Le devoir, 11 mai 2013, Cahier B
[" Éducation : le programme Arts et lettres gardera-t-il ses lettres de noblesse ?Page b 3 Michel David se demande à quoi rime la nouvelle commission ?Page b 3 Manon Cornellieretle manque de transparence d\u2019Ottawa B 2 PERSPECTIVES CAHIER B .LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 MAI 2013 Où ) s en va le Nord?En annonçant finalement cette semaine sa révision du régime de redevances minières et sa vision du développement du Nord «pour tous», le gouvernement Marois a voulu se réapproprier le projet que Jean Charest souhaitait léguer en guise d\u2019héritage politique.Mais comme c\u2019est souvent le cas depuis le début de leur mandat, les annonces des péquistes ont surtout été accueillies par de vives critiques.Et beaucoup de zones grises persistent.ALEXANDRE SHIELDS Dès le départ, les libéraux n\u2019ont pas lésiné sur les moyens pour vendre leur Plan Nord, présenté comme une panacée pour l\u2019économie québécoise.Le tout a été lancé en mai 2011 à grand renfort de projection vidéo sur un écran de 20 mètres de largeur où défilaient un troupeau de caribous, une baleine, des rivières majestueuses et des autochtones tout sourire, tandis que s\u2019affichaient quelques-uns des mots-clés répétés par la suite ad nauseam par Jean Charest: «vision», «innovation», «immensité» et «générations futures».Et, contrairement aux péquistes cette semaine, on ne parlait pas en termes de millions de dollars, mais bien en milliards, voire en dizaines de milliards de dollars d\u2019investissements, surtout publics.Sans donner de véritables précisions, on engageait ainsi Hydro-Qué-bec dans des projets totalisant 47 milliards sur 25 ans, en plus de promettre une autre énorme tranche de 33 milliards destinée aux infrastructures nécessaires au déploiement de l\u2019industrie minière.Des prévisions extrêmement hasardeuses, ont répété divers économistes et deux anciens ministres des Finances du Québec.Tellement hasardeuses, en fait, que certains ont dit craindre pour la santé des finances publiques.Tout cela pour un secteur qui représente moins de 3% du PIB du Québec.Qu\u2019à cela ne tienne, Jean Charest a beaucoup voyagé au Québec et ailleurs dans le monde pour promouvoir son plan.Le gouvernement libéral a aussi injecté des millions dans des publicités visant à «susciter la fierté et l\u2019adhésion » des Québécois.Une source libérale avait d\u2019ailleurs dit au Devoir que le premier ministre cherchait d\u2019abord un «slogan électoral» avec son Plan Nord.« Nord pour tous » Le Parti québécois a voulu miser sur cette impression de tactique électoraliste en répétant pendant des mois que le projet libéral se résumait à un «plan marketing du Nord».Mais loin de faire table rase sur ce qui a été annoncé il y a deux ans, le gouvernement Marois a réitéré son intention d\u2019injecter des centaines de millions de dollars de fonds publics dans le développement du Nord, notamment dans les infrastructures.Les projections rendues publiques cette semaine à Chibougamau sont toutefois plus modestes que celles des libéraux.Ces derniers promettaient d\u2019investir 1,6 milliard en cinq ans, dont 820 millions dans les «infrastructures de transport».Les péquistes prévoient pour leur part 867 millions, dont 800 millions dans des «infrastructures publiques» à préciser.Et ils promettent de revoir le «cadre de financement», de façon à éviter une nouvelle route 167.Québec finance 304 des 472 millions de dollars que doit coûter cette route de 243 kilomètres construite pour desservir un seul projet de mine de diamants.L\u2019Etat assumera aussi la totalité de la facture de l\u2019entretien du premier tronçon de 143 kilomètres.Québec n\u2019a par ailleurs pas précisé ce qu\u2019il adviendra de certains projets déjà à l\u2019étude au ministère des Transports, dont deux ports en eaux profondes qui permettraient aux minières d\u2019exporter directement leur minerai à l\u2019état brut.Des entreprises ont des lobbyistes inscrits au registre québécois en lien avec ces projets.Hydro-Québec doit toujours prendre part au développement nordique, mais rien n\u2019est précisé en ce qui a trait aux investissements de fonds publics.Qn souligne cependant que la participation de la société d\u2019Etat permettra d\u2019éviter que certains projets miniers se développent avec de l\u2019énergie tirée de centrales thermiques, comme c\u2019est le cas actuellement.Des minières ont aussi des lobbyistes inscrits pour des demandes en approvisionnement hydroélectrique.D\u2019autres bénéficient déjà de tarifs préférentiels.Elles ont donc accès à des kilowattheures vendus sous le coût de production des nouvelles installations, comme la Romaine.Et on reprend un argument déjà avancé par Jean Charest, à savoir que l\u2019occupation du territoire nordique est d\u2019autant plus nécessaire que les bouleversements climatiques mondiaux devraient ouvrir d\u2019ici quelques années le passage maritime du Nord-Quest.«Le Québec peut se positionner judicieusement sur cette nouvelle route maritime qui promet de modifier considérablement le commerce mondial», souligne le gouvernement sur le site Web mis en ligne à la place de celui du Plan Nord.Reste que le «Nord pour tous» manque pour le moment de précisions, ont dit diverses sources de l\u2019industrie.Sur le site Web, on mentionne surtout les principes qui guideront les actions du Secrétariat au développement nordique, venu remplacer la Société du Plan Nord des libéraux.La section «Documentation» du site contient seulement un document de deux pages, en comptant la couverture.Le Plan Nord annoncé en mai 2011 était accompagné d\u2019un document de 150 pages très détaillé.Quelle protection pour le Nord ?Qn ne sait toujours pas, par exemple, ce que Québec entend faire pour payer la facture de la restauration des sites miniers abandonnés.Pour le moment, ce sont uniquement les contribuables qui doivent assumer cette ardoise de plus de 1 milliard de dollars.Même si on ignore comment le gouverne- Les bouleversements climatiques mondiaux devraient ouvrir d\u2019ici quelques années le passage maritime du Nord-Ouest CHRISTIAN TIFFET ment entend procéder concrètement pour remplir sa promesse de protéger 50 % du territoire du Plan Nord, soit 600 000 km^, écologistes et industriels critiquent déjà les intentions des péquistes.Jean-Marc Lulin, président et chef de la direction d\u2019Exploration Azimut et administrateur de Minalliance, estime que cet objectif est irréaliste.« Vouloir couper 50 % du Nord de façon autoritaire n\u2019est pas raisonnable parce que ce n\u2019est pas justifié», a-t-il fait valoir au Devoir.11 a ainsi souligné que les huit mines actuellement en production sur le territoire du Plan Nord occupent 0,003% du territoire.Quant aux «daims» miniers, ils recouvrent 7,2 % de cette même zone.Les groupes environnementaux redoutent pour leur part un recul en matière de protection par rapport à ce qui avait été promis sous les libéraux.Moins de 24 heures après avoir mis en ligne son site, le gouvernement Marois a retiré sa promesse de «compléter le réseau d\u2019aires protégées afin de constituer d\u2019ici à 2020 un réseau d\u2019aires protégées représentant au moins 20 % de la superficie couverte par le développement nordique».Le ministre du Développement durable, de l\u2019Environnement, de la Faune et des Parcs, Yves-François Blanchet, a toutefois promis de «faire mieux» en se basant sur «la science et des mécanismes de consultation».Redevances décevantes Le lobby minier s\u2019est montré relativement soulagé après l\u2019annonce du nouveau et complexe régime de redevances dévoilé lundi.Concrètement, le ministre des Finances estime pouvoir tirer au moins 50 millions de plus par année, pour un total de 370 millions.Le budget annuel du gouvernement avoisine les 70 milliards.Mais même s\u2019il est beaucoup moins exigeant que ce que promettait encore le Parti québécois à la mi-mars, le nouveau régime a été VOIR PAGE B 3 : NORD Cricket électoral au Pakistan Quelque 86 millions d\u2019électeurs pakistanais sont appelés aux urnes ce samedi, au milieu des violences.Où sont au Pakistan les signaux de progrès démocratique?Est donnée gagnante, par défaut et par un cheveu, la Pakistan Muslim League (PML-N) de Nawaz Sharif, ancien premier ministre houté par Per-vez Moucharraf en 1999.GUY TAILLEEER S> il y a un signe, il est dans l\u2019interdiction faite au général-dictateur Moucharraf, rentré de quatre ans d\u2019exil fin mars, de participer aux élections parlementaires pour les soupçons qui le lient à l\u2019assassinat de Benazir Bhutto, survenu en décembre 2007.La campagne électorale a commencé sur cette note.Elle se termine sur la vilaine chute d\u2019imran Khan, chef et vedette d\u2019un parti tiers, le PTl (Mouvement pour la justice), tombé mardi soir d\u2019un monte-charge qui allait le poser sur le podium d\u2019un grand rassemblement politique à Lahore.Blessé à la tête et au dos, il a clos la campagne de son lit d\u2019hôpital.Entre les deux, les Pakistanais ont tout à la fois vécu la campagne électorale la plus sanglante de leur histoire, ce qui n\u2019est pas peu dire, et la première campagne depuis l\u2019indépendance en 1947 d\u2019un gouvernement élu, qui a pu achever son mandat dç cinq ans sans être interrompu par un coup d\u2019Etat.11 y a deux semaines encore, les gens se demandaient si le scrutin serait vraiment tenu, étant donné la violence.Plus de 100 personnes, dont la moitié dans les derniers jours, ont perdu la vie depuis le début de la campagne, il y a un mois, dans des attentats commis surtout par les talibans pakistanais \u2014 Tehreek-e-Tali-ban Pakistan (fTP), une organisation distincte des talibans afghans \u2014 contre les partis «laïques» qui jouent contre eux la carte militaire.«Blood-soaked election», a résumé le Friday Times.Les partis les plus touchés ont été le PPP (Parti du peuple pakistanais, à la tête du gouvernement sortant) et deux partis alliés.Jeudi, le fils politicien de l\u2019ex-premier ministre Youssouf Gilani a été kidnappé.Début mai, le procureur chargé de l\u2019enquête sur le meurtre de M\u201c® Bhutto a été assassiné alors qu\u2019il circulait dans sa voiture dans une rue très fréquentée d\u2019Islamabad.Les partis de Nawaz Sharif et d\u2019imran Khan ont pu, eux, tenir d\u2019impressionnants ralliements politiques sans se faire le moindrement embêter, pour la raison qu\u2019ils se sont montrés ouverts à des pourparlers avec les talibans «modérés».Camisole de force militaire Des pourparlers?Les politiciens peuvent bien dire ce qu\u2019ils veulent, y compris Sharif qui ne porte pas précisément les militaires dans son cœur pour avoir été renversé par eux, il reste que c\u2019est l\u2019armée qui tient le pouvoir réel, s\u2019entendent évidemment pour dire à peu près tous les observateurs.Qr, disent-ils encore, il n\u2019y a absolument pas lieu de penser que l\u2019armée envisage de modifier sa stratégie face aux extrémistes.Autrement dit, M.Sharif, s\u2019il forme un gouvernement, devra se plier à ses desiderata \u2014 et subir alors les foudres du TTP, qui l\u2019épargne pour l\u2019instant.Si, du reste, le Pakistan fait pour la première fois l\u2019expérience «historique» d\u2019une transition électorale normale, c\u2019est plus parce que l\u2019armée en a plein les bras sur le champ de bataille, dont le plus accaparant est à la frontière avec l\u2019Afghanistan, que parce qu\u2019elle a décidé de se délester de ses prérogatives dans le champ VOIR PAGE B 2 : CRICKET FAROOK NAEEM AGENCE FRANCE-PRESSE Les préparatifs vont bon train pour l\u2019élection. B 2 LE DEVOIR LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 MAI 2013 PERSPECTIVES Pris au piège Manon CORNELLIER à Ottawa Les conservateurs ne Tavaient de toute évidence pas vu venir.Depuis le dépôt du dernier rapport du vérificateur général, Michael Ferguson, ils se débattent jour après jour avec un chiffre: 3,1 milliards de dollars.Un chiffre imposant qui est en train de sérieusement ternir la réputation de bons gestionnaires dont ils se vantent sans arrêt.Ces 3,1 milliards sont la part des fonds alloués à rinitiative de sécurité publique et d'antiterrorisme entre 2001 et 2009 et dont le vérificateur se dit incapable de déterminer l'usage.Le budget autorisé pour ces activités menées par une trentaine de ministères et organismes totalisait 12,9 milliards.Des rapports réguliers devaient être faits au Conseil du trésor pour en suivre la trace.Or, écrit M.Ferguson, «aucune information permettant de savoir si les ministères avaient utilisé un montant de 3,1 milliards de dollars des fonds accordés pour rinitiative n'était disponible».Depuis, la presse anglophone y revient fréquemment, et les néodémocrates, sentant le filon prometteur, cognent sur le clou avec constance.Où est passé l'argent?demande-t-on sans arrêt.A financer des mesures antiterroristes, la construction de pavillons de jardin ou pire?Du matériel en or pour des slogans électoraux assassins.Les conservateurs auraient dû s'en douter, eux qui ont fait leurs choux gras, lorsqu'ils étaient dans l'opposition, du milliard égaré au ministère du Développement des ressources humaines.La somme s'est révélée beaucoup plus modeste par la suite, mais le mal était fait pour les libéraux.Le gouvernement, qui a accès au rapport avant sa publication, n'avait pourtant aucune riposte de prête.Il n'avait pas les documents en main et n'a offert aucune séance d'information pour clarifier les faits.Le vérificateur ne parlant pas de détournement de fonds, mais d'information manquante, les conservateurs semblent avoir cru que cela suffirait à esquiver les coups.Il est vrai que M.Ferguson a dit, comme le répètent sans arrêt les conservateurs, que le vérificateur n'a «rien trouvé qui laisse croire que l'argent ait pu être utilisé de manière indue».Mais il a poursuivi en disant, comme se plaît à le rappeler l'opposition, qu' FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l\u2019information ROLAND-YVES CARIGNAN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, PAUL CAUCHON Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Et PouRfllioi Pa?\tÇPerîAtC sur U'^tiMÎAiATiOM Di» tIaaoîkI Nt VEUT Pas RiPpNPRf- iMoN rt-ixS ON DÎRAiT il''» n£ nous PRpNNt'NT At» SfîiiewX! ÎPêCiAtf ^5 ÉvéMfMCNTf 'lo\\l (blPNoTTr LETTRES Merci à l\u2019UPAC Jour après jour, les Québécois découvrent un corps de police de grande qualité et doté de compétences multiples.Qu se doit de dire merci aux policiers de rUPAC, et de la Sûreté du Québec, sans lesquels des gens corrompus continueraient à mélanger l\u2019argent public et leurs intérêts personnels.Le plus désolant, c\u2019est que, parmi les accusés de fraude et de conspiration, il y a des gens qui semblaient au-dessus de tout soupçon.Ce qui arrive dans plusieurs municipalités du Québec démontre une chose: il n\u2019est pas bon d\u2019avoir un gouvernement municipal sans opposition aucune.Il n\u2019est pas bon non plus d\u2019avoir un gouvernement municipal trop longtemps dirigé par un même personnage.Le Québec prouve jour après jour qu\u2019il est capable de nettoyer ses écuries, lorsqu\u2019il utilise tous les moyens que possède l\u2019État.Merci à la SQ et aux autres corps policiers qui participent aux enquêtes de Î\u2019UPAC.André Mainguy Longueuil, le 9 mai 2013 La gauche, la droite, le centre Je m\u2019interroge sur le texte intitulé Les moyens de la droite, les fins de la gauche (Le Devoir, 6 mai 2013, page A 7).J\u2019aimerais y ajouter ce qui suit.Lntre la gauche et la droite \u2014 peu importe ce que ces mots veulent dire pom chacun de nous \u2014, il y a le centre.Il convient donc de se demander ce que c\u2019est que ce centre autom duquel on se positionne.Lu ce qui me concerne, je crois fermement que ce centre, c\u2019est l\u2019être humain, non pas l\u2019un de ces idéaux \u2014 tels que la liberté ou le bonheur \u2014 qui ne seront jamais atteints, mais l\u2019être, l\u2019existence ou, si l\u2019on veut être plus précis, le bien-être de chaque être humain.Il s\u2019agit donc simplement pour chacun de nous d\u2019être et, si possible, d\u2019être bien.Il n\u2019y a rien de plus concret et de plus réel que cette indiscutable existence que chacun de nous aimerait pouvoir assumer à sa façon.L\u2019être humain est le centre, l\u2019être humain doit être la mesure de toute chose.Qr, il est bien rare qu\u2019il le soit vraiment.Ce qu\u2019on peut, par exemple, reprocher et bien souvent à la gauche comme à la droite, c\u2019est de s\u2019imaginer qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une seule façon d\u2019être bien et de vouloir plier l\u2019échine de chaque être humain à cette unique façon d\u2019exister.Les conservateurs pensent retrouver le paradis dans le passé et les socialistes s\u2019imaginent que le paradis est pour demain.Mais le paradis et l\u2019enfer, c\u2019est ici et maintenant qu\u2019ils se trouvent.Je les crée moi-même : le paradis en donnant à l\u2019autre le droit d\u2019exister à sa façon, l\u2019enfer en voulant à tout prix soumettre l\u2019autre à ma seule loi.Dieu sait comme il est facile de mépriser celui qui n\u2019est pas comme nous, de provoquer sa colère et son exaspération, d\u2019en faire un ennemi pour toutes sortes de raisons sans importance.Ah, si au moins Dieu existait! Peut-être pourrait-Il nous faire voir et comprendre notre insondable bêtise humaine.Claude Guay Sherbrooke, le 6 mai 2013 REVUE DE PRESSE Histoire sensible GUILLAUME BOURGAULT-COTE Pas facile de parler d\u2019histoire canadienne.Trop libérale ici, pas assez conservatrice là, attention aux souverainistes, manque de présence militaire à droite, ou peut-être y en a-t-il trop ?Le sujet divise.La décision d\u2019un comité parlementaire d\u2019étudier et de comparer l\u2019enseignement de l\u2019histoire d\u2019une province à l\u2019autre a ainsi soulevé au cours des derniers jours une controverse répercutée dans plusieurs médias canadiens.Le débat a porté autant sur la forme \u2014 la légitimité du comité de mettre un pied dans un champ de compétence provincial \u2014 que sur le fond : quelle histoire voulons-nous dans nos écoles ?Le comité a finalement choisi de restreindre son champ d\u2019analyse, mais qu\u2019im-porte, indique Andrew Coyne dans le National Post.Il maintient que le comité avait de bonnes raisons de se pencher sur cette question et il comprend mal la réaction de certains intervenants.N\u2019est-il pas normal que les élus fédéraux s\u2019intéressent à l\u2019histoire du pays et qu\u2019ils veuillent y réfléchir ?demande Coyne.Il est probable que la grande fascination des conservateurs pour la guerre de 1812 et le libellé des intentions initiales du comité parlementaire (qui voulait porter une attention particulière aux exploits militaires du Canada) aient contribué à susciter la méfiance exprimée la semaine dernière, dit Andrew Cojme.Mais le chroniqueur estime qu\u2019il est incontomnable que le Canada s\u2019intéresse à son histoire militaire.La participation du pays à certaines guerres a façonné l\u2019histoire canadienne.L\u2019enseignement d\u2019une version de l\u2019histoire baignée de «paix, d\u2019ordre et de bonne gouvernance» a surtout «contribué à convaincre deux générations de jeunes Canadiens que leur histoire était ennuyante», alors qu\u2019elle est remplie de personnages hauts en coulem.Dans une lettre ouverte envoyée à XOttawa Citizen, le professeur Christopher Dummitt plaide lui aussi en faveur du projet du comité parlementaire.mais il aurait souhaité une véritable étude, plus large que ce qui est envisagé.La réalité historique canadienne est multiple, complexe et sujette à créer des divisions \u2014 Thomas Mulcair se l\u2019est fait rappeler avec le dossier de la Constitution, note Dummitt.«Aucun député ne veut vraiment parler d\u2019histoire canadienne», dit-il.Selon Dummitt, le défi sera toujours de trouver un juste équilibre dans la manière de présenter l\u2019histoire.Llle n\u2019est pas que sombre (les pensionnats amérindiens), mais elle n\u2019est pas peuplée que de héros non plus, écrit-il.Lt surtout, elle ne devrait pas être partisane, ajoute Dummitt: la vision des conservateurs, qui «minimisent les réalisations libérales pour les remplacer par des célébrations militaires et monarchiques», très peu pour lui.Pour le chroniqueur du Toronto Star Adam Chapnick, l\u2019étude d\u2019un comité parlementaire pourrait justement aider à trouver ce point d\u2019équilibre entre les différentes visions de l\u2019histoire nationale \u2014 à condition d\u2019avoir un comité neutre et comprenant des experts, ce qui n\u2019est pas le cas présentement.Chapnick insiste smtout sm l\u2019importance qu\u2019il y aurait à se pencher sur le concept même de l\u2019apprentissage de l\u2019histoire: comment voulons-nous l\u2019enseigner, la transmettre?Le contenant importe aussi, rappelle-t-il.Revoir Trudeau Le thème de l\u2019histoire était aussi à l\u2019honneur dans une chronique de Lawrence Martin publiée dans le Globe and Mail lundi.Martin évoquait la parution prochaine d\u2019un livre de Bob Plamondon sur Pierre Llliott Trudeau, un des premiers écrits par un conservateur, note-t-il.Lt c\u2019est tant mieux, juge-t-il.Le chroniqueur rappelle que l\u2019histoire n\u2019est jamais mieux servie que lorsqu\u2019elle est analysée de manière équilibrée (soit dans un ouvrage, soit par la somme des contributions sur un sujet).Le livre de Plamondon, très critique du bilan Trudeau, jette un regard intéressant sur sa carrière, mettant en évidence ses échecs en matière de déficifi de chômage et d\u2019inflation.Mais il ne porte pas assez attention au contexte historique, note Martin.Une façon pour lui de rappeler que «les évaluations politiques sont le plus souvent déterminées par les affiliations [partisanes].Les libéraux voient Trudeau d\u2019une façon, les conservateurs le voient d\u2019une autre, et les deux sont inconciliables.» Garneau laissé de côté D\u2019histoire il est aussi un peu question dans une mésaventure récente du député Marc Garneau.L\u2019ex-astronaute n\u2019a pas été invité par le gouvernement à l\u2019inauguration d\u2019une exposition sur le Canadarm \u2014 alors même qu\u2019il a contribué au développement du joyau scientifique.Comme si son rôle historique avait été rayé de la carte.Les conservateurs ont rétorqué que ce sont les organisateurs de l\u2019exposition qui ont fait les invitations.Mais pour Michael Harris (iPolitics), il est clair que les conservateurs ont «voulu punir un adversaire politique plutôt que d\u2019honorer un astronaute».Ce type de comportement est dans leur ADN, dit-il.D\u2019autant qu\u2019ils ont rejeté la faute sur un tiers parti, comme ils le font toujours, écrit Harris.«L\u2019équipe Harper [The H-Team] n\u2019est jamais responsable des mauvaises choses, ce sont toujours les subalternes.» Citant quelques exemples, Harris avance que les conservateurs risquent de se brûler à force de «mensonges perpétuels, de coups bas incessants, de partisane-rie excessive».Au sud de la frontière, les républicains américains commencent à réaliser qu\u2019un changement de ton et de message, voire de messager, serait bénéfique.Lt ici aussi, estime Michael Harris.Le Devoir Les liens vers les articles originaux sont disponibles sur LeDevoir.com. LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 MAI 2013 B 5 IDEES ANNIK MH DE CARUFEL Est-ce que cette commission viendra remettre en question les arrestations de masse, les armes utilisées, les blessures?Bonne fête des Mères, Madame Marois ! Loin de nous satisfaire, la création d\u2019une commission d\u2019examen a largement attisé notre colère.Le libellé du mandat démontre votre volonté de « noyer le poisson » LAURENCE LAGOUARDE Pour Mères en colère et solidaires, un groupe affinitaire actif qui a vu le jour lors du printemps érable et qui réunit 1564 mères de partout au Québec hère Madame Marois.aujourd\u2019hui, c\u2019est une journée bien spéciale pour toutes les mères.Une journée où l\u2019on fêtera leur présence, leur importance, leur contribution au sein des familles du Québec et d\u2019ailleurs.Pour le groupe Mères en colère et solidaires, cette journée sera encore plus spéciale, car nous soulignerons le premier anniversaire de notre première action en appui à nos enfants et à la lutte étudiante.En effet, un an après le printemps érable, nous nous souvenons.Nous nous souvenons d\u2019avoir vu des jeunes et des moins jeunes mobilisés contre la marchandisation de l\u2019éducation, et des policiers les insulter, les matraquer, les gazer.Nous le savons parce que nous y étions, dans la rue, et vous aussi, madame ! Les policiers entraient dans les cégeps et les universités, intimidaient les enseignants et molestaient les étudiants, nos enfants.Vous aviez alors décrié ce fait en chambre, tout en arborant un carré rouge ! Comment ne pas réagir quand, le matin, on souhaite une bonne journée à son enfant et que le soir, on apprend qu\u2019il s\u2019est fait matraquer, arrêter, ou pire encore, qu\u2019il est à l\u2019hôpital.Nous, les Mères en colère et solidaires, comme plusieurs autres membres de la société civile, nous ne pouvions rester là sans rien faire, sans rien dire.Nous étions là au collège Lionel-Groulx pour faire bouclier et protéger nos enfants contre une armée de policiers équipée pour la guerre.Cela n\u2019a pas empêché l\u2019antiémeute de foncer dans les manifestants, les étudiants, mais cela a permis une solidarité intergénérationnelle qui, jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, ne se dément pas.Vous aviez alors une fois de plus dénoncé le travail des forces de l\u2019ordre et toujours avec votre carré rouge ! De notre côté, nous avons pris la rue pour crier notre colère.Depuis ce jour, nous demandons et redemandons (comme plus de 65 organisations) que toute la lumière soit faite sur cette dérive policière et politique et qu\u2019une enquête publique et indépendante soit tenue dans les plus brefs délais.Le 8 mai dernier, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, annonçait la mise sur pied d\u2019une commission spéciale d\u2019examen sur les événements du printemps 2012.Loin de nous satisfaire, cette annonce a largement attisé notre colère.Le libellé du mandat à lui seul démontre votre volonté de «noyer le poisson» dans un vaste ensemble d\u2019objectifs, et ce, dans un échéancier de seulement huit mois ! Est-ce que cette commission viendra remettre en question les arrestations de masse, les armes utilisées, les blessures et le manque d\u2019aide de la part des policiers aux personnes blessées ?Est-ce qu\u2019elle se penchera sur les interventions politiques et publiques du gouvernement (déclarations dans les médias, directives et communications entre des ministres et la police) ?Qu\u2019en sera-t-il des abus de droit: profilage politique (« carrés rouges»), fouilles abusives, utilisation arbitraire de différents types de contraventions, adoption en urgence de nouveaux règlements municipaux limitant le droit de manifester, re- cours à la loi antiterroriste?Est-ce que les responsables des abus auront à répondre de leurs actes devant la société et la loi?Et est-ce que les victimes, nos enfants, obtiendront réparation?Nous ne le croyons pas.Madame Marois ! Ni dans le choix de cette commission ni dans celui des personnes nommées pour y siéger.Pouvons-nous parler d\u2019indépendance lorsque le président choisi n\u2019est nul autre que Serge Ménard, ex-mi-nistre de la Sécurité publique qui a louangé le travail des policiers au Sommet des Amériques à Québec?Et comment parler de transparence quand le tout se déroulera à huit clos?Nous, c\u2019est haut et fort que nous voulons nous exprimer sur la répression policière vécue et c\u2019est haut et fort que nous souhaitons que nos enfants puissent aussi le faire.C\u2019est en plein jour que nous souhaitons entendre les policiers s\u2019expliquer sur leur comportement indigne.Sinon, comment parler de réparation ! Comment réinstaurer un semblant de confiance en nos institutions ?C\u2019est pourquoi nous réitérons notre demande d\u2019enquête publique et indépendante sur les agissements policiers durant le printemps érable, tout comme vous l\u2019aviez vous-même demandé et toujours en portant votre carré rouge ! Répression renforcée Depuis la fin du Sommet sur l\u2019éducation, où vous nous annonciez que «le psychodrame était derrière nous», la répression policière et judiciaire n\u2019a pas cessé ; au contraire, elle s\u2019est renforcée.En plus du matraquage et du gazage, nous avons droit maintenant aux arrestations de masse et aux contraventions abusives dans le but de faire taire toute forme de contestation politique.Le simple fait de se trouver sur place fait de nous des coupables.Pour nous, le psychodrame est bien loin d\u2019être terminé.Les blessures physiques et psychologiques restent profondes et demeureront permanentes pour certains.Des centaines d\u2019étudiants et de citoyens font face à la justice et com- mencent à subir leur procès.Les conséquences de tout ce dérapage seront grandes sur leur avenir, sur leur engagement social et professionnel.La perte de confiance totale aura de nombreuses répercussions et à très long terme.Alors à quand le procès de ce système répressif qui légitime les abus de la police, de la justice?En 2012, le groupe des Mères en colère et solidaires est né dans l\u2019urgence d\u2019agir.Un an plus tard, notre raison d\u2019être est sans doute devenue plus rationnelle, plus documentée, mais elle n\u2019est pas moins pertinente.Nous avons pris une place dans cette crise sociale, et ce n\u2019est certainement pas maintenant que nous allons nous taire.Alors aujourd\u2019hui, c\u2019est à votre cœur de mère auquel nous faisons appel.Que feriez-vous si on insultait, si on frappait à coup de matraque, tramait à terre et terrifiait l\u2019un de vos enfants ou petits-enfants juste parce qu\u2019il défend ses idées pacifiquement?Ne souhaiteriez-vous pas dénoncer ces abus ?Connaître et punir les responsables?Vous savez pertinemment qu\u2019aucune mère ne laisserait brutaliser son enfant sans réagir avec toute la force de son être et sans demander des comptes.C\u2019est pourquoi il est temps que vos gestes en tant que mère et première ministre du Québec soient en accord avec vos paroles et que vous instauriez une véritable enquête publique et indépendante sur la brutalité policière.C\u2019est notre demande, c\u2019est notre souhait le plus cher en cette journée de fête des Mères.Bonne fête des Mères, Madame Marois, ainsi qu\u2019à toutes les mères en colère du Québec! 1\\ Lire aussi > À quand une véritabie commis-\" sien d\u2019enquête indépendante sur ia poiice?par Erancis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l\u2019UQAM et directeur de l\u2019ouvrage collectif À qui la rue?Répression policière et mouvements sociaux (Ecosociété, 2013) dans ledevoir.com J\u2019aurais l\u2019impression de trahir mon père Vaudreuil n\u2019est pas l\u2019endroit pour honorer Félix Leclerc NATHALIE LECLERC Fille de Félix, d.g.de l\u2019Espace Félix-Leclerc, v.-p.de la Fondation Félix-Leclerc et représentante de la succession Félix-Leclerc ai été récemment, et à plus d\u2019une re- J*) prise, sollicitée par les gens de la maison Eélix-Leclerc de Vaudreuil, qui souhaitent obtenir mon soutien dans le projet d\u2019un second espace dçstiné à honorer la mémoire de mon père.A l\u2019heure où ils désirent entreprendre des actions de financement et où ils attendent de moi une réponse claire sur mon engagement, j\u2019ai besoin d\u2019exprimer mes sentiments parce que c\u2019est trop difficile pour moi de faire semblant.Je n\u2019y arrive tout simplement pas ! Plusieurs personnes me posent des questions, mes amis artistes ne savent que faire quand ils sont sollicités par ces gens, le malaise grandit.Les silences apparaissent.J\u2019ai besoin de dire.Il y a déjà plusieurs années, j\u2019avais fait la rencontre d\u2019un des membres de la maison Vaudreuil et nous avions discuté de cette maison abandonnée depuis plus de 50 ans et des projets de restauration qu\u2019il voulait entreprendre.J\u2019avais offert des mots d\u2019encouragement, en ayant surtout une pensée pour mon demi-frère Martin, qui vit toujours à Vaudreuil.Il ne subirait plus ce frisson de dégoût devant cette mai- son oubliée depuis un demi-siècle.Le temps a passé et je n\u2019ai plus eu de nouvelles.Puis, il y a quelques années, j\u2019ai appris par les médias que la ministre de la Culture de l\u2019époque, madame Christine St-Pierre, allait octroyer un montant important pour rénover cette maison.Je n\u2019étais pas au courant.Avec neuf membres au conseil d\u2019administration de la Eondation Eélix-Leclerc, je me consacre à temps plein à cette fondation depuis voilà plus de 17 ans.Puis, il y a 10 ans, j\u2019ai réalisé ce rêve d\u2019un Espace Eélix-Leclerc ancré en moi depuis l\u2019adolescence.L\u2019Espace Eélix-Leclerc a donc été inauguré sur l\u2019île d\u2019Qrléans en 2002.J\u2019ai donné mon âme à ce lieu et aujourd\u2019hui j\u2019en ai fait le centre de ma vie.C\u2019est un lieu où la mémoire de mon père est célébrée à sa hauteur.C\u2019est toujours à lui que je pense avant de faire quoi que ce soit.Ce n\u2019est pas une occasion d\u2019affaires ou une initiative récréotouristique temporaire ; c\u2019est le rêve de ma vie.Rêve que je réalise chaque jour.Rêve qui demande une lutte quotidienne et acharnée.Bref, tout ce que j\u2019obtiens pour l\u2019Espace, je le gagne de haute lutte.Mais l\u2019un n\u2019empêche pas l\u2019autre, me disais-je à cette époque.Aujourd\u2019hui, je ne le pense plus.Je ne condamnerai jamais personne pour vouloir honorer à sa manière la mémoire de mon père, mais les gens de la maison de Vaudreuil devraient comprendre la valeur de mon engagement dans ma propre mission et ne pas me demander de m\u2019investir dans une seconde cause qui recherche apparemment le même but.Vaudreuil fait partie de l\u2019histoire de mon père, mais c\u2019est un beu qu\u2019il a voulu oublier après l\u2019avoir quitté sans jamais y être retourné.Un lieu pour lui sans mémoire, sans même un souvenir emporté, un lieu dont il ne s\u2019est plus jamais soucié, dont il n\u2019a même \u2014 imaginez! \u2014 jamais parlé une seule fois devant nous, sa famille.Comprenez-vous combien cette demande de soutenir ce projet me déchire?Vaudreuil, ce n\u2019est pas mon histoire, et ce n\u2019est pas non plus ce que mon père voulait retenir de la sienne.C\u2019est la triste réalité.Je ne peux pas faire semblant.C\u2019est trop difficile pour moi.Mon père est un être de lumière.Il est enterré sur l\u2019île d\u2019Qrléans, entre l\u2019Espace Eélix-Leclerc et sa maison orléanalse où sa femme, ma mère, demeure toujours.Qù est le tour de l\u2019île de Vaudreuil?J\u2019al une très grande tristesse en mol.Ce projet, plutôt que de venir doubler les forces en présence pour célébrer l\u2019œuvre d\u2019un grand artiste, vient au contraire diviser et affaiblir les ressources disponibles pour honorer sa mémoire.De plus, 11 vient semer une confusion certaine et durable dans l\u2019esprit du public.Je n\u2019al malheureusement pas l\u2019Intention de m\u2019investir dans ce projet.J\u2019aurais l\u2019Impression de trahir mon père.Le soir d\u2019un idéal qui penche
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