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Titre :
Le matin
Éditeur :
  • Montréal :Le matin,1920-1926
Contenu spécifique :
samedi 6 mai 1922
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Petit journal (Montréal, Québec : 1926)
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Le matin, 1922-05-06, Collections de BAnQ.

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[" > v Rédaction et Administration 164 RUE SAINT-DENIS MONTREAL * Téléphone: Est 893 Atelier: Main 7309 Redigé en collaboration.LE MAT POLITIQUE ET LITTERAIRE Abonnements par la Poste : Un an .S 2.50 Six mois 1.50 Un siècle 100.00 Adresser toute correspondance.Le MATIN, 164, S.-Denis, Montréal Ie svis vn chien qvi ronge l'os.VOL.II\u2014No 15 Mort aux Débardeurs MONTREAL, SAMEDI, 6 MAT 1922 LE REVE DE MEDERIC Un Monument Le Numéro 5 sous à Louis Hémon Geste énergique des autorités \u2014 Rare présence d\u2019esprit \u2014 Comment on :Pleurs et sourires \u2014 Conversation avec, Querelles à l'horizon \u2014 Flair magnifique de la \u201c Presse \u201d \u2014 La vérité \u2014 q p p | sauve un pays \u2014 Députés et agents de police.Pendant que les quelques députés qui ne se font pas prendre la main dans le sac ne démissionnent pas, pendant que les notaires ne décampent pas vers les pays chauds avec l\u2019argent des veuves et des orphelins, pendant que les partis politiques se disputent, non pour un fromage mais pour un programme, pendant que les directeurs de banque ne volent pas leurs actionnaires, pendant qu\u2019il n\u2019y a pas de sans-tra- vail à Montréal, pendant que les maisons de courtage ne culbutent pas les unes après les autres, pendant que les compagnies d\u2019assurance ne font pas des pirouettes, pendant que de grandes compagnies industrielles ne s\u2019affaissent pas, pendant que certaines banques ne font pas des contortions pour se maintenir, pendant que la \u201cBell Telephone\u201d, le \u201cTramway\u201d, la \u201cMontreal Light, Heat\u201d n\u2019exploitent pas la population, pendant que les politiciens intéressés dans ces compagnies ne font pas passer leurs intérêts avant ceux de la nation, pendant que les assassins sont tous arrêtés et punis, pendant que l\u2019ouvrier s\u2019enrichit honteusement en exploitant le capital bref, pendant que nous marchons vers des temps meilleurs, comment les autorités, inspirées par le plus pur civisme, affermissent-elles le bien et déjouent-elles les conspirations du mal?Problème et devinette, devinette et problème.Est-ce en détournant et canalisant le Gulf-Stream pour que notre provin- ture de la poire et à l\u2019industrie du fromage?\u2014Non!\u2014Est-ce en ajoutant une aile à la prison de Bordeaux pour les anciens ministres?\u2014Vous voulez rire!\u2014Est-ce en élevant des \u201cestatues\u201d aux grands hommes qui se sont le plus enrichis en tripotant les fonds publics?\u2014Chut!\u2014Est-ce en imposant à l\u2019ouvrier la journée de quatorze heures !\u2014 l\u2019instruction, en donnant l\u2019exemple de l\u2019honnêteté, en s\u2019efforçant d\u2019améliorer les conditions sociales?\u2014Nenni!\u2014Est-ce en mettant des limites au profitage?\u2014 Vous n\u2019y êtes pas! \u2014 Mais alors.Mais alors, homme peu perspicace, tout deurs exaspérés et affamés qui n\u2019ont pas l\u2019heur d\u2019être satisfait de leur sort.comment on sauve un pays.\u2014Oui, mais, il y en qui ont joué du revolver.C'est terrible.\u2014Sans doute, aussi soyez bien persuadés que la prochaine fois qu\u2019un député sera surpris à voler on arrêtera tous les députés et lorsqu\u2019un constable surexcité par la vue d\u2019un homme qui se sauve avec un morceau de pain et lorsque cet individu ne voudra pas se laisser prendre et lorsqu\u2019on le tuera avec le revolver, tous les constables ser- ents-de-ville, connétables et autres s\u2019auto- arrêteront et se pendront par le cou jusqu\u2019à ce que mort s\u2019en suive.\u2026 SIMPLEX.L'AVANCE DE L'HEURE - L'\u2019avance de l\u2019heure pendant la saison d\u2019été est une mesure d\u2019une telle simplicité qu\u2019il! est évidemment difficile de s\u2019entendre à son sujet.Cela prouve une fois de plus que les choses les plus simples sont les plus difficiles à faire ad- mtettre par Je peuple toujours soupçonneux.Nqus.savons que pour faire goûter à ses pommes de terrre Parmentier a dû placer des sentinelles autour de son champ de patates.Comme il ne voulait plus en donner on leg lui vola, ce qu\u2019il \u2018aissa iaire puisque c\u2019était son but.\u2018 C\u2019est toujours l\u2019histoire de la brique d\u2019or dont personne ne veut, si elle est réellement en or et que tout *e monde s\u2019arrache si c\u2019est une simple brique dorée.La même sentiment explique la vogue des magiciennes carlomancignnes, liseuses dans le mare de café ou de thé On aime croire au merveilleux, au mystérieux, au surnature].Le système métrique étant le plus clair et le plus simple de toutes les numérations, il est très difficile de le faire adopter par toutes les nations.L\u2019avance de l\u2019heure, d\u2019origine écossaise, a pour partisans presque tous les habitants des villes et pour adversaires ceux des campagnes, parce qu\u2019ils ne savent pas pourquoi.Habitué à la routine, toute innovation déplaît à l\u2019habitant dont la jalousie envers le citadin existe à l\u2019état latent parce qu\u2019il n\u2019a aucune raison pour cela.De singuliers prétextes ont été servis à OH- tawa contre l\u2019avance de l'heure.Le plus effarant a été le suivant: \u2018heure du Bon Yeu passe avant l'heure de Borden!! C\u2019est un comble.D\u2019autres ont prétendu que son adoption, étant une mesure de guerre, ne devait pas être continuée en temps! de paix.La France a supprimé Jl\u2019absinthe en temps de guerre; personne ne songe à en rétablir le commerce en temps de paix.L\u2019avance de, l\u2019heure fait faire d\u2019énormes économies de lumière artificielle dans les villes, et par suite de combustible.Devant le montant de dettes que leg an- néds de guerre nous ont fait contracter, Lontes les économies devraient etre \u201ces bienvenues, sfirtout quand elles ne gênent personne.Le «eul inconvénient de cette mesure est l\u2019imbroglio créé quand son adoption n\u2019est pas générale.Il est souhaitable de voir cette question étudiée de suite, que des pamphlets goiest écrits, prouvant son avantage, et distribués partout, et ensuite que le parlement fédéra! vote cette loi et oblige tout le monde à s\u2019y soumttre.Devant les oppositons autant irrraisonnées qu\u2019irraisonnables, j'en arrrive à souhaiter le Tzarisme, surtout si je suis le Tzar.N\u2019sst-ce pas LOGIC.LA FOLIE CONTAGIEUSE li paraitrait que 3858 personnes ont fait à New-York, 996 9visites aux cliniques qui traitent \u2018es maladie, mentales, et que le nombre des toqués en traitement s\u2019élèverait à 40,000, rien qu\u2019à New-York.Or le dernier recensement au ler janvier 1920 évalue la population du greater New-York à 5,620,048 habitants.On ne viendra pas me faire accroire que parmi une telle agglomération d'habitants qui acceptent la prohibition, qui songent à décréter des Blues Laws qui resassent les gtupidités a propos de l'usage des cigarettes, qui ne pensent guère qu\u2019au Base-Ball, qui voudrait réglementer la longueur des jupes des femmes et la hauteur de .leurs Cols ,qui se figurent «voir gagné la guerre stc-\u2026.il n\u2019y aurait que 40,000 mabouls.Il y a erreur quelque part.Il doit n\u2019y avoir que 40,000 personnes saines d\u2019espxit ; les artistes et les intellectuels, ceux qui ne se ragalent pas au rang des animaux et des méchants qui seuls sont buveurs d\u2019eau.Bonum vinum loetificat cor hominis! Es pérons toujours en les artistes et leg intellectuels.(WOLFRED-N.) L\u2019ami lecteur partagera ma joie intense si je lui fournis le récent échantillon de droiture, d'honneur, de probité, de fière et généreuse et inteligente polémique que nous offre le collabe- rateur d\u2019une feuille dominicale.(30-4-22) Je prie le \u201ccaniche\u201d de prendre note que si les étudiants ne se sont pas rendus au désir quil exprimait le 15 avril ce n\u2019est pas parce qu\u2019ils sont \u201ctrop avachis\u201d, mais parce que chacun n\u2019aime pas à \u2018\u2018bloquer\u201d\u2019\u2019 ses exa- mensh.Des goûts et des couleurs.Dimanche dernier, ayant affaire rue Notre-Dame- Ouest, j\u2019observais cing ou six flâneurs qui, casquette sur les yeux, cigarette aux lèvres et mains dans les pochse, insultaient les jeunes filles qui passaient.11 me semble que nos agents de police devraient mettre fin à ce triste état de chose, et purger nos trottoirs de ces ignorants encrassés! (WOLFRED-N, NELSON).Le premier paragraphe semble fait sur mesure pour nous rappeler :a quatrain de Maurice Doñnnay (lre manière).Pour mieux passer ses examens M se refusait aux \u2026 tintoins Que conseil\u2019 les hygiénistes: C\u2019était un étudiant tri-is-te\u2026 Pour l\u2019autre affaire! ma foi! et puisque Wol- fred nous a observé (admirons, en passant, combien cet observateur se domine) c\u2019est la dure vérité.Je faisais partie, que dis-je! J'étais le chef de ces \u201c\u201cignorants encrassés\u201d.On s\u2019amusait ferme, allez! lorsque quelqu\u2019un vint troubler la fête.La rue Notre-Dame Ouest (sic) fut soudain traversée d\u2019une immense clameur: c\u2019était ma femme qui accourait au triple galop.Elle poussait d\u2019une main la voiturette trépidante où se prélassait ma filgé âgée de onze mois; de l\u2019autre main elle brandissait le parapluie familial mais inflexible gitime terreur, coururent d\u2019un trait jusqu\u2019au Ampide Saint Laurent où ils se noyèrent, m\u2019a-t-on rapporté avec un ensemble parfait; la gracieuse phalange des nymphes honnies s\u2019éparpilla comme par enchantement; je m\u2019élancai vers le Mont-Royal.Trois fois j'en fis \u2018e tour et \u201cl\u2019ennemie\u201d me poursuivait encore.Mes forces diminuaient, je me sentis perdu el je me demandai: qu\u2019est-ce que Napoléon eut fait à ma place?Cette pensée me sauva.Je songai.à l\u2019honorable Séguin.Faisant appel à ce qui me restait de forces, j'atteignis, en de suprêmes enjambées, la somplueuse prison de Bordeaux que j'aurais voulu tout dè même étrenner autrement Le rifflard domestique fit sur les portes d\u2019airain de ce noble séjour l\u2019effet, non d\u2019un boulet de canon mais d\u2019un vulgaire pépin.\u201cPère dénaturé,\u201d cria, sur le mode mineur, ma fille de son carosse éreinté, \u201cle journalisme mène à tout! J'ai confessé mon forfait: Voilà la fin de ce \u201ctriste état de choses\u201d car à présent, je suis en prison.Le trottoir est \u201csoulagé\u2019 \u2019et le public connaîtra plus tard ja date d\u2019un procès retentissant.Quelle veine! On sera \u201cdans les journaux\u201d.Mon foyer est brisé etM.Nelson (Wolfred N.) méprise Je \u201cefniche\u201d.Du moins, il l\u2019affirme.Faites, oui, faites qu\u2019il soit sincère, à mon Dieu! ° Le Roquet Depuis l'abolition de l'esclavage, patrons et employés sont des collaborateurs, ces derniers, en principe, ont cessé d\u2019être des instruments dociles entre les mains des premiers.Si un patron a le droit de surcharger ses employés de travai!, ceux-ci, en retour, devraient avoir le droit de demander une augmentation correspondante de leurs salaires.ce s\u2019adonne, sur une autre échelle à la eul-: On n\u2019ose pas encore.\u2014Est-ce en répandant simplement en arrêtant deux cents débar-| Mes compagnons de débauche, frappés d\u2019une lé- | Est-ce un présage.Le maire Martin, les quotidiens l'ont annon- icé, a décidé d\u2019al!er à la pêr4e \u2014 soit dit sans mla- :lice.Plus que tout autre, :1 éprouve 1e besoin de s'ôter le cou du colier et de se mettre au vent ; dès que vient le printemps.Or donc, le grand homme, muni de ses en- \u2018gins {ies de soda et de \u201cdry ginger ale\u201d, ses poche}: 'bourrées de \u201cpeg-top\u201d, se mit en route pour quelque plage inconnue du bag de Québec.[ Son désir était de voyager incognito, mais la figure du maire est trop caractéristique pour luŸ permettre ce sport cher aux souverain.Les fem- | mes, émoustillées par l\u2019oeillet à la boutohnière, | se poussaient du coude.\u2018 \u2014Mais c\u2019est le maire de Montréal! ! Un bambin de trois ans, avec !a belle ef ! \u2014dJ'te connais bien, monsieur, t\u2019es Médérie ! iJPai vu ton portrait dans la \u201cPresse\u201d avec celui de Ladébauche.Pour échapper a cette curiosité dont il com- | menge à être blâsé, le maire, suivi de son fidèle | Lafleur, gagna le char palais.\u2014Tu m\u2019as pas oublié mon collier, vieux?.| .\u2014Non, il est dang sa boite au fond de la | malle.\u2014Bon! Je vais être tranquille.Hs m\u2019ont tout :ôté excepté cela.Je suis, Fans comparaison, com- \u2018me le saint homme Job sur son tas de fumier.| Ce n\u2019est pas pour rire que mon collier a été mira | ; ., culeusement sauvé de l\u2019ineendie.| \u2014CÇa sera une belle refique pour les citoyens ide Montréal.\u2014Sans doute, vois-tu, s\u2019il arrivait quelque j'en souffrirais dans ma \u2014 ne faudrait pas qu\u2019il y eut une \u2018autre af-' | faire de collier \u201cqui fut gi fatale à la reine Marie- | Antoinette, fit Lafleur, tout fier de la fraîche | érudition qu\u2019il venait de puiser dans les livres de la Bibliotheque.Le maire avait raison.Les choses sont animées dé la vie que nous \\eur communiquons.De même que l'Eternel en soufflant sur l\u2019argile lui {donna une âmra mous Her on simuizncire de vie aux objets qui nous touchent ou que nous aimons.Nul doute qu\u2019à force de taper sur le pectoral du maire le collier ne ge goit pénétré des effluves qui rayonnent du grand coeur de Médé- ric.Comme dans la poésie de Victor Hugos \u201cDoux échange qui ravit l\u2019âme\u201d.La femme a gardé dans son coeur Le plus doux parfum de la fleur, La fleur, le parfum de la femme.On ne meurt pas tout entier, puisque dans les pierres de cathédrales, longtemps après que voix.Quelque chose de Médéric palpitera a jamais dans son collier.Ce sera comme la conque qui garde au fond d\u2019elle-même la rumeur de l'océan: En y portant l\u2019ôrei!le on se croirait ton jours à Cacouna.\u2014Je crois, ton honneur, que nous avons bien | fait de filer avant le premier mai, car les sans- {travail se proposent de faire sauter la Biblio- i théque.\u2014Ce sera bien de valeur pour mon busie; quant à Hector, qu\u2019il aille voler dans les étoiles si ça lui plait.Le wagon s\u2019ébranle.Médéric regarde avec attendrissement disparaître les dernières maisons sales de sta bonne ville de Montréal.Un départ serre toujours je coeur, même quand on s\u2019en va en partie de plaisir.On se demande toujours si l\u2019on reverra ce qu\u2019on laisse.Ces pensées tristes furent atténuées par la vue de la terre chaude et lumineuse qui s\u2019éveillait de sa somnolence hi- vemnale .Médéric est bercé par le mouvement monotone du wagon, ses yeux se ferment et sa tête, cette tête qui avait porté avec tant de noblesse le tricorne napoléonien à ka réception de Fochi se penche sur sa poitrine.\u2026\u2026 Tout à coup le brouillard qui voilait l\u2019horizon se dissipa et à la place de la terre vêtue de bure comme une carmélite, la mer, toute poudrée d\u2019or, apparut à ses yeux.L\u2019eau était si claire qu\u2019on y voit jusqu\u2019au fond.\u2014Came change de mon conseil, dit Méderie ces eaux troubles et grouillantes réceleuses de mystères et d\u2019inquiétudes.\u2026\u2026 Les poissons clairs traversaient l\u2019eau comme de, étoiles filantes.Soudain il vit venir à lui une grosse plie qui avait \u2018air d\u2019un ostensoir incrusté de pierrcries.Elle fut suivic par un énorme saumon dont les écailles d\u2019argent laissaient dans l'eau bleue un sillage lumineux.Le roi des eaux se dresga sur sa queue et fit une révérencd devant je maire.\u2014Confrère?cria Médéric avec indignation.\u2014Je suis, comme toi, l\u2019être du même fretin.C\u2019est pour les récompenser que les uns après les autres je les ai avalés.Ils sont si bien incorporés à ma panse que je vis en-eux et qu\u2019ils vivent en moi.\u2014Vous êtes un malin, permettez que je vous serre les ouies.\u2014Sans doute tu \u2019étonmes de m\u2019entendre parler.Je n\u2019ai pas \u2018a réputation d\u2019être loquace.-\u2014Comment donc! -\u2014-Miais tu le sais bien puisque c\u2019est ta langue que j'ai avalée, .\u2014Ma langue.\u2014Regarde plutot si le stylet est dans son étui, dirai-je en style poétique.Le maire mit un doigt dans sa bouche et fit l\u2019inspection de sa gorge et de son palais.Il pouis- sa un rugissement de désespoir et s\u2019apercevant' du vide causé par absence de ce petit morceau de chair rouge comme la crête d\u2019un coq el\u2019 qui Jui avait si bien servi à claironner ga joie de vivre;|, la fleur \u2014 Le songe: L\u2019éloquent , saumon \u2014 Heureux réveil \u2014 de pêche: une bonne ligne, quelques bouteil- leg cloches se sont tues on entend sourdre leurs Pourquoi il faut élever ce monument.Si le sang ne coule pas à propos de \u201cMaria Chapdelaine\u201d, vous allez voir que l\u2019encre va déferler.On ne s\u2019attaquera pas au style, a la syntaxe, aux petites bétes ou, si on le fait, ce sera d\u2019une façon superficielle et injuste.\u2018 Maria-Chapdelaine \u201d est un chef-d\u2019oeuvre, c\u2019est entendu.Félicitons la \u201cPresse\u201d de le publier quatre ans après le \u2018Nationaliste\u201d.Que va-t-il se passer main- \u2018tenant, que va-t-on reprocher au livre de \u2018Louis Hémon?On va lui reprocher de nous \u2018amoindrir à l\u2019étranger, de nous faire passer pour des illettrés, des scieurs de bois, ete.: En quoi la foi touchante du bûcheron \u2018canadien qui a l\u2019atavisme du défrichement peut-elle nous faire passer pour ridicules?Les 300,000 mille lecteurs Européens Voilà | fronterie du tout jeune âge.se campa devant lui:/ne sauront jamais que cette foi est savam- |ment entretenue par des gens qui ont intérêt là ce que certaines parties de la province soient colonisées.Quelle honte y a-t-il \u2018d\u2019ailleurs si un homme simple, de coeur no- \u2018ble et de magnifique vouloir s\u2019exile en plein ibois pour le profit des compagnies de pulpe, \u2018des mercantis de la bonne routé et du chemin de fer, pour le profit des agioteurs de la mine et des terres.Est-il plus ridicule que le mineur de Galles qui vota pour Lloyd George ou le \u201cpêcheur d\u2019Islande\u201d que nous connaissons tous?Et puis ne sommes-nous pas, hélas! et toujours des scieurs de bois et des porteurs d\u2019eau?Ne vaut-il pas mieux passer pour un illettré et utopiste défricheur que pour un intellectuel dilettante anglifié frotté de Mutt & Jeff et de Benoniaiserie de \u201cgum\u201d, de \u201crags\u201d et de cinéma?Et puis qu\u2019importe ce \u201cpour qui l\u2019on pourrait passer\u201d.On est ce qu\u2019on est et puis quoi; après tout: du bien bon monde\u201d, d\u2019après Hémon.Il ne faut pas se cabrer, se monter, hennir, ruer et \u201cprendre l\u2019épouvante\u201d devant la vérité, il faut en faire son profit.Gardons cette belle ardeur pour ceux qui nous haïssent.Hémon a voulu peindre le colon.Il l\u2019a fait merveilleusement Il n\u2019a pas voulu peindre le citadin.Les bourgeois lui doivent une fière chandelle; il est juste qu\u2019ils lui élèvent un monument.J.O.B.1 | Mais comment pourrrait-il exister sans langues | Le maire de Montréal sans langue, c\u2019est une clon {che sans battant, un violon sans archet, un piano |sans clavier.Moi qui ai alimenté toute la presse / de Montréa! de me, saillies spirituelles.Si je ne | parle plus, le futur hôtel de ville sera un tom- | beau.\u2014 Mais cormment m\u2019as-tu subtilisé ma lan- | guê, malheureux?| \u2014Voici: le conseil m\u2019a chargé de vous amputer.Un jour que vous dormiez après votre bain, étendu sur le sable chaud, 1a langue pendante, je me suis glissé entre les roches et avec autant de dextérité qu\u2019un pickpocket qui vous chipe votre porte-monnaie je vous ai débarrassé de ce qu\u2019E4 sope appelle la pire et la meilleure des choses.le silence et le néant un peu plus tôt ou peu pl tard c\u2019est un détail.; ; \u2014 Mais que vois-je?ce que je prenais pour us - Il tendit la main désespérément vers ce symbole de sa dignité.\u2014A quoi vous servirait-il puisque vous ! n\u2019êtes plus maire ?Du moment que vouts êtes privé ide :a parole vous devenez un m'agot en pierre, tune sorte de bibelot, un objet de luxe fort colls teux, un evn Qu\u2019est-ce que tu Le saumon a Regarde.Ah! si j'avals donc ici La Clef de Songes! POLEMARQUE] LES PUGILETTES On se tapoche à Berlin \u2014 Déplorables exercices \u2014 Restons latins, comme M.Taschereau.wn Je n\u2019aj jamais cru que les sociétés de coun ses de chevaux, qui s\u2019intitulent généralement \u201cSociétés pour l\u2019amélioration de la race chevas line\u201d ou quelque chose d\u2019approchant, aient jamais réugsi à faire de nos rosses des pégases.Les fougueux coursiers qu\u2019on aperçoit à Blue Bonnet forment une noblesse qui ne fréquente pas dans la démocratie des percherons.Je ne crois pas plus que les combats de boxe puissent mieux réussir à développer le physique de notre pauvre humanité qu\u2019atrophie la lutte | pour la vie intense et quotidienne.Je ne vois done irien de bien intéressant à regarder deux athlètes \u2018se tampcenner mutuellement les maxillaires.Cependant on vient de trouver mieux encore, et la nouvelle mode nous vient de la douce et sentimentale Allemagne de Groetschen, Fritchen.Ce nouvel \u201cevent\u201d a été préparé pour réjouir l\u2019hôth d'honneur de Berlin: M.Dempsey.Donc il y a eu à Berlin, le ler mai, deux séances de boxe, l\u2019une en six rounds\u201d \u2014- n\u2019allez pas écrire en scie ronc$ \u2014 et l\u2019autre en dix \u201crounds\u201d de trois minutes chacun.Les champions, ou plutôt les championnes étaient quatre \u201cfraûleins\u201d, charmantes, pa- raît-il, blondes et brunes.Eh bien, moi qui suis un latin comme My, Taschereau, j'aime la femme et même les femmes, et justement pour cette raison, je suis bien content de n\u2019avoir pas été obligé d\u2019assister à cet écoeurant spectacle de deux \u2018\u2018Jeunds filles\u201d \u2014.on pourrait supprimer le qualificatif: jeunes \u2014se donnant des coups de poings,s\u2019envoyant dez crochets et des directs, de jalis.des swings cet des uppercuts dans J\u2019ultime espoir \u2014 qui fut réalisé \u2014- d\u2019un knock out!! Alors ces teints frais, ces visages aimables, cette grâce dans les mouvements, cette délicatesse de gestes ct cette délicatesse de coeur,tout ce enfin qui caractérise la femme, toutes ces beautés qu\u2019auréolent encore l\u2019énergie et le dévouement de nos filles, de nos femmes et de nos ma res, s\u2019évanouisent dans l\u2019ardeur d\u2019une lutte où leg positions et les attitudes grotesques sont pour ainsi dire de rigueur.Je ne suis pas ennemi des sports, pour les | Ne vous désolez pas de cet incident.Rentrez dans hommes comme pour Jes femmes, tant que le Sport reste à sa place: un délassement passager.J\u2019aime la femme qui monte à cheval, qui sait nas ger, qui joue au billard, qui fait du tennis, ete, car elle reste légère et gracieuse.Elle l\u2019est beaucoup moins lorsqu\u2019elle fait de l\u2019escrime.Mais la femme qui boxe, ah! quelle déchéance! Malgré la gentillesse du terme: les \u201cpugilettes\u201d je veux rester latin et n\u2019en pas voir.DYSCOLE, DANS LES BARS \u201cLa musique adoucit les moeurs\u201d, dit Le proverbe.On ne croirait pas à la vérité de cet apho- Tisme ST Ton'écoutait les musiciens parler musique ensemble et discuter le mérite de leurs confrères.Pourtant, j'ai pu constiater que l\u2019absence meurs d\u2019opium, les mangeurs de harchiech comme on dit aujourd\u2019hui, n\u2019a pas amélioré le carac- tere des buveurs de biére, car au moment ou je passais près d\u2019une buvette, je vis le maître de céans qui blalançait au bout de son bras herculéen un chose noire, haletante, hideuse, tandis que le pied levé, i] s\u2019apprêtait à Jui donner In de ces coups de pied qui, parait-il, font voir trente- six chandelles.\u201cAu moment où l\u2019on pratique l\u2019économie de zumière, ces gens qui font métier d'allumer de \u2018pauvres diables pourraient se dispenser de brûler la chandelle par les deux bouts\u201d, pensais-fje en hatant le pas pour ne vair le pauvre bougre piquer une téte dans la boue.Je me heurtait à une femme sombre, maigre entortillée dans un châle noir et qui ne laissait voir qu\u2019un profil en Jame de couteau.Elle faisait le guet de l\u2019autre côté de la rue, ses yeux ardents sur :a porte en jalousie qui balançait.-\u2014Monsieur, voulez-vous me dire l\u2019heure, fit la femme., Comme je venai, de je lui dis: ?Tegarder à ma montre, \u2014Que c'est long! attendre! depuis neuf heures que J'ai les yeux sur cette porte.Quand je l'ai vu s'ouvrir, il y a un instant, j\u2019ai cru que c'était mon mari qu\u2019on m\u2019expédiait à la première occasion.Le coeur m\u2019est venu tout par petits grains.Mais non, je l\u2019ai aperçu à la table au fond avec une bande de voyous.Cesera du propre quand ll sortira de là.Au moins quand il y avait de l'a musique ça amenait un peu de \u201cbonne société\u201d.On venait prendre un coup sous le prétexte de s\u2019amuser.On riait on chantait, c\u2019était moins laid qu\u2019aujourd\u2019hui.Jamais alors mon vieux ne rentrait mort-ivre.Ces paroles furent une révélation je ne comprenais pas pourquoi telle rue a changé d\u2019aspect depuis quelques temps.Elle ressemble aux pires rues de Londres.La lourde ivresse qu\u2019on cuve dans les estaminets charge l\u2019air de miasmes.Des vociférations étouffées sourdent des portes closes.Les lumières sont baissées comme dans les chambres où l\u2019on veille !es morts.Plus de ces pochards bons enfants qui s'en allaient bras dessus bras dessous en chantant à tue-tête.On a supprimé la musique dans les clubs dans les hôtels et dans \u2018eg cafés, sous prétexte qu'elle attirait les pochards.Quel pharisaisme! L\u2019Etat se fait brasseur distillateur et marchand de vin el i! veut nous faire croire qu\u2019il n\u2019attirera pas le client pour consommer sa marchandise.Trève d\u2018hypocrésie! Ce n'est pas la musique mais la bière qui attire le buveur, on le sait bien.On dépouille \u2018e vice de sa seule poésie, c'est comme si l\u2019on supprimait \"amour dang le mariage.Combinée avec l\u2019harmonie la boisson était moins ma!saine, moins dangereuse.C\u2019était comme un verre de cognac auquel on ajoute un sirop de fruit.Quand l\u2018esprit s\u2019imprégnait de la douceur des sons, la griserie se faisait sentimentale et tendre.Est-il possible de blasphémer même quand on écoute du jazz?L\u2019ivrogne ainsi ne sombre pas tout entier sans Vabjection.Quand la bête marche à quatre pattes, quelque chose de lui-même à des ailes et plane audessus de sa honte.On aurait fait exprès pour abêtir le peuple qu\u2019on eut pas trouvé mieux, si ce n\u2019est l\u2019horrible solitude des cahots ou le prisonnier solitaire cohabite avec son crime.\u2019 (suite a la page 4) Page 2 LE MATIN, Samedi 6 Mai 1922 VOL If \u2014 No.15 AVANT-GENES I parait que la République des Soviets a voté des crédits formidables en faveur de ses plénipotentiaires allant a Genes.Il parait que ces crédits sont de quelques centaines de ; priétai million de roubles.Il parait sans, est hen propre ont M que ce petit argent est destiné] loffe Sai \u20184 appartenu, jadis.uniquement a vétir élé- |} , SU \u2019 gués russes et à \u2018eur.payer à la bonne bourgeoisie cossue des smokings de Moscou ; ils verront M.Mdi- eu +.» vani qui fut un très gros com- On se représente d\u2019après mer J > cette seule nouvelle, les pléni.| Mereant géorgien, M.Litvinoff potentiaires bolcheviks.Les: qu fut riche \u2014 au Lest encore reporters hatifs peuvent etre; S !CSPEke \u2014 et qui fut aussi déjà tentés de tracer leurs por- avantageusement propriétaire EF a été conseiller au Consulat général de Bruxelles.Poursuivi, sous le tzar, pour avoir adhéré au parti social-démocrate, il quitta Bruxelles pour Londres.Il appartient à une fonciers I! a toujours sa belle propriété.Elle est intacte M.Tchitchérine, en effet, par la volonté meme des pay- trait que M.Thitchérine.Ils verrats.as _ ront M.Khodjaev, président du Ces plénipotentiaires sont| Conseil de la République de évidemment des \u2014loqueteux|Boukhara.\u2026.M.Khodjaev a qui ne se sont pag fait couper es cheveux depuis la mort du rar et qui ont perdu l\u2019habitude de se gervir d\u2018une fourchette en mangeant \u2014 et d\u2019un savon en se \u201cevant.Déjà les reporters, peuvent eg\u2019 appréter a nous dépeindre la misère physiologique, vesti- mentaine et corporelle de ces infortunés diplomateg qui ne doivent même plus avoir de dents pour serrer leur couteau \u2014leur fameux couteau.Ces messieurs, accoutumés à une longue famine, ne sauront peut-être même plus comment il faut s\u2019y prendre pour manger \u2018es \u201cmaccarons\u201d\u2019 et les \u201can.tipasta\u201d de la belle Italie.Les reporters feront bien de se méfier un peu.Ils ses ront très sages en ne se lançant point dang des anticipations hasardeuses\u2026 Ils feront bien d\u2019attendre d\u2019avoir vu les délégués des Soviets, pour parler d\u2019eux.11 est bien possible, en effet, que :a délégation russe ne ressemble en rien à une troupe de sauvages.Il est bien possible que les diplomates de Internationale soient d\u2019une tenue aussi correcte, aussi élégante, que les envoyés du Foreign Office et que leg mes- sieur, du Quai d'Orsay.Il est bien possible que ces bol- succédé à l\u2019émir de Boukhara qui était un pâtissier, et qui, régalait tous ses visiteurs de gâteaux excellents.Apres quoi, l\u2019émir décorait ses invités du grand ordre de Boukha- ra.J\u2019ai failli étre décoré.Les reporters feront connaissance aussi avec M.Ord- janikidzé, délégué du Caucase.M.Ordjanikidzé, qui porte un nom qui est bien facile à retenir, a vécu longtemps à Constantinople ,au Péra-Palace.Les palaces de Génes ne le déconcerteront pas.Les reporters apprendront enfin à connaître M.Roudzou- tak., qui fait parti du comité Central communiste et qui est un spécialiste des questions ouvrières, comme jadig M.A!- bert Thomas fut lui-même gpé- cigliste.Ces diplomates, selon toutes probabilités, ne donneront lieu a aucune surprise.Ils ne mangeront pas les macaronig tout crus, ils ne boiront pas l\u2019eau des rince-bouche, ils ne tireront pas la barbe élégante de M.Barthou, ni la courte moustache de M.Colrat.Dans la foule des délégués assemblés à Gênes, il y a tout lieu de croire qu\u2019on ne pourra pas les reconnaître à première vue.Ils auront des habits bien 0 [ coupés.Ils circuleront dans cheviks aient une plus longue|de belles limousines.Ils pren- habitude de l\u2019habit moir, du|dront des bains et ils boiront smoking et du monde, que cer-|du Chianti comme tout le mon- tain, autres délégués d\u2019outre-| de.Atlantique.Ilg danseront peut-étre mé- Les reporters vorront lelme le soir, dans les palaces ésident de la délégation.|jlluminés.Et si M.Lloyd \u2018est M.Voroski.Ce n\u2019est pas| George leur offre une partie n diable qui sort d\u2019une boîte.|de golfe.est un vieil intellectuel qui Sn 1 ; sort de l\u2019Université, et du tsa- Voilà les reporters avertis.risme.C\u2019est un vieux militant du parti social-démocrate tra- wailliste, si modéré!.Il y a longtemps que Voroski possède un habit noir, et la manière de Maurice Prax.La pensée nous étend nous riche famille de propriétaires | Pour ne pas dormir UNE DEVISE A FAIRE GRA VER AU CHEVET DE VOTRE LIT bonne fortune de recevoir une lettre du poéte Gabriele d\u2019An- nunzio ont remarqué sur son papier cette devise, entourée d\u2019une couronne de lauriers: \u201cPer non dormire\u201d (pour ne| pas dormir).C\u2019est ja reproduction de celle que le maître a fait graver sur le bois de son lit, Il est impossible d\u2019imaginer plus noble pensée et mieux ingénieusement placée Le moyen, je vous le demande de dormir, plug qu\u2019il ne faut strictement, lorsqu\u2019en s\u2019éveillant, on voit ces trois mots?Les lauriers sont là, mais on ne peut les cueillir que si l\u2019on sait se priver de sommei!.Qui de nous, le soir, même tombant de fatigue, n\u2019a pas eu souvent un peu honte à la pensée qu\u2019il allait perdre là un nombre d'heures absolument irréparables.Si la rapidité du temps est déjà terrible dans la veille, combien Pest-elle plus encore dans le sommeil! Nous gâchons bien des minutes pendant le jour.Du moins en avons-nous conscience.Et cela nous console.Mais celles de la nuit, qu\u2019en faisons-nous?Une existence entière, équivalente 4 peu prés au bon tiers de l\u2019autre, se juxtapose ainsi à la vraie, prélevée pour ainsi dire sur sa chair même.C\u2019est comme si, d\u2019un trésor une fois pour toutes dévolu, il nous fallait, par avance, distraire Ja troisième part, sans profit pour personne.C\u2019est pourquoi l\u2019effort de tous les hommes dignes de ce nom a toujours été de réduire au minimum cette \u201cterra igno- ta\u201d de notre conscience, de mordre !e plus possible sur ce désert de confusion et de vide pour en fertiliser, sous les rayons du soleil ou de la lampe, les territoires obscurs.Les religieux prétendent que sept heures de repos sont suffisantes à l\u2019homme.Et c\u2019est vrai, qu\u2019au delà de ces sept heures récupératrices, les seules nécessaires, celles que nous nous accordons en plus ne nous font aucun bien.Elles sont le lieu idéal des larves mauvaises de toutes sortes de démons ennemis de l\u2019homme.\u201cMauvais sommeil\u201d, dit le peuple.Alors pourquoi ne pas se lever?Il y a tant de choses à faire Quand ce ne serait de rêver.\u2018rêver, il faut être éveillé ter- \u2018riblement éveillé.Si paradoxa! Les personnes qui ont eu Ja qué cela puisse paraitre, pour moi la plus féconde, la plus noble des actions.Que dis.je\u201d i! est l\u2019action sous sa forme essentielle, la matrice de l\u2019action.Mais pour vraiment 1 1E :sommei] est le plus redouta- \u2018ble ennemi du rêve.Il le tue, 'infailliblement.Il semble d\u2019a- {bord le favoriser.L'homme qui s\u2019étend dans son lit goûte \u2018quelques minutes de béatitude infinie.Il a Yillusion qu\u2019un\u2018 L_ portique s'ouvre, merveilleu- .\u2014=- = == (sement, sur des possibilités il.\u2018spectateurs parqués en rangs ser- llimitées.II entre.Au bout de rés pendant douze heures de suite :que:ques pas, il chancelle, é-|et supportant avec joie, moyennant tourdi, il a heurté le mur flui- [vingt francs des incommodités qu'ils de et traître du demi-sommeil;détestent dans le Métro, moyen- Les formes délicieuses du rêve {nant six sous.se brouillent et se ternissent Mais ce qui est frappant, c\u2019est le Et le voilà qui dérive dans l'in type Physique du coureur cycliste concient, où l\u2019attend, d\u2019abîme;et de ses soigneurs, généralement en abîme, le sommei! de ]a des coureurs ratés.IL faut bien brute ou le pandemonium ab- admettre que, sauf exceptions, leur surde des songes.front est bas, et que leur visage ne Non, non, le rêve n\u2019est pas respire pas l\u2019intelligence.; = ~ Il est évident que ces sportsmen DO ego ee ve ost viennent de classes opposées de la A -isociété.Le coureur cycliste sort vent tôt ou se couchent tard, généralement des plus basses, tan- de ceux qui vivent et qui Mé-|dis que le cavalier de l\u2019Hippique ditent, ceux qui aiment, ceux peut, par le fait même qu\u2019il se vêt qui pensent, ceux qui travail-|de rouge pour imiter de son mieux lent.Un homme d\u2019action qui|la puce, prétendre au plus beau s\u2019arrête cinq minutes au mi- mariage.lieu du plus verligineux la-| Ce qui est curieux, c\u2019est que les beur et met sa tête dans ses|sports, comme les métiers, ne modi- mains, a davantage peut-être:fient pas seulement chez les hom- rêvé, en ces cinq minutes, que mes la ligne du corps, mais le visa- le plus nonchalant des dor- ge.\u201cLa tête\u201d du eycliste est plus meurs, toujours à la poursuite|différente de \u201cla tête\u201d du cavalier Hervé LAUWICK.de songes heureux.que ne le sont leurs jambes.Et c\u2019est pour n\u2019avoir pas _ Offrons-nous, comme exemple, la dormi que le grand poète ita- tête des gens rasés.Le _jockey, lien lui-même a pu réaliser MÊME n\u2019ayant pas gagné vingt cette vie magniique d\u2019amou- courses, ne ressemble pas au sémi- 0) , : nariste.Celui-ci se rapproche du reux, de Be me.L'artiste, de polytechnicien, lequel s\u2019éloïgne net- vant ot \u2018pas anal am, de a tement du boxeur.Le boxeur n\u2019a été perdue et dont son oeuvre pas de nez, et le polytechnicien en étincelante et profonde por- 2 un, sans doute pour placer ses ; .> = {lunettes.Le jockey ressemble au te un témoignage glotieux.|toréador, mais pas au comique de Francis de Miomandre |café-concert.Et les gens qui ont \u2014 \u2014 un physique de café-copcert sont a \u2019 : tous au café-concert et plus ou La tete de l'emploi moins comiques.Généralement \u2014 \u2018moins.Mais on n\u2019en voit jamais La course cycliste des Six Jours dans l\u2019armée, et peu dans l\u2019enregis- vient de finir, et le Concours Hip-|trement.pique itou., TI y aurait plusieurs livres as- Le Concours Hippique est desti- sommants à rédiger sur ce sujet \u2014 nà, dit-on, à maintenir les races je visage et la profession.Et je chevalines.Ce qu\u2019il semble avoir|m\u2019y mettrais tout de suite, s\u2019il n\u2019é- maintenu c\u2019est une race qui tendait tait cent fois préférable de pêcher à disparaître, à l\u2019égal du plésiosau-!à la ligne, et de mâcher du \u2018\u2018chew- re et du dronte ou \u201cdodo\u201d, savoir ing gum\u201d en \u2019absence de tout soul\u2019homme de cheval.\u2018ci.Hier, le Grand Palais était plein! de petits hommeg dont les jambes| sont maigres, le buste étroit dans de : a curieuses redingotes a épaules poin-' tues, le chapeau melon un peu dé-| POLEMIQUE modé, le visage cuit par le soleil et | la pluie, et dont l\u2019absence totale de | .muscles dissimule une force cer-; Dans une petite .ville de taine.On ne les voit qu\u2019au Con-{I\u2019Allier, huit conseillers mu- cours Hippique.Et quelques-unes/Nicipaux avaient donné leur de leurs jaquettes, complètement démission pour protester con- Vous obtiendrez toufours: Ya meilleure qualité, le servied le plus efficace et des prix beaucoup plus bas que les prix courants du marché, en faisant vos achata ches =! Dupuis Sré rm vere\" LE MAGASIN DU PEUPLE 44:-449, STE-CATHERINE EST, - = MONTREAN ment atttisées par les chefs, des deux partis, s\u2019embrasèrent.Ce fut un admirable dé- chainement d\u2019invectives.\u201cQuousque tandem abute- res (sic) patientia mea?\u201d écrivait, au début d\u2019un virulent article, l'ennemi le plus acharné du maire.Et celui-ci répliquait: \u2014Vous écorchez le latin! Vous êtes un agité, un impulsif, un ma'ade, aurait dit Confucius.Mais le Cicéron de l\u2019Allier reprenait l\u2019offensive en ces termes: \u2014Devant les mesquines at- taquee que tu me décoches dans ton bourre-crâne, je vois que tu prêtes l\u2019échine si volontiers que je vais encore une fois te rosser de main de mai-} tre, parce que je veux rendre coup pour coup, oeil pour oeil, dent pour dent et te faire voir qu\u2019à l\u2019inverse de toi je ne suis pas mort, car je rouspète encore.Puis :e maire fut accusé par ses détracteurs d\u2019avoir acheté à Paris, dans le sixième arrondissement, une maison de commerce dont la rustique enseigne \u201cA la Botte de paille\u201d est célèbre chez les étudiants du Quartier latin et les élèves des Beaux-Arts.Mais l\u2019accusation terrible fut celle-ci: \u201cPendant la guerre, te maire a mangé du pain blanc!\u201d En vain le maire jura ses grands dieux qu\u2019il s\u2019était toujours nourri de \u201cpain de ménage, de pain de paysan\u201d.T1 fut honteusement battu et le Cicéron de l\u2019Allier lui langa, dès que les résultats du scrutin furent connus, cette apostrophe enflammée: la plus \u201cFais le mort,retire-toi dans|.ton château, repu de la guerre, étudie un superbe blason avec beaucoup moins de gueules! Oublie ta chère ville qui t'a at oublié et réfléchis que \u201csic transit gloria mundi!\u201d Le \u201cCri\u201d Toute erreur n\u2019est qu\u2019une affirmation insuffisante.?Numa Boudet Commission des Liqueurs Avertissement Spécial aux Acquéreurs Possibles de Permis de Vente de Bières et de Vins.Nous croyons devoir rappeler au public en général, et en particulier aux acquéreurs possibles de Permis de Vente de Bières et de Vins, que ces permis sont octroyés, à titre personnel seulement, à certaines personnes qui seules ont le droit de les exploiter.Ces permis ne peuvent donc pas être vendus ou transférés, sauf en cas de décès du titulaire du permis, mais, seulement avec la permission formelle de la Commission.Les personnes qui achètent des Hôtels, des Tavernes, des Restaurants ou Épiceries n\u2019ont pas le droit de continuer la vente de Bière ou de Vins en vertu du permis accordé au Vendeur et si ces personnes prennent possession matérielle de ces établissements, à moins qu ellesnes abstiennent entièrement de la vente de bières ou de vins, elles le font à leurs risques et périls.La Loi punit sévèrement ceux qui vendent des liqueurs alcooliques sans être munis d\u2019un permis et le fait d\u2019acheter un établissement parce qu\u2019il esten opération, ne mettra pas l'acquéreur à l\u2019abri des sanctions de la Loi.Tout détenteur d\u2019un permis peut vendre son établissement, mais il doit immédiatement retourner son certificat à la Commission et l\u2019acquéreur devra faire a demande de permis, qui sera dûment prise en considération et jugée à son mérite.voit, la Loi est formelle et les intéressés, en s\u2019y conformant strictement, s\u2019éviteront bien des ennuis, sans compter les pertes matérielles possibles et les sanctions prévues par la Loi.Comme on le Commission des Liqueurs de Québec.57 EPARGNEZ AVANT DE DEPENSER Que votre livret de-banque soit votre première occupation.Votre prévoyance vous sera plus que profitable dans les années à venir.Un département d\u2019épargne dans toutes les succursales de LA BANQUE ROYALE OÙ CANADA PLUS DE $440,000,000 EN DEPOTS Es re \\l/ / LE RENDEZ-VOUS DES GOURMETS, OU POUR 35c OU PLUS, L\u2019ON PEUT DEGUSTER DE FINS PLATS, COMME CHEZ NOUS.METS DE CHOIX \u2014 SERVICE RAPIDE \u2014 TENUE PARFAITE - grandit; elle grandit notre pe-| Car, qu\u2019on tte me fasse pas inédites depuis 1875, mériteraie\u2026#tre la gestion du maire.Ils 104% À: CHEF: GEO.CARBONNEAU s\u2019en servir.tit être.Elle nous transporte.l\u2019injure de croire que je ne ré- jun flot de rubans.furent réélus et redonnèrent L'initiative de la Jeunesse Téléphone: Main 5830.58, CARRE VICTORI AN Les reporters verront M.|O la meilleure de toutes les|clame ces heures de veille à| De même, il est certain que la/leur démission.Le Consai |vaut l\u2019expérience des vieil-| © \u2019 DC Tchitchérine qui a longtemps voluptés ! notre courage que pour les of-|course des Six Jours a développé le municipal fut alors dissous et lards.appartenu \u201cà la carrière\u201drusse Eugène Cordier |frir à l\u2019actien.Le rêve est|type si répandu à Paris du naif :lleg passions politiques, savam- Madame de Knorr -~ JOURNALISTES D\u2019AUTREFOIS Mé LE CLIMAT DE PARIS Les histoires sont des livres assez ennuyeux, qu\u2019on est obligé de lire au collège pour prendre son grade de bachelier.En général, on écrit ces livres en copiant leg autres: c\u2019est un travail grave, fait par des hommes gérieux, qui ge garderaient bien de hasarder le moindre mot plaisant, de peur de compromettre leur solennelle profession d\u2019historien.Ceg écrivains ne savent pas que les acteurs de tous ces livreg sont des hommes, et qu\u2019il n\u2019y a jamais eu un seul héros perpétuellement gérieux, depuis David, l\u2019inventeur de \u2018a chorégraphie publique, jusqu\u2019à Napoléon, qui a naturalisé l\u2019opéra-bouffe à Paris.L'histoire serait une chose charmante comme la fable, dont elle est la froide et grave copie, si elle gavait descendre à tant de petits détails qui ont souvent produit leg grandes choses.Mais l\u2019histoire ne veut pas descendre; elle a des hauteur qu\u2019elle garde, et d\u2019où elle juge les hommes et les événet ments.Jd\u2019ai vainement cherché, dans les histoires de France, une seule réflexion sur l\u2019influence que le climat de Paris a fait subir à la coiffure deg rois, aux moeurs, à la littérature et même à la religion.Cette influence a été prodigieuse, paradoxe à part: elle méritait un chapitre dans Mézeray ou Anquetil.Lorsque Pharamond eut commis l\u2019énorme faute de se faire élire qur un pavoig dans les marécages de Lutèce, au 49e degré deJlatitude nord, LaGloireduVin Des hommes considémaibles viennent de célébrer, pendant une semaine, les vertus des vins de France, ils ont avisé aux moyens de répandre eur renommés et de les préserver de toute fraude.Il et bien vrai qu\u2019on ne nous connaît pas, tant qu\u2019on a pas bu de nos vins, et que ous ne sautions avoir d\u2019ambassadeurs plus vérédiques ni plus magnifiques.Cela a donné occasion de re- Tendre toutes les louangez qui ont cours à leur Sujet et les gens robustes, une fois de plus, ont affirmé sans hésitation que le vin ne fait que du bien aux malades.Le vin, comme toutes les grandes choses, a sa réthéorique qu\u2019il faut écarter mais sans g\u2019éloi- ner de la vérité le moins du monde, on doit reconnaître que ceux de notre pays sont une des expression les plus fortes et les plus justes de son génie.Leur variété est admirable, mais depuis les \u201cBordeaux\u201d subtils jusqu\u2019aux \u2018\u201cBourgogne\u201d parfumés, sérieux, puissants, depuis les vins bimpants et guillerets de l\u2019Anjou jusqu\u2019à ceux din Rhone, secs et solaines, aucun n\u2019attaque brutalement lo buveur; aucun, non plus, ne consent à s\u2019avilir et à s\u2019épaissir dans la 1 queur et le sirop.Tous à re tai lil ne tarda pas à s\u2019en repentir: l\u2019humidité de son {palais royal et les plages de gon petit royaume lui ,procurèrent de nombreuses maladies, dont Mé- zeray ne parle pas, et qui le conduisirent au tom beau aprèg un modeste règne de huit ans.On! est saisi d\u2019un véritable sentiment d\u2019historique pitié, en songeant que le fondateur de notre monarchie parisienne n\u2019a fait que passer et que gon corps vigoureux s\u2019est subitement éteint de consomption entre le double rhumatisme deg pieds et du cerveau.Son successeur comprit mieux que personne cette immense faute.Clodion avait entendu les longues doléances rhumatismales du fondateur de notre monarchie, et, pour prolonger son règne au delà de huit ans, il inventa la race des rois chevelus et donna I'exemple à ses guccesseurs de ce preservatif capital.Rien n\u2019égalait, dans les crinières fauves, l\u2019ampleur opulente de la cheve- ture de Clodion, t pourtant il ne ge crut pas suft fisamment garanti contre !e climat de Lutèce, et il jeta un regrd de convoitise vers la tiède Itakie, où leg rois avaient la faculté de se coiffer imput nément à la Titus.La monarchie française, à peine fondée, était donc sur le point de s\u2019écrou« er a cause des rhumes de cerveau.Clodion aban- lonna Lutèce et déclara la guerre aux Romains.\\étius commandait !es têtes chauves de l\u2019Italie ; \u2018lodion, Jeg têtes chevelues du département la seine.On se battit avec acharnement.Clodion, \u2018aineu, nrit la fuite; toutefois, il ne voulut pas rentrer à Lutèce.Sous la race des rois chevelus, on infligeaft aux coupables a plug terrible des punitions: la mort lente causée par une série non interrompue de rhumes de cerveau ; on leur rasait la têth!.On ne décapitait pas; ce suppliee était trop doux: on laisgait la tête sur le corps, on ne coupait qué goûter un homme sans finesse.gi l\u2019on voulait définir leur nature, il faudrait les appeler plaisants sociales et amicaux.L\u2019ivresse qu\u2019ils excitent est spirituelle.Lorsqu'ils s\u2019emparent de l\u2019être humain, ils courent tout de suite au donjon et, comme le dit une expression charmante, ils montent à la tête: Ils éveillent des pensées bien plus qu\u2019i's ne suscitent des rêves.Ils donnent des bottes de sept lieus aux pas plus rapides que fait la raison Dans les cathédrales, le pampre s\u2019enrouie aux chapitaux.Saint Louis parle du vin de Join- ville et essaye de persuader au bon sénéchal, qui n\u2019était pas Champenois pour rien, de boire le sien trempé d\u2019eau.Sil es livres étaient faits comme ils devraient l\u2019être, et non point pas des patrons, toujours reproduits, il n\u2019y aurait point d'histoire de notre littérature sans un chapitre sur le vin.C\u2019est le fleuve de notre carte intellectuelle.Sans parler de Rabelais, la gaieté de Molière, par exemple, celle de ses farces et de seg comédies, c\u2019est une gaieté vineuse.Tout le dix-septième siècle du reste, si sérieux et si imposant qu\u2019il apparaisse.est, à sa base enrolé de treilles.La chanson a boire murmure ses fredons au pied de cette auguste façade.Les cabarets sont fameux et innombrables, le \u201cChien vert\u201d, \u201cI\u2019Aigle royal\u201d, les \u201cTrois ponts d\u2019or\u201d, l\u2019\u201cEcu d'Argent\u201d, \u201cl\u2019Ange\u201d, le \u201cSo- noire\u201d.Les soldats s'attablent à la \u201cCorne\u201d.Ce n'est pas seulement Chapelle qui trône à la \u201cCroix de Lorraine\u201d, ni Saint-Amant qui écrit ses vers admirables à la taverne de l\u201d\u2019Epée royale\u201d, Ra- les cheveux.C\u2019en était fait du criminel.ee Les premières hérésieg datent de l\u2019époque suivante, et elles ge rattachent encore à une épidémie de rhumes de cerveau qui déso!a notre belle France à l\u2019apparition deg églises gothiqjues.Ces superbes édifices, représentant, dans la pensée des architectes, leg forêts du Nord, en conservèrent aussi l\u2019humdité homicide.Les ravages du fléau pétrifié furent immenses, Une hérégie rhumatismale éclata de Sens à Auxerre.Un jeune clerc, nommé Sidonius, se mit en campagne, et, coiffé en sphinx, il précha contre les égligeg 04 :hiques et appela les néophytes à sa chapelle étroite et tiède, construte en bois de gapin.L\u2019éd tincelle devait produire plsu tard \u2019incendie des \u2018guerres de religion: la Saint-Barthélemy, les dragonnades, les Cévenneq ont pour origine la victoire d\u2019Aéting contre Clodion, et les rhumes de cerveau de 'Sidonius l\u2019Auxerrois; que nous gommes loin de Mézeray, d\u2019Anquetil et de Bossuet ! La manie de guerroyer au delà des monts, comme dit Brantôme, cet écrrivain toujours enrhumé, d\u2019après son propre aveu, doit encore être attribuée à la faute origine\"le commise par Pha- ramond sur son pavois.Leg rois de France et Ja noblesse, privés de la pâte de Regnault, et gardant leur têtes éternellement découvertes sous les lambris du Louvre, humectés par la Seine voisine, renoncèrent aux guerreq de Flandre et d\u2019Allemagne et adoptèrent le mode hygiénique de passer les monts et de tuer baucoup d\u2019Italiens pour se débarrasser des toux opiniâtres de l\u2019hiver.I.Soug Louis XIII, les lamentations furent grandes parmi la noblesse, au Marais et à For- tainebleau.Les arceaux de la place Royale retentissaient d\u2019une tempête de toux.Le roi fit un édit pour obliger les gentilshommes à laisger croître à l\u2019infini leurs chevelure, et il! donna lui-mêne cine fréquente le \u201cMouton blanc\u201d, et il rencontre Molière et Boileau à la \u201cPomme de pin\u201d.La Bruyère parle de j\u2019Ay et du Sillery.Le vin entretient la santé d\u2019esprit de cet admirable siècle.Notre littérature, depuis, a perdu cet accent bachique.Les romantiques,et plus encore les modernes, ont recherché des ivresses plus lourdes, plus calculées et plus exotiques.Il leur a fallu les eaux-de-vie froides et brutales du Nord ou les drogues de l\u2019Asie.C\u2019est qu\u2019entre temps, l'homme avait changé.Il s\u2019agissait pour lui de fuir la vie, de la renier dans des torpeurs et des extases suspectes.L\u2019ancienne ivresse, au contraire, n\u2019abominait pas la réalité.Elle se contentait de la retoucher et de l\u2019embellir en riant, de l\u2019animer de teintes plus vives et plus délicates.Dans le grand codbat qui dipise notre littérature, le vin tient pour l\u2019ancien parti, i! est du côté des classiques.Le vin a une autre qualité: c\u2019est l\u2019ami du voyageur.Que de contrées dont, sans lui, nous n\u2019aurions pag connu le caractère! Nous arrivons dans une ville nouvelle.Autour de nous ses monuments, ses maisons, le visage des femmes qui pasent, et, plu loin, les lignes des collines et de l\u2019horizon sont autant de signes où l\u2019âme d\u2019une terre tâche à se définir et à s\u2019exprimer.Cependant, pour bien l\u2019htendre, il faudrait demeure longtemps dans cette ville, V étudier de vieill'es archives et aussi, sans doute, y être amoureux.Mais, sur notre table, brille la bouteille bien choi- l'exemple en adoptant la mode adoptée par Clo- dion.Ce palliatif fit quelque bien ; mais le roi et la noblesse ayant conquis un trésor inépuisable de rhumatisme au siège de la Rouhe lieu conseilla une petite guerre curative au delà des monts; ce fut le duc de Savoie qui paya les frais du traitement.On ravagea donc chez lui, et on revint à Paris, en parfaite santé, aux premiers jours du printemps.La faute originelle de Pharamond a exercé aussi une singulière influence gur notre littérature.Aucun Rollin, aucun Batteux, aucun Domairon, n\u2019ont envisagé cette question à son point de vue, le plus important.Pharamond nous a procuré longtempg une poésie qui avait exilé de son sein tout ce qu\u2019il y a de beau et de charmant au monde, le soleil, la mer, les étoiles, la lune, !es fleurs.On frémit de douleur en pensant que Corneille et Racine, logés dans une mansarde des rues de la Huchette et de Saint-Piernek aux-Boeufs, n\u2019ont connu les astres du ciel et les grâces de la nature que de réputation et gur Ja foi des auteurs grecs et latins.Les astres du ciel et les fleurs de la terre ont été découverts en Amérique par M.de Chateaubriand, qui parvint à les naturaliser à Paris.Et le public du grand siècle, à Pharamond! C\u2019est lui qui a fait siffler le \u201cCid\u201d, \u201cAthalie\u2019! et le \u201cMisanthrope\u201d.Aurait-on pensé cela de Pha- ramond?C\u2019est pourtant la vérité pure.Nous, pu- lic de 1844, public libre et bien vêtu, marchant sur des trotoirs d\u2019onyx, assis au théâtre sur des cousin de velours, éclairés par un firmament de gaz, nous ne pouvons imaginer les misères du public d\u2019autrefois et refaire pour cette époque la carte de Paris.Figurez-vous donc, avec un violent effort d'imagination, cette ville inhabitable; fi- gurez-voug des rues pavées de monceaux de boues, éclairées, la nuit, par les coups de pisto- sie qui va mous livrer sans effort un secret qui nous eut autroment coûté tant de soins; quand nous élèverons notre verre, le vin que nous boirons sera vraiment une communication de tout le payasage .Il est certain pays que je ne puis évoquer sans qu renaisse en moi le souvenir des vins qu\u2019ils ont pour interprêtes.Si je repense à l\u2019Italie, je me rapplle aussitôt ceux qui règnent encore dans chaque province et dans chaque ville, comme des podesdats, ceux de la Vénétie, ce \u2018\u201cValpolicella\u201d aimable et vif comme un personnage des comédies de Goldoni, puis, à Florence, le \u201cChianti\u201d rugueux ol vit le génie savoureux, libre et hardi de la Toscane, et à Rome, le vin violent et dur des coteaux.Mais le plus délicieux de tous, gans comparaison, c\u2019est celui d\u2019Orvieto.Il est si délicat qu'il ne souffre pas les voyages; à peine s\u2019il fait un pas audevant de l\u2019étranger, au nord, jusqu\u2019à Sienne, au sud, jusqu\u2019à Rome.Pour bien le connaître, il faut arriver à son terroir.Là, dans sa ville murée, au centre d\u2019un paysage d\u2019une fermeté et d\u2019une puissance admirables, parfumé, suave automnal, il répand son or léger aussi abondamment que de l\u2019eau claire.Si le goût du vin venait à se perdre, on ne voit guère par quoi d\u2019aussi noble et d\u2019aussi in- nocemt celui-ci pourrait être remplacé.Il faudrait pourtant qu\u2019il le fût, car !a place qu\u2019il remplit ne peut rester vide.Les hommes ont besoin et des voleurs, et ce malheureux public gagnant à travers mille embuscades et à tatons le théâtre de Corneille.Figurez-voug l\u2019étrangeté primitive de la salle, de la scène, les murs suintants, 1é- preux, enfumég, un lustre et une rampe obscurcis par quatre chandelles de suif, des coulisses, des paravents humides.Voyez arriver ce public crotté jusqu\u2019à l\u2019échine, trempé de pluie déchiré par la toux et venant assister aux doléanceg d\u2019uxx misanthrope chaudement vétu et coiffé.Il se vengeait en gifflant.Ainsi, nous pouvons affirmer que tous les malheurs politiques, religieux et littéraires de la France, depuis quatorze siècles, doivent être attribués à la faute fondamentale de Pharamond.On ne saurait croire à quel degré de splendeur la) France se fût élevé au sortir du berceau gaulois, si Pharamond eût fondé Paris dang quelque tiède piaine du département du Var.L'Italie eût été province française sous un Clodion chauve; nous aurions gardé Dijon et Bordeaux à cause deg vius; Gênes nous eût approvisionnés de seg fleurs pour nos festing et nos bals; nous n\u2019aurions pag fait les Croisades, guerres entreprises par des seigneurs trop enrhumés dans leurs froids castels du Nord; Chateaubriand et Victor Hugo se seraient levés à l\u2019horizon du midi, au plus tard sous Clovis; l\u2019Encyclopédie resterait enseve!ie dans le néant; nos guerres civiles, produites par leg ennuis des brouillards, n\u2019auraient pas désolé Ce pays; Toulon, placé sous les yeux de la capi tale et fréquenté par les députés et les pairs, noug montrerait sur rade cent vaisseaux de haut bord: le \u201cFontenoy\u201d, qui pourrit depuis vingt-cinq ans sous la cale de l\u2019Arsenal, serait achevé en 1844 aux yeux de cinquante mille marins.Quatorze siècles d\u2019or, enlevés à la France par l\u2019étourderie de Pharamond! (\u201cLa Presse\u201d, 1844.) de se délivrer par moments du joug qui pèse sur eux et de se rendre joyeux par quelque artifice; c'est dans le caractère de l\u2019ivresse où elle se plaît que chaque nation marque le mieux sa tendance.Celle des français, engageants, active, insouciante, ressemble celle des Grecs, avec moins de poésie.Celle des Persans est allée plus loin et un grand poète, mar Klayyam, lui a donné des profondeurs, inconnues de pensée, de mélancolie et de volupté.Bien loin que les savants et les philosophes doivent se priver du vin, i ly a pour eux plus de prix que pour les autres hommes, L\u2019ivresse commune n\u2019est emplie que de tapages et de gros rires.Mais le vin donne lieu, dans l\u2019esprit des sages, à des rapprochements imprévus de pen sées et de connaissances qui ne e seraient point produits autrement.Surtout i! faut s\u2019être exercé à connaître l'homme et le monde dans leur vrai Jour pour goûter pleinement pour approfondir le plaisir de jeter sur eux le voile d\u2019une illusion à demi volontaire.De pareils moments sont nécessaires.I! n\u2019est pas bon pour nous de considérer toujours avec rigueur les choses, les gens et nous-mêmes.I] nous faut de temps en temps nous raccomoder avec la vie et renouer avce elle.Mais si l\u2019on voulait personifier les vertus et peindre l\u2019image de l\u2019Indulgence i! conviendrait de ia représenter tenant dans la main une coupe a demi pleine.Abel Bonnard. VOL 11 \u2014 No.15 LE MATIN, Samedi 6 Mai 1922 29 13 ®œ Pour prouver à certain monsieur qu\u2019on peut quelquefois abaisser la plume.LA VEILLÉE Conte du terroir.soir-là, c\u2019était la veillée C.v.Johnie Léveillée.Comme on dit par chez nous: \u201cLeg Johnie Léveillée, y faisent une soérée\u201d.Tous les voisins étaient invités, leg vieux comme les jeunes, on avait même invité cet \u201cinfâme\u201d de Pit Loiseau, le plus grand farceur du pays.Dans nos campagnes.ces veillées se font de plus en plus rares; malheureusement, leg inventions modernes ont rejeté dans l\u2019ombre triste de l\u2019oubli et du dédain ces vieilles coutumes canadiennes.Quelques villages non encore troublés par 1a main éteigneuse d\u2019idéal du chemin de fer, ont conservé la bonne coutume de ces réunions familiales, de ces veillées qui, réunissant tous les membres de la même contrée, ont fait de la race canadienne- française une race unie, une race de paysans fortg et robustes travaillant la main dans la main et les yeux fixés sur le clocher du village.Saint-Léon des Ermites Boiteux était un village qui avait encore, à l\u2019époque de mon histoire, conservé son velouté, c\u2019est-à-dire: n\u2019était pas encore éraflé par les sillons d\u2019acier du chemin de fer; les vieil les coutumes y étaient encore en force.La veillée de Johnie était en l\u2019honneur du soixante et quinzième anniversaire des noces du vieux Jean-Baptiste Lé- veillée et de ga vieille.La jeune Mirette, qui g\u2019occuait des deux vieux, avait mis à l\u2019aïeu! sa blus belle bougrine et l\u2019avait installé près du poéle, dans son vieux fauteuil, dès cing heureg de l\u2019après-midi.Le \u201cVieux\u201d ,depuis quatre ou cinq ans, était devenu taciturne, il ne répondait plus que par signes à Mirette, ga préférée parmi ses quinze petits- enfants.Il n\u2019était pas muet, grêce à Dieu! Ie don de la parole ne lui avait pas été enlevé; de temps à autre, aux £rande, fêtes de Noël et du Jour de l\u2019An, il retrouvait sa Voix pour étendre sur la tête de ses enfants ses mains noueuges et bénisseuses.Sa! flamms, la vieille Josette, était reurée active et empressée malgré se squatre-vingt ans: wi-lait sa be:le-fille à préparer !e réveillon pour les invités.Sméralda, l\u2019aînée des filles de Johnie, s\u2019était faite faraude, car Jos.Brouillette, venu au village pour quelques jours, allait venir à la veillée avec sa famille.Sméralda n\u2019avait as eu le bonheur de voir Jos depuis son départ pour Montréal.Son coeur virginal bondissait et faigait toc.dans sa vaste poitrine de vierge inassouvie, dans l\u2019attente de la vigite de son cavalier.lek vial\u201d s\u2019écrai tout-à-coup Ti Pierre, bambin de huit ans à la chevelure bouclée et forte, signe de race, et qui avait été choisi comme Sant-Jean-Baptiste, a la derniére procession.En effet.une voiture g\u2019é- .tait approchée.Ovide reconnut la jument pommelée des Gin- gras.André et Rosalie Gingras formaient un couple idéal et rafraichissant; lui, grand.large d\u2019épaules, les yeux bleug rêveurs, annonçait l\u2019homme sûr de ses droits et le père de neuf enfants robustes.Elle, petite, mais râblée, aux yeux noirs et pepants, alerte, malgré l\u2019embonpoint momentané qui annonçait que Dieu, bien- ment il enleva la pipe qui or- tôt, allait bénir pour la dixiè-'nait sa bouche.me fois, ce couple mora! et su-' perbe.Les Gingras furent guivis de près par les Cadorette.:tendait si \u2014\u201cComme ça.tu viens de Moréal\u201d, dit-il avec emphase.de cette voix grave qu\u2019on en-| rarement depuis .! a Vincent Cadorette était un pe-,QUelque temps.Au son de la tit vieux, remarié en troisième! VOIX du vénérable aieul, tous! noces avec Léocadie Leroux.Celle-ci était une personne distinguée, veuve du défunt maire, elle avait congervé une dignité appropriée à son ancien état.Elle portait un vaste corset où s\u2019entassaient pêle-mêle: un scapulaire, une bourse, un livre de prières, deux seins flasques, plusieurs médailles et une paire de claques en cas de pluie.Vincent Cadorette avait amené ses deux aînés, Joseph et Rosalba.Les voitures arrivaient maintenant sans interruption.La maison g\u2019emplissait petit à petit; il y avuit ia CIg représentants robustes d\u2019une race solide et qui ne veut pas mourir.Napoléon Siroig, sa fem ie et ses cing grands garçons ; Atha- nase Valande, le bedeau, qui avait apporté son accordéon ; Nazaire Lecoq, le meilleur câ- leux de la paroisse; Lidoire Beauchamp avec ga femme Agathe et ses deux filles Bertha et Ludivine; Agénor Ba- paume, sa femme, son fils Henri et sa fille Véda, avec son chapeau qu\u2019elle avait fait venir de chez Eaton; Euphé- mie Loigeau avec son fils Pit :e farceur, qui avait dit en entrant: \u201cBonguienne! qu\u2019y a des criatures! on se crérait a Saint-Jérôme!\u201d Nazaire Go- don, sa femme et leurs trois filles aînées; Gédéon Lavi- gueur, vieux garçon enraciné; leg Couture, les Bigaouette et les Cadestan.Monsieur le curé Latreille, qui avait tenu à venir encourager de sa présence cette réunion familiale, arriva un peu en retard.Le vénérable pasteur de Saint-Léon des Ermites Boîteux reçut une ovation de la part de ses ouailles.Ses yeux s\u2019humectérent en peu de larmes bien douces en considérant ces cultivateurs robustes et purs, mâles repré- senlants d\u2019une race altière et progressive, rameau détaché de la France et sur qui Dieu ' avait étendu sa main; Cana- diens-Français, noyau fécu- \u201cent, race à laquelle un avenir de gloire était promis.Les Brouillette arrivèrent les derniers, car Jos.qui venait de Montréal, déjà un peu atteint par les vices urbains, n\u2019avait pas voulu partir de la maison avant six heures.Son entrée fit sensation; le corps bien pris dans son uniforme de conducteur de tramways qu\u2019il avait endossé en l\u2018honneur de cette goirée, il n\u2019avait pas encore perdu son regard pur et !impide.Sméralda, toute rougissante et tortillant entre ses doigts rougis par les travaux de 1a maison, les lacets de son corget, reçut les premiers hommages de son cavalier.Non! i] n\u2019était pas changé, son conducteur, malgré l\u2019uniforme il était demeuré fidèle à celle à qui, deg les plus tendres ans, il avait donné son .veur.Jean-Baptiste Léveillée,toujours asgis au coin du poèle.n\u2019avait pas encore ouvert la bouche.Chacun, en entrant, était venu lui présenter ses voeux; monsieur Je curé lui- même n\u2019avait pas réussi à faire sortir un son de de cette bouche vénérable.Sméralda s\u2019avanc¢a, tenant par la main son cavalier: \u2014\u201cPépère, c\u2019est Jos.Brouil- lette, tu saig bien le p\u2019tit Jos.y travaille 4 Moréal.sur les chars.\u201d Au mot Montréal.les yeux de l\u2019aïeu] avaient bril'é.Lente- es invités g'étaient tus.On, |s\u2019approcha du poèle, on se| tassa autour de la chaise.Ce coquin de Pit Loiseau en profita pour pincer une.joue de Ludivine Beauchamp.Jos.Brouillette, un peu inti-; midé, répondit : \u2014\u201cOui, m'sieur Léveillée, je travaille sur les p'tits chars depuis janvier passé.\u201d \u2014\u201cMoréal\u201d dit l\u2019aïeul, \u2018c\u2019est une grande ville.Coute don, mon fils, je voudrais ben savoir quéque chose: je me suig laissé dire, y a quèque temps, que Moréal était devenue une ville ben de dépense, on m\u2019a dit que pour avoir une cria- ture y fallait payer un éeu à c\u2019l'heure; de mon temps c\u2019était trente sous; c\u2019est t\u2019y une blague ou ben donc c\u2019est t\u2019y vrai?\u201d La veillée se termina tard; après avoir bien dansé et bien bu, leg invités se retirérent chacun chez eux.ces réunions deviennent de plus en plus rares dans nos.campagne; la jaJou- sie, fille des grandes villes, empoisonne petit à petit nos habitants; la vanité, apportée sur les ailes rapides de la vapeur, corrompt malheureusement nos campagnes.Les grands magagins anglais, grace à leurs catalogues, qu\u2019une poste au servicé de l\u2019injustice, distribue dans nog campagnes, infiltrent le luxe obscène dans des coeurs autrefois purs et ménagers.Que nos éducateurs veillent:le danger, sans être pressant encore, point à l\u2019horizon noirci par le venin des hommes à la golde des ennemis de notre race.Montréal, ler mai 1922, COSTUMES D'ÉPOQUE Je vous ai rencontrée, madame, a un bal Louis XV, et nous avons dansé le \u201cshimmy\u201d, en dépit de votre robe à paniers.Je revois encore cette robe en drap de soie vieux rose, agrémenté de raïes blanches et de bouquets peints.Vous l\u2019aviez voulue délicieusement simple et vous aviez fait fi des noeuds de rubans, des bouillons de gaze, des coques, des guirlandes et autres falbalas, Votre corsage, ajusté sur votre poitrine, mettait à nu votre gorge et laissait deviner vos épaules qui m\u2019ont semblé les plus belles du monde.Je ne sais rien de plus charmant qu\u2019un bal costumé qui fait revivre toutes les grâces du passé, que ce soit celles du moyen âge, de la Renaissance ou du grand siècle, Ils ont déjà l\u2019avantage de nous apprendre l\u2019histoire.Je ne dis pas à bon compte, car les robes d\u2019autrefo\u2019s sont chères, que l\u2019on commande au- Jourd\u2019hui, mais ils nous l\u2019apprennent mieux que le meilleur des mai- tres.Je suis sûr que la préparation de ce costume vous a demandé de patientes et de laborieuses recherches.Vous avez consulté des gravures de l\u2019époque, feuilleté des dictionnaires et des encyclopédies, lu les auteurs qui ont traité du costume à travers les âges, en un mot, ouvert des livres pour lesquels vous n\u2019aviez eu jusqu\u2019alors aucun penchant.Maintenant, vous êtes aussi familiarisée avec le dix-huitiéme siecle qu\u2019avec la mode du printemps.Demain, si vous coiffez le hennin pour quelque autre bal, les temps médiévaux n\u2019auront plus de secrets pour vous.Et plus, pendant toute une soirée, vous avez connu une politesse raffinée, une courtoisie en défaut.Vous avez été l\u2019objet de mille prévenances, vous avez entendu de- madrigaux et des hommes vous on! OLE Le tabac a fumer -le plus populaire au Canada be Tabac ôe qualite LES BELLES FOURRURES DU PRINTEMPS Nos nouvelles séries contiennent les modèles les plus récents et les plus distingués, depuis la gracieuse petite cravate en taupe jusqu\u2019au luxueux tour de cou en renard ou en vison.La maison se charge de l'entretien et de la conservation des fourrures qui lui sont confiées par sa clientèle.CHAS.DESJARDINS & CIE, Limitée EMMAGASINAGE DES FOURRURES 130, RUE SAINT-DENIS 46 NOTRE-DAME OUEST, MONTREAL L.religieuses, grands seigneurs.Des gestes qu\u2019ils» oublieront peut-être en ôtant leur habit de velours et leur jabot de | dentelle.i Ainsi il suffit de revêtir un cos-| tume pour retrouver à l\u2019instant l\u2019esprit, les moeurs et les manières de, son époque et pour oublier celle que ; nous vivons.Ce n\u2019est pas pour mé.| dire de ce siècle.Il a certainement ! des charmes, maïs nous manquons | d\u2019un recu] suffisant pour les apprécier.Plus tard, nos arriére-ne-! veux seront habillés de cuir ou de! toile cirée, et le tailleur que vous, portez au Bois, le matin, aura pour: eux autant d'\u2019attrait qu\u2019en avait, DE 32 DIVISIONS 10 SOUS LE CAHIER vous avez mise, un soir, pour dan-! ser.Qui sait même si votre om-; pour nous cette robe à parier:
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