Le devoir, 26 septembre 2014, Cahier A
[" Une retraite plombée.Une chronique de Joblo Page b lo Groupe El Vers des frappes aériennes canadiennes ?Page a 3 Les djihadistes visés au portefeuille en Irak et en Syrie Page b 9 w w w .1 e (1 e V oir.com LE DEVOIR Vol.C V N° 2 1 8 LE DEVOIR, LE VENDREDI 26 SEPTEMBRE 2014 1,13 $+TAXES= 1,30 $ Montréal Un plan d\u2019action sur l\u2019itinérance \\ JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019administration de Denis Coderre parie sur le logement et la nomination d\u2019un protecteur afin de lutter contre Titinérance.Le plan a été dévoilé jeudi à la Maison du père en présence d\u2019intervenants et de bénéficiaires, comme René Lallemand.Page A 3 Aujourd\u2019hui Actuaiités > Baisse du nombre de contraventions.Montréal réclame son dû aux policiers.Page A 2 Actuaiités > De i\u2019eau plus ancienne que le Soleil relance l\u2019espoir de vie sur les exoplanètes.Page A 5 Économie > Tarifs d\u2019Hydro-Québec.Le gouvernement inquiet, mais pas au point d\u2019intervenir.Page A 7 Week-End > Les Y expiorent (enfin) la cellule familiale comme un sujet d\u2019adultes.Page B 1 7\tw-r-rw c Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku .B4 A4 B7 B7 A4 B8 Les nouveaux chemins du militantisme Pas d\u2019image, pas de cause?Les femmes autochtones qui dénoncent l\u2019insensibilité du gouvernement Harper face à la disparition d\u2019environ 1200 d\u2019entre elles le pensent en ripostant depuis quelques jours en ligne avec une campagne baptisée #AmINext (Suis-je la prochaine?).Un coup d\u2019éclat 2.0 au caractère viral pour se faire entendre.Et voir.FABIEN DEGLISE La galerie de photos est troublante avec sa succession de visages de femmes, adolescentes, grands-mères, étudiantes ou professionnelles, les traits sévères, portant toutes devant elles un carton blanc sur lequel on peut lire «Am I Next?» (Suis-je la prochaine?).Depuis le début du mois, ce genre de clichés se multiplie dans les univers numériques, à l\u2019invitation d\u2019une jeune ontarienne.Holly Jarrett, qui a ouvert le bal pour attirer les regards des Canadiens en général, et des [\\n 1 Ni EXT ?TWITTER élus fédéraux en particulier, sur une cause : celle des femmes autochtones dont le destin tragique ne semble pas émouvoir l\u2019administration Harper qui refuse, malgré les demandes répétées, d\u2019ouvrir une enquête sur la disparition de 1200 d\u2019entre elles, tuées ou enlevées depuis 30 ans.voir page a 10 : MILITANTISME Santé Le spectre d\u2019un super- ministre effraie Le projet de loi de Gaétan Barrette est la première étape d\u2019une réforme majeure MARCO BÉLAIR-CIRINO Correspondant parlementaire à Québec Le ministre Gaétan Barrette monte à l\u2019assaut de la «tour de Babel» du réseau de la santé et des services sociaux.Il propose la fusion de 182 établissements «ayant une fonction de gestion» à travers le Québec en 28 établissements, dont 19 centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), qui seront «sous l\u2019autorité directe du ministre».La montée en puissance du ministre suscite l\u2019inquiétude.Les agences de la santé et des services sociaux (ASSS) passeront à la moulinette, ce qui entraînera l\u2019abolition de plus de 1300 postes d\u2019employés-cadres dans le réseau, a confirmé M.Barrette.«Ce palier n\u2019apportait [pas] la plus value escomptée lors de sa création et, à bien des égards, parfois, entraînait certains dysfonctionnements», a-t-il soutenu en point de presse jeudi après-midi.Chacun des CISSS aura «autorité» sur les centres hospitaliers (CH), les centres locaux de voir page a 10 : SANTÉ Transport du pétrole Parent pauvre, le Québec doit faire sa part ROBERT DUTRISAC Correspondant parlementaire à Québec Dépendant de la richesse produite par les provinces comme l\u2019Alberta, le Québec doit contribuer à l\u2019économie canadienne en laissant transiter sur son territoire le pétrole des sables bitumineux, estime Philippe Couillard.«Le gouvernement fédéral dépense 16 milliards de plus qu\u2019il ne perçoit au Québec et [.] une grande partie de cette richesse provient de l\u2019exploitation des hydrocarbures dans l\u2019ouest du pays», a déclaré le premier ministre à l\u2019Assemblée nationale en répondant à une question de chef de Top-position officielle, Stéphane Bédard, qui dénonçait le transport du pétrole des sables bitumineux par superpétroliers sur le fleuve Saint-Lau- VOIR page a 10 : PÉTROLE SIeeptek' Pourquoi dormir dans des matières synthétiques alors que Ton peut avoir du naturel?Matelas Oreillers Surmatelas Literie Laine Latex naturel Coton Sarrasin toutpourledos.com i-800-268-1582 O m TOUT üDOS 77831303446239 A 2 LE DEVOIR LE VENDREDI 26 SEPTEMBRE 2014 ACTUALITES Montréal veut récupérer l\u2019argent des contraventions non distribuées La Ville dépose un grief contre la Fraternité des policiers JEANNE CORRIVEAU La Ville de Montréal a déposé un grief contre la Fraternité des policiers afin de récupérer les sommes qu\u2019elle soutient avoir perdues en raison de la baisse du nombre de contraventions données par les agents depuis le mois de juin.Le maire Denis Coderre a nié que la Ville ait ressorti la hache de guerre contre ses policiers.«C\u2019est une question de processus.On va jusqu\u2019au bout du processus», a-t-il expliqué.Selon lui, la conclusion d\u2019une entente entre la Ville et la Fraternité des policiers la semaine dernière n\u2019empêche pas le dépôt d\u2019un grief: «On a convenu avec nos avocats et avec l\u2019administration qu\u2019on devait passer à une autre étape, tout simplement.» Le maire n\u2019a pas voulu préciser les montants que la Ville souhaitait récupérer.journée de conciliation vendredi, les deux parties avaient conclu une entente.La Fraternité s\u2019était alors engagée à «prendre les moyens nécessaires pour demander à ses membres d\u2019émettre de façon normale et habituelle des constats d\u2019infraction aux contrevenants sur le territoire de la Ville».Le maire n\u2019a pas voulu préciser les montants que la Ville souhaitait récupérer Conciliation La semaine dernière, la Ville avait demandé l\u2019intervention de la Commission des relations du travail (CRT), car elle reprochait aux policiers d\u2019avoir réduit le nombre de constats d\u2019infraction distribués.Elle attribuait ce comportement aux moyens de pression des policiers qui sont opposés au projet de loi 3 sur les régimes de retraite.Après une longue La sécurité ou l\u2019argent?Le président de la Fraternité des policiers, Yves Francœur, n\u2019a pas semblé inquiété par ce grief.«Je ne suis pas inquiet, mais pas du tout.Première des choses, il n\u2019y a pas de mot d\u2019ordre des policiers, a-t-il indiqué.Ce qui est étonnant, c\u2019est que [.] pour la période qui nous est reprochée, il y a une baisse de 35 % du nombre d\u2019accidents pour 2014 par rapport à 2013.C\u2019est difficile de croire que nos policiers ne faisaient pas leur travail.» Selon lui, la démarche de la Ville démontre que ce n\u2019est pas la sécurité des citoyens qui lui tient à cœur, mais l\u2019argent.Ce à quoi le maire Coderre a rétorqué qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une question de relations de travail.«Ce n\u2019est pas une question de sécurité», a-t-il affirmé.En 2013, Montréal a récolté des revenus de plus de 150 millions pour les contraventions liées à la circulation et au stationnement.Le Devoir J\u2019AURffnfVOJJLU ËMERE AdoIr, CAMILLE EN THERAPIE II CE SOIR 22 H TV5 i MION OISE DES LITÉS JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre a laissé entrevoir aux municipalités des redevances sur les ressources naturelles.DÉCENTRALISATION Philippe Couillard appelle les petites villes à la patience ISABELLE PORTER à Québec Le premier ministre Philippe Couillard a dit oui à toutes les demandes des villes de région en matière de décentralisation.Mais pour cela, a-t-il prévenu, il faudra du temps.«Vous dites \u201cPlus de proximité, plus de succès\u201d.Nous sommes d\u2019accord avec ça», a lancé M.Couillard lors d\u2019une allocution attendue devant la Fédération québécoise des municipalités (FQM) jeudi.Les petites villes et les municipalités de région réclament plus d\u2019indépendance en matière de développement économique, d\u2019aménagement du territoire et de transport public notamment.Elles se plaignent de devoir rendre des comptes à trop de ministères, ce qui retarde leurs initiatives.En plus d\u2019appuyer leur concept de gouvernance de «proximité», le premier ministre approuve l\u2019idée de leur transférer une partie des revenus liés à l\u2019exploitation des ressources naturelles.Applaudissements «Je connais bien la réalité des régions qui ont des ressources naturelles, a-t-il dit.Une partie de l\u2019argent arrête à Québec ou à Ottawa comme impôt, et puis ça vous revient sous forme de subventions malheureusement ou de programmes gouvernementaux.Pourquoi ne pas vous laisser une partie de cette richesse chez vous pour que vous la gouverniez vous-même?» Cette déclaration a été accueillie par une salve d\u2019applaudissements de la part des quelque 3000 membres de la FQM présents.Reste à savoir quand ladite réforme pourra se faire.Le premier ministre s\u2019est montré vague sur ce plan, mais a souligné qu\u2019une réforme de cette ampleur ne se faisait pas «tous les trois ans» et ajouté à la blague qu\u2019il comptait se «hâter lentement».Le président de la FQM, Richard Lehoux, a pour sa part dit s\u2019attendre à voir un projet de loi déposé d\u2019ici deux ans.11 a aussi obtenu l\u2019assurance du gouvernement que ce projet de loi serait déposé en même temps que ceux prévus pour les villes de Montréal et Québec, qui réclament elles aussi de nouveaux pouvoirs.La semaine dernière, M.Lehoux avait lancé une campagne publique pour s\u2019assurer que toute l\u2019attention n\u2019aille pas à Montréal et Québec.11 répète que ses membres ne veulent pas d\u2019un «Québec à deux vitesses».Le Devoir Amphithéâtre de Québec Les petits joueurs culturels pourront interroger le géant Québécor ISABELLE PORTER à Québec Le responsable de la programmation de l\u2019amphithéâtre pour Québécor, Benoît Robert, sera à Québec lundi pour répondre aux inquiétudes du milieu culturel concernant l\u2019impact de l\u2019ouverture de l\u2019amphithéâtre de 18000 places l\u2019an prochain.Quel genre de spectacles présentera le groupe Québécor?Va-t-il concurrencer les plus petites salles avec des formules pour 1000 ou 3000 places?Quelles collaborations seront possibles?Ces questions seront discutées la semaine prochaine lors de l\u2019événement Vision Culture 2025 organisé par la Ville de Québec.Lundi après-midi, M.Robert et une trentaine de représentants du milieu culturel de la capitale y seront réunis.« On tenait à cet atelier-là », a expliqué jeudi la vice-présidente du comité exécutif, Julie Lemieux.«C\u2019est important que Québécor et les diffuseurs soient dans la même salle pour qu\u2019ils puissent poser des questions, faire des suggestions, pour voir comment on peut s\u2019assurer que cette transition-là se fait bien.» Depuis l\u2019entrée en scène du projet d\u2019amphi- théâtre, les responsables de certaines salles de spectacle ont dit craindre que la population de Québec dépense moins chez elles pour pouvoir assister aux nouveaux événements produits à l\u2019amphithéâtre.Le fait que Québécor ait déjà évoqué la production de spectacles de formats divers a aussi suscité des inquiétudes.Qr M\u201c® Lemieux souligne que l\u2019entreprise tient à la «collaboration de tout le monde» et qu\u2019elle veut avoir «un impact positif».Assises pour une politique Qutre l\u2019atelier sur l\u2019amphithéâtre, l\u2019événement Vision Culture servira à préparer la refonte de la Politique culturelle de la Ville.Des ateliers sont prévus sur le développement des publics et le financement de la culture, entre autres.Parmi les panélistes, on trouve la directrice du théâtre du Trident, Anne-Marie Qlivier, le directeur de l\u2019Qpéra de Québec, Grégoire Legendre, et la présidente de l\u2019Qrchestre sympjionique, Thérèse Boutin.Des chercheurs de l\u2019École des hautes études commerciales (HEC) ont également été invités à faire des présentations.Le Devoir Nordiques: Couillard plus prudeut que Hamad Après «l\u2019enthousiasme» du ministre du Travail, Sam Hamad, pour une participation financière du gouvernement qui permettrait de ramener une équipe de hockey professionnel à Québec, le premier ministre Philippe Couillard s\u2019est montré plus prudent, jeudi, sans toutefois écarter totalement ce scénario.M.Hamad a affirmé jeudi matin qu\u2019une telle participation serait possible si une occasion valable se présente.Dans une entrevue radio accordée mercredi, M.Hamad avait plus précisément évoqué l\u2019hypo- thèse d\u2019un «prêtgaranti».En marge d\u2019une rencontre avec des élus municipaux, M.Couillard a rappelé que les libéraux ont déjà versé 200 millions pour la construction d\u2019un amphithéâtre dont la gestion a été confiée au conglomérat Québécor, qui veut obtenir une concession de la Ligue nationale de hockey.«Moi je souhaite comme Québécois qu\u2019une équipe de hockey un jour s\u2019y installe.Mais ce n\u2019est pas vrai que les contribuables, dans l\u2019état actuel des finances publiques, vont être au bâton là-dessus.» S\u2019il est demeuré réservé quant à la perspective que le gouvernement accorde une garantie de prêt, M.Couillard n\u2019a pas fermé la porte à cette option.La Presse canadienne OS8IER QUEL AVENIR POUR LA PLANÈTE?Les conclusions fades du Sommet sur le climat tracent un sombre avenir pour la planète, alors que le rendez-vous de Paris 2015 devait être décisif.Dans ce contexte morose, le Canada joue toujours son rôle de cancre, après un règne passé de chef de file.A LIRE DEMAIN UN DOSSIER D\u2019ALEXANDRE SHIEEDS, HÉLÈNE BIJZZETTT ET ERANÇOIS DESJARDINS POUR LE TEXTE ET LE CONTEXTE LE DEVOIR LE DEVOIR, LE VENDREDI 26 SEPTEMBRE 2014 A 3 ACTUALITES « J'ai changé » (bis) « Christian Rioux à Paris uand c\u2019est fini, n-i nini, ça recommence», chantait le grand Léo Ferré.C\u2019est sur cet air immortel que s\u2019est faite la rentrée politique de Nicolas Sarkozy depuis une semaine.Chorégraphie parfaite, pourrait-on dire selon les standards de la politique people qu\u2019on avait un peu oubliée depuis l\u2019élection du pâle et trop effacé François Hollande.Dimanche dernier, un signe ne trompait pas.L\u2019ancien président a fait son jogging devant les caméras de télévision avides de retrouver l\u2019excitation médiatique dont les a privés son successeur.Dans le dictionnaire sarkozyste, le jogging est toujours annonciateur de quelque chose.C\u2019est la première secousse (jog) qui se transforme vite en agitation frénétique.Le contraire de la méditation et de la réflexion propres à la promenade, avait fait remarquer le philosophe Alain Finkielkraut.Rappelons-nous en effet ce grand moment où, en 2007, le jeune président avait trottiné sur les bords de l\u2019Hud-son en arborant fièrement un t-shirt «NYPD ».Toute une première pour un président français ! Dimanche dernier, celui qui n\u2019est jamais à court d\u2019une mode a pris soin d\u2019annoncer sur Fa-cebook qu\u2019il était à nouveau candidat à la présidence de sa famille politique.«J\u2019ai pu prendre le recul indispensable pour analyser le déroulement de mon mandat, en tirer les leçons, revenir sur ce que fut notre histoire commune, mesurer la vanité de certains sentiments, écarter tout esprit de revanche ou d\u2019affrontement», écrivait-il.Les Français, qui suivent le personnage depuis plus de 15 ans, auront vite reconnu les intonations de son discours d\u2019investiture de 2007 où il répétait déjà inlassablement: «J\u2019ai changé!» En soirée, Nicolas Sarkozy a défendu sa candidature pendant une quarantaine de minutes.On avait choisi pour l\u2019occasion le présentateur de nouvelles le plus docile de la chaîne publique.Comme en 2007, il a répété une fois de plus qu\u2019il fallait «tout changer».Sur le fond, il y avait peu de propositions concrètes.Seulement une étrange insistance sur l\u2019importance de consulter le peuple par référendum.Histoire d\u2019oublier que c\u2019est Nicolas Sarkozy qui a imposé aux Français le traité européen de Lisbonne alors que ces mêmes Français en avaient massivement rejeté les principales propositions en 2005.par référendum justement.Au-delà du style, le Sarkozy nouveau fait cependant irruptiqu dans un contexte radicalement différent.À l\u2019époque, l\u2019ancien ministre à poigne se présentait comme un rempart contre le Front national.Le discours avait porté puisqu\u2019il était allé chercher une grande partie de cet électorat populaire préoccupé par l\u2019immigration et les écueils de la mondialisation.Il n\u2019aura fallu que quelques mois pour que ces électeurs soient profondément déçus par celui qui s\u2019aligna pendant une grande partie de son mandat sur la politique de la chan-celière Angela Merkel.Ce sont d\u2019ailleurs les mêmes qui se chargèrent de remercier Nicolas Sarkozy en 2012.L\u2019ancien président revient dans un contexte où la gauche comme la droite ressemblent à un champ de ruines.Ni l\u2019une ni l\u2019autre n\u2019a su redresser la France et exprimer le désir de souveraineté face à l\u2019Europe qui s\u2019exprime dans toutes les familles politiques.L\u2019échec économique de la gauche, pour l\u2019instant dq moins, ne doit cependant pas faire illusion.A droite, la lutte sera féroce pour la conquête d\u2019une UMP ruinée et en voie de décomposition.L\u2019ancien président pourrait y perdre le peu de crédibilité qu\u2019il possède encore.Tout cela dans un contexte où les « affaires » le cernent de toute part.Dimanche dernier, 55% des spectateurs ont trouvé sa prestation peu convaincante.Si Nicolas Sarkozy voulait apparaître comme un rassembleur, c\u2019est raté.En manque d\u2019« amis », l\u2019ancien président en est réduit à se réconcilier avec son ennemi juré, l\u2019ancien premier ministre Dominique de Villepin.Même son ancien conseiller spécial Henri Guaino lui refuse pour l\u2019instant son soutien, tant il juge peu gaulliste cette candidature à l\u2019UMP.Mais Sarkozy devra surtout affronter un Front national qui s\u2019est largement normalisé et qui demeure le seul à oser parler d\u2019un certain nombre de questions taboues qui préoccupent les couches populaires, comme l\u2019immigration, le communautarisme et l\u2019Europe.Signe de cette méfiance, une majorité de Français dit préférer à Nicolas Sarkozy l\u2019ancien premier ministre Alain Juppé, qui n\u2019est pourtant pas de la première fraîcheur.Celui qui s\u2019était rêvé en sauveur de la France, face à un président socialiste qui peine à la tâche, est aujourd\u2019hui forcé, de revenir par la petite porte, celle de l\u2019UMP A trois ans de la présidentielle, ce retour pourrait contribuer à rin-gardiser toute une classe politique qui, Sarkozy et Hollande compris, s\u2019est discréditée par son incapacité à relancer l\u2019économie française et à proposer une voie originale face à la mondialisation.Les seuls à se réjouir de ce retour sont peut-être les jeunes loups qui attendent dans l\u2019ombre.Parmi eux, il y a d\u2019abord Marine Le Peu, mais aussi l\u2019actuel premier ministre.Manuel Valls, seul à gauche à pouvoir penser un jour affronter l\u2019ancien président.crioux@ledevoir.com IRAK Ottawa songerait à des frappes aériennes MARIE VASTER Correspondante parlementaire à Ottawa Si le Canada se prépare à mener des frappes aériennes en Irak, tel que pourraient le laisser croire certaines déclarations de Stephen Harper et de son ministre John Baird, les partis d\u2019opposition réclament que cette nouvelle mission canadieime soit soumise à un vote.Ce que les conservateurs semblent prêts à accepter.Au lendemain de l\u2019annonce du premier ministre canadien voulant qu\u2019il envis^e d\u2019élargir sa participation à la mission américaine en Irak, néodémocrates et libéraux ont demandé d\u2019en savoir plus aux Communes.Mais en vain.Le ministre de la Défense, Rob Nicholson, s\u2019est borné à dire quç son gouvernement «va étudier» la demande des Etats-Unis, qui auraient invité Ottawa à bonifier son engagement militaire à lerus côtés.Stephen Harper et son ministre des Affaires étrangères ont cependant été plus loquaces, en marge de l\u2019assemblée générale des Nations unies à New York, semblant laisser entendre qu\u2019Ottawa songe à mener des frappes aériennes.«Nous devons nous assurer d\u2019abord et avant tout que les entités terroristes ne puissent opérer à ciel ouvert sur des bases.Nous devons les repousser et rendre leur organisation de base et logistique très difficile.Une bonne part de cela peut être faite depuis les airs», indiquait mercredi le premier ministre.Son ministre John Baird affirmait quant à lui que «personne au Canada n\u2019envisage un rôle de combat au sol, je crois».Des déclarations qui portent l\u2019opposition à croire que M.Harper s\u2019apprête à entamer une mission aé-rieime comme celle en Libye en 2011, où six CF-18 avaient participé aux efforts de l\u2019OTAN poru faire respecter l\u2019interdiction de vol, quitte à utiliser la force.L\u2019envoi initial d\u2019avions de chasse n\u2019avait pas 200 millions pour la santé maternelle et infantile Le Canada et des pays alliés ont annoncé la création d\u2019im fonds de 4 milliards de dollars américains destiné à prévenir la mortalité des mères et des enfants dans le monde.Stephen Harper a annoncé l\u2019octroi de 200 millions, issus de l\u2019enveloppe de 3,5 milliards sru cinq ans dévoilée en mai dernier.Le fonds fait partie d\u2019une initiative lancée en 2010 par le secrétaire général de l\u2019ONU, Ban Ki-moon, avec pour objectif de sauver la vie de 16 millions de femmes et d\u2019enfants d\u2019ici la fin de 2015.«Sauver la vie des femmes, bambins et enfants les plus vulnérables dans le monde doit demeurer une grande priorité mondiale», a sommé Stephen Harper lors de son discours à l\u2019Assemblée générale des Nations unies jeudi.fait l\u2019objet d\u2019un vote au Parlement, mais les deux prolongations de cette mission, oui.Selon Radio-Canada, l\u2019envoi éventuel d\u2019avions de chasse en Irak sera l\u2019objet de discussions au cabinet de Stephen Harper.M.Baird a rappelé à New York, jeudi, qu\u2019en cas de mission de combat, le premier ministre «a déjà dit que cela mènerait à un vote».Des frappes aériennes se qualifieraient-elles comme une mission de combat?«Je crois que oui», a-t-il répondu aux jorunalistes.Thomas Mulcair réclame que le premier ministre dévoile ses intentions aux Communes et qu\u2019il y tienne un débat et un vote.«On ne signera pas un chèque en blanc à Stephen Harper», a martelé le chef néodémocrate.En attendant les détails, il a re- fusé de préciser s\u2019il appuierait l\u2019envoi de CF-18.Même réponse chez les libéraux, où l\u2019on veut aussi en savoir plus sur la demande américaine.«Qu\u2019est-ce que ça va être?Des avions de transport?D\u2019autres soldats dans d\u2019autres capacités?[.] Quelle sorte de rôle?», a demandé le député Marc Garneau.Ottawa aurait offert son aide En annonçant qu\u2019il envisageait de bonifier la participation canadienne en Irak mercredi, Stephen Harper a plaidé que c\u2019était en réponse à une demande écrite du gouvernement américain réclamant un «soutien supplémentaire» d\u2019Ottawa.Le réseau Global News a cependant révélé jeudi soir que cette lettre aruait été rédigée en réplique à une proposition canadienne d\u2019en faire plus.«Les Canadiens ont demandé davantage de détails quant à ce qu\u2019ils pouvaient faire pour contribuer aux efforts de la coalition afin d\u2019aider le gouvernement d\u2019Irak à contrer [le groupe Etat islamique] et [le département de la Défense] a envoyé une lettre décrivant les domaines dans lesquels leur contribution serait bénéfique», a indiqué une porte-parole de la Défense américaine à Global.Le bureau de M.Harper n\u2019a pas démenti la nouvelle.«Nous avons toujours clairement indiqué \u2014 bien avant [mercredi] même \u2014 que nous discutons régulièrement avec nos alliés, y compris les Etats-Unis, du rôle supplémentaire que le Canada peut jouer pour soutenir la lutte contre l\u2019organisation terroriste Etat islamique.Les Etats-Unis ont maintenant proposé une mesure concrète», a indiqué par coruriel le porte-parole du premier ministre.Cari Vallée.Le Devoir Lire aussi > Les éditoriaux de Bernard Descôteaux et Guy Taillefer Page A 8 /55ue.i (SRAC0 À- L JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019ombre du maire de Montréal, Denis Coderre, est projetée près d\u2019une affiche pendant le dévoilement de son nouveau plan de lutte contre l\u2019itinérance.LUTTE CONTRE LTTINÉRANCE Coderre veut rapatrier les budgets en logement social Montréal parie sur le logement et la nomination d\u2019un protecteur dans son nouveau plan de lutte CAROLINE MONTPETIT Le maire de Montréal, Denis Coderre, a l\u2019intention de rapatrier les pouvoirs et les enveloppes en matière de logement pour s\u2019attaquer au problème de l\u2019itinérance.Au cours des trois prochaines années, il prévoit la construction de 600 nouveaux logements sociaux et de 400 chambres ou logements mis en place avec des partenaires, destinés à la population itinérante.M.Coderre n\u2019a pas spécifié combien d\u2019argent il lui faudrait rapatrier pour procéder à ces innovations.Il affirme cependant être en discussion avec le gouvernement du Québec à ce sujet.« Je veux récupérer totalement les pouvoirs et les ressources en matière de logement», dit-il.«En terme de nouveaux logements, on parle d\u2019au moins 100000$ par unité», dit pour sa part Pierre Gaudreau, coordonnateur du Réseau d\u2019aide pour les personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).Le maire de Montréal présentait jeudi les différents volets de son plan d\u2019action en itinérance, qu\u2019il compte mettre en oeuvre jusqu\u2019en 2017.Recensement En premier lieu, il dit vouloir connaître la situation des personnes itinérantes en réalisant un recensement en deux temps, à était, il y a quelques joins, la Journée internationale de la paix (21 septembre) .Alors que sévissent de nombreux conflits, une question simple se pose : comment pouvons-nous, ici même, contribuer à favoriser la paix dans le monde ?Par la bouche du gouvernement Harper \u2014 et sans opposition significative à la Chambre des Communes \u2014, une voie nous est proposée.C\u2019est celle, simpliste et destructrice, du militarisme : dans un monde où de graves dangers menacent notre sécurité, il faut s\u2019armer et livrer de nouveaux combats glorieux.Depuis plusieurs années, rien n\u2019est épargné pour nous enfoncer dans cette voie.Cette orientation militariste se manifeste par un empressement à prepdre part aux guerres décidées par les Etats-Unis, dans le cadre ou non de l\u2019QTAN.Les cas de l\u2019Afghanistan et de la Libye viennent immédiatement à l\u2019esprit.Le Canada multiplie également les déclarations incendiaires concernant divers points chauds de l\u2019actualité internationale, prenant tour à tour pour cibles la Russie, la Chine, la Syrie, l\u2019Iran, la Corée du Nord, le Venezuela et même les Palestiniens ! En lien avec un programme d\u2019acquisitions militaires sans précédent, le gouvernement Harper fait la promotion d\u2019une nouvelle prospérité économique fondée sur l\u2019expansion de l\u2019industrie militaire ca- nadienne et sur l\u2019accroissement de ses exportations.Des budgets de relations publiques considérables sont octroyés pour accroître le recrutement militaire, favoriser l\u2019omniprésence de l\u2019armée dans la société et glorifier la guerre par diverses commémorations.Pour le premier ministre Harper, les choses sont simples: «Les Porces armées canadiennes sont les meilleures au monde » et « L\u2019histoire nous enseigne que la paix éclôt rarement en des sols non remués».De notre côté, nous tirons des leçons bien différentes de l\u2019Histoire.Non, Monsieur Harper, la guerre n\u2019est pas un simple brassage de sol qui y ferait éclore la paix ! La guerre est la pire des activités humaines, tant par la mort, les souffrances et la destruction qu\u2019elle engendre, que par ce qu\u2019elle saccage dans chaque être humain qui la mène.Le militarisme, fondé sur la force et la domination, est l\u2019antithèse des aspirations universelles à l\u2019égalité, à la justice et à la paix.Il se manifeste notamment par une violence sexuelle exercée à l\u2019égard des femmes, tant celles du «camp ennemi» qu\u2019au sein même des armées.Presque toujours, les intérêts stratégiques, économiques ou politiques qui président aux décisions de faire la guerre sont occultés par une propagande mensongère, qui exagère les menaces ou qui instrumentalise des urgences humanitaires bien réelles à des fins beaucoup moins nobles que celles qu\u2019on proclame.Les conséquences de ce nouveau militarisme sont terribles.Tant en Irak qu\u2019en Afghanistan et en Libye, les interventions militaires occidentales ont dévasté ces pays, approfondi leurs divisions internes et les ont laissés à feu et à sang.Ici même, des mesures d\u2019exception portant atteinte aux libertés civiles et des mécanismes de surveillance totalitaire ont été mis en place.Une culture du secret, de désinformation et de censure s\u2019installe.Et tout ce branle-bas militariste entraîne un détournement massif des fonds publics, aq détriment des fonctions sociales de l\u2019État de plus en plus négligées.Il est illusoire de travailler à l\u2019avènement d\u2019un monde de paix et de justice sans s\u2019opposer à la montée du militarisme ici même.Quel qu\u2019en soit le prétexte, protestons contre tout engagement du Canada dans des guerres ou démonstrations de force de l\u2019QTAN.Protestons contre le détournement des ressources publiques dans la guerre et sa glorification.Cet automne, à l\u2019occasion du jour du Souvenir, nous porterons le coquelicot blanc pour symboliser ces prises de position et pour commémorer toutes les victimes des guerres, dont la grande majorité est des civils.Et nous invitons vivement tous ceux et celles qui partagent nos convictions à le porter également.Voir la liste de 74 autres signataires sur LeDevoir.com LE DEVOIR LE VENDREDI 26 SEPTEMBRE 2014 A 9 IDEES TRAITE DE PARIS Un « torchon » pourtant conforme au droit international MICHEL MORIN Faculté de droit, Université de Montréal e traité de Paris de 1763, par lequel la France a cédé le «Canada» à la Grande-Bretagne, doit-il être qualifié de «vilain torchon» et considéré comme constituant une violation des lois bndamentales du royaume comme \u2019a fait Christian Néron dans ces pages, {Le Devoir, 5 septembre) ?Louis XV a-t-il «trahi» ses sujets canadiens en agissant «au mépris des lois» ?Si les lois de l\u2019époque avaient restreint à ce point les pouvoirs du roi, aucune paix durable n\u2019aurait été possible.La réalité est cependant toute autre.Le traité de Madrid (1526) constitue le principal précédent à l\u2019appui de thèse de M.Néron.Prisonnier de Charles Quint, François doit souscrire des clauses draconiennes pour être libéré.11 cède la Bourgogne et renonce à la souveraineté sur l\u2019Artois et la Flandre, que son ennemi possède à titre de vassal ; ses deux fds deviennent des otages.11 déclare privément récuser le traité, qui doit être ratifié ultérieurement par les états généraux du royaume (regroupant les représentants du clergé, de la noblesse et du tiers état) et être enregistré par les «parlements» des cours souveraines.Après sa libération, en 1527, les Bourguignons refusent d\u2019accepter la cession.Le roi réunit une assemblée consultative composée de prélats, de nobles de sang royal, de marchands parisiens, des juges du parlement parisien et de certains juges de province.Ceux-ci déclarent nul le serment royal garantissant le respect du traité, parce qu\u2019extorqué.La Bourgogne, « première pairie » de France, est à leur avis inaliénable ; le lien entre la couronne et les sujets est également indissoluble.M.Néron en conclut que le roi ne peut unilatéralement céder ses sujets.Les hostilités reprennent toutefois jusqu\u2019en 1529.Par la paix de Cambrai, les otages sont libérés.La Bourgogne demeure française, mais la cession de souveraineté sur l\u2019Artois et la Flandre est confirmée.Le traité est enregistré au parlement, sous réserve d\u2019une annulation ultérieure à la requête du roi.En 1536, une nouvelle guerre le rend caduc.En 1537, il est déclaré nul par une assemblée semblable à celle de 1527, car le roi ne peut renoncer r,,.Icun' b.\te,,a FRANCIS VACHON LE DEVOIR Le traité de Paris est exposé au Musée de ia civiiisation, à Québec, jusqu\u2019au 2 octobre.aux droits de la couronne.Cependant, le monarque abandonne de nouveau cette souveraineté à Crépy (1544), ce que confirme le traité du Cateau-Cambrésis (1559), enregistré par les parlements.Le principe d\u2019inaliénabilité du royaume permet donc d\u2019annuler la cession de la Bourgogne, que le roi possède effectivement, car il n\u2019y a pas véritablement consenti.Erançois et Henri 11 doivent toutefois renoncer aux prétentions françaises sur l\u2019Artois et la Elandre, contrôlées par Charles Quint.Les parlements entérinent le traité de 1559, malgré la déclaration de 1537 annulant le traité équivalent de 1539.Ainsi, au XVP siècle, un traité de cession approuvé par le roi et enregistré par les parlements est pleinement effectif.Les lois fondamentales sont invoquées pour rejeter un tel traité et déclencher ou légitimer de nouvelles hostilités.Consentement à la souveraineté Comment les internationalistes abordent-ils la question d\u2019une cession de souveraineté?En 1598, Gen-tili estime que la population visée doit consentir à celle-ci.Bodin et Grotius sont de cet avis pour la majorité des royaumes d\u2019Europe; l\u2019autorité du souverain peut toutefois être illimitée depuis la conquête ou la fondation initiales du royaume, comme en Afrique et en Asie.En 1688, Pufendorf ajoute qu\u2019en cas de nécessité extrême, le souverain peut agir sans consulter la population, mais celle-ci pourra résister ou tenter d\u2019obtenir son indépendance.En 1748, Christian Wolff précise qu\u2019elle peut se soumettre tacitement.En 1758, le Suisse Vattel défend des idées semblables.11 pense qu\u2019en Erance, les états généraux peuvent consentir à une cession, mais ils n\u2019ont plus été convoqués depuis 1615; en outre, il n\u2019est plus d\u2019usage de faire enregistrer les traités par le parlement de Paris.Par conséquent, lors de négociations diplomatiques, la volonté du roi doit être assimilée à «celle de la France entière», car la nation lui a remis tacitement tous ses pouvoirs.Autrement, «on ne pourrait contracter sûrement avec la couronne de France».Cette analyse montre qu\u2019en 1763, le roi a pleine autorité pour conclure seul un traité de cession, aussi bien du point de vue du droit international que du droit interne.Sa validité n\u2019ayant pas été remise en question à l\u2019époque, le traité de Paris est devenu pleinement exécutoire.Même si l\u2019on admettait que le consentement des sujets « canadiens » était requis, le traité de Paris leur accorde dix-huit mois pour vendre leurs biens à des sujets britanniques et quitter la colonie.Ainsi, ils peuvent préserver le lien qui les unit à leur souverain.Cela semble respecter le principe posé en 1527.Royaume et colonie M.Néron estime également que le Canada était inaliénable, car il faisait partie du domaine royal.Les règles pertinentes n\u2019ont toutefois jamais été appbquées dans la colonie.En Erance, les biens du domaine sont concédés moyennant un prix d\u2019entrée ; ils peuvent toujours être repris en remboursant celui-ci.En Nouvelle-Erance, les seigneuries sont concédées gratuitement à partir du domaine royal, en pleine propriété si elles sont peuplées.Des édits royaux distinguent aussi le royaume de la colonie.Les habitants de celle-ci sont «censés et réputés» sujets du roi; ils peuvent «venir habiter en France» et jouir des droits qu\u2019ils auraient eus en «demeurant» dans le «royaume».La Nouvelle-Erance n\u2019est donc pas considérée comme une ancienne province du royaume, laquelle serait inaliénable.Le traité de Paris est donc conforme aussi bien aux lois fondamentales du royaume, telles qu\u2019elles étaient appliquées en 1763, qu\u2019aux règles du droit international public de l\u2019époque.SOMMET DE LA ERANCOPHONIE Les risques du déclin, l\u2019occasion d\u2019un nouveau départ La France ne peut espérer compter en Europe si elle continue de négliger sa langue et la Francophonie MICHEL GUILLOU Recteur, président du Réseau international des Chaires Senghor de la Francophonie affirmation du déclin de L*) la langue française et de la francophonie n\u2019étant plus taboue et l\u2019alerte ayant été sonnée, il faut s\u2019interroger sur «le nou-veauprojetfrancophone».Une chose est certaine, cela impbque une profondeur stratégique à la hauteur de la nouvelle donne de l\u2019Histoire en marche.La francophonie a-t-elle aujourd\u2019hui une utilité?Quels sont ses facteurs d\u2019attracdvité?La transformation, ces dernières années, de la francophonie en organisation pobtique internationale de plus en plus mondiabsée au détriment de la volonté des premiers sommets de construire une union francophone ancrée sur un solide « vivre-ensemble » et la volonté de mener à bien des projets commims répondant aux besoins des locuteurs francophones est incontestable.11 est possible de revoir cette évolution, de lui donner un coup d\u2019arrêt, mais la relance suppose beaucoup plus.11 s\u2019agit de savoir si le français et la francophonie trouvent dans le système international en morphogénèse de nouveaux facteurs d\u2019attractivité pour les porter.La réponse est: « Qui ! » D\u2019abord, la constitution d\u2019un espace de dialogue en français à l\u2019échelle mondiale est un puissant et moderne facteur d\u2019attractivité, car des ^andes aires géoculturelles s\u2019organisent de plus en plus autour de langues centrales.La francophonie est, par ailleurs, un espace de diversité linguistique où le français est en contact avec beaucoup de langues et où la majorité des populations en parle plusieurs.Le français s\u2019y installe comme fer de lance, moteur du combat des langues contre toute langue unique.Voilà un autre atout Union francophone Mais, pour donner tout leur poids, leur force aux attractivités historiques et modernes, il faut revenir aux «politiques» qui, en 1986, ont présidé à l\u2019institutionnalisation de la francophonie, c\u2019est-à-dire s\u2019attacher à la création d\u2019une Union francophone aussi intégrée que l\u2019Union européenne.C\u2019est ce que recommande le rap- port Attali en ciblant tout particulièrement les domaines de la santé, la technologie, l\u2019enseignement, la culture, la recherche et développement, ou encore les infrastructures.Quant à la Erance, elle «a vocation à être un acteur majeur au sein de ces deux zones intégrées: l\u2019Union européenne et le monde francophone.C\u2019est bien pour elle un enjeu stratégique, à l\u2019image du Royaume-Uni, qui se considère comme partie intégrante tant de l\u2019Union européenne que du Commonwealth.» Elle doit marcher sur ses deux jambes, ce qui implique une véritable révolution culturelle vu l\u2019attitude de ses élites pour qui continuer en français est une hérésie, situation catastrophique qui met en danger le concept même de nation.Cette position est d\u2019autant plus contraire à l\u2019intérêt de la Erance qu\u2019elle ne peut espérer compter en Europe en négligeant sa langue et la francophonie.C\u2019est, cependant, ce qu\u2019elle fait depuis des années, à tel point que la construction européenne apparaît comme un repoussoir pour la construction francophone.La langue française et la francophonie sont donc à la croisée des chemins entre un déclin bien réel qui s\u2019accélère et un nouveau départ possible si on reconnaît que la francophonie est un espace intégré doté d\u2019un potentiel économique énorme, mais négligé et inexploité et si on comprend qu\u2019aujourd\u2019hui, les critères d\u2019appartenance à de grands ensembles sont aussi identitaires, liés aux langues et cultures.Quant à la Erance, il faut maintenant qu\u2019elle prenne conscience que l\u2019Union francophone est tout aussi indispensable à son avenir que l\u2019Union européenne.Pour se sentir pleinement francophone, la jeunesse des pays francophones a besoin de défricher cet espace, d\u2019y partager des rêves, une aventure, d\u2019y construire un avenir.La jeunesse française, qui s\u2019installe partout dans le monde, aussi, a besoin pour s\u2019engager d\u2019une francophonie offensive, vers l\u2019avant et qui entraîne.Le XV® Sommet de la Francophonie de novembre 2014 à Dakar prendra-t-il en compte ces enjeux, en particulier pour la désignation du nouveau secrétaire général de la Francophonie ?11 le faudrait absolument.Les leçons de Gilles Latulippe Lise Payette Cet homme, qui a réussi à quitter notre monde sans déranger personne, aura été le plus modeste qu\u2019il m\u2019ait été donné de connaître au cours de ma vie.Mardi dernier, quand la nouvelle de son décès a été annoncée à la radio puis à la télé, j\u2019ai pris le temps d\u2019écouter les réactions de ceux et celles qui l\u2019ont côtoyé pendant toutes ces années et qui n\u2019avaient que de beaux mots à son égard, comme : générosité, culture, disponibilité, respect des autres et fidélité à ce public qu\u2019il a tant aimé.S\u2019il a eu des colères, elles n\u2019ont jamais été publiques.Même chose pour les déceptions qu\u2019il aurait sans doute choisi de vivre en privé.11 était ainsi.Juste et discret.C\u2019était mardi matin.Les hommages rendus à Gilles Latubppe étaient parfois interrompus par des reportages émanant des importantes réunions de New York, sur le réchauffement de la planète, auxquelles Phibppe Couillard participait du bout des doigts et auxquelles Stephen Harper n\u2019avait pas daigné se présenter.En écoutant M.Couillard insister lourdement sur le «retour de la stabilité politique au Québec» (ce qui m\u2019a permis de me demander où elle était bien passée avant son arrivée à lui) et sur l\u2019invitation ^ande ouverte du Québec aux intérêts américains, je me suis mise à penser que Gilles Latubppe nous aurait fait un bien meilleur premier ministre.Nous aurions dû y penser.Cet homme qui a réussi à porter à bout de bras le Théâtre des variétés pendant 35 ans, sans aucune subvention gouvernementale, n\u2019osant même pas penser que le burlesque pouvait être digne de relever de la culture, aurait été plus crédible que tout ce que j\u2019ai entendu jusqu\u2019à maintenant au sujet du fameux « déficit zéro » dans la bouche de politiciens qui s\u2019apprêtent à jouer la grande scène du massacre des innocents.Ça va faire mal.C\u2019est ce qu\u2019ils disent.Ils s\u2019en vantent presque.Le Québec aurait sans doute gagné à devenir un gros Théâtre des variétés bien administré, épongeant ses dettes au fur et à mesure, inspiré dans son développement et soucieux de l\u2019avenir de chacun de ses citoyens.Avec un peu d\u2019humour en prime ! Gilles, lui, il savait compter.H l\u2019avait prouvé.Ceux qui nous gouvernent maintenant n\u2019ont même pas l\u2019air de savoir où ils sont.Ce que je veux dire, c\u2019est que Gibes Latubppe était plutôt de la race de ceux qui se seraient privés de manger plutôt que d\u2019imposer des coupes à ceux et cebes qui n\u2019ont presque rien.11 pratiquait déjà cette générosité avec ses amis comédiens et comédiennes pour qui le succès n\u2019est pas toujours couvert d\u2019or et qui peuvent se retrouver devant rien sans l\u2019avoir mérité.J\u2019ai essayé d\u2019imaginer une conférence de presse de Latubppe, premier ministre du Québec, faisant rire les journalistes jusqu\u2019aux larmes tout en leur disant que les temps sont difficiles, qu\u2019Qttawa n\u2019a jamais été aussi méprisant qu\u2019en ce moment envers le Québec mais que ce n\u2019est pas ça qui va nous fane taire.Qu\u2019il est important que nous gardions la tête haute et le dos droit.Puis, il aurait pris sur ses épaules le dossier du pont Champlain au sujet duquel il faut mettre notre pied à terre avant que nous nous retrouvions devant un fait accompli, sans notre approbation.Comme il aurait sans doute interdit l\u2019utilisa-tion du Saint-Laurent pour le transport du pétrole albertin sur des bateaux immenses qui ressemblent à d\u2019énormes provocations pour tous les fauteurs de trouble de ce monde de fous dans lequel nous vivons.Gilles Latulippe a toujours été un exemple de ténacité.11 a poursuivi son rêve avec courage et sans compromis.Nous l\u2019avons aimé pour sa capacité à nous faire voir le ridicule de toutes ces choses qui nous gâchent souvent le quotidien.11 a été fidèle jusqu\u2019au bout de son souffle à ceux et celles qu\u2019il aimait.11 était encore sur scène il y a quelques semaines, cachant la gravité de son état pour éviter, sans aucun doute, de prendre trop de place.Intelligent comme dix, cultivé et toujours curieux de tout comprendre, modeste jusqu\u2019à l\u2019effacement, il restera dans nos mémoires pour très longtemps.H y rejoint les grands comme La Bonne, Juliette Pétrie, Manda, Qlivier Guimond, tous ces noms qui nous tirent un sourire juste à les prononcer.Je ne sais pas où ils sont tous, mais Gilles ne s\u2019ennuiera pas avec eux.«Elle est lourde à porter, l\u2019absence d\u2019un ami», dit la chanson de Bécaud.Le vide laissé par Gilles Latubppe ne sera pas comblé.Ni dans sa famille ni dans son public.Grâce à nos mémoires, il vivra encore longtemps.Et c\u2019est tant mieux ainsi.11 aura été un modèle hautement qualifié toute sa vie.Les modèles de modestie sont rares en ce moment.C\u2019est pourquoi ils sont si précieux.Salut Gilles.Gilles Latulippe nous aurait fait un bien meilleur premier ministre L\u2019EQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Antoine Robitaille (éditorialiste, responsable de la page Idées), Jacques Nadeau (photographe), Michel Garneau (caricaturiste); information générale : Isabelle Paré {chef de division), Caroline Montpetit (affaires sociales), lisa-Marie Gervais (éducation), Alexandre Shields (environnement), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deglise (société), Jean Dion (sports), Mélanie Loisel et Philippe OrfaU (reporters); information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel Dav\\A(chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Jeanne Corriveau et Brian Myles (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec), Guillaume Bourgault-Côté (reporter)-, Véronique Chagnon et Louis Gagné (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinéma), Stéphane BaiUargeon (médias), Frédérique Doyon et François Lévesque (reporters), JuHe Carpentier (pupitre)-, information économique : Gérard Bérubé (chef de division), François Desjardins, Eric Desrosiers, Jessica Nadeau et Karl Rettino-ParazelU {reporters), Gérald Dallaire (pupitre) ; information internationale : Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque et Guy Taillefer (reporters), Jean-Pierre Legault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives)-, section art de vivre: Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Emilie EoUe-Boivin (pupitre) ; équipe internet: Laurence Clavel, Marie-Pier Erappier, Benoît Munger, Philippe Papineau et Geneviève Tremblay (pupitre), Martin Blais, Sophie Chartier et Elorence Sara G.Eerraris (assistants) ; correction : Andréanne Bédard,^Christine Dumazet et Michèle Malenfant ,\u2022 soutien à la rédaction: Amélie Gaudreau (secrétaire) ; Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Vanessa Racine (Ottawa), Dave Noël (Québec).PUBOClTE Edith Caron (adjointe), Jean de Billy, Jean-Erançois Bossé, Marlène Côté, Evelyne De Varennes, Amel EUmam, Nathalie Jobin {par intérim), Claire Paquet, et Chantal Rainville (publicitaires), Sylvie Laporte (avis légaux), Amélie Maltais {coordonnatrice), Laurence Hémond (secrétaire).PRODUCTION Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Richard Des Cormiers, Donald EiUon, Yannick Morin et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Geneviève O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Maxime-Olivier Leclerc (coordonnateur du service à la clientèle), Manon Blanchette, Nathalie EiUon, Marie-Lune Houde-Brisebois, Isabelle Sanchez.ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette BéUveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Elorentina Draghici, CéUne Euroy et Véronique Pagé. A 10 LE DEVOIR LE VENDREDI 26 SEPTEMBRE 2014 ACTUALITES SANTÉ SUITE DE LA PAGE 1 services communautaires (CLSC), les centres d\u2019hébergement de soins de longue durée (CHSLD), les centres de protection de l\u2019enfance et de la jeunesse (CPEJ) et les centres de réadaptation (CR) sur son territoire.«Fini les obstacles administratif, fini les dossiers non partagés, fini les multiples cartes d\u2019hôpital, fini les guerres de clochers», a promis l\u2019adepte des gourous de la gestion intégrée des soins comme Cleveland Clinic et Kaiser Permanente.Le redéploiement du réseau laissera intacts «tous les points de service», a insisté le Barrette, appelant du même souffle la population à ne pas prêter attention à «ceux et celles qui annonceront l\u2019apocalypse».«C\u2019est une refonte administrative ! » Un système «centré» sur le ministre?Le projet de loi 10 prévoit la dissolution de quelque 170 conseils d\u2019administration d\u2019établissements de santé à travers le Québec.11 confie au ministre la tâche de désigner la plupart des 13 ou 15 membres des CA des 19 nouveaux CISSS.«La majorité des membres seront indépendants, nommés par le ministre sur la base de leurs compétences», a assuré M.Barrette aux journalistes.11 aura aussi la main haute sur le processus de désignation des présidents-directeurs généraux des CISSS si le projet de loi 10 est adopté sans amendements.11 pourra même «intervenir» dans le fonctionnement des établissements «si des gestes incompatibles avec les règles de saine gestion sont posés».La directrice générale de l\u2019Association québécoise d\u2019établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Diane Lavallée, montre du doigt une «centralisation sans précédent des pouvoirs entre les mains du ministre».«On aura un palier: le ministre et son ministère», a-t-elle affirmé au Devoir.Le réseau de la santé sera «fragilisé de façon importante» s\u2019il est soumis à «une plus grande politisation», a-t-elle soutenu.La porte-parole de l\u2019AQESSS entrevoit une «période de turbulences».«On est très inquiets.» La réforme proposée «n\u2019est pas centrée sur le patient», a déploré la députée péquiste Diane Lamarre.«Elle est centrée sur le ministre.» En plus de remettre en question «l\u2019ampleur des pouvoirs discrétionnaires dévolus au ministre», le député solidaire Amir Khadir a dit douter des chances de succès de l\u2019opération amorcée par M.Barrette.«Le PLQ a une lourde pente de crédibilité à remonter.Les réformes de l\u2019ère Charest font encore mal au réseau de la santé et n\u2019ont pas donné les résultats escomptés, que ce soit en termes d\u2019économies ou,d\u2019efficacité», a-t-il souligné.Le député ca-quiste Eric Caire a dit aussi espérer que l\u2019abolition des ASSS «n\u2019aboutira, en bout de ligne, qu\u2019à un changement de nom pour les structures, comme il a été vu par le passé».JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Gaétan Barrette a reçu une ovation de la part de ses collègues libéraux jeudi à la suite de la présentation de son projet de loi 10 sur la réforme du réseau de la santé.220 millions Économies annuelles à compter de 2017 Le ministre Barrette se défend de vouloir faire main basse sur le réseau.«Le ministère aurait la responsabilité de définir les priorités, les orientations et les politiques nationales», tandis que les CISSS se verront confier la «responsabilité de planifier, coordonner, organiser et dispenser les services à la population » tout en effectuant la «planification régionale des ressources humaines», a-t-il affirmé.«Il ne s\u2019agit pas ici de centraliser la gestion du système de santé dans les mains du ministre, il s\u2019agit au contraire de la décentraliser.» 220 millions d\u2019économies récurrentes Le projet de loi prévoit la mise sur pied d\u2019un CISSS dans chacune des régions du Québec, à l\u2019exception de celle de Montréal, ojl il y en aura cinq (Quest-(Je-l\u2019Ile, Centre-4e-rile, Nord-de-rile, Ést-de-l\u2019Ile, Sud-Est-de-l\u2019île).La réorganisation épargnera quatre «établissements supra-régionaux», c\u2019est-à-dire le Centre hospitalier de rUniversité de Montréal (CHUM), le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et l\u2019Institut de cardiologie de Montréal.M.Barrette a jugé «inopportun» de les inscrire dans une dynamique de CISSS en raison, dit-il, de la nature particulière de leurs missions.«Moins de bureaucratie pour plus de soins, c\u2019est de ça qu\u2019on parle ici», a fait valoir le premier ministre Philippe Couillard dans la foulée du dépôt du projet de loi à l\u2019Assemblée nationale.Le gouvernement libéral escompte des économies récurrentes d\u2019au moins 220 millions de dollars par année à compter de 2017.«Soyons clairs, nous ne sommes pas dans un simple exercice de retour à l\u2019équilibre budgétaire, mais bien dans un exercice de changement de culture», a averti M.Barrette.Le projet de loi 10 a laissé sur sa faim la Eé-dération interprofessionnelle de la santé du Québec (EIQ).«Le gouvernement \u201caustéritaire \u201d fait une réforme de comptable.Il n\u2019y a rien là-dedans pour améliorer la qualité des soins», a dit la présidente de l\u2019organisation syndicale, Régine Laurent.Les sceptiques seront confondus, à en croire le D\"' Barrette.«Les gens vont voir une différence très significative bien avant la fin du premier mandat» prévu à l\u2019automne 2018, a-t-il lancé après avoir sonné la charge contre «l\u2019excès de bureaucratie, le manque d\u2019accès en première ligne, le manque de coordination, les chicanes de clochers.» D\u2019ailleurs, le projet de loi 10 constitue le «premier» de «plusieurs gestes» pour corriger les «dysfonctionnements» dans le réseau de la santé, a-t-il averti.Par exemple, le gouvernement libéral entend revoir «le plus rapidement possible» le financement des établissements de santé en arrimant celui-ci à leurs activités.«Stay tuned», a dit le premier ministre Couillard durant la période de questions.Le Devoir PETROLE SUITE DE LA PAGE 1 rent à des fins d\u2019exportation.«Je voudrais qu\u2019on laisse penser aux Québécois qu\u2019ils sont dans un autre pays, mais ils sont Québécois, ils sont Canadiens et il faut qu\u2019on participe à l\u2019économie canadienne», a poursuivi Philippe Couillard.Le pétrole importé de l\u2019étranger circule déjà d\u2019est en ouest sur le fleuve pour alimenter les deux raffineries québécoises.«Il est clair que si le pétrole au Canada peut circuler d\u2019est en ouest, ce qu\u2019il fait depuis des décennies, il faut également qu\u2019ü circule d\u2019ouest en est», a fait valoir le premier ministre.Stéphane Bédard a fait la distinction entre le pétrole importé de l\u2019étranger qui est consommé au Québec et le pétrole de l\u2019Alberta qui traverse le territoire québécois uniquement pour être exporté.«Que du pétrole soit transporté sur le territoire québécois pour notre consommation, c\u2019est une chose, mais que le Québec devienne une autoroute pour l\u2019exportation du pétrole, jamais les Québécois n\u2019ont dit oui à cela», a-t-il affirmé.Le chef parlementaire péquiste a rappelé que la Colombie-Britannique s\u2019oppose à un projet de pipeline sur son territoire pour l\u2019exportation du pétrole albertain.Le projet d\u2019oléoduc Keystone ÂL, de TransCanada, est également bloqué aux Etats-Unis.«Il y a des risques environnementaux graves pour le Québec», dit Stéphane Bédard dont la formation s\u2019oppose aussi au projet de pipeline et de port pétrolier à Cacouna de TransCanada.Si le gouvernement Marois s\u2019est dit favorable au projet d\u2019inversion du pipeline d\u2019Enbridge, tout comme les élus en commission parlementaire, «c\u2019est que, si le pétrole était transporté, ce n\u2019était qu\u2019aux raffineries situées sur le territoire québécois, à l\u2019avantage de l\u2019économie québécoise», a-t-il ajouté.Les pétroliers peuvent naviguer sur le fleuve et Québec n\u2019a pas son mot à dire.Philippe Couillard a rappelé que le transport maritime est de compétence fédérale.11 a évacué la question des risques de déversement en vantant les règles environnementales du gouvernement canadien.«Le niveau de juridiction et de protection de l\u2019environnement est inégalé au Canada par rapport à ce qui se fait dans d\u2019autres pays », a-t-il affirmé.Mercredi, le superpétrolier Minerva Gloria, un navire de 250 mètres de long et de 44 mètres de large, chargé de pétrole des sables bitumineux, a quitté Sorel-Tracy à destination de l\u2019Italie.En mai 2013, Transport Canada a modifié sa réglementation pour permettre à des navires de 44 mètres de large de circuler sur le fleuve ; la limite antérieure était de 32 mètres.Le chiffre de 16 milliards, cité par le premier ministre, provient du gouvernement fédéral : il comprend quelque 9 milliards en péréquation, les transferts fédéraux et un,e proportion de l\u2019ensemble des dépenses de l\u2019État canadien.Ce portrait de parent pauvre de la fédération est évidemment contesté par les souverainistes.Heurtel se justifie De retour de New York où il participait au Sommet sur le climat, le ministre du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, a dû subir les assauts des partis d\u2019opposition à la suite de la décision de la juge Claudine Roy, de la Cour supérieure, de suspendre le certificat d\u2019autorisation accordé par son ministère à TransCanada pour des forages à Cacouna.Dans un point de presse, David Heurtel a refusé de porter le blâme pour le certificat délivré sans que le ministère ait obtenu d\u2019avis scientifique sur la survie des bélugas.Le ministre a minimisé la portée du jugement en injonction interlocutoire en avançant que c\u2019est la décision sur l\u2019injonction permanente qui apportera «un éclairage complet sur la question».La cause sera entendue au début de l\u2019an prochain.Quant au certificat d\u2019autorisation, dont la délivrance a été jugée déraisonnable par la Cour, David Heurtel a indiqué qu\u2019il ne l\u2019avait pas signé lui-même.«Je ne m\u2019immisce pas dans des processus administratifs», a-t-il dit.11 n\u2019y a pas de «preuve» que des pressions ont été exercées sur les fonctionnaires, a-t-il dit.Le Devoir PLAN NORD Plus de 500 scientifiques à la défense du Nord québécois ANDY BLATCHEORD Plus de 500 scientifiques de partout dans le monde pressent le gouvernement Couillard de respecter sa promesse de protéger une vaste section du Nord québécois dans le cadre d\u2019un imposant plan d\u2019aménagement.Le premier ministre Philippe Couillard a promis de relancer le Plan Nord, un projet de développement de plusieurs milliards de dollars devant créer des milliers d\u2019emplois dans le nord de la province.dans les secteurs miniers, des ressources naturelles et du tourisme.Dans une lettre ouverte, les scientifiques demandent au gouvernement de protéger la moitié du territoire nordique du développement industriel, comme il était prévu initialement.Ils ajoutent que la nouvelle politique devrait être mise en oeuvre avec la collaboration des Premières Nations de la région.«En faisant cela, le Québec deviendra un chef de file mondial du développement durable, de la conservation de la biodiversité et de la lutte contre les changements climatiques, tout en dynamisant son économie.Il créera un nouveau modèle de gestion des écosystèmes pour le XXI'\u2019 siècle qui sera une inspiration pour plusieurs pays autour du monde», estiment-ils.M.Couillard annoncera les principales mesures du nouveau Plan Nord la semaine prochaine.Le projet de développement a été lancé en 2011 par le premier ministre de l\u2019époque, Jean CharesL qui espérait ainsi en faire un élément central de son héritage politique.Les scientifiques avaient immédiatement été interpellés par le plan de conservation des milieux naturels, en 2011.«Ça a été utilisé comme un exemple dans plusieurs études universitaires et de nombreux articles populaires», a expliqué Jeff Wells, scientifique à la Campagne internationale de conservation boréale.11 y a peu d\u2019exemples de conservation comparables à ce que proposaient les libéraux, a-t-il précisé.«La communauté scientifique internationale observe ce qui va arriver», a-t-il dit.La Presse eanadienne MILITANTISME SUITE DE LA PAGE 1 Le procédé narratif, mettant un visage et un texte à forte valeur revendicatrice dans le même cadre, n\u2019est pas nouveau.Mais il semble aussi se multiplier par les temps qui courent, poussé par une époque où le culte de l\u2019image ne pouvait que finir par croiser les mouvements de foule dématérialisés tout comme les che-mips du militantisme çn format 2.0.À Eerguson, aux États-Unis, théâtre d\u2019un conflit social aux relents de ségrégation, quelques habitants du coin, en août dernier, y ont succombé pour dénoncer la violence de police à l\u2019endroit des jeunes Noirs.Depuis le début de la semaine, de jeunes musulmans britanniques passent égalemenf par là pour dénoncer les horreurs du groupe État Islamique (El) en s\u2019affichant en ligne dans des photos ou vidéos au slogan simple mais efficace: #NotlnMy-Name (pas en mon nom).Le geste vise à mettre en garde le monde entier contre les associations réductrices entre violence et musulman, à dire aussi que le terrorisme ne relève pas de l\u2019islam, mais plutôt de l\u2019obscurantisme et de la folie.11 fait également la démonstration qu\u2019au-jourd\u2019hui, dans des environnements socionumé-riques de plus en plus bruyants, pour se faire entendre, il faut de plus en plus se faire voir.«Pour percer le bruit médiatique, il faut se montrer créatif, y compris sur le marché des causes sociales, résume à l\u2019autre bout du fil, dans le calme de son bureau, Christian Des-îlets, qui enseigne la publicité sociale à l\u2019Université Laval.Avec une image, on s\u2019assure d\u2019attirer un peu plus l\u2019attention.Cela fonctionne pour un billet de blogue, un article de journal, des contenus partagés sur les réseaux sociaux, dont le taux de lecture est supérieur lorsqu\u2019il y a une illustration.Et cela fonctionne aussi pour les revendications sociales.» Un remède à légèreté À l\u2019ère de ce que les Anglos nomment le slacktivism, cet activisme paresseux, de salon, qui consiste à activer un «j\u2019aime» ou de «ret-witter » un mot-clic pour afficher son adhésion à une cause et surtout exhiber sa bonne conscience, la «mise en visage» photographique d\u2019une revendication, donnerait désormais une valeur supplémentaire à son engagement, une force de frappe plus attirante, un argument de plus pour être pris au sérieux sur des territoires où la légèreté de certains gestes à saveur sociale est décodée facilement, au grand dam des «slacktivistes», par un trop grand nombre de citoyens numériques.«Mettre un visage sur une statistique, c\u2019est l\u2019humaniser, dit Mélanie Millette, prof de communication à rUQAM et membre du Laboratoire de communications médiatisées par ordinateur (LabCMQ).Il y a un impact plus fort, plus émotif, quand tu as, face à toi, le regard de la personne qui t\u2019interpelle.» Avec ces images, c\u2019est un peu le «je», le «moi», très développés dans les univers numériques, qui se mettent un peu au service du « nous » par l\u2019entremise de ces dérivés d\u2019égo-portraits (les selfies comme on dit à Toronto), frappés d\u2019un slogan, d\u2019un message qui invitent au mimétisme pour assurer le développement du mouvement en ligne.« C\u2019est un cousin politisé et engagé du selfie», estime l\u2019universitaire, « un selfie, avec un petit pas de côté qui donne de la visibilité, non pas à la vie quotidienne d\u2019une personne, mais à une cause qu\u2019elle veut défendre ».Et ce, dans un marché plus que saturé «où les codes et les techniques de communication sont maîtrisés par un grand nombre» et où, du coup, «seuls les plus habiles» vont réussir à se démarquer, ajoute pour sa part M.Desîlets.Holly Jarrett est sans doute du nombre, comme en témoigne l\u2019écho produit depuis quelques jours par sa campagne de photos avec sous-texte sans équivoque \u2014 suis-je la prochaine à être tuée ou enlevée, raconte fin^dement le message \u2014 et pour laquelle elle souhaite bien sûr un autre résultat: la création d\u2019une commission d\u2019enquête sur le sort des femmes autochtones assassinées ou disparues dans la plus grande indifférence.Et ce, avant que ce projet numérique et engagé, même s\u2019il s\u2019incarne dans des centaines de visages d\u2019un océan à l\u2019autre, à l\u2019image du «Ice Bucket Challenge», campagne de sensibilisation à la maladie de Lou Gehrig, qui a inspiré M\u201c® Jarrett, ne disparaisse sous les images d\u2019une autre campagne.Le Devoir a.Mettre m visage sur une statistique, c\u2019est l\u2019humaniser.Il y a un impact plus fort, plus émotif, quand tu as, face à toi, le regard de la personne qui t\u2019interpelle, yy Mélanie Millette, professeure à l\u2019UQAM LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 avisdev@ledevoir.com 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone\t514 985-3322 Par télécopieur\t514 985-3340 A.bonnenientS (lundi àvendredl, 7h30 à 16h30) Au téléphone\t514 985-3355 Extérieur de Montréal\t(sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel\tabonnements@ledevoir.com Par télécopieur\t514 985-5967 Agenda culturel Par 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