Le devoir, 11 octobre 2014, Cahier G
[" PROFESSIONS SEMAINE DES PROFESSIONNELS 2014 CAHIER THEMATIQUE G > LE DEVOIR, LES SAMED ET D I M A V C « Kl Le Conseil ?interprofessionnel presse le gouvernement d\u2019agir ^ Page G 2 2 OCTOBRE 2014 Protéger le public et démystifier la profession de sexologue Page G 7 FRED DUFOUR LE DEVOIR Le système professionnel québécois célèbre cette année ses 40 ans d\u2019existence.OFFICE DES PROFESSIONS DU QUEBEC Le rôle des ordres professionnels mal compris Examinant plusieurs sondages, l\u2019Office des professions du Québec s\u2019explique mal que la population ne semble pas comprendre la mission première des ordres professionnels, soit de protéger le public et non leurs membres.Pour le président, M® Jean Paul Dutrizac, il est temps de remédier à la situation en passant à l\u2019action.DAPHNÉE HACKER B.Cette année, TOffice des professions du Québec (OPQ) célèbre le 40® anniversaire de la création du système professionnel québécois.«Après tout ce temps, ça me surprend que le public ne saisisse toujours pas que les ordres professionnels sont là avant tout pour le protéger», déplore M.Dutrizac.Le président rappelle que, selon les plus récents résultats d\u2019un sondage CROP réalisé pour le compte du Conseil interprofessionnel du Québec, seulement 12% de la population affirme que les ordres professionnels sont là pour protéger le public et non leurs membres.L\u2019année précédente, la proportion était de 11%.«Il y a clairement un problème de perception, auquel il faut s\u2019attaquer», poursuit M.Dutrizac, qui estime que la nouvelle approche de son organisation en matière de protection du public améliorera sa confiance.Selon le président, le problème de perception provient entre autres du fait que les comportements professionnels déviants font souvent l\u2019objet de reportages dans les médias.Et c\u2019est dans ce contexte que les ordres professionnels, la plupart du temps, interviennent publiquement.«Il y a des liens négatifs qui se font forcément», analyse-t-il.Selon lui, les porte-parole des ordres devraient saisir d\u2019autres occasions de se faire voir et entendre et en profiter pour mieux faire connaître leur mission.«Lors du dé- bat sur le droit de mourir dans la dignité, le Collège des médecins a assuré une présence médiatique très pertinente», note-t-il en exemple.M.Dutrizac déplore qu\u2019une fausse idée existe au sein du public selon laquelle les professionnels ne se dénoncent pas entre eux.« Cest complètement faux, d\u2019ailleurs, plusieurs ordres ont modifié leur code de déontologie pour y insérer un règlement imposant la délation», explique-t-il.A son avis, la fin des travaux de la commission Charbonneau et le rapport final de la juge en chef encourageront fortement les professionnels à se doter de mécanismes pour protéger les lanceurs d\u2019alerte.Impliquer les citoyens Pour accentuer la confiance du public, les ordres professionnels doivent prouver qu\u2019ils assurent une bonne gouvernance et une transparence en tout temps, soutient M.Dutrizac.Ce dernier rappelle que l\u2019OPQ planche depuis quelques années sur une réforme du Code des professions, qui correspond à la loi constitutive du système professionnel et dicte le fonctionnement des ordres.La réforme du code prendra en compte les nouvelles réalités de la pratique, assure-t-il.«Nous accorderons plus de place à la représentation des citoyens», dit-il, suggérant de faire augmenter le nombre de représentants du public dans les conseils d\u2019administration et les comités statuaires afin d\u2019approcher les 25%.Souhaite-t-il aussi voir des représentants du public siéger aux conseils de discipline, où on ne retrouve traditionnellement que des membres de l\u2019ordre et un avocat assurant la présidence ?«Nous avons étudié cette option, mais nous avons conclu que les meilleures personnes pour juger les actes d\u2019un professionnel dans un domaine pointu, eh bien, ce sont ses pairs», répond M.Dutrizac.Toutefois, il rappelle que, grâce au projet de loi 17, adopté l\u2019an dernier, une entité sera sous peu créée afin d\u2019assurer la surveillance de ces ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Jean Paul Dutrizac, président de l\u2019Office des professions du Québec conseils : le Bureau des présidents de conseil de discipline.Ce bureau permettra la création des postes de président-chef et de président-chef adjoint, qui surveilleront les présidents siégeant aux divers conseils disciplinaires.«Je suis convaincu que ce bureau va permettre un traitement plus efficace des plaintes et une plus grande transparence», avance M.Dutrizac.L\u2019office espère que le Bureau des présidents de conseil de discipline sera en place le printemps prochain.Miser sur la prévention et Pauto-inspection Bien qu\u2019il martèle l\u2019importance de la prévention depuis son arrivée à la tête de l\u2019OPQ, en 2007, M.Dutrizac compte offrir une place encore plus importante à cette notion dans la planification stratégique 2014-2018 de l\u2019office.«Il faut multiplier les mécanismes de prévention pour réduire au minimum les comportements déviants ou fautifs», affirme-t-il.Comment faire?Selon M.Dutrizac, deux axes doivent être privilégiés : les formations en continu et l\u2019auto-inspection.Plusieurs ordres, dont le Barreau du Québec, obligent leurs membres à suivre des dizaines d\u2019heures de formation continue chaque année.«Nous allons encourager les ordres à être plus nombreux à agir de la sorte», insiste M.Dutrizac.Interrogé sur les raisons pour lesquelles il considère que les formations peuvent faire diminuer les comportements déviants, le président répond que ce sont, à ses yeux, des lieux où «on peut passer des messages».«Les formations permettent de mettre des notions à jour, de montrer que certaines façons de faire ne sont plus adéquates ou socialement acceptables, c\u2019est un excellent mécanisme de prévention», relate-t-il.Enfin, M.Dutrizac prône une augmentation des auto-inspections au sein des ordres.«Les inspections classiques doivent continuer d\u2019avoir lieu, bien évidemment, mais ce ne sont pas tous les ordres qui ont les moyens d\u2019inspecter l\u2019ensemble de leurs membres sur une base régulière et c\u2019est pourquoi il faut d\u2019autres moyens de les encadrer», souligne-t-il.Par exemple, l\u2019Ordre des pharmaciens du Québec a élaboré une évaluation en ligne que tous les membres doivent compléter.Beaucoup de détails sont demandés dans le questionnaire, qui prend plusieurs heures à remplir, et, selon les réponses fournies, l\u2019ordre décide si le membre doit faire l\u2019objet d\u2019une vérification en personne.« C\u2019est un modèle très intéressant qui pourrait être répandu», observe M.Dutrizac.Ce dernier souligne que TOPQ souhaite aussi renforcer sa mission de surveillance des ordres.«Non seulement nous nous faisons un devoir de rencontrer les présidents, mais nous voulons aussi analyser en profondeur les rapports annuels, les sites Web, suivre la couverture médiatique.Il est important que nous aidions les ordres à servir le mieux possible le public», conclut-il.Collaboratrice Le Devoir G 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2014 PROFESSIONS BUREAU DES PRESIDENTS DE CONSEIL DE DISCIPLINE Le Conseil interprofessionnel presse le gouvernement d\u2019agir Le Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ), qui aura 50 ans en 2015, est un regroupement de 45 ordres professionnels.Le Code des professions lui confère légalement son existence et lui confie un mandat d\u2019organisme conseil auprès du gouvernement.Tour d\u2019horizon des dossiers prioritaires à son ordre du jour avec sa présidente et son directeur général, rencontrés dans leurs bureaux de la rue Sherbrooke.RÉGINALD HARVEY Il y a confusion dans l\u2019esprit de la population, qui peine parfois à tirer au clair ce qui distingue le Conseil interprofessionnel du Québec de l\u2019Office des professions du Québec: «Nous sommes deux organismes distincts: l\u2019office a un mandat de surveillance auprès des ordres, alors que nous en avons un de conseiller auprès de la ministre de la Justice.On est également un forum et un lieu d\u2019échange avec les ordres, on s\u2019occupe de la formation continue, on dispose de lieux de discussion pour leur personnel administratif et on est à leur service», laisse observer Diane Legault, dentiste de profession et présidente du CIQ.En complément, elle ajoute: «On est là de plus pour revendiquer, notamment auprès du gouvernement, des outils réglementaires ou législatijs qui servent aux ordres pour mieux faire leur travail.» Jean-François Thuot, directeur général, situe son existence dans un contexte historique : « Une bonne façon de le camper, c\u2019est de remonter à l\u2019origine, quand le Code des professions a été écrit, au moment où ont été créés l\u2019office et les ordres.Si le législateur a senti le besoin de mettre sur pied le conseil, c\u2019est qu\u2019il avait probablement une vision de ce devait être l\u2019équilibre entre les organes du système; on reconnaissait qu\u2019il y avait une dynamique qui méritait d\u2019être canalisée par un regroupement qui est celui du conseil.» La réforme du code Le Code des professions su- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Diane Legault et Jean-François Thuot, respectivement présidente et directeur général du Conseil interprofessionnel du Québec.bit une cure de rajeunissement, entamée en 2012.La présidente en dégage les lignes de force : «Il s\u2019agit certainement d\u2019en améliorer la gouvernance et la transparence, mais aussi d\u2019apporter des correctif là où le bât blesse particulièrement au sein du système, en l\u2019occurrence sur le plan du processus disciplinaire.» Le conseil considère que cette réforme apparaît comme une priorité et il a fait ses devoirs: «On a abattu un travail colossal et on a soumis une soixantaine de recommandations pour le bonifier.A ce moment-ci, nous sommes en attente de l\u2019orientation de l\u2019office, qui va indiquer, en décembre, ce qu\u2019il envisage de proposer, à la limite, sur ce projet-là.» Le d.g.apporte ce complément d\u2019information: «La crédibilité a été un mot-clé, l\u2019élément déclencheur de la réforme en cours.On s\u2019est demandé, 40 ans après l\u2019adoption du code, pourquoi le public remet en question le travail des ordres et s\u2019il y avait moyen de bonifier les mécanismes de protection à son égard; il en va de sa confiance envers le système.» Au nombre des 60 propositions du conseil figure celle qui porte sur la composition du conseil d\u2019administration des ordres: «Actuellement, pour prendre un exemple, dans un conseil d\u2019administration formé d\u2019environ 25 per- sonnes, il y a quatre membres nommés par l\u2019office qui sont en provenance du public.On souhaite qu\u2019ils soient plus nombreux, ce qui apporterait une transparence additionnelle.On voudrait également qu\u2019ils soient désignés parce qu\u2019ils apportent une compétence particulière dont les ordres ont besoin.» Le CIQ recommande un autre changement découlant en partie des interventions de la commission Charbon-neau, comme le souligne à son tour le d.g.: «On souhaite que les syndics des ordres professionnels puissent être en mesure de conduire des enquêtes multidiscipli- naires.À l\u2019heure actuelle, le syndic d\u2019un ordre a tendance à travailler en silo et on sait maintenant que, à l\u2019intérieur d\u2019une même société, il peut y avoir plusieurs professionnels qui sont potentiellement à risque de dérapage.Les enquêtes multidisciplinaires sont un élément important de nos prises de position.» Le conseil prône dans la même veine un encadrement plus serré des sociétés elles-mêmes: «Un ordre pourrait être appelé à exercer une certaine surveillance sur les agissements de l\u2019une d\u2019entre elles.» Un débat majeur est en cours à ce sujet.La réforme globale elle-même pourrait faire l\u2019objet ORDRE DES CHIMISTES DU QUÉBEC Une loi inchangée depuis 40 ans ne peut encadrer une profession qui a autant évolué La Loi des chimistes professionnels accordait pour la première fois une reconnaissance professionnelle et légale aux chimistes membres de l\u2019Association des chimistes professionnels de Québec.Un amendement fut adopté et l\u2019Association devint la Corporation des chimistes professionnels du Québec, une corporation d\u2019ordre public.à\t\t Q\t\t¦ \t\tr LAssemblée nationale sanctionna le Code des professions qui régit le système professionnel au Québec.La Loi sur les chimistes professionnels, qui assure depuis 40 ans la réserve du titre professionnel de «chimiste» et la pratique exclusive de certains actes, n\u2019a jamais subi de modifications reflétant l\u2019évolution de la profession et des formations universitaires.L\u2019Qrdre n\u2019est plus en mesure d\u2019assurer pleinement sa mission première, soit de protéger le public.La chimie joue un rôle majeur dans maints aspects de nos vies.Certains travailleurs l\u2019exercent cependant sans encadrement légal au Québec actuellement.Notre alimentation, pour ne nommer que cet exemple, fait partie des secteurs où on retrouve de tels travailleurs.Leurs gestes représentent un risque élevé de préjudice envers le public.Pourtant, ces personnes ne sont ni imputables de leurs erreurs ni de leurs omissions, contrairement à nos chimistes.Ce risque élevé pour la protection du public est présent depuis beaucoup trop longtemps.L\u2019Qrdre demande donc qu\u2019une nouvelle Loi sur les chimistes soit adoptée rapidement pour mettre fin à cette situation.La ministre responsable de l\u2019application des lois professionnelles, Stéphanie Vallée, doit agir pour que l\u2019Qrdre puisse accroître : \u2022\tla confiance du public dans le système professionnel; \u2022\tl\u2019imputabilité des chimistes du Québec; \u2022sa capacité à protéger le public I i a, La crédibilité a àé un mot-clé, l\u2019élément déclencheur de la réforme en cours.On s\u2019est demandé, W ans après l\u2019adoption du code, pourquoi le puhlk remet en question le travail des ordres et sil y avait moyen de bonifier les mécanismes de protection à son égard; il y va de sa confiance envers le système.)) d\u2019un projet de loi au printemps de 2015.Des procédures toujours à pas de tortue La loi 17 qui modifie le Code des professions en matière de justice disciplinaire, en vue de réduire notamment les délais dans le traitement des dossiers, a été adoptée en juin 2013.Depuis ce temps, les procédures traînent en longueur relativement à son application et à la mise sur pied d\u2019un «Bureau des présidents de conseil de discipline» susceptible d\u2019améliorer la situation.Le conseil manifeste de l\u2019impatience à ce sujet, comme le rapporte Legault: «Pour la population et pour les professionnels, le temps est venu d\u2019agir; il y a des dossiers qui traînent depuis cinq, six ou huit ans.» Le conseil est-il en mesure de faire avancer les choses dans ce dossier ?«Il a sa voix propre et il peut s\u2019exprimer auprès de l\u2019office et de la ministre de la Justice responsable des lois professionnelles.Une lettre de notre part est à l\u2019origine du projet de loi; nous nous inquiétions alors, en 2011, des délais disciplinaires et de leurs effets sur le degré de confiance des gens; nous avons encore récemment entendu les préoccupations de certains de nos membres devant des délais qui perdurent.Il est donc évident que cela nous encourage à souhaiter que l\u2019office et le gouvernement mettent sur pied le bureau le plus vite possible», soutient M.Thuot.Le conseil a déjà fait valoir son point de vue aux décideurs en cause et le dossier chemine.Le ressac technologique Entretemps, le CIQ s\u2019intéresse attentivement aux demandes transmises à l\u2019office par des groupes de professionnels désireux de voir leurs activités encadrées par un ordre professionnel: les dossiers des criminologues et des ostéopathes suivent actuellement leur cours, alors que le conseil se montre préoccupé par les pratiques professionnelles à distance.Dans le cadre de la Semaine des professionnels tenue en octobre, une demi-journée sera consacrée aux impacts des avancées technologiques sur les professions.De la télémédecine au télétravail, le CIQ s\u2019interroge sur l\u2019évaluation des retombées de l\u2019ère technologique relativement à l\u2019encadrement des services professionnels : «Les ordres et le Code des professions sont-ils prêts à prendre un tel virage ?» Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2014 G 3 PROFESSIONS Le Conseil interprofessionnel en mode de revendication et d\u2019accneil REGINALD HARVEY Le Québec s\u2019apprête à recevoir le congrès annuel du Réseau canadien des associations nationales d\u2019organismes déréglementation (RCANOR), fin octobre.Il se distingue au pays par l\u2019existence d\u2019un office gouvernemental des professions qui est chargé de la surveillance des ordres professionnels, ce qui n\u2019existe nulle part ailleurs dans les autres provinces.Rien n\u2019empêche que le Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ) réclame, de son côté, un élargissement de son mandat afin que le public utilisateur des services professionnels jouisse d\u2019une protection accrue.Au terme de l\u2019entrevue dans les bureaux du CIQ, son directeur général, Jean-François Thuot, situe la problématique : «La question qu\u2019on se pose souvent se résume comme suit: on sait que les ordres sont là pour protéger le public, mais celui-ci a tendance à les voir uniquement en lien avec l\u2019exercice de la profession.Pour notre part, on est bien placé pourparler un message un peu plus englobant: dans nos orientations stratégiques, on souhaite évoluer avec la société et faire en sorte que la protection du public soit comprise aussi comme un élément majeur de l\u2019intérêt public en général.Voilà ce qui nous motive dans nos actions et ce qui nous incite à revendiquer des choses; le conseil exerce des fonctions de conseiller auprès du gouvernement, mais il peut également faire des demandes.» La présidente, Diane Le-gault, intervient et elle formule avec conviction une proposition qui s\u2019inscrit au-delà du simple avis : «Les 45 ordres font face tous les jours au défi d\u2019assurer la protection du public et la qualité des actes que 1 DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE Le Québec se distingue au Canada par l\u2019existence d\u2019un office gouvernemental des professions qui est chargé de la surveillance des ordres professionnels, ce qui n\u2019existe nulle part ailleurs dans les autres provinces.les professionnels posent.Avec la connaissance que nous avons et la vigie que nous exerçons, que devrions-nous ramasser et transmettre comme information à la ministre et au gouvernement en nous situant en amont et en étant davantage proactifs ?C\u2019est là qu\u2019est vraiment notre rôle !» Un coffre de règlements mieux garni L\u2019office va de l\u2019avant avec la réforme du code, ce dont se félicite le conseil, qui l\u2019accompagne en formulant des recommandations au ministère.La présidente se montre plus explicite: «On agit de la sorte parce que les ordres connaissent certaines difficultés et cherchent à obtenir les outils qui sont les plus performants pour bien faire leur ]oh; ce faisant, ils vont alimenter la confiance dans le contrat social qui existe entre eux et le public.Pour bien remplir leur part de ce contrat, ils doivent maintenant se livrer à des démonstrations additionnelles de leur intégrité, surtout dans le cadre de la commission Charbonneau.» Diane Legault résume le discours qui est porté conjointement: «Les ordres sont prêts à aller de l\u2019avant dans ce sens-là, mais ils demandent au gouvernement de leur donner les outils qu\u2019ils revendiquent pour mieux accomplir leur travail de manière plus efficace.» Quels sont-ils?«E s\u2019agit des outils réglementaires parce que, dans le Code des professions, il en existe un certain nombre qui leur sont confiés, comme celui de rendre la formation continue obligatoire [.], il en faudrait davantage pour améliorer leur performance et ils sont désireux de bien faire le travail, tout en y consacrant toute leur énergie.» Elle conclut: «C\u2019est dans ce rapport-là avec la société et le gouvernement qu\u2019on s\u2019inscrit; on veut de la sorte évoluer et se dynamiser.» La visite s\u2019en vient Ces aspirations et bien d\u2019autres sujets seront abordés dans quelques jours, au moment où se tiendra à Montréal le rassemblement annuel du Réseau canadien des associations nationales d\u2019organismes de réglementation (RCANQR).Jean-François Thuot en assure la coprésidence et livre ce court exposé : «E faut se rappeler que la réglementation profession- nelle, c\u2019est une compétence provinciale; donc, historiquement, chaque province s\u2019est dotée de sa propre structure.» Québec fait bande à part, comme dans bien d\u2019autres domaines : «Le système québécois est unique et, dans bien des occasions, représente une source d\u2019inspiration; nos façons d\u2019agir exercent un leadership auprès des autres.» La présidente ajoute son grain de sel: «L\u2019entente France-Québec pour l\u2019exercice de certaines professions d\u2019un continent à l\u2019autre est un bon exemple de cela.Les autres provinces s\u2019intéressent à cette expérience que nous avons vécue, surtout dans le contexte actuel de libre-échange entre le Canada et l\u2019Union européenne, parce que le savoir-faire québécois deviendra utile et exportable.» Le d.g.reprend la parole: «Le modèle de cet accord, au chapitre de la reconnaissance des qualifications professionnelles, c\u2019est celui du Québec, pour l\u2019essentiel.» Cela dit, il revient à l\u2019événement comme tel et fournit cet éclairage: «Donc, il n\u2019y a pas, dans les autres provinces, un office des professions ou un organisme gouvernemental ; ce sont des ministères qui se chargent de la surveillance.E n\u2019y a pas non plus de code des professions ni l\u2019équivalent d\u2019un conseil interprofessionnel comme le nôtre, qui est un regroupement de tous les ordres.» Le RCANQR existe toutefois à titre de lieu de rassemblement pancanadien.Tel est le cas parce que les professions se sont regroupées à l\u2019échelle provinciale dans des associations nationales des agronomes, des comptables, des dentistes, des architectes, des ingénieurs ou autres ; ce ne sont pas tous les domaines qui sont couverts: «Es ont construit ce réseau qui est une tribune idéale pour parler des problématiques communes: la confiance du public, la transparence, l\u2019efficacité des mécanismes, la présence du public, la mondialisation et l\u2019encadrement entre les frontières.» M.Thuot laisse savoir que «le réseau fournit l\u2019occasion de partager des enjeux communs sur ces grands thèmes.Chaque année, il tient un colloque ou un congrès et ce sera la première fois qu\u2019il se déroulera à Montréal.Qn a ainsi voulu souligner que cette année, en 2014, nous célébrons le 40^ anniversaire du Code des professions.» Plusieurs des ordres membres du conseil profiteront de l\u2019occasion qui leur est fournie pour faire valoir leurs expériences vécues.Collaborateur Le Devoir UNE OFFRE AVANTAGEUSE POUR AlKO Hara PROFESSIONNELLE Desjardins offre aux professionnels du nnilieu des affaires, de la santé et des sciences une gannnne d\u2019avantages adaptés à leur réalité.FIER PARTENAIRE DE LA SEMAINE DES PROFESSIONNELS! desjardins.com/professionnels Desjardins Coopérer pour créer l'avenir Détails et conditions sur desjardins.com/professionnels. G 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2014 PROFESSIONS ORDRE DES CONSEILXERS EN RESSOURCES HUMAINES AGREES Une profession en demande La profession de conseiller en ressources humaines en est une d\u2019avenir, assure le président-directeur général de l\u2019Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, Florent Francœur.Survol d\u2019une profession complexe qui nécessite parfois du doigté lorsqu\u2019il s\u2019agit notamment d\u2019abaisser les tensions au sein d\u2019une organisation.THIERRY HAROUN Nous disions donc que cette profession en est une d\u2019avenir.«Oui, tout à fait On fait partie des professions qui sont en demande.Le marché du travail est très bon pour notre profession actuellement et j\u2019oserais dire que ça va s\u2019améliorer au cours des prochaines années», assure M.Francœur.Pourquoi?«Essentiellement parce qu\u2019on diplôme environ 800 personnes en ressources humaines par année et que plus ou moins 1000 professionnels du métier partent à la retraite sur une base annuelle.Donc, non seulement le marché du travail va absorber les nouveaux diplômés, mais on va probablement en manquer», déduit Florent Francœur, qui parle au nom des quelque 9500 membres de son ordre professionnel.La majorité des membres œuvrent dans le secteur des services (38%) et les secteurs industriel et commercial (22%), alors que 16% sont dans la fonction publique et parapublique.Par ailleurs, 33% des membres pratiquent la profession à titre de généraliste, 13% sont spécialisés en développement organisationnel, 8% en dotation, 8% en relations de travail et 6% en formation.Plus de 85% d\u2019entre eux sont titulaires d\u2019un baccalauréat.Et, fait notable, la documentation de Tordre fait valoir que OCRHA « On ne peut pas s\u2019improviser directeur des ressources humaines du jour au lendemain.C\u2019est un métier à part entière qui exige des connaissances», souligne Florent Francœur, p.-d.g.de l\u2019Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.toutes les tranches d\u2019âge sont représentées à parts égales.Ainsi, 32% sont âgés de 26 à 35 ans, 30% ont entre 36 et 45 ans et 27 % ont entre 46 et 55 ans.On notera enfin que deux titres sont réservés aux membres de Tordre, soit ceux de conseiller en ressources humaines agréé (CRHA) (72% des membres) et de conseiller en relations industrielles agréé (CRIA).Enjeux et rôles du métier Cela dit, les CRHA et les CRIA sont présents dans tous les milieux, que ce soit dans les entreprises, les organismes gouvernementaux, les syndicats, les universités ou encore les cabinets de consultants.Ces professionnels agissent notamment sur le développement organisationnel, la gestion des conflits, les relations de travail, la formation, le transfert des connaissances, la relève, la santé et le mieux-être des employés en milieu de travail, la rémunération, les avantages sociaux de même que la mobilisation des employés.Il existe par ailleurs un autre enjeu qui interpelle particulièrement Florent Francœur, soit celui du taux de roulement et de la rétention des employés au sein d\u2019une entreprise.« C\u2019est un enjeu important surtout à Montréal, où on s\u2019aperçoit que les entreprises ont de la difficulté à recruter du personnel parce que les gens ne veulent pas traverser les ponts, par exemple», note-t-il en s\u2019ap- puyant sur un récent sondage que son organisme a réalisé.Ainsi, les nombreux travaux routiers au Québec ont un impact considérable sur la gestion quotidienne des employés, selon 70% des répondants.Cette proportion n\u2019était que de 55% en 2011.Le coup de sonde démontre que près de 30% des professionnels en ressources humaines interrogés affirment avoir perdu des candidats potentiels en raison de la localisation de leur entreprise et des travaux routiers.Et ce, sans compter que plus de 25% des répondants ont affirmé que des employés ont quitté volontairement leur entreprise pour cette raison.Et, en comparant la région de la Capitale-Nationale à la métropole, le sondage note que l\u2019impact est deux fois plus élevé chez les répondants en poste dans une entreprise de Montréal.Gestion du stress et des conflits Maintenant, il va de soi que le bien-être d\u2019un employé au sein d\u2019une entreprise rime avec la productivité.On résume: un employé heureux est un employé productif.Mais le stress et la pression que la société d\u2019aujourd\u2019hui et la concurrence entre entreprises d\u2019un même secteur font peser sur les personnes sont une réalité avec laquelle le professionnel en ressources humaines doit composer au sein de son organisation, rappelle M.Francœur.«Vous sa- vez, toute la question de la santé mentale au travail est le fléau du XXL siècle.Et il y a beaucoup de pression qui se fait sentir au sein d\u2019une entreprise pour différentes raisons.On le remarque quand les gens quittent leur emploi pour des raisons d\u2019épuisement professionnel, par exemple.Tout cela est en augmentation.L\u2019idée, dans ces situations, c\u2019est de s\u2019assurer que les employés sachent qu\u2019on se préoccupe de leur santé et de leur bien-être au travail.» Et c\u2019est dans ce contexte que le professionnel en ressources humaines devient une «courroie de transmission» importante entre les parties, précise M.Francœur.Ce qui, de fait, nécessite beaucoup de doigté.« Un des rôles difficiles de ce métier est de se retrouver entre l\u2019employé et l\u2019employeur.Bien sûr, il faut s\u2019assurer que l\u2019employé soit productif, que son potentiel soit exploité à son maximum.Mais, d\u2019un autre côté, il faut rappeler à l\u2019employeur qu\u2019il ne gagnera pas à brûler ses employés.Le CRHA doit ainsi procéder par étapes.Il agit comme courroie de transmission.C\u2019est un rôle qui est difficile.» «Vous savez, fait-il remarquer, le patron qui ne parle pas à ses employés a un impact sur la productivité.Ça, on le sait.Un employé heureux et en bonne santé est plus productif » D\u2019ailleurs, la fonction du CRHA ou du CRIA est de plus en plus reconnue, fait-il valoir.«Il y a 20 ans, je vous aurais dit qu\u2019il y a une personne en ressources humaines pour 200 employés.Aujourd\u2019hui, on remarque que, dès qu\u2019on a 75 employés, le besoin d\u2019un tel professionnel se fait sentir.On ne peut pas s\u2019improviser directeur des ressources humaines du jour au lendemain.C\u2019est un métier à part entière qui exige des connaissances.» Collaborateur Le Devoir ORDRE DES EVAUUATEURS AGREES DU QUEBEC Connaître la juste valeur d\u2019un bien immobilier PIERRE VALLEE Est-il possible de connaître la véritable valeur marchande d\u2019un bien immobilier?Et à qui peut-on se fier pour ce faire ?Si on veut l\u2019heure juste, mieux vaut faire appel aux services d\u2019un évaluateur agréé, estime Richard Côté, président de l\u2019Ordre des évaluateurs agréés du Québec (OFAQ).«L\u2019évaluateur agréé a le devoir de fournir à son client une évaluation impartiale et motivée de la juste valeur marchande d\u2019un bien immobilier, explique-t-il.Par évaluation motivée, j\u2019entends une évaluation pleinement justifiée.S\u2019il évalue un bien immobilier à 300 000 dollars, il expliquera clairement au client les raisons pour lesquelles il en est arrivé à ce chiffre.Il tiendra compte, bien sûr, de la valeur des biens immobiliers récemment vendus dans le même secteur, mais il poussera plus loin l\u2019analyse.Il se déplacera pour faire un examen de visu de l\u2019immeuble et il tiendra compte de l\u2019état actuel du bâtiment, par exemple s\u2019il a été rénové ou non.Ces informations supplémentaires lui permettront d\u2019établir des comparaisons avec des immeubles qui possèdent les mêmes caractéristiques que l\u2019immeuble qu\u2019il évalue.» De plus, l\u2019évaluateur agréé ne tire aucun avantage en gonflant la valeur marchande d\u2019un bien immobilier.«L\u2019évaluateur agréé est payé par honoraires et non par commission.La valeur marchande de l\u2019immeuble n\u2019a aucune incidence sur sa rémunération, ce qui n\u2019est pas le cas des autres intervenants du secteur immobilier.Le vendeur a intérêt à vendre le plus cher possible, tout comme le courtier immobilier, qui, lui, est payé par commission.L\u2019établissement prêteur réalisera davantage de revenus d\u2019intérêt selon la hauteur du prêt hypothécaire consenti.Seul l\u2019acheteur risque de perdre au change.Et l\u2019évaluateur agréé reste le seul intervenant entièrement impartial, car il n\u2019est pas partie prenante d\u2019une transaction immobilière.» Évaluations automatisées Le fait que les parties prenantes d\u2019une transaction immobilière, sauf l\u2019acheteur, ont intérêt à ce que la valeur marchande d\u2019un bien immobilier soit plus élevée que ce qu\u2019elle devrait être amène Richard Côté à mettre en garde les acheteurs quant aux évaluations automatisées de biens immobiliers que pratiquent aujourd\u2019hui les établissements financiers.Richard Côté précise que ces évaluations se fondent sur un logiciel développé par la Société canadienne d\u2019hypothèque et de logement (SCHL), la société d\u2019Etat qui garantit la majorité des prêts hypothécaires au Canada.«Le logiciel de la SCHL tient compte en partie de la valeur d\u2019un immeuble, mais il sert surtout à déterminer la capacité d\u2019emprunt de l\u2019acheteur.Si on détermine qu\u2019on peut prêter 300 000dollars à un acheteur, on le fera, même si ce prêt hypothécaire sert ensuite à acheter un bien immobilier dont la véritable valeur marchande est plutôt de 250000dollars.Au fond, cela importe peu pour l\u2019établissement financier, qui, en prêtant davantage, fait plus d\u2019intérêt.» Et la SCHL là-dedans?« Comme la SCHL perçoit une prime sur l\u2019assurance du prêt hypothécaire calculée sur la valeur de ce dernier, prime par ailleurs payée par l\u2019acheteur, elle voit aussi dans cette pratique un avantage pour elle.» Par contre, selon Richard Côté, cette façon de procéder induit un vice de forme.« Comme le prêt est garanti par la SCHL, si l\u2019acheteur se retrouve en défaut de paiement, c\u2019est elle qui ramasse les pots cassés, c\u2019est-à- Dépistage et prévention des difficultés d'adaptation Évaluation du développement et du comportement de l'enfant et de l'adolescent Sensibilisation aux besoins des jeunes de 0 à 18 ans Soutien à la relation parent/enfants et aux habiletés parentales Intervention en situation de crise Accompagnement des aînés opm ORDRE DES PSYCHOÉDUCATEURS ET PSYCHOÉDUCATRICES DU QUÉBEC Une présence qui fait ia différence dire, au fond, l\u2019ensemble des contribuables.De plus, cette garantie de la SCHL est une incitation pour les établissements prêteurs à consentir aux acheteurs des prêts plus élevés, puisque le risque est entièrement assumé par la SCHL.Il devrait y avoir un partage des risques plus équitable entre la SCHL et les établissements prêteurs.Cela aurait pour effet d\u2019accorder davantage d\u2019importance à la juste valeur marchande d\u2019un bien immobilier, puisque l\u2019établissement financier qui serait obligé de reprendre possession après un défaut de paiement ne voudrait pas se retrouver avec un bien immobilier dont la valeur marchande réelle est moindre que le prêt consenti.» Formation et lieu de pratique Une personne qui veut devenir évaluateur agréé doit d\u2019abord détenir soit un baccalauréat en administration des affaires avec certificat en immobilier de TUQAM, soit un baccalauréat en administration des affaires avec concentration en gestion urbaine et immobilière de l\u2019Université Laval, soit, toujours à l\u2019Université Laval, un baccalauréat en administration des affaires conjugué au certificat en gestion urbaine et immobilière.Depuis peu, TOEAQ reconnaît le nouveau certificat en évaluation et en gestion immobilière de l\u2019Université du Québec en Outaouais si ce dernier est combiné à un baccalauréat en administration.«Ces voies universitaires mènent à la formation en évaluation agréée, qui est la responsabilité de TOEAQ.Cette formation prend la forme d\u2019un stage rémunéré d\u2019un an en milieu de travail auprès d\u2019évaluateurs agréés membres de TOEAQ.Le candidat devient évaluateur agréé lorsqu\u2019il réussit, une fois le stage complété, un examen écrit et oral.» OEAQ «Nous croyons que le public serait mieux protégé si certains actes nous étaient réservés», affirme Richard Côté.Si le domaine de pratique d\u2019entrée demeure l\u2019évaluation de résidences, l\u2019évaluateur agréé peut aussi évaluer d\u2019autres types de bien immobilier.L\u2019évaluation peut se faire dans le cadre du financement d\u2019un achat, mais aussi pour des raisons d\u2019expropriation, d\u2019assurance ou de succession.Plusieurs évaluateurs agréés choisissent aussi d\u2019exercer le métier de gestionnaire immobilier.Ils peuvent travailler en pratique privée ou en établissement public.Être membre de TOEAQ donne le droit d\u2019utiliser le titre réservé d\u2019évaluateur agréé.Malheureusement, il n\u2019y a pas d\u2019actes réservés aux évaluateurs agréés.«Au fond, n\u2019importe qui peut évaluer un bien immobilier, dans la mesure où il le fait sous une appellation autre qu\u2019évaluateur agréé.Nous croyons que le public serait mieux protégé si certains actes nous étaient réservés.Nous sommes en discussion à ce sujet avec l\u2019Office des professions.» Collaborateur Le Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2014 G 5 PROFESSIONS Encadrer la télépratique, l\u2019objectif du CEFRIO La télépratique, c\u2019est la gestion de la distance, ou comment se rapprocher virtuellement quand c\u2019est physiquement impossible de le faire.Au Centre francophone de recherche en informatisation des organisations (CEFRIO), on en est déjà à s\u2019imaginer comment procéder pour y parvenir dans un futur qui n\u2019est pas si lointain.MARIE-HÉLÈNE ALARIE Le Québec est vaste et certains de ses territoires sont peu peuplés.Si d\u2019emblée on a tendance à considérer ces grands espaces comme une richesse, ceux-ci représentent pourtant un défi de taille quand vient le temps d\u2019y offrir des services aux populations qui les habitent.Josée Beaudoin est vice-présidente, Montréal innovation et transfert, du CEFRIO.Depuis une vingtaine d\u2019années, elle y bâtit des projets d\u2019innovation et d\u2019expérimentation numériques.Elle précise que, «depuis une douzaine d\u2019années, le CEFRIO progresse dans un modèle d\u2019expérimentation avec des travailleurs et des milieux de pratique.On a mis en place une manière de faire avec les chercheurs universitaires qui produit, de notre point de vue, d\u2019excellents résultats.» Josée Beaudoin est une observatrice privilégiée de l\u2019évolution du Québec numérique.Dans ce sens, une des missions du CEFRIO, depuis les 25 dernières années, est de mesurer l\u2019appropriation du numérique dans la population et dans les entreprises, l\u2019autre étant d\u2019expérimenter de nouvelles pratiques : « C\u2019est important pour nous de bien faire les deux, parce que, si on ne se contentait que de mesurer, on ne créerait pas d\u2019innovation.» L\u2019inverse est vrai, renchérira-t-elle, puisque l\u2019observation permet d\u2019entrevoir des possibilités d\u2019innovation.Une pression sur les institutions Ces mesures mettent en évidence certains faits, dont celui-ci: aujourd\u2019hui, plus de 80% des Québécois naviguent sur Internet en moyenne 20 heures par semaine.C\u2019est ce qu\u2019on peut appeler un phénomène de société important: «Depuis 10 ans, la vie des Québécois s\u2019est transformée avec le Web et Internet; on se divertit, on s\u2019informe, on transige et on échange.Si on en était encore, comme il y a 10 ans, à 30 ou 40 %, l\u2019effet sur les institutions ne serait pas le même.Nos dernières données sur la mobilité nous indiquent qu\u2019un foyer sur deux possède un CRIM Une des missions du CEFRIO, depuis les 25 dernières années, est de mesurer l\u2019appropriation du numérique dans la population et dans les entreprises.téléphone intelligent et que, quand le foyer a un enfant, on passe à trois foyers sur quatre», dira Beaudoin.Ces phénomènes créent une pression sur les institutions québécoises.Au CEFRIQ, on travaille en collaboration avec les réseaux de la santé et de l\u2019éducation afin de relever des défis de société.«Pour nous, l\u2019univers de la télépratique est né d\u2019un projet en éducation il y a 12 ans: Les écoles en réseau.Ce projet concernait le défi que posait la fermeture de petites écoles au Québec.Le ministère nous avait demandé d\u2019examiner de nouvelles solutions technologiques.On a développé un dispositif qui impose à l\u2019enseignant de changer un peu sa pratique», se rap- pelle Josée Beaudoin.Au fur et à mesure que se déployait ce projet, l\u2019équipe du CEFRIO a constaté que les professionnels des commissions scolaires, qui sont membres de corporations professionnelles, se montraient eux aussi intéressés par la possibilité de faire de l\u2019intervention auprès des élèves et des enseignants en utilisant ce même dispositif.C\u2019est alors que le CEFRIO commença à employer la téjépra-tique à petites doses, dans le projet des Ecoles en réseau, auprès des professionnels volontaires: orthophonistes, conseillers en orientation et psychoéducateurs.«On a documenté tous les bénéfices reliés à une intervention hybride», ajoute Josée Beaudoin, qui précise que personne n\u2019envisage cependant un avenir en mode virtuel uniquement.«Nous privilégions les formules où on maintient une intervention en face à face, mais on intègre des moments virtuels à l\u2019intérieur du processus.» Deux enjeux majeurs Au Québec, il y a autant de manières d\u2019utiliser la télépratique qu\u2019il y a de métiers.Selon Beaudoin, il existe deux grands enjeux auxquels il faut répondre dans le domaine de la télépratique : «Il y a d\u2019abord l\u2019enjeu de la pratique professionnelle qui doit s\u2019articuler de manière précise dans le contexte du code de pratique de chacun des ordres professionnels: comment tirer parti de la télépratique et comment celle-ci aidera-t-elle à livrer plus de services à plus de gens ?Le second enjeu est celui de l\u2019organisation du travail: comment doit-on redéfinir cette organisation, à partir du moment où on ne travaille plus seulement en face à face ?» Cet enjeu de l\u2019organisation du travail interpelle particulièrement les gestionnaires et les centrales syndicales, mais aussi tous ceux qui sont présents dans des organisations publiques et parapubliques.Quand on compare les secteurs public et privé, on constate de grands écarts: «On a l\u2019impression que les grandes entreprises du secteur privé se sont donné beaucoup de flexibilité avec le numérique, depuis les dix dernières années, en instaurant des pratiques de télétravail, en expérimentant la mobilité et en changeant les processus afin de tirer parti du numérique et d\u2019être plus performants», constate Beaudoin.Le numérique et la télépratique obligent à définir de nouvelles normes de travail.Si ces projets de télépratique ne sont pour l\u2019instant qu\u2019expérimentaux, l\u2019objectif du CEFRIQ est de créer un vaste chantier de travail avec plus de volontaires et de manière plus massive, afin d\u2019avancer sur ces questions: «Dans tous les projets d\u2019innovation qui associent des volontaires, la difficulté, pour les grands systèmes dans lesquels nous sommes, c\u2019est de passer des volontaires à l\u2019ensemble.C\u2019est une grande préoccupation, mais on doit d\u2019abord aller chercher des volontaires pour bâtir la pratique, afin qu\u2019on puisse ensuite en faire une plus large diffusion.Ces projets nécessitent aussi la participation des gestionnaires, et c\u2019est comme ça qu\u2019on avance.Ça ne se fait pas du jour au lendemain.» Collaboratrice Le Devoir LE COACHING, CE N'EST PAS DU BONBON Trois ordres professionnels s'unissent pour assurer au public des services de coac/7/r/gde qualité.Assurez-vous de retenir les services d'un coach membre d'un ordre professionnel.CRHA Ordre des conseillers en ressources humaines agréés ORDRE DES PSYCHOLOGUES DU QUÉBEC GO Ordre des conseillers et conseillères d'orientation du Québec Portailrh.org/coaching ordrepsy.qc.ca/coaching orientation.qc.ca/coaching G 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2014 PROFESSIONS Vers la création d\u2019un ordre professionnel des criminologues Le projet enclenché depuis près de 20 ans est sur le point de connaître un tournant majeur: vm ordre professionnel des criminologues va être créé.ASSIA KETTANI La machine remonte à 1996, alors que l\u2019Association professionnelle des criminologues du Québec, aujourd\u2019hui dissoute, dépose une demande d\u2019intégration des criminologues à l\u2019Office des professions du Québec (OPQ).Mais, pour que le processus s\u2019enclenche réellement, il a fallu attendre «le rapport déposé par le comité de travail de Jean-Bernard Trudeau sur la professionnalisation du domaine de la santé mentale en 2002», précise Lucie Boisson-neault, responsable des communications de rOPQ.Recommandant la création de nouveaux ordres professionnels dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines, en particulier dans le cas des criminologues, ce rapport a «posé les assises du projet de loi 21 visant à moderniser le champ d\u2019exercice et à mieux encadrer les professions de sexologue et de criminologue».Quant à savoir quand l\u2019ordre verra réellement le jour, la question demeure sans réponse.«C\u2019est encore beaucoup trop tôt pour avancer un horizon», commente Lucie Bois-sonneault.H reste en effet l\u2019habituel va-et-vient: «Les lettres patentes doivent être complétées, transmises au ministre, puis au conseil des ministres, et publiées dans la Gazette officielle du Québec.Ensuite, il faut un délai de 60 jours pour recueillir les commentaires, qui seront de nouveau transmis au ministre.Ce n\u2019est qu\u2019après la publication finale dans la Gazette officielle du Québec que l\u2019ordre pourra entrer en vigueur», explique-t-elle.Selon Valérie Préseault, responsable des études de premier cycle et çoordonnatrice de stages à l\u2019École de criminologie de l\u2019Université de Montréal, la création de l\u2019ordre accuse un retard inexplicable, notamment par rapport aux sexologues: alors que les deux professions JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dotés d\u2019une expertise au niveau de la délinquance, les criminologues peuvent travailler autant dans les établissements carcéraux que dans les maisons de transition, les centres jeimesse, les centres de dépendance ou d\u2019itinérance, ou encore comme agents de libération conditionnelle.étaient concernées par le projet de loi 21, les sexologues ont vu la naissance de leur ordre l\u2019an dernier, tandis que les criminologues attendent toujours.Notons que l\u2019ordre réservera le titre de criminologue à un seul volet d\u2019une profession qui en compte en réalité plusieurs.Au volet de l\u2019intervention, touché par la loi, s\u2019ajoute celui des analystes et des chercheurs.«C\u2019est une particularité de la criminologie.En travail social, par exemple, tous les finissants du baccalauréat font un stage en intervention, alors que, en criminologie, ils peuvent prendre l\u2019orientation d\u2019analyse-recherche.» Vu qu\u2019est privilégié le volet d\u2019intervention sur l\u2019analyse et la recherche, c\u2019est tout un pan de la profession qui se verra lésé.«Au Département de criminologie de l\u2019Université de Montréal, seuls un ou deux professeurs pourront faire partie de l\u2019ordre.» Il va sans dire que les discussions n\u2019ont «pas toujours été faciles autour de la table avec l\u2019Office des professions, ré-véle-t-elle.Nos membres étaient fâchés, déçus et inquiets.» Une décision d\u2019autant plus contestée que, même s\u2019ils ne travaillent pas en intervention, les criminologues ont tout de même un impact sur le public, poursuit Valérie Préseault.«Si on relâche trop rapidement quelqu\u2019un qui a commis des agressions sexuelles et qui n\u2019a pas été correctement évalué à cause d\u2019un manque de compétences, les implications sont majeures» «Ceux qui travaillent en milieu policier et qui font des recommandations sur le profilage racial, par exemple, ont un impact direct sur la population.» Mais cette situation peut n\u2019être que temporaire, précise-t-elle.«On se rendait compte que, si on résistait, l\u2019ordre ne serait jamais créé.Donc, dans cette première phase, nous allons faire entrer les trois quarts de nos membres qui sont des intervenants.» Et, pour les autres, il faudra attendre une deuxième phase.Pourquoi la création d\u2019un ordre professionnel?H s\u2019agit tout d\u2019abord d\u2019un besoin de reconnaissance.Encore jeune dans le paysage professionnel québécois \u2014 on lui donne 53 ans d\u2019existence \u2014 la criminologie est encore en train de «se chercher et de définir ses contours».D\u2019autant plus qu\u2019elle diffère d\u2019un pays à l\u2019autre, qu\u2019elle est modelée selon les lois et les usages en vigueur, tirant tantôt vers le politique, tantôt vers le pénal.Le champ d\u2019exercice, quant à lui, est vaste: dotés d\u2019une expertise au niveau de la délinquance, les criminologues peuvent tra- vailler autant dans les établissements carcéraux que dans les maisons de transition, les centres jeunesse, les centres de dépendance ou d\u2019itinérance, ou encore comme agents de libération conditionnelle.Un autre aspect de la profession concerne la victimologie, dans les centres d\u2019aide aux victimes d\u2019actes criminels ou les maisons d\u2019hébergement pour femmes en difficulté.La profession a enfin des ramifications cliniques, notamment en santé mentale, où criminologues et psychiatres travaillent ensemble autour de patients ou détenus non criminellement responsables.Et, jeunesse oblige, d\u2019autres facettes du métier se développent: l\u2019immigration, mais aussi les écoles, où les criminologues «ont indéniablement leur place», notamment autour de la prévention de l\u2019intimidation et de la violence.La question du harcèlement au travail se pose également de manière croissante: Revenu Québec se montre, par exemple, prêt à embaucher des criminologues pour ses programmes d\u2019aide aux employés.Mais, surtout, la création de l\u2019ordre répond à un impératif de protection du public, insiste Lucie Boissonneault.«Les criminologues posent des actes à risque pour le public.Celui-ci aura désormais la garantie d\u2019un encadrement dans un système professionnel.» D\u2019autant plus que les répercussions de la criminologie résonnent sur l\u2019ensemble de la société.«Si on relâche trop rapidement quelqu\u2019un qui a commis des agressions sexuelles et qui n\u2019a pas été correctement évalué â cause d\u2019un manque de compétences, les implications sont majeures», estime Valérie Préseault.D\u2019autre part, certains aspects de la profession demeureront flous tant que des normes précises ne seront pas établies.Que fait un criminologue travaillant dans un pénitencier à qui quelqu\u2019un avoue qu\u2019il a déjà commis un délit?Ést-il tenu au secret professionnel?«Parfois, les règles d\u2019un établissement entrent en opposition avec le code de déontologie.Il y a des zones grises, plus ou moins claires, sur ce qu\u2019on fait avec l\u2019information.» La profession peut également être la cible de débordements, notamment dans le cas du crime organisé, par exemple, où des intervenants peuvent divulguer de l\u2019information sur des transferts de détenus.Valérie Préseault se dit donc rassurée de savoir que la création de l\u2019ordre favorisera un meilleur encadrement des membres, la possibilité d\u2019enquêter sur leur pratique, de veiller au respect du code de déontologie ou de formuler des plaintes, ainsi que l\u2019obligation de suivre une formation continue.«Un criminologue qui a obtenu son diplôme il y a 30 ans peut continuer de pratiquer sans se remettre en question.Or les lois et les façons d\u2019intervenir changent.Quand on ne se tient pas â jour, on risque plus de faire des erreurs.On s\u2019assure de la qualité du service offert â la population.» Collaboratrice Le Devoir ORDRE DES PSYCHOEDUCATEURS ET PSYCHOEDUCATRICES DU QUEBEC Une profession qui mériterait d\u2019être mieux comprise PIERRE VALLEE Connaît-on vraiment bien la profession de psychoéducateur?En quoi consiste précisément son travail ?Et quels en sont les beux d\u2019exercice?Mise au point avec Denis Leclerc, président de l\u2019Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec.«La profession de psychoéducateur mériterait d\u2019être â la fois mieux connue et mieux reconnue, admet d\u2019emblée Denis Leclerc.D\u2019une part, il n\u2019y a pas suffisamment de personnes dans le grand public qui savent ce que nous faisons exactement et, d\u2019autre part, notre contribution en tant que professionnels dans la résolution de certains problèmes n\u2019est pas toujours reconnue â sa juste valeur.» Commençons par une définition.Le psychoéducateur travaille auprès de personnes qui éprouvent des difficultés d\u2019adaptation à une situation donnée, difficultés qui s\u2019expriment par un comportement indésirable.Pour pratiquer au Québec, un psychoéducateur doit être le détenteur d\u2019une maîtrise en psychoéducation et être membre de l\u2019Office des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec.«Un psychoéducateur est avant tout un intervenant direct en relations humaines.Sa formation lui permet de bien cerner les difficultés et les besoins d\u2019adaptation et ensuite de mettre en place un plan d\u2019intervention pour corriger la situation.Mais il est aussi formé pour reconnaître les capacités adaptatives des personnes.Ce sont sur ces capacités adaptatives des personnes que reposera le plan d\u2019intervention, car notre approche est de toujours s\u2019appuyer sur les forces d\u2019un individu.Par contre, ce qui nous distingue particulièrement des autres professionnels des relations humaines, c\u2019est que nous nous situons â l\u2019intersection de l\u2019indivijiu et de l\u2019environnement.Evidemment, nous tenons compte des contraintes individuelles, mais nous tenons aussi compte des contraintes environnementales, puisque nous croyons qu\u2019il y a une interaction entre l\u2019individu et son environnement.» lieux de pratique Lorsqu\u2019on mentionne la profession de psychoéducateur et son lieu de travail, la majorité des personnes pensent spontanément au milieu scolaire.«Nous sommes encore énormément associés au milieu scolaire.C\u2019est une image qui nous colle â la peau mais qui, malheureusement, ne colle pas â la réalité.Seulement le tiers de nos quelque 4000 membres se retrouvent dans le milieu de l\u2019éducation, la plupart comme intervenants directs en milieu scolaire.La majorité de nos membres, soit près de 55%, évoluent plutôt dans le domaine de la santé et des services sociaux, ce que peu de gens savent.» Ainsi, 20% des psychoéducateurs au Québec travaillent au sein des CSSS et des CLSC, 15% dans les centres de la jeunesse, une autre tranche de 15% dans les centres de réadaptation et finalement 5 % en milieu hospitalier.Quelques-uns travaillent dans un centre de détention et le reste en cabinet privé.«En santé et en services sociaux, nos lieux de pratique sont variés et nos interventions le sont tout autant.Par exemple, les psychoéducateurs en CSSS ou en CLSC seront souvent appelés â travailler dans un contexte familial.» Il serait aussi faux de croire que les jeunes sont la seule clientèle des psychoéducateurs.«Dans le milieu de la santé et des services sociaux, nous intervenons souvent auprès d\u2019une clientèle adulte, en particulier les personnes ayant des problèmes de santé mentale, dont nous assurons le suivi.Nous travaillons aussi de plus en plus avec les personnes âgées.» Des interventions complexes Selon Denis Leclerc, une des raisons pour lesquelles la profession de psychoéducateur n\u2019est pas autant reconnue qu\u2019elle devrait l\u2019être réside dans la complexité des interventions d\u2019un psychoéducateur.Il donne deux exemples: le premier tiré d\u2019un fait vécu, le second, d\u2019une situation hypothétique.«Dans une résidence pour personnes âgées, un homme, qui connaît certains problèmes co-gnitijs, devient très agressif dès que les préposés l\u2019approchent.De plus, il est aussi déplaisant avec les autres résidents.La solution simple serait de modifier sa médication.Mais la psychoéducatrice surplace avait remar- qué dans ses observations qu\u2019une seule résidente pouvait l\u2019approcher sans problème.En observant de plus près, elle s\u2019est rendu compte que cette résidente l\u2019approchait toujours de côté.En poursuivant son investigation, elle a appris que cet homme âgé avait été, plus jeune, un boxeur.Et elle a compris que, dès qu\u2019on l\u2019approchait de face, il y voyait lâ un adversaire qu\u2019il devait combattre.L\u2019agressivité de l\u2019homme est disparue dès qu\u2019on a compris qu\u2019il fallait l\u2019aborder de côté et jamais de face.» L\u2019autre situation, bien qu\u2019hypothétique, pourrait se passer dans n\u2019importe quelle école secondaire.«Un élève est victime d\u2019une agression physique de la part d\u2019un autre élève.La réponse classique est de rencontrer la victime et l\u2019agresseur pour voir ce qui s\u2019est passé et ensuite de sanctionner l\u2019agresseur en espérant qu\u2019il ne répète pas son geste.Cette approche est valable et fonctionne souvent, mais celle d\u2019un psychoéducateur se voudra plus approfondie.Par exemple, en prenant le Denis temps de discuter avec la victime, il pourrait apprendre que cette dernière est aussi l\u2019objet d\u2019insultes homophobes.Et, en poursuivant cette discussion, le psychoéducateur pourrait en arriver â comprendre que le jeune se questionne lui-même sur son orientation sexuelle.Lâ, les choses deviennent plus complexes.Et, si le jeune accepte qu\u2019il est homosexuel, cela ne veut pas dire pour autant qu\u2019il est prêt â sortir du placard.Et, s\u2019il vient d\u2019un milieu où l\u2019homosexualité est bannie, cela complique davantage le problème.Par Leclerc contre, s\u2019il provient d\u2019un milieu où l\u2019homosexualité est acceptée, il pourra compter sur son soutien.Dans la première approche, l\u2019agresseur sera sanctionné et, s\u2019il ne récidive pas, le problème semble réglé.Par contre, la victime, elle, continue â vivre la même détresse.L\u2019approche du psychoéducateur, par contre, peut déceler cette détresse et mettre en place un plan de soutien.» Collaborateur Le Devoir Philippe BENSIMON Criminologue reconnu et respecté Son expérience, livrée en deux ouvrages passionnants.VRAI OU FAUX?L'acquéreur d'une oeuvre d'art entre en possession à la fois du peintre et d'une durée, celle qui lui a fallu pour peindre le tableau.Hélas, cette œuvre s'avère être un faux manifeste.Mais comment tout cela a-t-il bien pu arriver ?À qui pouvons-nous vraiment nous fier si ceux qui se vantent de savoir se font eux-mêmes prendre au piège?I ^^oûfaux?384 pages \u2022 79,95$ PROFESSION : CRIMINOLOGUE Analyse clinique et relation d'aide en milieu carcéral 2^ édition revue et augmentée Pour voir clairement ce qu'est la criminologie derrière «les murs», voici le livre phare pour les criminologues cliniciens en milieu carcéral.c 608 pages \u2022 47$ kQJ 3 Ü 00 ^ ^ B I (N « c 00 \u2019S (U __, 00 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2014 G 7 PROFESSIONS ORDRE PROFESSIONNEL DES SEXOLOGUES Protéger le public et démystifier la profession L\u2019Ordre professionnel des sexologues (OPSQ) vient de souffler sa première bougie.Une bonne nouvelle pour les praticiens, mais surtout, selon ses membres, pour le public, qui se voit ainsi protégé contre le charlatanisme.« Nous touchons au tabou, au culturel, aux préjugés, aux a priori, à l\u2019intime, explique sa présidente, Nathalie Legault.Des risques de préjudices sont donc possibles.L\u2019ordre encadre la pratique et offre des garanties aux clients.» HELENE ROULOT-GANZMANN a n\u2019a pas toujours été fa-cite pour les sexologues de faire leur place dans le milieu de la relation d\u2019aide et de la santé mentale, estime Legault.Nous avons un travail de démystification de la profession à effectuer, afin de mieux la faire connaître à la population et à certains milieux de pratique.Bref, notre mission en tant qu\u2019ordre est de protéger le public, mais l\u2019ordre nous apporte aussi de la crédibilité.» Si tout le processus n\u2019est pas encore complété et que toute la réglementation n\u2019a pas encore été publiée dans la Gazette officielle du Québec, il reste que la profession de sexologue est aujourd\u2019hui régie et que personne ne peut plus prétendre être sexologue sans répondre à des critères stricts.Le premier d\u2019entre eux est le diplôme donnant accès au métier, à savoir un baccalauréat ou une maîtrise en sexologie, en l\u2019occurrence de l\u2019Université du Québec à Montréal, seul établissement québécois à dispenser la formation.«Nous sommes officiellement reconnus comme les spécialistes en matière d\u2019évaluation du comportement et du développement sexuels» Nathalie Legault, présidente de l\u2019Ordre professionnel des sexologues du Québec «Elle a même été un précurseur dans le domaine, affirme Mme Legault.On était en 1969, c\u2019était l\u2019ouverture de l\u2019université et elle se voulait novatrice.Or, outre leur savoir et leur savoir-faire, ce qui distingue les sexologues, c\u2019est leur savoir-étre.Ils ont l\u2019art de mettre les gens à l\u2019aise, ils font preuve d\u2019une grande ouverture d\u2019esprit.Ça collait bien avec les valeurs de l\u2019UQAM de l\u2019époque.» La grande majorité des 530 sexologues devenus membres de l\u2019ordre depuis son ordonnancement sortent donc de rUQAM.Aucune demande de permis par équivalence n\u2019a par ailleurs encore été soumise à l\u2019ordre, bien que cette modalité existe pour permettre à des praticiens ayant eu leur diplôme à l\u2019étranger de pouvoir exercer au Québec.«Nous travaillons activement à contacter tous ceux qui ne sont pas membres et qui continuent à utiliser illégalement le titre de sexologue, explique Isabelle Beaulieu, directrice générale et secrétaire de l\u2019ordre.Certains ne savent pas que nous existons et deviennent membres sans poser de problème.D\u2019autres ne le veulent pas, souvent parce qu\u2019ils ont des diplômes nébuleux, une formation qui sort d\u2019on ne sait où.Il faut bien comprendre que nous œuvrons dans la sphère de l\u2019intime.Ça peut avoir des conséquences psychologiques graves si ce n\u2019est pas fait dans les règles de l\u2019art.Nos sexologues sont encadrés, inspectés, ils doivent se conformer au code de déontologie, peuvent être soumis à une enquête en cas de plainte.Ils doivent rendre des comptes.» L\u2019intime.Le tabou même, parfois.Nathalie Legault assume le fait qu\u2019il n\u2019est pas toujours facile de faire le pas nécessaire pour aller consulter un sexologue.«Heureusement, le réflexe de référer à un sexologue est de mieux en mieux implanté au sein du corps médical, raconte-t-elle.Nous avons obtenu trois activités réservées, que nous avons en partage avec d\u2019autres professionnels.Nous sommes donc officiellement reconnus comme les spécialistes en matière d\u2019évaluation du comportement et du développement sexuels.Les détenteurs de la maîtrise en sexologie, profil clinique, sont, quant à eux, autorisés à évaluer les troubles sexuels.Nous sommes aussi au cœur de l\u2019humain parce que le sexe touche tout autant au social qu\u2019au médical, au psychique ou encore au spirituel.Même dans les cas où une dysfonction sexuelle ne serait que d\u2019origine biologique, cette condition peut avoir un impact psychologique sur l\u2019estime de soi, par exemple.» La sexologie regroupe donc presque autant de réalités qu\u2019il y a de sexologues.Avant de prendre les rênes de l\u2019ordre, Isabelle Beaulieu oeuvrait dans le secteur de la santé et des services sociaux auprès des jeunes.Elle pouvait aussi bien participer à la conception de programmes d\u2019éducation en sexualité, former les intervenants, soutenir les familles ayant des enfants qui présentent des comportements sexuels problématiques, rédiger et implanter des politiques et des procédures.D\u2019autres, comme Nathalie Legault, ont leur cabinet de consultation privé.«Les cas sont tellement différents les uns des autres, raconte-t-elle.Il peut s\u2019agir d\u2019un couple en panne de désir, d\u2019un adolescent qui se pose des questions sur son orientation sexuelle, d\u2019une personne dépendante sexuelle qui a une sexualité hors norme ou qui consulte compulsivement des sites pornographiques.Je traite des cas d\u2019infidélité ou des difficultés à atteindre l\u2019orgasme.Ça peut être également une personne qui, tout à coup, présente un handicap physique.Forcément, son image corporelle en prend un coup et elle est obligée de revoir toute sa sexualité.» D\u2019autres encore travaillent avec les délinquants sexuels, les victimes de viol ou d\u2019inceste.Dans des écoles, des hôpitaux, des maisons de jeunes ou de femmes.Sur l\u2019image corporelle, les valeurs, l\u2019hypersexualisa-tion, l\u2019homophobie, les comportements à risques, la contraception, l\u2019avortement, l\u2019incapacité à dire non.Entre autres choses.«Notre pratique est véritablement multidimensionnelle, analyse Isabelle Beaulieu.Nous intervenons au-delà de la sphère physique, sur tout ce qui a trait aux émotions ou à l\u2019affectif et qui peut venir troubler le rapport au sexe et interpeller un individu ou un groupe.» Si la création de l\u2019ordre est donc un premier pas vers une plus grande protection du public et une meilleure crédibilité de la profession, il n\u2019en reste pas moins que les enjeux sont de taille.Parmi eux, l\u2019accessibilité.Régionale, d\u2019une part, près de 60% des sexologues exerçant dans la grande région montréalaise, alors que des territoires comme la Gaspésie, l\u2019Abitibi et le Centre-du-Québec n\u2019en comptabilisent que trois chacun.Mais l\u2019ordre mène également un travail auprès des assurances collectives pour qu\u2019elles prennent ces soins en charge.«Elles sont très peu aujourd\u2019hui à le faire, conclut Nathalie Legault.C\u2019est un frein pour certaines personnes qui n\u2019ont pas les moyens de venir en consultation.Mais ça peut aussi laisser croire que c\u2019est une discipline moins scientifique que celles qui sont prises en charge.Or notre pratique est fondée sur des principes scientifiques et des données probantes.» Collaboratrice Le Devoir ____^TECTION DU PUBUC.Besoin d\u2019un pro?il.!- JEAN-SÉBASTIEN ÉVRARD AGENCE ERANCE-PRESSE « Nous intervenons au-delà de la sphère physique, sur tout ce qui a trait aux émotions ou à l\u2019affectif et qui peut venir troubler le rapport au sexe et interpeller un individu ou un groupe », affirme Isabelle Beaulieu, directrice générale et secrétaire de l\u2019ordre.Astronome Bibliothécaire Criminologue Démographe U Éthicien Géographe Historien Historienne de l\u2019art Latiniste Lexicographe Médecin de famille Médiéviste Musicologue Philosophe Psychologue Sinologue Sociologue Traducteur Urbaniste Quel est le rôle, dans la Cité, des chercheurs, des intellectuels, des professeurs, des universitaires en général ?La collection «Profession» répond à ces questions.Profession Les livres des PUM sont aussi disponibles en version numérique à 50% du prix papier.www.pum.umontreal.ca A cpaquebec.ca CpA ORDRE DES COMPTABLES PROFESSIONNELS AGRÉÉS DU QUÉBEC Université de Montréal Les Presses de l'Université de Montréal G 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2014 PROFESSIONS ORDRE DES CHIMISTES DU QUEBEC Une nouvelle loi pour mieux protéger le public Alors qu\u2019on célèbre les 40 ans du système professionnel québécois, la Loi sur les chimistes professionnels date d\u2019il y a 50 ans.Après deux tentatives d\u2019adoption d\u2019un nouveau projet de loi avortées par le déclenchement d\u2019élections, l\u2019Ordre des chimistes du Québec (OCQ) presse le gouvernement de Philippe Couillard d\u2019aller de l\u2019avant en déposant un nouveau projet de loi pour lui permettre de mieux protéger le public.MARTINE LETARTE Dans les années 1960, on a défini la chimie dans la loi par de grands domaines, comme la chimie biologique, industrielle, analytique.Or, aujourd\u2019hui, pour mieux comprendre concrètement ce que fait un chimiste, on décrit davantage ses activités.Cela peut avoir Tair théorique, mais cette nuance prend toute son importance lorsque l\u2019OCQ se retrouve devant les tribunaux pour tenter de prouver que quelqu\u2019un pratique illégalement la profession de chimiste.«La jurisprudence a interpellé VOCQ ces dernières années afin de mieux définir la portée de ce qu\u2019est l\u2019exercice de la chimie», explique Martial Boivin, président-directeur général et secrétaire de TOCQ, qui regroupe les chimistes et les biochimistes.«C\u2019est beaucoup plus difficile pour les avocats et les juges de démontrer qu\u2019il s\u2019agit vraiment de chimie en ce moment, alors que la loi ne définit pas la chimie par des activités», ajoute M.Boivin, en poste depuis 16 ans.Formations admissibles Des besoins de modernisation se font aussi sentir du côté des formations qui mènent à l\u2019admission à TOCQ.Les universités revoient leurs programmes au fil des ans.Par exemple, le baccalauréat en chimie de l\u2019Université du Québec à Chicoutimi s\u2019appelle maintenant «chimie des produits naturels» et inclut des cours en pharmacognosie (étude et enseignement des drogues fournies par la nature, selon le Larousse) et en biologie végétale.L\u2019Université du Québec à Ri-mouski offre, pour sa part, le baccalauréat en chimie de l\u2019environnement et des bioressources.Tous deux peuvent mener à l\u2019adhésion à TOCQ.Par contre, d\u2019autres programmes universitaires liés à la chimie ont été créés et ne sont pas admissibles.«Par exemple, on a vu arriver des programmes en biologie moléculaire qui sont enseignés par les départements de biologie plutôt que ceux de chimie, mais qui reposent majoritairement sur des connaissances en biochimie, explique Martial Boivin.C\u2019est un exemple, mais il en existe plusieurs autres.Nous aimerions que ces programmes puissent mener à l\u2019adhésion à l\u2019OCQ.» C\u2019est une question de meilleure protection du public, la mission première d\u2019un ordre professionnel.«Notre outil pour intervenir, c\u2019est la loi, explique M.Boivin.Elle doit être en adéquation avec les nouvelles façons d\u2019enseigner et les nouvelles matières.Si la loi est désuète, c\u2019est difficile de bien protéger le public.Actuellement, bien des gens qui travaillent dans le domaine de la chimie ne sont pas membres de l\u2019OCQ, lorsqu\u2019on regarde les chiffres d\u2019Emploi-Québec.» Effectivement, Emploi-Québec indique qu\u2019il y avait environ 6000 chimistes ou appellations d\u2019emploi liées, au Québec, en 2012, alors que TOCQ compte à peine plus de 3000 membres.«Les autres travailleurs ne sont pas encadrés, déplore Martial Boivin.Avec une nouvelle loi, nous pourrions mieux faire notre travail de protection, ce qui améliorerait la confiance du public et accroîtrait l\u2019imputabilité des chimistes.En ce moment, certains passent à travers les mailles du filet.» à* ^\tV £ tjê\\ m ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Emploi-Québec indique qu\u2019il y avait environ 6000 chimistes ou appellations d\u2019emploi liées, au Québec, en 2012, alors que l\u2019OCQ compte à peine plus de 3000 membres.Long processus L\u2019OCQ a commencé en 2002 à revisiter les programmes de formation et ses modes d\u2019évaluation en vue d\u2019une nouvelle loi, puis elle a actualisé la définition de la profession de chimiste.Elle travaille avec l\u2019Office des professions depuis quelques années pour aller vers l\u2019adoption d\u2019une nouvelle loi.«Le fruit est mûr; nous sommes prêts pour passer à l\u2019étape suivante», affirme celui qui a travaillé auparavant dans les polymères et le ciment, avant d\u2019obtenir une MBA puis d\u2019entrer à TOCQ.Quelques ordres profes- sionnels sont dans la même situation que TOCQ : ceux des agronomes, des architectes, des géologues et des ingénieurs.Lors des deux dernières tentatives, le gouvernement avait présenté un projet de loi omnibus dans le but de faire adopter un nouveau cadre législatif pour ces différents ordres professionnels.«Nous attendons maintenant que la ministre puisse, plus tôt que tard, déposer un nouveau projet de loi pour que, cette fois-ci, il puisse être adopté», indique Martial Boivin.Collaboratrice Le Devoir a Avec une nouvelle loi, nous poumons mieux faire notre travail de protection, ce qui améliorerait la confiance du public et accroîtrait l\u2019imputabilité des chimistes.En ce moment, certains passent à travers les mailles du filet.\\\\ Martial Boivin, président-directeur général et secrétaire de l\u2019OCQ ORDRE DES COMPTABLES PROFESSIONNELS AGREES DU QUEBEC Faire rayonner davantage l\u2019expertise comptable Élu à la présidence du conseil d\u2019administration de l\u2019Ordre des comptables professionnels agréés (CPA) du Québec en juin dernier, Alain Dugal n\u2019entend pas chômer.Il souhaite prendre les moyens nécessaires pour que l\u2019organisation prenne une place encore plus dominante dans les débats publics qui touchent la société québécoise.ALEXANDRE LAMPRON Ly Ordre des comptables pro-' fessionnels agréés a été officiellement institué par l\u2019entrée en vigueur, le 16 mai 2012, de la Loi sur les comptables professionnels agréés.Il réunit quelque 36000 professionnels faisant partie de l\u2019Ordre des CA, de l\u2019Ordre des CGA et de l\u2019Ordre des CMA, visant à mettre en valeur le rôle des comptables professionnels.Devenir un « incontournable » En selle depuis déjà quelques semaines, Alain Dugal mentionne vouloir faire en sorte que les CPA jouent davantage leur rôle sociétal de compétence et de savoir, afin que Tor- dre soit perçu, à juste titre, comme un «incontournable dans les débats sociaux», notamment dans la modification des lois fiscales, tant québécoises que canadiennes, ainsi que dans la formulation de diverses recommandations.C\u2019est dans cette ligne de pensée que Tordre a récemment déposé un mémoire adressé à la commission Char-bonneau dans le contexte de la réflexion sur le combat contre la fraude et la corruption, a expliqué M.Dugal.«Ce n\u2019est certainement pas en mettant en place des lois et des règlements additionnels que nous pouvons nous imaginer les combattre, croit-il.Où les CPA peuvent intervenir, c\u2019est dans l\u2019établissement d\u2019un environnement de contrôle empêchant les gens de faire de la fraude.Nous pouvons penser à des procédures de reddition de comptes plus claires ou à l\u2019établissement de contrôles spécifiques de détection et de prévention de la fraude.Les CPA peuvent intervenir dans l\u2019architecture pour rendre la vie plus difficile à ceux qui veulent frauder et pour donner l\u2019assurance que ces contrôles sont efficaces.» Cette volonté de permettre à Tordre de jouer un plus grand rôle sociétal ne tient toutefois OPSQ ORDRE PROFESSIONNEL DES SEXOLOGUES DU QUÉBEC pas du hasard, enchaîne le président, alors que le Québec s\u2019apprête à vivre des réformes majeures.Même quand la situation économique devient difficile, M.Dugal soutient aussi que les comptables professionnels demeurent des acteurs de premier plan qui contribuent à l\u2019activité économique dans tous les secteurs de façon quotidienne.«Dans la perspective de protection du public, les membres sont aussi soumis à des règles déontologiques les obligeant à l\u2019intégrité, à l\u2019excellence et à la rigueur, insiste-t-il.Nous croyons que la profession est très bien positionnée pour aider la société à évoluer et à faire face aux enjeux auxquels elle est confrontée.» S\u2019intégrer dans la discussion Accroître le rôle sociétal ne signifie pas s\u2019imposer dans le rôle du gouvernement, prévient toutefois Alain Dugal.L\u2019objectif consiste plutôt à prendre part aux discussions en cours quant aux mécanismes que souhaite mettre en place le gouvernement afin d\u2019atteindre ses objectifs.«Est-ce que toutes les études nécessaires ont été faites pour appuyer ses décisions ?Est-ce que le gouvernement utilise vraiment la bonne méthode ?La profession de CPA peut aider les intervenants dans la mise en place d\u2019un arbre de décisions.Cela dit, il n\u2019y a pas eu d\u2019annonces faites au sujet des réformes, ce qui fait que c\u2019est actuellement difficile de bien comprendre la stratégie du gouvernement.n cherche d\u2019abord à équilibrer son budget, c\u2019est une nécessité, mais les moyens qu\u2019il entend mettre en place pour y arriver relèvent plutôt du politique.» L\u2019Ordre des comptables professionnels agréés déposera dans les prochaines semaines un mémoire à la Commission d\u2019examen sur la fiscalité québécoise.Annoncée lors du budget déposé en juin dernier par le ministre des Einances, Carlos Lei-tào, cette commission Alain permettra au gouvernement d\u2019obtenir l\u2019avis d\u2019experts sur les différentes pistes d\u2019action à privilégier afin d\u2019accroître l\u2019efficacité, l\u2019équité et la compétitivité du régime fiscal québécois.«Nous souhaitons que le gouvernement ait le courage de prendre des décisions fiscales et économiques qui auront des impacts à plus long terme, plutôt que de suivre un calendrier électoral, résume Alain Dugal.Nous pensons que le virage pour combattre le déficit, que tout le monde s\u2019entend pour dire qu\u2019il est structurel, doit exiger des décisions à plus long terme et dans la perspective des valeurs que s\u2019est données la société québécoise.» Attirer les meilleurs talents Les enjeux démographiques qui attendent le Québec au cours des prochaines années sont au cœur des préoccupations du président.L\u2019unification des trois ordres de comptables, en 2012, .\t7 aura permis à la pro- fession de comptable f professionnel de demeurer «une véritable force de frappe» sur le Dugal marché, visant à attirer les meilleurs talents et à assurer une relève de qualité, surtout dans le contexte du choc démographique qui frappera le Québec dans les prochaines années.En plus de faire une large promotion au cours des deux dernières années, M.Dugal explique aussi que Tordre a produit une série de mémoires et de documents distribués à plusieurs niveaux d\u2019éducation au Québec, afin d\u2019exposer les i avantages de porter le titre de CPA et les ouvertures potentielles de la profession sur le marché du travail.«Nous venons aussi de terminer le Programme de formation professionnelle (PPP) auquel les universités du Québec ont adhéré, ajoute-t-il.Le lien qui unit l\u2019Ordre des CPA et les universités est donc unique au Québec.Nous sommes très fiers d\u2019avoir créé ce lien avec les universités de chez nous, d\u2019autant plus que l\u2019économie québécoise a la capacité d\u2019absorber plus de 1000 CPA par année.» Cette affirmation vient rejoindre les prévisions de Services Canada, qui a récemment fait savoir que le marché aurait des besoins évalués à quelque 1350 nouveaux comptables par année jusqu\u2019en 2016 au moins, notamment en raison des nombreux départs à la retraite.Leur taux de chômage demeure également très bas, soit environ 1%.De plus, le PEP, dispensé par Tordre, ouvre la porte aux candidats pour travailler ailleurs qu\u2019au Québec.Il répond ainsi aux normes de l\u2019International Eederation of Accountants (lEAC).Collaborateur Le Devoir LA PRATIQUE DES SEXOLOGUES ENCADRÉE PAR LE SYSTÈME PROFESSIONNEL QUÉBÉCOIS C\u2019est sous le signe de la diversité et de la complémentarité des pratiques que les sexologues sont désormais encadrés par le système professionnel québécois.En consultant un membre de l'Ordre, vous êtes assuré de recevoir les services d\u2019un professionnel qui possède la formation et les compétences lui permettant de porter son titre de sexologue.WWW.0PSQ.0R6 LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 OCTOBRE 2014 G 9 PROFESSIONS ORDRE DES INEIRMIERES ET INEIRMIERS DU QUEBEC Accroître le rôle des infirmières permettrait d\u2019améliorer l\u2019accès aux soins de santé Alors que Québec s\u2019apprête à mettre en place une importante réforme du réseau de la santé pour tenter de désengorger le système, l\u2019Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) fait valoir que ses membres devraient davantage être mis à contribution.En leur donnant les moyens de déployer pleinement leur potentiel, la province pourrait considérablement renforcer l\u2019accessibilité aux soins, estime la présidente de l\u2019OIIQ, M\u201c® Lucie Tremblay.Lucie Tremblay EMILIE CORRIVEAU Formées pour évaluer l\u2019état de santé des patients et assurer leur surveillance clinique, les infirmières québécoises jouent un rôle important dans l\u2019octroi de soins de première ligne.Mais ce rôle pourrait être plus grand, croit rOllQ.D\u2019après l\u2019ordre, si elles étaient toutes habilitées à prescrire des analyses de laboratoire et certains médicaments de façon autonome dans des situations précises, les infirmières pourraient contribuer de façon sensible à améliorer l\u2019accès aux soins de santé.«Il y a plein de situations dans lesquelles les infirmières pourraient être plus efficaces si elles avaient le droit de prescrire, relève Tremblay.Prenons par exemple une infirmière qui travaille à domicile.Elle soigne un malade qui a une plaie.Elle estime qu\u2019il a besoin d\u2019un pansement.Or, actuellement, elle ne peut lui en prescrire un.Il faut qu\u2019elle trouve un médecin qui puisse faire la prescription.Pourtant, elle a les compétences pour le faire.Si on lui permettait de prescrire un pansement, ça éviterait toutes sortes de complications!» Puisque la formation des infirmières est déjà adaptée pour qu\u2019elles puissent le faire, l\u2019OllQ recommande que leur soit conféré le droit de prescrire certaines analyses de laboratoire, des radiographies et des tests pour compléter l\u2019analyse de l\u2019état de santé des personnes, des produits et des pansements pour le traitement des plaies, des médicaments à caractère préventif \u2014 des contraceptifs oraux d\u2019urgence, par exemple \u2014 ainsi que des traitements pour des troubles mineurs, comme la constipation pu l\u2019infection urinaire.«Evidemment, pour que ce soit possible, il faut qu\u2019un règlement du Collège des médecins le permette.On est en discussion à ce sujet avec nos collègues du collège depuis presque un an.Le dossier chemine bien», indique Mme Tremblay.Promouvoir de nouveaux modèles de soins Parmi les autres mesures préconisées par l\u2019OllQ pour améliorer l\u2019accès aux soins de santé figure l\u2019intensification du déploiement d\u2019équipes interprofessionnelles en gestion et suivi des maladies chroniques.Pourquoi accorder une attention particulière aux malades chroniques ?Parce qu\u2019un peu plus de la moitié de la population québécoise âgée de 12 ans ou plus est atteinte d\u2019au moins une maladie chronique, c\u2019est-à-dire un cancer, une maladie cardiovasculaire, une maladie respiratoire, le diabète, une maladie de l\u2019appareil musculo-squelettique, une maladie mentale ou une maladie neurodégénérative.Les maladies chroniques représentant 87% des incapacités et 67% des coûts de santé directs au Québec, l\u2019OllQ considère qu\u2019il importe d\u2019adopter des modèles plus efficaces de prévention et de gestion des maladies chroniques.«Il y a certains endroits au Québec où des équipes de proximité prennent en charge des gens qui ont des problèmes de maladie chronique.Certaines infirmières y jouent un grand rôle: elles sont gestionnaires de cas et veillent à ce que le cheminement des patients soit fluide.Avec leurs équipes, elles font l\u2019évaluation et le suivi des malades, ce qui permet de réduire de façon importante les visites à l\u2019urgence.Cela a aussi pour effet de faire diminuer de façon significative les hospitalisations.C\u2019est sûr que le diagnostic appartient toujours aux médecins, mais les infir- mières peuvent très bien s\u2019occuper des cas moins complexes.Nous pensons qu\u2019il faut intensifier ce genre de démarche», dit la présidente de l\u2019OllQ.Dans le même esprit, l\u2019ordre propose de promouvoir de nouveaux modèles de soins infirmiers dans les Centres d\u2019hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).11 suggère notamment que des infirmières praticiennes spécialisées y soient déployées.« On constate déjà que la présence, en nombre suffisant dans les CHSLD, d\u2019infirmières qui coordonnent une équipe composée d\u2019auxiliaires et de préposés permet d\u2019éviter des transferts de personnes âgées vers les hôpitaux.Si on permet à ces CHSLD d\u2019offrir encore plus de soins adaptés à la condition physique et mentale des aînés grâce au travail des infirmières praticiennes spécialisées, on va réduire encore davantage les transferts vers les hôpitaux.» D\u2019après M\u201c® Tremblay, le gouvernement serait en réflexion sur le sujet et aurait manifesté à l\u2019OllQ son désir de mettre en place quelques projets expérimentaux d\u2019ici les prochains mois popr tester l\u2019approche.Evidemment, si le réseau de la santé fait davantage appel aux infirmières praticiennes spécialisées au cours des prochaines années, celles-ci devront être formées en plus grand nombre.N\u2019étant actuellement qu\u2019une centaine à travailler dans le réseau québécois, elles devraient être près de 2000 à le faire d\u2019ici 10 ans, à en croire les projections gouvernementales.i THOMAS NORTHCUT «Si le réseau de la santé fait davantage appel aux infirmières praticiennes spécialisées au cours des prochaines années, celles-ci devront être formées en plus grand nombre», estime la présidente de l\u2019OIIQ, Lucie Tremblay.«Les diplômées vont être très en demande! Il va falloir augmenter le nombre d\u2019admissions dans les universités, c\u2019est certain.Ça va représenter un défi», note M\u201c® Tremblay.Mais il n\u2019y a là rien que l\u2019OllQ ne soit prêt à relever.D\u2019après sa présidente, si toutes ces recommandations sont mises de l\u2019avant, le Québec sera en bien meilleure voie de résoudre ses problèmes d\u2019accessibilité aux soins.«On n\u2019arrête pas de nous dire qu\u2019une personne sur quatre n\u2019a pas de médecin de famille au Québec.Est-ce que la solution à nos problèmes doit reposer seulement sur l\u2019accès aux médecins de famille ?Non.Nous pensons qu\u2019elle doit reposer plutôt sur l\u2019accès aux soins de façon générale et que les infirmières peuvent y contribuer grandement.» Collaboratrice Le Devoir Ordre des ingénieurs du Québec DANS LE CADRE DE LA SEMAINE DES PROFESSIONNELS, L\u2019ORDRE EST FIER DE SOULIGNER LE DYNAMISME DE SES 60 000 MEMBRES DANS TOUTES LES SPHÈRES D\u2019ACTIVITÉ DU QUÉBEC./ -1 Marilou Bigras, ing.jr, membre depuis 2013 Alexandre Bourcier, ing., membre depuis 2003 PROTEGER Qu\u2019est-ce qu\u2019un ordre professionnel?Connnnent les ordres professionnels protègent-ils le public?Quelle est la contribution sociale et économique des ordres et des 360 000 professionnels qui en sont membres ?Le Conseil interprofessionnel du Québec et les 45 ordres professionnels répondent à vos questions.www.ordredeproteger.com Questions ?communications@professions-quebec.org
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