Le devoir, 10 août 2015, Cahier A
[" Sur la route Des villages de Basse-Côte-Nord «perdus au bout du monde» Page b 5 % 20 ans après la mort du jeune Daniel, les motards se réorganisent Page A 2 www.ledevoir.corn ^ LE DEVOIR Vol.C VI N° 1 7 LE DEVOIR, LE LUNDI 10 AOUT 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 $ POINT D\u2019EAU L\u2019art de la dérive Patrick Beaulieu s\u2019est laissé flotter de la Missisquoi jusqu\u2019à New York, au fil de l\u2019eau CATHERINE LALONDE Il a déjà, pour ses projets, suivi les vents américains {Ventury, 2010), la migration des papillons monarques (Vecteur Monarque, 2007) et le hasard, façon Vegas, en s\u2019en remettant à la roulette (Vegas, 2012).Pour l\u2019artiste Patrick Beaulieu, la perte de contrôle, l\u2019abandon, l\u2019effacement de la volonté devant les aléas et les forces de la nature sont du pain quotidien et du levain de création.En 2014, l\u2019artiste visuel, qui s\u2019adonne désormais à ces «trajectoires performatives», a plongé dans une autre improbable virée, avec Méandre: partant, dans son Yakaty Yak \u2014 son kayak de cèdre, fait main \u2014 de la source de la rivière Missisquoi à New York, il a suivi le fil de l\u2019eau et cette route maritime mythique 30 jours durant, en pagayant le moins possible.Conversation avec un homme qui pratique, littéralement, l\u2019art de la dérive.Disons qu\u2019il fait du road art, avec cette fibre très américaine, continentale, qui crée chez d\u2019autres des road movies ou des road novels.De ses odyssées modèles réduits, jouées sur un mois plutôt qu\u2019en style Ulysse, Patrick Beaulieu aime «la mise à l\u2019épreuve», le «motif poétique et la règle de hase» qu\u2019il respecte à la lettre, les rencontres et le «désir de rendre l\u2019expérience ensuite, de la partager avec un corpus d\u2019œuvres».Ainsi que le passage des frontières, leitmotiv de ses périples.«Traverser les frontières avec des motifs aussi suspects, aussi impalpables, est une aventure en soi, rapporte, tout sourire, l\u2019artiste voyageur.Les contrôleurs douaniers ne peuvent pas te placer dans la case du touriste, du travailleur \u2014 il faudrait des cartes de travail \u2014, ni du visiteur.T\u2019es le poète et ils ne savent pas quoi faire avec toi.Ce sont des heures d\u2019interrogatoire, toutes les fois, où je parle aux douaniers de recherche, d\u2019exploration.Je tiens à leur dire, vraiment, ce que je vais faire, même face à ces forces froides là.C\u2019est un mauvais moment à passer.Mais je ne suis ni illégal ni dangereux, seulement à leurs yeux incompréhensible.» Sur Méandre, la traversée des douanes a été plus fluide, les douaniers associant le kayakiste à une esthétique de sportifs.Du lac d\u2019Argent à la Grosse Pomme Car Patrick Beaulieu voulait cette fois partir de la source de la rivière Missisquoi, mythique, des primes gouttes presque, et filer du lac d\u2019Argent au lent rythme de Teau jusqu\u2019à la VOIR PAGE A 8 : DÉRIVE Aujourd\u2019hui Culture > La lecture d\u2019été qui a changé ma vie : comprendre Thôpi-tal psychiatrique avec Dostoïevski, Vian et Perron.Page B 7 Idées > Les anglophones s\u2019éveillent aux limites de ieur iangue.Une chronique de Jean-Benoît Nadeau.Page A 7 7\t, w-.Avis légaux.Décès Météo Mots croisés.Petites annonces.Sudoku .B4 A5 A2 A4 A5 A4 Silence à Ferguson N JEFF ROBERSON ASSOCIATED PRESS Un an après ia mort de Michaei Brown, abattu par un policier, des centaines de personnes se sont rassemblées dimanche à Ferguson.Le père du jeune homme (notre photo), accompagné de sa conjointe, a fait part de sa reconnaissance aux nombreux manifestants.«Si vous n\u2019aviez pas été là, l\u2019affaire aurait été étouffée», a-t-il lancé à la foule.Page B1 Harper veut criminaliser le voyage en territoire (^ihadisto Les rares voyageurs autorisés devraient justifier leurs déplacements ELORENCE SARA G.EERRARIS Stephen Harper compte durcir le ton envers les aspirants djihadistes en criminalisant les voyages non justifiés dans des «foyers d\u2019activités terroristes», où des groupes terroristes recrutent et forment des partisans.Questionné de toute part, le chef conservateur s\u2019est toutefois bien gardé de donner plus de détails quant à la manière dont il entend procéder pour limiter les déplacements vers ces régions «plus à risque».«Nous n\u2019ignorons pas ici ce que font ceux qui se rendent dans une telle région.C\u2019est pour cela qu\u2019il faut pousser cette politique particulière qui est utilisée dans d\u2019autres pays», a affirmé le chef conservateur en faisant référence aux attaques inspirées par celles du groupe Etat islamique (El) perpétrées par des Canadiens l\u2019an dernier à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa.A titre d\u2019exemple, le gouvernement australien a adopté en octobre dernier une législation similaire qui, dans les cas extrêmes, peut mener à une peine d\u2019emprisonnement de dix ans.Les détails concernant les peines canadiennes sont encore inconnus et «seront déterminés par VOIR PAGE A 8 : CRIMINALISER Elections fédérales Le grand retour de Nigel Wright.Le témoignage de Tex-chef de cabinet de Stephen Harper commencera mercredi au procès du sénateur déchu Mike Duffy.Page A 3 Sables bitumineux: Mulcair forcé de corriger sa candidate.Le chef du NPD a dû se défendre de vouloir suspendre l\u2019exploitation des sables bitumineux.Page A 3 Vocation (1/3) De jeunes prêtres chérissent la tradition Pendant que l\u2019héritage catholique québécois s\u2019effrite et que les églises se vident, certains jeunes bravent les préjugés en se tournant vers Dieu.Qu\u2019ils s\u2019engagent dans une voie traditionnelle ou plus contemporaine, tous ont leur raison de lever les yeux vers le ciel, à la recherche de sens.Premier de trois textes sur ces jeunes Québécois qui, en 2015, croient toujours.LAURA PELLETIER Dans la chapelle du séminaire de Saint-Hyacinthe, des notes d\u2019orgue graves et rapides marquent l\u2019entrée de deux Québécois dans la vingtaine qui, dans quelques heures, seront prêtres.Les fidèles se lèvent dès que les deux futurs abbés franchissent la porte de la chapelle avec un convoi de religieux de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.Malgré leur âge, Alexandre Marchand (27 ans) FRATERNITÉ SACERDOTALE SAINT-PIERRE (CANADA) VOIR PAGE A 8 : TRADITIONS\tAlexandre Marchand et Jacques Breton ont été charmés par un rite datant d\u2019avant Vatican II.A % 77831303442433 A 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 10 AOUT 2015 ACTUALITES Panoramique rn Jean-François \u2019\t^ Nadeau Au New Hampshire, au pied du mont Washington, un magnat du charbon construit en 1902 un grand hôtel tout hlanc.En été, on dirait un morceau de lumière méditerranéenne qui vient se jeter dans vos yeux, comme une silencieuse incandescence qui gicle vers le hleu du ciel, enraciné au milieu de Mlométres de vert.En 1944, du 1®\"' au 22 juillet, les représentants de quarante-cinq pays se réunissent dans cet hôtel de hois, planté au milieu d\u2019un terrain de golf taillé à même la grande forêt de moyenne montagne.En ce lieu, situé à quelques heures de route de Montréal, naît alors la Banque mondiale (BM) et le Front monétaire international (FMI), des institutions aujourd\u2019hui septuagénaires qui ne montrent pourtant pas toujours beaucoup de sagesse.Des misères consécutives à la guerre de 1914, on avait au moins appris que tout ne se règle pas par la politique.En 1919, le traité de Versailles donnait la part belle aux vainqueurs, sans trop se soucier des vaincus.Mais à ne considérer que leurs intérêts immédiats, les vainqueurs cultivaient le pire pour l\u2019avenir, sans penser à se donner les moyens ne serait-ce que d\u2019endiguer l\u2019inflation et de favoriser la reconstruction.Ce système international a mis en place à Bretton Woods la toute-puissance du dollar américain.En cet été où le débarquement de Normandie annonce ses fruits, alors que les Russes repoussent les défenses nazies eux aussi, les Occidentaux considèrent, bien au frais, dans un bois de la Nouvelle-Angleterre, les termes de la reconstruction de l\u2019Europe en feu.Washington pousse à l\u2019action et impose son rythme.Le vieil ascendant de l\u2019Angleterre sur les affaires du monde apparaît bel et bien périmé.Lorsque les avis sur la nouvelle marche à suivre du monde divergent, comme lorsque John Maynard Keynes et le porte-parole américain Harry White ne s\u2019entendent pas, le point de vue de l\u2019Américain l\u2019emporte à coup sûr.La guerre n\u2019est pas terminée, mais le système international est déjà bel et bien en passe de devenir subordonné à la politique américaine, à cause de sa domination militaire et économique écrasante.En 1950, qge d\u2019or de la consommation à tous crins, les Etats-Unis rassemblent 60% de l\u2019équipement productif de l\u2019ensemble des pays capitalistes.Même si le régime de Bretton Woods s\u2019effrite en 1971, année où l\u2019on renonce à assurer que le dollar américain peut être converti en or, le règne du billet vert va perdurer.Laissé en liberté, le dollar part alors au galop pour rejoindre les vastes prairies de la spéculation, là où broutent, de plus en plus nombreux, à compter des années 1990, les adeptes du néolibéralisme, ces bêtes qui proposent de Juguler les dépenses publiques et de saigner l\u2019État à blanc.En découle aujourd\u2019hui un monde qui a vu la logique des investissements et de la solidarité être balayée par celle de la prédation et de la concurrence.Dans le cas de la Grèce, symptôme le plus évident ces derniers temps de cette dérive, cela veut dirq l\u2019imposition de mesures qui demandent à l\u2019État d\u2019abandonner l\u2019État afin que de sa ruine la plus complète on puisse affirmer le retour de la prospérité.La Grèce est morte ?Vive la Grèce ! En visite à Bretton Woods en cet été 2015, j\u2019imagine sans peine que le spectacle tranquille des environs reste à peu près le même que celui que contemplait déjà l\u2019argent en 1944.Sur la grande terrasse située à l\u2019arrière de l\u2019hôtel, au beau milieu des chaises de rotin, chacun prend nonchalamment le café.11 se trouve là, monté sur la longue galerie de bois, un vieux télescope panoramique en inox.Pour quelques pièces, il permet de voir de plus près les montagnes environnantes, ou encore les golfeurs qui, par grappes, s\u2019avancent au loin, ainsi que quelques cavaliers montés sur de beaux chevaux.Dans une nouvelle intitulée Belle vue, Thomas Bernhard raconte l\u2019histoire de deux professeurs, liés d\u2019amitié, qui avaient atteint le sommet d\u2019un glacier pour le seul plaisir de connaître les hauteurs.Ils s\u2019étaient retrouvés devant le télescope de l\u2019endroit.Chacun avait voulu laisser l\u2019autre y regarder en premier.Le premier à y poser les yeux avait été enchanté par la scène que la lunette lui donnait l\u2019occasion de mieux voir.Mais quand le second fixa ses orbites contre les rebords du métal froid de la lunette, il avait poussé un grand cri et était mort dans une syncope.L\u2019ami survivant se demanda des années durant ce que l\u2019autre avait bien pu voir de si étrange dans le télescope.11 en va de même aujourd\u2019hui pour ceux de l\u2019Union européenne qui, bien assis sur les hauteurs du monde hérité de Bretton Woods, regardent vers la Grèce de si haut qu\u2019ils n\u2019y voient au fond que le bout de leur nez, lequel se confond avec le paysage qu\u2019ils admirent pour ses détails plutôt que dans son ensemble.Les tout-puissants, qui tiennent les dispositions de ce monde économique vorace comme le fait d\u2019une vérité biblique, osent ensuite croire à leur sens social en offrant du pain et des matières de première nécessité à ceux qu\u2019ils écrasent par ailleurs au nom du bon droit à l\u2019embonpoint de leurs chiffres.Quel monde malade que celui qui connaît désormais le prix de toutes choses, mais qui en ignore la valeur.jfn @ledevoir.com - - obkA -1 ,\t' ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Des dizaines de citoyens et d\u2019élus se sont rappelé dimanche que le jeune Daniel Desrochers n\u2019était pas mort en vain, le 9 août 1995.20E ANNIVERSAIRE DU DÉCÈS DE DANIEL DESROCHERS Élus et citoyens honorent la mémoire d\u2019une jeune victime de la guerre des motards LAURA PELLETIER Réunis dans la cour de l\u2019école Saint-Nom-de-Jé-sus dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, des dizaines de citoyens et d\u2019élus se sont rappelé dimanche que le jeune Daniel Desrochers n\u2019était pas mort en vain.Le décès de cette victime de la guerre des motards a ébranlé le quartier, puis le Québec en entier et a mené à des modifications législatives pour contrer le crime organisé.Vingt ans plus tard, ce combat continue et se transforme avec l\u2019arrivée d\u2019une nouvelle génération de motards.Le 9 août 1995, Daniel Desrochers, 11 ans, jouait avec des amis près de cette école lorsqu\u2019un véhicule garé à proximité a explosé.Le garçon a reçu des fragments du véhicule et a succombé à ses blessures à l\u2019hôpital quatre jours plus tard.Cet attentat à la voiture piégée \u2014 premier et dernier à avoir eu lieu en plein jour \u2014 est attribué aux Hells Angels, qui souhaitaient atteindre un trafiquant de drogue allié aux Rock Machine.Les agresseurs ont toutefois fait erreur sur la personne : l\u2019occupant du véhicule au moment de l\u2019explosion n\u2019était pas l\u2019homme recherché.Indignés par la mort d\u2019un des leurs, les citoyens d\u2019Hochelaga-Maisonneuve ont lancé une pétition et récolté 71 000 signatures pour convaincre le Canada d\u2019adopter des mesures pour renforcer la lutte contre les motards.«Le quartier a de quoi être fier.Cette expérience a montré que, quand la population se mobilise, c\u2019est possible de faire changer d\u2019idée les gou- vernements.Et le combat continue», a lancé, la voix brisée, Réal Ménard, maire de l\u2019arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.11 a brandi un journal titrant «Allen Rock [ex-ministre de Injustice du Canada] ne veut pas d\u2019une loi antigang».Réal Ménard avait déposé la pétition citoyenne lorsqu\u2019il était député fédéral.En septembre 1995 était créée l\u2019escouade Carcajou et, quelques années plus tard, étaient adoptées la Éoi antigang, la Loi sur le programme de protection des témoins et la Loi sur les produits de la criminalité, qui a rendu obligatoire la déclaration des transactions financières suspectes.«Je m\u2019en souviens comme si c\u2019était hier, indique Guy Quellette, député de Chomedey et adjoint parlementaire de la ministre de la Sécurité publique, qui était alors agent de la Sûreté du Québec.On s\u2019est aussitôt occupés de façon concertée et continue de la guerre des motards.[Le décès de Daniel Desrochers] a été un événement récupéré par la suite pour la loi antigang, pour rapprocher différentes organisations [policières] et pour lutter efficacement contre les groupes de motards.On était au début de leur guerre.» Des suspects ont été arrêtés et interrogés à la suite des événements de 1995 mais, 20 ans plus tard, aucun n\u2019a été accusé.Cette incertitude est douloureuse pour la famille, a admis l\u2019oncle de Daniel, Rick Desrosiers, présent à la commémoration.M.Quellette précise que la police «a des informations et les noms des individus \u2014 certains décédés» et que «les dossiers de mort violente ne sont jamais fer- més».« Un jour, on recevra peut-être l\u2019information qui permettra de faire la lumière sur cet événement » Nouvelle génération de motards L\u2019ex-agent affirme voir des «signes précurseurs» indiquant qu\u2019une «transition de génération» et une «réorganisation» sont en cours au sein des groupes de motards, ce qui pourrait mener à une nouvelle guerre.11 donne l\u2019exemple des membres des Hells Angels, des Devils et des Nomads qui se sont présentés au même hôtel que le premier ministre Stephen Harper en Qntario la semaine dernière et note qu\u2019ils ont ressorti leurs vestes.«Ils sont de plus en plus présents.Ils avaient été absents parce que plusieurs motards étaient incarcérés.Mais on va les voir de plus en plus, donc il faudra que les forces policières soient à l\u2019affût de toute information fournie par le public ou les agents pour s\u2019assurer qu\u2019on ne répétera pas les événements du passé», estime le député.«On ne stoppe pas les motards, on contrôle le phénomène», tient-il toutefois à préciser.La guerre des motards, qui a opposé durant sept ans les Hells Angels et les Rock Machine qui se disputaient le marché de la drogue, a commencé le 14 juillet 1994.Parmi les 165 victimes du conflit, 9 n\u2019avaient aucun lien avec ces gangs.Par ailleurs, le procès de six membres des Hells Angels arrêtés dans le cadre de l\u2019opération policière SharQC devrait débuter lundi.Le Devoir VOL MH370 La recherche de débris se poursuit aux Maldives Colombo \u2014 Les Maldives se sont mises à leur tour à la recherche de débris du Boeing 777 disparu de Malaysia J\\irlines après que des habitants de cet État insulaire de l\u2019océan Indien ont rapporté avoir aperçu des éléments potentiellement intéressants.«Nous regardons cela sous un jour nouveau après la découverte de la Réunion», a déclaré dimanche un porte-parole de la police, se référant à la confirmation que le fragment d\u2019avion de deux mètres trouvé dans file française de La Réunion provenait du vol MH370, disparu il y a 17 mois.Des habitants des Maldives ont rapporté avoir vu ces dernières semaines à plusieurs reprises des débris au large d\u2019atolls du nord de l\u2019archipel, selon la même source.«Nous collectons ces débris non identifiés et les entreposons afin que les Malai- siens puissent les examiner et déterminer s\u2019ils appartiennent ou non à l\u2019appareil »,^ a dit à l\u2019AFP un responsable de la présidence des Maldives, Mohamed Shareef, interrogé par téléphone.«Nous leur avons envoyé des photographies et attendons leur réponse», a-t-il précisé.Les Maldives ont en outre fourni à la Malaisie des données de radars, après des rumeurs selon lesquelles un avion de ligne avait été vu volant bas au large de certains atolls le jour de la disparition.«Nous avons vérifié des données fournies par nos radars et la réponse a été négative», a dit Mohamed Shareef «Il n\u2019y avait pas d\u2019avion de ligne dans cette zone et nous avons transmis cette information aux autorités de Malaisie», a-fil indiqué.Agence France-Presse PATRICK BECOT AGENCE FRANCE-PRESSE La découverte d\u2019un fragment d\u2019avion a relancé l\u2019effort de recherche.Sept-lles 18/1 Baie-Comeau 18/11 Saguenay 24/7 Val d\u2019Or 23/^5 Quebec Trois-Rivières^^^^^ 26/18 rbrooke Lever du soleil: 5h49 Coucher du soleil: 20h10 Montreal anneau (©MétéoMédia 2015 Canada\tAuj.\t\tDemain\t\tLe Monde\tAuj.\t\tDemain\t Edmonton\tSol\t28/15\tSol\t29/15\tLondres\tPlu\t23/14\tNua\t22/15 Moncton\tVar\t21/12\tSol\t25/16\tLos Angeles\tSol\t28/18\tSol\t30/19 Saint-Jean\tSol\t23/13\tSol\t20/15\tMexico\tSol\t25/11\tSol\t26/13 Toronto\tAve\t25/18\tOra\t24/16\tNew York\tVar\t27/23\tOra\t26/22 Vancouver\tVar\t24/18\tSol\t25/18\tParis\tVar\t28/17\tVar\t29/21 Winnipeg\tSol\t26/15\tSol\t29/18\tTokyo\tOra\t30/25\tVar\t32/26 Montréal Aujourd-hp 27 Ce soir Ciel variable.Québec Aujourd- 25 18 Demain Ji ^ Pluie, pdp 20%.21/18 Pluie, pdp 90%.22/15 Mercredi^.^ Averses, pdp 40%.Jeudi 22/17 Ciel variable Passages nuageux, Gatineau Aujourd-hpi, \t19/16\t\t\t19/13 Averses, pdp\tPluie, pdp 90%.\t\tFaible pluie, pdj3\tAverses, pdp 20%.\t\t\t60%.\t40%.Ciel variable Ce soir 18 Pluie, pdp 30%.Demain Mercredi 22/16 Pluie, pdp 90%.21/14 Averses isolées, pdp 40%.Jeudi 24/18 < Passages nuageux Pour que le pique-nique ne tombe pas à l\u2019eau, accédez en tout temps à la météo.Téléchargez MétéoÉclair sur votre téléphone intelligent.Météo Média LE DEVOIR, LE LUNDI 10 AOUT 2015 A 3 ELECTIONS FEDERALES PROCES DUFFY Le grand retour de Nigel Wright pourrait hanter Harper MARIE VASTEL Correspondante parlementaire à Ottawa Mike Duffy n\u2019est pas le seul qui se retrouvera sur la sellette à la reprise de son procès mercredi.Puisqu\u2019il a déjà déclenclié la campagne électorale, Steplien Harper sera contraint de commenter le scandale de son ex-sénateur tous les jours.Et surtout cette semaine, car son ex-clief de cabinet Nigel Wright prendra la parole pour la première fois.Un témoignage qui s\u2019échelonnera sur plusieurs jours.Le procès hjqiermédiatisé du sénateur déchu Mike Duffy devait ne durer que huit semaines.Mais les audiences se sont étirées ce printemps.Résultat: elles reprendront pendant trois semaines à compter de mercredi et devront fort probablement être prolongées de nouveau à l\u2019automne.La reprise sera haute en couleur, avec le retour fort attendu de Nigel Wright.L\u2019ancien proche de Stephen Harper a rapidement quitté Ottawa, après que le scandale l\u2019entourant eut éclaté.Il sera de retour de Londres pour témoigner en personne au palais de justice d\u2019Ottawa, a-t-on confirmé au Devoir la semaine dernière.Un passage à la barre qui attirera médias et curieux.Car Nigel Wright n\u2019a jamais raconté publiquement ce qui s\u2019était passé en 2013, soit sa décision de rembourser la dette de Mike Duffy à sa place, ses tractations avec des sénateurs influents pour que M.Duffy soit épargné d\u2019un rapport sénatorial et l\u2019étendue de ce qu\u2019il a dit à son patron de l\u2019époque, Stephen Harper.C\u2019est sur ces questions que risque de l\u2019interroger l\u2019avocat de Mike Duffy, Donald Bayne, qui plaide que son client a été forcé par M.Wright et l\u2019entourage de M.Harper d\u2019accepter les 90 000$.La couronne argue plutôt que c\u2019est le sénateur qui a sommé M.Wright de l\u2019aider à rembourser la Chambre haute.Un supplice quotidien pour Harper Au fd des jours, le chef conservateur devra répondre aux questions quotidiennes des journalistes qui le suivent sur la route à bord de sa caravane électorale.Outre les révélations de Nigel Wright, d\u2019autres questions risquent de revenir le hanter.Car des documents déposés en cour par la GRC ont cité des courriels de son ancien chef de cabinet.En février 2013, lorsque c\u2019est le Parti conservateur qui devait rembourser la dette de Mike Duffy, Nigel Wright avait écrit à des collègues du bureau du premier ministre qu\u2019il voulait «parler au PM avant que tout soit considéré comme final».Puis, il a rapporté que «tout est OKpour le PM».Au mois de mai suivant, après qu\u2019il fut révélé que Nigel Wright avait payé les 90 000$, ce dernier a écrit que «le PM sait, en termes généraux seulement, que j\u2019ai personnellement aidé Duffy quand je l\u2019ai convaincu d\u2019accepter de rembourser les dépenses».Des conversations qui n\u2019ont jamais été expliquées par M.Wright, ses interlocuteurs, ou le chef conservateur.Les interrogatoires des médias ne dureront pas qu\u2019une semaine.Quand Nigel Wright aura quitté la barre des témoins, ce sera au tour de sénateurs conservateurs ayant participé à ces pourparlers de témoigner.Marjory LeBreton \u2014 qui était leader du gouvernement au Sénat à l\u2019époque \u2014, David Tkachuk et Carolyn Ste-wart-Olsen ont reçu une citation à comparaître.Irving Gerstein, qui gérait les fonds conservateurs lorsqu\u2019il a été question d\u2019y puiser pour permettre à Mike Duffy de rembourser le Sénat, pourrait lui aussi être appelé.Idem pour le libéral George Purey, qui siégeait avec les sénateurs Tkachuk et Stewart-Olsen au comité préparant un rapport sur le cas de M.Duffy.D\u2019anciens employés de M.Harper pourraient également être convoqués par la Couronne : Riy Novak (son actuel chef de cabinet), Benja- right ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE L\u2019ex-chef de cabinet de Stephen Harper, Nigel Wright, n\u2019a jamais raconté publiquement les événements qui se sont déroulés en 2013.min Perrin (son conseiller juridique à l\u2019époque), David van Hemmen (l\u2019ancien adjoint administratif de M.Wright) et possiblement Chris Woodcock (qui était directeur de gestion des dossiers au bureau du premier ministre).Le chef conservateur témoignera-t-il?Une fois cette liste épluchée, ce sera au tour de la Défense de convoquer sa liste d\u2019une douzaine ou d\u2019une quinzaine de témoins.L\u2019avocat de Mike Duffy n\u2019avait pas exclu d\u2019appeler Stephen Harper à la barre, au printemps dernier.Mais il semblait moins enclin à aller de l\u2019avant en juin, lorsque s\u2019est clos le premier bloc d\u2019audiences du procès de son client.Le chef conservateur aurait toutefois plus de mal à refuser, maintenant que la campagne électorale a été prolongée.Les élus peuvent invoquer le privilège parlementaire pour refuser de témoigner en cour.Ce privilège s\u2019applique 35 jours après la dissolution du Parlement et 35 jours avant la reprise des travaux.La campagne de 79 jours s\u2019étire donc au-delà de cette fenêtre.Et plusieurs observateurs estiment que le Parlement risque de ne pas reprendre ses travaux avant la fin de l\u2019automne, voire le début de l\u2019année prochaine s\u2019il y avait un changement de gouvernement.C\u2019est donc dire que Stephen Harper pour- Harper répète qu\u2019il ne savait rien du paiement Le premier ministre Stephen Harper a de nouveau soutenu que les trois mots qui pourraient le lier au scandale du sénateur Mike Duffy \u2014 «good to go » \u2014 ne sont pas les siens.Présentée dans les documents de cour de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), la chaîne de courriels concernant l\u2019utilisation de fonds du Parti conservateur pour couvrir les réclamations douteuses d\u2019indemnités de séjour de M.Duffy démontre que Nigel Wright désirait parler avec Stephen Harper «avant que tout ne soit considéré comme définitif».«Les mots que vous citez ne sont pas mes mots.Ce sont ceux de quelqu\u2019un d\u2019autre», a affirmé le premier ministre dimanche.«Je l\u2019ai dit à plusieurs reprises, et je crois que les faits sont clairs, je ne savais pas que M.Wright avait effectué un paiement à M.Dufjy, et, aussitôt que je l\u2019ai su, je l\u2019ai rendu public et M.Wri^it a été clair là-dessus», a-t-il poursuivi.La Presse eanadienne rait techniquement être sommé de comparaître.Car les audiences qui reprennent cette semaine s\u2019étireront jusqu\u2019au 28 août et reprendront ensuite du 18 novembre au 18 décembre (si nécessaire) , moment où le chef conservateur ne sera plus protégé par le privilège parlementaire.Nombreuses accusations Son ancienne recrue Mike Duffy fait face à 31 chefs d\u2019accusation de fraude, d\u2019abus de confiance et de corruption.C\u2019est cette dernière catégorie que la Couronne n\u2019a pas encore abordée, tout comme le fameux chèque de 90172$ de Nigel Wright.Les procureurs reprochent au sénateur d\u2019avoir indûment récolté des allocations de déplacement pour aller participer à des activités partisanes ou personnelles, et d\u2019avoir puisé dans son budget discrétionnaire de sénateur pour offrir des contrats qui n\u2019auraient pas été couverts par la Chambre haute.Mike Duffy est enfin accusé d\u2019avoir touché des indemnités de logement pendant qujitre ans, en plaidant habiter principalement l\u2019Ile-du-Prince-Édouard \u2014 qu\u2019il représente au Sénat \u2014 plutôt que sa demeure d\u2019Ottawa.C\u2019est pour rembourser ces allocations que Nigel Wright lui a fourni 90 172$.Au total, la Couronne lui reproche de s\u2019être fait rembourser 154 000$ de dépenses injustifiées.Le Devoir SABLES BITUMINEUX Mulcair est contraint de corriger sa candidate Le chef néodémocrate répète qu\u2019il défend l\u2019exploitation des ressources naturelles sur la base du développement durable ERANÇOIS VEZINA De passage à Vancouver, le chef du NPD, Thomas Mulcair, s\u2019est bien défendu, dimanche, de vouloir faire cesser l\u2019exploitation des sables bitumineux comme l\u2019avait laissé entendre une de ses candidates vedettes, Linda McQuaig, lors d\u2019un débat à Toronto, vendredi soir.Mme McQuaig a affirmé, vendredi, au cours d\u2019une discussion télévisée sur les ondes de CBC, « qu\u2019une grande quantité de sables bitumineux pourrait devoir rester sous terre si le Canada souhaitait atteindre ses objectifs» en matière de lutte contre les changements climatiques.La déclaration de la candidate dans une circonscription torontoise a valu au NPD une volée de bois vert de ses adversaires.Selon M.Mulcair, il est «clair» que son parti appuie le développement des ressources naturelles canadiennes à condition que cela soit fait sur la base du développement durable et en rétablissant un processus d\u2019études environnementales crédible.Il a attaqué à son tour Stephen Harper, affirmant que c\u2019est de la faute du chef conservateur si plusieurs grands projets énergétiques n\u2019avaient pas encore vu le jour au pays.«Il a empiré les choses et le public ne fait plus confiance [aux projets] », a accusé le chef néodémocrate.«Nous sommes en faveur de trouver de nou- veaux marchés pour nos ressources énergétiques.Nous sommes en faveur d\u2019exploiter [les ressources], mais on doit le faire en vue d\u2019un développement durable.Le développement durable, ce n\u2019est pas un slogan; c\u2019est quelque chose qui doit vraiment devenir la réalité», a-t-il affirmé.Le chef néodémocrate a reproché au gouvernement conservateur de défendre un projet d\u2019oléoduc \u2014 Keystone XL \u2014 qui provoquerait,, selon lui, l\u2019ex-poçtation de 40 000 emplois vers les Etats-Unis.À Qttawa, Justin Trudeau s\u2019est posé comme la voie du milieu sur les questions énergétiques, qualifiant les positions de ses adversaires d\u2019«ex-trêmes».«Au XXI\u201d siècle, on ne peut pas faire un choix entre ce qui est bon pour l\u2019économie et ce qui est bon pour l\u2019environnement; il faut faire les deux ensemble», a affirmé le chef libéral.Thomas Mulcair s\u2019est aussi engagé à se rendre à Paris cet automne pour participer à la conférence sur le climat et de refaire confiance aux experts scientifiques travaillant pour le gouvernement canadien.Il croit que le Canada devra nécessairement «faire sa part» dans la lutte contre le réchauffement de la planète et atteindre les objectifs de réduction de gaz à effet de serre.Transport en commun Avant de rencontrer les journalistes, M.Mulcair a réitéré dimanche les grandes lignes de son programme, insistant sur le pro^amme national de garderie à 15$, une stratégie nationale de transport collectif et la nécessité de rendre les maisons plus abordables.M.Mulcair \u2014 qui n\u2019est pas sorti des grandes lignes de son discours \u2014 a semblé s\u2019adresser plus spécifiquement aux électeurs de la Colombie-Britannique pour défendre le programme électoral de son parti.S\u2019indignant du fait que les deux tiers des enfants de cette province n\u2019aient pas accès à une place en garderie ou qu\u2019un trop grand nombre de parents n\u2019aient pas les moyens financiers pour y envoyer leurs petits, il a lait la promotion du projet de son parti de lancer un programme pancanadien.« [Un tel programme] est bon pour les familles, bon pour l\u2019économie», a-t-il déclaré à ses partisans rassemblés dans une salle de la métropole britanno-colombienne.Le chef néodémocrate a aussi promis d\u2019adopter une stratégie nationale du transport en commun.Rappelant que la population avait besoin d\u2019un système de transport efficace et abordable, il s\u2019est engagé auprès des élus municipaux à être un bon partenaire et à investir 1,5 milliard par année pour assurer l\u2019essor du transport collectif au pays.Ce programme serait financé en transférant une partie de la taxe sur l\u2019essence.La Presse eanadienne a^Nous sommes prêts à faire ce que ni Stephen Harper ni Thomas Mulcair ne feront.[.] Nous allons augmenter les impôts du 1% de Canadiens les plus riches pour pouvoir baisser ceux de la classe moyenne.Nous allons arrêter d\u2019envoyer des chèques gouvernementaux aux Canadiens les plus riches pour pouvoir donner plus à ceux de la classe moyenne et aux familles à faible revenu.C\u2019est aussi simple que cela.yy Justin Trudeau, à Ottawa dimanche, reprochant à ses adversaires de ne pas aider ies famiiies canadiennes A 4 LE DEVOIR, LE LUNDI 10 AOUT 2015 ACTUALITES La radicalisation ne mène pas nécessairement au terrorisme La 12® École d\u2019été de l\u2019Institut du Nouveau Monde déboulonnera certains mythes en présence de représentants de tous les partis politiques, à l\u2019exception du Parti conservateur LAURA PELLETIER Dans un contexte d\u2019élections fédérales teintées par la lutte contre la radicalisation et le terrorisme, les organisateurs de l\u2019École d\u2019été de l\u2019Institut du Nouveau Monde (INM) souhaitent que les jeunes se fassent une idée sur ces enjeux à l\u2019aide de discussions avec des experts et des politiciens.Seul le Parti conservateur du Canada, instigateur de la loi antiterroriste, n\u2019a pas pu envoyer de représentant à l\u2019événement qui débutera mercredi.«Quand vous n\u2019êtespas radical à 18 ans, vous faites des adultes de 50 ans un peu plates!», dédramatise Janine Krieber, experte en relations internationales et terrorisme, qui souhaite redonner son véritable sens au terme «radicalisation» durant son atelier-conversation.« On a tous été radicaux dans notre vie; anarchistes, marxistes-léninistes, etc.C\u2019est naturel», poursuit-elle.«Les radicalisations \u2014 il n\u2019y a pas que celle de l\u2019État islamique \u2014 existent depuis très longtemps, précise Ghayda Hassan, professeure de psychologie à l\u2019UQAM et spécialiste des questions de violence qui animera elle aussi un atelier.Un des plus grands exemples de l\u2019ère moderne est le nazisme.Il y a aussi les supréma- cistes blancs, les homophobes, qui existent depuis longtemps en Amérique du Nord.» Radical et non terroriste Être radical n\u2019est pas un indicateur de terrorisme, précise M™® Kneber, qui trouve dangereux que «le discours ambiant» fasse un «rapport direct» entre ces deux termes.«Le radicalisme est une posture intellectuelle.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on est radical qu\u2019on fait du vandalisme dans la rue.» M™® Hassan estime qu\u2019«z7 faut à tout prix lutter contre un discours qui prône le \u201cnous les gentils\u201d contre \u201ceux les méchants\u201d», car les «polarisations nourrissent les conflits intercommunautaires et ostracisent des communautés».Surveiller la radicalisation « ne nous dit rien sur le terrorisme », nuance M™® Krieber.Le contrôle du terrorisme passe plutôt par le renseignement, affirme-t-elle.«Infiltrer les organisations, savoir qui projette des coups, faire des écoutes électroniques.Ça a toujours été ça.Au XIX^ siècle, avec les groupes anarchistes, on faisait de l\u2019infiltration.» Elle juge la loi antiterroriste «à peu près inutile», les services policiers et de renseignement étant déjà prêts à faire face à la menace visée par les lois actuelles.Une meilleure surveillance des services de renseignement serait bénéfique, croit l\u2019experte.«Quand [les services de renseignement] ne sont pas surveillés, ils font des gaffes.On a plusieurs exemples dans notre histoire.» Dans son rapport de 2012, l\u2019inspectrice générale du Service canadien du renseignement de sécurité constatait notamment des erreurs dans la transmission de renseignements.La lutte contre la radicalisation, quant à elle, passe par le dialogue et le compromis, croit M™® Hassan.«Il faut faire des lois non pas pour augmenter la surveillance des citoyens ou pour limiter leurs libertés, mais plutôt pour contrer les injustices sociales.Il faut lutter contre les déqualifications professionnelles, les discriminations, les marginalisations et les divisions sociales, qui augmentent les radicalisqtions.» Les participants de l\u2019École d\u2019été \u2014 qui se déroulera du 12 au 15 août au Collège Montmorency \u2014 seront invités à travailler ensemble sur des plans de réaction à la radicalisation.Les conservateurs boudent l\u2019événement Le jeunes seront aussi invités à discuter de l\u2019avenir énergétique du Québec, du système judiciaire, de science, de prospérité et austérité.de changements climatiques, de l\u2019avenir des régions, des stéréotypes liés au genre et de leurs impacts sur les femmes, de désinformation, de design et de consultations citoyennes.Le grand thème «#NousSommes» explore les traits qui rassemblent les citoyens, au-delà des appartenances culturelles, religieuses, politiques et de genre.Deux chefs de partis seront présents, soit Pierre Karl Péladeau, du Parti québécois, et Gilles Duceppe, du Bloc québécois.La ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion, Kathleen Weil, le chef adjoint du Parti vert du Canada, Daniel Green, le candidat du Nouveau Parti démocratique du Canada Hans Marotte, le député libéral Marc Garneau et le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion, prendront eux aussi part aux discussions.« Un sujet très fort sera la tenue des élections fédérales, assure le directeur général Michel Venne.Malheureusement, nous n\u2019avons pas trouvé de représentant du Parti conservateur disponible.Tous les autres partis ont trouvé une façon de libérer un candidat pour venir discuter de l\u2019avenir du pays avec les 400jeunes qui seront là.» Le Devoir COLORADO Des résidus d\u2019une mine d\u2019or atteignent le Nouveau-Mexique Farmington \u2014 La coulée de boue jaune provenant d\u2019une mine d\u2019or abandonnée qui se déverse dans un cours d\u2019eau du s,ud-ouest du Colorado, aux États-Unis, a atteint le Nouveau-Mexique, a déclaré un responsable samedi.Le déversement a atteint la ville d\u2019Aztec vendredi soir, et celle de Farmington samedi matin, a précisé le directeur des services d\u2019urgence du comté de San Juan, Don Cooper.Des fonctionnaires des deux villes ont temporairement bloqué l\u2019accès des flots de la rivière Animas à leurs usines de traitement de l\u2019eau.Ils ont affirmé que les communautés avaient 90 jours de réserves d\u2019eau et d\u2019autres sources auxquelles elles peuvent s\u2019approvisionner.«Nous ne pouvons pas faire grand-chose, a admis M.Cooper.Nous pouvons garder les gens éloignés [de la rivière] et continuer de faire des tests.Nous ne savons pas encore à quel point c\u2019est grave.» Près de 3,8 millions de litres d\u2019eaux usées de la mine Gold King \u2014 inactive depuis 1923 \u2014 ont commencé à se déverser dans la rivière Animas mercredi, quand une équipe de nettoyage supervisée par l\u2019Agence pour la protection de l\u2019environnement a accidentellement rompu une digue de débris qui s\u2019était formée à l\u2019intérieur de la mine.Aucun risque pour la santé n\u2019a été détecté, mais les tests et les analyses se poursuivent.Des responsables fédéraux ont déclaré que le déversement contenait des métaux lourds, dont du plomb et de l\u2019arsenic, ainsi que du cuivre, de l\u2019aluminium et du cadmium.Mis à part le Nouveau-Mexique, les eaux usées se rapprochent de l\u2019Utah.La rivière Animas se déverse dans la rivière San Juan, qui rejoint quant à elle la rivière Colorado dans le lac Powell, qui fait partie de la Glen Canyon National Recreation Area.Associated Press MOTS CROISÉS 1\t23456789 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 HORIZONTALEMENT 1.\tAgaçant.2.\tBévue - Mépriser quelqu'un.3.\tCroyance religieuse -Vieux navigateur -Organisme américain.4.\tCorvidé - Diplôme.5.\tDix fois dix - Relative à la moelle épinière.6.\tAbimée - Einsteinium.7.\tDébile - Replis cousus.8.\tConjonction de coordination -Substances odorantes utilisées en parfumerie - Norme internationale.9.\tPoint que l'on vise -Ver de la grappe.10.\tCélèbre mont - Le vin (la .bouteille).11.\tInsectes carnassiers -Creusée.12.\tEn Suisse - Bases de départs.VERTICALEMENT 1.\tDe la bonne façon.2.\tCap espagnol -Sensible.3.Extrémité d'un pain long - Qui a le ventre plein.Do - Fin de liste - On les fête en mai.Hegel y enseigna -S'emploie pour faire peur - Direction.Inutiles.Banal - Frapper.Dans le vent - Préfixe -Acide.Quatre-vingt-dix -Émanait du roi.10.\tBananier des Philippines - Frileux.11.\tDu verbe naître -Écrasée.12.\tCicatrices - Grivoises.4.5.[MBDI3E] ninfïi uIe e|t|v r|e|u ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les transsexuels marchent pour leurs droits Environ 300 personnes ont marché, dimanche, dans les rues de Montréal à l\u2019occasion de la deuxième édition de la Marche pour les droits des personnes trans.La communauté en a profité pour dénoncer l\u2019inaction du gouvernement en matière d\u2019égalité juridique.Résultats des tirages du : 2015-08-08 /to:»'\t21 26 30 31 32 48 Prochain gros lot (approx )\t7 000 000 $ + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 68472947-01 06 07 26 47 48 49 compl.compl.Elira Résultats des tirages du : 2015-08-07 E|tra 1624826 Résultats complets sur lotoquebec.com Prochain gros lot (approx): 12 000 000 $ En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto Quebec cette derniere a priorité Sudoku par Fabien Savary \t5\t7\t8\t2\t\t\t\t \t\t9\t\t\t4\t\t2\t5 \t\t\t\t\t\t\t3\t \t\t\t\t\t8\t3\t\t 1\t\t\t7\t\t5\t\t\t6 8\t\t3\t\t\t\t\t4\t 3\t\t5\t\t\t\t\t9\t \t6\t\t\t\t\t2\t\t4 9\t\t\t5\t1\t\t\t6\t Niveau de difficulté : FACILE Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.3059 Solution du dernier numéro 5\t3\t2\t9\t1\t6\t7\t8\t4 7\t9\t4\t3\t2\t8\t6\t5\t1 6\t1\t8\t7\t4\t5\t3\t2\t9 8\t2\t9\t5\t3\t4\t1\t7\t6 1\t7\t3\t6\t8\t9\t5\t4\t2 4\t5\t6\t2\t7\t1\t8\t9\t3 2\t4\t1\t8\t5\t3\t9\t6\t7 3\t6\t5\t4\t9\t7\t2\t1\t8 9\t8\t7\t1\t6\t2\t4\t3\t5 3058 Sables bitiunineux: enquête sur la mort de 30 hérons bleus Le Régulateur de l\u2019énergie de l\u2019Alberta a annoncé qu\u2019ü enquêtait sur la mort d\u2019environ 30 hérons bleus sur un site d\u2019exploitation de sables bitumineux.Dans un communiqué publié samedi, le Régulateur de l\u2019énergie a déclaré avoir dépêché des em- ployés au site Mildred Lake, exploité par Syncrude Canada au nord de Fort McMurray, pour évaluer la situation.La cause du décès des hérons bleus, dont le Canada compte des dizaines de milliers de spécimens, fait toujours l\u2019objet d\u2019une enquête.Un porte-parole de Syncrude Canada a déclaré samedi que l\u2019entreprise coopérait avec le Régulateur de l\u2019énergie, ainsi qu\u2019avec Environnement Canada.La Presse canadienne DESTNATONS SOLUTION DU DERNIER SUDOKU : le logiciel 10 000 sudokus inédits de 4 niveaux de difficulté par notre expert Fabien Savary En exclusivité sur le site des Mordus www.les-mordus.com stination Santé Salon canadien du tourisme médical Plusieurs exposants en santé et bien-être seront présents le 14 et 15 août 2015 au Palais des congrès de Montréal (salles 210 A et B) ENTRÉE GRATUITE AU PUBLIC www.destinationsante.ca Palais des congres deMontrôal Présenté par : ÊanSanté MecUDrick\" Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Jean de Billy au 514 985-3456 \u2014 jdebilly@ledevoir.com LE DEVOIR LE LUNDI 10 AOUT 2015 A 5 ACTUALITES IK MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Des fissures apparaissent dans le nouveau modèle de l\u2019économie du partage adopté notamment par la compagnie Uber.ÉCONOMIE DU PARTAGE Les travailleurs y trouvent-ils leur compte ?ROB LEVER A Washington Chauffeurs pour Uber, hôtes pour Airbnb, livreurs pour Instacart, coursiers pour TaskRabbit, les acteurs de la nouvelle « économie du partage » sont-ils des travailleurs qui sont leurs propres maîtres ou au contraire exploités par les entreprises ?Ces nouveaux emplois offrent une grande liberté pour ceux qui les occupent mais, en contrepartie, aucune sécurité et aucune prestation sociale.Près de 18,millions de personnes aux Etats-Unis tirent désormais une part significative de leurs revenus d\u2019emplois non traditionnels et ils sont 12,5 millions à avoir ce genre d\u2019emploi à temps partiel, selon MBO Partners, une entreprise qui apporte ses services à des sous-traitants.Une autre étude, réalisée par le groupe de logiciels financiers Intuit, indique que de 25% à 30% de la population active américaine est précaire et que 80% des grandes entreprises ont l\u2019intention de développer leur utilisation de la «main-d\u2019œuvre flexible».Selon cette étude, 40% de la population active américaine pourrait être en situation de précarité en 2020.Mais des fissures apparaissent dans ce nouveau modèle.Plusieurs procès en cours impliquent des travailleurs estimant qu\u2019une partie des coûts liés à l\u2019exercice de leur fonction doit être assumée par les entreprises qui les emploient et qu\u2019ils ont droit à une certaine forme de protection sociale.«Ces entreprises ont choisi d\u2019ignorer le problème, car elles se considèrent comme un marché et non comme un employeur, mais cela revient maintenant les hanter», estime le fondateur et p.-d.g.de MBO, Gene Zaino.Les hommes politiques en sont conscients, comme la candidate démocrate à l\u2019élection présidentielle, Hillary Clinton, qui a affirmé récemment qu\u2019elle «prendrait des mesures contre les patrons qui exploitent les travailleurs en les désignant comme des sous-traitants».«Cette économie à la demande, que l\u2019on appelle aussi la \u201cgig\u201d économie, favorise l\u2019innovation», a déclaré M™® Clinton en juin «mais elle soulève aussi des questions difficiles sur la protection des travailleurs et sur ce à quoi ressemblera un bon emploi à l\u2019avenir».Mais sans la flexibilité des emplois, «l\u2019économie du partage pourrait être stoppée net», affirme Christopher Koop-man, chercheur au centre Mercatus de l\u2019Université George Mason en Virginie.Selon lui, ceux qui choisissent ces emplois obtiennent en échange une grande flexibilité et se voient offrir la possibilité de «travailler quand on veut, comme on veut».Homejoy, un site en ligne de services de nettoyage, a dû fermer en juillet après avoir été poursuivi par des travailleurs qui demandaient à être considérés comme des employés.Nouvelle époque Selon Simon Rothman de la firme de capital-risque Greylock Partners, il faut dissocier certaines prestations comme la couverture santé, la retraite et l\u2019assurance de l\u2019emploi lui-même.«Le temps n\u2019existe plus où l\u2019on signait un contrat avec un employeur pour la vie.Il y a un changement en profondeur qui va toucher tout le monde», af-firme-t-il sur un blogue.Mais Robert Reich, un ancien ministre du Travail sous l\u2019administration Clinton aujourd\u2019hui professeur à l\u2019Université de la Californie, affirme que c\u2019est en fait un retour à l\u2019époque oû il n\u2019y avait pas de normes sociales.«Le nouveau modèle transfère complètement le risque sur le travailleur et élimine les normes minimales», affirme-t-il dans un blogue intitulé «l\u2019économie partage miettes ».«Le travail à la demande est un retour au XDC siècle quand les travailleurs n\u2019avaient pas de pouvoir, prenaient tous les risques et travaillaient des heures interminables pour pratiquement rien.» Mais Gene Zaino souligne que les études de MBO montrent que plus les travailleurs sont indépendants, plus ils sont heureux.Agence France-Presse AIRBNB Québec légiférera à l\u2019automne Le gouvernement entend percevoir des taxes tout en augmentant le nombre d\u2019inspecteurs sur le terrain Québec \u2014 Le gouvernement du Québec entamera le processus de légalisation de l\u2019hébergement de type Airbnb cet automne, selon Le Soleil.En revanche, il en percevra des revenus de taxation et augmentera le nombre d\u2019inspecteurs sur le terrain pour contrer l\u2019hébergement illégal qui pourrait persister.C\u2019est du moins quelques lignes du projet de loi qui va être déposé par la ministre du Tourisme, Dominique Vien, quelques semaines après la rentrée parlementaire.Le gouvernement du Québec avait réitéré au printemps dernier son intention de faire bouger les choses dans le dossier de l\u2019hébergement illégal.Il avait indiqué qu\u2019il souhaitait notamment obliger les gens qui louent une chambre ou un appartement à payer des taxes et à être soumis aux mêmes règlements que ceux qui s\u2019appliquent à l\u2019industrie hôtelière.La ministre Vien avait d\u2019ailleurs déclaré au mois d\u2019avril qu\u2019il était important que les gens «qui sont dans une logique commerciale au niveau de l\u2019hébergement puissent Le Québec deviendra la première province du Canada à taxer la plate-forme Airbnb contribuer de la même façon que le font les hôteliers à l\u2019ensemble des lois et règlements du Québec».Le nombre d\u2019inspecteurs sur le terrain va augmenter afin d\u2019attraper les propriétaires fautifs.Pour l\u2019heure, seulement deux agents sont en poste pour desservir tout le Québec.En plus de traquer les contrevenants, les agents vont aussi avoir comme mandat d\u2019assurer une certaine « norme » dans l\u2019hébergement.Première au Canada Le président de l\u2019Association Hôtellerie Québec, Xavier Gret, et la présidente de l\u2019Association des hôteliers de la région de Québec, Michelle Doré, n\u2019ont pas été en mesure de confirmer ces informations.Du côté du cabinet de la ministre Vien, on indique qu\u2019on travaille encore sur le projet.Si le gouvernement va de l\u2019avant, le Québec deviendra la première province du Canada à taxer la plateforme Airbnb.La Presse canadienne ANNIK MH DE CARUEEL LE DEVOIR Une grande terrasse pour apprendre à aimer les chantiers Une nouvelle installation éphémère vient tout juste de voir le jour rue Saint-Denis, à Montréal, cette fois pour réconcilier la population avec les chantiers urbains.Inaugurée dimanche et étendue sur un kilomètre, la « grande terrasse rouge » accueillera, au cours des prochaines semaines, des événements gratuits pour permettre aux résidants du quartier de s\u2019approprier le secteur malgré les travaux de réfection des canalisations d\u2019eau et des égouts prévus au printemps 2016.BANGLADESH La police tue six braconniers de tigres Dhaka \u2014 Six chasseurs illégaux de tigres du Bengale ont été tués par la police dimanche dans la vaste forêt de mangroves des Sundarbans au sud du pays, a annoncé la police locale.Selon elle, un échange de coups de feu a éclaté entre un gang de braconniers et des policiers aux abords d\u2019un canal des Sundarbans, région considérée comme la plus grande forêt de mangroves du monde, oû le nombre de tigres du Bengale est tombé à une centaine seulement, selon une estimation officielle récente.Les autorités locales mettent en avant leur volonté de lutter contre le braconnage de cette espèce en danger.Repaire majeur «Les braconniers ont tiré sur nous alors que nous faisions un raid sur leur planque dans le canal de Mandarbaria [.].Nous avons riposté: six braconniers sont morts dans la fusillade», a raconté à l\u2019AEP le chef de la police locale, Harendra-nath Sarker.Selon lui, l\u2019entrelacs des rivières et canaux de la région est devenu un repaire majeur de braconniers.«Ils vendent les os de tigres, leur viande et leur peau pour de grosses sommes d\u2019argent», a-t-il expliqué.Après l\u2019échange de tirs, les policiers ont découvert les peaux de trois tigres adultes, et saisi quatre fusils et un pistolet.L\u2019agent a précisé que cette opération anti-braconnage intervenait après une étude achevée en avril ayant montré que la population de ces grands félins se réduisait à peau de chagrin dans cette forêt s\u2019étirant jusqu\u2019à l\u2019Inde.L\u2019Inde voisine abrite la plus importante population de tigres du Bengale avec 2226 tigres recensés.Agence France-Presse MICHEL GANGNE AEP Le nombre de tigres du Bengale a diminué au Bangladesh.Téléphone : Télécopieur 514 985-3322 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesannonces@ledevoir.com HORS FRONTIERES EUROPE À LOUER ANNIVERSAIRES ET MARIAGES ANNIVERSAIRES ET MARIAGES APPARTEMENISET LOGEMENISÀLOUER DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-locatlon), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pailler ce handicap.OUTREMONT-190 Willowdale 3 1/2-4 1/2 réno Prés métro UdeM Chauffés, eau ch., poêle/frIgo, asc.514 738 5663-514 735-5331 OUTREMONT-5, Vincent d'Indy 11/2^ 31/2^ 41'2 rénovés prés métro, UdeM.Poêle/frIgo.Chauffé, eau chaude.Ascenceur.514 737-8055\t514 735-5331 APPARTEMENIS ET LOGEMENISÀLOUER ROSEMONT-GRAND 5 1/2 H-duplex, 3 ch.fermées, PL bols franc, chaut, élec., très tranquille.Libre.1 050$ 514-949-1853 MEUBLES PETITE ITALIE GRAND 6 V2 NEUF Style condo, WiFi, balcon, terrasse.Près marché Jean-Talon et métro Beaubien.Pers.tranquille.Non-Fum.Juillet.1680$ 514497-5769 Un don d\u2019espoir pour la vie 1-877-488-4222 WWW ArmeeduSalut.ca PARIS Ateller-loft meublé, LIBRE AOÛT.Équipé, 2 chambres, ensoleillé, calme, sur allée privée, table à l'extérieur sous les arbres.Sympathique quartier de Belleville.Métro Télégraphe (15 min.de Châtelet).2800$/mois (800$/sem).33.1.40.30.09.14 riouxchristian@yahoo.com http:riouxchristian.e-monsite.com/ PARIS VII-XVChamp-de-Mars Site exceptionnel - 2 1/2 rénové 08 Tt équipé, très ensoleillé.Sur jardin Sem/mois 514 272-1803 PROVENCE Vallée du Rhône Maison de village dans le quartier médiéval de Nyons.2 c.c.2 s.de b.Toute équipée.Terrasse 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HR Dystrophie musculaireCanada i/n» «cffon 1.800.567.2236 www.muscle, ca NOUVELLES RUBRIQUES Soulignez les heureux événements de la vie Anniversaires, mariages, naissances, félicitations, etc.514 985-3322 ou petitesannonces@ledevoir.coiii QUAND LA TOXICOMANIE faites les premiers pas Pour vatfKre la tcoàcomanle Aide aux devoirs gratuite partout au Québec! primaire ET secondaire 514 527-3726 1 888 776-4455 www.alloprof.qc.ca AVIS DE DECES ommaniquez avec Le IVIémoriel Pour publier un ou des : \u2022\tAvis de décès \u2022 Faire-part \u2022\tRemerciements \u2022 Condoléances \u2022\tAnniversaires \u2022 Hommage \u2022\tIn memoriam Le IVIémoriel 1855, rue Du Havre, Montréal, Qc, H2K 2X4 Télé: 514 525-1149 Téléc.: 514 525-7999 U ecrol O gi e @ 1 cm cm oriel .com Lememone A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 10 AOUT 2015 EDITORIAL CRISE DES MIGRANTS Une Europe qui se piège L ¥ ^ -C Le nombre de migrants morts cette année en tentant de traverser la Méditerranée a franchi le cap des 2000 personnes il y a quelques jours, pendant qu\u2019à Calais, où la crise demeure aiguë, ils sont des centaines à prendre des risques incroyables pour tenter de se glisser dans le tunnel sous la Manche afin de gagner la Grande-Bretagne.L\u2019Europe ne va nulle part en prétendant pouvoir fermer des portes et faire l\u2019économie d\u2019une politique d\u2019intégration commune.a crise grecque, qui a peut-être disparu des radars médiatiques mais qui est loin d\u2019être terminée pour autant, a mis les élites européennes au défi de sortir de leurs salons, d\u2019entrevoir une Europe qui soit un projet moins technocratique et plus social.La crise migratoire, qui prend présentement des proportions effrayantes mais qui est en fait une tragédie qui dure depuis des années, teste dans une certaine mesure l\u2019idée d\u2019une Europe fondée sur le principe de l\u2019effacement des frontières et de la libre circulation des biens et des personnes.L\u2019Europe n\u2019est pas une île, ni historiquement ni géographiquement.Elle a beaucoup colonisé et s\u2019est beaucoup diffusée.De faire remarquer, dans une entrevue au Monde, le géographe et essayiste Michel Eoucher à la lumière de la situation actuelle: «La liberté de circulation est saluée par les opinions européennes quand elles s\u2019appliquent à elles-mêmes.» Aussi la crise migratoire met-elle l\u2019Europe en contradiction avec elle-même.Les sociétés s\u2019ouvrent forcément.Les barrières et les dénis n\u2019y changeront rien.L\u2019Histoire demande encore des comptes aux vieilles puissances européennes.Le migrant frappe à la porte et présente ses créances.Ce qui se passe à Calais est dramatique.Mais c\u2019est également ironique.Selon l\u2019Organisation internationale pour les migration, de 3000 à 5000 migrants campent à proximité du tunnel en espérant trouver une façon de traverser la Manche.Les tentatives de passages clandestins ont été toutes les nuits déjouées par centaines ces dernières semaines.Une ruée à laquelle le premier ministre britannique, David Cameron, n\u2019a pour l\u2019instant conçu d\u2019autres réponses que celles d\u2019envoyer des chiens renifleurs et de renforcer les clôtures du côté français.La situation est ironique parce que l\u2019insulaire Royaume-Uni exerce sur les migrants une grande force d\u2019attraction, alors qu\u2019il est en réalité l\u2019un des pays ayant adopté devant ces enjeux des positions très peu conciliantes depuis le début de la crise migratoire en mer Méditerranée.Seulement par la Méditerranée, plus de 100 000 migrants sont arrivés en Europe depuis le début de l\u2019année.En mai, la Commission de Bruxelles avait proposé que les 28 pays de l\u2019Union européenne se partagent l\u2019accueil de 40 000 réfugiés \u2014 au sens où l\u2019entendent les Nations unies.Ce qui est bien peu au regard des 3,5 millions de Sj^iens qui ont trouvé refuge en Turquie, au Liban et en Jordanie.Le projet a échoué devant l\u2019absence de consensus sur les modalités de mise en place de quotas obligatoires.Dans un premier temps, ces quotas étaient destinés à soulager l\u2019Italie et la Grèce, où débarquent la majorité des clandestins.À plus long terme, le projet donnait à penser qu\u2019il allait permettre à l\u2019Europe de gagner en cohérence et de jeter ainsi les bases de la politique commune et concertée qui lui fait tant défaut.Une brèche avait été ouverte, mais Londres, avec d\u2019autres, s\u2019y est spontanément opposé, jugeant que les propositions de la Commission encourageraient par effet pervers l\u2019immigration illégale.Le problème est évidemment aussi que le débat est pollué un peu partout par l\u2019exacerbation des sentiments anti-immigration.Trop de gouvernements s\u2019accommodent électoralement des discours xénophobes d\u2019extrême droite alors qu\u2019ils devraient les dénoncer avec infiniment plus de véhémence.Il faudra pourtant bien un jour que l\u2019Europe surmonte ses divisions et trouve la lucidité de reconnaître que les migrations sont une réalité «irrépressible», pour employer le mot de M.Eoucher, et accepte d\u2019y adapter son monde.À ne pas le reconnaître, l\u2019Europe piège son avenir et son développement./I.' .1 Guy Taillefer LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET i ?L via* lo.n LETTRES Hiroshima: ne pas oublier Il y a exactement 70 ans, une affreuse bombe atomique anéantissait la ville d\u2019Hiroshima, faisant des milliers de morts.Horrible geste de guerre qui devait se répéter sur la ville de Nagasaki quelques jours plus tard.En tout, 200 000 morts civils ! Cela devait mettre fin à la guerre quelques jours plus tard.Le soldat japonais était alors prêt à mourir plutôt que de se rendre.Qu\u2019en aurait-il coûté en vies humaines Qaponaises et américaines) si la guerre s\u2019était poursuivie «normalement»?Dans les mois précédents, les îles japonaises d\u2019Okinawa et d\u2019iwojima (île de 20 km2.le Japon en a 380 000 !) avaient été conquises par les Américains : coûts en vies humaines pour les Japonais, 130 000 soldats et 100 000 civils; du côté américain, environ 21 000 soldats morts au combat et encore plus de blessés.Imaginez un « débarquement» au Japon.Maléfiques et inacceptables statistiques, me direz-vous, comme s\u2019il fallait anéantir absolument ces deux villes ! Peut-être fallait-il ces deux malheureuses hécatombes planifiées pour réellement prendre conscience et ne jamais oublier la puissance destructrice qu\u2019aurait une guerre nucléaire?Une nouvelle guerre commençait alors, soit la «guerre froide» avec l\u2019URSS.Une nouvelle course commençait aussi, celle de l\u2019arme nucléaire.L\u2019URSS ne devait (\u2019avoir qu\u2019en 1949, soit quatre ans après les Etats-Unis.Ces deux hécatombes de 1945 nous ont peut-être évité une guerre nucléaire totale avec le monde communiste.Rappelons-nous ces missiles nucléaires installés sur l\u2019île de Cuba,dans les années 60, à moins de 100 km des Etats-Unis.Qu\u2019auraient fait Hitler, Staline ou Mao en possession de la bombe nucléaire ?Apprécions mal^é tout le fait que ce soient les Etats-Unis (notre voisin) qui l\u2019aient eue les premiers sans jamais l\u2019utiliser par la suite.En 1949, l\u2019URSS (avec Staline comme chef) devenait la deuxième puissance nucléaire de la planète.Staline, vous connaissez?Pierre Drolet Neuville, le 6 août 2015 Torn l\u2019hégémonique Vous avez tous remarqué que le NPD est l\u2019unique parti politique fédéral à s\u2019afficher dans nos rues avec de vétustes pancartes.Par un simple hasard, nous constatons que seule la photographie du chef.Torn Mulcair, apparaît.Au diable le candidat local soudainement métamorphosé en vassal.Cela en dit long sur l\u2019image de Torn le téméraire qui, visiblement, s\u2019approprie tout l\u2019espace médiatique en portant seul l\u2019image du parti.Bel esprit d\u2019équipe! Après Torn l\u2019hégémonique, il n\u2019y a plus rien ! Un St-Tom ! Michel Beaumont Québec, le 6 août 2015 Ce vieux fond de conservatisme Comment se défaire de ce vieux fond de conservatisme qui freine notre émancipation tout en attisant la peur?Nous avons réussi à vaincçe cette peur maladive en enjoignant à l\u2019Église de remodeler ses interventions.Pourtant, nous demeurons encore béats devant des politiciens qui tirent leur pouvoir en brandissant des épouvantails ou en faisant miroiter des millions en cadeaux à des citoyens qui devront pourtant les rembourser lors de la récolte des impôts.Jadis, c\u2019était des promesses de réfrigérateurs.Qn croyait ces temps révolus.Lorsque l\u2019assiette des contribuables sera bien vide, il y en aura qui se paieront de honteux bonis pour nous avoir bien dégarnis.Sylvia Pelletier-Gravel Gatineau, le 6 août 2015 LIBRE OPINION Les familles d\u2019enfants autistes réclament une stratégie nationale KATHLEEN O\u2019GRADY Associée de recherche à l\u2019Institut Simone de Beauvoir de l\u2019Université Concordia et mère de deux jeunes garçons, dont l\u2019un est autiste Les gouvernements canadiens n\u2019ont pas fait beaucoup pour remédier à la situation critique que vivent les familles d\u2019enfants autistes.Cela était vrai en 2007 au moment de la publication, par un comité sénatorial interpartis, d\u2019un rapport sur le traitement de l\u2019autisme judicieusement intitulé Payer maintenant ou payer plus tard.Et ce l\u2019était encore jusqu\u2019à tout récemment; le gouvernement fédéral s\u2019étant contenté ni plus ni moins par le passé de pelleter le problème dans la cour des provinces.Qr il semble que les choses commencent tranquillement à bouger.La semaine dernière, le fédéral annonçait la formation d\u2019un Groupe de travail sur les troubles du spectre autistique doté d\u2019un budget de deux millions de dollars.Celui-ci aura pour mandat d\u2019élaborer «un plan relatif à un partenariat canadien en matière d\u2019autisme», qui visera, entre autres objectifs, la recherche, l\u2019échange d\u2019information, le dépistage précoce, le diagnostic et le traitement.Il s\u2019agit d\u2019un progrès, mais il faudra en faire bien davantage avant de pouvoir affirmer que les familles bénéficient d\u2019une aide véritablement digne de ce nom.Selon la toute première enquête exhaustive sur l\u2019évaluation des besoins en matière d\u2019autisme menée au Canada auprès des soignants et des professionnels, les familles doivent se débattre pour obtenir les services dont elles ont besoin, mais qu\u2019elles n\u2019ont pas les moyens de se payer.Tandis que les gouvernements d\u2019un bout à l\u2019autre du pays tentent de réduire le fossé entre les besoins et les ressources, profitons-en pour rappeler un certain nombre de faits au sujet de l\u2019autisme.L\u2019autisme n\u2019est pas une maladie mentale, un problème de santé mentale ou un trouble d\u2019apprentissage.L\u2019autisme est un trouble de neurodéveloppement qui se caractérise notamment par : une difficulté à communiquer verbalement et à interagir socialement; des comportements rigides, restrictifs et répétitifs; un développement intellectuel inégal; une sensibilité aux stimuli sensoriels; des problèmes de motricité fine et globale et des troubles gastro-intestinaux.H est plus juste d\u2019employer l\u2019expression «trouble du spectre de l\u2019autisme» (TSA), puisque ces caractéristiques se manifestent différemment selon les individus et de façon plus ou moins prononcée.Il n\u2019y a pas de remède pour l\u2019autisme, mais il existe plusieurs intervendons éprouvées susceptibles d\u2019aider les personnes touchées à surmonter les difficultés qui l\u2019accompagnent.Taux de prévalence au Canada Qn ne connaît pas avec exactitude le taux de prévalence de l\u2019autisme au Canada, mais on dispose d\u2019estimations récentes.Les médias canadiens citept souvent des chiffres qui proviennent des États-Unis.Selon les recherches menées par le U.S.Autism and Developmental Di- sabilities Monitoring (ADDM) Network du Centre for Disease Control and Prevention, le TSA tQUcherait un enfant sur 68 chez nos voisins.Étant donné que l\u2019autisme est sept fois plus courant chez les garçons que chez les filles, sa prévalence équivaudrait donc dans ce pays à un garçon sur 42 et à une fille sur 189.«Notre estimation la plus plausible pour le moment, c\u2019est que le TSA touche un individu sur 94 chez les enfants âgés de six à neuf ans», rapporte Hélène Quellette-Kuntz, profes-seure au département des sciences de la santé à l\u2019Université Queen\u2019s, qui gère une base de données épidémiologiques nationale sur l\u2019étude de l\u2019autisme au Canada (NED-SAC).Ce chiffre se fonde sur l\u2019information et les données diagnostiques recueillies de 2003 à 2010 auprès des services de santé p Terre-Neuve-et-Labrador, à l\u2019Ile-du-Prince-Édouard et dans le sud-est de l\u2019Qntario.Ce que nous savons pour l\u2019instant, grâce aux documents publiés dans le cadre de l\u2019étude NEDSAC, c\u2019est que le taux d\u2019autisme augmente au Canada, mais qu\u2019il varie largement d\u2019une région à l\u2019autre.Même lorsqu\u2019on tient compte de l\u2019augmentation attribuable aux cas non dépistés auparavant ou aux substitutions de diagnostic (concernant des cas qui avaient reçu un diagnostic autre que l\u2019autisme), «on ne peut pas écarter la possibilité d\u2019une augmentation effective de l\u2019incidence», indique Hélène Quellete-Kuntz.Difficulté d\u2019accès aux soins Les familles doivent souvent attendre pendant des années avant de pouvoir accéder à des services spécialisés couverts par le régime public.L\u2019aide gouvernementale en matière d\u2019autisme varie grandement d\u2019une province à l\u2019autre.Dans la plupart des réseaux de santé provinciaux, il n\u2019est pas rare de devoir patienter pendant plusieurs années avant qu\u2019un enfant ne reçoive un diagnostic d\u2019autisme.De plus, les familles doivent attendre de plusieurs mois à quelques années avant de pouvoir bénéficier d\u2019interventions dont l\u2019efficacité est démontrée, comme la thérapie comportementale, l\u2019orthophonie et l\u2019ergothérapie.Enfin, ces services ne sont offerts que pendant une période limitée et, bien souvent, plus tard que la fenêtre jugée optimale par la plupart des experts.Les fortes disparités observées entre les provinces auraient même engendré un phénomène de «migration pour des raisons médicales».En effet, certaines familles ont rapporté avoir quitté leur région d\u2019origine (la plupart du temps les Maritimes, l\u2019Qntario ou le Québec) pour s\u2019établir en Alberta ou en Colombie-Britannique, qui se démarquent par l\u2019accessibilité et la souplesse des services offerts.Par ailleurs, il n\u2019est plus rare de voir des familles canadiennes recourir à des campagnes de sociofi-nancement pour pouvoir se payer des services et des thérapies spécialisés.Un grand nombre d\u2019associations et de familles réclament depuis un certain temps une stratégie nationale sur l\u2019autisme qui permettrait de combler les lacunes de la couverture offerte par les régimes de santé publics. LE DEVOIR LE LUNDI 10 AOUT 2015 A 7 IDEES DISCOURS HAINEUX Il y a erreur de diagnostic ALBAN KETELBUTERS Candidat au doctorat en études littéraires à l\u2019Université du Québec à Montréal et membre de l\u2019Institut de recherches et d\u2019études féministes Lettre à la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée adame la Ministre, MLe projet de loi que vous portez au nom du gouvernement du Québec mérite quelques clarifications.De prime abord, il paraît très consensuel: qui, au Québec, défendrait «les discours haineux et les discours incitant à la vio-lence»?Personne, bien entendu.Les citoyens pourraient même songer que votre projet de loi enfonce des portes ouvertes.Mais le contexte politique nous incite à y regarder de plus près.Et d\u2019aller à l\u2019essentiel, c\u2019est-à-dire au fait religieux.Plusieurs mois après l\u2019exécution à la kalachnikov en plein Paris des dessinateurs et journalistes de Charlie Hebdo par des intégristes religieux que d\u2019éminents intellectuels considèrent comme des victimes, une partie de l\u2019intelligentsia des élites politiques et du monde médiatique a choisi de mettre l\u2019accent sur ce qu\u2019elle considère comme la maladie de notre époque, notre péché collectif: l\u2019islamophobie.Au Québec comme en France, la question est posée : si le racisme est une abjection unanimement condamnée, la critique des religions et des textes religieux dits « sacrés » est-elle encore légitime dans une démocratie laïque et pluraliste ?C\u2019est au nom du caractère «blasphématoire » des caricatures de Mahomet que ces attentats ont été perpétrés sur le sol français.C\u2019est au nom d\u2019une conception particulièrement tordue de «l\u2019honneur» que les soeurs Shafia ont été assassinées, ici, au Canada.Le fondamentalisme musulman progresse partout sur le globe.Pourtant, d\u2019éminentes personnalités nous expliquent que le problème n\u2019est pas l\u2019intégrisme mais sa stigmatisation, à l\u2019instar du premier ministre Philippe Couillard.Celles et ceux, féministes, militants de la laïcité, universitaires, qui formulent des critiques raisonnées, argumentées et sans concession des interprétations ou expressions les plus archaïques de l\u2019islam sont accusés au mieux d\u2019ethnocentrisme, au pire d\u2019être de dangereux xénophobes.C\u2019est inacceptable.Une incitation au silence 11 y a erreur de diagnostic.Madame la Ministre.«Les musulmans» ne sont pas un tout homogène et ne constituent, en aucune manière, une communauté.«Les musulmans» est une formule insane et démagogique utilisée par ceux-là mêmes qui assignent les Québécois d\u2019origine maghrébine ou africaine à une appartenance religieuse.En les enfermant dans une islamité supposée, nous compliquons la tâche de celles et ceux qui tentent péniblement de s\u2019arracher aux pressions religieuses de leur environnement social ou familial.Cet arrachement passe nécessairement par la parole, en nommant des réalités qui dérangent.Qr, votre projet de loi est une incitation de plus au silence.Je voudrais vous faire part de ces mots pro- \\ HENRY HOLT METROPOLITAN BOOKS AEP La philosophe Élisabeth Badinter au lendemain des attentats de Paris: «Nous avons accepté bien facilement l\u2019autocensure, le religieusement correct, car la polémique vire toujours, à présent, à la condamnation morale.Le credo a remplacé le cogito.\u201cJe pense donc je suis\u201d est devenu secondaire par rapport à \u201cJe crois donc j\u2019existe\u201d.» noncés par la philosophe Élisabeth Badinter au lendemain des attentats de Paris : «Nous avons accepté bien facilement l\u2019autocensure, le religieusement correct, car la polémique vire toujours, à présent, à la condamnation morale.Le credo a remplacé le cogito.\u201cJe pense donc je suis\u201d est devenu secondaire par rapport à \u201cJe L\u2019obscurantisme, l\u2019intégrisme, le fanatisme et le terrorisme sont des réalités sur lesquelles nous devons pouvoir nous exprimer, sans crainte d\u2019être tramés en justice au nom de la vertueuse lutte contre «l\u2019islamophobie».Atteinte au pluralisme La critique des idéologies, qu\u2019elles soient politiques ou religieuses, fait partie intégrante du débat d\u2019idées.C\u2019est pourquoi votre projet de loi, s\u2019il n\u2019était pas clarifié sur ce point, porterait gravement atteinte au pluralisme démocratique.Ce texte servirait demain d\u2019arme à tous les adeptes de la victimisation, qui clament en choeur «Respectez la reli- gion!».Madame la Ministre, c\u2019est crois donc j\u2019existe\u201d.On laisse l\u2019immense monde des croyances s\u2019imposer à la raison [.] J\u2019ai lu tous les matins la correspondance de Voltaire durant le procès des caricatures de Mahomet.Je me retrouvais devant la présidente du tribunal pour défendre le droit au \u201csacrilège\u201d, comme si l\u2019on était deux cent cinquante ans en arrière.Je pensais, pourtant, ces combats-là gagnés depuis longtemps.» une chose de garantir le libre exercice des cultes, c\u2019en est une autre d\u2019empêcher toute critique à l\u2019égard du religieux.Sachons distinguer les individus et leurs idées.S\u2019il faut respecter les croyants, au nom de quoi faudrait-il respecter les croyances ?La réalité planétaire de l\u2019islam aujourd\u2019hui, dans les pays du Moyen et du Proche-Qrient, du Maghreb, d\u2019Afrique, d\u2019Asie, du golfe Persique, d\u2019Europe ou d\u2019Amérique du nord est extrêmement préoccupante.L\u2019obscurantisme, l\u2019intégrisme, le fanatisme et le terrorisme sont des réalités sur lesquelles nous devons pouvoir nous exprimer, sans crainte d\u2019être traînés en justice au nom de la vertueuse lutte contre « l\u2019islamophobie ».PRIVATISATION EN SANTE Des manœuvres indignes d\u2019un régime démocratique En agissant de manière à ce que la médecine généraliste devienne privée, le gouvernement libéral procède à une dérive autoritaire JEAN-ERANÇOIS LESSARD Professeur de philosophie au Cégep André-Laurendeau et chargé de cours en science politique à l\u2019UQAM ^^=1 ans son article paru le samedi Dl^\u2019^août dans Le Devoir («La médecine familiale dans la spirale du privé »), la journaliste Jessica Nadeau expliquait comment le privé étend _______J| ses tentacules dans notre système de santé.La situation n\u2019est pas nouvelle, il s\u2019agit d\u2019un phénomène qui, avec ou sans loi 20, ne cesse de gagner en ampleur au Québec depuis de nombreuses années.Au-delà de l\u2019état des lieux, ce qui doit retenir l\u2019attention et interpeller de manière urgente la population, c\u2019est le constat établi par des experts autant dans le privé que dans le public : les acteurs du milieu ont cette impression partagée que Québec à un «plan non dit», soit celui de rendre la médecine de première ligne payante en procédant «à petit feu, sans trop le dire».11 s\u2019agit là d\u2019une rupture de contrat fondamentale.Le propre des régimes démocratiques modernes est de reposer sur ce que l\u2019on peut qualifier de «contrat social».11 ne s\u2019agit bien évidemment pas d\u2019un réel contrat écrit et aucune signature n\u2019est apposée au bas du document.Néanmoins, notre société s\u2019appuie bel et bien sur un contrat collectif.11 s\u2019agit d\u2019une entente sur les quelques valeurs et certaines orientations qui définissent une société.Le contrat social est ce qui permet à une collectivité d\u2019établir un sens au vivre ensemble.Dérive autoritaire Qr, en agissant effectivement de manière à ce que la médecine généraliste devienne privée, le gouvernement libéral procède à une dérive autoritaire.Un tel changement ne peut s\u2019effectuer sans de larges consultations de la population.D\u2019autant plus qu\u2019il n\u2019y a aucune raison valable pour privatiser ainsi un nouveau domaine de la santé (après la dentiste- rie dans les années 1980, comme nous le rappelle l\u2019article).Nous assistons au dépérissement du service public en faveur du marché.Nos gouvernements serviles des nouveaux maîtres du monde vont avec les courants dominants.Le citoyen cède le pas au consommateur, le patient au client.Jamais l\u2019actuel gouvernement n\u2019a reçu un mandat pour procéder à une privatisation, même partielle, de notre système de santé.C\u2019est en procédant ainsi que l\u2019on accentue le cynisme et le désintérêt pour la chose politique.Les citoyens se retrouvent dans des systèmes politiques où ils sont de moins en moins consultés et où on leur dit que, de toute façon, «nous n\u2019avons pas le choix» : ce sont les règles du marché qui doivent prévaloir.Un sursaut démocratique devra advenir si nous ne voulons pas perdre davantage nos services sociaux qui sont pourtant inscrits en lettres d\u2019or dans notre contrat social que d\u2019aucuns se proposent de biffer au nom de leur profit personnel.La langue des affaires Jean-Benoît Nadeau i « Quand je demande quelle est la meilleure langue pour faire des affaires, on me répond presque toujours l\u2019anglais.Ce qui est ridicule.La meilleure langue pour brasser des affaires, ce devrait être.sa propre langue.Car c\u2019est à travers sa langue maternelle qu\u2019une personne normale s\u2019exprime le miçux.À défaut de faire affaire dans sa propre langue, la meilleure langue pour faire des affaires devrait être.celle du client! Une évidence trop souvent oubliée.L\u2019anglais peut être utile pour vendre une turbine à Kuujjuaq, mais celui qui baragouine I\u2019inuktitut enfoncera la concurrence.Pour une raffinerie en Ég5q)te, je recommande l\u2019arabe.Pour la mine au Chili, l\u2019espagnol est de première utilité.L\u2019anglais est donc un expédient commode, mais il ne reste qu\u2019un troisième choix souvent boiteux, puisque le gros de l\u2019humanité ne le parle pas.«English is not enough [l\u2019anglais ne suffit pas] », conclut même Bloomberg dans un article récent qui raconte les difficultés de la Deutsche Bank et du Crédit Suisse avec deux p.-d.g.qui ne parlaient pas allemand.La Deutsche Bank a trouvé un remplaçant British parlant l\u2019allemand.Le Crédit Suisse a fait encore plus fort en dégotant un p.-d.g.ivoirien capable de s\u2019exprimer en français et en allemand.Natürlich ! Je lève ici mon chapeau à Bloomberg, qui est certainement une des agences de presse anglophones les moins chauvines en matière de langue.C\u2019est Bloomberg qui, en 2011, avait publié une étude sur «Les langues les plus utiles en affaires».Alors que les élites d\u2019affaires francophones atteignent des sommets d\u2019anglolâtrie dignes du « culte du cargo », elles feraient bien de prendre conscience que les anglophones s\u2019éveillent aux limites de leur langue.Même au royaume de notre très gracieuse Majesté, où les langues étrangères sont peu enseignées, les multinationales britanniques relèguent désormais les unilingues anglophones aux emplois subalternes.\\ A quand un indice du bilinguisme?Évidemment, pour des Québécois, il est clair que la lan^e du client est souvent l\u2019anglais \u2014 vu le voisinage immédiat.Un francophone qui parle anglais dispose de deux expédients parmi les plus utiles.Mais tout de même : le Québec tente de développer ses rapports avec le monde au-delà de son voisinage immédiat.C\u2019est même lui qui est derrière le projet de traité de libre-échange avec l\u2019Europe.En pratique, cela signifie que les Québécois ne pourront pas entretenir longtemps l\u2019illusion que l\u2019anglais est la (seule) langue des affaires.Les Américains et les Français envient les Québécois pour leur facilité avec les langues.Je m\u2019étonne toujours de constater à quel point nous mettons si peu en valeur cette qualité.Une bonne moitié de la population québécoise est bilingue anglais-français.Et si l\u2019on tenait compte de tous les bilinguismes \u2014 français-arabe, français-espagnol \u2014, on approcherait sans doute des deux tiers.J\u2019ai l\u2019intuition que davantage de Québécois apprennent ou parlent une troisième langue que tous les rest-of-Cana-dians réunis.Voilà un capital humain considérable qu\u2019il est contre-productif d\u2019ignorer et de taire.11 y a quelques années, j\u2019avais fait un reportage sur le français à l\u2019Université McGill \u2014 mon aima mater.Le point de départ était la baisse soudaine du nombre de «francophones» (au sens ici de Canadiens français).J\u2019avais découvert qu\u2019au moins la moitié des étudiants de cette université parlaient le français.En ce cas, McGill serait même la plus polyglotte parmi le club sélect de !\u2019« Ivy League » dont elle se réclame.Mais j\u2019avais été encore plus surpris de constater que cette institution de haut savoir ne tient aucune statistique sur les lapgues parlées par ses élèves et ses professeurs.À ma connaissance, aucune institution québécoise (université ou entreprise) ne le fait, d\u2019ailleurs.Ce n\u2019est pas le moindre des paradoxes : les langues sont le premier outil de la connaissance, et nos tem-ple,s de la connaissance les ignorent! À l\u2019heure de l\u2019économie du savoir, une entreprise, une université, une nation ont-elles les moyens de ne pas savoir qui parle quoi?Dans cette guerre de propagande intense que se livrent les nations, les institutions, les multinationales, le Québec a-t-il les moyens de ne pas mettre en valeur le fait que ses travailleurs, ses étudiants, ses professeurs sont mieux outillés que personne pour comprendre le monde ?Ce serait de bonne guerre.11 suffirait de demander aux employés, aux étudiants, aux professeurs: «Quelles langues parlez-vous ?» Je m\u2019étais déjà indigné de cette lacune à un démographe, dont je tairai le nom, et qui m\u2019a répondu : « C\u2019est une question subjective.» Mais il me semble au contraire que le Québec devrait rapidement développer une sorte d\u2019« indice du bilinguisme » pour mettre en valeur ce qui pourrait être notre principale ressource naturelle.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l\u2019information), Antome Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Obvier Zuida (recher-chistes photos), information générale : Isabelle Pare (chef de division), Lisa-Marie Gervais (education),\tShields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Pauline Gravel (sciences), Fabien Deghse (société), Jean Dion\tJessica Nadeau, Philippe Orfah et Karl Rettino-Parazelh (reporters), information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David (chroniqueur), Helene Buzzetti et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Belair-Cirmo et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a Quebec), Jeanne Cornveau (affaires municipales, Montreal), Isabelle Porter (affaires municipales, Quebec), Guillaume Bourgault-Côte (reporter), Juhe Carpentier (pupitre), information culturelle : Catherine Lalonde (responsable du cahier Livres), Odile Tremblay (cinema), Stéphane BaïUargeon (médias), François Levesque et Carohne ls/ioTvXp)QXit(reporters), Benoît Munger et Philippe Vwpm&aM(pupitre), information économique : Gerard Berube (chef de division), François Desjardins et Enc Desrosiers (reporters), Gerald Dallaire (pupitre), information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international, page editoriale et cahier Perspectives^, Sophie Chartier et Jean-Fredenc Legare-Tremblay (pupitre), section art de vivre: Diane Precourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs), Loïc Hamon (cahiers spéciaux), équipe internet: Laurence Clavel, Mane-Pier Frappier et Genevieve Tremblay (pupitre), Martin Blais, Annabelle CaïUou, Justine Daneau, Florence Sara G Ferrans et Corahe Mensa (assistants) , correction : Andreanne Bedard, Isabelle Doivd, Christine Dumazet et Michele Malenfant , soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (Montreal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Mehsande Simard (adjointe par intérim), Jean de Billy, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais (coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Monn et Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthevys (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientèle), Manon Blanchette, Nathahe Eihon et Kevin McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (reponsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 8 LE DEVOIR LE LUNDI 10 AOUT 2015 ACTUALITES DERIVE SUITE DE LA PAGE 1 Grosse Pomme.La Missisquoi, parce qu\u2019elle est de ses paysages intimes, là où il réside, mais aussi «parce qu\u2019elle a été longtemps pour les Premières Nations un vecteur de navigation qui leur permettait de passer au Maine, par le lac Memphrémagog, de portage en portage.Et parce qu\u2019elle est un courant alternatif très lent qui permet de rejoindre une des plus grandes métropoles du continent, à partir de la cour arrière chez nous.Elle sillonne dans les méandres du Vermont, atteint le lac Champlain, par lequel on peut rejoindre le fleuve Eludson et l\u2019Atlantique à New York.» Histoire d\u2019eaux «L\u2019extrême lenteur de la dérive, au début, c\u2019est vraiment un choc, s\u2019est remémoré Patrick Beaulieu.Mais après quelques jours, tu réalises que tu as accès à des subtilités qui t\u2019échappent habituellement.Avec le kayak, ton œil est au niveau de l\u2019eau: tu as accès aux micro-reflets, aux changements brusques, au bruit de la glisse sur la surface.» L\u2019artiste a filmé, en caméra fixe, une série de courtes vidéos, ses Points de confluence, des moments clés de sa contemplation, en laissant le courant cadrer ses images.Au cours de la descente sont apparues des forces qui ont pris de l\u2019ampleur.«Il est très difficile de naviguer sur le lac Champlain avec une petite embarcation.Les vents changent en quelques secondes, des vagues de sept pieds peuvent apparaître soudainement abrs que tu étais sur un miroir.Cette lutte corporelle contre les forces.c\u2019est autre chose.Ensuite sont arrivées les marées, dès Albany, auxquelles je devais m\u2019adapter.» Parti en juillet 2014, son iPhone comme seule technologie, intervenant au minimum sur un trajet naturel, dormant dans son hamac ou dans quelques motels non loin des rives, acceptant la contemplation imposée, cueillant des vidéos, cherchant les rencontres, s\u2019arrêtant dans les marinas \u2014 naturels points d\u2019accès \u2014, et y fréquentant les riches, très riches et pas si libres qu\u2019il ne côtoie pas autrement, Beaulieu arrivera 30 jours plus tard, en larmes, épuisé, sous le pont de Manhattan, seul dans le ressac du bruit urbain et du sentiment d\u2019accomplissement.Vagues d\u2019émotions «J\u2019ai vécu trois états d\u2019eaux, très constrastés.D\u2019abord comme personne seule dans la nature, dans quelque chose de sauvage, avec le calme, le si- r J PATRICK BEAULIEU Patrick Beaulieu, Méandre \u2014 Yakety Yak, kayak en cèdre fait à la main, ornement en bronze, 2014 terre ferme sous les pieds.«Tu P\tcontinues à sentir la vague qui te ra- mène en arrière, et tu rattrapes ton équilibre.Après deux ou trois bières, c\u2019est vraiment tripant.» Méandre, l\u2019exposition, sera présentée au Pacific Sky en Oregon l\u2019automne prochain, et à la galerie Art Mûr de Montréal, à l\u2019hiver 2016.On y verra des images, des vidéos, mais on entendra aussi, prédit l\u2019artiste, en pistes audio, des extraits des conseils qu\u2019on lui a prodigués durant son parcours.«Je me rappelle ce bluesman, venu me voir au last call, qui m\u2019a dit \u201cRemember: keep your head above the muddy water \".Ou tous ces \u201cWater under the bridge\u201d.Je les accumule.» Un an plus tard, Patrick Beaulieu reste teinté par l\u2019expérience, empli.«Ce que j\u2019ai appris, c\u2019est la préciosité de la lenteur et de l\u2019état d\u2019abandon, des états extrêmement difficiles à atteindre dans nos vies professionnelles et les choix qu\u2019on fait.Y toucher, ça en rappelle la force régénératrice.Ça m\u2019a rappelé l\u2019importance d\u2019une certaine attention fine, qu\u2019on oublie.» PEDRO RUIZ LE DEVOIR Patrick Beaulieu a mis 30 jours pour faire le trajet, entre nature sauvage, forces déchaînées et pollution urbaine.lence, la lenteur, l\u2019humidité.Ensuite, au chapitre 2 du voyage, à la mer intérieure qu\u2019est le lac Champlain, c\u2019est l\u2019arrivée des forces incontrôlables, d\u2019une extrême beauté, mais terrifiantes \u2014 comme la tempête qui arrive.Puis, sur l\u2019Hudson, au dernier chapitre, c\u2019est l\u2019influence d\u2019une grande cité qui apparaît, en côtoyant des polluants, des centrales nucléaires, des centrales hydroélectriques, les marées aussi.J\u2019ai même traversé une usine abandonnée.» 11 a vécu aussi avec le roulis, inar-rêtable après 8 à 10 heures passées auparavant à voguer, peu importe la Le Devoir TRADITION SUITE DE LA PAGE 1 et Jacques Breton (29 ans) ont choisi une branche traditionaliste du catholicisme \u2014 qui conserve l\u2019aspect liturgique d\u2019avant 1962, année des réformes religieuses du concile Vatican 11.Le rite traditionnel est considéré par leur communauté comme plus «sacré».En cette chaude journée d\u2019été, Alexandre Marchand et son confrère ont revêtu l\u2019aube.Ils s\u2019agenouillent, puis se prosternent, vivant un moment déterminant dans leur vie.Les deux jeunes hommes font partie des rares Québécois à avoir fréquenté le séminaire européen de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.Des chants grégoriens et l\u2019emploi du latin tout au long de la cérémonie témoignent de l\u2019utilisation du rite traditionnel.Une cérémonie d\u2019ordination selon ce rite n\u2019avait pas eu lieu au Canada depuis 1962.«Nous avons demandé que la cérémonie se déroule chez nous», explique l\u2019abbé Marchand.Leurs proches remplissent la ^ande chapelle.Les femmes ont mis leur mantille, un carré de dentelle que l\u2019on pose sur la tête.L\u2019abbé Marchand, de Gatineau, a senti l\u2019appel de Dieu dès l\u2019âge de cinq ans et a rapidement opté pour le traditionalisme.«Petit, je suis allé plusieurs fois à la messe traditionnelle.Il y a une paroisse de la Praternité sacerdotale Saint-Pierre à Ottawa depuis 1995, au sein de l\u2019église Sainte-Anne.» 11 dit avoir été charmé par la «beauté de la liturgie» traditionnelle et ses symboles.«Ces derniers sont nombreux [durant la messe] et parlent d\u2019eux-mêmes», comme le prêtre qui se met à genoux, s\u2019humiliant pour Dieu, et qui fait la messe tourné vers l\u2019autel et non vers les fidèles, puisqu\u2019il s\u2019adresse au Tout-Puissant.Le jeune prêtre a été rebuté par certaines «dérives» des prêtres qui ont adopté la réforme.«L\u2019Eglise devait être un peu réformée, oui, mais tout a changé trop rapidement, et il y a eu des pertes de contrôle.Certains prêtres ont com- {{ L\u2019Église devait être un peu réformée, oui, mais tout a changé trop rapidement, et il g a eu des pertes de contrôle,}} Alexandre Marchand, 27 ans, prêtre mencé à faire la messe en français avant que Rome ait légiféré sur les livres liturgiques, ont introduit la communion dans la main, sans avoir l\u2019accord de Rome, etc.» L\u2019abbé Marchand estime que la messe célébrée dans les langues officielles des pays \u2014 «des langues profanes» \u2014 «a perdu énormément de sens».«L\u2019église est un lieu sacré dans laquelle une action sacrée se déroule.Il faut que la langue utilisée soit sacrée.» Selon lui, le fait que le latin soit une langue qui «ne change plus» protège l\u2019invariabilité du texte.Les confrères d\u2019Alexandre Marchand au séminaire européen venaient de plusieurs pays, de différents milieux sociaux et avaient en majorité grandi avec le rite traditionnel, indique-t-il.Certains avaient des profils très particuliers, comme un collègue dont il était proche qui avait commencé sa carrière comme militant pour les droits de la personne en Birmanie.Petite communauté «C\u2019est un mouvement fort limité» dans le monde, précise Gilles Routhier, doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l\u2019Université Laval, en parlant des communautés catholiques traditionalistes.« On ne peut pas dire que c\u2019est un mouvement très important numériquement au Québec non plus», renchérit son collègue de l\u2019Université Laval Alain Bouchard, sociologue des religions et enseignant.La plupart des Québécois ont accepté les réformes religieuses des années 1960, ce qui a limité l\u2019expansion des communautés traditionalistes, avancent MM.Bouchard et Routhier.Néanmoins, «une bonne partie des jeunes prêtres qui sont à la recherche de quelque chose de clair» choisissent une branche traditionaliste, observe M.Bouchard.La persistance du traditionalisme Pourtant vouées à disparaître avec l\u2019implantation de la réforme religieuse dans les moeurs dqs sociétés, les branches traditionalistes de l\u2019Eglise catholique se répandent au sein de groupes minoritaires.Plusieurs communautés traditionalistes sont actives en Europe, comme l\u2019Institut du Bon-Pasteur, en France et l\u2019Institut Saint-Philippe-Néri, en Allemagne.Au Canada, les paroisses Saint-Clément, à Qt-tawa, et Holy Family, à Vancouver, appartiennent à la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre et célèbrent la messe selon le rite traditionnel.La Fraternité est également installée dans cinq apostolats.Huit Canadiens, dont un Québécois, seront en formation cette année aux séminaires américain et européen de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.D\u2019autres communautés traditionalistes, comme la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X \u2014 qui a créé de vives tensions au sein de la communauté catholique dans les années 1970 en s\u2019opposant à certaines «tendances modernes» \u2014, célèbrent des messes dans une trentaine de villes canadiennes.En 2007, signe que le traditionnalisme vit toujours, le pape d\u2019alors, Benoît XVI, a même tenu à libéraliser la messe traditionnelle, ce qui permet désormais aux prêtres de la célébrer sans l\u2019accord préalable de leur évêque.Si la tradition continue à vivre, c\u2019est parce qu\u2019elle est «authentique» et «héritée de 2000 ans d\u2019histoire», estime l\u2019abbé Marchand.Désormais prêtre, ce dernier compte rester quelques semaines au Québec avant de s\u2019envoler pour la Belgique, où il se joindra à une église à Namur.Le Devoir CRIMINALISER SUITE DE LA PAGE 1 les processus législatifs habituels», ont indiqué les services de communication du Parti conservateur, ajoutant qu\u2019ils ne «spéculeraient pas sur les détails précis à ce moment-ci».De passage dans la capitale, Stephen Harper a promis d\u2019élargir la législation qui interdit aux Canadiens d\u2019aller à l\u2019étranger combattre dans les rangs de groupes jugés terroristes par le gouvernement fédéral.Les citoyens qui voudront, malgré tout, procéder au voyage devront justifier leur démarche, sans quoi leur périple pourrait être considéré comme un acte criminel.Le chef conservateur a tout de même admis que des raisons légitimes pour aller dans ces régions, dans «certaines, rares circonstances», pourraient «théoriquement» exister.Parmi les activités considérées comme étant légitimes, notons le fait «d\u2019offrir une aide humanitaire, de travailler en tant que journaliste professionnel, de visiter un membre de sa famille, de remplir des fonctions officielles pour le gouvernement [et] de comparaître en justice».Aux communications du parti, on précise cependant que «les déplacements uniquement aux fins de visites religieuses, de tourisme ou d\u2019affaires ne seront pas considérés comme étant légitimes».Pour Ferr,y de Kerckhove, professionnel en résidence à l\u2019Ecole supérieure d\u2019affaires publiques et internationales de l\u2019Université d\u2019Qttawa, cette décision du Parti conservateur s\u2019inscrit dans «une tendance inquiétante qui entretient la peur».«En Irak, il y a de nombreux hauts lieux de pèlerinage musulmans, insiste l\u2019ancien diplomate.Au-delà du voyage, ce sont des libertés fondamentales qui sont en cause.» En ce sens, la Charte canadienne des droits et libertés reconnaît, dans son deuxième article, le droit de «liberté de conscience et de religion».Selon M.de Kerckhove, cette nouvelle annonce mènera à des dérapages.« Si vous avez un nom arabe, vous aurez probablement à vous justifier davantage, a-t-il expliqué en entrevue avec Le Devoir.Ça pourrait donner lieu à des cas de profilage.Qui sait ce qui arrivera lorsqu\u2019on fera face à une sorte de tribunal qui déterminera qui peut partir et qui ne peut pas ?» Le premier ministre n\u2019a pas indiqué clairement comment son gouvernement déterminerait les zones interdites.«[Ce sera fait] en fonction des conseils des organismes de sécurité et du renseignement du Canada».Le service des communications a cependant reconnu que «certaines parties de la Syrie et de l\u2019Irak qui sont contrôlées par le soi-disant Etat islamique seraient probablement parmi les premières à être considérées».Diversion électorale Pour le candidat libéral dans Notre-Dame-de-Grâce-Westmount, Marc Garneau, la déclaration de Stephen Harper est encore trop imprécise pour déterminer si cette nouvelle mesure est adéquate dans le contexte canadien.«Il y a tellement de questions auxquelles M.Harper n\u2019a pas répondu, comme sur la manière dont ils détermineront ces endroits, insiste le porte-parole pour les affaires étrangères du Pard libéral du Canada.Il devra nous dire ce qu\u2019il a en tête, car, pour l\u2019instant, ça ressemble plus à une déclaration pour faire sensation auprès de sa base militante.» Il a aussi ajouté que des mesures sont déjà en place pour intervenir lorsqu\u2019une personne s\u2019adon-pant au terrorisme est identifiée par les autorités.À cet effet, la loi U51 adoptée en mai dernier permet de «retirer son passeport ou ses documents de voyage» à un Canadien soupçonné d\u2019entretenir des liens avec un groupe terroriste.Même son de cloche du côté de Thomas Mulcair, chef du Nouveau Parti démocratique, qui a cependant rappelé que son parti s\u2019est engagé, s\u2019il est élu, à abroger la loi C-51.De son côté, le chef du Bloc québécois a indiqué qu\u2019il ne voit pas d\u2019un mauvais œil l\u2019intention des conservateurs de limiter l\u2019accès aux régions où le groupe El est très actif.« Grosso modo, je suis d\u2019accord avec la mise en place de mesures pour interdire les déplacements vers ces zones, a fait valoir Gilles Duceppe.Il faut maintenir l\u2019équilibre entre sécurité et liberté.» Il a toutefois précisé que «s\u2019il veut être sérieux, Stephen Harper devra aller plus loin et cesser de fournir des armes à des régimes qui bafouent les droits humains et la démocratie, comme l\u2019Arabie Saoudite».Inspiration australienne La législation australienne a renforcé ses lois antiterroristes en interdisant tout voyage vers les pays considérés comme étant des foyers du terrorisme international.L\u2019objectif est de limiter les départs de citoyens australiens vers certains secteurs de la Sjnie et de l\u2019Irak, entre autres.«L\u2019amendement sur les combattants étrangers va avant tout permettre de faciliter les poursuites à l\u2019encontre des Australiens qui ont combattu dans les rangs de groupes terroristes à l\u2019étranger, avait alors indiqué le chef du gouvernement Tony Abbott.Il va aussi permettre de surveiller plus aisément ici les terroristes potentiels et \u201cles prêcheurs de haine\u201d qui les encouragent » La modification proposée criminalise tout déplacement, sans raison valable, dans une zone déclarée comme étant reconnue pour être le théâtre d\u2019activités terroristes.Cette loi s\u2019est toutefois attiré de vives critiques depuis, nombreux de ses détracteurs ayant fait valoir qu\u2019elle compromet la présomption d\u2019innocence.Avec La Presse canadienne et Le Monde Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par courriel Par télécopieur 514 985-3344 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Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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