat i.Que faisait il, il ve venait toujours très tard dans la nuit, avec an peu d'argent quelque fois, mais Lu mère n'osait y toucher.elle eraignait que cet argent ne fut pas guqué honnètement.Est ce qu'on travaille La nuit ?La misère, la misère noire était venue dans la chautière : la mere sentait qu'elle allait mourir.Elle avait peur, ce soir-là, la tempète était si forte, la chaumière craquait sur ses bases, \u2014 Maman, j'ai peur, dit l'enfant en pleurant.Papa ne revient pas ! Non, ma chérie, mais attends, il sera de ve tour bientôt.On entendit des bruits de pas au dehors, chuchotait tout bas.Avance, disait une voix brusque.\u2014 Non, je n'irai pas.\u2014 Avance ou je te tue.Les voix cessèrent, mais le bruit des pas devint plus distinet.Tout à coup, deux hommes masqués pénètrent par la fenêtre.L'un, le plus grand, saisit l'enfant, l'autre s'élança un revolver i ba main.Arrête, c\u2019est ma fille.- Na fille! ta fille.Eva ta femme, | |, Conrad interdit, enleva lui aussi son masque.Eva, dit il, me reconnais-tu 7?Oh! la mère mourante, le père un forçat, lu fille portera bien son nom.Dieu s'est chargé de mn vangeance, je suis assez vengé.Cu - ah wb st, eh cle FEU MESSIRE BENJAMIN -VICTOR ROUSSELOT Né à Cholet, diocèse d'Angers, France, le 17 janvier 1823, d\u2019une famille ton moins honorable par son caractère qu\u2019influente par sa fortune, le jeune Benjamin Victor fut élevé dans les sentiments les plus chrétiens, À l'époque de son adolescence, il vint re placer à la philosophie de Nantes, sous la direction de M, de Courson, prêtre d'une rare distinction, d\u2019un jugement exquis, d'une grande piété, Le dis.viple était fait pour compretelre le maître, et le maitre digne à tons égards de la confiance de son élève : aussi notre étu.disant en philosophie ne tarda-t-il pas à bénéticier de leçons Blssi sages que aternelles D'une humilité étonnante, il se croyait incapable de quoi que ce fut, et surtout indigne «lu sacerdoce, objet «le ses désirs, Devant la parole de «on supérieur, qui l'avait imméliatement apprécié, il s'aban- donua sans hésiter à la décision de ce père vénéré et revétit l'habit des cleres, Après un court séjour au grand séminaire de la même ville, M, Rousselot partait pour le séminaire de Paris atin d'y achever nes étu lea ecclésiastiques, Ordonné prêtre en 1846, il songes à entrer dans la compagnie de Saint-Sulpice ; son etat de santé ne le lui permettant pas alors, sur le conseil de son directeur de conscience, M.le Iir, le savant orientaliste, il se livra au tniuistère paroissial Cholet, sa ville natale, où il se lit vite remarquer par son dévouement et son zèle, En 1853 sa santé s'étant améliorée, il fut admis au noviciat de Saint-Salpize, et sur sa demande partit pour le Canada l'année suivante, C'est là qu\u2019il devait passer trente-cing anndes de sa viesacerdotale ot entin mourir, I! faudrait uu livre, et nou un article de journal pour raconter les œuvres de M.Rousselot dans la ville de Marie, Canfesseur des Sœurs-Grises, et de tout le personnel de l'Hôpital-Général de 1854 jusqu\u2019à 1866, il sat s'attirer la confiance et la sympathie de tous, Ses manières distinguevs, son abord facile, sa piété angélique, sa discrétion à toute épreuve ne pouvaient manquer d'obtenir un pareil résultat, Tes supérieurs de M.Rousselot, témoins de ses étiinentes qualités, l\u2019appelérent en 1866 à la charge si importante de curé de Notre-Dame : e\u2019est 1a surtout qu'il devait tirer parti des dons précieux qu\u2019il avait reçus du ciel.Il ne nous appartient point de dire ce qu'il fut dans sa communauté, oi il remplit jusqu'à la fin les fon tions les plus élevées ; qu'il nous suffise de rappeler que Montréal lui doit la restauration et l'embellissement de l'église Notre-Dame.\u2018Qui ne sait aussi que l'introluetion des salles d'asile, œuvre si utile cutre toutes, dans une ville comme la nôtre, fut le résultat de son dévouement, Comme toute œuvre nouvelle, celle-ci rencontra d'abord peu d'enthousiasise et provoqua mêtue de l'apposition : n'importe, le vaillant prêtre, convaincu de sa nécessité l'en treprit à ses risques et périls.Sa fortune personnelle devait en souffrir : il s'en consola en songerant au bien qui devait en résulter.Son abnégation ct sa charité furent couronnées d'un tel succès que l'on Vit Mientôt les préventions et les critiques se changer cn louanges ct en admiration.Après le soin des plus petits, il s'oceupa de celui des infirmes et fonda cet asile des aveusles dont chacur ao rons- tater l\u2019apropes et le merveilleux fonctionnement ; li encore il eut besoin de recourir à toute son énergie et à ses propres ressources, Dieu bénit cette œuvre comme il avait béni l'œuvre des salles d'asile.Les maiades ne trouvèrent pas M, Rousselot plus insensible que les intivines et les petits enfants : depuis le développement si considérable du commerce montréalais, notre port euvahi par les navires nous amenant les produits de l'étranger et v ronduisant les nôtres, était devemn le théâtre d'une foule d'accidents, L'éloignement de l'Hôtel-Dieu était un obstacle au prompt soulugement de ces malheureuses victimes : M.Moussclat songea à établir an hopital voisin du fleuve où l'on s'occuperait spécialement de ces sortes de Cas, et grâce à son secours toujours généceux, ainsi qu'à colui d'une grand nombre de citoyens qui partageaient ses idées, l'hopital Notre-Dame était fondé.Xi nous avons aujour- d'hai anlac des Deux-Montagnes les Trapistes, ces agriculteurs modèles, persorsie nignore qu'il ne fut jus etranger à leur étahlissement au milieu de nous, On aurait encore moins de raison d'ignorer le rôle const lérable qu'il joua dans la création de Montfort, i Wentworth, cet établissement destine à recevoir le trop plein de nos asiles urbains et à préparer au pays des défricheurs habiles et des colons aguer- vis.Enfin, il est mort sans avoir qui assister à l'achèvement de la restauration et de l'agrandissement de l'église Saint- Jacques, où il fut appelé il y à sept ans, restauration pour hoquelle il à tant travaillé et que les paroissiens tiendront à honneur de terminer.Ce serait be lieu de parler de son ardeur à faire progresser l'enseignement dans les diverses écoles de la ville, de la qu'il prit à la construction de l'école du Plateau, et à l'or- Eanisation de l'école Polytechnique.Croire qu'au milieu de toutes ces entreprises extérieures, M.Roussclot négliges le soin spirituel des paroissiens con fiés à sa sollicitude scraît une grossière erreur : jamais prêtre peut-être ue fut plus zélé pour le bien des mes; jamais une peut étre ne fut plus apostolique, Apprenait-il que sa paroisse était le théatre de certains désordres, il bes stigmatisait du haut de la chaire et ne négligeait rien dece qui était humainement possible pour les réprimer, Fallait il recourir à la municipalité, à la législature on aux magistrats, il n\u2019hésitait jamais et ne se reposait qu'après avoir gcughé sa vause, Qui pourrait avoir oublié en particulier ses démarches ot sex croisades contre l'intempérance ?Zélé pour réprimer les abus, il ne l'était pas moins pour faire fleurir les «vivres de dévotion et de picté : le temps que cet homme si oceupé passaît au confessionnial était prodicicus, ses pénitents innombrables.Des trave : aussi variés et aussi accablants ni firent eon.tracteravac.(Ge des douloureuses infirmites ; il y a trois ans, il dut quitter le pays pour aîler demander au Midi de la France et aux spécinlistes de Incapitale un adoucissement À son état et de nouvelles forces pour reprendre ses occtpa- tious si aimées, 11 nous revint l'an dernier un peu mieux, LE MONDE ILLUSTRE tuais non guéri ; eu dépit de nes souffrances continuelles, il se remit au travail et ne s\u2019arrèta que devant les menaces de la mort qui ne devait pas tar ler & venir en effet, I n'est done plus, ce digue et saint prêtre, aussi estimé qu'il était corru : nul doute que Dieu l'ait à His à partagor xa gloire après une vie qui lui fab toute entière consacrée ; qu'il emporte dans ls tombe le regret et la reconnaissance éternelle de ses nombreux atîs * PAUVRE COLOMBE ! Pauvre colombe, je l'aimais bien ! Un soir d'automne, au détour du chemin, alors que j'avais depuis de longues heures battu le sentier, cherchant partout un parfum capable de refaire mon cœur, le relever mon front, elle vint, ln mignonne, se heurter à mon âme, mettre sa caresse sur ina lèvre, De surprises et d'extases affolée, je In snisis ; et longtemps, bien longtemps, je la pressai et ln couvris de tendresses, Demi craintive d'abord, elle ne se laissa retenir qu'avec peine, sollicitude ; puis lentement elle se remit, se blottit sur ma poitrine, y demeurs, calme, joyeuse même, sous mon étreinte.Pieux trésor cherché de tous côtés, appelé, attendu : durant des jours trop courts, elle fut, cette chérie, la joie, le sourire, la vie de ma vie ! C'est qu\u2019elle venait vers moi souvent et sans frayeur\u2018 son roucoulement m'était devenu familier, indispensable.À tout instant je l\u2019entendais.C'était pour moi quelques notes pleines de réticenses, une musique, un chant qui donnait du cœur à mon cœur, Créature bénie, elle dorait mon existence, en avait la plus large part, et rien vu monde ne m'aurait enlevé aux colombe \u2018 Je Fuiniais bien \u2018 * + * Un jour pourtant, un jour de mai -vous saves le sort de toute chose ici bas - - je la surpris ou- hliant de me béqueter, ouvrant avec frénésie son aile, battant d'impatience les barreaux de si cage, farouche sous la caresse de ma main.\u2014 Mignonne, lui dis-je.d\u2019où vient.D'où vient ?lui répétai-je avec des flots de paroles affectueuses, flattant sn tête aimée, sa gorge blanche, mendiant ce béquétement auquel elle m'avait faite.Rien ne fit ; ln pauvrette s'ennuyait, et, plus tard, un peu plus tard, je la sentis restée froide sous mon baiser.+ + + + La vilaine ! Je n'y pus tenir.J'ouvris ln vage et, sans dive un mot, je détournai la tête ainsi apres la belle saison on fuit Ia brise qui n'a plus pour nous qu'une haleine qui glace, le sole qui se refuse à nous réchautler malged nos tristesses, nos regrets, os supplications, tos prières.++ * Adicw et va, chere Mignonng ! Va dentnder à une main plus douce des atten tions plus tendres, à un cœur plus chaud des ten dresses plus grandes, Pauvre colombe, je Calais bien 11.Hes, Montreal 1889, LA MODE PRATIQUE MODE FUTURE Je suis sitre que je vous intéresserai, mes chères lectrices, en vous disant un mot de ce qui se portera en automne.J'ai vu pour vous les échantillons des pieces d'étofle qui sont encore en fabrique.Vous ne vous plaindrez pas de n'avoir point la primeur, Les petits costumes tailleur vont avoir une très grande vogue, et les tissus employés seront, quant au genre, absolument masculius- -seulement eu laînes très souples, très fines, très douces, dites : indiennes, et dignes de notre délicatesse.On refera les sanglicrs, mais beaucoup plus beaux que 159 L ceux édités sous le même nom ily a quatre ou cing ans.On verra peu de changement apparent dans lex couleurs en vogue ; cependant, il y en aura par une modification des nuances dans un sens moins criard, moins excentrique qu\u2019au printemps dernier.Vous verrez pus mal d'écossais.En très beau, en très habillé, il se fera des velours classés sur fond de laine, ou fond de siciliennes de soie, pour employer en quilles larges, avec des luinages unis, Les dessins fantaisie seront très hauts et porte- vont fièrement le nom de : dessins Tour Eiffel.Les manteaux nouveaux seront demi-longs.Pour le voyage, ils se feront toujours en dessins originaux et fantaisie \u2014L'astrakan aura une grande vogue, Des cols écrnsés genre Médicis réussissent très bien avec cette fourrure.-La pa sementerie sera très employée et fera une sériesuse concur rence à In broderie Les formes de robes seront très droites, avec tendance faiblem nt indiquée aux corsages plus plats, garnis simp ement soit avec des bandes du tissu méme de lu robe, soit avec des appliques de pussementeries ou des piques de dentelle noire.Les jupes seront toutes à grands panneaux, ou bien si le tissu n\u2019a pas de dispositions «ad hoc, on composera soi-même le panneau ou la bordure avec les passementeries et dentelles citées plus haut.Les chapeaux seront gracieux.Très grands et ronds, mais seyants ; où petits et fort coquets.La couronne en jais pour parer eur le foud ost la der- mire nouvenuté.Par ces notes sommaires, j'espère vous prouver, mes dames, que vous serez avant tout le monde renseignées sur la mode par votre bien dévoude, COUSINE JEANNE.PRIMES DU MOIS D'AOÛT LISTE DES NUMÉROS GAGNANTS Le tirage des primes pour les numéros du mois d'AOÛT n eu lieu le 7 septembre dans la salle de l'Union Saint-Joseph, coin des rues Ste-Catherine et Suinte-Elizabeth, Trois personnes choisies par l'assemblée ont surveillé le tirage qui a donné le résultat suivant : ler prix No.3x2.850.00 Ze prix No.32,702.25.00 de prix No.8s23.15.00 de prix No.25,725.10.00 5e prix No.5,565.5.00 Ge prix No.32,560.4.00 Te prix No.52,580.3.00 Se prix No.25,134.2.00 Les uwmeros suivants ont gagné une piastre chacun : 14 6,070 12150 IS T31 23937 32.533 i GSTI 12156 T8800 24.612 33,369 TIO T2110 Ids IS S13 25,563 33,423 S29 SAGE THOSE 18,071 26,471 34,470 1,502 9,057) 19,621 19,454 27,109 A275 2000 TE 16,032 TN 0NE 27780 3T,00S 2667 10111 PORTE 28055 37 828 2863 16,115 20,125 20,069 18,149 of 10,562 20,605 29,911 38408 3SOL 10,581 30,529 38,604 1,103 10,529 31,122 R678 1,956 10,534 > 32,116 39,106 LIONS TO,SSS 1TSIE 22481 32.874 39.242 OSTZ V1 712) RSG 22706 52,500 39,382 GTS 12115 N.8 Toutes personnes avant en mains des copies du MoxbE ILLUSTRÉ, datées du mois d'AOÛT, sont prices d'exuniner les numérosimpri- nés en encre rouge, sur la dernière page, et, s'ils correspondent avec l'utt des numéros gagnants, de tous envoyer le journal au plutôt, avec leur adresse, atin de recevoir la pritue sans retard.Nos abonnés de Québee pourront réclamer le montant de leurs primes chez M.FL Bélaud, No 264, rue Saint Jean, Quebre.Prose gen dar pci dix aches ua gaardin des atte rates des faseches, l'our préserver la racine des arbres d\u2019un jardin et autres des atteintes des insects, vers ou fours, ete, arco.see la terre avec l'urine des animaux, C'est un poison pour es chenilles, ete, puis un engrais pour la terre, = ae 160 LE MONDE ILLUSTRE ras HENRI LARIN simor \u2014Comment ?petit méchant, tu as tuordu 9 ANTI .BRONCHITE ta petite sœur ! PHOTOGRAPHE \u2014Ce n'est pas ma faute, maman ; je ne pouvais pas voir où j'avais la bouche, Extrait de l'album d\u2019un paychologue : Quand vous hésitez entre deux femmes, ne vous décidez jamais.Yous regretterez toujours l'autre ! \u2014Pourquoi, dit le mari, mettez-vous sur votre tête les cheveux d\u2019une autre femme ?\u2014Pourquoi, répond sa douce moitié, portes tu sur la main la peau d'un autre im ?\u2014Monsieur Bébé à sa mère : \u2014Dites donc, maman, suis-je réellement aussi méchant que vous voulez bien le dire ?\u2014Oui, Emile, tu es un vilain enfant.\u2014Alors, maman, il faut remercier le bon Dieu que je ne sois pas \u2018\u2018 jumeau.\u201d Les enfants terribles : Mme Cobw igger.\u2014 Mon mari, je suis peiné de le dire, a bien peu de goût.Cora.\u2014 C'est tant mieux pour vous, madame, car j'ai entendu dire à maman que vous faisiez très mal la cuisine.\u2014Tiens, tiens, mon polisson, disait la mère à son incorrigible, je te donnerai ls volée sur les fesses, tant que je ne t'aurai pas mis de la sagesse dans ta tête.\u2014Maman, si vous commencez toujours \u201cpar l'autre bout, jamais elle ne pourra se rendre, \u2014Tu devrais avoir honte na fille, de serdre tant de temps à te friser.Si le bon Dieu t'avait voulue ainsi, il t'aurait frisée lui-même.\u2014C'est ce qu\u2019il a fait, papa, tant que j'ai été petite ; mais il me trouve assez grande maintenant pour que je fasse la besogne toute seule.Vieille fille (au piano).\u2014*¢ Je voudrais être petit oiseau\u2026 \u2019 L'enfant terrible.\u2014Je connais un oiseau que tu ne pourrais pas être.La vicille fille.\u2014Qu\u2019est-ce que tu as encore à dire, petit méchant ?Quel oiseau ?L'enfant terrible.\u2014Une volaille ; monsieur Alfred disait hier que tu n'es plus une poulette.11 pleut, il grele, il fait un temps affreux ; un flot de gens mouillés entrent pour s\u2019abriter dans une église où justement le curé est en chaire, Celui-ci garde son sang-froid un instant : mais pousse à bout par une nouvelle invasion de gens mouillés, il dit : \u2014Je n\u2019ai jamais aimé ceux qui se font de la religion un manteau ; mais je ne leur préfère pas de beaucoup ceux qui s'en font un parapluie ! Chez un bijoutier : \u2014 Monsieur, je graverai ce jue vous voudrez sur cette bague, sans vous faire rien payer de plus.\u2014Bien.Inscrivez dessus : \u2018\u201c De Georges à Alice \u201d\u2019.\u2014Cette dame est votre scenr, peut-être / \u2014Non, C'est un anneau de fiançailles.\u2014Ah | mon jeune ami, j'ai une grande expérience dans cette tuatière ; je vous en- gaze à ne pas mettre autre chose que ** de Georges \u201d.De la sorte, il servira pour n'importe qui.oo LE MUSEE DES FAMILLES, paraissant doux fois par mois, publie dans son numéro du août : Le château du diable, par Jean Barancy.\u2014 Catiscrie sur l'Exposition, par H.° Gautier.\u2014Mœurs et coutumes de la Podolie, par Csso KE.Marcoff.\u2014 Blondine, par Louis do Caters.Au paysde Millet, par E.Muller.\u2014 Le Dieu Pepetius, par 1.Jacob.- La science en faimiile, par LL Balthazard.\u2014Chronique, causcrie de quinzaine.- Correspondance et concours, par EK.Muller.Hlustrations par W.Motty et 18.tinrdner, J.Munier.L.Muller, A.l\u2019arys, Troyon, A.Demarest, L.Clément.Abonnement pour le Canada : 18 fra.N'a dresser à la librairie Chs Delagrave, 15, rue Souttiot, Paris (France).\u2014\u2014 -\u2014 3ECREATiONS DE LA FAMILLE No 522.\u2014ENIOMK On me cherche, on me mange, Etant d'un bon dépit ; Mais parfois je me vengo Par quelque mal subit, Carabi, 2202- RUE OTRE-DAME - 2202 3 C'est le vrai spécifique pour lea personn attaquées dus Bronches.Il dégage hanes ment et ninétnont la Foie et los l\u2019oumons ; fair expectorer, sans effort, même sans tousser, ot ne fatigue aucun organe.PRÉPARÉ ET VENDU PAR ALF.BRUNETTE 2481, NOTRE-DAME, MONTREAL Plus d'un qu'on glorifle, Devant mon rang très haut.Salue et me confie Quelque élégant dépôt, Carabo, J'habite en mer, sur terre.De changeant acabit, sans avoir, plante austère, Fruit, fleur, feuille à l'habit Carabi.Enfin, je suis un gnomo Petit et pas très beau, Et porto comme un homme Un énorme chapeau, Carabo.SOLUTIONS No 520.\u2014 L'eau va toujours à la rivière.No 521.\u2014Le mot est : Ramanneur.| LE SIROP CALMANT AVIS Al == pg MME WINSLOW ' pour la dentitiondes par enfants, est le médicament recommandé pa les principaux médecins des Etats-Unis, etil est employé avoc avantage depuis quarante ans par des millions de mères pour leurs en fauts.l\u2019endant les progrès de la dentition sa valour est incaleulable, Il soulage l'enfant de toute douleur, guérit la dissenterie et la diarrhée, les douleurs d'entrailles et le borbu- rygme.Il donne du repos à la mère en donnant ja santé à l'enfant.Prix :25 cents la bouteille.ODILON LA FOND CAROSSIER 3U238U09-2$ ONZ \u2018FSI : Buggies de famille, Express.A VENDRE \u201coccasion toujours en mu etc, ete.Buggies gasin.La Compagnie d'Assurance NORTHERN OF ENGLAND.Capital $15.000,000 Fonds accumulés.17,106,000 BUREAU GÉNÉRAL FOUR LE CANADA 1724 NOTRE - DAME, MONTREAL ROB.W.TYRE, Gérant.AGENTS l'OUR LA VILLK ELZEAR LAMONTACNE JOSEPH CORBEIL VICTOR ROY, ARCHITECTE 26, RUEST-JACQUES, MONTREAL .3 journal illustré pour gar.Saint-Nicolas, cons et filles, paraissant le \u2018eudi de chaque semaine.Les abonnements partent du ler décembre et du ler juin.Paris et départements, un an:18 fr ; 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