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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier F
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2015-10-24, Collections de BAnQ.

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[" LIVRES C A L E\tIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 D'apres une histoire, vécue roman s\u2019écrit de plus en plus dans les frontières du réel.Au prix de l\u2019imagination ?Histoires inspirées de faits réels, biographies, autobiographies, récits de vie.On assiste depuis quelques années à une forte montée de ce qu\u2019on peut bellement appeler les « écritures du réel» \u2014 qu\u2019elles soient peu ou prou teintées d\u2019imagination.Et la tendance est forte, très forte en cette rentrée automnale, tant du côté québécois que du français.En littérature, le «vécu» et le «vrai» gagnent-ils du terrain sur l\u2019imagination?CATHERINE LALONDE est aux Etats-7 Unis que se remarque d\u2019abord la montée de ce qu\u2019on nomme là-bas la «non-fiction».Portée par le journalisme littéraire {«literary journalism») des années 1960, la vague est poussée ensuite par les mémorialistes des années 1990.Sophie Létourneau, écrivaine et pro-fesseure en littérature contemporaine à l\u2019Université Laval, s\u2019intéresse depuis longtemps à la question de la représentation du réel et au rôle des écrivains dans le monde.Et conséquemment, à ce «genre» que forment les écritures réelles.Elle constate aussi leur progression.«Au XVIP siècle, Vœuvre de littérature par excellence devait être inspirée des Grecs; au 19% les textes devaient être en vers.Au XX^ siècle, on a considéré, surtout dans les traditions française et québécoise, que la littérature était une œuvre de fiction, et surtout un roman.Mais on remarque actuellement une montée de la non-fiction, qui s\u2019impose, qui rebalance, et qui redéfinit ce qu\u2019on considère comme étant littéraire ou comme ne l\u2019étant pas.» Le XXL siècle sera-t-il celui des écritures du réel ?Si l\u2019attrait du vrai, du vraisemblable et du vécu est partout \u2014 à la télé, dans les médias, sur les réseaux sociaux \u2014, il ne serait pas seulement motivé, du moins en littérature, par le narcissisme d\u2019époque et la fascination des mises en scène de soi.«Je pense qu\u2019il y a un nouvel espace qui s\u2019ouvre en littérature, poursuit celle qui a signé le roman Chanson française (Quar-tanier, 2013), qui n\u2019est plus tant de l\u2019ordre de la représentation que de la performance».Comme en arts visuels, où poser un geste, créer un événement devient œuvre en soi.Sophie Létourneau cite le Duras aruspice de Catherine Mavrikakis.La penseuse y revient sur un article écrit par Marguerite Duras et inspiré d\u2019un infanticide.«Elle dit qu\u2019on s\u2019attend à ce que les écrivains fassent une littérature qui n\u2019a pas d\u2019impact sur le monde dans lequel on vit, résume Létourneau, qu\u2019ils restent dans l\u2019espace de la fiction, cet espace sans lien avec l\u2019actualité, la réalité, sans lien avec des personnes vivantes.» L\u2019imagination, au ban du monde Bref, dès que l\u2019écrivain se mêle de réalité, c\u2019est comme s\u2019il sortait de sa place assignée ; et la littérature conséquemment n\u2019est plus qu\u2019un ornement.Quand la littérature fait irruption dans le monde dans lequel on vit, c\u2019est cette transgression qui choque \u2014 pas seulement l\u2019exposition de soi, l\u2019impudeur ou le «je» qu\u2019on associe trop souvent aux écritures du réel.«Le \u201cje\u201d domine dans ces textes en ce moment, mais il n\u2019est pas nécessaire.Emmanuel Carrère en est un bon contre-exemple, quand il mêle une posture biographique à l\u2019histoire du catholicisme dans Le royaume [P.O.L, 2014], exemple.Il se promène davantage que d\u2019au- CHRISTIAN TIFFET très sur ce large spectre qui va de l\u2019ego au monde.» Le corps même de l\u2019écrivain, la place qu\u2019il prend dans l\u2019actualité, par le scandale ou la promotion, peuvent être vus comme un événement.«Beaucoup d\u2019écrivains, par exemple ceux qui pratiquent, disons, \u201cl\u2019autobiographie radicale\u201d, posent ainsi un geste pour troubler le réel.Simon Liberati, avec Eva [Stock], cherche une justice pour sa compagne Eva Ionesco.Comme Christine Angot [Un amour impossible, Llam-marion] ou feue Nelly Arcan [Putain, Seuil], qui, en exposant même leurs propres corps, vont briser l\u2019espace de sécurité que peut être la fiction.Ce désir d\u2019intervenir fait \u2014 et ce n\u2019est qu\u2019une hypothèse \u2014 qu\u2019auteurs et lecteurs sont à redéfinir la littérature en même temps qu\u2019ils redéfinissent le monde dans lequel on vit; et le rôle que peut jouer la littérature.» Si elle constate elle aussi la montée des écritures du réel, pour l\u2019éditrice d\u2019Héliotrope et observatrice de la littérature Olga Duhamel, «ce qui se joue depuis quinze ans dans l\u2019écrit autour de l\u2019intimité participe de quelque chose de différent à mon sens.Ces \u201cécritures du VOIR PAGE F 5 VÉCU O 9© \u2022 La crasse envie d\u2019adultère, sous la loupe de Fanny Britt Page F 3 Et combien ça vaut, vraiment, la littérature?Page F 4 Blanchot à Harvard La bibliothèque Houghton de l\u2019Université Harvard a fait l\u2019acquisition des archives du philosophe, romancier, critique et théoricien littéraire Maurice Blanchot (1907-2003).Si sa posture politique à l\u2019aube de la Seconde Guerre mondiale demeure fortement critiquée et discutée \u2014 Blanchot s\u2019est engagé pour l\u2019antisémitisme et l\u2019extrême droite, avant de balancer ensuite vers le communisme et une certaine extrême gauche \u2014, il fait partie des penseurs qui ont influencé les postmodernes et les post-structuralistes.C\u2019est la fille de l\u2019auteur, Cidalia Blanchot, qui a cédé 20 cartons de documents et artefacts, dont plusieurs écrits inédits, à Harvard.On y retrouve des manuscrits, des ta-puscrits, des épreuves ; des études, essais et critiques ; 26 carnets qui relient des notes et traductions autour de textes de Nietzsche, Hegel, Heidegger, Marx et Kafka; des notes de lecture sur Valéry, Sagan, Sartre, Loucault, Derrida ; des correspondances (Antelme, Derrida, Bataille).Et des centaines de lettres de son amante des années 1940, Denise Rollin.Le Devoir y ^\ts*' MAURICE BLANCHOT Détail de trois des 26 cahiers de Maurice Blanchot, contenant des notes de lecture et des brouillons de lettres M Librairie .ÛYleA Des livres et des libraires librairiemonet.com Galeries Normandie \u2022 2752, rue de Salaberry, Montréal (QC) H3M 1L3 \u2022 Sortie 4 de l'autoroute 15 \u2022 Tél.: 514-337-4083 \u2022 Sans frais: 1-877-337-4083 \u2022 monet.leslibraires.ca F 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 LIVRES LITTERATURE QUEBECOISE Agonie Doux dément, un 35'^ livre pour Gilles Archambault CHRISTIAN DESMEULES Devenu trop las pour inventer, Gilles Archambault, longtemps collaborateur au Devoir, choisit d\u2019interroger des miroirs qui lui renvoient une image à peine déformée du réel.Octogénaire, veuf inconsolable {Qui de nous deux ?, Boréal, 2011), écrivain abondant, mais apparemment négligé, il a mis un terme à la plupart de ses activités professionnelles, leur préférant désormais le confort de ses papiers jaunis et de ses vieilles pantoufles.Une autofiction?Si on veut.Doux dément, son 35® titre depuis Une suprême discrétion boréal), paru en 1963, alimente la confusion entre auteur, narrateur et protagoniste, qui tous portent le même nom, ont écrit les mêmes livres, partagent parfois les mêmes amis.«De la fiction de vieil homme», confie Gilles Archambault.Lequel?Celui-là, peut-être, qui s\u2019inquiète en permanence de sa position marginale dans la vie littéraire et qui se demande ce que lui vaudra ce Doux dément qu\u2019il est vaguement en train d\u2019écrire ?Ce vieillard aigri et solitaire qui entretient le souvenir ému de sa femme, qui, à l\u2019occasion, le surnommait avec affection «mon doux dément» ?Cet auteur incontinent qui est «plus ou moins Gilles Archambault» nous raconte ainsi le moment de «déraison» qu\u2019il a connu avec une jolie femme beaucoup plus jeune que lui, Anouk, une agente immobilière de quarante ans qui a emménagé dans son immeuble il y aura bientôt deux ans.Troublé et attiré physiquement par MARIE HELENE TREMBLAY LE DEVOIR Doux dément alimente la confusion entre auteur, narrateur et protagoniste, qui tous portent le même nom.elle, mais sans le moindre espoir \u2014 fatalité qui ne tient pas au fait qu\u2019elle n\u2019aime ni le jazz ni les mêmes écrivains que lui \u2014, l\u2019écrivain est confiné au rôle d\u2019ami fasciné, de voisin utile et de spectateur impuissant de sa vie amoureuse.Le temps que va durer cet épisode d\u2019enchantement illusoire et passager, tout au plus quelques semaines, cette femme va ainsi occuper à son insu le centre de l\u2019existence du vieil homme.Un secret qu\u2019il n\u2019osera pas dévoiler au petit groupe d\u2019amis avec qui il se réunit tous les mois dans le restaurant d\u2019un hôtel français (rien de moins) du centre-ville de Montréal pour de longs «déjeuners» où coulent à flots l\u2019alcool et la nostalgie.Des rencontres qui sont l\u2019occasion pour cette «petite bande» de retraités repus (anciens hauts fonctionnaires, professeurs d\u2019université, réalisateurs à Radio-Canada, chacun plus ou moins écrivain), conscients pour la plupart que leur époque est révolue, de refaire encore un peu le monde ou de partager leurs soucis érectiles.Sous les jérémiades, ce récit dilué d\u2019un ultime sursaut sentimental contient quelques passages touchants sur la solitude des vieilles personnes.«Je suis entré dans un âge qui n\u2019est au mieux qu\u2019une antichambre de la mort.» L\u2019écrivain au cœur sombre Mais ce qu\u2019il donne d\u2019une main, il le reprend de l\u2019autre.Et sous le détachement feint de ce Gilles Archambault, le narrateur de Doux dément \u2014 à ne pas confondre avec Gilles Archambault né à Montréal en 1933 \u2014, souffle ainsi un long lamento inquiet quant à son importance dans la vie littéraire.Un art du paradoxe qui tient parfois aussi dans une phrase : «J\u2019ai besoin d\u2019une solitude qui pourtant me désespère.» On cherche ici et là, bien sûr, des traces d\u2019ironie ou d\u2019autodérision, avant de se rappeler qu\u2019il y a longtemps que Gilles Archambault \u2014 l\u2019autre, peut-être le «vrai» \u2014 est pour ainsi dire à l\u2019article de la mort.Depuis toujours, son œuvre abondante, faite de romans, de récits et de recueils de nouvelles, se fait l\u2019écho d\u2019une longue agonie.Ce Doux dément n\u2019y fait pas exception.Il se tient pourtant encore debout, et ses livres continuent à recevoir un accueil qui ferait envie à nombre d\u2019auteurs moins fortunés.Solitude, imminence de la mort, futilité de l\u2019écriture : des thèmes qui étaient déjà à l\u2019œuvre dans De l\u2019autre côté du pont (Boréal, 2004) ou dans Lorsque le cœur est sombre (Boréal, 2013).Archambault est un pessimiste de fond qui tape depuis longtemps sur la même casserole et qui croit que personne ne l\u2019entend.Mais le vrai frisson qu\u2019il éprouve, qui en est un de terreur lente, est bien le sentiment de glisser lentement dans l\u2019oubli, comme homme ou comme écrivain.C\u2019est la pointe d\u2019amertume qui semble recouvrir cet adieu à la séduction et aux femmes, et qui donne à ce roman des airs de dernier tour de piste d\u2019un vieux lion.Doux?Assurément.Dément?Avons devoir.Collaborateur Le Devoir DOUX DÉMENT Gilles Archambault Boréal Montréal, 2015, 248 pages PREMIER ROMAN Évanescent souvenir DOMINIC TARDIF Qu\u2019est-ce qu\u2019un souvenir, sinon une évanescente fiction dont les contours se reconfigurent dès qu\u2019on tente de les fixer?Eéconde question que diffracte en une série de pistes Chaque Jois, je t\u2019invente, douce méditation sur les raisons et déraisons gouvernant ce grand foutoir qu\u2019est la mémoire.Côte à côte, la vie banale de deux endeuillés, colonisés par la douleur de la perte comme par le crescendo d\u2019une longue fièvre.Pourquoi m\u2019a-t-il quittée ?répète une mère au sujet de son fils squatteur, alors que tous les objets qui encombrent l\u2019appartement dont elle est chassée convoquent son visage.Dans quelles circonstances est réellement morte ma mère?se demande pour sa part le jeune employé d\u2019un café, orphelin depuis l\u2019enfance, lui aussi forcé de quitter son immeuble, qu\u2019on démolira bientôt.Il n\u2019y a que très peu d\u2019action dans ce modeste premier roman de Stéphanie Bellemare-Page : vaporeuses évocations de voyage, contemplatives déambulations urbaines, portraits inquiets d\u2019un Montréal asphyxié d\u2019un côté par la pau- V Va et nous venge « La romancière et essayiste, qui a reçu le prix Athanase-David en 2012 pour l\u2019ensemble de son œuvre, explore l\u2019univers des prédateurs à travers quatre histoires de femmes.Son écriture simple et ciselée ainsi que son esprit empathique et analytique transcendent les vies qu\u2019elle expose.» Danielle Desbiens.Echos Vedettes Québec Ea Ea @ 514 524-5558 emeac@ emeac.com vreté dont on se lave les mains et de l\u2019autre par l\u2019embourgeoisement urbain dont les conséquences seront vite ravalées sous l\u2019ombre des condos.Le tableau se compose lentement, par touches impressionnistes, presque toujours dans le meilleur sens du terme, sauf lorsque le crayon éditorial s\u2019alourdit.Rythme engourdi d\u2019une écriture épousant la cadence tranquille des tyranniques marées de la réminiscence.«Mettre de l\u2019ordre dans mon passé me semblait tout aussi difficile que de trier mes objets par catégories, ou de remplir une boîte de ceux dont j\u2019aurais à me départir.On ne pouvait classer les souvenirs par ordre alphabétique ni les disposer de façon chronologique [.].Ils surgissent à tout moment, de façon chaotique, illuminent le regard ou, au contraire, viennent l\u2019assombrir», observe la mère.Surtout des questions En alternant systématiquement entre un chapitre narré à la première personne (la femme, sans prénom) et un autre à la troisième personne Çe jeune homme, baptisé Guillaume) , Stéphanie Bellemare-Page tisse tout un réseau de correspondances dont elle se garde la plupart du temps d\u2019attacher les ficelles, courageux saut dans le vide témoignant d\u2019une salutaire confiance envers ses lecteurs.Roman choral?Parlons plutôt d\u2019une élégante complainte qu\u2019entonneraient en canon deux naufragés.En posant plus de questions qu\u2019elle ne donne de réponses, l\u2019auteure jette un regard plein de soupçons sur les lieux et les objets, à la fois amulettes contre l\u2019oubli et grosses roches au fond du bateau du deuil.Son sens du doute s\u2019étend jusqu\u2019au pouvoir des mots, et de l\u2019art, face à l\u2019absence de l\u2019autre.Guillaume ne pourra peindre sa mère qu\u2019en proposant le portrait de Douze femmes (nom d\u2019une exposition qu\u2019il présente).Le souvenir, pour ne pas trahir son objet, doit-il obligatoirement assumer son statut de vaine esquisse?«Les rues du village étaient habitées par des chiens errants, dont je me méfiais au début.Certains étaient assez mal en point, pouvaient à première vue paraître dangereux, agressifs», se rappelle la narratrice au sujet d\u2019un tragique séjour à la baie James.Le passage serait insignifiant si, en pointant ces animaux, Stéphanie Bellemare-Page ne semblait pas formuler sa propre définition de la mémoire, village brumeux peuplé de bêtes perdues à apprivoiser.Collaborateur Le Devoir CHAQUE FOIS, JE TTNVENTE Stéphanie Bellemare-Page Leméac Montréal, 2015,128 pages La Vitrine JEUNESSE LA MOUCHE DANS L\u2019ASPIRATEUR Mélanie Watt Scholastic Toronto, 2015, 96 pages L\u2019auteure et illustratrice des séries Chester et Erisson l\u2019écureuil nous arrive cet automne avec un album complètement différent dans lequel elle exploite de façon métaphorique la notion de deuil et les étapes qui s\u2019y rattachent.Tout en conservant le style humoristique qu\u2019on lui connaît.Watt raconte l\u2019histoire d\u2019une mouche qui se retrouve inopinément prisonnière d\u2019un aspirateur.Du déni à l\u2019acceptation en passant par la colère.Mouche explore l\u2019intérieur de ce sac poussiéreux, rempli de mille et une babioles, et aspire à revoir la lumière.Dans un format carré et rigide, les illustrations pleine page, les différents plans et angles de vue ont pour ef fet de nous plonger littéralement au cœur des émotions de ce petit diptère attachant et de l\u2019univers parallèle dans lequel il se trouve.Le jeu des couleurs, passant de l\u2019obscur fond du sac au rayon lumineux de la sortie \u2014 véritable espoir au bout du tunnel \u2014, est particulièrement signifiant et ajoute à la portée philosophique de cet album franchement bien réussi.Marie Fradette mbert Satyriasis ROMAN SATYRIASIS (mes années romantiques) Guillaume Lambert Leméac Montréal, 2015, 120 pages Comédien et scénariste né en 1984, Guillaume Lambert signe un premier roman sur le thème de l\u2019obsession, une plaquette captivante, un monologue qui se dévore d\u2019un seul trait.Au-delà de son caractère éminemment autofictionnel, le livre, qui aurait très bien pu s\u2019intituler La vie sexuelle de Guillaume L., est surtout introspectif au sens le plus noble du terme.Confessions érotiques d\u2019un jeune gai en quête d\u2019absolu, le récit est impudique, cru et un brin nihiliste, nécessairement narcissique, parfois même complaisant, mais surtout honnête, démesurément romantique et le plus souvent porté par une savoureuse dérision.«A l\u2019aube de la trentaine, j\u2019ai raté ma vie.J\u2019ai absolument tout raté.Tout, autour de moi, est faux, construit sur des bribes d\u2019amitié et de romance,^ éphémères et insolites.» Adoptant un style quelque peu durassien, empruntant allègrement au jargon des réseaux sociaux, le roman traduit avec justesse la cruauté de l\u2019abandon amoureux et les affres de la compulsion sexuelle.«Restera la sensation d\u2019avoir touché le fond, à se demander ce qui était vrai et ce qui était faux, ce qui a bien pu servir cette histoire.» Christian Saint-Pierre BANDE DESSINEE VIVE LA MARÉE! David Prudhomme et Pascal Rabaté Futuropolis Paris, 2015, 120 pages «On allait au bord de la mer, avec mon père, ma sœur, ma mère.On regardait les autres gens.Comme ils dépensaient leur argent.Nous, il fallait faire attention, quand on avait payé le prix d\u2019une location.» C\u2019est fatal.En ouvrant Vive la marée!, les paroles de la chanson Les vacances au bord de la mer de Michel Jonasz se font, elles aussi, montantes, comme une série de vagues douces caressant de manière symbiotique ce récit plein de langueur, de chaleur, de couleur et surtout de petits riens \u2014 un château de sable, une séance de crémage, un chien qui court.\u2014 qui font la plage, l\u2019été.Tout est en impression, en détail et en humanité dans cette œuvre assemblée à quatre mains qui explore avec la sensibilité connue des deux auteurs ce temps suspendu que représentent les vacances, de l\u2019embouteillage au plateau de fruits de mer.Bien sûr, il ne se passe pas grand-chose, mais c\u2019est finalement beaucoup quand, comme sur la plage, on tient la pose pour regarder.Fabien Deglise LANCEMENT Dans le regard deLuee DE PAULINE GILL PUBLIÉCHEZVLB ÉDITEUR JEUDI LE 29 OCTOBRE 2015 À18 H A LA LIBRAIRIE ALIRE, ENTRÉE PORTE 6 .XÜP6 LIBRAIRIE INDÉPENDANTE AGRÉÉE Place Longueuil ;; 825, me Saint-Laurent Ouest, Longueuil (Québec) www.librairie-alire.com ;; 450679-8211 n Librairie Mire inc LUTUROPOLIS LIBRAIRIE ACHAT À DOMICILE 514-914-2142 Bonheur d'occasion Librairie GALERIE ESPACE LOCATIF DISPONIBLE Fonds universitaires : \u2022\tLittérature, Philosophie, Sciences humaines \u2022\tPléiade Art québécois et international Livres d'art et livres d'artiste Livres anciens avant 1800 Automatistes, Éditions Erta, Refus Global.Bel espace chaleureux pour artistes en arts visuels \u2022 Consultez notre site web pour les tarifs 2016 Salle disponible sans frais pour lancement de livre ou autre événement littéraire 1317, avenue du Mont-Royal Est, Montréal Mathieu Bertrand, Libraire \u2022 514 522-8848 \u2022 1 888 522-8848 www.bonheurdoccasion.com LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 F 3 LITTERATURE La crasse envie d\u2019adultère Les maisons^ de Fanny Britt, ou comment savoir si on a fait les bons choix Danielle Laurin t s\u2019il n\u2019était pas trop tard?.Si on pouvait choisir une autre voie.Tout envoyer promener.Laisser parler une fois pour toutes cette petite voix à l\u2019intérieur qui dit «vas-y, fonce, c\u2019est ta vie, fais-le, saute, sans regarder derrière ».Tessa, 37 ans, en couple depuis 15 ans, mère de trois enfants, tombe par hasard sur l\u2019amour de ses 20 ans.Malaise.Puis tourbillon d\u2019émotions, désir en ébullition : un volcan qui se réveille.Tout lui revient.Toutes ces années à le chercher partout, «dans les chansons, les films, et les milliers de pas parcourus sur les trottoirs de ma ville».Encore aujourd\u2019hui, la blessure n\u2019est pas guérie.Comment pourrait-il en être autrement, quand il s\u2019agit de «VHomme-qui-a-tout-changé-et-nous-a-révélée-à-nous-même» ?Un rendez-vous est pris, en secret.Ira, n\u2019ira pas ?Tessa se prépare mentalement, physiquement, elle ne pense qu\u2019à ça, elle est obsédée.Partagée, tiraillée, bien sûr : y aller, c\u2019est mettre en danger sa vie de famille, sa vie de couple, causer tant de chagrin aux siens.Car Tessa est persuadée que si elle cède à son impulsion, tout le reste volera en éclats.Elle échafaude les retrouvailles dans sa tête, imagine point par point comment ils vont se tomber dans les bras, tout ça, tout ça.Il n\u2019y aura plus moyen ensuite de reculer : elle ira vers une nouvelle vie, avec lui, l\u2019amour perdu de ses vingt ans, son amour enfin retrouvé.Cliché, gnangnan, tout ça?Pas quand c\u2019est Eanny Britt qui écrit.Eanny Britt dramaturge, traductrice, auteure pour la jeunesse, essayiste, qui signe avec Les maisons son premier roman.Le ton est tout sauf complaisant.Plutôt mordant, quoi.Autodérision, autocritique, autodénigrement : la narratrice en a fait sa spécialité.Depuis l\u2019enfance.Bonjour l\u2019angoisse, l\u2019anxiété.Remises en question constantes, donc.Ici et là, des dialogues savoureux, percutants.Parfois crus.Echanges brefs, qui dévoilent plus que ce qu\u2019il n\u2019y paraît.Et commentaires intérieurs, ravageurs, de la part narratrice sur ce qu\u2019elle entend, ce qu\u2019elle ne dit pas, mais pense tout bas.Parfois, relents de tendresse, débordements d\u2019amour, qui arrivent à l\u2019improviste et la soulèvent de terre.Elle est comme ça, Tessa.Pas E unidimensionnelle, pas du tout.Narration en dents de scie, alternant entre le présent, le passé.Présent pesant du fait du rendez-vous qui ^ s\u2019en vient, qu\u2019on attend nous aussi nécessairement: effet de suspens.Passé par bribes, depuis l\u2019enfance : scènes marquantes, incluant les deuils de toutes sortes.Et puis, tout ce qui est sous la surface.Tout ce que soulève cette histoire, au-delà de la quçstion même de l\u2019adultère.A moins que cette tentation suprême, cet appel de la chair soient justement le point focal qui ramène et révèle tout le reste ?Tout ce que Tessa a vécu jusque-là et ce qu\u2019elle est devenue ?Parmi les sujets de fond abordés : l\u2019amitié.L\u2019indéfectible et nécessaire amitié entre filles.Le vieillissement, la féminité.Voir entre autres la scène pathétique de la recherche d\u2019un maillot de bain adéquat dans un magasin, «au cœur du Centre Rockland».Pièce d\u2019anthologie.Fanny Britt en quelques dates 1977 Naissance à Amos, en Abitibi 2001 Diplômée de l\u2019Ecole nationale de théâtre du Canada en écriture dramatique 2003 Création de sa première pièce.Honey Pie, à Espace Libre 2012 Création de sa pièce Bienveillance, qui lui vaudra l\u2019année suivante le prix du Gouverneur général pour le théâtre.2013 Le roman graphique pour la jeunesse Jane, le renard et moi (Pastèque), dont elle a signé les textes et Isabelle Arsenault les illustrations, est classé parmi les dix meilleurs livres illustrés de l\u2019année par le New York Times et reçoit plusieurs prix.Florence, reprise « Le premier roman [de] Dominique Garand déplie [.] pour le lecteur-voyageur le plan de cette ville italienne qu\u2019on peut considérer, à juste titre, comme le berceau de la Renaissance.» Saïd Mahrady, Laurier le web Le couple, sa longévité.ou non, qui repose sur quoi, au fait?C\u2019est au centre du roman, bien sûr.Et ça donne lieu à des passages comme celui-ci : «Jim est ce que Von appelle, quand on n\u2019est pas rebuté par les clichés, un homme de peu de mots.Il trime et pousse et s\u2019enfonce dans la vie, ses mains d\u2019ours en guise d\u2019armure.Le désir affolé qu\u2019elles m\u2019inspirent n\u2019a jamais fané.» Et puis, il y a, encore et toujours, la maternité.On rejoint là les préoccupations exprimées par l\u2019auteure, mère de deux enfants, dans son ouvrage paru il y a deux ans.Les tranchées (Atelier 10).On pouvait y lire ceci : «Je me savais dotée de cette tendresse folle, mon amour pour mon fils avait toujours agi comme un élastique autour du cœur, qui serrait et pompait tout à la fois.Mais la liberté était une lutte, pour moi.» Eanny Britt revendiquait dans ce livre le décloisonnement de la maternité, vécue dans toutes ses contradictions: «aimer nos enfants d\u2019une fièvre éperdue», d\u2019accord, plaidait-elle, mais ressentir aussi, «et parfois dans la même seconde, l\u2019urgence de crisser son camp au bout du monde».On reconnaît dans ces propos ce que Tessa elle-même vit, ressent, dans Les maisons.Ce roman met aussi en avant les choix professionnels qu\u2019on est amenés à faire.Tessa voulait être chanteuse lyrique, la voici agente immobilière.Plus palpitant qu\u2019il peut sembler à première vue : chaque maison a son histoire, ses secrets, ses drames, non?Mais surtout, comment la narratrice aurait-elle pu revoir cet homme tant aimé à 20 ans, qui vient de mettre en vente sa maison pour cause de séparation?LES MAISONS Fanny Britt Cheval d\u2019août Montréal, 2015, 256 pages ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le ton de l\u2019auteure Fanny Britt est tout sauf complaisant.Plutôt mordant, quoi.Autodérision, autocritique, autodénigrement: la narratrice en a fait sa spécialité.Gaspard\u2019 LE DEVOIR ALMARÈS TREMBLAY \tDu 12 au 18 octobre 2015\t\t \t\t \t\t Romans québécois\t\t 1 L\u2019amour au temps d\u2019une guerre \u2022 Tome 1.\tLouise Tremblay-D\u2019Essiambre/Guy Saint-Jean\t1/2 2 Souvenirs d\u2019autrefois \u2022 Tome 11916\tRosette Laberge/Les Éditeurs réunis\t-/I 3 Madame Tout-le-monde \u2022 Tome 5 Ciel d\u2019orage\tJuliette Thibault/Hurtubise\t2/4 4 Ma vie est entre tes mains\tSuzanne Aubry/Libre Expression\t-/I 5 Tromper Martine\tStéphane Dompierre/ Uuébec-Amérique\t3/3 6 La femme qui fuit\tAnais Bariieau-Lavalette/Marchand de feuilles\t-/I 7 Cobayes.Olivier\tYvan Godbout/Mortagne\t-/I 8 Es-tu au régime?Moi non plus!\tCatherine Bourgault/Les Éditeurs réunis\t5/3 9 1967 \u2022 Tome 2 Une ingénue a l\u2019Expo\tJean-Pierre Charland/Hurtubise\t8/8 10 Une nuit, je dormirai seule dans la forêt\tPascale Wilhelmy/Libre Expression\t6/3 Romans étrangers\t\t 1 Millénium \u2022 Tome 4 Ce qui ne me tue pas\tDavid Lagercrantz/Actes Sud\t1/8 2 Macabre retour\tKathy Reichs/Robert Laffont\t-/I 8 Le livre des Baltimore\tJoël Dicker/Fallois\t2/2 4 La tille du train\tPaula Hawkins/Sonatine\t3/21 5 Cinquante nuances de Grey par Cbristian\tE.L.James/Lattes\t4/12 6 Seul sur Mars\tAndy Weir/Milady\t7/4 7 Les assassins\tRoger Jon Ellory/Sonatine\t6/3 8 La nuit de feu\tÉric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel\t10/6 9 Lontano\tJean-Christophe Grangé/Albin Michel\t8/2 10 After \u2022 Tome 1 La rencontre\tAnna Todd/Homme\t9/4 Essais québécois\t\t 1 Rendez a ces adirés ce qui appartient a ces.\tBoucar Diouf/La Presse\t1/2 2 Foglia l\u2019Insolent\tMarc-François Bernier/Édito\t2/4 3 La médiocratie\tAlain Deneault/Lux\t3/2 4 Ujibad.ca.Loups solitaires, cellules doimantes.Fabrice de Pierrebourg | Vincent Laroucbe/La Presse\t\t4/9 5 Les libéraux n\u2019aiment pas les femmes\tAurélie Lanctôt/Lux\t7/2 6 Ces valeurs dont on parie si peu\tJacques Grand\u2019Maison/Carte blanche\t5/2 7 Le livre qui fait dire oui\tSol Zanetti/du Cuébécois\t-/I 8 Le grand retour\tJohn Saul/Boréal\t6/2 9 Ce quels médias le Cuébec a-t-il besoin?\tCollectif/Leméac\t-/I 10 Jean-François Lépine, sur la ligne de feu\tJean-François Lépine/Libre Expression\t-/I '?'Essais étrangers\t\t 1 Sable mouvant.Fragments de ma vie\tHenning Mankell/Seuil\t-/I 2 La 6e extinction.Comment l\u2019bomme détruit.\tElizabeth Kolbert/Guy Saint-Jean\t1/6 3 Sapiens.Une breve histoire de l\u2019bumanité\tYuval Noah Harari/Albin Michel\t-/I 4 Lettres a mes petits-enfants\tDavid Suzuki/Boréal\t4/5 5 Ou bonbeur.Un voyage pbilosopbique\tFrédéric Lenoir/Fayard\t5/35 6 La grande fracture.Les sociétés inégalitaires.\tJoseph E.Stiglitz/les Liens qui libèrent\t-/I 7 Un monde d\u2019inégalités.L\u2019état du monde 2016\tCollectif/Découverte\t-/I 8 Balade avec Épicure\tDaniel Klein/Michel Lafon\t3/5 9 Petit éloge de la lecture\tPef/Gallimard\t-/I 10 Y a-t-il un grand arcbitecte dans l\u2019univers?\tStephen Hawking/Odile Jacob\t6/6 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est proprietaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Sasparil sur les ventes de livres français au Canada Ce palmares est extrait de Saspanlet.est constitue des releves de caisse de 260 points de vente La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet SaspanI © BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite List 1 RtMBLAY CHEMIN SAINT-PAUL If ^\tU-, Récit II2 pages .17,95$ PDF et ePub : 12,99$ Boréal «Un récit poignant.Lau-teure a trouvé la musique singulière pour faire de confessions intimes une affaire universelle.» Claudia Larochelle, Avenues « Bouleversant.» Sébastien Lefebvre Librairie Gallimard «Un roman fabuleusement écrit [.].Une plume belle et incisive.» Natalia Wysocka, Métro «Un récit fabuleux!» Marie-Louise Arsenault Radio-Canada 514 524-5558 lemeac@lemeac.com Québec www.editionsboreal.qc.ca F 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 LITTERATURE L\u2019ECRIVAIN ET L\u2019ARGENT (4/4) Combien ça vaut ^ Louis Hamelin J y ai cessé de fréquenter rétablissement d\u2019un bouquiniste qui, devant les boîtes de livres en bon état, souvent comme neufs, dont je débarrassais mes garde-robes, hochait la tête : valeur de revente à peu près nulle, pronostiquait-il d\u2019un air sombre, en leur accordant à peine un coup d\u2019œil.Peut-être qu\u2019une Louise Penny ou un Marc Lévy eussent trouvé grâce à ses yeux, mais ma boîte de carton ne regor-geaît pas précîsément de ces best-sellers naturels qui, de toute manière, sont très capables de se passer de cette attente forcée sur une vole de garage.La dernière chose que veut un écrivain, c\u2019est se faire rappeler que les livres ne valent rien.Maintenant, je fourgue mes plies d\u2019usagés à la bibliothèque municipale, où je suis toujours accueilli par un grand sourire.Mais la question Implicite vers laquelle pointait le nez levé de ce libraire demeure : si un livre usagé, une parution récente en parfait état, ne vaut rien, alors çombien vaut le livre neuf?A cette question, les éditeurs et les libraires ont une réponse toute prête: 30dollars, ou 20, ou 40.Des coûts de production au salaire de l\u2019attachée de presse, il faut huiler la sacro-sainte chaîne du livre, et continuer de rêver du prix unique capable de protéger les revenus de tout ce beau monde, et de nous répéter, comme un mantra, que le livre n\u2019est pas une marchandise comme les autres.Après tout, les vaches laitières ont bien leur marché garanti.Ce qu\u2019on sacrifie A ces débats, l\u2019écrivain prête une oreille presque distraite.J\u2019oserais même dire qu\u2019il se sent à peine concerné.Peut-être a-t-11 obscurément conscience du fait que les mots jaillis de son cerveau sont la matière première d\u2019une Industrie et que, comme dans n\u2019importe quelle Industrie, la récolte est moins payante que la transformation et la distribution.L\u2019écrivain sait bien que des librairies ferment, que d\u2019autres sont avalées, 11 souhaite lui aussi la survie de cette structure dont dépend son statut social, sinon sa subsistance quotidienne, et où 11 est, et va demeurer, pour un avenir prévisible, le moins bien rémunéré des maillons d\u2019une chaîne qui n\u2019exlsteralt pas sans lui.«Tous ces professionnels (biblio- MICHAEL STEWART AGENCE ERANCE PRESSE L\u2019écrivain de demain?Ce sera un brillant agent de circulation des contenus, un gestionnaire des flux d\u2019images et de signes.C\u2019est du moins ce que croit le poète américain Kenneth Goldsmith.thécaires, professeurs de lettres, etc.) vivent et travaillent grâce à la production des écrivains, qui ne sont eux, pour la plupart, pas en mesure de vivre de cette production.[.] Ne s\u2019agit-il pas là d\u2019une étrange situation d\u2019exploitation ?[Olivier Larizza citant Bernard Lahire dans Les écrivains et l\u2019argent, Orizons] » Aux dernières nouvelles, aucun éditeur ne s\u2019est encore retrouvé à la soupe populaire.Pour la plupart des écrivains professionnels, les bouleversements induits dans le monde de l\u2019édition par l\u2019actuelle migration de la culture vers l\u2019horizon virtuel et son nouveau Far West hors-la-loi-sur-le-droit-d\u2019auteur représentent une menace somme toute nuancée : passer du statut de travailleur mal payé à celui de travailleur encore moins bien payé, ou pas du tout.Le piratage des œuvres et les déprédations du copier-col-1er risquent de nous apparaître bientôt comme un faux problème, ou du moins, un problème secondaire, superficiel.Alors que la question de fond est (déjà) celle-ci : deux vaches sacrées de l\u2019écriture créative et de toute une tradition littéraire, la notion d\u2019auteur (au sens d\u2019autorité) et le concept de propriété intellectuelle, sont aujourd\u2019hui menacées par un omnimédium qui reconnaît pour seuls idéaux l\u2019accessibilité infinie, la gratification immédiate et la gratuité universelle.Deux vaches sacrées sacrifiées au principe du Big Mac (le Même Partout), et voici déboulonnée une vieille notion chère à la pensée dite analogique : roriginalité.La condamnation du plagiat, ce crime de lèse-originalité, appartient déjà aux réflexes de l\u2019Ancien Monde.La définition traditionnelle du plagiat ne résistera plus très longtemps à la pression de la technologie.Ce qui hier était criminel et passible de sanctions (cultiver et vendre du pot en Uruguay, pratiquer l\u2019euthanasie en Oregon) peut très bien se retrouver, du jour au lendemain, non seulement toléré, mais admiré et valorisé.Faire la circulation Pour le poète américain Kenneth Goldsmith, qui a enseigné Vuncreative writing à l\u2019Université de Pennsylvanie et qui fait l\u2019apologie du «génie non original», l\u2019écrivain de demain (d\u2019aujourd\u2019hui) est un simple (brillant, génial, etc.) agent de circulation des contenus.Devant l\u2019infini cosmique de la quantité d\u2019informations disponible, la mesure du talent, explique-t-il, se traduit désormais par la manière dont on maîtrise, gère et dissémine les flux d\u2019images et de signes.«Le contexte est le nouveau contenu», lance ce fier petit-fils de Marshall McLuhan dans Uncreative Writing: Managing Language in the Digital Age (Columbia University Press).Pour lui et d\u2019autres partisans du plagiat institutionnalisé, les actuelles lois sur le copyright représentent une entrave vitale à la créativité.La littérature, constatent-ils, irrécupérable-ment romantique et attachée à ses vieux machins (idée originale, paternité intellectuelle), fait figure, en ce domaine, de cousine attardée des arts visuels et de la musique, où le conflit de l\u2019authentique et de la reproduction est désormais un lieu commun de la création.Il reste que l\u2019autoédition plus ou moins spontanée dans l\u2019espace virtuel entraîne une dévaluation de l\u2019écriture difficile à nier: 1) tout le monde écrit; 2) n\u2019importe comment, dans une joyeuse autosatisfaction instantanée ; 3) tout est égal, car également consommable.Si tout doit avoir un coût, combien vaut la phrase que je viens d\u2019écrire ?Combien vaut (ou valait) une chronique de Pierre Foglia?Faut-il diviser son salaire annuel par le nombre de textes parus dans l\u2019année ?Calculer le nombre d\u2019exemplaires supplémentaires de La Presse vendus les jours où il faisait chronique et multiplier le profit engrangé par le nombre de chroniques ?Ou bien se demander si un géant de l\u2019originalité comme lui sera même pensable à l\u2019ère radieuse de l\u2019écrivain-piton-neur devenu ce ludique pilleur de contenus « anonymatisés » ?En fait, le livre est une marchandise comme une autre.C\u2019est l\u2019écriture qui ne l\u2019est pas.r Les livres curieux « Depuis des années, Jean-François Chassay réconcilie dans ses essais la science et la littérature, prouvant ainsi que ces disciplines sont complémentaires pour penser notre monde.» Chantal Guy, La Presse Soirée poésie Hommage à Michel Beaulieu Jeudi 29 octobre à 19 h 30 Animation: Paul Bélanger Lectrice: Mane-Cinette Cuay Avec la participation de: Antoine Boisclair, Guy Cloutier, Denise Desautels, Hélène Donon, Pierre Filion, Vincent Filteau, Madeleine Gagnon, Kanm Larose, Valérie Mailhot, Robert Melançon.514 524-5558 lemeac@lemeac.com tfe iféve/«^jtement\t-q «tes entrejÊtises\t3 cufturelfes\t__ __\t-3 ^,\tE9 E9\tU Québec Ea ca\t@ \tContribution suggérée: 5 $\t \t\t(*# Noroît \t\t \t\t \t\t LITTERATURE FRANÇAISE La généalogie des Mendelssohn GUYLAINE MASSOUTRE Dix enfants au XVIIF siècle, des centaines de figures traversant le XX® siècle, des changements de religion, de pays, de langue, de destin.De la toile des générations, reconstituée dans son salon, Diane Meur suit le fil de sept cent soixante-cinq noms.A partir du philosophe des Lumières, ami de Kant, jusqu\u2019aux deux cent quarante Mendelssohn réunis à,Berlin en 2007 \u2014 venus des Etats-Unis, de la République tchèque, du Canada, de France et d\u2019Espagne \u2014, la somme est abyssale et les surprises, vertigineuses.Meur se promène dans les archives des Mendelssohn, sans plan d\u2019écriture, mêlant ses impressions et sa curiosité aux traces qu\u2019elle découvre.Au départ du livre, il y a la carte des Mendelssohn, un arbre généalogique paru dans un livre allemand en 1879.On y voit Moses Mendelssohn, né en 1729, rencontrer Vogel Guggenheim.Ce philosophe juif, qu\u2019on surnomme «le Socrate allemand», en pleine époque fanatique, était bossu ; ce qui ne l\u2019empêcha pas de fonder une descendance nombreuse.Mais, en généalogie, il y a toujours un avant.Par exemple, ce Mendel Heymann Dessau, qui vient d\u2019une famille de talmudistes à Craco-vie, les Katzenellenbogen, devenus Wahl, permet à Meur de remonter à Padoue.La géographie et la légende se mêlent vite, dans l\u2019histoire juive, au rythme des décrets qui chassent les Juifs ou les cantonnent strictement.Après Moses, l\u2019arbre descend de la cuisine de Meur dans son salon.Bâti en six semaines, il schématise des vies dont plusieurs sont illustres.Achoppements Ils ne sont pas les seuls à vivre sur les routes.Ceux qui veulent savoir fomentent l\u2019itinérance, juifs ou pas, convertis au christianisme ou nés dans cette foi.Aux Juifs, il faut être tenaces, exceller dans la religion du Livre.Toutefois, les formes importeront peu au fils de Moses, Abraham, décidé à yivre selon une bonne étoile.A partir de lui, on assistera à des changements de langue et de religion.L\u2019un sera explorateur en Arctique.Une autre, petite-fille de Moses, deviendra même bonne sœur.Voilà pourquoi la romancière belge, jubilant devant tant de souplesse, leur emboîte le pas, épluchant des archives nombreuses, qu\u2019elle rédige à sa façon en suivant leurs exploits de carrière et les correspondances célèbres où ils sont cités.Elle contribue ainsi à la légende, jusque dans tel café parisien des années 2000, où l\u2019histoire continue de prendre corps.Le labyrinthe des Mendelssohn est donc atypique.Celui qui s\u2019illustre sous le nom du compositeur, Felix, né à Hambourg en 1809 et mort en 1847, prendra consistance grâce aux lectures de Meur, à Berlin, où elle refait ce qui, de petit filet d\u2019eau, devient bientôt rivière.Arrêt sur fabrication Raconter les Mendelssohn ne se conçoit guère linéairement.Meur se met donc en scène comme le point d\u2019ancrage, en exploratrice d\u2019un matériau historique proliférant et têtu.Dans sa structure en spirale, elle s\u2019insère en écrivaine attachée à son sujet, décrivant le dédale, réagissant à ce qu\u2019impose la lecture d\u2019un côté, la subjectivation de l\u2019écriture de l\u2019autre côté.Meur observe l\u2019acte qui se projette sur la page.Elle dit comment le matériau exige des choix, selon les affects de la fabrication de l\u2019histoire.«Et c\u2019est seulement en mars 2013, lors d\u2019un bref retour à Berlin, que j\u2019ai compris que je n\u2019écrirais pas le roman des Mendelssohn, mais le roman vécu de ma recherche sur les Mendelssohn, dont je serais le seul personnage répondant à mes critères du personnage de fiction, puisque je ne connais pas d\u2019avance ma propre vie (façon de vous dire que j\u2019ignore absolument où, quand et comment finira ce livre) », écrit-elle.Présent dans la première liste du Femina, l\u2019ouvrage est vivant.L\u2019altérité devient la passion de l\u2019autre, et l\u2019effort du langage, celui de faire lever les corps des papiers morts.Collaboratrice Le Devoir LA CARTE DES MENDELSSOHN Diane Meur Sabine Wespieser Paris, 2015, 483 pages WIKICOMMONS Diane Meur retrace la grande généalogie de Mendelssohn, depuis le philosophe Moses jusqu\u2019aux années 2007, en passant, bien sûr, par Felix.La lithographie du compositeur, datant de 1837, est faite d\u2019après un portrait de Theodor Hieldebrandt. LE DEVOIR LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 F 5 LIVRES VÉCU SUITE DE LA PAGE E 1 réel\u201d ne sont pas dans l\u2019expérimentation du texte, des mo ts, de la matérialité de l\u2019écrit.L\u2019expérience se passe dans la vie même (qui de ce fait devient d\u2019ailleurs un matériau particulièrement précieux).Je crois surtout que ces écritures ont plus de parenté avec la littérature du sida de la fin du XX'-(Hervé Guibert, Guillaume Dustan), qu\u2019avec la performance.Il s\u2019agit en ce sens pour moi d\u2019écritures plus performatives que performées.» Pour Duhamel, pas de rupture avec la représentation non plus que de volonté de briser le cadre.«L\u2019aventure ici concerne l\u2019extension des territoires de la représentation, le raffinement des techniques pour faire voir et une forme de perfectionnement des manières de montrer.C\u2019est ce qui est fascinant par exemple dans L\u2019inceste [Stock] ou dans Une semaine de vacances [Flammarion] de Christine An-got.Ces livres nous bousculent dans ce que nous sommes comme lecteur, comme être intime.Ils ne nous bousculent pas tant dans nos valeurs, et lire An-got ce n\u2019est pas tant une aventure psychologique qu\u2019une expérience esthétique et intellectuelle, où le réel est montré comme un visage a pu l\u2019être enfin avec les premiers daguerréotypes.C\u2019est donc, je crois, une affaire de \u201créalisme\u201d nouveau genre.» Morale du vrai On note aussi une tendance à poser un jugement de valeur sur les écritures du réel dans le domaine francophone.La spé- CHRISTIAN TIFFET cialiste Sophie Létourneau ressort l\u2019exemple de Madame Bovary, au XIX® siècle, roman pour lequel Gustave Flaubert s\u2019est inspiré d\u2019un fait divers et a dû subir un procès.pour outrage à la morale et aux bonnes moeurs, à cause «du réalisme vulgaire et souvent choquant de la peinture d,es caractères».Alors qu\u2019aux Etats-Unis, «s\u2019il y a un scandale lié à la non-fiction, c\u2019est parce que l\u2019auteur a pris des libertés par rapport à la réalité, parce qu\u2019il n\u2019a pas été franc, pas collé aux faits».«Il faut sortir des polarités, soutient Sophie Létourneau, et des jugements sur les écritures.Il y a de la place pour tout.On ne peut pas empêcher l\u2019histoire littéraire d\u2019avancer \u2014 et je ne dis pas que la non-fiction est un progrès sur l\u2019invention, mais c\u2019est une autre dimension, qui prend juste plus d\u2019importance maintenant.Après, ce sera autre chose.» Peut-elle imaginer ce qui viendra ensuite?«Je ne sais pas.Mais je me rends compte que les cycles sont beaucoup plus rapides en arts visuels qu\u2019en littérature.Au début du XX'- siècle, la littérature était encore pas mal en phase avec les expérimentations modernes.Mais en littérature, on n\u2019est pas sortis de la figuration ni de l\u2019espace de représentation comme les arts visuels Vont fait.On commence à entrer dans un régime qui ressemble à l\u2019art contemporain.qui lui, existe depuis 40 ans.On dirait que c\u2019est plus de percevoir les formes et le changement des formes en littérature, que c\u2019est moins immédiat.» Vrai que lire et écrire sont des activités qui, elles, ne s\u2019accélèrent pas.Le Devoir La Vitrine Laurent uekàik L\u2019Exercice de la médecine ROMAN L\u2019EXERCICE DE LA MÉDECINE Laurent Seksik Flammarion Paris, 2015, 340 pages Devient-on médecin par esprit de famille ?C\u2019est la question que s\u2019est posée Laurent Seksik, lui-même médecin-écrivain, dont on se souvient peut-être du Cas Eduard Einstein Q\u2019ai lu) qui a assuré une belle visibilité à fauteur.Celui-ci se penche maintenant sur une lignée de médecins au XX® siècle, dont la plus jeune est cancérologue à Paris.Les Kotev, originaires de Russie, ont toujours cru à la vie.Seksik n\u2019analyse guère les raisons politiques qui ont fait de cette famille les exilés juifs qu\u2019ils sont.Non.Il raconte une histoire, classique, avec des dialogues et des personnages un brin héroïques, habiles ou chanceux, très attachants.Même s\u2019il est doté d\u2019une bibliographie sérieuse, le livre vit surtout de ses dialogues et des scènes concrètes, quasi théâtrales, qui dévoilent le but avéré du roman : faire vivre des personnages dont le point commun est la douceur, la compassion et une chaîne de mains secourables.Guylaine Massoutre Ecritures du réel Cette saison, côté québécois, nombreuses sont les écritures du réel, qu\u2019elles se mêlent un peu ou fortement d\u2019imagination, de confessionnel ou d\u2019intime.On peut nommer Chemin Saint-Paul (Boréal) de Lise Tremblay, Le parfum de Janis (Cheval d\u2019août) de Corinne Larochelle, La femme qui fuit (Marchand de feuilles) d\u2019Anaïs Bar-beau-Lavalette, Blanc dehors (Héliotrope) de Martine Delvaux, qui revendique le romanesque, mais avec réalisme, avec une volonté de dire le «véridique».Le parfum de la tubéreuse (Alto), d\u2019Élise Turcotte, s\u2019inspire fortement de son expérience comme professeure.Doux dément (Boréal), de l\u2019ex- collaborateur au Devoir Gilles Archambault, met en scène Gilles Archambault.Et la traduction de L\u2019air adulte, d\u2019Ann-Marie Mac-Donald (Flammarion Québec), à venir bientôt, est un récit très inspiré de la vie de l\u2019au-teure.Entre autres.En France, outre Liberati et Angot, le dernier Delphine de Vigan, D\u2019après une histoire vraie QC Lattès), joue complètement sur les frontières du réel et de l\u2019invention, s\u2019amusant à brouiller les pistes.Et nommons, même si l\u2019oeuvre ne date pas d\u2019hier, «l\u2019opéra-autobiogaphie» magnifique de l\u2019artiste Charlotte Salomon, Vie?ou Théâtre?(Tripode), qui arrive bientôt en librairies.XXXIII*^ COLLOQUE ANNUEL DE L\u2019ACADÉMIE DES LETTRES DU QUÉBEC QUARTIERS EN RECOMPOSITION : LES NOUVELLES DIVERSITÉS DE MONTRÉAL sous LA RESPONSABILITE DE SHERRY SIMON VENDREDI 30 OCTOBRE 2015 9 h 00 À 17 h 00 BAnQ Vieux-Montréal, 535 avenue Viger Est, Montréal Métro Berri-UQAM ou Champs-de-Mars / AVEC LA PARTICIPATION DE SOPHIE BIEN-VENU, CHRISTIAN BUJOLD, SYLVAIN DAVID, NICOLAS DICI^N'eR, GILLES DUPUIS, CATHERINE GINGRAS, DANIEL GRENIER, SIMON HAREL, PATRICIA LAMARRE, ÉMILIE MONNET, POHANNA PYNE FEINBERG,/' MARjirHÉLÈNE POITRAS, RODNEY SAINT-ÉLOI, ROBERT SCHWAiyfzWALD, GÀTl SCOTT, MANI SOLEYMANLOU et WILL STRAW S aCUDÉHIE DES LETTAES DU QUEIEC CIRM- CRIEM- Québec I =CRILCQ Québec î Une analyse des mécanismes sociaux derrière le phénomène de stigmatisation des travailleurs temporairement invalides en raison d\u2019un diagnostic de trouble mental.Laurie Kirouac Gilles Dupuis STIGMATISATION S TROUBLES MENTAUX N MILIEU DE TRAVAIL ET DANS LES MÉDIAS DE MASSE de l'UnIversite Stigmatisation LES TROUBLES MENTAUX EN MILIEU UE TRAVAIL ET OANS LES MÉOIAS UE MASSE Henri Dorvil, Laurie Kirouac et Gilles Dupuis 2015 ISBN 978-2-7605-4365-2 3000$ PAPIER 2-|99$ PDF EPUB \"I Presses de l'Université du Québec On a tous besoin de savoir POUR AGIR Plus de 1 400 livres à feuilleter PUQ.CA MAINTENANT EN LIBRAIRIE SOUS LA DIRECTION DE Robert Maltais et Pierre Cayouette LES JOURNALISTES POUR LA SURVIE DU JOURNALISME il a ! i! ! t a S \" it .Ml-»-\" Ai! \u201ei liuti' Ibfrt Cil u,W .iftte pi^aK f'\u201d' \u201eij£eirï^ Québec Amérique quebec-amerique.com Canada ^ Conseil des arts Canada Council du Canada\tfor the Arts 50DEC Québec ! F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 24 ET DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015 ESSAIS Monique LaRue, pro domo Louis CORNELLIER P Vous souvenez-vous de «l\u2019affaire LaRue» ?Cette polémique a animé les pages du Devoir pendant le printemps et Tété de 1997.Elle fut, pour celle qui Ta déclenchée bien malgré elle, un véritable cauchemar.Presque vingt ans plus tard, Monique LaRue, dans La leçon de Jérusalem, revient sur cette histoire, afin de s\u2019assurer d\u2019avoir «le dernier mot».Romancière primée, notamment pour La démarche du crabe (Boréal, 1995) et La gloire de Cassiodore (Boréal, 2002), Monique LaRue publie, en 1996, L\u2019arpenteur et le navigateur (Fides), une plaquette contenant le texte d\u2019une conférence qu\u2019elle n\u2019a pas donnée, faute de public.Cet opuscule se veut une réflexion sur la nature de la littérature québécoise et est né d\u2019un malaise.LaRue y raconte qu\u2019un collègue lui a confié son irritation devant la place grandissante occupée par les écrivains dits migrants dans le champ littéraire québécois.Pour ce collègue, cette littérature migrante n\u2019est pas vraiment représentative de la culture québécoise et suscite un engouement démesuré.LaRue, c\u2019est une évidence à la lecture de son livre, s\u2019oppose à ce discours.Elle reconnaît, comme le résument les auteurs de l\u2019ouvrage Un Québec polémique (Hurtubise, 2014), que la littérature est «un champ de tension entre deux forces: l\u2019appartenance, d\u2019une part, l\u2019arrachement à la terre natale, d\u2019autre part», d\u2019où le titre de son texte, mais elle rejette la conception nationaliste de la littérature mise en avant par son collègue.Erreur d\u2019interprétation Or, coup de théâtre, en mars 1997, la revue Tribune juive, par la voix de sa directrice Ghila Sroka, attaque violemment LaRue, en lui imputant les propos de son collègue, qu\u2019elle dénonce pourtant, et en l\u2019accusant de racisme et de «nettoyage ethnique».C\u2019était, il faut le redire, du pur délire.Les journalistes Réginald Martel, Lise Bissonnette, Denise Bombardier, Pierre Foglia et Robert Saletti n\u2019ont pas manqué, dans les mois qui ont suivi, de dénoncer sans détour cette «lecture faussée».Ghila Sroka avait mal lu, errait dans son interprétation du texte de LaRue et devait s\u2019excuser.Ce ne fut pas le cas.Sroka s\u2019est entêtée, en a remis pendant des mois et a même trouvé plusieurs intellectuels, dont Marc Angenot, pour l\u2019appuyer.C\u2019était effarant.LaRue raconte même que des écrivains, qu\u2019elle croyait ses alliés, la fuyaient.Elle dit, aujourd\u2019hui, «merci au journalisme» et au Devoir, qui ont su, eux, combattre le mensonge.«Personne, au XX^ siècle, ne peut se laisser traiter mensongèrement de raciste par une revue juive sans protester, écrit-elle dans La leçon de Jérusalem.Mon existence dans le monde, ce qu\u2019elle a été, aura été, la vérité de ma vie, si tant est que cette chose existe, sont concernées et c\u2019est pourquoi j\u2019écris ceci», continue-t-elle.C\u2019est le film Hannah Arendt, de Margarethe von Trotta, vu en juillet 2013, qui lui a donné l\u2019élan nécessaire pour replonger dans cette affaire.Ce film raconte la controverse née de la couverture par Arendt, à Jérusalem, en 1961, du procès d\u2019Eichmann, criminel de guerre nazi, responsable de la logistique de la «solution finale».Alors que tous s\u2019attendent à voir un monstre sanguinaire dans l\u2019accusé, Arendt découvre plutôt un homme médiocre, moins maléfique qu\u2019atteint d\u2019un «manque de pensée», manque qui lui interdit l\u2019accès à un dialogue intérieur, d\u2019où pourrait naître une conscience du bien et du mal, et le mène à acquiescer au J Monique LaRue mal radical.Arendt, pour résumer le problème, proposera le concept de «banalité du mal», ce qui lui vaudra des accusations de nazisme et l\u2019inimitié de plusieurs de ses amis.Ethique de la discussion Cette «mésaventure intellectuelle» vécue par Arendt, celle d\u2019une femme qui développe sa réflexion librement, contient, pour LaRue, «la leçon de Jérusalem » et lui confirme qu\u2019elle a eu raison, malgré tout, d\u2019écrire le texte qui l\u2019a entraînée dans le cauchemar de l\u2019affaire LaRue.Or, l\u2019écrivaine pousse le bouchon en assimilant les propos de son collègue au «racisme et [à] la xénophobie littéraire», voire à «Iq, banalité du mal».A l\u2019époque, il faut s\u2019en souvenir, un Marc Angenot affirmait que presque toute la littérature québécoise non migrante était médiocre, et bien des partisans de la littérature de la diversité la présentaient comme essentiellement supérieure, esthétiquement et moralement, à celle du groupe majoritaire, du seul fait de son statut de «migrante».En accusant de racisme son collègue et, par extension, tous les intellectuels nationalistes qui contestaient une telle vision des choses, Monique LaRue ne brille pas par son respect de l\u2019éthique de la discussion.On se serait attendu à mieux de la part d\u2019une victime d\u2019accusations intempestives.Dans un autre essai publié dans cet ouvrage, l\u2019écrivaine, tout en redisant son appui à la loi 101, se lance dans une réflexion sinueuse sur le droit des enfants trilingues (par exemple : un père québécois et une mère japonaise qui utilisent l\u2019anglais comme langue familiale) à recevoir à l\u2019école un enseignement de l\u2019anglais langue seconde (n\u2019est-ce pas déjà le cas pour tous les enfants qui fréquentent l\u2019école française ?) et sur la nécessité du bilinguisme dans le monde actuel.Cette dernière opinion est légitime, mais l\u2019argumentation de LaRue est lamentable.Il est honteux, écrit-elle, que les jeunes Québécois francophones ne soient pas plus bilingues, alors que les jeunes anglophones le sont presque tous.Cette situation relève pourtant de la normalité : dans toute société, ce sont surtout les minoritaires qui sont bilingues.LaRue affirme aussi que la qualité du français au Québec «est la condition sine qua non de la politique, et ne peut être sa conséquence».Une telle assertion revient à nier que le statut social dévalorisé du français, dans un Québec ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR privé des instruments de sa pleine affirmation nationale, est la cause directe de ses insuffisances qualitatives, comme Gaston Miron s\u2019est épuisé à l\u2019expliquer sa vie durant.Monique LaRue a du style, du grand style même, et son essai a quelque chose d\u2019envoûtant.Ça ne lui donne pas toujours raison pour autant.louisco@sympatico.ca LA LEÇON DE JÉRUSALEM Monique LaRue Boréal Montréal, 2015, 304 pages Chaque fois, je t\u2019invente «[.] Stéphanie Bellemare-Page nous propose un premier ouvrage surprenant, empreint de poésie et de tristesse.» Normand Babin, La recrue du mois «Chaque fois, je t\u2019invente est poignant d\u2019émotion.Sous ies mots se cachent cette souffrance sourde, ce manque cruei, si caractéristiques aux grandes biessures.» Dominique Maiiioux, La recrue du mois CHRONIQUES L\u2019envers du progrès de rinde Le journaliste Guy Taillefer fait découvrir un pays en pleine crise de modernité MICHEL LAPIERRE Lors de sa visite en Inde en 2010, le président américain Barack Obama a ravi les élites locales en disant que leur pays était «non pas une puissance émergente, mais une puissance émergée».Mais L\u2019Inde dans tous ses états, de Guy Taillefer, rappelle que, malgré un fascinant progrès socioéconomique, la nation traîne un lourd passé.Système de castes et infériorisation des femmes y semblent encore des maux graves, comme la ra-retç de l\u2019eau saine.Éditorialiste au Devoir, Taillefer a réuni ses chroniques publiées dans le journal durant son séjour en Inde de 2009 à 2014 pour constituer un essai aussi lumineux que mordant sur le pays où il découvre «le marché de la soif».L\u2019Inde possède seulement 4% des réserves mondiales d\u2019eau douce et elles sont très souvent polluées.Puits et camions-citernes pullulent, mais ne profitent essentiellement qu\u2019aux riches.«Ce qui est tout à fait dans l\u2019ordre du capitalisme de sans-cœur \u2014 pardonnez-moi le pléonasme \u2014qui est malheureusement l\u2019un des traits dominants du \u201cdéveloppement\u201d de l\u2019Inde», écrit le journaliste.Malgré la démocratie et l\u2019égalité officielles, une autre injustice subsiste, dictée par la religion traditionnelle du pays : l\u2019hindouisme.Il s\u2019agit du système de castes qui exclut notamment de la société majoritaire et hiérarchisée les dalits (appelés aussi les intouchables), les aborigènes et les musulmans.Interviewé par Taillefer, un sociologue appartenant aux dalits, qui forment plus de 16% de la population, révèle : «Des 1400 professeurs dans neuf universités centrales, selon mes calculs.LINDE seulement quatre étaient dalits.» Les hautes castes contrôlent toujours les institutions.L\u2019anglais à tous crins La condition des femmes en Inde, par ailleurs, ne se prête nullement à la plaisanterie.Taillefer s\u2019indigne au plus haut point de la discrimination qu\u2019elles subissent au nom de traditions obscurantistes et brutales.Il lui suffit d\u2019énumérer le viol, «presque culturellement approuvé», aux dires de Shoma Chaudhury, ex-éditrice de l\u2019importante revue indienne Tehelka, le crime d\u2019honneur, le fœticide féminin, l\u2019ostracisme contre les divorcées, l\u2019assassinat pour «sorcellerie», le mariage forcé de fillettes.S\u2019il y a un sujet que Taillefer aborde et qui, contre toute attente, rapproche curieusement l\u2019Inde d\u2019un Québec auquel rêvent certains Québécois, c\u2019est bien l\u2019usage de l\u2019anglais, ce legs colonial.Pour l\u2019occasion, le journaliste crée un bijou d\u2019humour caustique : «L\u2019anglais est un trem-plifi, mais la piscine est vide.» A peine 5 % savent vraiment le parler, mais presque 70 ans après l\u2019indépendance arrachée à la Grande-Bretagne, il reste de facto la langue officielle à côté de l\u2019hindi, idiome du nord du pays.Taillefer emploie le mot «déification» à propos de l\u2019anglais, comme si cette langue prolongeait l\u2019esprit de caste et la phallocratie d\u2019une Inde avide de marier tradition étouffante et folle modernité.Collaborateur Le Devoir L\u2019INDE DA^S TOUS SES ETATS Guy Taillefer Presses de l\u2019Université de Montréal Montréal, 2015, 292 pages a L\u2019Inde et les États-Unis sont parents par leur conservatisme moral Extrait de Llnde dans tous ses états 14 524-5558 lemeac@lemeac.com Québec MŒBIUS b ( R I I L R h S /\t] I 1 1 h R A 1 U R L 146 Le secret Jean-Pierre April, Mathieu Blais, Christine Daffe Evelyne Gagnon, Olivier Gamelin, Stéphane Gauthier Chantale Gingras, Julie Hétu, Suzanne Jacob Jack Keguenne, Michael La Chance, Perrine Leblan Marie Lefebvre, Tristan Malavoy, Antonin Marquis Maxime Olivier Moutier, Julia Pawlowicz, Thomas Pourchayre Nadia Roy, Marie-Eve Sévigny, Jean-Philippe Veilleux 8 U Congres du PEN international a Quebec par Émile Martel Un numéro piloté par Robert Giroux "]
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