Le devoir, 21 décembre 2013, Cahier E
[" Une visite dans le labo musical de Navet Confit Page E 3 I r-s Louis Hameiin retourne f dans le Québec d\u2019Emilie Bordeleau PageEio Culture Livres CAHIER E > LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DECEMBRE 2013 r mm T y:.-':; DETROIT: QUAND L\u2019ART AFFRONTE LA FAILLITE DETROIT INSTITUTE OE ARTS Détail de Detroit Industry, fresque peinte par Diego Rivera sur le mur nord du Detroit Institute of Arts (1932-1933).Malgré ses déboires financiers, Motor City n\u2019a rien perdu de sa créativité, au point où ses difficultés provoquent un renouveau artistique ULYSSE BERGERON à Detroit Ecrasé sous une dette de 18,5 milliards de dollars, Detroit n\u2019arrive plus à sortir la tête de l\u2019eau.Officiellement en faillite, Motor City envisage jusqu\u2019à la vente des collections de ses institutions culturelles pour rembourser ses créanciers.Une épée de Damoclès qui, paradoxalement, s\u2019accompagne d\u2019un renouveau artistique aux allures de bouée de sauvetage pour cette ville qui fut, pendant près d\u2019un siècle, le symbole du capitalisme américain.La menace est pourtant bien réelle.Le Detroit Institute of Arts (DIA), principal musée de la ville, pourrait bien passer sous le rouleau compresseur de la faillite, convient Annmarie Erickson, la conservatrice de l\u2019institut.«Malheureusement, nous parlons davantage de la valeur financière de nos œuvres que de leur valeur artistique», déplore celle qui a rencontré Le Devoir à quelques mètres des grandioses fresques murales que le fils de Henry Ford avait commandées au peintre mexicain communiste Diego Rivera alors que la ville était encore surnommée le Paris du Midwest.Posée et souriante dans l\u2019adversité, Annmarie Erickson joue d\u2019honnêteté : elle craint sérieusement pour l\u2019avenir du musée.«La vente, même d\u2019une petite partie de notre collection, signifierait pour nous la fermeture», laisse-t-elle tomber en rappelant que le DIA représente une parcelle importante de l\u2019histoire de Detroit.Sa collection est essentiellement constituée de dons provenant des grandes familles d\u2019industriels du siècle dernier: les Ford, les Chrysler, les Firestone.Combien pourrait rapporter la vente des 65000 tableaux et sculptures qui ornent les murs et les galeries du DIA?Les réponses diffèrent.Cet automne, à la demande du gestionnaire responsable de la faillite Kevyn Orr, la firme Christie\u2019s a estimé la valeur des collections du DIA entre 452 et 866 millions de dollars américains.D\u2019autres évaluateurs estiment plutôt que les oeuvres valent jusqu\u2019à plusieurs dizaines de milliards de dollars.Pour avoir l\u2019heure juste, les créanciers et les syndicats municipaux \u2014 qui disent craindre que l\u2019art soit écarté «des sources potentielles de revenus disponibles» \u2014 sont passés à l\u2019attaque.A la fin de novembre, ils ont déposé une requête pour qu\u2019un comité soit mis sur pied afin d\u2019éva-luqr la valeur financière des collections du DIA A la seule mention de cette démarche, la conservatrice serre les dents.«Les créanciers avancent des arguments tellement simplistes, qui font appel à l\u2019émotion.Ils disent que Detroit doit choisir entre «l\u2019art ou le pain».C\u2019est faux.Surtout que nous savons tous que ce sont les banques qui recevront l\u2019argent d\u2019une vente précipitée et non les employés de la Ville ou les retraités, dont les fonds de retraite risquent d\u2019être VOIR PAGE E 2 : DETROIT Oscar Isaac, comédien-orchestre Entretien avec le perdant magnifique de VInside Llewyn Davis des frères Coen, en salle le jour de Noël SEVILLE EILMS La cote de popularité d\u2019Oscar Isaac a grimpé depuis qu\u2019il a incarné l\u2019antihéros et musicien gaffeur de VInside Llewyn Davis des frères Coen.ODILE TREMBLAY SJ il est un acteur musicien dont le nom vient d\u2019être propulsé à Hollywood, c\u2019est bien Oscar Isaac.Il avait surtout brillé au théâtre, mais tenait depuis quelques années des rôles secondaires au cinéma, entre autres dans Drive de Nicolas Winding Refn, Che de Steven Soderbergh, Robin Hood de Ridley Scott, le plus souvent relégué à l\u2019ombre des stars.Il était au départ guitariste et chanteur du groupe The Blinking Underdogs.Depuis qu\u2019il a incarné brillamment l\u2019anti- héros et musicien gaffeur de VInside Llewyn Davis des frères Coen, sa cote de popularité a grimpé.Rappelons que le film a remporté le Grand Prix du jury au dernier Festival de Cannes et qu\u2019il s\u2019achemine bon train vers les nominations aux Oscar.Précisons qu\u2019Oscar Isaac, dont le père est cubain et la mère, guatémaltèque, aligne aussi des origines israéliennes et françaises, comédien citoyen du monde qui peut incarner des types de plusieurs nationalités.En entrevue, il affirme avoir désiré comme un fou ce rôle de guitariste folk dans Inside Lle- wyn Davis.«Les frères Coen sont mes cinéastes favoris, et je suis musicien.» Il avait d\u2019abord envoyé un enregistrement aux Coen, qui l\u2019ont ensuite convoqué et élu entre tous.Inside Ue-wyn Davis est lié à O Brother Where Art Thou ?, qui témoignait aussi de l\u2019amour des Coen pour le folk américain.Inside llewyn Davis se situe juste en amont du sacre de Bob Dylan, qui allait révolutionner la scène folk.Le film est inspiré en partie des mémoires de Dave Van Ronk, chanteur-guitariste au Gaslight dans le Greenwich VOIR PAGE E 6 : ISAAC L\u2019amitié a mille visages Sur Pîle de Vendredi, dans la forêt non loin de la Cité, les animaux vivent en paix et dans l\u2019harmonie.Le hibou Caféine, Grand Sage de la forêt, veille sur ehaeun.Mais le voilà inquiet.Depuis quelque temps, rien n\u2019est plus pareil.Un danger les guette tous, il le sent.L\u2019arrivée soudaine de Biaou, ehat siamois en provenanee de la Cité, eonfirme son pressentiment.Citadins et Vendre-disiens font l\u2019objet d\u2019une menaee.Laquelle ?JEUNESSE \u2022 224 pages \u2022 22,95$\tp.d.s[f1 © Luc Melanson E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DECEMBRE 20IS CULTURE Petit pèlerinage au Greenwich de Dave Van Bonk Odile Tremblay urant le temps des Fêtes, c\u2019est bien beau d\u2019écouter les chants de Noël.D\u2019autant plus que certains sont bien jolis, surtout les cantiques avec des choeurs.Autrement, par les soirs glacés, Le Messie de Handel à la Chris Church Cathedral vous réchauffe de bien des froids polaires.Tant de genres musicaux se partagent les faveurs d\u2019un esprit.Et Noël ou pas, j\u2019écoute souvent du folk américain et du vieux blues.Au journal, en fond sonore sous écouteurs, rien ne vaut la mélancolie de la guitare ou du banjo, avec rythme épousant le pas d\u2019un cheval et la marche des mots.Ça rend l\u2019écriture plus languide, mais la combinaison musicale idéale doit varier en fonction du journaliste qui fait au moins deux choses à la fois : écouter de la musique et écrire, peut-être même grignoter du chocolat ou mâcher de la gomme en même temps.Parmi tous les résidents de ma discothèque virtuelle se trouve Torn Russell, musicien mémorialiste qui rend tribut dans ses textes à des artistes comme Charles Bukowski, Woody Guthrie, Jack Kerouac, Rambling Jack Elliott, et autres rocailleux symboles de la contre-culture littéraire ou musicale en son âge d\u2019or.La chanson en mode récitatif qu\u2019il composa sur le musicien guitariste, blues et folk, Dave Van Ronk est une des plus touchantes de son répertoire.il y rappelle que, dans le Greenwich Village des années 60, au royaume du folk, tous les jeunes gratteux de guitare le prenaient comme modèle.Van Ronk les recueillait sur son canapé (le débutant Bob Dylan y compris), leur racon- Dave^ Van Kook Waid tant des histoires, les faisant répéter sans fin jusqu\u2019à l\u2019atteinte du son parfait.«He was the pope of Greenwich Village, God Dam it!», lançait Tom Russell de toute sa vigueur.J\u2019aime écouter Dave Van Ronk lui-même entonner de sa voix rauque Cocaïne Blues, Hesitation Blues ou Hang Me avec son picking très pur.Nous sommes sans doute quelques bataillons d\u2019amateurs à se refiler les noms et les titres des meilleurs morceaux de l\u2019ère classique ou semi-classique du folk américain.Van Ronk participe au cercle d\u2019or.Je vous parle de ce musicien-là parce que le film des frères Çoen Inside Llewyn Davis, en salle le 25 décembre à Montréal, est en partie basé sur l\u2019autobiographie de Dave Van Ronk: Manhattan Folk Story, son titre français (eh oui!).Dans l\u2019édition originale, ça s\u2019intitule The Mayor ofMac-Dougal Street: A Memoir.Quant à Inside Llewyn Davis, il fait écho au titre de l\u2019album Inside Dave Van Ronk.La faune du Village Cette merveilleuse tragico-médie, sur fond de fumée, de blues et de folk, donne l\u2019occasion de mieux connaître la faune de Greenwich de ces grandes années, avec ses musiciens (souvent géniaux) qui crevaient de faim, jouaient à peu près gratos dans des bars minables, s\u2019hébergeaient, s\u2019influençaient, se jalousaient mais chantaient et grattaient pour l\u2019amour de l\u2019art, sans rêver de gloire en retour.Du moins au début.Car tout changea avec la nouvelle vague de folk singers chantant les révolutions futures.Une des chansons de Dylan, Talking New York, récit de ses débuts douloureux à Greenwich, a servi également d\u2019inspiration aux frères Coen pour Inside Uewyn Davis.Né en 1936 à New York, Van Ronk s\u2019est éteint en 2002 dans sa ville adorée, depuis plusieurs DIANA DAVIES/SMITHSONIAN FOLKWAYS Van Ronk avait les doigts pleins de pouces, sauf pour toucher la guitare.années moins inspiré et quasi oublié.Manhattan, pas si ingrate, donna quand même son nom à un coin du Sheridan Square, à l\u2019angle de Barrow Street et de Washington Square, caisse de résonance des jam sessions qu\u2019il affectionnait tant.Van Ronk laissa une autobiographie inachevée (terminée grâce aux bons soins de son collaborateur Elijah Wald), qui reprend du rayon ces temps-ci dans la foulée du film des Coen.D\u2019autant plus qu\u2019en sus de la trame sonore tirée du film, sous d\u2019autres voix que la sienne, trois albums du chanteur et guitariste sortent sous le label Smithsonian Folkways.Voici notre homme ressuscité ! Ah, ce que le cinéma peut faire.Manhattan Folk Story vaut vraiment d\u2019être lu, pour la lumière jetée sur un homme qui fut à la fois l\u2019émule et l\u2019ami d\u2019immenses icônes du blues ou du folk, comme Mississippi John Hurt et le révérend Gary Davis, et qui créa un pont entre les vieux de la vieille et les nouveaux venus.Dans le film, l\u2019antihéros Llewyn Davis est présenté, ce qui ajoute au comique de l\u2019affaire, comme un pur loser, qui n\u2019en finit plus de s\u2019enfarger dans ses bottines et de rater la moindre chance profilée au brouillard de sa vie.À Cannes, les Coen ont précisé que leur fiction était assez éloignée de la vie de Van Ronk.Mais lecture faite, un tas d\u2019épisodes y sont repris, tel le voyage à Chicago chez un agent d\u2019artistes célèbre qui n\u2019a jamais entendu parler du guitariste et le rejette comme un malpropre.Ajoutez la vie de bohème, le canapé chez des amis, les auditoires dégarnis des bars enfumés, le snobisme de Van Ronk qui chahutait au chic Gaslight les musiciens ayant l\u2019heur de lui déplaire, sa maladresse physique.11 avait les doigts pleins de pouces, sauf pour toucher la guitare.Les mémoires de Van Ronk sont écrites en mode autodérision, ce qui accentue ses gaffes et ses ridicules.Les Coen s\u2019en sont servis comme ressorts humoristiques, mais ils abordent la première partie de sa carrière, peu reluisante.Les débuts de Dylan n\u2019étaient guère moins minables que ceux de son mentor dix ans plus tôt.Sauf que l\u2019auteur de Mister Tambourine Man finit par réussir là où Van Ronk, collé aux traditions, peu doué pour la composition, s\u2019effaça du devant de la scène.La petite histoire veut que la version et les arrangements de The House of the Rising Sun que Bob Dylan interprète sur son premier disque soient calqués sur ceux de Van Ronk.Dans son autobiographie, ce dernier raconte qu\u2019il se préparait à enregistrer ce titre parmi d\u2019autres quand Dylan lui avoua qu\u2019il l\u2019avait déjà enregistré à la manière Van Ronk, au grand courroux de celui-ci.Mais The House of The Rising Sun était une complainte de La Nouvelle-Orléans, enfantée par le malheur, sans auteur connu, et même avec le picking et les strophes ajoutées par Van Ronk, elle n\u2019appartenait à vrai dire à personne.D\u2019ailleurs, tous ces musiciens passaient leur temps à se pasticher les uns les autres pour se faire la main.Van Ronk cessa de la chanter après que tout le monde lui eut reproché de copier, à travers elle, le style de Dylan.On retrouve un tas d\u2019anecdotes très amusantes dans ce livre-là, une humilité enjouée, des réflexions profondes aussi.On retient son art poétique : «Ne jamais jouer deux notes quand une seule suffit.Ne jamais jouer une note quand le silence ferait l\u2019affaire.L\u2019essence de la musique est la ponctuation du silence.» Bref je ne saurais trop vous recommander le livre et le film, en vous souhaitant de très joyeuses Fêtes avec ça.otremblay@ledevoir.com Cette chronique prend congé comme moi la semaine prochaine.{{Detroit, ce n\u2019est pas que la faillite.Ici, il y a des galeries un peu partout et c\u2019est une ville où la communauté d\u2019artistes est tissée serré )) Joey Mazzola, sculpteur DETROIT SUITE DE LA PAGE E 1 revisités par le gestionnaire de la faillite.» L\u2019écoulement des oeuvres du DIA pourrait se révéler plus ardu que ne le désirent les créanciers.Des mécènes ont apposé des clauses qui interdisent la vente des oeuvres qu\u2019ils ont offertes.C\u2019est le cas du collectionneur Robert Hudson Tannahill \u2014 fils de l\u2019industriel Joseph Lowthian Hudson et petit-neveu de Henry Ford \u2014, dont la collection comprend les grands noms de la peinture des XIX® et XX® siè- cle, notamment Cézanne, Gauguin, Matisse, Picasso, Riviera, Van Gogh.Detroit: l\u2019éternel phénix A deux coins de rue du DIA, au Detroit Artists Market, Nancy L.Sizer refuse catégoriquement d\u2019aborder la vente potentielle du musée.«Ce serait à ce point catastrophique que je ne veux pas en parler, même de façon hypothétique», explique la directrice de cette galerie fondée en 1932.Selon elle, en envisageant la vente du DIA, le gestionnaire de faillite envoie le message qu\u2019il balaie un aspect important de la ville : sa créativité.«L\u2019art, c\u2019est la création.Et lorsqu\u2019on y pense, Detroit s\u2019est bâtie grâce â ses esprits créatifs, â commencer par celui de Henry Ford.D\u2019ailleurs, c\u2019est sûrement grâce â des esprits similaires qu\u2019elle s\u2019en sortira», dit-elle.Cette créativité, selon elle, est le terreau dans lequel prend racine l\u2019ancienne capitale de l\u2019industrie automobile.Et ce, même la faillite ne saurait l\u2019affecter.«Nous observons depuis quelques années déjà un renouveau artistique.Des ateliers voient le jour et de plus en plus d\u2019artistes viennent ici.Je crois que Detroit a un esprit créatif qui lui est propre.Même lorsque les conditions sont difficiles, les Détroitiens se retroussent les manches et continuent d\u2019innover.C\u2019est ce qu\u2019on observe â l\u2019heure actuelle», indique-t-elle.Force est de constater qu\u2019au fil des décennies, Motor City a laissé sa marque dans l\u2019histoire de l\u2019art.Sur le seul plan musical, outre les artistes du label Motown \u2014 The Suprêmes, The Jackson Five, Stevie Wonder, Marvin Gaye \u2014, Detroit a jeté les bases du punk avec Iggy & The Stooges et les MC-5, ainsi que de la techno.«Il y a aussi les artistes plus populaires, comme Eminem, Alice Cooper et Madonna », dit-elle.«Cette ville est inspirante».ICARE UNE PRÉSENTATION DE ArcelorMittal UNE COLLABORATION DE CREATION ET MISE EN SCENE MICHEL LEMIEUX VICTOR PILON TEXTE OLIVIER KEMEID DES LE 14 JANVIER AVEC NOËLLAHUET RENAUD LACELLE-BOURDON ROBERT LALONDE PERSONNAGES VIRTUELS PASCALE BUSSIÈRES MAXIME DÉNOMMÉE LOIK MARTINEAU COPRODUCTION LEMIEUX PILON 4D ART THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE ESPACE JEAN LEGENDRE THÉÂTRE DE COMPÏÈGNE, (scène nationale de l'oise en prépiguration) T \\\t\u2022\t-\t'' DES LE 11 MARS UNE PRÉSENTATION DE DESJARDINS \u2018 ÆBERTINE, ENONQIEMPS DE MICHEL TREMBLAY MISE EN SCÈNE LORRAINE PINTAL UNE COPRODUCTION TNM +THÉÂTRE DU TRIDENT - -DÈS LE 6 MAI UNE PRÉSENTATION DE POWER CORPORATION DU CANADA LE54IGUI11ES ETUOmM - TEXTE ET MISE EN SCÈNE ROBERT LEPAGE / EX MACHINA- \u2022 DÈS LE 6 MAI \u2022 CYRANO ?\u2019EDMOND ROSTAND MISE EN SCÈNE SERGE DENONCOURT E PRODUCTION CYRANO DE BERGERAC INC UNE COLLABORATION TNM +JUSTE POURRI RE Théâtre du Nouveau ^^ohde EMBALLEZ-VOUS POUR LE THÉÂTRE! TNM.QC.CA 514.866.8668\t'ül' lance Joey Mazzola, un sculpteur qui redonne vie à de vieux matériaux de l\u2019époque industrielle et qui fait partie de la scène artistique de la ville depuis le milieu des années 80.Avant de façonner des sculptures, il a été guitariste pour The Sponges et Detroit Cobras, deux groupes qui, avec les White Stripes, ont remis au goût du jour le rock garage.«Detroit, ce n\u2019est pas que la faillite.Ici, il y a des galeries un peu partout et c\u2019est une ville où la communauté d\u2019artistes est tissée serré, ce qui favorise la création et la diffusion.» Son de cloche similaire du critique d\u2019art Vince Carducci, également originaire de Detroit.Ce dernier va jusqu\u2019à soutenir que les déboires financiers de la Ville redonnent, dans une certaine mesure, du sang neuf à Detroit.« On constate que des artistes des quatre coins des Etats-Unis viennent s\u2019installer ici, non seulement parce que la ville les inspire, mais aussi parce qu\u2019ils peuvent acquérir une maison, un studio ou un atelier pour une bouchée de pain.» Un intérêt à ce point marqué que des organisations européennes se laissent tenter par l\u2019aventure de la « nouvelle Motor City».Vince Carducci cite l\u2019exemple de la récente ouverture d\u2019ateliers de la Neo Connotative Action (INCA), de la Norvège, et de Filter, un centre allemand de recherches artistiques.Si le milieu artistique ne pourra sortir Detroit du marasme économique, «la fierté, la résilience et la créativité de ses résidants, dont ses artistes, pourraient bien le faire», souligne Nancy L.Sizer.La directrice du Detroit Artists Market rappelle alors les deux devises inscrites en 1805 sur le drapeau de la ville, qui traduisent bien l\u2019espoir des Détroitiens à l\u2019heure actuelle : «Nous espérons mieux» et «Il renaîtra des cendres».Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DECEMBRE 2013 E 3 CULTURE.MllSIÛÜE Le labo de Navet Confit r Le chanteur et guitariste teste le marché en lançant trois albums d\u2019un coup \\ A la fois pour s\u2019amuser et témoigner d\u2019une industrie musicale qui se cherche, Navet Confit lance rien de moins que trois disques sur le Web, et un best-of en copie physique.Rencontre avec un défricheur en profonde réflexion et en constante évolution.PHILIPPE PAPINEAU Si tout fout le camp, alors aussi bien plonger et en rire, de la couleur que vous voulez.Voilà ce à quoi fait penser le récent lancement par le chanteur et guitariste Navet Confit de 33 nouvelles chansons d\u2019un coup, divisées en trois disques distincts et résumées en un best-of Chacun, bien sûr, offert au public de manière différente par-dessus le marché.Le musicien, lui, y voit un laboratoire, autant pour la création que pour la diffusion.Ç\u2019a quand même donné un coup quand, à la mi-novembre, quatre ans après son dernier disque.Navet Confit nous apprenait presque sans avertissement qu\u2019il levait le voile sur toute cette musique.Déjà, quand, en 2007, il avait lancé un disque double, on l\u2019avait trouvé un peu audacieux.Là, il offre ses quatrième, cinquième et sixième albums \u2014 après pas moins de six EP \u2014 et on se demande ce qu\u2019il a reçu sur la tête.La première pièce de Bes-tove, recueil de douze des titres les plus forts du lot de nouveautés, donne des indices.Sur un air aux allures de Taking Care of Business, il chante ironiquement: «opter pour le confort de la sécurité/c\u2019est plus facile de vivre ainsi sans jamais se mouiller».En effet.Navet maîtrise l\u2019art de marier l\u2019audace sonore et le refrain pop, le premier degré et le suggéré, la violence et l\u2019humour, le nonchalant et le sautillant.Il se mouille, et vit avec.«Si ça va mal dans l\u2019industrie ou dans ma vie, je vais avoir un moment d\u2019insomnie, mais j\u2019ai tendance à ce que ça serve à quelque chose; ça devient des tounes, ou des projets de sortir trois albums», lance le grand bonhomme de 6 pieds 4 en éclatant de rire.Le labo créatif Depuis son dernier disque, Papier-Vampire, lancé en 2009, Navet Confit \u2014 de son vrai nom Jean-Philippe Eré-chette \u2014 n\u2019a pas chômé.En Les artistes sont considérés comme des tableaux Excel, comme matière à subventions, comme matière à revenus.C\u2019est désolant, et en même temps J\u2019ai voulu rire de ça.yy Navet Confit, à propos de son lancement original plus de travailler avec différents musiciens (Ludo Pin, Maude, Cou cassé, Massi-cotte), il a cofondé avec ses potes Guillaume Tremblay et Olivier Morin la compagnie Le Théâtre du Eutur, qui a présenté avec un certain succès l\u2019opéra-rock Clotaire Ra-paille ainsi que L\u2019assassinat du président.Mais il a aussi connu des moments moins heureux: défaite amoureuse, soucis de santé, frustrations professionnelles.et donc il a écrit des chansons.Pas mal de chansons, certaines plus travaillées, d\u2019autres étant en quelque sorte les belles retailles, «ce qui dépassait».«C\u2019est le côté laboratoire; faime ça, ouvrir les portes et à la limite laisser les gens échapper un erlen-meyer en faisant la visite! Le LP4 est plus léger un peu, plus facile d\u2019approche.Les deux autres, ça reste ben edgy par moments.J\u2019ai pas beaucoup de pudeur sur le LP5, contrairement à par le passé, où fai eu souvent tendance à faire dans l\u2019abstraction pour contourner ou effleurer les sujets, sans les nommer.[.] Et le LP6, c\u2019est des trucs de pré-prod que j\u2019ai réarrangés pour donner une collection de B-sides très éclatés dans les styles.» Dans un ensemble plutôt grunge, la touche habituelle de Eréchette, il multiplie les riffs accrocheurs mélangés à des bips étranges, nous montre l\u2019hameçon et nous fait travailler un peu.On est touché par certaines phrases sombres {«j\u2019ai envie de te tuer mais je t\u2019aime encore»), on rit d\u2019autres {«Louis-José Houde/tout le monde le trouve drôle/tout le monde à part peut-être ma mère [.] elle dit qu\u2019il parle un peu trop vite»).Le labo marchant Ces dernières parutions sont non seulement un labo créatif, mais aussi une façon de tester le marché, toujours avec humour.«La mise en marché fait partie de la démarche artistique au complet.» Même que les trois disques et la compil ont été lancés lors d\u2019une fausse conférence présentant une fausse étude sur l\u2019industrie musicale.«Les artistes sont considérés comme des tableaux Excel, comme matière à subventions, comme matière à revenus, lance Navet Confit.C\u2019est désolant, et en même temps j\u2019ai voulu rire de ça, pour alléger un peu.» L\u2019«étude», rédigée par le musicien, montrait que trop de disques étaient lancés en même temps \u2014 «fen sors trois!» \u2014, que les gens n\u2019ont pas le temps d\u2019écouter la musique \u2014 «on a fait un best-of» \u2014 et qu\u2019il n\u2019y avait plus de repères ni de plateforme de base pour les maisons de disques \u2014 «on a un album physique, y\u2019en a un payant, mais uniquement numérique, l\u2019autre en contribution volontaire numérique et l\u2019autre gratuit en ligne».« C\u2019est fait bon enfant, ben satirique, mais ça montre une réflexion constante que j\u2019ai avec mes amis musiciens.Ça nous préoccupe.Comment on fait pour continuer à vivre de ce qu\u2019on fait?Ou juste comment rejoindre notre public, comment faire pour que nos chansons soient écoutées ?» Le sous-titre fleuve de son LP6 est d\u2019ailleurs savoureux à ce sujet: Au moins, quelques personnes et/ou compagnies et/ou médias prennent encore % ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Jean-Philippe Fréchette, alias Navet Confit, se sert du méchant pour faire des chansons.le risque de promouvoir la diversité dans l\u2019industrie de la musique au Québec en 2013 [ou «si je vends pas plus que 500 copies, j\u2019arrête de faire de la musique»].«Mais il est gratuit sur le Web, celui-là, y\u2019a pas de copies, c\u2019est un gros clin d\u2019œil.Mais le titre, je l\u2019ai réécrit quelques fois pour être sûr qu\u2019il soit bien compris que ce n\u2019était pas de l\u2019amertume, mais bien de l\u2019espoir.» Le Devoir D Écouter > La pièce Ça n\u2019existe pas.ledevoir.com/culture/musique Denis Pépin, l\u2019artiste pédagogue Conversation à propos de la transmission du trad par la partition orale YVES BERNARD Le plus souvent, la musique trad québécoise est couverte sous l\u2019angle du temps des Eêtes ou de celui du commerce, du disque qui sort ou du nouveau spectacle à voir dans un festival d\u2019envergure ou une salle reconnue.Mais, une autre facette du phénomène est tout aussi importante et beaucoup plus négligée: celle de la transmission d\u2019un riche répertoire à préserver.A ce chapitre, Denis Pépin, l\u2019un des plus brillants accordéonistes au Québec, vient de faire paraître Accordéon 11 - DVD d\u2019apprentissage pour accordéon diatonique en Ré.Il ne s\u2019agit pas d\u2019un exercice de style, encore moins d\u2019un disque de folklore modernisé, mais d\u2019un acte de pure transmission orale.Rencontre avec l\u2019artiste pédagogue.Pourquoi avoir fait paraître un DVD d\u2019apprentissage?«95% des gens qui jouent cette musique ne savent pas la lire.Je pense qu\u2019il est important qu\u2019on aille tous vers la même partition orale pour que le répertoire se transmettre sans se déformer et que quand on arrive en quelque part, on ait à peu près les mêmes versions.C\u2019est comme dans la musique classique, tu vas écouter une valse de Chopin, tu vas mettre six interprètes, ils ont tous leur style, mais ils vont tous jouer la même partition ».L\u2019accordéoniste opte pour la rigueur dans l\u2019apprentissage.JULIEN SIMARD Denis Pépin a appris des plus grands maîtres.«Je vais te donner un exemple.Des fois, on entend des reels: la première partie est correcte, mais pour la deuxième, on prend une autre pièce.Parfois dans les jams à Montréal, ils sont une dizaine, tous assis à une table, ça part un morceau, la première partie commence, arrive la deuxième, il y en a un qui l\u2019a changé, quatre ou cinq musiciens arrêtent.C\u2019est quoi là ?Il faut l\u2019apprendre comme ça ?C\u2019est pas normal.On ne fait pas ça avec les chansons de Eélix, on chante les parties qui vont ensemble et les mots les uns à la suite des autres».Déjà dans les années 1990, on considérait Denis Pépin comme un fort musicien, pouvant s\u2019adapter à tous les styles, y compris le musette français.Il a appris auprès des plus grands maîtres et parfois, des plus exigeants : Philippe Bru-neau, qu\u2019il a accompagné durant presque une décennie, mais aussi Keith Corrigan, Yves et Jules Verret, puis tous ces autres violoneux comme Ti-Jean Carignan et Jos Bouchard dont il a adapté les airs à l\u2019accordéon.Presque la moitié du répertoire proposé dans le DVD est d\u2019ailleurs issue du répertoire de violon.«Aujourd\u2019hui, plusieurs musiciens traditionnels ont des bases classiques, mais ce qui est remarquable, c\u2019est que les Philippe Pruneau, Ti-Jean Carignan, Jos Bouchard et les autres ont tous appris par oreille et n\u2019ont jamais dérogé, Ils pouvaient jouer une pièce pendant vingt ans, ils l\u2019ont tout le temps joué et noté de la même façon, sauf que des fois avec le temps, ils y ont amené une autre couleur.Les artistes qui ont juste appris par enregistrement passent parfois à côté de quelque chose».Les dangers de runiformisation Ces propos rejoignent ceux de Michel Eaubert qui, à propos des artistes trad, déclarait ceci en entrevue le 2 décembre dernier: «Maintenant, on est pressé, on veut faire des albums vite, on veut aller jouer.Ce qui est important, c\u2019est de monter sur des scènes et ça change beaucoup de choses dans le rapport qu\u2019on a avec les gens».D\u2019où ce regard sur la scène actuelle.«Le trad est en train de devenir une marque de commerce», dit Eaubert.«Je trouve que les groupes, sauf quelques uns, sonnent un peu uniformes», pense pour sa part Denis Pépin.L\u2019accordéoniste parle aussi du manque de visibilité: «Je viens de sortir un DVD d\u2019apprentissage, mais on ne me voit jamais à la télé, on ne me voit jamais nulle part.Et je ne suis pas le seul dans cette situation.Il y a un gros manque.La dernière émission de télé de musique traditionnelle vraiment bonne remonte à 1980-81 à Télé-Capitale à Québec avec Reynald Oueillet et le groupe Eritage.Maintenant, on accorde beaucoup d\u2019importance à l\u2019oral, aux chanteurs, aux acteurs, aux humoristes, mais les musiciens ne sont pas dans le grand cahier.Pour lire sur eux, il faut que tu sortes la loupe».Nul besoin d\u2019agrandissements pour apprendre les neuf pièces présentées par Denis Pépin en quatre vitesses.Dans ce contexte, le DVD de l\u2019accordéoniste est un geste essentiel, un devoir de mémoire pour la préservation des fondements de la musique traditionnelle par la partition orale.Collaborateur Le Devoir Véronique Ovaldé La grâce des brigands Véronique Ovaldé La grâce des brigands 1 288 pages « Intelligent et très sensuel.» Sophie Lorrain, Radio-Canada, Plus on est de fous, plus on lit! «On est emportée par le ton vif et inventif du roman, qui captive jusqu\u2019à la dernière page.» Monique Roy, Châtelaine «C\u2019est un pur délice.Une perle parmi les perles de cette rentrée littéraire française.» Danielle Laurin, Elle Québec Éditions de l\u2019Olivier E 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DECEMBRE 2013 IDE VISÜ La « French Theory » à l\u2019œuvre Le commissaire Vincent Bonin se penche sur l\u2019importation d\u2019ouvrages signés par des philosophes français au sein des milieux de l\u2019art anglophone D\u2019UN DISCOURS QUI NE SERAIT PAS DU SEMBLANT/ACTORS, NETWORKS, THEORIES Galerie Leonard & Bina Ellen Jusqu\u2019au 25 janvier MARIE-ÈVE CHARRON L> art contemporain vient ' souvent de pair avec un discours théorique imposant.L\u2019exposition en cours à la galerie Leonard & Bina Ellen, en conformité avec le créneau universitaire qui est le sien, examine une manifestation particulière de ce discours.Elle s\u2019intéresse à la «Erench Theory», ce courant de philosophie française nommé ainsi à cause de l\u2019engouement que les théoriciens anglophones ont eu pour lui et pour ses grandes figures, telles Jacques Lacan, Jean-Erançois Lyotard et Simone de Beauvoir.Au cœur de ce phénomène qui a pris forme à la fin des années 1970, il y a la traduction de ces ouvrages théoriques du français vers l\u2019anglais.Elle s\u2019est faite plusieurs années après leur publication originale et a, par ailleurs, assuré la force de leur résonance, laquelle est toujours en vigueur aujourd\u2019hui.L\u2019exposition retrace les occurrences de ce discours plus hétérogène que le laisse croire le nom qui en rassemble le corpus.11 ne fut pas non plus exclusif aux théoriciens purs, puisque les artistes aussi en ont fait quelque chose, dans leurs œuvres comme dans leurs écrits.D\u2019ailleurs, ce sont bien des œuvres qui sont données à voir dans cette exposition foisonnante structurée en cinq parties par le commissaire invité Vincent Bonin.Chacune des sections regroupe des documents et des œuvres, aussi bien historiques qu\u2019actuelles, de façon à révéler des réseaux de personnes et des affinités discursives.Une exposition sur la théorie et ses impacts sur l\u2019art ne saurait toutefois en rester là.Le complément obligé de la visite est un document de plusieurs pages broché qui contextualise les œuvres et les situe dans leurs ascendants théoriques.Une vraie mine d\u2019informations ! PAUL LITHERLAND Vue sur D\u2019un discours qui ne serait pas du semblant/Actors, Networks, Theories, qui présente des œuvres issues d\u2019un courant de philosophie française de la fin des années 1970.Parmi les œuvres historiques, il y a une partie de l\u2019œuvre Post Partum Document (1973-1979) de Mary Kelly, elle qui est emblématique de cette rencontre entre L\u2019intertextualité et le corps en fragments sont des thèmes récurrents du postmodernisme la théorie et la pratique, en particulier de l\u2019usage des théories lacaniennes dans le discours féministe anti-essentia-liste.Une affiche annonçant l\u2019exposition de l\u2019œuvre à la ga- lerie Powerhouse/La Centrale en 1988 et l\u2019enregistrement sonore d\u2019une conférence donnée par l\u2019artiste à Concordia à cette occasion entourent également l\u2019œuvre.Ici, le commissaire montre que l\u2019intérêt réside autant dans l\u2019œuvre que dans l\u2019histoire de sa diffusion et de sa réception, en l\u2019occurrence à Montréal, à l\u2019époque et maintenant.L\u2019exposition rappelle à plusieurs moments que la mise en exposition elle-même n\u2019est pas neutre, qu\u2019elle produit un certain récit de l\u2019art de cette période.Tout près de Kelly, par exemple, deux moniteurs côte à côte diffusent respectivement un long métrage d\u2019Yvonne Rainer et un classique du cinéma d\u2019avant-garde, Riddles of the Sphinx (1977) de Laura Mulvey et Peter Wollen.Les conditions d\u2019écoute sont loin d\u2019être idéales.Plutôt, elles forcent à considérer ces œuvres dans une proximité autre que physique et, dans le contexte, quasi uniquement pour leur valeur illustrative.Sans les regarder intégralement, leur parenté discursive ressort et leur propos sur les rapports entre les hommes et les femmes aussi.Le recul du temps La dissémination dans les cinq parties de l\u2019exposition de deux séries récentes de Jon Knowles participe également, semble-t-il, de ce désir d\u2019opacifier le geste d\u2019exposition.Par terre, trament ici et là des attelles pour les pieds et les mains recouvertes de peinture blanche.Des prénoms féminins baptisent quant à eux des impressions à jet d\u2019encre sur papier, situées à cheval entre les sections de l\u2019exposition, qui donnent à lire en anglais GALERIE BERNARD JOSEPH-RICHARD VEILLEUX SENSIBLE À L\u2019INVISIBLE Lexposition se poursuit Jusqu\u2019au 28 décembre 2013 3926, rue Saint-Denis, Montreal 514 277 0770 \u2014 galeriebernard.ca Art et musique de la Renaissance au Baroque à Venise i 4 ft ft ft ft tîSiIîS iiieilrriiiiiirhiNiMii iiii!|MriiiiuiiiiUiiiihin|iiiuniilii|iii.Rrri[ipRiiii Br iiiiipiiiiiiriiiM|iaiiiiiip>[iyii|niiiiiiiiatiiii9ri[iiniv Faee Lhommebéton PROFITEZ DU CONGÉ DES EÊTES pour visiter cette splendide exposition mbam.qc.ca/venezia MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL Z®NIN THE GLADYS KRIEBLE DELMAS FOUNDATION Une présentation de\tGrand donateur métro OSLER Avocats Bell /Miiltl Audioguide^ musical gratuit À l\u2019achat d\u2019un billet pour l\u2019exposition Gratuit pour les enfants de 12 ans et moins Accompagnés d\u2019un adulte.Non appucàle aux groupes.-ARTE MUSIC* Une exposition conçue, produite et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal.Giovanni Antonio Canal, dit Canaletto, Le Bucentaure au Môle le jour de l\u2019Ascension (détail), vers 1745.Philadelphia Museum of Art, The William L.Elkins Collection.Photo The Philadelphia Museum of Art / Art Resource, NY novembre ou décembre 2013 Centre d\u2019exposition de Repentigny 3, place d'Évry, Repentigny (Québec) J6A 8H7 Mercredi et jeudi ; 13 h à 17 h, 19 h à 21 h Vendredi, samedi et dimanche ; 13 h à 17 h 450 470-3010 ville.repentigny.qc.ca/expositions ENTREE LIBRE Hepentigny S'épanouir différentes recettes d\u2019un plat typique du sud de la France, la bouillabaisse.L\u2019intertextualité et le corps en fragments sont entre autres des thèmes récurrents du postmodernisme des années 1980 durant lequel les théories françaises se sont implantées.L\u2019image comme simulacre fut également souvent citée à la suite des écrits de Jean Baudrillard.C\u2019est la réception ambivalente qui a été réservée à ce concept qu\u2019a choisie d\u2019évoquer Bonin avec les documents de l\u2019exposition Resistance (Anti-Baudrillard) (1987) du collectif d\u2019artistes militants Group Material, qui s\u2019attachait précisément à faire la critique du simulacre en affirmant la réalité politique, notamment, de l\u2019impérialisme américain et de l\u2019apartheid.Une section de l\u2019exposition se consacre davantage aux acteurs locaux, de Montréal et de Toronto, et remémore avec beaucoup d\u2019à propos comment la revue bilingue Parachute fut une tribune de prédilection pour ces théories, et même précurseur dans le domaine.Sur un présentoir, quelques numéros clés de la revue rappellent que le langage y était volontairement abscons et les textes, d\u2019une longueur qui n\u2019est plus permise de nos jours.Le recul du temps, mis en jeu avec des documents d\u2019époque et des témoignages d\u2019aujourd\u2019hui, est éclairant et instructif.L\u2019exposition, qui aura un deuxième volet plus tard chez Dazibao, évite heureusement l\u2019écueil de la lourdeur en dosant avec des œuvres d\u2019art captivantes et même amusantes, qui ne sont pas moins complexes au demeurant.Cela dépend en vérité de votre capital culturel, comme le démontrent si bien les œuvres d\u2019Andrea Fraser présentées dans une des sections qui doit beaucoup, elle, à un autre théoricien français, Pierre Bourdieu.Notez que la galerie fait relâche durant le temps des Fêtes et reprend ses activités le 6 janvier.Collaboratrice Le Devoir DVoir aussi > D\u2019autres vues sur cette exposition.ledevoir.com/culture/ arts-visuels LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DECEMBRE 2013 E CULTURE«THEATRE Ces joies qui tiennent en vie Sylvie Drapeau et Jennifer Tremblay s\u2019engagent sur le chemin de la rédemption avec Le carrousel CHRISTIAN SAINT-PIERRE En 2007, Jennifer Tremblay publie La listCy sa première pièce, un texte bouleversant qui lui vaudra de nombreux prix, à commencer par celui du Gouverneur général.En 2010, au Théâtre ^Aujourd\u2019hui, Marie-Thérèse Fortin offre le monologue à Sylvie Drapeau.La comédienne, au sommet de son art, triomphe.La pièce a depuis été traduite en cinq langues et portée à la scène dans huit pays.«Après les représentationSy explique Tauteure, on rencontrait souvent le public et les gens avaient beaucoup de questions à poser sur le personnage interprété par Sylvie.Un soir, je m\u2019en souviens comme si c\u2019était hier, une spectatrice a lancé: J\u2019c^urais envie qu\u2019elle me parle encore, cette femme! Il me semble qu\u2019elle a autre chose à nous dire.\u201d C\u2019est à ce moment-là que j\u2019ai compris que je n\u2019en avais pas fini avec ce personnage, qu\u2019il fallait que je donne une suite à La liste.» C\u2019est ainsi qu\u2019est né Le carrousel, un monologue qui décrit une autre période dans l\u2019existence de cette même femme.«Le ton est tout à fait différent, lance Tremblay.La liste, c\u2019était très cérébral, ça se passait dans la tête du personnage.Cette fois, j\u2019ai décidé de lui donner un cœur, de lui faire exprimer l\u2019amour qu\u2019elle ressent pour la vie et pour ses enfants.Dans La délivrance, la dernière pièce du triptyque, qui vient de paraître aux éditions de la Bagnole, je lui donne un ventre.Maintenant, avec les trois pièces, je considère qu\u2019elle est complète, entière, autrement dit que j\u2019ai réussi à rendre justice à sa complexité.» Sur la route Une femme prend la route.Elle se rend au chevet de sa mère mourante.Elle veut savoir pourquoi elle a le sentiment que cette grille qui, toute sa vie, s\u2019est refermée sur ma mère commence à se refermer sur elle également.Aurait-elle hérité de son angoisse ?Pour comprendre, elle se met à interroger sa grand-mère, morte, qui lui répond en quelque sorte d\u2019outre-tombe.t ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le personnage joué par Sylvie Drapeau dans La liste en avait encore long à dire.Jennifer Tremblay lui a tendu le micro.KK La liste; c\u2019était très cérébral, ça se passait dans la tête du personnage.Cette fois, J\u2019ai décidé de lui donner un cœur, de lui faire exprimer l\u2019amour qu\u2019elle ressent pour la vie et pour ses enfants, yy Jennifer Tremblay, auteure «Sur la 138, explique Sylvie Drapeau, alors qu\u2019elle roule vers sa mère, qu\u2019un paysage aride défile autour d\u2019elle, c\u2019est toute la vie de cette femme qui ressurgit, et celle des femmes qui l\u2019ont précédée, des souvenirs qui vont de l\u2019enfance à l\u2019âge adulte.Le mouvement est continuel, dans le temps et l\u2019espace aussi bien que dans la pensée.Mon défi, comme comédienne, c\u2019est d\u2019emprunter tous ces états et d\u2019arriver à faire vivre tous les personnages qui lui apparaissent, assez pour qu\u2019on sente leur présence.» «C\u2019est un carrousel qui ne cesse jamais de tourner, consi- dère Tremblay.Un périple géographique aussi bien qu\u2019intérieur.Quand on y pense, nos vies sont faites d\u2019un nombre restreint d\u2019éléments qui ne cessent de revenir, de se répéter, des chagrins qui réapparaissent continuellement sous des formes plus ou moins différentes, mais {{Autant dans La liste c\u2019était gris, autant là c\u2019est rouge yy Sylvie Drapeau, actrice aussi, heureusement, des joies qui nous tiennent en vie.» De mères en filles Le monologue aborde principalement le thème de la filiation, voire de la transmission, mais il est aussi largement question de condition féminine.Il y a du désir, de la sensualité, mais également de la violence et de l\u2019abus.«Autant dans La liste c\u2019était gris, autant là c\u2019est rouge», lance Drapeau.«Dans La liste, ajoute l\u2019auteure, on était sur le territoire de la responsabilité et de la culpabilité.Maintenant, c\u2019est à l\u2019amour et à la colère qu\u2019on est confrontés.C\u2019est une femme lucide et courageuse, qui en veut beaucoup à sa grand-mère d\u2019avoir surprotégé sa mère, de l\u2019avoir privée d\u2019affection, d\u2019avoir été jalouse et oppressive, de l\u2019avoir en fin de compte abandonnée en lui interdisant à peu près tout.» «Son rapport aux hommes est plus complexe encore que celui qui la lie aux femmes, estime la comédienne.Elle les trouve puissants, un peu épeu-rants, et très attirants.Elle est moins franche, moins directe avec eux.» L\u2019auteure précise: «C\u2019est par les hommes qu\u2019arrivent le bonheur, la liberté, la sensualité et le mouvement, mais c\u2019est aussi par eux que d\u2019une certaine manière survient le malheur.Sa mère lui a légué une peur viscérale \u2014 notamment des hommes \u2014 qu\u2019elle avait reçue de sa propre mère.Heureusement, cette angoisse profonde, dont elle va finir par connaître l\u2019origine, elle est bien déterminée à ne pas la transmettre à ses deux fils.Elle désire très fort qu\u2019ils soient de ''ces hommes que les femmes espèrent connaître\u201d.» Cette histoire qui se termine sur la rédemption, Patrice Dubois \u2014 qui avait dirigé la lecture du texte en 2011 à Dramaturgies en dialogue \u2014 a eu un vrai coup de cœur pour elle.«Il apporte un côté très concret, très ancré au sol, explique Jennifer Tremblay.Il ne vient jamais redoubler le lyrisme du monologue et je crois que c\u2019est exactement ce qu\u2019il faut faire.Ça m\u2019impressionne beaucoup de voir les solutions que Sylvie et lui ont trouvées pour rendre clairs les mouvements de la pensée et les sauts spatiotemporels.C\u2019est efficace tout en étant d\u2019une subtilité admirable.» Collaborateur Le Devoir LE CARROUSEL Texte: Jennifer Tremblay.Mise en scène: Patrice Dubois.Au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui du 14 janvier au 8 février 2014.Chantal Thomas L échangé des princesses ^ Paolo Giordano Le corps U humain Chanta _\t_\tI__Reniree lilleraire 20 13 * Seuil Ohântâl\t348 pages 29,95 Thomas L\u2019échange des princesses «Une plume splendide au service d\u2019un sujet méconnu : l\u2019incroyable destins des enfants royaux.» Chrystine Brouillet, TVA, Salut Bonjour! « Dans le rayon du roman historique, difficile de faire mieux.» Chantal Guy, La Presse « Un cadeau à se faire, un bijou de drôlerie sarcastique et d\u2019intelligence.» Guylaine Massoutre, Le Devoir Seuil Paolo Giordano 420 pages \u2022 29,95 348 pages-29,95 Le corps humain « Un roman choral éblouissant.Dès le début, j\u2019ai été happé.» Marc Cassivi, Télé-Québec, Bazzo.TV « Un roman brillant, écrit avec une virtuosité qui fait une large place à la générosité.» Gilles Archambault.Le Devoir Perez-Reverte Le tango de la Vieille Garde LLUrU 544 pages-39,95 $ Pérez-Reverte Le tango de la Vieille Garde « Un très beau roman.La tension est palpable presque à chaque page.» Rudy Lecours, La Presse ?« Il y a moult péripéties.On est vraiment pris dans ce récit d\u2019aventures qui se déroule dans les années 30.» Émilie Dubreuil, Radio-Canada, Plus on est de fous, plus on lit Seuil E 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DECEMBRE 2013 CULTURE.CI NE MA À la fois vrai et fabriqué AMERICAN HURTLE (ARNAQUE AMERICAINE) De David 0.Russell.Avec Christian Baie, Amy Adams, Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Jeremy Renner, Louis C.K.Scénario: David O.Russell, Eric Singer.Image: Linus Sandgren.Montage: Jay Cassidy, Crispin Struthers, Alan Baumgarten.Musique: Danny Elfman.Etats-Unis, 2013, 138 minutes.MARTIN BILODEAU C?est une comédie noire.Une tragédie grecque.Une peinture de milieu.Un bal costumé.Une satire politique.Une chronique sociale.Une caricature.Un nuage de «Spray-Net».Certains films défient les catégorisations et les étiquettes.Ceux de David O.Russell {Three Kings, I Heart Huckabees, The Fighter, Silver Linings Playbook) les collectionnent sciemment.American Hustle n\u2019échappe pas à la règle.Son film le plus narrativement ambitieux à ce jour, attendu dans le peloton de tête des Oscar, fonctionne sur tous les rapports : sérieux, cabotin, mi-sérieux, pince-sans-rire, etc.American Hustle revient très librement sur l\u2019opération Abs-cam orchestrée par le FBI, qui q défrayé la chronique aux Etats-Unis à la fin des années 70 et au début de la décennie suivante en envoyant une dizaine de politiciens corrompus derrière les barreaux.Russell en a extrait la moelle pour les besoins de cette comédie de chambre filmée au grand-angle, impliquant un sextet de personnages hauts en couleur.D\u2019abord un tandem de petits escrocs amoureux l\u2019un de l\u2019autre, joués par les épatants Christian Baie et Amy Adams, V Les personnages hauts en couleur donnent à American Hustle des munitions pour une comédie noire réussie.réunis trois ans après The Fighter.Puis, un agent ambitieux du FBI (Bradley Cooper, en forme), qui va les prendre au piège puis les contraindre à l\u2019aider à épingler de grosses légumes.Vient ensuite l\u2019épouse de l\u2019escroc Qennifer Lawrence, un feu d\u2019artifice fait femme), bombe à retardement qui menace de tout faire foirer en s\u2019imposant au bras de son mari dans des soirées organisées par le maire corrompu d\u2019une petite ville du New Jersey Qe-remy Renner, parfait) déterminé à relancer Atlantic City avec l\u2019argent d\u2019un faux cheik que le FBI et ses complices lui ont balancé dans les pattes.Je vous ai perdus?L\u2019intrigue s\u2019embrouille à l\u2019écrit.A l\u2019écran.elle est simplissime.Pendant deux heures vingt qui passent à la vitesse d\u2019un court métrage, Russell, amuseur, prestidigitateur, la fait bondir au moyen de développements incongrus et de coups de théâtre astucieux, manipulant son public qui se sait manipulé et s\u2019enivre du plaisir.Au-delà des grosses ficelles dont il joue comme des crins d\u2019un archet, le cinéaste met en avant l\u2019humain derrière le personnage.Ceux-ci sont habités, et voici par qui.Fêlés, et voici pourquoi.Mal pris, et voici comment.Cette ampleur, voire cette profondeur (je risque le mot), jaillit de la rencontre d\u2019un cinéaste sous tension, d\u2019un texte inspiré et d\u2019interprètes à leur service.LES FILMS SEVILLE Costumés sans être déguisés \u2014 à l\u2019exception de Bradley Cooper, qui joue un faux jeton \u2014, Baie, Adams, Lawrence et Renner défilent dans un décor seventies qui, comme tout le fdm du reste, tient à la fois du vrai et du fabriqué.Collaborateur Le Devoir SOIREES CLASSJOUES H ET PLUS ENCORE! AfONTREM.EN LUMIERE caa CZ3\t^3 EiJ 20FEVRIERAU2MARSI2014 KATIA et MABIELLE LABEQUE msr SmEST0RY+ Présente en co atcration avec avec la participation de RAPHAËL SEGUINIER ET GONZALO GRAU Tout un programme pour ces stars de la scène classique internationale ! 22 février 20 h maison symphonique de Montréal BARBARA HENDRICKS | SOPRANO et\tX.LOVE DERWINGER PIANO ROMANTISME, IMPRESSIONNISME ET CARARET BRAHMS-FAURÉ-BARBER- SCHONBERG-WEILL 21 février 20 h maison symphonique de mdntréal DANIEL TAYLOR et DAME EMMA KIRKBY CONSOLATION OF THE NEANT LES PLUS CÉLÈBRES CANTATES DE BACH 25 février 19 h 30 chapelle ndtre-dame-de-bdn-secdurs La star mondiale du violon interprète Tartini, Beethoven et Stravinsky avec ie remarquabie pianiste Frederic Chiu 25 février 20 h maisdn symphdnique de mdntréal FREDERIC CHIUJ'^ EN RECITAL V ii nous offre pour sa 1'® visite des œuvres de Mendeissohn, de Schubert, de Liszt et de Chopin 24 février 20 h chapelle histdrique du bdn-pasteur is DANY .LAFERRIERE Coup de chapeau à HAITI HAITI: UN PAYS QUI VIT O\u2019ARTETO\u2019EAU FRAÎCHE 20 février ¦ 20 h théâtre du gesù\t¦ remis à la fondation KANPE TOUTE LA PROGRAMMATION Aumontrealenlumiere.com BILLET MAISON SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL 514 842-2112 1 866 842-2112 laplacedesarts.com GESÙ- CENTRE DE CRÉATIVITÉ CHAPELLE NOTRE-DAME-DE-BON-SECOURS 1 855 790-1245 ticketmaster.ca CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR 1 855 790-1245 | 514 861 -4036 | admission.com admission.com | ticketmaster.ca Vlÿmiere\\ g SI # CBC ^ Radio-Canada\tD^jAail ici#artv g g l%«!8S Canada IBé.i 514 288-9955 185LUMIERES.Financière Sun Life Sftsjm\tOHM ONIU C3i ^ iiP I® QuébecSS ISAAC SUITE DE LA PAGE E 1 Village des années 50 et 60.Les frères Coen nous le montrent en perdant absolu, gaffeur, repoussé par tous, désargenté, sautant d\u2019un canapé d\u2019amis à un autre, manquant toutes les occasions de lancer sa carrière et semant devant lui des peaux de banane pour mieux y glisser.Oscar Isaac ne lui ressemblait guère physiquement: Van Ronk était corpulent et avait la voix rauque.Pas lui.Mais qu\u2019importe?«Les Coen étaient formels : tous les chanteurs-musiciens devaient jouer les morceaux du début à la fin, sans coupures.C\u2019était comme une sorte de documentaire sur le Greenwich des années 60», précise Oscar Isaac.«Au départ, je ne connaissais pas Van Ronk.Son autobiographie constitue une base pour le film, mais il y a d\u2019autres sources, aussi des grands pans de fiction.» Au dernier Festival de Cannes, le légendaire T-Bone Burnett, qui a supervisé la musique du film, ne tarissait pas d\u2019éloges sur le comédien, en qui il voyait la huitième merveille du monde pour avoir appris à la vitesse de l\u2019éclair le «Travis picking» utilisé par Van Ronk à la guitare, parce qu\u2019il pouvait jouer n\u2019importe quoi, chantait bien, également pour ses incontestables talents de comédien.Quant au principal intéressé, il flotte sur un nuage.«Ce film a changé le cours de ma carrière.C\u2019était l\u2019incarnation d\u2019un rêve.» Oscar Isaac voit Llewyn Davis comme un musicien intègre, qui ne s\u2019est pas vendu et y sacrifia la possibilité d\u2019une carrière plus brillante.«Les cinéastes m\u2019avaient interdit de sourire, ce qui me frustrait car je ne pouvais exprimer mon bonheur de jouer dans ce film-là.L\u2019humour provient des situations, jamais de mon personnage qui exprimait surtout la tristesse de Uewyn.» Elément comique servi en running gag\\ le chat roux qu\u2019Oscar trimballe parce qu\u2019il l\u2019a laissé s\u2019échapper d\u2019un des appartements où il crèche.«Il y avait quatre ou cinq chats roux différents, avoue-t-il, tous dotés de personnalités différentes, dont certains étaient de vrais enragés.» Le comédien avait déjà donné la réplique à l\u2019actrice Carey Mulligan dans Drive et la retrouvait METROPOLE FILMS Le chat roux que trimballe Oscar Isaac a été incarné par quelques bêtes dotées de personnalités diverses.avec plaisir.Ici, elle incarne une chanteuse à la Mary Travers du groupe Peter, Paul and Mary, toutes griffes dehors, mais secrètement généreuse, qui chante en duo avec son mari incarné par nul autre que la star du pop et du hip-hop Justin Timberlake, méconnaissable sous sa barbiche.On avait déjà entendu Carey Mulligan pousser la rengaine {New York, New York de Frank Sinatra) dans Shame de Steve McQueen.Mais le personnage incarné par John Goodman, vieux complice des frères Coen, a particulièrement impressionné Oscar Isaac.«Il incarne une sorte de monstre, un gros musicien de jazz en béquilles de la vieille école, toxicomane, snob et méprisant.Les Coen lui avaient demandé de jouer dans le style d\u2019Orson Welles dans Touch of Evil.» Le comédien-musicien croyait aller à la rencontre de cinéastes quelque peu tyranniques et s\u2019étonna de trouver les Coen à la fois très organisés et peu bavards.Chose certaine, ce film fut sa clé d\u2019or.Depuis, Oscar Isaac a croulé sous les propositions.«J\u2019ai joué depuis dans quatre films, tous indépendants.» On le verra bientôt notamment dans Two Faces of January de Hossein Amini et aux côtés d\u2019Elizabeth Olsen dans Therese de Charlie Stratton, une adaptation du roman de Zola Thérèse Raquin.Le Devoir EXCBNTRIS CINE-KID PRESENTE : JEAN DE LA LUNE UN FILM DE STEPHAN SCHESCH D\u2019APRÈS UN CONTE DE TOMI UNGERER - DÉS 5 ANS DU 21 DÉC.AU 5 JANVIER À11H SAUF LE 25 DÉC.ET LE 1ER JANVIER FONDATION EN EXCLUSIVITE A EXCENTRIS BILLETTERIE : 514 847-2206 / 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OQ CINEMAEXCENTRIS.COM LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DECEMBRE 2013 E 7 ICIffEMA « FILM PORTEUR.POSSEDE UN VRAI REGARD, UNE VRAIE EMPATHIE.>> M\tFRANCOIS LÉVESQUE, LE DEVOIR RESSAC \u2014\tUN FILM DE PASCALE FERLAND précédé du court métrage DDCCCMTCUCMT COMME UNE RESPIRATION PRESENTEMENT deJaëlle Marquis-Gobeille 1\tÊBHuiS www.ress.cL.film.com A L\u2019AFFICHE! HjSÏS / Muriel Dutil incarne la grand-mère Dorine avec une profonde humanité dans cette histoire de perte et de résilience.K FILMS AMERIQUE L\u2019espoir par vagues RESSAC Réalisation et scénario: Pascale Ferland.Avec Clémence Dufresne-Deslières, Nico hagarde, Muriel Dutil, Martin Dubreuil, Gabrielle Fontaine, Gabriel Maillé, Bobby Beshro.Image: Philippe Roy.Montage: René Roberge.Musique: Éric Morin et Luc Bouchard.97 minutes.ODILE TREMBLAY Ce beau film, premier long métrage de la documenta-riste Pascale Ferland (Adagio pour un gars de bicycle), a beau s\u2019étirer parfois outre mesure, n\u2019empêche qu\u2019il réussit le pari de ne pas trahir l\u2019esprit d\u2019une municipalité gaspésienne traumatisée par la fermeture d\u2019une usine au cœur de son dévelop-pement.Ressac, tourné à Chandler après la fermeture de la Gaspesia, ville et usine de pâtes et papiers jamais nommées, est une fiction basée sur des faits vécus, dans laquelle plusieurs personnes de la place ont endossé les rôles secondaires, ajoutant au naturel de l\u2019univers décrit.Et si le choix des rares dialogues peut sembler minimaliste à certains, il correspond au silence des gens de la campagne, moins bavards que les habitants des grandes villes.Mais le spectateur doit accepter le rythme lent de plusieurs La nature est mise à contribution, hors de la carte postale, en tant que puissance tutélaire plans-séquences pour pouvoir saisir la psyché des personnages, souvent confinée à des regards, à un mouvement de recul, mais aussi aux gestes du quotidien: décortiquer des crabes, couper du bois, cueillir des branchages sur la plage, etc.La nature est mise à contribution, hors de la carte postale, en tant que puissance tutélaire qui exacerbe ou apaise les passions humaines.Ressac, abordant la perte et la résilience, met en scène trois femmes de trois générations: la grand-mère Dorine incarnée avec une humanité profonde par Muriel Dutil, la mère Gemma, un être dur et fragile (Nico Lagarde), et Chloé, l\u2019adolescente troublée en chemin d\u2019initiation vers l\u2019âge adulte (Clémence Dufresne-Deslières) .C\u2019est à travers le regard de cette dernière que le drame est perçu.Car le père, parti chercher du travail en ville, meurt là-bas, laissant ces trois femmes à leur désarroi ou à leur sentiment de culpabilité.On sent la détresse de la jeune fille, cherchant à reprendre son souffle au volant de son vélo, dans les bras d\u2019un amour de passage ou d\u2019une ancienne flamme plus persistante.La jeune Clémence Dufresne-Deslières possède une grâce ici et là maladroite mais sincère, en chrysalide au bord de l\u2019éclosion.On n\u2019aura jamais connu Martin Dubreuil aussi discret, mais plus que crédible, à la fois fort et vulnérable dans la peau de l\u2019amant de Gemma, porteur de patience et ultimement de rédemption.Les coupures au montage sont quelquefois trop abruptes, et certaines scènes \u2014 les braconniers dans le bois aux portes de la ville, par exemple \u2014 auraient pu être coupées au montage, mais d\u2019autres confèrent une authenticité au film.Le bal de fin d\u2019étude, avec la chorale chantante, et les personnalités des étudiants captées d\u2019un coup de caméra, rappelle un peu le film Gabrielle dans ses meilleurs moments.Le fumoir imaginé par le père disparu devient un temple où le recueillement et les rêves d\u2019avenir trouvent enfin droit de cité.Ressac est un film qui se mérite, mais qui se savoure aussi.Le Devoir Ma muse, ma mie, mon amie LIV ET INGMAR Scénario et réalisation : Dheeraj Akolkar.Photo: Hallvard Braein.Montage: Tushar Ghogale.Musique: Stefan Nilsson.Norvège, Grande-Bretagne, Inde, 2012, 89 minutes.FRANÇOIS LÉVESQUE Un artiste qui s\u2019amourache de sa muse, c\u2019est banal.Or, on le sait, dès lors qu\u2019il y a du génie à l\u2019œuvre, de la banalité peut naître le grandiose.En témoigne la relation complexe qui unit autrefois l\u2019actrice Liv Ullmann et le cinéaste Ingmar Bergman, évoquée dans le très beau documentaire Liv et Ingmar.La première se trouva au centre de plusieurs des chefs-d\u2019œuvre du second, de l\u2019actrice dépressive dans Persona à la femme qui se souvient dans Sarabande, sublime continuation de Scènes de la JANUS FILMS Le film est le portrait d\u2019un amour douloureux qui devint amitié.vie conjugale, en passant par l\u2019épouse narratrice d\u2019un peintre hanté dans L\u2019heure du loup, sans oublier la veuve tourmentée dans Une passion.Et La honte, et Cris et chuchotements, et Sonate d\u2019automne.Que de films touchés par la grâce.Retranchée sur l\u2019île de Laro, dans la Baltique, où elle vécut jadis avec Ingmar Bergman, Liv Ullmann se souvient, rumine, s\u2019émeut.Un peu comme sa Marianne dans Sarabande, pour le compte.Éminemment émouvantes, les réminiscences de l\u2019actrice s\u2019avèrent aussi généreuses que dénuées de coquetterie.Émerge ainsi, entre photos intimes et correspondance amoureuse, le portrait d\u2019un amour profond et douloureux.Car dans le privé, il pouvait être jaloux et possessif, le metteur en scène.Sur le plateau, il était également capable de se muer en tyran.Pourquoi rester, alors?Justement, Liv Ullmann ne resta pas.Après la rupture et le deuil sentimental, une amitié sincère et féconde prit le relais entre eux deux.Indestructible, ce lien, on le comprend à l\u2019émotion qui émane de la comédienne quand elle en parle, aura même résisté à la mort du cinéaste.Au Cinéma du Parc dès le 20 décembre.Le Devoir La tragédie des rendez-vous manqués PI ¦m FANNY Réalisation : Daniel Auteuil.Scénario: Daniel Auteuil, d\u2019après Marcel Pagnol.Avec Daniel Auteuil, Victoire Belezy, Jean-Pierre Darroussin, Raphael Personnaz, Marie-Anne Chazel, Nicolas Vaude, Daniel Russo, Ariane Ascaride.Image : Jean-François Robin.Musique: Alexandre Desplat.Montage: Joëlle Hache.102 minutes.ODILE TREMBLAY Et de deux! Alors que le premier volet de la trilogie marseillaise de Pagnol, Marius, gagnait nos salles la semaine dernière, voici déjà la suite, Fanny, sur nos écrans.César devrait suivre un jour.On conseille fortement au public de voir Marius avant Fanny, pour mieux s\u2019y retrouver.Comme pour Marius, le côté «cinéma de papa», marque de commerce de l\u2019acteur à titre de réalisateur (il avait porté en pire à l\u2019écran La fille du puisatier du même Pagnol), empêche Fanny d\u2019offrir à la pièce une charge nouvelle, mais la sincérité pataude de Daniel Auteuil possède une sorte de fraîcheur.Incarnant toujours César (plusieurs ne peuvent s\u2019empêcher de comparer sa prestation à celle de Raimu dans les films des années 30), il y met du cœur et du talent.Charge émotive Fanny est une œuvre à la fois plus sentimentale et moins originale que Marius, ce qui accroît la charge émotive, mais lui fait perdre des dents.Les mots continuent à toucher à cause du génie de Pagnol, même si aucune prouesse de mise de scène n\u2019est au programme.Et puis, Auteuil, Jean-Pierre Darroussin en Panisse (l\u2019homme riche qui épouse Fanny après que Marins l\u2019eut abandonnée pour voguer sur les sept mers), la vibrante Victoire Belezy dans la peau de Fanny et la merveilleuse Marie-Anne Chazel en mère louve livrent des interprétations d\u2019excellent niveau.On sent quand même la pièce de théâtre derrière le film aux rares décors intérieurs : le bar de César, la maison de Pa- METROPOLE FILMS Victoire Belezy est vibrante dans la peau de Fanny.nisse, celle de la mère de Fanny Les façades des maisons du port sont construites de façon assez malhabile.L\u2019accent marseillais demeure mieux imité par certains que par d\u2019autres, ce qui irrite, même si Ariane Ascaride, authentique enfant du pays, est appelée ici en renfort pour jouer Claudine, la tante de Lanny La magie propre à ce petit monde marseillais joue toujours, malgré les faiblesses du film.Par ailleurs, il est toujours intéressant de constater à quel point il ne faisait pas bon être femme à l\u2019époque (la pièce Fanny a été écrite en 1931), surtout dans le bassin méditerranéen, particulièrement conservateur en France, mais ça valait pour le Québec aussi.Et les émois de Éanny, enceinte sans mari, obligée d\u2019épouser un homme qu\u2019elle n\u2019aime pas pour préserver l\u2019honneur de la famille, touchent d\u2019autant plus que Pagnol ne remettait pas en question l\u2019ordre établi.Tous les personnages savent qu\u2019elle n\u2019aurait pu devenir fille-mère sans le payer fort cher.Outre la tragédie des rendez-vous manqués, thème du film, celle de la condition féminine est au cœur de Fanny.Le Devoir ?« Coup de cœur absolu.» Helen Faradji- Medium large LOUISE\tCEDRIC LAURENT : A\tKAHN\tSTOCKER TIREZ LA LANGüc DEAXELLE ROPERT 0^ SOFICINÉMA INDÊFILMS I3BÎ@ PRESENTEMENT A L\u2019AFFICHE ! CINEMA BEAUBIEN] 2396 Beaubien E 514 721 60601 LE CLAP CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINEMAS 5 NOMINATIONS AUX GOLDEN GLOBES » MEILLEUR FILM \u2022 MEILLEUR ACTEUR \u2022 MEILLEURE CHANSON ORIGINALE «LE ME LLEUR F LM DE UANNEE.» THE NEW YORK TIMES ECRIT ET REALISE PAR JOELÐANCOEN OSCAR ISAAC CAREY MULLIGAN JOHN GOODMAN GARRETT HEDLUND JUSTIN TIMBERLAKE TELEGRAPH THE INDEPENDENT «C\u2019EST UN GRAND COEN.» VOIR ETRE LLEWYN DAVIS VERSION FRANÇAISE DE Inside LLEWYN DAVIS AU CINEMA LE 25 DÉCEMBRE etropoletilms com EXC3NTRIS AMERICAN HUSTLE (ARNAQUE AMERICAINE) DAVID O.RUSSELL - 138 MIN.- V.O.ANGLAISE AVEC S.-T.F.BILLETTERIE : 5H 847-2206 3536, BOULEVARD ST-LAURENT, MONTRÉAL OO CINEMAEXCENTRIS.COM ET AUSSI A L\u2019AFFICHE: INSIDE LLEWYN DAVIS (ÊTRE LLEWYN DAVIS) ETHAN ET JOEL COEN DES LE 25 DECEMBRE Q5] UN CHATEAU EN ITALIE VALERIA BRUNI TEDESCHI\t RESSAC PASCALE FERLAND\t DALLAS BUYERS CLUB\t JEAN-MARC VALLEE\t GRAND CENTRAL\t REBECCA ZLOTOWSKI JUSQU\u2019AU 24 DECEMBRE\t VIOLETTE MARTIN PROVOST JUSQU\u2019AU 24 DECEMBRE\t CINE-KID PRESENTE JEAN DE LA LUNE DU 21 DECEMBRE AU 5 JANVIER A11H SAUF LE 25 DECEMBRE ET LE 1^\u2019\u2019 JANVIER\t3 \t LE JOUR LE PLUS COURT SAMEDI 21 DECEMBRE A11H POUR LES JEUNES ET A 21H35 POUR LES GRANDS ' GRATUIT\t D^9A E 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DECEMBRE 2013 CULTURE>MUSIQUE CLASSIQUE Au bonheur des archivistes Cinq rééditions qui donneront le frisson aux mélomanes CHRISTOPHE HUSS En marge de la production phonographique traditionnelle, certaines étiquettes se sont spécialisées dans la réédition d\u2019archives de concerts.Les frissons sont plus rares que prévu.Mais ils existent.L\u2019industrie phonographique a commis le coupable péché du trop-plein.Trop de parutions, trop de duplications de répertoire.Quelqu\u2019un peut-il aujourd\u2019hui raisonnablement prétendre savoir combien de Neuvième de Mahler sont en circulation sous la seule baguette du chef hollandais Bernard Haitink?L\u2019édition d\u2019archives de concert n\u2019a pas échappé à ce péché mignon, alors que leur utilité première serait d\u2019enrichir la discographie d\u2019un artiste rare ou de présenter un artiste connu dans des œuvres qu\u2019il n\u2019a pas enregistrées en studio.À cela s\u2019ajoute l\u2019aspect moral, parfois choquant, de faire paraître post mortem une interprétation fugace, qui n\u2019a jamais été destinée à être immortalisée, d\u2019un chef qui a pris grand soin de fignoler pour l\u2019éternité un témoignage de studio de la même œuvre.Du concert, on attend, au mieux, une fièvre et une exaltation absentes des enregistrements de studio.Dans le cas des artistes de légende peut s\u2019ajouter l\u2019intérêt de voir collaborer des musiciens qui n\u2019ont jamais pu enregistrer officiellement ensemble.Pour les mélomanes archivistes, voici quelques idées, qui s\u2019ajoutent au coffret Celibidache The Berlin Recordings, i945-i957 d\u2019Audite, présenté samedi dernier.Wagner: Lohengrin.Thomas, Berry, Talvela, Watson, Ludwig.Opéra de Vienne, Kari Bohm.1965.Orfeo 3 CD C862 133D (Naxos) Voici le seul Lohengrin signé par Karl Bôhm, qui laissa des enregistrements légendaires du Ring et de Tristan et Isolde.On attendait une respiration ardente, Bôhm étant un chef plutôt rapide dans Wagner.Il est ici plus mesuré, mais d\u2019une superbe force dramatique.«Le» Lohengrin reste, certes, celui de Kempe, gravé en studio pour EMI un an avant.Il y a des recoupements dans les distributions, notamment deux monu- Hans nasBauM 50th Anniversary \u2022One efthe unsung herees e1 mié-20th-century i Hans Rosbaud FREDERIK BALFOUR AGENCE FRANCE PRESSE Le chef et pianiste Wolfgang Sawallisch est disparu cette année.Arturo BoriLdetti Michelangeli Beethoven Piano Concerto no 5 Emperor Piano Sonata no 32 Op U 1 Debussy ments : Jess Thomas en Lohengrin qt Christa Ludwig en Ortrud.A noter: la présence marquante de Martti Talvela en roi dans une grande représentation de Lohengrin et un ajout substantiel à la discographie de Bôhm.La captation monophonique de 1965 est très propre.Wolfgang Sawallisch à Prague.Supraphon 5CD SU 4140-2 (Naxos).De très loin le meilleur hommage à Sawallisch, disparu cette année.Il s\u2019agit d\u2019une compilation de concerts à Prague (1970-1987) comprenant de grands classiques (Mozart 40 et 41, Beethoven 1 et 6, Mendelssohn 2) mais aussi des ajouts majeurs à sa discographie, comme la Messe glagoli-tique de Janâcek ou la Messe au champ d\u2019honneur et la T Symphonie de Martinu.Bon choix de documents, bien sonnants.Arturo Benedetti Michelangeli joue Beethoven (Sonate op.111 et Concerto n° 5).Praga PRD/DSD 350098 (HM).Des témoignages majeurs, littéralement sauvés de la gri- saille et de l\u2019oubli.La remas-térisation SACD, par Karel Soukenik, de ces documents de 1957 {Empereur, avec Vaclav Smetacek) et 1961 est prodigieuse.Augmentées par des Images de Debussy en 1957, ces bandes rendent totalement justice à la magie du piano de Michelangeli, par exemple, dans Debussy, le toucher et le jeu sur les résonances.Le Beethoven est fulgurant: VOpus 111 est moins bien enregistré que le document officiel Decca, mais VEmpereur apparaît plus vivant que celui avec Giulini.Schubert: Winterreise.Dietrich Fischer-Dieskau, Maurizio Pol-lini.Salzbourg, 1978.Orfeo C 884 131B (Naxos).Irrésistible affiche de l\u2019automne.Fischer-Dieskau dans son royaume y invite Maurizio Pollini! Les collectionneurs ne pourront faire l\u2019impasse, car, malgré un spectre sonore plus serré que dans ses meilleurs enregistrements de studio, il y a un vrai dialogue entre le chanteur et le pianiste (Frülingstraum, Einsamkeit.).L\u2019épure de Pollini donne à la prestation de Fischer-Dieskau des intonations plus aiguisées et moins rondes que dans ses versions de référence avec Gerald Moore.Passionnant complément de discographie.Hans Rosbaud.Enregistrements d\u2019archives publiés par ICA Classics.Pour plusieurs, la redécouverte de l\u2019année est Hans Rosbaud, le pilier de la création du Festival d\u2019Aix et l\u2019âme de l\u2019Orchestre du SWF de Baden-Baden, dont il fera un catalyseur de la création musicale, de 1948 à sa mort en 1962.ICA Classics (distr.Naxos) ressuscite Rosbaud dans deux CD : une 5\" Symphonie de Mahler en 1951 à Cologne, rageuse et incomparablement mieux tenue que tous les documents de cette époque, et un couplage Sibelius (6\" Symphonie) et Debussy {Nocturnes, Jeux).On est dans le meilleur des archives sonores: sauver de l\u2019oubli un chef majeur du XX® siècle.Le Devoir ^mmqgt à CONCERT DU NOUVEL AN 2014 L\u2019Orchestre Strauss de Montréal Klaus Arp chef d'orchestre (Vienna) Katarzyna Dondalska soprano (Berlin-Varso vie) Antoine Bélanger ténor (Québec) Danseurs du Ballet National de Hongrie & Champions internationaux de danse sociale Célébrez avec les valses de Strauss, des polkas et des extraits d'opérettes interprétés par 75 musiciens de talent, accompagnés de chanteurs et de danseurs venus directement d'Europe! Un concert inoubliable! Salle Wilfrid-Pelletier laplacedesarts.com 514 842 2112/1 866 842 2112 1®*^ janvier 2014 \u2022 14 h 30 BILLETS: 514.842.2112 /1.866.842.2112 ou laplacedesarts.com salutetovienna.com \u2022 1.800.545.7807 TEXTE ET MISE EN SCÈNE DENIS LAVALOU AVEC JEAN FRANÇOIS BLANCHARD LEA MARIE CANTIN HENRI CHASSE OLIVIER COURTOIS JASMINE DUBE CARMEN FERLAN MARIE JOSEE GAUTHIER NICO LAGARDE CLAUDE LEMIEUX VINCENT MAGNAT BERNARD MENEY JANIE PELLETIER MARCEL POMERLO THEATRECOMPLICE COM CRÉDIT IMAGE WWWSOPHIEJODOIN COM Conseit Oes arts Btdes/ettres LE SOUFFLEUR DE VERRE 14 JANVIER 1ER FÉVRIER 2014 UNE PRODUCTION THEATRE COMPLICE JEUDI DISCUSSION 23 JANV 2013 VENDREDI ENTRETIEN 17 JANV 2013 BILLETTERIE 514 521 4191 OU ESPACELIBRE QC CA Québec ¦ ESPACE LIBRE LE DEVOIR LIVRES Madeleine CiAGNok L\u2019année en romans Combien de pages, combien de phrases et de mots ont avalés en 2013 les critiques et chroniqueurs du Devoir?De ce parcours, qui tient par moments plus du marathon que de la lecture, Danielle Laurin, Louis Hamelin, Christian Desmeules et Guylaine Massoutre nomment les paysages de fiction les plus marquants.Du Québec L\u2019objet non identifié Pour son second roman.Pourquoi Bologne (Le Quartanier), Alain Farah mélange à la manière du baloney le cinéma de Ridley Scott, les expériences psychiatriques commanditées par la CIA dans les années 1950 à rUniversité McGill, le printemps érable et quelques tasses de vérités et de mensonges issus de sa propre existence.Du charabia?Mais non.Fn romancier capable de faire feu de tout bois, il donne ici à manger à des lecteurs audacieux, omnivores, cérébraux, capables de carburer à autre chose qu\u2019au grand frisson.C.D.La lucide «Me voici rendue à l\u2019heure des bilans.C\u2019est peut-être à cause de mon grand âge, mais je suis moins dans l\u2019obscurité, davantage dans la lucidité», confiait Madeleine Gagnon, 75 ans, à la parution de son récit autobiographique Depuis toujours (Boréal).Fucidité par rapport à sa vie de femme, de mère, d\u2019amoureuse, d\u2019intellectuelle, d\u2019écrivaine, de féministe, comme en témoigne son ouvrage finement ciselé.Mais aussi par rapport à l\u2019évolution des mœurs et des idées au Québec.Oh qu\u2019on ne voudrait pas retourner dans la Grande Noirceur, contre laquelle Madeleine Gagnon s\u2019est battue pour elle-même, pour nous tous.D.L.L\u2019envoûteuse Une petite ritournelle.Fégère, un brin nostalgique.Qui revient en boucle.Qui nous enchante, nous ensorcelle.Voilà ce qu\u2019évoque le deuxième roman de Sophie Fétourneau, Chanson française (Le Quartanier), en lice pour le Prix littéraire des collégiens.Question de ton, de rythme.Mais sous la surface, ça craque.La voix s\u2019éraille, tandis que la narratrice de 26 ans se cherche, cherche sa voie entre deux hommes.«Entre les deux mon cœur balance», comme le dit la chanson.D.L.Le néo-Aurore l'enfant martyr Pour son huitième roman, Hans-Jürgen Greif a réussi à composer, avec La colère du faucon (L\u2019Instant même), une histoire terrifiante et implacable sertie de questionnements sur la filiation \u2014 familiale et nationale \u2014 qui permet d\u2019ouvrir les yeux sur une réalité historique méconnue.A travers le destin d\u2019un enfant sarrois sensible et intelligent confronté en 1945 au retour de son père, un historien et un ancien haut fonctionnaire qui a œuvré à Paris durant la guerre au sein des services de contre-renseignements SS, on plonge tête première dans un univers de violences physiques et psychologiques.C.D.L\u2019immortel en pyjama\t____ Des notes.De lecture.Mais, surtout, des .notes à propos de l\u2019écriture.A l\u2019intention des apprentis écrivains, soi-disant.Pour tout le monde, en réalité.C\u2019est ce que proposait Dany Laferrière dans Journal d\u2019un écrivain en pyjama (Mémoire d\u2019encrier).Parmi ses remarques à la fois pleines d\u2019humour et de gravité griffonnées en pyjama, cet «étrange habit de travail»: «Plus vous mettez de choses dans votre livre, moins on sentira votre présence.» Ça dépend pour qui.L\u2019impression qu\u2019il se met à nu, le Dany-dandy insaisissable, dans cet ouvrage indéfinissable.Se présentera-t-il en pyjama rayé sous la coupole de l\u2019Académie française ?D.L.De partout Sur les États-Unis Le football américain est un sport aussi passionnant que dif ficile à aimer, avec ces types de 130 kilos et plus qui visent les rotules de l\u2019adversaire avec en tête la fragilité de certains ligaments.Fn fait, le football et la guerre, même combat, comme le démontre magnifiquement Ben Fountain dans Ein de mi-temps pour le soldat Billy Lynn (Albin Michel, traduit par Michel Fédérer), un décapant déboulonnage d\u2019une institution sacrée de l\u2019Amérique : les Cowboys de Dallas.A lire la bouche pleine de nachos et de Bud en cannettes, la fin de semaine du Superbowl.L.H.DANY LAFERRIÈRE IRNAL D UN ÉCRIVaIM ,tl PYJAMA Claude Pujade-Renaud Dans l\u2019ombre de la lumière Derrière tout grand homme.Claude Pujade-Renaud a beaucoup écrit sur des femmes méconnues, ombres de géants qui traversent les siècles.Prix du roman historique, sans flash médiatique.Dans l\u2019ombre et la lumière (Actes Sud) raconte saint Augustin d\u2019un point de vue féminin.Un roman délicieux, léger, aux tableaux brefs, subtils et élégants.Il y est question de clairvoyance sans âge et de l\u2019éternel féminin.G.M.On a toujours besoin d\u2019un Italien Les promesses (P.O.L.) de Marco Lodoli, ce sont trois courts romans arrivés en traduction (de Louise Boudonnat) d\u2019un seul coup, trois voix de femmes dont les destins font écho à l\u2019Italie contemporaine : Sorella, Italia et Vapore.À coups de mystère vaporeux et de poésie de ruelle, sans jamais forcer la note.Marco Lodoli, écrivain romain de 57 ans, s\u2019intéresse une fois de plus aux marginaux et aux petits \u2014 enfants éternels, serviteurs salariés, clochards célestes et vagabonds en tous genres.Obsédant et un peu magique.C.D.I, O H % I % 111 kroi i*.i.ta I K tOKCIY ti ni V O Y A C £ ta [fAKÏ^ Qt 1 t r 11 r re roiwfr t\tixr AKMOl RE I Le prêt-à-emporter Idée, titre, éditeur, fiction, tout colle ensemble dans L\u2019extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA (Le Dilettante).Plus cocasse, c\u2019est introuvable! On se marre, on digère l\u2019absurde, on jette.La comédie déride, à force de bêtises que Roman Puértolas prête à son personnage, 4istrait enfermé et ballotté dans un conteneur.A sa manière gitane et abracadabrante de se moquer des drames des migrants, sans les écorcher, il fait allusion à l\u2019actualité.Un monde pitoyable surgit de cette parodie clownesque.G.M.La plus belle redécouverte On a tous lu Hemingway et Steinbeck, et Faulkner demeure incontournable.Frskine Caldwell est sans doute le moins connu de ce « Dream Team» littéraire qu\u2019on appela jadis les «Six Grands », et que complétaient Dos Pasos et Fitzgerald.Ses livres furent censurés et se vendirent par millions.Le Sud profond, raciste et violent, raconté par un lointain cousin de Camus.Œuvre de jeunesse.Le bâtard (Belfond, traduit par Jean-Pierre Tur-bergue) offre une introduction coup-de-poing à un monde tendre et brutal.L.H. LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DECEMBRE 2013 E 9 LIVRES Rachel Leclerc : au bout de la nuit Danielle ! Laurin ous entrons sur le bout des pieds dans Le chien d'ombre, comme on glisse dans un rêve.Nous en ressortons l\u2019esprit flottant, les yeux rivés sur Tailleurs, de Tautre côté du monde des vivants.Deuxième volet d\u2019une saga familiale entamée il y a deux ans avec La patience des fantômes, ce roman se lit néanmoins de façon autonome.Juste assez de précisions, de repères, pour qu\u2019un nouveau lecteur puisse s\u2019y retrouver, même s\u2019il risque de perdre en profondeur concernant les événements passés et les personnages récurrents.Tout tournait autour de secrets de famille dans le premier volet.Une famille que Ton voyait se déployer sur cinq générations, essentiellement dans le Bas-du-Fleuve.Le narrateur, un écrivain, était visité par les fantômes de sa lignée, dont il tentait par écrit de percer le mystère, de comprendre les comportements.Comment se délester du passé sans renier ses origines ?Cette question traversait La patience des fantômes.Les secrets de famille sont encore au rendez-vous dans Le chien d'ombre.L\u2019un d\u2019eux en particulier, concernant un enfant adultère, occupe le centre de l\u2019histoire.Histoire, dans l\u2019histoire, dans l\u2019histoire: le procédé narratif demeure le même.Et on oscille encore entre présent et passé.Mais cette fois, le monde des morts gagne du terrain sur le monde des vivants.Pour ne pas dire qu\u2019il gagne la bataille.Comment se résoudre à quitter le monde des vivants auquel on demeure si attaché ?Cette question hante Le chien d'ombre.Difficile d\u2019en dire plus là-des-sus sans vendre la mèche.Mais disons que Tauteure, Rachel Leclerc, ajoute une couche de gravité et d\u2019étrangeté à sa saga.Entreprise risquée, qui au final s\u2019avère concluante, surprenante.Mais qui nous laisse sur notre faim chemin faisant, tant persistent des zones d\u2019ombre.Parler aux morts Nous ne sommes plus dans la tête d\u2019un écrivain en train de reconstituer les parts manquantes de son histoire familiale, quitte à faire appel à l\u2019invention, à la fiction.Nous basculons carrément dans une autre dimension.Dès le début, nous sommes dans le flou.Une longue nuit se prépare pour le narrateur, tandis que, sous un ciel neigeux, les derniers oiseaux migrateurs font entendre leurs cris au bord du fleuve.Tout semble irréel, suspendu, baigné de mystère.Une voix appelle.Mais d\u2019où vient-elle ?Sur une roche plate, un vieil homme chapeauté fume le cigare.Qui est-il ?On dirait un spectre venu de nulle part.Le narrateur s\u2019approche.S\u2019engage alors entre les deux hommes un dialogue improbable qui nous conduira au bout de la nuit.En fait, c\u2019est son grand-père, un homme hors du commun, plein de ressources, un bâtisseur légendaire, qui apparaît au narrateur.Ce grand-père mort depuis longtemps, qu\u2019il wMw:-:.- ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Rachel Leclerc ajoute ici une touche de gravité à sa saga familiale entamée avec La patience des fantômes.n a jamais connu, mais a propos duquel il a entendu tant de choses.Un pan de l\u2019histoire familiale sera soulevé par le vieux.Mais pourquoi semble-t-il si soucieux, préoccupé?Pourquoi tient-il tant à racon- ter la vie de Georges, son fils adultère ?Pour se délester de sa culpabilité ?Mais encore ?Pour montrer à son petit-fils de 60 ans que, même sans père, abandonné à sa naissance par sa mère, même en ayant connu la crèche puis Rachel Leclerc en cinq dates 1955: naissance à Noqvelle, en Gaspésie.1991: prix de poésie Emile-Nelligan pour Les vies frontalières (Le Noroît).1995: prix de poésie Alain-Granbois, remis par l\u2019Académie des lettres du Québec, pour Rabatteurs d'étoiles (Le Noroît).En France, prk Henri Queffélec pour son premîer roman.Noces de sables (Boréal).2008: Prix des lecteurs du Marché de la poésie de Montréal pour Demains (Le Noroît).2012: son roman La patience des fantômes (Boréal) fait partie de la sélection du Prix des libraires au Québec.l\u2019orphelinat, et malgré l\u2019abus sexuel qu\u2019il a vécu adolescent, Georges s\u2019en est sorti?S\u2019en est sorti par lui-même?Et est allé au bout de ses rêves ?En soi, cette histoire dans l\u2019histoire dans l\u2019histoire aux multiples développements, telle que racontée, dans le concret, dans le détail, nous émeut, nous séduit.Mais ce qui nous échappe, ce qui nous manque, c\u2019est la clé.C\u2019est la connexion de ce récit avec le narrateur comme tel.Outre qu\u2019il s\u2019agit de sa propre histoire familiale, que peut-il en retirer pour lui-même ?Pas d\u2019explication.Le flottement persiste, tandis que la nuit s\u2019achève.Tandis que le narrateur prend conscience qu\u2019une paroi étanche le sé- Le temps me traverse désormais, je suis souffrance et bonheur, Je suis le feu et la neige, les Joies d\u2019hier et celles de demain, les belles joies sauvages au-dessus du Saint-Laurent.)) Extrait du Chien d'ombre pare du bonheur terrestre auprès de sa compagne et de son fils adoptif.Tandis qu\u2019il s\u2019éloigne, s\u2019éloigne, avec le fantôme de son grand-père.Son grand-père, un passeur ?Pas d\u2019explication, non, mais de l\u2019évocation, beaucoup, dans Le chien d'ombre.Une douceur enveloppante au milieu de la nuit froide.Une poésie ambiante.De la beauté.Beauté du fleuve, du paysage.Cette façon détournée de raconter et raconter encore.De remonter le fil de l\u2019histoire.Comme pour éloigner la mort inévitable.C\u2019est peut-être ça, la clé ?LE CHIEN D\u2019OMBRE Rachel Leclerc Boréal Montréal, 2013, 288 pages L\u2019avaleuse de papier CHRISTIAN DESMEULES Les livres, écrivait Lichtenberg (1742-1799), sont la plus étrange marchandise qui soit au monde: ils sont imprimés par ceux qui ne les comprennent pas, vendus, reliés, critiqués par ceux qui ne les comprennent pas, et même écrits par ceux qui ne les comprennent pas.» De là à parler de vertige, de gouffre sans fond et de labyrinthe, il n\u2019y a que quelques pas.Le dernier essai de Guy-laine Massoutre, Matière noire, sous-titré Les constellations de la bibliothèque, se présente comme un patchwork très dense de notes, de souvenirs, d\u2019intuitions et de fausses pistes.Ce sont les carnets d\u2019une lectrice boulimique qui entreprend de nommer et de mesurer, sous nos yeux, l\u2019étendue de son rapport personnel envers les livres et la lecture.L\u2019auteure, qui enseigne la littérature au cégep du Vieux-Montréal et occupe la chronique de littérature française au Devoir depuis une quin- NOUVEAUX ESSAIS Spirale^ Guylaine Massoutre LES CONSTELLATIONS DE LA BIBLIOTHEQUE zaine d\u2019années, saisit ainsi l\u2019occasion de revisiter sa bibliothèque de 5000 livres et de confronter l\u2019oubli \u2014 un péril qui guette particulièrement le critique littéraire, soumis au rouleau compresseur d\u2019une actualité qui ne s\u2019arrête jamais.Pays de papier Allusive et pudique, née à la fin des années 1950 dans Maurice Tardif Ce livre propose une lecture critique sur le métier d enseignant depuis le XIX® siècle jusqu\u2019à nos jours.Maurice Tardif ISBN 978-2-7637-1824-8 350 pages \u2022 35 $ Presses de l\u2019Université Laval www.pulavaLcol|^ le sud de la France au sein d\u2019une famille de la classe moyenne où elle a vécu une enfance protégée par les livres, Tauteure nous suggère beaucoup tout en se dévoilant peu.«C'est dans la fiction que j'ai d'abord émigré», nous confie-t-elle.Mieux: «J'accédais aux plaisirs et aux tourments secrets, aux espaces plus grands que ceux du réel connu.Le plus vaste demeure celui qui fut creusé par en dedans, où toute bibliothèque trouve un rangement sans contours ni exemplarité aucune.» C\u2019est-à-dire cette «matière noire» à la densité insondable qui nourrit, organise, allège et condamne à la fois.Guylaine Massoutre nous convie ici à une incursion un peu cryptée à l\u2019intérieur de son propre parcours de lecture (qui «calme, nourrit le besoin d'être et d'entendre ») et d\u2019écriture.«Écrire reste un acte qui s'accomplit dans la matérialité de la page où s'enchaînent et rebondissent les rectifications, les nuances, les discussions silencieuses et la poursuite indéfectible du mieux-dire et concevoir.» Série de chapitres sans suite, fouillis cosmique.Matière noire prend ainsi la forme d\u2019une longue dérive bibliophile teintée par l\u2019analyse et l\u2019autobiographie.Cela au moyen d\u2019une écriture délibérément opaque, faite de miroitements et d\u2019angles morts.Collaborateur Le Devoir MATIÈRE NOIRE Guylaine Massoutre Nota Bene Montréal, 2013, 302 pages SERGE JOYAL LE MYTHE DE NAPOLÉON AU CANADA FRANÇAIS 576 pages.Entièrement .illustré en \\ couleur.DEIBUSSO Un livre hors du commun, à la fois essai historique et récit de grande vulgarisation, sur un sujet qui ne manquera pas d\u2019étonner.Un livre et deux tueries De quoi un livre peut-il être coupable?Le jeune homme qui a gravement blessé une élève d\u2019une école du Colorado avant de se suicider, la semaine dernière, lisait The Anarchist Cookbook de Wiliam Powell.Les «recettes anarchistes» avaient aussi servi aux responsables du massacre de Columbine, en 1999.M.Powell renie cet ouvrage de jeunesse et le regrette profondé ment, fl a donc écrit une lettre publique pour demander encore une fois que son brûlot soit retiré des bibliothèques comme des librairies, fl a écrit The Anarchist Cookbook en 1971, à 19 ans.L\u2019éditeur Ozark Press continue de le faire paraître et les Intermédiaires, de le vendre.La controverse des derniers jours a même fait grimper The Anarchist Cookbook en tête des best-sellers de la section des livres de références politiques sur Amazon.com.De toute manière, le manuel est aussi disponible en version libre sur le Web.Le Devoir P Il Gaspard\" LE DEVOIR 1 ALMARÈS Du 9 au 15 décembre 2013 \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 Mauvaise foi\tMarie Laberge/Québec Amérique\t1/9 2 De peigne et de misère\tFred Pellerin/Sarrazine\t2/6 3 Ce qui se passe au congrès reste au congrès!\tAmélie Dubois/Les Éditeurs réunis\t3/6 4 Les héritiers du fleuve \u2022 Tome 2 1898-1914\tLouise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean\t4/8 5 Mensonges sur le Plateau-Mont-Royal \u2022 Tome 1 Un mariage.\tMichel David/Hurtubise\t5/1D 6 Où vont les guêpes quand il fait froid?\tPascale Wilhelmy/Libre Expression\t8/5 7 Les héritiers du fleuve \u2022 Tome 1 1886-1893\tLouise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean\t6/3 8 Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique!\tAmélie Dubois/Les Éditeurs réunis\t-/I 9 La belle affaire.Le roman de William H.\tFrançois De Falkensteen/Libre Expression\t7/2 10 Les clefs du Paradise\tMichel Tremblay/Leméac\t9/5 Romans étrangers\t\t 1 Perdre le Nord\tKathy Reichs/Robert Laffont\t1/7 2 Docteur Sleep\tStephen King/Albin Michel\t3/3 3 L\u2019empreinte de toute chose\tElizabeth Gilbert/Calmann-Lévy\t2/4 4 Le plus beau des chemins\tNicholas Sparks/Michel Lafon\t4/7 5 L\u2019appel du coucou\tRobert Galbraith/Grasset\t5/6 6 Ainsi résonne l\u2019écho infini des montagnes\tKhaled Hosseini/Belfond\t6/6 7 Inferno\tDan Brown/Lattès\t8/4 8 Mort brûlante\tRichard Castle/City\t-/I 9 Cybermenace\tTorn Clancy/Albin Michel\t-/I 10 Sept ans de désir\tSylvia Day/Flammarion Québec\t7/6 Essais québécois\t\t 1 Dix journées qui ont fait le Québec\tCollectif/VLB\t1/4 2 Les Cyniques.Le rire de la Révolution tranquille\tCollectif/Triptyque\t3/6 3 Les années Croc\tM.Viau 1 J.-D.Leduc/Québec Amérique\t2/8 4 Là où croît le péril.croît aussi ce qui sauve\tHubert Reeves/Seuil\t4/1D 5 Femmes de parole\tCollectif/Rogers\t5/5 6 Tenir tête\tGabriel Nadeau-Dubois/Lux\t6/1D 7 Légendes pédagogiques\tNormand Baillargeon/Poètes de brousse\t7/4 8 Journal d\u2019un écrivain en pyjama\tDany Laferrière/Mémoire d\u2019encrier\t-/I 9 Les images que nous sommes\tSerge Bouchard/Homme\t9/4 10 Le Sel de la terre\tSamuel Archibald/Atelier 1D\t-/I '?'Essais étrangers\t\t 1 Plaidoyer pour l\u2019altruisme.La force de la bienveillance\tMatthieu Ricard/NIL\t1/7 2 Tintin et les forces obscures\tCollectif/La Presse\t2/6 3 Les somnambules.Été 1914, comment l\u2019Europe a marché.Christopher Clark/Flammarion\t\t6/2 4 Histoire des lieux de légende\tUmberto Eco/Flammarion\t4/4 5 Pensées pour moi-même.Le livre autorisé de citations\tNelson Mandela/Points\t-/I 6 L\u2019identité malheureuse\tAlain Finkieikraut/Stock\t3/4 7 Puissances d\u2019hier et de demain.Létat du monde 2014\tCollectif/La Découverte\t7/2 8 Les personnages de Lucky Luke et la véritable histoire de la.\tCollectif/Historia\t5/2 9 Le bien commun\tNoam Chomsky/Écosociété\t-/I 10 Cinq méditations sur la mort\tFrançois Cheng/Albin Michel\t-/I DELBUSSO ÉDITEUR WWW.DELBUSSOEDITEUR.CA La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est proprietaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Baspard sur les ventes de livres français au Canada Ce palmares est extrait de Baspaid et est constitue des releves de caisse de 215 points de vente La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet EaspanI © BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite E 10 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DECEMBRE 2013 LIVRES Un couple pas si raisonnable GILLES ARCHAMBAULT Comment imaginer écrivain plus abordable que Jens Christian Grondahl?Ecrivain danois traduit dans de nombreux pays, il construit ses ro-mans avec une précision d\u2019horloger tout en parvenant à instaurer un climat de malaise qui indique clairement au lecteur qu\u2019on l\u2019invite à pénétrer dans l\u2019intimité d\u2019un couple dont la sérénité apparente se craquelle.Que Grondahl se soit intéressé au cinéma tôt dans sa carrière n\u2019a rien pour surprendre.David Fischer, avocat reconnu, rentre d\u2019un voyage d\u2019affaires à Londres.Il vit depuis 25 ans avec Emma.Que reste-t-il entre eux de l\u2019amour qui les a unis?S\u2019en préoccupe-t-il?Rien n\u2019est moins sûr.La banalité du quotidien l\u2019englobe, le paralyse.Emma et David ont une fille, Zoe.Laquelle veut devenir artiste comme l\u2019est sa mère, qui a abandonné une éventuelle carrière de peintre pour quitter Londres, suivre son mari et se terrer à Copenhague.Elle peint toujours, mais se refuse à exposer.Elle a trahi sa vocation d\u2019artiste pour la vie conjugale.Chocs intimes Le soir du retour au domicile, David fait la connaissance de Nabeel, ami du moment de leur fille.Ce dernier est pakistanais et musulman.Les choses n\u2019auraient rien de bien conséquent si Emma ne se mettait pas à insister sur le fait que son mari est juif Un juif bien particulier qui n\u2019a jamais cherché à revendiquer ses origines et même qui a cherché à les éliminer.L\u2019arrivée de Nabeel dans la vie de sa fille le trouble.Il s\u2019imagine même que Zoe envisage de se convertir à l\u2019islam.Elle insiste pour dire qu\u2019elle tient le Coran pour un livre dingue et que c\u2019est Nabeel qu\u2019elle aime et non les croyances religieuses qu\u2019il incarne.David apparaît d\u2019une naïveté confondante.Ce qui n\u2019arrange rien, un inconnu a badigeonné une croix gammée sur leur boîte aux lettres.Pourquoi veut-on lui rappeler des origines juives qu\u2019il a tout fait pour gommer?Pourquoi cette haine inexplicable?Qu\u2019en est-il de la vérité de leur couple confronté à celui que forment Zoe et Nabeel?Emma estime que les deux jeunes gens «venaient de tomber amoureux mais ne se connaissaient pas.Et s'ils parvenaient à se connaître, l'attraction aurait fané dans l'intervalle.A ce moment-là, le vrai amour aurait pris place».Quant à elle et à son mari, «s'ils étaient un pays l'un pour l'autre, l'amour était alors une forme de patriotisme, tandis que tomber amoureux relevait davantage de l'espionnage.L'autre était encore un inconnu, et l'on ne s'était pas dévoilé à lui.Il y avait une liberté dans le fait de ne pas en savoir encore autant».Roman de la nécessité et de la difficulté du couple à un moment de l\u2019histoire de l\u2019humanité où les secrets et l\u2019intimité de la vie à deux se compliquent de la présence de problèmes liés au multiculturalisme, Les complémentaires est avant tout une analyse sensible de consciences agitées par le simple fait de vivre.Il n\u2019y a aucune lourdeur dans cette évocation des chocs qu\u2019entraînent le métissage et les héritages culturels glorifiés ou non.Collaborateur Le Devoir LES COMPLÉMENTAIRES Jens Christian Grondahl Traduit du danois par Alain Gnaedig Gallimard Paris, 2013, 236 pages christia lahl (iplémentaires roman Gallimard d'occasion Librairie NOUVEL ARRIVAGE Bibliothèque de la Pléiade Plus de 500 titres à moitié prix ! Appelez pour réserver.514-522-8848 et venez nous visiter à notre nouvelle adresse 1317, avenue du Mont-Royal Est, Montréal librairie@bonheurdoccasion.com REAL BÉLANGER Presses de rUniversité Laval Le fascinant destin Tun homme libre 1868-1914 _________REAL BELANGER Le fascinant destin d\u2019un homme libre (1868-1914) ISBN 978-2-7637-1764-7 570 pages \u2022 49,95 $ www.pulaval.com^ Le Québec d\u2019Émilie Bordeleau Louis Hamelin e dois me faire vieux.Ou bien, c\u2019est le fait d\u2019avoir des enfants.Comment expliquer, autrement que par un ramollissement de mes facultés critiques, ces yeux humides devant plus d\u2019un passage des Filles de Caleb, la série qui, chez nous, a succédé aux dialogues-mitrailleuses des Mad Men, au décéré-brant concentré d\u2019action pure de 24 h, aux épées gluantes de viscères fumants de Games of Thrones et aux sanguinolents sanglots longs des violons à char-geurs de 30 cartouches de Boardwalk Empirel Et on ne parle pas des Soprano, dont nous n\u2019avons pas terminé le premier épisode, de Breaking Bad et de Dexter, qui nous laissent complètement indifférents, de Six Feet Under qui a fini par nous ennuyer et que nous avons trouvé, disons-le, un peu surévalué.Mais au total, que de cadavres, de sang répandu, de blessures par ba,lles et de membres brisés ! Et Emilie, là-dedans?Marina Orsini est extraordinaire ; elle crève l\u2019écran, mais son jeu ne suffit pas à lui seul à expliquer mon émotion.Je vous avouerai, sans pudeur, ceci: devant certaines scènes absolument belles et criantes de vérité humaine des Filles de Caleb, j\u2019ai eu l\u2019impression que les larmes que j\u2019essuyais discrètement de mon côté du divan^ je les versais sur le Québec d\u2019Émilie.Sur le Québec de ma mère, elle qui, comme l\u2019hérome d\u2019Arlette Cous-ture, deux générations plus tard, sur un chemin écarté du même coin de pays, partit à seize ans faire la classe à des enfants petits et grands dans une école de rang chauffée au bois.Et le lac Pierre-Paul où les Pronovost \u2014 la famille du bel Ovila \u2014 vont faire chantier est aujourd\u2019hui une banlieue de Saint-Tite.Mais rassurez-vous, je connais les pièges de la nostalgie, l\u2019effet que peut avoir, par exemple, un Minuit, chrétiens bien beuglé sur un mécréant comme moi, et je ne vais pas vous faire le coup de laisser entendre que tout était mieux avant.Si je crois personnellement à l\u2019existence d\u2019un paradis perdu, je vais garder ça pour moi.Bien sûr, ce feu sacré qu\u2019est la passion pédagogique d\u2019Émilie suffirait à réduire en cendres trois ou quatre réformes de l\u2019éducation, mais je ne pense pas que tout était mieux à l\u2019époque où le médecin de campagne devait se cacher du curé pour administrer à sa parturiente une dose de morphine.«r SOURCE RADIO CANADA Les filles de Caleb ne montraient finalement rien d\u2019autre que le bonheur, malgré tout le reste.Je ne veux pas discourir sur un mythique âge d\u2019or, sur la vie rurale d\u2019avant la révolution industrielle, non, seulement traiter brièvement d\u2019une série télé réalisée à l\u2019aube des années 90, il y a 23 ans, une éternité.Les filles de Caleb m\u2019interpellent, comme on dit.La vie, la vie Première observation: dans Les filles de Caleb, il n\u2019y a pas de méchant.Le grand Joachim Crête semblait apte à remplir ce rôle, mais après sa confrontation avec Émilie dans le premier épisode, il s\u2019efface, on n\u2019en entendra plus jamais parler, ou tout comme (j\u2019écris ceci après le seizième épisode, mais ça m\u2019étonnerait qu\u2019on revoie le bout du nez du grand Crête.).Question: que peut-il bien se passer dans un scénario privé de l\u2019obligatoire vilain de service ?Réponse: la vie.Les amours, les enfants, les maladies, les morts.Des hauts et des bas, présentés sous la lumière d\u2019une normalité ignorant souverainement le genre de tension dramatique formatée pour coïncider avec les interruptions publicitaires.Je le répète: nous avons visionné hier le seizième épisode et, depuis deux semaines.Les filles de Caleb, entre les soubre- Aeenda Memini 2014 Agenda hisloriqiie sauts passionnés d\u2019un grand cœur et les inévitables revers de fortune de la tribu, ne nous ont montré rien d\u2019autre que, j\u2019ose le mot: du bonheur.Et c\u2019est assez troublant, une manière de scandale, au petit écran.Je sais, c\u2019est de la télé à l\u2019ancienne.Amusons-nous un instant à réécrire la série selon les canons actuels: l\u2019inspecteur des classes, amoureux d\u2019Émilie, qui l\u2019éconduit, utilise son pouvoir pour lui rendre la vie impossible ; Caleb, freudienne-ment épris de sa fille et jaloux de l\u2019étalon d\u2019Ovila, s\u2019arrange pour faire la vie dure à ce dernier; le grand Crête, pendant ce temps, rôde autour de l\u2019école avec des intentions pas très catholiques; quant à Dosi-thée Pronovost (merveilleux Pierre Curzi), lui-même amoureux de la maîtresse d\u2019école, il se pose en rival de son fils et, un soir qu\u2019il a trop bu, essaie de séduire la belle, mais est éconduit à son tour et se venge en faisant de son mieux pour lui rendre la vie impossible.Dans la vraie série, il n\u2019arrive rien de tout ça, et je vais vous dire un truc: chez les Bordeleau, la vie est dure, mais très possible.Se fendre la pipe Des méchants, nous en avons peut-être juste un peu trop dans le Québec d\u2019aujourd\u2019hui: les compagnies forestières, pétrolières, minières, les conservateurs à Ottawa, les ingénieurs de la Ville, les entrepreneurs en construction qui portent des noms à consonance italienne autres qu\u2019Orsini et Curzi, les money bagmen du Parti libéral.Plus les Assad de la Syrie et tous les autres que l\u2019information globalisée invite quotidiennement dans notre salon.Deux ou trois moulins à vent, ça allait toujours, mais là, on est comme Don Quichotte au milieu d\u2019un parc d\u2019éoliennes, ne sachant où donner de la lance.Autre particularité : les personnages rient, et aiment rire.Et le réalisateur respecte ça, il leur laisse tout le temps dont ils ont besoin pour conter leur histoire, puis s\u2019étouffer dans leur propre rire.Grands rires, fous rires, comme remontés de l\u2019époque où le rire était le propre du Québécois qui n\u2019avait pas encore appris à se dépocher de 60 dollars pour seulement commencer à se bouger les zygomatiques devant la scène sur laquelle un sous-doué, idiot du village recyclé en hilarité industrielle, régurgite ses lignes de pipi-caca.Le père Caleb, c\u2019est autre chose.Si vous n\u2019aimez pas voir du monde avoir du plaisir, vous êtes mieux de rester avec votre Unité 9.C\u2019est Noel dans trois jours, il nous reste quatre épisodes à voir, et une phrase prononcée par le bonhomme Pronovost, devant sa fille qui se marie, sa petite-fille qui arrive, va traverser le temps des Fêtes avec moi: «La vie est toujours plus grande que nos peurs.» Les pieds sur la bavette du poêle, près du sapin, vous mettrez ça dans votre pipe.SEPTENTRION.QC.CA LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC Yvette francoli la librairie ftLIRE vous invite à rencontrer I arrY TREMBL^ L\u2019orangeraie PUBLIÉ CHK alto ' ( LE NAUFRAGÉ DU VAISSEAU D'OR Les vies secrètes de Louis Dantin -1 de t3H À 15H L\u2019orangeraie de Larry Tremblay : « C est magnifique Ca fait quelques semaines que je / ai lu et plus j y pense, plus je SUIS bouleversee » Manon Trepanier Les Libraires vol # 79 ire LIBRAIRIE INDÉPENDANTE AGRÉÉE Le secret le moins bien gardé de la littérature québécoise : un personnage intrigant, une intelligence lumineuse, un esprit d\u2019élite.DELBUSSO ÉDITEUR WWW.DELBUSSOEDITEUR.CA Place Longueuil ;; 825, rue Saint-Laurent Ouest Longueuil,Qc ;; www.librairie-alire.com ;; 450679-8211 LE DEVOIR LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DECEMBRE 2013 E 11 LIVRES Yves Michaud, l\u2019homme révolté Louis CORNELLIER eau parleur, Yves Mi-chaud peut sembler fat et arrogant.L\u2019homme s\u2019en défend avec énergie.«Je suis tout le contraire de ce qu\u2019on peut penser de moi à première vue, dit-il.Ni pédant, ni prétentieux, ni ambitieux.Toujours sur la brèche et vivant pour les autres.» Comme il avoue être «un brin vaniteux», on peut hésiter à croire sur parole le Robin des banques, qui a d\u2019abord laissé sa marque comme journaliste, politicien et diplomate.Les témoignages en sa faveur, alors, affluent «Si on essaie d\u2019écraser quelqu\u2019un, affirme Jacques Parizeau en 1971, Michaud sera toujours du côté de la personne qu\u2019on cherche à écraser.» Le regretté Gil Courtemanche, qui a travaillé sous les ordres de Mi-chaud au quotidien Le Jour dans les années 1970, renchérit en 2001.« C\u2019est un homme d\u2019une rigueur remarquable, écrit-il au sujet de son ancien patron.Je me souviens de l\u2019avoir vu, un dimanche vers midi, passer le balai dans la salle de rédaction.Lorsque nos presses étaient en retard, il donnait un coup de main pour charger le camion.» Pierre Karl Péladeau, aujourd\u2019hui, écrit que Michaud «a su profiter pleinement des plaisirs de la vie sans jamais profiter des autres \u2014 et surtout pas de ses compatriotes».A-t-il des défauts, cet octogénaire qui confie avoir une soif de vivre égale à celle qu\u2019il avait à 20 ans?En décembre 2000, l\u2019Assemblée nationale du Québec, dans une manoeuvre dont elle porte encore la honte, a cru lui en trouver un gros : Mi-chaud aurait tenu des «propos inacceptables à l\u2019égard de la communauté juive ».Sans qu\u2019il puisse s\u2019expliquer et se défendre, l\u2019homme a été condamné par l\u2019institution qui prétend parler au nom de tous les Québécois.«En humiliant publiquement l\u2019un de ses citoyens les plus éminents, écrit alors Pierre Bourgault, l\u2019Assemblée nationale a humilié tous les Québécois.» Jacques Lanctôt insiste : « Michaud n\u2019a pas en lui un atome d\u2019antisémitisme [.].» 13 ans plus tard, cette ignominie n\u2019a pas encore été corrigée.Le Devoir du 16 décembre dernier nous apprenait que des députés, notamment Amir Khadir, faisaient actuellement des démarches en coulisses pour réhabiliter Michaud.Le gouvernement Marois devrait se faire un point d\u2019honneur d\u2019y voir./ Eloges Tous ces témoignages sur la grandeur de l\u2019homme Michaud se retrouvent dans Yves Mi-chaud.Un diable d\u2019homme!, la biographie que Jacques Lanctôt consacre au célébré Robin des banques, il serait peut-être plus juste, dans les circonstances, de parler d\u2019une hagiographie, tant le livre de Lanctôt trace un portrait exclusivement élogieux de son sujet.il est vrai que le parcours de Michaud suscite l\u2019admiration.Né en 1930, à Saint-Hyacinthe, le jeune Yves, orphelin de père à 15 ans, se lance sur le marché du travail dès la fin de ses JACQUES NADEAU LE DEVOIR Je suis tout le contraire de ce qu\u2019on peut penser de moi à première vue.Ni pédant, ni prétentieux, ni ambitieux.Toujours sur la brèche et vivant pour les autres, )) Extrait de Yves Michaud - Un diable d\u2019homme! études secondaires.Marié à 21 ans, avec la femme qui est toujours sa compagne aujourd\u2019hui, il travaillera un peu comme commis de bureau, avant de se lancer dans le journalisme au Clairon maskoutain, un journal d\u2019obédience libérale qui mène la charge contre Duplessis.Déjà, Michaud défend, contre un socialisme révolutionnaire, le programme social-démocrate qui sera un des piliers de son oeuvre.C\u2019est aussi à cette époque qu\u2019il se lie d\u2019amitié avec René Lévesque.L\u2019exubérant Mi-chaud et l\u2019introverti Lévesque, tous deux autodidactes et issus de milieux modestes, seront de fidèles frères d\u2019armes.Quand Michaud dirigera l\u2019hebdomadaire La Patrie, au début des années 1960, un journal qui accueille notamment le jeune Pierre Foglia, Lévesque y spra chroniqueur.Elu député libéral dans la circonscription de Gouin en 1966,\tMichaud ne suit pas Lévesque quand ce dernier démissionne du parti en 1967, mais il fait sa marque en s\u2019opposant avec fougue au «bill 63 », qui permet le libre choix de la langue d\u2019enseignement.«La preuve est déjà faite que les politiques d\u2019incitation ne suffisent pas», déclare-t-il alors.Défait à titre de libéral indépendant aux élections de 1970, Michaud sera nommé par Bourassa commissaire général à la coopération avec l\u2019extérieur.Ce sera un peu son école de diplomatie.Délégué à Paris En 1973, Michaud rallie le Parti québécois (PQ), mais il est défait par Lise Bacon dans la circonscription de Bourassa.Ces circonstances l\u2019amènent à renouer avec le journalisme.De 1974 à 1976, il dirige le quotidien «indépendantiste, social-démocrate, national et libre» Le Jour.Lancé pour appuyer la cause indépendantiste et le PQ, le journal capotera quand certains de ses artisans revendiqueront le droit de critiquer durement le PQ et de faire passer le combat social avant la lutte nationale.Cet enjeu, décidément, ne date pas de la naissance de Québec solidaire.Déjà, en 1967,\tMichaud soulevait le danger de l\u2019option du «social d\u2019abord», en expliquant que les luttes sociales, pour être essentielles, «demeurent quand même subordonnées au problème, non moins concret celui-là, de la lente dégradation d\u2019un peuple asphyxié dans un carcan constitutionnel dont il souhaite se défaire».En 1979, au pouvoir depuis trois ans, Lévesque nomme Michaud délégué général du Québec à Paris.L\u2019homme, jusqu\u2019en 1984, y fera presque des miracles pour assurer la coopération France-Québec.Il travaillera notamment en collaboration avec Claude Morin, dont la réputation entachée par ses liens avec la GRC est ici rétablie par Jacques Lanctôt, qui cite l\u2019ex-ministre et historien Denis Vaugeois: «Il ne faut pas croire tout ce que raconte Normand Lester à son propos.Trudeau le voyait dans sa soupe et il a fait manipuler Lester pour couler Claude Morin.» En 1995, en préparation du référendum, Parizeau fera de Michaud son agent à Paris.Yves Michaud affirme que le fil conducteur de sa vie fut «une capacité de révolte permanente devant les injustices».La biographie admirative que lui consacre Jacques Lanctôt relate efficacement les beaux et nécessaires combats de ce noble trublion pour un Québec libre, juste et français, ainsi que pour une démocratisation des institutions financières publiques et contre les paradis fiscaux.C\u2019est cet homme que notre Assemblée nationale a condamné en 2000.Maintenant qu\u2019il est revenu au pouvoir, le PQ doit tout faire pour effacer cette tache qui nous salit tous.louisco@sympatico.ca YVES MICHAUD Un diable d\u2019homme ! Jacques Lanctôt Préface de Pierre Karl Péladeau VLB Montréal, 2013, 296 pages Disséquer la tromperie avec Chomsky MICHEL LAPIERRE Comme Noam Chomsky a soutenu Occupy Wall Street dès l\u2019origine du mouvement en 2011, l\u2019œuvre du socialiste libertaire américain de 85 ans apparaît ençore de la plus grande actualité.Il était naturel qu\u2019Ecosociété publie enfin en français Le bien commun, présenté avec raison comme «un véritable condensé de la pensée politique» de celui qu\u2019en 1973 les cercles «éclairés» des Etats-Unis avaient étonnamment excommunié.Cette année-là, le New York Review of Books, l\u2019un des plus prestigieux organes de la gauche, refusa de publier un article où Chomsky dénonçait comme une mystification l\u2019annonce par la Maison-Blanche d\u2019un traité de paix avec le Vietnam du Nord.Même si son jugement se révéla fondé, l\u2019opposition élégante et modérée à l\u2019ordre établi commençait discrètement à l\u2019ostraciser à cause de sa pensée qu\u2019elle trouvait trop radicale, trop caustique.Le rejet se confirma en 1982 lorsque The Nation, l\u2019hebdomadaire phare de la critique du capitalisme états-unien, décida de ne pas publier un texte dans lequel il mettait en doute l\u2019imminence d\u2019un règlement du conflit israélo-arabe.Les massacres des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et de Chatila corroborèrent son analyse indépendante et isolée.Ces faits que Chomsky relate dans le livre, formé de ses entretiens avec le journaliste David Barsamian, montrent que la genèse des idées pro- KK Tout le discours sur le capitalisme et la liberté n\u2019est que supercherie.Dès qu\u2019on met le pied dans la réalité, on se rend compte que personne n\u2019y croit, )) Extrait du Bien commun gressistes constitue, aux États-Unis, une histoire souterraine, étrangère aux engouements dictés par une mode oublieuse du passé, même récent.Le penseur d\u2019origine juive rappelle que, vers 1950, lorsqu\u2019il fut rattaché à Harvard, un antisémitisme subtil régnait encore et qu\u2019à cause de cela il ne pouvait acquérir facilement une maison en banlieue de Boston.Contre les leurres Chomsky a toujours été à l\u2019affût des tromperies stratégiques ou idéologiques.Au risque d\u2019ébranler la bonne conscience de l\u2019avant-garde, il maintient sa conviction antiautoritaire : «Le léninisme n\u2019a rien à voir avec les valeurs de la gauche: en fait, il s\u2019y oppose.» D\u2019autre part, il ne cesse de railler Milton Friedman qui associe le capitalisme à la liberté.On lui doit ce bijou de satire et de réfutation: «Friedman est assez intelligent pour savoir que rien de semblable au capitalisme théorique n\u2019a jamais existé et que, s\u2019il voyait le jour, un tel régime ne durerait pas plus de trois secondes \u2014 surtout parce que les milieux d\u2019affaires ne le toléreraient pas.Pour se protéger du jeu du marché, les entreprises ont besoin du gouvernement » La population devrait donc miser sur le caractère politique de l\u2019économie pour donner à celle-ci une dimension sociale.Les entreprises cotées en Bourse sont perméables à la démocratie, car, rappelle Chomsky, ce sont les tribunaux plutôt que le législateur qui leur ont conféré «la plupart de leurs droits».Les utopistes peuvent raisonnablement croire que la masse des petits actionnaires peut contribuer à changer le monde.Collaborateur Le Devoir LE BIEN COMMUN Noam Chomsky Ecosociété Montréal, 2013, 192 pages La revue A bâbord consacre un dossier à l\u2019intellectuel, Noam Chomsky scientifique et militant, dans son numéro de décembre 2013.La prose des lieux Collection Sortir de chez soi Gilles Archambault avec un parcours photographique d'Erika Nimis Sans toi, je n'aurais pas regardé si haut Denise Desautels avec un parcours photographique de l'auteure Éditions du Noroît J PEDRO RUIZ LE DEVOIR Pour Chomsky, le progressisme s\u2019est développé en marge des engouements collectifs.DanyLaferrière, membre de l\u2019Aeadémie française Longue vie au nouvel immortel ! Nouveautés 2013 www.lenoroit.com «s R* E 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 DECEMBRE 2013 LIVRES'ESSAIS Les essais de 2013 Entre dérangements essentiels et confirmations nécessaires Plongés dans l\u2019univers de l\u2019essai à longueur d\u2019année, les critiques du Devoir Louis Cornel-lier et Michel Lapierre y cherchent rigoureusement les perles les plus éclatantes.Voici leur cuvée 2013.La recrue de Tannée Le printemps étudiant de 2012 nous a rappelé que nous avions raison de nous révolter et que le militantisme menait parfois à des victoires.Il nous a aussi laissé en héritage un jeune intellectuel très prometteur, dont nous n\u2019avons pas fini d\u2019entendre parler.Dans Tenir tête (Lux), Gabriel Nadeau-Du-bois a confirmé son aplomb et le sérieux de sa réflexion sur la société québécoise.On l\u2019a qualifié de tête brûlée, il s\u2019impose plutôt comme une tête bien faite, de gauche, dotée d\u2019une éloquence alliant la rigueur à la jeunesse.L.C.NADEAU- DUBOIS TENIR A.TETE - GOUVERNANCE AUIN DENEAULT 5000 ANS D\u2019HISTOIRE Le livre qui ébranie Derrière Occupy Wall Street se cache un gros ouvrage d\u2019anthropologie, Dette: 5000 ans d\u2019histoire (Les Liens qui libèrent).Une bible que celle de David Graeber! Ce dandy très new-yorkais refuse de n\u2019avoir plus 20 ans, même s\u2019il est né en 1961.Il joue au prophète biblique pour bouleverser nos certitudes.Mine de rien, il nous émerveille en nous apprenant que la dette, beaucoup plus vieille que le capitalisme, est un rapport de domination qu\u2019il faudrait un jour effacer.M L.Le rappei de i\u2019utopie Comme il fallait s\u2019y attendre, Démocratie, histoire politique d\u2019un mot (Lux), livre du politologue québécois Francis Dupuis-Déri, est digne de l\u2019originalité de ce spécialiste de l\u2019anarchisme ou, si vous préférez un terme plus noble, de l\u2019utopisme combatif.Il s\u2019agit d\u2019un brillant approfondissement d\u2019une réflexion déjà ébauchée par Jean-Jacques Rousseau: «A l\u2019instant qu\u2019un peuple se donne des représentants, il n\u2019est plus libre.» Pensée encore troublante ! M L.Le iivre pour notre première ministre Pauline Marois parle toujours, même en Europe, de gouvernance.C\u2019est sans doute parce qu\u2019elle n\u2019a pas lu Gouvernance.Le management totalitaire, d\u2019Alain Deneault (Lux).Ce philosophe québécois de la politique établit avec finesse que le mot «gouvernance», popularisé par les technocrates de Margaret Thatcher, suggère une privatisation néolibérale de l\u2019Etat.Pourquoi le préférer aux termes gouvernement ou politique?C\u2019est la question que pose cet insidieux ouvrage.M L.Les confirmations nécessaires Le rôle des intellectuels, disait ce bon vieux Louis Pauwels, n\u2019est pas d\u2019inventer des idées neuves, mais de redire des vérités que nous avons la faiblesse d\u2019oublier.Dans Ce peuple qui ne fut jamais souverain (Fides), prix Pierre-Vadeboncœur 2013, jCe peuple qni fut jamaï^ Démocratie Histoire politique d un mot Roger et Jean-François Payette ont redonné une jeunesse aux thèses indépendantistes de l\u2019historien Maurice Séguin, en rappelant aux Québécois leur devoir moral de dire non à l\u2019étiolement causé par notre dépendance politique.Dans L\u2019égalité, c\u2019est mieux (Ecoso-ciété), les épidémiologistes britanniques Wilkinson et Pickett ont fait la preuve que la justice sociale bénéficie à tout le monde.L.C.Deux éblouissements Brillant plaidoyer pour une modernité québécoise individualiste fidèle à l\u2019élan spirituel canadien-français.L\u2019autre modernité (Boréal), de Simon Nadeau, est probablement l\u2019essai québécois le plus pénétrant de l\u2019année.Plus bouleversant encore est le récit-vérité de Claude Jasmin, Anita, une fille numérotée (XYZ).Jeune, le romancier a été amoureux fou d\u2019une femme qu\u2019il a délaissée, sous la pression sociale, parce qu\u2019elle était juive.Son témoignage, comme un long remords plein de fulgurances, est le plus beau et le plus troublant livre québécois de l\u2019année 2013.L.C.L\u2019Autre Modernité Sous hypnose proustienne Dans son essai Proust est une fiction^ François Bon se fait un brillant avocat de la défense et illustration proustienne.Cette œuvre est-elle si neuve ou la relecture, décapante?Réponse en 100 fragments.GUYLAINE MASSOUTRE Qu\u2019est-ce que Proust?Ainsi s\u2019ouvre l\u2019objet de François Bon : « Vibration ou appel qui laissera tout le reste à distance, mais nous laissera parvenir cette présence démultipliée des temps, des âges, des visages, à condition seulement de continuer à lire.» Proust est l\u2019objet de lecture par excellence.Qu\u2019on le démonte ! Moyennant quoi, quantité de pièces détachées livreront un puzzle fascinant.Proust?Une «capacité de rêve par une phrase qui l\u2019appelle et la suscite, depuis mon expérience même».Sa Recherche du temps perdu ?« Une chambre d\u2019écriture», «son jus, puisque le mot est dans le texte».Proust a collectionné des portraits retouchés selon son style, sans ignorer l\u2019époque où s\u2019inventait la photographie.Pas plus qu\u2019il n\u2019a méconnu le téléphone et l\u2019aéroplane, «ce déluge de la réalité qui nous submerge » ', Proust, le cavalier, est un autre, lorsqu\u2019il décrit les bouleversements qu\u2019il perçoit de l\u2019avenir.Terra incognita Proust chercheur est un hypnotiseur: «Une trace en profondeur, qui ne nous est pas forcément ou immédiatement accessible.» Dans sa sensibilité, il a mis tout ce qu\u2019on sait de sublime, la chambre de Combray, le pré Catelan, le grand hôtel de Balbec, les soirées mondaines et les révélations esthétiques estampées d\u2019enfance.Bon a d\u2019abord eu peur du labyrinthe.Puis, durant un voyage en Inde, il s\u2019abandonne à l\u2019expérience du Temps perdu.Il accroche alors les instruments prous-tiens, guidé par la modernité que Gilles Deleuze dévoilait SOURCE WIKICOMMONS Marcel Proust, 1900 dans Proust et les signes en 1956.Il se coule dans «ce travail sur l\u2019horizon vide de la mémoire» et, à son tour, convoque «l\u2019image intérieure du livre pour lui extorquer le contenu qui se refuse».t Etranges fragments! Proust y invite Baudelaire à voyager dans son automobile De là, le rêve d\u2019un rêve d\u2019un souvenir enfoui, une réalité qui bascule, «puis se stabilise, enfin exhibe au plus net chacun de ses rouages, pour décrocher ses pages d\u2019anthologie, qu\u2019il n\u2019est plus possible de détacher de l\u2019ensemble sans Fiction C/e François Bon Proust est une fiction Seuil tout perdre».Utilisant l\u2019ordinateur pour dessiner les occurrences verbales.Bon redessine un monde, comme s\u2019il était l\u2019instance désirée par le narrateur proustien dans son territoire mental.Avec ses outils scientifiques, mécaniques, les cent billets sur son blogue.Bon progresse dans Proust comme dans la nuit.Sous sa lampe, il tire des silhouettes, dont les signes font des ombres gigantesques sur les murs.Il s\u2019invente alors un dialogue imaginaire, entre prose et poésie: l\u2019un se nomme Proust et l\u2019autre, Baudelaire.Proust est alors prié d\u2019endosser la redingote du poète.Etranges fragments ! Proust y invite Baudelaire à voyager dans son automobile.Bon file la métaphore de cette invention, content que la fiction lui permette de filer avec ces monstres.Ensemble, leurs bouches font des signes, tels des fantômes ouvrant leur tombe avec des pinces-monseigneur.Ils parlent de leurs corps tombés en pous-sière.Et de la Recherche.Bon libère alors la rage moderne d\u2019un Proust qui serait sensible aux pots d\u2019échappement.«C\u2019est du possible que nous élisons arbitrairement», écrit Bon, hanté à jamais.Vétilles, donc, que ces encombrements dont Proust est accablé?Dans sa lecture en piqué, Bon attrape au contraire un Proust électrique, pulvérisant la réalité.Lorsque le narrateur, marchant vers le jardin de Swann, tamise ses mots dans le silence.Bon croit voir réellement la «magie minérale» du jardin.Il fait la preuve que, grâce aux refontes et au travail d\u2019épure, toute empreinte de lecture devenant littérature, il est possible de soutenir un Proust où «tout roman est beau comme un nouvel avion».Collaboratrice Le Devoir PROUST EST UNE FICTION François Bon Seuil Paris, 2013, 340 pages Les beaux livres de La Martinière MUSÉE HERGÉ Michel Daubert Un ouvrage foisonnant, riche de plus de 700 documents - dessins originaux, notes, carnets, coloriages, objets - qui nous plonge de manière inédite et passionnante dans les collections du Musée Hergé.480 pages \u202259»95$ ESPACE > TERRE Yann Arthus-Bertrand, Good Planet NOTRE PLANÈTE VUE PAR LES SATELLITES De l\u2019espace, la Terre offre un spectacle de toute beauté.Les images que nous en livrent les satellites composent des tableaux colorés, abstraits, d\u2019une extrême beauté graphique qui nous interrogent sur l\u2019action des hommes et le devenir de la Terre.256 pages \u2022 49,95 $ U/ / % CROISIÈRES : DÉSIR D\u2019AILLEURS Boris Dânzer-Kantof Richement illustré de photographies anciennes et contemporaines et de rares documents d\u2019archives, ce livre propose de s\u2019embarquer visuellement à bord des paquebots, des premiers bateaux à vapeur d\u2019agrément aux plus gros navires de croisière de tous les temps.192 pages \u2022 79,95 $ MARGUERITE DURAS L\u2019écriture de la passion Laetitia Cénac Recréant les ambiances d\u2019époque, grâce aux photographies de Brassaïou de Doisneau, tout en s\u2019appuyant sur des clichés intimes, cette biographie passionnante dévoile une icône de la littérature.216 pages \u2022 59,95 $ M ARGLERITE DURAS L\u2019ECRITURF I')E LA PASSION HHi- LÆTITIA C\\i\\AC LE HOBBIT La Désolation du Smaug Le livre du film Jude Fisher Ce livre abondamment illustré lève le voile sur les coulisses du tournage du film : interviews exclusives avec les acteurs et les réalisateurs, anecdotes de tournage, révélations sur les effets spéciaux, sur la création des costumes et des décors.L\u2019ouvrage indispensable pour tout savoir sur l\u2019univers des Hobbits.88 pages \u2022 29,95 $ ^^^^Éditîons W1 de La Martinière "]
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