Le matin, 21 avril 1923, samedi 21 avril 1923
[" | VOL.II! \u2014 No 16.4 \u2014 1 Rédaction: 162 rue Saint-Denis Chambres 300 - 301 Administration: 164 rue Saint-Denis Tél.: Est 893.Atelier, M.7309 Abonnements par la Poste Canada Etranger Unan.$250 $3.60 Six mois .1.50 1.76 FTAA Directeur : ROGER MAILLET CONTRE TOUS LES Ji QUE à | POLITIQUE ET LITTERAIRE : MUN IXKEAL, SAMLUL, 21 AVKIL i 1923 EN MARGE DE L\u2019AFFAIRE ROBERTS \u201cJe me souviens\u2019 Le mot de Urbain Gohier \u201cJe me souviens\u201d.c\u2019est la devise de notre province et cependant on dirait que notre gouvernement agit comme si, pour nous, le \u201cje me souviens\u201d voulait dire: j'oublie.Nous-oublions trop, c'est vrai, mais, tout de même, il y a des limites.Le Soleil arborait l\u2019autre jour une attitude compassée: ce pauvre Roberts.ce noble gouvernement.le pardon des injures.clémence.la beauté du geste.rémission.Bref, une demi-colonne de foutaises douceâtres, hypocrites, édulcorées par la guimauve officieuse et rance qui rehausse, d\u2019ordinalre, les becquets ministériels de cet organe si délicieusement anonyme, mafflu et melliflu.Ainsi donc, le tournesol de notre parterre journalistique veut répandre sur l\u2019affaire Roberts le suc opaque de l\u2019oubli.Il croit, dans un mépris à peine déguisé pour la population, que son maître Taschereau pourra, à n\u2019importe quelle époque, faire arrêter un citoyen britannique, sous n\u2019importe quel prétexte, puis le mettre sous verroux pour n'importe quel temps et qu\u2019il suffira, ensuite, en proie à une terreur (bien compréhensible, cette fois) de lever les herses d\u2019une geôle et de libérer son prisonnier pour que tout aille pour le mieux dans la meilleure des provinces, oui, le Soleil croit cela, \u2014 il reçoit, du reste, $163,000 pour y croire, \u2014 eh! bien, le Soleil se trompe.Il y a, dans ce coin du Canada, un certain nombre de gens, qui ne sont pas disposés à OUBLIER le geste néfaste, monstrueux et arbitraire d'une clique de politiciens avachis et apeurés, il y a.vive Dieu! chez nous, une bonne poignée de ci- tovens excédés par les abus et les iniquités de la clique crécharde, une inébranlable cohorte capable de propager le juste mépris, de répandre le cuite du riuicule que l\u2019on doit aux tyranneaux régnants, nous avons même, encore, quelques journaux libres que le despotisme ne saurait atteindre ni par la finance, ni par les tribunaux.Car nous ne sommes plus au temps où un journal hedbomadaire ne pouvait compter que sur les annonces pour vivre: le peuple lit davantage aujourd'hui; nous ne sommes plus au temps où, selon le mot si dur mais si vrai de M.Olivar Asse- lin, la presse indépendante se heurtait à une \u2018\u2018magistrature assoiffée de prostitution\u201d: on est maintenant presque sûr qu\u2019il y a des juges à Berlin.Donc, le Solcil peut bien adopter un ton de munificence, de charité et de mansuétude, nous ne sommes pas dupes du mielleux manège.Si Roberts est en liberté, nous savons exactement pourquoi.Ce n\u2019est ni par la grâce, ni par la munificence, ni par la générosité, ni par la pure bonté de ceux qui l\u2019ont incarcéré, De cela, pas un lecteur n'est assez naif pour en douter! Si Roberts est en liberté c'est simplement parce que la question de son emprisonnement devait venir devant la Chambre, à Ottawa, et parce qu\u2019alors le bloc québecquois, dont les destins sont étroitement liés à ceux de la clique provinciale, eut subi un choc-décisif.Il ne faut pas oublier que le niveau de la Chambre fédérale est incomparablement supérieur à celui de la législature provinciale et que la monstruosité de M.Alexandre Taschereau aurait encouru, à Ottawa, un désaveu retentissant.On affirme aussi que sir Lomer a bien voulu épargner à M, Taschereau un affront dont l\u2019effet n\u2019eut pas manqué d'être pire, pour lui, que celui de la dernière élection.En tout ceci, il convient de ne pas oublier.Que J.-H.Roberts soit, ou non, en liberté, le fait est, politiquement, secondaire, puisque la loi demeure dans les Statuts.Et méme si, du coup, on avait abrogé cette loi grotesque; même si, à l\u2019heure où nous écrivons, cette législation n\u2019était plus qu\u2019un souvenir; même si le névropathe politique Taschereau, le crapuleux Médéric, le cimenteur Léonide, le mauvais juif Bercovitch et tous ceux qui ont parlé et voté en faveur du bill infâme n\u2019avaient pas réussi à le faire adopter, il faudrait quand même enre- £istrer leur acte, le graver dans toutes les mémoires, en répandre le souvenir et le rappeler sans cesse, En politque, comme ailleurs, il existe des gestes, des intentions impardonnables, inoubliables.De ce nombre sont les attentats à la liberté de la presse, \u201cUne longue expérience journalistique m\u2019a prouvé\u201d, disait Urbain Gohier, \u2018que les lois contre la presse sont rédigées, en tous les pays, par la canaille pour étouffer la vérité,\u201d Il ne semble pas nécessaire, dans notre \u201cbonne vieille province\u201d, d'avoir une bien longue expérience pour être en mesure de constater la justesse de cette phrase lapidaire.Roger MAILLET SHH EERE EE IILLE Lire en 2e page LA SANTE PAR LES PRODUITS DE LA FERME Par le docteur Auréle Nadaud Lire en 3e page COURRIER DE PARIS Abel Hermant S IF LE PRIX DU VIN La Commission des liqueurs que préside encore l\u2019incompétent M.Simard annonce uh bénéfice de $5,500,000.M.l\u2019évêque Farthing, lors du dernier synode, s\u2019est ouvertement déclaré contre la prohibition, et en faveur du contrôle de la vente des liqueurs par le gouvernement.Il a dit bien des choses sensées, M.l\u2019évêque Farthing, entre autres qu\u2019il ne fallait pas imposer l\u2019ennui mortel du dimanche sous prétexte de sabbat; puis aussi qu\u2019un gouvernement qui exploitait le commerce des liqueurs dans un but de lucre méritait d\u2019être jeté par dessus bord.On ne saurait mieux dire.Aussi l\u2019on se demande par quelle sorte d\u2019envoûtement, M.Si- mard, qui vend le vin et les liqueurs à des prix exorbitants \u2014 ou qui les achète très cher, ce qui revient au même \u2014 reste encore président de la Commission, Habitué à faire du \u201cbedit gom- merce\u201d\u2019 qui rapporte 500 du cent, il met sa gloriole à rapporter au gouvernement plus de cinq millions de piastres par an, alors qu\u2019il devrait en rougir.Le vin \u2014 que le gouvernement voulait répandre \u2014 est encore hors de prix.Sous le même numéro, on vend indistinctement du Cantelong assez bon et des coupages de vin de plaine.Le vin reste encore 50 p.c.trop cher.Pourquoi n\u2019en pas permettre le débit dans les tavernes?Est-ce pour ne pas nuire à la vente de la bière?Messieurs les brasseurs sont-ils assez puissants pour excommunier le vin?Pourquoi tolère-t-on encore la vente en dehors de la conimission de certains soi-disant vins de raisins secs qui sont au vrai vin ce que le vitriol est au vieil armagnac?Quel est donc ce député libéral puissant qui protège cette nuisance sous le prétexte d\u2019encourager l\u2019industrie (sic) du pays?EN On dit qu\u2019un membre de la commission des liqueurs doit résigner bientôt.Souhaitons que ce soit M.Simard qui a déjà fait tant de mal à la commission des liqueurs.LOGIC.22d Questions actuelles UN ECARTELEMENT \\ La comédie que joue, à Ottawa, le soi-disant parti libéral, étant une des plus curieuses de l\u2019époque, mérite d'être particulièrement observée.Nous avons d\u2019abord un jeune premier.ministre, savant, patriote, ennemi des combines de la Haute-Phynance, un esprit ouvert, une personnalité au-dessus des soupçons qui enveloppent de plus en plus les parlementaires, l'honorable Mackenzie King, enfin, tiraillé d\u2019un côté par la sincère sympathie que tout véritable libéral ne peut manquer d\u2019éprouver pour le groupe progressiste; tiraillé de l\u2019autre par les nécessités du parti, sir Lomer, la Banque, le C.P.R., le Bloc et autres fausses raisons d\u2019Etat d\u2019origine capitaliste ou conservatrice.Vient ensuite l\u2019honorable Meighen, personnage tout d\u2019une pièce: impérialiste, protectionniste, militariste qui tire à tout propos son archaïque ficelle bleue, tandis que M, Robert Forke, chef des progressiste, s\u2019éreinte, d\u2019autre part, à tirer la ficelle écarlate, l\u2019authentique corde rouge qu'il ne faut pas confondre avec le ruban rose de sir Lomer et des faux libéraux.Qu\u2019ad- viendra-t-il de tout cela?Mackenzie King aura-t- | il 1a force morale de s\u2019infuser le sang progressiste, véritable elixir du pur libéralisme?Pourra- t-il résister à cet écartelement\u201d Nous le lui sou- haftons sincèrement.LES BEAUX ARTS Après la porte de Tom Nuitv.la Jiache de Sam Parslow, la corde de.Cordelia Viau, voici qu\u2019on exhibe, dans un muséum de la rue Saint Laurent un pauvre foetus flottant emmi l'alcool d\u2019un bocal.Avant d\u2019attirer l\u2019atiention du secrétaire provincial sur cette nouvelle manifestation de l\u2019art canadien, il convient d\u2019indiquer la chose au chef Bélanger.Nous n\u2019éprouvons pas de superstitions à l\u2019égard des choses inanimées, quelles qu'elles soient, mais certaines fantaisies du mercantilisme morbide ne peuvei.! o1'u
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