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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2013-11-16, Collections de BAnQ.

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[" Salon du livre de Montréal CAHIER F > LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2013 ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR On peut \u2014 on doit, a-t-on envie de dire \u2014 juger im livre aussi à sa couverture.Des milliers de lectems, qui sont en fait majoritairement des lectrices, ne feront que ça en explorant les rayonnages du 36® Salon du livre de Montréal.Après le nom de l\u2019auteur ou le titre, quel réflexe?Lire la couverture arrière d\u2019im bouquin, ce qu\u2019on nomme dans le jargon la «quatrième de couverture».C\u2019est souvent autour de cette page que se joue le destin d\u2019un ouvrage, qui sera adopté ou retomnera sur les tablettes.Mais d\u2019où vient cette manière de mettre en appétit?Quelles sont les règles de rédaction de ces textes finalement promotionnels?Et comment se renouvelle cette manière à l\u2019heiu-e du livre électronique?Petit portrait d\u2019im grand art littéraire mineur.En commençant par la fin L\u2019histoire de la quatrième de couverture pour les nuis Frédéric Brisson est responsable du pro- indications commerciales (l\u2019ISBN, le prix, le ment l\u2019impression du texte de pré Frédéric Brisson est responsable du pro gramme de deuxième cycle en édition de l\u2019Université de Sherbrooke et il collabore au Groupe de recherche sur l\u2019édition littéraire du Québec.Sa thèse portait sur l\u2019implantation en Amérique du géant français Hachette entre 1950 et 1980.PROPOS RECUEILLIS PAR STÉPHANE BAILLARGEON Qu\u2019est-ce que la quatrième de couverture pour un spécialiste de l\u2019édition?La référence sur le sujet, c\u2019est le professeur français Gérard Genette, qui a lancé un ensemble d\u2019études sur ce qu\u2019on appelle «le para-texte».Ce terme désigne l\u2019ensemble des informations, communications, discours ou commentaires qui accompagne un texte.Cet ensemble se divise en deux.L\u2019épitexte renvoie au bruit médiatique autour d\u2019un texte : le bouche-à-oreille, les interviews de l\u2019auteur, les critiques, etc.Bref, tout ce que le lecteur éventuel peut recevoir comme information sur un livre avant même de le lire.Le péritexte concerne tout ce qui gravite autour du texte comme tel, mais dans le livre : la préface, la postface, la couverture et la quatrième de couverture, qui est la dernière page extérieure d\u2019un livre.On y retrouve quoi habituellement?En plus du résumé et du commentaire promotionnel, on y retrouve normalement des informations biographiques sur l\u2019auteur et des indications commerciales (l\u2019ISBN, le prix, le code-barre).Il y a aussi parfois des extraits de critiques.L\u2019épitexte nourrit alors le péritexte.La quatrième est donc transitoire, elle évolue d\u2019une édition à l\u2019autre.À quoi sert ce texte sur le texte?Le premier objectif, évidemment, c\u2019est de faire vendre.La quatrième, comme tous les éléments du paratexte, sert aussi à orienter la lecture dans un certain sens.L\u2019éditeur, la collection, le titre, la préface, tout finit par colorer l\u2019interprétation.La quatrième, c\u2019est le deuxième coup d\u2019œil important après la page couverture.Quand on saisit un livre, on regarde un couvert puis l\u2019autre.C\u2019est une habitude ancrée et, franchement, on ne s\u2019en passerait plus.D\u2019où vient cette façon de présenter un livre?Le premier outil promotionnel, qui remonte au XIX® siècle, c\u2019est le «prière d\u2019insérer».En Erance, par exemple, cette feuille mobile est envoyée aux éditeurs de journaux en les priant, donc, d\u2019insérer l\u2019information dans le journal pour annoncer la parution prochaine d\u2019un ouvrage.La formule se transforme au début du XX® siècle.Le «prière d\u2019insérer» vise alors la critique littéraire.L\u2019encart imprimé est inséré dans les services de presse.Ce nouvel outil promotionnel est utilisé jusqu\u2019à la Deuxième Guerre mondiale.Par la suite, pendant une période un peu oubliée maintenant, pendant une dizaine ou une quinzaine d\u2019années, l\u2019éditeur insère l\u2019encart dans tous les exemplaires, y compris ceux vendus au grand public.L\u2019intérêt manifeste encourage finale- ment l\u2019impression du texte de présentation directement derrière le livre, en quatrième de couverture, de manière à lier en permanence un texte promotionnel à son ouvrage.Gallimard, par exemple, cesse d\u2019encarter le «prière d\u2019insérer» en 1969.La transformation est-elle la même ici, au Québec?Nos repères historiques au sujet des «prières d\u2019insérer» sont un peu plus flous.On ne sait pas s\u2019ils étaient systématiquement envoyés ou encartés dans les livres dans la première moitié du XX® siècle.Jusqu\u2019aux années 1970, la quatrième est vide ou réservée à la publicité pour d\u2019autres titres, ou carrément pour d\u2019autres produits.Dans les livres populaires, comme ceux que publie la maison d\u2019édition Edouard Garand dans l\u2019entre-deux-guerres, on y voit des publicités de bières ou de cigarettes.L\u2019édition haut de gamme laisse la quatrième en blanc ou annonce d\u2019autres ouvrages de la collection.Depuis quatre ou cinq décennies, les livres québécois adoptent aussi le canevas de base en quatrième.Que disent ces textes?Au fond, il s\u2019agit d\u2019une forme de langage codé que les lecteurs savent reconnaître, mais qu\u2019ils peuvent aussi prendre plaisir à voir bousculer.Il faut connaître le code pour prendre plaisir à sa rupture.Si le nom de l\u2019auteur est écrit en grosses lettres, c\u2019est qu\u2019il est connu et chacun comprend ça.Inversement, si le titre VOIR PAGE F 2 : COUVERTURE Avec Les clejs du Paradise, Michel Tremblay s\u2019approche de la fin de sa grande boucle Page F 3 La liberté carnavalesque de Rawi Hage Page F 4 Les finalistes au Prix des collégiens dévoilés Page F 6 Les nouvelles voix de Rogé Page F 8 Fanny Britt, mère indigne?Page F12 Pierre Vadeboncœur se révèle dans ses correspondances Page F14 Guillaume Lamy à l\u2019assaut des idées reçues Page F16 lès\\ mm pétrolifères Le théâtre se lit à L\u2019instant scène Guillaume Lagarde Les champs pétrolifères Théâtre 110 pages ; 14,95 $ ; Aussi disponible en PDF Salon du Livre de Montréal Espace Dimedia Stand 100 Einlfantmême www.instantmGme.conn Steve Gagnon En dessous de vos corps je trouverai ce qui est immense Théâtre\t 106 pages ; 14,95 $ ; Aussi disponible en PDF\t F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2013 SALON DU LIVRE DE MONTREAL COUVERTURE SUITE DE LA PAGE E 1 l\u2019emporte, on n\u2019a pas affaire au livre d\u2019une vedette des lettres.De même, la mention de prix littéraires ou de critiques sert à légitimer l\u2019ouvrage.Et qu\u2019observez-vous dans le style de la quatrième?Tout y est possible.On voit des extraits, des résumés, des commentaires.Tout.L\u2019éditeur conserve la responsabilité ultime du texte, écrit parfois par les auteurs eux-mêmes.Je me suis intéressé à la série des San Antonio.Là, le narrateur, qui est aussi l\u2019auteur, envahit tout l\u2019espace pour interpeller le lecteur en le tutoyant.Il y a un florilège étonnant de textes promotionnels audacieux et cette diversité montre bien l\u2019importance de ce péri-texte pour faire acheter le texte.Que change le livre électronique pour la quatrième?Vous avez là une question qui illustre bien un avantage du livre papier sur le livre numérique.Un livre papier est un objet en trois dimensions qu\u2019on peut prendre en main, soupeser et retourner pour lire l\u2019envers.On peut dire qu\u2019il a de la profondeur et du relief.Du côté numérique, le texte qui décrit ou résume le livre s\u2019insère dans le moule du site de la librairie en ligne.Il est présenté de façon uniforme.Ce texte est en quelque sorte détaché du livre et il n\u2019accompagne plus le livre électronique acheté.On peut donc juger un livre à sa quatrième de couverture?Oui.Même quand c\u2019est mauvais.Tout l\u2019habillage fournit d\u2019excellents indices sur la qualité de l\u2019ouvrage.L\u2019éditeur connaît la communauté de lecteurs à laquelle il s\u2019adresse et sait comment la rejoindre.Le lecteur, lui, ne se fait pas avoir deux fois par une communication malhonnête.Et puis, certaines collections se suffisent à elles-mêmes, sans texte promotionnel.Il y a d\u2019ailleurs un retour de la quatrième vierge, nue, sans texte, chez les éditeurs haut de gamme.Car la quatrième est un art très délicat.Le Devoir Le style des quatrièmes La quatrième de couverture \u2014 la C4, techniquement, ou le revers d\u2019un livre \u2014, l\u2019air de rien, en dit beaucoup.Sur l\u2019éditeur et sa vision du livre, sur l\u2019auteur et, dans la foulée, sur le lecteur attendu.Comment se pensent ces pages essentielles?LeZ)c^;o^r a interrogé quatre éditeurs sur leurs quatrièmes.Catherine Lalonde Défait.RÉVOLUTION R0.L.Paul Otchakovsky-Laurens, éditeur Nées en 1983, maintenant détenues en grande part par Gallimard, les éditions P.O.L.sont spécialisées en littérature.Elles ont publié, entre autres, Marguerite Duras, Marie Darrieus-secq, Olivier Cadiot, Atiq Rahimi et, d\u2019ici, Martin Winckler.Qui écrit vos quatrièmes?Ce sont les auteurs eux-mêmes.Ce sont les seuls à pouvoir rendre compte de ce qu\u2019il y a dans leur livre, de leur couleur, de leur sonorité.Il m\u2019arrive de les leur faire refaire, pour les dégager de toute «commercialité», mais c\u2019est peu fréquent.Ça marche souvent du premier coup.Dans des cas exceptionnels, rarissimes, c\u2019est moi, mais je ne suis jamais content.C\u2019est objectivement beaucoup moins bien.Qu\u2019est-ce qui caractérise vos quatrièmes de couverture?Justement, l\u2019absence de toute préoccupation commerciale, la volonté de rendre compte au plus près de ce que contient le livre, pas nécessairement en racontant l\u2019histoire, car rien ne ressemble plus à une histoire qu\u2019une autre histoire, surtout résumée en quelques lignes.Mais restituer l\u2019atmosphère, un peu de l\u2019écriture, un parfum, une sensibilité, oui.Et puis s\u2019amuser, c\u2019est aussi un défi, ce parcours obligé.Les auteurs et moi, nous aimons bien la liberté et la provocation.Un exemple de quatrième d\u2019un autre éditeur que vous jugez excellente?S\u2019il m\u2019arrive bien normalement d\u2019aimer des livres que publient mes confrères, je n\u2019aime jamais leurs C4, qui sont des C4 d\u2019éditeurs, précisément, toujours convenues, toujours «langue de bois».Un exemple d\u2019une de vos meilleures quatrièmes de couverture?La palme revient sans conteste à Danielle Mémoire, qui a écrit derrière l\u2019un de ses livres.Les enfances Corpus: «Ils recommencent ! » Il faut préciser que son œuvre, heureusement riche de dix-sept livres pour l\u2019instant, comporte un certain nombre de personnages récurrents.Ou cette autre, de la même auteure, au dos de son dernier.Hiératiques debout: «Elle ne pourra pas dire qu\u2019elle ne Va pas cherché.» Le Quartanier Éric de Larochellière, éditeur Fondé il y a dix ans et d\u2019abord axé sur la poésie contemporaine, Le Quartanier publie désormais littérature, poésie et essais.Qui écrit vos quatrièmes?Jusqu\u2019en 2010, elles étaient toutes presque exclusivement de ma main.Depuis, le premier jet vient des auteurs.Le résultat est plus singulier, plus imprévisible et diversifié, d\u2019un livre à l\u2019autre.L\u2019écrivain, le plus possible, doit avoir son mot à dire dans l\u2019élaboration de son œuvre, jusque dans les aspects paratex-tuels ou typographiques.Plus l\u2019auteur reste proche du processus qui mène au livre comme objet (dont le choix d\u2019un titre définitif, la C4, les couleurs en couverture, etc.), mieux c\u2019est.Quel genre de quatrième vous fait remettre le livre sur une tablette?Celui que je trouve légèrement ridicule et affabulateur, voire mensonger, qu\u2019un de mes auteurs appelait «le petit papotage publicitaire».Quand j\u2019étais libraire, on s\u2019en lisait à travers la librairie en se gondolant de rire.Le genre qui résume platement la mise en situation de l\u2019histoire, sans style, avec une emphase niaise, et termine en disant que l\u2019auteur est le meilleur de sa génération.Un exemple d\u2019une de vos meilleures quatrièmes de couverture?Je m\u2019étais bien amusé à écrire celle-ci, pour Fashionably Tales: une épopée des plus brillants exploits (2007) de Marc-Antoine K.Phaneuf.«Ces poèmes d\u2019aventures de bas étage racontent le monde en pillant l\u2019infini répertoire de la culture populaire, de la mode et de la porno.Vulgaires et comiques, épiques et glauques, ces \u201ccontes\u201d dépeignent une époque débile en piteux état.Poésie vacharde à l\u2019humour volontiers crétin, aux vers nourris de hits pop, de fibre optique et de presse à potins ducham-pienne, Eashionably Taies vole en rase-mottes au ras des paillettes, faisant de la vie le meilleur art brut qui soit.Album d\u2019or qui transmue le toc en vrac fou, il est le livre vide-poche d\u2019un auteur qui mixe champagne et poutine pour votre bon plaisir.» Un exemple de quatrième d\u2019un autre éditeur que vous jugez excellente?Celle de Tomates de Nathalie Quin-tane (P.O.L), que j\u2019adore mais qui est presque inimaginable au Québec : «En tant qu\u2019enseignante, fêtais satisfaite.En tant qu\u2019écrivain, je rechignais pour la forme.En tant que rien de spécial, je pensais pan dans les dents.» Lafindela maladie Et SIC état possible\u2019 X Éditions de l\u2019Homme Soiüières éditeur Élizabeth Paré, éditrice adjointe Nées en 1958, les éditions de l\u2019Homme, part désormais du Groupe Livre Québécor Média, publient des ouvrages de vulgarisation sur les tendances sociales et la psychologie, des bios, des guides pratiques, des beaux livres et de la fiction grand public.Qu\u2019est-ce qui caractérise vos quatrièmes?Que doit-on y retrouver?Les C4 des éditions de l\u2019Homme sont à la fois similaires et très différentes l\u2019une de l\u2019autre.Parfois, un livre commande une forme unique de quatrième: une seule phrase, une liste à puces, une présentation plus graphique.Chaque C4 a une fonction triple, qui variera légèrement selon le genre Httéraire.Le caractère objectif: donner, clairement et succinctement, un avant-goût et une idée d\u2019ensemble du contenu.Cette information doit être précise pour permettre de distinguer l\u2019ouvrage en question des ouvrages similaires ou concurrents.Pour tous les livres pratiques, dont les titres de psychologie pratique, elle mettra en avant l\u2019utilité d\u2019une méthode ou d\u2019une façon de faire, ses applications/ utilisations et ce que le lecteur peut espérer en retirer comme résultats.Pour les bios, elle tracera les grandes lignes du parcours et des accomplissements d\u2019un personnage important Pour le livre documentaire, elle replacera en contexte les faits, événements ou éléments centraux au contenu du livre.Pour la fiction, elle s\u2019attardera à décrire la personnalité des personnages, leur environnement, le contexte dans lequel ils évoluent, les choix auxquels ils font face.Interpeller directement le lecteur cible.Pour les livres pratiques, en faisant des références à la réalité et au quotidien du lecteur, et par la mise en avant du côté pratique du livre, qui rendra l\u2019application du contenu plus facile à projeter.Pour les bios ou le documentaire, en montrant l\u2019importance d\u2019un personnage, d\u2019un événement ou d\u2019un élément quelconque dans la construction de la réalité passée ou actuelle du lecteur remplira l\u2019objectif.Pour la fiction et le beau fivre, on misera sur l\u2019idée de créer instantané ment une atmosphère dans laquelle le lecteur voudra rester pendant quelques centaines de pages.Fournir de l\u2019information sur l\u2019auteur.Elle mettra en avant les compétences, la formation, le parcours ou les accomplissements de l\u2019auteur qui valident sa capacité à traiter du sujet en question.Robert Soulières, éditeur Nées en 1996, les éditions Soulières publient « tranquillement, en prenant le temps», des livres jeunesse.Qui écrit vos quatrièmes?C\u2019est Colombe Labonté, codirectrice, qui les rédige en collaboration avec l\u2019auteur, et j\u2019ajoute parfois mon grain de sel.Il est essentiel que l\u2019auteur soit d\u2019accord avec la C4.On choisit presque toujours un extrait du livre, pour donner une idée du ton du roman, du style, du genre.On ne fait jamais d\u2019autopromotion dithyrambique, du genre « Un roman formidable!», «Un livre impossible à lâcher!», etc.C\u2019est au lecteur de se faire son opinion.Soulières éditeur est reconnu pour certaines quatrièmes plus délirantes.Nous en avons plusieurs, souvent celles des livres dont je suis l\u2019auteur, où l\u2019on se permet des fantaisies.Comme celle ôi\u2019Un cadavre de classe, où la quatrième se poursuit sur deux autres pages intérieures.ce qui donne une C4 de trois pages assez rigolotes ! Parfois, on ajoute de petits commentaires, tels que «Ce roman est écrit en HD: hautre drôle», «Lire à la température de la pièce», «Maximum dix exemplaires par personne», «Lisez ce livre, il n\u2019y aura pas de film!» ou «Attention, ce roman peut contenir des arachides!».Un exemple de quatrième d\u2019un autre éditeur que vous jugez excellente?Celles de la collection « Boréal Maboul » ou encore celle sur Le guide du tricheur (Québec Amérique) : «Il n\u2019y a rien de plus ennuyeux que d\u2019être obligé de jouer à des jeux de société, surtout si c\u2019est pour perdre à la fin.Lisez ce guide et apprenez à éliminer le hasard! Perdre, après tout, c\u2019est bon pour les perdants!» Originalité et sobriété ! Ou celles de la série Les dra-gouilles (Michel Quintin), comme celle du tome xi.Les vertes d\u2019Auckland : « Visite les verts pâturages qui ont inspiré la reconstitution du village des Hobbits dans Le seigneur des anneaux.Exprime ta joie ou ta colère en dansant le haka.Découvre l\u2019art maori et crée tes propres motifs.Provoque une éruption volcanique et perd la boule en faisant un tour de Zorb.» DVoir > Une galerie de photos des quatrièmes de couverture d\u2019une série d\u2019éditeurs sur ledevoir.com/culture/livres NOUVEAUTE RECHERCHES SOCIOGRAPHIQUES CARRÉS ROUGES Ne manquez pas la sortie prochmne- en décembre 2013, du volume 54, numéro 3.www.soc.ulaval.ca/recherchessociographiques ACADEMIE DES LETTRES DU QUEBEC INVITATION LAcadémie des lettres du Québec vous invite à la réception de Madame Danielle Fournier Monsieur Laurier Lacroix Monsieur Robert Lalonde et Monsieur André Vanasse comme membres de notre société.La cérémonie aura lieu au Salon du livre de Montréal, Place Bonaventure, salle 1 (mezzanine) le jeudi 21 novembre 2013 à 17h précises.Un vin d\u2019honneur suivra la cérémonie.Merci de confirmer votre présence à Madame Maude Levasseur à secretariat@academiedeslettresduquebec.ca ou par téléphone, au (514) 873-4496.Laissez-passer sur demande.Bernard Anton (Ben) «Une riche et substantielle nourriture pour les amoureux des mots, des rythmes et des images.» Bernard Anton (Ben) DÉLIRES DE MACADAM * Voir vidéos, Youtube : Bernard Anton Ben Allô prof : aide aux devoirs GRATUITE partout au Québec! .Alternatives CONSTRUIRE ENSEMBLE un monde diHTérent Pour nous appuyer : vvww.alternatives.ca 514.982.6606 LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2013 F 3 SALON DU LIVRE DE MONTREAL _j_\t/ LITTERATURE QUEBECOISE Et la Duchesse vint.Avec Les clefs du Paradise^ Michel Tremblay s\u2019approche de la fin de sa grande, grande boucle MICHEL BELAIR Il est un peu essoufflé, le Michel Tremblay.Ce n\u2019est pas tellement la tournée des médias, comme chaque année à la veille du Salon du livre, qui l\u2019embête ; au contraire, il adore venir parler chaque fois de son nouveau roman.«Depuis ma chirurgie au cerveau, dit-il, c\u2019est mon quatorzième en quatorze ans.C\u2019est comme si j\u2019avais senti une certaine urgence de dire ce que j\u2019avais encore à dire.Mais là, je constate simplement que même si j\u2019ai encore plein d\u2019affaires à raconter, l\u2019urgence est moins urgente qu\u2019elle ne l\u2019était.» Et bien sûr, là-dessus, il rit.De ce rire franc, plein, roulant, irrésistible qu\u2019il lance autour de lui par vagues déferlantes depuis un demi-siècle déjà \u2014 est-ce tudieu\tMichel Tremblay possible ! \u2014 et qui\tLes clefs résonne dans le pe- du Paradise tit resto encore vide où nous nous trouvons.Personne ne se touche Un peu essoufflé, donc, mais tout aussi prévenant et présent que d\u2019habitude ; on ne dit pas assez à quel point Tremblay est un homme de culture d\u2019une gentillesse désarmante.Maintenant que son 32'^ roman (vous avez bien lu !) vole de ses propres ailes, il y revient presque avec tendresse, sans se faire prier, tout en s\u2019arrangeant pour attiser le suspens sur ce qui s\u2019en vient.Cela s\u2019explique sans doute par le fait que le livre, situé en 1930 en pleine Crise, tisse un des derniers fils reliant la Diaspora des Desrosiers à tout ce qui vient chronologiquement après \u2014 les Chroniques du Plateau, le cycle des Belles- sœurs \u2014 dans l\u2019œuvre gargantuesque de Michel Tremblay.Et aussi parce qu\u2019il raconte la naissance de la Duchesse de Langeais, dont le personnage a été créé à la scène par Claude Gai, auquel Tremblay a dédié son roman.«f\u2019ai toujours eu un faible pour la Duchesse et son sens de la répartie, mais Claude Gai en a fait un personnage de théâtre absolument extraordinaire, poursuit le romancier.Tellement que, pour moi et pour plusieurs, il est impossible de ne pas le voir lui quand on évoque le nom de la Duchesse.Ceux qui me suivent savent que la Duchesse de Langeais va se payer la cuite de sa vie dans un bar d\u2019Acapulco dans la pièce qui porte son nom, puis qu\u2019elle va finir assassinée dans un bar au milieu des années 1970 après avoir régné sur la Main toute sa vie.Ici, on apprend comment Edouard devient la Duchesse à 17 ans, après qu\u2019il ait trouvé par hasard dans une poubelle le roman de Balzac auquel il emprunte le nom de son héroïne.» Tremblay dit avoir voulu aussi parler à travers cela de l\u2019importance de la littérature.Et plus précisément du sous-texte.« Une fois qu\u2019Edouard se met à lire, il se rend compte que le roman de Balzac est plate à mourir la bouche ouverte; comme il le dit quelque part, ça parle d\u2019amour pendant des centaines de pages sans que personne se touche.C\u2019est plutôt ce qu\u2019il sent qui se passe quand il ne se passe rien qui le fascine et qui lui fera saisir l\u2019importance des mots et de tout ce qui se cache derrière eux.^ C\u2019est à la suite de cela qu\u2019Edouard prend la décision h PEDRO RUIZ ARCHIVES LE DEVOIR Michel Tremblay en est à son 14® salon en autant d\u2019années.Les clefs du Paradise est son 32® roman.t de devenir la carmélite déchaussée.» f Eclaircie Autour, c\u2019est toujours le même resto branché maintenant bourdonnant d\u2019activité ; quelques anges passent \u2014 dont un aux avant-bras tatoués \u2014 pendant que Tremblay avale une bouchée.Et puis voilà que la conversation reprend autour du besoin et du plaisir d\u2019écrire.«f\u2019ai toujours dit que j\u2019arrêterais d\u2019écrire quand je n\u2019aurais plus rien à dire; c\u2019est pas encore arrivé [rires].Il reste encore deux épisodes à venir à la saga des Desrosiers, dont les personnages s\u2019estompent lorsque les Chroniques du Plateau s\u2019amorcent et j\u2019y arrive.C\u2019est clair dans ma tête, même si je ne fais jamais de plan, parce que j\u2019ai commencé par la fin avec le cycle des Belles-sœurs et que je remonte le fil.» Tremblay explique que le prochain épisode sera difficile à mettre en forme, qu\u2019il ne sait pas encore comment il va s\u2019y prendre.«Le prochain livre va parler d\u2019une éclaircie, ce sera probablement le titre d\u2019ailleurs, une éclaircie passagère avant que le destin frappe encore plus fort dans le roman qui suivra et qui racontera l\u2019arrivée de la guerre.» Dans la vraie vie comme dans les romans, et même pour l\u2019impitoyable chroniqueur qu\u2019est devenu Michel Tremblay, il est difficile de parler du bonheur quand on sait que ça ne va pas durer.L\u2019auteur sera en séance de signatures au salon du jeudi au dimanche.Collaborateur Le Devoir LES CLEFS DU PARADISE Michel Tremblay Leméac Montréal, 2013, 258 pages & Triptyque www.triptyque, qc.ca LES CYNIQUES LE RIRE DE LA RÉDÛLUTiÛN TRANQUILLE ~ - f 4 Sous LA DIRECTION DE Robert Aird et Lucie Joubert AVEC LA COLLAÜORAITON DE Marc Laurendeau et André Dubois CD O UD Sous LA DIRECTION DE Robert Aird et Lucie Joubert avec la collaboration de Marc Laurendeau et André Dubois LES CYNIQUES LE RIRE DE LA RÉVOLUTION TRANQUILLE une anthologie suivie de sept études Préface de Guy A.Lepage Marc Laurendeau sera en séance de dédicace le samedi 23 et le dimanche 24 novembre info : www.salondulivredemontreal.com Salon du livre de Montréal-Stand 100 C Gospard LE DEVOIR :ALMARÈS -\tDu 4 au 10 uovembre 2013\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 Les héritiers du fieuve \u2022 Tome 2 1898-1914\tLouise Trembiay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean 1/3\t 2 Mauvaise foi\tMarie Laberge/Québec Amérique\t2/4 3 De peigne et de misère\tEred Peiierin/Sarrazine\t-/I 4 Ce qui se passe au congrès reste au congrèsi\tAméiie Dubois/Les Éditeurs réunis\t-/I 5 Mensonges sur ie Piateau-Mont-Royai \u2022 Tome 1 Un mariage.\tMichei David/Hurtubise\t3/5 6 La vie épicée de Chariotte Lavigne \u2022 Tome 4 Foie gras au.\tNathaiie Roy/Libre Expression\t6/2 7 Souvenirs de ia baniieue \u2022 Tome 6 Les jumeaux\tRosette Laberge/Les Éditeurs réunis\t-/I 8 La beiie affaire.Le roman de Wiiiiam H.\tErançois De Eaikensteen/Libre Expression 4/3\t 9 La grange d\u2019en haut \u2022 Tome 2 texode de Marianne\tMicheiine Daipé/Goéiette\t7/2 10 C\u2019est ie coeur qui meurt en dernier\tRobert Laionde/Boréai\t-/I Romans étrangers\t\t 1 Perdre ie Nord\tKathy Reichs/Robert Laffont\t1/2 2 Le pius beau des chemins\tNichoias Sparks/Michei Eaton\t2/2 3 Ainsi résonne i\u2019écho infini des montagnes\tKhaied Hosseini/Beifond\t-/I 4 tappei du coucou\tRobert Gaibraith/Grasset\t-/I 5 Sept ans de désir\tSyivia Day/Eiammarion Québec\t-/I 6 La mission Janson\tJustin Scott/Grasset\t-/I 7 Troisième humanité \u2022 Tome 2 Les micro-humains\tBernard Werber/Aibin Michei\t4/2 8 Preuves d\u2019amour\tUsa Gardner/Aibin Michei\t-/I 9 [empreinte de toute chose\tEiizabeth Giibert/Caimann-Lévy\t3/3 10 Au revoir ià-haut\tPierre Lemaitre/Aibin Michei\t-/I Essais québécois\t\t 1 Là où croît ie périi.croît aussi ce qui sauve\tHubert Reeves/Seuii\t1/5 2 Les années Croc\tM.Viau 1 J.-D.Leduc/Québec Amérique\t3/3 3 Tenir tête\tGabriei Nadeau-Dubois/Lux\t2/5 4 Les Cyniques.Le rire de ia Révoiution tranquiiie\tCoiiectif/Triptyque\t-/I 5 Cap sur un Québec gagnant.Le projet Saint-Laurent\tErançois Legauit/Boréai\t4/3 6 Exercices poiitiques\tMathieu Bock-Côté/VLB\t10/2 7 Résistance.Chroniques 2008-2009\tPierre Eaiardeau/VLB\t6/8 8 Québec cherche Québécois pour reiation à iong terme et pius.\tTania Longpré/Aiain Stanké\t-/I 9 Le Sei de ia terre\tSamuei Archibaid/Ateiier 10\t5/12 10 Syndicaiistes ou voyous.Nos années à ia FTQ-Construction Joceiyn Dupuis | Richard Goyette/Homme -/I\t\t Essais étrangers\t\t 1 Tintin et ies forces obscures\tCoiiectif/La Presse\t-/I 2 Piaidoyer pour i\u2019aitruisme.La force de ia bienveiiiance\tMatthieu Ricard/Nit\t2/2 3 Le bien commun\tNoam Chomsky/Écosociété\t1/3 4 Panne giobaie.Crise, austérité et résistance\tDavid McNaiiy/Écosociété\t8/2 5 Le biduie de Dieu.Une histoire du pénis\tTorn Hickman/Robert Laffont\t6/2 6 Désir d\u2019infini\tXuan Thuan Trinh/Eayard\t-/I 7 Puissances d\u2019hier et de demain, [état du monde 2014\tCoiiectif/La Découverte\t3/6 8 Dictionnaire phiiosophique\tAndré Comte-Sponviiie/PUE\t-/I 9 Un été avec Montaigne\tAntoine Compagnon/des Équateurs | Erance-inter 4/3\t 10 Dette.5 000 ans d\u2019histoire\tDavid Graeber/ies Liens qui Obèrent\t-/I iR^ert LALONDE CEST LE CŒUR QUI MEURT EN DERNIER La BTLF (Société de gestion de ia Banque de titres de iangue française) est propriétaire du système d'information et d'anaiyse Ba^ari sur ies ventes de iivres français au Canada.Ce paimarés est extrait de BaspaU et est constitué des reievés de caisse de 215 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour ie projet Baspanl.© BTLF, toute reproduction totaie ou partieiie est interdite.«Tout est empreint de tendresse, de beaucoup d\u2019humour.C\u2019est un très, très beau récit.» Sophie Cadieux Télé-Québec, Bazzo.tv «C\u2019est beau en diable ! » Pierre Curzi Télé-Québec, Bazzo.tv «On ne peut pas se détacher facilement de ce livre.Thérapeutique pour tous.» Josée Blanchette Le Devoir «Robert Lalonde a une écriture absolument magnifique.Il a une façon d\u2019évoquer les choses sans les dire explicitement, banalement.Vraiment un beau livre.» Patricia Tadros Radio-Canada En signature au Salon du livre de Montréal Stand no 112 Samedi de i6 h 30 à i8 h Dimanche de 14 h à 15 h Robert Lalonde C\u2019EST LE CŒUR QUI MEURT EN DERNIER fi « C'est le cœur qui meurt en dernier: ce sont les paroles de sa mère à l\u2019orée de la mort.Si hommage il y a avec ce livre, c\u2019est là qu\u2019il se situe, du côté du cœur.» Danielle Laurin, Le Devoir Récit \u2022 i68 pages \u2022 19,95 $ PDF et ePub : 14,99 $ 50 www.editionsboreal.qc.ca F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2013 SALON DU LIVRE DE MONTREAL POESIE Dans la toundra avec Joséphine Bacon HUGUES CORRIVEAU Amérindienne, Innue de Bet-siamites, la poète Joséphine Bacon parcourt un territoire de mémoire et d\u2019absolu, entraînée par les ancêtres et les traditions qui font du nomadisme un mode de reconnaissance vitale des terres nordiques.Le très précieux prologue au Thé dans la toundra nous fait connaître un grand chasseur de caribous, Ish-kuateu-Shushep, qui nous mène en territoire de chasse et de cérémonie.Les pierres y sont posées comme signes de passage et de reconnaissance.Il nous faudra donc « apprendre à regarder» si on veut conquérir son autonomie, mais jamais seul, nous ditl\u2019auteure: «Tu me promets une terre pure / Où tu existes / Missinak^ m\u2019abreuve / Papakas-sik^ court avec moi / Le lichen me nourrit / La mousse soigne mes larmes».En lisant ces textes presque incantatoires, on a l\u2019impression d\u2019écouter une supplique adressée aux Esprits matériels, à l\u2019essence même de l\u2019univers qui essaie de contrer la solitude du corps et de l\u2019âme.Sans cesse est-on confrontés aux appels lancés au plus vivant inconscient planétaire, avec ce sentiment de dépendance assumée face aux Esprits des lieux, à la mobilité des émois : « Tambour, je rêve du tambour /Il est mon rendez-vous!», et la musique se lève dans cette immensité qui fait place au mouvement des corps et des âmes.Eorme initiatique d\u2019une renaissance à soi-même, à travers un hommage au don des ancêtres, voilà en fait en quoi consiste ce chant hanté par les bruits des eaux et du sol, par les murmures secrets des êtres surnaturels.Le passé n\u2019est jamais plus présent que dans la conscience de ceux et celles qui en vivifient la lumière, nous dit la poète.Cette quête prend des allures de dialo^es entre les esprits et elle, qui cherche à se défaire des modernités ravageuses des villes et à s\u2019insérer dans les traces animales du caribou totémique qui l\u2019appelle à une chasse inversée, celle qui la fera renaître à sa propre identité.Alors seulement, dans cette coïncidence profonde avec les eaux mouvantes de la réconciliation, elle peut dire, enfin: «Je suis libre / Sur la terre de Papakas-silé*/Je suis libre/Dans les eaux de Missinak^ / Je suis libre / Dans les airs où Uhuapeu trace une vision / Je suis libre là où Uapishatanapeu / Conserve le feu de mon peuple / Je suis libre / Là où je te ressemble».Beau recueil qui nous fait entrer dans le pays boréal, avec la délicatesse d\u2019une marche respec-tueuse, presque spirituelle, jusqu\u2019aux sources d\u2019une tradition qui réunit les morts et les vivants, les ardentes mémoires ancestrales et le possible accueil serein d\u2019une ouverture aux secrets des pierres et des matières.La poète sera en séance de signatures au salon du jeudi au dimanche.Collaborateur Le Devoir UN THÉ DANS LA TOUNDRA NIPISHAPUI NETE MUSHUAT Joséphine Bacon Mémoire d\u2019encrier Montréal, 2013,100 pages PRIX CONCOURT 2013 Albin Michel Le monde selon Rawi Hage L\u2019auteur de Parfum dépoussiéré parle de toutes les libertés sr Pierre LEMAITRE Pierre Lemaitro Au revoir là-haut ionwn Albin Michel CHRISTIAN DESMEULES Fly, le protagoniste de Carnaval, troisième roman de Rawi Hage, est un chauffeur de taxi pour qui le métier se divise en deux catégories: d\u2019un côté, les araignées qui attendent le client, et de l\u2019autre, les mouches, comme lui, électrons libres qui bourdonnent sans arrêt en sillonnant les rues de la ville.Vagabond athée et épicurien, né sur un cirque loin d\u2019ici d\u2019une mère trapéziste et d\u2019un père «pilote de tapis volants», il a été élevé par une femme à barbe.Son père, devenu croyant sur le tard, s\u2019est convaincu que les tapis volants devaient désormais rester au sol pour servir à la prière.Il n\u2019en a plus de nouvelles depuis qu\u2019il est parti dans «la direction de la Pierre».Le chauffeur de taxi zigzague dans une grande ville jamais nommée, prenant comme clients prostituées, touristes, criminels et festivaliers tout en fantasmant sur sa jolie voisine, Zaïnab, qui croit en Dieu pour deux.Pour compenser, il peut toutefois compter sur sa «flamboyante » collection de littérature érotique et sur le tapis, encore, où il s\u2019étend à volonté pour se livrer, sans la moindre culpabilité, au plaisir le plus solitaire.Son premier roman.Parfum dépoussiéré (Alto, 2007), a entre autres permis à Rawi Hage de remporter le prix IMPAC Dublin et le Prix des libraires du Québec (en traduction).Son deuxième.Le cafard, touchait déjà à la métaphore de l\u2019insecte et au thème de la solitude urbaine.Né au Liban en 1964, où il a étudié en français et en arabe, Rawi Hage a émigré à New York en 1984, où il a vécu huit ans.Mais c\u2019est à Montréal qu\u2019il est devenu écrivain, après avoir étudié la photographie à Concordia et fait une maîtrise en arts visuels à l\u2019UQAM, tout en accomplissant des tas de petits boulots.Dont celui de chauffeur de taxi.Lui qui s\u2019était pourtant juré de ne jamais écrire de roman à partir de cette expérience.Taxi troubadour «Je crois que c\u2019est mon meilleur roman, estime Rawi Hage, rejoint à Vancouver, où il séjourne en ce moment pour une résidence d\u2019écriture.C\u2019est mon livre le plus profond, le plus vaste et le plus abouti sur le plan de langue.L\u2019esthétique du carnaval, je l\u2019ai imaginée comme une performance remplie de sujets, de théâtre et de MADELEINE THIEN {j^LMée du carnaval, pour moi, représente l\u2019idée de liberté totale, celle du corps notamment, mais aussi la liberté de pouvoir assumer d\u2019autres personnalités yy Rawi Hage masques.L\u2019idée du carnaval, pour moi, représente l\u2019idée de liberté totale, celle du corps notamment, mais aussi la liberté de pouvoir assumer d\u2019autres personnalités.» Célébration de la liberté, le parcours de Ely aura pourtant un prix.«Malheureusement, oui, les célébrations de liberté sont toujours éphémères.Les contraintes de la vie ne nous permettent pas toujours d\u2019avoir cette grande liberté.Fly, au fond, est une sorte de troubadour.On a tendance à sous-estimer leur importance dans l\u2019Histoire, mais les troubadours ont joué un rôle particulièrement politique, je crois, notamment en favorisant le mélange.Ils semaient sur leur chemin une culture, des idées alternatives», estime l\u2019écrivain.On l\u2019aura deviné, on trouve dans Carnaval une critique des appartenances collectives.Quelles qu\u2019elles soient.«Ce n\u2019est pas seulement une critique de l\u2019islam, insiste avec prudence Rawi Hage, c\u2019est une critique de la religion en géné- ral.Je crois avoir touché également à toutes les religions, et même aux superstitions.» Si l\u2019auteur se défend d\u2019avoir particulièrement ciblé l\u2019islam, visant toutes les croyances liber-ticides du corps et de l\u2019esprit, il reste que la référence à l\u2019islam est un motif récurrent qui porte une grande partie de la charge iconoclaste du roman.«Si on met cette question de la liberté dans un contexte historique, poursuit Rawi Hage, on s\u2019aperçoit que ça représente en réalité toujours de courts moments.Des périodes de démocratie peuvent tourner n\u2019importe quand à la dictature.On dirait d\u2019ailleurs qu\u2019il y a une certaine élite, de nos jours, qui cherche à se débarrasser de la démocratie.Et les religions, en fait, n\u2019ont jamais vraiment favorisé la liberté.» Langues secondes Dans son appartement rempli de livres, Fly lit autant pour s\u2019évader que pour se faire plaisir.Il lit aussi bien Jean Genet que Jorge Luis Borges, Georges Bataille ou Cervantes.On ne s\u2019étonnerait pas non plus, tiens, de le voir fréquenter Rabelais.Une influence que revendique Rawi Hage.Suivi de près par Mikhail Bakhtine, le théoricien russe qui, à partir de l\u2019œuvre de l\u2019auteur de Gargantua, a forgé la notion de « carnavalesque».«Mais ce que moi j\u2019ai surtout pris de Rabelais, c\u2019est l\u2019humour.C\u2019était révolutionnaire dans ces sociétés très religieuses.Ce qui est absent des religions, c\u2019est l\u2019humour.A une époque, rigoler était même une forme de péché.» Habité par une certaine frénésie de langage, qui se traduit parfois en longs passages un peu poétiques.Carnaval est également de ce côté des choses une célébration de la vie.Le fait de ne pas écrire dans sa langue maternelle conditionne-t-il son écriture ?«J\u2019imagine que oui, concède-t-il.Parce que derrière l\u2019anglais tel que je l\u2019écris, on trouve à la fois l\u2019influence de la poésie arabe, mais aussi celle de la littérature française.Une traductrice, Sophie Voillot, m\u2019a d\u2019ailleurs déjà dit: \u201cJe rétablis ton écriture en français.\u201d Elle arrivait à voir que, quelque part, je suis un écrivain français qui écrit en anglais.En un sens, je suis assez d\u2019accord avec elle.» Brassage des mots, duel d\u2019idées, de croyances et de personnages.Carnaval «est un livre de confrontation, résume l\u2019écrivain.Une confrontation qui se fait avec des outils qui sont tout à fait différents: le rire, l\u2019humour, le sarcasme.» Et l\u2019humour, après tout, n\u2019est-ce pas l\u2019arme ultime des faibles et des damnés de la terre ?Collaborateur Le Devoir CARNAVAL Rawi Hage Traduit de l\u2019anglais (Canada) par Dominique Fortier Alto Québec, 2013, 384 pages Carnaval > alto RENEE EEGRIS 1k i t/.-A vous VOULEZ PUBLIER?CARTE BLANCHE -AU SALON DU LIVRE, STAND 366- WWW.CARTEBLANCHE.QC.CA LE TELEROMAN QUÉBÉCOIS Pensez cadeaux / EN LIBRAIRIE Marc-André Robert Dans la caméra de Fabbé Proulx La société agricole et rurale de Duplessis SEPTENTRION.QC.CA a ^ LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC S 11 I I c 0) I _i si a?Hi li| C V-0?-O (fi ^ > CA 3 £ a?\u20225 S I \" k 01 ° > X := .2 À l'achat de *5 livres, obtenez .1 n O/, de rabais Av/ /U sur le 1\u2018\u2018Givre* 15% : 20% de rabais sur le 2'livre ' de rabais sur le 3' livre* Sur présentation de ce coupon seulement.Offre en vigueur jusqu'au 8 décembre 2013.'\u2014I le Parchemin | DEPUIS 19\t6\t6 B e r r i - U Q A M , Tel.: 514 845-5243 505, rue Sainte-Catherine Est, Montreal (Québec) H2L 2C9 LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 20IS F 5 SALON Dü LIVRE DE MONTREAL Au gré du hasard Danielle Laurin Tout le monde, j\u2019imagine, a déjà vécu des événements déconcertants qui, à rebours, semblent aller au-delà de toute logique, comme si un grand manitou derrière avait manipulé les ficelles de ce qu\u2019on appelle, faute de mieux, le destin.Non?Est-ce que certaines personnes plus que d\u2019autres sont abonnées aux situations improbables, aux coïncidences inimaginables?Et si oui, pourquoi ?Pourquoi pas vous, pourquoi pas moi?Mais qu\u2019est-ce qu\u2019on peut véritablement ramener au hasard?Qu\u2019est-ce qui se joue là à notre insu?Comment dépasser le si et le peut-être?Si je n\u2019avais pas été à telendroit à tel moment de ma vie, aurais-je rencontré telle personne ?Peut-être que je serais mariée à un autre homme, que je vivrais dans un autre pays, et que.C\u2019est bousculée par toutes sortes de questions qui d\u2019habitude ne m\u2019effleurent pas l\u2019esprit que j\u2019ai lu Fruits, de Cari Leblanc.Si son but est de déstabiliser, il a réussi, me suis-je dit en refermant l\u2019ouvrage.Comme plusieurs, j\u2019avais beaucoup, beaucoup apprécié le livre précédent de ce docu-mentariste.Artefact, un roman inspiré d\u2019événements réels liés à la tragédie d\u2019Auschwitz, mais un roman quand même.Cette fois, pas question de passer par les artifices de la fiction, nous prévient-il dans Fruits.Pourtant, on se croirait au pays de l\u2019imagination.Comme si c\u2019était arrangé avec le gars des vues.Défilent de petites histoires, de courts récits, qui pourraient ensemble former une collection.Pensez à ces collections de timbres, de cartes de hockey ou de Dieu sait quoi, que des passionnés compulsifs s\u2019empressent d\u2019étaler fièrement.Sauf qu\u2019ici il s\u2019agit de hasards, dont le point commun pourrait être : quand la réalité dépasse la fiction.Ou du moins la rejoint.Auster et Aquin Je n\u2019ai pas pu m\u2019empêcher de voir une parenté entre la collection d\u2019épisodes invraisemblables relatés par Cari Leblanc dans Fruits et le petit Cad Leblanc Fruits 'mm Carnet rouge de Paul Auster, un assemblage de nouvelles inspirées de coïncidences qui ont traversé la vie de l\u2019écrivain américain.Surtout, je n\u2019ai pas pu m\u2019empêcher de me rappeler la situation bizarroïde que j\u2019ai vécue un jour où j\u2019allais interviewer Paul Auster chez lui à Brooklyn, peu après la sortie de son roman Le livre des illusions (Actes Sud).Comme si les coïncidences finissaient par s\u2019appeler entre elles, qu\u2019on n\u2019y pouvait rien.J\u2019étais dans une pharmacie, q deux pas de chez Paul Auster.A côté de moi, une femme était penchée sur un rayon.Quand elle a levé la tête, j\u2019ai vu qu\u2019elle avait la moitié du visage mangée par une tache rouge.Je me suis figée, incrédule: dans Le livre des illusions apparaît une femme qui porte exactement la même tache de vin au même endroit.De plus, les deux, personnage de fiction et femme de la pharmacie, avaient sensiblement le même âge.J\u2019étais en avance pour mon rendez-vous.Je me suis installée sur une terrasse.Dix minutes plus tard la même femme est passée devant moi, comme un défi, comme pour me dire que je n\u2019avais pas rêvé.Est-ce que vous connaissez cette femme?C\u2019est la première question que j\u2019ai posée ensuite à Paul Auster, évidemment.Pas du tout, jamais vu quelqu\u2019un comme elle dans le quartier, m\u2019a-t-il assuré.Celui qu\u2019on surnomme le romancier de l\u2019improbable n\u2019avait absolument pas l\u2019air étonné par cette coïncidence.Des choses incroyables arrivent: pour lui, c\u2019était d\u2019une telle évidence.Concordances A tout coup, dans Fruits, c\u2019est le hasard qui a le dernier mot.Le dernier mot sur quoi?Sur la rationalité.Sur l\u2019explicable à tout prix.Sur la recherche de sens.Sur le contrôle qu\u2019on croit avoir sur nos vies, nos choix, nous-mêmes et.pourquoi pas, sur notre imagination.Je suis tombée au hasard des pages sur plusieurs tentatives de définition.du hasard, justement.Sur toutes sortes de considérations, de réflexions, de citations aussi, qui alimentent le propos, au-delà de l\u2019anecdote.En soi, ces passages m\u2019ont enchantée.« Quelles que soient les données objectives, il y a toujours un moyen de relativiser les '(d O' DIX JOURNÉES QUI ONT FAIT LE QUÉBEC SOUS LA DIRECTION DE PIERRE GRAVELINE Jacques Lacoursière ¦ Jean-Claude Germain ¦ Denys Delâge Denis Vaugeois ¦ Gilles Laporte ¦ Eugénie Brouillet ¦ Béatrice Richard Marie Lavigne ¦ Éric Bédard ¦ Mathieu Bock-Côté exploits du hasard.Il est toujours possible de ne pas se réjouir.De quoi ?De ce que le monde parfois puisse paraître magique.» Plus loin : «Le hasard est un cul-de-sac pour l\u2019esprit humain.Il est imprévisible, fluctuant.Animal.Sa marge de manœuvre est bien sûr radicalement réduite dans une centrale nucléaire où rien ne doit lui être laissé.Elle est, en revanche, très grande dans les affaires de cœur où la volonté est, parfois, tragiquement défaillante.» Puis, vers la fin : «Nous savons que tout ce qui n\u2019est pas arrivé, tout ce qui n\u2019a pas coïncidé, ferait un livre substantiellement plus volumineux que celui que vous venez de lire.» Simplement dire Je ne vous raconterai pas ce livre.Je ne vous dirai rien sur le contenu des histoires comme telles.Certaines sont plus savoureuses que d\u2019autres.Beaucoup d\u2019humour dans tout ça.D\u2019ironie, d\u2019autodérision.Cari Leblanc ne se prend pas au sérieux.Pas question pour lui de faire du prêchi-prêcha, ni de tomber dans le mysticisme non plus, de cultiver le mystère pour le mystère.Qn est loin d\u2019être devant un gourou qui ambitionnerait de former une secte.La ligne qu\u2019adopte l\u2019auteur serait plutôt du genre : c\u2019est comme ça, voilà tout, c\u2019est ce qui est arrivé, pensez-en ce que vous voulez.Des choses incroyables arrivent: pour lui aussi, ça semble d\u2019une telle évidence.Plus on avance dans son livre, plus on est du côté de l\u2019étonnement.11 y a des rebondissements qui nous tiennent absolument captifs.11 y a du tragique.De la sensibilité beaucoup.De la profondeur aussi.Au-delà des coïncidences comme telles, il y a le talent de conteur conjugué à la grâce de l\u2019écriture.11 y a des couches d\u2019épaisseur.Sur l\u2019amour et l\u2019absolu de l\u2019amour, sur l\u2019identité, sur le sort collectif des Québécois, sur le passé versus le présent et l\u2019avenir, sur la consommation comme mode de vie, sur la littérature comme nourriture, comme guide, sur Hubert Aquin en particulier, sur l\u2019enfance comme «seul vrai pays».11 y a bien plus que du hasard et des coïncidences dans ce livre finalement.Bien plus PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le dernier livre de Cari Leblanc est façonné par le hasard.Malgré tout, l\u2019auteur ne fait pas de prêchi-prêcha, ni ne tombe dans le mysticisme.que des histoires.Tout est dans Iq façon, encore et toujours.A quoi on reconnaît un véritable écrivain, n\u2019est-ce pas?L\u2019auteur sera au Salon du livre de Montréal jeudi, samedi et dimanche pour des séances de signatures.FRUITS Cari Leblanc XYZ Montréal, 2013, 160 pages PRIX ATM AN ASE-DAVID L\u2019AVENTURE QUÉBÉCOISE EN DIX DATES HISTORIQUES rlb éditeur Une société de Québécor Média LE GRAND ROMAN DES COMPORTEMENTS AMOUREUX.Eric-Eiîimanuel Schmitt Les perroquets de la place d\u2019Arezzo foinan Albin Michel r Albin Michel LES HERBES ROUGES F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2013 SALON DU LIVRE DE MONTREAL UTTERATURE QUEBECOISE Petites traces à la frontière du rien Réédition Soleil du lac, roman un peu zen, entre Jacques Poulin et Haruki Murakami CHRISTIAN DESMEULES Il suffit parfois de peu de chose pour faire un livre.Une façon de voir, un éclairage inédit, une poussière dans Toeil.Une rencontre qui fait du sens.Né à Winnipeg en 1945, auteur d\u2019une trentaine de livres, J.R Léveillé est aujourd\u2019hui retraité de Radio-Canada, où il a longtemps été journaliste.Les gens de La Peuplade ont eu l\u2019idée de rééditer Le soleil du lac qui se couche^ d\u2019abord paru en 2001 aux éditions du Blé.On comprend sans trop de mal leur enthousiasme.Angèle, la narratrice, une jeune Métisse francophone de Winnipeg, est étudiante en architecture.Elle fait la rencontre d\u2019Ueno Takami, un poète japonais de 64 ans.«Il ne souriait pas, mais le sourire était partout sur son visage.» C\u2019était il y a longtemps, raconte-t-elle, mais «cette histoire tinte toujours en moi aussi clairement qu\u2019une cloche dans le ciel vide».Le Japonais possède un terrain boisé sur les bords de Setting Lake, dans le nord du Manitoba, où se trouve une cabane qui ne finit pas de fasciner Angèle.Une sorte de lieu sacré où le poète essayait de vivre comme si l\u2019époque moderne n\u2019avait sur lui aucune prise.«Je pourrais parler inlassablement de cette cabane, nous raconte-t-elle./a/ appris là plus de choses qu\u2019au cours de mes études universitaires.» Histoire de séduction et d\u2019échange, le court roman de J.R.Léveillé est habité par une lumière singulière, un peu oblique.On y trouve aussi une leçon d\u2019art et de regard, une leçon de simplicité.C\u2019est-à-dire de naturel artificiel.«L\u2019objet de l\u2019art, expliquera le Japonais à la jeune femme, n\u2019est pas de représenter la nature, ou même de la symboliser, mais de faire apparaître la forme en la tirant du vide.C\u2019est l\u2019essentiel.» On peut y voir aussi une leçon d\u2019écriture.Et quelque chose qui n\u2019est pas sans rappeler ce que l\u2019écrivain japonais Tanizaki lui-même disait à propos du beau, qui n\u2019est le plus souvent «qu\u2019une sublimation des réalités de la vie».Subtile magnitude Le soleil du lac qui se couche, c\u2019est un peu de zen mélangé avec du Jacques Poulin, quelque chose d\u2019Haruki Murakami entre les branches.Des résonances qui s\u2019inscrivent surtout dans la tonalité \u2014 en retenue, claire obscure et chargée d\u2019empathie.Irrigué par une conscience millénaire japonaise et des générations de taiseux amérindiens, réunis dans leurs silences sous le ciel immense des Prairies, le roman de J.R.Léveillé vibre d\u2019une subtile magnitude.« Une belle écriture, a-t-il dit sans détourner la tête.Des petites traces à la frontière du Rien.» Collaborateur Le Devoir LE SOLEIL DU LAC QUI SE COUCHE /.R.Léveillé La Peuplade Chicoutimi, 2013, 138 pages Histoire de séduction et d\u2019échange, le court roman est habité par une lumière singulière Collégiens, à vos livres.Les noms des cinq finalistes au Prix littéraire des collégiens 2013 ont été dévoilés vendredi, lors du colloqueZîirc délivre! soulignant le 10® anniversaire de ce prix littéraire désormais incontournable.Cette année, le jury était composé une fois encore de Stanley Péan, écrivain et animateur à Espace Musique, de Pierrette Boivin, du magazine blanche, ainsi que des critiques littéraires daDevoir Christian Desmeules et Danielle Laurin.La journaliste responsable du cahier Livres da Devoir, Catherine Lalonde, agissait comme présidente du jury.Un concours de critiques littéraires se tient aussi parallèlement dans les cégeps participants, avec publication des textes lauréats Le Devoir.C\u2019est au Salon du livre de Québec, en avril prochain, que le gagnant sera déterminé, parmi les livres suivants.O V^'T****^ A Nina \\-/rn Patrice Lessard Héliotrope Montréal, 2012, 398 pages Parce que son frère n\u2019a plus donné signe de vie depuis plus d\u2019un an, Vincent décide de partir à sa recherche durant ses vacances d\u2019été.Premier arrêt à Lisbonne où, avec l\u2019aide de sa blonde Nina \u2014 qui y a vécu cinq ans \u2014, Vincent s\u2019enlise peu à peu dans sa quête au contact d\u2019une galerie de personnages louches.Nina, deuxième roman de Patrice Lessard après Le sermon aux poissons en 2011, explore encore une fois la subtile frontière qui délimite apparences, vérités et mensonges : on y baigne en permanence dans une étrange et inconfortable paranoïa.Hommage appuyé à la culture portugaise, Nina prend aussi la forme d\u2019un deuil amoureux caché sous une enquête bidon et une tragédie qui «tient davantage du faux pas que du drame existentiel».C\u2019est, finalement, la trajectoire de quelques êtres perdus dans le dédale du passé et des mensonges.Christian Desmeules Dix ans déjà Depuis ses débuts, plus de 800 étudiants de 56 cégeps ont participé au Prk littéraire des collégiens.Chaque année, ce sont les étudiants qui lisent, critiquent et surtout débattent, d\u2019abord dans leur cégep, ensuite en délibérations nationales, afin de déterminer le lauréat du Prk littéraire des collégiens.Les livres finalistes obtiennent ainsi une visibilité exceptionnelle, aux quatre coins du Québec.vie rangée et rêve d\u2019ailleurs.Un été, elle tombe follement amoureuse d\u2019un ingénieur français récemment installé au Québec, mais la contrainte est programmée : elle doit bientôt partir pour une année dans le cadre d\u2019un échange avec une enseignante parisienne, tandis que Christophe a pour sa part définitivement tourné le dos à l\u2019Europe.Sous son apparente simplicité.Chanson française, second roman de Sophie Létour-neau, nous livre la chronique implacable et la radioscopie \u2014 du fantasme à l\u2019incompréhension mutuelle \u2014 d\u2019une histoire d\u2019amour qui sous nos yeux se compose, se décompose et se recompose autrement.Quelques couplets sur la mutation et les désirs contradictoires, chantés doucement sur un air de Barbara ou d\u2019Alain Souchon, un jour de pluie.C.D.\tChanson\t\tGuano \tfrançaise\tLoiiisCaim in\tLouis Carmain L\u2019Hexagone \tSophie Létourneau\tGUANQ\tMontréal, 2013, \tLe Quartanier\t\t200 pages \tMontréal, 2013, 192 pages\t\tPremier roman de Louis Carmain, \tBéatrice, une jeune\t\tGuano s\u2019inspire \tenseignante du pri-\t\td\u2019une histoire loin- \tmaire dans une école\t\ttaine et méconnue \tde Montréal, s\u2019en-\t\ten y injectant une \tnuie ferme dans sa\t\tbonne dose d\u2019inven- tion et de poésie.Prenant prétexte des dettes du Pérou \u2014 que la jeune république sud-américaine refusait d\u2019honorer tant que l\u2019Espagne ne reconnaîtrait pas son indépendance \u2014, la Couronne espagnole met sur pied en 1862 une expédition navale ambiguë au cours de laquelle le vieux pays finira par accaparer le contrôle de quelques cailloux du Pacifique.Et tandis que leurs pays s\u2019affrontent, un homme et une femme entreprennent une drôle de valse amoureuse.Attirés l\u2019un par l\u2019autre, mais tous deux jaloux de leur liberté et campés sur leurs positions, Simon et Montse s\u2019y frôlent sans jamais se percuter.Porté par une écriture très maîtrisée.Guano surprend par son originalité et témoigne d\u2019une étonnante maturité.C.D.Mensonges Christiane Duchesne Boréal Montréal, 2013, 224 pages Violette, 10 ans, vit avec son arrière-grand-mère, qui en a 80, depuis la mort tragique et récente de ses parents.Dans ces nouvelles circonstances, la vieille femme sent l\u2019urgence d\u2019élucider un aspect mystérieux du testament de son père.C\u2019est ainsi qu\u2019elle entreprend, avec l\u2019aide de la fillette, une petite course au trésor où viendront vite résonner des secrets du passé, sous la forme d\u2019une histoire de contrebande d\u2019alcool dans les années 1930 entre Bellechasse, le Témiscouata et la frontière américaine.Roman subtil et superbement écrit.Mensonges interroge avec brio le thème de la filiation, du poids et de la diversité des héritages.Christiane Duchesne {L\u2019homme des silences et L\u2019île au piano, 1999 et 2003) y fait entendre sa voix singulière, faite d\u2019un mélange de gravité et de poésie du quotidien.L\u2019auteur sera au salon mercredi, jeudi et dimanche.C.D.Artéfact Cari Leblanc XYZ Montréal, 2013, 160 pages Journaliste dans un grand quotidien de Montréal, Erançois Bélanger voit sa vie bouleversée pendant une visite au musée de l\u2019Holocauste par un artéfact: un petit carnet de vœux en forme de cœur, fabriqué, au péril de leurs vies, avec un peu de tissu et du papier volé par une douzaine de détenues du camp d\u2019Auschwitz en 1944, pour souligner les vingt ans de l\u2019une d\u2019entre elles.Un miracle d\u2019humanité dans l\u2019œil de la terreur.Confrontée aussi à l\u2019histoire d\u2019un présumé criminel de guerre déporté en Ukraine, la quête du journaliste viendra vite prendre une autre dimension, tandis que son désir de savoir et de comprendre se heurtera au désir des victimes et de leurs descendants, tout aussi contradictoire, d\u2019oublier en partie un passé trop lourd à porter.Asfec Artéfact, son premier roman, le producteur et documentariste Cari Leblanc visite avec intelligence et sensibilité des zones d\u2019ombre de l\u2019Histoire et du cœur.L\u2019auteur sera au salon jeudi, samedi et dimanche.C.D.Cari Leblanc Artéfact Québec Amérique LE SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL DU 20 AU 25 NOVEMBRE 2013 VENEZ RENCONTRER NOS AUTEURS W * Québec Amérique quebec-amerique.com 20 AU 25 novembre oenez^ nousy\taw SflLOn BU imE BE JBOBTBEBL STEPHANE ACHILLE SARA DANIELE BÉLANGER- MICHAUD SYLVAIN DAVID MAUDE DESCHÊNES- PRADET CLAUDINE DUMONT CARL LEBLANC EVELYNE LEDOUX- BEAUGRAND ANDRE VANASSE DANIELLE TRUSSART LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2013 F 7 SALON DU LIVRE DE MONTREAL Lavant-dernier lecteur Louis Hamelin Quelle sorte de lecteur suis-je devenu?J\u2019ai déjà roulé à 50 pages par jour.Ulysse me prenait trois semaines, Don Quichotte trois ou quatre jours de plus.Une fois bien liameçonné, je pouvais engloutir un roman de 400 pages en deux jours.Disons-le, j\u2019ai été le lecteur idéal, vivant seul, dans une maison de campagne dotée d\u2019un poêle à combustion lente dans lequel, les nuits d\u2019hiver, disparaissaient d\u2019énormes bûches de bouleau à papier.J\u2019avais deux vitesses sur ma transmission.Quand je me mettais en mode lecture rapide pour venir à bout d\u2019un pensum, j\u2019avalais les paragraphes en diagonale comme un fou.I^s pages s\u2019envolaient.Aujourd\u2019hui, je me sens un peu comme Michael Jordan quand, au mitan de sa carrière, il a cessé de charger systématiquement le panier et pris l\u2019habitude de lancer de plus loin.Résultat: moins de spectaculaires slant dunks, moins de coudes frottés dans l\u2019œil ou enfoncés dans le plexus, mais toujours des points à la tonne et trois championnats supplémentaires.Ou bien John El-way lorsque, à la fin des années 1990, renonçant à sa stratégie préférée qui consistait à tenter la bombe à tous les deux jeux, il a commencé à remettre sagement le ballon à son demi étoile, Terrell Davis qu\u2019il s\u2019appelait, pour finalement gagner deux Super Bowls.J\u2019apprends à doser mes efforts, voilà ce que je veux dire.Un roman de 188 pages?Je suis preneur.159 pages, note de l\u2019auteur et postface comprises ?Youpi! J\u2019aurais pu, par contre, me dispenser de lire El ultimo lector (Inversion française a conservé ce titre) de David Toscana en format poche : un livre minuscule affublé d\u2019une jaquette au motif en trompe-l\u2019œil pas particulièrement attrayant, mais c\u2019est ma faute, aussi: j\u2019avais raté, en 2009, la première sortie de ce roman mexicain repris par Zulma.Cimetière Difficile, à la lecture à\u2019El ultimo lector, de ne pas repenser à Des os dans le désert de Sergio Gonzalez Rodri^ez et à son pendant littéraire, La partie des crimes, quatrième livre du 2666 de Roberto Bolano.Difficile aussi, pour moi, de ne pas repenser à Guanajuato, c\u2019est-à-dire au Guanajuato que j\u2019ai visité il y a presque 30 ans, la paisible bourgade universitaire, avec ses blanches chapelles endormies au sommet d\u2019un cirque de collines argentifères, et de ne pas comparer avec la même ville vue par le cinéaste Amat Escalante, auquel Odile Tremblay faisait écho dans Le Devoir du 15 octobre dernier: «magnifique ville centrale du Mexique à flanc de montagne, gangrenée par la corruption policière, les cartels de drogue, le viol et le meurtre des filles, comme tout lEtat du même nom».El ultimo lector n\u2019aborde pas directement le thème de l\u2019horrible «féminicide» dont la ville frontalière de Ciudad Juarez n\u2019a été que le purulent épicentre, et dont Gonzalez Rodriguez faisait un dommage collatéral de l\u2019omnipotence et de l\u2019impunité des cartels.Pas plus, d\u2019ailleurs, que le roman de Toscana ne se déroule à Guanajuato, même si, aux yeux du lecteur que je suis, il U,, 11 s a » » *¦ '-T, -, -1 ^ J DARIO LOPEZ-MILLS ASSOCIATED PRESS Le roman de Toscana ne se déroule pas à Guanajuato, même s\u2019il donne l\u2019impression d\u2019en émaner.donne l\u2019impression d\u2019en émaner.Dans mon regard d\u2019aspirant écrivain séjournant là-bas en 1984, l\u2019ancienne capitale argentifère à demi souterraine semblait sommeiller entre les extrêmes thématiques représentés par deux de ses plus illustres points d\u2019intérêt: le musée des momies; le musée iconographique de Don Quichotte.Ou l\u2019imputrescible ricanement de cadavres recrachés par un sol gorgé de sels minéraux versus la noble silhouette immortalisée par le Livre.La Bible, corrigée Ce ricanement, cette silhouette, je les retrouve dans le livre de Toscana, à l\u2019œuvre, dans la tendre chair de cette fillette retrouvée morte au fond d\u2019un puits et dans le vide déontologique des polices rivales, comme dans l\u2019abîme comblé de mots qu\u2019il y a entre la vie et le papier, aussi indissolublement liés que le Bien et le Mal dans la Bible.Et parlant de cette dernière, voici ce que Lucio, le personnage central du roman, bibliothécaire veillant sur quelques rayonnages de livres pour ainsi dire abandonnés au milieu du désert et féroce censeur des facilités littéraires de l\u2019époque, en a à dire d\u2019un point de vue strictement critique:«[.] il lui semble que ce serait un excellent livre, si seulement on avait effectué un meilleur travail d\u2019édition.» De l\u2019œil impitoyable du réviseur, il se permet de corriger, ici et là, les pléonasmes et les redondances dont le Texte Sacré est farci: «Au commencement Dieu créa les deux et la terre.[.] Pourquoi préciser que le commencement est le commencement?E raye les deux premiers mots.» «Excuse-moi, lance Lucio au Créateur de toutes choses, mais tu es loin d\u2019être parfait, du moins comme auteur.Ici même, sur ces étagères, fai beaucoup d\u2019auteurs qui ont fait mieux que toi.» Au-delà de la farce désopilante, cet exercice de réécriture et ces commentaires critiques sont peut-être moins innocents qu\u2019il n\u2019y paraît.Comme si une des missions dont s\u2019était investi cet érudit brouillé avec la réalité et bibliothécaire sans lecteur était de nous rappeler que le roman est bien cette forme irrespectueuse par définition, capable d\u2019agir comme antidote à tous les fondamentalismes.\\j3i lecture de la réalité mesurable, chiffrable, marchandable comme unique vision du monde possible n\u2019étant alors, il faut bien le dire, qu\u2019un intégrisme de plus.On doit à ce bibliophage enragé quelques belles formules: «Un livre d\u2019histoire parle de choses qui sont arrivées, tandis qu\u2019un roman parle de choses qui arrivent.» Comme Quichotte, il oppose l\u2019interprétation livresque aux évidences du réel, meuble de références littéraires les énigmes du quotidien.Mais de la fabrication du récit à la fabrication de preuves, le pas est aisément franchi, et la littérature, ici, ne sert pas seulement à juger, mais aussi à sauver ou à condamner, avant qu\u2019une police de ripoux semi-militarisés aux méthodes d\u2019une indiscutable efficacité se charge de cette ultime création littéraire que sont les aveux.L\u2019intertextualité est, dans El ultimo lector, complètement assumée, entre autres par l\u2019incorporation d\u2019extraits d\u2019ouvrages lus et cités dans la trame même du texte, sans guillemets, tirets, sauts de ligne ou autre artifice syntaxique.J\u2019ai lu ce bref ouvrage dans ce qui sera bientôt le dernier foyer de résistance de la lecture du roman imprimé sur papier: au lit.Parfois, trois ou quatre soirs se passaient sans que je l\u2019ouvre.Ensuite, je devais me faire violence O\u2019exagère peut-être un peu) pour le reprendre sur ma table de chevet et retrouver ma page.Je lisais 12,10, 8 pages.Ou 5, ou.Zzzzzz.EL ULTIMO LECTOR David Toscana Traduit de l\u2019espagnol par François-Michel Durazzo Zulma Paris, 2013,188 pages À surveiller cette semaine au Salon Mercredi Discussion pour ies ados sur i\u2019anorexie avec les aujeurs Geneviève Piché et Simon Boule-rice.A11 h 45.Jeudi Cours de maître de Dany Laferrière sur la littérature et le cinéma.Notre Prix Médicis 2009 {L\u2019énigme du relouer.Boréal) parlera d\u2019adaptation littéraire.A16 h.L\u2019art de déposer un manuscrit auprès des éditeurs, pour les aspirants plumitifs, avec l\u2019auteure Marie-Hélène Poifras et l\u2019éditeur chez Boréal Jean Bernier.À17 h 30.La iittérature se iivre: aux quatre coins du Salon, 70 auteurs lisent de courts extraits de leurs textes.De 18 h à 18 h 45.Vendredi L\u2019impact des médias sociaux et d\u2019Internet sur la famille, l\u2019école et la société.Une table ronde entre enseignants, journalistes et parents.A13 h.Entretien avec ie coiiectionneur d\u2019art et auteur Bernard Landriault.Quelles démarches, réflexions et questions dans un parcours d\u2019amateur d\u2019art.A13 h 45.50 ans de Parti pris: discussion sur l\u2019héritage de la revue Parti pris, disparue en 1968, avec Jacques Pelletier, coordonnateur de l\u2019anthologie (Parti pris.Une anthologie.Lux), le cofondateur Jean-Marc Piotte et Jonathan Martineau, auteur.À14 h 30.Le Québec du début du XX® siécie revivra dans cette discussion avec les auteurs de romans historiques Pierrette Beauchamp, Robert W.Brisebois, Jean-Pierre Charland et Louise Tremblay-D\u2019Essiambre.A15 h.Le rôie sociai des bibiiothécaires : table ronde et présentation des programmes des bibliothèques publiques.A15 h 15.Origine de ia iittérature fantastique, depuis Bilbo le Hobbit.À15 h 30.«Nous sommes tous des sauvages »: les auteurs Joséphine Bacon, Natasha Kanapé Lontaine, Laure Morali et Jean Désy disent l\u2019émergence de la littérature des Premières Nations.A16 h.L\u2019inspiration haïtienne chez ies écrivains québécois et antiiiais: table ronde avec les auteurs Tony Delsham de la Martinique, Jan J.Dominique d\u2019Haïti et le professeur de littérature Thomas C.Spear.A16 h 15.Femmes en poiitique, d\u2019hier à aujourd\u2019hui: analyse de la relation entre la politique, l\u2019histoire et les femmes ayec les auteures Micheline Dumont, Marie-Eve Surprenant et My-lène Bigaouette et certaines militantes.Avec notre rédactrice au Devoir Boileau à l\u2019animation.À17 h.Pourquoi i\u2019Histoire oubiie-t-eiie certains de ses personnages?Discussion avec les auteurs Jaçques Côté et Marjolaine Saint-Pierre.A18 h 45.Les 10 ans des éditions Sémaphore, avec les auteurs de cette belle maison, dont Jonathan Harnois, Simon Boulerice, Myriam Bouchard et Hélène Eerland, entre autres.A19 h 15.Pour la programmation complète: www.salondulivredemontreal.corn SIGNATURES fstand Flammarion) ¦\tvendredi 17 h 30 à 19 h 30 ¦\tdimanche 15 h à 18 h RENCONTRE (Espace Archambault) Entre Josée Blanchette et Diane Lavoie (Tremblement de mère) animée par Éric Salvail et entrecoupée de lectures de Chantal Fontaine ¦\tdimanche 16 h 30 JOSEE BLANCHETTE SANS MÉNAGEMENT Flammarion\tCCOPlf Icl ePlCes) Flammarion 208 PAGES + PHOTOS COULEUR Les Presses de l'Université de Montréal LE SAVOIR À LA PORTÉE DE TOUS Dr André Robidoux LES RAISONS D\u2019ESPÉRER Ce que la recherche nous apprend sur le cancer du sein Le bon sens à la Scandinave Politiques et inégalités sodales de santé .Les Presses de l'Universite de Montrealjr MAIIE-FRANCE RAÏNAVL! DOMINIQUE CÔTÉ Avec la calUboration de SÉBASTIEN CHABTBAND L» Presses de l\u2019Unlv«^lté de Montréal Venez rencontrer nos auteurs au stand 260 Linde avatars et ses PLURALITÉS D'UNE PUISSANCE Serge Granger, Karine Bates, Matliieu Boisvert et Christophe Jaffrelot Converties à Pislam Parcours de femmes au Québec et en France GiaALDINE Mossièbe Œuvres complètes d\u2019Anne Hébert II \u2022 Romans (1958-1970) 1a« Chainbn-v de bob» Ëdilion établie psi Luc Banc niant KamcHirit.'ika EditiOrr établie par t GERMAINE GUEVREMONT Le Cycle Survenant En pleine terre > Le Survenant \u2022 Marie-Didace Les Pressas de l'Univervté de Monneal Les livres des PUM sont aussi disponibles en version numérique à 50% du prix papier.www.pum.umontreal.ca grandes œuvres réunies seul volume A Université de Montréal F8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2013 SALON DU LIVRE DE MONTREAL ENTREVUE Le (nouveau) coup de crayon de Rogé AMELIE GAUDREAU Il y a de ces traits de crayon que Ton reconnaît sans se poser de questions.C\u2019est le cas de celui de Rogé, de son vrai nom Roger Girard, illustrateur (et parfois auteur) d\u2019albums à succès s\u2019adressant aux apprentis lecteurs, tels Le roi de la patate (Prix jeunesse des libraires en 2011) et Le monstre qui aimait trop lire (Prix du Gouverneur général en 2006).On retrouve son trait dans la série d\u2019albums mettant en vedette Tyrano, qui viennent tout juste de paraître aux éditions de la Bagnole, après un premier tirage des deux premiers tomes en 2007 et 2008.Il s\u2019avère toutefois méconnaissable dans deux recueils de poèmes d\u2019enfants de contrées lointaines, aussi publiés à la Bagnole : Haïti mon pays (2010) et le tout récent Mingan, mon village, récompensé du Prix jeunesse des libraires 2013 dans la catégorie des 5-11 ans.Changer de voie et de voix De l\u2019aveu de cet invité d\u2019honneur du Salon du livre de Montréal, ces deux titres lui ont permis d\u2019assouvir un «désir de créer différemment».«J\u2019ai illustré une vingtaine d\u2019albums avec le même style.J\u2019aime ces livres, je suis très content de les avoir faits.En dedans de moi, il y avait autre chose qui voulait s\u2019exprimer, admet le dessinateur qui a d\u2019abord travaillé en publicité.Quelque chose de plus sérieux, de plus adulte.» Ce «quelque W ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Rogé, dont on reconnaît le coup de crayon dans la série Tyrano aux éditions de la Bagnole, est passé de la publicité à la littérature jeunesse.chose» a surgi dans ces deux ouvrages écrits par des enfants du primaire, par lesquels Rogé souhaitait «donner une voix aux enfants parce qu\u2019on ne les entend pas, à moins d\u2019en avoir».Il voulait également briser les préjugés qui collent aux régions d\u2019origine des jeunes auteurs.«Ce sont des endroits sur lesquels on entend des choses négatives.J\u2019avais envie de faire un projet qui, à l\u2019inverse, était positif».Les deux ouvrages se rejoignent, entre autres dans les thèmes abordés, dans cette «poésie qui ressemble parfois à des haïkus».Ce sont les regards des enfants, dont il avait en main les photographies pour le projet haïtien et qu\u2019il a croqués sur le vif quand il s\u2019est rendu à Mingan, qui l\u2019ont inspiré.Là-bas, il dit avoir rencontré des enfants «qui rient beaucoup», «assez lumineux» dans «une école joyeuse».L\u2019illustrateur espère que les lecteurs se laissent toucher par ces portraits, qu\u2019ils puissent entrer dans l\u2019univers des auteurs en herbe «à travers leurs yeux».Un dernier album de ce type est en chantier avec des enfants de Montréal, nous révèle celui qui dit ne pas «aimer trop s\u2019éterniser sur un sujet: trois livres, c\u2019est un beau chiffre».Jeux de mots L\u2019autre trilogie de la bibliographie de Rogé, c\u2019est celle qu\u2019il a concoctée avec Gilles Chouinard, ex-professeur à l\u2019Université Laval, ex-collègue dans le monde de la publicité et ami, qui a eu l\u2019idée de l\u2019histoire de Tyrano nez rouge, en trouvant d\u2019abord ce titre au calembour savoureux, en lui demandant d\u2019illustrer cette «préhistoire de Noël» d\u2019abord publiée en 2007.Succès « tyranesque » : 12 000 exemplaires ont trouvé preneur.Le tandem a poursuivi dans cette veine généreuse l\u2019année suivante avec Tyrano de Bergerac, une préhistoire d\u2019amour, très librement inspiré, on le devine, de la pièce d\u2019Edmond Rostand.Tyranono, une préhistoire d\u2019intimidation vient fermer la marche en 2012.Pendant le Salon du livre, le duo de créateurs s\u2019entretiendra avec son jeune public du travail d\u2019équipe sur cette trilogie rigolote, qui sait charmer les petits et grands \u2014 grâce aux références culturelles qu\u2019eux seuls peuvent déceler, autant dans le texte que les illustrations.Rogé avoue avoir embarqué «avec plaisir» dans cette aventure parce qu\u2019il savait que les enfants adorent les dinosaures, une espèce qu\u2019il n\u2019avait pas vue souvent dans les livres jeunesse, beaucoup moins que les populaires monstres et fées.L\u2019ex-publicitaire, qui s\u2019est retrouvé dans le milieu littéraire jeunesse «par hasard», rompu à ce type d\u2019exercice grâce aux tournées d\u2019écoles auxquelles il a participé, appréhende avec bonheur les questions «habituellement toutes fraîches et agréables» des jeunes lecteurs.Et souhaite qu\u2019il leur reste «une émotion, une idée», une fois qu\u2019ils ont refermé le livre.Quelque chose de durable.L\u2019illustrateur sera en séance de signatures au salon du mercredi au dimanche.Le Devoir À surveiller cette semaine pour les petits au Salon Mercredi Confidences d\u2019écrivaine et d\u2019illustratrice, respective ment de Eanny Britt et d\u2019Isabelle Arsenault, le tandem derrière le très bel album Jane, le renard et moi (La Pastèque) bardé de prix et célébré par le New York Times, rien de moins! Pour les 9 ans et plus, à 10 h 30.Incursion dans l\u2019univers de Laurent Sansoucy (Michel Qunitin), de son chien Pot de colle et compagnie avec l\u2019auteur Yvan DeMuy et l\u2019illustrateur Jean Morin.Pour les 9 à 12 ans, à 12 h 30.Jeudi L\u2019invitée d\u2019honneur Marie-Francine Hébert se confie et discute de son album Tu méprends en photo (Les 400 coups).Pour les 10 ans et plus, à 11 h.Geneviève Després parle de l\u2019album Le petit chevalier qui n\u2019aimait pas la pluie (Imagine) , petit bijou qu\u2019elle a illustré et qu\u2019elle cosigne avec Gilles Tibo.Pour les 6 ans et plus, à 11 h 30.Dav Pilkey, créateur de Capitaine Bobette, une série de bandes dessinées (Scholastic) qui aborde la délicate question de l\u2019intimidation, ul-trapopulaire chez les garçons (en 22 langues 1), s\u2019arrête au Salon ! Pour les 7 à 10 ans, à 12 h.Pour la programmation complète: www.salondulivrede-montreal.com Tout ce qui\tgrenouille, scribouille changera le monde Venez rencontrer nos auteurs au Salon du livre de Montréal Un veins de culture Un vernis de culture France Boisvert VENDREDI 22 19 h a 20 h SAMEDI 23 19 h a 20 h DIMANCHE 24 15 h a 16 h I es insectes sont maîtres Les insectes sont maîtres Alain Brochu VENDREDI 22 20 h a 21 h SAMEDI 23 11 h a midi DIMANCHE 24 11 h a midi Assouvissement d\u2019Anna Jean Yves Collette MERCREDI 20 16 h a 17 h JEUDI 21 16ha17h VENDREDI 22 16 h a 17 h Ne calme pas les dragons Jean Marc Desgent JEUDI 21 11 h a midi et 15 h a 16 h VENDREDI 22 11 h a midi SAMEDI 23 16 h a 17 h Lou S Ph I ope Hebert Je SUIS un cuien Visite la nuit Je SUIS un chien Louis Philippe Hebert JEUDI21 14ha15h VENDREDI 22 14 h a 15 h SAMEDI 23 14 h a 15 h Histoires sans Dieu Visite la nuit Caroline Legouix VENDREDI 22 15 h a 16 h SAMEDI 23 15 h a 16 h I DIMANCHE 24 13 h a 14 h Les Editions de La Grenouillère C P 67 Saint Sauveur des Monts QC JOR1R0 www delagrenouillere corn Histoires dans Dieu Karine Rosso VENDREDI 22 13 h a 14 h SAMEDI 23 13 h a 14 h Salon du Livre de Montréal Du 20 au 25 novembre 2013 Stand Dimédia -100 SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Stand 100 Joe LaFlamme SUZANNE F.CHARRON Joe LaFlamme Lindomptable dompteur de loups Tout un personnage' Il mente d etre porte a I écran MARGUERITE ANDERSEN La mauvaise mere Au terme de I écriture un constat «Le choc de découvrir a la fin de mes confessions que mon plus grand defaut a ete de me taire en famille alors que j ai la parole facile » Margue te Andersen DAVID LONERGAN Acadie 72 Naissance de la modernité acadienne Un regard sur ce qui a fait de 1972 I annee culturelle de reference en Acadie ROSE DESPRES Vraisemblable «Rose Despres est la voix feminine la plus importante en poesie acadienne » - Davd Lonergan Despre Vraisemblable Tabie ronde Le samedi 23 novembre a I 6h 15 L\u2019ailleurs par la plume.Comment faire pour que son écrit devienne une passerelle entre I ici et I ailleurs?Avec les auteurs Marguerite Andersen Paul Savoie et Lise Gaboury Diallo Animation Catherine Voyer Leger Consultez tous les details des seances de dédicacé en ligne au wwwsalondulivredemontreal com/Signature asp www prisedeparole ca\tKl Pierre Ouellet PORTRAIT DE DOS l\u2019Hexagon eenturej Des Legendes de l\u2019enfa îlnythes des années 60 ; nrémoire réinventée % Aas 20 AU 25 novembre notis^ aw SflLOIl BU LIW BE BiOBTREJlL ROBERT W.BRISEBOIS JEAN-PIERRE CHARLAND JEAN-CLAUDE GERMAIN ELISE LAGACË DANIEL LEMIRE MICHEL NOËL JEAN-JACQUES PELLETIER LOUISE PORTAL STAND ?Hurtubise www.editionshurtubise.conn LE DEVOIR LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 201 F 9 SALON DU LIVRE DE MONTREAL Comment forcer le trait Les prix sont-ils des machines à rétrécir les écrivains, comme récrit un confrère belge ?Derrière ou devant le projecteur, les vrais «moi» et les faux «je» se disputent la pose.Un livre primé vaut-il mieux qu\u2019un autre?Voici trois autobiographies pour tenter d\u2019y répondre.GUYLAINE MASSOUTRE Dans une critique célèbre de la société du spectacle, Guy Debord écrivait: «Le vrai est un moment du faux.» Il réfutait ainsi le fétichisme aliénant de la marchandise et ses valeurs inversées.Force est d\u2019admettre que le spectacle de soi a pris de la vigueur jusqu\u2019au vertige.À quatre mains Chloé Delaume est une voix forte de l\u2019écriture féminine.Franco-Libanaise, née en 1973 et renommée Nathalie Dalain lorsqu\u2019elle arrive en France, à 5 ans, elle voit son père tuer sa mère cinq ans plus tard ; il se suicide aussitôt.Ce drame, son identité malmenée, sa vie en foyers, ses études de lettres, puis sa musique, elle les vit à travers des performances, un style live.Depuis 2000, à ce qui la taraude, elle répond par l\u2019auto-fiction dans divers genres.Jeux vidéo, musique, scène, elle expérimente la fan fiction, la création radiophonique, virtuelle, alternative.Sa voix tonitruante, aussi bouleversante que jadis Janis Joplin, la fait remarquer.En 2012, elle signe son 20® ouvrage.Une femme avec personne dedans, un bouquet d\u2019émotions.Elle a obtenu le prix Décembre dès 2001 et fait l\u2019objet d\u2019un colloque à Cerisy; mais elle s\u2019adonne aussi au suicide à répétition.Dans Où le sang nous appelle, Delaume et son partenaire de vie, l\u2019écrivain Daniel Schneidermann, dévoilent un nouveau fait divers sanglant.L\u2019oncle de Delaume, Georges Ibrahim Abdallah, leader des Fractions armées révolutionnaires libanaises, communiste propalestinien incarcéré en France depuis 1984 et condamné à vie pour attentats, serait libérable.L\u2019ouvrage campe à quatre mains le voyage du couple au Liban, dans la sanglante famille paternelle.Face à ce clan, autant avoir les idées claires.Observer, puis lutter: «Le hasard n\u2019existe pas plus que la vérité.Fiction contre fiction, chimère contre chimère, ça ne peut plus être ma guerre.Dans le réel, écrire.Plus loin.Donc, inventer.» Nul doute, elle sort de ce repaire d\u2019esprits forts et violents; de la guerre civile; du chaos d\u2019un amour ravageur.Interrogeant la réciprocité, depuis les fractures qui lui ont tenu lieu de berceau, elle livre la seule issue possible, le pardon.Et moi et moi et Moix Il a eu le prix Renaudot 2013 pour Naissance.Si ce prix le tordait dans la machine à rétrécir, gageons qu\u2019il laisserait sur pied un pan de forêt., car au nombre de pages, 1147, cette épopée est contre nature ! Moix, sa majesté au pluriel, y dégoise son enfance or-léanaise, délayée en dix parties maigres en alinéas.Enfant non désiré d\u2019un couple qui ne s\u2019entendait pas, du moins sur lui, qui le leur rendit bien, il se rattrape avec cette performance extravagante, luxueuse parodie sur un thème valable ERIC FEFERBERG AGENCE FRANCE PRESSE Yann Moix BERTRAND GUAY AGENCE FRANCE PRESSE DAMIEN MEYER AGENCE FRANCE PRESSE Chloé Delaume mais banal : comment survivre à ses parents.Curieusement, ce qui gêne ici, outre l\u2019infatuation, c\u2019est la lenteur artificielle, le retardement évident à survivre au malheur d\u2019être né.Comment y croire, à cet impossible épuisement de la réalité par le langage, à ce nirvana qui invoque Bataille et Spirou dans la même page?Ce qui vous attend est une logorrhée : «Nous respectons Régine Deforges trop nos mères.Nous devrions davantage les frapper, les violer, les humilier.Leur déféquer sur le visage \u2014 nous ne déféquons pas suffisamment sur nos génitrices.[.] De quelle manière leur faire endurer le plus sûrement un supplice dont elles ne pourront jamais se remettre?» Eructations multiples.Ce fatras est-il à lire ?Qu\u2019on nous donne la scène appropriée pour en juger! On verra si ses multiples manières de raconter.entre un pastiche de James Joyce et un de Philippe Sollers, méritent d\u2019aboutir au solo délirant qui les motive.De géniaux interprètes ont bien fait vivre Antonin Artaud et Pierre Guyo-tat, Jean-Pierre Ronfard et son Vie et mort du roi boiteux, près de 15 heures de théâtre avec 253 personnages, et seulement deux volumes totalisant 527 pages.Arnaqueur! écrivait-on de Moix dans Les In-rockuptibles.Complaisant Insis- tant Possessif.Biblique.Le gros Bibi de Victor-Lévy Beau-lieu, quête folle et drolatique éditée chez Grasset, comme Moix, tenait en 593 pages.Peu-chère, la moitié! Forcément fortissimo L\u2019enfant du 15 août repose, comparé à tout cela.Jadis bien audacieuse, avec ses publications érotiques, Régine Deforges a l\u2019air sage, avec ses presque huit décennies dites de A à Z.Utile, pourtant, que de retracer la route accidentée, sulfureuse, mais reconnue de la jurée durant 22 ans du Femina.Plus souvent brûlée que primée, elle a appartenu à une élite, amante de l\u2019éditeur Jean-Jacques Pauvert, épouse de Wiaz, fils de François Mauriac.Elle revient, bien entendu, sur sa publication d\u2019Aragon, Le con d\u2019Irène, saisi par la censure en 1968, sur les Louys, Mandiargues, Aury, Guibert et autres qu\u2019elle publia.Maints outrages aux bonnes mœurs semblent désormais anecdotiques, mais le féminisme qu\u2019elle revendique lança un train de réformes dans les mentalités.Collaboratrice Le Devoir OÙ LE SANG NOUS APPELLE Chloé Delaume et Daniel Schneidermann Seuil Paris, 2013, 362 pages NAISSANCE Yann Moix Grasset Paris, 2013, 1147pages L\u2019ENFANT DU 15 AOÛT Régine Deforges Robert Lâffont Paris, 2013, 474 pages Y Le bonheur d'offrir.des écrits et des images typiquement de chez nous! i Québec éternelle PRQMEKADE PHOTOGRAPHIOUE DANS L iME D UN PAYS Québec éternelle Michel Lessard ASSIT CHOCOLAT Passion Chocolat Geneviève Grandbois enfants Thérèse Casgrain Nicolle Forget Les années Croc Jean Dominic Leduc et Michel Viau Les enfants de la bulle Tristan Demers OOO .# ACCORDS mets & vins Livres numériques www.parchemin.ca SOI \t, LU Salon du livre de Montréal - Stand 100 L\u2019Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) sera de retour au Salon du livre de Montréal, stand 624 Venez nous reneontrer! Découvrez Le livre numérique La Vitrine de l\u2019entrepôt du livre numérique, vitrine.entrepotnumerique.com et ruedeslibraires.com COLLECTIONS La revue de la littérature d\u2019ici pour les bibliothèques d\u2019ici Le Libraire Le magazine des librairies indépendantes Prix littéraires des enseignants AQPF-ANEL Des livres choisis par les profs et qui plairont à toute la classe Cette participation au Salon du livre de Montréal a été rendue possible grâce au soutien de SODEC CJuébecSS LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2013 F 15 SALON DD LIVRE DE MONTREAL CHRONIQUES David Desjardins, le sourcier MICHEL LAPIERRE Le beau titre Le cœur est une valeur mobilière du recueil de chroniques (2005-2013) de David Desjardins, collaborateur du Devoir notamment, est-il la version actuelle BCBG du titre Le cœur est un chasseur solitaire (1940) de Carson McCullers, la grande romancière américaine?Non.Même si le cœur est aujourd\u2019hui volatil, comme la Bourse, Desjardins pense qu\u2019Occupy Wall Street et qu\u2019ici le printemps érable l\u2019ont ramené «à l\u2019essentiel».Salué par une préface enthousiaste de son confrère Patrick Lagacé, de La Presse, le livre du chroniqueur, né en 1974, rédacteur en chef de l\u2019hebdo Voir Québec de 2002 à 2012, maintenant collaborateur de plusieurs médias, traduit avec brio l\u2019esprit désabusé de sa génération en y apportant la chaleur d\u2019une conviction toute personnelle.Son admiration pour Occupy Wall Street est si spontanément mesurée, ironique, colorée qu\u2019elle possède une force rare.Images Sur ce mouvement anticapitaliste, il écrit: «Pour la droite, ces gogos et barbus hallucinés sont une tache, un barbeau dans la bible des certitudes occidentales.C\u2019est pour cela que je les aime même s\u2019ils m\u2019exaspèrent dans leurs dérives et raccourcis qui mènent inévitablement à la caricature.» Ce clip verbal n\u2019est pas l\u2019analyse froide et pénétrante, nourrie d\u2019histoire, d\u2019un Noam Chomsky, mais il émeut un public plus large par sa sincérité désinvolte.Desjardins approuve les manifestants par la bande et comme si de rien n\u2019était.Pas l\u2019ombre d\u2019un prêchi-prêcha.« J GUILLAUME D CYR L\u2019ex-rédacteur en chef de Voir Québec et collaborateur au Devoir David Desjardins traduit avec brio l\u2019esprit désabusé de sa génération.mais l\u2019efficacité crue : «Individuellement, ils sont détestables.Ensemble, ils font quelque chose d\u2019essentiel.» Pendant notre printemps érable, le chroniqueur ne défend pas de principes, n\u2019adhère à aucun utopisme, mais milite pour des impressions, des sentiments.«Je préfère mille fois, affirme-t-il, partager l\u2019indignation des étudiants que celle, complètement disloquée, de mes contemporains ventripotents qui ont mal vieilli.Le scandale est ailleurs que dans des ponts bloqués.» Une fois de plus.Desjardins cherche des images plutôt que des idées.DESJARDINS Et il le sait.Nul ne définit sa hantise mieux que lui : « Trouver des sources de beauté, de rage, d\u2019horreur ou de béatitude, puis creuser un puits pour les rendre accessibles.Je préfère d\u2019ailleurs ce rôle à celui de poète.De chroniqueur aussi.Je voudrais être ça au fond: un sourcier.» Cela nous ramène à Carson McCullers, nullement étrangère à Desjardins.L\u2019écrivain britannique Graham Greene la plaçait encore plus haut que D.H.Lawrence parmi les écrivains de langue anglaise du XX® siècle doués d\u2019une «sensibilité poétique originale», parce que, à la différence du romancier né au Nottinghamshire, «elle n\u2019a pas de message».Desjardins écrit de façon splendide: «L\u2019art est comme les filles qui pleurent dans les cafés.Une nécessaire impudeur.» Mais il doit ne pas oublier qu\u2019au fin fond des puits, la beauté est aussi une vérité.L\u2019auteur sera en séance de signatures au salon du livre dimanche.Collaborateur Le Devoir LE CŒUR EST Ul^E VALEUR MOBILIERE David Desjardins Somme toute Montréal, 2013, 288 pages I I Les heures bleues Wabakin Qliillfi.- f^invIrV'i 'ur l4 Wobakin ou : Quatre fenêtres sur la neige Célyne Fortin 85 p.19,95$ CARNETS DU brfûæï UlRf'' lOMIll \\V\\ I I Carnets du Richelieu Raynald Murphy et Yvon Masse 144 p.39,95$ Mémorial pour Geneviève et autres tombeaux Julie Stanton et Régis Matthieu 127 p.19,95$ Une vie de porcelaine : Maurice Savoie Gilles Jobidon coédition : Plein Sud 111p.39,95$ Chat Boris cosse la croûte Mélanie Perreault et Valérie Lachance 32 p.19,95$ IKK?Alex et Mauve: Le lièvre Célyne Fortin et Marion Arbona 48 p.19,95$ nrfiin |1kmr>n« i4«r«rv Kiki et le secret de famille Jessica Laranjo et Roxanne Gareau 32 p.11,95$ WWW.Jrtwcq Imw Un bonhomme sans histoire Marie-Hélène Jarry et Jean Hudon 32 p.19,95$ un (onhomme >anJi histoire heuresbieues corn ESSAI LE TELEROMAN QUEBECOIS Renée Legris Septentrion Montréal, 2013, 438 pages Voici un ouvrage fort, fouillé et franchement formidable sur le téléroman québécois pris comme objet d\u2019étude sérieux et total, comme concentré d\u2019époque, quoi.La professeure Renée Legris plonge au cœur de la fiction télévisuelle du Québec pour décortiquer les images majeures produites par ce miroir déformant de la société.La synthèse débouche sur une conclusion enténébrée où les téléromans deviennent les vecteurs d\u2019une culture postmoderne célébrant la violence, la sexualité débridée et l\u2019hédonisme.La lecture éthique et critique tranche avec à peu près tout ce qui se dit et s\u2019écrit sur le nouvel âge d\u2019or de la télévision.L\u2019un peut d\u2019ailleurs très bien aller avec l\u2019autre: les productions actuelles peuvent être tout à la fois excellentes et transmettre une vision désolante du monde.Stéphane Baillargeon GALLIMARD INVITÉ D'HONNEUR DU SALON DU LIVRE JEAN-CHRISTOPHE RUFIN Immortelle randonnée Guérin et Gallimard Le Grand Cœur Gallimard SIGNATURES Le samedi 23 novembre de 15 h 30 à 16 h 30 Le dimanche 24 novembre de 14 h à 15 h Jean-Christophe Rufin participera à une table ronde.SAMEDI 23 NOVEMBRE À 12 h 30 Espace Archambault PRIX MÉDICIS 2013 MARIE DARRIEUSSECO Il faut beaucoup aimer les hommes P.O.L SIGNATURES Le samedi 23 novembre de 14 h 30 à 15 h 30 Le dimanche 24 novembre de14h à15h Marie Darrieussecq participera à une rencontre célébrant les 30 ans des éditions P.O.L Librairie Olivieri, 5219, Côte-des-Neiges SAMEDI 23 NOVEMBRE À 18 h La présence à Montréal de Marie Darrieussecq a été rendue possible grâce au soutien du Consulat général de France à Québec.DANIEL PENNAC Journal d'un corps Gallimard et Futuropolis SIGNATURE Le samedi 23 novembre de 12 h à 13 h Daniel Pennac lira des extraits de Journal d'un corps.Auditorium de la Grande Bibliothèque SAMEDI 23 NOVEMBRE À 16 h SERONT AUSSI PRÉSENTS AU STAND GALLIMARD KATIA CHAPOUTIER, Lost in Jerusalem, Le Passeur PAULCOLIZE, Un long moment de silence, La Manufacture Samedi 23 novembre de 13 h 30 à 14 h 30 Dimanche 24 novembre de14hà15h Paul Colize sera à la Librairie Monet, 2752, de Salaberry JEUDI 21 NOVEMBRE À 19 h TECIAWERBOWSKI, Franz Schubert Express, Notabilia Samedi 23 novembre de15hà16h Dimanche 24 novembre de 13 h à 14 h INVITÉS DE LA DÉLÉGATION HAÏTIENNE : JEAN-ROBERT LÉON IDAS, À chacun son big-bang Zellige KETTLY MARS, Aux frontières de la soif.Mercure de France Dimanche 24 novembre de 13 h à 14 h SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL STAND 260 F 16 LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 NOVEMBRE 2013 SALON DU LIVRE DE MONTREAL A l\u2019assaut des idées reçues Louis CORNELLIER Ly ignorance, c\u2019est une évidence, est un obstacle à une pensée valable et, par conséquent, à un débat public de qualité.Or, on l\u2019oublie souvent, les fausses vérités, les idées reçues, sont tout aussi nuisibles, et peut-être plus encore, parce qu\u2019elles ont pour caractéristique d\u2019être résistantes à tout ce qui n\u2019entre pas dans leur mauvaise logique.«Se bercer dans le confort des certitudes transforme la pensée en réflexe, sape la faculté de comprendre la nouveauté comme la différence et fortifie les tabous qui, eux, se maintiennent au sommet des règles pour limiter les défis de la raison», écrit justement le journaliste et sociologue Guillaume Lamy, dans l\u2019avant-propos de Cest encore faux! 50 idées déconstruites par des spécialistes, un ouvrage collectif qui fait suite à l\u2019excellent Cest faux!, paru l\u2019année dernière.«Savoir ce qui est faux, continue Lamy, s\u2019avère autant bénéfique que de connaître la vérité.Voilà pourquoi, depuis des siècles, la réfutation a pavé la voie au progrès des consciences.» Et voilà pourquoi je suis un lecteur avide de tous ces ouvrages du type 150 idées reçues sur l\u2019histoire (Pocket, 2011) et 150 idées reçues sur la science (Pocket, 2012), qui nous invitent à réviser des vérités pas si vraies que ça.Savoir qu\u2019on ne sait pas quelque chose laisse un espace à l\u2019apprentissage.Croire vraies des faussetés, souvent colportées, de nos jours, par des groupes de réflexion propagandistes, nous englue dans la bêtise arrogante.C\u2019est la raison pour laquelle un ouvrage comme C\u2019est encore faux!, qui entend nous «rappeler la nécessité de vérifier, de se méfier même de nos intuitions les plus fortes et de refuser de plaire en rejoignant le commun des explications simples», le tout en donnant la parole à des universitaires indépendants, est si important et si stimulant.Conflits et guerres L\u2019honneur de lancer l\u2019assaut contre les idées reçues revient ici au politologue Charles-Philippe David, spécialiste des questions stratégiques et militaires.Il est faux, écrit David, d\u2019affirmer que les conflits armés s\u2019aggravent dans le monde.Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les conflits majeurs et mineurs sont en nette réduction et durent moins longtemps.Cette évolution à la baisse est due à la fin des guerres coloniales, à la «quasi-disparition des conflits interétatiques», à la croissance des démocraties dans le monde, à la prolifération de la puissance nucléaire ici et là et à l\u2019augmentation de l\u2019interdépendance économique.David réfute aussi l\u2019idée selon laquelle les missions de paix de l\u2019ONU sont inutiles et coûtent trop cher (un dollar par année par habitant de la plançte), de même que celle selon laquelle les Etats-Unis sont militairement imbattables.En Afghanistan, après dix ans d\u2019intervention américaine, «les groupes insurgés contrôlent presque tout le sud du territoire afghan, alors qu\u2019ils n\u2019en contrôlaient que quelques parties au début des hostilités», note-t-il.FABIO BUCCIARELLI AGENCE FRANCE PRESSE Même s\u2019il demeure plusieurs conflits intérieurs comme celui des Kurdes irakiens, il est faux d\u2019affirmer que les conflits armés s\u2019aggravent dans le monde.Cette évolution à la baisse serait due entre autres à la fin des guerres coloniales et à la «quasi-disparition des conflits interétatiques».Doit-on crain4re, dans ces conditions, une guerre entre les Etats-Unis et la Chine, une perspective considérée comme inévitable dans certains milieux conservateurs américains?Le politologue Barthélémy Courmont se veut rassurant à cet égard.La Chine, écrit-il, est bien consciente de son retard militaire par rapport aux Etats-Unis.De plus, l\u2019interdépendance économique entre les deux pays incite plus à l\u2019apaisement qu\u2019à la montée des tensions.Est-il vrai, par ailleurs, que la Chine, vers 2030, sera la première puissance économique mondiale?Possible, répond Courmont, mais cela ne doit pas faire oublier que, d\u2019une certaine façon, la Chine demeure un pays en développement.Son PIB est élevé, mais son PIB par habitant reste loin derrière celui des grandes puissances actuelles.C\u2019EST ENCORE Fill! 50 IDEES Le privé en santé S\u2019il y a un domaine dans lequel les idées reçues sont légion et toxiques, c\u2019est bien celui de la santé.Spécialiste^ en santé publique, Amélie Quesnel-Vallée et Emilie Re-nahy dégonflent ici quelques mythes qui ont la vie dure.«Non, écrivent-elles, la santé n\u2019est pas qu\u2019une question de choix individuels.Ces derniers n\u2019expliquent que 10 à 20% des inégalités en santé.» Pour le reste, il faut se tourner vers des deconstruites PAK DES SPÉCIALISTES facteurs socio-économiques et culturels.La gratuité des soins, de plus, ne mène pas à l\u2019abus du système de santé par les pauvres (ce sont plutôt les riches, d\u2019ailleurs, qui auraient recours à des soins non urgents et pas toujours nécessaires) et le concept d\u2019utilisateur-payeur nuirait à la santé des plus pauvres, tout en faisant augmenter le coût total du système.Le développement d\u2019un système parallèle privé, démontrent-elles aussi, études à l\u2019appui, ne réduit pas la demande au public, mène à un accroissement général des dépenses de santé au profit des plus riches et allonge le temps d\u2019attente au public.La droite, dans ce dossier, a donc tout faux, notamment quand elle affirme que le Québec a un système de santé semblable à celui de Cuba ou de la Corée du Nord, alors que, dans les faits, «29,5 % des dépenses en santé proviennent du privé au Québec».Ce livre fait appel à douze experts.Tous présentent de solides argumentations, étayées par des études sérieuses.La politologue Karine Prémont déconstruit l\u2019idée du rêve américain accessible à tous.Le physicien Normand Mousseau réfute la thèse selon laquelle le téléphone cellulaire causerait le cancer et celle qui affirme qu\u2019il est facile de remplacer le pétrole.La politologue Line Beauchesne illustre la faiblesse du discours conservateur et répressif au sujet des drogues.Le politologue Marc-André Gagnon et Guillaume Lamy expliquent que la recherche privée, grandement financée par le public, d\u2019ailleurs, ne saurait remplacer la recherche publique.Le linguiste Lionel Meney conteste l\u2019idée selon laquelle nous parlerions le québécois et non le français.L\u2019historien Pierre Anctil attribue à une fausse perception la croyance que les immigrants refusent de s\u2019intégrer à la société québécoise.La biologiste Valérie Levée, enfin, s\u2019emploie à relativiser nos craintes quant aux OGM.Toutes ces démonstrations ne sont pas également convaincantes (j\u2019ai tiqué en lisant certaines explications des Anctil, Levée, Meney et Mousseau), mais toutes sont solides et forcent la réflexion et les remises en question.Cet ouvrage, et ça, c\u2019est vrai, est une réussite.L\u2019auteur sera en séance de signatures au salon du mercredi au dimanche.louisco@sympatico.ca C\u2019EST ENCORE FAUX! 50 IDÉES DÉCONSTRUITES PAR DES SPÉCIALISTES Sous la direction de Guillaume Lamy Septentrion Québec, 2013, 328 pages À LA RENCONTRE DES AUTEURS \u2022 BORÉAL \u2022 STAND N° 112 Cilles Archambault Lorsque le cœur est sombre ^ Vendredi de 17 h à i8 h s Samedi de 17 h à 18 h i Dimanche de 16 h à 17 h ® Edem Awumey Explication de la nuit\t| Vendredi de 18 h à 19 h È Samedi de 15 h à 16 h\tg Frédéric Bastien La Bataille de Londres\tg Samedi de 13 h 30 à 14 h 30 | I Serge Bouchard Cétait au temps des mammouths laineux\t§ Dimanche de\t
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