Le devoir, 4 avril 2015, Cahier F
[" De quelques voyages en I conteneur dans le roman québécois Page F 5 La petite histoire de Saint-Sauveur, quartier populaire de Québec Page F 7 Plaidoyer contre le « bonheur commercial » Page F 8 Salon international du livre de Québec CAHIER F » LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 AVRIL 2015 Entretien avec Jean Désy Nord maâietiaue CHRISTIAN DESMEULES De Havre-Saint-Pierre à Puvirnituq, en passant par Sept-Iles ou Port-Cartier, pour trouver la matière de L\u2019accoucheur en cuissardes, une quarantaine de textes autobiographiques, Jean Désy a puisé allègrement dans ce qu\u2019il appelle ses «années de vagabondages médical et nordique».Mais Dèsy, autant poète que médecin, donne depuis une douzaine d\u2019années deux cours de littérature, offerts à de petits groupes par la Faculté de médecine de l\u2019Université Laval \u2014 l\u2019un est consacré à la littérature universelle, l\u2019autre s\u2019intitule «Souffrance, littérature et humanisme».Et l\u2019enseignement est vite devenu pour lui une véritable passion.Et la raison première, avoue-t-il, avec ses activités de poésie, qui l\u2019amène à rester dans la région de Québec.Au lieu d\u2019arpenter au quotidien les paysages nordiques.Si chez ce médecin, qui compte une quarantaine d\u2019années de pratique, l\u2019enseignement est une vocation tardive, certains thèmes le préoc- cupent depuis longtemps.Des thèmes qu\u2019il aborde avec ses étudiants à travers la littérature : la souffrance, le suicide, la question du sens de l\u2019existence.« C\u2019est aussi une façon pour moi de poursuivre ma propre réflexion, tout en étant accompagné.Ça me donne un énorme contentement de donner ce cours-là.Et je me sens gâté qu\u2019une faculté de médecine m\u2019épaule et accepte qu\u2019on y donne deux cours de littérature.» Gâtés, nous le sommes aussi que l\u2019écrivain-médecin, auteur de récits de voyage, de méditations boréales, de romans, d\u2019essais et de poésie, ait pêché dans le répertoire d\u2019anecdotes et d\u2019exemples qu\u2019il utilise pour faire rire ou faire réfléchir ses étudiants.Uappel de la toundra Chacune de ces histoires captive, à plus d\u2019un titre.Elles captivent par leur humanité, leur modestie, par les éclairs de poésie qui les traversent ou par le suspense «naturel» qu\u2019entraîne l\u2019accident \u2014 puisque c\u2019est souvent le cas \u2014 à l\u2019origine de chacune de ces anecdotes.Un gamin de quatre ans qui s\u2019est entré une bille dans une narine.Une rectoscopie problématique.Un braconnier de homards qui s\u2019est fait pincer le nez par l\u2019une de ses prises.Une thrombose hémorroïdaire tout droit sortie du film Alien.Une femme qui s\u2019est immolée par le feu après s\u2019être versé un bidon d\u2019essence sur la tête.Des histoires de débrouille et de médecine de brousse, d\u2019âmes en peine et de pêche miraculeuse.Du rire et puis des larmes.Jean Désy a mis dans L\u2019accoucheur en cuissardes le souvenir de quelques éblouissements, évoquant entre autres ses pêches matinales avant d\u2019aller travailler \u2014 le titre du recueil est d\u2019ailleurs à prendre au premier degré.La Côte-Nord qu\u2019il évoque, de Tadoussac jusqu\u2019au Labrador, est un immense «pays dans le pays», défriché par l\u2019imaginaire et les chansons d\u2019un Gilles Vi- L'ACCOUCHEUR EN CUISSARDES gneault.C\u2019est aussi sa propre histoire qu\u2019il raconte, façonnée en parts égales de découvertes et de questionnements.Le Grand Nord, la Côte-Nord, la toundra: Jean Désy, qui est né en 1954, semble intarissable sur ce sujet qui le passionne depuis des années.«Parfois, je me dis que, d\u2019une certaine façon, mais tout à fait dans l\u2019esprit inuit, l\u2019isuma, je suis né dans le Grand Nord», écrit-il.«C\u2019est de l\u2019ordre de la mystique sympathique», tempère-t-il en riant.L\u2019écrivain se souviendra toujours d\u2019une journée bien particulière : «Le plus important éblouissement de ma vie, il a eu lieu le 2 janvier 1990 à Puvirnituq, dans la toundra.» Frappé d\u2019un coup par l\u2019espace physique, l\u2019immensité et l\u2019énergie de cet endroit de la côte est de la baie d\u2019Hudson, à la hauteur du 60® parallèle.«Mon âme vole dans le Nord, poursuit-il.Et ce jour-là, fai eu le sentiment bizarroïde, mais authentique, que f avais déjà existé dans ce lieu.Moi, quand je suis dans le Nord, il y a une espèce de grand apaisement qui s\u2019installe.C\u2019est de la VOIR PAGE F 6 NORD Hans Jurgen L'instant même vous donne rendez-vous au Salon du Livre de Québec Hans-Jürgen Greif Le photographe d'ombres Roman Emstantniêine www I nstantrnêfine com Seront également présents: David Bélanger, Bertrand Bergeron, François Blais, Sébastien Dodge, Jean-Yves Fréchette, Steve Gagnon, Hans-Jurgen Greif, Louis Jolicoeur, Josée Marcotte, Sylvie Massicotte, Catherine Moraldo.Louis Jolicœur POSTE RESTANTE Louis Jolicœur Poste restante Récit 190 pages, 22,95$.Aussi disponible en PDF et epub 400 pages, 32,95$.Aussi disponible en PDF et epub LmSiantmem F 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AVRIL 2015 SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUEBEC POESIE Sentiments scotch tape HUGUES CORRIVEAU Mis en exergue du recueil, ces deux vers de Josée Yvon donnent le ton à l\u2019ensemble de ce très fort premier recueil: «mon amour je ne guérirai jamais / si tu me fourres duns ma blessure».Impitoyable, ce regard posé sur les aléas d\u2019être au féminin.Mais d\u2019abord d\u2019être petites filles venues des contes, des Trois petits cochons à la Princesse au petit pois, des chansons populaires aussi, comme celles qui parlent de la Poupée de cire, poupée de son ou du Petit navire.Culture populaire astreignante.Mailles à l\u2019endroit, mailles à l\u2019envers.les petites filles ont des fils à la jambe qui restreignent leurs mouvements.S\u2019impose alors cette conscience aiguë du sort réservé à celle qui va, qui marche sur sa ligne de vie, déterminée.Elle reconnaît en elle-même tous les deuils, porteuse de mourantes lourdes: «Je traîne avec moi / toutes les fois où je suis morte / mes cadavres emmaillotés / mues fragiles sur mes épaules / dans des linceuls où siamois / ils embrassent mes visages cachés».Parole cousue au cœur, dans l\u2019étonnement de vivre vif, malgré tout.Et rien ne va de soi pour cette auteure à la lucidité d\u2019acier trempé, sans concession.11 faut lire l\u2019émouvant et terrible poème consacré au fœtus, éventuel prototype de vivant.Chanson crue adressée à qui n\u2019est pas encore dans le drame d\u2019exister, qui n\u2019y accédera jamais : «ma petite mort YOUSSEF SHAUFAN Chloé Savoie-Bernard curetée / ces stigmates de toi / ne sont-ils pas / bébé love bébé / la preuve que tu es / toujours avec moi / mon magnifique jamais né [.] oui mon amour comme / je te bercerai ma tendre blessure / ma galle inlassable arrachée».Regarde les filles tomber Voilà le vrai sujet de ce recueil introspectif: être mère et comment ne pas l\u2019être.Comment aussi survivre à un accouchement comme à une baise d\u2019un soir, comment résister à l\u2019effondrement du corps las?Comment ne pas être l\u2019attendue maternelle, l\u2019amie confrontée, la femme allant de vie en vie comme en des couloirs ou des chambres chagri- nées?Petit livre désespéré, mais chant obstiné qui répète encore et encore un acharnement à résister à la dissolution.Recherche d\u2019identité aussi dans l\u2019urbaine violence des éphémères rencontres qui volent de soi chaque fois qu\u2019on y laisse un peu sa peau.Comment s\u2019y retrouver parmi ces «filles [qui] tomberont des fenêtres / crachin dans villeray mile end hochelaga / de jolies filles aux cheveux hydratés / sentant le clinique happy / en solde chez la baie » ?Comment s\u2019en sortir quand «toutes les bâtardes les démentes les étrangères que toutes les folles sont [ses] sœurs»?Pas d\u2019illusions Jci, pas de ces tableaux d\u2019Epinal qui rosiraient le faux-semblant, puisque la poète en témoigne : «un pied devant Vautre / on avance on avance on ne / recule pas qu\u2019est-ce qu\u2019elles / marchent les filles comme nous // mais nous y allons avec tout notre allant / nous nous pognons des murs dans la gueule / nous les traversons quand même».Recueil d\u2019une rare intensité, marqué à la douleur d\u2019être avec acuité une survivante d\u2019enfance, une femme impériale dans sa détermination.Collaborateur Le Devoir ROYAUME SCOTCH TAPE Chloé Savoie-Bernard L\u2019Hexagone Montréal, 2015, 80 pages J\u2019ai remis ma bourse des prix littéraires du gouverneur général à la campagne Coule pas chez nous, Ensemble, nous avons amassé 385 330.$- Ensemble, passons à l\u2019action !\t^ nottvetj.es Dialogues de sourds DOMINIC TARDIE Quelque part sur file déserte où s\u2019en vont relaxer pour l\u2019éternité les grands disparus, ces petits farceurs que sont Raymond Queneau et Sol s\u2019amusent à fabriquer des manuscrits avec lesquels ils tentent d\u2019hameçonner les maisons d\u2019édition québécoises.Erançois Pérusse leur rend parfois visite et leur glisse à l\u2019oreille des jeux de mots avant de regagner le vrai monde.Le pseudonyme de notre joyeux trio de plaisantins : Maurice Soudeyns.C\u2019est du moins ce qu\u2019on pourrait croire en lisant Doucement, doucement!, plus récent livre du poète, nouvelliste et cofondateur des éditions XYZ.La petite dizaine de textes, drôles, de ce recueil de nouvelles sous forme de dialogues sculpte dans un barrage de contrepèteries et de calembours des conversations parfaitement improbables et surréalistes.Des objets inanimés sont soudainement dotés d\u2019une voix propre.Des concepts abstraits s\u2019incarnent pour devenir les protagonistes de toutes sortes de situations farfelues.Exemples?Dans L\u2019entrepôt de la mémoire, un employé empoté se fait enguirlander par son supérieur après avoir égaré la «boîte à phantasmes» du patron.Au Bureau des muses, un «putain de grand écrivain en développement» \u2014 et en panne sèche \u2014 tente en vain d\u2019obtenir un rendez-vous.Dans Le train pour Riverside, un voyageur cherche à retrouver sa tête; il l\u2019a carrément perdue.Au «Secrétariat général du bien», un homme s\u2019inquiète de l\u2019intérêt que le bien démontre pour le mal.«Bah, s\u2019il n\u2019y a pas de mal, il n\u2019y a plus de boulot pour le bien», lui répondra-fon.«Voilà pourquoi nous avons investi une petite partie de bien dans le mal.Il s\u2019est d\u2019ailleurs installé dans le bureau d\u2019à côté.» On lui apprendra aussi bientôt qu\u2019on préfère désormais au mot « mal» celui de «non-bien».11 ne faudrait surtout pas porter «atteinte à la réputation du mal».Le lecteur est constamment dans ce genre de délires, prétextes dont Soudeyns se saisit pour mettre en lumière la façon dont l\u2019époque tord souvent les mots afin de leur faire dire le contraire de ce qu\u2019ils signifient.La langue au banc des accusés Avec Doucement, doucement!, Maurice Soudeyns convoque deux plaisirs : celui de voir la langue être placée au banc des accusés et celui de tenir entre nos mains un livre comme la littérature québécoise en produit peu.11 y a dans ces exercices de style qui veulent faire rire une idée joliment surannée de ce qu\u2019est le comique.Et une douce subversion digne du clochard DoucemcnI.doucement que personnifiait Marc Eavreau dans cet acharnement à retourner comme un gant les expressions figées.La novlangue ésotérique de la psy-cho-pop {«Passeurs d\u2019âme»), le charabia bureaucratique {«Vie de papier») et les circonlocutions que promeut le politiquement correct en prennent plein la gueule.11 faut bien sûr affectionner l\u2019absurdité, voire l\u2019esprit de bottine, pour goûter complètement ces dialogues de sourds.Soudeyns flirte parfois avec un humour que ne renierait pas Gilles Latulippe (compliment?Avons d\u2019interpréter.).Les prémisses bien trouvées de chacune des nouvelles rachètent habilement le discours, cousin de la philosophie de comptoir, que l\u2019écrivain tient en filigrane sur l\u2019existence et la vie en société.Imaginez une bibliothèque.Au milieu d\u2019une kyrielle de romans confits par l\u2019esprit de sérieux.Doucement, doucement! bavarde en toute impertinence.Maurice Soudeyns signe ici un de ces livres mineurs qui oxygène l\u2019imaginaire.Collaborateur Le Devoir DOUCEMENT, DOUCEMENT! Maurice Soudeyns Lévesque éditeur Montréal, 2015, 118 pages L\u2019auteur sera en séance de signatures au Salon du livre de Québec les vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 avril.«n a continué sans âme un moment, puis un beau jour, il s\u2019est retrouvé sous les roues d\u2019une voiture et au moment de rendre l\u2019âme, comme il ne savait pas où elk était, on l\u2019a retourné chez lui en l\u2019engueulant vertement.yy Extrait de Doucement, doucement! Quatre cents ans d\u2019histoire féconde racontés par des textes et des images d\u2019archives incomparables .f DUBOIS IIR TETE \\ - Le 11 avril, marchons contre le pipeline Énergie-Est, à Québec.Rassemblent à 13 h devant l'hôtel le Concorde Conseil des arts Canada Council du Canada for the Arts LUX WWW.ACTIONCLIMAT.CA Pierre Anctil ET Simon Jacobs LES JUIFS de Québec Quatre cents ans d\u2019histoire LES JUIFS DE QUEBEC Quatre cents ans d\u2019histoire Sous la direction de Pierre Anctil et Simon Jacobs 2015 PAPIER PDF Venez rencontrer les auteurs ce dimanche 12 avril, dès 13 h, au kiosque 96, dans l\u2019espace Prologue, au Salon international du livre de Québec.\"I Presses de l'Université du Québec On a tous besoin de savoir POUR AGIR Plus de 1 400 livres à feuilleter PUQ.CA 10^C3n0Dçi efmteSotell présentent DU W/m DE Q - Ville DE Québec _us\u20ace- nationafdes beaux-arts du Québec- ' \u2014 /\u2019acceat^U^ V .w* d'Amérique \u2014 » 1\tïfl ES Québec Ea sa CEirWT 1^1\tCanadian\tPatrimoine ¦\tHeritage\tcanadien Conseil des Arts Canada Council du Canada\tfor the Arts DES CONGRÈS ^ aUÉBEC- TS\" MARQUIS Desjàfdiim INTERM^^NALE DE O ^.laTFQflfeophome ORGANISATION ' LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE AVRIL 2015 F 3 SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QÜEBEC NOUVELLES Toute chose fragile en ce monde Variations sur la porcelaine DANIELLE LAURIN Vont-ils tomber, se fracasser, éclater?Les personnages mis en scène par Christiane Lahaie dans Vous avez choisi Limoges ont en commun une faille que l\u2019auteure ne cesse de traquer.Ils sont dans un équilibre précaire, qui menace de basculer.Ce sont des êtres fragiles comme de la porcelaine.Ils n\u2019appartiennent pas aux mêmes histoires, mais ils évoluent dans un même lieu.Leurs trajets se recoupent de nouvelle en nouvelle: nous sommes à Limoges, ou dans les environs.Ce procédé, Christiane Lahaie en a fait une spécialité.Dès son premier ouvrage de fiction il y a près de 20 ans, cette native de Québec devenue professeure de littérature et de création littéraire à l\u2019Université de Sherbrooke choisissait de situer ses histoires disparates dans un lieu commun.Sur une même île : même climat brumeux, même atmosphère un peu floue de nouvelle en nouvelle, dans Insulaires (L\u2019Instant même, 2005).Petites brèches Avec Hôtel des brumes (L\u2019Instant même), salué en 2004 par le Grand Prix littéraire de la Ville de Sherbrooke, elle accentuait le trait.Qualifiant son livre de «roman par nouvelles », l\u2019auteure, non seulement plantait le décor dans un endroit unique, mais faisait interagir les personnages entre eux.Nous nous retrouvions dans un hôtel étrange, au décor suranné, qui flottait à la dérive, quelque part dans l\u2019océan.S\u2019y côtoyaient des êtres de tous les horizons : chacun ses raisons très personnelles de se retrouver là, en dehors du monde et en dehors du temps.Leur situation en tout cas était trouble, instable.Pleine de failles.On avait l\u2019impression de les voir à travers un rideau de brume.L\u2019auteure en disait juste assez sur leurs désirs, les amours blessées, leur passé.Christiane Lahaie a toujours su comment installer un climat.Et fouiller l\u2019intériorité de ses personnages.En très peu de mots.Vous avez choisi Limoges en témoigne encore une fois.Mieux encore, en faisant de la ville de la porcelaine le théâtre de ses nouvelles, l\u2019écrivaine renvoie dos à dos la fragilité intérieure de ses personnages à celle de la porcelaine même.S\u2019ils ne se rencontrent pas nécessairement, s\u2019ils ne se fréquentent pas, les protagonistes de chaque histoire nous font voir Limoges et ses environs de toutes les façons, à travers leurs parcours propres.Parfois c\u2019est l\u2019aspect historique du lieu qui prend le dessus, parfois sa géographie, son climat.Certains personnages sont de passage, d\u2019autres habitent la région.Hommes, femmes, adolescents, enfants.on ne sait pas grand-chose d\u2019eux, sinon ce qui compte : ils sont ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Christiane Lahaie a toujours su comment installer un climat et fouiller l\u2019intériorité de ses personnages.entre deux eaux, ils hésitent, doutent du prochain geste, du prochain pas à faire.La plupart sont des solitaires, des écorchés.Beaucoup sont malmenés par la vie, par l\u2019amour.Place à l\u2019imaginaire L\u2019écriture est appliquée, soucieuse des petits détails, minutieuse.Pas frontale.Qn avance un peu de côté.La frontière entre fantasme et réalité n\u2019est pas toujours claire.Tout n\u2019est pas dit, tous les mystères ne sont pas élucidés.Reste une part de flottement, qui ouvre à l\u2019imagination.Ecrites au «vous», au «je», au «il» ou au «elle», les histoires nous accrochent en général dès le début.Puis les couches se superposent.Jusqu\u2019au punch final, parfois admirable.Prenons Une fois le miroir traversé.Première phrase: «C\u2019est étrange, cette position que prennent les corps une fois le miroir traversé.» Puis : «Dans son cas, je devrais peut-être dire, une fois le miroir brisé.Car son cou a cédé presque tout de suite sous la pression de mes doigts.Elle n\u2019a même pas eu le temps de crier.» Qn a là un tueur qui vient de choisi Limoges s\u2019en prendre à une quasi-inconnue, on se demande bien pourquoi.Et qui veut absolument laisser ses traces, popr que la police le rattrape.Etrange, non?Ce n\u2019est qu\u2019à la toute fin qu\u2019on comprendra le motif de tels agissements.Et quel motif! Complètement inattendu.Mais justifié, logique, pourtant.Il y a de la violence pas mal.Violence faite aux femmes, en particulier.Il y a de l\u2019incommunicabilité.Des rendez-vous manqués.Du désir aussi.Et de la sensualité qui se glisse ici et là.De l\u2019érotisme qui ne dit pas son nom, qui avance à pas de loup et qui tout à coup éclôt.Il y a une forme de magie parfois.Magie de la légèreté qui apparaît quand on s\u2019y attend le moins.Les nouvelles les plus fortes sont davantage situées au début de l\u2019ouvrage.L\u2019Intérêt retombe un peu à force.Un choix plus judicieux aurait favorisé une lecture plus soutenue : fallalt-11 tout mettre ?Mais la dernière histoire de Vous avez choisi Limoges boucle la boucle, répond à la première : partir ou pas pour Limoges d\u2019une part, en projetant tout ce qui pourrait arriver, puis arriver à Limoges après toute une série de péripéties.«Oui, vous avez choisi Limoges plutôt que Paris, Bordeaux ou Lyon.A cause de la porcelaine.De toute chose fragile en ce monde.» Collaboratrice Le Devoir VOUS AVEZ CHOISI LIMOGES Christiane Lahaie Lévesque Montréal, 2015, 136 pages L\u2019auteure sera en séance de signatures au Salon du livre de Québec les samedi 11 et dimanche 12 avril.Causerie avec olivieri Librairie & Bistro Au cœur de la société Jeudi 9 avril à 19 heures Organisée par la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes (CREQC) Réservation obligatoire Contribution suggérée 5$ RSVP : 514.739.3639 Bistro : 514.739.3303 5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Julius Grey Autour de l'ouvrage: Julius Grey: entretiens avec Geneviève Nootens Éditions du Boréal Julius Grey a été partie prenante de tous les grands débats qui ont animé la société québécoise au cours des cinquante dernières années.Si c\u2019est certainement pour son engagement dans ies causes sur ia ioi 101 et sur le kirpan qu\u2019il est le plus connu, il est tout aussi fascinant de l\u2019entendre se prononcer sur l\u2019accessibilité à la justice, le rôle de la famille et le danger que représente le conformisme social.Animatrice Geneviève Nootens W I w PRIX ASIE 2014 DE L\u2019ADELF Leméac Éditeur offre ses félicitations à Aki Shimazaki, lauréate du prix Asie 2014 décerné par l\u2019Association des écrivains de langue française pour son roman Yamabuki.« [.] Aki Shimazaki figure parmi ies voix importantes de ia iittérature mondiaie.» Claire Juliiard, L\u2019Obs « C\u2019est ie rythme saccadé donné par ses courtes phrases sans fioriture.C'est tout ce qui vibre derrière ia retenue, ies non-dits.C\u2019est la densité derrière l'apparente simplicité.[.] On finit par être complètement envoûté par ce roman minutieusement construit.On est touché aussi, ému.Bien au-delà de ce qu\u2019on aurait imaginé.>¦ Danielle Laurin, Le Devoir La Vitrine ALBUM MA PLUS BELLE VICTOIRE Texte de Gilles Tiho Illustration de Geneviève Després Québec Amérique Montréal, 2015, 48 pages Voilà un sujet universel, source Intarissable d\u2019inspiration, mais plutôt casse-cou en littérature jeunesse : la peur.Celle qui nous prend aux tripes une première fols, dans notre Inconsciente Innocence, et qui ne nous quittera jamais complètement pour le reste de nos jours.Cette nouvelle parution de Gilles Tlbo (la série des Noémle, Québec Amérique) et Geneviève Després {Le petit chevalier qui n\u2019aimait pas la pluie.Scholastic) aborde ce thème de front avec beaucoup de justesse.Cette histoire à la première personne est celle d\u2019un jeune garçon qui nous raconte son rapport à ses «Peurs», du premier contact malheureux avec une vipère dans les bols jusqu\u2019à la «libération» de son trop-plein de craintes, après quelques visites chez le psychologue et après avoir compris que ce douloureux sentiment nous habite tous, à divers degrés.Le texte Intelligent de Tlbo offre une progression dramatique qui n\u2019effraiera pas les plus troulllards.Au contraire, les petits froussards pourraient trouver dans cette histoire de courage ordinaire la motivation pour affronter leurs propres peurs.Les dessins aux couleurs délavées de Geneviève Després, en harmonie avec le ton du texte, complètent parfaitement cette expérience « thérapeutique » particulièrement réussie.L\u2019auteur et l\u2019illustratrice seront en séance de signatures au Salon du livre de Québec les samedi 11 et dimanche 12 avril.lieuxvordeux Barbara Reid Amélie Gaudreau O A 5 ANS DEUX PAR DEUX Barbara Reid Traduit de l\u2019anglais par Christiane Duchesne feî] Scholastic Toronto, 2015, 32 pages Claude Lafortune a raconté les récits bibliques avec ses sculptures de papier à des générations d\u2019enfants québécois.Ces derniers, devenus parents (et pour les plus vieux, peut-être même grands-parents), trouveront à ce petit album cartonné et superbement Illustré des sculptures en pâte à modeler de Barbara Reid, racontant l\u2019histoire de l\u2019arche de Noé à partir d\u2019une comptine traditionnelle, une certaine parenté avec l\u2019œuvre du premier.Ce petit livre robuste est destiné aux tout-petits de moins de trois ans, mais 11 pourra également en fasciner de plus vieux, tellement les photographies rendent à merveille la texture et le mouvement des figurines finement ciselées de Reid.Une bien belle façon d\u2019aborder un épisode de l\u2019Ancien Testament largement exploité dans la culture populaire d\u2019aujourd\u2019hui.Amélie Gaudreau ^Gaspard LE DEVOIR LMARÈS \tDu 23 au 29 mars 2015\t\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 Journal d'un disparu\tMaxime Landry/Libre Expression\t3/7 2 Lépicerie Sansoucy \u2022 Tome 2 Les châteaux de cartes\tRichard Gougeon/Les Éditeurs réunis\t2/4 3 Les gardiens de la lumière \u2022 Tome 4 Le paradis sur terre Michel Langlois/Hurtubise\t\t1/3 4 Six degrés de liberté\tNicolas Dickner/Alto\t5/2 5 La mort mène le bal\tChrystine Brouillet/Homme\t4/5 6 Comment arranger son homme\tCatherine Bourgault/Les Éditeurs réunis\t6/3 7 Lépicerie Sansoucy \u2022 Tome 1\tRichard Gougeon/Les Éditeurs réunis\t7/4 8 Baiser \u2022 Tome 1 Les dérapages de Cupidon\tMarie Gray/Guy Saint-Jean\t8/11 9 Les héritiers du fleuve \u2022 Tome 4 1931-1941\tLouise Tremblay-D'Essiambre/Guy Saint-Jean 9/17\t 10 Une autre histoire de famille \u2022 Tome 2 Lauberge Inn\tClaudia Durand/Les Éditeurs réunis\t-/I Romans élrar^ers\t\t 1 Linstant présent\tGuillaume Musso/XO\t-/I 2 Elle et lui\tMarc Levy/Robert Laffont I Versilio\t1/7 3 Temps glaciaires\tFred Vargas/Flammarion\t3/2 4 Crossfire \u2022 Tome 4 Fascine-moi\tSylvia Day/Flammarion Québec\t2/7 5 Monnaie de sang\tPatricia Cornwell/Flammarion Québec\t6/2 6 Mr Mercedes\tStephen King/Albin Michel\t4/5 7 Leffet papillon\tJussi Adler-Olsen/Albin Michel\t5/9 8 Les ombres de Katyn\tPhilip Kerr/Du Masgue\t-/I 9 T'envoûter\tJulie Kenner/Michel Lafon\t7/2 10 Les Luminaires\tEleanor Catton/Alto\t9/3 Essais québécois\t\t 1 Jean-François Lépine, sur la ligne de feu\tJean-François Lépine/Libre Expression\t1/21 2 Laustérité au temps de l'abondance\tCollectif/Liberté\t4/2 3 La fin des vaches sacrées Réflexions sur l'avenir du Québec Claude Castonguay/La Presse\t\t2/5 4 666 - Friedrich Nietzsche\tVictor-Lévy Beaulieu/Trois-Pistoles\t-/I 5 Les acteurs ne savent pas mourir\tAlain Vadeboncoeur/Lux\t-/I 6 Vivre en guartier populaire.Saint-Sauveur, 1930-1980\tDale Gilbert/Septentrion\t6/6 7 Mines de rien.Chronigues insolentes\t1.Boisclair | L Joubert | L Saint-Martin/Remue-ménage 5/3\t 8 Dépossession.Une histoire économigue du Québec.\tCollectif/Lux\t3/4 9 De remarguables oubliés \u2022 Tome 2 Ils ont couru l'Amérigue Serge Bouchard | Marie-Christine Lévesgue/Lux 10/2\t\t 10 Louis Bernard.Entretiens avec Michel Sarra-Bournet\tLouis Bernard | Michel Sarra-Boumet/Boréal\t7/6 Essais étrangers\t\t 1 Du bonheur.Un voyage philosophigue\tFrédéric Lenoir/Fayard\t1/6 2 Tout peut changer.Capitalisme et changement climatigue Naomi Klein/Lux\t\t2/3 3 La chair interdite\tDiane Ducret/Albin Michel\t3/4 4 La CIA et la torture\tDianne Feinstein/Édito\t5/2 5 Nous sommes Charlie.60 écrivains unis pour la liberté.\tCollectif/Le Livre de poche\t4/7 6 Les barbares.Essai sur la mutation\tAlessandro Baricco/Gallimard\t6/2 7 LÉtat islamigue.Multinationale de la violence\tLoretta Napoleoni/Calmann-Lévy\t-/I 8 Y a-t-il un grand architecte dans l'univers?\tStephen Hawking/Odile Jacob\t9/5 9 François parmi les loups\tMarco Politi/Philippe Rey\t7/7 10 La grande crise.Comment en sortir autrement\tJames K Galbraith/Seuil\t8/2 Société tSt (févéloppéménr des entreprises culturelles 514 524-5558 lemeac@lemeac.com Québec 0 0 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019infoimation et d\u2019analyse 6dspdii sur les ventes de livres français au Canada, Ce palmarès est extrait de Bdspdn!et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente, La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Bdspdré.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite. F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 AVRIL 2015 SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE .La Vitrine Irnda Dion Monstera deliciosa , \\ N ROMAN QUEBECOIS MONSTERA DELICIOSA Lynda Dion Hamac Québec, 2015, 148 pages «Ne plus être seule.» À Torigine de ce minuscule roman, troisième autofiction de Técrivaine Lynda Dion, il y a d\u2019abord une solitude, immense.Celle d\u2019une femme mûre qui cherche le giron rassurant d\u2019une relation, quelle qu\u2019elle soit, même linéaire et sans passion.C\u2019est ce qu\u2019elle trouvera \u2014 mais son homme, elle le sait dès le départ, n\u2019est pas le bon.La distance qui les sépare deviendra l\u2019éléphant dans la maison.Mais comme la femme croit naïvement que toute volonté est capable de faire durer l\u2019amour (un mot ici travesti), elle persévère.La rupture, inévitable, viendra trois ans plus tard avec sa lame de fond conséquente.Monstera deliciosa est le récit recommencé de cette relation «tiède» et douloureuse où la femme, tantôt au «je», tantôt sous la gouverne d\u2019un narrateur, met en question ses rapports : à l\u2019autre, au couple, à soi.Son chemin, en cinq chapitres : consentir, survivre, croître (d\u2019où le titre, qui fait référence à une plante « survivante »), dire et recommencer.C\u2019est moins une lamentation qu\u2019un discours lucide et laconique sur les germes de l\u2019échec amoureux, très sobre dans les circonstances \u2014 peut-être trop.En spectateur neutre, nous voilà devant une autre «histoire vieille comme le monde», rendue avec doigté mais qui ne transmet, c\u2019est étrange, qu\u2019une émotion elle aussi assez tiède.Uauteure sera en séance de signatures au Salon du livre de Québec les vendredi 10 et samedi 11 avril Geneviève Tremblay LIH \\ c COLLEGIENS ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Prix littéraire des collégiens 2015 : l\u2019heure est au débat Le dernier sprint de débats est entamé pour les 800 cégépiens qui participent au 12® Prix littéraire des collégiens.Les délibérations finales se tiendront derrière des portes closes le jeudi 9 avril afin de déterminer le livre lauréat.Les cinq auteurs des titres finalistes sont, de gauche à droite sur la photo et devant le porte-parole Louis-José Houde, Larry Tremblay pour U orangeraie (Alto), Catherine Mavrikakis pour La ballade d\u2019Ali Baba (Héliotrope), Andrée A.Michaud pour Bondrée (Québec Amérique) et Michael Delisle pour Le feu de mon père (Boréal).Fais pas cette tête (Druide), de Jean-Paul Beaumier (absent de la photo), complète la sélection.Le livre qui aura gagné le cœur des collégiens sera dévoilé le vendredi 10 avril au Salon international du livre de Québec.POLARS Un doublé convaincant MICHEL BELAIR Cy est surtout avec la parution des romans de Jacques Savoie {Une mort honorable) et de Mario Bolduc {La nuit des albinos) que la collection «Expression Noire» est apparue sur les écrans radar, quelque part en 2012.Puis quand, un peu plus tard, Geneviève Lefebvre, Laurent Chabin et Hervé Gagnon se sont joints à eux comme plusieurs autres pour former une solide écurie, on a saisi qu\u2019une véritable collection se développait sous nos yeux.Souvent ancrée dans la réalité d\u2019ici \u2014 même quand on nous y fait plonger dans le Montréal de la fin du XEK® siècle, dans une petite île de la côte ouest ou encore dans la moiteur de la Tanzanie \u2014, solidement appuyée sur des écritures affirmées, dérangeantes même, comme dans la plus récente parution de Laurent Chabin, la collection «Expression Noire» surprend déjà par la qualité et l\u2019audace de ses propositions.On ne peut que s\u2019en réjouir.Signé Ku KIux Klan C\u2019est ainsi qu\u2019avec la deuxième aventure du journaliste Joseph Laflamme, pigiste au Canadien, Hervé Gagnon nous amène encore, avec Jeremiah, dans le Montréal de la fin du XIX® siècle.LIR FINALISTES LA REMISE DU PRIX ÉDITION 2015 aura lieu à QUÉBEC Catherine Mavrikakis La ballade d'Ali Baba Salon international du livre, Héliotrope l© vendredi 10 avril à 13 heures sur la Scène des Rendez-vous littéraires.Andrée A.Michaud Bondrée Québec Amérique Jean-Paul Beaumier\tI \\ X I Fais pas cette tête\tI J IJ\tI\t\\/ .r n\tA Michael Delisle\t|\t^ x\t¦ Le feu de mon père\t| TT P r0 | T P Boréal Larry Tremblay\tsCOLLÉGIENS L'orangeraie Alto prixlitterairedescollegiens.ca M.C\té^NBRIDGE ^\t>.1 E3 E9 Quebec caca li] DEVOIR =CRI Lcq au moment où un horrible assassinat portant la signature du Ku Klux Klan est commis dans le bas de la ville.Un Noir a été torturé et battu à mort avant d\u2019être carrément pendu au milieu de l\u2019église Sainte-Cuné-gonde.Tout Montréal aura à peine le temps de l\u2019apprendre par les bons soins de Laflamme, qui réussit à examiner les lieux du crime malgré l\u2019interdiction qui lui est faite par la police, qu\u2019un deuxième meurtre portant la même signature ensanglante la gare de la Grand Trunk Railway.La communauté noire panique et la police est sur les dents.Gagnon ne craint pas les défis; l\u2019an dernier, avec Laflamme et l\u2019inspecteur Arcand de la police montréalaise, c\u2019est Jack l\u2019Éventreur lui-même qu\u2019il traquait à la suite de meurtres sordides survenus dans le quartier des «filles», près du port et du boulevard Saint-Laurent.Voici maintenant que les deux complices sont sur la trace d\u2019un magot caché 25 ans plus tôt dans une banque de Montréal par John Wilkes Booth, l\u2019assassin du président américain Abraham Lincoln.Ils ne sont toutefois pas les seuls à convoiter le trésor et la traque les mènera encore une fois près du Temple maçonnique et de ses nombreux secrets.suivis par ce mystérieux Jeremiah qui donne son titre au livre et dont on n\u2019apprendra l\u2019identité qu\u2019à la toute fin de l\u2019aventure.Un bouquin captivant que l\u2019on dévore malgré quelques longueurs au début et de rares tics d\u2019écriture.Improbable héroïne L\u2019écriture, c\u2019est par contre ce qui frappe le plus dans Quand favais cinq ans je Vai tué! de Laurent Chabin.Livre étonnant mettant en scène un personnage totalement amoral.Lara Crevier, cet ouvrage déroutant est tout aussi inclassable que séduisant.A cause de ce personnage de Lara d\u2019abord \u2014 libre-penseuse, anarchiste érotophile d\u2019une sensualité inhabituelle \u2014 qui se mettra à enquêter, poussée par son amant, sur un passé d\u2019enfant battue et abusée qu\u2019elle avait presque totalement effacé jusque-là.Mais aussi parce que cette histoire en trompe-l\u2019œil est basée sur le faux.Comme dans faux tableaux.Comme dans fausses apparences aussi sur fond de réalité sordide.On vous prévient, vous n\u2019avez jamais rien lu qui ressemble aux 100 premières pages de ce livre tellement le personnage de Lara et son appétit de vivre prennent toute la place.Par contre, la sauce se dilue un peu par la suite, alors qu\u2019elle tente de démêler le vrai du faux, et la confusion remplace bientôt la séduction.Jusqu\u2019au choc final.qu\u2019on ne dévoilera évidemment pas ici mais qui vous jettera par terre.Il y a dans ce livre des pages fulgurantes d\u2019une sensualité hors du commun qui donnent le goût de lire tout ce que Laurent Chabin a écrit jusqu\u2019ici.Collaborateur Le Devoir JEREMIAH Hervé Gagnon «Expression Noire» Montréal 2015, 362 pages QUAND J\u2019AVAIS CINQ ANS JE UAI TUÉ ! Laurent Chabin «Expression Noire» Montréal 2015, 266 pages Les deux auteurs seront en séance de signatures au Salon du livre de Québec les samedi 11 et dimanche 12 avril.Maurice Cusson Les Homicides BESÊThDES ^QÎltXÈaKSfS NUIT BLANCHE magazine iittiraire I L\u2019évolution du crime de la préhistoire à nos sociétés actuelles LES HOMICIDES Maurice Cusson @ Également disponible en version numérique ?Hurtubise www.editionshurtubise.com n QuébecAmérique ^ relent Canada Conseil des arts Canada Council du Canada\tfor the Arts .\tES E9 Quebec ara DU 8 AU 12 AVRIL 2015 VENEZ RENCONTRER NOS AUTEURS AU SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE QUÉBEC STAND 161 Québ ec Amérique quebec-amerique.com 5252 LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 AVRIL 2015 F 5 SALON INTERNATIONAL DU LIVRE DE \u201e Vortex et voyages Cl Christian Desmeules c y était déjà au cœur de L\u2019île du Point Mémo, le dernier roman de Jean-Marie Bias de Roblès (Zulma, 2014).Le «pôle maritime d\u2019inaccessibilité», le point de l\u2019océan Pacifique le plus éloigné de toute terre émergée, y condensait à la fois fantasmes de voyageurs et terreurs écologiques : une île flottante formée de déchets ayant dérivé jusque là avant de s\u2019agglomérer.C\u2019est à se demander parfois si les idées et les motifs ne dérivent pas de la même façon, ballottés au gré des courants avant de s\u2019agglomérer sous forme d\u2019histoire, de fiction, de livres, de vortex.Simple hasard ?Ou alors il s\u2019agirait de quelque chose qui flotte dans l\u2019air du temps et que chacun respire ?Ainsi, comme pour prendre à contre-pied l\u2019apparente banalité des vols long-courrier, les voyages clandestins semblent depuis quelque temps avoir la cote dans la fiction.Coup sur coup en quelques semaines, trois romans y font écho.Nicolas Dickner, d\u2019abord, avec Six degrés de liberté (Alto), où la protagoniste faisait presque le tour du monde cachée dans un conteneur high-tech spécialement aménagé.Suivi de Ma-rie-Pascale Huglo avec La fille d\u2019Ulysse et d\u2019Anne Guilbault avec Les métamorphoses Voyages clandestins Sur une île trop petite pour figurer sur la carte du monde, une adolescente de 17 ans, bâtarde légèrement boiteuse, raconte au «je» son histoire étonnante.L\u2019héroine à laquelle donne vie Marie-Pascale Huglo dans La fille d\u2019Ulysse a la passion des livres, des voyages et de la rêverie.Cette «fille d\u2019Ulysse» décide de quitter son île et sa sœur jumelle, couturière comme elle à Anse-au-Goulet (mais plus dégourdie), poussée par la déception amoureuse et un avenir incertain.Après quelques jours à fond de cale à bord d\u2019un cargo \u2014 seul moyen pour elle de voyager \u2014, l\u2019adolescente aborde un «continent neuf» constitué de déchets.Formée par un vortex au milieu de l\u2019océan, cette île est un espace marécageux et nauséabond, dangereusement instable, où la vie tente de reprendre ses droits.Une petite colonie de volontaires idéalistes, auxquels elle JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les idées dérivent-elles jusqu\u2019à s\u2019agglomérer?Sortis à quelques semaines l\u2019un de l\u2019autre, trois nouveaux romans narrent des voyages clandestins en conteneur.essaie de se joindre, y fait des expériences.Même là-bas, lire VOdyssée d\u2019Homère demeure sa consolation et lui sert de «voyage immobile».Déçue, elle s\u2019embarque à nouveau clandestinement pour le port de Gênes, en Italie, le temps d\u2019y rembourser ses dettes de voyage, de s\u2019adonner un peu à sa kleptomanie et de nourrir son rêve d\u2019ouvrir une librairie de retour dans son île.Revenue au bout de six mois, elle fait un constat presque amer : «J\u2019ai déserté l\u2019île natale dans l\u2019espoir que voyager me métamorphoserait en flèche incandescente, toujours en mouvement, femme aux mille et un visages modelés par l\u2019occasion, insaisissable fille du vent.Voyager, c\u2019était sortir de ma prison, tous les moyens seraient bons pour filer à travers l\u2019existence comme une queue de comète.» Mais le réel nous poursuit toujours : «En voyage aussi le corps se fait lourd, le temps se fait long, les chevilles enflent.» Et certains poisons ont parfois le secret de leur propre antidote.A la suite de La respiration du monde (Leméac, 2010, finaliste au Prix des collégiens), Marie-Pascale Huglo recourt ici à son habituelle écriture poétique et sensuelle, remarquable, augmentée cette fois La fille d\u2019Ulysse ;ùuiJa>ti|M Scarfon* ESSAI L\u2019AUSTÉRITÉ AU TEMPS DE L\u2019ABONDANCE Collectif Liberté en poche Montréal, 2015,120 pages Dans ses grandes années (19601990), la revue Liberté faisait entendre les voix d\u2019écrivains engagés dans la cité.Après un certain passage à vide, elle a été relancée par des intellectuels soucieux de préserver cet esprit.La qualité de cette relance se confirme dans ce recueil de textes récemment parus dans la revue.Opposés à l\u2019austérité libérale, vue comme une idéologie visant à instaurer au Québec «une révolution conservatrice permanente» (Eric Pineault), les auteurs réunis ici déconstruisent, avec brio et style, le néolibéralisme en habits neufs du gouvernement Couillard-Coiteux.Les contributions des Gabriel Nadeau-Du-bois et Pineault, et celle de Dominic Scarfone, qui psychanalyse le discours de l\u2019austérité, sont particulièrement remarquables.Louis Cornellier Maudit bonheur ! Louis Cornellier xiste-t-il une recette pour être heureux?Si c\u2019était le cas, on le saurait, évidemment, depuis le temps qu\u2019on la cherche.La question du bonheur, en effet, occupe les philosophes depuis l\u2019époque de l\u2019Antiquité.Au XVIIE siècle, toutefois, Kant refroidira les ardeurs de ses collègues en affirmant que «le problème qui consiste à déterminer d\u2019une façon sûre et générale quelle action peut favoriser le bonheur d\u2019un être raisonnable est un problème tout à fait insoluble».Alain, au début du XX® siècle, donnera raison au maître allemand en déclarant que «le bonheur est une récompense qui vient à ceux qui ne l\u2019ont pas cherchée».Ces paroles de sages ne convaincront pas grand monde.Aujourd\u2019hui comme hier, la quête du bonheur reste notre grande affaire et nous fait faire bien des folies.Déterminée par les conditions matérielles et par l\u2019esprit dominant d\u2019une époque, cette quête, au cours de l\u2019histoire, a changé de nature.Expérimentée, il n\u2019y a pas si longtemps, comme une action politique et collective visant le progrès social, elle est devenue, aujourd\u2019hui, à l\u2019ère du néolibéralisme et du narcissisme, une obsession individuelle.C\u2019est cette dernière mouture qu\u2019explore et que critique la journaliste Marie-Claude Élie-Morin dans La dictature du bonheur.Capitalisme magique «On a l\u2019impression que, partout, le message est le même: il suffit de \u201cpenser positif \u2019 pour être heureux, riche et en santé, et si votre vie va mal, c\u2019est de votre faute, écrit-elle pour résumer le credo contemporain.C\u2019est un message nombriliste mais aussi matérialiste, centré sur le gain et l\u2019épanouissement individuels plutôt que sur la compassion, l\u2019entraide ou la solidarité 1.].» La tendance est forte et se présente comme le fin du fin actuel en matière d\u2019eudémonisme, mais son histoire l\u2019inscrit dans la logique d\u2019une sorte de capitalisme magique aux fondements plus que douteux.La stupide thèse d\u2019un ouvrage comme Le secret, c\u2019est-à-dire cette «loi de l\u2019attraction universelle » selon laquelle il suffit de vouloir quelque chose avec foi poui: l\u2019obtenir, remonte, explique Élie-Morin, au courant de la, «Nouvelle Pensée», né aux États-Unis au XIX® siècle.Ce courant affirme que «le monde matériel n\u2019existe pas» et que la maladie n\u2019est que la manifestation d\u2019un déséquilibre de l\u2019esprit.Des preachers et autres gourous s\u2019en inspireront pour plaider que «toutes les impulsions de la pensée ont tendance à se manifester par des équivalents matériels».De pures niaiseries, quoi.13^ % m PEDRO RUIZ LE DEVOIR La journaliste Marie-Claude Élie-Morin n\u2019en a pas contre le bonheur, mais contre sa version narcissique, commerciale et factice, qui prévaut à l\u2019heure actuelle.mille fois dégonflées, mais qui auront un succès bœuf, notamment au Québec où ce genre de bêtises fait la fortune de conférenciers embauchés par des entreprises pour laver le cerveau de leurs employés sous prétexte de les aider.On pourrait se contenter de s\u2019en désoler, de s\u2019en moquer, et se dire «tant mieux, si ça leur fait du bien ».Or, justement, souligne Élie-Morin, ça ne leur fait pas du bien \u2014 notre société de la pensée positive est plus dépressive que jamais \u2014 et ça engendre une foule d\u2019effets pervers très peu réjouissants.Dans le domaine de la santé, par exemple, cette mode qui consiste à considérer le cancer comme un « cadeau » permet-tant de renouer avec les «vraies valeurs» est une insulte à l\u2019intelligence et à la dignité.De plus, inciter les malades à «positiver», en laissant entendre que les idées noires auraient un lien avec leur état, ajoute à leur souffrance et les infantilise en nourrissant la pensée magique.En milieu de travail, les formations axées sur le développement personnel, sur r i l\u2019attitude zen, sur la motivation et sur le rejet de la critique entretiennent l\u2019idée que nous sommes les entrepreneurs de nos vies et qu\u2019il nous revient, individuellement, de nous rendre désirables pour nos employeurs «créatifs».«Pendant que les tra-vailleurs se consacrent à cette quête dans la mentalité du chacun pour soi, déplore à rai-LADICTATDRE son la journaliste, l\u2019action collective et la recherche de nouvelles formes de solidarité qui pourraient améliorer leur condition sont délaissées.» Lucidité On aura compris que Marie-Claude Élie-Morin n\u2019en a pas contre le bonheur, mais contre sa version narcissique, commerciale et factice, qui prévaut à l\u2019heure actuelle.Élle ne plaide pas pour le malheur, mais pour la lucidité et le souci de la vérité.«L\u2019injustice bêtement aléatoire peut s\u2019abattre sur nous tous» et, «dans la vie, une part de souffrance est inévitable», constate celle qui a écrit ce livre après la mort prématurée de son père, adepte zélé et mi- litant de la pensée positive, la rupture de son couple et l\u2019épreuve de l\u2019infertilité.Se préparer au pire, continue-t-elle en donnant l\u2019exemple de la NASA, relève souvent de la sagesse, la colère devant l\u2019exploitation et l\u2019injustice est saine quand elle pousse à l\u2019action politique, le regret a des vertus pédagogiques et la mélancolie est un puissant moteur artistique.Reportage journalistique orienté et doté d\u2019une belle énergie critique, La dictature du bonheur manque de radicalisme philosophique et de profondeur sociologique, mais reste une invitation bien envoyée à rejeter la camelote optimiste qu\u2019on nous vend pour nous endormir au profit d\u2019une lucidité parfois douloureuse mais qui nous grandit.louisco@sympatico.ca LA DICTATURE DU BONHEUR Marie-Claude Élie-Morin VLB Montréal, 2015,176 pages L\u2019auteure sera en séance de signatures au Salon du livre de Québec les samedi 11 et dimanche 12 avril.[.] Si Michel Houellebecq n'est pas un bon romancier, il est « un penseur d'une rare efficacité ».Un penseur de droite ?En complément, Houellebecq économiste de Bernard Maris -l'Oncle Bernard de Charlie Hebdo -qui dénonçe l'économie comme idéologie et montre « les vertus éclairantes de la littérature ».ûi UIT BLANCHE cy O O.al U LU OÛ UI printemps 2015 8,95 S Entrevue RoxSl^^ BOUCœRD nériicp Denise En kiosque et en librairie le 2 avril 2015 Econonnisez jusqu'à 350/0 du prix en kiosque 4 numéros par année Offrez-vous Abonnement ?ian:34S ?2ans:56î TAXES INCLUSES Offrez-lui Abonnement-cadeau ?1 an: 34$\t?2ans;56$ TAXES INCLUSES Cadeau offert par .COORDONNÉES DE L'ABONNÉCE) Nom .Prénom .Adresse .Ville .Province .Code postal .Tél.Courriel .?Chèque à l'ordre de Nuit blanche ?VISA ?MasterCard N\" de la carte .Date d'expiration .I Postez ce coupon à Nuit blanche, 1026, rue Saint-jean, bureau 403, Québec (Québec) GIR 1 R7 I\tou 418 692-1354 ou site@nuitblanche.com "]
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