Le devoir, 24 août 2015, Cahier A
[" Le mouvement anti-austérité tente de s\u2019inspirer du printemps 2012 Page A 4 Une alliance entre partis souverainistes n\u2019est pas acquise pour 2018 Page A 3 www.ledevoir.corn LE DEVOIR Vol.C V I N° 1 9 0 LE DEVOIR, LE LUNDI 24 AOUT 2015 1,13 $ + TAXES = 1,30 Élections fédérales Mélanie Joly promue candidate libérale n ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les iibéraux de ia circonscription montréaiaise d\u2019Ahuntsic-Cartierviiie ont choisi finalement Mélanie Joly pour les représenter au scrutin du 19 octobre.Cette nomination survient au terme d\u2019un processus d\u2019investiture où des militants accusaient le parti de manœuvrer en faveur de la candidate vedette.Page A 2 Eafflux des migrants, un défi inégalé pour l\u2019Europe UNA HAJDARI JASMINA MIRONSKI à Presevo Des milliers de migrants, notamment des réfugiés syriens, traversaient dimanche la Macédoine et la Serbie en direction de l\u2019Europe occidentale, un phénomène qui, selon Berlin, représente pour TEurope un défi plus grand encore «que la Grèce et la crise financière».La Macédoine, qui a décrété jeudi Tétat d\u2019urgence et envoyé les forces policières et Tarmée à sa frontière avec la Grèce pour contenir le passage des migrants, a finalement ouvert le passage samedi, après qu\u2019un groupe de migrants eut débordé les policiers.Après avoir été retenues pendant trois jours à la frontière gréco-macédonienne, plus de 7000 personnes, selon le ffaut Commissariat des Na- VOIR PAGE A 8 : MIGRANTS Lire aussi > Allemagne.La Saxe, symbole de l\u2019hostilité envers les demandeurs d\u2019asile.Page B 6 Du pétrole de schiste près de Québec ?Les basses-terres du Saint-Laurent recèleraient plus de deux milliards de barils ALEXANDRE SHIELDS Le potentiel réel reste à démontrer, mais le sous-sol des basses-terres du Saint-Laurent pourrait contenir plus de deux milliards de barils de pétrole de schiste.C\u2019est ce qui se dégage d\u2019une synthèse scientifique réalisée à la demande du gouvernement Couillard dans le cadre de l\u2019évaluation environnementale stratégique de la filière des énergies fossiles.Depuis l\u2019éclatement de la «crise» du gaz de schiste, en 2010, il a été largement question du potentiel gazier du sud de la province, essentiellement entre Montréal et Québec.Mais la formation géologique qui renfermerait ces gisements, soit le shale de TUtica, pourrait également contenir du pétrole de schiste.C\u2019est ce type de pétrole qui est actuellement recherché sur Anticosti dans le cadre de travaux financés par TÉtat québécois.Coauteur du rapport Géologie et potentiel en hydrocarbures des bassins sédimentaires du sud du Québec, le professeur Michel Malo, de riNRS, estime qu\u2019il existe bel et bien un potentiel de découverte de pétrole dans la formation de TUtica.Le chiffre cité,dans cette étude remise au ministère de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles il y a quelques mois évoque d\u2019ailleurs un potentiel de 1,8 milliard de barils.Mais cette synthèse consultée par Le Devoir se base aussi sur une étude publiée par la Commission géologique du Canada (CGC) Tan dernier.Cette dernière conclut que «les ressources potentielles estimées de pétrole» varient entre VOIR PAGE A 8 : PÉTROLE Lire aussi > Gisement Old Harry.Du pétrole convoité.mais hypothétique.Page A 3 Aujourd\u2019hui Actualités > Drones.Les délais poussent des entreprises vers l\u2019illégalité.Page A 4 Culture > Cinéma.Denis Côté, guidé par la passion.Page B 8 Avis légaux.B\t2 Décès.B\t4 Météo.B\t5 Mots croisés.B\t6 Petites annonces.B 4 ,\tSudoku\tB6 P0INT D\u2019EAU Vivre en voilier, 365 jours par année Peuple d\u2019eau, bordé d\u2019un fleuve, de milliers de lacs et de rivières, les Québécois entretiennent un lien particulier avec les flots qui les entourent.Cet été, nous troquons le Point chaud pour un Point d\u2019eau, plongeant dans l\u2019univers de personnages uniques.SARAH R.CHAMPAGNE Sous le pont Jacques-Cartier, derrière les manège^ tapageurs de Éa Ronde, un bassin.A moins d\u2019une dizaine de kilomètres du centre-ville de Montréal, Gloria Bergevin et Daniel Beau-champ ont fait de leur voilier leur maison.Juste avant les pontons du petit port de plaisance, on est en train de repeindre en rouge vif les petites bouées qui servent de balises en ce samedi de feux d\u2019artifice.Le couple nous invite à monter sur le pont du bateau où il vit 365 jours par année.Les cris des passagers des montagnes russes qui le surplombent s\u2019échouent dans les eaux du Saint-Laurent.VOIR PAGE A 8 : VOILIER ic ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Gloria Bergevin et Daniel Beauchamp sur le pont de VExotic Dream.Le couple vit toute Tannée sur son voilier, qui est amarré au petit port de plaisance situé près de La Ronde.Vous en avez long à dire sur le système de santé?On vous écoute.1-844-ÎP-AIDE TOUTE VÉRITÉ EST BONNE À DIRE 77831303442435 A 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 24 AOUT 2015 ELECTIONS EEDERALES IMPÔT DES SOCIÉTÉS La hausse envisagée par Mulcair ne rapportera pas assez JOAN BRYDEN à Ottawa Thomas Mulcair compte sur les revenus d\u2019une hausse d\u2019impôt des entreprises pour financer ses autres plateformes, mais il pourrait tout de même manquer d\u2019argent.Le chef néodémocrate n\u2019a pas encore précisé de combien il augmenterait le taux d\u2019impôt fédéral des sociétés, qui est présentement de 15%.Mais plus tôt ce mois-ci, M.Mulcair a affirmé qu\u2019il imposerait «une légère hausse graduelle» qui demeurerait «bien en dessous du taux que les conservateurs ont imposé pendant leurs 10 ans au pouvoir».Le taux moyen sous Stephen Harper a été de 17,5%.Si M.Mulcair souhaite vraiment rester «bien en dessous», il faudrait que l\u2019augmentation ne dépasse pas un point de pourcentage, deux à la rigueur.Et il insiste sur le fait que cette légère L\u2019Ontario doute du plan garderies Le gouvernement ontarien a contredit le chef néodémocrate, Thomas Mulcair, qui tient pour acquis que la province la plus populeuse du pays appuie sa promesse de créer un système national de garderies à 1^$ par jour.La ministre de l\u2019Éducation, Liz Sandals, a expliqué que l\u2019Ontario accueillait à bras ouverts les nouveaux investissements et l\u2019intérêt de «tous les partenaires fédéraux» sur les services de garde.Elle estime toutefois que M.Mulcair n\u2019a pas fourni assez de détails sur son programme de garderies pour que l\u2019Ontario se dise prête à l\u2019accepter.Le plan néodémocrate transmettrait jusqu\u2019à 40% de la facture aux provinces.augmentation serait étalée sur quelques années.Une fois en vigueur, cela représenterait tout au plus trois milliards supplémentaires annuellement dans les coffres de l\u2019État, selon le Nouveau Parti démocratique (NPD), qui estime que chaque point de pourcentage de hausse du taux d\u2019impôt des sociétés représenterait des revenus de 1,5 milliard.«C\u2019est une très petite hausse de revenus potentiels», constate l\u2019économiste Stephen Gordon, de l\u2019Université Laval.Selon lui, cela pourrait être tout juste assez pour compenser la perte de revenus découlant de la baisse du prix du pétrole, qui a amené le directeur parlementaire du budget à prédire un déficit d\u2019un milliard cette année.Il n\u2019y aurait toutefois pas d\u2019argent restant pour payer les nouvelles dépenses que M.Mulcair propose: un programme de garderies de 5 milliards et le retour de transferts de 36 milliards en santé pour les provinces.Marge de manœuvre Il y a deux mois, M.Mulcair avait déclaré qu\u2019un gouvernement néodémocrate augmenterait le taux d\u2019imposition des entreprises à 18 ou 19,%, soit une hausse de 3 ou 4%.A quelques autres reprises, il a promis de garder le taux d\u2019imposition combiné (fédéral et provincial), qui est présentement à 26,3%, en dessous de la moyenne du G7 (29,9%) ou du taux combiné aux États-Unis (39%).En respectant ces balises, le NPD pourrait augmenter le taux d\u2019imposition des sociétés de 3 à 12 points de pourcentage.Ce changement de cap de M.Mulcair pourrait révéler, selon Stephen Gordon, que le leader a compris «que de très grosses hausses du taux d\u2019imposition des entreprises sont plus problématiques que ce qu\u2019elles rapportent».La Presse canadienne Lagacé Dowson essaiera de battre Trudeau pour le NPD La commentatrice politique Anne Lagacé Dowson tente une nouvelle fois sa chance sous la bannière néodémocrate, dans une circonscription où elle aura un adversaire de taille: Justin Trudeau.L\u2019ex-journaliste de Radio-Canada et de la CBC essaiera de ravir la circonscription de Papineau, que le chef libéral représente à la Chambre des communes depuis 2008 \u2014, un défi de taille qu\u2019elle juge toutefois loin d\u2019être insurmontable.M\u201c® Lagacé Dowson croit en effet que les électeurs sont mûrs pour un changement de garde à Ottawa.«Le contexte est différent cette fois-ci.Les gens ont vraiment envie de sortir Stephen Harper», a-t-elle avancé en entrevue à La Presse canadienne.«C\u2019est clair que Thomas Mulcair a le plus de chance de le remplacer et de remettre les choses en ordre au pays.» En 2011, le candidat néodémocrate Marcos Tajeda était Anne Lagacé Dowson arrivé derrière M.Trudeau dans Papineau, récoltant environ 4000 votes de moins que le chef libéral.Il était talonné par la bloquiste Vivian Barbot.Une lutte à trois que M.Trudeau avait gagnée sans trop de mal.«C\u2019estpossible qu\u2019un chef perde dans son comté», a rappelé la candidate, évoquant Michael Ignatieff et Gilles Duceppe.M\u201c® Lagacé Dowson prendra sur le bulletin de vote la place de Béatrice Zako, qui a retiré sa candidature après avoir fait la manchette pour ses penchants souverainistes.M\u201c® Lagacé Dowson a travaillé comme reporter et chroniqueuse pendant une vingtaine d\u2019années pour la CBC et Radio-Canada, avant de porter les couleurs du NPD dans la circonscription de Westmount-Ville-Marie en 2008.Elle avait été battue par le libéral Marc Garneau par près de 10 000 voix.La Presse canadienne Congédié?Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montreal 514-845-5545 % I batchoun û //// ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Mélanie Joly, qui avait tenté de se faire élire à la mairie de Montréal en 2013, est officiellement devenue candidate libérale, dimanche.AHUNTSIC-CARTIERVILLE Mélanie Joly l\u2019emporte après trois tours FLORENCE SARA G.FERRARIS Après une chaude lutte, c\u2019est finalement la candidate vedette Mélanie Joly qui représentera officiellement le Parti libéral du Canada (PLC) dans la circonscription d\u2019Ahuntsic-Cartierville, située dans le nord de Montréal, lors des élections fédérales du 19 octobre prochain.Trois autres candidats étaient qn lice, soit Grace Bat-choun, Élie Kassissia et Viken Attarian.Il aura fallu trois tours de scrutin pour finalement connaître le candidat gagnant, soit celui qui a récolté plus de 50% des appuis.D\u2019importants défis attendent toutefois l\u2019avocate de 36 ans, pour qui la course à l\u2019investiture n\u2019était qu\u2019une première étape d\u2019ici le jour du scrutin.«Ce n\u2019est pas la fin, c\u2019est le début pour regagner Ahuntsic-Cartierville, a-t-elle lancé, tout sourire, sous les acclamations de la foule.Mais ce n\u2019est pas un sprint, c\u2019est un marathon qui m\u2019attend, j\u2019en suis bien consciente.» Le 19 octobre, elle affrontera Maria Mourani (NPD), Nicolas Bourdon (Bloc) et William Moughrabi (PCÇ Compte tenu de la réalité démographique particulière {{, En neuf ans, aucun emploi n\u2019a été créé dans le secteur yy Mélanie Joly, candidate libérale de la circonscription \u2014 les immigrants représentant 39,7% de l\u2019électorat, soit près de deux fois la moyenne canadienne \u2014, la nouvelle candidate devra sans doute travailler plus fort que ses colistiers pour rallier les différentes communautés qui composent le secteur.Et pour y arriver, elle ne pourra pas, contrairement à eux, s\u2019appuyer sur ses propres racines.«Dans ce comté, les personnes d\u2019origines autres, qu\u2019elles soient arméniennes ou libanaises, font souvent partie de la deuxième, voire la troisième génération, explique Pierre Anctil, professeur d\u2019histoire à l\u2019Université d\u2019Ottawa.Ce sont des groupes ethniques bien enracinés dans leur territoire qui ont mis sur pied des institutions.Ils ont des lieux pour se rassembler.» Il ajoute que ces groupes votent souvent pour quelqu\u2019un qui partage leur culture.Selon le spécialiste de l\u2019histoire de l\u2019immigration, cette réalité pourrait nuire à la candidate libérale.«A l\u2019échelle nationale, ce n\u2019est pas quelque chose qui joue pour beaucoup, concède M.Anctil, mais dans un contexte local, ça peut avoir un impact significatif » Priorités économiques A peine élue comme candidate, Mélanie Joly a réitéré son intention de placer l\u2019économie à l\u2019avant-plan de sa circonscription.«En neuf ans, aucun emploi n\u2019a été créé dans le secteur», a déploré la candidate libérale, lançant une flèche à son adversaire officielle, l\u2019ex-bloquiste nouvellement néodémocrate.Maria Mourani.La libérale compte donc remettre l\u2019économie au cœur des priorités de la circonscription, notamment dans en relançant le secteur de Chabanel, cette artère commerciale où de nombreuses entreprises se sont établies.A l\u2019heure actuelle, la circonscription d\u2019Ahuntsic-Cartierville compte un taux de 11,2% de chômage, en compa- raison à 7,8% pour l\u2019ensemble du Canada.Lutte serrée Invités à voter pour leur candidat favori dimanche, plus de 2000 militants libéraux se sont déplacés pour déterminer quel candidat porterait les couleurs de leur parti dans la circonscription montréalaise.C\u2019est devant une foule enthousiasme, parmi laquelle les clans des quatre candidats en lice étaient bien distincts, que les colistiers ont prononcé leur ultime discours avant la période de vote.Une fois les résultats dévoilés, les trois adversaires de M\u201c® Joly se sont joints à elle sur scène pour une dernière série de discours.Bien que déçue, la candidate Grace Bat-choun a fait savoir qu\u2019elle joindrait ses forces à celles de la candidate officielle.Interrogé avant la fin du dénombrement, Viken Attarian avait, lui aussi, indiqué qu\u2019il se joindrait à M^'^Joly.Pour sa part, Élie Kassissia a quitté les lieux peu de temps après l\u2019annonce des résultats, «en colère» selon les dires de certains militants.Il avait refusé de révéler ses intentions advenant sa défaite avant le dévoilement des résultats.Le Devoir Stephen Harper répond à sa propre question Quand aucun journaliste ne l\u2019interroge sur un sujet qui lui tient à cœur, le chef conservateur, Stephen Harper, décide de prendre le taureau par les cornes et de se poser lui-même une question.«Il y a une question qui n\u2019a pas été posée: c\u2019est au sujet de l\u2019économie mondiale », a déclaré M.Harper, dimanche, alors qu\u2019il était de passage à Rockland, dans l\u2019est de l\u2019Ontario.Venu promettre un allégement fiscal pour les personnes adhérant à des clubs sociaux philanthropiques, il a profité de la tribune qu\u2019il s\u2019est lui-même donnée pour tracer un portrait inquiétant de la situation mondiale, rappelant tour à tour la crise financière en Chine, la dégringolade des prix du pétrole et l\u2019instabilité en Europe.S\u2019il a reconnu que la situation pouvait devenir «risquée», il a louangé les politiques de son gouvernement qui ont donné au Canada ce qu\u2019il qualifie de «pratiques gestionnaires saines» et favorables à la croissance.Il n\u2019a rien dit sur une quelconque récession.Quelques instants plus tôt, il avait dû répondre à une question portant sur un rapport du ministère fédéral des Éinances affirmant que les régimes de SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE A Saint-Hyacinthe, Harper a abordé le thème de la menace terroriste.retraite au Canada étaient les moins généreux des pays de l\u2019OCDE.M.Harper a souligné que le Régime de pensions du Canada fonctionnait bien, qu\u2019il était solvable pour les 75 prochaines années.Double insécurité au Québec En après-midi, à Saint-Hyacinthe, en Montérégie, Stephen Harper a décidé de miser sur l\u2019insécurité pour convaincre l\u2019électorat québécois, qui, selon les sondages, semble réfractaire aux idées et au programme de son parti.Comme il l\u2019avait fait plus tôt à Rockland, dans l\u2019est de l\u2019Ontario, le chef conservateur a tracé un sombre et inquiétant portrait de la situation économique mondiale.Mais en sol québécois, il a aussi fait allusion à la menace représentée par la mouvance djihadiste.Après avoir louangé son gouvernement pour avoir conclu plus d\u2019ententes commerciales que tous les autres gouvernements précédents, M.Harper a soutenu qu\u2019il avait «toujours dé- fendu les programmes de gestion de l\u2019offre [et qu\u2019ill continuera à le faire.» M.Harper a cette fois-ci enchaîné sur l\u2019insécurité causée par la menace terroriste.S\u2019il a rappelé la mort des deux soldats en sol canadien à l\u2019automne 2014, il s\u2019est servi de la récente attaque d\u2019un train en Erance par un individu qui serait de la mouvance islamiste pour promouvoir ses réalisations en matière de sécurité.Il a déclaré que la menace djihadiste était toujours à l\u2019affût avec des «méthodes encore plus brutales et plus cruelles».Après avoir dénoncé ses adversaires pour n\u2019avoir jamais voté en faveur de mesures de sécurité renforcées ou pour vouloir les édulcorer, M.Harper a lancé qu\u2019il ne fallait pas «tourner le dos à nos ennemis».Au cours de la période de questions à Rockland, M.Harper s\u2019est porté à la défense de son actuel chef de cabinet, Ray Novak, en affirmant qu\u2019il avait été «très franc» avec lui au sujet des tractations entourant le remboursement des dépenses litigieuses du sénateur Mike Duffy.La Presse canadienne LE DEVOIR, LE LUNDI 24 AOUT 2015 A 3 ACTUALITES Haut-le-cœur O Jean-François Nadeau Par une belle journée de juillet, me voici qui marche, les souliers pleins de sable, en compagnie de Michel Pénos-way, mon hôte, mon guide.Nous sommes au village de Kitcisakik, dans la réserve faunique La Vérendrye, à 80 km au sud de Val-d\u2019Or, près d\u2019une route bordée d\u2019épinettes.Je pense à Michel Pénosway quand j\u2019entends encore, comme la semaine dernière, de beaux esprits bêler que les Amérindiens vivent «de leur plume» parce que quelques-uns de leurs chefs touchent de forts salaires, en particulier dans l\u2019Ouest canadien.Au Québec, 300 Algonquins vivent toute l\u2019année à Kitcisakik.Un peu plus au beau milieu des douceurs de l\u2019été.Pour rejoindre Kitcisakik, il faut quitter la route 117, emprunter un chemin de gravier, couper ainsi à travers les épinettes pendant une dizaine de kilomètres avant d\u2019atteindre les berges du réservoir Dozois, immense étendue d\u2019eau devant laquelle est planté ce village d\u2019anciens nomades qui paraissent ici échoués pour l\u2019éternité dans les sables de la modernité.Je pensais que ce réservoir d\u2019Hydro-Québec devait son nom à Paul Dozois, membre de l\u2019administration de Montréal, ministre de l\u2019Union nationale sous Duplessis.Dans les années 1950, ce monsieur confondit la lutte contre la pauvreté avec la démolition de leurs quartiers.Mais le Dozois du réservoir, Nazaire-Servule de son prénom, est plutôt un de ces curés-missionnaires voués tout entiers à inonder de prières les Premières Nations.Michel Pénosway n\u2019est pas le genre à offrir des solos de cordes vocales.Il parle d\u2019une voix douce.Si douce que sa parole est presque inaudible.Il faut tendre l\u2019oreille, lire sur ses lèvres, demander à ce que quelqu\u2019un répète ce qu\u2019il vient de dire.Un après-midi avec lui et voilà que je parle plus bas devant les grands arbres.La plupart des maisons de Kitcisakik sont faites de carton.Des panneaux de bois aggloméré et des matériaux de pauvre qualité assemblés pour donner l\u2019illusion de quatre murs, d\u2019un plancher, d\u2019un toit.Michel s\u2019arrête près d\u2019une de ces constructions fragiles.Une petite mare d\u2019eau stagnante et brune s\u2019écoule lentement entre les herbes, sur le bas-côté.Ses yeux et son nez se plissent.«Il n\u2019y a pas d\u2019égout.» Non, il n\u2019y a pas d\u2019égout à Kitcisakik.Pas d\u2019eau courante non plus.Ni électricité.Plusieurs maisons comptent sur l\u2019apport d\u2019une petite génératrice pour activer un réfrigérateur et une télévision, cette fenêtre aveugle sur le monde.Comme l\u2019argent manque pour le carburant nécessaire aux génératrices, les vols d\u2019essence ne sont pas rares entre voisins.Kitcisakik n\u2019est pas un terrain de camping, mais un village du Québec.Des enfants y courent, nombreux, l\u2019air joyeux, comme tous les enfants du monde, occupés par leurs seuls jeux.Je suis entré dans quelques maisons.Ici, dans celle d\u2019une femme qui, comme bien d\u2019autres, vit seule avec son enfant.Dans un coin, un seul matelas posé à même un plancher non isolé.Elle vit à un bon kilomètre de marche du bloc sanitaire, situé au cœur du village, là où l\u2019on trouve des toilettes, la buanderie, des douches, de l\u2019eau, une petite épicerie aux étagères vides.En compagnie d\u2019Isabelle Picard, de la Ponda-tion Nouveaux Sentiers, j\u2019entre aussi dans la maison de Tciky Pénosway Tciky vient d\u2019obtenir un diplôme spécial de menuiserie.Sa maison a été agrandie par ses soins.Reste qu\u2019en hiver il gèle comme les autres.L\u2019an passé, il a brûlé quinze cordes de quatre pieds, soit 1920 pP de bois.Les nuits noires d\u2019hiver, sa famille dort dans une seule pièce, près d\u2019un poêle chauffé à blanc.Depuis une bonne dizaine d\u2019années, aucun en-l^t de Kitcisakik n\u2019a fini sa cinquième secondaire.À la garderie du village, me raconte la directrice, des parents intoxiqués oublient parfois de venir reprendre leurs enfants.Il n\u2019y a pas si longtemps, les enfants devaient se rendre à Val-d\u2019Qr et y vivre en pension.Au secondaire, c\u2019est encore ainsi.En juillet.Le Devoir rapportait que près de la moitié des 30 000 enfants et adolescents en foyer d\u2019accueil au Canada sont des autochtones.Pourtant, la population autochtone du pays ne compte que pour 4,3%.Qn trouve désormais plus d\u2019enfants autochtones placés en famille d\u2019accueil qu\u2019il n\u2019y en avait au triste temps des pensionnats, au sommet de leur capacité d\u2019accueil.Le risque d\u2019assimilation à cause de l\u2019éducation demeure dope bien réel, sous des formes à peine renouvelées.À Kitcisakik, des enfants éduqués en français à Val-d\u2019Qr n\u2019ont plus été à même de commuitiquer dans leur langue.Les Amérindiens sont surreprésentés daps le système de prise en charge des enfants par l\u2019Etat.Au Québec, environ 5% des signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) concernent des enfants autochtones alors qu\u2019ils ne représentent pas 1% de la population.Les cas d\u2019abandons traités par la DPJ touchent des autochtones à hauteur de 15%.Même chose à peu près au Canada.En Qntario, alors que les enfants amérindiens représentent 3% de la population des 0 à J6 ans, ils comptent pour 21% des cas confiés à l\u2019Etat.Au Maititoba, 85% du système est occupé par des enfants amérindiens alors qu\u2019ils représentent 23% de la population.Quand des plumitifs de MonPéal écrivent et répètent, année après année, que les autochtones vivent bien «de leur plume», se croyant sans doute bien spirituels, le cœur me lève.Il me lève aussi quand des écoles de mon pays organisent des pseudo-voyages d\u2019aide humanitaire à l\u2019étranger tout en continuant d\u2019ignorer la condition de leurs voisins immédiats.jfn @ledevoir.com 4 SIMOHj/a iVtQUtS II ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Un déversement dans le secteur d\u2019Old Harry menacerait tout l\u2019est du golfe du Saint-Laurent, mais aussi les îles de la Madeleine.GOLFE DU SAINT-LAURENT Du pétrole convoité.mais hypothétique ALEXANDRE SHIELDS Même si politiciens et partisans des énergies fossiles vantent fréquemment le pactole pétrolier qui dormirait sous le lit du golfe Saint-Laurent, dans le secteur Qld Harry, les données scientifiques disponibles démontrent plutôt que le potentiel évoqué est hautement spéculatif.L\u2019étude Géologie et potentiel en hydrocarbures des bassins sédimentaires du sud du Québec menée dans le cadre de l\u2019évaluation environnemen-tale stratégique sur les hydrocarbures estime en fait le potentiel pétrolier à environ 100 millions de barils.Mais ce chiffre vaut pour tout le bassin de Madeleine, un très vaste territoire marin qui regroupe toute la partie sud du golfe du Saint-Laurent, côté québécois.La sjmtlièse scientifique réalisée pour le miitis-tère de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles précise en outre que ce potentiel est un chiffre «médian», c\u2019est-à-dire que les chances qu\u2019il existe bel et bien sont de 50%.«Très peu de données de forage sont disponibles pour permettre d\u2019apprécier le véritable potentiel de la partie québécoise du bassin de Madeleine», notent aussi les deux chercheurs de l\u2019INRS qui ont rédigé ce rapport remis il y a quelques mois au gouvernement.Dans le cas de la structure sous-marine d\u2019Qld Harry, où aucun forage n\u2019a été réalisé à ce jour, «les volumes d\u2019hydrocarbures en place qui sont proposés doivent être considérés comme hautement spéculatifs ».Au fil des ans, plusieurs chiffres ont été avancés.En règle générale, les partisans d\u2019une éventuelle exploitation pétrolière en milieu marin avancent le chiffre de deux milliards de barils.Certaines estimations menées par des firmes du secteur pétrolier ont mentionné le chiffre de cinq milliards dans ce secteur, situé à 80 kilomètres des îles de la Madeleine.«Si plusieurs indicateurs géologiques et géophysiques tendent à confirmer la présence d\u2019hydrocarbures dans cette structure, la possibilité que d\u2019importants volumes de pétrole soient présents ne s\u2019accorde pas avec les modèles régionaux établis pour le bassin de Madeleine», souligne toutefois le texte de l\u2019étude.Qui plus est, il se pourrait bien que le potentiel en énergie fossile du bassin de Madeleine soit essentiellement en gaz naturel.Selon l\u2019analyse des chercheurs de l\u2019INRS, la charge en hydrocarbures de cette région maritime «est vraisemblablement dominée par le gaz naturel».Des forages réalisés au cours des dernières décennies dans le golfe ont permis de détecter la présence de gaz, mais jamais de pétrole.Le mythe Old Harry Pour le porte-parole de Coalition Saint-Laurent, Sylvain Archambault, les résultats de l\u2019étude viennent «jeter un pavé dans la mare» et démontrent clairement que «le pétrole d\u2019Old Harry ressemble à un mythe».M.Archambault rappelle que l\u2019entreprise Corridor Resources, qui détient les permis pour le secteur d\u2019Qld Harry, n\u2019a toujours pas trouvé de financement pour réaliser un premier forage exploratoire.Selon lui, si le potentiel pétrolier était réel, un géant de l\u2019industrie se serait déjà montré intéressé.Mythe ou non, le pétrole du gohe intéresse le gouvernement Couillard.Ce dernier a franchi en juin une étape cruciale en vue de l\u2019ouverture du gohe du Saint-Laurent à l\u2019exploration pétro- lière en déposant le projet de loi qui permet de concrétiser la «gestion conjointe» du dossier avec le fédéral.Une évaluation environnementale stratégique menée à la demande du gouvernement Charest, et passée relativement sous silence, concluait pourtant qu\u2019il demeure «plusieurs lacunes» dans l\u2019état actuel des connaissances sur le gohe.Les carences concernent les technologies d\u2019exploration et d\u2019exploitation, les composantes des milieux physique, biologique et humain, ainsi que les «effets environnementaux potentiels des activités d\u2019exploration et d\u2019exploitation, ainsi que des déversements accidentels».Le document mettait en lumière l\u2019incapacité à répondre à une éventuelle marée noire.De plus, les données manquent pour bien évaluer le mouvement et les aires de fréquentation des espèces menacées.Bref, «plusieurs données factuelles précises ne sont actuellement pas disponibles», ce qui ne permet pas de mesurer les véritables impacts environnementaux, même au moment de l\u2019exploration.Un déversement provoqué par l\u2019exploitation pétrolière maritime dans le secteur d\u2019Qld Harry menacerait tout l\u2019est du gohe du Saint-Laurent, mais aussi les îles de la Madeleine, concluait l\u2019an dernier la première étude scientifique indépendante sur le sujet.Les pêcheurs des cinq provinces des maritimes réclament un moratoire complet sur «toute activité de développement pétrolier » dans le gohe.Ils exigent aussi la tenue d\u2019une «étude environnementale complètement indépendante» sur la question.Le Devoir 2018: une alliance souverainiste n\u2019est pas acquise Laurier-Dorion sert de laboratoire de collaboration pour le PQ, QS et ON LAURA PELLETIER Même s\u2019ils ont participé à un événement conjoint dans Laurier-Dorion, à Montréal, pour parler des idées qui les rassemblent, les trois partis indépendantistes \u2014 le Parti québécois (PQ), Québec solidaire (QS) et Qption nationale (QN) \u2014 ne sont pas tous prêts à parler d\u2019alliance dans la circonscription pour les prochaines élections.Seul QN envisage cette solution mise en avant par le Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ) pour éviter la division du vote indépendantiste.«A la fin des élections de 2014, mon collègue Miguel Tremblay et moi nous sommes dit qu\u2019il fallait faire quelque chose pour éviter que les libéraux rentrent [encore] dans Laurier-Dorion.On a contacté les trois partis et un intermédiaire, le NMQ, qui avait lui aussi pensé à ça», indique l\u2019un des deux instigateurs de la rencontre.Éric D\u2019Alo, militant d\u2019QN.«C\u2019est la circonscription dans laquelle la division du vote a le plus grand impact», note le président du NMQ, Pierre Curzi.Lors des quatre dernières élections provinciales, les votes additionnés des trois formations indépendantistes ont frôlé ou dépassé ceux obtenus par le vainqueur libéral, Gerry Sklavounos.Le PQ, QS et QN ont respectivement envoyé l\u2019ex-bloquiste Viviane Barbot, le co-porte-parole Andrés Pontecilla et l\u2019ex-candidat Miguel Tremblay pour s\u2019entretenir avec les militants indépendantistes de la circonscription.M.Curzi précise que «l\u2019objectif» de la rencontre était notamment « de faire primer le fait qu\u2019il y a trois partis indépendantistes et qu\u2019à cause des vices de notre système électoral, ces a.C\u2019est la circonscription dans laquelle la division du vote a le plus grand impact}} Pierre Curzi, président du NMQ trois partis, lorsque arrive le temps des élections, se phagocytent».Le président pose la question suivante : «Est-ce qu\u2019un dialogue sur ce qui réunit les trois partis ne serait pas une meilleure façon d\u2019envisager éventuellement une élection et le choix d\u2019un candidat qui bénéficierait de l\u2019effort conjugué de tout le monde?» Son but premier est de «faire élire une majorité de députés souverainistes» à l\u2019Assemblée nationale, ce qui «implique éventuellement une union des forces», renchérit-il.Suivant cette logique, dans certaines circonscriptions-clés, un parti indépendantiste pourrait choisir de ne pas présenter de candidat pour éviter de diviser le vote.\\ A petits pas Le NMQ avait tenté de rapprocher les partis souverainistes en 2012 pour parler de la possibilité de candidatures communes, mais s\u2019y était pris trop tard.Cette fois, la table est mise des années avant le vote.M.Curzi précise toutefois que, «pour le moment, /ùô/ecti/[dans Laurier-Dorion] est simplement de se parler et de voir quelles sont les ac- tions communes qui peuvent être faites».« On voulait voir si on s\u2019entend sur certains sujets», affirme à son tour M.D\u2019Alo.QN est prêt à avancer plus rapidement.« On envisage une entente pour les élections de 2018 pour que les indépendantistes prennent le pouvoir.Mais ça doit se faire avec un engagement clair de référendum dans le premier mandat», indique le chef Sol Zanetti.Sans engagement clair, QN ferme la porte à l\u2019entente.C\u2019est toutefois une alliance entre QS et le PQ \u2014 qui se livrent une chaude lutte dans la circonscription \u2014 qui permettrait de dépasser les libéraux.Les deux partis évitent la question pour le moment.«On va voir où ça nous mène», indique M.Eontecilla, qui assure avoir participé à l\u2019événement uniquement pour parler d\u2019indépendance et «prouver que les souverainistes sont capables de discuter entre eux».Marc Desnoyers, président du PQ dans la circonscription, indique simplement que l\u2019événement «va dans le même sens que la démarche de M.Péladeau de réunir tous les indépendantistes» et qu\u2019«OM a du temps devant nous» avant les élections de 2018.Les discussions de samedi ont révélé que les trois exécutifs de circonscription s\u2019entendent sur plusieurs points, dont la nécessité de sortir du pétrole, de rassembler les communautés culturelles et de tenir une assemblée consti-tuapte si le Québec devenait un pays.Le NMQ et Éric D\u2019Alo souhaitent que d\u2019autres circonscriptions organisent des rencontres comme celles de samedi.Le Devoir A 4 LE DEVOIR LE LUNDI 24 AOUT 2015 ACTUALITES SERVICES DE GARDE Les places subventionnées devenues moins avantageuses PIERRE SAINT-ARNAUD Les augmentations de tarifs des services de garde combinées aux bonifications des crédits d\u2019impôt pour les places non subventionnées ont mené à une situation pour le moins incohérente dans les écoles primaires: les places subventionnées des services de garde en milieu scolaire sont devenues généralement beaucoup plus coûteuses pour les parents que les places non subventionnées.En vertu de la réglementation, les parents des enfants qui fréquentent le service de garde d\u2019une école primaire sur une base régulière, c\u2019est-à-dire quatre ou cinq jours par semaine, ont droit au tarif réduit subventionné, qui passera en septembre de 7,30$ à 8 $ par jour.Les parents des enfants qui fréquentent le même service de garde trois jours ou moins par semaine n\u2019ont pas droit à la subvention en vertu de leur statut d\u2019occasionnel ou de sporadique et les tarifs, à première vue, sont beaucoup plus élevés.Un relevé sommaire et non exhaustif de La Presse canadienne fait état de tarifs de 14$, 16$ et 18$ par jour, car ils ne sont soumis à aucune norme.«Ce n\u2019est spécifié nulle part dans le règlement ou dans la Loi sur l\u2019instruction publique», a expliqué la directrice générale de l\u2019Association des services de garde en milieu scolaire du Québec (ASGEMSQ), Josée Plante, ajoutant que ces tarifs sont déterminés par les commissions scolaires ou même par chaque école.Contradictions Cependant, puisqu\u2019ils ne sont pas subventionnés, ils sont admissibles au crédit d\u2019impôt provincial, qui peut être fort généreux selon le revenu familial et qui peut faire chuter le coût bien en deçà du tarif subventionné.Ainsi, une mère seule qui gagne 35 000$ et qui doit payer 14$ par jour bénéficiera d\u2019un crédit d\u2019impôt de 74%, soit 10,36$.La place de son enfant lui reviendra à 3,64$, soit 4,36$ de moins qu\u2019une place subventionnée.Dans le cas oû son enfant fréquente le service de garde trois jours par semaine, soit 108 jours du calendrier scolaire qui en compte 180, l\u2019économie sera de 470,88$ à la fin de l\u2019année.Pour deux enfants, elle sera de 941,76$.Même si le crédit d\u2019impôt est progressif, les ménages de la classe moyenne sont également gagnants.La Presse eanadienne La FECQ suggère de suivre uue sessiou eu régiou Les associations étudiantes membres de la Pédération étudiante collégiale du Québec suggèrent au gouvernement du Québec de faciliter la mobilité interrégionale pour les cégépiens.Réunie pour son 82® congés annuel au cégep de Chicoutimi, à Saguenay, la FECQ, qui représente 65 000 étudiants de 21 cégeps, a adopté un train de suggestions en matière de jeunesse qui seront présentées au gouvernement Couillard dans le cadre de la nouvelle Politique québécoise pour la jeunesse.Pour Antoine Côté, le président de la FECQ, il serait «intéressant» de créer par exemple un programme d\u2019échange afin que des cégépiens puissent aller étudier pendant trois mois ou une session en région même si cela peut provoquer un «choc culturel pour certains».11 suffi-raif dit-il, d\u2019enlever des obstacles administratifs facilitant la mise en oeuvre d\u2019une telle politique.La FECQ est consciente que l\u2019on ne peut pas forcer les étudiants à se déplacer en région, mais la mobilité donnerait un coup de pouce aux cégeps qui composent avec une baisse dé- mographique et des compressions budgétaires.Par ailleurs, M.Côté estime qu\u2019il y a aussi des lacunes dans la promotion des programmes exclusifs en régions, comme les techniques forestières en Abitibi ou encore le toprisme d\u2019aventure à Gaspé.À son avis, les jeunes n\u2019ont pas toujours le réflexe de regarder ce qu\u2019il y a dans les cégeps dits régionaux.Préserver les cégeps 11 enjoint au gouvernement, qui terminera ses consultations le 1®® octobre, de considérer ces options, rappelant que le cégep en région est un modèle qui fonctionne bien, qui est adapté au territoire.11 ajoute que le développement des cégeps est intimement lié au développement de la jeunesse en région.La FECQ souhaite aussi que les nouvelles orientations gouvernementales de la Politique jeunesse encouragent la participation électorale, la lutte contre l\u2019itinérance chez les jeunes et l\u2019importance des services aux étudiants dans la persévérance scolaire.La Presse eanadienne Ebola: une sommité mondiale s\u2019installe à rUniversité Laval Toronto \u2014 L\u2019homme qui a dirigé les recherches menant à la mise au point d\u2019un médicament contre l\u2019Ebola, le ZMapp, quittera en juin prochain ses fonctions au Laboratoire national de microbiologie, à Winnipeg.Le D® Gary Kobinger, qui occupe les fonctions de chef du département des pathogènes spéciaux, deviendra le directeur du Centre de recherche en infectiologie (CRI) de l\u2019Université Laval, à Québec.Le fondateur et actuel directeur du CRI, le D® Michel G.Bergeron, se réjouit de son arrivée.Selon lui, le D® Kobinger «est un être humain formidable et un chercheur extraordinaire».Le D® Bergeron a accepté de se retirer du poste de direction qu\u2019il occupe depuis 41 ans, mais il demeurera au CRI à titre de chercheur.Le futur patron du CRI a expliqué que le long préavis permettra à l\u2019Agence de la santé publique du Canada de trouver le bon candidat pour prendre la tête du département des pathogènes spéciaux, lequel a grandement contribué à la réputation internationale du Laboratoire national de microbiologie.Le D® Kobinger a grandi au Québec.La Presse eanadienne Prochain gros lot (approx.) : 5 000 000 $ + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 20545093-02 Résultats des tirages du : 2015-08-22 14 22 31 37 43 49 U 16 22 28 33 36 compl.compl.9837236 Résultats des tirages du : 2015-08-21 Ë|tra 0091232 v^>:« COMPL (îj) Prochain gros lot (approx) : 26 000 000 $ En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité Le mouvement anti-austerite tente de s\u2019inspirer du printemps 2012 LAURA PELLETIER Les différents leaders syndicaux misent sur les alliances pour que le mouvement de lutte contre l\u2019austérité du gouvernement libéral crée un véritable raz de marée cet automne.Ils ont exposé des bribes de leur stratégie dimanche matin dans le cadre de l\u2019Université populaire des Nouveaux Cahiers du socialisme.Une vidéo présentant les manifestations de casseroles du printemps 2012 a ouvert l\u2019atelier de l\u2019Université populaire.«Ce ne sont pas les organisations, comme Québec solidaire, qui font le mouvement, même si elles aident.C\u2019est le mouvement populaire qui est au centre de l\u2019action », a lancé Pierre Beau-def sociologue et professeur à l\u2019Université d\u2019Qttawa, sous l\u2019œil attentif du député solidaire Amir Khadir.Créer des liens entre les groupes sociaux est la solution pour forger ce mouvement de masse, ont martelé tour à tour les panélistes.Intérêts divers La Confédération des syndicats nationaux (CSbp travaille depuis plusieurs mois à «créer des alliances et des convergences», a expliqué Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal métropolitain de la centrale syndicale.«Le grand enjeu en mobilisation est de trouver comment faire des liens entre les revendications Cégeps: rentrée sous pression Déçue du peu de progrès à la table de négociation sectorielle, l\u2019Alliance des sjmdicats des professeures et professeurs de cégep (ASPPC) accentuera les moyens de pression alors que s\u2019amorce lundi la rentrée dans la plupart des collèges.L\u2019Alliance, qui regroupe des sjmdicats CSN et CSQ, lancera dans une dizaine de jours la deuxième phase de ses moyens de pression dits légers, qui se traduit notamment par la remise tardive de documents exigés par les administrations et la possibilité de perturber des activités pédagogiques.Pour l\u2019instant, les syndicats de l\u2019ASPPC n\u2019entendent pas perturber la tenue des cours pour les étudiants mais des votes de grève se tiendront dès le mois prochain.Les membres de chacun des sjmdicats dans les collèges décideront d\u2019accorder ou non un tel mandat.Pierre Gi-rouard, le président par intérim de la Fédération des enseignants de cégep a rappelé qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un moyen ultime.La Presse eanadienne de chaque groupe et les revendications collectives, et comment faire des alliances entre les secteurs public et privé», a exposé M\u201c® Daigneault.«On peut s\u2019inspirer de la façon dont les alliances ont été faites lors du printemps 2012, a suggéré Marie Blais, présidente du syndicat des chargés de cours de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Les étudiants sont allés chercher les enseignants, les employés de soutien, les étudiants salariés, toutes les associations étudiantes.» Les alliances nécessitent de la flexibilité, a expliqué Véronique Laflamme, co-porte-parole de la Coalition Main rouge, avec l\u2019exemple du blocage de la tour de la Bourse en 2012.«Certains groupes n\u2019avaient pas l\u2019habitude de faire ce type d\u2019action.mais ils se sont quand même joints à nous.» Marie Blais s\u2019attend à ce que certains thèmes facilitent plus que d\u2019autres le rassemblement.«Ce sera facile de faire embarquer les parents en dénonçant les coupes [budgétaires] dans les écoles, mais pour la fin de la structure des commissions scolaires, ce sera plus difficile d\u2019avoir leur appui», indique-t-elle.Bien exposer les enjeux est la clé, à ses yeux.Les alliances fonctionneront-elles?Même les leaders syndicaux n\u2019en sont pas certains.«Lors de notre congrès en juin, on s\u2019est demandé quelle stratégie syndicale adopter.Ce n\u2019est pas facile à déterminer», admet la présidente de la Centrale des sjmdi-cats du Québec (CSQ), Louise Chabot.Elle croit néanmoins que «le plus grand risque straté- gique serait de ne rien faire».M\u201c® Blais appelle ses collègues à bien se préparer cet automne, car «contrairement au printemps 2012», le gouvernement et les institutions scolaires sont «prêts» à affronter les actions de mobilisation, comme l\u2019a montré le printemps 2015.«Les militants de l\u2019UQAM se sont sentis menacés avant même que débute la grève.La sécurité avait été rehaussée et ils étaient filmés, donc ils ont mis des masques, rappelle M\u201c® Blais.La situation a été noircie et ils ont perdu l\u2019appui de la population et des autres étudiants.» Le gouvernement du Québec «tentera de diviser» les groupes sociaux alliés, prévient-elle également.«Le défi sera de rester ensemble.» Événements au calendrier La lutte, contre le projet d\u2019oléoduc Energie Est, les négociations dans le secteur public, les élections fédérales, la suite des compressions budgétaires du gouvernement du Québec et la Conférence de Paris sur les changements climatiques seront au cœur de cet automne «chaud», ont énuméré les panélistes.Parmi les nombreux événements prévus au Québec, la Coalition Main rouge prévoit une semaine d\u2019actions et des mandats de grève dès l\u2019automne, et trois manifestations pour l\u2019environnement auront lieu en octobre.Le Devoir GREGORY BULL ASSOCIATED PRESS Les drones peuvent servir à inspecter diverses infrastructures, dont des ponts et des bâtiments.DRONES Les délais poussent des entreprises vers l\u2019illégalité SARAH R.CHAMPAGNE > industrie du drone a du .plomb dans l\u2019aile.La lour-( eur et la lenteur des procé-( ures pour obtenir des permis ( e vol pousseraient certains pilotes à opérer dans l\u2019illégalité.Les opérateurs les plus rigoureux doivent quant à eux annuler certains contrats, faute d\u2019avoir obtenu les autorisations à temps.Le ciel étant loin d\u2019être une zone sans loi, tous ceux qui désirent utiliser des drones à des fins commerciales doivent faire une demande de certificat d\u2019opérations aériennes spécialisées (CQAS) auprès de Transports Canada.Les véhicules aériens sans pilote (UAV en anglais) de moins de 35 kg qui s\u2019envolent à des fins récréatives n\u2019ont pas besoin de permission.Si les délais pour obtenir un CQAS en bonne et due forme étaient d\u2019environ trois semaines jusqu\u2019à cet été, ils s\u2019étendent maintenant jusqu\u2019à trois mois.Une prolongation que Marc Moffatt, directeur général du Centre d\u2019excellence sur les drones, attribue à une période de transition pour former davantage de fonctionnaires au ministère.«Il y a eu engorgement, c\u2019est clair, particulièrement au Québec.Quelques 3 mois C\u2019est le temps que peut devoir patienter un opérateur avant d\u2019obtenir une autorisation de vol.opérateurs membres du Centre semblent avoir eu plus de facilité dans la région du Pacifique et des Maritimes», explique-t-il.Mais personne ne peut dire quand les délais raccourciront.Il faut dire que le nombre de permis pour des vols commerciaux délivrés par le ministère a explosé depuis 2010 : il a plus que quadruplé entre 2012 et 2014, atteignant 1672 pour cette seule année.Durant les quatre premiers mois de 2015, ce sont 330 permis qui ont été accordés, ce qui laisse présager que la demande continuera au moins de se maintenir.L\u2019illégalité ou la faillite La longue fde d\u2019attente, les demandes étant traitées selon leur ordre d\u2019arrivée, convainc certains pilotes d\u2019UAV de se risquer à opérer sans certificat selon M.Moffatt.«Ce qui est déplorable, c\u2019est que les entreprises qui volent de façon illégale ont un avantage sur celles plus rigoureuses», affirme-t-il.Patrick Côté, président de la toute nouvelle Association canadienne des opérateurs de drones commerciaux (CAPDQ en anglais), parle carrément d\u2019un marché parallèle.Il y voit une concurrence déloyale, car il a lui-même fondé une entreprise qui offre des services de photo et de vidéo aérienne, Hexwing.«Le client qui demande de réaliser le contrat sans COAS n\u2019est pas imputable.Dans la réglementation actuelle, la responsabilité revient à l\u2019opérateur», précise-t-il.Même son de cloche chez Elipto, elle aussi une entreprise spécialisée.«Il y a des pilotes qui décident de voler illégalement, sinon leur entreprise meurt», rapporte Antoine Balancé, cofondateur d\u2019Elipto.Sa société a récemment dû renoncer à deux contrats à proximité du mont Royal et au large du pont Champlain.Des opérations de «quelques milliers de dollars» cette fois, mais l\u2019incertitude sur les délais qui s\u2019étirent fait la vie dure à ce directeur des opérations.M.Côté estime quant à lui ses pertes à 10 000$ dans le dernier mois, ce qui pourrait compromettre l\u2019avenir de sa société.Et plusieurs des pilotes de drones qu\u2019il côtoie perdent aussi de l\u2019argent en ce moment.Les deux opérateurs n\u2019en défendent pas moins la nécessité d\u2019une réglementation rigoureuse et tiennent à garder de bonnes relations avec Transports Canada, dont ils sont tributaires.«Transports Canada s\u2019est montré très ouvert; loin de moi l\u2019idée de les accuser.Mais ils n\u2019ont tout simplement pas les moyens humains pour répondre à la demande», explique M.Pa-langié.«On a constaté le bon vouloir nous aussi, mais je crois que les fonctionnaires sont tout simplement dépassés par l\u2019ampleur de la demande», ajoute son collègue d\u2019Hexwing.Ils souhaiteraient au moins pouvoir être informés des délais plus précisément et voir la procédure standardisée.Les coûts réduits et la vitesse du service pourraient pourtant faire économiser de précieux deniers publics.Les UAV servent notamment à inspecter des structures, comme les ponts, des façades de bâtiments, des pipelines, des réseaux hydroélectriques, énumère Marc Moffatt.Le ministère fédéral des Transports indique qu\u2019une nouvelle version de la réglementation est prévue pour la fin 2016.Une échéance lointaine pour ceux qui sont cloués au sol.Le Devoir LE DEVOIR, LE LUNDI 24 AOUT 2015 A 5 SOCIETE #CHRONIQUEFD De codes et d\u2019école Fabien Deglise Apprendre à maîtriser les codes informatiques pour miepx comprendre et affronter l\u2019avenir ?A l\u2019heure de la rentrée des classes, la question risque à nouveau de s\u2019imposer dans des milieux scolaires qui, comme d\u2019autres pans de la société, cherchent à se mettre au diapason du présent, mais surtout de celui des jeunes têtes qui composent leur monde.La mythologie du code ne manque d\u2019ailleurs pas de récits fondateurs pour justifier cet apprentissage de l\u2019assemblage des codes binaires pour mieux réussir dans la vie.Cet été, le New York Times racontait l\u2019histoire de ce barman qui gagnait 25 000 $ par année et qui, après seulement trois mois de cours intensifs à la Code Academy \u2014 un centre de formation pour programmeurs \u2014, travaille désormais pour un salaire quatre fois plus élevé.Les amateurs d\u2019hyper-pragmatisme lèvent généralement le pouce en l\u2019air à ce moment-là.Coder, ça peut être bien.Mais apprendre à mieux affronter les transformations sociales et culturelles induites par les mutations technologiques en cours serait hautement plus payant pour les générations montantes et la société en général.A condition, bien sûr, que les maisons d\u2019éducation adaptent leurs programmes en conséquence, et ce, dès le primaire, pourquoi pas ! En y ajoutant quoi ?D^s cours sur les fondements d\u2019une démocratie.À l\u2019ère du numérique, tout devient fragile, y compris la démocratie.Replonger dans ses principes fondateurs \u2014 liberté des individus, séparation des pouvoirs, indépendance de la justice, isonomie, alouette \u2014 ne peut du coup qu\u2019être salutaire.Pourquoi?Pour mettre en perspective le vigüantism \u2014 c\u2019est un exemple \u2014, cette justice populaire qui s\u2019installe sournoisement dans les univers numériques d\u2019Etats de droit où pourtant, depuis des lunes, l\u2019on a établi que l\u2019autodéfense, la vindicte publique, les procès sans juge ni respect des cadres légaux en vigueur, étaient des crimes.Cela n\u2019empêche toutefois pas certains internautes d\u2019appeler ré^lièrement au meurtre, à la lapidation, au châtiment des personnalités publiques, des représentants de groupes ethniques ou religieux ou d\u2019autres internautes lambda dans les nouveaux espaces numériques de socialisation.D\u2019autres réclament avec véhémence que l\u2019on mette le feu à la maison d\u2019un présumé escroc, à porter des accusations pour délit d\u2019opinions, alimentant ainsi des dérives qui, loin de faire avancer l\u2019humanité, la replongent plutôt au temps du lynchage, de la plume, du goudron, des groupes de haine et de leur morale.Parfois, cela donne envie d\u2019en rire.Mais cela devrait surtout inciter à documenter chacune de ces errances pour les décrjqjter sérieusement dans des programmes de formation du citoyen de demain.Des cours sur la prison panoptique, cette architecture carcérale inventée au XVIIL siècle par le Britannique Jeremy Bentham.En installant des cellules en arc de cercle autour d\u2019une tour centrale de gardiennage, elle permettait de soumettre les prisonniers à une surveillance constante, sans toutefois leur permettre de voir le gardien et donc de savoir quand il allait poser les yeux sur eux.L\u2019effet de ce regard inquisiteur et omniscient sur l\u2019obéissance des détenus, sur la normalisation de leurs comportements et leur soumission à une instance de contrôle est redoutable.Paradoxalement, le citoyen numérique est lui aussi entré dans ce genre de structure panoptique qui tient désormais dans des cadres où ses activités en ligne, par la magie du mouchard et de la «porte d\u2019en arrière » ajoutée dans un programme informatique, entre autres moyens, sont soumises à un possible regard qui surveille et suspecte.Dans ces nouveaux mondes, la présomption d\u2019innocence est remise largement en question avec une étrange acceptation sociale qui, à la longue, pourrait bien devenir inquiétante et force quelques questions : peut-on encore dire que le citoyen est libre ?Et dans quel état tout cela met-il son libre arbitre ?Sortez vos cahiers, vous avez trois heures pour y répondre, comme dirait l\u2019autre.Des cours sur.l\u2019Ironie.Ce n\u2019est pas nous, mais bien une équipe de chercheurs européens et américains qui vient de l\u2019écrire dans les pages de la revue scientifique Organizational Behavior and Human Decision Processes.L\u2019ironie, cette raillerie moqueuse qui a trouvé un terrain fertile dans les univers numériques, n\u2019est pas seulement une source de conflit.Elle peut également être source de créativité, autant chez celui qui manie la chose que celui qui y est confronté.Ce serait dû à l\u2019abstraction que l\u2019ironie convoque et qui serait favorable à la pensée créatrice, disent-ils.Apprendre à jouer avec l\u2019ironie, à exercer le genre, avec intelligence bien sûr, plus qu\u2019avec méchanceté, pourrait donc devenir salvateur, particulièrement à une époque où les mutations sont parfois troublantes et où la façon d\u2019en éviter les dérives tient certainement plus à la créativité devant les nouveaux codes culturels induits par le numérique qu\u2019à la maîtrise du code informatique lui-même.Sur Twitter: ©FabienDeglise .4 ¦ ¦'-îAJ'.U'''.L , \u2022 - ^\tA\" KOSTAS LIMITSIOSXCC Sur les traces du berceau de la civilisation grecque, les Russes ont visité la Crète vers la fin des années 1990.Un jour, ils arrivent à Paleochora, où ils rencontrent la mère du pope de Gavdos, qui leur laisse un terrain pour bâtir une maison et planter un potager.Les laboratoires de l\u2019immortalité (6) ll'anquUle et perpétuel renouvellement De Tchernobyl à l\u2019île grecque de Gavdos, la quête d\u2019un physicien russe et de son groupe se vit au quotidien, en toute simplicité Le Devoir poursuit la publication d\u2019une série de textes sur la quête de l\u2019immortalité.Entre science et philosophie, un survol de ces chercheurs qui tentent de percer les mystères de l\u2019âge.NIC ULMI Un groupe de physiciens russes s\u2019est installé à la fin des années 1990 sur Tile grecque de Gavdos, à l\u2019extrémité sud de l\u2019Europe.Ils pensent qu\u2019on peut se programmer pour ne pas mourir et ils pratiquent, au quotidien, l\u2019immortalité comme mode de vie.Récit d\u2019une immersion.Une gemme en plein océan L\u2019île apparaît comme une couche à peine plus sombre posée sur l\u2019horizon : un dépôt de matière discernable au large, lorsqu\u2019on regarde vers le sud-est depuis le village côtier de Paleochora.Vous prononcez son nom \u2014 Gavdos \u2014, et le monde autour de vous commence à changer.Pour les Crétois, Gavdos est une gemme brute, fréquentée par des touristes philosophes, par les amateurs des chemins les moins fréquentés et par des hippies qui y vivent dans des cabanes bricolées au cœur des forêts de pins ou sur les plages.Pour vous, c\u2019est l\u2019île des immortels.La population de l\u2019île les appelle «les Russes».L\u2019histoire de leur groupe a commencé il y a 30 ans dans un yillage de la région de Stavropol, en Russie.À Gavdos, tout le monde connaît les Russes : il n\u2019y a aucun mystère, aucun secret.L\u2019absence de secrets n\u2019empêche pas les rumeurs et les légendes.«La dernière que nous avons entendue, c\u2019est que nous construisions un tunnel sous la mer allant jusqu\u2019en Libye», vous racontera Rachel, une institutrice zurichoise qui a rejoint les Russes il y a un quelques d\u2019années et semble tenir le rôle de la communicatrice avec l\u2019extérieur.Installés à Gavdos depuis 1997, les Russes travaillent sur l\u2019immortalité en toute simplicité.L\u2019île mesure une trentaine de kilomètres carrés et compte officiellement 152 habitants, dont une cinquantaine qui y résident toute Tannée.Au milieu du XX® siècle, Gavdos était plus ou moins abandonnée, ses habitants ayant troqué leurs terres contre des lotissements sur Tile de Crète.Ce fut aussi un lieu d\u2019exil pour communistes sous la dictature du général Metaxas.Avant cela, c\u2019était un repaire de pirates, une possession des Vénitiens, des Byzantins et des Romains.Avant tout cela, c\u2019était Ogygie, Tile de la nymphe Calypso, qui retint Ulysse en le rendant brièvement irrqnortel pour en faire son mari.À cette époque mythique, l\u2019immortalité était un sortilège, un don surnaturel.Aujourd\u2019hui, elle est une façon de vivre.«L\u2019immortalité comme mode de vie», c\u2019était le titre d\u2019un symposium organisé en septembre 2013 par les Russes sous le nom d\u2019« Institut pythagoricien d\u2019études philosophiques pour l\u2019immortalité de l\u2019homme» (PIEEAA).Le groupe s\u2019est donné pour tâche d\u2019atteindre l\u2019immortalité physique par l\u2019activité de l\u2019esprit.Pour ce faire, il faut rejeter la totalité des vérités admises et des idées reçues.Un lieu mythique Mais pourquoi ici?«Nous cherchions un lieu», racontent Aleksander, Rachel, Aleksei, Alla, Marek.Sur les traces du berceau de la civilisation grecque, les Russes ont visité la Crète vers la fin des années 1990.Un jour, ils arrivent à Paleochora, où ils rencontrent la mère du pope de Gavdos, qui leur laisse un terrain pour bâtir une maison et planter un potager.Avant de débarquer à Gavdos, le groupe existait déjà depuis près d\u2019une décennie.Son doyen est Andrei, un physicien nucléaire irradié lors d\u2019une mission volontaire sur le site de Tchernobyl.«Il s\u2019est rendu chez le médecin [.] et il a vu que la clinique était remplie d\u2019irradiés.Le médecin lui a donné des pilules et une adresse à Moscou.Andreïsavait très bien qu\u2019il n\u2019existait aucune pilule contre les radiations.Au lieu d\u2019aller à Moscou, il a décidé de partir vivre dans un village, où il a commencé à travailler comme agriculteur, y a rencontré une femme.Il a bu de grandes quantités de vodka.Il a énormément travaillé.Tout cet alcool et ce travail l\u2019ont fait transpirer.C\u2019est ainsi qu\u2019il a nettoyé son organisme.C\u2019est de cette même manière que nous nous sauvons aussi, tous les jours», dit Andreï en riant.C\u2019est donc l\u2019histoire d\u2019un irradié qui se soustrait à une mort annoncée, et d\u2019un groupe de jeunes physiciens qui, dans l\u2019URSS de Gorbatchev, se mettent au vert et rejettent leurs carrières pour découvrir une autre réalité.«Nous avons commencé à étudier les anciens philosophes russes, en vivant dans des villages.[.].Impossible de comprendre cette philosophie sans l\u2019expérience de la vraie vie russe.Nous avons été témoins des miracles de la vie quotidienne.Un jour, un habitant d\u2019un village voisin nous a demandé de l\u2019aider à soulever un gros tronc.On s\u2019est mis à six pour tenter de le pousser dans son camion, sans succès.Deux hommes sont arrivés, menus et maigrelets.Ils ont dit: \u201cOn y va.\u201d Et ils l\u2019ont fait.» Moralité?«L\u2019esprit modifie les possibilités du corps», dit Andreï.Ni hippies ni gourous Le lien avec la Russie ne s\u2019est jamais perdu.Le groupe d\u2019une vingtaine de personnes est doté d\u2019une forte identité collective, parle toujours au «nous» et donne l\u2019impression d\u2019exister par les apports particuliers des femmes et des hommes qui le composent.Ce n\u2019est pas une équipe de recherche scientifique, ni une communauté hippie, religieuse ou spirituelle, ni une secte avec des adeptes et des gourous.C\u2019est une famille, peut-être, sans liens de sang et saps rôles attribués.À Tripiti, un cap qui clôt la côte méridionale de Tile, le groupe a bâti deux objets.Le premier : le temple d\u2019Apollon, qui est inachevé.«Le pope était [.] tout à fait d\u2019accord pour que nous construisions ce sanctuaire.Mais l\u2019évêque est intervenu, menaçant de nous faire jeter en prison et d\u2019enfermer le pope avec nous.Notre idée, c\u2019est de bâtir ça pour tout le monde.Nous reprendrons donc la construction lorsque tout le monde en voudra», explique Rachel.Les Russes fréquen- Ni équipe scientifique, ni communauté hippie, religieuse ou spirituelle, ni secte, les Russes de Gavdos forment plutôt une famille, sans liens de sang et sans rôles attribués tent assidûment les églises de Tile, où ils peignent des fresques et sculptent des boiseries, mais ils sont également favorables au rétablissement d\u2019un lien entre les humains et les immortels d\u2019autrefois, les dieux antiques.Les Russes ont aussi construit une chaise géante, sur laquelle vous grimpez en jouant des coudes, comme le ferait un petit enfant sur un siège de dimensions courantes.Une chaise, pourquoi?Rachel évoque le sjmibolisme du lieu, situé à l\u2019extrémité sud de l\u2019Europe, et des quatre pieds.L\u2019immortalité, c\u2019est dans la tête Deuxième soirée chez les immortels.L\u2019immortalité, comment ça marche?«Il y a dans notre corps tellement de possibilités de changement qu\u2019on n\u2019utilise pas.Pourquoi?Parce qu\u2019on crée un mode de vie qui ne les requiert pas: un monde mort qui, par un effet de feedback, nous influence, nous rendant morts à notre tour.Nous pensons que c\u2019est la raison fondamentale de la mort, le point de départ de la destruction psychologique.» L\u2019explication d\u2019Alekseï emprunte un détour : «Il y a des gens qui essayent de changer leurs croyances en adoptant, par exemple, les religions orientales.Nous les voyons arriver à Gavdos, venus de Grèce et de toute l\u2019Europe.Ils disent: \u201cOn va survivre dans la forêt.\u201d Pendant une année, ils travaillent à créer leurs conditions de survie.Après, ils ne savent pas quoi faire.Certains repartent, d\u2019autres commencent à se détériorer.» Impératif catégorique des Russes pythagoriciens : toujours produire des idées neuves.Ne jamais tout à fait atteindre son but, non plus.«Si tu l\u2019atteins, c\u2019est une petite mort: la mort d\u2019une idée.» «Nous cherchons, dans la vie de tous les jours, à dépasser les raisons de mourir qui nous gouvernent», intervient Alla.Au large de la Crète, Gavdos est pour ainsi dire Tile d\u2019une île.Mais elle possède un îlot à son tour, encore plus minuscule, appelé Gavdo-poula, vide d\u2019humains et peuplé d\u2019oiseaux.«Py-thagore racontait que, dans une vie précédente, il avait rencontré Hermès à Gavdopoula.Le dieu lui dit: \u201cJe peux tout te donner, sauf l\u2019immortalité.\u201d Pythagore demanda alors de pouvoir se souvenir de toutes ses vies.Car ce qui est vraiment dommage avec la mort, c\u2019est que toutes les expériences accumulées disparaissent.» Quitter ces gens et ces lieux, c\u2019est s\u2019arracher.Vous le faites quand même en vous disant que vous avez peut-être saisi quelque chose.On dit habituellement que seule l\u2019acceptation de notre finitude permet de donner de la valeur à chaque instant.Mais les Russes de Gavdos ont une autre idée: l\u2019immortalité comme mode de vie \u2014 si vous avez bien compris \u2014 consiste à vivre chaque instant dans la plénitude absolue que Ton peut ressentir lorsqu\u2019on ne pense pas à l\u2019avenir comme à une source d\u2019angoisse.Vous vous dites, aussi, que si l\u2019immortalité devient un jour une réalité, ces gens si aimables, si évidents et si étranges en seront dignes et en feront bon usage.Clairement, ils sont des spécimens d\u2019une autre humanité.Le Temps A 6 LE DEVOIR LE LUNDI 24 AOUT 2015 EDITORIAL GRECE L\u2019épreuve du réel La crise de la dette grecque vient de faire une nouvelle victime : jeudi dernier, le premier ministre et chef du parti radical Sy-riza, Alexis Tsipras, a remis sa démission.Des élections auront donc lieu le mois prochain, au cours desquelles Tsipras a bien l\u2019intention de se refaire une majorité, faute d\u2019une virginité idéologique que sa propre gauche lui conteste désormais.E Jean-Robert Sansfaçon lu il y a seulement sept mois sur la base d\u2019un programme de gauche qualifié de radical parce qu\u2019opposé aux mesures d\u2019austérité, le parti SjTiza a éclaté le 14 août dernier à l\u2019occasion du vote de la Vouli, le Parlement grec, entérinant l\u2019entente négociée avec l\u2019Eurogroupe.Cette nuit-là, une quarantaine de députés de SjTiza avaient voté contre leur gouvernement, qui demandait aux élus d\u2019entériner des mesures pires que celles qui avaient été rejetées par le peuple lors du référendum tenu le mois précédent.Jeudi dernier, quelques heures seulement après avoir reçu une première tranche des 86 milliards d\u2019euros de financement de l\u2019Union européenne pour recapitaliser ses banques et rembourser des obligations échues, le premier ministre Alexis Tsipras a donc remis sa démission, faute d\u2019une majorité de voix au Parlement.Pour les plus radicaux à l\u2019intérieur du parti ^\tSyriza, dont l\u2019ancien ministre Des Finances, Yanis Varoufakis, et celui de l\u2019Énergie, Pana-giotis Lafazanis, le dernier plan de sauvetage de la Grèce est une trahison puisqu\u2019il renie la raison même d\u2019existence de Syriza, la lutte contre l\u2019austérité.Pas question de l\u2019appuyer ni de soutenir le premier ministre lors des prochains votes qui doivent avoir lieu cet automne pour adopter d\u2019autres réformes aussi contenues dans ce plan imposé par l\u2019Europe.Une dissidence qui annonçait déjà une scission plus formelle survenue vendredi dernier au sein du jeune parti.Selon ces dissidents, la décision d\u2019Alexis Tsipras de déclencher des élections à ce moment-ci est pur opportunisme.En agissant aussi tôt après la signature du mémorandum avec l\u2019Eu-rogroupe, M.Tsipras évite que le peuple grec prenne la mesure des changements attendus, comme la hausse des taxes, la privatisation d\u2019infrastructures et la suppression des préretraites.À la défense de ces radicaux parmi les radicaux, il est évident que la Grèce n\u2019aura pas les moyens de suivre à la lettre les échéances de remboursement imposées par ses créanciers tout en réduisant encore davantage ses dépenses.Pour la présente année, le pays risque une fois de plus la récession, une nouvelle diminution des revenus fiscaux.et celle des dépenses.Cela dit, Alexis Tsipras est lui aussi convaincu que la situation est intenable, mais il a voulu éviter que la Grèce soit suspendue, même temporairement, de la zone euro, comme l\u2019Allemagne le proposait.Si, pour les dissidents, une sortie de l\u2019Euro et le retour de la drachme constituent pourtant le seul moyen d\u2019échapper aux griffes des créanciers, pour Tsipras, il reste encore des cartouches, tel l\u2019effacement d\u2019une partie de la dette, qui est aussi souhaité par le FMI.Des élections auront donc lieu le 20 septembre prochain qui opposeront les partis de la droite et de la gauche traditionnelles à l\u2019équipe restante d\u2019Alexis Tsipras et à un nouveau parti indépendant, l\u2019Unité populaire (allusion au Chili sous Al-iende.), fondé vendredi dernier par un groupe de 25 dissidents de Syriza.Pour le moment, Alexis Tsipras reste le politicien le plus apprécié des Grecs, qui lui reconnaissent le mérite d\u2019avoir tenté de négocier la moins mauvaise des ententes avec l\u2019Eurogroupe.Mais le facteur qui pourrait se révéler déterminant malgré la scission au sein de Sjniza, ce sont les particularités de la Constitution grecque qui stipulent qu\u2019une élection déclenchée moins de 18 mois après la tenue du scrutin précédent doit avoir lieu sur présentation de listes fermées de candidats des partis.Les Grecs seront donc appelés à voter en bloc pour l\u2019une ou l\u2019autre des formations, ce qui pourrait favoriser la réélection de Tsipras et de sa nouvelle équipe malgré le départ des dissidents.Si Sjniza parvient à convaincre 37 % des électeurs, il détiendra automatiquement la majorité des sièges et Tsipras pourra gouverner sans former de coalition.Auquel cas, Alexis Tsipras aura les coudées franches pour quatre ans à la tête d\u2019un gouvernement radical.modéré.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BERNARD DESCOTEAUX Rédactrice en chef JOSÉE BOILEAU Vice-présidente, développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-présidente, ventes publicitaires LISE MILLETTE Directeur des finances STÉPHANE ROGER Directrice de ^information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Adjoints PAUL CAUCHON, JEAN-ERANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur artistique CHRISTIAN TIEEET Directeur de la production CHRISTIAN GOULET UK NOWVÎAÜH HAfiTJ % StEPACn MAPPfP LETTRES Barreau: le conseil aussi doit démissionner Le Barreau se débarrassera-t-il de sa bâ-tonnière comme César s\u2019est débarrassé de sa femme en l\u2019accusant de tous les vices ?Heureusement, le Barreau n\u2019a pas les pouvoirs arbitraires de César et «l\u2019institution que constitue le Barreau du Québec, comme la femme de César dans l\u2019expression bien connue, doit être à l\u2019abri de tout soupçon» («La femme de César», un texte de Pierre Sébastien paru en page Idées le 18 août).Cette impeccabilité du Barreau ne repose pas que sur la bâtonnière ou le bâtonnier, mais sur toute instance qui prétend exercer le pouvoir en son nom.En l\u2019espèce, le conseil d\u2019administration du Barreau se serait comporté de façon illégale ou, à tout le moins, aurait pris des décisions exceptionnelles dans un contexte de règlement de comptes politique expéditif (La démocratie ne serait-elle le système idéal que lorsqu\u2019elle donne la majorité à un représentant du vrai Pouvoir?).En définitive, le Barreau, représenté par son conseil d\u2019administration, ne se serait pas montré à la hauteur de sa mission proclamée.Oui, il faut des élections pour laver cet embrouillamini; certains diraient pour nettoyer les écuries d\u2019Augias.Mais il est trop facile de réclamer uniquement la démission de la bâtonnière comme si elle était la seule fautive dans cette affaire.Tous les membres élus du conseil doivent également démissionner et soumettre leur conduite à l\u2019appréciation des membres du Barreau.Ce faisant, le Barreau démontrerait que le droit et la protection des droits individuels ont quand même progressé depuis l\u2019époque de César.Les institutions puissantes, a fortiori le Barreau, ne demeurent honorables que si elles respectent les droits individuels plus que leur propre image.André Poupart, membre du Barreau Le 20 août 2015 Qui peut arrêter Harper ?Le Bloc québécois reproche au Nouveau Parti démocratique (NPD) de ne pas avoir été une bonne opposition.Dans un système parlementaire comme le nôtre, et particulièrement avec un gouvernement autoritaire comme celui de Stephen Harper, le gouvernement fait ce qu\u2019il veut lorsqu\u2019il est au pouvoir.Ce n\u2019est pas à la Chambre des communes que le travail doit se faire, mais sur le terrain avec les militants de la société civile.Les actions antidémocratiques des conservateurs ne remontent pas qu\u2019à l\u2019arrivée majoritaire du NPD au Québec en 2011.Qu\u2019est-ce que le BQ va bloquer dans l\u2019opposition?Qu\u2019ont-ils réussi à bloquer de 2006 à 2011 alors que les conservateurs n\u2019étaient pourtant que minoritaires.Prorogation à deux reprises du Parlement; contrôle sur les relations de presse et les scientifiques ; abolition du questionnaire long du recensement de Statistique Canada; destruction de Droits et Démocratie ; élimination des subventions aux organisations dissidentes des droits de la personne (Alternatives) ; loi niant le droit des femmes à l\u2019équité salariale, et j\u2019en passe.Toutes ces actions pendant que le Bloc avait la majorité au Québec.Il est vrai que ça me déçoit beaucoup que le NPD ne prenne pas une position ferme contre Énergie Est.Peu importe le parti au pouvoir, il faudra continuer à lutter sur le terrain pour empêcher les pipelines de passer.Mais, c\u2019est avec un parti au pouvoir que nous pourrons arrêter la destruction catastrophique de notre société démocratique.Nous aurons bien le temps ensuite de travailler à préparer l\u2019indépendance au Québec, pas à Qttawa.Pierre Alarie Montréal, le 20 août 2015 LIBRE OPINION Donnons le pouvoir aux experts ! GERARD BELANGER Professeur titulaire.Département d\u2019économique.Université Laval \\ A moins que les ^philosophes ne deviennent rois dans les États, ou que ceux qu\u2019on appelle rois et souverains ne deviennent de vrais et sérieux philosophes, et qu\u2019on ne voie réunies dans le même sujet la puissance politique et la philosophie, il n\u2019y aura pas de relâche aux maux qui désolent les États, ni même, je crois, à ceux du genre humain.» (Platon, La République) Si chacun regarde la réalité à travers une fenêtre plus ou moins étroite, il en découle des prescriptions favorables aux intérêts de celui qui est impliqué.La citation du philosophe Platon en est une bonne illustration : le philosophe-roi est le dirigeant idéal de la cité, éclairé par la culture, l\u2019art et la pensée.Il propose d\u2019ailleurs une conception romantique du dirigeant: «Aucun homme, quel qu\u2019il soit, en aucune fonction de direction, dans la mesure oû il exerce cette direction, ne considère ce qui est son intérêt propre, ni le prescrit, mais bien ce qui est utile à celui qu\u2019il dirige et par rapport auquel il est l\u2019expert en son art.» Il devient un chevalier.Le parti pris de Platon pour la place du philosophe dans l\u2019univers politique ne se re-trouve-t-il pas aujourd\u2019hui dans les recommandations des groupes d\u2019experts de leur accorder un rôle autonome dans les programmes gouvernementaux?Les experts font la promotion de leurs intérêts en recommandant la création d\u2019organismes spécialisés, financés par le secteur public mais indépendants des processus politiques.C\u2019est aussi la voie prise par les universitaires dans leurs travaux, commandités ou non, qui concluent inéluctablement à la nécessité de plus de travaux de recherche sur la question à l\u2019étude.Des exemples Les dépenses de santé totalisent une part importante de l\u2019économie, soit une prévision de 11% du PIB canadien en 2014 avec un financement public de 70%.Elles font l\u2019objet de multiples rapports demandés à des experts par les différents gouvernements.Ils recommandent généralement de dépolitiser les décisions sur ce secteur malgré la grande importance du financement public.En voici deux exemples.Le premier est tiré du rapport de la Commission d\u2019étude sur les services de santé et les services sociaux, le rapport Clair : «La structure ministérielle telle qu\u2019on la connaît depuis 1970 est-elle toujours adaptée au contexte actuel pour agir comme principal instrument de gouverne en fait d\u2019administration globale de l\u2019offre de services ?Ne faudrait-il pas créer une agence ou une société publique dotée d\u2019un conseil d\u2019administration hautement crédible pour coordonner l\u2019administration de l\u2019offre de services, en conformité avec les orientations et les budgets décidés par le gouvernement, auquel cas le ministère, ainsi allégé, verrait plutôt à élaborer les politiques, à définir les standards et à évaluer les résultats ?» Récemment, le Groupe consultatif sur l\u2019in- novation des soins de santé publiait son rapport; il recommandait d\u2019établir un Fonds d\u2019innovation pour les soins de santé qui devrait atteindre après quelques années une somme d\u2019un milliard par an et aussi de créer un nouvel organisme, l\u2019Agence d\u2019innovation de la santé du Canada.Voici son mandat: «L\u2019Agence devrait assurer la surveillance et fournir une expertise au Fonds conformément au double objectif de retirer les obstacles structurels à l\u2019innovation et d\u2019appuyer la propagation et le déploiement à grande échelle.L\u2019Agence devrait être indépendante et financée par le gouvernement fédéral.Elle devrait être régie par d\u2019éminents Canadiens recevant le soutien d\u2019un ou de plusieurs comités consultatifs composés de représentants d\u2019un éventail d\u2019intervenants.Sa structure organisationnelle devrait lui permettre de fournir une surveillance et une orientation solide et indépendante du Fonds.» Ces deux exemples montrent bien une volonté de dépolitiser des dépenses publiques dont le financement les place dans la sphère politique oû de multiples objectifs sont en concurrence.En somme, vouloir le beurre et l\u2019argent du beurre.La surestimation des experts Comme tout groupe, les experts surestiment leur contribution en dissimulant bien leurs lacunes ou faiblesses.Les experts sont rarement unanimes, et cela est positif Le développement des connaissances ne suit pas une trajectoire linéaire, mais s\u2019apparente plu- tôt au jeu de notre enfance, «Serpents et échelles».L\u2019incertitude demeure.De plus, les résultats obtenus lors d\u2019une expérience sur un groupe déterminé ou pour une situation particulière se généralisent difficilement lorsque les mêmes conditions sont imposées à tous.C\u2019est le grave problème des expériences pilotes volontaires, comme c\u2019est le cas pour les expériences sur les différentes formes de rémunération des médecins.Volonté politique Les politiques publiques dépassent les aspects scientifiques pour impliquer des choix entre différents objectifs et des valeurs.Ce n\u2019est plus le monde de la science, même si des connaissances approfondies aident les personnes à former de meilleurs jugements.Les rapports ne se contentent pas de faire la promotion du rôle des experts dans les politiques publiques ; ils contiennent souvent des recommandations qui pour un social scientist ont peu de sens ou de portée.Il est intéressant de donner quelques exemples.Tout un rapport récent sur le système public de santé de l\u2019Angleterre est consacré à un «Better leadership for tomorrow».De plus, régulièrement, les rapports insistent sur l\u2019idée que la résolution des problèmes exige une volonté politique ou un changement de culture.Leadership, volonté politique, changement culturel, voilà de beaux thèmes qui sonnent bien, mais sans grande valeur opérationnelle.Ils conservent une consonance élitiste. LE DEVOIR LE LUNDI 24 AOUT 2015 A 7 IDEES DEVELOPPEMENT REGIONAL En périphérie des élections MARC-URBAIN PROULX Professeur, chercheur en économie régionale à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi un des faits marquants de l\u2019ac-tuelle gouverne libérale s\u2019ins-/ crit dans la coupe des ressources financières allouées au développement rural, local et régional.Fut même abolie une institution historique de planification régionale, soit les Conférences régionales des élus (CRE).Geste d\u2019autant plus symbolique puisque la lettre «R», pour régions, fut éliminée de l\u2019acronyme du ministère des Affaires municipales et de l\u2019Occupation du territoire.Malgré quelques jérémiades contre l\u2019austérité, la résistance des régions centrales, périphériques et métropolitaines fut relativement faible.Faiblesse du régionalisme jadis effervescent qui s\u2019est refroidi par étapes distinctes franchies depuis 25 ans au fil de la politique publique.En effet, les difficultés de ces organismes de développement régional ont commencé au début des années 1990, après deux décennies de succès incontestables.Le déclencheur réel fut le retrait du gouvernement fédéral de ses transferts financiers ciblés sur cette mission publique de compétence provinciale.Versés depuis les années 1960, ces transferts permettaient de financer l\u2019OPDQ (Office de planification et de développement du Québec) mandatée pour la conception et l\u2019application de la politique régionale.Le gouvernement fédéral n\u2019obtenait que très peu de visibilité politique de ce financement.11 l\u2019a aboli.Avec les ressources récupérées, Ottawa institua l\u2019agence Développement économique Canada (DEC) pour le Québec, avec ses antennes régionales.Du coup, Québec fut contraint de démanteler l\u2019QPDQ en 1992 et de réduire son soutien au développement régional.Depuis, chaque nouvelle politique de Québec a progressivement af faibli la mission de coordination globale des acteurs du développement régional : replis sectoriels avec la planification stratégique (1992) ; création des conseils locaux de développement (1998) ; replis locaux avec la mise en oeuvre des CRE (2003) ; non-renouvellement de la mission des CRE avec la LAQVT de 2012 (Loi pour assurer l\u2019occupation et la vitalité des territoires).De Québec vers Ottawa Les douloureuses compressions de Québec au regard de toute la somme accordée au développement rural, local et régional totalisent seulement 130 millions de dollars.Alors que DEC a alloué plus du double en cette année 2014 pour financer des initiatives locales et régionales de développement.Déjà évidente auparavant, la l m I JACQUES NADEAU LE DEVOIR Depuis 2014, le véritable ministre des régions du Québec est à Ottawa.Sur la photo, Denis Lebel, ministre fédéral de l\u2019Infrastructure et des Affaires intergouvemementales.différence entre les moyens désormais consentis par Québec et par Qttawa illustre encore davantage aujourd\u2019hui l\u2019appropriation par ce dernier de ce champ d\u2019interventions publiques.Depuis 2014 en réalité, le véritable ministre des régions du Québec s\u2019avère celui de Développement économique Canada.Ministre qui a eu la responsabilité d\u2019allouer près de 3 milliards de dollars dans toutes les régions du Québec en 2009-2010 dans le cadre spécial du plan d\u2019action économique du Canada.Belle visibilité ! Si le réflexe traditionnel des acteurs locaux et régionaux consiste à se tourner vers Québec pour exprimer leurs problèmes, leurs besoins, voire leurs doléances, la question régionale devrait désormais être adressée au gouvernement fédéral.Certes, DEC n\u2019a pas de tribune régionale pour recevoir les idées, les critiques, les opinions, les préférences démocratiquement exprimées.Mais Québec n\u2019a plus non plus ce genre de forum régional depuis 2014.Existe néanmoins le processus électoral pour soulever les enjeux et les questions.Ce qui signifie que la campagne très actuelle ouvre une fenêtre pertinente pour analyser et commenter non seulement les ressources allouées par le gouvernement fédéral sortant, mais aussi les retombées réelles de ses priorités en matière de développement régional.Nous sommes aussi en droit de demander aux divers partis politiques en compétition ce qu\u2019ils proposent pour le développement régional.Problèmes régionaux Puisque l\u2019on cible largement les effets plutôt que les causes, les problèmes régionaux deviennent évidemment nombreux.Les solutions appropriées le sont moins.Généralement, les campagnes électorales permettent de mettre en évidence les besoins en infrastructures et en équipements.Puisqu\u2019un port, un aéroport, une route, un aréna, un chemin de fer, un centre de recherche frappent l\u2019imaginaire des électeurs, les politiciens adorent promettre ce genre de projets.Qr, si elles sont certes essentielles, ces infrastructures sont généralement insuffisantes pour développer une région.Car elles n\u2019attirent pas automatiquement les activités économiques, souvent au grand désespoir des électeurs.Ce constat fut vérifié à de nombreuses reprises avec des aéroports démesurés, des ports demeurés sans industrie, des autoroutes qui drainent les lieux de destination plutôt que de les irriguer, des voies ferrées sous-utilisées, des arénas à peu près vides.Qr, le problème fondamental des régions du Canada en général et du Québec en particulier réside dans l\u2019érosion de la richesse créée par des entreprises à sièges sociaux extérieurs qui y fleurissent.Non seulement la richesse générée par l\u2019extraction croissante des ressources naturelles fuit hors des circuits économiques locaux et régionaux (ce qui est un problème régional classique au Canada), mais depuis quelques décennies, cette fuite de richesse s\u2019accroît continuellement, en générant moins de retombées dans les tissus économiques des lieux et milieux où elle est créée.En réalité, les technologies utilisées pour obtenir les nécessaires gains de productivité éliminent les postes de travail dans les entreprises et ainsi les salaires versés dans les économies locales.Phénomène de délocalisation La solution largement préconisée concerne la transformation des ressources naturelles en produits finis et semi-finis, dans un esprit de structuration économique.Force est de constater cependant que les transformateurs ne veulent pas ou peu se localiser à proximité des bassins et gisements.Ils préfèrent plutôt une localisation près des grands marchés.Cette préférence est devenue telle que les transformateurs déjà établis en régions illustrent actuellement une nette tendance à sacrer le camp avec leur technologie souvent subventionnée.Ce phénomène de délocalisation affecte aussi, dans une moindre mesure, les régions centrales et métropolitaines.Que faire?11 faut poser cette question au grand responsable du développement régional.Celui qui a soutiré les ressources financières transférées à Québec afin de s\u2019approprier lui-même cette mission publique.Puisque la majeure partie du Canada est composée de régions périphériques, la question s\u2019avère cruciale.Est-ce que le modèle actuel d\u2019extraction des ressources naturelles en régions du Québec et du Canada s\u2019avère viable dans le contexte d\u2019une mondialisation plus ou moins contrôlée par nos ententes commerciales internationales ?Poser la question en régions, c\u2019est y répondre.PARTENARIAT TRANSPACIEIQUE La disparition programmée de la ferme familiale « D MARC LAVIOLETTE PIERRE DUBUC Respectivement président et secrétaire du SPQ Libre e longues années de souffrance et de difficultés économiques et financières et de diminution du niveau de vie », a prédit le premier ministre Couillard à propos du projet indépendantiste, dans une vaine tentative pour faire oublier sa squelettique «liste d\u2019épicerie» adressée aux chefs des partis fédéraux.Cette liste où brille par son absence le maintien de la gestion de l\u2019offre en agriculture, une question pourtant d\u2019une brûlante actualité.Selon le Globe and Mail, l\u2019échec temporaire des pourparlers sur l\u2019Accord de Partenariat transpacifique n\u2019est pas dû au refus du Canada de sacrifier les programmes de gestion de l\u2019offre en agriculture, mais à l\u2019apparitiqn-surprise d\u2019une entente entre le Japon et les Etats-Unis menaçant l\u2019industrie automobile au Canada et au Mexique.Pour adhérer au traité de libre-échange, le Japon exigerait qu\u2019une voiture produite dans les pays signataires de l\u2019Accord puisse être vendue exemptée de tarife avec un seuil de contenu de ses composantes provenant de ces pays largement inférieur à la norme de 62,5% requise actuellement dans le cadre de l\u2019ALENA Les fabricants japonais ont recours à des pièces d\u2019auto produites à laibles coûts dans des pays, comme la Thaïlande, qui se situent hors de la future zone de libre-échange.Selon le Globe and Mail, dans l\u2019éventualité d\u2019un accord rapide, toujours possible, les représentants des secteurs industriels et financiers, qui salivent à l\u2019ouverture d\u2019un marché de libre-échange représentant 40% du commerce mondial, interviendraient en force sur la place publique en faveur de l\u2019Accord pour faire «oublier» le passage à la trappe de la gestion de l\u2019offre en agriculture.Une surproduction mondiale En plus des exigences japonaises, la Maison-Blanche doit tenir compte des pressions exercées par la Nouvelle-Zélande pour un accès au marché américain pour ses produits laitiers.En guise de compensation, le président américain a promis aux producteurs américains l\u2019ouverture du marché canadien.La Nouvelle-Zélande, connue pour être «l\u2019Arabie Saoudite du lait», milite pour la libéralisation du marché mondial des produits laitiers.Jusqu\u2019à tout récemment, le pays misait toutes ses cartes sur l\u2019ouverture du marché chinois, mais celui-ci est déjà saturé, tout comme l\u2019ensemble du marché mondial.Depuis le début de 2014, le prix du lait a chuté de 63%, intensifiant la crise entre les pays producteurs.L\u2019Europe a aboli, au mois de mars dernier, son programme de quotas laitiers et ses producteurs se livrent désormais une concurrence féroce.Récemment, les producteurs français, ruinés par la chute des prix, ont bloqué des sites touristiques comme le Mont-Saint-Michel et intercepté, à la frontière franco-allemande, des camions chargés de produits laitiers allemands.En catastrophe, le gouvernement français a débloqué une subvention de plusieurs centaines de millions d\u2019euros, mais sans apaiser leur colère.Des conséquences catastrophiques Le programme de gestion de l\u2019offre est né au cours des années 1960 d\u2019une situation de surproduction de produits laitiers et d\u2019anarchie des marchés.Le programme est basé sur trois principes : la planification de la production en fonction de la demande ; un prix établi en fonction du coût de production; et le contrôle des importations.11 est administré par une instance fédérale, la Commission canadienne du lait créée en 1966, parce que l\u2019agriculture est une compétence partagée entre les niveaux de gouvernement en vertu de la Constitution et que les tarifs douaniers relèvent du gouvernement fédéral.La gestion de l\u2019offre couvre également, en plus du lait, la production de volailles et d\u2019œufs.Au Québec, la production de 6920 fermes familiales est sous gestion de l\u2019offre et représente 43,2% des recettes agricoles totales.Plus de 92 000 emplois directs et indirects en dépendent.Son abandon serait catastrophique pour l\u2019agriculture québécoise, mais de puissants intérêts mi- litent activement pour son élimination.John Man-ley, le président du Conseil canadien des chefs d\u2019entreprise, la qualifie de «dernier vestige de planification centrale à la soviétique de la planète».Les abolitionnistes font valoir que l\u2019ouverture du marché canadien profiterait aux consommateurs parce que le lait américain est moitié moins cher.La même logique pro-consomma-teur devrait les amener à saluer, l\u2019entente sur les voitures entre le Japon et les Etats-Unis, qui réduirait considérablement le prix des voitures ! 11 n\u2019en est rien.Cela nous rappelle qu\u2019en 2008, le gouvernement fédéral a versé 13 mil- On a tort de confondre l\u2019accès à un plus grand marché avec l\u2019adhésion à des traités de Hbre-échange taillés sur mesure pour satisfaire l\u2019appétit vorace de multinationales liards de dollars à l\u2019industrie automobile de l\u2019Qntario pour la sauver de la faillite et à peine quelques centaines de millions pour l\u2019industrie forestière en crise au Québec.Leur autre argument est que l\u2019abolition des mesures protectionnistes va ouvrir les marchés du vaste monde aux producteurs locaux.L\u2019Accord de libre-échange Canada-Europe a fait la preuve du contraire en permettant de doubler les importations de fromages européens hautement subventionnés.Selon le Globe and Mail, le gouvernement Haqier aurait prévu un programme de compensation pour aider les producteurs à être plus concurrentiels sur les marchés mondiaux.Un tel programme ne peut conduire qu\u2019à la concentration accélérée des exploitations parce que les fermes familiales québécoises, avec une moyenne de 77 vaches, ne peuvent concurrencer des exploitations américaines qui comptent plus de 10 000 vaches.Les fermes familiales, acculées à la faillite avec la disparition des quotas comme collatéral à leur endettement auprès des institutions fi- nancières, deviendront des proies faciles pour des entreprises comme Pangea de Charles Si-rois et sa partenaire, la Banque Nationale, qui cherchent à mettre le grappin sur les meilleures terres du Québec.Des gagnants?Quelques entreprises pourraient tirer profit de la nouvelle donne.Récemmenf Lino Saputo fils affirmait que «Saputo pourrait vivre sans gestion de l\u2019offre».Au cours des dernières années, l\u2019entreprise qui, de l\u2019aveu même de son p.-d.g, «a largement bénéficié du système de gestion de l\u2019offre», a pris de l\u2019expqnsion en Argentine, en Australie et qux Etats-Unis.Les Etats-Unis représentent aujourd\u2019hui plus de 50% de son volume de production et de son chiffre d\u2019affaires, et Saputo pourrait importer du lait à bas prix des Etats-Unis plutôt que de s\u2019approvisionner au Québec.Mais Saputo demeure un petit joueur à l\u2019échelle mondiale face à des géants comme NesÜé, Danone ou Fontera, et les difficultés actuelles de Bombardier face à Airbus et Boeing donnent à réfléchir.Les entreprises de petites nations comme le Québec ont certes besoin d\u2019un accès à un plus grand marché, qu\u2019on a tort de confondre avec l\u2019adhésion à des traités de libre-échange taillés sur mesure pour satisfaire l\u2019appétit vorace de multinationales à la recherche d\u2019acquisitions pour la création de méga-entreprises.L\u2019absence de toute réaction du ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation Pierre Paradis à l\u2019abandon des programmes de gestion de l\u2019offre par le gouvernement fédéral illustre la soumission du gouvernement Couillard à son grand frère fédéral.La suppression de la gestion de l\u2019oflf e en agriculture promet aux agriculteurs québécois «de longues années de souffrance et de difficultés économiques et financières et de diminution du niveau de vie».Et, oui.Monsieur Couillard, nous sommes prêts à relever le défi d\u2019un véritable débat sur les mérites respectifs du fédéralisme canadien et de l\u2019indépendance du Québec.L\u2019EQUIPE DU DEVOIR REDACTION Véronique Chagnon et Louis Gagne (adjoints a la direction de l information), Antome Robitaille et Guy Taillefer (éditorialistes, responsables de la page Idees), Michel Garneau (caricaturiste), Jacques Nadeau (photographe), Michael Monnier et Ohvier Zuida (recher-chistesphotos), information générale : Isabelle Pare (chef de division), Lisa-Marie Gervais (education), PA'SXBnAr& Shields (environnement), Amehe Daoust-Boisvert (santé), Pauhne Gravel (sciences), Fabien Deghse (société), Jean Dion\tJessica Nadeau, Phihppe Orfah et Karl Rettmo-Parazelh (reporters), information politique : Marco Fortier (chef de division), Michel David (chroniqueur), Helene Buzzeth et Mane Vastel (correspondantes parlementaires a Ottawa), Marco Belair-Cirmo et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires a 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(assistants) , correction : Andreanne Bedard, Isabelle Dowd, Christine Dumazet et Michele Malenfant , soutien à la rédaction: Amehe Gaudreau (secretaire), Laura Pelletier et Arnaud Stopa (commis) DOCUMENTATION Manon Derome (Montreal), Denise Ledoux (Ottawa), Dave Noel (Quebec) PUBOClTE Mehsande Sunard (adjointe par interim), Jean de Billy, Jean-François Bosse, Marlene Côte, Evelyne De Varennes, Amel Ehmam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebai (publicitaires), Sylvie Laporte (avis legaux), Amehe Maltais (coordonnatrice), Laurence Hemond (secretaire) PRODUCTION Bruno Dubois, China Marsot-Wood, Yannick Monn et Nathahe Zemaitis INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur web), Imane Boudhar (analyste programmeur), Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Genevieve O\u2019Meara (coordonnatrice des communications et de la promotion), Catherine Gentilcore (coordonnatrice du service a la clientele), Manon Blanchette, Nathahe Eihon et Kevin McKissock ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Claudette Behveau (adjointe administrative), Elorentina Draghici et Xavier Pigeon (par interim) A 8 LE DEVOIR LE LUNDI 24 AOUT 2015 ACTUALITES PÉTROLE SUITE DE LA PAGE 1 0,78 et 5,24 milliards de barils, avec une «moyenne» de 2,3 milliards.Aucun gisement n\u2019a encore été découvert à ce jour, mais les zones propices à la présence de pétrole sont tout de même connues, si l\u2019on se fie aux données scientifiques portant sur le shale de l\u2019Utica.Spécialiste des bassins sédi-mentaires du Québec, M.Malo, explique ainsi que la présence de gaz ou de pétrole dans le sous-sol dépend du degré de «maturité thermique».Passé un certain stade, on se retrouve en présence de gaz.Mais dans la partie nord-est de la formation de rUtica, soit grosso modo sur la rive nord du Saint-Laurent entre Portneuf et Beaupré, l\u2019ingénieur géologue souligne qu\u2019on se trouve dans la «fenêtre à huile».«Ily a un potentiel que du pétrole soit encore présent dans la roche», fait valoir Michel Malo.«Si j\u2019étais une compagnie et que je recherchais du pétrole, j\u2019irais explorer vers le nord-est», ajoute-t-il.L\u2019étude produite par la CGC en 2014, intitulée Caractéristiques géologiques et évaluation des ressources pétrolières du Shale d\u2019Utica, Québec, Canada, évoque elle aussi le même secteur du sud de la province.Des informations compilées par Le Devoir et présentant les 985 forages réalisés au Québec indiquent d\u2019ailleurs que des travaux menés dans cette région depuis 50 ans ont permis de découvrir des «in- ANDREW BURTON/GETTY IMAGES/AGENCE ERANCE-PRESSE Les Etats-Unis produisent de pins en pins de pétroie de schiste, notamment par i\u2019entremise du gisement de Bakken au Dakota du Nord.dices» de pétrole à Donna-cona, Portneuf, Neuville et Québec.Un forage avec fracturation mené en 2009 par l\u2019entreprise Junex à Saint-Augus-tin-de-Desmaures pour rechercher un gisement de gaz de schiste a même permis de produire une quarantaine de barils de pétrole.Une autre zone s\u2019étendant de part et d\u2019autre du Saint-Laurent, entre la pointe est du lac Saint-Pierre et file d\u2019Qrléans, pourrait renfermer des condensats qui peuvent être, dans certains cas, considérés comme du pétrole léger.Des forages menés dans le passé ont permis de déceler des «indices» de pétrole dans ces zones de la formation de rUtica, notamment à Batiscan et à L\u2019Epiphanie.Travaux à compléter Michel Malo rappelle en outre que les analyses scientifiques des chercheurs de l\u2019INRS et de la CGC qui ont permis de déceler ce potentiel pétrolier ont été réalisées à partir d\u2019une «méthode reconnue».11 insiste cependant pour dire que plusieurs données manquent pour bien évaluer le potentiel pétrolier et gazier.«Avant la crise du gaz de schiste de 2010, il y a eu quelques forages.Et nous étions sur le point de savoir si le bassin serait productif Mais tout a été stoppé, donc nous n\u2019avons pas encore beaucoup de données pour nous permet- tre de chiffrer un éventuel potentiel.Nous étions encore trop tôt dans la phase exploratoire.» Le shale de l\u2019Utica qu\u2019on trouve ici est toutefois « assez semblable » à la formation géologique présente en Qhio, où l\u2019on exploite déjà du pétrole et du gaz de schiste.«C\u2019est l\u2019équivalent du shale de l\u2019Utica, illustre Michel Malo.On voit qu\u2019il y a une bonne production de gaz et de pétrole.Ça pourrait être la même chose au Québec, mais il faudrait pour cela aller plus loin dans l\u2019exploration pour confirmer le potentiel.» C\u2019est l\u2019entreprise Junex qui détient les permis d\u2019exploration couvrant les zones les plus propices à la découverte de pétrole de schiste dans les basses-terres du Saint-Laurent.Appelé à commenter l\u2019intérêt de Junex pour d\u2019éventuels projets d\u2019exploration, Dave Pépin, vice-président Finances et Affaires corporatives, a simplement indiqué que sur le «plan géologique, il s\u2019agit certainement d\u2019un potentiel intéressant».Junex dit toutefois vouloir concentrer ses efforts de recherche pétrolière sur le projet Galt, situé en Gaspésie, où l\u2019entreprise dit avoir obtenu «d\u2019excellents débits de production de pétrole sans avoir besoin de fracturer la roche».Du côté de l\u2019Association pétrolière et gazière du Québec, on a dit ne pas avoir pris connaissance de l\u2019étude menée par des chercheurs de l\u2019INRS.Qn encourage cependant la «production locale» d\u2019hydrocarbures.Normalement, l\u2019évaluation environnementale stratégique de la fdière des énergies fossiles devrait être achevée cet automne.Un projet de loi sur les hydrocarbures doit suivre.Les études environnementales lancées par les libéraux de Philippe Couillard sur cette filière indiquent clairement que le gouvernement a l\u2019intention d\u2019ouvrir toute grande la porte à l\u2019exploitation pétrolière et gazière.Même le gaz de schiste est évoqué.Le Devoir MIGRANTS SUITE DE LA PAGE 1 lions unies pour les réfugiés (HCR), ont traversé la Macédoine et sont parvenues samedi et dimanche dans le sud de la Serbie.«Des centaines [de migrants] sont toujours à la frontière et d\u2019autres sont attendus», selon un communiqué du HCR, qui souligne également avoir obtenu l\u2019engagement du gouvernement macédonien «que la frontière sera ouverte aux réfugiés fuyant la guerre dans leurs pays».A Miratovac, village serbe près de la frontière macédonienne, les migrants, dont de nombreux enfants et femmes enceintes, sont pris en charge par les autorités locales et des équipes du HCR, ont rapporté des journalistes de l\u2019AFR Dans un campement, on leur distribue des vivres.Nombre d\u2019entre eux sont épuisés et demandent des soins médicaux.Ils sont ensuite transférés par autobus dans la ville voisine de Presevo où ils se voient délivrer les documents leur permettant de poursuivre leur périple vers le nord de la Serbie, dernière étape avant la Hongrie, pays membre de l\u2019UE.Tout en signalant un apaisement de la situation à la frontière gréco-macédonienne, l\u2019QNG Amnesty International s\u2019est inquiétée du «sort incertain » des personnes qui poursuivent leur parcours alors qu\u2019elles sont épuisées.«Certaines sont malades et ont désespérément besoin d\u2019une assistance humanitaire», a indiqué dans un communiqué l\u2019organisation de défense des droits de l\u2019homme.La Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a pour sa part appelé à un «plus haut niveau de collaboration et des efforts collectijs» pour répondre aux besoins des migrants, mettant en garde contre une «hausse dramatique» du nombre de personnes 42 000 Nombre de migrants qui ont franchi les frontières de la Macédoine depuis le 19 juin, selon les autorités gouvernementales qui vont affluer dans les prochains jours en provenance des îles grecques.Dans la matinée, quelque 500 personnes, selon la police grecque, ont traversé sans entrave la frontière gréco-macédonienne, pour monter dans des trains qui les conduiront vers la Serbie.Quelque 400 autres attendaient encore la permission de la police macédonienne pour passer.Parmi eux, Mohamed Rostom, Sjnien passé par l\u2019Irak et la Turquie avec son épouse et leurs trois enfants.11 dit avoir payé 4000 euros aux passeurs pour amener sa famille en bateau en Grèce.«Trois personnes sont mortes au cours de ce trajet vers la Grèce.Je veux aller en Allemagne pour travailler.Je veux être en sécurité et vivre comme un être humain, c\u2019est pour ça que fai choisi l\u2019Europe», a lancé M.Rostom.Avant le passage de ce week-end, les autorités macédoniennes avaient déjà enregistré l\u2019entrée de 42 000 migrants dans le pays depuis le 19 juin, dont plus de 7000 enfants.Secourus en mer Méditerranée Sur une des autres voies qu\u2019empruntent les migrants pour venir en Europe, quelque 4400 personnes ont été secourues samedi et 300 supplémentaires dimanche en mer Méditerranée dans des opérations coordonnées par des gardes-côtes italiens.Le chef de la diplomatie italienne, Paolo Genti-loni, a déclaré que, devant cette crise, l\u2019Europe risquait de montrer «le pire d\u2019elle-même» en ma- m, ' SAKIS MITROLIDIS AGENCE ERANCE-PRESSE La Macédoine a finalement ouvert le passage vers la Grèce aux réfugiés ce week-end.tière d\u2019immigration.11 a déploré V«égoïsme, les prises de décision hasardeuses et les disputes entre les Etats membres».«Aujourd\u2019hui, c\u2019est sur cette question [de l\u2019immigration] que l\u2019Europe soit redécouvrira son âme, soit la perdra pour de bon», a-t-il asséné, dans une interview publiée par le quotidien II Messaggero.En Allemagne, pays qui fait face à un afflux sans précédent de demandeurs d\u2019asile, dont le nombre pourrait atteindre 800 000 en 2015, le vice-chancelier Sigmar Gabriel a déclaré que la gestion de cette crise était «le plus grand défi de l\u2019Allemagne depuis la réunification » du pays.La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, tenteront lundi à Berlin de «donner une nouvelle impulsion » à la réponse donnée pqr l\u2019Europe à la crise des migrants, a annoncé l\u2019Elysée.Agence France-Presse VOILIER SUITE DE LA PAGE 1 L\u2019Exotic Dream, un rêve de mers infinies, de ciels enrobants à 180° et même de houle qui promet de faire apprécier la pétole (absence de vent).Mais d\u2019une enveloppe de métal vide à un vaisseau confortable, leur projet a emprunté bien des méandres inattendus.Le fantasme d\u2019exotisme du couple s\u2019est finalement transformé en ancre, du moins pour le moment.Retraite nautique Le voilier devait être le projet de retraite.«Ça prenait un grand bateau pour pouvoir s\u2019endurer », raconte la quinquagénaire en riant.«Le but n\u2019était pas de se parquer ici l\u2019hiver», reconnaît-elle tout de même.Après avoir acheté une coque rouillée de 16 mètres (53 pieds), ils ont dû eux-mêmes y greffer une quille, un moteur, un cockpit et toute une cabine intérieure avant de s\u2019y installer toute l\u2019année.C\u2019était en 2005.En 2006, Daniel, qui a mal au dos et au cou depuis plusieurs années, reçoit un diagnostic de spondylarthrite ankylosante, une forme d\u2019arthrite.11 est déclaré invalide, mais il trouve de l\u2019aide, notamment celle d\u2019un soudeur, pour poursuivre la construction du voilier.Le couple vend sa maison, et tout son contenu.Puis le bateau est mis à l\u2019eau en 2010, été durant lequel ils commencent à y vivre «à temps plein».Avant d\u2019entreprendre la construction de VExotic Dream, ils s\u2019étaient renseignés sur la bonne manière de financer le projet.Impossible d\u2019obtenir une hjqio-thèque maritime sur un bateau encore à naître, mais une banque canadienne leur certifiait cependant qu\u2019ils pourraient consolider tous leurs prêts une fois le bateau construit.«Nous avons pris des marges de crédit, des prêts personnels, retiré notre épargne, nous étions convaincus d\u2019être financés chemin faisant», relate Gloria.Puis le couperet tombe : la banque refuse de leur accorder cette hypothèque maritime.Une dette «dans les six chiffres», indiquent-ils, les étouffe.Malgré une poursuite judiciaire, qui «Nous refusons de passer le reste de nos jours a nous bercer dans un HLM» s\u2019est soldée par une entente à l\u2019amiable et l\u2019effacement d\u2019une partie de leur dette, ils traînent encore une «horrible» cote de crédit.Comme quoi les requins ne sont pas tous dans la mer.Dix ans après avoir acheté cette fameuse coque, assis dans une cabine assez haute pour s\u2019y tenir debout confortablement, Gloria et Daniel avouent qu\u2019ils étaient marins d\u2019eau douce, de simples amateurs, avant de s\u2019embarquer dans l\u2019aventure.U Exotic Dream navigue peu pour l\u2019instant, sauf durant les vacances, comme cet été quand ils ont filé sur les eaux du lac Qntario.Mais le départ est toujours annoncé comme étant imminent.Rêver aux Caraïbes En attendant, la femme de 54 ans saute du bateau chaque matin pour se rendre à son travail au quartier général de la Sûreté du Québec «grâce à [son] chauffeur privé», glisse-t-elle en regardant son complice.Lui est constamment sollicité par les autres plaisanciers pour un coup de main, avec ses mains habituées à bricoler.Après la maladie de Daniel et les ennuis financiers, ils flottent entre deux eaux.Peu importe, maintenant que les amoureux regardent la nuit par les hublots au-dessus de leur lit, ils ne regrettent rien.Ils ne se languissent pas d\u2019avoir un sol sous leur refuge, quand l\u2019hiver ils ont la «paix, la sainte paix» dans leur voilier, recouvert d\u2019un abri Tempo.La cabine est chaude et l\u2019homme à bord déneige une petite patinoire à proximité.Au printemps, sa compagne ramasse des «tonnes de sacs de plastique» qui engorgent leur lieu de vie.D\u2019un volume équivalent à celui d\u2019une maison mobile, leur nid est assez grand pour contenir deux salles de bain, deux chambres à coucher, tous les électroménagers de la vie moderne et, surtout, leur rêve intact.«Nous refusons de passer le reste de nos jours à nous bercer dans un HLM, nous aimons mieux regarder l\u2019eau friser la coque», dit Daniel.Aussitôt que tous les derniers morceaux seront fixés sur le voilier, que le crédit leur donnera assez d\u2019air pour partir, les Caraïbes les attendent, «pour traîner d\u2019une île à l\u2019autre».Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9® étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ® Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h Renseignements et administration : 514 985-3333 D Le Devoir sur ledevoir.com GG sur Facebook et sur Twitter La rédaction Au téléphone 514 985-3333 / 418 643-1541 Par courriel\tredaction@ledevoir.com Par télécopieur\t514\t985-3360 Publicité Au téléphone\t514\t985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais)\t1 800 363-0305 Par télécopieur\t514\t985-3390 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone Par 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Québécor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement n° 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007."]
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