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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2014-11-15, Collections de BAnQ.

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[" CAHIER F > LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 V Nos livres emigrants CATHERINE LALONDE Lire.Ecrire.Faire des livres.Ou alors : lire, trouver des textes, faire des livres, et trouver des lecteurs.On peut distiller les métiers d\u2019auteur et d\u2019éditeur à leur essence, à ce qui définit le travail depuis des siècles.Mais à l\u2019aube de la fête et du grand marché qu\u2019est le Salon du livre de Montréal, les discussions et préoccupations sur le livre et le littéraire ressurgissent.Car l\u2019époque complexifie, et pas qu\u2019un peu, la réalité des auteurs et des éditeurs.Il faudra donc reparler de politique \u2014 l\u2019aide aux libraires annoncée par la ministre de la Culture, toujours indéfinie ; la mise au ban du prix unique \u2014, d\u2019économie \u2014 chute des ventes de livres; faillite douloureuse d\u2019éditeur; conflit commercial qui mine tout un milieu \u2014 et bien sûr.surtout de littérature.Dans ce décor, trouver le lecteur pour son livre n\u2019est pas une sinécure.Depuis quelques années, les éditeurs québécois misent de plus en plus, chacun pour soi, sur l\u2019exportation de leurs titres.Exportation directe de livres, mais aussi ce qu\u2019on appelle dans le jargon «la vente de droits», qui permet à un éditeur étranger d\u2019acheter, afin de traduire s\u2019il y a lieu et de republier dans son pays, les textes made in Québec.Surprise ! Plusieurs livres, ainsi émigrés, s\u2019essaiment à tous les vents.Magasinage au Salon «La littérature québécoise a bien trouvé, je crois, sa propre place, entre les littératures fran- çaise et anglo-saxonne, entre le traditionnel et le moderne, entre la pure littérature et le grand public», estime Xiaoyue Hu, de l\u2019Haitian Publishing House, une maison chinoise de littérature générale qui sort 300 nouveautés par année et qui a publié en 2013, plus de 30 ans après sa sortie ici.Le matou (Québec Amérique) dTves Beauchemin.S\u2019il n\u2019a découvert la littérature québécoise qu\u2019en 2002, au Salon du livre de Paris, M.Hu la suit sérieusement depuis 2008.«Cette littérature est plutôt ouverte à la vie sociale, a peu tendance à se coincer dans le petit monde de l\u2019auteur et du murmure sur soi-méme (autofiction, analyse psychologique, narration inconsciente.), mais peut parfois être lourde de régionalisme», poursuit celui qui fera cette année partie d\u2019une petite délégation de 10 éditeurs organisée par l\u2019Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) pour encourager ce mouvement de nos livres vers Tailleurs.Triés sur le volet, venus de la Suède, de l\u2019Argentine, de l\u2019Angleterre, de la Chine, du Brésil, de l\u2019Allemagne, de l\u2019Italie, de la Serbie et de la France, ils seront au Salon du livre dans le but avoué de magasiner les textes d\u2019ici.Quelques visages «On ne connaît pratiquement rien de la littérature québécoise chez nous, poursuit M.Hu, qui a aussi fait publier en Chine Darrieussecq, Houel-lebecq et Bourdieu.Depuis plusieurs années, je veux lancer une série des romans les plus représentatifs: des Gabrielle Roy, Michel Tremblay, Gaétan Soucy, mais aussi François Barcelo, Gaston Mi- ron et Émile Nelligan.Le matou est mon premier essai: c\u2019est un roman riche, vaste, humoristique, qui montre différents aspects de la société, porté par le talent de conteur de Beauchemin.» De la Suède, Johanna Daehli représentera Sakwa, une maison indépendante qui, depuis dix ans, se spécialise en littérature francophone, publiant des auteurs pigés en France, au Soudan, au Cameroun, au Sénégal.«Nous connaissons et lisons beaucoup, en Suède, Alice Munro, Margaret Atwood et Michael Ondaatje, mais honnêtement.c\u2019est à peu près tout.Je suis fière maintenant de dire que Kim Thùy est désormais assez connue et que j\u2019y révèle Catherine Ma-vrikakis, Pierre Szalowski et Heather O\u2019Neill.Je pense que la découverte d\u2019un contexte culturel différent, nouveau, intéresse nos lecteurs.» Stella Maris Rozas, du groupe Claridad, en Argentine, s\u2019intéresse surtout aux livres jeunesse, elle qui a déjà publié, sous la bannière Unaluna spécialisée en livres pour les 0 à 12 ans, Carole Tremblay, Dominique Jolin, Rogé, Marie-Louise Gay, François Gravel, Nancy Montour et Gilles Tibo.«Dans les librairies d\u2019Argentine, on trouve surtout des livres d\u2019auteurs locaux, ou des traductions d\u2019œuvres européennes et étasuniennes», spécifie l\u2019éditrice.Des chiffres sur nos lettres Sont-ce de simples cas de figure ?Stéphane Labbé, doctorant en communications sociales à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières, vient VOIR PAGE F 9 : ÉMIGRANTS TlFpjf'p De l\u2019art dans le neuvième art Page F 5 Lecture de la réponse à Camus de Kamel Daoud Page F10 Le goût des autres: Patrick Nicol parle d\u2019Ôé Page F13 Penser l\u2019Indépendance même dans la tourmente Page F16 Josée Marcotte HIKIKONORI ^ 5 :: è y L'instant même vous donne rendez-vous au Salon du Livre de Montréal Josée Marcotte Hikikomori M Finüantmème nstantnneme.com Roman 168 pages, 22,95$, Aussi disponible en PDF et epub Seront également présents: David Bélanger, François Blais, Dany Boudreault Maxime Carbonneau, Sylvie Gendron, Sylvie Massicotte et Lori Saint-Martin Bertrand Bergeron Ce côté-ci des choses Nouvelles 160 pages, 21,95$.Aussi disponible en PDF et epub Bertrand Bergeron A\t>\u2022 CE COTE-CI DES CHOSES nouvelles F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 SALON DU LIVRE DE MONTREAL La Vitrine \t \t -ï?\t Zj\t w\t¦\t' A::: O\t i .V-\tw\t 4\t^ ÜÜii\t < \\ \u2014\t \t ^7 JérônZT Pg\tMinière \t\t ROMAN L\u2019ENFANCE DE L\u2019ART Jérôme Minière XYZ Montréal, 2014, 308 pages Le vétéran et acclamé musicien Jérôme Minière a pris l\u2019habitude de créer des mondes parallèles au fil de ses albums, particulièrement avec son alter ego Herri Kopter.Minière a décidé d\u2019assumer son chapeau d\u2019auteur avec un premier livre, L\u2019enfance de l\u2019art, où la structure est plus intéressante que l\u2019écriture.Benoît Jacquemin, son héros, est un homme banal, commis dans une banque de la rue Saint-Hubert, à Montréal.Sa vie rangée est bouleversée par une histoire fantastique de pigeons et de microfilms \u2014 comme dans la préface du dernier disque de Minière, d\u2019ailleurs, \u2014, et il sera poussé par un étrange sans-abri à écrire un livre.L\u2019enfance de l\u2019art est traversé par ce qui prend l\u2019allure de courtes nouvelles éclatées, qui sont beaucoup plus stimulantes à lire que le récit les liant, trop scolaire et morne, à l\u2019image de son Jacquemin.Au fil de la lecture, toutefois, un habile concept de symétrie et de mises en abyme se révèle, soulignant des notions de création et d\u2019identité.Mais Ü faut trop de volonté pour suivre les aventures de l\u2019ingénu héros, à qui tout arrive comme par magie.Foisonnant, mais déroutant.L\u2019auteur sera en séance de signatures au Salon du livre les vendredi 21, samedi 22 et dimanche 23 novembre.Philippe Papineau POESIE LE POEME DEBOUT Jean Royer L\u2019Hexagone Montréal, 2014, 96 pages Jean Royer Prix Athanase-David Lauréat du Prix Athanase-David 2014, la plus haute récompense remise par le gouvernement du Québec en littérature, Jean Royer, fidèle amoureux de poésie, nous donne encore à penser l\u2019autre présent dans l£ poème debout.Guillevic, Olivier Marchand, Gaston Miron, Rina Lasnier, Roland Giguère ou Paul-Marie Lapointe, entre autres, président à cette méditation chaleureuse.Pour la plupart déjà publiés ailleurs, plus ou moins remaniés, les poèmes se fondent souvent aux créateurs d\u2019origine, qui sont la source avouée de la forme et du propos.Connivences poétiques, humilité de l\u2019auteur devant les œuvres choyées.«Ce mot qui te met au monde, /Point de rencontre de l\u2019espace et du temps.// Et toi à l\u2019écoute de la source.» Au détour, des haïkus: «Plaisir/ du silence la parole / laborieuse».La sincérité de cette parole porte en soi l\u2019émotion pure de sa propre écriture.«Jji voix du poète habite une langue/ en exil dans la langue, à la source/de la lumière, de la demeure/de l\u2019être.» L\u2019auteur sera en séance de signatures au Salon du livre les jeudi 20, mercredi 21, samedi 22 et dimanche 23 novembre.Hugues Corriveau POLAR LA FERME Torn Rob Smith Traduit de l\u2019anglais par Elisabeth Peellaert Belfond Paris 2014, 331 pages C\u2019est avec une série de trois romans sur la Russie stalinienne que Smith s\u2019est fait connaître.Dans Enfant 44 (Pocket) en particulier, Ü parvenait, dans une intrigue policière échevelée, à faire sentir le climat de paranoïa et d\u2019instabilité intérieure sur lequel s\u2019est appuyée tout au long la dictature.Ici, il y a quelque chose de semblable, même si le contexte est complètement différent.On est en Angleterre, et il s\u2019agit plutôt d\u2019un sentiment étrange à l\u2019écoute du récit de la mère de Daniel, nouvellement retraitée en Suède; elle aussi parle de conspiration, mais on saisira en frissonnant qu\u2019il est plutôt question de maladie mentale.La chose est d\u2019autant plus prenante que Torn Rob Smith raconte ici l\u2019histoire de sa mère, aujourd\u2019hui guérie.Michel Bélair M Le dur désir de durer La diaspora des Desrosiers met en scène tout l\u2019amour de Michel Tremblay pour ses personnages MICHEL BELAIR Le ,titre (et le poème!) d\u2019Eluard Le dur désir de durer date d\u2019une dizaine d\u2019années plus tard, mais il décrit parfaitement ce qui se passe en ce mois de septembre 1935 autour du Plateau Mont-Royal.Cette fois-ci, au moment de nouer les presque derniers fils reliant les Desrosiers à tout ce qu\u2019il a écrit avant de se mettre à fouiller leurs racines, Michel Tremblay propose, sur un fond d\u2019été qui s\u2019étire, une œuvre de résilience.Un peu comme s\u2019il voulait rendre hommage à tous ces personnages admirables qui n\u2019ont d\u2019autre choix que de survivre, déséquilibrés, au milieu du vide.C\u2019est un roman très dur, même s\u2019il est farci de tendresses diverses pour ces êtres qui, pour la plupart, réussissent à peine à «durer» parce que c\u2019est tout ce qu\u2019ils savent faire.Au magasin de chaussqres géré par sa tante Teena, Edouard va se lier avec Ti-Loup, «la louve d\u2019Ottawa» devenue unijambiste, et se préparer à devenir un peu plus la duchesse de Langeais que l\u2019on connaît.Sa mère.Victoire, va enfin trouver le moyen de se délivrer du poids qui l\u2019écrase depuis des décennies pendant que son violoniste de frère fait encore se lever la pleine lune à tous les mois devant les tricoteuses de destin qui le suivent depuis plus de 50 ans.Chroniques de survie On verra apparaître Nana, aussi, à la recherche de sa mère, et Maria, Tititte, Laura, et toutes les autres.Toutes et '¦-'N ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Michel Tremblay signe un roman très dur, même s\u2019il est farci de tendresses diverses pour ces êtres qui, pour la plupart, réussissent à peine à «durer».tous en quête de.impossible de le dire vraiment, tellement la vie \u2014 et surtout cette chape de plomb presque invisible que les curés ont imposé sur le moindre bout de quotidien \u2014 semble petite, triste, minable, vide.Sur le Plateau Mont-Royal comme dans la ruelle des Fortifications, on en est encore là, en septembre 1935 : c\u2019est après la mort que tout est censé prendre un sens et, d\u2019ici là, il n\u2019y a qu\u2019à vivre en attendant.A survivre, plutôt.Le titre du roman le dit.Il y a quand même des percées de lumière, diffuses, qui jaillissent ici et là: la sexualité assumée de Tititte et du docteur Woolfe, celle moins évidente de Théo et Fleurette.Ces bribes éparses, surtout, qui soulignent un peu partout l\u2019importance de plus en plus réelle de l\u2019imaginaire dans la vie de certains.L\u2019imaginaire qui ne parvient toujours pas à satisfaire Maria, mais qui ne mène plus nécessairement à la folie, comme chez le doux Josa-phat, ou encore dans l\u2019échappatoire de la «boisson», comme chez Télesphore, ou même Imelda Beausoleil, l\u2019improbable mère de Nana.C\u2019est l\u2019imaginaire ef les lectures en cachette d\u2019Edouard qui fondent son humour et qui feront qu\u2019il voudra vivre au moins par procuration en devenant la duchesse de Langeais.Ce sont les livres qui nourrissent les quelques rares échappées vers la lumière de ces êtres aplatis par le rouleau compresseur de l\u2019omniprésent consensus socioreligieux.Les livres qui font déjà de Nana un des rares personnages lumineux du monde de Tremblay.Et qui amèneront Michel Tremblay lui-même, le plus insatiable dévoreur de culture qui soit, à souligner leur importance.Avec ce roman admirable de tendresse, la boucle des Desrosiers sera bientôt bouclée, et c\u2019est vers les autres paravents que l\u2019on sait que notre chroniqueur national se dirigera ensuite.L\u2019auteur est invité d\u2019honneur du Salon du livre et sera en séance de signatures les jeudi 20, vendredi 21, samedi 22 et dimanche 23 novembre.Collaborateur Le Devoir SURVIVRE! SURVIVRE! Michel Tremblay Leméac/Actes Sud Montréal 2014, 248 pages LITTERATURE DE VOYAGE À fond de train sur la piste hippie CHRISTIAN DESMEULES était encore l\u2019époque d\u2019avant le tourisme de masse.En plein flower power, des centaines de jeunes occidentaux aux cheveux longs, à la recherche de paradis irréels ou artificiels, conyergeaient vers l\u2019Afghanistan.A bord d\u2019un de ces fameux Magic Bus ou faisant du pouce, ils sillonnaient la Hippie Trail, comme on appelait ce chemin flou qui allait d\u2019Istanbul jusqu\u2019à la vallée de Katmandou, au Népal.Un chemin de la liberté devenu mythique, quelques milliers de kilomètres parfumés d\u2019effluves de chanvre et de patchouli.Un voyage à peu près impensable aujourd\u2019hui.Car ça ne passe plus \u2014 en particulier pour les Canadiens.Le monde a changé.Pour le mieux ?Pour le mesurer, au besoin, il faut lire le Magic Bus: sur la route des hippies d\u2019Istanbul à Katmandou de Rory MacLean (2008, Hoëbeke), qui a refait le voyage.Pierre Graveline, lui, atterrit à Amsterdam un jour d\u2019automne 1971, comptant aller rejoindre des amis dans le sud de la France quelques semaines plus tard.Mais le jeune homme de 19 ans se laissera plutôt porter par les circonstances et les rencontres.Des hasards qui vont le mener tour à tour vers Istanbul \u2014 coup de foudre \u2014, puis à travers l\u2019Iran, l\u2019Afghanistan, le Pakistan, l\u2019Inde et le Népal, à la poursuite de ses rêves d\u2019adolescence et d\u2019un Orient mystérieux.Portrait en nomade Intéressé par les religions, curieux de nature, mais, contrairement à nombre de voyageurs en Inde à cette époque, pas le moins du monde motivé par une En 1971, le jeune Pierre Graveline faisait ses classes entre Istanbul et Katmandou quête spirituelle, le jeune Grave-line ouvre les yeux.C\u2019est en observateur gourmand et attentif qu\u2019il avance.Ce qui ne l\u2019empêchera pas, à l\u2019occasion, de demander l\u2019aumône dans quelques temples hindous ou de se faire passer pour un sâdhu en espérant prendre le train gratuitement.Un voyage de huit mois qui a entraîné, comme il se doit, son lot de compagnons, de belles et de moins belles rencontres, de mésaventures.Comme ce Parisien dont le frère était emprisonné à Kaboul pour trafic de drogues, un trio de Lavallois et leur minibus Volkswagen, un couple d\u2019Allemands toxicomanes, quelques belles filles dont les prénoms se sont évanouis.Des gourous véreux, aussi, des gardes-frontières complaisants, des bons samaritains.Et quelques jours en prison pour couronner tout ça.Beaucoup d\u2019expériences, en somme, avant de devoir rebrousser chemin vers Amsterdam avec trois sous en poche, aussi motivé qu\u2019un yoyo qui ra-valç sa corde.A voyage effréné, style bondissant.Le ton vif a toutefois sa contrepartie: le rythme de Voyageur est trop rapide.Moins de 200 pages pour rendre compte d\u2019un parcours initiatique de plus de 20 000 kilomètres?Le récit un peu maigre, même bonifié de faits historiques, nous donne parfois l\u2019impression de ronger un os.L\u2019auteur sera en séance de signatures au Salon du livre les jeudi 20 et samedi 22 novembre.Collaborateur Le Devoir VOYAGEUR Pierre Graveline Fides Montréal, 2014, 184 pages Anne Hébert n-Romans .inbun Voici une occasion unique dbbtenir les cinq tomes à tirage limité des Œuvres complètes d'Anne Hébert, qui viennent clore la prestigieuse collection Bibliothèque du Nouveau Monde.A Obtenez les cinq tomes au prix spécial de 340 $ (au lieu de 460 $) B Si vous avez déjà acheté le tome I ou le tome II, obtenez les quatre autres au prix spécial de 235 $ (au lieu de 325$) ç.Si vous avez déjà acheté les deux premiers tomes, obtenez les trois autres au prix spécial de 210 $ (au lieu de 280$) Offre valable jusqu\u2019au 31 mars 2015 À compter du avril 2015, les livres seront offerts à 80 $ par tome.Vi TÉLÉCHARGEZ LE FORMULAIRE www.pum.umontreal.ca Les Presses de l'Université de Montréal S Université rm de Montréal LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 F 3 SALON DU LIVRE DE MONTREAL Besoin d\u2019amour, version Simm Bmilerice Danielle ^ Laurin Tliéâtre, poésie, roman, Littérature jeunesse : Simon BouLerice muLti-pLie Les tribunes d\u2019écriture comme on mord dans La vie.Ce proLifique touche-à-tout de 32 ans est parvenu, en queLques années, à imposer son styLe, son univers.Faciiement reconnaissabLe, et pourtant, difficüement défi-nissabie, La marque de cet auteur.Rien n\u2019est jamais tout bianc ou tout noir dans ses écrits.Ou pLutôt, on passe et repasse sans crier gare du bianc éciatant au noir foncé.C\u2019est peut-être encore pLus vrai, pLus appuyé en tout cas, dans Le premier qui rira, son roman Le pLus ambitieux.Le pLus charnu.Très décousu au début, mais rapiécé petit à petit en cours de route.Jusqu\u2019à former une toüe muLtiforme, muLticoLore.qui sera éven-trée à La toute fin.Nous sommes dans une sorte de roman choraL.Trois histoires s\u2019entrecroisent.Et L\u2019on sent bien que.Le moment venu, eiies vont se rejoindre.PLus on avance, pLus on se doute que ce ne sera pas jojo : impossibLe qu\u2019un tei imbrogLio ne conduise pas à un cuL-de-sac.D\u2019un côté, ALice, 44 ans, mère céübataire de deux ados ingrats.Lectrice assidue du magazine 7 jours, eüe travaiüe comme caissière au Tigre Géant.Faux ongLes, repousse apparente dans ses cLieveux teints, surpLus de poids.ALice vit dans Le déni, carbure au rire gras et aux sites de rencontres sur internet.De L\u2019autre côté, Xavier, 17 ans, L^ientôt 18, et toujours puceau.Etudiant en cinéma, ü a un corps d\u2019athiète, fréquente La pLus beiie fiüe du cégep, très dégourdie sexueüement.Ah oui, ii vit dans La chambre d\u2019une morte qui L\u2019obsède.Et, tout comme Alice, il aime bien se dilater la rate : il fréquente, avec elle, les rencontres du Club du Rire, au Centre communautaire de Napierville.Entre les deux, Gabriel, 30 ans, dramaturge.Amoureux d\u2019un homme égocentrique et froid, il multiplie les baises torrides avec des inconnus croisés sur le Net, en attendant de combler sa quête compte I Paill6tt6 t ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Romancier, poète, dramaturge, Simon Boulerice est un des auteurs les plus prolifiques du moment.éperdue de l\u2019âme sœur.Ah oui : il planche sur une adaptation théâtrale de la bande dessinée surannée Archie, désireux de voir le héros choisir une fois pour toutes entre la brune et la blonde qui font partie de sa bande.Chacun ses tics, ses manies, ses obsessions, ses travers honteux.Chacun ses mensonges, ses tromperies.Ses manques.Et son mal-être, derrière le masque.Bientôt, tous les trois, Alice, Xavier et Gabriel, seront pris au piège et devront faire face à la réalité.Ils seront pris dans les filets d\u2019une supercherie : un vol d\u2019identité via le Web, au nom de l\u2019amour virtuel.Chemin faisant, on alterne entre narration et dialogues, échanges sur des sites de rencontre, conversations Facebook, et même pourriels.On a droit aussi à quelques scènes, plutôt réussies, de la pièce en chantier inspirée par la série des Archie.Surenchère Tantôt on baigne dans l\u2019eau de rose, tantôt on rit jaune.Et si on surnage dans la frivolité, la superficialité, jusqu\u2019à plus soif, c\u2019est pour mieux se cogner la tête contre le mur.C\u2019est naïf tout autant que cruel.Désespéré et drolatique.C\u2019est banal, cliché, mais aussi piquant, imaginatif C\u2019est hypersexuel et hy-perromantique.C\u2019est tout et son contraire.Le premier T> ?^Gaspard-LE DEVOIR J.ALMARÈS Du 3 au 9 novembre 2014 \t\t \t\t Romans québécois\t\t I il Le qazon.toujours plus vert chez le voisin?\tAmélie Dubois/Les Éditeurs réunis\t-/I 2 Lit double \u2022 Tome 3\tJanette Bertrand/Libre Expression\t1/4 3 Violence à l'origine\tMartin Miehaud/Goélette\t-/I 4 La veuve du boulanger\tDenis Monette/Logigues\t2/8 5 La vie sucrée de Juliette Gagnon \u2022 Tome 2\tNathalie Roy/Libre Expression\t-/I 6 Survivre! Survivre!\tMiçhel Tremblay/Leméaç\t-/I 7 Les héritiers d'Enkidiev \u2022 Tome 10 Déchéance\tAnne Pobillard/Wellan\t4/7 8 Malphas \u2022 Tome 4 Grande Liguidation\tPatriçk Senéçal/Alire\t5/8 9 Les gardiens de la lumière \u2022 Tome 3 Au fil des jours\tMiçhel Langlois/Hurtubise\t3/4 10 Confessions d'une célibataire.repentie\tM.Beaubien | J.Normandin/Les Éditeurs réunis 8/2\t Romans étrangers\t\t il Terrible trafic\tKathy Reiehs/Robert Laffont\t1/3 2 Le siècle \u2022 Tome 3 Aux portes de l'éternité\tKen Eollett/Robert Laffont\t2/e 3 Une main encombrante\tHenning Mankell/Seuil\t5/2 4 Les neuf cercles\tRoger Jon Ellory/Sonatine\t4/3 5 Arrêtez-moi\tUsa Gardner/Albin Miçhel\t3/3 6 L'épée de vérité \u2022 Tome 14 Le crépuscule des prophéties\tTerry Goodkind/Bragelonne\te/2 7 Troisième humanité \u2022 Tome 3 La voix de la Terre\tBernard Werber/Albin Miçhel\t8/2 8 Georgian \u2022 Tome 3 Si vous m'embrassez\tSylvia Bay/Rammarion Québeç\t-/I 9 Kobra\tBoon Meyer/Seuil\t-/I 10 Le ver à soie\tRobert Galbraith/Grasset\t7/3 Essais québécois\t\t il Jean-François Lépine, sur la ligne de feu\tJean-François Lépine/Libre Expression\t1/3 2 Ici était Radio-Canada\tAlain Saulnier/Boréal\t-/I 3 Le iournal de Usée.18 mois de pouvoir.\tJean-Lrançois Usée/Rogers\t8/2 4 Les acteurs ne savent pas mourir\tAlain Vadebonçoeur/Lux\t3/5 5 Nos amis, les politiciens\tVinçent Marissal/La Presse\t-/I 6 Confessions post-référendaires.Les acteurs politigue.\tChantal Hébert I Jean Lapierre/Homme\t2/10 7 Portrait de famille.14 vrais ou faux mythes guébécois\tAlain Dubuç/La Presse\t4/4 8 Indépendance.Les conditions du renouveau\tColleçtif/VLB\t6/2 9 De remarguables oubliés \u2022 Tome 2\tSerpe Bouehard | Marie-Christine Lévesque/Lux 8/20\t 10 Lettres à un souverainiste\tColleçtif/VLB\t-/I Essais étrangers\t\t Il Le grand mythe du cholestérol\tStephen T.Sinatra/Édito\t1/6 2 Le suicide français\tÉriç Zemmour/Albin Miçhel\t-/I 3 Les âmes blessées\tBoris Cyrulnik/Odile Jaeob\t6/2 4 Une brève histoire de l'éçonomie mondiale\tRobert C.Allen/Boréal\t2/2 5 Plaidoyer pour les animaux\tMatthieu Rleard/Allary éditions\t3/5 6 Guerriers de l'impossible.L'argent, les armes.\tSamantha Nutt/Boréal\t4/4 7 Le vrai lieu.Entretiens aveç Miehelle Porte\tAnnie Emaux I Miehelle Porte/Gallimard\t-/I 8 Nouvelles guerres.L'état du monde 2015\tColleçtif/La Béeeuverte\t5/5 9 Le çapital au XXI' sièele\tThomas Piketty/Seuil\t7/26 10 Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre\tÉlisabeth Roudinesço/Seuil\t10/3 La BTLF (Société dé géstion dé la Banqué dé titrés dé langué françaisé) ést propriétairé du systémé d\u2019information ét d\u2019analysé Sispinl sur Iss ïsntss ds livrés français au Canada.Cs palmarès sst sxtrait ds Basparist sst constitué dss rslsvés ds caisss ds 260 points ds ïsnts.La BTLF rsçoit un soutisn financisr ds Patrimoins Canadian pour lé prajst Saspari © BTLF, touts rspraduction totals ou partialis sst intsrdits.qui rira.Excessif, en tout.Ce n\u2019est pas nouveau : la surenchère fait partie depuis le début de la démarche d\u2019écriture de Simon Boulerice.Et jusqu\u2019ici, ça lui a réussi.Dans le genre, son roman précédent,/«itotte (LeméacU était le plus, abouti, le plus surprenant.A côté.Le premier qui rira ressemble davantage à un lâcher lousse dans la brousse.La surenchère, oui, mqis à ce point?A moins d\u2019apprécier le trop du trop, justement.Le paroxysme du déjanté, le bavard outrancier, le summum du parodié.Le sans-limites, le tout-permis.Le tragico- mique qui se mord la queue.Pour mieux en rire?Question de ne surtout pas se prendre au sérieux.Je te tiens par la barbichette Tu me tiens par la barbichette Le premier qui rira Aura une tapette.L\u2019auteur sera en séance de signatures et en entrevue au Salon du livre de Montréal les jeudi 20, vendredi 21 et samedi 22 novembre.LE PREMIER QUI RIRA Simon Boulerice Leméac Montréal, 2014, 296 pages Simon Boulerice en trois livres Les jérémiades (Sémaphore, 2009) Son premier roman, où il est question d\u2019amour-passion entre un garçon de 9 ans et un ado de 15 ans.Abondance de surenchère, d\u2019imaginaire délirant mais aussi d\u2019autodérision.Martine à ia piage (La Mèche, 2012) Boulerice poursuit son exploration des amours adolescentes sur le mode tragicomique, en entremêlant candeur et cruauté.Une fille de 14 ans est transie d\u2019amour pour un homme marié.Amour à sens unique, obsessionnel, qui donne lieu aux fantasmes les plus fous.lavette (Leméac, 2012) Une histoire de vengeance adolescente teintée de désespoir, très sexuelle, pleine d\u2019excès, jusqu\u2019à la parodie.Une relecture contemporaine, disjonctée, incisive et crue du conte Cendrillon, ou plutôt, une sorte de pré-Cendrillon hypercruel.Le pathétique est à son comble ici, l\u2019inventivité, aussi.Nouveau roman de TXane (^iguère AU CŒUR DE LA FORÊT AU CŒUR DE LA FORET Qui n'a pas rêvé d'une maison à la campagne ?Ce roman est une véritable intrigue.une suite de péripéties.MARCEL BROQUET La nouvelle édition 130 titres - versions papier et numériques Littérature générale, romans historiques, romans policiers, romans jeunesse, poésie, développement personnel, santé-bien être, arts visuels, guides.RENCONTREZ-NOUS au Salon du livre de Montréal du 17 au 24 novembre Kiosque 546 www.marcelbroquet.com olivîerî Librairie & Bistro Au cœur de la société Lundi 17 novembre à 19 h Réservation obligatoire RSVP : 514 739-3639 Bistro : 514 739-3303 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Causerie L'échec du souverainisme québécois À l'occasion de la parution du livre Le Souverainisme de province Boréal La défaite du projet souverainiste était-elle déjà programmée depuis la décennie 1970, alors que le Parti québécois s'est converti à la gouvernance provinciale ?Avec l\u2019auteur Simon-Pierre Savard-T remblay, Mathieu Bock-Côté et Stéphane Kelly Animée par Jocelyn Caron ROMAN QUEBECOIS Barbarie et poésie CHRISTIAN DESMEULES Lorsque Zeb, son grand frère, disparaît en n\u2019emportant rien, ni son chien ni son sac, Ray commence par lui en vouloir de s\u2019être poussé sans lui de ce petit village de la Côte-Nord.Un lieu oublié que chacun, en silence, rêve de quitter pour suivre le ruban goudronné de la route 138 jusqu\u2019au Sud.Les deux frères devaient partir ensemble pour le Japon, ils s\u2019en étaient fait la promesse.Mais le garçon reste coincé entre les deux piliers branlants de la famille.Un père taiseux et alcoolique, une loque aux mains pleines de cambouis tout juste bon à faire vivoter son garage.Une mère passive et immobile.Si Zeb a disparu, croit sa mère, il faut d\u2019abord blâmer ses amis, «les virées nocturnes et le jeu, le braconnage, les chevreuils pris au collet ou les truites et les saumons remontés dans des jîlets, empilés plus tard dans des congélateurs».Japon de rêve Photographe amateur de natures mortes, Ray passe son temps entre sa chambre noire et ses balades en forêt.Aux yeux de la plupart des autres, il serait même un peu demeuré {«un débile, un gamin à qui il manque une case»), sans que l\u2019on sache vraiment si c\u2019est bien le cas.On l\u2019aura vite compris, le Japon n\u2019y est tout au plus qu\u2019une fable.Un tissu fleuri de mensonges: «Ne rien entendre.Je me bouche les oreilles et me parle en même temps.Mes mots résonnent dans ma tête.J\u2019appelle mon Sayonara frère, je lui dis qu\u2019il n\u2019aurait pas dû partir, nous abandonner, je lui dis que j\u2019ai oublié le Japon et les geishas aux lèvres cousues d\u2019un coquelicot rouge, qu\u2019il peut revenir, que ses mensonges ne comptent pas.» D\u2019abord narré par la voix de Ray, le roman prend une dimension polyphonique lorsque Lou, la copine de Zeb, apporte sa version des faits, contribuant à tisser peu à peu une histoire de vengeance.On apprendra ainsi que Zeb jouait gros au poker et, avec la complicité de sa blonde,brune beauté barmaid, avait lavé en trichant quelques-uns des gros bonnets de la place.Neuvième roman de Pascal Millet, un Français qui a vécu une douzaine d\u2019années au Québec, Sayonara («au revoir» en japonais) est une manière pj de huis clos.Malgré n les grands espaces, J l\u2019infini de la forêt et des possibles, Sayonara est imprégné d\u2019une atmosphère d\u2019enfermement psychologique.Traversé par la mort \u2014 les cadavres s\u2019y accumulent \u2014, par des motifs de décomposition et de départs, Sayonara prend tour à tour les couleurs de la tragédie et du roman noir.Dans une langue assurée, mais peu ancrée dans le territoire.Millet y distille un sentiment d\u2019étrangeté où la barbarie se mêle de poésie.Convaincant.Collaborateur Le Devoir SAYONARA Pascal Millet XYZ Montréal, 2014, 164 pages K A T H I N PAN CO L MuCHAcHAS Au Salon du livre de Montréal Séances de signature Vendredi 21 novembre Dell h 00 à 12 h 00 De 16 h 30 à 17 h 30 Samedi 22 novembre De 13 h 00 à 14 h 00 De 15 h 30 à 16 h 30 Dimanche 23 novembre De 13 h 30 à 14 h 30 Passion - Suspense - Évasion I BRIDGE JONES i'»QAIinNER ALBIN MICHEL Stand 460 F 4 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 SALON DU LIVRE DE MONTREAL MARIE-CLAIRE BLAIS Cour des miracles CHRISTIAN DESMEULES En omrant Aux jardins des Acacias, le 24® roman de Marie-Claire Blais, on a un peu l\u2019impression de monter dans un train en marche.Dans un wagon empli de passagers qui ont pris leurs aises et, dans certains cas, fait connaissance.Il ne reste plus qu\u2019à attraper des bribes de conversation.Et à s\u2019accrocher.L\u2019écrivaine née en 1939 vit depuis longtemps à Key West, en Floride, où elle situe une fois encore Aux jardins des Acacias, le 7® titre d\u2019une vaste fresque romanesque inaugurée avec Soifs en 1995 (Prix littéraire du Gouverneur général), et poursuivie ensuite avec Dans la foudre et la lumière (2001), ou, plus récemment.Le jeune homme sans avenir (2012, Grand Prix du livre de Montréal, tous chez Boréal).Fidèle à ses thèmes et à sa manière \u2014 depuis qu\u2019elle a fait paraître Le sourd dans la ville en 1980 \u2014, Marie-Claire Blais livre ici une sorte de flux de conscience.Une dense narration polyphonique faite d\u2019une succession de monologues, comme pour faire obstacle aux violences du monde contemporain que sont (au choix) la prostitution, la drogue, les sévices sexuels, la solitude, les guerres pafriotiques.A ces malheurs du monde répond ainsi une cosmogonie complexe, faite d\u2019une foule d\u2019hommes et de femmes (et d\u2019enfants), d\u2019artistes et de démunis, de travestis et de persécutés, de malades du sida, de migrants et de vaincus, ces «nations d\u2019errants parias» auxquels l\u2019écrivaine a souvent donné vie auparavant.Les Jardins des Acacias, situés dans une «île du Sud», sont une sorte de lieu de repos où «tous sont acceptés qui ne sont pas admis ailleurs».Une oasis, en somme, une cour des miracles, où les exclus et les mendiants ont le profil des princes.Dans cette maison «où rien ne se passait comme ailleurs», épicentre de compassion, le but donné à chaque résidant est de se réconcilier avec la vie et de faciliter sa guérison spirituelle.On croise à nouveau Petites Cendres, personnage d\u2019ange travesti.Fleur, un musicien en sursis entre deux concerts, qui s\u2019éprend de Su, un toxicomane.Il y a aussi le chien Misha, qui est «aussi une vraie personne» (et qui a des droits).Et puis Wrath, un ancien prêtre pédophile déchu, qui est à la fois le mal incarné et le mal expliqué : « [II] se pourrait bien, oui.Fleur, que le diable soit un enfant dont on a abusé et qui a grandi dans le plus pervers des secrets, de même que ses jouissances ont été secrètes, de même elles le sont encore, quand il devient un vieil adulte pétrifié.» L\u2019œuvre, c\u2019est indéniable, brûle d\u2019une intensité incandescente.Mais il y a aussi quelque chose d\u2019un peu sclérosé, dirait-on, dans ce brassage perpétuel des mêmes thèmes, des mêmes lieux, sur le même ton apocalyptique.Malgré les sujets puissants et sombres, la monotonie elle aussi menace.Mais c\u2019est le chant qu\u2019elle oppose, à la manière d\u2019un barrage impuissant, à la laideur et au crime.Collaborateur Le Devoir AUX JARDINS DES ACACIAS Marie-Claire Blais Boréal Montréal, 2014, 224 pages PRIX DES COLLEGIENS 2015 Cinq livres à lire, à penser et à débattre.C\u2019est vendredi qu\u2019ont été dévoilés les cinq livres finalistes à la 11® édition du Prix littéraire des collégiens.Le jury était composé de Stanley Péan, écrivain et animateur à Ici Musique, de Pierrette Boivin, de la revue Nuit blanche, de Martine-Emmanuelle Lapointe, professeure à l\u2019Université de Montréal et membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises, et de la critique littéraire du Devoir Danielle Laurin.Catherine La-londe, responsable du cahier livres du Devoir, était présidente du jury.Chaque année, c\u2019est plus de 800 étudiants de 56 cégeps qui participent aux délibérations, lisant, critiquant, arguant et débattant entre eux, d\u2019abord dans leur établissement, ensuite lors d\u2019une grande joute nationale où se feit l\u2019élection du livre lauréat Un concours de critiques littéraires permet aussi aux étudiants participants d\u2019affûter leur plume et leur rhétorique.Les meilleurs textes seront publiés dans Le Devoir en avril prochain, lors de l\u2019annonce du gagnant, au Salon international du livre de Québec.Coïncidence ou air du temps?Le ton des livres retenus est sombre, le deuil y est un thème récurrent, abordé sous différents styles, qui témoignent tous d\u2019une écriture de haute tenue.RECIT Michael Delisle LE FEU DE MON PÈRE LE FEU DE MON PERE Michael Delisle Boréal Montréal, 2014, 168 pages Toujours chez Michael Delisle cette écriture scalpel qui écorche, comme dans Tiroir no 24 (Boréal, 2010).Ce ton sec, sans pardon.Et voici un ouvrage clé dans le parcours du romancier, nouvelliste et poète.C\u2019est le récit d\u2019un homme d\u2019une cinquantaine d\u2019années, un écrivain, qui revisite par morceaux son enfance malheureuse, sa vie de jeune adulte, jusqu\u2019à maintenant.Il est face à son père, surtout.Même si mère, frère, tante, grand-père, copain, amie, amant, amante font partie de la configuration.Un père qui, après une vie de bandit auprès de «l\u2019oncle» Léo, le chef de l\u2019organisation mafieuse, tente de devenir un nouvel homme, en se jetant corps et âme dans la religion.On saisit, chemin faisant, à quel point l\u2019écriture a joué un rôle capital, essentiel, dans la vie du narrateur.Et comment trois femmes, à trois moments différents, ont joué un rôle clé.« Trois fois, par une phrase, on me transmet un pouvoir qui me rapproche de ma mission d\u2019existence.L\u2019acte m\u2019autorise à devenir moi-même.La connaissance se révèle don d\u2019arme.» Plus que troublant.Danielle Laurin ROMAN L\u2019ORANGERAIE Larry Tremblay Alto Québec, 2013, 168 pages L\u2019orangeraie plonge d\u2019aplomb dans la guerre.Une guerre sans nom, quelque part au Moyen-Orient.Amed et Aziz, neuf ans, vrais jumeaux liés très fortement l\u2019un à l\u2019autre, vivaient en paix au milieu du décor enchanteur de l\u2019orangeraie familiale.Mais leur père se laisse convaincre par un chef terroriste de sacrifier au nom de Dieu l\u2019un de ses fils.Les qualités littéraires de L\u2019orangeraie, sa fluidité, sa poésie, sa concision en même temps que sa densité, en font un livre exceptionnel.Tout en nuances, en contrastes, sensuelle, parsemée de dialogues puissants mais jamais bavards, l\u2019écriture prend aux tripes.Le roman, séparé en trois parties, s\u2019apparente à une tragédie : la première nous pose au cœur de la guerre, la deuxième nous propulse une dizaine d\u2019années plus tard, au Québec, face au frère survivant.La troisième partie, la plus courte, fait intervenir un témoignage réel dans un contexte de création, alors que le jeune acteur, Amed/Aziz, met des mots sur les voix intérieures qu\u2019il porte en lui.Un cinquième roman très fort pour Tremblay, connu aussi comme dramaturge.D.L.BO ROMAN BONDRÉE Andrée A.Michaud Québec Amérique Montréal, 2014, 306 pages A^rès Rivière Tremblante (Québec Amérique, 2010), sur la disparition d\u2019enfants et la peine insurmontable de leurs parents, voici Bondrée, où l\u2019on assiste aux meurtres de deux adolescentes trop belles, trop vivantes : Zaza Mplligan et Sissy Morgan, sa meilleure amie.Eté 1967.Tout nous est raconté au passé, longtemps après, mais c\u2019est comme si on y étaifi dans cette communauté soudain dévastée.Et c\u2019est la plus grande force de la romancière : l\u2019exploration de cette dévastation.Finie la liberté de mouvement pour les enfants, finie l\u2019insouciance.Mi-chaud parvient à s\u2019immiscer dans la tête des protagonistes et donne dans ce dixième roman à penser autant qu\u2019à voir.L\u2019écriture est enflammée, inspirée, le rythme haletanfi ponctué de scènes de la vie quotidienne.L\u2019humanité côtoie le sordide.La structure, complexe au débuL s\u2019avère ingénieuse.Le récit alterne entre une narration omnisciente et une narration au «je», celui d\u2019une enfant de 12 ans, devenue grande.Bondrée est un thriller psychologique et un roman d\u2019initiation: la petite narratrice, à la fin de l\u2019été, aura traversé de l\u2019autre côté de l\u2019enfance.«Je vieillissais, il n\u2019y avait pas d\u2019autre explication, et prenais lentement conscience que ça pouvait être aussi douloureux que chiant » D.L.NOUVELLES FAIS PAS CETTE TÊTE Jean-Paul Beaumier Druide Montréal, 2014, 144 pages Ce sont 17 histoires courtes, souvent allusives, bercées de mélancolie, de doutes et d\u2019illuminations tranquilles.On y trouve des couples qui se disloquent sans larmes, des situations d\u2019enlisement conjugal ou professionnel, des visions douces-amères.Un père, par exemple, qui appréhende le moment où sa fille n\u2019aura plus besoin de lui, un fils qui se projette dans l\u2019avenir au gré d\u2019un geste innocent que pose sa vieille mère.Mine de rien, le temps s\u2019écoule à grand bruit dans Fais pas cette tête, le 5® recueil de nouvelles de Jean-Paul Beaumier.Il use les nerfs et les couples, comme dans Plaisir San-cerre: «Romain, la bouteille de Bise des prés en main, resta décontenancé.Jamais auparavant elle n\u2019avait projeté ses chaussures au milieu de la pièce.Jamais elle ne l\u2019avait appelé \u201cmon chéri\u201d en se laissant choir de tout son long dans un fauteuil.Tout ce qu\u2019il trouva à lui répondre, c\u2019est qu\u2019elle ne fumait pas, enfin qu\u2019elle ne fumait plus.'Eh bien, ce temps est révolu, mon chéri.\u201d» Ce temps, aussi, rend les enfants semblables à leurs parents.Il fait son travail, pa-tienL régulier, impitoyable.Il n\u2019y a rien d\u2019autre à en espérer.C\u2019est de ce côté un peu sombre des choses, mais avec beaucoup de justesse et une certaine retenue, que se situe Beaumier.Christian Desmeules BALLADE D'ALI BABA ROMAN LA BALLADE D\u2019ALI BABA Catherine Mavrikakis Héliotrope Montréal, 2014, 216 pages «Mon père avait toujours été un revenant.Jamais là, mais toujours susceptible de réapparaître.» Dans La ballade d\u2019Ali Baba, Catherine Mavrikakis fouille à sa façon, sans ménagement, la relation entre une fille et son père.Son père mort, fantasque, menteur, mégalo, qui continue de la hanter.Le roman se lit comme une quête, une enquête sur l\u2019histoire pleine de trous de cet insaisissable père, sur son parcours en dents de scie, de la Grèce nqtale à l\u2019Algérie de son enfance pauvre, des Etats-Unis, où il tente de se réinventer grâce au rêve américain, jusqu\u2019au Québec, où il fondera une famille.avant de repartir à New York, seul.On aura l\u2019impression, parfois, de se perdre en chemin.Ces épisodes sont entrecoupés des souvenirs de la narratrice, Erina, et de certaines situations comiques.Et d\u2019une certaine part d\u2019auto dérision, venant de l\u2019auteure du Ciel de Bay City (Héliotrope, 2008), qui a placé la mort, la coexistence entre les vivants et les morts, au centre de son œuvre de fiction.Livre hommage au père, sans complaisance.Et livre du deuil, qui déborde de vie autant que de vulnérabilité.D.L.Salon du livre de Montréal TABLE RONDE - samedi 22 novembre 2014 LES^ D^EFIS QUEBECOIS CONjONCTURES ET TRANSITIONS Sous la direction de Robert Bernier Robert Bernier, directeur du livre Les défis québécois, et quelques auteurs de l\u2019ouvrage, dont Isabelle Lacroix, Marcelin Joanis, Jean-Louis Denis et Yves Boisvert, réfléchissent à ce Québec que nous devons renouveler et tentent de comprendre comment rompre avec certains automatismes qui ont conduit à l\u2019essoufflement de nos services publics.Animation de la table ronde : Christian Dufour 17 h 30, espace Archambault \"Ê Presses de l'Université du Québec On a tous besoin de savoir POUR AGIR Passez nous voir! Stand 300 PUQ.CA LE QUARTANIER AU SALON DU LIVRE DE MDNTREAL DU MERCREDI 19 AU LUNDI 24 NDVEMBRE 2014 STAND NUMÉRD 402 (DIMEDIA) LES AUTEURS PRESENTS AU SALON Samuel Archibald * Mathieu Arsenault * Érik Bordeleau * Hervé Bouchard * Anne Élaine Cliche Carie Coppens * Alain Farah * Sophie Létourneau * Geneviève Pettersen * Marc-Antoine K.Phaneuf * Éric Plamondon * Pierre Popovic * François Rioux * Steve Savage * Michaël Trahan * David Turgeon JONAS DE MÉMOIRE d\u2019ANNE ÉLAINE CLICHE, finaliste au GRAND PRIX DU LIVRE DE MDNTRÉAL LA MÉLANCOLIE DES MISÉRABLES de PIERRE PDPDVIC, PRIX SPIRALE EVA-LE-GRAND NŒUD COULANT de MICHAËL TRAHAN, PRIX ALAIN-GRANDBDIS et PRIX ÉMILE-NELLIGAN INFDRMATIDN &DIFFUSIDN : WWW.LEQUARTANIER.CDM / WWW.DIMEDIA.CDM LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 F 5 SALON DU LIVRE DE MONTREAL BANDE DESSINEE De l\u2019art dans le neuvième art en plusieurs tonalités FABIEN DEGLISE / Etrange concordance des temps.Cet automne, le neuvième art cherche à mettre de l\u2019art au cœur de plusieurs narrations en convoquant de grandes figures artistiques dans des récits, en se faisant philosophe ou simplement en maniant l\u2019art, et la manière, habilement.Petit tour d\u2019horizon, en quatre tons.L\u2019art de tuer.Objet sombre, mais certainement pas dénué d\u2019intérêt.Moi, assassin (De-noël Graphie), d\u2019Antonio Altar-riba et Keko, suit, à la trace rouge sang, dans un univers très noir, un tueur pour le moins atypique.L\u2019homme est un prof d\u2019université dans un Pays basque espagnol en tension sociale et politique avec le reste du pays.Il s\u2019intéresse au concept de cruauté dans l\u2019art, théoriquement, mais également en perpétrant des meurtres inspirés de grandes toiles : Goya, Delvaux et compagnie.Le texte est solide (traduit de l\u2019espagnol par Alexandra Carrasco), troublant même, avec une référence pas forcément fortuite à un tueur-man-nequin-cannibale montréalais qui défraye toujours la chronique.Le graphisme est redoutable, servant avec cette efficacité rare un récit qui va chercher toute sa force, sa charge dans la fascination qu\u2019induit l\u2019inconfort qu\u2019il génère.Tout un art.Un peu de nostalgie aussi.Il y a un peu de nostalgie dans cet automne littéraire, nostalgie qui peut même devenir un art, sous la plume de Rémy Simard \u2014 invité d\u2019honneur du Salon du livre \u2014, qui débarque dans cette rentrée avec Mes Dinky (La Pastèque) , une ode savoureuse et dessinée à une de ses grandes obsessions : la collection de voitures miniatures.Il en possède 140.Il faut l\u2019admettre aussi : tout cela l\u2019a fait virer sur le capot.C\u2019est que l\u2019artiste est un collectionneur impétueux, qui depuis des années est capable de tout pour mettre la main sur la Plymouth Plaza 1959-1963 (numéro 178, pour les connaisseurs) , sur le Covered Wagon modèle no 25b, et autres pièces rares et attirantes dont il relate l\u2019acquisition dans ce récit amusant débordant de détails et d\u2019autodérision.Les salons, les achats par correspondance, le drame des pneus qui sèchent, les boîtes copiées et les commentaires affligés de sa blonde sur un comportement qui pourrait relever un peu de la pathologie, tout y passe, avec ce dessin très amusant qui côtoie des reproductions fidèles de miniatures que l\u2019artiste connaît bien, pour les avoir sans doute un peu trop regardées.Nostalgie encore, avec Les tontons Dalton (Lucky Comics) , cent seizième album de la série imaginée par Morris et désormais reprise par Achdé \u2014 qui débarque au même salon cette année (du jeudi 20 novembre au dimanche 23).Sous la couverture : pas de surprise, mais un récit qui respecte le niveau comique et narratif de l\u2019œuvre en confrontant cette fois Luke au fils d\u2019un cousin des Dalton, dont le quatuor va devoir prendre soin, sous la supervision du cow-boy solitaire.Laurent Gerra, une sorte de comique, signe le scénario avec Jacques Pessis, amenant le texte là où on l\u2019attend le plus avec ses gags prévisibles formatés pour les enfants de 10 ans.Et pour ceux qui n\u2019arrivent pas à se sortir de cet âge-là.L\u2019art de faire réfléchir.en divertissant.C\u2019est le tour de fpree que réussit ce jeune Ecossais connu sous le nom de Torn Gauld avec Vous êtes tous jaloux de mon jetpack (Alto), petit bijou que la maison d\u2019édition de Québec a traduit en français avec la complicité dçs Editions 2024 en Erance.A l\u2019intérieur?Un regard amusé sur le présent qui, dans des récits très courts, tenant parfois en une seule image, passe joyeusement la varlope sur les dérives de la culture, sur les excès de communication et sur les nombreux paradoxes des temps présents.On y parle de Shakespeare, de Pierre Bourdieu, des sœurs Brontë, des intellectuels et de leurs tours d\u2019ivoire ou encore des interminables conflits entre grande littérature et science-fiction.Avec cette finesse, cette intelligence, cette densité cachée dans une apparente légèreté qui au final tissent surtout un art de l\u2019effet, particulièrement bien maîtrisé.L\u2019art de revenir à la vie.Avec son 23h 72 (Pow Pow), le graphiste Blonk \u2014 Jean-Claude Aumais pour l\u2019état civil \u2014 met l\u2019engouement très présent pour les zombies à sa sauce en imaginant le pire: qu\u2019arriverait-il si un cadavre décidait de sortir de son placard?Littéralement?Le résultat suit le retour à la vie mouvementé de JC, qui neuf mois après sa mort vient frapper à la porte de sa veuve, qui, bien sûr, est passée à autre chose.L\u2019univers est grotesque, mais plein de couleurs.Il cultive également cet humour absurde très contemporain qui finit malgré tout par porter un regard cru sur le monde, sur les rapports sociaux, sur le vide de nos vies quotidiennes, tout LE GRAMD ECRlV/fllN SOWGE A LA RÉPONSE QU\u2019IL UA DONNER À LA QUESTION AZ\\N\\0TS TOM GAULD Vous êtes tous jaloux de mon jetpack présente un regard amusé sur le présent dans de très courts récits.23 h 72 Blonk ALTARRIBA lartdetÜ'Ér en donnant l\u2019impression de regarder ailleurs.L\u2019art de bien raconter une histoire.Erancis Desharnais, le père de Burquette, est un redoutable narrateur et il le prouve une nouvelle fois avec La guerre des arts (Pow Pow), qui relève certainement d\u2019un petit tour de force.Et comment! 10 cases à peine, pas une de plus, sont uti- lisées ici sur 92 pages pour relater cette aventure loufoque qui se joue un peu au-dessus d\u2019une ville du Québec, pas très loin de Mascouche, et un peu dans l\u2019espace.On résume : un jour, des extraterrestres menacés de « mort artistique » débarquent pour soustraire tous les artistes et créateurs de la Terre \u2014 mais aussi les plombiers \u2014 afin de sauver leur civilisation, forçant du coup les sociétés humaines à composer soudainement avec ce grand vide, et le lecteur à se questionner, malgré lui, sur la place de l\u2019art dans une vie.Eort, comme dirait l\u2019autre.Le Devoir Promotion Ê - O « Ë.! «U ® à l'achat de trois livres 10 15 20 ^ ÛJ £ \u2014 X £ ^ a; Du 6 novembre au 7 décembre 2014 Sur présentation de ce coupon seulement.* le Parchemin CREATEUR DE BONHEUR DEPUIS 1966 Ber ri - UQAM, Tél.: 514 845-5243 505, rue Sainte-Catherine Est, Montreal (Québec) H2L 2C9 Le\u2014 -liseur du^_ Le liseur du 6 h 27 Un conte de fées moderne et original, des personnages pleins d'humanité.Des milliers de lecteurs ont déjà été conquis par l'histoire de Guylain Vignolles, à votre tour de succomber ! edrto Jean-Paul Didierlaurent AU SALON DU LIVRE Stand Gallimard, n° 160 Vendredi 21 novembre de 19 h à 20 h Samedi 22 novembre de 13 h à 14 h Dimanche 23 novembre de 13 h à 14 h Rencontre animée par Jérémy Laniel Samedi 22 novembre 14 h 15, Niveau 3, n°50 Librairie &' Bistro Au cœur de la littérature Dimanche 23 novembre à 15 h .fîL.Reservation obligatoire RSVP : 514 739-3639 Bistro : 514 739-3303 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Les Éditions parole VOUS invitent à célébrer l\u2019extraordinaire aventure littéraire AutoportraiT de l\u2019artiste multidisciplinaire et écrivain Herménégilde Chiasson, l\u2019un des plus grands poètes canadiens.Avec des performances de Rose Eliceiry Daniel Leblanc-Poirier Bertrand Laverdure et Herménégilde Chiasson stand VENEZ RENCONTRER NOS AUTEURS 41^ Distribution.EÎH f l$i « éditeur m 11 ét w FREDERIC BÉRARD MARIE CLARK WILLIAM DROUIN BERNARD LA RIVIÈRE CARL LEBLANC HUGO LÉGER ELOISE LEPAGE YVON PARÉ VINCENT PARIS MINOU PETROWSKI ROMAIN SAINT-CYR Vie VERDIER FELIX VILLENEUVE A QUAI NO 5 MILENA BABIN ELEONORE LÉTOURNEAU JEROME MINIÈRE EISA PÉPIN F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 SALON DU LIVRE DE MONTREAL POLAR Le père Noël est une ordure MICHEL BELAIR Le nom de Martin Michaud monte tout de suite à la surface quand on parle de polars québécois; des livres comme Je me souviens et II ne faut pas parler dans Vascenseur (Goélette, 2012 et 2010) font très certainement partie de ce qui s\u2019est publié de mieux ici dans le genre.Un peu comme Benoît Bouthillette \u2014 qui est devenu son éditeur chez Goélette et dont on attend impatiemment la prochaine histoire, d\u2019ailleurs \u2014, Michaud sait décrire avec une dégaine imparable des univers fondés sur des espaces intérieurs troubles.comme s\u2019il parlait de la pluie ou du beau temps.Cette nouvelle enquête de Victor Lessard vient une fois de plus en faire la preuve.Tout s\u2019amorce plutôt brusquement par une sorte de descente aux eMers où l\u2019on retrouve Lessard dans les égouts du nord de Montréal; au milieu des eaux épaisses et des rats qui lui filent entre les jambes, l\u2019enquêteur tombe presque littéralement sur un cadavre décapité.Quelques dizaines de pages plus loin, et quelques jours plus tôt d\u2019ailleurs, on comprendra qu\u2019il s\u2019agit du corps du commandant Maurice Tanguay du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).dont on vient de trouver la tête dans une benne à ordures située derrière une boulangerie portugaise, près de Saint-Laurent.Sur un mur tout près, un macabre graffiti, où l\u2019on voit un squelette avec un bonnet de père Noël dans une main et un long couteau dans l\u2019autre.vient en quelque sorte signer le meurtre.Victor Lessard et son équipe des Crimes majeurs.Jacinthe Taillon en tête, sont chargés de l\u2019affaire par le grand patron du SPVM, même si tout le monde sait que Tanguay et Lessard étaient en conflit ouvert: le chef Piché va jusqu\u2019à décrire le défunt comme un homme admirable en priant l\u2019enquêteur de prendre tous les moyens pour élucider rapidement le crime.Dès le départ.Lessard est sous le choc: comment a-t-il pu se tromper sur le compte de Tanguay, qu\u2019il a toujours vu comme une crapule?Père Fouettard Des cadavres, il y en aura beaucoup d\u2019autres dans cette histoire tordue \u2014 qui peut se dévorer d\u2019un seul coup malgré ses 450 pages \u2014, soyez prévenus.Presque toujours accompagnés du graffiti au bonnet de père Noël, ils viendront jalonner une histoire sordide qui débute dans les années 1980 par la disparition, l\u2019enlèvement plutôt, de trois jeunes garçons, tout juste une semaine avant Noël.Contrairement à Lesage et son équipe, qui ne le comprendront qu\u2019à la toute fin de l\u2019enquête, le lecteur sait que ces enfants sont séquestrés par l\u2019homme qui s\u2019est déguisé en père Noël pour les enlever afin d\u2019en faire des assassins sans scrupule: c\u2019est cela, la «violence à l\u2019origine».Et il y a pire encore puisqu\u2019une fois la «formation» du petit Maxime menée à terme, Michaud nous fera plon- ger encore plus bas dans les abîmes du « Ça» et du refoulé en abordant la traite des humains et le marché mondial de l\u2019esclavagisme sexuel.Brrrrrr.Tout cela est mené rondement, avec classe, intelligence, style et citations de Nietzsche, de Freud, de Rilke ou de Foucault, sans un mot de trop (ou presque).Au fil de ses enquêtes, Victor Lessard est devenu un être complexe, authentique, sans trop de tics de superflic et, bonne nouvelle, le noyau de personnages qui l\u2019entourent est arrivé à maturité : Jacinthe et Loïc, un de ses assistants, sont des êtres autonomes.Surtout elle, qui prend vraiment ici autant de place que de pertinence.Ce n\u2019est toutefois pas encore le cas pour Nadja, la conjointe de Lessard, mais ça viendra peut-être au prochain tournant.Un mot aussi sur le découpage presque cinématographique du roman ; il contribue tout au long, comme tout montage qui se respecte, à élargir le sens de tout ce qu\u2019on lit.Bravo au romancier et à son éditeur, qui doivent s\u2019amuser ferme.Et vivement le prochain Michaud.L\u2019auteur sera en séance de signatures au Salon du livre les jeudi 20, vendredi 21, samedi 22 et dimanche 23 novembre.Collaborateur Le Devoir VIOLENCE À UORIGINE Martin Michaud Éditions Goélette Montréal, 2014, 456 pages LIR Èlélivre.FINALISTES ÉDITION 2015 Catherine Mavrikakis La ballade d'AU Baba Héliotrope Andrée A.Michaud Bondrée Québec Amérique Jean-Paul Beaumier Fais pas cette tête Druide Michael Delisie Le feu de mon père Boréal Larry Tremblay L'orangeraie Alto littéraire 0) LU Û COLLEGIENS prixiitterairedescollegiens.ca Marc BouRqi ÉèmRumE Québec rara ^ QUÉBEC LE DEVOIR iCRILCQ [lettres québécois' BEC^B_ NUIT BLANCHE mtkiazine littérMÎre QA4£f ALINE APOSTOLSKA FLEUR DE CERISIER MARTIN MICHAUD S.A, CLAUDIA LAROCKELLE LES ÎLES ^CANARIES VOL 459 PIERRE SZALOWSKI ELLE ÉTAIT SI JOLIE V\tVOL 459 ri h ért 1\t^ UTTERATURE QUEBECOISE Variations sur une catastrophe aérienne GENEVIEVE TREMBLAY Quatre auteurs, quatre romans, une même prémisse: la série Vol 459 reprend la formule lancée il y a deux ans par VLB éditeur, qui avait alors mis cinq écrivains à pied d\u2019œuvre pour imaginer des histoires aux étages du bâtiment fictif L\u2019Orphéon.Cette fois, d\u2019insolite, le canevas passe au dramatique : chaque livre observe les chocs, anticipés ou immédiats, d\u2019une série de personnages après l\u2019écrasement d\u2019un avion au large de Terre-Neuve.Si un tel scénario catastrophe n\u2019a rien d\u2019original, les drames aériens répétés au cours de la dernière année donnent forcément une autre portée au procédé littéraire.Attentat terroriste, suicide, défaillance technique ?Le mystère restera quasi entier.Sur le fond, bien que le thème appelle ses rebondissements prévisibles, chaque auteur a construit une narration plus fine autour de l\u2019identité, du doute et de la mort \u2014 mais la mort comme une disparition, plus absurde que définitive.D\u2019un livre à l\u2019autre, les figures s\u2019entremêlent.La chronologie est souvent renversée, pour le meilleur et pour le pire.L\u2019aéroport, sorte de point zéro par défaut du synopsis, sert autant de béquille que de bouée.Fleur de cerisier, d\u2019Aline Apostolska.Lancé dans une quête identitaire alambiquée après une série de coups du destin, un jeune Vietnamien immigré au Québec et naturalisé Américain fonce vers l\u2019aé- roport Pierre-Flliott-Trudeau à la rencontre de son passé.et de lui-même.Un va-et-vient continuel dans le temps et dans le monde rebâtit l\u2019intrigue, narrée au «je» et très portée sur l\u2019introspection.Même s\u2019il fait un éloge honnête des boat people, arrivés en masse à Montréal à la fin des années 70, Fleur de cerisier pâtit d\u2019un style trébuchant et d\u2019un discours à l\u2019analyse si appuyée qu\u2019il en devient incohérent.Les îles Canaries, de Claudia Larochelle.Divisé en dix chapitres donnant chacun voix à un proche de Louisa, une jeune agente de bord en poste au moment de la tragédie.Les îles Canaries dresse un portrait à la fois délicat et brutal du deuil.D\u2019abord étrangère au lecteur, Louisa se dévoile couche par couche dans le regard de sa sœur (lucide), de son mari (ébranlé), de sa mère (en déni) et de son ex (furieux), autant de réactions qui dédramatisent sa mort elle-même.Chaque portrait est porté par un ton juste et alimente l\u2019intrigue jusqu\u2019à la finale, au dénouement attendu, quoiqu\u2019attendrissant.S.A.S.H.A., de Martin Mi-chaud.Dans ce polar qui déborde dans la science-fiction, un étrange duo : le petit Sasha, un garçon patient et discipliné, accompagne à l\u2019aéroport son «père» Flias, un homme très nerveux et à l\u2019aspect négligé.Postés à l\u2019étage des départs, tous deux attendent une femme.Qui est-elle?Ft pourquoi tout ce mystère autour du petit?L\u2019intrigue progresse à rebours, sans cesse filtrée par l\u2019esprit tourmenté d\u2019Flias, et rebondit jusqu\u2019aux services de sécurité américains.La fin, étonnamment expédiée en quatre pages, détonne dans le clair-obscur de l\u2019ensemble.Elle était si jolie, de Pierre Szalowski.Ce suspense en puzzle est d\u2019une complexité considérable, mais livré à un rythme si haletant qu\u2019on s\u2019y laisse aspirer.Daniel Béland, jeune papa trifluvien à la vie rangée, reçoit son passé à la figure par un matin banal.Panique à bord.Une histoire d\u2019amourette à Paris avec une agente de bord, il y a vingt ans, prend dès lors des proportions de plus en plus sordides, faisant valser tant l\u2019histoire que les témoins, très nombreux, sur les deux continents.L\u2019écrasement d\u2019avion, ici, a un double sens \u2014 aspect inédit qui adoucit le sentiment récurrent de trop-plein.Même si l\u2019éditeur soutient que les romans se lisent «indépendamment les uns des autres», il reste que le procédé lui-même autour de Vol 459 commande une lecture intégrale \u2014 ne serait-ce que pour apprécier ses points d\u2019attache et comparer l\u2019approche des auteurs.C\u2019est d\u2019ailleurs là l\u2019intérêt principal de la formule de ce travail en série, un travail collaboratif à la voix plurielle, certes, mais plutôt circonscrit sur le plan créatif.Les auteurs de la série sont en séance de signatures au Salon du livre les vendredi 21, samedi 22 et dimanche 23 novembre.Le Devoir L acquisition Traduit de l anglais (Canada) par Paule Noyart « Etonnant [.].Très bien traduit [.], L\u2019acquisition est un roman qui oscille entre style très direct, description fouillée et lyrisme émotif.» Marie-Christine Blais.La Presse 514 524-5558 lenneac@lemeac.conn ^ mitent VENEZ RENCONTRER NOS AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL DU 19 AU 24 NOVEMBRE 20I4 STAND 126 QuébecAmérique quebec-amerique.com LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 F 7 SALON DU LIVRE DE MONTREAL La Vitrine ROMAN POUR ADOS CŒUR DE SLUSH Sarah-Maude Beauchesne Hurtubise Montréal, 2014, 224 pages Billie a 17 ans, une sœur un peu plus vieille, un père médecin récemment al)andonné par sa femme retombée en adolescence et un désir équivoque : devenir une femme, c\u2019est-à-dire faire l\u2019amour.Elle est rêveuse, fébrile et obsédée, depuis peu, par un beau cycliste blond qui la trouble.«Je suis mêlée, c\u2019est parce que je grandis, je pense », dit-elle dans ce roman dont elle est la narratrice.Livre ensoleillé \u2014 Billie est surveillante de baignade aux glissades d\u2019eau \u2014 dont le ton emprunte à la chick-lit et le propos au roman d\u2019apprentissage pour adolescentes, ce roman, œuvre d\u2019une auteure de 25 ans, est frais, désinvolte et énergique, mais sa trame narrative, mince et redondante, manque de coffre.Sarah-Maude Beauchesne rend bien le romantisme adolescent fragile d\u2019une génération sans ancrages moraux solides, mais elle reste à sa surface, le mime au lieu de le creuser.Les adolescentes, malgré tout, devraient raffoler de ce livre vif, auquel manque la profondeur.L\u2019auteure sera en séance de signatures au Salon du livre les mercredi 19, samedi 22, dimanche 23 et lundi 24 novembre.Louis Cornellier ALBUM JEUNESSE LE LOUP AN LE LIVRE LE LOUP DANS LE LIVRE Mathieu Lavoie Comme des géants Montréal, 2014, 48 pages Il vit dans la forêt et, pourtant, il n\u2019y a que dans les bouquins que le loup avale les enfants.C\u2019est donc en grimpant littéralement dans les pages du livre que la bête pourchasse ici le Petit Chaperon rouge, les trois petits cochons, le petit Pierre et M.Séguin.Mais est-ce vraiment pour les manger?Avec Le loup dans le livre, Mathieu Lavoie signe pour la première fois le texte et les illustrations de son œuvre.C\u2019est le plus récent titre de la jeune maison d\u2019édition Comme des géants (dont il est d\u2019ailleurs cofondateur), déjà réputée pour offrir des albums jeunesse où le fond et la forme ne font qu\u2019un \u2014 avec art.Ici, un pas de plus est franchi alors que les images et la mise en abyme du livre contribuent directement au récit.Amusant.L\u2019auteur sera en séance de signatures au Salon du livre les jeudi 20 et samedi 22 novembre.Frédérique Doyon Triptyque Jacques Julien Leonard Cohen Seul l\u2019amour essai, 233 p., 25 $ Cet essai est à la fois incontournable pour les amateurs de Leonard Cohen et accessible pour ceux qui désirent se familiariser avec le parcours de cette véritable légende de la chanson et de la poésie.« Un ouvrage extrêmement intéressant.En lisant ces pages, je faisais mille et une découvertes.» Michel Désautels Désautels le dimanche, ICI Radio-Canada Première Julie Hétu www.triptyque, qc.ca Jacques Julien Leonard Cohen .^ Seul l\u2019amour r Julie Hétu MOT roman, 212 p., 22 $ «Ce n\u2019est pas tous les jours dans la littérature québécoise que l\u2019on peut plonger dans l\u2019imaginaire tout en réfléchissant au sens du jeu de la mort que se livrent matador et taureau dans l\u2019arène.Dans ce roman, la métaphore est belle, l\u2019action soutenue et la page couverture magnifique ! » Mario Cloutier, La Presse Salon du livre de Montréal - Stand 400 À bon chien, bon os AMELIE GAUDREAU Bel objet d\u2019art, de sagesse et d\u2019humour que cet album jeunesse de la collection «Bourgeon» des éditions du Marchand de feuilles, dont les titres sont destinés «aux enfants savants qui n\u2019aiment pas qu\u2019on leur parle en bébé».Les adultes se trouvent également fort bien servis dans ce Mademoiselle Moon fait d\u2019une vingtaine de «leçons pour chiens», qui aurait pu prendre la forme d\u2019un ouvrage d\u2019épanouissement personnelle s\u2019il n\u2019avait pas eu pour théâtre enchanteur et ludique une île au large de la France où la gouvernante de 67 chiens se donne la mission de les éduquer afin qu\u2019ils soient «heureux, en santé, bien élevés».Ce petit livre est d\u2019abord publié dans sa traduction française \u2014 la version originaje devrait voir le jour en 2015.A l\u2019origine un projet pictural de la peintre anglaise Janet Hill, qui s\u2019apprêtait à rendre public sur son site Internet le tableau de sa huitième leçon, le projet s\u2019est transformé en ouvrage pour enfants lorsque l\u2019éditrice Mélanie Vince- JANET HILL Chacune des leçons de vie est accompagnée d\u2019une œuvre mettant en scène l\u2019élégante gouvernante et ses « élèves ».lette l\u2019a contactée.Une première pour l\u2019artiste.Chacune des leçons de vie \u2014 des conseils que l\u2019on a parfois entendus mille fois mais qu\u2019il n\u2019est pas mauvais de se rappeler {«Respecte la propriété d\u2019autrui», «Cultive ton jar- din et tu n\u2019auras jamais faim», «Une pièce bien rangée est une pièce accueillante», «Manifeste ton amour sans compter») \u2014 est accompagnée d\u2019une œuvre mettant en scène l\u2019élégante gouvernante et ses «élèves», qui l\u2019illus- tre de façon plus ou moins explicite et comique.Car malgré l\u2019esthétique un peu convenue, inspirée de l\u2019impressionnisme et teintée d\u2019une certaine sophistication très «années 50», ce conte évite de tomber dans le kitsch grâce aux touches d\u2019humour absurde qui parsèment ces riches tableaux.Les amateurs de pitous qui acceptent de se faire déguiser seront particulièrement servis en matière de rigolade.Les plus curieux de la démarche de l\u2019artiste, dont on retrouve les œuvres autant en galeries que sur les cartes Hallmark, peuvent aller jeter un œil à sa série d\u2019entrées de blogue où elle commente (seulement en anglais) le processus de création de ce projet singulier et l\u2019évolution des personnages qui le peuplent.Le Devoir MADEMOISELLE MOON Janet Hill Traduit de l\u2019anglais par Annie Pronovost Marchand de feuilles Montréal, 2014, 52 pages Des suggestions (jeunesse) pour le Salon L\u2019écriture au féminin?Vraiment ?Et pour les 10 à 15 ans ?Rose-Line Brasset, Sophie Rondeau et Sarah-Maude Beau-çhesne en débattront.A l\u2019Agora, mercredi 19 novembre, 10 h 45.Remise du prix Céciie-Gagnon, dédié depuis sa création en 1997 à la relève en littérature jeunesse.A l\u2019Agora, mercredi 19 novembre, 12 h 45.Faire aimer ies iivres.Quelques trucs pour aider les enfants à tomber amoureux des livres eL forcément, de la lecture, dpnnés par Julie Pro-vencher.A l\u2019Agora, vendredi 21 novembre, 10 h 45.Qui iit ces iivres pour ies jeunes?Discussion sur la popularité d\u2019une certaine littérature jeunesse auprès des adultes (Harry Pottep Hunger Games et consorts).A L\u2019Agora, vendredi 21 novembre, 15hl5.MEDIASPAUL ^\tVenez rencontrer nos auteurs Rodhain Kasuba Malu FRANÇOIS REBÂTIS Lepape MON EGLISE S' Stand 371 Santé mentale santé spirituelle Dialogue entre! une psychiatre et un théologien Jean«Phliippe TroHler LA PROFONDEUR DE L'EXISTENCE ODETTE BERNAZZANI Jean-François Gosselin RISQUER DIEU Préface de Charles Taylor JEAN-PHILIPPE TROTTIER Roger Poudrier ABBA LE BON AU-DELA DE TOUT JEAN-ERANÇOIS GOSSELIN CELEBRER LES MANUSCRITS MER MORTE Une perspective canadienne Sous la direction de Jean Ouhaime et Peler W Flint Comprenant vingt cinq cantributten, par dca sptciallllcs ROGER POUDRIER h)ur que tu ne te perdes pas dans le quartier mm («alliinorri \"pn David Foe CIIAHLOTTE mediaspauLca jeanduhaime Gallimard F 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 SALON DU LIVRE DE MONTREAL La Vitrine Montreal d antan HISTOIRE MONTRÉAL D\u2019ANTAN À TRAVERS LA CARTE POSTALE ANCIENNE Jacques Saint-Pierre Editions Hervé Chopin Paris, 2014, 109 pages Popularisée en Europe au XIX® siècle, la carte postale a vite connu aussi ses heures de gloire en Amérique.On en produisit des différentes, par milliers, dans toutes les grandes villes et parfois jusque dans les villages.Mais comme l\u2019explique Jacques Saint-Pierre, une collection de cartes postales, si importante soit-elle, ne montre pas tout d\u2019une cité.Bien au contraire.«Elle privilégie le beau, le pittoresque, l\u2019édifiant!» L\u2019image témoigne d\u2019un certain aspect de la cité ainsi que de l\u2019idée que s\u2019en fait l\u2019éditeur.Les vieilles cartes postales de Montréal montrent bien entendu des vues patrimoniales de la ville, près du fleuve, avec les bateaux, leurs marchandises, la garnison anglaise en poste à l\u2019île Sainte-Hélène.Puis on entre dans la cité proprement dite, avec ses tramways, ses commerces, sa gare, ses monuments, ses écoles, ses églises.Scènes d\u2019hiver, scènes d\u2019été.Plusieurs des clichés qui servaient à produire ces cartes sont remarquables.Dans l\u2019ensemble, les indications unilingues anglaises des commerces laissent comprendre que tout se passait dans cette langue, comme si l\u2019existence même du français dans cette cité ne comptait absolument pour rien.Montréal d\u2019antan présente plus de 200 cartes, dont on devine que certaines durent aussi être colorisées à la main, comme c\u2019était souvent le cas.Ici, dans ce beau livre, tout est en noir et blanc.L\u2019auteur sera en séance de signatures au Salon du livre les samedi 22 et dimanche 23 novembre.Jean-François Nadeau BANDE DESSINEE COLIS 22 Marsi La Pastèque Montréal, 2014, 164 pages Il y a peut-être une intrigue qui s\u2019étire un peu trop en longueur dans ce Colis 22, deuxième récit dessiné en carrière du talentueux dessinateur Marsi.Pas assez nerveuse non plus, cette enquête qui pourtant prend place dans l\u2019univers des messagers à vélo à Québec, un univers où tout va vite, où les virages se prennent à 90 degrés et où ici, Pluton, un sympathique coursier, se trouve confronté à une drôle d\u2019affaire sur fond d\u2019alertes à la bombe : un étrange colis, contenant un tube, et qui va forcément changer le cours de son existence en perpétuel mouvement.Les références aux astres \u2014 tous ces potes portent étrangement des noms de planète \u2014 sont nombreuses, tout comme celles à la Vieille Capitale, que l\u2019auteur dévoile ici avec une précision étonnante et une intimité qui, dans quelques cases, est même particulièrement délicieuse.Sauf que, au final, le récit, lui, avec son scénario qui manque de densité, finit par faire de ce Colis 22 un paquet paradoxalement bien vide.L\u2019auteur sera en séance de signatures au Salon du livre les vendredi 21 et samedi 22 novembre.Fabien Deglise La dernière prise Louis Hamelin n juillet 1961, un grand gaillard dans la mi-vingtaine, accompagné de sa femme et de sa petite fille, pêchait la truite dans la Big Wood River à une quinzaine de kilomètres de Ket-chum dans l\u2019Idaho.Le grand gaillard écrivait des poèmes dont certains avaient paru en livre à San Francisco.Cet été-là, il avait commencé un roman intitulé La pêche à la truite en Amérique, fi ne le savait pas encore, mais à quelque chose comme un jet de Super Duper (un leurre fabriqué par la compagnie Rapala pour déjouer les truites) de l\u2019endroit où ils campaient, quelques jours plus tôt, le plus grand écrivain de l\u2019Amérique s\u2019était tiré un coup de fusil de chasse dans la bouche.Le grand écrivain s\u2019était fait connaître à 25 ans par une nouvelle sur un type qui pêchait la truite.Big Two-Hearted River, dans laquelle il avait prétendu faire avec les mots ce que Cézanne faisait sur la toile, et qui est aujourd\u2019hui célèbre.Si le Nick Adams de la nouvelle appâte avec des sauterelles, il n\u2019est pas toujours facile de connaître la technique utilisée par le délirant protagoniste de La pêche à la truite en Amérique \u2014 à un moment donné, on y occit une arc-en-ciel de belle taille à l\u2019aide d\u2019une gorgée de porto.Autre différence : si Big Two-Hearted River était du Cézanne, La pêche à la truite., ce sera Dali.Le croisement de trajectoires n\u2019en demeure pas moins troublant.Dans l\u2019Idaho sauvage de 1961, la carrière de l\u2019un s\u2019achève dans la paranoïa et l\u2019étroite surveillance du FBI.Celle de l\u2019autre en est encore aux laborieux balbutiements d\u2019avant la fulgurance du succès.Dépressif et impuissant, Ernest Hemingway, avant de passer aux actes et d\u2019en finir pour de bon, avait eu droit aux électrochocs de la clinique Mayo.Diagnostiqué schizophrène, Richard Brauti-gan le précéda de quelques années entre les électrodes, obligé, vers 1955, de se farcir une douzaine de séances à l\u2019Oregon State Hospital.Dans ce même établissement.SIMON & SCHUSTER Richard Brautigan, tel qu\u2019il apparaissait sur la couverture de The Abortion, chez Simon & Schuster 20 ans plus tard, serait tourné One Flew Over the Cuckoo\u2019s Nest, le film qui révéla au monde le cauchemar climatisé de l\u2019électrothérapie.Autre différence : à 55 ans, Hemingway reçut le prix Nobel; à 49 ans, Brautigan était seul, et à peu près oublié : sa poésie flyée, l\u2019absurde beauté de ses métaphores avaient rencontré les années 1980, et ça ne se passait pas très bien.Autre différence: le grand gaillard dont le Super Duper avait cessé de leurrer les truites choisit un 44 Magnum pour en finir.Mantra parasite La pêche à la truite en Amérique est au centre du triptyque paru l\u2019été dernier chez Christian Bourgois et constitué des trois premiers romans de Brautigan.Le premier.Un général sudiste de Big Sur, fut un échec commercial.Le second, mais qui fut écrit en premier (commencé sur les berges de la Big Wood, à l\u2019ombre de Papa Hemingway), sortit chez le genre de petit éditeur qui n\u2019a rien à perdre, et qui en écoula quatre tirages successifs.Après quoi les ventes se mirent tranquillement à grossir.Il fallait un bril- COLLOQUE L\u2019jabîme de la liberté de Michel Freitag Ou 20 au 22 novembre 2014 Université du Québec à Montréal CONFERENCE O\u2019OUVERTURE la liberté a l\u2019epreuve de l\u2019histoire / GEORGES LEROUX 20 novembre / J-M400 / 19h CONFÉRENCE OE CLÔTURE Vers une société sans masQue \">! GILLES GAGNE 22 novembre/D-R200/' PROGRAMME ET HORAIRE www.pevuesociete.org Bernard Anton (Ben) Désordres L'riïirmattan lant tordu pour en reconnaître un autre : Kurt Vonnegut Jr., ayant repéré le phénomène, alerta son éditeur new-yorkais, qui racheta les droits sur La pêche.et le roman suivant.Sucre de pastèque, qui clôt le triptyque.n les publia ensemble et en vendit 300 000 la première année.Un auteur-culte était né.La génération qui voulait mettre l\u2019imagination au pouvoir élut Richard Brautigan.Dans le Massachusetts, à la fin des années 1960, on vit défiler des manifestants arborant une petite truite sur leurs pancartes et leurs bannières.Des nouvelles de Brautigan parurent dans le Rolling Stone, Vogue et Playboy.Le genre de succès dont on se remet, ou pas.Un des aspects les plus novateurs de cette désopilante loufoquerie littéraire qu\u2019est La pêche à la truite en Amérique tient dans une pirouette qui me semble inédite en matière d\u2019auto-ré-férentialité textuelle: le titre du livre (et non le livre lui-même) devient parfois un personnage de la succession de tableaux déjantés dont se compose cette véritable entorse au bon sens qualifiée, pour la forme, de roman.A d\u2019autres moments, le titre est le nom d\u2019un motel, le surnom d\u2019un cul-de-jatte, etc.Formule-caméléon, mantra parasite, à l\u2019image de ces slogans publicitaires qui s\u2019incrustent dans la conscience, la pêche à la truite du titre, signifiant émancipé de son signifié, sert donc dans ce livre à désigner tout et son contraire, y compris la pêche à la truite ! Comme si, sous son stetson noir et sa mélancolique moustache tombante de cowboy, Brautigan n\u2019était qu\u2019un lointain correspondant poétique et complètement pété de l\u2019école structuraliste égaré dans les grands espaces de l\u2019Ouest Pataphysique made in USA Le chapitre intitulé La dernière fois que j\u2019ai vu la Pêche à la Truite en Amérique en offre un bon exemple.Le narrateur descend au bord de la Big Wood pour y faire valser son Super Duper, et il rencontre la Pêche à la Truite en Amérique.Les deux causent ensemble un moment, de l\u2019expédition de Clark et Lewis, entre autres, et des truites de deux pieds de long qu\u2019on pouvait prendre dans le Missouri en 1805.Plus tard, de retour chez lui en Californie, il apprend, dans Life, la nouvelle du suicide de Hemingway.«La Pêche à la Truite en Amérique avait oublié de m\u2019en parler.Je suis sûr qu\u2019il [sic] était au courant.Il n\u2019avait pas dû penser à me le dire.» Au pays de l\u2019intrigue bien ficelée et du creative writing en kit, le principe de composition hautement fantaisiste qui semble avoir présidé à l\u2019accouchement de ce chef-d\u2019œuvre éta-sunien de fiction pataphysique constituait, certes, un pied de nez supplémentaire à la culture dominante.Brautigan donne l\u2019impression d\u2019avoir pondu son livre comme on lance sa ligne avec un trompe-l\u2019œil au bout.Dans plusieurs de ces historiettes dont l\u2019unité thématique se dandine sous nos yeux tel un leurre de surface, il ne ramène pas grand-chose de plus que le sourire d\u2019un esprit de bottine trouée.Ce roman, c\u2019est la rencontre d\u2019un parapluie et d\u2019une recette de pudding sur la planche à vider les poissons.Avec de la mayonnaise.ROMANS I Richard Brautigan Traduit de l\u2019anglais par Marc Chénetier Christian Bourgois Paris, 2014, 473 pages rv Lire aussi > Mon nom, un ^ extrait de Sucre de pastèque de Richard Brautigan, à ledevoir.com/livres Collectif I i/^'X SOCIÉTÉ UQAM Conseil de recherches en sciences humaines du Canada 4^ livre de slam de Bernard Anton (Ben) Des slams de l\u2019auteur disponibles sur itunes Plus de 95 vidéoclips sur Youtube Plus de 1 200 000 visionnements Consultez son site - bernardanton corn \tCauserie avec \tEmmanuel Carrère \tAutour de son nouveau roman \tLe Royaume \tÉditions P.O.L \t« En mêlant le récit de sa \tcrise mystique à une vaste enquête sur la naissance du \tchristianisme, Emmanuel \tCarrère parvient à \tpassionner croyants et \tmécréants et déploie tout \tson talent.» \t \tAnimatrice \tMarie-Pascale Hugio \tUne seance de signatures suivra RICHARD VÉZINA L\u2019année où Marilyn fit scandale ROMAN I 146 PAGES I 19 95: Manlvii tLk I OIK LES ÉDITIONS Sémaphore JEAN-FRANÇOIS AUBÉ Les yeux de la Nation La relation pere fils, a 1 aube de la Revolution tranquille JACINTHE BÉDARD Ce qui nous lie ROMAN I 101 PAGES I 17 95 FREDERICK LETIA Les chronques de l\u2019inquiétude NOUVELLES NOUVELLES 131 PAGES 17 95 Des nouvelles sur notre etonnante capacité a nous dérober, voire a manipuler autrui Une histoire de filiation, d'amour et d'accueil www.editionssemaphore.qc.ca SÎM4V 400 117 PAGES De nos jours, vaut il mieux obtenir ou ne pas obtenir ce que 1 on desire ? LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 F 9 SALON Dü LIVRE DE MONTREAL POESIE Herménégilde Chiasson en douze visages Un autoportrait quelque peu narcissique, mais ô combien littéraire ! HUGUES CORRIVEAU Publier un livre de quelque 500 pages aurait été sans doute trop banal pour Herméné-gilde Chiasson, qui a plutôt choisi de dessiner ses autoportraits en 12 tomes de 48 pages chacun.Un seul mot pour chacun des titres: Histoires, Espaces, Refrains, MotS, ÉnigmeS, Nostalgies, ÉmotionS, GesteS, Identités, LectureS, Découpages et Excuses.Chaque première lettre de chacun des titres inscrit le prénom de l\u2019auteur.Alors qu\u2019une lettre sur l\u2019épine de chaque tome forme le mot «autoportrait».Voilà pour ces objets très soignés publiés chez Prise de parole, à raison d\u2019un tome par mois depuis janvier dernier.Rivé au plus près d\u2019un quotidien sans cesse revisité, l\u2019auteur sature son œuvre d\u2019anecdotes qui prennent l\u2019aspect de récits d\u2019autofiction, de nouvelles décalées, de souvenirs nostalgiques.Le contenu, cerné par le jeu très pérecquien de la contrainte, multiplie en chaque livre les approches littéraires.Ainsi faudra-t-il attendre le tome iii, RefrainS, pour que ce poète aborde le vers libre.Il y signale, en une pertinente formule, que «des jours entiers passent au large de nos vies».Il s\u2019oblige à se tenir aux aguets pour rameuter l\u2019émotion ou saisir la ferveur de croire qu\u2019on peut rattraper le fuyant passage des gestes.Ce qu\u2019il y a entre Dans Nostalgies nous parvient la vibration des souvenirs émus: «Autrefois, à Paris.», «Une chanson qui me ra- RACHELLE BERGERON Herménégilde Chiasson sature son œuvre d\u2019anecdotes qui prennent l\u2019aspect de récits d\u2019autofiction, de nouvelles décalées, de souvenirs nostalgiques.rnène.», et ainsi de suite.Dans Émotions nous rejoint le tremblement d\u2019une âme en peine, quand on sait qu\u2019«f/ y a quelque chose de profondément émouvant à briser le silence.», quand on voit «quelqu\u2019un qui essuie ses larmes.», quand on se rappelle «cet homme qui voulait se suicider.».Dans ÉnigmeS s\u2019imposent «un visage sous la pluie, un moment entre deux nuages.» auxquels il faut s\u2019attarder, ou bien encore «ce moment redoutable où l\u2019on va passer de vie à trépas.».Dans EspaceS, il s\u2019agit plutôt de saisir ce qui se tisse «entre» (formule anapho-rique de tout le livre), par exemple «entre une boîte de chocolat en forme de cœur, une rose rouge dans un emballage de plastique et le tissu de la banquette du train».Dans Identités, il faut s\u2019attarder à ces êtres qui sont là, qui traversent nos vies, à «la jeune fille qui transporte des tableaux» tout aussi bien qu\u2019à «l\u2019homme qui fait les sandwichs libanais».Je ne saurais faire le tour exhaustif de ce très riche travail qui s\u2019impose tant par la multiplicité des formes conviées à sa fabrique qu\u2019au contenu intense et souvent surprenant qui en constitue les éléments.Le tome le plus étonnant jusqu\u2019à maintenant (il en reste deux à paraître) est le dixième, LectureS, dans lequel on trouve en haut des pages une citation suivie, pour l\u2019essentiel, des notes qu\u2019on renvoie généralement en bas de page, mais qui composent ici le corps du propos.Des photos aussi dans GesteS, des mots disséminés en noir dans les colonnes, façon journal, de Mots, des confidences également dans Histoires, quand l\u2019auteur s\u2019amuse à nous révéler, entre autres, «la chose la plus drôle» qu\u2019il ait faite.Les dix tomes déjà parus sont d\u2019une très grande richesse et donnent à penser que la forme ici trouve à justifier le propos.Jamais gratuite, cette forme impose les divers contenus comme une leçon de savoir-faire et de savoir-écrire.L\u2019auteur sera en séance de signatures au Salon du livre les jeudi 20 et samedi 22 novembre.Collaborateur Le Devoir AUTOPORTRAIT Herménégilde Chiasson Prise de parole Sudbury, 2014, 12 tomes de 48 pages chacun EMIGRANTS SUITE DE LA PAGE F 1 de terminer l\u2019étude Exportation de livres canadiens à l\u2019étranger: un portrait de l\u2019industrie, commandée par l\u2019ANEL.En se penchant surtout sur les ventes de droits de 2010 à 2014 consignées par Livres Canada Books, il a pu tracer un échantillon de l\u2019exportation, représentatif à vue de nez de 50% de l\u2019industrie au pays.Résultats?«Les éditeurs francophones sont très dynamiques à l\u2019exportation, et particulièrement les petites structures, explique le chercheur en entrevue téléphonique au Devoir.Mais c\u2019est probablement un simple reflet de notre industrie, composée majoritai- rement de petites structures.» Où vont les livres canadiens ?Essentiellement aux États-Unis, en Erance, au Royaume-Uni, en Europe occidentale et en Amérique latine.On n\u2019accueille pas partout la même littérature : les livres jeunesse s\u2019exportent surtout en Asie (Chine, Philippines, Singapour), le scolaire va vers la Chine et l\u2019Amérique latine.La fiction pour adultes est accueillie en Europe occidentale et en Amérique latine, et la non-fiction, en Europe occidentale, en Amérique latine et.en Scandinavie.Au final, ce sont les éditeurs spécialisés en livres jeunesse qui font la plus forte part de leur chiffre d\u2019affaires à l\u2019étranger \u2014 de 48 à 59%, ce qui n\u2019est pas à dédaigner.« C\u2019est plus simple, la littérature jeunesse, explique M.Labbé.Les frais de traduction sont beaucoup plus faibles si on traduit un livre de 1000 mots.On y trouve beaucoup moins de référents culturels: les thèmes de l\u2019enfance sont universels, les situations simplifiées.Et la littérature jeunesse est beaucoup encouragée, pratiquement partout, par le financement des gouvernements.» Les best-sellers, «comme dans le marché national», ont davantage de chances de trouver preneur.Les chevaliers d\u2019émeraude d\u2019Anne Robillard, Les aliments contre le cancer du D*^ Béliveau, le dictionnaire Le visuel de Québec Amérique ou les récits de Kim Thùy sont ainsi de ceux qui ont beaucoup de succès.«J\u2019ai été ravi de constater qu\u2019on n\u2019exporte pas seulement en Erance ou aux États-Unis, mais dans une grande diversité de pays.Les éditeurs francophones ont exporté au cours de 2012-2013 dans 66 pays.Et ça, c\u2019est du pur rayonnement culturel», conclut le chercheur.Le Devoir GARNOTTE EN TOUTE LIBERTÉ L\u2019ANNUE L\u2019ANNUEL é PnEVOIR/IOREAl SÉANCES DE SIGNATURE AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Samedi 22 novembre \u2022\t14 h à 15 h stand Boréal n° 412 \u2022\t15 h 30 à 16 h 30 stand Le Devoir n° 356 Dimanche 23 novembre \u2022\t14 h à 15 h stand Boréal n°4i2 \u2022\t15 h 30 à i6 h 30 stand Le Devoir n° 356 LEDEVOIR/BORÉAl Livre illustré ¦ 120 pages ¦ 24,95 $ ¦ PDF et ePub : 18,99 $ ¦ En vente dans toutes les librairies sauf Renaud-Bray DELBUSSO ÉDITEUR DEL BUSSO EDITEUR AUTOMNE 2014 CLAUDE CORBO L\u2019UQAM RESTAURÉE+ ALEXAHDRE DE BOTH U RI LA MÉMOIRE DES OBJETS + JACQUES DE COURSON ET ANDRÉ JOYALÀ LA DÉCOUVERTE DU BRÉSIL + VINCENT FOURNIER LE VIN COMME PEREORMANCE CULTURELLE + YVETTE FRAN-COLI LE NAUERAGÉ DU VAISSEAU D\u2019OR + SERGE JOYAL LE MYTHE DE NAPOLÉON AU CANADA ERANÇAIS + NAÏM KATTAN LAMOUR ENCORE + BENOÎT MELANÇON LANGUE DE PUCK + LINDA RUTENBERG LA GASPÉSIE AU BORD DE L\u2019INEINI + JULES TESSIER AVANT DE QUITTER CES LIEUX YVETTE FRANCOLI ».U LE NAUFRAGE DU VAISSEAU D\u2019OR Les vies secrètes de Louis Dantin PRIX VICTOR-BARBEAU PRIX ALPHONSE-DESJARDINS Mcxaiidri' tic lltilhii LAMKMOflli: DFSf OBJETS LE VIN COMME PERFORMANCE CULTURELLE NAIM KATTAN IMOlItl NtOKI LE CAS DU CmÔ DOC EL CALABRE Benoit Melançon Abecedaire du hockey SERGE JOYAL Jules Tessier AVANT DE QUITTER CES LIEUX LE MYTHE DE NAPOLÉON AU CANADA FRANÇAIS LA GASPESIE AU BORD DE L INFINI WWW.DELBUSSOEDITEUR.CA AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL STAND 160 (GALLIMARD) F 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 SALON DU LIVRE DE MONTREAL La Vitrine Jean-Mire Levy-Leblond Li science exphcjuee 1 mes petits cnfints y ESSAI SCIENTIFIQUE TA SCIENCE EXPLIQUÉE A MES PETITS-ENFANTS Jean-Marc Lévy-Leblond Seuil Paris, 2014, 112 pages Pour ne pas devenir qu\u2019un instrument du technoproductivisme capitaliste, la science doit être mise en culture.Le physicien français Jean-Marc Lévy-Leblond est un expert en la matière.Dans ce petit livre charmant et instructif, il plaide pour le plaisir de la connaissance scientifique, plaisir, insiste-t-il, que renseignement, trop axé sur les méthodes de résolution des problèmes, peine à transmettre, en négligeant les mises en contexte historiques et culturelles.Composé de considérations simples et claires sur la méthode scientifique \u2014 « factivité d\u2019autocritique systématique » \u2014, sur l\u2019abstraction mathématique, sur les failles de l\u2019objectivité scientifique et sur l\u2019importance des autres formes de connaissances (littéraire et philosophique, notamment), ce court essai est une éclairante et réjouissante invitation à considérer la science comme une activité humaine qui aide à penser et à vivre.Comme une activité culturelle, quoi.Louis Cornellier Des suggestions pour le Salon Mercredi 19 novembre La voix de la comédienne Mireille Deyglun fait vibrer les mots du Bonheur d'occasion (1945) de Gabrielle Roy, dans le souci de «mieux faire comprendre son pays».Parle-t-on ici de ce pays sans frontières qui a pour nom la littérature ?Au pavillon Histoire du Canada, 17 h 40.Sur les traces de Kerouac.Une série de la radio de nos impôts réalisée par Jean-Philippe Pleau, qui a donné lieu à un livre numérique.Gabriel Anctil, spécialiste de Kerouac, est en partie à l\u2019origine du projet.A l\u2019Espace Radio-Canada, 17 h.Tout juste après la cérémonie d\u2019ouverture et différents hommages, seront dévoilés les finalistes au Pri;^ des libraires du Québec.A l\u2019Espace Archambault, 19 h.L\u2019animatrice Claudia Laro-chelle s\u2019entretient avec Déni Béchard, romancier et grand voyageur, qui vient de publier De,s bonobos et des hommes (Écosociété), un récit du combat contre la destruction de la forêt équatoriale au Congo, un des poumons de la planète.Au stand 50 du niveau 3,19 h.Jeudi 20 novembre Remise du Prix de poésie 2014 des collégiens.Le meilleur recueil selon les élèves du niveau collégial parmi les livres de Germaine Beaulieu, de Jonathan Charette, de Ro- ger Des Roches çt de Caroline Louisseize.À l\u2019Espace Archambault, 19 h.Le questionnaire Archambault.Le chroniqueur de longue date du Devoir Gilles Archambault a soumis une importante suite d\u2019écrivains à un questionnaire fixé d\u2019avance, façon Marcel Proust.Entendez ce qu\u2019ont à répondre notamment Mathieu Arsenault, Normand Baillargeon, Andrée A.Mi-chaud, Louise Dupré, Simon Roy, Louise Desjardins, Jean-Erançois Beauchemin.L\u2019événement se tient en trois lieux différents : pavillon Histoire du Canada, place Confort TD et l\u2019Agora, 19 h.Vendredi 21 novembre Quels modèles de filles la littérature jeunesse propose-t-elle?Une discussion organisée par Communication-Jeunesse à la Place Confort TD, 13 h.Gabriel Nadeau-Dubois, finaliste au Prix du Gouverneur général pour son essai sur la crise de l\u2019éducation au Québec, s\u2019entretient avec Maxime-Olivier Moutier.Stand 50, niveau 3,18 h.Le journaliste du Devoir Stéphane Baillargeon mène une discussion sur la distinction à faire entre le chroniqueur, le critique, le blogueur et le journaliste.Avec David Desjardins, chroniqueur au Devoir, Paul Journet, Michel Vézina çt Catherine Voyer-Léger.A l\u2019Espace Archambault, 18 h 30.Réécrire Camus Le journaliste et écrivain Kamel Daoud\tL\u2019étranger près de 70 ans plus tard Il signe un premier roman percutant, Meursault, contre-enquête.Il a remporté le prix François-Mauriac de l\u2019Académie française et le prix des Cinq Continents, présidé par Le Clézio.Il a presque décroché le Concourt.Le soliloque brûlant de Kamel Daoud remporte un succès imprévu.GUYLAINE MASSOUTRE Fierté en Algérie et événement en France, joie chez Barzakh, son éditeur algérien, et chez Actes Sud, son éditeur français, Meursault, contre-enquête répond à L\u2019étranger de Camus.Kamel Daoud y invente un soliloque brillant, dont le narrateur, assis dans un bar d\u2019Alger, est le frère de l\u2019Arabe tué par Meursault.Soixante-dix ans ont passé, et la force du roman demeure.L\u2019écrivain algérien retourne la blessure cuisante, mise en scène par celui qui obtiendrait le prix Nobel en 1957 pour sa conscience humaine.On replonge dans la trace: «[.] Ma mission : être revendeur d\u2019un silence de coulisses alors que la salle est vide.C\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison que j\u2019ai appris à parler cette langue et à l\u2019écrire, pour parler à la place d\u2019un mort, continuer un peu ses phrases.» Entre ce narrateur et son auteur, comme entre Daoud et Camus, la marge est mince.D\u2019abord, Daoud nomme la victime.Moussa, «l\u2019Arabe fugace» de Camus.Celui-là a désormais un frère, une mère, une famille, un contexte, une identité.En réponse au combat épique d\u2019un bras armé contre un rayon de soleil, revoici la stupide querelle qui entraîne la mort gratuite de Moussa, et toutes les répercussions du deuil, de l\u2019incompréhension et de l\u2019oubli.Mais la force du roman, c\u2019est de n\u2019être ni une revanche ni l\u2019histoire d\u2019un martyr.C\u2019est une suite, une réponse historique, le pan d\u2019un diptyque appelé par Camus: on y lit une colère géante, à la mesure de l\u2019absence d\u2019empathie, de l\u2019effacement de la victime, de «la nonchalance majestueuse» du criminel Meursault.Un renversement d\u2019absurde, le véritable deuil enfin, et un au-delà, sa traversée.Affranchissement En novembre 2013, pour le centenaire de la naissance de Camus, Frédéric Worms, directeur du Centre international de philosophie française à l\u2019École normale supérieure, déclarait que l\u2019auteur était impossible à «récupérer».Fortement controversée, la commémoration de Camus n\u2019a pas pu se tenir à Marseille, capitale culturelle de l\u2019Europe en 2013, ni à Paris, ni en Algérie, comme c\u2019était prévu.Et l\u2019exposition Albert Camus, citoyen Le poison des jours Traduit de l\u2019anglais (Canada) par « Un roman qui trahit une réalité crue, mais très beau, lumineux malgré tout.| transcende la rudesse du propos.« Chantal Fontaine, Les libraires 514 524-5558 lemeac@lemeac.eom ittphklànd itérerait cacher sous le tapis, :;e des personnages, leur authenticité, du monde, présentée à Aix jusqu\u2019en janvier 2014, a eu bien du mal à voir le jour.Or Kamel Daoud vient changer la donne.L\u2019histoire qu\u2019il signe revient donc sur l\u2019absurde.Fini, le creux évidé par la colonisation.Le réel algérien s\u2019instaure dans un fait littéraire interpellant tant Camus que l\u2019Algérie d\u2019aujourd\u2019hui, dans la place de cet Arabe qu\u2019il voulut vide: «Je voudrais que justice soit faite», «je veux m\u2019en aller sans être poursuivi par un fantôme», dit le frère de Moussa.Que l\u2019histoire soit réécrite à l\u2019envers, en français, que plénitude soit donnée à l\u2019Arabe effacé, au lieu du neutre et de l\u2019invisible, à ce corps laissé là aux siens, sans sépulture littéraire, tel est l\u2019enjeu de Daoud, et de son roman, bien titré.Sa grande réussite, c\u2019est la plongée dans la dualité camu-sienne, d\u2019où s\u2019élève un chant puissant.La critique est unanime : il y a autant de fébrilité passionnelle chez Daoud que Camus a livré d\u2019inquiétante apathie chez son personnage.Il y a une Algérie souveraine, littérairement forte et fraternelle, et une Algérie qui souffre d\u2019être prisonnière d\u2019une «ombre glacée».Autant d\u2019ivresse et de révolte sincère que de justice effective, répondant à l\u2019indifférence et à l\u2019insensibilité de son assassin.Un vide que désormais on entend mieux, en creux, où se sont imposés les imams.Empreinte de deux solitudes, qui figure sur l\u2019illustration commune de la couverture du roman chez Barsakh et chez Actes Sud, voici les deux faces d\u2019une médaille, couleur locale, ce combat des frères ennemis.Un renversement équilibrant de leurs relations, au lieu de ce réel fait «de la lassitude et des insolations ».L\u2019Algérie entre sur la scène, enterre symboliquement son mort, refait le chemin de La Source, cette «plage mortelle pour les Arabes», au bout &\u2019«un immense labyrinthe fait d\u2019immeubles, de ARCHIVES AGENCE ERANCE-PRESSE L\u2019auteur de L\u2019étranger et Prix Nobel en 1953, à Paris gens écrasés, de bidonvilles, de gamins sales, de policiers hargneux».Ce succès de librairie \u2014 8000 exemplaires vendus en trois mois en France, plus de 3000 en Algérie depuis novembre \u2014, cet hommage unanime des critiques, personne ne l\u2019avait vu venir.Dans une langue riche et exacte, aussi intense que joyeuse, aussi virulente qu\u2019impatiente, le personnage de Daoud se défend contre Meursault, avec et contre Camus, avec et contre sa mère, face à tous les interdits.«Insiste», intime la voix narrative, entêtante, désespérée, combative.«Trouve la bonne formule » ; dans l\u2019angle mort, il l\u2019a trouvée.Qui est Kamel Daoud?Né en 1970 à Mostaganem (300km à l\u2019ouest d\u2019Alger) dans un village sans électricité, ni livres ni télévision, Kamel Daoud a appris à lire, à rêver et à penser en français.Tout ce qui était scolaire, loi et ordre, explique-t-il sur France-Culture, était en arabe classique, en langue de clergé.Il rêve alors en français, sur une trentaine de romans qu\u2019il déniche à onze ans et qui parlent de sexe, de fantasme, de corps féminin, de science-fiction, d\u2019histoire policière.Il les fétichise, les réinvente, les «créolise», dit-il, les imagine.Arrivé à l\u2019université sans avoir jamais parlé français, langue intérieure, il étudie les mathématiques, puis la littérature, tout en prenant la mesure de son identité.Kamel Daoud, le journaliste Journaliste au Quotidien d\u2019Oran \u2014 troisième quotidien national francophone d\u2019Algérie \u2014, où il a été rédacteur en chef et où il tient depuis douze ans la chronique quotidienne la plus lue d\u2019Algérie, Kamel Daoud a vu ses articles repris par la presse française {Libération, Le Monde, Courrier international.).Auteur de plusieurs récits, réunis dans le recueil Le Minotaure 504 (Sabine Wespieser, 2011) \u2014 initialement préface du nègre (Barzakh, 2008) \u2014, il a reçu le prix Mohammed Dib du meilleur recueil de nouvelles en 2008.BERTRAND LANGLOIS AEP Kamel Daoud Daoud n\u2019est pas un enfant de la décolonisation, mais de l\u2019indépendance algérienne.Fort d\u2019un héritage qui intègre l\u2019illettrisme de sa mère (comme Camus) et la culture de l\u2019Algérie, il se libère dans cette langue qu\u2019il maîtrise admirablement et refuse l\u2019arabisation forcée, avec les tabous de la religion et du dieu islamiste imposé.Vingt ans pour mettre à distance ce Coran-là.Fini le silence, sans pour autant devenir militant.Son impératif de liberté est celui d\u2019un écrivain qui revendique le livre avec intensité.L\u2019idée du roman est venue d\u2019une chronique oranaise de Daoud, reprise par Le Monde en mars 2010 sous le titre «Le contre-Meursault ou l\u2019Arabe deux fois tué».Sofiane Had-jadj, qui a fondé en 2000 avec sa compagne Selma Hellal la maison d\u2019édition Barzakh pour résister aux «années noires», lui demande d\u2019en achever la lancée.Trois ans d\u2019écriture, et le résultat, un grand et fort roman.Collaboratrice Le Devoir MEURSAULT, CONTRE-ENQUETE Kamel Daoud Actes Sud Paris, 2014, 155 pages vient De paRaitRe Dossier Des chemins d'humanité NUMÉRO 775 \u2022 DÉCEMBRE 2014 Les auteurs : Leila Benhadjoudja, Marc Chabot, Claire Doran, Lorraine Guay, Vivian Labrie, Alicia Puleo, Nicolas Le Dévédec, Jean-Claude Ravet, Yvon Rivard.À lire aussi : le Carnet de Marie-Andrée Lamontagne, la chronique poétique de Paul Chamberland et des analyses sur les vautours de la dette argentine et 20 ans d'ALÉNA au Mexique.Artiste invité: Éric Godin bienvenue au LANCEMENT! -\t\u201e _ lilNDlMN0ïEMBRtDE17HMA19HM librairie LE PORT DE TETE 262, AVENUE MONT-ROYAL EST Sommaire détaillé et abonnement en ligne: www.revuerelations.qc.ca 6 NUMÉROS PAR ANNÉE, 48 PAGES Un an: 40$ Deux ans: 70$ À l'étranger (un an) : 55 $ Étudiant: 25 $ (sur justificatif) Abonnement de soutien : 100 $ (un an) 514-397-8670 | abonnement@sodep.qc.ca SODEP (revue RELATIONS) CP.160, suce.Place d'Armes Montréal, Québec H2Y 3E9 EN VENTE DANS LES KIOSQUES ET LIBRAIRIES 7,00 $ + TAXES Oui, je désire un abonnement de NOM an(s), au montant de ADRESSE VILLE CODE POSTAL TÉLÉPHONE ( .).Je paie par chèque à l'ordre de: SODEP (revue Relations) CH MasterCard ou Visa EH NUMÉRO DE LA CARTE |\t|\t|\t|\t| |\t|\t|\t|\t| |\t|\t|\t|\t| |\t|\t|\t|\t| EXPIRATION I I I AU NOM DE ____________________________________________________________ SIGNATURE SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL 2014 19 au 24 novembre SEANCES DE DEDICACES LEMÉAC ÉDITEUR Stand 146 514 524-5558 lemeac@lemeac.com EaO Quebec H ta LINDA AMYOT FRANÇOIS GILBERT Finaliste aux Pnx littéraires du Gouverneur générai 2014\t?Le jardin d Amsterdam La maison d une autre Jeudi : 11 h a 12 h Dimanche : 15 h à 16 h Jeudi : 19 h a 20 h Samedi : 16 h à 17 h\tDimanche : 14 h à 15 h FRANÇOIS ARCHAMBAULT Tu te souviendras de moi Finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur genera^ 2014 Samedi : 16 h à 17 h NORMAND BAILLARGEON Chroniques des années molles Invité d\u2019honneur du Salon du livre de Montréal Jeudi : 16 h à 17 h Vendredi : 10 h à 11 h Samedi : 14 h à 15 h Dimanche : 13 h à 14 h JEAN-MARC BARRETTE ET SERGE BERGERON L univers de Michel Tremblay Dictionnaire des personnages _ U.CO 1\tc O 2\tCO H ^ Une courte ^ vidéo sur le parcours^ du fils de l\u2019auteur, Hikari Ôé, sur ledevoir.com/livres Le Plaisir d'offrir de beaux livres! le Parchemin CREATEUR DE BONHEUR DEPUIS 1966 Librairie agréée au cœur du Quartier Latin spécialisée dans les livres francophones ALAN STIVELL AVFC thieimw jOCif Sur la route des plus belles légendes celtes Rock Demers raconte les '^Tous Sur la route des plus belles légendes celtes Alan Stivell i SUBLlMES^yOYAGES V juai\"' Baya rd Montréal d antan Contes pour tous Rock Demers Montréal d'antan Jacques Saint-Pierre Quartiers disparus Paul-André Linteau et C.Charlebois Félix Leclerc Un héritage en images Collectif Dictionnaire amoureux du Québec - 9 ¦ l I I r Rt M 11 R TOM E Sublimes voyages Collectif Denise Bombardier Plon Dictionnaire amoureux du Québec Denise Bombardier JOSELITO MICHAUD QuébecS Le français au bureau Noëlle Guilloton et H.Cajolet-Laganière tx.T)^w': Ifc \u2018\u2022'Tr'Xi;'.'\"Uï 3 fois par jour Marilou et Alexandre Champagne MICHEL LOUVAIN SANS AGE Dans la cuisine avec Stefano Faita Stefano Faita Michel Louvain sans âge Michel Louvain et Benoit Gignac Procurez-vous notre carte-cadeau! Léonard Cohen Harvey Kubernik Gloire denivstilici' 31 DESTINS ET £00 CLICHÉS VOLÉS La Gloire démystifiée Joselito Michaud Carte-cadeau le Parchemia DEPUIS\t1966 Carte-cadeau Livres numériques www.parchemin.ca Suivez-nous B e r r i - U Q A M , Tél.: 514 845-5243\t505, rue Sainte-Catherine Est, Montréal (Québec) H2L 2C9 librairie@parchemin.ca www.parchemin.ca F 14 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 SALON DU LIVRE DE MONTREAL La Vitrine .UC 'RRY SAGESSES ':Hib-î ri :;'-,ujouFbi b.ESSAI SAGESSES D\u2019HIER ET D\u2019AUJOURD\u2019HUI Luc Ferry Flammarion Paris, 2014, 816 pages Devant un panorama de la philosophie comme celui que publie Luc Ferry cette saison, j\u2019active toujours ce que j\u2019appelle mon «test Heidegger» : si l\u2019auteur, qui se pique de vulgarisation raffinée, parvient à expliquer clairement les thèses principales de l\u2019obscur philosophe allemand, c\u2019est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un remarquable pédagogue.Or, Ferry passe le test haut la main, en se penchant avec brio sur les questions de la technique et de l\u2019Etre.Ces pages sont les plus limpides que j\u2019ai lues sur ces sujets.L\u2019ex-ministre français de l\u2019Education fait preuve de la même maestria pédagogique en présentant Jésus et la révolution judéo-chrétienne et les idées principales \u2014 «les véritables clés du château», écrit-il \u2014 de plusieurs grands philosophes et penseurs, comme Descartes, Kant, Rousseau, Marx, Nietzsche, Freud et Sartre.Le chapitre qu\u2019il consacre aux figures emblématiques de « la Pensée 68 » (Bourdieu, Derrida, Deleuze, Foucault et Lacan) est fort, mais parfois injuste, et son ton polémique détonne dans l\u2019ensemble.Les lecteurs des récents essais de Ferry trouveront beaucoup de répétitions dans cette somme, par ailleurs admirable.Louis Cornellier La nuit, tous les dieux sont noirs POESIE LA NUIT, TOUS LES DIEUX SONT NOIRS Monique Deland Le Noroît Montréal, 2014, 128 pages On devine, dans La nuit, tous les dieux sont noirs, la passion de Monique Deland pour les Illuminations de Rimbaud, alors que les dérives lui permettent d\u2019accéder à l\u2019envers du réel.Ainsi, dans ce livre presque inclassable, la poète nous fait entrer dans des paysages saturés d\u2019étrangetés, de figures archétypales et de dieux anciens qui ouvrent les portes des enfers ou coupent les eaux océanes.L\u2019insolite préside à cette traversée des apparences, à ce voyage dans des paysages déjantés, «les deux pieds ancrés solides dans leur cauchemar lucide».On la suit éberlué, bousculé par l\u2019empreinte de cette surréalité trouble, conviant ici Dali et ses lèvres-fauteuils, là les maisons de Delvaux ou de Gaudi.«Des questions, que ça./ Ça éclate une après Vautre, comme des petits œufs de tortue arrivés à terme.» Nous parviennent les mudras et pranayama de la méditation.entre l\u2019inspir et l\u2019expir.mantras obligés pour accéder à ce monde cassé.Traversant la vie en train, roulant dans l\u2019incongrue continuité d\u2019un théâtre complexe, le réel bascule du côté de l\u2019angoisse.Entre la veille et le sommeil, la conscience et le rêve, la mobilité et l\u2019immobilité, toujours dans l\u2019entre-deux-monde, s\u2019échappe la poète guettant la nuit.L\u2019ultime mot pour comprendre ce livre : métamorphose.L\u2019auteure sera en séance de signatures au Salon du livre le jeudi 20 novembre.Hugues Corriveau SALON DU LIVRE DE MONTREAL 2014 les éditions du remue-ménage stand 402 (Dimedia) :: TABLES RONDES :: Biographies de personnalités politiques: quand les journalistes se font historiens Avec les historien-ne-s Andrée Lévesque [Éva Circé-Côté, libre-penseuse) et Éric Bédard, ainsi que les journalistes Guy Gendron etAlec Castonguay.Animation: Pierre Cayouette \u2014> vendredi 21 novembre à16h30à17h15à l'Espace Archambault \"Andrée Lévesque sera en signature à notre stand de 17 h 30 à 18 h 30 Accouchement et allaitement: les femmes ont-elles vraiment le choix?Avec la sociologue Chantal Bayard et la directrice Valorisation communication Catherine Chouinard [La promotion de l'allaitement au Québec) et l'historienne Andrée Rivard [Histoire de l'accouchement dans un Québec moderne).Animation : Annie Desrochers \u2014> vendredi 21 novembre de 18 h 45 à 19 h 30 à l'Agora :: SÉANCES DE SIGNATURE :: CHANTAL BAYARD ET CATHERINE CHOUINARD La promotion de l'allaitement au Québec.Regards critiques vendredi 21 novembre de 19 h 30 à 20 h 30 samedi 22 novembre de 12 h à 13 h MARIA DE KONINCK ET SIMONE VOISINE Sœur Simone Voisine.La force tranquille de l'engagement samedi 22 novembre et dimanche 23 novembre de 13 h à 14 h SYLVIE FRIGON De l'enfermement à l'envol.Rencontres littéraires samedi 22 novembre et dimanche 23 novembre de 11 h à 12 h JULIE LAVIGNE La traversée de la pornographie.Politique et érotisme dans l'art féministe jeudi 20 novembre de 17 h à 18 h dimanche 23 novembre de 14 h à 15 h ANDRÉE RIVARD Histoire de l'accouchement dans un Québec moderne vendredi 21 novembre de 19 h 30 à 20 h 30 dimanche 23 novembre de 14 h à 15 h MARIE-BLANCHE TAHON Françoise Collin.Anthologie québécoise, 1977-2000 samedi 22 novembre de 18 h à 19 h et dimanche 23 novembre de 15 h à 16 h FRANCE THÉORET Louky Bersianik.L'écriture, c'est les cris.Entretiens avec France Théoret samedi 22 novembre et dimanche 23 novembre de 16 h à 17 h LOUISE TOUPIN Le salaire au travail ménager.Chronique d'une lutte féministe internationale jeudi 20 novembre de 18 h à 19 h dimanche 23 novembre de 15 h à 16 h Max Lobe : un auteur africain à découvrir PAUL BENNETT Jeune auteur camerounais vivant en Suisse depuis huit ans, Max Lobe publie son deuxième roman, La Trinité bantoue.Son premier, 39 rue de Berne (Zoé), avait remporté Tan passé l\u2019équivalent suisse du Concourt des lycéens.Dans La Trinité bantoue.Lobe explore avec légèreté et humour une réalité pas toujours drôle et qu\u2019il a bien connue, celle des immigrés de fraîche date au pays des Helvètes.L\u2019auteur a la plume alerte, la caricature facile et un ton direct et rafraîchissant.Mais le style reste dans l\u2019ensemble un peu lisse et convenu.La Trinité bantoue raconte l\u2019histoire de Mwâna, un émigré africain tout juste diplômé d\u2019une université suisse et qui cherche vainement un emploi à sa mesure.Entre-temps, il doit accepter des boulots sous-payés : vendeur de produits de beauté, responsable du site Web d\u2019une petite ONG sur le déclin ou, en dernier recours, professeur de danse africaine ! Il a un amant lui aussi fauché \u2014 et fainéant en plus \u2014, Ruedi, fils de banquier, qui refuse par principe de demander de l\u2019aide à ses parents.Le couple en est réduit à fréquenter les banques alimentaires.Mwâna doit rendre des comptes à sa sœur, très dévote, qui Ta accueilli en Suisse et qui gagne sa vie comme femme de ménage dans une YVONNEBÔHLER Dans La Trinité bantoue, Max Lobe explore avec légèreté et humour la réalité des immigrés de fraîche date en Suisse.clinique privée tenue par des religieuses.Pour garder le moral, il dépense une bonne partie de son gombo (argent) à téléphoner à sa mère restée au Bantouland ; femme fière, chaleureuse et d\u2019un optimisme à toute épreuve, Monga Mingâ s\u2019en remet à la Trinité bantoue (Nzambé, Elôlambi et les Ban-kôlo \u2014 les ancêtres) pour résoudre tous les problèmes.Départ Un jour, Mwâna se rend compte que la voix claire et rieuse de sa mère est devenue rauque et étouffée.Grâce aux relations de sa fille avec les reli- gieuses, Monga Mingâ pourra aller se faire soigner en Suisse, où on lui diagnostique un cancer de l\u2019œsophage.Le roman prend alors une tangente plus grave et plus touchante, mélodramatique même, alors que le fils assiste, impuissant, à la lente agonie de sa mère.Mais les Bankôlo veillent.La Trinité bantoue oscille constamment entre une description satirique des comportements des Suisses envers les immigrés et ceux qui les défendent \u2014 politiciens et ONG \u2014 et un portrait plus intimiste de la mentalité africaine confrontée au narcissisme helvète.Au- tant les bureaux d\u2019emploi, avec leurs fonctionnaires suffisants, que les ONG, avec leurs militants écologistes recyclés en antiracistes, sont prétextes à des scènes hilarantes où l\u2019humour, malicieux, n\u2019est jamais caustique.De même la xénophobie est-elle raillée, mais sur un ton gentiment moqueur plutôt que mordant.La langue de Max Lobe a la vivacité de celle des conteurs traditionnels africains, mais manque encore un peu d\u2019audace et de fantaisie.Les meilleurs passages de La Trinité bantoue sont ceux où l\u2019auteur n\u2019hésite pas à recourir à des expressions africaines pour épicer sa prose : «avoir une roue de secours» pour «entretenir une maîtresse», «laissons l\u2019affaire là par terre» pour «ne parlons pas de ce sujet», «dramatiseuse» pour désigner quelqu\u2019un qui se plaît à exagérer.Inconnu ici, Max Lobe mérite tout à fait de sortir de l\u2019anonymat: un auteur à connaître et à suivre.L\u2019auteur est invité d\u2019honneur du Salon du livre de Montréal et sera en séance de signatures, en entrevue et en table ronde les vendredi, samedi et dimanche.Collaborateur Le Devoir LA TRINITÉ BANTOUE Max Lobe Editions Zoé Genève, 2014, 208 pages Reinventer une contre-culture Un regard jeune et critique sur l\u2019évolution québécoise de la marginalité créatrice MICHEL LAPIERRE Sans doute parce qu\u2019il est né en 1986, Ralph Elawani n\u2019idéalise pas avec nostalgie l\u2019effervescence artistique des années 60 et 70.Enthousiaste mais lucide, son essai Les marges détachables, qui la situe dans l\u2019histoire, est surtout un témoignage senti.L\u2019observateur, qui n\u2019a pas encore 30 ans, écrit: «Les idoles contre-culturelles vieillissent plus mal que leur mythe.» Il défend l\u2019essentiel de la marginalité créatrice : résister à la standardisation comme à la mort.Fils d\u2019une Québécoise et d\u2019un Libyen venu ici après avoir fui la révolution kadhafiste, Elawani affirme d\u2019emblée être 6\u2019«une famille à la croisée de deux cultures».La planche à roulettes Ta mené au punk rock.C\u2019est ainsi qu\u2019il s\u2019est plongé dans la marginalité culturelle pour ensuite en explorer l\u2019évolution dans un contexte aussi bien québécois que planétaire.«Culturellement parlant, je crois que le Québec et le reste du Canada font chambre à part», avoue celui qui sait distinguer un vieux nationalisme associé, précise-t-il, à «l\u2019appel de la race» d\u2019un désir d\u2019émancipation nationale qui peut s\u2019accorder avec les «marges détachables» les plus folles.Parmi les marginaux qu\u2019il estime, il n\u2019hésite pas à nommer des créateurs hantés par le Québec, comme les écrivains Jacques Perron et Raôul Duguay ou le sculpteur Armand Vaillancourt.Audaces et fourre-tout Dans son livre, Elawani ose les rapprocher librement de nos dissidents artistiques qui apparaissent plus californiens, comme les poètes Patrick Stra-ram.Josée Yvon et Denis Va-nier ou tous ceux que réunissait la revue Mainmise.Dans son es- prit, les créateurs anticonformistes forment une immense famille invisible où la sensibilité importe plus que la théorie et où l\u2019individualisme apparent sert, en fait, l\u2019humanité.Pour illustrer cette idée et la rendre concrète dans le contexte québécois, il a la perspicacité de citer la phrase magnifique qu\u2019écrivit Claude Gauvreau dès les années 50: «Il faut poser des actes d\u2019une si complète audace que même ceux qui les réprimeront devront admettre qu\u2019un pouce de délivrance a été conquis pour tous.» Mais les hardiesses de nos avant-gardistes ont contribué à susciter, vers 1970, une explosion contre-culturelle qui, aujourd\u2019hui, laisse Elawani un peu perplexe.Pour lui, «le processus d\u2019infantilisation dont la contre-culture aura manifestement souffert» se confirme par des faits.Le chanteur Robert Charlebois a fraternisé avec le milliardaire Paul Desmarais.Une «clownerie entourant le grand fourre-tout» réduit l\u2019anticonformisme ludique d\u2019un Raôul Duguay à sa chanson La bitt à Tibi, devenue un attrait folklorique de la fête nationale.En déplorant qu\u2019« une partie des cultures de marge sera récupérée ou déracinée» par «des faiseurs de top 10» et «certains publicitaires à l\u2019âme mate et monochrome», Elawani retrouve, par la ferveur de sa jeunesse, le sens originel de la dissidence créatrice.L\u2019auteur sera en séance de signatures les vendredi 21, samedi 22 et dimanche 23 novembre.Collaborateur Le Devoir LÇS MARGES DETACHABLES Ralph Elawani Poètes de brousse Montréal, 2014, 98 pages Présent.e.s au Salon du livre de Montréal Déni BÉCHARD Des bonobos et des Hommes vendredi 21,17h30 à 18h15 \u2014 Place Confort TD La relation auteur/traducteur ou l\u2019art de porter deux casquettes avec Dominique Fortier et Nicolas Dickner.Anim.: Eisa Pépin Paradis fiscaux: la filière canadienne Alain DENEAULT dimanche 23,15h à 15h45 \u2014 Place Confort TD Comment justifier l\u2019austérité à l\u2019ère des paradis fiscaux?avec François Delorme et Géra Id Fi II ion.Anim.: lanik Mardi Libres d\u2019apprendre Plaidoyers pour la gratuité scolaire Gabriel NADEAU-DUBOIS samedi 22,13h30 à 14h15 \u2014 Espace Archambault Quelle éducation pour quelle société ?avec Normand Baillargeon, Micheline Lanctôt et Eric Martin Anim.: Lisa-Marie Gervais En dédicaces au stand Dimedia (n° 402) Micheline Lanctôt Libres d\u2019apprendre Eric Martin La tyrannie de la valeur Serge Mongeau S\u2019indigner, oui, mais agir Maxime Ouellet La tyrannie de la valeur Thierry Pardo Une éducation sans école Francine Pelletier Libres d\u2019apprendre Yakov Rabkin Comprendre l\u2019État d\u2019Israël écosocieté Info complète sur notre site : ecosociete.org lAN ORTI ^WLIVEET^ L\u2019AURORE lan Orti L\u2019OLIVE ET L\u2019AURORE Traduit de l\u2019anglais (Canada) par Christophe Bernard lan Orti signe un texte unique, où les histoires s\u2019assemblent et permettent une exploration à la fois tendre et hilarante des zones grises de l\u2019existence.Conseil des arts Canada Council du Canada\tfor the Arts LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 F 15 SALON Dü LIVRE DE MONTREAL La participation, piège à cons ?LOUIS CORNELLIER D> abord paru en 1983 aux éditions Saint-Martin, La participation contre la démocratie, du sociologue Jacques T.Godbout, est un essai costaud d\u2019une rare profondeur.Appuyé sur quinze années de recherches, il pose la question suivante : la participation des usagers dans divers organismes (en santé, en éducation) et à des commissions de consultation entraîne-t-elle un supplément de démocratie ou est-elle un piège à cons ?Notre premier réflexe est bien sûr de croire que cette participation augmente la démocratie.Or Godbout, qui se penche avec rigueur sur les cas du Bureau d\u2019aménagement de l\u2019est du Québec (1963-1966), des groupes populaires et des CLSC, notamment, en arrive à la conclusion inverse : cette participation n\u2019aurait pas donné plus de pouvoirs aux usagers et aurait même enlevé du pouvoir aux élus de ces instances pour le remettre entre les mains de professionnels et de bureaucrates non élus.Pire encore, en donnant l\u2019illusion aux usagers qu\u2019ils sont en partie responsables des décisions prises en leur nom, la participation vient même saper leur pouvoir d\u2019opposition.Comment contester, en effet, une décision qu\u2019on a soi-même prise ?Actuellement, par exemple, le Conseil du trésor du Québec mène une opération de « révision des programmes» et demande aux citoyens d\u2019exprimer leur point de vue sur ce sujet sur un site Internet.Quand il procédera, ensuite, à des compressions dans ces programmes \u2014 c\u2019est la seule option envisagée \u2014, le gouvernement pourra prétendre qu\u2019il a entendu la population.La participation, dans ce cas, est manifestement un attrape-nigaud.L\u2019esprit des démocraties Dans un avant-propos inédit, Jacques T.Godboutpropose une brillante réflexion sur les notions de démocratie directe et de démocratie représentative.Dans la première, écrit-il, «tous prennent les décisions, tout simplement ».Ce modèle est peut-être un idéal, mais il est inapplicable dans les grandes sociétés complexes comme les nôtres, qui ont, de plus, «choisi comme valeur première l\u2019accroissement de la production (et de la consommation.) », un choix qui ne peut s\u2019accommoder de «la mobilisation permanente de tous les citoyens» qu\u2019exige la démocratie directe.La démocratie représentative, si souvent critiquée par JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les assemblées d\u2019associations étudiantes restent un exemple de démocratie participative.les penseurs de la gauche radicale, a cependant des vertus, explique Godbout.Elle a pour effet de «dispenser les citoyens de se gouverner eux-mémes tout en ne les privant pas d\u2019un certain pouvoir».Les élus, dans ce modèle, représentent le peuple, mais ne sont pas le peuple.Ce dernier, même s\u2019il se reconnaît une certaine appartenance au pouvoir qu\u2019il a choisi, conserve néanmoins son droit à l\u2019opposition, qui va jusqu\u2019au droit de changer de gouvernement.Qr, continue le sociologue, la participation des usagers ou des citoyens à ce pouvoir élu peut menacer ce droit d\u2019opposition, «parce que lorsqu\u2019on accepte de participer, d\u2019étre mobilisé, consulté, par les institutions politiques, on diminue d\u2019autant sa capacité à s\u2019opposer de l\u2019extérieur».Aussi, vouloir appliquer des mécanismes de démocratie directe (participation) au modèle de la démocratie représentative peut avoir comme conséquence l\u2019affaiblissement du principe démocratique.Se satisfaire, toutefois, d\u2019une démocratie représentative dans laquelle le citoyen n\u2019est qu\u2019un consommateur de gouvernement qu\u2019il « achète » tous les quatre ans en silence ne saurait non plus constituer un idéal.S\u2019il critique sévèrement la pratique de la participation qu\u2019il a pu observer, le sociologue n\u2019en condamne pas l\u2019idée.Dans une magnifique postface à ce remarquable ouvrage, Godbout témoigne avec ferveur des raisons de son engagement social.«Si on est né, si on a grandi, si on est beau et intelligent, écrit-il, c\u2019est principalement parce que des personnes ont fait le contraire de ce que le marché exige.» Le recours à l\u2019État, précise-t-il cependant tout de suite, ne peut être la seule solution de rechange au libéralisme.L\u2019espoir d\u2019un monde plus juste, plus humain, réside, suggère le sociologue, dans «la richesse des réseaux sociaux» qui expérimentent la valeur de «l\u2019esprit du don», titre d\u2019un important essai que Godbout signait chez Boréal en 1992.L\u2019auteur sera en séance de signatures au Salon du livre le jeudi 20 novembre.Collaborateur Le Devoir LA PARTICIPAJION CONTRE LA DEMOCRATIE Jacques T.Godbout Liber Montréal, 2014, 218 pages La Vitrine Une f géographie poDÉ Romain Cru^v ESSAI UNE GEOGRAPHIE POPULAIRE DE LA caraïbe Romain Cruse Mémoire d\u2019encrier Montréal, 2014, 591 pages Il n\u2019y a pas de cocotiers ou de plages au sable fin sur la couverture de cette Géographie populaire de la Caraïbe de Romain Cruse.On y voit plutôt un homme sur le bord de la route sous un ciel gris, avec une valise pouvant symboliser les migrations ayant marqué la région.L\u2019influence de l\u2019historien de la gauche américaine Howard Zinn est palpable dans cet essai qui donne la parole aux classes populaires demeurées dans l\u2019ombre des hôtels de luxe.Selon l\u2019auteur, les masses de touristes formenfi «d\u2019un point de vue caribéen, une classe blanche à part».Les agences de voyages leur ont d\u2019ailleurs vendu «un territoire vide d\u2019habitants, caractérisé par une nature paradisiaque et exubérante dont les couleurs sont caricaturalement forcées avec des outils de retouche photographique».L\u2019envers du décor est beaucoup plus sombre: la région de près de 40 millions d\u2019habitants affiche l\u2019un des plus forts taux d\u2019émigration au monde.«S\u2019ils n\u2019ont plus les chaînes aux pieds, les Caribéens n\u2019émigrent pas par plaisir, écrit le géographe.Ils y sont forcés par les conditions économiques et les inégalités démesurées, par la violence endémique et la criminalité générale liée au trafic de drogues».Reléguée aux marges de l\u2019économie mondMe, la Caraïbe possède toutefois une richesse culturelle indéniable que l\u2019auteur nous permet de découvrir en nous amenant de la côte vers l\u2019intérieur des terres.Dave Noël HISTOIRE SANS FAIRE D\u2019HISTOIRE Anecdotes méconnues QUI ONT FAIT LE QuÉBEC Anne de Léon Editions de l\u2019Homme Montréal, 2014, 191 pages Le pari tout simple de la réalisatrice Anne de Léan est de servir aux lecteurs des fragments très digestes de l\u2019histoire du Québec contemporain, tenue à tort ici pour bien connue.Voici de jolies illustrations et un résumé de brèves histoires amusantes et peu courantes.Celles par exemple d\u2019un espion nazi capturé en Gaspésie, d\u2019Alfred Hitchcock en tournage dans la Vieille Capitale, des enfants morts dans l\u2019incendie du cinéma Laurier Palace, du camp d\u2019internement pour immigrants en Abitibi en 1914 ou encore du vol prodigieux de tableaux de maîtres commis en 1972 au Musée des beaux-arts de Montréal.En tout, 26 anecdotes qui flottent ici en apesanteur, un peu en marge de l\u2019histoire, comme si le simple plaisir de les connaître nécessitait de les délester du poids qui pourrait les intégrer à autre chose qu\u2019au divertissement.L\u2019auteure sera en séance de signatures du jeudi 20 novembre au dimanche 23 novembre.Jean-François Nadeau f ar-ssi L\u2019AGENDA L\u2019HORAIRE TELE, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi \t 1 évesque L éditeur Rencontres d'auteurs \u2022 Salon du livre de Montréal\t 19 au 23 novembre 2014 \u2022 Place Bonaventure\t Stand n° 400\t\u2022 Dimedia \u2022 Lévesque éditeur Beaulieu, Étienne,\tTrop de lumière pour Samuel Gaska Boisvert, France\tSamedi 22,13 à 15 h Vies parallèles Bossé, Véronique\tJeudi 20,17 à 19 h Samedi 22,15 à 17 h Vestiges Brillon, Monique\tMercredi 19,19à21 h Jeudi 20,17 à 19 h Vendredi 21,15 à 17 h Comme une seule voix Brulotte, Gaëtan\tDimanche 23,11 à 13 h La contagion du réel Castillo Durante, Daniel\tSamedi 22,19 à 21 h Dimanche 23,13 à 15 h Fuir AVEC LE FEU Clark, Marie\tSamedi 22,17 à 19 h Dimanche 23,15 à 17 h Comme une seule voix Dussault, Danielle\tDimanche 23,11 à 12 h Anderson's Inn Gagnon, Pierre-Louis\tVendredi 21,17 à 21 h Le scandale de la tour byzantine Kokis, Sergio\tSamedi 22,15 à 17 h Makarius Lalonde Robert\tMercredi 19,19à21 h Jeudi 20,19 à 21 h Dimanche 23,15 à 17 h Comme une seule voix Ledien, Stéphane\tSamedi 22,11 à 13 h Dimanche 23,17 à 19 h Bleu tout-puissant Moussette, Marcel\tVendredi 21,19 à 21 h Samedi 22,13 à 15 h Archéologie de l'Amérique coloniale française Paré, Yvon\tVendredi 21,17 à 19 h Samedi 22,17 à 19 h L'enfant qui ne voulait plus dormir Potvin, Claudine\tMercredi 19,17à19h Samedi 22,11 à 13 h Dimanche 23,17 à 19 h Tatouages Rioux, Hélène\tSamedi 22,19 à 21 h Dimanche 23,13 à 15 h L'amour des hommes \tMercredi 19,17à19h Jeudi 20,19 à 21 h Vendredi 21,15 à 17 h m En librairie le 18 novembre Gilles Lauzon PO NIE- P L\u2019urbanisation d\u2019un quartier ouvrier de Montréal 1840-1930 PARTS or BRIEL WAR A8D TIMOTHY FINDLEY BONS BAISERS I\t| DU PAYS J\tg DES HYPOCRITES /\t^ c/} IL (7) » i Timothy Findley BONS BAISERS DU PAYS DES HYPOCRITES Traduit de l\u2019anglais (Canada) par René-Daniel Dubois « D\u2019un bout à l\u2019autre, Timothy Findley surprend et hypnotise avec son art de prendre le lecteur à contre-pied.» Alexandre Filion, Livres Hebdo Conseil des arts Canada Council du Canada\tfor the Arts F 16 LE DEVOIR LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 NOVEMBRE 2014 SALON Dü LIVRE DE MONTREAL Penser l\u2019indépendance dans la tourmente Louis CORNELLIER , Ly idée d\u2019indépendance du Québec ne date pas d\u2019hier.Dans Indépendance.Les conditions du renouveau, l\u2019historien Charles-Philippe Courtois rappelle qu\u2019un certain Henry Mé-ziére, dés 1793, appelle ses compatriotes à emprunter cette voie.Les Patriotes, quelques années plus tard, reprendront ce flambeau, avant d\u2019être écrasés par les forces britanniques.On assiste alors, note Courtois, à une «marginalisation de l\u2019indépendance», liée au «profond traumatisme de l\u2019échec» et accompagnée d\u2019un «nouveau consensus», qui impose l\u2019idée de la survivance en situation minoritaire.A certains égards, cette situation a des échos dans le Québec actuel.La récente dégelée subie par le Parti québécois (PQ), précédée des échecs référendaires de 1980 et de 1995, illustre elle aussi une marginalisation de l\u2019indépendance.En introduction à cet ouvrage qu\u2019il dirige, Mathieu Bock-Côté ne prend pas de gants pour faire un état des lieux.«Le mouvement souverainiste est en crise», écrit-il.Pire encore, on assiste, selon lui, à «un épuisement du nationalisme», porteur d\u2019un sentiment d\u2019échec qui «fait remonter à la surface de la vie politique cette forme de haine de soi morbide qui accompagne notre histoire lorsque nous renonçons aux grands idéaux».Sociologie Dans une Nouvelle sociologie de la question nationale, Bock-Côté trace un portrait très sombre de la situation.Une certaine droite populiste chante les vertus d\u2019un Québec bilingue, comme s\u2019il s\u2019agissait de «libérer les Québécois du Québec».Une certaine gauche multiculturaliste renoue avec «la vieille tentation du messianisme compensatoire, hier catholique et aujourd\u2019hui progressiste, qui voit les Québécois compenser leur impuissance politique par une prétention à incarner un modèle de civilisation d\u2019avqnt-garde».Or, avec un demi-Etat, une telle prétention ne peut être qu\u2019illusoire.Enfermés dans une sorte de ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le PQ doit rapidement concevoir et défendre «une politique capable d\u2019inscrire les grands enjeux nationaux dans une perspective souverainiste», selon Bock-Côté.«petite souveraineté», selon la formule du politologue Marc Chevrier, les Québécois se complaisent dans une «indépendance psychologique» : ils refusent la souveraineté du Québec, mais ne participent pas au Canada, ce qui les condamne à l\u2019insignifiance politique.D\u2019une certaine manière, cette situation est le résultat de la «faille originelle» du souverainisme moderne et de sa stratégie du «bon gouvernement», une approche qui a légitimé le cadre fédéral canadien en montrant qu\u2019on pouvait réaliser une partie du programme péquiste sans l\u2019indépendance.«La situation est manifestement bloquée», écrit Bock-Côté.Pourtant, la souveraineté demeure «une question de survie pour le peuple québécois».Dans ces conditions.sans s\u2019illusionner sur une victoire prochaine, il importe d\u2019abord de «garder vivante la flamme de l\u2019indépendance».Ce devoir, explique le sociologue militant, revient principalement au PQ, qui doit, sans attendre, concevoir et défendre «une politique capable d\u2019inscrire les grands enjeux nationaux dans une perspective souverainiste, montrant de quelle manière le cadre canadien sape les intérêts fondamentaux du Québec, qu\u2019ils soient énergétiques, économiques, sociaux ou identitaires».Cette politique, de plus, malgré l\u2019échec du projet de charte des valeurs, qui n\u2019est pas «un épisode honteux de l\u2019histoire récente du nationalisme», écrit Bock-Côté, ne doit pas abandonner les enjeux identi- » TeRR-É DF.L^abradob.^\t-\t'¦*\t' ou DE CORTEREAI, ^ ECRITURES / LITTERATURE \u2018ÿr- ¦ N O U VEILLE FrA 'Noù\\hiLe\t' -\u2019ACB .-/j-'\t' Ahchterju;,.»!''\"' ,\t' , I ¦ La Virginie ;* ¦ D E Msih 12 $ mÆ Benoit Bordeleau, André Carpentier, Paul Chamberland, Nicholas Dawson, Jean-Marc Descent, Jean Désy Raoul Duguay, François Godin, Daniel Grenier Louis Hamelin, Natasha Kanapé Fontaine, Mahigan Lepage William S.Messier, Marc-André Moutquin, Julia Pawlowicz Danny Plourde, Guy Sioui Durand Lettre à un écrivain vivant Carole Forget A Yves Bonnefoy Texte en mémoire Le Titanic de Jean-Pierre Ronfard une lecture par Aimée Verret Un numéro piloté par Mathieu Blais Salon du livre de Montréal-Stand 400 Programme de fellowship ENDEZ- Cous QUEBEC ÉDITION C Zj U (/> Québec Édition et l'ANEL accueillent 10 éditeurs étrangers à l'occasion du Salon du livre de Montréal.Ils participeront à plusieurs activités dont: Kim Thùy et ses éditeurs étrangers Le rayonnement de son oeuvre en Angleterre, en Allemagne, en Suède, au Canada anglais et au Québec! Le vendredi 21 novembre à 13 h Scène Archambault quebecedition.qc.ca/fellowship Montréal! ¦\tPatrimoine Canadian 1^1 canadien Heritage Québec\"R in SALON DULIVRE DEMONTRÉAL taires (langue française, refus du multiculturalisme) et doit, enfin, prendre acte du fait que «le centre de gravité de la vie politique se déplace du centre gauche au centre droit» et s\u2019y adapter.Très contestable, et contesté récemment par l\u2019avocat Paul St-Pierre Pla-mondon, qui affirme au contraire qu\u2019une majorité de Québécois s\u2019identifient au centre gauche, ce dernier élément de programme suscitera à raison de chauds débats dans les rangs souverainistes.Alliance Juste pour retrouver le pouvoir, le PQ aura fort à faire puisque, comme le suggère le juriste Guillaume Rousseau, le Parti libéral du Québec (PLQ) est devenu, depuis 1998, le «parti naturel du pouvoir», notamment parce qu\u2019il peut compter sur l\u2019appui indéfectible des anglophones et des immigrants.Cette situation lui assure une solide longueur d\u2019avance avant même le début d\u2019une campagne électorale.Rousseau avance donc que seule une alliance entre le PQ et la Coalition avenir Québec (CAQ), fondée sur un programme d\u2019affirmation nationale qui préserverait l\u2019idéal souverainiste comme horizon, peut venir à bout de la domination du PLQ.Le problème, ici encore, est qu\u2019une telle alliance ne peut reposer que sur un ancrage à droite du PQ, un choix porteur de bien des dissensions et qui risque de mener le PQ au naufrage.On voit mal, de plus, comment une telle alliance serait viable, étant INDEPENDANCE LES CONDITIDMS DU RENOUVEAU donné le caractère résolument antisouverainiste du nouveau nationalisme de la CAQ.La démographie, enfin, ne favorise pas l\u2019option indépendantiste, comme le montrent les démographes Patrick Sa-bourin et Guillaume Marois.La cohorte des baby-boomers est la plus souverainiste de toutes et elle s\u2019apprête, à moyen terme, à céder sa place aux suivantes, qui le sont moins.De plus, l\u2019augmentation de la proportion d\u2019immigrants au (Québec, nettement moins souverainistes et francophones que les natifs d\u2019ici, annonce un déclin relatif du français et un recul de l\u2019option indépendantiste.Aussi, concluent Sa-bourin et Marois, «si rien n\u2019est fait pour redresser le vote des jeunes et gagner le cœur des non-francophones et des immigrés, l\u2019indépendance pourrait devenir inatteignable».Cet essai, on l\u2019aura compris, accepte de regarder le désastre national en face, pour le conjurer.Il n\u2019est pas réjouissant, n\u2019a pas de solutions faciles à proposer, mais reste nécessaire.Guillaume Rousseau, qui participe au collectif, sera en séance de signatures au Salon du livre samedi 22 novembre.louisco@sympatico.ca Sur Twitter: @louiscornellier INDÉPENDANCE Les conditions du RENOUVEAU Sous la direction de Mathieu Bock-Côté VLB Montréal, 2014, 208 pages \tCauserie \tQuand les esclaves deviennent maîtres de leur destin ou la naissance d\u2019Haïti \tÀ l'occasion de la parution des livres : L'armée indigène.La défaite de Napoléon en Haïti (LUX) et Haïti: naissance d'une nation (CIDIHCA) \tAvec leurs auteurs Jean-Pierre Le Glaunec et Carolyn Pick Discutant: Dany Laferrière \tAnimatrice: Maguy Métellus k.mutanuel ( untre Le Royaume EMMANUEL CARRÈRE P.O.L SIGNATURES AU SALON DU LIVRE Stand Gallimard, n ° 160 vendredi 21 novembre de 18 h à 19 h samedi 22 novembre de 14 h à 15 h dimanche 23 novembre de 14 h à 15 h Rencontres publiques: Samedi 13 h 15 : Niveau 3, n ° 50, avec Maxime-Olivier Moutier Dimanche 13 h 30, Place Confort TD, avec Gilles Archambault Emmanuel Carrère s'entretiendra avec Marie-Pascale Hugio Librairie Olivieri, 5219 Côte-des-Neiges, samedi 22 novembre à 17 h "]
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